Le Plan Épargne Retraite (PER) : réduire son revenu imposable tout en épargnant
Le Plan Épargne Retraite (PER) est un outil précieux pour transformer une partie de vos revenus imposables en épargne pour votre futur. Son principe est simple : les versements volontaires effectués sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel personnalisé. En clair, chaque euro versé sur un PER vient diminuer votre revenu soumis à l’impôt, ce qui réduit mécaniquement le montant de l’impôt dû. Ce mécanisme est particulièrement avantageux si vous êtes imposé dans une tranche marginale élevée (TMI de 30 %, 41 % ou 45 %), car l’économie d’impôt correspond à votre taux marginal. Par exemple, 1 000 € versés sur un PER font économiser 410 € d’impôt si vous êtes dans la tranche à 41 %, ou 450 € si vous êtes dans la tranche à 45 %. L’effet fiscal de la déduction est pris en compte lors de la liquidation de l’impôt sur le revenu. En cas de prélèvement à la source supérieur à l’impôt finalement dû, une restitution peut intervenir après la déclaration.
Plafond de déduction fiscale du PER
Bien que le PER permette de déduire des montants significatifs, il existe un plafond annuel de déduction. Pour un salarié ou indépendant, ce plafond équivaut à 10 % des revenus d’activité de l’année précédente, avec un maximum fixé à 10 % de 8 PASS (Plafonds Annuels de la Sécurité sociale). Concrètement, pour des versements effectués en 2026 (sur la base des revenus 2025), la déduction maximale par personne atteint 37 680 € environ, même si vos revenus sont très élevés. À l’inverse, si vos revenus sont faibles ou nuls, un minimum de 4 710 € est déductible (10 % d’un PASS). Ces plafonds sont propres à chaque membre du foyer fiscal, mais peuvent être mutualisés dans un couple marié/Pacsé. En effet, si l’un des conjoints n’utilise pas tout son plafond, il est possible de le reporter sur la déclaration commune afin que l’autre en bénéficie. De plus, les plafonds de déduction non utilisés sont reportables sur les 3 années suivantes. Cela offre de la flexibilité : par exemple, si vous n’avez versé que peu sur votre PER ces dernières années, vous pouvez rattraper et déduire des sommes plus importantes en une seule fois en utilisant le reliquat des plafonds des années antérieures. À noter que les travailleurs non salariés (TNS) disposent d’un plafond de versement encore plus élevé (régime « Madelin »), leur permettant de déduire une part supplémentaire de leurs bénéfices.
Important : la déduction des versements sur PER n’entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales (ce plafond de 10 000 € ou 18 000 € qui s’applique aux réductions/crédits d’impôt classiques). En effet, le PER procure une déduction du revenu global (comme une charge déductible) et non une réduction d’impôt à proprement parler, ce qui le place hors champ du plafonnement. Vous pouvez donc cumuler un PER avec d’autres dispositifs de réduction d’impôt (Pinel, dons, Girardin, etc.) sans entamer le plafond global annuel qui limite les avantages fiscaux.
Blocage de l’épargne et fiscalité à la sortie
En contrepartie de l’avantage fiscal immédiat, il faut garder à l’esprit que l’épargne versée sur un PER est bloquée jusqu’à la retraite (âge légal de départ en retraite). Vous ne pourrez retirer les fonds qu’au moment de liquider votre retraite, sauf cas de déblocage anticipé exceptionnel prévus par la loi : par exemple l’acquisition de votre résidence principale, l’invalidité, le décès de votre conjoint, la fin de droits chômage, etc.. De plus, les sommes épargnées ainsi que les gains accumulés seront imposés à la sortie (puisque vous avez eu une déduction à l’entrée). Concrètement, si vous récupérez votre épargne sous forme de rente viagère, celle-ci sera soumise à l’impôt sur le revenu (avec un abattement de 10 % comme pour les pensions) et aux prélèvements sociaux. En cas de sortie en capital, la fraction correspondant aux versements déduits est imposée au barème de l’impôt sur le revenu, selon la situation fiscale de l’année de retrait. La fiscalité applicable aux gains dépend des modalités de sortie et des règles en vigueur au moment du retrait (notamment prélèvements sociaux et, le cas échéant, prélèvement forfaitaire). L’intérêt du PER est donc de déplacer la charge fiscale dans le temps, idéalement à une période (retraite) où vos revenus et votre taux d’imposition seront plus faibles. Malgré ces contraintes, le PER reste un levier très efficace pour « transformer » de l’impôt en patrimoine : au lieu de payer une somme au fisc, vous la placez sur votre épargne retraite.
