Girardin industriel : Conséquences en cas de non-respect des conditions ou d’échec du projet
Fiscalité
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Girardin industriel : Conséquences en cas de non-respect des conditions ou d’échec du projet

Projet Girardin industriel en difficulté ? Découvrez les risques de redressement fiscal en cas d’échec et nos conseils pour sécuriser votre investissement outre-mer.

Synthèse de l'article

  • Principe et contrepartie : Le Girardin industriel offre une réduction d’impôt immédiate en échange du respect de conditions strictes d’exploitation et de conservation sur une durée minimale (généralement 5 ans), faute de quoi l’administration peut remettre en cause l’avantage.

  • Mécanisme de l’opération : L’investissement se fait via une société de portage qui finance du matériel neuf en Outre-mer, le loue à l’exploitant pendant la période d’engagement, puis le cède à terme pour un montant symbolique ; l’apport de l’investisseur est à fonds perdus et le gain recherché est fiscal.

  • Conditions d’éligibilité clés : Le bien doit être neuf, mis en service et exploité effectivement dans une activité éligible, avec respect des règles de location/rétrocession, conservation des parts par l’investisseur, et situation fiscale et sociale régulière de l’entreprise bénéficiaire.

  • Déclencheurs de redressement : Une interruption d’exploitation avant 5 ans (revente, arrêt d’utilisation, cessation d’activité) entraîne typiquement la reprise de la réduction d’impôt, l’impôt étant recalculé comme si l’avantage n’avait jamais été acquis.

  • Faillite et continuité d’exploitation : La défaillance de l’entreprise exploitante peut conduire à l’annulation de l’avantage si personne ne reprend l’exploitation du matériel, mais la reprise par un nouveau locataire pour la durée restante peut éviter la remise en cause.

Comprendre le risque de redressement fiscal en Girardin industriel

Le Girardin industriel est un mécanisme de défiscalisation offrant une réduction d’impôt immédiate aux investisseurs finançant des projets productifs en Outre-mer. En contrepartie, l’investissement doit respecter des conditions strictes pendant 5 ans (durée minimale d’exploitation) sous peine de perdre l’avantage fiscal. Si ces conditions ne sont pas respectées, l’administration fiscale peut requalifier l’opération et reprendre la réduction d’impôt accordée, ce qui constitue un redressement fiscal. L’intention ici est d’expliquer clairement ce qui peut provoquer un tel redressement et quelles sont les conséquences concrètes pour l’investisseur, afin de vous aider à sécuriser vos investissements.

Rappel du dispositif Girardin industriel

Le dispositif est prévu par l’article 199 undecies B du Code général des impôts, qui permet aux contribuables domiciliés en France de bénéficier d’une réduction d’impôt en finançant du matériel neuf pour une entreprise ultramarine. En pratique, l’investissement se fait via une société de portage sur 5 ans, au terme desquels l’entreprise locale devient propriétaire du matériel pour un montant symbolique. L’investisseur, lui, obtient une réduction d’impôt “one-shot” dès l’année suivant son apport. Important : l’argent investi est à fonds perdus, c’est-à-dire qu’il ne sera pas récupéré en sortie (seul le gain fiscal est recherché). Par exemple, un apport de 10 000 € peut donner droit à environ 12 500 € de réduction d’impôt – ce différentiel constituant le profit espéré de l’opération. À titre indicatif, selon les conditions de rétrocession et de montage, certains montages peuvent offrir une réduction supérieure à l’apport, mais ces exemples ne sont pas garantis ni systématiques.

Conditions d’éligibilité – Pour que la réduction d’impôt soit définitivement acquise, plusieurs conditions légales doivent être remplies : l’investissement doit être neuf, mis en service et exploité de manière effective dans une activité éligible en Outre-mer (agricole, industrielle, commerciale ou artisanale). Certaines activités sont exclues (commerce, conseil, etc.). De plus, si l’investissement est réalisé via une société de portage, celle-ci doit louer le bien à l’entreprise exploitante pendant au moins 5 ans, en lui rétrocédant une partie de l’avantage sous forme de loyer réduit. Cinq ans est la durée minimale de conservation et d’exploitation requise dans la plupart des cas (elle peut être portée à 7, 10 ou 15 ans pour certains investissements à longue durée de vie, par exemple des immeubles touristiques ou des navires). Les investisseurs doivent également conserver leurs parts dans la société de portage pendant 5 ans. Enfin, l’entreprise bénéficiaire doit être à jour de ses obligations fiscales et sociales lors de l’investissement. Ces garde-fous visent à s’assurer que le projet Girardin contribue réellement au développement local sur la durée prévue.

