Faites le point sur votre patrimoine avec un CGP indépendant
Fiscalité, placements, immobilier, retraite et transmission : nous analysons votre situation et vous proposons une feuille de route patrimoniale claire, sans engagement.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine indépendant
Quentin Hagnéré accompagne les particuliers, familles et dirigeants sur la structuration globale du patrimoine : fiscalité, placements, immobilier, retraite et transmission.
Sommaire
- Gestion patrimoine Suisse : l'essentiel
- 1. Où êtes-vous résident fiscal et quel permis B/C/G choisir ?
- 2. Convention France-Suisse 1966 + avenant télétravail 2026 + CCM
- 3. Que devient le patrimoine resté en France ? (CSG/CRDS exonérée De Ruyter)
- 4. Quels placements conserver ou adapter (PEA, AV, SCPI) ?
- 5. Assurance-vie luxembourgeoise + banques privées suisses + crédit Lombard
- 6. Forfait fiscal cantonal (Pauschalbesteuerung) : Vaud, Valais, Genève, Tessin
- 7. Immobilier en Suisse : Lex Koller, Lex Weber, réforme valeur locative (effet attendu 2028)
- 8. SCPI européennes, GFI / GFF et IFI optimisé
- 9. Protection sociale : AVS, LPP, 3a/3b, LAMal, CFE
- 10. Succession France-Suisse : convention 1953 abrogée 2015, droits cantonaux, Vaud 2025
- 11. Cinq cas pratiques chiffrés HNW (Pully, Lausanne, Genève, Zoug, UHNW)
- 12. Suisse vs Italie 300 k€, UK FIG, Portugal IFICI, Grèce + Crypto Valley Zoug
- 13. Checklist installation Suisse avant et après départ
- 14. Préparer son retour en France (régime impatrié 155 B + LPP)
- 15. Erreurs classiques à éviter (CCM, exit tax, Lex Koller)
- FAQ expatrié français en Suisse
- Sources officielles
Gestion de patrimoine expatrié en Suisse : ce qu'il faut comprendre en 60 secondes
Publié le 28 avril 2026 — sources officielles 2026 : BOFIP BOI-INT-CVB-CHE (convention France-Suisse 1966), décret 67-879 du 13 septembre 1967, avenant télétravail 27 juin 2023 (décret 2025-838 du 21 août 2025, applicable au 1ᵉʳ janvier 2026), LIFD articles 14 et 36 (forfait fiscal et barème IFD), LHID article 6, Circulaire AFC n° 44 du 24 juillet 2018, LFAIE Lex Koller (RS 211.412.41), Lettre Circulaire CAA 26/1 du 28 janvier 2026 (en vigueur 1ᵉʳ février 2026), réforme valeur locative votée le 28 septembre 2025 (entrée en vigueur 1ᵉʳ janvier 2029), abrogation de la convention successorale du 31 décembre 1953 (1ᵉʳ janvier 2015), réforme du Code civil suisse (article 471 CCS, 1ᵉʳ janvier 2023), CE 25 juin 2021 n° 442790 (forfait CCM = résidence conventionnelle).
Vous installez votre famille à Lausanne, Genève, Pully, Vevey, Verbier, Crans-Montana, Zoug ou Lugano, ou vous l'envisagez sérieusement, et votre patrimoine français vous suit de loin : assurance-vie, PEA, SCPI, locatif, titres de société, parts forestières. Faut-il tout solder avant le départ ? Non. Hagnéré Patrimoine cartographie qui taxe quoi entre la France et la Suisse, active les bons leviers (forfait fiscal cantonal en Vaud, Valais, Tessin ou Genève sous conditions, Calcul de Contrôle Modifié pour préserver la résidence conventionnelle, AV luxembourgeoise multi-devises CHF/EUR/USD souscrite avant départ pour figer l'antériorité française, exit tax 167 bis CGI avec sursis sur option et garanties à 12,8 % des plus-values latentes) et sécurise votre transmission via professio juris loi française dans un testament authentique français (article 22 RUE 650/2012) articulé avec un pacte successoral suisse devant notaire (article 512 CCS).
Concrètement, la plupart des Français HNW qui s'installent en Suisse découvrent trop tard cinq pièges : (1) le forfait fiscal ne donne PAS automatiquement la qualité de résident conventionnel français (article 4 §6 b conv. 1966) — sans Calcul de Contrôle Modifié (CCM), la France applique 25 % de retenue à la source sur les dividendes au lieu des 15 % conventionnels (CE 25 juin 2021 n° 442790, BOFIP ACTU-2012-00064 du 12 septembre 2012) ; (2) l'exit tax article 167 bis CGI n'est pas automatique vers la Suisse hors UE/EEE — sursis sur option seulement, avec constitution de garanties à 12,8 % et délai de dégrèvement de 2 ou 5 ans selon patrimoine ; (3) le piège de l'article 750 ter 3° CGI qui maintient les droits de succession français pour les héritiers résidents France 6+ ans alors que la convention successorale 1953 a été dénoncée par la France le 17 juin 2014 (effective 1ᵉʳ janvier 2015) et n'a JAMAIS été remplacée ; (4) la réforme cantonale Vaud du 1ᵉʳ janvier 2025 (LMSD article 34 modifié) qui réintroduit des droits de succession aux descendants au-delà de CHF 1 million par souche ; (5) l'article 6A LDS Genève qui prive les héritiers en ligne directe de l'exonération si le défunt était au forfait fiscal sur l'une de ses 3 dernières taxations.
Dans ce guide, vous trouverez la grille de résidence fiscale France-Suisse article par article (convention du 9 septembre 1966, ses 5 avenants 1969-2023 et le MLI BEPS), le forfait fiscal cantonal (LIFD article 14 — minimum fédéral CHF 435 000 (2026) en 2026, Vaud CHF 415 000, Valais CHF 250 000, Genève CHF 440 000), la Lex Koller (LFAIE) et la Lex Weber pour l'immobilier, le sort réel de vos revenus français (loyers, dividendes, plus-values, exonération CSG/CRDS post-De Ruyter), le rôle pivot du Luxembourg, l'écosystème bancaire privé suisse (Pictet, Lombard Odier, Mirabaud, UBP, Edmond de Rothschild, Julius Baer, J. Safra Sarasin), la prévoyance (AVS / LPP / pilier 3a CHF 7 258 en 2026 / pilier 3b), la succession depuis l'abrogation de 1953, les frontaliers (CDI 1983 + Genève 1973 + avenant télétravail 40 % applicable 1ᵉʳ janvier 2026), et les cinq cas pratiques chiffrés (couple retraité Pully, CEO tech Lausanne, frontaliers Genève, entrepreneur cession 20 M€ Zoug, UHNW 80 M€ Pully + Verbier + Cap d'Antibes). Comptez 40 minutes de lecture pour repartir avec une cartographie utilisable dès la semaine prochaine.
À retenir en 60 secondes
- Résidence fiscale : côté Suisse, le domicile est défini par l'article 3 LIFD (intention durable de s'établir, indépendamment de la durée de séjour). Côté France, article 4 B CGI (foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques). Article 4 de la convention 1966 départage en cascade : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. L'attestation de résidence fiscale délivrée par l'Administration cantonale des impôts (ACI Vaud, AFC Genève, etc.) est la pièce maîtresse à produire dès la première année.
- Forfait fiscal (Pauschalbesteuerung — LIFD article 14, LHID article 6) : régime cantonal réservé aux étrangers arrivant pour la première fois ou après 10 ans d'absence, sans aucune activité lucrative en Suisse. Base = MAX(7× loyer ou valeur locative, 3× pension complète, dépenses mondiales effectives, minimum fédéral CHF 435 000 en 2026 (LIFD art. 14)). Minima cantonaux 2026 : Vaud CHF 415 000, Valais CHF 250 000 (le plus bas), Tessin ~CHF 400 000, Genève CHF 440 000 (le plus restrictif). 21 cantons l'appliquent encore ; abolitions Zurich (votation 8 février 2009, effet 2010), Schaffhouse (2011), Appenzell Rhodes-Extérieures (2012), Bâle-Ville (2013), Bâle-Campagne (2013). Maintien confirmé par référendum populaire du 30 novembre 2014 (rejet à 59,2 %).
- Calcul de Contrôle Modifié (CCM) — clé HNW : l'article 4 §6 b de la convention 1966 EXCLUT par défaut le forfaitaire de la qualité de résident conventionnel. Sans CCM, retenue à la source française dividendes 25 % au lieu de 15 %, pas d'imputation crédit d'impôt, RAS étrangères non récupérables. Le CCM consiste à inclure tous les revenus mondiaux dans la base de calcul de contrôle (LIFD article 14 al. 3 lit. d ch. 6) — le forfaitaire CCM est alors reconnu résident conventionnel (CE 25 juin 2021 n° 442790, doctrine BOFIP BOI-INT-CVB-CHE-10-10, ACTU-2012-00064 du 12 septembre 2012). À négocier systématiquement dans le ruling cantonal pour HNW avec dividendes/intérêts > 50 k€/an.
- Avenant télétravail du 27 juin 2023 (décret 2025-838 du 21 août 2025) : applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, autorise jusqu'à 40 % de télétravail annuel dans l'État de résidence sans déclencher d'imposition partagée. Au-delà : taxation pro-rata. Concerne les frontaliers Genève (accord 1973) et 8 cantons CDI 1983 (BE, SO, BS, BL, VD, VS, NE, JU).
- Patrimoine français : loyers, plus-values immobilières, SCPI françaises et IFI peuvent rester taxables en France (article 6 + 15 conv. 1966 + art. 244 bis A CGI). Mais depuis CJUE De Ruyter (26 février 2015 C-623/13) étendu à la Suisse par CE 25 janvier 2017 n° 397881, les résidents suisses affiliés à l'AVS sont EXONÉRÉS des CSG/CRDS (9,7 %) ; seul le prélèvement de solidarité 7,5 % reste dû (article 235 ter CGI). Dispense du représentant fiscal accrédité pour les résidents suisses depuis le 1ᵉʳ janvier 2015 (article 244 bis A III bis CGI).
- AV luxembourgeoise : le contrat luxembourgeois (Lombard International / Utmost, Cardif Lux Vie via bureau de Genève « Pack Suisse », Bâloise Vie Luxembourg post-fusion Helvetia 5 décembre 2025, Swiss Life Luxembourg) en CHF, EUR ou USD est l'outil central. Lettre Circulaire CAA 26/1 du 28 janvier 2026 (effective 1ᵉʳ février 2026) : catégorie C (250 k€ versés + 1,25 M€ patrimoine mobilier) ouvre l'accès au private equity, dette privée, alternatifs ; catégorie D (1 M€ versés + 2,5 M€ patrimoine) ouvre l'univers quasi illimité. Côté Suisse, les revenus internes du contrat ne sont pas imposés annuellement (analyse contrat d'assurance, pas placement financier). Pas d'équivalent du « rachat de purge » résident Suisse : la valorisation reste fluide.
- Succession France-Suisse : la convention du 31 décembre 1953 a été dénoncée par la France le 17 juin 2014 (BOFIP ACTU-2014-00284) et n'est plus applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2015 ; aucune nouvelle convention signée depuis. Pas d'impôt fédéral sur les successions (initiative populaire du 14 juin 2015 rejetée à 71 %). Cantonal très variable : Vaud réforme 1ᵉʳ janvier 2025 (LMSD article 34) — franchise descendants CHF 1 M par souche, taxation progressive au-delà ; Genève — exonération conjoint et descendants SAUF si forfait fiscal sur les 3 dernières taxations (article 6A LDS) ; Schwyz et Obwald 0 % pour TOUS héritiers ; Vaud-Tessin-Berne-Valais- Bâle-Ville-Lucerne 0 % ligne directe (sous réserves Vaud 2025) ; Neuchâtel 3 % descendants. Réforme du Code civil suisse 1ᵉʳ janvier 2023 (article 471 CCS) : réserve des descendants ramenée de 3/4 à 1/2 ; réserve des parents supprimée. Professio juris loi française dans testament authentique français (article 22 RUE 650/2012) obligatoire pour clientèle HNW.
- Départ — exit tax France (article 167 bis CGI) : la Suisse n'étant ni dans l'UE ni dans l'EEE, le sursis de paiement n'est pas automatique : option avec constitution de garanties à 12,8 % des plus-values latentes (PFU sans PS depuis 2019), demande au SIPNR 90 jours avant le départ, formulaire 2074-ETD. Délai de dégrèvement automatique : 2 ans si patrimoine net < 2,57 M€, 5 ans au- delà. Vigilance PLF 2026/2027 : amendement I-807 voté en 1ʳᵉ lecture rétablit 15 ans (compromis 8 ans envisagé en navette) ; à finaliser avant promulgation. Validité confirmée par CJUE Picart C-355/16 (15 mars 2018) et CE 25 mai 2018.
- Immobilier en Suisse — Lex Koller (LFAIE 16 décembre 1983) + Lex Weber (article 75b Cst., LRS 1ᵉʳ janvier 2016) : les Français résidents permis B/C peuvent acquérir leur résidence principale sans autorisation (article 5 LFAIE). Les non-résidents UE/AELE doivent obtenir une autorisation cantonale pour résidence secondaire (Verbier, Crans-Montana, Zermatt, Gstaad, St-Moritz) — surface utile principale max 200 m² nets, terrain max 1 000 m², interdiction de revente avant 5 ans. 331 communes saturées Lex Weber au 1ᵉʳ janvier 2026. Investissement locatif INTERDIT pour Français sans permis C. Pratique cantonale Valais du 26 janvier 2026 : notaires interdits d'instrumenter pour étranger sans permis B (sauf résidence principale).
- Réforme valeur locative (votation populaire du 28 septembre 2025, oui à 57,7 %) : abolition de la valeur locative imposable et de la déductibilité des intérêts hypothécaires sur résidence principale et secondaire — entrée en vigueur 1ᵉʳ janvier 2029. Régime transitoire primo-accédants 10 ans dégressif. Avantage majeur pour HNW achetant cash en Suisse.
- AVS / LPP / 3ᵉ pilier (chiffres 2026) : AVS taux salarié 5,3 % (sans plafond), rente max CHF 2 520/mois (couple plafonné CHF 3 780/mois), 13ᵉ rente versée pour la première fois en décembre 2026 ; LPP plafond CHF 90 720, taux conversion 6,8 % maintenu (rejet réforme LPP 21 le 22 septembre 2024), taux d'intérêt minimum 1,25 % ; pilier 3a salarié AVS CHF 7 258 en 2026 (revalorisé depuis CHF 7 056), indépendant sans LPP CHF 36 288 ; rachat rétroactif 3a possible dès 2026 sur 10 ans. Cotisation AVS sans activité 2026 : CHF 530-26 500 selon fortune et rente. Convention de sécurité sociale ALCP du 21 juin 1999 (en vigueur 1ᵉʳ juin 2002) + règlements CE 883/2004 et 987/2009 (depuis 1ᵉʳ avril 2012).
L'angle Hagnéré Patrimoine sur le dossier Suisse
Notre conviction sur ces dossiers, après plusieurs années d'accompagnement de retraités HNW au forfait fiscal Vaud / Valais / Tessin, cadres dirigeants tech à Lausanne et Zurich, frontaliers Genève / Pays de Gex et entrepreneurs cession installant leur holding à Zoug : la stratégie qui fonctionne repose sur quatre piliers cumulables.
- Souscrire l'AV luxembourgeoise AVANT le départ — avec une compagnie acceptant les résidents Suisse (Lombard International / Utmost, Cardif Lux Vie via bureau de Genève, Bâloise Vie Luxembourg, Swiss Life Luxembourg Premium 2026) — pour cumuler l'antériorité fiscale française (PFL 7,5 % au-delà de 8 ans, dans la limite de 150 k€ de primes art. 125-0 A I 2 CGI, utile en cas de retour France via le régime impatrié 155 B sur 8 ans) ET la non-imposition annuelle des revenus internes côté Suisse (analyse contrat d'assurance, pas placement financier). Multi-devises CHF/EUR/USD, super-privilège illimité (loi LU 7 décembre 2015), catégorie C ou D LC CAA 26/1 du 28 janvier 2026 pour accès non-coté / private equity.
- Négocier un Calcul de Contrôle Modifié (CCM) dans le ruling cantonal du forfait fiscal — pour sécuriser la résidence conventionnelle au sens de la convention 1966 (CE 25 juin 2021 n° 442790, BOFIP BOI-INT-CVB-CHE-10-10). Sans CCM, retenue à la source française dividendes 25 % au lieu de 15 % conventionnel, crédit d'impôt suisse art. 25 perdu, RAS US/UK non récupérables. Pour HNW avec dividendes/intérêts > 50 k€/ an, le CCM est systématiquement gagnant : surcoût ICC ~30 k CHF compensé par récupération RAS étrangères ~50-80 k€/an. Avocat fiscaliste cantonal indispensable (Lenz & Staehelin, Schellenberg Wittmer, Oberson Abels, CMS).
- Verrouiller la succession par double dispositif — testament authentique français (professio juris loi française) + pacte successoral suisse devant notaire (article 512 CCS, deux témoins) — pour éviter à la fois la réforme du Code civil suisse 1ᵉʳ janvier 2023 (réserve descendants ramenée de 3/4 à 1/2, réserve parents supprimée), et la réforme cantonale Vaud 1ᵉʳ janvier 2025 (LMSD article 34, franchise descendants CHF 1 M par souche). Si choix de Genève sous forfait fiscal : vigilance article 6A LDS qui prive les descendants de l'exonération en présence de forfait sur les 3 dernières taxations. AV luxembourgeoise avec bénéficiaires non-résidents France 6/10 ans pour transmission optimale hors article 990 I CGI.
- Anticiper l'exit tax 167 bis CGI 12 à 18 mois avant le départ — la Suisse étant hors UE/EEE, sursis sur option avec constitution de garanties à 12,8 % des plus-values latentes (PFU sans PS depuis 2019), formulaire 2074-ETD au SIPNR 90 jours avant. Délai de dégrèvement automatique 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) ou 5 ans (au-delà). Vigilance PLF 2026/2027 : amendement I-807 voté en 1ʳᵉ lecture pour rétablir 15 ans (compromis 8 ans envisagé) — la fenêtre actuelle peut se refermer rapidement.
Avertissement — portée juridique de ce guide
Cet article a une visée informative et pédagogique uniquement. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation fiscale, juridique ou notariale au sens des professions réglementées. Hagnéré Patrimoine est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 en qualité de CIF (Conseiller en Investissements Financiers — adhérent CNCEF Patrimoine), COA (Courtier en assurance) et COBSP (Courtier en opérations de banque et services de paiement).
Les règles fiscales France-Suisse dépendent de votre résidence effective, de la nature de vos revenus, de votre canton de résidence (la fiscalité étant largement cantonale et communale en Suisse), de votre statut (forfaitaire, salarié, frontalier, indépendant), de votre nationalité (notamment binational US — FATCA Modèle 2 jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2028) et de votre situation familiale. Les exemples chiffrés sont indicatifs à la date de mise à jour, calculés sur la base des taux et seuils en vigueur, et ne constituent ni une promesse de résultat ni une garantie de traitement fiscal individuel — la fiscalité dépend des faits propres à chaque dossier.
Pour une stratégie adaptée, faites valider votre dossier par un conseil professionnel réglementé : avocat fiscaliste France + Steuerberater suisse ou avocat fiscaliste cantonal (Lenz & Staehelin, Schellenberg Wittmer, Oberson Abels, Bär & Karrer, CMS von Erlach Partners, Walder Wyss, Kellerhals Carrard), et pour les questions successorales, notaire français coordonné avec un notaire suisse cantonal. Les choix d'investissement comportent un risque de perte en capital ; les performances passées et hypothétiques ne préjugent pas des performances futures.
Références légales mobilisées dans ce guide
Ce guide s'appuie sur la convention fiscale France-Suisse du 9 septembre 1966 (loi de ratification n° 66-995 du 26 décembre 1966, décret de publication n° 67-879 du 13 septembre 1967, entrée en vigueur 26 juillet 1967, BOFIP BOI-INT-CVB-CHE) et ses cinq avenants successifs (3 décembre 1969, 22 juillet 1997, 27 août 2009, 25 juin 2014, 27 juin 2023 télétravail — décret 2025-838 du 21 août 2025, applicable au 1ᵉʳ janvier 2026), le MLI BEPS (Convention multilatérale OCDE signée par France et Suisse le 7 juin 2017), la LIFD (Loi fédérale sur l'impôt fédéral direct du 14 décembre 1990, RS 642.11, notamment articles 3, 14, 16 al. 3, 17b, 18b, 21, 33, 36), la LHID (Loi fédérale d'harmonisation des impôts directs du 14 décembre 1990, RS 642.14, articles 6 et 7), la Circulaire AFC n° 44 du 24 juillet 2018 (forfait fiscal), la LFAIE Lex Koller (RS 211.412.41, 16 décembre 1983) et son ordonnance OAIE, la LRS Lex Weber (article 75b Cst. fédérale, loi du 20 mars 2015), l'arrêté fédéral du 20 décembre 2024 sur l'abolition de la valeur locative (votation du 28 septembre 2025), le Code civil suisse (articles 457 et suivants, réforme 1ᵉʳ janvier 2023), le Code général des impôts français édition 2026 (notamment articles 4 B, 119 bis, 155 B, 163 bis II, 167 bis, 235 ter, 244 bis A, 750 ter, 757 B, 779, 784 A, 787 B, 793-2-2°, 796-0 bis, 964, 976, 990 I, 150-0 B ter), le règlement européen 650/2012 sur les successions internationales (articles 4, 10, 21, 22), la Lettre Circulaire CAA 26/1 du Commissariat aux Assurances Luxembourg (publiée 28 janvier 2026, en vigueur 1ᵉʳ février 2026), l'ALCP du 21 juin 1999 (Accord libre circulation des personnes en vigueur 1ᵉʳ juin 2002) et les règlements (CE) n° 883/2004 et 987/2009 applicables CH-UE depuis le 1ᵉʳ avril 2012, l'arrêt CJUE De Ruyter du 26 février 2015 (C-623/13) étendu à la Suisse par CE 25 janvier 2017 n° 397881, l'arrêt CE 25 juin 2021 n° 442790 (forfait CCM = résidence conventionnelle). Les articles précis sont cités au fur et à mesure dans le corps du guide.

