Panorama des 7 dispositifs 2026
Un dispositif de défiscalisation, c'est un deal proposé par l'État : vous investissez dans un secteur jugé prioritaire — Outre-mer, patrimoine historique, épargne retraite, logement locatif — et en contrepartie vous payez moins d'impôt. Chaque dispositif a ses règles propres. Certains taillent directement dans votre impôt, d'autres rabotent votre revenu imposable avant calcul.
En 2026, le paysage de la défiscalisation s'est simplifié : Pinel est mort (fin 2024), le FCPI classique a été supprimé par la LF 2026 (voir notre guide FIP/FCPI 2026), et un nouveau venu — le dispositif Jeanbrun (art. 47 LF 2026) — a émergé sur le locatif ordinaire. Voici les 7 dispositifs qui demeurent actifs et pertinents.
| Dispositif | Base légale | Type | Taux / avantage | Plafond niches | Durée |
|---|---|---|---|---|---|
| Girardin industriel | Art. 199 undecies B CGI | Réduction IR | Réduction ~110–135 % de l'apport (gain de l'ordre de 10–35 % de l'apport, non garanti) | 18 000 € dérogatoire | One-shot |
| Girardin social | Art. 199 undecies C CGI | Réduction IR | Fraction de 30 % retenue dans le plafond (rétrocession 70 %) ; gain variable, non garanti | 18 000 € dérogatoire | One-shot |
| PER | Art. 163 quatervicies CGI | Déduction revenu | 10 % revenus pro (max 37 680 €) | Hors plafond | Jusqu'à retraite |
| Malraux | Art. 199 tervicies CGI | Réduction IR | 22 % ou 30 % (max 400k€ travaux / 4 ans) | Hors plafond | Durée travaux |
| Déficit foncier | Art. 156-I-3° CGI | Déduction revenu | 10 700 € (21 400 € travaux énerg.) | Hors plafond | 10 ans report foncier |
| Jeanbrun | Art. 31-I-1°i/j CGI | Déduction revenu | Amortissement 3–5,5 % (base 80 %) | Hors plafond | 9 ans engagement |
| SOFICA | Art. 199 unvicies CGI | Réduction IR | 30–48 % (max 18 000 € dérogatoire) | 18 000 € dérogatoire | 5 ans blocage |
FCPI classique : supprimé par la LF 2026 — sauf FCPI JEI
Le FCPI classique (Fonds commun de placement dans l'innovation, art. 199 terdecies-0 A CGI, 25 % de réduction, plafond 10 000 €) n'existe plus dans sa forme générale depuis la LF 2026 (sections VI et VII supprimées). Exception : les FCPI finançant des JEI (Jeunes Entreprises Innovantes) survivent avec un taux de 30 % (plafond 75 000 € par personne, soit max 22 500 € de réduction). Si un conseiller vous propose un FCPI en 2026, vérifiez qu'il cible bien des JEI — les FCPI classiques généralistes ne sont plus éligibles.
SOFICA 2026 : régime non prorogé pour 2027 à ce jour
La SOFICA (Société pour le financement de l'industrie cinématographique et audiovisuelle) offre une réduction de 30 à 48 %. Le taux de 48 % s'applique si la SOFICA s'engage à orienter au moins 10 % de ses investissements vers des sociétés de production sous accord de coproduction avec un État étranger. Le régime arrive à échéance et aucune prorogation n'a été votée pour 2027 au jour de rédaction. Tant qu'aucune loi de finances ne le reconduit, 2026 reste la dernière année d'éligibilité connue.
Plafond global des niches fiscales (art. 200-0 A CGI)
L'État ne laisse personne réduire son impôt à l'infini via les réductions. Un plafond annuel coupe la mécanique au-delà d'un certain seuil. L'image parlante : un bon de réduction au supermarché plafonné à 18 €, peu importe le montant du caddie. Les déductions (PER, déficit foncier), elles, passent à travers ce plafond — elles ne sont tout simplement pas concernées.
L'art. 200-0 A CGI limite l'avantage fiscal total des réductions d'impôt (pas des déductions). Il existe deux plafonds, et une règle de non-cumul entre eux :
| Plafond | Montant | Dispositifs concernés | Remarque |
|---|---|---|---|
| Plafond général | 10 000 €/an | FCPI énergie, FIP, IR-PME, emploi domicile, frais de garde | Le plus restrictif |
| Plafond dérogatoire | 18 000 €/an | Girardin industriel, Girardin social, SOFICA | Inclut les avantages du plafond général, retenus dans la limite de 10 000 € (pas de plafond de 28 000 €) |
| Hors plafond | Illimité | PER, déficit foncier, Malraux, Monuments historiques, Jeanbrun, dons | Aucune limitation annuelle |
Règle fondamentale : les plafonds général (10 000 €) et dérogatoire (18 000 €) ne se cumulent pas. Si vous investissez à la fois dans du Girardin et du FCPI, le plafond dérogatoire de 18 000 € englobe l'ensemble. Vous ne pouvez pas retenir 18 000 € de Girardin (après application de la fraction de 44 % ou 34 %) plus 10 000 € de FCPI : le total est limité à 18 000 €.
Calcul du plafond Girardin avec FCPI (même année)
Plafond global = 18 000 €, dont 10 000 € au plus pour le FCPI
Si la part Girardin retenue (réduction × 44 % ou 34 %) = 18 000 € → plafond épuisé → FCPI = 0 € de réduction supplémentaire
Si la part Girardin retenue = 12 000 € → 6 000 € restants pour le FCPI (dans la limite de 10 000 €)
Les dispositifs hors plafond : un avantage structurel
Le PER, le déficit foncier, Malraux, les Monuments historiques et le Jeanbrun permettent de réduire la pression fiscale sans limitation annuelle — ils ne consomment pas le plafond des niches. Ils sont donc cumulables entre eux et avec le Girardin (un Girardin qui consomme les 18 000 € de plafond + autant de PER ou Malraux que vous souhaitez).
Réduction d'impôt vs déduction fiscale : la distinction fondamentale
Prenez l'analogie du restaurant. Votre impôt, c'est l'addition. Une réduction d'impôt, c'est un bon de 18 € remis à la caisse : quel que soit le total, vous enlevez 18 € pile. Une déduction fiscale, c'est différent — vous retirez un plat avant que le serveur ne calcule l'addition. Comme chaque plat est taxé selon votre tranche d'imposition (TMI : taux marginal), plus vous êtes haut dans le barème, plus le plat retiré pèse lourd. À TMI 11 %, retirer 100 € vous fait gagner 11 €. À TMI 45 %, les mêmes 100 € valent 45 €.
C'est la distinction la plus importante à comprendre avant tout comparatif :
| Critère | Réduction d'impôt | Déduction fiscale |
|---|---|---|
| Dispositifs | Girardin, Malraux, SOFICA, FCPI | PER, déficit foncier, Jeanbrun |
| Où s'applique-t-elle ? | Sur l'IR calculé (en bas) | Sur le revenu imposable (en haut) |
| Dépend du TMI ? | Non — même gain pour TMI 11 % ou 45 % | Oui — économie = montant × TMI |
| Exemple 10 000 € | → 10 000 € d'IR en moins (quel que soit le TMI) | → 1 100 € (TMI 11 %) à 4 500 € (TMI 45 %) |
| Reportable si IR insuffisant ? | Selon le dispositif (Girardin : report sur 5 ans) | Oui (report 10 ans pour déficit foncier) |
| Plafond niches | Oui (10 000 € ou 18 000 €) | Non (hors plafond) |
L'avantage unique du Girardin : TMI-indépendance
Le Girardin industriel est une réduction d'impôt. Cela signifie qu'un contribuable à TMI 30 % bénéficie du même gain en pourcentage qu'un contribuable à TMI 45 %. C'est un avantage structurel pour les TMI moyens (30 %) qui ne peuvent pas exploiter pleinement l'effet de levier des déductions. Réserve : au-delà de 250 000 € de revenu de référence (500 000 € pour un couple), un Girardin souscrit à compter du 1er janvier 2026 peut être repris par la CDHR, mais seulement pour la part qui ferait passer votre impôt sous 20 % de ce revenu ; au barème, ce cas reste rare (voir section 5).
Matrice TMI × dispositif : quel est le meilleur pour votre tranche ?
Le TMI (taux marginal d'imposition) est le taux appliqué au dernier euro de votre revenu imposable — en France, il varie de 11 % à 45 %. Plus votre TMI est élevé, plus les déductions fiscales sont puissantes (chaque euro déduit vous économise plus d'impôt). Les réductions comme le Girardin, elles, donnent le même avantage quel que soit votre TMI. Le tableau suivant met en évidence à quel point ce choix change tout selon votre situation.
