Assurance-vie luxembourgeoise vs contrat de capitalisation : lequel choisir en 2026 ?
Fiscalité
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Assurance-vie luxembourgeoise vs contrat de capitalisation : lequel choisir en 2026 ?

Comparez assurance-vie luxembourgeoise et contrat de capitalisation : fiscalité, succession, donation, IFI et risques. Analyse complète 2026.

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Synthèse de l'article

  • Fiscalité des retraits : pour un résident fiscal français, l’assurance-vie luxembourgeoise et le contrat de capitalisation sont en principe alignés sur l’imposition des rachats (mêmes logiques d’assiette et de taxation en France).

  • Assiette imposable : lors d’un rachat, seule la fraction de gains est imposable (et, en rachat partiel, via une formule proportionnelle), le reste correspondant au capital restitué.

  • Règles 2017/2018 et prélèvements sociaux : la fiscalité dépend de la date des primes (avant/après le 27/09/2017) avec PFU ou barème, et les gains supportent dans tous les cas les prélèvements sociaux (17,2 %).

  • Abattement après 8 ans : l’abattement annuel sur les gains (4 600 € / 9 200 €) peut réduire fortement l’IR, mais il s’apprécie au niveau du foyer tous contrats confondus et ne s’impute pas sur les prélèvements sociaux.

  • Vraies différences : transmission et structure : l’assurance-vie luxembourgeoise se dénoue au décès et permet d’organiser la transmission via la clause bénéficiaire (régimes 990 I / 757 B), tandis que le contrat de capitalisation ne se dénoue pas au décès, entre dans l’actif successoral et sert surtout à transmettre comme un actif ou via donation de son vivant.

Assurance-vie luxembourgeoise vs contrat de capitalisation : différences, fiscalité et choix en 2026

Un point doit être clair dès le départ : pour un résident fiscal français, la fiscalité des retraits d’une assurance-vie luxembourgeoise est, en principe, alignée sur celle des contrats d’assurance-vie et de capitalisation dès lors que vous êtes imposé en France sur vos revenus et gains.

La vraie différence se joue ailleurs : transmission, cadre de sécurité juridique, univers d’investissement, devises, contraintes pratiques (tickets d’entrée, frais, déclaration).

Différences clés à connaître avant de comparer

Assurance-vie luxembourgeoise : c’est un contrat d’assurance-vie émis par un assureur établi au Luxembourg. Elle conserve la logique d’une assurance-vie (présence d’un assuré, dénouement au décès, clause bénéficiaire).

Contrat de capitalisation (souvent souscrit en France) : c’est une enveloppe d’épargne proche de l’assurance-vie pendant la vie du souscripteur (versements, rachats, supports), mais sans “assuré” ; il ne se dénoue pas au décès et entre dans l’actif successoral (sauf donation réalisée avant).

La conséquence pratique la plus importante :

  • Assurance-vie luxembourgeoise : outil très utilisé pour organiser une transmission via la clause bénéficiaire, avec des règles fiscales spécifiques au décès (articles 990 I et 757 B du CGI selon l’âge au versement des primes).
  • Contrat de capitalisation : outil très utile pour donner de son vivant (donation), et pour transmettre “comme un actif” en succession (droits de succession de droit commun).

Fiscalité des retraits en 2026 : ce qui est identique… et ce qui piège

La règle d’assiette : seule la part “gains” est imposable

Lors d’un rachat (partiel ou total), vous récupérez à la fois du capital et des gains. En fiscalité française, seule la fraction de gains (intérêts / plus-values) est imposable.

Pour un rachat partiel, l’administration fiscale retient une formule proportionnelle (principe BOFiP) :

Produit imposable = Montant racheté − \[primes versées × (montant racheté / valeur totale du contrat)\].

Cette formule s’applique aux contrats d’assurance-vie et aux bons/contrats de capitalisation.

Les taux d’imposition (primes avant / après le 27 septembre 2017)

Les règles actuelles (applicables depuis 2018) distinguent :

  • Primes versées jusqu’au 26 septembre 2017 : barème de l’impôt sur le revenu, ou sur option prélèvement forfaitaire libératoire (35 % / 15 % / 7,5 % selon ancienneté).
  • Primes versées à compter du 27 septembre 2017 : prélèvement non libératoire à la source, puis imposition au PFU (“flat tax”) ou au barème ; après 8 ans, le taux d’IR de référence est 7,5 %, avec une part potentiellement à 12,8 % si l’encours dépasse 150 000 € (appréciation au niveau des primes non remboursées).

