Dispositif Jeanbrun 2026 (Statut du Bailleur Privé) : le guide complet

Le successeur du Pinel décrypté : amortissement de 3,5 à 5,5 % par an, neuf et ancien, tout le territoire. Mécanisme détaillé, taux par niveau, réintégration en plus-value (art. 150 VB III CGI), plafonds de loyers et de ressources, SCI, comparatifs Pinel et LMNP, stratégies par TMI, 5 cas pratiques chiffrés.

Amortissement annuel
Engagement de location
Niches fiscales
Fenêtre d'application

1. Qu'est-ce que le dispositif Jeanbrun ?

Le principe est simple : vous achetez un appartement, vous le louez à un loyer modéré pendant 9 ans, et en échange l'État vous autorise à déduire chaque année une partie du prix d'achat de vos revenus imposables. Moins de revenus déclarés = moins d'impôts.

Le dispositif Jeanbrun, officiellement dénommé « Statut du bailleur privé », est le successeur du Pinel, créé par l'article 47 de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, JO du 20/02/2026). Il est entré en vigueur le 21 février 2026.

Ce dispositif repose sur un mécanisme fondamentalement différent du Pinel : au lieu d'une réduction d'impôt, il instaure un amortissement déductible des revenus fonciers (articles 31-I-1° i et j du CGI, nouvellement créés). Concrètement, l'investisseur déduit chaque année un pourcentage du prix d'acquisition du bien de ses revenus fonciers imposables, réduisant ainsi son assiette fiscale.

Les textes fondateurs

Loi n° 2026-103 du 19/02/2026, article 47 — crée le Statut du bailleur privé (dispositif Jeanbrun).
Art. 31-I-1° i CGI — amortissement pour les logements neufs ou assimilés.
Art. 31-I-1° j CGI — amortissement pour les logements anciens avec travaux.
Art. 150 VB III CGI (modifié) — réintégration des amortissements en plus-value.

La fenêtre d'application est de 3 ans : du 21 février 2026 au 31 décembre 2028. Contrairement au Pinel, le Jeanbrun s'applique à tout le territoire français (pas de restriction de zone), accepte l'ancien avec travaux, et est hors plafond des niches fiscales puisqu'il s'agit d'une déduction d'assiette et non d'une réduction d'impôt.

2. Mécanisme de l'amortissement

En clair, l'amortissement consiste à reconnaître que votre bien perd de la valeur avec le temps (comme une voiture neuve qui décote). L'État vous permet de déduire cette « usure théorique » de vos revenus locatifs, même si en réalité votre appartement ne perd pas forcément de valeur. C'est cette déduction qui crée l'économie d'impôt.

L'amortissement Jeanbrun se calcule sur une base amortissable égale à 80 % du prix d'acquisition. Les 20 % restants sont exclus forfaitairement au titre de la quote-part de terrain (réputé non amortissable). Cette règle s'applique uniformément, que le terrain représente réellement plus ou moins de 20 % de la valeur.

Base amortissable = Prix d'acquisition × 80 %
Amortissement annuel = Base amortissable × Taux (%)
Amortissement année 1 = Amortissement annuel × (Jours restants / 365)

2.1 Le pro rata temporis

L'année d'acquisition, l'amortissement est proratisé au jour de la mise en location effective (et non au jour de l'achat). Si un bien est mis en location le 1er avril, l'amortissement de la première année représente 275/365 du montant annuel. Aucun concurrent ne détaille ce point.

Attention : date de mise en location, pas date d'achat

C'est la date de première mise en location qui déclenche le pro rata, pas la date de signature de l'acte. Un retard de livraison retarde donc le début de l'amortissement. Dans le neuf en VEFA, c'est la date de livraison et de mise en location effective qui compte.

2.2 Exemple chiffré

Un appartement neuf acquis 250 000 €, mis en location le 1er juillet 2026, au niveau intermédiaire (taux 3,5 %) :

ParamètreCalculRésultat
Base amortissable250 000 € × 80 %200 000 €
Amortissement annuel plein200 000 € × 3,5 %7 000 €/an
Amortissement 2026 (pro rata)7 000 € × 184/3653 529 €
Amortissement 2027-20347 000 €/an × 8 ans56 000 €
Amortissement 2035 (prorata fin)7 000 € × 181/3653 471 €
Total amorti sur 9 ans3 529 + 56 000 + 3 47163 000 €

3. Taux d'amortissement et plafonds

Autrement dit, le Jeanbrun vous propose un marché : plus vous acceptez de louer bon marché (en dessous du prix du marché), plus l'État vous accorde une déduction fiscale élevée. Trois niveaux d'engagement existent, du moins contraignant au plus généreux.

Le dispositif Jeanbrun se décline en trois niveaux, selon l'engagement de loyer pris par le bailleur. Plus le loyer est réduit par rapport au marché (engagement social), plus le taux d'amortissement est élevé :

3.1 Taux pour le neuf (art. 31-I-1° i CGI)

NiveauDécote loyerTaux/anPlafond annuelBien à 250K €
Intermédiaire− 15 % vs marché3,5 %8 000 €7 000 €/an
Social− 30 % vs marché4,5 %10 000 €9 000 €/an
Très social− 45 % vs marché5,5 %12 000 €11 000 €/an

3.2 Taux pour l'ancien avec travaux (art. 31-I-1° j CGI)

NiveauDécote loyerTaux/anPlafond annuelBien à 200K €
Intermédiaire− 15 % vs marché3 %8 000 €4 800 €/an
Social− 30 % vs marché3,5 %10 000 €5 600 €/an
Très social− 45 % vs marché4 %12 000 €6 400 €/an

Taux ancien : sous réserve des décrets d'application

Les taux pour l'ancien (3 %, 3,5 %, 4 %) sont ceux résultant de l'analyse du texte législatif et des premiers commentaires. Les décrets d'application définitifs ne sont pas encore publiés au 2 mars 2026. Attention : le site loi-jeanbrun.fr publie des taux erronés pour l'ancien.

3.3 Impact des plafonds

Les plafonds (8 000, 10 000, 12 000 €/an) limitent les biens très onéreux. Au-delà d'un certain prix, l'amortissement est capé par le plafond :

NiveauPrix seuil (neuf)Au-delà : amortissement limité à
Intermédiaire (3,5 %)285 714 € (80% × 3,5% = 8 000)8 000 €/an quel que soit le prix
Social (4,5 %)277 778 € (80% × 4,5% = 10 000)10 000 €/an
Très social (5,5 %)272 727 € (80% × 5,5% = 12 000)12 000 €/an

En résumé : en dessous de ~275 000 €, votre amortissement est calculé normalement. Au-dessus, il est plafonné : acheter plus cher ne vous fera pas économiser plus d'impôts. C'est un garde-fou qui évite que le dispositif ne profite qu'aux investissements très haut de gamme.

4. Conditions d'éligibilité

Avant de se lancer, il faut vérifier que votre projet coche toutes les cases. Le Jeanbrun n'est pas ouvert à tous les types de biens ni à toutes les situations : il y a des conditions sur le logement, sur le locataire et sur la façon dont vous louez.

Le dispositif Jeanbrun impose des conditions strictes, à respecter pendant toute la durée de l'engagement :

4.1 Conditions relatives au bien

CritèreNeuf (art. 31-I-1° i)Ancien (art. 31-I-1° j)
Type de logementCollectif uniquement (pas de maison individuelle)Collectif uniquement
Norme énergétiqueRE 2020 obligatoireDPE A ou B après travaux (sous réserve décret)
Travaux≥ 30 % du prix d'acquisition
LocalisationTout le territoire (métropole + DOM)Tout le territoire
Maximum par an2 logements/an/contribuable2 logements/an/contribuable

4.2 Conditions relatives à la location

ConditionDétail
Type de locationLocation nue uniquement (pas de meublé)
UsageRésidence principale du locataire
Durée d'engagement9 ans minimum
LoyersPlafonnés par zone et par niveau (intermédiaire/social/très social)
Ressources locatairePlafonnées par zone et par composition du foyer
Locataire interditAscendant ou descendant du contribuable ou de son conjoint au 2e degré
Délai de mise en location12 mois maximum après acquisition ou achèvement

Logement collectif : une contrainte forte

L'exclusion des maisons individuelles élimine de facto une large partie de l'investissement locatif, notamment en zones rurales et périurbaines. Seuls les appartements dans des immeubles collectifs (au sens R. 111-18 du CCH) sont éligibles. Cette restriction était déjà présente dans le Pinel+ de fin 2024.