Cette matrice compare le gain net pour 10 000 € investis ou déduits selon le TMI pour chaque dispositif. Pour le Girardin, le gain est calculé sur la base d'un taux d'apport de 85 % (hypothèse retenue pour l'exemple, non garantie).
| Dispositif | TMI 11 % | TMI 30 % | TMI 41 % | TMI 45 % | Revenu de référence > 250 k€ (CDHR) |
|---|---|---|---|---|---|
| Girardin (10k€ apport) | ~1 750 € | ~1 750 € | ~1 750 € | ~1 750 € | ~1 750 € tant que l'impôt, réductions déduites, reste au-dessus de 20 % du revenu de référence (cas courant au barème) |
| PER (10k€ déduction) | 1 100 € | 3 000 € | 4 100 € | 4 500 € | 4 500 € (sauf impôt sous le plancher de 20 %) |
| Déficit foncier (10k€ travaux) | 1 100 € | 3 000 € | 4 100 € | 4 500 € | 4 500 € (sauf impôt sous le plancher de 20 %) |
| Malraux 30 % (10k€ travaux) | 3 000 € | 3 000 € | 3 000 € | 3 000 € | 3 000 € ; à compter de 2026, réduit seulement si l'impôt tombe sous 20 % du revenu de référence |
| Jeanbrun 4,5 % / an (10k€ base) | ~50 € / an | ~135 € / an | ~185 € / an | ~200 € / an | ~200 € / an (sauf impôt sous le plancher de 20 %) |
| SOFICA 48 % (10k€ investi) | 4 800 € | 4 800 € | 4 800 € | 4 800 € | 4 800 € tant que l'impôt reste au-dessus de 20 % du revenu de référence |
Notes : Le Jeanbrun génère une économie annuelle (amortissement étalé sur 9 ans), pas un gain immédiat. La SOFICA est incluse dans le plafond dérogatoire 18 000 € avec le Girardin. Gains calculés sans plafonnement des niches.
Lecture de la matrice : 3 règles pratiques
- TMI 11–30 % : le Girardin domine pour un gain immédiat one-shot. Les déductions (PER, déficit foncier) rapportent trop peu à ces tranches — chaque euro déduit ne rend que 11 à 30 centimes.
- TMI 41–45 % sans CDHR : PER, déficit foncier et Malraux deviennent comparables ou supérieurs au Girardin à budget travaux équivalent. Le PER redevient roi grâce à l'effet TMI.
- TMI 45 % et revenu de référence au-delà de 250 000 € : la CDHR ne change en général rien au barème : le Girardin garde sa réduction tant que votre impôt, réductions déduites, reste au-dessus de 20 % de ce revenu. Ce qui le freine reste le plafond de 18 000 €, alors que PER, déficit foncier et Monuments historiques sont hors plafond et profitent du taux marginal.
La CDHR : un plancher de 20 %, rarement atteint au barème
L'idée tient en une phrase : au-delà de 250 000 € de revenu de référence (500 000 € pour un couple), votre impôt sur le revenu, réductions déduites, augmenté de la CEHR, ne doit pas descendre sous 20 % de ce revenu. S'il descend plus bas, la CDHR comble la différence. Toutes les réductions ne sont pas traitées de la même façon : certaines sont réintégrées, c'est-à-dire comptées comme de l'impôt payé, et ne peuvent donc jamais être reprises. C'est le cas du Girardin industriel des particuliers pour les investissements réalisés jusqu'au 31 décembre 2025. Souscrit à compter du 1er janvier 2026, il n'est plus réintégré : il n'est repris que s'il fait passer votre impôt sous le plancher. Si votre revenu fiscal de référence (RFR : total de vos revenus retenu par l'administration) dépasse 250 000 €, le calcul vaut d'être fait avant de souscrire.
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) a été créée par la loi de finances pour 2025 (art. 224 du CGI) et s'applique jusqu'à l'imposition des revenus de l'année où la loi d'approbation des comptes constate un déficit du budget général inférieur à 3 % du PIB. Elle instaure un taux minimum d'imposition de 20 % sur le revenu de référence pour les contribuables dépassant certains seuils. Le point qui compte pour le Girardin : l'art. 224, IV, A, 2° du CGI réintègre toujours le Girardin des entreprises (art. 199 undecies B, hors les dix derniers alinéas du I), et la loi n° 2025-127 (art. 10, II, 3°) réintègre le Girardin industriel des particuliers (les dix derniers alinéas du I) pour les investissements réalisés jusqu'au 31 décembre 2025. À compter de 2026, ce Girardin des particuliers n'est plus réintégré. La CDHR est commentée au BOFiP depuis le 30 juin 2026 (BOI-IR-CDHR-10, -20 et -30).
| Revenu de référence | Célibataire, veuf, divorcé | Couple marié ou pacsé | CDHR applicable |
|---|---|---|---|
| En dessous du seuil | ≤ 250 000 € | ≤ 500 000 € | Non — Girardin sans impact CDHR |
| Zone de décote | 250 000–330 000 € | 500 000–660 000 € | Oui, plancher limité à 82,5 % de la fraction au-delà de 250 000 € (500 000 €) |
| Au-delà | > 330 000 € | > 660 000 € | Oui, plancher plein de 20 % ; un Girardin de 2026 n'est repris que si l'impôt tombe dessous |
5.1 Quand un Girardin peut-il être repris par la CDHR ?
Le mécanisme en cas concret. Célibataire, revenu de référence de 350 000 € : impôt au barème d'environ 134 024 €, CEHR de 3 000 €, plancher de la CDHR de 70 000 €. Une réduction Girardin de 18 000 € (montant d'exemple) ramène le total à environ 119 024 €, toujours très au-dessus du plancher : la CDHR est nulle et la réduction est conservée en totalité.
La CDHR se calcule ainsi : 20 % du revenu de référence, moins l'impôt sur le revenu après réductions, la CEHR, les prélèvements libératoires, 1 500 € par personne à charge et 12 500 € pour un couple, si le résultat est positif. Une réduction n'est donc reprise que pour la part qui fait passer ce total sous le plancher ; elle ne fait jamais payer plus que sans elle. Et une réduction réintégrée (Girardin des particuliers investi jusqu'au 31/12/2025, Girardin des entreprises) n'est jamais reprise.
Exemple — Impact CDHR sur le Girardin
Contribuable célibataire, revenu de référence = 350 000 €, IR au barème avant Girardin ≈ 134 024 €, CEHR = 3 000 €
Plancher CDHR = 20 % × 350 000 € = 70 000 €
Avec Girardin 18 000 € → IR après réduction ≈ 116 024 € ; IR + CEHR ≈ 119 024 € > 70 000 € → CDHR nulle
→ Réduction Girardin conservée en totalité (18 000 €).
Pour déclencher la CDHR à ce niveau de revenu, il faudrait environ 67 000 € de réductions non réintégrées dans l'année
→ Hors de portée d'un Girardin limité par le plafond de 18 000 € ; et un Girardin investi jusqu'au 31/12/2025 n'est de toute façon jamais repris.
5.2 Comment chaque dispositif est-il traité par la CDHR ?
La règle clé. La CDHR ne vise aucun dispositif en particulier : elle compare votre impôt, réductions déduites, à 20 % de votre revenu de référence. Certaines réductions d'impôt sont réintégrées, donc comptées comme de l'impôt payé et jamais reprises : le Girardin des entreprises toujours et, pour les investissements, souscriptions ou dépenses réalisés jusqu'au 31 décembre 2025, le Girardin des particuliers, les FCPI et l'IR-PME, le Malraux. Les mêmes réductions à compter de 2026, et la SOFICA, ne sont pas réintégrées : elles ne sont reprises que si elles font passer l'impôt sous le plancher. Les déductions (déficit foncier, Jeanbrun, Monuments historiques) baissent le revenu imposable et le revenu de référence. Un versement PER déduit du revenu global baisse l'impôt mais reste compris dans le revenu de référence (art. 1417, IV, 1°, a du CGI) ; seul un indépendant qui le déduit de son bénéfice professionnel (art. 154 bis) baisse son RFR.
| Dispositif | Traitement dans la CDHR | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Girardin industriel des particuliers | Réintégré pour les investissements réalisés jusqu'au 31/12/2025 (loi n° 2025-127, art. 10, II, 3°) ; non réintégré à compter de 2026 | Jamais repris pour un investissement 2025 ; à compter de 2026, repris seulement si l'impôt tombe sous 20 % du revenu de référence |
| SOFICA | Non réintégrée | Reprise seulement si l'impôt tombe sous le plancher |
| IR-PME / FCPI JEI | Réintégrés pour les souscriptions jusqu'au 31/12/2025 ; non réintégrés à compter de 2026 | À compter de 2026, repris seulement si l'impôt tombe sous le plancher |
| Malraux (art. 199 tervicies) | Réintégré pour les dépenses payées et souscriptions jusqu'au 31/12/2025 ; non réintégré à compter de 2026 | Hors plafond 200-0 A : un Malraux important de 2026 peut faire passer l'impôt sous le plancher |
| Monuments historiques (art. 156 bis) | Déduction de charges (pas une réduction) | Baisse le revenu imposable et le revenu de référence ; hors plafond des niches |
| PER | Déduction (pas une réduction) | Baisse l'impôt ; déduit du revenu global, le versement reste dans le RFR (art. 1417, IV, 1°, a) ; déduit du bénéfice d'un indépendant (art. 154 bis), il le baisse |
| Déficit foncier | Déduction (pas une réduction) | Baisse le revenu imposable et le revenu de référence |
| Jeanbrun | Déduction (pas une réduction) | Baisse le revenu imposable et le revenu de référence |
Malraux : hors plafond des niches ne veut pas dire hors CDHR
Confusion fréquente : Malraux est hors plafond des niches (art. 200-0 A), ce qui est souvent interprété — à tort — comme étant aussi « hors CDHR ». Ce sont deux mécanismes distincts :
- Hors plafond 200-0 A : la réduction Malraux ne consomme pas le plafond de 10 000 € ou 18 000 € — elle est illimitée annuellement (max 400 000 € de travaux sur 4 ans).