Causes de non-respect des conditions et redressement fiscal

Malgré la vigilance des services fiscaux, plusieurs situations peuvent entraîner le non-respect des conditions du Girardin industriel, menant à une remise en cause de l’avantage fiscal :

  • Interruption de l’exploitation avant 5 ans : Si, dans les cinq ans suivant la mise en service, le matériel financé n’est plus affecté à l’activité prévue (revente anticipée, arrêt d’utilisation) ou si l’entreprise exploitante cesse son activité, c’est le cas typique de non-respect. La loi prévoit alors que la réduction d’impôt obtenue fait l’objet d’une reprise (annulation) au titre de l’année où l’événement survient. Autrement dit, l’administration fiscale revoit l’impôt dû comme si vous n’aviez jamais eu droit à la réduction, ce qui génère un rappel d’impôt.

  • Faillite de l’entreprise exploitante : C’est un scénario redouté. Si l’entreprise locale fait faillite pendant la période d’engagement et qu’aucun repreneur ne poursuit l’exploitation du matériel, la condition de durée n’est plus remplie. L’avantage fiscal est donc annulé. En revanche, si un nouveau locataire reprend le matériel pour la durée restante, l’aide fiscale n’est pas remise en cause. Cette possibilité de continuation permet d’éviter le redressement en cas de défaillance, mais dépend de trouver un repreneur sérieux rapidement.

  • Non-conformité ou absence de l’investissement : Dans certains cas extrêmes, des montages frauduleux ont fait miroiter des investissements qui se sont révélés inexistants ou non conformes. Par exemple, l’administration a constaté que, dans le passé, certains montages déclenchaient la réduction d’impôt sans preuve de la mise en production effective (équipements jamais raccordés ou utilisés). Un tel défaut d’exploitation réelle constitue un non-respect flagrant, conduisant à l’annulation des avantages fiscaux. De même, si le matériel financé n’existe pas ou que son coût a été surfacturé de manière artificielle, le fisc peut considérer qu’il y a abus. Un rapport récent de l’Inspection générale des finances a d’ailleurs révélé des cas de sur-facturations massives (par exemple dans des projets de chauffe-eaux solaires outre-mer), laissant présager des redressements importants à venir. Ces montages frauduleux font l’objet d’une surveillance accrue.

  • Cession des parts par l’investisseur : Si vous revendez votre participation dans la société de portage avant la fin des 5 ans, vous perdez le bénéfice fiscal. Céder ses parts trop tôt est un motif explicite de reprise de la réduction d’impôt. Le législateur veut ainsi empêcher qu’un investisseur quitte le navire avant que l’objectif de développement local ne soit atteint.

Chaque cause de non-respect peut entraîner ce que l’on appelle une “requalification fiscale” de l’opération. L’administration considère que les conditions du Girardin n’ont pas été remplies, retraitant ainsi l’investissement comme non éligible. Conséquence immédiate : le fisc exige la restitution de la réduction d’impôt dont vous aviez bénéficié.

Conséquences financières d’un échec du Girardin industriel

En cas de redressement fiscal, les conséquences pour l’investisseur sont lourdes. D’une part, vous perdez définitivement l’avantage fiscal accordé : la réduction d’impôt est annulée et doit être remboursée. D’autre part, vous avez déjà perdu votre capital investi (puisque dans un Girardin, l’apport n’est pas récupéré en fin de montage). L’investisseur se retrouve donc avec une double perte.

Concrètement, le Trésor public va vous réclamer la somme correspondant à la réduction d’impôt initiale, augmentée des intérêts de retard depuis l’époque où l’impôt aurait normalement été payé. Ces intérêts de retard sont calculés au taux légal de 0,20 % par mois (soit 2,4 % par an). S’ajoute généralement une majoration pour insuffisance de paiement (souvent 10 % si le contribuable est de bonne foi). Par exemple, un particulier qui avait investi 10 000 € pour obtenir 11 500 € de réduction d’impôt verra, en cas de redressement, un avis de rappel d’impôt d’un montant de 11 500 € + intérêts. Ayant déjà perdu les 10 000 € investis (fonds perdus), il doit en plus rembourser 11 500 € à l’État, plus les intérêts de retard. Dans notre exemple, cela peut représenter plus de 12 000 € à rembourser au total, soit un bilan final très négatif où l’investisseur perd bien plus que son apport initial.

