Vous partez vivre au Royaume-Uni ? Voici ce qu'il faut comprendre avant de signer
Publié le 29 avril 2026 — mis à jour pour la doctrine fiscale France-Royaume-Uni applicable en 2026 (convention 2008, Finance Act 2025, réforme IHT 6 avril 2025, PLF 2026). Sources légales détaillées en fin de section.
Vous venez d'accepter un poste à la City, ou vous y partez bientôt avec votre famille. Votre patrimoine français vous suit de loin : assurance-vie, PEA, locatif parisien, parts de holding, parfois actions ou stock-options en cours de vesting. Faut-il tout solder avant le départ ? Non.
Le Royaume-Uni de 2026 n'est plus celui d'avant. Le régime non-dom a disparu le 6 avril 2025. À la place, un sas de quatre ans (le régime FIG) qui exonère vos revenus étrangers — mais seulement si vous n'avez pas été résident UK depuis dix ans. L'Inheritance Tax, lui, ne se déclenche plus sur le domicile mais sur la résidence : au-delà de dix ans passés au UK, votre patrimoine mondial entre dans le champ des droits de succession britanniques à 40 %. Et un pied-à-terre à Mayfair en parallèle de votre résidence française peut empiler jusqu'à 17 % de droits d'enregistrement à l'achat.
Glossaire express — les sigles à connaître avant de lire ce guide
- SRT (Statutory Residence Test) : la grille officielle qui décide si vous êtes résident fiscal britannique (test à trois étages, en jours).
- FIG (Foreign Income and Gains) : un sas fiscal britannique de 4 ans qui exonère les revenus et plus-values étrangers. Créé en avril 2025 pour remplacer l'ancien statut « non-dom ».
- LTR (Long-Term Resident) : statut de résident installé de longue durée au sens des droits de succession britanniques. On le devient après 10 ans de résidence sur 20. À partir de là, le patrimoine mondial entre dans le champ de l'IHT (40 %).
- IHT (Inheritance Tax) : les droits de succession britanniques. Taux 40 % au-delà de £325 000 par personne.
- SDLT (Stamp Duty Land Tax) : les droits de mutation immobiliers UK. Pour un non-résident achetant un second logement, l'addition peut grimper à 17 % du prix.
- PPB (Personal Portfolio Bond) : règle anti-abus britannique. Si vous choisissez vous-même les titres dans votre assurance-vie luxembourgeoise, HMRC vous taxe chaque année 15 % de la valeur — taxation théorique mais bien réelle.
- NRCGT : l'impôt britannique sur la plus-value immobilière des non-résidents (18 / 24 %).
- SIPP / ISA / LISA : les enveloppes d'épargne britanniques (retraite, épargne libre, accession à la propriété).
- Convention 2008 : la convention fiscale France-UK du 19 juin 2008. Elle répartit qui taxe quoi entre les deux États.
- Convention 1963 : la convention spécifique aux successions, du 21 juin 1963. Toujours en vigueur en 2026.
Hagnéré Patrimoine cartographie qui taxe quoi entre la France et le Royaume-Uni, active les bons leviers (FIG 4 ans si vous êtes éligible, AV luxembourgeoise multi-devises souscrite avant le départ, exit tax 167 bis avec sursis anticipé) et sécurise votre transmission via une coordination notaire français + solicitor britannique — le UK n'étant pas partie au règlement européen 650/2012, un seul testament français ne suffit pas.
La bonne question n'est donc pas « faut-il tout vendre avant le départ ? », mais : quel pays a le droit d'imposer quoi, à quel moment, et avec quelles preuves ?
Le guide commence par la résidence fiscale et le Statutory Residence Test, puis active la convention 2008 pour départager France et UK. Vient ensuite le sort réel de votre patrimoine français — loyers, AV luxembourgeoise, PEA, IFI, succession. On enchaîne sur le pratique : régime FIG, immobilier UK et SDLT non-résident, retraite (SIPP, ISA), banques privées londoniennes. Et on termine par cinq cas concrets HNW, du cadre tech à Mayfair au dirigeant cédant à Belgravia.
Comptez 1 heure de lecture. À la fin, vous aurez une cartographie utilisable dès la semaine prochaine.
À retenir en 60 secondes
Premier point de bascule : la résidence fiscale. Elle se règle avec deux outils — le Statutory Residence Test britannique (test à étages, en jours UK) et l'article 4 de la convention 2008 côté arbitrage France-UK (foyer permanent → intérêts vitaux → séjour habituel → nationalité). À documenter dès la première année avec une attestation HMRC.
- Régime FIG 4 ans. Exonération UK des revenus et plus-values étrangers pendant 4 ans, pour qui n'a pas résidé UK depuis 10 ans. Claim annuel via SA109, perte de la personal allowance £12 570 (cf. §6).
- IHT — bascule du 6 avril 2025. L'Inheritance Tax suit désormais la résidence : au-delà de 10 ans sur 20, le patrimoine mondial entre dans le champ à 40 % (au-delà de £325 000, jusqu'à £1 M d'abattement combiné en couple). Queue fiscale 3 à 10 ans après le départ (cf. §10).
- Immobilier UK. Jusqu'à 17,3 % du prix sur un second logement non-résident (barème + 2 % NRS + 5 % HRAD), soit ≈ £864 000 sur un Mayfair £5 M (cf. §7.2).
- AV luxembourgeoise — piège du PPB regime. Taxation théorique annuelle de 15 % de la valeur si gestion personnalisée (FAS / FID classiques). À neutraliser en restructurant en fonds UCITS-only avant l'arrivée — et toujours souscrire avant le départ pour figer l'antériorité française (cf. §5).
- Succession et sécurité sociale. Convention successorale 1963 toujours en vigueur, mais le règlement européen 650/2012 ne couvre pas le UK — testament français avec professio juris et testament miroir anglais. Côté CSG/CRDS, le régime De Ruyter survit au Brexit via le protocole social du TCA : 7,5 % au lieu de 17,2 % sur justificatif S1 (cf. §3.2, §10).
- Départ — exit tax 167 bis CGI. UK hors UE/EEE : sursis non automatique, garanties à 30 % de la plus-value latente, délai de dégrèvement rétabli à 15 ans (PLF 2026, amendement I-807). À cadrer 12 mois avant le départ (cf. §15).
- Visas et retraite. Quatre voies HNW (Skilled Worker, Innovator Founder, Global Talent, Self-Sponsorship UK Ltd) — ≈ £45-50 k sur 5-6 ans pour une famille de 4. Côté retraite : State Pension £241,30/sem, SIPP £60 000/an, lump sum tax-free plafonné à £268 275 (cf. §9).
L'angle Hagnéré Patrimoine sur le dossier UK
Sur les dossiers UK HNW que nous accompagnons — cadres dirigeants tech à Mayfair, banquiers City et Canary Wharf, entrepreneurs cédants, retraités à Kensington ou Chelsea, UHNW combinant penthouse Belgravia et résidence Cap d'Antibes —, le socle revient toujours au même point. Une AV luxembourgeoise souscrite avant le départ pour figer l'antériorité française (PFL 7,5 % à 8 ans), puis restructurée en fonds collectifs UCITS-only pour échapper au PPB regime britannique (qui impose sinon 15 % de la valeur en gain théorique annuel). Multi-devises EUR/USD/GBP, super-privilège luxembourgeois intact. Et règle d'or : on ne rachète pas pendant la résidence UK — le FIG ne couvre pas les chargeable event gains de l'AV étrangère.
Vient ensuite la couche britannique, qu'on calibre selon le profil. Pour les Français ayant dix années consécutives de non-résidence UK, on active pleinement le FIG 4 ans via la self-assessment (SA109 + HS266) : exonération totale d'income tax et de CGT sur revenus et plus-values étrangers, fenêtre tactique pour cristalliser les plus-values latentes (« step-up »), distribuer les dividendes accumulés via holding française et purger un PEA. Anticipation impérative de la 5ᵉ année qui déclenche l'arising basis worldwide — soit on prépare un départ stratégique, soit on bascule en planification IHT pré-LTR.
La transmission se verrouille enfin par double dispositif. Un testament authentique français avec professio juris (loi française) + un testament miroir anglais (Wills Act 1837) coordonné avec un solicitor — le UK n'étant pas partie au règlement européen 650/2012, un seul testament ne suffit pas. On articule PETs (Potentially Exempt Transfers UK exonérés si le donateur survit 7 ans) avec donations françaises (abattement 100 000 € par enfant tous les 15 ans, art. 779 CGI) et clause bénéficiaire AV démembrée (art. 990 I CGI). Et l'exit tax 167 bis se cadre 12 à 18 mois avant le départ — le UK étant hors UE/EEE, sursis non automatique avec garanties à 30 %, et délai de dégrèvement rétabli à 15 ans par le PLF 2026.
Avertissement — portée juridique de ce guide
Cet article a une visée informative et pédagogique uniquement. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation fiscale, juridique ou notariale au sens des professions réglementées. Hagnéré Patrimoine est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 en qualité de CIF (Conseiller en Investissements Financiers — adhérent CNCEF Patrimoine), COA (Courtier en assurance) et COBSP (Courtier en opérations de banque et services de paiement).
Les règles fiscales France-UK dépendent de votre résidence effective, de la nature de vos revenus, de votre statut (FIG claimant, ancien non-dom, returning UK domiciled, EUSS settled status), de votre nationalité (notamment binational US — FATCA modèle 1 IGA 2012), de votre situation familiale et de l'évolution rapide du droit britannique post-Finance Act 2025 et post-Autumn Budget. Les exemples chiffrés sont indicatifs à la date de mise à jour (avril 2026), calculés sur la base des taux et seuils en vigueur, et ne constituent ni une promesse de résultat ni une garantie de traitement fiscal individuel — la fiscalité dépend des faits propres à chaque dossier.
Pour une stratégie adaptée à votre situation, faites valider votre dossier par un conseil professionnel réglementé : avocat fiscaliste France (Bredin Prat, Gide, FTPA, CMS Francis Lefebvre) + chartered tax adviser CTA UK ou solicitor spécialisé tax (Macfarlanes, Withers, Charles Russell Speechlys, Mishcon de Reya, Bryan Cave Leighton Paisner, PwC Private, Deloitte Private, EY Private, KPMG Private), et pour les questions successorales, notaire français coordonné avec un solicitor anglais habilité en private client. Les choix d'investissement comportent un risque de perte en capital ; les performances passées et hypothétiques ne préjugent pas des performances futures.
Références légales mobilisées dans ce guide
Ce guide s'appuie sur la convention fiscale France-Royaume-Uni du 19 juin 2008 (décret n° 2010-20 du 7 janvier 2010, JORF n° 0007 du 9 janvier 2010, entrée en vigueur 18 décembre 2009, BOFIP BOI-INT-CVB-GBR), modifiée par le MLI BEPS (Convention multilatérale OCDE — UK ratification 29 juin 2018, France 26 septembre 2018, application France-UK aux retenues à la source depuis 1ᵉʳ janvier 2019), la convention successorale France-UK du 21 juin 1963 (BOI-INT-CVB-GBR-20, toujours en vigueur), le Finance Act 2025 (c.8) Royal Assent 20 mars 2025 — Schedule 9 (FIG regime) et Schedule 13 (IHT residence- based), l'Income Tax (Trading and Other Income) Act 2005 (ITTOIA 2005) sections 515-526 (Personal Portfolio Bonds), l'Inheritance Tax Act 1984 modifié par FA 2025, le Finance Act 2013 Schedule 45 (Statutory Residence Test), la Lettre Circulaire CAA 26/1 du Commissariat aux Assurances Luxembourg (publiée 28 janvier 2026, en vigueur 1ᵉʳ février 2026), le Code général des impôts français édition 2026 (notamment articles 4 B, 119 bis, 150 VH bis, 155 B, 163 bis II, 167 bis avec délai 15 ans rétabli PLF 2026, 235 ter, 244 bis A, 750 ter, 757 B, 779, 784 A, 787 B, 792-0 bis, 793-2-2°, 796-0 bis, 964, 976, 990 I, 1736 IV bis), le règlement européen 650/2012 sur les successions internationales (UK opt-out + Brexit, application côté français uniquement, articles 4, 21, 22, 34), l'Accord de retrait UK-UE du 24 janvier 2020 et le TCA (Trade and Cooperation Agreement) du 24 décembre 2020 — Annex SSC-1 sécurité sociale, l'arrêt CJUE De Ruyter C-623/13 du 26 février 2015 (CSG/CRDS résidents UE/EEE, étendu UK via Accord de retrait), l'arrêt CJUE Picart C-355/16 du 15 mars 2018 (sursis exit tax résidents Suisse — applicable analogie UK), la décision QPC Conseil constitutionnel 2016-618 du 16 mars 2017 (sanction trusts 12,5 % annulée), la jurisprudence CA Paris 26 mai 2025 (article 784 A CGI favorable), CAA Versailles 19 octobre 2021 n° 20VE01265 (interprétation article 14 §6 conv. 2008 clause queue fiscale 6 ans), Conseil d'État 26 avril 2018 n° 417809 (qualification fiscale gains Bitcoin). Les articles précis sont cités au fur et à mesure dans le corps du guide.

À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — CIF, COA, COBSP, Carte T
Fondateur de Hagnéré Patrimoine, Quentin accompagne des familles HNW et UHNW (1 à 20 M€) qui s'installent au Royaume-Uni ou en repartent. Sa clientèle londonienne se concentre autour de Mayfair, Belgravia, Kensington, Chelsea, Hampstead et Notting Hill : cadres dirigeants tech, banquiers City et Canary Wharf, entrepreneurs cédants, retraités HNW, et patrimoines internationaux combinant Londres, Verbier, Cap d'Antibes ou Genève. Le cabinet articule la convention France-UK de 2008, la convention successorale de 1963 et le régime FIG 4 ans (Finance Act 2025) avec les outils français : assurance-vie luxembourgeoise multi-devises, holding IS, exit tax 167 bis et retour en France via le régime impatrié 155 B. Inscrit à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).
Une fois ce cadre posé, le point de départ reste toujours le même : déterminer si vous êtes résident fiscal français, résident fiscal britannique au sens du Statutory Residence Test, ou les deux à la fois selon les droits internes — avant que la convention 2008 ne tranche en cascade, et avant de choisir entre régime FIG 4 ans (si éligible) et arising basis worldwide selon votre profil (cadre, dirigeant, retraité, banquier, entrepreneur cédant).
1. Êtes-vous vraiment résident fiscal au Royaume-Uni ? Le Statutory Residence Test (SRT)
Tout dossier d'expatrié commence là : où êtes-vous résident fiscal ? Côté britannique, la réponse passe depuis le 6 avril 2013 par le Statutory Residence Test (SRT), codifié à la Schedule 45 du Finance Act 2013. Avant cette date, HMRC s'appuyait sur ses anciennes règles IR20 — floues, parfois discrétionnaires. Le SRT a tout remplacé par un test à trois étages, en cascade, avec des seuils précis en jours.
Côté français, l'article 4 B CGI définit le domicile fiscal selon trois critères alternatifs : le foyer (lieu de séjour principal), l'activité professionnelle principale, ou le centre des intérêts économiques. Si les deux pays vous considèrent résident, on bascule sur l'article 4 de la convention France-UK du 19 juin 2008 qui départage par paliers successifs : foyer permanent, puis centre des intérêts vitaux, puis séjour habituel, puis nationalité, et en dernier recours la procédure amiable.
1.1. Statutory Residence Test (SRT) UK — vue d'ensemble
Premier point à intégrer : le SRT s'applique sur l'année fiscale britannique (du 6 avril N au 5 avril N+1) et non sur l'année civile française. Le décalage joue dans la pratique, on y reviendra. La cascade fonctionne par étages dans un ordre fixe.
On commence toujours par les Automatic Overseas Tests : si l'un d'eux est rempli, vous êtes automatiquement non-résident — même si d'autres critères suggèrent l'inverse. Si aucun test overseas ne s'applique, on passe aux Automatic UK Tests ; là, le moindre test rempli vous rend résident UK. Ce n'est qu'en l'absence de test automatique d'un côté comme de l'autre qu'on enchaîne sur le Sufficient Ties Test, qui croise vos jours UK avec vos liens (ties) pour trancher.
Pour aller plus loin que ce guide, deux références à connaître : le RDR3 (« Statutory Residence Test : guidance note », guide HMRC public) et le manuel interne RFIG (Residence and FIG Manual).
1.2. Étage 1 — Automatic Overseas Tests (3 tests, non-résident si l'un rempli)
| Test | Condition | Cas typique |
|---|---|---|
| Test 1 — Leaver récent | Résident UK l'une des 3 années fiscales précédentes ET strictement moins de 16 jours UK dans l'année | Cadre français qui rentre en France après mission Londres et passe < 16 jours UK la 1ʳᵉ année fiscale post-départ |
| Test 2 — Arriver | Non-résident UK les 3 années fiscales précédentes ET strictement moins de 46 jours UK dans l'année | Français qui n'a jamais résidé UK et y passe < 46 jours par an : automatiquement non-résident |
| Test 3 — Full-time work overseas | Travail à plein temps à l'étranger sur l'année (≥ 35h/semaine en moyenne, sans interruption significative > 30 jours), strictement moins de 91 jours UK ET strictement moins de 31 jours travaillés (> 3 heures/jour) au UK | Senior VP français basé à Paris qui voyage souvent au UK pour business mais y travaille < 31 jours/an effectifs |
1.3. Étage 2 — Automatic UK Tests (3 tests, résident si l'un rempli)
| Test | Condition | Piège HNW |
|---|---|---|
| Test 1 — 183 jours | ≥ 183 jours UK dans l'année fiscale | Les jours UK comptent dès que vous êtes au UK à minuit (transit airport NON compté en général). Vigilance : les arrivées tardives + départs tôt comptent comme jours UK |
| Test 2 — Only home test | Le contribuable a une seule résidence/foyer disponible, située UK, pendant ≥ 91 jours consécutifs (dont ≥ 30 jours dans l'année), et soit pas de foyer à l'étranger soit moins de 30 jours passés dans le foyer étranger | Piège classique pour le célibataire qui vend sa maison française et garde uniquement son flat Londres : automatiquement résident UK même avec peu de jours sur place |
| Test 3 — Full-time work UK | Travail à plein temps au UK sur 365 jours consécutifs (≥ 75 % période avec ≥ 3 heures/jour ouvrable au UK) | Cadre dirigeant Skilled Worker visa employé à temps plein au UK : automatiquement résident UK dès le franchissement du seuil |
1.4. Étage 3 — Sufficient Ties Test (5 ties × jours UK)
Si aucun test automatic (overseas ou UK) n'est rempli, le SRT passe au Sufficient Ties Test : croisement entre le nombre de jours UK dans l'année fiscale et le nombre de ties (liens UK) du contribuable. Cinq ties existent — le 5ᵉ « country tie » ne s'applique qu'aux leavers (résidents UK l'une des 3 années précédentes) :
- Family tie : conjoint(e), partenaire civil ou enfant mineur résident UK durant l'année.
- Accommodation tie : disponibilité d'un logement UK pendant ≥ 91 jours consécutifs, utilisé au moins 1 nuit (16 nuits si propriété d'un proche).
- Work tie: ≥ 40 jours UK travaillés (> 3h jour) dans l'année.
- 90-day tie : ≥ 90 jours UK l'une OU les deux des 2 années fiscales précédentes.
- Country tie (leavers uniquement) : jours UK ≥ jours dans tout autre pays (le UK est le pays de présence dominant).
| Jours UK | Leavers (≥ 1 année UK sur 3 dernières) | Arrivers (0 année UK sur 3 dernières) |
|---|---|---|
| < 16 jours | Non-résident automatique (Overseas Test 1) | Non-résident automatique |
| 16 — 45 jours | Résident si ≥ 4 ties (sur 5) | Non-résident automatique (Overseas Test 2) |
| 46 — 90 jours | Résident si ≥ 3 ties | Résident si ≥ 4 ties (sur 4) |
| 91 — 120 jours | Résident si ≥ 2 ties | Résident si ≥ 3 ties |
| 121 — 182 jours | Résident si ≥ 1 tie | Résident si ≥ 2 ties |
| ≥ 183 jours | Résident automatique (UK Test 1) | Résident automatique |
1.5. Split Year Treatment — l'année charnière du déménagement
Pour l'année fiscale d'arrivée ou de départ, le SRT applique sous conditions un split year treatment (littéralement « traitement de l'année scindée ») qui coupe l'année en deux périodes — UK et overseas — pour éviter d'imposer le contribuable comme résident sur 12 mois entiers alors qu'il est arrivé ou parti en cours d'année. Huit cas (Cases 1-8) sont prévus à la Schedule 45 paragraphes 43-55 :
- Cases 1-3 — Départ du UK : commencement travail à plein temps à l'étranger (Case 1), partenaire d'un Case 1 (Case 2), cesser d'avoir un foyer UK (Case 3).
- Cases 4-8 — Arrivée au UK : commencer un foyer UK (Case 4), commencer travail à plein temps UK (Case 5), cesser un travail à plein temps à l'étranger (Case 6), partenaire d'un Case 4-7 (Case 7), arriver après séjour à l'étranger (Case 8).
Pour un Français HNW qui arrive à Londres en septembre 2026 et qui aura les conditions du Case 4 ou 5, l'année fiscale 2026/27 sera scindée : non-résident d'avril à septembre 2026, résident de septembre 2026 à avril 2027. Conséquence majeure : les revenus et plus-values étrangers réalisés avant le split point ne sont pas imposables au UK, ce qui ouvre une fenêtre tactique pour cristalliser des plus-values latentes à l'étranger juste avant la bascule UK.
1.6. Domicile fiscal français — article 4 B CGI
Côté France, l'article 4 B du CGI qualifie de domicilié fiscalement en France toute personne ayant en France : (1) son foyer ou son lieu de séjour principal (foyer = lieu de résidence habituelle de la famille à caractère permanent ; séjour principal = critère subsidiaire si pas de foyer, ≥ 183 jours/an), OU (2) son activité professionnelle principale, OU (3) son centre des intérêts économiques (centre de gestion du patrimoine, source des revenus principaux). Les critères sont alternatifs (un seul suffit) — la jurisprudence Conseil d'État du 17 juin 2015 n° 371412 confirme la primauté du centre des intérêts économiques pour les retraités HNW.
Depuis la loi de finances pour 2025 (article 73), la primauté du droit conventionnel sur le droit interne pour les impôts couverts par la convention 2008 est explicitement codifiée au CGI : un résident UK au sens de la convention n'est plus domicilié fiscalement en France pour ces impôts, même si les critères de l'article 4 B CGI seraient remplis. Cette clarification met fin à la pratique antérieure de l'administration française qui invoquait parfois 4 B CGI pour requalifier des résidents conventionnels UK.
1.7. Tie-breaker conventionnel — article 4 conv. 2008 (cas double résidence)
Si les deux pays vous qualifient résident (Français qui passe 180 jours UK + maintient son foyer en France), l'article 4 §2 de la convention 2008 départage en cascade :
- Foyer d'habitation permanent : disponibilité permanente, à votre disposition, dans un seul des deux États.
- Centre des intérêts vitaux (si foyer dans les deux États) : liens personnels et économiques les plus étroits. Pour HNW, c'est le critère le plus souvent mobilisé : famille, enfants, comptes bancaires opérationnels, gestion patrimoine, activité associative.
- Séjour habituel (si centre des intérêts vitaux inopérant) : où vous séjournez de façon habituelle dans la durée.
- Nationalité (si séjour habituel dans les deux).
- Procédure amiable entre administrations françaises et britanniques (très rare).
En pratique, pour un HNW qui s'installe à Londres avec famille et qui conserve une résidence secondaire en France : le foyer permanent est dans les deux États, le centre des intérêts vitaux bascule UK dès lors que les enfants y sont scolarisés et que les comptes bancaires opérationnels (current account, mortgage) sont au UK. Documenter scolarisation HMRC, bail / acte d'achat Mayfair, factures de services publics (council tax, gas/electric, water), abonnements (Netflix UK, Amazon Prime UK), médecin référent NHS (GP) est essentiel.
1.8. Visas et permis de séjour UK 2026 (post-Brexit)
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2021 (fin de la période de transition Brexit), les Français ne sont plus citoyens européens au UK et doivent obtenir un visa pour s'y installer plus de 6 mois. Six voies principales pour HNW français en 2026 :
| Visa | Conditions | Durée + ILR | Profil HNW français |
|---|---|---|---|
| Skilled Worker | Sponsor licence employeur UK + salaire min £41 700 (depuis 22 juillet 2025) ou going rate SOC code (le plus élevé). Postes RQF 6 graduate level depuis 22 juillet 2025 | 5 ans, ILR à 5 ans, fee £1 519 + IHS £1 035/an + naturalisation | Cadre dirigeant muté par groupe FR ayant filiale UK (BNP Paribas London, LVMH UK, EssilorLuxottica UK) |
| Innovator Founder | Endorsement par Envestors / UK Endorsing Services / Innovator International. Business plan innovant, viable, scalable. Pas de seuil d'investissement minimum | 3 ans + extensions, ILR à 3 ans (voie la plus rapide) | Entrepreneur tech / fintech / biotech créant entreprise UK. Ex-Tier 1 Investor reconvertis (cession + relocalisation) |
| Global Talent | Endorsement par Tech Nation, Royal Society, British Academy, Royal Academy of Engineering, Arts Council, UKRI. Pas de sponsor employeur | ILR à 3 ans (exceptional talent) ou 5 ans (exceptional promise). Fee £766 + IHS | Fondateurs / dirigeants tech reconnus (exit, levée > 5 M$, board), chercheurs, dirigeants d'asset management primés. Flexibilité maximale |
| High Potential Individual (HPI) | Diplôme ≤ 5 ans d'une université figurant sur la Global Universities List du Home Office (édition 2025, ~70 universités). Côté France : Institut Polytechnique de Paris (X / ENSAE), PSL (ENS), Sorbonne Université, Université Paris-Saclay. HEC Paris, Sciences Po et INSEAD ne sont PAS éligibles. Anglais B2 CEFR depuis 8 janvier 2026 | 2 ans (Bachelor/Master) ou 3 ans (PhD), non extensible. Doit basculer Skilled Worker pour ILR | Héritier / jeune professionnel diplômé qui veut tester le marché UK avant Skilled Worker / Innovator Founder |
| Self-Sponsorship via UK Ltd | Création UK Ltd avec sponsor licence + Director ou employé settled UK-based. Substance commerciale réelle, salaire min £41 700 | 5 ans, ILR à 5 ans (parcours Skilled Worker) | Entrepreneur français créant filiale UK ou holdco avec activité opérationnelle. Compliance lourde, risque refus si shell |
| EU Settlement Scheme (EUSS) | Français résidents UK avant 31 décembre 2020. Late applications encore acceptées en 2026 avec reasonable grounds. Règle 30/60 (30 mois sur 60) pour upgrade automatique | Settled Status à 5 ans (= équivalent ILR), gratuit, droit travail libre | Banquiers City installés pré-Brexit, dirigeants en poste depuis longtemps. Voie privilégiée si éligible |
Coût total Skilled Worker → ILR → naturalisation (5-6 ans, individuel, barèmes au 8 avril 2026) : ≈ £11 870 (visa £1 590 out of country >3 ans + IHS 5 ans £5 175 + ILR £3 226 + Life in UK Test £50 standard + anglais B1 SELT £200 + naturalisation £1 709 ceremony incluse selon nouveau barème Home Office). Pour Self-Sponsorship via UK Ltd, ajouter l'Immigration Skills Charge (ISC) £1 320/an (medium/large) ou £480/an (small/charitable) depuis le 16 décembre 2025, soit £6 600 supplémentaires sur 5 ans. Famille de 4 : ~£45-50 k. Innovator Founder est plus rapide (4 ans pour naturalisation) mais ajoute endorsement fee £1 000 + £500 par contact point meeting (12 et 24 mois).
