Sommaire
- 1. Panorama des 7 dispositifs
- 2. Plafond des niches fiscales
- 3. Réduction vs déduction
- 4. Matrice TMI × dispositif
- 5. Impact CDHR (hauts revenus)
- 6. Interaction IFI
- 7. Girardin vs PER
- 8. Girardin vs Malraux
- 9. Girardin vs déficit foncier
- 10. Girardin vs Jeanbrun
- 11. Girardin vs FCPI/SOFICA
- 12. Stratégie multi-ans
- 13. Cas pratiques chiffrés
- 14. Tableau de décision
- 15. Girardin vs Monuments historiques
« Quelle est la meilleure défiscalisation ? » La réponse dépend de votre TMI, de votre patrimoine, de votre horizon temporel et d'un paramètre que 99 % des comparatifs ignorent : l'interaction avec la CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, art. 224 CGI), qui neutralise partiellement le Girardin pour les revenus fiscaux de référence supérieurs à 250 000 €.
Ce guide compare 7 dispositifs sur leurs mécanismes réels (réduction vs déduction), leur position vis-à-vis du plafond des niches, leur compatibilité avec l'IFI et leur rendement net par TMI — avec 5 cas pratiques chiffrés et un tableau de décision final.
1. Panorama des 7 dispositifs 2026
Concrètement, un dispositif de défiscalisation est une règle fiscale qui vous permet de payer moins d'impôts en échange d'un investissement dans un secteur que l'État souhaite soutenir — l'Outre-mer, la rénovation du patrimoine historique, l'épargne retraite, ou le logement locatif. Chaque dispositif a ses propres règles de jeu : certains réduisent directement votre impôt, d'autres réduisent votre revenu imposable.
En 2026, le paysage de la défiscalisation s'est simplifié : Pinel est mort (fin 2024), le FCPI classique a été supprimé par la LF 2026, et un nouveau venu — le dispositif Jeanbrun (art. 47 LF 2026) — a émergé sur le locatif ordinaire. Voici les 7 dispositifs qui demeurent actifs et pertinents.
| Dispositif | Base légale | Type | Taux / avantage | Plafond niches | Durée |
|---|---|---|---|---|---|
| Girardin industriel | Art. 199 undecies B CGI | Réduction IR | Réduction ~110–135 % (gain net 20–35 %) | 18 000 € dérogatoire | One-shot |
| Girardin social | Art. 199 undecies C CGI | Réduction IR | Jusqu'à 18 000 € (après rétrocession 70 %) | 18 000 € dérogatoire | One-shot |
| PER | Art. 163 quatervicies CGI | Déduction revenu | 10 % revenus pro (max 38 448 €) | Hors plafond | Jusqu'à retraite |
| Malraux | Art. 199 tervicies CGI | Réduction IR | 22 % ou 30 % (max 400k€ travaux / 4 ans) | Hors plafond | Durée travaux |
| Déficit foncier | Art. 156-I-3° CGI | Déduction revenu | 10 700 € (21 400 € travaux énerg.) | Hors plafond | 10 ans report foncier |
| Jeanbrun | Art. 31-I-1°i/j CGI | Déduction revenu | Amortissement 3,5–5,5 % (base 80 %) | Hors plafond | 9 ans engagement |
| SOFICA | Art. 199 decies CGI | Réduction IR | 40–48 % (max 18 000 € dérogatoire) | 18 000 € dérogatoire | 5 ans blocage |
FCPI classique : supprimé par la LF 2026 — sauf FCPI JEI
Le FCPI classique (Fonds commun de placement dans l'innovation, art. 199 terdecies-0 A CGI, 25 % de réduction, plafond 10 000 €) n'existe plus dans sa forme générale depuis la LF 2026 (sections VI et VII supprimées). Exception : les FCPI finançant des JEI (Jeunes Entreprises Innovantes) survivent avec un taux de 25 % (plafond 24 000 € par foyer, soit max 6 000 € de réduction). Si un conseiller vous propose un FCPI en 2026, vérifiez qu'il cible bien des JEI — les FCPI classiques généralistes ne sont plus éligibles.
SOFICA 2026 : potentiellement la dernière année
La SOFICA (Société pour le financement de l'industrie cinématographique et audiovisuelle) offre une réduction de 40 à 48 % (48 % si la SOFICA s'engage à consacrer 10 % de ses investissements à des entreprises de production bénéficiant d'un accord de coproduction avec un État étranger). Le régime arrive à échéance et aucune prorogation n'a été votée pour 2027 à ce jour. 2026 pourrait être la dernière fenêtre.
2. Plafond global des niches fiscales (art. 200-0 A CGI)
Le principe est simple : l'État ne vous laisse pas réduire votre impôt indéfiniment via les réductions. Il a posé un plafond annuel au-delà duquel les réductions ne sont plus prises en compte. C'est comme un bon de réduction au supermarché qui ne peut pas dépasser 18 € quel que soit le montant de vos achats. Les déductions (PER, déficit foncier…) échappent à cette règle — elles ne sont pas concernées par ce plafond.
L'art. 200-0 A CGI limite l'avantage fiscal total des réductions d'impôt (pas des déductions). Il existe deux plafonds, et une règle de non-cumul entre eux :
| Plafond | Montant | Dispositifs concernés | Remarque |
|---|---|---|---|
| Plafond général | 10 000 €/an | FCPI énergie, FIP, IR-PME, emploi domicile, frais de garde | Le plus restrictif |
| Plafond dérogatoire | 18 000 €/an | Girardin industriel, Girardin social, SOFICA | Remplace le plafond général si applicable |
| Hors plafond | Illimité | PER, déficit foncier, Malraux, Monuments historiques, Jeanbrun, dons | Aucune limitation annuelle |
Règle fondamentale : les plafonds général (10 000 €) et dérogatoire (18 000 €) ne se cumulent pas. Si vous investissez à la fois dans du Girardin et du FCPI, le plafond dérogatoire de 18 000 € englobe l'ensemble. Vous ne pouvez pas avoir 18 000 € de Girardin plus 10 000 € de FCPI.
Calcul du plafond Girardin avec FCPI (même année)
Plafond applicable = max(10 000 €, 18 000 €) = 18 000 €
Si Girardin = 18 000 € → plafond épuisé → FCPI = 0 € de réduction supplémentaire
Si Girardin = 12 000 € → 6 000 € restants pour FCPI (dans la limite de 10 000 €)
Les dispositifs hors plafond : un avantage structurel
Le PER, le déficit foncier, Malraux, les Monuments historiques et le Jeanbrun permettent de réduire la pression fiscale sans limitation annuelle— ils ne consomment pas le plafond des niches. Ils sont donc cumulables entre eux et avec le Girardin (18 000 € de Girardin + autant de PER ou Malraux que vous souhaitez).