À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — CIF, COA, COBSP, Carte T
Fondateur de Hagnéré Patrimoine, Quentin accompagne des retraités HNW au forfait fiscal Vaud / Valais / Tessin, cadres dirigeants tech à Lausanne et Zurich, frontaliers Genève et Pays de Gex, entrepreneurs cession installant leur holding à Zoug ou Schwyz, et UHNW combinant résidence principale Pully + chalet Verbier + résidence secondaire France. Expertise sur la convention France-Suisse 1966 (avenant télétravail 2026), le forfait fiscal cantonal (LIFD article 14, Calcul de Contrôle Modifié — CE 25 juin 2021 n° 442790), la Lex Koller, l'AV luxembourgeoise multi-devises CHF/EUR/USD, la prévoyance suisse (AVS / LPP / 3a / 3b), la succession depuis l'abrogation de la convention 1953 (1ᵉʳ janvier 2015) et la réforme cantonale Vaud 2025, l'exit tax 167 bis CGI vers la Suisse, et le retour en France via régime impatrié 155 B.
Une fois ce cadre posé, le point de départ reste toujours le même : déterminer si vous êtes résident fiscal français, résident fiscal suisse, ou les deux à la fois selon les droits internes — avant que la convention 1966 ne tranche en cascade, et avant de choisir entre régime ordinaire cantonal et forfait fiscal selon votre profil (rentier, salarié, indépendant, frontalier).
1. Êtes-vous vraiment résident fiscal en Suisse ? Et quel permis B / C / G choisir ?
C'est la première question, parce que tout le reste en découle. Un permis B obtenu auprès de l'Office cantonal de la population ne suffit pas en soi. Un appartement loué à Cologny, Pully ou Lausanne ne prouve rien tout seul. Et la simple inscription au registre communal d'arrivée (Anmeldung / annonce d'arrivée dans les 14 jours) ne convertit pas instantanément la France en pays tiers : la grille conventionnelle France-Suisse impose un faisceau d'indices, et le forfait fiscal cantonal sans Calcul de Contrôle Modifié (CCM) reste explicitement exclu de la qualité de résident conventionnel par l'article 4 §6 b de la convention 1966.
Côté France, la règle est simple : un seul indicateur suffit pour vous garder résident fiscal. Votre foyer est en France, ou votre activité principale, ou votre centre des intérêts économiques (article 4 B du Code général des impôts). Le quatrième cas (agents de l'État détachés) ne concerne presque personne. La doctrine du Conseil d'État (CE 17 juin 2015 n° 371412 ; CE 7 octobre 2020 n° 426124) impose de comparer les revenus et actifs productifs dans chaque pays — la simple détention d'actifs français ne suffit pas à maintenir le centre économique en France si les revenus principaux et l'activité d'investissement sont déplacés en Suisse.
Côté Suisse, le domicile fiscal est défini à l'article 3 LIFD (Loi fédérale sur l'impôt fédéral direct, RS 642.11) et à l'article 23 LHID (harmonisation cantonale, RS 642.14). Le critère central est l'intention durable de s'établir — appréciée au moyen d'un faisceau d'indices : foyer familial, école des enfants, lieu de travail, comptes bancaires opérationnels, centre des intérêts personnels et professionnels. Deux règles d'application complémentaires :
- séjour de 30 jours avec activité lucrative ou 90 jours sans activité lucrative consécutifs en Suisse : présomption de domicile fiscal (article 3 al. 3 LIFD), critère utile pour les rentiers HNW qui s'installent au forfait fiscal.
- le critère du foyer permanent (résidence principale) où la famille est établie prime sur le décompte de jours pour les forfaitaires non actifs.
| Question | Indice France | Indice Suisse | Preuve à conserver |
|---|---|---|---|
| Où vit votre famille ? | Conjoint et enfants restés en France | Foyer réel à Lausanne, Genève, Pully, Vevey, Verbier, Lugano ou Zoug ; scolarisation au Lycée français Lausanne, Florimont Genève, Aiglon, Le Rosey ou EFIB Berne | Contrat de bail suisse, facture eau/électricité, attestation école, annonce d'arrivée OCPM (Genève) ou SPOP (Vaud) |
| Où travaillez-vous (le cas échéant) ? | Direction ou activité principale en France | Contrat de travail suisse, mandat d'administrateur d'une SA / Sàrl suisse, ou activité indépendante (Selbstständige) — interdit pour les forfaitaires | Fiche de paie suisse (Lohnabrechnung), affiliation LPP cadre, attestation employeur, registre du commerce cantonal |
| Où sont vos revenus ? | Majorité des revenus ou actifs productifs en France | Compte courant et placements logés en banque privée suisse (Pictet, Lombard Odier, Mirabaud, UBP, Edmond de Rothschild) ou cantonale (BCV, BCGE, ZKB) | Relevés bancaires suisses, attestations de portefeuille, déclarations cantonales d'impôt (Steuererklärung) annuelles |
| Combien de temps sur place ? | Séjour principal en France | Domicile permanent + intention durable (article 3 LIFD) ; pour les rentiers : présence ≥ 90 jours sans activité lucrative déclenche présomption | Annonces d'arrivée et factures, justificatifs présence physique (médecin, scolarité), tickets d'avion limités |
| Attestation de résidence fiscale suisse | Sans objet | Délivrée par l'Administration cantonale des impôts (ACI Vaud, AFC Genève, Steueramt Zurich) sur demande, en général après 12 mois et déclaration cantonale validée | Formulaire 5000-FR signé par l'ACI cantonale + certificat de résidence fiscale ; pièce maîtresse pour produire la convention 1966 côté DGFiP française |
| Permis de séjour | Sans objet | Permis B (Aufenthaltsbewilligung, 5 ans renouvelables) ou C (Niederlassungsbewilligung après 5 ans pour Français — accord franco-suisse d'établissement du 23 février 1882) | Permis B/C original délivré par l'Office cantonal de la population (OCPM Genève, SPOP Vaud, Migrationsamt Zurich) |
Concrètement, un dirigeant qui garde sa famille à Lyon, son holding française, ses revenus principaux en France et passe quatre mois par an à Genève pour développer une startup ne devient pas automatiquement résident suisse. À l'inverse, un cadre tech recruté localement à Lausanne ou Zurich (Pictet AM, Lombard Odier IM, EPFL spin-off, Logitech, Nestlé, Roche) qui y vit avec sa famille, scolarise ses enfants au Lycée français de Lausanne ou à Florimont Genève, dispose de son permis B, paie ses cotisations AVS et a déménagé son portefeuille bancaire chez Pictet ou UBP, a un dossier solide — surtout s'il détient une attestation cantonale de résidence fiscale (formulaire 5000-FR signé) délivrée par l'Administration cantonale des impôts après sa première déclaration validée.
Article 4 de la convention France-Suisse 1966 : la grille de tie-breaker
Lorsque les deux États considèrent qu'une même personne est résidente fiscale, l'article 4 § 2 de la convention 1966 départage en cascade hiérarchisée :
- foyer d'habitation permanent dans l'un des deux États ;
- en cas de double foyer : centre des intérêts vitaux (liens personnels et économiques les plus étroits) ;
- à défaut : séjour habituel ;
- à défaut : nationalité ;
- enfin : procédure amiable entre la DGFiP française et l'AFC suisse (article 27 de la convention).
Pour une famille HNW en cours d'installation, le critère 1 (foyer permanent) ou 2 (centre des intérêts vitaux) tranche presque toujours. La simple acquisition d'un appartement à Lausanne ne suffit pas si le foyer reste partagé avec la France : céder l'immeuble français de fonction (ou le mettre en location prouvable), scolariser tous les enfants en Suisse, transférer les comptes bancaires opérationnels et faire évoluer le portefeuille (cession des actifs économiques actifs en France) sont les leviers réels de bascule. Attention spécifique au forfait fiscal : l'article 4 §6 b exclut explicitement le forfaitaire de la qualité de résident conventionnel — sauf à activer le Calcul de Contrôle Modifié (CCM) dans le ruling cantonal (voir section 2 et 6).
Jurisprudence : le forfait fiscal modifié = résident conventionnel (CE 25 juin 2021)
Le Conseil d'État rappelle qu'un retraité vivant à l'étranger peut garder son centre d'intérêts économiques en France si ses revenus viennent exclusivement de France (CE 17 juin 2015, n° 371412). À l'inverse, la seule détention d'actifs français ne suffit pas : il faut comparer les revenus et les actifs productifs dans chaque pays (CE 7 octobre 2020, n° 426124). Plus spécifiquement pour la Suisse, l'arrêt fondateur CE 25 juin 2021, n° 442790 (8ᵉ-3ᵉ ch. réunies, R. Victor rapporteur public) a tranché : un Français imposé au forfait suisse vaudois selon un calcul de contrôle incluant l'ensemble des revenus mondiaux (CCM) est résident conventionnel au sens de l'article 4 conv. 1966. Le doctrinal BOFIP BOI-INT-CVB-CHE-10-10 et l'ACTU-2012- 00064 du 12 septembre 2012 (retrait de la tolérance administrative française antérieure) confirment ce cadre : seuls les forfaitaires en CCM bénéficient pleinement de la convention. La doctrine CE 9 novembre 2015 n° 370054 (Landesärztekammer Hessen) pose le principe général qu'une personne non effectivement assujettie ne peut être qualifiée de résidente conventionnelle.
Permis B / C / G : quel statut pour quel profil HNW ?
Le choix du permis de séjour conditionne directement la fiscalité applicable et la possibilité d'accéder au forfait. Les Français bénéficient de l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP du 21 juin 1999, en vigueur 1ᵉʳ juin 2002) + Annexe I, qui prime sur la LEI.
- Permis B « rentier sans activité » : Aufenthaltsbewilligung 5 ans renouvelable, conditionné aux moyens financiers suffisants + assurance maladie complète + engagement de non-activité (article 24 Annexe I ALCP). C'est le véhicule administratif du forfait fiscal cantonal pour HNW retraités ou cédants. Délai 2-4 mois (Office cantonal de la population : OCPM Genève, SPOP Vaud, Migrationsamt Zurich). Coût ~CHF 100-200.
- Permis B salarié ou indépendant : conditionné à un contrat de travail ≥ 12 mois ou à un business plan validé. Incompatible avec le forfait (l'activité lucrative en Suisse exclut le régime — article 14 al. 1 LIFD).
- Permis C (établi) : pour les Français, délai privilégié de 5 ans de résidence continue (et non 10 ans comme pour les ressortissants pays tiers), en vertu de l'accord franco-suisse d'établissement du 23 février 1882. Durée illimitée, accès libre au marché du travail, pas d'application de la Lex Koller. La transformation B → C n'altère pas le forfait fiscal (seule la naturalisation y met fin).
- Permis G (frontalier) : Français résidant en France et travaillant en Suisse ; valide 5 ans (CDI ou CDD > 12 mois) ; règle de retour ≥ 1 fois/semaine au domicile français + 45 nuits/an max en zone d'emploi suisse. Avenant télétravail 27 juin 2023 (40 % de télétravail toléré sans changement de régime, applicable depuis 1ᵉʳ janvier 2026).
- Permis L (court séjour) : 3 à 12 mois renouvelable jusqu'à 24 mois. Marginal pour HNW.
- Permis Ci : conjoint/enfant d'agent international (ONU, OMC, OMS, BIT, CICR Genève). La durée en Ci n'est pas comptabilisée pour le permis C ni la naturalisation — vigilance pour les épouses de fonctionnaires internationaux.
Vigilance naturalisation = perte du forfait : la naturalisation suisse (ordinaire 10 ans, facilitée 5 ans via mariage) déclenche la perte du forfait fiscal de plein droit pour la totalité de la période fiscale au cours de laquelle la nationalité est acquise. Décision stratégique majeure à arbitrer entre sécurité juridique long terme et optimisation fiscale.
Une fois ces critères passés en revue (résidence fiscale + permis approprié), on peut basculer sur la mécanique conventionnelle France-Suisse 1966 d'élimination de la double imposition, article par article — avec une attention particulière au piège de l'article 4 §6 b pour les forfaitaires.
2. Convention France-Suisse 1966 + 5 avenants : comment éviter la double imposition (et le piège du forfait)
La convention fiscale France-Suisse du 9 septembre 1966 (loi de ratification n° 66-995 du 26 décembre 1966, décret de publication n° 67-879 du 13 septembre 1967, entrée en vigueur le 26 juillet 1967, RS 0.672.934.91 côté suisse) est le texte central. Le BOFIP BOI-INT-CVB-CHE en commente l'application pratique côté français. Cinq avenants successifs l'ont modernisée : 3 décembre 1969 ; 22 juillet 1997 (régime mère-fille moderne) ; 27 août 2009 (échange de renseignements, fin du secret bancaire conventionnel — décret 2010-1532) ; 25 juin 2014 (clauses anti-évasion — décret 2016-534) ; et l'avenant télétravail du 27 juin 2023 (décret 2025-838 du 21 août 2025, applicable au 1ᵉʳ janvier 2026). La Convention multilatérale BEPS (MLI) a été signée par la France et la Suisse le 7 juin 2017 ; la France l'a ratifiée le 12 juillet 2018 (entrée en vigueur 1ᵉʳ janvier 2019), la Suisse le 29 août 2019 (entrée en vigueur 1ᵉʳ décembre 2019). À noter : la Suisse n'a pas listé la convention France-Suisse comme "Covered Tax Agreement" du MLI ; les clauses anti-abus PPT sont introduites bilatéralement (avenant 2014 + pratique conventionnelle).
| Revenu ou actif | Règle pratique | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Loyers d'un bien français (résident CH) | Imposables dans l'État de situation (France) — article 6 | Déclaration française non-résident (taux mini 20 % / 30 %) ; côté Suisse, intégration au revenu mondial avec exemption sous progressivité (article 25 §B). PS exonération CSG/CRDS post-De Ruyter, 7,5 % seulement |
| Salaires exercés en Suisse | Imposables dans l'État d'exercice (Suisse) — article 17 (salariés) | Frontaliers 8 cantons CDI 1983 (BE/SO/BS/BL/VD/VS/NE/JU) : imposition en France ; frontaliers Genève (accord 1973) : imposition à la source CH + crédit d'impôt FR ; avenant télétravail 27 juin 2023 applicable 1ᵉʳ janvier 2026 (40 % télétravail toléré) |
| Pension privée française (CARSAT, AGIRC-ARRCO, Madelin, PER en rente) | Imposable exclusivement dans l'État de résidence (Suisse) — article 20 | Forfaitaire SANS CCM : exclusion conventionnelle (article 4 §6 b) — la pension reste imposable France. Forfaitaire AVEC CCM : taxation Suisse seule. Suspension CSG/CRDS art. L. 136-1 CSS |
| Pension publique française (fonctionnaire, militaire) | Imposable dans l'État payeur (France) — article 21, sauf si bénéficiaire ressortissant exclusif suisse (cas rare) | Décision lourde de renoncer à la nationalité française pour basculer la pension en Suisse : rarement opportune |
| Dividendes français → résident Suisse | RAS plafonnée 15 % cas général ; 0 % de retenue à la source (avenant 22 juillet 1997, art. 11 §2 b ii) — participation ≥ 10 % du capital. La durée de détention de 2 ans est requise par l'art. 119 ter CGI (régime mère-fille français), pas par la convention | Forfaitaire SANS CCM : RAS française appliquée à 25 % (article 119 bis 2° CGI), pas de bénéfice conventionnel. Forfaitaire AVEC CCM : RAS 15 %, formulaire 5000-SD |
| Intérêts français (obligations, livrets) | Imposition exclusive État de résidence (article 12), pas de RAS française | Sous CCM, intégration au revenu cantonal et fédéral suisse. Livret A et obligations d'État françaises restent exonérés en France pour non-résidents |
| Redevances (brevets, marques, savoir-faire, logiciels) | Imposition exclusive État de résidence (article 12 par convention 1966 modifiée) — pas de RAS française | Procédure 5000-SD pour confirmation résidence conventionnelle |
| Plus-value immobilière française | Droit d'imposer attribué à la France (article 6 + article 15) — article 244 bis A CGI | PFU 19 % + prélèvement de solidarité 7,5 % SEULEMENT (CSG/CRDS exonérés post-De Ruyter pour résidents CH affiliés AVS — CE 25 janvier 2017 n° 397881). Dispense représentant fiscal accrédité depuis 1ᵉʳ janvier 2015 (244 bis A III bis CGI) |
| Plus-value mobilière sur titres de participation substantielle (sociétés à prépondérance immobilière française) | France conserve son droit d'imposer (article 15 §2) | Croisement avec exit tax 167 bis CGI : Suisse hors UE/EEE → sursis sur option avec garanties à 12,8 %, demande SIPNR 90 jours avant départ |
| Autres plus-values mobilières (PEA, CTO, parts de société non immo) | Imposables exclusivement dans l'État de résidence (Suisse) — article 15 §1 | Suisse exonère les plus-values mobilières privées (article 16 al. 3 LIFD) — taxation 0 % en gestion privée. Forfaitaire SANS CCM : risque de requalification résident France |
| Fortune immobilière française (IFI résident Suisse) | Imposition par l'État de situation (France) — article 24 §1 | IFI seuil 1,3 M€ (CGI article 964) ; impôt cantonal suisse sur la fortune ne taxe que les biens situés en Suisse (pas double imposition juridique). Pacte Dutreil article 787 B CGI applicable |
| Crypto-actifs détenus en direct | Imposition exclusive État de résidence (article 15 §1) — Suisse exonère les PV en gestion privée (LIFD article 16 al. 3) | CARF reporté 1ᵉʳ janvier 2027 par décision Conseil fédéral 26 novembre 2025 (premier échange 2027). Exit tax 167 bis CGI HORS CHAMP pour crypto en direct (CE 26 avril 2018 n° 417809) |
Formulaire 5000 + attestation cantonale : la combinaison qui évite le mauvais taux
Pour les revenus mobiliers français, le formulaire 5000-SD atteste votre résidence fiscale suisse. Son annexe 5001 vise les dividendes, 5002 les intérêts, 5003 les redevances. Mais l'administration française demande aussi l'attestation cantonale de résidence fiscale (signée par l'ACI Vaud, AFC Genève, Steueramt Zurich, etc.). Sans ces deux pièces, votre banque française applique automatiquement la retenue à la source de droit interne — 25 % pour personnes physiques (article 119 bis 2° du CGI) sur dividendes, alors que la convention 1966 (avenant 1997) limite à 15 % (cas général) ou 0 % (régime mère-fille avec participation ≥ 10 % détenue ≥ 1 an). Vous pourrez ensuite demander le remboursement du différentiel auprès de la Direction des Impôts des Non Résidents (DINR — ex-SIPNR), mais c'est long (délai 2 ans art. R*196-1 LPF) — d'où l'intérêt de produire les justificatifs en amont auprès de l'établissement payeur. Vigilance forfaitaire : sans Calcul de Contrôle Modifié (CCM) inscrit dans le ruling cantonal, l'administration française REFUSE le bénéfice conventionnel (article 4 §6 b conv. 1966 + ACTU-2012-00064 du 12 septembre 2012). Le CCM est la seule voie pour récupérer le 15 %.
2.1. Article 25 : élimination de la double imposition par crédit d'impôt et exemption avec progressivité
La convention France-Suisse 1966 utilise deux méthodes d'élimination de la double imposition selon le type de revenu et l'État de résidence (article 25) :
- Côté France (résident France percevant des revenus suisses) : crédit d'impôt français égal à l'impôt français correspondant (méthode du crédit limité à l'impôt français), sans excéder l'impôt suisse effectivement payé. Pour les revenus exonérés conventionnellement en France (salaires des frontaliers vaudois par exemple), application du taux effectif (CGI article 197 C).
- Côté Suisse (résident Suisse percevant des revenus français) : exemption avec réserve de progressivité — les revenus exonérés sont pris en compte pour calculer le taux applicable aux autres revenus, mais ne sont pas imposés directement. Crédit d'impôt forfaitaire (DA-1) côté suisse pour récupérer la RAS française résiduelle non imputable.
