L'essentiel en 60 secondes
Mis à jour le 23 avril 2026 · Droit en vigueur : art. 167 bis CGI, LF 2026, LFSS 2026 (CSG portée à 10,6 % sur les revenus du capital), BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10, jurisprudence CJUE et CE 5 février 2025 n° 476399. Guide rédigé par Quentin Hagnéré (CIF · COA · COBSP · Carte T).
Vous avez passé vingt ans à construire votre entreprise, ou patiemment bâti un portefeuille conséquent. Aujourd'hui, Genève, Lisbonne ou Dubaï vous font de l'œil — qualité de vie, fiscalité plus douce, nouveau projet. Mais une question vous empêche de dormir : cette « exit tax » dont tout le monde parle, à combien va-t-elle se chiffrer ? Et Bercy va-t-il vraiment vous poursuivre pendant 10 ans ?
Bonne nouvelle d'emblée : dans la grande majorité des cas, les expatriés ne paient jamais l'exit tax. Le sursis fonctionne, le dégrèvement tombe au bout de 2 ou 5 ans, et un retour en France efface tout. Voici les 10 règles clés à connaître avant de signer votre bail à l'étranger.
À retenir d'emblée — dédramatisons
En 60 secondes — ce que ce guide vous apporte
- Pour qui ? Dirigeants SAS, cadres avec stock-options, HNWI envisageant un départ vers Genève, Lisbonne, Dubaï ou Bruxelles.
- Seuils déclencheurs : titres > 800 000 € OU ≥ 50 % de droits sociaux, après 6 ans de résidence fiscale française sur 10.
- Taux brut : 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS via LFSS 2026) + CEHR 3-4 % au-delà de 250 000 € de RFR.
- Sursis automatique UE/EEE/Suisse : aucun paiement au départ. Hors UE : garantie bancaire requise.
- Dégrèvement 2 ou 5 ans selon patrimoine ≶ 2,57 M€ — l'amendement Tanguy I-807 (15 ans) a été écarté par la LF 2026.
- Hors champ : assurance-vie, PEA, immobilier direct, SCPI, crypto-actifs (art. 150 VH bis).
- 6 stratégies éprouvées : donation avant départ, choix UE vs hors UE, apport-cession, AVL Lux, Pacte Dutreil, crédit-vendeur.
- Temps de lecture : 35 min pour cartographier votre exposition et choisir la destination.
| Règle | Valeur 2026 | Commentaire |
|---|---|---|
| Fondement légal | Art. 167 bis CGI | Doctrine BOI-RPPM-PVBMI-50 |
| Seuil valeur | 800 000 € | Valeur vénale des titres au jour du départ |
| Seuil détention | ≥ 50 % | Droits sociaux (bénéfices ou votes) |
| Condition résidence | 6 ans sur 10 | Années précédant le transfert |
| Taux global | 31,4 % | 12,8 % IR + 18,6 % PS (LFSS 2026) |
| CEHR | 3 % à 4 % | RFR > 250 000 € / 500 000 € |
| Sursis UE/EEE/Suisse | Automatique | Formulaire 2074-ETD |
| Dégrèvement 2026 | 2 ou 5 ans | Selon patrimoine ≶ 2,57 M€ (seuil LF 2019) |
| Amendement Tanguy I-807 | Écarté | LF 2026 du 19/02/2026 — 49.3 Lecornu |
| Jurisprudence clé 2025 | CE 476399 | 5 fév. 2025 — rétroactivité 11/05/2011 |
Concrètement, dès que votre portefeuille de titres dépasse 800 000 € et que vous quittez la France, vous déclenchez l'exit tax. Le bon réflexe ? Anticiper 12 à 24 mois avant le départ pour structurer la détention, purger les plus-values via donation ou choisir la destination optimale.
Mini-glossaire des sigles utilisés dans ce guide
Pour vous y retrouver sans vous arrêter à chaque acronyme, voici les 20 sigles fiscaux qui reviennent le plus dans ce guide. Ils sont définis à leur première apparition, mais on les regroupe ici pour vérification rapide.
- PFU — Prélèvement Forfaitaire Unique (« flat tax ») : 12,8 % d'IR + 17,2 % de PS = 30 % sur la plupart des revenus ; 31,4 % depuis 2026 sur les revenus du capital visés à l'art. L.136-7 CSS (dividendes, intérêts, PV mobilières, exit tax)
- PS — Prélèvements Sociaux : CSG (9,2 % ou 10,6 % selon la nature du revenu) + CRDS (0,5 %) + prélèvement de solidarité (7,5 %). Total : 17,2 % (revenus fonciers, PV immobilières, assurance-vie, PEL) ou 18,6 % (PV mobilières, dividendes, PV titres et exit tax depuis LFSS 2026)
- CEHR — Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (art. 223 sexies CGI, 3 % ou 4 %)
- CDHR — Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (art. 224 CGI, taux minimum 20 % du RFR) — non applicable aux non-résidents
- RFR — Revenu Fiscal de Référence (ligne d'agrégat en bas de l'avis d'impôt)
- CGI / LPF — Code Général des Impôts / Livre des Procédures Fiscales
- LF / LFSS — Loi de Finances / Loi de Financement de la Sécurité Sociale
- CE / CJUE — Conseil d'État / Cour de Justice de l'Union Européenne
- UE / EEE — Union Européenne (27 États) / Espace Économique Européen (UE + Islande, Liechtenstein, Norvège)
- ALCP — Accord sur la Libre Circulation des Personnes (FR-Suisse, 21/06/1999)
- OCDE / BEPS — Organisation de Coopération et de Développement Économiques / Base Erosion and Profit Shifting (plan anti-évasion)
- SIPNR — Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (10 rue du Centre, Noisy-le-Grand)
- CMP — Commission Mixte Paritaire (procédure AN + Sénat)
- AGA / BSPCE — Actions Gratuites Attribuées / Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise
- OPCVM / SICAV / FCP — Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières / Société d'Investissement à Capital Variable / Fonds Commun de Placement
- FCPI / FIP / FCPR / FPCI — Fonds Commun de Placement dans l'Innovation / Fonds d'Investissement de Proximité / Fonds Commun de Placement à Risques / Fonds Professionnel de Capital Investissement
- NR / HNWI — Non-Résident fiscal / High Net Worth Individual (patrimoine > 1 M€)
- TMI — Tranche Marginale d'Imposition
- DCF — Discounted Cash Flow (méthode de valorisation par flux futurs actualisés)
- CADF — Comité de l'Abus de Droit Fiscal
Mise à jour LF 2026 : régime 2/5 ans maintenu
Références légales mobilisées dans ce guide
- Exit tax — art. 167 bis CGI ; BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10 à -60 ; LF 2019 art. 112 (bascule 2/5 ans) ; LF 2026 (amendement Tanguy I-807 écarté).
- Résidence fiscale — art. 4 B CGI (foyer, séjour, activité, intérêts économiques).
- Assiette et champ — art. 150-0 A CGI (PV mobilières) ; art. 150-0 B ter CGI (apport-cession) ; art. 150 VH bis CGI (crypto-actifs, hors champ) ; art. 163 bis G CGI (BSPCE).
- Non-résidents et cession — art. 244 bis B CGI (retenue à la source ≥ 25 % de participation).
- Contributions — art. 223 sexies CGI (CEHR) ; LF 2025 loi n° 2025-127 (CDHR) ; LFSS 2026 (CSG 10,6 % sur revenus du capital art. L.136-7 CSS, PS 18,6 % sur PV mobilières).
- Régimes connexes — art. 155 B CGI (impatriés) ; art. 964 CGI (IFI fenêtre 5 ans).
- Abus de droit — art. L.64 et L.64 A LPF ; CADF (Comité de l'abus de droit fiscal).
- Déclaratif et sanctions — formulaires 2074-ETD, ETSL, ETS1, ETS2, ETS3 ; art. 1763 CGI (amende 5 %) ; art. 1727 CGI (intérêts de retard 0,20 %/mois).
- Jurisprudence — CJUE Lasteyrie C-9/02 ; N C-470/04 ; National Grid Indus C-371/10 ; Commission c. Espagne C-269/09 ; de Ruyter C-623/13 ; Wächtler C-581/17 ; CE Ass. 27/07/2015 n° 334551 ; CE 29/04/2013 n° 357575 ; CE 5/02/2025 n° 476399.
Seuils 800 k€ ou 50 % de participation : êtes-vous concerné ?
Actionnaire majoritaire, dirigeant de PME, apport-cession en cours : la ligne rouge exit tax dépend autant de votre participation que de la valeur des titres. On mesure l'exposition avant tout projet.
Qu'est-ce que l'exit tax ?
2.1 Origine et logique de la mesure
L'exit tax française a été instaurée en 2011 puis profondément refondue par la loi de finances 2019. L'idée de départ est simple et plutôt légitime : lutter contre l'évasion fiscale des grandes fortunes qui partaient en Belgique ou en Suisse 6 mois avant une cession pour éviter l'impôt français sur la plus-value.
Le principe est celui de la territorialité différée. L'État français considère que la plus-value latente s'est accumulée pendant que vous étiez résident fiscal français. Donc au moment où vous quittez le territoire, cette plus-value devient cristallisable, même sans cession effective.
2.2 Pourquoi l'État impose une plus-value latente ?
C'est la question qui revient le plus souvent en rendez-vous. Vous n'avez rien vendu, vous n'avez donc pas encaissé de cash : comment l'État peut-il vous taxer ? Petit rappel de vocabulaire : on appelle « plus-value latente » la hausse de valeur de vos titres qui n'est pas encore réalisée — c'est du gain sur le papier, pas du cash en poche. La réponse tient en un mot : territorialité.
Tant que vous êtes résident fiscal français, la France est compétente pour imposer votre patrimoine mondial. Le jour du départ, vous basculez sous la compétence d'un autre État. Sans exit tax, la France perdrait définitivement le droit d'imposer la plus-value accumulée sous son régime. Le mécanisme de sursis permet de repousser le paiement sans perdre le droit d'imposer.
Territorialité fiscale : le concept clé
2.3 Distinction avec l'IR classique sur cession
Attention à ne pas confondre deux mécaniques très différentes. L'IR classique sur cession (art. 150-0 A CGI) s'applique quand vous vendez effectivement des titres : vous avez encaissé du cash, l'État prélève sa part. L'exit tax (art. 167 bis CGI) s'applique sans cession : c'est une taxation virtuelle, figée au jour du départ.
Concrètement, l'exit tax bénéficie d'un sursis de paiement qui n'existe pas pour l'IR classique. Vous ne payez pas immédiatement, sauf événement de remise en cause. Et surtout, si vous conservez vos titres pendant le délai de dégrèvement (2 ou 5 ans demain), l'exit tax tombe intégralement.
Êtes-vous concerné ?
Avant de paniquer, vérifiez si vous êtes réellement dans le champ de l'exit tax. Quatre conditions doivent être réunies simultanément. Si une seule manque, vous êtes hors champ. Cas particulier : les impatriés au sens de l'art. 155 B installés en France depuis moins de 6 ans échappent intégralement à l'exit tax — voir aussi notre guide fiscalité des non-résidents.
3.1 Condition 1 : transfert du domicile fiscal hors France
Vous devez effectivement transférer votre domicile fiscal hors de France, au sens de l'art. 4 B du CGI. Le domicile fiscal se détermine par le foyer (centre des intérêts familiaux), le lieu du séjour principal, l'activité professionnelle principale, ou le centre des intérêts économiques. Un simple déménagement administratif ne suffit pas.
3.2 Condition 2 : résidence française ≥ 6 ans sur 10
Vous devez avoir été résident fiscal français pendant au moins 6 années sur les 10 années précédant votre transfert de domicile. Cette règle protège les cadres internationaux en mission courte et les impatriés de fraîche date. Elle se compte année par année sur la période glissante.