3. Réduction d'impôt vs déduction fiscale : la distinction fondamentale
Imaginez que votre impôt est une addition au restaurant. Une réduction d'impôt, c'est un bon de réduction de 18 € que vous présentez à la caisse — peu importe le montant de l'addition, vous enlevez toujours 18 €. Une déduction fiscale, c'est comme retirer un plat de votre commande avant que le serveur ne calcule l'addition — et comme chaque plat est taxé selon votre tranche (le TMI — taux marginal d'imposition), plus vous êtes dans une tranche élevée, plus l'économie est grande.
C'est la distinction la plus importante à comprendre avant tout comparatif :
| Critère | Réduction d'impôt | Déduction fiscale |
|---|---|---|
| Dispositifs | Girardin, Malraux, SOFICA, FCPI | PER, déficit foncier, Jeanbrun |
| Où s'applique-t-elle ? | Sur l'IR calculé (en bas) | Sur le revenu imposable (en haut) |
| Dépend du TMI ? | Non — même gain pour TMI 11 % ou 45 % | Oui — économie = montant × TMI |
| Exemple 10 000 € | → 10 000 € d'IR en moins (quel que soit le TMI) | → 1 100 € (TMI 11 %) à 4 500 € (TMI 45 %) |
| Reportable si IR insuffisant ? | Non (perdu si IR < réduction) | Oui (report 10 ans pour déficit foncier) |
| Plafond niches | Oui (10 000 € ou 18 000 €) | Non (hors plafond) |
L'avantage unique du Girardin : TMI-indépendance
Le Girardin industriel est une réduction d'impôt. Cela signifie qu'un contribuable à TMI 30 % bénéficie du même gain en pourcentage qu'un contribuable à TMI 45 %. C'est un avantage structurel pour les TMI moyens (30 %) qui ne peuvent pas exploiter pleinement l'effet de levier des déductions. Exception : si la CDHR est activée (RFR > 250 000 €), le gain réel est partiellement neutralisé.
4. Matrice TMI × dispositif : quel est le meilleur pour votre tranche ?
Le TMI (taux marginal d'imposition) est le taux appliqué au dernier euro de votre revenu imposable — en France, il varie de 11 % à 45 %. Plus votre TMI est élevé, plus les déductions fiscales sont puissantes (chaque euro déduit vous économise plus d'impôt). Les réductions comme le Girardin, elles, donnent le même avantage quel que soit votre TMI. Le tableau suivant met en évidence à quel point ce choix change tout selon votre situation.
Cette matrice compare le gain net pour 10 000 € investis ou déduits selon le TMI pour chaque dispositif. Pour le Girardin, le gain est calculé sur la base d'un taux d'apport de 85 % (valeur médiane annuelle).
| Dispositif | TMI 11 % | TMI 30 % | TMI 41 % | TMI 45 % | CDHR 20 % (RFR > 250k€) |
|---|---|---|---|---|---|
| Girardin (10k€ apport) | ~1 600 € | ~1 600 € | ~1 600 € | ~1 600 € | ~1 000–1 200 € (CDHR neutralise) |
| PER (10k€ déduction) | 1 100 € | 3 000 € | 4 100 € | 4 500 € | 4 500 € (CDHR n'affecte pas le PER) |
| Déficit foncier (10k€ travaux) | 1 100 € | 3 000 € | 4 100 € | 4 500 € | 4 500 € (non ciblé par CDHR) |
| Malraux 30 % (10k€ travaux) | 3 000 € | 3 000 € | 3 000 € | 3 000 € | ~3 000 € si taux eff. > 20 % / réduit si < 20 % (Malraux dans CDHR) |
| Jeanbrun 4,5 % / an (10k€ base) | ~50 € / an | ~135 € / an | ~185 € / an | ~200 € / an | ~200 € / an (non ciblé) |
| SOFICA 48 % (10k€ investi) | 4 800 € | 4 800 € | 4 800 € | 4 800 € | ~3 000 € (CDHR neutralise partiellement) |
Notes : Le Jeanbrun génère une économie annuelle (amortissement étalé sur 9 ans), pas un gain immédiat. La SOFICA est incluse dans le plafond dérogatoire 18 000 € avec le Girardin. Gains calculés sans plafonnement des niches.
Lecture de la matrice : 3 règles pratiques
- TMI 11–30 % : le Girardin domine pour un gain immédiat one-shot — les déductions (PER, déficit foncier) rapportent trop peu.
- TMI 41–45 % sans CDHR : le PER, le déficit foncier et Malraux deviennent comparables ou supérieurs au Girardin pour un budget travaux équivalent.
- TMI 45 % avec CDHR : le Girardin perd son avantage comparatif — PER, déficit foncier et Monuments historiques prennent le dessus.
5. La CDHR : le piège ignoré des hauts revenus
En clair : l'État a décidé que personne ne pouvait payer moins de 20 % d'impôt sur ses revenus, quelles que soient les réductions utilisées. C'est comme un filet de sécurité fiscal minimal. Si vos réductions (dont le Girardin) font descendre votre impôt sous ce seuil, une taxe complémentaire — la CDHR — vient automatiquement combler la différence. Le Girardin figure explicitement sur la liste des réductions visées. Concrètement, si votre revenu dépasse 250 000 €, vous devez calculer l'impact de la CDHR avant de souscrire.
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) a été pérennisée par la LF 2025 et reconduite en 2026. Elle instaure un taux minimum d'imposition de 20 % sur le RFR pour les contribuables dépassant certains seuils. Ce que presque personne ne sait : le Girardin industriel figure explicitement parmi les réductions neutralisées par la CDHR (art. 224, IV, A, 2 CGI).
| Seuil RFR | Célibataire / PACS | Couple marié | CDHR applicable |
|---|---|---|---|
| En dessous du seuil | < 250 000 € | < 500 000 € | Non — Girardin sans impact CDHR |
| Zone grise | 250 000–300 000 € | 500 000–600 000 € | Partielle — lissage progressif |
| Au-dessus du seuil | > 300 000 € | > 600 000 € | Pleine — Girardin neutralisé |
5.1 Mécanisme de neutralisation du Girardin par la CDHR
Autrement dit : si votre impôt normal est de 50 000 € et que le Girardin vous permet d'en économiser 18 000 €, vous tombez à 32 000 €. Si ce montant représente moins de 20 % de votre revenu, la CDHR vous réclame la différence — annulant en tout ou partie le bénéfice du Girardin. L'exemple ci-dessous illustre les deux scénarios possibles.
La CDHR fonctionne comme un impôt complémentaire qui s'assure que le taux effectif d'imposition ne descend pas sous 20 %. Lorsque la réduction Girardin réduit l'IR en dessous de ce seuil, la CDHR vient compenser la différence — en ajoutant la réduction Girardin dans le calcul du RFR majoré.