- Cas spécifique du forfaitaire avec CCM : le contribuable est imposé en Suisse sur la base élargie incluant tous les revenus mondiaux. Il bénéficie alors pleinement des taux conventionnels réduits sur les RAS étrangères (15 % dividendes France, 15 % dividendes US via convention CH-US, 15 % dividendes Allemagne, etc.) et du crédit d'impôt suisse DA-1.
2.2. CRS Suisse-France : transparence totale depuis 2018
La Suisse a signé le MCAA (Multilateral Competent Authority Agreement) le 19 novembre 2014 et l'a transposé par la LEAR (Loi sur l'échange automatique de renseignements en matière fiscale) et son ordonnance OEAR. Premier échange Suisse-France en septembre 2018 sur les données collectées en 2017, avec environ 100 partenaires dont la France. Les banques suisses (UBS, Pictet, Lombard Odier, Mirabaud, UBP, Edmond de Rothschild, Julius Baer, J. Safra Sarasin, banques cantonales ZKB / BCV / BCGE / BCVs) identifient et reportent annuellement à l'AFC les comptes des non-résidents fiscaux, qui sont retransmis à la DGFiP française. Conséquence : tout résident fiscal français détenant un compte suisse doit s'attendre à la connaissance automatique de Bercy. Inversement, un résident suisse conservant un compte français doit notifier la banque française du changement d'adresse fiscale et s'attendre à un reporting CRS vers l'AFC. FATCA : la Suisse applique l'IGA Modèle 2 (signé 13 février 2013, en vigueur 2 juin 2014) — les institutions financières suisses transmettent DIRECTEMENT à l'IRS américain avec consentement client. Un nouvel accord Modèle 1 a été signé le 27 juin 2024, mais sa transition opérationnelle est reportée au 1ᵉʳ janvier 2028 (KPMG février 2026). CARF crypto : signature suisse 26 novembre 2024, premier échange reporté à 2027 (décision Conseil fédéral 26 novembre 2025). DAC8 UE applicable depuis 1ᵉʳ janvier 2026.
2.3. MLI BEPS et clause anti-abus PPT
France et Suisse ont signé l'instrument multilatéral OCDE (MLI BEPS) le 7 juin 2017. La France l'a ratifié par la loi n° 2018-604 du 12 juillet 2018 (entrée en vigueur 1ᵉʳ janvier 2019) ; la Suisse a déposé son instrument de ratification le 29 août 2019 (entrée en vigueur 1ᵉʳ décembre 2019). À noter : la Suisse n'a pas listé la convention France-Suisse comme "Covered Tax Agreement" — les clauses anti-abus PPT sont introduites bilatéralement (avenant 2014 + pratique conventionnelle continue). Le Principal Purpose Test (PPT) de l'article 7 du MLI permet à l'administration de refuser le bénéfice de la convention en cas de montage à finalité principalement fiscale. En pratique, cela cible les structures dépourvues de substance économique (sociétés boîtes aux lettres, holdings de pure interposition). Pour un dirigeant tech à Lausanne, un forfaitaire vaudois exerçant exclusivement une gestion patrimoniale privée, ou un entrepreneur ayant créé une holding suisse à Zoug avec une substance économique réelle (bureaux loués, salariés effectifs, comités de direction tenus en Suisse), le PPT n'est pas un obstacle.
2.4. Avenant télétravail du 27 juin 2023 — applicable au 1ᵉʳ janvier 2026
L'avenant à la convention 1966 du 27 juin 2023 (décret 2025-838 du 21 août 2025, applicable au 1ᵉʳ janvier 2026) instaure un régime pérenne de télétravail transfrontalier. Pour les frontaliers (8 cantons CDI 1983 et accord Genève 1973), le télétravail au domicile français est toléré jusqu'à 40 % du temps de travail annuel (avec un sous-plafond de 10 jours par an de missions temporaires hors État employeur) sans déclencher d'imposition partagée — le salaire reste imposable selon le régime initial (France pour les CDI 1983, Suisse pour Genève + crédit d'impôt FR). Au-delà de 40 %, la fraction télétravaillée devient imposable en France dès le 1ᵉʳ jour. Compensation financière : transmission automatique des données salariales par les employeurs suisses à l'AFC, première transmission janvier 2027 sur données 2026 ; rétrocession des recettes fiscales entre États selon mécanisme de péréquation. La Suisse n'a pas adhéré à l'accord-cadre UE sur le télétravail (1ᵉʳ juillet 2023), mais l'arrangement bilatéral France-Suisse fonctionne en pratique de manière analogue (jusqu'à 49,9 % télétravail pour la sécurité sociale — à ne pas confondre avec le seuil fiscal de 40 %).
Une fois le partage France-Suisse compris, on peut décider quoi faire des actifs restés en France après l'installation, avec une attention particulière à l'exonération CSG/CRDS post-De Ruyter pour les résidents Suisse affiliés AVS.
3. Que devient votre patrimoine resté en France ?
Beaucoup d’expatriés veulent trancher vite : « je garde » ou « je vends ». En pratique, la bonne réponse dépend de la fiscalité, du financement, de la liquidité, de votre horizon de retour et de vos héritiers.
| Actif français | À conserver si… | À revoir si… | Guide interne |
|---|---|---|---|
| Résidence locative française | Rendement net correct, crédit français bon marché, utilité au retour, IFI < 1,3 M€. Avantage majeur résident Suisse : exonération CSG/CRDS post-De Ruyter (CE 25/01/2017), prélèvement de solidarité 7,5 % seulement | Patrimoine immo France > 1,3 M€ (IFI), travaux lourds, rendement marginal. Convention 1966 art. 6 + 25 : taxation France + crédit d'impôt Suisse | Fiscalité non-résidents |
| SCPI françaises | Diversification immobilière, horizon long, revenu régulier. Idem De Ruyter : 7,5 % PS au lieu de 17,2 % | Privilégier SCPI européennes (immeubles hors France) qui sortent de l'assiette française et n'engagent que la fiscalité suisse (taxation au revenu cantonal + IFD) | SCPI non-résidents |
| Assurance-vie française | Antériorité fiscale > 8 ans (PFL 7,5 % au-delà, dans la limite 150 k€ primes art. 125-0 A I 2 CGI), bénéficiaires français, retour probable via régime impatrié 155 B | Supports limités, assureur réticent aux résidents Suisse, multi-devises CHF rarement disponibles. Pour nouveaux versements : préférer AV luxembourgeoise multi-devises CHF/EUR/USD | Assurance-vie |
| PEA | Ouvert avant départ, > 5 ans, actions européennes (Suisse non ETNC, conservation autorisée par impots.gouv) | Banque française bloque les opérations résident hors UE (Bourse Direct, Boursorama). PV mobilières privées exonérées en Suisse (LIFD article 16 al. 3) — fiscalité française seule | PEA vs CTO |
| Compte-titres ordinaire (CTO) | Souplesse, multi-devises, ETF mondiaux. PV cessions exonérées Suisse en gestion privée (article 16 al. 3 LIFD) | Banque française hostile au résident Suisse. Solutions alternatives : Saxo, Interactive Brokers, banque privée suisse Pictet / Lombard Odier / UBP / Mirabaud / Julius Baer (ticket 1-5 M CHF) | PEA vs CTO |
| Titres de société française | Pas de cession proche, gouvernance claire, dividendes raisonnables (RAS conventionnelle 0 % mère-fille ≥ 10 %, 15 % cas général après CCM) | Cession proche → exit tax 167 bis CGI (seuil 800 k€ ou 50 %), garanties 12,8 % avec sursis sur option (Suisse hors UE/EEE) — anticiper 12-18 mois. Vigilance PLF 2026/2027 (durcissement potentiel à 8 ou 15 ans) | Exit tax 2026 |
| PER | Versements antérieurs déductibles conservés, retraite française à venir, retour via régime impatrié 155 B (8 ans d'exonération partielle) | Versements automatiques à arrêter (plus de revenu imposable France si CCM activé). Privilégier pilier 3a suisse CHF 7 258/an (déductible IFD + ICC) + LPP cadre + 3b libre | Régime impatrié 155 B |
Concrètement, vendre un appartement français avant de partir peut simplifier l'IFI, mais vous priver d'un actif utile si vous rentrez en France dans 5-8 ans (le régime impatrié 155 B offre une exonération étendue pendant 8 ans). À l'inverse, garder une SCPI française lourdement taxée alors que vous cherchez de la mobilité patrimoniale n'a pas toujours de sens : notre guide SCPI et non-résidents détaille ce point actif par actif. Pour les SCPI, le bon réflexe résident Suisse est souvent de basculer vers des SCPI européennes (immeubles hors France) qui sortent de l'assiette fiscale française.
De Ruyter — Suisse exonérée des CSG/CRDS depuis 2017 : économie 9,7 points
Suite à l'arrêt fondateur de la CJUE du 26 février 2015 De Ruyter (C-623/13) étendu aux résidents suisses par le Conseil d'État du 25 janvier 2017 n° 397881 (en vertu de l'ALCP qui rend applicable le règlement CE 883/2004 entre Suisse et UE depuis 1ᵉʳ avril 2012), un résident suisse affilié à l'AVS bénéficie de l'exonération de la CSG (9,2 %) et de la CRDS (0,5 %) sur ses revenus de source française. Seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % (article 235 ter CGI), affecté au budget de l'État et non à la sécurité sociale, reste dû. Économie : 9,7 points sur les revenus locatifs et les plus-values immobilières françaises.
Cas pratique : un Français résident à Lausanne avec 100 k€ de revenus locatifs nets en France paie 32 500 € au lieu de 42 200 € — économie 9 700 €/an. Sur 20 ans : 194 000 € économisés. Sur une cession immobilière 1 M€ avec 500 k€ de PV : économie 48 500 € (132 500 € au lieu de 181 000 €).
Justificatif requis : attestation d'affiliation AVS délivrée par la Caisse suisse de compensation (CSC) ou la caisse cantonale ; à indiquer en case 8SH/8SI sur déclaration 2042. Dispense de représentant fiscal accrédité depuis 1ᵉʳ janvier 2015 (article 244 bis A III bis CGI) — économie 0,4 à 1 % du prix de cession (5 000-10 000 € sur 1 M€). Vigilance PLF/PLFSS 2027 : tentative récurrente de relèvement du prélèvement de solidarité à 9 % ou 10 %.
Exit tax 167 bis CGI vers la Suisse : sursis sur option, garanties 12,8 %
Article 167 bis CGI : l'exit tax s'applique aux contribuables résidents fiscaux français au moins 6 des 10 années précédant le départ et détenant plus de 800 000 € de titres ou au moins 50 % des droits d'une société. Plus-values latentes calculées au jour du départ. Taux : PFU 12,8 % sans prélèvements sociaux depuis 2019 + CEHR potentielle.
Suisse hors UE/EEE : sursis sur option avec constitution de garanties (nantissement de titres, hypothèque, caution bancaire solidaire) à hauteur de 12,8 % des plus-values latentes. Demande au SIPNR au plus tard 90 jours avant le transfert via formulaire 2074-ETD. Délai de dégrèvement automatique : 2 ans pour patrimoine net imposable < 2,57 M€, 5 ans pour patrimoine ≥ 2,57 M€ (LF 2019). Validité confirmée par CJUE Picart C-355/16 (15 mars 2018) et CE 25 mai 2018.
Cas hors champ : crypto-actifs détenus en direct — le Conseil d'État (CE 26 avril 2018 n° 417809) a qualifié les cryptomonnaies de « biens meubles incorporels », non des « droits sociaux, valeurs ou titres » au sens de 167 bis. Le départ vers la Suisse pour un détenteur direct de BTC/ETH n'est pas soumis à exit tax (sauf si crypto logées en société holding française).
Vigilance PLF 2026 : l'amendement n° I-807 rétablissant un délai de 15 ans (version pré-2019) a été voté par l'Assemblée nationale en première lecture le 3 novembre 2025. Compromis 8 ans envisagé en navette parlementaire (proposition Mattei). Au 28 avril 2026, la mesure n'est PAS définitive ; vigilance PLF 2027 : risque de durcissement réel — à finaliser avant promulgation.
Avant le départ en Suisse, faites auditer vos actifs français
Résidence fiscale conventionnelle (article 4 conv. 1966 + attestation cantonale + CCM), exit tax 167 bis avec sursis et garanties 12,8 %, immobilier français + dispense représentant fiscal art. 244 bis A, AV luxembourgeoise multi-devises CHF/EUR/USD pré-départ, succession France-Suisse (depuis abrogation 2015 + réforme Vaud 2025) : Hagnéré Patrimoine vous aide à prioriser les décisions 12-18 mois avant le transfert effectif.
Les placements financiers méritent une analyse séparée, parce qu'ils sont souvent les plus simples à adapter sans tout casser — surtout qu'en Suisse, les plus-values mobilières privées sont exonérées d'impôt fédéral et cantonal (article 16 al. 3 LIFD), un avantage structurel majeur par rapport à la France.
4. Quels placements conserver, fermer ou transférer avant l'installation en Suisse ?
Un Français qui s'installe en Suisse doit éviter deux réflexes opposés : garder tous ses produits français par habitude (sans utiliser l'exonération suisse des plus-values mobilières privées — article 16 al. 3 LIFD), ou tout fermer pour « repartir propre » (perdant ainsi l'antériorité fiscale française PFL 7,5 % au-delà de 8 ans, dans la limite de 150 k€ de primes par assuré tous contrats confondus, art. 125-0 A I 2 CGI). Les deux approches peuvent coûter cher. Le bon arbitrage tient compte de votre antériorité fiscale française, de votre horizon de retour éventuel via régime impatrié 155 B (8 ans d'exonération partielle), et de votre besoin de diversification devises (EUR + CHF + USD multi-comptes), surtout pour un forfaitaire avec CCM activé.
| Enveloppe | Décision en résidence Suisse | Pourquoi | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| PEA | Conserver s'il existe et a > 5 ans | Suisse n'est pas ETNC (impots.gouv) → conservation autorisée. Plus-values mobilières privées exonérées en Suisse (LIFD article 16 al. 3) — taxation 0 % cantonal et fédéral pour gestion privée non professionnelle | Ouverture impossible si déjà non-résident. Banque française peut bloquer arbitrages ou versements (vérifier par écrit avant départ). Plafond PEA 150 k€. Antériorité préservée au retour France |
| Compte-titres ordinaire (CTO) | Conserver pour ETF mondiaux + diversifier devises CHF/EUR/USD | PV de cessions exonérées en Suisse (article 16 al. 3 LIFD). Côté France pour non-résident : RAS dividendes 25 % au lieu de 15 % conv. 1966 sans CCM ; avec CCM, 15 % sur production 5000-SD + attestation cantonale | Banque française peut fermer le compte (Bourse Direct, Boursorama refusent souvent les non-résidents). Solutions : Saxo, Interactive Brokers, banque privée suisse (Pictet, Lombard Odier, UBP, Mirabaud, Edmond de Rothschild) |
| Assurance-vie française (avant 70 ans) | Conserver pour antériorité 8 ans + transmission 990 I — éventuellement compléter par AV LUX multi-devises CHF | Antériorité française PFL 7,5 % au-delà 8 ans (dans la limite 150 k€ primes art. 125-0 A I 2 CGI), utile en cas de retour France via régime impatrié 155 B. Au décès art. 990 I : exonération totale si défunt résident Suisse 6+/10 ans + bénéficiaire non-résident France 6/10 ans | Certains assureurs refusent les nouveaux versements de résidents Suisse (vérifier au cas par cas). Antériorité conservée si pas de rachat total. Pour les gros patrimoines : préférer AV LUX (super-privilège, multi-devises, FAS/FID/FIC catégorie C/D) |
| AV LUXEMBOURGEOISE multi-devises CHF/EUR/USD (souscrite AVANT départ) | OUI — outil pivot. Souscrire dès 250 k€ de capital financier mobile | Triangle de sécurité, super-privilège illimité (articles 39 et 253-1 et suivants loi LU 7/12/2015), multi-devises CHF/EUR/USD, neutralité fiscale luxembourgeoise. Côté Suisse : revenus internes non imposés annuellement (analyse contrat d'assurance, pas placement financier). LC CAA 26/1 du 28 janvier 2026 : catégorie C (250 k€ + 1,25 M€ patrimoine) ouvre PE / dette privée / alternatifs | Compagnies acceptant Suisse : Lombard International / Utmost (référence HNW/UHNW), Cardif Lux Vie (Pack Suisse via bureau Genève), Bâloise Vie Luxembourg (durci post-fusion Helvetia 5/12/2025), Swiss Life Luxembourg Premium 2026. Souscription pré-départ obligatoire pour figer l'antériorité française PFL 7,5 % |
| Contrat de capitalisation luxembourgeois (PM) | Étudier si holding française à l'IS, Soparfi LUX, ou société suisse (SA, Sàrl, holding Zoug) | Détention par personne morale, démembrement intégral, transmission anticipée par donation des parts (article 238 septies E CGI pour holding FR à l'IS, ~3 % d'assiette par an taxée à l'IS). Catégorie D LC CAA 26/1 (1 M€ versés + 2,5 M€ patrimoine) ouvre univers quasi illimité (PE direct, art, vins) | Substance économique requise. Risque requalification siège effectif IS français si direction depuis Suisse sans substance locale. Réservé patrimoines > 2 M€ |
| PER (Plan Épargne Retraite) | Conserver mais arrêter les versements automatiques après installation | Versements antérieurs déductibles conservés. Outil retour France via régime impatrié 155 B. Privilégier pilier 3a suisse CHF 7 258/an (déductible IFD + ICC) + pilier 3b libre + LPP cadre (rachats déductibles intégralement, plafond 10 % salaire assuré) | Déduction inutile pour résident Suisse (plus de revenu imposable France à effacer si CCM activé). Sortie capital piège : taxation à 30 % PFU OU PFL 7,5 % avec abattement 10 % si versement non fractionné (art. 163 bis II CGI) |
| RSU / Stock-options (Google, Logitech, Roche, Nestlé, Pictet AM) | Articulation prorata-temporis FR ↔ CH au vesting | France (BOI-RSA-ES-20-10-20-60) : gain d'acquisition au prorata des jours d'activité exercée en France entre attribution et vesting. Suisse (LIFD article 17b al. 1) : taxation au vesting. Convention 1966 art. 17 (salariés) : taxation État d'exercice. Élimination par crédit d'impôt côté France, exemption progressive côté Suisse | Articulation triangle complexe si binational. Fractionner les exercices selon timing départ pour optimiser. Conseil fiscal franco-suisse (avocat dual-qualified : Lenz {"&"} Staehelin, Schellenberg Wittmer, Oberson Abels) recommandé |
| BSPCE (bons de souscription pré-cession) | Liquider après installation Suisse si possible | Suisse : PV mobilière privée exonérée (LIFD art. 16 al. 3) — taxation 0 % en gestion privée. Côté France : 12,8 % PFU OU 30 % selon date d'attribution et durée d'activité. Convention 1966 art. 15 §1 : imposition exclusive État de résidence | Vérifier conditions article 163 bis G CGI. Anticiper exit tax 167 bis si valeur > 800 k€ (sursis sur option avec garantie 12,8 %) |
| Crypto-actifs (BTC, ETH, ETF crypto) | Conserver — Crypto Valley Zoug = juridiction la plus efficiente | Suisse exonère les PV crypto en gestion privée (LIFD art. 16 al. 3) — vs France PFU 30 %. Custody régulée FINMA (AMINA Bank ex-SEBA, Sygnum Bank, Bitcoin Suisse Vault). Crypto en direct HORS CHAMP exit tax 167 bis (CE 26 avril 2018 n° 417809, qualifié biens meubles incorporels) | CARF (Crypto-Asset Reporting Framework OCDE) reporté à 2027 par Conseil fédéral 26 novembre 2025. DAC8 UE applicable depuis 1ᵉʳ janvier 2026 (transposition CARF UE). FINMA Guidance 01/2026 du 12 janvier 2026 (custody renforcée) |
| Plan d'épargne entreprise (PEE) / PERCO | Liquider avant départ ou conserver bloqué jusqu'à conditions de sortie | Côté France : exonération si déblocage anticipé pour expatriation (cas 5° L. 3332-25 C. trav.). Côté Suisse : exonération PV mobilière privée (article 16 al. 3 LIFD) | Vérifier conditions cas 5° avec gestionnaire. Délai 6 mois après expatriation |
4.1. Stratégie d'optimisation AV française pré-départ Suisse
Pour les contrats AV français anciens (> 8 ans, primes majoritairement pré-2017) avec plus-values latentes importantes, deux stratégies coexistent selon le profil : rachat partiel pré-départ pour cristalliser des gains au PFL 7,5 % avec exonération PS (post-De Ruyter), ou conservation pour préserver l'antériorité au retour France via régime impatrié 155 B (8 ans).
- Côté France pour résident Suisse affilié AVS : PFL 7,5 % au-delà de 8 ans (primes pré-27/9/2017) ou PFL 7,5 % jusqu'à 150 k€ de primes puis 12,8 % au-delà (primes post-27/9/2017). Pas d'abattement 4 600 € / 9 200 € pour non-résident (doctrine majoritaire).
