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Guide expert AVL 20261 hMis à jour 30 septembre 2026Triangle de sécurité · super-privilège art. 118

Assurance vie luxembourgeoise : le guide complet 2026

Le contrat luxembourgeois n'offre aucun avantage fiscal à un résident français : même PFU, mêmes prélèvements sociaux, même régime des 8 ans. Ce qu'il apporte est ailleurs — une protection du souscripteur sans plafond, un univers d'investissement que le contrat français ne peut pas offrir, et un contrat qui vous suit si vous quittez la France. Ce guide explique quand cela justifie le surcoût, et quand cela ne le justifie pas.

STRATÉGIE AVL 2026

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 0TRANSPARENCE·2 MIN

Comment ce guide est établi, et ce que nous avons à y gagner

Sur un sujet où presque tous les contenus disponibles sont écrits par des vendeurs, vous êtes en droit de savoir d'où viennent nos chiffres et quel est notre intérêt. Nous préférons le dire avant que vous ne lisiez le reste.

Nos sources, et comment nous les vérifions

Chaque affirmation réglementaire de ce guide renvoie à un texte identifiable : loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 modifiée, lettres circulaires du Commissariat aux Assurances, Code général des impôts, BOFiP, conventions fiscales bilatérales. Nous citons l'article, pas seulement le principe — pour que vous puissiez vérifier.

Les seuils et barèmes sont ceux en vigueur au 1er août 2026. La classification des investisseurs suit la lettre circulaire CAA 26/1, applicable depuis le 1er février 2026 : si vous lisez ailleurs des seuils issus de la circulaire 15/3, ils sont périmés. Les prélèvements sociaux sur l'assurance vie et la capitalisation restent à 17,2 % après la LFSS 2026 lorsqu'ils sont prélevés à la source par l'assureur — et non 18,6 %, taux qui vise d'autres enveloppes. Si l'assureur luxembourgeois ne les prélève pas et qu'ils sont dus par voie de déclaration, le taux n'est confirmé par aucun texte officiel lu au 30/09/2026 : la lettre de l'article L. 136-8 du Code de la sécurité sociale semble alors conduire à 18,6 %.

Ce que nous gagnons, et ce que nous ne vous dirons pas

Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil rémunéré par les compagnies dont il distribue les contrats. Nous avons donc un intérêt à ce que vous souscriviez — et il serait malhonnête de le taire au milieu d'un guide qui vous explique pourquoi le faire.

C'est précisément pourquoi ce guide consacre un chapitre entier à ce qui ne va pas : le surcoût réel, les cas où le contrat français reste meilleur, et le fait que le Luxembourg n'apporte aucun avantage fiscal à un résident français. Un conseil qui ne dit jamais non n'est pas un conseil.

Ce guide est révisé à chaque évolution réglementaire significative. Dernière révision le 30 septembre 2026 (donation du contrat de capitalisation, prélèvements sociaux, seuil de 150 000 €), après celle du 18 août 2026 qui suivait l'entrée en vigueur de la circulaire CAA 26/1 et de la LFSS 2026. Si vous relevez une erreur ou une donnée périmée, écrivez-nous : nous corrigeons et nous datons la correction.

§ 1DÉFINITION·5 MIN

Qu'est-ce que l'assurance vie luxembourgeoise ?

Vous avez 500 000 €, 1 million ou plus à placer. Cession d'entreprise, épargne accumulée sur vingt ans, héritage : peu importe l'origine. La vraie question, c'est celle-ci : vos actifs sont-ils vraiment protégés ?

En France, si votre assureur fait faillite, le FGAP indemnise jusqu'à 70 000 € par client et par compagnie. Au-delà, vous passez derrière les autres créanciers : vous récupérez ce qu'il reste, parfois rien. L'assurance vie luxembourgeoise (AVL) répond précisément à ce trou de garantie.

Concrètement : vous signez un contrat d'assurance vie auprès d'une compagnie établie au Grand-Duché de Luxembourg. Vous versez des primes, vous investissez, vous désignez des bénéficiaires — comme en France. Sauf que le cadre réglementaire luxembourgeois change deux choses majeures : vous gardez un super-privilège sur vos avoirs (rang 1) et vous accédez à des supports interdits dans l'Hexagone.

Soyons clairs sur un point qui revient à chaque rendez-vous : non, ce n'est pas un outil d'évasion fiscale. Le Luxembourg ne prélève aucun impôt sur votre contrat — on parle de neutralité fiscale. Résultat : vous êtes imposé selon les règles de votre pays de résidence. Si vous habitez Lyon ou Annecy, votre fiscalité reste celle d'une assurance vie française classique.

Alors pourquoi aller au Luxembourg ? D'abord, la protection des actifs est illimitée — pas de plafond à 70 000 €, vos avoirs passent en premier rang en cas de pépin. Ensuite, vous accédez à des supports d'investissement absents des contrats français : private equity, hedge funds, clean shares. Reste un point qui change tout pour les expatriés et les entrepreneurs nomades : la portabilité internationale. Le contrat vous suit, que vous déménagiez à Genève, Dubaï ou Singapour.

À qui s'adresse vraiment ce contrat ? À partir de 250 000 € de patrimoine financier, vous accédez à une gestion de fortune sur mesure. En cabinet, on retrouve principalement des chefs d'entreprise fraîchement sortis de cession, des professions libérales et dirigeants exposés à un risque juridique pro, et des familles qui préparent un départ à l'étranger dans les 12 à 24 mois. Découvrez nos contrats d'assurance vie luxembourgeoise pour un aperçu concret. Pour aller plus loin, voyez à qui s'adresse vraiment l'assurance vie luxembourgeoise et notre dossier sur l'AVL haut de gamme pour les grands patrimoines.

À retenir

L'assurance vie luxembourgeoise n'est pas réservée aux ultra-riches. Avec 100 000 €, vous pouvez déjà ouvrir un contrat chez OneLife ou Wealins. Mais c'est vers 250 000 € que le contrat prend toute sa dimension : vous débloquez le FID (Fonds Interne Dédié), un portefeuille construit ligne par ligne avec votre gérant, en fonction de vos objectifs et de votre fiscalité. En dessous, vous restez sur des fonds standards.

On a posé le décor. Reste à comprendre pourquoi vos avoirs sont mieux protégés à Luxembourg qu'à Paris. Tout repose sur un dispositif unique en Europe : le triangle de sécurité.

§ 2PROTECTION·6 MIN

Le triangle de sécurité

Que se passerait-il si votre assureur faisait faillite demain ? En France, vous récupéreriez 70 000 € maximum. Le reste serait perdu. Au Luxembourg, la réponse est radicalement différente.

Le triangle de sécurité est le mécanisme fondateur de la protection luxembourgeoise. Il repose sur trois acteurs indépendants qui se contrôlent mutuellement.

Tableau comparatif : Acteur — Rôle — Protection apportée — Premier cas : Compagnie d'assurance
ActeurRôleProtection apportée
Compagnie d'assuranceGère le contrat, les primes et les prestationsSoumise à l'agrément et au contrôle du CAA
Banque dépositaireConserve les actifs sur un compte ségréguéActifs juridiquement séparés du bilan de l'assureur
CAA (Commissariat aux Assurances)Régulateur luxembourgeois qui supervise l'ensembleConvention tripartite obligatoire entre les 3 acteurs

Vos actifs ne dorment jamais sur le bilan de l'assureur. Ils sont conservés à part, chez une banque indépendante, et le régulateur surveille tout. Résultat : même si l'assureur coule, personne ne peut y toucher avant vous.

2.1 Le super-privilège luxembourgeois

En cas de faillite de l'assureur, vous passez avant tout le monde — avant l'État, avant les salariés, avant les autres créanciers. Aucun autre pays européen ne va aussi loin.

Ce droit de créance prioritaire est inscrit dans la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 (modifiée le 10 août 2018). Il se décompose en deux niveaux :

  • Article 118 — sur les actifs ségrégués (c'est-à-dire vos actifs déposés chez la banque dépositaire) : vous êtes créancier de premier rang absolu. Personne ne passe avant vous. C'est la protection la plus forte.
  • Article 119 — sur les fonds propres de l'assureur (actifs non ségrégués) : les souscripteurs sont créanciers privilégiés mais avec un ordre de priorité différent (après certains créanciers privilégiés légaux). En pratique, cette distinction a peu d'impact car la quasi-totalité des actifs sont ségrégués chez la banque dépositaire.

Luxembourg : super-privilège

Créancier de premier rang. Protection illimitée. Actifs ségrégués sur un compte distinct chez la banque dépositaire. Aucun plafond de garantie.

France : FGAP

Fonds de Garantie des Assurances de Personnes. Protection limitée à 70 000 € par assuré et par compagnie. Au-delà, risque de perte en cas de faillite de l'assureur.

Pourquoi c'est décisif

Pour un contrat de 500 000 € souscrit en France, 430 000 € sont exposés en cas de défaillance de l'assureur (70 000 € de garantie FGAP seulement). Au Luxembourg, l'intégralité est protégée, quel que soit le montant. Évaluez votre situation avec un conseiller.

2.2 La convention tripartite

Cette protection ne tient pas par bonne volonté. Elle s'appuie sur un contrat signé entre trois parties : la compagnie d'assurance, la banque dépositaire et le CAA.

Elle fixe les règles de conservation des actifs, les modalités de ségrégation et les procédures de contrôle. Sans cette convention, rien n'empêcherait l'assureur de piocher dans vos fonds pour payer ses propres dettes.

2.3 La solidité des assureurs luxembourgeois

Le triangle protège vos actifs, mais une question reste ouverte : l'assureur lui-même est-il assez solide pour ne pas couler ? C'est tout l'intérêt du ratio Solvabilité II (SCR), qui rapporte les fonds propres de l'assureur au capital minimum imposé par la réglementation européenne.

Un ratio de 200 % veut dire que l'assureur a deux fois le capital minimum imposé par Bruxelles (le seuil légal est de 100 %). En pratique, on conseille de viser les assureurs au-dessus de 150 % : c'est la marge de sécurité qui absorbe une mauvaise année de marché.

Tableau comparatif : Assureur (★ : assureur partenaire du cabinet) — Ratio SCR (31/12/2025, rapport SFCR 2025) — AUM — Notation — Premier cas : AXA Wealth Europe ★
Assureur (★ : assureur partenaire du cabinet)Ratio SCR (31/12/2025, rapport SFCR 2025)AUMNotation
AXA Wealth Europe ★143 %—AA (S&P, groupe AXA)
OneLife (groupe APICIL) ★140,6 %——
Wealins (groupe Foyer) ★156,7 %> 18 Mds €—
Vitis Life ★206,1 %3,5 Mds €—
La Mondiale Europartner180 %> 20 Mds €A (S&P)
Utmost International (ex-Lombard)141,3 % (entité Utmost Luxembourg)> 100 Mds €A+ (Fitch)
Generali Luxembourg150 %—AA- (Fitch) / A1 (Moody's) / A+ (AM Best), groupe Generali
La Bâloise145,4 %> 14 Mds €A+ (S&P)

Comment lire ce tableau

Le ratio SCR seul ne suffit pas. Un assureur comme Utmost (141,3 % pour son entité luxembourgeoise au 31/12/2025) mais avec 100 milliards d'euros sous gestion est en réalité plus robuste qu'un concurrent à plus de 200 % mais limité à quelques milliards. Pourquoi ? Parce qu'un gros bilan absorbe mieux les chocs de marché et attire la vigilance des régulateurs. Regardez toujours le trio ratio SCR + encours + notation S&P/Fitch, jamais une seule de ces métriques isolément.

Côté protection, le mécanisme est posé. Reste la question que tout souscripteur pose en deuxième : et la fiscalité, alors ? Bonne nouvelle — elle est strictement identique à celle d'un contrat français.

§ 3FISCALITÉ·7 MIN

Fiscalité pour les résidents français

« Est-ce que je vais payer plus d'impôts avec un contrat au Luxembourg ? » C'est presque toujours la première question en rendez-vous. Réponse : non. Pas un centime de plus.

Le Luxembourg applique la neutralité fiscale : le contrat est transparent côté impôts. Concrètement, vous payez les impôts français, et seulement les impôts français. Strictement la même fiscalité qu'un contrat ouvert chez un assureur français. Ni plus, ni moins.

3.1 Fiscalité en cas de rachat

Quand vous retirez de l'argent de votre contrat — c'est ce qu'on appelle un « rachat » — seuls les gains sont imposés. Pas le capital versé. Et plus votre contrat est vieux, moins vous payez.

Tableau comparatif : Durée de détention — Taux d'imposition — Abattement annuel — Premier cas : Moins de 8 ans
Durée de détentionTaux d'impositionAbattement annuel
Moins de 8 ansPFU 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) ou barème progressifAucun
Plus de 8 ans (primes versées ≤ 150 000 €, tous contrats confondus)7,5 % IR + 17,2 % PS4 600 € (célibataire) / 9 200 € (couple marié ou pacsé)
Plus de 8 ans (primes versées > 150 000 €, tous contrats confondus)7,5 % sur la fraction ≤ 150 000 €, 12,8 % au-delà + 17,2 % PS4 600 € / 9 200 € (imputé en priorité sur la part à 7,5 %)

Concrètement, si vous détenez votre contrat depuis plus de 8 ans et que vos versements totaux restent sous 150 000 €, vos gains sont imposés à seulement 7,5 % (+ 17,2 % de prélèvements sociaux), avec un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € en couple). Exemple : un couple qui rachète 9 200 € de gains une année ne paie que les 17,2 % de PS, soit 1 582 € au total. Zéro impôt sur le revenu. Ce taux de 17,2 % suppose que l'assureur prélève les prélèvements sociaux à la source ; s'ils sont payés par déclaration, le taux n'est pas confirmé (voir la réserve en tête de guide).

Précision importante sur le seuil de 150 000 €

Attention, ce seuil ne porte pas sur la valeur de votre contrat aujourd'hui, mais sur le montant total des primes que vous avez versées (nettes de remboursements), tous contrats d'assurance vie et de capitalisation confondus, apprécié au 31 décembre de l'année qui précède le rachat (article 200 A du CGI). Il ne concerne que les produits des primes versées depuis le 27 septembre 2017. Au-delà de ce seuil, le mécanisme est proratisé : seule la fraction des gains correspondant aux primes excédant 150 000 € est imposée à 12,8 %. Le reste reste à 7,5 %.

Guide dédié : fiscalité complète de l'AVL

Rachats, prélèvements sociaux, abattement 8 ans, option barème vs PFU, exit tax, IFI, crédit Lombard, contrat de capitalisation, apport de titres… Retrouvez l'analyse exhaustive dans notre guide complet de la fiscalité de l'assurance vie luxembourgeoise.

3.2 Fiscalité en cas de décès (transmission)

La transmission, c'est souvent la vraie raison qui pousse à ouvrir un contrat. Et l'AVL joue exactement la même partition que le contrat français côté succession : chaque bénéficiaire récupère 152 500 € en franchise de droits sur les versements faits avant vos 70 ans (article 990 I du Code général des impôts, le texte qui encadre les capitaux décès d'assurance vie).

Tableau comparatif : Critère — Versements avant 70 ans (art. 990 I) — Versements après 70 ans (art. 757 B) — Premier cas : Abattement
CritèreVersements avant 70 ans (art. 990 I)Versements après 70 ans (art. 757 B)
Abattement152 500 € par bénéficiaire30 500 € tous bénéficiaires confondus
Taux au-delà de l'abattement20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 %Barème des droits de succession
Prélèvements sociaux17,2 % sur les gainsGains exclus de l'assiette des droits de succession (mais PS de 17,2 % dus au dénouement)

Exemple : vous versez 500 000 € avant 70 ans et désignez vos deux enfants. Chacun récupère 250 000 € au décès, dont 152 500 € sans aucun droit à payer. Et si c'est votre conjoint (ou partenaire de PACS) qui est désigné, c'est encore plus simple : zéro droit, peu importe le montant.

Conjoint ou partenaire de PACS bénéficiaire

Le conjoint survivant ou le partenaire de PACS désigné bénéficiaire est totalement exonéré de droits de succession sur les capitaux décès versés par le contrat d'assurance vie, qu'il s'agisse de l'article 990 I ou de l'article 757 B. Cette exonération s'applique aussi bien aux contrats luxembourgeois que français.

Point d'attention

Après 70 ans, le couvercle se referme : l'abattement tombe à 30 500 € (tous bénéficiaires confondus, art. 757 B du CGI), puis tout passe au barème des droits de succession. Notre conseil : faites le gros des versements avant 70 ans pour garder les 152 500 € d'abattement par bénéficiaire. Pour approfondir, consultez notre guide de la gestion de patrimoine.

Approfondir : transmission et fiscalité décès

Art. 990 I, art. 757 B, clause bénéficiaire démembrée, quasi-usufruit, primes manifestement exagérées, successions internationales… Consultez notre guide fiscal AVL — section transmission et décès et notre guide dédié à la succession AVL.

Côté impôts, France et Luxembourg jouent la même partition. La vraie différence se fait ailleurs : sur les supports d'investissement disponibles dans le contrat.

§ 4SUPPORTS·10 MIN

Supports, private equity et circulaire CAA 26/1

En France, votre assurance vie classique vous limite essentiellement aux fonds euros et aux OPCVM, soit quelques centaines de supports. Au Luxembourg, vous accédez en plus au private equity, aux hedge funds, aux produits structurés, aux clean shares et au multi-devises — un catalogue qui dépasse souvent les 1 000 supports chez les grands assureurs.

Concrètement, vous gagnez l'accès à une gamme de supports d'investissement bien plus large qu'en France. Le régulateur (CAA) classe les investisseurs en catégories selon leur patrimoine financier, chaque catégorie débloquant des supports supplémentaires.

