Jeanbrun ou Malraux en 2026 : 120 k€ d'écart, le comparatif CGP complet

Mis à jour le 30/04/2026. Vous hésitez entre un Jeanbrun (neuf ou ancien) et un Malraux pour défiscaliser sur l'immobilier en 2026. Devant vous : un amortissement étalé 9 ans plafonné 8-12 k€/foyer (Jeanbrun) ou une réduction d'impôt directe 22-30 % du montant des travaux jusqu'à 120 000 € sur 4 ans (Malraux). Les deux sont hors plafond niches. À TMI 45 % avec 400 000 € de travaux SPR, Malraux passe largement devant Jeanbrun en valeur absolue. Mais le Malraux exige une restauration complète sous ABF, et le ticket d'entrée tourne autour de 600 000 €. On compare Jeanbrun ancien et Jeanbrun neuf face à Malraux, ligne par ligne, sur 3 cas Hagnéré Patrimoine. 12 minutes pour décider.

Amortissement vs Réduction directe
8-12 k€/foyer/an vs 120 k€ sur 4 ans
Toute France vs SPR uniquement
Verdict CGP par profil
Hagnéré Patrimoine

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Girardin, Malraux, déficit foncier, Jeanbrun ou niches fiscales : nous vérifions l'adéquation du montage, le niveau de risque et le gain réel avant d'investir.

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Quentin Hagnéré

CGP indépendant spécialisé en stratégies de défiscalisation

Quentin Hagnéré accompagne les contribuables sur les dispositifs de défiscalisation immobilière et financière, avec une attention particulière portée au gain net, aux plafonds fiscaux et aux risques réels du montage.

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Publié le 30 avril 2026 — conforme LF 2026 et art. 199 tervicies CGI

Par Quentin Hagnéré, CGP · CIF · COA · COBSP · Carte T — fondateur d'Hagnéré Patrimoine. Cabinet basé à Chambéry, ORIAS n° 23002291. Cadre légal mobilisé :

  • Loi 2026-103 du 19/02/2026 art. 47 (création Jeanbrun, art. 31-I-1° i et j CGI)
  • Art. 199 tervicies CGI (réduction Malraux 22 % SPR PVAP / 30 % SPR PSMV ou QAD)
  • Loi 2012-1509 du 29/12/2012 (LF 2013) art. 73 — sortie Malraux du plafond niches (art. 200-0 A CGI), applicable depuis 01/01/2013
  • Loi 2016-925 du 7/07/2016 — création des Sites Patrimoniaux Remarquables (SPR)
  • Code du patrimoine art. L. 631-1 à L. 631-5 — régime juridique SPR (PSMV / PVAP)
  • Code du patrimoine art. L. 632-1 — contrôle des travaux par l'ABF
  • BOFiP BOI-IR-RICI-200 et BOI-IR-RICI-200-30 — doctrine administrative Malraux

Mis à jour le 30 avril 2026. Vous voulez investir dans l'ancien rénové en 2026, et vous hésitez entre un Jeanbrun (neuf ou ancien) et un Malraux. Réponse courte d'Hagnéré Patrimoine : à TMI 41-45 % avec gros budget travaux, Malraux passe largement devant Jeanbrun en valeur absolue — jusqu'à 120 000 € de réduction d'impôt sur 4 ans contre 47 000 € d'économie cumulée Jeanbrun ancien sur 9 ans. Mais Malraux exige une restauration complète sous ABF dans une commune classée Site Patrimonial Remarquable, avec un ticket d'entrée souvent au-dessus de 600 000 €. Le bon choix se joue sur trois critères qu'on déroule ci-dessous.

Trois différences structurelles font le tri en pratique. La géographie : Malraux ne vise que les biens en SPR (Sites Patrimoniaux Remarquables : Bordeaux Saint-Pierre, Lille Vieux-Lille, Strasbourg Grande-Île, Sarlat, Nîmes, Aix-en-Provence…), Jeanbrun couvre tout le territoire. Le ticket d'entrée : Malraux démarre rarement sous 500-600 k€ (acquisition + travaux), Jeanbrun reste accessible dès 200 k€. Le plafond et la mécanique : Malraux = réduction d'impôt directe 22 ou 30 % du montant des travaux, plafond pluriannuel 400 000 € de travaux sur 4 années consécutives (concentrable ou étalé) — soit jusqu'à 120 000 € de réduction au total. Jeanbrun = amortissement étalé 9 ans, plafonné à 8-12 k€/foyer/an d'économie d'assiette. Hagnéré Patrimoine source les deux pistes — programmes Jeanbrun (neuf zone tendue ou ancien rénové) et opérations Malraux en SPR. Vous arbitrez sur la mécanique fiscale qui colle à votre projet, pas sur ce qu'on a en stock.

En 60 secondes — l'essentiel pour décider

  • Pour qui ? Investisseurs immobiliers TMI 41 à 45 % avec capacité d'épargne moyenne (Jeanbrun) ou élevée (Malraux). Dirigeants, cadres supérieurs, professions libérales, TNS.
  • Mécanisme : Jeanbrun = amortissement 3-5,5 %/an pendant 9 ans déductible des revenus fonciers (économie ≈ TMI + 17,2 % PS). Malraux = réduction d'impôt directe 22 ou 30 % du montant des travaux, étalée 1-4 ans.
  • Plafond 2026 : Jeanbrun = 8 à 12 k€/foyer/an d'amortissement déductible. Malraux = plafond pluriannuel 400 000 € de travaux sur 4 années consécutives × 22 ou 30 % = jusqu'à 88 000 € (PVAP) ou 120 000 € (PSMV) de réduction totale, concentrable ou étalé.
  • Géographie : Jeanbrun = toute la France (collectif uniquement pour le neuf comme l'ancien). Malraux = uniquement Sites Patrimoniaux Remarquables (SPR) avec PSMV ou PVAP approuvé, ou ancien Quartier Ancien Dégradé (QAD).
  • Plafond loyer + ressources locataire : Jeanbrun impose des plafonds stricts (Loc1/Loc2/Loc3, décote 15-45 % vs marché). Malraux = aucun plafond, location au prix du marché.
  • Plafond niches 10 000 € (art. 200-0 A CGI) : aucun des deux n'y entre. Jeanbrun = déduction d'assiette structurellement hors plafond. Malraux = sorti du plafond par la LF 2013 (loi 2012-1509 art. 73), applicable depuis 01/01/2013.
  • Travaux : Jeanbrun ancien = ≥ 30 % du prix HT, DPE A ou B après. Malraux = restauration complète sous ABF (Architecte des Bâtiments de France), tous corps d'état.
  • Verdict express : SPR + budget travaux ≥ 200 k€ → Malraux prend l'avantage net. Hors SPR ou budget plus modeste → Jeanbrun reste le bon outil. Patrimoine élevé avec 2 biens distincts → on cumule les deux.
  • Temps de lecture : 12 minutes. 3 cas Hagnéré Patrimoine chiffrés (couple Bordeaux Saint-Pierre TMI 41 %, dirigeant Lyon TMI 45 %, libéral hors SPR TMI 41 %).

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité décrite est celle en vigueur au 30 avril 2026 et peut évoluer (notamment la liste des SPR, le périmètre des PSMV/PVAP approuvés, et la doctrine BOFiP de précision attendue sur l'art. 150 VB CGI version LF 2025 pour la réintégration des amortissements Jeanbrun en plus-value). Les opérations Malraux sont considérées comme des investissements à risque (chantier de restauration, retard ABF, marché immobilier patrimonial) ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour une analyse adaptée à votre cas, nous vous recommandons un bilan patrimonial personnalisé.

1. Quelle différence entre Jeanbrun et Malraux ?

Quand on pose les deux dispositifs côte à côte, une seule ligne de fracture compte vraiment : le Jeanbrun vous offre un amortissement étalé sur neuf ans qui vient grignoter votre revenu foncier, le Malraux vous donne une réduction d'impôt directe qui s'impute sur votre cotisation. Jeanbrun travaille votre assiette de revenu foncier, Malraux travaille directement votre impôt à payer. Tout le reste — communes éligibles, plafonds, locataires, ticket d'entrée — n'est qu'une conséquence de ce choix de mécanique.

Jeanbrun (ancien et neuf) : amortissement étalé sur 9 ans

Le Jeanbrun, créé par l'article 47 de la loi de finances 2026 (loi 2026-103 du 19 février 2026) et codifié à l'article 31-I-1° i et j du CGI, fonctionne comme un Pinel revisité : vous déduisez chaque année une fraction du prix du logement de vos revenus fonciers. La base amortissable est large — 80 % du prix HT du bien et 100 % des travaux — et le taux dépend du niveau de loyer choisi (Loc1, Loc2 ou Loc3, qui correspondent à des décotes de 15 %, 30 % ou 45 % par rapport au marché).

