PEA vs CTO 2026 : quel compte choisir pour investir ?

Vous hésitez entre un Plan d'Épargne en Actions (PEA) et un compte-titres ordinaire (CTO) pour investir en Bourse ? Les deux enveloppes ont leurs forces : le PEA écrase tout sur la fiscalité après 5 ans, le CTO offre une liberté totale de supports, de retrait et de transmission. Dans ce guide, Hagnéré Patrimoine compare les deux outils en détail et vous montre pourquoi, dans la plupart des cas, la bonne réponse consiste à les combiner intelligemment.

Fiscalité PEA après 5 ans
Fiscalité CTO
Supports éligibles
Stratégie mixte

1. L'essentiel en 60 secondes

Publié le 21 avril 2026 · Mis à jour le 21 avril 2026 · Par Quentin Hagnéré (CIF, COA, COBSP)

En 2026, le PEA reste le bon premier choix pour investir en Bourse sur le long terme : après 5 ans, il exonère vos gains d'IR et ne laisse que 18,6 % de prélèvements sociaux (LFSS 2026), contre 31,4 % pour un CTO. Le CTO garde une utilité décisive pour ce que le PEA ne peut pas loger. Chez Hagnéré Patrimoine, nous conseillons la combinaison des deux.

Références légales mobilisées dans ce guide

  • CoMoFi : art. L221-30 à L221-32-2 (PEA, PEA-PME, PEA Jeunes)
  • CGI : art. 157 5° bis (exonération IR > 5 ans), 150-0 A (PV mobilières, fondement purge succession), 200 A (PFU), 158 3° 2° (abattement 40 % dividendes), 150-0 D 11 (report MV 10 ans), 244 bis B (non-résidents), 238-0 A (ETNC), 666 et 758 (évaluation succession)
  • CSS : L136-6 I ter (PS non-résidents UE/EEE/CH), L136-7, L136-8 (CSG/CRDS/PS)
  • LFSS 2026 : loi 2025-1403 du 30/12/2025 — PS 18,6 % sur revenus mobiliers, exclusion AV maintenue à 17,2 %
  • Loi PACTE : loi 2019-486 du 22/05/2019 — retrait libre après 5 ans, maintien PEA en expatriation
  • BOFiP : BOI-RPPM-RCM-40-50-30, -40, -50 ; BOI-RPPM-PVBMI-10-30-10 ; BOI-RPPM-PVBMI-20-10-40

Vous avez probablement déjà entendu « prenez un PEA, c'est plus avantageux » d'un côté, et « le CTO est plus libre » de l'autre. Les deux sont vrais, mais incomplets. La vraie question n'est pas « PEA ou CTO ? ». Elle est : « dans quel ordre, avec quels supports, et pour quel horizon ? ». C'est tout l'objet de ce guide.

Tableau flash — PEA vs CTO en 2026 (les 8 différences qui comptent)

CritèrePEACTO
Nombre par personne1 PEA + 1 PEA-PME maxIllimité (chez un ou plusieurs courtiers)
Plafond de versement150 000 € (225 000 € avec PEA-PME)Aucun plafond
Supports éligiblesActions UE/EEE, OPCVM éligibles, ETF synthétiquesTout l'univers coté mondial
Fiscalité après maturité0 % IR + 18,6 % PS (après 5 ans)31,4 % PFU ou barème + PS
Horloge fiscale5 ans depuis l'ouvertureAucune (taxation à chaque cession)
Retrait avant maturitéClôture + imposition (sauf 5 cas légaux)Libre, à chaque cession
Moins-valuesImputables sur CTO si clôture (10 ans)Imputables sur PV CTO (10 ans)
SuccessionClôture automatique au décèsPurge fiscale (principe général art. 150-0 A CGI)

Concrètement, si vous avez moins de 50 ans et que vous commencez à investir en Bourse, votre premier réflexe patrimonial de l'année doit être d'ouvrir un PEA — même symboliquement avec 100 €. Pourquoi ? Parce que l'horloge des 5 ans commence à tourner ce jour-là. Dans cinq ans, vous aurez débloqué un régime fiscal imbattable. Vous pourrez ensuite remplir le PEA à votre rythme et ouvrir un CTO en parallèle, pour ce que le PEA ne peut pas loger.

Mini-glossaire des sigles utilisés dans ce guide

Pour vous repérer dans le vocabulaire fiscal, voici les 14 acronymes essentiels.

  • PEA — Plan d'Épargne en Actions (art. L221-30 et suivants du Code monétaire et financier, CoMoFi)
  • CTO — Compte-Titres Ordinaire : enveloppe boursière standard, sans avantage fiscal spécifique
  • PFU — Prélèvement Forfaitaire Unique, aussi appelé « flat tax » : 30 % en 2025, 31,4 % en 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS)
  • PS — Prélèvements Sociaux sur les revenus du capital : 18,6 % en 2026 (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %)
  • TMI — Tranche Marginale d'Imposition (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %)
  • IR / IS — Impôt sur le Revenu / Impôt sur les Sociétés
  • CFA — dans ce guide, désigne la hausse de +1,4 point de la CSG affectée à la branche Autonomie (CNSA), introduite par la LFSS 2026. Ce n'est pas une nouvelle contribution distincte mais une majoration du taux CSG des revenus mobiliers.
  • CDHR — Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus : taux plancher de 20 % d'impôt au-delà de 250 000 € de RFR (célibataire) ou 500 000 € (couple)
  • RFR — Revenu Fiscal de Référence (base de calcul de plusieurs seuils fiscaux)
  • CGI / CoMoFi — Code Général des Impôts / Code Monétaire et Financier
  • LFSS — Loi de Financement de la Sécurité Sociale (textuel : LFSS 2026 = loi 2025-1403 du 30/12/2025)
  • OPCVM / UCITS — Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières / équivalent européen
  • ETF — Exchange-Traded Fund : fonds indiciel coté en continu sur une place boursière
  • ETNC — États et Territoires Non Coopératifs (art. 238-0 A CGI) : pays où la fiscalité française devient pénalisante
Hagnère Patrimoine

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2. PEA et CTO : deux enveloppes, deux logiques

Comprendre la différence fondamentale entre ces deux outils, c'est comprendre pourquoi on les utilise rarement en concurrence, presque toujours en complémentarité. Le PEA n'est pas « une meilleure version du CTO ». Le CTO n'est pas « un PEA sans avantage fiscal ». Ce sont deux véhicules pensés pour des rôles différents.

Le PEA : une enveloppe fiscale étanche

Le PEA est un contrat. Quand vous en ouvrez un, vous passez un accord avec l'État : vous acceptez de placer votre argent dans un cadre restreint (actions européennes, plafond, délai de 5 ans), et en échange, l'État vous promet l'exonération totale d'impôt sur le revenu sur les gains, à condition de respecter les règles.

L'image mentale : c'est une enveloppe étanche. À l'intérieur, vous pouvez acheter, vendre, arbitrer entre actions et ETF autant de fois que vous le voulez — rien n'est taxé tant que l'argent reste dedans. Vous ne payez l'impôt qu'au moment où vous ouvrez l'enveloppe pour en sortir les fonds. Et si vous attendez 5 ans, la sortie est presque gratuite fiscalement.

Cette mécanique est précieuse pour plusieurs raisons. Elle permet les arbitrages sans friction fiscale (vendre un ETF MSCI Europe pour acheter un ETF MSCI World, par exemple, sans payer 30 % sur la plus-value). Elle favorise la capitalisation (les dividendes réinvestis travaillent bruts, sans être amputés chaque année). Et elle récompense la patience (5 ans et plus), ce qui est exactement ce qu'il faut pour un investissement en actions.