Le dispositif Girardin industriel permet, sous réserve du respect strict des conditions légales et du bon déroulement de l’opération, de bénéficier d’une réduction d’impôt supérieure à l’apport initial, sans constituer un rendement financier garanti.
Principe et fonctionnement du Girardin industriel
Concrètement, investir en Girardin industriel signifie injecter des fonds dans un projet productif ultramarin (par exemple, financer l’achat de matériel pour une entreprise en Martinique ou en Polynésie). L’investissement se fait généralement via une société intermédiaire (une SNC ou un GIE fiscal) qui collecte les apports des contribuables métropolitains et les utilise pour acheter le matériel ou financer le projet éligible. Ce matériel est mis à disposition de l’entreprise locale pendant 5 ans, puis lui est cédé pour une valeur symbolique. En échange de cet apport à fonds perdu (vous ne récupérez pas votre mise), l’État vous accorde une réduction de votre impôt sur le revenu, calculée en pourcentage de la somme investie. Le taux de réduction varie selon la nature du projet et sa localisation : typiquement autour de 110 % à 120 % du montant investi en Girardin industriel classique. Par exemple, si vous investissez 10 000 €, vous pourrez obtenir environ 11 000 à 12 000 € de réduction d’impôt l’année suivante. Le gain net pour vous est la différence : dans cet exemple, vous dépensez 10 000 € pour éviter de payer 11 000 € d’impôt, soit 1 000 € d’économie nette (en quelque sorte, vous avez « gagné » 1 000 € par rapport à la situation où vous auriez payé vos impôts normalement). Ce mécanisme offre donc un effet de levier fiscal très puissant, l’État acceptant de « subventionner » l’investissement ultramarin via la réduction d’impôt accordée.
Le Girardin industriel est un dispositif “one-shot” : l’avantage fiscal s’applique sur l’impôt d’une seule année donnée. Vous investissez au cours de l’année N (par exemple avant le 31 décembre 2025) et vous bénéficiez de la réduction d’impôt sur l’impôt dû au titre des revenus de l’année N (en 2026 lors de la liquidation de l’impôt 2025). Il n’y a pas de revenus à percevoir ni de patrimoine à conserver au-delà des 5 ans de portage de l’investissement, le seul rendement provient de l’économie d’impôt réalisée. Le dispositif est strictement encadré par le Code général des impôts (article 199 undecies B du CGI) et par l’administration fiscale. Initialement prévu jusqu’en 2017, il a été prorogé à plusieurs reprises, et est aujourd’hui prolongé jusqu’au 31 décembre 2029 (loi de finances pour 2024). Cela signifie qu’il est encore possible de réaliser des investissements Girardin au moins jusqu’à la fin 2029.
Plafonnement et avantage fiscal maximal
Comme tout dispositif de défiscalisation, le Girardin industriel est soumis au plafonnement global des niches fiscales. Il fait partie des investissements ouvrant droit au plafonnement majoré de 18 000 € par an (au lieu de 10 000 €). Attention, ce plafond de 18 000 € s’applique à l’ensemble des avantages fiscaux de même nature : si vous cumulez par exemple un Girardin et un investissement Sofica la même année, le total des réductions obtenues ne pourra pas dépasser 18 000 € (hors mécanisme de calcul particulier évoqué ci-après). Toutefois, le Girardin bénéficie d’un traitement spécifique très favorable : la loi ne comptabilise qu’une fraction de l’avantage Girardin dans ce plafond, ce qui permet en réalité d’obtenir une réduction d’impôt bien plus élevée que 18 000 € tout en respectant le plafonnement. En pratique, la réduction d’impôt maximale qu’un contribuable peut obtenir via un Girardin industriel s’élève à environ 52 000 € sur une année. Au-delà, l’excédent ne serait pas pris en compte (ou serait perdu). Cette limite correspond aux montages Girardin dits « avec agrément fiscal » (concernant les projets de plus grande envergure) ; pour les projets de taille plus modeste (Girardin de plein droit, sans agrément individuel), le maximum tourne autour de 40 000 € de réduction. Concrètement, cela signifie qu’un contribuable très fortement imposé peut, grâce au Girardin, effacer jusqu’à plus de 50 000 € d’impôt sur le revenu en une seule année fiscale – ce qui est sans équivalent dans les autres dispositifs de défiscalisation.
