L'essentiel en 30 secondes
Mis à jour le 6 octobre 2026 selon la loi de finances et la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
Ce guide vous concerne si vous venez de vendre une entreprise, si vous avez hérité, ou si votre patrimoine dépasse quelques millions d'euros répartis entre plusieurs banques, des contrats d'assurance-vie, de l'immobilier et parfois une société. Si vous cherchez où placer une première épargne, lisez plutôt notre guide de la gestion de patrimoine.
À la fin, vous saurez ce que doit couvrir une gestion de fortune, à partir de quand elle change vraiment quelque chose, comment chiffrer son coût en euros et quelles questions poser avant de choisir.
Ce qu'il faut savoir avant de lire la suite
- Ce que c'est : une organisation d'ensemble, pas un produit. Le métier n'a pas de statut propre : ce sont les activités exercées (conseil en investissement, courtage en assurance, gestion de portefeuille, banque) qui sont réglementées.
- À partir de combien : aucun minimum légal. Ce qui change les choses, ce sont des seuils fiscaux : 1,3 M€ d'immobilier net pour l'IFI, environ 1,9 M€ reçus par enfant d'un même parent pour le taux de 45 % des droits de succession.
- Ce que ça coûte : additionnez tous les frais et traduisez-les en euros. Sur 5 M€, un point de frais représente 50 000 € par an. Pour vos placements financiers, le prestataire doit vous donner ce total.
- Le risque : les solutions réservées aux gros patrimoines peuvent rapporter plus, mais aussi perdre, bloquer l'argent des années ou obliger à vendre au mauvais moment.
- Qui choisir : banque privée, cabinet de conseil ou family office partagé (une équipe qui gère tout le patrimoine de plusieurs familles) peuvent convenir. Comparez le total des frais en euros, l'étendue de l'offre et la capacité à coordonner notaire, avocat et expert-comptable.
Qu'est-ce que la gestion de fortune ?
Un patrimoine de quelques millions d'euros est rarement au même endroit. Il y a des comptes dans deux ou trois banques, un ou plusieurs contrats d'assurance-vie, de l'immobilier, parfois une société qui garde la trésorerie d'une ancienne entreprise. Chaque interlocuteur voit sa partie. Personne ne voit l'ensemble.
La gestion de fortune consiste à piloter cet ensemble avec une seule logique. Savoir ce que vous possédez, ce que cela vous coûte, ce que cela rapporte après impôts, et ce qui se passera pour vos proches. Elle ne remplace ni votre notaire ni votre avocat : elle organise leur travail.
Vos placements
- Ce qui est suivi
- La répartition entre argent disponible, revenus et croissance, le choix des enveloppes (assurance-vie, compte-titres, société) et le niveau des frais.
Vos impôts
- Ce qui est suivi
- L'impôt sur le revenu, l'IFI, l'impôt au moment d'une vente. On vérifie qu'une décision de placement n'en déclenche pas un inutile.
Votre société
- Ce qui est suivi
- Pour un dirigeant ou un ancien dirigeant : la vente de l'entreprise, le réinvestissement du prix, le rôle d'une société holding (une société qui détient vos titres ou vos placements).
Votre famille
- Ce qui est suivi
- La protection du conjoint, la transmission aux enfants, les décisions à prendre ensemble.
La coordination
- Ce qui est suivi
- Faire travailler ensemble banque, assureur, notaire, avocat et expert-comptable, avec un calendrier et un point chaque année.
Ce que ce n'est pas
« Gestionnaire de fortune » n'est pas un statut. Ce qui est réglementé, ce sont les activités. Le conseil en investissements financiers demande une immatriculation à l'ORIAS, le registre des intermédiaires. Gérer un portefeuille à votre place relève d'établissements agréés, comme les sociétés de gestion de portefeuille, agréées par l'AMF (l'Autorité des marchés financiers). Vérifiez donc le statut exact de votre interlocuteur sur orias.fr ou sur le site de l'AMF.