4.1 Classification des investisseurs (Lettre Circulaire CAA 26/1)

Plus votre patrimoine est important, plus l'éventail de supports s'élargit. Le CAA a défini une classification en catégories (N, A, B, C, D) basée sur deux critères cumulatifs : la prime versée et le patrimoine mobilier net déclaré.

Tableau comparatif : Catégorie — Prime minimale — Patrimoine mobilier net — Supports accessibles — Premier cas : N (retail)
CatégoriePrime minimalePatrimoine mobilier netSupports accessibles
N (retail)< 125 000 €Pas de conditionFonds euros, UC (OPCVM, ETF, SICAV)
A≥ 125 000 €≥ 250 000 €N + FID, FIC
B≥ 250 000 €≥ 500 000 €A + actifs élargis, produits structurés
C≥ 250 000 €≥ 1 250 000 €B + actifs non cotés, private equity, immobilier papier
D≥ 1 000 000 €≥ 2 500 000 €Accès illimité : actifs illiquides, immobilier physique, fonds alternatifs

Concrètement, avec 250 000 € et un patrimoine mobilier de 500 000 €, vous accédez au profil B et à la plupart des supports. Le profil C (dès 1,25 M€ de patrimoine) débloque le private equity. Place aux véhicules eux-mêmes.

4.2 FID, FIC et FAS : les trois véhicules luxembourgeois

FID, FIC, FAS — vous allez croiser ces sigles à chaque rendez-vous luxembourgeois. La logique derrière est plus simple qu'elle n'en a l'air.

FID (Fonds Interne Dédié)

Portefeuille personnalisé pour un souscripteur ou un groupe familial. Gestion obligatoirement déléguée à un gérant agréé par le CAA. Seuil réglementaire : 125 000 € de prime avec 250 000 € de fortune mobilière (catégorie A de la LC 26/1, en vigueur depuis le 1er février 2026), en pratique 250 000 € chez la plupart des assureurs. Accès à toutes les classes d'actifs selon la catégorie CAA.

FIC (Fonds Interne Collectif)

Fonds mutualisé proposé par l'assureur à l'ensemble de ses clients éligibles. Gestion collective déléguée selon un profil prédéterminé. Ticket d'entrée : 125 000 € (minimum contractuel). Idéal pour diversifier sans créer un fonds dédié.

Le FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé) est un véhicule en gestion libre ou conseillée, offrant une flexibilité quasi totale dans le choix des actifs. Réglementairement accessible sans condition de prime, les assureurs imposent en pratique un minimum de 125 000 à 500 000 €. Toutes les catégories peuvent y accéder, mais le spectre des actifs éligibles dépend de la classification : les catégories A et B se limitent aux actifs cotés, tandis que les catégories C et D peuvent intégrer actifs non cotés, private equity et immobilier physique. À partir de 2 M€, voir notre guide d'allocation 2 millions pour le détail du chiffrage AVL × catégorie C/D × private equity.

4.3 Le fonds euros luxembourgeois

Vous souhaitez sécuriser une partie de votre capital tout en profitant du cadre luxembourgeois ? C'est possible, mais le choix est plus restreint qu'en France.

Certains assureurs proposent des fonds euros à capital garanti (rendements entre 2 et 4 % selon les années). Leur intérêt principal : le super-privilège et l'absence d'application de la loi Sapin II — pas de blocage possible des rachats au titre de cette loi, contrairement à la France (le Commissariat aux Assurances peut toutefois interdire à un assureur en difficulté tout paiement, rachats compris, comme il l’a fait pour FWU Life Insurance Lux en juillet 2024).

Chez AXA Wealth Europe, le fonds Lifinity Europe (réassuré à 100 % par AXA France) figure parmi les plus performants. Attention : OneLife et Wealins sont structurés à 100 % en unités de compte, sans fonds euros.

Bon à savoir : multi-devises

Contrairement aux contrats français, l'assurance vie luxembourgeoise permet d'investir en multi-devises : EUR, USD, GBP, CHF. C'est un atout décisif pour les expatriés ou les investisseurs exposés à d'autres devises que l'euro.

4.4 Private equity : investir comme les institutionnels

Le private equity — l'investissement dans des entreprises non cotées — affiche historiquement des rendements supérieurs aux marchés boursiers. Problème : ces fonds sont normalement réservés aux caisses de retraite et aux compagnies d'assurance. Sauf si vous passez par un contrat luxembourgeois.

À partir du profil C (1,25 M€ de patrimoine mobilier net + 250 000 € investis), le contrat vous ouvre l'accès aux fonds de capital investissement, de dette privée et d'infrastructure jusqu'alors inaccessibles aux particuliers.

Tableau comparatif : Classe d'actif — Profil minimal — LTV crédit Lombard — Liquidité — Premier cas : Fonds monétaires / obligations
Classe d'actifProfil minimalLTV crédit LombardLiquidité
Fonds monétaires / obligationsN80 – 100 %Immédiate à 10 jours
Actions cotées / ETFN50 – 70 %Immédiate à 5 jours
OPCVM actifsN50 – 65 %3 – 10 jours
Produits structurésA30 – 50 %Variable
Private equity, dette privéeC (≥ 1,25 M€ patrimoine + ≥ 250 k€ investis)0 % (exclu du collatéral)6 mois – 1 an
Actifs illiquides, alternatifs, crypto-ETPD (≥ 2,5 M€ patrimoine + ≥ 1 M€ investis)0 %> 1 an

Concrètement, un portefeuille 100 % actions/ETF permet d'emprunter jusqu'à 70 % de sa valeur via crédit Lombard. Mais dès que vous intégrez du private equity, cette capacité d'emprunt chute fortement (haircut de 100 % sur le PE).

L'automatisation des capital calls : zéro intervention de votre part

En détention directe, chaque capital call — un appel de fonds du gestionnaire — exige une intervention manuelle. Au sein d'un contrat luxembourgeois, la banque dépositaire gère automatiquement ces appels depuis les liquidités du contrat.

Pas d'action de votre part, pas de friction fiscale, pas d'agenda à tenir. Quand vous êtes engagé sur 4 ou 5 fonds en parallèle, ça vous économise plusieurs interventions par trimestre.

Plafond réglementaire private equity

La réglementation CAA plafonne l'exposition en actifs non cotés à 65 % maximum de la valeur du contrat (obligation de maintenir une liquidité minimale). Autre contrainte : le private equity reçoit un haircut de 100 % dans le calcul du crédit Lombard : un contrat investi à 40 % en PE voit sa LTV maximale divisée par presque deux par rapport à un portefeuille 100 % liquide.

4.5 Mise à jour réglementaire : circulaire CAA 26/1 (1er février 2026)

Si vous avez souscrit avant février 2026, le sujet vous concerne directement. Le régulateur luxembourgeois a publié la circulaire CAA 26/1, qui remplace la 15/3 en vigueur depuis 2015 — c'est la première refonte structurelle du cadre depuis dix ans, et elle change la donne sur les produits structurés et le suivi des frais.

Voici ce qui change concrètement pour vous :

Tableau comparatif : Évolution — Ancienne règle (15/3) — Nouvelle règle (26/1) — Premier cas : Produits structurés
ÉvolutionAncienne règle (15/3)Nouvelle règle (26/1)
Produits structurésLogés obligatoirement dans un FIC ou FIDAccessibles directement comme unités de compte standalone
FIC catégories A/B/C/DNotification préalable à la CAA obligatoireNotification supprimée → réactivité accrue
Value for MoneyAucune exigence formaliséeL'assureur doit justifier que les frais correspondent aux services rendus
Harmonisation transfrontalièreRègles strictement luxembourgeoisesAlignement possible sur les limites d'investissement du pays de résidence du souscripteur
Actifs alternatifs (profil D)Accès limitéÉlargissement du catalogue : les crypto-ETP et matières premières physiques sont accessibles au profil D (instruments financiers sans restriction)

Ce que change concrètement la 26/1 pour vous

La circulaire 26/1 simplifie l'accès aux produits structurés (capital protection, autocall) sans la contrainte d'un FIC dédié. Elle renforce également la transparence des frais via le principe Value for Money : votre assureur doit désormais justifier que chaque euro de frais correspond à un service effectif. Si vous avez souscrit avant février 2026, demandez à votre conseiller une revue de votre contrat pour vérifier s'il est conforme aux nouvelles dispositions.

4.6 Gestion sous mandat : déléguer à un professionnel

Vous n'avez ni le temps ni l'envie de piloter votre portefeuille au quotidien ? Déléguez. Selon votre niveau de contrôle souhaité, vous avez le choix entre trois formules :

Gestion libre

Le souscripteur choisit lui-même ses supports (ETF, OPCVM, fonds euros). Accessible dès le profil N. Frais minimaux mais exige du temps et des compétences financières. Adapté aux investisseurs avertis qui souhaitent piloter directement leur allocation.

Gestion sous mandat (discrétionnaire)

Un gestionnaire agréé par le CAA reçoit un mandat pour gérer le FID selon un profil convenu (prudent, équilibré, dynamique). Il investit sans demander l'accord à chaque opération. C'est le mode le plus courant pour les gros encours en assurance vie luxembourgeoise.

Gestion conseillée / buy-and-hold

Le gestionnaire soumet des recommandations que le souscripteur valide. Moins contraignant qu'un mandat discrétionnaire plein, plus encadré que la gestion libre. Idéal pour les clients souhaitant garder la main tout en s'appuyant sur une expertise.

En gestion sous mandat discrétionnaire, le contrat luxembourgeois donne accès à des maisons de gestion institutionnelles qui, en France, ne s'adressent qu'aux family offices et aux caisses de retraite. Quelques exemples de gestionnaires accessibles via FID :

Tableau comparatif : Gestionnaire — Style — Encours minimal FID — Spécialité — Premier cas : Rothschild & Co AM
GestionnaireStyleEncours minimal FIDSpécialité
Rothschild & Co AMMulti-actifs, gestion value500 k€Actions européennes, obligations convertibles
CarmignacGlobal macro, fonds flexibles250 k€Fonds Patrimoine, Sécurité
Lazard Frères GestionActions, obligations500 k€Small/mid caps européennes
Edmond de Rothschild AMMulti-actifs ISR500 k€Obligations HY, Private assets
Pictet Asset ManagementMulti-thématiques1 M€Mégatendances, actions mondiales
Lombard Odier IMDurabilité, multi-actifs1 M€Fixed income, allocation tactique

Concrètement, avec un FID de 500 000 €, vous pouvez confier votre allocation à Carmignac ou Rothschild & Co. En France, ces maisons ne s'adressent qu'aux family offices.

La structure de frais en gestion sous mandat

Le revers du mandat : une couche de frais supplémentaire. Avant de signer, exigez le total all-in en pourcentage d'encours, frais sous-jacents inclus.

Tableau comparatif : Couche de frais — Niveau indicatif — Remarque — Premier cas : Frais assureur
Couche de fraisNiveau indicatifRemarque
Frais assureur0,23 – 0,60 %Dégressifs selon l'encours (unités de compte)
Commission du conseiller0,40 %Chez Hagnéré Patrimoine : commission prise sur les frais du contrat, sur les unités de compte (0,50 % sur le fonds en euros CNP Luxembourg)
Frais de gestion du mandataire0,40 – 1,20 %Selon la maison de gestion et le profil
Frais banque dépositaire0 – 0,06 %0,06 % en conservation standard, offerte chez CNP Luxembourg ; surcoût si actifs spéciaux
Frais des fonds sous-jacents (OAT/TER)0,10 – 0,80 %Faibles si ETF, jusqu'à 2 % pour certains OPCVM actifs
Total indicatif1,15 – 3,06 %/anVariable selon stratégie et mandataire

Concrètement, sur 1 M€ en gestion sous mandat, la facture annuelle oscille entre 12 000 et 29 100 €. Pour rester sous 1,60 %, privilégiez les ETF et les clean shares dans l'allocation.

Règle des frais en gestion déléguée

Un taux de frais total supérieur à 2 % doit vous alerter : à ce niveau, le rendement net réel de votre portefeuille sera structurellement inférieur à un indice de marché. La combinaison ETF + mandat en clean shares (voir section 4.9) permet de ramener le coût total à 1,20 – 1,60 %/an tout en bénéficiant d'une allocation professionnelle.

4.7 Hedge funds et fonds alternatifs

Vous cherchez à décorréler votre portefeuille des marchés actions et obligations classiques ? Les hedge funds répondent à ce besoin. En France, ils sont quasi inaccessibles aux particuliers en direct ; le contrat luxembourgeois fait partie des rares enveloppes qui y ouvrent la porte (à partir du profil A pour les versions UCITS, profil D pour les non-UCITS).

L'accès dépend de la structure du fonds : UCITS (réglementé) ou non-UCITS (libre).

Tableau comparatif : Critère — Hedge funds UCITS — Hedge funds non-UCITS (AIFMD) — Premier cas : Cadre réglementaire
CritèreHedge funds UCITSHedge funds non-UCITS (AIFMD)
Cadre réglementaireDirective UCITS V (harmonisée UE)Directive AIFMD 2011/61/UE
Profil CAA requisA ou B (via FID/FIC)D uniquement (≥ 2,5 M€ patrimoine)
LiquiditéHebdomadaire ou mensuelleTrimestrielle à annuelle, lock-up fréquent
Stratégies autoriséesLimitées (long/short action, global macro)Illimitées (distressed, CTA illiquides, spécial sit.)
Frais typiques1 – 1,5 % + 10 – 15 % performance"2 and 20" : 2 % gestion + 20 % performance

Les principales stratégies de hedge funds accessibles :

  • Long / Short Equity — positions longues sur les titres appréciés, courtes sur les titres surévalués. Décorrélation partielle des marchés. Exemples : Lansdowne Partners, Marshall Wace.
  • Global Macro — paris directionnels sur les taux, devises, matières premières à l'échelle mondiale. Stratégie Soros / Brevan Howard type.
  • CTA / Managed Futures — suivi de tendance sur les marchés futures (indices, taux, devises). Excellente décorrélation en 2022. Exemples : Man AHL Diversified (UCITS), Winton Group.
  • Évent-Driven — arbitrage de fusions-acquisitions, situations spéciales (restructurations, spin-offs, OPA). Exemples : Paulson & Co, Elliott Management.
  • Relative Value — arbitrage de convergence entre instruments liés (obligations convertibles, paires d'actions, spreads de taux). Exemples : AQR Capital, Two Sigma.

Profil D requis pour les non-UCITS

Les hedge funds non-UCITS nécessitent le profil D (patrimoine mobilier net ≥ 2,5 M€ et investissement ≥ 1 M€). Ils peuvent représenter au maximum 10 % du portefeuille FID en première approche (AIFMD impose des limites d'exposition). Les frais de type “2 and 20” réduisent significativement le rendement net en l'absence de performance. Ils sont à réserver aux investisseurs expérimentés dans le cadre d'une allocation diversifiée. AVL profil D (FVM ≥ 2,5 M€) pour un patrimoine de 5 à 10 M€ : voir Investir de 5 à 10 millions d'euros en 2026.

4.8 Produits structurés — accès direct depuis la circulaire 26/1

Vous voulez chercher du rendement sans assumer 100 % du risque action ? Les produits structurés vous donnent un compromis. Leur particularité : une formule contractuelle fixe à la souscription qui détermine, à l'euro près, ce que vous touchez selon le comportement d'un sous-jacent (un indice, un panier d'actions).

Depuis la circulaire CAA 26/1 (février 2026), ils peuvent être intégrés directement comme unité de compte standalone dans le contrat. Plus besoin de passer par un FIC ou un FID.

Tableau comparatif : Type de produit structuré — Mécanisme — Profil risque — Premier cas : Autocall
Type de produit structuréMécanismeProfil risque
AutocallRemboursement automatique anticipé si l'indice dépasse une barrière à la date d'observation (ex. : +8 %/an si CAC 40 ≥ niveau initial). En cas de baisse, protection du capital jusqu'à une barrière (ex. : -40 %).Modéré – Élevé
Phoenix (autocall à coupon conditionnel)Coupon versé si l'indice reste au-dessus d'une barrière de coupon (ex. : -30 %), même en l'absence de remboursement. Coupon mémorisé et rattrapable.Modéré
Capital protégé100 % du capital protégé à l'échéance (sauf défaut ou faillite de l'émetteur, hors frais du contrat) + participation à la hausse d'un indice (participation partielle, ex. : 60 % de la hausse du EuroStoxx 50).Faible (protection portée par l'émetteur)
Certificat bonusParticipation 1:1 à la hausse d'un actif + bonus fixe si l'actif n'a pas touché une barrière basse. Perd le bonus en cas de knock-in.Modéré – Élevé

Concrètement, un autocall sur le CAC 40 avec barrière à -40 % vous verse par exemple 8 %/an tant que l'indice reste au-dessus du niveau initial. Un produit à capital protégé vous rembourse 100 % du capital à l'échéance, plus une partie de la hausse.

Les principaux émetteurs accessibles via les assureurs luxembourgeois sont BNP Paribas, Société Générale, Natixis et Goldman Sachs International.

Risque émetteur — pas couvert par le triangle de sécurité

Un produit structuré (certificat ou note) est une créance sur l'émetteur, pas un actif ségrégué. Si l'émetteur fait défaut (ex. : Lehman Brothers en 2008), le capital est perdu indépendamment de la protection du triangle de sécurité. Vérifiez toujours la notation de crédit de l'émetteur et la protection du capital avant d'y allouer une portion significative.

4.9 Clean shares : 0,80 % d'économie par an sur vos fonds

Le même fonds, par exemple un MSCI World, peut vous coûter 1,50 %/an en France et 0,70 % au Luxembourg. Pourquoi cet écart ? Parce que le contrat luxembourgeois accède à une autre classe de parts : la clean share, sans rétrocession au distributeur.

