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Guide expert Jeanbrun ancien 202630 minMis à jour 25 juin 2026Art. 31-I-1° j CGI · LF 2026 art. 47

Jeanbrun dans l’ancien : travaux 30 %, DPE A/B et amortissement 3-4 % en 2026

Le dispositif Jeanbrun « ancien rénové » (art. 31-I-1° j CGI, créé par l’art. 47 de la LF 2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026) permet d’amortir un logement ancien rénové à hauteur de 3 à 4 % par an pendant 9 ans, en cumul avec le déficit foncier renforcé de 21 400 €/an (art. 156-I-3° CGI prorogé jusqu’au 31/12/2027 par l’art. 47 LF 2026). Conditions clés : seuil de travaux ≥ 30 % du prix d’acquisition, DPE A ou B après travaux, artisans RGE, bâtiment d’habitation collectif (maisons individuelles exclues), engagement de location nue 9 ans à titre de résidence principale du locataire avec plafonds de loyer et de ressources. Le Jeanbrun est une déduction d’assiette HORS plafond niches fiscales 10 000 € (art. 200-0 A CGI), ce qui en fait l’outil n° 1 pour les contribuables TMI 41-45 % avec revenus fonciers à neutraliser. Période d’éligibilité : acquisitions du 21/02/2026 au 31/12/2028. Plafond opération 300 000 €. Cumul possible avec MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné et CEE (sous réserve de respect du seuil 30 % APRÈS déduction des aides). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) maintient les PS à 17,2 % sur les revenus fonciers (la hausse à 18,6 % vise les RCM, les plus-values mobilières, le PEA, le PER et la location meublée). Comparatifs Jeanbrun vs Denormandie vs Pinel+ vs Malraux, 7 cas chiffrés, SCI familiale IR, transmission, contrôle fiscal et 30 sections expert. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet ORIAS (CIF · COA · COBSP · Carte T).

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AMORTISSEMENT/AN

3 - 4 %

ART. PIVOT

31-I-1° j CGI

SEUIL TRAVAUX

30 %

DPE CIBLE

A ou B

DÉFICIT FONCIER

21 400 €

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant

CIF · COA · COBSP · Carte T 7301 2024 000 000 014 · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

Mis à jour le 25 juin 2026 · Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 art. 47 créant le dispositif Jeanbrun ancien + travaux), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 maintenant les PS à 17,2 % sur les revenus fonciers), au décret 2023-297 du 21/04/2023 (déficit foncier renforcé 21 400 €) et à la doctrine BOFiP en vigueur (BOI-RFPI-BASE-20-30 et BOI-RFPI-BASE-20-30-30).

§ 2ÉLIGIBILITÉ·5 MIN

Quelles conditions d’éligibilité dans l’ancien ?

Avant de vous lancer, posez-vous la question : votre projet coche-t-il toutes les cases ? Car le Jeanbrun dans l'ancien impose des conditions strictes. Voici la synthèse complète pour vérifier en un coup d'oeil.

Tableau comparatif : Condition — Exigence — Commentaire — Premier cas : Type de logement
ConditionExigenceCommentaire
Type de logementBâtiment d'habitation collectifMaisons individuelles exclues
Seuil de travaux≥ 30 % du prix d'acquisitionTravaux de rénovation lourde
DPE post-travauxClasse A ou BC discutée (ajustements en cours)
ArtisansCertifiés RGEReconnu Garant de l'Environnement
LocationNue, résidence principaleMeublé exclu
Durée d'engagement9 ans minimumIrrévocable sauf exceptions légales
Mise en location≤ 12 mois après travauxOu après acquisition si postérieure
Vacance locative max12 mois consécutifsPendant les 9 ans d'engagement
ZonageToute la FranceAucune restriction géographique
Plafonds de loyerOui (3 niveaux)Intermédiaire, social, très social
Plafonds de ressourcesOui (par zone)Revenus N-2 du locataire
SCI éligibleSCI à l'IR uniquementSCI à l'IS exclue
Période d'acquisition21/02/2026 – 31/12/2028Date de l'acte authentique

Deux points méritent une attention particulière : la restriction aux logements collectifs (excluant les maisons, qui représentent pourtant la majorité des passoires énergétiques) et l'absence de zonage (contrairement au Pinel ou au Denormandie). Le Jeanbrun dans l'ancien s'applique partout en France, y compris en zones B2 et C — un atout pour les investisseurs ciblant des villes moyennes ou rurales.

§ 3SEUIL 30 %·5 MIN

Comment fonctionne le seuil de 30 % de travaux ?

C'est le point de blocage numéro un pour les investisseurs. Combien devez-vous dépenser en travaux pour déclencher l'amortissement Jeanbrun ? Le montant doit représenter au moins 30 % du prix d'acquisition du bien. Voici ce que cela signifie concrètement :

Tableau comparatif : Prix d'acquisition — Travaux minimum (30 %) — Budget total minimum — Premier cas : 100 000 €
Prix d'acquisitionTravaux minimum (30 %)Budget total minimum
100 000 €30 000 €130 000 €
150 000 €45 000 €195 000 €
200 000 €60 000 €260 000 €
300 000 €90 000 €390 000 €

Ce seuil constitue le principal frein identifié par les professionnels. Selon un sondage PAP.fr, 83 % des investisseurs estiment que le dispositif ne les encourage pas à investir, en grande partie à cause de ce seuil jugé trop élevé. Le gouvernement envisage de le réduire à 20 % (voir section 30).

Attention : le prix d'acquisition s'entend hors frais de notaire

Le seuil de 30 % se calcule sur le prix d'acquisition net, c'est-à-dire le prix figurant dans l'acte authentique de vente, hors frais de notaire et hors droits de mutation. Les frais d'agence immobilière inclus dans le prix de vente sont en revanche pris en compte.

Seuil de travaux = Prix d'acquisition × 30 %

Exemple :
Prix d'acquisition = 180 000 €
Travaux minimum   = 180 000 × 30 % = 54 000 €

Le budget travaux réel peut (et devrait) dépasser
ce minimum pour atteindre le DPE cible.
§ 4TRAVAUX·6 MIN

Quels types de travaux sont éligibles ?

Tous les travaux ne sont pas éligibles. Le texte vise les travaux de rénovation lourde (réhabilitation), c'est-à-dire les travaux qui améliorent significativement la performance énergétique du bâtiment. Voici les principales catégories.

4.1 Travaux d'amélioration énergétique (les plus courants)

Tableau comparatif : Type de travaux — Description — Impact DPE — Premier cas : Isolation des murs
Type de travauxDescriptionImpact DPE
Isolation des mursITE (extérieure) ou ITI (intérieure)Fort — souvent le poste le plus impactant
Isolation des planchersPlanchers bas (cave, vide sanitaire)Modéré
Isolation de la toitureCombles, toiture-terrasseFort — jusqu'à 30 % des déperditions
Remplacement du chauffagePAC, chaudière gaz THPE, biomasseFort
Ventilation performanteVMC double flux, hygro BModéré — mais indispensable post-isolation
Menuiseries extérieuresFenêtres double/triple vitrage, portesModéré à fort selon le bâti
Production d'eau chaudeChauffe-eau thermodynamique, solaireModéré

Les travaux ne sont reconnus éligibles CEE et MaPrimeRénov' que s'ils respectent les seuils de performance fixés par l'arrêté du 30 mars 2009 modifié (fiches d'opérations standardisées CEE). Voici les critères techniques à exiger sur chaque devis RGE : isolation toiture R ≥ 7 m².K/W, isolation murs (ITE ou ITI) R ≥ 3,7 m².K/W, isolation plancher bas R ≥ 3 m².K/W, menuiseries extérieures Uw ≤ 1,3 W/m².K et Sw ≥ 0,30, pompe à chaleur air/eau COP ≥ 3 et ETAS ≥ 126 %, chaudière biomasse classe 5 rendement ≥ 90 %, VMC double flux rendement échangeur ≥ 85 %, chauffe-eau thermodynamique COP ≥ 2,5 sur profil L. Un devis qui ne mentionne pas ces seuils n'ouvre ni MaPrimeRénov', ni CEE, ni a fortiori la base amortissable Jeanbrun. Exigez la mention explicite du coefficient exact sur chaque ligne du devis.

4.2 Travaux de transformation et de gros oeuvre

En complément des travaux d'amélioration énergétique, certains travaux de transformation sont éligibles lorsqu'ils sont indissociables de la rénovation : reprise structurelle, reconfiguration des espaces, mise aux normes électriques et de plomberie. Ces travaux entrent dans la base amortissable dès lors qu'ils contribuent à la réhabilitation globale du logement.

4.3 Travaux exclus

Ne sont pas éligibles : les travaux d'embellissement (peinture, papier peint, revêtements de sol hors isolation), les travaux d'agrandissement ou de construction d'extension, et les équipements mobiliers (cuisine équipée, électroménager).

Astuce : le devis détaillé est votre meilleure protection

Faites établir des devis détaillés distinguant clairement les postes éligibles (isolation, chauffage, ventilation) des postes non éligibles (peinture, décoration). En cas de contrôle fiscal, l'administration se basera sur les factures pour vérifier le respect du seuil de 30 %.

4.4 Coûts moyens des travaux 2026 (ordre de grandeur)

Un devis RGE chiffré reste la seule référence fiable, mais voici les ordres de grandeur observés sur le marché français en 2026 (moyennes nationales, hors complexité particulière) :

Tableau comparatif : Poste de travaux — Coût moyen 2026 — Remarques — Premier cas : Isolation thermique extérieure (ITE)
Poste de travauxCoût moyen 2026Remarques
Isolation thermique extérieure (ITE)180 €/m² façadeIncluant échafaudage, finition enduit
Isolation thermique intérieure (ITI)90 €/m² paroisSolution si ITE impossible (façades classées, copro refuse)
Isolation toiture (combles perdus)30 à 50 €/m²Soufflage laine minérale, le poste le plus rentable
Isolation plancher bas (cave, vide sanitaire)50 €/m²Gain 5 à 10 % sur la facture énergie
PAC air/eau (maison type 100 m²)15 000 à 18 000 €Installation + unité extérieure + raccordement radiateurs
Chaudière granulés de bois18 000 à 22 000 €Silo compris, idéal zones sans gaz
VMC double flux4 500 à 6 500 €Indispensable après ITE/ITI pour éviter condensation
Menuiseries double vitrage700 à 900 €/fenêtreTriple vitrage : +200 à +400 € par fenêtre
Réfection toiture complète150 €/m² couvertureIncluant charpente si reprise
Chauffe-eau thermodynamique3 500 à 5 000 €Éligible CEE et MaPrimeRénov'

Cas particulier : le changement de destination (bureau → logement)

Vous achetez un ancien bureau, un local commercial ou un atelier que vous transformez en logement ? Les travaux de changement de destination (régularisation d'urbanisme, création de logement au sens de l'art. L151-9 Code de l'urbanisme) ne sont pas éligibles au Jeanbrun comme travaux d'amélioration énergétique. En revanche, dès que le logement est créé et habitable, les travaux énergétiques ultérieurs (isolation, chauffage, VMC) le deviennent. En pratique, scindez l'opération en deux phases distinctes pour sécuriser le dispositif. Un rescrit fiscal préalable est vivement recommandé.

Concrètement

Pour atteindre un DPE A ou B dans un appartement classé E ou F, prévoyez en moyenne 800 à 1 300 € de travaux par m² de surface habitable (pack isolation + chauffage + ventilation + menuiseries). Sur un T3 de 65 m², cela représente 55 000 à 85 000 €, ce qui suffit largement à franchir le seuil des 30 % pour un bien acheté autour de 150 000 à 180 000 €. Notre règle : multipliez votre devis de base par 1,15 pour absorber les imprévus de chantier (reprise charpente, passage gaines, amiante…).

§ 5DPE A/B·5 MIN

DPE cible après travaux : A, B ou C ?

Vos travaux sont éligibles et le seuil de 30 % est respecté. Reste la question la plus délicate : quel niveau de performance énergétique devez-vous atteindre après rénovation ? Le logement doit afficher une classe A ou B au DPE — c'est une exigence élevée, et c'est précisément ce qui rend le dispositif difficile d'accès dans l'ancien.

5.1 Ce que signifient les classes DPE

Tableau comparatif : Classe DPE — Consommation (kWh/m²/an) — Émissions GES (kg CO₂/m²/an) — Premier cas : A
Classe DPEConsommation (kWh/m²/an)Émissions GES (kg CO₂/m²/an)
A≤ 70≤ 6
B71 – 1107 – 11
C111 – 18012 – 30
D181 – 25031 – 50
E251 – 33051 – 70
F331 – 42071 – 100
G> 420> 100

5.2 Le problème des copropriétés

C'est le noeud du sujet. Faire passer un logement de classe E ou F à classe A ou B nécessite le plus souvent d'intervenir sur les parties communes du bâtiment : façade (isolation thermique par l'extérieur), toiture, chauffage collectif, ventilation des parties communes. Or, en copropriété, ces travaux requièrent un vote en assemblée générale à la majorité qualifiée — un processus long et incertain.

Les professionnels de l'immobilier qualifient cet objectif de "quasi-impossible individuellement en copropriété". Un propriétaire peut isoler son appartement par l'intérieur, changer ses fenêtres et son chauffage individuel, mais si le bâtiment n'est pas isolé par l'extérieur, le DPE global restera insuffisant.

5.3 La tolérance de la classe C (en discussion)

Face à cette difficulté, le gouvernement envisage d'accepter la classe C comme DPE cible, à condition de justifier un gain d'au moins 2 classes (par exemple, passer de E à C). Cette mesure n'est pas encore officialisée par décret mais fait l'objet de discussions parlementaires actives. Nous mettrons à jour ce guide dès qu'un texte sera publié.

Conseil pratique : le DPE avant travaux sécurise l'éligibilité Jeanbrun

Avant tout achat, faites réaliser un DPE complet (ou demandez celui du vendeur) et un audit énergétique par un bureau d'études thermiques. Celui-ci vous indiquera précisément les travaux nécessaires pour atteindre la classe A ou B, avec leur coût estimatif. C'est le seul moyen de vérifier la faisabilité de l'opération avant de s'engager.

Concrètement : quel DPE viser ?

À la date du 20 avril 2026, seuls A et B sont consacrés par le texte (art. 31-I-1° j CGI). La classe C est discutée dans les ajustements gouvernementaux mais n'est pas officialisée. Notre recommandation opérationnelle : visez la classe B comme objectif projet à chaque dossier, car les audits ex-ante surestiment fréquemment la performance finale de 0,5 à 1 classe (matériaux réels, ponts thermiques résiduels, qualité de la pose). Viser B permet de sécuriser l'atteinte d'un A ou B effectif au DPE post-travaux.

§ 6AUDIT MAR·5 MIN

Quand passer l’audit énergétique et Mon Accompagnateur Rénov’ ?

Vous ne pouvez pas faire l'impasse sur deux étapes qui conditionnent à la fois la validité du Jeanbrun et l'accès aux aides les plus significatives : l'audit énergétique préalable et le recours à un Accompagnateur Rénov' (MAR) pour les rénovations d'ampleur. Ce sont les deux filtres posés par la réglementation française depuis la loi Climat et Résilience.