Dans tous les cas, les produits sont soumis aux prélèvements sociaux au taux global de 17,2 %.

L’abattement après 8 ans : utile, mais souvent mal compris

Après 8 ans, un abattement annuel sur les gains peut s’appliquer :

  • 4 600 € (personne seule),
  • 9 200 € (couple soumis à imposition commune).

Deux points pièges :

  • L’abattement est annuel et s’apprécie tous contrats confondus au niveau du foyer fiscal.
  • Il ne s’impute pas sur les prélèvements sociaux (17,2 %), uniquement sur l’assiette imposable à l’impôt sur le revenu.

Exemple chiffré : rachat après 8 ans (assurance-vie Luxembourg ou capitalisation)

Prenons un exemple fictif simple, identique dans sa mécanique pour une assurance-vie luxembourgeoise imposée en France ou un contrat de capitalisation.

  • Primes versées : 100 000 €
  • Valeur du contrat : 130 000 €
  • Rachat partiel demandé : 20 000 €
  • Ancienneté : 10 ans (donc “après 8 ans”)
  1. Calcul de la part “capital” remboursée

Capital remboursé = 100 000 × (20 000 / 130 000) = 15 384,62 €

  1. Calcul de la part “gains” imposable

Gains imposables = 20 000 − 15 384,62 = 4 615,38 €

  1. Application de l’abattement (personne seule, abattement annuel de 4 600 €)

Base IR = 4 615,38 − 4 600 = 15,38 €

  1. Prélèvements sociaux

Ils restent dus sur les gains (sans abattement), donc sur 4 615,38 € au taux global de 17,2 %.

Conclusion de l’exemple : après 8 ans, l’impôt sur le revenu peut devenir quasi nul grâce à l’abattement, mais les prélèvements sociaux restent significatifs et doivent être intégrés dans le coût réel du retrait.

Transmission : là où l’assurance-vie Luxembourg et la capitalisation divergent vraiment

Assurance-vie au décès : deux régimes, selon l’âge aux versements

Primes versées avant 70 ans : article 990 I du CGI

Lorsque la transmission n’entre pas dans le champ de l’article 757 B, l’article 990 I prévoit :

  • un abattement fixe de 152 500 € par bénéficiaire,
  • puis un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 €, et 31,25 % au-delà, sur la part taxable de chaque bénéficiaire.

Ce régime est un des leviers majeurs de l’assurance-vie (y compris si le contrat est luxembourgeois), car il est calculé par bénéficiaire et non “globalement” sur la succession.

Primes versées après 70 ans : article 757 B du CGI

L’article 757 B prévoit :

  • taxation aux droits de mutation par décès selon le lien de parenté,
  • sur la fraction des primes versées après 70 ans,
  • après un abattement global de 30 500 € (tous contrats confondus sur la tête d’un même assuré).

Point important : le BOFiP précise que, pour la part taxable après l’abattement de 30 500 €, les abattements de droit commun (notamment l’article 779 du CGI) peuvent s’appliquer selon la situation du bénéficiaire.

Contrat de capitalisation au décès : l’actif entre dans la succession

Le contrat de capitalisation n’est pas dénoué par le décès. Il est transmis aux héritiers et intègre l’actif successoral, donc se traite selon le droit commun des successions (abattements et barème des droits).

Exemple chiffré : même capital, impôt très différent au décès

Prenons un cas fictif volontairement comparable.

  • Un parent laisse à son enfant une valeur de 210 000 € via :
  • scénario A : assurance-vie (capitaux décès attribués à l’enfant),
  • scénario B : contrat de capitalisation non donné, entrant en succession.

Scénario A : Assurance-vie, primes avant 70 ans (990 I)

Taxable = 210 000 − 152 500 = 57 500 €

Prélèvement = 57 500 × 20 % = 11 500 €

Scénario B : Contrat de capitalisation en succession (droit commun)

En ligne directe, la part taxable est soumise à un barème progressif (5 %, 10 %, 15 %, 20 %, 30 %, 40 %, 45 % selon tranches).

Même sans détailler chaque tranche, l’écart de logique est net : l’assurance-vie bénéficie ici d’un abattement spécifique par bénéficiaire (152 500 €) qui n’existe pas en capitalisation lors du décès.