À partir de combien ? Les seuils qui changent vraiment quelque chose
Aucun texte ne réserve la gestion de fortune à un montant. Chaque établissement fixe ses propres conditions d'entrée, et elles ne disent rien de la qualité du service. Ce qui compte, ce sont les seuils fixés par la loi. Une fois franchis, ils changent vos impôts ou les solutions qui vous sont ouvertes.
L'impôt sur la fortune immobilière
1,3 M€- La règle
- L'IFI est dû quand votre immobilier, net de dettes, dépasse 1,3 M€ au 1er janvier. Il se calcule alors dès 800 000 €, de 0,5 % à 1,5 % selon les tranches. Votre résidence principale ne compte que pour 70 % de sa valeur.
- Ce que ça change pour vous
- Seul l'immobilier compte, qu'il soit détenu en direct, en SCPI ou dans une société. Vos placements financiers n'entrent pas dans le calcul.
Les droits de succession à 45 %
≈ 1,9 M€- La règle
- Entre parent et enfant, après un abattement de 100 000 €, les droits montent par tranches de 5 % à 45 %. Le taux de 45 % s'applique à ce que chaque enfant reçoit d'un même parent au-delà d'environ 1,9 M€.
- Ce que ça change pour vous
- La transmission se prépare tôt : l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant ne se renouvelle que tous les 15 ans.
Les garanties en cas de faillite
100 000 €- La règle
- Vos dépôts bancaires sont garantis jusqu'à 100 000 € par banque. Pour l'assurance-vie, le fonds de garantie des assurances de personnes couvre jusqu'à 70 000 € par assuré et par assureur.
- Ce que ça change pour vous
- Une grosse somme laissée sur un compte en attendant de décider n'est pas couverte au-delà du plafond. Répartissez-la entre plusieurs établissements.
L'assurance-vie luxembourgeoise
125 000 € à 1 M€- La règle
- Au Luxembourg, l'autorité de contrôle classe les souscripteurs selon leur fortune en placements financiers et le montant investi chez un même assureur. Cela va de 125 000 € investis et 250 000 € de fortune (catégorie A) à 1 M€ investis et 2,5 M€ de fortune (catégorie D). Plus la catégorie est haute, plus les supports autorisés sont larges. Si l'assureur fait faillite, les souscripteurs passent avant ses autres créanciers.
- Ce que ça change pour vous
- Un fonds dédié, créé pour vous seul à l'intérieur du contrat, demande au moins 125 000 €. Il reste un contrat d'assurance-vie : ses supports en unités de compte peuvent perdre de la valeur.
L'exit tax
800 000 €- La règle
- Vous quittez la France avec plus de 800 000 € de participations dans des sociétés, ou au moins 50 % d'une société ? Vos plus-values non encore réalisées peuvent alors être imposées au départ.
- Ce que ça change pour vous
- Un départ à l'étranger se prépare au moins un an à l'avance, avant de signer quoi que ce soit.
La taxe sur les holdings patrimoniales
5 M€- La règle
- La loi de finances pour 2026 vise les sociétés d'au moins 5 M€ d'actifs, contrôlées par une personne, dont plus de la moitié des produits sont des revenus passifs. Elles paient chaque année 20 % de la valeur de leurs biens d'agrément. Sont visés notamment le logement réservé à la famille, le yacht, la voiture de tourisme, les bijoux, les vins et les chevaux. Elle est due pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2026.
- Ce que ça change pour vous
- Une holding reste utile pour détenir des titres ou réinvestir le prix d'une vente. Ce n'est plus le bon endroit pour ces biens.
Autrement dit, une gestion de fortune devient utile dès que l'une de ces règles vous concerne. Une décision prise dans un domaine (placer, vendre, donner) a alors des effets dans un autre.
Combien coûte une gestion de fortune ?
