Objectifs et contexte du Budget 2026
Le projet de loi de finances 2026 a été adopté via le 49.3, sans modifications majeures de l’architecture fiscale. L’objectif affiché du gouvernement est de réduire le déficit public à 5 % du PIB en 2026, avec un taux de prélèvements obligatoires passant à 43,9 % du PIB (contre 43,6 % en 2025). Pour ce faire, pas de « big bang » fiscal, mais une série d’ajustements ciblés, destinés à augmenter les recettes tout en préservant le pouvoir d’achat sur les postes sensibles (retraites, prestations sociales). Aucune réforme fiscale structurelle d’ampleur n’est introduite cette année, mais plusieurs dispositifs temporaires sont reconduits du fait du contexte budgétaire.
En synthèse, le Budget 2026 mise sur des hausses de prélèvements sectorielles (revenus du capital, holdings patrimoniales, très grandes entreprises) et sur le maintien de taxes instaurées en 2025, plutôt que sur des mesures générales. L’immobilier et la transmission du patrimoine ne subissent pas de tour de vis brutal, mais certains avantages sont encadrés davantage. Le contexte politique a conduit à l’abandon de mesures controversées comme le gel du barème de l’impôt sur le revenu ou la refonte de l’abattement retraite, ce qui bénéficie aux contribuables concernés. Nous détaillons ci-dessous les principales mesures fiscales et patrimoniales votées pour 2026, avec des explications concrètes et des exemples.
Impôt sur le revenu : barème indexé et taxation minimale des hauts revenus
Barème de l’impôt revalorisé – Bonne nouvelle pour les contribuables : contrairement à l’hypothèse initiale d’un gel, le barème progressif de l’impôt sur le revenu est indexé sur l’inflation (+0,9 %) pour les revenus de 2025 déclarés en 2026. Cela signifie que les tranches d’imposition augmentent légèrement, évitant à des millions de foyers de franchir un palier d’imposition du seul fait de la revalorisation salariale. Par exemple, le seuil de la tranche à 30 % passe d’environ 29 320 € à ~29 580 € de revenu par part fiscale. Chaque tranche est ajustée de 0,9 %, ce qui atténue l’impact de la hausse des revenus nominaux sur votre impôt. Exemple : un célibataire gagnant 50 000 € verra son impôt 2026 à peu près stable, car le seuil de la tranche à 41 % recule autour de 84 500 € (contre ~83 800 € auparavant). En revalorisant le barème, le gouvernement évite une augmentation discrète de l’impôt sur le revenu pour l’ensemble des ménages.
Aucun coup de pouce ni hausse de taux – Le barème revalorisé conserve les taux inchangés (0, 11, 30, 41, 45 %). Les dispositifs de quotient familial, décote, crédits d’impôt, etc., sont maintenus à l’identique. Surtout, les avantages fiscaux pour les retraités restent intacts : l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est maintenu, alors qu’une réforme était initialement envisagée puis abandonnée. De même, les personnes de plus de 65 ans continuent de bénéficier de leur abattement supplémentaire sur le revenu, inchangé en 2026. Il n’y a donc pas de hausse d’impôt cachée pour les seniors et les ménages modestes ; au contraire, le gouvernement a renoncé à une « année blanche » de revalorisation des prestations sociales. Les pensions de retraite et principales aides (allocations logement, RSA, etc.) seront revalorisées normalement, préservant le pouvoir d’achat des plus fragiles.
