Assurance Vie Luxembourgeoise et Expatriés : portabilité, fiscalité internationale, guide complet 2026

Pourquoi le contrat luxembourgeois est le passeport financier des expatriés, impatriés et frontaliers. Ce guide couvre la portabilité internationale, la fiscalité par pays de résidence (12 pays analysés), l'exit tax, le retour en France, le régime impatrié, le multi-devises, le CRS/FATCA, et les stratégies d'optimisation avant, pendant et après l'expatriation.

Fiscalité détaillée
Exit tax sur AV
Multi-devises natif
Fenêtre IFI impatrié

1. Pourquoi l'assurance vie luxembourgeoise est le passeport financier des expatriés

Imaginez un coffre-fort financier qui vous suit partout dans le monde, s'adapte automatiquement aux règles fiscales du pays où vous vivez, et vous protège même si votre assureur fait faillite. C'est exactement ce que fait un contrat d'assurance vie luxembourgeoise.

Contrairement à un contrat français, conçu pour des résidents français et parfois difficile à gérer depuis l'étranger, le contrat luxembourgeois a été pensé dès l'origine pour la mobilité internationale. Trois avantages structurels le distinguent :

Portabilité totale

Le contrat suit le souscripteur dans son pays de résidence sans restructuration. L'assureur adapte la documentation à la nouvelle résidence fiscale. Aucun frais de transfert, aucune perte d'antériorité.

Neutralité fiscale

Le Luxembourg n'impose aucune taxe sur les gains du contrat. La fiscalité applicable est exclusivement celle du pays de résidence du souscripteur. Pas de double imposition Luxembourg/pays de résidence.

Multi-devises natif

Possibilité d'investir en EUR, USD, GBP ou CHF. Élimination du risque de change pour les expatriés en zone dollar, livre sterling ou franc suisse.

Super-privilège illimité

Les actifs sont ségrégués chez une banque dépositaire indépendante. Le souscripteur est créancier de premier rang, même devant l'État luxembourgeois. Protection sans plafond (vs 70 000 € FGAP en France).

En résumé : le contrat luxembourgeois est au patrimoine international ce que le passeport diplomatique est au voyage — il ouvre toutes les portes sans friction.

L'affaire FWU (2024) : pourquoi la protection luxembourgeoise compte

En 2024, l'assureur FWU (basé en Allemagne, avec une filiale luxembourgeoise FWU Life Insurance Lux) a connu de graves difficultés financières, gelant environ 30 000 contrats. Les souscripteurs luxembourgeois ont bénéficié du triangle de sécurité : leurs actifs, ségrégués chez une banque dépositaire indépendante, étaient protégés par le super-privilège. Les souscripteurs de contrats allemands FWU, eux, ont eu moins de protections. Ce cas réel illustre pourquoi le cadre réglementaire luxembourgeois (CAA + ségrégation des actifs) n'est pas un argument marketing mais une protection concrète, particulièrement cruciale pour un expatrié qui ne peut pas se déplacer facilement.

Qui est concerné ?

  • Expatriés actuels — résidents fiscaux hors de France (salariés, entrepreneurs, retraités)
  • Futurs expatriés — projet de mobilité dans les 2-5 ans
  • Impatriés — personnes s'installant en France depuis l'étranger
  • Frontaliers — résidents français travaillant en Suisse, Belgique ou au Luxembourg
  • Bi-nationaux — double résidence fiscale potentielle
  • Familles internationales — conjoint et/ou enfants dans des pays différents

2. Portabilité internationale : comment ça marche concrètement

La portabilité, c'est la capacité du contrat à « déménager » avec vous sans perdre ses avantages. Un contrat français, lui, est comme une maison : il est ancré dans le droit français. Le contrat luxembourgeois, c'est un camping-car de luxe — il se déplace partout.

2.1 Le mécanisme de la neutralité fiscale

Le Luxembourg ne prélève aucun impôt sur les gains générés au sein d'un contrat d'assurance vie (ni sur les rachats, ni sur les plus-values internes). La fiscalité applicable est exclusivement celle du pays de résidence du souscripteur au moment du fait générateur (rachat, décès).

Principe de neutralité fiscale luxembourgeoise

Impôt Luxembourg sur le contrat = 0 €

Impôt applicable = fiscalité du pays de résidence du souscripteur

→ Pas de double imposition Luxembourg / pays de résidence

2.2 Ce qui se passe quand vous changez de pays

Lorsque vous déménagez, l'assureur luxembourgeois effectue une mise à jour administrative de votre dossier :

ÉtapeDémarcheDélai
1. NotificationInformer l'assureur du changement de résidence fiscaleDès le déménagement
2. Vérification KYCL'assureur vérifie la conformité avec la réglementation du nouveau pays2-4 semaines
3. Adaptation contratMise à jour des conditions contractuelles si nécessaire1-2 mois
4. Reporting fiscalL'assureur bascule le reporting CRS vers le nouveau paysAutomatique au 1er janvier suivant

Le contrat lui-même ne change pas : mêmes supports, même allocation, même antériorité. Seule la « couche fiscale » s'adapte. Des frais d'ajustement marginaux peuvent s'appliquer selon l'assureur et le pays de destination (typiquement 0 à 500 €), mais il n'y a aucune restructuration lourde.

Pays non accessibles

Certains pays imposent des restrictions réglementaires qui peuvent limiter l'accès au contrat luxembourgeois : les États-Unis (contraintes FATCA + SEC), la Corée du Nord, l'Iran et quelques pays sous sanctions. En pratique, la très grande majorité des destinations d'expatriation sont couvertes (UE, Suisse, UK, Émirats, Singapour, Hong Kong, Australie, Canada, Israël, etc.).

3. Contrat français vs luxembourgeois à l'étranger

La question revient systématiquement : « je pars à l'étranger, que faire de mon contrat d'assurance vie français ? » La réponse dépend de votre destination et de votre situation, mais dans la majorité des cas, le contrat français pose des problèmes que le contrat luxembourgeois résout.

CritèreContrat françaisContrat luxembourgeois
PortabilitéLimitée — certains assureurs gèlent les versements pour les non-résidentsTotale — conçu pour la mobilité internationale
Loi Sapin 2Applicable — gel des rachats possible en cas de criseNon applicable — droit luxembourgeois uniquement
Multi-devisesRarement disponible (EUR uniquement)EUR, USD, GBP, CHF natif
Protection actifsFGAP : 70 000 € maxSuper-privilège : illimité
Reconnaissance internationaleVariable selon les paysReconnu dans 100+ juridictions
Univers d'investissementUC + fonds eurosFID, FAS, hedge funds, PE, clean shares
Retenue à la source rachatPFU 12,8 % ou convention (art. 125 A CGI)0 % — neutralité fiscale Luxembourg
Reporting fiscalAdaptable mais parfois complexeCRS automatique vers le pays de résidence

En clair : si vous êtes résident français et le restez, les deux contrats sont fiscalement équivalents. Dès que vous franchissez une frontière, le contrat luxembourgeois prend un avantage structurel décisif.

Le piège du contrat français à l'étranger

Plusieurs assureurs français (notamment les bancassureurs) refusent les versements aux non-résidents ou limitent drastiquement les opérations disponibles. Certains contrats sont même résiliés d'office en cas de changement de résidence hors UE. Vérifiez les conditions générales de votre contrat avant tout départ.

3.1 Retenue à la source sur les rachats (art. 125-0 A et 125 A CGI)

Concrètement, la retenue à la source est un prélèvement que l'État français effectue directement sur vos gains au moment où vous retirez de l'argent de votre contrat. L'assureur retient une partie avant de vous verser le solde — vous recevez un montant net, déjà amputé de l'impôt. C'est le prix à payer pour racheter un contrat français depuis l'étranger.

Lorsqu'un non-résident effectue un rachat sur un contrat d'assurance vie français, une retenue à la source s'applique sur les gains. Le taux dépend de la date des versements et de l'ancienneté du contrat :

Durée du contratPrimes versées avant le 27/09/2017Primes versées après le 27/09/2017
Moins de 4 ans35 %12,8 % (PFU)
4 à 8 ans15 %12,8 % (PFU)
Plus de 8 ans (gains < 150 000 €)7,5 %7,5 %
Plus de 8 ans (gains > 150 000 €)7,5 %12,8 %
Pays non coopératif (ETNC)75 %75 %

En clair : le PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique, aussi appelé « flat tax ») est le taux standard de 12,8 % appliqué depuis 2018 sur les gains financiers en France. Pour un non-résident avec un contrat français, ce taux s'applique sur les primes récentes. Ce prélèvement n'existe tout simplement pas avec un contrat luxembourgeois, puisque le Luxembourg ne prélève rien.

Les conventions fiscales bilatérales peuvent réduire ou supprimer cette retenue (formulaires CERFA 5000 et 5001 à fournir à l'assureur). Les prélèvements sociaux (17,2 %) sont exonérés pour les non-résidents sur les rachats de contrats d'assurance vie français — c'est l'un des rares avantages du départ.

Avec un contrat luxembourgeois, la retenue à la source est de 0 % — le Luxembourg ne prélève rien. L'imposition se fait exclusivement dans le pays de résidence du souscripteur. C'est un avantage structurel majeur, surtout pour les expatriés en zone 0 % (EAU, Singapour, Monaco non-FR).