Indefinite Leave to Remain (ILR) : conditions générales 5 ans (Skilled Worker, Self-Sponsorship, Spouse, Global Talent exceptional promise) ou 3 ans (Innovator Founder, Global Talent exceptional talent). Life in the UK Test (£50 standard ; £75 si réservation hors heures ouvrables, 24 questions, 75 % requis) + anglais B1 CEFR (passage à B2 prévu 26 mars 2027). Continuous residence : absences ≤ 180 jours par période de 12 mois glissants. ILR fee : £3 226 par personne depuis 8 avril 2026. IHS s'arrête à l'ILR.
British Citizenship / naturalisation : 12 mois après ILR (sauf conjoint de British citizen). Conditions : ≥ 5 ans résidence UK, absences ≤ 450 jours sur 5 ans / ≤ 90 jours sur 12 derniers mois, Life in UK Test, anglais, good character. Fee total adulte (barème 8 avril 2026) : £1 709 (ceremony incluse). Important : aucune Convention France-UK 1981 sur la double nationalité — la double nationalité repose sur le droit interne français (article 23-9 Code civil, autorisée depuis 1973) + British Nationality Act 1981 (loi UK unilatérale). La France a dénoncé la Convention de Strasbourg 1963 sur la réduction des cas de pluralité de nationalités (effet 5 mars 2009). Donc cumul France/UK sans perte de nationalité française.
Pièges classiques sur la résidence fiscale UK
Sur les dix premiers dossiers SRT que nous avons traités cette année, trois erreurs reviennent presque systématiquement. La plus banale : confondre année civile et année fiscale UK. L'année fiscale britannique va du 6 avril au 5 avril de l'année suivante — c'est crucial pour le décompte des jours, le SA100, et l'articulation avec le fiscal français qui, lui, tourne sur l'année civile.
Vient ensuite le test « only home » : le Français célibataire qui vend Paris et ne garde qu'un flat à Londres bascule automatiquement résident UK, même avec très peu de jours sur place. La parade tient en une phrase : conserver une résidence française (location ou secondaire) pendant la phase de transition. Et puis le décompte des jours UK lui-même — qui se compte à minuit. Le voyageur d'affaires arrivé en soirée et reparti le lendemain matin a passé 1 jour UK, pas zéro. Les transit airport ne comptent pas en général, sauf nuit hors transit. Boarding pass, hôtel, calendrier : on documente.
- 90-day tie souvent oublié : ce tie regarde les 2 dernières années — une expatriation longue avec retour ponctuel en France peut suffire à faire basculer en résident UK l'année suivante.
- Visa Skilled Worker ≠ résidence fiscale UK : la résidence dépend du SRT, pas du visa. Un Skilled Worker en mission 9 mois UK + 3 mois France peut rester non-résident UK — rare en pratique car le full-time work UK est généralement déclencheur, mais le cas existe.
- LTR (Long-Term Resident IHT) vs résidence SRT : le LTR pour l'Inheritance Tax (10 années sur 20) se cumule sur la durée. Dix ans de résidence UK = LTR pour IHT, patrimoine mondial dans le champ IHT 40 % au décès, plus une tail provision de 3 à 10 ans après départ.
Une fois la résidence fiscale UK confirmée par le SRT et documentée par un HMRC Certificate of Residence (Form 8802 / NRL1 gross status / SA100 self-assessment), l'étape suivante est d'activer la convention 2008 article par article pour chaque catégorie de revenu et de patrimoine.
2. Convention France-Royaume-Uni du 19 juin 2008 + MLI BEPS : la mécanique article par article
La convention fiscale France-Royaume-Uni du 19 juin 2008 est le texte qui répartit le droit d'imposer entre les deux États. Elle remplace la convention de 1968 et s'applique aux revenus français depuis le 1ᵉʳ janvier 2010 (dates différentes au UK selon les impôts).
Pour les juristes, voici les références exactes : loi d'autorisation n° 2009-1471 du 2 décembre 2009, décret de publication n° 2010-20 du 7 janvier 2010 (JORF n° 0007 du 9 janvier 2010), entrée en vigueur le 18 décembre 2009. Le BOFIP BOI-INT-CVB-GBR et ses sous-séries (10-10 Résidence, 10-20 Règles d'imposition, 10-30 Élimination double imposition, 20 Successions) en commentent l'application côté français.
Aucun avenant bilatéral n'est entré en vigueur entre 2008 et avril 2026. En revanche, la convention a été modifiée par la Convention multilatérale BEPS (MLI) — qui ajoute notamment le principal purpose test à l'article 7. C'est un point souvent oublié : les schémas qui n'ont pour but que d'optimiser la convention sont désormais opposables.
2.1. Architecture générale de la convention 2008
- Article 1 — Personnes visées (résidents d'un ou des deux États).
- Article 2 — Impôts visés (IR français + IS, contributions sociales sur revenus du capital ; income tax UK, corporation tax, capital gains tax — y compris IHT/Droits de succession via convention 1963 séparée).
- Article 4 — Résidence (cf. section 1.7 tie-breaker : foyer permanent → centre des intérêts vitaux → séjour habituel → nationalité).
- Article 5 — Établissement stable (PE).
- Article 6 — Revenus immobiliers (loi de situation).
- Article 11 — Dividendes (RAS plafonnée).
- Article 12 — Intérêts (résidence du bénéficiaire effectif).
- Article 13 — Redevances (résidence du bénéficiaire effectif).
- Article 14 — Plus-values (immobilières et mobilières).
- Article 15 — Salaires (règle des 183 jours).
- Article 17 — Artistes et sportifs.
- Article 18 — Pensions privées (résidence du bénéficiaire).
- Article 19 — Rémunérations et pensions publiques (État payeur).
- Article 24 — Élimination de la double imposition (méthode mixte côté France, foreign tax credit côté UK).
- Article 27 — Échange de renseignements (étendu aux renseignements bancaires, conforme à OCDE 2005).
2.2. Convention modifiée par le MLI BEPS — application France-UK
Le UK et la France ont tous deux listé la convention France-UK 2008 comme Covered Tax Agreement (CTA) du MLI. Dépôt des instruments de ratification : RU 29 juin 2018, France 26 septembre 2018. Entrée en vigueur du MLI : RU 1ᵉʳ octobre 2018, France 1ᵉʳ janvier 2019. Prise d'effet pour la convention France-UK : retenues à la source à compter du 1ᵉʳ janvier 2019 ; autres impôts pour les exercices ouverts à compter du 1ᵉʳ août 2019 (côté France) / 1ᵉʳ avril 2020 (côté UK pour income tax et CGT).
Dispositions MLI applicables à la convention France-UK :
- Article 6 MLI — Nouveau préambule (intention anti-abus).
- Article 7 MLI — Principal Purpose Test (PPT) : option par défaut adoptée par les deux États. Un avantage conventionnel est refusé si l'obtention de cet avantage était l'un des objets principaux du montage, sauf si l'octroi est conforme à l'objet et au but de la disposition. Crucial pour les structures de holdings et les restructurations transfrontalières.
- Article 16 MLI — Procédure amiable étendue (3 ans pour saisir l'autorité compétente).
- Article 17 MLI — Ajustements corrélatifs.
- Pas d'article 4 MLI (résidence des personnes autres que physiques par procédure amiable) — les deux États ont émis des réserves.
Source officielle : « Synthesised text of the MLI and the 2008 France-UK Double Taxation Convention » publié par HMRC en mai 2019 (texte synthétisé intégrant les modifications MLI dans le texte d'origine).
2.3. Application pratique par catégorie de revenu (résident fiscal UK)
| Revenu de source française | Article | Règle conventionnelle | Pratique 2026 |
|---|---|---|---|
| Loyers immeubles France | Article 6 + 24 | Imposable en France (État de situation des immeubles) | IR français barème ou taux mini 20 %/30 % ; PS 7,5 % seulement (résident UK affilié NHS, exonération CSG/CRDS post-Brexit via Accord de retrait + TCA Annex SSC-1) ; crédit UK = impôt français correspondant (méthode tax sparing article 24-1-b) |
| Salaires exercés en France | Article 15 | Imposable en France si > 183 jours sur 12 mois OU employeur français OU charge supportée par PE français. Sinon État de résidence (UK) | Si conditions remplies : retenue à la source PAS française (article 182 A CGI), crédit UK selon article 24 |
| Dividendes français → résident UK | Article 11 | RAS plafond 15 % (portfolio dividends) ; 0 % si bénéficiaire société UK détenant ≥ 10 % du capital ; 15 % spécifique REIT/SIIC/OPCI < 10 % | RAS française réduite à 12,8 % (taux interne) ou 15 % (plafond conventionnel — atteint en pratique pour gros versements) via formulaire 5000-FR / 5001-FR ; crédit UK selon article 24-1-b |
| Intérêts français | Article 12 | Imposables uniquement au UK (RAS = 0 %) | Demande exonération RAS française via formulaire 5000-FR. Sous régime FIG 4 ans : 0 % UK. Hors FIG : barème UK 20/40/45 % |
| Redevances françaises | Article 13 | Imposables uniquement au UK | Idem intérêts. Royalties artistiques, brevets, licences, droits d'auteur |
| Plus-values immobilières France | Article 14 §1-2 | Imposables en France (immeubles + sociétés à prépondérance immobilière > 50 % actif en immeubles → 244 bis A CGI) | PV taux 19 % + PS 7,5 % (résident UK affilié NHS) ; représentant fiscal accrédité maintenu pour résidents UK depuis Brexit (sauf dispense BOI-RFPI-PVINR) ; crédit UK selon article 24 |
| Plus-values mobilières (titres FR) | Article 14 §4-6 | Imposables uniquement au UK SAUF SPI (§2) et clause § 6 « ancien résident » (queue fiscale 6 ans) | Si départ FR → UK depuis < 6 ans, France peut imposer (article 14 §6 — CAA Versailles 19 octobre 2021 n° 20VE01265). Exit tax 167 bis CGI applicable. Sous FIG 4 ans : 0 % UK |
| Pensions privées (CNAV, AGIRC-ARRCO, Madelin, PER en rente) | Article 18 | Imposables uniquement au UK (État de résidence) | Demande exonération RAS française via formulaire 5000-FR. Côté UK : barème IR + sur le capital LSA £268 275 tax-free (si PCLS UK). Pendant FIG 4 ans : foreign income exonéré, mais non applicable aux pensions UK locales |
| Pensions publiques françaises (fonctionnaires, militaires) | Article 19 | Imposables uniquement en France (État payeur), SAUF si bénéficiaire résident ET national britannique sans être également national français | Demeurent imposables en France pour la majorité des binationaux. Renoncer à la nationalité française n'est presque jamais opportun |
| Crypto-actifs (BTC, ETH, etc.) | Article 14 §4 (résiduel) | Imposables uniquement au UK (assimilation OCDE aux biens incorporels mobiliers) | HMRC CRYPTO22600 : situs des crypto-actifs suit la résidence du beneficial owner → tout résident UK est imposable UK CGT 18-24 %, AEA £3 000. Le FIG 4 ans NE COUVRE PAS les gains crypto. Clause queue fiscale 6 ans applicable côté France si ex-résident |
2.4. Article 14 §6 — clause queue fiscale 6 ans
L'article 14 §6 de la convention 2008 prévoit une clause de « queue fiscale » de 6 ans rare et spécifique à cette convention : un État conserve le droit d'imposer les plus-values réalisées par une personne qui y a été résidente à un moment quelconque au cours des 6 années fiscales précédant la cession. Cette clause vise à éviter l'expatriation tactique pour purger des plus-values mobilières latentes juste avant cession.
Concrètement, un Français qui s'expatrie au UK en 2026 et qui cède en 2028 (2 ans plus tard) ses parts d'une SAS française valorisées avec une PV de 5 M€ : la France peut imposer la plus-value (résidence française au cours des 6 années précédant 2028). La clause s'articule avec l'exit tax 167 bis CGI qui prélève la PV au moment du départ avec sursis 15 ans (PLF 2026). Référence jurisprudence CAA Versailles 19 octobre 2021 n° 20VE01265 (interprétation favorable au contribuable sur le décompte des 6 ans).
2.5. Article 24 — méthode d'élimination de la double imposition
L'article 24 de la convention 2008 retient une méthode mixte côté France selon le type de revenu :
- Article 24-1-a — méthode du crédit d'impôt français (« tax sparing ») : pour les revenus imposables au RU selon la convention (loyers UK, salaires UK, etc.), la France octroie un crédit égal à l'impôt français correspondant (et non l'impôt UK effectivement payé). Effet équivalent à une exemption avec progressivité.
- Article 24-1-b — crédit d'impôt classique : pour les dividendes / intérêts / redevances / plus-values mobilières, crédit d'impôt égal à l'impôt britannique effectivement payé, plafonné à l'impôt français correspondant.
- Côté RU : crédit d'impôt classique (foreign tax credit) imputable sur l'impôt UK calculé sur les mêmes revenus.
Pour un résident UK qui perçoit des loyers de son immeuble parisien, la double imposition est intégralement neutralisée côté UK par le crédit conventionnel. Pour un résident France qui perçoit des loyers d'un bien londonien, la France impose en intégrant les revenus dans le revenu mondial (méthode du « taux effectif ») mais accorde un crédit égal à l'IR français correspondant — neutralisation totale en pratique, mais maintien de la progressivité globale.
2.6. Article 27 — échange de renseignements + CRS + CARF
L'article 27 de la convention 2008 (échange de renseignements sur demande, élargi par le MLI) est complété en pratique par trois dispositifs multilatéraux :
- CRS (Common Reporting Standard) : échange automatique annuel des données bancaires entre administrations fiscales. UK et France échangent depuis 2017 (premier échange en 2018 sur données 2017). Comptes bancaires UK détenus par résidents français déclarés automatiquement à la DGFiP, et réciproquement.
- MAC (Convention multilatérale d'assistance administrative en matière fiscale) du Conseil de l'Europe / OCDE — coordination entre administrations.
- CARF (Crypto-Asset Reporting Framework) de l'OCDE : le UK signataire de l'engagement multilatéral (novembre 2023). Législation secondaire UK publiée le 25 juin 2025, entrée en vigueur 1ᵉʳ janvier 2026 (collecte des données). Premier reporting RCASPs (Reporting Crypto-Asset Service Providers) à HMRC : 31 mai 2027 pour l'année calendaire 2026. Premier échange international UK ↔ France : à partir de 2027. EU DAC8 applicable au 1ᵉʳ janvier 2026 en parallèle.
Conséquence pour les Français HNW résidents UK : tout compte bancaire, contrat d'assurance, compte d'actifs numériques détenu au UK est automatiquement déclaré à la DGFiP. L'opacité est définitivement révolue. Pour les résidents fiscaux français l'année du départ ou du retour, l'obligation de déclaration 3916 / 3916-bis (formulaire annexe à la 2042) reste pleinement applicable — sanction 1 500 € par compte non déclaré.
Pièges classiques sur la convention 2008
- Confondre articles 18 et 19 : article 18 = pensions privées (CNAV, AGIRC-ARRCO, retraites complémentaires) imposées dans l'État de résidence ; article 19 = pensions PUBLIQUES (fonctionnaires, militaires) imposées dans l'État payeur. Erreur fréquente — attention aux retraités fonctionnaires qui s'installent UK : leur pension reste imposable en France.
- Sous-estimer la clause queue fiscale article 14 §6 : la France peut imposer les plus-values mobilières d'un ex-résident pendant 6 ans après le départ. Cumulée à l'exit tax 167 bis avec délai 15 ans rétabli (PLF 2026), l'expatriation tactique pour cession devient quasi inopérante.
- Oublier que le UK n'est plus dans l'UE : depuis Brexit, plusieurs régimes français spécifiques aux résidents UE ne s'appliquent plus aux résidents UK (notamment représentant fiscal accrédité maintenu pour cession immobilière française > 150 k€). Mais l'exonération CSG/CRDS via l'Accord de retrait UK-UE et le TCA est maintenue pour les affiliés NHS — point d'équilibre.
- Article 7 MLI Principal Purpose Test (PPT) : un Français HNW qui crée une holding UK uniquement pour bénéficier de l'article 11 (RAS dividendes 0 % à 10 % participation) sans substance économique réelle peut se voir refuser l'avantage conventionnel par PPT. Substance économique (bureau, employés, gouvernance UK) indispensable.
- Méconnaître les jurisprudences récentes : CAA Versailles 19 octobre 2021 n° 20VE01265 (interprétation article 14 §6), CA Paris 26 mai 2025 (jurisprudence 784 A CGI favorable pour crédit d'impôt étranger). Ces jurisprudences peuvent changer le calcul d'un dossier de plusieurs centaines de milliers d'euros.
Avec la convention 2008 et le MLI BEPS comme cadre de base, l'étape suivante est d'examiner ce que devient concrètement votre patrimoine resté en France une fois la résidence UK confirmée — loyers, dividendes, plus-values immobilières, IFI, et le maintien (ou non) de l'exonération CSG/CRDS post-Brexit.
3. Que devient le patrimoine resté en France ? (CSG/CRDS post-Brexit, IFI, représentant fiscal)
Une fois la résidence fiscale UK confirmée par le SRT et la convention 2008 activée, votre patrimoine français continue de produire des revenus (loyers, dividendes, intérêts, SCPI) et reste exposé à plusieurs prélèvements français : IR non-résident, prélèvements sociaux, IFI, droits de mutation à titre gratuit. Brexit a complexifié la grille post-1ᵉʳ janvier 2021 : certains régimes UE ont disparu (Schengen, libre prestation de services), d'autres ont été préservés via l'Accord de retrait UK-UE du 24 janvier 2020 et le TCA (Trade and Cooperation Agreement) du 24 décembre 2020 — Annex SSC-1 sécurité sociale.
3.1. Loyers et plus-values immobilières françaises
L'article 6 de la convention 2008 impose les revenus immobiliers dans l'État de situation. Vos loyers d'un appartement à Paris ou d'une SCI française restent imposables en France au barème progressif IR pour non-résidents (avec taux minimum de 20 % jusqu'à 29 315 € puis 30 % au-delà), sauf option pour le taux moyen plus favorable (article 197 A CGI) si vous démontrez que votre revenu mondial vous donnerait un taux moyen inférieur. Côté UK, l'article 24-1-b applique le crédit d'impôt français — neutralisation effective de la double imposition.
Plus-values immobilières françaises (article 14 §1-2 conv. 2008 + article 244 bis A CGI) : taux 19 % + prélèvements sociaux (cf. ci-dessous). La cession d'un bien français par un résident UK déclenche également le représentant fiscal accrédité obligatoire dès que le prix dépasse 150 000 € par cédant et détention < 30 ans (article 244 bis A III bis CGI). Le UK étant désormais hors UE/EEE depuis Brexit, la dispense automatique des résidents UE/EEE ne s'applique pas. Coût habituel du représentant : 0,4 à 1 % du prix de vente. Le notaire ne peut signer l'acte sans désignation.
3.2. CSG / CRDS post-Brexit — exonération maintenue pour résidents UK affiliés NHS
L'arrêt CJUE De Ruyter du 26 février 2015 (C-623/13) a établi que la CSG et la CRDS sur revenus du patrimoine entrent dans le champ matériel des règlements de coordination de sécurité sociale (1408/71 puis 883/2004). Conséquence : les affiliés à un régime obligatoire UE/EEE/Suisse étaient exonérés de ces contributions sur leurs revenus immobiliers et mobiliers français. Les résidents UK affiliés NHS bénéficiaient pleinement de cette exonération avant Brexit.
L'exonération CSG/CRDS a-t-elle survécu au Brexit pour un résident UK ? Oui, et cela tient à deux textes :
- Accord de retrait UK-UE du 24 janvier 2020 : maintien intégral des droits acquis pour les Français résidents UK avant le 31 décembre 2020 (et réciproquement) — application du règlement 883/2004 sans modification.
- TCA — Protocole de coordination de sécurité sociale (Annex SSC-1) : reprend largement le 883/2004 en matière de coordination pour les nouveaux migrants post-2021. Le principe d'unicité de législation sociale est préservé : un résident UK affilié NHS ne peut être assujetti qu'à un seul régime de sécurité sociale (le britannique).
La doctrine BOFIP (BOI-RFPI-PVINR-20-20) et la pratique de l'administration fiscale française confirment l'application de l'exonération CSG/CRDS pour les résidents UK pouvant produire un certificat d'affiliation NHS (form S1 ou attestation HMRC/DWP). Cases déclaratives 8SH (déclarant 1) / 8SI (déclarant 2) sur la déclaration 2042 C, justificatif S1 NHS obligatoire chaque année.
Mais le prélèvement de solidarité 7,5 % reste dû (article 235 ter CGI). Ce prélèvement créé par la LFSS 2019 (Loi n° 2018-1203 du 22 décembre 2018, article 26) finance le budget général de l'État, pas la sécurité sociale, et n'est pas couvert par le règlement 883/2004. La jurisprudence CJUE Jahin C-45/17 du 18 janvier 2018 a validé ce prélèvement même pour les résidents extra-UE.
| Statut du contribuable | CSG 9,2 % | CRDS 0,5 % | Prélèvement solidarité 7,5 % | Total |
|---|---|---|---|---|
| Résident France | Oui | Oui | Oui | 17,2 % |
| Résident UK affilié NHS (S1 produit) | Non | Non | Oui | 7,5 % |
| Résident UK NON affilié NHS (cas rare) | Oui | Oui | Oui | 17,2 % |
| Résident UE/EEE/Suisse affilié régime local | Non | Non | Oui | 7,5 % |
3.3. IFI non-résident — immobilier français au-delà de 1,3 M€
L'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI, articles 964 à 980 CGI) frappe les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1 300 000 € au 1ᵉʳ janvier de l'année d'imposition. Pour un résident fiscal UK, l'IFI ne porte pas sur l'immobilier mondial (contrairement au résident français), mais uniquement sur :
- Les biens et droits immobiliers situés en France (résidence conservée, locatif, SCI française détenant immobilier France).
- Les parts de SCPI françaises (au prorata de l'immobilier sous-jacent en France).
- La fraction immobilière française de certains contrats (assurance-vie en unités de compte immobilières françaises, OPCI français).
- Les parts de sociétés à prépondérance immobilière française (article 990 D CGI) — y compris parts de fonds privés type FPI.
L'immobilier acquis au UK (Mayfair, Belgravia, Kensington, Chelsea, Hampstead, etc.) reste hors champ de l'IFI français tant que vous êtes non-résident fiscal français. Mais attention : au retour France, l'article 964 CGI prévoit un régime des nouveaux résidents — IFI limité aux biens immobiliers situés en France pendant les 5 années suivant l'installation, puis IFI mondial à partir de la 6ᵉ année.
Quand l'immobilier français dépasse 1,3 M€, la marge d'optimisation IFI passe par un rééquilibrage progressif. Trois leviers tiennent la route en pratique : les SCPI européennes(immeubles hors France, donc hors champ IFI), les parts de groupements forestiers (GFI / GFF) — exonérés à 75 % par l'article 976 II CGI jusqu'à 101 897 €, puis 50 % au-delà — et les contrats de capitalisation luxembourgeois sur supports non immobiliers français. Le détail des arbitrages est en section 8.
3.4. Dividendes et intérêts français — RAS conventionnelle
Les dividendes français versés à un résident UK supportent une retenue à la source française plafonnée par l'article 11 conv. 2008 :
- 15 % maximum pour les portfolio dividends (associé personne physique). Le taux interne français (12,8 % PFU, ou 25 % si non-résident sans formulaire 5000) est plafonné par la convention.
- 0 % en régime mère-fille si le bénéficiaire est une société UK détenant ≥ 10 % du capital de la société française distributrice.
- 15 %spécifique pour les véhicules immobiliers (REIT/SIIC/OPCI) lorsque détention < 10 % ; au-delà, imposition selon le droit interne français (pas de plafond conventionnel).
Procédure pratique : remise du formulaire 5000-FR / 5001-FR au teneur de compte / établissement payeur français. Sans ce formulaire, retenue à la source de 25 % (taux interne par défaut), puis remboursement de la différence avec demande au SDNR (Service des Impôts des Non-Résidents) — délai 6-18 mois. Côté UK : crédit d'impôt selon article 24-1-b conv. 2008 sur l'IR UK correspondant. Pendant le régime FIG 4 ans : 0 % UK sur les dividendes étrangers.
Les intérêts français (article 12 conv. 2008) sont imposables uniquement au UK — RAS française = 0 %. Demande d'exonération via formulaire 5000-FR auprès du payeur.
3.5. Pensions privées françaises pour résident UK
Vos pensions privées françaises (CNAV, AGIRC-ARRCO, Madelin, PER en rente) sont imposables uniquement dans l'État de résidence (UK) en application de l'article 18 conv. 2008. La France cesse de prélever et exonère les CSG/CRDS/CASA au titre de l'article L. 136-1 et L. 136-6 du Code de la sécurité sociale (exonération totale pour retraités domiciliés fiscalement hors de France). Demande d'exonération RAS française via formulaire 5000-FR. Côté UK, taxation au barème IR avec abattement personnel £12 570 (sauf claim FIG qui le supprime).
Attention pour les pensions publiques françaises (fonctionnaires, militaires) : article 19 conv. 2008 — imposition exclusive en France (État payeur), sauf si bénéficiaire résident ET national britannique sans être également national français. Pour la grande majorité des binationaux franco-britanniques, la pension publique française reste imposable en France. Renoncer à la nationalité française pour basculer cette pension UK est rarement opportun.
3.6. Comptes bancaires français et déclaration 3916 / 3916-bis
Si vous restez résident fiscal français l'année du départ ou l'année du retour, vous devez déclarer tous vos comptes ouverts au UK (banques HSBC UK, Barclays, NatWest, Lloyds, Coutts, JP Morgan UK, etc.) ainsi que vos contrats d'assurance et comptes d'actifs numériques sur le formulaire 3916 / 3916-bis (annexe à la 2042). Sanction : 1 500 € par compte non déclaré (article 1736 IV CGI), portée à 10 000 € si l'État n'a pas conclu d'accord d'assistance — non applicable au UK qui a une convention d'assistance et le CRS depuis 2017.
Si vous êtes non-résident fiscal français (résident UK confirmé par le SRT et la convention 2008), cette obligation française ne vise plus vos comptes UK. Mais le CRS (Common Reporting Standard) est actif depuis 2017 entre UK et France — vos comptes UK sont automatiquement déclarés à la DGFiP par les banques britanniques.
Pièges patrimoine français pour résident UK
- Oublier le justificatif S1 NHS chaque année : sans ce certificat, l'exonération CSG/CRDS est refusée par défaut → 17,2 % au lieu de 7,5 %. Pour un patrimoine immobilier français rapportant 100 k€/an de loyers, l'écart est de 9 700 €/an.
- Sous-estimer le représentant fiscal accrédité : pour la cession d'un bien français à 1,5 M€ par un résident UK, le coût du représentant accrédité (0,4 à 1 %) est de 6 000 à 15 000 € — à anticiper dans le calcul de rentabilité de la vente.
- Penser que l'IFI ne s'applique pas: un résident UK avec une résidence parisienne 2 M€ + 300 000 € de SCPI françaises a un patrimoine immobilier français net > 1,3 M€, donc IFI applicable. Optimisation obligatoire (GFF, SCPI européennes, démembrement).
- Ignorer la clause queue fiscale 6 ans (article 14 §6 conv. 2008) : un Français qui s'expatrie au UK pour purger une plus-value mobilière française dans les 6 ans qui suivent le départ peut se voir réintégré côté France. L'exit tax 167 bis CGI cumulé au délai 15 ans rétabli (PLF 2026) ferme largement cette voie.