6.1 L'audit énergétique : obligation légale pour les passoires F/G

Depuis le 1er avril 2023, tout propriétaire qui met en vente une passoire énergétique (classe F ou G) doit faire réaliser un audit énergétique réglementaire. L'obligation s'est étendue à la classe E au 1er janvier 2025. Cette règle résulte de l'article 158 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (dite « loi Climat et Résilience ») et du décret n° 2022-780 du 4 mai 2022.

Tableau comparatif : Document — Coût marché 2026 — Validité — Contenu — Premier cas : DPE réglementaire
DocumentCoût marché 2026ValiditéContenu
DPE réglementaire100 à 250 €10 ansClassement A à G + consommation + émissions
Audit énergétique réglementaire800 à 1 500 €5 ans (décret 2022-780 art. 4)Scénarios travaux chiffrés pour atteindre B puis A
Étude thermique RT2012 / RÉ20201 500 à 3 000 €PermanenteUniquement pour bâtiment neuf ou surélévation

6.2 Calendrier des interdictions de mise en location

La loi Climat et Résilience verrouille progressivement le parc locatif. Voici les dates clés que tout bailleur Jeanbrun doit avoir en tête :

Tableau comparatif : Date — Classe interdite à la location — Fondement juridique — Premier cas : 1er janvier 2025
DateClasse interdite à la locationFondement juridique
1er janvier 2025Classe G (déjà en vigueur)Art. 160 loi 2021-1104 (modifiant art. 6 loi 89-462 du 06/07/1989)
1er janvier 2028Classe FArt. 160 loi 2021-1104 (modifiant art. 6 loi 89-462 du 06/07/1989)
1er janvier 2034Classe EArt. 160 loi 2021-1104 (modifiant art. 6 loi 89-462 du 06/07/1989)

Pour un investisseur Jeanbrun, ces échéances sont une opportunité plus qu'une contrainte : elles créent une décote naturelle sur les passoires énergétiques (de l'ordre de 10 à 18 % selon l'étude SeLoger-MeilleursAgents 2025), que vous rachetez à bon prix pour transformer en A ou B via Jeanbrun.

6.3 Mon Accompagnateur Rénov' (MAR) : obligatoire pour MaPrimeRénov' Parcours Accompagné

Depuis le 1er janvier 2024, la mobilisation de MaPrimeRénov' Parcours Accompagné (celle qui finance les rénovations d'ampleur à deux sauts de classe) est conditionnée au recours à un Accompagnateur Rénov' agréé par l'Anah. C'est un professionnel indépendant (bureau d'études, architecte, opérateur) qui vous suit de l'audit jusqu'à la réception des travaux.

Tableau comparatif : Mission du MAR — Livrable — Phase — Premier cas : Audit énergétique + scénarios travaux
Mission du MARLivrablePhase
Audit énergétique + scénarios travauxRapport d'auditAmont
Aide au montage financier (plan d'aides)Plan de financementAmont
Appui au choix des artisans RGERecommandations + devis comparésChantier
Suivi et contrôle chantierComptes-rendusChantier
Réception + accompagnement post-travauxPV de réceptionAval

Coût moyen de l'accompagnement en 2026 : 800 à 2 000 € selon l'ampleur du projet. Une partie de cette prestation est financée par l'Anah (forfait MAR de 700 à 1 200 € selon les revenus et la localisation). Pour un bailleur Jeanbrun, le MAR est à la fois un filtre qualité et un accès obligé aux aides les plus généreuses.

Concrètement

Retenez cette séquence en trois temps : (1) DPE + audit énergétique avant le compromis de vente, en condition suspensive ; (2) sélection d'un MAR agréé Anah avant signature de l'acte authentique pour démarrer le montage financier MaPrimeRénov' ; (3) devis RGE détaillés, comparés, signés, et démarrage du chantier dans les 3 mois qui suivent l'acte. Sauter une de ces étapes, c'est prendre le risque de perdre l'éligibilité Jeanbrun ou le bénéfice des aides.

§ 7ARTISANS RGE·4 MIN

Faut-il obligatoirement des artisans RGE ?

Pour que l'amortissement Jeanbrun soit admis en déduction, les travaux doivent être réalisés par des entreprises titulaires du label RGE (Reconnu Garant de l'Environnement). Cette certification, délivrée par des organismes accrédités (Qualibat, Qualifelec, Qualit'EnR, Certibat), garantit la compétence de l'entreprise dans le domaine de la rénovation énergétique.

7.1 Pourquoi le RGE est-il obligatoire ?

L'obligation RGE poursuit un double objectif : garantir la qualité des travaux (et donc l'atteinte effective du DPE cible) et conditionner l'accès aux aides publiques (MaPrimeRénov', CEE) qui sont souvent cumulées avec le Jeanbrun.

7.2 Vérifications à effectuer

Tableau comparatif : Point de vérification — Comment vérifier — Risque si non-conforme — Premier cas : Validité du certificat RGE
Point de vérificationComment vérifierRisque si non-conforme
Validité du certificat RGEfrance-renov.gouv.fr (annuaire officiel)Perte de l'amortissement + aides
Domaine de compétence RGEVérifier que le label couvre le type de travauxRGE isolation ≠ RGE chauffage
Assurance décennale à jourDemander l'attestation avant devisAucun recours en cas de malfaçon
Sous-traitance RGEVérifier que le sous-traitant est aussi RGERisque de non-conformité

Bon à savoir

La certification RGE est valable 4 ans avec un audit de suivi à mi-parcours. Pensez à vérifier la date d'expiration avant le démarrage des travaux et après leur achèvement, car c'est la date de la facture qui fait foi pour l'administration fiscale.

§ 8AMORTISSEMENT·5 MIN

Quel taux d’amortissement dans l’ancien ?

Le taux d'amortissement dépend du niveau de loyer pratiqué. Plus le loyer est bas (et donc la vocation sociale forte), plus le taux est élevé. En clair, l'État récompense davantage les bailleurs qui acceptent de louer à des loyers inférieurs au marché.

Tableau comparatif : Niveau de loyer — Taux ancien (/an) — Taux neuf (/an) — Décote vs marché — Plafond annuel — Premier cas : Intermédiaire
Niveau de loyerTaux ancien (/an)Taux neuf (/an)Décote vs marchéPlafond annuel
Intermédiaire3 %3,5 %−15 %8 000 €
Social3,5 %4,5 %−30 %10 000 €
Très social4 %5,5 %−45 %12 000 €

Notez que les taux dans l'ancien sont inférieurs de 0,5 à 1,5 point par rapport au neuf. Cette différence reflète le fait que le prix d'acquisition dans l'ancien est généralement inférieur, ce qui aboutit à des bases amortissables plus faibles et donc, in fine, à des économies d'impôt plus modestes en valeur absolue — sauf si le montant des travaux est significatif.

8.1 L'amortissement est un outil hors plafond des niches fiscales

Mécanisme à bien comprendre : l'amortissement Jeanbrun est une déduction de l'assiette des revenus fonciers, pas une réduction d'impôt. Il n'entre donc pas dans le plafond global des niches fiscales de 10 000 €/an. C'est ce qui le distingue principalement du Pinel (qui, lui, était plafonné).

8.2 Pro rata temporis en année 1

L'amortissement se calcule au prorata la première année, à compter du 1er jour du mois d'achèvement des travaux (ou de l'acquisition si elle est postérieure). Exemple : si les travaux s'achèvent le 15 septembre 2026, l'amortissement court du 1er septembre au 31 décembre, soit 4/12 de l'annuité complète.

§ 9BASE AMORTISSABLE·5 MIN

Comment calculer la base amortissable ?

La base amortissable dans l'ancien est plus favorable que dans le neuf, car les travaux y sont intégralement amortissables (pas d'abattement de 20 % pour le terrain sur la part travaux).

Base amortissable = (Prix d'acquisition × 80 %) + (Travaux éligibles × 100 %)

L'abattement de 20 % (terrain forfaitaire) ne s'applique
qu'au prix d'acquisition, PAS aux travaux.

Exemple :
  Prix d'acquisition     = 150 000 €
  Travaux éligibles      =  60 000 €

  Base amortissable = (150 000 × 0,80) + 60 000
                    = 120 000 + 60 000
                    = 180 000 €

9.1 Calcul de l'amortissement annuel

L'amortissement annuel est le minimum entre la base × le taux et le plafond annuel.

Tableau comparatif : — Intermédiaire (3 %) — Social (3,5 %) — Très social (4 %) — Premier cas : Amortissement brut (180 000 €)
Intermédiaire (3 %)Social (3,5 %)Très social (4 %)
Amortissement brut (180 000 €)5 400 €/an6 300 €/an7 200 €/an
Plafond annuel8 000 €10 000 €12 000 €
Amortissement retenu5 400 €/an6 300 €/an7 200 €/an

Dans cet exemple, la base de 180 000 € ne dépasse le plafond dans aucun des trois niveaux. Mais pour un bien à 300 000 € + 100 000 € de travaux (base = 340 000 €), l'amortissement brut en intermédiaire serait de 10 200 €/an, plafonné à 8 000 €.

L'avantage méconnu de l'ancien : les travaux à 100 %

Dans le neuf, la totalité du prix est soumise à l'abattement de 20 % (terrain). Dans l'ancien, seul le prix d'acquisition subit cet abattement — les travaux sont amortis à 100 %. À prix total égal, un bien ancien avec travaux peut donc générer une base amortissable supérieure à un bien neuf.

§ 10LOYERS·4 MIN

Quels plafonds de loyers en 2026 ?

Les plafonds de loyer sont fixés par zone géographique pour le niveau intermédiaire (LLI), et par commune pour les niveaux social et très social (arrêté du 6 janvier 2026, JO du 31 janvier 2026). Ces plafonds conditionnent le taux d'amortissement applicable.

10.1 Plafonds intermédiaires (LLI) par zone

Tableau comparatif : Zone — Plafond (€/m²/mois) — Exemples de villes — Premier cas : A bis
ZonePlafond (€/m²/mois)Exemples de villes
A bis19,71 €Paris, 29 communes limitrophes
A14,64 €Lyon, Marseille, Lille, Montpellier…
B111,80 €Bordeaux, Toulouse, Nantes, Strasbourg…
B210,26 €Villes > 50 000 hab., agglomérations dynamiques
C10,26 €Reste du territoire

10.2 Calcul du loyer maximal

Loyer max mensuel = Plafond/m² × Coefficient × Surface habitable

Coefficient = 0,7 + (19 / Surface)
Plafonné à 1,2 (pour les logements de moins de 38 m²)

Exemple : T3 de 65 m² en zone B1
  Coefficient = 0,7 + (19 / 65) = 0,7 + 0,292 = 0,992
  Loyer max   = 11,80 × 0,992 × 65 = 761 €/mois

10.3 Niveaux social et très social

Pour les niveaux social (Loc2) et très social (Loc3), les plafonds sont fixés par commune dans le cadre Loc'Avantages. En ordre de grandeur : le loyer social représente environ −30 % par rapport au marché, et le très social environ −45 %. Ces niveaux offrent un amortissement plus élevé (3,5 % ou 4 %) mais réduisent significativement le rendement locatif brut.

§ 11RESSOURCES·5 MIN

Quels plafonds de ressources des locataires ?

Le locataire doit justifier de ressources inférieures aux plafonds en vigueur, calculés sur la base du revenu fiscal de référence N-2. Voici les plafonds 2026 pour le niveau intermédiaire (les plus fréquents).

11.1 Plafonds intermédiaires (LLI) — 2026

Tableau comparatif : Composition du foyer — A bis — A — B1 — B2 & C — Premier cas : Personne seule
Composition du foyerA bisAB1B2 & C
Personne seule44 344 €44 344 €36 144 €32 530 €
Couple66 276 €66 276 €48 268 €43 439 €
+ 1 personne à charge86 878 €79 666 €58 043 €52 239 €
+ 2 personnes à charge103 727 €95 427 €70 073 €63 066 €
+ 3 personnes à charge123 415 €112 968 €82 432 €74 189 €
+ 4 personnes à charge138 874 €127 122 €92 900 €83 611 €
Par personne suppl.+15 471 €+14 164 €+10 364 €+9 325 €

En pratique, ces plafonds sont assez larges au niveau intermédiaire : un couple gagnant jusqu'à 66 276 € de revenus annuels en zone A bis est éligible. Le vivier de locataires potentiels est donc important.

11.2 Plafonds social (Loc2) — 2026

Tableau comparatif : Composition du foyer — A bis — A — B1 — B2 & C — Premier cas : Personne seule
Composition du foyerA bisAB1B2 & C
Personne seule32 463 €32 463 €26 460 €23 814 €
Couple48 521 €48 521 €35 338 €31 804 €
+ 1 personne à charge63 604 €58 324 €42 494 €38 244 €
+ 2 personnes à charge75 940 €69 863 €51 302 €46 171 €

11.3 Plafonds très social (Loc3) — 2026

Tableau comparatif : Composition du foyer — A bis — A — B1 — B2 & C — Premier cas : Personne seule
Composition du foyerA bisAB1B2 & C
Personne seule17 855 €17 855 €14 553 €13 097 €
Couple29 114 €29 114 €21 204 €19 082 €
+ 1 personne à charge38 164 €34 995 €25 497 €22 946 €
+ 2 personnes à charge41 995 €38 635 €28 369 €25 533 €

Plus le niveau de loyer est bas, plus les plafonds de ressources sont restrictifs — ce qui réduit le vivier de locataires mais augmente le taux d'amortissement. C'est un arbitrage à réaliser au cas par cas selon la demande locative locale.

§ 12DÉFICIT FONCIER·8 MIN

Cumul avec le déficit foncier : comment ça marche ?

C'est l'un des atouts majeurs du Jeanbrun dans l'ancien par rapport au neuf. En plus de l'amortissement, l'investisseur peut déduire les charges réelles de ses revenus fonciers (intérêts d'emprunt, travaux d'entretien, taxe foncière, frais de gestion…). Lorsque ces charges créent un déficit foncier, celui-ci est imputable sur le revenu global dans la limite de :

Déficit foncier classique

10 700 €/an imputables sur le revenu global (art. 156-I-3° CGI). Le surplus est reportable 10 ans sur les revenus fonciers.

Déficit foncier rénovation énergétique

21 400 €/an pour les travaux de rénovation énergétique (prorogé jusqu'en 2027). Le logement doit passer d'une classe E/F/G à une classe A/B/C/D.

Pour approfondir le mécanisme du déficit foncier, consultez notre guide complet du déficit foncier.

Concrètement, un investisseur en Jeanbrun ancien peut cumuler l'amortissement avec les charges réelles. Les prélèvements sociaux (PS) sur les revenus fonciers s'élèvent à 17,2 % en 2026. Combinés au TMI, ils composent votre taux marginal effectif (par exemple TMI 41 % + PS 17,2 % = 58,2 %).

L'amortissement Jeanbrun réduit le résultat foncier imposable.
Les charges classiques (intérêts, taxe foncière…) s'y ajoutent.

