Guide complet du Family Office en France 2026

Définition, types, services, coûts, gouvernance familiale et comparaison avec la banque privée et le CGP : tout ce que vous devez savoir sur le family office en France, et comment accéder à une approche équivalente dès 500 000 € de patrimoine. Rédigé par un CGP certifié AMF accompagnant plus de 53 familles.

Single vs Multi FO
Services à 360°
Coûts transparents
Accessible dès 500K€
Hagnère Patrimoine

Un family office externalisé à la hauteur des grandes fortunes

Gouvernance familiale, structuration internationale, gestion multi-classes, philanthropie — bénéficiez d'une approche family office sans les contraintes d'une structure interne.

À partir de 3 M€Service clé en mainApproche multi-générations

1. Définition et origine du family office

Le family office (ou « bureau de gestion familiale ») est une structure privée dédiée à la gestion globale et sur mesure du patrimoine d'une famille fortunée. Il ne se limite pas à la seule gestion des actifs financiers : il coordonne l'ensemble des dimensions — financière, fiscale, juridique, successorale et humaine — avec une vision multigénérationnelle.

Définition officielle (AFFO)

Selon l'Association Française du Family Office (AFFO), un family office est « une structure dont l'objet est d'assurer la gestion et la préservation du patrimoine global d'une ou plusieurs familles dans une perspective multigénérationnelle, en coordonnant l'ensemble des conseillers spécialisés (avocats, notaires, experts comptables, gestionnaires d'actifs) ». En France, on dénombre environ 7 000 familles UHNWI (Ultra High Net Worth Individuals), soit des patrimoines supérieurs à 30 millions d'euros.

Une histoire née dans l'Amérique des grands industriels

Le concept du family office est né en 1882 aux États-Unis avec la création du premier single family office par John D. Rockefeller, fondateur de Standard Oil. Face à la complexité croissante de la gestion de sa fortune estimée à plusieurs milliards de dollars actuels, Rockefeller constitua une équipe dédiée pour gérer ses investissements, sa philanthropie et la transmission de son patrimoine à ses héritiers.

Le modèle s'est ensuite démocratisé avec l'émergence des multi-family offices dans les années 1980-1990, qui mutualisaient les coûts entre plusieurs familles. En France, le développement des family offices a pris son essor dans les années 2000, notamment porté par les grandes banques privées (BNP Paribas Wealth Management, Société Générale Private Banking) puis par des structures indépendantes.

Aujourd'hui, le marché français compte plusieurs centaines de structures se réclamant du family office, avec des approches très hétérogènes : des vrais SFO dédiés à une seule famille, des MFO structurés, jusqu'aux CGP indépendants adoptant une philosophie « family office » dans leur accompagnement.

2. Single family office vs multi family office

La distinction fondamentale dans l'écosystème du family office oppose le modèle dédié à une seule famille (SFO) au modèle mutualisé entre plusieurs familles (MFO). Les deux structures coexistent et s'adressent à des profils patrimoniaux distincts.

CritèreSingle Family Office (SFO)Multi Family Office (MFO)
Nombre de familles servies1 famille uniquementPlusieurs familles (5 à 100+)
Seuil de patrimoine recommandé100 M€ minimum (idéalement 200 M€+)5 à 20 M€ de patrimoine financier
Coût annuel estimé500 K€ à 2 M€+ (équipe dédiée)0,5 % à 1,5 % des AUM + forfait
Équipe5 à 20 collaborateurs dédiésÉquipe mutualisée, interlocuteur dédié
Services lifestyleOui (immobilier, yachts, jets, staff)Limités ou absents
PersonnalisationMaximale, tout est sur mesureHaute, avec des process standardisés
IndépendanceTotale (structure propre à la famille)Variable selon la structure
Accès aux investissementsExcellente (tickets institutionnels)Très bonne (mutualisation des tickets)

Le single family office (SFO) : l'ultra-personnalisation

Le SFO est la forme la plus pure du family office. La famille constitue et emploie sa propre équipe de professionnels — directeur des investissements (CIO), juristes, fiscalistes, comptables, coordinateurs — qui travaillent exclusivement pour ses intérêts. Cette structure implique des coûts fixes élevés (salaires, locaux, outils) qui ne se justifient économiquement qu'au-delà de 100 millions d'euros de patrimoine, voire 200 millions pour couvrir les coûts sans grignoter excessivement la performance.