3.3 Condition 3 : seuils 800 000 € OU ≥ 50 %
Deux seuils alternatifs — il suffit d'en franchir un pour basculer dans le champ. Le premier est un seuil de valeur : 800 000 € de valeurs mobilières et droits sociaux au jour du départ. Le second est un seuil de contrôle : 50 % ou plus des droits sociaux d'une même société (bénéfices ou droits de vote).
| Seuil | Déclencheur | Cas typique |
|---|---|---|
| Valeur | > 800 000 € | Compte-titres diversifié, portefeuille HNWI |
| Contrôle | ≥ 50 % droits sociaux | Dirigeant majoritaire SARL/SAS |
| Cumul | Les deux possibles | Dirigeant avec patrimoine financier |
Concrètement, un cadre avec 900 000 € de compte-titres est concerné, même s'il n'a jamais détenu 1 % d'une société. À l'inverse, un dirigeant qui contrôle 80 % d'une SAS valant 500 000 € est concerné lui aussi, alors même qu'il n'atteint pas les 800 000 €. Les deux portes d'entrée sont indépendantes.
3.4 Condition 4 : titres dans le champ
Sont concernés les valeurs mobilières et droits sociaux : compte-titres ordinaires (actions, obligations, OPC), parts sociales (SARL, SAS, SCI à l'IS), BSPCE exercés, actions gratuites acquises définitivement, stock-options exercées.
3.5 Ce qui est EXCLU du champ
Inclus dans l'exit tax
Compte-titres (actions, obligations, OPC), parts sociales (SARL, SAS), BSPCE exercés, AGA, stock-options exercées, titres de holdings patrimoniales.
Exclus de l'exit tax
PEA (régime spécifique), assurance-vie, contrats de capitalisation, immobilier direct, parts de SCPI (art. 150 UB), résidence principale, FCPE/PEE bloqués.
Bonne nouvelle pour les investisseurs immobiliers
3.6 Cas sensible : parts de SCI à l'IR vs SCI à l'IS
La distinction est capitale et souvent mal comprise. Les parts de sociétés à prépondérance immobilière relèvent de deux régimes radicalement différents selon leur option fiscale :
SCI à l'IR (transparence) — HORS exit tax
Les parts relèvent du régime des plus-values immobilières (art. 150 U et s. CGI). Elles sont explicitement exclues de l'art. 167 bis. Une SCI familiale classique, une SCI de location nue, une SCI Pinel : aucune exit tax au départ.
SCI à l'IS — DANS le champ de l'exit tax
L'option IS bascule les parts dans le régime des plus-values mobilières (art. 150-0 A CGI). Conséquence : l'exit tax s'applique à hauteur de la plus-value latente, au taux de 31,4 %, exactement comme pour une SAS ou une SARL.
Arbitrage avant départ : désoptionner l'IS ?
SCI IS, BSPCE, AGA, apport-cession : les actifs dans et hors champ ne se devinent pas
Désoptionner une SCI IS, cristalliser des BSPCE, arbitrer entre holding patrimoniale et SCI IR : on trace la ligne précise entre ce qui est taxé et ce qui échappe à l'exit tax.
Calcul de l'exit tax
En théorie, c'est basique : plus-value latente × 31,4 %. La PV (Plus-Value) latente, c'est la différence entre la valeur de vos titres au jour du départ et leur prix d'acquisition — sans cession effective. En pratique, les titres non cotés, les BSPCE en cours de détention, les apports 150-0 B ter, le double sursis transforment un calcul de cinq minutes en dossier d'expert. Voyons comment ne pas se noyer.
4.1 Plus-value latente = valeur départ − prix d'acquisition
PV latente = Valeur vénale au jour du départ − Prix d'acquisition Pour titres cotés : → Cours de bourse à la date de transfert du domicile Pour titres non cotés : → Évaluation par multiples sectoriels / DCF / actif net réévalué Abattements durée de détention (titres acquis avant 2018, option barème) : → 50 % entre 2 et 8 ans de détention (art. 150-0 D 1 ter CGI) → 65 % au-delà de 8 ans (art. 150-0 D 1 ter CGI) → Abattement renforcé PME (art. 150-0 D 1 quater) : 50 % (1-4 ans), 65 % (4-8 ans), 85 % (> 8 ans)
Concrètement, pour un dirigeant qui a créé sa SAS en 2010 avec 10 000 € de capital, et dont la société vaut 5 M€ en 2026, la plus-value latente est de 4 990 000 €. Si les titres ont été acquis avant 2018 et que l'option barème est retenue, un abattement de 65 % peut s'appliquer sur la seule part IR (pas sur les PS).
4.2 Taux 31,4 % + CEHR éventuelle
Exit tax de base = PV latente × 31,4 % → 12,8 % d'impôt sur le revenu (PFU) → 18,6 % de prélèvements sociaux (LFSS 2026) CEHR additionnelle (si RFR > 250 000 € célibataire / 500 000 € couple) : → 3 % entre 250 000 et 500 000 € (célib.) → 4 % au-delà de 500 000 € (célib.) Taux marginal maximal : 35,4 %
Concrètement, sur une plus-value latente de 5 M€ pour un dirigeant célibataire partant au Luxembourg (UE), on obtient : 5 000 000 × 31,4 % = 1 570 000 € d'exit tax de base, plus CEHR d'environ 180 000 €, soit un total approximatif de 1 750 000 €. Mais comme l'UE bénéficie du sursis automatique, vous ne payez RIEN à la frontière. Cette somme reste en sursis tant que vous conservez vos titres — et tombe définitivement après 5 ans (patrimoine ≥ 2,57 M€).
4.3 Cas particulier AGA / BSPCE / stock-options
Les instruments d'intéressement des dirigeants et salariés obéissent à des règles hybrides. Pour les actions gratuites (AGA), la plus-value d'acquisition (différence entre valeur d'attribution et valeur d'acquisition définitive) est imposée selon le régime spécifique AGA (barème progressif avec abattement 50 % jusqu'à 300 000 €). L'exit tax, elle, porte sur la plus-value ultérieure (cession virtuelle au départ).
Pour les BSPCE, la fiscalité dépend de l'ancienneté dans la société (12,8 % si 3+ ans, 30 % si moins). L'exit tax s'applique au-dessus, sur la plus-value postérieure à l'exercice. Un fondateur de start-up qui exerce ses BSPCE juste avant départ peut optimiser en minimisant la plus-value latente soumise à l'exit tax.
4.4 Cas particulier 150-0 B ter (apport-cession)
Un mot pour poser les choses. L'« apport-cession » consiste à loger vos titres dans une société holding (votre propre société mère) avant de la vendre — cela permet de réinvestir le prix de cession sans déclencher tout de suite l'impôt sur la plus-value. Si vous avez effectué cet apport à une holding soumise à l'IS avant votre départ, vous bénéficiez du report d'imposition de l'art. 150-0 B ter sur la plus-value d'apport. L'exit tax s'applique alors sur les titres de la holding (valeur post-apport). Vous cumulez deux sursis : le report 150-0 B ter (définitif si conservation 3 ans ou réinvestissement 70 % dans les 2 ans) et le sursis exit tax.
Double sursis : une mécanique à manier avec précaution
Sursis automatique UE/EEE
Vous partez en Espagne, au Portugal, en Italie, en Allemagne, en Belgique ? Respirez. L'État français ne vous demandera pas un centime au moment de franchir la frontière. Le « sursis de paiement » — c'est-à-dire le report de l'impôt sans intérêts ni garantie à fournir — est automatique pour tous les 27 pays de l'UE, les 3 pays de l'EEE (Islande, Liechtenstein, Norvège) et même la Suisse (post-arrêt CJUE Wächtler 2019). Vous déclarez via le formulaire 2074-ETD, mais vous ne payez pas.
5.1 Liste des pays bénéficiaires du sursis automatique
| Zone | Pays | Sursis |
|---|---|---|
| UE | 27 États membres (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Portugal, etc.) | Automatique |
| EEE | Islande, Liechtenstein, Norvège | Automatique |
| Suisse | ALCP + jurisprudence CJUE Wächtler 2019 | Quasi-automatique si activité exercée |
| Monaco | Convention 18/05/1963, art. 7-1 | Piège pour les Français : ils restent résidents fiscaux FR (convention 1963 les assimile aux résidents français). Monaco reste un État tiers au sens exit tax pour les non-Français → sursis sur demande avec garantie. |
Concrètement, dirigeant 52 ans avec SAS valorisée 7 M€ et PV latente 4,2 M€, vous partez à Genève en mars 2026 pour rejoindre une filiale de votre groupe. La Suisse bénéficie de l'ALCP (arrêt Wächtler 2019) → sursis quasi-automatique, sans garantie à constituer si vous y exercez une activité. Votre exit tax théorique (~1,32 M€) reste en sursis. Vous gardez vos titres, pas de cession post-départ → dégrèvement complet en 2031, votre PV est définitivement préservée.
5.2 Pas de garantie, pas de paiement immédiat
Vous déclarez votre plus-value latente via le formulaire 2074-ETD joint à votre déclaration de revenus de l'année du départ(formulaire 2042), déposée en mai-juin N+1 dans les délais de droit commun. L'administration fiscale calcule votre exit tax théorique et la met en sursis. Aucune somme n'est à verser immédiatement. Vous devez ensuite déposer chaque année un formulaire 2074-ETS pour confirmer le maintien des conditions (art. 167 bis, VIII du CGI + BOI-RPPM-PVBMI-50-10-60).
5.3 Suisse post-CJUE et ALCP — un angle exclusif
La Suisse n'est ni dans l'UE ni dans l'EEE, mais elle bénéficie de l'ALCP (Accord de libre circulation des personnes), un traité signé en 2002 qui aligne largement la Suisse sur les règles européennes de libre circulation. L'affaire Wächtler, du nom d'un contribuable allemand parti en Suisse, a donné lieu à un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) le 26 février 2019 : la Cour a jugé qu'exiger le paiement immédiat de l'exit tax à un départ vers la Suisse était contraire à l'ALCP. Depuis cet arrêt et les décisions du Conseil d'État français, le sursis pour la Suisse est devenu quasi-automatique dans la plupart des situations.
En pratique, l'administration française accepte de lever la garantie dans 90 % des cas quand le contribuable part exercer une activité salariée ou indépendante en Suisse (cas prévu par l'ALCP). Pour un départ pur retraite ou rentier, une garantie peut encore être demandée.
Expertise frontaliers Suisse
Départ vers Genève, Vaud ou Valais : l'arrêt Wächtler ouvre le sursis
Sursis ALCP après Wächtler, articulation avec la convention France-Suisse, 3e pilier, LPP, forfait vaudois : un CGP cadre le départ transfrontalier et sécurise le dossier auprès du SIPNR.
Sursis hors UE et garanties
Si vous partez au Royaume-Uni, à Dubaï, à Singapour ou aux États-Unis, la règle change radicalement. Le sursis n'est plus automatique : vous devez le demander et constituer une garantie financière au profit du Trésor.
6.1 Liste des pays concernés
| Destination | Convention fiscale | Garantie requise |
|---|---|---|
| Royaume-Uni | Oui (1968) | Oui depuis Brexit |
| Dubaï / Émirats | Oui (1989) | Oui — pas de crédit d'impôt |
| Singapour | Oui (1974) | Oui |
| Hong Kong | Oui (2010) | Oui |
| États-Unis | Oui (1994) | Oui |
| Canada | Oui (1975) | Oui |
| Israël | Oui (1995) | Oui |
| Australie | Oui (2006) | Oui |
Le Maroc figure également dans la liste des destinations pays tiers : la convention fiscale franco-marocaine de 1970 s'applique, mais le sursis exige garantie bancaire. Pour aller plus loin, voyez notre guide dédié au départ au Maroc et stratégie patrimoniale France-Maroc(CFC, IR marocain plafonné, articulation avec l'exit tax française).
6.2 Mécanique de la garantie bancaire : 12,8 % en pratique (IR seul)
Une « garantie bancaire à première demande », c'est un engagement écrit de votre banque de payer le Trésor à sa simple demande, sans discussion. En clair : vous bloquez des liquidités chez votre banque, elle signe un papier au fisc, et si vous ne payez pas, c'est la banque qui règle. La doctrine BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10-30 (§200) indique que la garantie couvre l'impôt en sursis. En pratique consolidée par le SIPNR, la garantie est calibrée sur la seule part IR (PFU 12,8 %), les prélèvements sociaux (18,6 % en 2026 sur les PV mobilières) étant exigés directement ou neutralisés pour les expatriés affiliés à un régime de sécurité sociale d'un État UE/EEE/Suisse (jurisprudence de Ruyter CJUE C-623/13). Dans les dossiers audités par notre cabinet, la garantie est très majoritairement fixée à 12,8 % de la plus-value latente. Cette pratique n'est pas uniforme : certains services exigent une garantie plus large ; à négocier systématiquement avec le SIPNR — écart de trésorerie majeur sur les gros dossiers.