Exemple (TMI 41 %, PS 17,2 % = 58,2 %) :
  Loyer encaissé                     = +10 000 €/an
  − Charges classiques               = −8 000 €/an
  − Amortissement Jeanbrun (3 %)     = −5 400 €/an
  ────────────────────────────────────────────
  Résultat foncier                   = −3 400 € (déficit)

Sans l'amortissement, le résultat serait +2 000 €
→ Économie liée à l'amortissement, en DEUX parts :
   • 2 000 € effacent un bénéfice foncier
     → IR + PS : 2 000 × 58,2 % = 1 164 €
   • 3 400 € creusent un déficit imputable sur le revenu global
     → IR seul, aucun prélèvement social n'étant dû sur un
       résultat foncier négatif : 3 400 × 41 % = 1 394 €
   ─────────────────────────────────────────
   Économie réelle : 1 164 + 1 394 = 2 558 €/an

Ce double levier fait du Jeanbrun ancien un outil potentiellement plus puissant que le Jeanbrun neuf pour les TMI élevées, à condition que le montant des travaux et des charges réelles soit suffisant pour générer un déficit foncier significatif. Pour comprendre tous les mécanismes de défiscalisation immobilière et choisir la stratégie adaptée à votre situation, nos conseillers en gestion de patrimoine sont à votre disposition.

12.1 Le report du déficit foncier sur 10 ans

Un point souvent méconnu : si votre déficit foncier dépasse la limite imputable sur le revenu global (10 700 € ou 21 400 €), l'excédent n'est pas perdu. Il est reportable pendant 10 ans sur les revenus fonciers des années suivantes (art. 156-I-3° al. 3 CGI). Vous conservez donc la valeur fiscale de vos travaux, elle est simplement étalée dans le temps.

12.2 Le plafond majoré 21 400 € rénovation énergétique jusqu'au 31/12/2027

Depuis la LFR 2022 (loi n° 2022-1499 du 1er décembre 2022, art. 12), le plafond du déficit foncier imputable sur le revenu global est porté à 21 400 €/an pour les travaux de rénovation énergétique permettant de sortir du statut de passoire, c'est-à-dire faisant passer le logement d'une classe DPE E, F ou G à une classe A, B, C ou D (conditions fixées par le décret n° 2023-297 du 21/04/2023). Ce dispositif, initialement prévu jusqu'au 31 décembre 2025, a été prorogé jusqu'au 31 décembre 2027 par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), afin d'accompagner l'échéance de l'interdiction de location des passoires F au 1er janvier 2028. Un investisseur Jeanbrun qui achèvera ses travaux avant fin 2027 conservera le bénéfice de ce plafond doublé ; au-delà, il faudra se contenter du plafond de droit commun à 10 700 €.

12.3 Intérêts d'emprunt vs travaux : la règle d'imputation

Attention à la règle prévue à l'art. 156 I-3° al. 3 CGI : les intérêts d'emprunt ne sont pas imputables sur le revenu global. Ils ne peuvent créer un déficit que sur les revenus fonciers (reportable 10 ans). Seul le déficit foncier provenant des charges hors intérêts (travaux, taxe foncière, frais de gestion, amortissement Jeanbrun) s'impute sur le revenu global dans la limite du plafond.

Règle d'imputation du déficit foncier (art. 156 I-3° al. 3 CGI) :

1. On calcule d'abord le résultat foncier net des INTÉRÊTS D'EMPRUNT.
2. Si ce résultat est déficitaire, la part liée aux intérêts n'est
   imputable QUE sur les revenus fonciers futurs (reportable 10 ans).
3. La part du déficit HORS intérêts est imputable sur le revenu
   global dans la limite de 10 700 € (ou 21 400 € rénovation énergétique).
4. L'excédent non imputé sur le revenu global est reporté sur les
   revenus fonciers des 10 années suivantes.

Exemple Sophie (cas pratique section 15.1) :
  Loyers encaissés          = +9 132 €
  − Intérêts d'emprunt      = −5 800 €
  ──────────────────────────────
  Résultat net des intérêts = +3 332 € (POSITIF)
  − Charges hors intérêts   = −2 000 € (taxe foncière, gestion)
  − Amortissement Jeanbrun  = −5 550 €
  ──────────────────────────────
  Déficit foncier total     = −4 218 €

Imputation :
  − Part liée aux intérêts : 0 €. Les loyers absorbent
    intégralement les intérêts (9 132 supérieur à 5 800), donc
    aucune fraction du déficit ne leur est rattachable.
  − Part hors intérêts : 4 218 €, imputables EN TOTALITÉ sur le
    revenu global (limite 10 700 €, ou 21 400 € si les travaux
    font passer le DPE de E/F/G à A/B/C/D)

Concrètement : l'arbitrage intérêts d'emprunt vs travaux

Pour maximiser l'imputation sur le revenu global, privilégiez un financement avec apport plus élevé sur la part « travaux » et un emprunt sur la part « acquisition » (qui garde son intérêt de déductibilité fiscale, mais reportable seulement sur revenus fonciers futurs). C'est un arbitrage technique qui peut faire gagner 2 000 à 4 000 € de trésorerie fiscale la première année. Votre conseiller doit modéliser les deux scénarios avec votre banque avant la signature du compromis.

12.4 Combo Super Jeanbrun : cumul avec le Logement Locatif Intermédiaire (LLI)

C'est une optimisation souvent évoquée, mais dont le périmètre est fréquemment mal compris. Le LLI (art. 279-0 bis A CGI) ouvre droit, dans les zones tendues (A bis, A, B1), à une TVA à taux réduit de 10 % sur le prix d'acquisition au lieu de 20 %. Le LLI a également bénéficié d'une exonération de taxe foncière de 20 ans (art. 1384-0 A CGI), mais celle-ci est réservée aux logements achevés avant le 1er janvier 2023 et ne peut donc plus être invoquée sur une opération engagée en 2026.

Point décisif : ce cumul ne concerne pas le Jeanbrun ancien objet de ce guide. Le taux de 10 % de l'art. 279-0 bis A CGI s'applique à la livraison d'un logement neuf (ou de bureaux transformés assimilés à du neuf) par un opérateur assujetti. Une acquisition dans l'ancien auprès d'un vendeur particulier ne supporte aucune TVA mais des droits de mutation : il n'y a donc aucune « économie de TVA » à espérer sur une opération Jeanbrun ancien.

Le LLI suppose en outre un acquéreur personne morale (une SCI familiale à l'IR convient, la détention en direct non), un agrément préalable de l'opération, une localisation en zone A bis, A ou B1 et un engagement de location de 20 ans. Le cumul Jeanbrun + LLI est donc une stratégie du neuf en VEFA portée par une SCI à l'IR, que nous détaillons dans notre guide Super Jeanbrun + LLI TVA 10 %. Dans l'ancien, l'empilement pertinent reste celui décrit plus haut : amortissement Jeanbrun, déficit foncier renforcé 21 400 € et aides MaPrimeRénov' / CEE.

Pour trancher entre Jeanbrun et déficit foncier seul selon votre TMI, consultez notre comparatif Jeanbrun vs déficit foncier.

§ 13MaPrimeRénov’·5 MIN

Comment cumuler avec MaPrimeRénov’ et CEE ?

Le Jeanbrun dans l'ancien est compatible avec les aides à la rénovation énergétique. C'est un point important car ces aides réduisent le coût net des travaux — tout en conservant l'amortissement fiscal.

13.1 MaPrimeRénov' pour les bailleurs

Les bailleurs peuvent bénéficier de MaPrimeRénov' sous conditions :

  • Le logement doit avoir plus de 15 ans
  • Le locataire l'occupe comme résidence principale pendant 6 ans minimum après travaux
  • Le montant de MaPrimeRénov' doit être déduit du calcul de toute augmentation de loyer liée aux travaux (le bailleur ne peut pas répercuter intégralement le coût des travaux subventionnés)
  • Maximum 3 logements par bailleur

13.2 CEE (Certificats d'Économies d'Énergie)

Les CEE sont cumulables avec MaPrimeRénov' et le Jeanbrun. Ils prennent la forme d'une prime versée par les fournisseurs d'énergie pour chaque poste de travaux éligible (isolation, chauffage, ventilation).

Impact sur la base amortissable

Les aides reçues (MaPrimeRénov', CEE) viennent en déduction du montant des travaux éligibles pour le calcul de la base amortissable Jeanbrun. Si vous recevez 15 000 € d'aides sur 60 000 € de travaux, la part amortissable sera de 45 000 € (et non 60 000 €). Vérifiez que le seuil de 30 % reste respecté après déduction des aides : c'est bien le montant net d'aides (45 000 € ici) qui doit représenter au moins 30 % du prix d'acquisition (BOI-RFPI-BASE-20-30-30).

§ 14CALCUL SEUIL·6 MIN

Comment calculer précisément le seuil 30 % ?

C'est la question piège qui peut coûter toute l'opération : votre projet est à 29,3 %, ou à 30,7 %, ou à 31 %. Sécurisé ou pas ? Dans cette zone grise, la réponse tient autant au texte qu'à la pratique constatée des services fiscaux et à la jurisprudence transposable des dispositifs similaires.

14.1 La formule officielle

Seuil de travaux = Travaux éligibles / Prix d'acquisition ≥ 30 %

Où :
  Prix d'acquisition = prix net figurant dans l'acte authentique
    + frais d'agence inclus dans le prix de vente
    − HORS frais de notaire et droits de mutation
    − HORS meubles et mobilier d'une éventuelle vente en meublé

  Travaux éligibles = montants TTC des devis/factures d'artisans RGE
    + matériaux éligibles
    + honoraires d'architecte et bureau d'études liés à la rénovation
    − AIDES perçues (MaPrimeRénov', CEE, Éco-PTZ)

14.2 Les cas limites constatés

Dans la pratique CGP, on rencontre régulièrement trois situations qui appellent des réponses différentes :

Tableau comparatif : Cas — Ratio travaux / prix — Risque — Recommandation — Premier cas : Cas confortable
CasRatio travaux / prixRisqueRecommandation
Cas confortable≥ 33 %Très faibleDéclaration directe, conservation des factures
Cas limite favorable30 % à 33 %Modéré — zone griseRescrit L80 B LPF recommandé
Cas sous-seuil28 % à 29,9 %Élevé — refus probableMajorer le budget travaux ou renégocier prix
Cas sous-seuil structurel< 28 %BloquantOpération non-Jeanbrun — basculer en déficit foncier seul

Pas de tolérance DGFiP formalisée à la date du 20 avril 2026. Contrairement au Denormandie qui bénéficie d'une marge de tolérance tacite sur l'appréciation des 25 %, le Jeanbrun est récent et aucune doctrine BOFiP n'a encore validé de seuil d'appréciation.

14.3 La sécurisation par rescrit fiscal L80 B LPF

Pour tout projet situé entre 30 et 33 %, engagez sans hésiter un rescrit fiscal préventif (art. L80 B 1° du Livre des procédures fiscales). Vous soumettez à la DGFiP votre situation précise (prix, devis détaillés, DPE avant, DPE cible) et obtenez une réponse écrite opposable qui vous protège en cas de contrôle ultérieur.

Tableau comparatif : Étape rescrit — Délai — Coût — Portée — Premier cas : Rédaction du rescrit
Étape rescritDélaiCoûtPortée
Rédaction du rescrit2 à 4 semainesHonoraires avocat fiscaliste : 2 000 à 4 000 €Dossier complet
Dépôt auprès de la DGFiP (SIE)Jour JGratuitAccusé de réception
Instruction DGFiP3 mois — mais le silence ne vaut PAS accord (art. L. 80 B 1° LPF)Réponse écrite expresse, seule opposable
Opposabilité en cas de contrôlePermanente (sauf changement légal)Protection fiscale

14.4 Jurisprudence transposable : Borloo ancien, Denormandie

En l'absence de contentieux Jeanbrun (dispositif trop récent), les juges se réfèrent à la jurisprudence des dispositifs similaires. Notamment :

La jurisprudence fiscale des dispositifs antérieurs (Robien, Borloo ancien, Denormandie) incline à un contrôle strict des factures et du respect des seuils. Pour sécuriser un cas limite, privilégier le rescrit fiscal L80 B du LPF auprès de la DGFiP : délai de réponse 3 mois, opposabilité juridique.

Piège classique : les aides qui font basculer sous le seuil

Un investisseur calcule ses 30 % avant d'avoir déposé son dossier MaPrimeRénov'. Le ratio est à 31 %. Les aides sont ensuite accordées à hauteur de 15 % du montant des travaux. Résultat : le ratio net retombe à 26,4 %, sous le seuil Jeanbrun. La base amortissable s'effondre. Toujours calculer le ratio APRÈS déduction des aides pour sécuriser le dispositif.

Concrètement

Notre doctrine cabinet : viser un ratio cible de 35 à 40 % pour absorber toutes les hypothèses de chantier (travaux imprévus, aides perçues, baisse de prix négociée, TVA 5,5 % vs 10 %, factures contestées en contrôle). Ce matelas de 5 à 10 points fait toute la différence entre un dispositif Jeanbrun opposable et un redressement à 40 000 € d'amortissements réintégrés avec majoration.

§ 15CAS CHIFFRÉS·12 MIN

7 cas pratiques chiffrés

Parce que le chiffrage papier ne remplace jamais un cas réel, voici sept profils d'investisseurs Jeanbrun ancien rencontrés au cabinet Hagnéré Patrimoine en 2026. Chacun a sa situation, son TMI, sa stratégie. Lisez ceux qui vous ressemblent — et inspirez-vous des leçons à retenir.

15.1 Sophie, 42 ans, directrice marketing à Bordeaux (T3 zone B1)

La théorie, c'est bien. Mais combien allez-vous économiser concrètement ? Prenons un exemple réaliste, du repérage du bien jusqu'à l'économie d'impôt finale.

Profil investisseur

Sophie, 42 ans, directrice marketing dans une scale-up bordelaise. Célibataire, elle déclare 95 000 € de revenus (TMI 41 %). Elle souhaite réduire son impôt tout en se constituant un patrimoine immobilier de qualité. Elle repère un T3 de 65 m² à rénover dans un quartier en revalorisation à Bordeaux (zone B1). Le logement est classé DPE F avant travaux. Elle finance l'opération avec un crédit immobilier à 3,5 % sur 20 ans.

Budget de l'opération

Tableau comparatif : Poste — Montant — Premier cas : Prix d'acquisition
PosteMontant
Prix d'acquisition150 000 €
Frais de notaire (~8 %)12 000 €
Travaux de rénovation65 000 €
Budget total227 000 €
Seuil 30 % vérifié ?65 000 / 150 000 = 43 % ✓

Détail des travaux

Tableau comparatif : Poste de travaux — Montant — Artisan RGE — Premier cas : Isolation thermique intérieure (murs)
Poste de travauxMontantArtisan RGE
Isolation thermique intérieure (murs)18 000 €
Remplacement fenêtres (double vitrage)12 000 €
PAC air-eau + radiateurs basse température15 000 €
VMC double flux6 000 €
Chauffe-eau thermodynamique4 000 €
Mise aux normes électriques5 000 €
Plomberie + salle de bain5 000 €
Total travaux65 000 €

Après travaux, l'audit énergétique projette un DPE B (passage de F à B, soit un gain de 4 classes). Le DPE cible est atteint.