Le CTO : un simple compte de dépôt de titres

Le CTO, lui, n'est pas un contrat. C'est un compte technique qui enregistre vos titres : vous achetez, vous vendez, vous percevez des dividendes. Aucune règle d'éligibilité, aucun plafond, aucune durée minimale de détention. En contrepartie de cette liberté totale, chaque gain que vous réalisez est taxé au PFU 31,4 % (ou au barème sur option) immédiatement, à la source ou l'année de déclaration.

L'image mentale : c'est un panier ouvert. Tout ce qui entre est comptabilisé, tout ce qui sort est taxé. Pas de patience à avoir, pas de durée à respecter. En échange, pas d'avantage fiscal. Mais aussi : aucune contrainte.

Les forces du PEA

Fiscalité imbattable après 5 ans (0 % IR + 18,6 % PS). Arbitrages internes sans friction. Dividendes réinvestis bruts. Hors assiette IFI. Hors plafond niches fiscales.

Les forces du CTO

Liberté totale de supports (mondial). Aucun plafond. Aucune durée minimale. Transmission par purge fiscale au décès. Option barème possible. Détention jointe ou en indivision.

Concrètement, on choisit le PEA quand on veut capitaliser sur des actions européennes ou des ETF monde synthétiques sur un horizon long (10 à 30 ans) avec une pression fiscale minimale. On ouvre un CTO quand on veut diversifier hors UE, investir dans des obligations, des SCPI, des produits structurés, ou préparer une transmission patrimoniale. Et on combine les deux quand on veut les deux. C'est le cas le plus fréquent.

Un piège fréquent : le faux dilemme

Beaucoup d'épargnants se demandent « PEA ou CTO ? » comme s'il fallait choisir. Ce n'est presque jamais la bonne question. La seule vraie contrainte du PEA, c'est la limite d'un seul plan par personne. Il n'y a aucune incompatibilité entre PEA et CTO. Vous pouvez parfaitement détenir les deux. En pratique, quasi tous nos clients Hagnéré Patrimoine au-delà de 100 000 € d'encours ont les deux, parfois chez deux courtiers différents.

3. Fiscalité comparée 2026 : 4 points qui changent tout

C'est le cœur du sujet. La fiscalité est ce qui justifie à 90 % la préférence pour le PEA sur le long terme. Mais attention : les chiffres ont changé avec la LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30 décembre 2025). Les taux que vous avez peut-être mémorisés (17,2 %, 30 %) ne sont plus d'actualité. Voici les quatre points à connaître en 2026.

Point 1 — Plus-values et dividendes : l'écart de 12,8 points

Sur un PEA de plus de 5 ans, vos plus-values et vos dividendes sont exonérés d'impôt sur le revenu (art. 157 5° bis du Code général des impôts, CGI). Vous ne payez que 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur un CTO, les mêmes revenus sont soumis au PFU 31,4 % : 12,8 % d'IR (art. 200 A CGI) + 18,6 % de PS. L'écart est de 12,8 points.

Fiscalité comparée 2026 — PEA (après 5 ans) vs CTO
Type de gainPEA après 5 ansCTO (PFU)Écart
Plus-value sur cession d'actions/ETF18,6 % (PS seuls)31,4 %12,8 points
Dividende d'action UE/EEE18,6 % (PS seuls)31,4 %12,8 points
Dividende d'action hors UENon éligible PEA31,4 % (+ retenue étrangère)
Intérêt d'obligationNon éligible PEA31,4 %
Plus-value sur ETF synthétique S&P 50018,6 %31,4 %12,8 points

Concrètement, pour une plus-value de 50 000 € réalisée après 5 ans de PEA, vous payez 9 300 € de PS et récupérez 40 700 € net. Sur un CTO, vous payez 15 700 € et récupérez 34 300 €. Différence : 6 400 € dans votre poche sur une seule opération. Et ce, sans compter les intérêts composés : ces 6 400 € d'impôt économisés peuvent être réinvestis.

Angle méconnu : la retenue à la source étrangère sur dividendes n'est pas récupérable en PEA

Quand vous détenez une action européenne étrangère (Allianz, Inditex, SAP, ASML…) dans un PEA, la retenue à la source pratiquée par le pays d'origine sur le dividende (typiquement 15 % selon convention) est définitivement perdue. Le PEA étant exonéré d'IR en France, aucun crédit d'impôt conventionnel n'est imputable (art. 199 ter CGI). En CTO au contraire, la retenue étrangère ouvre droit à un crédit d'impôt imputable sur votre IR français, ce qui neutralise l'effet. Sur un portefeuille à forte composante dividendes étrangers (actions européennes hors France, actions suisses via CTO), l'avantage PEA peut être réduit de 1 à 2 points de rendement par an. À garder en tête pour arbitrer entre PEA et CTO sur les lignes à dividendes élevés.

Point 2 — Les prélèvements sociaux à 18,6 % (LFSS 2026)

Jusqu'en 2025, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital étaient fixés à 17,2 %. La LFSS 2026 les a portés à 18,6 % en majorant la CSG affectée à la branche Autonomie (CNSA) de 1,4 point — la CSG passe ainsi de 9,2 % à 10,6 %. Par convention, nous désignons dans ce guide cette majoration par « CFA ». Il s'agit d'une composante de la CSG, pas d'une contribution distincte. Ce nouveau taux s'applique à partir du 1er janvier 2026 sur les plus-values réalisées et les dividendes perçus cette année-là, aussi bien sur PEA que sur CTO.

Composition des PS 2026 sur les revenus du capital
PS totaux = CSG + CRDS + prélèvement solidarité

PS totaux = 10,6 % + 0,5 % + 7,5 % = 18,6 %

dont CSG déductible si option barème : 6,8 %
(sur le revenu imposable à l'IR, pas sur le PFU)

Point important : la LFSS 2026 a explicitement exclu l'assurance-vie de cette hausse. Les PS sur les rachats d'assurance-vie restent à 17,2 %. Cela ne modifie pas le match PEA vs CTO (tous les deux à 18,6 %), mais cela explique pourquoi l'AV conserve en 2026 un léger avantage sur les PS, compensé par une déductibilité d'IR moindre après 8 ans.

Point 3 — L'option barème (case 2OP) : quand elle devient intéressante

Sur un CTO, vous avez le choix entre le PFU 31,4 % (par défaut) et le barème progressif de l'impôt sur le revenu (case 2OP à cocher dans votre déclaration). L'option barème est globale : elle s'applique à tous vos revenus financiers de l'année (dividendes, plus-values, intérêts). Elle ne peut pas être « choisie au cas par cas ».

Mathématiquement, le barème devient plus avantageux que le PFU dès que votre TMI est inférieure à 12,8 % — donc pour les TMI 0 % et 11 %. Sur les dividendes, l'abattement de 40 % (art. 158 3° 2° CGI) et la CSG déductible de 6,8 % peuvent rendre le barème intéressant jusqu'à une TMI de 30 %, selon le montant. Voici le tableau de décision.

PFU vs barème (2OP) sur CTO — quel choix selon votre TMI en 2026
Votre TMIPlus-values (choix)Dividendes (choix)
0 %Barème (taux net ≈ 18,6 %)Barème (taux net ≈ 18,6 %)
11 %Barème (taux net ≈ 29,6 %)Barème (taux net ≈ 25,2 %)
30 %PFU 31,4 %Barème potentiellement favorable (~ 30-31 %)
41 %PFU 31,4 %PFU 31,4 %
45 %PFU 31,4 %PFU 31,4 %

Concrètement, si vous êtes étudiant, retraité modeste, conjoint au foyer avec peu de revenus, ou en début de carrière avec une TMI faible, cochez la case 2OP chaque année jusqu'à ce que votre TMI dépasse 11 %. Vous paierez moins d'impôt. Attention : l'option une fois cochée est révocable l'année suivante, mais pas en cours d'année.