En France, quand vous achetez un fonds, une partie des frais est reversée à votre banque ou à votre assureur. Au Luxembourg, le contrat accède nativement aux parts institutionnelles — celles sans rétrocession. Résultat : vous payez moins cher pour le même fonds.

Tableau comparatif : Critère — Part retail (exemple) — Part clean share (exemple) — Économie annuelle — Premier cas : Frais courants (TER)
CritèrePart retail (exemple)Part clean share (exemple)Économie annuelle
Frais courants (TER)1,50 %0,70 %0,80 %/an
Rétrocession incluse0,50 – 0,75 % (versée au distributeur)0 %—
ISIN exemple (MSCI World)Part C (LU0012345678)Part I/P (LU0012345679)—
Accès en AV française standardSouvent ouiRarement—
Accès en contrat luxembourgeois FIDOuiOui—

Concrètement, sur un portefeuille de 500 000 €, l'économie est de 4 000 €/an en passant de parts retail à des clean shares. Sur 20 ans, c'est plus de 80 000 € de rendement supplémentaire grâce aux intérêts composés.

Et la gestion active justifie rarement son surcoût. Selon l'étude SPIVA France Mid-Year 2024 de S&P Dow Jones Indices, 84,5 % des fonds actions France ont sous-performé leur indice de référence sur la période. Conclusion pratique : tablez d'abord sur des ETF, et ne payez la gestion active que pour les rares gérants capables de prouver leur alpha sur 5 ans.

Comment vérifier qu'un fonds est en clean share ?

Dans la liste des supports de l'assureur, cherchez des parts dont le libellé contient “I”, “P”, “Institutional” ou “Z”. Vérifiez les frais courants (OCF/TER) sur le KIID. Un TER inférieur à 0,50 % pour une action mondiale est systématiquement une part institutionnelle ou un ETF. Chez Hagnéré Patrimoine, notre sélection de fonds privilégie exclusivement les clean shares pour maximiser le rendement net de votre portefeuille.

§ 5ASSUREURS·8 MIN

Comparatif des 6 principaux assureurs

Choisir l'assureur, c'est 80 % du contrat. Frais, fonds euros, univers d'investissement, solvabilité : tout dépend de la compagnie sous le triangle de sécurité. Le marché luxembourgeois accessible aux résidents français compte une dizaine d'acteurs. On vous présente d'abord les six principaux, puis les six avec lesquelles Hagnéré Patrimoine travaille au quotidien.

5.1 Vue d'ensemble du marché

Tableau comparatif : Assureur (★ : assureur partenaire du cabinet) — Ticket d'entrée — Fonds euros — SCR (31/12/2025, rapport SFCR 2025) — Point fort — Premier cas : OneLife (groupe APICIL) ★
Assureur (★ : assureur partenaire du cabinet)Ticket d'entréeFonds eurosSCR (31/12/2025, rapport SFCR 2025)Point fort
OneLife (groupe APICIL) ★125 000 € (libre) / 250 000 € (FID)Non (100 % UC)140,6 %Architecture ouverte, frais dégressifs compétitifs
Wealins (groupe Foyer) ★250 000 €Non (100 % UC)156,7 %Plateforme e-Wealins, groupe Foyer (indépendant, capitaux privés)
AXA Wealth Europe ★300 000 €Oui (Lifinity Europe, réassuré AXA France)143 %Solidité groupe AXA, fonds euros + UC
Vitis Life ★125 000 €Non (100 % UC)206,1 %Groupe Monceau Assurances (9 Mds € groupe), 3,5 Mds € AUM, gestion autonome clients C/D via Swissquote
La Mondiale EuroPartner250 000 €Oui (Life Mobility Évolution, hors Sapin 2)180 %Fonds euros logé au bilan luxembourgeois, hors Sapin 2
Utmost International (ex-Lombard)250 000 €Non (100 % UC)141,3 % (A+ Fitch)Référence du marché, > 100 Mds € d'AUM

Comment lire ce tableau ? Si vous voulez un fonds euros hors Sapin 2, La Mondiale EuroPartner est le seul candidat. Côté private equity avec frais planchers, OneLife et Vitis Life sortent du lot. Et pour les profils mixtes qui ne veulent pas lâcher un fonds euros, AXA Wealth Europe coche la case sécurité groupe AXA, avec la nuance Sapin 2 expliquée juste en dessous.

Nuance Sapin 2 sur les fonds euros

Le fonds euros Lifinity Europe d'AXA Wealth Europe est réassuré à 100 % par AXA France : en cas de crise systémique déclenchant la loi Sapin 2 en France, ce fonds pourrait théoriquement être affecté. À l'inverse, le fonds euros de La Mondiale EuroPartner (Life Mobility Évolution) est logé au bilan luxembourgeois, hors champ de la loi Sapin 2. Cardif Lux Vie (groupe BNP Paribas) propose également un fonds euros non réassuré en France, donc hors périmètre Sapin 2.

5.2 Les six assureurs partenaires d'Hagnéré Patrimoine

Pourquoi six et pas dix ? Parce que multiplier les partenariats, c'est diluer le volume négocié et perdre la finesse opérationnelle (qui appeler chez l'assureur quand un arbitrage coince un vendredi à 17 h). On préfère six compagnies bien maîtrisées : OneLife, Wealins, AXA Wealth Europe, Vitis Life, CNP Luxembourg et Afi Esca. Voici pourquoi.

OneLife — Groupe APICIL

Notre choix par défaut pour les encours > 500 000 € et les profils dynamiques. APICIL est un groupe mutualiste français (non coté), ce qui pèse en gouvernance. Architecture d'investissement ouverte (titres vifs, ETF, fonds, private equity), frais assureur négociés de 0,25 % à 0,50 %/an selon l'encours (sur mesure au-delà de 10 M€). C'est notre partenaire historique pour monter un FID sur mesure et accéder au non-coté en profil C/D.

Wealins — Groupe Foyer

Le partenaire qu'on recommande quand le client veut suivre son contrat en temps réel depuis son téléphone. Foyer est l'assureur luxembourgeois historique (fondé en 1922), indépendant, à capitaux privés/familiaux et ancré localement. La plateforme e-Wealins donne accès au tableau de bord, aux ordres et aux relevés sans passer par un PDF mensuel. Côté équipe CGP, on a un interlocuteur dédié qui répond sous 48 h ; la souscription est partiellement digitalisée (signature électronique sur la plupart des actes).

AXA Wealth Europe — Groupe AXA

C'est, avec CNP Luxembourg, l'une des deux compagnies détaillées sur cette page qui proposent un fonds euros (Lifinity Europe, capital garanti, performance 2024 autour de 2,8 %). À réserver aux profils prudents ou mixtes qui veulent garder une poche sécurisée à l'intérieur de l'enveloppe luxembourgeoise. La solidité du groupe AXA (notation AA S&P, relevée en mars 2026) rassure les patrimoines > 1 M€ qui n'acceptent pas le risque crédit. Attention : Lifinity Europe est réassuré à 100 % par AXA France, donc pas hors Sapin 2 — voir l'encadré ci-dessus.

Vitis Life — Groupe Monceau Assurances

Une addition récente à la sélection, et clairement la plus différenciante. Vitis Life est la filiale luxembourgeoise du groupe français Monceau Assurances, avec 9 Mds € d'actifs au niveau groupe et 3,5 Mds € chez Vitis. Trois choses à retenir : le ratio de solvabilité SCR pointe à 206,1 % au 31/12/2025 (rapport SFCR 2025), le plus haut des assureurs présentés ici — autrement dit, Vitis détient environ 2,06 € de fonds propres pour chaque 1 € exigé par le régulateur. Le ticket d'entrée descend à 125 000 € (vs 250 000 € chez Wealins ou Lombard). Enfin, en profil C ou D, le client peut passer ses ordres lui-même via Swissquote, ce que ni OneLife, ni Wealins, ni AXA Wealth Europe n'autorisent. Côté frais : dégressifs jusqu'à 0,23 %/an au-delà de 5 M€.

CNP Luxembourg — Groupe CNP Assurances

Autre addition récente à la sélection. CNP Luxembourg est une filiale à 100 % de CNP Assurances (groupe La Banque Postale), avec un ratio de couverture du SCR de 183 % au 31 décembre 2025 (SFCR 2025). C'est, avec AXA Wealth Europe, l'une des deux compagnies détaillées sur cette page qui proposent un fonds euros : il est réassuré à 100 % par CNP Assurances (voir la nuance Sapin 2 sur les fonds euros réassurés en France, ci-dessus). Via le cabinet, le contrat est accessible à partir de 250 000 €, avec des frais d'entrée de 1 % entre 250 000 et 500 000 € et aucuns frais d'entrée au-delà.

Afi Esca (Luxembourg)

Sixième partenaire luxembourgeois du cabinet, Afi Esca complète la sélection. Nous ne le détaillons pas sur cette page : ses conditions (ticket d'entrée, frais, supports) vous sont présentées en rendez-vous, au regard de votre dossier.

Pourquoi seulement six ?

Concentrer le volume sur six compagnies, c'est ce qui nous permet d'obtenir des grilles de frais hors catalogue et de connaître par cœur chaque clausier (souscription, rachats partiels, modalités de transmission). Vitis Life est venu compléter la gamme côté solvabilité et gestion autonome, CNP Luxembourg côté fonds euros. Et soyons clair : la rémunération CGP est quasi identique d'un partenaire à l'autre, donc on oriente sur le contrat qui sert votre dossier — pas le nôtre. Discutez de votre profil avec Clément Chatelain.

Hagnéré Patrimoine

Quel assureur luxembourgeois pour votre profil patrimonial ?

Chaque assureur a sa spécialité — univers d'investissement, solvabilité, ticket d'entrée, options US persons. On compare ensemble les grilles de frais et les conditions de souscription pour identifier le contrat adapté à votre situation.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 6DÉPOSITAIRE·4 MIN

La banque dépositaire : où sont logés vos actifs

On parle beaucoup de l'assureur, rarement de la banque dépositaire. Pourtant c'est elle qui détient physiquement vos titres — pas l'assureur, qui ne fait que tenir le contrat. Troisième pied du triangle de sécurité luxembourgeois, à côté du Commissariat aux Assurances et du privilège du souscripteur.

Concrètement, elle inscrit vos titres sur un compte ségrégué, séparé du bilan de l'assureur. Si l'assureur fait faillite, ses créanciers ne peuvent pas se servir sur ce compte : vos actifs restent les vôtres, juridiquement isolés.

Rôle exact de la banque dépositaire

  • Tenue du registre : pour chaque ligne de votre contrat (fonds, ETF, titre vif), c'est elle qui inscrit officiellement la propriété
  • Passage des ordres : quand votre gestionnaire FID décide d'acheter un fonds (ou l'assureur en FAS), l'ordre transite par la banque dépositaire
  • Compte ségrégué : on l'a dit, c'est ici que se matérialise le fameux super-privilège — vos titres sortent du bilan de l'assureur
  • Crédit Lombard : si vous nantissez votre contrat pour emprunter, c'est presque toujours la banque dépositaire qui prête (logique, elle a les titres en garantie sous la main)

Principales banques dépositaires disponibles

Tableau comparatif : Banque dépositaire — Frais de conservation — Point fort — Premier cas : Swissquote
Banque dépositaireFrais de conservationPoint fort
Swissquote0,10 % / ordre (min 15 €)Frais transactionnels les plus bas, interface digitale avancée
Quintet (ex-KBL)~0,17 % / ordreMeilleur accès private equity et fonds alternatifs
Société Générale LuxembourgVariableSolide, réseau international, intégration Sogelife
CA Indosuez WealthVariableForte expertise family office, banque privée premium
BIL (Banque Internationale Luxembourg)VariableHistoriquement référencée au Luxembourg
Pictet & CieSur mesureUltra-premium, réservé aux grands patrimoines (> 5 M€)

En pratique : Swissquote tire les frais vers le bas (0,10 % par ordre, minimum 15 €) et son interface est la plus aboutie du marché. Quintet (ex-KBL) garde l'avantage dès qu'on touche au private equity et aux fonds alternatifs — son catalogue est plus profond. Pictet, c'est une autre logique : ticket d'entrée 5 M€, conditions sur mesure, et une banque privée qui suit le client au-delà du seul contrat luxembourgeois.

Le choix de la banque dépositaire est le vôtre

Petit point que beaucoup ignorent : la banque dépositaire, c'est vous qui la choisissez, pas l'assureur. Et ce choix pèse sur trois choses très concrètes — le coût de chaque ordre passé, les actifs auxquels vous pouvez accéder (le private equity en tête) et les conditions de votre éventuel crédit Lombard. Seule entorse à la règle : chez Sogelife (BoursoVie Lux), la banque dépositaire est imposée par le contrat.

§ 7FRAIS·8 MIN

Combien ça coûte ? La grille de frais détaillée

Sur l'assurance vie, les frais déterminent tout. 1 point de pourcentage en trop pendant 20 ans, c'est 20 à 25 % de capital final en moins. Voici, ligne par ligne, ce que vous payez réellement.

Trois acteurs sont rémunérés sur un contrat luxembourgeois : l'assureur (frais incompressibles, encadrés par le contrat), le cabinet qui vous conseille (Hagnéré Patrimoine dans notre cas), et la banque dépositaire qui conserve les titres. Chacun apparaît distinctement sur votre relevé annuel.

6.1 Frais de gestion assureur (incompressibles)

L'assureur prélève ces frais chaque année sur l'encours total. Plus le contrat est gros, plus le taux baisse — c'est la logique de la dégressivité par tranche que toutes les compagnies appliquent.

Tableau comparatif : Encours — OneLife — Wealins — AXA Wealth Europe — Vitis Life — CNP Luxembourg (UC) — Premier cas : < 250 000 €
EncoursOneLifeWealinsAXA Wealth EuropeVitis LifeCNP Luxembourg (UC)
< 250 000 €0,50 %––0,60 %–
250 000 – 500 000 €0,45 %0,47 %0,55 % (dès 300 000 €)0,60 %0,35 %
500 000 € – 1 M€0,40 %0,37 %0,55 %0,40 %0,30 %
1 M€ – 2,5 M€0,35 %0,32 %0,45 %0,30 %0,30 % puis 0,25 % dès 2 M€
2,5 M€ – 5 M€0,30 %0,25 %0,40 %0,25 %0,25 %
> 5 M€0,25 %0,25 %0,35 %0,23 %0,25 %
> 10 M€Sur mesureSur mesure0,35 %0,23 %0,25 %

Sur un contrat de 500 000 €, les frais assureur vont de 0,30 % chez CNP Luxembourg (unités de compte) à 0,55 % chez AXA Wealth Europe — soit 1 500 € contre 2 750 € la première année. Étalé sur 20 ans à 5 % nets, ce delta de 0,25 % représente environ 58 500 € de capital final en moins.

Frais négociés

Les frais assureur ci-dessus correspondent aux grilles négociées par Hagnéré Patrimoine. Les grilles publiques (conditions générales) affichent des taux plus élevés. Les frais Wealins sont confirmés par les conditions courtier en vigueur au 1er octobre 2026 (partie investie en fonds interne dédié, collectif ou FAS ; +0,05 % sur les fonds externes). Chez CNP Luxembourg, le fonds en euros supporte 0,55 % sous 500 000 € et 0,50 % au-delà ; le passage à 0,25 % sur les unités de compte se fait dès 2 M€. Pour OneLife et AXA Wealth Europe, les frais dépendent du distributeur et du volume.

6.2 Rémunération du cabinet Hagnéré Patrimoine

Commission du cabinet, prise sur les frais du contrat = 0,40 % / an sur les unités de compte, quel que soit le montant investi (0,50 % sur le fonds en euros CNP Luxembourg)

Notre rémunération est une commission prise sur les frais du contrat : 0,40 % / an sur les unités de compte (0,50 % sur le fonds en euros CNP Luxembourg), à toutes les tranches d'encours. Le cabinet fournit donc un conseil non indépendant : le montant ou le mode de calcul de cette commission vous est communiqué avant le conseil (RG AMF, art. 325-16). Pas de frais d'arbitrage, et pas de frais d'entrée, sauf chez CNP Luxembourg pour un contrat de 250 000 à 500 000 € (1 %). Concrètement, le coût tout compris (incompressible assureur + 0,40 % de commission du cabinet + 0,06 % de banque dépositaire, offerte chez CNP Luxembourg), hors frais propres des supports, va de 0,65 %/an (CNP Luxembourg au-delà de 2 M€) à 1,06 %/an (Vitis Life sous 500 000 €). Pour comparaison, un contrat français haut de gamme se situe rarement sous 1,30 % all-in. Pour en savoir plus sur notre offre d'assurance vie luxembourgeoise, n'hésitez pas à nous solliciter.

6.3 Frais de la banque dépositaire

La banque dépositaire facture la conservation des titres. Le tarif dépend de ce que vous y logez : un portefeuille classique ne coûte presque rien, un crédit Lombard ou des actifs immobiliers font monter la facture.

Tableau comparatif : Type de service — Frais annuels — Détail — Premier cas : Conservation standard
Type de serviceFrais annuelsDétail
Conservation standard0,06 %Custody classique, pas de service additionnel
Avec crédit Lombard0,10 % – 0,15 %Frais majorés pour la mise en place et le suivi du nantissement
Avec immobilier ou investissements à l'étranger0,15 % – 0,20 %Complexité administrative accrue (immobilier physique, actifs hors zone euro)
Avec crédit consommation0,10 % – 0,15 %Nantissement pour crédit à la consommation

Frais banque dépositaire : ce qu'il faut retenir

La fourchette va de 0,06 % à 0,20 %. En conservation standard (juste les titres financiers cotés), vous êtes à 0,06 % — c'est anecdotique, et nul chez CNP Luxembourg, dont un partenariat rend la banque dépositaire gratuite. Le tarif grimpe dès que la banque doit gérer de la complexité opérationnelle : crédit Lombard à suivre quotidiennement, actifs immobiliers à évaluer, ou titres hors zone euro à reporter. Compter alors 0,10 % à 0,20 %.