Calcul de l'amortissement (loyer intermédiaire)

Base amortissable = (150 000 × 80 %) + 65 000 = 185 000 €
Taux intermédiaire ancien = 3 %
Amortissement brut = 185 000 × 3 % = 5 550 €/an
Plafond intermédiaire = 8 000 €/an

→ Amortissement retenu = 5 550 €/an (sous le plafond)

Économie d'impôt annuelle

Tableau comparatif : Composante — Montant annuel — Commentaire — Premier cas : Loyer encaissé (761 €/mois)
ComposanteMontant annuelCommentaire
Loyer encaissé (761 €/mois)+9 132 €Revenus fonciers bruts
− Intérêts d'emprunt (année 1)−5 800 €Charge déductible (art. 31)
− Taxe foncière + charges−2 000 €Charges déductibles
− Amortissement Jeanbrun (3 %)−5 550 €Déduction spécifique Jeanbrun
= Résultat foncier−4 218 €Déficit foncier
Économie d'impôt liée au Jeanbrun (année 1) :

Sans le dispositif Jeanbrun, le résultat foncier serait :
  9 132 − 5 800 − 2 000 = +1 332 € (bénéfice foncier)
  → Impôt sur ce bénéfice : 1 332 × 58,2 % = 775 €

Avec le Jeanbrun, l'amortissement de 5 550 € transforme
ce bénéfice en déficit. Il faut donc le scinder en deux :
  • 1 332 € effacent le bénéfice foncier
    → IR + PS : 1 332 × 58,2 % = 775 €
  • 4 218 € creusent un déficit imputable sur le revenu global
    → IR seul, aucun prélèvement social n'étant dû sur un
      résultat foncier négatif : 4 218 × 41 % = 1 729 €
  ─────────────────────────────────────────
  Économie année 1 : 775 + 1 729 = 2 504 €

Sur les 9 premières années (engagement minimum) :
  Total amortissement déduit : 5 550 × 9 = 49 950 €
  Économie cumulée : environ 24 000 €. Elle progresse de
  2 504 € en année 1 à près de 2 850 € en année 9, à mesure
  que les intérêts d'emprunt décroissent et que le résultat
  foncier se rapproche de l'équilibre.

NB : l'amortissement se poursuit au-delà de 9 ans tant que
le bien reste loué nu. Base totale = 185 000 €, soit ~33 ans
d'amortissement à 5 550 €/an.

Résultat

L'amortissement Jeanbrun fait économiser à Sophie environ 2 500 € d'impôt la première année, montant qui progresse ensuite à mesure que les intérêts d'emprunt décroissent. Sur les 9 premières années (engagement minimum), l'économie cumulée atteint environ 24 000 €. Si Sophie maintient la location nue au-delà, l'amortissement continue (base épuisée en ~33 ans) : l'économie totale se situe alors entre 76 000 € (185 000 × 41 %, si l'amortissement ne fait que creuser un déficit imputable sur le revenu global) et 108 000 € (185 000 × 58,2 %, s'il efface un bénéfice foncier). S'y ajoutent les charges déductibles classiques (intérêts, taxe foncière).

Bon à savoir : le double levier en pratique

Le vrai atout du Jeanbrun ancien est de cumuler l'amortissement avec les charges classiques (intérêts, taxe foncière, frais de gestion). Le résultat foncier négatif (ici −4 218 €) s'impute selon les règles du déficit foncier : la part hors intérêts d'emprunt est imputable sur le revenu global (jusqu'à 10 700 €/an), la part liée aux intérêts est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Chez Sophie, les loyers (9 132 €) couvrent intégralement les intérêts (5 800 €) : aucune fraction du déficit ne leur est rattachable, et les 4 218 € s'imputent donc en totalité sur le revenu global. C'est ce mécanisme combiné qui rend le Jeanbrun ancien si efficace pour les TMI élevées. Pour un accompagnement personnalisé, prenez rendez-vous avec nos conseillers.

15.2 Guillaume & Camille, 38 et 36 ans, couple cadres à Lyon (T4 zone A)

Profil couple TMI 41 %

Guillaume est directeur commercial dans l'agro-alimentaire, Camille cadre marketing dans une fintech. Mariés, deux enfants en bas âge, revenus cumulés 145 000 € imposables (TMI 41 %). Ils achètent un T4 de 92 m² à rénover dans le 7e arrondissement de Lyon (zone A) pour 140 000 € + 50 000 € de travaux (ratio 35,7 %, confortablement au-dessus du seuil). DPE E avant travaux. Objectif DPE B via ITI + VMC double flux + PAC air/eau. Loyer intermédiaire visé.

Base amortissable = (140 000 × 80 %) + 50 000 = 162 000 €
Taux intermédiaire ancien = 3 %
Amortissement annuel = 162 000 × 3 % = 4 860 €/an (plafond 8 000 € OK)

Loyer max intermédiaire zone A :
  Coefficient = 0,7 + (19 / 92) = 0,907
  Loyer max = 14,64 × 0,907 × 92 = 1 221 €/mois
  Loyer annuel = 14 657 €

Résultat foncier année 1 :
  + Loyers                = +14 657 €
  − Intérêts (4 % sur 140 k€, an 1) = −5 550 €
  − Taxe foncière + gestion       = −1 800 €
  − Amortissement Jeanbrun        = −4 860 €
  ──────────────────────────────
  Résultat foncier        = +2 447 €
  → IR + PS à 58,2 % = 1 424 €

Sans Jeanbrun : résultat foncier = +7 307 €
  → IR + PS = 4 253 €

Économie annuelle Jeanbrun : 4 253 − 1 424 = 2 829 €
Économie cumulée sur 9 ans : ~25 500 €

Projection à 9 ans : amortissement total déduit 43 740 €, économie IR+PS cumulée 25 500 €, revenus locatifs nets de charges 95 000 €. Leçon à retenir : en zone A avec un T4 loué à une famille, le Jeanbrun intermédiaire atteint rapidement son équilibre grâce à des loyers élevés. Le gain fiscal est plus modeste que pour un investisseur à TMI 41-45 % sans enfants à charge.

15.3 Karim, 45 ans, directeur SI à Dijon (studio zone B2, loyer social)

Profil célibataire TMI 30 %

Karim, 45 ans, directeur des systèmes d'information dans une mutuelle régionale. Célibataire, revenus 62 000 € imposables (TMI 30 %). Il cherche à défiscaliser intelligemment sans prendre trop de risque. Il achète un studio de 28 m² à 75 000 € à Dijon (zone B2) + 25 000 € de travaux (ratio 33,3 %). DPE G avant, B visé. Il choisit l'option loyer social (Loc2) pour bénéficier du taux 3,5 % et arbitrer contre le Denormandie.

Option A — Jeanbrun loyer social :
  Base amortissable = (75 000 × 80 %) + 25 000 = 85 000 €
  Taux = 3,5 %
  Amortissement = 85 000 × 3,5 % = 2 975 €/an
  Économie IR + PS à 47,2 % = 1 404 €/an
  Sur 9 ans : 12 640 €

Option B — Denormandie (zone Dijon Coeur de Ville) :
  Prix + travaux = 100 000 €
  Réduction 12 % sur 6 ans = 12 000 €
  Soit 2 000 €/an de réduction d'impôt
  → MAIS plafond niches fiscales 10 000 € à surveiller
  → Loyer libre (modéré)

Karim choisit JEANBRUN car :
  1. Amortissement hors plafond niches
  2. Déductibilité des intérêts = déficit foncier bonus
  3. Vacance locative faible studio Dijon centre (vivier social)

Arbitrage gagnant : Karim économise 12 640 € sur 9 ans avec le Jeanbrun social, contre 12 000 € avec le Denormandie (sur 6 ans seulement, puis rien). À partir de l'année 7, le Jeanbrun continue de déduire, ce qui creuse l'écart. Leçon : pour une TMI 30 %, le Jeanbrun social (3,5 %) devient compétitif dès lors que la durée de détention dépasse 6 ans.

15.4 Dr Lefebvre, 52 ans, 4 enfants — SCI familiale à l'IR à Bordeaux

Profil transmission patrimoniale — SCI à l'IR

Dr Lefebvre, 52 ans, chirurgien viscéral à Bordeaux. Marié à Marie (pharmacienne), quatre enfants (12, 15, 18 et 21 ans). Revenus 280 000 € imposables (TMI 45 %). Stratégie patrimoniale affichée : transmettre progressivement aux enfants tout en défiscalisant. Il constitue une SCI familiale à l'IR avec Marie (4 % chacun) et ses enfants (23 % chacun), puis acquiert un immeuble de 3 lots à Bordeaux Chartrons pour 300 000 € + 95 000 € de travaux (ratio 31,7 %).

Tableau comparatif : Paramètre — Valeur — Premier cas : Base amortissable SCI
ParamètreValeur
Base amortissable SCI(300 000 × 80 %) + 95 000 = 335 000 €
Taux intermédiaire ancien3 %
Amortissement annuel SCI10 050 € (plafond 8 000 € par logement — ici 3 lots distincts = plafond agrégé 24 000 €, non limitant)
Répartition Dr Lefebvre (4 %)402 €/an d'amortissement sur sa 2044
Répartition Marie (4 %)402 €/an
Répartition enfants (4 × 23 %)9 246 €/an répartis (2 311 €/enfant)

Stratégie complémentaire : Dr Lefebvre démembre les parts SCI au bénéfice de ses enfants (NP aux enfants, US conservé parents), ce qui vaut donation au sens de l'art. 669 CGI. Abattement 100 000 € par parent par enfant (art. 779 I CGI) renouvelable tous les 15 ans. Les enfants deviennent propriétaires de l'immeuble à terme, l'amortissement Jeanbrun continue et s'impute sur leurs propres revenus (faibles en N). Un pacte d'associés verrouille la gestion jusqu'à ses 70 ans.

Leçon à retenir : le Jeanbrun en SCI familiale à l'IR est un outil de transmission patrimoniale très puissant, qui combine amortissement, démembrement et abattements successoraux. Il exige toutefois une ingénierie patrimoniale complète (pacte d'associés, démembrement, durée de blocage) réalisée avec notaire + CGP + fiscaliste.

15.5 Aurélie, 29 ans, primo-investisseuse à Nantes (indivision 50/50 avec son frère)

Profil primo-investisseuse — indivision fraternelle

Aurélie, 29 ans, ingénieure chimiste chez un industriel de la pharma nantais. Revenus 48 000 € imposables (TMI 30 %). Pour se lancer dans l'investissement locatif sans tout porter seule, elle s'associe en indivision 50/50 avec son frère Thomas (31 ans, même TMI). Ils achètent ensemble un T2 de 45 m² à Nantes (zone B1) pour 110 000 € + 35 000 € de travaux (ratio 31,8 %). Financement à 3,8 % sur 20 ans, apport 20 %. DPE F→B.

Base amortissable totale = (110 000 × 80 %) + 35 000 = 123 000 €
Taux intermédiaire = 3 %
Amortissement annuel total = 3 690 €/an
Quote-part Aurélie (50 %) = 1 845 €/an
Quote-part Thomas (50 %) = 1 845 €/an

Loyer plafonné zone B1 (formule de la section 10.2) :
  Coefficient = 0,7 + (19 / 45) = 1,122
  Loyer max = 11,80 × 1,122 × 45 = 596 €/mois, soit 7 152 €/an
  Quote-part Aurélie (50 %) = 3 576 €

Résultat foncier année 1 (quote-part Aurélie) :
  Loyers                            = +3 576 €
  − Intérêts d'emprunt (sa part)    = −1 672 €
  ──────────────────────────────
  Résultat net des intérêts         = +1 904 € (positif)
  − Charges hors intérêts (sa part) = −600 €
  Résultat foncier avant Jeanbrun   = +1 304 €
  − Amortissement Jeanbrun          = −1 845 €
  ──────────────────────────────
  Résultat foncier après Jeanbrun   = −541 €

Économie d'impôt année 1 (TMI 30 %, PS 17,2 %) :
  1 304 € effacent le bénéfice foncier → 1 304 × 47,2 % = 615 €
  541 € s'imputent sur le revenu global → 541 × 30 % = 162 €
  ──────────────────────────────
  Économie année 1 = 777 €/an, convergeant vers 871 €/an
  (1 845 × 47,2 %) quand les intérêts d'emprunt s'effacent
  Sur 9 ans : environ 7 400 €

Le montage en indivision présente un double avantage : partager le risque et optimiser la fiscalité des deux investisseurs simultanément. Chaque indivisaire déclare sa quote-part de loyers et d'amortissement sur sa propre 2044. Leçon : pour une primo-investisseuse TMI 30 %, l'indivision fraternelle est une alternative saine à la SCI familiale, plus légère à monter (pas de statuts, pas d'AG), mais elle expose à la règle « nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision » (art. 815 C. civ.).

15.6 Bernard & Martine, 68 ans, retraités à Rennes (stratégie IFI + succession)

Profil retraités fortunés — optimisation IFI + transmission

Bernard, 68 ans, ancien dirigeant d'ETI retraité, et Martine, 65 ans, ancienne notaire. Résidence principale à Rennes évaluée 950 000 €, portefeuille financier 1,2 M€, patrimoine immobilier locatif 800 000 €. Assujettis à l'IFI depuis 2021. Ils achètent en direct un T3 rénové à Rennes (zone B1) pour 180 000 € cash + 60 000 € de travaux (ratio 33,3 %), avec deux objectifs : réduire la valeur patrimoniale IFI et préparer la transmission à leurs 3 enfants (44, 41 et 38 ans).

Tableau comparatif : Objectif — Mécanisme Jeanbrun — Gain estimé — Premier cas : Réduction IFI
ObjectifMécanisme JeanbrunGain estimé
Réduction IFIValeur locative encadrée = décote 15-20 % vs marché libre−720 €/an (0,5 % sur 144 k€ de décote)
Déduction revenus fonciersAmortissement 6 120 €/an (base 204 000 € × 3 %)3 562 €/an d'IR+PS économisés (TMI 41 %)
Préparation successionDonation démembrée parts (si SCI) ou donation NP bienAbattement 100 k€/enfant (art. 779 CGI) renouvelable 15 ans
Transmission sans impôtPoursuite engagement par héritiersPas de rupture si conditions maintenues

Bernard choisit la détention directe (pas de SCI) et l'option loyer intermédiaire. Au bout de 5 ans, il envisage une donation en nue-propriété de 50 % du bien à ses trois enfants. Barème de l'art. 669 CGI pour un donateur de 73 ans : l'usufruit vaut 30 % et la nue-propriété 70 % de la pleine propriété (tranche « moins de 81 ans révolus » ; les 60 % correspondent à la tranche des 61-70 ans). Sur 50 % d'un bien valorisé 240 000 € (180 000 € + 60 000 € de travaux), soit 120 000 € en pleine propriété, la base taxable ressort à 84 000 €, soit 28 000 € par enfant — intégralement couverts par l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant (art. 779 I CGI). L'amortissement Jeanbrun est poursuivi par les donataires sous réserve de maintien des conditions.

15.7 Emmanuelle, 40 ans, mutation professionnelle Dubaï (rupture force majeure)

Profil rupture d'engagement — mutation professionnelle

Emmanuelle, 40 ans, directrice juridique dans un groupe CAC 40. Elle a investi en Jeanbrun ancien en mars 2026 (T3 à Toulouse, 180 000 € + 60 000 € travaux) sur 9 ans d'engagement. En février 2030 (année 4), son employeur lui propose une mutation de 3 ans à Dubaï comme General Counsel Middle East. Que devient le Jeanbrun ?

Bonne nouvelle pour Emmanuelle. La mutation professionnelle fait partie des quatre exceptions légales qui permettent de rompre l'engagement sans reprise des amortissements. Le seuil retenu en pratique est un déménagement de plus de 50 km ou plus d'une heure de trajet (exception jurisprudentielle Pinel transposable, BOI-IR-RICI-360-20-10 § 170, applicable à l'art. 31-I-1° j CGI). Emmanuelle a donc deux options :

  • Conserver le Jeanbrun et continuer à louer le bien pendant son absence (solution idéale), via un mandat de gestion locative.
  • Revendre sans reprise des amortissements déduits années 1 à 4 (environ 20 000 €), en produisant une copie du courrier de mutation employeur. Les amortissements déjà déduits restent acquis.

