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Guide pilier fiscalité non-résidents 202635 minMis à jour 10 mai 2026LF 2026 + LFSS 2026 intégrées

Fiscalité des non-résidents 2026 : domicile, taux minimum, retenues, conventions, IFI, succession, exit tax

Vous partez à Dubaï, Lisbonne, Genève ou Londres ? Vous vivez déjà à l'étranger ? Ce guide pilier décrypte tout ce que vous devez savoir en 2026 : domiciliation art. 4 B CGI, revenus imposables art. 164 B, taux minimum 20/30 % art. 197 A, retenue 12,8 % dividendes (art. 119 bis), conventions bilatérales (128 conventions en vigueur, dont 38 lignes couvrant successions ou donations), IFI art. 964, succession art. 750 ter, exit tax art. 167 bis (régime 2/5 ans maintenu LF 2026), impatriation art. 155 B au retour. 10 cas pratiques + check-list complète.

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TAUX MINIMUM IR

20 / 30 %

RETENUE DIVIDENDES

12,8 %

SEUIL IFI

1,3 M€

EXIT TAX SEUIL

800 k€

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

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§ 01L'essentiel 60s·4 min

1. L'essentiel en 60 secondes

Mis à jour le 10 mai 2026 — Références légales mobilisées : art. 4 B, 164 B, 197 A, 119 bis, 119 bis A, 200 A, 964, 750 ter, 167 bis, 155 B, 238-0 A, 187, 244 bis B, 182 A, 990 D, 990 I, 1649 A, 1649 AB CGI ; art. L.136-6 CSS ; LF 2025 art. 96 (modalités art. 119 bis A applicables 01/01/2026) ; LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026, régime 2/5 ans exit tax maintenu) ; LFSS 2026 (CSG mobilière 9,2 → 10,6 %) ; décret n° 2025-502 du 06/06/2025 (représentant fiscal) ; Règl. UE 650/2012 (succession) et 2016/1103 (régime matrimonial) ; Règl. CE 883/2004 (sécurité sociale) ; avenant franco-suisse 27/06/2023 (télétravail 40 %) ; CJUE De Ruyter C-623/13, Schumacker C-279/93, Wächtler C-581/17, N C-470/04.

Vous vivez à l'étranger, vous préparez votre départ, ou vous rentrez après plusieurs années d'expatriation ? La fiscalité française ne s'arrête pas à la frontière. Chaque euro de revenu français, chaque bien immobilier détenu en France, chaque action reçue d'une société française reste potentiellement taxable. Mais les règles diffèrent profondément du régime des résidents. 2026 apporte deux clarifications majeures : de nouvelles modalités procédurales conventionnelles pour la retenue à la source sur dividendes (LF 2025 art. 96, art. 119 bis A CGI), et la confirmation LF 2026 du maintien du régime 2/5 ans de l'exit tax (amendement Tanguy I-807 écarté).

Avant d'entrer dans le détail, voici les 10 règles qui structurent toute la matière. Gardez-les en tête : elles vous serviront de repère tout au long de cette lecture.

Tableau comparatif : # — Règle clé 2026 — Base juridique — Impact pratique — Premier cas : 1
#Règle clé 2026Base juridiqueImpact pratique
14 critères alternatifs de domiciliationArt. 4 B CGIUn seul suffit pour être résident français
2La convention bilatérale prime toujoursHiérarchie droit interne / traitéRègles de priorité (tie-breaker)
38 catégories de revenus français imposablesArt. 164 B CGISalaires, loyers, dividendes, pensions, PV…
4Taux minimum 20 % / 30 %Art. 197 A CGISeuil 29 579 € (revenus 2025)
5Option taux moyen mondial sur justificatifArt. 197 A al. 3Souvent gagnante pour retraités
6Retenue à la source dividendes 12,8 %Art. 119 bis CGI (taux depuis 2018)Nouvelles modalités art. 119 bis A depuis 01/01/2026 (LF 2025 art. 96)
7Option barème (2OP) interdite aux non-résidentsArt. 200 A al. 2PFU obligatoire sur dividendes et PV
8IFI : biens France uniquement, seuil 1,3 M€Art. 964 CGIAssiette limitée (avantage)
9Exit tax : 800 k€ ou ≥ 50 % droitsArt. 167 bis CGIRégime 2/5 ans maintenu par la LF 2026
10Impatriation : 8 ans d’exonération au retourArt. 155 B CGIPrime d’impatriation (réel ou forfait 30 %) et part étrangère : plafond 50 % de la rémunération, ou 20 % pour la seule part étrangère + 50 % revenus passifs

Concrètement, retenez ceci. La notion de non-résident dépend de deux étages : le droit français (art. 4 B CGI) et la convention fiscale bilatérale (qui tranche en cas de conflit). Vos revenus français restent imposables — mais uniquement eux. Les règles de calcul sont spécifiques : taux minimum, PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique, la « flat tax » ; pour un non-résident, il se réduit aux 12,8 % d'impôt sur le revenu, les 18,6 % de prélèvements sociaux ne frappant que les résidents) imposé, pas d'option barème. Et certains arbitrages (PEA — Plan d'Épargne en Actions, enveloppe fiscale réservée aux titres européens, exonérée d'IR après 5 ans ; assurance-vie luxembourgeoise ; timing de cession) peuvent vous faire économiser des dizaines de milliers d'euros par an.

Pourquoi ce guide existe

Le cabinet Hagnéré Patrimoine accompagne des expatriés, des frontaliers et des Français qui rentrent en France. Ce guide est la synthèse de ce que nous leur conseillons — rendue accessible à tous.

Résident vs non-résident : synthèse en un coup d'œil

Résident fiscal français (obligations étendues)

Imposition sur revenus mondiaux au barème progressif 0-45 %. Prélèvements sociaux 17,2 %. IFI sur patrimoine immobilier mondial au-delà de 1,3 M€. Succession sur biens mondiaux. Option barème disponible.

Non-résident fiscal (territorialité limitée)

Imposition sur revenus français uniquement (art. 164 B). Taux minimum 20/30 %. Retenue 12,8 % dividendes. PS 7,5 % si affilié EEE (arrêt De Ruyter). IFI et succession sur biens France seuls. Exit tax au départ.

Point clé : la convention prime sur le droit interne

Si vous cochez un seul des 4 critères de l'article 4 B CGI, la France vous considère résident. Mais si la convention bilatérale signée avec votre pays d'accueil dit l'inverse (via les règles tie-breaker : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité), c'est la convention qui gagne. Principe constitutionnel de hiérarchie des normes. Conséquence : toujours lire la convention avant de conclure sur votre statut.
Hagnéré Patrimoine

Départ, retour ou double résidence : chaque étape engage votre fiscalité sur 10 ans

Statut art. 4 B, convention applicable, exit tax, PEA, AVL, régime impatriation : un CGP immatriculé à l’ORIAS cadre votre projet international avant tout mouvement qui serait difficile à défaire.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 02Domicile fiscal art. 4 B·5 min

2. Êtes-vous non-résident fiscal ? (art. 4 B CGI)

C'est la question fondatrice — celle dont dépend tout le reste. Tant que votre statut n'est pas clair, rien d'autre ne peut être décidé : ni l'imposition de vos loyers, ni l'IFI, ni l'exit tax. Et attention : être non-résident « dans la tête » ne suffit pas. L'administration fiscale raisonne sur des critères précis, parfois très différents de votre ressenti. Vous pouvez avoir déménagé à Dubaï il y a un an et être encore considéré comme résident français si votre famille vit à Paris. Alors, comment le fisc tranche-t-il vraiment ? On déroule les 4 critères dans l'ordre où ils s'appliquent — en s'arrêtant au premier qui matche.

À retenir en une phrase

Un seul des 4 critères (foyer, séjour principal, activité pro, centre des intérêts économiques) suffit à vous rendre résident fiscal français — et donc imposable sur vos revenus mondiaux. Inversement : tant que aucun des 4 n'est rempli, vous êtes non-résident, avec la fiscalité allégée qui va avec.

Les 4 critères alternatifs de l'article 4 B CGI

L'article 4 B du Code général des impôts (le « CGI », c'est le livre qui regroupe toutes les règles d'imposition en France) liste quatre critères. Un seul suffit pour être qualifié résident fiscal français. Et donc pour être imposé sur l'intégralité de vos revenus mondiaux.

Tableau comparatif : Critère — Définition — Exemples concrets — Premier cas : 1. Foyer
CritèreDéfinitionExemples concrets
1. FoyerLieu où réside habituellement la famille (conjoint, enfants mineurs)Conjoint + enfants à Paris = foyer en France, même si vous travaillez à Dubaï
2. Lieu de séjour principalPlus de 183 jours en France dans l’année civileEntrepreneur nomade qui passe 200 jours en France malgré une adresse à Lisbonne
3. Activité professionnelle non accessoirePrincipale activité exercée en FranceDirigeant d’une SAS française dont le siège et l’essentiel des dossiers sont en France
4. Centre des intérêts économiquesPrincipaux investissements, gestion de biens, source majoritaire des revenusPatrimoine majoritairement français + revenus majoritaires français = centre en France

Concrètement, si aucun de ces quatre critères n'est rempli, vous êtes non-résident au sens français. Si un seul est rempli, vous êtes résident français — et la bataille se jouera alors sur le terrain de la convention bilatérale.

Quand la convention bilatérale prime sur le droit français

Il arrive souvent qu'un contribuable soit considéré résident par deux pays simultanément. Exemple typique : un Français expatrié à Genève qui garde sa famille à Annemasse. La France dit « vous êtes résident français » (critère 1 : foyer). La Suisse dit « vous êtes résident suisse » (permis B + plus de 183 jours). Qui gagne ?

C'est la convention fiscale bilatérale qui tranche. Une convention est un traité signé entre deux États pour éviter qu'un même revenu soit taxé deux fois. Elle prime sur le droit interne (principe constitutionnel de hiérarchie des normes). Dans la version du 29 avril 2026 de l'annexe BOI-ANNX-000306, arrêtée aux accords en vigueur au 1er janvier 2026, le tableau compte 128 lignes d'États ou territoires, dont 38 portent un code S (successions) ou D (donations).

Nouveauté LF 2025 : la primauté conventionnelle enfin légalisée dans l'article 4 B

Coup de théâtre jurisprudentiel en 2024 : le Conseil d'État, dans son arrêt CE 5 février 2024 n° 469771, avait dissocié la notion de domicile fiscal interne (art. 4 B) et la notion conventionnelle de résident. Concrètement, une personne pouvait être domiciliée en France au sens de 4 B tout en étant résidente conventionnelle de l'autre État — avec un risque d'interprétations divergentes. La loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) a définitivement refermé le débat en ajoutant explicitement dans l'article 4 B la primauté conventionnelle : si une convention vous qualifie de résident de l'autre État, vous n'êtes pas domicilié en France au sens de 4 B. Soulagement pour tous les dirigeants binationaux et dossiers complexes (BOFiP et doctrine CMS confirment).

Chaque convention contient un article « résidence » qui applique une séquence de priorités, appelée tie-breaker rules (littéralement « règles de départage », comme au tennis quand deux joueurs sont à égalité) :

RÈGLES DE PRIORITÉ CONVENTIONNELLES (TIE-BREAKER)

Étape 1 : Foyer d'habitation permanent
Étape 2 : Centre des intérêts vitaux (liens personnels et économiques)
Étape 3 : Séjour habituel
Étape 4 : Nationalité
Étape 5 : Procédure amiable entre administrations

L'administration descend les étapes jusqu'à trouver un critère discriminant. La plupart des dossiers se règlent aux étapes 1 ou 2.

Concrètement, si votre famille vit en Suisse avec vous (foyer permanent unique en Suisse), la convention vous déclare résident suisse — et la France ne peut plus vous imposer que sur vos revenus de source française. Si vous avez un logement dans les deux pays, on passe au centre des intérêts vitaux (où travaillez-vous, où sont vos enfants, où sont vos comptes principaux).

Couples mixtes (art. 4 bis et art. 6 § 4 CGI)

Situation ultra-fréquente chez nos clients frontaliers et expatriés : l'un des conjoints travaille à l'étranger, l'autre reste en France. Paris considère par défaut que le foyer reste français (critère 1). Mais les articles 4 bis CGI et 6 § 4 CGI permettent une imposition séparée : chaque conjoint est imposé selon son propre statut, et on établit deux déclarations distinctes. C'est lourd administrativement, mais souvent fiscalement avantageux.

Bug fréquent : conjoint resté en France = foyer maintenu

Cas fréquent : le conjoint « nomade » (souvent Dubaï, Londres, Singapour) pense être non-résident, alors que son conjoint et ses enfants vivent toujours à Paris ou Annecy. Par défaut, l'administration applique le critère « foyer » : vous restez résident français imposable sur vos revenus mondiaux. La parade existe (articles 4 bis et 6 § 4 CGI : imposition séparée), mais elle doit être activée explicitement dans la déclaration. À défaut, redressement quasi-systématique.

Cas frontières : déménagement en cours d'année

Vous partez en mai 2026 ? L'année est coupée en deux. Janvier à mai : déclaration 2042 classique (résident, revenus mondiaux). Juin à décembre : déclaration 2042-NR (non-résident, revenus français uniquement). La date pivot est celle du transfert effectif du foyer (famille + logement + activité). Gardez toutes les preuves : bail étranger, contrat de travail, billets d'avion, factures énergie.

Piège classique

Nous avons vu des clients qualifiés résidents français rétroactivement parce qu'ils avaient gardé leur résidence principale en France et loué sur place 6 mois après leur « départ ». Le fisc considère que le foyer n'a jamais vraiment basculé. Conséquence : redressement + pénalités 40 %. Vérifiez systématiquement que votre famille part avec vous et que vous ne revenez pas plus de 90 jours / an la première année.
Hagnéré Patrimoine

Foyer resté en France, conjoint expatrié, départ en cours d'année : êtes-vous vraiment non-résident ?

Les 4 critères de l'art. 4 B s'appliquent en cascade et la convention bilatérale prime toujours. On analyse votre situation concrète avant que l'administration ne le fasse à votre place.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 03Revenus français art. 164 B·5 min

3. Quels sont vos revenus français imposables ? (art. 164 B CGI)

Votre statut de non-résident est acquis. Bien. Mais que reste-t-il concrètement de taxable en France ? La réponse tient dans un seul article : le 164 B du CGI. Il liste les 8 catégories de revenus considérés comme « de source française », et qui restent imposables peu importe où vous vivez.

Les 8 catégories de l'article 164 B

Tableau comparatif : Catégorie — Exemples — Régime — Premier cas : 1. Revenus d’immeubles en France
CatégorieExemplesRégime
1. Revenus d’immeubles en FranceLoyers nus, LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel), SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) françaisesIR taux mini + PS 17,2 % (ou 7,5 % EEE)
2. Revenus de valeurs mobilières FRDividendes, intérêts obligatairesRetenue 12,8 % sur les dividendes (art. 119 bis) ; intérêts en principe exonérés ; pas de prélèvements sociaux
3. Plus-values sur participations ≥ 25 %Cession d’actions > 25 % du capitalImposition spécifique + convention
4. Salaires et pensions d’activité FRSalaires exercés en France, pensions AGIRC-ARRCO (régimes complémentaires de retraite des salariés du privé)Retenue PAS (Prélèvement À la Source) spécifique non-résidents
5. Bénéfices entreprise FRBIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), BNC (Bénéfices Non Commerciaux) d’activité localisée en FranceTaux minimum applicable
6. Droits d’auteur et brevetsRedevances perçues pour exploitation FRRetenue 10 ou 15 % (convention)
7. Revenus artistiques et sportifsCachets concerts, prize money tournois FRRetenue 15 %
8. Rentes viagères servies par débiteur FRRentes assurance-vie, rentes PER (Plan d’Épargne Retraite)PFU ou retenue

Concrètement, tout ce qui n'est pas dans cette liste échappe à l'imposition française. Vos salaires étrangers ne sont pas taxés en France. Vos dividendes étrangers non plus. Vos plus-values mobilières étrangères (hors participations ≥ 25 %) non plus. C'est l'un des principaux avantages du statut de non-résident pour les cadres à haut revenu international.

Salaires, pensions, BIC/BNC France

Si vous continuez à travailler pour un employeur français après votre départ, les salaires relatifs à des jours travaillés en France restent imposables (retenue à la source spécifique en 3 tranches : 0 %, 12 %, 20 %). Les jours travaillés à l'étranger sont généralement exonérés en France (mais imposables dans votre pays de résidence, via convention).

Les pensions de retraite françaises suivent un régime similaire. Mais attention : la convention bilatérale peut transférer le droit d'imposer au pays de résidence. Portugal, Belgique et Suisse imposent généralement les pensions privées dans le pays de résidence. Les pensions publiques (fonction publique) restent le plus souvent imposées en France (règle standard OCDE).

Revenus fonciers et plus-values immobilières

Vos loyers français (nu ou LMNP) restent imposables en France, systématiquement. Taux minimum 20 %/30 % + prélèvements sociaux 17,2 % (ou 7,5 % si vous êtes affilié à un régime de sécurité sociale EEE/Suisse, grâce à l'arrêt De Ruyter de la CJUE — affaire C-623/13).

Les plus-values immobilières (art. 244 bis A CGI) sont taxées à 19 % d'IR + PS 17,2 % (ou 7,5 % si affilié EEE/Suisse/UK-NHS), soit 36,2 % ou 26,5 % au total. Deux règles d'abattement pour durée de détention à mémoriser (identiques aux résidents) :

Tableau comparatif : Durée de détention — Abattement IR — Abattement PS — Observation — Premier cas : 0 à 5 ans
Durée de détentionAbattement IRAbattement PSObservation
0 à 5 ans0 %0 %PV brute pleine
6e à 21e année6 %/an1,65 %/anProgression linéaire
22e année4 %1,60 %Exo IR à 22 ans révolus
23e à 30e année—9 %/anExo PS à 30 ans révolus
Après 30 ans——Exonération totale

Attention au piège : entre 22 et 30 ans de détention, l'IR est exonéré mais les PS (7,5 % ou 17,2 %) restent dus, et le représentant fiscal reste obligatoire. Un bien détenu 25 ans avec 300 000 € de PV brute, NR hors UE : IR 0 €, mais PS = 300 000 × 17,2 % × (1 − 25 × ...) ≈ 15 000 € tout de même.

S'ajoute la surtaxe des PV > 50 000 € (art. 1609 nonies G, barème progressif 2 % à 6 % par tranches), applicable aux non-résidents personnes physiques.