Contribution sur les hauts revenus (CDHR) – Mise en place l’an dernier, la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus est prolongée en 2026. Son principe : assurer que les contribuables très aisés acquittent un impôt sur le revenu d’au moins 20 % de leur revenu fiscal de référence. En pratique, pour les revenus 2025 puis 2026, si votre taux d’imposition moyen est inférieur à 20 %, un impôt supplémentaire (la CDHR) comble la différence. Elle ne vise que les foyers déjà soumis à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, c’est-à-dire dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour un célibataire ou 500 000 € pour un couple. Introduite temporairement, la CDHR est finalement maintenue tant que le déficit public reste au-dessus de 3 % du PIB. Pour 2026, les règles restent les mêmes que l’an dernier : seuils de revenus inchangés (250k/500k) et mécanisme de calcul identique. Exemple : un couple avec 600 000 € de revenu imposable et 15 % d’impôt effectif verra une CDHR calculée pour porter son taux global à 20 %. Ce prolongement de la CDHR devrait rapporter environ 1,5 Md€ à l’État en 2026, contribuant à l’assainissement des finances publiques.
Prélèvements sociaux : hausse de la CSG sur les revenus du capital
Les revenus du capital et du patrimoine voient leurs prélèvements sociaux augmenter en 2026. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026) relève de 1,4 point le taux de CSG applicable aux revenus patrimoniaux. Le taux de CSG passe ainsi de 9,2 % à 10,6 % dès le 1er janvier 2026. En conséquence, le taux global de prélèvements sociaux sur ces revenus grimpe de 17,2 % à 18,6 %. Cela impacte directement le PFU (prélèvement forfaitaire unique), souvent appelé flat tax : celui-ci passe de 30 % à 31,4 % sur les intérêts, dividendes, plus-values mobilières et autres produits de placement soumis au PFU. Autrement dit, vos gains financiers nets seront un peu plus ponctionnés qu’auparavant (un gain de 1 000 € supportera 314 € de PFU au lieu de 300 €).
Revenus concernés et exclusions – La hausse de CSG ne s’applique toutefois pas à tous les revenus du capital. Ont été exclus du champ de cette augmentation : les revenus fonciers (loyers de locations nues), les plus-values immobilières, les intérêts des anciens PEL/CEL (ouverts avant 2018), les produits des PEP et les produits d’assurance-vie. Ces revenus-là restent assujettis à la CSG au taux classique de 9,2 % (taux global 17,2 %). En revanche, la plupart des autres revenus patrimoniaux sont touchés : intérêts des livrets bancaires (non réglementés), dividendes et coupons, plus-values de cession de valeurs mobilières, rentes viagères à titre onéreux, revenus de location meublée (LMNP), gains de cession de cryptomonnaies, etc.. Pour ces derniers, la fiscalité augmente mécaniquement. Exemple : un épargnant percevant 5 000 € d’intérêts imposés au PFU paiera 1 570 € d’impôts en 2026 (dont 930 € de PS à 18,6 %), contre 1 500 € auparavant.
Cas des loueurs en meublé (LMNP) – Les bailleurs en location meublée non professionnelle subissent donc cette hausse de prélèvements sociaux, ce qui réduit un peu leur rendement net. Cependant, il faut souligner qu’aucune réforme du régime LMNP n’est prévue dans le Budget 2026. Malgré quelques débats en 2025, le gouvernement n’a pas remis en cause le bénéfice de l’amortissement comptable pour les loueurs en meublé. Le statut fiscal du LMNP demeure inchangé : vous pouvez continuer d’amortir la valeur de vos biens meublés (hors terrain) pour réduire fortement votre revenu imposable BIC, et le régime micro-BIC reste disponible avec son abattement forfaitaire de 50 %. En clair, pas de coup de frein sur le LMNP en 2026, hormis la hausse de CSG évoquée ci-dessus. Les investisseurs peuvent donc toujours compter sur ce régime apprécié pour réduire l’imposition de leurs loyers meublés. Exemple chiffré : un propriétaire LMNP encaissant 10 000 € de loyers annuels et 8 000 € de charges amortissables ne déclare que 2 000 € de bénéfice imposable (grâce à l’amortissement). Son impôt sur le revenu reste minime, et les prélèvements sociaux passent d’environ 344 € à 372 € du fait du taux porté à 18,6 %. On le voit, l’impact final sur le revenu net est réel mais limité (ici ~28 € de plus sur 10 000 € de revenus bruts). À noter que cette hausse de CSG sur le capital s’applique dès l’imposition des revenus 2025 (rattrapage sur les revenus de l’an dernier déclarés en 2026), ce qui implique une contribution supplémentaire dès cet été.