Les familles qui optent pour un SFO valorisent avant tout la confidentialité absolue, le contrôle total et la capacité à développer une culture patrimoniale familiale unique. En France, on compte quelques dizaines de vrais SFO, souvent liés aux grandes dynasties industrielles (agroalimentaire, luxe, immobilier, pharmacie).

Le multi family office (MFO) : la mutualisation intelligente

Le MFO répond à une logique d'efficience : en répartissant les coûts fixes entre plusieurs familles, il permet d'accéder à des expertises de haut niveau (juristes spécialisés, économistes, stratégistes d'allocation) sans supporter seul le poids d'une structure lourde. En France, les MFO structurés s'adressent généralement aux patrimoines compris entre 5 et 100 millions d'euros.

Le chiffre clé de l'AFFO

Selon l'Association Française du Family Office, le seuil minimum recommandé pour accéder aux services d'un multi-family office en France est de 10 millions d'euros de patrimoine financier (hors résidence principale). En dessous, les coûts relatifs de la structure deviennent économiquement peu pertinents face aux solutions alternatives (CGP indépendant avec approche globale).

3. Les services complets d'un family office

La valeur ajoutée d'un family office repose sur sa capacité à intégrer et coordonner l'ensemble des dimensions du patrimoine dans une stratégie cohérente. Voici les cinq piliers de services qu'un family office digne de ce nom doit couvrir.

Pilier 1 — Gestion des investissements et allocation d'actifs

C'est le cœur historique du family office. L'équipe définit une politique d'investissement (IPS — Investment Policy Statement) adaptée aux objectifs, à l'horizon temporel et à la tolérance au risque de la famille, puis sélectionne et supervise les gérants d'actifs.

  • Allocation stratégique : répartition cible entre actions, obligations, immobilier, private equity, actifs alternatifs et liquidités
  • Sélection et due diligence des gérants : analyse des gérants sur leurs processus, leurs équipes, leurs performances ajustées du risque et leurs frais
  • Accès au private equity : co-investissements, fonds dédiés, club deals avec des tickets institutionnels (typiquement à partir de 500 K€)
  • Hedge funds et fonds alternatifs : stratégies long/short, Global Macro, CTA, pour décorréler le portefeuille
  • Produits structurés sur mesure : autocalls, reverse convertibles, notes garanties, construits selon le profil spécifique de la famille
  • Crédit Lombard : levier sur le portefeuille financier pour financer des acquisitions ou des opportunités sans vendre d'actifs

Pilier 2 — Planification fiscale et optimisation

Pour les très grandes fortunes, l'optimisation fiscale représente souvent la principale source de création de valeur. Un family office coordonne les experts fiscaux pour construire une stratégie cohérente.

  • Optimisation de l'IFI : structuration des actifs immobiliers, recours aux passifs déductibles, utilisation des exonérations (biens professionnels, nue-propriété)
  • Holding patrimoniale : régime mère-fille, intégration fiscale, réinvestissement des dividendes en franchise d'impôt
  • Structuration internationale : résidence fiscale, trusts, fondations, optimisation des conventions fiscales
  • Mécénat et philanthropie : fondations reconnues d'utilité publique, fonds de dotation, réduction d'IFI via les dons

Pilier 3 — Transmission et planification successorale

La transmission du patrimoine familial est l'un des enjeux les plus complexes et les plus stratégiques. Le family office orchestre une planification sur plusieurs générations.

  • Donations successives : utilisation des abattements renouvelables (100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans)
  • Démembrement de propriété : transmission de la nue-propriété selon le barème de l'article 669 du CGI, gel de la valeur taxable
  • Assurance vie luxembourgeoise : abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I du CGI), triangle de sécurité, super-privilège du souscripteur
  • Pacte Dutreil : exonération de 75 % des droits de mutation pour la transmission de l'entreprise familiale, avec engagement de conservation de 8 ans minimum depuis la LF 2026
  • SCI et holding familiale : organisation de la détention, décote sur les parts, souplesse de gestion

Pilier 4 — Gouvernance familiale

La gouvernance familiale est souvent le pilier le plus négligé, et pourtant le plus décisif pour la pérennité du patrimoine. Les études montrent que seulement 30 % des patrimoines familiaux survivent à la troisième génération, faute d'une gouvernance structurée.