Cette situation n’est pas théorique : de nombreux cas réels l’illustrent. Ainsi, une contribuable ayant participé à un Girardin logement social en 2015 a fait l’objet d’un redressement en 2019 : l’administration a considéré que l’opération était non conforme (les logements financés n’étaient pas de vrais logements sociaux). Elle a dû rembourser l’intégralité de la réduction d’impôt obtenue trois ans plus tôt, avec intérêts de retard et 10 % de pénalité, soit 23 109 € à reverser alors qu’elle avait investi 17 837 € au départ. Au final, cet investissement lui a fait perdre davantage d’argent que le montant qu’elle avait initialement investi.

De plus, un redressement peut intervenir jusqu’à 3 ans après la fin de la période d’engagement, car l’administration dispose du délai légal de contrôle. Cela signifie que vous n’êtes réellement à l’abri d’une remise en cause qu’au bout d’environ 8 ans après l’investissement (5 ans d’exploitation + 3 ans de contrôle fiscal possible). Cet horizon long accentue le risque : même si tout semblait correct pendant 5 ans, un contrôle a posteriori peut encore survenir.

Face à ces conséquences punitives, il faut noter que l’investisseur redressé n’a aucun recours fiscal pour conserver son avantage : la loi est très claire sur la reprise de la réduction en cas de non-respect. En revanche, il peut chercher à partager la charge de la perte via d’autres voies, notamment juridiques, comme nous allons le voir.

Recours possibles pour l’investisseur lésé

Si vous êtes victime d’un montage Girardin défaillant ou frauduleux ayant conduit à un redressement, sachez qu’il existe parfois des recours juridiques contre les responsables du projet. Deux acteurs peuvent potentiellement être mis en cause :

  • Le monteur de l’opération (société de défiscalisation, opérateur local) : Ce professionnel, qui structure et suit le projet, a une obligation de résultat quant à l’éligibilité fiscale de l’investissement. La jurisprudence récente a renforcé cette idée. La Cour de cassation a jugé qu’un monteur de défiscalisation est contractuellement tenu de fournir un investissement satisfaisant aux conditions d’éligibilité de la réduction fiscale. Autrement dit, s’il conçoit un montage non conforme (par exemple un matériel non mis en service à temps), sa responsabilité contractuelle peut être engagée. Exemples jurisprudentiels de responsabilité du conseiller — La jurisprudence récente illustre que, dans certains cas, un conseiller en gestion de patrimoine peut voir sa responsabilité engagée lorsqu’il n’a pas respecté son devoir d’information et de conseil quant aux conditions légales d’un investissement Girardin industriel. Par exemple, dans un arrêt de la chambre commerciale de la Cour de cassation du 20 novembre 2024, un investisseur avait subi un redressement fiscal lié à des centrales photovoltaïques qui n’avaient pas été raccordées au réseau électrique dans les délais requis, rendant l’opération inéligible au dispositif Girardin. Les juges ont considéré que le conseiller avait manqué à son obligation contractuelle de fournir un investissement conforme aux conditions d’éligibilité et l’ont condamné à réparer le préjudice subi par l’investisseur. Toutefois, ces décisions restent très dépendantes des circonstances factuelles et de la preuve du manquement, notamment que la faute du conseiller a directement causé le préjudice subi.Le conseiller en gestion de patrimoine (CGP) : Souvent, c’est votre intermédiaire financier ou conseiller fiscal qui vous a orienté vers l’opération Girardin. Lui aussi a un devoir de conseil renforcé en matière de produits de défiscalisation, surtout sur un dispositif aussi technique et risqué. S’il a manqué à vous informer des risques, ou s’il vous a vendu le montage comme “sans risque” alors qu’il ne l’était pas, sa responsabilité civile professionnelle peut être recherchée. Des décisions de justice ont déjà reconnu la faute de conseillers ayant indûment rassuré leurs clients ou mal vérifié la solidité du programme. Par conséquent, en cas de redressement, il peut être opportun de consulter un avocat afin d’examiner la possibilité d’une action en responsabilité contre le conseiller ou le monteur. Bien sûr, chaque dossier est spécifique, et la réussite d’une telle action n’est jamais garantie – mais c’est une voie de recours possible pour tenter d’atténuer vos pertes.

En somme, mieux vaut prévenir que guérir : ces recours, même s’ils existent, arrivent après coup et impliquent des procédures potentiellement longues et incertaines. L’idéal reste d’éviter le redressement en amont.