Dans le cas hypothétique d'une démission volontaire (et non d'une mutation), Emmanuelle aurait subi la reprise intégrale : 20 000 € d'amortissements réintégrés en une fois dans ses revenus 2030, IR+PS +11 640 €, intérêts de retard (0,2 %/mois ≈ 2 000 € par an déjà de retard) + majoration 10 % = surcoût fiscal total ~15 000 €. Leçon à retenir : la traçabilité documentaire de la mutation (ordre de mission, contrat, bulletin de salaire à l'étranger) est le seul rempart contre la reprise.

§ 16PLUS-VALUE·8 MIN

Quel impact sur la plus-value à la revente ?

Que se passe-t-il quand Sophie revend son bien après la période d'engagement ? C'est ici que le sujet se complique — et que les avis divergent entre professionnels.

Attention : deux dispositifs distincts portent le nom Jeanbrun

  • Réforme Le Meur (souvent appelée à tort « réforme Jeanbrun ») : art. 84 de la loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025), qui a créé l'art. 150 VB III CGI — réintégration des amortissements LMNP dans le calcul de la plus-value à la revente, applicable depuis le 15/02/2025. Vise uniquement le LMNP réel.
  • Dispositif Jeanbrun (statut du bailleur privé) : art. 47 de la loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026), qui a créé les art. 31-I-1° i et j CGI — amortissement déductible 3 à 5,5 %/an des revenus fonciers pour l'investissement locatif neuf ou ancien avec travaux, applicable du 21/02/2026 au 31/12/2028. C'est le dispositif traité dans ce guide.

Ces deux réformes portent des noms proches mais sont juridiquement indépendantes. La discussion ci-dessous porte sur la plus-value du dispositif Jeanbrun bailleur privé ; pour la réintégration LMNP, voir notre guide plus-value immobilière 2026.

16.1 Le texte : art. 150 VB III CGI

L'article 150 VB III CGI, créé par l'article 84 de la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025) et connu sous le nom de « réforme Le Meur », impose la réintégration des amortissements LMNP dans le calcul de la plus-value à la revente. Cette logique est distincte du dispositif Jeanbrun (art. 47 LF 2026), qui ne prévoit PAS à ce jour de réintégration expresse — le débat doctrinal reste ouvert pour les biens amortis en Jeanbrun ancien.

16.2 Le débat doctrinal

Interprétation A : réintégration

Lecture littérale du texte. Les amortissements déduits viennent réduire le prix d'acquisition → plus-value taxable augmentée. L'avantage fiscal est partiellement repris à la revente.

Interprétation B : pas de réintégration

Certains praticiens estiment que le Jeanbrun (revenus fonciers, art. 31) ne suit pas le même régime que le LMNP (BIC, art. 34 à 39 CGI). La réintégration s'appliquerait uniquement aux BIC.

Prudence : doctrine administrative non publiée

À la date de rédaction de ce guide (mars 2026), l'administration fiscale n'a pas encore publié de doctrine officielle (BOFiP) sur ce point. La lecture littérale de l'art. 150 VB III vise expressément les amortissements de l'art. 31-I-1° j, ce qui plaide pour la réintégration. Nous recommandons de provisionner cette réintégration dans vos projections par prudence. Pour une analyse personnalisée, consultez notre guide complet du dispositif Jeanbrun (section plus-value).

16.3 Simulation de l'impact (cas de Sophie)

Hypothèse : revente après 12 ans au prix de 230 000 €

Abattements pour durée de détention (12 ans = 7 ans d'abattement, de la 6e à la 12e année) :
  IR : 7 × 6 % = 42 %
  PS : 7 × 1,65 % = 11,55 %

SANS réintégration :
  PV brute = 230 000 − 150 000 = 80 000 €
  Abattement IR 42 % → PV taxable IR = 80 000 × 58 % = 46 400 €
  Abattement PS 11,55 % → PV taxable PS = 80 000 × 88,45 % = 70 760 €
  Impôt PV = (46 400 × 19 %) + (70 760 × 17,2 %) = 8 816 + 12 171 = 20 987 €

AVEC réintégration (66 600 € amortis sur 12 ans*) :
  Prix acquisition minoré = 150 000 − 66 600 = 83 400 €
  PV brute = 230 000 − 83 400 = 146 600 €
  Abattement IR 42 % → PV taxable IR = 146 600 × 58 % = 85 028 €
  Abattement PS 11,55 % → PV taxable PS = 146 600 × 88,45 % = 129 667 €
  Impôt PV = (85 028 × 19 %) + (129 667 × 17,2 %) = 16 155 + 22 303 = 38 458 €
  ⚠ Surtaxe PV élevées (PV nette IR supérieure à 50 000 €) : ~1 701 €
  Impôt PV total ≈ 40 159 €

Surcoût si réintégration : 40 159 − 20 987 ≈ 19 172 €
Économie cumulée sur 12 ans : environ 32 900 €
  (économie annuelle croissante, de 2 504 € en année 1 à
   près de 3 000 € en année 12 : voir le détail en 15.1, où
   la part d'amortissement qui creuse le déficit n'économise
   que l'IR, sans prélèvements sociaux)
Économie nette réelle : 32 900 − 19 172 ≈ 13 700 €

* L'amortissement continue au-delà de 9 ans tant que
  le bien reste loué nu (base totale 185 000 €).

Même dans le scénario le plus conservateur (réintégration complète), l'économie nette reste positive grâce à l'effet de levier du TMI (41 %) pendant la phase d'amortissement, contre un taux de PV fixe (19 % IR). De plus, les abattements pour durée de détention (42 % en IR et 11,55 % en PS après 12 ans) réduisent significativement l'impact. Plus la revente est tardive, plus les abattements atténuent le surcoût de la réintégration.

16.4 Trois scénarios comparés : revente à 5, 10 et 22 ans

Prenons Sophie (cas 15.1) et comparons trois horizons de sortie. Hypothèse : revalorisation 1,5 %/an, prix de revente à 10 ans = 175 000 €, à 22 ans = 208 000 €. Amortissement annuel déduit 5 550 €.

Tableau comparatif : Horizon — Revente à 5 ans (anticipée) — Revente à 10 ans — Revente à 22 ans — Premier cas : Amortissement déduit cumulé
HorizonRevente à 5 ans (anticipée)Revente à 10 ansRevente à 22 ans
Amortissement déduit cumulé27 750 €55 500 €~122 100 € (22 ans × 5 550 €)
Abattement IR (durée)0 %30 %100 % (exonération à 22 ans)
Abattement PS (durée)0 %8,25 %28 % (exonération totale à 30 ans)
Avec réintégration amortissementsImpôt PV ≈ 18 400 €Impôt PV ≈ 22 500 €Impôt PV ≈ 12 000 € (IR exonéré, PS partiel)
Sans réintégrationImpôt PV ≈ 4 300 €Impôt PV ≈ 6 800 €Impôt PV ≈ 2 500 € (IR exonéré, PS résiduels)
Reprise amortissements (rupture < 9 ans)Oui sauf force majeure (cas Emmanuelle)NonNon
Stratégie optimaleÀ éviter (rupture + surcoût)Acceptable si besoin liquiditéOptimale (IR exonéré + PS quasi-exonérés à 30 ans)

Verdict : la stratégie long terme optimise le dispositif. L'impôt sur le revenu est exonéré dès 22 ans de détention, les prélèvements sociaux ne le sont qu'à 30 ans. À 10 ans, l'économie nette reste positive. Avant 9 ans, la rupture est dissuasive sauf cas de force majeure.

16.5 Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR)

Attention pour les PV importantes : au-delà de 50 000 € de PV nette imposable par foyer fiscal, une surtaxe de 2 à 6 % s'applique (art. 1609 nonies G CGI). Autre point : la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies CGI) peut frapper les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse les seuils suivants :

  • 3 % sur la tranche 250 001 € — 500 000 € (célibataire) ou 500 001 € — 1 000 000 € (couple soumis à imposition commune).
  • 4 % au-delà de 500 000 € (célibataire) ou 1 000 000 € (couple).

Penser à lisser la revente sur deux années fiscales (compromis en décembre N, acte en janvier N+1) si vous approchez du seuil.

Position BOFiP à suivre (au 20/04/2026)

La doctrine administrative Jeanbrun (BOFiP) n'est toujours pas publiée à la date de mise à jour de ce guide. Notre positionnement prudent : dans vos projections, provisionnez d'office la réintégration des amortissements dans le calcul de la PV future. Si la doctrine exclut finalement la réintégration (interprétation B), ce sera un bonus ; si elle la confirme (lecture littérale art. 150 VB III), vous serez couvert. Cette prudence est cohérente avec notre cadre de pratique CGP.

§ 17vs DENORMANDIE·5 MIN

Jeanbrun ancien ou Denormandie : que choisir ?

Le Denormandie est l'autre dispositif de défiscalisation immobilière dans l'ancien. Il a été prorogé jusqu'au 31 décembre 2027. Voici le comparatif complet.

Tableau comparatif : Critère — Jeanbrun ancien — Denormandie — Premier cas : Mécanisme fiscal
CritèreJeanbrun ancienDenormandie
Mécanisme fiscalAmortissement (déduction d'assiette)Réduction d'impôt (crédit sur IR)
Seuil de travaux≥ 30 % du prix≥ 25 % du prix
ZonageToute la FranceZones ORT + Action Coeur de Ville
DPE cibleA ou B (C discutée)Amélioration ≥ 20-30 % + atteinte E minimum
Durée d'engagement9 ans6, 9 ou 12 ans
Logements éligiblesCollectif uniquementCollectif + individuel
Taux/avantage fiscal3-4 % du prix × TMI+PS12-21 % du prix (réduction IR)
Plafond niches fiscalesNon (déduction d'assiette)Oui (10 000 €/an)
Cumul déficit foncierOuiOui (sur l'excédent de travaux au-delà de 25 %)
Plafond de prixPas de plafond au m²5 500 €/m² max, 300 000 € max
Prolongation→ 31/12/2028→ 31/12/2027
Impact PV reventeRéintégration débattueAucun impact
Meilleur pour…TMI ≥ 41 %, gros travaux, hors zones ORTTMI ≤ 30 %, petits travaux, zones ORT

L'avantage décisif du Jeanbrun pour les TMI élevées

Le Jeanbrun est une déduction d'assiette : son efficacité augmente avec le TMI. À TMI 41 %, 1 € de déduction économise 0,582 € (IR + PS). Le Denormandie est une réduction d'impôt fixe : son taux ne change pas avec le TMI. À partir de TMI 30 %, le Jeanbrun ancien devient généralement plus avantageux que le Denormandie, surtout avec le cumul déficit foncier.

§ 18vs DÉFICIT·5 MIN

Jeanbrun ancien vs déficit foncier seul

Sans le dispositif Jeanbrun, un investisseur qui rénove un bien ancien ne bénéficie que du déficit foncier classique. Voici ce que le Jeanbrun ajoute.

Tableau comparatif : Critère — Jeanbrun ancien — Déficit foncier seul — Premier cas : Mécanisme
CritèreJeanbrun ancienDéficit foncier seul
MécanismeAmortissement + déficit foncierDéficit foncier uniquement
Avantage annuel maxAmortissement + 21 400 €10 700 € (ou 21 400 € réno énergétique)
Plafond de loyerOui (encadré)Non
Plafonds de ressourcesOuiNon
Durée d'engagement9 ans3 ans (si déficit imputé sur revenu global)
Réintégration PVDébat en coursNon
Logements éligiblesCollectif, DPE A/BTout logement loué nu
Liberté du loyerNonOui

Le Jeanbrun ajoute un étage supplémentaire de déduction (l'amortissement) au-dessus du déficit foncier. La contrepartie : des contraintes plus lourdes (plafonds de loyer, plafonds de ressources, engagement de 9 ans, DPE A/B). Pour un investisseur qui préfère la liberté de fixer son loyer et une durée d'engagement courte (3 ans), le déficit foncier seul reste préférable.

Pour une analyse exhaustive (arbre de décision par TMI, 5 cas chiffrés), consultez notre guide dédié Jeanbrun vs déficit foncier.

§ 19vs LMNP·6 MIN

Jeanbrun ancien ou LMNP réel : où est le break-even ?

C'est sans doute l'arbitrage le plus fréquent en consultation : « Faut-il faire du Jeanbrun ou du LMNP réel ? ». Les deux dispositifs amortissent le bien. Mais ils relèvent de deux régimes fiscaux radicalement différents, et le bon choix dépend d'abord de votre TMI.

19.1 Comparatif sur 15 critères

Tableau comparatif : Critère — Jeanbrun ancien (foncier) — LMNP réel (BIC) — Premier cas : Nature fiscale
CritèreJeanbrun ancien (foncier)LMNP réel (BIC)
Nature fiscaleRevenus fonciersBénéfices Industriels et Commerciaux
AmortissementFiscal plafonné 3-4 %/anComptable 2-3 % bien + 10-20 % mobilier
LocationNue uniquementMeublée exclusivement
LoyerEncadré (LLI/Loc2/Loc3)Libre
Plafonds ressources locataireOuiNon
Durée d'engagement9 ansAucune
Charges déductibles100 % réelles100 % réelles + amortissements comptables
Déficit imputable revenu globalOui (10 700 € ou 21 400 €)Non (déficit BIC reportable BIC 10 ans)
Plus-value à la reventeRégime particuliers (réintégration débattue)Régime particuliers avec réintégration amortissements depuis le 15/02/2025 (art. 84 LF 2025, loi 2025-127, nouvel art. 150 VB III CGI)
CFENonOui (de 227 à 7 046 € selon commune)
TVAExonérée (location nue)Exonérée hors para-hôtelier
Statut LMP si > 23 000 € + > 50 % revenusNon concernéBascule LMP (cotisations SSI + IFI)
TransmissionAbattement 100 k€/enfantAbattement 100 k€/enfant
Souplesse de sortieFaible (engagement 9 ans)Totale (revente à tout moment)
Complexité comptableMoyenne (2044)Forte (2031 + liasse BIC + expert-comptable)

19.2 Le break-even TMI : où se situe le point de bascule ?

La règle empirique observée en cabinet CGP en 2026 :

Tableau comparatif : TMI de l'investisseur — Recommandation générale — Raison — Premier cas : 0 % ou 11 %
TMI de l'investisseurRecommandation généraleRaison
0 % ou 11 %LMNP réelJeanbrun peu efficace (déduction d'assiette x TMI faible)
30 %Zone grise — LMNP souvent gagnantLMNP + amortissement comptable = quasi zéro BIC imposable
41 %Jeanbrun devient très compétitifDéduction d'assiette efficace + double levier déficit foncier
45 %Jeanbrun généralement optimalEffet cumul amortissement + intérêts + charges maximisé

19.3 Cas Lionel, 48 ans TMI 30 % : qui hésite entre Jeanbrun et LMNP

Profil arbitrage Jeanbrun vs LMNP

Lionel, 48 ans, chef de projet IT en ESN, salaire 58 000 € TMI 30 %. Il achète un T2 de 40 m² à Valence (zone B2) pour 90 000 € + 30 000 € de travaux (ratio 33,3 %). Il hésite : louer en nu via Jeanbrun, ou en meublé via LMNP réel ? Loyer pratique : 600 €/mois nu ou 750 €/mois meublé.