- Dans la CDHR : Malraux est une réduction d'IR (art. 199 tervicies). Pour les dépenses payées et les souscriptions réalisées jusqu'au 31 décembre 2025, elle est réintégrée (loi n° 2025-127, art. 10, II, 5°) : comptée comme de l'impôt payé, elle n'est jamais reprise. À compter de 2026, elle ne l'est plus : si un Malraux important fait passer votre impôt sous 20 % de votre revenu de référence, la CDHR reprend la différence.
- Les Monuments historiques (art. 156 bis) : eux, sont une déduction du revenu imposable : ils baissent l'impôt et, du même coup, le revenu de référence sur lequel se calcule le plancher.
En pratique : pour la grande majorité des investisseurs Malraux (TMI 41–45 %, IR naturellement élevé), la CDHR ne s'active pas car le taux effectif reste au-dessus de 20 %. Mais pour un contribuable avec des revenus taxés à taux réduit (dividendes ou plus-values au prélèvement forfaitaire) et un IR bas, la CDHR peut reprendre une partie d'une réduction Malraux de 2026 — une simulation s'impose.
5.3 Combien de réductions faudrait-il pour déclencher la CDHR ?
La règle de calcul : la CDHR n'est due que si votre impôt sur le revenu, réductions déduites, augmenté de la CEHR, est inférieur à 20 % de votre revenu de référence. Pour un revenu imposé au barème (TMI 41–45 %), l'impôt dépasse largement ce seuil : il faudrait des dizaines de milliers d'euros de réductions non réintégrées dans l'année pour l'atteindre. Le tableau suivant donne les chiffres pour différents niveaux de revenu (barème 2026, revenu imposable égal au revenu de référence, sans enfant à charge ni revenus exceptionnels).
Formule : CDHR = max(0 ; 20 % × revenu de référence − (IR après réductions + CEHR + prélèvements libératoires + 1 500 € par personne à charge + 12 500 € pour un couple)).
| Revenu de référence | IR au barème (taux moyen) | CEHR | Plancher CDHR | Réductions non réintégrées qu'il faudrait pour déclencher la CDHR |
|---|---|---|---|---|
| Célibataire 260 000 € | 93 524 € (36,0 %) | 300 € | 8 250 € (décote) | ≈ 85 600 € |
| Célibataire 300 000 € | 111 524 € (37,2 %) | 1 500 € | 41 250 € (décote) | ≈ 71 800 € |
| Célibataire 350 000 € | 134 024 € (38,3 %) | 3 000 € | 70 000 € | ≈ 67 000 € |
| Célibataire 400 000 € | 156 524 € (39,1 %) | 4 500 € | 80 000 € | ≈ 81 000 € |
| Célibataire 500 000 € | 201 524 € (40,3 %) | 7 500 € | 100 000 € | ≈ 109 000 € |
| Célibataire 600 000 € | 246 524 € (41,1 %) | 11 500 € | 120 000 € | ≈ 138 000 € |
| Couple 600 000 € | 223 048 € (37,2 %) | 3 000 € | 82 500 € (décote) | ≈ 156 000 € (12 500 € inclus) |
| Couple 800 000 € | 313 048 € (39,1 %) | 9 000 € | 160 000 € | ≈ 174 500 € |
| Couple 1 000 000 € | 403 048 € (40,3 %) | 15 000 € | 200 000 € | ≈ 230 500 € |
Lecture : avec le plafond de 18 000 €, une réduction Girardin seule ne dépasse pas environ 41 000 à 53 000 € selon la fraction retenue (44 % ou 34 %) : elle ne suffit à déclencher la CDHR à aucun de ces niveaux de revenu imposé au barème.
Quand la CDHR peut-elle réellement reprendre un Girardin ?
En pratique, la CDHR ne peut reprendre un Girardin souscrit à compter de 2026 que dans deux configurations bien précises. Premier cas : un revenu de référence composé en grande partie de revenus taxés à taux réduit (dividendes ou plus-values au prélèvement forfaitaire de 12,8 %, revenus exonérés réintégrés) avec un IR relativement faible par rapport à ce revenu — le taux effectif flirte avec les 20 %. Deuxième cas : un contribuable qui a réalisé la même année un Malraux massif (hors plafond) et dont l'impôt approche déjà le plancher. Un Girardin investi jusqu'au 31/12/2025 n'est, lui, jamais repris. Pour un salarié TMI 41–45 % avec un revenu majoritairement salarial, l'impôt dépasse presque mécaniquement les 20 % du revenu de référence : la CDHR reste inerte.
À retenir : au-delà de 250 000 € de revenu de référence, le vrai frein du Girardin reste le plafond
Si votre revenu de référence dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), la CDHR ne reprend un Girardin souscrit à compter de 2026 que si votre impôt, réductions déduites, tombe sous 20 % de ce revenu, ce qui reste rare au barème ; un Girardin réalisé jusqu'au 31/12/2025 n'est jamais repris. À ces niveaux, ce qui avantage les déductions fiscales (PER, déficit foncier, Jeanbrun), c'est le taux marginal de 41 ou 45 % et l'absence de plafond des niches, pas la CDHR. Une simulation précise reste utile si vos revenus sont surtout des dividendes ou des plus-values au prélèvement forfaitaire.
Girardin et CDHR : le mécanisme expliqué en 20 minutes
Au-delà des seuils de la CDHR, un Girardin souscrit à compter de 2026 n'est repris que si votre impôt tombe sous 20 % de votre revenu de référence ; un Girardin réalisé jusqu'au 31/12/2025 ne l'est jamais. Nous vous présentons ce mécanisme ; pour une étude de votre situation sur le Girardin, nous transmettons votre demande, avec votre accord, à FORSIS SAS (Béziers), conseiller en investissements financiers (ORIAS 14003700).
Interaction avec l'IFI
L'IFI (impôt sur la fortune immobilière) frappe chaque année les contribuables dont le patrimoine immobilier net dépasse 1 300 000 €. Or défiscaliser via Malraux, déficit foncier ou Jeanbrun revient à acheter un immeuble — donc à grossir mécaniquement votre assiette IFI. Vous payez moins d'IR mais plus d'IFI : le gain net peut fondre. Le Girardin évite ce piège pour une raison simple. Vous n'achetez pas d'immeuble — vous prenez une quote-part de SNC qui détient du matériel industriel outre-mer.
Pour les contribuables assujettis à l'IFI (patrimoine immobilier net > 1 300 000 €), la nature des actifs financés par chaque dispositif a une incidence directe sur l'assiette IFI.
| Dispositif | Actif créé | Imposable à l'IFI ? | Remarque |
|---|---|---|---|
| Girardin industriel | Quote-part dans une SNC outre-mer (matériel industriel) | Non | Bien professionnel exonéré ou non qualifié d'immo — hors IFI |
| Girardin social | Quote-part dans SNC logement social COM | Non (COM, bien pro) | Même logique que le Girardin industriel |
| PER | Épargne bloquée (fonds en €, UC, immobilier possible) | Partiellement | UC immobilières dans PER assurance en phase d'épargne = hors IFI (art. 972 CGI — contrat non rachetable). Bascule à la liquidation. |
| Malraux | Immeuble historique en direct | Oui | Taxable IFI, mais décote bien de rapport + exo art. 975 si professionnel |
| Monuments historiques | Immeuble classé en direct | Oui | Taxable IFI, mais très fort abattement si bien utilisé comme RP ou profession |
| Déficit foncier | Immeuble locatif nu rénové | Oui | Taxable IFI comme tout bien locatif. Décote bien de rapport possible. |
| Jeanbrun | Immeuble locatif neuf ou ancien rénové | Oui | Taxable IFI. Aucune exonération spécifique prévue (rapport Daubresse-Cosson non retenu) |
Avantage IFI structurel du Girardin : aucun actif immobilier créé
Le Girardin industriel est l'un des seuls dispositifs de défiscalisation qui ne crée aucun actif immobilier imposable à l'IFI. L'investisseur acquiert une quote-part dans une SNC détenant du matériel industriel en Outre-mer — ce n'est pas de l'immobilier. Pour un contribuable IFI cherchant à réduire son IR sans aggraver son IFI, le Girardin industriel est structurellement supérieur à Malraux, au déficit foncier ou au Jeanbrun.