Point 4 — CFA et CDHR 2026 : la nouvelle donne pour les hauts patrimoines

La LFSS 2026 et la loi de finances 2026 ont introduit deux nouveaux mécanismes à connaître pour les patrimoines élevés. La CFA, déjà évoquée, qui fait passer les PS de 17,2 à 18,6 %. Et la CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus), qui instaure un taux plancher de 20 % d'impôt total au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour un célibataire (500 000 € pour un couple). Elle touche principalement les CTO à gros encours et très peu les PEA (la plupart des gains PEA échappent au RFR grâce à l'exonération IR). Détails en section 13.

4. Supports éligibles : ce qu'on loge où

C'est la deuxième grande différence entre le PEA et le CTO. Le PEA est restreint, le CTO est universel. Pour faire le bon choix d'enveloppe, il faut savoir ce qu'on peut y loger légalement. Voici la règle simple, puis les nuances.

La règle des 75 % UE/EEE du PEA

L'article L221-31 du Code monétaire et financier exige que tout fonds logé dans un PEA (OPCVM, ETF) soit composé d'au moins 75 % d'actions d'entreprises domiciliées dans l'Union européenne ou dans l'Espace économique européen (Norvège, Islande, Liechtenstein). Cette règle s'applique aussi aux actions en direct : seules les sociétés domiciliées UE/EEE sont éligibles, quelle que soit la place de cotation.

Exemple contre-intuitif : Accenture et Spotify sur PEA

Accenture (cotée à New York) est éligible au PEA parce que son siège social est en Irlande. Spotify (cotée à New York) est éligible parce que son siège social est au Luxembourg. Cadence Design Systems, en revanche, n'est pas éligible : elle est domiciliée aux États-Unis. La règle qui compte n'est donc pas la Bourse de cotation, mais le pays du siège social (critère de domiciliation).

Les ETF synthétiques : la « magie du swap »

Pour accéder aux actions américaines, japonaises ou aux marchés émergents tout en respectant la règle des 75 % UE/EEE, les gestionnaires d'actifs utilisent un mécanisme ingénieux : la réplication synthétique par swap. L'ETF détient physiquement un panier d'actions européennes (pour respecter la règle d'éligibilité), puis échange la performance de ce panier contre celle de l'indice cible (S&P 500, MSCI World…) via un contrat de swap avec une contrepartie bancaire. Le résultat pour vous : une performance identique au S&P 500, avec un PEA parfaitement conforme.

Le risque théorique est le risque de contrepartie du swap. En pratique, il est plafonné à 10 % de l'actif net par la directive UCITS européenne, et le collatéral (garantie) couvre 100 % et plus de l'exposition. Le mécanisme est parfaitement conforme à la directive UCITS européenne et à la doctrine AMF : les ETF synthétiques éligibles PEA font l'objet d'un agrément réglementaire explicite. Les principaux émetteurs sont Amundi, BNP Easy, iShares et DWS.

Tableau de compatibilité complet

Supports éligibles PEA vs CTO en 2026
SupportPEAPEA-PMECTO
Actions UE/EEE (TotalEnergies, LVMH, SAP…)OuiNon (> 5 Md€)Oui
Actions US en direct (Apple, Microsoft, Nvidia)NonNonOui
Actions suisses, britanniques, japonaises en directNonNonOui
ETF synthétique S&P 500 / MSCI World (swap)OuiNonOui
ETF physique MSCI World (iShares IWDA)NonNonOui
ETF PME-ETI européennes éligiblesOuiOuiOui
Obligations d'État ou d'entrepriseNonNonOui
ETF obligataires (oblig. souveraines, corporate)NonNonOui
SCPI européennes en directNonNonOui
OPCI, SICAV immobilièresNonNonOui
Produits structurés (autocall, phoenix)NonNonOui
ETN crypto (Bitcoin, Ethereum via ETN)NonNonOui
Cryptomonnaies en direct (BTC, ETH)NonNonNon (PSAN dédié)
Service de Règlement Différé (SRD)NonNonOui
Ventes à découvert, turbos, warrants, certificatsNonNonOui

Concrètement, le PEA couvre très bien l'univers actions européennes et, via les ETF synthétiques, une large partie de l'exposition mondiale. Le CTO reste indispensable dès qu'on veut des actions US en direct, des obligations, des SCPI ou des actifs alternatifs. C'est pourquoi la stratégie mixte est si fréquente (voir section 8).

5. Le délai de maturité du PEA : à quoi ça sert vraiment ?

Le fameux « délai de 5 ans » est à la fois la grande force et la grande frustration du PEA. Force, parce que c'est lui qui débloque l'exonération d'IR. Frustration, parce que beaucoup d'épargnants hésitent à ouvrir un PEA « parce qu'ils ne savent pas s'ils tiendront 5 ans ». Cette hésitation est le pire raisonnement possible : le compteur tourne à partir de l'ouverture, pas à partir du premier versement lourd.

Avant 5 ans : clôture et imposition

Avant la 5e année, tout retrait (même partiel) entraîne la clôture du plan et l'imposition des plus-values au PFU 31,4 % (ou au barème sur option) et aux PS 18,6 % (art. L221-32 CoMoFi). Cinq cas légaux limités permettent de lever cette contrainte : le licenciement du titulaire (ou de son conjoint ou partenaire de PACS), l'invalidité de 2e ou 3e catégorie au sens de l'article L341-4 du Code de la sécurité sociale, la mise à la retraite anticipée du titulaire (ou conjoint/PACS), la création ou reprise d'entreprise dans les 3 mois suivant le retrait, et le retrait de titres d'une société en liquidation judiciaire (la société émettrice des titres logés dans le plan, ajout de la loi PACTE de 2019). Tous les autres retraits tombent sous le régime standard.

Après 5 ans : la loi PACTE a tout changé

Depuis la loi PACTE du 22 mai 2019, les retraits après 5 ans sont libres et ne ferment pas le plan. Vous pouvez retirer 10 000 € cette année, 20 000 € l'année suivante, continuer à percevoir des dividendes, arbitrer vos supports — tout est possible. Seule contrainte : vous ne pouvez plus reverser au-delà du plafond déjà atteint. Le PEA devient donc, après 5 ans, une enveloppe aussi souple que le CTO, mais avec une fiscalité sept fois moins lourde sur l'impôt sur le revenu.

Le réflexe à 25 ans (ou 50, ou 65)

Ouvrir un PEA avec 100 € le jour de vos 25 ans — ou aujourd'hui, peu importe votre âge — est probablement l'un des meilleurs arbitrages patrimoniaux possibles. Coût initial : quelques euros de frais de courtage. Bénéfice : l'horloge des 5 ans commence à tourner. Dans 5 ans, vous aurez un plan parfaitement opérationnel, déjà mature fiscalement, prêt à recevoir vos versements sérieux.

Preuve chiffrée : l'écart sur 20 ans

Prenons un cas concret. Vous versez 400 € par mois pendant 20 ans, soit 96 000 € de versements. Avec un rendement moyen de 7 % brut par an, votre capital atteint environ 210 000 € à la sortie. Le gain brut est donc de 114 000 €.

Net sortie PEA après 20 ans (si ouverture > 5 ans)
= Gain brut × (1 - 18,6 %)
= 114 000 × 0,814
= 92 796 € net

Net sortie CTO après 20 ans (PFU 31,4 %)
= Gain brut × (1 - 31,4 %)
= 114 000 × 0,686
= 78 204 € net

Écart = 92 796 - 78 204 = 14 592 € net
(réinvestis, le bénéfice est encore supérieur)

Concrètement, le délai des 5 ans, c'est une économie future de 14 592 € (dans cet exemple) contre un effort presque nul aujourd'hui (ouvrir un PEA quelques minutes en ligne). Le meilleur moment pour planter un arbre, c'est il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment, c'est aujourd'hui.