Risques et précautions à prendre
Le Girardin industriel offre un avantage exceptionnel, mais il comporte des risques qu’il faut avoir à l’esprit. Le principal risque est le risque fiscal de non-conformité (ou requalification). Pour que vous conserviez votre réduction d’impôt, l’investissement outre-mer doit aller au bout des 5 ans sans incident : l’entreprise ultramarine bénéficiaire doit continuer son activité pendant au moins 5 ans, et le matériel financé doit rester opérationnel et affecté au projet pendant cette durée. Si ces conditions ne sont pas respectées (par exemple, si l’entreprise fait faillite au bout de 3 ans ou revend le matériel, ou encore en cas de fraude), l’administration fiscale peut annuler l’avantage accordé et vous redresser, même plusieurs années plus tard. Vous seriez alors redevable de l’impôt initialement « effacé » majoré d’intérêts de retard, ce qui annule totalement le bénéfice de l’opération. Il existe également un risque financier inhérent : vous mobilisez des fonds sans retour sur investissement direct (hormis la réduction fiscale). En cas de hausse imprévue de vos revenus ou de votre impôt l’année suivante, le calcul de l’opération reste favorable, mais si au contraire votre impôt chute drastiquement (par exemple, perte d’emploi ou départ à l’étranger), vous pourriez ne pas utiliser pleinement la réduction obtenue. Comment se prémunir de ces risques ? Il est essentiel de passer par des opérateurs Girardin sérieux et agréés, qui sélectionnent des projets viables et assurent l’opération (beaucoup proposent une assurance de bonne fin fiscale, garantissant le bénéfice fiscal même en cas de défaillance du projet). L’étude du dossier par le fournisseur doit être rigoureuse, tout comme la constitution du montage juridique. Enfin, ne placez en Girardin que des sommes dont vous n’avez pas besoin à court terme, et seulement pour compléter une optimisation fiscale une fois d’autres leviers activés. Le Girardin industriel s’adresse surtout aux contribuables fortement imposés (généralement TMI 30 %, 41 % ou 45 %) cherchant à réduire immédiatement un impôt important. Si vous payez moins de quelques milliers d’euros d’impôt par an, ce n’est sans doute pas adapté, mieux vaut utiliser d’autres dispositifs plus modestes.
Combiner PER et Girardin industriel : vers l’impôt zéro
Le couplage du PER et du Girardin industriel fait figure de stratégie “ultime” pour effacer l’impôt sur le revenu. L’idée est d’utiliser conjointement ces deux dispositifs de manière complémentaire afin d’optimiser chaque euro normalement versé au Trésor Public. Chacun comble en effet les limites de l’autre :
D’une part, le PER vous permet de diminuer votre revenu imposable et donc votre impôt, sans perdre définitivement l’argent puisque vous le mettez de côté pour votre retraite. Cependant, le PER est plafonné (vous ne pouvez pas déduire au-delà de votre plafond retraite disponible) et il ne peut pas, à lui seul, annuler la totalité d’un impôt très élevé si ce plafond est insuffisant. Par exemple, un contribuable ayant 20 000 € d’impôt à payer ne pourra peut-être réduire que de 5 000 ou 6 000 € son impôt via le PER, en fonction de son plafond de déduction disponible.
D’autre part, le Girardin industriel permet de réduire directement le solde d’impôt restant grâce à une réduction calculée sur l’impôt lui-même. Il n’est pas limité par un pourcentage de revenus, et peut donc couvrir des montants d’impôt très importants – jusqu’à les ramener à zéro. En revanche, l’argent investi est définitivement dépensé (à fonds perdus) et le dispositif doit être renouvelé chaque année si l’on veut un effet récurrent.
En combinant ces deux leviers la même année, on obtient un résultat optimal : l’impôt résiduel peut être totalement éliminé, tout en n’ayant “sacrifié” qu’une partie de la somme sous forme d’investissement non récupérable. Illustrons cette synergie avec un exemple chiffré. Imaginons un contribuable imposé dans la tranche à 41 % avec un impôt sur le revenu calculé avant optimisation de 30 000 € (par exemple, un célibataire avec ~120 000 € de revenus imposables). Il dispose d’un plafond de versement PER de 15 000 € cette année. S’il effectue ce versement sur son PER, son revenu imposable diminue d’autant, ce qui lui procure une économie d’impôt d’environ 6 150 € (15 000 € × 41 %). Son impôt théorique tombe ainsi à ~23 850 €. Il reste malgré tout près de 24 000 € d’impôt à payer. C’est là qu’intervient le Girardin. Pour effacer ce solde de 23 850 €, notre contribuable peut souscrire un investissement Girardin calibré sur ce montant d’impôt. Le montant à investir dépend des caractéristiques de l’opération et de la situation fiscale du contribuable. Les exemples chiffrés doivent être analysés avec prudence et ne constituent pas des garanties de résultat. Supposons qu’un taux de rendement fiscal de 18 % net soit disponible (ce qui correspond à ~118 % de réduction d’impôt pour 100 % investi). Il faudrait alors investir environ 20 200 € en Girardin pour obtenir ~23 850 € de réduction d’impôt l’année suivante (20 200 € × 1,18 ≈ 23 836 €). En pratique, il réservera un dossier Girardin d’environ cette somme avant la fin de l’année. Au final, l’impôt de 30 000 € est entièrement gommé : il ne paiera rien au fisc l’année suivante.