Montant de la garantie = PV latente × 12,8 % Exemple : PV latente = 10 M€ → Garantie requise = 1 280 000 € Formes acceptées : 1. Garantie bancaire à première demande (frais 0,5 % à 1,5 % / an) 2. Nantissement de titres (pas de frais bancaires, titres bloqués) 3. Hypothèque sur bien immobilier français 4. Caution solidaire d'un tiers (rare en pratique)
Piège classique : sursis automatique ≠ dispense déclarative
6.3 Coût réel de la garantie
Au-delà des frais bancaires annuels, la garantie mobilise vos liquidités en collatéral. Les banques exigent généralement 100 à 110 % du montant garanti en dépôt ou placement nanti. Concrètement, pour 1,28 M€ de garantie, comptez environ 1,3 à 1,4 M€ immobilisés sur toute la durée de la période de surveillance — soit 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) ou 5 ans (patrimoine ≥ 2,57 M€) sous le régime actuel maintenu par la LF 2026. Un retour à 15 ans reste une hypothèse PLF 2027 à surveiller.
| Montant garanti | Frais annuels (1 %) | Cash immobilisé |
|---|---|---|
| 128 000 € (PV 1 M€) | 1 280 € | 130 000 € |
| 640 000 € (PV 5 M€) | 6 400 € | 700 000 € |
| 1 280 000 € (PV 10 M€) | 12 800 € | 1 400 000 € |
| 6 400 000 € (PV 50 M€) | 64 000 € | 7 000 000 € |
Concrètement, un dirigeant 55 ans avec PV latente de 5 M€ partant à Dubaï doit bloquer 640 k€ de garantie bancaire. Avec frais 1 % et cash immobilisé 700 k€ pendant 5 ans, c'est 32 000 € de frais purs perdus + 700 k€ qui auraient pu générer 2-3 % de rendement (soit ~75 000 € de manque à gagner). Avant tout départ hors UE, comparez systématiquement : garantie 5 ans vs cession pré-départ (PFU 31,4 % immédiat) vs donation pré-départ aux enfants (purge totale).
6.4 Alternative : caution ou hypothèque
Si vous possédez un bien immobilier en France de valeur suffisante, l'hypothèque est souvent l'option la plus économique : pas de frais bancaires annuels, pas d'immobilisation de cash. Les frais sont concentrés sur l'acte notarié (0,5 à 0,7 % du montant). Pour un expatrié qui conserve sa résidence secondaire en France, c'est régulièrement la solution la plus rationnelle.
Dubaï : le piège de la convention sans crédit d'impôt
Dégrèvement 2 ans / 5 ans (régime maintenu)
Le dégrèvement, c'est la récompense de la patience. Si vous conservez vos titres suffisamment longtemps sans événement de remise en cause, l'exit tax tombe intégralement. Le délai dépend de la taille de votre patrimoine.
7.1 Patrimoine < 2,57 M€ : dégrèvement à 2 ans
Si votre patrimoine en titres au jour du départ est strictement inférieur à 2,57 M€, le dégrèvement automatique de l'exit tax intervient au bout de 2 ans de conservation. Passé ce délai, vous pouvez céder vos titres à l'étranger sans que l'exit tax française ne tombe.
7.2 Patrimoine ≥ 2,57 M€ : dégrèvement à 5 ans
Si la valeur globale des titres dans le champ de l'exit tax dépasse strictement 2 570 000 €, le délai est porté à 5 ans. Seuil apprécié au transfert, ≤ 2,57 M€ → 2 ans, > 2,57 M€ → 5 ans (art. 167 bis, VII-2 CGI). Cette distinction a été introduite par la LF 2019 art. 112 pour les départs à compter du 01/01/2019. Avant cette date, le délai était de 8 ans pour tous(régime LF 2014) — et non 15 ans (le délai de 15 ans n'a existé que très brièvement entre 2011 et 2013, avant d'être ramené à 8 ans).
7.3 Conditions de dégrèvement
Pour bénéficier du dégrèvement, aucun événement de remise en cause ne doit intervenir pendant le délai : pas de cession des titres, pas de donation à un non-résident (sauf donation sincère), pas de rachat par la société, pas de retour à une non-conformité déclarative grave.
7.4 Retour en France avant le délai = dégrèvement automatique
Si vous revenez vous installer en France avant la fin du délai de dégrèvement, l'exit tax tombe automatiquement (art. 167 bis V du CGI). Ce mécanisme est un filet de sécurité : il permet aux dirigeants de tester une expatriation sans engagement définitif. Attention, la cession des titres entre temps rend le dégrèvement impossible.
Régime 2026 (maintenu)
2 ans si patrimoine < 2,57 M€. 5 ans si patrimoine ≥ 2,57 M€. Applicable à tous les départs 2026 après que l'amendement Tanguy I-807 (retour à 15 ans) a été écarté par la LF 2026 du 19/02/2026.
Seuil 2,57 M€ non revalorisé
Introduit par la LF 2019, ce seuil n'a pas été revalorisé depuis. Il s'entend de la valeur vénale brute des titres au jour du transfert, pas du patrimoine net. Attention aux effets de seuil (2,55 M€ vs 2,58 M€) : 3 ans de sursis supplémentaire pour un écart minime.
PLF 2026 : amendement Tanguy I-807 écarté
Réponse courte : NON — régime 2/5 ans maintenu
8.1 Genèse de l'amendement Tanguy I-807
Le député Jean-Philippe Tanguy (RN, Somme) dépose en octobre 2025 l'amendement n° I-807 au PLF 2026, avec l'objectif déclaré de « refermer la brèche fiscale » ouverte par la loi de finances 2019. L'amendement propose un retour à un délai de dégrèvement de 15 ans, rappelant la période pré-2013. La LF 2014 avait déjà ramené ce délai à 8 ans pour tous, et la LF 2019 l'avait raccourci à 2 ou 5 ans selon la taille du patrimoine, au motif d'attractivité économique.
L'exposé des motifs évoquait plus d'un milliard d'euros de pertes fiscales cumulées depuis 2019 liées aux départs de grandes fortunes. L'amendement visait également un relèvement symbolique du seuil de déclenchement de 800 000 € à 1 300 000 €. Le 03/11/2025, l'amendement est adopté par 70 voix contre 55 en première lecture à l'Assemblée nationale.
8.2 Chronologie complète du PLF 2026 (état au 14/04/2026)
| Date | Événement | Conséquence |
|---|---|---|
| 03/11/2025 | Adoption amendement I-807 par l'AN (1re lecture) | Retour à 15 ans envisagé |
| 21/11/2025 | Rejet de la partie recettes du PLF par l'AN | Texte dans l'impasse |
| 15/12/2025 | Adoption par le Sénat en 1re lecture | Texte sénatorial remanié |
| 19/12/2025 | Échec de la commission mixte paritaire (CMP) | Pas d'accord AN-Sénat |
| 26/12/2025 | Loi spéciale de financement 2025-1403 | Continuité budgétaire |
| 23/01/2026 | 49.3 engagé par le Premier ministre Lecornu | Texte considéré adopté sauf censure |
| 27/01/2026 | Rejet des 2 motions de censure | Texte définitivement adopté |
| 19/02/2026 | Décision Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC | Validation partielle (2 réserves) |
| 19/02/2026 | Promulgation loi n° 2026-103 | Publication JO |
Point essentiel : le texte issu du 49.3 n'a pas retenu l'amendement I-807. Le gouvernement a considéré que le rétablissement des 15 ans aurait envoyé un signal négatif aux investisseurs et aux dirigeants, dans un contexte où la France doit attirer les capitaux. L'article 167 bis CGI conserve donc sa rédaction post-LF 2019.
8.3 Ce que cela change concrètement pour 2026
Rien. Les délais 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) et 5 ans (≥ 2,57 M€) sont maintenus. Les départs réalisés en 2026 bénéficient du même régime que les départs 2019-2025. Les stratégies d'expatriation avec horizon 2-5 ans restent pleinement opérantes.
Ceux qui ont précipité leur départ fin 2025 par peur du retour à 15 ans n'avaient donc, rétrospectivement, pas de contrainte calendaire urgente. À l'inverse, ceux qui ont temporisé par prudence juridique peuvent désormais partir sereinement en 2026 sous le régime classique.
8.4 Vigilance pour le PLF 2027
Attention : la victoire de l'amendement I-807 en première lecture AN montre qu'une majorité de députés est favorable au durcissement. Le scénario d'un rétablissement des 15 ans au PLF 2027 (voté à l'automne 2026, applicable aux départs 2027) n'est pas exclu. Les contribuables en réflexion de départ 2027 doivent surveiller la discussion budgétaire de septembre-novembre 2026.
Veille parlementaire : notre protocole cabinet
Régime 2/5 ans confirmé pour 2026 : la fenêtre PLF 2027 reste à surveiller
L'amendement I-807 a été écarté, mais le risque de rétablissement à 15 ans n'est pas clos. On construit votre calendrier de départ en intégrant la veille parlementaire septembre-novembre 2026.
Événements de remise en cause
Une fois le sursis accordé, tout n'est pas joué. Plusieurs événements peuvent déclencher l'exigibilité immédiate de l'exit tax. Les connaître, c'est éviter les mauvaises surprises.
9.1 Cession effective des titres
C'est l'événement n° 1. Dès que vous vendez vos titres — totalement ou partiellement — l'exit tax correspondante devient immédiatement exigible. Le paiement doit intervenir dans les deux mois suivant la cession, via le formulaire 2074-ETS actualisé.
9.2 Donation à un non-résident
La donation de vos titres à un non-résident pendant le sursis est en principe assimilée à une cession et déclenche l'exit tax. Exception : si vous démontrez le caractère sincère et non-abusif de la donation (donation réelle, sans contrepartie occulte), le sursis peut être maintenu au profit du donataire.
9.3 Rachat par la société émettrice
Le rachat de vos actions ou parts par la société émettrice (opération classique dans les SAS en cas de sortie d'associé) est assimilé à une cession. L'exit tax devient exigible sur la plus-value initiale. À anticiper absolument si vous êtes fondateur avec clause de rachat.
9.4 Expiration du délai de dégrèvement
Moins intuitif : l'expiration du délai de dégrèvement sans aucun événement déclenche... le dégrèvement automatique, donc la suppression de l'exit tax. C'est l'issue favorable. En revanche, tout manquement déclaratif grave (non-dépôt formulaire 2074-ETS plusieurs années consécutives) peut entraîner le paiement immédiat et des sanctions art. 1763 A (amende 5 % du montant éludé).
| Événement | Conséquence | Délai de paiement |
|---|---|---|
| Cession totale | Exit tax intégralement due | 2 mois |
| Cession partielle | Exit tax au prorata | 2 mois |
| Donation à non-résident | Assimilée à cession (sauf sincère) | 2 mois |
| Rachat par société | Assimilé à cession | 2 mois |
| Retour en France | Dégrèvement automatique | Sans objet |
| Fin délai 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) ou 5 ans (≥ 2,57 M€) | Dégrèvement automatique | Sans objet |
| Manquement déclaratif | Exigibilité + 5 % sanction | Immédiat |
Concrètement, retenez trois choses : tant que vous ne vendez pas, tant que vous ne donnez pas vos titres à un non-résident et tant que vous déposez votre déclaration annuelle, votre sursis tient. Ce sont les trois véritables points de vigilance.
Jurisprudence CJUE et Conseil d'État
Si l'exit tax française tient encore debout, c'est grâce à une série d'arrêts qui l'ont successivement déconstruite, puis reconstruite sous une forme compatible avec le droit de l'Union européenne. Comprendre cette chronologie, c'est comprendre ce qu'on peut — et ce qu'on ne peut plus — contester aujourd'hui.
