Sommaire
- 1. Fondement légal : art. 31-I-1° j CGI
- 2. Conditions d'éligibilité dans l'ancien
- 3. Le seuil de 30 % de travaux
- 4. Types de travaux éligibles
- 5. DPE cible après travaux : A, B ou C ?
- 6. Artisans RGE : obligation légale
- 7. Taux d'amortissement ancien
- 8. Calcul de la base amortissable
- 9. Plafonds de loyers 2026
- 10. Plafonds de ressources locataires
- 11. Cumul avec le déficit foncier
- 12. Cumul MaPrimeRénov' et CEE
- 13. Cas pratique chiffré
- 14. Impact sur la plus-value à la revente
- 15. Jeanbrun ancien vs Denormandie
- 16. Jeanbrun ancien vs déficit foncier seul
- 17. Le défi de la copropriété
- 18. Calendrier type d'une opération
- 19. Documents et justificatifs à conserver
- 20. Risques et pièges à éviter
- 21. Ajustements envisagés par le gouvernement
- Sources et références
1. Fondement légal : art. 31-I-1° j CGI
Le dispositif Jeanbrun dans l'ancien repose sur l'article 31-I-1° j du Code général des impôts, créé par l'article 47 de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Ce texte est le pendant du "i" qui vise le neuf : le "j" s'applique spécifiquement aux logements anciens faisant l'objet de travaux de rénovation lourde.
En clair, le législateur a voulu couvrir deux situations distinctes : l'acquisition d'un logement neuf (ou en VEFA) d'une part, et la rénovation d'un logement existant d'autre part. Pour l'ancien, le mécanisme reste le même — un amortissement déductible des revenus fonciers — mais les conditions sont plus strictes, avec notamment un seuil de travaux et une exigence de performance énergétique.
Rappel : qu'est-ce que le dispositif Jeanbrun ?
Le dispositif Jeanbrun (du nom de son rapporteur parlementaire) accorde aux bailleurs privés le droit de déduire un amortissement de leurs revenus fonciers, à condition de louer le bien nu, à titre de résidence principale du locataire, pendant au moins 9 ans. Contrairement au Pinel (réduction d'impôt), le Jeanbrun est une déduction d'assiette : il réduit le revenu imposable, et son effet augmente avec la tranche marginale d'imposition (TMI). Pour le guide complet, consultez notre guide Jeanbrun parent.
La période d'éligibilité couvre les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 (lendemain de la publication de la loi) et le 31 décembre 2028. Pour l'ancien, la date d'acquisition s'entend de la date de l'acte authentique de vente.
2. Conditions d'éligibilité dans l'ancien
Investir dans l'ancien avec le Jeanbrun suppose de remplir simultanément plusieurs conditions. Voici la synthèse complète.
| Condition | Exigence | Commentaire |
|---|---|---|
| Type de logement | Bâtiment d'habitation collectif | Maisons individuelles exclues |
| Seuil de travaux | ≥ 30 % du prix d'acquisition | Travaux de rénovation lourde |
| DPE post-travaux | Classe A ou B | C discutée (ajustements en cours) |
| Artisans | Certifiés RGE | Reconnu Garant de l'Environnement |
| Location | Nue, résidence principale | Meublé exclu |
| Durée d'engagement | 9 ans minimum | Irrévocable sauf exceptions légales |
| Mise en location | ≤ 12 mois après travaux | Ou après acquisition si postérieure |
| Vacance locative max | 12 mois consécutifs | Pendant les 9 ans d'engagement |
| Zonage | Toute la France | Aucune restriction géographique |
| Plafonds de loyer | Oui (3 niveaux) | Intermédiaire, social, très social |
| Plafonds de ressources | Oui (par zone) | Revenus N-2 du locataire |
| SCI éligible | SCI à l'IR uniquement | SCI à l'IS exclue |
| Période d'acquisition | 21/02/2026 – 31/12/2028 | Date de l'acte authentique |
Deux points méritent une attention particulière : la restriction aux logements collectifs (excluant les maisons, qui représentent pourtant la majorité des passoires énergétiques) et l'absence de zonage (contrairement au Pinel ou au Denormandie). Le Jeanbrun dans l'ancien s'applique partout en France, y compris en zones B2 et C — un atout pour les investisseurs ciblant des villes moyennes ou rurales.
3. Le seuil de 30 % de travaux
C'est la condition la plus discutée du dispositif dans l'ancien. Le montant des travaux doit représenter au moins 30 % du prix d'acquisition du bien. En pratique, cela signifie :
| Prix d'acquisition | Travaux minimum (30 %) | Budget total minimum |
|---|---|---|
| 100 000 € | 30 000 € | 130 000 € |
| 150 000 € | 45 000 € | 195 000 € |
| 200 000 € | 60 000 € | 260 000 € |
| 300 000 € | 90 000 € | 390 000 € |
Ce seuil constitue le principal frein identifié par les professionnels. Selon un sondage PAP.fr, 83 % des investisseurs estiment que le dispositif ne les encourage pas à investir, en grande partie à cause de ce seuil jugé trop élevé. Le gouvernement envisage de le réduire à 20 % (voir section 21).