6.4 Exemple de frais totaux

Prenons l'exemple d'un contrat de 500 000 € chez OneLife, en FID, avec conservation standard :

Tableau comparatif : Couche de frais — Taux annuel — Montant annuel — Premier cas : Frais assureur OneLife (500k)
Couche de fraisTaux annuelMontant annuel
Frais assureur OneLife (500k)0,40 %2 000 €
Commission du cabinet Hagnéré (prise sur les frais du contrat)0,40 %2 000 €
Frais banque dépositaire (standard)0,06 %300 €
Total (hors frais propres des supports)0,86 %4 300 €

Comparons. Un contrat français milieu de gamme facture 0,60 % à 1,00 % sur les UC, plus 0 à 5 % de frais d'entrée à chaque versement, plus parfois des frais d'arbitrage. Côté luxembourgeois, on tourne entre 0,65 % et 1,06 % tout compris (incompressible assureur + 0,40 % de commission du cabinet + banque dépositaire, hors frais propres des supports), sans frais d'arbitrage. La grosse différence vient des clean shares — ces parts institutionnelles, accessibles uniquement aux contrats luxembourgeois et à quelques contrats français premium, vous font économiser environ 0,80 %/an par rapport aux parts retail distribuées dans 90 % des contrats français.

6.5 Cas particulier : fonds euros AXA Wealth Europe

Pour les souscripteurs qui privilégient la sécurité du capital, le fonds euros d'AXA Wealth Europe est accessible avec la structure de frais suivante :

Frais fonds euros AXA = 0,50 % (assureur, incompressible) + 0,40 % (commission Hagnéré prise sur les frais du contrat) = 0,90 % total

6.6 Cas particulier : Vitis Life — grille de frais détaillée

Vitis Life appartient au groupe Monceau Assurances, qui pèse 9 Md€ d'actifs au global, dont 3,5 Md€ logés chez Vitis. Son ratio de solvabilité SCR atteint 206,1 % au 31/12/2025 selon son rapport SFCR 2025 — c'est le plus élevé des assureurs luxembourgeois présentés sur cette page. Côté frais, le contrat plafonne à 2,00 % toutes couches confondues. Notre commission, prise sur les frais du contrat, reste de 0,40 % / an sur les unités de compte : banque dépositaire comprise (0,06 %) et hors frais propres des supports, le total se situe entre 0,69 % et 1,06 %, bien en dessous du plafond contractuel.

Tableau comparatif : Encours — Frais Vitis Life — Commission Hagnéré Patrimoine — Banque dépositaire — Total (hors frais propres des supports) — Premier cas : 125 000 – 499 999 €
EncoursFrais Vitis LifeCommission Hagnéré PatrimoineBanque dépositaireTotal (hors frais propres des supports)
125 000 – 499 999 €0,60 %0,40 %0,06 %1,06 %
500 000 – 999 999 €0,40 %0,40 %0,06 %0,86 %
1 000 000 – 2 499 999 €0,30 %0,40 %0,06 %0,76 %
2 500 000 – 5 000 000 €0,25 %0,40 %0,06 %0,71 %
> 5 000 000 €0,23 %0,40 %0,06 %0,69 %

Frais Vitis Life : un plafond contractuel protecteur

À titre de repère : 0,69 % à 1,06 % (frais Vitis Life + commission du cabinet + banque dépositaire, hors frais propres des supports). Le plafond contractuel à 2,00 % toutes couches confondues vous protège en cas d'évolution tarifaire.

6.7 Vitis Life : gestion autonome pour les clients patrimoniaux

Vitis Life autorise quelque chose qu'on ne retrouve quasiment nulle part ailleurs sur la place luxembourgeoise : laisser le souscripteur passer lui-même ses ordres sur le contrat, plutôt que de devoir transiter par un mandat de gestion ou un arbitrage validé par le courtier.

Clients concernés : catégories C et D

Le Commissariat aux Assurances (CAA, le régulateur luxembourgeois) classe les souscripteurs en quatre catégories (A, B, C, D) selon le patrimoine déclaré. Seules les catégories C et D ouvrent l'accès à ce mode de gestion :

Tableau comparatif : Catégorie — Montant minimum investi — Fortune mobilière déclarée — Premier cas : Client C
CatégorieMontant minimum investiFortune mobilière déclarée
Client C250 000 €1 250 000 €
Client D1 000 000 €2 500 000 €

Définition de la fortune mobilière

La fortune mobilière comprend la valeur totale des instruments financiers du souscripteur, augmentée des dépôts bancaires et de la valeur de ses contrats d'assurance vie et de capitalisation, diminuée de ses dettes.

Fonctionnement concret avec Swissquote

Pour les clients de catégorie C et D, sur des contrats à partir de 250 000 €, le fonctionnement suivant est possible sous réserve d'acceptation du dossier par Vitis Life :

  • Le client saisit lui-même ses ordres — il pilote directement son allocation d'actifs, sans passer par une demande d'arbitrage formelle au courtier.
  • Swissquote exécute via son interface digitale, avec des frais transactionnels parmi les plus bas du marché (à partir de 9 € par ordre sur les actions européennes).

Juridiquement, rien ne change : le contrat reste une assurance vie luxembourgeoise, avec l'intégralité des avantages fiscaux et patrimoniaux associés (triangle de sécurité, neutralité fiscale, portabilité européenne).

Ce n'est pas un compte-titres

Attention à ne pas confondre avec un compte-titres ordinaire. L'enveloppe juridique reste celle d'une assurance vie ou d'un contrat de capitalisation luxembourgeois. Vous conservez la fiscalité de rachat après 8 ans (PFU 7,5 % après abattement), la transmission hors succession via les articles 990 I et 757 B du CGI, et le super-privilège. Swissquote exécute, mais l'éligibilité des supports passe au préalable par le filtre Vitis Life — vous ne pouvez pas acheter n'importe quel titre.

Également disponible pour les contrats de capitalisation

Tout ce qui précède — grille de frais, gestion autonome via Swissquote, conditions d'accès C/D — vaut aussi pour les contrats de capitalisation luxembourgeois, qu'ils soient souscrits par une personne physique ou par une personne morale (SCI à l'IS, holding patrimoniale, SAS de tête). Le contrat de capitalisation conserve la même structuration (triangle de sécurité, fonds dédiés, multi-devises) avec trois différences clés. D'abord, vous pouvez le donner à vos enfants sans perdre l'antériorité fiscale (le contrat conserve sa date de souscription pour le calcul de la durée). Selon la doctrine administrative, la valeur retenue pour les droits de donation remplace alors les primes versées comme base de calcul des produits imposables au rachat ; en cas de donation de la seule nue-propriété, l'impôt au rachat peut baisser ou augmenter selon l'âge du donateur et le montant des primes, et la base à retenir fait l'objet d'une incertitude signalée au ministre (question écrite au Sénat n° 07190, sans réponse au 30/09/2026). Ensuite, une société (SCI, holding, SAS) peut le détenir pour capitaliser à l'IS plutôt qu'à l'IR. Enfin, il n'a pas de clause bénéficiaire : à votre décès, il entre dans la succession ou reste à l'actif de la société.

§ 8LOMBARD·5 MIN

Le crédit Lombard : des liquidités sans impôt

Vous avez besoin de 300 000 € pour boucler une acquisition immobilière. Faire un rachat sur votre contrat ? Ça déclenche le prélèvement sur la part de gains comprise dans le rachat — sur un contrat de plus de 8 ans, 7,5 % d’impôt (12,8 % sur la part liée aux primes au-delà de 150 000 €), après abattement annuel de 4 600 ou 9 200 €, plus les prélèvements sociaux — ça peut vite chiffrer en dizaines de milliers d’euros de friction fiscale. Il existe une alternative : emprunter contre votre contrat plutôt que d'y toucher.

Le mécanisme : la banque vous prête de l'argent en prenant votre contrat en garantie (nantissement). Vos actifs continuent de tourner, vous ne déclenchez aucun rachat — donc aucune fiscalité — et vous récupérez du cash à un taux qui tourne aujourd'hui autour de 3,5 à 4,5 % selon la qualité du collatéral. C'est ce qu'on appelle le crédit Lombard, brique centrale d'une vraie stratégie de financement patrimoniale.

7.1 Fonctionnement

Concrètement, la banque dépositaire (ou une banque partenaire) ouvre une ligne de crédit gagée sur votre contrat. Combien peut-on emprunter ? Ça dépend du ratio LTV (Loan-to-Value) — le pourcentage de la valeur du contrat que la banque accepte de prêter. Plus vos actifs sont stables (fonds euros, monétaire), plus le ratio monte. Plus ils sont volatils (actions, private equity), plus la banque applique une décote pour se protéger d'une chute de marché.

Tableau comparatif : Type de support — Ratio LTV — Commentaire — Premier cas : Fonds euros / monétaire
Type de supportRatio LTVCommentaire
Fonds euros / monétaire90 – 100 %LTV maximal (capital garanti par l'assureur sur le fonds euros, faible volatilité du monétaire)
Obligations investment grade70 – 90 %Titres en direct ~90 %, fonds obligataires ~70-85 %
Actions cotées / ETF diversifiés50 – 70 %Volatilité plus élevée, décote plus importante
SCPI30 – 50 %Rarement acceptées (illiquidité)
Private equity0 %Exclu du collatéral : haircut de 100 %

Exemple chiffré : contrat de 1 M€ investi en obligations investment grade, LTV 80 %. Vous débloquez 800 000 € en 3 à 6 semaines, votre portefeuille continue de générer son rendement (disons 4 % sur la part obligataire) et vous ne déclenchez aucun PFU. Pour comparaison : un rachat de 800 000 € sur un contrat avec 30 % de plus-value latente vous aurait coûté environ 72 000 € de fiscalité (PFU 30 % sur les 240 000 € de gains rachetés).

7.2 Utilisations courantes

  • Acheter de l'immobilier sans casser le contrat : un client qui veut acquérir un immeuble à 1,2 M€ mobilise son Lombard plutôt que de racheter sa poche actions — il garde son moteur de performance et utilise le crédit comme apport ou financement principal.
  • Sortir du cash pour un projet perso sans passer par la case rachat (donc sans IR ni prélèvements sociaux sur la plus-value).
  • Jouer l'effet de levier : si votre portefeuille tourne à 6 % net et que la banque vous prête à 4 %, vous capturez 2 points d'écart sur le montant emprunté. Sur 500 000 €, ça fait 10 000 € de surperformance annuelle — à condition d'assumer le risque que cet écart se referme.
  • Optimiser la transmission : le crédit crée une dette déductible de l'actif successoral, ce qui réduit mécaniquement la base taxable aux droits de succession.
Taux crédit Lombard = Euribor 3 mois + marge bancaire (0,80 à 1,50 %)

Risque de marge call

Si vos actifs perdent fortement de la valeur (krach actions, choc obligataire), la banque peut exiger soit un complément de garantie, soit un remboursement partiel pour ramener le ratio sous le seuil contractuel — c'est l'appel de marge. Concrètement : vous empruntez 700 000 € sur un contrat de 1 M€ (LTV 70 %), les marchés baissent de 25 %, votre contrat tombe à 750 000 €, votre LTV grimpe à 93 % — appel de marge garanti. La parade : rester sur un LTV cible de 50 % maximum sur un portefeuille diversifié, ce qui vous laisse encaisser une baisse de 40 à 50 % des actifs avant que la banque tape à la porte.

§ 9EXPATRIÉS·5 MIN

Expatriés et mobilité internationale

Vous partez vivre à l'étranger ? Votre assurance vie française devient vite un casse-tête : certaines unités de compte se bloquent dès que vous changez de résidence fiscale, et la fiscalité française continue de s'appliquer là où le pays d'accueil voudrait taxer aussi (double imposition). Le contrat luxembourgeois, lui, s'ajuste à la fiscalité du pays où vous résidez.

Concrètement, la neutralité fiscale luxembourgeoise (le contrat ne paie pas d'impôt local sur les plus-values internes) fait que la fiscalité applicable suit votre résidence : NHR portugais hier, beckham law espagnole demain, flat tax française au retour. Vous gardez le même contrat, le même numéro, la même antériorité — l'assureur met à jour les conditions selon le pays d'accueil, parfois moyennant quelques frais administratifs (voir 8.1).

8.1 Portabilité internationale

Un contrat français pose souvent trois problèmes au moment d'un départ : il n'est pas reconnu fiscalement par le pays d'accueil, vous risquez la double imposition, et certaines unités de compte (SCPI, FCPR français) se bloquent dès que vous n'êtes plus résident. Le contrat luxembourgeois évite ces trois écueils : l'assureur ajuste les conditions à votre nouveau pays de résidence, sans toucher aux supports ni au capital. Comptez en général entre 200 € et 800 € de frais administratifs ponctuels selon la compagnie et le pays — pas de rachat, pas de réouverture, pas de perte d'antériorité.

Obligation déclarative : formulaire 3916-bis

Tout résident fiscal français détenant un contrat d'assurance vie à l'étranger (y compris au Luxembourg) doit le déclarer chaque année via le formulaire 3916-bis (case 8TT de la déclaration de revenus). L'amende est de 1 500 € par contrat non déclaré (10 000 € si le pays est non coopératif).

8.2 Multi-devises

Vous pouvez détenir votre contrat en EUR, USD, GBP ou CHF (selon la compagnie). Cas concret : un expatrié à Genève qui touche son salaire en CHF et veut épargner en CHF évite la double conversion (CHF→EUR à l'entrée, EUR→CHF à la sortie), qui peut coûter 1 à 2 % à chaque opération. Idem pour un cadre à Singapour ou Dubaï rémunéré en USD : le contrat suit la devise de vie, pas l'inverse.

8.3 Exit tax et retour en France

Bonne nouvelle au moment du départ : l'exit tax (art. 167 bis du CGI) vise les plus-values latentes sur titres détenus en direct (actions, parts de sociétés), pas les contrats d'assurance vie. Tout ce qui s'est valorisé à l'intérieur de votre AVL échappe donc à cette taxation au moment où vous quittez la France. Et si vous revenez 5, 10 ou 15 ans plus tard, votre contrat reprend exactement où il en était : si vous l'aviez ouvert à 35 ans et que vous rentrez à 50 ans, l'antériorité fiscale française des 8 ans est acquise depuis longtemps.

Idéal pour les impatriés et futurs expatriés

Si vous envisagez de partir dans les 2-3 ans, ouvrez votre contrat luxembourgeois avant le départ : vous prenez date pour l'antériorité fiscale française (les 8 ans qui ouvrent droit à l'abattement de 4 600 € / 9 200 € au rachat) tout en pouvant ensuite, une fois résident à l'étranger, basculer sur la fiscalité locale si elle est plus douce — par exemple le NHR portugais (10 % sur les revenus pendant 10 ans) ou le statut beckham espagnol. Anticipez avec un conseiller.

Guide complet : AVL et expatriés

Portabilité internationale, fiscalité par pays (12 pays analysés), exit tax, retour en France, régime impatrié, frontaliers, CRS/FATCA, multi-devises, crédit Lombard depuis l'étranger : consultez notre guide complet AVL et expatriés.

§ 10DÉCLARATIONS·4 MIN

Obligations déclaratives 3916-BIS

Oublier de déclarer votre contrat luxembourgeois, c'est 1 500 € d'amende par an — et l'addition grimpe vite si l'oubli traîne. Heureusement, la formalité prend dix minutes une fois qu'on connaît les bonnes cases.

Côté impôts, déclarer ne déclenche rien : c'est juste une case à cocher pour signaler l'existence du contrat. Mais Bercy ne plaisante pas avec les oublis, et le formalisme est tatillon — il faut s'y tenir chaque année.

Le formulaire 3916-BIS : déclaration annuelle obligatoire

Concrètement, au moment de votre déclaration de revenus (printemps de chaque année), vous remplissez le Cerfa 3916-BIS et vous cochez la case 8TT du formulaire 2042. Le 3916-BIS demande cinq informations :

  • L'identité de l'assureur (nom et adresse complète au Luxembourg)
  • La référence du contrat — numéro de police communiqué par l'assureur
  • Sa date de souscription
  • Sa valeur de rachat arrêtée au 31 décembre
  • Et, si vous avez fait des rachats dans l'année, leur montant (à reporter aussi sur le formulaire 2047)

Sanctions en cas de non-déclaration

Pour un simple oubli, l'administration prélève 1 500 € par contrat non déclaré (article 1766 CGI) — et 10 000 € si le contrat se trouve dans un État jugé non coopératif (ce qui n'est pas le cas du Luxembourg, rassurez-vous). Pour les avoirs détenus à l'étranger, Bercy peut remonter 10 ans en arrière contre 3 ans en interne. Si l'administration prouve une dissimulation volontaire, elle ajoute 80 % de majoration sur les impôts redressés (art. 1729 c CGI). Et tout en haut de l'échelle, en cas de requalification pénale en fraude fiscale aggravée : jusqu'à 2 M€ d'amende et 7 ans de prison. La morale : on déclare, point.

Échange automatique d'informations (CRS / FATCA)

Depuis 2017, le Luxembourg applique la norme CRS de l'OCDE (échange automatique d'informations fiscales). Tous les ans, au 30 juin, votre assureur transmet directement au fisc français votre identité, la valeur du contrat et les flux entrés/sortis dans l'année. Autrement dit : Bercy sait déjà tout. Le mythe de l'assurance-vie luxembourgeoise « opaque » a la vie dure, mais c'est faux depuis presque dix ans. Attention quand même : cet échange CRS ne vous dispense pas de remplir le 3916-BIS, ce sont deux obligations distinctes.

