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Guide expert exit tax 20261 hMis à jour 24 juillet 2026Cas chiffrés

Exit tax 2026 : comment ça marche avant de quitter la France

Vous êtes dirigeant en cession, fondateur de start-up ou rentier HNWI, et vous envisagez de quitter la France ? Avant de boucler vos cartons, l'exit tax (art. 167 bis CGI) peut vous coûter jusqu'à 35,4 % de vos plus-values latentes. Ce guide décrypte les seuils (800 000 € ou 50 %), le taux 31,4 %, le sursis automatique selon la liste DGFiP applicable à la date du transfert, le dégrèvement 2/5 ans, la jurisprudence, le comparatif international et 6 stratégies de départ sécurisé.

STRATÉGIE EXIT TAX

Anticiper l'exit tax et activer le combo donation + sursis UE

Seuils × sursis × dégrèvement × jurisprudence Wächtler × CDHR × donation pré-départ : un audit CGP en architecture ouverte chiffre votre stratégie expatriation et coordonne notaire/SIPNR.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Combo donation + sursis
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Audit exit tax 360°
  • Plan d'action écrit

SEUIL TITRES

800 k€

OU PARTICIPATION

50 %

TAUX 2026

31,4 %

DÉGRÈV. PETITS

2 ans

DÉGRÈV. ≥ 2,57 M€

5 ans

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

§ 1PIVOT·5 MIN

L'essentiel en 60 secondes

Mis à jour le 24 juillet 2026 · Droit en vigueur : art. 167 bis CGI, dernière notice DGFiP 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025, LF 2026, LFSS 2026 et jurisprudence. Guide rédigé par Quentin Hagnéré (fondateur ; cabinet CIF · COA · COBSP).

Vous avez passé vingt ans à construire votre entreprise, ou patiemment bâti un portefeuille conséquent. Aujourd'hui, Genève, Lisbonne ou Dubaï vous font de l'œil — qualité de vie, fiscalité plus douce, nouveau projet. Mais une question vous empêche de dormir : cette « exit tax » dont tout le monde parle, à combien va-t-elle se chiffrer ? Et Bercy va-t-il vraiment vous poursuivre pendant 10 ans ?

Bonne nouvelle d'emblée : dans la grande majorité des cas, les expatriés ne paient jamais l'exit tax. Le sursis fonctionne, le dégrèvement tombe au bout de 2 ou 5 ans, et un retour en France efface tout. Voici les 10 règles clés à connaître avant de signer votre bail à l'étranger.

À retenir d'emblée — la destination ne suffit pas

Le sursis de paiement peut être automatique ou accordé sur demande. Le critère n'est pas simplement « UE/EEE » contre « hors UE » : il faut vérifier la liste officielle applicable au jour du transfert. La dernière notice DGFiP 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025, inclut notamment le Royaume-Uni, les États-Unis et le Maroc parmi les destinations ouvrant le sursis automatique, mais pas la Suisse. Le sursis reste soumis aux obligations déclaratives et peut prendre fin lors d'un événement prévu par l'article 167 bis du CGI.

En 60 secondes — ce que ce guide vous apporte

  • Pour qui ? Dirigeants SAS, cadres avec stock-options, HNWI envisageant un départ vers Genève, Lisbonne, Dubaï ou Bruxelles.
  • Seuils déclencheurs : titres > 800 000 € OU ≥ 50 % de droits sociaux, après 6 ans de résidence fiscale française sur 10.
  • Taux brut : 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS via LFSS 2026) + CEHR 3-4 % au-delà de 250 000 € de RFR.
  • Sursis automatique : États de l'UE et autres États ou territoires figurant dans la liste DGFiP applicable. Royaume-Uni, États-Unis et Maroc figurent dans cette dernière notice publiée pour les transferts intervenus en 2025 ; la Suisse ne l'est pas.
  • Dégrèvement 2 ou 5 ans selon patrimoine ≶ 2,57 M€ — l'amendement Tanguy I-807 (15 ans) a été écarté par la LF 2026.
  • Hors champ : assurance-vie, PEA, immobilier direct, SCPI, crypto-actifs (art. 150 VH bis).
  • 6 stratégies à auditer : donation avant départ, choix de destination, apport-cession, AVL Lux, Pacte Dutreil, crédit-vendeur.
  • Temps de lecture : 35 min pour cartographier votre exposition et choisir la destination.
Tableau comparatif : Règle — Valeur 2026 — Commentaire — Premier cas : Fondement légal
RègleValeur 2026Commentaire
Fondement légalArt. 167 bis CGIDoctrine BOI-RPPM-PVBMI-50
Seuil valeur800 000 €Valeur vénale des titres au jour du départ
Seuil détention≥ 50 %Droits sociaux (bénéfices ou votes)
Condition résidence6 ans sur 10Années précédant le transfert
Taux global31,4 %12,8 % IR + 18,6 % PS (LFSS 2026)
CEHR3 % à 4 %RFR > 250 000 € / 500 000 €
Sursis de paiementSelon pays et situationListe de la notice 2074-ETD à vérifier à la date du transfert
Dégrèvement 20262 ou 5 ansSelon patrimoine ≶ 2,57 M€ (seuil LF 2019)
Amendement Tanguy I-807ÉcartéLF 2026 du 19/02/2026 — 49.3 Lecornu
Jurisprudence clé 2025CE 4763995 fév. 2025 — rétroactivité 11/05/2011

Concrètement, dès que votre portefeuille de titres dépasse 800 000 € et que vous quittez la France, vous déclenchez l'exit tax. Le bon réflexe ? Anticiper 12 à 24 mois avant le départ pour structurer la détention, purger les plus-values via donation ou choisir la destination optimale.

Mini-glossaire des sigles utilisés dans ce guide

Pour vous y retrouver sans vous arrêter à chaque acronyme, voici les 20 sigles fiscaux qui reviennent le plus dans ce guide. Ils sont définis à leur première apparition, mais on les regroupe ici pour vérification rapide.

  • PFU — Prélèvement Forfaitaire Unique (« flat tax ») : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS = 31,4 % depuis 2026 sur les revenus du capital visés à l'art. L.136-7 CSS (dividendes, intérêts, PV mobilières, exit tax) ; 30 % (PS à 17,2 %) maintenu sur l'assurance-vie
  • PS — Prélèvements Sociaux : CSG (9,2 % ou 10,6 % selon la nature du revenu) + CRDS (0,5 %) + prélèvement de solidarité (7,5 %). Total : 17,2 % (revenus fonciers, PV immobilières, assurance-vie, PEL ouverts avant 2018) ou 18,6 % (PV mobilières, dividendes, PV titres et exit tax depuis LFSS 2026)
  • CEHR — Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (art. 223 sexies CGI, 3 % ou 4 %)
  • CDHR — Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (art. 224 CGI, taux minimum 20 % du RFR) — non applicable aux non-résidents
  • RFR — Revenu Fiscal de Référence (ligne d'agrégat en bas de l'avis d'impôt)
  • CGI / LPF — Code Général des Impôts / Livre des Procédures Fiscales
  • LF / LFSS — Loi de Finances / Loi de Financement de la Sécurité Sociale
  • CE / CJUE — Conseil d'État / Cour de Justice de l'Union Européenne
  • UE / EEE — Union Européenne (27 États) / Espace Économique Européen (UE + Islande, Liechtenstein, Norvège)
  • ALCP — Accord sur la Libre Circulation des Personnes (FR-Suisse, 21/06/1999)
  • OCDE / BEPS — Organisation de Coopération et de Développement Économiques / Base Érosion and Profit Shifting (plan anti-évasion)
  • SIPNR — Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (10 rue du Centre, Noisy-le-Grand)
  • CMP — Commission Mixte Paritaire (procédure AN + Sénat)
  • AGA / BSPCE — Actions Gratuites Attribuées / Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise
  • OPCVM / SICAV / FCP — Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières / Société d'Investissement à Capital Variable / Fonds Commun de Placement
  • FCPI / FIP / FCPR / FPCI — Fonds Commun de Placement dans l'Innovation / Fonds d'Investissement de Proximité / Fonds Commun de Placement à Risques / Fonds Professionnel de Capital Investissement
  • NR / HNWI — Non-Résident fiscal / High Net Worth Individual (patrimoine > 1 M€)
  • TMI — Tranche Marginale d'Imposition
  • DCF — Discounted Cash Flow (méthode de valorisation par flux futurs actualisés)
  • CADF — Comité de l'Abus de Droit Fiscal

Mise à jour LF 2026 : régime 2/5 ans maintenu

L'amendement Tanguy I-807 adopté à l'Assemblée nationale le 03/11/2025 prévoyait un retour à 15 ans du délai de dégrèvement. Mais après échec de la CMP (19/12/2025), adoption de la loi spéciale n° 2025-1316 du 26/12/2025, 49.3 engagé par le gouvernement Lecornu le 23/01/2026, rejet des motions de censure le 27/01/2026 et validation du Conseil constitutionnel, la LF 2026 a été promulguée en février 2026 sans l'amendement Tanguy. Le régime 2/5 ans de l'article 167 bis CGI est donc maintenu pour tous les départs 2026.

Références légales mobilisées dans ce guide

  • Exit tax — art. 167 bis CGI ; BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10 à -50 ; LF 2019 art. 112 (bascule 2/5 ans) ; LF 2026 (amendement Tanguy I-807 écarté).
  • Résidence fiscale — art. 4 B CGI (foyer, séjour, activité, intérêts économiques).
  • Assiette et champ — art. 150-0 A CGI (PV mobilières) ; art. 150-0 B ter CGI (apport-cession) ; art. 150 VH bis CGI (crypto-actifs, hors champ) ; art. 163 bis G CGI (BSPCE).
  • Non-résidents et cession — art. 244 bis B CGI (prélèvement lorsque les droits ont dépassé 25 % des bénéfices sociaux au cours des cinq années précédentes ; 75 % en ETNC).
  • Contributions — art. 223 sexies CGI (CEHR) ; LF 2025 loi n° 2025-127 (CDHR) ; LFSS 2026 (CSG 10,6 % sur revenus du capital art. L.136-7 CSS, PS 18,6 % sur PV mobilières).
  • Régimes connexes — art. 155 B CGI (impatriés) ; art. 964 CGI (IFI fenêtre 5 ans).
  • Abus de droit — art. L.64 et L.64 A LPF ; CADF (Comité de l'abus de droit fiscal).
  • Déclaratif et sanctions — formulaires 2074-ETD, ETSL, ETS1, ETS2, ETS3 ; art. 167 bis, IX-4 CGI (le défaut de production de la déclaration ou l'omission de renseignements entraîne l'exigibilité immédiate de l'impôt en sursis) ; art. 1728 CGI (majoration pour défaut ou retard de déclaration) ; art. 1730 CGI (majoration de 10 % pour paiement tardif) ; art. 1727 CGI (intérêts de retard 0,20 %/mois).
  • Jurisprudence — CJUE Lasteyrie C-9/02 ; N C-470/04 ; National Grid Indus C-371/10 ; Commission c. Espagne C-269/09 ; de Ruyter C-623/13 ; Wächtler C-581/17 ; CE Ass. 27/07/2015 n° 334551 ; CE 29/04/2013 n° 357575 ; CE 5/02/2025 n° 476399.
Hagnéré Patrimoine

Seuils 800 k€ ou 50 % de participation : êtes-vous concerné ?

Actionnaire majoritaire, dirigeant de PME, apport-cession en cours : la ligne rouge exit tax dépend autant de votre participation que de la valeur des titres. On mesure l'exposition avant tout projet.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 2DÉFINITION·5 MIN

Qu'est-ce que l'exit tax ?

2.1 Origine et logique de la mesure

L'exit tax française a été instaurée en 2011 puis profondément refondue par la loi de finances 2019. L'idée de départ est simple et plutôt légitime : lutter contre l'évasion fiscale des grandes fortunes qui partaient en Belgique ou en Suisse 6 mois avant une cession pour éviter l'impôt français sur la plus-value.

Le principe est celui de la territorialité différée. L'État français considère que la plus-value latente s'est accumulée pendant que vous étiez résident fiscal français. Donc au moment où vous quittez le territoire, cette plus-value devient cristallisable, même sans cession effective.

2.2 Pourquoi l'État impose une plus-value latente ?

C'est la question qui revient le plus souvent en rendez-vous. Vous n'avez rien vendu, vous n'avez donc pas encaissé de cash : comment l'État peut-il vous taxer ? Petit rappel de vocabulaire : on appelle « plus-value latente » la hausse de valeur de vos titres qui n'est pas encore réalisée — c'est du gain sur le papier, pas du cash en poche. La réponse tient en un mot : territorialité.

Tant que vous êtes résident fiscal français, la France est compétente pour imposer votre patrimoine mondial. Le jour du départ, vous basculez sous la compétence d'un autre État. Sans exit tax, la France perdrait définitivement le droit d'imposer la plus-value accumulée sous son régime. Le mécanisme de sursis permet de repousser le paiement sans perdre le droit d'imposer.

Territorialité fiscale : le concept clé

La France applique le principe de l'obligation fiscale illimitée pour ses résidents (imposition du patrimoine mondial) et restreinte pour les non-résidents (imposition des seuls revenus de source française). L'exit tax comble la faille entre les deux régimes en figeant la plus-value latente au moment du basculement.

2.3 Distinction avec l'IR classique sur cession

Attention à ne pas confondre deux mécaniques très différentes. L'IR classique sur cession (art. 150-0 A CGI) s'applique quand vous vendez effectivement des titres : vous avez encaissé du cash, l'État prélève sa part. L'exit tax (art. 167 bis CGI) s'applique sans cession : c'est une taxation virtuelle, figée au jour du départ.

Concrètement, l'exit tax bénéficie d'un sursis de paiement qui n'existe pas pour l'IR classique. Vous ne payez pas immédiatement, sauf événement de remise en cause. Et surtout, si vous conservez vos titres pendant le délai de dégrèvement (2 ou 5 ans demain), l'exit tax tombe intégralement.

§ 3CONCERNÉ·4 MIN

Êtes-vous concerné ?

Avant de paniquer, vérifiez si vous êtes réellement dans le champ de l'exit tax. Quatre conditions doivent être réunies simultanément. Si une seule manque, vous êtes hors champ. Cas particulier : les impatriés au sens de l'art. 155 B installés en France depuis moins de 6 ans échappent intégralement à l'exit tax — voir aussi notre guide fiscalité des non-résidents.

3.1 Condition 1 : transfert du domicile fiscal hors France

Vous devez effectivement transférer votre domicile fiscal hors de France, au sens de l'art. 4 B du CGI. Le domicile fiscal se détermine par le foyer (centre des intérêts familiaux), le lieu du séjour principal, l'activité professionnelle principale, ou le centre des intérêts économiques. Un simple déménagement administratif ne suffit pas.

3.2 Condition 2 : résidence française ≥ 6 ans sur 10

Vous devez avoir été résident fiscal français pendant au moins 6 années sur les 10 années précédant votre transfert de domicile. Cette règle protège les cadres internationaux en mission courte et les impatriés de fraîche date. Elle se compte année par année sur la période glissante.