Attention : le prix d'acquisition s'entend hors frais de notaire
Le seuil de 30 % se calcule sur le prix d'acquisition net, c'est-à-dire le prix figurant dans l'acte authentique de vente, hors frais de notaire et hors droits de mutation. Les frais d'agence immobilière inclus dans le prix de vente sont en revanche pris en compte.
Seuil de travaux = Prix d'acquisition × 30 % Exemple : Prix d'acquisition = 180 000 € Travaux minimum = 180 000 × 30 % = 54 000 € Le budget travaux réel peut (et devrait) dépasser ce minimum pour atteindre le DPE cible.
4. Types de travaux éligibles
Tous les travaux ne sont pas éligibles. Le texte vise les travaux de rénovation lourde (réhabilitation), c'est-à-dire les travaux qui améliorent significativement la performance énergétique du bâtiment. Voici les principales catégories.
4.1 Travaux d'amélioration énergétique (les plus courants)
| Type de travaux | Description | Impact DPE |
|---|---|---|
| Isolation des murs | ITE (extérieure) ou ITI (intérieure) | Fort — souvent le poste le plus impactant |
| Isolation des planchers | Planchers bas (cave, vide sanitaire) | Modéré |
| Isolation de la toiture | Combles, toiture-terrasse | Fort — jusqu'à 30 % des déperditions |
| Remplacement du chauffage | PAC, chaudière gaz THPE, biomasse | Fort |
| Ventilation performante | VMC double flux, hygro B | Modéré — mais indispensable post-isolation |
| Menuiseries extérieures | Fenêtres double/triple vitrage, portes | Modéré à fort selon le bâti |
| Production d'eau chaude | Chauffe-eau thermodynamique, solaire | Modéré |
4.2 Travaux de transformation et de gros oeuvre
En complément des travaux d'amélioration énergétique, certains travaux de transformation sont éligibles lorsqu'ils sont indissociables de la rénovation : reprise structurelle, reconfiguration des espaces, mise aux normes électriques et de plomberie. Ces travaux entrent dans la base amortissable dès lors qu'ils contribuent à la réhabilitation globale du logement.
4.3 Travaux exclus
Ne sont pas éligibles : les travaux d'embellissement (peinture, papier peint, revêtements de sol hors isolation), les travaux d'agrandissement ou de construction d'extension, et les équipements mobiliers (cuisine équipée, électroménager).
Astuce : le devis détaillé est votre meilleure protection
Faites établir des devis détaillés distinguant clairement les postes éligibles (isolation, chauffage, ventilation) des postes non éligibles (peinture, décoration). En cas de contrôle fiscal, l'administration se basera sur les factures pour vérifier le respect du seuil de 30 %.
5. DPE cible après travaux : A, B ou C ?
Le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) est au coeur du Jeanbrun dans l'ancien. Le logement rénové doit atteindre une classe A ou B après travaux pour ouvrir droit à l'amortissement. C'est une exigence élevée, et c'est précisément ce qui rend le dispositif difficile d'accès dans l'ancien.
5.1 Ce que signifient les classes DPE
| Classe DPE | Consommation (kWh/m²/an) | Émissions GES (kg CO₂/m²/an) |
|---|---|---|
| A | ≤ 70 | ≤ 6 |
| B | 71 – 110 | 7 – 11 |
| C | 111 – 180 | 12 – 30 |
| D | 181 – 250 | 31 – 50 |
| E | 251 – 330 | 51 – 70 |
| F | 331 – 420 | 71 – 100 |
| G | > 420 | > 100 |
5.2 Le problème des copropriétés
C'est le noeud du sujet. Faire passer un logement de classe E ou F à classe A ou B nécessite le plus souvent d'intervenir sur les parties communes du bâtiment : façade (isolation thermique par l'extérieur), toiture, chauffage collectif, ventilation des parties communes. Or, en copropriété, ces travaux requièrent un vote en assemblée générale à la majorité qualifiée — un processus long et incertain.
Les professionnels de l'immobilier qualifient cet objectif de "quasi-impossible individuellement en copropriété". Un propriétaire peut isoler son appartement par l'intérieur, changer ses fenêtres et son chauffage individuel, mais si le bâtiment n'est pas isolé par l'extérieur, le DPE global restera insuffisant.
5.3 La tolérance de la classe C (en discussion)
Face à cette difficulté, le gouvernement envisage d'accepter la classe C comme DPE cible, à condition de justifier un gain d'au moins 2 classes (par exemple, passer de E à C). Cette mesure n'est pas encore officialisée par décret mais fait l'objet de discussions parlementaires actives. Nous mettrons à jour ce guide dès qu'un texte sera publié.
Conseil pratique : le DPE avant travaux est indispensable
Avant tout achat, faites réaliser un DPE complet (ou demandez celui du vendeur) et un audit énergétique par un bureau d'études thermiques. Celui-ci vous indiquera précisément les travaux nécessaires pour atteindre la classe A ou B, avec leur coût estimatif. C'est le seul moyen de vérifier la faisabilité de l'opération avant de s'engager.