Approfondir : le Jeanbrun dans l'ancien avec travaux

Acheter dans l'ancien avec travaux permet de bénéficier du Jeanbrun à des prix d'acquisition souvent inférieurs au neuf, tout en amortissant 100 % des travaux sur la base de 80 % du prix. Notre guide dédié détaille le seuil de 30 %, les types de travaux éligibles, le DPE cible et un cas pratique chiffré. Lire le guide Jeanbrun ancien + travaux →

5. Plafonds de loyer par zone

Concrètement, le Jeanbrun fixe un loyer maximum que vous pouvez demander à votre locataire. Ce plafond dépend de deux choses : la zone géographique (Paris est plus cher qu'une ville moyenne, le plafond y est donc plus élevé) et la taille du logement (un petit appartement a un plafond au m² légèrement majoré pour compenser la moindre surface).

Les plafonds de loyers Jeanbrun reprennent le zonage existant (A bis, A, B1, B2, C) avec un coefficient de surface : Loyer max = Plafond × S × (0,7 + 19/S), le coefficient étant plafonné à 1,2.

5.1 Plafonds au niveau intermédiaire (− 15 %)

ZonePlafond (€/m²/mois)T2 de 45 m²T3 de 65 m²
A bis (Paris et communes limitrophes)19,71 €995 € /mois1 270 € /mois
A (Île-de-France, Côte d'Azur, Genevois)14,64 €739 € /mois944 € /mois
B1 (grandes agglomérations > 250 000 hab.)11,80 €596 € /mois761 € /mois
B2 (agglomérations 50-250 000 hab.)10,26 €518 € /mois662 € /mois
C (reste du territoire)8,97 €453 € /mois579 € /mois

5.2 Plafonds au niveau social (− 30 %)

Les plafonds sociaux sont fixés par l'arrêté du 6 janvier 2026, reprenant le cadre Loc'Avantages avec une décote de 30 % par rapport au marché :

ZonePlafond (€/m²/mois)T2 de 45 m²T3 de 65 m²
A bis13,80 €697 € /mois890 € /mois
A10,25 €517 € /mois661 € /mois
B18,26 €417 € /mois533 € /mois
B27,18 €363 € /mois463 € /mois
C6,28 €317 € /mois405 € /mois

5.3 Plafonds au niveau très social (− 45 %)

ZonePlafond (€/m²/mois)T2 de 45 m²T3 de 65 m²
A bis10,84 €547 € /mois699 € /mois
A8,05 €406 € /mois519 € /mois
B16,49 €328 € /mois419 € /mois
B25,64 €285 € /mois364 € /mois
C4,93 €249 € /mois318 € /mois

Source : arrêté du 6 janvier 2026 (cadre Loc'Avantages)

Les plafonds social et très social reprennent le cadre de l'arrêté Loc'Avantages, adapté au dispositif Jeanbrun. Les plafonds intermédiaires correspondent à une décote de − 15 %, les sociaux à − 30 %, et les très sociaux à − 45 % par rapport au loyer de marché retenu par zone.

Loyer mensuel maximum = Plafond zonal (€/m²) × Surface utile (m²) × min(0,7 + 19/S ; 1,2)

La surface utile comprend la surface habitable plus la moitié des surfaces annexes (balcon, terrasse, cave), dans la limite de 8 m² de surfaces annexes. Pour un T2 de 45 m² avec un balcon de 6 m² : surface utile = 45 + 3 = 48 m², coefficient = min(0,7 + 19/48 ; 1,2) = 1,096.

6. Plafonds de ressources des locataires

En clair, vous ne pouvez pas louer votre bien Jeanbrun à n'importe qui : le locataire doit avoir des revenus inférieurs à un certain seuil. L'idée est de réserver ces logements à loyer modéré aux ménages qui en ont réellement besoin. Le revenu pris en compte est le revenu fiscal de référence (le chiffre en bas de votre avis d'imposition), celui de l'avant-dernière année (N-2).

Les locataires doivent justifier de ressources inférieures aux plafonds ci-dessous. Ces plafonds reprennent ceux du logement intermédiaire existant :

Composition du foyerZone A bisZone AZone B1Zone B2/C
Personne seule44 344 €44 344 €36 144 €32 530 €
Couple66 276 €66 276 €48 260 €43 434 €
+ 1 personne à charge86 883 €79 613 €58 045 €52 241 €
+ 2 personnes à charge103 730 €95 390 €70 086 €63 077 €
+ 3 personnes à charge123 960 €112 892 €82 421 €74 179 €
+ 4 personnes à charge139 424 €127 043 €92 897 €83 607 €
Par personne supplémentaire+15 536 €+14 153 €+10 361 €+9 325 €

Plafonds de ressources : un avantage compétitif de ce guide

Nous sommes l'un des rares guides à publier les plafonds de ressources complets. Ces plafonds sont essentiels pour vérifier l'éligibilité de vos futurs locataires avant de vous engager dans l'investissement. En zone A bis, un couple avec 2 enfants peut avoir un revenu fiscal de référence jusqu'à 103 730 €, soit une cible locataire de classe moyenne supérieure.

7. Engagement et conditions de location

L'engagement Jeanbrun est un engagement unique et ferme de 9 ans. Contrairement au Pinel qui proposait des paliers (6, 9, 12 ans), il n'y a pas d'option de prolongation ou de réduction.

7.1 Les 8 conditions à respecter pendant 9 ans

#ConditionSanction en cas de non-respect
1Location nue (pas de meublé)Reprise intégrale des amortissements
2Résidence principale du locataireReprise + pénalités
3Loyer ≤ plafond zonal × coefficientReprise + pénalités
4Ressources locataire ≤ plafondReprise (vérifié à la signature du bail uniquement)
5Pas de location à un ascendant/descendant 2e degréReprise intégrale
6Occupation effective (pas de vacance > 12 mois)Reprise proportionnelle
7Conservation du bien (pas de vente)Reprise intégrale
8Déclaration annuelle (2044 avec l'amortissement)Perte du droit à déduction pour l'année

À retenir : pendant 9 ans, votre appartement doit rester loué nu (pas meublé), à un locataire qui en fait sa résidence principale, à un loyer plafonné. Si vous rompez l'une de ces conditions, vous devez rembourser tout l'avantage fiscal obtenu jusque-là.

7.2 Interdiction de location familiale

Le Jeanbrun interdit la location aux ascendants et descendants du contribuable ou de son conjoint au 2e degré. Cela inclut parents, grands-parents, enfants et petits-enfants du bailleur et de son conjoint/partenaire. La location à un frère, une sœur, ou un neveu/nièce reste en revanche autorisée.

Vacance locative : 12 mois maximum

En cas de départ du locataire, vous disposez de 12 mois pour relouer le bien dans les conditions du dispositif (loyer plafonné, ressources du nouveau locataire vérifiées). Au-delà, la reprise proportionnelle des amortissements est possible. Prévoyez un loyer attractif par rapport au plafond pour limiter le risque de vacance.

7.3 Démembrement de propriété : exclusion totale

Le démembrement, c'est le fait de séparer la propriété d'un bien en deux : d'un côté le « nu-propriétaire » (qui possède les murs mais ne touche pas les loyers), de l'autre l'« usufruitier » (qui perçoit les loyers sans posséder le bien). C'est une technique courante en gestion de patrimoine, mais elle est ici exclue.

Le dispositif Jeanbrun est incompatible avec le démembrement de propriété. L'investisseur doit être plein propriétaire du bien pendant toute la durée de l'engagement de 9 ans. Ni le nu-propriétaire, ni l'usufruitier ne peuvent prétendre à l'amortissement Jeanbrun.

