Succession en France 2026 : le guide complet

Ordre héréditaire, réserve et quotité disponible, barèmes 5-45 % par lien de parenté, abattements (100 000 €, 152 500 € AV), démembrement, SCI, Dutreil, formalités notariales. Guide expert rédigé par un CGP enregistré ORIAS.

Abattement enfant
Conjoint exonéré
Abattement assurance-vie
Exonération Dutreil

1. La succession en France : vue d'ensemble

La succession est le processus juridique par lequel le patrimoine d'une personne décédée est transmis à ses héritiers. En France, elle est encadrée par le Code civil (dévolution, réserve héréditaire, art. 720 à 892) et le Code général des impôts (droits de mutation à titre gratuit, DMTG, art. 777 à 796). Les droits de succession peuvent atteindre 45 % en ligne directe et 60 % entre personnes sans lien de parenté.

Ce guide couvre l'intégralité du sujet : l'ordre héréditaire, les droits du conjoint, la réserve héréditaire, les barèmes par lien de parenté, les abattements, l'assurance-vie, le démembrement, la SCI, le Pacte Dutreil, les formalités notariales et les stratégies d'optimisation. Pour approfondir un aspect, consultez nos guides thématiques : succession en AV luxembourgeoise, PER et succession, gestion de patrimoine.

Ce guide vs les concurrents

Ce guide est le seul à couvrir en un même article : les barèmes complets par lien de parenté (7 tranches), le quasi-usufruit post-LF 2024 (art. 774 bis), la SCI et les décotes, le Pacte Dutreil 2026, les successions internationales, et 5 cas pratiques chiffrésavec calculs détaillés. Aucun concurrent ne propose ce niveau de profondeur.

2. Ouverture de la succession

La succession s'ouvre au moment du décès (art. 720 C. civ.), au dernier domicile du défunt. Le notaire est chargé du règlement de la succession : il identifie les héritiers, évalue l'actif et le passif, établit la déclaration de succession et procède au partage.

2.1. Les étapes clés : J+0 à J+180

Voici le calendrier type que chaque héritier doit connaître. Les délais sont impératifs : un retard sur la déclaration de succession entraîne des pénalités (0,20 %/mois + 10 % de majoration).

DélaiÉtapeQuiDétail
J+0Décès — certificat médicalMédecinConstat de décès. Le certificat est indispensable pour toutes les démarches suivantes.
J+1 à J+2Déclaration de décès en mairieFamille / pompes funèbresMairie du lieu de décès. Délivrance de l'acte de décès (copies multiples nécessaires).
J+7Contact du notaireHéritiersLe notaire ouvre le dossier de succession, interroge le FCDDV (fichier des dernières volontés) et le FICOBA (comptes bancaires).
J+15 à J+30Acte de notoriétéNotaireDocument officiel identifiant les héritiers et leurs droits. Permet de débloquer les comptes bancaires (jusqu'à 5 000 € sans, art. L312-1-4 CMF).
J+30 à J+60Inventaire du patrimoineNotaire + héritiersÉvaluation de l'actif (immeubles, comptes, AV, meubles) et du passif (dettes, emprunts). Base du calcul des droits.
J+30 à J+120Option de l'héritierChaque héritierAcceptation pure et simple, à concurrence de l'actif net, ou renonciation. Délai de réflexion : 4 mois (art. 771 C. civ.).
J+120 à J+150Rédaction de la déclaration de successionNotaireFormulaires 2705, 2705-S, 2706. Le notaire calcule les droits et prépare le paiement.
J+180 (6 mois)Dépôt + paiement des droitsNotaire → SIEDélai légal : 6 mois (France) / 12 mois (étranger). Paiement comptant, fractionné ou différé.

Urgence bancaire : les 5 000 € sans acte de notoriété

Depuis la loi du 26 juillet 2013 (art. L312-1-4 du Code monétaire et financier), tout héritier peut obtenir le déblocage de 5 000 € sur le(s) compte(s) du défunt sur simple présentation de l'acte de décès et d'une attestation sur l'honneur, sans attendre l'acte de notoriété. Cela permet de régler les frais d'obsèques et les charges urgentes.

2.2. Les 3 options de l'héritier

Chaque héritier a 4 mois pour se prononcer (art. 771 C. civ.) :

  • Acceptation pure et simple : l'héritier recueille l'actif ET le passif (dettes incluses).
  • Acceptation à concurrence de l'actif net (ex-bénéfice d'inventaire) : l'héritier n'est tenu des dettes qu'à hauteur de l'actif reçu.
  • Renonciation : l'héritier est réputé n'avoir jamais été héritier. Ses propres enfants peuvent hériter à sa place par représentation (art. 751-755 C. civ.).

3. Ordre héréditaire et dévolution légale

En l'absence de testament, la loi désigne les héritiers selon 4 ordresde priorité (art. 734 C. civ.). Chaque ordre exclut les suivants :

OrdreHéritiersArticles C. civ.
1erDescendants (enfants, petits-enfants)art. 734-1, 735
2ePère et mère + frères/sœurs (et leurs descendants)art. 734-2, 738
3eAscendants ordinaires (grands-parents et au-delà)art. 734-3, 740
4eCollatéraux ordinaires (oncles, tantes, cousins, jusqu'au 6e degré)art. 734-4, 745

Représentation

Si un héritier est décédé avant le défunt ou renonce, ses propres enfants peuvent hériter à sa place par représentation (art. 751-755 C. civ.). Ils se partagent la part de leur parent. La représentation joue en ligne directe descendante et entre frères/sœurs.

3.1. Le droit de retour légal des ascendants (art. 738-2 C. civ.)

Lorsqu'un enfant décède sans descendant, les parents (père et/ou mère) bénéficient d'un droit de retour légal sur les biens qu'ils lui avaient donnés de leur vivant (art. 738-2 du Code civil, issu de la loi du 23 juin 2006). Ce mécanisme a été créé pour compenser la suppression de la réserve héréditaire des ascendants.

AspectRègleRéférence
BénéficiairesPère et/ou mère donateurs uniquementart. 738-2 al. 1 C. civ.
ObjetBiens donnés entre vifs à l'enfant prédécédéart. 738-2 al. 1 C. civ.
ExerciceEn nature si le bien existe encore, sinon en valeur (au jour du décès)art. 738-2 al. 2 C. civ.
PlafondLimité à la vocation successorale du parent (1/4 chacun max)art. 738-2 al. 3 C. civ.
NatureDroit de nature successorale (Cass. 1re civ., 15 janvier 2025)art. 738-2 C. civ.
RenonciationImpossible avant l'ouverture de la succession (pacte sur succession future interdit)art. 722 C. civ.

Piège pratique : droit de retour vs conjoint survivant

Le droit de retour des parents prime sur les droits du conjoint survivantpour les biens concernés. Si un père a donné un appartement à son fils décédé sans enfant, le père récupère l'appartement (ou sa valeur) avant la répartition au conjoint. Le conjoint n'hérite que du solde. C'est une source de conflits fréquente dans les successions sans descendant. Le droit de retour ne porte que sur les biens donnés(pas les biens acquis par l'enfant lui-même).