Transmission d’entreprise : pacte Dutreil préservé mais encadré
La loi de finances 2026 apporte des ajustements au pacte Dutreil, dispositif phare d’exonération partielle des transmissions d’entreprise. Bonne nouvelle, le mécanisme global du pacte est maintenu pour favoriser la transmission familiale des sociétés, mais le législateur a voulu éviter certains abus à la marge. Deux changements principaux sont actés :
- Exclusion des biens « somptuaires » – L’exonération Dutreil à hauteur de 75 % ne s’appliquera plus sur la fraction de valeur correspondant à des actifs jugés non professionnels et de nature somptuaire dans la société transmise. Sont visés par exemple les éléments d’actif tels que les chasses, les pêches, yachts et bateaux de plaisance, voitures de luxe de collection, certains bijoux ou œuvres d’art, chevaux de course, grands vins et alcools, résidences de luxe, etc. Si de tels biens figurent au bilan de la société transmise, leur valeur sera exclue de l’assiette Dutreil (imposée normalement). En revanche, la trésorerie de la société reste éligible à l’exonération, dès lors qu’elle n’excède pas les besoins normaux de l’exploitation. Cette précision était attendue : conserver une trésorerie d’entreprise ne remet pas en cause le pacte, mais loger des actifs privés dans la société ne permet plus d’échapper aux droits de mutation.
- Engagement de conservation porté à 6 ans – Les héritiers (ou donataires) bénéficiant de l’exonération Dutreil devront désormais s’engager à conserver les titres pendant 6 ans, au lieu de 4 ans précédemment. Ce prolongement de 2 ans de la durée de détention requise vise à s’assurer de la stabilité de l’actionnariat familial sur une période plus longue. Concrètement, après la transmission, les nouveaux propriétaires devront respecter un engagement individuel de conservation de 6 années pour ne pas perdre le bénéfice de l’exonération. Cet allongement s’applique aux pactes conclus à compter de 2026. Conséquence : les transmissions Dutreil restent très avantageuses (75 % d’abattement sur la valeur des parts, ce qui réduit l’imposition à 25 % de la base taxable), mais la contrainte de conservation est plus lourde. Les familles devront intégrer cette durée dans leur stratégie patrimoniale. Exemple : une PME valorisée 2 M€ transmise aux enfants sous pacte Dutreil voit sa base taxable réduite à 500 k€, économisant plus de 200 k€ de droits. En contrepartie, les enfants doivent rester propriétaires de l’entreprise jusqu’en 2032 au lieu de 2030 auparavant.
À noter que d’autres pistes de réforme du Dutreil, évoquées un temps (exclusion des actifs numériques, remise en cause des pactes réputés acquis ou montages de type family buy-out), ont finalement été abandonnées dans le texte final. Le pacte Dutreil version 2026 reste donc globalement stable et toujours très intéressant pour la transmission d’entreprises familiales, tout en fermant quelques niches.
Cession d’entreprise : durcissement du report d’imposition (apport-cession)
Les chefs d’entreprise qui vendent leur société en utilisant le mécanisme d’apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) voient les conditions se resserrer en 2026. Ce dispositif permet, pour mémoire, de reporter l’imposition de la plus-value lors de la vente d’une société, à condition d’apporter d’abord les titres à une holding et de réinvestir une partie du produit de cession dans des activités éligibles. La loi de finances 2026 vise à éviter les abus en renforçant les exigences :
- Part de réinvestissement portée à 70 % – Dorénavant, la holding issue de l’apport devra réinvestir au moins 70 % du produit de la vente dans des investissements éligibles, contre 60 % auparavant. Cela signifie qu’il sera nécessaire d’engager davantage de capital dans des actifs productifs (sociétés opérationnelles principalement) pour conserver le bénéfice du report d’imposition. Seuls 30 % du produit de cession pourront être conservés ou investis librement sans remettre en cause le dispositif. But : accroître la fraction effectivement mobilisée dans l’économie réelle.