Le prix d'une gestion de fortune ne tient pas en un seul chiffre : il s'additionne. Le seul chiffre qui permette de comparer deux offres, c'est le total, exprimé en euros par an. Une règle se retient : chaque 0,1 point de frais coûte 0,1 % de votre capital, chaque année.
| Capital | 0,1 point | 0,5 point | 1 point |
|---|---|---|---|
| 1 M€ | 1 000 € | 5 000 € | 10 000 € |
| 3 M€ | 3 000 € | 15 000 € | 30 000 € |
| 5 M€ | 5 000 € | 25 000 € | 50 000 € |
| 10 M€ | 10 000 € | 50 000 € | 100 000 € |
Les frais qui s'additionnent
- L'enveloppe : frais annuels d'un contrat d'assurance-vie, droits de garde d'un compte-titres.
- Les fonds : chaque fonds prélève ses propres frais, déjà déduits de sa valeur. Ils figurent dans son document d'informations clés.
- Le conseil ou la gestion : honoraires de conseil, ou frais de gestion sous mandat quand vous déléguez les décisions, parfois avec une commission sur la performance.
- Les commissions : un conseiller non indépendant est payé en partie par les fournisseurs des produits, sur les frais que vous payez déjà. Il doit vous l'indiquer.
Ce que la réglementation vous garantit
Pour vos placements financiers, le prestataire doit vous donner le total des coûts et frais en montant et en pourcentage, avant de vous conseiller. Il doit ensuite vous dire chaque année ce que vous avez réellement payé, et montrer l'effet de ces coûts sur votre rendement. Demandez ce relevé à chacun de vos établissements et additionnez : c'est le point de départ de toute comparaison.
Et le rendez-vous offert ? Un premier rendez-vous sans frais n'est pas un conseil gratuit. Il sert à recueillir votre situation. Le conseil chiffré vient ensuite, dans une lettre de mission qui fixe son prix et dit comment le conseiller est rémunéré.
Banque privée, cabinet de conseil, family office : qui fait quoi ?
Quatre types d'interlocuteurs proposent un service de gestion de fortune. Aucun n'est meilleur par nature : tout dépend de ce que vous attendez et de ce que vous payez. Un family office est une équipe qui gère l'ensemble du patrimoine d'une famille ; il est dédié s'il n'en sert qu'une, partagé s'il en sert plusieurs.
La banque privée
- Ce qu'elle fait
- C'est le département d'une banque réservé à ses clients les plus aisés : tenue des comptes, gestion sous mandat, crédit, produits du groupe et de partenaires.
- À vérifier
- La part des produits de la banque dans ce qu'on vous propose, et le total des frais en euros.
Le cabinet de conseil en gestion de patrimoine
- Ce qu'il fait
- Immatriculé à l'ORIAS, il conseille et sélectionne des contrats et des fonds chez plusieurs fournisseurs. Il ne tient pas vos comptes : votre argent reste chez l'assureur ou la banque.
- À vérifier
- Son statut sur orias.fr, et s'il est payé par honoraires, par commissions ou les deux.
Le family office partagé
- Ce qu'il fait
- Une équipe qui suit tout le patrimoine de plusieurs familles : placements, sociétés, immobilier, papiers, avec un relevé unique de tout ce que vous possédez.
- À vérifier
- Ce qu'il fait lui-même et ce qu'il confie à d'autres, et comment il est rémunéré.
Le family office dédié
- Ce qu'il fait
- Une équipe salariée au service d'une seule famille. Ses salaires et ses locaux se paient chaque année, quel que soit le rendement.
- À vérifier
- Que ce coût fixe reste faible par rapport au patrimoine : il ne se justifie que pour des fortunes très importantes.
Six questions à poser avant de choisir
- Quel est votre statut, et puis-je le vérifier ? Immatriculation à l'ORIAS pour un conseiller, agrément de l'AMF pour une société de gestion.
- Votre conseil est-il indépendant ? Le conseiller doit vous le dire par écrit. Indépendant, il ne garde aucune commission des fournisseurs ; non indépendant, il peut en percevoir.