4. Multi-devises : EUR, USD, GBP, CHF

Imaginez : vous vivez à Londres, vous gagnez et dépensez en livres sterling. Votre contrat d'assurance vie est libellé en euros. Si la livre chute de 10 % face à l'euro, vous perdez 10 % de votre pouvoir d'achat réel — même si vos investissements ont bien performé. Le multi-devises, c'est la possibilité de libeller votre contrat dans la devise du pays où vous vivez, pour que votre épargne et vos dépenses parlent la même langue monétaire.

Les contrats luxembourgeois permettent de libeller le contrat et les supports d'investissement dans 4 devises principales :

DeviseZone d'utilisationAssureurs proposant cette devise
EUR (€)Zone euro, la plupart des paysTous les assureurs luxembourgeois
USD ($)États-Unis, Émirats, Hong Kong, SingapourOneLife, Wealins, Lombard International, La Baloise
GBP (£)Royaume-Uni, îles Anglo-NormandesOneLife, Wealins, Lombard International
CHF (Fr.)Suisse, LiechtensteinOneLife, Wealins, La Baloise

Comment ça marche concrètement

Vous choisissez la devise de référence du contrat à la souscription. Les versements, les rachats et la valorisation sont exprimés dans cette devise. Les supports sous-jacents (fonds, ETF, obligations) peuvent être dans n'importe quelle devise — c'est le contrat qui sert de « conteneur » dans la devise choisie. Certains assureurs permettent même d'avoir plusieurs poches en devises différentes au sein d'un même contrat.

4.1 Stratégie devise par destination

DestinationDevise recommandéeRaison
SuisseCHFRevenus en CHF, dépenses en CHF, pas de risque de change
Royaume-UniGBPMême logique — stabilité avec les dépenses locales
Émirats / Singapour / HKUSDDevise de référence locale (AED/SGD indexé ou corrélé au USD)
Belgique / Allemagne / ItalieEURMême zone monétaire
Portugal / EspagneEURMême zone monétaire
France (retour prévu)EURAnticiper le retour en zone euro

Conseil pratique : si votre expatriation est temporaire (3-5 ans) avec un retour en France prévu, gardez le contrat en euros. Si l'installation est durable, basculez dans la devise locale.

5. Exit tax et départ de France (art. 167 bis CGI)

L'exit tax fait peur à beaucoup de futurs expatriés. En réalité, pour les détenteurs d'assurance vie luxembourgeoise, c'est une non-question.

5.1 Le mécanisme de l'exit tax

Le principe est simple : quand vous quittez la France, l'État veut s'assurer que vous paierez l'impôt sur les gains accumulés sur vos titres, même si vous ne les avez pas encore vendus. C'est comme si le fisc vous présentait une facture provisoire au moment du départ, basée sur ce que valent vos actions aujourd'hui. Bonne nouvelle : l'assurance vie en est exclue.

L'exit tax (art. 167 bis du CGI) impose les plus-values latentes sur les participations lors du transfert de domicile fiscal hors de France. Elle concerne les contribuables détenant au moins 50 % d'une société, ou un patrimoine en valeurs mobilières supérieur à 800 000 €.

Exclusion expresse de l'assurance vie

L'article 167 bis du CGI porte sur les titres détenus en direct (actions, obligations, parts de sociétés). Les contrats d'assurance vie sont expressément exclus du champ de l'exit tax : les plus-values capitalisées au sein du contrat ne constituent pas des plus-values latentes de titres au sens de l'article 167 bis. Le souscripteur peut quitter la France sans aucun déclenchement d'imposition sur son contrat luxembourgeois.

5.2 Stratégie : apporter les titres dans le contrat avant le départ

Si vous détenez des titres en direct (CTO, PEA) potentiellement soumis à l'exit tax, une stratégie consiste à les apporter dans un contrat d'assurance vie luxembourgeois avant le départ. L'apport de titres (art. L132-21 du Code des assurances) permet de transférer des valeurs mobilières dans le contrat sans réaliser de cession. Les plus-values ne sont alors plus latentes sur des titres détenus en direct — elles sont dans l'enveloppe AV, hors champ de l'exit tax.

Attention : timing et abus de droit

L'apport de titres dans un contrat AV quelques semaines avant un départ à l'étranger pourrait être requalifié en abus de droit (art. L64 du LPF) si l'administration démontre que l'opération n'a pas d'autre motif que l'évasion de l'exit tax. Un délai raisonnable (12 à 24 mois minimum) et une justification économique réelle (diversification, gestion sous mandat) sont recommandés.

5.3 Sursis d'imposition et report (art. 167 bis II et III)

En clair, le sursis et le report sont deux façons de « mettre en pause » le paiement de l'exit tax. Le sursis est automatique si vous partez dans l'Union européenne ; le report nécessite quelques formalités si vous partez plus loin. Dans les deux cas, si vous conservez vos titres suffisamment longtemps sans les vendre, la dette fiscale finit par disparaître.

Même pour les titres détenus en direct (hors AV), l'exit tax n'est pas toujours payée immédiatement. Deux mécanismes de différé existent :

MécanismeDestinationConditionsDégrèvement
Sursis d'imposition (art. 167 bis II)Transfert vers un État UE/EEEAutomatique — pas de déclaration de sursis nécessaireDégrèvement total si les titres ne sont pas cédés dans les 2 ans (5 ans si > 2,57 M€)
Report d'imposition (art. 167 bis III)Transfert vers un pays tiers (hors UE/EEE)Désignation d'un représentant fiscal + garanties (supprimées pour UE depuis LF 2014)Dégrèvement après 2 ou 5 ans selon la valeur des titres

CE 476399 du 5 février 2025 : l'exit tax ne s'applique pas rétroactivement

Le Conseil d'État a confirmé dans sa décision n° 476399 du 5 février 2025 que l'exit tax ne peut s'appliquer de manière rétroactive à des transferts de domicile intervenus avant l'entrée en vigueur de la loi. Cette décision sécurise les expatriations réalisées avant les modifications législatives successives (2011, 2014, 2019). Pour les détenteurs d'assurance vie luxembourgeoise, cette jurisprudence est surtout pertinente pour les titres détenus en parallèle du contrat.

Simulation : économie exit tax grâce à l'AV luxembourgeoise

Portefeuille titres en direct : 1 200 000 € (PV latente 400 000 €)

Exit tax théorique : 400 000 × 30 % (PFU) = 120 000 €

Même portefeuille logé dans un contrat AV luxembourgeois :

Exit tax = 0 € (hors champ art. 167 bis)

Économie : 120 000 € (+ report de la fiscalité au rachat, dans le pays de résidence)

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6. Fiscalité par pays de résidence : 12 pays analysés

C'est la section la plus attendue : combien allez-vous payer d'impôt sur vos rachats selon votre pays de résidence ? La neutralité fiscale du Luxembourg signifie que seule la fiscalité locale s'applique. Voici le détail pour les 12 destinations les plus fréquentes des expatriés français.

6.1 Belgique

Avant d'entrer dans le détail, quelques rappels utiles : les unités de compte (UC) sont les supports d'investissement de votre contrat (actions, ETF, fonds…) — par opposition au fonds euros qui offre un rendement garanti. Le précompte mobilier est l'équivalent belge de notre impôt sur les revenus financiers.

La Belgique est l'une des destinations les plus favorables pour les détenteurs d'assurance vie luxembourgeoise. Le principe : les gains issus de contrats investis à 100 % en unités de compte (sans garantie de rendement) sont exonérés d'impôt sur le revenu.

SituationImposition en BelgiqueCondition
Contrat 100 % UC equity (sans composante obligataire > 10 %)0 % sur les gainsPas de fonds euros, ni d'OPCVM obligataires > 10 % de l'actif
Contrat avec > 10 % d'actifs obligataires (taxe Reynders)Précompte mobilier 30 % sur la part des gains obligatairesArt. 19bis CIR/92 — seuil de 10 % de composante fixed-income
Contrat avec rendement garanti (fonds euros)Précompte mobilier 30 % sur les gainsToute composante à rendement garanti déclenche le précompte
Taxe de 2 % sur les primes2 % du montant versé — non récupérableÀ chaque versement, y compris contrats luxembourgeois
Prélèvements sociaux0 %La Belgique n'a pas de PS type CSG/CRDS

Piège belge n°1 : la taxe Reynders (art. 19bis CIR/92)

La taxe Reynders s'applique dès que le contrat comporte plus de 10 % de son actif en instruments de dette (obligations, fonds obligataires, fonds euros). Le précompte mobilier de 30 % frappe alors la part des gains attribuable à la composante obligataire. Pour un contrat 100 % actions/ETF equity, le précompte est nul. C'est pourquoi un contrat luxembourgeois 100 % UC equity est l'allocation optimale pour un résident belge.

Piège belge n°2 : la taxe de 2 % sur les primes

La Belgique applique une taxe de 2 % sur les primes versées (taxe sur les opérations d'assurance, art. 173 du Code des droits et taxes divers). Elle s'applique à chaque versement, y compris sur les contrats luxembourgeois. Sur un versement de 500 000 € = 10 000 € de taxe. L'avantage fiscal sur les rachats (0 % sur les UC equity) compense cette taxe d'entrée en quelques années de performance.

6.2 Suisse

La Suisse distingue les contrats d'assurance vie selon qu'ils sont considérés comme des contrats d'assurance « qualifiés » ou non. Un contrat luxembourgeois de type FID/FAS n'est généralement pas reconnu comme un produit d'assurance suisse et est traité comme un placement financier ordinaire.