6. Artisans RGE : obligation légale
Pour que l'amortissement Jeanbrun soit admis en déduction, les travaux doivent être réalisés par des entreprises titulaires du label RGE (Reconnu Garant de l'Environnement). Cette certification, délivrée par des organismes accrédités (Qualibat, Qualifelec, Qualit'EnR, Certibat), garantit la compétence de l'entreprise dans le domaine de la rénovation énergétique.
6.1 Pourquoi le RGE est-il obligatoire ?
L'obligation RGE poursuit un double objectif : garantir la qualité des travaux (et donc l'atteinte effective du DPE cible) et conditionner l'accès aux aides publiques (MaPrimeRénov', CEE) qui sont souvent cumulées avec le Jeanbrun.
6.2 Vérifications à effectuer
| Point de vérification | Comment vérifier | Risque si non-conforme |
|---|---|---|
| Validité du certificat RGE | france-renov.gouv.fr (annuaire officiel) | Perte de l'amortissement + aides |
| Domaine de compétence RGE | Vérifier que le label couvre le type de travaux | RGE isolation ≠ RGE chauffage |
| Assurance décennale à jour | Demander l'attestation avant devis | Aucun recours en cas de malfaçon |
| Sous-traitance RGE | Vérifier que le sous-traitant est aussi RGE | Risque de non-conformité |
Bon à savoir
La certification RGE est valable 4 ans avec un audit de suivi à mi-parcours. Pensez à vérifier la date d'expiration avant le démarrage des travaux et après leur achèvement, car c'est la date de la facture qui fait foi pour l'administration fiscale.
7. Taux d'amortissement ancien
Le taux d'amortissement dépend du niveau de loyer pratiqué. Plus le loyer est bas (et donc la vocation sociale forte), plus le taux est élevé. En clair, l'État récompense davantage les bailleurs qui acceptent de louer à des loyers inférieurs au marché.
| Niveau de loyer | Taux ancien (/an) | Taux neuf (/an) | Décote vs marché | Plafond annuel |
|---|---|---|---|---|
| Intermédiaire | 3 % | 3,5 % | −15 % | 8 000 € |
| Social | 3,5 % | 4,5 % | −30 % | 10 000 € |
| Très social | 4 % | 5,5 % | −45 % | 12 000 € |
Notez que les taux dans l'ancien sont inférieurs de 0,5 à 1,5 point par rapport au neuf. Cette différence reflète le fait que le prix d'acquisition dans l'ancien est généralement inférieur, ce qui aboutit à des bases amortissables plus faibles et donc, in fine, à des économies d'impôt plus modestes en valeur absolue — sauf si le montant des travaux est significatif.
7.1 L'amortissement est un outil hors plafond des niches fiscales
Point crucial : l'amortissement Jeanbrun est une déduction de l'assiette des revenus fonciers, pas une réduction d'impôt. Il n'entre donc pas dans le plafond global des niches fiscales de 10 000 €/an. C'est l'une des différences fondamentales avec le Pinel (qui, lui, était plafonné).
7.2 Pro rata temporis en année 1
L'amortissement se calcule au prorata la première année, à compter du 1er jour du mois d'achèvement des travaux (ou de l'acquisition si elle est postérieure). Exemple : si les travaux s'achèvent le 15 septembre 2026, l'amortissement court du 1er septembre au 31 décembre, soit 4/12 de l'annuité complète.
8. Calcul de la base amortissable
La base amortissable dans l'ancien est plus favorable que dans le neuf, car les travaux y sont intégralement amortissables (pas d'abattement de 20 % pour le terrain sur la part travaux).
Base amortissable = (Prix d'acquisition × 80 %) + (Travaux éligibles × 100 %)
L'abattement de 20 % (terrain forfaitaire) ne s'applique
qu'au prix d'acquisition, PAS aux travaux.
Exemple :
Prix d'acquisition = 150 000 €
Travaux éligibles = 60 000 €
Base amortissable = (150 000 × 0,80) + 60 000
= 120 000 + 60 000
= 180 000 €8.1 Calcul de l'amortissement annuel
L'amortissement annuel est le minimum entre la base × le taux et le plafond annuel.
| Intermédiaire (3 %) | Social (3,5 %) | Très social (4 %) | |
|---|---|---|---|
| Amortissement brut (180 000 €) | 5 400 €/an | 6 300 €/an | 7 200 €/an |
| Plafond annuel | 8 000 € | 10 000 € | 12 000 € |
| Amortissement retenu | 5 400 €/an | 6 300 €/an | 7 200 €/an |
Dans cet exemple, la base de 180 000 € ne dépasse le plafond dans aucun des trois niveaux. Mais pour un bien à 300 000 € + 100 000 € de travaux (base = 340 000 €), l'amortissement brut en intermédiaire serait de 10 200 €/an, plafonné à 8 000 €.
L'avantage méconnu de l'ancien : les travaux à 100 %
Dans le neuf, la totalité du prix est soumise à l'abattement de 20 % (terrain). Dans l'ancien, seul le prix d'acquisition subit cet abattement — les travaux sont amortis à 100 %. À prix total égal, un bien ancien avec travaux peut donc générer une base amortissable supérieure à un bien neuf.