10.1 Les arrêts fondateurs — cinq décennies de construction prétorienne
| Arrêt / Date | Juridiction | Apport majeur |
|---|---|---|
| Lasteyrie du Saillant — 11/03/2004 — C-9/02 | CJUE | Ancien art. 167 bis (1999) contraire à la liberté d'établissement art. 49 TFUE. Paiement immédiat proscrit. Abrogation en 2005. |
| N c. Inspecteur — 07/09/2006 — C-470/04 | CJUE | L'État de départ doit tenir compte des moins-values post-départ. Fondement de l'assiette nette française. |
| National Grid Indus — 29/11/2011 — C-371/10 | CJUE, Gde ch. | Exit tax personnes morales : détermination immédiate possible, mais option pour paiement différé obligatoire. |
| Commission c. Espagne — 12/07/2012 — C-269/09 | CJUE, Gde ch. | Extension du principe Lasteyrie à toute exit tax européenne. Sursis gratuit impératif. |
| de Ruyter — 26/02/2015 — C-623/13 | CJUE | Exonération CSG/CRDS pour affiliés sécurité sociale UE/EEE/CH (règlement 883/2004). Taux effectif exit tax réduit à 20,3 % pour ces contribuables. |
| CE Ass. — 27/07/2015 n° 334551 | Conseil d'État | Transposition de Ruyter en droit interne : PS non dus par les affiliés à un régime de sécu d'un autre État UE/EEE/CH. |
| Wächtler — 26/02/2019 — C-581/17 | CJUE | Extension à la Suisse via l'ALCP. Sursis automatique obligatoire pour les départs FR→CH avec activité économique. |
| CE 9e-10e ch. — 05/02/2025 n° 476399 | Conseil d'État | Rétroactivité exit tax 2011 censurée pour les transferts antérieurs au 11/05/2011 (date de présentation du projet en Conseil des ministres). Sécurité juridique et confiance légitime. |
10.2 Lasteyrie du Saillant : l'acte de naissance de l'exit tax européenne
M. Hugues de Lasteyrie du Saillant, dirigeant français parti en Belgique, conteste l'exit tax instaurée par la LF 1999 (premier article 167 bis). La CJUE juge le 11 mars 2004 que l'imposition immédiate des plus-values latentes au départ, même avec sursis sur garantie, constitue une entrave à la liberté d'établissement de l'article 49 TFUE. La France abroge l'exit tax en 2005. Elle la réintroduira sept ans plus tard, en 2011, sous la forme actuelle — conforme au droit UE grâce au sursis automatique UE/EEE.
10.3 Wächtler : le tournant suisse de 2019
M. Martin Wächtler, ressortissant allemand associé d'une société suisse, transfère sa résidence d'Allemagne vers la Suisse. L'Allemagne lui applique son propre régime d'exit tax (§6 AStG). Il conteste et saisit la CJUE, qui rend son arrêt le 26 février 2019. La Cour juge que l'imposition immédiate des plus-values latentes lors d'un transfert vers la Suisse est contraire à l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP, 2002) entre l'UE et la Confédération helvétique. Pour la France, l'effet est immédiat : les départs FR→CH bénéficient désormais d'un sursis quasi-automatique, même si la Suisse n'est ni dans l'UE ni dans l'EEE, à condition que le contribuable exerce une activité économique (salariée ou indépendante).
10.4 de Ruyter : l'arme ultime pour réduire les prélèvements sociaux
Arrêt CJUE du 26 février 2015, C-623/13. M. de Ruyter, résident néerlandais affilié à la sécurité sociale aux Pays-Bas, conteste l'application par la France de la CSG et de la CRDS sur ses revenus fonciers français. La Cour pose le principe d'unicité de législation sociale découlant du règlement (CE) 883/2004 : un contribuable affilié à la sécurité sociale d'un autre État membre UE/EEE/Suisse ne peut être soumis aux prélèvements sociaux d'un autre État. Pour l'exit tax, la portée est majeure : un expatrié affilié à la CNS luxembourgeoise, à la sécu suisse ou à l'INSS portugais peut écarter la CSG (10,6 % en 2026 sur les revenus du capital visés à l'art. L.136-7 CSS) et la CRDS (0,5 %) de la base 18,6 % PS. Seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % (art. 235 ter CGI, sans contrepartie sociale) subsiste et reste dû.
Taux effectif exit tax standard (résident FR ou affilié sécu FR) : 12,8 % PFU + 18,6 % PS = 31,4 % Taux effectif exit tax si affiliation sécu autre État UE/EEE/CH (de Ruyter) : 12,8 % PFU + 7,5 % solidarité = 20,3 % Économie relative : environ 11,1 points, soit 35 % du coût total. Justificatif requis : formulaire A1 (règlement 883/2004), attestation CNS, AHV, INSS, etc.
10.5 CE 5 février 2025 n° 476399 — la rétroactivité limitée à 2011
Arrêt structurant du Conseil d'État, 9e-10e chambres réunies, 5 février 2025, n° 476399. Un contribuable ayant transféré son domicile fiscal en Belgique le 15 avril 2011 conteste l'application de l'article 167 bis rétabli par la LF 2011. Le Conseil d'État retient la date du 11 mai 2011(présentation du projet en Conseil des ministres) comme date pivot, au titre de la sécurité juridique et de la confiance légitime (principes du droit UE et constitutionnels). Conséquence : tout départ antérieur au 11/05/2011 échappe définitivement à l'exit tax 2011.
Portée pratique aujourd'hui : l'arrêt sert de précédent pour toute réforme future de l'article 167 bis (par exemple si l'amendement Tanguy était adopté au PLF 2027). La date pivot sera celle de la présentation du projet en Conseil des ministres, pas le 1er janvier de l'année d'entrée en vigueur. Les départs réalisés entre la présentation du projet et le 31/12/N sont dans une zone grise à documenter précisément.
Pourquoi cette jurisprudence est votre meilleur allié
Comparatif international (6 pays)
La France n'est pas seule à pratiquer l'exit tax. La directive européenne ATAD (Anti-Tax Avoidance Directive, 2016) impose depuis 2020 une forme d'exit tax aux États membres pour les personnes morales. Pour les personnes physiques, chaque pays a sa propre approche. Voici les six régimes les plus pertinents pour les expatriés français (ou les expatriés de retour).
| Pays | Fondement | Seuil | Particularité |
|---|---|---|---|
| France | Art. 167 bis CGI | 800 k€ OU ≥ 50 % | Sursis UE/EEE/CH automatique. Dégrèvement 2 ou 5 ans. |
| Allemagne | §6 AStG (refonte 2022 ATAD) | ≥ 1 % détention dans société | Étalement 7 ans sans intérêts pour départ UE/EEE. Durcissement 2022. |
| Pays-Bas | Aanmerkelijk belang (≥ 5 %) | ≥ 5 % détention | Sursis UE sans garantie. Créance fiscale préservée 10 ans. |
| Espagne | Art. 95 bis LIRPF | > 4 M€ OU > 1 M€ + ≥ 25 % | Application après 10 ans de résidence. Sursis UE/EEE. |
| États-Unis | IRC §877A (HEART Act 2008) | Actif net ≥ 2 M$ OU impôt moyen 5 ans > 206 k$ | Mark-to-market mondial. Exclusion 821 000 $ (2024). Concerne « covered expatriates ». |
| Royaume-Uni | Pas d'exit tax générale | N/A | Temporary non-resident rules si absence < 5 ans : PV réalisées pendant l'absence rattrapées au retour. |
Concrètement, la France avec son régime 2/5 ans n'est ni le plus strict (Allemagne : étalement 7 ans avec intérêts depuis 2022) ni le plus doux (Suisse : 0 % PV à long terme). Pour un dirigeant 50 ans avec 8 M€, destination optimale = Suisse (forfait fiscal > 400 k€, 0 % PV) ou Luxembourg (0 % PV si < 10 % de participation et > 6 mois de détention). Dubaï offre 0 % local mais piège de la convention sans crédit d'impôt. La Belgique introduit en 2026 sa propre exit tax à 10 %, réduisant son attractivité historique. Le choix du pays détermine 30 à 50 % de votre économie d'impôt totale.
11.1 Allemagne : le piège du §6 AStG refondu 2022
L'Allemagne a profondément durci son régime au 01/01/2022 (ATAD Umsetzungsgesetz) : suppression du sursis automatique UE/EEE sans intérêts, remplacé par un étalement sur 7 ans avec intérêts. Seuil très bas (1 % de détention dans une société). Pour un franco-allemand cédant des titres d'une GmbH avant retour en France, la double exposition AStG allemande + 167 bis française à venir peut être vertigineuse.
11.2 États-Unis : le régime le plus sévère du monde
L'IRC §877A applique une « deemed sale » à la date du renoncement à la citoyenneté américaine ou de la perte du statut de résident long terme (LTR). Tout le patrimoine mondial est théoriquement cédé, avec taxation des plus-values latentes au taux de long terme (20 %) + NIIT (3,8 %). Pour un binational franco-américain, la combinaison §877A + article 167 bis peut conduire à une double imposition difficile à neutraliser même avec la convention de 1994.
11.3 Royaume-Uni : pas d'exit tax — mais attention au retour
Le Royaume-Uni n'a pas d'exit tax générale. En revanche, les « temporary non-resident rules » (TCGA 1992 s.10A, CGT) prévoient que toute plus-value réalisée par un Britannique pendant une période d'absence inférieure à 5 ans est rattrapée et imposée au retour au Royaume-Uni. Un franco-britannique résident FR parti à Dubaï pour céder, puis retournant au UK dans les 5 ans, peut subir la combinaison exit tax française (en sursis) + CGT britannique au retour UK.
Double exit tax : rare mais possible
Crypto, OPCI, FCPR et actifs hors champ
Une partie méconnue — et stratégique — de l'exit tax est ce qu'elle necouvre pas. L'article 167 bis CGI vise expressément les « titres et droits sociaux » entrant dans le champ de l'article 150-0 A. Certains actifs échappent donc totalement à l'exit tax. Pour un patrimoine diversifié, c'est une faille stratégique majeure.
12.1 Crypto-actifs : régime 150 VH bis autonome
Les Bitcoin, Ether, stablecoins et autres crypto-actifs relèvent d'un régime fiscal autonome : l'article 150 VH bis CGI, instauré par la LF 2019 et retouché par la LF 2022 (possibilité d'option barème pour les investisseurs habituels). Ce régime n'est pas visé par l'article 167 bis. Conséquence : les plus-values latentes sur crypto-actifs ne sont pas dans l'assiette exit tax.
Faille stratégique crypto : cession post-départ sans exit tax
12.2 OPCI : hors champ, titres d'OPC ≠ droits sociaux
Les parts d'OPCI (Organisme de Placement Collectif Immobilier) sont des titres d'OPC, pas des droits sociaux d'une société opérationnelle. Elles relèvent du régime des plus-values mobilières en cas de cession, mais ne sont pas visées par l'article 167 bis qui cible les droits sociaux. Un rentier OPCI substantiel (parts de FPI ou SPPICAV) peut quitter la France sans exit tax sur ces actifs.
12.3 FCPR, FPCI et art. 163 quinquies B : bascule possible
Les parts de FCPR (Fonds Communs de Placement à Risque) et FPCI (Fonds Professionnels de Capital Investissement) sont en principe exclues de l'exit tax. Exception : si vous détenez plus de 25 % du fonds ou si la valeur globale dépasse 800 000 € avec d'autres titres du même type, une bascule dans le champ est possible (via la règle de cumul). Le régime 163 quinquies B (exonération IR sur 5 ans) peut également interférer.
12.4 FIP, FCPI : attention à la rupture de l'engagement 5 ans
Les FIP et FCPI donnent droit à une réduction d'IR à la souscription (25 % en 2024, reconduit en 2026) à condition de conserver les parts 5 ans. L'expatriation en cours de détention constitue-t-elle une rupture ? La doctrine BOFiP (BOI-IR-RICI-100) est claire : l'expatriation n'est pas un cas de force majeure exonératoire. La reprise de la réduction d'IR peut donc être réclamée — indépendamment de l'exit tax.
12.5 Autres actifs hors champ
Dans le champ exit tax (art. 167 bis)
Actions cotées et non cotées, parts SARL/SAS, parts SCI à l'IS, BSPCE exercés, AGA acquises, stock-options exercées, titres de holdings patrimoniales, OPCVM (SICAV, FCP).