- Délai de remploi allongé à 3 ans – Le délai dont dispose la holding pour réaliser ces réinvestissements passe de 2 ans à 3 ans. Les cédants bénéficient ainsi d’un peu plus de temps pour identifier des opportunités d’investissement pertinentes. Attention, cela concerne uniquement le délai légal : en pratique, mieux vaut ne pas tarder pour sécuriser ses réinvestissements, mais la loi offre désormais jusqu’à 36 mois après la cession pour atteindre le quota de 70 %.
- Durée de détention prolongée – Les titres ou actifs acquis en remploi devront être conservés pendant 5 ans minimum (contre 1 an parfois requis auparavant). Ce réalignement général sur une détention d’au moins 5 ans vise à s’assurer que le réinvestissement s’inscrit dans la durée et pas seulement pour une courte période opportuniste. En clair, si votre holding réinvestit dans une PME ou un fonds éligible, vous devrez conserver cette participation au moins 5 ans pour ne pas déclencher la taxation.
- Champ d’investissement éligible restreint – La loi exclut certaines activités jusqu’alors éligibles qui ne correspondent pas à un véritable investissement productif. Sont notamment exclus désormais les investissements de promotion immobilière ou de marchand de biens via la holding de remploi. De même, les souscriptions via certains fonds (FPCI/SLP) voient leur périmètre resserré pour éviter qu’ils financent indirectement de la pure promotion immobilière. L’idée est de réserver le report d’imposition aux réinvestissements dans l’économie productive (industries, services, innovation) et non dans des placements à vocation principalement fiscale ou patrimoniale.
Conséquences pratiques : ces durcissements s’appliqueront aux opérations d’apport-cession réalisées à compter de l’entrée en vigueur de la loi (soit pour les cessions intervenant après la publication de la LF 2026). Si vous avez un projet de vente d’entreprise avec apport préalable à une holding, il faudra intégrer ces nouvelles règles plus contraignantes. Exemple d’impact : un dirigeant vend sa société 10 M€ après l’avoir apportée à une holding. Auparavant, il pouvait investir 6 M€ en PME éligibles sous 2 ans et conserver 4 M€ pour autre usage, avec une holding libre de revendre au bout d’un an. Désormais, il devra investir 7 M€ dans un délai de 3 ans et garder ces investissements 5 ans, ce qui change significativement la donne. Le recours au 150-0 B ter reste possible mais demande une planification plus rigoureuse.
Transmission familiale élargie : nouvel abattement pour les beaux-enfants
Une mesure fiscale passée plus inaperçue concerne les successions au sein des familles recomposées. Le Parlement a introduit un abattement spécifique de 15 932 € sur les droits de succession pour les beaux-enfants (enfants du conjoint ou partenaire PACS) n’ayant pas de lien de filiation direct ou adoptif avec le défunt. Jusqu’à présent, en l’absence d’adoption, un beau-fils ou une belle-fille ne bénéficiait que de l’abattement de 1 594 € applicable aux non-parents, avec des droits de succession de 60 % au-delà. Cette situation pénalisait les enfants élevés par un beau-parent sans adoption formelle.