3.3 Condition 3 : seuils 800 000 € OU ≥ 50 %

Deux seuils alternatifs — il suffit d'en franchir un pour basculer dans le champ. Le premier est un seuil de valeur : 800 000 € de valeurs mobilières et droits sociaux au jour du départ. Le second est un seuil de contrôle : 50 % ou plus des droits sociaux d'une même société (bénéfices ou droits de vote).

Tableau comparatif : Seuil — Déclencheur — Cas typique — Premier cas : Valeur
SeuilDéclencheurCas typique
Valeur> 800 000 €Compte-titres diversifié, portefeuille HNWI
Contrôle≥ 50 % droits sociauxDirigeant majoritaire SARL/SAS
CumulLes deux possiblesDirigeant avec patrimoine financier

Concrètement, un cadre avec 900 000 € de compte-titres est concerné, même s'il n'a jamais détenu 1 % d'une société. À l'inverse, un dirigeant qui contrôle 80 % d'une SAS valant 500 000 € est concerné lui aussi, alors même qu'il n'atteint pas les 800 000 €. Les deux portes d'entrée sont indépendantes.

3.4 Condition 4 : titres dans le champ

Sont concernés les valeurs mobilières et droits sociaux : compte-titres ordinaires (actions, obligations, OPC), parts sociales (SARL, SAS, SCI à l'IS), BSPCE exercés, actions gratuites acquises définitivement, stock-options exercées.

3.5 Ce qui est EXCLU du champ

Inclus dans l'exit tax

Compte-titres (actions, obligations, OPC), parts sociales (SARL, SAS), BSPCE exercés, AGA, stock-options exercées, titres de holdings patrimoniales.

Exclus de l'exit tax

PEA (régime spécifique), assurance-vie, contrats de capitalisation, immobilier direct, parts de SCPI (art. 150 UB), résidence principale, FCPE/PEE bloqués.

Bonne nouvelle pour les investisseurs immobiliers

Si votre patrimoine est principalement composé d'immobilier direct et de SCPI, vous échappez largement à l'exit tax. Seule la composante titres (comptes-titres, actions non cotées, parts de holdings) est concernée. Un rentier immobilier peut donc quitter la France sans déclencher la moindre exit tax.

3.6 Cas sensible : parts de SCI à l'IR vs SCI à l'IS

La distinction est capitale et souvent mal comprise. Les parts de sociétés à prépondérance immobilière relèvent de deux régimes radicalement différents selon leur option fiscale :

SCI à l'IR (transparence) — HORS exit tax

Les parts relèvent du régime des plus-values immobilières (art. 150 U et s. CGI). Elles sont explicitement exclues de l'art. 167 bis. Une SCI familiale classique, une SCI de location nue, une SCI Pinel : aucune exit tax au départ.

SCI à l'IS — DANS le champ de l'exit tax

L'option IS bascule les parts dans le régime des plus-values mobilières (art. 150-0 A CGI). Conséquence : l'exit tax s'applique à hauteur de la plus-value latente, au taux de 31,4 %, exactement comme pour une SAS ou une SARL.

Arbitrage avant départ : désoptionner l'IS ?

Si votre SCI est à l'IS depuis moins de 5 ans, vous pouvez encore revenir à l'IR (art. 239 CGI) — attention à la taxation immédiate des plus-values latentes au niveau de la société. Si l'option IS est irrévocable (au-delà de 5 ans), la SCI reste dans le champ de l'exit tax. Cette bascule doit être chiffrée finement : parfois payer l'exit tax avec sursis coûte moins cher que de purger l'IS latent. Notre cabinet modélise les deux scénarios avant toute décision.
Hagnéré Patrimoine

SCI IS, BSPCE, AGA, apport-cession : les actifs dans et hors champ ne se devinent pas

Désoptionner une SCI IS, cristalliser des BSPCE, arbitrer entre holding patrimoniale et SCI IR : on trace la ligne précise entre ce qui est taxé et ce qui échappe à l'exit tax.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4CALCUL·5 MIN

Calcul de l'exit tax

En théorie, c'est basique : plus-value latente × 31,4 %. La PV (Plus-Value) latente, c'est la différence entre la valeur de vos titres au jour du départ et leur prix d'acquisition — sans cession effective. En pratique, les titres non cotés, les BSPCE en cours de détention, les apports 150-0 B ter, le double sursis transforment un calcul de cinq minutes en dossier d'expert. Voyons comment ne pas se noyer.

4.1 Plus-value latente = valeur départ − prix d'acquisition

PV latente = Valeur vénale au jour du départ − Prix d'acquisition

Pour titres cotés :
→ Cours de bourse à la date de transfert du domicile

Pour titres non cotés :
→ Évaluation par multiples sectoriels / DCF / actif net réévalué

Abattements durée de détention (titres acquis avant 2018, option barème) :
→ 50 % entre 2 et 8 ans de détention (art. 150-0 D 1 ter CGI)
→ 65 % au-delà de 8 ans (art. 150-0 D 1 ter CGI)
→ Abattement renforcé PME (art. 150-0 D 1 quater) : 50 % (1-4 ans), 65 % (4-8 ans), 85 % (> 8 ans)

Concrètement, pour un dirigeant qui a créé sa SAS en 2010 avec 10 000 € de capital, et dont la société vaut 5 M€ en 2026, la plus-value latente est de 4 990 000 €. Si les titres ont été acquis avant 2018 et que l'option barème est retenue, un abattement de 65 % peut s'appliquer sur la seule part IR (pas sur les PS).

4.2 Taux 31,4 % + CEHR éventuelle

Exit tax de base = PV latente × 31,4 %
  → 12,8 % d'impôt sur le revenu (PFU)
  → 18,6 % de prélèvements sociaux (LFSS 2026)

CEHR additionnelle (si RFR > 250 000 € célibataire / 500 000 € couple) :
  → 3 % entre 250 000 et 500 000 € (célib.)
  → 4 % au-delà de 500 000 € (célib.)

Taux marginal maximal : 35,4 %

Concrètement, sur une plus-value latente de 5 M€ pour un dirigeant célibataire partant au Luxembourg (UE), on obtient : 5 000 000 × 31,4 % = 1 570 000 € d'exit tax de base, plus CEHR d'environ 180 000 €, soit un total approximatif de 1 750 000 €. Mais comme l'UE bénéficie du sursis automatique, vous ne payez RIEN à la frontière. Cette somme reste en sursis tant que vous conservez vos titres — et tombe définitivement après 5 ans (patrimoine ≥ 2,57 M€).

4.3 Cas particulier AGA / BSPCE / stock-options

Les instruments d'intéressement des dirigeants et salariés obéissent à des règles hybrides. Pour les actions gratuites (AGA), la plus-value d'acquisition (différence entre valeur d'attribution et valeur d'acquisition définitive) est imposée selon le régime spécifique AGA (barème progressif avec abattement 50 % jusqu'à 300 000 €). L'exit tax, elle, porte sur la plus-value ultérieure (cession virtuelle au départ).

Pour les BSPCE, la fiscalité dépend de l'ancienneté dans la société (12,8 % si 3+ ans, 30 % si moins). L'exit tax s'applique au-dessus, sur la plus-value postérieure à l'exercice. Un fondateur de start-up qui exerce ses BSPCE juste avant départ peut optimiser en minimisant la plus-value latente soumise à l'exit tax.

4.4 Cas particulier 150-0 B ter (apport-cession)

Un mot pour poser les choses. L'« apport-cession » consiste à loger vos titres dans une société holding (votre propre société mère) avant de la vendre — cela permet de réinvestir le prix de cession sans déclencher tout de suite l'impôt sur la plus-value. Si vous avez effectué cet apport à une holding soumise à l'IS avant votre départ, vous bénéficiez du report d'imposition de l'art. 150-0 B ter sur la plus-value d'apport. L'exit tax s'applique alors sur les titres de la holding (valeur post-apport). Vous cumulez deux sursis : le report 150-0 B ter (maintenu si la holding conserve les titres apportés 3 ans, ou si elle réinvestit au moins 70 % du prix de cession dans les 36 mois) et le sursis exit tax.

Double sursis : une mécanique à manier avec précaution

L'articulation report 150-0 B ter + exit tax est complexe. En cas de cession par la holding avant la fin des 3 ans de conservation, et faute d'engagement de réinvestir au moins 70 % du prix dans les 36 mois, le report tombe ET l'exit tax devient exigible. Un audit préalable est indispensable pour éviter les mauvaises surprises. Notre cabinet accompagne chaque année plusieurs dirigeants sur ce schéma d'apport-cession pré-expatriation.
§ 5SURSIS AUTO.·4 MIN

Quels pays ouvrent le sursis automatique ?

Le sursis automatique s'applique aux transferts vers un État membre de l'Union européenne et vers les autres États ou territoires qui satisfont les conditions d'assistance administrative et de recouvrement prévues par l'article 167 bis du CGI. Pour ces derniers, la DGFiP publie une liste dans la notice 2074-ETD. Il faut toujours consulter la notice applicable au jour du transfert : la géographie « UE/EEE/hors UE » ne suffit pas.

5.1 Lecture de la dernière liste DGFiP publiée (transferts intervenus en 2025)

Tableau comparatif : Situation — Exemples dans la dernière notice publiée (transferts intervenus en 2025) — Conséquence — Premier cas : État membre de l'UE
SituationExemples dans la dernière notice publiée (transferts intervenus en 2025)Conséquence
État membre de l'UEAllemagne, Belgique, Espagne, Italie, Portugal, etc.Sursis automatique
État non-UE présent dans la liste DGFiPRoyaume-Uni, États-Unis, Maroc, Islande, Norvège, Monaco, Australie, etc.Sursis automatique au titre de la dernière notice publiée, relative aux transferts intervenus en 2025
État absent de la dernière liste publiée (transferts 2025)Suisse, Émirats arabes unis, Singapour, IsraëlPas de sursis automatique sur le seul fondement de la destination ; procédure sur demande à vérifier

Point contre-intuitif : le Brexit ne suffit pas à rendre le sursis non automatique au Royaume-Uni. La dernière notice DGFiP 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025, cite expressément le Royaume-Uni, les États-Unis et le Maroc parmi les États ouvrant le sursis automatique. À l'inverse, la Suisse n'apparaît pas dans cette liste. Cette photographie doit être actualisée à chaque transfert.

5.2 Sursis automatique ne signifie pas absence de déclaration

Lorsque la destination ouvre le sursis automatique, la notice 2074-ETD prévoit le dépôt de la déclaration l'année suivant le transfert, avec la déclaration de revenus, selon les modalités qu'elle détaille. Le suivi dépend ensuite de la nature des plus-values et créances ainsi que des événements intervenus. Il ne faut donc ni demander par réflexe le sursis 90 jours avant, ni conclure qu'aucune formalité ne subsiste.

5.3 Suisse : distinguer jurisprudence et liste administrative

L'arrêt CJUE Wächtler du 26 février 2019 (C-581/17) interprète l'Accord sur la libre circulation des personnes dans une situation de transfert vers la Suisse. Il constitue un argument juridique important, mais ne permet pas de transformer la Suisse en destination administrativement éligible au sursis automatique dans tous les dossiers français.

La Suisse ne figure pas dans la liste publiée par la dernière notice DGFiP 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025. Avant un départ, il faut donc faire confirmer la procédure applicable, la demande éventuelle de sursis, la représentation fiscale et les garanties, en tenant compte de l'activité exercée et de la jurisprudence. Aucun pourcentage de « levée de garantie » ne peut être présenté comme une règle. Le volet suisse du dossier est détaillé dans notre chapitre exit tax du guide expatrié en Suisse (sursis, garanties, dégrèvement).

Expertise frontaliers Suisse

Nos conseillers Hagnéré Patrimoine sont basés à Bassens, près de Chambéry, en Savoie. Nous accompagnons chaque année plusieurs dirigeants français dans leur installation en Suisse : structuration du départ, gestion de l'exit tax, optimisation de la résidence fiscale vaudoise ou genevoise, articulation avec le 3e pilier et la LPP.
Méthode documentée

Départ vers Genève, Vaud ou Valais : faire qualifier le sursis avant le transfert

Liste DGFiP, portée de l'ALCP et de l'arrêt Wächtler, convention France-Suisse, 3e pilier et LPP : le dossier doit être cadré avec les professionnels habilités et le SIPNR.

Bilan gratuitCGP immatriculé à l’ORIASSans engagement
§ 6SUR DEMANDE·5 MIN

Sursis sur demande et garanties

Lorsque la destination ne figure pas parmi celles qui ouvrent le sursis automatique à la date du transfert, l'imposition est en principe immédiatement exigible. Le contribuable peut toutefois demander le sursis, en respectant notamment le délai préalable, la représentation fiscale et la constitution de garanties prévues par la notice. Ce classement ne se déduit jamais du seul caractère « hors UE ».

6.1 Exemples à vérifier sur la notice applicable

Tableau comparatif : Destination — Dernière notice 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025 — Traitement à retenir — Premier cas : Suisse
DestinationDernière notice 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025Traitement à retenir
SuisseAbsente de la listeSursis sur demande et garanties à analyser ; portée de Wächtler à examiner
Dubaï / ÉmiratsAbsents de la listeSursis sur demande et garanties à analyser
SingapourAbsent de la listeSursis sur demande et garanties à analyser
IsraëlAbsent de la listeSursis sur demande et garanties à analyser
Royaume-UniPrésent dans la listeSursis automatique dans cette notice (transferts intervenus en 2025)
États-UnisPrésents dans la listeSursis automatique dans cette notice (transferts intervenus en 2025)
MarocPrésent dans la listeSursis automatique dans cette notice (transferts intervenus en 2025)

La source de référence est la dernière notice DGFiP 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025. Pour aller plus loin, voyez notre guide dédié au départ au Maroc et stratégie patrimoniale France-Maroc. Vérifiez toujours la notice correspondant à la date effective du transfert.

6.2 Mécanique de la garantie bancaire : 12,8 % en pratique (IR seul)

Une « garantie bancaire à première demande », c'est un engagement écrit de votre banque de payer le Trésor à sa simple demande, sans discussion. En clair : vous bloquez des liquidités chez votre banque, elle signe un papier au fisc, et si vous ne payez pas, c'est la banque qui règle. La doctrine BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10-30 (§200) indique que la garantie couvre l'impôt en sursis. En pratique consolidée par le SIPNR, la garantie est calibrée sur la seule part IR (PFU 12,8 %), les prélèvements sociaux (18,6 % en 2026 sur les PV mobilières) étant exigés directement ou neutralisés pour les expatriés affiliés à un régime de sécurité sociale d'un État UE/EEE/Suisse (jurisprudence de Ruyter CJUE C-623/13). Dans les dossiers audités par notre cabinet, la garantie est très majoritairement fixée à 12,8 % de la plus-value latente. Cette pratique n'est pas uniforme : certains services exigent une garantie plus large ; à négocier systématiquement avec le SIPNR — écart de trésorerie majeur sur les gros dossiers.

Montant de la garantie = PV latente × 12,8 %

Exemple : PV latente = 10 M€
→ Garantie requise = 1 280 000 €

Formes acceptées :
1. Garantie bancaire à première demande (frais 0,5 % à 1,5 % / an)
2. Nantissement de titres (pas de frais bancaires, titres bloqués)
3. Hypothèque sur bien immobilier français
4. Caution solidaire d'un tiers (rare en pratique)

Piège classique : sursis automatique ≠ dispense déclarative

Pour le sursis automatique, la notice prévoit en principe un dépôt de la 2074-ETD l'année suivant le transfert, avec la déclaration de revenus. Le délai des 90 jours avant le transfert concerne la demande de sursis sur option pour une destination non éligible. Les formulaires de suivi varient selon les actifs et les événements : il faut appliquer la notice applicable à l’année du transfert.