9. Plafonds de loyers 2026
Les plafonds de loyer sont fixés par zone géographique pour le niveau intermédiaire (LLI), et par commune pour les niveaux social et très social (arrêté du 6 janvier 2026, JO du 31 janvier 2026). Ces plafonds conditionnent le taux d'amortissement applicable.
9.1 Plafonds intermédiaires (LLI) par zone
| Zone | Plafond (€/m²/mois) | Exemples de villes |
|---|---|---|
| A bis | 19,71 € | Paris, 29 communes limitrophes |
| A | 14,64 € | Lyon, Marseille, Lille, Montpellier… |
| B1 | 11,80 € | Bordeaux, Toulouse, Nantes, Strasbourg… |
| B2 | 10,26 € | Villes > 50 000 hab., agglomérations dynamiques |
| C | 10,26 € | Reste du territoire |
9.2 Calcul du loyer maximal
Loyer max mensuel = Plafond/m² × Coefficient × Surface habitable Coefficient = 0,7 + (19 / Surface) Plafonné à 1,2 (pour les logements < 38 m²) Exemple : T3 de 65 m² en zone B1 Coefficient = 0,7 + (19 / 65) = 0,7 + 0,292 = 0,992 Loyer max = 11,80 × 0,992 × 65 = 761 €/mois
9.3 Niveaux social et très social
Pour les niveaux social (Loc2) et très social (Loc3), les plafonds sont fixés par commune dans le cadre Loc'Avantages. En ordre de grandeur : le loyer social représente environ −30 % par rapport au marché, et le très social environ −45 %. Ces niveaux offrent un amortissement plus élevé (3,5 % ou 4 %) mais réduisent significativement le rendement locatif brut.
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10. Plafonds de ressources des locataires
Le locataire doit justifier de ressources inférieures aux plafonds en vigueur, calculés sur la base du revenu fiscal de référence N-2. Voici les plafonds 2026 pour le niveau intermédiaire (les plus fréquents).
10.1 Plafonds intermédiaires (LLI) — 2026
| Composition du foyer | A bis | A | B1 | B2 & C |
|---|---|---|---|---|
| Personne seule | 44 344 € | 44 344 € | 36 144 € | 32 530 € |
| Couple | 66 276 € | 66 276 € | 48 268 € | 43 439 € |
| + 1 personne à charge | 86 878 € | 79 666 € | 58 043 € | 52 239 € |
| + 2 personnes à charge | 103 727 € | 95 427 € | 70 073 € | 63 066 € |
| + 3 personnes à charge | 123 415 € | 112 968 € | 82 432 € | 74 189 € |
| + 4 personnes à charge | 138 874 € | 127 122 € | 92 900 € | 83 611 € |
| Par personne suppl. | +15 471 € | +14 164 € | +10 364 € | +9 325 € |
En pratique, ces plafonds sont assez larges au niveau intermédiaire : un couple gagnant jusqu'à 66 276 € de revenus annuels en zone A bis est éligible. Le vivier de locataires potentiels est donc important.
10.2 Plafonds social (Loc2) — 2026
| Composition du foyer | A bis | A | B1 | B2 & C |
|---|---|---|---|---|
| Personne seule | 32 463 € | 32 463 € | 26 460 € | 23 814 € |
| Couple | 48 521 € | 48 521 € | 35 338 € | 31 804 € |
| + 1 personne à charge | 63 604 € | 58 324 € | 42 494 € | 38 244 € |
| + 2 personnes à charge | 75 940 € | 69 863 € | 51 302 € | 46 171 € |
10.3 Plafonds très social (Loc3) — 2026
| Composition du foyer | A bis | A | B1 | B2 & C |
|---|---|---|---|---|
| Personne seule | 17 855 € | 17 855 € | 14 553 € | 13 097 € |
| Couple | 29 114 € | 29 114 € | 21 204 € | 19 082 € |
| + 1 personne à charge | 38 164 € | 34 995 € | 25 497 € | 22 946 € |
| + 2 personnes à charge | 41 995 € | 38 635 € | 28 369 € | 25 533 € |
Plus le niveau de loyer est bas, plus les plafonds de ressources sont restrictifs — ce qui réduit le vivier de locataires mais augmente le taux d'amortissement. C'est un arbitrage à réaliser au cas par cas selon la demande locative locale.
11. Cumul avec le déficit foncier : le double levier fiscal
C'est l'un des atouts majeurs du Jeanbrun dans l'ancien par rapport au neuf. En plus de l'amortissement, l'investisseur peut déduire les charges réelles de ses revenus fonciers (intérêts d'emprunt, travaux d'entretien, taxe foncière, frais de gestion…). Lorsque ces charges créent un déficit foncier, celui-ci est imputable sur le revenu global dans la limite de :
Déficit foncier classique
10 700 €/an imputables sur le revenu global (art. 156-I-3° CGI). Le surplus est reportable 10 ans sur les revenus fonciers.