  • Charte familiale : définition des valeurs partagées, des règles de gouvernance, des conditions d'entrée et de sortie du patrimoine familial
  • Conseil de famille : instance de délibération, fréquence des réunions, règles de vote, présidence
  • Formation des héritiers : éducation financière, accompagnement des jeunes générations dans la compréhension et la gestion du patrimoine
  • Résolution des conflits : médiation, mécanismes de rachat entre héritiers, clauses d'arbitrage

Pilier 5 — Services de conciergerie et lifestyle (SFO uniquement)

Dans les single family offices les plus complets, une équipe gère également les aspects pratiques liés à la fortune :

  • Gestion des propriétés immobilières (entretien, personnel de maison, locataires)
  • Gestion des actifs de luxe : yachts, avions privés, collections d'art
  • Sécurité personnelle et cybersécurité
  • Organisation de voyages et d'événements familiaux
  • Philanthropy management : suivi des dotations, impact mesurable

4. À qui s'adresse un family office ?

La question du seuil de patrimoine est centrale lorsqu'on envisage de recourir à un family office. Les praticiens distinguent généralement plusieurs strates de clientèle.

ProfilPatrimoine financierSolution recommandée
Patrimoine en constitution< 500 K€CGP indépendant (approche standard)
High Net Worth (HNW)500 K€ – 5 M€CGP indépendant avec approche family office externalisée
Very High Net Worth (VHNW)5 M€ – 20 M€Multi-family office ou CGP senior avec accès institutionnel
Ultra High Net Worth (UHNW)20 M€ – 100 M€Multi-family office structuré
Billionnaires & grandes dynasties> 100 M€Single family office dédié

Le profil type du client family office en France

Les clients family office en France appartiennent typiquement à l'une de ces catégories :

  • Entrepreneurs post-cession : dirigeants ayant vendu leur entreprise et devant réinvestir et structurer 5 à 50 millions d'euros dans un délai court
  • Héritiers de grandes fortunes : 2e ou 3e génération devant maintenir et développer un patrimoine constitué par leurs ascendants
  • Profils internationaux : expatriés, frontaliers (Pays de Gex, Monaco, Genève), personnes non-domiciliées en France avec des actifs dans plusieurs pays
  • Professionnels libéraux et dirigeants salariés : médecins, avocats, cadres supérieurs avec des revenus élevés et un patrimoine à structurer de manière proactive

France : 7 000 familles UHNWI

La France compte environ 7 000 familles UHNWI (Ultra High Net Worth Individuals, patrimoine > 30 M€) réparties dans 3 000 entités patrimoniales. Les régions les plus représentées sont l'Île-de-France (Paris, Neuilly, Versailles), la Côte d'Azur (Nice, Cannes, Monaco), les Alpes (Courchevel, Megève, Chamonix) et la région genevoise (Pays de Gex, Annecy). Pour les familles HNW (500 K€ – 5 M€), ce sont plusieurs dizaines de milliers de foyers qui méritent un accompagnement de haute qualité.

5. Coûts et modèles de rémunération

La transparence sur les coûts est l'un des enjeux majeurs du secteur. Les structures tarifaires sont variées et parfois opaques. Voici un panorama des modèles de rémunération pratiqués en France.

Les trois structures tarifaires principales

% des actifs sous gestion (AUM)

Le modèle le plus répandu : honoraires calculés en pourcentage annuel des actifs (0,5 % à 1,5 %). Avantages : alignement d'intérêts naturel, simplicité, incitation à la performance. Limite : coûteux sur les très grands patrimoines et peu pertinent en période de faible activité.

Honoraires fixes (retainer)

Somme fixe annuelle ou trimestrielle, définie selon la complexité de la mission. Avantages : prévisibilité des coûts, couverture des missions indépendantes des marchés. Limite : nécessite une définition précise du périmètre.

Honoraires à la mission (success fees)

Facturation au temps passé ou commission de succès sur des opérations spécifiques (cession, acquisition, structuration). Adapté aux missions ponctuelles ; moins adapté au suivi continu.