Intéressons-nous au coût net et au bénéfice de l’opération combinée. Dans notre exemple, le contribuable a sorti de sa poche 15 000 € (placement sur son PER) + 20 200 € (investissement Girardin). Mais les 15 000 € du PER lui appartiennent toujours (sur son compte épargne retraite) : on ne peut pas les considérer comme une perte, c’est une épargne qui fructifiera et qu’il récupérera à terme. Seule la mise Girardin de 20 200 € est un coût définitif. Par rapport à la situation initiale (payer 30 000 € d’impôt « à fonds perdus » à l’État), il a donc économisé environ 9 800 € net tout en se constituant une épargne de 15 000 € sur son PER. Autrement dit, l’opération combinée lui a permis de convertir son impôt en patrimoine : une partie de l’argent est partie dans l’économie ultramarine en échange d’un gain fiscal (Girardin), l’autre partie est allée sur son compte PER pour sa retraite, et au final son impôt est réduit à zéro.
Bien sûr, cette stratégie doit être renouvelée chaque année pour reproduire l’effet d’annulation de l’impôt. Il faut donc avoir la capacité financière d’investir chaque année sur son PER et en Girardin si l’on souhaite neutraliser en permanence son impôt sur le revenu. Dans l’exemple ci-dessus, le contribuable devrait investir des montants similaires tous les ans pour ne plus payer d’impôt les années suivantes. Cela représente un effort d’épargne conséquent et soutenu. Cependant, considérée sur plusieurs années, l’opération est extrêmement avantageuse : au bout de 5 ans, notre contribuable aurait placé 75 000 € sur son PER (qui restent dans son patrimoine) et dépensé ~101 000 € en Girardin, ce qui aurait effacé environ 5 × 30 000 € = 150 000 € d’impôts. Le gain net cumulé serait d’environ 150 000 – 101 000 = 49 000 €, et dans le même temps il aurait constitué une épargne retraite de 75 000 € (hors intérêts). On peut ainsi estimer qu’il “économise” environ une année d’impôt sur trois grâce à ce duo fiscal (puisque ~1/3 de chaque impôt annuel lui revient sous forme d’épargne ou d’économie réalisée). Naturellement, tout cela suppose de respecter scrupuleusement les conditions du Girardin chaque année et de disposer de liquidités suffisantes. Pour beaucoup de contribuables, le couplage PER + Girardin sera plutôt utilisé de manière ponctuelle (par exemple l’année d’un revenu exceptionnel ou d’une prime taxable importante), afin de lisser une grosse imposition sur plusieurs années. Quoi qu’il en soit, la combinaison des deux dispositifs illustre à quel point il est possible de reprendre la main sur sa fiscalité avec de la stratégie : au lieu de subir l’impôt, on le redirige vers son propre patrimoine (le PER) et vers des projets utiles (Outre-mer) tout en en tirant un bénéfice.
Hagnéré Patrimoine et la stratégie PER + Girardin industriel
Chez Hagnéré Patrimoine, nous vous accompagnons pour exploiter au mieux des dispositifs tels que le cumul PER + Girardin industriel au sein d’une vision patrimoniale globale. Notre cabinet propose des bilans patrimoniaux gratuits et complets, qui permettent d’analyser votre situation financière à 360°. L’objectif : identifier les stratégies personnalisées les plus pertinentes (optimisation fiscale, investissements, retraite, transmission…), en intégrant le duo PER/Girardin industriel parmi d’autres solutions appropriées. Nous avons déjà accompagné plus de 1 000 clients dans cette démarche, en mettant en avant des frais compétitifs et maîtrisés, une expertise fiscale et technique de haut niveau, et une approche indépendante orientée vers votre réussite à long terme. En clair, avec Hagnéré Patrimoine, vous bénéficiez d’un conseil patrimonial sur mesure, loin des produits miracles isolés, afin de faire les bons choix et d’optimiser votre patrimoine sans mauvaises surprises.
En conclusion, le duo PER + Girardin industriel s’impose comme une stratégie puissante et conforme à la législation pour neutraliser l’impôt sur le revenu tout en transformant une partie de cet argent en épargne retraite et en investissement utile. Cette approche avancée demande une mise en œuvre rigoureuse, mais elle peut apporter une valeur ajoutée considérable à votre situation financière. En fin de compte, vous ne subissez plus votre impôt – vous le mettez à profit. (Mise à jour 2026)