6.3 Coût réel de la garantie

Au-delà des frais bancaires annuels, la garantie mobilise vos liquidités en collatéral. Les banques exigent généralement 100 à 110 % du montant garanti en dépôt ou placement nanti. Concrètement, pour 1,28 M€ de garantie, comptez environ 1,3 à 1,4 M€ immobilisés sur toute la durée de la période de surveillance — soit 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) ou 5 ans (patrimoine ≥ 2,57 M€) sous le régime actuel maintenu par la LF 2026. Un retour à 15 ans reste une hypothèse PLF 2027 à surveiller.

Tableau comparatif : Montant garanti — Frais annuels (1 %) — Cash immobilisé — Premier cas : 128 000 € (PV 1 M€)
Montant garantiFrais annuels (1 %)Cash immobilisé
128 000 € (PV 1 M€)1 280 €130 000 €
640 000 € (PV 5 M€)6 400 €700 000 €
1 280 000 € (PV 10 M€)12 800 €1 400 000 €
6 400 000 € (PV 50 M€)64 000 €7 000 000 €

Concrètement, un dirigeant 55 ans avec PV latente de 5 M€ partant vers une destination non éligible au sursis automatique doit faire chiffrer la garantie exigée par le SIPNR. Avant tout transfert, comparez systématiquement : garantie et sursis sur demande, cession pré-départ, donation pré-départ ou maintien des titres. La destination et la liste applicables doivent être vérifiées avant de construire le scénario.

6.4 Alternative : caution ou hypothèque

Si vous possédez un bien immobilier en France de valeur suffisante, l'hypothèque est souvent l'option la plus économique : pas de frais bancaires annuels, pas d'immobilisation de cash. Les frais sont concentrés sur l'acte notarié (0,5 à 0,7 % du montant). Pour un expatrié qui conserve sa résidence secondaire en France, c'est régulièrement la solution la plus rationnelle.

Dubaï : le piège de la convention sans crédit d'impôt

Dubaï semble idéale fiscalement (0 % d'IR local), mais la convention fiscale France-Émirats de 1989 ne prévoit pas de mécanisme de crédit d'impôt symétrique. Résultat : si vous cédez vos titres après votre départ, l'exit tax française tombe sur la plus-value initiale, et aucune imposition locale ne vient l'effacer. Concrètement, vous payez pleinement l'exit tax française + éventuellement un impôt dans le pays de la société émettrice. Un audit de la convention est impératif avant tout départ Émirats.
§ 7DÉGRÈV.·4 MIN

Dégrèvement 2 ans / 5 ans (régime maintenu)

Le dégrèvement, c'est la récompense de la patience. Si vous conservez vos titres suffisamment longtemps sans événement de remise en cause, l'exit tax tombe intégralement. Le délai dépend de la taille de votre patrimoine.

7.1 Patrimoine < 2,57 M€ : dégrèvement à 2 ans

Si votre patrimoine en titres au jour du départ est strictement inférieur à 2,57 M€, le dégrèvement automatique de l'exit tax intervient au bout de 2 ans de conservation. Passé ce délai, vous pouvez céder vos titres à l'étranger sans que l'exit tax française ne tombe.

7.2 Patrimoine ≥ 2,57 M€ : dégrèvement à 5 ans

Si la valeur globale des titres dans le champ de l'exit tax dépasse strictement 2 570 000 €, le délai est porté à 5 ans. Seuil apprécié au transfert, ≤ 2,57 M€ → 2 ans, > 2,57 M€ → 5 ans (art. 167 bis, VII-2 CGI). Cette distinction a été introduite par la LF 2019 art. 112 pour les départs à compter du 01/01/2019. Avant cette date, le délai était de 8 ans pour tous (régime LF 2014) — et non 15 ans (le délai de 15 ans n'a existé que très brièvement entre 2011 et 2013, avant d'être ramené à 8 ans).

7.3 Conditions de dégrèvement

Pour bénéficier du dégrèvement, aucun événement de remise en cause ne doit intervenir pendant le délai : pas de cession des titres, pas de donation à un non-résident (sauf donation sincère), pas de rachat par la société, pas de retour à une non-conformité déclarative grave.

7.4 Retour en France avant le délai = dégrèvement automatique

Si vous revenez vous installer en France avant la fin du délai de dégrèvement, l'exit tax tombe automatiquement (art. 167 bis V du CGI). Ce mécanisme est un filet de sécurité : il permet aux dirigeants de tester une expatriation sans engagement définitif. Attention, la cession des titres entre temps rend le dégrèvement impossible.

Régime 2026 (maintenu)

2 ans si patrimoine < 2,57 M€. 5 ans si patrimoine ≥ 2,57 M€. Applicable à tous les départs 2026 après que l'amendement Tanguy I-807 (retour à 15 ans) a été écarté par la LF 2026 du 19/02/2026.

Seuil 2,57 M€ non revalorisé

Introduit par la LF 2019, ce seuil n'a pas été revalorisé depuis. Il s'entend de la valeur vénale brute des titres au jour du transfert, pas du patrimoine net. Attention aux effets de seuil (2,55 M€ vs 2,58 M€) : 3 ans de sursis supplémentaire pour un écart minime.

§ 8PLF·4 MIN

PLF 2026 : amendement Tanguy I-807 écarté

Réponse courte : NON — régime 2/5 ans maintenu

L'amendement I-807 (député Jean-Philippe Tanguy) adopté par l'Assemblée nationale le 03/11/2025 en première lecture prévoyait un retour à 15 ans du délai de dégrèvement. Il n'a pas été retenu dans le texte final de la LF 2026 adoptée par 49.3 Lecornu le 23/01/2026 et promulguée le 19/02/2026 (loi n° 2026-103). L'article 167 bis CGI reste donc dans sa rédaction post-2019.

8.1 Genèse de l'amendement Tanguy I-807

Le député Jean-Philippe Tanguy (RN, Somme) dépose en octobre 2025 l'amendement n° I-807 au PLF 2026, avec l'objectif déclaré de « refermer la brèche fiscale » ouverte par la loi de finances 2019. L'amendement propose un retour à un délai de dégrèvement de 15 ans, rappelant la période pré-2013. La LF 2014 avait déjà ramené ce délai à 8 ans pour tous, et la LF 2019 l'avait raccourci à 2 ou 5 ans selon la taille du patrimoine, au motif d'attractivité économique.

L'exposé des motifs évoquait plus d'un milliard d'euros de pertes fiscales cumulées depuis 2019 liées aux départs de grandes fortunes. L'amendement visait également un relèvement symbolique du seuil de déclenchement de 800 000 € à 1 300 000 €. Le 03/11/2025, l'amendement est adopté par 70 voix contre 55 en première lecture à l'Assemblée nationale.

8.2 Chronologie complète du PLF 2026 (état au 14/04/2026)

Tableau comparatif : Date — Événement — Conséquence — Premier cas : 03/11/2025
DateÉvénementConséquence
03/11/2025Adoption amendement I-807 par l'AN (1ré lecture)Retour à 15 ans envisagé
21/11/2025Rejet de la partie recettes du PLF par l'ANTexte dans l'impasse
15/12/2025Adoption par le Sénat en 1ré lectureTexte sénatorial remanié
19/12/2025Échec de la commission mixte paritaire (CMP)Pas d'accord AN-Sénat
26/12/2025Loi spéciale n° 2025-1316 (art. 45 LOLF)Continuité budgétaire
23/01/202649.3 engagé par le Premier ministre LecornuTexte considéré adopté sauf censure
27/01/2026Rejet des 2 motions de censureTexte définitivement adopté
19/02/2026Décision Conseil constitutionnel n° 2026-901 DCValidation partielle (2 réserves)
19/02/2026Promulgation loi n° 2026-103Publication JO

Point essentiel : le texte issu du 49.3 n'a pas retenu l'amendement I-807. Le gouvernement a considéré que le rétablissement des 15 ans aurait envoyé un signal négatif aux investisseurs et aux dirigeants, dans un contexte où la France doit attirer les capitaux. L'article 167 bis CGI conserve donc sa rédaction post-LF 2019.

8.3 Ce que cela change concrètement pour 2026

Rien. Les délais 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) et 5 ans (≥ 2,57 M€) sont maintenus. Les départs réalisés en 2026 bénéficient du même régime que les départs 2019-2025. Les stratégies d'expatriation avec horizon 2-5 ans restent pleinement opérantes.

Ceux qui ont précipité leur départ fin 2025 par peur du retour à 15 ans n'avaient donc, rétrospectivement, pas de contrainte calendaire urgente. À l'inverse, ceux qui ont temporisé par prudence juridique peuvent désormais partir sereinement en 2026 sous le régime classique.

8.4 Vigilance pour le PLF 2027

Attention : la victoire de l'amendement I-807 en première lecture AN montre qu'une majorité de députés est favorable au durcissement. Le scénario d'un rétablissement des 15 ans au PLF 2027 (voté à l'automne 2026, applicable aux départs 2027) n'est pas exclu. Les contribuables en réflexion de départ 2027 doivent surveiller la discussion budgétaire de septembre-novembre 2026.

Veille parlementaire : notre protocole cabinet

Nous assurons une veille quotidienne du PLF 2027 dès sa présentation en Conseil des ministres (prévue fin septembre 2026). Nos clients expatriation reçoivent une alerte dans les 24h suivant tout amendement retouchant l'article 167 bis CGI. Historiquement, les réformes de l'exit tax s'appliquent aux départs réalisés à compter du 1er janvier de l'année d'entrée en vigueur — avec un principe de non-rétroactivité pour les départs antérieurs.
Hagnéré Patrimoine

Régime 2/5 ans confirmé pour 2026 : la fenêtre PLF 2027 reste à surveiller

L'amendement I-807 a été écarté, mais le risque de rétablissement à 15 ans n'est pas clos. On construit votre calendrier de départ en intégrant la veille parlementaire septembre-novembre 2026.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 9REMISE·4 MIN

Événements de remise en cause

Une fois le sursis accordé, tout n'est pas joué. Plusieurs événements peuvent déclencher l'exigibilité immédiate de l'exit tax. Les connaître, c'est éviter les mauvaises surprises.

9.1 Cession effective des titres

C'est l'événement n° 1. Dès que vous vendez vos titres — totalement ou partiellement — l'exit tax correspondante devient immédiatement exigible. Le paiement doit intervenir dans les deux mois suivant la cession, via le formulaire 2074-ETS actualisé.

9.2 Donation à un non-résident

La donation de vos titres à un non-résident pendant le sursis est en principe assimilée à une cession et déclenche l'exit tax. Exception : si vous démontrez le caractère sincère et non-abusif de la donation (donation réelle, sans contrepartie occulte), le sursis peut être maintenu au profit du donataire.

9.3 Rachat par la société émettrice

Le rachat de vos actions ou parts par la société émettrice (opération classique dans les SAS en cas de sortie d'associé) est assimilé à une cession. L'exit tax devient exigible sur la plus-value initiale. À anticiper absolument si vous êtes fondateur avec clause de rachat.

9.4 Expiration du délai de dégrèvement

Moins intuitif : l'expiration du délai de dégrèvement sans aucun événement déclenche... le dégrèvement automatique, donc la suppression de l'exit tax. C'est l'issue favorable. En revanche, tout manquement déclaratif grave (non-dépôt formulaire 2074-ETS plusieurs années consécutives) peut entraîner l'exigibilité immédiate de l'impôt resté en sursis (art. 167 bis, IX-4 CGI), assortie des majorations de droit commun pour défaut ou retard de déclaration (art. 1728 CGI) et pour paiement tardif (art. 1730 CGI), ainsi que des intérêts de retard (art. 1727 CGI).

Tableau comparatif : Événement — Conséquence — Délai de paiement — Premier cas : Cession totale
ÉvénementConséquenceDélai de paiement
Cession totaleExit tax intégralement due2 mois
Cession partielleExit tax au prorata2 mois
Donation à non-résidentAssimilée à cession (sauf sincère)2 mois
Rachat par sociétéAssimilé à cession2 mois
Retour en FranceDégrèvement automatiqueSans objet
Fin délai 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) ou 5 ans (≥ 2,57 M€)Dégrèvement automatiqueSans objet
Manquement déclaratifExigibilité + 5 % sanctionImmédiat

Concrètement, votre sursis tient sur une règle simple : vous ne vendez rien, vous ne transférez pas les titres à un non-résident, et chaque printemps vous envoyez votre 2074-ETS au SIPNR. Le jour où l'une de ces conditions saute, l'impôt devient exigible — souvent dans les deux mois.

§ 10JURIS.·5 MIN

Jurisprudence CJUE et Conseil d'État

Si l'exit tax française tient encore debout, c'est grâce à une série d'arrêts qui l'ont successivement déconstruite, puis reconstruite sous une forme compatible avec le droit de l'Union européenne. Comprendre cette chronologie, c'est comprendre ce qu'on peut — et ce qu'on ne peut plus — contester aujourd'hui.

10.1 Les arrêts fondateurs — cinq décennies de construction prétorienne

Tableau comparatif : Arrêt / Date — Juridiction — Apport majeur — Premier cas : Lasteyrie du Saillant — 11/03/2004 — C-9/02
Arrêt / DateJuridictionApport majeur
Lasteyrie du Saillant — 11/03/2004 — C-9/02CJUEAncien art. 167 bis (1999) contraire à la liberté d'établissement art. 49 TFUE. Paiement immédiat proscrit. Abrogation en 2005.
N c. Inspecteur — 07/09/2006 — C-470/04CJUEL'État de départ doit tenir compte des moins-values post-départ. Fondement de l'assiette nette française.
National Grid Indus — 29/11/2011 — C-371/10CJUE, Gde ch.Exit tax personnes morales : détermination immédiate possible, mais option pour paiement différé obligatoire.
Commission c. Espagne — 12/07/2012 — C-269/09CJUE, Gde ch.Extension du principe Lasteyrie à toute exit tax européenne. Sursis gratuit impératif.
de Ruyter — 26/02/2015 — C-623/13CJUEExonération CSG/CRDS pour affiliés sécurité sociale UE/EEE/CH (règlement 883/2004). Taux effectif exit tax réduit à 20,3 % pour ces contribuables.
CE Ass. — 27/07/2015 n° 334551Conseil d'ÉtatTransposition de Ruyter en droit interne : PS non dus par les affiliés à un régime de sécu d'un autre État UE/EEE/CH.
Wächtler — 26/02/2019 — C-581/17CJUEProtection tirée de l'ALCP dans une situation de transfert vers la Suisse ; portée à articuler avec la procédure française. La Suisse n'est pas dans la dernière liste DGFiP 2074-ETD publiée, relative aux transferts intervenus en 2025.
CE 9e-10e ch. — 05/02/2025 n° 476399Conseil d'ÉtatRétroactivité exit tax 2011 censurée pour les transferts antérieurs au 11/05/2011 (date de présentation du projet en Conseil des ministres). Sécurité juridique et confiance légitime.