Deux exonérations précieuses pour non-résidents

L'article 150 U II 2° prévoit deux régimes de faveur que la moitié des expatriés ne voient pas passer :

Exo 1 — résidence principale "pré-départ" (150 U II 2° al. 1)

Exonération totale si : le bien était votre résidence principale au jour du transfert de domicile fiscal + vente au plus tard le 31 décembre de l'année suivant le départ + bien jamais loué entre départ et vente + résidence UE/EEE. CAA Versailles 18/05/2023 n°21VE02336 : même un bail précaire de 3 mois détruit l'exo. À respecter scrupuleusement.

Exo 2 — première cession d'un logement en France (150 U II 2° al. 2)

Exonération plafonnée à 150 000 € de PV nette par cédant (300 000 € pour un couple), une seule fois, sous conditions : ressortissant UE/EEE + domiciliation fiscale française continue ≥ 2 ans à un moment antérieur + cession dans les 10 ans du départ (ou sans délai si libre disposition depuis 1 an). CE 5 juillet 2023 n°464928 : les 2 années peuvent être non continues si elles cumulent 24 mois pleins.

Représentant fiscal > 150 000 € : bien plus qu'un coût — une obligation strictement encadrée depuis le décret n° 2025-502 du 6 juin 2025

L'obligation de désigner un représentant fiscal accrédité (art. 244 bis A IV CGI) vise les cédants hors UE/EEE (Islande, Norvège, Liechtenstein exclus) pour toute cession > 150 000 €, et subsiste tant que la PV n'est pas totalement exonérée (22 ans IR + 30 ans PS). Le décret n° 2025-502 du 6 juin 2025 (JO 8 juin 2025) a renforcé le régime : accréditation ponctuelle ou permanente par la DGFiP, caution solidaire 0,5 % du prix ou 1 M€ minimum, compte bancaire dédié. Le représentant est solidairement responsable pendant 3 ans (art. L169 LPF). Coût marché 2026 : 0,4 % à 1 % du prix (SARF, Accréditée, Tevea, SE2F, Fiscalead) — à vérifier et négocier avant le compromis. Les dispenses et obligations diffèrent selon le statut du cédant, le pays, le prix et la situation d'exonération. La Suisse, le Royaume-Uni et Monaco exigent une lecture spécifique. À Monaco, l'article 7 de la convention peut modifier la qualification d'un ressortissant français : le notaire et le fiscaliste doivent confirmer par écrit le régime applicable avant d'annoncer un représentant obligatoire.

Dividendes, intérêts, plus-values mobilières

Les dividendes français subissent la nouvelle retenue 12,8 % depuis 2026 (voir section 5). Les intérêts obligataires français sont généralement exonérés en France sauf mention contraire (principe article 125 A CGI). Les plus-values mobilières non-qualifiées (en dessous de 25 %) sont exonérées en France pour les non-résidents (art. 244 bis B CGI a contrario — le texte ne vise que les cessions ≥ 25 % de droits sociaux) — elles sont imposées dans votre pays de résidence.

EXONÉRATION PS SUR PV MOBILIÈRES NON-RÉSIDENTS

Plus-value mobilière non-qualifiée + non-résident fiscal = 0 % imposition France

C'est la seule catégorie où la France renonce totalement à imposer. Énorme avantage pour expatriés avec compte-titres.

Assurance-vie : régime spécifique

L'assurance-vie française conserve son statut privilégié en non-résident. Rachats après 8 ans : abattement 4 600 €/9 200 € + 7,5 % ou 12,8 %. Aucun prélèvement social si vous êtes affilié à un régime étranger (régime européen ou convention bilatérale). En cas de décès, l'article 990 I CGI reste applicable : abattement 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % et 31,25 %.

L'AV (assurance-vie) luxembourgeoise pour expatriés

Pour les patrimoines importants (> 500 000 €), l'AVL (Assurance-Vie Luxembourgeoise — contrat d'assurance souscrit auprès d'une compagnie luxembourgeoise) devient souvent supérieure : triangle de sécurité (actifs ségrégués), super-privilège (créance prioritaire en cas de faillite), neutralité fiscale luxembourgeoise (pas de taxation au Luxembourg, tout remonte au pays de résidence), et accès à des fonds dédiés et supports en devises. Voir notre guide AVL pour expatriés.
Méthode documentée

Loyers, dividendes, AV, pensions : chaque flux français a sa convention, son taux, son pli

Cartographier vos revenus français, appliquer la bonne convention, arbitrer PEA ou AV luxembourgeoise : un CGP immatriculé à l’ORIAS chiffre votre imposition réelle 2026 avant toute déclaration.

Bilan gratuitCGP immatriculé à l’ORIASSans engagement
§ 04Taux minimum 20/30 %·6 min

4. Le taux minimum 20 % / 30 % (art. 197 A CGI)

Maintenant qu'on connaît les revenus imposables, comment sont-ils taxés ? C'est là qu'entre en scène la règle la plus emblématique — et la plus mal comprise — de la fiscalité des non-résidents. L'idée est simple : on applique d'abord le barème progressif classique (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %) ; puis on compare au plancher de 20 % / 30 % ; on retient le plus élevé des deux. Pourquoi ce plancher ? Parce que les non-résidents ne paient pas d'impôt français sur leurs revenus mondiaux, mais seulement sur leurs revenus français — l'administration considère qu'ils bénéficient d'un « avantage » et applique donc un plancher d'imposition.

Bonne nouvelle — l'option « taux moyen mondial »

Si votre taux moyen d'imposition mondial (calculé sur l'ensemble de vos revenus, FR + étrangers, au barème progressif) est inférieur à 20 %/30 %, vous pouvez demander l'application de ce taux moyen à la place du plancher. Très souvent gagnant pour les retraités à revenus modestes et les expatriés dans un pays à fiscalité élevée. Case à cocher sur le formulaire 2047 + justificatif fiscal étranger traduit.

Le mécanisme expliqué simplement

L'administration calcule votre impôt de deux manières et retient la plus élevée :

  1. Barème progressif normal (tranches 0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %) appliqué à vos revenus français.
  2. Taux minimum : 20 % jusqu'à 29 579 € (revenus 2025, déclaration 2026) et 30 % au-delà.

Le seuil 29 579 € (revenus 2025)

Ce seuil est revalorisé chaque année. Pour les revenus 2025 (déclarés en 2026), il s'élève à 29 579 €. En DOM (Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Guyane, Mayotte), les taux sont réduits : 14,4 % jusqu'au seuil, 20 % au-delà.

L'option taux moyen : quand est-elle gagnante ?

L'article 197 A alinéa 3 autorise une option précieuse : demander que le taux appliqué à vos revenus français corresponde au taux moyen qui serait le vôtre si vous étiez résident avec vos revenus mondiaux. Concrètement, si votre taux moyen mondial théorique est de 14 %, vous pouvez demander qu'on l'applique à vos revenus français au lieu du 20 % minimum.

CALCUL DU TAUX MOYEN (OPTION ART. 197 A AL. 3)

Taux moyen = Impôt théorique sur revenus mondiaux / Total des revenus mondiaux
→ Appliqué uniquement aux revenus français

Il faut joindre le formulaire 2047 et des justificatifs de vos revenus étrangers (bulletins, avis fiscal étranger traduit).

Concrètement, cette option est gagnante dès que votre taux moyen est inférieur à 20 %. Cas typiques où elle fonctionne bien : retraités à pensions modestes, cadres à revenus mondiaux moyens, expatriés avec grosse famille (quotient familial élevé).

Cas pratique chiffré — Thomas, cadre expatrié à Singapour

Thomas, 39 ans, développeur senior parti à Singapour en 2023, perçoit 50 000 € de revenus français (dividendes France) et 80 000 € de salaires singapouriens. Il est célibataire sans enfant.

Tableau comparatif : Scénario — Taux appliqué — Impôt français sur 50 000 € — Premier cas : Taux minimum 20 %/30 %
ScénarioTaux appliquéImpôt français sur 50 000 €
Taux minimum 20 %/30 %20 % jusqu’à 29 579 €, 30 % ensuite5 916 € + 6 126 € = 12 042 €
Option taux moyen (revenus mondiaux 130 k€)Taux moyen ≈ 28,5 % (37 100 € d’impôt au barème sur 130 000 €)14 269 € : plus cher, le taux minimum s’applique
Option taux moyen si marié 2 enfantsTaux moyen ≈ 17 %8 500 € (économie de 3 500 €)

Concrètement, pour un célibataire, l'option est ici défavorable : c'est le taux minimum qui s'applique. Pour une famille, l'option devient clairement gagnante. Nous simulons systématiquement les deux hypothèses pour nos clients.

Simulateur taux minimum vs taux moyen : notre méthode

Nous exécutons la double simulation pour chaque client expatrié. Le principe est simple : l'option est gagnante dès que le taux moyen calculé sur les revenus mondiaux est inférieur au taux minimum. Le quotient familial (enfants à charge) et des revenus mondiaux modestes jouent en sa faveur ; des revenus étrangers élevés jouent contre elle, comme dans le cas de Thomas. Le gain se chiffre au cas par cas.

DOM : barème spécifique

Dans les départements d'outre-mer, le taux minimum est abaissé : 14,4 % jusqu'à 29 579 €, puis 20 % au-delà. Cela reflète le niveau de vie local. Applicable aussi bien aux Français vivant à l'étranger et détenant des biens DOM qu'aux étrangers investissant en Martinique ou à La Réunion.

Le régime « non-résident Schumacker » : le secret le mieux gardé

C'est l'angle mort de 9 guides sur 10. Pourtant, il peut faire économiser plusieurs milliers d'euros par an au bon profil. Le régime « non-résident Schumacker » tire son nom de l'arrêt fondateur CJUE 14 février 1995, Schumacker, C-279/93 : si vous tirez la quasi-totalité (≥ 75 %) de vos revenus d'un seul État membre, cet État doit vous traiter comme un résident pour les avantages personnels et familiaux — parce que votre État de résidence n'a pas assez de matière imposable pour vous les accorder.

Depuis la LF 2019, l'administration française transpose cette jurisprudence via l'article 197 A alinéa 1 CGI et la doctrine BOI-IR-DOMIC-40. Conditions cumulatives :

  • Résidence dans un État UE, EEE (Islande, Norvège, Liechtenstein) ou Suisse (via ALCP) ;
  • Revenus de source française ≥ 75 % de vos revenus mondiaux imposables (ou ≥ 50 % si vos revenus sont « insuffisamment imposés » dans l'État de résidence) ;
  • Pas d'avantage familial équivalent dans l'État de résidence.

Si vous cochez ces trois cases, bonne nouvelle : vous pouvez revendiquer l'assimilation au résident fiscal français. Conséquences :

Ce que vous gagnez

Barème progressif classique 0-45 % (plus de taux minimum 20/30 %). Quotient familial plein (parts conjoint + enfants). Réductions et crédits d'impôt : dons art. 200, emploi à domicile art. 199 sexdecies, PER, Madelin IR-PME, garde d'enfants, Pinel/Denormandie. Abattement 10 % pensions/salaires. Déficit foncier imputable 10 700 €/21 400 € (LF 2026).

Ce que cela implique

Démarche annuelle via 2042-NR + 2047, attestation fiscale étrangère traduite détaillant vos revenus mondiaux. Non automatique. Refus administratif possible sur discussion du seuil 75 %. Le statut peut être acquis une année et perdu l'année suivante (seuils évolutifs).

ILLUSTRATION — COUPLE MARIÉ 2 ENFANTS RÉSIDENT BELGIQUE

Salaires France : 80 000 €
Revenus Belgique : 15 000 €
Part France / mondial : 84,2 % (≥ 75 % ✓ Schumacker)

Sans Schumacker (taux minimum) :
  80 000 € × 20 % = 16 000 € IR France (PS 0 % car EEE affiliés)

Avec Schumacker (barème + 3 parts) :
  Quotient 80 000 / 3 = 26 667 €
  IR par part ≈ 1 250 €, × 3 parts ≈ 3 750 €
  Réduction emploi à domicile (6 000 € plafond) ≈ -3 750 €
  IR final ≈ 0 €

ÉCONOMIE ANNUELLE : ~16 000 €/an

Qui doit y penser ?

Profils typiques : retraité installé au Portugal ou en Espagne avec 90 % pension française, frontalier franco-belge avec salaire France prépondérant, cadre résident Luxembourg dont 80 % du salaire FR, dirigeant expat UE avec dividendes France majoritaires. Si vous employez une aide à domicile en France, faites des dons, ou cotisez sur un PER français, les réductions et crédits d'impôt deviennent accessibles. Le gain se chiffre en simulant les deux déclarations.

Schumacker en 30 secondes : arbre de décision

SUIS-JE ÉLIGIBLE AU RÉGIME SCHUMACKER ?

┌ Q1 : Ma résidence fiscale est-elle dans l'UE, l'EEE ou en Suisse ?
│  └─ Non → STOP. Non éligible (Dubaï, UK post-Brexit hors affilié NHS, USA,
│                               Maroc, Singapour : exclus).
│  └─ Oui ↓
│
├ Q2 : Mes revenus de source française représentent-ils ≥ 75 % de mes
│      revenus mondiaux imposables (ou ≥ 50 % si insuffisamment imposés
│      dans l'État de résidence) ?
│  └─ Non → STOP. Taux minimum 20/30 % appliqué (régime NR classique).
│  └─ Oui ↓
│
├ Q3 : Mon État de résidence m'accorde-t-il déjà les avantages familiaux
│      équivalents (quotient, crédits impôt) ?
│  └─ Oui → STOP. Pas de cumul (principe anti-double bénéfice).
│  └─ Non ↓
│
└ ✓ ÉLIGIBLE SCHUMACKER : barème progressif FR + quotient familial +
    réductions/crédits d'impôt (dons, emploi à domicile, PER, Pinel…).
    À activer dans la déclaration 2042-NR (+ attestation fiscale traduite).
Hagnéré Patrimoine

Taux minimum 20/30 % ou taux moyen mondial : la bonne option ne se devine pas

L'option art. 197 A suppose de connaître son taux mondial effectif, son état de résidence et sa composition de revenus. On simule les deux scénarios pour activer le plus bas légal.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 05Retenue 12,8 % dividendes·5 min

5. Comment fonctionne la retenue à la source 12,8 % sur dividendes ? (art. 119 bis CGI)

Si vous êtes actionnaire d'une société française cotée (TotalEnergies, LVMH, Air Liquide, etc.) ou non cotée (votre ancienne SAS), vos dividendes français subissent une retenue à la source (ou RAS : le fisc prélève directement sur le dividende avant qu'il n'arrive sur votre compte) de 12,8 %. Ce taux s'applique depuis le 1er janvier 2018 (LF 2018 art. 28, qui l'a aligné sur le PFU résident). La vraie nouveauté de 2026 n'est pas le taux, mais les modalités procédurales.

Ce qui change au 01/01/2026 (précisions conventionnelles)

Attention : le 12,8 % n'est PAS nouveau en 2026

Certains guides présentent le taux 12,8 % comme un changement 2026. C'est inexact. Ce taux remplace le taux historique de 21 % depuis 2018. Ce que l'article 96 de la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) a introduit au 1er janvier 2026, c'est un nouveau dispositif procédural (art. 119 bis A CGI) : l'obligation de prouver la qualité de bénéficiaire effectif pour bénéficier d'un taux conventionnel réduit, et un dispositif anti-abus contre les schémas d'interposition. La doctrine de référence est le rescrit BOI-RES-RPPM-000203 publié le 24 juillet 2025.

Notion de « bénéficiaire effectif » : nouvelle arme anti-CumCum

La réforme introduit, dans l'article 119 bis 2, une exigence explicite de bénéficiaire effectif (beneficial owner). Concrètement : le taux conventionnel réduit ne sera accordé qu'au véritable détenteur économique, pas à un intermédiaire. Cette clause anti-abus vise les schémas dits « CumCum » (prêts temporaires de titres autour de la date de détachement du dividende pour échapper à la retenue). Conséquence pratique pour vous : le formulaire 5000 doit identifier sans ambiguïté le bénéficiaire économique final. Les structures en chaîne (holding luxembourgeoise détenue par une holding jersiaise détenue par un trust...) seront passées au crible.

Mécanique "retenue puis remboursement"

Votre teneur de compte français (courtier, banque) applique automatiquement la retenue 12,8 % au versement du dividende. Si la convention bilatérale prévoit un taux inférieur (10 % avec la Belgique, 15 % avec le Royaume-Uni, 15 % avec les USA sur actions non qualifiées), vous devez demander le remboursement de l'excédent a posteriori.

EXEMPLE DE SURIMPOSITION TEMPORAIRE

Dividende brut : 10 000 €
Retenue FR appliquée : 12,8 % = 1 280 €
Taux conventionnel (ex. convention UK) : 15 % (mais la convention limite à 15 %, donc pas de remboursement ici)

Cas convention favorable (ex. USA actions qualifiées) :
Retenue FR : 12,8 % = 1 280 €
Taux conventionnel : 0 % (rare)
Remboursement à demander : 1 280 €

Dans la plupart des conventions, le taux conventionnel est supérieur ou égal à 12,8 %. La retenue FR se contente donc d'imputer le plafond conventionnel.

Procédure formulaire 5000 / 5001

La demande de remboursement ou de réduction à la source passe par deux formulaires standardisés :

  • Formulaire 5000 : attestation de résidence fiscale, certifiée par votre administration fiscale étrangère (timbre + signature).
  • Formulaire 5001 : réclamation de l'excès de retenue, indiquant le taux conventionnel applicable.

Deux voies possibles : soit transmettre ces formulaires à votre teneur de compte français avant le versement (demande de réduction à la source, rapide), soit les envoyer au SIPNR (Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents) après le versement pour remboursement (plus lent).

Astuce procédurale : versions 5000-EN et 5001-EN

Le 5000 doit être timbré et signé par votre administration fiscale locale — comptez 2 à 8 semaines selon le pays. Bonne nouvelle : la version anglaise officielle existe (5000-EN / 5001-EN), utile pour les pays anglophones et Dubaï où les agents fiscaux ne lisent pas le français. Idéal : transmettre au teneur de compte FR avant le versement pour une réduction à la source immédiate — gain de 6 à 18 mois de trésorerie.

Délais réels : 6 à 18 mois

Impact trésorerie sous-estimé

Nous observons en pratique des délais de 6 à 18 mois pour le remboursement via SIPNR, contre 3 à 6 mois via le teneur de compte. Pour un actionnaire recevant 100 000 € de dividendes/an avec 5 points de retenue excédentaire, ce sont 5 000 € bloqués pendant plus d'un an. Impact non négligeable sur la trésorerie des expatriés à forte base dividende.