6. Quels plafonds, versements et retraits en 2026 ?

Le PEA est plafonné, le CTO ne l'est pas. Cette différence paraît anecdotique au démarrage — on est rarement concerné par 150 000 € de versements à 30 ans. Mais à 50 ou 60 ans, avec un PEA alimenté régulièrement et qui a bénéficié des intérêts composés, beaucoup de nos clients atteignent le plafond et doivent organiser la bascule.

Les plafonds détaillés

Plafonds 2026 des différentes enveloppes boursières
EnveloppePlafondPar personnePar couple marié/pacsé
PEA classique150 000 €1 max300 000 € (2 PEA)
PEA-PME75 000 € (cumul 225 000 € avec PEA)1 max150 000 € (2 PEA-PME)
PEA Jeunes (18-25 ans rattachés au foyer)20 000 € (imputés sur les 150 000 € des parents)1 max
CTOAucun plafondIllimité (plusieurs possibles)Illimité

Concrètement, un couple peut cumuler jusqu'à 450 000 € de versements en enveloppes PEA + PEA-PME (150 000 × 2 + 75 000 × 2), puis basculer sur CTO pour tout montant supplémentaire. Attention : seuls les versements sont plafonnés, pas la valeur du plan. Si votre PEA à 150 000 € de versements atteint 400 000 € grâce à la performance, il reste parfaitement légal.

La cascade post-plafond

Quand votre PEA atteint 150 000 €, voici l'ordre de priorité que nous conseillons chez Hagnéré Patrimoine, selon votre profil.

  1. Ouvrir un PEA-PME si vous n'en avez pas. 75 000 € de capacité supplémentaire, même régime fiscal que le PEA classique.
  2. Si votre conjoint n'a pas rempli son PEA, privilégier ses versements avant de basculer sur CTO.
  3. Ouvrir un CTO chez un courtier à frais compétitifs (Bourse Direct, Trade Republic, Fortuneo) pour diversifier vers les actions US, les ETF monde physiques, les SCPI européennes, les obligations.
  4. Envisager une assurance-vie si l'objectif est la transmission (abattement 152 500 € par bénéficiaire, art. 990 I CGI).
  5. Alimenter un PER si votre TMI dépasse 30 % et que vous voulez réduire votre IR annuel (art. 163 quatervicies CGI).

Notez que cette cascade n'est pas une règle absolue. Pour un dirigeant d'entreprise avec TMI 45 %, un PER pourra primer sur le PEA-PME. Pour un retraité qui veut des revenus immédiats, une AVL (assurance-vie luxembourgeoise) pourra s'intercaler. Chaque situation mérite un bilan patrimonial.

7. Frais de courtage : comparatif PEA vs CTO

Les frais sont le deuxième facteur de performance long terme, après la fiscalité. Une différence de 0,5 point de frais par an, composée sur 25 ans, peut représenter 10 à 15 % de capital final en moins. Tous les courtiers ne facturent pas pareil selon qu'il s'agit d'un PEA ou d'un CTO. Voici le comparatif actualisé début 2026.

Frais de courtage 2026 — principaux courtiers français et européens
CourtierOrdre PEA < 500 €Ordre CTO < 500 €Frais de gardeSpécificité
Bourse Direct0,99 €0,99 €0 €Low-cost de référence, interface dense
Fortuneo (Starter)0 € (1ᵉʳ ordre < 500 €/mois)0 € (1ᵉʳ ordre < 500 €/mois)0 €Idéal DCA mensuel
Fortuneo (Trader)1,95 €1,95 €0 €Compte rémunéré possible
Trade Republic1 € fixe1 € fixe0 €PEA depuis janv. 2025, cash rémunéré
Boursorama (Classic)1,99 €1,99 €0 €Offre bancaire + courtage intégré
Saxo BanquePas de PEA0,08 % min 2 €0-0,12 %/anPour traders actifs, 22 000 valeurs
DegiroPas de PEA1 € + 1 € exchange fee0 €45 places mondiales, low-cost
Interactive BrokersPas de PEA0,35 € par tranche de 100 actions USVariablePros, multi-devises, marchés exotiques

Concrètement, pour un particulier qui investit en Bourse passivement (DCA mensuel, 2-3 arbitrages par an), les frais de courtage sont aujourd'hui si bas qu'ils ne devraient plus être un critère de décision. Tout courtier en ligne compétitif facture moins de 2 € par ordre. Ce qui compte, c'est l'ergonomie, la qualité du service client, l'accès au transfert PEA gratuit et la fiabilité de l'infrastructure.

Les frais du PEA sont plafonnés par décret — pas ceux du CTO

Depuis le décret n° 2020-95 du 5 février 2020, les frais d'un PEA sont plafonnés réglementairement : 10 € maximum à l'ouverture, 0,4 % par an de frais de tenue de compte (plafonné à 5 € par ligne), 0,5 % par ordre passé en ligne, 1,2 % par ordre passé par téléphone. Cette protection consommateur n'existe pas pour le CTO, où les frais restent libres — d'où l'importance de choisir un courtier compétitif, surtout si votre CTO héberge de nombreuses lignes.

Les transferts PEA : gratuits ou presque

Un transfert de PEA entre deux banques est plafonné à 150 € par plan (arrêté du 19 novembre 2019 entré en vigueur au 1er juillet 2020, pris en application de la loi PACTE). Les courtiers en ligne (Fortuneo, Bourso, Bourse Direct) remboursent souvent ces frais jusqu'à un certain plafond pour attirer les transferts entrants. Délai : 2 à 6 semaines. Pendant le transfert, votre PEA est gelé (pas d'arbitrage possible). Vérifiez toujours les conditions avant de lancer l'opération.

8. Quelle stratégie mixte PEA + CTO adopter ?

C'est ici que le guide prend tout son sens. La plupart des concurrents posent la question « PEA ou CTO ? » et concluent par « les deux sont utiles ». Chez Hagnéré Patrimoine, nous allons plus loin : il existe une hiérarchie d'utilisation qui maximise l'efficacité fiscale sans sacrifier la diversification. La voici, en ordre chronologique.

Étape 1 — Ouvrir le PEA le plus tôt possible

Avant même de savoir combien vous voulez investir, ouvrez un PEA. Un versement initial de 100 € suffit. Cela lance l'horloge des 5 ans. Même si vous alimentez le plan plus tard, vous aurez économisé 5 années précieuses. Coût d'opportunité : nul. Bénéfice potentiel : des milliers d'euros d'IR économisés à la sortie.

Étape 2 — Remplir le PEA avec les bons supports

Votre PEA doit contenir votre cœur de portefeuille actions : ETF MSCI World synthétique (Amundi PEA Monde, TER 0,20 %), ETF S&P 500 synthétique (Amundi PEA S&P 500, TER 0,12 %), ETF Europe (Amundi PEA MSCI Europe, TER 0,15 %). Alimentez-le en DCA mensuel sur 5 à 10 ans. Pour un investisseur « lazy », un seul ETF Monde peut suffire.

Étape 3 — Ouvrir un CTO en parallèle pour la diversification

Dès que vous voulez des actifs que le PEA ne peut pas loger (actions US en direct, obligations, ETF World à réplication physique, SCPI européennes, produits structurés), ouvrez un CTO. Le CTO n'est pas un « lot de consolation » — c'est un outil essentiel pour des supports précis. Même si votre PEA n'est pas plein, un CTO peut être utile dès le début.

Étape 4 — Rééquilibrer entre PEA et CTO chaque année

Au fil des années, votre allocation cible va dériver (les actions qui montent sur-représentent le portefeuille). Rééquilibrez à l'intérieur de chaque enveloppe en priorité, pour ne pas déclencher de fiscalité CTO. Exemple : si votre poche US pèse trop, vendez sur le PEA (arbitrage sans friction fiscale) avant de vendre sur le CTO (où chaque cession génère du PFU).