Prenons un cas concret. Thomas achète un appartement ancien à Lyon Confluence pour 250 000 € HT et y injecte 60 000 € de travaux, en s'engageant sur le palier Loc2 (loyer décoté de 30 %). Sa base amortissable s'élève à 260 000 € (200 000 € correspondant à 80 % du prix HT, plus 60 000 € de travaux à 100 %). Le taux Loc2 ancien est de 3,5 % par an.

Économie d'impôt annuelle Jeanbrun ancien Loc2

Base amortissable : (250 000 × 80 %) + 60 000 = 260 000 €

Amortissement annuel : 260 000 × 3,5 % = 9 100 €/an

Économie d'impôt et de prélèvements sociaux à TMI 41 % : 9 100 × (41 % + 17,2 %) = 5 296 €/an

Soit 47 666 € sur les 9 ans d'engagement.

La logique du Jeanbrun neuf est identique, avec des taux légèrement supérieurs (Loc1 3,5 %, Loc2 4,5 %, Loc3 5,5 %) qui compensent l'absence de travaux lourds. L'avantage est structurel : le Jeanbrun reste hors du plafond des niches fiscales de 10 000 €, parce qu'il s'agit d'une déduction d'assiette et non d'une réduction d'impôt.

ParamètreJeanbrun neufJeanbrun ancien avec travaux
Taux Loc1 (loyer −15 %)3,5 %/an3,0 %/an
Taux Loc2 (loyer −30 %)4,5 %/an3,5 %/an
Taux Loc3 (loyer −45 %)5,5 %/an4,0 %/an
Plafond annuel d'amortissement8 000 / 10 000 / 12 000 €8 000 / 10 000 / 12 000 €
Base amortissable80 % prix HT80 % prix HT + 100 % travaux
Engagement de location9 ans (nue, résidence principale)9 ans (nue, résidence principale)
Plafond niches 10 000 €Hors plafondHors plafond

Malraux : réduction d'impôt directe 22 ou 30 % du montant des travaux

Le Malraux (article 199 tervicies du CGI) ne touche pas à votre revenu foncier. Il vient s'imputer directement sur votre cotisation d'impôt sur le revenu, à hauteur de 22 % du montant des travaux dans un Site Patrimonial Remarquable couvert par un PVAP, et de 30 % dans un SPR couvert par un PSMV ou dans un ancien quartier ancien dégradé. Le plafond est pluriannuel : 400 000 € de travaux sur une période de 4 années consécutives. Vous pouvez les concentrer sur un seul exercice ou les étaler sur 4 ans — le plafond légal n'est pas annuel mais bien sur la période de 4 ans.

Reprenons Thomas, mais sur un autre projet. Il acquiert un immeuble bordelais classé en SPR à PSMV pour 200 000 € et engage 200 000 € de travaux ABF étalés sur 2 ans, soit 100 000 €/an.

Réduction d'impôt Malraux SPR PSMV

Travaux éligibles : 200 000 € (100 000 € × 2 ans)

Taux applicable (PSMV) : 30 %

Réduction d'impôt totale : 200 000 × 30 % = 60 000 €

Soit 30 000 € imputés sur l'impôt en année N et 30 000 € en année N+1.

Le Malraux est lui aussi hors plafond des niches fiscales depuis la loi de finances pour 2013 (loi 2012-1509 du 29/12/2012, article 73), applicable aux opérations dont le permis ou la déclaration de travaux est déposé à compter du 1er janvier 2013. Aucun plafond de loyer, aucun plafond de ressources du locataire — vous louez nu en résidence principale pendant 9 ans, point.

Réduction d'impôt vs amortissement : ce qui change vraiment

Quand un client à TMI 30 % nous demande lequel choisir, le Malraux gagne quasi toujours en valeur faciale : son taux est fixe (22 % ou 30 %), il ne dépend pas de votre tranche. À TMI 41 % comme Thomas, le rapport s'inverse partiellement parce que le Jeanbrun récupère à la fois la TMI et les 17,2 % de prélèvements sociaux sur les revenus fonciers — soit une économie marginale de 58,2 % sur chaque euro déduit.

Sauf que le Jeanbrun butte sur deux limites : une base plafonnée à 8 000-12 000 € par an et un revenu foncier qu'il faut déjà avoir pour absorber la déduction. Malraux, à l'inverse, ne demande qu'une cotisation d'impôt à effacer et un budget travaux conséquent — jusqu'à 400 000 € sur 4 ans, concentrable — à mettre sur la table.

Différence cléJeanbrunMalraux
Mécanique fiscaleDéduction d'assiette (revenu foncier)Réduction d'impôt directe
Sensibilité à la TMIForte (TMI + 17,2 % PS)Nulle (taux fixe 22 % ou 30 %)
Étalement9 ans d'amortissement1 à 4 ans selon rythme travaux
Plafond fiscal8 000 à 12 000 €/an de base (foyer fiscal)Pluriannuel : 400 000 € de travaux sur 4 ans, soit jusqu'à 88 000 € (PVAP) ou 120 000 € (PSMV) de réduction totale
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2. Pour quels biens, quelles communes ?

Avant même de comparer les taux, la géographie tranche souvent à la place du calcul. Le Malraux n'existe que dans certains périmètres protégés ; le Jeanbrun couvre tout le territoire mais refuse certains types de biens. Avant de signer un compromis, vérifiez d'abord ce que la carte vous autorise.

Malraux : Sites Patrimoniaux Remarquables uniquement

Pour bénéficier du Malraux, votre immeuble doit se trouver dans un Site Patrimonial Remarquable (SPR). Le taux de 30 % s'applique aux SPR couverts par un Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) — la version la plus protectrice, héritière des anciens secteurs sauvegardés. Pour le 22 %, on est sur les SPR avec Plan de Valorisation de l'Architecture et du Patrimoine (PVAP), ou bien sur des SPR sans plan approuvé mais déclarés d'utilité publique.

Les communes types où l'on trouve les meilleurs programmes Malraux : Bordeaux Saint-Pierre, Vieux-Lille, Strasbourg Grande-Île, Sarlat, Aix-en-Provence centre, Nîmes, Avignon, Honfleur, Albi, Carcassonne, Riquewihr. La liste n'est pas exhaustive — la France compte plus de 940 SPR — mais elle balise les marchés où la demande locative tient et où la revente reste fluide.

Côté chantier, un seul interlocuteur décide : l'Architecte des Bâtiments de France (ABF). Tuiles, huisseries, enduits, menuiseries, teintes — rien ne passe sans son visa. C'est ce qui fait la rigueur du dispositif. C'est aussi ce qui en explique la facture.

En 30 secondes — qu'est-ce qu'un SPR ?

Un Site Patrimonial Remarquable est un périmètre urbain ou paysager présentant un intérêt patrimonial, créé par la loi 2016-925 du 7 juillet 2016 dite loi LCAP. Les SPR ont remplacé et fusionné trois dispositifs antérieurs : les secteurs sauvegardés, les ZPPAUP (Zones de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager) et les AVAP (Aires de mise en Valeur de l'Architecture et du Patrimoine). On compte aujourd'hui plus de 940 SPR sur le territoire français (chiffre officiel Ministère de la Culture, 2024-2025).

Jeanbrun : toute la France, mais collectif uniquement

Le Jeanbrun ratisse beaucoup plus large géographiquement. Toutes les communes sont éligibles, et c'est le palier de loyer qui s'ajuste à la zone Pinel : zones A bis et A pour les marchés tendus (Paris, Lyon, Bordeaux, Côte d'Azur), B1 pour les agglomérations moyennes, B2 et C pour les secteurs détendus. Plus la zone est tendue, plus le loyer plafond est élevé en valeur absolue, mais la décote contractuelle reste la même (15, 30 ou 45 %).

La contrainte est ailleurs : le Jeanbrun ne s'applique qu'aux logements situés dans un immeuble d'habitation collectif. Les maisons individuelles, en neuf comme en ancien, sont exclues du dispositif. Pour Thomas qui regarde un T3 dans une copropriété lyonnaise, aucun problème ; pour un client qui rêve d'une longère à rénover, c'est non.

CritèreJeanbrunMalraux
Zones géographiquesToute la France (zones A bis / A / B1 / B2 / C)SPR uniquement (plus de 940 communes)
Type de bienLogement en immeuble collectif uniquementImmeuble entier ou logement en SPR
Maison individuelleExcluePossible si dans le périmètre SPR
Contrôle ABFNonOui, obligatoire sur tous les travaux
Plafonds locataireLoyer décoté + ressources plafonnéesAucun plafond de loyer ni de ressources

Le bien lui-même : le ticket d'entrée

Les ordres de grandeur diffèrent franchement. Un projet Malraux digne de ce nom — appartement de caractère plus travaux ABF — démarre rarement sous 500 000 € tout compris, et les programmes en hyper-centre de métropole tournent souvent autour de 600 à 700 000 €. C'est un dispositif de transmission patrimoniale autant que de défiscalisation.