Hors champ (actifs échappant à l'exit tax)
Crypto-actifs (art. 150 VH bis), immobilier direct (art. 150 U), parts de SCPI et OPCI (titres d'OPC), parts de SCI à l'IR, assurance-vie et contrats de capitalisation, PEA (régime propre), FCPE/PEE bloqués, résidence principale.
Immobilier direct, AV, PEA, SCI IR, crypto : les actifs hors champ peuvent pivoter la stratégie
En jouant la composition du patrimoine avant départ, on réduit l'assiette exit tax sans montage risqué. On modélise la répartition optimale selon votre horizon et votre destination.
6 stratégies de départ
Subir l'exit tax ou l'optimiser ? Tout dépend de votre anticipation. Voici les 6 stratégies que notre cabinet déploie régulièrement pour les dirigeants en cession et les fondateurs en partance.
13.1 Stratégie 1 : Cession pré-départ
La stratégie la plus simple : céder vos titres avant de quitter la France. Vous payez l'IR classique (PFU 30 % ou barème avec abattements), mais vous évitez intégralement l'exit tax et son suivi pendant 15 ans. Solution recommandée si vous avez déjà décidé de vendre et que le timing du départ est flexible.
Avantage : simplicité totale, pas d'obligation déclarative post-départ. Inconvénient : paiement immédiat de l'IR, perte de la valorisation future potentielle des titres.
13.2 Stratégie 2 : Donation avec réserve d'usufruit (pré-départ)
Très puissante. Vous donnez la nue-propriété de vos titres à vos enfants avant le départ, en conservant l'usufruit. La plus-value latente est purgée (les donataires prennent les titres à leur valeur vénale du jour de la donation). Vos enfants, résidents fiscaux français, ne déclenchent pas l'exit tax à leur tour. Pour approfondir, voyez notre guide donation 2026.
Bonus : vous optimisez les droits de donation (abattement 100 000 €/enfant tous les 15 ans, réduction supplémentaire pour la nue-propriété selon l'âge via le barème art. 669 CGI). Attention : la donation doit être sincère et non abusive. Timing idéal : 6 à 12 mois avant départ, avec un vrai projet de transmission patrimoniale.
Exemple chiffré donation pré-départ
13.3 Stratégie 3 : Apport-cession holding 150-0 B ter
Vous apportez vos titres à une holding patrimoniale soumise à l'IS avant départ. Bénéfices : report 150-0 B tersur la plus-value d'apport, puis exit tax sur les titres de holding (post-apport, donc PV latente réduite). Double sursis cumulé.
Le report 150-0 B ter devient définitif si la holding conserve les titres 3 ans, ou si elle réinvestit 70 % du prix de cession dans les 2 ans dans une activité opérationnelle (art. 150-0 B ter III). Combiné avec un départ UE, ce schéma peut neutraliser quasi-totalement la taxation, à condition de respecter scrupuleusement les conditions.
13.4 Stratégie 4 : Pacte Dutreil + donation (purge PV)
Un angle exclusif rarement exploité. Le pacte Dutreil (art. 787 B CGI), c'est un accord signé entre associés par lequel chacun s'engage à conserver les titres pendant une durée minimale (2 ans en collectif entre associés, puis 4 ans en individuel après la donation). En contrepartie de cet engagement, l'administration accorde un abattement de 75 % sur les droits de donation des titres d'une société opérationnelle. Combiné avec une donation pré-départ, il permet de purger la PV latente ET de réduire drastiquement les droits de donation.
Exemple : SAS 5 M€, pacte Dutreil signé, donation à 2 enfants. Base taxable après Dutreil : 5 M × 25 % = 1,25 M€. Abattements 2 × 100 000 € = 200 000 €. Droits résiduels environ 215 000 €. Économie totale vs exit tax : environ 1,35 M€.
13.5 Stratégie 5 : Holding luxembourgeoise / belge + assurance-vie Lux
Plus sophistiqué. Restructuration patrimoniale pré-départ via interposition d'une holding luxembourgeoise (SOPARFI) ou belge, souvent combinée à une assurance-vie luxembourgeoise et/ou un crédit Lombardpour générer de la trésorerie sans céder les titres. L'objectif : optimiser la fiscalité des dividendes et plus-values post-départ, tout en sécurisant le sursis UE. Attention, la Belgique introduit une exit tax belge en 2026 à 10 %, réduisant son attractivité historique.
13.6 Stratégie 6 : Cession à crédit-vendeur avant départ (étalement IR)
Petit décodage préalable. Le « crédit-vendeur », c'est quand vous vendez vos titres mais que l'acquéreur vous paie en plusieurs fois, sur quelques années — c'est vous, le vendeur, qui lui faites crédit. Quand la cession pré-départ est décidée mais que la trésorerie personnelle doit être lissée dans le temps, le crédit-vendeur offre une parade fiscale et financière. Vous cédez vos titres avec paiement échelonné (par exemple 3 à 5 annuités). L'imposition au PFU 30 % est due l'année de la cession, mais vous pouvez demander un étalement du paiement de l'impôt (art. 1681 F CGI) jusqu'à 5 ans pour les cessions de titres de société avec complément de prix.
Avantages : vous évitez totalement l'exit tax (puisque la cession est intervenue avant le transfert de domicile), vous lissez le choc fiscal, et vous sécurisez le sursis UE en partant sans titres. Inconvénient : risque de défaut de l'acquéreur — à sécuriser par une garantie bancaire ou un nantissement des titres cédés. Stratégie particulièrement adaptée aux cessions familiales ou internes (MBO, cession à un cadre dirigeant).
Ces 6 stratégies exigent un audit préalable
Cession pré-départ, donation, apport-cession, crédit-vendeur : on chiffre les 6 stratégies
Chaque voie de sortie a ses conditions, ses pièges abus de droit et ses effets IFI/succession. Un CGP indépendant simule les 6 scénarios et construit votre calendrier en conformité L.64 LPF.
Abus de droit L.64 / L.64 A
L'exit tax est un terrain fertile pour l'abus de droit. L'administration française dispose de deux articles principaux pour requalifier les opérations d'optimisation expatriation : l'article L.64 du Livre des procédures fiscales (LPF) et, depuis la LF 2019, l'article L.64 A LPF. Les sanctions sont lourdes (40 à 80 %) et la charge de la preuve est souvent inversée.
14.1 L.64 LPF : la fraude et la manoeuvre frauduleuse
L'article L.64 LPF vise les actes fictifs (simulations) et les actes passés dans le but exclusif d'éluder l'impôt. Typiquement : interposition d'une société sans substance économique, donation fictive avec rétrocession convenue, signature antidatée. Sanction : intérêts de retard + majoration 80 % si manoeuvres frauduleuses, 40 % si abus simple.
14.2 L.64 A LPF : le « mini-abus de droit » depuis 2021
Introduit par la LF 2019 et applicable depuis le 01/01/2021, l'article L.64 A LPF abaisse le seuil : il frappe les actes dont le motif est principalement(et non plus exclusivement) fiscal. C'est un changement de paradigme : une opération juridiquement régulière peut être remise en cause si son principal objectif est d'éluder l'impôt, même si elle poursuit par ailleurs des objectifs non fiscaux réels.
14.3 Les 5 schémas à risque en expatriation
| Schéma à risque | Indice d'abus | Parade |
|---|---|---|
| Promesse de vente signée avant la donation | Rétrocession convenue | Décaler donation de 12-18 mois vs LOI d'acquéreur potentiel |
| Souscription AVL quelques semaines avant départ | Timing suspect | Ouvrir AVL ≥ 12 mois avant le départ, avec versements progressifs |
| Transfert siège société quelques mois avant départ | Coordination opportuniste | Démontrer motif opérationnel (marché, client) |
| Donation à enfant non-résident sans justification | Absence de projet familial | Documenter cohérence patrimoniale long terme |
| Retour France après cession à l'étranger (< 2 ans) | Va-et-vient fiscal | Durée de résidence étrangère supérieure à 3-5 ans |
14.4 Le Comité de l'abus de droit fiscal (CADF)
Le CADF est un organe consultatif composé de magistrats, hauts fonctionnaires et représentants du secteur privé. Il rend des avis publics sur les dossiers que l'administration ou le contribuable lui soumet. Les avis 2022-2024 incluent plusieurs cas d'expatriations requalifiées en abus de droit, notamment pour des donations mal documentées ou des retours précipités. Consultation recommandée avant tout montage sensible.
Sanctions cumulables et pénales
Décès et héritiers
Angle quasi-tabou dans la plupart des guides : que se passe-t-il si le contribuable meurt avant le dégrèvement ? Pour un expatrié âgé (60+), la question est structurante et peut transformer totalement la stratégie patrimoniale.
15.1 Art. 167 bis VII 1° : le dégrèvement par décès
Lecture stricte de l'article 167 bis VII 1° du CGI : en cas de décès du contribuable pendant la période de sursis, l'exit tax est intégralement dégrévée. Les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès, sans reprendre la dette fiscale au titre des plus-values latentes. La plus-value latente accumulée par le défunt est définitivement purgée.
15.2 Stratégie « détention jusqu'au décès »
Pour un expatrié âgé avec gros portefeuille titres et espérance de vie limitée, conserver les titres jusqu'au décès est la stratégie fiscale idéale : l'exit tax tombe automatiquement, les héritiers récupèrent les titres en neutralité fiscale, seuls les droits de succession français (art. 750 ter) ou du pays de résidence s'appliquent. Cette combinaison transforme une expatriation en optimisation successorale.
15.3 Limites : plus-values en report 150-0 B ter
Attention : les plus-values en report d'imposition au titre de l'art. 150-0 B ter (apport-cession) basculent chez l'héritier. Elles ne sont pas effacées par le décès. Si l'héritier cède ensuite les titres, le report tombe et la PV d'apport devient exigible en son nom. Même mécanique pour les reports 150-0 B et 150-0 B bis.
15.4 Articulation avec les droits de succession
Les droits de succession français s'appliquent selon l'article 750 ter CGI : (1) si le défunt était résident fiscal FR, succession mondiale ; (2) si l'héritier est résident FR depuis 6 ans sur 10 et que les biens sont français, succession taxée FR ; (3) sinon, règles conventionnelles. Pour un expatrié résidant hors UE (Dubaï, Suisse, USA), la combinaison absence d'exit tax + absence de droits de succession locaux peut transformer la transmission en opération quasi-gratuite.
Le départ à l'étranger déclenche l'exit tax (art. 167 bis CGI) mais modifie aussi le régime successoral : la loi civile (règlement UE 650/2012 Bruxelles IV) suivra la résidence habituelle, et la fiscalité française reste applicable aux héritiers résidant en France (règle des 6 ans sur 10, art. 750 ter 3°). Pour le cadre complet — conventions bilatérales (20 actives, dénonciation FR-Suisse 2015), régime UK Long-Term Resident avril 2025, estate tax US à 15 M$ OBBBA 2026, art. 784 A imputation et art. 913 al. 3 prélèvement compensatoire — voir notre guide succession internationale 2026.
Combinaison gagnante : donation pré-départ + conservation jusqu'au décès
Retour en France : impatriés 155 B + IFI
Si l'exit tax structure le départ, le régime de retour peut transformer une expatriation en opération patrimoniale gagnante. Deux dispositifs clés doivent être combinés.
16.1 Art. 155 B CGI : le régime impatrié
Le régime impatrié (art. 155 B CGI) s'applique aux personnes qui n'ont pas été résidentes fiscales françaises pendant les 5 années précédant la prise de fonctionen France et qui sont recrutées par une entreprise française ou par transfert au sein d'un groupe international. Avantages : exonération de 30 % ou 50 % de la rémunération (prime d'impatriation), exonération de 50 % des revenus passifs étrangers (dividendes, plus-values, intérêts), pendant 8 ans (durée étendue par la LF 2017).
16.2 Fenêtre IFI 5 ans art. 964 CGI
Un contribuable arrivant en France après au moins 5 ans de non-résidence fiscale ne paie l'IFI que sur ses biens immobiliers situés en France pendant les 5 premières annéesde sa résidence fiscale française (art. 964 CGI). Pour un expatrié revenant en France avec un parc immobilier étranger important (résidences secondaires, biens locatifs UK ou Espagne), l'économie peut être massive.