Étape 5 — Après 5 ans de PEA, utiliser le PEA pour toucher des revenus

À la retraite, les dividendes d'un PEA mature sont un outil fantastique : exonérés d'IR, seulement 18,6 % de PS. Un portefeuille de 200 000 € rapportant 4 % de dividendes vous verse 8 000 € bruts, soit 6 512 € nets d'impôt par an. Pour des revenus complémentaires stables, le PEA est presque toujours plus efficace qu'un CTO (qui retiendrait 31,4 %).

Allocation-type 60/40 pour un couple cadre (45 ans, 150k€ patrimoine financier)

Voici une répartition fréquente chez nos clients cadres supérieurs 40-50 ans. Elle n'est pas une recommandation personnalisée — chaque situation mérite un bilan.

  • PEA M. : 70 000 € → 100 % ETF Monde synthétique (DCA 500 €/mois)
  • PEA Mme : 50 000 € → 80 % ETF Monde + 20 % ETF MSCI Europe
  • CTO commun : 20 000 € → 10 000 € ETF MSCI World physique (iShares IWDA) + 10 000 € ETF Obligataire global
  • Livret A + LDDS : 10 000 € (réserve de précaution 2-3 mois de dépenses)
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9. Option barème vs PFU : comment arbitrer ?

Sur un CTO, la case 2OP de votre déclaration d'impôts est un levier souvent oublié. Mal utilisée, elle fait perdre de l'argent. Bien utilisée, elle peut réduire votre facture fiscale de 10 à 30 % selon votre situation. Voici la règle simple, puis les nuances fines.

La règle mathématique

Pour les plus-values : le barème est préférable dès que votre TMI est inférieure ou égale à 11 %. Le PFU s'applique à 12,8 % d'IR, donc le barème 11 % gagne 1,8 point. Au-delà de 11 %, le PFU reprend l'avantage.

Pour les dividendes : la règle change. L'option barème permet d'appliquer un abattement de 40 % sur le montant brut (art. 158 3° 2° CGI), puis le barème progressif, puis de déduire 6,8 % de CSG l'année suivante. Résultat : le barème peut battre le PFU jusqu'à une TMI de 30 % dans certains cas limites.

Dividendes avec option barème, TMI 11 % (cas favorable)
Dividende brut : 10 000 €
Après abattement 40 % : 6 000 € imposable
IR au barème 11 % : 6 000 × 11 % = 660 €
PS 18,6 % sur 10 000 : 1 860 €
CSG déductible l'année N+1 : 6,8 % × 10 000 × 11 % = 75 €
Impôt net effectif ≈ 660 + 1 860 - 75 = 2 445 €
Taux global = 24,45 %

Dividendes avec PFU 31,4 %
Impôt = 10 000 × 31,4 % = 3 140 €
Taux global = 31,4 %

Économie option barème = 695 € (environ 7 points)

Concrètement, si votre TMI est à 11 % (revenu imposable entre 11 497 € et 29 315 € par part en 2026), cocher la case 2OP vous fait économiser en moyenne 6 à 8 points d'impôt sur vos dividendes. L'économie est moins spectaculaire sur les plus-values (2 points environ), mais non négligeable sur plusieurs années.

Les pièges de l'option barème

L'option 2OP est globale : elle s'applique à tous vos revenus financiers de l'année (dividendes, plus-values mobilières, intérêts, obligations, bons du Trésor). Vous ne pouvez pas l'activer « que pour les dividendes ». Si vous avez une plus-value élevée et une TMI à 30 %, le barème sur la PV vous coûte 30 % au lieu de 12,8 % — la différence de 17,2 points peut effacer l'économie réalisée sur les dividendes.

Faites le calcul chaque année, en fonction de vos revenus réels. Un simulateur impots.gouv.fr permet de comparer les deux scénarios avant de cocher la case. Pour les cas complexes, un bilan Hagnéré Patrimoine peut automatiser cet arbitrage.

10. Moins-values et optimisation fiscale avancée

Personne ne veut réaliser de moins-values. Pourtant, elles existent, et la loi prévoit des mécanismes pour les transformer en économies d'impôt. Ces techniques sont trop peu utilisées par les particuliers — elles représentent pourtant un levier fiscal précieux en fin d'année.

Le report des moins-values CTO (10 ans)

Les moins-values réalisées sur un CTO s'imputent d'abord sur les plus-values de la même année, puis, si un solde négatif subsiste, se reportent sur les 10 années suivantes (art. 150-0 D, 11 CGI). Elles ne s'imputent que sur des plus-values mobilières, pas sur des revenus du travail ou fonciers. Conservez précieusement les justificatifs de cession : sans eux, le report sera refusé par l'administration.

La purge fiscale PEA vers CTO (angle méconnu)

Voici un mécanisme que très peu de concurrents évoquent : si vous clôturez un PEA en moins-value, cette moins-value est imputable sur les plus-values réalisées ultérieurement dans un CTO, pendant 10 ans. Le PEA doit avoir été clôturé après l'expiration de la 5e année (ou avant 5 ans dans un cas légal), et la totalité des liquidités doit avoir été retirée. Source : doctrine BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-20-10-40 (prise en compte des moins-values).

Concrètement : vous détenez un PEA mal performant de 80 000 € (versements) valant 60 000 € après 8 ans. Vous clôturez en moins-value de 20 000 €. Cette perte peut compenser, au cours des 10 années suivantes, des plus-values de CTO. Si vous réalisez ensuite 30 000 € de plus-values sur un CTO, vous n'êtes imposé que sur 10 000 € net. Économie : 20 000 × 31,4 % = 6 280 € d'impôt.

Stratégie avancée : le tax-loss harvesting français

Aux États-Unis, le tax-loss harvesting consiste à vendre sciemment des titres en moins-value en fin d'année pour compenser des gains de l'année. La France autorise la même pratique : vous pouvez vendre en novembre-décembre une ligne CTO qui perd 5 000 €, réaliser ainsi une moins-value, et compenser 5 000 € de plus-values réalisées plus tôt dans l'année. Sous réserve que vous ne rachetiez pas le même titre dans les 30 jours (risque de requalification en opération artificielle par l'administration). Stratégie légitime, documentée, mais à manier avec méthode.

11. Non-résidents, expatriés, frontaliers : que faire ?

C'est l'un des grands angles absents des guides concurrents. La mobilité internationale des Français s'est accélérée ces dix dernières années : près de 2,5 millions de Français vivent aujourd'hui à l'étranger (registre des Français de l'étranger). Et plus de 230 000 frontaliers travaillent en Suisse (Office fédéral de la statistique, 2024). Leur situation fiscale PEA et CTO mérite un traitement spécifique.

Avant la loi PACTE : la rupture au départ

Jusqu'en mai 2019, le transfert de résidence fiscale hors de France entraînait la clôture automatique du PEA, sauf exception. Des milliers d'expatriés ont perdu le bénéfice fiscal de leurs plans au moment de leur départ. La loi PACTE a corrigé cette anomalie.

Depuis la loi PACTE : le maintien est la règle

Depuis le 24 mai 2019, le PEA reste ouvert lorsque vous partez à l'étranger, sauf si votre nouveau pays de résidence est un État ou Territoire Non Coopératif (ETNC, art. 238-0 A CGI). La liste 2026, actualisée par l'arrêté du 18 avril 2025, inclut notamment le Panama, Vanuatu, Fidji, Trinité-et-Tobago, la Russie, Antigua-et-Barbuda, les Îles Turks et Caicos, Samoa et les Îles Vierges des États-Unis. Elle est mise à jour annuellement.

Conséquences pratiques : vous ne pouvez plus verser de nouveaux capitaux, mais vos titres continuent à générer des gains. Les arbitrages internes restent autorisés. La fiscalité des retraits dépend ensuite de la convention bilatérale entre la France et votre pays de résidence. Typiquement, pour un résident fiscal portugais sous régime IFICI (ex-RNH), les plus-values PEA sont imposées à 20 % au Portugal et exonérées en France. Pour un résident émirati, l'absence d'IR local et l'exonération française rendent le PEA particulièrement efficace.