SCÉNARIO A — Jeanbrun ancien (loyer intermédiaire)
  Base amortissable = (90 000 × 80 %) + 30 000 = 102 000 €
  Amortissement = 102 000 × 3 % = 3 060 €/an
  Loyer = 7 200 €/an
  Charges hors intérêts = 1 400 €/an
  Intérêts d'emprunt = 3 200 €/an
  Résultat foncier = 7 200 − 1 400 − 3 060 − 3 200 = −460 €
  → Déficit imputable revenu global
  Économie IR + PS = 460 × 47,2 % = 217 €
  + Déduction indirecte grâce à l'amortissement
  Total gain fiscal année 1 = ~1 660 €

SCÉNARIO B — LMNP réel meublé
  Amortissement comptable bien = 120 000 × 2,5 % = 3 000 €/an
  Amortissement mobilier = 8 000 × 12 % = 960 €/an
  Charges réelles = 2 800 €/an (dont intérêts + CFE + expert-comptable)
  Résultat BIC = 9 000 − 2 800 − 3 000 − 960 = +2 240 €
  Impôt IR + PS = 2 240 × 48,6 % = 1 089 €
    (LMNP : prélèvements sociaux portés à 18,6 % par la
     LFSS 2026, contre 17,2 % maintenus sur les revenus
     fonciers du Jeanbrun)
  MAIS année 2-3 : BIC zéro grâce aux amortissements reportés
  Gain fiscal moyen sur 10 ans : ~2 100 €/an

VERDICT TMI 30 % :
  LMNP réel gagne en flexibilité et en gain fiscal moyen.
  Jeanbrun gagne si TMI devient 41 % (promotion prévue par Lionel en N+5).

Lionel choisit finalement le Jeanbrun en anticipant une promotion qui le fera passer à TMI 41 % dans 5 ans. Leçon : l'arbitrage dépend autant de votre TMI actuelle que de sa trajectoire future. Un TMI qui va monter favorise le Jeanbrun ; un TMI qui va descendre (proche retraite) favorise le LMNP.

Concrètement

Pour un couple TMI 41 % avec 9+ ans d'horizon de détention et la volonté de rester en locatif longue durée : Jeanbrun ancien. Pour un célibataire TMI 11-30 % qui veut la flexibilité de revendre et de louer en meublé courte ou moyenne durée : LMNP réel. Pour une stratégie mixte patrimoine familial : Jeanbrun en SCI à l'IR, plus transmissible. Chaque situation mérite sa simulation croisée. Pour chiffrer votre cas précis, testez notre simulateur Jeanbrun — calcul gratuit 2026.

§ 20COPRO·7 MIN

Comment gérer le défi de la copropriété ?

Puisque le Jeanbrun ancien est réservé aux logements collectifs, l'investisseur se retrouve nécessairement dans une copropriété. Or, atteindre un DPE A ou B dans l'ancien dépend largement de travaux sur les parties communes— qui ne sont pas sous le contrôle exclusif du propriétaire individuel. C'est le point que Hagnéré Patrimoine analyse en priorité avant tout dossier Jeanbrun ancien : sans plan pluriannuel de travaux (PPT) cohérent ou syndic moteur, l'objectif DPE devient hasardeux.

20.1 Les travaux qui dépendent de la copropriété

Tableau comparatif : Poste — Parties privatives (vous décidez) — Parties communes (vote AG) — Premier cas : Isolation des murs
PosteParties privatives (vous décidez)Parties communes (vote AG)
Isolation des mursITI (intérieure) — limitéeITE (extérieure) — la plus efficace
ToitureIsolation toiture-terrasse, combles
Chauffage collectifRemplacement chaudière, PAC collective
FenêtresRemplacement fenêtres du lotRèglement de copropriété peut restreindre
VentilationVMC individuelleVMC collective

20.2 Stratégies pour contourner l'obstacle

  • Cibler les copropriétés déjà engagées dans un plan de rénovation énergétique (DPE collectif en cours, vote AG travaux prévu)
  • Acheter dans un petit immeuble (2-4 lots) où vous êtes copropriétaire majoritaire et pouvez imposer les travaux
  • Racheter l'immeuble entier en mono-propriété — vous maîtrisez alors toutes les décisions (mais ce n'est plus une copropriété au sens strict)
  • Se coordonner avec le syndic : proposer un audit énergétique collectif et un plan pluriannuel de travaux (PPT, obligatoire depuis 2024)

Le PPT : un allié potentiel

Depuis le 1er janvier 2024, les copropriétés de plus de 15 ans doivent adopter un Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) sur 10 ans. Ce plan inclut généralement des travaux d'amélioration énergétique. Avant d'investir, consultez le PPT de la copropriété : s'il prévoit une ITE ou un remplacement du chauffage collectif, le DPE cible devient beaucoup plus atteignable.

20.3 Le cadre obligatoire depuis le 1er janvier 2024

La loi Climat et Résilience (art. 171) a musclé les obligations des copropriétés de plus de 50 lots principaux. Voici le tableau des obligations applicables à tout investisseur Jeanbrun :

Tableau comparatif : Obligation — Copropriétés concernées — Entrée en vigueur — Impact Jeanbrun — Premier cas : Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) 10 ans
ObligationCopropriétés concernéesEntrée en vigueurImpact Jeanbrun
Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) 10 ans> 15 ans01/01/2023 pour > 200 lots, 01/01/2024 pour 51-200 lots, 01/01/2025 pour ≤ 50 lotsIndispensable pour anticiper les travaux parties communes
DPE collectif obligatoire (art. L126-31 CCH)Toutes copropriétés (calendrier échelonné)01/01/2024 pour > 200 lots, 01/01/2025 pour 51-200 lots, 01/01/2026 pour ≤ 50 lotsPermet de documenter la situation avant Jeanbrun
Fonds travaux loi AlurToutes copropriétés > 10 ansObligatoire depuis 2017 (loi Alur)Cotisation minimum 5 % du budget prévisionnel
Projet de Plan Pluriannuel (PPPT) en AG> 15 ansObligatoire avant vote PPTAccès facilité pour l'acquéreur via le syndic

20.4 MaPrimeRénov' Copropriétés 2026

Depuis la réforme du 1er janvier 2024, MaPrimeRénov' Copropriétés finance les travaux d'amélioration énergétique votés collectivement. Le taux de subvention évolue selon le gain de classes atteint :

Tableau comparatif : Gain énergétique — Taux MaPrimeRénov' Coprop 2026 — Bonus — Premier cas : Gain 2 classes
Gain énergétiqueTaux MaPrimeRénov' Coprop 2026Bonus
Gain 2 classes30 % du montant HT
Gain 3 classes35 % du montant HT
Gain 4 classes et plus45 % du montant HT+ Bonus sortie passoire 10 %
Sortie passoire (F/G → ≥ D)Bonus 3 000 € par logement
Copropriété fragile (taux d'impayés > 8 %)+ 25 % du taux de baseCumul possible

20.5 Majorités d'AG : les seuils de vote à connaître

Les travaux de rénovation énergétique en copropriété relèvent de majorités spécifiques (loi n° 65-557 du 10 juillet 1965) :

Tableau comparatif : Type de décision — Majorité requise — Article loi 65-557 — Premier cas : Travaux d'entretien courant
Type de décisionMajorité requiseArticle loi 65-557
Travaux d'entretien courantArt. 24 (majorité simple des présents)Art. 24
Travaux d'amélioration énergétique (ITE, PAC collective)Art. 25 (majorité absolue tous copropriétaires)Art. 25 h
Travaux d'économie d'énergie avec mandat syndicArt. 25-1 (passerelle vers majorité simple art. 24)Art. 25-1 loi 65-557
Vote PPT (plan pluriannuel)Art. 24 (majorité simple des présents, depuis loi 2021-1104)Art. 24

20.6 Cas concret : Immeuble 12 lots Lyon 7e — ravalement + ITE 48 000 €

Cas pratique copropriété Jeanbrun

Immeuble 1960 de 12 lots principaux dans le 7e arrondissement de Lyon. DPE collectif : classe E. L'AG du 14 mars 2026 vote à la majorité art. 25-1 un programme ITE + remplacement chaudière gaz par PAC collective, pour un budget de 48 000 € de travaux communs. Quote-part pour un lot T3 de 65 m² (tantièmes 80/1000) : 3 840 € d'appel de fonds. Ces 3 840 € s'ajoutent aux travaux privatifs du propriétaire investisseur Jeanbrun, entrent dans la base amortissable et comptent pour le calcul du seuil 30 %. Le syndic remet les PV d'AG et factures RGE nominatives pour la pièce justificative fiscale.

Concrètement

Avant toute acquisition en copropriété Jeanbrun, demandez au syndic (art. L721-2 CCH) : le règlement de copropriété, le DPE collectif, le PPT voté ou en projet, les PV d'AG des 3 dernières années, l'état daté, le montant du fonds travaux, le taux d'impayés. Ce dossier complet doit être analysé par votre conseiller avant signature du compromis. Une copropriété en conflit (impayés supérieurs à 15 %, absence de PPT, syndic défaillant) condamne le Jeanbrun à échouer.

§ 21SCI IR·5 MIN

SCI familiale à l’IR et Jeanbrun ancien

Vous envisagez d'acheter en famille, ou de préparer la transmission du bien à vos enfants ? La SCI familiale à l'IR est probablement le véhicule le plus adapté pour combiner Jeanbrun et optimisation successorale. Encore faut-il respecter quelques règles strictes.

21.1 Pourquoi la SCI à l'IR (et pas à l'IS)

Le Jeanbrun est un dispositif des revenus fonciers (art. 31 CGI). Seules les structures fiscalement translucides (qui ne changent pas la nature des revenus) y sont éligibles :

Tableau comparatif : Structure — Éligible Jeanbrun ? — Raison — Premier cas : Détention directe personne physique
StructureÉligible Jeanbrun ?Raison
Détention directe personne physiqueOuiRégime foncier standard
Indivision entre personnes physiquesOuiRevenus restent fonciers
SCI à l'IR (art. 8 CGI)OuiTranslucide fiscalement, revenus fonciers chez associés
SCI à l'ISNon (EXCLUE)Amortissement comptable BIC, bascule hors foncier
SARL de familleNonRégime BIC même si option IR
SAS / SANonRégime IS obligatoire

21.2 Répartition de l'amortissement entre associés

L'amortissement Jeanbrun est réparti entre les associés au prorata de leurs parts. Chaque associé personne physique déclare sa quote-part de revenus fonciers et d'amortissement sur sa propre déclaration 2044. L'économie d'impôt se calcule individuellement selon le TMI de chaque associé.

Exemple SCI familiale 4 associés (père, mère, 2 enfants) :

Acquisition par la SCI : 200 000 € + 70 000 € travaux
Base amortissable SCI = (200 000 × 80 %) + 70 000 = 230 000 €
Amortissement annuel SCI = 230 000 × 3 % = 6 900 €/an
Plafond intermédiaire = 8 000 €/an → Amortissement retenu 6 900 €

Répartition (40 %/40 %/10 %/10 %) :
  Père (TMI 45 %)    : 2 760 € × 45 % + PS 17,2 % = 1 717 €/an économisé
  Mère (TMI 45 %)    : 2 760 € × 62,2 % = 1 717 €/an
  Enfant 1 (TMI 0 %) : 690 € × 17,2 %  = 119 €/an (PS seuls)
  Enfant 2 (TMI 0 %) : 690 € × 17,2 %  = 119 €/an
  ────────────────────────────
  Économie SCI année 1 = 3 672 €

NB : Sur 9 ans, économie cumulée ~33 000 €
     + Transmission facilitée (donation parts / démembrement)

21.3 Interdiction location ascendant/descendant

Attention piège classique : même via une SCI familiale, il est interdit de louer à un ascendant ou à un descendant du bailleur (art. 31 I et j CGI). L'administration fiscale regarde la situation du bailleur personne physique, pas celle de la SCI. Exemple : un père crée une SCI avec sa femme, achète un appartement via la SCI, et loue à sa fille étudiante. Le Jeanbrun est refusé car la fille est descendante du bailleur (le père, associé de la SCI).

21.4 Démembrement et pacte d'associés

Pour une transmission progressive, deux outils complémentaires se combinent au Jeanbrun :

  • Démembrement des parts sociales : les parents conservent l'usufruit (revenus locatifs + amortissement), les enfants reçoivent la nue-propriété (plus-value latente + succession). Barème art. 669 CGI pour valoriser la donation.
  • Pacte d'associés : document qui verrouille la gestion (le gérant reste le parent), les règles de cession (agrément à l'unanimité), les droits de préemption familiaux. Indispensable pour éviter une vente précipitée par un enfant hors engagement 9 ans.

Concrètement (voir cas 15.4 Dr Lefebvre)

La combinaison Jeanbrun + SCI familiale IR + démembrement + pacte d'associés est probablement le montage patrimonial le plus puissant pour un investisseur TMI 41-45 % avec enfants majeurs. Il permet de défiscaliser pendant 9 ans, de transmettre progressivement jusqu'à 400 k€ exonérés (100 k€ × 4 enfants, renouvelable 15 ans), et de conserver la maîtrise du bien. Il exige toutefois un accompagnement complet (notaire + CGP + fiscaliste) qui engage 4 à 8 k€ de frais de montage. Pour un ticket global > 300 k€, c'est un investissement de départ vite rentabilisé.

§ 22TIMELINE·4 MIN

Quel calendrier type pour une opération Jeanbrun ancien ?

Voici le calendrier réaliste d'une opération type, du repérage du bien à la première déduction fiscale.

Tableau comparatif : Étape — Durée indicative — Actions clés — Premier cas : 1. Recherche et sélection du bien
ÉtapeDurée indicativeActions clés
1. Recherche et sélection du bien1 – 3 moisDPE avant travaux, étude de faisabilité, audit énergétique
2. Compromis de venteCondition suspensive : financement + DPE cible atteignable
3. Obtention du crédit1 – 2 moisDossier bancaire, assurance emprunteur
4. Acte authentique2 – 3 moisSignature chez le notaire → début de la période Jeanbrun
5. Devis et sélection artisans RGE1 moisDevis détaillés, vérification labels RGE
6. Réalisation des travaux3 – 6 moisSuivi de chantier, conformité des factures
7. DPE post-travaux1 semaineVérification atteinte classe A ou B
8. Mise en location1 – 2 moisRecherche locataire, vérification revenus, bail conforme
9. Première déduction fiscaleAnnée N+1Déclaration 2044, amortissement pro rata temporis

Du compromis à la mise en location, comptez 8 à 14 mois. Le délai légal de mise en location est de 12 mois après achèvement des travaux. Pendant cette période, aucun revenu locatif n'est perçu — un coût de portage à intégrer dans vos projections financières.

§ 23DOCUMENTS·4 MIN

Quels documents et justificatifs conserver ?

En cas de contrôle fiscal, vous devrez justifier de l'ensemble des conditions du dispositif. Voici la checklist complète des documents à conserver pendant toute la durée de l'engagement + 3 ans (prescription fiscale).