Le Jeanbrun ancien avec travaux se positionne entre 200 000 et 400 000 € selon la ville et la qualité du programme. Le Jeanbrun neuf, lui, démarre généralement entre 200 000 et 350 000 €. Pour un dirigeant qui veut faire travailler 250 à 300 000 € de capital tout en sécurisant un loyer, le Jeanbrun reste accessible là où le Malraux exige une mise plus lourde et un horizon plus long.

3. Quels travaux, quel coût ?

Parler de « travaux » pour Jeanbrun ancien et Malraux dans la même phrase, c'est mélanger deux mondes. En Jeanbrun, vous rénovez un appartement pour viser le DPE A ou B, avec des artisans classiques et un planning maîtrisé. En Malraux, vous restaurez un immeuble entier de centre-ville sous contrôle ABF, avec des matériaux d'époque et des techniques que peu d'entreprises maîtrisent encore. Le prix au m², le délai, l'exigence : rien ne se compare.

Jeanbrun ancien : seuil 30 % du prix HT, objectif énergétique

La logique Jeanbrun version ancien est simple à énoncer, plus délicate à exécuter. Vous achetez un bien, vous engagez au moins 30 % du prix HT d'acquisition (hors frais de notaire) en travaux, et vous devez atteindre une cible de performance énergétique : DPE A ou B après travaux, ou un gain d'au moins deux classes par rapport à l'état initial. Sur un bien acquis 400 000 € HT, cela signifie au minimum 120 000 € de travaux engagés et achevés dans les deux ans suivant l'acquisition.

L'auto-réalisation est exclue. Tout passe par des entreprises, et si vous visez les aides type MaPrimeRénov' en complément, mieux vaut sélectionner des artisans RGE. Côté justificatifs, vous devez conserver factures, DPE avant et après, et basculer obligatoirement au régime réel pour pouvoir amortir. Le coût moyen observé sur ce type de rénovation tourne autour de 1 500 à 2 500 €/m² selon la vétusté de départ et le niveau d'isolation visé.

Malraux : restauration complète sous ABF

Le Malraux ne se contente pas d'une rénovation. Il exige une restauration complète de l'immeuble (ou de la partie d'immeuble concernée), tous corps d'état confondus : structure, toiture, façades, menuiseries d'origine, installations techniques. Le tout sous contrôle de l'Architecte des Bâtiments de France, et dans un périmètre précis : un Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) ou un Plan de Valorisation de l'Architecture et du Patrimoine (PVAP) approuvé, ou bien une opération déclarée d'utilité publique.

L'ABF impose souvent des matériaux et des techniques traditionnels : enduits à la chaux, tuiles plates de récupération, menuiseries bois sur mesure, ferronneries refaites à l'identique. Vous disposez de quatre années consécutives pour étaler la réduction, avec un plafond pluriannuel de travaux éligibles fixé à 400 000 € sur cette période — concentrable sur un seul exercice ou étalé sur les 4 ans. Le coût moyen ressort dans une fourchette de 2 500 à 4 500 €/m².

CritèreJeanbrun ancienMalraux
Seuil de travaux≥ 30 % du prix HT d'acquisitionRestauration complète, plafond 400 k€ sur 4 ans
ContrôleDPE A/B ou +2 classesABF + PSMV / PVAP / DUP
Coût moyen1 500 à 2 500 €/m²2 500 à 4 500 €/m²
Délai d'achèvement travaux2 ans après acquisition3 ans après dépôt du permis
RéalisationEntreprises (RGE recommandé)Tous corps d'état + architecte du patrimoine
JustificatifsFactures + DPE avant/après + déclaration 2044Factures + visa ABF + autorisation de travaux

Le surcoût ABF : 1,5 à 2,5 fois plus cher au m²

Pourquoi un tel écart ? Les matériaux pèsent lourd : chaux naturelle, tuiles anciennes, menuiseries bois sur mesure tournent à deux ou trois fois le prix de leurs équivalents standards. La main-d'œuvre n'est pas la même non plus — un compagnon couvreur du patrimoine n'a ni la formation ni la facturation d'un couvreur classique. À cela s'ajoutent les honoraires d'architecte du patrimoine (10 à 15 % du coût des travaux), en plus de ceux de l'architecte d'opération.

Sur 100 m² rénovés, l'écart devient parlant. En Jeanbrun ancien, comptez autour de 200 000 € de travaux pour atteindre le DPE B avec une rénovation complète. En Malraux, le même appartement, sous ABF, en PSMV, avec menuiseries refaites à l'identique et façades en pierre restaurées, ressort plus près de 350 000 €. Le ticket d'entrée n'est pas le même, et la liquidité du bien à la revente non plus.

ABF : ce qu'il faut savoir avant de signer

L'Architecte des Bâtiments de France instruit votre demande dans un délai de deux à quatre mois, parfois plus en zone tendue. Un refus est toujours possible, et il s'impose : vous ne pouvez ni passer outre, ni négocier le visa après-coup. Prévoyez un budget honoraires d'architecte du patrimoine entre 8 et 12 % HT du montant des travaux, auquel s'ajoutent les frais de maîtrise d'œuvre classique. Et gardez en tête qu'un chantier Malraux dérape facilement de six à douze mois sur le planning initial, le temps que les corps d'état spécialisés s'enchaînent sans se chevaucher.

Question écrite Sénat n° 18785 (Mouiller, 12/11/2015) — la frontière SPR sans PSMV approuvé

Question parlementaire essentielle qui clarifie l'application du Malraux dans les SPR sans plan approuvé. Réponse : la réduction est accessible dès la création du SPR (avant approbation du PSMV ou PVAP), à condition que la restauration soit déclarée d'utilité publique (DUP). Une fois le PSMV approuvé, seules les dépenses postérieures à la publication ouvrent droit à la réduction. Conséquence pratique : sur un programme commercialisé en SPR « PSMV en cours d'élaboration », exigez la copie de l'arrêté DUP avant signature — sans DUP, pas de réduction Malraux. Source : QE n° 18785, JO Sénat 12/11/2015.

4. Quel dispositif pour quel TMI ?

Et là, vous allez voir, ça se joue sur un détail qui pèse lourd. Le Malraux est une réduction d'impôt à taux fixe : 22 % en SPR-PVAP, 30 % en SPR-PSMV ou en zone DUP. Que vous soyez à 30 ou 45 % de TMI, votre euro de travaux Malraux vous rend la même chose. Le Jeanbrun ancien, lui, fonctionne par déduction d'assiette : l'amortissement vient s'imputer sur vos revenus fonciers puis sur votre revenu global dans la limite de 10 700 €/an pour la part hors travaux, et plus votre TMI est élevée, plus chaque euro amorti vous économise d'impôt.

Économie immédiate : Malraux prend l'avantage en valeur absolue

Un exemple chiffré parle mieux qu'un long discours. Vous engagez 200 000 € de travaux Malraux en SPR-PSMV, étalés sur deux années fiscales. Vous obtenez 60 000 € de réduction d'impôt, soit 30 000 € imputés directement sur votre IR la première année, et 30 000 € la seconde. Oui, 30 000 € qui sortent directement de votre impôt à payer. Pas de condition de TMI, et hors plafond global des niches.

Cas chiffré comparatif (TMI 41 %, 200 k€ de travaux)

Malraux SPR-PSMV (30 %) : 200 000 € × 30 % = 60 000 € de réduction, soit 30 000 €/an pendant 2 ans.

Jeanbrun ancien : avec amortissement annuel ≈ 9 100 €, économie d'IR + PS à TMI 41 % : 9 100 × 58,2 % ≈ 5 296 €/an, soit ~47 666 € sur 9 ans.

Verdict immédiat : Malraux rend 30 000 €/an pendant 2 ans, Jeanbrun rend 5 296 €/an pendant 9 ans. Le rapport est de 1 à 5,7 sur les deux premières années.

Break-even : à quelle TMI Jeanbrun rattrape Malraux ?

À volume strictement égal, la réponse est : presque jamais sur la durée fiscale courte. Pour qu'un Jeanbrun à 9 100 €/an d'amortissement génère 30 000 € d'économie annuelle, il faudrait une TMI de... 330 %. Mathématiquement impossible.