CTO pour non-résidents : les règles

Le CTO détenu chez un courtier français par un non-résident suit un régime particulier :

  • Les plus-values mobilières sont exonérées d'impôt en France (sauf participation substantielle, c'est-à-dire supérieure à 25 % des droits dans les bénéfices sociaux d'une société française, art. 244 bis B CGI).
  • Les dividendes subissent une retenue à la source : 12,8 % par défaut, ou le taux réduit conventionnel (souvent 15 % avec les États-Unis, 10-15 % avec l'UE).
  • Les prélèvements sociaux sont limités à 7,5 % (prélèvement solidarité seul) pour les résidents UE/EEE/Suisse affiliés à une sécurité sociale étrangère (art. L136-6, I ter CSS, issu de la LFSS 2019, loi 2018-1203, après l'arrêt CJUE de Ruyter C-623/13).

Le cas spécifique des frontaliers suisses

Un frontalier qui travaille en Suisse et réside en France reste résident fiscal français : il peut ouvrir et alimenter un PEA comme n'importe quel résident. Seule sa rémunération peut être taxée en Suisse selon la convention du canton (Genève : imposition en Suisse ; Vaud : imposition en France). Son PEA reste pleinement opérationnel.

À l'inverse, un Français qui s'installe en Suisse perd son statut de résident fiscal français. Son PEA reste ouvert (la Suisse n'est pas un ETNC), mais il ne peut plus verser. La fiscalité des retraits dépend de la convention Suisse-France.

Avant tout départ à l'étranger : deux réflexes

Premier réflexe : vérifier que votre futur pays n'est pas un ETNC (liste officielle sur impots.gouv.fr, mise à jour annuellement). Second réflexe : consulter un conseiller fiscal international qui maîtrise la convention bilatérale du pays cible. Un mauvais timing (retrait PEA avant le départ, oubli de déclaration, mauvaise répartition entre PEA et CTO) peut coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros d'impôts inutiles.

12. Succession et transmission : l'avantage caché du CTO

Sur la fiscalité courante, le PEA gagne le match 9 fois sur 10. Mais il existe un terrain où le CTO prend sa revanche : la transmission. Très peu d'épargnants connaissent la mécanique de « purge fiscale au décès » du CTO. Elle peut justifier à elle seule de garder une partie de son patrimoine en dehors du PEA.

Le PEA au décès : clôture immédiate

Le décès du titulaire entraîne la clôture automatique du PEA. Les prélèvements sociaux (18,6 %) sont dus sur les plus-values latentes constatées au jour du décès. Les titres sont ensuite transférés aux héritiers sur un CTO, à la valeur au jour du décès. Les droits de succession s'ajoutent (selon le lien de parenté : 45 % max en ligne directe, 60 % pour un non-parent).

Le CTO au décès : la purge fiscale (principe général art. 150-0 A CGI)

Le CTO, à l'inverse, bénéficie d'un mécanisme appelé « purge fiscale ». Le fondement juridique n'est pas un article dédié : il découle du principe général selon lequel le décès n'est pas une cession à titre onéreux au sens de l'article 150-0 A du CGI. Aucune plus-value n'est donc taxée à l'occasion de la transmission. Les titres sont transmis aux héritiers pour leur valeur au jour du décès (valeur déclarée à la succession selon les articles 666 et 758 du CGI), et cette valeur devient leur nouveau prix de revient fiscal. Toutes les plus-values latentes accumulées du vivant du défunt sont effacées. Les héritiers paient les droits de succession, mais pas l'IR ni les PS sur les plus-values antérieures.

Conséquence : les héritiers peuvent revendre immédiatement les titres sans imposition sur la plus-value. Ils ne seront imposés que sur la plus-value ultérieure (différence entre le prix de revente et la valeur au décès).

Exemple chiffré : transmission PEA vs CTO au décès
(titres valant 300 000 € dont 150 000 € de PV latentes)

PEA : clôture + PS 18,6 % × 150 000 = 27 900 €
Valeur transmise : 300 000 - 27 900 = 272 100 €
(puis droits de succession sur 272 100 €)

CTO : purge fiscale (principe général art. 150-0 A CGI)
PS et IR sur PV : 0 €
Valeur transmise : 300 000 €
(puis droits de succession sur 300 000 €)

Différence brute en faveur du CTO : 27 900 €

Concrètement, pour un couple senior qui a accumulé des plus-values latentes significatives, conserver une partie des actifs sur un CTO peut faire économiser plusieurs dizaines de milliers d'euros de PS à la succession. Ce calcul doit intégrer les droits de succession eux-mêmes, qui s'appliquent dans les deux cas. L'avantage net du CTO est donc le montant de PS + IR qu'on évite.

La donation de titres CTO (alternative à la cession)

Autre avantage du CTO : la possibilité de donner des titres de son vivant. L'opération profite d'une purge fiscale partielle : les plus-values latentes sur les titres donnés sont effacées (la donation fige la valeur au jour du don). Les droits de donation s'appliquent (avec abattements : 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans). Stratégie puissante pour transmettre un portefeuille sans purger les plus-values.

À l'inverse, le PEA est strictement incessible : il ne peut faire l'objet d'aucune donation, aucun démembrement, aucun transfert de propriété. Le plan est individuel et rattaché à une personne physique unique. Pour transmettre des actifs logés en PEA, la seule option consiste à clôturer le plan (perte de l'ancienneté fiscale et des éventuels avantages ultérieurs), récupérer les titres sur un CTO, puis faire la donation depuis ce CTO. Cette rigidité est l'un des grands arguments en faveur d'un CTO parallèle pour un patrimoine qu'on souhaite pouvoir transmettre.

13. CFA et CDHR 2026 : que change la nouvelle contribution ?

Deux nouvelles contributions introduites fin 2025 modifient le paysage fiscal des hauts patrimoines. Aucun article concurrent ne les traite correctement. Voici l'essentiel.

La « CFA » : une hausse structurelle des PS

La LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) ajoute 1,4 point à la CSG affectée à la branche Autonomie (CNSA) sur les revenus mobiliers. Dans ce guide, nous désignons cette majoration par « CFA » pour plus de clarté, mais il s'agit juridiquement d'une composante de la CSG, pas d'une nouvelle contribution distincte. Les prélèvements sociaux passent donc de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026. Cette hausse touche toutes les enveloppes : PEA, CTO, dividendes, intérêts. L'assurance-vie est spécifiquement exclue et reste à 17,2 %.

La CDHR : un plancher de 20 % pour les hauts revenus

La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR), introduite par la LF 2025, instaure un taux plancher de 20 % d'impôt total au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence (RFR) pour un célibataire et 500 000 € pour un couple. Si vos impôts actuels (IR + PFU + CEHR) sont inférieurs à 20 % du RFR, vous payez la différence. Le but est d'éviter que des hauts patrimoines dont les revenus sont majoritairement issus de dividendes ne paient moins que 20 %.

Impact PEA vs CTO : le PEA mieux protégé

Point crucial : les revenus exonérés d'IR (comme les plus-values et dividendes PEA après 5 ans) ne sont pas intégrés au RFR pour le calcul de la CDHR. Un patrimoine fortement orienté PEA échappe ainsi à la CDHR, là où un patrimoine équivalent en CTO y serait pleinement exposé. Avantage PEA de taille pour les patrimoines supérieurs à 1 M€.