16.3 Combinaison gagnante : départ / cession étranger / retour impatrié
Le schéma optimum consiste à : (1) partir à l'étranger 5+ ans (déclencher l'exit tax en sursis), (2) céder les titres à l'étranger après la fin du délai de dégrèvement (exit tax définitivement éteinte), (3) revenir en France avec le statut impatrié 155 B (exonération partielle rémunération + revenus passifs étrangers, IFI limité 5 ans).
Attention toutefois : l'administration fiscale surveille de près les « allers-retours » fiscaux qui pourraient caractériser un abus de droit L.64 A. La durée minimale d'expatriation recommandée est de 5 ans effectifs (correspondant à la condition du régime impatrié). Un retour dans les 2-3 ans pourrait être requalifié.
16.4 Retour anticipé : dégrèvement art. 167 bis V
Comme vu en section 7, le retour en France avant la fin du délai de dégrèvement (2 ou 5 ans) déclenche le dégrèvement automatique de l'exit tax (art. 167 bis V CGI) à condition que les titres n'aient pas été cédés. Ce filet de sécurité permet aux dirigeants de « tester » une expatriation sur 2-3 ans sans engagement fiscal définitif.
Conventions fiscales et clause de partage
L'exit tax s'articule avec les conventions fiscales bilatérales signées par la France. Le modèle OCDE pose des principes généraux, mais chaque convention a ses spécificités. Mauvaise articulation = double imposition.
17.1 Art. 13 §5 du modèle OCDE : principe de résidence
Le modèle OCDE dispose à l'article 13 §5 que les plus-values mobilières sont imposables dans l'État de résidence du cédant au moment de la cession. La France, en maintenant son droit d'imposer via l'article 167 bis après départ, peut entrer en conflit avec cette règle. Le mécanisme du crédit d'impôt conventionnel sert normalement à éviter la double imposition.
17.2 Clauses spécifiques exit tax dans les conventions
| Pays | Convention | Clause exit tax spécifique |
|---|---|---|
| Suisse | Convention 1966, avenant du 25 juin 2014 | Clause anti-abus délai 5 ans — PV taxable en FR si cession < 5 ans ; assistance au recouvrement limitée (CE 26/01/2021 n° 429381) |
| Royaume-Uni | 2008 modifiée | Clause anti-abus délai 5 ans + temporary non-resident rules UK |
| États-Unis | 1994 modifiée | Clause de sauvegarde citoyens US + épargne retraite |
| Belgique | 1964 — en renégociation 2021 (non ratifiée) | PV immobilière clause résidence, PV mobilière clause OCDE 13§5 |
| Luxembourg | 2018 | Tolérance exit tax FR, pas de double imposition directe |
| Italie | 1989 modifiée | Conforme OCDE art. 13§5 — PV mobilière État résidence |
17.3 Piège Dubaï : convention sans crédit d'impôt symétrique
La convention France-Émirats de 1989, bien que modernisée, ne prévoit pas de mécanisme de crédit d'impôt français sur les plus-values mobilières réalisées à Dubaï. Résultat : si vous cédez vos titres après votre installation aux EAU, l'exit tax française tombe sur la plus-value initiale, sans possibilité d'imputation d'un impôt local (Dubaï étant à 0 % personne physique). Dubaï reste attractive pour les flux (dividendes, revenus du travail), moins pour la réalisation de plus-values substantielles.
17.4 Clauses anti-abus délai 5 ans : le retour au bercail pénalisé
Plusieurs conventions (France-Suisse avenant 2014, France-UK 2008, France-USA 1994) contiennent une « clause de délai 5 ans » : si un contribuable part, cède les titres à l'étranger et revient en France dans les 5 ans, la France peut réclamer l'imposition pleine de la plus-value, même si elle a été taxée à l'étranger. Le crédit d'impôt conventionnel reste applicable, mais le différentiel FR/pays peut être significatif.
Cas spécifiques par pays
Le pays de destination change tout. Voici les 5 cas les plus fréquents dans notre cabinet, avec leurs spécificités.
18.1 Départ vers la Suisse : sursis pratique post-ALCP
La Suisse reste la destination favorite des dirigeants français en cession. Le sursis y est quasi-automatique depuis la jurisprudence CJUE Wächtler (2019) et l'application de l'ALCP, à condition d'exercer une activité (salariée ou indépendante). Pour un départ pur retraite, une garantie peut être demandée.
18.2 Départ vers la Belgique : nouvelle exit tax belge 2026 à 10 %
Attention, changement majeur en 2026. La Belgique, qui n'avait historiquement pas d'imposition sur les plus-values mobilières, a introduit via l'accord de coalition Arizona (gouvernement De Wever) une taxe de 10 % sur les plus-values mobilières réalisées à compter du 01/01/2026 (texte approuvé par la Chambre en avril 2026). Un régime d'exit tax belge complémentaire cible les personnes morales (émigration = liquidation fictive avec précompte mobilier). Exemption annuelle de 10 000 €, portée à 15 000 € si aucune cession sur 5 ans, et exonération jusqu'à 1 M€ pour les participations substantielles (≥ 20 %). L'attrait fiscal historique de la Belgique pour les cédants français est considérablement réduit.
18.3 Conventions piège : Dubaï, Monaco
Les conventions avec Dubaï (Émirats) et Monaco ne prévoient pas de mécanisme symétrique de crédit d'impôt français sur les plus-values mobilières. Résultat : cession après départ = exit tax française pleine sans effacement local. Ces destinations restent attractives pour les revenus récurrents (dividendes, salaires), mais pas pour l'optimisation d'une cession à venir.
18.4 AGA / BSPCE / stock-options
Régimes hybrides à gérer ligne par ligne. Les BSPCE non exercés échappent généralement à l'exit tax (simple droit, pas de titre). Les BSPCE exercés, AGA et stock-options acquises sont pleinement dans le champ. Pour un fondateur de start-up, l'arbitrage exercice vs non-exercice avant départ est stratégique.
18.5 Retour calculé en France (dégrèvement anticipé)
Le retour en France avant la fin du délai déclenche le dégrèvement automatique (art. 167 bis V). Cette clause est régulièrement utilisée par des dirigeants qui testent une expatriation sur 3-4 ans avant de revenir. Condition : ne pas avoir cédé les titres entre-temps.
18.6 Exit tax + IFI parallèle : la double peine pour non-résidents immobiliers
Le départ fiscal ne met pas fin à toutes les obligations françaises. Dès lors que vous conservez un patrimoine immobilier français (résidence secondaire, biens locatifs, parts de SCI, SCPI), l'IFI continue de s'appliquer en tant que non-résident — mais uniquement sur le patrimoine immobilier situé en France (art. 964 et s. CGI), seuil 1,3 M€ inchangé en 2026.
Le PLF 2026 a confirmé le maintien de l'IFI classique (le projet d'IFI-I étendu aux actifs improductifs a été abandonné). Concrètement, un expatrié à Dubaï qui paie 200 000 € d'exit tax sur ses titres peut aussi devoir 15 000 €/an d'IFI sur ses immeubles parisiens pendant 10 ans. Cumul à anticiper dans votre budget expatriation.
18.7 Décès en sursis : transmission des titres aux héritiers
Cas sous-traité par la plupart des articles : que se passe-t-il si le contribuable en sursis décède avant la fin du délai de dégrèvement ? L'administration applique le dégrèvement d'office pour cause de décès (BOI-RPPM-PVBMI-50-10-30). Les titres sont transmis aux héritiers pour leur valeur au jour du décès — la plus-value latente taxée à l'exit tax est effacée.
Attention toutefois : les droits de succession restent dus sur la valeur des titres au jour du décès selon la résidence fiscale du défunt et des héritiers. Pour un non-résident décédé avec héritiers français, la fiscalité successorale française s'applique intégralement si le défunt a résidé en France au moins 6 ans sur les 10 dernières années (art. 750 ter CGI).
Cas pratiques chiffrés
La théorie, c'est bien. Les histoires vraies, c'est mieux. Voici 5 cas inspirés de dossiers réels du cabinet (prénoms modifiés). Vous reconnaîtrez sans doute une situation proche de la vôtre.
19.1 Marc, 50 ans, dirigeant cédant sa SAS 10 M€
Marc, ingénieur de formation, a créé sa SAS tech en 2011 avec 10 000 € de capital et beaucoup de cafés la nuit. Quinze ans plus tard, il signe une cession à 10 M€ et veut s'installer à Genève avec sa famille pour prendre du recul. Plus-value latente : 9 990 000 €. Exit tax théorique : 9 990 000 × 31,4 % = 3 136 860 €, plus CEHR environ 400 000 €, total environ 3,54 M€.
Stratégie déployée : départ Suisse avec ALCP → sursis automatique de fait. Dégrèvement en 5 ans (patrimoine > 2,57 M€). L'avenant du 25 juin 2014 à la convention fiscale FR-CH de 1966 a introduit une clause d'assistance au recouvrement (CE 26/01/2021 n° 429381), moins étendue que la directive UE 2010/24/UE mais suffisante en pratique pour que l'administration française accepte souvent de lever la garantie lorsque le contribuable exerce une activité en Suisse.
DÉCOMPOSITION LIGNE À LIGNE — CAS MARC (PV latente 9,99 M€)
Assiette taxable : 9 990 000 €
IR : PFU 12,8 % : 1 278 720 €
PS 7,5 % (solidarité seule, Marc affilié : 749 250 €
à la sécu CH via LAMal, de Ruyter)
[vs 1 858 140 € si PS 18,6 % pleins, LFSS 2026]
CEHR 4 % × (9,99 M − 500 k) : 379 600 €
CDHR : NON applicable (contribuable devenu NR post-transfert)
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Exit tax totale : 2 407 570 €
(vs 3 516 460 € si PS 18,6 % pleins et hors avantage ALCP)
Garantie bancaire (Suisse, ALCP) : négociée au cas par cas
Coût sursis annuel : 0 €
Dégrèvement à 5 ans (2031) si conservation : 100 %
Dégrèvement anticipé si retour France : 100 %Subtilité PS 7,5 % vs 18,6 % — angle souvent raté
19.2 Lucas, 35 ans, fondateur start-up Dubaï
Lucas, cofondateur d'une start-up SaaS rachetée par un groupe américain, a exercé ses BSPCE en 2025 : 1,5 M€ de titres en portefeuille. En 2026, il part à Dubaï avec sa compagne et leurs deux enfants, séduit par la fiscalité locale. Plus-value latente : 1,5 M€. Exit tax : environ 470 000 €. Pas d'UE/EEE → garantie requise de 192 000 €.
Problème : convention France-Émirats sans crédit d'impôt. Si cession post-départ, l'exit tax tombe pleinement. Recommandation de notre cabinet : céder avant le départ pour bénéficier du PFU 30 % (ou 31,4 % en 2026), puis partir librement. Économie de la garantie bancaire et du suivi pendant toute la période de surveillance (2 ou 5 ans selon patrimoine).
19.3 Sophie et Pierre, 60 ans, rentiers Portugal post-RNH
Sophie, médecin libérale, et Pierre, ancien cadre dirigeant, ont constitué ensemble un compte-titres de 3 M€ au fil de 30 ans de carrière. Plus-value latente : environ 1,2 M€. Exit tax : 377 000 €. Cap sur Lisbonne pour une retraite ensoleillée, loin des hivers de Normandie.
Portugal = UE → sursis automatique, pas de garantie. Patrimoine en titres 3 M€ ≥ 2,57 M€ → dégrèvement à 5 ans (régime confirmé LF 2026). Sophie et Pierre conservent leurs titres 5 ans sans céder → dégrèvement intégral. Résultat : exit tax évitée à 100 %. Simple et efficace — à condition de tenir la durée. Vigilance PLF 2027 : le débat parlementaire sur un retour à 15 ans peut reprendre à l'automne 2026.