Désormais, à compter de 2026, si certaines conditions de prise en charge effective sont remplies (mariage/Pacs avec le parent, et secours et soins ininterrompus apportés à l’enfant pendant sa minorité ou sur une longue durée), chaque beau-enfant pourra bénéficier, lors du décès de son beau-parent, d’un abattement de 15 932 € sur la part reçue. Ce montant correspond à l’abattement des frères et sœurs, et représente pratiquement 10 fois l’ancien abattement. Il reste inférieur à l’abattement en ligne directe (100 000 €), mais constitue une avancée notable pour réduire l’inégalité de traitement entre enfants adoptés et non adoptés. Illustration : avec cet abattement, un beau-parent pourra transmettre 15 932 € à son bel-enfant sans droits, puis la taxation se fera au taux de 60 % au-delà (au lieu de quasiment tout taxer à 60 % dès 1 594 €). Attention : cet avantage n’est pas automatique, il faudra prouver la condition de soutien continu (durant 5 ans minimum si l’enfant était mineur, ou 10 ans partiellement majeur). Cette mesure reflète l’évolution des familles et permet de mieux protéger les enfants élevés au sein d’une famille recomposée.
Patrimoine financier : taxe ciblée sur les holdings patrimoniales (dès 2027)
Le Budget 2026 crée une nouvelle imposition visant les structures patrimoniales destinées à accumuler des capitaux sans activité opérationnelle. Cette taxe annuelle sur les holdings familiales a été largement amendée au cours des débats : dans sa version définitive, elle ne concernera qu’une minorité de situations et n’entrera en vigueur qu’en 2027 (aucune imposition en 2026, pas de rétroactivité).
Sociétés visées – Sont potentiellement concernées les sociétés holdings à caractère patrimonial (souvent des family offices) qui remplissent toutes les conditions suivantes :
- Des actifs totaux > 5 M€ détenus par la société holding ;
- Une détention majoritaire (≥ 50 %) des droits de la holding par au moins une personne physique (ou sa famille proche) ;
- Des revenus passifs > 50 % du total (loyers, dividendes perçus, intérêts, redevances…), ce qui exclut les holdings animatrices ayant une activité opérationnelle réelle ;
- La holding n’est pas déjà contrôlée par une autre société elle-même soumise à la taxe (pas de double imposition en cascade).
Autrement dit, la taxe cible des structures de détention purement patrimoniales (« cash box » sans activité) d’une certaine envergure, typiquement utilisées pour capitaliser des revenus et éviter leur imposition personnelle immédiate.
Assiette et taux – Initialement prévue au taux de 2 %, la taxe a été remaniée pour devenir beaucoup plus ciblée et dissuasive. Seuls certains actifs détenus par la holding seront taxés, à savoir les actifs non affectés à une activité opérationnelle de nature somptuaire : par exemple des biens immobiliers purement personnels au bilan, des yachts ou jets privés, des voitures de luxe ou chevaux de course détenus via la société. Les actifs financiers courants (placements de trésorerie, participations dans des filiales opérationnelles, liquidités jusqu’à un certain niveau) sont exonérés de cette taxe dans la version finale. En contrepartie du champ très restreint, le taux d’imposition est porté à 20 % de la valeur vénale de ces biens somptuaires en holding. Il s’agit clairement d’une taxe dissuasive, visant à empêcher les particuliers d’abriter des biens de luxe dans des sociétés pour échapper à l’IFI ou aux droits de succession. Par exemple, si une holding détient un yacht de 10 M€, elle devrait s’acquitter de 2 M€ par an, incitant fortement à sortir ce bien de la structure ! Cette taxe, surnommée un temps « impôt sur la fortune improductive », aura un rendement modeste (≈100 M€ attendus) du fait de son périmètre réduit, mais marque une intention de cibler les “patrimoines dormants”. Entrée en vigueur – Elle s’appliquera pour la première fois sur les exercices 2027 des sociétés visées (aucune taxation sur l’année 2025 ou 2026). Les modalités déclaratives restent à préciser, mais les actionnaires concernés devront vraisemblablement déclarer et payer cette taxe via leur espace fiscal personnel si la holding est étrangère. Pour la très grande majorité des investisseurs particuliers, cette mesure n’aura aucun impact (elle ne touche ni l’IFI classique ni les portefeuilles-titres détenus en direct, seulement certaines holdings à usage d’optimisation patrimoniale extrême).