SituationImposition en SuisseRemarque
Gains en capital (rachat)0 % d'impôt fédéral sur les gains en capital PPLe gain en capital des personnes physiques est exonéré en Suisse
Rendement du contrat (partie « revenu »)Imposable à l'IR cantonal + fédéralSi le contrat est requalifié en placement financier
Impôt sur la fortuneValeur de rachat du contrat taxée annuellementTaux variable par canton (0,1-1 % de la fortune nette)
Prélèvements sociaux0 %La Suisse n'a pas de PS type CSG

En clair : la Suisse n'impose pas les gains en capital des particuliers, ce qui rend les rachats très avantageux. Mais le contrat est intégré à l'assiette de l'impôt sur la fortune cantonal.

6.3 Royaume-Uni

Autrement dit, un offshore bond désigne en droit britannique tout contrat d'assurance vie souscrit hors du Royaume-Uni. C'est le terme que votre comptable anglais utilisera pour parler de votre contrat luxembourgeois. Ce statut ouvre un régime fiscal particulier, plutôt avantageux.

Le Royaume-Uni applique un régime spécifique aux « offshore bonds » (contrats d'assurance vie souscrits hors UK). Le contrat luxembourgeois est reconnu comme un offshore bond.

SituationImposition au UKRemarque
Retraits annuels ≤ 5 % du capital investi0 % — « 5% cumulative allowance »Cumulable sur 20 ans (100 % du capital sans impôt)
Retraits > 5 % (chargeable event)Income tax au taux marginal (20/40/45 %)Top-slicing relief possible pour lisser la tranche
Rachat total (surrender)Income tax sur les gainsTop-slicing relief applicable
National InsuranceNon applicable aux revenus de placement

Le « 5% withdrawal rule » : un atout majeur

Le Royaume-Uni autorise le retrait de 5 % du capital investi chaque année sans imposition, cumulable sur 20 ans. Sur un contrat de 1 000 000 £, vous pouvez retirer 50 000 £ par an (soit 4 166 £ par mois) en franchise d'impôt. Ce mécanisme est particulièrement adapté pour générer des revenus complémentaires défiscalisés pendant l'expatriation au UK.

Nouveau régime FIG (Foreign Income and Gains) — avril 2025

Depuis le 6 avril 2025, le régime non-dom (non-domiciled) a été remplacé par le FIG regime (Foreign Income and Gains). Ce nouveau régime est plus avantageux pour les nouveaux arrivants au UK :

CritèreAncien non-domNouveau FIG regime
DuréeJusqu'à 15 ans4 ans maximum
ExonérationRevenus étrangers non rapatriés (remittance basis)100 % des revenus et gains étrangers exonérés, même rapatriés
ConditionDomicile d'origine hors UKRésidence UK < 4 ans sur les 10 dernières années
Impact sur l'AV luxembourgeoiseExonération si gains non rapatriésExonération totale des rachats pendant 4 ans — même rapatriés

Pour un expatrié français arrivant au UK en 2025-2026, le FIG regime est plus favorable que l'ancien non-dom : les rachats du contrat luxembourgeois sont exonérés pendant 4 ans, même si les fonds sont rapatriés au UK. Après 4 ans, retour au droit commun (Income tax + top-slicing relief).

6.4 Monaco

Monaco ne prélève aucun impôt sur le revenu des personnes physiques (à l'exception des ressortissants français résidents à Monaco depuis la convention de 1963, art. 7-1). Pour les non-Français résidents à Monaco, les rachats sur un contrat luxembourgeois sont totalement exonérés.

Piège pour les Français à Monaco

La convention franco-monégasque de 1963 (art. 7-1) prévoit que les ressortissants français ayant transféré leur domicile à Monaco après le 13 octobre 1957 restent soumis à l'impôt sur le revenu français sur l'ensemble de leurs revenus, comme s'ils résidaient en France. Le contrat luxembourgeois ne change rien à cette règle : les gains sont imposés au barème français.

6.5 Émirats arabes unis

Les EAU ne prélèvent aucun impôt sur le revenu des personnes physiques. Les rachats sur un contrat luxembourgeois par un résident fiscal émirati sont exonérés d'impôt sur les gains. Pas de prélèvements sociaux, pas de droits de succession (sauf application de la charia dans certains émirats pour les musulmans).

ÉlémentTraitement fiscal aux EAU
Impôt sur le revenu PP0 %
Prélèvements sociaux0 %
Droits de succession0 % (sauf charia si musulman)
IS (depuis juin 2023)9 % sur les bénéfices des sociétés > 375 000 AED — hors champ pour les PP
TVA5 % (sans rapport avec l'AV)

Les EAU sont un « paradis fiscal légal » pour l'assurance vie. Le contrat luxembourgeois y est pleinement reconnu. Attention cependant : si vous revenez un jour en France, les gains capitalisés pendant l'expatriation ne seront imposés qu'au moment du rachat en France, avec l'antériorité fiscale conservée.

6.6 Portugal

Le Portugal a longtemps été une destination prisée grâce au régime des Résidents Non Habituels (RNH). Ce régime a été modifié en 2024 (remplacement par le IFICI — Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação). Pour les anciens bénéficiaires du RNH encore sous régime transitoire, les revenus de source étrangère (dont les rachats AV) bénéficient d'une exonération de 10 ans.

RégimeImposition des rachats AVDurée
RNH (régime transitoire jusqu'à 2033)0 % sur les revenus de source étrangère10 ans depuis l'obtention du statut
IFICI (nouveau régime depuis 2024)20 % flat tax sur les revenus de travailRachats AV non couverts par l'avantage IFICI
Droit commun portugais28 % flat tax sur les gains financiersApplicable hors régime spécial

6.7 Singapour

Singapour applique un régime territorial : seuls les revenus de source singapourienne sont imposés. Les gains issus d'un contrat d'assurance vie luxembourgeois (source luxembourgeoise/étrangère) ne sont pas imposables à Singapour. De plus, les gains en capital ne sont pas taxés à Singapour pour les personnes physiques.

6.8 Italie

L'imposta sostitutiva est le prélèvement italien sur les gains financiers — l'équivalent de notre PFU en France. L'IVAFE (Imposta sul Valore delle Attività Finanziarie Estere) est une taxe annuelle de 0,2 % sur la valeur des actifs financiers détenus à l'étranger, comparable à un mini-ISF financier.

L'Italie applique un prélèvement forfaitaire de 26 % (imposta sostitutiva) sur les gains issus de rachats d'assurance vie. Ce taux est réduit à 12,5 % pour la part des gains provenant de titres d'État italiens ou européens logés dans le contrat. Pas de prélèvements sociaux additionnels. Le régime des impatriés italiens (art. 16 D.Lgs. 147/2015, modifié 2024) offre une réduction de 50 % du revenu imposable pendant 5 ans pour les nouveaux résidents.

ÉlémentTraitement fiscal en ItalieRemarque
Rachat (gains)26 % imposta sostitutiva (12,5 % sur part titres d'État UE)Pas de PS additionnels
IVAFE0,2 % annuel sur la valeur du contratÉquivalent italien de l'ISF/IFI — déclaration RW du Modello Redditi
Forfait neo-residenti200 000 €/an d'impôt forfaitaire (doublé en 2025, ex-100 000 €)Exonère tous les revenus étrangers, y compris rachats AV — art. 24-bis TUIR
Impatriés D.Lgs. 147/2015-50 % du revenu imposable pendant 5 ansCondition : nouvelle résidence en Italie

Forfait neo-residenti : 200 000 € depuis 2025

La Legge di Bilancio 2025 a doublé le forfait des néo-résidents (de 100 000 € à 200 000 € par an). Ce régime permet de payer un impôt forfaitaire annuel qui exonère tous les revenus de source étrangère, y compris les rachats AV luxembourgeois. Intéressant pour les très hauts patrimoines, mais attention : l'IVAFE de 0,2 % s'applique en sus sur la valeur du contrat étranger, même sous régime forfaitaire.

6.9 Espagne

L'Espagne applique un barème progressif sur les gains d'épargne (base imponible del ahorro) pour les rachats d'assurance vie :

Tranche de gainsTaux
Jusqu'à 6 000 €19 %
6 000 € à 50 000 €21 %
50 000 € à 200 000 €23 %
200 000 € à 300 000 €27 %
Au-delà de 300 000 €28 %

Beckham Law : ne couvre PAS les rachats AV

Le régime Beckham Law (art. 93 LIRPF, réformé par la Ley 28/2022) permet aux nouveaux résidents (contrat de travail avec une entreprise espagnole) de bénéficier d'un taux forfaitaire de 24 % sur les revenus du travail pendant 6 ans. Depuis la réforme de 2023, les revenus de l'épargne étrangère (rentas del ahorro de source non espagnole) ne sont plus couverts par le régime : les rachats d'un contrat luxembourgeois restent imposés au barème progressif 19-28 %, même sous Beckham Law.

6.10 Allemagne

L'Abgeltungsteuer est le prélèvement forfaitaire allemand sur les gains financiers — l'équivalent du PFU français. Le Halbeinkünfteverfahren (littéralement « méthode de la moitié des revenus ») est un allègement fiscal réservé aux contrats de plus de 12 ans : seule la moitié de vos gains est imposée. En clair, si vous restez assez longtemps et que vous êtes assez âgé, votre impôt effectif baisse presque de moitié.