Première déclaration : aucune imposition supplémentaire

Beaucoup de souscripteurs reculent au moment de déclarer pour la première fois, par peur du redressement. C'est sans objet : remplir le 3916-BIS ne déclenche aucun impôt, c'est une simple formalité de transparence. La fiscalité (PFU de 30 %, soit 12,8 % d’IR + 17,2 % de PS, ou barème de l’IR + PS ; abattement après 8 ans) ne s'applique qu'au moment où vous faites un rachat, partiel ou total — comme pour n'importe quelle assurance-vie française.

AVL + compte espèces FAS : deux déclarations distinctes

Toute AVL luxembourgeoise doit être déclarée chaque année sur le formulaire 3916, plus une déclaration distincte pour le compte espèces accessoire (FAS multi-devises) le cas échéant. Sanction en cas d'oubli : 1 500 €/contrat/an au titre de l'article 1766 CGI (et non 1736 IV bis qui vise les trusts). Détails dans notre guide complet FATCA, CRS et 3916 2026.

§ 11COMPARATIF·5 MIN

France vs Luxembourg

Le bon réflexe n'est pas « France ou Luxembourg », c'est « à partir de quel encours et de quels besoins le Luxembourg apporte vraiment quelque chose ». Le tableau ci-dessous met côte à côte les dix critères qui pèsent réellement face à une assurance vie française. Si vous souhaitez directement souscrire une assurance vie au Luxembourg, consultez notre page dédiée. Pour le comparatif détaillé critère par critère (seize lignes, coût par tranche d'encours et matrice « pour qui »), voyez notre comparatif assurance vie luxembourgeoise vs française.

Tableau comparatif : Critère — Assurance vie française — Assurance vie luxembourgeoise — Premier cas : Protection des actifs
CritèreAssurance vie françaiseAssurance vie luxembourgeoise
Protection des actifsFGAP : 70 000 € maxSuper-privilège : 1er rang sur 100 % des actifs ségrégués
Séparation des actifsNon (actifs dans le bilan de l'assureur)Oui (compte ségrégué chez la banque dépositaire)
Supports d'investissementFonds euros + UC (OPCVM)Fonds euros + UC + FID + FIC + FAS + non coté
Multi-devisesNon (EUR uniquement)Oui (EUR, USD, GBP, CHF)
Crédit LombardMarginal (quelques banques privées)Standard, LTV 50–70 % selon supports
Portabilité internationaleLimitée (rachat souvent imposé en cas d'expat)Conservation possible dans >100 pays
Fiscalité (résident FR)PFU / barème + abattementsIdentique (neutralité fiscale)
Loi Sapin IIApplicable (blocage des rachats possible)Non applicable aux UC luxembourgeoises
Ticket d'entréeDès 100 €100 000 – 300 000 € selon l'assureur
Frais d'entrée0 – 4,5 % (réseaux bancaires)Généralement 0 %

En pratique, le seuil de bascule se situe autour de 250 000 € d'encours : en-dessous, les frais fixes du Luxembourg (droits de garde, ticket d'entrée) absorbent une part trop importante du capital pour que la protection ou la diversification supplémentaires soient rentables. Un bon contrat français haut de gamme couvre alors la quasi-totalité des besoins. Au-dessus, trois déclencheurs justifient à eux seuls la bascule : encours sensible à un défaut d'assureur, projet d'expatriation à horizon 5–10 ans, ou besoin d'accéder à du non coté / private equity en architecture vraiment ouverte.

Faut-il transférer son contrat français ?

Le transfert direct d'un contrat français vers le Luxembourg n'existe pas : il faut racheter le contrat français puis reverser sur un nouveau contrat luxembourgeois, ce qui déclenche la fiscalité sur les plus-values latentes. L'arbitrage se calcule en années : combien de temps faut-il pour que le gain (super-privilège, multi-devises, FAS, portabilité) compense le frottement fiscal du rachat ? En règle générale, l'opération devient rentable quand les plus-values latentes représentent moins de 15 % du contrat, ou quand un projet précis le justifie (expatriation programmée, mise sous garantie d'un crédit Lombard, allocation FAS difficilement réplicable en France).

§ 12CAPI·5 MIN

Contrat de capitalisation luxembourgeois

Donner votre contrat à vos enfants de votre vivant tout en conservant l'antériorité fiscale (les 8 ans qui ouvrent l'abattement de 4 600 € ou 9 200 €) : c'est ce que permet le contrat de capitalisation, là où une assurance vie classique impose de tout liquider.

En pratique, on le rencontre surtout chez trois profils : les dirigeants qui viennent de céder leur boîte, les holdings patrimoniales (la SAS familiale qui sert de coffre-fort), et les parents qui veulent transmettre une partie du capital sans attendre le décès. Le grand public, lui, n'en entend jamais parler — il sort rarement des banques de réseau. Côté supports, c'est identique à une assurance vie : FID (fonds interne dédié), FAS (fonds d'assurance spécialisé), FIC (fonds interne collectif), private equity. La cuisine fiscale, en revanche, n'a rien à voir — surtout au moment du décès et de la donation, comme le montre le tableau ci-dessous.

Tableau comparatif : Critère — Assurance vie luxembourgeoise — Contrat de capitalisation — Premier cas : Dénouement au décès
CritèreAssurance vie luxembourgeoiseContrat de capitalisation
Dénouement au décèsOui — hors succession (art. 990 I, abattement 152 500 € / bénéficiaire)Non — intégré à la succession comme un actif ordinaire
Souscription personne moraleRarement (restrictions selon assureur)Oui — holding IS, SCI à l'IS, SARL, association
Donation du vivant avec antériorité fiscaleNonOui — la donation d'un contrat de capitalisation transfère l'antériorité au donataire
Démembrement (usufruit / nue-propriété)Complexe, exige une clause spécifiqueNatif — la structure de capitalisation se prête naturellement au démembrement
Part maximale en private equity65 % (plafond réglementaire)90 % possible
Fiscalité IS (personnes morales)N/AImposition annuelle sur base forfaitaire = 105 % × TME × capital (souvent très inférieure au gain réel)

Dit autrement : l'assurance vie joue après le décès — elle sort de la succession et profite de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I du CGI, taxation succession). Le contrat de capitalisation joue avant — il se donne, se démembre, se loge dans une holding à l'IS (impôt sur les sociétés). On ne choisit pas entre les deux, on les empile.

Cas d'usage : le dirigeant post-cession d'entreprise

Prenons Marc, 58 ans, marié, deux enfants majeurs. Il vient de vendre sa PME industrielle 3 M€ et a logé le produit dans une holding à l'IS via un apport-cession (article 150-0 B ter du CGI, qui gèle la PV — plus-value — tant que l'argent reste investi). Problème classique : que faire de ces 3 M€ qui dorment au bilan de la holding ? Réponse : un contrat de capitalisation luxembourgeois souscrit par la holding.

  • Fiscalité IS annuelle : base = 105 % × TME (ex. 3,60 %) × 3 000 000 € = 113 400 € imposés à 25 % = 28 350 €/an, quel que soit le rendement réel
  • Si le portefeuille performe à 7 % : gain réel de 210 000 € taxé sur seulement 113 400 € → économie fiscale annuelle significative
  • Transmission : Marc donne à ses deux enfants la nue-propriété des parts de la holding (qui détient le contrat) en gardant l'usufruit. Avantage chiffré : à 58 ans, l'usufruit vaut 50 % de la pleine propriété (barème fiscal de l'article 669 du CGI), donc la donation porte sur 1,5 M€ au lieu de 3 M€. Chaque enfant reçoit alors 750 000 € de nue-propriété : les abattements de 100 000 € par parent et par enfant en couvrent 200 000 €, le solde restant taxable au barème des droits de mutation à titre gratuit (DMTG). Le démembrement divise l'assiette par deux, il ne l'annule pas.

Assurance vie ou contrat de capitalisation ?

En clair, vous ne choisissez pas — vous combinez. L'assurance vie luxembourgeoise prend le relais au décès (hors succession, abattement de 152 500 € par bénéficiaire). Le contrat de capitalisation, lui, sert de votre vivant : pour donner aux enfants tout en gardant la main via l'usufruit, ou pour loger des liquidités dans une holding à l'IS sans subir l'impôt annuel sur les plus-values latentes. Un conseiller Hagnéré Patrimoine peut structurer les deux.

§ 13CLAUSE·4 MIN

Clause bénéficiaire démembrée

Vous voulez que votre conjoint puisse continuer à vivre comme avant, sans toucher à ce que toucheront vos enfants au final ? La clause bénéficiaire démembrée règle exactement ce cas. Concrètement, on scinde la pleine propriété (PP) du capital décès en deux : l'usufruit (US) au conjoint, la nue-propriété (NU) aux enfants.

Usufruitier (conjoint survivant)

Le conjoint encaisse le capital et peut le dépenser, l'investir, le donner — c'est le quasi-usufruit. En contrepartie, ses propres héritiers (les enfants nus-propriétaires) inscrivent une créance de restitution au passif de sa future succession : ils récupéreront l'équivalent en franchise de droits. Sa quote-part bénéficie de l'abattement de 152 500 € de l'art. 990 I CGI.

Nus-propriétaires (enfants)

Les enfants détiennent un droit à terme sur le capital : la créance de restitution. Au décès du conjoint, cette créance vient en déduction de l'actif successoral — autrement dit, ils récupèrent leur part sans repayer de DMTG dessus, puisque la dette du quasi-usufruit annule mathématiquement la valeur transmise. L'abattement 990 I CGI s'applique aussi sur leur quote-part.

Avantage fiscal : répartition de l'abattement de 152 500 €

Le barème fiscal de répartition usufruit / nue-propriété est fixé par l'article 669 du CGI selon l'âge de l'usufruitier au décès :

Tableau comparatif : Âge de l'usufruitier au décès — Valeur usufruit — Valeur nue-propriété — Premier cas : Moins de 21 ans
Âge de l'usufruitier au décèsValeur usufruitValeur nue-propriété
Moins de 21 ans90 %10 %
21 – 30 ans80 %20 %
31 – 40 ans70 %30 %
41 – 50 ans60 %40 %
51 – 60 ans50 %50 %
61 – 70 ans40 %60 %
71 – 80 ans30 %70 %
81 – 90 ans20 %80 %
Plus de 91 ans10 %90 %

Concrètement, plus l'usufruitier est âgé au décès, plus la part fiscale qui tombe chez les enfants est élevée — et donc plus chacun consomme une grande partie de son abattement de 152 500 €. Un conjoint usufruitier décédé à 72 ans (donc usufruit valorisé 30 %, NU 70 %) fait passer 70 % du capital sous l'enveloppe abattement des enfants, contre seulement 40 % s'il décède à 65 ans.

Cas concret. Jean-Pierre décède à 70 ans, contrat luxembourgeois alimenté avant ses 70 ans à hauteur de 600 000 € (donc régime art. 990 I CGI). Clause démembrée : sa femme Françoise, 68 ans, usufruitière ; leurs trois enfants nus-propriétaires.

On répartit l'abattement de 152 500 € entre Françoise et les enfants au prorata des valeurs US/NU. Françoise (US 40 %) consomme 40 % de son abattement, soit 61 000 € — sans impact pratique puisque le conjoint survivant est de toute façon exonéré de DMTG (loi TEPA). Chaque enfant (NU à hauteur de 120 000 €) reste très en-dessous de son propre abattement de 152 500 €. Bilan : 600 000 € transmis, 0 € de fiscalité 990 I, et la créance de restitution viendra encore neutraliser les droits au second décès.

La clause à options : encore plus flexible

Certains assureurs luxembourgeois proposent des clauses bénéficiaires « à options » : le bénéficiaire de premier rang (le conjoint) peut choisir au moment du décès de recevoir tout, une fraction, ou rien (laissant le reste aux bénéficiaires de second rang). L'intérêt : au moment du décès, on connaît l'âge réel du conjoint (donc le ratio US/NU art. 669 CGI), son besoin de revenus, sa propre fiscalité IFI, et la situation des enfants. Le conjoint peut alors arbitrer en pleine connaissance — par exemple prendre 100 % en PP s'il a besoin de liquidités, ou ne prendre que l'usufruit pour pousser un maximum vers les enfants. C'est une optimisation qu'aucune clause figée à la signature ne permet.

§ 14LIMITES·4 MIN

Inconvénients et limites

Le contrat luxembourgeois a huit limites concrètes que tout souscripteur doit connaître avant de signer : fonds euros rare et moins performant, SCPI fiscalement pénalisées, pas de rachats programmés, KYC long (2 à 8 semaines vs quelques jours en France), interfaces digitales en retard, versements complémentaires à 10 000 € minimum, haircut de 100 % sur le PE en Lombard, et impossibilité de transférer le contrat. On les passe en revue.

Tableau comparatif : Inconvénient — Détail — Pour qui c'est pénalisant — Premier cas : Fonds euros rares et moins performants
InconvénientDétailPour qui c'est pénalisant
Fonds euros rares et moins performantsSeules La Mondiale EuroPartner, AXA Wealth Europe et CNP Luxembourg proposent un fonds euros parmi les assureurs présentés ici ; OneLife, Wealins et Vitis Life sont 100 % UC. Et le fonds euros d'AXA Wealth Europe (Lifinity Europe) est réassuré à 100 % par AXA France, donc pas hors Sapin 2 ; celui de CNP Luxembourg est réassuré à 100 % par CNP Assurances. Écart de 0,5 à 1,5 point vs les meilleurs fonds euros français (Suravenir Opportunités, Nouvelle Génération à 3,5-4 %).Profils prudents cherchant un capital garanti avec liquidité
SCPI inaccessiblesLes SCPI supportent une retenue à la source de 30 à 33,33 % sur les revenus distribués aux assureurs non-résidents (selon conventions fiscales). Alternative : fonds immobiliers SIF luxembourgeois. Voir notre guide SCPI en assurance vie.Investisseurs habitués à loger des SCPI en assurance vie française
Pas de rachats partiels programmésLa quasi-totalité des assureurs ne propose pas de rachats automatiques mensuels ou trimestriels. Problématique pour les retraités souhaitant un complément de revenus régulier.Retraités ou épargnants souhaitant des sorties régulières automatisées
KYC renforcé et souscription longueJustification obligatoire de l'origine des fonds (acte de cession, déclarations fiscales, relevés bancaires 3-6 mois). Délai total : 2 à 8 semaines contre quelques jours pour une AV française en ligne.Tous les souscripteurs — surtout projets avec deadline (apport immobilier, donation programmée)
Gestion digitale limitéeInterfaces client moins développées que les contrats français (Linxea, Lucya Cardif). Valorisations moins fréquentes. Certains arbitrages encore par e-mail.Investisseurs habitués aux plateformes digitales françaises
Versements complémentaires minimum élevésGénéralement 10 000 € minimum par versement complémentaire (vs 100 € en France).Épargnants souhaitant des versements réguliers modestes
Crédit Lombard : haircut total sur le PELe private equity reçoit un haircut de 100 % dans le calcul de la LTV. Un contrat investi à 40 % en PE voit sa capacité d'emprunt divisée quasiment par deux.Souscripteurs combinant PE et crédit Lombard
IntransférabilitéImpossible de transférer un contrat luxembourgeois vers un autre assureur (contrairement au transfert PERP → PER, ou Fourgous en France). Pour changer d'assureur, il faut racheter (déclencher la fiscalité sur les plus-values, perdre l'antériorité fiscale des 8 ans) puis souscrire un nouveau contrat. Concrètement : un contrat de 8 ans avec 200 k€ de plus-values fait perdre ~52 k€ de fiscalité PFU si vous changez d'assureur.Souscripteurs souhaitant changer d'assureur sans événement fiscal

À partir de quel patrimoine le Luxembourg devient pertinent ?

En dessous de 200 000 – 250 000 €, les frais d'entrée du contrat luxembourgeois (souvent 1 à 3 % + frais de conseil) et la complexité opérationnelle (KYC long, gestion par email) ne sont pas amortis par les avantages FID/Lombard. Une assurance vie française en architecture ouverte (Linxea Spirit, Lucya Cardif) coûte moins cher et offre les mêmes UC pour ce niveau de patrimoine. À partir de 500 000 €, le FID sur mesure devient possible et le Lombard prend du sens. À partir de 1 M€, l'accès au private equity via FID Internalisé (profil C) devient le vrai différenciateur — il n'existe pas en France. Retrouvez le détail de nos solutions d'assurance vie luxembourgeoise.

§ 15CAS·6 MIN

Cas pratiques chiffrés

Trois dossiers récents du cabinet, anonymisés. Les chiffres viennent des contrats réels — frais, allocations, fiscalité.

Thomas, 55 ans, vient de céder sa PME pour 2 M€

Thomas a vendu sa PME industrielle lyonnaise — fondée il y a 25 ans — pour 2 M€ net. Marié sous communauté, deux enfants de 22 et 25 ans. Sa banque privée lui propose une AV française avec 1,2 % de frais all-in ; il veut comparer avant de signer. Objectif : faire travailler le capital, organiser la transmission, et garder la main sur les supports.

On lui ouvre un FID chez OneLife. L'allocation tient en trois blocs : 50 % actions/obligations cotées via un gérant indépendant, 30 % private equity (son profil C l'autorise), 20 % monétaire pour absorber les rachats ponctuels. Côté frais : 0,35 % assureur + 0,40 % de commission du cabinet (prise sur les frais du contrat) + 0,06 % banque dépositaire = 0,81 % tout compris hors frais propres des supports, soit 16 200 €/an sur 2 M€. Sa banque privée était à 1,2 %.

La clause bénéficiaire désigne ses deux enfants à parts égales. Chacun bénéficie de l'abattement de 152 500 € (article 990 I), soit 305 000 € exonérés. La fiscalité de transmission tombe à ~372 000 €, contre ~426 000 € en succession classique (barème progressif après abattement de 100 000 €). Gain net pour les enfants : ~54 000 €.