Déficit foncier rénovation énergétique
21 400 €/an pour les travaux de rénovation énergétique (prorogé jusqu'en 2027). Le logement doit passer d'une classe E/F/G à une classe A/B/C/D.
Concrètement, un investisseur en Jeanbrun ancien peut cumuler :
Économie fiscale totale = Amortissement Jeanbrun + Déficit foncier Exemple (TMI 41 %, PS 17,2 %) : Amortissement Jeanbrun : 5 400 €/an (intermédiaire) Déficit foncier (intérêts + charges) : 8 000 €/an Économie IR amortissement : 5 400 × 41 % = 2 214 € Économie IR+PS déficit : 8 000 × 58,2 % = 4 656 € Économie totale annuelle : 6 870 €
Ce double levier fait du Jeanbrun ancien un outil potentiellement plus puissant que le Jeanbrun neuf pour les TMI élevées, à condition que le montant des travaux et des charges réelles soit suffisant pour générer un déficit foncier significatif.
12. Cumul avec MaPrimeRénov' et CEE
Le Jeanbrun dans l'ancien est compatible avec les aides à la rénovation énergétique. C'est un point important car ces aides réduisent le coût net des travaux — tout en conservant l'amortissement fiscal.
12.1 MaPrimeRénov' pour les bailleurs
Les bailleurs peuvent bénéficier de MaPrimeRénov' sous conditions :
- Le logement doit avoir plus de 15 ans
- Le locataire l'occupe comme résidence principale pendant 6 ans minimum après travaux
- Le bailleur s'engage à ne pas augmenter le loyer pendant la durée du contrat
- Maximum 3 logements par bailleur
12.2 CEE (Certificats d'Économies d'Énergie)
Les CEE sont cumulables avec MaPrimeRénov' et le Jeanbrun. Ils prennent la forme d'une prime versée par les fournisseurs d'énergie pour chaque poste de travaux éligible (isolation, chauffage, ventilation).
Impact sur la base amortissable
Les aides reçues (MaPrimeRénov', CEE) viennent en déduction du montant des travaux éligibles pour le calcul de la base amortissable Jeanbrun. Si vous recevez 15 000 € d'aides sur 60 000 € de travaux, la part amortissable sera de 45 000 € (et non 60 000 €). Vérifiez que le seuil de 30 % reste respecté avant déduction des aides.
13. Cas pratique chiffré : rénovation d'un T3 en zone B1
Voici un exemple concret pour illustrer le fonctionnement du Jeanbrun dans l'ancien avec travaux.
Profil investisseur
Sophie, 42 ans, TMI 41 %, achète un T3 de 65 m² à rénover à Bordeaux (zone B1). Le logement est classé DPE F avant travaux. Elle finance l'opération avec un crédit immobilier à 3,5 % sur 20 ans.
13.1 Budget de l'opération
| Poste | Montant |
|---|---|
| Prix d'acquisition | 150 000 € |
| Frais de notaire (~8 %) | 12 000 € |
| Travaux de rénovation | 65 000 € |
| Budget total | 227 000 € |
| Seuil 30 % vérifié ? | 65 000 / 150 000 = 43 % ✓ |
13.2 Détail des travaux
| Poste de travaux | Montant | Artisan RGE |
|---|---|---|
| Isolation thermique intérieure (murs) | 18 000 € | ✓ |
| Remplacement fenêtres (double vitrage) | 12 000 € | ✓ |
| PAC air-eau + radiateurs basse température | 15 000 € | ✓ |
| VMC double flux | 6 000 € | ✓ |
| Chauffe-eau thermodynamique | 4 000 € | ✓ |
| Mise aux normes électriques | 5 000 € | — |
| Plomberie + salle de bain | 5 000 € | — |
| Total travaux | 65 000 € |
Après travaux, l'audit énergétique projette un DPE B (passage de F à B, soit un gain de 4 classes). Le DPE cible est atteint.
13.3 Calcul de l'amortissement (loyer intermédiaire)
Base amortissable = (150 000 × 80 %) + 65 000 = 185 000 € Taux intermédiaire ancien = 3 % Amortissement brut = 185 000 × 3 % = 5 550 €/an Plafond intermédiaire = 8 000 €/an → Amortissement retenu = 5 550 €/an (sous le plafond)
13.4 Économie d'impôt annuelle
| Composante | Montant | Économie (TMI 41 % + PS 17,2 %) |
|---|---|---|
| Amortissement Jeanbrun | 5 550 € | 5 550 × 58,2 % = 3 230 € |
| Intérêts d'emprunt (année 1) | ~5 800 € | Inclus dans le déficit foncier |
| Taxe foncière + charges | ~2 000 € | Inclus dans le déficit foncier |
| Loyer encaissé (761 €/mois) | −9 132 € | Revenus fonciers |
| Résultat foncier net | Déficit ~4 218 € | 4 218 × 58,2 % = 2 455 € |
Économie totale année 1 : Amortissement : 3 230 € Déficit foncier : 2 455 € ───────────────────────── Total : 5 685 €/an Sur 9 ans (estimation constante) : Total amortissement : 5 550 × 9 = 49 950 € déduits Économie IR+PS cumulée : ~51 000 €
Résultat
Sophie économise environ 5 685 € d'impôt par an grâce au cumul amortissement Jeanbrun + déficit foncier. Sur 9 ans, l'économie cumulée représente environ 51 000 €, soit plus de 22 % du budget total de l'opération.