Fourchettes tarifaires indicatives en France (2026)

StructureModèle de rémunérationFourchette indicative
Single Family OfficeCoûts fixes (équipe salariée)500 K€ à 2 M€+ par an
Multi Family Office (MFO)% AUM + forfait minimum0,5 % à 1,5 % AUM/an, minimum 20-100 K€/an
Banque privéeFrais de gestion + rétrocessions0,8 % à 2 % AUM/an (frais totaux, souvent non explicites)
CGP indépendant (approche FO)Honoraires de conseil + commissions0,3 % à 1 % AUM/an + honoraires ponctuels

Attention aux frais cachés

En banque privée, le coût total dépasse souvent la commission apparente. Il faut intégrer les frais de gestion du contrat d'assurance vie, les commissions sur les OPCVM (jusqu'à 2 %/an), les droits d'entrée et les frais de performance. Un family office indépendant, dont la rémunération est 100 % transparente, peut souvent se révéler moins onéreux en coût total, tout en offrant une meilleure performance nette de frais.
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Family office externalisé : le coût réel vs la banque privée

Frais de gestion, rétrocommissions cachées, frais de performance... un family office indépendant est souvent moins onéreux en coût total qu'une banque privée. Demandez une comparaison chiffrée.

Analyse coût totalTransparence des fraisROI démontrable

6. Family office vs banque privée vs CGP indépendant

Pour les familles patrimoniales, trois types d'interlocuteurs principaux coexistent. Comprendre leurs différences fondamentales est indispensable pour faire le bon choix.

CritèreMulti Family OfficeBanque privéeCGP indépendant
IndépendanceHaute (selon structure)Nulle (produits maison)Totale (architecture ouverte)
Seuil d'accès5 à 10 M€ minimum500 K€ à 2 M€Pas de seuil
Vision globaleOui, tous actifs coordonnésPartielle (actifs financiers)Oui, tous actifs (si CGP qualifié)
Gouvernance familialeOui, service dédiéNonPartiel, selon le cabinet
Accès institutionnelExcellent (tickets > 500 K€)Très bon (produits maison)Bon à très bon (selon réseau)
Transparence des fraisHauteFaible à moyenneHaute (réglementation MIFID II)
RéactivitéHauteMoyenne (processus internes)Haute
Relation humaineInterlocuteur dédié seniorChargé de clientèle variableInterlocuteur unique

Pourquoi l'indépendance est le critère n°1

La différence fondamentale entre un family office indépendant et une banque privée réside dans le régime des incitations. Un banquier privé est employé par son institution et rémunéré (directement ou indirectement) pour placer les produits de son établissement. Un family office indépendant n'a aucun produit à vendre, aucune rétrocession à percevoir d'un fournisseur : ses honoraires proviennent exclusivement du client, ce qui aligne totalement ses intérêts.

En France, cette notion d'indépendance est encadrée par le statut de Conseiller en Investissements Financiers (CIF), régulé par l'AMF et enregistré à l'ORIAS. Un CIF qui se déclare indépendant s'interdit de percevoir des rétrocessions de la part des fournisseurs de produits financiers.

7. Gouvernance familiale et charte familiale

La gouvernance familiale est le pilier le plus stratégique — et le plus sous-estimé — du family office. C'est elle qui détermine la capacité d'une famille à maintenir et développer son patrimoine sur plusieurs générations.

La règle des trois générations

Une étude mondiale citée par l'AFFO révèle que seulement 30 % des patrimoines familiaux survivent à la troisième génération (règle empirique « shirtsleeves to shirtsleeves »). Les causes principales de la disparition du patrimoine ne sont pas financières mais humaines : absence de règles communes, conflits entre héritiers, mauvaise préparation des successeurs. Une gouvernance familiale structurée multiplie par 2 à 3 la probabilité de pérennité du patrimoine.

La charte familiale

La charte familiale est le document fondateur de la gouvernance. Elle n'est pas juridiquement contraignante mais fixe les règles du jeu acceptées par tous les membres de la famille. Elle répond aux questions essentielles :

  • Quelles sont les valeurs communes de la famille autour de son patrimoine (croissance, préservation, philanthropie, transmission aux générations futures) ?
  • Qui peut entrer ou sortir du patrimoine familial ? Quelles sont les règles pour les conjoints des héritiers ?
  • Comment les décisions sont-elles prises ? Consensus, majorité simple, droits de veto pour certains membres ?
  • Quelle est la politique de distribution ? Réinvestissement prioritaire ou distribution des revenus aux bénéficiaires ?
  • Comment préparer les héritiers ? Âge minimum pour intégrer le conseil de famille, formation financière obligatoire ?