- Combien vais-je payer en tout, chaque année, en euros ? Demandez le total, tous niveaux de frais compris.
- Qui coordonne mon notaire, mon avocat et mon expert-comptable ? La rédaction des actes revient toujours au notaire ou à l'avocat.
- Que se passe-t-il chaque année ? Un point sur votre situation, un relevé des frais, des décisions écrites.
- Que se passe-t-il si je veux partir ? Frais de sortie des contrats, délais, transferts possibles ou non.
Pour une comparaison détaillée, voir notre guide banque privée ou cabinet de gestion de fortune et family office dédié ou partagé.
Les cinq leviers d'une gestion de fortune, et leurs contreparties
Une fois l'ensemble connu, les décisions portent sur cinq leviers. Pour chacun : ce qu'il permet, et ce qu'il coûte ou risque. Les guides spécialisés donnent le détail.
1. Les enveloppes
- Ce que c'est
- Le « contenant » dans lequel on place l'argent : assurance-vie, compte-titres, PEA, société. Le même fonds n'est pas imposé de la même façon selon l'enveloppe.
- Ce que ça permet
- L'assurance-vie transmet en dehors de la succession, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les sommes versées avant 70 ans. Lors d'un retrait, seule la part de gains est imposée.
- La contrepartie
- Les supports en unités de compte peuvent perdre de la valeur, et les frais reviennent chaque année. Sur un compte-titres, les gains encaissés sont imposés en principe à 31,4 %.
2. La société holding
- Ce que c'est
- Une société qui détient vos titres ou vos placements.
- Ce que ça permet
- Avant une vente d'entreprise, apporter ses titres à une holding qu'on contrôle reporte l'impôt sur la plus-value : c'est l'apport-cession. Si la holding vend les titres dans les trois ans qui suivent l'apport, elle doit réinvestir au moins 70 % du prix dans une activité économique dans les trois ans, puis garder ces investissements au moins cinq ans.
- La contrepartie
- L'impôt est reporté, pas supprimé. L'argent réinvesti finance des entreprises, avec un risque de perte. Et la taxe de 20 % vise désormais les biens d'agrément logés dans certaines holdings.
3. Les placements non cotés
- Ce que c'est
- Des fonds qui investissent dans des entreprises non cotées en bourse, souvent appelés private equity.
- Ce que ça permet
- Diversifier au-delà des marchés cotés, sur des projets d'entreprise de long terme.
- La contrepartie
- L'argent est en général bloqué de nombreuses années, sa valeur est estimée et non cotée, et vous pouvez perdre tout ou partie de la somme investie.
4. Emprunter plutôt que vendre : le crédit lombard
- Ce que c'est
- Un prêt garanti par votre portefeuille ou votre contrat d'assurance-vie, mis en gage auprès de la banque.
- Ce que ça permet
- Disposer de liquidités sans vendre vos placements, donc sans déclencher l'impôt sur leurs gains.
- La contrepartie
- Vous payez des intérêts. Si la valeur du portefeuille baisse, la banque peut exiger un remboursement ou vendre une partie des titres, au plus mauvais moment.
5. Transmettre tôt
- Ce que c'est
- Donner de son vivant en profitant des abattements (la part qui n'est pas taxée). Ou donner seulement la nue-propriété d'un bien : l'enfant en deviendra plein propriétaire plus tard, et vous gardez l'usufruit, c'est-à-dire l'usage et les revenus.
- Ce que ça permet
- Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans sans droits. En nue-propriété, les droits portent sur une valeur réduite selon votre âge : 60 % du bien entre 61 et 70 ans. Pour une entreprise familiale, le pacte Dutreil exonère 75 % de la valeur transmise. En échange, il faut s'engager à garder les titres : au moins deux ans dans un engagement collectif, puis six ans pour celui qui reçoit.