L'arbitrage réel se joue sur la durée totale (Jeanbrun amortit pendant 9 ans contre 2 à 4 ans pour Malraux) et sur le volume de travaux engageables : un investisseur qui peut absorber 100 k€/an de travaux Malraux pendant 4 ans n'est pas dans la même situation qu'un investisseur qui plafonne à 30 k€ de travaux Jeanbrun.

Verdict par TMI et par profil

TMIÉconomie Jeanbrun par 1 €Économie Malraux par 1 €Préférence en valeur absolue
11 %0,28 €0,22 € à 0,30 €Malraux quasi systématiquement
30 %0,47 €0,22 € à 0,30 €Équivalence selon volume et durée de détention
41 %0,58 €0,22 € à 0,30 €Malraux gagne si volume travaux ≥ 60 k€/an
45 %0,62 €0,22 € à 0,30 €Malraux gagne presque toujours en cumulé court terme

Lecture rapide : Jeanbrun rend plus par euro investi à TMI élevée, mais Malraux rend plus en valeur absolue grâce au volume de travaux mobilisable et à la concentration de l'avantage sur 2 à 4 ans. Pour Thomas, dirigeant à 41 %, le bon réflexe est de partir du volume de travaux qu'il peut engager et de sa trésorerie disponible — pas du taux nominal le plus élevé. Malraux tape directement sur l'IR, donc c'est lisible année par année. Jeanbrun, lui, passe par l'assiette foncière puis le revenu global : il faut projeter plus long, sinon vous perdez le fil.

Effet CEHR / CDHR : la différence est subtile mais structurante

Le Malraux est une réduction d'impôt : il diminue votre IR mais laisse votre Revenu Fiscal de Référence inchangé. Conséquence, il n'a pas d'effet direct sur la Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR) ni sur la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR), puisque ces deux contributions sont assises sur le RFR.

Le Jeanbrun ancien fonctionne à l'inverse : il diminue le revenu foncier net imposable, donc le revenu global, donc le RFR à hauteur de l'amortissement utilisé. Pour un dirigeant exposé à la CEHR (RFR > 250 k€ célibataire ou 500 k€ couple) ou à la CDHR introduite par la LF 2025, l'amortissement Jeanbrun apporte un double effet : économie d'IR au taux marginal, plus réduction de la base CEHR/CDHR. À TMI 45 % et RFR proche du seuil CEHR, cet effet caché peut ajouter 3 à 4 points de rendement fiscal effectif sur le Jeanbrun, et inverser le verdict.

5. Plafond niches : aucun n'y entre, pas pour la même raison

Thomas, vous êtes déjà chargé en réductions classiques. Bonne nouvelle : Jeanbrun et Malraux passent tous les deux à côté du plafond global de 10 000 €/an des niches fiscales (article 200-0 A du CGI). La nuance, c'est qu'ils y échappent par des chemins complètement différents — et savoir lequel emprunte chacun, ça change tout au moment de signer.

La conséquence pratique est simple : vous pouvez les empiler sur des dispositifs déjà saturants comme un Pinel résiduel, des FIP/FCPI ou de l'emploi à domicile, sans perdre un euro d'avantage fiscal. Pour un foyer à TMI 41 % qui frôle déjà le plafond, c'est un levier additionnel de premier plan.

Pourquoi Jeanbrun y échappe : déduction d'assiette

Jeanbrun n'est pas une réduction d'impôt. C'est une déduction qui rabote vos revenus fonciers avant le calcul de l'IR. Mécaniquement, cela ne peut pas entrer dans un plafond qui ne concerne que les réductions et crédits d'impôt. Le dispositif sort du périmètre de l'article 200-0 A par construction, pas par exception : il joue à un étage différent du calcul fiscal.

Concrètement, vos amortissements Jeanbrun viennent en charge sur les revenus fonciers bruts. Ces revenus fonciers déjà allégés se cumulent ensuite avec vos charges foncières classiques (intérêts d'emprunt, travaux d'entretien, taxe foncière). Vous arrivez à un revenu foncier net imposable très allégé, et c'est ce résultat qui passera dans votre IR à 41 % + prélèvements sociaux à 17,2 %. Tout se joue en amont du barème.

Pourquoi Malraux y échappe : sortie volontaire LF 2013 art. 73

Malraux, lui, est bien une réduction d'impôt directe (22 % ou 30 % du montant des travaux selon la zone). Avant 2013, il pesait dans le plafond des niches et perdait beaucoup de son intérêt pour les patrimoines élevés. La loi de finances pour 2013 (loi 2012-1509 du 29 décembre 2012, article 73) l'a explicitement sorti du plafond pour préserver l'attractivité d'un dispositif jugé essentiel à la sauvegarde du patrimoine architectural — applicable aux opérations dont le permis ou la déclaration de travaux est déposé à compter du 1er janvier 2013. Une décision politique assumée, pas un effet de bord technique.

Depuis cette sortie, Malraux est redevenu un outil de défiscalisation lourde compatible avec une stratégie patrimoniale large. Pour un dirigeant lyonnais qui combine PER, déficit foncier et emploi à domicile, c'est une porte qui reste ouverte là où d'autres se ferment vite.

Hors plafond 10 000 €Dans le plafond 10 000 €
Jeanbrun (déduction d'assiette)Pinel résiduel
Malraux (sortie LF 2013 art. 73)Denormandie
Déficit foncier (régime de droit commun)FIP / FCPI / Sofica (plafond 18 000 € pour Sofica + Outre-mer)
PER individuel (déduction du revenu global)Emploi à domicile / garde d'enfants
Madelin TNS (déduction BIC/BNC)Dons aux œuvres (réduction 66 % ou 75 %)
Monuments HistoriquesInvestissement Outre-mer Girardin

Ce que ça change concrètement

Prenez un foyer à TMI 45 % qui a déjà saturé son plafond niches à hauteur de 8 000 € : 3 500 € de Pinel résiduel, 3 000 € d'emploi à domicile et 1 500 € de FIP. Il lui reste 2 000 € de marge avant écrêtement. S'il signe un Malraux générant 24 000 € de réduction d'impôt étalés sur 3 ans, ces 24 000 € viennent s'ajouter aux 8 000 € existants, sans aucune perte. Idem s'il fait baisser ses revenus fonciers de 15 000 € via Jeanbrun.

C'est la raison pour laquelle Jeanbrun et Malraux sont devenus les leviers fiscaux additionnels de référence pour les hauts revenus. Quand les outils classiques sont pleins, ces deux-là continuent de produire de l'effet utile.

Test rapide — votre plafond niches est-il saturé ?

Additionnez sur votre avis 2026 les lignes suivantes :

  • Réduction Pinel ou Denormandie en cours
  • Crédit d'impôt emploi à domicile (50 % des dépenses, plafond 12 000 € + majorations)
  • Crédit d'impôt garde d'enfants de moins de 6 ans
  • Réductions FIP, FCPI, Sofica souscrites en 2025
  • Réduction Girardin industriel (hors part rétrocédée)

Si le total dépasse 8 000 €, il vous reste moins de 2 000 € de marge. Jeanbrun et Malraux deviennent alors vos seules options fiscalement utiles pour ajouter de l'effet en 2026.

6. Plafond de loyer : le fossé pratique

Si la fiscalité Jeanbrun vs Malraux se joue à coups de pourcentages, le vrai écart se creuse ailleurs : sur le loyer encaissable. Et c'est ici que les comparaisons rapides se trompent souvent. Un dispositif qui vous fait gagner 30 % d'IR mais vous oblige à louer 35 % sous le marché pendant 9 ans, l'arbitrage économique n'est pas évident — surtout sur une grande métropole comme Lyon ou Bordeaux où les loyers de marché tirent fort.

Jeanbrun : Loc1 / Loc2 / Loc3 avec décote 15 à 45 % sous le marché

Jeanbrun impose trois segments de location, du moins au plus social. Loc1 (intermédiaire) : 15 % sous le marché, amortissement 3,0 %/an en ancien (3,5 % en neuf). Loc2 (social), on descend à −30 % de loyer pour récupérer 3,5 %/an en ancien (4,5 % en neuf). Loc3 (très social), c'est le grand écart : −45 % de loyer, 4,0 %/an en ancien (5,5 % en neuf). Sur le papier, Loc3 c'est le plus rentable fiscalement ; en trésorerie, c'est aussi le plus dur à digérer.

S'ajoutent des plafonds de ressources stricts pour le locataire (publiés par arrêté), un coefficient de surface 0,7 + 19/S plafonné à 1,2, et un plafond de loyer au m² calculé sur le barème communal BOI-BAREME-000017 mis à jour le 10 mars 2026.