L'Allemagne distingue les contrats souscrits avant et après le 1er janvier 2005. Pour un contrat luxembourgeois ouvert après cette date : les gains sont soumis à l'Abgeltungsteuer (prélèvement forfaitaire libératoire) de 26,375 % (25 % + 5,5 % Solidaritätszuschlag). Si le contrat a plus de 12 ans et que le souscripteur a plus de 62 ans au rachat (Halbeinkünfteverfahren, § 20 Abs. 1 Nr. 6 EStG), seule la moitié des gains est imposable au barème de l'IR (taux effectif maximal ~ 23,5 % au lieu de 26,375 %).

Risque de requalification par le Finanzamt

Le fisc allemand (Finanzamt) peut requalifier un contrat FID luxembourgeois en Investmentfonds (fonds d'investissement) si le contrat ne comporte pas un risque biométrique suffisant (aléa viager). Conséquence : les gains seraient imposés annuellement comme un fonds de capitalisation, pas seulement au rachat. Pour sécuriser le traitement fiscal, vérifiez que votre contrat intègre un capital décès significatif (> 101 % de la valeur de rachat) et une composante assurance vie réelle.

6.11 Israël

Israël applique un taux de 25 % sur les gains en capital (30 % pour les actionnaires significatifs). Les nouveaux immigrants (olim hadashim) bénéficient d'une exonération de 10 ans sur les revenus de source étrangère, y compris les gains sur contrats d'assurance vie étrangers. La souscription depuis Israël est possible mais complexe (contraintes réglementaires locales + FATCA si double nationalité US).

6.12 États-Unis

Les États-Unis sont le cas le plus complexe. Les US imposent leurs résidents fiscaux (et citoyens, où qu'ils vivent) sur leurs revenus mondiaux. Le contrat luxembourgeois n'est pas reconnu comme un contrat d'assurance vie qualifié au sens de l'IRC (Internal Revenue Code). Les gains sont imposés comme des revenus ordinaires au taux marginal fédéral (jusqu'à 37 %) + impôt d'État + Net Investment Income Tax (NIIT) de 3,8 %.

PFIC : le cauchemar fiscal américain

Si le contrat luxembourgeois est requalifié en PFIC (Passive Foreign Investment Company) par l'IRS, les gains sont imposés au taux marginal le plus élevé avec une surcharge d'intérêts de retard. Formulaires requis : 8621 (PFIC), FBAR (FinCEN 114) pour tout compte étranger > 10 000 $, et FATCA (Form 8938). La souscription d'un contrat luxembourgeois par un résident US ou un citoyen américain requiert un accompagnement fiscal spécialisé US.

Tableau récapitulatif : fiscalité des rachats par pays

PaysImpôt sur les gains (rachat AV)PS / cotisationsRégime spécial expatriés
Belgique0 % (UC equity sans obligataire > 10 %) / 30 % Reynders0 %Taxe 2 % sur primes
Suisse0 % gains en capital PP0 %Impôt fortune cantonal
Royaume-Uni0 % (≤ 5 %/an cumulable) / Income tax au-delà0 %FIG 4 ans (ex non-dom) + 5% withdrawal
Monaco0 % (non-FR) / barème FR (FR depuis 1957)0 %Convention 1963 art. 7-1
Émirats0 %0 %Aucun impôt PP
Portugal0 % (RNH transitoire) / 28 % (droit commun)0 %RNH 10 ans (transitoire) — IFICI ≠ AV
Singapour0 % (revenus source étrangère)0 %Régime territorial
Italie26 % (12,5 % sur titres d'État UE)IVAFE 0,2 %/anForfait 200 000 €/an OU impatriés -50 %
Espagne19-28 % progressif0 %Beckham Law (travail uniquement, Ley 28/2022)
Allemagne26,375 % (moitié si > 12 ans et > 62 ans)0 %Halbeinkünfteverfahren + risque requalif.
Israël25 %0 %Olim hadashim 10 ans
États-UnisJusqu'à 37 % + NIIT 3,8 % + État0 %Risque PFIC — accompagnement requis

En clair : pour 10 des 12 pays analysés, le taux effectif d'imposition sur les rachats est inférieur à ce qu'il serait en France (PFU 30 % ou barème IR + PS 17,2 %). Seuls les USA et l'Allemagne (sans abattement) s'en rapprochent. L'avantage de l'expatriation combinée au contrat luxembourgeois est structurel.

7. Retour en France : antériorité conservée et obligations

La grande question des expatriés : « que se passe-t-il quand je rentre en France ? » Bonne nouvelle : le contrat luxembourgeois reprend le régime fiscal français sans aucune perte d'ancienneté.

7.1 Conservation de l'antériorité fiscale

L'antériorité fiscale, c'est l'âge de votre contrat. En France, plus votre contrat est ancien, moins vous payez d'impôt sur les gains retirés. Le cap décisif est 8 ans : au-delà, vous bénéficiez d'un abattement annuel et d'un taux réduit. Le contrat luxembourgeois conserve cette ancienneté, même si vous avez passé des années à l'étranger.

C'est l'un des avantages décisifs du contrat luxembourgeois. Si vous avez ouvert votre contrat 12 ans avant votre retour en France, vous bénéficiez immédiatement du régime fiscal favorable après 8 ans :

Exemple : contrat ouvert en 2014, retour en France en 2026

Antériorité du contrat = 12 ans → régime "après 8 ans" applicable immédiatement

Abattement annuel : 4 600 € (célibataire) / 9 200 € (couple)

Taux réduit : 7,5 % (gains < 150 000 €) + PS 17,2 %

Taux effectif total : 24,7 % (vs 30 % PFU ou 62,2 % TMI 45 % + PS)

7.2 Obligations au retour

ObligationDétailDélai
Formulaire 3916-bisDéclarer le contrat luxembourgeois (case 8TT)Première déclaration de revenus après le retour
Changement de résidenceInformer l'assureur du retour en FranceDès le retour
Déclaration de revenusDéclarer les rachats éventuels sur le formulaire 2047Mai de l'année N+1
IFIDéclarer la composante immobilière du contratSi patrimoine immobilier > 1 300 000 €

Astuce : racheter pendant l'expatriation

Si vous êtes dans un pays à fiscalité favorable (Belgique, EAU, Singapour), il peut être stratégique de racheter partiellement votre contrat pendant l'expatriation pour cristalliser les gains à un taux d'imposition réduit ou nul. Les gains ainsi prélevés ne seront plus imposables en France au retour. Puis, vous reverserez les sommes dans le contrat (nouveau versement) avec un nouveau compteur d'antériorité pour les sommes réinvesties.

8. Régime impatrié et fenêtre IFI 5 ans

Un impatrié, c'est l'inverse d'un expatrié : c'est une personne qui s'installe en France depuis l'étranger (ou qui y revient après une longue absence). L'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) est l'impôt français qui taxe les patrimoines immobiliers supérieurs à 1,3 million d'euros. Ce qui suit est une bonne nouvelle pour les impatriés : la France leur offre des avantages fiscaux temporaires.

Si vous vous installez en France pour la première fois (ou après une absence d'au moins 5 ans), deux dispositifs fiscaux distincts peuvent considérablement optimiser votre situation patrimoniale avec un contrat luxembourgeois.

8.1 Exonération IFI sur actifs étrangers (art. 964-I al. 2 CGI)

Pendant les 5 premières années de résidence fiscale en France, les impatriés sont exonérés d'IFI sur leurs actifs situés hors de France. Seuls les biens immobiliers situés en France entrent dans l'assiette de l'IFI.

Stratégie : fonds immobiliers étrangers en contrat luxembourgeois

Un impatrié qui loge des fonds immobiliers européens (SIF luxembourgeois, fonds immobiliers allemands, espagnols) dans son contrat luxembourgeois avant son retour en France bénéficie de la fenêtre IFI : ces actifs étrangers n'entrent pas dans l'assiette IFI pendant 5 ans.

Exemple chiffré : 1 000 000 € investis en fonds immobiliers européens via contrat luxembourgeois. IFI sur ces actifs = 0 € pendant 5 ans, soit une économie de 4 000 à 7 000 € par an selon le barème IFI.

8.2 Régime des impatriés (art. 155 B CGI)

Le régime de l'art. 155 B est plus restrictif : il concerne les personnes qui s'installent en France dans le cadre d'un contrat de travail ou d'un mandat social (pas les retraités ni les rentiers). Il offre une exonération partielle (50 %) de certains revenus de source étrangère (dividendes, intérêts, redevances) pendant 5 ans (prorogé à 8 ans sous conditions).

Avantage impatriéMécanismeDuréeCondition
Exonération IFI actifs étrangersArt. 964-I al. 2 — actifs hors France hors IFI5 ansNouvelle résidence en France (pas de condition d'emploi)
Antériorité AV préexistanteContrat ouvert à l'étranger : compteur 8 ans conservéIllimitéeContrat ouvert avant le retour
Exonération 50 % revenus étrangersArt. 155 B — dividendes, intérêts source étrangère5-8 ansContrat de travail ou mandat social
Prime d'impatriation exonéréeArt. 155 B — part salariale liée à l'expatriation5-8 ansContrat de travail avec une entreprise française

8.3 CE n° 442799 du 21 octobre 2020 : l'exonération 155 B est autonome pour les revenus passifs

En clair, cette décision du Conseil d'État signifie que vous n'avez pas besoin d'être salarié d'une entreprise française pour profiter de l'avantage fiscal de l'article 155 B sur vos revenus financiers étrangers. Un impatrié qui ne bénéficie pas de l'exonération sur son salaire peut quand même bénéficier de l'exonération de 50 % sur les gains de son contrat luxembourgeois.