- Mal documenter la sortie de la résidence française : l'administration française peut requalifier en résident français si vous gardez votre résidence principale, vos comptes opérationnels, vos abonnements, etc. en France. Documentez le bail / acte d'achat UK, council tax, GP NHS, scolarisation enfants UK.
Côté patrimoine français préservé, l'étape suivante est de décider quels placements conserver, lesquels arbitrer ou clôturer avant départ : PEA, assurance-vie française, SCPI, comptes-titres ordinaires, parts de société.
4. Quels placements conserver ou adapter (PEA, AV française, SCPI, CTO, PER) ?
Le départ au Royaume-Uni n'oblige pas à liquider votre portefeuille français. Plusieurs enveloppes peuvent être conservées avec leur antériorité fiscale française, d'autres appellent une restructuration ou un arbitrage avant départ. Tour d'horizon des principales enveloppes pour HNW français qui s'expatrie UK.
4.1. PEA (Plan d'Épargne en Actions) post-Brexit
Le UK n'est pas un État ou Territoire Non Coopératif (ETNC) et n'est pas dans l'UE. Côté français, impots.gouv confirme que le transfert du domicile fiscal hors de France ne ferme pas automatiquement le PEA. Vous pouvez le conserver pendant la résidence UK, mais avec deux limites :
- Brexit a sorti les titres UK de l'éligibilité PEA (depuis le 1ᵉʳ janvier 2021) : les actions UK déjà détenues dans le PEA ont dû être cédées ou transférées vers un CTO ordinaire pendant la période de transition. Pas de nouveaux titres UK éligibles.
- Certaines banques françaises limitent les opérations des non-résidents sur PEA (arbitrages, versements, rachats) — voire ferment les comptes (notamment brokers en ligne). Prévenir avant départ et obtenir confirmation écrite. Bourse Direct, Boursorama : à vérifier au cas par cas.
Pendant la résidence UK, les plus-values réalisées au sein du PEA (cessions intra-PEA) ne sont pas un fait générateur français ni britannique (revenus capitalisés). Au retrait après 5 ans : exonération IR française (résident France) ou imposition UK selon la résidence à la date du retrait. Pendant le régime FIG 4 ans, les gains de source étrangère réalisés au sein du PEA sont exonérés UK. Au-delà : taxation UK CGT 24 %.
Stratégie HNW : conserver le PEA dormant pendant l'expatriation UK, sans nouveaux versements (les versements requièrent souvent d'être résident France selon les banques). Au retour France, réactiver les versements (plafond 150 000 €). Si retour France via régime impatrié 155 B : reprendre l'antériorité, exonération à 5 ans préservée.
4.2. Assurance-vie française post-départ UK
Le contrat d'assurance-vie française conserve son antériorité fiscale même après expatriation UK : au-delà de 8 ans, le PFL (Prélèvement Forfaitaire Libératoire) reste à 7,5 % au lieu de 12,8 %, dans la limite de 150 000 € de primes par assuré tous contrats confondus (article 125-0 A I 2 CGI). Antériorité utile pour :
- Un retour France via régime impatrié 155 B (8 ans) — racheter progressivement à 7,5 % au lieu de 30 % PFU sur les nouveaux contrats.
- La transmission à des bénéficiaires français : abattement 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I CGI) sur les primes versées avant 70 ans.
Mais côté UK, le contrat d'assurance-vie française est une « foreign life insurance policy » au sens HMRC, et ses chargeable event gains (rachats, décès, échéance) sont soumis au régime UK :
- Rachat partiel ou total pendant résidence UK : chargeable event gain pleinement imposable au UK au taux marginal (jusqu'à 45 %), avec possible top slicing relief (s.535 ITTOIA 2005) qui étale le gain sur les années de détention pour atténuer l'effet de palier.
- Time apportionment relief (s.528 ITTOIA 2005) : réduit le chargeable event gain au prorata des années où vous étiez non-résident UK pendant la durée du contrat. Crucial pour les contrats français anciens.
- Le régime FIG 4 ans NE COUVRE PAS les chargeable event gains des AV étrangères (HMRC HS266 et SA109 Notes 2026 explicitement). Pas de fenêtre fiscale offerte par le FIG.
Stratégie HNW recommandée : conserver le contrat d'AV française dormant pendant la résidence UK, ne PAS racheter pendant cette période (top slicing et TAR ne suffisent pas toujours à compenser le taux marginal UK), et reprendre les rachats au retour France pour bénéficier du PFL 7,5 %. Alternative : souscription d'une AV luxembourgeoise multi-devises EUR/USD/GBP avant départ pour figer une nouvelle antériorité — cf. section 5.
4.3. SCPI françaises pour résident UK
Les SCPI françaises (Pierre Plus, Edissimmo, PFO2, Épargne Foncière, Atream Hôtels, etc.) restent fiscalisées en France comme un revenu immobilier de source française :
- Prélèvement non-résident à 20 % jusqu'à 29 315 € puis 30 % au-delà (article 197 A CGI), sauf option taux moyen plus favorable.
- Les parts entrent dans l'assiette IFI au prorata de l'immobilier sous-jacent en France.
- Côté UK : crédit d'impôt français selon article 24 conv. 2008. Pendant FIG 4 ans : revenus immobiliers de source étrangère exonérés UK (donc fiscalité française uniquement).
Pour un expatrié UK, les SCPI européennes (immeubles localisés hors France — Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Italie, etc.) sont nettement plus avantageuses : revenus de source étrangère, hors champ français (pas de prélèvement non-résident, pas d'IFI français), exonérés UK pendant FIG, puis imposés UK au barème après FIG. Cf. section 8 détaillée.
4.4. Compte-titres ordinaire (CTO) pendant résidence UK
Le CTO français peut être conservé après expatriation UK. Les revenus (dividendes, intérêts) et plus-values mobilières sont traités selon la convention 2008 :
- Dividendes français : RAS plafonnée 15 % (article 11 conv.).
- Intérêts français : 0 % RAS (article 12 conv.) — uniquement imposables UK.
- Plus-values mobilières : imposables uniquement UK (article 14 §4 conv.) sauf clause queue 6 ans (§6) ou parts de SPI (§2).
- Pendant FIG 4 ans : les revenus et plus-values étrangers du CTO français (titres internationaux, obligations internationales) sont exonérés UK. Stratégie majeure : cristalliser les plus-values latentes pendant la fenêtre FIG pour purger sans imposition UK.
En pratique, beaucoup d'établissements bancaires français (notamment courtiers en ligne) ferment les CTO non-résidents. Anticiper la migration vers une banque privée acceptant les non-résidents (BNP Paribas WM, Société Générale Private Banking, Edmond de Rothschild, ou banque privée luxembourgeoise) avant départ.
4.5. PER (Plan Épargne Retraite) pendant résidence UK
Le PER (collectif ou individuel) peut être conservé pendant la résidence UK, mais les versements ne sont déductibles de l'IR français que pour les résidents fiscaux français. Si vous n'avez plus de revenu imposable en France, l'avantage fiscal d'entrée disparaît — les versements automatiques doivent être arrêtés ou recalculés.
Le PER reste utile pour deux raisons :
- Antériorité préservée : la sortie en capital ou en rente à la retraite reste possible avec le régime fiscal applicable au moment du retrait.
- Retour France via régime impatrié 155 B : réactivation des versements déductibles, intéressant pour défiscalisation à 30-45 %.
Les rachats du PER après le retour France seront imposables au PFU 30 % (gains) ou au barème (capital déductible). Pendant FIG UK : si le retrait se fait alors que vous êtes résident UK, le capital + gains est imposable selon les règles UK des pensions étrangères — barème UK avec abattements.
4.6. Parts de société française (SAS, SARL, SCI à l'IS)
Si vous détenez des parts de société française (entrepreneur cédant, dirigeant en activité), trois enjeux principaux pour le départ UK :
- Exit tax 167 bis CGI: si patrimoine en titres > 800 000 € OU participation ≥ 50 % d'une société, exit tax au PFU 12,8 % + PS 17,2 % = 30 % cumulés. UK étant hors UE/EEE, sursis sur option avec garanties à 30 % de la PV latente. Délai de dégrèvement 15 ans rétabli par le PLF 2026 amendement I-807 (promulgué). Cf. cas pratique cession 20 M€ section 11.
- Article 14 §6 clause queue fiscale 6 ans : la France peut réimposer la PV mobilière si cession dans les 6 ans suivant le départ.
- Distribution dividendes pendant résidence UK : RAS française plafonnée 15 % (article 11) ou 0 % en mère-fille si holding UK ≥ 10 %. Pendant FIG : 0 % UK sur les dividendes étrangers (mais la holding UK reste imposable UK sur ses propres dividendes français reçus si elle existe).
Architecture HNW recommandée pour entrepreneur cédant 5-20 M€ : apport-cession article 150-0 B ter CGI à une holding française à l'IS (LF 2026 : 70 % réinvestissement, 3 ans), report de PV latente, départ UK avec FIG 4 ans (revenus étrangers exonérés), distribution dividendes mère-fille à 0 % RAS française. Substance économique réelle de la holding impérative pour éviter l'application du PPT (article 7 MLI) ou de l'abus de droit (article L. 64 LPF).
Pièges placements lors du départ UK
- Fermer le PEA pour « purger » : erreur classique. Conservation du PEA dormant + reprise au retour France avec antériorité = stratégie quasi-toujours gagnante.
- Racheter l'AV française pendant résidence UK : taxation UK marginale jusqu'à 45 %, perte de l'antériorité future. Conservation dormante + rachat au retour France (PFL 7,5 %) = optimum.
- Ignorer le risque de fermeture par les banques en ligne : Bourse Direct, Boursorama, ING peuvent fermer les comptes non-résidents UK. Prévenir + obtenir confirmation écrite + envisager bascule vers banque privée (BNP WM, SG Private Banking, EdR).
- Continuer à verser sur le PER : sans revenu français à déduire, les versements perdent leur intérêt. Suspendre ou arrêter avant le départ.
- Sous-estimer le FIG 4 ans pour la cristallisation des plus-values latentes : c'est LA fenêtre fiscale unique pour purger un CTO international rempli de PV latentes (Apple, Microsoft, Tesla, fonds globaux) sans CGT UK. Stratégie majeure pour HNW arrivant UK.
Au-delà des enveloppes françaises conservées, la pièce maîtresse d'un patrimoine HNW expatrié UK est le contrat luxembourgeois, articulé avec une banque privée britannique et un crédit Lombard adossé.
5. Assurance-vie luxembourgeoise + Personal Portfolio Bond + banques privées UK + crédit Lombard
Imaginez un dirigeant qui prépare son départ pour Londres en septembre 2026. Il a 4 M€ à placer, veut pouvoir basculer entre EUR, USD et GBP au gré des opportunités, et conserver une enveloppe portable s'il revient en France dans dix ans. Le contrat français classique ne sait pas faire cela. Une assurance-vie luxembourgeoise multi-devises, oui — à condition de la souscrire avant le départ et de la rendre compatible avec le droit fiscal britannique.
Pour un patrimoine HNW français qui s'installe au Royaume-Uni, l'architecture qui marche repose sur trois briques : une assurance-vie luxembourgeoise multi-devises ouverte avant le départ (Utmost Luxembourg ex-Lombard, Cardif Lux Vie Pack UK, Bâloise Vie Luxembourg, Wealins, Sogelife UK), une banque privée britannique pour la gestion du quotidien UK (Coutts, C. Hoare, JPM PB, UBS UK, Goldman, Barclays Private Bank), et un crédit Lombard adossé au portefeuille pour générer de la liquidité sans déclencher de fiscalité. Reste un point de vigilance majeur : le régime britannique des contrats d'assurance-vie étrangers, appelé Personal Portfolio Bond (PPB), peut transformer une bonne idée en facture salée si le contrat n'est pas calibré dès la souscription. Et le régime FIG 4 ans ne vous en protégera pas.
5.1. AV luxembourgeoise — assureurs acceptant les résidents UK
| Assureur | Acceptation UK | Ticket d'entrée | Devises | Statut 2026 |
|---|---|---|---|---|
| Utmost Luxembourg (ex-Lombard International) | OUI — historique UK, 25+ pays cibles | £85 000 (PCP) à £250 000 (FAS) | EUR / USD / GBP / CHF | Lombard International racheté par Utmost Group le 30 décembre 2024 → renommé Utmost Luxembourg S.A. Acteur dominant UK, A+ Fitch, range PPB-compliant disponible |
| Cardif Lux Vie (BNP Paribas) | Sélectif (Pack UK) | 250 000 € | EUR / GBP / USD | 35 Md € AUM. Pack UK dédié pour Liberty 2 Invest. Exigence motive defence + legal opinion individuelle |
| Wealins (ex-Foyer International) | OUI | 250 000 € | EUR / USD / GBP | Acceptation UK confirmée. A- Fitch, neutralité actionnariale (Foyer Group) |
| Sogelife (Société Générale) | OUI (offre UK dédiée) | 250 000 € | EUR / GBP | Page UK officielle, intégration avec SG Private Banking UK. AAA/AA Société Générale |
| OneLife (APICIL) | OUI (mobilité internationale) | 100 000 € | Multi-devises | Suit le client à l'expatriation. Pas un rebrand de Lombard — désormais sous APICIL séparément |
| Bâloise Vie Luxembourg | Sélectif (cas par cas) | 50 000 € (entrée) / 250 000 € (HNW) | EUR / USD | Politique durcie depuis fusion Helvetia 5 décembre 2025. Acceptance individuelle requise |
| SwissLife Luxembourg | Restrictif | 250 000 €+ | EUR / USD / CHF | Préférence FR/IT/ES, UK pas une cible prioritaire |
| AXA Wealth Europe | Restrictif | 250 000 €+ | EUR / USD | Marché FR principal, UK pas une priorité |
| La Mondiale Europartner | NON UK par défaut | — | — | Marché FR / BE |
| Vitis Life | Restrictif | 100 000 € | EUR | Marché FR / BE, UK pas couvert par défaut |
5.2. Personal Portfolio Bond (PPB) regime UK — le piège majeur
Le régime Personal Portfolio Bond (PPB) est codifié à l'ITTOIA 2005, Chapitre 9 Partie 4, sections 515 à 526 (et non 461A comme parfois cité par erreur), complété par les Personal Portfolio Bond Regulations 2017 (SI 2017/1182). Guidance HMRC : Insurance Policyholder Taxation Manual (IPTM) sections 7700+ (PPB) et 3640+ (property selection).
Définition : un Personal Portfolio Bond est une police d'assurance-vie où le souscripteur peut sélectionner directement les investissements sous-jacents (titres individuels, mandats personnalisés). Cette personnalisation, avantage pour la clientèle HNW, est précisément ce qui déclenche le régime fiscal punitif côté UK.
Mécanique du deemed gain annuel (s.515 et suivantes ITTOIA 2005) :
- Charge annuelle = 15 % × (primes versées + cumul des deemed gains des années antérieures), taxée au taux marginal du contribuable (jusqu'à 45 % en additional rate band UK).
- Effet boule de neige cumulatif : year 1 = 15 % × £1 M = £150 k de deemed gain ; year 2 = 15 % × (1 M + 150 k) = £172,5 k ; year 5 ≈ £262 k. Sur 5 ans, deemed gain cumulé ≈ £1 M.
- La charge est annuelle même sans rachat ni distribution — taxation purement notionnelle.
- Le 5 % annual withdrawal allowance (ITTOIA s.500) reste utilisable séparément des chargeable events normaux.
« Permitted property » (s.520 ITTOIA 2005) — liste des actifs éligibles qui font ÉCHAPPER au régime PPB. Si le contrat n'investit que dans des permitted property, pas de deemed gain. Catégories autorisées (mises à jour 2017) :
- Internal linked funds de l'assureur (non sélectionnés par le souscripteur).
- Authorised unit trusts (UK), OEIC.
- UK investment trusts.
- UK REITs et équivalents étrangers reconnus.
- Cash (non spéculatif).
- UCITS et autres CIS (Collective Investment Schemes) reconnus.
- Listed shares — MAIS si elles sont sélectionnées individuellement par le souscripteur, le contrat tombe en PPB.
Conséquence pratique : la majorité des contrats AV luxembourgeois en FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé) ou FID (Fonds Interne Dédié) classiques avec sélection personnalisée d'actions / obligations / fonds tombent en PPB pour un résident UK. Seuls les contrats restructurés en fonds collectifs UCITS-only ou fonds internes collectifs sans sélection individuelle y échappent.
5.3. Anti-évitement Section 720 ITA 2007 (Transfer of Assets Abroad — TOAA)
Les sections 720 à 730 de l'Income Tax Act 2007 (Part 13, Chapter 2) constituent le régime UK anti-évitement « Transfer of Assets Abroad » (TOAA). Pour une police d'assurance-vie luxembourgeoise authentique avec aléa biométrique et risque assurantiel réel, le régime des chargeable events de l'ITTOIA 2005 prime généralement sur TOAA — TOAA s'applique surtout lorsque la « police » est un wrapper purement fiscal sans substance assurantielle, ou lorsque les actifs sous-jacents sont détenus via une société interposée transparente.
Motive defence (s.736-742) : deux branches d'exception :
- Branche A : aucun objectif d'évitement fiscal dans la transaction.
- Branche B : transactions commerciales authentiques sans objectif fiscal.
Jurisprudence récente (Moran 2024, Fisher 2023 SC) : la motive defence est difficile à invoquer, fardeau de preuve sur le contribuable, documentation contemporaine cruciale. Pour un Français HNW qui souscrit une AV LUX avant son expatriation UK et la conserve en s'installant : la motive defence (objectif patrimonial français initial, antériorité fiscale, transmission à bénéficiaires français) est généralement défendable.
5.4. Régime FIG 4 ans — NE COUVRE PAS les chargeable event gains AV LUX
Point critique : FIG ≠ couverture AV LUX
Contrairement à une intuition fréquente, le régime FIG 4 ans (Foreign Income and Gains) institué par le Finance Act 2025 NE COUVRE PAS les chargeable event gains issus de polices d'assurance-vie étrangères (incluant LUX). Source explicite : HMRC HS266 et SA109 Notes 2026.
Conséquence majeure : pendant les 4 ans FIG, un rachat d'AV luxembourgeoise par un résident UK qualifying = chargeable event gain pleinement imposable au UK (jusqu'à 45 %). Le FIG couvre seulement les dividendes étrangers, intérêts, plus-values mobilières, revenus locatifs étrangers — pas les CEG. Le PPB deemed gain s'applique dès l'année 1 de résidence UK (même pendant FIG) selon une lecture stricte d'IPTM6120.
Implication stratégique : la fenêtre FIG ne protège pas les rachats d'AV LUX classiques. La fenêtre FIG protège les dividendes des fonds sous-jacents si détention en GIA, les plus-values si réalisées hors wrapper d'assurance. L'AV LUX doit donc être restructurée AVANT l'arrivée UK ou conservée dormante (sans rachat) pendant la résidence UK.
5.5. Stratégies HNW français → résidents UK
A. Avant départ (résidence française active)
- Souscrire AV LUX EUR/USD/GBP pour figer l'antériorité fiscale française : 8 ans d'antériorité → abattement 4 600 € (single) / 9 200 € (couple) + PFL 7,5 % sur la part jusqu'à 150 k€ de primes. Utilisable au retour France après séjour UK pour racheter à 7,5 % au lieu de 30 % PFU.
- Verser le maximum AVANT 70 anspour optimiser article 990 I CGI (abattement 152 500 € par bénéficiaire en transmission, primes < 70 ans).
- Documenter la motive (objectif successoral, gestion patrimoniale FR, antériorité 125-0 A I 2 CGI) → renforce motive defence si TOAA contesté côté UK.
- Souscrire éventuellement un PPB-compliant Utmost Luxembourg bond (range UK-compliant en fonds collectifs UCITS uniquement, sans sélection individuelle) si l'expatriation UK est envisagée long terme.
B. À l'arrivée UK (qualifying new resident)
| Patrimoine | Stratégie recommandée |
|---|---|
| < £2 M | ISA £20k/an + SIPP £60k/an + GIA. Conserver AV LUX dormante (pas de rachat pendant 4 ans FIG, mais attention PPB deemed gain annuel dès Y1 si non restructurée). Restructurer en UCITS-only chez Utmost |
| £2 - 5 M | UK onshore bond (L&G, Aviva, Standard Life — IS UK ~20 % au sein du contrat) ou offshore bond Dublin/IoM structuré non-PPB (UCITS only). AV LUX existante restructurée en internal linked funds non-personnalisés |
| > £5 M | Restructurer AV LUX en mandat UCITS-only / Internal Collective Fund non-personnalisé pour échapper au PPB ; OU souscrire PPB-compliant Luxembourg bond chez Utmost (range UK-compliant). Family Investment Company (FIC) UK pour le reste. Crédit Lombard adossé portefeuille |
C. À la sortie UK / retour France
- Time Apportionment Relief (s.528 ITTOIA 2005) : réduit le chargeable event gain au prorata des années de non-résidence UK pendant la durée du contrat. Crucial pour les contrats français anciens (souscrits avant l'arrivée UK).
- Top Slicing Relief (s.535 ITTOIA 2005) : étale la plus-value sur le nombre d'années complètes de détention pour atténuer l'effet de palier marginal.
- Timing optimal : racheter l'AV LUX après retour France (résident fiscal France confirmé) et avant de redevenir résident UK. PFL 7,5 % France si antériorité 8+ ans + plafond 150 k€ de primes.
- Split year treatment : si retour France en milieu d'année fiscale UK, planifier le rachat dans la période overseas pour échapper à la taxation UK.
5.6. Lettre Circulaire CAA 26/1 du 28 janvier 2026 — catégories d'investisseurs
Le Commissariat aux Assurances Luxembourg a publié le 28 janvier 2026 la Lettre Circulaire 26/1, en vigueur depuis le 1ᵉʳ février 2026, qui actualise la grille de catégorisation des investisseurs (N / A / B / C / D) précédemment fixée par la LC 15/3. Les catégories déterminent l'univers d'investissement éligible au sein des FAS, FID et FIC du contrat luxembourgeois :
| Catégorie | Conditions cumulatives | Univers d'investissement |
|---|---|---|
| N (entrée) | Aucun seuil — investisseur retail standard | Fonds réglementés UCITS, OPCVM autorisés, obligations souveraines, actions cotées, fonds immobiliers réglementés |
| A | ≥ 125 000 € versés ET patrimoine mobilier net ≥ 250 000 € | Élargissement aux fonds non-UCITS conformes (max 50 % allocation), structurés simples |
| B | ≥ 250 000 € versés ET patrimoine mobilier net ≥ 500 000 € | Allocation jusqu'à 70 % en private equity, dette privée, hedge funds, structurés complexes |
| C | ≥ 250 000 € versés ET patrimoine mobilier net ≥ 1 250 000 € | Accès large au non-coté, private equity, hedge funds (jusqu'à 90 %), produits structurés sur mesure |
| D | ≥ 1 000 000 € versés ET patrimoine mobilier net ≥ 2 500 000 € | Univers quasi-illimité (jusqu'à 100 %) — sélection sur-mesure, single-line PE, art financiarisé, aviation/yacht financiarisés |
5.7. Banques privées britanniques — top acteurs HNW 2025-2026
| Banque | Fondation / origine | AUM 2025 | Ticket d'entrée | Spécialités HNW français |
|---|---|---|---|---|
| Coutts & Co (NatWest Group) | Fondée 1692, banque royale (compte du Roi Charles III) | £58,5 Md (NatWest PBWM, +£9,6 Md sur 2025) | £1 M investissables (lifestyle banking £750k revenus) | Multi-générationnel UHNW, Coutts Skyline (lending hypothécaire prime central London jusqu'à £25 M+), discretionary management, family office. Frais 0,75-1,25 % |
| C. Hoare & Co | Fondée 1672, plus ancienne banque privée UK, 12ᵉ génération famille Hoare | Non publié (~£4-6 Md estimé) | Pas de minimum officiel — clientèle exclusivement par parrainage | Banking traditionnel, philanthropy (Master Charitable Trust £600 M+), lending sophistiqué. Acceptation résidents UE très restrictive |
| JP Morgan Private Bank UK | JPMorgan Chase | Part de JPM AWM ~$3,7 trillions | $10 M (relevé en 2024 vs $5 M) | Top choix pour entrepreneurs français > 10 M€. Alternatives (PE / hedge funds en architecture quasi-fermée), lending complexe, structuration patrimoniale internationale |
| UBS UK (post-Credit Suisse) | Fusion juridique CS-UBS finalisée 2025, intégration Q1-Q2 2026 (85 % comptes CH migrés fin 2025) | GWM global $6,6 trillions invested assets | $2 M (Wealth Management) / $10 M+ (Global Family Office) | Forte traction sur HNW français multi-domiciliés FR-CH-UK. Frais 0,80-1,30 % |
| Goldman Sachs PWM UK | Goldman Sachs | PWM EMEA ~$200-250 Md estimé | $10 M (relation), $25-50 M cible UHNW | Ultra-HNW, deal access (private markets, IPOs), lending Marquee, cross-asset hedging, art finance |
| Barclays Private Bank | UK historique | PBWM > £180 Md | £3 M (effectif £5 M+). Family Office services à partir de £25 M | Lending, alternatives via Barclays Private Markets. Réorganisation février 2025 : couvre affluent £100k-£3M ET UHNW |
| Cazenove Capital / Schroders WM | Acquis par Schroders en 2013 | £126,8 Md AUM total Schroders Wealth Management fin 2024 (+15 % YoY) — Cazenove + Schroders Personal Wealth + Benchmark Capital | £1 M discretionary, £20 M advisory pur | Family office (segment en croissance), investment-led, ISR/sustainable, charities (£15 Md+). Frais 0,80-1,20 % |
| Rathbones (post-acquisition Investec W&I UK) | Fondée 1742. Acquisition Investec W&I UK et CI fin 2023 (£839 M) | FUMA £115,6 Md au 30 juin 2025 | £100k (mass affluent) à £500k pour service personnalisé | Discretionary management, charities (largest charity DFM UK), financial planning intégré |
| BNP Paribas Wealth Management UK | Présence UK ciblée | Part de BNP WM ~€444 Md global | €5 M | Seule grande banque française avec offre intégrée FR-UK-LU sous régulation européenne harmonisée. Pertinent pour HNW français |
| Edmond de Rothschild UK | Famille Rothschild, banque privée Genève fondée 1965 | Groupe CHF 178 Md mi-2024 | CHF 5 M | Bureau Londres restructuré 2024-2025 (recentrage Genève / Luxembourg). Clientèle franco-suisse multi-générationnelle |
| Pictet UK | Pictet Group, Genève (1805) | Groupe CHF 757 Md (2025 record) | CHF 3 M | Asset & wealth management. Indépendance, gouvernance par associés gérants, pas d'investment banking. Très bien noté pour HNW français recherchant neutralité |
| Lombard Odier UK | Genève (1796) | Groupe CHF 223 Md (2025 record) | CHF 3-5 M | Bureau Londres orienté wealth management UHNW. Indépendance associés à responsabilité illimitée. Leader ESG / B Corp depuis 2019 |
5.8. Crédit Lombard UK 2026 — SONIA + 1,5 à 3,25 %
Le crédit Lombard reste l'outil clé de liquidité d'opportunité pour HNW français au UK : prêt « in fine » garanti par nantissement d'un portefeuille titres logé en banque privée (Coutts, JPM, GS, UBS, BNP WM, EdR, Pictet). Avantages : pas de cession d'actifs (pas de fait générateur fiscal), levier patrimonial, multi-devises (GBP / EUR / USD).
- Taux de référence : SONIA (Sterling Overnight Index Average) — replacement définitif du LIBOR fin 2021. Spot ~3,70 % au 29 avril 2026. Bank Rate 3,75 % maintenu par le MPC depuis février 2026 (vote unanime confirmé le 19 mars 2026 ; prochaine décision le 30 avril 2026).