ZoneLoc1 (−15 %)Loc2 (−30 %)Loc3 (−45 %)
A bis (Paris + petite couronne)13,73 €/m²≈ 11,30 €/m²≈ 8,90 €/m²
A (Lyon, Bordeaux, Côte d'Azur)10,21 €/m²≈ 8,40 €/m²≈ 6,60 €/m²
B1 (Strasbourg, Rennes, Aix)8,23 €/m²≈ 6,75 €/m²≈ 5,30 €/m²
B2 / C7,72 €/m²≈ 6,35 €/m²≈ 4,95 €/m²

Plafonds ressources locataire en zone A bis pour fixer les ordres de grandeur : 32 463 € pour une personne seule en Loc1, 48 521 € pour un couple, 75 235 € pour un couple avec deux enfants. Loc3 descend respectivement à 17 855 €, 29 114 € et 45 141 €. Vous filtrez votre vivier locatif, ce qui n'est pas neutre dans une grande métropole où la demande haut de gamme est forte.

Malraux : aucun plafond, location au prix du marché

Côté Malraux, le contraste est total. Aucun plafond de loyer, aucun plafond de ressources locataire. Vous fixez votre loyer librement, au prix du marché, et vous choisissez votre locataire sans grille de revenus à respecter. La seule contrainte est que le bien soit la résidence principale du locataire pendant 9 ans en location nue.

Ce point devient déterminant dans les centres historiques chers : Bordeaux Saint-Pierre, Aix-en-Provence, Strasbourg Neustadt, Honfleur, où les loyers de marché s'envolent au-delà de 18-22 €/m². Là où Jeanbrun vous obligerait à descendre à 8-9 €/m² en Loc2, Malraux vous laisse encaisser le plein tarif.

L'écart de loyer perdu sur 9 ans : combien ça pèse vraiment ?

Mettons des chiffres. T3 de 65 m² à Bordeaux centre, loyer de marché 1 200 €/mois (soit 18,5 €/m²). En Jeanbrun Loc2, vous descendez autour de 700 €/mois après application du barème zone A et de la décote sociale. L'écart : 500 €/mois × 12 × 9 ans = 54 000 € de loyers perdus sur la durée d'engagement.

Manque à gagner locatif Jeanbrun Loc2 vs Malraux — T3 Bordeaux 65 m²

(Loyer marché − Loyer Loc2) × 12 mois × 9 ans

(1 200 − 700) × 12 × 9 = 54 000 € de loyers non perçus sur la durée d'engagement

54 000 € de cash-flow en moins, c'est exactement l'ordre de grandeur de l'avantage fiscal supplémentaire que peut offrir Jeanbrun Loc2 par rapport à un déficit foncier classique sur un bien comparable. Autrement dit : sur les marchés très tendus, le gain fiscal Jeanbrun est largement absorbé par les loyers abandonnés. Le vrai arbitrage n'est donc pas « Jeanbrun fiscalise mieux », mais « où est l'équilibre entre loyer perçu et impôt évité, sur 9 ans, dans ma ville et mon segment ? ».

Sur les marchés tendus, Malraux peut largement compenser son surcoût travaux par les loyers gardés

Bordeaux Saint-Pierre, Aix centre, Strasbourg Neustadt, Honfleur, Sarlat : dans ces secteurs où les loyers de marché dépassent 18 €/m², le différentiel cumulé sur 9 ans entre un loyer Malraux libre et un loyer Jeanbrun Loc2 atteint régulièrement 50 000 à 80 000 € pour un T3. Cet écart compense fréquemment le surcoût des travaux Malraux et inverse la hiérarchie des deux dispositifs en TRI net. Pour un dirigeant à TMI 41 % visant un actif patrimonial de centre historique, l'analyse purement fiscale est trompeuse : c'est le couple loyer-fiscalité qu'il faut modéliser sur la durée d'engagement complète.

7. Engagement, sortie, plus-value, transmission

Jusqu'ici on a parlé d'économie fiscale sur 9 ans. C'est la moitié du dossier. L'autre moitié — celle qu'on découvre quinze ans plus tard quand on revend ou qu'on transmet — peut faire basculer l'arbitrage Jeanbrun/Malraux dans l'autre sens si elle n'a pas été anticipée.

Engagement et liquidité

Les deux régimes imposent un engagement de location de 9 ans, mais les points de départ et les sanctions diffèrent. Le tableau qui suit synthétise ce que vous devez savoir avant de signer.

CritèreJeanbrunMalraux
Durée d'engagement9 ans fermes (pas de modulation 6/9/12)9 ans fermes
Point de départMise en location effectiveAchèvement des travaux
Usage imposéRésidence principale du locataire, location nueLocation nue, à titre d'habitation principale
Sanction sortie anticipéePas de reprise immédiate, mais réintégration des amortissements déduits dans la plus-value à la cession (art. 150 VB CGI, rédaction LF 2025 art. 84)Reprise totale des réductions déjà imputées (art. 199 tervicies VIII CGI), sauf décès, invalidité 2e/3e cat. ou licenciement
Liquidité du bienCorrecte : ancien standard, marché secondaire profondRéduite : prix au m² élevé, niche d'acquéreurs sensibles au cachet

La sanction Malraux frappe d'un coup : l'administration reprend la réduction et on solde le dossier. La sanction Jeanbrun, elle, se voit pas tout de suite. Le jour où vous sortez, rien. Et puis vous revendez cinq ans plus tard, et la plus-value imposable a gonflé du montant des amortissements que vous aviez pratiqués. C'est différé, mais c'est là.

Plus-value à la revente : la grande différence

C'est probablement la divergence la plus importante entre les deux dispositifs, et celle qui est le moins souvent expliquée en RDV commercial.

Côté Malraux, la revente relève du régime classique des plus-values immobilières (art. 150 U CGI). Vous bénéficiez des abattements pour durée de détention prévus à l'article 150 VC : exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans, exonération des prélèvements sociaux 17,2 % à 30 ans. Rien de plus, rien de moins que pour un investissement locatif classique.

Côté Jeanbrun, la mécanique se complique. La rédaction issue de la loi de finances 2025 (art. 84) impose la réintégration des amortissements déduits dans le calcul de la plus-value imposable à la cession. Concrètement, le prix d'acquisition retenu pour calculer la plus-value est diminué des amortissements que vous avez pratiqués pendant la durée de détention. Plus vous avez amorti, plus la plus-value gonfle.

Exemple chiffré — Jeanbrun revendu après 5 ans

Acquisition Jeanbrun : 250 000 € HT

Amortissement pratiqué : 9 000 €/an pendant 5 ans = 45 000 €

Prix de revient fiscal après réintégration : 250 000 − 45 000 = 205 000 €

Hypothèse de revente à 270 000 € :

  • Plus-value classique (sans Jeanbrun) : 270 000 − 250 000 = 20 000 €
  • Plus-value Jeanbrun (avec réintégration) : 270 000 − 205 000 = 65 000 €

Surplus de plus-value imposable = 45 000 €. À 36,2 % (IR 19 % + PS 17,2 %) avant abattements : ~16 290 € d'impôt supplémentaire.

Cet effet s'efface progressivement avec les abattements pour durée de détention, comme pour tout bien immobilier : exonération d'IR à 22 ans, exonération de PS à 30 ans. Si votre horizon est court ou moyen (9 à 15 ans), la réintégration mord. Si vous êtes sur un horizon patrimonial long (au-delà de 22 ans), elle devient indolore.

Côté Malraux, pas de mécanique de réintégration : la réduction d'impôt obtenue à l'entrée n'est pas reprise à la sortie, et la plus-value se calcule sur l'écart classique entre prix d'acquisition (travaux compris) et prix de cession.

Transmission

Sur le terrain successoral, les deux dispositifs sont alignés sur le régime de droit commun : succession classique du bien immobilier, valeur vénale retenue au jour du décès, droits de mutation à titre gratuit selon les barèmes habituels (art. 777 CGI). Aucune réintégration n'est déclenchée par le décès — ni en Malraux (le décès est expressément un cas de sortie sans reprise), ni en Jeanbrun.

Le point de vigilance se situe en aval, chez l'héritier qui reçoit un bien Jeanbrun encore en cours d'engagement. S'il décide de ne pas poursuivre la location nue à titre de résidence principale (vente, occupation personnelle, transformation en meublé), il rompt l'engagement et déclenche la réintégration des amortissements dans sa propre plus-value future. Anticiper cette discussion familiale avant la signature évite les mauvaises surprises dans dix ans.

Si vous êtes redevable IFI

Que vous choisissiez Jeanbrun ou Malraux, le bien entre dans votre assiette IFI à pleine valeur, sous déduction du capital restant dû sur l'emprunt en cours (art. 964 CGI, seuil 1,3 M€). Aucun des deux régimes n'offre d'avantage IFI — contrairement à un PER assurantiel ou à certaines structures de démembrement. Si l'IFI est votre contrainte principale, l'arbitrage immobilier ne se joue pas sur ce terrain.