Sophie, 38 ans, expatriation à Dubaï dans 18 mois

Sophie est CFO d'une ETI parisienne et vient de signer pour un poste équivalent à Dubaï — départ dans dix-huit mois, durée prévue cinq ans. 350 000 € d'épargne disponible, pas de projet immobilier en France à court terme. Elle nous appelle parce qu'elle a entendu parler des contrats luxembourgeois mais ne sait pas si ça vaut le coup d'ouvrir avant ou après le déménagement.

La réponse : ouvrir maintenant, avant le départ. Pourquoi ? Pour prendre date et lancer le compteur des huit ans (seuil de l'abattement annuel de 4 600 € sur les rachats). Une fois résidente fiscale aux EAU, ses rachats deviennent exonérés d'IR français — pas d'impôt local aux Émirats, et la neutralité fiscale luxembourgeoise évite toute retenue à la source. Pendant cinq ans, ses plus-values capitalisent sans aucun frottement.

Au retour en France, elle aura 6,5 ans d'antériorité fiscale. Plus que dix-huit mois à patienter pour récupérer l'abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple). Si elle avait attendu son retour pour ouvrir, elle perdait sept années d'antériorité — et la totalité des gains réalisés à Dubaï serait passée par un compte-titres taxé au PFU dès son retour.

Cas 3 : Famille Berthier, transmission de 2 M€ comparée

Tableau comparatif : Scénario — Capital transmis — Fiscalité à la transmission — Capital net reçu par enfant — Premier cas : Succession classique (2 enfants)
ScénarioCapital transmisFiscalité à la transmissionCapital net reçu par enfant
Succession classique (2 enfants)2 000 000 €~426 000 € (barème progressif 5 – 30 %, abattement 100 000 € × 2)~787 000 €
Assurance vie luxembourgeoise (2 enfants)2 000 000 €~372 000 € (art. 990 I, abattement 152 500 € × 2, taux 20 / 31,25 %)~814 000 €

Gain net : ~54 000 € d'imposition évitée, ~27 000 € de plus dans la poche de chaque enfant. L'écart se creuse vite au-delà de 3 M€ : en succession classique, les tranches grimpent à 40 % (entre 902 838 et 1,8 M€) puis 45 %, alors que l'article 990 I plafonne à 31,25 % au-dessus de 700 000 € par bénéficiaire. Sur un dossier à 5 M€ transmis à deux enfants, l'écart dépasse fréquemment 400 000 €.

§ 16PROFILS·5 MIN

Pour qui est ce contrat ?

Honnêtement, en-dessous de 250 K€ d'actifs financiers, l'AVL ne sert à rien — les frais fixes (custody, conseil, performance) mangent le rendement avant qu'il n'arrive à votre poche. Au-dessus, ça dépend : de votre TMI, de votre horizon, de votre projet (transmission, expatriation, post-cession). Le tableau ci-dessous fait le tri profil par profil.

Tableau comparatif : Profil — Pertinence — Raison principale — Premier cas : Résident français, patrimoine > 500 k€, profil dynamique
ProfilPertinenceRaison principale
Résident français, patrimoine > 500 k€, profil dynamiqueTrès forteFID sur-mesure (au-dessus de 250 K€), architecture ouverte (titres vifs, ETF US, PE), et triangle de sécurité qui couvre 100 % au-delà du plafond français de 70 K€
Expatrié ou candidat à l'expatriation (hors États-Unis)Très forteNeutralité fiscale (taxé au pays de résidence), comptes multi-devises (USD, CHF, GBP) et continuité du contrat même après 3 ou 4 changements de pays
Entrepreneur post-cession (holding à l'IS)ForteLe contrat de capitalisation luxembourgeois loge la trésorerie de cession à l'IS sans frottement annuel, et donne accès au private equity (FCPR/SLP) via les profils investisseurs C ou D — réservés aux patrimoines > 1 M€
Famille souhaitant structurer une transmissionForteCombine clause bénéficiaire démembrée (usufruit conjoint, NP enfants), co-souscription pour bloquer le contrat au premier décès, et abattement 152 500 € par bénéficiaire qui s'ajoute aux abattements français classiques
Investisseur souhaitant accéder au private equityForte (si profil C atteint)Le FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé) loge les fonds de PE jusqu'à 65 % de l'allocation, avec gestion automatisée des appels de capital — impossible à reproduire dans une AV française classique
Impatrié (retour en France après 5 ans d'expatriation)ForteExonération IFI 5 ans sur actifs étrangers, contrat déjà antérieur
Résident français, patrimoine < 250 k€FaibleSous 250 K€, les frais fixes (250 à 500 €/an de custody + ticket d'entrée fonds dédiés) grignotent 0,3 à 0,5 point de rendement annuel — un Spirit 2 ou Linxea Avenir 2 délivre la même chose pour moins cher
Résident fiscal américain (green card, citoyen US aux USA)NulleRefus systématique des assureurs européens (pas d'enregistrement SEC)
Franco-américain résident fiscal en FranceLimitée (surcoûts FATCA)Possible chez Vitis Life et La Bâloise uniquement, surcoût conformité FATCA plusieurs k€/an

US Persons : FATCA et PFIC

Si vous êtes citoyen américain (même installé en France depuis 20 ans), trois sujets se cumulent. D'abord la déclaration FATCA à l'IRS — deux formulaires, le FBAR (FinCEN 114) et le Form 8938. Ensuite le risque PFIC : l'IRS peut requalifier votre contrat luxembourgeois en société d'investissement étrangère passive, ce qui déclenche le formulaire 8621 et une fiscalité brutale (taxation au taux marginal max + intérêts de retard sur les plus-values latentes accumulées). Concrètement, seuls Vitis Life et La Bâloise ont des process documentés pour les US persons résidant hors USA — les autres assureurs refusent.

Méthode documentée

Co-souscription, apport titres, holding IS, Dutreil — on monte votre AVL

À partir de 250 000 €, les stratégies avancées (FID, FIC, FAS, combinaison Dutreil, family office) nécessitent une analyse précise. Un conseiller du cabinet, immatriculé à l'ORIAS, construit avec vous votre contrat sur mesure ; la structure juridique est choisie avec votre avocat ou votre expert-comptable.

Bilan gratuitCabinet CIF, COA, COBSPSans engagement
§ 17CO-SOUSCRIPTION·4 MIN

Co-souscription conjointe : dénouement au second décès

Vous décédez avant votre conjoint. Sans précaution, votre contrat d'assurance vie se dénoue automatiquement : antériorité fiscale perdue, capitaux figés, conjoint qui doit replacer dans l'urgence. La co-souscription règle ce problème en amont.

Concrètement, vous et votre conjoint signez le contrat à deux, comme une indivision conjugale. À votre décès, rien ne bouge : votre conjoint reste seul titulaire et continue le contrat. Les 8 ans d'ancienneté que vous avez patiemment construits (abattement 4 600 €/an et fiscalité à 7,5 % sur les rachats) restent acquis. Le dénouement, et donc l'application de l'article 990 I CGI, n'intervient qu'au second décès.

Conditions et mécanisme

Avant de signer, trois points à valider avec votre conseiller et votre notaire.

  • Le bon régime matrimonial. La co-souscription marche bien en communauté réduite aux acquêts (le régime légal en France) ou en communauté universelle. En séparation de biens, c'est plus délicat et il faudra des aménagements contractuels sur mesure.
  • La clause de préciput, votre meilleure alliée. Idéalement insérée dans le contrat de mariage (chez votre notaire), elle permet au conjoint survivant de récupérer le contrat hors succession au premier décès. Sans elle, le contrat retombe dans la masse successorale et les enfants peuvent réclamer leur part : exactement ce qu'on cherche à éviter.
  • Le déclenchement fiscal au second décès. C'est seulement à la disparition du second co-souscripteur que les capitaux sont versés aux bénéficiaires désignés (enfants, petits-enfants, tiers). D'ici là, le contrat continue à vivre comme si de rien n'était.

Avantages de la co-souscription

Le conjoint survivant hérite d'un contrat qui tourne déjà depuis des années, sans devoir tout recommencer à zéro. Au second décès, chaque bénéficiaire (typiquement les enfants) profite des 152 500 € d'abattement de l'article 990 I CGI, puis du taux à 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Pendant ce temps, le capital a continué à capitaliser net de fiscalité, parfois pendant 15 ou 20 ans après le premier décès. Différence avec un dénouement immédiat : facilement 30 à 40 % de capital transmis en plus.

Limites à connaître

Première limite, l'offre : tous les assureurs ne le proposent pas. Côté Luxembourg c'est standard, côté France seuls quelques acteurs jouent le jeu (Predica, Cardif, Generali, AXA). Deuxième limite, le régime matrimonial : il faut être en communauté, idéalement avec une clause préciput rédigée par votre notaire, ou en communauté universelle. La séparation de biens ferme la porte, et les partenaires pacsés sont exclus du dispositif (pas mariés = pas de co-souscription possible). Et le vrai point d'attention, c'est le divorce : le contrat doit alors être racheté intégralement et toute l'antériorité fiscale part en fumée. À méditer si votre couple a déjà connu des turbulences.

Stratégie optimale : co-souscription + clause bénéficiaire démembrée

Le montage qui change tout, on le voit régulièrement en cabinet : co-souscription + clause bénéficiaire démembrée. Logique : le contrat tourne jusqu'au second décès (étage 1, vous gagnez du temps fiscal), puis au dénouement, le conjoint survivant reçoit l'usufruit du capital pendant que les enfants reçoivent la nue-propriété (étage 2, vous transmettez sur deux générations en une opération). Résultat : l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire, réparti entre l'usufruitier et les nus-propriétaires au prorata du barème de l'article 669 du CGI, un conjoint de toute façon exonéré de droits, et un capital qui revient aux enfants en pleine propriété au second décès. Sur les patrimoines à partir d'un million d'euros, c'est probablement le levier le plus puissant que le Luxembourg permet d'activer.

§ 18APPORT·4 MIN

Apport de titres en nature

Vous détenez un portefeuille titres et souhaitez le loger dans l'enveloppe luxembourgeoise sans tout vendre ? C'est possible grâce à l'apport en nature.

Concrètement, vous transférez vos titres (actions, OPCVM, ETF, obligations) tels quels dans le contrat, sans passer par la case vente. Pas de liquidation, pas de réinvestissement à reconstruire — vos lignes existantes basculent dans l'enveloppe luxembourgeoise. Un avantage opérationnel quasi-unique en Europe, et la Cour de cassation l'a verrouillé en 2016 (on y vient).

Base juridique et fiscale

  • Arrêt Cass. 2e civ. 19 mai 2016, n°15-13.606 — la Cour de cassation a tranché un débat qui inquiétait les assureurs : oui, on peut apporter des titres à un contrat d'assurance-vie. Juridiquement, l'opération est analysée comme un rachat fictif suivi d'une réinscription immédiate. Traduction : le Code des assurances accepte le mécanisme, et personne ne peut plus contester la validité de votre apport devant un tribunal.
  • Côté fisc, attention à la marche : l'apport est requalifié en cession (art. 150-0 A CGI). Vos plus-values latentes deviennent immédiatement imposables au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux : il s'agit d'une plus-value mobilière et non d'un produit d'assurance vie, c'est donc le taux de prélèvements sociaux relevé par la LFSS 2026 qui s'applique). Concrètement : si vous apportez un portefeuille à 500 000 € avec 100 000 € de PV latente, vous sortez 31 400 € de chèque au Trésor avant même d'avoir basculé au Luxembourg. Pas de report d'imposition possible, pas de neutralité — on n'est pas dans le régime apport-cession 150-0 B ter d'une holding.
  • Depuis la loi PACTE (2019), le marché s'est polarisé : les assureurs français ont silencieusement retiré l'option de leurs contrats — trop de complexité opérationnelle, trop de risque de redressement sur la valorisation. Aucune interdiction dans la loi, juste un abandon commercial. Résultat sur le terrain : si vous voulez apporter des titres aujourd'hui en France, le Luxembourg est quasiment votre seule porte d'entrée.

Intérêt opérationnel malgré la fiscalité

  • Vous économisez le double spread bid-ask : pas besoin de vendre puis racheter, ce qui peut représenter 0,5 à 2 % d'économie sur des obligations corporate ou des smallcaps illiquides.
  • Sur des grosses lignes — disons au-delà de 300 000 € sur un même titre — vendre d'un coup ferait dévisser le cours. L'apport en nature évite ce piège du market impact.
  • Pour les titres non cotés (parts de SAS familiale, private equity, FCPR fermés…) éligibles au profil D luxembourgeois, c'est souvent la seule façon technique de les loger dans une assurance-vie.
  • Et bien sûr, sur des lignes à PV latente proche de zéro (titres récemment achetés, moins-values), le coût fiscal de l'apport est marginal — autant en profiter.

Processus pratique d'un apport en nature

Côté paperasse, l'assureur luxembourgeois va vous demander trois choses : la liste détaillée des titres avec leur valorisation au jour J (cours de clôture pour les cotés, expertise pour le non coté), un dossier AML/KYC retraçant l'origine des fonds qui ont servi à acheter ces titres, et une confirmation écrite de votre banque dépositaire pour orchestrer le transfert. Comptez 2 à 6 semaines entre l'envoi du dossier et le basculement effectif. Une fois les titres dans le contrat, vous retombez dans le régime classique de l'assurance-vie luxembourgeoise : tant que vous ne rachetez pas, vous ne payez plus rien — la fiscalité ne se réveillera qu'à la sortie.

§ 19CLUB DEALS·4 MIN

Club deals immobiliers

Cas typique en rendez-vous : un client vient d'arbitrer 800 K€ depuis sa holding vers le contrat luxembourgeois, et il veut garder 15-20 % en immobilier comme dans son ancienne assurance vie française. Sauf que les SCPI logées au Luxembourg subissent une retenue à la source de 30 à 33 % sur les loyers, ce qui ramène un rendement brut de 5,5 % à environ 3,7 % net — autant l'oublier. La poche pierre passe donc par un autre véhicule : le club deal.

Le véhicule éligible, c'est le club deal immobilier, logé dans la poche FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé) — donc réservé aux profils C (ticket d'entrée 250 K€) et D (1 M€), pour des raisons de ticket unitaire et d'illiquidité qu'on détaille juste après.

Concrètement, un club deal immobilier réunit entre 5 et 30 investisseurs (les LP, Limited Partners) qui mettent chacun 100 à 500 K€ pour acheter un actif unique : un immeuble de bureau parisien à 25-40 M€, une résidence gérée seniors, un hôtel 4 étoiles, un entrepôt logistique loué à un transporteur. L'opération est portée par une SAS (Société par Actions Simplifiée) ou une SCI (Société Civile Immobilière) dédiée à ce seul actif, pilotée par un asset manager (le GP, Général Partner) qui prend les décisions au quotidien — choix du locataire, travaux, refinancement, revente. Le LP signe un chèque, ne gère rien, et touche les distributions trimestrielles plus la plus-value à la sortie.

Tableau comparatif : Caractéristique — Club deal immobilier — SCPI (via AV française) — Premier cas : Accès via AV luxembourgeoise
CaractéristiqueClub deal immobilierSCPI (via AV française)
Accès via AV luxembourgeoiseOui (FAS profil C/D)Non (retenue 30 à 33,33 %)
Ticket minimum50 000 – 100 000 €5 000 – 10 000 €
TRI cible8 – 12 % sur 3 à 7 ans (opportunistic)4 – 6 % (core/core+)
LiquiditéIlliquide (horizon fixe)Mensuelle à trimestrielle
Levier immobilierPossible (structuré dans la SAS/SCI)Faible à nul
LTV crédit Lombard0 % (actif illiquide non coté)Non applicable
DiversificationFaible (1 actif par club deal)Forte (des centaines d'actifs)

Club deals : ce qu'il faut accepter avant de signer

Le TRI (Taux de Rentabilité Interne, c'est-à-dire le rendement annualisé toutes distributions et plus-value comprises) affiché à 8-12 % reste une cible, pas un contrat. Sur 10 deals que nous voyons passer en analyse, nous en comptons en moyenne 6 qui tiennent la cible, 3 qui rendent 4-6 % à cause de retards de commercialisation ou de dépassement de travaux, et 1 qui finit en perte partielle (rénovation lourde mal anticipée, locataire qui dépose le bilan). Trois risques structurels à accepter : l'exécution (permis bloqué, devis qui dérape de 15-20 %), la concentration sur un actif unique, et l'illiquidité totale pendant 5 à 7 ans — pas de sortie anticipée, même contre décote. C'est pour ça qu'on plafonne cette poche à 10-20 % du contrat, et qu'on la réserve aux profils C et D qui ont la surface pour absorber un mauvais millésime.

Pour approfondir la question des SCPI et de leur logement en assurance vie, consultez notre guide complet SCPI en assurance vie.

§ 20HOLDING·5 MIN

Holdings et cession d'entreprise

Cession à 5 M€. Sur la plus-value, comptez le PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), auquel s'ajoute le cas échéant la CEHR. L'abattement fixe de 500 000 € du dirigeant partant à la retraite (art. 150-0 D ter CGI) ne réduit que l'assiette d'impôt sur le revenu, jamais celle des prélèvements sociaux : au PFU, il vaut au maximum 64 000 € d'économie. Question concrète : où loger le cash net pour que l'IS annuel ne grignote pas la performance ? Le schéma classique combine un apport-cession (art. 150-0 B ter CGI) en amont qui place la PV en report d'imposition, et une holding IS qui souscrit ensuite un contrat de capitalisation luxembourgeois — pas de la magie, juste l'arithmétique de la base forfaitaire IS.