- Spreads observés HNW UK 2026 :
- Pricing fin pour > £10 M chez Coutts, JPM, GS, UBS : SONIA + 1,50-2,00 % (all-in ~5,25-5,75 %).
- Standard private bank £1-5 M : SONIA + 2,00-2,75 % (all-in ~5,75-6,50 %).
- Retail / Swissquote : SONIA + ~3-4 % (peu compétitif HNW).
- LTV par classe d'actifs : titres souverains G7 80-90 %, IG corporates 70-80 %, equities blue-chip 50-65 %, fonds diversifiés 50-70 %, hedge funds / PE 30-50 %.
- Margin call ≥ 80 % de la LTV, close-out à 90 %.
Cas d'usage clé pour Français HNW Londres ayant 5 M€ de portefeuille chez UBS / JPM : ligne Lombard à SONIA + 2,00 % ≈ 5,75 % all-in sur LTV 50 % = £2,5 M de liquidité. Utilisations : pont sur cession FR (évite vente forcée), acquisition immobilier prime central London (évite SDLT immédiat sur trésorerie convertie), dividende pré-IFI évité par non-rapatriement, pont entre départ FR et installation UK. Comparer au crédit Lombard EUR (BCE €STR + 1,5-2,5 % ≈ 4,5-5,5 %) — écart taux GBP/EUR ~80 bps actuellement.
5.9. Wealth wrappers UK 2026/27
| Wrapper UK | Plafond annuel | Avantage fiscal | Spécificité 2026 |
|---|---|---|---|
| ISA (Individual Savings Account) | £20 000/an | Croissance et retraits 100 % exonérés (income + capital gains) | Stocks & Shares ISA, Cash ISA, Innovative Finance ISA, LISA. Cumul possible jusqu'à £20k répartis |
| SIPP (Self-Invested Personal Pension) | £60 000/an Annual Allowance (taper si adjusted income > £260 000) | Tax relief au taux marginal (jusqu'à 45 %), croissance exonérée, Lump Sum Allowance £268 275 tax-free | Money Purchase AA £10 000 si flexi-access drawdown. Lifetime Allowance abolie 6 avril 2024 (Labour confirmé non-rétablissement) |
| Junior ISA | £9 000/an pour enfants | Idem ISA, jusqu'aux 18 ans | Cash + Stocks & Shares cumulés |
| Lifetime ISA (LISA) | £4 000/an (compté dans £20k ISA) | Bonus gouvernement +25 % (max £1 000/an), retraits exonérés à 60 ans ou pour 1ʳᵉ acquisition < £450k | Réservé 18-39 ans à l'ouverture, cessation versements à 50 ans |
| Junior SIPP | £2 880 net + 20 % gross-up = £3 600 | Tax relief gouvernement 20 % | Bloqué jusqu'à âge minimum pension (57 ans actuellement) |
| GIA (General Investment Account) | Aucun plafond | Non-tax-advantaged, fiscalité Income Tax + CGT | AEA CGT £3 000 (gel 2030), dividend allowance £500 |
| Premium Bonds (NS&I) | £50 000 | Loterie mensuelle, gains exonérés (prize rate ~4,15 %) | Pas d'intérêt traditionnel, tirage au sort |
| VCT (Venture Capital Trust) | £200 000/an | Relief IR 20 % (depuis 6 avril 2026, vs 30 % avant), dividendes exonérés, exonération CGT | Cap entreprise £10 M/an, lifetime £24 M. Réforme 6 avril 2026 — relief réduit |
| EIS (Enterprise Investment Scheme) | £1 M/an (£2 M si KIC) | Relief IR 30 %, CGT deferral, IHT relief après 2 ans | Investissement early-stage, illiquidité 3 ans minimum |
| SEIS (Seed Enterprise Investment Scheme) | £200k/an | Relief IR 50 %, CGT exempt, IHT relief | Très early-stage, illiquidité 3 ans |
5.10. Recommandations stack pour HNW français au UK
- ISA £20k + LISA £4k par adulte chaque année (priorité absolue — 100 % exonération income + capital gains).
- SIPP plein £60k Annual Allowance + carry- forward 3 ans précédents si non utilisé (jusqu'à £180k bonus rattrapage). Lump Sum Allowance £268 275 tax-free à la sortie retraite.
- GIA pour le surplus, optimisé par CGT allowance £3 000/personne et dividend allowance £500. Peu attractif pour HNW car taxation marginale élevée — privilégier AV LUX restructurée.
- Conservation AV luxembourgeoise existante restructurée en UCITS-only (Utmost, Cardif Lux Vie Pack UK, Bâloise Vie Lux) — reste optimal pour antériorité française et transmission. NE PAS racheter pendant résidence UK.
- EIS / SEIS marginal sur 2026/27 (VCT relief réduit à 20 %) — privilégier EIS (30 % relief) et SEIS (50 % relief) pour HNW à hauts revenus UK.
- Crédit Lombard adossé portefeuille 5-10 M€ chez UBS / JPM / Coutts à SONIA + 1,5-2 % pour liquidité d'opportunité.
Pièges AV LUX + banques privées UK
La séquence de souscription est le premier écueil. Beaucoup de clients arrivent en consultation déjà installés à Londres, en imaginant pouvoir souscrire leur AV LUX aprèsl'arrivée. Or les assureurs luxembourgeois exigent généralement que le souscripteur soit résident d'un pays cible compatible — Français devenu résident UK confirmé, certains refuseront tout simplement. La règle pratique : souscription avant le départ, en résidence FR, puis on maintient le contrat. Et pas n'importe quel contrat : un FAS / FID classique conservé sans restructuration active le PPB regime dès l'année 1 UK — deemed gain annuel jusqu'à 45 % marginal, soit ~£337k par an pour 5 M€ de primes. Une charge fictive qui détruit la performance.
- Le FIG 4 ans ne couvre pas les chargeable event gains des AV étrangères — pas de fenêtre tactique pour racheter pendant les 4 ans, contrairement à ce qu'on lit parfois.
- Banque retail UK pour HNW (HSBC, Barclays Personal, Lloyds) : peu adapté aux structurations complexes, frais non compétitifs. Banque privée dès £1 M (Coutts, Rathbones), voire dès $10 M chez JPM PB ou GS PWM.
- Crédit Lombard sous-utilisé : un HNW avec 5 M€ chez UBS qui doit acheter une résidence Mayfair £3 M paie 17,3 % de SDLT (~£520k) au lieu de tirer sur son Lombard adossé pour différer les ventes taxables. La stratégie cash-on-delivery via Lombard reste l'optimum quasi systématique.
Avec l'AV luxembourgeoise restructurée, la banque privée UK choisie et le crédit Lombard mis en place, la pièce maîtresse de l'expatriation UK reste le régime FIG 4 ans — qui définit toute la stratégie sur les 4 premières années de résidence britannique.
6. Régime FIG 4 ans (Foreign Income and Gains) : abolition non-dom et stratégies HNW post-6 avril 2025
Beaucoup d'expatriés français nous posent la même question depuis le printemps 2025 : « j'ai entendu parler du FIG, c'est l'équivalent du non-dom, je suis tranquille pendant 4 ans ? » La réponse honnête est « oui et non ». Oui, vos revenus et plus-values étrangers peuvent être exonérés au Royaume-Uni pendant quatre années fiscales. Non, ce n'est pas un cocon universel : l'assurance-vie luxembourgeoise, les cryptos détenues en compte UK ou les loyers d'un studio à Paris ne sont pas tous traités de la même manière. Comprendre la mécanique exacte conditionne tout le calendrier d'arrivée et la structuration patrimoniale.
Le Finance Act 2025 (chapter 8), promulgué le 20 mars 2025 (Royal Assent) et applicable depuis le 6 avril 2025, marque un tournant historique dans la fiscalité internationale britannique. Il met fin au régime « non-dom » (remittance basis) qui existait depuis le XIXᵉ siècle et le remplace par le régime FIG (Foreign Income and Gains) codifié à la Schedule 9. Trois différences à retenir d'emblée : c'est un régime temporel (4 ans), purement résidentiel (le domicile common-law disparaît de l'équation) et beaucoup plus court que ce que permettait l'ancien non-dom.
6.1. Abolition du régime non-dom (6 avril 2025)
L'ancien régime « non-dom » permettait aux résidents UK non-domiciliés (au sens du domicile UK common-law : domicile of origin, choice ou dependency) d'opter pour la remittance basis : exonération d'income tax et de CGT sur les revenus et gains de source étrangère tant qu'ils n'étaient pas rapatriés au UK. Au-delà de 7 ans : remittance basis charge (RBC) £30 000/an, 12 ans : £60 000/an, 15 ans : deemed domicile et bascule vers worldwide taxation.
Depuis le 6 avril 2025 :
- La remittance basis est abolie pour tous les résidents UK quel que soit leur domicile.
- Tous les résidents UK (au sens du SRT) sont imposés sur leur patrimoine mondial dès la perception (« arising basis »), à la seule exception des bénéficiaires du régime FIG.
- Le concept de « domicile » est supprimé pour income tax et CGT ; il subsiste de manière résiduelle pour quelques dispositions IHT pré-existantes mais l'IHT a aussi basculé vers la résidence (cf. section 10).
6.2. Régime FIG 4 ans — conditions d'éligibilité
Conditions cumulatives (HMRC Residence and FIG Manual RFIG41000) :
- Devenir résident fiscal UK au sens du SRT à compter de l'année fiscale 2025/26 (6 avril 2025 - 5 avril 2026) ou postérieure.
- Avoir été non-résident UK pendant au moins 10 années fiscales consécutives précédant immédiatement l'année d'arrivée.
- Le critère est purement résidentiel — le domicile est sans incidence. Les UK domiciled returnees (qui ont un domicile UK d'origine) sont éligibles au même titre que les étrangers.
- Exclusion : membres du House of Commons et House of Lords (incompatibilité éthique).
Pour un Français HNW typique : avoir vécu 10+ ans hors UK avant 2026 (situation classique d'un Français qui n'a jamais été résident UK ou qui en est parti il y a longtemps). Pour un returnee qui a passé 5 ans à Londres puis 10 ans à Hong Kong / Dubaï avant de revenir UK en 2026 : éligible au FIG, malgré son ancienne résidence UK.
6.3. Période de bénéfice — 4 années fiscales consécutives
Le régime FIG s'applique pendant 4 années fiscales UK consécutives, à compter de l'année d'arrivée UK :
- Les 4 années courent en continu dès la 1ʳᵉ année d'éligibilité.
- Si l'individu redevient non-résident pendant la fenêtre, il perd les années correspondantes (pas de pause, pas de reset). Stratégie « purger 1 an puis revenir » inopérante.
- Aucune extension possible au-delà de la 4ᵉ année. Pas de RBC payable pour étendre.
À partir de la 5ᵉ année, le contribuable bascule en arising basis worldwide — « falaise fiscale » majeure à anticiper. Stratégies à activer avant la fin de l'année 4 : réaliser les plus-values latentes étrangères (« step-up » de fait), distribuer les revenus accumulés via structures étrangères, évaluer un départ stratégique (la 5ᵉ année compte aussi pour le décompte LTR pour IHT — chaque année s'approche du seuil 10/20).
6.4. Revenus et gains éligibles au FIG
| Catégorie | Couvert par FIG ? | Précisions |
|---|---|---|
| Foreign income (dividendes, intérêts étrangers) | OUI ✅ | Exonération totale 4 ans, qu'ils soient ou non rapatriés UK |
| Foreign chargeable gains (plus-values mobilières étrangères) | OUI ✅ | Idem. Stratégie majeure : cristalliser les PV latentes pendant la fenêtre |
| Loyers immobiliers étrangers | OUI ✅ | Loyers d'un appartement à Paris perçus par résident UK : exonérés UK pendant FIG (mais imposables France art. 6 conv. 2008) |
| Distributions de trusts non-résidents | OUI ✅ | Bénéficiaire FIG-éligible non imposé sur les distributions reçues, même rapatriées UK. Note : ces distributions ne consomment pas les pools imposables du trust (« stockpiled gains », « relevant income ») — donc le trust reste contaminé pour les autres bénéficiaires |
| Salaires UK / employment UK | NON ❌ | Imposables UK normalement, barème 20/40/45 %. Personal Allowance £12 570 perdue si claim FIG |
| Loyers immobiliers UK / dividendes UK | NON ❌ | Imposables UK normalement |
| Plus-values immobilières UK (NRCGT) | NON ❌ | Taxées UK 18/24 % depuis 30 octobre 2024 |
| Chargeable Event Gains AV étrangères (LUX, Dublin, IoM) | NON ❌ (PIÈGE MAJEUR) | Explicitement EXCLUS du FIG par HS266 et SA109 Notes 2026. Rachat AV LUX pendant FIG = taxation marginale UK (jusqu'à 45 %) |
| Plus-values crypto-actifs (BTC, ETH, autres) | NON ❌ (PIÈGE MAJEUR) | HMRC CRYPTO22600 : situs des crypto-actifs = résidence du beneficial owner. Tout résident UK est imposable UK CGT 18/24 %, AEA £3 000 |
| Foreign workday relief (FWR) | Régime séparé | Overseas Workday Relief réformé : 4 ans, plafond £300k ou 30 % des earnings. Cumulable avec FIG sous conditions |
6.5. Procédure de claim — formulaire SA109 millésime 2025/26
Le bénéfice du FIG n'est pas automatique — il doit être revendiqué chaque année via le formulaire SA109 millésime 2025/26 (« Residence and foreign income and gains regime etc. »), supplémentaire à la SA100 self-assessment. Helpsheet HMRC : HS266 (FIG regime self-assessment helpsheet 2026).
- Claim annuelle : il faut cocher chaque année de FIG souhaitée et lister les revenus / gains désignés.
- Délai de claim : 12 mois après la date normale de filing (31 janvier suivant la fin de l'année fiscale). Pour 2025/26 → claim possible jusqu'au 31 janvier 2028.
- Prix à payer pour le claim :
- Perte de la Personal Allowance £12 570 pour l'année concernée (income tax).
- Perte de l'Annual Exempt Amount CGT £3 000 pour l'année concernée.
- Arbitrage: si revenus UK significatifs (> £20 000), perte de la PA + AEA peut coûter ~£8-10k. Comparer à l'économie potentielle sur foreign income/gains. Pour HNW patrimoniaux avec gros revenus passifs étrangers, le claim FIG est presque toujours gagnant.
6.6. Règles transitoires — Temporary Repatriation Facility (TRF)
La Temporary Repatriation Facility (TRF)permet aux anciens non-doms de rapatrier au UK leur stock historique de Foreign Income and Gains accumulés sous remittance basis avant le 6 avril 2025, à un taux préférentiel :
| Année fiscale | Taux TRF | Applicable aux |
|---|---|---|
| 2025/26 (6 avril 2025 - 5 avril 2026) | 12 % | Stock FIG pré-2025 |
| 2026/27 (6 avril 2026 - 5 avril 2027) | 12 % | Stock FIG pré-2025 |
| 2027/28 (6 avril 2027 - 5 avril 2028) | 15 % | Stock FIG pré-2025 |
| 2028/29 et au-delà | Plus disponible | Régime classique applicable |
Mécanique TRF : le contribuable « désigne » des montants spécifiques de FIG pré-2025 dans sa SA. Paiement du TRF charge (12 % ou 15 %) → le montant désigné peut ensuite être remitté au UK sans imposition supplémentaire, à tout moment (même après 2027/28). Possibilité de désigner également des FIG pré-2025 logés dans des trusts protégés (avec règles spécifiques de matching). Aucune nécessité de rapatrier physiquement les fonds pour bénéficier du taux réduit : la désignation seule suffit.
6.7. Capital Gains Tax rebasing au 5 avril 2017
Pour les anciens non-doms, le Finance Act 2025 prévoit une option de rebasing CGT au 5 avril 2017 sur les actifs étrangers. Conditions cumulatives strictes :
- L'individu n'a jamais été UK domiciled ni deemed domiciled au cours d'une année fiscale antérieure à 2025/26.
- L'individu a revendiqué la remittance basis sur au moins une des années fiscales 2017/18 à 2024/25.
- L'actif était détenu au 5 avril 2017.
- La cession intervient à compter du 6 avril 2025.
- L'actif n'a pas été situé au UK entre le 6 mars 2024 et le 5 avril 2025 (anti-abus contre les transferts opportunistes).
Effet : seul le gain post-5 avril 2017 est taxable. Le gain pré-2017 est gommé. Stratégie majeure pour anciens non-doms qui détiennent des actifs étrangers achetés avant 2017 — à examiner au cas par cas selon le différentiel de plus-value.
6.8. Trusts (Excluded Property Trusts) — bascule 6 avril 2025
Les Excluded Property Trusts (EPT) basculent dans le Relevant Property Regime au 6 avril 2025 lorsque le settlor est un long-term resident. Protection grandfathering pour les trusts constitués et financés avant le 30 octobre 2024 :
- Pas de gift with reservation (GWR) tirant les actifs du trust dans la succession du settlor, même s'il est bénéficiaire.
- Cap de £5 millions sur les charges IHT relevant property par cycle de 10 ans (10-year anniversary charge plafonné à £5 M de relevant property charge par cycle).
Le « protected settlement » regime (qui mettait à l'abri les FIG des trusts pour les non-doms deemed) est supprimé. Les FIG accumulés dans le trust avant le 6 avril 2025 restent dans les pools (« stockpiled gains », « relevant income ») et sont matched aux distributions futures, sauf bénéficiaire FIG.
6.9. Cas pratique chiffré — FIG vs résident UK classique
Profil M. Dupont, 48 ans, expatriation à Londres en septembre 2026, jamais résident UK auparavant (10 ans de non-résidence consécutifs OK).
- Revenus français : SCI 80 k€ équivalent loyers, dividendes holding 200 k€/an, plus-values portefeuille 150 k€/an (foreign).
- Revenus UK : salaire 250 k£.
| Poste | Scénario A — claim FIG | Scénario B — résident UK sans FIG |
|---|---|---|
| Salaire UK 250 k£ | Taxé barème UK normal (perte PA), ~£95k IR + NIC | Taxé barème UK normal, ~£95k IR + NIC |
| Loyers FR (80 k€) — convention 2008 art. 6 | 0 % UK pendant 4 ans (article 6 conv. : France impose en tant qu'État de situation, UK exonère via FIG ; sans FIG, UK aurait imposé avec crédit d'impôt français article 24) | Imposé UK avec crédit FR sur les 19 % FR + PS 7,5 % |
| Dividendes FR (200 k€) — RAS 15 % | 0 % UK pendant 4 ans | Taxé UK dividend tax 39,35 % avec crédit RAS 15 % FR |
| PV portefeuille étranger (150 k€) | 0 % UK pendant 4 ans (cristallisation possible) | Taxé UK CGT 24 % sur la plus-value |
| Personal Allowance £12 570 | Perdue (claim FIG) | Conservée |
| AEA CGT £3 000 | Perdue (claim FIG) | Conservée |
| TOTAL UK année 1 (estimation) | ~£95 000 (salaire UK seul) | ~£235 000 (worldwide) |
| DELTA | — | + ~£140 000 |
6.10. Comparaison ancien régime non-dom vs FIG (post-avril 2025)
| Critère | Non-dom (≤ 5 avril 2025) | FIG (≥ 6 avril 2025) |
|---|---|---|
| Critère d'accès | Domicile non-UK (origin / choice / dependency) | 10 ans non-résidence consécutifs (résidentiel pur) |
| Durée maximale | Jusqu'à 15 ans (deemed dom) | 4 ans seulement, non renouvelable |
| Charge forfaitaire | RBC £30k (ans 8-12), £60k (ans 13-15) | 0 £ (mais perte PA + AEA) |
| Imposition foreign income/gains | Si non remitté : 0 % | 0 % pendant 4 ans |
| Remittance | Imposable si remitté | Sans objet : libre rapatriement |
| Personal allowance / CGT exempt amount | Perdues si remittance basis claim > seuil | Perdues si claim FIG |
| IHT actifs étrangers | Hors champ tant que non deemed dom (15/20 ans) | Hors champ tant que non LTR (10/20 ans) |
| Public visé | Non-doms historiques | Tous nouveaux résidents (y compris UK returnees après 10 ans) |
| Couverture AV LUX (CEG) | Possible si non remittés | EXCLU explicitement — piège majeur |
| Couverture crypto | Possible si non remittés | EXCLU (situs UK = résidence) |
6.11. Stratégies HNW pour la fenêtre FIG 4 ans
- Cristalliser les plus-values latentes étrangères pendant la fenêtre : ventes de portefeuille international, réalisation des PE / hedge funds, distributions de trusts — tout ce qui est foreign source. « Step-up » de fait au-dessus de 4 ans = base fiscale UK rebasée.
- Distribuer les revenus accumulés via holdings étrangères — dividendes mère-fille convention 2008 (0 % RAS si participation 10 %+), pas de CGT UK pendant FIG sur les dividendes étrangers.
- NE PAS racheter l'AV LUX pendant la fenêtre : piège majeur (CEG hors FIG). Conserver dormant ou restructurer en UCITS-only pour échapper au PPB.
- NE PAS céder de crypto pendant la fenêtre UK : piège majeur (crypto situs UK). Si cession crypto majeure envisagée, planifier avant le départ FR(PFU 30 %) ou après le retour FR.
- Planifier la 5ᵉ année (« falaise ») dès la 1ʳᵉ année : fin du FIG = arising basis worldwide. Stratégies : départ stratégique au cours de la 4ᵉ année (split year treatment), distribution préalable des structures étrangères, reset de la base fiscale.
- Pour les anciens non-doms : utiliser TRF 12 % (2025/26-2026/27) ou 15 % (2027/28) pour purger le stock historique de FIG pré-2025. Pas de rapatriement physique obligatoire — désignation seule suffit.
Pièges du régime FIG 4 ans
Le malentendu de départ, c'est de croire que le FIG couvre « tout le foreign ». Faux : salaires UK, loyers UK, dividendes UK, PV crypto UK et chargeable event gains AV LUX restent intégralement imposables UK pendant les 4 ans. Le FIG ne touche que les revenus et gains d'origine étrangère, et encore — sous réserve de claim. Car deuxième malentendu : le régime n'est pas automatique. Il faut le revendiquer chaque année via SA109, sous délai 12 mois post-filing. Pas de claim, pas de bénéfice pour l'année concernée.
Trois erreurs plus subtiles méritent qu'on s'y arrête. Se rendre temporairement non-résident pendant la fenêtre fait perdre sèchement les années correspondantes (pas de pause, pas de reset). Pour les petits revenus UK (< £20 000), l'arbitrage FIG vs non-FIG peut tourner défavorable une fois la perte du Personal Allowance et de l'AEA chiffrée — calcul à faire systématiquement avant de claim. Et la fenêtre TRF (12 % en 2025/26 et 2026/27, 15 % en 2027/28, puis fermée) reste la seule porte de sortie pour les anciens non-doms avec stock historique important.
Reste enfin la falaise à 5 ans, qui se prépare dès la première année : la 5ᵉ année déclenche l'arising basis worldwide ET commence à compter pour le LTR IHT (10/20). Anticiper la sortie ou le re-routing patrimonial trois ans à l'avance, pas trois mois.
Au-delà de la fenêtre FIG 4 ans, l'autre pièce maîtresse de la fiscalité UK pour HNW est l'Inheritance Tax (IHT) avec le test de long-term resident (LTR) 10 années sur 20 — qui bascule le patrimoine mondial dans le champ IHT 40 % au-delà du seuil. Cf. section 10.
7. Immobilier UK : SDLT non-résident +2 % et HRAD +5 %, ATED, NRCGT, prime central London 2026
Acheter une résidence principale ou un investissement immobilier au Royaume-Uni en tant que Français HNW non-résident en 2026 oblige à composer avec trois étages fiscaux. À l'achat, c'est le SDLT (Stamp Duty Land Tax) qui frappe. Pendant la détention, l'ATED (Annual Tax on Enveloped Dwellings) s'ajoute si le bien est logé dans une société. À la sortie, la NRCGT (Non-Resident Capital Gains Tax) taxe la plus-value. Côté français, l'IFI ne touche que l'immobilier français — le bien londonien reste hors champ.
7.1. SDLT (Stamp Duty Land Tax) — barème 2026 et surcharges
Le SDLT s'applique à toute acquisition immobilière en England et Northern Ireland (Wales applique le Land Transaction Tax — LTT, Scotland le Land and Buildings Transaction Tax — LBTT, avec leurs propres barèmes). Pour un Français HNW achetant à Londres, c'est le régime SDLT England qui s'applique.
| Tranche du prix | Taux standard | Avec NRS +2 % (non-résident) | Avec NRS +2 % et HRAD +5 % (additional dwelling non-résident) |
|---|---|---|---|
| Jusqu'à £125 000 | 0 % | 2 % | 7 % |
| £125 001 – £250 000 | 2 % | 4 % | 9 % |
| £250 001 – £925 000 | 5 % | 7 % | 12 % |
| £925 001 – £1 500 000 | 10 % | 12 % | 17 % |
| Au-delà de £1 500 000 | 12 % | 14 % | 19 % |
Définition non-résident UK pour SDLT : moins de 183 jours UK sur la période de 365 jours encadrant la transaction (donc test différent du SRT classique). Un Français non-résident UK paie systématiquement la surcharge +2 %.
Higher Rate Additional Dwellings (HRAD) +5 % s'applique à toute acquisition d'un second logement ou plus (résidence secondaire, locatif, investissement). Pour un Français HNW achetant un pied-à-terre à Mayfair tout en conservant sa résidence principale en France ou ailleurs : empilement +2 % NRS + +5 % HRAD = +7 % au-dessus du barème standard.
Le seuil First-Time Buyer Relief a parallèlement été ramené de £425 000 à £300 000 au 1ᵉʳ avril 2025, avec un taux de 5 % entre £300 001 et £500 000 et une perte totale de l'avantage au-delà de £500 000. Ces paramètres restent inchangés pour 2026.
Abolition du Multiple Dwellings Relief (MDR) — 1ᵉʳ juin 2024
Autre rupture majeure méconnue : le Multiple Dwellings Relief (MDR) a été aboli au 1ᵉʳ juin 2024 par le Finance (No. 2) Act 2024 (abrogation de l'annexe 6B du Finance Act 2003). Concrètement, un investisseur acquérant simultanément plusieurs biens résidentiels — transactions uniques ou liées — ne peut plus moyenner le prix par logement pour réduire l'assiette SDLT.
Une clause transitoire protège uniquement les contrats échangés au plus tard le 6 mars 2024, à condition qu'aucune variation, option ni cession de droits n'intervienne après cette date. Pour toutes les opérations multi-biens postérieures, le SDLT s'applique désormais sur le prix total avec les bandes progressives standard.
Impact HNW français : les portefeuilles résidentiels et les programmes de buy-to-let groupés sont nettement plus fiscalisés depuis juin 2024. Les structurations via SPV qui mutualisaient le calcul SDLT n'ont plus d'intérêt fiscal. Source : HMRC SDLTM29902.
7.2. Cas pratique chiffré — non-résident HNW, second home Mayfair £5 M
| Tranche | Montant tranche | Taux total (12 % + 2 % + 5 %) | SDLT tranche |
|---|---|---|---|
| £0 – £125 000 | £125 000 | 7 % | £8 750 |
| £125 001 – £250 000 | £125 000 | 9 % | £11 250 |
| £250 001 – £925 000 | £675 000 | 12 % | £81 000 |
| £925 001 – £1 500 000 | £575 000 | 17 % | £97 750 |
| £1 500 001 – £5 000 000 | £3 500 000 | 19 % | £665 000 |
| TOTAL SDLT | £5 000 000 | — | £863 750 |
| Taux effectif sur le prix | — | — | 17,3 % |
7.3. SDLT corporate — 17 % flat si détention via société
Lorsqu'une société (« non-natural person ») achète un dwelling UK > £500 000 sans relief ATED, le SDLT est plafonné par un taux unique de 17 % (anciennement 15 %, relevé par le Budget Reeves d'octobre 2024) sur l'ensemble du prix. Cette mesure décourage l'enveloppe corporate (UK Limited Company, Soparfi luxembourgeoise, BVI, Jersey, Guernsey) sauf montage de location commerciale qualifiant pour l'ATED relief.