Exemple — Impact CDHR sur le Girardin
Contribuable célibataire, RFR = 350 000 €, IR théorique avant Girardin = 115 000 €
Taux effectif théorique = 115 000 / 350 000 = 32,9 % > 20 % → CDHR inactive
Avec Girardin 18 000 € → IR après réduction = 97 000 €
Taux effectif avec Girardin = 97 000 / 350 000 = 27,7 % > 20 % → CDHR inactive
→ Dans cet exemple, CDHR n'est pas déclenchée. Gain Girardin = 18 000 € complets.
Mais si RFR = 250 000 € et IR théorique = 50 000 € (taux 20,0 %)
Après Girardin 18 000 € → IR = 32 000 € → taux = 12,8 % < 20 %
CDHR = 20 % × 250 000 € − 32 000 € = 50 000 − 32 000 = 18 000 €
→ La CDHR réclame 18 000 € supplémentaires — le gain Girardin est entièrement neutralisé.
5.2 Quels dispositifs sont et ne sont PAS ciblés par la CDHR ?
À retenir : seules les réductions d'impôt figurant explicitement dans l'art. 224 IV A 2 CGI sont neutralisables par la CDHR (Girardin, SOFICA, IR-PME). Les déductions (PER, déficit foncier, Jeanbrun) ne sont pas ciblées — mieux, elles améliorent votre situation CDHR en réduisant votre revenu imposable.
| Dispositif | Ciblé par la CDHR ? | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Girardin industriel | Oui (art. 224 IV A 2) | Réduction pouvant être neutralisée si IR bas |
| SOFICA | Oui (art. 224 IV A 2) | Même neutralisation que le Girardin |
| IR-PME / FCPI JEI | Oui (art. 224 IV A 2) | Même neutralisation |
| Malraux (art. 199 tervicies) | Oui — réduction IR → dans la CDHR ⚠️ | Hors plafond 200-0 A ≠ hors CDHR : gain peut être réduit si taux effectif < 20 % |
| Monuments historiques (art. 156 bis) | Non — déduction charges (pas réduction) | Déduction du revenu imposable → hors CDHR, gain intégral garanti |
| PER | Non — déduction (pas réduction) | Réduit le RFR, donc améliore la position CDHR |
| Déficit foncier | Non — déduction (pas réduction) | Réduit le RFR, améliore la position CDHR |
| Jeanbrun | Non — déduction (pas réduction) | Réduit le RFR, améliore la position CDHR |
L'erreur la plus répandue : Malraux n'est PAS hors CDHR
Confusion fréquente : Malraux est hors plafond des niches (art. 200-0 A), ce qui est souvent interprété — à tort — comme étant aussi « hors CDHR ». Ce sont deux mécanismes distincts :
- Hors plafond 200-0 A : la réduction Malraux ne consomme pas le plafond de 10 000 € ou 18 000 € — elle est illimitée annuellement (max 400 000 € de travaux sur 4 ans).
- Mais dans la CDHR (art. 224 IV A 2) : Malraux est une réduction d'IR (art. 199 tervicies), et la CDHR réintègre les réductions IR pour calculer le taux effectif minimum de 20 %. Si votre taux effectif tombe sous 20 % grâce à Malraux, la CDHR s'active.
- Les Monuments historiques (art. 156 bis) : eux, sont une déduction du revenu imposable — les déductions ne figurent pas dans la liste CDHR et restent donc véritablement hors CDHR.
En pratique : pour la grande majorité des investisseurs Malraux (TMI 41–45 %, IR naturellement élevé), la CDHR ne s'active pas car le taux effectif reste au-dessus de 20 %. Mais pour un contribuable avec revenus patrimoniaux élevés et IR bas, la CDHR peut neutraliser une partie de la réduction Malraux — une simulation s'impose.
5.3 Combien perd-on exactement ? Table de neutralisation CDHR par palier de RFR
La règle de calcul est simple : la CDHR est déclenchée uniquement si votre impôt avant Girardin est inférieur à 20 % de votre RFR. Si votre impôt est déjà au-dessus de ce seuil, le Girardin ne déclenche rien — vous empochez les 18 000 € en totalité. C'est souvent le cas pour les salariés à hauts revenus (TMI 41–45 %) dont l'impôt réel dépasse largement ce seuil. Le tableau suivant donne les chiffres concrets pour différents niveaux de RFR.
Formule : CDHR = max(0 ; RFR × 20 % − IR_avant_Girardin). Gain net = Girardin − CDHR.
| RFR | Seuil 20 % | IR avant Girardin | Taux effectif avant | CDHR déclenchée ? | Gain net Girardin (18 000 €) |
|---|---|---|---|---|---|
| 250 000 € | 50 000 € | 85 000 € | 34 % — largement > 20 % | Non ✅ | 18 000 € complet |
| 300 000 € | 60 000 € | 115 000 € | 38 % — > 20 % | Non ✅ | 18 000 € complet |
| 300 000 € | 60 000 € | 55 000 € | 18 % — < 20 % | Oui ⚠️ (5 000 €) | 13 000 € |
| 400 000 € | 80 000 € | 140 000 € | 35 % — > 20 % | Non ✅ | 18 000 € complet |
| 400 000 € | 80 000 € | 70 000 € | 17,5 % — < 20 % | Oui ⚠️ (10 000 €) | 8 000 € |
| 500 000 € | 100 000 € | 180 000 € | 36 % — > 20 % | Non ✅ | 18 000 € complet |
| 500 000 € | 100 000 € | 90 000 € | 18 % — < 20 % | Oui ⚠️ (10 000 €) | 8 000 € |
| 600 000 € | 120 000 € | 115 000 € | 19 % — < 20 % | Oui ⚠️ (5 000 €) | 13 000 € |
Quand la CDHR frappe-t-elle réellement ?
En pratique, la CDHR frappe le Girardin principalement dans deux situations : (1) le contribuable a un RFR élevé issu de revenus du patrimoine (dividendes, plus-values, loyers) mais un IR relativement bas par rapport à ce RFR (taux effectif proche de 20 %) ; (2) le contribuable a déjà utilisé plusieurs autres réductions d'impôt (SOFICA, IR-PME) qui ont amené son IR sous le seuil de 20 %. Pour un salarié TMI 41–45 % avec revenu quasi exclusivement salarial, l'impôt dépasse presque toujours les 20 % du RFR — la CDHR ne s'applique pas.
Stratégie pour les RFR > 250 000 € : basculez vers les déductions
Si votre RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), les déductions fiscales (PER, déficit foncier, Jeanbrun) sont structurellement supérieures au Girardin — elles réduisent le RFR lui-même, ce qui améliore votre position vis-à-vis de la CDHR. Le Girardin reste pertinent si votre taux effectif reste au-dessus de 20 % après réduction, mais une simulation précise est indispensable.
6. Interaction avec l'IFI
L'IFI (impôt sur la fortune immobilière) est dû chaque année par les contribuables dont le patrimoine immobilier net dépasse 1 300 000 €. Si vous êtes dans cette situation, défiscaliser via Malraux ou le déficit foncier augmentevotre patrimoine immobilier (vous achetez un immeuble), ce qui peut mécaniquement alourdir votre IFI. Le Girardin est le seul dispositif qui évite ce piège — vous n'achetez pas d'immeuble.