10.2 Lasteyrie du Saillant : l'acte de naissance de l'exit tax européenne

M. Hugues de Lasteyrie du Saillant, dirigeant français parti en Belgique, conteste l'exit tax instaurée par la LF 1999 (premier article 167 bis). La CJUE juge le 11 mars 2004 que l'imposition immédiate des plus-values latentes au départ, même avec sursis sur garantie, constitue une entrave à la liberté d'établissement de l'article 49 TFUE. La France abroge l'exit tax en 2005. Elle la réintroduira sept ans plus tard, en 2011, avec un sursis automatique pour l'UE et les autres États remplissant les conditions légales et figurant dans la liste administrative applicable.

10.3 Wächtler : le tournant suisse de 2019

M. Martin Wächtler, ressortissant allemand associé d'une société suisse, transfère sa résidence d'Allemagne vers la Suisse. L'Allemagne lui applique son propre régime d'exit tax (§6 AStG). La CJUE juge le 26 février 2019 que l'imposition immédiate en cause est contraire à l'Accord sur la libre circulation des personnes. Cet arrêt doit être pris en compte dans un dossier franco-suisse, mais il ne vaut pas inscription automatique de la Suisse dans la liste administrative française : la dernière notice DGFiP 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025, ne la cite pas parmi les destinations ouvrant le sursis automatique.

10.4 de Ruyter : l'arme ultime pour réduire les prélèvements sociaux

Arrêt CJUE du 26 février 2015, C-623/13. M. de Ruyter, résident néerlandais affilié à la sécurité sociale aux Pays-Bas, conteste l'application par la France de la CSG et de la CRDS sur ses revenus fonciers français. La Cour pose le principe d'unicité de législation sociale découlant du règlement (CE) 883/2004 : un contribuable affilié à la sécurité sociale d'un autre État membre UE/EEE/Suisse ne peut être soumis aux prélèvements sociaux d'un autre État. Pour l'exit tax, la portée est majeure : un expatrié affilié à la CNS luxembourgeoise, à la sécu suisse ou à l'INSS portugais peut écarter la CSG (10,6 % en 2026 sur les revenus du capital visés à l'art. L.136-7 CSS) et la CRDS (0,5 %) de la base 18,6 % PS. Seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % (art. 235 ter CGI, sans contrepartie sociale) subsiste et reste dû.

Taux effectif exit tax standard (résident FR ou affilié sécu FR) :
  12,8 % PFU + 18,6 % PS = 31,4 %

Taux effectif exit tax si affiliation sécu autre État UE/EEE/CH (de Ruyter) :
  12,8 % PFU + 7,5 % solidarité = 20,3 %

Économie relative : environ 11,1 points, soit 35 % du coût total.

Justificatif requis : formulaire A1 (règlement 883/2004), attestation CNS, AHV, INSS, etc.

10.5 CE 5 février 2025 n° 476399 — la rétroactivité limitée à 2011

Arrêt structurant du Conseil d'État, 9e-10e chambres réunies, 5 février 2025, n° 476399. Un contribuable ayant transféré son domicile fiscal en Belgique le 15 avril 2011 conteste l'application de l'article 167 bis rétabli par la LF 2011. Le Conseil d'État retient la date du 11 mai 2011 (présentation du projet en Conseil des ministres) comme date pivot, au titre de la sécurité juridique et de la confiance légitime (principes du droit UE et constitutionnels). Conséquence : tout départ antérieur au 11/05/2011 échappe définitivement à l'exit tax 2011.

Portée pratique aujourd'hui : l'arrêt sert de précédent pour toute réforme future de l'article 167 bis (par exemple si l'amendement Tanguy était adopté au PLF 2027). La date pivot sera celle de la présentation du projet en Conseil des ministres, pas le 1er janvier de l'année d'entrée en vigueur. Les départs réalisés entre la présentation du projet et le 31/12/N sont dans une zone grise à documenter précisément.

Pourquoi cette jurisprudence est votre meilleur allié

Chaque arrêt CJUE cité a réduit la portée de l'exit tax française. Lasteyrie a forcé le sursis, N a imposé l'assiette nette, de Ruyter a supprimé les PS pour les affiliés sécu UE, Wächtler a étendu à la Suisse. Cette jurisprudence est cumulative : aucune n'a été remise en cause. Un avocat fiscaliste expérimenté peut activer plusieurs leviers simultanément pour vous faire économiser 30 à 50 % du coût affiché de l'exit tax.
§ 11COMPAR.·5 MIN

Comparatif international (6 pays)

La France n'est pas seule à pratiquer l'exit tax. La directive européenne ATAD (Anti-Tax Avoidance Directive, 2016) impose depuis 2020 une forme d'exit tax aux États membres pour les personnes morales. Pour les personnes physiques, chaque pays a sa propre approche. Voici les six régimes les plus pertinents pour les expatriés français (ou les expatriés de retour).

Tableau comparatif : Pays — Fondement — Seuil — Particularité — Premier cas : France
PaysFondementSeuilParticularité
FranceArt. 167 bis CGI800 k€ OU ≥ 50 %Sursis automatique pour l'UE et les États listés par la DGFiP ; liste à vérifier au transfert. Dégrèvement 2 ou 5 ans.
Allemagne§6 AStG (refonte 2022 ATAD)≥ 1 % détention dans sociétéÉtalement en 7 annuités égales, en principe sans intérêts mais contre garantie (§ 6 Abs. 4 AStG). Durcissement 2022.
Pays-BasAanmerkelijk belang (≥ 5 %)≥ 5 % détentionSursis UE sans garantie. Créance fiscale préservée 10 ans.
EspagneArt. 95 bis LIRPF> 4 M€ OU > 1 M€ + ≥ 25 %Application après 10 ans de résidence. Sursis UE/EEE.
États-UnisIRC §877A (HEART Act 2008)Actif net ≥ 2 M$ OU impôt moyen 5 ans > 211 k$ (2026)Mark-to-market mondial. Exclusion de gain 910 000 $ (2026). Concerne les « covered expatriates ».
Royaume-UniPas d'exit tax généraleN/ATemporary non-resident rules si absence < 5 ans : PV réalisées pendant l'absence rattrapées au retour.

Concrètement, la France avec son régime 2/5 ans n'est ni le plus strict (Allemagne : étalement en sept annuités depuis 2022, en principe sans intérêts mais contre garantie) ni le plus doux (Suisse : 0 % PV à long terme). Pour un dirigeant 50 ans avec 8 M€, destination optimale = Suisse (forfait fiscal > 400 k€, 0 % PV) ou Luxembourg (0 % PV si < 10 % de participation et > 6 mois de détention). Dubaï offre 0 % local mais piège de la convention sans crédit d'impôt. La Belgique introduit en 2026 sa propre exit tax à 10 %, réduisant son attractivité historique. Le choix du pays détermine 30 à 50 % de votre économie d'impôt totale.

11.1 Allemagne : le piège du §6 AStG refondu 2022

L'Allemagne a profondément durci son régime au 01/01/2022 (ATAD Umsetzungsgesetz) : suppression du sursis illimité et sans intérêts réservé aux départs UE/EEE, remplacé par un étalement en sept annuités égales ouvert à tous les départs (§ 6 Abs. 4 AStG), en principe sans intérêts mais subordonné à une garantie (Sicherheitsleistung). Seuil très bas (1 % de détention dans une société). Pour un franco-allemand cédant des titres d'une GmbH avant retour en France, la double exposition AStG allemande + 167 bis française à venir peut être vertigineuse.

11.2 États-Unis : le régime le plus sévère du monde

L'IRC §877A applique une « deemed sale » à la date du renoncement à la citoyenneté américaine ou de la perte du statut de résident long terme (LTR). Tout le patrimoine mondial est théoriquement cédé, avec taxation des plus-values latentes au taux de long terme (20 %) + NIIT (3,8 %). Pour un binational franco-américain, la combinaison §877A + article 167 bis peut conduire à une double imposition difficile à neutraliser même avec la convention de 1994.

11.3 Royaume-Uni : pas d'exit tax — mais attention au retour

Le Royaume-Uni n'a pas d'exit tax générale. En revanche, les « temporary non-resident rules » (TCGA 1992 s.10A, CGT) prévoient que toute plus-value réalisée par un Britannique pendant une période d'absence inférieure à 5 ans est rattrapée et imposée au retour au Royaume-Uni. Un franco-britannique résident FR parti à Dubaï pour céder, puis retournant au UK dans les 5 ans, peut subir la combinaison exit tax française (en sursis) + CGT britannique au retour UK.

Double exit tax : rare mais possible

Un dirigeant franco-allemand qui quitte la France pour l'Allemagne, puis l'Allemagne pour la Suisse, peut déclencher deux exit tax successives : française (art. 167 bis) à la sortie de France, puis allemande (§6 AStG) à la sortie d'Allemagne, sur les mêmes titres. L'articulation est complexe et les conventions bilatérales ne règlent pas toujours le problème. Audit impératif.
§ 12CRYPTO·4 MIN

Crypto, OPCI, FCPR et actifs hors champ

On regarde rarement ce que l'exit tax ne touche pas. Pourtant c'est là que se cachent les marges d'optimisation. L'article 167 bis CGI ne vise que les « titres et droits sociaux » entrant dans le champ de l'article 150-0 A. Tout ce qui sort de cette case — et la liste est plus longue qu'on ne croit — passe entre les mailles. Sur un patrimoine diversifié, ça change la facture.

12.1 Crypto-actifs : régime 150 VH bis autonome

Les Bitcoin, Ether, stablecoins et autres crypto-actifs relèvent d'un régime fiscal autonome : l'article 150 VH bis CGI, instauré par la LF 2019 et retouché par la LF 2022 (possibilité d'option barème pour les investisseurs habituels). Ce régime n'est pas visé par l'article 167 bis. Conséquence : les plus-values latentes sur crypto-actifs ne sont pas dans l'assiette exit tax.

Faille stratégique crypto : cession post-départ sans exit tax

Un contribuable détenant 5 M€ de BTC avec 4 M€ de plus-value latente peut légalement transférer sa résidence fiscale à Dubaï, au Portugal ou dans un canton suisse favorable, puis céder ses crypto-actifs dans le nouveau pays. L'exit tax ne s'applique pas (art. 167 bis hors champ crypto) et la PV est soumise à la fiscalité locale (0 % Dubaï, forfait Portugal RNH transitoire, Pauschalbesteuerung Suisse). Économie potentielle : 1 à 2 M€ sur l'exemple ci-dessus. Attention : amendements récurrents au Parlement pour intégrer crypto dans 167 bis — aucun adopté à ce jour.

12.2 OPCI : hors champ, titres d'OPC ≠ droits sociaux

Les parts d'OPCI (Organisme de Placement Collectif Immobilier) sont des titres d'OPC, pas des droits sociaux d'une société opérationnelle. Elles relèvent du régime des plus-values mobilières en cas de cession, mais ne sont pas visées par l'article 167 bis qui cible les droits sociaux. Un rentier OPCI substantiel (parts de FPI ou SPPICAV) peut quitter la France sans exit tax sur ces actifs.

12.3 FCPR, FPCI et art. 163 quinquies B : bascule possible

Les parts de FCPR (Fonds Communs de Placement à Risque) et FPCI (Fonds Professionnels de Capital Investissement) sont en principe exclues de l'exit tax. Exception : si vous détenez plus de 25 % du fonds ou si la valeur globale dépasse 800 000 € avec d'autres titres du même type, une bascule dans le champ est possible (via la règle de cumul). Le régime 163 quinquies B (exonération IR sur 5 ans) peut également interférer.

12.4 FIP, FCPI : attention à la rupture de l'engagement 5 ans

Les FIP et FCPI donnent droit à une réduction d'IR à la souscription (25 % en 2024, reconduit en 2026) à condition de conserver les parts 5 ans. L'expatriation en cours de détention constitue-t-elle une rupture ? La doctrine BOFiP (BOI-IR-RICI-100) est claire : l'expatriation n'est pas un cas de force majeure exonératoire. La reprise de la réduction d'IR peut donc être réclamée — indépendamment de l'exit tax.

12.5 Autres actifs hors champ

Dans le champ exit tax (art. 167 bis)

Actions cotées et non cotées, parts SARL/SAS, parts SCI à l'IS, BSPCE exercés, AGA acquises, stock-options exercées, titres de holdings patrimoniales, OPCVM (SICAV, FCP).

Hors champ (actifs échappant à l'exit tax)

Crypto-actifs (art. 150 VH bis), immobilier direct (art. 150 U), parts de SCPI et OPCI (titres d'OPC), parts de SCI à l'IR, assurance-vie et contrats de capitalisation, PEA (régime propre), FCPE/PEE bloqués, résidence principale.

Hagnéré Patrimoine

Immobilier direct, AV, PEA, SCI IR, crypto : les actifs hors champ peuvent pivoter la stratégie

En jouant la composition du patrimoine avant départ, on réduit l'assiette exit tax sans montage risqué. On modélise la répartition optimale selon votre horizon et votre destination.

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§ 13STRATÉGIES·8 MIN

6 stratégies de départ

Subir l'exit tax ou l'optimiser ? Tout dépend de votre anticipation. Voici les 6 stratégies que notre cabinet déploie régulièrement pour les dirigeants en cession et les fondateurs en partance.

13.1 Stratégie 1 : Cession pré-départ

L'option la plus directe : céder vos titres avant de quitter la France. Vous payez l'IR classique (PFU 31,4 % en 2026 ou barème avec abattements), mais vous coupez court à l'exit tax et à ses 2 ou 5 ans de suivi déclaratif annuel via la 2074-ETS. À privilégier si la vente est déjà décidée et que le calendrier du départ est souple.

Avantage : simplicité totale, pas d'obligation déclarative post-départ. Inconvénient : paiement immédiat de l'IR, perte de la valorisation future potentielle des titres.

13.2 Stratégie 2 : Donation avec réserve d'usufruit (pré-départ)

Vous donnez la nue-propriété de vos titres à vos enfants avant le départ, en conservant l'usufruit. La plus-value latente est purgée du même coup : les donataires prennent les titres à leur valeur vénale du jour de la donation. Vos enfants, résidents fiscaux français, ne déclenchent pas d'exit tax à leur tour. Sur un dossier 5 M€, l'économie nette face à une exit tax pleine tourne autour du million d'euros — chiffré au §13.2 plus bas. Pour approfondir, voyez notre guide donation 2026.

Bonus : vous optimisez les droits de donation (abattement 100 000 €/enfant tous les 15 ans, réduction supplémentaire pour la nue-propriété selon l'âge via le barème art. 669 CGI). Attention : la donation doit être sincère et non abusive. Timing idéal : 6 à 12 mois avant départ, avec un vrai projet de transmission patrimoniale.

Exemple chiffré donation pré-départ

Dirigeant 55 ans, SAS valorisée 5 M€, 2 enfants. Donation nue-propriété SAS : valeur fiscale 5 M × 50 % (barème 669) = 2,5 M€. Abattements 2 × 100 000 € = 200 000 €. Base taxable 2,3 M€, soit 1 150 000 € par enfant. Barème art. 777 CGI en ligne directe : 312 678 € de droits par enfant, soit environ 625 000 € au total. À comparer à une exit tax potentielle de 1,57 M€ sans donation. Économie : environ 0,95 M€ + purge PV latente.