- Pas de CSG/CRDS 9,7 % grâce à De Ruyter (CJUE C-623/13 du 26/2/2015 + CE 25/1/2017 n° 397881) — seul le prélèvement de solidarité 7,5 % reste dû (article 235 ter CGI).
- Côté Suisse : pour un contrat respectant les conditions de la circulaire AFC n° 24 (souscription avant 66 ans, durée 5 ans, sortie à 60+ ans, identité preneur-assuré), exonération possible des gains au rachat. Sinon, intégration au revenu cantonal et fédéral selon interprétation cantonale (Vaud, Genève : analyse spécifique requise).
- Total imposition effective optimisée : ~15 % sur la part de gains rachetée si timing pré-départ France et structure AV LUX cantonale optimale.
Pour aller plus loin, comparez aussi notre guide PEA vs compte-titres.
Le pivot luxembourgeois pour un résident Suisse : pourquoi souscrire AVANT le départ
L'assurance-vie luxembourgeoise devient l'outil n° 1 d'un Français HNW s'installant en Suisse dès 250 000 € de capital financier mobile. Particularité critique : la souscription doit intervenir AVANT le transfert de résidence fiscale en Suisse pour figer l'antériorité française (PFL 7,5 % au-delà de 8 ans, utile en cas de retour France via régime impatrié 155 B). Côté Suisse, le contrat applique la fiscalité du pays de résidence (neutralité fiscale luxembourgeoise) : revenus internes non imposés annuellement (analyse contrat d'assurance, pas placement financier — différence majeure avec les comptes-titres en direct, taxés annuellement à l'IFD + ICC sur dividendes et intérêts). Les assureurs ouverts Suisse : Lombard International / Utmost (référence HNW/UHNW historique), Cardif Lux Vie (Pack Suisse via bureau de Genève), Bâloise Vie Luxembourg (durci post-fusion Helvetia 5 décembre 2025), Swiss Life Luxembourg Premium 2026. Ticket d'entrée 250 k€, idéal 500 k€-1 M€. Devises CHF + EUR + USD disponibles. Détails complets en section 5.
Binational US / Green Card s'installant en Suisse ? FATCA Modèle 2 + LIFD + CGI = triangle complexe
Profil fréquent en Suisse (cadres tech Logitech / Pictet AM / Lombard Odier IM, exécutifs Big Pharma Roche / Novartis / Nestlé, family offices Genève). Le triangle FATCA US (Modèle 2 IGA jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2028) + LIFD/LHID Suisse + CGI France impose une conformité multi-juridictions complexe : (i) seuls Vitis Life et Bâloise acceptent historiquement les US Persons en AV luxembourgeoise (coût annuel conformité PFIC), (ii) les autres assureurs (Lombard / Utmost, Cardif, Sogelife, La Mondiale) refusent, (iii) reporting IRS (FBAR, formulaire 8938) y compris pour comptes suisses, (iv) accord FATCA Modèle 2 IGA Suisse-USA du 13 février 2013 — banques suisses transmettent DIRECTEMENT à l'IRS avec consentement client (vs Modèle 1 où la transmission passe par l'autorité fiscale locale). Si vous êtes US Person, valider avant tout déplacement de résidence fiscale avec un avocat dual-qualified FR-US-CH.
Les placements financiers sont mobiles. La prochaine section traite le pivot luxembourgeois en détail et l'écosystème bancaire privé suisse — c'est probablement la section la plus utile de ce guide pour un Français HNW s'installant en Suisse. Le forfait fiscal cantonal (Vaud, Valais, Tessin, Genève), l'immobilier Lex Koller et la prévoyance AVS / LPP / 3a viendront ensuite.
5. Assurance-vie luxembourgeoise + banques privées suisses + crédit Lombard : l'architecture HNW
C'est probablement la section la plus utile du guide pour un Français HNW s'installant en Suisse. Le Luxembourg combine neutralité fiscale, super-privilège illimité, multi-devises CHF/EUR/USD/GBP et architecture ouverte, dans des contrats portables qui survivent à votre mobilité internationale sans rupture d'antériorité fiscale française. Côté Suisse, l'écosystème bancaire privé (Pictet, Lombard Odier, Mirabaud, UBP, Edmond de Rothschild, Julius Baer, J. Safra Sarasin, banques cantonales BCV / BCGE / ZKB) offre une sophistication unique au monde, complétée par le crédit Lombard adossé portefeuille (SARON + 0,8-1,5 %) qui permet d'extraire de la liquidité sans déclencher d'événement fiscal.
En pratique, l'assurance-vie luxembourgeoise et le contrat de capitalisation luxembourgeois jouent deux rôles complémentaires : le premier sert à transmettre (article 990 I CGI au décès, sous condition que défunt ou bénéficiaire ait été résident France 6+ ans/10), le second à structurer et démembrer (notamment via une holding française à l'IS, une Soparfi luxembourgeoise ou une société suisse SA / Sàrl sous réserves KYC). La Lettre Circulaire CAA 26/1 publiée le 28 janvier 2026 (en vigueur 1ᵉʳ février 2026) a refondu les catégories d'investisseurs (N / A / B / C / D) : à partir de la catégorie C (250 k€ versés + 1,25 M€ patrimoine mobilier déclaré), accès au private equity, dette privée, hedge funds et structurés complexes. Catégorie D (1 M€ versés + 2,5 M€ patrimoine) : univers quasi illimité — non-coté direct, art, vins, immobilier indirect via SPV.
5.1. Les quatre garanties différenciantes du contrat luxembourgeois
| Garantie | Mécanisme | Avantage pour un résident Suisse |
|---|---|---|
| Triangle de sécurité | Convention tripartite assureur / banque dépositaire agréée / Commissariat aux Assurances (CAA), articles 39 et suivants loi LU 7 décembre 2015 | Vos actifs sont juridiquement ségrégués, hors bilan de l'assureur, sous contrôle prudentiel public CAA — précieux pour un résident Suisse qui sécurise une part significative de son patrimoine en juridiction stable, complémentaire à esisuisse (CHF 100 000) et garantie cantonale (ZKB AAA) |
| Super-privilège illimité | Vous êtes créancier de premier rang absolu sur les actifs représentatifs des provisions techniques, sans plafond (articles 39 et 253-1 et suivants loi LU 7 décembre 2015 abrogeant et remplaçant la loi modifiée du 6 décembre 1991) | À comparer au FGAP français qui plafonne à 70 000 € par assuré et par compagnie (article R. 423-7 Code des assurances). Au Luxembourg : sans plafond. En Suisse : esisuisse plafonne à CHF 100 000 par déposant et par banque ; AV LUX = sécurité illimitée complémentaire |
| Neutralité fiscale (« contrat caméléon ») | Le Luxembourg n'impose ni les rachats, ni les plus-values, ni le décès — c'est la fiscalité du pays de résidence qui s'applique | Pour un résident Suisse : pas d'imposition annuelle des revenus internes (analyse contrat d'assurance vs compte-titres taxé annuellement IFD + ICC sur dividendes/intérêts). Au rachat : interprétation cantonale (circulaire AFC n° 24 — exonération possible si conditions 60 ans / 5 ans / 66 ans / identité preneur-assuré). Au retour France : antériorité française préservée (PFL 7,5 % au-delà de 8 ans, dans la limite de 150 k€ de primes art. 125-0 A I 2 CGI) |
| Architecture ouverte multi-devises CHF / EUR / USD / GBP | CHF, EUR, USD, GBP disponibles selon assureur ; FID, FAS, FIC, gestion conseillée ou libre — catégories N à D LC CAA 26/1 | Pour un résident Suisse : libellage CHF (cohérent avec dépenses locales et impôt cantonal sur la fortune en CHF), EUR (cohérent avec patrimoine européen), USD (cohérent avec marchés mondiaux). Multi-devises = couverture naturelle du risque de change CHF/EUR. Diversification optimale d'un patrimoine mondialisé |
Cas concret. Un cadre dirigeant français qui s'installe à Lausanne ou Pully (Pictet AM, Lombard Odier IM, Logitech, EPFL spin-off, Roche, Nestlé) et place 1 500 000 € sur une assurance-vie luxembourgeoise garde un cadre juridique européen, libelle son contrat en CHF + EUR + USD (cohérence avec son salaire CHF, son immobilier Vaud et sa diversification mondiale), peut allouer 60 % actions monde / 25 % obligations IG / 15 % private equity (catégorie C LC CAA 26/1), et accède aux parts dites « institutionnelles » des fonds indiciels (réservées aux gros tickets), dont les frais de gestion annuels (TER) sont inférieurs de 0,15 à 0,30 point en valeur absolue à ceux des parts grand public — soit jusqu'à 50 % de coût annuel en moins sur un ETF actions monde. Côté Suisse : pas d'imposition annuelle des gains internes (analyse contrat d'assurance vs compte-titres). À un éventuel retour en France via régime impatrié 155 B, l'antériorité fiscale française du contrat reste préservée depuis sa date d'ouverture + exonération 50 % revenus passifs étrangers pendant 8 ans.
Avantage AV LUX en résidence Suisse : pas d'imposition annuelle des revenus internes
La résidence suisse n'impose pas d'imposition annuelle des revenus internes du contrat AV LUX (le contrat est qualifié d'assurance, pas de placement financier — circulaire AFC n° 24). Avantage majeur vs compte-titres en banque privée suisse où dividendes et intérêts seraient taxés annuellement à l'IFD + ICC. Au rachat, la fiscalité dépend de la qualification retenue par le canton :
- Conditions cumulatives circulaire AFC n° 24 respectées (souscription avant 66 ans, rachat après 60 ans révolus, durée minimale 5 ans, identité preneur d'assurance / assuré) : exonération possible du rendement à la sortie (régime du pilier 3b équivalent).
- À défaut : requalification en pur placement financier — les revenus internes redeviennent imposables annuellement comme rendement de fortune au barème cantonal.
La valeur de rachat est en revanche intégrée à la fortune imposable cantonale (Vaud ~0,8 %, GE ~1 %, Zoug ~0,3 %). Pas d'impôt fédéral sur la fortune. Décision technique cantonale-sensible : à arbitrer Vaud / Genève / Zoug avec un fiscaliste local et un avocat fiscaliste français AVANT structuration.
5.2. FAS, FID, FIC : choisir le bon mode de gestion
Les sigles changent vite quand on entre dans l’univers luxembourgeois. Voici la lecture utile, sans jargon :
| Mode | Définition | Pour qui | Supports accessibles |
|---|---|---|---|
| FID (Fonds Interne Dédié) | Portefeuille personnalisé géré par un gestionnaire agréé CAA selon mandat | Patrimoine financier important, gestion déléguée à une banque privée ou société de gestion | Univers très large selon catégorie d’investisseur (A à D) |
| FAS (Fonds d’Assurance Spécialisé) | Compartiment dédié, gestion libre par le souscripteur ou le courtier | Souscripteurs catégories C ou D souhaitant garder la main | Titres vifs, ETF, structurés, fonds, selon catégorie |
| FIC (Fonds Interne Collectif) | Fonds collectif mutualisé entre plusieurs souscripteurs | Investisseurs voulant un coût mutualisé, peu de personnalisation | OPCVM, ETF, parts institutionnelles |
| Gestion conseillée / libre standard | Allocation libre sur l’univers d’unités de compte de l’assureur | Tickets plus petits, profil N à B | OPCVM, ETF, fonds en euros (selon contrat) |
Catégories d’investisseur CAA : la grille à connaître
Le Commissariat aux Assurances classe chaque souscripteur dans une catégorie selon le ticket investi et le patrimoine financier net. Cette catégorie conditionne l’univers d’investissement accessible (notamment private equity, hedge funds, immobilier non coté).
Lecture des catégories : les deux conditions (montant investi ET fortune mobilière nette) sont cumulatives. La fortune mobilière nette exclut l’immobilier et la résidence principale (Circulaire CAA 15/3). En cas de souscription par couple, les seuils s’apprécient par souscripteur, pas par foyer. Plus vous investissez, plus l’univers s’ouvre :
- Catégorie N (en dessous de 125 000 € investis) : fonds standards UCITS uniquement.
- Catégorie A (≥ 125 000 € investis et 250 000 € de fortune mobilière nette) : ouverture progressive aux OPC élargis.
- Catégorie B (≥ 250 000 € investis et 500 000 € de fortune mobilière nette) : OPCVM, ETF, structurés simples.
- Catégorie C — palier déterminant (≥ 250 000 € investis et 1 250 000 € de fortune mobilière nette) : c’est là que vous accédez au private equity, à l’immobilier non coté et aux structurés sur mesure.
- Catégorie D (≥ 1 000 000 € investis et 2 500 000 € de fortune mobilière nette) : univers complet, hedge funds, titres vifs internationaux sans restriction.
Cas du dirigeant détenant l’essentiel de son patrimoine en titres opérationnels non cessibles à court terme : ces titres sont exclus de la fortune mobilière nette au sens CAA, ce qui peut faire tomber le souscripteur en catégorie A ou B malgré un patrimoine global important. L’accès aux catégories C/D se prépare alors au moment de la cession via le contrat de capitalisation détenu par la holding (voir section 5.4 et le cas n° 5 « Vincent »).
5.3. Assureurs luxembourgeois acceptant les résidents Suisse : Lombard, Cardif Pack Suisse, Bâloise, Swiss Life LU
La Suisse est un marché fortement restreint au Grand-Duché, l'agrément FINMA (LSFin / LCA) et la compatibilité opérationnelle avec le droit de surveillance suisse imposant une validation cas par cas par le service compliance de chaque assureur (LCB-FT, KYC renforcé, justificatif d'origine des fonds, attestation cantonale de résidence). Voici la cartographie réelle 2026 :
| Assureur LU | Acceptation Suisse | Particularités |
|---|---|---|
| Lombard International (groupe Utmost) | OUI — référence historique HNW/UHNW | Marché historique HNW/UHNW. Ticket 250 000 €-500 000 €. Multi-devises CHF + EUR + USD + GBP. Équipe wealth structuring expérimentée Suisse. Catégories C/D LC CAA 26/1 disponibles. |
| Cardif Lux Vie (groupe BNP Paribas) | OUI — Pack Suisse via bureau de Genève | Bureau de Genève dédié, équipes francophones. Pack Suisse pour le contrat Liberty Switch. Souscriptions individuelles et personnes morales. Multi-devises CHF + EUR. |
| Bâloise Vie Luxembourg (post-fusion Helvetia 5 décembre 2025) | OUI cas par cas, durci post-fusion | Pas de pack pré-formaté Suisse mais acceptation possible après validation compliance. Ticket plus accessible (125-250 k€). Multi-devises CHF + EUR. Vigilance sur les FAS depuis la nouvelle direction Helvetia Baloise. |
| Swiss Life Luxembourg (Premium 2026) | OUI — ciblé HNW | Acteur récent sur le segment Suisse via groupe Swiss Life. Ticket 250 k€-500 k€. Multi-devises CHF + EUR. Avantage : marque suisse rassurante pour clientèle locale. |
| OneLife / Wealins (APICIL / Foyer) | OUI cas par cas | Wealins ouvre EEE + cas par cas international ; OneLife dispose d'un agrément géographique large : Suisse étudiée au dossier. |
| Sogelife (Société Générale) | Limité | Sogelife opère historiquement en LPS sur France, Italie, Luxembourg, Monaco, Espagne, Suisse, Belgique, UK et République Tchèque. Marché Suisse traité au cas par cas. |
| La Mondiale Europartner (AG2R) | NON | Limitée aux résidents UE (France, Belgique, Italie, Espagne, Portugal, UK, Luxembourg). Pas de souscription Suisse via Life Mobility Evolution. |
| Vitis Life (Monceau) | NON par défaut | Distribution principale France/Belgique/Italie. Vitis est la référence pour les US Persons résidant en France (FATCA-compliant) mais ne traite pas le marché Suisse en routine. |
5.4. Top 10 banques privées suisses 2026 : Pictet, Lombard Odier, Julius Baer, UBP, Edmond de Rothschild
Le marché suisse de la gestion privée totalise environ CHF 7 574 milliards d'AUM (KPMG Clarity 2025). L'écosystème combine acteurs universels (UBS post-fusion Credit Suisse 19 mars 2023), pure-play indépendants genevois (Pictet, Lombard Odier, Mirabaud, UBP, Edmond de Rothschild, Bordier, Banque Syz), pure-play zurichois (Julius Baer, Vontobel, EFG, J. Safra Sarasin), et banques cantonales avec garantie publique (ZKB Zurich AAA, BCV Vaud, BCGE Genève, BCVs Valais).
| Banque | Siège | AUM fin 2025 | Spécialité |
|---|---|---|---|
| UBS Group AG | Zurich | USD 7 005 Mds (Group) / USD 4,8 Bn WM | Universelle + private banking ; absorption Credit Suisse via fusion forcée FINMA 19 mars 2023 |
| Pictet & Cie | Genève (1805) | CHF 757 Mds | Indépendante associés-gérants. Multi-asset, mandats sur-mesure, leader institutionnel européen |
| Julius Baer | Zurich (cotée SIX) | CHF 521 Mds (record 2025) | Pure-play wealth, cross-border international, EAM |
| Vontobel | Zurich (cotée) | CHF 241 Mds | Asset management institutionnel + private clients. ETP/AMC crypto |
| J. Safra Sarasin | Bâle | CHF 228,5 Mds | Famille Safra. Sustainable depuis 1989 (héritage Sarasin) |
| Lombard Odier | Genève (1796) | CHF 223 Mds (record) | Plus ancienne banque privée. Indépendante associés à responsabilité illimitée. Leader ESG / B Corp depuis 2019 |
| Edmond de Rothschild Suisse | Genève (Banque Privée fondée 1965 par Edmond Adolphe ; Compagnie Financière 1953) | CHF 198 Mds (+8 %) | Famille Rothschild. Family office, Asset Management performance |
| EFG International | Zurich (cotée) | CHF 185 Mds (+6,8 %) | Modèle CRO entrepreneurial, présence 40 pays |
| UBP (Union Bancaire Privée) | Genève (1969) | CHF 184,5 Mds (+19,5 %) | Indépendante. Acquisition SG Private Banking Suisse + Kleinwort Hambros UK fin 2024 (EUR 900 M) |
| Mirabaud Group | Genève (1819) | CHF 30 Mds (mi-2025) ; CHF 32,3 Mds fin 2024 | Indépendante familiale. Private equity, art collection, multi-générationnel |
| Bordier & Cie | Genève (1844) | CHF 18,2 Mds (30/06/2024 — donnée publique la plus récente) | Dernière banque francophone à associés à responsabilité illimitée. Conservatisme, transmission familiale |
| ZKB (Zürcher Kantonalbank) | Zurich | CHF 206 Mds (bilan fin 2025) / CHF 579 Mds avoirs clients | Banque cantonale universelle. Garantie cantonale AAA — la plus sûre de Suisse |
5.5. Crédit Lombard suisse : SARON + 0,8-1,5 %, levier liquidité sans PV
Le crédit Lombard est un prêt « in fine » garanti par nantissement d'un portefeuille titres logé en banque privée suisse. La banque applique un haircut par classe d'actif (LTV après décote). C'est le levier-clé HNW pour extraire de la liquidité sans déclencher d'événement fiscal : pas de PV taxable, pas de rupture d'antériorité d'un contrat AV LUX, pas de redressement IFI sur la dette qui vient en déduction.
| Sous-jacent | LTV usuelle | Spread CHF (au-dessus SARON) — indicatif |
|---|---|---|
| Liquidités / OPCVM monétaires | 90-95 % | 0,5-0,8 % |
| Obligations souveraines AAA / IG courtes | 80-90 % | 0,7-1,0 % |
| Obligations corporate IG | 70-80 % | 0,8-1,2 % |
| Actions cotées large-cap diversifiées | 50-70 % | 0,9-1,3 % |
| Fonds OPCVM actions | 50-65 % | 1,0-1,4 % |
| Actions concentrées / mid-cap | 30-50 % | 1,2-1,8 % |
| High Yield / EM debt | 40-60 % | 1,2-1,8 % |
| Hedge funds / private equity / SCPI | 0-30 % | Souvent exclus / négocié |
| Immobilier non coté | 0 % | Exclu |
5.4. Fiscalité de l'AV luxembourgeoise pour un résident Suisse : non-imposition annuelle des revenus internes
L'avantage structurel de l'AV LUX pour un résident Suisse : le Luxembourg est neutre fiscalement (le contrat-caméléon applique la fiscalité du pays de résidence). La France ne taxe pas les rachats d'un contrat luxembourgeois souscrit par un non-résident (le contrat n'étant pas français). Côté Suisse, les revenus internes du contrat NE SONT PAS imposés annuellement (analyse contrat d'assurance, pas placement financier — circulaire AFC n° 24). Conséquence : l'enveloppe AV LUX permet une capitalisation en franchise d'impôt annuel, contrairement à un compte- titres en banque privée suisse où dividendes et intérêts seraient taxés annuellement à l'IFD + ICC.