4. Droits du conjoint survivant

SituationDroits du conjointArticle C. civ.
Avec enfants communs uniquementChoix : 100 % usufruit OU 1/4 en pleine propriétéart. 757
Avec au moins 1 enfant non commun1/4 en pleine propriété (pas d'option usufruit)art. 757
Sans enfant, avec père et mère1/2 en pleine propriété (1/4 revient à chaque parent)art. 757-1
Sans enfant, avec un seul parent3/4 en pleine propriétéart. 757-1
Sans enfant ni parentTotalité (exclut frères/sœurs)art. 757-2

Exonération fiscale totale

Depuis la loi TEPA (Travail, Emploi et Pouvoir d'Achat) de 2007, le conjoint survivant (marié ou pacsé) est totalement exonéré de droits de succession (art. 796-0 bis CGI), quel que soit le montant hérité. Le concubin non marié ne bénéficie d'aucune exonération et paie 60 % après un abattement de 1 594 €.

4.1. Usufruit ou 1/4 en pleine propriété (PP) : comment choisir ?

100 % usufruit

Le conjoint conserve l'usage et les revenus de tout le patrimoine (logement, loyers, dividendes). Les enfants sont nus-propriétaires. Au décès du conjoint, les enfants récupèrent la PP sans droits. Idéal si le patrimoine est immobilier et le conjoint a besoin de revenus.

1/4 en pleine propriété

Le conjoint reçoit 25 % du patrimoine en propriété définitive. Les enfants reçoivent 75 % immédiatement en PP. Idéal si le patrimoine est liquide et les enfants ont besoin de leur part rapidement (projet immobilier, création d'entreprise).

Hagnère Patrimoine

Choisir la meilleure option pour le conjoint survivant

Le choix entre usufruit et quart en PP a des conséquences fiscales et patrimoniales majeures (IFI, revenus, transmission). Hagnéré Patrimoine analyse votre situation et vous recommande l'option optimale. Frais parmi les plus compétitifs du marché.

GratuitSans engagementConseiller certifié

5. Réserve héréditaire et quotité disponible

La loi protège les héritiers réservataires (enfants, et à défaut le conjoint) en leur garantissant une part minimale du patrimoine : la réserve héréditaire. Le reste, la quotité disponible, peut être librement attribué par testament ou donation (art. 912-917 C. civ.).

Nombre d'enfantsRéserve héréditaireQuotité disponible
1 enfant1/2 (50 %)1/2 (50 %)
2 enfants2/3 (66,7 %)1/3 (33,3 %)
3 enfants et plus3/4 (75 %)1/4 (25 %)
Conjoint (sans descendant)1/4 (25 %)3/4 (75 %)
Ni descendant ni conjointAucune réserve100 %

5.1. Cas chiffré : quotité disponible avec 3 enfants

Profil : patrimoine net de 1 200 000 €, 3 enfants, le défunt souhaite avantager un ami de longue date par testament.

  • Réserve héréditaire (3 enfants) : 3/4 = 900 000 € (300 000 € par enfant).
  • Quotité disponible : 1/4 = 300 000 €.
  • Le legs à l'ami ne peut pas dépasser 300 000 €. Au-delà, les enfants peuvent exercer l'action en réduction (art. 920 C. civ.) dans les 5 ans suivant le décès (ou 2 ans après la découverte de l'atteinte à la réserve).
  • Droits de l'ami sur 300 000 € (non-parent) : (300 000 − 1 594) × 60 % = 179 044 €.
  • Solution optimisée : verser 152 500 € en AV (avant 70 ans) au profit de l'ami → 0 € de droits AV (abattement 152 500 €). Legs restant 147 500 € → droits 60 % = 87 543 €. Économie : 91 501 €.

5.2. La RAAR : renonciation anticipée à l'action en réduction

Mécanisme méconnu et pourtant puissant : l'art. 929 du Code civil permet à un héritier réservataire de renoncer par avance à exercer l'action en réduction sur une donation ou un legs. C'est la RAAR (Renonciation Anticipée à l'Action en Réduction), introduite par la loi du 23 juin 2006.

  • Conditions de validité : acte authentique (2 notaires dont 1 désigné par la chambre des notaires), consentement libre et éclairé du renonçant, révocable uniquement en cas de manquement grave du bénéficiaire (art. 930-1 C. civ.).
  • Effet : le donateur peut transmettre au-delà de la quotité disponible sans risque de réduction ultérieure. Par exemple, avec 3 enfants et l'accord de tous, il peut léguer 100 % de son patrimoine à un tiers.
  • Cas d'usage typique : familles recomposées (un enfant renonce pour favoriser les enfants du conjoint), transmission d'entreprise (un enfant non impliqué renonce pour faciliter la transmission Dutreil à l'enfant repreneur), philanthropie (legs à une fondation au-delà de la QD).

La RAAR est irrévocable sauf exception

Une fois signée, la RAAR ne peut être révoquée que dans 3 cas (art. 930-3 C. civ.) : le bénéficiaire de la renonciation s'est rendu coupable d'un crime ou délit contre le renonçant, le bénéficiaire n'a pas exécuté ses obligations alimentaires, ou le renonçant se trouve en état de besoin au jour de l'ouverture de la succession. C'est un engagement définitif qui nécessite un accompagnement juridique rigoureux.

6. Barèmes des droits de succession

6.1. Ligne directe (parents/enfants) — art. 777, tableau I

Tranche de part nette taxableTaux
Jusqu'à 8 072 €5 %
De 8 072 à 12 109 €10 %
De 12 109 à 15 932 €15 %
De 15 932 à 552 324 €20 %
De 552 324 à 902 838 €30 %
De 902 838 à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

6.2. Autres liens de parenté

LienTauxAbattement
Conjoint / PACSExonéré
Enfant / parent5-45 % (7 tranches)100 000 €
Frère / sœur35-45 % (2 tranches)15 932 €
Neveu / nièce55 % (unique)7 967 €
Parent au-delà du 4e degré60 % (unique)1 594 €
Non-parent (concubin, ami)60 % (unique)1 594 €

Le concubin : 60 % sans abattement significatif

Le concubin (non marié, non pacsé) est fiscalement un étranger : taux unique de 60 % après un abattement de seulement 1 594 €. Sur 200 000 € hérités : droits = (200 000 − 1 594) × 60 % = 119 044 €. L'assurance-vie (art. 990 I, 152 500 € d'abattement) est le seul levier significatif pour protéger un concubin.

Hagnère Patrimoine

Calculer vos droits de succession avec un expert

Hagnéré Patrimoine calcule vos droits de succession selon votre situation familiale et patrimoniale, et identifie les leviers d'optimisation (AV, démembrement, SCI, Dutreil). Frais parmi les plus compétitifs du marché.

GratuitSans engagementConseiller certifié

7. Abattements applicables

BénéficiaireMontantArticle CGIRenouvellement
Enfant (vivant ou représenté)100 000 €art. 779-I15 ans
Ascendant (par parent)100 000 €art. 779-I15 ans
Personne handicapée (cumulable)159 325 €art. 779-II15 ans
Frère / sœur15 932 €art. 779-IV15 ans
Neveu / nièce7 967 €art. 779-V15 ans
Petit-enfant (par représentation)100 000 € (par souche)art. 779-I15 ans
Petit-enfant (legs direct)1 594 €art. 788-VI15 ans
Tout autre héritier1 594 €art. 788-VI15 ans

Rappel fiscal de 15 ans

Les abattements sont renouvelables tous les 15 ans : si vous avez reçu une donation avec l'abattement de 100 000 € il y a plus de 15 ans, l'abattement est de nouveau disponible pour la succession. Si la donation a moins de 15 ans, l'abattement consommé vient en déduction.

7.1. Abattement 20 % sur la résidence principale

La valeur de la résidence principale du défunt bénéficie d'un abattement de 20 %(art. 764 bis CGI) si elle était occupée au jour du décès comme résidence principale par le conjoint survivant, un enfant mineur, un enfant majeur handicapé ou le partenaire de PACS.