Girardin industriel vs PER
Le PER (Plan d'Épargne Retraite) fonctionne comme un compte épargne bloqué jusqu'à la retraite. Vous versez, vous déduisez ce versement de votre revenu imposable de l'année (économie immédiate sur l'IR), puis vous récupérez le capital à la liquidation — en payant alors l'impôt sur les sommes retirées. Le Girardin joue la logique inverse : vous versez à fonds perdu, vous ne récupérez rien, mais vous empochez une réduction d'IR comptant. Un dispositif construit du capital pour plus tard. L'autre allège la facture fiscale tout de suite.
Le PER et le Girardin sont souvent présentés comme concurrents, mais ils répondent à des logiques opposées.
| Critère | Girardin industriel | PER |
|---|---|---|
| Type d'avantage | Réduction IR (sur l'impôt) | Déduction (sur le revenu) |
| Dépend du TMI ? | Non | Oui — croît avec le TMI |
| Plafond | 18 000 €/an (dérogatoire) | 10 % revenus pro (max 37 680 €/an) |
| Liquidité | Argent perdu (pas de récupération) | Capital récupérable à la retraite |
| Horizon | One-shot (gain cette année) | Long terme (différé jusqu'à retraite) |
| Imposition sortie | Aucune | IR + PS sur les rentes ou rachats |
| IFI | Aucun impact | UC immobilières potentiellement IFI |
| CDHR | Réintégré jusqu'au 31/12/2025 ; à compter de 2026, repris seulement si l'impôt tombe sous 20 % du revenu de référence | Déduit du revenu global : réintégré dans le RFR (art. 1417, IV, 1°, a), sans effet sur l'assiette de la CDHR ; déduit du bénéfice d'un indépendant (art. 154 bis) : baisse le RFR |
| PER après 69 ans (LF 2026) | N/A | ⚠️ Versements non déductibles si âge > 69 ans (art. 163 quatervicies supprimé LF 2026) |
| Report plafond | N/A | 3 ans → 5 ans depuis LF 2026 (report étendu) |
| Prorogation | Jusqu'au 31/12/2029 | Dispositif permanent (sous conditions) |
7.1 Quand le PER domine-t-il le Girardin ?
- TMI élevé (41–45 %) : chaque euro déduit en PER économise 0,41 ou 0,45 € d'IR, bien supérieur au gain Girardin, de l'ordre de 10 à 35 % de l'apport (non garanti).
- Revenu de référence au-delà de 250 000 € : la déduction PER garde tout son effet au taux marginal, car la CDHR ne se déclenche presque jamais au barème. Attention : un versement déduit du revenu global (salarié, président de SAS) baisse l'impôt mais reste compris dans le RFR (art. 1417, IV, 1°, a du CGI) ; il ne fait baisser ni la CEHR ni la CDHR. Seul un indépendant qui déduit ses versements de son bénéfice professionnel (art. 154 bis) baisse son RFR.
- Horizon retraite long (> 15 ans) : la capitalisation des économies d'impôt réinvesties dépasse nettement le gain one-shot Girardin.
PER après 70 ans : la restriction LF 2026 souvent oubliée
La LF 2026 a supprimé la déductibilité des versements PER pour les contribuables ayant dépassé 69 ans (art. 163 quatervicies CGI modifié). En clair : si vous avez 70 ans ou plus et versez sur un PER en 2026, ces versements ne s'imputent plus sur votre revenu imposable. Le Girardin, lui, reste accessible à tout âge sans butoir. C'est un avantage structurel pour les retraités encore à TMI 30–45 % avec un IR suffisant pour absorber la réduction.
Exception : le PERIN (individuel) reste partiellement utilisable pour la transmission (contrat capitalisation), mais l'avantage fiscal à l'entrée disparaît après 69 ans. Vérifiez la date de vos 70 ans avant de choisir PER vs Girardin.
7.2 Quand le Girardin domine-t-il le PER ?
- TMI bas (11–30 %) : le PER économise peu (1 100 à 3 000 € sur 10 000 € déduits) ; le Girardin offre le même gain quel que soit le TMI.
- Besoin de liquidités immédiates (réduction IR cette année) : le PER est bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé).
- Contribuable âgé de plus de 69 ans (LF 2026) : les versements PER ne sont plus déductibles — le Girardin reste intégralement accessible et devient la seule réduction IR one-shot disponible sans contrainte d'âge.
- Patrimoine IFI : le Girardin ne crée aucun actif IFI, le PER peut en créer (UC immobilières).
À retenir : Girardin et PER se cumulent
Pour un TMI 30–45 % sans CDHR, le cumul est souvent présenté : PER jusqu'au plafond (37 680 € max) pour l'avantage long terme + Girardin (dans la limite du plafond de 18 000 €) pour le gain immédiat. Les deux dispositifs sont hors plafond l'un par rapport à l'autre (le PER est hors plafond des niches). Attention toutefois : le PER réduit le revenu imposable, ce qui peut réduire l'IR disponible pour absorber la réduction Girardin — une simulation s'impose.
Girardin industriel vs Malraux
Malraux finance la rénovation d'un bâtiment historique. En contrepartie, l'État accorde une réduction d'IR de 22 à 30 % du montant des travaux, sans plafond de niches. La différence majeure avec le Girardin : vous devenez propriétaire d'un immeuble — gestion locative, IFI, revente, tout suit. Et le ticket d'entrée se chiffre rarement sous 200 000 €. On change de catégorie d'investissement.
Malraux et Girardin sont deux réductions d'impôt, mais avec des profils de risque et d'avantage très différents.
| Critère | Girardin industriel | Malraux |
|---|---|---|
| Type d'avantage | Réduction IR | Réduction IR |
| Taux | 110–135 % de l'apport / gain de l'ordre de 10–35 % de l'apport, non garanti | 22 % ou 30 % des travaux |
| Plafond niches | 18 000 €/an | Hors plafond (illimité annuellement) |
| Budget travaux max | N/A (apport direct) | 400 000 € sur 4 ans |
| Réduction max | 40 909 € (fraction 44 %) ou 52 941 € (fraction 34 %) par an, sans autre niche | 120 000 € sur 4 ans (30 % × 400k) |
| Durée engagement | One-shot | Durée des travaux (généralement 3–5 ans) |
| Actif créé | Aucun (SNC matériel) | Immeuble historique (IFI-taxable) |
| Risque | Opérateur / requalification | Chantier / locataire / requalification |
| CDHR | Réintégré jusqu'au 31/12/2025 ; à compter de 2026, repris seulement si l'impôt tombe sous 20 % du revenu de référence | Même règle : réintégré pour les dépenses payées jusqu'au 31/12/2025 ; à compter de 2026, repris seulement si l'impôt tombe sous le plancher ⚠️ (hors plafond, donc montants élevés possibles) |
| Accessibilité | Dès 3 000 € | Généralement > 200 000 € |
Le différenciant clé : Malraux est hors plafond des niches (art. 200-0 A), mais, pour des dépenses payées à compter de 2026, il peut être repris par la CDHR s'il fait passer l'impôt sous 20 % du revenu de référence (voir § 5.2). Pour un contribuable ayant déjà consommé avec le Girardin son plafond de 18 000 €, Malraux offre une réduction supplémentaire illimitée — et pour un budget de travaux de 400 000 €, il peut générer jusqu'à 120 000 € de réduction sur 4 ans. C'est le seul dispositif à ce niveau de réduction cumulable.
Cumul Girardin + Malraux : la combinaison des hauts revenus
Un couple TMI 45 % sans CDHR peut simultanément : Girardin industriel 18 000 € de réduction (montant d'exemple, dont 7 920 € retenus dans le plafond à 44 %) + Malraux 30 000 € la même année (hors plafond) = 48 000 € de réduction IR totale pour un apport d'environ 15 000 € (Girardin, hypothèse d'apport de 83 %, non récupéré) + un programme Malraux de 100 000 € de travaux. Attention à l'IFI : Malraux crée un actif immobilier IFI-taxable.
Girardin et Malraux : comprendre l'effet sur l'IFI
Le cumul peut multiplier la réduction d'IR, mais Malraux crée un actif immobilier dans l'assiette IFI alors que le Girardin n'y entre pas. Nous vous présentons ce mécanisme ; pour une étude de votre situation sur le Girardin, nous transmettons votre demande, avec votre accord, à FORSIS SAS (Béziers), conseiller en investissements financiers (ORIAS 14003700).
Girardin industriel vs déficit foncier
Le déficit foncier suppose un appartement en location nue. Vous y engagez des travaux, les travaux dépassent les loyers perçus : vous êtes « en déficit ». Ce déficit s'impute sur votre revenu global, donc rabaisse votre revenu imposable, donc votre impôt. Plus votre TMI grimpe, plus chaque euro de travaux vous fait gagner. Trois conditions à respecter : posséder un bien, y engager des travaux, le louer nu. C'est une défiscalisation qui construit du patrimoine, pas un coup one-shot comme le Girardin.