14. Impact sur la plus-value à la revente
Que se passe-t-il quand Sophie revend son bien après la période d'engagement ? C'est ici que le sujet se complique — et que les avis divergent entre professionnels.
14.1 Le texte : art. 150 VB III CGI
L'article 150 VB III CGI (modifié par la LF 2026) prévoit que le prix d'acquisition est minoré du montant des amortissements admis en déduction en application des i et j du 1° du I de l'article 31. En clair : les amortissements déduits réduisent le prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value, ce qui augmente la plus-value taxable.
14.2 Le débat doctrinal
Interprétation A : réintégration
Lecture littérale du texte. Les amortissements déduits viennent réduire le prix d'acquisition → plus-value taxable augmentée. L'avantage fiscal est partiellement repris à la revente.
Interprétation B : pas de réintégration
Certains praticiens estiment que le Jeanbrun (revenus fonciers, art. 31) ne suit pas le même régime que le LMNP (BIC, art. 39 C). La réintégration s'appliquerait uniquement aux BIC.
Prudence : doctrine administrative non publiée
À la date de rédaction de ce guide (mars 2026), l'administration fiscale n'a pas encore publié de doctrine officielle (BOFiP) sur ce point. La lecture littérale de l'art. 150 VB III vise expressément les amortissements de l'art. 31-I-1° j, ce qui plaide pour la réintégration. Nous recommandons de provisionner cette réintégration dans vos projections par prudence. Pour une analyse personnalisée, consultez notre guide complet du dispositif Jeanbrun (section plus-value).
14.3 Simulation de l'impact (cas de Sophie)
Hypothèse : revente après 12 ans au prix de 230 000 € SANS réintégration : PV brute = 230 000 − 150 000 = 80 000 € Abattement 12 ans IR = 24 % → PV taxable IR = 60 800 € Abattement 12 ans PS = 10,4 % → PV taxable PS = 71 680 € Impôt PV = (60 800 × 19 %) + (71 680 × 17,2 %) = 11 552 + 12 329 = 23 881 € AVEC réintégration (49 950 € amortis sur 9 ans) : Prix acquisition minoré = 150 000 − 49 950 = 100 050 € PV brute = 230 000 − 100 050 = 129 950 € Abattement 12 ans IR = 24 % → PV taxable IR = 98 762 € Abattement 12 ans PS = 10,4 % → PV taxable PS = 116 355 € Impôt PV = (98 762 × 19 %) + (116 355 × 17,2 %) = 18 765 + 20 013 = 38 778 € Surcoût si réintégration : 38 778 − 23 881 = 14 897 € Économie nette réelle sur 9 ans : 51 000 − 14 897 = ~36 100 €
Même dans le scénario le plus conservateur (réintégration complète), l'économie nette reste significative grâce à l'effet de levier du TMI (41 %) pendant la phase d'amortissement, contre un taux de PV fixe (19 % IR). De plus, les abattements pour durée de détention réduisent progressivement l'impact.
15. Jeanbrun ancien vs Denormandie : comparatif détaillé
Le Denormandie est l'autre dispositif de défiscalisation immobilière dans l'ancien. Il a été prorogé jusqu'au 31 décembre 2027. Voici le comparatif complet.
| Critère | Jeanbrun ancien | Denormandie |
|---|---|---|
| Mécanisme fiscal | Amortissement (déduction d'assiette) | Réduction d'impôt (crédit sur IR) |
| Seuil de travaux | ≥ 30 % du prix | ≥ 25 % du prix |
| Zonage | Toute la France | Zones ORT + Action Coeur de Ville |
| DPE cible | A ou B (C discutée) | Gain de 2 classes ou atteinte E |
| Durée d'engagement | 9 ans | 6, 9 ou 12 ans |
| Logements éligibles | Collectif uniquement | Collectif + individuel |
| Taux/avantage fiscal | 3-4 % du prix × TMI+PS | 12-21 % du prix (réduction IR) |
| Plafond niches fiscales | Non (déduction d'assiette) | Oui (10 000 €/an) |
| Cumul déficit foncier | Oui | Non |
| Plafond de prix | Pas de plafond au m² | 5 500 €/m² max, 300 000 € max |
| Prolongation | → 31/12/2028 | → 31/12/2027 |
| Impact PV revente | Réintégration débattue | Aucun impact |
| Meilleur pour… | TMI ≥ 41 %, gros travaux, hors zones ORT | TMI ≤ 30 %, petits travaux, zones ORT |
L'avantage décisif du Jeanbrun pour les TMI élevées
Le Jeanbrun est une déduction d'assiette : son efficacité augmente avec le TMI. À TMI 41 %, 1 € de déduction économise 0,582 € (IR + PS). Le Denormandie est une réduction d'impôt fixe : son taux ne change pas avec le TMI. À partir de TMI 30 %, le Jeanbrun ancien devient généralement plus avantageux que le Denormandie, surtout avec le cumul déficit foncier.