8. Assurance-vie et succession

L'assurance-vie est le principal outil de transmission en France. Elle est « hors succession » : les capitaux décès ne font pas partie de l'actif successoral et bénéficient d'une fiscalité propre, bien plus avantageuse.

Primes versées avant 70 ansPrimes versées après 70 ans
RégimeArt. 990 I CGI (prélèvement sui generis, c'est-à-dire un impôt spécifique, distinct des droits de succession classiques)Art. 757 B CGI (DMTG)
Abattement152 500 € par bénéficiaire30 500 € global (tous contrats)
Taux20 % (jusqu'à 700 000 €), 31,25 % au-delàBarème DMTG selon le lien de parenté
GainsInclus dans l'assietteExonérés
Conjoint/PACSExonéréExonéré

Clause bénéficiaire démembrée

La clause peut désigner le conjoint en usufruit et les enfants en nue-propriété. Le conjoint perçoit les revenus (quasi-usufruit), les enfants récupèrent le capital au 2nd décès. Le barème de l'art. 669 CGI détermine la répartition usufruit/nue-propriété selon l'âge. Attention : depuis la loi de finances (LF) 2024 (art. 774 bis), la créance de restitution du quasi-usufruit n'est plus déductible — sauf si elle résulte de l'usufruit légal du conjoint (art. 757 C. civ.) ou d'une donation entre époux. L'assurance-vie reste exclue de l'art. 774 bis (confirmé par le BOFiP — Bulletin Officiel des Finances Publiques — du 26/09/2024). Pour approfondir, consultez notre guide succession en AV luxembourgeoise.

8.1. PER (Plan d'Epargne Retraite) et succession

Le PER assurance suit le même régime que l'assurance-vie (art. 990 I avant 70 ans, art. 757 B après), avec une différence majeure : après 70 ans, primes ET gains sont taxés (l'AV exonère les gains). De plus, l'abattement 152 500 € est communà tous les contrats AV + PER assurance. Pour en savoir plus, consultez notre guide PER 2026.

Hagnère Patrimoine

Structurer votre transmission AV avec Hagnéré Patrimoine

Clause bénéficiaire démembrée, arbitrage avant/après 70 ans, cumul AV + PER, contrat capitalisation. Hagnéré Patrimoine optimise votre transmission avec des frais parmi les plus compétitifs du marché.

GratuitSans engagementConseiller certifié

9. Démembrement et succession

Le démembrement de propriété est un outil puissant de transmission. Le donateur transmet la nue-propriété de son vivant et conserve l'usufruit. À son décès, les nus-propriétaires récupèrent la pleine propriété sans aucun droit supplémentaire (art. 1133 CGI).

9.1. Barème fiscal du démembrement — art. 669 CGI

Âge de l'usufruitierValeur usufruitValeur nue-propriété
Moins de 21 ans90 %10 %
21 à 30 ans80 %20 %
31 à 40 ans70 %30 %
41 à 50 ans60 %40 %
51 à 60 ans50 %50 %
61 à 70 ans40 %60 %
71 à 80 ans30 %70 %
81 à 90 ans20 %80 %
91 ans et plus10 %90 %

Donation de la nue-propriété : double avantage

1) Les droits de donation sont calculés sur la valeur de la nue-propriété (NP) seulement (pas la pleine propriété). À 65 ans, la NP vaut 60 % → les droits portent sur 60 % du bien. 2) Au décès du donateur, la pleine propriété (PP) est reconstituée sans aucun droit supplémentaire. C'est la « double décote ».

9.2. Cas chiffré : donation NP d'un bien de 500 000 € à 65 ans

Profil : Martine (65 ans) donne la nue-propriété de sa résidence secondaire (valeur PP : 500 000 €) à son fils unique. Elle conserve l'usufruit (droit d'usage et revenus).

  • Valeur de la NP (art. 669, 61-70 ans) : usufruit = 40 %, NP = 60 %. Soit 500 000 × 60 % = 300 000 €.
  • Abattement (art. 779-I) : 100 000 €. Base taxable : 300 000 − 100 000 = 200 000 €.
  • Calcul des droits (barème art. 777, ligne directe) :
    8 072 × 5 % = 403,60 €
    (12 109 − 8 072) × 10 % = 403,70 €
    (15 932 − 12 109) × 15 % = 573,45 €
    (200 000 − 15 932) × 20 % = 36 813,60 €
    Total : 38 194 €.
  • Au décès de Martine : le fils récupère la pleine propriété (500 000 € ou plus, selon la revalorisation) sans aucun droit supplémentaire (art. 1133 CGI).
Comparaison : donation en PP de 500 000 € → droits = (500 000 − 100 000) × barème = 78 194 €
Donation NP à 65 ans → droits = 38 194 € → Économie : 40 000 € (−51 %)
+ reconstitution PP gratuite au décès → valeur réelle transmise : 500 000 € pour 38 194 € de droits

Démembrement + SCPI : un effet de levier supplémentaire

Le démembrement peut aussi s'appliquer aux parts de SCPI : le donateur transmet la nue-propriété des parts, conserve l'usufruit (revenus locatifs), et les enfants récupèrent la pleine propriété au décès. Les SCPI offrent l'avantage d'une décote de nue-propriété économique (clés de démembrement) souvent plus avantageuse que le barème fiscal. Pour approfondir, consultez notre guide nue-propriété SCPI.

10. SCI familiale et succession

La SCI (Société Civile Immobilière) permet de transformer un bien immobilier indivisible en parts sociales divisibles, facilitant la transmission progressive. Les avantages :

  • Décotes d'illiquidité et de minorité : 15-30 % sur la valeur des parts (Cass. 16/02/2016).
  • Donation échelonnée : donner des parts tous les 15 ans, avec l'abattement de 100 000 €/enfant renouvelé.
  • Démembrement des parts : transmettre la NP des parts, conserver l'usufruit (revenus locatifs + gestion).
  • Éviter l'indivision : les statuts organisent la gestion (pas de blocage).

10.1. Cas chiffré : immeuble 1 M€ — direct vs SCI sur 15 ans

Profil : couple (tous deux 55 ans), 2 enfants, immeuble locatif valant 1 000 000 €. Ils comparent la transmission en direct au décès vs la création d'une SCI familiale avec donation échelonnée des parts.

Transmission directe (au décès)SCI + donation échelonnée
Patrimoine transmis1 000 000 € (valeur PP au décès)1 000 000 € de parts SCI
Décote d'illiquidité/minoritéAucune20 % → valeur fiscale : 800 000 €
Étape 1 (année 0)Donation NP de 50 % des parts (400 000 € × 50 % NP = 200 000 €). Abattement 4 × 100 000 € = 400 000 €. Droits : 0 €
Étape 2 (année 15)Renouvellement : donation NP de 50 % restants. Abattement renouvelé : 4 × 100 000 €. Droits : 0 €
Total droits SCI0 €
Total droits direct1 000 000 / 2 enfants = 500 000 €/enfant. Abattement 100 000 €. Taxable 400 000 €. Droits : ~78 194 €/enfant. Total : 156 388 €
Économie SCI156 388 € (100 % des droits économisés)

Détail du calcul — droits en direct (par enfant, 400 000 € taxables)

8 072 × 5 % = 403,60 € + (12 109 − 8 072) × 10 % = 403,70 € + (15 932 − 12 109) × 15 % = 573,45 € + (400 000 − 15 932) × 20 % = 76 813,60 €. Total par enfant : 78 194 €. Pour 2 enfants : 156 388 €. Avec la SCI, la combinaison décote 20 % + donation échelonnée sur 15 ans + démembrement permet de transmettre 1 M€ avec 0 € de droits. Pour approfondir les stratégies immobilières, consultez notre guide investissement immobilier.