Comment sécuriser son investissement Girardin et éviter le redressement

Compte tenu des enjeux, voici quelques précautions à prendre avant d’investir en Girardin industriel (ou de renouveler une telle opération) :

  • Choisissez rigoureusement le programme et le monteur : Informez-vous sur l’opérateur qui propose le projet. Depuis combien de temps existe-t-il ? Quel est son historique de performances ? N’hésitez pas à demander des références d’investisseurs précédents, et vérifiez que le projet dispose des éventuels agréments fiscaux préalables si requis (au-delà d’un certain montant, un agrément de Bercy est nécessaire). Un agrément fiscal ne garantit pas tout, mais c’est un premier filtre de sérieux. Méfiez-vous des offres trop belles pour être vraies ou des monteurs inconnus.

  • Vérifiez la solidité de l’entreprise exploitante : Le risque principal est la défaillance de l’exploitant local. Analysez ses comptes si possible, son secteur d’activité, le contexte économique local. Une entreprise bien établie, avec des perspectives stables pendant 5 ans, offre plus de garanties qu’une structure fragile. Diversifiez les secteurs si vous faites plusieurs Girardin (par exemple, ne pas tout mettre sur des projets photovoltaïques si ce secteur est instable).

  • Lisez attentivement les contrats : Le dossier Girardin comporte de la documentation : statuts de la société de portage, contrat de location, assurance éventuelle, etc. Exigez de la transparence. En particulier, portez attention à la présence d’une garantie de bonne fin fiscale. Il s’agit d’une assurance privée souscrite par l’opérateur, censée protéger l’investisseur en cas de redressement fiscal ou de sinistre pendant les 5 ans. Cette garantie peut sembler très rassurante – elle est souvent mise en avant comme un « parapluie ». Cependant, ne vous reposez pas aveuglément dessus : la garantie de bonne fin a ses limites et exclusions. Souvent, les contrats d’assurance excluent les cas de fraude manifeste ou de non-respect intentionnel des règles par le monteur. Ils prévoient aussi des plafonds d’indemnisation (par exemple, couverture limitée à la seule réduction d’impôt sans compenser l’apport perdu) et obligent l’investisseur à épuiser les recours juridiques contre le fisc avant de jouer l’assurance. Autrement dit, même assuré, vous pourriez vous retrouver à devoir avancer les sommes et batailler en justice. Voyez donc cette garantie comme un filet de sécurité partiel, pas comme une immunité totale.

  • Suivez l’exécution du projet : Ne financez pas et n’attendez pas passivement 5 ans. Demandez des comptes rendus réguliers sur l’avancement du projet. Assurez-vous que le matériel est livré, installé, utilisé comme prévu. Pour un projet industriel, par exemple, vérifiez (via le monteur ou un tiers de confiance) que la machine tourne effectivement, que l’entreprise exploitante paye bien ses loyers, etc. Plus vous détectez tôt un problème, plus il peut être corrigé (par exemple, trouver un repreneur en cas de difficulté de l’exploitant, plutôt que de laisser la situation empirer). En pratique, les bons monteurs ont des procédures de suivi et vous tiennent informés – c’est un critère de choix.

  • Consultez un expert indépendant : Avant de vous engager, vous pouvez faire valider le montage par un avocat fiscaliste ou un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (qui n’est pas rémunéré par le vendeur du Girardin). Un œil externe et expérimenté pourra repérer d’éventuelles failles ou vous confirmer que tout est en ordre. Certes, cela a un coût, mais lorsque l’on vise une réduction d’impôt de plusieurs dizaines de milliers d’euros, le jeu en vaut la chandelle pour dormir tranquille.

En respectant ces bonnes pratiques, vous réduisez fortement le risque de tomber dans un Girardin industriel qui tournerait mal. Rappelons que le dispositif, bien employé, est gagnant-gagnant : l’investisseur bénéficie d’une baisse d’impôt et le territoire ultramarin profite d’un investissement productif gratuit au bout de 5 ans. Le tout est de séparer le bon grain de l’ivraie et de ne pas céder aux sirènes de la défiscalisation sans due diligence.