Donation : l’avantage patrimonial majeur du contrat de capitalisation

Le contrat de capitalisation peut être transmis du vivant du souscripteur par donation.

Cas typique : donation parent → enfant. La donation est soumise aux droits de donation, mais l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant (renouvelable tous les 15 ans) peut permettre de donner sans droits si la valeur donnée est dans la limite.

Autre point décisif : après donation ou succession, la doctrine fiscale retient, en cas d’acquisition à titre gratuit, un “prix d’acquisition” égal à la valeur vénale retenue aux droits de mutation. Cela conduit, en pratique, à ne taxer à l’impôt sur le revenu que les gains générés après la transmission, tout en conservant l’antériorité fiscale du contrat.

Sécurité, devises, IFI, obligations déclaratives : les vrais critères de choix

Sécurité juridique et disponibilité : distinguer “risque assureur” et “risque marché”

La comparaison Luxembourg vs France porte surtout sur la protection en cas de défaillance de l’assureur, pas sur l’absence de risque financier.

En France, un mécanisme de garantie prévoit notamment une reconstitution jusqu’à 70 000 € (et 90 000 € pour certaines rentes) dans les conditions prévues par le Code des assurances.

Le Haut Conseil de stabilité financière peut, en cas de menace grave pour la stabilité financière, prendre des mesures conservatoires pouvant aller jusqu’à limiter temporairement :

  • le paiement des valeurs de rachat,
  • les arbitrages,
  • les avances, selon des durées encadrées par le texte.

Côté Luxembourg, la Chambre des Notaires de Paris rappelle plusieurs spécificités des contrats luxembourgeois : possibilité de récupérer la totalité des encours en cas de défaillance de l’assureur (présenté comme un avantage du cadre luxembourgeois), accès à des fonds dédiés “sur-mesure”, et expression possible dans une autre devise que l’euro.

Devises et mobilité internationale : un point souvent décisif

Un contrat luxembourgeois peut être libellé dans une devise autre que l’euro, ce qui peut être utile si vous avez des dépenses ou un projet à l’international (attention : cela introduit un risque de change).

La fiscalité applicable reste, en principe, celle du pays de résidence fiscale du titulaire (donc la fiscalité française si vous êtes résident fiscal français).

IFI : assurance-vie et capitalisation peuvent être concernées via l’immobilier logé en unités de compte

L’IFI ne porte que sur l’immobilier (direct ou indirect).

Pour les contrats d’assurance-vie et les bons/contrats de capitalisation exprimés en unités de compte, la doctrine précise que la valeur imposable à l’IFI correspond à la fraction de la valeur de rachat représentative d’actifs immobiliers imposables contenus dans ces unités de compte.

Exemple fictif :

  • Valeur de rachat du contrat : 500 000 €
  • Unités de compte à composante immobilière imposable : 30 %

→ Base IFI liée au contrat = 500 000 × 30 % = 150 000 € (hors éventuels retraitements spécifiques).

Déclaration des contrats luxembourgeois : obligatoire

Un contrat d’assurance-vie ou de capitalisation souscrit hors de France doit être déclaré via le formulaire n° 3916 / 3916-bis joint à la déclaration annuelle.

En cas de non-déclaration, le risque comprend une amende forfaitaire de 1 500 € par compte/contrat non déclaré, portée à 10 000 € si l’État concerné n’a pas conclu une convention de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales avec la France (règles précisées par Service-Public.fr et la doctrine fiscale).

Comment choisir : grille de décision pragmatique

Le meilleur choix dépend de votre objectif principal.

Si votre priorité est la transmission au décès : l’assurance-vie (y compris luxembourgeoise) est souvent l’outil pivot grâce à la clause bénéficiaire et aux régimes 990 I / 757 B.

Si votre priorité est donner de votre vivant (et éviter une indivision successorale complexe) : le contrat de capitalisation est un outil très utile, car il est “donnable” et son traitement fiscal post-donation est structuré autour de la valeur vénale au jour de la transmission.

Si votre priorité est multi-devises / mobilité / architecture d’investissement plus large : un contrat luxembourgeois peut être pertinent, à condition d’intégrer le sujet des frais et des contraintes de souscription, et de rester rigoureux sur la conformité du distributeur.