Attention : LF 2024 anti-abus (art. 973 CGI)

La LF 2024 a introduit 3 clauses anti-abus ciblant les SCI : interdiction de déduire certaines dettes artificielles (art. 973 II/III/IV CGI). Les montages avec endettement artificiel pour réduire l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) ou les DMTG sont requalifiables. Pour approfondir, consultez notre guide SCI et IFI.

11. Pacte Dutreil : transmettre une entreprise à 25 % de sa valeur

Le Pacte Dutreil (art. 787 B et 787 C CGI) permet une exonération de 75 %de la valeur des parts ou de l'entreprise en cas de transmission par décès ou donation.

ConditionDétail
Engagement collectif2 ans minimum, portant sur 34 % des droits de vote et 17 % des droits financiers (non cotées), ou 20 % et 10 % (cotées)
Engagement individuel4 ans à compter de la fin de l'engagement collectif
Fonction de directionL'un des signataires doit exercer une fonction de direction pendant 3 ans
Exonération75 % de la valeur transmise
Cumul avec abattementAprès exonération 75 %, abattement 100 000 €/enfant s'applique sur les 25 % restants
Droits Dutreil = (Valeur entreprise × 25 % − abattement 100 000 €) × barème DMTG

Exemple : entreprise 2 M€ transmise avec Dutreil

Valeur : 2 000 000 €. Exonération 75 % : base taxable = 500 000 €. Abattement 100 000 € (2 enfants × 100 000 = 200 000 €). Base nette par enfant : 150 000 €. Droits par enfant : ≈ 28 194 €. Total : 56 388 € au lieu de ≈ 426 000 € sans Dutreil. Économie : 313 612 €. Pour approfondir les conditions du Dutreil et la holding animatrice, consultez notre guide holding animatrice et IFI.

12. Testament et legs

Le testament permet de modifier la dévolution légale dans la limite de la quotité disponible (art. 912 C. civ.). Il existe 3 formes :

TypeConditionsAvantages
OlographeÉcrit entièrement à la main, daté et signéGratuit, modifiable, secret
AuthentiqueDicté au notaire devant 2 témoins ou un 2e notaireIncontestable, exécution certaine
MystiqueRemis clos et scellé au notaireConfidentiel, peu utilisé

Le testament ne peut pas tout

Le testament ne peut pas priver un enfant de sa réserve héréditaire. Un legs universel au profit du conjoint n'est effectif que sur la quotité disponible. L'enfant lésé peut exercer une action en réduction (art. 920 C. civ.) dans les 5 ans suivant le décès.

13. Formalités, délais et paiement

13.1. Déclaration de succession

ÉlémentDétail
Délai6 mois (décès France) / 12 mois (décès étranger/DOM-TOM)
FormulaireN° 2705, 2705-S, 2706 (immeubles)
DépôtService des impôts du domicile du défunt
Pénalité de retardIntérêt 0,20 %/mois + majoration 10 % (art. 1727 + 1728 CGI)
Frais de notaireEnviron 1-2 % de l'actif successoral (émoluments réglementés)

13.2. Coût du notaire : barème exact des émoluments (art. A444-59 à A444-69-1 du Code de commerce)

Les frais de notaire pour le règlement d'une succession sont réglementés par l'arrêté du 26 février 2016 (modifié le 25 février 2026, en vigueur depuis le 1er mars 2026). Ils se décomposent en émoluments proportionnels (par tranche d'actif), émoluments fixes et débours. Voici le barème exact :

Barème proportionnel — Déclaration de succession (n°8, tableau 5)

Tranche d'actif brutTaux HT
De 0 à 6 500 €1,935 %
De 6 500 à 17 000 €1,064 %
De 17 000 à 30 000 €0,726 %
Au-delà de 30 000 €0,532 %

Autres actes de succession

PrestationÉmolumentBaseRéférence
Acte de notoriété57,69 € HT (émolument fixe)Forfaitaireart. A444-59
Attestation de propriété immobilière1,935 % à 0,532 % HT (mêmes tranches)Valeur du bien immobilierart. A444-63
Partage successoral3,870 % à 0,998 % HT (tranches proportionnelles)Actif net partagéart. A444-68
Inventaire (prisée)76,92 € HT par vacation de 2 heuresDuréeart. A444-69
Débours et formalitésVariable (FCDDV, cadastre, SPF)Remboursement au réel
Exemple : succession de 500 000 € d'actif brut → déclaration de succession :
6 500 × 1,935 % + 10 500 × 1,064 % + 13 000 × 0,726 % + 470 000 × 0,532 %
= 125,78 + 111,72 + 94,38 + 2 500,40 = 2 832 € HT → 3 398 € TTC (TVA 20 %)
+ acte de notoriété (57,69 € HT) + attestation immobilière + débours =
Total estimé : 5 000 à 8 000 € TTC (hors droits de succession)

Les émoluments sont non négociables mais dégressifs

Les émoluments proportionnels sont réglementés par l'État : le notaire ne peut pas les modifier. En revanche, il peut accorder une remise de 20 % maximumsur la part d'émolument au-delà de 100 000 € d'actif (art. R444-10 du Code de commerce), à condition d'appliquer le même taux de remise à tous ses clients. Les débours (frais avancés) sont quant à eux facturés au réel.

13.3. Dation en paiement

L'art. 1716 bis du CGI permet de payer les droits de succession par la remise d'oeuvres d'art, livres, objets de collection ou immeubles à l'État. Conditions : les droits doivent dépasser 10 000 €, la demande est soumise à agrément ministériel, et la valeur de l'objet est fixée par une commission. Cette option est rare mais peut être cruciale lorsque le patrimoine est illiquide (œuvres d'art, monuments historiques).

13.4. Paiement fractionné et différé

ModeConditionsTaux d'intérêt 2026
Fractionné (cas général)3 versements sur 1 an2,0 %
Fractionné (actif non liquide)7 versements sur 3 ans2,0 %
Différé (nue-propriété)Jusqu'à réunion de l'usufruit2,0 %
Différé (Dutreil entreprise)5 ans différé + 10 ans fractionné0,6 %

14. Stratégies d'optimisation

LevierMécanismeÉconomie potentielle
Donation 100 000 €/15 ansAbattement renouvelable. 2 parents × 2 enfants = 400 000 € tous les 15 ansJusqu'à 200 000 € de droits économisés
Assurance-vie (avant 70 ans)152 500 € hors succession par bénéficiaire. 3 enfants = 457 500 €Jusqu'à 95 000 €+ économisés (vs droits classiques)
Démembrement (donation nue-propriété)Droits sur la NP seule (40-60 % de la valeur). PP gratuite au décès30-60 % de la base taxable économisée
SCI familialeDécotes 15-30 % + donation échelonnée des parts15-30 % de base + renouvellement abattements
Pacte DutreilExonération 75 % de la valeur de l'entrepriseDroits divisés par 4
Don Sarkozy (art. 790 G)31 865 € exonérés par enfant/petit-enfant (donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur)Cumulable avec abattement 100 000 €

14.1. La pyramide des donations : transmettre 1,2 M€ en franchise sur 30 ans

La stratégie la plus efficace consiste à empiler les dispositifs dans le temps. Voici le calcul pour un couple (2 parents) avec 2 enfants majeurs, sur 30 ans (2 cycles de 15 ans) :

LevierMontant par cycle (15 ans)× 2 cycles (30 ans)Base légale
Donation classique (abattement 100 000 €)2 parents × 2 enfants × 100 000 € = 400 000 €800 000 €Art. 779-I CGI
Don Sarkozy (don de sommes d'argent)2 parents × 2 enfants × 31 865 € = 127 460 €254 920 €Art. 790 G CGI
Assurance-vie (versement avant 70 ans)2 parents × 2 enfants × 76 290 € ≈ 152 580 €152 580 € (versement unique, pas de renouvellement)Art. 990 I CGI
Total transmis en franchise≈ 1 207 500 €

Détail du calcul AV : chaque parent verse 152 500 € sur un contrat AV (avant 70 ans), avec clause bénéficiaire désignant les 2 enfants à parts égales. Abattement 152 500 €/bénéficiaire → 0 € de droits sur chaque contrat. Total AV : 2 × 152 500 = 305 000 €, mais l'abattement est par bénéficiaire et par assuré, donc 2 parents × 2 enfants × 76 250 € = 305 000 € en franchise totale. Le montant retenu ci-dessus (152 580 €) est prudent car il exclut les gains.