Pour un Français HNW : éviter la détention via UK Ltd Company ou offshore SPV pour résidence familiale, sauf plan de location commerciale documenté.
7.4. ATED (Annual Tax on Enveloped Dwellings) 2026-27
L'ATED est une taxe annuelle due par toute non-natural person (société, partnership avec membre corporate, OPCVM) détenant un dwelling UK d'une valeur supérieure à £500 000. Barème 2026-27 (période 1ᵉʳ avril 2026 - 31 mars 2027) :
| Valeur du bien | ATED 2026-27 | ATED 2025-26 (rappel) |
|---|---|---|
| £500 000 - £1 M | £4 600 | £4 450 |
| £1 M - £2 M | £9 450 | £9 100 |
| £2 M - £5 M | £32 200 | £31 000 |
| £5 M - £10 M | £75 450 | £72 500 |
| £10 M - £20 M | £151 450 | £145 500 |
| > £20 M | £303 450 | £292 350 |
Reliefs ATED principaux (déclaration tout de même obligatoire) :
- Property rental business relief : bien loué à des tiers sur base commerciale (jamais à un « non-qualifying individual » — interdit toute occupation par actionnaire, conjoint, descendants).
- Property developers / traders relief : stocks d'inventaire des promoteurs / négociants.
- Charitable, public access, employee accommodation, farmhouse, dwellings open to the public.
Date limite de déclaration et de paiement ATED : 30 avril 2026 pour la période 2026-27 (déclaration ET paiement). Particularité : déclaration en avance, contrairement à la plupart des autres taxes UK.
7.5. NRCGT (Non-Resident Capital Gains Tax) — cession immobilier UK
Depuis avril 2015, les non-résidents UK sont soumis à la Non-Resident Capital Gains Tax (NRCGT)sur la cession d'immobilier résidentiel UK. Depuis avril 2019, extension à TOUS les biens UK (commercial + intérêts indirects via « property-rich entities » > 75 % UK real estate).
- Taux 2026-27 (post-Budget Reeves 30 octobre 2024) :
- 18 % sur la tranche basic rate.
- 24 % sur la tranche higher / additional rate.
- Taux uniformisés résidentiel et non-résidentiel depuis le 30 octobre 2024 (auparavant 24 % résidentiel / 20 % autre).
- Annual Exempt Amount (AEA) CGT : £3 000 seulement pour 2025-26 et 2026-27 (gel jusqu'en 2029/30).
Rebasing : option de rebaser la base fiscale au 5 avril 2015 (pour résidentiel, valeur 2015 OU gain proratisé temporel OU gain total) ou au 6 avril 2019 (pour non-résidentiel et property-rich entity disposals).
Délai de déclaration NRCGT : 60 jours après completion via le service Capital Gains Tax on UK Property (gov.uk), depuis le 27 octobre 2021 (anciennement 30 jours). Sanction de pénalité en cas de retard.
7.6. Loyers UK pour résident fiscal français
Pour un résident fiscal français qui détient un bien locatif au UK :
- Côté UK : imposable au UK (article 6 conv. 2008 — État de situation). Non-Resident Landlord Scheme (NRLS) : retenue à la source de 20 % par l'agent immobilier ou le locataire direct, sauf demande NRL1 form auprès de HMRC pour gross payment status. Régularisation via Self Assessment annuel. Taux marginal IT non-résident UK : 0/20/40/45 % avec personal allowance £12 570 (sous condition de non-perte d'allowance).
- Côté France : article 24-1-b convention 2008 → crédit d'impôt = impôt FRANÇAIS correspondant (méthode du taux effectif / tax sparing). Concrètement neutralise totalement l'impôt sur le revenu français mais conserve la progressivité globale.
- Prélèvements sociaux 17,2 % appliqués par défaut côté français (résident France) sur les revenus fonciers UK — la convention 2008 ne neutralise pas les PS, qui sont des contributions sociales hors champ. Pas d'imputation possible.
- Making Tax Digital (MTD ITSA): à compter du 6 avril 2026, MTD ITSA s'applique aux non-resident landlords > £50 000 de revenus locatifs UK → déclarations trimestrielles obligatoires via logiciel agréé HMRC.
7.7. Prix prime central London (PCL) — avril 2026
Le marché Prime Central London a subi un choc cumulé en 2024-2026 :
- Hausses de SDLT (HRAD à 5 %, 17 % flat pour sociétés).
- Abolition du régime non-dom au 6 avril 2025 (FIG 4 ans seulement).
- IHT 40 % sur actifs mondiaux après 10 années de résidence (LTR test).
- 10 800+ millionnaires partis du UK en 2024-2025 selon Henley & Partners.
- 70 % des biens > £15 M listés en 2025 par des vendeurs non-doms partants.
Prix observés début 2026 :
| Quartier / segment | Prix au sqft (£) | Évolution 2025/2026 |
|---|---|---|
| PCL global (Knight Frank Index) | — | −25 % vs pic 2014. Forecast 2026 : flat à +2,5 % |
| Mayfair (resale stock qualité) | £4 000 – £6 000/sqft (≈ £43 000 – £64 500/m²) | +5,9 % YoY (W1J South Mayfair, Knight Frank) |
| Mayfair ultra-prime new build (Grosvenor Sq, Audley Sq) | £8 000 – £10 000+/sqft | Projets ciblant £12 000+/sqft 2027-28 |
| South Mayfair (W1J) | £4 500/sqft moyen | +5,9 % YoY |
| East Mayfair (W1S) | £3 500/sqft moyen | +5,6 % YoY |
| Knightsbridge & Belgravia | £3 000 – £5 000/sqft | −29,5 % vs pic 2014. Marché techniquement le plus déprécié |
| Chelsea, Kensington, Notting Hill | £2 000 – £3 500/sqft | Selon micro-zone |
| Hampstead, St John's Wood | £1 500 – £2 500/sqft | Plus liquides (familles) |
Liquidité ultra-prime £10 M+: 15-20 % de transactions en moins en 2025 vs 2024. Délais de vente prolongés (12-24 mois pour > £20 M). Fenêtre d'opportunité pour acheteurs disposant de cash, particulièrement pour les biens > £4,5 M (segment le plus impacté avec −4,8 % en 2025 selon Savills/Knight Frank).
7.8. Financement non-résident français — banques privées UK
Banques privées UK actives sur HNW non-résidents :
- Coutts (NatWest Group) : large-loan mortgages, prend en compte revenus complexes (dividendes, carried interest). LTV typiquement 50-65 % pour non-résidents. Coutts Skyline jusqu'à £25 M+.
- Investec Private Bank : exige £300k+ revenu / £3M+ net worth. BTL ouvert UK + résidents Dubaï/Suisse. Politique non-résident France à valider au cas par cas.
- C. Hoare & Co, Arbuthnot Latham, Weatherbys, Rathbones : approche relationnelle, AUM minimum.
- HSBC Private Bank, Barclays Private Bank, JP Morgan Private Bank, UBS, Goldman Sachs : crédits Lombard adossés à portefeuille titres déposé chez eux → alternative très efficace au mortgage classique.
Indices et marges : LIBOR aboli depuis fin 2021/début 2024 (synthetic). Référence actuelle : SONIA (Sterling Overnight Index Average) — taux compounded in arrears. Bank Rate 3,75 % depuis février 2026 (vote unanime confirmé le 19 mars). SONIA spot ~3,70 %. Marges privées HNW typiques : SONIA + 1,75 % à 2,75 %.
Crédit Lombard adossé portefeuille titres : pour un HNW français disposant d'un portefeuille €5 M+, adossement à un portefeuille titres (compte-titres, contrat luxembourgeois, AV) jusqu'à 50-70 % de la valeur → achat cash UK sans hypothèque, optimisation IFI côté français (dette déductible si applicable), levier patrimonial.
7.9. Structures de détention — comparatif HNW français non-résident UK
| Structure | SDLT achat | ATED | IT/CT loyers | CGT cession | IHT UK |
|---|---|---|---|---|---|
| Direct personne physique | Barème + 2 % NRS (+5 % HRAD si applicable) | Non | IT 0/20/40/45 % | NRCGT 18/24 % | Oui (assets situs UK) |
| UK Limited Company (corporate envelope) | 17 % flat sauf relief rental | Oui (jusqu'à £303 450) | CT 25 % | CT 25 % | Indirect (parts non-UK ≠ exemption) |
| SCI française | Barème + 2 % NRS | Oui (la SCI est une non-natural person pour ATED) | IT UK | NRCGT | Oui |
| Offshore (BVI / Jersey / Guernsey) | 17 % flat sauf relief | Oui | CT UK 25 % via NRCT depuis avril 2020 | NRCGT (dont via property-rich entity) | Indirect taxé via UK property holding (Schedule A1 IHTA 1984 depuis avril 2017) |
7.10. Recommandations pratiques
Pour un pied-à-terre familial, la détention directe en personne physique reste l'approche la plus simple : pas d'ATED, bénéfice du rebasing 2015 en cas de revente, structure lisible. Le SDLT élevé (17,3 % à £5 M) doit être intégré dès le pro forma — c'est un coût d'entrée, pas une variable. À l'inverse, sur un buy-to-let pur au-delà de £500k, la UK Ltd avec property rental business relief redevient pertinente : ATED neutralisé sur déclaration, CT 25 % avec déductibilité des intérêts d'emprunt, mais le SDLT 17 % à l'achat fait monter la barrière initiale très haut. Alternative à étudier systématiquement : détention directe + NRLS gross status, plus simple et souvent plus efficient à patrimoine modeste.
Deux structures à éviter ou à analyser finement. L'offshore (BVI, Jersey, Guernsey) est sorti du jeu IHT depuis le Schedule A1 IHTA 1984 d'avril 2017 — il accumule désormais les frais (ATED + CT + reporting) sans plus offrir aucune protection successorale. Conserver une structure offshore pour de l'immobilier résidentiel UK est aujourd'hui purement coûteux. Quant à la SCI française détenant un bien UK, elle ne génère pas de plus-value côté UK (la transparence est partielle), mais cette même transparence peut compliquer l'application des reliefs ATED — à vérifier au cas par cas avant tout montage.
Pièges immobilier UK non-résident
- Sous-estimer le SDLT non-résident : 17,3 % à £5 M = ~£864k. À intégrer dans le rendement attendu — rentabilité locative UK déjà faible (3-4 % brut) + frottement de 17 % d'entrée = retour sur capital 4-5 ans uniquement pour amortir les frais.
- Détention via offshore ou UK Ltd sans relief : ATED jusqu'à £303 450/an sur dwelling > £20 M. Coûteux si pas de location commerciale documentée.
- Manquer la date ATED 30 avril : déclaration ET paiement avant le 30 avril chaque année. Pénalités HMRC sévères en cas de retard.
- Oublier le délai NRCGT 60 jours : pour la cession d'immobilier UK, le formulaire et le paiement sont dus dans les 60 jours du completion. Retard = pénalités + intérêts.
- Confondre Wales/Scotland et England : Wales applique LTT (taux différents), Scotland LBTT (taux différents). Surcharge non-résident +2 % uniquement England et Northern Ireland.
- MTD ITSA non préparé pour 6 avril 2026: non-resident landlords avec revenus locatifs UK > £50 000 doivent passer aux déclarations trimestrielles via logiciel agréé HMRC. Préparation en amont (FreeAgent, QuickBooks, Xero) indispensable.
Au-delà de l'immobilier UK, les SCPI européennes et les parts de groupements forestiers (GFI / GFF) restent des outils majeurs pour optimiser l'IFI français, hors champ pour les immobiliers situés hors France.
8. SCPI européennes, Groupements Forestiers (GFI / GFF) et IFI optimisé pour résident UK
Au-delà des wrappers UK (ISA, SIPP) et de l'AV luxembourgeoise, les SCPI européennes et les parts de groupements forestiers (GFI / GFF) sont deux briques fiscales puissantes pour un Français HNW résident UK : sortir l'immobilier locatif de l'IFI français, lisser les revenus locatifs avec un crédit d'impôt UK favorable, et préparer la transmission avec l'abattement Monichon de 75 %.
8.1. SCPI européennes — détention par résident UK
Les SCPI européennes (immeubles localisés hors France : Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Italie, Royaume-Uni, etc.) sont fiscalement très attractives pour un résident UK :
- Hors champ IFI français : les immeubles sont localisés hors France, donc les parts ne sont pas dans l'assiette IFI d'un résident UK (article 964 CGI).
- Hors prélèvement non-résident français : les revenus immobiliers de source étrangère ne supportent pas le prélèvement non-résident 20/30 % de l'article 197 A CGI.
- Imposés UK selon convention bilatérale du pays de situation : la convention France-Allemagne / France-Italie / France-Belgique / France-Pays-Bas etc. détermine l'allocation. Le résident UK paie l'impôt local (souvent ~25-35 %), avec crédit d'impôt UK selon les conventions UK-pays.
- Pendant FIG 4 ans : revenus de source étrangère exonérés UK. Cumul exceptionnel : 0 % UK + impôt local du pays de situation seulement. Pour SCPI allemande rendant 5 % brut : ~4 % net après impôt allemand pendant FIG.
Principales SCPI européennes en 2026 :
- Corum Eurion, Corum USA (Corum Asset Management) — multi-pays, ~6 % brut.
- Iroko ZEN (Iroko) — Europe + UK, fast collection, ~6,5 % brut.
- Pierval Santé (Euryale Asset Management) — immobilier de santé européen, ~5,5 % brut.
- Sofidynamic (Sofidy) — Europe diversifiée.
- Eurovalys (Advenis REIM) — bureaux Allemagne, ~5 % brut.
- Novapierre Allemagne 2 (Paref Gestion) — commerces Allemagne, ~5 % brut.
8.2. SCPI françaises pour résident UK — moins favorables
Les SCPI françaises (Édissimmo, PFO2, Pierre Plus, Atream Hôtels, etc.) restent fiscalisées en France comme revenus immobiliers de source française :
- Prélèvement non-résident 20 % jusqu'à 29 315 € puis 30 % au-delà (article 197 A CGI), sauf option taux moyen plus favorable.
- Inclusion dans l'assiette IFIau prorata de l'immobilier sous-jacent en France — peut faire basculer un résident UK avec immobilier français net > 1,3 M€ dans l'IFI.
- Pendant FIG 4 ans côté UK : revenus de source étrangère (immobilier France pour résident UK) exonérés UK — donc fiscalité française uniquement.
En pratique, pour un Français HNW qui s'expatrie UK, l'idée est d'arbitrer progressivement les SCPI françaises vers des SCPI européennes — sortir de l'IFI et profiter de la fenêtre FIG 4 ans. Soit on cède les parts françaises avant départ pour purger les plus-values latentes, soit on attend la résidence UK et le FIG pour les gains de source étrangère.
8.3. Groupements Forestiers (GFI / GFF) — abattement Monichon 75 %
Les parts de Groupements Forestiers d'Investissement (GFI) ou de Groupements Fonciers Forestiers (GFF) bénéficient de deux avantages fiscaux français majeurs, applicables aussi aux non-résidents :
- Article 976 II CGI — exonération IFI 75 % : les parts sont exonérées d'IFI à hauteur de 75 % de leur valeur, dans la limite d'un plafond de 101 897 € par contribuable (foyer fiscal), puis 50 % d'exonération au-delà. Engagement de gestion durable du bois pendant 30 ans (article L. 121-1 CFor) + attestation DRAAF.
- Article 793-2-2° CGI — abattement Monichon 75 % sur la valeur transmise par succession ou donation. Sous engagement de gestion durable de 30 ans. Permet de transmettre un patrimoine forestier en n'acquittant des droits de mutation que sur 25 % de la valeur.
Pour un résident UK avec un patrimoine immobilier français net > 1,3 M€, l'investissement en parts forestières permet :
- De sortir 101 897 € de l'assiette IFI à 75 %, soit 76 423 € d'exonération réelle par foyer fiscal (économie IFI maximum ~1 530 €/an au taux 2 %).
- De préparer la transmission successorale avec abattement Monichon 75 % sur les 30 ans à venir.
- De diversifier hors immobilier urbain (bois français = actif réel, non corrélé).
Principaux opérateurs GFI/GFF en 2026 : France Valley Patrimoine (ELTIF 2.0, ticket d'entrée modéré), Forêts Avenir, Fonds Forestier Investissement. Privilégier les fonds avec certification PEFC/FSC et historique de distribution.
8.4. Optimisation IFI pour résident UK
Pour un Français HNW résident UK avec un patrimoine immobilier français net > 1,3 M€, plusieurs leviers d'optimisation IFI :
- Démembrement de propriété : article 669 CGI prévoit un barème usufruit/nue-propriété par tranche de 10 ans. Donation de la nue-propriété aux enfants → l'usufruitier conserve les revenus, la valeur taxable IFI est restreinte à l'usufruit. Réforme du quasi-usufruit 2024 (article 774 bis CGI) restreint la déduction de la dette de restitution — vigilance.
- Crédit immobilier déductible : un crédit adossé à un bien français déductible de l'assiette IFI à hauteur du capital restant dû. Crédit Lombard adossé portefeuille luxembourgeois pour acheter cash en France : dette déductible, flexibilité.
- SCPI européennes + GFI/GFF : déjà détaillé ci-dessus.
- Plafonnement IFI : article 979 CGI plafonne l'IFI + IR + PS à 75 % du revenu mondial. Pour un retraité avec patrimoine immobilier important mais peu de revenus, l'IFI peut être ramené à zéro par le plafonnement.
8.5. Cession SCPI / parts forestières pendant résidence UK
Pour un résident UK qui cède ses parts de SCPI ou de groupements forestiers :
- SCPI françaises : plus-value imposée en France au taux 19 % + PS 17,2 % (ou 7,5 % si exonération CSG/CRDS post-Brexit avec S1 NHS), moins abattement pour durée de détention (6 % par an de 6 à 21 ans, 4 % à 22 ans). Côté UK : crédit d'impôt français selon convention 2008 article 24. Pendant FIG : revenus de source étrangère exonérés.
- SCPI européennes : la fiscalité dépend du pays de situation des immeubles. Convention France-pays détermine. En général, taxation dans le pays de situation + crédit UK selon convention UK-pays.
- Parts forestières : article 150 UA CGI pour plus-values mobilières. Abattement pour durée de détention identique aux SCPI. Engagement Monichon doit être préservé (30 ans).
Pièges SCPI / GFF pour résident UK
- Confondre SCPI françaises et européennes : les SCPI françaises restent dans l'assiette IFI et sont moins favorables qu'une SCPI européenne pour un non-résident. Arbitrage progressif recommandé.
- Sous-estimer le plafond IFI sur GFF : l'exonération 75 % s'applique jusqu'à 101 897 €, puis 50 % au-delà. Pour un patrimoine immobilier français de 5 M€, l'optimisation IFI via GFF reste marginale en valeur absolue.
- Manquer l'engagement Monichon 30 ans : la cession anticipée ou la rupture de l'engagement de gestion durable entraîne la reprise des avantages fiscaux + intérêts de retard. Vigilance sur la liquidité des parts.
Au-delà du patrimoine immobilier français optimisé, la protection sociale d'un Français HNW résident UK combine NHS gratuit, contributions NI, pension UK (SIPP, State Pension, ISA) et maintien volontaire de la CFE.
10. Succession France-UK : convention 1963 toujours en vigueur, IHT long-term resident 10/20 (avril 2025), trusts
Prenons un cas réel. Un couple installé à Hampstead depuis douze ans, deux enfants nés à Londres scolarisés au Lycée Charles de Gaulle, un appartement à Paris en location, un portefeuille de 6 M€ chez Coutts, une maison familiale en Bretagne. Le mari décède. Ses héritiers découvrent qu'ils doivent gérer en parallèle l'Inheritance Tax britannique sur le patrimoine mondial, les droits de succession français sur les biens situés en France, et arbitrer le tout avec une convention bilatérale de 1963 qui est toujours en vigueur — alors que le Brexit a écarté le règlement européen de 2012. Sans préparation, la facture cumulée peut dépasser 50 % du patrimoine net.
La succession internationale est, sans contestation, le sujet le plus complexe pour un Français HNW résident UK. Trois textes juridiques majeurs se croisent : (1) l'Inheritance Tax (IHT) UK avec sa réforme du 6 avril 2025 (bascule du domicile vers la résidence — test long-term resident 10/20) ; (2) l'article 750 ter du CGI côté français (taxation française si le défunt était résident France, ou si les biens y sont situés, ou si l'héritier est résident France depuis 6 ans sur 10) ; (3) la convention successorale France-UK du 21 juin 1963, toujours en vigueur, qui élimine la double imposition par un mécanisme de crédit d'impôt. Le règlement européen RUE 650/2012 ne s'applique pas au Royaume-Uni (opt-out d'origine, confirmé par le Brexit).
10.1. Inheritance Tax (IHT) UK 2026 — cadre général
- Taux 40 % au-delà du Nil Rate Band.
- Nil Rate Band (NRB) £325 000 par personne — gel maintenu jusqu'au 6 avril 2031 (Autumn Budget novembre 2025, prolongation du gel 2030 → 2031).
- Residence Nil Rate Band (RNRB) £175 000 supplémentaire pour résidence principale transmise aux descendants directs — gel jusqu'en 2031.
- Tapering RNRB: réduction de £1 pour chaque £2 d'estate au-dessus de £2 000 000 → RNRB nul si estate > £2,35 M (couple : £2,7 M).
- Couple marié : transferable NRB + transferable RNRB → jusqu'à £1 M d'abattement combiné (2 × £325k + 2 × £175k).
- Spouse exemption illimitée si les deux époux sont LTR (ou aucun) ; plafonnée à £325 000 sinon, sauf élection LTR.
- Charity exemption + 36 % taux réduit si ≥ 10 % de l'estate transmis à charité.
- Annual exemption £3 000 + small gifts £250 + wedding gifts.
10.2. Réforme 6 avril 2025 — Long-Term Resident (LTR) test
Le Finance Act 2025 Schedule 13 a aboli le concept de domicile pour l'IHT et instauré à la place un test de résidence appelé « long-term resident » (LTR), littéralement « résident installé sur la durée ». Mécanique :
- Un individu est LTR s'il est résident UK (au sens du SRT) pendant au moins 10 années fiscales sur les 20 dernièresprécédant le fait générateur (décès, donation, charge sur trust).
- Effet : les actifs mondiaux du LTR sont dans le périmètre IHT 40 %. Avant 2025 : seulement UK situs assets pour les non-doms.
- IHT tail provision après départ UK :
- 10-13 années de résidence UK → tail de 3 ans (minimum).
- Chaque année supplémentaire de résidence ajoute 1 an de tail.
- 19/20 années → tail de 9 ans ; 20/20 → tail de 10 ans (maximum).
- Le tail est borné : après 10 années consécutives de non-résidence, le statut LTR est définitivement reset l'année suivante.
- Excluded Property Trusts (EPT) : la qualité d'« excluded property » des actifs étrangers du trust dépend désormais du statut LTR du settlor à la date du fait générateur (et non plus de son domicile à la date d'apport).
Élection LTR pour conjoint non-LTR : un conjoint non-LTR peut élire d'être traité comme LTR (full spouse exemption). L'élection est caduque après 10 années consécutives de non-résidence (4 ans pour les élections faites avant le 30 octobre 2024 sous l'ancien régime).
10.3. Stratégies HNW pour limiter l'IHT
| Stratégie | Mécanique | Vigilance 2026 |
|---|---|---|
| Potentially Exempt Transfers (PETs) | Donations exonérées si donor survit 7 ans. Taper relief sur l'IHT (et non sur la valeur du don) : 0-3 ans 0 %, 3-4 ans 20 %, 4-5 ans 40 %, 5-6 ans 60 %, 6-7 ans 80 %, > 7 ans 100 % | Risque de décès dans les 7 ans → IHT plein. Stratégie pour HNW jeunes (50-65 ans), moins pertinente pour seniors |
| Chargeable Lifetime Transfers (CLTs) | Donations à un trust discrétionnaire taxées immédiatement à 20 % (demi-droit) au-delà du NRB £325k. Complément 20 % si décès dans les 7 ans | Coût immédiat de 20 %. À comparer avec autres options |
| Business Relief (BR) anciennement BPR | 100 % d'exonération sur biens éligibles (parts non cotées, AIM stocks). Réforme 6 avril 2026 : plafond £1 M de full relief, puis 50 % au-delà | Annonce du 23 décembre 2025 : plafond rehaussé à £2,5 M (revirement gouvernemental). Au-delà : relief réduit à 50 % (taux IHT effectif 20 %). Plafond transférable entre époux (couple jusqu'à £5 M) |
| Agricultural Property Relief (APR) | Idem BPR — réforme 6 avril 2026 : plafond £2,5 M après annonce 23 décembre 2025 | AIM-listed shares passent à 50 % seulement, sans bénéfice du plafond £2,5 M |
| Excluded Property Trust (EPT) | Pour non-doms avant avril 2025 (régime grandfathering pour trusts pré-30 octobre 2024) | Largement neutralisé par la réforme 2025 — le statut dépend désormais du LTR du settlor. Cap £5 M par 10 ans pour trusts pré-30 oct 2024 |
| Donations à fondation / charity | Charity exemption totale, et si ≥ 10 % d'estate à charité, taux IHT réduit à 36 % au lieu de 40 % | Stratégie philanthropique HNW |
| Life insurance written in trust | Capital décès hors estate IHT, levier classique pour couvrir l'IHT calculé sur le reste de l'estate | Prime annuelle ~£15-25k pour capital décès £500k-£1M selon âge/santé |
10.3.1. GROB — Gifts with Reservation of Benefit (le piège du démembrement à la française)
Introduit par le Finance Act 1986, section 102, le régime des Gifts with Reservation of Benefit (GROB) cible les donations où le donateur continue, après la donation, à tirer un bénéfice de l'actif transmis. Concrètement, si vous donnez votre maison londonienne à vos enfants mais que vous continuez à y vivre sans payer de loyer au prix du marché, HMRC considère que vous n'avez pas réellement renoncé au bien : il reste dans votre estate au décès et subit l'IHT à 40 % au-dessus du nil-rate band, comme si la donation n'avait jamais eu lieu. Même logique pour un portefeuille mobilier dont vous conserveriez les revenus, ou pour des œuvres d'art que vous gardez chez vous après les avoir « données ».
Pourquoi le démembrement à la française est un piège au UK.Le réflexe patrimonial français consiste à donner la nue-propriété tout en conservant l'usufruit. C'est précisément la définition d'un GROB pour HMRC : le donateur n'est pas « entirely or virtually entirely excluded » du bien (FA 1986 s.102(1)(b)). La réintégration dans l'estate au décès est quasi-automatique, et l'avantage successoral français n'a aucune traduction côté britannique. Pour un résident UK longue durée (LTR) d'origine française, ce schéma classique perd toute efficacité IHT.
La règle des 7 ans neutralisée.Une donation pure (PET) sort de l'estate après sept ans. Mais tant que la réserve de bénéfice est maintenue, le compteur ne tourne pas : peu importe que la donation date de quinze ans, l'actif reste taxable. Seule échappatoire : le releasedu bénéfice — sortie effective des lieux, paiement d'un loyer de marché documenté, abandon de l'usufruit. Le release déclenche un PET réputé à cette date (FA 1986 s.102(4)), point de départ d'un nouveau délai de sept ans. Si le donateur survit, l'actif est définitivement hors estate ; s'il décède dans l'intervalle, l'IHT s'applique sur la valeur au jour du release.