Le conseil de famille

Le conseil de famille est l'instance de gouvernance opérationnelle. Il se réunit généralement 2 à 4 fois par an et regroupe les membres actifs de la famille (et parfois des administrateurs indépendants pour garantir la neutralité). Il décide des grandes orientations patrimoniales, valide les projets d'investissement significatifs et arbitre les éventuels conflits.

Le family office joue ici le rôle de facilitateur et secrétaire permanent : il prépare les dossiers, présente les options, anime les réunions et en assure le suivi. C'est une fonction à forte valeur ajoutée qui va bien au-delà de la gestion financière classique.

La formation des héritiers

L'un des enjeux les plus importants est la transmission des compétences, pas seulement du capital. Un bon family office accompagne les jeunes générations dans leur compréhension du patrimoine familial, les initie aux concepts financiers, les expose progressivement aux décisions d'investissement et les prépare à assumer des responsabilités patrimoniales. Cette dimension pédagogique est souvent la plus transformatrice à long terme.

8. Structuration patrimoniale niveau family office

Au-delà de la gestion des actifs, un family office met en place une architecture patrimoniale qui optimise la détention, la fiscalité et la transmission sur le long terme. Voici les principaux outils utilisés.

La holding patrimoniale familiale

La holding patrimoniale (société holding de type SAS ou SA) permet de regrouper les participations, d'optimiser la remontée des dividendes (régime mère-fille : exonération de 95 % des dividendes, quote-part de frais de 5 %), de faciliter la transmission des parts et d'organiser la gouvernance entre actionnaires familiaux. Elle est souvent combinée avec une SCI pour les actifs immobiliers.

L'assurance vie luxembourgeoise

Pour les grandes fortunes, l'assurance vie luxembourgeoise offre trois avantages décisifs par rapport au contrat français : le triangle de sécurité luxembourgeois (ségrégation des actifs chez une banque dépositaire), le super-privilège du souscripteur (créancier de premier rang, avant l'État) et la neutralité fiscale (imposition dans le pays de résidence du souscripteur). Le ticket d'entrée standard est de 250 000 €, certains assureurs acceptent 125 000 €.

Le private equity via fonds dédiés

Les family offices sont les premiers investisseurs mondiaux en capital-investissement. En France, la performance annualisée nette du private equity atteint 12,4 % sur 10 ans (2014-2024), contre 8,9 % pour le CAC 40 (source : France Invest). Les formats privilégiés par les family offices sont les FCPR, FPCI, club deals et co-investissements directs. L'horizon d'investissement est de 5 à 8 ans, avec des tickets à partir de 100 000 € pour les fonds ouverts et de 500 000 € pour les formats institutionnels.

La stratégie Buy-Borrow-Die

Cette stratégie, popularisée par les grandes fortunes américaines, est parfaitement applicable en France : (1) Acheter des actifs à forte appréciation (actions, private equity, immobilier) ; (2) Emprunter via un crédit Lombard adossé au portefeuille pour financer ses projets sans vendre d'actifs (et donc sans déclencher d'imposition) ; (3) Transmettre au décès, en bénéficiant de la purge des plus-values latentes sur valeurs mobilières (article 150-0 D du CGI) et de l'abattement assurance vie (152 500 € par bénéficiaire).

9. Le family office externalisé : l'alternative accessible

La démocratisation des services de family office est l'une des évolutions majeures du secteur depuis 10 ans. Le concept de family office externalisé (ou « virtual family office » dans la terminologie anglosaxonne) répond à une réalité économique : les compétences d'un family office sont accessibles sans les coûts fixes d'une structure dédiée.

Qu'est-ce qu'un family office externalisé ?

Un family office externalisé est un CGP indépendant ou un petit cabinet qui adopte l'approche, les processus et les standards d'un family office, mais sans la structure juridique et les équipes permanentes d'un MFO classique. Il coordonne un réseau d'experts spécialisés (avocats fiscalistes, notaires, experts comptables, spécialistes en gestion d'actifs) pour offrir une couverture globale à ses clients.

Ce qu'offre un Family Office externalisé

Les mêmes expertises qu'un MFO, accessibles dès 500 K€ à 2 M€ de patrimoine : pilotage global à 360°, accès aux produits institutionnels (assurance vie luxembourgeoise, private equity), architecture ouverte, interlocuteur unique senior, honoraires transparents et coordination des experts (avocat, notaire, expert-comptable).