Tableau comparatif : Document — Objectif — Durée de conservation — Premier cas : Acte authentique de vente
DocumentObjectifDurée de conservation
Acte authentique de venteProuver la date d'acquisition et le prix12 ans minimum
DPE avant travauxJustifier l'état initial du logement12 ans minimum
DPE après travauxProuver l'atteinte de la classe A ou B12 ans minimum
Audit énergétiqueJustifier la stratégie de rénovation12 ans minimum
Devis détaillés des travauxDistinguer postes éligibles et non éligibles12 ans minimum
Factures des travauxProuver le respect du seuil de 30 %12 ans minimum
Certificats RGE des artisansProuver la conformité des prestataires12 ans minimum
Bail du locataireProuver la location nue, RP, durée12 ans minimum
Avis d'imposition du locataire (N-2)Vérifier le respect des plafonds de ressources12 ans minimum
Déclarations 2044Traçabilité des amortissements déduits12 ans minimum
Attestations MaPrimeRénov' / CEEJustifier les aides reçues et leur déduction12 ans minimum

Conseil : créez un dossier fiscal dédié

Créez dès le début de l'opération un dossier (physique ou numérique) regroupant tous les justificatifs. Nommez chaque fichier de manière explicite (date + nature). Ce dossier sera votre meilleure protection en cas de contrôle fiscal, même 10 ans après la fin de l'engagement.

23.1 Formulaires de déclaration : 2044, 2044-EB, 2072 (SCI)

La déclaration de l'amortissement Jeanbrun suit trois circuits selon la structure juridique :

  • Détention directe personne physique → formulaire 2044 (revenus fonciers régime réel) avec mention explicite « amortissement art. 31-I-1° j CGI » ligne 230 cadre C + tableau d'amortissement annexe.
  • SCI à l'IR → formulaire 2072-S ou 2072-C déposé par la SCI, puis chaque associé reporte sa quote-part sur sa 2044 personnelle.
  • Option engagement → formulaire 2044-EB à joindre au titre de la première année d'application seulement, indiquant le choix du niveau de loyer (intermédiaire/social/très social), la base amortissable retenue et la durée d'engagement de 9 ans.

L'oubli du 2044-EB en année 1 est la cause n°1 de rejet du Jeanbrun au premier contrôle. Télédéclaration obligatoire sur impots.gouv.fr. Pour le détail pas à pas de ces formulaires, voir notre guide dédié Déclarer le Jeanbrun (2044).

§ 24RUPTURE·5 MIN

Rupture d’engagement : 4 exceptions + reprise

Que se passe-t-il si la vie vous impose de vendre avant la fin des 9 ans d'engagement ? Tout dépend du motif. Quatre événements exonèrent de la reprise des amortissements ; tous les autres déclenchent une reprise mécanique, assortie de pénalités.

24.1 Principe : la reprise des amortissements déduits

Le texte des art. 31-I-1° i (neuf) et j (ancien) du CGI prévoit qu'en cas de non-respect de l'engagement de location de 9 ans, la totalité des amortissements déduits depuis l'année 1 est réintégrée dans les revenus fonciers de l'année de rupture. Cette reprise s'accompagne d'intérêts de retard (art. 1727 CGI) et d'une majoration de 10 % (art. 1758 A CGI).

24.2 Les 4 événements qui exonèrent la reprise

Tableau comparatif : Événement — Fondement légal — Justificatifs à produire — Premier cas : Invalidité 2e ou 3e catégorie du bailleur ou de son conjoint
ÉvénementFondement légalJustificatifs à produire
Invalidité 2e ou 3e catégorie du bailleur ou de son conjointArt. L341-4 CSS + art. 31-I-1° j CGIDécision CPAM de classement invalidité
Licenciement (du bailleur ou de son conjoint)Art. 31-I-1° j CGILettre de licenciement + attestation France Travail
Décès du bailleur ou de son conjointArt. 31-I-1° j CGIActe de décès + attestation notariée
Mutation professionnelle > 50 km ou > 1 h de trajetException jurisprudentielle Pinel (BOI-IR-RICI-360-20-10 § 170)Ordre de mission + nouveau contrat + justificatif domicile

Un cinquième cas fait débat en doctrine : le divorce avec attribution du bien. À date du 20 avril 2026, aucune doctrine BOFiP ne tranche. L'usage constaté en cabinet fiscaliste : l'engagement est poursuivi par l'ex-époux attributaire sans reprise, sous réserve qu'il respecte les conditions initiales. Un rescrit est fortement recommandé.

24.3 Calcul chiffré de la reprise (cas Emmanuelle bis, sans mutation)

Hypothèse : revente au bout de 4 ans sans motif légitime
  Amortissement annuel déduit = 5 000 €
  Amortissements déduits années 1 à 4 = 20 000 €

Reprise fiscale année 4 (année de revente) :
  + Réintégration amortissements     = +20 000 €
  → Ajout aux revenus fonciers imposables
  → IR (TMI 41 %) + PS 17,2 % = 58,2 % × 20 000 = 11 640 €

Intérêts de retard (art. 1727 CGI) :
  0,2 % × 12 mois × 3 ans moyens retard = 7,2 %
  20 000 × 58,2 % × 7,2 % = 838 €

Majoration (art. 1758 A CGI) :
  10 % × 11 640 = 1 164 €

TOTAL SURCOÛT REPRISE :
  11 640 + 838 + 1 164 = 13 642 €

À comparer à l'économie IR+PS déjà perçue années 1-4 :
  5 000 × 58,2 % × 4 = 11 640 €
  → PERTE NETTE 2 002 € (+ plus-value à payer en sus)

Piège : vacance locative > 12 mois = rupture

Attention, la rupture d'engagement n'est pas uniquement une vente. Une vacance locative de plus de 12 mois consécutifs pendant les 9 ans d'engagement constitue également une rupture (art. 31-I-1° j CGI). En pratique, si votre locataire part en juin 2027 et que vous ne relouez pas avant juin 2028, l'administration peut requalifier. Pensez à conserver toutes les preuves de recherche active : annonces publiées, mandats d'agence, candidatures refusées avec motif (plafond ressources dépassé).

§ 25RISQUES·5 MIN

Quels risques et pièges éviter ?

Avant de signer, posez-vous une question simple : « Est-ce que j'achèterais ce bien au même prix sans l'avantage fiscal ? » Si la réponse est non, méfiance. C'est le filtre n° 1 que Hagnéré Patrimoine applique sur tous les dossiers Jeanbrun ancien avant recommandation. Le dispositif comporte des risques spécifiques, principalement liés aux travaux et à la copropriété. Voici les principaux pièges identifiés par les professionnels.

Tableau comparatif : Risque — Probabilité — Impact — Comment s'en protéger — Premier cas : DPE cible non atteint après travaux
RisqueProbabilitéImpactComment s'en protéger
DPE cible non atteint après travauxÉlevéePerte de l'amortissement JeanbrunAudit énergétique avant achat + engagement artisan sur résultat
Dépassement du budget travauxÉlevéeRentabilité dégradéeMarge de sécurité +15 % sur le budget travaux
Copropriété refuse les travaux communsModéréeDPE cible inatteignableVérifier le PPT et l'historique des votes AG avant achat
Retard de chantier > 12 moisModéréeDépassement du délai de mise en locationPénalités de retard dans le contrat, suivi rigoureux
Vacance locative prolongéeFaiblePerte de revenus + risque de ruptureÉtude de marché locatif avant achat
Artisan non RGE ou certificat expiréFaibleRedressement fiscal totalVérification systématique sur france-renov.gouv.fr
Réintégration PV supérieure aux prévisionsIncertaineSurcoût fiscal à la reventeProvisionner la réintégration dans les projections
Locataire au-dessus des plafonds de ressourcesFaibleRemise en cause de l'amortissementDemander l'avis d'imposition N-2 avant signature du bail

Le risque le plus critique est le non-atteinte du DPE cible. C'est pourquoi nous insistons sur la réalisation d'un audit énergétique complet avant l'acquisition, idéalement en condition suspensive du compromis de vente.

§ 26TRANSMISSION·6 MIN

Comment gérer une transmission pendant l’engagement ?

La vie fiscale va souvent plus vite que la vie patrimoniale. Qu'advient-il du Jeanbrun si vous décédez avant la fin des 9 ans, ou si vous décidez de donner le bien à vos enfants en cours d'engagement ? La règle est simple : les héritiers ou donataires doivent poursuivre l'engagement pour conserver le bénéfice des amortissements déjà déduits. Sinon, reprise intégrale.

26.1 La règle de poursuite obligatoire

L'art. 31-I-1° j CGI prévoit explicitement que la transmission du bien à titre gratuit (donation, succession) n'interrompt pas l'engagement de location. Les bénéficiaires deviennent responsables du respect des conditions jusqu'au terme des 9 ans initialement prévus. Cela concerne :

  • La poursuite de la location nue à un locataire respectant les plafonds
  • Le respect du plafond de loyer initial (pas de réévaluation)
  • L'absence de vacance prolongée (< 12 mois consécutifs)
  • L'interdiction de location à un ascendant/descendant du nouvel héritier

26.2 Transmission par donation en cours d'engagement

Exemple : Bernard et Martine (cas 15.6) ont acquis un T3 en Jeanbrun en 2026. En 2030 (année 4), ils donnent la nue-propriété à leurs 3 enfants. Conditions :

Tableau comparatif : Point de contrôle — Respect requis — Conséquence si non-respect — Premier cas : Poursuite location jusqu'en 2035 (9 ans)
Point de contrôleRespect requisConséquence si non-respect
Poursuite location jusqu'en 2035 (9 ans)OuiReprise amortissements années 1-4
Plafond loyer initial maintenuOuiSortie du dispositif
Locataire dans plafonds ressourcesOuiSortie du dispositif
Abattement donation 100 k€/enfant (art. 779 I CGI)ApplicableFrais réduits ou nuls sur 300 k€
Barème art. 669 CGI pour valeur NP60-70 % selon âge usufruitierBase donation minorée

L'amortissement Jeanbrun est alors réparti entre usufruitier et nus-propriétaires selon les règles de droit commun des revenus fonciers (l'usufruitier déclare les loyers et amortit, les nus-propriétaires n'ont pas de revenus fonciers tant que l'usufruit dure).

26.3 Donation-partage ou donation simple ?

La donation-partage (art. 1078 CC) présente deux avantages majeurs par rapport à une donation simple :

  • Gel de la valeur au jour de la donation (pas de réévaluation au décès en vertu de l'art. 860 CC).
  • Pas de rapport civil à la succession (art. 843 CC) pour les parts déjà partagées.

26.4 Transmission par succession

En cas de décès du bailleur pendant l'engagement, les héritiers peuvent :

  • Poursuivre l'engagement et conserver l'amortissement (cas recommandé si revenus locatifs supérieurs aux besoins).
  • Renoncer à la poursuite : les amortissements déjà déduits par le de cujus ne sont pas repris (le décès étant une cause exonératrice), mais l'amortissement futur est perdu.

Concrètement (cas Bernard/Martine)

Le combo gagnant pour une transmission patrimoniale : acquérir en Jeanbrun en nom propre (ou SCI IR), démembrer en faveur des enfants au bout de 5 ans environ, poursuivre l'amortissement en tant qu'usufruitier jusqu'aux 9 ans, laisser les enfants récupérer la pleine propriété au décès sans droits de succession additionnels. L'abattement art. 779 CGI se renouvelle tous les 15 ans, donc une première donation à 60 ans puis une seconde à 75 ans peut transmettre jusqu'à 600 k€ exonérés à 3 enfants.

§ 27OUTRE-MER·4 MIN

Comment fonctionne le Jeanbrun en Outre-mer ?

Vous investissez depuis la métropole dans un appartement à Pointe-à-Pitre, à Fort-de-France ou à Saint-Denis de la Réunion ? Le Jeanbrun s'applique en Outre-mer, mais avec des plafonds spécifiques et des incompatibilités à connaître.

27.1 Éligibilité confirmée en DOM

Le Jeanbrun est applicable dans les 5 DROM (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), aux mêmes conditions que la métropole (seuil 30 %, DPE A ou B, artisans RGE, engagement 9 ans, logement collectif). Les COM (Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon, Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Nouvelle-Calédonie) restent exclues car elles disposent de leur autonomie fiscale.

27.2 Plafonds de loyers et de ressources Outre-mer 2026

Les plafonds sont publiés par arrêté spécifique pour l'Outre-mer. Ordre de grandeur 2026 (loyer intermédiaire) :

Tableau comparatif : Territoire — Plafond loyer intermédiaire Loc1 2026 — Zone / spécificités — Premier cas : Guadeloupe
TerritoirePlafond loyer intermédiaire Loc1 2026Zone / spécificités
Guadeloupe12,21 €/m²/moisB1 (sauf Le Gosier + Saint-François en zone A)
Martinique12,21 €/m²/moisB1 (sauf Le Marin + Les Trois-Îlets en zone A)
Guyane12,21 €/m²/moisB1 (aucune commune en zone A)
La Réunion12,21 €/m²/moisB1 (sauf Les Avirons, L'Étang-Salé, Saint-Leu, Saint-Paul en zone A)
Mayotte11,89 €/m²/mois (Loc1)Grille Loc'Avantages Mayotte spécifique — post-Chido 2024

27.3 Incompatibilité avec le Girardin logement social

C'est le point de vigilance Outre-mer majeur : l'art. 199 undecies C CGI (Girardin logement social) n'est pas cumulable avec un amortissement Jeanbrun sur la même opération. Si vous avez déduit un amortissement Jeanbrun sur un logement, vous ne pouvez pas bénéficier en complément du Girardin social sur le même bien. L'arbitrage entre les deux dispositifs dépend de votre TMI et du montage (Girardin = réduction d'impôt one-shot l'année d'achèvement, Jeanbrun = déduction étalée sur 9+ ans).

Concrètement en Outre-mer

Pour un investisseur métropolitain TMI 41-45 % visant un bien locatif durable en Guadeloupe ou à La Réunion, le Jeanbrun ancien est souvent plus intéressant sur la durée que le Girardin logement social (qui s'adresse plutôt à une logique de défiscalisation one-shot sans intention de conserver le bien). Le climat tropical impose toutefois une vigilance accrue sur les travaux énergétiques (climatisation, isolation thermique, protection termites) et le suivi du chantier à distance.

§ 28CUMULS·5 MIN

Cumuls impossibles : matrice exclusive

Quels dispositifs fiscaux pouvez-vous cumuler avec le Jeanbrun ancien ? Et surtout, lesquels sont formellement exclus ? Voici la matrice complète mise à jour au 20 avril 2026.

Tableau comparatif : Dispositif — Cumul avec Jeanbrun ancien ? — Conditions / Observations — Premier cas : Monument Historique (art. 156 bis CGI)
DispositifCumul avec Jeanbrun ancien ?Conditions / Observations
Monument Historique (art. 156 bis CGI)NonRégime MH exclusif (100 % déductibles sans plafond) — logique fiscale antagoniste
Malraux (art. 199 tervicies CGI)NonRéduction d'impôt 22-30 % sur travaux restauration — incompatible avec Jeanbrun sur même bien
Loc'Avantages (art. 199 tricies CGI)Non (sur même bien)Réduction d'impôt 15-65 % sous convention Anah — exclusion réciproque avec Jeanbrun
Pinel résiduel (avant 31/12/2024)Non (chronologique)Pinel éteint au 31/12/2024, Jeanbrun démarre le 21/02/2026 — non-concurrent dans le temps
Denormandie (art. 199 novovicies A CGI)Non (même bien) / Oui (autre bien)Exclu sur même opération, possible sur deux biens distincts
LMNP réel (régime BIC, art. 34 à 39 CGI)NonLocation meublée exclue du Jeanbrun — loyer nu obligatoire
LMPNonIdem LMNP — BIC par nature
Girardin logement social (art. 199 undecies C)Non (même bien)Exclusion formelle sur même opération en Outre-mer
PTZ locatif (Prêt à Taux Zéro)OuiPrêt bancaire — pas d'impact fiscal direct
Action Logement (PSLA, Prêt 1 %)OuiAides au financement — compatible avec Jeanbrun
CEE (Certificats d'Économies d'Énergie)OuiPrime énergie — déductible du montant travaux éligibles
MaPrimeRénov' / MaPrimeRénov' CopropriétésOuiSubvention Anah — déduite de la base amortissable

La logique générale : le Jeanbrun est incompatible avec tous les dispositifs fiscaux alternatifs de défiscalisation immobilière (Malraux, Denormandie, MH, Loc'Avantages, Girardin, LMNP, LMP) sur le même bien, mais compatible avec les aides à la rénovation énergétique et les outils de financement (PTZ, Action Logement).