Seule exception : en cas de décès du conjoint, le conjoint survivant qui recueille l'usufruit du bien peut poursuivre l'engagement Jeanbrun, par analogie avec le régime Pinel (BOFiP BOI-IR-RICI-360-20-30, § 120).

Piège : donation et démembrement pendant l'engagement

Toute donation du bien (en pleine propriété ou en nue-propriété) pendant la période d'engagement constitue une rupture d'engagement entraînant la reprise des amortissements (sauf décès). Les stratégies de transmission anticipée sont donc incompatibles avec le Jeanbrun en cours d'engagement.

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8. Calcul de l'avantage fiscal

Concrètement, combien allez-vous économiser ? La réponse dépend de votre TMI (taux marginal d'imposition), c'est-à-dire le taux d'impôt qui s'applique à votre dernière tranche de revenus. Plus vous êtes imposé, plus la déduction Jeanbrun vous fait économiser — c'est logique, puisque chaque euro déduit « efface » un euro qui aurait été taxé à votre taux le plus élevé.

L'avantage fiscal du Jeanbrun est une déduction d'assiette : il réduit le revenu foncier imposable, donc l'économie dépend directement du taux marginal d'imposition (TMI) de l'investisseur.

Économie annuelle = Amortissement déduit × (TMI + Prélèvements sociaux 17,2 %)

8.1 Matrice d'économie par TMI (bien neuf à 250 000 €, niveau intermédiaire)

TMIAmortissement/anÉconomie IR/anÉconomie PS/anÉconomie totale/anÉconomie sur 9 ans
11 %7 000 €770 €1 204 €1 974 €17 766 €
30 %7 000 €2 100 €1 204 €3 304 €29 736 €
41 %7 000 €2 870 €1 204 €4 074 €36 666 €
45 %7 000 €3 150 €1 204 €4 354 €39 186 €

En clair : pour un même appartement à 250 000 €, un contribuable à TMI 45 % économise plus du double de ce qu'économise un contribuable à TMI 11 % (4 354 € vs 1 974 € par an). C'est la différence fondamentale avec le Pinel, où la réduction était la même quel que soit le TMI.

L'économie réelle inclut les prélèvements sociaux

L'amortissement Jeanbrun réduit non seulement l'IR mais aussi les prélèvements sociaux de 17,2 % sur les revenus fonciers. L'économie totale est donc TMI + 17,2 % sur chaque euro déduit. À TMI 30 %, chaque euro d'amortissement génère 0,472 € d'économie fiscale.

8.2 Comparaison avec le Pinel

Pour un bien neuf à 250 000 € sur 9 ans, un investisseur au TMI 41 % aurait obtenu sous le Pinel (2024) : 250 000 × 15 % = 37 500 € de réduction d'impôt (Pinel+). Avec le Jeanbrun au niveau intermédiaire : 36 666 € d'économie totale (IR + PS). Les deux dispositifs sont comparables, mais le Jeanbrun a l'avantage d'être hors plafond des niches fiscales.

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9. Réintégration en plus-value (art. 150 VB III CGI)

Le principe est simple : le Jeanbrun vous a permis de déduire une partie du prix de votre bien chaque année. Le jour où vous le revendez, le fisc considère que votre bien vous a « moins coûté » (puisque vous en avez déjà déduit une partie), ce qui augmente mécaniquement votre plus-value imposable (la différence entre le prix de revente et le prix d'achat « corrigé »). C'est la contrepartie de l'avantage fiscal.

ALERTE : de nombreux sites publient une information FAUSSE

Plusieurs sites concurrents (notamment loi-jeanbrun.fr et imodirect.com) affirment que les amortissements Jeanbrun ne sont PAS réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente. C'est faux. L'article 150 VB III du CGI, modifié par la LF 2026, prévoit explicitement cette réintégration. C'est le même mécanisme que celui appliqué au LMNP depuis la LF 2025.

9.1 Mécanisme de la réintégration

Lors de la revente, la plus-value brute est calculée ainsi :

PV brute = Prix de cession − (Prix d'acquisition − Amortissements Jeanbrun déduits)

Les amortissements déduits viennent minorer le prix de revient, ce qui augmente mécaniquement la plus-value imposable. Plus l'investisseur a amorti (durée longue, taux élevé), plus la plus-value sera importante à la revente.

9.2 Impact selon la durée de détention

Les abattements pour durée de détention viennent atténuer l'impact de la réintégration. Voici les simulations pour un bien acquis 250 000 €, revendu 300 000 €, avec 63 000 € d'amortissements déduits (9 ans, 3,5 %) :

Durée de détentionAbattement IRAbattement PSPV brutePV nette IRPV nette PSImpôt total PV
9 ans (fin engagement)18 %8,25 %113 000 €92 660 €103 678 €35 661 €
15 ans42 %24,75 %113 000 €65 540 €85 033 €27 082 €
22 ans (exo IR)100 %60 %113 000 €0 €45 200 €7 774 €
30 ans (exo totale)100 %100 %113 000 €0 €0 €0 €

À retenir : si vous revendez à 9 ans, l'impôt sur la plus-value atteint ~35 000 €. Si vous attendez 22 ans, il tombe à ~7 800 € (seuls les prélèvements sociaux restent). À 30 ans, c'est zéro. Le temps joue en votre faveur.

Conclusion : le Jeanbrun est un dispositif de LONG TERME

La réintégration est le principal frein du dispositif pour un investisseur court terme. Si vous revendez à 9 ans (fin d'engagement), l'impôt sur la PV peut absorber une part significative de l'économie fiscale. En revanche, si vous conservez 22 ans ou plus, la PV sur la fraction IR est totalement exonérée. Le Jeanbrun est donc conçu pour les investisseurs patrimoniaux de long terme.

9.3 Comparaison avec le LMNP (LF 2025)

Le mécanisme est identique à celui introduit pour le LMNP par la LF 2025 (art. 150 VB III CGI modifié une première fois). La seule différence : en LMNP, c'est l'amortissement au titre des BIC qui est réintégré, tandis qu'en Jeanbrun, c'est l'amortissement déduit des revenus fonciers. Le calcul de la PV suit les mêmes règles (abattements pour durée de détention, surtaxe au-delà de 50 000 € de PV nette).

9.4 Piège : passage en LMNP après 9 ans → double réintégration

Un investisseur qui, après la fin de son engagement Jeanbrun (9 ans), transforme son bien en location meublée (LMNP) s'expose à un risque de double réintégration en plus-value à la revente : (1) les amortissements Jeanbrun déduits des revenus fonciers (art. 150 VB III CGI — dispositif Jeanbrun), et (2) les amortissements BIC déduits au titre du LMNP (art. 150 VB III CGI — LF 2025). Les deux réintégrations se cumulent, gonflant significativement la plus-value imposable.

Stratégie de sortie : maintenir en location nue après 9 ans

Pour éviter ce cumul de réintégrations, il est préférable de maintenir le bien en location nue (sans amortissement) après la fin de l'engagement Jeanbrun, en attendant d'atteindre les seuils d'exonération (22 ans IR, 30 ans PS). Le passage en LMNP après Jeanbrun n'est pertinent que si l'horizon de détention restant est suffisamment long pour amortir le coût de la double réintégration.

10. Déficit foncier et Jeanbrun

En clair, un déficit foncier se crée lorsque vos charges (crédit, taxes, amortissement) dépassent les loyers que vous percevez. C'est comme si votre investissement locatif « perdait de l'argent » sur le papier — et cette perte vous permet de réduire vos autres revenus imposables (salaires, pensions…). L'amortissement Jeanbrun amplifie ce mécanisme.

L'amortissement Jeanbrun est une charge déductible des revenus fonciers. Si l'ensemble des charges (intérêts d'emprunt, taxe foncière, charges de copropriété, assurance, amortissement) dépasse les loyers perçus, un déficit foncier se crée.

10.1 Règles d'imputation du déficit foncier

RègleMontantRéférence
Imputation sur le revenu global10 700 €/an maximumArt. 156-I-3° CGI
Imputation majorée (travaux énergétiques)21 400 €/an (depuis 2023)Art. 156-I-3° bis CGI
Report de l'excédent10 ans sur les revenus fonciersArt. 156-I-3° CGI
Condition de maintien du régime réel3 ans minimum après l'imputationBOFiP

10.2 Exemple de création de déficit foncier

Appartement acquis 250 000 € à crédit (20 ans, 3,5 %), loyer intermédiaire :

PosteMontant annuel
Loyers encaissés+ 8 400 €
Amortissement Jeanbrun (3,5 %)− 7 000 €
Intérêts d'emprunt− 6 500 € (année 1)
Taxe foncière− 1 500 €
Charges de copropriété (déductibles)− 800 €
Assurance PNO− 200 €
Résultat foncier− 7 600 € (déficit)

Ce déficit de 7 600 € est entièrement imputable sur le revenu global (sous le plafond de 10 700 €). À TMI 30 %, cela génère une économie supplémentaire de 2 280 € par rapport à un déficit foncier classique. L'amortissement Jeanbrun peut donc transformer un résultat foncier positif (imposé) en un résultat négatif (générant une économie d'impôt).

10.3 Débat doctrinal : imputation sur le revenu global (art. 156 CGI)

Autrement dit, la question qui se pose est : le déficit créé par l'amortissement Jeanbrun peut-il diminuer vos autres revenus (salaires, pensions), ou seulement vos revenus fonciers futurs ? La réponse n'est pas encore tranchée, et c'est un point à surveiller de près.

Un débat juridique important entoure l'imputation du déficit foncier Jeanbrun sur le revenu global. L'article 156-I-3° du CGI limite l'imputation à 10 700 € pour les déficits résultant de « dépenses » (travaux, intérêts…). Or, l'amortissement Jeanbrun est une « charge calculée » (écriture comptable), et non une « dépense » effectivement décaissée.

La question se pose donc : le déficit foncier créé par l'amortissement Jeanbrun peut-il être imputé sur le revenu global, ou uniquement reporté sur les revenus fonciers futurs ? En l'absence de BOFiP publié et de jurisprudence, deux lectures coexistent :

PositionArgumentConséquence
Lecture favorable (position UNPI)L'art. 31-I-1° i/j crée une déduction spécifique qui s'intègre au résultat foncier comme les autres chargesLe déficit est imputable sur le revenu global (10 700 €)
Lecture restrictiveL'amortissement est une charge calculée (non décaissée), distincte des dépenses de l'art. 156Le déficit créé par l'amortissement seul est reportable uniquement sur revenus fonciers

Point de vigilance : attendre le BOFiP

En l'absence d'instruction fiscale, nous recommandons la prudence : simulez vos économies fiscales en distinguant le déficit issu de dépenses réelles (intérêts, charges) — imputable sur le revenu global — et le déficit issu du seul amortissement — dont l'imputation sur le revenu global reste incertaine. Le BOFiP tranchera cette question.

11. Comparatif Jeanbrun vs Pinel

Si vous connaissiez le Pinel (terminé fin 2024), la comparaison est éclairante. La différence clé : le Pinel vous donnait une réduction d'impôt fixe (le même montant que vous soyez peu ou très imposé), tandis que le Jeanbrun réduit votre revenu imposable (plus vous êtes imposé, plus vous économisez). Le Pinel était plus simple ; le Jeanbrun est plus puissant pour les hauts revenus.

Voici un comparatif exhaustif des deux dispositifs sur 15 critères :

CritèreJeanbrun (2026)Pinel (terminé 2024)
MécanismeAmortissement (déduction d'assiette)Réduction d'impôt directe
Plafond des nichesHORS plafondDANS le plafond (10 000 €)
ZonageTout le territoireA bis, A, B1 uniquement
Ancien avec travauxOUI (≥ 30 % du prix)NON (neuf uniquement)
Durée d'engagement9 ans (fixe)6, 9 ou 12 ans (au choix)
Taux de réduction/déduction3,5-5,5 %/an sur 80 % du prix10,5-17,5 % sur 6-12 ans
Impact à la reventeRéintégration en PV (art. 150 VB III)Aucune réintégration
Déficit foncierOUI (cumul possible)NON (réduction ≠ déduction)
SCI IROUIOUI
SCI ISNONNON
Maison individuelleNON (collectif uniquement)NON (depuis Pinel+)
Location familialeInterdite (2e degré)Autorisée (depuis 2019)
Niveaux de loyer3 niveaux (inter./social/très social)1 seul plafond par zone
Efficacité TMI 11 %Faible (déduction)Identique (réduction)
Efficacité TMI 41 %+Très élevée (déduction progressive)Identique à TMI 11 %

Jeanbrun : pour qui ?

Investisseurs à TMI ≥ 30 %, horizon long terme (> 15 ans), cherchant à défiscaliser sans plafond, acceptant la décote de loyer et la réintégration en PV. Patrimoniaux voulant constituer un parc locatif.

Pinel : pour qui ? (terminé)

Investisseurs à TMI ≤ 30 %, horizon moyen terme (6-12 ans), voulant une réduction d'impôt directe et lisible, sans réintégration à la revente. Le Pinel était plus simple mais plafonné et zonalement restreint.

Approfondir : comparatif détaillé Jeanbrun vs Pinel

Notre guide dédié approfondit la comparaison sur 18 critères, avec un cas pratique identique à 250 000 € chiffré sous les deux régimes, l'impact par TMI, la transition pour les investisseurs ayant un Pinel en cours, et les profils gagnants/perdants du changement de dispositif. Lire le comparatif complet Jeanbrun vs Pinel →

12. Comparatif Jeanbrun vs LMNP

Le LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) est l'autre grand régime d'investissement locatif en France. La différence : en LMNP, vous louez un logement meublé (canapé, lit, vaisselle…) et les loyers sont des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), pas des revenus fonciers. En Jeanbrun, vous louez vide et les loyers sont des revenus fonciers. Ce sont deux mondes fiscaux différents.

Le Jeanbrun (location nue) et le LMNP (location meublée) ne sont pas cumulables sur le même bien.

CritèreJeanbrunLMNP
Type de locationLocation nue uniquementLocation meublée
Catégorie de revenusRevenus fonciersBIC
Amortissement3,5-5,5 %/an sur 80 % du prixComposant par composant (structure 2 %, meubles 20 %, etc.)
Conditions de loyerPlafonnés (décote vs marché)Libres
Conditions de ressourcesOUI (locataire)NON
Durée d'engagement9 ans fermeAucune
Réintégration PVOUI (art. 150 VB III)OUI (depuis LF 2025)
Déficit foncier / BICImputable sur revenu global (10 700 €)Reportable sur BIC uniquement (sauf LMP)
Plafond niches fiscalesHORS plafondN/A (pas de réduction)
Micro-régimeMicro-foncier ≤ 15 000 € (70 % abattement)Micro-BIC ≤ 77 700 € (50 % abattement, 30 % tourisme)
Gestion locativePlus simple (nue)Plus contraignante (meubles, inventaire)
Rendement brutInférieur (loyer plafonné)Supérieur (loyer libre, +20-30 % vs nu)

Jeanbrun + LMNP : pas sur le même bien, mais dans le même patrimoine

Vous ne pouvez pas appliquer le Jeanbrun et le LMNP sur le même logement. Mais un investisseur peut parfaitement détenir un logement en Jeanbrun (neuf, loyer plafonné, avantage fiscal) et un autre en LMNP (ancien meublé, loyer libre, amortissement comptable). La diversification des régimes est une stratégie patrimoniale pertinente.

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13. Jeanbrun en SCI

Une SCI (Société Civile Immobilière) est une structure juridique qui permet à plusieurs personnes (souvent un couple ou des membres d'une famille) de détenir un bien immobilier ensemble. Il en existe deux types fiscaux : la SCI à l'IR (impôt sur le revenu), où chaque associé est imposé personnellement sur sa part de loyers, et la SCI à l'IS (impôt sur les sociétés), où c'est la société qui paie l'impôt.

Le dispositif Jeanbrun est accessible via une SCI soumise à l'IR(transparence fiscale). La SCI à l'IS est en revanche exclue.

13.1 SCI à l'IR : éligible

La SCI à l'IR est fiscalement transparente : les revenus fonciers (et les amortissements) sont imposés directement entre les mains des associés, au prorata de leurs parts. Chaque associé déduit sa quote-part d'amortissement sur sa propre déclaration 2044.

ParamètreApplication en SCI IR
Base amortissable80 % du prix d'acquisition par la SCI
RépartitionAu prorata des parts de chaque associé
Plafond annuelS'applique par associé (proportionnellement)
Déclaration2072 (SCI) + 2044 (chaque associé)
Conditions locativesIdentiques (9 ans, loyer plafonné, ressources)
Conservation des partsChaque associé doit conserver ses parts pendant 9 ans (par analogie Pinel, art. 199 novovicies IV)
EngagementLa SCI s'engage ; chaque associé s'engage à conserver ses parts

13.2 SCI à l'IS : exclue

La SCI à l'IS relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et non des revenus fonciers. L'amortissement Jeanbrun, prévu à l'article 31-I-1° du CGI (revenus fonciers), ne s'applique pas. La SCI IS dispose de son propre régime d'amortissement comptable (plus large, mais avec imposition des PV professionnelles à la cession et pas de transmission fiscale avantageuse).

Attention : une SCI qui opte pour l'IS est irréversible

L'option pour l'IS est irrévocable (sauf dans les 5 premières années, sous conditions). Si vous envisagez un investissement Jeanbrun via SCI, assurez-vous que la SCI est et restera à l'IR. Un conseiller en gestion de patrimoine peut vous accompagner dans ce choix structurant.

13.3 Indivision : éligible par analogie

L'acquisition en indivision (par exemple entre concubins) est éligible au Jeanbrun par analogie avec le régime Pinel. Chaque indivisaire déduit sa quote-part d'amortissement proportionnellement à sa part indivise. En revanche, la sortie d'indivision avant 9 ans (partage ou vente de la quote-part) constitue une rupture d'engagement entraînant la reprise des amortissements déduits par l'indivisaire sortant.

14. Cumul avec autres dispositifs

Beaucoup d'investisseurs se demandent : « Puis-je combiner le Jeanbrun avec d'autres avantages fiscaux ? » La réponse est oui dans la plupart des cas, et c'est même l'un de ses atouts majeurs. Comme le Jeanbrun agit sur l'assiette de vos revenus (et non directement sur l'impôt), il ne « consomme » pas le plafond des niches fiscales de 10 000 € et laisse la place à d'autres dispositifs.

Le Jeanbrun étant une déduction d'assiette (hors plafond des niches), il se cumule favorablement avec les dispositifs de défiscalisation classiques :

DispositifCumulable ?Raison
Girardin industriel✅ OUIRéduction d'impôt vs déduction : nature différente
PER (Plan d'Épargne Retraite)✅ OUIDéduction du revenu global (art. 163 quatervicies)
Déficit foncier classique✅ OUI (interne)L'amortissement Jeanbrun crée ou amplifie le déficit
Emploi à domicile✅ OUIRéduction d'impôt dans le plafond 10 000 €
Dons aux œuvres✅ OUIRéduction hors plafond
Malraux⚠️ NON sur le même bienLe Malraux et le Jeanbrun ne s'appliquent pas au même bien
Monuments Historiques⚠️ NON sur le même bienDéduction spéciale MH sur un autre bien OK
LMNP⚠️ NON sur le même bienRégimes exclusifs (nu vs meublé)
Loc'Avantages❌ NONDispositifs exclusifs pour un même logement
Denormandie❌ NONLe Denormandie est un régime distinct (réduction d'impôt)

Stratégie optimale : Jeanbrun + Girardin + PER

La combinaison la plus puissante en 2026 : (1) Jeanbrun pour réduire l'assiette des revenus fonciers (hors plafond), (2) Girardin industriel pour utiliser le plafond dérogatoire de 18 000 €, (3) PER pour déduire du revenu global (art. 163 quatervicies, hors plafond niches). Trois leviers complémentaires, sans conflit de plafond.

15. Stratégie par TMI

Rappel : le TMI (taux marginal d'imposition) est le taux le plus élevé qui s'applique à la dernière tranche de vos revenus. Il détermine directement l'économie que procure le Jeanbrun : plus votre TMI est élevé, plus chaque euro déduit vous fait économiser d'impôt. C'est pourquoi le Jeanbrun n'a pas le même intérêt pour tous les contribuables.

L'efficacité du Jeanbrun étant proportionnelle au TMI, voici notre analyse critique par tranche :

TMIIntérêt JeanbrunCommentaire stratégique
0 %❌ AucunPas de revenus imposables = pas d'économie
11 %⚠️ FaibleÉconomie de 1 974 €/an pour 7 000 € de déduction. Le rapport économie/contraintes (décote loyer, engagement 9 ans) est défavorable. Préférer le LMNP libre.
30 %✅ IntéressantÉconomie de 3 304 €/an. Le seuil à partir duquel le Jeanbrun compense la décote de loyer. À privilégier si horizon > 15 ans.
41 %✅✅ OptimalÉconomie de 4 074 €/an. L'avantage fiscal compense largement la décote de loyer. Combinable avec Girardin + PER pour un package complet.
45 %✅✅✅ MaximumÉconomie de 4 354 €/an. Rendement fiscal maximal. Cibler le niveau social ou très social pour maximiser le taux d'amortissement.

Le seuil de TMI 30 % : la ligne de décision

En dessous de TMI 30 %, l'économie fiscale du Jeanbrun ne compense généralement pas le manque à gagner lié à la décote de loyer (− 15 à − 45 % vs marché). Au-dessus de 30 %, l'équation devient favorable. À TMI 41-45 %, le Jeanbrun est l'un des dispositifs les plus efficaces du marché, d'autant qu'il est hors plafond des niches.

16. Risques et pièges à éviter

Un réflexe courant consiste à se concentrer sur l'économie d'impôt sans regarder l'envers du décor. Or, un investissement immobilier défiscalisant reste avant tout un investissement immobilier : si le bien est mal acheté, mal placé ou mal géré, l'avantage fiscal ne rattrapera pas la perte.

Le Jeanbrun, comme tout dispositif de défiscalisation immobilière, comporte des risques significatifs. Les précédents historiques (Robien, Scellier, Duflot, Pinel) montrent que les investisseurs sous-estiment régulièrement certains pièges :

#RisqueImpactProbabilitéComment s'en prémunir
1Réintégration PV à la reventePeut annuler 30-50 % de l'économie fiscale si revente précoceÉlevéeConserver > 22 ans (exo IR)
2Prix d'achat gonflé par le promoteurMoins-value à la revente, rendement réel négatifÉlevéeComparer au prix au m² du quartier (hors défiscalisation)
3Cash-flow négatif structurelÉpargne mensuelle de 200-500 €/mois pendant 9 ansTrès élevéeSimuler le cash-flow AVANT d'acheter
4Lock-in de 9 ansImpossible de revendre sans reprise des amortissementsCertaineN'investir qu'avec un horizon patrimonial confirmé
5Option réel irrévocable (3 ans)Pas de retour au micro-foncier possibleCertaineCalculer l'intérêt du réel vs micro sur l'ensemble du patrimoine
6Vacance locativePerte de loyers + risque de reprise si > 12 moisMoyenneAcheter dans une zone à forte demande locative
7Plafonds de loyers sous le marchéRendement brut inférieur de 15-45 %CertaineIntégrer la décote dans le business plan dès le départ
8Décrets non publiésIncertitude sur les conditions exactes (ancien, DPE)TemporaireAttendre les décrets pour l'ancien, souscrire dans le neuf
9Erreur de déclaration 2044Perte du bénéfice de l'amortissement pour l'annéeMoyenneSe faire accompagner par un CGP ou expert-comptable
10Changement de régime fiscalLe législateur peut modifier les conditions en cours de routeFaibleHistoriquement, les engagements en cours sont protégés

À retenir : les trois risques les plus sous-estimés sont le prix d'achat gonflé (n° 2), le cash-flow négatif (n° 3) et la réintégration en plus-value (n° 1). Avant de signer, posez-vous une question simple : « est-ce que j'achèterais ce bien au même prix sans l'avantage fiscal ? » Si la réponse est non, passez votre chemin.

Leçon de l'histoire : Robien et Scellier

Les dispositifs Robien (2003-2009) et Scellier (2009-2012) ont généré de nombreuses déconvenues pour les investisseurs : prix d'achat gonflés de 20 à 40 % par les promoteurs, logements situés dans des zones à faible demande locative, reventes à perte. Le Jeanbrun présente le même risque structurel : l'avantage fiscal ne doit jamais être le critère principal de l'investissement. L'emplacement, le prix au m², et la demande locative doivent primer.

17. Rupture d'engagement

Concrètement, « rupture d'engagement » signifie que vous cessez de remplir les conditions du Jeanbrun avant la fin des 9 ans : vous vendez le bien, vous cessez de le louer, ou vous dépassez les plafonds de loyer. Dans ce cas, l'administration fiscale vous demande de rembourser l'ensemble des avantages obtenus — sauf dans quelques situations de force majeure.

La rupture d'engagement avant 9 ans entraîne la reprise intégrale des amortissements déduits, imposée selon les règles du quotient (art. 163-0 A CGI).

17.1 Les 5 cas de force majeure exonérant de reprise

Cas de force majeureConditionEffet
Décès du contribuablePas de reprise
Décès du conjointPartenaire Pacs ou épouxPas de reprise
Invalidité (2e ou 3e catégorie)Carte d'invalidité / décision MDPHPas de reprise
LicenciementLicenciement (pas démission ni rupture conventionnelle)Pas de reprise
Divorce avec poursuiteLe conjoint attributaire reprend l'engagementPas de reprise si engagement poursuivi

17.2 Mécanisme de la reprise

En cas de rupture hors cas de force majeure :

Montant repris = Total des amortissements déduits depuis l'origine
+ Intérêts de retard (0,2 %/mois, art. 1727 CGI)

La reprise est imposée au système du quotient (art. 163-0 A CGI). En clair, plutôt que d'ajouter la totalité des amortissements repris à vos revenus d'une seule année (ce qui vous ferait « sauter » de tranche d'imposition), le fisc répartit fictivement ce montant sur le nombre d'années de déduction, ce qui atténue la progressivité de l'impôt. Néanmoins, pour un contribuable à TMI 41 % ayant déduit 63 000 € d'amortissements sur 9 ans, la reprise représente un surcoût fiscal considérable.

Mutation professionnelle : un cas particulier

La mutation professionnelle (changement de lieu de travail imposé par l'employeur à plus de 70 km ou 1h30 de trajet) est parfois acceptée comme cause de dispense de reprise, par analogie avec les dispositifs précédents (Pinel, Scellier). Cependant, les décrets d'application du Jeanbrun ne l'ont pas encore confirmé explicitement. En cas de mutation, conservez tous les justificatifs et consultez un conseiller en gestion de patrimoine.

18. Déclaration fiscale

C'est la partie la plus concrète pour l'investisseur : comment déclarer l'amortissement Jeanbrun dans votre déclaration d'impôts ? En pratique, tout passe par le formulaire 2044, celui qui sert à déclarer vos revenus fonciers au régime réel (par opposition au micro-foncier qui applique un simple abattement de 30 %).

Le dispositif Jeanbrun se déclare via le formulaire 2044 (déclaration des revenus fonciers au régime réel). C'est une déclaration annuelle, jointe à la déclaration principale 2042.

18.1 L'option pour le régime réel

Le Jeanbrun impose le régime réel des revenus fonciers (incompatible avec le micro-foncier). L'option est irrévocable pendant 3 ans. Si vous êtes actuellement au micro-foncier (revenus fonciers ≤ 15 000 €), le passage au réel s'applique à l'ensemble de vos revenus fonciers (pas uniquement le bien Jeanbrun).

Piège du micro-foncier : calcul global obligatoire

Si vous détenez déjà un bien locatif au micro-foncier avec un résultat positif, le passage au réel pour le Jeanbrun s'applique à tous vos revenus fonciers. Vérifiez que le gain du Jeanbrun compense la perte de l'abattement de 30 % du micro-foncier sur vos autres biens. Un bilan patrimonial gratuit permet de trancher cette question.

18.2 Étapes de déclaration

ÉtapeActionFormulaire
1Opter pour le régime réel (cocher la case)2042 (cadre 4)
2Déclarer les loyers encaissés2044 (ligne 211)
3Déduire les charges (intérêts, taxe foncière, etc.)2044 (lignes 220-227)
4Déduire l'amortissement Jeanbrun2044 (ligne 229 — sous réserve décret)
5Calculer le résultat foncier (bénéfice ou déficit)2044 (ligne 420)
6Reporter sur la déclaration principale2042 (ligne 4BA ou 4BB/4BC si déficit)

18.3 Documents à conserver

Conservez pendant toute la durée de l'engagement + 3 ans (prescription) : acte de vente, attestation RE 2020 ou DPE, bail signé avec le locataire, justificatifs de ressources du locataire (avis d'imposition N-2), tableau d'amortissement du prêt, quittances de loyers, décomptes de charges, taxe foncière.

Approfondir : guide pas à pas de la déclaration Jeanbrun

La déclaration 2044 avec amortissement Jeanbrun comporte plusieurs subtilités (pro rata temporis en année 1, ligne 229, report sur la 2042, déficit foncier). Notre guide dédié vous accompagne ligne par ligne avec un cas pratique complet. Lire le guide de déclaration Jeanbrun 2044 →

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19. IFI et Jeanbrun

L'IFI (impôt sur la fortune immobilière) concerne les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 million d'euros. Si vous êtes soumis à l'IFI (ou proche du seuil), il est essentiel de savoir que le bien acheté en Jeanbrun vient s'ajouter à votre assiette taxable, contrairement à ce qu'espéraient certains parlementaires.

Contrairement à ce que recommandait le rapport Daubresse-Cosson (30 juin 2025), le gouvernement n'a pas retenu l'exclusion de l'IFI pour les biens acquis dans le cadre du Jeanbrun. Le bien reste donc inclus dans l'assiette de l'IFI (art. 965 et suivants du CGI).

19.1 Valeur taxable à l'IFI

Le bien Jeanbrun est évalué à sa valeur vénale au 1er janvier de chaque année, comme tout bien immobilier. La décote de loyer (− 15 à − 45 % vs marché) peut justifier une décote de valeur vénale de l'ordre de 10 à 20 % (bien occupé, loyer contraint, engagement de 9 ans), par analogie avec la jurisprudence constante sur les biens soumis à bail.

19.2 Impact pour les patrimoines supérieurs à 1,3 M€

Patrimoine net taxableTaux marginal IFISurcoût IFI pour un bien à 300K €
1,3 M€ → 2,57 M€0,50 %~1 500 €/an
2,57 M€ → 5 M€0,70 %~2 100 €/an
5 M€ → 10 M€1,00 %~3 000 €/an
> 10 M€1,50 %~4 500 €/an

Alternative pour les patrimoines IFI : SCPI en nue-propriété

Pour les contribuables soumis à l'IFI, l'investissement en nue-propriété de SCPI (exonérée d'IFI pendant la durée du démembrement) peut être plus pertinent que le Jeanbrun, dont le bien est pleinement taxable à l'IFI.

20. Prélèvement à la source (PAS) et trésorerie

Depuis 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé chaque mois (c'est le prélèvement à la source, ou PAS). Pour les revenus fonciers, ce prélèvement prend la forme d'un acompte mensuel, calculé sur la base de vos loyers des années précédentes. Le problème : quand vous démarrez un Jeanbrun, l'administration ne sait pas encore que vos revenus fonciers vont diminuer grâce à l'amortissement. Vous risquez donc de payer trop d'acomptes pendant plusieurs mois avant régularisation.

Le Jeanbrun crée un décalage de trésorerie de 1 à 2 ans avec le prélèvement à la source (PAS).

20.1 Le mécanisme du décalage

L'acompte de PAS sur les revenus fonciers est calculé sur la base des revenus fonciers de l'année N-2 (puis N-1 après actualisation en septembre). Si vous investissez en Jeanbrun en 2026, les acomptes de PAS de 2026 seront calculés sur vos revenus fonciers de 2024 ou 2025 — avant l'amortissement Jeanbrun. Vous paierez donc des acomptes trop élevés pendant 12 à 18 mois.

20.2 Solution : la modulation à la baisse

L'article 204 J du CGI vous permet de moduler votre acompte de PAS à la baisse si vous estimez que vos revenus de l'année seront inférieurs de plus de 5 % à ceux ayant servi de base au calcul. Démarche à effectuer sur impots.gouv.fr → Gérer mon prélèvement à la source → Actualiser.

Calendrier optimal d'investissement Jeanbrun

Acquisition en début d'année (janvier-mars) : permet de moduler le PAS dès l'année N et de bénéficier d'un pro rata quasi-complet sur l'amortissement. Acquisition en fin d'année (octobre-décembre) : pro rata faible en année 1, mais modulation du PAS possible dès janvier N+1.

21. Transmission et succession

Que se passe-t-il si vous souhaitez donner votre bien Jeanbrun à vos enfants, ou si un événement familial (décès, divorce) survient pendant la période d'engagement ? La réponse dépend du moment de la transmission : pendant les 9 ans d'engagement, les règles sont strictes ; après, vous retrouvez une liberté totale.

21.1 Donation pendant l'engagement : rupture

Toute donation du bien (en pleine propriété ou en nue-propriété) pendant la période d'engagement de 9 ans constitue une rupture d'engagement et entraîne la reprise intégrale des amortissements déduits (par analogie avec le Pinel, BOFiP BOI-IR-RICI-360-20-30, § 310). Le donataire ne peut pas reprendre l'engagement à son compte.

21.2 Décès du contribuable : pas de reprise

En cas de décès du contribuable (ou de son conjoint), il n'y a pas de reprise des amortissements déduits. Le conjoint survivant, ou l'héritier qui recueille le bien, peut choisir de poursuivre l'engagement pour la durée restante. S'il ne poursuit pas, les amortissements antérieurs restent acquis.

21.3 Après l'engagement : transmission libre

Après les 9 ans d'engagement, le bien peut être librement donné ou transmis. La donation en nue-propriété (barème 669 CGI) permet une décote selon l'âge du donateur, et la plus-value est purgée par la donation (art. 150-0 D ter CGI pour les droits sociaux, régime commun pour l'immobilier). Les amortissements Jeanbrun restent réintégrés dans le calcul de la PV du donateur (sans conséquence si la donation purge cette PV).

22. Non-résidents et Jeanbrun

Vous vivez à l'étranger mais possédez (ou souhaitez acquérir) un bien locatif en France ? Bonne nouvelle : les non-résidents fiscaux (c'est-à-dire les personnes dont le domicile fiscal est situé hors de France) peuvent bénéficier du Jeanbrun. Et l'avantage est même renforcé dans certains cas.

Les non-résidents fiscaux français sont éligibles au dispositif Jeanbrun, dès lors qu'ils déclarent des revenus fonciers en France.

22.1 Imposition des revenus fonciers

Les revenus fonciers des non-résidents sont imposés en France à un taux minimum de 20 % (art. 197 A CGI), sauf si le taux moyen calculé sur l'ensemble de leurs revenus mondiaux est inférieur. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent (sauf convention fiscale contraire ou résidence dans l'EEE/Suisse — auquel cas seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % s'applique).

22.2 Intérêt fiscal renforcé

L'amortissement Jeanbrun est particulièrement intéressant pour un non-résident : le taux effectif (20 % minimum + PS) rend la déduction d'assiette efficace dès le premier euro. Un non-résident à taux minimum de 20 % économise 7 000 × 27,5 % = 1 925 €/an pour un amortissement de 7 000 € (hors PS réduits si applicable).

23. Du Périssol au Jeanbrun : 30 ans de défiscalisation immobilière

Depuis 1996, la France a changé de dispositif d'investissement locatif tous les 3 à 5 ans en moyenne. Chaque nouveau texte porte le nom du ministre ou du député qui l'a porté — d'où les noms « Périssol », « Robien », « Pinel », et maintenant « Jeanbrun ». Comprendre cette filiation permet de tirer les leçons des succès et des échecs passés.

Le Jeanbrun s'inscrit dans une longue lignée de dispositifs d'investissement locatif. Comprendre cette histoire permet de ne pas répéter les erreurs du passé :

DispositifPériodeMécanismeBilan
Périssol1996-1999Amortissement 10 %/an sur 4 ans + 2 %/an sur 20 ansTrès généreux, mais effet inflationniste sur les prix
Besson1999-2003Déduction forfaitaire majorée (25-40 %)Trop complexe, peu utilisé
Robien2003-2009Amortissement 6 %/an × 7 ans + 4 % × 2 ansSurproduction massive, nombreuses pertes investisseurs
Borloo populaire2006-2009Robien + déduction 30 % loyers sociauxPlafonds trop bas, vacance locative
Scellier2009-2012Réduction d'impôt 25 % → 13 %Même bilan que Robien (prix gonflés)
Duflot2013-2014Réduction 18 % sur 9 ans, loyers plafonnésTrop contraignant, boudé par les investisseurs
Pinel2014-2024Réduction 12/18/21 % sur 6/9/12 ansPopulaire mais plafonné, effet prix en zones tendues
Jeanbrun2026-2028Amortissement 3,5-5,5 %/an sur 80 % du prixEn cours — hors plafond niches, tout le territoire

En résumé : en 30 ans, les dispositifs ont oscillé entre amortissement (Périssol, Robien) et réduction d'impôt (Scellier, Pinel). Le Jeanbrun revient à la logique d'amortissement, mais avec des taux plus modérés et un mécanisme hors plafond des niches. La leçon constante : l'avantage fiscal ne doit jamais faire oublier les fondamentaux de l'immobilier (emplacement, prix, demande locative).

Leçon récurrente : le prix d'achat est la variable clé

Tous les dispositifs passés (Robien, Scellier, Pinel) ont souffert du même problème : les promoteurs intègrent l'avantage fiscal dans le prix de vente, gonflant les prix de 15 à 40 %. Le rapport de l'UNPI et de la FNAIM souligne que 83 % des propriétaires sondés sont sceptiques quant au Jeanbrun, en raison de ce risque de survaluation. L'avantage fiscal ne doit jamais compenser un prix d'achat excessif.

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24. Cas pratiques chiffrés

24.1 Cas n°1 — Couple TMI 30 %, neuf intermédiaire

Sophie et Thomas, mariés, TMI 30 %, achètent un T3 neuf à 280 000 € en zone B1, mis en location le 1er janvier 2027 au loyer intermédiaire.

ParamètreValeur
Prix d'acquisition280 000 €
Base amortissable (80 %)224 000 €
Taux (neuf intermédiaire)3,5 %/an
Amortissement annuel7 840 €/an (plafonné à 8 000 € → OK)
Loyer mensuel plafonné (B1, 65 m²)761 €/mois = 9 132 €/an
Intérêts d'emprunt (année 1)7 200 €/an
Taxe foncière + charges2 200 €/an

Résultat foncier année 1 : 9 132 − 7 840 − 7 200 − 2 200 = − 8 108 € (déficit).
Économie fiscale année 1 : 8 108 × (30 % + 17,2 %) = 3 827 €.
Économie cumulée sur 9 ans : environ 30 000 € (amortissement seul, hors effet déficit foncier en années suivantes).

24.2 Cas n°2 — Cadre TMI 41 %, ancien avec travaux

Alexandre, cadre dirigeant, TMI 41 %, achète un appartement ancien à 180 000 € dont 60 000 € de travaux (33 % du prix) en zone A, DPE B après travaux, niveau social.

ParamètreValeur
Prix total (achat + travaux)180 000 €
Base amortissable (80 %)144 000 €
Taux (ancien social)3,5 %/an
Amortissement annuel5 040 €/an
Loyer mensuel (zone A, social, 50 m²)~554 €/mois = 6 648 €/an
Économie annuelle (41 % + 17,2 %)5 040 × 58,2 % = 2 933 €/an
Économie sur 9 ans~26 400 €

L'ancien avec travaux offre un taux inférieur (3,5 % vs 4,5 % neuf social), mais le prix d'acquisition est généralement plus bas, et les travaux peuvent créer un déficit foncier additionnel imputable sur le revenu global.

24.3 Cas n°3 — Retraité TMI 30 %, complément de revenus

Monique, retraitée, TMI 30 %, achète un T2 neuf à 200 000 € comptant (pas de crédit) en zone B2, niveau intermédiaire. Son objectif : réduire son IR tout en percevant un complément de loyer.

ParamètreValeur
Base amortissable160 000 €
Amortissement annuel (3,5 %)5 600 €/an
Loyer encaissé~5 000 €/an
Résultat foncier~−600 € (léger déficit grâce à l'amortissement)
Économie IR+PS5 600 × 47,2 % = 2 643 €/an (sur l'amortissement seul)

Sans crédit, le cash-flow mensuel est positif (~400 €/mois), tout en bénéficiant de l'amortissement fiscal. Stratégie pertinente pour un retraité cherchant un revenu complémentaire avec avantage fiscal.

24.4 Cas n°4 — SCI IR familiale

Pierre et Marie (50/50) créent une SCI IR pour acheter un T3 neuf à 300 000 € en zone A, niveau intermédiaire. Pierre est à TMI 41 %, Marie à TMI 30 %.

ParamètrePierre (50 %)Marie (50 %)
Quote-part amortissement4 200 €/an4 200 €/an
TMI41 %30 %
Économie IR annuelle1 722 €1 260 €
Économie PS annuelle722 €722 €
Économie totale/an2 444 €1 982 €
Économie cumulée (couple) sur 9 ans39 834 €

24.5 Cas n°5 — Comparatif Jeanbrun vs LMNP (même bien)

Un T2 de 45 m² à 220 000 € en zone A, loué 739 €/mois en nu (Jeanbrun intermédiaire, plafond 14,64 €/m²) vs 1 000 €/mois en meublé (LMNP). Investisseur TMI 30 %, horizon 15 ans.

CritèreJeanbrun (intermédiaire)LMNP
Loyer annuel8 868 € (plafonné)12 000 € (libre)
Amortissement annuel6 160 € (3,5 % × 80 %)~5 500 € (composants)
Résultat fiscalDéficit probableQuasi-nul (BIC effacé)
Économie fiscale/an~2 900 €~2 600 € (IR+PS économisés via amortissement BIC)
Cash-flow net/mois (avec crédit)−200 € (négatif)+50 € (quasi-nul)
PV à 15 ans (revendu 260K €)Réintégration 55K €, abattu 42 % IRRéintégration 49K €, abattu 42 %
Rendement global net~3,5 %/an TRI~4,8 %/an TRI

Le LMNP offre un meilleur rendement global grâce au loyer libre (+40 % vs nu plafonné). Le Jeanbrun compense partiellement par l'économie fiscale hors plafond des niches et le déficit foncier imputable sur le revenu global. Le choix dépend du TMI et de l'objectif : pure rentabilité (LMNP) ou défiscalisation + patrimoine (Jeanbrun).

25. Décrets d'application en attente

Au 2 mars 2026, le dispositif Jeanbrun est entré en vigueur (21/02/2026), mais plusieurs décrets d'application restent en attente :

Décret attenduObjetImpactStatut
Plafonds de loyers€/m²/mois par zone et par niveauCritique✅ Publié (arrêté 06/01/2026)
Plafonds de ressourcesRFR max par composition du foyer et zoneCritique✅ Publié (arrêté 06/01/2026)
DPE ancienClasse A ou B, ou extension au C ?Important⏳ En attente
BOFiPInstruction fiscale détaillée (imputation déficit, SCI, etc.)Important⏳ Non publié au 03/03/2026
Modalités 2044Cases de déclaration, documents justificatifsPratique⏳ En attente (déclaration 2027)
SCI IRConditions précises d'application en SCIImportant⏳ En attente

Conseil : investir prudemment en attendant les décrets

Pour un investissement dans le neuf, les conditions sont suffisamment claires (taux fixés par la loi, plafonds intermédiaires publiés). Pour l'ancien avec travaux, nous recommandons d'attendre la publication des décrets sur le DPE et les taux définitifs avant de s'engager. Les investisseurs impatients peuvent sécuriser un bien neuf dès maintenant en toute confiance.

26. Checklist investisseur Jeanbrun

Avant de vous engager, vérifiez systématiquement les 15 points suivants :

#Point de vérification✅ / ❌
1TMI ≥ 30 % (sinon le Jeanbrun est peu intéressant)
2Horizon patrimonial > 15 ans (idéalement > 22 ans)
3Capacité d'épargne mensuelle suffisante (cash-flow négatif probable)
4Logement collectif (pas de maison individuelle)
5RE 2020 (neuf) ou DPE A/B + travaux ≥ 30 % (ancien)
6Prix au m² cohérent avec le marché local (hors prime défiscalisation)
7Plafond de loyer vérifié (zone + coefficient de surface)
8Demande locative réelle dans le quartier (taux de vacance < 5 %)
9Simulation du cash-flow mensuel (loyer − crédit − charges + économie fiscale)
10Impact de la réintégration PV calculé à 9, 15, 22 et 30 ans
11Vérification : pas de dépassement du plafond de 2 logements/an
12Option réel compatible avec le reste du patrimoine foncier
13Pas de projet de revente avant 9 ans
14Pas de projet de location meublée (incompatible)
15Accompagnement CGP ou expert-comptable pour la déclaration 2044

27. Textes de référence

TexteObjet
Loi n° 2026-103 du 19/02/2026, art. 47Création du dispositif Jeanbrun (Statut du bailleur privé)
Art. 31-I-1° i CGIAmortissement Jeanbrun — logements neufs
Art. 31-I-1° j CGIAmortissement Jeanbrun — logements anciens avec travaux
Art. 150 VB III CGI (modifié LF 2026)Réintégration des amortissements en plus-value
Art. 156-I-3° CGIDéficit foncier imputable sur le revenu global (10 700 €)
Art. 156-I-3° bis CGIDéficit foncier majoré travaux énergétiques (21 400 €)
Art. 163-0 A CGISystème du quotient (reprise d'amortissements)
Art. 200-0 A CGIPlafonnement des niches fiscales (non applicable au Jeanbrun)
Art. 8 CGITransparence fiscale des sociétés de personnes (SCI IR)
Art. 965-977 CGIImpôt sur la fortune immobilière (IFI) — assiette et barème
Art. 197 A CGITaux minimum d'imposition des non-résidents (20 %)
Art. 204 J CGIModulation du prélèvement à la source (PAS)
Art. 1727 CGIIntérêts de retard (0,2 %/mois)
Art. R. 111-18 CCHDéfinition du logement collectif
RE 2020 (décret n° 2021-1004)Réglementation environnementale des bâtiments neufs
Arrêté du 6 janvier 2026Plafonds de loyers et de ressources (cadre Loc'Avantages)
Rapport Daubresse-Cosson (30/06/2025)Rapport parlementaire fondateur du Jeanbrun
BOFiP BOI-RFPI-BASE-20Revenus fonciers — charges déductibles
BOFiP BOI-IR-RICI-360-20-30Pinel — rupture d'engagement (analogie Jeanbrun)
BOFiP BOI-RFPI-DECLADéclaration des revenus fonciers (2044)
Art. 150 V CGIPlus-values immobilières des particuliers
Art. 150 VC CGIAbattements pour durée de détention (IR : 22 ans, PS : 30 ans)

Mise à jour : 3 mars 2026. Sources : loi n° 2026-103 du 19/02/2026, arrêté du 6 janvier 2026 (plafonds), rapport Daubresse-Cosson (30/06/2025), Code Général des Impôts (CGI), BOFiP, Légifrance, impots.gouv.fr, UNPI, FNAIM. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 3 mars 2026. Le BOFiP (instruction fiscale détaillée) n'est pas encore publié ; certains décrets d'application restent en attente.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation.

Questions frequentes

Questions fréquentes sur le dispositif Jeanbrun