8. Trois cas chiffrés : couple Bordeaux, dirigeant Sarlat, libéral hors SPR

Trois dossiers passés au cabinet en 2025-2026. Trois recommandations différentes, parfois opposées, à partir des mêmes critères. C'est ce qui complique l'arbitrage Jeanbrun/Malraux : la bonne réponse dépend autant de la géographie et de la TMI que du ticket d'entrée disponible.

Cas n°1 — François & Élodie : Bordeaux Saint-Pierre, TMI 41 %, choix direct Malraux vs Jeanbrun

François a 49 ans, DRH d'un groupe industriel, salaire 110 k€. Élodie, 47 ans, architecte associée, 95 k€. Deux enfants ados, mariés sous communauté réduite. Revenus 2026 cumulés : 205 k€, TMI 41 %. Patrimoine 1,1 M€ : résidence principale 500 k€, assurance-vie 300 k€, livrets 100 k€, PEA 200 k€. Aucun revenu foncier actuel. Capacité d'épargne 2026 : 60 000 € + 350 k€ d'apport mobilisable.

Ils arrivent avec une question simple : « On veut un investissement immobilier qui défiscalise vraiment, on hésite entre Malraux à Bordeaux Saint-Pierre — qu'on connaît bien — et Jeanbrun ancien à Tours, où Élodie a de la famille. » Bordeaux Saint-Pierre est en SPR avec PSMV approuvé, taux Malraux 30 %. Tours centre permet du Loc2 ancien classique. La comparaison est franche.

Option A — Malraux Bordeaux Saint-Pierre (SPR avec PSMV, taux 30 %)

Acquisition T3 70 m² Saint-Pierre : 280 000 € HT

Travaux restauration ABF : 200 000 € sur 2 ans = 100 000 €/an

Réduction d'impôt = 200 000 × 30 % = 60 000 € étalée sur 2 ans = 30 000 €/an

Engagement 9 ans + ABF

Loyer marché Saint-Pierre T3 : ~1 100 €/mois, soit 118 800 € sur 9 ans

Total avantage 9 ans = 60 000 € (réduction) + 118 800 € (loyers bruts) = 178 800 €

Ticket d'entrée total : ~480 000 € (acquisition + travaux + frais)

Option B — Jeanbrun ancien Loc2 Tours centre

Acquisition T3 65 m² Tours centre : 180 000 € HT

Travaux : 60 000 € (33 % du prix HT, sous le plafond)

Base amortissable Loc2 ancien = 180 000 × 80 % + 60 000 = 204 000 €

Amortissement annuel = 204 000 × 3,5 % = 7 140 €/an (sous plafond Loc2 10 000 €)

Économie fiscale annuelle = 7 140 × 58,2 % (TMI 41 % + PS 17,2 %) = 4 156 €/an

Sur 9 ans : 4 156 × 9 = 37 401 € d'économie fiscale

Loyer Loc2 plafonné Tours : ~720 €/mois, soit 77 760 € sur 9 ans

Total avantage 9 ans = 37 401 € (éco fiscale) + 77 760 € (loyers Loc2) = 115 161 €

Ticket d'entrée total : ~250 000 € (acquisition + travaux + frais)

Verdict pour François et Élodie : Malraux Saint-Pierre gagne largement sur le papier — environ 64 000 € d'écart sur 9 ans. Mais le vrai débat n'était pas là. Le ticket Malraux à 480 k€ absorbait quasiment toute leur capacité (350 k€ d'apport + crédit), alors que Jeanbrun Tours laissait 200 k€ de marge pour le reste de leur trajectoire patrimoniale. La discussion en cabinet a duré deux RDV : effort financier tenable avec un stress test taux à 5 %, aucun autre projet majeur prévu sur 5 ans (la résidence secondaire évoquée a été repoussée). Ils ont signé Malraux Saint-Pierre, financement 70 % sur 20 ans.

Cas n°2 — Hervé & Catherine : Sarlat, TMI 45 %, gros budget travaux Malraux

Hervé, 56 ans, président d'une SAS de BTP à Lyon. Catherine, 53 ans, cadre territoriale, salaire 65 k€. Deux enfants adultes installés. Revenus 2026 : Hervé 220 k€, Catherine 65 k€, total 285 k€. TMI 45 %. Patrimoine 2,8 M€ : RP 800 k€, résidence secondaire 500 k€, AV 600 k€, PEA 300 k€, holding patrimoniale 600 k€. Capacité d'épargne 2026 : 100 000 €. Capacité de financement totale (apport + crédit) : 700 000 €.

Hervé arrive avec un objectif clair : « Je veux un actif patrimonial qu'on transmettra aux enfants, et je veux une réduction d'impôt significative cette année et l'an prochain. J'ai vu une opportunité à Sarlat, immeuble entier en SPR avec PSMV. » Sarlat coche toutes les cases Malraux haut taux : SPR avec PSMV approuvé, donc 30 %, et un volume de travaux qui justifie pleinement le dispositif.

Option A — Malraux Sarlat SPR PSMV, immeuble entier

Acquisition immeuble 200 m² centre historique : 250 000 € HT

Travaux restauration totale ABF : 350 000 € étalés sur 4 ans = 87 500 €/an (sous le plafond 100 k€/an)

Réduction d'impôt = 350 000 × 30 % = 105 000 € répartie sur 4 ans = 26 250 €/an

À TMI 45 %, le levier reste constant (taux fixe 30 %)

Loyers libres après travaux (4 lots en colocation/T2-T3) : ~1 000 €/mois, soit 108 000 € sur 9 ans

Total avantage 9 ans = 105 000 € (réduction) + 108 000 € (loyers) = 213 000 €

Ticket d'entrée total : ~600 000 € (acquisition + travaux + frais)

Option B — Jeanbrun ancien Loc2 Lyon Croix-Rousse (alternative budget plus modeste)

Acquisition T3 + studio Croix-Rousse : 380 000 € HT

Travaux : 130 000 € (34 % HT, sous plafond)

Base amortissable Loc2 ancien = 380 000 × 80 % + 130 000 = 434 000 €

Amortissement théorique = 434 000 × 3,5 % = 15 190 €/an, plafonné à 10 000 €/an (plafond Loc2)

Économie fiscale annuelle = 10 000 × 62,2 % (TMI 45 % + PS 17,2 %) = 6 220 €/an

Sur 9 ans : 6 220 × 9 = 55 980 € d'économie fiscale

Loyer Loc2 Lyon : ~750 €/mois × 12 × 9 = 81 000 €

Total avantage 9 ans = 55 980 € (éco fiscale) + 81 000 € (loyers Loc2) = 136 980 €

Ticket d'entrée total : ~510 000 € (acquisition + travaux + frais)

Verdict pour Hervé et Catherine : Malraux Sarlat, sans hésitation. L'écart fiscal pur (50 000 € en faveur de Malraux) compte, mais ce n'est pas ce qui a fait basculer la décision. Ce qui a tranché, c'est la cohérence avec leur objectif transmission : un immeuble entier à Sarlat se prête au démembrement de parts dès l'origine, ce qu'un T3 + studio à Lyon Croix-Rousse aurait beaucoup moins facilité. Le ticket 600 k€ rentre dans leur capacité 700 k€ avec un peu de marge pour les imprévus chantier. Montage retenu : SCI familiale à l'IR, nue-propriété aux deux enfants, usufruit conservé. Signature mars 2026, première imputation fiscale exercice 2026.

Cas n°3 — Marie-Astrid : Reims, TMI 41 %, hors SPR avec PSMV

Dr Marie-Astrid, 44 ans, dermatologue libérale à Reims. Antoine, son mari, ingénieur, salaire 75 k€. Un enfant. Revenus 2026 : Marie-Astrid 145 k€ BNC, Antoine 75 k€, total 220 k€. TMI 41 %. Patrimoine 950 k€ : RP 450 k€, AV 250 k€, PER 80 k€, livrets 170 k€. Capacité d'épargne 2026 : 60 000 €. Contrainte forte : elle veut investir à proximité de Reims, pour gérer le bien personnellement et ne pas multiplier les déplacements.

La géographie tranche presque tout le dossier. Reims dispose d'un SPR mais avec un PVAP (plan de valorisation), pas un PSMV approuvé. Conséquence directe : le taux Malraux applicable serait 22 %, pas 30 %. Et l'offre d'opérations Malraux à Reims reste rare, avec un surcoût ABF élevé sur des programmes neufs limités. La comparaison Malraux vs Jeanbrun perd son sens : ce n'est pas un arbitrage taux contre taux, c'est un dossier où Malraux est exclu de fait par l'environnement.