Au rachat : la fiscalité dépend de la qualification cantonale. Si conditions cumulatives circulaire AFC n° 24 respectées (souscription avant 66 ans, rachat après 60 ans révolus, durée minimale 5 ans, identité preneur d'assurance / assuré) → exonération possible du rendement à la sortie (régime du pilier 3b équivalent). À défaut, requalification en pur placement financier (intégration au revenu cantonal/fédéral comme rendement de fortune).Stratégie : programmer les rachats massifs post-60 ans avec contrat respectant les 4 conditions AFC pour bénéficier de l'exonération à la sortie ; sinon utiliser le crédit Lombard adossé pour extraire de la liquidité sans rachat (voir 5.5).
Au décès, c'est plus subtil. La taxation française de l'assurance-vie n'est pas un vrai droit de succession : c'est une taxe à part, créée spécifiquement pour ces contrats (articles 990 I et 757 B du CGI), et les conventions fiscales internationales ne la neutralisent pas. La convention France-Suisse 1966 ne couvre d'ailleurs pas les successions. Selon le BOFiP BOI-TCAS-AUT-60, l'article 990 I s'applique dans deux cas :
- le souscripteur a son domicile fiscal en France au jour du décès, ou
- le bénéficiaire a son domicile fiscal en France au jour du décès et l'a eu pendant au moins 6 années sur les 10 précédentes.
| Configuration au décès | Suisse (cantonal — voir § 10) | France (990 I CGI) |
|---|---|---|
| Défunt résident Suisse 6+/10 ans + bénéficiaires résidents France | 0 % conjoint/descendants ligne directe (la plupart des cantons), sauf Vaud > CHF 1 M/souche depuis 1/1/2025 et Genève forfaitaire (article 6A LDS) | Abattement 152 500 € / bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 k€ part nette taxable, 31,25 % au-delà — application si bénéficiaire résident France ou défunt résident France ≥ 6/10 ans |
| Défunt résident Suisse + bénéficiaires résidents Suisse | 0 % ligne directe (la plupart des cantons) | 0 % France (bénéficiaires hors France ET défunt non-résident France 6+/10 ans) |
| Défunt résident Suisse + bénéficiaires résidents pays tiers (UK, US, Israël ou autre…) | 0 % ligne directe (la plupart des cantons) | 0 % France si bénéficiaires hors France 6/10 ans ET défunt non-résident France 6+/10 ans |
Pour les primes versées après 70 ans, l'article 757 B CGI ne s'applique pas si le souscripteur est non-résident fiscal France au moment du versement (BOFIP RFPI-MUTA). L'AV LU permet donc de continuer à alimenter le contrat sans risque de requalification successorale, contrairement à une AV française.
CRS actif depuis 2018 : l'AV luxembourgeoise n'est pas un outil d'opacité
Le Luxembourg et la Suisse participent à l'échange automatique d'informations financières (CRS) — premier échange France-Suisse en septembre 2018 sur les données 2017. La Suisse a signé le MCAA le 19 novembre 2014 et l'a transposé par la LEAR (Loi sur l'échange automatique de renseignements en matière fiscale). L'assurance-vie luxembourgeoise n'a aucune dimension d'évasion ou de discrétion : c'est un outil de protection, de portabilité et d'optimisation, pas un compte caché. À utiliser comme argument de transparence dans le pitch (les assureurs LUX valident plus facilement les dossiers Suisse « source of funds » documentée — typiquement post-cession d'entreprise française avec dossier exit tax + sursis 167 bis en règle, ou cession patrimoniale structurée).
Binational franco-américain ou Green Card en Suisse : FATCA filtre les options
Profil très fréquent en Suisse (cadres Logitech / Pictet AM / Lombard Odier IM, exécutifs Big Pharma Roche / Novartis / Nestlé, family offices Genève et Zurich). Le Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA) américain impose un reporting annuel sur les comptes et contrats d'assurance étrangers détenus par les US Persons (citoyens US, Green Card holders, résidents fiscaux US). Seuls deux assureurs luxembourgeois acceptent les US Persons : Vitis Life et Bâloise, avec un coût administratif annuel de plusieurs milliers d'euros pour la conformité PFIC (Passive Foreign Investment Company). Les autres (Lombard / Utmost, Cardif Lux Vie, Sogelife, La Mondiale Europartner) refusent généralement. Particularité Suisse : FATCA Modèle 2 IGA (signé 13 février 2013) — les banques suisses transmettent DIRECTEMENT à l'IRS avec consentement client. Renégociation Modèle 1 signée 27 juin 2024, transition reportée au 1ᵉʳ janvier 2028 (KPMG février 2026). Validation US Person obligatoire avant toute proposition.
5.6. Le contrat de capitalisation luxembourgeois : l'outil oublié pour structurer
Le contrat de capitalisation luxembourgeois est cousin de l'assurance-vie, mais avec trois différences déterminantes pour un patrimoine franco-suisse :
| Caractéristique | Assurance-vie luxembourgeoise | Capitalisation luxembourgeoise |
|---|---|---|
| Décès du souscripteur | Capital versé hors succession aux bénéficiaires (990 I / 757 B selon résidence) | Contrat conservé dans la succession civile, antériorité fiscale conservée |
| Donation du vivant | Possible mais clause bénéficiaire à revoir | Donation possible avec transfert d'antériorité fiscale (outil de transmission anticipée) |
| Démembrement | Clause bénéficiaire démembrée possible | Démembrement intégral du contrat possible dès la souscription |
| Souscription par personne morale | Non | Oui : holding française à l'IS, Soparfi luxembourgeoise, ou société suisse (SA, Sàrl, holding Zoug) |
| Plafond private equity / actifs non cotés | Selon catégorie d'investisseur CAA (LC 26/1, en vigueur 1er février 2026) : N retail = restreint, A élargissement progressif, B structurés simples, C non-coté significatif (250 k€ + 1,25 M€), D univers quasi illimité (1 M€ + 2,5 M€) | Idem (mêmes catégories N→D), mais une personne morale qualifiante atteint plus facilement les seuils C/D — la fortune mobilière de la PM s'agrège à l'enveloppe |
| Imposition annuelle si la holding française à l'IS détient le contrat | Sans objet (souscription PP) | Imposition forfaitaire annuelle calculée sur 105 % du Taux Moyen des Emprunts d'État (TME, ≈ 3,2 % début 2026), appliqué à la valeur de souscription du contrat — soit environ 3 % par an d'assiette taxée à l'IS (article 238 septies E CGI) |
| Imposition annuelle si une société suisse (SA, Sàrl, holding Zoug) détient le contrat | Sans objet (souscription PP) | Pas d'imposition forfaitaire annuelle équivalente. Au rachat : intégration au revenu privé avec art. 20 al. 1bis LIFD (60 % imposition fédérale pour participation qualifiée ≥ 10 % en fortune privée ; art. 18b LIFD réservé à la fortune commerciale). IS sociétés : Zoug effectif ~11,85 %, Vaud ~14,1 % |
Cas typique pour un dirigeant en cession d'entreprise. Imaginons un dirigeant franco-suisse qui vient de céder sa société française 20 M€ et qui veut piloter ses liquidités depuis Pully ou Zoug. Trois options structurelles :
- Souscription en personne physique (PP) : la plus simple et la plus fiscalement efficiente. Pas d'imposition annuelle des gains internes en Suisse (analyse contrat d'assurance, circulaire AFC n° 24). Permet le démembrement de la clause bénéficiaire et conserve l'antériorité française 8 ans en cas de retour France via régime impatrié 155 B. Taux standard recommandé pour 90 % des dossiers HNW.
- Holding française à l'IS qui détient le contrat de capi LUX : simple à monter mais risque MAJEUR de requalification si la holding est gérée depuis la Suisse (la France peut considérer le siège de direction effective comme français et soumettre à IS français + ESFP du dirigeant). À éviter sauf substance réelle conservée en France. Mécanisme apport-cession article 150-0 B ter CGI : LF 2026 a porté à 70 % le seuil de réinvestissement en activités économiques (vs 60 % avant) et à 3 ans le délai (vs 2).
- Société suisse (SA, Sàrl, holding Zoug) qui détient le contrat de capi LUX : option de plus en plus étudiée, en particulier pour holding Zoug avec IS effectif 11,85 %. Substance économique requise (bureaux, salariés, gouvernance locale) — risque clause anti-abus PPT (avenant 2014, MLI non listé) et article L. 64 LPF (abus de droit) en cas de société écran. Régime mère-fille convention 1966 article 11 §2 a (avenant 1997) : 0 % RAS dividendes France→Suisse pour participation ≥ 10 % détenue ≥ 1 an.
Trois bénéfices à la clé : un accès au private equity (catégorie C/D CAA, LC 26/1), une transmission anticipée par démembrement vers les enfants restés en France (avec conservation de l'antériorité fiscale du contrat à chaque mutation), et une coordination naturelle avec une planification successorale via testament authentique français + professio juris loi française + pacte successoral suisse (article 512 CCS — voir section 10).
5.7. Articulation crédit Lombard + AV LUX pour un résident Suisse
Quand l'AV luxembourgeoise est constituée, elle devient une collatéralité utile. Les banques privées luxembourgeoises et suisses proposent des crédits dits Lombard garantis par les actifs du contrat (nantissement). Le taux suit le taux de référence interbancaire selon devise — SARON en CHF (proche de 0 % en avril 2026 après les baisses BNS 2025), €STR ~2 % en EUR, SOFR ~5 % en USD — + une marge bancaire annuelle nominale de 0,80 % à 1,50 % selon AUM, collatéral et maturité. La quotité empruntable (LTV) varie selon le risque des sous-jacents : 90-95 % sur liquidités/OPCVM monétaires, 70-85 % sur obligations IG, 50-70 % sur actions cotées large-cap diversifiées, 0-30 % sur PE / hedge funds.
Pour un résident Suisse qui veut financer un projet immobilier (achat villa Pully, chalet Verbier sous Lex Koller pour forfaitaire vaudois) ou une opportunité d'investissement sans rapatrier le capital ni générer de fiscalité de rachat, le crédit Lombard est l'outil de référence. À Genève et Zurich, on bénéficie de la présence directe des banques privées suisses leaders : Pictet, Lombard Odier, Mirabaud, UBP, Bordier, Edmond de Rothschild (Genève) ; UBS, Julius Baer, Vontobel, EFG, J. Safra Sarasin (Zurich/Bâle) ; sans oublier les banques cantonales (BCV Vaud, BCGE Genève, ZKB Zurich, BCVs Valais) avec garantie cantonale. Tickets Lombard typiques : CHF 250 k - 500 k pour mass affluent (cantonales et UBS), CHF 1-5 M pour banques privées indépendantes. Devises CHF + EUR + USD. Avantage HNW : extraire la liquidité sans vendre = pas de PV taxable (rappel : PV mobilière privée exonérée en Suisse — LIFD article 16 al. 3), pas de rupture d'antériorité d'un contrat AV LUX, dette qui vient en déduction de l'IFI sur immobilier français.
5.8. Comment choisir l'assureur, le courtier et la banque privée pour un résident Suisse
Tous les assureurs luxembourgeois n'acceptent pas les résidents suisses. La pratique du marché en 2026 : voir le tableau détaillé en 5.3 supra. À retenir : Lombard International / Utmost (référence HNW/UHNW historique), Cardif Lux Vie « Pack Suisse » via bureau de Genève, Bâloise Vie Luxembourg (cas par cas, durci depuis fusion Helvetia 5 décembre 2025), et Swiss Life Luxembourg Premium 2026. Sogelife marginal, La Mondiale Europartner, Vitis Life ne traitent pas la Suisse par défaut. Chaque dossier passe par une legal opinion et une étude individuelle. Une acceptation écrite préalable est indispensable avant tout transfert de résidence.
Particularité Suisse : l'attestation cantonale de résidence fiscale (formulaire 5000-FR signé par l'ACI Vaud, AFC Genève, Steueramt Zurich) est devenue la pièce maîtresse du dossier de souscription pour les assureurs LUX. La Suisse n'a jamais figuré sur la grey list FATF, ce qui simplifie les KYC — mais le source of funds reste scruté rigoureusement (justification pré-départ ou cession d'entreprise pré-installation).
FAS et FID : les deux modes accessibles depuis Lausanne / Genève / Zoug
Bonne nouvelle pour les résidents suisses : les deux architectures principales — FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé, gestion libre) et FID (Fonds Interne Dédié, gestion déléguée à un mandataire agréé : banque privée suisse Pictet, Lombard Odier, Mirabaud, UBP, EdR, ou luxembourgeoise) — restent accessibles chez les assureurs partenaires acceptant la Suisse, sous réserve d'éligibilité à la catégorie d'investisseur CAA correspondante (généralement C ou D pour le FAS) et de l'acceptation du dossier par l'assureur. Vous n'êtes pas limité à un mode unique : le choix entre piloter vous-même (FAS) ou déléguer à une banque privée suisse / luxembourgeoise (FID) reste un vrai arbitrage, et les deux contrats peuvent même cohabiter sur des poches distinctes du patrimoine. Pour un dirigeant en cession d'entreprise post-départ, le FAS catégorie C/D (LC CAA 26/1 du 28 janvier 2026) est la voie classique (accès club deals immobilier, private equity, dette privée, structurés sur mesure).
Côté courtage, deux critères structurent le coût total d’un contrat luxembourgeois bien construit :
| Brique de frais | Niveau habituel marché | Notre approche Hagnéré Patrimoine |
|---|---|---|
| Frais de courtier | Variable selon les courtiers, souvent 0,80 % à 1,20 % par an du capital sous gestion | 0,40 % fixe par an de l’encours, taux unique appliqué à tous nos clients quel que soit le montant — pas de palier dégressif opaque |
| Frais assureur | 0,30 à 0,90 %/an, dégressifs | 0,23 % à 0,75 %/an selon assureur partenaire |
| Frais banque dépositaire | 0,06 % à 0,20 %/an | Identique : 0,06 % standard |
| TER fonds (parts institutionnelles) | 0,10 à 0,80 % | Sélection ETF + parts I dès que possible |
| Crédit Lombard | Euribor 3M + 1,00 à 2,00 % (indicatif) | Euribor 3M + 0,80 % à 1,50 % via banques partenaires (indicatif, négocié au cas par cas selon collatéral et profil) |
Ouvrir une AV ou capi luxembourgeoise pré-départ Suisse ou en résidence Suisse
Hagnéré Patrimoine sélectionne les assureurs ouverts Suisse (Lombard International / Utmost, Cardif Lux Vie « Pack Suisse » via bureau Genève, Bâloise Vie Luxembourg, Swiss Life Luxembourg Premium 2026), pilote la legal opinion, intègre votre attestation cantonale de résidence fiscale, libelle le contrat en CHF + EUR + USD selon profil patrimonial, et facture une rémunération fixe de 0,40 % par an sans rétrocession cachée. Pour binational US Person : routage vers Vitis Life (référence historique US Persons LUX, FATCA Modèle 2 IGA Suisse compatible) ou Bâloise.
Pour aller plus loin sur le sujet, lisez nos guides dédiés à l’assurance-vie luxembourgeoise, à sa fiscalité et à son rôle dans la transmission. Notre page produit assurance-vie luxembourgeoise détaille les contrats et frais que nous proposons.
Une fois le pivot luxembourgeois et l'écosystème bancaire privé suisse posés, le forfait fiscal cantonal (Pauschalbesteuerung) mérite une section dédiée — c'est le levier d'optimisation majeur pour HNW français rentiers en Suisse, et le sujet le plus mal compris par la concurrence éditoriale française.
6. Forfait fiscal cantonal (Pauschalbesteuerung) : Vaud, Valais, Tessin, Genève + Calcul de Contrôle Modifié
À la différence d'autres juridictions HNW, la Suisse n'est pas un « paradis fiscal » au sens classique : c'est un État fédéral à fiscalité progressive cantonale et communale (IFD plafonné à 11,5 %, ICC variable selon canton et coefficient communal, impôt sur la fortune cantonal 0,1-1 %, cotisations AVS sans plafond 5,3 % salarié + 5,3 % employeur). Ce qui rend la Suisse uniquement attractive pour un Français HNW rentier sans activité lucrative en Suisse, c'est le forfait fiscal cantonal (Pauschalbesteuerung / imposition d'après la dépense) — un régime établi depuis 1934 (canton de Vaud), généralisé au niveau fédéral en 1948, codifié à l'article 14 LIFD (RS 642.11) et l'article 6 LHID (RS 642.14), durci par la réforme du 1ᵉʳ janvier 2016 (période transitoire achevée 1ᵉʳ janvier 2021), et confirmé par référendum populaire du 30 novembre 2014 (rejet de l'abolition à 59,2 %). Cette section décortique les règles 2026 que doit connaître tout Français HNW envisageant le forfait.
6.1. Conditions d'éligibilité au forfait (article 14 al. 1 LIFD)
Le forfait fiscal est ouvert sous quatre conditions cumulatives strictes (article 14 al. 1 LIFD, Circulaire AFC n° 44 du 24 juillet 2018) :
- Personne physique étrangère — la nationalité suisse est exclusive ; l'acquisition de la nationalité (naturalisation ordinaire 10 ans, facilitée 5 ans via mariage) fait perdre le forfait de plein droit pour la totalité de la période fiscale au cours de laquelle la nationalité est acquise.
- Première arrivée en Suisse OU retour après une absence d'au moins 10 ans.
- Aucune activité lucrative en Suisse (interdiction stricte). L'activité professionnelle exercée intégralement à l'étranger reste compatible (administrateur de société étrangère, etc.). La gestion de son patrimoine privé n'est pas une activité lucrative — un forfaitaire peut gérer son portefeuille mobilier, percevoir des dividendes de ses sociétés étrangères, recevoir des loyers de ses biens immobiliers personnels.
- Pour les couples mariés vivant en ménage commun : depuis 2016, les deux époux doivent satisfaire l'ensemble des conditions cumulativement.
Validité : à vie tant que les conditions sont remplies — durée illimitée, sans plafonnement temporel (vs Italie 15 ans, UK FIG 4 ans, Portugal IFICI 10 ans, Grèce 15 ans). Extinction immédiate en cas d'acquisition de la nationalité suisse, de prise d'activité lucrative, ou de mariage avec un ressortissant suisse / résident ordinaire ne remplissant pas les conditions.
6.2. Méthode de calcul de la base imposable (article 14 al. 3 LIFD)
La base imposable correspond au plus élevé des montants suivants (article 14 al. 3 LIFD) :
| Critère | Plancher 2026 |
|---|---|
| Dépenses mondiales effectives du contribuable et de sa famille (train de vie réel) | Variable selon profil |
| 7× le loyer annuel ou la valeur locative du logement principal en Suisse (chefs de ménage — art. 14 al. 3 lit. b) | Variable selon canton et commune |
| 3× le prix de la pension complète (logement + nourriture, pour personnes en hôtel — art. 14 al. 3 lit. c) | Variable |
| Plancher fédéral indexé (art. 14 al. 3 lit. a, IFD) | CHF 435 000 (2026, indexé sur LIFD art. 14) |
| Calcul de contrôle (somme des éléments bruts d'impôt ordinaire — art. 14 al. 3 lit. d) | Voir section 6.4 (CCM) |
Plancher fédéral : la loi a fixé CHF 400 000 au 1ᵉʳ janvier 2016, montant ré-indexé périodiquement par l'AFC. Pour la période fiscale 2026, le plancher IFD applicable est de l'ordre de CHF 435 000 (2026) selon les communications cantonales consultées (Genève, Vaud).
6.3. Comparaison cantons 2026 : Vaud, Valais, Tessin, Genève, Berne, Lucerne, Schwyz, Zoug
| Canton | Statut forfait | Minimum cantonal 2026 (base imposable) | Charge totale annuelle estimée (forfait moyen) | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| Vaud (Pully, Lutry, Lausanne, Vevey) | Maintenu | CHF 415 000 (négocié par ruling avec ACI Vaud ; plancher LI à CHF 400 000, art. 15 LI-VD ; majoration cantonale forfaitaire couvrant l'IF appliquée par ruling) | CHF 140-180 k/an | Léman, prox. France, écosystème CGP/avocats fiscalistes développé. Bouclier fiscal 60 % revenu net (art. 8 LI-VD) |
| Valais (Verbier, Crans-Montana, Sion, Martigny) | Maintenu | CHF 250 000 (le plus bas de Suisse) | CHF 90-110 k/an | Le plus avantageux des forfaits. Communes touristiques saturées Lex Weber (Verbier, Crans-Montana, Zermatt). Pratique cantonale 26/1/2026 : notaires interdits sans permis B |
| Tessin (Lugano, Locarno, Ascona) | Maintenu | ~CHF 400 000 | CHF 130-170 k/an | Italianophone, alternative à l'Italie post-flat tax 300 k€. Multiplicateurs communaux Lugano 80, Locarno 95, Ascona 75 |
| Genève (Cologny, Anières, Vandœuvres) | Maintenu (initiative cantonale 2014 a échoué) | Plancher LIPP indexé ≈ CHF 445 000 (2026), majoration cantonale +10 % couvrant l'IF (art. 67 al. 3 LIPP, depuis 2016) | CHF 175-220 k/an | Restrictif, prox. France immédiate. Centimes additionnels Cologny 25, Genthod 25, Vandœuvres 27 (vs Genève-ville 45,49) |
| Berne (Saanen / Gstaad) | Maintenu | ~CHF 400 000 | CHF 110-135 k/an | Saanen Steueranlage 1,10 (parmi les plus bas du canton). Marché Gstaad ultra-luxe |
| Lucerne, St-Gall, Schwyz | Maintenu | CHF 600 000 (durcissement post-2016) | Variable | Schwyz : très peu de forfaitaires en pratique. Communes Steueroase Wollerau (55 %), Freienbach (50 %) |
| Zoug | Maintenu | Variable selon ruling | Avantageux | Communes Steueroase : Baar, Walchwil, Zug-ville, Steinhausen. Charge totale 100 k revenu célibataire ~CHF 6 000-6 200 |
| Zurich, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Schaffhouse, Appenzell RE | ABOLI | — | — | Zurich aboli 1ᵉʳ janvier 2010 (votation 8 février 2009) ; Schaffhouse 2011 ; Appenzell RE 2012 ; Bâle-Ville 2013 ; Bâle-Campagne 2014 |
6.4. Calcul de Contrôle Modifié (CCM) — la stratégie clé pour la résidence conventionnelle
Article 4 §6 b convention 1966 : exclusion par défaut du forfaitaire
Texte conventionnel : n'est pas considérée comme résidente d'un État contractant la personne physique qui n'y est imposable « que sur une base forfaitaire déterminée d'après la valeur locative » de la (des) résidence(s) qu'elle y possède.