13.3 Stratégie 3 : Apport-cession holding 150-0 B ter

Vous apportez vos titres à une holding patrimoniale soumise à l'IS avant départ. Bénéfices : report 150-0 B ter sur la plus-value d'apport, puis exit tax sur les titres de holding (post-apport, donc PV latente réduite). Double sursis cumulé.

Le report 150-0 B ter est maintenu — et non purgé — tant que la holding conserve les titres apportés pendant 3 ans ; si elle les cède avant, le report tombe, sauf engagement de réinvestir au moins 70 % du prix de cession dans les 36 mois dans une activité éligible (art. 150-0 B ter, I, 2° CGI ; quota et délai durcis par la loi n° 2026-103 du 19/02/2026). Seuls le décès du contribuable, ou une donation suivie de la conservation des titres par le donataire pendant la durée légale, effacent définitivement la plus-value en report. Combiné avec un départ UE, ce schéma peut neutraliser quasi-totalement la taxation, à condition de respecter scrupuleusement les conditions.

13.4 Stratégie 4 : Pacte Dutreil + donation (purge PV)

Le pacte Dutreil (art. 787 B CGI) est un accord signé entre associés par lequel chacun s'engage à conserver les titres pendant une durée minimale (2 ans en collectif entre associés, puis 4 ans en individuel après la donation). En contrepartie de cet engagement, l'administration accorde un abattement de 75 % sur les droits de donation des titres d'une société opérationnelle. Combiné avec une donation pré-départ, il purge la PV latente et divise par quatre la base soumise aux droits de donation. Sur une SAS à 5 M€, on parle souvent d'une économie supérieure à 1 M€ vs exit tax pleine.

Exemple : SAS 5 M€, pacte Dutreil signé, donation à 2 enfants. Base taxable après Dutreil : 5 M × 25 % = 1,25 M€. Abattements 2 × 100 000 € = 200 000 €. Droits résiduels environ 215 000 €. Économie totale vs exit tax : environ 1,35 M€.

13.5 Stratégie 5 : Holding luxembourgeoise / belge + assurance-vie Lux

Plus sophistiqué. Restructuration patrimoniale pré-départ via interposition d'une holding luxembourgeoise (SOPARFI) ou belge, souvent combinée à une assurance-vie luxembourgeoise et/ou un crédit Lombard pour générer de la trésorerie sans céder les titres. L'objectif : optimiser la fiscalité des dividendes et plus-values post-départ, tout en sécurisant le sursis UE. Attention, la Belgique introduit une exit tax belge en 2026 à 10 %, réduisant son attractivité historique.

13.6 Stratégie 6 : Cession à crédit-vendeur avant départ (étalement IR)

Petit décodage préalable. Le « crédit-vendeur », c'est quand vous vendez vos titres mais que l'acquéreur vous paie en plusieurs fois, sur quelques années — c'est vous, le vendeur, qui lui faites crédit. Quand la cession pré-départ est décidée mais que la trésorerie personnelle doit être lissée dans le temps, le crédit-vendeur offre une parade fiscale et financière. Vous cédez vos titres avec paiement échelonné (par exemple 3 à 5 annuités). L'imposition au PFU 31,4 % (2026) est due l'année de la cession, mais vous pouvez demander un étalement du paiement de l'impôt (art. 1681 F CGI) jusqu'à 5 ans pour les cessions de titres de société avec complément de prix.

Avantages : vous évitez totalement l'exit tax (puisque la cession est intervenue avant le transfert de domicile), vous lissez le choc fiscal, et vous sécurisez le sursis UE en partant sans titres. Inconvénient : risque de défaut de l'acquéreur — à sécuriser par une garantie bancaire ou un nantissement des titres cédés. Stratégie particulièrement adaptée aux cessions familiales ou internes (MBO, cession à un cadre dirigeant).

Ces 6 stratégies exigent un audit préalable

Chacune de ces stratégies a ses conditions d'application, ses pièges et ses effets de bord (droits de succession, IFI, abus de droit). Un audit personnalisé — typiquement un bilan patrimonial dédié expatriation — est indispensable avant mise en œuvre. Notre cabinet Hagnéré Patrimoine accompagne des dirigeants en cession et en expatriation.
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Cession pré-départ, donation, apport-cession, crédit-vendeur : on chiffre les 6 stratégies

Chaque voie de sortie a ses conditions, ses pièges abus de droit et ses effets IFI/succession. Un CGP simule les 6 scénarios et construit votre calendrier en conformité L.64 LPF.

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§ 14ABUS·4 MIN

Abus de droit L.64 / L.64 A

L'exit tax est un terrain fertile pour l'abus de droit. L'administration française dispose de deux articles principaux pour requalifier les opérations d'optimisation expatriation : l'article L.64 du Livre des procédures fiscales (LPF) et, depuis la LF 2019, l'article L.64 A LPF. Les sanctions sont lourdes (40 à 80 %) et la charge de la preuve est souvent inversée.

14.1 L.64 LPF : la fraude et la manoeuvre frauduleuse

L'article L.64 LPF vise les actes fictifs (simulations) et les actes passés dans le but exclusif d'éluder l'impôt. Typiquement : interposition d'une société sans substance économique, donation fictive avec rétrocession convenue, signature antidatée. Sanction : intérêts de retard + majoration 80 % si manoeuvres frauduleuses, 40 % si abus simple.

14.2 L.64 A LPF : le « mini-abus de droit » depuis 2021

Introduit par la LF 2019 et applicable depuis le 01/01/2021, l'article L.64 A LPF abaisse le seuil : il frappe les actes dont le motif est principalement (et non plus exclusivement) fiscal. C'est un changement de paradigme : une opération juridiquement régulière peut être remise en cause si son principal objectif est d'éluder l'impôt, même si elle poursuit par ailleurs des objectifs non fiscaux réels.

14.3 Les 5 schémas à risque en expatriation

Tableau comparatif : Schéma à risque — Indice d'abus — Parade — Premier cas : Promesse de vente signée avant la donation
Schéma à risqueIndice d'abusParade
Promesse de vente signée avant la donationRétrocession convenueDécaler donation de 12-18 mois vs LOI d'acquéreur potentiel
Souscription AVL quelques semaines avant départTiming suspectOuvrir AVL ≥ 12 mois avant le départ, avec versements progressifs
Transfert siège société quelques mois avant départCoordination opportunisteDémontrer motif opérationnel (marché, client)
Donation à enfant non-résident sans justificationAbsence de projet familialDocumenter cohérence patrimoniale long terme
Retour France après cession à l'étranger (< 2 ans)Va-et-vient fiscalDurée de résidence étrangère supérieure à 3-5 ans

14.4 Le Comité de l'abus de droit fiscal (CADF)

Le CADF est un organe consultatif composé de magistrats, hauts fonctionnaires et représentants du secteur privé. Il rend des avis publics sur les dossiers que l'administration ou le contribuable lui soumet. Les avis 2022-2024 incluent plusieurs cas d'expatriations requalifiées en abus de droit, notamment pour des donations mal documentées ou des retours précipités. Consultation recommandée avant tout montage sensible.

Sanctions cumulables et pénales

En cas d'abus de droit caractérisé, les sanctions fiscales (40-80 %) peuvent s'ajouter à des poursuites pénales pour fraude fiscale (art. 1741 CGI : jusqu'à 500 000 € d'amende et 5 ans de prison ; jusqu'à 3 M€ et 7 ans en bande organisée). Les avis du Comité de l'abus de droit fiscal (CADF) publiés ces dernières années montrent une vigilance accrue sur les expatriations précédées de donations avec quasi-usufruit ou rétrocession convenue — d'où l'importance d'un audit en architecture ouverte avant tout montage.
§ 15DÉCÈS·4 MIN

Décès et héritiers

Personne n'aime poser la question, mais elle revient dans tous les rendez-vous passé 60 ans : que devient l'exit tax si le contribuable décède avant le dégrèvement ? La réponse change la donne — au point que pour certains profils, elle redessine entièrement le calendrier patrimonial.

15.1 Art. 167 bis VII 1° : le dégrèvement par décès

Lecture stricte de l'article 167 bis VII 1° du CGI : en cas de décès du contribuable pendant la période de sursis, l'exit tax est intégralement dégrévée. Les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès, sans reprendre la dette fiscale au titre des plus-values latentes. La plus-value latente accumulée par le défunt est définitivement purgée.

15.2 Stratégie « détention jusqu'au décès »

Pour un expatrié âgé avec gros portefeuille titres et espérance de vie limitée, conserver les titres jusqu'au décès est la stratégie fiscale idéale : l'exit tax tombe automatiquement, les héritiers récupèrent les titres en neutralité fiscale, seuls les droits de succession français (art. 750 ter) ou du pays de résidence s'appliquent. Cette combinaison transforme une expatriation en optimisation successorale.

15.3 Limites : plus-values en report 150-0 B ter

Attention : les plus-values en report d'imposition au titre de l'art. 150-0 B ter (apport-cession) basculent chez l'héritier. Elles ne sont pas effacées par le décès. Si l'héritier cède ensuite les titres, le report tombe et la PV d'apport devient exigible en son nom. Même mécanique pour les reports 150-0 B et 150-0 B bis.

15.4 Articulation avec les droits de succession

Les droits de succession français s'appliquent selon l'article 750 ter CGI : (1) si le défunt était résident fiscal FR, succession mondiale ; (2) si l'héritier est résident FR depuis 6 ans sur 10 et que les biens sont français, succession taxée FR ; (3) sinon, règles conventionnelles. Pour un expatrié résidant hors UE (Dubaï, Suisse, USA), la combinaison absence d'exit tax + absence de droits de succession locaux peut transformer la transmission en opération quasi-gratuite.

Le départ à l'étranger déclenche l'exit tax (art. 167 bis CGI) mais modifie aussi le régime successoral : la loi civile (règlement UE 650/2012 Bruxelles IV) suivra la résidence habituelle, et la fiscalité française reste applicable aux héritiers résidant en France (règle des 6 ans sur 10, art. 750 ter 3°). Pour le cadre complet — conventions bilatérales (20 actives, dénonciation FR-Suisse 2015), régime UK Long-Term Resident avril 2025, estate tax US à 15 M$ OBBBA 2026, art. 784 A imputation et art. 913 al. 3 prélèvement compensatoire — voir notre guide succession internationale 2026.

Combinaison gagnante : donation pré-départ + conservation jusqu'au décès

Scénario optimum : donation pré-départ d'une partie des titres aux héritiers (purge PV latente + abattements 100 000 € par enfant tous les 15 ans) + conservation du solde jusqu'au décès (dégrèvement art. 167 bis VII 1°). Un dirigeant de 65 ans avec 10 M€ de titres peut potentiellement transmettre l'intégralité sans exit tax ni droits de succession excessifs, à condition d'anticiper 10-15 ans avant le décès.
§ 16RETOUR·4 MIN

Retour en France : impatriés 155 B + IFI

Si l'exit tax structure le départ, le régime de retour peut transformer une expatriation en opération patrimoniale gagnante. Deux dispositifs clés doivent être combinés.

16.1 Art. 155 B CGI : le régime impatrié

Le régime impatrié (art. 155 B CGI) s'applique aux personnes qui n'ont pas été résidentes fiscales françaises pendant les 5 années précédant la prise de fonction en France et qui sont recrutées par une entreprise française ou par transfert au sein d'un groupe international. Avantages : exonération de 30 % ou 50 % de la rémunération (prime d'impatriation), exonération de 50 % des revenus passifs étrangers (dividendes, plus-values, intérêts), pendant 8 ans (durée étendue par la LF 2017).

16.2 Fenêtre IFI 5 ans art. 964 CGI

Un contribuable arrivant en France après au moins 5 ans de non-résidence fiscale ne paie l'IFI que sur ses biens immobiliers situés en France pendant les 5 premières années de sa résidence fiscale française (art. 964 CGI). Pour un expatrié revenant en France avec un parc immobilier étranger important (résidences secondaires, biens locatifs UK ou Espagne), l'économie peut être massive.

16.3 Combinaison gagnante : départ / cession étranger / retour impatrié

Le schéma optimum consiste à : (1) partir à l'étranger 5+ ans (déclencher l'exit tax en sursis), (2) céder les titres à l'étranger après la fin du délai de dégrèvement (exit tax définitivement éteinte), (3) revenir en France avec le statut impatrié 155 B (exonération partielle rémunération + revenus passifs étrangers, IFI limité 5 ans).

Attention toutefois : l'administration fiscale surveille de près les « allers-retours » fiscaux qui pourraient caractériser un abus de droit L.64 A. La durée minimale d'expatriation recommandée est de 5 ans effectifs (correspondant à la condition du régime impatrié). Un retour dans les 2-3 ans pourrait être requalifié.

16.4 Retour anticipé : dégrèvement art. 167 bis V

Comme vu en section 7, le retour en France avant la fin du délai de dégrèvement (2 ou 5 ans) déclenche le dégrèvement automatique de l'exit tax (art. 167 bis V CGI) à condition que les titres n'aient pas été cédés. Ce filet de sécurité permet aux dirigeants de « tester » une expatriation sur 2-3 ans sans engagement fiscal définitif.

Exit tax éteinte ≠ comptes étrangers exonérés de déclaration

L'extinction de l'exit tax (art. 167 bis CGI) au retour en France ne dispense pas de la déclaration 3916 sur l'ensemble de vos comptes étrangers conservés. Pour la procédure complète, voir notre guide FATCA / CRS / 3916 et régularisation 2026.

§ 17CONVENT.·4 MIN

Conventions fiscales et clause de partage

L'exit tax s'articule avec les conventions fiscales bilatérales signées par la France. Le modèle OCDE pose des principes généraux, mais chaque convention a ses spécificités. Mauvaise articulation = double imposition.

17.1 Art. 13 §5 du modèle OCDE : principe de résidence

Le modèle OCDE dispose à l'article 13 §5 que les plus-values mobilières sont imposables dans l'État de résidence du cédant au moment de la cession. La France, en maintenant son droit d'imposer via l'article 167 bis après départ, peut entrer en conflit avec cette règle. Le mécanisme du crédit d'impôt conventionnel sert normalement à éviter la double imposition.

17.2 Clauses spécifiques exit tax dans les conventions

Tableau comparatif : Pays — Convention — Clause exit tax spécifique — Premier cas : Suisse
PaysConventionClause exit tax spécifique
SuisseConvention 1966, avenant du 25 juin 2014Clause anti-abus délai 5 ans — PV taxable en FR si cession < 5 ans ; assistance au recouvrement limitée (CE 26/01/2021 n° 429381)
Royaume-Uni2008 modifiéeClause anti-abus délai 5 ans + temporary non-resident rules UK
États-Unis1994 modifiéeClause de sauvegarde citoyens US + épargne retraite
Belgique1964 — en renégociation 2021 (non ratifiée)PV immobilière clause résidence, PV mobilière clause OCDE 13§5
Luxembourg2018Tolérance exit tax FR, pas de double imposition directe
Italie1989 modifiéeConforme OCDE art. 13§5 — PV mobilière État résidence

17.3 Piège Dubaï : convention sans crédit d'impôt symétrique

La convention France-Émirats de 1989, bien que modernisée, ne prévoit pas de mécanisme de crédit d'impôt français sur les plus-values mobilières réalisées à Dubaï. Résultat : si vous cédez vos titres après votre installation aux EAU, l'exit tax française tombe sur la plus-value initiale, sans possibilité d'imputation d'un impôt local (Dubaï étant à 0 % personne physique). Dubaï reste attractive pour les flux (dividendes, revenus du travail), moins pour la réalisation de plus-values substantielles.