Pour les contribuables assujettis à l'IFI (patrimoine immobilier net > 1 300 000 €), la nature des actifs financés par chaque dispositif a une incidence directe sur l'assiette IFI.
| Dispositif | Actif créé | Imposable à l'IFI ? | Remarque |
|---|---|---|---|
| Girardin industriel | Quote-part dans une SNC outre-mer (matériel industriel) | Non | Bien professionnel exonéré ou non qualifié d'immo — hors IFI |
| Girardin social | Quote-part dans SNC logement social COM | Non (COM, bien pro) | Même logique que le Girardin industriel |
| PER | Épargne bloquée (fonds en €, UC, immobilier possible) | Partiellement | UC immobilières dans PER = potentiellement IFI (art. 972 bis CGI — si > 20 % immo) |
| Malraux | Immeuble historique en direct | Oui | Taxable IFI, mais décote bien de rapport + exo art. 975 si professionnel |
| Monuments historiques | Immeuble classé en direct | Oui | Taxable IFI, mais très fort abattement si bien utilisé comme RP ou profession |
| Déficit foncier | Immeuble locatif nu rénové | Oui | Taxable IFI comme tout bien locatif. Décote bien de rapport possible. |
| Jeanbrun | Immeuble locatif neuf ou ancien rénové | Oui | Taxable IFI. Aucune exonération spécifique prévue (rapport Daubresse-Cosson non retenu) |
Avantage IFI structurel du Girardin : aucun actif immobilier créé
Le Girardin industriel est l'un des seuls dispositifs de défiscalisation qui ne crée aucun actif immobilier imposable à l'IFI. L'investisseur acquiert une quote-part dans une SNC détenant du matériel industriel en Outre-mer — ce n'est pas de l'immobilier. Pour un contribuable IFI cherchant à réduire son IR sans aggraver son IFI, le Girardin industriel est structurellement supérieur à Malraux, au déficit foncier ou au Jeanbrun.
7. Girardin industriel vs PER
Le PER (Plan d'Épargne Retraite) fonctionne comme un compte épargne bloqué : vous versez de l'argent, vous déduisez ce versement de votre revenu imposable cette année (économie immédiate), et vous récupérez tout à la retraite — en payant alors l'impôt sur les sommes retirées. Le Girardin, lui, c'est l'inverse : vous versez de l'argent que vous ne récupérez jamais, mais vous obtenez une réduction immédiate sur votre impôt. L'un construit un capital pour plus tard, l'autre allège la facture tout de suite.
Le PER et le Girardin sont souvent présentés comme concurrents, mais ils répondent à des logiques opposées.
| Critère | Girardin industriel | PER |
|---|---|---|
| Type d'avantage | Réduction IR (sur l'impôt) | Déduction (sur le revenu) |
| Dépend du TMI ? | Non | Oui — croît avec le TMI |
| Plafond | 18 000 €/an (dérogatoire) | 10 % revenus pro (max 38 448 €/an) |
| Liquidité | Argent perdu (pas de récupération) | Capital récupérable à la retraite |
| Horizon | One-shot (gain cette année) | Long terme (différé jusqu'à retraite) |
| Imposition sortie | Aucune | IR + PS sur les rentes ou rachats |
| IFI | Aucun impact | UC immobilières potentiellement IFI |
| CDHR | Peut neutraliser (art. 224 IV) | Améliore la position CDHR (réduit le RFR) |
| PER après 69 ans (LF 2026) | N/A | ⚠️ Versements non déductibles si âge > 69 ans (art. 163 quatervicies supprimé LF 2026) |
| Report plafond | N/A | 3 ans → 5 ans depuis LF 2026 (report étendu) |
| Prorogation | Jusqu'au 31/12/2029 | Dispositif permanent (sous conditions) |
7.1 Quand le PER domine-t-il le Girardin ?
- TMI élevé (41–45 %) : chaque euro déduit en PER économise 0,41 ou 0,45 € d'IR, bien supérieur au gain net Girardin de 20–35 % sur l'apport.
- CDHR active : le PER réduit le RFR, ce qui améliore la position CDHR — double avantage.
- Horizon retraite long (> 15 ans) : la capitalisation des économies d'impôt réinvesties dépasse nettement le gain one-shot Girardin.
PER après 70 ans : restriction LF 2026 ignorée par tous les concurrents
La LF 2026 a supprimé la déductibilité des versements PER pour les contribuables ayant dépassé 69 ans (art. 163 quatervicies CGI modifié). Concrètement : si vous avez 70 ans ou plus et versez sur un PER en 2026, vous ne pouvez plus déduire ces versements de votre revenu imposable. Le Girardin reste pleinement accessible à tout âge — c'est un avantage structurel pour les contribuables retraités encore à TMI 30–45 % avec un IR suffisant.
Exception : le PERIN (individuel) reste partiellement utilisable pour la transmission (contrat capitalisation), mais l'avantage fiscal à l'entrée disparaît après 69 ans. Vérifiez la date de vos 70 ans avant de choisir PER vs Girardin.
7.2 Quand le Girardin domine-t-il le PER ?
- TMI bas (11–30 %) : le PER économise peu (1 100 à 3 000 € sur 10 000 € déduits) ; le Girardin offre le même gain quel que soit le TMI.
- Besoin de liquidités immédiates (réduction IR cette année) :le PER est bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé).
- Contribuable âgé de plus de 69 ans (LF 2026) : les versements PER ne sont plus déductibles — le Girardin reste intégralement accessible et devient la seule réduction IR one-shot disponible sans contrainte d'âge.
- Patrimoine IFI : le Girardin ne crée aucun actif IFI, le PER peut en créer (UC immobilières).
Cumul optimal Girardin + PER
La stratégie idéale pour un TMI 30–45 % sans CDHR est souvent le cumul : PER jusqu'au plafond (38 448 € max) pour l'avantage long terme + Girardin 18 000 € pour le gain immédiat. Les deux dispositifs sont hors plafond l'un par rapport à l'autre (le PER est hors plafond des niches). Attention toutefois : le PER réduit le revenu imposable, ce qui peut réduire l'IR disponible pour absorber la réduction Girardin — une simulation s'impose.
8. Girardin industriel vs Malraux
Malraux, c'est la défiscalisation des immeubles anciens classés : vous financez la rénovation d'un bâtiment historique, et l'État vous accorde une réduction de 22 à 30 % du montant des travaux — sans plafond de niches. La différence avec le Girardin : vous devenez propriétaire d'un immeuble (avec tout ce que ça implique — gestion locative, IFI, revente), et les tickets d'entrée commencent généralement à 200 000 €.