Doctrine BOFIP BOI-INT-CVB-CHE-10-10 § 70 : « Du côté suisse, ne peuvent bénéficier de la convention les personnes qui se trouvent soumises à l'impôt fédéral direct sur une base forfaitaire ». L'ACTU-2012-00064 du 12 septembre 2012 a retiré la tolérance administrative française antérieure (échange de lettres franco-suisse 29 février 1968) — depuis 2013, l'administration française considère par principe le forfaitaire suisse comme NON-résident conventionnel, sauf à démontrer un calcul de contrôle élargi équivalent à une imposition selon les règles ordinaires.
Conséquences sans CCM : RAS française dividendes 25 % au lieu de 15 % conventionnel (article 119 bis 2° CGI), pas d'imputation crédit d'impôt, RAS étrangères (USA, UK, Allemagne, Italie) non récupérables aux taux conventionnels suisses.
Le Calcul de Contrôle Modifié (CCM) est une extension volontaire et négociée de la base du calcul de contrôle de l'article 14 al. 3 lit. d ch. 6 LIFD pour y inclure l'ensemble des revenus mondiaux du contribuable. Origine : sept États (Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, États-Unis, Italie, Norvège) ont historiquement exigé cette extension comme condition de reconnaissance du forfaitaire comme résident conventionnel. La pratique cantonale suisse a généralisé ce mécanisme à la demande du contribuable, pour tous les pays de source — y compris la France depuis le retrait de la tolérance de 2012.
Conséquence du CCM : la base d'imposition cantonale et fédérale couvre l'ensemble des revenus mondiaux comme si le contribuable était imposé selon le régime ordinaire. Le forfaitaire CCM paie donc l'impôt suisse ordinaire sur ses revenus mondiaux, et obtient en contrepartie l'attestation cantonale de résidence fiscale conventionnelle et l'accès aux taux conventionnels réduits sur les retenues à la source étrangères.
CE 25 juin 2021 n° 442790 : forfait CCM = résident conventionnel suisse
Arrêt fondateur du Conseil d'État, 8ᵉ-3ᵉ ch. réunies (R. Victor rapporteur public), à l'occasion d'un litige relatif à la cession de titres d'une société française par un forfaitaire vaudois en 2011. Considérants principaux :
- Considérant 12 : exclusion des personnes imposées sur base purement forfaitaire (rappel article 4 §6 b).
- Considérant 14-15 : conditions cumulatives d'application de l'échange de lettres de 1968 — base > 5× valeur locative ET incluant les revenus de source française à caractère privilégié.
Apport doctrinal : un forfaitaire dont la base inclut, via le calcul de contrôle, l'ensemble des revenus privilégiés (dividendes, intérêts, redevances de source française) est résident conventionnel au sens de l'article 4 §1. Décision opposable à l'administration française. URL : CE 442790 sur Légifrance.
Cas pratique chiffré : couple forfaitaire vaudois, base CHF 415 000, dividendes français 200 k€ + US 100 k€ + UE 100 k€ par an. Sans CCM : impôt CH ~CHF 130 000 + RAS perdue 106 k€ = total 226 k€/an. Avec CCM : impôt CH ~CHF 220 000 (+90 k ICC/IFD additionnels) + RAS récupérable via crédit DA-1 + 60 k€ RAS résiduelle = total ~190 k€/an. Économie nette CCM ≈ 35-40 k€/an. Pour patrimoine financier ≥ 10 M€ générant ≥ 400 k€/an, CCM systématiquement gagnant.
6.5. Impôt sur la fortune cantonal (forfaitaire)
Pas d'impôt fédéral sur la fortune en Suisse. Tous les cantons appliquant le forfait calculent une fortune imposable forfaitaire par capitalisation de la base de dépense (multiplicateur usuel : 20× la dépense retenue). Exemple Vaud : base CHF 415 000 × 20 = fortune imposable CHF 8,3 M → impôt fortune Vaud à ~0,8 % = CHF 66 000-68 000 par an.
| Canton | Taux marginal max IF (‰) | Bouclier fiscal |
|---|---|---|
| Zoug | ~2,45-3,00 ‰ | Non (charge déjà très basse) |
| Schwyz | ~1,5-2,0 ‰ | Non |
| Nidwald | ~2,0 ‰ (parmi les plus bas CH) | Non |
| Obwald | ~1,3-1,5 ‰ | Non |
| Vaud | Jusqu'à 3,39 ‰ (cantonal+communal plafond combiné 10 ‰ — art. 60 LI-VD) | OUI 60 % rev. net (art. 8 LI-VD) |
| Genève | Jusqu'à ~10 ‰ combiné (cant. ~7 ‰ + 47,5 % cantonaux + add. communaux) | OUI 60 % rev. net (art. 60 LIPP), rendement minimum théorique 1 % fortune |
| Tessin | ~3,5 ‰ | Bouclier partiel |
| Valais | ~3 ‰ | Non |
6.6. Procédure de demande (« ruling » cantonal)
- Approche préalable auprès de l'administration cantonale des impôts (ACI Vaud, AFC Genève, SCC Valais) AVANT le déménagement effectif, idéalement 6 mois en amont.
- Dossier de demande : projet de bail / acte d'achat résidence principale, biographie fiscale, attestation absence Suisse > 10 ans, attestation absence d'activité lucrative en Suisse, projet de revenus mondiaux et patrimoine (incluant 5 dernières déclarations fiscales françaises).
- Négociation de la base : l'administration dispose d'un pouvoir d'appréciation. Pas de droit subjectif au forfait — la décision est discrétionnaire. Pour HNW patrimoine élevé, la base négociée peut excéder le minimum cantonal (typiquement CHF 600 k - 1,2 M selon profil).
- Décision écrite (ruling) : valable typiquement 5 ans, révisable en cas de changement substantiel (mariage, héritage, vente d'entreprise…).
- Renouvellement : examen périodique ; les autorités peuvent durcir la base lors du renouvellement.
Bonnes pratiques : faire intervenir un avocat fiscaliste cantonal local (Lenz & Staehelin, Schellenberg Wittmer, Oberson Abels, Bär & Karrer, CMS von Erlach Partners, Walder Wyss, Kellerhals Carrard) ; négocier systématiquement le CCM dans le ruling pour HNW avec dividendes/intérêts > 50 k€/an ; anticiper la dimension Lex Koller (immobilier) — voir section 7.
6.7. Restrictions et points de vigilance
- Activité lucrative en Suisse strictement interdite (gestion patrimoine privé OK, mandat d'administrateur passif d'une société suisse non rémunéré OK, mandats opérationnels NON, salariat NON, activité indépendante NON).
- Pas de droit acquis : refus possible, durcissement à chaque renouvellement (5 ans).
- CRS / échange automatique : en vigueur Suisse depuis 1ᵉʳ janvier 2017 (1ᵉʳˢ échanges 2018). L'administration suisse — et indirectement française — connaît les revenus mondiaux. Le CCM n'est plus seulement une option fiscale, c'est une posture de transparence.
- Lex Koller (LFAIE) : un résident fiscal suisse étranger non-titulaire d'un permis C peut acheter sa résidence principale et un logement de vacances dans une zone touristique (avec autorisation), mais pas d'investissement immobilier locatif sans autorisation. Le forfaitaire avec permis B = sa résidence principale est libre dans le canton du forfait (voir section 7).
- Sortie du forfait : si conditions cessent, retour au régime ordinaire. Anticiper la « step-up basis » sur titres lors de l'arrivée pour éviter l'imposition de plus-values latentes en cas de sortie.
- Risque France : si le centre des intérêts vitaux reste en France (famille, séjours > 183 jours, gestion d'affaires), risque de remise en cause de la résidence suisse par l'administration française (article 4 B CGI + article 4 conv. 1966). Documenter le déménagement réel.
Structurer son installation Suisse + forfait fiscal optimal
Audit forfait fiscal cantonal (Vaud / Valais / Tessin / Genève / Zoug), négociation du Calcul de Contrôle Modifié (CCM) pour résidence conventionnelle, choix permis B + procédure cantonale, articulation AV LUX + banque privée suisse + immobilier Lex Koller, exit tax 167 bis avec sursis et garanties 12,8 % : Hagnéré Patrimoine pilote l'ensemble avec ses correspondants locaux Genève / Lausanne (Lenz {`&`} Staehelin, Schellenberg Wittmer, Oberson Abels) et Luxembourg.
Une fois le forfait fiscal cantonal maîtrisé, l'immobilier suisse mérite son propre chapitre : Lex Koller (LFAIE), Lex Weber (LRS), réforme de la valeur locative votée le 28 septembre 2025 (entrée en vigueur 1ᵉʳ janvier 2029), droits de mutation cantonaux, hypothèque suisse, et articulation IFI français.
7. Immobilier en Suisse : Lex Koller, Lex Weber, réforme valeur locative (effet attendu 2028)
L'immobilier est souvent le cœur du patrimoine franco-suisse : appartement conservé à Paris ou Lyon, achat de résidence principale à Lausanne (Pully, Lutry, Saint-Sulpice, Crans-près- Céligny), Genève (Cologny, Anières, Vandœuvres, Collonge-Bellerive), Vevey, Lugano, ou résidence secondaire en station alpine (Verbier, Crans-Montana, Zermatt, Gstaad, St-Moritz). Le côté suisse combine la LFAIE Lex Koller (loi fédérale du 16 décembre 1983 sur l'acquisition d'immeubles par des personnes à l'étranger, RS 211.412.41) et la Lex Weber (LRS, article 75b Cst. fédérale du 11 mars 2012, en vigueur 1ᵉʳ janvier 2016 — plafond 20 % de résidences secondaires par commune), les droits de mutation cantonaux (0 % à Zoug et Zurich, jusqu'à 3,3 % Vaud et 3 % Genève), et la réforme de la valeur locative votée le 28 septembre 2025 (entrée en vigueur 1ᵉʳ janvier 2029). Le côté français reste piégeux pour qui possède encore des biens en France (IFI résiduel, dispense représentant fiscal accrédité depuis 1ᵉʳ janvier 2015 mais PFU 19 % + prélèvement de solidarité 7,5 %).
| Situation | France | Suisse | Action prioritaire |
|---|---|---|---|
| Bien locatif en France (résident CH) | Revenus fonciers imposables en France (taux minimum 20/30 %, prélèvement de solidarité 7,5 % SEULEMENT post-De Ruyter — exonération CSG/CRDS 9,7 %) | Intégration au revenu mondial avec exemption sous progressivité (article 25 §B conv. 1966) ; seul le taux d'imposition cantonal et fédéral est ajusté | Calculer taux minimum vs taux moyen ; produire attestation AVS pour exonération PS 9,7 % auprès du SIPNR / DINR |
| Bien immobilier en Suisse (Lausanne, Genève, Pully, Verbier, Lugano) | Hors IFI français (article 964 CGI : non-résident IFI sur immo France uniquement). Convention 1966 art. 24 §1 : fortune immo État de situation | Impôt cantonal sur la fortune (VD ~0,8 %, GE ~1 %, ZG ~0,3 %, VS ~0,4 %), valeur locative imposable, suppression attendue au plus tôt en 2028 (réforme votée 28/9/2025), plus-value cantonale (Grundstückgewinnsteuer) | Vérifier éligibilité Lex Koller (résident permis B/C : libre ; non-résident UE : autorisation cantonale obligatoire pour résidence secondaire). Anticiper réforme VL 2029 |
| IFI résident Suisse | Biens français taxables si net > 1,3 M€ (article 964 CGI). Barème 0 % jusqu'à 800 k€ ; 0,5 % de 800 k€ à 1,3 M€ ; 0,7 % de 1,3 à 2,57 M€ ; 1 % de 2,57 à 5 M€ ; 1,25 % de 5 à 10 M€ ; 1,5 % au-delà | Pas d'IFI fédéral suisse. Impôt cantonal sur la fortune appliqué uniquement aux biens situés en Suisse (article 24 §1 conv. 1966). Pas de double imposition juridique | Évaluer SCI, SCPI françaises et dettes déductibles. Pacte Dutreil article 787 B CGI applicable (transmission entreprise familiale, exonération 75 %) |
| Revente d'un bien français | PFU 19 % sur PV + prélèvement de solidarité 7,5 % SEULEMENT (CSG/CRDS exonérés post-De Ruyter pour résidents CH affiliés AVS — CE 25/01/2017 n° 397881) | Article 6 + 15 §1 conv. 1966 : taxation France exclusivement (État de situation). Intégration au revenu mondial avec exemption sous progressivité côté Suisse | DISPENSE de représentant fiscal accrédité depuis 1ᵉʳ janvier 2015 (article 244 bis A III bis CGI). Économie 0,4-1 % du prix de vente. Justificatif AVS obligatoire pour exonération PS |
| Achat résidence principale en Suisse (résident permis B/C) | Pas de fiscalité française à l'achat (non-résident) | Pas de Lex Koller (article 5 LFAIE — résident UE/AELE avec permis B/C). Droits de mutation : VD 3,3 %, GE 3 % + 0,3 % émoluments, Valais 1-1,5 %, Tessin 1,1 %, Berne 1,8 %, Argovie 1 %, Zurich 0 %, Zoug 0 % | Achat libre dans canton de domicile. Hypothèque suisse LTV 80 % résidence principale (1ᵉʳ rang 65 % + 2ᵉ rang 15 %), apport hard equity 10 % min, taux fixe 5/10 ans 1,5-2,2 % avril 2026, SARON depuis abandon Libor fin 2021 (dernière publication 31.12.2021) |
| Achat résidence secondaire station alpine (non-résident UE/AELE) | Pas de fiscalité française à l'achat | AUTORISATION LEX KOLLER OBLIGATOIRE (article 9 LFAIE). Surface utile principale max 200 m² nets, terrain max 1 000 m². Interdiction revente avant 5 ans. Contingent annuel cantonal Valais ~330, Vaud ~120, Tessin ~100, Grisons ~150, Berne ~60. 331 communes saturées Lex Weber au 1ᵉʳ janvier 2026 | Anticiper Lex Koller 3-6 mois (Grisons : 5-6 mois, le plus long). Mandater avocat suisse (Étude Bourgeois Genève, Kellerhals Carrard Lausanne). Vérifier contingent cantonal résiduel au 1ᵉʳ trimestre |
| Investissement immobilier locatif en Suisse | Sans objet si résident Suisse | INTERDIT pour Français sans permis C (article 9 LFAIE). Permis C accord franco-suisse 1882 = 5 ans de résidence continue | Attendre permis C ou détention via société (sous restrictions Lex Koller pour personnes morales) |
7.1. Droits de mutation cantonaux 2026
Les droits de mutation immobilière sont prélevés par les cantons (et parfois communes), avec des taux très contrastés. Pour un Français HNW résident permis B/C s'installant dans son canton de domicile, l'achat de résidence principale est libre (pas de Lex Koller — article 5 LFAIE). Pour les non-résidents UE/AELE et certaines résidences secondaires en station alpine, l'autorisation cantonale Lex Koller est obligatoire (voir 7.2).
| Canton (commune-type) | Taux applicable acquéreur HNW 2026 | Notes |
|---|---|---|
| Genève | 3,0 % + 0,3 % émoluments registre foncier | Abattement « Casatax » résidence principale (barème 1ᵉʳ mars 2026 : valeur max CHF 1 394 928, réduction max CHF 20 924) |
| Vaud | 3,3 % (2,2 % cantonal + 1,1 % communal max) | Multiplicateur cantonal 155 % en 2026 |
| Valais | 1,0 % jusqu'à CHF 100 k, 1,5 % au-delà | Logement à usage personnel : taux réduit. Communes : jusqu'à 50 % du droit cantonal |
| Tessin | Émolument de mutation ~1,1 % (pas de droit de mutation stricto sensu) | Lugano, Locarno, Ascona |
| Berne | 1,8 % | Abattement résidence principale jusqu'à CHF 800 000 (élément différenciant majeur HNW). Saanen / Gstaad inclus |
| Argovie | Pas de droit de mutation au sens strict — émoluments de registre foncier ~0,4 % | |
| Fribourg | 3,0 % | |
| Neuchâtel | 3,3 % | |
| Zurich | 0 % | Suppression depuis 2005 |
| Zoug | 0 % | Suppression depuis 2009 |
| Schwyz, Uri, Glaris, Schaffhouse, Obwald, Nidwald | 0 % | Cantons sans droits de mutation |
7.2. Lex Koller (LFAIE) + Lex Weber : autorisation pour résidences secondaires alpines
La Loi fédérale sur l'acquisition d'immeubles par des personnes à l'étranger (LFAIE), dite Lex Koller (RS 211.412.41 du 16 décembre 1983, en vigueur 1ᵉʳ janvier 1985), et son ordonnance OAIE (RS 211.412.411), conditionnent l'acquisition immobilière par les non-résidents UE/AELE. La Lex Weber (article 75b Cst. fédérale par l'initiative populaire du 11 mars 2012, LRS du 20 mars 2015 en vigueur 1ᵉʳ janvier 2016) plafonne à 20 % les résidences secondaires par commune.
| Profil acquéreur | Résidence principale | Résidence secondaire (touristique) | Locatif/investissement |
|---|---|---|---|
| Permis B (résident UE) | Libre, pas d'autorisation | Autorisation cantonale Lex Koller (sauf canton de domicile) | Libre dans canton de domicile, autorisation hors canton |
| Permis C (établi 5+ ans pour Français — accord 1882) | Libre | Libre (1 seule, lieu de résidence) | Libre |
| Forfait fiscal avec permis B | Libre (résidence principale au lieu du forfait) | Lex Koller hors canton de domicile | Libre dans canton de domicile uniquement |
| Non-résident UE/AELE | Interdit (sauf domicile effectif) | Autorisation cantonale obligatoire (zone touristique) | INTERDIT |
| Pays tiers (non UE/AELE) | Autorisation requise | Idem + plus restrictif | INTERDIT |
Contingents annuels Lex Koller 2026 (article 11 LFAIE et OAIE) : Valais ~330 unités/an (le plus important), Vaud ~120, Tessin ~100, Grisons ~150, Berne ~60. Surface utile principale max 200 m² nets habitables (article 10 OAIE), terrain max ~1 000 m². 331 communes saturées Lex Weber au 1ᵉʳ janvier 2026 — interdiction de construire de nouvelles résidences secondaires : Verbier (Bagnes), Crans-Montana, Zermatt, St-Moritz, Gstaad (Saanen), Champéry, Leysin, Villars-sur-Ollon, Ovronnaz, Anzère, Nendaz. Pour ces communes, achat possible uniquement sur marché secondaire (revente d'un bien existant déjà autorisé).
| Station | Prix m² 2026 (CHF) | Cabinet local de référence |
|---|---|---|
| Verbier (Bagnes, Valais) | Chalets 25 000 – 50 000 ; appts 18 000 – 35 000 | Naef Verbier, Barnes Verbier, Bagnoud Real Estate |
| Crans-Montana (Valais) | Chalets 12 000 – 30 000 ; appts 10 000 – 22 000 | Bagnoud Real Estate, Naef Crans-Montana |
| Zermatt (Valais) | Chalets 30 000 – 60 000 ; appts 22 000 – 45 000 | Engel & Völkers Zermatt, Christie's International |
| Gstaad (Saanen, Berne) | Chalets 30 000 – 80 000 ; appts 20 000 – 50 000 | Sotheby's Gstaad, Engel & Völkers Gstaad |
| St-Moritz (Engadin, Grisons) | Apparts/chalets 30 000 – 70 000 | Engel & Völkers St-Moritz, Ginesta Immobilien |
7.3. Plus-values immobilières (Grundstückgewinnsteuer) — impôt cantonal exclusif
L'impôt sur les plus-values immobilières est cantonal exclusif, dégressif selon la durée de détention :
- Genève : 50 % (< 2 ans), dégressif jusqu'à 2 % au-delà de 25 ans (réforme 2025).
- Vaud : 30 % (< 1 an), dégressif jusqu'à 7 % après 24 ans. Pas d'exonération totale.
- Valais : ~24 % (< 2 ans), dégressif jusqu'à 1 % au-delà de 25 ans.