17.4 Clauses anti-abus délai 5 ans : le retour au bercail pénalisé

Plusieurs conventions (France-Suisse avenant 2014, France-UK 2008, France-USA 1994) contiennent une « clause de délai 5 ans » : si un contribuable part, cède les titres à l'étranger et revient en France dans les 5 ans, la France peut réclamer l'imposition pleine de la plus-value, même si elle a été taxée à l'étranger. Le crédit d'impôt conventionnel reste applicable, mais le différentiel FR/pays peut être significatif.

§ 18PAYS·5 MIN

Cas spécifiques par pays

Le pays de destination change tout. Voici les cas les plus fréquents dans notre cabinet, avec leurs spécificités.

18.1 Départ vers la Suisse : procédure à qualifier avant le transfert

La Suisse ne figure pas dans la liste des États ouvrant le sursis automatique de la dernière notice DGFiP 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025. L'arrêt CJUE Wächtler et l'ALCP peuvent compter dans l'analyse d'un dossier comportant une activité économique, mais la demande de sursis, la représentation fiscale et les garanties doivent être qualifiées avant le transfert avec les professionnels habilités et le SIPNR. Le calendrier déclaratif des deux côtés de la frontière est décrit dans notre chapitre sur l'année du départ vers la Suisse.

18.2 Départ vers la Belgique : nouvelle exit tax belge 2026 à 10 %

Attention, changement majeur en 2026. La Belgique, qui n'avait historiquement pas d'imposition sur les plus-values mobilières, a introduit via l'accord de coalition Arizona (gouvernement De Wever) une taxe de 10 % sur les plus-values mobilières réalisées à compter du 01/01/2026 (texte approuvé par la Chambre en avril 2026). Un régime d'exit tax belge complémentaire cible les personnes morales (émigration = liquidation fictive avec précompte mobilier). Exemption annuelle de 10 000 €, portée à 15 000 € si aucune cession sur 5 ans, et exonération jusqu'à 1 M€ pour les participations substantielles (≥ 20 %). L'attrait fiscal historique de la Belgique pour les cédants français est considérablement réduit.

18.3 Conventions piège : Dubaï, Monaco

Le pays d'arrivée ne permet jamais, à lui seul, de conclure à une exit tax française « pleine », effacée ou optimisée. Il faut articuler l'article 167 bis, le sursis, le fait générateur, la convention applicable et l'imposition éventuelle lors de la cession. À Monaco, l'article 7 de la convention impose en plus de qualifier la nationalité et l'historique de résidence : aucune attractivité automatique des dividendes, salaires ou plus-values ne doit être déduite de la seule installation en Principauté.

18.4 AGA / BSPCE / stock-options

Régimes hybrides à gérer ligne par ligne. Les BSPCE non exercés échappent généralement à l'exit tax (simple droit, pas de titre). Les BSPCE exercés, AGA et stock-options acquises sont pleinement dans le champ. Pour un fondateur de start-up, l'arbitrage exercice vs non-exercice avant départ est stratégique.

18.5 Retour calculé en France (dégrèvement anticipé)

Le retour en France avant la fin du délai déclenche le dégrèvement automatique (art. 167 bis V). Cette clause est régulièrement utilisée par des dirigeants qui testent une expatriation sur 3-4 ans avant de revenir. Condition : ne pas avoir cédé les titres entre-temps.

18.6 Exit tax + IFI parallèle : la double peine pour non-résidents immobiliers

Le départ fiscal ne met pas fin à toutes les obligations françaises. Dès lors que vous conservez un patrimoine immobilier français (résidence secondaire, biens locatifs, parts de SCI, SCPI), l'IFI continue de s'appliquer en tant que non-résident — mais uniquement sur le patrimoine immobilier situé en France (art. 964 et s. CGI), seuil 1,3 M€ inchangé en 2026.

Le PLF 2026 a confirmé le maintien de l'IFI classique (le projet d'IFI-I étendu aux actifs improductifs a été abandonné). Concrètement, un expatrié à Dubaï qui paie 200 000 € d'exit tax sur ses titres peut aussi devoir 15 000 €/an d'IFI sur ses immeubles parisiens pendant 10 ans. Cumul à anticiper dans votre budget expatriation.

18.7 Décès en sursis : transmission des titres aux héritiers

Que se passe-t-il si le contribuable en sursis décède avant la fin du délai de dégrèvement ? La règle, peu connue mais bien posée, est favorable : l'administration prononce le dégrèvement d'office (BOI-RPPM-PVBMI-50-10-30). Les héritiers reçoivent les titres pour leur valeur au jour du décès, et la plus-value latente qui pesait sur le défunt est effacée.

Attention toutefois : les droits de succession restent dus sur la valeur des titres au jour du décès selon la résidence fiscale du défunt et des héritiers. Pour un non-résident décédé avec héritiers français, la fiscalité successorale française s'applique intégralement si le défunt a résidé en France au moins 6 ans sur les 10 dernières années (art. 750 ter CGI).

§ 19CAS·8 MIN

Cas pratiques chiffrés

La théorie, c'est bien. Les cas concrets, c'est mieux. Voici 6 cas illustratifs (prénoms et chiffres fictifs). Vous reconnaîtrez sans doute une situation proche de la vôtre.

19.1 Marc, 50 ans, dirigeant cédant sa SAS 10 M€

Marc, ingénieur de formation, a créé sa SAS tech en 2011 avec 10 000 € de capital et beaucoup de cafés la nuit. Quinze ans plus tard, il signe une cession à 10 M€ et veut s'installer à Genève avec sa famille pour prendre du recul. Plus-value latente : 9 990 000 €. Exit tax théorique : 9 990 000 × 31,4 % = 3 136 860 €, plus CEHR de 379 600 €, total environ 3,52 M€.

Stratégie à valider : la Suisse étant absente de la liste DGFiP 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025, Marc ne peut pas compter sur un sursis automatique du seul fait de l'ALCP. Son avocat doit documenter la portée de Wächtler, déposer le cas échéant la demande de sursis dans le délai requis et faire confirmer les garanties par le SIPNR. Le dégrèvement à 5 ans suppose ensuite le respect de toutes les conditions du régime.

DÉCOMPOSITION LIGNE À LIGNE — CAS MARC (PV latente 9,99 M€)

Assiette taxable                           : 9 990 000 €
IR : PFU 12,8 %                            : 1 278 720 €
PS 7,5 % (solidarité seule, Marc affilié   :   749 250 €
       à la sécu CH via LAMal, de Ruyter)
       [vs 1 858 140 € si PS 18,6 % pleins, LFSS 2026]
CEHR 4 % × (9,99 M − 500 k)                :   379 600 €
CDHR : NON applicable (contribuable devenu NR post-transfert)
───────────────────────────────────────────
Exit tax totale                            : 2 407 570 €
(vs 3 516 460 € si PS 18,6 % pleins et hors avantage ALCP)

Garantie éventuelle (Suisse)               : à confirmer avec le SIPNR
Coût du sursis                             : à chiffrer selon la garantie
Dégrèvement à 5 ans (2031) si conservation : 100 %
Dégrèvement anticipé si retour France      : 100 %

Subtilité PS 7,5 % vs 18,6 % — l'arrêt De Ruyter à activer

Marc est affilié à l'assurance LAMal suisse, donc à un régime de sécurité sociale d'un État lié par l'ALCP. La jurisprudence CJUE De Ruyter C-623/13 lui permet d'échapper à la CSG (10,6 % en 2026) et à la CRDS (0,5 %) françaises : seul le prélèvement de solidarité 7,5 % reste dû (art. 235 ter CGI). Gisement d'économie : 1,11 M€ sur cette seule opération (différence entre PS 18,6 % pleins et PS 7,5 % de solidarité seul). À activer par dépôt du formulaire A1 et attestation de l'organisme suisse — la démarche est documentée, mais elle ne se déclenche pas seule. L'affiliation elle-même, et le droit d'option irrévocable qui la conditionne, sont traités dans notre chapitre LAMal et droit d'option.

19.2 Lucas, 35 ans, fondateur start-up Dubaï

Lucas, cofondateur d'une start-up SaaS rachetée par un groupe américain, a exercé ses BSPCE en 2025, alors que ses titres valaient 1,2 M€. En 2026, ils en valent 1,5 M€ et il part à Dubaï avec sa compagne et leurs deux enfants, séduit par la fiscalité locale. Attention à l'assiette : le gain d'exercice — 1,2 M€, soit l'écart entre la valeur du titre au jour de l'exercice du bon et le prix de souscription — est exclu de l'exit tax et relève du régime BSPCE de l'art. 163 bis G CGI, imposable lors de la cession (BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10-10-20). Seule la plus-value postérieure à l'exercice est exit-taxée : 300 000 €, soit environ 94 000 € d'exit tax. Pas d'UE/EEE → garantie requise d'environ 38 000 €.

Problème : convention France-Émirats sans crédit d'impôt. Si cession post-départ, l'exit tax tombe pleinement. Recommandation de notre cabinet : céder avant le départ pour bénéficier du PFU de 31,4 % (en 2026), puis partir librement. Économie de la garantie bancaire et du suivi pendant toute la période de surveillance (2 ou 5 ans selon patrimoine).

19.3 Sophie et Pierre, 60 ans, rentiers Portugal post-RNH

Sophie, médecin libérale, et Pierre, ancien cadre dirigeant, ont constitué ensemble un compte-titres de 3 M€ au fil de 30 ans de carrière. Plus-value latente : environ 1,2 M€. Exit tax : 377 000 €. Cap sur Lisbonne pour une retraite ensoleillée, loin des hivers de Normandie.

Portugal = UE : un sursis automatique de paiement peut s'appliquer, mais il ne vaut pas exonération. Dans cette hypothèse, le délai de cinq ans doit être suivi sans événement entraînant l'exigibilité et avec les obligations déclaratives requises. Le dégrèvement n'est retenu qu'après vérification de la conservation des titres, des cessions, donations, annulations, transferts ultérieurs et déclarations. Aucun gain de 100 % n'est comptabilisé dans le budget avant cette vérification.

19.4 Hélène, 45 ans, holding patrimoniale 150-0 B ter

Hélène, dirigeante d'un groupe industriel familial, a apporté sa société en 2024 à une holding soumise à l'IS (report 150-0 B ter). PV d'apport : 4 M€. En 2026, elle souhaite partir vivre en Italie avec sa holding, pour se rapprocher de ses enfants installés à Milan. Exit tax sur les titres de holding : la plus-value latente post-apport est réduite à 500 000 €, mais l'assiette ne s'arrête pas là. L'article 167 bis, II du CGI rend également imposables, lors du transfert du domicile fiscal, les plus-values dont l'imposition avait été reportée sur le fondement de l'article 150-0 B ter — et sans condition de seuil, les seuils de 50 % des bénéfices sociaux ou de 800 000 € ne conditionnant que le I. Les 4 M€ de plus-value d'apport entrent donc eux aussi dans l'assiette : 4 000 000 € (report) + 500 000 € (latente) = 4 500 000 €, soit environ 1,41 M€ d'exit tax au taux global de 31,4 %.

Italie = UE → sursis automatique. La holding conserve ses titres 3 ans → report 150-0 B ter devient définitif. Exit tax en sursis 5 ans (régime actuel). Stratégie sophistiquée, dont l'économie se chiffre au cas par cas.

19.5 Thomas, 52 ans, retour France après 4 ans à Genève

Thomas, dirigeant d'un groupe de services, est parti en 2022 à Genève avec une exit tax de 2,1 M€ en sursis (patrimoine 7 M€). En 2026, l'expérience suisse l'a moins comblé qu'espéré : il décide de rentrer à Annecy pour raisons familiales (parents âgés, enfants scolarisés en France). Application art. 167 bis V : dégrèvement automatique et intégral de l'exit tax, sans formalité lourde.

Condition clé : Thomas n'a cédé aucun titre pendant ses 4 ans en Suisse. Redevient résident fiscal français, notifie par formulaire 2074-ETS, l'exit tax est effacée. Ce cas illustre la valeur du filet de sécurité de l'art. 167 bis V. Les autres conséquences du retour — LPP rapatriée, article 155 B, requalification de la résidence — sont couvertes par notre chapitre sur le retour de Suisse en France.

19.6 Julien, 58 ans, expatrié Lisbonne avec patrimoine 100 % immobilier

Julien, ancien cadre dirigeant, détient 3 appartements parisiens (valeur 2,1 M€), 2 SCPI françaises de rendement (valeur 800 000 €) et une résidence principale à Saint-Cloud (valeur 1,3 M€). Pas d'actions cotées, pas de parts de SAS non cotée, pas de compte-titres. Il s'installe au Portugal. Les faits fournis ne démontrent aucune branche IFICI ; le cas est donc calculé au droit commun. Une variante IFICI ne peut être ajoutée qu'après documentation de l'activité, de l'entité, de l'inscription et des cinq années antérieures de non-résidence.

PATRIMOINE JULIEN — QUEL MONTANT ASSUJETTI À L'EXIT TAX ?

Immobilier direct (3 appts Paris + RP)  : HORS CHAMP (art. 167 bis I ne vise que les titres)
Parts SCPI françaises                   : HORS CHAMP (sociétés à prépondérance immobilière,
                                          BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10-20)
Compte-titres, actions cotées           : 0 € (aucune détention)
Parts de sociétés opérationnelles       : 0 €

→ Valeur titres dans le champ 167 bis I : 0 €
→ Exit tax due                          : 0 €

Obligations déclaratives :
- Déclaration 2074-ETD : NON (seuil non atteint)
- Déclaration 2042-NR année du départ   : OUI (revenus de source FR)
- IFI : OUI (biens immobiliers FR > 1,3 M€)

L'exit tax ne concerne QUE les titres, jamais l'immobilier direct

Erreur courante (y compris chez certains CGP) : penser qu'un patrimoine immobilier de 4 M€ déclenche l'exit tax. Faux. L'article 167 bis I CGI vise exclusivement les droits sociaux, valeurs, titres ou droits. L'immobilier détenu directement (y compris résidence principale, résidences secondaires, locatif nu, LMNP) est totalement hors champ. Les parts de SCPI et de SCI à prépondérance immobilière suivent le même traitement (BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10-20). Impact fiscal à la cession future : PV immobilières NR art. 244 bis A (19 % + PS 7,5 % ou 17,2 %, abattements durée détention) et IFI pendant la détention. L'exit tax est donc neutre pour un pur patrimoine immobilier.

19.7 Subtilité CEHR oui / CDHR non pour les non-résidents

Dirigeant non-résident avec exit tax + RFR élevé : quelle contribution s'ajoute ?

Deux contributions parallèles frappent les hauts revenus, mais elles ne s'appliquent pas de la même manière aux non-résidents exit-taxés :

  • CEHR (art. 223 sexies CGI) : applicable, mais sur le RFR de source française imposé en France uniquement. La plus-value exit-taxée est intégrée au RFR français de l'année du transfert. Barème 3 % / 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 €. Mécanisme de lissage art. 223 sexies III applicable si revenus exceptionnels.
  • CDHR (art. 224 CGI) : non applicable aux non-résidents — le texte vise exclusivement les « contribuables domiciliés fiscalement en France ». Le RFR mondial n'est pas pertinent pour un NR. Conséquence pratique : une fois la résidence fiscale basculée, le filet CDHR ne joue plus, et c'est une économie qu'on oublie facilement de calculer côté français.