- La contrepartie
- Une donation est définitive : vous ne pouvez plus reprendre ce que vous avez donné, ni vendre le bien seul. Et pour l'IFI, celui qui garde l'usufruit reste imposé sur la valeur entière du bien.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Pour aller plus loin : l'assurance-vie luxembourgeoise, l'apport-cession, la taxe sur les holdings, le private equity, le crédit lombard et ses risques, la nue-propriété, le pacte Dutreil et réduire son IFI.
Un cas pour comprendre : Marc et Sophie, 5 M€
Cette situation est inventée mais typique. Les chiffres sont arrondis : ils montrent un ordre de grandeur, pas un conseil applicable tel quel.
La situation. Marc, 64 ans, a vendu son entreprise il y a deux ans. Sophie a 62 ans. Mariés sous le régime de la communauté, ils ont deux enfants adultes. Leur patrimoine : 3 M€ de placements dans trois établissements, un immeuble de rapport de 1,2 M€ sans crédit et leur résidence principale de 800 000 €.
Le piège. Chaque établissement envoie ses relevés, mais personne n'a jamais additionné les frais. Ils paient un IFI sans savoir d'où il vient. Et rien n'est prévu pour la transmission : l'immeuble passera aux enfants au décès, pour sa valeur entière.
Ce qui change tout. Trois gestes, dans cet ordre.
- Additionner les frais. Les relevés annuels des trois établissements donnent le coût réel. Supposons que la comparaison fasse apparaître 0,5 point de frais de trop : sur 3 M€, c'est 15 000 € par an, 150 000 € sur dix ans.
- Comprendre l'IFI. Seul l'immobilier compte : l'immeuble (1,2 M€) et la résidence principale après l'abattement de 30 % (560 000 €), soit 1,76 M€. L'IFI est d'environ 5 700 € par an. Leurs 3 M€ de placements n'y changent rien.
- Donner la nue-propriété de l'immeuble. Chacun donne sa moitié aux deux enfants. À leur âge, la nue-propriété vaut 60 % : les droits portent sur 720 000 € au lieu de 1,2 M€.
| Pour chaque enfant, de chaque parent | Donner l'immeuble | Donner la nue-propriété |
|---|---|---|
| Valeur reçue | 300 000 € | 180 000 € |
| Après l'abattement de 100 000 € | 200 000 € | 80 000 € |
| Droits de donation | ≈ 38 200 € | ≈ 14 200 € |
| Total des quatre donations | ≈ 152 800 € | ≈ 56 800 € |
L'ordre de grandeur
Environ 96 000 € de droits en moins, et Marc et Sophie gardent les loyers jusqu'à leur décès. Au décès, les enfants deviennent pleins propriétaires sans nouveaux droits. La contrepartie : la donation est définitive, ils ne peuvent plus vendre l'immeuble sans l'accord des enfants, et leur IFI ne baisse pas. Les abattements utilisés ne se reconstituent qu'après 15 ans.
Pour d'autres situations, voir nos guides réinvestir après la vente de son entreprise, hériter de 5 millions d'euros et investir 10 millions d'euros.
Un patrimoine dans plusieurs pays
Une résidence à l'étranger, des comptes hors de France, un projet d'expatriation : la gestion devient internationale, et les erreurs coûtent plus cher. Deux points reviennent presque toujours.
- Le pays de résidence fiscale décide de l'essentiel. C'est lui qui impose vos revenus. Une convention entre les deux pays évite en principe d'être imposé deux fois, mais chacune a ses propres règles.
- Quitter la France se prépare. Au-delà de 800 000 € de participations, ou avec au moins 50 % d'une société, l'exit tax peut imposer vos plus-values non réalisées au moment du départ.
Le détail : la fiscalité des non-résidents et l'exit tax en 2026.
Les erreurs qui coûtent cher
- Ne jamais additionner ses frais. Sur 5 M€, un demi-point de trop coûte 25 000 € par an, sans que personne ne vous le signale.