Malraux et Girardin sont deux réductions d'impôt, mais avec des profils de risque et d'avantage très différents.
| Critère | Girardin industriel | Malraux |
|---|---|---|
| Type d'avantage | Réduction IR | Réduction IR |
| Taux | 110–135 % brut / 20–35 % net | 22 % ou 30 % des travaux |
| Plafond niches | 18 000 €/an | Hors plafond (illimité annuellement) |
| Budget travaux max | N/A (apport direct) | 400 000 € sur 4 ans |
| Réduction max | 18 000 €/an | 120 000 € sur 4 ans (30 % × 400k) |
| Durée engagement | One-shot | Durée des travaux (généralement 3–5 ans) |
| Actif créé | Aucun (SNC matériel) | Immeuble historique (IFI-taxable) |
| Risque | Opérateur / requalification | Chantier / locataire / requalification |
| CDHR | Peut neutraliser (art. 224 IV A 2) | Peut aussi neutraliser ⚠️ (art. 199 tervicies = réduction IR, dans liste CDHR) |
| Accessibilité | Dès 3 000 € | Généralement > 200 000 € |
Le différenciant clé : Malraux est hors plafond des niches et non ciblé par la CDHR. Pour un contribuable ayant déjà utilisé ses 18 000 € de Girardin, Malraux offre une réduction supplémentaire illimitée — et pour un budget de travaux de 400 000 €, il peut générer jusqu'à 120 000 € de réduction sur 4 ans. C'est le seul dispositif à ce niveau de réduction cumulable.
Cumul Girardin + Malraux : la combinaison des hauts revenus
Un couple TMI 45 % sans CDHR peut simultanément : Girardin industriel 18 000 € de réduction (plafond dérogatoire) + Malraux 30 000 € la même année (hors plafond) = 48 000 € de réduction IR totalepour un investissement d'environ 15 000 € (Girardin) + un programme Malraux de 100 000 € de travaux. Attention à l'IFI : Malraux crée un actif immobilier IFI-taxable.
9. Girardin industriel vs déficit foncier
Le déficit foncier, c'est simple : si vous possédez un appartement mis en location nue et que vous y faites des travaux, les travaux coûtent plus cher que les loyers perçus — vous êtes « en déficit ». Ce déficit s'impute sur votre revenu global, ce qui réduit votre revenu imposable et donc votre impôt. Plus votre TMI est élevé, plus chaque euro de travaux vous fait économiser d'impôt. La contrainte : il faut posséder un bien, y faire des travaux, et le louer nu. C'est une défiscalisation qui crée du patrimoine, pas une opération financière one-shot comme le Girardin.
Le déficit foncier (art. 156-I-3° CGI) est la défiscalisation immobilière la plus robuste fiscalement — déduction hors plafond, TMI-dépendante, avec un plafond annuel de 10 700 € sur le revenu global (21 400 € pour les travaux énergétiques depuis la LF 2023).
| Critère | Girardin industriel | Déficit foncier |
|---|---|---|
| Type d'avantage | Réduction IR (TMI-indépendant) | Déduction revenu (TMI-dépendant) |
| Plafond | 18 000 €/an | 10 700 € / 21 400 € travaux énerg. sur revenu global |
| Report | Non reportable | Revenus fonciers reportables 10 ans |
| Actif créé | Aucun | Immeuble locatif nu (IFI-taxable) |
| Condition | Aucune (achat d'une quote-part) | Travaux sur bien locatif nu |
| Durée | One-shot | Selon volume de travaux |
| CDHR | Peut neutraliser | Non ciblé (déduction réduit le RFR) |
| TMI 30 % : gain sur 10k€ | ~1 600 € (réduction) | ~3 000 € (déduction) |
| TMI 45 % : gain sur 10k€ | ~1 600 € (réduction) | ~4 500 € (déduction) |
Le verdict : pour un TMI ≥ 30 % avec des travaux disponibles sur un bien locatif nu, le déficit foncier est presque toujours supérieur au Girardin en gain fiscal. Mais le déficit foncier suppose de posséder un bien, d'y réaliser des travaux et de louer nu — contraintes absentes du Girardin qui se souscrit en quelques jours.
10. Girardin industriel vs Jeanbrun (art. 47 LF 2026)
Le Jeanbrun permet de déduire chaque année une fraction du prix du bien de vos revenus locatifs — c'est le principe de l'amortissement, comme une entreprise qui « déprécie » ses équipements. Autrement dit : vous achetez un appartement à 200 000 €, et pendant 9 ans, vous déduisez environ 9 000 €/an de vos revenus fonciers, ce qui réduit votre impôt chaque année. C'est discret mais puissant sur la durée — là où le Girardin agit en une seule fois.
Le dispositif Jeanbrun — entré en vigueur le 21 février 2026 — permet d'amortir les revenus locatifs sur un bien neuf ou ancien rénové, hors plafond des niches fiscales. C'est une déduction TMI-dépendante sur 9 ans.
| Critère | Girardin industriel | Jeanbrun |
|---|---|---|
| Type d'avantage | Réduction IR one-shot | Déduction (amortissement revenus fonciers) |
| Taux | Gain net 20–35 % de l'apport | 3,5–5,5 % par an sur 80 % du prix |
| Durée | One-shot (1 an) | 9 ans (engagement location) |
| Gain total estimé (10 ans TMI 41 %) | 1 600–2 000 € (one-shot) | ~15 000 € cumulé |
| Plafond niches | 18 000 €/an | Hors plafond |
| Actif créé | Aucun | Immeuble locatif (IFI-taxable) |
| Réintégration PV | Non | Oui — art. 150 VB III CGI |
| CDHR | Peut neutraliser | Non ciblé |
| Accessibilité | Dès 3 000 € | Prix d'un logement (neuf ou ancien) |
Jeanbrun : la réintégration PV à la revente
Le Jeanbrun comporte un piège souvent ignoré : lors de la revente, l'amortissement déduit est réintégré dans le calcul de la plus-value(art. 150 VB III CGI), ce qui augmente la PV imposable. Cela réduit l'avantage net réel pour les biens revendus avant 22 ans d'exonération totale. Le Girardin n'a pas cet inconvénient — il ne crée aucun actif revendable.
Verdict : le Jeanbrun et le Girardin ne s'opposent pas — ils se cumulent. Le Girardin offre une réduction immédiate sans patrimoine à gérer ; le Jeanbrun construit un patrimoine locatif avec un avantage fiscal étalé dans le temps. La stratégie optimale combine les deux sur plusieurs années.
11. Girardin industriel vs FCPI / SOFICA
La SOFICA, c'est l'investissement dans le cinéma français : vous financez des films, en échange de quoi l'État vous accorde une réduction de 40 à 48 % — mais votre argent est bloqué 5 ans et vous pouvez perdre une partie du capital si les films ne marchent pas. Le FCPI finançait l'innovation dans les PME (25 % de réduction) — mais le régime classique a été supprimé en 2026. Ces deux dispositifs partagent le même plafond de 18 000 € que le Girardin : vous ne pouvez pas les cumuler pleinement.