Grandes entreprises : surtaxe d’IS prolongée et autres mesures
Du côté des entreprises, le Budget 2026 prolonge l’effort demandé aux grands groupes, tout en épargnant les petites structures :
- Surtaxe d’impôt sur les sociétés reconduite – La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises instaurée en 2025 est maintenue pour 2026. Son principe : les sociétés dont le chiffre d’affaires excède un certain seuil paient un supplément d’IS, calculé comme un pourcentage de leur impôt. En 2025, deux taux s’appliquaient (20,6 % ou 41,2 % de l’IS dû) selon que le CA dépassait 3 Md€ ou non, ce qui portait le taux effectif d’IS des plus gros groupes à ~36,1 %. Pour 2026, le gouvernement a choisi de reconduire cette surtaxe quasiment à l’identique, en relevant toutefois le seuil de chiffre d’affaires à 1,5 Md€ afin d’épargner les ETI. Environ 300 à 320 entreprises seront assujetties, essentiellement des multinationales. Le taux applicable reste élevé pour les plus grandes (on parle d’un IS effectif toujours voisin de 36 %), assurant une contribution importante de ces sociétés à l’effort budgétaire. L’État espère en retirer autour de 6 à 7 Md€ de recettes en 2026. Exemple : une entreprise réalisant 5 Md€ de CA et 500 M€ de bénéfices paierait environ 180 M€ d’IS normal (25 %) + ~74 M€ de surtaxe, soit ~254 M€ au total (taux effectif ~33,9 %). Une multinationale de 20 Md€ de CA pour 2 Md€ de profit paierait, elle, près de 800 M€ d’IS normal + ~330 M€ de surtaxe, soit ~1,13 Md€ (taux ~37,8 %). Ce prélèvement exceptionnel restera en vigueur tant que les finances publiques l’exigeront, malgré les protestations du Medef.
- CVAE : pas de nouvelle baisse – La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), impôt local sur les entreprises, ne verra pas sa charge diminuer en 2026 contrairement à ce qui était initialement prévu. La trajectoire de suppression de la CVAE, votée en 2021, devait conduire à une baisse du taux en 2024 puis 2025. Or, le gouvernement a suspendu la baisse prévue en 2026 afin de préserver les recettes fiscales des collectivités. En clair, le taux de CVAE restera au niveau de 2025 (au lieu de baisser de moitié en 2026). Cela représente un surcoût cumulé d’environ 1,3 Md€ pour les entreprises par rapport à la trajectoire initiale. Les grands groupes sont les plus touchés, tandis que les PME (souvent déjà exonérées en dessous de 500 k€ de CA) ne verront pas de changement. La suppression totale de la CVAE est repoussée à l’horizon 2027-2028.
- Fiscalité numérique et autres taxes – Le projet de doublement de la taxe GAFAM (taxe sur les services numériques) de 3 % à 6 % a finalement été abandonné durant les débats, pour ne pas risquer de représailles commerciales. De même, l’Assemblée avait voté une taxe exceptionnelle sur les superdividendes et un alourdissement de la taxe sur les rachats d’actions des grands groupes, mais ces mesures n’ont pas été retenues in fine dans le texte 49.3. En revanche, une petite taxe nouvelle voit le jour pour certains consommateurs : à partir du 1er mars 2026, les colis contenant des marchandises expédiées depuis hors UE subiront une écotaxe de 2 € par colis (gérée via le collecteur de TVA). Cette contribution vise à compenser l’impact environnemental et concurrentiel des importations de masse à bas coût. Enfin, on notera le statu quo pour les indépendants et TPE : aucune modification des seuils de micro-entreprise n’est apportée, et les régimes d’imposition des PME restent inchangés (pas de nouvelle « flat tax » PME ou autre). Le gouvernement souhaite ainsi ne pas alourdir la charge fiscale des petits entrepreneurs en 2026.