Ce qu'un MFO/SFO apporte en plus

Pour les patrimoines > 10-20 M€, le MFO structuré apporte des services supplémentaires : équipe dédiée avec spécialistes internalisés (CIO, fiscaliste, juriste), conciergerie et lifestyle management (SFO), tickets institutionnels > 5 M€, gouvernance familiale formalisée et reporting consolidé en temps réel.

Pourquoi l'approche externalisée est souvent supérieure

Paradoxalement, un family office externalisé géré par un CGP senior expérimenté peut surpasser un MFO structuré sur plusieurs points : (1) Indépendance réelle — aucune pression commerciale interne pour placer certains produits ; (2) Réactivité — pas de processus d'approbation internes ; (3) Relation humaine — le dirigeant lui-même est votre interlocuteur, pas un junior ou un chargé de clientèle.

10. Fiscalité et family office

Pour les grandes fortunes, la fiscalité est le principal levier de création de valeur. Un family office compétent peut générer plusieurs centaines de milliers d'euros d'économies fiscales annuelles pour ses clients. Voici les principaux enjeux fiscaux à l'horizon 2026.

L'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI)

L'IFI frappe les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 million d'euros avec un barème progressif de 0,5 % à 1,5 %. Les stratégies de réduction légale incluent : l'inscription à l'IFI en dessous du seuil via des donations de nue-propriété, l'endettement déductible (emprunts affectés à l'acquisition ou l'amélioration des biens taxables), et les biens professionnels exonérés (sous conditions).

La seule réduction d'IFI disponible est le don à des organismes d'intérêt général : 75 % du montant versé sont imputables sur l'IFI, dans la limite d'une réduction de 50 000 €.

La fiscalité de la transmission au niveau family office

Le family office optimise la transmission sur plusieurs décennies, en combinant les outils disponibles :

  • Donations successives : 100 000 € par parent et par enfant, renouvelables tous les 15 ans. Pour une famille avec 2 parents et 3 enfants, cela représente 600 000 € d'actifs transmis en franchise d'impôt tous les 15 ans
  • Démembrement de propriété : la transmission de la nue-propriété selon le barème de l'article 669 du CGI permet de geler la valeur taxable. À 60 ans du donateur, la nue-propriété ne vaut que 60 % de la pleine propriété ; la réserve d'usufruit (40 %) n'est pas taxable au décès
  • Pacte Dutreil : pour l'entreprise familiale, exonération de 75 % de la valeur taxable avec engagement de conservation de 8 ans minimum

La structuration internationale

Pour les familles avec des actifs ou des membres dans plusieurs pays, le family office gère la complexité de la fiscalité internationale : conventions fiscales, régime des impatriés (article 155 B du CGI pour les personnes s'installant en France), trusts et fondations étrangères, comptes suisses ou luxembourgeois, résidence à Monaco ou en Suisse. Ces sujets requièrent une expertise spécialisée et une coordination rigoureuse entre conseillers de différentes juridictions.

Hagnère Patrimoine

Posez-vous les bonnes questions avant de choisir votre family office

Indépendance, certifications AMF, historique de performances, gouvernance... Notre checklist vous aide à identifier les critères objectifs qui font la différence entre un vrai family office et un label marketing.

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11. Comment choisir son family office en France

Le marché français du family office est hétérogène. Nombreux sont les acteurs qui revendiquent ce label sans en avoir les compétences. Voici les critères objectifs pour sélectionner le bon partenaire.