FCPI et SOFICA partagent avec le Girardin une caractéristique : le plafond dérogatoire de 18 000 €. Ils sont donc en compétition directepour ce même plafond.
| Critère | Girardin industriel | SOFICA | FCPI JEI (survivant LF 2026) |
|---|---|---|---|
| Taux de réduction | 110–135 % brut / 20–35 % net | 40–48 % | 25 % |
| Plafond | 18 000 €/an (dérogatoire) | 18 000 €/an (commun) | 24 000 € imposition / 6 000 € max réduction |
| Liquidité | Capital perdu (one-shot) | Bloqué 5 ans | Bloqué 8–10 ans (FCPI) |
| Risque de perte | Très faible (G3F) | Faible (films produits) | Élevé (PME/start-ups JEI) |
| Perspective capital | Aucune | Possible (résidus de droits) | Oui (valorisation start-ups innovantes) |
| CDHR | Peut neutraliser (art. 224 IV A 2) | Peut neutraliser (art. 224 IV A 2) | Peut neutraliser (art. 224 IV A 2) |
| Disponibilité 2026 | Oui — prorogé jusqu'au 31/12/2029 | Oui (peut-être dernière année — post-2026 incertain) | Oui (FCPI JEI uniquement — classique supprimé) |
Verdict : pour le plafond dérogatoire de 18 000 €, le Girardin industriel est supérieur à la SOFICA si votre objectif est le gain fiscal net le plus élevé possible. La SOFICA à 48 % semble plus généreuse en taux, mais l'argent est bloqué 5 ans avec un risque de perte partielle sur le capital — là où le Girardin est one-shot et ne crée aucun risque de capital (en cas de G3F solide).
12. Stratégie multi-ans : la roadmap optimale
Concrètement : vous n'êtes pas obligé de choisir un seul dispositif. L'optimisation fiscale se construit comme un portefeuille — on diversifie selon les contraintes de chaque année (revenus disponibles, projets, horizon, fiscalité). Le Girardin peut fonctionner comme une brique annuelle de court terme, combinée au PER (long terme) et au Jeanbrun (construction de patrimoine). Les deux tableaux suivants illustrent cette logique pour deux profils types.
La vraie question n'est pas « quel est le meilleur dispositif ? » mais « comment les combiner intelligemment sur plusieurs années ? »
12.1 Profil TMI 30 % — Horizon 10 ans
| Année | Dispositif | Budget | Économie IR estimée | Cumul |
|---|---|---|---|---|
| Année 1 | Girardin industriel (plafond 18k€) | 15 000 € | 18 000 € | 18 000 € |
| Année 2 | Girardin + PER 10 000 € | 12 000 € + 10k€ PER | 15 000 € + 3 000 € | 36 000 € |
| Années 3–5 | Girardin + Jeanbrun (1 bien) | 15 000 € + 200k€ logement | 18k€ + 2 700 €/an | +63 000 € |
| Années 6–9 | Girardin + Jeanbrun (suite) | 15 000 €/an | 18k€ + 2 700 €/an | +83 000 € |
| Total 10 ans | — | — | — | ~200 000 € d'économies |
12.2 Profil TMI 45 % sans CDHR — Horizon 15 ans
| Période | Dispositifs combinés | Économie IR annuelle estimée |
|---|---|---|
| Années 1–3 | Girardin 18k€ + PER 38 448 € + Jeanbrun 1 bien | ~18 000 + 17 300 + 3 200 = ~38 500 €/an |
| Années 4–8 | Girardin + Malraux (1 programme) + PER | ~18 000 + 30 000 + 17 300 = ~65 000 €/an |
| Années 9–15 | Girardin + PER + déficit foncier (travaux) | ~18 000 + 17 300 + 9 600 = ~44 900 €/an |
| Total 15 ans | — | ~650 000 € d'économies cumulées estimées |
En clair : sur 10 ans à TMI 30 %, la combinaison Girardin + PER + Jeanbrun peut générer environ 200 000 € d'économies fiscales cumulées, pour un budget annuel accessible (15 000 € de Girardin + PER + 1 logement Jeanbrun). Sur 15 ans à TMI 45 %, le levier monte à 650 000 € en incluant Malraux. Ces chiffres sont des estimations à titre illustratif, à adapter à chaque situation.
Avec CDHR active (RFR > 250 000 €) : remplacer Girardin ET Malraux
Si la CDHR est active, substituez le Girardin et le Malraux (tous deux sont des réductions IR ciblées par la CDHR) par des Monuments historiques (déduction 100 % hors plafond, véritablement hors CDHR car art. 156 bis = déduction) ou augmentez le PER et le déficit foncier. Ces déductions réduisent aussi le RFR, ce qui peut faire sortir progressivement de la zone CDHR et rendre le Girardin à nouveau efficace les années suivantes.
13. Cas pratiques chiffrés
Simuler votre stratégie de défiscalisation
Girardin industriel, PER, Malraux : notre simulateur calcule votre économie d'impôt selon votre profil.
Cas n°1 — Technicien, TMI 30 %, RFR 65 000 €
Situation : Clément, 38 ans, revenu fiscal de référence 65 000 €, IR net 12 000 €. Souhaite réduire son IR sans immobiliser de capital sur le long terme.
| Option | Investissement | Économie IR | Gain net / apport | Commentaire |
|---|---|---|---|---|
| Girardin industriel (T1, jan–fév) | 13 320 € | 18 000 € (plafond) | 18 000 / 13 320 = 35,1 % | Gain immédiat, argent non récupéré |
| PER | 10 000 € | 3 000 € | 30 % | Bloqué jusqu'à retraite |
| FCPI énergie | 10 000 € | 2 500 € | 25 % | Bloqué 8 ans, risque perte capital |
| Déficit foncier | 20 000 € travaux | 3 000 € | 15 % | Suppose un bien locatif nu |
Recommandation : Girardin industriel à 15 000 € pour capter le maximum du plafond dérogatoire. Si disponible, PER en complément pour la retraite. Le FCPI est inférieur en rendement et en liquidité.
Cas n°2 — Chirurgien libéral, TMI 45 %, RFR 290 000 € (CDHR zone grise)
Situation : Isabelle, 48 ans, chirurgienne, RFR 290 000 €, IR avant optimisation 100 000 €. CDHR potentiellement active (RFR entre 250 000 et 300 000 €).