Le déficit foncier (art. 156-I-3° CGI) est la défiscalisation immobilière la plus robuste fiscalement — déduction hors plafond, TMI-dépendante, avec un plafond annuel de 10 700 € sur le revenu global (21 400 € pour les travaux énergétiques depuis la LF 2023).
| Critère | Girardin industriel | Déficit foncier |
|---|---|---|
| Type d'avantage | Réduction IR (TMI-indépendant) | Déduction revenu (TMI-dépendant) |
| Plafond | 18 000 €/an | 10 700 € / 21 400 € travaux énerg. sur revenu global |
| Report | Excédent reportable sur 5 ans (art. 199 undecies B, I) | Revenus fonciers reportables 10 ans |
| Actif créé | Aucun | Immeuble locatif nu (IFI-taxable) |
| Condition | Aucune (achat d'une quote-part) | Travaux sur bien locatif nu |
| Durée | One-shot | Selon volume de travaux |
| CDHR | Réintégré jusqu'au 31/12/2025 ; à compter de 2026, repris seulement si l'impôt tombe sous 20 % du revenu de référence | Déduction : baisse le revenu imposable et le revenu de référence |
| TMI 30 % : gain sur 10k€ | ~1 600 € (réduction) | ~3 000 € (déduction) |
| TMI 45 % : gain sur 10k€ | ~1 600 € (réduction) | ~4 500 € (déduction) |
À retenir : à TMI ≥ 30 %, avec des travaux disponibles sur un bien locatif nu, le déficit foncier l'emporte presque toujours sur le Girardin en pur gain fiscal. Sauf que. Le déficit foncier suppose de posséder le bien, d'y conduire des travaux et de le louer nu pendant 3 ans après imputation — des conditions absentes du Girardin, qui se souscrit en quelques jours et n'exige ni patrimoine ni chantier.
Girardin industriel vs Jeanbrun (art. 47 LF 2026)
Le Jeanbrun ouvre un mécanisme d'amortissement : chaque année, vous déduisez une fraction du prix du bien de vos revenus locatifs — comme une entreprise qui « déprécie » ses équipements à mesure qu'ils s'usent. Le cas chiffré rend la chose plus parlante. Vous achetez un appartement à 200 000 € ; pendant 9 ans, vous déduisez environ 9 000 €/an de vos revenus fonciers, ce qui rogne votre impôt à chaque déclaration. Discret mais puissant sur la durée — là où le Girardin frappe une seule fois, fort, puis disparaît.
Le dispositif Jeanbrun — entré en vigueur le 21 février 2026 — permet d'amortir les revenus locatifs sur un bien neuf ou ancien rénové, hors plafond des niches fiscales. C'est une déduction TMI-dépendante sur 9 ans.
| Critère | Girardin industriel | Jeanbrun |
|---|---|---|
| Type d'avantage | Réduction IR one-shot | Déduction (amortissement revenus fonciers) |
| Taux | Gain de l'ordre de 10–35 % de l'apport, non garanti | 3–5,5 % par an sur 80 % du prix |
| Durée | One-shot (1 an) | 9 ans (engagement location) |
| Gain total estimé (10 ans TMI 41 %) | 1 600–2 000 € (one-shot) | ~15 000 € cumulé |
| Plafond niches | 18 000 €/an | Hors plafond |
| Actif créé | Aucun | Immeuble locatif (IFI-taxable) |
| Réintégration PV | Non | Oui — art. 150 VB III CGI |
| CDHR | Réintégré jusqu'au 31/12/2025 ; à compter de 2026, repris seulement si l'impôt tombe sous 20 % du revenu de référence | Déduction : baisse le revenu imposable et le revenu de référence |
| Accessibilité | Dès 3 000 € | Prix d'un logement (neuf ou ancien) |
Jeanbrun : la réintégration PV à la revente
Le Jeanbrun comporte un piège souvent ignoré : lors de la revente, l'amortissement déduit est réintégré dans le calcul de la plus-value (art. 150 VB III CGI), ce qui augmente la PV imposable. Cela réduit l'avantage net réel pour les biens revendus avant 22 ans de détention (exonération d'impôt sur le revenu ; 30 ans pour les prélèvements sociaux). Le Girardin n'a pas cet inconvénient — il ne crée aucun actif revendable.
En pratique : Jeanbrun et Girardin ne se concurrencent pas, ils se cumulent. Le Girardin apporte un coup de massue fiscal immédiat sans patrimoine à gérer. Le Jeanbrun construit un patrimoine locatif avec un avantage fiscal étalé sur 9 ans. La stratégie qui rapporte le plus combine les deux briques sur plusieurs millésimes de déclaration.
Girardin industriel vs FCPI / SOFICA
La SOFICA finance le cinéma français. Vous mettez au pot, l'État vous rend 30 à 48 % en réduction d'impôt — mais votre argent est bloqué 5 ans et le capital peut s'éroder si les films sous-performent. Le FCPI, lui, finançait les PME innovantes (25 % de réduction), mais le régime classique a été supprimé par la LF 2026. Ce qu'il faut surtout retenir : ces deux dispositifs partagent le même plafond dérogatoire de 18 000 € que le Girardin. Cumul intégral impossible — l'un mange forcément la place de l'autre.
FCPI et SOFICA partagent avec le Girardin une caractéristique : le plafond dérogatoire de 18 000 €. Ils sont donc en compétition directe pour ce même plafond.
| Critère | Girardin industriel | SOFICA | FCPI JEI (survivant LF 2026) |
|---|---|---|---|
| Taux de réduction | 110–135 % de l'apport / gain de l'ordre de 10–35 % de l'apport, non garanti | 30–48 % | 30 % |
| Plafond | 18 000 €/an (dérogatoire) | 18 000 €/an (commun) | 75 000 € / personne (150 000 € couple) |
| Liquidité | Capital perdu (one-shot) | Bloqué 5 ans | Bloqué 8–10 ans (FCPI) |
| Risque de perte | Requalification possible (garantie fiscale éventuelle, voir ci-dessous) | Faible (films produits) | Élevé (PME/start-ups JEI) |
| Perspective capital | Aucune | Possible (résidus de droits) | Oui (valorisation start-ups innovantes) |
| CDHR | Réintégré jusqu'au 31/12/2025 ; à compter de 2026, repris seulement si l'impôt tombe sous 20 % du revenu de référence | Non réintégrée : reprise seulement si l'impôt tombe sous le plancher | Souscriptions 2026 non réintégrées : reprise seulement si l'impôt tombe sous le plancher |
| Disponibilité 2026 | Oui — prorogé jusqu'au 31/12/2029 | Oui (peut-être dernière année — post-2026 incertain) | Oui (FCPI JEI uniquement — classique supprimé) |
À retenir : sur le plafond dérogatoire de 18 000 €, le Girardin industriel sort gagnant si vous cherchez le gain fiscal net le plus élevé possible. La SOFICA affiche un taux de 48 % sur le papier, mais le capital reste immobilisé 5 ans avec un risque de perte partielle. Le Girardin agit en one-shot : l'apport n'est jamais récupéré et le gain n'est acquis que si l'opération va à son terme sans remise en cause. Une garantie de bonne fin fiscale (engagement contractuel du monteur, parfois assuré, de compenser tout ou partie d'une réduction remise en cause ; aucun texte ne la prévoit et son étendue dépend du contrat) peut en couvrir une partie.
Stratégie multi-ans : la roadmap optimale
On n'est pas obligé de choisir un seul dispositif. L'optimisation fiscale se construit comme un portefeuille — on diversifie en fonction des contraintes de chaque année (trésorerie disponible, projets en cours, horizon, profil fiscal). Le Girardin joue le rôle de brique annuelle court terme. Le PER assure le long terme. Le Jeanbrun construit du patrimoine en parallèle. Deux roadmaps types ci-dessous pour rendre la logique concrète.