Impact CFA et CDHR sur PEA vs CTO (2026)
EnveloppeCFA (+1,4 pt PS)CDHR (plancher 20 % RFR)
PEA après 5 ansOui (PS 17,2 % → 18,6 %)Non (gains hors RFR)
CTOOui (PS 17,2 % → 18,6 %)Oui (gains dans RFR)
Assurance-vieNon (exclusion explicite LFSS 2026)Oui (rachats dans RFR)

14. 6 cas pratiques chiffrés

Pour rendre tangible tout ce qui précède, voici 6 profils très différents, avec des chiffres réels et des conclusions actionnables. Chaque cas peut ressembler au vôtre, ou à celui d'un proche.

Cas 1 — Léo, 22 ans, alternant ingénieur à Toulouse

Léo vient de commencer son alternance après un master d'ingénieur. Il gagne 1 400 € net par mois et partage un appartement avec deux amis. Il a lu un livre sur les ETF et veut mettre 300 € par mois sur un ETF Monde pendant 30 ans. TMI actuelle : 0 %. TMI anticipée à 50 ans : 41 %. Question : il ouvre un PEA ou il va sur Trade Republic en CTO ?

Calcul sur 30 ans, 300 €/mois, 7 % brut annuel. Versements totaux : 108 000 €. Capital final estimé : environ 365 000 €. Gain brut : 257 000 €.

  • Scénario PEA : PS 18,6 % × 257 000 = 47 802 €. Net final : 317 198 €.
  • Scénario CTO : PFU 31,4 % × 257 000 = 80 698 € (et ce, sans compter la taxation annuelle des dividendes réinvestis, qui grignote encore le rendement net). Net final : 284 302 €.

Recommandation Hagnéré : Léo ouvre un PEA chez Bourse Direct ou Trade Republic. 100 % ETF Amundi PEA Monde (DCAM), versement automatique 300 €/mois. Économie fiscale finale par rapport à un CTO : 32 896 € net. Pour un investissement de 5 minutes à l'ouverture.

Cas 2 — Sophie, 42 ans, avocate à Lyon, TMI 41 %

Sophie a un PEA de 150 000 € (plafond atteint) et 80 000 € de liquidités qu'elle voudrait investir en Bourse. Elle hésite entre ouvrir un CTO, alimenter son PEA-PME, ou basculer sur une assurance-vie. Horizon : 10 à 15 ans. TMI stable à 41 %.

  • PEA-PME : 75 000 € capacité, même régime fiscal que PEA classique. Restreint aux PME-ETI européennes (capitalisation < 2 Md€ et < 5 000 salariés). Restriction forte en termes de diversification.
  • CTO : 80 000 € à 7 % brut sur 15 ans = ~220 000 € ; gain 140 000 € ; PFU 31,4 % = 43 960 € ; net final 176 040 €.
  • Assurance-vie (PFU 30 % avant 8 ans, puis abattement 4 600 €/9 200 € après 8 ans) : sur 15 ans, après 8 ans de maturité, taux effectif ~25-27 % ; net final ~178 000-182 000 €.

Recommandation Hagnéré : Sophie remplit d'abord son PEA-PME à 75 000 € (priorité fiscale maximale), puis place les 5 000 € restants sur CTO ou AV. Nous lui conseillons aussi d'ouvrir en parallèle, sur son épargne à venir des prochaines années, une AV multi-supports (Linxea Spirit 2 ou Lucya Cardif) avec un versement initial de 5 000 €, puis des versements programmés de 1 000 à 2 000 € par mois, pour démarrer au plus tôt le délai de 8 ans et optimiser la transmission (abattement 152 500 € par bénéficiaire, art. 990 I CGI).

Cas 3 — Marc, 48 ans, dirigeant SAS à Annecy, TMI 45 %

Marc dirige une entreprise qui génère 250 000 € de dividendes par an. Son patrimoine financier est de 1,5 M€ (PEA plein, AVL Luxembourg 800 k€, CTO 550 k€). RFR annuel : environ 600 000 €. La CDHR est déclenchée (seuil couple 500 000 €).

Sur ses 250 000 € de dividendes bruts reçus sur CTO, il paye PFU 31,4 % = 78 500 €. Avec la CDHR, son IR total (y compris PFU) doit atteindre au moins 20 % × 600 000 = 120 000 €. Il paye aujourd'hui environ 100 000 € d'IR (bareme salaire + PFU). Complément CDHR : 20 000 €. Impact direct : le PFU ne suffit plus, il faut une stratégie.

Recommandation Hagnéré : maximiser les enveloppes non intégrées au RFR (PEA, PER). Sur le PEA plein, exploiter les retraits post-5 ans (exonérés d'IR, hors RFR). Sur l'AVL, les rachats programmés avec abattement après 8 ans réduisent la base IR. L'ouverture d'un PER (100 % déductible du revenu) peut ramener le RFR sous les 500 000 € et éviter la CDHR. Consulter un fiscaliste patrimonial pour le pilotage fin.

Cas 4 — Claire, 67 ans, retraitée à Nice, TMI 11 %

Claire vit de sa retraite (2 800 €/mois) et de ses placements. Elle détient un PEA mature de 200 000 € et un CTO de 120 000 €. Elle perçoit 10 000 € de dividendes par an (PEA) et 4 000 € sur CTO. Elle hésite à cocher la case 2OP.

  • Sans 2OP (PFU 31,4 %) : 4 000 × 31,4 % = 1 256 € d'impôt.
  • Avec 2OP : 4 000 × 0,60 (abattement 40 %) × 11 % = 264 € IR + 4 000 × 18,6 % = 744 € PS - CSG déductible 4 000 × 6,8 % × 11 % = 30 € = 978 € d'impôt total.

Recommandation Hagnéré : Claire coche la case 2OP. Économie : 278 € par an, soit près de 7 points d'impôt. Attention à vérifier aussi l'impact sur ses autres revenus de placement. Une simulation annuelle impots.gouv.fr est indispensable avant de cocher.

Cas 5 — Antoine, 38 ans, impatrié à Lisbonne sous IFICI

Antoine vient de s'installer à Lisbonne avec le nouveau régime IFICI (Innovation and Financial Incentive) qui remplace l'ancien RNH. Il reste en CDI français avec son employeur. Son PEA français ouvert en 2019 est maintenu (Portugal n'est pas ETNC) et vaut 85 000 €. Il veut ajouter 100 000 € d'actions US directes (Apple, Microsoft).

Côté PEA : il ne peut plus verser (départ de France), mais le plan continue de générer des gains exonérés côté français. Côté CTO : il ouvre un CTO chez un courtier français (ou portugais). Les dividendes US subissent 15 % de retenue à la source (convention France-US) ; ces 15 % ouvrent droit à un crédit d'impôt conventionnel imputable sur l'IR français ou portugais selon sa résidence.

Recommandation Hagnéré : maintenir le PEA (aucun coût, performance continue). Ouvrir un CTO au Portugal ou en France pour les actions US directes. Sous IFICI, les dividendes étrangers sont imposés à 20 % forfaitaire au Portugal. Le crédit d'impôt US 15 % s'impute, laissant 5 % net à payer. Très favorable. Vérifier la mise en place concrète avec un avocat fiscal portugais.

Cas 6 — Nathalie et Thomas, couple 52 et 54 ans, Paris

Nathalie et Thomas ont construit un patrimoine financier de 800 000 € : 300 000 € en PEA (2 plans), 350 000 € en assurance-vie (2 contrats), 150 000 € en CTO. Ils préparent leur succession et pensent déjà à leurs deux enfants. Ils se demandent si leur CTO est bien placé ou s'il faut tout rapatrier sur l'AV.

Au décès de l'un des deux, leur PEA sera clos : PS 18,6 % sur les PV latentes. Leur AV avantage 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I CGI) si versements avant 70 ans. Leur CTO bénéficie de la purge fiscale (principe général art. 150-0 A CGI) mais entre intégralement dans les droits de succession.