Analyse : Taux effectif actuel = 100 000 / 290 000 = 34,5 % > 20 % → CDHR inactive. Après Girardin 18 000 €, IR = 82 000 € → taux 28,3 % > 20 % → CDHR toujours inactive. Le Girardin est efficace dans cette configuration.
| Stratégie | Économie IR totale | Actifs créés (IFI) | Commentaire |
|---|---|---|---|
| PER 38 448 € + Girardin 15 000 € | 17 300 + 18 000 = 35 300 € | Aucun | Optimal si CDHR non déclenchée |
| Malraux 100k€ travaux + Girardin | 30 000 + 18 000 = 48 000 € | Immeuble historique (IFI) | Meilleur si patrimoine immobilier toléré |
| Jeanbrun + Girardin 1 bien | 2 200/an + 18 000 = 20 200 € an 1 | Immeuble locatif (IFI) | Cumul possible sur 9 ans |
Cas n°3 — Dirigeant, TMI 45 %, RFR 420 000 € (CDHR active)
Situation : Laurent, 52 ans, dirigeant de SAS, RFR 420 000 €, IR avant optimisation 155 000 €. Taux effectif = 36,9 %. Après Girardin 18 000 € → IR = 137 000 € → taux = 32,6 % > 20 % → CDHR non déclenchée. Le Girardin reste efficace.
Si Laurent rajoute PER 38 448 € de déduction → revenu imposable réduit → IR après PER + Girardin = environ 101 000 € → taux 24 % > 20 %. Pas de CDHR. Stratégie optimale : PER max + Girardin 18 000 €.
Cas n°4 — Retraité, TMI 11 %, patrimoine immo 1,8 M€ (IFI)
Situation : Monique, 68 ans, retraitée, revenus nets 28 000 €/an, TMI 11 %, IR 1 500 €. Patrimoine immobilier 1,8 M€ → IFI 7 650 €/an.
Problème : IR insuffisant pour absorber une réduction Girardin de 18 000 €. Avec un IR de 1 500 € seulement, le Girardin serait limité à 1 500 € de réduction effective (non reportable). Le Girardin n'est pas adapté à ce profil.
Alternatives : dons 66 % (art. 200 CGI, non plafonné si reporté), travaux de rénovation énergétique sur les biens locatifs (déficit foncier 21 400 €), ou restructuration vers des actifs hors IFI (SCPI européennes via démembrement temporaire).
Cas n°5 — Couple, TMI 41 %, stratégie Girardin + Malraux sur 5 ans
Situation : Claire et François, 44 et 47 ans, RFR 220 000 € (couple), IR avant optimisation 75 000 €. Pas de CDHR (seuil couple = 500 000 €).
| Année | Girardin | Malraux (programme 4 ans) | PER chacun | Économie IR totale |
|---|---|---|---|---|
| Année 1 | 18 000 € | 25 000 € (83k€ × 30 %) | 8 200 € + 8 200 € | 59 400 € |
| Année 2 | 18 000 € | 25 000 € | 8 200 € + 8 200 € | 59 400 € |
| Année 3 | 18 000 € | 25 000 € | 8 200 € + 8 200 € | 59 400 € |
| Année 4 | 18 000 € | 25 000 € | 8 200 € + 8 200 € | 59 400 € |
| Année 5 | 18 000 € | 0 € (programme terminé) | 8 200 € + 8 200 € | 34 400 € |
| Total 5 ans | 90 000 € | 100 000 € | 82 000 € | 272 000 € |
Résultat : environ 272 000 € d'économies fiscales sur 5 ans, soit 54 400 €/an en moyenne. L'IFI est impacté par l'immeuble Malraux (taxable), mais la décote bien de rapport (art. 973 II CGI) mitige l'impact.
14. Tableau de décision : quel dispositif choisir ?
Ce tableau synthétise toutes les conclusions du guide en une lecture rapide selon votre profil. Repérez votre ligne, lisez les priorités recommandées et ce qu'il vaut mieux éviter dans votre situation. En cas de doute sur votre TMI ou votre RFR, consultez votre dernier avis d'imposition — le RFR est inscrit en haut, et le TMI peut être calculé à partir du barème officiel 2026.
| Profil | Priorité 1 | Priorité 2 | Éviter | Pourquoi |
|---|---|---|---|---|
| TMI 11–30 %, pas d'immo locatif | Girardin industriel | PER (horizon retraite) | Déficit foncier (pas de bien) | Girardin = seul dispositif efficace sans patrimoine ni TMI élevé |
| TMI 30–41 %, immo locatif nu possible | Girardin + déficit foncier | PER + Jeanbrun | SOFICA (argent bloqué 5 ans) | Cumul optimise les deux plafonds |
| TMI 45 %, pas de CDHR | PER max + Girardin | Malraux si programme dispo | FCPI (supprimé LF 2026) | PER à 45 % = très rentable ; Girardin en complément |
| TMI 45 %, CDHR active | PER max + Monuments historiques | Déficit foncier hors plafond | Girardin + Malraux (tous deux dans CDHR) | CDHR neutralise Girardin ET peut neutraliser Malraux ; seules les déductions (PER, MH art. 156 bis) sont à l'abri |
| IFI > 1,3 M€, souhaite pas d'immo | Girardin industriel | PER (UC non immobilières) | Malraux, Jeanbrun, déficit foncier | Seul Girardin ne crée aucun actif IFI |
| Patrimoine > 1,3 M€, accepte immo | Girardin + Malraux | PER + déficit foncier | SOFICA (peu flexible) | Malraux hors plafond + IFI gérable par décote bien de rapport |
| Retraité TMI bas, IR < 5 000 € | Dons 66 % + déficit foncier | PER si encore actif partiellement | Girardin (IR insuffisant) | IR trop faible pour absorber réduction Girardin |
La règle d'or : simulation personnalisée avant toute décision
Aucun tableau ne remplace une simulation personnalisée intégrant votre RFR exact, votre IR, vos éventuelles réductions déjà utilisées et votre patrimoine immobilier. La CDHR peut neutraliser un Girardin à la dernière minute si votre taux effectif s'approche du seuil de 20 %. Une erreur de calcul = un gain nul.
Analyser votre stratégie de défiscalisation
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15. Girardin industriel vs Monuments historiques
Les Monuments historiques, c'est la défiscalisation la plus puissante du droit français pour les contribuables avec un RFR élevé — et l'une des rares grandes déductions qui échappe à la fois au plafond des niches et à la CDHR (contrairement à Malraux qui est une réduction IR, donc ciblée par la CDHR malgré son statut hors plafond 200-0 A). Concrètement : vous achetez un immeuble classé ou inscrit, vous financez sa rénovation, et vous déduisez 100 % des travaux de votre revenu imposable — sans plafond. Pour un TMI 45 %, chaque euro de travaux vous rapporte 0,45 € de réduction d'impôt. L'inconvénient : les tickets d'entrée sont élevés (souvent > 300 000 €) et l'engagement est long (15 ans de propriété).