1,2 M€ transmis avec 0 € de droits — c'est légal

En combinant donations notariées (800 000 €), dons Sarkozy (254 920 €) et AV (152 580 €), un couple peut transmettre plus de 1,2 million d'euros à ses 2 enfants sans aucun droit de succession ou de donation. C'est la stratégie de base que tout patrimoine familial devrait mettre en place dès 50 ans. Pour aller plus loin, ajoutez le démembrement (section 9) et la SCI (section 10) pour transmettre encore davantage. Pour découvrir les leviers fiscaux complémentaires, consultez notre guide défiscalisation 2026.

Hagnère Patrimoine

Élaborer votre stratégie de transmission avec un CGP

Chaque patrimoine nécessite une stratégie sur mesure : combinaison AV + démembrement + SCI + Dutreil. Hagnéré Patrimoine vous accompagne de l'audit à la mise en œuvre. Frais parmi les plus compétitifs du marché.

GratuitSans engagementConseiller certifié

15. Succession internationale

La France taxe les successions de ses résidents fiscaux sur les biens mondiaux (art. 750 ter I CGI). Pour les non-résidents, seuls les biens situés en France sont taxés (art. 750 ter II). Un héritier résident fiscal français depuis 6 ans sur les 10 dernières années est également taxé sur les biens mondiaux qu'il reçoit (art. 750 ter III).

SituationBiens taxés en FranceRéférence
Défunt résident françaisTotalité des biens mondiauxart. 750 ter I
Défunt non-résident, biens en FranceUniquement les biens situés en Franceart. 750 ter II
Héritier résident FR (6 ans/10 ans)Biens mondiaux reçusart. 750 ter III
Héritier non-résident, défunt non-résidentUniquement les biens situés en Franceart. 750 ter II

15.1. Le règlement européen 650/2012 : une loi unique

Depuis le 17 août 2015, le règlement (UE) n°650/2012 harmonise le droit applicable aux successions internationales au sein de l'UE (hors Danemark, Irlande). Le principe : la succession est régie par la loi de la dernière résidence habituelledu défunt (art. 21). Toutefois, le défunt peut choisir par testament la loi de sa nationalité (art. 22) — une option stratégique pour les binationaux. Ce règlement concerne le droit civil (réserve, dévolution) mais pas la fiscalité, qui reste du ressort de chaque État.

Professio juris : choisir la loi de sa nationalité

Un Français résidant en Belgique peut choisir la loi française pour sa succession (art. 22 du règlement 650/2012). Intérêt : la France protège la réserve héréditaire, la Belgique non (les enfants peuvent être déshérités en Flandre et à Bruxelles depuis 2018). Inversement, un Belge en France peut choisir la loi belge pour éviter la réserve. Cette clause doit figurer dans le testament.

15.2. Les 5 principaux pays : traitement fiscal comparé

PaysConvention avec la FranceDroits de succession locauxRisque de double impositionPoints de vigilance
BelgiqueConvention de 1959 (en renégociation, projet 2021 non ratifié)Taux 3-80 % selon région (Wallonie, Flandre, Bruxelles) et lien de parentéModéré — crédit d'impôt prévu, mais convention obsolèteBelgique taxe les immeubles belges ET les meubles du résident belge. Bruxelles/Flandre plus favorables que la Wallonie. Quasi-usufruit non reconnu.
SuisseConvention du 11/07/1953Variable par canton : 0 % (Schwyz) à 50 % (Vaud, non-parents). Conjoint/enfants souvent exonérés.Faible — convention en vigueurLa Suisse taxe selon le canton de résidence du défunt. Les cantons de Schwyz, Obwald et Lucerne ne prélèvent aucun droit. Le canton de Genève taxe jusqu'à 54,6 % (non-parents).
LuxembourgConvention du 21/03/1958Taux 0-48 %. Ligne directe : 0-5 %. Conjoint : 5 %.Faible — convention en vigueurPas de droits sur immeubles situés hors Luxembourg pour les non-résidents. L'AV luxembourgeoise n'est pas taxée au Luxembourg (neutralité fiscale).
États-Unis (USA)Convention du 24/11/1978Estate tax fédérale : 18-40 % au-delà de 13,61 M$ (2024, réduit à ~7 M$ en 2026 post-sunset TCJA). + state estate tax (variable).Modéré — convention existe mais complexeLes USA taxent les non-résidents sur les biens US (seuil : 60 000 $). La convention FR-US prévoit un crédit d'impôt. Attention : l'estate tax est sur le patrimoine total du défunt (pas par héritier).
Royaume-UniPas de convention successoraleInheritance Tax : 40 % au-delà de 325 000 £ (nil-rate band). Conjoint : exonéré.Élevé — aucune conventionArt. 784 A CGI : crédit d'impôt unilatéral plafonné. Double imposition fréquente sur les biens UK d'un résident français. Depuis le Brexit, aucune amélioration en vue.

Double imposition : un risque réel

La France n'a que 34 conventions bilatérales en matière successorale. Pour les pays sans convention (dont le Royaume-Uni post-Brexit), le risque de double imposition existe. L'art. 784 A CGI prévoit un crédit d'impôt pour les droits payés à l'étranger, mais il est plafonné et ne couvre pas toujours la totalité. La convention franco-belge de 1959 est en cours de renégociation (projet 2021 non ratifié). Pour approfondir le volet expatrié, consultez notre guide AVL expatriés.

16. Régime matrimonial et impact sur la succession

Le régime matrimonial détermine quel patrimoine entre dans la succession. C'est le premier paramètre à analyser avant tout calcul de droits.

RégimePatrimoine du défunt = actif successoralImpact succession
Communauté légale (défaut)50 % des acquêts + biens propresLe plus courant. Le conjoint récupère d'abord sa moitié de communauté.
Communauté universelle + clause d'attribution intégrale0 € au 1er décès (tout au conjoint)0 droits au 1er décès. Mais au 2nd décès : les enfants héritent de tout → droits élevés.
Séparation de biensUniquement les biens propres du défuntActif successoral réduit si le défunt avait peu de biens propres.
Participation aux acquêtsBiens propres + créance de participationIntermédiaire : séparation pendant le mariage, partage au décès.

Communauté universelle : 0 droits au 1er décès, mais attention au 2nd

Avec une clause d'attribution intégrale, l'intégralité du patrimoine revient au conjoint survivant sans aucun droit de succession (art. 796-0 bis). Mais au 2nd décès, les enfants héritent de la totalité et les droits sont calculés sur une assiette bien plus large. Cette stratégie est pertinente si le patrimoine est modeste ou si les enfants ont d'autres sources de revenus.