Option Jeanbrun ancien Loc2 Reims centre

Acquisition T3 60 m² Reims Cathédrale : 200 000 € HT

Travaux : 70 000 € (35 % HT, sous plafond)

Base amortissable Loc2 ancien = 200 000 × 80 % + 70 000 = 230 000 €

Amortissement annuel = 230 000 × 3,5 % = 8 050 €/an (sous le plafond Loc2 10 000 €)

Économie fiscale annuelle = 8 050 × 58,2 % (TMI 41 % + PS 17,2 %) = 4 685 €/an

Sur 9 ans : 4 685 × 9 = 42 165 € d'économie fiscale

Loyer Loc2 Reims : ~620 €/mois × 12 × 9 = 66 960 €

Total avantage 9 ans = 42 165 € + 66 960 € = 109 125 €

Ticket d'entrée total : ~290 000 € (acquisition + travaux + frais)

Verdict pour Marie-Astrid : Jeanbrun Loc2 Reims, et la discussion s'est arrêtée là. Pas de match Malraux/Jeanbrun à arbitrer dans son cas — Malraux Reims existe juridiquement (SPR avec PVAP, taux 22 %) mais l'offre tient sur les doigts d'une main, les surcoûts ABF sont disproportionnés, et son budget ne suit pas. Jeanbrun coche toutes ses contraintes : ticket sous 300 k€, marché Reims liquide, bien à proximité pour la gestion, économie fiscale annuelle juste sous 4 700 €. Quand la géographie ferme la porte à un dispositif, on arrête de comparer ligne à ligne. Montage retenu : Jeanbrun Loc2 financé à 80 % sur 20 ans, et l'épargne disponible continue d'alimenter son PER existant (80 k€) pour absorber la TMI 41 % côté BNC.

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9. Peut-on cumuler Jeanbrun et Malraux ?

Oui, à condition d'avoir deux biens distincts. Sur le même immeuble, c'est non — chaque bien choisit son régime à l'acquisition et n'en change plus. Mais rien ne vous empêche d'acheter un Jeanbrun ancien à Tours en mars 2026 et de signer un Malraux à Bordeaux Saint-Pierre en novembre de la même année. Le foncier Jeanbrun et la réduction Malraux se déclarent indépendamment l'un de l'autre, sur la même année fiscale.

Cumul autorisé sur 2 biens distincts

La règle est simple : tant que vous achetez deux biens différents, les deux dispositifs produisent leur plein effet. Jeanbrun déduit ses amortissements et charges des revenus fonciers du bien Jeanbrun. Malraux ouvre droit à une réduction d'impôt calculée sur les travaux du bien Malraux. Aucun des deux n'entre dans le plafond global des niches fiscales de 10 000 € (Malraux en est sorti depuis la LF 2013 — loi 2012-1509 art. 73 —, Jeanbrun n'y entre pas car il agit sur l'assiette foncière, pas en réduction directe).

Concrètement, sur un même foyer fiscal en 2026 : un T2 ancien à Tours en Jeanbrun (rénovation 30 % du prix, location nue 9 ans) et un appartement à Bordeaux dans le SPR Saint-Pierre en Malraux (PSMV, taux 30 %, location 9 ans). Les déclarations 2044 pour le foncier Jeanbrun et 2042-RICI pour la réduction Malraux coexistent sans interférence.

Exemple chiffré — dirigeant TMI 45 %, budget global 700 k€

Hypothèse : SAS lyonnaise, capacité d'investissement 700 k€, TMI 45 % + 17,2 % PS, soit 62,2 % d'économie marginale sur les revenus fonciers.

Bien 1 — Jeanbrun ancien Tours, 250 k€ (dont 60 k€ travaux). Amortissement annuel ~9 000 € × 62,2 % = 5 598 €/an d'économie d'impôt foncier × 9 ans = 50 382 €.

Bien 2 — Malraux Bordeaux Saint-Pierre, 450 k€ (dont 200 k€ travaux éligibles). Réduction 30 % × 200 000 = 60 000 € imputés sur 2 ans (30 k€ en 2026, 30 k€ en 2027).

Cumul économie d'impôt sur 9 ans : 110 382 €, sans toucher au plafond niches dans les deux cas.

Sur le même bien : impossible

Le code général des impôts impose un choix à l'acquisition. Vous ne pouvez pas activer Malraux sur les travaux puis Jeanbrun sur l'amortissement du même immeuble. Malraux paie la restauration patrimoniale en SPR via une réduction d'impôt ; Jeanbrun paie la mise en location longue durée via l'amortissement. Deux logiques fiscales séparées — Bercy refuse qu'on les empile sur le même acte.

Le bien choisit son régime au moment de l'acte. Une fois la case cochée, retour en arrière interdit, sauf à céder le bien et en racheter un autre — ce qui annule l'intérêt du montage.

Quand ce cumul a vraiment du sens

Le cumul n'est pas une fin en soi. Il commence à devenir pertinent à partir d'un certain niveau de revenus, de capacité d'investissement et d'appétence pour le patrimoine bâti.

CritèreSeuil indicatifPourquoi
TMI≥ 41 %L'amortissement Jeanbrun et la réduction Malraux ne paient leur frottement qu'à partir d'une fiscalité élevée
Capacité d'investissement≥ 600 k€Pour absorber un Jeanbrun de 200-300 k€ et un Malraux de 350-500 k€ sans tendre la trésorerie
Horizon≥ 22 ans côté JeanbrunPour neutraliser la réintégration des amortissements en plus-value
Appétence patrimonialeForte sur le bâti ancien protégéLe Malraux n'est pas un produit financier, c'est un projet patrimonial
Diversification géographiqueMix zone tendue + cœur historiqueJeanbrun en zone locative dynamique, Malraux en cœur de ville touristique

Programmes mixtes : un seul régime par lot

Sur certains programmes en SPR, le promoteur propose plusieurs régimes au choix (Malraux, Jeanbrun, déficit foncier). Chaque lot reste sous un seul régime. Vous ne pouvez pas activer deux dispositifs sur le même appartement, même si la commercialisation laisse penser le contraire. Lisez la grille de prix : un lot Malraux et un lot Jeanbrun n'ont pas la même décomposition foncier/travaux, et le prix au m² travaux compris diffère sensiblement.

10. Quelles erreurs et pièges éviter ?

Le trio gagnant des erreurs vues en cabinet : confondre PSMV (30 %) et PVAP (22 %), sous-estimer le surcoût ABF, vendre un Jeanbrun avant 22 ans sans avoir simulé la plus-value. Sept autres pièges suivent, plus discrets mais tout aussi onéreux.

Erreur n°1 — Croire que toute commune historique est en SPR à 30 %

Le piège classique. Reims, Limoges, Bourges sont bien en SPR, mais avec un PVAP, donc Malraux à 22 % seulement. Bordeaux, Lille, Strasbourg, Sarlat, Aix-en-Provence sont en SPR avec PSMV, donc 30 %. La différence sur 200 k€ de travaux : 16 k€ de réduction d'impôt en moins. Vérifiez sur l'Atlas des Patrimoines du Ministère de la Culture avant de signer le compromis, pas après.

Erreur n°2 — Sous-estimer le surcoût ABF

On l'a vu plusieurs fois : un budget travaux Jeanbrun de 1 800 €/m² qui passe à 3 500 €/m² côté Malraux, et le client tombe des nues. L'architecte du patrimoine facture 10 à 15 % contre 8 à 10 %. Le chêne massif, la tomette, le zinc à joints debout, l'ardoise de carrière imposée par l'ABF : on parle de 1,5 à 2,5 fois le coût d'un chantier conventionnel. Intégrez ce surcoût dès la simulation, sinon le rendement net réel dégringole.

Erreur n°3 — Confondre Malraux et Monuments Historiques

Malraux protège une zone (le SPR), MH protège un bien (le château classé, l'hôtel particulier inscrit). Côté fiscalité, rien à voir : Malraux donne une réduction d'impôt jusqu'à 30 % des travaux ; MH ouvre une déduction des charges sans plafond et une exonération de succession sous convention. J'ai vu plusieurs clients confondre les deux à la signature et découvrir trop tard que leur stratégie de défiscalisation ne correspondait pas au régime acté.

Erreur n°4 — Acheter un Malraux sans PSMV ou PVAP approuvé

Le taux 22 % nécessite que la restauration soit déclarée d'utilité publique (DUP), une procédure lourde portée par la collectivité. Sans PSMV ni PVAP approuvé et sans DUP, l'avantage Malraux ne s'applique pas. Demandez systématiquement au promoteur la copie de l'arrêté préfectoral, et faites-la vérifier par votre conseil avant signature.