Le Conseil d'État a rendu une décision fondamentale pour les impatriés détenteurs de contrats d'assurance vie : l'exonération de 50 % des revenus de capitaux mobiliers de source étrangère (art. 155 B, I-1°) est autonome. Elle s'applique même si l'impatrié ne bénéficie pas de l'exonération sur sa rémunération salariale.

Application concrète à l'assurance vie luxembourgeoise

Un impatrié qui effectue un rachat sur son contrat luxembourgeois peut qualifier les gains comme revenus de capitaux mobiliers de source étrangère (le contrat est luxembourgeois, la source est étrangère) et bénéficier de l'exonération de 50 %. L'administration fiscale a aligné sa doctrine sur cette jurisprudence (BOFiP mis à jour le 16/02/2023).

Exemple : rachat de 100 000 € de gains sur un contrat luxembourgeois par un impatrié sous art. 155 B → base imposable = 50 000 € seulement. Au PFU 12,8 %, l'impôt passe de 12 800 € à 6 400 €. Les PS (17,2 %) s'appliquent sur la totalité, mais l'économie d'IR reste substantielle.

9. Frontaliers : Suisse, Belgique, Luxembourg

Autrement dit, un frontalier est quelqu'un qui vit en France mais traverse la frontière chaque jour (ou chaque semaine) pour travailler — en Suisse, en Belgique ou au Luxembourg. Fiscalement, c'est un résident français, mais avec des revenus en devise étrangère et des problématiques spécifiques.

Les frontaliers sont un cas particulier : ils résident en France mais travaillent dans un pays voisin. Leur résidence fiscale est française (sauf exceptions CDI), mais ils perçoivent des revenus en devise étrangère et peuvent avoir des besoins patrimoniaux transfrontaliers.

9.1 Frontalier suisse

Le frontalier résidant en France et travaillant en Suisse est résident fiscal français. Il est soumis à la fiscalité française sur ses revenus mondiaux (avec crédit d'impôt pour l'impôt payé en Suisse selon la convention CDI). Il peut souscrire un contrat luxembourgeois avec tous les avantages habituels.

Avantage spécifique : le CHF dans le contrat

Le frontalier suisse est payé en francs suisses. Un contrat luxembourgeois libellé en CHF permet de :

  • Verser directement en CHF sans conversion de change
  • Investir en supports libellés en CHF (obligations, ETF Swiss Market)
  • Éviter le double risque de change (EUR/CHF au versement + CHF/EUR au rachat)
  • Obtenir un crédit Lombard en CHF adossé au contrat pour financer un bien en Suisse ou en France

9.2 Frontalier belge

Le frontalier résidant en France et travaillant en Belgique est résident fiscal français. La convention CDI franco-belge attribue le droit d'imposer les salaires à la Belgique (sauf pour les frontaliers au sens strict qui étaient sous l'ancien régime avant 2012). Le contrat luxembourgeois est souscrit en tant que résident français, avec la fiscalité française applicable.

9.3 Frontalier luxembourgeois

Le frontalier résidant en France et travaillant au Luxembourg est résident fiscal français. Le Luxembourg impose les salaires des frontaliers via retenue à la source, mais le contrat d'assurance vie suit la fiscalité du pays de résidence (France). L'avantage spécifique : la proximité géographique avec les assureurs luxembourgeois facilite les rendez-vous en personne, la souscription et le suivi du contrat.

10. CRS/FATCA et transparence fiscale

Concrètement, le CRS (Common Reporting Standard) et le FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) sont des normes internationales d'échange automatique d'informations fiscales. Le principe est simple : chaque année, votre assureur luxembourgeois envoie automatiquement à l'administration fiscale de votre pays de résidence la valeur de votre contrat et les opérations effectuées. C'est comme si le Luxembourg envoyait une copie de votre relevé bancaire directement au fisc de votre pays.

Le contrat luxembourgeois n'est en aucun cas un outil d'opacité fiscale. Depuis 2017, les assureurs luxembourgeois participent pleinement à l'échange automatique d'informations.

10.1 CRS (Common Reporting Standard) — norme OCDE

Chaque année au 30 juin, l'assureur luxembourgeois transmet automatiquement à l'administration fiscale de votre pays de résidence :

  • Votre identité complète (nom, adresse, NIF/TIN)
  • La valeur de rachat du contrat au 31 décembre
  • Les flux de l'année (versements, rachats, revenus perçus)
  • Le numéro de contrat et le type de compte

Plus de 100 pays participent au CRS. L'information circule automatiquement : l'administration fiscale française (ou de tout autre pays participant) reçoit les données sans avoir à les demander.

10.2 FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) — USA

Le FATCA est l'équivalent américain du CRS, mais plus contraignant. Les assureurs luxembourgeois sont tenus de déclarer à l'IRS les comptes détenus par des US persons (citoyens américains et résidents fiscaux US, y compris les détenteurs de Green Card). Formulaires concernés côté souscripteur :

FormulaireObjetSeuil de déclaration
FBAR (FinCEN 114)Déclaration des comptes financiers étrangers> 10 000 $ (solde agrégé)
Form 8938 (FATCA)Déclaration des actifs financiers étrangers> 50 000 $ (200 000 $ pour les expatriés)
Form 8621 (PFIC)Si le contrat est requalifié en PFICTout montant

US persons : vigilance maximale

Les citoyens américains sont imposables sur leurs revenus mondiaux quel que soit leur lieu de résidence. Un Franco-Américain résidant en France doit déclarer son contrat luxembourgeois à la fois à l'administration française (3916-bis) ET à l'IRS (FBAR + Form 8938). Les pénalités FATCA sont très lourdes : jusqu'à 100 000 $ ou 50 % du solde du compte par an de non-déclaration.

10.3 Données échangées automatiquement (CRS vs FATCA)

Donnée transmiseCRS (OCDE)FATCA (USA)
Identité du titulaireNom, adresse, date de naissance, NIF/TINIdem + SSN/ITIN
Numéro de compteOuiOui
Solde au 31/12OuiOui
Revenus bruts (intérêts, dividendes)OuiOui
Produits de cession brutsOuiOui (depuis 2024)
Bénéficiaire effectifSi trust ou fondationOui
FréquenceAnnuelle (30 juin N+1)Annuelle (31 mars N+1)
Nombre de juridictions participantes100+ paysUSA + accords IGA bilatéraux

En résumé : que vous viviez à Bruxelles, Dubaï ou Singapour, le fisc de votre pays de résidence reçoit automatiquement les informations sur votre contrat luxembourgeois. La différence entre CRS (norme OCDE, 100+ pays) et FATCA (norme américaine, plus stricte) est surtout technique. Ce qu'il faut retenir : la transparence est totale, et c'est précisément cette transparence qui rend le contrat luxembourgeois légitime et durable.

CJUE C-432/23 du 26 septembre 2024 : secret professionnel et CRS

La Cour de Justice de l'UE a précisé dans l'affaire C-432/23 que le secret professionnel des avocats ne peut pas être invoqué pour empêcher l'échange automatique d'informations CRS lorsque l'avocat agit en qualité d'intermédiaire financier (trust, fondation). En revanche, les communications avocat-client dans le cadre d'un conseil fiscal restent protégées. Pour les contrats luxembourgeois, cela confirme la transparence totale du dispositif CRS — le secret bancaire luxembourgeois n'existe plus vis-à-vis des administrations fiscales participantes.

11. Obligations déclaratives : formulaire 3916-bis

Tout résident fiscal français détenant un contrat d'assurance vie à l'étranger (y compris au Luxembourg) doit le déclarer chaque année. Cette obligation ne génère aucune imposition — c'est une formalité purement déclarative.

11.1 Le formulaire 3916-bis

Information à fournirDétail
Case 8TTCocher sur la déclaration 2042 (signale la détention d'un contrat étranger)
Nom de l'assureurEx. : OneLife Company S.A., Wealins S.A., AXA Wealth Europe
Adresse de l'assureurAdresse complète au Luxembourg
Numéro de policeRéférence du contrat
Date de souscriptionDate d'ouverture du contrat
Valeur de rachat au 31/12Montant communiqué par l'assureur

Autrement dit, le formulaire 3916-bis est une simple fiche signalétique : vous dites au fisc que vous détenez un contrat à l'étranger, vous donnez les coordonnées de l'assureur et la valeur du contrat. Ça ne génère aucune imposition. L'impôt n'intervient qu'au moment d'un rachat.

11.2 Sanctions en cas de non-déclaration

InfractionSanction
Non-déclaration contrat étranger1 500 € d'amende par contrat (art. 1649 AA CGI)
Pays non coopératif10 000 € d'amende par contrat
Prescription étendue10 ans au lieu de 3 ans pour les avoirs à l'étranger
Dissimulation avéréeMajoration de 80 % des impôts dus (art. 1729-0 A CGI)
Fraude fiscaleJusqu'à 2 M€ d'amende + 7 ans de prison

Première déclaration : pas de panique

Si vous avez oublié de déclarer votre contrat luxembourgeois les années précédentes, il est possible de régulariser spontanément. La première déclaration ne génère aucune imposition supplémentaire. Les gains ne sont imposés qu'en cas de rachat. La régularisation spontanée permet souvent d'éviter les majorations les plus lourdes.