Les Monuments historiques (art. 122 et 156-I-2°ter CGI) sont régulièrement cités comme le substitut idéal au Girardin pour les contribuables affectés par la CDHR. C'est l'une des seules déductions hors plafond, véritablement hors CDHR(car déduction du revenu et non réduction IR), à 100 % des travaux. Notons que Malraux, bien que hors plafond 200-0 A, reste une réduction IR susceptible d'être ciblée par la CDHR (voir § 5.2) — les Monuments historiques échappent à cette contrainte. Voici une comparaison directe.
| Critère | Girardin industriel | Monuments historiques |
|---|---|---|
| Type d'avantage | Réduction IR one-shot | Déduction 100 % travaux sur revenu global |
| Base légale | Art. 199 undecies B CGI | Art. 122 + 156-I-2°ter CGI |
| Taux réel | Gain net 20–35 % de l'apport | 100 % des travaux × TMI (45 % → 45 €/100 € travaux) |
| Plafond niches | 18 000 €/an (dérogatoire) | Hors plafond — illimité |
| CDHR (art. 224) | Peut neutraliser (réduction IR dans liste CDHR) | Non ciblé ✅ — déduction du revenu (art. 156 bis) → gain intégral garanti |
| Budget travaux | N/A (apport 3 000–20 000 €) | Généralement 200 000–500 000 € (restauration complète) |
| Ticket d'entrée | À partir de 3 000 € | Généralement > 300 000 € (bien + travaux) |
| Engagement | One-shot (5 ans détention SNC) | 15 ans de propriété obligatoire (art. L143-4 patrimoine) |
| Actif créé | Aucun (SNC matériel outre-mer) | Immeuble classé ou inscrit (IFI-taxable) |
| Rendement locatif | Aucun (opération fiscale) | 2–3 % brut (loyers contraints par classement) |
| Risque | Opérateur / requalification fiscale | Chantier / permis / locataire / revente difficile |
| Horizon optimal | TMI 11–45 %, court terme | TMI 41–45 %, long terme (15 ans+) |
15.1 Mécanisme des Monuments historiques — ce que les concurrents omettent
La règle clé que peu de sites explicitent : le taux de déduction dépend de l'utilisation du bien. Si vous le louez (ou l'ouvrez au public), vous déduisez 100 % des travaux. Si vous l'occupez comme résidence principale, vous n'en déduisez que 50 % (mais sans obligation de location). Cette distinction change entièrement le calcul de rentabilité.
| Usage du bien classé/inscrit | Déductibilité travaux | Déductibilité charges | Contrainte |
|---|---|---|---|
| Bien loué (ou ouvert au public) | 100 % des travaux déductibles | 100 % des charges et intérêts | Engagement de location — durée libre |
| Résidence principale (occupé) | 50 % des travaux déductibles | 50 % des charges | Pas d'engagement locatif mais 15 ans de propriété |
| Usage mixte (occupé + loué partiellement) | Prorata occupation / location | Prorata | Calcul au prorata temporis |
Exemple — Monuments historiques loues, TMI 45 % Achat immeuble classe : 400 000 € Travaux de restauration : 200 000 € sur 2 ans (100 000 €/an) Annee 1 : deduction 100 000 € sur revenu global Economie IR = 100 000 € x 45 % = 45 000 € Annee 2 : meme calcul → economie 45 000 € Total economie sur 2 ans = 90 000 € Soit un retour fiscal de 45 % sur le montant travaux (vs 20–35 % Girardin one-shot) → Superieur au Girardin MAIS : ticket 600 000 €, engagement 15 ans, actif IFI
15.2 Quand les Monuments historiques dominent-ils le Girardin ?
- CDHR active (RFR > 250 000 €) : les Monuments historiques ne sont pas ciblés par la CDHR — le gain est intégral. Pour un contribuable dont le Girardin est partiellement neutralisé, les MH offrent un gain supérieur.
- TMI 41–45 %, budget travaux élevé : la déduction à 100 % appliquée au TMI 45 % donne un retour de 45 € pour 100 € de travaux — bien supérieur au Girardin.
- Patrimoine immobilier existant recherché : les MH permettent de constituer un patrimoine exceptionnel (immeuble de caractère) avec une forte valeur à terme — le Girardin ne crée aucun actif.
- Horizon 15+ ans : la contrainte de 15 ans est compatible avec une stratégie patrimoniale longue — elle déclenche même une plus-value potentielle sur un bien rare à la revente.
15.3 Quand le Girardin industriel reste-t-il supérieur aux Monuments historiques ?
- Budget limité (< 50 000 €) : le Girardin est accessible dès 3 000 €. Les MH nécessitent un capital minimum de 300 000–500 000 €.
- Horizon court terme : le Girardin est one-shot — pas d'engagement de 15 ans, pas de risque locatif ou de chantier.
- Contribuable IFI cherchant à ne pas alourdir son assiette :le Girardin ne crée aucun actif immobilier IFI-taxable. Les MH créent un immeuble taxable (bien que souvent peu valorisé pour l'IFI).
- TMI 30 % sans CDHR : le Girardin à 20–35 % est compétitif face aux MH (30 % × travaux vs 20 % de gain Girardin) — et sans les contraintes de chantier.
La stratégie ultime pour CDHR active : Monuments historiques + PER
Pour un contribuable avec RFR > 300 000 € et CDHR active, la combinaison optimale est : PER au maximum (déduction hors CDHR, réduit le RFR) + Monuments historiques (déduction 100 %, hors CDHR, hors plafond). Ces deux dispositifs conjugués peuvent réduire le RFR jusqu'au seuil de 250 000 € — rendant ainsi le Girardin à nouveau éligible les années suivantes. C'est une stratégie de sortie progressive de la zone CDHR.
Sources et références
- Art. 199 undecies B CGI — Girardin industriel (Legifrance)
- Art. 200-0 A CGI — Plafonnement des niches fiscales (Legifrance)
- Art. 224 CGI — Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) — LF 2025, pérennisée LF 2026
- Art. 163 quatervicies CGI — Plan d'épargne retraite (PER) — report porté à 5 ans par LF 2026
- Art. 199 tervicies CGI — Réduction Malraux — zones secteur sauvegardé et PVAP
- Art. 156-I-3° CGI — Déficit foncier — plafond 21 400 € travaux énergétiques depuis LF 2023
- Art. 31-I-1° i/j CGI — Dispositif Jeanbrun — art. 47 LF 2026 (loi n°2026-103, 21/02/2026)
- Art. 199 decies CGI — SOFICA — taux 40–48 %
- Art. 199 undecies C CGI — Girardin social (COM uniquement depuis LF 2018)
- BOFiP BOI-IR-RICI-80 — Commentaires administratifs réduction Girardin industriel
- LF 2026 (loi n°2026-103 du 21/02/2026) — Suppression FCPI classique, report PER 5 ans, CDHR pérennisée
Avertissement : Ce guide est à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les montants et taux mentionnés sont des estimations à titre d'illustration. Consultez un conseiller fiscal avant toute décision d'investissement. Hagnéré Patrimoine, CGP indépendant — CIF, COA, COBSP. Rémunération par rétrocommissions des partenaires producteurs (tarification compétitive).