- Mécanisme de report (Ersatzbeschaffung) (article 12 al. 3 lit. e LHID) : si le produit de cession est réinvesti dans une autre résidence principale en Suisse dans un délai raisonnable, l'imposition est différée.
- Convention France-Suisse 1966 article 6 + 15 §1 : plus-value immo taxée État de situation = Suisse. Article 244 bis A CGI non applicable car bien situé hors France.
7.4. Hypothèque suisse 2026 : LTV 80 % résidence principale, SARON proche de 0 %
| Profil emprunteur | LTV maximum | Banque émettrice | Taux indicatifs 2026 |
|---|---|---|---|
| Résident permis B/C — résidence principale Suisse | 80 % (1ᵉʳ rang 65 % + 2ᵉ rang 15 %) | UBS, Raiffeisen, ZKB, BCV, BCGE, BCVs, PostFinance, Migros Bank, banque privée Pictet / Lombard Odier | SARON ~0,6-0,9 %, fixe 5 ans 1,5-1,8 %, fixe 10 ans 1,8-2,0 %, fixe 15 ans ~2,2 % |
| Résident permis B — résidence secondaire | 65-70 % | Idem | Idem (légèrement majoré) |
| Non-résident UE/AELE — résidence secondaire Lex Koller | 50-60 % | UBS, Raiffeisen, BCV, BCVs | ~3,5-4,2 % avril 2026 |
7.5. Réforme valeur locative votée 28 septembre 2025 — entrée en vigueur 1ᵉʳ janvier 2029
Acceptation populaire à 57,7 % le 28 septembre 2025
La votation populaire du 28 septembre 2025 a accepté à 57,7 % (participation 49,5 %) l'arrêté fédéral du 20 décembre 2024 abolissant l'imposition de la valeur locative et l'arrêté autorisant un impôt cantonal optionnel sur les résidences secondaires. Röstigraben classique : tous les cantons romands ont REJETÉ la réforme — Valais (60,3 % NON, par crainte de la perte de recettes sur les résidences secondaires), Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura, Fribourg (rejet à courte majorité) ; seuls les cantons alémaniques (sauf Bâle-Ville) l'ont acceptée.
Calendrier de mise en œuvre : la valeur locative reste applicable en 2026, 2027 et 2028. Mise en œuvre étalée jusqu'à fin 2028. Entrée en vigueur effective 1ᵉʳ janvier 2029.
Contenu de la réforme :
- Abolition de la valeur locative (Eigenmietwert, article 21 al. 1 lit. b LIFD + LHID art. 7) sur résidence principale ET secondaire occupée par le propriétaire.
- Suppression corrélative de la déduction des intérêts hypothécaires sur résidence principale (article 33 al. 1 lit. a LIFD).
- Suppression de la déduction des frais d'entretien (sauf rénovations énergétiques sous conditions cantonales).
- Maintien temporaire pour primo-acquéreurs : déduction plafonnée 10 000 CHF (couple) ou 5 000 CHF (célibataire) la première année fiscale suivant l'achat, dégressif sur 10 ans jusqu'à extinction.
- Biens loués ou affermés : régime inchangé (revenus locatifs imposables, déduction intérêts hypothécaires et frais d'entretien maintenue).
Impact HNW : (a) propriétaire sans dette hypothécaire = GAGNANT (perte du revenu fictif imposable sans contrepartie négative) ; (b) propriétaire avec hypothèque importante (LTV > 60 %) = PERDANT (perte de la déduction qui dépassait la VL) ; (c) propriétaire avec gros programme de travaux = PERDANT sauf rénovations énergétiques.
7.6. Vendre un bien français depuis la Suisse : dispense représentant fiscal + exonération CSG/CRDS
DISPENSE de représentant fiscal accrédité depuis 1ᵉʳ janvier 2015
Depuis l'instruction BOFIP applicable au 1ᵉʳ janvier 2015, la dispense de représentant fiscal accrédité (article 244 bis A III bis CGI) s'applique aux résidents Suisse en raison de la convention d'assistance administrative en matière fiscale (avenants 2009 et 2014 + adhésion suisse à la convention multilatérale OCDE). Le notaire peut signer l'acte sans désignation. Économie : 0,4 à 1 % du prix de vente (5 000-10 000 € sur 1 M€). Le prélèvement reste de 19 % d'IR sur la plus-value + 7,5 % de prélèvement de solidarité (sans CSG/CRDS pour résidents Suisses affiliés AVS — De Ruyter + CE 25/01/2017 n° 397881).
Vendre sa résidence principale française après le départ : exonération 150 000 €
Vous vendez votre ancien logement français après le départ pour la Suisse ? Vous pouvez bénéficier d'une exonération de plus-value plafonnée à 150 000 € par cédant. Trois conditions cumulatives : avoir été résident fiscal français en continu pendant au moins 2 ans à un moment de votre vie avant le départ, vendre au plus tard le 31 décembre de la 10ᵉ année qui suit le transfert de votre domicile (ou sans délai si le bien est resté à libre disposition depuis le 1ᵉʳ janvier de l'année précédant la cession), et résider dans un pays lié à la France par une convention d'assistance administrative — c'est le cas de la Suisse grâce aux avenants 2009 et 2014 de la convention 1966. Fondement : article 150 U-II-2° du CGI.
IFI : Lausanne ou Genève ne fait pas disparaître l'immobilier français
Si vos biens immobiliers situés en France valent 1 450 000 € net au 1ᵉʳ janvier, l'IFI français reste un sujet, même si vous vivez à Pully ou Cologny toute l'année. Les biens immobiliers suisses (villa Pully, appartement Genève-Cologny, chalet Verbier) sortent en principe de l'assiette IFI française du non-résident (article 964 CGI), mais les SCI, SCPI européennes et contrats à composante immobilière française doivent être analysés ligne par ligne. Convention 1966 article 24 §1 : la fortune immobilière est imposée dans l'État de situation. L'impôt cantonal suisse sur la fortune ne taxe que les biens situés en Suisse — pas de double imposition juridique avec l'IFI.
| Fraction de patrimoine net taxable | Taux IFI 2026 | Lecture pratique |
|---|---|---|
| Jusqu’à 800 000 € | 0 % | Le seuil d’entrée reste 1,3 M€, mais le barème démarre à 800 000 € |
| 800 000 € à 1,3 M€ | 0,5 % | Première tranche taxable si le patrimoine dépasse 1,3 M€ |
| 1,3 M€ à 2,57 M€ | 0,7 % | Tranche fréquente pour expatrié gardant bien parisien + SCPI |
| 2,57 M€ à 5 M€ | 1 % | À modéliser avec dettes, SCI et démembrements |
| Au-delà de 5 M€ | 1,25 % puis 1,5 % | Audit annuel indispensable |
Concrètement, l'IFI ne porte pas sur votre villa de Lausanne Rothschild si vous êtes non-résident fiscal français. Il porte sur les biens et droits immobiliers français : appartement parisien, SCI, SCPI françaises et fraction immobilière française de certains contrats.
Pour les patrimoines immobiliers français significatifs (> 1,3 M€ d'actif net taxable), deux briques d'optimisation sont mal connues mais redoutablement efficaces : les SCPI européennes et les parts de groupements forestiers. C'est l'objet de la prochaine section.
8. SCPI européennes et parts de forêt : deux outils sous-utilisés par les résidents Suisse
Deux briques patrimoniales sont systématiquement oubliées dans les dossiers d'installation Suisse, alors qu'elles règlent deux problèmes distincts : la SCPI européenne (immeubles situés en Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne, Portugal, Irlande) pour neutraliser les frottements fiscaux français sur les revenus immobiliers, et la part de groupement forestier français (GFF / GFI) pour alléger l'IFI résiduel sur l'immobilier français et préparer la transmission avec un abattement Monichon de 75 %.
8.1. SCPI françaises vs SCPI européennes pour un résident Suisse
| Critère | SCPI françaises | SCPI européennes (immeubles hors France) |
|---|---|---|
| Source du revenu | France (immeubles France) | Pays de l'immeuble (Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne, Portugal, Irlande) |
| Imposition France (résident CH) | Revenus fonciers de source française imposés en France au barème + taux minimum 20 % jusqu'à 29 315 €, 30 % au-delà (sauf option taux moyen plus favorable) | Hors champ français pour le non-résident (revenus de source étrangère, convention pays-source ↔ Suisse) |
| Imposition Suisse | Intégration au revenu mondial avec exemption sous progressivité (article 25 §B conv. 1966) — neutralisation | Intégration au revenu cantonal et fédéral suisse (revenus immobiliers étrangers — pas d'exemption progressive ici car non couverts par convention de source) |
| Prélèvements sociaux France | Prélèvement de solidarité 7,5 % SEULEMENT (CSG/CRDS exonérés post-De Ruyter pour résidents CH affiliés AVS — CE 25/01/2017) | Pas de PS français (revenu de source étrangère pour un non-résident) |
| IFI France | Parts incluses dans l'assiette IFI à hauteur de la fraction immobilière française | Hors IFI pour un non-résident (immobilier hors France — article 964 CGI) |
| Convention pays-source | Convention France-Suisse 1966 applicable | Convention pays-source ↔ Suisse (Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne, etc.) à vérifier au cas par cas |
Mise en chiffres. Un résident Suisse qui détient 150 000 € de SCPI françaises est imposé en France selon la règle des non-résidents : taux minimum 20 % jusqu'à 29 315 €, 30 % au-delà, + prélèvement de solidarité 7,5 % SEULEMENT (CSG/CRDS exonérés post-De Ruyter pour résidents CH affiliés AVS). Côté Suisse : intégration au revenu mondial avec exemption sous progressivité (article 25 §B conv. 1966). La même somme placée en SCPI européennes diversifiées (Eurion, Iroko Zen, Remake Live, Iroko Patrimoine, Corum XL — investissant Allemagne / Pays-Bas / Italie / Espagne / Irlande) sort de l'assiette française et est intégrée au revenu cantonal suisse (sans crédit d'impôt français). Gain net pour un patrimoine SCPI de 150 k€ à 4,5 % de rendement : 6 750 € de revenus annuels — selon la canton (Vaud, Genève, Zoug), bascule à arbitrer ; pour les gros patrimoines SCPI > 500 k€, les SCPI européennes sont souvent plus efficientes (zéro fiscalité française, fiscalité cantonale unique).
Pour approfondir, voyez notre guide SCPI et non-résidents.
Pour approfondir, voyez notre guide SCPI et non-résidents.
8.2. Parts de groupement forestier : exonération IFI 75 % et abattement Monichon 75 %
Les groupements forestiers d'investissement (GFI) et groupements fonciers forestiers (GFF) cumulent deux avantages très puissants pour un Français HNW résident Suisse qui conserve un patrimoine immobilier français significatif et veut préparer la transmission à des héritiers français (potentiellement résidents France 6+ ans, donc soumis à l'article 750 ter 3° CGI) :
| Avantage | Mécanisme | Référence légale | Condition |
|---|---|---|---|
| Exonération IFI 75 % | Les parts de GFI / GFF ne sont retenues qu'à 25 % de leur valeur dans l'assiette IFI (plafond 101 897 € en 2026, puis 50 % au-delà) | Article 976 II CGI | Engagement de gestion durable (PSG agréé CRPF) de 30 ans + certificat DDT, détention 2 ans si acquisition à titre onéreux |
| Abattement Monichon 75 % | 75 % de la valeur des parts est exonérée de droits de mutation à titre gratuit (succession ou donation) — non plafonné en euros | Article 793-2-2° CGI | Engagement de gestion durable 30 ans par les bénéficiaires, certificat DDT, non cumulable Pacte Dutreil 787 B |
| Performance forestière | Indice IEIF-ASFFOR : ~5,3 % TRI annualisé sur 10 ans, net des frais de gestion du groupement et brut de fiscalité personnelle. Combinaison rendement bois + valorisation foncière forestière | Données 2025, à confirmer chaque année | Horizon 15-20 ans, liquidité limitée (carnet d'ordres interne SGP, fenêtres de rachat trimestrielles ou semestrielles) |
Mise en chiffres pour un résident Suisse. Un Français HNW à Lausanne ou Genève qui possède un appartement parisien valorisé 1,8 M€ et 200 000 € de SCPI françaises franchit le seuil IFI (1,3 M€) — il est toujours imposable IFI car non-résident sur biens français (article 964 CGI). En allouant 250 000 € à des parts de GFF chez France Valley Patrimoine ELTIF 2.0 (notre partenaire principal sur ce segment), la valeur retenue à l'IFI sur ces parts ne sera que de 62 500 € (25 % jusqu'au plafond 101 897 €, puis 50 % au-delà) — économie IFI annuelle ~1 200 €. Au moment de la transmission aux 2 enfants français (résidents France 6+ ans → 750 ter 3° s'applique), l'abattement Monichon réduit de 75 % la valeur transmise sous engagement de gestion durable. Économie DMTG sur 250 000 € à 45 % marginal : ~84 000 €. Voir notre guide réduction IFI non-résident.
Pour un résident Suisse : les revenus locatifs forestiers (coupes de bois) sont des revenus de source française → imposition France (au barème IR pour personne physique, exonération à 75 % de l'assiette ou 100 % pendant durée d'engagement) + 7,5 % prélèvement de solidarité (CSG/CRDS exonérés post-De Ruyter). Côté Suisse : intégration au revenu cantonal et fédéral.
Trois pièges fréquents sur les GFF côté résident Suisse
- Groupement étranger inéligible : seuls les groupements forestiers de droit français et les bois et forêts situés en France ouvrent droit aux avantages fiscaux français (BOFIP BOI-IR-RICI-60, BOI-PAT-IFI-30-20). Ne pas confondre avec les fonds forestiers internationaux.
- Crédit d'impôt DEFI Forêt 25 % : il rembourse 25 % du montant investi dans des parts forestières (plafonné à 6 250 € de réduction par an pour un célibataire, 12 500 € pour un couple). Inutile pour un non-résident qui n'a plus de revenus français imposables (sauf loyers résiduels). Alternative : la souscription d'un GFI agréé « Forêts XXI » (France Valley) ouvre droit à une réduction IR-PME de 18 % du versement (plafond 50 000 € / célibataire), à utiliser uniquement si vous conservez des revenus français substantiels.
- Engagement 30 ans : à respecter scrupuleusement (PSG agréé CRPF, certificat DDT renouvelé annuellement). Une cession ou un transfert non autorisé fait perdre l'avantage fiscal rétroactivement et déclenche un rappel de droits par l'administration française.
Pour les détails opérationnels, lisez notre guide GFI / GFF 2026 ou la fiche de notre partenaire France Valley.
Optimiser l'IFI résiduel et préparer la transmission depuis la Suisse
SCPI européennes pour neutraliser le frottement fiscal français sur revenus locatifs (PS 7,5 % seulement post-De Ruyter), parts de forêt France Valley pour alléger l'IFI sur biens français et organiser la transmission avec abattement Monichon 75 % : Hagnéré Patrimoine calibre l'allocation et la structure d'encadrement avec votre notaire et votre testament authentique français + pacte successoral suisse (article 512 CCS).
Reste à régler la dimension la plus humaine du dossier : votre protection sociale (AVS, LPP, 3ᵉ pilier, LAMal) et votre retraite quand vous vivez entre la France et la Suisse (Accord ALCP du 21 juin 1999, en vigueur 1ᵉʳ juin 2002 + règlements CE 883/2004 et 987/2009).
10. Succession France-Suisse : abrogation convention 1953 (1ᵉʳ janvier 2015), réforme Vaud 2025, art. 6A LDS Genève
C'est probablement la section la plus piégeuse de ce guide — et le sujet le plus mal traité en français sur la destination Suisse. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2015, la convention fiscale franco-suisse du 31 décembre 1953 sur les successions a été dénoncée unilatéralement par la France (note diplomatique du 17 juin 2014, BOFIP ACTU-2014-00284) et n'a jamais été remplacée. La planification successorale Franco-Suisse repose donc sur l'application cumulée du droit interne français (CGI 750 ter) et du droit cantonal suisse, avec un risque résiduel de double imposition non neutralisé. Côté Suisse, deux pièges majeurs HNW : la réforme du canton de Vaud du 1ᵉʳ janvier 2025 (LMSD article 34 modifié — descendants taxés au-delà de CHF 1 M par souche) et l'article 6A LDS Genève qui prive les conjoints/descendants de l'exonération si le défunt était au forfait fiscal sur l'une de ses 3 dernières taxations. Le levier n° 1 : professio juris loi française dans un testament authentique français (article 22 RUE 650/2012), couplée à un pacte successoral suisse devant notaire (article 512 CCS, deux témoins).
10.1. Cadre conventionnel : abrogation 1ᵉʳ janvier 2015 — pas de nouvelle convention
La convention fiscale France-Suisse du 31 décembre 1953 sur les successions a été dénoncée par la France par note diplomatique du 17 juin 2014. En application de l'article 6 §2 de la convention, elle a cessé de s'appliquer aux successions ouvertes à compter du 1ᵉʳ janvier 2015 (BOFIP ACTU-2014-00284 ; BOI-INT-CVB-CHE-20).Origine de la rupture : un projet de nouvelle convention parafé en juillet 2012 puis signé le 11 juillet 2013 a été rejeté par le Conseil national suisse le 12 décembre 2013, conduisant la France à dénoncer unilatéralement le texte en vigueur. Aucune convention n'a été signée depuis (Q. parl. AN n° 12188 ; n° 7205 ; n° 3655 ; Sénat QSEQ250504860).
Trois corps de règles s'articulent donc depuis 2015 :
- le droit interne français — article 750 ter CGI (territorialité des DMTG : 750 ter 1° défunt résident France, 750 ter 2° biens situés en France, 750 ter 3° héritier résident France 6+ ans/10) + article 784 A CGI (crédit d'impôt étranger plafonné, partiellement opérant si le canton suisse perçoit des droits — voir Vaud post-2025 et Genève forfaitaire) ;
- le droit interne suisse — Code civil suisse articles 457 à 466 (ordres successoraux), 470 et suivants (réserve héréditaire), 494 et suivants (pacte successoral), réformé au 1ᵉʳ janvier 2023 ; et le droit cantonal sur les droits de succession (LMSD Vaud, LDS Genève, etc.) — pas d'impôt fédéral sur les successions ni les donations (initiative populaire 14 juin 2015 rejetée à 71 %) ;
- le règlement européen (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012 (côté français), applicable depuis le 17 août 2015, qui désigne la loi successorale applicable et permet la professio juris — applicable à la Suisse en raison de sa portée universelle (article 20).
Initiative successions 14 juin 2015 rejetée à 71 % : pas d'impôt fédéral en Suisse
L'initiative populaire « Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS » (prélèvement fédéral 20 % sur successions et donations > CHF 2 M, affecté à l'AVS) a été rejetée le 14 juin 2015 par 71 % des voix et l'unanimité des cantons (admin.ch — réforme fiscalité successorale ; bk.admin.ch vis414). Aucun projet équivalent en discussion en 2026. L'initiative JS « Pour l'avenir » (impôt fédéral 50 % sur successions > 50 M CHF, financement climat) a également été rejetée massivement le 30 novembre 2025 (78,3 % NON). Risque écarté pour le cycle législatif en cours.
Conséquence patrimoniale : la fiscalité successorale Suisse est exclusivement cantonale. Variabilité énorme entre cantons (de 0 % Schwyz/Obwald à 54 % Genève hors ligne directe). Pour ligne directe (conjoint et descendants), la majorité des cantons exonèrent — sauf 3 pièges majeurs : Vaud descendants > CHF 1 M par souche depuis 1ᵉʳ janvier 2025, Genève forfaitaire (article 6A LDS), Neuchâtel descendants 3 % au-delà CHF 50 000.
10.2. Droits de succession cantonaux suisses 2026 — barèmes vérifiés
| Canton | Conjoint | Descendants directs | Tiers (max) |
|---|---|---|---|
| Vaud | 0 % | 0 % jusqu'à CHF 1 M par souche depuis 1/1/2025 (LMSD art. 34-35 modifié déc. 2024) ; au-delà, taux progressif | Jusqu'à 25 % (frères/sœurs notamment) |
| Genève | 0 %* | 0 %* | Jusqu'à ~54,6 % (LDS, BCDS rsGE D 3 25.09) |
| Zurich | 0 % | 0 % | Jusqu'à ~36 % |
| Schwyz | 0 % | 0 % | 0 % pour tous (canton sans impôt successoral) |
| Obwald | 0 % | 0 % | 0 % pour tous (depuis 2007) |
| Lucerne | 0 % (depuis 2005) | 0 % | Progressif |
| Tessin | 0 % | 0 % | Progressif |
| Berne | 0 % | 0 % | Jusqu'à ~40 % |
| Valais | 0 % | 0 % | Jusqu'à ~25 % |
| Bâle-Ville | 0 % | 0 % | Jusqu'à ~49,5 % |
| Neuchâtel | 0 % | 3 % (>CHF 50 000 par héritier) — exception romande | Jusqu'à ~45 % |
Genève — point critique HNW : article 6A LDS prive forfaitaires de l'exonération ligne directe
À Genève, l'exonération du conjoint et des descendants NE S'APPLIQUE PAS si le défunt était au bénéfice de l'imposition d'après la dépense (forfait fiscal) au cours d'une de ses 3 dernières taxations (LDS article 6A). Pour un HNW genevois au forfait, descendants taxés au barème ligne directe (jusqu'à ~6 % en réalité après abattement, mais à vérifier avec les BCDS). Stratégie : transférer la résidence principale dans un canton sans cet article 6A (Vaud — sous réserve de la franchise CHF 1 M depuis 2025, Tessin, Schwyz) au moins 4 taxations avant le décès anticipé.