12. Loi Sapin 2 et non-résidents

Imaginez que votre banque vous dise un matin : « désolé, vous ne pouvez pas retirer votre argent pendant 6 mois, c'est la loi ». C'est exactement ce que permet la loi Sapin 2 pour les contrats d'assurance vie français en cas de crise financière grave. Le HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière) est l'autorité qui peut déclencher ce gel temporaire.

La loi Sapin 2 (art. L631-2-1 du Code monétaire et financier) autorise le HCSF à suspendre temporairement les rachats, les arbitrages et les avances sur les contrats d'assurance vie français en cas de menace grave pour la stabilité financière.

Contrat français

Soumis à la loi Sapin 2. Le HCSF peut geler les rachats pour 3 mois, renouvelable une fois (6 mois max). Pendant ce gel, aucun accès à votre épargne. Risque accru pour les expatriés qui n'ont pas d'alternative en France.

Contrat luxembourgeois

NON soumis à la loi Sapin 2. Le contrat relève du droit luxembourgeois et de la supervision du CAA (Commissariat aux Assurances). Accès permanent à votre épargne, même en cas de crise systémique en France.

Pour un expatrié, l'absence de risque Sapin 2 est un argument décisif : vous ne pouvez pas vous permettre de voir votre épargne gelée alors que vous êtes à l'étranger et que vous pourriez en avoir besoin en urgence (rapatriement, achat immobilier, opportunité d'investissement).

Nuance : fonds euros réassurés par une compagnie française

Si votre contrat luxembourgeois contient un fonds euros réassuré par une compagnie d'assurance mère française (ex. : fonds euros d'un assureur luxembourgeois filiale d'un groupe français), ce fonds euros est indirectement exposé à la loi Sapin 2. En cas d'activation du HCSF, la compagnie française réassureur pourrait ne plus être en mesure de servir les rachats sur la poche réassurée. La solution : privilégier les contrats 100 % UC (sans fonds euros) ou choisir un assureur luxembourgeois indépendant (OneLife, Wealins) plutôt qu'une filiale d'un groupe français.

13. Souscrire un contrat luxembourgeois depuis l'étranger

Le KYC (Know Your Customer) est la procédure de vérification d'identité que l'assureur doit effectuer avant d'accepter un client — c'est la même logique que lorsqu'une banque vous demande une pièce d'identité et un justificatif de domicile à l'ouverture d'un compte. Pour les expatriés, ce processus est plus poussé (d'où le terme « KYC renforcé »), car l'assureur doit vérifier la conformité avec les réglementations de votre pays de résidence.

Il n'est pas nécessaire d'être résident français pour souscrire un contrat d'assurance vie au Luxembourg. Les assureurs luxembourgeois acceptent les résidents de nombreux pays, sous conditions.

13.1 Processus de souscription depuis l'étranger

ÉtapeDétailDocuments requis
1. Prise de contactVia un courtier spécialisé (CGP, gestionnaire de fortune)
2. KYC renforcéVérification d'identité, source des fonds, beneficial ownerPasseport, justificatif de résidence, relevés bancaires
3. Tax reporting setupIdentification du pays de résidence fiscale et du NIF/TINCertificat de résidence fiscale
4. Choix du contratFID type A/B, FAS, contrat de capitalisationSelon le montant et le profil
5. SignatureÉlectronique ou physique selon l'assureurConditions générales + bulletins
6. Versement initialVirement depuis un compte bancaire au nom du souscripteurMin. 125 000-500 000 € selon le type

13.2 Tickets d'entrée par profil

Type de contratTicket minimum réglementaireTicket minimum en pratiqueProfil
FID type A125 000 €250 000 €Expatrié standard UE
FID type B250 000 €500 000 €Gestion sur-mesure
FAS125 000 €250 000 €Fonds dédié spécialisé
Contrat de capitalisation125 000 €250 000 €Personne morale ou donation prévue

Pays à contraintes spécifiques

  • États-Unis : contraintes FATCA + SEC. Peu d'assureurs acceptent les US persons. Accompagnement fiscal US obligatoire.
  • Israël : réglementation locale restrictive sur les produits d'assurance étrangers. Souscription possible mais complexe.
  • Chine : contrôle des changes (SAFE) limite les versements depuis la Chine. Contrat possible si les fonds sont hors de Chine.
  • Pays sous sanctions : Iran, Corée du Nord, Russie (restrictions partielles) — souscription impossible.
Hagnère Patrimoine

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14. FID et FAS pour expatriés

Concrètement, un FID (Fonds Interne Dédié) et un FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé) sont deux façons d'organiser vos investissements à l'intérieur du contrat luxembourgeois. C'est comme si votre contrat était un coffre-fort avec des tiroirs : le FID est un tiroir géré par un professionnel (vous lui confiez les clés), tandis que le FAS est un tiroir que vous organisez vous-même (avec l'aide d'un conseiller).

Les Fonds Internes Dédiés (FID) et les Fonds d'Assurance Spécialisés (FAS) sont les véhicules d'investissement au sein du contrat luxembourgeois. Pour un expatrié, ils offrent une flexibilité que les contrats français ne peuvent pas reproduire.

CaractéristiqueFIDFAS
GestionMandat de gestion confié à un gestionnaire agrééGestion directe par le souscripteur (avec conseil)
Univers d'investissementLarge : actions, obligations, ETF, fonds, PETrès large : + actifs non cotés, immobilier, structurés
Ticket minimum125 000 € (type A) / 250 000 € (type B)125 000 € réglementaire
Multi-devisesOui — EUR, USD, GBP, CHFOui — toute devise selon actifs
ReportingMensuel ou trimestriel par le gestionnaireSur demande
Profil expatrié idéalGestion déléguée à distanceInvestisseur actif avec expertise

Pour la plupart des expatriés, le FID avec mandat de gestion est la solution la plus adaptée : vous déléguez la gestion quotidienne à un professionnel (Rothschild, Carmignac, Lazard, etc.) tout en gardant le contrôle stratégique à distance. Le gestionnaire adapte l'allocation en fonction de votre profil de risque, votre devise de référence et votre horizon d'investissement.

Circulaire CAA 26/1 (février 2026) : nouvelles règles

La circulaire CAA 26/1 a modernisé l'accès aux actifs au sein des contrats luxembourgeois. Les hedge funds UCITS sont désormais accessibles dès le type A (125 000 €), les hedge funds non-UCITS et le private equity non coté à partir du type B (250 000 €). Pour les expatriés en zone dollar avec des montants importants, l'accès aux hedge funds internationaux via le FID luxembourgeois est un avantage majeur par rapport aux contrats onshore.

15. Crédit Lombard depuis l'étranger

Le crédit Lombard (prêt adossé au contrat d'assurance vie) est un outil de liquidité particulièrement utile pour les expatriés : il permet d'accéder à des liquidités sans racheter le contrat, donc sans déclencher d'imposition.

15.1 Comment ça marche pour un expatrié

Le principe est celui du prêt sur gage : c'est comme si vous déposiez un bijou de valeur chez un prêteur pour obtenir du cash, sauf qu'ici le « bijou » est votre contrat d'assurance vie, et le « prêteur » est une banque privée. Le nantissement est l'acte juridique qui met votre contrat en garantie. La LTV (Loan-to-Value) indique le pourcentage de la valeur du contrat que la banque accepte de vous prêter — par exemple, 60 % de LTV sur un contrat d'1 million = 600 000 € empruntés.

Le contrat luxembourgeois est nanti (mis en garantie) auprès de la banque dépositaire ou d'une banque privée. En contrepartie, la banque accorde un prêt dont le montant dépend de la LTV (Loan-to-Value) — typiquement 50 à 80 % de la valeur du contrat.

ParamètreValeur typiqueRemarque
LTV50-80 %Dépend de la qualité des actifs dans le contrat
TauxEuribor/SOFR/SARON + 0,8-1,5 %Devise du prêt alignée sur la devise du contrat
DuréeIn fine 1-5 ans ou ligne permanenteRenouvelable, pas d'amortissement
Devise du prêtEUR, USD, GBP, CHFMême devise que le contrat pour éviter le risque de change
Utilisation des fondsLibre : immobilier, investissement, train de viePas de contrainte d'affectation

Cas d'usage expatrié : financer un bien immobilier depuis l'étranger

Un expatrié à Dubaï souhaite acheter un appartement à Paris pour le louer. Les banques françaises prêtent difficilement aux non-résidents. Le crédit Lombard adossé au contrat luxembourgeois permet de :

  • Emprunter 500 000 € adossé à un contrat de 1 000 000 € (LTV 50 %)
  • Pas de rachat du contrat → pas d'imposition
  • Le contrat continue de capitaliser (performance nette > coût du crédit)
  • Les intérêts du Lombard ne sont pas déductibles fiscalement (prêt à la consommation), mais le gain est dans l'absence de rachat imposable

16. Succession et bénéficiaires internationaux

La dimension successorale est un argument majeur pour les expatriés. Le contrat luxembourgeois permet de transmettre un capital à des bénéficiaires résidant dans n'importe quel pays, avec les avantages du régime français (si le souscripteur était résident français au moment des versements) ou du régime local.

Pour approfondir la succession en AVL

Les mécanismes successoraux détaillés (art. 990 I, 757 B, clause bénéficiaire démembrée, quasi-usufruit, co-souscription, règlement 650/2012) sont traités dans notre guide complet sur la succession en assurance vie luxembourgeoise. Ici, nous nous concentrons sur les spécificités liées à l'expatriation.