- Organiser une vente d'entreprise après la signature. L'apport à une holding doit précéder la vente ; après, l'impôt sur la plus-value est dû au titre de l'année de la vente.
- Laisser une grosse somme sur un compte en attendant. Au-delà de 100 000 € par banque, elle n'est plus garantie, et elle perd du pouvoir d'achat avec l'inflation.
- Confondre rendement espéré et rendement garanti. Les placements qui peuvent rapporter le plus sont aussi ceux qui peuvent perdre le plus, ou bloquer l'argent des années.
- Emprunter sur son portefeuille sans marge de sécurité. Si les marchés baissent, la banque peut exiger un remboursement ou vendre vos titres au plus mauvais moment.
- Repousser la transmission. L'abattement de 100 000 € par parent et par enfant ne se reconstitue qu'après 15 ans : chaque période non utilisée est perdue.
Ce que vous pouvez faire seul, et quand un conseil devient utile
Quatre gestes à faire dès maintenant
- Dressez l'inventaire : une ligne par compte, contrat, bien et société, avec sa valeur et son établissement.
- Demandez le relevé annuel des frais à chaque établissement, et additionnez-les en euros.
- Relisez les clauses bénéficiaires de vos contrats d'assurance-vie : elles disent qui recevra le capital.
- Notez les dates qui comptent : une vente prévue, un départ à l'étranger, la date de votre dernière donation.
Quand un conseil devient utile
Un conseil devient utile quand une décision touche plusieurs domaines à la fois : une vente qui se prépare, un héritage à réinvestir, une donation, un départ à l'étranger. C'est le moment où un oubli coûte le plus cher.
Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291. Il exerce comme conseiller en investissements financiers, courtier en assurance et courtier en opérations de banque. Aucune banque ni aucun assureur n'est à notre capital. Notre conseil est non indépendant : nous pouvons être rémunérés par des commissions des fournisseurs, que nous vous indiquons avant tout conseil. Nous travaillons avec votre notaire, votre avocat et votre expert-comptable, qui restent seuls à rédiger les actes et à trancher les questions juridiques.
Le premier rendez-vous, avec Clément Chatelain, président du cabinet, est offert. Il sert à recueillir votre situation et à présenter les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. La recommandation chiffrée vient ensuite, dans une lettre de mission qui fixe son prix.
Les mots du guide
- Family office
- Une équipe qui gère l'ensemble du patrimoine d'une famille. Dédié, il ne sert qu'une famille ; partagé, il en sert plusieurs.
- Abattement
- La part d'une somme transmise ou imposée qui échappe à l'impôt, par exemple 100 000 € par parent et par enfant pour une donation.
- Banque privée
- Le département d'une banque réservé à ses clients les plus aisés.
- Enveloppe
- Le contenant dans lequel on place l'argent (assurance-vie, compte-titres, PEA, société), qui décide de l'impôt sur les gains.
- Gestion sous mandat
- Vous confiez les décisions de placement à un établissement agréé, par exemple une société de gestion de portefeuille, dans les limites d'un contrat écrit.
- Conseil non indépendant
- Un conseil donné par un conseiller qui peut être rémunéré par des commissions des fournisseurs de produits, et doit vous les indiquer.
- Nue-propriété, usufruit
- La nue-propriété est le droit de devenir plein propriétaire plus tard ; l'usufruit, celui d'utiliser le bien et d'en toucher les revenus.
- Apport-cession
- Apporter ses titres à une holding avant de vendre son entreprise, pour reporter l'impôt sur la plus-value, sous conditions de réinvestissement.
- Crédit lombard
- Un prêt garanti par un portefeuille de placements ou un contrat d'assurance-vie.
- Pacte Dutreil
- Un régime qui exonère de droits 75 % de la valeur d'une entreprise familiale transmise, contre des engagements de garder les titres.
- Unités de compte
- Les supports d'un contrat d'assurance-vie qui ne sont pas garantis : leur valeur monte et baisse avec les marchés.