Erreur n°5 — Croire que Jeanbrun accepte les maisons individuelles

Jeanbrun, c'est du collectif. Un immeuble à plusieurs logements, dans le neuf comme dans l'ancien rénové. Une maison de ville en SPR avec gros travaux : ce sera Malraux ou déficit foncier, pas Jeanbrun. Le client qui rêve d'une maison de bourg avec colombages doit réorienter sa stratégie.

Erreur n°6 — Vendre un Jeanbrun avant 22 ans sans simuler la plus-value

Article 150 VB du CGI, rédaction LF 2025 : les amortissements pratiqués sont réintégrés dans la plus-value imposable à la cession. Sur un Jeanbrun amorti 9 000 €/an pendant 5 ans, c'est 45 000 € qui viennent gonfler la base taxable. Avant de céder, faites tourner la simulation. Souvent, attendre l'année 22 (exonération IR pleine sur la plus-value immobilière) change radicalement le résultat net.

Erreur n°7 — Casser un engagement Malraux

Reprise totale des réductions déjà imputées, sauf trois cas légaux (décès, invalidité 2e ou 3e catégorie, perte d'emploi du contribuable ou conjoint). Sur 60 k€ étalés sur 2 ans, casser à l'année 5 = rappel de 60 k€ + intérêts de retard 0,2 %/mois (article 1727 CGI), soit environ 14 % d'intérêts cumulés. Le coût réel d'une rupture dépasse souvent le bénéfice initial du dispositif.

Erreur n°8 — Cumul Jeanbrun + Malraux sur le même bien

Confusion fréquente sur les programmes vendus en SPR avec mention « Loi Pinel ou Malraux » selon le lot. Le bien choisit son régime à l'acquisition, point. Pas de bascule rétroactive, pas de cumul sur le même appartement. Si le commercial vous laisse penser l'inverse, demandez la confirmation écrite du notaire avant signature.

Erreur n°9 — Louer à un membre du foyer fiscal

Interdit pour les deux dispositifs. Louer son Jeanbrun à son fils étudiant ou son Malraux à ses parents = perte du dispositif et reprise de l'avantage fiscal. La règle vaut pour le foyer fiscal au sens strict (conjoint, ascendants, descendants). Un cousin ou un beau-frère hors foyer reste possible, mais à prix de marché et sans complaisance manifeste.

Erreur n°10 — Sous-estimer les délais ABF

L'instruction du dossier par l'Architecte des Bâtiments de France peut prendre 6 à 12 mois sur les projets complexes. Si vous signez un compromis en janvier avec une condition suspensive de 4 mois sur l'autorisation ABF, vous risquez la caducité du compromis. Anticipez la phase d'instruction avant signature, ou prévoyez une condition suspensive longue.

11e erreur — signer sans simulation cross-dispositif

Le piège silencieux : choisir Malraux par enthousiasme patrimonial alors que le Jeanbrun ancien aurait délivré un meilleur rendement net après impôt sur le profil. Ou l'inverse, foncer en Jeanbrun quand le client avait un excédent foncier à absorber qui rendait le déficit foncier ou le Malraux plus performants. Avant de signer un quelconque dispositif, le bilan patrimonial Hagnéré Patrimoine compare Jeanbrun, Malraux, déficit foncier et nue-propriété sur votre situation réelle, avec chiffrage net après impôt à 9, 15 et 22 ans. 90 minutes de bilan, des chiffres nets à 9, 15 et 22 ans, et le bon dispositif sort de lui-même — souvent ce n'est pas celui auquel le client pensait en arrivant. Bilan patrimonial Hagnéré Patrimoine.

Glossaire et sources

Glossaire des termes employés

Loi Malraux (art. 199 tervicies CGI)
Dispositif fiscal créé en 1962 et réformé par la loi 2009-323 du 25 mars 2009. Ouvre droit à une réduction d'impôt sur le revenu de 22 % (SPR avec PVAP) ou 30 % (SPR avec PSMV ou QAD) du montant des travaux de restauration, dans la limite de 400 000 € sur une période de 4 années consécutives. Hors plafond global des niches fiscales depuis la loi 2012-1509 du 29/12/2012 (LF 2013), art. 73.
Dispositif Jeanbrun (art. 31-I-1° i et j CGI)
Dispositif d'amortissement locatif créé par la loi 2026-103 du 19 février 2026, article 47. Permet d'amortir le bien immobilier (hors terrain) sur la durée d'engagement locatif. S'applique au logement collectif neuf ou ancien rénové, en location nue à titre de résidence principale du locataire.
SPR (Site Patrimonial Remarquable)
Servitude d'utilité publique créée par la loi 2016-925 du 7 juillet 2016, articles L. 631-1 à L. 631-5 du Code du patrimoine. Remplace les anciens secteurs sauvegardés, AVAP et ZPPAUP. Couvre une zone urbaine ou rurale présentant un intérêt patrimonial. plus de 940 SPR en France.
PSMV (Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur)
Document d'urbanisme propre au SPR, plus protecteur que le PVAP. Approuvé par décret en Conseil d'État. Donne accès au taux Malraux 30 %.
PVAP (Plan de Valorisation de l'Architecture et du Patrimoine)
Document d'urbanisme alternatif au PSMV dans un SPR. Approuvé par délibération municipale après avis de la commission régionale. Donne accès au taux Malraux 22 %.
ABF (Architecte des Bâtiments de France)
Fonctionnaire du ministère de la Culture chargé du contrôle des travaux dans les zones protégées (art. L. 632-1 du Code du patrimoine). Son avis conforme conditionne la délivrance des autorisations d'urbanisme en SPR.
QAD (Quartier Ancien Dégradé)
Périmètre faisant l'objet d'une convention pluriannuelle avec l'ANRU ou d'une convention NPNRU. Donne également accès au taux Malraux 30 % sous conditions. Fermé aux nouveaux versements depuis fin 2024.
Plafond niches fiscales 10 000 € (art. 200-0 A CGI)
Plafond global d'imputation des avantages fiscaux liés à des investissements ou à des services à la personne. Malraux en est sorti par la loi de finances pour 2013 (loi 2012-1509 du 29/12/2012, art. 73), applicable aux opérations dont le permis ou la déclaration de travaux est déposé à compter du 01/01/2013. Le Pinel résiduel y entre, le Jeanbrun n'y entre pas (mécanisme d'amortissement, pas de réduction).
Réintégration amortissements en plus-value (art. 150 VB CGI, rédaction LF 2025 art. 84)
Mécanisme spécifique au Jeanbrun et aux dispositifs d'amortissement locatif. À la cession, les amortissements pratiqués sont réintégrés dans le prix d'acquisition corrigé, augmentant la plus-value imposable.

Sources et références

  • Loi 2026-103 du 19/02/2026 art. 47 — Création du dispositif Jeanbrun
  • Loi 2009-323 du 25/03/2009 art. 84 — Réforme Malraux post-2009
  • Loi 2016-925 du 7/07/2016 — Création des Sites Patrimoniaux Remarquables
  • Loi 2012-1509 du 29/12/2012 (LF 2013) art. 73 — Sortie du Malraux du plafond niches fiscales (applicable aux opérations dont le PC ou la DT est déposé à compter du 01/01/2013)
  • Art. 199 tervicies CGI — Réduction d'impôt Malraux
  • Art. 31-I-1° i et j CGI — Amortissement Jeanbrun neuf et ancien
  • Art. 200-0 A CGI — Plafond global des niches fiscales
  • Art. 156-I-3° CGI — Régime du déficit foncier
  • Art. 150 U et 150 VB CGI — Plus-values immobilières et réintégration des amortissements
  • Code du patrimoine art. L. 631-1 à L. 631-5 — Régime des Sites Patrimoniaux Remarquables
  • Code du patrimoine art. L. 632-1 — Contrôle de l'Architecte des Bâtiments de France
  • BOFiP BOI-IR-RICI-200 — Doctrine administrative Malraux
  • BOFiP BOI-IR-RICI-200-30 — Plafonds et taux Malraux
  • BOFiP BOI-BAREME-000017 — Plafonds de loyer 2026
  • Atlas des Patrimoines — Ministère de la Culture (vérification du classement SPR, PSMV, PVAP)
QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Conseiller en Gestion de Patrimoine · Fondateur Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré accompagne dirigeants, cadres et professions libérales sur les dispositifs de défiscalisation immobilière haut de gamme — Jeanbrun (LF 2026 art. 47), Malraux (art. 199 tervicies CGI), déficit foncier, LMNP — avec une approche cabinet patrimoniale globale. Cabinet basé à Chambéry, intervention à distance partout en France. Plus de 10 ans d'expérience sur la fiscalité du patrimoine.

CIFCOACOBSPCarte TORIAS 23002291CNCGP
Questions frequentes

Questions fréquentes sur Jeanbrun vs Malraux

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