La vraie question n'est pas « quel est le meilleur dispositif ? » mais « comment les combiner intelligemment sur plusieurs années ? »
12.1 Profil TMI 30 % — Horizon 10 ans
| Année | Dispositif | Budget | Économie IR estimée | Cumul |
|---|---|---|---|---|
| Année 1 | Girardin industriel (réduction de 18 000 €, apport de 15 000 €) | 15 000 € | 18 000 € | 18 000 € |
| Année 2 | Girardin + PER 10 000 € | 12 000 € + 10k€ PER | 15 000 € + 3 000 € | 36 000 € |
| Années 3–5 | Girardin + Jeanbrun (1 bien) | 15 000 € + 200k€ logement | 18k€ + 2 700 €/an | +62 100 € |
| Années 6–9 | Girardin + Jeanbrun (suite) | 15 000 €/an | 18k€ + 2 700 €/an | +83 000 € |
| Total années 1 à 9 | — | — | — | ~181 000 € de réductions et déductions (avant apports Girardin non récupérés) |
12.2 Profil TMI 45 % sans CDHR — Horizon 15 ans
| Période | Dispositifs combinés | Économie IR annuelle estimée |
|---|---|---|
| Années 1–3 | Girardin (réduction de 18 000 €) + PER 37 680 € + Jeanbrun 1 bien | ~18 000 + 17 000 + 3 200 = ~38 200 €/an |
| Années 4–8 | Girardin + Malraux (1 programme) + PER | ~18 000 + 30 000 + 17 000 = ~65 000 €/an |
| Années 9–15 | Girardin + PER + déficit foncier (travaux) | ~18 000 + 17 000 + 9 600 = ~44 600 €/an |
| Total 15 ans | — | ~752 000 € de réductions et déductions cumulées estimées (avant apports Girardin non récupérés) |
La lecture chiffrée. Sur 9 ans à TMI 30 %, la combinaison Girardin + PER + Jeanbrun peut totaliser environ 181 000 € de réductions et déductions pour un budget annuel accessible (15 000 € d'apport Girardin + PER + 1 logement Jeanbrun). Sur 15 ans à TMI 45 %, le total monte à environ 752 000 € avec Malraux en plus. Pour le Girardin, la réduction n'est pas le gain : l'apport (15 000 € par an dans le premier tableau) n'est pas récupéré, et le gain Girardin de l'exemple est d'environ 3 000 € par an, non garanti. Chiffres indicatifs, à recalibrer sur votre situation réelle.
Revenu de référence au-delà de 250 000 € : Girardin et Malraux de 2026 à vérifier
Au-delà de 250 000 € de revenu de référence (500 000 € pour un couple), un Girardin ou un Malraux souscrit à compter de 2026 n'est repris par la CDHR que s'il fait passer votre impôt, réductions déduites, sous 20 % de ce revenu ; réalisés jusqu'au 31 décembre 2025, ils sont réintégrés et jamais repris. Au barème, le cas reste rare (voir § 5.3) ; il se rencontre surtout avec un Malraux massif ou des revenus taxés au prélèvement forfaitaire. Si la simulation montre ce risque, les Monuments historiques (déduction 100 % hors plafond, qui baisse aussi le revenu de référence), le déficit foncier ou le PER peuvent prendre le relais.
Cas pratiques chiffrés
Quel dispositif pour quel profil : Girardin, PER, Malraux ?
Chaque dispositif a son profil cible selon TMI, horizon, plafond niches et exposition IFI. Sur le Girardin, nous présentons le dispositif de façon générale ; pour une étude de votre situation, nous transmettons votre demande, avec votre accord, à FORSIS SAS (Béziers), conseiller en investissements financiers (ORIAS 14003700).
Cas n°1 — Technicien, TMI 30 %, RFR 65 000 €
Situation : Clément, 38 ans, revenu fiscal de référence 65 000 €, IR net 12 000 €. Souhaite réduire son IR sans immobiliser de capital sur le long terme.
| Option | Investissement | Économie IR | Gain net / apport | Commentaire |
|---|---|---|---|---|
| Girardin industriel (hypothèse : apport de 80 %) | 9 600 € | 12 000 € (= IR) | (12 000 − 9 600) / 9 600 = 25 % | Gain non garanti, argent non récupéré |
| PER | 10 000 € | 3 000 € | 30 % | Bloqué jusqu'à retraite |
| FCPI énergie | 10 000 € | 2 500 € | 25 % | Bloqué 8 ans, risque perte capital |
| Déficit foncier | 20 000 € travaux | 3 000 € | 15 % | Suppose un bien locatif nu |
Lecture de l'exemple : un Girardin dimensionné sur l'IR (12 000 € de réduction) est l'option qui réduit le plus l'impôt de l'année ; viser le plafond n'apporte rien, l'excédent au-delà de l'IR ne s'imputant que sur les années suivantes. Le PER peut compléter pour la retraite. Le FCPI est inférieur en rendement et en liquidité.
Cas n°2 — Chirurgien libéral, TMI 45 %, RFR 290 000 € (zone de décote de la CDHR)
Situation : Isabelle, 48 ans, chirurgienne, RFR 290 000 €, IR avant optimisation 100 000 €. Elle entre dans le champ de la CDHR (RFR supérieur à 250 000 €), dans la zone de décote (jusqu'à 330 000 €) : son plancher est limité à 82,5 % de la fraction au-delà de 250 000 €, soit 33 000 €.
Analyse : Taux effectif actuel = 100 000 / 290 000 = 34,5 %, très au-dessus du plancher → CDHR nulle. Après une réduction Girardin de 18 000 € (montant d'exemple), IR = 82 000 € (taux 28,3 %), toujours très au-dessus du plancher de 33 000 € → CDHR toujours nulle. Le Girardin est efficace dans cette configuration.
| Stratégie | Économie IR totale | Actifs créés (IFI) | Commentaire |
|---|---|---|---|
| PER 37 680 € + Girardin (apport 15 000 €, non récupéré) | 17 000 + 18 000 = 35 000 € | Aucun | Sans actif IFI ; suppose la CDHR non déclenchée |
| Malraux 100k€ travaux + Girardin | 30 000 + 18 000 = 48 000 € | Immeuble historique (IFI) | Réduction la plus forte, si un actif immobilier est accepté |
| Jeanbrun + Girardin 1 bien | 2 200/an + 18 000 = 20 200 € an 1 | Immeuble locatif (IFI) | Cumul possible sur 9 ans |
Cas n°3 — Dirigeant, TMI 45 %, RFR 420 000 € (dans le champ de la CDHR)
Situation : Laurent, 52 ans, dirigeant de SAS, RFR 420 000 €, IR avant optimisation 155 000 €. Taux effectif = 36,9 %. Après Girardin 18 000 € → IR = 137 000 € → taux = 32,6 % > 20 % → CDHR non déclenchée. Le Girardin reste efficace.
Si Laurent rajoute PER 37 680 € de déduction → revenu imposable réduit → IR après PER + Girardin = environ 120 000 € → taux 28,5 % > 20 %. Son RFR reste de 420 000 €, car le versement PER d'un président de SAS, déduit du revenu global, y est réintégré (art. 1417, IV, 1°, a du CGI) : le plancher reste de 84 000 €. Pas de CDHR. Lecture de l'exemple : PER au maximum + Girardin (18 000 € de réduction dans l'exemple) restent compatibles avec la CDHR.
Cas n°4 — Retraité, TMI 11 %, patrimoine immo 1,8 M€ (IFI)
Situation : Monique, 68 ans, retraitée, revenus nets 28 000 €/an, TMI 11 %, IR 1 500 €. Patrimoine immobilier 1,8 M€ → IFI 6 000 €/an.
Problème : IR insuffisant pour absorber une réduction Girardin de 18 000 €. Avec un IR de 1 500 € seulement, le Girardin ne s'imputerait qu'à hauteur de 1 500 € par an, l'excédent n'étant reportable que sur les cinq années suivantes. Le Girardin n'est pas adapté à ce profil.
Alternatives : dons 66 % (art. 200 CGI, non plafonné si reporté), travaux de rénovation énergétique sur les biens locatifs (déficit foncier 21 400 €), ou restructuration vers des actifs hors IFI (SCPI européennes via démembrement temporaire).
Cas n°5 — Couple, TMI 41 %, stratégie Girardin + Malraux sur 5 ans
Situation : Claire et François, 44 et 47 ans, RFR 220 000 € (couple), IR avant optimisation 75 000 €. Pas de CDHR (seuil couple = 500 000 €).
| Année | Girardin (réduction) | Malraux (programme 4 ans) | PER chacun | Économie IR totale |
|---|---|---|---|---|
| Année 1 | 18 000 € | 25 000 € (83k€ × 30 %) | 8 200 € + 8 200 € | 59 400 € |
| Année 2 | 18 000 € | 25 000 € | 8 200 € + 8 200 € | 59 400 € |
| Année 3 | 18 000 € | 25 000 € | 8 200 € + 8 200 € | 59 400 € |
| Année 4 | 18 000 € | 25 000 € | 8 200 € + 8 200 € | 59 400 € |
| Année 5 | 18 000 € | 0 € (programme terminé) | 8 200 € + 8 200 € | 34 400 € |
| Total 5 ans | 90 000 € | 100 000 € | 82 000 € | 272 000 € |
Résultat : environ 272 000 € d'économies fiscales sur 5 ans, soit 54 400 €/an en moyenne (dont 90 000 € de réductions Girardin, pour des apports non récupérés de l'ordre de 75 000 € avec une hypothèse d'apport de 83 %). L'IFI est impacté par l'immeuble Malraux (taxable), mais la décote bien de rapport (art. 973 II CGI) mitige l'impact.
Tableau de décision : quel dispositif choisir ?