19.4 Hélène, 45 ans, holding patrimoniale 150-0 B ter
Hélène, dirigeante d'un groupe industriel familial, a apporté sa société en 2024 à une holding soumise à l'IS (report 150-0 B ter). PV d'apport : 4 M€. En 2026, elle souhaite partir vivre en Italie avec sa holding, pour se rapprocher de ses enfants installés à Milan. Exit tax sur les titres de holding : PV latente post-apport réduite à 500 000 € → exit tax 157 000 €.
Italie = UE → sursis automatique. La holding conserve ses titres 3 ans → report 150-0 B ter devient définitif. Exit tax en sursis 5 ans (régime actuel). Stratégie sophistiquée mais très efficace, économie totale environ 1,3 M€ sur la structure initiale.
19.5 Thomas, 52 ans, retour France après 4 ans à Genève
Thomas, dirigeant d'un groupe de services, est parti en 2022 à Genève avec une exit tax de 2,1 M€ en sursis (patrimoine 7 M€). En 2026, l'expérience suisse l'a moins comblé qu'espéré : il décide de rentrer à Annecy pour raisons familiales (parents âgés, enfants scolarisés en France). Application art. 167 bis V : dégrèvement automatique et intégral de l'exit tax, sans formalité lourde.
Condition clé : Thomas n'a cédé aucun titre pendant ses 4 ans en Suisse. Redevient résident fiscal français, notifie par formulaire 2074-ETS, l'exit tax est effacée. Ce cas illustre la valeur du filet de sécurité de l'art. 167 bis V.
19.6 Julien, 58 ans, expatrié Lisbonne avec patrimoine 100 % immobilier
Julien, ancien cadre dirigeant, détient 3 appartements parisiens (valeur 2,1 M€), 2 SCPI françaises de rendement (valeur 800 000 €) et une résidence principale à Saint-Cloud (valeur 1,3 M€). Pas d'actions cotées, pas de parts de SAS non cotée, pas de compte-titres. Il part en 2026 au Portugal sous le régime IFICI (successeur du RNH post-31/12/2023).
PATRIMOINE JULIEN — QUEL MONTANT ASSUJETTI À L'EXIT TAX ?
Immobilier direct (3 appts Paris + RP) : HORS CHAMP (art. 167 bis I ne vise que les titres)
Parts SCPI françaises : HORS CHAMP (sociétés à prépondérance immobilière,
BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10-20)
Compte-titres, actions cotées : 0 € (aucune détention)
Parts de sociétés opérationnelles : 0 €
→ Valeur titres dans le champ 167 bis I : 0 €
→ Exit tax due : 0 €
Obligations déclaratives :
- Déclaration 2074-ETD : NON (seuil non atteint)
- Déclaration 2042-NR année du départ : OUI (revenus de source FR)
- IFI : OUI (biens immobiliers FR > 1,3 M€)L'exit tax ne concerne QUE les titres, jamais l'immobilier direct
19.7 Subtilité CEHR oui / CDHR non pour les non-résidents
Dirigeant non-résident avec exit tax + RFR élevé : quelle contribution s'ajoute ?
Deux contributions parallèles frappent les hauts revenus, mais elles ne s'appliquent pas de la même manière aux non-résidents exit-taxés :
- CEHR (art. 223 sexies CGI) : applicable, mais sur le RFR de source française imposé en France uniquement. La plus-value exit-taxée est intégrée au RFR français de l'année du transfert. Barème 3 % / 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 €. Mécanisme de lissage art. 223 sexies III applicable si revenus exceptionnels.
- CDHR (art. 224 CGI) : non applicable aux non-résidents— le texte vise exclusivement les « contribuables domiciliés fiscalement en France ». Le RFR mondial n'est pas pertinent pour un NR. Angle souvent ignoré par les concurrents qui surestiment la pression fiscale.
Pour Marc (§19.1), l'absence de CDHR représente une économie d'environ 1 M€ par rapport à un dirigeant résident France avec le même profil. Cet avantage, purement juridique, milite pour ne pas temporiser au-delà du strict nécessaire.
Chaque situation est unique
Formulaires déclaratifs différenciés
La déclaration de l'exit tax ne se résume pas à un formulaire unique. Cinq formulaires coexistent, chacun couvrant une situation précise. Mal choisir, c'est risquer la déchéance du sursis.
| Formulaire | CERFA | Usage | Fréquence |
|---|---|---|---|
| 2074-ETD | 51602 | Déclaration initiale année du transfert : PV latentes + créances complément de prix + PV en report | Une fois, année du départ |
| 2074-ETSL | 51960 | Suivi ALLÉGÉ : sursis automatique UE/EEE/Suisse. Uniquement en cas d'événement (cession, donation, décès, retour) | Ponctuel, sur événement |
| 2074-ETS1 | — | Suivi annuel OBLIGATOIRE pour sursis sur demande hors UE/EEE (avec garantie) | Annuel, chaque année du sursis |
| 2074-ETS2 | 51961 | Suivi des plus-values en report d'imposition (art. 150-0 B, 150-0 B bis, 150-0 B ter) | Annuel si PV en report |
| 2074-ETS3 | — | Événements affectant les créances de complément de prix (earn-out) | Sur événement |
Sursis sur option hors UE/EEE : demande 90 jours avant départ
20 bis. Procédure déclarative pas-à-pas
Les stratégies, c'est une chose. L'administration, c'en est une autre. Une fois votre sursis acquis, tout se joue sur le respect rigoureux du calendrier déclaratif. Un oubli, et l'édifice entier s'écroule.
20.1 Formulaire 2074-ETD à l'année du départ
Le formulaire 2074-ETD est le document fondateur. Il se dépose avec votre déclaration de revenus n-1 (l'année du départ), dans les délais classiques (mai-juin). Il récapitule la liste de vos titres, leur valeur vénale au jour du départ, leur prix d'acquisition, la plus-value latente ligne par ligne et le calcul de l'exit tax.
20.2 Formulaire 2074-ETS : suivi annuel
Chaque année suivante, pendant toute la durée du sursis (2 ou 5 ans), vous déposez un formulaire 2074-ETS. Ce formulaire confirme le maintien des conditions : pas de cession, pas de donation non sincère, pas de rachat. Il signale également tout événement de remise en cause intervenu dans l'année.
20.3 Adresse SIPNR Noisy-le-Grand
Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR) 10 rue du Centre TSA 10010 93465 Noisy-le-Grand Cedex Tél. : +33 (0)1 72 95 20 42 Email : sip.nonresidents@dgfip.finances.gouv.fr → Déclarations 2074-ETD et 2074-ETS → Demandes de sursis et constitution de garanties → Suivi des dossiers d'exit tax
20.4 Sanctions art. 1763 A (5 % d'amende)
Le non-respect des obligations déclaratives est sanctionné. Défaut de dépôt du 2074-ETD : amende de 5 % du montant de l'exit tax non déclarée (art. 1763 A CGI). Défaut de dépôt du 2074-ETS annuel : exigibilité immédiate de l'exit tax en sursis. Les pénalités peuvent également s'ajouter (intérêts de retard, majoration 40 % en cas de manquement délibéré).
Le piège classique : oublier le 2074-ETS
20.5 Défaillance déclarative : exigibilité de l'exit tax
Au-delà de la sanction pécuniaire de l'art. 1763 A, l'administration peut prononcer l'exigibilité anticipée de l'impôt en sursis en cas de défaillance déclarative caractérisée (art. 167 bis, VIII du CGI + doctrine BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10-60 §150). Il n'existe pas de règle automatique « 3 omissions = déchéance » : l'administration apprécie au cas par cas le caractère répété et significatif du manquement.
Conséquence en cas d'exigibilité : vous recevez un avis d'imposition supplémentaire réclamant la totalité de l'exit tax, majorée des intérêts de retard (0,20 % par mois, soit 2,4 %/an) et, si l'administration démontre le caractère délibéré, d'une majoration de 40 % ou 80 % (art. 1729 CGI). Sur une exit tax de 314 000 €, le rattrapage peut dépasser 450 000 € une fois toutes les sanctions cumulées. D'où l'importance d'un suivi annuel rigoureux, même sur les petites lignes de portefeuille.
Notre protocole cabinet : suivi 2074-ETS automatisé
Déjà expatrié sous sursis : une omission 2074-ETS peut déclencher l'exigibilité
Calendrier J-60/J-30, pré-remplissage du 2074-ETS, veille conventionnelle, alerte PLF : un CGP prend en charge le suivi annuel sur la durée du sursis.
10 erreurs à éviter
Des années de dossiers expatriation nous ont permis d'identifier les dix erreurs qui reviennent le plus souvent. Les connaître, c'est économiser parfois des centaines de milliers d'euros.
| # | Erreur | Conséquence | Solution |
|---|---|---|---|
| 1 | Oublier le formulaire 2074-ETSL annuel ou l'ETS1 pour sursis hors UE | Exigibilité immédiate + amende 5 % (art. 1763 A) | Calendrier fiscal partagé, rappels J-60/J-30/J-7 |
| 2 | Confondre SCI IR (hors champ) et SCI IS (dans champ exit tax) | Non-déclaration ou déclaration erronée | Audit de l'option fiscale SCI 12 mois avant départ |
| 3 | Signer promesse de vente avant donation pré-départ | Abus de droit L.64 A : rétrocession convenue | Décaler donation 12-18 mois avant toute LOI d'acquéreur |
| 4 | Partir à Dubaï sans anticiper l'absence de crédit d'impôt français | Exit tax pleine + pas d'imputation locale = double impôt de fait | Céder pré-départ ou choisir destination avec convention symétrique |
| 5 | Oublier que les BSPCE exercés entrent dans le champ | Déclaration incomplète = sanctions | Audit ligne par ligne AGA/BSPCE/stock-options 6 mois avant |
| 6 | Croire que les crypto-actifs sont soumis à l'exit tax | Surpaiement inutile | Vérifier art. 150 VH bis — cession post-départ possible |
| 7 | Sous-évaluer les titres non cotés au jour du départ | Redressement + pénalités 40-80 % sur sous-évaluation | Rapport d'évaluation indépendant (DCF + multiples + ANR) |
| 8 | Ne pas documenter la date effective de transfert de domicile | Contestation par l'administration, perte du régime applicable | Dossier complet : bail étranger, scolarisation, radiation caisses |
| 9 | Céder pendant le sursis sans anticiper l'exigibilité immédiate (2 mois) | Pénalités de retard + majorations | Simulation trésorerie pré-cession, provision exit tax |
| 10 | Ignorer la CDHR (LF 2025) applicable à l'année du départ | Supplément 20 % minimum RFR non anticipé | Modélisation RFR année du départ dès le Q3 |
Concrètement, ces 10 erreurs coûtent en moyenne 150 000 à 300 000 € chacune. Exemples vécus : un quasi-usufruit sans convention notariée (erreur 7) rend l'évaluation contestable et fait perdre 200 k€ de PV ; un BSPCE oublié dans la 2074-ETD (erreur 5) déclenche pénalités 40 % ; une cession à Dubaï sans cession pré-départ (erreur 4) fait payer une exit tax pleine sans crédit d'impôt (potentiel 800 k€). 90 % de ces erreurs s'évitent en deux jours d'audit pré-départ.
Erreur bonus : ne pas activer de Ruyter (C-623/13)
Chacune des 10 erreurs courantes coûte en moyenne 150 à 300 k€
BSPCE oublié, quasi-usufruit sans convention, cession à Dubaï sans pré-départ, De Ruyter non activé : un audit pré-départ en quelques jours évite des pertes chiffrées en centaines de milliers.
Art. 4 B CGI : prouver le changement de résidence
L'exit tax se déclenche par le transfert du domicile fiscal. Or, ce transfert n'a rien à voir avec une durée de séjour. Démontons tout de suite un mythe tenace : la règle des « 183 jours hors de France » n'existe pasen droit français. C'est un critère conventionnel OCDE sur les salaires, pas un critère interne.
L'article 4 B du CGI retient 4 critères alternatifs (un seul suffit pour être considéré comme résident français) :
- Foyer : lieu où la famille habite (conjoint, enfants scolarisés) — critère dominant (CE 3 novembre 1995 n° 126513 Larcher).
- Lieu de séjour principal : généralement > 183 jours, mais appréciation globale (CE 17 mars 2010 n° 299770).
- Activité professionnelle principale : si exercée en France à titre principal (non accessoire).
- Centre des intérêts économiques : sources de revenus, patrimoine.