Pouvoir d’achat : prestations sociales revalorisées et aides maintenues
Malgré la rigueur budgétaire, plusieurs mesures du Budget 2026 confirment une volonté de préserver le pouvoir d’achat des ménages modestes :
- Prime d’activité augmentée – Une enveloppe supplémentaire de 2 Md€ est consacrée à la Prime d’activité, ce qui va se traduire par une hausse moyenne d’environ 50 € par mois pour ~3 millions de travailleurs modestes bénéficiaires. Ce bonus viendra accroître le complément de revenu versé aux actifs à faibles ressources dès 2026. Par exemple, un célibataire à mi-temps rémunéré au SMIC pourrait voir sa Prime d’activité mensuelle passer de ~180 € à ~230 €. Cette revalorisation vise à soutenir l’emploi et le pouvoir d’achat face à l’inflation.
- Indexation des prestations sociales – Le gouvernement a renoncé à instaurer une année sans revalorisation (« gel ») des prestations. Ainsi, les aides sociales et familiales (APL, allocations familiales, RSA, ASPA…) seront revalorisées normalement en 2026 pour suivre l’inflation. Les ménages à revenus modestes ne subiront pas de baisse réelle de ces aides. De même, comme indiqué plus haut, les pensions de retraite évolueront avec l’inflation et l’abattement de 10 % est inchangé, évitant une perte de pouvoir d’achat aux retraités.
- Logement : MaPrimeRénov’ maintenue – La prime à la rénovation énergétique des logements (MaPrimeRénov’) est pérennisée en 2026, avec un budget équivalent à 2025. Malgré des rumeurs de coupe budgétaire, le dispositif continue d’aider les propriétaires occupants (et certains bailleurs) à financer des travaux de rénovation thermique. Le guichet d’aide, momentanément suspendu faute de loi de finances début janvier, a rouvert et tous les ménages sont éligibles de nouveau, avec les barèmes de prime inchangés. En pratique, jusqu’à 4 Mds€ d’aides seront distribuées en 2026 pour améliorer l’efficacité énergétique d’environ 350 000 logements (objectif ANAH). Message : si vous comptiez faire isoler votre maison ou changer de chaudière, MaPrimeRénov’ reste d’actualité cette année.
En synthèse, le Budget 2026 tente un équilibre entre maîtrise des dépenses et mesures sociales ciblées. Le « quoi qu’il en coûte » est bel et bien terminé, mais l’État continue de soutenir les plus vulnérables via ces ajustements positifs (hausse de la Prime d’activité, indexation des prestations, aides logement maintenues). Cela permet de traverser l’inflation sans aggraver les inégalités, tout en tenant la barre du déficit.
Hagnéré Patrimoine et le Budget 2026
Face à ces évolutions fiscales, Hagnéré Patrimoine propose un accompagnement personnalisé pour naviguer sereinement. Notre cabinet réalise des bilans patrimoniaux gratuits, offrant une analyse globale de votre situation et des stratégies adaptées. Nous intégrons les nouveautés du Budget 2026 (fiscalité des revenus, transmission, immobilier, etc.) dans une approche à 360°, afin d’optimiser votre plan patrimonial sans vision cloisonnée. Plus de 1 000 clients nous ont déjà fait confiance, profitant de frais maîtrisés, d’une forte expertise technique et fiscale, et d’un conseil indépendant orienté vers votre intérêt à long terme. Pas de solution toute faite, mais une vision d’ensemble pour faire les meilleurs choix patrimoniaux en 2026 et au-delà.
Conclusion : le Budget 2026 ne révolutionne pas la donne fiscale, mais multiplie les ajustements ciblés. Immobilier et transmission sont préservés dans l’ensemble, tandis qu’une contribution supplémentaire est demandée aux patrimoines financiers passifs et aux entreprises les plus prospères. En clair, chacun est mis à contribution à la mesure de sa capacité, dans la poursuite du redressement budgétaire de la France.