En synthèse, un échec du Girardin industriel se traduit par un redressement fiscal qui annule tous vos bénéfices et vous coûte cher. Il est crucial de tout mettre en œuvre pour éviter ce scénario : bien choisir son projet, s’entourer de conseils compétents, suivre l’avancement et éventuellement s’assurer. En cas de problème malgré tout, ne pas hésiter à faire valoir ses droits contre les responsables du montage. Le Girardin industriel offre un levier fiscal puissant, mais il s’adresse à des investisseurs avertis et prudents. En étant conscient des risques et précautions à prendre, vous pourrez profiter sereinement des avantages de ce dispositif tout en protégeant votre patrimoine.

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Conclusion : Le non-respect des conditions en Girardin industriel entraîne la perte de l’avantage fiscal et un lourd coût financier. Pour l’investisseur, il est essentiel de sécuriser en amont chaque opération (choix du projet, assurance, suivi) afin d’éviter un redressement qui annulerait tous les gains. Mieux vaut investir de manière éclairée et accompagner le projet de près, plutôt que de subir a posteriori les conséquences d’un montage défaillant. Le Girardin industriel reste un formidable outil de défiscalisation, à condition d’en connaître les règles du jeu et de s’y conformer strictement (Mise à jour 2026).

Questions fréquentes

1

Quelles sont les conditions à respecter pendant 5 ans en Girardin industriel ?

Pour sécuriser votre avantage fiscal Girardin, le matériel financé doit être exploité de façon continue pendant au moins 5 ans dans l’activité éligible prévue. De plus, si vous investissez via une société de portage, vous devez conserver vos parts durant 5 ans. Le bien ne doit pas être revendu ni affecté à une autre activité sur cette période. En pratique, cela signifie que l’entreprise ultramarine bénéficiaire doit rester en activité et utiliser l’équipement sans interruption pendant 5 ans. Certaines opérations spécifiques exigent une durée plus longue (7, 10 ou 15 ans) selon la nature de l’investissement. Toute rupture de ces engagements peut entraîner la remise en cause de la réduction d’impôt.

2

Que se passe-t-il si l’entreprise exploitante fait faillite avant 5 ans ?

Si l’entreprise ultramarine fait faillite avant la fin des 5 ans, l’avantage fiscal est menacé. Deux cas de figure : si aucun repreneur ne reprend l’exploitation du matériel, le fisc considère que la condition d’exploitation continue n’est pas remplie et annule la réduction d’impôt (redressement fiscal). En revanche, si un nouvel exploitant sérieux reprend le bien pour la durée restante, la loi permet de sauver l’avantage fiscal. Il est donc crucial que le monteur du projet anticipe ce risque en ayant d’éventuelles solutions de remplacement (ou une assurance) en cas de défaillance du premier locataire.

3

Devra-t-on rembourser la réduction d’impôt en cas de non-respect ?

Oui. En cas de non-respect des conditions du Girardin (durée d’exploitation non atteinte, bien pas conforme, etc.), la réduction d’impôt obtenue est purement et simplement reprise par l’administration fiscale. Concrètement, un nouvel avis d’imposition sera émis pour l’année en cause, vous réclamant le montant de l’impôt qui avait été “économisé”. Ce remboursement s’accompagne en outre des intérêts de retard (calculés depuis la date à laquelle l’impôt aurait dû être payé). Une pénalité de 10 % peut également s’appliquer selon les cas. Ainsi, tout l’avantage fiscal est perdu et cela génère même un coût additionnel.

4

Combien coûte un redressement Girardin industriel pour l’investisseur ?

Le coût peut être très élevé. Vous devez d’abord rembourser l’intégralité de la réduction d’impôt dont vous aviez bénéficié (par exemple 30 000 € si tel était l’avantage fiscal). À cela s’ajoutent les intérêts de retard, au taux de 0,20 % par mois (soit 2,4 % par an), calculés depuis l’année où la réduction aurait dû être imposée. Si le fisc considère qu’il y a eu manquement délibéré ou négligence, une majoration (généralement 10 %) peut frapper le montant dû. Enfin, n’oublions pas que l’apport investi était à fonds perdus : cet argent est déjà perdu indépendamment du fisc. Au total, l’investisseur subit une double perte – il perd son investissement initial et il rembourse un impôt supplémentaire avec intérêts et pénalités. Il n’est pas rare qu’au final la perte dépasse largement l’investissement de départ.

5

Comment éviter un redressement fiscal en Girardin industriel ?