Le tableau qui suit condense les conclusions du guide en une lecture rapide. Vous repérez votre ligne, vous lisez les deux pistes les plus souvent retenues et ce qu'il vaut mieux écarter. Un doute sur votre TMI ou votre RFR ? Le RFR figure tout en haut de votre dernier avis d'imposition. Pour le TMI, regardez le barème officiel 2026 (tranches 0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %).
| Profil | Priorité 1 | Priorité 2 | Éviter | Pourquoi |
|---|---|---|---|---|
| TMI 11–30 %, pas d'immo locatif | Girardin industriel | PER (horizon retraite) | Déficit foncier (pas de bien) | Girardin = seul dispositif efficace sans patrimoine ni TMI élevé |
| TMI 30–41 %, immo locatif nu possible | Girardin + déficit foncier | PER + Jeanbrun | SOFICA (argent bloqué 5 ans) | Cumul optimise les deux plafonds |
| TMI 45 %, pas de CDHR | PER max + Girardin | Malraux si programme dispo | FCPI (supprimé LF 2026) | PER à 45 % = très rentable ; Girardin en complément |
| TMI 45 %, impôt proche du plancher de la CDHR (revenus surtout au prélèvement forfaitaire) | PER max + Monuments historiques | Déficit foncier hors plafond | Réductions de 2026 (Girardin, Malraux) au-delà de ce qui garde l'impôt au-dessus du plancher | Une réduction souscrite à compter de 2026 est reprise pour la part qui fait passer l'impôt sous 20 % du revenu de référence ; réalisée jusqu'au 31/12/2025, elle est réintégrée et jamais reprise ; profil rare au barème |
| IFI > 1,3 M€, souhaite pas d'immo | Girardin industriel | PER (UC non immobilières) | Malraux, Jeanbrun, déficit foncier | Seul Girardin ne crée aucun actif IFI |
| Patrimoine > 1,3 M€, accepte immo | Girardin + Malraux | PER + déficit foncier | SOFICA (peu flexible) | Malraux hors plafond + IFI gérable par décote bien de rapport |
| Retraité TMI bas, IR faible (moins d'environ 4 000 € : estimation, aucun seuil légal) | Dons 66 % + déficit foncier | PER si encore actif partiellement | Girardin (IR insuffisant) | IR trop faible pour absorber réduction Girardin |
La règle d'or : simulation personnalisée avant toute décision
Aucun tableau ne remplace une simulation personnalisée intégrant votre RFR exact, votre IR, vos éventuelles réductions déjà utilisées et votre patrimoine immobilier. Au-delà de 250 000 € de revenu de référence, la CDHR peut reprendre un Girardin souscrit à compter de 2026, pour la part qui ferait passer votre impôt sous 20 % de ce revenu : le calcul se fait avant de souscrire.
Girardin, PER, Malraux, déficit foncier : en parler avant de choisir
PER, Malraux, déficit foncier, Monuments historiques : premier échange pour situer ces dispositifs selon la TMI, le RFR, la CDHR et l'IFI. Sur le Girardin, nous présentons le dispositif de façon générale, sans recommandation ; pour une étude de votre situation, nous transmettons votre demande, avec votre accord, à FORSIS SAS (Béziers), conseiller en investissements financiers (ORIAS 14003700).
Girardin industriel vs Monuments historiques
Les Monuments historiques restent la défiscalisation la plus puissante du droit français pour un contribuable à RFR élevé — et l'une des rares grandes déductions qui échappe au plafond des niches et qui, baissant le revenu lui-même, abaisse aussi le revenu de référence sur lequel se calcule le plancher de la CDHR. Malraux, par contraste, est une réduction IR : hors plafond 200-0 A, oui, mais, pour des dépenses payées à compter de 2026, il peut être repris par la CDHR s'il fait passer l'impôt sous le plancher. La mécanique MH : vous achetez un immeuble classé ou inscrit, vous financez sa rénovation, vous déduisez 100 % des travaux du revenu imposable, sans plafond. À TMI 45 %, chaque euro de travaux vous rend 0,45 € d'impôt en moins. Les contreparties sont lourdes : ticket d'entrée souvent au-dessus de 300 000 €, et 15 ans de propriété obligatoire.
Les Monuments historiques (art. 156 bis et 156-II-1°ter CGI) sont régulièrement cités comme le substitut au Girardin pour les contribuables dont l'impôt approche le plancher de la CDHR. C'est l'une des seules déductions hors plafond, à 100 % des travaux, qui baisse à la fois l'impôt et le revenu de référence (car déduction du revenu et non réduction IR). Notons que Malraux, bien que hors plafond 200-0 A, reste une réduction IR susceptible, pour des dépenses payées à compter de 2026, d'être reprise par la CDHR si elle fait passer l'impôt sous le plancher (voir § 5.2) — les Monuments historiques, eux, ne sont pas une réduction. Voici une comparaison directe.
| Critère | Girardin industriel | Monuments historiques |
|---|---|---|
| Type d'avantage | Réduction IR one-shot | Déduction 100 % travaux sur revenu global |
| Base légale | Art. 199 undecies B CGI | Art. 156 bis + 156-II-1°ter CGI |
| Taux réel | Gain de l'ordre de 10–35 % de l'apport, non garanti | 100 % des travaux × TMI (45 % → 45 €/100 € travaux) |
| Plafond niches | 18 000 €/an (dérogatoire) | Hors plafond — illimité |
| CDHR (art. 224) | Réintégré jusqu'au 31/12/2025 ; à compter de 2026, repris seulement si l'impôt tombe sous 20 % du revenu de référence | Déduction du revenu (art. 156 bis) : baisse aussi le revenu de référence, donc le plancher ; gain conservé dans les cas courants |
| Budget travaux | N/A (apport 3 000–20 000 €) | Généralement 200 000–500 000 € (restauration complète) |
| Ticket d'entrée | À partir de 3 000 € | Généralement > 300 000 € (bien + travaux) |
| Engagement | One-shot (5 ans détention SNC) | 15 ans de propriété obligatoire (art. L143-4 patrimoine) |
| Actif créé | Aucun (SNC matériel outre-mer) | Immeuble classé ou inscrit (IFI-taxable) |
| Rendement locatif | Aucun (opération fiscale) | 2–3 % brut (loyers contraints par classement) |
| Risque | Opérateur / requalification fiscale | Chantier / permis / locataire / revente difficile |
| Horizon optimal | TMI 11–45 %, court terme | TMI 41–45 %, long terme (15 ans+) |
15.1 Mécanisme des Monuments historiques — la distinction loué / occupé
Le taux de déduction dépend de l'usage du bien — et cette nuance change tout au calcul. Bien loué (ou ouvert au public) : 100 % des travaux déductibles. Bien occupé comme résidence principale : 50 % seulement, mais sans obligation de location. Le tableau ci-dessous fixe les trois cas d'usage.
| Usage du bien classé/inscrit | Déductibilité travaux | Déductibilité charges | Contrainte |
|---|---|---|---|
| Bien loué (ou ouvert au public) | 100 % des travaux déductibles | 100 % des charges et intérêts | Engagement de location — durée libre |
| Résidence principale (occupé) | 50 % des travaux déductibles | 50 % des charges | Pas d'engagement locatif mais 15 ans de propriété |
| Usage mixte (occupé + loué partiellement) | Prorata occupation / location | Prorata | Calcul au prorata temporis |
Exemple — Monuments historiques loues, TMI 45 % Achat immeuble classe : 400 000 € Travaux de restauration : 200 000 € sur 2 ans (100 000 €/an) Annee 1 : deduction 100 000 € sur revenu global Economie IR = 100 000 € x 45 % = 45 000 € Annee 2 : meme calcul → economie 45 000 € Total economie sur 2 ans = 90 000 € Soit un retour fiscal de 45 % sur le montant travaux (vs gain Girardin de l'ordre de 10–35 %, one-shot, non garanti) → Supérieur au Girardin MAIS : ticket 600 000 €, engagement 15 ans, actif IFI
15.2 Quand les Monuments historiques dominent-ils le Girardin ?
- Impôt proche du plancher de la CDHR (RFR > 250 000 €) : les Monuments historiques sont une déduction, pas une réduction : ils baissent le revenu de référence en même temps que l'impôt. Pour un contribuable dont un Girardin de 2026 serait repris en partie, les MH offrent un gain supérieur.
- TMI 41–45 %, budget travaux élevé : la déduction à 100 % appliquée au TMI 45 % donne un retour de 45 € pour 100 € de travaux — bien supérieur au Girardin.
- Patrimoine immobilier existant recherché : les MH permettent de constituer un patrimoine exceptionnel (immeuble de caractère) avec une forte valeur à terme — le Girardin ne crée aucun actif.
- Horizon 15+ ans : la contrainte de 15 ans est compatible avec une stratégie patrimoniale longue — elle déclenche même une plus-value potentielle sur un bien rare à la revente.
15.3 Quand le Girardin industriel reste-t-il supérieur aux Monuments historiques ?
- Budget limité (< 50 000 €) : le Girardin est accessible dès 3 000 €. Les MH nécessitent un capital minimum de 300 000–500 000 €.