Point conformité AMF à ne jamais négliger

Avant de souscrire un contrat (surtout transfrontalier), vérifiez l’habilitation du professionnel (immatriculation ORIAS, autorisations, identité réelle), et méfiez-vous des discours qui minimisent les risques ou promettent une “sécurité totale”.

Hagnéré Patrimoine et l’assurance vie Luxembourg vs contrat de capitalisation

Hagnéré Patrimoine propose des bilans patrimoniaux gratuits pour analyser la situation globale, les objectifs et les contraintes fiscales du client.

Ce bilan sert à identifier des stratégies adaptées, en intégrant l’assurance-vie luxembourgeoise ou le contrat de capitalisation parmi d’autres solutions pertinentes, dans une approche patrimoniale à 360°.

Le cabinet indique avoir accompagné plus de 1 000 clients, avec une expertise technique et fiscale approfondie et une vision indépendante du patrimoine.

L’accent est mis sur des frais maîtrisés, annoncés en amont, et une structuration cohérente plutôt qu’un produit pris isolément.

Conclusion : assurance-vie Luxembourg et contrat de capitalisation ont des fiscalités proches en cours de vie, mais des usages très différents en transmission et en stratégie patrimoniale.

Mise à jour 2026.

Questions fréquentes

1

Quelle est la différence principale entre assurance-vie luxembourgeoise et contrat de capitalisation ?

La différence principale concerne la transmission : l’assurance-vie se dénoue au décès avec clause bénéficiaire, tandis que le contrat de capitalisation ne se dénoue pas et entre dans la succession (sauf donation préalable).

2

La fiscalité des retraits est-elle différente au Luxembourg ?

Pour un résident fiscal français, la fiscalité des produits (assurance-vie et contrats de capitalisation) dépend de la date des primes, de l’ancienneté du contrat et du seuil des 150 000 €, selon les règles françaises.

3

Comment calcule-t-on la part taxable lors d’un rachat partiel ?

La part taxable correspond à une fraction des gains, calculée via une formule proportionnelle entre primes versées, valeur de rachat et montant retiré, telle que précisée par le BOFiP.

4

L’abattement de 4 600 € ou 9 200 € s’applique-t-il aussi aux prélèvements sociaux ?

Non, l’abattement annuel après 8 ans s’applique à l’impôt sur le revenu, mais le BOFiP précise qu’il n’est pas retenu pour le calcul des prélèvements sociaux.

5

Peut-on donner un contrat de capitalisation à ses enfants sans impôt ?

La donation peut être sans droits si, après application des abattements, la base taxable est nulle (par exemple 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans, selon les conditions).

6

Après une donation de contrat de capitalisation, les gains passés sont-ils taxés plus tard ?

La doctrine retient, en cas d’acquisition à titre gratuit, un prix d’acquisition égal à la valeur vénale retenue aux droits de mutation, ce qui revient à imposer essentiellement les gains post-transmission lors de rachats ultérieurs.

7

Quelles règles au décès pour les primes versées après 70 ans sur une assurance-vie ?

Les primes versées après 70 ans relèvent de l’article 757 B : droits de mutation par décès selon le lien de parenté, après un abattement global de 30 500 €, avec application des abattements de droit commun selon le BOFiP.

8

Faut-il déclarer une assurance-vie luxembourgeoise chaque année ?

Oui, les contrats souscrits hors de France doivent être déclarés via le formulaire 3916/3916-bis joint à la déclaration de revenus, selon le BOFiP et les services fiscaux.

9

Que risque-t-on en cas de non-déclaration d’un contrat à l’étranger ?

Le Service-Public indique une amende de 1 500 € par compte non déclaré, portée à 10 000 € dans certains cas, et la doctrine fiscale détaille aussi les sanctions en cas de manquement déclaratif.

10

L’assurance-vie et le contrat de capitalisation peuvent-ils être soumis à l’IFI ?

Oui, à hauteur de la fraction immobilière contenue dans les unités de compte des contrats rachetables (assurance-vie et capitalisation), selon la doctrine IFI.

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Sources et références

Quentin Hagnéré

Quentin Hagnéré

Expert

Fondateur de Hagnéré Investissement

Spécialiste de la gestion de patrimoine et de fortune à 360°, j'accompagne des milliers de clients dans la construction de stratégies performantes et innovantes pour atteindre leurs objectifs financiers avec une vision à 360° propulsée par notre galaxie de services.

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