16. Jeanbrun ancien vs déficit foncier seul
Sans le dispositif Jeanbrun, un investisseur qui rénove un bien ancien ne bénéficie que du déficit foncier classique. Voici ce que le Jeanbrun ajoute.
| Critère | Jeanbrun ancien | Déficit foncier seul |
|---|---|---|
| Mécanisme | Amortissement + déficit foncier | Déficit foncier uniquement |
| Avantage annuel max | Amortissement + 21 400 € | 10 700 € (ou 21 400 € réno énergétique) |
| Plafond de loyer | Oui (encadré) | Non |
| Plafonds de ressources | Oui | Non |
| Durée d'engagement | 9 ans | 3 ans (si déficit imputé sur revenu global) |
| Réintégration PV | Débat en cours | Non |
| Logements éligibles | Collectif, DPE A/B | Tout logement loué nu |
| Liberté du loyer | Non | Oui |
Le Jeanbrun ajoute un étage supplémentaire de déduction (l'amortissement) au-dessus du déficit foncier. La contrepartie : des contraintes plus lourdes (plafonds de loyer, plafonds de ressources, engagement de 9 ans, DPE A/B). Pour un investisseur qui préfère la liberté de fixer son loyer et une durée d'engagement courte (3 ans), le déficit foncier seul reste préférable.
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17. Le défi de la copropriété
Puisque le Jeanbrun ancien est réservé aux logements collectifs, l'investisseur se retrouve nécessairement dans une copropriété. Or, atteindre un DPE A ou B dans l'ancien dépend largement de travaux sur les parties communes — qui ne sont pas sous le contrôle exclusif du propriétaire individuel.
17.1 Les travaux qui dépendent de la copropriété
| Poste | Parties privatives (vous décidez) | Parties communes (vote AG) |
|---|---|---|
| Isolation des murs | ITI (intérieure) — limitée | ITE (extérieure) — la plus efficace |
| Toiture | — | Isolation toiture-terrasse, combles |
| Chauffage collectif | — | Remplacement chaudière, PAC collective |
| Fenêtres | Remplacement fenêtres du lot | Règlement de copropriété peut restreindre |
| Ventilation | VMC individuelle | VMC collective |
17.2 Stratégies pour contourner l'obstacle
- Cibler les copropriétés déjà engagées dans un plan de rénovation énergétique (DPE collectif en cours, vote AG travaux prévu)
- Acheter dans un petit immeuble (2-4 lots) où vous êtes copropriétaire majoritaire et pouvez imposer les travaux
- Racheter l'immeuble entier en mono-propriété — vous maîtrisez alors toutes les décisions (mais ce n'est plus une copropriété au sens strict)
- Se coordonner avec le syndic : proposer un audit énergétique collectif et un plan pluriannuel de travaux (PPT, obligatoire depuis 2024)
Le PPT : un allié potentiel
Depuis le 1er janvier 2024, les copropriétés de plus de 15 ans doivent adopter un Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) sur 10 ans. Ce plan inclut généralement des travaux d'amélioration énergétique. Avant d'investir, consultez le PPT de la copropriété : s'il prévoit une ITE ou un remplacement du chauffage collectif, le DPE cible devient beaucoup plus atteignable.
18. Calendrier type d'une opération Jeanbrun ancien
Voici le calendrier réaliste d'une opération type, du repérage du bien à la première déduction fiscale.
| Étape | Durée indicative | Actions clés |
|---|---|---|
| 1. Recherche et sélection du bien | 1 – 3 mois | DPE avant travaux, étude de faisabilité, audit énergétique |
| 2. Compromis de vente | — | Condition suspensive : financement + DPE cible atteignable |
| 3. Obtention du crédit | 1 – 2 mois | Dossier bancaire, assurance emprunteur |
| 4. Acte authentique | 2 – 3 mois | Signature chez le notaire → début de la période Jeanbrun |
| 5. Devis et sélection artisans RGE | 1 mois | Devis détaillés, vérification labels RGE |
| 6. Réalisation des travaux | 3 – 6 mois | Suivi de chantier, conformité des factures |
| 7. DPE post-travaux | 1 semaine | Vérification atteinte classe A ou B |
| 8. Mise en location | 1 – 2 mois | Recherche locataire, vérification revenus, bail conforme |
| 9. Première déduction fiscale | Année N+1 | Déclaration 2044, amortissement pro rata temporis |
Du compromis à la mise en location, comptez 8 à 14 mois. Le délai légal de mise en location est de 12 mois après achèvement des travaux. Pendant cette période, aucun revenu locatif n'est perçu — un coût de portage à intégrer dans vos projections financières.