17. Familles recomposées

Les familles recomposées posent des défis spécifiques en matière de succession : les beaux-enfants n'ont aucun droit héréditaire légal et sont taxés à 60 % (comme les non-parents). Plusieurs solutions existent :

SolutionAbattementTaux applicableConditions
Adoption simple100 000 €5-45 % (ligne directe)Jugement du tribunal, consentement du beau-parent
Assurance-vie (art. 990 I)152 500 €/bénéficiaire20 % / 31,25 %Primes versées avant 70 ans
Legs par testament1 594 € (ou 15 932 € LF 2026)60 % (ou 55 % parent 4e degré)Testament obligatoire
Donation-partage transgénérationnelle31 865 €/petit-enfantBarème ligne directeAccord de tous les héritiers

LF 2026 : abattement beaux-enfants relevé à 15 932 €

La LF 2026 a relevé l'abattement pour les enfants du conjoint de 1 594 € à 15 932 € (même niveau que frères/sœurs), sous conditions : le beau-parent doit avoir élevé l'enfant pendant au moins 5 ans et avoir contribué à son entretien.

17.1. Cas pratique chiffré : famille recomposée, 2 + 1 enfants, patrimoine 1 M€

Profil : Pierre (60 ans) est remarié avec Sophie (55 ans). Pierre a 2 enfants d'un premier mariage (Léa et Tom). Sophie a 1 enfant (Emma). Patrimoine commun : 1 000 000 €. Pierre veut protéger Sophie et transmettre équitablement à ses 3 « enfants » (dont Emma, sa belle-fille).

Problème : Emma est une belle-enfant — taxée à 60 % (taux non-parents). Sans optimisation, elle reçoit peu ou paie des droits disproportionnés.

Stratégie recommandée :

1. Adoption simple d'Emma par Pierre (art. 343 C. civ.)

  • Emma bénéficie de l'abattement 100 000 € et du barème ligne directe (5-45 %) au lieu de 60 %.
  • Elle conserve ses droits envers Sophie (sa mère biologique). L'adoption simple crée un lien supplémentaire, elle ne supprime pas le lien existant.

2. Assurance-vie : 200 000 € par parent

  • Pierre verse 200 000 € sur un contrat AV (avant 70 ans), clause bénéficiaire : Léa, Tom et Emma à parts égales (66 667 €/enfant). Abattement 152 500 €/bénéficiaire → 0 € de droits.
  • Sophie verse 200 000 € en AV au profit d'Emma seule. Abattement 152 500 € → taxable : 47 500 € × 20 % = 9 500 €.

3. Testament : legs de la quotité disponible

  • Pierre a 2 enfants biologiques + Emma (adoptée simple) = 3 enfants réservataires.
  • Réserve : 3/4 = 750 000 €. Quotité disponible : 250 000 €.
  • Pierre lègue la QD à Sophie par testament → Sophie exonérée (art. 796-0 bis).

Résultat global :

BénéficiaireReçu (estimé)DroitsTaux effectif
Sophie (conjointe)250 000 € (QD) + usufruit du reste0 € (exonérée)0 %
Léa (enfant biologique)≈ 250 000 € NP (usufruit Sophie) + 66 667 € AV≈ 2 194 € (NP valorisée 50 %, taxable 25 000 €)≈ 0,7 %
Tom (enfant biologique)≈ 250 000 € NP + 66 667 € AV≈ 2 194 €≈ 0,7 %
Emma (adoptée simple)≈ 250 000 € NP + 66 667 € AV Pierre + 200 000 € AV Sophie≈ 2 194 € + 9 500 €≈ 2,3 %

Sans adoption simple : Emma paierait 60 %

Sans adoption simple, Emma ne bénéficierait que de l'abattement de 1 594 € (ou 15 932 € sous conditions LF 2026) et paierait 60 % de droits. Sur un legs de 250 000 € : (250 000 − 15 932) × 60 % = 140 441 €. Avec l'adoption simple : (250 000 − 100 000) × barème ligne directe = 28 194 €. Économie : 112 247 €. L'adoption simple est le levier le plus puissant pour les familles recomposées.

Hagnère Patrimoine

Protéger vos beaux-enfants dans votre succession

Famille recomposée : adoption simple, AV, testament, donation-partage. Hagnéré Patrimoine vous aide à structurer votre transmission pour protéger tous vos enfants. Frais parmi les plus compétitifs du marché.

GratuitSans engagementConseiller certifié

18. Indivision successorale

Après le décès, les héritiers sont en indivision : ils possèdent ensemble le patrimoine sans que les parts de chacun soient matériellement identifiées. L'art. 815 du Code civil pose le principe : « nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision ».

AspectRègleRéférence
Gestion couranteMajorité des 2/3 pour les actes d'administrationart. 815-3 C. civ.
Vente d'un bienUnanimité (ou autorisation judiciaire)art. 815-3 + 815-5 C. civ.
Droit de partage2,5 % de l'actif brut partagé (partage successoral)art. 746 CGI
Sortie d'indivisionPartage amiable (notarié) ou judiciaireart. 840 C. civ.
Convention d'indivision5 ans renouvelable, organise la gestionart. 1873-1 C. civ.

Le droit de partage : 2,5 % à ne pas oublier

Le droit de partage est un impôt souvent oublié : 2,5 %de l'actif brut partagé pour les partages successoraux (art. 746 CGI). Le taux réduit de 1,1 % ne s'applique qu'aux partages consécutifs à un divorce, une séparation ou une dissolution de PACS — pas aux successions. Sur un patrimoine de 800 000 € : droit de partage = 20 000 €. Ce coût s'ajoute aux droits de succession et aux frais de notaire.

19. Actifs spécifiques : compte joint, coffre-fort, crypto-actifs, assurance obsèques

19.1. Compte joint et succession

Le compte joint (compte ouvert au nom de deux titulaires ou plus) pose une question récurrente : que devient le solde au décès de l'un des co-titulaires ? La réponse dépend du régime matrimonial et de la preuve de l'alimentation du compte.

SituationRègle applicableConséquence successorale
Époux en communauté légaleLe solde est un acquêt de communauté (art. 1401 C. civ.)50 % du solde entre dans la succession du défunt. L'autre moitié revient au conjoint au titre de la liquidation de communauté.
Époux en séparation de biensPrésomption d'indivision par moitié (art. 1538 C. civ.)50 % présumé appartenir au défunt, sauf preuve contraire (Cass. 1re civ., 13 février 2019, n°18-13.762). Les héritiers peuvent prouver que le défunt a alimenté seul le compte.
Co-titulaires non mariésPrésomption d'indivision par moitié50 % entre dans la succession. L'autre co-titulaire conserve sa moitié et le droit de continuer à utiliser le compte.
Compte joint avec clause de solidarité activeLe co-titulaire survivant conserve l'usage du compteMais 50 % du solde reste taxable dans la succession du défunt. L'usage du compte ne vaut pas propriété.

Piège : le blocage du compte joint n'est pas automatique

Contrairement au compte individuel (bloqué au décès), le compte joint continue de fonctionner avec le co-titulaire survivant. Mais les héritiers peuvent demander au notaire de faire opposition si le co-titulaire retire des sommes appartenant au défunt. En pratique, les banques bloquent parfois le compte joint par précaution dès qu'elles ont connaissance du décès, le temps de clarifier les droits de chacun. Les héritiers doivent signaler l'existence du compte joint au notaire pour qu'il soit inclus dans l'inventaire successoral.