10.3.2. POAT — Pre-Owned Asset Tax (le filet anti-contournement)
Introduit par le Finance Act 2004, Schedule 15 avec effet au 6 avril 2005, le Pre-Owned Asset Tax (POAT) est une charge annuelle d'income tax(et non d'IHT) qui frappe le donateur continuant à profiter d'un actif qu'il a antérieurement cédé, lorsque les règles GROB ne s'appliquent pas. L'idée : taxer chaque année un « loyer fictif » correspondant à l'avantage tiré. Pour un immeuble, la base est le loyer de marché du logement occupé ; pour des chattels (œuvres, mobilier de valeur) ou des intangibles placés en trust, la base est la valeur de l'actif multipliée par l'official rate of interest publié par HMRC (3,75 % pour 2025/26). Le contribuable est imposé sur ce montant à son taux marginal d'income tax (jusqu'à 45 %).
Les cibles historiques.Le POAT a été conçu pour neutraliser les schémas qui exploitaient les failles du GROB : le home loan scheme (ou double trust scheme), les Eversden schemes (donation d'un bien à un trust dont le conjoint est bénéficiaire viager) et plus largement les Ingram-style arrangements. Tous reposaient sur un fractionnement juridique permettant au donateur de continuer à occuper le bien sans déclencher techniquement de reservation of benefit.
Seuil et porte de sortie.Une exonération de minimis s'applique : si le montant total annuel imposable au titre du POAT n'excède pas £5 000 par personne (les époux étant évalués séparément), aucune charge n'est due ; au-delà du seuil, c'est l'intégralité du montant qui devient taxable, pas seulement l'excédent. Le contribuable peut aussi opter, via le formulaire IHT500 déposé avant le 31 janvier suivant la première année d'assujettissement, pour basculer dans le régime GROB : l'actif est alors réintégré dans l'estate à son décès, mais il échappe au POAT annuel. Pour un Français HNW résidant au UK ayant donné la nue-propriété d'un bien tout en conservant l'usage, l'arbitrage est délicat — payer l'income tax annuelle à 45 %, ou accepter l'IHT à 40 % au décès — et dépend de l'horizon de vie et du rendement implicite de l'actif.
10.4. Convention successorale France-UK du 21 juin 1963
La Convention France-UK du 21 juin 1963 tendant à éviter les doubles impositions en matière d'impôts sur les successions est toujours en vigueur en 2026. Entrée en vigueur le 30 juin 1964 (publication par décret n° 63-1316 du 24 décembre 1963 puis par décret n° 64-781 du 21 juillet 1964 — JORF du 4 août 1964). Elle s'applique aux successions ouvertes depuis le 21 juin 1963 et n'a fait l'objet d'aucune dénonciation. BOFIP BOI-INT-CVB-GBR-20 (sous-séries 20-10, 20-20).
Application post-réforme IHT 2025 : la convention 1963 vise expressément l'Estate Duty (impôt successoral britannique pré-1986), abrogée et remplacée par l'IHT. Le BOFIP et la pratique HMRC retiennent que la convention continue de s'appliquer mutatis mutandis à l'IHT. Mais la réforme du 6 avril 2025 bouscule l'articulation : la convention utilise un critère de domicile (au sens UK common-law) à son article IV, alors que l'IHT bascule désormais sur la résidence longue durée (LTR). HMRC a confirmé en 2024 que la lecture conventionnelle se fait en assimilant « domicile UK » au « long-term resident status » pour résoudre les conflits. Aucune jurisprudence post-2025 n'a encore tranché.
Articles clés de la convention 1963 :
- Article III — Immovable property taxée dans l'État de situation (lex rei sitae).
- Article IV — Business property of permanent establishment taxée dans l'État du PE.
- Article V — Ships and aircraft : État du siège effectif.
- Article VI — Règle de domicile fiscal du défunt pour les autres biens (résiduel).
- Article VIII — Méthode du crédit d'impôt (et non d'exonération) pour éliminer la double imposition.
10.5. Article 750 ter CGI — territorialité française
- 1° : défunt domicilié fiscalement en France → patrimoine mondial imposable aux DMTG français.
- 2° : défunt non-résident, biens situés en France → ces biens uniquement.
- 3° : héritier / légataire / donataire domicilié en France au moment de la transmission ET ayant été domicilié en France au moins 6 années sur les 10 dernières précédant celle au cours de laquelle il reçoit les biens → sa part imposable quels que soient le domicile du défunt et la situation des biens.
Article 784 A CGI — crédit d'impôt étranger : crédit d'impôt français pour les droits acquittés à l'étranger sur les biens situés hors de France, dans les cas du 1° et 3° de l'article 750 ter (donc défunt résident France ou héritier résident France 6/10). Pas applicable au cas du 2° (biens en France). Plafonnement : crédit limité à l'impôt français correspondant aux biens étrangers.
Jurisprudence favorable récente : CA Paris 26 mai 2025 a clarifié que le crédit 784 A s'applique pour les biens étrangers compris dans la base imposable française même lorsque le défunt n'était pas résident français (cas du 3°), confirmant la lecture libérale de l'article. Crédit imputable sur l'IHT effectivement payé indépendamment de ses modalités de calcul.
10.6. Articulation France-UK — cas types HNW
Trois configurations couvrent l'essentiel des successions franco-britanniques que le cabinet traite. Selon l'endroit où résidait le défunt et où sont logés les biens, le jeu entre article 750 ter, IHT et convention 1963 ne se résout pas de la même manière.
Cas 1 : défunt résident UK, biens en France
- France : 750 ter 2° → biens situés en France imposables aux DMTG français quel que soit le domicile.
- UK : si défunt LTR → IHT sur le patrimoine mondial, y compris biens France.
- Convention 1963 : immeubles France taxés en France (lex rei sitae article III). UK accorde crédit pour l'IHT évité sur les actifs France (article VIII).
Cas 2 : défunt résident France, biens UK
- France : 750 ter 1° → patrimoine mondial imposable.
- UK : si défunt non-LTR → IHT sur UK situs assets uniquement (immobilier UK, parts de société UK, actifs financiers en compte UK selon règles de situs). Si défunt LTR malgré résidence française récente (tail) → patrimoine mondial.
- Article 784 A CGI : crédit d'impôt français pour l'IHT acquitté au UK sur les biens situés hors de France (donc UK situs assets). Plafonnement à l'impôt français correspondant aux mêmes biens.
Cas 3 : héritier résident France 6+ années sur 10
- France : 750 ter 3° → l'héritier français paie des DMTG sur sa quote-part mondiale reçue.
- Cumul possible : article 784 A imputable aussi en cas 3° (biens situés hors France).
- Convention 1963 prévaut en cas de conflit : si le défunt était UK domiciled / LTR, la convention peut neutraliser la taxation française sur certains actifs étrangers via lex rei sitae.
10.7. RUE 650/2012 — UK opt-out, conflit de lois successorales
Le UK n'est PAS partie au RUE 650/2012 (opt-out depuis l'origine — Protocole n° 21 sur la position du Royaume-Uni et de l'Irlande à l'égard de l'espace de liberté, sécurité et justice). Le Brexit confirme l'exclusion.
Conséquences pour un Français résidant au UK qui décède :
- Côté français : le RUE 650/2012 s'applique erga omnes (article 20). Les juridictions françaises appliquent le critère de la résidence habituelle du défunt (article 21). Si le défunt résidait au UK, la loi anglaise est désignée, sous réserve du renvoi (article 34) : si la règle anglaise renvoie à la loi française pour les meubles ou immeubles situés en France, le juge français accepte le renvoi.
- Côté anglais : application des règles traditionnelles de droit international privé anglais — lex domicilii pour les meubles (movables), lex situs pour les immeubles (immovables). Scission successorale classique.
- Risque : conflit positif ou négatif de lois selon la situation des biens. Le renvoi atténue le risque mais ne l'élimine pas.
Côté solutions opérationnelles, trois pistes que le cabinet active régulièrement. La plus structurante reste le testament miroir français + anglais — un authentique français doublé d'un testament anglais conforme au Wills Act 1837, monté en coordination notaire FR / solicitor UK. Le choix de la professio juris (article 22 RUE 650/2012) désigne la loi nationale française par testament : opposable côté français, mais l'opposabilité côté UK reste incertaine — le juge anglais n'a pas d'obligation de la reconnaître, même s'il le fait souvent en pratique quand le testament désigne expressément la loi nationale du défunt. En amont, démembrement préalable ou donations entre vifs réduisent directement l'actif successoral.
10.8. Régime UK des trusts
Typologie des trusts UK :
- Bare trust : transparence totale, le bénéficiaire détient un droit absolu et inconditionnel sur les biens et revenus. Le settlor s'est dépouillé. Pas de pool spécifique.
- Interest in possession (IIP) trust : un bénéficiaire a un droit immédiat aux revenus.
- Discretionary trust : le trustee a discrétion sur la distribution. Régime « relevant property » (10-year charge IHT 6 % + exit charge prorata).
- Excluded property trust (EPT) : avant 6 avril 2025 pour non-doms — biens étrangers détenus par un trust constitué par un non-dom hors IHT. Réforme FA 2025 : statut dépend désormais du LTR du settlor.
Imposition trust UK 2026/27 :
- Income tax discretionary trust : 45 % non- savings/savings, 39,35 % dividendes (et non 38,1 % qui était le taux jusqu'en avril 2022).
- Standard rate band (£1 000) : 20 % / 8,75 %.
- CGT trust : 24 % sur résidentiel et autres actifs depuis Autumn Budget 2024 (et non 28 %, taux antérieur à 2024). Annual exempt amount £1 500.
- IHT relevant property : 6 % tous les 10 ans + exit charge prorata.
10.9. Imposition française des trusts (article 792-0 bis CGI)
- Article 792-0 bis CGI issu de la loi n° 2011-900 du 29 juillet 2011 : régime fiscal français des trusts. Aligné sur les droits de mutation à titre gratuit (taux selon lien de parenté ; à défaut de lien identifié, 45 % ou 60 %).
- Obligations déclaratives :
- Formulaire 2181-TRUST 1 : déclaration événementielle (constitution, modification, extinction) par l'administrateur, dans le mois de l'événement, à la DINR (recette des non-résidents).
- Formulaire 2181-TRUST 2 : déclaration annuelle de la valeur vénale au 1ᵉʳ janvier des biens et droits placés dans le trust, à déposer avant le 15 juin chaque année.
- Administrateur tenu lorsque settlor ou bénéficiaire résident France, ou bien situé en France.
- Sanctions :
- Amende fixe 20 000 € par manquement (article 1736 IV bis CGI, montant relevé par la loi n° 2013-1117 du 6 décembre 2013 contre la fraude fiscale ; anciennement 10 000 € depuis la loi n° 2011-900).
- Sanction proportionnelle 12,5 % (anciennement 5 %) annulée comme inconstitutionnelle par le Conseil constitutionnel dans la décision QPC 2016-618 du 16 mars 2017.
- Subsistent : amende fixe 20 000 € + majoration 80 % de l'article 1729-0 A CGI sur les rappels de droits en cas de découverte d'avoirs trust non déclarés à l'étranger.
- Prélèvement sui generis 990 J CGI : 1,5 % annuel sur valeur trust (si settlor IFI, sinon 0,5 %) en l'absence de déclaration.
- Doctrine : BOFIP BOI-DJC-TRUST-20220330 synthétise le régime, complété par BOI-CF-INF-20-10-50 sur les sanctions.
10.10. Pacte Dutreil — réforme LF 2026
Le Pacte Dutreil (article 787 B CGI) permet un abattement 75 % sur la valeur des titres d'entreprise transmis par succession ou donation, sous engagement collectif (avec d'autres associés) et individuel + fonctions de direction. Réforme par la LF 2026 :
- Engagement individuel porté de 4 à 6 ans (durée totale 8 ans avec engagement collectif 2 ans).
- Exclusion des actifs non affectés à l'activité (yachts, bijoux, vins, résidences) du périmètre Dutreil.
- Régime ouvert aux non-résidents sous conditions strictes (engagement collectif souscrit, fonction de direction).
10.11. Cas pratique chiffré — Français résident UK 12 ans, patrimoine £8 M
Reprenons un cas que le cabinet rencontre régulièrement. M. X, nationalité française, vit à Londres depuis 12 ans — donc LTR confirmé, patrimoine mondial dans le champ IHT. Marié à une conjointe également LTR, deux enfants majeurs (un à Londres, l'autre à Paris). Le patrimoine pèse £8 M : résidence Mayfair £3 M et portefeuille £5 M en situs UK. Décès en 2026.
Scénario A — Décès sans planification, transmission directe aux enfants
- Au UK :
- NRB £325 000.
- RNRB £0 — taper total car estate > £2,35 M.
- TNRB et TRNRB non disponibles (pas de transmission préalable au conjoint).
- Estate taxable : £8 000 000 - £325 000 = £7 675 000.
- IHT = £7 675 000 × 40 % = £3 070 000.
- En France (héritiers résidents France 6+/10) :
- Application 750 ter 3° → DMTG sur quote-part mondiale (1 enfant FR uniquement).
- Convention 1963 : immeuble Mayfair taxable UK exclusivement (lex rei sitae article III) → exclu de l'assiette française.
- Portefeuille £5 M : taxable UK (LTR + situs UK) ET France (750 ter 3°).
- Quote-part enfant FR : ~£2,5 M de portefeuille (~2,9 M€).
- Abattement 100 000 € par enfant ; barème jusqu'à 45 % au-delà de 1 805 677 €.
- DMTG français approximatifs enfant FR : ~1 M€ avant crédit.
- Crédit 784 A : IHT UK acquitté proportionnellement sur le portefeuille (£5 M / £8 M × £3,07 M = £1,92 M ≈ ~2,2 M€) → crédit absorbe quasi-totalement les DMTG français.
- Charge nette France : marginale (résiduel < 100 000 €).
- Total foyer : ~£3,07 M (≈ 3,6 M€) soit ~38 % du patrimoine.
Scénario B — Planification via conjoint + donations 7+ ans
- Premier décès → transmission au conjoint (LTR/LTR) : spouse exemption illimitée, IHT = 0, NRB+RNRB transférables.
- Donation par le conjoint survivant de £3 M aux enfants > 7 ans avant son décès : PET exonéré.
- Au second décès :
- Estate résiduel : £5 M.
- NRB cumulé : 2 × £325 000 = £650 000.
- RNRB : tapered, mais estate £5 M → encore au-dessus £2,35 M → 0.
- Estate taxable : £5 M - £650 000 = £4,35 M.
- IHT = £1,74 M (vs £3,07 M).
- Économie : ~£1,33 M (1,55 M€).
Scénario C — CLT + assurance whole-of-life en trust
- Donation des titres £3 M en CLT à un trust discrétionnaire : 20 % sur excédent NRB ≈ £535 000 d'IHT immédiat (et taper si décès dans 7 ans).
- Police whole-of-life en trust pour couvrir l'IHT résiduelle attendue (~£1,3 M capital décès) : prime annuelle ~£15-25 000 /an selon âge/santé ; capital hors estate.
- Liquidité disponible le jour du décès → évite cession contrainte de la résidence Mayfair.
| Scénario | IHT total | Économie vs A |
|---|---|---|
| A — Pas de planification | ~£3,07 M | — |
| B — Spouse + PET 7 ans | ~£1,74 M | ~£1,33 M |
| C — CLT + assurance en trust | ~£0,80-1,2 M (couvert par capital décès) | Liquidité préservée + cumul potentiel |
10.12. Recommandations stratégiques pour HNW français résidant UK
Le premier réflexe à activer dès la 9ᵉ année de résidence UK : documenter rigoureusement le statut LTR et la tail provision, et anticiper le basculement au-delà du seuil 10/20. Une fois ce diagnostic posé, le couple décide ou non d'activer l'élection LTR pour le conjoint non-LTR — choix qui sécurise la full spouse exemption mais expose en contrepartie le patrimoine mondial du conjoint. Calcul au cas par cas, jamais de réflexe systématique.
Côté transmission, plusieurs leviers s'empilent et se combinent. Les donations PETs effectuées 7+ ans avant le décès restent la brique classique, mais elles supposent un donateur encore jeune — les PETs faites à 75 ans n'ont plus statistiquement de chances de purger. Avant le 6 avril 2026, on accélère les transmissions d'entreprise ou d'exploitation agricole pour profiter du dernier round du Business Relief / Agricultural Property Relief (plafond £2,5 M, AIM-listed à 50 %), avec engagement collectif + individuel + fonction de direction si un pacte Dutreil français est articulé en parallèle. À l'écrit, on aligne un testament miroir français + anglais avec professio juris loi française côté FR, coordonné avec un solicitor UK — sans miroir, le testament FR seul prend l'eau au passage de la Probate Court.
Pour la liquidité du jour J, deux outils tournent à plein. L'AV luxembourgeoise restructurée avec clause bénéficiaire démembrée (article 990 I CGI) sort le capital décès du champ IHT UK lorsque la propriété du contrat n'est pas dans l'estate. La police whole-of-life UK en trust, elle, finance directement l'IHT calculé sur le reste — la liquidité tombe le jour du décès, sans attendre le règlement de la succession. Et toujours, en toile de fond, la documentation des trusts : 2181-TRUST 1 et 2 dans les délais, valeur vénale au 1ᵉʳ janvier, 990 J CGI provisionné. C'est la pièce qui se révèle décisive le jour d'un contrôle, dix ans après les faits.
Pièges succession France-UK
Trois écueils dominent en succession France-UK. D'abord, le mirage du règlement européen 650/2012 : le UK n'y a jamais adhéré (opt-out historique, confirmé par Brexit), donc la professio juris en faveur de la loi française reste valable côté FR mais incertaine côté britannique. Sans testament miroir anglais en parallèle, on s'expose à une contestation devant la Probate Court. Ensuite, la tail provision LTR post-départ : un Français quittant Londres après 15 ans reste LTR sur patrimoine mondial pendant 4 à 5 ans après son retour en France. Enfin, la convention 1963 reste protectrice mais le lit conventionnel « domicile » → « LTR » n'a pas encore été tranché par la jurisprudence post-réforme 2025. Sur les cas limites, on documente sans relâche.
- Conjoint LTR / non-LTR : penser systématiquement à l'élection LTR pour sécuriser la full spouse exemption — étant entendu que cela expose, en contrepartie, le patrimoine mondial du conjoint.
- Réforme APR/BPR du 6 avril 2026 :plafond £2,5 M de full relief, puis 50 % au-delà (IHT effectif 20 % sur l'excédent). Pour les entreprises et fermes > £2,5 M, la fenêtre de transmission anticipée se referme rapidement.
- Trust UK non déclaré côté FR : sanctions cumulatives — 20 000 € par année + majoration 80 % + prélèvement 990 J de 1,5 % annuel + risque pénal article 1741 CGI. Régularisation DGFiP DGE possible avec modulation transactionnelle, mais le coût grimpe vite si on attend.
- Article 784 A après CA Paris 26 mai 2025 : jurisprudence favorable au crédit d'impôt étranger, à condition d'avoir conservé chaque justificatif HMRC (IHT 400, IHT 421, final tax certificate). Pas de pièce, pas de crédit.
Au-delà du cadre théorique IHT + 750 ter + convention 1963, la meilleure illustration des stratégies HNW est dans les cas pratiques chiffrés : couple retraité Kensington, cadre tech Mayfair, dirigeant cédant Belgravia, banquier Notting Hill, UHNW Chelsea + Cap d'Antibes.
11. Cinq cas pratiques chiffrés HNW : Mayfair, Belgravia, Kensington, Notting Hill, UHNW
Cinq profils HNW français qui s'installent au Royaume-Uni en 2026, avec calculs détaillés d'impôt UK et France, articulation FIG 4 ans, IHT LTR, SDLT non-résident, et stratégies d'optimisation chiffrées. Hypothèses de calcul : barèmes 2026-27, FIG claim activé, S1 NHS produit (exonération CSG/CRDS sur revenus français maintenus).
Cas 1 — Cadre tech à Mayfair, salaire 250 k£ + dividendes français 200 k€
M. Dupont, 48 ans, Senior VP Tech chez une scale-up française listée Nasdaq, expatriation à Mayfair en septembre 2026 sous Skilled Worker visa. Famille avec 2 enfants scolarisés Lycée Charles de Gaulle (London French school). 10 années de non-résidence UK consécutives → éligible FIG 4 ans.
- Revenus UK : salaire 250 k£/an + bonus 100 k£ + RSU vesting 150 k£ = 500 k£ brut.
- Revenus FR : SCI Pierre Plus 80 k€ loyers + dividendes holding française 200 k€ + plus-values portefeuille international 150 k€.
- Patrimoine : appartement Paris 16ᵉ valeur 1,8 M€, SCPI européennes 500 k€, AV luxembourgeoise (Utmost) 1,2 M€, portefeuille international (CTO LU) 800 k€.
| Source de revenu | Avec FIG 4 ans claim | Sans FIG (arising basis) |
|---|---|---|
| Salaire UK 500 k£ — IT + NIC | ~£195 000 (IR 45 % + NIC 8/2 %, perte PA) | ~£190 000 (PA conservée) |
| Loyers FR (80 k€) — art. 6 conv. | Imposés FR (PS 7,5 % S1) ; UK 0 % FIG | Imposés FR + UK avec crédit FR (méthode tax sparing) |
| Dividendes FR (200 k€) — art. 11 conv. | RAS 15 % FR ; UK 0 % FIG | RAS 15 % FR + UK dividend tax 39,35 % avec crédit |
| PV portefeuille étranger (150 k€) | 0 % UK FIG (cristallisation possible) | UK CGT 24 %, AEA £3k = ~£35 k UK |
| IFI France (immobilier net 1,8 M€ + SCPI 500 k€ × ~30 % FR + 0 GFF) | ~5 000 €/an (au-delà 1,3 M€) | Idem |
| Total France (loyers + RAS dividendes + IFI) | ~52 k€ | ~52 k€ |
| Total UK | ~£195 000 | ~£298 000 |
| DELTA UK | — | + ~£103 000/an |
Côté stratégie, le travail commence avant même de poser les valises. On souscrit une AV luxembourgeoise pour figer l'antériorité française (PFL 7,5 % au retour). Une fois sur place, l'année 1 sert à cristalliser les plus-values latentes du CTO LU — £800k de portefeuille obtiennent un step-up de base côté UK. Le SIPP est plafonné chaque année à £60k pendant 4 ans (£240k de versements, tax relief marginal 45 %), avec ISA £20k/an et LISA £4k en sus. La 5ᵉ année doit être anticipée dès l'arrivée — sortie UK ou re-routing patrimonial. Économie cumulée FIG + SIPP + ISA sur 4 ans : autour de £500k.
Cas 2 — Couple retraité à Kensington, AV française 1,2 M€ + pensions 90 k€
Le déclencheur, ici, c'est familial : rapprocher les petits-enfants. Esther et Jean-Marc, 67 et 70 ans, s'installent à Kensington (German Colony) en avril 2026 pour vivre à côté de leurs enfants binationaux. Pas de revenus salariés au UK. Une AV française portée depuis 12 ans. Aucun visa à demander grâce au Settled Status via parent UK. Et un FIG accessible dès lors qu'on atteint 10 ans de non-résidence UK.
- Pensions privées CNAV + AGIRC-ARRCO : 90 k€/an (couple).
- AV française 1,2 M€ (12 ans antériorité PFL 7,5 %).
- 240 k€ de SCPI françaises (Pierre Plus, Édissimmo).
- Vente RP Lyon réalisée 2025 : 600 k€ liquide (exonération 150 000 € abattement).
- Achat Kensington 2 M€ via Coutts mortgage 60 % LTV.
| Élément fiscal | Impact 2026 |
|---|---|
| Pensions privées 90 k€ (article 18 conv. 2008) | Imposables UK uniquement. Sous FIG 4 ans : 0 % UK. Au-delà : barème UK ~30 % marginal sur ~£70 k = £21 k. France exonère |
| AV française rachat partiel pendant FIG | FIG NE COUVRE PAS les CEG AV étrangères. Conseil : NE PAS racheter pendant FIG, racheter au retour France pour PFL 7,5 % |
| SCPI françaises 240 k€ (loyers 12 k€) | France : prélèvement 20 %, IFI applicable (mais < seuil 1,3 M car SCPI ~30 % FR). UK : 0 % FIG |
| SDLT achat Kensington 2 M£ non-résident 2nd home | Barème + NRS 2 % + HRAD 5 % (résidence française secondaire conservée) = £293 750 SDLT (14,7 %), calcul tranche par tranche : 7 % × 125k + 9 % × 125k + 12 % × 675k + 17 % × 575k + 19 % × 500k |
| IFI France | Patrimoine immobilier français net (résidence Lyon vendue + SCPI ~80 k€ FR) = sous seuil 1,3 M€ |
| IHT futur — résidence UK 5+ ans | Patrimoine mondial dans champ IHT à partir année 11 (LTR 10/20). Anticipation transmission en PETs 7 ans + clause bénéficiaire AV démembrée |
Économie estimée : pensions privées 90 k€ exonérées 4 ans = ~£84k cumulés. Bascule année 5 → ~£21k/an d'IR UK. Stratégie alternative : vendre la résidence française pour libérer SDLT primary residence (économie £170k).
Cas 3 — Dirigeant cédant à Belgravia, post-cession 8 M€ + Innovator Founder
Cession en juin 2026, atterrissage à Belgravia trois mois plus tard. Daniel, 42 ans, vient de céder pour 8 M€ sa SaaS B2B française. Le cash transite par une holding française sous régime apport-cession 150-0 B ter (LF 2026 : 70 % de réinvestissement obligatoire sur 3 ans). L'installation se fait sous Innovator Founder visa avec endorsement Tech Nation, ILR ciblé à 3 ans et naturalisation à 4 ans.
- PV cession 7 M€ : exit tax 167 bis CGI = PFU 12,8 % + PS 17,2 % = 30 % cumulés = 2,1 M€. Sursis sur option avec garanties à 30 % (= 2,1 M€). Délai dégrèvement 15 ans rétabli par PLF 2026 promulgué.
- Holding française à l'IS : trésorerie 5 M€ après IS sur PV.
- Acquisition Belgravia 4 M€ via crédit Lombard 50 % adossé portefeuille (SONIA + 2 % chez UBS UK).
- Restructuration AV LUX 2 M€ (Utmost) en UCITS-only pour échapper au PPB regime UK.
- Création Soparfi luxembourgeoise 1 M€ pour activité opérationnelle UK + filiale UK.
| Phase | Mécanisme | Montant / impact |
|---|---|---|
| T-12 mois (avant départ) | Apport-cession holding FR + souscription AV LUX 2 M€ pré-départ | Antériorité 0 ans figée + report PV latente |
| T-3 mois | Garantie exit tax 30 % (~2,1 M€) constituée auprès SIPNR. Formulaire 2074-ETD | Sursis activé |
| Septembre 2026 - arrivée UK | Visa Innovator Founder + endorsement Tech Nation. Domiciliation Belgravia | ILR à 3 ans visé |
| Année 1-4 (FIG claim) | Distributions holding FR (mère-fille 0 % RAS art. 11), 0 % UK FIG | ~600 k€/an dividendes nets |
| Année 1-4 — restructuration AV LUX | Conversion en fonds collectifs UCITS-only chez Utmost, échappe au PPB regime | Évite deemed gain 15 %/an = ~£135k/an |
| Crédit Lombard pendant FIG | SONIA + 2 % all-in ~5,75 % sur £2 M = ~£115 k/an d'intérêts (déductibles si business loan) | Liquidité d'opportunité préservée |
| Année 5 — falaise FIG | Bascule arising basis worldwide. Stratégies : départ stratégique année 4, ou conservation Belgravia + planification IHT pré-LTR (10/20) | À planifier dès année 1 |
| IHT à 12 ans de résidence (LTR) | Patrimoine mondial dans champ. PETs 7 ans + AV LUX clause démembrée + assurance whole-of-life en trust | Économie potentielle £1-2 M sur transmission |
Comparée à un scénario sans planification, l'économie cumulée se construit en plusieurs strates. Le sursis évite la sortie cash de l'exit tax. Le FIG sur 4 ans neutralise l'imposition UK sur les dividendes — environ £550k/an gagnés contre le taux marginal, soit £2,2 M cumulés. La restructuration de l'AV LUX en UCITS-only contourne le PPB regime et économise ~£540k sur la période. La planification IHT prend le relais sur la transmission, avec encore £1 à 2 M récupérés. Au total, sur un horizon de 12-15 ans, on parle de £3 à 4 M d'économie cumulée.