16.1 Qui est imposable au décès ?

La fiscalité des capitaux décès d'un contrat luxembourgeois dépend de la résidence fiscale du souscripteur au moment des versements, pas de celle du bénéficiaire. Si un résident français verse 500 000 € avant 70 ans puis s'expatrie, le régime français de l'art. 990 I s'applique toujours à ces sommes au décès.

SituationRégime fiscal applicableAttention
Versements faits depuis la France, décès à l'étrangerArt. 990 I / 757 B françaisLe bénéficiaire peut aussi être imposé dans son pays de résidence
Versements faits depuis l'étranger, décès à l'étrangerFiscalité du pays de résidence au décèsPas d'application de l'art. 990 I sur ces sommes
Versements mixtes (France + étranger)Prorata : art. 990 I sur la fraction « France »L'assureur ventile les versements par période de résidence
Bénéficiaire résident français (art. 990 I, 2°)Imposable en France si résident FR ≥ 6 ans sur les 10 dernières annéesCondition de résidence cumulée — même si souscripteur non-résident

Art. 750 ter CGI : le piège méconnu du bénéficiaire résident français

L'article 750 ter du CGI, combiné à l'art. 990 I, 2° (depuis le 31 juillet 2011), prévoit que le prélèvement sur les capitaux décès s'applique dès lors que le bénéficiaire a été domicilié en France pendant au moins 6 ans au cours des 10 dernières années précédant le décès. Concrètement : un enfant résidant en France (même temporairement) qui reçoit les capitaux décès d'un contrat souscrit par un parent expatrié sera imposé en France, même si les versements ont été faits depuis l'étranger.

Stratégie : vérifier la durée de résidence en France de chaque bénéficiaire désigné. Si un bénéficiaire a moins de 6 ans de résidence sur 10, il échappe au prélèvement français (sauf si les primes ont été versées depuis la France, cas de l'art. 990 I, 1°).

16.2 Risque de double imposition successorale

Pour comprendre ce qui suit, un rappel important : le prélèvement sui generis (littéralement « d'un genre propre ») de l'article 990 I est un impôt spécifique à l'assurance vie. Il n'est pas un droit de succession classique. Cette distinction est essentielle car les conventions fiscales entre pays ne couvrent généralement que les droits de succession, pas ce prélèvement particulier — ce qui ouvre la porte à une taxation dans les deux pays.

L'article 990 I du CGI est un prélèvement sui generis (autonome), distinct des droits de succession classiques. Les conventions fiscales bilatérales portant sur les successions ne couvrent généralement pas ce prélèvement. Résultat : une double imposition peut survenir si le bénéficiaire réside dans un pays qui taxe également les capitaux décès reçus.

Le piège franco-belge en détail

La convention franco-belge de 1959 (successions) ne couvre pas l'article 990 I. Un bénéficiaire résident belge d'un contrat luxembourgeois souscrit par un résident français peut être imposé :

  • En France : prélèvement art. 990 I (20 % après abattement 152 500 €)
  • En Belgique : droits de succession régionaux (jusqu'à 30 % en Flandre entre non-parents)
  • Aucun crédit d'impôt pour éliminer la double imposition

Stratégie : anticiper via la clause bénéficiaire (désigner un trust belge ou une fondation) ou optimiser les abattements pour rester sous les seuils.

16.3 Convention FR-BE 2021 : signée mais non ratifiée

Une nouvelle convention franco-belge en matière de successions a été signée en 2021 pour remplacer celle de 1959. Elle prévoit un mécanisme d'élimination de la double imposition, y compris pour les prélèvements sui generis (art. 990 I). Cependant, cette convention n'a toujours pas été ratifiée par les parlements respectifs en mars 2026. Le piège de la double imposition franco-belge reste donc d'actualité. Surveillez l'évolution législative.

16.4 Jurisprudence : primes manifestement exagérées (Cass. n° 23-19.110)

La Cour de cassation a confirmé dans son arrêt du 19 décembre 2024 (n° 23-19.110) les 4 critères cumulatifs pour apprécier le caractère manifestement exagéré des primes versées : (1) l'âge du souscripteur, (2) sa situation patrimoniale globale, (3) son état de santé, (4) l'utilité du contrat. Point clé pour les expatriés : l'intérêt des héritiers n'est pas un critère — la Cour a expressément écarté cet argument.

17. Transfert de contrat : français → luxembourgeois

Question très fréquente : « puis-je transférer mon contrat d'assurance vie français vers un contrat luxembourgeois ? » La réponse courte est non.

17.1 Pourquoi le transfert est impossible

En clair, c'est comme si vous vouliez transférer votre abonnement téléphonique d'un opérateur français vers un opérateur étranger tout en gardant le même numéro et les mêmes avantages d'ancienneté : techniquement, la loi ne le prévoit pas. L'antériorité fiscale (le compteur de 8 ans qui vous donne droit à un taux réduit) est attachée au contrat d'origine ; si vous fermez le contrat français, le compteur repart à zéro sur le nouveau contrat luxembourgeois.

Il n'existe aucun mécanisme légal permettant de transférer directement un contrat d'assurance vie d'un assureur français vers un assureur luxembourgeois en conservant l'antériorité fiscale. La loi Pacte (2019) a créé un droit à la portabilité, mais uniquement entre assureurs français.

17.2 Stratégies alternatives

StratégieMécanismeAvantageInconvénient
Rachats par tranchesRacheter le contrat français progressivement et verser dans le contrat luxembourgeoisOptimisation des abattements annuels (4 600/9 200 € après 8 ans)Perte d'antériorité sur les sommes réinvesties
Contrats en parallèleConserver le contrat français et ouvrir un contrat luxembourgeois en parallèleAucune imposition, diversification des enveloppesDeux contrats à gérer
Rachat total avant départRacheter si la plus-value est faible ou si on part dans un pays à 0 %Réinvestissement total dans le contrat luxembourgeoisImposition des gains au rachat
Apport de titresApporter des titres en nature dans le contrat luxembourgeois (pas depuis un contrat FR)Pas de cession = pas d'impositionTitres détenus en direct uniquement (pas dans un contrat AV)

Conseil : anticipez, ne transférez pas

La meilleure stratégie est d'ouvrir le contrat luxembourgeois en parallèle du contrat français, le plus tôt possible, pour commencer à constituer l'antériorité fiscale. Puis orientez tous les nouveaux versements vers le contrat luxembourgeois. Le contrat français reste en place pour ses propres avantages (fonds euros garanti, ancienneté, succession).

18. Les 8 erreurs à éviter

Voici les erreurs les plus fréquentes que nous observons chez les expatriés. La bonne nouvelle : elles sont toutes évitables avec un minimum d'anticipation. Parcourez ce tableau comme une checklist avant votre départ.

#ErreurConséquenceSolution
1Ne pas ouvrir le contrat luxembourgeois avant le départPerte de 2-3 ans d'antériorité fiscaleOuvrir le contrat 2-3 ans avant l'expatriation
2Oublier de déclarer le contrat au retour (3916-bis)1 500 € d'amende par contrat, prescription de 10 ansDéclarer dès la première déclaration de revenus
3Racheter le contrat français pour tout mettre au LuxembourgImposition massive des gains accumulésConserver les deux contrats en parallèle
4Ignorer la fiscalité locale du pays de résidenceSurprise fiscale au rachat ou au décèsVérifier la convention CDI et le régime local avant tout rachat
5Ne pas informer l'assureur du changement de résidenceNon-conformité CRS, risque de gel du contratNotifier l'assureur dès le déménagement
6Choisir la mauvaise devise pour le contratRisque de change accumulé sur des annéesAligner la devise sur le pays de résidence (si durable)
7US person : ne pas déclarer FBAR + Form 8938Pénalités jusqu'à 100 000 $ ou 50 % du soldeAccompagnement fiscal US spécialisé obligatoire
8Croire que le contrat luxembourgeois est opaqueLe CRS transmet automatiquement les informations — aucune opacitéDéclarer proactivement et conserver les justificatifs

19. 5 cas pratiques chiffrés

Les concepts présentés dans ce guide prennent tout leur sens avec des exemples concrets. Voici 5 situations réelles (anonymisées) que nous rencontrons régulièrement chez nos clients expatriés. Pour chaque cas, nous détaillons le profil, la stratégie retenue et le gain fiscal chiffré.

Cas n°1 : cadre dirigeant expatrié à Dubaï (EAU)

Profil

Marc, 45 ans, directeur financier d'une multinationale, expatrié à Dubaï depuis 3 ans. Patrimoine financier : 2 000 000 €. Contrat d'assurance vie français de 800 000 € (ouvert depuis 12 ans, gains latents de 200 000 €). Revenus annuels : 350 000 €.

Stratégie : Marc ouvre un contrat luxembourgeois de 1 200 000 € en USD (sa devise de revenus aux EAU). Il conserve le contrat français sans y toucher. Depuis Dubaï (0 % d'impôt sur le revenu), il peut effectuer des rachats partiels défiscalisés sur le contrat français pour cristalliser les gains sans impôt :

Rachat partiel contrat FR depuis Dubaï : 100 000 € (dont 25 000 € de gains)

Imposition en France (retenue source art. 125 A) : 7,5 % × 25 000 = 1 875 €

Convention CDI FR-EAU : exonération de retenue à la source → impôt final = 0 €

Économie vs rachat en France : 7 500 € (PFU 30 % × 25 000 €)

Cas n°2 : couple de retraités au Portugal (RNH)

Profil

Pierre et Marie, 67 et 65 ans, retraités français installés au Portugal depuis 2020 sous le régime RNH (transitoire jusqu'en 2030). Contrat luxembourgeois de 1 500 000 € ouvert en 2018 (antériorité 8 ans). Objectif : compléter les pensions de retraite par des rachats partiels.