- Horizon court terme : le Girardin est one-shot — pas d'engagement de 15 ans, pas de risque locatif ou de chantier.
- Contribuable IFI cherchant à ne pas alourdir son assiette : le Girardin ne crée aucun actif immobilier IFI-taxable. Les MH créent un immeuble taxable (bien que souvent peu valorisé pour l'IFI).
- TMI 30 % sans CDHR : le Girardin (gain de l'ordre de 10 à 35 % de l'apport, non garanti) peut rester compétitif face aux MH (30 % × travaux) — et sans les contraintes de chantier.
À retenir si votre impôt approche le plancher de la CDHR : Monuments historiques + PER
Pour un contribuable au-delà de 250 000 € de revenu de référence dont l'impôt, réductions déduites, approche 20 % de ce revenu, la combinaison souvent présentée est : PER au maximum (déduction hors plafond des niches ; elle ne baisse le RFR que si elle est déduite du bénéfice professionnel d'un indépendant, art. 154 bis, car un versement déduit du revenu global y est réintégré, art. 1417, IV, 1°, a du CGI) + Monuments historiques (déduction 100 %, hors plafond, qui baisse le revenu de référence). Les Monuments historiques peuvent ramener le revenu de référence vers le seuil de 250 000 €, en dessous duquel la CDHR ne s'applique pas.
Sources et références
- Art. 199 undecies B CGI — Girardin industriel (Legifrance)
- Art. 200-0 A CGI — Plafonnement des niches fiscales (Legifrance)
- Art. 224 CGI — Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) — créée par la LF 2025 (loi n° 2025-127, art. 10), modifiée par la LF 2026 (loi n° 2026-103, art. 2) ; BOFiP BOI-IR-CDHR-10, -20 et -30 du 30/06/2026
- Art. 163 quatervicies CGI — Plan d'épargne retraite (PER) — report porté à 5 ans par LF 2026
- Art. 199 tervicies CGI — Réduction Malraux — zones secteur sauvegardé et PVAP
- Art. 156-I-3° CGI — Déficit foncier — plafond 21 400 € travaux énergétiques depuis LF 2023
- Art. 31-I-1° i/j CGI — Dispositif Jeanbrun — art. 47 LF 2026 (loi n°2026-103, 19/02/2026)
- Art. 199 unvicies CGI — SOFICA — taux 30–48 %
- Art. 199 undecies C CGI — Girardin social (plus applicable dans les DOM après le 24/09/2018 ; COM uniquement)
- BOFiP BOI-IR-RICI-80 — Commentaires administratifs réduction Girardin industriel
- LF 2026 (loi n°2026-103 du 19/02/2026) — Suppression FCPI classique, report PER 5 ans, CDHR modifiée (dons réintégrés à compter des revenus 2026)
Avertissement : Ce guide est fourni à titre informatif par Hagnéré Patrimoine et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'art. L. 541-1 CMF. Les montants, taux et rendements mentionnés sont des ordres de grandeur indicatifs à titre pédagogique. Chaque dispositif comporte un risque de perte en capital qui lui est propre. Toute décision de souscription doit être précédée d'un entretien individuel avec un conseiller, d'une analyse de votre situation patrimoniale, d'un Document d'Entrée en Relation (DER) et d'une lettre de mission. Hagnéré Patrimoine — Cabinet de gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 en qualité de CIF (régulé par l'AMF via notre chambre professionnelle au sens de l'art. L. 541-4 CMF), COA et COBSP. Mis à jour le 7 mai 2026.
Glossaire — 14 notions clés défiscalisations 2026
Lexique de référence des termes techniques rencontrés dans le comparatif des dispositifs de défiscalisation 2026. Chaque entrée renvoie à un texte (CGI, CSS, BOFiP) pour sécuriser votre lecture.
| Notion | Définition courte | Référence |
|---|---|---|
| Réduction d'impôt | Avantage qui s'applique directement sur l'impôt final calculé. Indépendante du TMI. Exemples : Girardin, Malraux, FCPI, SOFICA. Ne crée pas de déficit reportable. | Pratique fiscale ; CGI |
| Déduction fiscale | Avantage qui réduit le revenu imposable AVANT calcul de l'IR. TMI-dépendante : 10 000 € de déduction = 3 000 € à TMI 30 %, 4 500 € à TMI 45 %. Exemples : PER, déficit foncier. | Pratique fiscale ; CGI |
| Plafond général niches 10 000 € | Plafonnement annuel art. 200-0 A CGI applicable à la plupart des réductions et crédits d'impôt (FIP, IR-PME, emploi domicile, garde enfants, etc.). | Art. 200-0 A CGI |
| Plafond dérogatoire 18 000 € | Plafond majoré art. 200-0 A CGI pour les niches ultramarines (Girardin industriel, Girardin social, SOFICA), qui inclut les avantages du plafond de 10 000 € (pas de cumul à 28 000 €). 44 % de la réduction Girardin (rétrocession de 56 %, programmes de moins de 300 000 €) ou 34 % (rétrocession de 66 %, programmes de 300 000 € et plus) compte dans ce plafond. | Art. 200-0 A CGI |
| Hors plafond | Dispositifs non soumis au plafond des niches : PER (art. 163 quatervicies), déficit foncier (art. 156 I-3°), Malraux (art. 199 tervicies), Monuments historiques (art. 156-II-1° ter), Jeanbrun (art. 31-I-1° i et j). | CGI multi-articles |
| CDHR (Contribution différentielle hauts revenus) | Plancher d'imposition de 20 % du revenu de référence au-delà de 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Le Girardin des entreprises est toujours réintégré (compté comme impôt payé) ; le Girardin des particuliers l'est pour les investissements réalisés jusqu'au 31/12/2025 ; souscrit à compter de 2026, il n'est repris que s'il fait passer l'impôt sous le plancher. | Art. 224 CGI ; loi 2025-127, art. 10, II ; BOI-IR-CDHR-10 |
| Girardin industriel | Réduction d'impôt one-shot pour investissement productif outre-mer. Relève du plafond majoré de 18 000 € (fraction 44 % ou 34 %). Prorogé jusqu'au 31/12/2029 (LF 2024). | Art. 199 undecies B CGI |
| Girardin social | Réduction d'impôt pour logement social outre-mer. Dans les DOM (Martinique, Guadeloupe, Réunion…), plus applicable aux acquisitions et constructions réalisées après le 24/09/2018 ; ouvert dans les Collectivités d'Outre-Mer (COM) jusqu'au 31/12/2029. | Art. 199 undecies C CGI ; LF 2019 |
| PER (Plan Épargne Retraite) | Déduction du revenu imposable plafonnée à 10 % des revenus pro (limite supérieure 37 680 €/an en 2026, sur le PASS 2025). HORS plafond niches. Sortie en capital ou rente, taxée au TMI futur. | Art. 163 quatervicies CGI |
| Déficit foncier | Excédent de charges foncières sur loyers, déduisable du revenu global jusqu'à 10 700 € (21 400 € rénovation énergétique E/F/G → A/B/C/D, prorogé jusqu'au 31/12/2027 par LF 2026). | Art. 156 I-3° CGI |
| Malraux | Réduction d'impôt 22 % (PVAP) ou 30 % (PSMV) sur travaux de restauration de bâtiments classés. Plafond 400 000 € de travaux sur 4 ans. HORS plafond niches. | Art. 199 tervicies CGI |
| Monuments historiques | Charges 100 % déductibles du revenu global pour propriétaires de bâtiments classés/inscrits MH ouverts au public. HORS plafond niches. TMI 45 % = avantage 45 % par euro. | Art. 156-II-1° ter CGI |
| Jeanbrun | Successeur du Pinel (LF 2026 art. 47) : amortissement déductible du revenu foncier pour acquisitions 21/02/2026 → 31/12/2028. Engagement 9 ans location nue. HORS plafond niches. | Art. 31-I-1° i et j CGI |
| FCPI JEI | Fonds Commun de Placement dans l'Innovation investi en Jeunes Entreprises Innovantes (≥ 50 %). Réduction d'IR 30 % rétablie par LF 2026 art. 84 (versements à compter du 21/02/2026). Plafond niches général 10 000 €. | Art. 199 terdecies-0 A et 44 sexies-0 A CGI ; LF 2026 art. 84 |
Hagnéré Patrimoine — Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Sources mobilisées : CGI art. 31-I-1° i et j, 154 bis, 156 I-3°, 156-II-1° ter, 163 quatervicies, 199 undecies B, 199 undecies C, 199 unvicies, 199 tervicies, 199 terdecies-0 A, 200-0 A, 224 ; CSS art. L. 136-7 et L. 136-8 ; loi 2018-1317 du 28/12/2018 (LF 2019, Girardin social) ; loi 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025) ; loi 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026 art. 47 et 84) ; LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025). Article rédigé selon le droit positif en vigueur au 7 mai 2026. Dernière mise à jour : 7 mai 2026.