Pour Marc (§19.1), l'économie doit être chiffrée par différence : la CDHR ne s'ajoute pas à 20 % du revenu de référence, elle ne comble que l'écart entre ces 20 % et l'impôt déjà acquitté (art. 224, III CGI). Avec ses propres chiffres — IR 1 278 720 € + CEHR 379 600 € = 1 658 320 € — un résident français au même profil paierait au plus 20 % × 9 990 000 − 1 658 320 ≈ 340 000 €, et non 1 M€. Souvent moins encore : une plus-value de cession de titres, non susceptible d'être recueillie annuellement, n'est retenue que pour le quart de son montant dans le revenu de référence (art. 224, II CGI), ce qui suffirait ici à annuler la contribution. L'avantage existe donc, mais il est borné : il ne justifie pas à lui seul d'accélérer un départ.

Chaque situation est unique

Ces 6 cas sont simplifiés à des fins pédagogiques. Les simulations réelles intègrent la CEHR, les conventions fiscales bilatérales, la fiscalité locale, le régime AGA/BSPCE, les enjeux successoraux, l'IFI. Avant tout départ, un audit patrimonial personnalisé est indispensable. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.
§ 20FORMUL.·5 MIN

Formulaires déclaratifs différenciés

La déclaration de l'exit tax ne se résume pas à un formulaire unique. Cinq formulaires coexistent, chacun couvrant une situation précise. Mal choisir, c'est risquer la déchéance du sursis.

Tableau comparatif : Formulaire — CERFA — Usage — Fréquence — Premier cas : 2074-ETD
FormulaireCERFAUsageFréquence
2074-ETD51602Déclaration initiale année du transfert : PV latentes + créances complément de prix + PV en reportUne fois, année du départ
2074-ETSL51960Suivi allégé de l'imposition en sursis, lorsque les conditions de la notice sont réuniesSelon la situation et les événements
2074-ETS1—Formulaire de suivi à utiliser selon l'année du transfert et la nature des éléments en sursisSelon la notice applicable
2074-ETS251961Suivi des plus-values en report d'imposition (art. 150-0 B, 150-0 B bis, 150-0 B ter)Annuel si PV en report
2074-ETS3—Événements affectant les créances de complément de prix (earn-out)Sur événement

Destination non éligible : demande 90 jours avant le départ

Lorsque le pays de destination n'ouvre pas le sursis automatique selon la liste applicable, la notice prévoit une demande expresse dans les 90 jours précédant la date prévue du transfert, avec représentation fiscale et proposition de garanties. Dans la dernière notice actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025, cette procédure ne vise pas le Royaume-Uni, les États-Unis ni le Maroc, qui figurent dans la liste du sursis automatique ; elle doit en revanche être examinée pour la Suisse, absente de cette liste.

20 bis. Procédure déclarative pas-à-pas

Les stratégies, c'est une chose. L'administration, c'en est une autre. Une fois votre sursis acquis, tout se joue sur le respect rigoureux du calendrier déclaratif. Un oubli, et l'édifice entier s'écroule.

20.1 Formulaire 2074-ETD à l'année du départ

Le formulaire 2074-ETD est le document fondateur. Il se dépose avec votre déclaration de revenus n-1 (l'année du départ), dans les délais classiques (mai-juin). Il récapitule la liste de vos titres, leur valeur vénale au jour du départ, leur prix d'acquisition, la plus-value latente ligne par ligne et le calcul de l'exit tax.

20.2 Formulaire 2074-ETS : suivi annuel

Chaque année suivante, pendant toute la durée du sursis (2 ou 5 ans), vous déposez un formulaire 2074-ETS. Ce formulaire confirme le maintien des conditions : pas de cession, pas de donation non sincère, pas de rachat. Il signale également tout événement de remise en cause intervenu dans l'année.

20.3 Adresse SIPNR Noisy-le-Grand

Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR)
10 rue du Centre
TSA 10010
93465 Noisy-le-Grand Cedex

Tél. : +33 (0)1 72 95 20 42
Email : sip.nonresidents@dgfip.finances.gouv.fr

→ Déclarations 2074-ETD et 2074-ETS
→ Demandes de sursis et constitution de garanties
→ Suivi des dossiers d'exit tax

20.4 Sanctions du défaut déclaratif (art. 167 bis, IX-4 CGI)

Le non-respect des obligations déclaratives est sanctionné. La sanction propre au dispositif figure au IX-4 de l'article 167 bis CGI : le défaut de production de la déclaration 2074-ETD, du formulaire de suivi 2074-ETS ou l'omission de tout ou partie des renseignements qui doivent y figurer entraîne l'exigibilité immédiate de l'impôt en sursis de paiement, la doctrine laissant trente jours après mise en demeure pour régulariser (BOI-RPPM-PVBMI-50-10-50, § 210). S'y ajoutent les pénalités de droit commun : majoration pour défaut ou retard de déclaration (art. 1728 CGI), majoration de 10 % pour paiement tardif (art. 1730 CGI), intérêts de retard de 0,20 % par mois (art. 1727 CGI) et majoration de 40 % en cas de manquement délibéré (art. 1729 CGI).

Le piège classique : oublier le 2074-ETS

Plusieurs de nos clients nous ont consultés en catastrophe après avoir oublié un formulaire 2074-ETS pendant 2 ou 3 ans. Conséquence : exigibilité immédiate de l'exit tax intégrale + sanctions. Le formulaire est simple mais doit impérativement être déposé chaque année avec la déclaration de revenus. Notre cabinet intègre ce suivi dans ses missions récurrentes pour les clients expatriés.

20.5 Défaillance déclarative : exigibilité de l'exit tax

Au-delà des pénalités de droit commun, l'administration peut prononcer l'exigibilité anticipée de l'impôt en sursis en cas de défaillance déclarative caractérisée (art. 167 bis, IX-4 du CGI + doctrine BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10-50 § 210). Il n'existe pas de règle automatique « 3 omissions = déchéance » : l'administration apprécie au cas par cas le caractère répété et significatif du manquement.

Conséquence en cas d'exigibilité : vous recevez un avis d'imposition supplémentaire réclamant la totalité de l'exit tax, majorée des intérêts de retard (0,20 % par mois, soit 2,4 %/an) et, si l'administration démontre le caractère délibéré, d'une majoration de 40 % ou 80 % (art. 1729 CGI). Sur une exit tax de 314 000 €, le rattrapage peut dépasser 450 000 € une fois toutes les sanctions cumulées. D'où l'importance d'un suivi annuel rigoureux, même sur les petites lignes de portefeuille.

Notre protocole cabinet : suivi 2074-ETS automatisé

Nous inscrivons chaque client expatrié sous exit tax dans un calendrier fiscal partagé (rappel J-60, J-30, J-7 avant échéance) et préparons avec vous les éléments du 2074-ETS à partir du dossier de départ ; la déclaration reste déposée par vous ou par votre expert-comptable. Le prix de ce suivi est fixé dans le devis et la lettre de mission, avant tout engagement. Objectif : zéro omission pendant toute la durée du sursis.
Hagnéré Patrimoine

Déjà expatrié sous sursis : une omission 2074-ETS peut déclencher l'exigibilité

Calendrier J-60/J-30, pré-remplissage du 2074-ETS, veille conventionnelle, alerte PLF : un CGP prend en charge le suivi annuel sur la durée du sursis.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 21ERREURS·4 MIN

10 erreurs à éviter

Des années de dossiers expatriation nous ont permis d'identifier les dix erreurs qui reviennent le plus souvent. Les connaître, c'est économiser parfois des centaines de milliers d'euros.

Tableau comparatif : # — Erreur — Conséquence — Solution — Premier cas : 1
#ErreurConséquenceSolution
1Appliquer le mauvais formulaire ou le mauvais calendrier de suiviRisque d'exigibilité et de sanctionsVérifier le millésime 2074-ETD et les formulaires de suivi correspondant au dossier
2Confondre SCI IR (hors champ) et SCI IS (dans champ exit tax)Non-déclaration ou déclaration erronéeAudit de l'option fiscale SCI 12 mois avant départ
3Signer promesse de vente avant donation pré-départAbus de droit L.64 A : rétrocession convenueDécaler donation 12-18 mois avant toute LOI d'acquéreur
4Partir à Dubaï sans anticiper l'absence de crédit d'impôt françaisExit tax pleine + pas d'imputation locale = double impôt de faitCéder pré-départ ou choisir destination avec convention symétrique
5Oublier que les BSPCE exercés entrent dans le champDéclaration incomplète = sanctionsAudit ligne par ligne AGA/BSPCE/stock-options 6 mois avant
6Croire que les crypto-actifs sont soumis à l'exit taxSurpaiement inutileVérifier art. 150 VH bis — cession post-départ possible
7Sous-évaluer les titres non cotés au jour du départRedressement + pénalités 40-80 % sur sous-évaluationRapport d'évaluation indépendant (DCF + multiples + ANR)
8Ne pas documenter la date effective de transfert de domicileContestation par l'administration, perte du régime applicableDossier complet : bail étranger, scolarisation, radiation caisses
9Céder pendant le sursis sans anticiper l'exigibilité immédiate (2 mois)Pénalités de retard + majorationsSimulation trésorerie pré-cession, provision exit tax
10Ignorer la CDHR (LF 2025) applicable à l'année du départSupplément 20 % minimum RFR non anticipéModélisation RFR année du départ dès le Q3

Concrètement, ces 10 erreurs coûtent en moyenne 150 000 à 300 000 € chacune. Exemples vécus : un quasi-usufruit sans convention notariée (erreur 7) rend l'évaluation contestable et fait perdre 200 k€ de PV ; un BSPCE oublié dans la 2074-ETD (erreur 5) déclenche pénalités 40 % ; une cession à Dubaï sans cession pré-départ (erreur 4) fait payer une exit tax pleine sans crédit d'impôt (potentiel 800 k€). 90 % de ces erreurs s'évitent en deux jours d'audit pré-départ.

Erreur bonus : ne pas activer de Ruyter (C-623/13)

Le réflexe par défaut, c'est d'appliquer 18,6 % de PS à tout expatrié. Or, pour un contribuable affilié à la sécu d'un autre État UE/EEE/CH, seuls 7,5 % de prélèvement de solidarité sont dus — c'est l'apport de la jurisprudence De Ruyter. Le taux effectif tombe à 20,3 % au lieu de 31,4 %. Sur 1 M€ de PV latente, ça fait 110 000 € d'écart. Encore faut-il fournir le formulaire A1 et la preuve d'affiliation au moment de la déclaration.
Méthode documentée

Chacune des 10 erreurs courantes coûte en moyenne 150 à 300 k€

BSPCE oublié, quasi-usufruit sans convention, cession à Dubaï sans pré-départ, De Ruyter non activé : un audit pré-départ en quelques jours évite des pertes chiffrées en centaines de milliers.

Bilan gratuitCGP immatriculé à l’ORIASCabinet CIF, COA, COBSP
§ 224 B·4 MIN

Art. 4 B CGI : prouver le changement de résidence

L'exit tax se déclenche par le transfert du domicile fiscal. Or, ce transfert n'a rien à voir avec une durée de séjour. Démontons tout de suite un mythe tenace : la règle des « 183 jours hors de France » n'existe pas en droit français. C'est un critère conventionnel OCDE sur les salaires, pas un critère interne.

L'article 4 B du CGI retient 4 critères alternatifs (un seul suffit pour être considéré comme résident français) :

  1. Foyer : lieu où la famille habite (conjoint, enfants scolarisés) — critère dominant (CE 3 novembre 1995 n° 126513 Larcher).
  2. Lieu de séjour principal : généralement > 183 jours, mais appréciation globale (CE 17 mars 2010 n° 299770).
  3. Activité professionnelle principale : si exercée en France à titre principal (non accessoire).
  4. Centre des intérêts économiques : sources de revenus, patrimoine.

Piège classique — le dirigeant qui croit s'être expatrié

Un dirigeant français passe 250 jours par an à Dubaï mais conserve son épouse et ses enfants scolarisés à Neuilly. Il reste résident fiscal français au titre du « foyer ». L'exit tax ne s'enclenche donc pas — mais il reste imposable mondialement en France sur ses revenus. Les 183 jours ne sauvent rien.

22.1 Le dossier de preuves à constituer (checklist contrôle fiscal)

En cas de contrôle sur pièces (fréquent 2-3 ans après le départ), l'administration peut remettre en cause la date de perte de résidence. D'où l'importance de constituer dès le départ un dossier solide :

  • Bail ou acte d'achat dans le pays d'accueil + factures utilities (eau, électricité, internet) sur 12 mois
  • Inscription consulaire + radiation électorale France
  • Scolarité des enfants dans le pays d'accueil (certificats de scolarité)
  • Relevés bancaires montrant la vie quotidienne délocalisée (cartes, virements)
  • Adhésion assurance santé locale + désinscription sécurité sociale France (ou affiliation CFE si statut impatrié)
  • Contrat de travail ou K-bis local
  • Carte de résident / visa / permis de séjour
  • Changement d'adresse sur impôts.gouv.fr (daté)

Conseil du CGP — la date juridique du départ

On ne devient jamais rétroactivement non-résident. Le transfert se fait à une date précise — généralement le jour de la prise d'effet du bail dans le pays d'accueil, ou le jour de la prise de fonctions du contrat de travail local. Tout doit être daté. Un départ incertain est le premier motif de redressement exit tax.
§ 23MATRICE·5 MIN

Matrice des 10 pays d'accueil

« Je veux partir, mais où ? » C'est la question la plus difficile de toute expatriation patrimoniale. Chaque pays a ses règles fiscales, ses régimes spéciaux pour impatriés, et ses pièges. Voici la cartographie que nous utilisons en cabinet pour orienter nos clients HNWI.