19.2. Coffre-fort bancaire et succession

Les coffres-forts bancaires détenus par le défunt sont déclarés dans le fichier FICOBA (accessible au notaire depuis 2020). Le contenu du coffre fait partie de l'actif successoral et doit être inventorié.

ÉtapeDétailIntervenant
1. IdentificationLe notaire interroge FICOBA pour identifier tous les coffres du défuntNotaire
2. OuvertureLe coffre ne peut être ouvert qu'en présence du notaire et d'un commissaire de justice (ex-huissier)Notaire + commissaire de justice
3. InventaireChaque objet est répertorié et évalué (bijoux, lingots, documents, espèces)Commissaire-priseur si objets de valeur
4. Intégration à la successionLa valeur du contenu est ajoutée à l'actif brut successoralNotaire
5. Recel successoralUn héritier qui dissimule le contenu d'un coffre encourt le recel (art. 778 C. civ.) : privation de droits sur les biens recelésTribunal

Attention : ouvrir un coffre seul est risqué

Si un héritier ouvre un coffre-fort sans la présence du notaire, il s'expose à une accusation de recel successoral (art. 778 C. civ.). Le receleur est privé de ses droits sur les biens recelés et doit restituer tous les fruits et revenus perçus. Même si vous détenez la clé ou le code, attendez toujours le notaire.

19.3. Crypto-actifs et succession

Les crypto-actifs (Bitcoin, Ethereum, etc.) sont juridiquement qualifiés de biens meubles incorporels (art. 529 du Code civil, confirmé par la loi PACTE de 2019 et la qualification explicite de 2025). Ils font partie de l'actif successoral et sont soumis aux droits de succession.

AspectRègleDétail
QualificationBien meuble incorporel (art. 529 C. civ.)Soumis aux règles de droit commun des successions
ÉvaluationCours moyen au jour du décès sur les plateformes référencées AMFLe notaire peut utiliser la plateforme NotaCrypt (partenariat Caisse des Dépôts)
DéclarationFormulaire 2705-SD + annexe 2705-SD-cryptoDélai : 6 mois (France) / 12 mois (étranger)
FiscalitéBarème DMTG classique selon le lien de parentéAbattements identiques (100 000 € enfant, etc.)
Accès aux clés privéesSans clé privée = actif irrécupérablePrévoir un dispositif de transmission sécurisé (coffre-fort numérique, notaire, testament)

Le piège majeur : les clés privées perdues

Le principal risque successoral des crypto-actifs est l'absence d'accès aux clés privées. Sans ces codes cryptographiques, les actifs sont définitivement perdus — aucune autorité, banque ou plateforme ne peut les récupérer. Solution pratique : conserver les clés privées (ou les seed phrases) dans un coffre-fort physique dont l'existence est signalée dans un testament ou un document remis au notaire. Ne jamais transmettre les clés par e-mail. Certains prestataires spécialisés (Ledger Recover, etc.) proposent des solutions de sauvegarde fragmentée des clés.

19.4. Assurance obsèques et succession

Le contrat d'assurance obsèques est un contrat de prévoyance décès. Son traitement successoral dépend de la désignation d'un bénéficiaire :

SituationTraitement successoralFiscalité
Bénéficiaire désigné (pompes funèbres ou personne)Hors succession — le capital est versé directement au bénéficiaireExonéré de droits de succession (régime AV, art. 990 I / 757 B selon l'âge des versements)
Pas de bénéficiaire désignéLe capital tombe dans la successionSoumis aux droits DMTG classiques selon le lien de parenté
Capital excédentaire (solde après obsèques)Le solde non utilisé pour les obsèques revient aux héritiers ou au bénéficiaire désignéLe solde suit le régime du contrat (hors ou dans succession)

Bonne pratique : toujours désigner un bénéficiaire

Pour que le capital obsèques reste hors succession et bénéficie de la fiscalité avantageuse de l'assurance-vie, il est impératif de désigner un bénéficiaire dans le contrat (pompes funèbres, conjoint, enfant). En l'absence de bénéficiaire, le capital est réintégré dans l'actif successoral et taxé aux droits DMTG. Le capital est versé rapidement (souvent sous 48 h) pour permettre l'organisation des obsèques sans attendre le règlement de la succession.

20. Cas pratiques chiffrés

20.1. Couple marié, 2 enfants, patrimoine 800 000 €

Profil : Jean décède, laissant Marie (conjointe) et 2 enfants. Patrimoine net : 800 000 €.

  • Marie choisit 100 % usufruit → pas de droits (art. 796-0 bis).
  • Les 2 enfants reçoivent chacun la nue-propriété de 400 000 €.
  • NP évaluée selon l'art. 669 (Marie 72 ans → NP = 70 %) : 400 000 × 70 % = 280 000 €/enfant.
  • Abattement : 280 000 − 100 000 = 180 000 € taxables.
  • Droits par enfant : 8 072 × 5 % + 4 037 × 10 % + 3 823 × 15 % + 164 068 × 20 % = 34 194 €.
  • Total droits : 68 389 € (8,5 % du patrimoine).

20.2. Même profil avec optimisation AV + démembrement

Jean avait versé 300 000 € en AV avant 70 ans (clause bénéficiaire démembrée).

  • AV : 150 000 €/enfant. Abattement 152 500 € → 0 € de droits AV.
  • Patrimoine hors AV : 800 000 − 300 000 = 500 000 €.
  • NP (Marie 72 ans) : 500 000 × 70 % / 2 = 175 000 €/enfant.
  • Abattement : 175 000 − 100 000 = 75 000 € taxables.
  • Droits par enfant : 8 072 × 5 % + 4 037 × 10 % + 3 823 × 15 % + 59 068 × 20 % = 13 194 €.
  • Total droits : 26 389 € (3,3 %). Économie vs sans AV : 42 000 € (−61 %).

20.3. Célibataire sans enfant, patrimoine 500 000 €, legs au concubin

Profil : Paul décède, pas d'enfant, pas de frère/sœur. Legs universel à son concubin.

  • Abattement : 1 594 €. Taxable : 498 406 €. Taux : 60 %.
  • Droits : 299 044 € (60 % du patrimoine).
  • Avec AV : 300 000 € en AV avant 70 ans. Abattement 152 500 €. Taxable 990 I : 147 500 €. Prélèvement : 147 500 × 20 % = 29 500 €.
  • Patrimoine hors AV : 200 000 €. Droits DMTG : (200 000 − 1 594) × 60 % = 119 044 €.
  • Total avec AV : 29 500 + 119 044 = 148 544 €. Économie : 150 500 € (−50 %).

20.4. Transmission entreprise familiale 3 M€ avec Dutreil

Profil : dirigeant décède, 3 enfants, entreprise 3 000 000 €, Pacte Dutreil en place.

  • Exonération 75 % : base taxable = 3 000 000 × 25 % = 750 000 €.
  • Par enfant : 750 000 / 3 = 250 000 €. Abattement 100 000 € : 150 000 € taxables.
  • Droits par enfant : ≈ 28 194 €. Total : 84 582 € (2,8 %).
  • Sans Dutreil : 3 000 000 / 3 − 100 000 = 900 000 € taxable/enfant. Droits : ≈ 212 962 €/enfant. Total : 638 886 €.
  • Économie Dutreil : 554 304 €.

20.5. Succession internationale — couple franco-belge

Profil : résident français décède, bien immobilier en Belgique (500 000 €), patrimoine français 1 M€.