C'est la brique centrale d'un family office post-cession, à condition que l'apport-cession ait été structuré avant la signature du closing (sinon plus-value taxée immédiatement, PFU de 31,4 % — 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux sur une plus-value mobilière — plus 4 % de CEHR éventuellement, et le débat sur l'allocation du cash devient nettement moins intéressant). Le découpage type qu'on présente en RDV :

Tableau comparatif : Allocation du produit de cession — Véhicule — Avantage fiscal principal — Premier cas : ~60 % du produit de cession
Allocation du produit de cessionVéhiculeAvantage fiscal principal
~60 % du produit de cessionRéinvestissement en actifs éligibles (art. 150-0 B ter CGI)Report d'imposition de la plus-value de cession
~30 % du produit de cessionContrat de capitalisation luxembourgeois (souscrit par la holding IS)Fiscalité IS sur base forfaitaire TME = impôt annuel bien inférieur au gain réel
~10 % du produit de cessionRéserve de trésorerie / compte courantLiquidité immédiate pour les besoins courants

Pourquoi l'IS sur base TME change tout (et le calcul concret)

Pour une holding soumise à l'IS, le contrat de capitalisation luxembourgeois est imposé annuellement sur une base forfaitaire théorique, calculée sur le Taux Moyen des Emprunts d'État (TME) :

Base IS annuelle = 105 % × TME × Capital investi
Exemple : 3 M€ investis, TME 2024 = 3 % → base = 94 500 € → IS à 25 % = 23 625 €/an

Si le portefeuille délivre 7 % (gain réel 210 000 €), l'IS de l'exercice porte sur 94 500 € au lieu des 210 000 € de gain effectif — soit 23 625 € d'IS payés immédiatement vs 52 500 € si le gain était imposé en réel (delta : 28 875 €/an). Attention : l'écart n'est pas un cadeau fiscal définitif, c'est un différé. Le rattrapage se fait au rachat (régularisation sur la fraction de gains effectivement appréhendée). Sur 10 ans, à TME et perf constants, le différentiel capitalisé représente environ 380 K€ de trésorerie d'IS conservée dans la holding — cash réinvesti, donc productif d'intérêts composés.

Transmission via la holding : donation de nue-propriété

Le levier transmission classique : démembrement des titres de la holding. Le dirigeant donne la nue-propriété de ses parts à ses enfants en conservant l'usufruit (revenus + droit de vote sur décisions courantes). Valorisation NP selon barème art. 669 CGI — à 55 ans, l'usufruit vaut 50 % donc la NP donnée s'évalue à 50 % de la valeur des titres, l'assiette des droits de donation est divisée par deux. Couplé à l'abattement de 100 K€ par parent et par enfant tous les 15 ans, on transmet typiquement plusieurs millions sans frottement. Au décès de l'usufruitier, reconstitution de la pleine propriété en franchise (art. 1133 CGI) — le contrat de capitalisation logé dans la holding suit, sans rachat ni imposition à ce stade.

Comparatif : détention personnelle vs holding IS

En détention personnelle (contrat de capitalisation détenu par une personne physique), l'imposition se déclenche au rachat : PFU 30 % ou barème IR sur les gains. Pas d'abattement 152 500 € comme en assurance vie, en revanche pas de plafond de versement et transmission via donation possible (le contrat de cap est l'outil patrimonial qu'on confond souvent à tort avec l'AV). En détention via holding IS, base TME forfaitaire chaque année, régularisation au rachat sur la fraction de gains réellement perçue. Le bascule se fait au-delà du croisement : dès que la performance annuelle réelle dépasse 105 % × TME (à TME 3 %, ça veut dire toute perf au-delà de ~3,15 %), la holding gagne en différé d'impôt — donc en intérêts composés sur la trésorerie d'IS conservée. En-dessous, la détention personnelle reste compétitive.

§ 21DUTREIL·5 MIN

Pacte Dutreil et AVL

Le cas typique que nous voyons au cabinet : dirigeant 65 ans, valorisation 5 M€, trois enfants dont un seul reprend la boîte. Sans préparation, l'État ponctionne près de 3 M€ en DMTG (droits de mutation à titre gratuit). Avec le combo Dutreil (art. 787 B CGI) côté titres + AVL côté liquidités pour les non-repreneurs, on tombe autour d'1 M€. Soit deux millions qui restent dans la famille au lieu de partir à Bercy.

Les deux ne se marchent pas dessus : le Dutreil traite l'outil professionnel, l'AVL traite le cash qui doit aller aux enfants non-repreneurs pour respecter la réserve héréditaire. Pour le détail technique du Dutreil 2026 (engagement 2+6 ans, biens somptuaires exclus, jurisprudence Cass. 2025), consultez notre guide complet Pacte Dutreil 2026.

Mécanisme du Pacte Dutreil (post-LFI 2026)

  • Abattement 75 % sur la valeur des titres transmis (donation ou succession), à condition de signer un engagement collectif de conservation de 2 ans avec d'autres associés, puis un engagement individuel de 6 ans pour chaque héritier-bénéficiaire — la LFI 2026 a allongé cet individuel de 4 à 6 ans, donc on est sur 8 ans minimum verrouillés. À cela s'ajoute une fonction de direction à exercer pendant les 3 premières années du collectif. Casser un engagement = perte rétroactive de l'abattement, donc redressement massif.
  • Le législateur a serré la vis avec la LFI 2026 (art. 3 quater) : les actifs non pros qui dormaient au bilan — yacht, résidence de jouissance, voitures de tourisme — sortent désormais de l'assiette à 75 %. Bonne nouvelle quand même, la trésorerie d'exploitation reste éligible (point clé pour les boîtes qui ont accumulé des réserves). Et pour les holdings animatrices, l'administration exige maintenant une preuve d'animation effective sur toute la durée des engagements, pas juste au moment de la donation.
  • La donation en pleine propriété avec Dutreil bénéficie d'une réduction de droits de 50 % supplémentaire si le donateur a moins de 70 ans (art. 790 CGI). Attention : cette réduction ne s'applique qu'aux transmissions d'entreprises individuelles et de parts/actions éligibles au pacte Dutreil, et non aux donations de titres de société en général (la réduction de l'art. 790 pour les donations de parts de société hors Dutreil a été supprimée en 2012)

Cas pratique : entreprise de 5 M€, 3 enfants

Tableau comparatif : Actif — Valeur — Mécanisme — Droits résultants — Premier cas : Titres entreprise (transmis au repreneur — 1 enfant)
ActifValeurMécanismeDroits résultants
Titres entreprise (transmis au repreneur — 1 enfant)5 000 000 €Pacte Dutreil : abattement 75 % → base 1 250 000 € − abattement descendant 100 k€ = 1 150 000 € → barème progressif → réduction 50 % (donateur < 70 ans)≈ 156 000 €
Liquidités post-IS (pour les 2 non-repreneurs)≈ 3 500 000 € (après IS sur les réserves distribuées)Assurance vie luxembourgeoise : 2 × 152 500 € abattement art. 990 I → taxe à 20 % puis 31,25 % au-delà de 700 k€≈ 841 000 €
TOTAL économie vs succession classique8 500 000 € de valeur globaleSans Dutreil + AV LUX : ≈ 2 977 000 € de droits (barème progressif en ligne directe)Économie ≈ 1 980 000 €

Sur ce dossier, la facture passe de 2,98 M€ à environ 1 M€. Pour la famille, ça fait la différence entre vendre la maison de famille pour solder Bercy et finaliser la transmission sans toucher au reste du patrimoine. Et accessoirement, les deux non-repreneurs reçoivent leur part en cash net dès le décès, sans avoir à attendre que le repreneur leur rachète des titres qu'ils ne voulaient pas.

Le Pacte Dutreil s'applique aux parts et actions, pas au cash

Attention au timing : le Dutreil mord sur des titres, pas sur du cash. Si vous vendez la boîte d'abord et que vous donnez l'argent ensuite (cas classique du dirigeant qui veut « faire propre » avant la transmission), c'est foutu — le produit de cession devient une liquidité comme une autre, taxée plein pot au barème successoral. À ce stade, il ne reste que l'AVL (art. 990 I CGI : 152 500 €/bénéficiaire) pour amortir le choc. La planif Dutreil doit être bouclée avant que le mandat de cession parte chez le banquier d'affaires.

§ 22SUCCESSION INT.·4 MIN

Successions transfrontalières

Imaginez : votre fille s'est expatriée à Bruxelles, votre fils travaille à Genève, et votre petite-fille vient d'épouser un Émirien. Trois bénéficiaires, trois juridictions successorales différentes. Sur le papier, un cauchemar pour le notaire. Sauf que votre contrat luxembourgeois passe entre les mailles du règlement européen 650/2012, qui harmonise pourtant depuis 2015 toutes les successions internationales au sein de l'UE. Pourquoi cette dérogation ? Parce que l'article 1(2)(g) exclut explicitement l'assurance vie de son champ d'application — détail technique aux conséquences considérables.

Concrètement, le règlement Bruxelles IV — son surnom dans les cabinets — pose un principe simple depuis août 2015 : la loi successorale applicable est celle de la résidence habituelle du défunt (article 21), sauf professio juris permettant de choisir sa loi nationale (article 22). Sauf que l'assurance vie échappe à toute cette mécanique.

Point clé : l'assurance vie est expressément exclue du règlement 650/2012

Le texte est limpide : l'article 1(2)(g) exclut les droits et biens créés ou transférés autrement que par succession — la formule juridique pour dire « tout ce qui passe par stipulation pour autrui plutôt que par dévolution successorale ». Traduction concrète : les capitaux versés au bénéficiaire d'un contrat luxembourgeois ne rejoignent pas la masse successorale au sens européen. Prenez Pierre, retraité français installé à Lisbonne, qui désigne sa compagne brésilienne comme bénéficiaire. Sans l'article 1(2)(g), le notaire portugais devrait jongler avec la lex successionis portugaise, les éventuels héritiers réservataires français, et la résidence de la bénéficiaire. Avec l'article 1(2)(g), le contrat se dénoue selon la loi luxembourgeoise. Point.

Avantages pratiques pour les successions internationales

Trois conséquences pratiques, que nous voyons revenir dans presque tous les dossiers d'expatriés que nous traitons :

  • D'abord la réserve héréditaire : dans les limites du droit français (et sous réserve des primes manifestement exagérées au sens de l'article L132-13 du Code des assurances), les capitaux décès sortent de la réserve. Vous pouvez donc avantager une compagne, un filleul, une association — y compris dans des juridictions qui ignorent la notion de réserve, comme l'Angleterre ou les pays anglo-saxons.
  • Ensuite la stabilité du contrat : c'est la loi luxembourgeoise qui régit la mécanique contractuelle, pas la loi de la succession. Si vous déménagez de Paris à Madrid puis à Dubaï, votre contrat ne change pas de régime juridique à chaque escale.
  • Enfin la désignation transfrontalière : un souscripteur français peut nommer des bénéficiaires résidant en Belgique, en Suisse, aux États-Unis ou aux Émirats sans craindre une requalification successorale au moment du dénouement. Sans cette flexibilité, certains de nos clients devraient renoncer à transmettre à leurs enfants installés à l'étranger.

Point de vigilance : risque de double imposition franco-belge

Attention à un angle mort que peu de souscripteurs anticipent : la convention fiscale franco-belge de 1959 couvre les droits de succession classiques, mais elle ignore complètement l'article 990 I du CGI — cette taxe forfaitaire de 20 % (puis 31,25 % au-delà de 700 000 €) qui frappe les capitaux décès d'assurance vie versés sur primes avant 70 ans. Concrètement, prenez un Lyonnais qui décède en laissant 600 000 € à sa fille installée à Bruxelles. Côté français, l'article 990 I s'applique : 20 % sur 447 500 € (après abattement de 152 500 €), soit environ 89 500 € de prélèvement. Côté belge, la Région bruxelloise réclame en parallèle ses droits de succession régionaux sur le même capital. Résultat : double imposition, parfois 50 % de ponction cumulée. Avant de souscrire pour un bénéficiaire belge, nous faisons systématiquement étudier le dossier par un avocat fiscaliste transfrontalier — sans cet arbitrage en amont, on construit un cadeau fiscal qui se transforme en piège.

§ 23IMPATRIÉS·5 MIN

Régime impatrié et fenêtre IFI

Prenons un cas que nous voyons revenir souvent au cabinet : dirigeant de 48 ans, dix ans à Londres, retour à Paris en 2026 pour reprendre la direction Europe d'un groupe coté. Patrimoine immobilier de 2,3 M€ dont 1,4 M€ détenus via des fonds immobiliers européens, plus 800 K€ de SCPI françaises. Sans le savoir, il vient d'ouvrir une fenêtre fiscale de cinq ans sur l'IFI — et l'assurance-vie luxembourgeoise est l'outil qui permet de la verrouiller proprement.

Deux régimes coexistent et il faut bien les distinguer parce qu'on les confond souvent. Le premier, c'est l'exonération d'IFI prévue à l'article 964 du Code général des impôts (le texte qui définit l'assiette de l'Impôt sur la Fortune Immobilière) : pendant cinq ans, vos biens immobiliers situés hors de France sortent purement et simplement du calcul, et personne ne vous demande pourquoi vous rentrez. Le second, c'est le régime impatriés de l'article 155 B (souvent appelé « régime des cadres impatriés » depuis la loi de finances 2017) : il exonère une partie de votre rémunération et de certains revenus passifs étrangers pendant huit ans, mais uniquement si vous êtes recruté par une entreprise installée en France — donc verrouillé à votre contrat de travail.

L'exonération IFI de cinq ans, en pratique

Le mécanisme est plus généreux qu'il n'en a l'air. Dès que vous devenez résident fiscal français au sens de l'article 4 B du CGI (foyer ou séjour principal en France, activité professionnelle principale, ou centre des intérêts économiques), un compteur de cinq années civiles complètes démarre — à condition que vous n'ayez pas été résident fiscal français pendant les cinq années qui précèdent. Pendant cette période, votre déclaration IFI (le formulaire Cerfa 2042-IFI à joindre à la 2042 classique au-dessus de 1,3 M€ de patrimoine immobilier net) ne reprend que vos biens situés en France. Tout ce qui est immobilier hors France — appartement à Londres, parts de SCPI allemande, fonds immobilier espagnol détenu via votre AVL — reste invisible pour le fisc, sans que vous ayez à le justifier autrement que par votre statut d'impatrié.

Arbitrer l'immobilier français vers de l'immobilier européen avant le retour

Reprenons notre dirigeant rapatrié de Londres, et ne nous trompons pas de levier : ce qui sort ses 1 000 000 € de fonds immobiliers européens de l'assiette IFI, ce n'est pas le contrat luxembourgeois, c'est la localisation des actifs hors de France. L'article 964 du CGI les exonère quel que soit le support qui les porte et quelle que soit la date d'ouverture du contrat. Le contrat luxembourgeois n'apporte ici que l'accès à ces supports européens et la possibilité de les arbitrer sans frottement fiscal : le vrai arbitrage porte sur la nature des actifs, pas sur l'enveloppe. À titre de comparaison, le même million détenu en SCPI françaises serait taxé selon le barème IFI 2026 dans la tranche 800 000–1 300 000 € à 0,50 %, puis à 0,70 % au-delà de 1,3 M€ si son patrimoine immobilier global dépasse ce seuil : on parle facilement de 5 000 à 7 500 € d'IFI évités chaque année, soit 25 000 à 37 500 € sur la fenêtre des cinq ans. Le contrat luxembourgeois, lui, restera ouvert au-delà : on aura juste utilisé sa souplesse de support pour caler les actifs au bon endroit au bon moment.

Tableau comparatif : Avantage impatrié — Mécanisme — Durée — Condition — Premier cas : Exonération IFI sur actifs immobiliers étrangers
Avantage impatriéMécanismeDuréeCondition
Exonération IFI sur actifs immobiliers étrangersArt. 964 CGI : actifs immobiliers situés hors de France, hors assiette IFI5 ansInstallation en France depuis ≤ 5 ans + actifs immobiliers hors France
Antériorité fiscale du contratUne AVL ouverte avant l'installation conserve sa date d'origine : l'abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains rachetés — article 125-0 A du CGI — est acquis dès le retour, sans devoir attendre huit ans en FranceDéfinitiveLe contrat doit être souscrit avant l'établissement du domicile fiscal en France
Exonération de 50 % sur revenus passifs étrangersArt. 155 B CGI : certains revenus de source étrangère partiellement exonérés8 ansRevenus concernés : intérêts, dividendes, redevances de source étrangère (LF 2017)

Le bon ordre des opérations, en pratique, c'est : contrat luxembourgeois ouvert pendant que vous êtes encore résident fiscal étranger, allocation construite sur des fonds immobiliers européens et des supports libellés en devises (dollar, livre, franc suisse), puis bascule de résidence. Vous activez d'un même mouvement la fenêtre IFI de cinq ans et l'antériorité fiscale du contrat — cette dernière étant définitive, contrairement à l'exonération IFI qui s'éteint au terme. Dernier point sur lequel nous insistons toujours en rendez-vous : pendant ces cinq ans, l'article 750 ter du CGI (qui régit les Droits de Mutation à Titre Gratuit, donations et successions, sur les actifs étrangers) reste applicable normalement — la fenêtre IFI n'est pas une fenêtre transmission. Si vous prévoyez une donation à vos enfants, on regarde ensemble si elle se cale avant ou après le retour, et l'arbitrage n'est jamais évident. Pour bâtir le calendrier sur votre cas réel, contactez Hagnéré Patrimoine.

Approfondir : fiscalité par pays, frontaliers et CRS/FATCA

Pour une analyse détaillée de la fiscalité des rachats dans 12 pays, les stratégies frontalières (Suisse, Belgique, Luxembourg) et les obligations CRS/FATCA, consultez notre guide complet AVL et expatriés.