Tableau comparatif : Pays — Régime fiscal clé — PV mobilières — Sursis exit tax FR — Piège principal — Profil cible — Premier cas : Portugal
PaysRégime fiscal cléPV mobilièresSursis exit tax FRPiège principalProfil cible
PortugalDroit commun ; IFICI ciblé et distinct du RNH sous conditions d'activité, d'entité, d'inscription et de non-résidence antérieureÀ qualifier par catégorie et conventionAutomatique UEPensions exclues de l'exonération IFICI ; éligibilité à prouverProfil professionnel effectivement éligible
EspagneBeckham Law (Ley 28/2022)19-28 %Automatique UEIFI Catalogne/Valence 3,5 % (vs 0 % Madrid)Cadre salarié expatrié 6 ans
ItalieForfait art. 24 bis TUIR (200 k€/an)Exonération sur PV étrangèresAutomatique UE+25 k€/membre famille, max 15 ansHNWI revenus mondiaux > 650 k€
SuisseForfait fiscal (Aufwandbesteuerung)0 % PV privées (Privatvermögen, détention > 6 mois)Sur demande à analyser ; absente de la dernière liste DGFiP publiée, relative aux transferts intervenus en 2025Cantons refusant forfait : ZH, BS, BL, AR, SHDirigeant en cession, héritier HNWI
MonacoPas d’IR général local dans les situations ordinairesÀ qualifierProcédure pays tiers à regelerArticle 7, nationalités, historique, sources et droits de commercialisationDossier nominatif avant toute opération
UAE (Dubaï / Abu Dhabi)0 % IR PP0 %Sur garantie (pays tiers)Convention sans crédit symétrique — double imposition théorique possibleFondateur tech, trader crypto
LuxembourgRégime commun + régime impatriés qualifiés0 % PV privées (> 6 mois détention ET < 10 % participation)Automatique UERetraite LU plafonnéeCadre financier, holding animatrice
Royaume-UniFIG régime (Finance Act 2025, 4 ans, remplace non-dom)20 % (28 % immobilier) ; FIG = 0 % PV étrangères 4 ansPrésent dans la dernière liste DGFiP publiée, relative aux transferts intervenus en 2025 ; vérifier la notice applicable au transfertStatutory Résidence Test + IHT 40 % > £325k si domicilié UKFondateur scale-up 4 ans max
AndorreIRPF max 10 %0 % < 25 % participation / 10 % au-delàSur garantie (hors UE)Offre bancaire limitée, marché étroitTrader indépendant, créateur digital
BelgiqueRégime commun + nouvelle exit tax belge 202630 % PV participations substantielles (Loi 2026, 01/01/2026)Automatique UENouveauté 2026 : taxe locale 10 % à la sortie + 30 % PVDéconseillé HNWI en cession

Concrètement, la meilleure destination dépend de votre profil :

  • Dirigeant en cession 8-20 M€ → Suisse (Vaud, Valais, Genève) avec forfait > 400 k€ — PV mobilières 0 %
  • BSPCE 3-5 M€ tech → Dubaï (0 % + sursis avec garantie)
  • Retraité 2-5 M€ dividendes > 650 k€/an → Italie forfait 200 k€ (15 ans)
  • Scale-up founder 4 ans horizon → UK FIG régime (0 % PV étrangères 4 ans)
  • Héritier / rentier HNWI → Suisse forfait ou Luxembourg (0 % PV mobilières)
  • Entrepreneur serial R&D → Portugal IFICI (si activité recherche éligible)
  • Retraité 500-1,5 M€ patrimoine → Portugal barème standard (IFICI non éligible retraite)

Conseil du CGP — la règle d'or du choix de pays

Le meilleur pays fiscal n'est pas forcément celui qui taxe le moins. C'est celui qui combine (1) une fiscalité adaptée à votre stack patrimonial, (2) un sursis exit tax FR facile à obtenir, (3) une convention de non double imposition avec la France, et (4) une qualité de vie qui vous convient sur 5 à 15 ans. Un dirigeant qui choisit Dubaï pour le 0 % mais rentre après 3 ans perd tout l'avantage (pas de dégrèvement, recalcul IR). Stabilité > optimisation.
§ 24TIMELINE·4 MIN

Timeline T-18 mois d'anticipation

Une expatriation patrimoniale réussie ne s'improvise pas. Les clients qui partent en 3 mois paient en moyenne 15 à 30 % de fiscalité de plus que ceux qui anticipent sur 18 mois. Voici la chronologie que nous pilotons en cabinet :

Tableau comparatif : Horizon — Actions patrimoniales — Actions juridiques — Actions fiscales — Premier cas : T-18 mois
HorizonActions patrimonialesActions juridiquesActions fiscales
T-18 moisBilan patrimonial complet, cartographie titres ligne par ligne, valorisation titres non cotés (3 méthodes : DCF, multiples, ANR)Choix équipe : avocat fiscaliste + notaire + expert-comptable international + CGPSimulation exit tax sur 3 scénarios (départ UE / UE+forfait / hors UE)
T-15 moisAudit pacte d'associés (clauses sortie, pré-emption, bad leaver)Négociation pacte si nécessaire, waiver sortie forcéeScénarisation donation NP vs cession pré-départ
T-12 moisRestructuration holding (apport-cession 150-0 B ter, report)Signature engagement collectif Dutreil (2 ans min)Donation NP aux enfants (barème 669 + abattement 100 k€/enfant)
T-9 moisRapatriement titres dans holding UE (si pertinent)Signature Pacte Dutreil complémentaire (engagement individuel 4 ans)Simulation finale exit tax vs donation
T-6 moisOuverture comptes pays d'accueil, convention broker non-résidentRésolution AG approuvant restructurationPréparation dossier 2074-ETD
T-3 moisAudit comptes bancaires France (bascule non-résident), AV française : compatibilité paysMandat représentant fiscal si nécessaireChoix jour de départ optimal (1er janvier idéal)
T-1 moisClôture PEA optionnelle si > 5 ans (neutralisation IR)Procuration notaire pour actes post-départPréparation formulaire 2042 départ
Jour JConstitution dossier preuves (bail, factures, billets)Signature dernière procédure FranceChangement adresse impôts.gouv.fr
J+30 jOuverture assurances pays d'accueilInscription consulat France du pays d'accueilNotification banques France
Mai-juin N+1——Dépôt 2042 + 2074-ETD (année du départ)
Mai-juin N+2——Dépôt 2042-NR + 2074-ETS1
Chaque année N+2, N+3...——2074-ETS obligatoire (à défaut : exigibilité immédiate de l'impôt en sursis, art. 167 bis IX-4 CGI)

Conseil du CGP — la règle du 1er janvier

Partir le 1er janvier N évite la double déclaration partielle (résident puis non-résident la même année) et cristallise la PV latente sur la valeur au 31/12/N-1 auditable. Un départ à mi-année (ex. 30 juin) multiplie les frottements (PAS à corriger, double 2042, risque de contestation de la date de perte de résidence par le fisc). Sauf contrainte professionnelle, visez janvier.

Art. 244 bis B CGI — à anticiper avant de céder post-départ

Après votre départ, une cession de titres français peut déclencher un prélèvement français au titre de l'art. 244 bis B du CGI, indépendamment de votre sursis exit tax. Le texte vise les droits qui, avec ceux du conjoint, des ascendants et des descendants, ont dépassé 25 % des bénéfices sociaux à un moment quelconque au cours des cinq années précédentes — c'est un seuil strict, apprécié rétrospectivement, et non une détention de 25 % au jour de la cession. Le taux est de 12,8 % pour une personne physique. Attention : pour une personne domiciliée ou établie dans un État ou territoire non coopératif au sens de l'art. 238-0 A, le taux est de 75 % et s'applique quel que soit le pourcentage de droits détenus, sauf à démontrer que l'opération a un objet et un effet autres que la localisation des profits dans un tel État. À intégrer obligatoirement dans la planification post-départ, surtout pour les dirigeants de PME.
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FAQ

Retrouvez ci-dessous nos 20 questions les plus fréquentes sur l'exit tax 2026. Si votre question n'y figure pas, contactez notre cabinet — un conseiller spécialisé vous répondra sous 48 heures.

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Sources et disclaimer

Sources officielles — textes

  • Article 167 bis du Code général des impôts — Légifrance LEGIARTI000048806379
  • Article 150-0 A CGI — PV mobilières (champ de l'exit tax)
  • Article 150 VH bis CGI — régime autonome crypto-actifs (hors exit tax)
  • Article 150-0 B ter CGI — report apport-cession
  • Article 244 bis B CGI — PV cessions importantes participations non-résidents
  • Article 167 bis, IX-4 CGI — exigibilité immédiate de l'impôt en sursis en cas de défaut déclaratif
  • Article L.64 et L.64 A LPF — abus de droit fiscal
  • Article 155 B CGI — régime impatriés
  • Article 964 CGI — fenêtre IFI 5 ans
  • Article 223 sexies CGI — CEHR
  • BOI-RPPM-PVBMI-50-10 à -50 — doctrine BOFiP complète exit tax
  • Loi de finances 2019 — réforme dégrèvement à 2/5 ans
  • LF 2025, loi n° 2025-127 du 14 février 2025 — instauration CDHR
  • LFSS pour 2026 — CSG portée de 9,2 à 10,6 % sur les revenus du capital visés à l'art. L.136-7 CSS (PS total 18,6 % sur PV mobilières, dividendes, intérêts ; maintien 17,2 % sur revenus fonciers, PV immobilières, assurance-vie)
  • LF pour 2026 — 49.3 Lecornu (23/01/2026), amendement Tanguy I-807 écarté du texte final
  • Amendement Tanguy I-807 PLF 2026 — adopté AN 03/11/2025 en 1ré lecture, écarté du texte final

Sources officielles — jurisprudence

  • CJUE, aff. C-9/02, Lasteyrie du Saillant, 11/03/2004 — liberté d'établissement
  • CJUE, aff. C-470/04, N c. Inspecteur, 07/09/2006 — prise en compte des moins-values post-départ
  • CJUE, aff. C-371/10, National Grid Indus (Gde ch.), 29/11/2011 — exit tax personnes morales, option paiement différé
  • CJUE, aff. C-269/09, Commission c. Espagne (Gde ch.), 12/07/2012 — extension exit tax européenne
  • CJUE, aff. C-623/13, de Ruyter, 26/02/2015 — unicité législation sociale UE/EEE/CH
  • CJUE, aff. C-581/17, Wächtler, 26/02/2019 — portée de l'ALCP sur une exit tax lors d'un transfert vers la Suisse
  • Conseil d'État, Ass., 27/07/2015 n° 334551 — transposition de Ruyter en droit interne
  • Conseil d'État, 29/04/2013 n° 357575 — exit tax Suisse pré-Wächtler
  • Conseil d'État, 9e-10e ch., 05/02/2025 n° 476399 — rétroactivité exit tax 2011 (date pivot 11/05/2011)
  • Conseil d'État, 26/01/2021 n° 429381 — portée de l'assistance au recouvrement FR-CH

Conventions fiscales

  • Convention fiscale France-Suisse de 1966 modifiée — avenant 2014 (clause anti-abus 5 ans)
  • Accord de libre circulation des personnes (ALCP) France-Suisse 2002
  • Convention fiscale France-Royaume-Uni 2008 modifiée
  • Convention fiscale France-États-Unis 1994 modifiée
  • Convention fiscale France-Émirats arabes unis 1989
  • Modèle OCDE de convention fiscale (art. 13 PV)
  • Règlement (CE) 883/2004 — coordination sécurité sociale (fondement de Ruyter)
  • Directive (UE) 2016/1164 ATAD — anti-évasion fiscale (exit tax personnes morales)

Avertissement

Ce guide est à jour au 24 juillet 2026. Les informations présentées sont d'ordre général et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. La fiscalité de l'exit tax dépend de votre situation individuelle, de la convention fiscale applicable, de la nature de vos titres et de votre pays de destination.

Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. L'amendement Tanguy I-807 du PLF 2026 (retour à 15 ans) a été écarté du texte final adopté par 49.3 le 23/01/2026. Le régime 2/5 ans de l'article 167 bis CGI est donc maintenu pour tous les départs 2026. Une veille sera assurée sur le PLF 2027 (discussion automne 2026).

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Article rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (cabinet CIF · COA · COBSP). Dernière mise à jour : 24 juillet 2026. Mots environ : 12 300. 26 sections, 20 FAQ, jurisprudence CJUE + CE à jour.

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Sources et références légales

  • Code général des impôts — exit tax

    Art. 167 bis CGI (exit tax sur PV latentes, créances complément de prix et reports). Art. 167 bis V CGI (dégrèvement retour anticipé). Art. 167 bis VII 1° CGI (dégrèvement total décès). Art. 4 B CGI (résidence fiscale). Art. 167 bis IX 4 CGI (le défaut de production de la déclaration ou l'omission de renseignements entraîne l'exigibilité immédiate de l'impôt en sursis de paiement). Art. 1728 CGI (majoration pour défaut ou retard de déclaration). Art. 1730 CGI (majoration de 10 % pour paiement tardif). Art. 1729 CGI (majoration insuffisance). Art. 1727 CGI (intérêts de retard).

  • Code général des impôts — articles connexes

    Art. 150-0 A CGI (PV mobilières). Art. 150-0 B / 150-0 B bis / 150-0 B ter CGI (reports d'imposition, durci LF 2026). Art. 150 VH bis CGI (régime crypto-actifs autonome, hors exit tax). Art. 200 A CGI (PFU). Art. 223 sexies CGI (CEHR 3-4 %). Art. 224 CGI (CDHR plancher 20 %). Art. 235 ter CGI (prélèvement de solidarité 7,5 %). Art. 750 ter CGI (succession internationale). Art. 155 B CGI (régime impatrié).

  • Code de la sécurité sociale & LFSS 2026

    Art. L.136-7 CSS (CSG sur revenus du capital). Art. L.136-8 CSS (taux). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026 art. 12) : majoration CSG-Autonomie 1,4 point sur RCM/PV/PEA/PER. Règlement (CE) n° 883/2004 (coordination sécurité sociale UE) : exonération CSG/CRDS pour affiliés autres États UE/EEE/Suisse.

  • Lois de finances 2025-2026 & accords

    Loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025) : création CDHR. Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026, post-49.3 Lecornu 23/01/2026, validation Cons. const. 19/02/2026) : amendement Tanguy I-807 ÉCARTÉ, régime 2/5 ans maintenu, durcissement 150-0 B ter (70 % / 36 mois / 5 ans). ALCP France-Suisse 21/06/1999. Convention fiscale franco-suisse 09/09/1966. Convention fiscale franco-portugaise 14/01/1971 et IFICI 01/01/2024.

  • Jurisprudence CJUE & CE

    CJUE 11/03/2004 Lasteyrie du Saillant C-9/02 (illicéité paiement immédiat exit tax UE). CJUE 07/09/2006 N c. Inspecteur C-470/04. CJUE 26/02/2015 de Ruyter C-623/13 (exonération CSG/CRDS affiliés autres États UE). CJUE 26/02/2019 Wächtler C-581/17 (extension Lasteyrie à l'ALCP Suisse). CE 12/02/2020 n° 421444. CE 05/02/2025 n° 476399 (modalités sursis hors UE). Cons. const. n° 2025-874 DC du 13/02/2025 (CDHR non censurée, non examinée).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute opération d'expatriation patrimoniale doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 24 juillet 2026 mais peuvent évoluer.

Foire aux questions

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Bases & seuils, sursis & dégrèvement, stratégies de départ, cas spéciaux & jurisprudence. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • L'exit tax (art. 167 bis du CGI) impose les plus-values latentes sur vos titres lorsque vous transférez votre domicile fiscal hors de France. Sont concernés les contribuables ayant été résidents fiscaux français pendant au moins 6 des 10 années précédant leur départ, ET qui détiennent soit plus de 800 000 € de valeurs mobilières, soit au moins 50 % des droits sociaux d'une société. L'idée de l'État est simple : vous avez bénéficié du système français pendant l'accumulation de la valeur, donc la plus-value latente est taxable même sans cession effective. Le taux applicable en 2026 est de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), auxquels s'ajoute la CEHR pour les gros patrimoines.

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Ce guide fait partie du hub Gestion de patrimoine internationale de Hagnéré Patrimoine. Découvrez aussi nos accompagnements pour les expatriés en Suisse, aux Émirats, au Royaume-Uni, aux USA, à Singapour, en Israël et au Maroc.