Stratégies de logement des dividendes

Face à cette contrainte, plusieurs arbitrages deviennent pertinents :

PEA maintenable côté français

Le maintien français ne prouve pas le traitement dans l'État de résidence. Pour le Portugal, les opérations et retraits doivent être qualifiés avant d'agir.

Assurance-vie à comparer contrat par contrat

Fiscalité, source, convention, frais, supports, risques, liquidité et droits de distribution doivent être comparés dans l'État de résidence.

Holding étrangère (cas spécifiques)

Permet parfois de bénéficier d’une convention plus favorable. Attention à l’article 123 bis CGI (anti-abus).

Concrètement, inventoriez PEA, compte-titres et contrats d'assurance-vie, puis décidez de leur maintien après qualification dans l'État de résidence et comparaison des frais, risques, liquidité et conséquences d'un retrait. Aucun ordre universel de répartition ne peut être déduit du seul départ.

Hagnéré Patrimoine

Retenue 12,8 %, formulaires 5000/5001, PEA ou AVL : quelle enveloppe choisir ?

Entre retenue à la source, crédit d'impôt conventionnel et arbitrage compte-titres/PEA/AV luxembourgeoise, plusieurs solutions coexistent. On trace celle qui correspond à votre profil.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 06Retenue salaires/pensions·3 min

5 bis. Quels taux de retenue sur vos salaires et pensions ? (art. 182 A CGI)

Dividendes mis à part, la plupart des non-résidents ont aussi des salaires français (missions ponctuelles, jetons de présence, stock-options) ou des pensions versées par une caisse française. Pour ces flux, un dispositif propre s'applique : la retenue de l'article 182 A CGI. Son originalité ? Une mécanique en trois tranches, dont une partie est libératoire, et une autre qui reste un simple acompte.

Le barème 2026 (BOI-BARÈME-000043, ACTU-2026-00021)

Tableau comparatif : Tranche annuelle 2026 — Taux applicable — Caractère — Observation — Premier cas : Jusqu’à 17 275 €
Tranche annuelle 2026Taux applicableCaractèreObservation
Jusqu’à 17 275 €0 %Aucune impositionExonération pour les revenus modestes
De 17 275 € à 50 112 €12 %LibératoireAucune régularisation — l'impôt est purgé
Au-delà de 50 112 €20 %AcompteRéintégré à la 2042-NR, taux minimum 20/30 % possible
DOM (Guadeloupe, Martinique, La Réunion)0 / 8 / 14,4 %—Barème réduit spécifique
DOM (Guyane, Mayotte)0 / 8 / 16,8 %—Idem

Les seuils sont revalorisés chaque année par arrêté (les valeurs ci-dessus reflètent la publication BOFiP 2026). Le barème s'applique après abattement de 10 % pour frais professionnels sur les salaires et pensions.

Le piège de la tranche libératoire

Petit détail qui change tout : la tranche 12 % est libératoire, pas la tranche 20 %

Si votre salaire français reste sous le plafond de la tranche 12 %, votre imposition française est définitivement éteinte — vous n'avez rien à ajouter sur la 2042-NR pour ces revenus, et le taux minimum 20/30 % ne s'y applique pas. C'est un vrai avantage. En revanche, dès que vous franchissez 50 112 €, la fraction au-delà devient un simple acompte : elle est réintégrée à la déclaration, et le taux minimum 20 %/30 % (ou 30 % au-delà de 29 579 €) rattrape le tout. D'où l'intérêt, si vous en avez la main, de lisser vos salaires français sur plusieurs années pour rester sous le plafond de libération.

Cas particuliers à connaître

  • Mandataires sociaux (jetons de présence, rémunérations dirigeants) : retenue art. 182 B au taux de 25 % (aligné sur l'IS). 75 % si le bénéficiaire réside en ETNC (voir section 9 bis). Depuis la LFR 2020 (conformité CJUE), un abattement de 10 % pour frais professionnels est accordé aux résidents UE/EEE.
  • Stock-options et AGA : le gain d'acquisition (AGA, art. 80 quaterdecies) et le gain de levée (SO) sont soumis à 182 A si l'activité a été exercée en France. La plus-value de cession relève ensuite de l'art. 244 bis B ou 150-0 A selon la qualification.
  • Pensions de retraite : même barème 0/12/20 %. Mais attention, la convention bilatérale attribue souvent l'imposition exclusive à l'État de résidence (Portugal, Espagne, Belgique, Suisse pour les pensions privées). Dans ce cas, pas de retenue 182 A : la caisse de retraite applique directement le taux conventionnel (souvent 0 %) sur présentation du formulaire 5000.
  • Aucun représentant fiscal requis : la retenue 182 A est opérée par le débiteur français (employeur, caisse), qui est seul solidairement tenu.
§ 07PS 7,5 / 17,2 / 18,6 %·3 min

5 ter. Prélèvements sociaux non-résident : la matrice 0 / 7,5 / 17,2 %

Les prélèvements sociaux (CSG + CRDS + prélèvement solidarité) sont sans doute le sujet le plus mal compris de la fiscalité des non-résidents. Pourtant, entre un frontalier affilié suisse et un expatrié à Dubaï, l'écart peut atteindre 10 points sur des revenus fonciers. Posons la matrice proprement, car la LFSS 2026 vient d'en redéfinir les contours.

LFSS 2026 : la hausse CSG de 1,4 point (revenus mobiliers uniquement)

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 porte à 18,6 % le total des prélèvements sociaux sur les revenus du capital mobilier (dividendes, intérêts, plus-values mobilières, gains crypto), les revenus fonciers et plus-values immobilières restant à 17,2 %. Mais cette hausse ne concerne que les résidents fiscaux français. Pour un non-résident, l'assiette des prélèvements sociaux est bien plus étroite : le I bis des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale ne vise que les revenus immobiliers et les plus-values immobilières de source française. Vos dividendes, vos intérêts et vos plus-values mobilières françaises ne supportent aucun prélèvement social tant que vous n'êtes pas domicilié en France au sens de l'article 4 B. Distinction fondamentale à avoir en tête.

La matrice à garder en tête

Tableau comparatif : Profil — Revenus fonciers / PV immo de source française — Revenus mobiliers de source française — Fondement — Premier cas : NR UE/EEE affilié SS locale (attestation A1/S1)
ProfilRevenus fonciers / PV immo de source françaiseRevenus mobiliers de source françaiseFondement
NR UE/EEE affilié SS locale (attestation A1/S1)7,5 %Hors champ des prélèvements sociauxCJUE De Ruyter C-623/13 + LFSS 2019 ; I bis et I ter des art. L. 136-6 et L. 136-7 CSS
NR Suisse affilié LAMal (ALCP)7,5 %Hors champ des prélèvements sociauxDe Ruyter + Jahin C-45/17 (via ALCP)
NR UK affilié NHS (post-Brexit)7,5 %Hors champ des prélèvements sociauxAccord FR-UK du 24/12/2020 (Trade and Coopération Agreement) + doctrine BOFiP-RSA-GEO-40-10
NR pays tiers (Dubaï, Singapour, USA...)17,2 %Hors champ des prélèvements sociauxRégime plein sur l’immobilier ; I bis des art. L. 136-6 et L. 136-7 CSS pour l’exclusion du mobilier
NR UE mais affilié SS française (rare)17,2 %Hors champ des prélèvements sociauxPas de De Ruyter si affilié FR
NR ETNC17,2 %Hors champ des prélèvements sociaux+ retenue 75 % sur dividendes art. 187

La chaîne jurisprudentielle qu'il faut connaître

  1. CJUE 26/02/2015, De Ruyter, C-623/13 — principe fondateur : les PS français sont des « contributions sociales » au sens du règlement 883/2004. Un affilié EEE échappe donc à la CSG/CRDS sur ses revenus du patrimoine français.
  2. LFSS 2016 puis LFSS 2019 — réaction du législateur : exonération CSG/CRDS pour affiliés EEE/Suisse, mais maintien du prélèvement solidarité 7,5 % (art. 235 ter CGI, affecté depuis le 1er janvier 2019 au budget général de l'État — et donc non qualifié de « contribution de sécurité sociale »).
  3. CJUE 18/01/2018, Jahin, C-45/17 — limite : les résidents de pays tiers non couverts par le règlement 883/2004 ne bénéficient pas de De Ruyter. Maintien des 17,2 % pleins.
  4. CJUE 14/03/2019, Dreyer, C-372/18 — extension du raisonnement aux prestations CNSA (APA/PCH).
  5. Accord FR-UK 24/12/2020 (Trade and Cooperation Agreement post-Brexit) — confirme que les résidents UK affiliés NHS continuent de bénéficier du taux réduit 7,5 % en tant qu'assurés du système de sécurité sociale britannique (doctrine BOFiP-RSA-GEO-40-10).

Délai de réclamation : 3 ans

Si vous êtes affilié EEE/Suisse/UK-NHS et que votre teneur de compte ou le SIPNR a prélevé 17,2 % au lieu de 7,5 % sur vos revenus fonciers ou PV immo, vous disposez de 3 ans pour réclamer le trop-perçu (art. R*196-1 LPF). Concrètement, vous pouvez encore récupérer les PS surpayés sur 2023, 2024 et 2025 en 2026. Il suffit de joindre votre attestation d'affiliation étrangère (A1 pour l'EEE, S1 pour certains cas, attestation LAMal pour la Suisse, preuve NHS pour l'UK) à une réclamation contentieuse. Sur un portefeuille foncier de 50 000 €/an, on parle de 4 à 5 000 € récupérables par année.
Méthode documentée

PS 17,2 % prélevés par erreur : vous avez 3 ans pour réclamer le trop-perçu

Affiliés EEE, Suisse ou UK-NHS : la jurisprudence De Ruyter et l'accord Brexit 2020 plafonnent vos PS à 7,5 %. Un CGP construit le dossier A1/S1/LAMal et suit la réclamation contentieuse.

Bilan gratuitCGP immatriculé à l’ORIASSans engagement
§ 08Conventions bilatérales·6 min

6. Comment les conventions fiscales bilatérales réduisent-elles votre fiscalité ?

Vous l'avez croisée plusieurs fois depuis le début : la fameuse « convention ». Posons-la proprement. Une convention fiscale est un traité entre deux États. Son rôle : éviter la double imposition et répartir le droit d'imposer entre pays de source (où le revenu naît) et pays de résidence (où vit le contribuable). La France a signé, selon la version du 29 avril 2026 de l'annexe officielle BOI-ANNX-000306, 128 conventions en vigueur au 1er janvier 2026. Sur ces 128 lignes, 38 seulement portent un code S (successions) ou D (donations) — gros trou pour le reste du monde.

128 conventions en vigueur, 38 couvrant successions ou donations

Le modèle de référence est le modèle OCDE. La plupart des conventions françaises suivent ce schéma, avec des variantes. Depuis le 1er janvier 2019, la France applique aussi l'instrument multilatéral BEPS (pour Base Érosion and Profit Shifting, « érosion de la base fiscale et transfert de bénéfices » : un accord international anti-évasion signé le 7 juin 2017) qui modifie mécaniquement 60+ conventions pour lutter contre l'évasion fiscale.

Tableau des 15 pays-clés

Tableau comparatif : Pays — Dividendes (RAS) — Intérêts (RAS) — Pensions privées — Plus-values mobilières — Premier cas : Suisse (1966)
PaysDividendes (RAS)Intérêts (RAS)Pensions privéesPlus-values mobilières
Suisse (1966)15 % (0 % sociétés mère-fille ≥ 10 %)0 %Pays de résidencePays de résidence
Belgique (1964, nouvelle 2021 non ratifiée)15 %15 %Pays de résidencePays de résidence
Luxembourg (2018)15 % (0 % sociétés ≥ 5 % sur 365 j)0 %Pays de résidencePays de résidence
Allemagne (2015)15 % (5 %)0 %Pays de résidencePays de résidence
Italie (1989)15 % (5 %)10 %Pays de résidencePays de résidence
Espagne (1995)15 % (0 % partic. ≥ 10 %)10 %Pays de résidencePays de résidence
Portugal (1971/2017)15 %12 %Pays de résidence (FR si pub.)Pays de résidence
Royaume-Uni (2008)15 % (0 % partic. ≥ 10 %)0 %Pays de résidencePays de résidence
USA (1994)15 % (5 % partic. ≥ 10 %)0 %Pays de résidencePays de résidence
Canada (1975)15 % (5 %)10 %Pays de résidencePays de résidence
Émirats A.U. (1989)0 %0 %Source (France)Pays de résidence
Singapour (2015)15 % (5 %)10 %Pays de résidencePays de résidence
Maroc (1970)15 %10 %Pays de résidencePays de résidence
Tunisie (1973)15 %12 %Pays de résidencePays de résidence
Hong Kong (2010)10 %10 %Pays de résidencePays de résidence

Concrètement, le taux « RAS dividendes » indique le plafond que la France peut appliquer en source. Si la convention dit 15 % et que la France retient 12,8 %, pas de remboursement. Si la convention dit 5 % et que la France retient 12,8 %, vous pouvez demander 7,8 points en remboursement.

Dénonciations 2024-2025 : Biélorussie, Burkina, Mali, Niger + conventions en attente

En 2024-2025, la France a dénoncé ou suspendu ses conventions avec :

Tableau comparatif : Pays — Acte — Effet — Premier cas : Burkina Faso
PaysActeEffet
Burkina FasoDénonciation (avis MAE 21/06/2024)Cessation 08/11/2023 — dénonciation plein effet 01/01/2025
MaliDénonciationCessation 05/03/2024 — effet 01/01/2025
NigerSuspension/dénonciationCessation 05/06/2024
BiélorussieSuspension unilatérale (dividendes, intérêts, biens)01/06/2024 → 31/12/2026

Pour les contribuables concernés, c'est le retour au droit commun français : taux minimum 20 %/30 %, retenue 12,8 % pleine, aucun plafond conventionnel. Impact direct.

Conventions signées mais non ratifiées à avril 2026

Deux textes majeurs restent en attente de ratification — l'ancienne convention continue donc de s'appliquer :

  • Convention FR-Belgique du 09/11/2021 (revenus et fortune) : non ratifiée à ce jour. L'ancienne convention du 10/03/1964 reste applicable. La convention spécifique aux successions du 20/01/1959 demeure en vigueur.
  • Convention FR-Finlande 2023 : non ratifiée. L'ancienne convention continue de s'appliquer.

Télétravail frontalier : le seuil change selon le pays

Sujet majeur post-COVID : jusqu'où pouvez-vous télétravailler depuis votre pays de résidence sans remettre en cause votre imposition dans le pays d'exercice ? La réponse dépend de chaque convention ou accord amiable, et les seuils varient fortement.

Tableau comparatif : Pays d’exercice — Seuil télétravail France autorisé — Source — Premier cas : Suisse
Pays d’exerciceSeuil télétravail France autoriséSource
Suisse40 % du temps de travail (pérennisé)Avenant convention 9/09/1966 — accord amiable 27/06/2023
Luxembourg34 jours/anAvenants convention 2018 (2020, 2022)
Belgique34 jours/an (accord 31/03/2021 non ratifié)Tolérance administrative
Allemagne34 jours/an (accord 07/2023)Convention 1959 + accord amiable télétravail 2023

URSSAF : attention au seuil des 25 % (règlement 883/2004)

La fiscalité n'est qu'une moitié du sujet. Côté sécurité sociale, le règlement européen 883/2004 prévoit que si vous travaillez > 25 % de votre temps dans votre pays de résidence, vous devez être affilié à la sécurité sociale de ce pays — avec rebascule intégrale côté cotisations sociales. L'accord-cadre européen sur le télétravail transfrontalier (juillet 2023) permet de monter jusqu'à 49,99 % sous conditions, sur option volontaire et après accord de l'employeur. Typiquement rencontré chez nos clients franco-suisses qui télétravaillent plus d'un jour par semaine : on coordonne systématiquement volet fiscal + volet URSSAF pour éviter la double erreur.

Matrice conventionnelle : qui impose quoi, par type de revenu

La majorité des concurrents empile les règles conventionnelles pays par pays. Personne ne propose la matrice inverse (par type de revenu), alors que c'est ainsi que raisonne le fisc. Voici la grille maîtresse, fondée sur le modèle OCDE 2017 (articles cités) et les principales conventions françaises.

Tableau comparatif : Type de revenu — Règle OCDE par défaut — Exceptions fréquentes — Premier cas : Revenus immobiliers (art. 6 OCDE)
Type de revenuRègle OCDE par défautExceptions fréquentes
Revenus immobiliers (art. 6 OCDE)Imposition dans l’État où se situe le bienAucune (règle impérative)
Bénéfices d’entreprise (art. 7)État de résidence, sauf établissement stableÉtablissement stable permanent ou projet > 6 mois
Dividendes (art. 10)Imposition partagée, plafond conventionnelFR-UAE : 0 %, FR-UK : 15 %/0 %, FR-USA : 15 %/5 %
Intérêts (art. 11)Imposition partagée, plafond conventionnelFR-UE (directive 2003/49) : 0 % mère-fille, FR-CH : 0 %
Redevances / royalties (art. 12)Plafond conventionnelFR-UE : 0 %, FR-US : 0 %, FR-IT : 5 %
Plus-values mobilières (art. 13)État de résidence (principe)Participation ≥ 25 % : règle dérogatoire possible
Plus-values immobilières (art. 13)État du bienSociétés à prépondérance immobilière : idem (clauses modernes)
Salaires (art. 15)État d’exercice, sauf mission ≤ 183 j/12 mois + employeur hors ÉtatRègle des 183 jours glissants
Tantièmes, jetons (art. 16)État du siège de la sociétéImpérative
Artistes et sportifs (art. 17)État de la prestationImpérative
Pensions privées (art. 18)État de résidenceFR-DE, FR-ES (> 25 k€) : État source
Pensions publiques (art. 19)État source (verseur)Sauf nationalité + résidence combinées
Étudiants / stagiaires (art. 20)Exonération réciproque sous conditionsDurée limitée 2-5 ans selon convention

Règle des 183 jours : attention au calcul glissant

Piège classique : la règle de l'article 15 §2 OCDE (exonération dans l'État d'exercice si ≤ 183 jours) se calcule sur toute période de 12 mois consécutifs, pas sur l'année civile. Un cadre en mission France du 01/08/2025 au 31/07/2026 : 365 jours glissants = 183+ jours, donc imposable en France dès le 1er jour. Beaucoup de guides oublient ce détail.

Instrument multilatéral BEPS

L'Instrument Multilatéral (IM, BEPS Action 15) est entré en vigueur pour la France le 1er janvier 2019. Il introduit notamment une clause anti-abus générale (Principal Purpose Test) : si le but principal d'une structure est d'obtenir un avantage conventionnel, la convention peut être refusée. Conséquence concrète : fin des schémas de chalandage fiscal (treaty shopping) via sociétés-boîtes aux lettres dans des pays tiers.

Hagnéré Patrimoine

Votre convention bilatérale change tout, y compris sur les pensions publiques

Règle des 183 jours glissants, clause anti-abus BEPS, tie-breaker rules, traitement spécifique de l'AV ou des pensions : on lit ligne par ligne la convention avant tout mouvement.

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§ 09IFI non-résident art. 964·5 min

7. IFI non-résident (art. 964 CGI)

Après les revenus, penchons-nous sur le patrimoine. Bonne nouvelle pour les expatriés : l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI, c'est l'ex-ISF recentré sur la pierre depuis 2018) ne touche, en non-résident, que vos biens immobiliers situés en France. Vos immeubles étrangers (résidence à Lisbonne, maison au Portugal, appartement à Dubaï) sont hors assiette. Le seuil (1,3 M€) et le barème (0,5 % à 1,5 %) sont identiques aux résidents — mais l'assiette, elle, est structurellement plus petite. C'est l'un des vrais avantages cachés du statut non-résident pour tout patrimoine mixte France/étranger.

Assiette : biens France uniquement

L'article 964 CGI vise les biens et droits immobiliers situés en France, détenus directement ou via des sociétés (SCI, SCPI, OPCI). Seuil d'entrée : valeur nette taxable > 1 300 000 € au 1er janvier. Barème progressif de 0,5 % à 1,5 %.

Concrètement, si vous vivez à Lisbonne mais possédez deux appartements parisiens valorisés 1,5 M€, l'IFI s'applique sur la part > 1,3 M€ (au barème progressif). En revanche, votre villa au Portugal, même à 2 M€, reste totalement hors champ. C'est un avantage structurel du statut non-résident.

Seuil 1,3 M€ : qui est concerné ?

Patrimoines immobiliers français concernés : résidences secondaires de luxe (Paris 16e, Côte d'Azur), parcs locatifs importants (10+ biens), investisseurs SCPI sur gros tickets. En pratique, beaucoup d'expatriés à patrimoine moyen ne sont pas redevables : leur résidence principale est à l'étranger, et leurs biens français ne dépassent pas le seuil.

Cas Monaco (exception)

Monaco ne suit pas une règle unique de non-résident. Pour certains ressortissants français visés par l'article 7 de la convention franco-monégasque, l'avenant patrimonial et la date du transfert peuvent conduire à une assiette IFI comparable à celle d'un résident de France, y compris au-delà des seuls biens français. Nationalité, historique de résidence et continuité doivent donc être qualifiés avant de déterminer l'assiette. Le guide France–Monaco détaille cet embranchement.

Démembrement et SCI

Deux montages sont systématiquement présentés comme des leviers d'optimisation IFI. Ni l'un ni l'autre ne réduit l'assiette : il faut le savoir avant de les mettre en place.

  • Démembrement de propriété : donner la nue-propriété à ses enfants en conservant l'usufruit ne fait pas baisser l'IFI. L'article 968 du CGI impose l'usufruitier sur la valeur en pleine propriété du bien. L'intérêt du montage est successoral (transmission anticipée, purge des droits sur la nue-propriété), pas patrimonial au sens de l'IFI. Seule une donation de la pleine propriété, ou un démembrement relevant des cas limitativement énumérés au 1° à 3° de l'article 968, déplace réellement l'imposition.
  • SCI à l'IS : interposer une société ne fait pas davantage sortir le bien de l'assiette. L'article 965 2° du CGI taxe la fraction de la valeur des parts représentative d'immobilier français, quel que soit le régime fiscal de la société et sans condition de prépondérance immobilière. Le levier réel est ailleurs : dettes déductibles admises, décote de liquidité justifiée, plafond d'endettement de l'article 974.

Barème IFI 2026 et décote 1,3 M€ → 1,4 M€

Rappel utile car l'IFI reste identique pour les résidents et les non-résidents : barème progressif à 6 tranches (art. 977 du CGI), avec une décote appliquée entre 1,3 M€ et 1,4 M€ pour lisser l'effet de seuil.

Tableau comparatif : Tranche de patrimoine net taxable — Taux — Premier cas : ≤ 800 000 €
Tranche de patrimoine net taxableTaux
≤ 800 000 €0 %
800 001 € → 1 300 000 €0,5 %
1 300 001 € → 2 570 000 €0,7 %
2 570 001 € → 5 000 000 €1 %
5 000 001 € → 10 000 000 €1,25 %
> 10 000 000 €1,5 %
DÉCOTE IFI POUR PATRIMOINES ENTRE 1,3 M€ ET 1,4 M€
Décote = 17 500 − (1,25 % × valeur nette taxable)
À 1,3 M€ : décote = 1 250 € (IFI brut 2 500 € → net 1 250 €)
À 1,4 M€ : décote = 0 € (IFI plein 3 200 € = 2 500 € + 100 000 × 0,7 %)

Fenêtre IFI 5 ans pour impatriés (art. 964 1° bis CGI)

Levier majeur rarement cité par les concurrents. Les personnes qui s'installent (ou se réinstallent) en France après cinq années civiles complètes de non-résidence bénéficient pendant cinq ans d'un IFI limité aux biens immobiliers situés en France. Leurs immeubles étrangers (villa à Marrakech, appartement à Londres, résidence secondaire en Suisse) sont hors assiette. Dispositif très puissant pour les dirigeants revenant avec des biens à l'étranger.

Combinable avec le régime impatrié art. 155 B CGI (voir section 12) : exonération de la prime d'impatriation (forfait 30 % max de la rémunération ou évaluation réelle) + 50 % des revenus passifs étrangers. Le couple art. 155 B + art. 964 1° bis peut représenter 150 à 400 k€ d'économie fiscale sur la fenêtre 5 ans.

SCI luxembourgeoise et structures d'interposition : Cass. com. 2 avril 2025

Cass. com. 2 avril 2025 — la SCI luxembourgeoise ne fait plus écran IFI

Décision majeure (Cass. com. 02/04/2025) : les parts d'une société civile luxembourgeoise détenant de l'immobilier français sont des biens immobiliers situés en France au sens de la convention franco-luxembourgeoise de 1958, donc taxables à l'IFI — nonobstant l'absence de clause « société à prépondérance immobilière » dans la convention. Fin du schéma classique d'interposition via SCI luxembourgeoise.

La solution est transposable à d'autres conventions anciennes sans clause moderne (Belgique 1964, ancienne convention Allemagne 1959 modifiée 2015). Les structurations passées doivent être auditées — risque redressement sur 3 ans avec pénalité 40 % si absence de bonne foi caractérisée. Le Rapport CADF 2024 signale une hausse des saisines sur ces montages.

UC immobilières et art. 972 bis CGI : l'exception < 20 %

Angle peu exploité : l'article 972 bis CGI (introduit LF 2024) exonère d'IFI les parts de sociétés ou unités de compte (UC) lorsque la fraction immobilière représente moins de 20 % de la valeur du contrat. Concrètement, un contrat d'assurance-vie luxembourgeoise avec 15 % de SCPI en UC peut sortir intégralement de l'assiette IFI. Très utile pour les impatriés fortunés (cumul avec fenêtre 5 ans).

Cas pratique — couple expatrié Dubaï, 3 biens parisiens

PATRIMOINE IFI FR : 3 appartements Paris (valeur nette 2 800 000 €)

Base IFI 2026 = 2 800 000 €
Résidence principale : N/A (non-résidents par définition)
Barème art. 977 :
- 0 → 800 k€                      : 0 €
- 800 k€ → 1,3 M€ (500 k × 0,5 %) : 2 500 €
- 1,3 → 2,57 M€ (1,27 M × 0,7 %)  : 8 890 €
- 2,57 → 2,8 M€ (230 k × 1,0 %)   : 2 300 €
IFI brut                           : 13 690 €

Plafonnement 75 % revenus mondiaux : non applicable aux non-résidents
(art. 979 CGI — angle souvent oublié)

Angle différenciant : plafonnement IFI 75 % réservé aux résidents

Le plafonnement de l'IFI à 75 % des revenus mondiaux (art. 979 CGI) ne s'applique qu'aux résidents fiscaux français. Un non-résident n'a pas accès à ce mécanisme — ce qui peut rendre l'IFI disproportionné par rapport à ses revenus français. Levier d'optimisation : démembrement temporaire, apport à une SCI à l'IS française (convention de mise à disposition), ou donation de la nue-propriété aux enfants résidents.

Consultez notre guide complet optimisation IFI 2026 pour les stratégies détaillées.

Hagnéré Patrimoine

IFI non-résident : sans plafonnement 75 %, la facture peut dépasser 100 % du revenu fiscal

Démembrement, SCI IS française, apport, donation de la nue-propriété aux enfants résidents : plusieurs leviers existent pour réduire l'assiette. On compare les options applicables à votre patrimoine.

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§ 10Succession art. 750 ter·5 min

8. Comment votre succession est-elle imposée à l'étranger ? (art. 750 ter CGI)

C'est le chapitre où une mauvaise décision coûte 300 000 à 800 000 euros de droits — et où les familles découvrent le problème après le décès, quand il n'y a plus rien à corriger. Trois paramètres déterminent l'imposition : où vit le défunt, où vit chaque héritier, où se trouvent les biens. L'article 750 ter CGI énonce les règles de territorialité ; la difficulté vient du fait que ces règles entrent en concurrence avec celles du pays de résidence — et que seules 38 lignes de l'annexe BOI-ANNX-000306 portent un code successions ou donations. Pour la grande majorité des États (Émirats, Singapour, Thaïlande…), aucune convention : risque de double imposition intégrale.

Pour un décryptage complet de l'article 750 ter CGI, du règlement UE 650/2012 (Bruxelles IV), de la règle des 6 ans sur 10, de l'article 784 A CGI (imputation), du prélèvement compensatoire art. 913 al. 3 C. civ. (LF 2021) et des 38 lignes conventionnelles couvrant successions ou donations (avec la dénonciation FR-Suisse 2015, le régime UK Long-Term Resident avril 2025 et l'estate tax US à 15 M$ OBBBA 2026), voir notre guide dédié Succession internationale 2026 : quel régime fiscal s'applique.

38 lignes seulement couvrent successions ou donations

Sur les 128 lignes de l'annexe BOI-ANNX-000306, seules 38 portent un code successions ou donations. Autrement dit, si vous décédez résident d'un pays non conventionné (Dubaï, Singapour, Hong Kong n'ont pas de convention successorale avec la France), c'est le droit français interne qui s'applique seul — parfois avec double imposition.

Le trou successoral : 38 lignes conventionnelles sur 128

90 pays (Émirats, Singapour, Hong Kong, Thaïlande, la majorité de l'Amérique latine, une grande partie de l'Afrique) n'ont pas de convention successorale avec la France. Risque : double imposition sèche sur les biens mondiaux des héritiers résidents français. Seul amortisseur : l'article 784 A CGI qui permet d'imputer les droits payés à l'étranger sur les biens situés hors de France. Ne remplace pas une vraie convention. Pensez à l'AV luxembourgeoise et au démembrement en amont.

3 situations selon où vit le défunt et où vivent les héritiers

Tableau comparatif : Situation — Assiette imposable en France — Règle — Premier cas : Défunt résident fiscal FR
SituationAssiette imposable en FranceRègle
Défunt résident fiscal FRTous les biens (France et étranger)Imposition mondiale + crédit d’impôt pour droits payés à l’étranger
Défunt non-résident, héritier résident FR depuis 6+ ansTous les biens (France et étranger)Règle des 6 ans art. 750 ter 3°
Défunt non-résident, héritier non-résidentUniquement les biens situés en FranceRègle classique de territorialité

Concrètement, la règle des 6 ans est un piège méconnu. Si vous vivez en France depuis plus de 6 des 10 dernières années et que vous héritez d'un parent décédé à Dubaï avec 5 millions d'euros placés aux USA, vous êtes imposable en France sur la totalité. Nombre d'expatriés de retour en France l'ignorent.

Table matricée : qui paie les droits sur quoi ?

Pour décider d'un coup d'œil, croisez la résidence du défunt avec celle de chaque héritier et la localisation du bien :

Tableau comparatif : Résidence défunt — Résidence héritier — Localisation du bien — Pays imposant — Premier cas : France
Résidence défuntRésidence héritierLocalisation du bienPays imposant
FranceFranceFrance ou étrangerFrance (mondial) + crédit d’impôt 784 A
FranceÉtrangerFrance ou étrangerFrance (mondial) + crédit 784 A
ÉtrangerFrance (≥ 6 ans sur 10)France ou étrangerFrance (mondial, règle des 6 ans)
ÉtrangerFrance (< 6 ans sur 10)FranceFrance (territorialité)
ÉtrangerFrance (< 6 ans sur 10)ÉtrangerPays du lieu du bien uniquement
ÉtrangerÉtrangerFranceFrance (territorialité)
ÉtrangerÉtrangerÉtrangerHors champ français
DROITS DE SUCCESSION EN LIGNE DIRECTE (art. 779 I + 777 CGI)
Abattement parent → enfant : 100 000 € (renouvelable tous les 15 ans)

Barème progressif après abattement (par enfant) :
≤ 8 072 €         → 5 %
8 072 → 12 109 €  → 10 %
12 109 → 15 932 € → 15 %
15 932 → 552 324 € → 20 %
552 324 → 902 838 € → 30 %
902 838 → 1 805 677 € → 40 %
> 1 805 677 €      → 45 %

Cas pratiques pays par pays

  • Succession FR-Suisse : la convention bilatérale de 1953 a été dénoncée unilatéralement par la France (effet au 1er janvier 2015). Depuis, c'est le droit français interne qui s'applique seul sur les successions franco-suisses. Héritiers résidents français d'un défunt suisse : imposition sur les biens mondiaux (règle des 6 ans). Fiscalement souvent défavorable — planification anticipée indispensable.
  • Succession FR-Belgique : convention de 1959 maintenue (la nouvelle convention franco-belge de 2021 n'a pas de volet successoral). Règles régionales belges (Flandre, Wallonie, Bruxelles) : taux ligne directe 3 à 30 % selon la région. En France : barème art. 777 CGI.
  • Succession FR-USA : convention de 1978 (dernière version avenant 2004). Mécanismes de crédit d'impôt croisés, step-up basis américain (valeur d'actif ré-évaluée au décès), fédéral estate tax (exclusion de 15 M$ en 2026 pour les personnes domiciliées aux États-Unis, portée à ce niveau par l'One Big Beautiful Bill Act de 2025).
  • Succession FR-Monaco — Cass. Ass. plén. 2023-2024 (règle de raison) : une société monégasque détenant un immeuble français au décès d'un résident monégasque est imposée comme un bien immobilier français (écran sociétaire neutralisé). Forte limitation des interpositions.

Piège Estate tax fédérale US pour non-résidents — 60 000 $ d'abattement seulement

Très peu de guides français le mentionnent, mais tout résident français (ou autre non-US) détenant des titres US (actions Apple/Microsoft/S&P 500 sur CTO, immobilier NYC/Miami) est assujetti à l'estate tax fédérale américaine au décès. Et ici, l'abattement fédéral applicable aux non-résidents US tombe à 60 000 $ seulement (vs 15 M$ en 2026 pour les personnes domiciliées aux États-Unis), avec un taux marginal pouvant atteindre 40 %. La convention franco-américaine du 24 novembre 1978 renverse en principe ce résultat pour un défunt domicilié en France, mais elle ne s'applique pas d'office : il faut déposer un Form 706-NA et y revendiquer expressément la position conventionnelle.

Concrètement : en droit interne américain seul, 1 M$ d'actions Apple détenues sur un CTO français conduisent à 332 800 $ d'estate tax (impôt provisoire de 345 800 $ au barème du § 2001(c), moins le crédit de 13 000 $ du § 2102(b)(1) qui correspond à l'exclusion de 60 000 $), avant même les droits de succession français. Parade : loger les titres US via une holding hors US (art. 2103 IRC), ETF UCITS domiciliés en Irlande/Luxembourg (immunisés), ou assurance-vie française à clause bénéficiaire démembrée.

AV non-résident (art. 990 I)

L'assurance-vie conserve son régime favorable même en non-résident : abattement 152 500 € par bénéficiaire sur les versements avant 70 ans, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Article 757 B pour les versements après 70 ans (abattement global 30 500 € + droits classiques, gains exonérés — BOFiP 26/09/2024). L'AV luxembourgeoise se transmet de manière similaire, souvent avec des options de clauses bénéficiaires plus souples.

Primes manifestement exagérées (art. L.132-13 C. ass.) — Cass. 19/12/2024 n°23-19.110

Les héritiers peuvent contester le caractère « exagéré » des primes versées (réintégration à la succession). La Cour de cassation, dans un arrêt publié au bulletin du 19 décembre 2024 (2e civ. n°23-19.110), a tranché une question débattue : l'atteinte à la réserve héréditaire n'est PAS un critère pertinent pour apprécier le caractère manifestement exagéré. Seuls comptent l'âge de l'assuré, sa situation patrimoniale et familiale, et l'utilité du contrat pour lui-même, appréciés au jour du versement. Cet arrêt sécurise notablement les stratégies AV patrimoine élevé des non-résidents fortunés (et l'AV luxembourgeoise utilisée en transmission).

Attention à l'article 774 bis (LF 2024)

Dettes de quasi-usufruit : non déductibles depuis la LF 2024

L'article 774 bis CGI, introduit par la LF 2024, neutralise la déduction des créances de restitution nées d'un quasi-usufruit « consenti sur une somme d'argent » lors de l'ouverture de la succession. L'AV échappe heureusement à ce texte (BOFiP 26/09/2024). Mais les schémas hors AV (clauses de donation avec réserve de quasi-usufruit en numéraire post-2024) perdent leur efficacité successorale : la créance de restitution correspondante n'est plus déductible de l'actif successoral, y compris lorsque le défunt était non-résident.
Méthode documentée

38 lignes conventionnelles seulement couvrent les successions : au-delà, double imposition possible

Choix de loi applicable via le règlement européen 650/2012, AV luxembourgeoise transmission, clauses bénéficiaires, quasi-usufruit post-2024 : un CGP immatriculé à l’ORIAS planifie la succession internationale avec vous.

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§ 11Exit tax art. 167 bis·6 min

9. Exit tax (art. 167 bis CGI)

Passons au sujet qui fait le plus parler — et le plus trembler — parmi les dirigeants qui envisagent l'expatriation. L'exit tax (littéralement « impôt de sortie ») a été créée en 2011 pour limiter les départs fiscalement motivés des dirigeants-actionnaires. Elle taxe les plus-values latentes (c'est-à-dire la prise de valeur théorique de vos titres, même sans vente réelle) sur les titres détenus, au moment du transfert de domicile fiscal à l'étranger — comme si vous les aviez vendus le jour du départ.

Rassurance — dans 90 % des cas, vous ne paierez rien (ou vous le récupérerez)

L'exit tax ne frappe que les dirigeants-actionnaires avec un patrimoine titres > 800 k€ ou ≥ 50 % des droits d'une société. Un expatrié « lambda » (salarié, propriétaire d'un appartement, PEA modeste) n'est PAS concerné. Et pour ceux qui le sont : le sursis de paiement est automatique vers l'UE/EEE (zéro sortie de trésorerie) et le dégrèvement intervient à 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) ou 5 ans (≥ 2,57 M€). Si vous ne vendez pas, l'impôt disparaît. Respirez.

Seuils 800 k€ ou ≥ 50 % droits

Vous êtes concerné si, au jour de votre départ :

  • La valeur globale de vos droits sociaux et valeurs mobilières dépasse 800 000 € ;
  • OU vous détenez au moins 50 % des droits dans une même société (quel que soit le montant).

Concrètement, si vous détenez moins de 800 000 € de titres ET moins de 50 % d'une société, l'exit tax ne vous concerne pas — quel que soit le régime de durée. Le sujet est critique uniquement pour les dirigeants d'entreprise à forte participation. Pour la grande majorité des cadres expatriés, c'est une fausse alerte.

Délai de dégrèvement : le régime 2/5 ans est maintenu en 2026

Clarification — le retour à 15 ans n'a PAS été adopté par la LF 2026

L'amendement I-807 (député Jean-Philippe Tanguy) adopté par l'Assemblée nationale le 3 novembre 2025 en première lecture visait à rétablir le délai de 15 ans avant dégrèvement. Il a été écarté du texte final de la LF 2026 adoptée par 49.3 le 23 janvier 2026 et promulguée le 19 février 2026 (loi n° 2026-103, décision Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026). L'article 167 bis CGI conserve sa rédaction post-LF 2019.

Concrètement, les délais 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) et 5 ans (patrimoine ≥ 2,57 M€) sont maintenus. Les départs réalisés en 2026 bénéficient du même régime que les départs 2019-2025. Vigilance toutefois pour le PLF 2027 (discussion parlementaire automne 2026) : la majorité de députés favorable au durcissement observée en 2025 pourrait faire revenir le débat.

Tableau comparatif : Situation — Délai de dégrèvement — Condition — Premier cas : Patrimoine titres < 2,57 M€
SituationDélai de dégrèvementCondition
Patrimoine titres < 2,57 M€2 ansConservation + non-résidence continue
Patrimoine titres ≥ 2,57 M€5 ansConservation + non-résidence continue
Cession avant l’échéanceAucun dégrèvementImpôt définitivement dû
Retour en France avant échéanceDégrèvement immédiat (art. 167 bis II-4 bis)Sous conditions de conservation
Décès du contribuableDégrèvement total (art. 167 bis VII 1°)Quelle que soit la date

Taux 31,4 % (voire 34-35,4 % avec CEHR/CDHR)

CALCUL DE L'EXIT TAX

Socle : PFU 12,8 % + Prélèvements sociaux 18,6 %
     = Taux global 31,4 %

Contributions additionnelles si très hauts revenus :
+ CEHR 3 % (> 250 k€ célibataire, > 500 k€ couple)
+ CEHR 4 % (> 500 k€ célibataire, > 1 M€ couple)
+ CDHR 2025-2026 : taux minimum 20 % du revenu fiscal de référence
  pour foyers > 250 k€ (LF 2025, prorogée LF 2026)

Sursis automatique vers un État UE/EEE ou un État conventionné avec clause
d'assistance mutuelle. Sinon : paiement comptant ou garanties exigées (caution bancaire).

Comment purger concrètement la plus-value latente ?

Deux outils sous-estimés : (1) la donation avant départ à vos enfants purge totalement la PV latente (le prix de revient est « actualisé » à la valeur de donation pour vos enfants — combinable avec les abattements 100 000 €/enfant renouvelables tous les 15 ans). (2) Pour les dirigeants, l'apport-cession avec report art. 150-0 B ter à une holding IS française, précédé du départ, conjugue report d'imposition + éventuelle exonération si réinvestissement 60 % dans une activité éligible dans les 2 ans (24 mois). Combinaisons à arbitrer en amont avec un CGP — ce ne sont pas des opérations de dernière minute.

Cas chiffré : dirigeant avec 1 M€ de PV latente, départ 2026

PROFIL : Dirigeant SAS, 48 ans, prix de revient 200 k€, valeur actuelle 1 200 k€
→ Plus-value latente : 1 000 000 €
→ Destination : Émirats (hors UE/EEE, convention d'assistance limitée)

Exit tax théorique au jour du départ :
- IR (PFU) : 1 000 000 × 12,8 %        = 128 000 €
- PS 18,6 % (plus-values mobilières, LFSS 2026) = 186 000 €
- CEHR (couple, RFR — Revenu Fiscal de Référence — ~1 M€) : 3 % sur (1 000 000 − 500 000) ≈ 15 000 €
Total exit tax théorique                ≈ 329 000 €

Sursis : sur garanties (caution bancaire ~1 %/an ≈ 3 290 €/an).
Dégrèvement : 2 ans, car la valeur des titres (1 200 k€) est inférieure à 2,57 M€ — régime 2/5 ans maintenu LF 2026.
Si conservation des titres pendant 2 ans : dégrèvement automatique.
Si cession avant 2 ans : impôt définitivement dû.

CE 5 février 2025 n° 476399 — la rétroactivité exit tax censurée

Décision importante pour les contribuables ayant transféré leur domicile en 2011 : le Conseil d'État (arrêt n° 476399 du 05/02/2025) a censuré la rétroactivité au 3 mars 2011 de l'exit tax issue de la 2e loi de finances rectificative 2011, jugée incompatible avec le principe de sécurité juridique. Pour les litiges en cours, argumentaire mobilisable. Cette décision s'inscrit dans la lignée CJUE Lasteyrie du Saillant C-9/02 (11/03/2004) et National Grid Indus C-371/10 (29/11/2011) qui imposent la neutralité fiscale des départs intra-UE.

Stratégies (cession pré-départ, donations)

Trois leviers classiques pour limiter l'exit tax :

  1. Cession pré-départ : vendre ses titres avant le départ pour purger les plus-values en France au PFU 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026) — pas d'exit tax supplémentaire, mais imposition immédiate.
  2. Donation avant départ : donner les titres à ses enfants purge également la plus-value latente (pas d'exit tax sur titres donnés).
  3. Départ progressif : rester sous les seuils 800 k€ / 50 % via démembrement ou cession partielle.

À noter : l'or physique reste hors champ de l'exit tax (art. 167 bis visant les titres et participations), ce qui en fait un actif neutre et portable en cas d'expatriation, utilement complémentaire aux stratégies de cession ou donation pré-départ.

Hagnéré Patrimoine

Dirigeant actionnaire : l'exit tax peut représenter plusieurs centaines de milliers d'euros

Seuils 800 k€ ou 50 %, sursis UE, cession pré-départ, donation avant départ, apport-cession : chaque levier se combine selon votre horizon et votre destination. On évalue l'exposition d'abord.

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§ 12ETNC à éviter·3 min

9 bis. ETNC : les destinations à ne jamais choisir (liste arrêté 15/04/2026)

Si vous envisagez un pays exotique, passez d'abord par cette vérification. Les ETNC — États et Territoires Non Coopératifs — font l'objet d'un régime fiscal aggravé, codifié à l'article 238-0 A CGI. Les conséquences d'un départ vers un ETNC sont telles qu'elles rendent l'opération systématiquement ruineuse pour un patrimoine français.

La liste en vigueur (arrêté du 15 avril 2026, JO 26 avril 2026)

Depuis le 26 avril 2026, la liste française comprend onze juridictions :

  • Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Îles Turques-et-Caïques
  • Vanuatu, Palaos, Panama
  • Guam, Îles Vierges américaines, Samoa américaines
  • Russie
  • Vietnam — les mesures qui s'y attachent ne jouent que depuis le 1er juillet 2026

Sorties du 26 avril 2026 : Fidji, Samoa et Trinité-et-Tobago, qui figuraient sur la liste précédente. La liste française diverge parfois de la liste UE — toujours vérifier les deux.

Ce qui vous attend si vous vous installez en ETNC

Tableau comparatif : Disposition — Taux normal (non-ETNC) — Taux ETNC — Fondement — Premier cas : Retenue dividendes (art. 187)
DispositionTaux normal (non-ETNC)Taux ETNCFondement
Retenue dividendes (art. 187)12,8 %75 %Art. 187-2 CGI
Retenue intérêts (art. 125 A III)0 % (exonération de principe)75 %Art. 125 A III CGI
Retenue prestations (art. 182 B)25 %75 %Art. 182 B CGI
PV immobilières (art. 244 bis A)19 % + PS75 %Art. 244 bis A CGI
PV participations substantielles (244 bis B)12,8 %75 %Art. 244 bis B CGI
Charges versées vers ETNC (art. 238 A)DéductiblesNon déductibles (présomption fictivité)Art. 238 A CGI
PEAMaintien possibleClôture obligatoireLoi PACTE 2019
EXEMPLE — DIRIGEANT EN BAHAMAS (hypothèse pré-retrait 2025)

Cession appartement Paris, PV brute 400 000 €, détention 8 ans :
- Non-ETNC standard : 400 000 × (19 % + 17,2 %) + surtaxe ≈ 151 000 €
- ETNC : 400 000 × 75 %                              = 300 000 €

Dividendes de société française : 100 000 € :
- Non-ETNC + convention : 12 800 € (souvent remboursés selon convention)
- ETNC : 75 000 €

Différence cumulée : ~210 000 € de surfiscalité par an.

CEHR oui, CDHR non : subtilité clé pour les non-résidents à hauts revenus

Angle peu traité par les concurrents. Deux contributions parallèles frappent les hauts revenus en France, mais elles ne s'appliquent pas de la même manière aux non-résidents :

  • CEHR (Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus, art. 223 sexies CGI) : applicable aux non-résidents, mais uniquement sur les revenus de source française imposés en France (RFR « fractionné » français). Barème 3 % / 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 €.
  • CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, art. 224 CGI, LF 2025 prorogée LF 2026) : non applicable aux non-résidents car le mécanisme est calé sur le RFR mondial — or un non-résident n'a pas de RFR mondial imposable en France. Le texte vise les « contribuables domiciliés fiscalement en France ».

Pour un dirigeant non-résident percevant 600 k€ de dividendes français : CEHR due, CDHR écartée. Écart en faveur du NR : plusieurs dizaines de milliers d'euros. La CDHR est commentée au BOFiP depuis le 30 juin 2026 (BOI-IR-CDHR-10, -20 et -30) ; à confirmer au cas par cas.

Pilier 2 OCDE (GloBE), DAC7, DAC8 : impacts indirects pour les NR HNWI

Trois dispositifs internationaux récents concernent les non-résidents fortunés, souvent dirigeants ou actionnaires de groupes multi-juridictionnels. Aucun concurrent généraliste ne les relie au guide NR particuliers.

  • Pilier 2 / GloBE (LF 2024 art. 33, transposition directive UE 2022/2523) : impôt minimum effectif de 15 % sur les groupes multinationaux > 750 M€ de CA (règles IIR, UTPR, QDMTT). Exercices ouverts à compter du 31/12/2023. Impact indirect pour les dirigeants non-résidents actionnaires : remontée dividendes potentiellement diluée par la QDMTT, holdings personnelles concernées si intégrées à un groupe couvert.
  • DAC7 (directive 2021/514, en vigueur 01/01/2023) : reporting automatique par les plateformes numériques (Airbnb, Uber, Vinted, Leboncoin) des opérations de leurs utilisateurs non-résidents dès 2 000 € de CA annuel ou 30 transactions. Vos locations saisonnières via Booking/Airbnb sont transmises à l'administration française même si vous êtes domicilié à Dubaï.
  • DAC8 (directive 2023/2226, en vigueur 01/01/2026) : reporting automatique crypto par les PSAN/CASP européens (MiCA-aligné). Les PV crypto réalisées via Binance France, Coinhouse, Kraken Europe sont transmises automatiquement. Le non-résident doit déclarer si convention FR + établissement stable, sinon exonération — mais l'information circule.
  • CRS (Common Reporting Standard) : 113 juridictions échangent automatiquement les soldes bancaires en 2026. Les résidents français qui prétendent être non-résidents mais ont gardé un compte bancaire en Suisse/Luxembourg/Singapour sont signalés. Combinaison CRS + échange automatique = fin de l'opacité.

Trusts : l'obligation 2181-TRUST (art. 792-0 bis CGI)

Trust avec lien France = déclaration 2181-TRUST obligatoire

Point souvent oublié : l'article 792-0 bis CGI et l'article 1649 AB CGI imposent la déclaration des trusts dès lors qu'un des éléments est rattaché à la France : constituant résident français, bénéficiaire résident français, administrateur (trustee) résident français, ou bien placé en trust situé en France. Formulaire 2181-TRUST (événementiel : constitution, modification, extinction, transmission) + 2181-TRUST 2 (annuel : valeur au 1er janvier si redevable IFI ou > 1,3 M€).

Pénalité : 20 000 € par défaut de déclaration (art. 1736 IV bis), majorée de 80 % des droits éludés en cas de réintégration. Jurisprudence Cass. com. 2024 : sanction autonome du redressement IR/IFI. Les structurations patrimoniales US (revocable/irrevocable trust), anglo-saxonnes ou offshore doivent être auditées même si le constituant est non-résident dès qu'un bénéficiaire est français.

Crypto non-résidents : mythe de l'exonération totale

Correction d'une erreur massivement répandue : la plus-value crypto d'un non-résident n'est pas automatiquement exonérée en France. L'article 150 VH bis CGI taxe les PV crypto d'un non-résident si l'actif est rattaché à un établissement stable situé en France (CTO crypto lié à une holding française, compte pro sur plateforme française). Pour le détenteur personne physique sans établissement stable FR, l'exonération joue. Mais DAC8 expose le dossier à une requalification potentielle en activité habituelle (trading pro → BIC, taxation FR).

Clause de sauvegarde (art. 238 A al. 3 / art. 187-2 bis)

Les taux 75 % peuvent théoriquement être écartés si le contribuable démontre que les opérations n'ont « ni pour objet ni pour effet principal » de localiser les revenus dans un ETNC (BOI-RPPM-RCM-30-30-10-70 § 90). En pratique, la charge de la preuve est lourde : l'administration suppose la fraude jusqu'à preuve du contraire. À éviter autant que possible en amont.
§ 13Comparateur 6 destinations·5 min

10. Où vous expatrier pour optimiser votre fiscalité en 2026 ?

Maintenant que les règles sont posées, place au concret : où partir ? Voici une comparaison structurée des 6 destinations les plus fréquentes. Attention : chaque pays a ses conditions (visas, cotisations sociales, coût de la vie), la fiscalité n'est qu'un paramètre parmi d'autres.

Tableau comparatif : Pays — IR — Dividendes FR (RAS nette) — IFI / Wealth Tax — Exit tax FR — Commentaire — Premier cas : Émirats Arabes Unis
PaysIRDividendes FR (RAS nette)IFI / Wealth TaxExit tax FRCommentaire
Émirats Arabes Unis0 %0 % (convention 1989)AucunApplicable si seuilsDestination phare, visa Golden 10 ans
PortugalDroit commun ; barème à re-gelerPlafond conventionnel à vérifierAIMI sur certains actifsApplicableIFICI ciblé sous conditions, distinct du RNH
SuisseForfait + cantons15 % (5 % partic. ≥ 10 %)Impôt cantonal fortuneApplicableForfait fiscal accessible selon cantons
Royaume-UniBarème 20-45 % (non-dom réformé 2025)15 % (0 % partic. ≥ 10 %)AucunApplicableRéforme non-dom 2025, régime FIG 4 ans
BelgiqueBarème 25-50 %15 % (10 %)AucunApplicable (si seuils)Impôt élevé mais pas d’IFI ni d’ISF
Monaco0 % (Français imposés en FR pour IR)15 %AucunApplicableStatut particulier pour Français

Concrètement, lisez ce tableau de gauche à droite pour chaque pays. La colonne « IR » vous dit l'impôt sur le revenu local. « Dividendes FR » vous dit combien la France prélève sur vos dividendes français même depuis l'étranger. « IFI / Wealth Tax » indique si le pays a un impôt sur la fortune. Aucun pays n'est parfait : Dubaï a 0 IR mais peu de vie culturelle, la Belgique protège bien le patrimoine mais taxe lourdement les revenus, la Suisse demande des forfaits élevés. Le bon choix dépend de votre projet de vie.

Dubaï / Émirats : 0 IR, mais 12,8 % RAS dividendes FR

La destination favorite des entrepreneurs et cadres expatriés à haut revenu. Imposition personnelle nulle, visa Golden 10 ans accessible, infrastructures excellentes. Attention : la convention de 1989 prévoit 0 % sur dividendes, mais la France applique quand même la retenue 12,8 % par défaut, à réclamer via formulaire 5000/5001. Délais longs.

Portugal : droit commun et IFICI ciblé

Le RNH est fermé au nouvel arrivant ordinaire, sous réserve des cohortes et transitions individuelles prouvées. Pour une installation nouvelle, le droit commun s'applique sauf éligibilité démontrée à une branche IFICI. L'IFICI est un dispositif distinct et ciblé : activité, fonction, entité, qualifications, inscription et cinq années antérieures de non-résidence doivent être documentées selon la branche. Il ne constitue pas une réponse générale pour les retraités ou le patrimoine. Pour dérouler le dossier dans le bon ordre, consultez le guide expert France–Portugal.

Suisse : forfait + cantons

Le forfait fiscal suisse (basé sur la dépense du contribuable, généralement 7 fois le loyer) reste accessible dans la plupart des cantons (sauf Zurich, Bâle-Ville, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures). Très prisé des retraités fortunés et chefs d'entreprise. Négociation avec le canton avant l'installation.

Royaume-Uni : non-dom 2025, nouvelle réforme

Le régime du « non-domicile » a été profondément réformé en avril 2025 : remplacé par le Foreign Income and Gains (FIG) regime, limité à 4 ans après l'arrivée. Au-delà, imposition UK sur les revenus mondiaux. Moins attractif qu'avant, mais reste intéressant pour des expatriations courtes ou à projet défini.

Belgique : impôt élevé mais sans IFI ni exit tax

La Belgique n'a pas d'équivalent de l'IFI français. Pas non plus d'exit tax belge. En contrepartie, l'impôt sur le revenu est élevé (jusqu'à 50 %). Destination souvent choisie par dirigeants ayant cédé leur entreprise et souhaitant protéger leur patrimoine.

Monaco : nationalité, historique et sources avant le taux

Monaco n'établit pas d'impôt général sur le revenu des personnes physiques dans les situations ordinaires, mais l'article 7 de la convention de 1963 maintient de nombreux ressortissants français dans le champ de l'impôt français. Les exceptions historiques et les doubles nationalités sont étroites et documentaires : elles ne se résument ni à une naissance, ni à une seconde nationalité, ni à une date isolée. Pour une personne non visée, les États de source ou un pays tiers peuvent encore imposer chaque revenu. Consultez le guide patrimonial Monaco avant toute comparaison de destination.

L'expatriation n'est pas un produit — c'est un projet de vie

Nous rappelons toujours à nos clients que le critère fiscal ne doit pas primer sur tous les autres : qualité de vie, proximité famille, sécurité, système éducatif, santé. Une optimisation fiscale mal vécue humainement est un échec. Nos conseillers raisonnent toujours « projet de vie d'abord, fiscalité ensuite ».
Hagnéré Patrimoine

Portugal, Dubaï, Suisse, Monaco, Belgique : les régimes cibles changent vite

Fin du RNH portugais, fiscalité Dubaï pour les Français, Monaco et convention 1963, forfait vaudois, nomade Belgique : on compare l'imposition nette selon votre projet de vie réel.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 14Frontaliers FR/CH/BE/LU/DE·5 min

11. Quel est votre régime fiscal en tant que frontalier ? (Suisse, Belgique, Luxembourg, Allemagne)

Et si partir ne signifiait pas forcément s'expatrier ? Les frontaliers forment une catégorie à part : ils travaillent dans un pays et résident dans un autre, franchissant la frontière quotidiennement ou hebdomadairement. La fiscalité dépend de la convention bilatérale et souvent d'accords spécifiques.

Suisse : convention 1966 + accord cantonal 1983

Deux régimes coexistent, selon le canton où vous travaillez :

  • Cantons de l'accord du 11 avril 1983 (Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura) : le salaire du travailleur frontalier est imposable en France, État de résidence, et c'est la France qui verse à la Suisse une compensation égale à 4,5 % de la masse totale des rémunérations brutes (art. 2 de l'accord) — et non l'inverse. Le salaire se déclare sur la 2042 comme un revenu français ordinaire ; aucune retenue suisse n'est opérée si vous remettez à votre employeur l'attestation de résidence fiscale.
  • Genève, hors accord de 1983 : l'article 17 de la convention du 9 septembre 1966 s'applique, le salaire est imposé à la source en Suisse, et vous le déclarez en France (2042 + 2047) avec un crédit d'impôt égal à l'impôt français, donc au taux effectif. C'est Genève qui verse 3,5 % de la masse salariale brute à l'Ain et à la Haute-Savoie (accord du 29 janvier 1973). Le mécanisme de la taxation ordinaire ultérieure et les conditions du statut de quasi-résident sont détaillés dans notre chapitre imposition à la source et statut de quasi-résident.

Côté retraite, l'AVS (1er pilier, équivalent retraite de base) est imposée dans le pays de résidence (donc France pour un frontalier résident FR). Le LPP (2e pilier, retraite complémentaire obligatoire) suit les mêmes règles. Le 3e pilier A suisse est déductible uniquement de l'impôt suisse — pas d'avantage fiscal français. Sur les rachats LPP, le libre passage et l'arbitrage entre rente et capital, voir notre chapitre consacré au 2e pilier suisse.

Cas Genève vs Vaud : deux régimes radicalement différents

Un frontalier travaillant à Genève paie l'impôt à la source suisse puis déclare ses revenus en France avec un crédit d'impôt égal à l'impôt français, donc au taux effectif. Genève reverse 3,5 % de la masse salariale brute à l'Ain et à la Haute-Savoie au titre de l'accord du 29 janvier 1973. Un frontalier travaillant dans le canton de Vaud, canton partie à l'accord du 11 avril 1983, relève au contraire du régime inverse : son salaire est imposable en France et doit y être déclaré, la Suisse ne prélevant rien sur présentation de l'attestation de résidence fiscale. Choisir son canton de travail, c'est donc choisir l'État qui encaisse l'impôt — pas s'en dispenser.

Frontalier, expatrié, impatrié : quel statut choisir ?

Frontalier (proximité)

Résident FR, travail à l’étranger (Suisse, Lux, Belgique, Allemagne). Imposition selon convention + accords cantonaux. Conserve PER, assurance-vie, aides sociales FR. Contrainte : trajet quotidien.

Expatrié / non-résident (optimisation globale)

Résidence fiscale étrangère. Revenus mondiaux non taxés en FR. Revenus FR imposés (taux mini 20/30 %). Exit tax possible. Accès limité aux dispositifs FR (PER fermé, Pinel perdu).

Belgique : régime accord 2008 + Zone Frontalière

L'accord 2008 a supprimé le régime frontalier classique. Aujourd'hui, le principe est : imposition dans le pays d'exercice (Belgique pour un Français travaillant en Belgique). La convention 2021 précise les règles pour télétravail et jours travaillés dans le pays de résidence.

Luxembourg : règle des 34 jours

Depuis la convention 2018 et ses avenants, un frontalier résident français travaillant au Luxembourg peut télétravailler jusqu'à 34 jours/an en France sans que cela ne remette en cause son imposition luxembourgeoise. Au-delà, les jours en France deviennent imposables en France (avec risque de double déclaration).

Belgique : extinction progressive du régime frontalier (effet final 2033)

Piège rarement expliqué correctement par les concurrents : le régime frontalier franco-belge a été supprimé pour tous les nouveaux entrants depuis le 1er janvier 2012 (avenant du 12 décembre 2008). Seuls les frontaliers ayant acquis le statut avant 2012 et le conservant sans interruption peuvent continuer à en bénéficier — jusqu'à extinction définitive prévue au 31 décembre 2033. Depuis 2012, un Français travaillant en Belgique et résidant en France est imposé en Belgique (pays d'exercice) — barème progressif 25-50 % + cotisations sociales belges, avec crédit d'impôt français. La convention FR-BE de 2021 (volet revenus) reste non ratifiée au printemps 2026 ; la convention 1964 continue donc de s'appliquer.

Allemagne : convention 1959 + télétravail 34 jours (nouveau protocole 2023)

Régime frontalier strict : zone de 30 km de part et d'autre de la frontière + retour quotidien. Imposition dans le pays de résidence (France) sur les salaires, avec compensation versée par la France à l'Allemagne (1,5 % du salaire brut). Au-delà de la zone ou si vous ne rentrez pas quotidiennement : imposition en Allemagne.

Le seuil réel : il n'existe pas de tolérance franco-allemande de 34 jours pour le télétravail — ce chiffre est luxembourgeois et se propage par contagion. Le régime frontalier franco-allemand repose sur un contingent unique de 45 jours ouvrés (ou 20 % des jours travaillés selon le rythme), tous motifs confondus, pour les jours passés hors de la zone frontalière ou sans retour au domicile. Le télétravail exercé au domicile situé dans la zone frontalière est neutralisé et ne consomme pas ce contingent. Au-delà des 45 jours, le statut de frontalier tombe pour l'année entière.

Table unifiée frontaliers : fiscalité, sécurité sociale, télétravail

Tableau comparatif : Paramètre — Suisse (Genève) — Suisse (Vaud quasi-résident) — Luxembourg — Belgique (post-2012) — Allemagne — Premier cas : Imposition salaire
ParamètreSuisse (Genève)Suisse (Vaud quasi-résident)LuxembourgBelgique (post-2012)Allemagne
Imposition salaireSource CH + taux effectif FRCH uniquementLU (retenue)BE (pays exercice)FR (zone frontalière)
Rétrocession4,5 % brut (FR)———1,5 % brut (DE)
Convention fiscale1966 + accord 19831966 + 19831958/20181964 (2021 non ratifiée)1959 + 2015 + 2023
Télétravail FR autorisé40 % temps (pérennisé)40 % temps34 jours/an34 jours (accord 31/03/2021)45 jours ouvrés/an hors zone ou sans retour
Sécurité socialeLAMal CH (si > 25 % FR : URSSAF)LAMal CHLuxembourgBelgiqueAllemagne
Accord UE télétravail 07/2023Opt-in jusqu'à 49,99 %Opt-inOpt-inOpt-inOpt-in
PS revenus capital FR7,5 % (De Ruyter)7,5 %7,5 %7,5 %7,5 %

Accord-cadre européen sur le télétravail transfrontalier (01/07/2023)

Révolution silencieuse signée le 30 juin 2023 et applicable depuis le 1er juillet 2023 : les États membres de l'UE/EEE/Suisse peuvent déroger au seuil 25 % du règlement 883/2004 pour les télétravailleurs frontaliers jusqu'à 49,99 % du temps de travail en pays de résidence, sur option volontaire et avec accord de l'employeur. Au-delà de 50 %, bascule automatique en sécurité sociale du pays de résidence (règlement européen).

L'articulation fiscalité / sécurité sociale reste décorrélée : vous pouvez télétravailler 40 % en France (sécu CH maintenue par opt-in) tout en étant imposé à la source suisse. Les deux volets se gèrent séparément. Piège courant : imaginer que le seuil fiscal (40 % Suisse) et le seuil social (25 % hors opt-in) coïncident. Ils ne coïncident jamais.

Méthode documentée

Frontalier Suisse, Belge, Luxembourg ou Allemagne : le seuil 40 % et l'opt-in 49,99 % changent tout

Articulation convention 1966, accord cantonal, AVS/LPP, 3e pilier, PER français, AV luxembourgeoise, seuil télétravail : un CGP immatriculé à l’ORIAS construit la stratégie franco-transfrontalière.

Bilan gratuitCGP immatriculé à l’ORIASSans engagement
§ 15Retour impatriation art. 155 B·4 min

12. Comment optimiser votre retour en France avec le régime d'impatriation ? (art. 155 B CGI)

On a beaucoup parlé du départ. Parlons maintenant du retour. Après des années d'expatriation, vous rentrez en France ? Bonne nouvelle : l'article 155 B CGI prévoit un régime d'impatriation (c'est le mot officiel pour le dispositif d'accueil fiscal des personnes qui viennent ou reviennent s'installer en France après plusieurs années à l'étranger) particulièrement généreux, souvent ignoré par les rapatriés eux-mêmes. Concrètement, pendant 8 ans, la France vous offre un double cadeau fiscal : exonération de la prime d'impatriation (jusqu'à 30 % de votre rémunération) et exonération à 50 % de vos revenus passifs étrangers. Pour un cadre supérieur, l'économie atteint régulièrement 200 à 350 k€ sur la période. À condition de la demander au bon moment — personne ne le fait à votre place.

3 conditions, toutes cumulatives

  • Ne pas avoir été résident fiscal français au cours des 5 années civiles précédant la prise de fonctions en France.
  • Être appelé par une entreprise établie en France (embauche directe depuis l'étranger OU mobilité intra-groupe).
  • Fixer en France, à compter de la prise de fonctions, son domicile fiscal au sens de l'art. 4 B CGI.

Conditions (5 ans hors France)

Vous pouvez bénéficier du régime si :

  • Vous n'avez pas été résident fiscal français pendant les 5 années civiles précédentes ;
  • Vous êtes embauché ou muté en France par une entreprise française (secteur privé ou certains organismes publics) ;
  • Vous fixez en France, à compter de la prise de fonctions, votre domicile fiscal au sens des a et b de l'article 4 B du CGI.

Exonération 30 % de la rémunération + 50 % des revenus passifs

Le régime offre deux exonérations cumulatives :

  1. Prime d'impatriation : jusqu'à 30 % du salaire brut exonéré (partie « prime » du contrat, négociée à l'embauche).
  2. Revenus passifs étrangers : 50 % des dividendes, intérêts, plus-values de sources étrangères exonérés d'impôt français.

Durée 8 ans

Depuis la LF 2017, la durée maximale est de 8 ans (au lieu de 5 précédemment). Le régime cesse au plus tard au 31 décembre de la 8e année suivant la prise de fonctions.

Cas pratique — Clément, cadre tech de retour de Singapour

Clément, 42 ans, 7 ans à Singapour, rentre à Paris en 2026 comme directeur financier d'un groupe coté. Rémunération brute : 200 000 € (dont 50 000 € de prime d'impatriation explicitement libellée). Il perçoit en outre 50 000 € de dividendes de son portefeuille singapourien.

Tableau comparatif : Revenu — Régime standard — Régime impatrié — Premier cas : Salaire 150 000 € (hors prime)
RevenuRégime standardRégime impatrié
Salaire 150 000 € (hors prime)150 000 € imposables150 000 € imposables
Prime 50 000 €50 000 € imposables0 € (exonérée à 30 % max du total)
Dividendes étrangers 50 000 €50 000 € imposables (PFU 31,4 %)25 000 € imposables (50 % exonérés)
Impôt annuel estimé (célibataire, abattement de 10 % plafonné, prélèvements sociaux de 18,6 % sur les 50 000 € de dividendes)~75 700 €~51 900 €
Gain annuel—~23 800 € × 8 ans ≈ 190 000 €

Concrètement, dans cet exemple, le régime impatriation fait économiser environ 24 000 € par an. Et pourtant, il est souvent oublié à l'embauche — récupérable a posteriori dans certains cas, perdu dans d'autres.

Hagnéré Patrimoine

Régime impatriation 155 B : une fenêtre de 8 ans qui se négocie dès le contrat

Prime explicitement libellée, exonération 30 % salaire et 50 % revenus passifs étrangers, timing du retour, revenus du patrimoine : un CGP construit votre dispositif avant la signature du contrat.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 16Check-list 10 étapes départ·2 min

13. Par quelles étapes devez-vous passer avant votre départ ?

On a vu les règles, les pièges, les arbitrages. Reste à les ordonner dans le calendrier réel d'un départ. Les 10 étapes ci-dessous sont celles que nous suivons avec nos clients — idéalement 6 à 12 mois avant le décollage. Sauter l'une d'elles ne casse pas le départ, mais peut alourdir nettement la fiscalité de l'année suivante.

Tableau comparatif : # — Étape — Délai recommandé — Document — Premier cas : 1
#ÉtapeDélai recommandéDocument
1Vérifier statut résidence fiscale (4 B + convention)6 mois avantAudit CGP
2Obtenir certificat de résidence du nouveau paysÀ l’arrivéeCertificat fiscal étranger
3Déposer 2042 + 2042-NR année du départ (prorata)Mai N+1Déclaration fractionnée
4Clôture ou maintien comptes bancaires FR1-3 mois avantAvis banque
5Inventorier PEA et assurances-vie, puis faire qualifier leur maintien et les opérationsAvant départContrats, historiques et position locale
6Notifier SIPNR + désigner représentant fiscal (PV immo)3 mois avantFormulaire de changement adresse
7Mettre à jour espace impôts.gouv.frJ+1 après départEspace particulier en ligne
8Déclarer comptes étrangers (3916 / 3916-bis)Chaque année1 500 € amende/compte sinon
9Déclaration IFI si patrimoine FR > 1,3 M€Mai N+1Formulaire 2042-IFI
10Calcul exit tax si seuils atteintsAnnée du départFormulaire 2074-ETD

Amende compte étranger non déclaré

L'article 1649 A CGI prévoit une amende de 1 500 € par compte et par année non déclaré (montée à 10 000 € si le compte est dans un ETNC). Très fréquent chez les Français ayant ouvert un compte bancaire à l'étranger sans le savoir (application mobile, compte neobanque, broker, wallet crypto). Déclaration via formulaire 3916 (banques) ou 3916-bis (crypto).
§ 17Approfondissements internationaux·8 min

13 bis. Approfondissements internationaux 2026 (tie-breaker OCDE, Règl. 650/2012, LF 2025 art. 96, PFIC, cantons CH, timeline)

On arrive aux mécanismes que les sites généralistes ne traitent presque jamais — ceux qui font vraiment la différence pour tout non-résident à patrimoine significatif. Si vous avez lu les sections 1 à 13, vous avez les briques. Ici, on assemble : que faire quand deux États vous réclament simultanément, comment choisir sa loi successorale, quels pays sont piégés par la LF 2025, comment fonctionne réellement le télétravail frontalier post-2023, pourquoi les US persons doivent fuir les SCPI, et dans quel ordre exécuter les 10 étapes d'un départ réussi. C'est la section à lire deux fois.

A. Règle OCDE du tie-breaker — art. 4 § 2 du modèle de convention

Lorsque deux États considèrent simultanément que vous êtes résident fiscal sur leur territoire (situation fréquente : France + Suisse, France + Portugal, France + Dubaï…), la convention bilatérale applique six critères hiérarchisés — on les tranche dans l'ordre, en s'arrêtant au premier qui départage :

Tableau comparatif : Ordre — Critère — Logique — Source de preuve — Premier cas : 1
OrdreCritèreLogiqueSource de preuve
1Foyer d’habitation permanentLogement stable, permanent, disponible à tout moment (ni hôtel ni Airbnb)Acte de propriété, bail long, factures énergie
2Centre des intérêts vitauxLiens personnels ET économiques les plus étroits (famille, patrimoine, affaires)Lieu conjoint/enfants, comptes bancaires principaux, mandat social
3Séjour habituelÉtat où vous séjournez de façon habituelle (pas seulement > 183 jours)Agenda, historique voyages, cartes bleues localisées
4NationalitéSi tie-breaker toujours non tranchéPasseport
5Accord amiable autorités compétentesArt. 25 modèle OCDE (procédure MAP)Demande DGFiP + administration étrangère
6Arbitrage (BEPS MLI)Pour les conventions modifiées par l’Instrument MultilatéralDécision binding

Jurisprudence clé — CE 5 février 2024 n° 469771 (tie-breaker conventionnel)

Le Conseil d'État précise que le critère « foyer d'habitation permanent » de la convention s'apprécie indépendamment du nombre de jours : un contribuable peut avoir son foyer à l'étranger alors qu'il passe plus de 183 jours en France, et inversement. La convention prime toujours sur l'art. 4 B CGI (voir aussi CE 9 juin 2020 n° 434972, CE 5 février 2024 n° 472284 sur la résidence conventionnelle).

B. Règlement UE 650/2012 + professio juris — la succession internationale comme choix

Depuis le 17 août 2015, le Règlement (UE) 650/2012 prévoit que la loi successorale applicable est celle de la dernière résidence habituelle du défunt (art. 21 §1), sauf si celui-ci a expressément choisi, par testament, l'application de la loi de sa nationalité (art. 22 — professio juris). Cet outil est massivement sous-utilisé.

Tableau comparatif : Situation — Sans professio juris — Avec professio juris (loi française choisie) — Premier cas : Expatrié FR vivant à Lisbonne
SituationSans professio jurisAvec professio juris (loi française choisie)
Expatrié FR vivant à LisbonneLoi portugaise : legítima variable selon les héritiers, souvent de 1/2 à 2/3Loi FR : réserve héréditaire à calculer selon la famille
Expatrié FR vivant à LondresLoi UK : pas de réserve, possibilité de déshériterLoi FR : enfants protégés par la réserve (art. 913 CC)
Expatrié FR vivant à DubaïLoi émirienne (charia) potentielleLoi FR : système civiliste classique
Binational FR-IT à MilanLoi italienne (résidence)Loi FR choisie (nationalité FR)

Attention — professio juris n'emporte PAS la compétence fiscale

Le Règlement 650/2012 régit la loi civile de la succession (qui hérite, dans quelles parts). Il ne modifie pas la fiscalité : la compétence des droits de succession reste déterminée par les conventions fiscales successorales bilatérales et l'art. 750 ter CGI. Le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark ne sont par ailleurs pas liés par le Règlement.

C. Règlement UE 2016/1103 — régime matrimonial international

Depuis le 29 janvier 2019, le Règlement (UE) 2016/1103 permet aux époux (ou Partnerschaft, depuis 2016/1104 pour les partenariats enregistrés) de choisir la loi applicable à leur régime matrimonial, parmi : (i) la loi de la nationalité de l'un des époux, (ii) la loi de la résidence habituelle de l'un des époux au moment du choix. À défaut de choix, s'applique la loi de la première résidence habituelle commune après le mariage.

Enjeu concret : un couple français installé à Bruxelles dès le mariage, sans contrat, bascule par défaut sous régime belge de la communauté réduite aux acquêts. Divorce, donation entre époux, liquidation successorale : les conséquences patrimoniales divergent. Le choix écrit (clause express devant notaire) au moment du départ permet de figer la loi française.

D. LF 2025 art. 96 — nouvelle retenue 12,8 % sur dividendes vers 9 États « piégés »

Depuis le 1er janvier 2026, l'art. 119 bis CGI modifié par la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) prévoit une retenue à la source de 12,8 % sur les dividendes versés par des sociétés françaises à des bénéficiaires résidents de neuf juridictions visées, lorsque la convention fiscale ne prévoit pas expressément de taux plafonné ou d'élimination des retenues.

Tableau comparatif : État — Convention fiscale — Taux conventionnel dividendes — Retenue FR 12,8 % ? — Premier cas : Arabie saoudite
ÉtatConvention fiscaleTaux conventionnel dividendesRetenue FR 12,8 % ?
Arabie saouditeConvention 1982Pas de clause dividendes plafonnéeOui
BahreïnConvention 1993Pas de plafonnement conventionnelOui
ÉgypteConvention 1980Taux conventionnel non alignéOui
Émirats arabes unisConvention 1989Pas d’élimination totaleOui
FinlandeConvention 1970 (renégociation en cours)Clause obsolèteOui
KoweïtConvention 1982Pas de plafonnementOui
LibanConvention 1962Clause non appliquéeOui
OmanConvention 1989Pas de plafonnementOui
QatarConvention 1990Pas d’éliminationOui

Sortie du Portugal et de l'Italie — vigilance individuelle

Le Portugal et l'Italie ne figurent PAS dans la liste, mais leurs conventions prévoient des retenues plafonnées (15 % Portugal, 15 % Italie) avec crédit d'impôt dans l'État de résidence. Toujours récupérer l'attestation 5000/5001 auprès du courtier français pour éviter la retenue pleine.

E. Cantons suisses — 8 cantons frontaliers sous accord 1983

Le détail canton par canton de l'accord du 11 avril 1983, et le sort du frontalier qui n'y entre pas, sont traités dans notre chapitre sur le régime frontalier franco-suisse.

Tableau comparatif : Canton — Imposition salaires — Accord 1983 ? — Particularité — Premier cas : Genève (GE)
CantonImposition salairesAccord 1983 ?Particularité
Genève (GE)Imposition à la source CH + rétrocession de 3,5 % de la masse salariale versée par Genève à l’Ain et à la Haute-SavoieHORS accord 1983Régime dérogatoire : le frontalier paie l’impôt cantonal ; la France impose ensuite avec crédit d’impôt égal à l’impôt français
Vaud (VD)Imposition en France (résidence)Accord 1983La France verse 4,5 % de la masse salariale brute au canton (art. 2 de l’accord)
Valais (VS)Imposition en FranceAccord 1983Idem
Berne (BE)Imposition en FranceAccord 1983Idem
Soleure (SO)Imposition en FranceAccord 1983Idem
Bâle-Ville (BS)Imposition en FranceAccord 1983Idem
Bâle-Campagne (BL)Imposition en FranceAccord 1983Idem
Jura (JU)Imposition en FranceAccord 1983Idem
Neuchâtel (NE)Imposition en FranceAccord 1983Idem

Télétravail transfrontalier — avenant du 27 juin 2023 (entré en vigueur le 24 juillet 2025)

Les frontaliers Suisse peuvent désormais télétravailler jusqu'à 40 % de leur temps annuel depuis la France sans perdre le statut de frontalier ni déclencher l'imposition en France (hors bascule hors accord 1983 pour Genève). Les jours « structurels » au-delà de 40 % basculent sous impôt résidentiel. L'articulation entre l'accord amiable fiscal et le seuil de 25 % du règlement 883/2004 est reprise dans notre chapitre sur le télétravail des frontaliers franco-suisses.

F. US persons et PFIC — le piège des unités de compte/SCPI/OPCVM français

Tout contribuable qualifié « US person » par l'IRS (citoyen US, détenteur de green card, résident fiscal US) doit déclarer ses OPCVM, SCPI, unités de compte d'assurance-vie et structures collectives françaises au régime PFIC (Passive Foreign Investment Company, section 1291 IRC). Conséquence : imposition punitive au taux marginal le plus élevé + intérêts de retard sur les distributions « excessives » (excess distribution), sauf élection QEF ou mark-to-market annuelle.

Conséquence pratique : les US persons résidant en France doivent privilégier les titres vifs (actions détenues en direct) ou les ETF/fonds domiciliés aux États-Unis. L'assurance-vie luxembourgeoise peut être compatible uniquement via FID titres vifs (Fonds Interne Dédié). Toute SCPI est toxique pour une US person.

G. Obligations déclaratives à ne pas oublier : trusts (art. 1649 AB CGI) et taxe 3 % (art. 990 D CGI)

Deux obligations méconnues concernent beaucoup d'expatriés avec structures internationales. Oubli = pénalités lourdes.

Trusts : déclaration obligatoire art. 1649 AB CGI

Tout constituant, bénéficiaire ou administrateur d'un trust (common law, anglo-saxon) ayant un lien avec la France (résidence du constituant, résidence d'un bénéficiaire, actifs français) doit souscrire deux déclarations distinctes : (1) une déclaration événementielle (formulaire 2181-TRUST 1) à chaque constitution, modification ou extinction ; (2) une déclaration annuelle (formulaire 2181-TRUST 2) de la valeur vénale au 1er janvier, à déposer avant le 15 juin. Sanctions : amende de 20 000 € par manquement + majoration de 80 % sur les droits éludés en cas de mauvaise foi (art. 1729 CGI). Les trusts révocables ou de protection d'actifs (asset protection trusts) sont en plein dans la cible. Si vous êtes US person avec un révocable living trust, vérifier impérativement l'obligation — même en tant que non-résident.

Taxe 3 % art. 990 D CGI — immobilier via société étrangère

Si vous détenez un bien immobilier français via une société étrangère (SCI monégasque, company Jersey/Guernsey, trust anglo-saxon, LLC US, société luxembourgeoise non cotée, etc.), cette société est redevable chaque année d'une taxe de 3 % de la valeur vénale du bien (art. 990 D CGI), sauf exonération. Les exonérations principales : société dont le siège est dans un État de l'UE ou ayant signé avec la France une convention d'assistance administrative et d'échange de renseignements (art. 990 E), à condition de déposer chaque année le formulaire 2746 avant le 15 mai, OU de prendre l'engagement de communiquer l'identité des actionnaires à l'administration fiscale française. Oubli = 3 % de la valeur vénale payés chaque année, en plus de l'IFI classique. Concrètement, 3 000 € par an sur un bien à 100 000 €.

H. Timeline 18 mois avant → 5 ans après le départ

Tableau comparatif : T − — Action — Pourquoi — Premier cas : −18 mois
T −ActionPourquoi
−18 moisAudit patrimonial (SIPNR 93, convention cible, exit tax)Arbitrages long à déployer (donation, apport-cession)
−12 moisDonation aux enfants des titres à forte PV latentePurge PV latente exit tax + abattement 100 k€/enfant
−12 à −6 moisStructuration apport-cession 150-0 B ter si dirigeantReport imposition + éventuelle exonération (70 % réinvesti en 36 mois — LF 2026, cessions ≥ 20/02/2026)
−6 moisOuverture comptes bancaires pays cible + pré-déclarationsDélais KYC 1 à 3 mois selon pays
−3 moisCalcul exit tax, dépôt sursis + désignation garant bancaireSursis automatique UE/EEE, sur garanties ailleurs
DépartTransfert domicile (famille + logement + activité)Date pivot année fractionnée
+0 à +3 moisMise à jour impôts.gouv.fr → adresse étrangère + RIB FRBascule vers SIPNR
+1 an2042 (période résidente) + 2042 NR (période non-résidente)Année fractionnée
+2 ans ou +5 ansDégrèvement exit tax (patrimoine < ou ≥ 2,57 M€)Automatique si titres conservés
+5 ansFenêtre IFI 5 ans disponible au retour si réinstallationArt. 964 1° bis CGI (biens FR uniquement)

Règle de l'anticipation — 18 mois minimum

Les opérations de donation, d'apport-cession et la coordination des conventions successorales/matrimoniales demandent 12 à 18 mois de préparation. Partir « sur un coup de tête » fin décembre pour un 1er janvier expose presque systématiquement à une perte sèche de 50 à 300 k€ selon le profil (dirigeant, retraité patrimonial, couple binational). Anticiper, c'est littéralement gagner de l'argent.
§ 1810 cas pratiques chiffrés·6 min

14. 10 cas pratiques chiffrés

Rien ne vaut des histoires concrètes. Voici 10 situations réelles rencontrées dans notre cabinet Hagnéré Patrimoine ces dernières années (prénoms modifiés).

Cas 1 — Marc, 42 ans, expatrié à Dubaï depuis 2023

Marc est cadre tech, parti à Dubaï il y a 3 ans. Il détient encore 30 000 € de dividendes annuels d'actions françaises (ex-employeur coté). En 2026, sa banque applique la retenue 12,8 % : 3 840 €. La convention FR-EAU prévoit 0 %. Marc dépose les formulaires 5000/5001 et récupère 3 840 € neuf mois plus tard. Notre cabinet gère la procédure.

Cas 2 — Sylvie, 65 ans, retraitée à Lisbonne

Sylvie perçoit 28 000 € de pension CNAV + Agirc-Arrco. Taux minimum : 20 %, soit 5 600 €. Mais son taux moyen mondial (pas d'autres revenus) calculé sur le barème progressif 2026 avec abattement 10 % sur pensions ressort à environ 6,5 %. En optant pour le taux moyen (formulaire 2047), elle paie ~1 820 € — soit ~3 780 € d'économie annuelle. Sur 20 ans de retraite : ~75 600 €.

Cas 3 — Jean-Paul, 58 ans, frontalier Suisse (Genève)

Jean-Paul travaille à Genève, rémunération 195 000 € équivalent. Impôt prélevé à la source en Suisse (accord cantonal). Déclaration française : revenus suisses avec taux effectif + revenus fonciers français 25 000 €. Il cotise au 3e pilier suisse (déductible impôt CH), maximise son PER français (déduction FR), et structure son patrimoine via assurance-vie luxembourgeoise. Économie fiscale annuelle globale : 8 000 € environ.

Cas 4 — Caroline & Paul, dirigeants partant en Belgique après cession

Caroline et Paul ont cédé leur PME 4 M€ en 2025. Exit tax potentielle : 4 M€ × 31,4 % = 1,256 M€ (sursis de paiement). Ils s'installent à Bruxelles en 2026. La Belgique n'a pas d'IFI ni d'exit tax. Le régime 2/5 ans étant maintenu par la LF 2026, ils bénéficient d'un dégrèvement à 5 ans si les titres sont conservés (patrimoine ≥ 2,57 M€). À noter qu'ici la cession a été réalisée avant le départ : il n'y a donc pas de PV latente taxable au titre de l'exit tax sur ces 4 M€ — seuls les titres encore détenus au départ entrent dans l'assiette. Stratégies préférables dans ce cas de figure : donation pré-départ d'autres titres ou apport-cession 150-0 B ter.

Cas 5 — Hélène, 49 ans, expatriée à Londres

Hélène loue un appartement parisien 40 000 €/an. En LMNP meublé, après amortissement, le revenu net taxable est réduit à 15 000 €. Elle est affiliée à la NHS britannique : PS 7,5 % au lieu de 17,2 % (arrêt De Ruyter). Impôt FR annuel : 3 000 € environ (au lieu de 9 000 € si LMNP au réel avec régime standard).

Cas 6 — Thomas, 41 ans, retour en France après 10 ans à Singapour

Thomas revient comme CFO d'une licorne parisienne. Rémunération 250 000 € (dont 60 000 € prime d'impatriation) + 80 000 € de dividendes et plus-values de son portefeuille asiatique. Régime art. 155 B : 60 000 € de prime exonérés + 40 000 € des revenus passifs exonérés. Gain annuel, pour un célibataire : environ 26 700 € d'impôt sur le revenu évité sur la prime et 5 100 € sur les revenus passifs (40 000 € × 12,8 %), soit environ 31 900 € × 8 ans = environ 255 000 € d'économie totale.

Notre cabinet : spécialistes frontaliers et expatriés

Nous accompagnons des dossiers internationaux : frontaliers Suisse (cantons GE/VD/VS/NE/JU), expatriés Dubaï/Londres/Singapour, retours en France avec régime art. 155 B. Nos consultants maîtrisent l'assurance-vie luxembourgeoise, le PEA expatrié, les formulaires 5000/5001, l'exit tax, le 3e pilier suisse et l'AVS/LPP. Tous nos bilans patrimoniaux internationaux sont gratuits (45 min en visio).

Cas 7 — Nathalie, frontalière Luxembourg

Nathalie travaille à Luxembourg-Ville, rémunération 95 000 €. Règle des 34 jours télétravail : elle limite à 30 jours/an en France pour sécuriser son imposition 100 % luxembourgeoise. Elle détient un appartement parisien loué 18 000 €/an (LMNP). Côté placements : AV luxembourgeoise (neutralité fiscale LU) plutôt qu'AV française. Économie annuelle estimée : 3 500 €.

Cas 8 — Léa, digital nomad « nulle part »

Léa, 31 ans, dev SaaS, a quitté son appartement lyonnais en 2024. En 2025, elle a passé 120 jours à Bali, 90 à Lisbonne, 60 en France (famille) et 95 jours flottants. Clients : 100 % français, facturés via sa SAS parisienne. Diagnostic : malgré l'absence de 183 jours en France, l'administration peut revendiquer la résidence française au titre du centre des intérêts économiques (art. 4 B, critère 4) — ses clients, sa SAS, ses flux bancaires sont tous français. Si elle est qualifiée résidente, imposition mondiale + PS 17,2 %/18,6 %. La solution patrimoniale que nous avons construite : installation formelle au Portugal (régime IFICI si éligible), contrat de prestation entre sa SAS FR et sa nouvelle structure portugaise, rigueur documentaire (baux, factures, billets d'avion). Économie fiscale potentielle : 12 000 à 25 000 €/an selon profil. Message clé : « nulle part » n'existe pas aux yeux du fisc.

Cas 9 — Pierre, retraité fonction publique à Lisbonne

Pierre, 68 ans, ex-enseignant, perçoit 38 000 € de pension Éducation nationale + 14 000 € de pension complémentaire privée. Installé à Cascais. Règle OCDE (convention FR-PT art. 19) : les pensions publiques (pension État, fonction publique) restent imposées en France, les pensions privées relèvent du pays de résidence. Sa pension Éducation nationale (38 000 €) reste donc imposée en France — et elle profite de l'option taux moyen (taux mondial théorique ≈ 14 %, appliqué en France au lieu des 20 % minimum) : gain annuel ~2 300 €. Sa pension privée (14 000 €) est imposable au Portugal (barème portugais, sans régime RNH qui a pris fin en 2024). Double déclaration 2047 + 2042-NR + avis portugais. Point d'attention : ne jamais confondre les deux pensions sur un seul formulaire.

Cas 10 — Alexandra & Michael, couple franco-américain (« US person »)

Alexandra, française, installée avec Michael (citoyen américain) à Paris. Michael a le statut de US person : imposé par les États-Unis sur ses revenus mondiaux (nationalité américaine = obligation fiscale perpétuelle). Trois pièges majeurs que nous traitons : (1) PFIC : leur assurance-vie française est qualifiée de Passive Foreign Investment Company par l'IRS, avec un régime fiscal américain punitif (taxe sur gains latents + intérêts de retard). Solution : privilégier un CTO en direct + fonds US. (2) FATCA : toutes les banques françaises déclarent ses comptes à l'IRS. (3) SCI « per se corporation » : l'IRS qualifie la SCI française comme société opaque par défaut — double imposition garantie en cas de revenus fonciers. Solution : option IS expresse de la SCI, ou détention en direct. Impact fiscal optimisé net : ~12 000 €/an d'économies + sécurité vis-à-vis de l'IRS (pénalités FBAR/FATCA pouvant atteindre 10 000 $ par compte non déclaré).

Hagnéré Patrimoine

Couple franco-américain, retraité au Portugal, dirigeant à Dubaï : chaque cas a son plan

PFIC, FATCA, SCI qualification US, RNH, convention cantonale suisse, exit tax : les schémas changent radicalement selon le pays et le statut. On construit votre plan sur mesure.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 19Calendrier 2026 + erreurs·3 min

15. Calendrier déclaration 2026 + erreurs à éviter

Pour finir, le côté purement opérationnel : les dates butoir 2026, les formulaires à remplir, et les trois ou quatre erreurs les plus fréquentes — du PEA clôturé par réflexe au représentant fiscal oublié sur une cession à 200 000 euros.

Calendrier 2026 des non-résidents

Tableau comparatif : Échéance — Événement — Premier cas : 9 avril 2026
ÉchéanceÉvénement
9 avril 2026Ouverture de la déclaration pré-remplie en ligne
19 mai 2026Date limite déclaration papier (formulaire 2042-NR)
21 mai 2026 à 23h59Date limite déclaration en ligne (départements 01-19, incluant les non-résidents)
15 septembre 2026Avis d’impôt mis à disposition
15 décembre 2026Solde d’impôt prélevé

Concrètement, bloquez dans votre agenda le 21 mai 2026 à 23h59. C'est votre deadline ferme pour la déclaration en ligne (les non-résidents sont rattachés au calendrier des départements 01-19). Passé ce délai : majoration 10 % automatique, puis 40 % en cas de mise en demeure restée sans réponse.

Formulaires à connaître

  • 2042 : déclaration principale (revenus français).
  • 2042-NR : complément non-résidents.
  • 2044 : revenus fonciers (loyers nus).
  • 2047 : revenus étrangers (si option taux moyen).
  • 2074-ETD : exit tax.
  • 2042-IFI : IFI.
  • 3916 / 3916-bis : comptes bancaires et crypto à l'étranger.
  • 5000 / 5001 : remboursement retenue à la source.

Formulaire 3916 : à ne surtout pas oublier au retour

Tout compte étranger conservé après le retour en France doit être déclaré sur le formulaire 3916 dans la première déclaration française post-retour. Procédure détaillée et 3 cas pratiques chiffrés dans notre guide FATCA, CRS et formulaire 3916 en 2026.

SIPNR : contacts utiles

Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR)
10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-le-Grand Cedex
Téléphone : +33 1 72 95 20 42
Compétence : tous les non-résidents, anciens numéros fiscaux français.

13 erreurs récurrentes à éviter

  1. Oublier de mettre à jour son adresse sur impots.gouv.fr après le départ.
  2. Ne pas déclarer ses comptes étrangers (amende 1 500 € par compte).
  3. Confondre formulaire 2042 et 2042-NR.
  4. Oublier l'option taux moyen (économie possible 2 000 à 5 000 €/an).
  5. Ne pas demander le remboursement retenue via 5000/5001.
  6. Clôturer son PEA par réflexe (alors qu'il peut être maintenu depuis 2019).
  7. Oublier de désigner un représentant fiscal pour une vente immobilière > 150 k€ hors EEE.
  8. Déclarer ses revenus étrangers sur la déclaration française (ils ne le sont pas en non-résident).
  9. Mal calculer la date pivot de l'année du départ.
  10. Ignorer l'existence de la règle des 6 ans pour succession internationale.
  11. Partir sans purger les plus-values (exit tax inutile).
  12. Ne pas négocier la prime d'impatriation au retour (art. 155 B).
  13. Confondre résidence fiscale et nationalité.
§ 20FAQ et ressources·5 min

16. FAQ et ressources

Les 20 questions les plus fréquentes sont regroupées dans la section FAQ ci-dessous. Pour aller plus loin, consultez nos guides thématiques :

Mini-glossaire des sigles utilisés

Pour vous y retrouver dans la jungle des acronymes fiscaux internationaux, voici le décodage de tous les sigles rencontrés dans ce guide.

Tableau comparatif : Sigle — Signification — Premier cas : ALCP
SigleSignification
ALCPAccord sur la Libre Circulation des Personnes (FR-CH, 21/06/1999)
AV / AVLAssurance-Vie / Assurance-Vie Luxembourgeoise
BEPSBase Érosion and Profit Shifting (plan OCDE anti-évasion 2015)
BIC / BNCBénéfices Industriels et Commerciaux / Non Commerciaux
BOFiPBulletin Officiel des Finances Publiques (doctrine administrative)
CADFComité de l’Abus de Droit Fiscal
CDHRContribution Différentielle sur les Hauts Revenus (art. 224 CGI)
CEConseil d’État (juridiction administrative suprême)
CEHRContribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (art. 223 sexies CGI, 3-4 %)
CFAContribution Financière pour l’Autonomie (LFSS 2026, +1,4 pt CSG)
CGICode Général des Impôts
CJUECour de Justice de l’Union Européenne
CRSCommon Reporting Standard (échange automatique de données OCDE)
DACDirective on Administrative Coopération (UE — DAC6/7/8)
DGFiPDirection Générale des Finances Publiques
EEEEspace Économique Européen (UE + Islande, Norvège, Liechtenstein)
ETNCÉtats et Territoires Non Coopératifs (art. 238-0 A CGI)
FATCAForeign Account Tax Compliance Act (loi US 2010, échange FR-US)
FIGForeign Income and Gains régime (UK, depuis 06/04/2025)
GloBEGlobal Anti-Base Érosion (Pilier 2 OCDE, IS min 15 %)
HNWIHigh Net Worth Individual (particulier fortuné, > 1 M€)
IFIImpôt sur la Fortune Immobilière (art. 964 CGI)
IFICIIncentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação — dispositif portugais ciblé distinct du RNH ; droit commun sauf éligibilité prouvée
IR / ISImpôt sur le Revenu / Impôt sur les Sociétés
LF / LFSSLoi de Finances / Loi de Financement de la Sécurité Sociale
LMNPLocation Meublée Non Professionnelle
LPFLivre des Procédures Fiscales
NRNon-Résident fiscal (au sens des conventions ou de l’art. 4 B CGI)
PASPrélèvement À la Source
PEAPlan d’Épargne en Actions
PERPlan d’Épargne Retraite
PFUPrélèvement Forfaitaire Unique (« flat tax » : 31,4 % en 2026 sur dividendes, intérêts et plus-values mobilières, 30 % sur l’assurance-vie)
PSPrélèvements Sociaux (CSG + CRDS + prélèvement solidarité ± CFA)
PSAN / CASPPrestataire de Services sur Actifs Numériques / Crypto Asset Service Provider
PVPlus-Value
QDMTTQualified Domestic Minimum Top-up Tax (Pilier 2 OCDE, prélèvement national)
RASRetenue À la Source
RFRRevenu Fiscal de Référence
RNHRésident Non Habituel (Portugal, ex-régime 2009-2023)
SCI / SCPI / OPCISociété Civile Immobilière / Société Civile de Placement Immobilier / Organisme de Placement Collectif Immobilier
SIPNRService des Impôts des Particuliers Non-Résidents (Noisy-le-Grand)
TFUETraité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne
TMITranche Marginale d’Imposition
UCUnités de Compte (supports d’assurance-vie en actions/OPCVM/immobilier)

Sources officielles

  • Code général des impôts (CGI) : articles 4 B, 4 bis, 6 § 4, 119 bis, 123 bis, 125 A, 155 B, 164 B, 164 D, 167 bis, 182 A, 182 B, 187, 197 A, 197 B, 200 A, 209 B, 235 ter, 238 A, 238-0 A, 244 bis A, 244 bis B, 750 ter, 757 B, 774 bis, 964, 990 I, 1407 ter, 1609 nonies G, 1649 A, 1649 bis C, 1736 IV
  • Bulletin officiel des finances publiques : BOI-IR-DOMIC, BOI-IR-DOMIC-40 (Schumacker), BOI-RPPM-RCM-30-30, BOI-RES-RPPM-000203 (rescrit 24/07/2025), BOI-RFPI-PVINR-10 à 40 (MAJ 03/2025), BOI-RFPI-PVINR-30-20 (représentant fiscal, MAJ 22/01/2025), BOI-BAREME-000043 (ACTU-2026-00021, barème 182 A), BOI-PAT-IFI-20-30, BOI-ANNX-000306 (liste conventions)
  • Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (LF 2025, art. 96 modifiant art. 119 bis CGI ; primauté conventionnelle art. 4 B)
  • Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026 promulguée — amendement Tanguy I-807 écarté, régime 2/5 ans de l'exit tax maintenu ; décision CC n° 2026-901 DC du 19/02/2026)
  • Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026, hausse CSG mobilière 9,2 → 10,6 %)
  • Décret n° 2025-502 du 6 juin 2025 (représentant fiscal accrédité art. 244 bis A)
  • Règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012 (succession internationale, professio juris, art. 21-22) — applicable depuis 17/08/2015
  • Règlement (UE) n° 2016/1103 du 24 juin 2016 (régime matrimonial international) — applicable depuis 29/01/2019
  • Modèle de convention fiscale OCDE art. 4 § 2 (tie-breaker rules) + commentaires 2024
  • Avenant franco-suisse du 27 juin 2023 (télétravail transfrontalier 40 %) — entré en vigueur 30/06/2023
  • Convention franco-allemande du 21 juillet 1959, art. 13 (5), et KonsVerFRAV § 7 (1) 1. (contingent de 45 jours ouvrés hors zone ou sans retour)
  • CJUE : de Ruyter C-623/13 du 26/02/2015 ; Wächtler C-581/17 du 26/02/2019 ; N C-470/04 du 07/09/2006 ; Lasteyrie du Saillant C-9/02 du 11/03/2004 ; Schumacker C-279/93 du 14/02/1995 ; Dreyer C-372/18 du 14/03/2019 ; Jahin C-45/17 du 18/01/2018
  • Conseil d'État : n° 469771 du 5 février 2024 (art. 4 B et tie-breaker conventionnel) ; n° 472284 du 5 février 2024 (résidence conventionnelle) ; n° 434972 du 9 juin 2020 (primauté conventionnelle) ; n° 472587 du 8 décembre 2023 (art. 119 bis et bénéficiaire effectif)
  • Cass. com. 2 avril 2025 (SCI luxembourgeoise prépondérance immobilière — IFI)
  • Section 1291 IRC (Internal Revenue Code) — régime PFIC pour US persons
  • Arrêté du 15 avril 2026 (JORF n° 0099 du 26/04/2026) — liste ETNC en vigueur
  • CJUE : Schumacker C-279/93 (14/02/1995), De Ruyter C-623/13 (26/02/2015), Jahin C-45/17 (18/01/2018), Dreyer C-372/18 (14/03/2019), C-365/16 (17/05/2017)
  • Conseil d'État : CE 05/02/2024 n° 469771 (primauté résidence conventionnelle), CE 05/07/2023 n° 464928 (exo 150 k€), CE 30/09/2025 n° 490793 (résident conventionnel — Lolie/The Continuity Group), CE Natixis 08/03/2023 n° 456349 ; Accord FR-UK 24/12/2020 (UK post-Brexit, taux 7,5 %)
  • Cour de cassation : Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 (primes exagérées, réserve non critère), Cass. 3e civ. 19/09/2024 (quasi-usufruit)
  • CAA Versailles 18/05/2023 n° 21VE02336 (RP pré-départ et bail précaire) ; CAA Paris 14/03/2024 n° 22PA04567
  • Accord France–UK de sécurité sociale du 24 décembre 2020
  • Accord amiable franco-suisse du 27 juin 2023 (télétravail frontalier 40 %)
  • Convention fiscale OCDE — modèle 2017 + Instrument multilatéral BEPS (signé 07/06/2017, effet FR 01/01/2019)

Disclaimer

Informations pédagogiques — pas un conseil personnalisé

Ce guide présente un état du droit et de la doctrine administrative au 14 avril 2026 (LF 2026 n° 2026-103 du 19/02/2026 prise en compte ; LFSS 2026 intégrée pour la hausse CSG mobilière à 18,6 %). Chaque situation est unique : âge, composition familiale, structure patrimoniale, pays de résidence cible, projet professionnel. Ce contenu ne constitue ni un conseil fiscal personnalisé, ni une recommandation d'investissement. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Pour toute décision engageante (départ, retour, cession, donation), nous recommandons un audit patrimonial avec un conseiller immatriculé à l'ORIAS (CIF · COA · COBSP).
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§ 21Index des guides pays·3 min

17. Les 22 guides pays, chapitre par chapitre

Chaque destination fait l'objet d'un guide complet, découpé en volets thématiques pour rester intégralement lisible. Le guide porteur garde l'essentiel et la grille de décision ; chaque volet traite un sujet — résidence fiscale, convention, exit tax, immobilier, succession, protection sociale.

§ 22Index du dossier·2 min

18. Index complet du dossier non-résidents (293 guides)

Chaque guide publié dans le dossier fiscalité des non-résidents est listé ici — guides pays, volets thématiques et régime des impatriés. Cet index est généré automatiquement depuis l'arborescence du site : toute nouvelle publication y figure sans mise à jour manuelle.

ACCOMPAGNEMENT

LF 2026 — régime 2/5 ans de l'exit tax maintenu

L'amendement Tanguy I-807 (retour à 15 ans) a été écarté du texte final (49.3 du 23/01/2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026). Le dégrèvement reste à 2 ans (≤ 2,57 M€) ou 5 ans (au-delà). Vigilance néanmoins pour le PLF 2027.

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Sources et références légales

  • CGI — fiscalité non-résidents

    Art. 4 B CGI (4 critères de domiciliation fiscale). Art. 182 A CGI (retenue source salaires/pensions 0/12/20 %). Art. 197 A CGI (taux minimum 20/30 %). Art. 244 bis A CGI (PV immobilières non-résidents, représentant fiscal accrédité). Art. 167 bis CGI (exit tax, seuil 800 k€ ou ≥ 50 %, régime 2/5 ans). Art. 155 B CGI (régime impatrié 8 ans). Art. 750 ter CGI (rattachement territorial droits de succession). Art. 1649 A bis CGI (déclaration 3916-bis comptes étrangers, amende 1 500 €/compte, 10 000 € si ETNC). Art. 964 CGI (IFI non-résidents : immobilier France uniquement). Art. 119 bis CGI (retenue 12,8 % dividendes, taux depuis 2018). Art. 238-0 A CGI (liste ETNC).

  • LF 2025, LF 2026 & LFSS 2026

    LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025) art. 96 : modalités procédurales art. 119 bis A CGI applicables au 1/01/2026 (bénéficiaire effectif, anti-abus). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : régime 2/5 ans de l'exit tax MAINTENU (amendement Tanguy I-807 écarté), art. 7 (taxe holdings 235 ter C, 20 %). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : CSG mobilière portée de 9,2 % à 10,6 % (PS 17,2 → 18,6 % sur revenus mobiliers). Décision CC n° 2026-901 DC du 19/02/2026.

  • Conventions bilatérales & UE

    128 conventions en vigueur au 1/01/2026 selon BOI-ANNX-000306 (version du 29/04/2026), dont 38 lignes portant un code successions ou donations. Convention modèle OCDE art. 4 § 2 (tie-breaker, commentaires 2024). Avenant franco-suisse 27/06/2023 (télétravail 40 %). Convention franco-allemande du 21/07/1959, art. 13 (5), et KonsVerFRAV § 7 (1) 1. : contingent de 45 jours ouvrés hors zone ou sans retour. Accord FR-UK Trade and Coopération Agreement 24/12/2020 (PS 7,5 %). Règl. UE 650/2012 (succession internationale, professio juris). Règl. UE 2016/1103 (régime matrimonial international). Règl. CE 883/2004 (sécurité sociale). BOI-ANNX-000306 (liste conventions).

  • Jurisprudence pivot CJUE & CE

    CJUE de Ruyter C-623/13 (26/02/2015) : exonération CSG/CRDS pour affiliés UE/EEE/Suisse, PS limités à 7,5 %. CJUE Schumacker C-279/93 (14/02/1995) : assimilation résident pour NR avec ≥ 75 % revenus FR. CJUE Wächtler C-581/17 (26/02/2019) : exit tax et liberté de circulation. CE 5/02/2024 n° 469771 : primauté résidence conventionnelle sur art. 4 B. CE 30/09/2025 n° 490793 (Lolie/Continuity Group) : qualification résident conventionnel. Cass. com. 2/04/2025 (SCI luxembourgeoise prépondérance immobilière, IFI).

  • Décrets & doctrine BOFiP

    Décret n° 2025-502 du 6/06/2025 : représentant fiscal accrédité art. 244 bis A (caution 0,5 % ou 1 M€, responsabilité 3 ans). Arrêté du 15/04/2026 (JORF n° 0099 du 26/04/2026) : liste ETNC en vigueur (onze juridictions, Vietnam à compter du 1/07/2026). BOI-IR-DOMIC-40 (régime Schumacker). BOI-RFPI-PVINR-10 à 40 (PV immobilières NR, MAJ 03/2025). BOI-RFPI-PVINR-30-20 (représentant fiscal, MAJ 22/01/2025). BOI-BARÈME-000043 (ACTU-2026-00021, barème 182 A). BOI-PAT-IFI-20-30 (IFI NR). BOI-RES-RPPM-000203 (rescrit 24/07/2025).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il présente l'état du droit et de la doctrine au 10 mai 2026 (LF 2026 n° 2026-103 du 19/02/2026 ; LFSS 2026 ; décret 2025-502 ; arrêté ETNC 15/04/2026). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout projet d'expatriation, de retour ou de cession doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable.

Foire aux questions

Tout sur la fiscalité des non-résidents 2026 départ, retour, conventions, IFI, exit tax.

Résidence fiscale & tie-breaker, imposition à la source & PS, obligations déclaratives & exit tax, régimes spéciaux (impatrié, AVL, IFI). Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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Prendre rendez-vous
  • L'article 4 B du CGI fixe quatre critères alternatifs : foyer (famille) en France, lieu de séjour principal (plus de 183 jours), activité professionnelle non accessoire exercée en France, ou centre des intérêts économiques (principaux actifs, placements, direction d'affaires). Un seul critère suffit pour être qualifié résident. Si vous êtes aussi considéré comme résident par un autre pays, la convention fiscale bilatérale tranche via les règles de priorité OCDE (foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité). Une convention prime toujours sur le droit interne français (CE 5/02/2024 n° 469771).