La clé est la sélection rigoureuse et le suivi du projet. Avant d’investir, choisissez des programmes Girardin portés par des opérateurs expérimentés et transparents. Vérifiez que l’entreprise locale bénéficiaire est solide et que le montage a éventuellement un agrément fiscal (signe qu’il a été contrôlé a priori). Exigez la présence d’une assurance “garantie de bonne fin fiscale” – même si elle comporte des exclusions, elle offre un filet de sécurité. Lisez bien les conditions de cette garantie pour en connaître les limites. Pendant les 5 ans, suivez l’avancement du projet : assurez-vous que le matériel est livré, exploité, et que l’entreprise respecte ses obligations (paiement des loyers, etc.). En un mot, soyez proactif. Faire appel à un conseiller patrimonial indépendant peut aider à auditer le montage en amont et à surveiller sa bonne exécution. Ces précautions réduisent drastiquement le risque de mauvaises surprises.

6

Existe-t-il une assurance contre le risque fiscal du Girardin ?

Oui, la plupart des montages Girardin prévoient une assurance de “bonne fin fiscale”. Cette garantie, souscrite par le monteur auprès d’un assureur, s’engage en principe à indemniser l’investisseur si l’administration fiscale remet en cause l’avantage fiscal. Cependant, il faut savoir que c’est une garantie contractuelle privée, sans valeur vis-à-vis du fisc. Elle comporte souvent des exclusions importantes : les cas de fraude avérée ou de non-respect flagrant des règles peuvent être exclus de la couverture. Il y a aussi des plafonds d’indemnisation et des conditions (souvent, l’investisseur doit d’abord épuiser les recours contre le fisc avant que l’assurance ne paie). En pratique, cette assurance peut couvrir le principal de la réduction d’impôt redressée, mais pas nécessairement les pénalités ou la perte de l’investissement. Il s’agit donc d’un filet de sécurité partiel. Mieux vaut ne pas en avoir besoin en choisissant un bon projet, plutôt que de compter uniquement dessus.

7

Peut-on contester un redressement Girardin industriel et garder la réduction d’impôt ?

Sur le plan fiscal, les marges de manœuvre sont très faibles si le manquement est avéré. Le dispositif Girardin est très encadré par la loi : si les conditions ne sont plus remplies, le fisc est en droit de reprendre l’avantage. Vous pouvez certes porter une réclamation fiscale si vous pensez que l’administration a fait une erreur sur les faits, mais si le défaut de conformité est réel (par exemple, l’entreprise a cessé son activité avant l’échéance), il est peu probable d’échapper au redressement. En revanche, ce que vous pouvez contester, ce sont d’éventuelles pénalités excessives. Par exemple, si le fisc applique une majoration de 40 % pour manœuvre frauduleuse mais que vous démontrez votre bonne foi, vous pourriez obtenir un allègement de pénalité. Par ailleurs, comme évoqué, vous pouvez vous retourner contre les acteurs du montage (conseiller, opérateur) pour tenter d’être indemnisé de vos pertes. Mais cela relève du droit civil (responsabilité) et non du droit fiscal : ce sont des procédures séparées, à mener avec un avocat, et qui n’empêchent pas que vous deviez d’abord payer le fisc. En résumé, on ne “négocie” pas le paiement de l’impôt dû, mais on peut chercher des compensations après coup auprès des responsables du projet défaillant.

8

Le Girardin industriel est-il toujours intéressant malgré ce risque ?

Il est certain que le Girardin industriel est un investissement risqué du point de vue fiscal. Cependant, bien maîtrisé, il reste l’un des dispositifs de réduction d’impôt les plus puissants (jusqu’à 52 941 € de réduction possible par an grâce au plafond spécifique de 18 000 € outre-mer combiné au report 5 ans). De nombreux programmes se déroulent sans encombre lorsque le montage est sain et que l’entreprise exploitante est sérieuse. Le risque zéro n’existe pas, mais il peut être fortement atténué en sélectionnant scrupuleusement les projets et en diversifiant ses investissements. Pour un contribuable fortement imposé qui souhaite soutenir le développement outre-mer, le Girardin industriel peut donc valoir la peine, à condition de respecter strictement les règles du jeu et d’accepter l’éventualité (faible mais non nulle) d’un échec. En somme, c’est un outil intéressant pour les investisseurs avertis, conseillés par des experts, et qui sont financièrement capables d’en assumer les risques.

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Sources et références

Quentin Hagnéré

Quentin Hagnéré

Expert

Fondateur de Hagnéré Investissement

Spécialiste de la gestion de patrimoine et de fortune à 360°, j'accompagne des milliers de clients dans la construction de stratégies performantes et innovantes pour atteindre leurs objectifs financiers avec une vision à 360° propulsée par notre galaxie de services.

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