Cas 4 — Banquier City à Notting Hill, salaire 1,2 M£ + carry interest
Cinq ans de non-résidence avant son arrivée — il en fallait dix. Sarah, 38 ans, partner chez Goldman Sachs PWM UK, transférée de Paris à Londres en 2024 sous Skilled Worker, n'a pas accès au FIG. Sa rémunération : 600 k£ de salaire, 400 k£ de bonus, et 200 k£/an de carry interest sur un fund Goldman PE. Famille avec un enfant scolarisé au CFB Notting Hill.
- Revenus UK 1,2 M£ : IR 45 % marginal + NIC 2 % au-delà UEL. Charge UK ~£540 k.
- Carry interest : imposé comme income au taux marginal UK depuis le 6 avril 2025 (Finance Act 2025 réforme carried interest, anciennement CGT 28 %). Taux 32-39 % avec surtaxe (selon nature).
- AV luxembourgeoise 800 k€ souscrite avant départ (4 ans antériorité maintenant — PFL 35 % en cas de rachat actuel).
- Pension Goldman + SIPP perso : £150k/an versés cumulés (avec tapered AA £10k seul + carry-forward).
- Achat 2024 Notting Hill 3 M£ — primary residence : SDLT standard sans HRAD (pas de 2nd home).
| Élément fiscal 2026 | Calcul / stratégie |
|---|---|
| IR + NIC sur 1,2 M£ revenus UK | ~£540k (taux effectif 45 %) |
| Carry interest 200 k£ — depuis 6 avril 2025 | Imposé comme income (réforme FA 2025) : ~32-39 % selon nature = £64-78k |
| SIPP £10 k tapered AA (high earner) | Tax relief 45 % marginal = £4,5 k. Carry-forward 3 ans potentiellement disponible |
| ISA £20 k/an | Saturé annuellement |
| AV LUX 800 k€ — non-éligible FIG (4 ans non-résidence < 10) | Conservation dormante. Au retour FR (8 ans antériorité atteinte) : PFL 7,5 % |
| IHT — devient LTR à 10 ans | Anticipation : donations PETs 7 ans, capital décès en trust |
| Cession Notting Hill primary residence | Exonération CGT (PRR — Principal Residence Relief) |
Stratégie spécifique : la condition FIG (10 ans non-résidence UK consécutifs) est exigeante. Pour les Français ayant déjà résidé UK avant l'arrivée actuelle, vérifier rigoureusement le compteur. Si 5 ans non-résidence : non- éligible. Solution alternative : régime arising basis worldwide, optimisation via SIPP + ISA + GIA + AV LUX dormante. Le coût d'opportunité de l'inéligibilité FIG = ~£250k/an pour un revenu 1,2 M£ avec 200 k€ revenus FR — sur 4 ans, ~£1 M d'économie manquée.
Cas 5 — UHNW 30 M€ binational, Chelsea + Cap d'Antibes + Mayfair
« Onze ans qu'on est à Londres, on n'avait pas réalisé qu'on était devenus LTR ». La phrase, on l'entend souvent en premier rendez-vous. Famille Lévi-Bensoussan, 55 ans, binationaux franco-britanniques, 11 ans de résidence UK : LTR confirmé, donc IHT sur le patrimoine mondial. Le patrimoine pèse 30 M€ — penthouse Chelsea 8 M£, hôtel particulier Mayfair 6 M£, villa Cap d'Antibes 4 M€, portefeuille bancaire UK et LUX 12 M€. Quatre enfants : deux à Londres, deux installés en France depuis plus de 6 ans.
- IHT UK sans planification : (30 M€ - 0,650 M€ NRB - 0 RNRB tapered) × 40 % = ~12 M€.
- France : article 750 ter 3° pour les 2 enfants résidant FR → DMTG sur leur quote-part mondiale (7,5 M€ chacun). Convention 1963 : Chelsea + Mayfair imposables UK exclusivement (lex rei sitae). Cap d'Antibes imposable FR exclusivement. Portefeuille imposable UK + FR avec crédit 784 A.
- DMTG FR sur 2 enfants × 7,5 M€ × ~45 % marginal après abattement 100 k€ = ~6 M€ avant crédit 784 A.
- Crédit 784 A : IHT UK sur portefeuille (~12 M€ × 12 M€ / 30 M€ ≈ 4,8 M€) imputable sur DMTG FR.
Sur ce type de profil, la stratégie ne tient pas en un seul levier — c'est une mécanique à plusieurs étages, à monter en séquence :
- PETs 7 ans: donations 5 M€ chacun aux 4 enfants > 7 ans avant décès → exonérées IHT UK + bénéficient abattement FR 100 k€ tous les 15 ans + démembrement 60/40 usufruit/nue-propriété (article 669 CGI).
- AV luxembourgeoise 5 M€ avec clause bénéficiaire démembrée — capital décès hors estate IHT UK + abattement 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I CGI).
- Police whole-of-life UK 5 M€ en trust — prime annuelle ~£40k pour capital décès £5M. Capital hors estate UK, finance la liquidité IHT future.
- Testament miroir français + anglais avec professio juris loi française (côté FR) coordonné avec solicitor UK (Macfarlanes / Withers / Charles Russell Speechlys).
- Anticipation tail provision LTR : départ retour France à 12 ans de résidence UK → tail 5 ans (10-13 → 3 ans + 2 années supplémentaires). IHT mondial maintenu jusqu'à 17 ans post-arrivée UK initial.
- Cap d'Antibes : transmission sous régime 750 ter 3° + crédit 784 A — droits limités après planification.
| Scénario | IHT UK + DMTG FR | Économie vs A |
|---|---|---|
| A — Pas de planification | ~12 M€ IHT UK + ~2 M€ DMTG FR (après crédit 784 A) | — |
| B — PETs 7 ans + AV LUX + assurance trust + testament miroir | ~3-4 M€ cumulés (capital décès couvre liquidité) | ~10 M€ d'économie |
| C — Départ stratégique avant LTR (10 ans résidence) | Cap d'Antibes seul taxable FR | Maximum protection mais coût lifestyle |
Recommandation pour UHNW 20-50 M€ : anticipation 10+ ans avant transmission, double dispositif testamentaire, AV luxembourgeoise multi-devises EUR/USD/GBP avec clause démembrée, police whole-of-life en trust UK pour liquidité IHT, planification du tail LTR si départ envisagé, coordination cabinet fiscaliste binational FR + chartered tax adviser CTA UK (Macfarlanes, Withers, Charles Russell Speechlys, Mishcon de Reya, BCLP) et notaire international.
Synthèse des 5 cas pratiques HNW UK
- Cas 1 — Cadre tech Mayfair 500 k£ : économie FIG 4 ans ~£412k cumulés. Bascule année 5 critique.
- Cas 2 — Retraités Kensington 90 k€ pensions: conservation AV française dormante, donations PETs aux enfants. SDLT 2nd home £294k à arbitrer.
- Cas 3 — Dirigeant cédant Belgravia 8 M€ : architecture holding FR + Soparfi LUX + AV LUX restructurée + crédit Lombard. Économie ~£3-4 M cumulés sur 12-15 ans.
- Cas 4 — Banquier City 1,2 M£: non- éligible FIG (5 ans non-résidence < 10), coût d'opportunité ~£1 M sur 4 ans.
- Cas 5 — UHNW 30 M€ binational : économie transmission ~£10 M via PETs + AV LUX démembrée + assurance whole-of-life en trust + testament miroir.
Au-delà des cas pratiques, comparer le UK aux autres juridictions HNW européennes (Suisse forfait, Italie 24 bis, Portugal IFICI, Grèce 5A) permet d'identifier le meilleur fit selon le profil patrimonial.
12. UK vs Italie 200 k€, Suisse forfait, Portugal IFICI, Grèce 5A : quelle juridiction pour quel profil HNW français
Avant de choisir le UK comme juridiction d'expatriation, comparer avec les principales alternatives européennes pour HNW français en 2026 : Italie (régime forfaitaire 200 k€ article 24 bis TUIR), Suisse (forfait fiscal cantonal LIFD article 14), Portugal (régime IFICI 2024 successeur du NHR aboli fin 2023), Grèce (régime non-dom article 5A loi 4172/2013), et l'Espagne (régime Beckham impatriés).
12.1. Tableau comparatif synthétique 2026
| Juridiction | Régime | Durée | Imposition revenus étrangers | Imposition revenus locaux | Avantage IHT / succession |
|---|---|---|---|---|---|
| Royaume-Uni | FIG 4 ans (FA 2025) | 4 ans | 0 % IT/CGT pendant 4 ans (sauf CEG AV étrangères + crypto) | Barème UK 0/20/40/45 % (perte PA si claim FIG) | LTR 10/20 → IHT mondial 40 %. Tail 3-10 ans après départ |
| Italie | Régime article 24 bis TUIR (forfaitario neo-residenti) | Jusqu'à 15 ans | 200 000 €/an forfait flat (relevé de 100 k → 200 k en août 2024 par décret-loi) | IRPEF normal sur revenus italiens (jusqu'à 43 % + addizionali) | 0 % impôt successoral sur biens étrangers couverts par forfait |
| Suisse | Forfait fiscal cantonal (Pauschalbesteuerung, LIFD art. 14, LHID art. 6) | Indéfini (renouvelable) | Base ≥ MAX(7× loyer/valeur locative, 3× pension, dépenses mondiales, plancher fédéral CHF 435k 2026) | Pas d'imposition séparée — tout dans le forfait | Variable cantonal (Vaud LMSD réformée 2025, Genève art. 6A LDS exclut forfaitaires) |
| Portugal | Régime IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação) successeur du NHR aboli fin 2023 | 10 ans | Exonération uniquement pour revenus de R&D, professions hautement qualifiées (liste DGAE restrictive) | Taux flat 20 % sur revenus locaux du R&D, autres revenus barème (jusqu'à 48 %) | 0 % impôt successoral en ligne directe (Imposto do Selo 10 % autres) |
| Grèce | Régime non-dom article 5A loi 4172/2013 | 15 ans | 100 000 €/an forfait flat sur revenus étrangers + 20 000 €/membre famille | IR grec sur revenus locaux (barème jusqu'à 44 %) | 0 % impôt successoral sur biens étrangers couverts par forfait |
| Espagne | Régime Beckham (impatriés, art. 93 LIRPF) | 6 ans | Imposition limitée aux revenus espagnols (taux 24 % flat jusqu'à 600 k€, 47 % au-delà) | Idem | Pas d'avantage spécifique succession |
12.2. UK FIG 4 ans vs Italie 24 bis 200 k€
L'Italie est l'alternative la plus directe pour HNW français avec gros revenus passifs étrangers (dividendes, intérêts, PV mobilières). Le régime article 24 bis TUIR :
- 200 000 €/an forfait flat sur tous revenus étrangers (vs 0 % UK pendant 4 ans seulement).
- Durée 15 ans non renouvelable (vs 4 ans UK).
- Condition de non-résidence plus souple que UK FIG : 9 années sur les 10 dernières non-résident Italie (vs 10 années consécutives non-résident UK pour FIG).
- Couvre tous les revenus étrangers y compris gains crypto et chargeable events (contrairement au UK FIG qui les exclut).
- Successions : 0 % sur biens étrangers couverts par le forfait.
UK FIG est plus généreux sur les 4 premières années (0 % vs 200 k€/an), mais l'Italie l'emporte sur la durée (15 ans vs 4 ans). Break-even: pour des revenus étrangers annuels > 600 k€, l'UK FIG est gagnant sur 4 ans (économie totale > 200 k€ × 4 = 800 k€). Pour des revenus < 500 k€, l'Italie 24 bis sur 15 ans est largement gagnante.
Profils typiques :
- UK FIG gagnant : entrepreneur cédant post-cession 5-20 M€ avec gros dividendes mère-fille (1-3 M€/an), dirigeant tech avec stock-options à cristalliser, banquier private equity avec carry interest. Mission 3-4 ans puis sortie.
- Italie 24 bis gagnant : retraité HNW avec patrimoine de rente 5-15 M€ générant 200-500 k€/an, family office multi-générationnel sur 15 ans, profil expatriation longue durée.
12.3. UK FIG 4 ans vs Suisse forfait fiscal
Le forfait fiscal cantonal suisse (LIFD article 14, LHID article 6) est l'alternative classique pour HNW français retraités ou rentiers. Caractéristiques :
- Base de calcul : MAX(7× loyer ou valeur locative, 3× pension complète, dépenses mondiales effectives, plancher fédéral CHF 435 000 en 2026).
- Minima cantonaux 2026 : Vaud CHF 415 000 (négocié par ruling), Valais base ICC CHF 250 000 négociable, Tessin ~CHF 400 000, Genève ~CHF 445 000 (avec majoration cantonale +10 %).
- Durée indéfinie (renouvelable tous les 5 ans dans le ruling cantonal).
- Aucune activité lucrative en Suisse (condition stricte).
- Calcul de Contrôle Modifié (CCM) requis pour résidence conventionnelle France-Suisse 1966 (article 4 §6 b + CE 25 juin 2021 n° 442790).
- 21 cantons appliquent le forfait. Cantons abolitionnistes : ZH (2010), SH (2011), AR (2013), BS (2013), BL (2014).
UK FIG vs forfait Vaud (charge fiscale annuelle 2026) :
| Profil patrimonial | UK FIG 4 ans (charge UK) | Forfait Vaud Pully (charge totale CH) |
|---|---|---|
| Retraité 5 M€ patrimoine, 100 k€ pensions + 200 k€ dividendes | 0 % UK pendant 4 ans (FIG) puis ~£100k/an arising basis | ~CHF 380-400k/an (forfait CHF 700-1M base, IFD + ICC + commune) |
| UHNW 30 M€ patrimoine, 1 M€ revenus passifs | 0 % UK FIG 4 ans (économie ~£300k/an), puis arising basis ~£300k/an UK | ~CHF 380-400k/an forfait inclusif tout revenu mondial (sauf revenus suisses) |
| Cadre actif 1 M£ salaire | Salaire UK taxé barème ~£450k | Non éligible (forfait exclut activité lucrative) |
| Entrepreneur cédant 10 M€ avec dividendes 1 M€/an | 0 % FIG 4 ans (économie cumulée ~£1,2M) | Forfait + dividendes hors forfait imposés cantonal (selon ruling). Peut atteindre CHF 400-600k/an |
Conclusion : le UK FIG 4 ans est gagnant pour les expatriations courtes (mission 3-4 ans, entrepreneurs cédants avec dividendes massifs). Le forfait suisse l'emporte pour expatriations longues (10+ ans), retraités avec patrimoine établi, profils refusant la complexité fiscale UK (PPB regime, IHT LTR, SDLT élevé). La Suisse offre aussi 0 % succession ligne directe dans la plupart des cantons (vs IHT UK 40 % au-delà de 10 ans LTR).
12.4. UK FIG 4 ans vs Portugal IFICI 2024
Le Portugal a aboli son régime NHR (Non-Habitual Resident) fin 2023, remplacé par le régime IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação) début 2024 — beaucoup plus restrictif :
- Conditions : exercer une profession éligible R&D, hautement qualifiée (liste DGAE), ou être chercheur universitaire / start-up tech.
- Durée : 10 ans.
- Avantage : taux flat 20 % sur revenus éligibles d'origine portugaise + exonération sur la majorité des revenus étrangers (sous conditions de convention).
Le NHR ancien (2009-2023) était beaucoup plus généreux et accessible (10 ans à 0 % sur revenus étrangers couverts). L'IFICI 2024 cible désormais les chercheurs / cadres tech / start-ups uniquement — la grande majorité des retraités HNW ne sont plus éligibles. Beaucoup de Français retraités déjà installés au Portugal sous l'ancien NHR conservent leur statut jusqu'à expiration (10 ans).
UK FIG est plus généreux pour les 4 premières années que l'IFICI portugais (0 % UK vs taux flat 20 % PT sur revenus éligibles). Mais le Portugal offre une qualité de vie méditerranéenne, climat, coût de la vie inférieur, langue francophone facilement accessible (Lisbonne, Cascais, Algarve). Profils complémentaires plutôt que concurrents.
12.5. UK FIG 4 ans vs Grèce article 5A 100 k€/an
La Grèce a introduit en 2020 un régime non-dom (article 5A loi 4172/2013) ciblant les HNW :
- Forfait flat 100 000 €/an sur revenus étrangers + 20 000 €/membre de famille (conjoint, enfants).
- Durée 15 ans non renouvelable.
- Conditions : non-résidence Grèce 7 années sur les 8 dernières + investissement minimum 500 000 € en Grèce (immobilier, entreprise).
- Couvre tous revenus étrangers (dividendes, intérêts, PV, locatifs).
Économie comparée: Grèce 5A est gagnante pour revenus étrangers > 250 k€/an (forfait 100 k€/an au lieu d'imposition marginale 44 % grec). UK FIG offre 0 % sur 4 ans sans plafond, donc gagnant pour revenus > 1 M€/an cumulés sur 4 ans. La Grèce offre la durée (15 ans), le UK l'intensité (0 % vs flat).
12.6. UK vs Espagne (régime Beckham)
Le régime Beckham espagnol (article 93 LIRPF) cible les impatriés — limitation de l'imposition aux revenus de source espagnole uniquement, taux flat 24 % jusqu'à 600 k€, 47 % au-delà. Durée 6 ans. Conditions : non-résidence Espagne 5 années fiscales (réduction depuis Loi 28/2022 Startups Act) + emploi salarié espagnol, administrateur de société, digital nomad ou entrepreneur innovant.
Profil cible : cadre dirigeant français muté en Espagne par un groupe local. Pour HNW patrimoniaux, le Beckham est moins intéressant que UK FIG ou Italie 24 bis. La Catalogne et Madrid sont les destinations principales.
12.7. Matrice de décision pour HNW français
| Profil HNW français | Juridiction recommandée | Justification |
|---|---|---|
| Entrepreneur cédant 5-20 M€, 1-3 M€ dividendes/an, mission 3-4 ans | Royaume-Uni FIG 4 ans | 0 % UK sur revenus étrangers > 1 M€/an = économie maximale courte durée. Sortie année 4 ou 5 (falaise) anticipée |
| Retraité HNW 5-15 M€ patrimoine, 200-500 k€ rentes, expatriation longue (10+ ans) | Italie article 24 bis 200 k€ | Forfait flat 200 k€ sur 15 ans = ~3 M€ d'impôt total vs 5-7 M€ en arising basis. Climat, lifestyle Milan/Toscane |
| UHNW 30 M€+, family office, transmission multi-générationnelle, 0 % succession recherchée | Suisse forfait Vaud / Valais / Tessin | Forfait CHF 380-500k/an inclusif + 0 % succession ligne directe + écosystème banques privées + Lex Koller pour chalets de prestige |
| Chercheur tech, dirigeant R&D, professeur universitaire | Portugal IFICI 2024 (10 ans) | Régime spécifique professions hautement qualifiées. Climat, coût vie, langue francophone facile |
| Retraité HNW < 5 M€, climat méditerranéen, durée moyenne (8-10 ans) | Grèce article 5A (15 ans, 100 k€/an) | Forfait raisonnable pour patrimoine moyen, climat exceptionnel, coût vie modéré |
| Cadre dirigeant muté UE par groupe local (durée 5-6 ans) | Espagne Beckham (6 ans) | Régime impatriés flat 24 %, accès marchés ibériques + Latam, ROI carrière + climat |
| Cadre dirigeant tech mission Londres 5+ ans, salaire 500k£+ | Royaume-Uni arising basis (sans FIG si déjà résidé UK 5 ans) | Pas éligible FIG si <10 ans non-résidence consécutifs. Optimisation via SIPP £60k + ISA + AV LUX dormante |
12.8. Crypto-actifs : où expatrier en 2026
Pour les détenteurs HNW de crypto-actifs avec gains substantiels (BTC, ETH, alts), le choix de juridiction est critique. Comparatif :
| Juridiction | Imposition crypto résident HNW 2026 | Avantage / piège |
|---|---|---|
| Royaume-Uni | CGT 18/24 % (depuis 30 oct 2024). FIG 4 ans NE COUVRE PAS gains crypto (HMRC CRYPTO22600 — situs = résidence) | PIÈGE — pas de fenêtre fiscale FIG pour crypto |
| France (résident) | PFU 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) sur cessions occasionnelles (article 150 VH bis CGI) | Référence |
| Suisse (forfaitaire ou ordinaire) | PV mobilières privées 0 % (article 16 al. 3 LIFD si cessions occasionnelles, pas commerciales). Fortune imposable cantonale | AVANTAGE MAJEUR pour cession crypto, sous condition de gestion patrimoniale (pas trader) |
| Italie 24 bis | Forfait 200 k€/an couvre tous revenus étrangers, y compris gains crypto étrangers | AVANTAGE pour patrimoine établi |
| Émirats Arabes Unis (Dubaï) | 0 % IR personnes physiques (Federal Decree-Law n° 47/2022) | Avantage maximal mais hors UE et lifestyle culture FR |
| Portugal NHR (ancien) ou IFICI | NHR : 0 % sur crypto (avant abolition fin 2023). IFICI : 28 % sur crypto | PIÈGE — IFICI moins favorable |
Sur une cession crypto majeure (au-delà de 5 M€), la migration vers la Suisse forfait ou les Émirats avant la liquidation est très souvent la bonne lecture — bien plus favorable qu'un atterrissage UK ou Portugal. Cela suppose 12 mois d'anticipation a minima, une documentation rigoureuse de la résidence fiscale et la déclaration 3916-bis française si le compte d'exchange est à l'étranger.
Synthèse — choix de juridiction HNW français 2026
- UK FIG 4 ans : entrepreneur cédant gros dividendes, mission courte, 0 % maximal sur 4 ans.
- Italie 24 bis 200 k€/15 ans : retraité / rentier patrimoine établi, durée longue, climat italien.
- Suisse forfait : UHNW, family office, 0 % succession ligne directe, banques privées Genève / Zurich.
- Portugal IFICI : chercheur tech, R&D, durée 10 ans.
- Grèce 5A : retraité HNW moyen patrimoine, climat, 15 ans, 100 k€/an.
- Crypto HNW : Suisse ou UAE prioritaires, UK FIG est un piège.
Une fois la juridiction choisie, la check-list opérationnelle d'installation (visa, banque, école, fiscaliste, notaire, assureur, déclarations FR) est cruciale pour éviter les pièges de calendrier.
13. Checklist installation UK avant et après départ + EUSS / Innovator Founder
Calendrier T-12 / T+24 mois en 7 phases pour préparer son installation au Royaume-Uni en 2026, activer le régime FIG si éligible, sécuriser les démarches administratives et patrimoniales.
13.1. Phase T-12 mois — Audit résidence + exit tax + visa
- Audit résidence fiscale conventionnelle (article 4 conv. 2008) — vérifier critères SRT (Statutory Residence Test) éligibilité split year treatment.
- Audit exit tax 167 bis CGI: titres détenus > 800 000 € OU participation ≥ 50 % d'une société. Si applicable : préparer garanties à 30 % de la PV latente (PFU 12,8 % + PS 17,2 %), demande SIPNR formulaire 2074-ETD 90 jours avant départ. Délai de dégrèvement 15 ans rétabli par PLF 2026 amendement I-807 promulgué.
- Vérification éligibilité FIG 4 ans : 10 années fiscales UK consécutives non-résident avant arrivée. Si déjà résidé UK il y a moins de 10 ans : non éligible.
- Choix du visa UK : Skilled Worker (sponsor licence employeur, salaire min £41 700 depuis 22 juillet 2025), Innovator Founder (endorsement, ILR 3 ans), Global Talent (Tech Nation, Royal Society, etc.), HPI (diplôme top universités), Self-Sponsorship (UK Ltd compliance lourde), Spouse visa (£29 000 income), EUSS (résidents UK avant 31 décembre 2020).
- Souscription AV luxembourgeoise multi-devises EUR/USD/GBP chez Utmost Luxembourg (ex-Lombard), Cardif Lux Vie Pack UK, Bâloise Vie Lux ou Sogelife UK — AVANT départ pour figer antériorité française et préparer PFL 7,5 % au retour.
13.2. Phase T-9 mois — Stratégie écrite et structure
- Allocation patrimoniale globale : conservation / cession des enveloppes françaises (PEA, AV, SCPI, CTO, PER), souscription AV LUX, structuration via holding française IS (apport-cession 150-0 B ter LF 2026 : 70 % réinvestissement, 3 ans).
- Structure holding/SPV si entrepreneur cédant : Soparfi luxembourgeoise (substance économique requise — PPT article 7 MLI), Family Investment Company (FIC) UK, ou holding française IS distributrice.
- Restructuration AV LUX en UCITS-only pour échapper au PPB regime UK (ITTOIA 2005 ss.515-526). Conversion des FAS / FID classiques en fonds collectifs sans sélection individuelle, ou souscription d'un PPB-compliant Utmost Luxembourg bond UK-range.
- Rédaction testament authentique français avec professio juris loi française (article 22 RUE 650/2012) + commande de testament miroir anglais (Wills Act 1837) coordonné avec un solicitor UK (Macfarlanes, Withers, Charles Russell Speechlys, Mishcon de Reya, BCLP).
- Si trust ou foundation existant : audit BOFIP BOI-DJC-TRUST, déclarations 2181-TRUST 1/2 préparées.
13.3. Phase T-6 mois — Mise en œuvre administrative
- Dépôt visa UK auprès du Home Office (visa fee + Immigration Health Surcharge £1 035/an). Délai de traitement 3-12 semaines selon visa.
- Préparation immobilier UK : recherche quartier (Mayfair, Kensington, Chelsea, Notting Hill, Hampstead, St John's Wood selon profil). Estimation SDLT (jusqu'à 17,3 % à £5 M en 2nd home non-résident).
- Préfinancement via banque privée UK (Coutts, JPM PB, GS PWM, Barclays Private Bank) ou crédit Lombard SONIA + 1,5-3,25 %.
- Préparation banque privée UK + ouverture compte courant UK (Coutts dès £1 M). KYC 2-4 semaines.
- Inscription école française CFB Notting Hill, Lycée Charles de Gaulle (London French school), French Education Property Trust (FEPT), ou écoles privées britanniques (Westminster, Eton, Harrow selon âge).
13.4. Phase T-3 mois — Coordination juridique et fiscale
- Coordination des banques françaises et UK : prévenir les banques françaises (PEA, CTO, AV) de l'expatriation imminente, demander confirmation écrite de maintien des comptes. Anticiper la fermeture potentielle par les brokers en ligne (Bourse Direct, Boursorama, ING).
- Constitution garanties exit tax : nantissement ou caution bancaire à 30 % de la PV latente. Formulaire 2074-ETD au SIPNR 90 jours avant.
- Legal opinion AV LUX : obtenir attestation de l'assureur luxembourgeois confirmant l'acceptation du résident UK et la motive defence (TOAA s.720 ITA 2007).
- Souscription crédit Lombard pré-départ chez UBS UK / JPM PB / Coutts (LTV 50-65 % portefeuille).
- Préparation formulaires 5000-FR / 5001-FR pour exonérations conventionnelles RAS française (dividendes, intérêts).