Piège classique — le dirigeant qui croit s'être expatrié
22.1 Le dossier de preuves à constituer (checklist contrôle fiscal)
En cas de contrôle sur pièces (fréquent 2-3 ans après le départ), l'administration peut remettre en cause la date de perte de résidence. D'où l'importance de constituer dès le départ un dossier solide :
- Bail ou acte d'achat dans le pays d'accueil + factures utilities (eau, électricité, internet) sur 12 mois
- Inscription consulaire + radiation électorale France
- Scolarité des enfants dans le pays d'accueil (certificats de scolarité)
- Relevés bancaires montrant la vie quotidienne délocalisée (cartes, virements)
- Adhésion assurance santé locale + désinscription sécurité sociale France (ou affiliation CFE si statut impatrié)
- Contrat de travail ou K-bis local
- Carte de résident / visa / permis de séjour
- Changement d'adresse sur impots.gouv.fr (daté)
Conseil du CGP — la date juridique du départ
Matrice des 10 pays d'accueil
« Je veux partir, mais où ? » C'est la question la plus difficile de toute expatriation patrimoniale. Chaque pays a ses règles fiscales, ses régimes spéciaux pour impatriés, et ses pièges. Voici la cartographie que nous utilisons en cabinet pour orienter nos clients HNWI.
| Pays | Régime fiscal clé | PV mobilières | Sursis exit tax FR | Piège principal | Profil cible |
|---|---|---|---|---|---|
| Portugal | IFICI (loi 82/2023, depuis 2024, remplace le RNH fermé au 01/01/2024 — dépôt de candidature résiduelle jusqu'au 31/12/2024 pour devenus résidents en 2024) | 28 % (sauf convention AV) | Automatique UE | RNH fermé aux nouveaux — IFICI restrictif (chercheurs, R&D) | Entrepreneur tech, chercheur |
| Espagne | Beckham Law (Ley 28/2022) | 19-28 % | Automatique UE | IFI Catalogne/Valence 3,5 % (vs 0 % Madrid) | Cadre salarié expatrié 6 ans |
| Italie | Forfait art. 24 bis TUIR (200 k€/an) | Exonération sur PV étrangères | Automatique UE | +25 k€/membre famille, max 15 ans | HNWI revenus mondiaux > 650 k€ |
| Suisse | Forfait fiscal (Aufwandbesteuerung) | 0 % PV privées (Privatvermögen, détention > 6 mois) | Quasi-automatique post-Wächtler (ALCP) | Cantons refusant forfait : ZH, BS, BL, AR, SH | Dirigeant en cession, héritier HNWI |
| Monaco | 0 % IR | 0 % | Sur garantie | Piège art. 7-1 convention 1963 : Français restent imposés en FR | Italien, Belge, Allemand (pas Français) |
| UAE (Dubaï / Abu Dhabi) | 0 % IR PP | 0 % | Sur garantie (pays tiers) | Convention sans crédit symétrique — double imposition théorique possible | Fondateur tech, trader crypto |
| Luxembourg | Régime commun + régime impatriés qualifiés | 0 % PV privées (> 6 mois détention ET < 10 % participation) | Automatique UE | Retraite LU plafonnée | Cadre financier, holding animatrice |
| Royaume-Uni | FIG regime (Finance Act 2025, 4 ans, remplace non-dom) | 20 % (28 % immobilier) ; FIG = 0 % PV étrangères 4 ans | Sur garantie (Brexit 01/01/2021) | Statutory Residence Test + IHT 40 % > £325k si domicilié UK | Fondateur scale-up 4 ans max |
| Andorre | IRPF max 10 % | 0 % < 25 % participation / 10 % au-delà | Sur garantie (hors UE) | Offre bancaire limitée, marché étroit | Trader indépendant, créateur digital |
| Belgique | Régime commun + nouvelle exit tax belge 2026 | 30 % PV participations substantielles (Loi 2026, 01/01/2026) | Automatique UE | Nouveauté 2026 : taxe locale 10 % à la sortie + 30 % PV | Déconseillé HNWI en cession |
Concrètement, la meilleure destination dépend de votre profil :
- Dirigeant en cession 8-20 M€ → Suisse (Vaud, Valais, Genève) avec forfait > 400 k€ — PV mobilières 0 %
- BSPCE 3-5 M€ tech → Dubaï (0 % + sursis avec garantie)
- Retraité 2-5 M€ dividendes > 650 k€/an → Italie forfait 200 k€ (15 ans)
- Scale-up founder 4 ans horizon → UK FIG regime (0 % PV étrangères 4 ans)
- Héritier / rentier HNWI → Suisse forfait ou Luxembourg (0 % PV mobilières)
- Entrepreneur serial R&D → Portugal IFICI (si activité recherche éligible)
- Retraité 500-1,5 M€ patrimoine → Portugal barème standard (IFICI non éligible retraite)
Conseil du CGP — la règle d'or du choix de pays
Timeline T-18 mois d'anticipation
Une expatriation patrimoniale réussie ne s'improvise pas. Les clients qui partent en 3 mois paient en moyenne 15 à 30 % de fiscalité de plus que ceux qui anticipent sur 18 mois. Voici la chronologie que nous pilotons en cabinet :
| Horizon | Actions patrimoniales | Actions juridiques | Actions fiscales |
|---|---|---|---|
| T-18 mois | Bilan patrimonial complet, cartographie titres ligne par ligne, valorisation titres non cotés (3 méthodes : DCF, multiples, ANR) | Choix équipe : avocat fiscaliste + notaire + expert-comptable international + CGP | Simulation exit tax sur 3 scénarios (départ UE / UE+forfait / hors UE) |
| T-15 mois | Audit pacte d'associés (clauses sortie, pré-emption, bad leaver) | Négociation pacte si nécessaire, waiver sortie forcée | Scénarisation donation NP vs cession pré-départ |
| T-12 mois | Restructuration holding (apport-cession 150-0 B ter, report) | Signature engagement collectif Dutreil (2 ans min) | Donation NP aux enfants (barème 669 + abattement 100 k€/enfant) |
| T-9 mois | Rapatriement titres dans holding UE (si pertinent) | Signature Pacte Dutreil complémentaire (engagement individuel 4 ans) | Simulation finale exit tax vs donation |
| T-6 mois | Ouverture comptes pays d'accueil, convention broker non-résident | Résolution AG approuvant restructuration | Préparation dossier 2074-ETD |
| T-3 mois | Audit comptes bancaires France (bascule non-résident), AV française : compatibilité pays | Mandat représentant fiscal si nécessaire | Choix jour de départ optimal (1er janvier idéal) |
| T-1 mois | Clôture PEA optionnelle si > 5 ans (neutralisation IR) | Procuration notaire pour actes post-départ | Préparation formulaire 2042 départ |
| Jour J | Constitution dossier preuves (bail, factures, billets) | Signature dernière procédure France | Changement adresse impots.gouv.fr |
| J+30 j | Ouverture assurances pays d'accueil | Inscription consulat France du pays d'accueil | Notification banques France |
| Mai-juin N+1 | — | — | Dépôt 2042 + 2074-ETD (année du départ) |
| Mai-juin N+2 | — | — | Dépôt 2042-NR + 2074-ETS1 |
| Chaque année N+2, N+3... | — | — | 2074-ETS obligatoire (sanction art. 1763 A : 5 % défaillance déclarative) |
Conseil du CGP — la règle du 1er janvier
Art. 244 bis B CGI — à anticiper avant de céder post-départ
FAQ
Retrouvez ci-dessous nos 23 questions les plus fréquentes sur l'exit tax 2026. Si votre question n'y figure pas, contactez notre cabinet — un conseiller spécialisé vous répondra sous 48 heures.
Sources et disclaimer
Sources officielles — textes
- Article 167 bis du Code général des impôts — Légifrance LEGIARTI000048806379
- Article 150-0 A CGI — PV mobilières (champ de l'exit tax)
- Article 150 VH bis CGI — régime autonome crypto-actifs (hors exit tax)
- Article 150-0 B ter CGI — report apport-cession
- Article 244 bis B CGI — PV cessions importantes participations non-résidents
- Article 1763 A CGI — sanctions déclaratives
- Article L.64 et L.64 A LPF — abus de droit fiscal
- Article 155 B CGI — régime impatriés
- Article 964 CGI — fenêtre IFI 5 ans
- Article 223 sexies CGI — CEHR
- BOI-RPPM-PVBMI-50-10 à -50 — doctrine BOFiP complète exit tax
- Loi de finances 2019 — réforme dégrèvement à 2/5 ans
- LF 2025, loi n° 2025-127 du 14 février 2025 — instauration CDHR
- LFSS pour 2026 — CSG portée de 9,2 à 10,6 % sur les revenus du capital visés à l'art. L.136-7 CSS (PS total 18,6 % sur PV mobilières, dividendes, intérêts ; maintien 17,2 % sur revenus fonciers, PV immobilières, assurance-vie)
- LF pour 2026 — 49.3 Lecornu (23/01/2026), amendement Tanguy I-807 écarté du texte final
- Amendement Tanguy I-807 PLF 2026 — adopté AN 03/11/2025 en 1re lecture, écarté du texte final
Sources officielles — jurisprudence
- CJUE, aff. C-9/02, Lasteyrie du Saillant, 11/03/2004 — liberté d'établissement
- CJUE, aff. C-470/04, N c. Inspecteur, 07/09/2006 — prise en compte des moins-values post-départ
- CJUE, aff. C-371/10, National Grid Indus (Gde ch.), 29/11/2011 — exit tax personnes morales, option paiement différé
- CJUE, aff. C-269/09, Commission c. Espagne (Gde ch.), 12/07/2012 — extension exit tax européenne
- CJUE, aff. C-623/13, de Ruyter, 26/02/2015 — unicité législation sociale UE/EEE/CH
- CJUE, aff. C-581/17, Wächtler, 26/02/2019 — sursis Suisse via ALCP
- Conseil d'État, Ass., 27/07/2015 n° 334551 — transposition de Ruyter en droit interne
- Conseil d'État, 29/04/2013 n° 357575 — exit tax Suisse pré-Wächtler
- Conseil d'État, 9e-10e ch., 05/02/2025 n° 476399 — rétroactivité exit tax 2011 (date pivot 11/05/2011)
- Conseil d'État, 26/01/2021 n° 429381 — portée de l'assistance au recouvrement FR-CH
Conventions fiscales
- Convention fiscale France-Suisse de 1966 modifiée — avenant 2014 (clause anti-abus 5 ans)
- Accord de libre circulation des personnes (ALCP) France-Suisse 2002
- Convention fiscale France-Royaume-Uni 2008 modifiée
- Convention fiscale France-États-Unis 1994 modifiée
- Convention fiscale France-Émirats arabes unis 1989
- Modèle OCDE de convention fiscale (art. 13 PV)
- Règlement (CE) 883/2004 — coordination sécurité sociale (fondement de Ruyter)
- Directive (UE) 2016/1164 ATAD — anti-évasion fiscale (exit tax personnes morales)
Avertissement
Ce guide est à jour au 23 avril 2026. Les informations présentées sont d'ordre général et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. La fiscalité de l'exit tax dépend de votre situation individuelle, de la convention fiscale applicable, de la nature de vos titres et de votre pays de destination.
Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. L'amendement Tanguy I-807 du PLF 2026 (retour à 15 ans) a été écarté du texte final adopté par 49.3 le 23/01/2026. Le régime 2/5 ans de l'article 167 bis CGI est donc maintenu pour tous les départs 2026. Une veille sera assurée sur le PLF 2027 (discussion automne 2026).
Avant tout départ de France, un audit patrimonial complet est indispensable. Contactez notre cabinet pour une consultation personnalisée. Hagnéré Patrimoine — CIF, COA, COBSP, Carte T — cabinet basé à Chambéry (30 min de Genève), spécialiste frontaliers Suisse et expatriation patrimoniale.
Article rédigé par Quentin Hagnéré, Conseiller en Gestion de Patrimoine certifié CIF/COA/COBSP / Carte T. Dernière mise à jour : 23 avril 2026. Mots environ : 12 300. 26 sections, 22 FAQ, jurisprudence CJUE + CE à jour (audit Pass 2).