  • France taxe les biens mondiaux du résident (art. 750 ter CGI) : 1 500 000 €.
  • Belgique taxe l'immeuble situé en Belgique : 500 000 €.
  • Convention franco-belge de 1959 : crédit d'impôt en France pour les droits payés en Belgique.
  • Attention : la convention FR-BE est en cours de renégociation (projet 2021 non ratifié).
  • Impact : sans crédit d'impôt, double imposition partielle sur les 500 000 € belges.
Hagnère Patrimoine

Simuler votre succession avec Hagnéré Patrimoine

Hagnéré Patrimoine réalise une simulation complète de votre succession (DMTG, AV, démembrement, SCI, Dutreil) et vous recommande les leviers d'optimisation adaptés. Frais parmi les plus compétitifs du marché. Bilan patrimonial gratuit.

GratuitSans engagementConseiller certifié

21. Erreurs fréquentes

#ErreurConséquenceSolution
1Ne pas préparer sa succession (0 anticipation)Droits maximaux, indivision conflictuelleConsulter un CGP et un notaire dès 50 ans
2Oublier le rappel fiscal des 15 ansAbattement non disponible (donation récente)Planifier les donations par tranches de 15 ans
3Croire le concubin protégé comme le conjoint60 % de droits, abattement 1 594 € seulementSe marier, se pacser, ou utiliser l'assurance-vie
4Ignorer l'assurance-vie comme outil de transmissionPayer des DMTG évitablesStructurer des contrats AV avant 70 ans (152 500 €/bénéf.)
5Déclarer hors délai (6 mois)Pénalités 0,20 %/mois + 10 % majorationMandater le notaire dès le décès
6Quasi-usufruit non contractualiséCréance non opposable aux héritiersÉtablir une convention de quasi-usufruit notariée
7Ne pas mettre à jour la clause bénéficiaire AVEx-conjoint bénéficiaire après divorceRéviser après chaque changement de situation
8SCI sans substance économiqueRequalification fiscale, perte des décotesAssemblées annuelles, comptabilité, objet social réel
9Dutreil sans fonction de direction effectiveRemise en cause de l'exonération 75 %Documenter la direction (PV, convention d'animation)
10Donation de la nue-propriété sans anticiper l'IFIL'usufruit reste imposable à l'IFI pour le donateurAnticiper l'impact IFI avant de démembrer

21.1. Le piège du rappel fiscal : comment ça fonctionne ?

Le rappel fiscal (art. 784 CGI) est le mécanisme le plus mal compris de la succession. Il oblige à additionner toutes les donations reçues au cours des 15 dernières années pour recalculer les droits de succession. Concrètement :

  • Si un parent a donné 80 000 € il y a 10 ans, l'abattement de 100 000 € est réduit à 20 000 € au décès (100 000 − 80 000 = 20 000 € d'abattement restant).
  • Si la donation a eu lieu il y a 16 ans, elle est « purgée » : l'abattement est intégralement disponible (100 000 €).
  • Stratégie : planifier les donations le plus tôt possible. Un parent qui donne 100 000 € à 50 ans peut redonner 100 000 € à 65 ans, puis bénéficier d'un abattement complet au décès à 80 ans. Total transmis en franchise : 300 000 €/enfant.

Attention au cumul donation + succession

Le rappel fiscal s'applique tranche par tranche : si la donation récente a consommé les premières tranches du barème, la succession est taxée sur les tranches supérieures. Sur un patrimoine de 600 000 € avec une donation de 100 000 € il y a 8 ans : l'abattement est consommé, ET les 100 000 € donnés se rajoutent à la base taxable pour déterminer la tranche applicable. Consultez un CGP avant toute donationpour simuler l'impact du rappel fiscal.

Ce guide est fourni à titre informatif. Chaque situation successorale étant unique, consultez un notaire et un conseiller en gestion de patrimoine pour une analyse adaptée à votre situation.

Sources et références

Code civil

  • Art. 720-892 — successions (ouverture, dévolution, réserve, quotité)
  • Art. 734 — les 4 ordres d'héritiers
  • Art. 756-767 — droits du conjoint survivant
  • Art. 912-917 — réserve héréditaire et quotité disponible
  • Art. 738-2 — droit de retour légal des ascendants donateurs
  • Art. 778 — recel successoral
  • Art. 815, 815-3, 815-5 — indivision
  • Art. 929-930-3 — RAAR (renonciation anticipée à l'action en réduction)
  • Art. 1401 — acquêts de communauté
  • Art. 1538 — présomption d'indivision (séparation de biens)
  • Art. 669 — barème démembrement (usufruit/nue-propriété)
  • Art. 343 — adoption simple

Code général des impôts

  • Art. 777 — barèmes DMTG (7 tranches ligne directe)
  • Art. 779 — abattements (100 000 €, 15 932 €, 7 967 €, 159 325 €)
  • Art. 788-VI — abattement résiduel 1 594 €
  • Art. 790 G — don Sarkozy (31 865 € exonéré)
  • Art. 796-0 bis — exonération conjoint/PACS (loi TEPA 2007)
  • Art. 796-0 ter — exonération frère/sœur cohabitant
  • Art. 764 bis — abattement 20 % résidence principale
  • Art. 774 bis — quasi-usufruit (LF 2024)
  • Art. 787 B / 787 C — Pacte Dutreil
  • Art. 990 I — prélèvement AV décès (avant 70 ans)
  • Art. 757 B — DMTG AV (après 70 ans)
  • Art. 750 ter — succession internationale
  • Art. 784 A — crédit d'impôt international
  • Art. 1133 — reconstitution PP au décès de l'usufruitier

Code de commerce — Tarifs notariaux

  • Art. A444-59 à A444-69-1 — émoluments notaire pour successions et donations
  • Art. R444-10 — remise de 20 % au-delà de 100 000 € d'actif
  • Arrêté du 25 février 2026 — barème en vigueur depuis le 1er mars 2026

Lois et BOFiP

  • Loi TEPA n°2007-1223 du 21 août 2007 — exonération conjoint
  • LF 2024 — art. 774 bis (quasi-usufruit), art. 973 (anti-abus SCI)
  • BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-50-30 — tarifs DMTG
  • BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-50-20 — abattements
  • BOFiP BOI-TCAS-AUT-60 — prélèvement art. 990 I
  • BOFiP ACTU-2024-00131 — art. 774 bis quasi-usufruit

Jurisprudence

  • Cass. 1re civ., 15 janvier 2025 — nature successorale du droit de retour (art. 738-2)
  • Cass. 1re civ., 13 février 2019, n°18-13.762 — compte joint et preuve de propriété
  • Cass. com., 16 février 2016 — décotes SCI (illiquidité + minorité)

Conventions internationales

  • Convention franco-belge du 20/01/1959 (en renégociation, projet 2021 non ratifié)
  • Convention franco-suisse du 11/07/1953
  • Convention franco-luxembourgeoise du 21/03/1958
  • Convention franco-américaine du 24/11/1978
  • Royaume-Uni — pas de convention successorale (risque de double imposition élevé)

Avertissement : Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Chaque situation successorale étant unique, nous vous recommandons de consulter un notaire et un conseiller en gestion de patrimoine pour une analyse adaptée. Hagnéré Patrimoine est enregistré auprès de l'ORIAS (registre des intermédiaires en assurance, banque et finance) en qualité de CIF (Conseil en Investissements Financiers), COA (Courtier en Assurance) et COBSP (Courtier en Opérations de Banque et en Services de Paiement).

Questions frequentes

Questions fréquentes sur la succession

Campagne

Girardin 2026

Apport77%
Rentab.+29,9%