13.5. Phase T-1 mois / Départ — Déménagement et déclarations
- Mise à jour adresse impots.gouv.fr (formulaire 2042 + 2042-NR pour année de transition). Notification au SIPNR (DRESG).
- Arrivée UK : enregistrement Home Office (collecte BRP — Biometric Residence Permit), inscription GP NHS, Council Tax registration, mise en service utilities (gas, electric, water, broadband).
- Ouverture compte courant UK actif (HSBC, Barclays, Coutts, NatWest), ISA £20 000/an + LISA £4 000/an dès le 6 avril 2026.
- Inscription EU Settlement Scheme si éligible (Français résidents UK avant 31 décembre 2020 — Settled Status ou Pre-Settled Status).
- Inscription au consulat français à Londres (registre consulaire MEAE).
13.6. Phase T+3 à T+12 mois — Activation FIG et Self Assessment
- HMRC Self Assessment registration dans les 3 mois après début résidence UK (formulaire SA1).
- FIG claim — formulaire SA109 millésime 2025/26 (ou millésime correspondant à l'année d'arrivée). Helpsheet HMRC HS266. Délai de claim 12 mois après filing date.
- HMRC Certificate of Residence demandé pour activer la convention 2008 et exonérations conventionnelles RAS françaises.
- Stratégie année 1 FIG : cristalliser PV latentes étrangères, distribuer dividendes mère-fille via holding française, ne PAS racheter AV LUX (CEG hors FIG).
- Versements SIPP £60 000/an + carry-forward 3 ans précédents si éligibilité (jusqu'à £180k bonus rattrapage la 1ʳᵉ année).
- ISA + LISA + Junior ISA (si enfants) saturés annuellement.
13.7. Phase T+24+ mois — Pilotage et anticipation falaise
- Déclarations annuelles France (2042 + annexes pour revenus FR) + Self Assessment UK chaque année.
- Année 4 FIG — préparation falaise année 5 : décision sortie UK ou conservation. Stratégies : départ stratégique (split year treatment), réalisation finale PV étrangères, restructuration patrimoine pré-arising basis.
- Année 9-10 — surveillance LTR IHT : à 10 années sur 20, bascule LTR. Anticipation transmission par PETs 7 ans avant le seuil.
- ATED déclaration annuelle 30 avril si détention via société. NRCGT déclaration 60 jours après cession immobilier UK.
- MTD ITSA (Making Tax Digital Income Tax Self Assessment) à partir du 6 avril 2026 pour non-resident landlords > £50 000 — déclarations trimestrielles via logiciel agréé HMRC (FreeAgent, QuickBooks, Xero).
- ILR (Indefinite Leave to Remain) à 3 ou 5 ans selon visa. Naturalisation 12 mois après ILR.
Le retour en France ouvre une autre fenêtre stratégique majeure : régime impatrié 155 B CGI, sortie SIPP, PFL 7,5 % AV luxembourgeoise.
14. Préparer son retour en France depuis UK : régime impatrié 155 B + sortie SIPP optimisée
Le retour en France après une période de résidence britannique (5+ ans typiquement) ouvre l'accès au régime impatrié article 155 B CGI, un dispositif fiscal très favorable sur 8 ans qui peut générer plusieurs centaines de milliers d'euros d'économie d'impôt cumulés. Articulé avec une sortie optimisée de la SIPP UK et de l'AV luxembourgeoise au PFL 7,5 %, c'est un séquençage patrimonial décisif.
14.1. Cadre régime impatrié article 155 B CGI
- Loi de modernisation de l'économie n° 2008-776 du 4 août 2008 (LME) — création du régime.
- Loi de finances rectificative pour 2016 (n° 2016-1918 du 29 décembre 2016, article 71) : durée portée de 5 à 8 ans pour les prises de fonctions à compter du 6 juillet 2016.
- LF 2019 (n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, article 6) : extension du forfait 30 % aux mobilités intra- groupe à compter du 16 novembre 2018.
- BOFIP mises à jour 11 août 2025 : BOI-RSA-GEO-40-10-10 (ouverture aux candidats ayant postulé depuis l'étranger, prime déterminable sur critères objectifs), BOI-RSA-GEO-40-10-20 (généralisation forfait 30 %).
14.2. Conditions cumulatives du régime impatrié
- Salariés et dirigeants assimilés visés à l'article 80 ter CGI (présidents et DG de SA, gérants minoritaires de SARL, présidents et dirigeants de SAS).
- Mutation intra-groupe OU recrutement direct depuis l'étranger (candidature spontanée acceptée depuis BOFIP août 2025).
- Non-résidence fiscale durant les 5 années civiles précédant la prise de fonctions (condition la plus stricte). Pour Français rentrant après 5+ ans UK : condition remplie.
- Transfert effectif domicile fiscal en France (article 4 B CGI).
14.3. Avantages 2026 du régime 155 B
- Prime d'impatriation (article 155 B I-1) : exonération réelle (montant effectivement versé pour l'impatriation) OU forfait 30 % de la rémunération nette (option globale et irrévocable).
- Plafonnement (au choix le plus favorable) :
- Prime + part étrangère ≤ 50 % de la rémunération totale.
- OU part étrangère ≤ 20 % de la rémunération imposable hors prime.
- Revenus passifs étrangers (article 155 B II) : exonération 50 % sur RCM, plus-values mobilières, redevances, produits de la propriété intellectuelle de source étrangère, sous condition de paiement par État conventionné avec clause d'assistance administrative (BOI-RSA-GEO-40-10-30). UK est partie à la convention 2008 avec clause d'assistance article 27 → applicable.
- Durée 8 ans : exonérations applicables jusqu'au 31 décembre de la 8ᵉ année civile suivant celle de la prise de fonctions.
14.4. IFI nouveaux résidents — article 964 CGI
- 5 années consécutives de non-résidence fiscale en France avant arrivée → IFI limité aux biens immobiliers situés en France pendant 5 ans (année d'installation N + années N+1 à N+5).
- Au-delà de la 6ᵉ année : IFI mondial sur tous biens immobiliers détenus directement ou via SCI / SCPI / OPCI.
- Régime automatique, sans formalité.
- Conséquence : un Français rentrant après 5 ans UK peut acheter / conserver un immeuble Mayfair sans IFI français pendant 5 ans après le retour.
14.5. Sortie SIPP UK + Lump Sum Allowance £268 275
Le SIPP (Self-Invested Personal Pension) UK est un avantage fiscal majeur à liquider intelligemment. Trois options :
- Option A — sortie 25 % tax-free lump sum AVANT retour France : pendant la dernière année de résidence UK, activer le PCLS (Pension Commencement Lump Sum) jusqu'à la Lump Sum Allowance £268 275. Tax-free totalement au UK. Stratégie optimale : sortir le PCLS la dernière année de résidence UK pour conserver l'exonération UK totale.
- Option B — drawdown depuis France via NT code : conserver le SIPP UK et faire du drawdown depuis la France. Imposable uniquement en France (article 18 conv. 2008 — pension privée résidence). Demander NT code (no tax) à HMRC pour éviter retenue UK. Côté France : barème IR + abattement 10 % retraites + CSG 8,3 % (sauf S1).
- Option C — option PFL 7,5 % France si conditions 155 B II CGI remplies : article 163 bis II CGI prévoit un prélèvement libératoire 7,5 % sur les pensions versées en capital, sous conditions strictes (cotisations déductibles à l'origine, versement non fractionné de la totalité). Si applicable au SIPP UK : abattement 10 % préalable, taux effectif 6,75 % + prélèvements sociaux 9,1 % (sauf exonération S1).
Stratégie HNW recommandée : Option A (PCLS UK avant retour France) est quasi-toujours la meilleure pour cristalliser £268 275 tax-free + drawdown ultérieur depuis France au taux marginal français. Le PFL 7,5 % France n'est pas applicable au lump sum UK qui n'est pas reconnu comme « versement non fractionné » au sens français.
14.6. Sortie AV luxembourgeoise au retour France
L'AV luxembourgeoise conservée dormante pendant la résidence UK (pour éviter PPB regime) peut être rachetée au retour France avec :
- PFL 7,5 % si antériorité 8+ ans (article 125-0 A I 2 CGI) dans la limite de 150 000 € de primes par assuré tous contrats confondus + abattement 4 600 € (single) / 9 200 € (couple).
- Top Slicing Relief (s.535 ITTOIA 2005) et Time Apportionment Relief (s.528) applicables UK au moment du rachat — réduisent le chargeable event gain UK au prorata des années de non-résidence.
- Timing optimal : racheter l'AV LUX après retour France (résident fiscal France confirmé via documents) et avant de redevenir potentiellement résident UK (split year treatment).
14.7. Calendrier T+24 mois avant retour France
Le travail démarre à T-24 mois par un audit du régime impatrié 155 B avec le futur employeur français — mutation intra-groupe ou recrutement direct — et la documentation des 5 ans de non-résidence française. Six mois plus tard (T-18), on cartographie la transition fiscale et les gains latents accumulés en AV LUX, SIPP, ISA et GIA.
L'année qui précède le retour est la plus chargée. À T-12 mois, on déclenche la sortie du 25 % PCLS SIPP UK (£268 275 LSA), profitant de la dernière année de résidence pour conserver l'exonération. Trois mois plus tard, on restructure l'AV LUX si nécessaire et on demande la legal opinion assureur. À T-6 mois, on prépare les déclarations IFI nouveaux résidents (article 964 CGI), le formulaire 3916-bis pour les comptes étrangers, et la registration NT code HMRC pour le drawdown SIPP ultérieur. À T-3 mois, l'annonce est faite à l'employeur français : contrat de travail incluant explicitement la prime d'impatriation ou l'option forfait 30 %, documentation complète à l'appui.
À T0, le retour s'opère : déclaration d'adresse impots.gouv.fr, formulaire 2042 + 2042-NR pour l'année de transition, demande NT code à HMRC, inscription PUMa (CSG 8,3 % pension UK sauf S1). Trois mois après le retour, fenêtre pour racheter l'AV LUX au PFL 7,5 % — sous réserve d'antériorité 8+ ans et du plafond 150 k€ primes. Entre T+12 et T+96 mois, le pilotage est continu : régime impatrié 155 B sur 8 ans, drawdown SIPP UK depuis France, optimisation IFI nouveaux résidents pendant 5 ans, et suivi de la tail provision LTR IHT qui peut s'étirer de 3 à 10 ans après le départ UK.
14.8. Cas pratique chiffré — retour 155 B + sortie SIPP
Profil M. Martin, 50 ans, cadre dirigeant tech à Londres depuis 8 ans, mutation intra-groupe vers Paris en septembre 2026. Salaire France 350 k€/an. Pot SIPP UK 800 k£. AV LUX 1,5 M€ (10 ans antériorité). Patrimoine immobilier France 800 k€ (résidence Saint-Cloud).
| Phase | Mécanisme | Économie / impact |
|---|---|---|
| T-12 mois (dernière année UK) | Sortie PCLS SIPP UK £268 275 tax-free | Économie ~£80 k vs barème IR français + PS 9,1 % si sortie depuis France (article 158-5 CGI) |
| T-3 mois | Demande NT code HMRC + S1 NHS portable | Évite RAS UK sur drawdown SIPP futur + exonération CSG/CRDS sur pension UK en France |
| T0 — Retour France | Régime impatrié 155 B activé sur 8 ans | Forfait 30 % salaire ~105 k€/an exonéré IR — économie marginale 45 % = 47 k€/an × 8 = 376 k€ |
| T+0 (mais avant 1ᵉʳ janvier suivant) | Rachat AV LUX 1,5 M€ (10 ans antériorité) | PFL 7,5 % sur primes ≤ 150 k€ (économie vs PFU 30 % = ~45 k€). Au-delà : 12,8 % PFU |
| T+1 à T+5 | IFI limité aux biens FR pendant 5 ans (art. 964 CGI) | Préservation patrimoine UK conservé hors IFI |
| T+1 à T+8 | Régime 155 B II : 50 % exonération sur revenus passifs étrangers (RCM, plus-values mobilières, redevances). NB : la doctrine fiscale est INCERTAINE sur l'application aux drawdowns SIPP UK qui sont des pensions (article 158-5 CGI), pas des revenus passifs | Dividendes étrangers / plus-values mobilières (CTO) : 50 % exonéré pendant 8 ans. Pour SIPP UK, sécuriser via rescrit avant d'appliquer 155 B II |
| TOTAL économie cumulée régime 155 B sur 8 ans | — | ~600 k€ |
14.9. Vigilance tail provision LTR IHT après départ UK
Pour un Français résident UK 10+ ans (LTR confirmé) qui rentre en France, l'IHT UK reste applicable pendant la tail provision :
- 10-13 années de résidence UK → tail de 3 ans (minimum).
- Chaque année supplémentaire de résidence ajoute 1 an de tail (ex : 15 ans résidence → 5 ans tail).
- 20+ années → tail de 10 ans (maximum).
- Pendant le tail, le patrimoine mondial reste dans le champ IHT 40 %. Au-delà : seul UK situs assets.
Stratégie post-retour France : si décès dans les 3-10 ans suivant le retour, IHT UK 40 % sur patrimoine mondial reste dû. Anticiper donations PETs 7 ans en France, AV luxembourgeoise avec clause bénéficiaire démembrée hors estate, police whole-of-life UK en trust pour finance la liquidité IHT.
Pièges retour France depuis UK
- Sortir le PCLS SIPP depuis France : pas reconnu comme exonéré en France. Stratégie optimale : la dernière année de résidence UK.
- Manquer le NT code HMRC : sans NT code, retenue à la source UK basic rate sur drawdown SIPP. Lourd à régulariser ensuite.
- Oublier la condition 5 ans non-résidence pour 155 B : un Français qui revient après 4 ans UK n'est pas éligible. Documenter rigoureusement les 5 ans de non-résidence.
- Sous-estimer la tail provision LTR IHT : même après retour France, IHT mondial UK 40 % pendant 3-10 ans selon durée de résidence UK. Anticipation transmission indispensable.
- Racheter l'AV LUX trop tard ou trop tôt : timing optimal = après retour France confirmé (résident fiscal FR documenté) et 8+ ans antériorité atteinte. PFL 7,5 % sur 150 k€ primes max.
Pour terminer, recensons les erreurs classiques à éviter dans un dossier d'expatriation UK 2026 — synthèse des pièges détectés sur tous les sujets traités.
15. Erreurs classiques à éviter dans un dossier d'expatriation UK 2026
Synthèse des 12 erreurs les plus fréquemment rencontrées par Hagnéré Patrimoine sur les dossiers d'expatriation française au Royaume-Uni en 2026, et comment les éviter en amont.
Erreur 1 — Croire que le régime FIG 4 ans couvre TOUT le foreign
Le client arrive avec son contrat AV LUX et son portefeuille crypto, persuadé que les 4 ans FIG vont tout couvrir — et découvre que ni les chargeable event gains des AV étrangères (HMRC HS266, SA109 Notes 2026), ni les gains crypto (HMRC CRYPTO22600 — situs des crypto-actifs aligné sur la résidence du beneficial owner) ne tombent dans le champ du sas. Un rachat AV LUX pendant FIG ressort à la marginale UK (jusqu'à 45 %), une cession crypto à 18-24 % de CGT UK.
Première règle, ne pas racheter l'AV LUX pendant le FIG — contrat dormant, et restructuration en UCITS-only pour échapper au PPB regime. Si une cession crypto majeure est sur la table, elle se traite soit avant le départ français au PFU 30 %, soit via une expatriation Suisse forfait ou UAE à 0 %.
Erreur 2 — Ignorer le PPB regime (Personal Portfolio Bond)
Concrètement, ITTOIA 2005 sections 515-526 frappent la majorité des contrats AV LUX FAS / FID classiques d'un deemed gain annuel de 15 % × (primes + cumul deemed gains précédents), taxé jusqu'à 45 % marginal. Sur 5 M€ de primes, ~£337k/an de charge fictive — sans qu'aucun rachat n'ait été effectué.
Deux voies pour neutraliser le PPB. La plus orthodoxe : restructurer en fonds collectifs UCITS-only (s.520 permitted property), donc aucune sélection individuelle d'actions ou d'obligations. Alternative pragmatique pour qui ne veut pas tout déconstruire : souscrire un PPB-compliant Utmost Luxembourg bond UK-range directement compatible. Dans les deux cas, l'opération doit intervenir avant l'arrivée UK — au plus tard dès la 1ʳᵉ année, avant que le deemed gain ne commence à s'accumuler.
Erreur 3 — Sous-estimer le SDLT non-résident sur résidence
Ce qu'on voit le plus souvent : un client part sur un budget Mayfair £5 M en oubliant que le SDLT non-résident +2 % (depuis 2021) et le HRAD +5 % (depuis 31 octobre 2024) se cumulent. L'empilement atteint jusqu'à 17,3 % du prix sur un 2nd home, soit £863 750 de SDLT seul. Rapporté à un rendement locatif UK 3-4 % brut, on passe 4-5 ans à amortir les seuls frais d'entrée.
Trois leviers pour limiter la facture. Acheter en primary residence plutôt qu'en 2nd home écarte le HRAD +5 %. Patienter jusqu'à l'obtention de la résidence UK (183 jours) avant la signature évite la surcharge NRS +2 %. Et céder la résidence française avant l'achat londonien permet de qualifier le bien UK en primary residence.
Erreur 4 — Détention immobilier UK via société sans relief ATED
Ce qu'on voit le plus souvent : un client arrive avec une résidence Kensington logée dans une UK Ltd ou une vieille SCI, sans rental business relief en place. ATED jusqu'à £303 450/ansur les dwellings > £20 M, plus un SDLT 17 % flat à l'achat. La structure n'est tenable que si elle est adossée à un property rental business relief avec location commerciale réellement documentée — jamais à un non-qualifying individual.
En pratique, on ramène la résidence familiale en détention personne physique directe. La UK Ltd ne se garde que sur du buy-to-let pur avec relief documenté. Quant à l'offshore (BVI, Jersey, Guernsey), il est devenu déconseillé depuis Schedule A1 IHTA 1984 entré en vigueur en avril 2017 — il accumule les coûts (ATED + CT + reporting) sans plus offrir de protection IHT.
Erreur 5 — Manquer le seuil 10/20 LTR IHT
Concrètement, dès 10 années de résidence UK sur les 20 dernières (Finance Act 2025 Schedule 13), le client bascule en Long-Term Resident : son patrimoine mondial entre dans le champ IHT 40 %, et une tail provision de 3 à 10 ans (selon la durée de résidence) survit à son départ.
La parade s'organise sur plusieurs fronts. Le plus structurant reste l'anticipation des donations PETs 7 ans avant le seuil — donc dès la 8ᵉ année de résidence si on vise un départ à 10 ans. Une AV LUX avec clause bénéficiaire démembrée (article 990 I CGI) et une police whole-of-life UK en trust complètent le dispositif en finançant la liquidité IHT future. Un testament miroir français-anglais avec professio juris sécurise la succession civile. En dernier recours, départ stratégique avant la 10ᵉ année quand le risque IHT pèse trop lourd.
Erreur 6 — Mal compter les jours UK pour le SRT
Détail méthodologique qu'on ne peut pas zapper : les jours UK se comptent à minuit. Le voyageur d'affaires arrivé en soirée et reparti le lendemain matin a passé 1 jour UK, pas zéro. Les transit airport ne comptent pas en général, sauf nuit hors transit. C'est ce sous-comptage discret qui fait basculer accidentellement dans l'Automatic UK Test (183 jours) chaque année — sans que le client s'en rende compte avant le contrôle.
La parade tient à un journal détaillé tenu en temps réel : boarding pass, factures d'hôtel, calendrier daté. L'application HMRC peut servir d'archive supplémentaire. Chaque entrée et chaque sortie UK doit être traçable trois ans plus tard — c'est à ce prix que le SRT tient en cas de challenge.
Erreur 7 — Sortir le 25 % PCLS SIPP depuis la France
Beaucoup de retraités français rentrant de Londres oublient ce point : le Pension Commencement Lump Sum (PCLS) tax-free côté UK n'est pas reconnu comme exonéré en France. Une fois résident fiscal français, le PCLS est taxé comme capital de pension à 7,5 % + 9,1 % de prélèvements sociaux. Sur un Lump Sum Allowance plein de £268 275, on parle d'une économie de l'ordre de £20-25k selon que la sortie est faite côté UK ou côté France.
Le bon timing : sortir le PCLS la dernière année de résidence fiscale UK, avant que le retour France ne soit confirmé par les ties SRT. Les drawdowns ultérieurs depuis la France peuvent ensuite passer via un NT code HMRC, qui supprime la retenue à la source UK et permet l'imposition exclusive en France selon la convention.
Erreur 8 — Manquer le claim FIG annuel sur SA109
Point qu'on rappelle à chaque dossier : le régime FIG n'est pas automatique. Il se revendique chaque année via formulaire SA109 millésime correspondant + helpsheet HS266, dans un délai de 12 mois après la date normale de filing (31 janvier suivant la fin de l'année fiscale). Une année oubliée = sas perdu pour l'exercice concerné.
En pratique, le claim FIG s'intègre dans le process annuel HMRC self-assessment, en coordination avec un chartered tax adviser CTA UK ou un cabinet HNW (PwC Private, Deloitte Private, EY Private, KPMG Private, BDO).
Erreur 9 — Trust UK détenu par Français résident France sans déclaration
Cas plus fréquent qu'on ne l'imagine : un Français hérite d'un family trust côté britannique, pense que la déclaration n'est pas son problème de bénéficiaire, et découvre l'article 792-0 bis CGI deux ans plus tard. Cet article impose la déclaration trust auprès de la DINR via les formulaires 2181-TRUST 1 (événementiel) et 2181-TRUST 2 (annuel, valeur au 1ᵉʳ janvier). Les sanctions s'empilent : 20 000 € par manquement (article 1736 IV bis CGI), majoration 80 % (article 1729-0 A), prélèvement sui generis 990 J CGI à 1,5 % annuel, et risque pénal article 1741 CGI pour fraude fiscale dans les cas les plus lourds.
La voie de sortie passe par une déclaration spontanée auprès de la DGFiP DGE, suivie d'une régularisation transactionnelle qui permet, en pratique, de moduler les sanctions. Cette procédure se mène en coordination avec un avocat fiscaliste FR (Bredin Prat, Gide, FTPA, August Debouzy) — pas en solo, le coût d'une régularisation mal cadrée dépasse souvent celui d'un dossier bien préparé.
Erreur 10 — Confondre articles 18 et 19 convention 2008 (pensions)
Distinction qui fait basculer un dossier en quelques lignes d'audit. L'article 18 vise les pensions privées — CNAV, AGIRC-ARRCO, retraites complémentaires — imposées dans l'État de résidence. L'article 19 vise les pensions publiques (fonctionnaires, militaires), imposées dans l'État payeur. Concrètement : un haut fonctionnaire français qui prend sa retraite à Bath voit sa pension rester imposable en France, quoi qu'il fasse côté HMRC.
D'où la nécessité d'un audit pension par pension dès la phase préparatoire. Pour les pensions privées qui basculent UK, on active le formulaire 5000-FR pour obtenir l'exonération de retenue à la source française. Pour les pensions publiques, on ne fait rien — elles restent en France, et toute tentative de rapatriement fiscal échouera contre l'article 19.
Erreur 11 — Sous-estimer la clause queue fiscale article 14 §6
L'article 14 §6 conv. 2008 conserve à la France le droit d'imposer les plus-values mobilières d'un ex-résident français pendant 6 années fiscales après le départ. Cumulé à l'exit tax 167 bis CGI avec délai 15 ans rétabli (PLF 2026 promulgué), le calcul est sans appel : l'expatriation tactique pour cession devient quasi inopérante. Référence jurisprudence CAA Versailles 19 octobre 2021 n° 20VE01265.
Trois sorties possibles, aucune parfaite. Pour une cession cible supérieure à 10 M€, anticiper 6+ ans est théoriquement l'optimum — rarement réaliste en pratique. Plus opérationnel : loger les titres en apport-cession 150-0 B ter avant départ pour différer la plus-value. À défaut, on accepte l'exit tax avec sursis sur option et garanties à 30 %.
Erreur 12 — Manquer la réforme APR/BPR du 6 avril 2026
La réforme du 6 avril 2026 redessine le Business Relief et l'Agricultural Property Relief. Plafond de full relief fixé à £2,5 M (annonce du 23 décembre 2025 — rehaussé depuis le £1 M initial), puis 50 % seulement au-delà, soit un taux IHT effectif de 20 % sur l'excédent. Les AIM-listed shares passent à 50 % directement, sans bénéficier du plafond. Bonne nouvelle pour les couples : le plafond est transférable entre époux, soit jusqu'à £5 M cumulés.
Pour les dirigeants français résidents UK détenant des parts d'entreprise au-delà de £2,5 M, la fenêtre de transmission anticipée se referme. Concrètement : transferts en trust ou aux héritiers à organiser avant le 6 avril 2026, en gardant en tête la règle des 7 ans pour les PETs. La coordination advisor UK + notaire FR n'est pas optionnelle — un seul des deux côtés mal cadré peut faire tomber tout le montage.
Synthèse — 12 erreurs critiques à éviter
- Croire que FIG couvre AV LUX et crypto (faux).
- Ignorer le PPB regime sur AV LUX classiques.
- Sous-estimer SDLT non-résident jusqu'à 17,3 %.
- Détention immobilier UK via société sans relief ATED.
- Manquer le seuil 10/20 LTR IHT (40 % monde).
- Mal compter les jours UK pour le SRT.
- Sortir PCLS SIPP depuis France (taxé) au lieu d'UK (tax-free).
- Manquer le claim FIG annuel sur SA109.
- Trust UK non déclaré côté français — sanctions cumulatives.
- Confondre articles 18 et 19 conv. 2008 (pensions privées vs publiques).
- Sous-estimer la clause queue fiscale article 14 §6 (6 ans après départ).
- Manquer la réforme APR/BPR du 6 avril 2026 (plafond £2,5 M).
Cette check-list des erreurs classiques clôt le tour d'horizon de l'expatriation patrimoniale française au Royaume-Uni 2026.
À qui ce guide s'adresse-t-il vraiment ?
Si vous êtes arrivé jusqu'ici, vous faites probablement partie de l'une de ces quatre situations. Le cadre dirigeant qui vient d'accepter un poste à Londres et veut savoir s'il faut basculer ses comptes français avant le 6 avril prochain. L'entrepreneur qui prépare une cession et hésite entre conserver une résidence française ou s'installer à Belgravia avec sa Soparfi luxembourgeoise. Le retraité aisé qui partage déjà sa vie entre Notting Hill et Cap d'Antibes et se demande si son testament français suffit. Ou la famille installée depuis huit ou neuf ans qui voit la falaise IHT du test « long-term resident » se rapprocher dangereusement.
Dans toutes ces situations, l'erreur la plus coûteuse n'est presque jamais une erreur d'investissement. C'est une erreur de calendrier : une assurance-vie luxembourgeoise souscrite trois mois trop tard, une exit tax non garantie au bon moment, un testament miroir anglais oublié, ou un retour en France engagé sans réaliser une plus-value étrangère pourtant exonérée par le régime FIG. La fiscalité bilatérale France-UK 2026 récompense la préparation et punit l'improvisation, parfois durement.
Ce guide vous a donné le cadre, les seuils, les pièges et les leviers. Ce qu'il ne peut pas faire, c'est arbitrer entre deux options pour votre situation précise — parce qu'aucun cas patrimonial transmanche ne ressemble à un autre. Si vous avez besoin d'une lecture personnalisée, Hagnéré Patrimoine accompagne chaque année une trentaine de familles dans cette traversée, en coordination avec les solicitors britanniques (Macfarlanes, Withers, Charles Russell Speechlys), les notaires français et les assureurs-vie luxembourgeois. La FAQ qui suit répond aux questions que reçoit le cabinet le plus souvent.