§ 24ERREURS·4 MIN

Les erreurs à éviter

Avant d'entrer dans le détail, un cas vécu en 2024 : un client de 58 ans avait souscrit un contrat luxembourgeois à 180 000 €, sans avoir lu la grille tarifaire, avec une clause bénéficiaire copiée-collée de son ancien contrat français. Bilan trois ans plus tard : 1,75 % de frais cumulés (au lieu des 0,90 % qu'il aurait pu négocier ailleurs), une transmission qui sortait du cadre 990 I, et un FID inaccessible faute d'encours suffisant. Plusieurs des écueils ci-dessous se cumulaient dans son dossier. On les reprend chacun en détail.

Erreur n°1 : croire qu'un contrat luxembourgeois cache quelque chose au fisc

C'est l'erreur la plus fréquente en premier rendez-vous. Le Luxembourg n'est pas un paradis fiscal pour les résidents français : vous restez fiscalisé en France, vous restez déclarant en France, et le contrat doit être listé chaque année sur le formulaire 3916-bis (case 8TT de votre 2042). L'oubli coûte 1 500 € par contrat non déclaré, et jusqu'à 10 000 € si l'assureur est domicilié dans un État non coopératif (la liste change chaque année, vérifiez avant de signer). Concrètement, un dossier oublié pendant cinq ans, c'est 7 500 € d'amende avant de parler du redressement. Si votre vraie motivation, c'est la confidentialité ou l'optimisation cachée, le luxembourgeois n'est pas le bon outil : il sert la protection des actifs (triangle de sécurité), la diversification multidevises et la portabilité quand on bouge à l'étranger. Pas l'invisibilité.

Erreur n°2 : recopier « mes héritiers » dans la clause bénéficiaire

Sur les dossiers que nous reprenons, c'est régulièrement la clause bénéficiaire qui a coûté le plus cher au client. Une rédaction floue (« mes héritiers »), une clause acceptée par un bénéficiaire encore vivant, ou un ex-conjoint jamais retiré de la liste suffisent à faire basculer le capital dans la succession classique. Vous perdez l'article 990 I (abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 852 500 €) et vous tombez dans les droits de succession entre frères et sœurs (35 à 45 %) ou non-parents (60 %). Sur un contrat de 800 000 € transmis à un neveu, l'écart entre les deux régimes dépasse 300 000 €. Faites relire la clause par votre CGP et par un notaire à chaque événement de vie (mariage, divorce, naissance, décès d'un bénéficiaire désigné).

Erreur n°3 : signer sans avoir vu la grille de frais all-in

Le luxembourgeois empile trois couches : les frais de la compagnie d'assurance, ceux du cabinet de gestion (le mandataire du FID), et ceux de la banque dépositaire qui conserve les titres. Quand chaque acteur prélève entre 0,30 et 0,60 %, on arrive vite à 1,50 % par an, parfois plus. Demandez un TER consolidé (Total Expense Ratio) par écrit avant de signer, et comparez-le à votre contrat français haut de gamme. Sur 1 M€ placé, passer de 0,80 % à 1,40 % de frais annuels coûte 6 000 €/an, soit environ 248 000 € sur vingt ans à 5 % nets capitalisés. Au-delà de 1,50 % sur un FID, le luxembourgeois ne se justifie plus, sauf besoin spécifique (multidevises, Lombard, expatriation).

Erreur n°4 : laisser l'assureur ou la banque imposer son gérant maison

L'enveloppe luxembourgeoise pose un cadre, mais ce sont le gérant et le dépositaire choisis qui font la performance réelle. Or beaucoup de contrats sont vendus avec un gérant « maison » qui n'a ni le track record ni la spécialité que vous attendez (un gérant prudent sur un FID action, ou l'inverse). Avant de signer, exigez l'historique de performance du gérant sur 5 et 10 ans (audité, pas commercial), regardez ses encours sous gestion (en dessous de 500 M€, prudence sur la solidité) et vérifiez l'identité du dépositaire — une grande banque luxembourgeoise type Pictet ou Lombard Odier offre une protection bien meilleure qu'une boutique. Un cabinet de conseil sérieux vous fera challenger trois couples assureur/gérant côte à côte avant d'arbitrer.

Erreur n°5 : ouvrir un luxembourgeois avec 100 000 € « pour voir »

En dessous de 250 000 € de versement, le luxembourgeois perd la plupart de ses atouts. Le FID exige généralement un ticket d'entrée de 250 000 € minimum (parfois 500 000 € chez certains assureurs), les frais fixes du dépositaire mangent le rendement quand l'encours est faible (un forfait de 1 500 €/an pèse 1,5 % sur 100 000 €, contre 0,15 % sur 1 M€), et le crédit Lombard ne devient intéressant qu'au-delà d'un certain seuil de garanties. En dessous de ce palier, un bon contrat français en architecture ouverte coche 80 % des cases pour 30 % du coût. On garde le luxembourgeois pour la tranche au-dessus, le jour où le patrimoine financier passe le cap. Voir nos placements financiers français pour les patrimoines intermédiaires.

§ 25ACCOMPAGNEMENT·3 MIN

Comment nous vous accompagnons

Si vous êtes arrivé jusqu'ici, c'est que le sujet vous parle. Reste à passer du guide PDF à un contrat signé chez OneLife, Wealins ou AXA Wealth Europe — et c'est là qu'un CGP (Conseiller en Gestion de Patrimoine) inscrit à l'ORIAS comme nous devient utile : on connaît les interlocuteurs, les délais (6 à 10 semaines en moyenne entre le premier RDV et l'ouverture du contrat) et les pièges du dossier KYC luxembourgeois.

Chez Hagnéré Patrimoine, concrètement, voilà ce qu'on fait avec vous, dans l'ordre :

  • Premier RDV (45 min, gratuit, visio) : on recueille votre situation — ce que vous avez, ce que vous devez, ce que vous payez en impôts, où vous allez dans 5 et 15 ans — et on vous présente les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Savoir si le Luxembourg a du sens pour vous, ou si un contrat français suffirait, relève du conseil donné après signature d'une lettre de mission. Repère général : sous 250 000 €, le contrat luxembourgeois est rarement justifié.
  • Choix de l'assureur (RDV n°2, environ 10 jours plus tard) : OneLife si vous voulez du multi-devises et de l'ouverture architecturale maximale, Wealins (groupe Foyer) si vous cherchez la stabilité et un FID classique, AXA Wealth Europe si vous voulez la marque rassurante d'un grand groupe. Le cabinet fournit un conseil non indépendant : il peut percevoir des commissions des sociétés dont il présente les produits ; leur montant ou leur mode de calcul vous est communiqué avant le conseil (RG AMF, art. 325-16).
  • Sélection du gérant FID : on présente 2 ou 3 sociétés de gestion (Edmond de Rothschild, Lombard Odier, Indosuez, ou des boutiques comme Tikehau selon le mandat). Vous les rencontrez, vous choisissez celui dont la philosophie vous parle. On reste à vos côtés pendant le RDV.
  • Crédit Lombard, si vous le souhaitez : le cabinet ne recherche ni ne négocie le crédit ; avec votre accord, il transmet vos coordonnées à BankKeys, courtier en crédit. À titre indicatif, le LTV est généralement de 50 % sur portefeuille équilibré, 70 % sur poche obligataire pure, et le taux de l'ordre d'Euribor 3M + 0,80 à 1,20 % début 2026.
  • Clause bénéficiaire rédigée à 4 mains avec un notaire : on ne se contente pas du modèle « mon conjoint, à défaut mes enfants ». Démembrement, clause à options, bénéficiaires de second rang, quasi-usufruit — on construit la clause qui correspond à votre famille recomposée, votre PACS, vos enfants d'un premier lit, etc.
  • Suivi trimestriel et bilan annuel : un point écrit tous les 3 mois (performance, allocation, frais réels en €), un RDV en visio annuel pour réajuster. Et on décroche si vous nous appelez entre deux — on n'est pas une banque privée, vous parlez à votre CGP, pas à un standard.

Premier rendez-vous gratuit

Concrètement : 45 minutes en visio, vous nous envoyez avant le RDV votre dernier avis d'imposition, un récapitulatif de vos placements et un mot sur vos projets (revente d'entreprise, expatriation, transmission…). Ce premier rendez-vous sert à comprendre votre situation et à vous expliquer notre façon de travailler ; il ne comporte aucune recommandation. Un conseil personnalisé n'est donné qu'après signature d'une lettre de mission, dont le prix est fixé dans le devis avant tout engagement. Aucune relance commerciale automatique derrière, c'est promis. Réservez votre créneau.

Côté facturation, on joue cartes sur table. Notre rémunération est une commission prise sur les frais du contrat : 0,40 % / an sur les unités de compte (0,50 % sur le fonds en euros CNP Luxembourg). Le cabinet fournit donc un conseil non indépendant ; le montant ou le mode de calcul de cette commission vous est communiqué avant le conseil (RG AMF, art. 325-16). L'assureur garde ses propres frais de gestion (0,23 à 0,60 % sur les unités de compte selon l'assureur et l'encours), idem pour le gérant FID (0,80 à 1,20 % en gestion conseillée). On vous remet, chaque année en janvier, un relevé en € et non en % qui détaille tout — y compris les éventuelles rétrocessions sur les fonds que nous percevons. Inscrits ORIAS comme CIF (Conseiller en Investissements Financiers), COA (Courtier en Opérations d'Assurance) et COBSP (Courtier en Opérations de Banque et en Services de Paiement), on est aussi adhérents de la CNCEF Patrimoine — c'est vérifiable à tout moment sur orias.fr. Pour voir nos partenaires actuels et leurs conditions, c'est sur la page dédiée aux contrats luxembourgeois proposés par Hagnéré Patrimoine.

Mise à jour : 30 septembre 2026. Sources : Commissariat aux Assurances (CAA), Code Général des Impôts (CGI), BOFiP, loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 sur le secteur des assurances. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 1er août 2026.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine immatriculé à l'ORIAS pour une recommandation adaptée à votre situation.

§ 26Aller plus loin

Toutes nos ressources sur l'assurance vie luxembourgeoise

Ce guide traite le sujet dans son ensemble. Chaque question qu'il aborde en quelques paragraphes fait l'objet d'une analyse dédiée, avec les textes applicables et des cas chiffrés. Les 111 pages ci-dessous sont classées par intention : cherchez la question que vous vous posez, pas le mot-clé.

Profils, montages et cas d'usage31

§ 27INDEX·2 MIN

Index complet du dossier assurance vie luxembourgeoise (175 guides)

La section précédente classe nos ressources par intention. Celui-ci est l'index exhaustif : chaque guide publié dans le dossier assurance vie luxembourgeoise y est listé par ordre alphabétique. Il est généré automatiquement depuis l'arborescence du site : toute nouvelle publication y figure sans mise à jour manuelle.

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Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

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Sources et références légales

  • Loi luxembourgeoise et réglementation CAA

    Loi modifiée du 7 décembre 2015 sur le secteur des assurances, art. 118 (super-privilège du souscripteur sur les actifs ségrégués, créancier de premier rang absolu) et art. 119 (créance privilégiée sur les fonds propres de l'assureur). Modifiée par la loi du 10 août 2018. Lettre Circulaire CAA 15/3 du 24 mars 2015 — ABROGÉE, remplacée depuis le 1er février 2026 par la LC 26/1 (classification des investisseurs A/B/C/D, FID, seuils de prime de 125 000 € à 1 000 000 € cumulés à un critère de fortune mobilière). Lettre Circulaire CAA 26/1 du 1er février 2026 (FAS Type C ≥ 250 k€ + patrimoine ≥ 1,25 M€, ETN structurés, hedge funds non-UCITS HNW). Convention tripartite obligatoire entre la compagnie d'assurance, la banque dépositaire et le Commissariat aux Assurances. Directive Solvabilité II 2009/138/CE. Règlement délégué 2015/35.

  • Code général des impôts — fiscalité AV résidents français

    Art. 200 A, 1, B CGI et art. 125-0 A, II, 2 CGI (PFU 30 % rachat AV avant 8 ans : 12,8 IR + 17,2 PS, taux maintenu LFSS 2026 ; PFL réduit 7,5 % + PS 17,2 % après 8 ans sur primes ≤ 150 000 €). Art. 990 I CGI (transmission AV avant 70 ans : abattement 152 500 €/bénéficiaire, taxation 20 % puis 31,25 %). Art. 757 B CGI (transmission AV après 70 ans : abattement global 30 500 €, droits de succession sur primes uniquement). Art. 972 bis CGI (IFI sur fraction immobilière du contrat). Art. 964 CGI (exonération d'IFI des actifs immobiliers situés hors de France pendant 5 ans pour les personnes qui transfèrent leur domicile fiscal en France). Art. 155 B CGI (régime impatriés 8 ans). Art. 787 B CGI (Pacte Dutreil 75 %, post-LFI 2026 : engagement individuel 6 ans, exclusion actifs non professionnels). Art. 167 bis CGI (exit tax — AVL hors champ).

  • Code des assurances et Code monétaire et financier français

    Art. L. 132-12 et L. 132-13 du Code des assurances (capitaux décès non soumis aux droits de succession sauf primes manifestement exagérées). Art. L. 132-14 (acceptation par le bénéficiaire). Art. L. 423-1 et L. 423-2 (FGAP, plafond 70 000 €). Cass. ch. mixte 23/11/2004 n° 02-11.352 (primes manifestement exagérées). Art. 125-0 A et 990 I CGI (le régime fiscal français s'applique de la même manière aux contrats souscrits auprès d'un assureur établi dans un autre État membre de l'Union européenne). Décret n° 2019-1098 du 28 octobre 2019 (formulaire 3916-BIS). Art. L. 169 al. 4 LPF (prescription 10 ans avoirs étrangers). Art. 1766 CGI (sanction de 1 500 € à 10 000 € par contrat d'assurance vie étranger non déclaré ; l'art. 1736 IV vise les comptes bancaires étrangers).

  • LFSS 2026 — PS 17,2 % AV maintenu vs 18,6 % PEA/PER

    LFSS 2026 — loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (art. 12) : hausse de 1,4 point de la CSG sur revenus du capital, portant le total des prélèvements sociaux à 18,6 % (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %) sur le PER, le PEA, les dividendes CTO et les plus-values mobilières. L'assurance-vie ET le contrat de capitalisation conservent le taux historique de 17,2 % lorsque les prélèvements sont effectués à la source (art. L. 136-7 et L. 136-8, IV CSS) — c'est un avantage relatif décisif vs PEA/PER en 2026. Pour un contrat luxembourgeois dont les prélèvements sociaux sont payés par déclaration, le taux n'est pas confirmé par un texte officiel lu au 30/09/2026 (la lettre du texte semble conduire à 18,6 %). La hausse s'applique dès les revenus 2025 pour les revenus déclarés (art. L. 136-6 CSS) et à compter du 1er janvier 2026 pour les produits prélevés à la source (art. L. 136-7 CSS), à l'exception de certains produits acquis ou constatés avant le 1er janvier 2026 (LFSS 2026, art. 12, II-2°). Le maintien du 17,2 % renforce l'attrait de l'AVL en arbitrage avec PER pour les TMI 30-41-45 %.

  • Règlement européen et conventions fiscales

    Règlement UE 650/2012 du 4 juillet 2012 sur les successions internationales (art. 1(2)(g) exclusion expresse des contrats d'assurance vie de la masse successorale ; entré en vigueur 17 août 2015). Convention fiscale franco-luxembourgeoise du 20 mars 2018 modifiée par avenant du 10 octobre 2019 (élimination doubles impositions, crédit d'impôt). Convention France-Belgique 20/01/1959 (ne couvre pas l'art. 990 I, vigilance double imposition AVL). Convention France-Suisse successions 09/09/1966. Convention France-USA successions 24/11/1978 (US persons soumis aux US estate taxes). Directive MIF II 2014/65/UE (clean shares, interdiction rétrocommissions conseillers indépendants). Directive Solvabilité II 2009/138/CE (ratio SCR, capital requis, transparence SFCR). Règlement ELTIF 2.0 UE 2023/606 du 15/03/2023.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute souscription d'une AVL doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (analyse patrimoniale globale, compatibilité avec votre TMI, votre régime fiscal, votre horizon, votre profil CAA et la classe d'actifs visée). Les chiffres et taux cités sont à jour au 18 août 2026 mais peuvent évoluer en fonction des prochaines lois de finances et de financement de la sécurité sociale.

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  • L'assurance vie luxembourgeoise (AVL) est un contrat d'assurance vie souscrit auprès d'une compagnie établie au Grand-Duché de Luxembourg, agréée et supervisée par le Commissariat aux Assurances (CAA). Elle se distingue d'un contrat français par trois piliers structurants. (1) Le triangle de sécurité : les actifs du souscripteur sont conservés sur un compte ségrégué chez une banque dépositaire indépendante, juridiquement séparés du bilan de l'assureur (loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 modifiée 10 août 2018, articles 118 et 119). (2) Le super-privilège (art. 118 de la loi 2015) : en cas de faillite de l'assureur, le souscripteur est créancier de premier rang absolu sur les actifs ségrégués, sans plafond (ce privilège protège contre la faillite de l'assureur, pas contre la baisse de valeur des supports) — contre 70 000 € de plafond FGAP en France (art. L. 423-1 et L. 423-2 du Code des assurances). (3) La neutralité fiscale : le Luxembourg ne prélève aucun impôt sur le contrat, le souscripteur est imposé selon les règles fiscales de son pays de résidence. Pour un résident fiscal français, la fiscalité est strictement identique à un contrat français : PFU 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS — taux maintenu par la LFSS 2026 loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 pour l'AV/capitalisation, contrairement à 18,6 % pour PEA/PER), abattements 4 600 / 9 200 € après 8 ans, transmission art. 990 I CGI (152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans) ou 757 B CGI (30 500 € global après 70 ans).