Recommandation Hagnéré : conserver la structure à 3 enveloppes, chacune ayant un rôle spécifique. Sur le CTO, planifier une donation de titres à leurs enfants (abattement 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans) pour purger progressivement les plus-values latentes. Compléter l'AV jusqu'au plafond d'optimisation 990 I (152 500 €/bénéficiaire). Revoir la clause bénéficiaire de l'AV pour optimiser la répartition.

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Votre cas ne figure pas parmi les 6 ci-dessus ?

Chaque patrimoine est unique. Un bilan patrimonial Hagnéré Patrimoine adapte la stratégie PEA + CTO à votre situation (TMI, âge, objectifs, famille).

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15. Les 10 pièges à éviter

Après dix ans d'accompagnement de clients dans leurs arbitrages PEA/CTO, voici les 10 erreurs que nous voyons revenir le plus souvent. Certaines coûtent 1 000 €, d'autres 50 000 € ou plus.

Les 10 pièges à éviter — PEA, CTO et stratégie mixte
#PiègeConséquenceSolution
1Ouvrir 2 PEA classiques (2 banques différentes)Clôture rétroactive, pénalités fiscales1 seul PEA par personne, transférable
2Acheter une action US en direct en pensant qu'elle est éligible PEAOrdre rejeté ou plan requalifiéVérifier la domiciliation du siège social
3Retirer avant 5 ans pour 'tester'Clôture + PFU 31,4 % sur les PVPatience, sauf cas légal
4Ne pas ouvrir de PEA 'parce qu'on n'est pas sûr de tenir 5 ans'Perdre 5 ans d'horloge fiscaleOuvrir avec 100 €, même par précaution
5Oublier de déclarer un CTO chez un courtier étranger (Degiro, IB)Amende fiscale, CRS/FATCADéclarer formulaire 3916 chaque année
6Ne pas imputer les moins-values CTO sur les PV suivantesPerte sèche de 10 ans de crédit fiscalDéclarer chaque MV au 2042, reporter 10 ans
7Cocher 2OP à 45 % de TMISurcoût fiscal important sur PV2OP uniquement si TMI ≤ 11 % (ou cas spécifique)
8Transférer un CTO vers un PEAImpossible : opération inexistanteRacheter les titres après clôture CTO
9Oublier de purger un PEA en moins-value avant CTOPas d'imputation des MV sur PV CTOClôturer le PEA déficitaire > 5 ans
10Partir à l'étranger sans vérifier si le pays est un ETNCClôture automatique du PEAVérifier la liste ETNC sur impots.gouv.fr

La plupart de ces pièges découlent d'une mauvaise information, pas d'une erreur de calcul. Lire ce guide est déjà 80 % du travail. Pour les 20 % restants — la mise en œuvre personnalisée — un accompagnement professionnel évite les mauvaises surprises.

16. Ouvrir, transférer, clôturer : la procédure

Trois opérations courantes que beaucoup d'épargnants redoutent par crainte d'un impact fiscal. Voici le mode d'emploi pratique.

Ouvrir un PEA ou un CTO

  1. Choisir un courtier selon l'ergonomie et les frais (voir section 7).
  2. Remplir le dossier en ligne (15-20 minutes) : pièce d'identité, RIB, justificatif de domicile, questionnaire MIFID (profil risque).
  3. Virement initial (100 € minimum suffisent pour le PEA).
  4. Attendre la validation (1 à 3 jours ouvrés pour un courtier en ligne). À l'ouverture d'un PEA, votre banque interroge le fichier FICOBA (géré par la DGFiP) pour vérifier qu'aucun autre PEA n'est actif à votre nom — la détention simultanée de deux PEA entraîne la clôture rétroactive des deux plans (art. 1765 CGI).
  5. Effectuer le premier achat pour marquer l'ouverture effective.

Transférer un PEA entre banques

  1. Ouvrir un PEA au nouvel établissement (sans l'alimenter).
  2. Signer le mandat de transfert auprès du nouvel établissement (qui se charge des démarches avec l'ancien).
  3. Payer les frais plafonnés à 150 € par plan (arrêté du 19 novembre 2019) — souvent remboursés par le nouveau courtier.
  4. Attendre 2 à 6 semaines (portefeuille gelé pendant cette période).
  5. Vérifier que l'ancienneté fiscale est bien conservée (date d'ouverture originelle).

Clôturer un PEA

  1. Vendre tous les titres sur le PEA.
  2. Demander la clôture au courtier par courrier ou espace client.
  3. Vérifier le calcul fiscal : PS 18,6 % seuls sur les PV si plan mature (plus de 5 ans), PFU 31,4 % complet si plan clôturé avant 5 ans hors cas légaux (le PFU 31,4 % intègre déjà les 18,6 % de PS + 12,8 % d'IR).
  4. Virement des fonds sur votre compte courant (1 à 5 jours ouvrés).
  5. Déclaration année N+1 (formulaire 2561 ou récapitulatif envoyé par le courtier).

17. FAQ

Nous avons regroupé ci-dessous les 18 questions que nous recevons le plus fréquemment sur le choix PEA vs CTO. La section dépliante complète se trouve en bas de page.

Si votre question ne figure pas dans la liste, n'hésitez pas à nous contacter : nos conseillers Hagnéré Patrimoine répondent gratuitement dans un premier temps, sans engagement.

18. Sources et disclaimer

Cet article a été rédigé par l'équipe de Hagnéré Patrimoine, sous la supervision de Quentin Hagnéré (CIF, COA, COBSP), en avril 2026. Sources principales consultées :

  • Code monétaire et financier : articles L221-30 à L221-32-2 (PEA, PEA-PME, PEA Jeunes)
  • Code général des impôts : articles 157 5° bis (exonération PEA), 150-0 A (PV mobilières, fondement de la purge fiscale au décès), 150-0 D (abattements), 200 A (PFU), 117 quater (dividendes), 158 3° 2° (abattement 40 %), 167 bis (exit tax), 666 et 758 (évaluation des titres à la succession)
  • Code de la sécurité sociale : articles L136-6, L136-7, L136-8 (CSG/CRDS/PS)
  • BOFiP : BOI-RPPM-RCM-40-50-30 (régime fiscal PEA), BOI-RPPM-RCM-40-50-40 et BOI-RPPM-RCM-40-50-50 (conséquences des retraits et sanctions), BOI-RPPM-PVBMI-10-30-10 (PV PEA), BOI-RPPM-RCM-20-15 (dividendes), BOI-RPPM-PVBMI-20-10-40 (moins-values)
  • Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019
  • LFSS 2026, loi 2025-1403 du 30 décembre 2025 (hausse PS à 18,6 %, CFA)
  • Loi de finances 2026 (CDHR, barème IR)
  • Service-Public.fr, fiche F2385
  • impots.gouv.fr (formulaires 2561, 2042, option 2OP)

Avertissement important

Cet article a un caractère informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil personnalisé en investissement ni une recommandation d'arbitrage entre enveloppes fiscales. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les marchés actions peuvent connaître des baisses significatives (-30 % à -40 %) sur courte période. Le droit fiscal évolue fréquemment (LF annuelle, LFSS, jurisprudence) : vérifiez toujours la date de dernière mise à jour des textes cités. Pour une stratégie personnalisée adaptée à votre situation, prenez rendez-vous avec un conseiller Hagnéré Patrimoine.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré accompagne depuis 10 ans des dirigeants, cadres supérieurs et familles dans l'optimisation fiscale et patrimoniale de leurs portefeuilles boursiers. Il a piloté plus de 500 bilans incluant des arbitrages PEA, PEA-PME, CTO, assurance-vie luxembourgeoise et PER. Il enseigne la gestion de patrimoine aux professionnels du CGP et intervient régulièrement pour décrypter les réformes fiscales de la loi de finances.

CIF — Conseil en Investissements FinanciersCOA — Courtier en AssuranceCOBSP — Courtier en Opérations de BanqueMembre CNCGP
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Questions frequentes

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