Stratégie : sous le régime RNH, les rachats sur un contrat d'assurance vie de source étrangère sont exonérés d'impôt au Portugal. Pierre et Marie retirent 60 000 € par an (5 000 €/mois) → imposition = 0 €. En France, le même rachat coûterait environ 14 820 € (PFU 30 % × gains, après abattement couple).

Cas n°3 : frontalier suisse, résident français

Profil

Thomas, 38 ans, ingénieur à Genève, résident à Annemasse (France). Salaire : 180 000 CHF/an. Épargne disponible : 300 000 CHF. Projet : constituer un capital retraite et éventuellement acheter un bien en Suisse.

Stratégie : Thomas ouvre un contrat luxembourgeois en CHF avec un FID géré en mandat (allocation équilibrée actions/obligations suisses et internationales). Il verse 300 000 CHF puis 2 000 CHF/mois. Pas de risque de change. À terme, crédit Lombard adossé au contrat (LTV 60 %) pour financer un apport immobilier en Suisse — sans racheter le contrat.

Cas n°4 : impatrié UK → France avec fenêtre IFI

Profil

Sophie, 52 ans, directrice juridique d'une banque, rentre en France après 15 ans à Londres. Patrimoine : 3 000 000 £ dont un contrat luxembourgeois de 2 000 000 £ ouvert en 2015 (antériorité 11 ans). Le contrat contient 800 000 £ en fonds immobiliers européens.

Stratégie : Sophie bénéficie de la fenêtre IFI impatrié (art. 964-I al. 2) : les 800 000 £ de fonds immobiliers étrangers dans le contrat luxembourgeois sont exonérés d'IFI pendant 5 ans. Économie annuelle estimée : 5 000 à 8 000 €. Le contrat reprend le régime fiscal français avec l'antériorité de 11 ans → abattement 9 200 € (couple) + taux 7,5 % immédiatement applicables.

Cas n°5 : entrepreneur en Belgique

Profil

Julien, 50 ans, a vendu sa société française pour 5 000 000 € et s'est installé en Belgique. Il souhaite placer le produit de cession de manière fiscalement optimale tout en préparant la transmission à ses 3 enfants (résidents français).

Stratégie : Julien investit 4 000 000 € dans un contrat luxembourgeois (FID type B avec mandat de gestion), 100 % en unités de compte (pas de fonds euros). En Belgique, les rachats sont exonérés d'impôt sur le revenu (0 % sur les UC sans garantie). Taxe belge de 2 % sur les primes versées = 80 000 € (récupéré en quelques années par l'absence d'imposition sur les gains). Clause bénéficiaire : ses 3 enfants (résidents français), qui bénéficieront de l'abattement de 152 500 € chacun au titre de l'art. 990 I (les versements ont été faits par un souscripteur résidant hors de France, mais le prélèvement s'applique si le bénéficiaire est résident français — art. 990 I, 2°).

Attention : bénéficiaire résident français

Depuis le 31 juillet 2011, l'article 990 I s'applique aussi lorsque le bénéficiaire est résident fiscal français au moment du décès, même si le souscripteur n'était pas résident français (art. 990 I, 2°). Les enfants de Julien seront donc imposés en France sur les capitaux décès au-delà de 152 500 € chacun. La Belgique pourrait également prélever des droits de succession → risque de double imposition.

20. Chronologie : avant, pendant et après l'expatriation

Avant le départ (J-24 à J-3 mois)

ActionDétailUrgence
Ouvrir le contrat luxembourgeoisPrendre date pour l'antériorité fiscale des 8 ansHaute — le plus tôt possible
Premier versement significatifAlimenter le contrat avec un premier versementHaute
Structurer en multi-devisesSi la destination justifie une devise non-EURMoyenne
Vérifier les contrats françaisConditions générales en cas de non-résidence (versements, rachats)Haute
Apport de titres (si pertinent)Loger des titres dans le contrat AV pour éviter l'exit taxHaute (12+ mois avant le départ)
Clause bénéficiaireAdapter la clause aux bénéficiaires internationauxMoyenne

Pendant l'expatriation

ActionDétailFréquence
Informer l'assureurNotifier chaque changement de résidence fiscaleÀ chaque déménagement
Vérifier la fiscalité localeRachats, succession, IFI équivalent selon le paysÀ chaque changement de pays
Rachats stratégiquesCristalliser les gains dans les pays à fiscalité favorableAnnuellement si pertinent
Versements complémentairesContinuer à alimenter le contrat depuis l'étrangerSelon capacité d'épargne
Crédit LombardUtiliser la liquidité sans rachat si besoin de cashSelon besoin

Au retour en France

ActionDétailDélai
Informer l'assureurDéclarer le retour en résidence fiscale françaiseImmédiat
Formulaire 3916-bisDéclarer le contrat luxembourgeois à l'administration fiscalePremière déclaration de revenus
Vérifier l'antérioritéConfirmer que le régime « après 8 ans » est applicableImmédiat
IFIDéclarer la composante immobilière du contrat (si patrimoine > 1,3 M€)Mai N+1
Fenêtre impatrié IFISi applicable : exonération 5 ans sur actifs étrangersAutomatique
Stratégie de rachatPlanifier les rachats en tenant compte de l'abattement annuelDès le retour
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21. Actualité juridique et fiscale 2024-2026

Le droit fiscal international évolue rapidement. Voici les décisions et réformes les plus récentes qui impactent les expatriés détenteurs de contrats luxembourgeois.

21.1 LF 2025 : primauté conventionnelle légalisée (art. 4 B modifié)

La loi de finances pour 2025 a légalisé la primauté des conventions fiscales bilatérales sur le droit interne en matière de détermination du domicile fiscal (art. 4 B du CGI modifié). Concrètement : si un contribuable est résident fiscal de deux États au sens de leur législation interne, c'est la convention bilatérale qui tranche (critères de résidence principale, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité). Cette modification sécurise la situation des expatriés qui pouvaient auparavant être considérés comme résidents français malgré une convention en leur faveur.

21.2 CE n° 469771 du 5 février 2024 : domicile fiscal des dirigeants

Le Conseil d'État a précisé les critères de détermination du domicile fiscal pour les dirigeants d'entreprise frontaliers ou multi-résidents. L'exercice d'un mandat social en France ne suffit pas à établir la résidence fiscale si le foyer (au sens du domicile familial) et le centre des intérêts économiques sont à l'étranger. Décision importante pour les dirigeants frontaliers suisses ou belges qui souscrivent un contrat luxembourgeois.

21.3 Tableau récapitulatif des jurisprudences clés

Le tableau ci-dessous rassemble les décisions de justice et les réformes les plus importantes pour les expatriés. En résumé : la tendance de fond est à la sécurisation du cadre juridique (primauté des conventions, non-rétroactivité de l'exit tax) tout en renforçant la transparence (CRS, FATCA). Le contrat luxembourgeois sort renforcé de ces évolutions.

DécisionDatePortée pour l'expatrié AVL
CE n° 47639905/02/2025Exit tax : pas de rétroactivité — sécurise les départs pré-2019
Cass. n° 23-19.11019/12/2024Primes exagérées : intérêt des héritiers écarté des critères
CJUE C-432/2326/09/2024CRS : secret avocat non opposable si intermédiaire financier
Cass. n° 22-14.82902/05/2024Primes exagérées : 4 critères cumulatifs confirmés
CE n° 46977105/02/2024Domicile fiscal dirigeant : foyer + centre intérêts priment sur mandat social
CE n° 44279921/10/2020Impatrié 155 B : exonération 50 % autonome pour revenus passifs étrangers
Cass. n° 15-13.60619/05/2016Apport de titres en AV luxembourgeoise : validé
LF 2025 (art. 4 B)Entrée en vigueur 2025Primauté conventionnelle légalisée pour le domicile fiscal

Mise à jour : mars 2026. Sources : Code général des impôts (CGI) — art. 4 B, 125-0 A, 125 A, 155 B, 167 bis, 750 ter, 757 B, 964-I, 990 I, 1649 AA, 1729-0 A ; conventions fiscales bilatérales (impots.gouv.fr, admin.ch, SPF Finances Belgique, HMRC UK, Agenzia delle Entrate, Agencia Tributaria) ; Commissariat aux Assurances Luxembourg (CAA), circulaire 26/1 ; OCDE (norme CRS) ; IRS (FATCA, Form 8938, FinCEN 114) ; Legifrance ; BOFiP BOI-IR-DOMIC, BOI-RPPM-RCM, BOI-INT-CVB ; jurisprudence CE n° 476399, 469771, 442799 ; Cass. n° 23-19.110, 22-14.829, 15-13.606 ; CJUE C-432/23 ; LF 2025 (art. 4 B modifié). Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 1er mars 2026.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation, notamment en cas de mobilité internationale où les interactions fiscales sont complexes.

Questions frequentes

Questions fréquentes : assurance vie luxembourgeoise et expatriés