Les 7 critères de sélection d'un family office

  • 1. L'indépendance vérifiable : le family office perçoit-il des rétrocessions des fournisseurs de produits ? S'il se dit indépendant, il doit pouvoir présenter sa convention de rémunération transparente. Vérifiez son enregistrement ORIAS (statut CIF).
  • 2. Les qualifications réglementaires : CIF (Conseil en Investissements Financiers) enregistré AMF, COA (Courtier en Assurance), COBSP (Courtier en Opérations de Banque). Ces statuts sont obligatoires pour exercer légalement.
  • 3. L'expérience et les références : combien de familles ou de clients à niveau comparable accompagne-t-il ? Peut-il fournir des références (avec accord du client) ? Depuis combien de temps est-il en activité ?
  • 4. La couverture des services : couvre-t-il vraiment l'ensemble des piliers (investissements, fiscalité, transmission, gouvernance) ou se limite-t-il à la gestion financière ?
  • 5. L'accès aux produits institutionnels : a-t-il accès à l'assurance vie luxembourgeoise, au private equity institutionnel, aux produits structurés sur mesure ? Ces accès distinguent un vrai family office d'un CGP standard.
  • 6. La transparence sur les frais : recevez-vous un Document d'Entrée en Relation (DER) et un Document d'Information sur les Honoraires (DIH) conformes à MIFID II ? Tous les frais, directs et indirects, sont-ils explicités ?
  • 7. La compatibilité personnelle : la relation avec un family office est une relation de confiance à long terme. Le courant passe-t-il ? Les valeurs sont-elles alignées ? L'interlocuteur est-il le dirigeant senior ou un commercial ?

Les red flags à éviter

  • Un family office qui recommande systématiquement ses propres produits ou ceux d'un partenaire privilégié
  • Des frais non expliqués ou présentés comme « compris » dans les produits
  • Un interlocuteur qui ne peut pas expliquer clairement comment il est rémunéré
  • L'absence de statuts réglementaires (CIF AMF) ou un enregistrement ORIAS introuvable
  • Une promesse de rendement ou de performance garantie (formellement interdit par la réglementation)

12. L'approche Hagnéré Patrimoine : votre family office dédié

Hagnéré Patrimoine adopte une philosophie de family office externalisé de nouvelle génération : les standards d'exigence d'un multi-family office, l'agilité et la proximité d'un cabinet indépendant, pour des patrimoines à partir de 500 000 €.

Notre positionnement

Quentin Hagnéré, CGP certifié AMF (CIF), COA et COBSP, enregistré à l'ORIAS, accompagne plus de 53 familles avec un pilotage patrimonial global :

  • Indépendance totale : aucun produit maison, aucune rétrocession, sélection des meilleures solutions du marché en architecture ouverte
  • Accès institutionnel : plus de 30 solutions institutionnelles (assurance vie luxembourgeoise, private equity, produits structurés, crédit Lombard, SCPI institutionnelles)
  • Approche 360° : coordination de tous les actifs (financiers, immobiliers, professionnels, assurances, prévoyance) dans une stratégie cohérente
  • Fiscalité et transmission : optimisation IFI, stratégies de donations, démembrement, pacte Dutreil, structuration internationale
  • Réseau d'experts : coordination avec avocats fiscalistes, notaires, experts-comptables, juristes spécialisés

Notre expertise sur les marchés alpins et frontaliers

Hagnéré Patrimoine bénéficie d'une expertise spécifique sur les marchés à forte concentration de fortunes : la région Annecy / Courchevel / Megève, le Pays de Gex (frontaliers Genève), et les zones de forte densité patrimoniale comme Paris 8e ou Nice. Notre connaissance des spécificités fiscales franco-suisses et franco-monégasques représente une valeur ajoutée unique pour les familles à dimension internationale.

Comment débuter ?

Nous proposons un bilan patrimonial initial gratuit et sans engagement : une session de 90 minutes qui couvre l'audit complet de votre situation (actifs, passifs, fiscalité, protection, objectifs), l'identification des axes d'optimisation prioritaires et une proposition de stratégie personnalisée. C'est à l'issue de ce premier échange que vous déciderez, en toute liberté, si notre accompagnement correspond à vos attentes.

Consultation initiale gratuite

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Sources et références

  • Association Française du Family Office (AFFO) — Guide du Family Office, 2025
  • France Invest — Activité du capital-investissement en France 2014-2024, 2025
  • Code Général des Impôts — art. 150-0 D (purge des plus-values au décès), art. 669 (barème démembrement), art. 990 I (assurance vie et transmission), art. 787 B (pacte Dutreil), art. 885 I ter (IFI biens professionnels)
  • Autorité des Marchés Financiers (AMF) — Réglementation des CIF, mise à jour 2025
  • ORIAS — Registre des intermédiaires, 2025
  • Knight Frank — Wealth Report France, 2025

Avertissement : Ce guide est fourni à titre informatif et éducatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement, un conseil fiscal ou juridique. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. La valeur des investissements peut varier à la baisse comme à la hausse. Consultez un conseiller certifié pour toute décision patrimoniale.

Questions frequentes

FAQ : family office