§ 29CONTRÔLE·6 MIN

Comment se prépare un contrôle fiscal Jeanbrun ?

Le contrôle fiscal est rare, mais ses conséquences peuvent être lourdes. Voici les 9 points contrôlés par la DGFiP en cas d'examen d'un dossier Jeanbrun, et la check-list documentaire qui vous protège. C'est cette check-list que Hagnéré Patrimoine fait passer aux clients Jeanbrun ancien avant chaque dépôt de déclaration annuelle.

29.1 Les 9 points de vérification DGFiP

Tableau comparatif : # — Point vérifié — Pièce opposable — Premier cas : 1
#Point vérifiéPièce opposable
1Seuil 30 % travaux / prix d'acquisitionActe authentique + totalité des factures RGE
2DPE post-travaux A ou BRapport DPE signé par certificateur
3Artisans titulaires du label RGE à la date de la factureAttestations RGE + extraction annuaire france-renov
4Plafonds de loyer respectésBail + avenant + justificatifs de loyer (quittances)
5Plafonds de ressources locataire (revenu N-2)Avis d'imposition N-2 du locataire à l'entrée
6Durée du bail conforme (location nue, RP)Bail type loi 89-462 + état des lieux
7Mise en location dans les 12 mois post-travauxDate bail ≤ date réception travaux + 12 mois
8Respect engagement 9 ans (pas de vacance > 12 mois)Successivité des baux ou preuves de recherche
9Exhaustivité des amortissements déclarés (2044)Tableau d'amortissement + relevé 2044

29.2 Check-list 15 documents à conserver 10 ans

À constituer dès l'année 1 et à conserver pendant toute la durée d'engagement + 3 ans (délai de reprise de droit commun). En pratique, visez 10 ans de conservation minimum, voire 12 ans pour couvrir les délais d'archivage DGFiP :

  1. Acte authentique de vente (copie intégrale notariée)
  2. DPE avant travaux (complet, signé)
  3. DPE post-travaux (mention classe A ou B)
  4. Audit énergétique (bureau d'études thermiques)
  5. Mandat MAR + attestation mission
  6. Devis détaillés RGE (un par artisan)
  7. Factures TTC RGE (horodatées, avec n° TVA)
  8. Attestations RGE (copies + extractions annuaire)
  9. PV de réception des travaux
  10. PV d'AG et factures syndic (si parties communes)
  11. Attestations MaPrimeRénov' + CEE (montants + dates)
  12. Bail loi 89-462 signé + état des lieux
  13. Avis imposition N-2 du locataire
  14. Déclarations 2044 annuelles avec tableau d'amortissement
  15. Justificatifs de recherche locataire (annonces, mandats)

29.3 Le rescrit préventif L80 B LPF : votre bouclier

Pour tout projet présentant une zone grise (seuil 30 % limite, DPE cible incertain, changement de destination, SCI familiale complexe), la meilleure protection reste le rescrit fiscal L80 B du Livre des procédures fiscales. Vous interrogez l'administration sur votre situation précise, obtenez une réponse écrite opposable, et sécurisez le dispositif avant toute déduction. L'administration s'engage à se prononcer dans un délai de 3 mois, mais attention : dans le cadre du rescrit général de l'art. L. 80 B 1° du LPF, seule une réponse expresse engage l'administration — le silence ne vaut pas accord tacite (BOI-SJ-RES-10-20-10 § 350). L'accord implicite au terme de trois mois est réservé aux rescrits spécifiques énumérés aux 2° et suivants de l'art. L. 80 B (entreprise nouvelle, JEI, CIR, établissement stable…), dont le rescrit Jeanbrun ne relève pas. Engagez donc vos travaux sur une réponse écrite, jamais sur un silence.

29.4 Délais de reprise et sanctions

Tableau comparatif : Situation — Délai de reprise DGFiP — Sanction applicable — Premier cas : Bonne foi (déclaration erronée)
SituationDélai de reprise DGFiPSanction applicable
Bonne foi (déclaration erronée)3 ans (art. L169 LPF)Intérêts 0,2 %/mois (art. 1727)
Manquement délibéré3 ansIntérêts + majoration 40 % (art. 1729 a)
Manœuvres frauduleuses3 ansIntérêts + majoration 80 % (art. 1729 c)
Activité occulte10 ans (art. L169 al. 3 LPF)Intérêts + majoration 80 %
Absence de déclaration 204410 ans si occulte, 3 ans sinonSelon le cas

Concrètement : votre stratégie en cas de contrôle

En cas de courrier de contrôle, ne répondez jamais seul. Contactez immédiatement votre CGP et/ou un avocat fiscaliste. Fournissez l'intégralité du dossier documentaire constitué dès l'année 1. Dans 9 cas sur 10, un dossier bien constitué (15 documents check-list) suffit à clore la procédure sans redressement. Les redressements Jeanbrun observés en pratique portent presque exclusivement sur des dossiers incomplets ou des factures d'artisans non-RGE.

§ 30ÉVOLUTIONS·4 MIN

Ajustements envisagés par le gouvernement

Face aux critiques des professionnels et au taux d'adhésion très faible des investisseurs (83 % de sceptiques selon PAP.fr), le gouvernement a ouvert des pistes d'assouplissement. Rien n'est encore officialisé, mais voici les mesures en discussion.

Tableau comparatif : Mesure envisagée — Situation actuelle — Impact si adoptée — Premier cas : Réduction du seuil de travaux à 20 %
Mesure envisagéeSituation actuelleImpact si adoptée
Réduction du seuil de travaux à 20 %30 % actuellementFort — élargirait considérablement le vivier de biens éligibles
Acceptation du DPE C (avec gain de 2 classes)A ou B exigéFort — rendrait la copropriété beaucoup plus accessible
Extension aux maisons individuellesCollectif uniquementMajeur — ouvrirait le dispositif au parc le plus énergivore
Prolongation au-delà de 2028Fin au 31/12/2028Modéré — donnerait de la visibilité aux investisseurs

Nous mettrons ce guide à jour dès qu'un décret ou une loi de finances rectificative viendra modifier les conditions actuelles. En attendant, les investisseurs doivent se baser sur le texte en vigueur.

Comment suivre les évolutions ?

Abonnez-vous à notre newsletter ou consultez régulièrement notre guide Jeanbrun complet pour être informé des ajustements dès leur publication officielle. Vous pouvez également contacter nos conseillers pour une analyse en temps réel de l'état du dispositif.

§ 31SOURCES·3 MIN

Sources et références

  • Article 47, loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (loi de finances pour 2026)
  • Article 31-I-1° j du Code général des impôts (CGI) — Legifrance
  • Article 150 VB III CGI — régime des plus-values immobilières
  • Article 156-I-3° CGI — déficit foncier
  • Arrêté du 6 janvier 2026 (JO du 31 janvier 2026) — plafonds de loyer et de ressources
  • BOFiP-Impôts — revenus fonciers, amortissements déductibles
  • MaPrimeRénov' — conditions bailleurs (france-renov.gouv.fr)
  • Rapport Cosson-Daubresse sur le statut du bailleur privé (2025)
  • INSEE — barèmes et plafonds de ressources 2026

Mise à jour : 25 juin 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI), BOFiP, Legifrance, impots.gouv.fr, INSEE, france-renov.gouv.fr. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 25 juin 2026.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation.

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Sources et références légales

  • Code général des impôts — Jeanbrun ancien et amortissement foncier

    Art. 31-I-1° j CGI (amortissement Jeanbrun ancien rénové, créé par art. 47 LF 2026, taux 3/3,5/4 %, base prix × 80 % + travaux 100 %, plafond 300 000 €). Art. 31-I-1° i CGI (amortissement Jeanbrun neuf, dispositif jumeau). Art. 31-I-1° b CGI (déduction des travaux nets d’aides MaPrimeRénov’ et CEE). Art. 156-I-3° CGI (déficit foncier classique 10 700 €/an et renforcé 21 400 €/an pour rénovation énergétique DPE E/F/G → A/B/C/D, plafond renforcé prorogé jusqu’au 31/12/2027 par art. 47 LF 2026). Art. 200-0 A CGI (plafond niches fiscales 10 000 €/an : NON applicable au Jeanbrun car déduction d’assiette). Art. 32 CGI (régime micro-foncier seuil 15 000 €, option réel irrévocable 3 ans, INCOMPATIBLE avec Jeanbrun). Art. 199 novovicies CGI (Pinel et Denormandie pour comparaison). Art. 199 tervicies CGI (Malraux pour comparaison). Art. 150 VB III CGI (réintégration amortissements LMNP créée par LF 2025 art. 84 — transposition Jeanbrun incertaine, doctrine BOFiP non publiée). Art. 150 U II-1 CGI (exonération PV résidence principale). Art. 150 VC CGI (abattements durée détention PV : exonération IR 22 ans, PS 30 ans). Art. 1727 + 1729 CGI (intérêts retard 0,20 %/mois et majoration 10/40/80 %). BOFiP BOI-RFPI-BASE-20-30 (charges déductibles revenus fonciers), BOI-RFPI-BASE-20-30-30 (MaPrimeRénov’ déduction nette).

  • Code monétaire et financier et autres codes

    Art. L. 80 B LPF (rescrit fiscal opposable - recommandé en zone grise 30-33 % du seuil travaux). Art. L. 632-1 et L. 632-2 du Code du patrimoine (avis Architecte des Bâtiments de France pour SPR — applicable en cas d’opération en secteur protégé). Art. L. 224-1 et L. 224-4 CMF (PER pour comparaison stratégique). CSS L. 341-4 (invalidité 2e/3e catégorie ouvrant déblocage anticipé sans reprise). Art. 160 loi 2021-1104 du 22/08/2021 Climat et Résilience, modifiant l’art. 6 de la loi 89-462 du 06/07/1989 (interdiction location G au 01/01/2025, F au 01/01/2028, E au 01/01/2034). Décret 2022-780 du 04/05/2022 (audit énergétique obligatoire avant vente passoires F/G depuis 01/04/2023, E depuis 01/01/2025). Décret 2023-297 du 21/04/2023 (conditions d’éligibilité au déficit foncier renforcé 21 400 € : passage DPE E/F/G → A/B/C/D avec travaux RGE).

  • Lois récentes 2022-2026

    Loi 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026) art. 47 — création du dispositif Jeanbrun ancien + travaux (art. 31-I-1° j CGI), prorogation du déficit foncier renforcé 21 400 €/an jusqu’au 31/12/2027, fenêtre d’éligibilité 21/02/2026 - 31/12/2028. LFR 2022 loi 2022-1499 art. 12 — création du plafond renforcé 21 400 € pour le déficit foncier énergétique (initialement jusqu’au 31/12/2025). Loi 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025) art. 84 — réintégration des amortissements LMNP au calcul de la plus-value (art. 150 VB III CGI, applicable cessions ≥ 15/02/2025, vise expressément l’art. 39 C CGI LMNP — transposition Jeanbrun incertaine en l’absence de doctrine BOFiP). Loi 2021-1104 du 22/08/2021 Climat et Résilience art. 160, modifiant l’art. 6 de la loi 89-462 du 06/07/1989 — calendrier d’interdiction de location des passoires G (01/01/2025), F (01/01/2028) et E (01/01/2034). Arrêté du 6 janvier 2026 (JO 31/01/2026) — plafonds de loyer et de ressources Jeanbrun par zone.

  • LFSS 2026 — PS 17,2 % maintenu sur foncier

    LFSS 2026 — loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (art. 12) : la hausse de 1,4 point de la CSG portant le total des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %) cible les revenus de capitaux mobiliers (RCM : dividendes, intérêts), les plus-values mobilières en compte-titres, les gains de PEA et de PER, ainsi que les revenus de la location meublée (LMNP et LMP). Les revenus fonciers, les plus-values immobilières, les contrats d’assurance-vie et de capitalisation conservent le taux historique de 17,2 % (CSG 9,2 %). Pour un investisseur Jeanbrun, les amortissements et le déficit foncier réduisent l’assiette imposable au double titre IR + PS 17,2 %, ce qui amplifie l’économie réelle (≈ 58 % d’économie globale pour un TMI 41 % par exemple).

  • Documentation fiscale et opérationnelle

    Formulaire 2044-SPE (déclaration revenus fonciers régime réel + dispositifs amortissement Jeanbrun, Robien, Borloo). Anah — MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné 2026 et Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR) obligatoire pour les rénovations d’ampleur compatibles Jeanbrun (anah.gouv.fr/proprietaires/proprietaire-bailleur). France Rénov’ — MaPrimeRénov’ bailleur, conditions et plafonds (france-renov.gouv.fr/aides/mpr). Service public — vérification de la validité du certificat RGE de l’entreprise à la date de facturation (france-renov.gouv.fr). INSEE — barèmes et plafonds de ressources 2026. Rapport Cosson-Daubresse sur le statut du bailleur privé (2025) — recommandations à l’origine du dispositif Jeanbrun.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, Carte T 7301 2024 000 000 014, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d’investissement au sens de l’article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute opération d’acquisition + travaux Jeanbrun ancien doit faire l’objet d’une étude individualisée préalable (analyse patrimoniale globale, vérification de la faisabilité technique du DPE A/B, audit énergétique, plan de financement avec MaPrimeRénov’ et CEE, calibrage seuil 30 %, choix régime SCI vs détention directe, articulation avec la stratégie de transmission). Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer en fonction des prochaines lois de finances et de financement de la sécurité sociale.

Foire aux questions

Tout sur le Jeanbrun ancien + travaux en 2026 et l’optimisation de l’amortissement art. 31-I-1° j CGI.

Cadre légal, plafonds loyers/ressources, cumuls fiscaux, comparatifs et cas chiffrés. Les questions qu’on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • Le dispositif Jeanbrun « ancien rénové » est codifié à l'article 31-I-1° j du Code général des impôts, créé par l'article 47 de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Il complète le « i » qui vise le neuf : le « j » s'applique spécifiquement aux logements anciens faisant l'objet d'une rénovation lourde dans un bâtiment d'habitation collectif. La période d'éligibilité couvre les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 (lendemain de la publication de la loi au JO) et le 31 décembre 2028. Pour l'ancien, la date d'acquisition retenue est celle de l'acte authentique de vente. Le mécanisme reste celui du « i » : amortissement de 3 % (intermédiaire), 3,5 % (social) ou 4 % (très social) par an, déductible des revenus fonciers, sur engagement de location nue pendant 9 ans à titre de résidence principale du locataire.