19. Documents et justificatifs à conserver
En cas de contrôle fiscal, vous devrez justifier de l'ensemble des conditions du dispositif. Voici la checklist complète des documents à conserver pendant toute la durée de l'engagement + 3 ans (prescription fiscale).
| Document | Objectif | Durée de conservation |
|---|---|---|
| Acte authentique de vente | Prouver la date d'acquisition et le prix | 12 ans minimum |
| DPE avant travaux | Justifier l'état initial du logement | 12 ans minimum |
| DPE après travaux | Prouver l'atteinte de la classe A ou B | 12 ans minimum |
| Audit énergétique | Justifier la stratégie de rénovation | 12 ans minimum |
| Devis détaillés des travaux | Distinguer postes éligibles et non éligibles | 12 ans minimum |
| Factures des travaux | Prouver le respect du seuil de 30 % | 12 ans minimum |
| Certificats RGE des artisans | Prouver la conformité des prestataires | 12 ans minimum |
| Bail du locataire | Prouver la location nue, RP, durée | 12 ans minimum |
| Avis d'imposition du locataire (N-2) | Vérifier le respect des plafonds de ressources | 12 ans minimum |
| Déclarations 2044 | Traçabilité des amortissements déduits | 12 ans minimum |
| Attestations MaPrimeRénov' / CEE | Justifier les aides reçues et leur déduction | 12 ans minimum |
Conseil : créez un dossier fiscal dédié
Créez dès le début de l'opération un dossier (physique ou numérique) regroupant tous les justificatifs. Nommez chaque fichier de manière explicite (date + nature). Ce dossier sera votre meilleure protection en cas de contrôle fiscal, même 10 ans après la fin de l'engagement.
20. Risques et pièges à éviter
Le Jeanbrun dans l'ancien comporte des risques spécifiques, principalement liés aux travaux et à la copropriété. Voici les principaux pièges identifiés par les professionnels.
| Risque | Probabilité | Impact | Comment s'en protéger |
|---|---|---|---|
| DPE cible non atteint après travaux | Élevée | Perte de l'amortissement Jeanbrun | Audit énergétique avant achat + engagement artisan sur résultat |
| Dépassement du budget travaux | Élevée | Rentabilité dégradée | Marge de sécurité +15 % sur le budget travaux |
| Copropriété refuse les travaux communs | Modérée | DPE cible inatteignable | Vérifier le PPT et l'historique des votes AG avant achat |
| Retard de chantier > 12 mois | Modérée | Dépassement du délai de mise en location | Pénalités de retard dans le contrat, suivi rigoureux |
| Vacance locative prolongée | Faible | Perte de revenus + risque de rupture | Étude de marché locatif avant achat |
| Artisan non RGE ou certificat expiré | Faible | Redressement fiscal total | Vérification systématique sur france-renov.gouv.fr |
| Réintégration PV supérieure aux prévisions | Incertaine | Surcoût fiscal à la revente | Provisionner la réintégration dans les projections |
| Locataire au-dessus des plafonds de ressources | Faible | Remise en cause de l'amortissement | Demander l'avis d'imposition N-2 avant signature du bail |
Le risque le plus critique est le non-atteinte du DPE cible. C'est pourquoi nous insistons sur la réalisation d'un audit énergétique complet avant l'acquisition, idéalement en condition suspensive du compromis de vente.
21. Ajustements envisagés par le gouvernement
Face aux critiques des professionnels et au taux d'adhésion très faible des investisseurs (83 % de sceptiques selon PAP.fr), le gouvernement a ouvert des pistes d'assouplissement. Rien n'est encore officialisé, mais voici les mesures en discussion.
| Mesure envisagée | Situation actuelle | Impact si adoptée |
|---|---|---|
| Réduction du seuil de travaux à 20 % | 30 % actuellement | Fort — élargirait considérablement le vivier de biens éligibles |
| Acceptation du DPE C (avec gain de 2 classes) | A ou B exigé | Fort — rendrait la copropriété beaucoup plus accessible |
| Extension aux maisons individuelles | Collectif uniquement | Majeur — ouvrirait le dispositif au parc le plus énergivore |
| Prolongation au-delà de 2028 | Fin au 31/12/2028 | Modéré — donnerait de la visibilité aux investisseurs |
Nous mettrons ce guide à jour dès qu'un décret ou une loi de finances rectificative viendra modifier les conditions actuelles. En attendant, les investisseurs doivent se baser sur le texte en vigueur.
Comment suivre les évolutions ?
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Sources et références
- Article 47, loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (loi de finances pour 2026)
- Article 31-I-1° j du Code général des impôts (CGI) — Legifrance
- Article 150 VB III CGI — régime des plus-values immobilières
- Article 156-I-3° CGI — déficit foncier
- Arrêté du 6 janvier 2026 (JO du 31 janvier 2026) — plafonds de loyer et de ressources
- BOFiP-Impôts — revenus fonciers, amortissements déductibles
- MaPrimeRénov' — conditions bailleurs (france-renov.gouv.fr)
- Rapport Daubresse-Cosson sur le statut du bailleur privé (2025)
- INSEE — barèmes et plafonds de ressources 2026
Mise à jour : mars 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI), BOFiP, Legifrance, impots.gouv.fr, INSEE, france-renov.gouv.fr. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 1er mars 2026.
Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation.