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Guide expert AVL expatriés28 minMis à jour 24 juillet 2026Art. 167 bis : périmètre à auditer

Assurance-vie luxembourgeoise pour expatriés : le guide complet 2026

Changer de pays avec un contrat luxembourgeois suppose de vérifier l'assureur, le produit, la distribution transfrontière et la fiscalité source-résidence. Ce guide analyse 12 pays, l'article 167 bis, le retour en France, le multi-devises et les obligations déclaratives.

AUDIT AVL EXPATRIÉ

Sécuriser votre AVL en expatriation ou préparer votre retour France impatrié

La résidence, le droit de distribution, le contrat, les déclarations et les professionnels compétents doivent être qualifiés avant toute recommandation.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Préqualification du pays
  • Hypothèses documentées
  • Périmètre réglementaire vérifié
  • Aucune disponibilité présumée

ANALYSE EXIT TAX

Foyer

DEVISES NATIVES

4

PAYS ANALYSÉS

12

EXO IFI IMPATRIÉ

5 ans

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine, non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

§ 01Pourquoi AVL·5 min

1. Pourquoi l'assurance vie luxembourgeoise est le passeport financier des expatriés

Mis à jour le 24 juillet 2026Guide vérifié par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (CIF · COA · COBSP)~ 28 min de lecture

En 60 secondes

  • Pour qui ? Cadres dirigeants, entrepreneurs et retraités qui partent vivre à l'étranger (Dubaï, Lisbonne, Genève, Londres, Singapour…) ou rentrent en France après plusieurs années expatriés.
  • Ce qu'il faut vérifier : acceptation du pays par l'assureur, disponibilité du produit et des supports, distribution transfrontière, coûts, déclarations et fiscalité source-résidence.
  • Repères : 12 pays analysés, jusqu'à 4 devises selon le contrat, article 167 bis à auditer au niveau du foyer et fenêtre IFI de l'impatrié sous conditions.
  • Risque principal : l'affaire FWU (2024-2025) rappelle que le super-privilège protège le rang de créance, pas la valeur des sous-jacents — le choix de l'assureur et des supports reste déterminant.
  • Temps de lecture : ~28 min — ou 60 secondes si vous vous arrêtez ici.

Imaginez : mutation à Dubaï dans six mois, retour à Paris prévu dans cinq ans. Votre contrat peut-il rester ouvert, recevoir des versements et offrir les mêmes supports ? La réponse dépend de l'assureur, du produit, du pays et des autorisations de distribution. La valeur du contrat n'entre pas, en tant que telle, dans l'assiette ordinaire de l'article 167 bis, mais les autres actifs et reports du foyer restent à inventorier. Ce guide passe en revue 12 pays de résidence.

Que vous prépariez un départ ou que vous viviez déjà loin de France depuis des années, la même angoisse finit par tomber : que devient votre épargne ? Beaucoup d'expatriés découvrent un matin que leur assureur français a gelé les versements, parfois sans préavis. C'est rarement écrit en gros sur les CGV.

Pour les curieux et les conseils fiscaux, voici les textes qui structurent ce guide. Si vous n'êtes ni l'un ni l'autre, passez directement au paragraphe suivant — tout est traduit en français courant dans la suite.

Références légales et réglementaires mobilisées

CGI : art. 4 B (domicile fiscal · modifié LF 2025), 167 bis (exit tax · assiette à inventorier au niveau du foyer), 155 B (régime impatrié), 964 (IFI · fenêtre 5 ans impatriés), 125-0 A et 125 D (rachats et prélèvement des non-résidents), 990 I et 757 B (DMTG — droits de mutation à titre gratuit — au décès), 1649 AA (obligation déclarative contrats étrangers). Code monétaire et financier : L.631-2-1 (Sapin 2 — non applicable aux AVL). Formulaires : CERFA 3916-bis (déclaration contrats étrangers), CERFA 5000-SD / 5001-SD / 5002-SD (résidence fiscale). Luxembourg : Loi sur le secteur des assurances du 7 décembre 2015 (super-privilège art. 118), supervision Commissariat aux Assurances (CAA). Union européenne : Directive DAC 2 (2014/107/UE · CRS), Règlement UE 650/2012 (successions internationales). International : FATCA (accord FR/USA 14/11/2013), convention fiscale bilatérale par pays de résidence. Textes 2024-2026 : LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025 · modifie l'art. 4 B CGI pour légaliser la primauté des conventions fiscales), LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 · PS AV maintenus à 17,2 % via art. L.136-8 IV CSS), LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 · option barème révocable, CDHR prorogée). Régimes étrangers cités : UK FIG (Finance Act 2025, en vigueur depuis le 6 avril 2025), Italie neo-residenti (art. 24-bis TUIR, forfait 200 k€ depuis DL 113/2024 porté à 300 k€ par LdB 2026 pour nouveaux transferts), Belgique taxe Reynders (art. 19bis CIR/92), Portugal IFICI (Portaria 352/2024/1, dispositif ciblé distinct du RNH), Allemagne Halbeinkünfteverfahren (§ 20 Abs. 1 Nr. 6 EStG).

Le contrat d'assurance vie luxembourgeoise a justement été conçu pour ces situations. Dès sa création, il a été pensé pour la mobilité internationale. Quatre différences structurelles le séparent d'un contrat français — et elles changent tout quand on traverse une frontière.

Mobilité sous conditions

Le maintien du contrat, des opérations et des supports dépend de l'acceptation écrite de l'assureur, du produit, du pays et des autorisations de distribution ou de libre prestation de services.

Fiscalité à plusieurs étages

Il faut identifier le payeur et la source, une retenue éventuelle, la convention fiscale, l'impôt du pays de résidence et le crédit ou remboursement éventuellement admis.

Multi-devises natif

Possibilité d'investir en EUR, USD, GBP ou CHF. Élimination du risque de change pour les expatriés en zone dollar, livre sterling ou franc suisse.

Rang de créance prioritaire

Les actifs représentatifs sont déposés auprès d'une banque dépositaire. En liquidation, le souscripteur bénéficie d'un privilège de créance ; ce mécanisme ne garantit ni la valeur du contrat ni une récupération intégrale.

La date de souscription reste une donnée contractuelle, mais elle ne garantit pas à elle seule le maintien du service ni un avantage fiscal au retour. Avant chaque mobilité, obtenez une confirmation écrite sur le contrat, les versements, les rachats, les supports, les frais et la qualification fiscale attendue.

L'affaire FWU (2024-2025) : protection structurelle, mais pas magique

L'assureur FWU Life Insurance Lux a déclaré son insolvabilité le 19 juillet 2024. La liquidation judiciaire a été prononcée par le Tribunal d'arrondissement de Luxembourg le 31 janvier 2025, gelant environ 30 000 contrats français. Le dossier a beaucoup circulé chez les expatriés. Deux choses méritent qu'on s'y arrête :

✅ Ce qui a fonctionné. Les souscripteurs luxembourgeois ont bien bénéficié du triangle de sécurité : actifs ségrégués chez une banque dépositaire indépendante, super-privilège les plaçant créanciers de rang 1. Les souscripteurs allemands FWU, eux, ont eu moins de protections.

⚠️ Ce que le rang de créance n'empêche pas. Plusieurs contrats FWU reposaient sur des produits d'épargne à formule fragiles : la valeur liquidative de certains dossiers a fortement chuté. Le privilège est le rang juridique de la créance sur les actifs représentatifs en liquidation ; il ne garantit ni la valeur nominale du capital, ni la qualité des sous-jacents, ni une récupération intégrale. L'assureur, le contrat, les frais, la liquidité et les supports doivent donc être audités séparément.

Êtes-vous concerné ?

  • Expatriés actuels — vous résidez hors de France (salarié, entrepreneur, retraité)
  • Futurs expatriés — vous préparez un départ dans les 2 à 5 ans
  • Impatriés — vous vous installez en France après des années à l'étranger
  • Frontaliers — vous vivez en France et traversez la frontière chaque jour pour travailler en Suisse, en Belgique ou au Luxembourg
  • Bi-nationaux — vous êtes potentiellement résident fiscal de deux pays
  • Familles internationales — votre conjoint ou vos enfants vivent dans un autre pays

Reste une vraie question : comment cette portabilité fonctionne en pratique, le jour où vous changez de pays ? On entre dans le concret tout de suite.

§ 02Portabilité·4 min

2. Portabilité internationale : comment ça marche concrètement

Vous acceptez un poste à Londres. Deux ans plus tard, votre entreprise vous envoie à Singapour. Puis vous rentrez en France pour la retraite. Que devient votre contrat à chaque étape ? C'est la question centrale de la portabilité.

Le pays d'établissement de l'assureur ne suffit pas à rendre un contrat portable. Français ou luxembourgeois, il faut vérifier l'acceptation de la nouvelle résidence, la possibilité d'y servir le produit, les autorisations de l'assureur et de l'intermédiaire, puis le maintien des versements, rachats, supports et garanties. La mise à jour CRS n'est qu'une formalité parmi d'autres.

2.1 Le mécanisme de la neutralité fiscale

La « neutralité » luxembourgeoise décrit d'abord le traitement du contrat par le Luxembourg. Elle ne permet pas de sauter directement au taux du pays de résidence. Le résultat net suppose d'identifier le payeur et la source du revenu, une retenue éventuelle, la convention applicable, le calcul du pays de résidence et le crédit ou remboursement qu'il accepte.

Les quatre contrôles avant un rachat

1. Identifier le payeur, la source et la qualification du produit

2. Calculer la retenue éventuellement pratiquée

3. Appliquer la convention fiscale pertinente

4. Calculer l'impôt de résidence et le crédit ou remboursement admis

Exemple : l'absence générale d'impôt personnel sur le revenu aux Émirats ne prouve pas, à elle seule, un rachat net à 0 %. Un lien français du contrat ou du payeur peut ouvrir une analyse de retenue et de convention ; la qualification locale et les obligations déclaratives restent également à vérifier.

2.2 Ce qui se passe quand vous changez de pays

Vous venez d'obtenir votre mutation. Prévenez l'assureur avant le déménagement et avant toute opération. Sa réponse écrite doit couvrir le maintien du contrat, la distribution transfrontière, les supports, les frais, les opérations et le reporting.

Tableau comparatif : Étape — Démarche — Délai — Premier cas : 1. Faisabilité pays
ÉtapeDémarcheDélai
1. Faisabilité paysObtenir l'accord écrit de l'assureur et vérifier produit, LPS ou autorisation locale et intermédiaireAvant le départ
2. Vérification KYCMettre à jour résidence, NIF, source des fonds, sanctions et bénéficiaire effectifAvant toute opération
3. Conditions de serviceConfirmer versements, rachats, supports, garanties, frais et éventuelles adaptationsAvant acceptation
4. Fiscalité et reportingDocumenter retenue, convention, impôt local, crédit éventuel et reporting CRSAvant le premier rachat

Selon la réponse, le contrat peut rester ouvert, être limité aux opérations de gestion, perdre certains supports ou nécessiter une adaptation. Les frais et les délais ne sont pas universels. La date contractuelle peut demeurer inchangée sans que sa reconnaissance fiscale dans le nouveau pays ou au retour soit pour autant garantie.

Disponibilité à confirmer, pays par pays

Les contraintes peuvent venir des sanctions, de FATCA, du droit des valeurs mobilières, du contrôle des changes ou des règles locales de distribution d'assurance. Même au sein de l'UE, la libre prestation de services et le périmètre déclaré par l'assureur doivent être vérifiés. Une liste commerciale de pays « couverts » ne remplace jamais une acceptation écrite du dossier.

Une question légitime se pose alors : si le luxembourgeois est si souple, pourquoi ne pas garder simplement son contrat français en partant à l'étranger ? Le tableau qui suit met les deux face à face.

§ 03FR vs LU·5 min

3. Contrat français vs luxembourgeois à l'étranger

« Je pars à l'étranger, que faire de mon contrat d'assurance vie français ? » C'est la question que nous entendons le plus souvent. Et la réponse est rarement rassurante pour ceux qui n'ont qu'un contrat hexagonal dans leur patrimoine.

Les deux contrats peuvent rencontrer des contraintes concrètes après un changement de résidence. Le tableau ci-dessous indique les questions à poser ; il ne préjuge ni l'acceptation d'un pays ni le résultat fiscal.

Tableau comparatif : Critère — Contrat français — Contrat luxembourgeois — Premier cas : Mobilité
CritèreContrat françaisContrat luxembourgeois
MobilitéAcceptation, opérations et supports à vérifierAcceptation, produit et distribution/LPS à vérifier
Loi Sapin 2Applicable — gel des rachats possible en cas de criseNon applicable — droit luxembourgeois uniquement
Multi-devisesRarement disponible (EUR uniquement)EUR, USD, GBP, CHF natif
Protection en cas de défaillanceFGAP : plafond légal à vérifierPrivilège : rang de créance, sans garantie de valeur
Reconnaissance internationaleVariable selon le produit et le paysVariable selon le produit et le droit local
Univers d'investissementUC + fonds eurosFID, FAS, hedge funds, PE, clean shares
Retenue à la source rachatPrélèvement du non-résident puis convention à vérifierPayeur, source, convention et crédit à vérifier
Reporting fiscalObligations du payeur et du résident à vérifierCRS et obligations locales à vérifier

À résidence, primes et supports identiques, les deux contrats ne donnent pas nécessairement le même résultat : frais, garanties, supports, payeur et obligations diffèrent. Une comparaison utile repose sur les documents contractuels et un calcul complet après retenue, convention et crédit. Pour comparer en détail, découvrez nos contrats luxembourgeois.

Le piège du contrat français à l'étranger

Plusieurs assureurs français (notamment les bancassureurs) refusent les versements aux non-résidents ou limitent drastiquement les opérations disponibles. Certains contrats sont même résiliés d'office en cas de changement de résidence hors UE. Avant tout départ, vérifiez les conditions générales de votre contrat.

3.1 Retenue à la source sur les rachats (art. 125-0 A et 125 A CGI)

Vous vivez à l'étranger et vous souhaitez retirer de l'argent de votre contrat français. Mauvaise surprise : l'État français prélève un impôt directement sur vos gains, avant même de vous verser le solde. C'est ce qu'on appelle la retenue à la source.

Le taux de cette retenue dépend de deux choses : la date de vos versements et l'ancienneté de votre contrat.

Tableau comparatif : Durée du contrat — Primes versées avant le 27/09/2017 — Primes versées après le 27/09/2017 — Premier cas : Moins de 4 ans
Durée du contratPrimes versées avant le 27/09/2017Primes versées après le 27/09/2017
Moins de 4 ans35 %12,8 % (PFU)
4 à 8 ans15 %12,8 % (PFU)
Plus de 8 ans (gains < 150 000 €)7,5 %7,5 %
Plus de 8 ans (gains > 150 000 €)7,5 %12,8 %
Pays non coopératif (ETNC)75 %75 %

Pour resituer : le prélèvement applicable au non-résident sur les produits d'un contrat français dépend notamment de la date des primes, de la durée du contrat et de la convention. Pour un contrat luxembourgeois, il faut encore identifier qui paie le produit et comment chaque État en qualifie la source : le seul siège luxembourgeois de l'assureur ne suffit pas à conclure.

Les conventions fiscales bilatérales peuvent réduire la retenue ou ouvrir un remboursement, sous réserve des formulaires et justificatifs exigés par l'assureur ou l'administration. Les non-résidents ne supportent en principe pas les prélèvements sociaux français sur ces produits, mais résidence, source et situation doivent être établies. Nous détaillons ce sujet dans notre guide des prélèvements sociaux.

Côté luxembourgeois, ne promettez jamais un net à 0 % à partir du seul siège de l'assureur. Demandez un calcul écrit distinguant retenue du payeur ou de l'État de source, convention, impôt du pays de résidence, obligations déclaratives et crédit ou remboursement éventuel.

La fiscalité n'est pas le seul nerf de la guerre. Un salarié payé en dollars dont le contrat est libellé en euros peut voir son capital fondre de 10 à 15 % sur une année de baisse du billet vert, sans avoir touché à un seul arbitrage. D'où l'intérêt du multi-devises, qu'on aborde maintenant.

§ 04Multi-devises·4 min

4. Multi-devises : EUR, USD, GBP, CHF

Vous vivez à Londres. Vous gagnez et dépensez en livres sterling. Votre contrat d'assurance vie est libellé en euros. Si la livre chute de 10 % face à l'euro, vous perdez 10 % de votre pouvoir d'achat réel — même si vos investissements ont bien performé.

Ce risque-là, on ne le voit pas sur un relevé, mais il grignote votre épargne en silence. Le multi-devises, c'est tout simplement le droit de choisir dans quelle monnaie votre contrat est libellé : idéalement celle dans laquelle vous vivez et dépensez au quotidien.

Les contrats luxembourgeois permettent de choisir parmi 4 devises principales :

Tableau comparatif : Devise — Zone d'utilisation — Assureurs proposant cette devise — Premier cas : EUR (€)
DeviseZone d'utilisationAssureurs proposant cette devise
EUR (€)Zone euro, la plupart des paysTous les assureurs luxembourgeois
USD ($)États-Unis, Émirats, Hong Kong, SingapourOneLife, Wealins, Lombard International, La Baloise
GBP (£)Royaume-Uni, îles Anglo-NormandesOneLife, Wealins, Lombard International
CHF (Fr.)Suisse, LiechtensteinOneLife, Wealins, La Baloise

Comment ça marche concrètement

Vous choisissez la devise de référence du contrat à la souscription. Les versements, les rachats et la valorisation sont exprimés dans cette devise. Les supports sous-jacents (fonds, ETF, obligations) peuvent être dans n'importe quelle devise — c'est le contrat qui sert de « conteneur » dans la devise choisie. Certains assureurs permettent même d'avoir plusieurs poches en devises différentes au sein d'un même contrat.

4.1 Quelle devise choisir selon votre destination ?

La règle tient en une phrase : votre contrat doit parler la devise dans laquelle vous payez votre loyer et vos courses. Le tableau ci-dessous donne le bon réflexe selon où vous posez vos valises.

Tableau comparatif : Destination — Devise recommandée — Raison — Premier cas : Suisse
DestinationDevise recommandéeRaison
SuisseCHFRevenus en CHF, dépenses en CHF, pas de risque de change
Royaume-UniGBPMême logique — stabilité avec les dépenses locales
Émirats / Singapour / HKUSDDevise de référence locale (AED/SGD indexé ou corrélé au USD)
Belgique / Allemagne / ItalieEURMême zone monétaire
Portugal / EspagneEURMême zone monétaire
France (retour prévu)EURAnticiper le retour en zone euro

Concrètement, si votre expatriation est temporaire (3 à 5 ans) avec un retour en France prévu, gardez le contrat en euros. Si l'installation est durable, basculez dans la devise locale.

Voilà votre épargne à l'abri du change. Mais il reste une autre angoisse, plus sourde, dont peu d'expatriés osent parler avant le rendez-vous : l'exit tax au moment de plier bagage. On y vient tout de suite.

§ 05Exit tax·6 min

5. Exit tax et départ de France (art. 167 bis CGI)

« Est-ce que je vais devoir payer un impôt de sortie en quittant la France ? » La bonne réponse ne se lit pas sur le seul relevé d'assurance-vie. Il faut cartographier l'ensemble du foyer : contrat, titres et droits détenus directement, participations, créances et plus-values en report.

5.1 Le mécanisme de l'exit tax

Le mécanisme tient en une phrase. Au moment où vous quittez la France, le fisc veut sécuriser l'impôt sur les plus-values latentes de vos titres — même non vendus. Il fige une valeur à la date du départ et calcule ce que vous devriez si vous vendiez aujourd'hui.

L'exit tax vise les plus-values latentes sur les titres détenus en direct (actions, obligations, parts de sociétés) au moment où vous quittez la France. Elle se déclenche si la valeur totale de vos titres dépasse 800 000 € par foyer fiscal à la date du départ — ou si vos droits représentent au moins 50 % des bénéfices sociaux d'une société, quel que soit le montant. Le dispositif suppose en outre d'avoir été domicilié fiscalement en France pendant au moins six des dix années précédant le transfert. L'article 167 bis du CGI est le texte qui encadre ce dispositif.

La valeur de rachat du contrat n'entre pas, en tant que telle, dans l'assiette ordinaire décrite par l'article 167 bis. Cette précision utile n'équivaut ni à une exclusion générale du foyer ni à une conclusion d'exit tax nulle.

Contrat hors assiette ordinaire, foyer encore à auditer

L'article 167 bis vise notamment certains droits sociaux, valeurs, titres et créances ainsi que des plus-values déjà placées en report. Le souscripteur détient une créance contractuelle sur l'assureur, et non les titres logés dans l'enveloppe : la valeur du contrat n'est donc pas un portefeuille de titres détenus directement à ajouter tel quel à l'assiette ordinaire. En revanche, toutes les autres lignes du foyer restent à tester et les opérations antérieures doivent être reconstituées.

5.2 Apport de titres : une opération à qualifier, pas une recette

Si vous détenez des actions en direct dans un compte-titres ou une participation, elles peuvent relever du dispositif. Les faire entrer dans un contrat n'est pas une technique standard à recommander avant le départ : l'opération doit d'abord être admise par l'assureur et qualifiée sur les plans civil, contractuel, fiscal et réglementaire.

L'arrêt de la Cour de cassation du 19 mai 2016 (n° 15-13.606) a admis, dans le contexte précis du contrat jugé, la validité d'un fonds dédié fermé alimenté par des titres. Il ne dit pas qu'un apport est toujours possible, qu'il ne constitue jamais une cession ou un transfert taxable, ni qu'il neutralise l'article 167 bis. Ces questions doivent recevoir une réponse écrite avant toute exécution.

Contrôles préalables indispensables

Il faut notamment documenter la propriété et la valorisation des titres, le mécanisme juridique, l'acceptation par l'assureur, les règles du pays de souscription et de destination, l'existence éventuelle d'une cession ou d'un fait générateur, l'article 167 bis, les reports antérieurs et le risque d'abus de droit. Aucun délai de 12 ou 24 mois ne crée, à lui seul, une sécurité fiscale.

5.3 Sursis de paiement de l'exit tax (art. 167 bis IV et V)

Même pour les titres détenus en direct (hors assurance vie), l'exit tax n'est pas toujours payée immédiatement. Deux mécanismes permettent de « mettre en pause » le paiement.

Le sursis de plein droit joue sans formalité si vous partez dans l'Union européenne, dans l'EEE ou dans un État lié à la France par une convention d'assistance administrative et d'assistance au recouvrement. Ailleurs, le sursis suppose une demande expresse, un représentant fiscal en France et des garanties. Dans les deux cas, si vous conservez vos titres pendant le délai légal sans les céder, la dette fiscale est dégrevée.

Tableau comparatif : Mécanisme — Destination — Conditions — Dégrèvement — Premier cas : Sursis de plein droit (art. 167 bis IV)
MécanismeDestinationConditionsDégrèvement
Sursis de plein droit (art. 167 bis IV)État de l'UE ou de l'EEE, ou État tiers lié à la France par une convention d'assistance administrative et d'assistance au recouvrement (hors ETNC)Automatique — ni garantie ni représentant fiscalDégrèvement d'office au terme du délai de conservation, si aucun événement mettant fin au sursis n'est intervenu
Sursis sur option (art. 167 bis V)Autres ÉtatsDemande expresse, désignation d'un représentant fiscal en France et constitution de garantiesMême délai de conservation ; le dégrèvement suppose en outre le respect des obligations déclaratives annuelles
Délai de conservationToutes destinationsApprécié sur la valeur globale des titres du foyer à la date du transfert2 ans si cette valeur n'excède pas 2 570 000 €, 5 ans au-delà. Aucune extension à 15 ans n'a été adoptée : ni la LF 2025 ni la LF 2026 ne l'ont retenue

Concrètement, le Royaume-Uni n'est plus dans l'UE/EEE. La procédure, les garanties, les obligations déclaratives et les événements mettant fin au sursis ou au report dépendent de la destination, de la date du départ et des actifs concernés : ils doivent être validés sur le texte en vigueur au jour du transfert.

CE 476399 du 5 février 2025 : l'exit tax ne s'applique pas rétroactivement

Dans sa décision n° 476399 du 5 février 2025, le Conseil d'État juge que l'exit tax rétablie par la loi de finances rectificative du 29 juillet 2011 ne peut viser que les transferts de domicile intervenus à compter du 11 mai 2011, date à partir de laquelle l'annonce publique de la mesure a été assez claire pour être opposable. La portée est donc étroite : elle concerne les départs du printemps 2011, et non l'ensemble des expatriations antérieures aux réformes de 2014 ou de 2019. Pour les détenteurs d'assurance vie luxembourgeoise, cette jurisprudence est surtout pertinente pour les titres détenus en parallèle du contrat.

Cartographie avant départ

Titres et droits détenus directement → tester seuils et champ de l'article 167 bis

Créances et plus-values en report → inventorier séparément

Valeur du contrat → hors assiette ordinaire en tant que telle

Apport ou transfert préalable → aucune conclusion avant qualification

Résultat du foyer → inconnu tant que l'audit n'est pas terminé

Hagnéré Patrimoine

Exit tax, reports et contrat — cartographier avant le départ

Nous inventorions le contrat, les participations, les titres détenus directement, les créances et les reports, puis coordonnons l'analyse avec les professionnels du droit et de la fiscalité habilités. Aucune opération d'apport n'est proposée sans qualification préalable.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Le contrat ne dispense donc jamais d'un audit de départ au niveau du foyer. Une fois installé, le rachat demande un second audit : payeur, source, convention, impôt de résidence et crédit éventuel. On entre dans le détail.

§ 06Fiscalité 12 pays·12 min

6. Fiscalité par pays de résidence : 12 pays analysés

Combien allez-vous payer d'impôt sur vos rachats selon votre pays de résidence ? C'est la question que tout expatrié se pose en premier. Et la réponse est souvent une bonne surprise.

Le tableau par pays donne des repères de droit local, mais pas un taux net garanti. Pour chaque rachat, il faut superposer qualification du contrat, payeur et source, retenue éventuelle, convention, impôt de résidence, crédit ou remboursement. Voici une matrice d'orientation pour 12 destinations fréquentes.

6.1 Belgique

Vous vous installez à Bruxelles ou à Anvers ? Bonne nouvelle : la Belgique est l'une des destinations les plus favorables pour les détenteurs d'assurance vie luxembourgeoise.

Quelques termes à connaître avant d'entrer dans le vif du sujet. Les unités de compte (UC) sont les supports d'investissement de votre contrat (actions, ETF, fonds) — par opposition au fonds euros, dont le capital est garanti par l’assureur. Le précompte mobilier est l'équivalent belge de notre impôt sur les revenus financiers.

Le principe est encourageant : les gains issus de contrats investis à 100 % en unités de compte (sans garantie de rendement) sont exonérés d'impôt sur le revenu en Belgique.

Tableau comparatif : Situation — Imposition en Belgique — Condition — Premier cas : Contrat 100 % UC equity (sans composante obligataire > 10 %)
SituationImposition en BelgiqueCondition
Contrat 100 % UC equity (sans composante obligataire > 10 %)0 % sur les gainsPas de fonds euros, ni d'OPCVM obligataires > 10 % de l'actif
Contrat avec > 10 % d'actifs obligataires (taxe Reynders)Précompte mobilier 30 % sur la part des gains obligatairesArt. 19bis CIR/92 — seuil de 10 % de composante fixed-income
Contrat avec rendement garanti (fonds euros)Précompte mobilier 30 % sur les gainsToute composante à rendement garanti déclenche le précompte
Taxe de 2 % sur les primes2 % du montant versé — non récupérableÀ chaque versement, y compris contrats luxembourgeois
Prélèvements sociaux0 %La Belgique n'a pas de PS type CSG/CRDS

Concrètement, un expatrié en Belgique avec un contrat 100 % actions ne supporte pas de précompte mobilier sur ses retraits (le précompte vise le rendement garanti et la part obligataire). Il paie 2 % sur chaque versement et, depuis 2026, une nouvelle taxe sur les plus-values de 10 % au-delà de 10 000 € de gains annuels (voir ci-dessous). Le mode d'emploi complet — taxe Reynders, FAS interdit, convention successorale de 1959 — figure dans notre guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise en Belgique.

Piège belge n°1 : la taxe Reynders (art. 19bis CIR/92)

La taxe Reynders — du nom du ministre qui l'a introduite — s'applique dès que votre contrat comporte plus de 10 % de son actif en instruments de dette (obligations, fonds obligataires, fonds euros). Le précompte mobilier de 30 % frappe alors la part des gains attribuable à la composante obligataire. Pour un contrat 100 % actions/ETF equity, le précompte est nul. C'est pourquoi un contrat luxembourgeois 100 % UC equity est l'allocation optimale pour un résident belge.

Piège belge n°2 : la taxe de 2 % sur les primes

La Belgique applique une taxe de 2 % sur les primes versées (taxe sur les opérations d'assurance, article 173 du Code des droits et taxes divers). Elle s'applique à chaque versement, y compris sur les contrats luxembourgeois. Sur un versement de 500 000 €, cela représente 10 000 €. L'avantage fiscal sur les rachats (0 % sur les UC equity) compense cette taxe d'entrée en quelques années de performance.

Nouveauté 2026 : taxe belge sur les plus-values (votée le 2 avril 2026)

La Belgique a adopté le 2 avril 2026 une taxe de 10 % sur les plus-values d'actifs financiers (actions, fonds), applicable rétroactivement au 1ᵉʳ janvier 2026, au-delà d'un abattement annuel de 10 000 € (valeur de référence figée au 31 décembre 2025). Les contrats en branche 23 y sont en principe soumis au rachat : la branche 23 reste exonérée de précompte mobilier, mais plus de cette nouvelle taxe. L'allocation et le calendrier des rachats doivent être audités au cas par cas avec un conseil belge.

6.2 Suisse

→ Guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise en Suisse

Vous travaillez à Genève ou à Zurich ? La Suisse a une règle redoutablement simple : les gains en capital des particuliers ne sont pas imposés. Vous rachetez 200 000 € avec 80 000 € de plus-value ? La plus-value passe à zéro impôt fédéral. La règle et ses limites — la qualification de commerçant professionnel de titres, notamment — sont exposées dans notre chapitre sur les gains en capital privés exonérés en Suisse.

Mais il y a une nuance. La Suisse distingue les contrats d'assurance vie selon qu'ils sont considérés comme des contrats d'assurance « qualifiés » ou non. Un contrat luxembourgeois de type FID/FAS n'est généralement pas reconnu comme un produit d'assurance suisse et est traité comme un placement financier ordinaire.

Tableau comparatif : Situation — Imposition en Suisse — Remarque — Premier cas : Gains en capital (rachat)
SituationImposition en SuisseRemarque
Gains en capital (rachat)0 % d'impôt fédéral sur les gains en capital PPLe gain en capital des personnes physiques est exonéré en Suisse
Rendement du contrat (partie « revenu »)Imposable à l'IR cantonal + fédéralSi le contrat est requalifié en placement financier
Impôt sur la fortuneValeur de rachat du contrat taxée annuellementTaux variable par canton (0,1-1 % de la fortune nette)
Articulation avec l'IFI françaisDeux impôts distincts, deux assiettesVoir notre chapitre sur la double couche IFI et impôt suisse sur la fortune
Prélèvements sociaux0 %La Suisse n'a pas de PS type CSG

En pratique, la plus-value du rachat passe à zéro impôt fédéral grâce à l'exonération des plus-values. Mais le revers : votre contrat entre dans l'assiette de l'impôt cantonal sur la fortune — entre 0,1 % et 1 % par an de votre patrimoine net selon le canton (Genève tape plus fort que Schwyz, par exemple).

6.3 Royaume-Uni

→ Guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise au Royaume-Uni

Vous partez à Londres ? Le Royaume-Uni applique un régime spécifique aux contrats d'assurance vie souscrits hors du UK, qu'il appelle des « offshore bonds ». C'est le terme que votre comptable anglais utilisera pour parler de votre contrat luxembourgeois.

Ce statut ouvre un régime fiscal particulier, plutôt avantageux.

Tableau comparatif : Situation — Imposition au UK — Remarque — Premier cas : Retraits annuels de 5 % du capital investi ou moins
SituationImposition au UKRemarque
Retraits annuels de 5 % du capital investi ou moinsAucune imposition immédiate — « 5% cumulative allowance »Cumulable sur 20 ans ; imposition différée, pas supprimée : les retraits s'imputent sur le gain taxé au rachat total ou à l'échéance
Retraits au-delà de 5 % (chargeable évent)Income tax au taux marginal (20/40/45 %)Top-slicing relief possible pour lisser la tranche
Rachat total (surrender)Income tax sur les gainsTop-slicing relief applicable
National InsuranceNon applicable aux revenus de placement—

Concrètement, sur un contrat de 1 000 000 £, vous pouvez retirer 50 000 £ par an (soit environ 4 166 £ par mois) sans déclencher d'impôt immédiat. L'impôt est simplement reporté au rachat total ou à l'échéance du contrat.

Le « 5% withdrawal rule » : un atout majeur

Le Royaume-Uni autorise le retrait de 5 % du capital investi chaque année sans imposition immédiate (tax-deferred, pas tax-free), cumulable sur 20 ans. Ce mécanisme est particulièrement adapté pour générer des revenus complémentaires à fiscalité différée pendant votre expatriation au UK. Si vous ne retirez rien certaines années, l'allowance se cumule pour les années suivantes.

Nouveau régime FIG (Foreign Income and Gains) — avril 2025

Vous arrivez au Royaume-Uni en 2025 ou 2026 ? Le timing tombe bien. Depuis le 6 avril 2025, l'ancien régime non-dom (non-domiciled) a laissé place au FIG régime (Foreign Income and Gains) : durée plus courte (4 ans contre 15), mais exonération totale des revenus étrangers, même rapatriés au UK.

Tableau comparatif : Critère — Ancien non-dom — Nouveau FIG régime — Premier cas : Durée
CritèreAncien non-domNouveau FIG régime
DuréeJusqu'à 15 ans4 ans maximum
ExonérationRevenus étrangers non rapatriés (remittance basis)100 % des revenus et gains étrangers exonérés, même rapatriés
ConditionDomicile d'origine hors UKNon-résident UK pendant ≥ 10 années fiscales consécutives avant l'arrivée
Impact sur l'AV luxembourgeoiseExonération si gains non rapatriésExonération totale des rachats pendant 4 ans — même rapatriés

Concrètement, pour un expatrié français arrivant au UK, le FIG regime est plus favorable que l'ancien non-dom. Vos rachats du contrat luxembourgeois sont exonérés pendant 4 ans, même si les fonds sont rapatriés au UK. Après 4 ans, retour au droit commun (Income tax + top-slicing relief).

6.4 Monaco

Monaco n'établit pas d'impôt général sur le revenu des personnes physiques dans les situations ordinaires. Cela ne permet pas de conclure qu'un rachat est totalement exonéré : la nationalité, l'historique de résidence, un État de source ou un pays tiers et le droit de commercialiser le contrat doivent être qualifiés. Le contrat luxembourgeois n'efface aucun de ces rattachements.

Mais attention au piège si vous êtes de nationalité française.

Piège pour les Français à Monaco

L'article 7 de la convention franco-monégasque de 1963 prévoit une règle particulière pour certains ressortissants français, assortie d'exceptions historiques. La nationalité ne suffit donc pas : il faut vérifier la date du transfert, la continuité de résidence, la situation au 13 octobre 1962 et les éventuelles exceptions conventionnelles. Si le contribuable est réputé domicilié en France, le traitement d'un rachat dépend encore du contrat, des primes et de l'opération réalisée ; on ne peut pas annoncer automatiquement une imposition de tous les gains au barème.

La matrice complète figure dans le guide fiscal et patrimonial France–Monaco.

Pour le détail (le grand tri français/non-français, les exceptions de l'article 7-1, la succession monégasque et la convention de 1950, l'articulation avec l'article 990 I), consultez notre guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise à Monaco.

6.5 Émirats arabes unis

→ Guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise à Dubaï

Vous partez à Dubaï ou à Abu Dhabi ? Les Émirats n'appliquent généralement pas d'impôt personnel sur le revenu, mais cette règle locale ne tranche ni la source du produit, ni une retenue étrangère, ni la convention, ni les règles civiles et successorales applicables.

Tableau comparatif : Élément — Traitement fiscal aux EAU — Premier cas : Impôt personnel local
ÉlémentTraitement fiscal aux EAU
Impôt personnel localPas d'IR personnel général à ce jour ; situation et activité à vérifier
Retenue étrangèreDépend du payeur, de la source et de la convention applicable
SuccessionDroit applicable, résidence, nationalité et clause à coordonner
IS (pour exercices ouverts depuis le 1er juin 2023)9 % sur les bénéfices nets annuels au-delà de 375 000 AED (~95 000 €) — hors champ pour les revenus de placement des personnes physiques
TVA5 % (sans rapport avec l'AV)

Avant un rachat, demandez un calcul écrit du net après retenue éventuelle, convention et obligations déclaratives. Au retour en France, la date du contrat et l'historique des primes devront être documentés ; l'application du régime français ne se présume pas à partir du seul relevé luxembourgeois.

Convention fiscale France – Émirats arabes unis : ce qu'il faut savoir

La convention fiscale France–Émirats doit être lue avec la qualification du produit et l'identité du payeur. Pour un contrat ou un payeur ayant un lien français, le prélèvement du non-résident, l'article conventionnel pertinent et la procédure d'attestation ou de remboursement doivent être confirmés avant le rachat. Le certificat de résidence et les formulaires demandés par l'assureur ne remplacent pas cette analyse.

6.6 Portugal

Le régime des Résidents Non Habituels (RNH) est fermé au nouvel arrivant ordinaire. L'IFICI est un dispositif distinct et ciblé : il exige notamment de prouver une branche éligible, l'activité, l'entité, l'inscription requise et cinq années antérieures de non-résidence. Tant que ces conditions ne sont pas documentées, le calcul commence au droit commun portugais.

Tableau comparatif : Régime — Imposition des rachats AV — Durée — Premier cas : Ancien RNH
RégimeImposition des rachats AVDurée
Ancien RNHCohorte, décision, option, source et catégorie du produit à prouver ; aucun taux nul n'est retenu sans validation écritePériode individuelle figurant dans la décision
IFICI cibléLe taux de 20 % vise le revenu net portugais A/B provenant de l'activité qualifiante ; il ne qualifie pas un rachat d'assurance-vieFenêtre légale et maintien annuel sous conditions
Droit commun portugaisSi le contrat est reconnu en catégorie E, calcul du gain et des fractions de base sous conditionsRègles applicables à la date du rachat

Au droit commun, si le produit est reconnu comme une assurance-vie de catégorie E et si au moins 35 % des primes ont été versées pendant la première moitié du contrat, quatre cinquièmes du gain restent taxables entre cinq et huit ans, puis deux cinquièmes après huit ans. Appliquer ces fractions à un taux de référence de 28 % donne des résultats pédagogiques de 22,4 % et 11,2 % sur le gain : ce ne sont pas des taux légaux autonomes ni une charge bilatérale garantie. Pour un contrat français, le prélèvement français, la convention, le calcul portugais et le crédit éventuellement admis restent quatre couches distinctes.

Pour le détail (fin du NHR, régime IFICI, mécanique de la dégressivité et condition des 35 %, succession, retour en France), consultez notre guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise au Portugal.

6.7 Singapour

→ Guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise à Singapour

Vous partez à Singapour ? La cité-État applique un régime territorial : seuls les revenus de source singapourienne sont imposés. Les gains issus d'un contrat d'assurance vie luxembourgeois (source étrangère) ne sont pas imposables à Singapour. De plus, les gains en capital ne sont pas taxés pour les personnes physiques.

Le régime territorial singapourien exige de qualifier la source, la nature du produit et la situation du souscripteur. Une retenue étrangère, une convention ou des obligations déclaratives peuvent subsister : aucun taux net nul ne doit être déduit du seul lieu de résidence.

6.8 Italie

→ Guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise en Italie

Vous envisagez de vous installer à Milan ou à Rome ? L'Italie applique un prélèvement forfaitaire de 26 % sur les gains de vos rachats. C'est ce qu'on appelle l'imposta sostitutiva — l'équivalent italien de notre PFU en France.

Ce taux descend à 12,5 % pour la part des gains provenant de titres d'État italiens ou européens logés dans le contrat. Pas de prélèvements sociaux additionnels. Mais attention à l'IVAFE — une taxe annuelle de 0,2 % sur la valeur de vos actifs financiers détenus à l'étranger, comparable à un mini-ISF financier.

Tableau comparatif : Élément — Traitement fiscal en Italie — Remarque — Premier cas : Rachat (gains)
ÉlémentTraitement fiscal en ItalieRemarque
Rachat (gains)26 % imposta sostitutiva (12,5 % sur part titres d'État UE)Pas de PS additionnels
IVAFE0,2 % annuel sur la valeur du contratÉquivalent italien de l'ISF/IFI — déclaration RW du Modello Redditi
Forfait neo-residenti200 000 €/an (DL 113/2024, août 2024) → 300 000 €/an (LdB 2026)Exonère tous les revenus étrangers, y compris rachats AV — art. 24-bis TUIR
Impatriés D.Lgs. 209/2023-50 % du revenu imposable pendant 5 ansCondition : nouvelle résidence en Italie

Concrètement, un expatrié français en Italie paie 26 % sur ses gains de rachat, plus 0,2 % par an sur la valeur totale du contrat. Mais pour les très hauts patrimoines, l'Italie offre deux régimes très attractifs.

Forfait neo-residenti : 200 000 € depuis 2024, 300 000 € en 2026

Le DL 113/2024 (août 2024) a doublé le forfait des néo-résidents (de 100 000 € à 200 000 € par an). La Legge di Bilancio 2026 a ensuite porté ce forfait à 300 000 € par an. Comment ça marche ? Vous payez un impôt forfaitaire annuel qui exonère tous vos revenus de source étrangère, y compris les rachats de votre contrat luxembourgeois. Intéressant pour les très hauts patrimoines, mais attention : l'IVAFE de 0,2 % s'applique en sus.

6.9 Espagne

→ Guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise en Espagne

Vous partez à Barcelone ou à Madrid ? L'Espagne applique un barème progressif sur les gains d'épargne, de 19 % à 30 % selon le montant retiré.

Tableau comparatif : Tranche de gains — Taux — Premier cas : Jusqu'à 6 000 €
Tranche de gainsTaux
Jusqu'à 6 000 €19 %
6 000 € à 50 000 €21 %
50 000 € à 200 000 €23 %
200 000 € à 300 000 €27 %
Au-delà de 300 000 €30 %

Concrètement, un rachat de 100 000 € de gains en Espagne génère un impôt de 21 880 € (19 % sur les 6 000 premiers euros, soit 1 140 € ; 21 % sur les 44 000 suivants, soit 9 240 € ; 23 % sur les 50 000 derniers, soit 11 500 €). C'est comparable à la France, mais sans les prélèvements sociaux de 17,2 %.

Beckham Law : les revenus de l'épargne étrangère restent exonérés

Vous êtes recruté par une entreprise espagnole ? Le régime Beckham Law (article 93 LIRPF, réformé par la Ley 28/2022) pourrait changer la donne. Il vous permet de bénéficier d'un taux forfaitaire de 24 % sur vos revenus du travail pendant 6 ans. Et surtout : les revenus de l'épargne de source étrangère restent exonérés. Les rachats de votre contrat luxembourgeois (source étrangère) ne sont donc pas imposés en Espagne pendant la durée du Beckham Law. Seuls les revenus de l'épargne de source espagnole sont soumis au barème 19-30 %.

6.10 Allemagne

→ Guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise en Allemagne

Vous vous installez à Francfort ou à Munich ? L'Allemagne applique un prélèvement forfaitaire de 26,375 % sur les gains de rachat. C'est ce qu'on appelle l'Abgeltungsteuer (25 % + 5,5 % de surtaxe de solidarité) — l'équivalent du PFU français.

Mais l'Allemagne offre un allègement intéressant pour les contrats anciens. Si votre contrat a plus de 12 ans et que vous avez plus de 62 ans au moment du rachat, seule la moitié des gains est imposable. Ce mécanisme (appelé Halbeinkünfteverfahren, ou demi-imposition, § 20 Abs. 1 Nr. 6 EStG) écarte l'Abgeltungsteuer : la moitié du gain est alors soumise à votre taux marginal personnel d'impôt sur le revenu, majoré de la surtaxe de solidarité. Le taux effectif dépend donc de votre tranche et n'est pas un forfait : il n'approche 23 % que pour un contribuable imposé au taux le plus élevé, et reste nettement inférieur en deçà. La condition d'âge est de 62 ans révolus pour les contrats conclus à partir de 2012, 60 ans pour les contrats antérieurs.

Risque de requalification par le Finanzamt

Attention, le fisc allemand (Finanzamt) peut requalifier un contrat FID luxembourgeois en fonds d'investissement si le contrat ne comporte pas un risque biométrique suffisant (un aléa lié à la durée de vie de l'assuré). Si cette requalification intervient, vos gains seraient imposés annuellement, pas seulement au rachat. Pour sécuriser le traitement fiscal, vérifiez que votre contrat intègre un capital décès significatif (plus de 101 % de la valeur de rachat).

6.11 Israël

→ Guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise en Israël

Vous faites votre alya ou vous vous installez en Israël pour des raisons professionnelles ? Le taux standard est de 25 % sur les gains en capital (30 % pour les actionnaires significatifs). Mais les nouveaux immigrants (olim hadashim) bénéficient d'un cadeau fiscal considérable : une exonération de 10 ans sur les revenus de source étrangère, y compris les gains de votre contrat luxembourgeois.

La souscription depuis Israël est possible mais complexe (contraintes réglementaires locales + FATCA si double nationalité US).

6.12 États-Unis

→ Guide détaillé : assurance vie luxembourgeoise aux États-Unis

Soyons directs : les États-Unis sont le cas le plus complexe et le moins favorable. Les USA imposent leurs résidents fiscaux (et citoyens, où qu'ils vivent) sur leurs revenus mondiaux. Votre contrat luxembourgeois n'est pas reconnu comme un contrat d'assurance vie qualifié au sens du droit américain. Les gains sont imposés comme des revenus ordinaires au taux marginal fédéral (jusqu'à 37 %) + impôt d'État + Net Investment Income Tax (NIIT) de 3,8 %.

PFIC : le cauchemar fiscal américain

Si votre contrat luxembourgeois est requalifié en PFIC (Passive Foreign Investment Company) par l'IRS — c'est le pire scénario —, les gains sont imposés au taux marginal le plus élevé avec une surcharge d'intérêts de retard. Formulaires requis : 8621 (PFIC), FBAR (FinCEN 114) pour tout compte étranger dépassant 10 000 $, et FATCA (Form 8938). La souscription d'un contrat luxembourgeois par un résident US ou un citoyen américain requiert un accompagnement fiscal spécialisé US. Ne faites pas cela sans expert.

Tableau récapitulatif : fiscalité des rachats par pays

Pour avoir une vue d'ensemble, voici les 12 pays côte à côte. Vous constaterez que pour la majorité des destinations, le taux effectif est inférieur à ce que vous paieriez en France.

Tableau comparatif : Pays — Impôt sur les gains (rachat AV) — PS / cotisations — Régime spécial expatriés — Premier cas : Belgique
PaysImpôt sur les gains (rachat AV)PS / cotisationsRégime spécial expatriés
BelgiquePrécompte mobilier 0 % (UC equity sans obligataire au-delà de 10 %) ou 30 % (Reynders), PLUS taxe de 10 % sur les plus-values depuis 2026 au-delà de 10 000 € par an0 %Taxe 2 % sur primes
Suisse0 % gains en capital PP0 %Impôt fortune cantonal
Royaume-Uni0 % (≤ 5 %/an cumulable) / Income tax au-delà0 %FIG 4 ans (ex non-dom) + 5% withdrawal
MonacoÀ qualifier : article 7, historique, source et pays tiersÀ analyser séparémentConvention 1963 et frontière CCAF
Émirats0 %0 %Aucun impôt PP
PortugalDroit commun à calculer ; ancien RNH seulement sur preuve individuelleÀ vérifier selon le contrat et la résidenceIFICI ciblé distinct du RNH ; l'AV se qualifie séparément
Singapour0 % (revenus source étrangère)0 %Régime territorial
Italie26 % (12,5 % sur titres d'État UE)IVAFE 0,2 %/anForfait 200 000 €/an OU impatriés -50 %
Espagne19-30 % progressif (Ley 7/2024)0 %Beckham Law : revenus épargne étrangère exonérés (art. 93 LIRPF)
Allemagne26,375 % (moitié si > 12 ans et > 62 ans)0 %demi-imposition AV (§ 20 Abs. 1 Nr. 6 EStG) + risque requalif.
Israël25 %0 %Olim hadashim 10 ans
États-UnisJusqu'à 37 % + NIIT 3,8 % + État0 %Risque PFIC — accompagnement requis

Bilan : cette matrice sert à repérer les sujets, pas à classer les pays ni à promettre une économie. Les taux locaux ne sont comparables qu'après qualification identique du contrat et du rachat, prise en compte de la retenue, de la convention, du crédit éventuel, des taxes patrimoniales, des frais et des obligations déclaratives.

Pour les destinations hors UE non couvertes par ce comparatif, il faut d'abord confirmer la disponibilité du contrat et sa distribution locale. Voyez par exemple notre analyse de l'assurance-vie luxembourgeoise pour résident au Maroc, à compléter par une validation du contrat, de la convention et du calcul du rachat.

Mais toute expatriation a une fin. Un jour, vous rentrerez peut-être en France. Que devient votre contrat à ce moment-là ? C'est la bonne nouvelle qui vous attend dans la section suivante.

§ 07Retour France·5 min

7. Retour en France : qualification, historique et obligations

« Que se passe-t-il quand je rentre en France ? » L'assureur doit d'abord confirmer qu'il accepte la résidence française et qu'il peut continuer à servir le produit. Ensuite, la date du contrat, l'historique des primes et sa qualification au regard du droit fiscal français doivent être documentés.

7.1 Date contractuelle et traitement fiscal français

La règle française est simple : plus le contrat vieillit, moins le fisc prend sur vos gains. Le cap qui change tout, c'est 8 ans : après, vous récupérez un abattement annuel et un taux d'imposition divisé par presque deux.

La date de souscription ne disparaît pas pendant l'expatriation. En revanche, l'application des règles françaises après huit ans n'est pas une promesse commerciale automatique : elle suppose que le produit soit qualifié comme contrat d'assurance-vie comparable et que l'historique des primes, rachats et éventuelles transformations soit disponible.

Contrat ouvert en 2014, retour en 2026 : contrôles avant rachat

Qualification française du contrat et identité du payeur

Date d'effet, primes avant/après le 27 septembre 2017 et transformations

Part de gain comprise dans le rachat et seuils applicables

Abattement, taux et prélèvements sociaux : calculés seulement après ces vérifications

Conservez les conditions générales d'origine, avenants, relevés annuels et historique détaillé des primes. Sans ces pièces, l'assureur ou l'administration peut demander des éléments complémentaires avant d'admettre le traitement revendiqué.

7.2 Obligations au retour

Le retour en France s'accompagne de quelques formalités administratives. Rien de complexe, mais il ne faut rien oublier.

Tableau comparatif : Obligation — Détail — Délai — Premier cas : Formulaire 3916-bis
ObligationDétailDélai
Formulaire 3916-bisDéclarer le contrat luxembourgeois (case 8TT)Première déclaration de revenus après le retour
Changement de résidenceInformer l'assureur du retour en FranceDès le retour
Déclaration de revenusDéclarer les rachats éventuels sur le formulaire 2047Mai de l'année N+1
IFIDéclarer la composante immobilière du contratSi patrimoine immobilier > 1 300 000 €

Le 3916-bis est une obligation déclarative importante, mais il ne résume pas le dossier. Selon les flux, il faut aussi vérifier les déclarations de revenus étrangers, les obligations du payeur, la composante immobilière pour l'IFI et les justificatifs du calcul de la part de gain.

Racheter avant le retour : modéliser, ne pas présumer

Un rachat avant le retour ne doit jamais être décidé sur la seule réputation fiscale du pays. Faites calculer la retenue du payeur ou de l'État de source, la convention, l'impôt de résidence, le crédit éventuel, les frais et l'effet d'un réinvestissement ultérieur. Une opération mal qualifiée peut déplacer l'impôt au lieu de l'éliminer.

Cas inverse maintenant : vous arrivez en France après des années à Genève, Bruxelles ou Dubaï. Là, le législateur a déroulé un tapis rouge fiscal pendant 8 ans, baptisé régime impatrié. On y vient.

§ 08Impatrié·5 min

8. Régime impatrié et fenêtre IFI 5 ans

Vous vous installez en France pour la première fois, ou vous y revenez après une longue absence ? La France vous offre des avantages fiscaux temporaires qui, combinés à un contrat luxembourgeois, deviennent particulièrement puissants.

Deux dispositifs distincts peuvent considérablement optimiser votre situation patrimoniale.

8.1 Fenêtre IFI du nouveau résident (art. 964, 1° CGI)

Vous possédez des biens immobiliers à l'étranger ? Si vous n'avez pas été domicilié fiscalement en France au cours des cinq années civiles précédant celle de votre installation, vous n'êtes imposable qu'à raison de vos biens situés en France, et cela jusqu'au 31 décembre de la cinquième année qui suit celle de votre installation. Vos biens hors de France échappent donc à l'IFI (l'impôt sur la fortune immobilière — le texte qui taxe les patrimoines immobiliers de plus de 1,3 million d'euros en France). Seuls les biens immobiliers situés en France entrent dans l'assiette.

À ne pas confondre : la fenêtre IFI vient de l'article 964, pas de l'enveloppe

On présente parfois comme un levier le fait de loger des fonds immobiliers étrangers dans un contrat luxembourgeois avant le retour en France. Le raisonnement ne tient pas : pendant la fenêtre de l'article 964, les biens et droits immobiliers situés hors de France sont hors assiette qu'ils soient logés dans un contrat ou détenus directement. L'exonération tient à la situation personnelle du redevable, pas au contenant.

Une fois la fenêtre refermée, le contrat ne protège pas davantage. L'article 972 du CGI inclut la valeur de rachat des contrats rachetables en unités de compte dans le patrimoine du souscripteur à hauteur de la fraction représentative des actifs immobiliers imposables. L'intérêt éventuel d'une enveloppe luxembourgeoise se juge donc sur les frais, les supports et la gestion : aucune économie d'IFI ne peut lui être attribuée.

8.2 Régime des impatriés (art. 155 B CGI)

Ce deuxième dispositif concerne spécifiquement les personnes qui s'installent en France dans le cadre d'un contrat de travail ou d'un mandat social (pas les retraités ni les rentiers). L'article 155 B du CGI — c'est le texte qui régit ce régime — offre une exonération partielle (50 %) de certains revenus de source étrangère (dividendes, intérêts, redevances) pendant 8 ans.

Tableau comparatif : Avantage impatrié — Mécanisme — Durée — Condition — Premier cas : Fenêtre IFI du nouveau résident
Avantage impatriéMécanismeDuréeCondition
Fenêtre IFI du nouveau résidentArt. 964, 1° — imposition limitée aux biens et droits immobiliers situés en FranceJusqu'au 31 décembre de la 5e année suivant celle de l'installationNe pas avoir été domicilié fiscalement en France au cours des 5 années civiles précédentes (aucune condition d'emploi)
Date et historique du contratQualification française et effet de la date à confirmerSelon le contratConditions et historique complet à produire
Exonération 50 % revenus étrangersArt. 155 B — dividendes, intérêts source étrangère8 ansContrat de travail ou mandat social (depuis LF 2017)
Prime d'impatriation exonéréeArt. 155 B — part salariale liée à l'expatriation8 ansContrat de travail avec une entreprise française

Prenons un cas chiffré : un impatrié rachète 100 000 € de gains sur son contrat luxembourgeois. La base imposable tombe à 50 000 €, et au PFU de 12,8 %, la facture d'IR descend de 12 800 € à 6 400 €. 6 400 € d'économie sur un seul rachat.

8.3 CE n° 442799 du 21 octobre 2020 : l'exonération 155 B est autonome pour les revenus passifs

Cette décision du Conseil d'État précise l'articulation des deux volets du régime. Le juge annule les paragraphes 80 et 90 du BOI-RSA-GEO-40-10-30-10 : vous n'avez pas besoin de percevoir effectivement une prime d'impatriation exonérée pour demander l'exonération de 50 % sur vos revenus financiers étrangers. La condition d'entrée, elle, reste entière : il faut être impatrié au sens du I de l'article 155 B, c'est-à-dire avoir été appelé de l'étranger à occuper un emploi dans une entreprise établie en France et ne pas avoir été domicilié fiscalement en France au cours des cinq années civiles précédentes. Un retraité ou un rentier qui revient s'installer en France n'entre pas dans le dispositif.

Autrement dit, l'exonération de 50 % des revenus de capitaux mobiliers de source étrangère (article 155 B, I-1°) tient debout toute seule : elle s'applique même quand le volet salaire n'est pas activé.

Application concrète à l'assurance vie luxembourgeoise

Un impatrié qui effectue un rachat sur son contrat luxembourgeois peut qualifier les gains comme revenus de capitaux mobiliers de source étrangère (le contrat est luxembourgeois, la source est étrangère) et bénéficier de l'exonération de 50 %. L'administration fiscale a aligné sa doctrine sur cette jurisprudence (BOFiP mis à jour le 16/02/2023).

Exemple : rachat de 100 000 € de gains sur un contrat luxembourgeois par un impatrié sous art. 155 B → base imposable = 50 000 € seulement. Au PFU 12,8 %, l'impôt passe de 12 800 € à 6 400 €. Les PS (17,2 %) s'appliquent sur la totalité, mais l'économie d'IR reste substantielle.

Passons maintenant à un autre profil de mobilité internationale : les frontaliers. Vous vivez en France mais travaillez en Suisse, en Belgique ou au Luxembourg ? Le contrat luxembourgeois a des avantages spécifiques pour vous.

§ 09Frontaliers·4 min

9. Frontaliers : Suisse, Belgique, Luxembourg

Annemasse-Genève, Tourcoing-Bruxelles, Thionville-Luxembourg : si vous faites partie des 450 000 frontaliers français, vous le savez déjà — votre fiche de paie tombe en devise étrangère, mais votre déclaration d'impôt reste française. Et ça change pas mal de choses côté patrimoine.

Aux yeux du fisc, vous restez résident français — sauf cas particuliers prévus par les conventions bilatérales. Mais votre paie tombe en CHF ou en euros luxembourgeois, et vous jonglez avec des questions que vos collègues lyonnais ou parisiens n'auront jamais à se poser.

9.1 Frontalier suisse

C'est de loin le profil le plus courant — Annemasse, Saint-Julien, Ferney-Voltaire, toute la bande genevoise. Vous habitez en France, vous franchissez la frontière chaque matin pour bosser en Suisse, et le fisc vous considère comme résident français. Le contrat luxembourgeois vous est ouvert avec tous ses atouts classiques ; mais le vrai bonus pour vous, c'est le multi-devises CHF. Côté impôt suisse, tout se joue sur le barème appliqué à la source et sur la possibilité de le corriger : voir notre chapitre sur l'imposition à la source et le statut de quasi-résident.

Avantage spécifique : le CHF dans le contrat

Vous êtes payé en francs suisses. Un contrat luxembourgeois libellé en CHF vous permet de :

  • Verser directement en CHF sans conversion de change
  • Investir en supports libellés en CHF (obligations, ETF Swiss Market)
  • Éviter le double risque de change (EUR/CHF au versement + CHF/EUR au rachat)
  • Obtenir un crédit Lombard en CHF adossé au contrat pour financer un bien en Suisse ou en France

9.2 Frontalier belge

Côté belge, le schéma ressemble : vous habitez en France, vous bossez à Bruxelles ou à Mons, vous restez fiscalement français. La convention franco-belge donne le droit d'imposer vos salaires à la Belgique — sauf si vous releviez de l'ancien régime frontalier strict, supprimé en 2012. Votre contrat luxembourgeois, lui, suit votre résidence : fiscalité française, point. Bonne nouvelle au passage : euro des deux côtés de la frontière, donc zéro casse-tête de change.

9.3 Frontalier luxembourgeois

Pour les frontaliers du Luxembourg — Thionville, Metz, Longwy — le cadre est identique côté impôt : résident français, fiscalité française sur le contrat. Le petit plus que les Suisses et les Belges n'ont pas ? Les assureurs sont littéralement à 30 minutes de chez vous. Vous pouvez signer en agence, croiser votre gestionnaire physiquement, faire un point annuel autour d'un café à Luxembourg-ville plutôt qu'en visio.

Frontalier ou pas, un point rassurant : votre contrat luxembourgeois n'est pas une boîte noire. Le fisc français sait exactement ce qu'il contient, et vous allez voir pourquoi c'est plutôt une bonne nouvelle.

§ 10CRS / FATCA·5 min

10. CRS/FATCA et transparence fiscale

« Un contrat au Luxembourg, c'est pour cacher de l'argent ? » Non. Absolument pas. Et cette section va vous expliquer pourquoi c'est même l'inverse.

Chaque année, votre assureur luxembourgeois envoie automatiquement à l'administration fiscale de votre pays de résidence la valeur de votre contrat et toutes les opérations effectuées. C'est comme si le Luxembourg envoyait une copie de votre relevé directement au fisc de votre pays. C'est ce qu'on appelle le CRS (Common Reporting Standard) et le FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act).

10.1 CRS (Common Reporting Standard) — norme OCDE

Depuis 2017, chaque année au 30 juin, l'assureur luxembourgeois transmet automatiquement à l'administration fiscale de votre pays de résidence :

  • Votre identité complète (nom, adresse, NIF/TIN)
  • La valeur de rachat du contrat au 31 décembre
  • Les flux de l'année (versements, rachats, revenus perçus)
  • Le numéro de contrat et le type de compte

Plus de 100 pays participent au CRS. L'information circule automatiquement. Le fisc de votre pays reçoit les données sans avoir à les demander.

10.2 FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) — USA

Le FATCA est l'équivalent américain du CRS, mais en plus contraignant. Les assureurs luxembourgeois sont tenus de déclarer à l'IRS (le fisc américain) les comptes détenus par des US persons — c'est-à-dire les citoyens américains et les résidents fiscaux US, y compris les détenteurs de Green Card. Voici les formulaires qui vous concernent si vous êtes dans ce cas.

Tableau comparatif : Formulaire — Objet — Seuil de déclaration — Premier cas : FBAR (FinCEN 114)
FormulaireObjetSeuil de déclaration
FBAR (FinCEN 114)Déclaration des comptes financiers étrangers> 10 000 $ (solde agrégé)
Form 8938 (FATCA)Déclaration des actifs financiers étrangersRésidents à l'étranger : 200 000 $ au dernier jour de l'année ou 300 000 $ à tout moment (célibataire) ; 400 000 $ ou 600 000 $ (déclaration conjointe). Résidents aux États-Unis : 50 000 $ ou 75 000 $ (célibataire)
Form 8621 (PFIC)Si le contrat est requalifié en PFICTout montant

US persons : vigilance maximale

Si vous êtes citoyen américain, vous êtes imposable sur vos revenus mondiaux quel que soit votre lieu de résidence. Un Franco-Américain résidant en France doit déclarer son contrat luxembourgeois à la fois à l'administration française (3916-bis) ET à l'IRS (FBAR + Form 8938). Les pénalités sont très lourdes en cas d'omission : FBAR : jusqu'à 100 000 $ ou 50 % du solde du compte par violation ; FATCA (Form 8938) : 10 000 $ de pénalité initiale + jusqu'à 50 000 $ supplémentaires en cas de non-conformité prolongée.

10.3 Données échangées automatiquement (CRS vs FATCA)

Que sait exactement le fisc de votre pays ? Voici la comparaison entre les deux systèmes d'échange.

Tableau comparatif : Donnée transmise — CRS (OCDE) — FATCA (USA) — Premier cas : Identité du titulaire
Donnée transmiseCRS (OCDE)FATCA (USA)
Identité du titulaireNom, adresse, date de naissance, NIF/TINIdem + SSN/ITIN
Numéro de compteOuiOui
Solde au 31/12OuiOui
Revenus bruts (intérêts, dividendes)OuiOui
Produits de cession brutsOuiOui (depuis 2024)
Bénéficiaire effectifSi trust ou fondationOui
FréquenceAnnuelle (30 juin N+1)Annuelle (31 mars N+1)
Nombre de juridictions participantes100+ paysUSA + accords IGA bilatéraux

Que vous résidiez à Bruxelles, à Dubaï ou à Singapour, le résultat est le même : votre administration fiscale reçoit automatiquement les informations sur votre contrat luxembourgeois. Et c'est cette transparence assumée qui fait du contrat luxembourgeois un outil patrimonial durable — pas un montage gris. Le secret bancaire à l'ancienne, c'est terminé : le Luxembourg de 2026 n'a plus grand-chose à voir avec celui des années 1990.

CJUE C-694/20 du 8 décembre 2022 : secret professionnel et DAC 6

La Cour de Justice de l'UE a précisé dans l'affaire C-694/20 (Orde van Vlaamse Balies) que la directive DAC 6 ne peut pas imposer aux avocats de dénoncer leurs clients lorsqu'ils agissent en qualité de conseil — le secret professionnel est protégé par l'art. 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE. La Cour a censuré l'obligation de notification à un autre intermédiaire prévue par la directive. Pour les contrats luxembourgeois, cette décision renforce la protection du secret professionnel des conseillers, tout en maintenant la transparence totale du dispositif CRS (échange automatique d'informations) qui, lui, n'est pas affecté.

La transparence est totale côté Luxembourg — mais cette transparence ne vous dispense pas des formulaires. Bien au contraire. Si vous êtes résident fiscal français avec un contrat luxembourgeois, plusieurs cases vous attendent chaque mois de mai sur votre déclaration. Voyons lesquelles, dans le bon ordre.

§ 113916-bis·5 min

11. Obligations déclaratives : formulaire 3916-bis

Vous venez de rentrer en France, ou vous y résidez déjà avec un contrat luxembourgeois ? Il y a une formalité à ne pas oublier. Rassurez-vous, elle ne génère aucune imposition. Mais l'oublier peut coûter cher.

11.1 Le formulaire 3916-bis

Tout résident fiscal français détenant un contrat d'assurance vie à l'étranger (y compris au Luxembourg) doit le déclarer chaque année. Voici les informations à fournir.

Tableau comparatif : Information à fournir — Détail — Premier cas : Case 8TT
Information à fournirDétail
Case 8TTCocher sur la déclaration 2042 (signale la détention d'un contrat étranger)
Nom de l'assureurEx. : OneLife Company S.A., Wealins S.A., AXA Wealth Europe
Adresse de l'assureurAdresse complète au Luxembourg
Numéro de policeRéférence du contrat
Date de souscriptionDate d'ouverture du contrat
Valeur de rachat au 31/12Montant communiqué par l'assureur

Voyez ça comme une carte d'identité du contrat : nom de l'assureur, numéro de police, valeur au 31 décembre. Le fisc note l'existence du contrat, c'est tout. La fiscalité n'entre en jeu que le jour où vous récupérez de l'argent (rachat partiel ou total).

11.2 Sanctions en cas de non-déclaration

Le contraste mérite d'être souligné : cinq minutes pour remplir le formulaire, 1 500 € d'amende par contrat oublié. Et la note grimpe vite si Bercy soupçonne une dissimulation.

Tableau comparatif : Infraction — Sanction — Premier cas : Non-déclaration contrat étranger
InfractionSanction
Non-déclaration contrat étranger1 500 € d'amende par contrat (art. 1766 CGI)
Pays non coopératif10 000 € d'amende par contrat
Prescription étendue10 ans au lieu de 3 ans pour les avoirs à l'étranger
Dissimulation avéréeMajoration de 80 % des impôts dus (art. 1729-0 A CGI)
Fraude fiscale aggravée (avoirs ou contrats à l'étranger)3 000 000 € d'amende et 7 ans d'emprisonnement (art. 1741 CGI ; 500 000 € et 5 ans pour la fraude simple)

Faites le calcul : cinq minutes de paperasse contre 1 500 € d'amende, soit un taux horaire de 18 000 € si vous prenez le temps de remplir le formulaire. Aucun arbitrage rationnel ne tient.

Première déclaration : pas de panique

Si vous avez oublié de déclarer votre contrat luxembourgeois les années précédentes, il est possible de régulariser spontanément. La première déclaration ne génère aucune imposition supplémentaire — les gains ne sont imposés qu'en cas de rachat. La régularisation spontanée permet souvent d'éviter les majorations les plus lourdes.

Au-delà des obligations déclaratives, un autre sujet inquiète les expatriés : la possibilité que leur épargne soit gelée en cas de crise financière. C'est le fameux risque Sapin 2. Le contrat luxembourgeois est-il concerné ?

§ 12Loi Sapin 2·4 min

12. Loi Sapin 2 et non-résidents

Imaginez que votre assureur vous dise un matin : « désolé, vous ne pouvez plus retirer votre argent pendant 6 mois, c'est la loi ». C'est exactement ce que permet la loi Sapin 2 pour les contrats d'assurance vie français en cas de crise financière grave.

Le mécanisme tient en un article : le L631-2-1 du Code monétaire et financier. Il donne au HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière, le gendarme de la stabilité financière française) le pouvoir de geler rachats, arbitrages et avances sur les contrats français — 3 mois, prolongeables 3 mois de plus si la crise dure.

La question est donc : votre contrat luxembourgeois est-il concerné ?

Contrat français

Soumis à la loi Sapin 2. Le HCSF peut geler les rachats pour 3 mois, renouvelable une fois (6 mois max). Pendant ce gel, aucun accès à votre épargne. Risque accru pour les expatriés qui n'ont pas d'alternative en France.

Contrat luxembourgeois

Hors du champ de la loi Sapin 2 : le contrat relève du droit luxembourgeois et de la supervision du CAA (Commissariat aux Assurances), et une mesure de gel du HCSF ne lui est pas directement applicable. La liquidité effective dépend encore des supports détenus, d'une éventuelle poche réassurée en France et de la solidité de l'assureur.

Pour un expatrié, ça change tout. Imaginez la scène : vous êtes à Singapour, votre fille doit rentrer en France pour ses études, vous avez besoin de 80 000 € sous 3 semaines… et Bercy a gelé les rachats. Un contrat luxembourgeois n'entre pas dans le champ des mesures du HCSF : un gel décidé en France ne lui est pas directement applicable. Cela ne vaut pas pour autant garantie de liquidité en toutes circonstances — une poche en fonds euros réassurée par une compagnie française, la liquidité des supports eux-mêmes et la solvabilité de l'assureur restent à vérifier séparément, comme le rappellent la nuance ci-dessous et le cas FWU exposé au chapitre 1.

Nuance : fonds euros réassurés par une compagnie française

Attention à un piège subtil. Certains contrats luxembourgeois proposent un fonds euros qui n'est pas géré par l'assureur luxembourgeois lui-même, mais par un réassureur français — typiquement quand l'assureur luxembourgeois est une filiale d'un grand groupe français (Axa, BNP Paribas Cardif, Generali France…). Dans ce cas, le fonds euros lui-même reste régi par le droit français, donc exposé indirectement à la loi Sapin 2 : si le HCSF gèle les rachats sur les contrats français, le réassureur français pourrait bloquer la poche fonds euros de votre contrat luxembourgeois, même si le contrat reste juridiquement luxembourgeois. Deux solutions : (1) privilégier un contrat 100 % unités de compte (sans fonds euros du tout), (2) choisir un assureur luxembourgeois d'un groupe français (Vitis Life, OneLife, Wealins) plutôt qu'une filiale française.

Reste un détail qui bloque beaucoup d'expatriés : vous êtes déjà à Dubaï, à Lisbonne ou à Montréal. Faut-il rentrer à Paris signer chez le notaire ? Bonne nouvelle, non. Voyons comment ça se passe.

§ 13Souscription expat·5 min

13. Souscrire un contrat luxembourgeois depuis l'étranger

Vous êtes déjà installé hors de France sans contrat luxembourgeois ? Une souscription peut être possible, mais elle n'est jamais automatique. L'assureur doit accepter votre pays et votre profil ; le produit doit pouvoir y être distribué ; l'assureur et l'intermédiaire doivent disposer de la libre prestation de services ou de l'autorisation locale nécessaire.

Comparé à la France, la procédure est plus exigeante côté vérifications. On parle de KYC renforcé (Know Your Customer) : l'assureur veut savoir précisément à qui il a affaire, retracer l'origine de vos fonds, et s'assurer que votre pays de résidence n'interdit pas ce type de contrat. Comptez 2 à 4 allers-retours documentaires avec le compliance officer avant validation.

13.1 Processus de souscription depuis l'étranger

Tableau comparatif : Étape — Détail — Documents requis — Premier cas : 1. Prise de contact
ÉtapeDétailDocuments requis
1. Prise de contactVia un courtier spécialisé (CGP, gestionnaire de fortune)—
2. KYC renforcéVérification d'identité, source des fonds, beneficial ownerPasseport, justificatif de résidence, relevés bancaires
3. Tax reporting setupIdentification du pays de résidence fiscale et du NIF/TINCertificat de résidence fiscale
4. Choix du contratFID type A/B, FAS, contrat de capitalisationSelon le montant et le profil
5. SignatureÉlectronique ou physique selon l'assureurConditions générales + bulletins
6. Versement initialVirement depuis un compte bancaire au nom du souscripteurMin. 125 000-500 000 € selon le type

Le délai et le mode de signature dépendent de l'assureur, du pays et du dossier KYC. Une signature électronique peut être proposée, mais certains dossiers exigent des pièces certifiées, un entretien renforcé ou ne sont pas distribuables. Aucune collecte de fonds ne doit intervenir avant la validation de faisabilité.

13.2 Tickets d'entrée par profil

Quel montant minimum faut-il pour ouvrir un contrat ? Cela dépend du type de contrat choisi.

Tableau comparatif : Type de contrat — Ticket minimum réglementaire — Ticket minimum en pratique — Profil — Premier cas : FID type A
Type de contratTicket minimum réglementaireTicket minimum en pratiqueProfil
FID type A125 000 €250 000 €Expatrié standard UE
FID type B250 000 €500 000 €Gestion sur-mesure
FASAucun minimum de prime ni de fortuneVariable selon l'assureurLignes directes choisies par le souscripteur ; les limites d'investissement dépendent de sa catégorie de preneur
Contrat de capitalisation125 000 €250 000 €Personne morale ou donation prévue

Pour un expatrié, la transparence des frais et des rémunérations est un critère de choix essentiel. Demandez un document chiffré distinguant frais d'assureur, banque dépositaire, enveloppe, mandat, supports, change, arbitrage et conseil, ainsi que les rétrocessions éventuelles et les conflits d'intérêts. Les parts dites « clean » doivent être vérifiées ligne par ligne : leur nom ne suffit pas à prouver l'absence de rémunération indirecte ni une économie déterminée. Pour en savoir plus, consultez notre offre d'assurance vie luxembourgeoise.

Pays à contraintes spécifiques

  • États-Unis : contraintes FATCA + SEC. Peu d'assureurs acceptent les US persons. Accompagnement fiscal US obligatoire.
  • Israël : réglementation locale restrictive sur les produits d'assurance étrangers. Souscription possible mais complexe.
  • Chine : contrôle des changes (SAFE) limite les versements depuis la Chine. Contrat possible si les fonds sont hors de Chine.
  • Pays sous sanctions : Iran, Corée du Nord, Russie (restrictions partielles) — souscription impossible.
Hagnéré Patrimoine

Souscription depuis l'étranger — vérifier la faisabilité d'abord

Nous vérifions le pays, le produit, l'assureur, l'intermédiaire, la LPS ou l'autorisation locale, puis les contraintes KYC, fiscales et de change avant toute proposition. Le délai et la signature sont confirmés après cette analyse.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Une fois votre contrat ouvert, comment organiser vos investissements à l'intérieur ? C'est la question des FID et des FAS, deux outils spécifiques au Luxembourg.

§ 14FID / FAS·3 min

14. FID et FAS pour expatriés

Votre contrat luxembourgeois est ouvert. Comment allez-vous organiser vos investissements à l'intérieur ? Vous avez deux options principales, et le choix dépend de votre profil.

Le FID (Fonds Interne Dédié), c'est un mandat : vous déléguez la gestion à une maison reconnue — Rothschild, Carmignac, Lazard et quelques autres — qui arbitre selon le profil de risque que vous avez défini ensemble. Le FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé) joue dans une autre cour : c'est vous qui décidez, ligne par ligne, en vous appuyant sur l'avis d'un conseiller. Chez Hagnéré Patrimoine, nous vous accompagnons dans les deux configurations selon votre appétence à la gestion.

Tableau comparatif : Caractéristique — FID — FAS — Premier cas : Gestion
CaractéristiqueFIDFAS
GestionMandat de gestion confié à un gestionnaire agrééGestion directe par le souscripteur (avec conseil)
Univers d'investissementLarge : actions, obligations, ETF, fonds, PETrès large : + actifs non cotés, immobilier, structurés
Ticket minimumType A : 125 000 € de primes et 250 000 € de fortune mobilière ; type B : 250 000 € et 500 000 € (types C et D au-delà)Aucun minimum de prime ni de fortune
Multi-devisesOui — EUR, USD, GBP, CHFOui — toute devise selon actifs
ReportingMensuel ou trimestriel par le gestionnaireSur demande
Profil expatrié idéalGestion déléguée à distanceInvestisseur actif avec expertise

Dans les faits, la grande majorité des expatriés que nous accompagnons partent sur le FID avec mandat de gestion. La logique est simple : quand vous êtes à Singapour ou à Dubaï, suivre quotidiennement vos lignes depuis votre fuseau horaire devient irréaliste. Le gestionnaire arbitre à votre place — en respectant votre niveau de risque, la devise dans laquelle vous raisonnez et la durée pendant laquelle vous comptez laisser ce capital travailler — et vous gardez la main sur les grandes orientations.

Circulaire CAA 26/1 (février 2026) : nouvelles règles

La lettre circulaire 26/1 du Commissariat aux Assurances, en vigueur depuis le 1er février 2026, remplace la 15/3 et refond le classement des preneurs. Ils sont désormais répartis en cinq catégories (N, A, B, C, D) selon deux conditions cumulatives, la prime investie et la fortune mobilière déclarée : catégorie A à partir de 125 000 € de primes et 250 000 € de fortune, B à partir de 250 000 € et 500 000 €, C à partir de 250 000 € et 1 250 000 €, D à partir de 1 000 000 € et 2 500 000 €. À chaque catégorie correspond un type de fonds dédié, et les fonds alternatifs restent encadrés par les limites par émetteur et globales de l'annexe 1, avec une exigence de liquidité ou de garantie de rachat au moins semestrielle. Seul le type D permet d'investir sans restriction de classe d'actifs. Les contrats et fonds dédiés existant avant le 1er février 2026 demeurent régis par les règles antérieures.

Et si vous avez besoin de liquidités sans vouloir vendre vos investissements ? C'est là qu'intervient le crédit Lombard — un outil particulièrement utile pour les expatriés.

§ 15Lombard expat·5 min

15. Crédit Lombard depuis l'étranger

Vous avez besoin de cash — achat immobilier, investissement, ou tout simplement train de vie à Dubaï — mais racheter votre contrat déclencherait l'imposition. Le crédit Lombard contourne le problème : vous empruntez en gageant le contrat, sans toucher au capital.

15.1 Comment ça marche pour un expatrié

C'est un prêt sur gage, version banque privée. Vous nantissez le contrat (le terme technique pour « mettre en garantie »), et la banque vous avance du cash — généralement sous 15 jours, parfois sous 48 heures pour les dossiers déjà connus.

Le montant du prêt dépend de la LTV (Loan-to-Value) — c'est le pourcentage de la valeur du contrat que la banque accepte de vous prêter. Par exemple, 60 % de LTV sur un contrat de 1 million d'euros = 600 000 € empruntés.

Tableau comparatif : Paramètre — Valeur typique — Remarque — Premier cas : LTV
ParamètreValeur typiqueRemarque
LTV50-80 %Dépend de la qualité des actifs dans le contrat
TauxEuribor/SOFR/SARON + 0,8-1,5 %Devise du prêt alignée sur la devise du contrat
DuréeIn fine 1-5 ans ou ligne permanenteRenouvelable, pas d'amortissement
Devise du prêtEUR, USD, GBP, CHFMême devise que le contrat pour éviter le risque de change
Utilisation des fondsLibre : immobilier, investissement, train de viePas de contrainte d'affectation

Le mécanisme est élégant : votre contrat continue de capitaliser pendant que vous empruntez. Si votre allocation rapporte 5 % net et que le Lombard vous coûte 4 %, vous gagnez 1 point par an sur l'encours emprunté — sans avoir touché un euro du capital, donc sans déclencher la moindre imposition.

En 30 secondes : combien ça coûte vraiment en 2026 ?

En avril 2026, l'Euribor 3 mois tourne autour de 3 %, le SOFR autour de 4,3 %, le SARON autour de 0,5 %. Avec une marge de 0,8 à 1,5 %, un Lombard en EUR revient donc à 3,8 à 4,5 % TAEG (taux annuel effectif global), en USD à 5,1 à 5,8 %, en CHF à 1,3 à 2,0 %. Attention au margin call : si la valeur de votre contrat chute sous un seuil contractuel (généralement LTV effective 85-90 %), la banque exige un apport complémentaire sous 48-72h ou liquide vos supports. Pour aller plus loin : notre guide complet crédit Lombard 2026.

Cas d'usage expatrié : financer un bien immobilier depuis l'étranger

Cas d'école que je vois passer chaque mois : un client expatrié à Dubaï veut acheter un appartement parisien pour le louer. Les banques françaises ferment la porte aux non-résidents (ou exigent 40 % d'apport). Avec le Lombard adossé au contrat luxembourgeois, le dossier change de nature :

  • Emprunter 500 000 € adossé à un contrat de 1 000 000 € (LTV 50 %)
  • Pas de rachat du contrat → pas d'imposition
  • Le contrat continue de capitaliser
  • Les intérêts du Lombard ne sont pas déductibles fiscalement (prêt à la consommation), mais le gain est dans l'absence de rachat imposable

→ Pour aller plus loin sur le Lombard (taux 2026, LTV par classe d'actif, mécanisme du margin call, comparaison avec un crédit hypothécaire), consultez notre guide complet crédit Lombard 2026, et pour la mécanique spécifique « cash sans fiscalité » (alternative au rachat partiel), voir générer du cash sans déclencher d'impôt.

Tout ce qui précède concerne votre vivant. Reste la partie qu'on n'aime pas regarder : et après vous ? Si vos bénéficiaires vivent dans trois pays différents, qui paiera quoi ?

§ 16Succession UE 650/2012·6 min

16. Succession et bénéficiaires internationaux

Vous vivez à Dubaï, votre conjoint est à Bruxelles, vos enfants étudient à Paris et à Londres. Qui paie quoi en cas de décès ? La dimension successorale est un argument majeur pour les expatriés — et un sujet où les pièges sont nombreux.

Le contrat luxembourgeois permet de transmettre un capital à des bénéficiaires résidant dans n'importe quel pays, avec les avantages du régime français (si le souscripteur était résident français au moment des versements) ou du régime local.

Pour approfondir la succession en AVL

Les mécanismes successoraux détaillés (art. 990 I, 757 B, clause bénéficiaire démembrée, quasi-usufruit, co-souscription, règlement 650/2012) sont traités dans notre guide complet sur la succession en assurance vie luxembourgeoise. Ici, nous nous concentrons sur les spécificités liées à l'expatriation.

16.1 Qui est imposable au décès ?

À première vue, la règle paraît carrée. Dans les faits, elle ne l'est pas. Ce qui compte, c'est la résidence fiscale du souscripteur au moment où il a fait ses versements — pas celle du bénéficiaire au moment du décès. Si un résident français verse 500 000 € avant 70 ans puis s'expatrie, le régime français de l'article 990 I s'applique toujours à ces sommes au décès.

Tableau comparatif : Situation — Régime fiscal applicable — Attention — Premier cas : Versements faits depuis la France, décès à l'étranger
SituationRégime fiscal applicableAttention
Versements faits depuis la France, décès à l'étrangerArt. 990 I / 757 B françaisLe bénéficiaire peut aussi être imposé dans son pays de résidence
Versements faits depuis l'étranger, décès à l'étrangerFiscalité du pays de résidence au décèsPas d'application de l'art. 990 I sur ces sommes
Versements mixtes (France + étranger)Prorata : art. 990 I sur la fraction « France »L'assureur ventile les versements par période de résidence
Bénéficiaire résident français (art. 990 I CGI, depuis le 31 juillet 2011)Imposable en France si résident FR ≥ 6 ans sur les 10 dernières annéesCondition de résidence cumulée — même si souscripteur non-résident

Sauf que la réalité est plus tordue que ce tableau ne le laisse croire. Le piège que je vois revenir le plus souvent en RDV ? L'article 750 ter du CGI.

Art. 750 ter CGI : le piège méconnu du bénéficiaire résident français

L'article 750 ter du CGI, combiné à l'art. 990 I, 2° (depuis le 31 juillet 2011), prévoit que le prélèvement sur les capitaux décès s'applique dès lors que le bénéficiaire a été domicilié en France pendant au moins 6 ans au cours des 10 dernières années précédant le décès. Traduction concrète : un enfant qui réside en France — même pour ses études, même quelques années — et qui reçoit les capitaux d'un contrat souscrit par un parent expatrié est imposé en France, alors même que toutes les primes ont été versées depuis l'étranger.

Stratégie : vérifier la durée de résidence en France de chaque bénéficiaire désigné. Si un bénéficiaire a moins de 6 ans de résidence sur 10, il échappe au prélèvement français (sauf si les primes ont été versées depuis la France, cas du même article 990 I, qui vise aussi le cas où l'assuré avait son domicile fiscal en France au moment du décès).

16.2 Risque de double imposition successorale

Et là, on touche un point que la moitié des expatriés découvrent trop tard. Le prélèvement sui generis de l'article 990 I — littéralement « d'un genre propre » — n'est pas un droit de succession au sens classique. C'est un impôt à part, propre à l'assurance vie.

L'enjeu est concret : la plupart des conventions fiscales bilatérales couvrent les droits de succession classiques, mais pas ce prélèvement particulier. Votre bénéficiaire risque donc d'être taxé deux fois, en France et chez lui, sans aucun crédit d'impôt pour rattraper la note.

Le piège franco-belge en détail

La convention franco-belge de 1959 (successions) ne couvre pas l'article 990 I. Un bénéficiaire résident belge d'un contrat luxembourgeois souscrit par un résident français peut être imposé :

  • En France : prélèvement art. 990 I (20 % après abattement 152 500 €)
  • En Belgique : droits de succession régionaux (jusqu'à 30 % en Flandre entre non-parents)
  • Aucun crédit d'impôt pour éliminer la double imposition

Stratégie : anticiper via la clause bénéficiaire (désigner un trust belge ou une fondation) ou optimiser les abattements pour rester sous les seuils.

16.3 Convention FR-BE : la question de la double imposition successorale reste ouverte

Attention à ne pas confondre les conventions. La convention franco-belge de 2021 porte sur les impôts sur le revenu (pas sur les successions). La convention de 1959 (successions) est quant à elle toujours en vigueur, mais ne couvre pas le prélèvement sui generis de l'article 990 I.

En mars 2026, il n'existe donc toujours pas de mécanisme conventionnel d'élimination de la double imposition sur les capitaux décès en assurance vie entre la France et la Belgique. Surveillez l'évolution législative.

16.4 Jurisprudence : primes manifestement exagérées (Cass. n° 23-19.110)

Dernier sujet, et pas le moindre côté succession. Dans son arrêt du 19 décembre 2024 (n° 23-19.110), la Cour de cassation a verrouillé les quatre critères cumulatifs pour juger qu'une prime est manifestement exagérée : l'âge du souscripteur, sa situation patrimoniale, sa situation familiale et l'utilité du contrat pour lui. Bonne nouvelle pour les expatriés qui se demandaient si leurs héritiers pouvaient attaquer : l' intérêt des héritiers n'est pas un critère — la Cour l'a expressément écarté.

Reste une dernière question, et c'est probablement celle qu'on me pose le plus souvent en RDV expat : peut-on transférer un ancien contrat d'assurance vie français vers un contrat luxembourgeois ?

§ 17Transfert·4 min

17. Transfert de contrat : français → luxembourgeois

« Puis-je transférer mon contrat d'assurance vie français vers un contrat luxembourgeois ? » On nous la pose chaque semaine. Réponse courte : non, le transfert n'existe pas. En revanche, quatre montages permettent d'arriver au même résultat.

17.1 Pourquoi le transfert est impossible

L'antériorité fiscale — ce compteur de 8 ans qui débloque l'abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) et le PFL à 7,5 % — est attachée à un contrat précis, pas à votre nom. Vous ne pouvez pas la déménager. Concrètement : si vous clôturez votre assurance vie française pour réinvestir au Luxembourg, le compteur repart à zéro et vous perdez parfois 10 ou 15 ans d'ancienneté en un clic.

La loi Pacte (2019) a créé un droit à la transformation avec conservation de l'antériorité fiscale, mais uniquement au sein d'une même entreprise d'assurance. Elle ne permet ni de changer d'assureur en France, ni de transférer vers le Luxembourg.

17.2 Stratégies alternatives

Le transfert direct est impossible. Mais quatre stratégies permettent de contourner cet obstacle.

Tableau comparatif : Stratégie — Mécanisme — Avantage — Inconvénient — Premier cas : Rachats par tranches
StratégieMécanismeAvantageInconvénient
Rachats par tranchesRacheter le contrat français progressivement et verser dans le contrat luxembourgeoisOptimisation des abattements annuels (4 600/9 200 € après 8 ans)Perte d'antériorité sur les sommes réinvesties
Contrats en parallèleConserver le contrat français et ouvrir un contrat luxembourgeois en parallèleAucune imposition, diversification des enveloppesDeux contrats à gérer
Rachat total avant départRacheter seulement après calcul source-résidence et vérification conventionnelleLiquidité disponible pour une nouvelle souscriptionImposition, frais et perte de l'enveloppe existante
Apport de titresOpération en nature admise seulement si assureur et droits applicables l'acceptentAucun avantage présumé avant qualificationCession, fiscalité, valorisation, distribution et abus de droit à analyser

Conserver le contrat français et étudier un contrat luxembourgeois en parallèle peut éviter un rachat précipité. Mais l'intérêt dépend des frais, des supports, du pays de résidence et de la qualification fiscale du nouveau contrat. Sa date d'effet doit être documentée sans promettre par avance le traitement français d'un futur retour.

Conseil : comparez avant de transférer

Avant d'ouvrir un contrat en parallèle, comparez l'acceptation du pays, les coûts complets, la disponibilité des supports, les risques et la fiscalité. Ne rachetez pas le contrat français et n'orientez pas automatiquement tous les nouveaux versements sans simulation. Pour initier cette démarche, consultez nos solutions AVL pour expatriés.

Avant de passer aux cas pratiques, un dernier passage obligé : les erreurs à ne surtout pas commettre. Considérez cette section comme votre checklist de départ.

§ 188 erreurs·3 min

18. Les 8 erreurs à éviter

Chaque année, chez Hagnéré Patrimoine, on retrouve les mêmes erreurs sur les dossiers d'expatriés — toutes évitables, à condition de s'y prendre 6 à 12 mois avant le départ. Le tableau ci-dessous reprend les huit cas qui reviennent le plus souvent en rendez-vous.

Tableau comparatif : # — Erreur — Conséquence — Solution — Premier cas : 1
#ErreurConséquenceSolution
1Souscrire sans vérifier le pays cibleContrat ou opérations ensuite indisponiblesObtenir la faisabilité écrite avant souscription
2Oublier de déclarer le contrat au retour (3916-bis)1 500 € d'amende par contrat, prescription de 10 ansDéclarer dès la première déclaration de revenus
3Racheter le contrat français pour tout mettre au LuxembourgImposition massive des gains accumulésConserver les deux contrats en parallèle
4Ignorer la fiscalité locale du pays de résidenceSurprise fiscale au rachat ou au décèsVérifier la convention CDI et le régime local avant tout rachat
5Ne pas informer l'assureur du changement de résidenceNon-conformité CRS, risque de gel du contratNotifier l'assureur dès le déménagement
6Choisir la mauvaise devise pour le contratRisque de change accumulé sur des annéesAligner la devise sur le pays de résidence (si durable)
7US person : ne pas déclarer FBAR + Form 8938Pénalités jusqu'à 100 000 $ ou 50 % du soldeAccompagnement fiscal US spécialisé obligatoire
8Croire que le contrat luxembourgeois est opaqueLe CRS transmet automatiquement les informations — aucune opacitéDéclarer proactivement et conserver les justificatifs

Sur le terrain, les erreurs les plus coûteuses sont une souscription non distribuable dans le pays cible et un rachat du contrat français décidé sans calcul. Anticiper permet d'obtenir les confirmations écrites, mais aucun délai fixe ne garantit un avantage fiscal.

Ces erreurs sont théoriques. Pour les rendre concrètes, rien ne vaut des exemples réels. Voici 5 situations de clients que nous accompagnons régulièrement.

§ 19Cas pratiques·8 min

19. 5 cas pratiques chiffrés

Les concepts présentés dans ce guide prennent tout leur sens avec des exemples concrets. Voici 5 situations réelles (prénoms modifiés) que Hagnéré Patrimoine rencontre régulièrement en cabinet. Pour chaque cas, le profil, la stratégie retenue et le gain fiscal chiffré.

Cas n°1 : Marc, directeur financier expatrié à Dubaï

Profil

Marc, 45 ans, directeur financier d'une multinationale française du secteur de l'énergie. Expatrié à Dubaï depuis 3 ans avec sa femme Camille (42 ans, consultante en freelance) et leurs deux enfants scolarisés au lycée français. Côté patrimoine, Marc dispose de 2 000 000 € d'actifs financiers, dont une assurance vie française de 800 000 € ouverte il y a 12 ans (avec 200 000 € de gains latents dessus). Il gagne 350 000 € par an. Sa question quand il vient nous voir : comment profiter de son séjour à Dubaï sans hypothéquer un retour en France à 5 ans ?

Analyse : avant toute souscription ou rachat, Marc doit faire confirmer l'acceptation de sa résidence émiratie, la distribution du produit, le coût du change et la fiscalité du rachat français. L'absence d'IR personnel général aux EAU ne supprime pas automatiquement le prélèvement français ni les formalités conventionnelles.

Rachat partiel contrat FR depuis Dubaï : 100 000 € (dont 25 000 € de gains)

Retenue française : à calculer selon date des primes, durée et statut du bénéficiaire

Convention : article applicable et procédure d'attestation ou remboursement à confirmer

Impôt final et économie : non chiffrés sans validation écrite du dossier

Cas n°2 : Pierre et Marie, retraités au soleil portugais

Profil

Pierre, 67 ans, et Marie, 65 ans, sont un cas fictif de retraités installés dans l'Algarve depuis 2020. Ils indiquent disposer d'une décision RNH, d'un contrat luxembourgeois de 1 500 000 € ouvert en 2018, d'un appartement à Bordeaux et de pensions françaises. Avant tout rachat, la décision RNH, sa période individuelle, l'option exercée, l'historique des primes, la résidence et la qualification portugaise du contrat doivent être contrôlés.

Conclusion du cas : économie non chiffrée. Le scénario doit être recalculé après preuve du statut RNH individuel et qualification du contrat. Le traitement d'un rachat dépend notamment de la source, de la catégorie du produit, de la convention et des éventuels prélèvements ou crédits. Aucun taux nul ni aucune économie annuelle ne sont retenus sans validation portugaise écrite.

Cas n°3 : Thomas, ingénieur à Genève qui vit à Annemasse

Profil

Thomas, 38 ans, ingénieur en informatique chez une société de trading à Genève. Il vit à Annemasse avec sa compagne Léa (35 ans, professeure des écoles). Il touche 180 000 CHF par an et a 300 000 CHF de côté. À 4-5 ans, il hésite entre un chalet à Chamonix (côté français) et un appartement côté Genève — et il aimerait, en parallèle, se constituer un vrai matelas pour la retraite.

Stratégie : Thomas ouvre un contrat luxembourgeois en CHF avec un FID géré en mandat (allocation équilibrée actions/obligations suisses et internationales). Il verse 300 000 CHF puis 2 000 CHF/mois. Pas de risque de change. À terme, crédit Lombard adossé au contrat (LTV 60 %) pour financer un apport immobilier — sans racheter le contrat et donc sans déclencher d'impôt.

Cas n°4 : Sophie, de Londres à Paris avec la fenêtre IFI

Profil

Sophie, 52 ans, directrice juridique d'une banque d'investissement à la City. Après 15 ans à Londres, elle accepte un poste de General Counsel à Paris. Divorcée, deux enfants adolescents qui restent à Londres avec leur père. Patrimoine : 3 000 000 £ dont un contrat luxembourgeois de 2 000 000 £ ouvert en 2015 (antériorité 11 ans). Le contrat contient 800 000 £ en fonds immobiliers européens. Sa préoccupation : l'IFI français va-t-il alourdir sa facture fiscale ?

Analyse : Sophie doit faire tester les conditions de la fenêtre IFI de l'article 964 du CGI, la localisation des actifs immobiliers et leur quote-part taxable. Pour un rachat, la date 2015 est documentée mais l'abattement et le taux français ne seront appliqués qu'après confirmation de la qualification du contrat, de l'historique des primes et des obligations du payeur.

Cas n°5 : Julien, entrepreneur installé en Belgique après la vente de sa société

Profil

Julien, 50 ans, a fondé une société de logiciels SaaS à Lyon il y a 20 ans. Il vient de la vendre pour 5 000 000 € et s'est installé à Ixelles (Bruxelles) avec sa femme Nathalie (47 ans, architecte d'intérieur). Leurs 3 enfants (24, 21 et 18 ans) vivent et travaillent en France. Julien veut placer le produit de cession de manière fiscalement optimale tout en préparant la transmission à ses enfants.

Stratégie : Julien investit 4 000 000 € dans un contrat luxembourgeois (FID type B avec mandat de gestion), 100 % en unités de compte sans fonds euros. En Belgique, les rachats échappent au précompte mobilier (0 % sur les UC sans garantie de rendement), mais ils entrent dans le champ de la nouvelle taxe de 10 % sur les plus-values d'actifs financiers applicable depuis le 1er janvier 2026, au-delà de l'exonération annuelle de 10 000 € et sur la seule plus-value postérieure à la valeur de référence du 31 décembre 2025. Taxe belge de 2 % sur les primes versées = 80 000 €. Le rythme des rachats doit donc être calibré avec un conseil belge. Clause bénéficiaire : ses 3 enfants (résidents français), qui bénéficieront de l'abattement de 152 500 € chacun au titre de l'article 990 I (les versements ont été faits par un souscripteur résidant hors de France, mais le prélèvement s'applique si le bénéficiaire est résident français au sens du I de l'article 990 I).

Attention : bénéficiaire résident français

Depuis le 31 juillet 2011, l'article 990 I s'applique aussi lorsque le bénéficiaire est résident fiscal français au moment du décès, même si le souscripteur n'était pas résident français (I de l'art. 990 I). Les trois enfants de Julien seront donc imposés en France sur les capitaux décès au-delà de 152 500 € chacun. Et la Belgique pourrait également prélever des droits de succession → risque de double imposition qu'il faudra anticiper.

Ce qui ressort de ces 5 dossiers, c'est qu'il n'y a pas de recette unique : la bonne stratégie change selon le pays d'accueil, la composition familiale et l'horizon de temps. En revanche, tous nos clients qui réussissent leur expatriation ont un point commun : ils ont préparé le coup avant de partir, pas après. D'où l'importance du calendrier qu'on aborde juste après.

§ 20Chronologie·4 min

20. Chronologie : avant, pendant et après l'expatriation

Quand faut-il s'y mettre ? Assez tôt pour obtenir les réponses écrites avant le changement de résidence. La date du contrat est un élément du dossier, mais elle ne garantit ni sa disponibilité dans le pays cible ni son traitement fiscal au retour. Voici la chronologie que nous appliquons avec nos clients expatriés chez Hagnéré Patrimoine. Si vous envisagez un départ, souscrire un contrat luxembourgeois avant votre départ est la première étape.

Avant le départ (J-24 à J-3 mois)

Tableau comparatif : Action — Détail — Urgence — Premier cas : Étudier le contrat luxembourgeois
ActionDétailUrgence
Étudier le contrat luxembourgeoisVérifier pays, produit, distribution/LPS, coûts et traitement fiscalHaute — avant toute souscription
Premier versement significatifAlimenter le contrat avec un premier versementHaute
Structurer en multi-devisesSi la destination justifie une devise non-EURMoyenne
Vérifier les contrats françaisConditions générales en cas de non-résidence (versements, rachats)Haute
Projet d'apport de titresNe rien exécuter avant qualification civile, fiscale, contractuelle et réglementaireHaute — avis écrits requis
Clause bénéficiaireAdapter la clause aux bénéficiaires internationauxMoyenne

Pendant l'expatriation

Tableau comparatif : Action — Détail — Fréquence — Premier cas : Informer l'assureur
ActionDétailFréquence
Informer l'assureurNotifier chaque changement de résidence fiscaleÀ chaque déménagement
Vérifier la fiscalité localeRachats, succession, IFI équivalent selon le paysÀ chaque changement de pays
Rachats stratégiquesCristalliser les gains dans les pays à fiscalité favorableAnnuellement si pertinent
Versements complémentairesContinuer à alimenter le contrat depuis l'étrangerSelon capacité d'épargne
Crédit LombardUtiliser la liquidité sans rachat si besoin de cashSelon besoin

Au retour en France

Tableau comparatif : Action — Détail — Délai — Premier cas : Informer l'assureur
ActionDétailDélai
Informer l'assureurDéclarer le retour en résidence fiscale françaiseImmédiat
Formulaire 3916-bisDéclarer le contrat luxembourgeois à l'administration fiscalePremière déclaration de revenus
Qualifier le contratDocumenter date, primes, transformations et régime français applicableAvant tout rachat
IFIDéclarer la composante immobilière du contrat (si patrimoine > 1,3 M€)Mai N+1
Fenêtre impatrié IFITester les conditions et la localisation des actifs immobiliersÀ documenter
Stratégie de rachatPlanifier les rachats en tenant compte de l'abattement annuelDès le retour

Si on devait résumer : obtenez la faisabilité écrite avant la mobilité, tenez l'assureur informé de chaque changement et faites modéliser toute opération avant le rachat. Le bon calcul distingue la retenue du payeur ou de l'État de source, la convention, l'impôt de résidence, le crédit éventuel, les frais et l'effet d'un retour en France.

Méthode documentée

De l'ouverture du contrat au retour en France — qualifier chaque étape

Ouverture éventuelle, déclarations, résidence, rachat et retour doivent être analysés selon le pays et avec les professionnels habilités. La première étape consiste à identifier la juridiction et le périmètre d'intervention possible.

Préqualification paysHypothèses documentéesProfessionnels compétents

Un dernier passage avant de refermer ce guide. Le droit fiscal international bouge chaque année, et plusieurs décisions récentes changent la donne pour les expatriés détenteurs d'AVL. Voici ce qu'il faut retenir pour rester à jour.

§ 21Actualité 2025-2026·5 min

21. Actualité juridique et fiscale 2024-2026

Trois textes récents — la LF 2025, un arrêt du Conseil d'État de février 2024 et une série de cassations sur les primes exagérées — redessinent le terrain pour les expatriés en AVL. Voici ce qui change concrètement, et ce que ça veut dire pour votre contrat.

21.1 LF 2025 : primauté conventionnelle légalisée (art. 4 B modifié)

Avant 2025, en cas de double résidence (France + Suisse, par exemple), le juge devait jongler entre droit interne et convention fiscale. La LF 2025 tranche : elle inscrit noir sur blanc la primauté des conventions bilatérales dans la détermination du domicile fiscal (article 4 B du CGI modifié).

Prenons un cas type : vous êtes réputé résident à la fois en France et en Suisse. La convention franco-suisse déroule alors une cascade de critères — foyer permanent d'abord, centre des intérêts vitaux ensuite, séjour habituel, et nationalité en dernier recours. Pour les binationaux ou les expatriés à mi-temps, c'est un vrai filet de sécurité.

21.2 CE n° 469771 du 5 février 2024 : domicile fiscal des dirigeants

Cas typique : vous dirigez une SAS française mais vous vivez à Genève avec votre famille, et l'essentiel de votre patrimoine est en Suisse. Le Conseil d'État a tranché en février 2024 : le seul mandat social en France ne suffit pas à vous rendre résident fiscal français, dès lors que le foyer familial et le centre des intérêts économiques sont à l'étranger. Une bouffée d'air pour les dirigeants frontaliers suisses ou belges qui se faisaient régulièrement requalifier.

21.3 Tableau récapitulatif des jurisprudences clés

La tendance de fond est encourageante pour les expatriés : sécurisation du cadre juridique (primauté des conventions, non-rétroactivité de l'exit tax) tout en renforçant la transparence (CRS, FATCA). Le contrat luxembourgeois sort renforcé de ces évolutions.

Tableau comparatif : Décision — Date — Portée pour l'expatrié AVL — Premier cas : CE n° 476399
DécisionDatePortée pour l'expatrié AVL
CE n° 47639905/02/2025Exit tax : la version rétablie en 2011 ne s'applique qu'aux transferts intervenus à compter du 11 mai 2011
Cass. n° 23-19.11019/12/2024Primes exagérées : intérêt des héritiers écarté des critères
CJUE C-694/2008/12/2022DAC 6 : secret professionnel des avocats protégé (Charte UE art. 7)
Cass. n° 22-14.82902/05/2024Primes exagérées : 4 critères cumulatifs confirmés
CE n° 46977105/02/2024Domicile fiscal dirigeant : foyer + centre intérêts priment sur mandat social
CE n° 44279921/10/2020Impatrié 155 B : exonération 50 % autonome pour revenus passifs étrangers
Cass. n° 15-13.60619/05/2016Validité civile admise dans le cas jugé ; neutralité fiscale de l'apport non tranchée
LF 2025 (art. 4 B)Entrée en vigueur 2025Primauté conventionnelle légalisée pour le domicile fiscal

Lisez ce tableau dans son ensemble : tribunaux, Cour de cassation et législateur tirent dans la même direction. Pour qui détient un contrat luxembourgeois en mobilité internationale, ces dernières années ont surtout fermé des angles morts. C'est aussi pour ça que l'AVL reste, dans nos dossiers d'expatriés, l'outil que je sors le plus souvent du tiroir.

Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Conseiller en Gestion de Patrimoine · Fondateur du cabinet Hagnéré Patrimoine

Certifié CIF (Conseil en Investissements Financiers), COA (Courtier en Opérations d'Assurance) et COBSP (Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement), enregistré à l'ORIAS. Spécialisé en mobilité internationale, assurance-vie luxembourgeoise, fiscalité des expatriés et ingénierie patrimoniale transfrontalière.

Mise à jour : 25 juin 2026. Sources : Code général des impôts (CGI) — art. 4 B, 125-0 A, 125 A, 155 B, 167 bis, 750 ter, 757 B, 964, 990 I, 1649 AA, 1729-0 A ; Code monétaire et financier art. L.631-2-1 ; conventions fiscales bilatérales (impots.gouv.fr, admin.ch, SPF Finances Belgique, HMRC UK, Agenzia delle Entrate, Agencia Tributaria) ; Commissariat aux Assurances Luxembourg (CAA) ; loi luxembourgeoise sur le secteur des assurances du 7 décembre 2015 (super-privilège art. 118) ; OCDE (norme CRS) ; IRS (FATCA, Form 8938, FinCEN 114) ; Règlement UE 650/2012 (successions) ; BOFiP BOI-IR-DOMIC, BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, BOI-INT-CVB, BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 (26/09/2024) ; jurisprudence CE n° 476399, 469771, 442799 ; Cass. n° 23-19.110, 22-14.829, 15-13.606 ; CJUE C-694/20 ; LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025 · art. 4 B CGI modifié) ; LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 · art. L.136-8 IV CSS) ; LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026). Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 25 juin 2026.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine pour une recommandation adaptée à votre situation, notamment en cas de mobilité internationale où les interactions fiscales sont complexes.

ACCOMPAGNEMENT

Triangle de sécurité luxembourgeois — rang de créance prioritaire

Le Triangle de sécurité luxembourgeois organise notamment la ségrégation des actifs représentatifs et un rang de créance prioritaire. Ce rang n'est ni une garantie étatique, ni une garantie de valeur ou de récupération intégrale.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Pays qualifié avant le produit
  • Cadre local à confirmer
  • Information générale à ce stade

Préparez votre expatriation ou votre retour avec une qualification pays préalable

Avant le départ ou le retour, nous vérifions l'acceptation du pays, les autorisations de distribution, les coûts, la fiscalité source-résidence et les déclarations. Les rémunérations, rétrocessions éventuelles et conflits d'intérêts sont documentés dans les informations réglementaires applicables.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Résidence vérifiéeDroit de distribution qualifiéCoûts documentés avant décision

Sources et références légales

  • Code des assurances français & loi Sapin 2

    Art. L. 132-12 C. ass. (régime civil français du capital bénéficiaire, sous réserve du contexte international). Loi 2016-1691 du 09/12/2016 (Sapin 2) art. 49 : pouvoirs du HCSF sur les organismes relevant de son périmètre. Pour tout contrat luxembourgeois, vérifier l'assureur, les actifs réassurés et les mesures étrangères applicables.

  • CGI — fiscalité expatriation

    Art. 167 bis CGI : la valeur du contrat n'entre pas, en tant que telle, dans l'assiette ordinaire ; les titres et droits détenus directement, créances et plus-values en report du foyer restent à inventorier. Art. 155 B (régime impatrié). Art. 125-0 A et 125 D (rachats et prélèvement du non-résident). Art. 750 ter, 990 I et 757 B (décès). Art. 964 (IFI). Art. 1649 AA (déclaration des contrats étrangers).

  • CRS, FATCA & succession internationale

    Directive 2014/107/UE (DAC2 transposant CRS) : échange automatique entre 100+ pays. FATCA (loi US 2010 + accord FR 14/11/2013) : reporting IRS pour US persons. Règlement (UE) 650/2012 du 4/07/2012 : succession internationale, loi de la dernière résidence habituelle, professio juris.

  • Triangle de sécurité luxembourgeois

    Loi modifiée du 6/12/1991 (CAA Luxembourg). Règlement Grand-Ducal du 14/12/1994. Triangle de sécurité : assureur + banque dépositaire + Commissariat aux Assurances. Le privilège est un rang de créance sur les actifs représentatifs en liquidation ; il ne garantit ni leur valeur ni une récupération intégrale. Le cas FWU rappelle précisément cette limite.

  • Conventions fiscales pivots

    Convention France-Suisse 1966 (modifiée 2014). Convention France-UAE 1989. Convention France-USA 1994 (Mémorandum 2009 sur AV/PFIC). Convention France-Portugal 1971 (modifiée 2017, fin du NHR). Convention France-UK 2008. Convention France-Singapour 2015. CJUE C-623/13 de Ruyter : PS 7,5 % UE/EEE/CH non-résidents.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité internationale est complexe : consultez un CGP spécialisé international avant tout départ ou retour. Données arrêtées au 25 juin 2026.

Foire aux questions

Tout sur l'AVL pour expatriés et la fiscalité internationale 2026.

Portabilité & fiscalité, pays de résidence, retour en France, souscription & erreurs. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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