Vaud — réforme 1ᵉʳ janvier 2025 : descendants taxés au-delà de CHF 1 M par souche
La réforme cantonale Vaud du 1ᵉʳ janvier 2025 (LMSD article 34 modifié en décembre 2024) introduit pour la première fois une fiscalité sur la transmission ligne directe avec une franchise de CHF 1 M par souche héréditaire ; au-delà, taux progressif décroissant en pourcentage d'exonération. Pour un HNW vaudois patrimoine 5+ M€ avec 2 enfants (donc 2 souches), franchise totale CHF 2 M, taxation progressive sur le reste. À comparer avec l'absence totale de droits de succession dans plusieurs autres cantons (Schwyz et Obwald 0 % pour tous, Tessin / Berne / Valais / Bâle-Ville / Lucerne 0 % ligne directe) et le piège Genève forfaitaire (article 6A LDS).
10.3. Code civil suisse — réforme 1ᵉʳ janvier 2023 (réserve descendants 3/4 → 1/2)
Le droit successoral civil suisse (Code civil suisse, CCS, articles 457 à 466) a fait l'objet d'une réforme majeure entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2023 (modification du 18 décembre 2020). Pour un Français résident en Suisse qui n'aurait pas activé la professio juris loi française, c'est le droit suisse qui s'applique par défaut.
Réserve héréditaire suisse réformée 2023 — article 471 CCS
- Article 471 CCS nouveau : la réserve des descendants est réduite à 1/2 de leur part légale (au lieu de 3/4 sous l'ancien droit).
- La réserve des père et mère est SUPPRIMÉE (auparavant 1/2 de leur part légale).
- La réserve du conjoint survivant demeure inchangée à 1/2 de sa part légale.
- Conséquence : la quotité disponible du testateur passe à au moins 1/2 de la succession dans tous les cas (vs 3/8 auparavant si conjoint + descendants).
Comparaison réserve française vs suisse 2026 : France maintient des réserves plus protectrices des descendants (1/2 si 1 enfant, 2/3 si 2 enfants, 3/4 si 3+ — article 913 C. civ.). La professio juris loi française (article 22 RUE 650/2012) permet de conserver la réserve française, indispensable pour clientèle HNW avec enfants majeurs résidents France.
Pacte successoral suisse — article 512 CCS
Le pacte successoral (Erbvertrag) est un contrat bilatéral conclu devant notaire en présence de deux témoins (articles 494 et 512 CCS). Engagement réciproque irrévocable sans accord unanime des signataires — outil majeur en planification suisse, sans équivalent direct en droit français (le testament authentique français est un acte unilatéral, toujours révocable).
Stratégie HNW recommandée : combiner testament authentique français avec professio juris loi française + pacte successoral suisse (article 512 CCS) pour figer une répartition entre héritiers, organiser les renonciations partielles, et sécuriser la transmission cross-border.
Note : la Suisse n'étant pas membre de l'UE, le droit de prélèvement compensatoire de l'article 913 al. 3 C. civ. fr. (LF 2021-1109 du 24 août 2021) ne lui est pas applicable directement comme État, mais peut s'activer si les enfants sont ressortissants UE ou y résident habituellement (mécanisme contesté devant la CJUE — la professio juris reste l'outil le plus sûr).
Forme du testament en Suisse — articles 498 à 506 CCS
| Type de testament | Article CCS | Conditions | Tarif typique 2026 |
|---|---|---|---|
| Testament olographe (eigenhändige Verfügung) | Article 505 CCS | Entièrement manuscrit, daté et signé du testateur. Aucun témoin requis. Le plus simple et le moins coûteux. | Gratuit (sauf conseil avocat) |
| Testament public (öffentliche letztwillige Verfügung) | Articles 499-504 CCS | Devant un notaire suisse + 2 témoins (qui ne sont ni bénéficiaires ni leurs proches). Forme la plus sécurisée. | CHF 800-3 000 selon canton et notaire |
| Testament oral (mündliche Verfügung) | Article 506 CCS | Seulement in extremis (péril imminent), devant deux témoins. Valeur perdue 14 jours après cessation du péril. | Gratuit |
| Pacte successoral (Erbvertrag) | Article 494 CCS | Devant notaire en présence de 2 témoins. Engagement bilatéral irrévocable. | CHF 2 000-5 000 selon complexité |
| Testament français authentique avec apostille | Reconnaissance via Convention de La Haye 1961 | Apostille du Bureau des légalisations + traduction certifiée en allemand/français/italien selon canton | 300-800 € (apostille + traduction) |
Compétence juridictionnelle suisse
- Justice de paix cantonale : compétence pour l'ouverture de la succession et la délivrance du certificat d'héritier (Erbenschein) lorsque le défunt avait son domicile en Suisse.
- Tribunal cantonal : successions contestées, actions en réduction, partage judiciaire.
- Notaire cantonal : règlement amiable de la succession (inventaire, partage), opposable aux héritiers.
- Compétence française subsidiaire (article 10 RUE 650/2012) : pour les biens situés en France lorsque le défunt résidait dans un État tiers (Suisse).
10.3. Règlement UE 650/2012 et professio juris : le levier n° 1
Le règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012, applicable en France depuis le 17 août 2015, a une portée universelle (article 20) : sa loi désignée s'applique en France même si elle est celle d'un État tiers (la Suisse n'est pas membre de l'UE mais le règlement reste applicable côté français).
| Critère | Règle par défaut | Outil pour Français résident Suisse |
|---|---|---|
| Loi successorale par défaut (article 21 RUE 650/2012) | Loi de la dernière résidence habituelle du défunt | Pour un Français résident en Suisse → droit suisse (Code civil suisse art. 457 et suivants, réformé 1ᵉʳ janvier 2023) s'imposerait par défaut |
| Professio juris (article 22 RUE 650/2012) | Choix exprès de la loi nationale par testament — peut viser la loi de la nationalité au moment du choix OU au moment du décès | Recommandation quasi systématique : opter pour la loi française pour conserver la réserve héréditaire française (1/2 si 1 enfant, 2/3 si 2 enfants, 3/4 si 3+ — vs réserve suisse réformée à 1/2 depuis 2023) et la quotité disponible spéciale entre époux (art. 1094-1 C. civ.) |
| Compétence juridictionnelle (articles 4-5 RUE 650/2012) | Juridictions de la résidence habituelle (Suisse) en principe — mais la Suisse n'étant pas État membre, ce sont les règles internes suisses qui s'appliquent (Justice de paix cantonale ou Tribunal cantonal) | Compétence subsidiaire des juridictions françaises (article 10 RUE 650/2012) pour les biens situés en France lorsque le défunt résidait dans un État tiers |
| Certificat successoral européen (CSE) | Émis par notaire français (articles 62-73 RUE 650/2012), opposable dans toute l'UE | Non reconnu en Suisse — il faudra solliciter un certificat d'héritier (Erbenschein) cantonal pour appréhender les actifs suisses |
| Article 913 al. 3 C. civ. (LF 2021-1109 du 24 août 2021) | Droit de prélèvement compensatoire au profit des enfants résidents UE ou ressortissants d'un État membre lorsque la loi étrangère applicable ne connaît pas la réserve héréditaire | Mécanisme contesté devant la CJUE (compatibilité avec le RUE 650/2012) ; la professio juris reste l'outil le plus sûr pour clarifier la dévolution et éviter tout contentieux |
Recommandation Hagnéré : tout Français HNW s'installant en Suisse doit rédiger AVANT le départ un testament authentique français comportant une professio juris en faveur de la loi française (article 22 RUE 650/2012). Trois intérêts majeurs :
- préservation de la réserve héréditaire française (1/2 si 1 enfant, 2/3 si 2 enfants, 3/4 si 3+) au profit des descendants — plus protectrice que la réserve suisse réformée au 1ᵉʳ janvier 2023 ;
- sécurisation de la quotité disponible spéciale entre époux (article 1094-1 C. civ.), permettant notamment au conjoint de prendre 100 % en usufruit + 1/4 en pleine propriété ;
- application des outils français : donation entre époux, donation-partage, démembrement de propriété, libéralités graduelles et résiduelles, mandat à effet posthume.
Recommandation pratique : testament authentique français + pacte successoral suisse
Pour un Français HNW résident en Suisse, la pratique notariale recommande un double dispositif coordonné, non contradictoire : (1) un testament authentique français avec professio juris loi française (article 22 RUE 650/2012) rédigé devant notaire français pour les biens situés en France et la coordination internationale, désignant un exécuteur testamentaire bilingue ; (2) un pacte successoral suisse (Erbvertrag) devant notaire cantonal + 2 témoins (article 512 CCS) pour figer la répartition entre héritiers, organiser les renonciations partielles, et faciliter l'appréhension des actifs suisses (villa Pully/Cologny, comptes Pictet/Lombard Odier/UBP, parts de société suisse). Cette double rédaction évite les contestations devant la justice cantonale et accélère le règlement à 3-6 mois au lieu de 12-18 mois.
10.4. Fondation suisse (Stiftung) et risque qualification trust 792-0 bis CGI
Le droit suisse reconnaît la fondation (Stiftung, articles 80-89 CCS), particulièrement développée au Liechtenstein voisin (Privatstiftung). Pour un HNW français, la question majeure est l'application potentielle du régime français de l'article 792-0 bis CGI à ces structures.
Article 792-0 bis CGI : risque MAJEUR de qualification trust pour fondation patrimoniale
Le BOFIP (BOI-DJC-TRUST-20220330) reprend la définition large de l'article 792-0 bis CGI : « l'ensemble des relations juridiques créées dans le droit d'un État autre que la France, par une personne qui a la qualité de constituant, par acte entre vifs ou à cause de mort, en vue d'y placer des biens ou droits, sous le contrôle d'un administrateur, dans l'intérêt d'un ou plusieurs bénéficiaires ou pour la réalisation d'un objectif déterminé ». Le texte précise expressément que la qualification s'applique « quels que soient le nom et les caractéristiques » de la structure — y compris dotée de la personnalité juridique (fondation Liechtenstein, Stiftung suisse, Anstalt).
Conclusion unanime de la doctrine (CMS, Bredin Prat, Gide, Withers, STEP France) : toute fondation patrimoniale suisse ou liechtensteinoise (Stiftung, Anstalt) peut être qualifiée de trust au sens fiscal français dès lors qu'un constituant ou un bénéficiaire est résident France, ou qu'un actif placé dans la fondation est situé en France.
Obligations déclaratives : formulaire 2181-TRUST 1 (événementielle, dans le mois suivant constitution / modification / extinction) — identité du constituant, des bénéficiaires, des actifs, des termes de la structure ; formulaire 2181-TRUST 2 (annuelle, valeur vénale au 1ᵉʳ janvier, à déposer au 15 juin). Sanction : amende fixe 20 000 € par défaut de déclaration (l'ancienne sanction proportionnelle de 12,5 % a été censurée par le Conseil constitutionnel — décision QPC n° 2016-618 du 16 mars 2017).
Régime fiscal au décès du constituant : dépend de l'identification des bénéficiaires :
- Part déterminée par bénéficiaire identifié : tarifs DMTG selon le lien de parenté ;
- Part globale partagée entre descendants : tarif en ligne directe ;
- Bénéficiaires non identifiables / structure discrétionnaire : taxation au taux marginal de 60 % sur la totalité des actifs, sans abattement (article 792-0 bis II 1° b et c CGI).
Recommandation Hagnéré pour clientèle 1-20 M€ : une fondation patrimoniale suisse ou liechtensteinoise constituée par un Français pour bénéficiaires français présente un risque fiscal disproportionné. Privilégier des structures alternatives :
- Assurance-vie luxembourgeoise avec clause bénéficiaire optimisée (voir section 5) — outil n° 1 pour la transmission ;
- Holding patrimoniale française à l'IS avec démembrement progressif des parts vers les enfants (donations tous les 15 ans avec abattement 100 000 € par enfant) ;
- SCI familiale française pour l'immobilier locatif français ;
- Pacte Dutreil (article 787 B CGI) applicable même si défunt résident Suisse (engagement collectif 2 ans + individuel 4 ans) ;
- Démembrement de propriété avec attention à la réforme du quasi-usufruit successoral 2024 (article 774 bis CGI).
10.5. Article 750 ter CGI : la territorialité française des DMTG
Trois critères alternatifs déclenchent l'imposition française des droits de mutation à titre gratuit :
| Cas | Critère | Patrimoine taxable en France | Référence |
|---|---|---|---|
| 750 ter 1° | Défunt (donateur) résident fiscal France | Patrimoine MONDIAL | Article 750 ter 1° CGI |
| 750 ter 2° | Bien situé en France (immeubles, titres de sociétés à prépondérance immobilière française, comptes bancaires français, créances sur résidents français…) | Le seul bien français | Article 750 ter 2° CGI |
| 750 ter 3° | Héritier/donataire résident fiscal France au jour du décès ET au moins 6 années sur les 10 précédentes | Part reçue par cet héritier (mondial) | Article 750 ter 3° CGI |
Application au Français résident Suisse :
- la résidence fiscale Suisse purge le 1° (sous réserve que la résidence suisse soit non contestable — caveat : l'administration française peut requalifier un dual resident selon le tie-breaker de l'article 4 de la convention 1966) ;
- tout bien situé en France reste taxable au titre du 2° (immeuble parisien, parts de SCI française, compte-titres logé chez un dépositaire français, etc.) ;
- tout héritier vivant en France depuis 6+ ans déclenche le 3° sur sa part — y compris des biens suisses (appartement à Lausanne, compte chez UBS / Pictet / Lombard Odier, parts d'une Sàrl / SA suisse, etc.).
Pour éviter la double taxation, la France permet d'imputer sur ses propres droits de succession les droits déjà payés à l'étranger sur les biens situés hors de France (article 784 A CGI, plafonné à hauteur de l'impôt français qui aurait porté sur ces mêmes biens). Côté Suisse, la majorité des cantons exonèrent la ligne directe (Schwyz, Obwald 0 % pour TOUS héritiers ; Tessin, Berne, Valais, Bâle-Ville, Lucerne 0 % conjoint/descendants), donc l'article 784 A peut être inopérant en pratique. Mais avec la réforme Vaud du 1ᵉʳ janvier 2025 (descendants taxés au-delà de CHF 1 M par souche — LMSD article 34 modifié) et l'article 6A LDS Genève (forfaitaires privés de l'exonération ligne directe), le crédit d'impôt 784 A redevient opérant pour ces deux cas — à modéliser avec le notaire français.
Configuration optimale : défunt résident Suisse + héritiers non-résidents France 6/10 ans = transmission patrimoniale optimale
La configuration cible pour un Français HNW s'installant en Suisse avec sa famille : (i) défunt résident fiscal Suisse 6+ ans / 10 ans confirmé par attestations cantonales — neutralise le 750 ter 1° ; (ii) biens situés HORS France (immobilier suisse, AV luxembourgeoise multi-devises, comptes suisses) — neutralise le 750 ter 2° ; (iii) héritiers résidents Suisse ou résidents pays tiers depuis 6+ ans — neutralise le 750 ter 3°. Résultat (selon canton) : 0 % France + 0 % cantonal Suisse en ligne directe pour la majorité des cantons (Schwyz, Obwald, Tessin, Berne, Valais, Bâle-Ville, Lucerne ; Vaud sous franchise CHF 1 M/souche depuis 2025 ; Genève hors forfait fiscal art. 6A LDS) = transmission patrimoniale optimale. Configuration choisie par les dynasties familiales installées à Pully, Verbier ou Cologny depuis 30+ ans.
10.6. Abattements et taux français applicables aux héritiers
| Lien de parenté | Abattement (article 779 CGI) | Taux d’imposition (barème 2026) |
|---|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire PACS | Exonération totale (article 796-0 bis CGI) | 0 % |
| Enfant | 100 000 € (renouvelable tous les 15 ans) | 5 % à 45 % selon tranches |
| Petit-enfant | 1 594 € | 5 % à 45 % |
| Frère ou sœur | 15 932 € (sous conditions) | 35 % puis 45 % |
| Neveu, nièce | 7 967 € | 55 % |
| Tiers (concubin, cousin) | 1 594 € | 60 % |
10.7. Outils d'optimisation pour un Français résident Suisse
| Outil | Effet | Quand l'activer |
|---|---|---|
| Testament authentique français avec professio juris loi française (article 22 RUE 650/2012) | Neutralise la dévolution par défaut Code civil suisse (50/50 sans réserve héréditaire) pour la succession civile (côté français) | Avant le départ ou dès l'installation en Suisse |
| Pacte successoral suisse (article 512 CCS, forme du testament public art. 499 ss CCS, devant notaire + 2 témoins) | Sécurise la dévolution des biens situés en Suisse (immobilier, comptes, parts Sàrl/SA), engagement irrévocable sans accord unanime (art. 513 CCS) — outil clé pour figer la répartition entre héritiers en présence de patrimoine suisse | Au moment de l'installation ou lors d'une acquisition immobilière suisse, ~CHF 3 000-8 000 chez notaire suisse selon canton |
| Apostille + traduction certifiée du testament français | Reconnaissance en Suisse via Convention de La Haye du 5 octobre 1961 + LDIP suisse art. 86 ss | Avant ou après l'installation Suisse, ~300-800 € par jeu de documents |
| Donation aux enfants avant installation Suisse (et avant qu'ils résident France 6+ ans) | Abattement 100 000 € par enfant tous les 15 ans (article 779 CGI), transfert anticipé | 12 mois avant l'installation Suisse si possible (purge progressive des grosses positions) |
| Démembrement de propriété | Réduit la valeur taxable à la nue-propriété, conservation usufruit | Attention à la réforme du quasi-usufruit 2024 (article 774 bis CGI) qui restreint la déduction de la dette de restitution |
| SCI familiale française | Évite l'indivision, facilite la transmission progressive de parts | Sur immobilier français locatif, en présence de plusieurs héritiers |
| Pacte Dutreil (article 787 B CGI) | Abattement 75 % sur transmission de titres de société opérationnelle | Applicable même si défunt résident Suisse (BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10) ; engagement collectif 2 ans + individuel 4 ans + fonction de direction 3 ans à compter de la transmission |
| Assurance-vie luxembourgeoise multi-devises CHF/EUR/USD (Lombard / Cardif Pack Suisse / Bâloise / Swiss Life Luxembourg) | Hors succession civile, abattement 152 500 € par bénéficiaire (avant 70 ans, art. 990 I CGI), neutralité fiscale luxembourgeoise (pas d'imposition annuelle des revenus internes côté Suisse) | Construire avant 70 ans (article 990 I) ET avant le départ pour la Suisse (figer l'antériorité française), multiplier les bénéficiaires, démembrer la clause |
| Contrat de capitalisation luxembourgeois démembré | Antériorité fiscale conservée à la donation, transmission anticipée optimisée | Patrimoines significatifs, détention en personne physique sous résident Suisse ou via holding française à l'IS |
| Parts de GFF / GFI français (France Valley) | Exonération IFI 75 % sur la valeur des parts (article 976 II CGI, plafond 101 897 € puis 50 % au-delà) + abattement Monichon 75 % à la transmission (article 793-2-2° CGI) | Sous engagement de gestion durable 30 ans, partenariat France Valley |
| Régime matrimonial — déclaration de loi applicable | Article 22 règlement UE 2016/1103 : permet de maintenir la loi française pour le régime matrimonial après installation en Suisse | À envisager pour les couples français installés depuis < 10 ans en Suisse |
Délais de paiement des droits : différé et fractionnement réservés aux entreprises
Le différé sur 5 ans suivi d'un fractionnement sur 10 ans est réservé à la transmission d'entreprises (article 397 A annexe III CGI). En droit commun, le fractionnement est de 1 an, jusqu'à 3 ans pour la transmission de biens immobiliers. Taux d'intérêt de base 2026 : 2 %, taux réduit 0,6 % pour les transmissions d'entreprises éligibles. Ne promettez pas un fractionnement 10 ans à un héritier si la transmission ne porte pas sur une activité.
10.8. Régime matrimonial France-Suisse (RUE 2016/1103)
Pour les mariages célébrés à compter du 29 janvier 2019, le règlement (UE) 2016/1103 sur les régimes matrimoniaux s'applique :
- Article 22 (choix de loi) : possibilité de désigner la loi nationale d'un époux ou la loi de la résidence habituelle, dans une convention matrimoniale notariée. Le choix peut intervenir à tout moment et la loi désignée peut être celle d'un État tiers (Suisse n'est pas membre de l'UE mais le règlement reste applicable côté français en raison de sa portée universelle — article 20).
- Article 26 (loi par défaut) : à défaut de choix, loi de la première résidence habituelle commune après le mariage ; à défaut, loi de la nationalité commune ; à défaut, loi des liens les plus étroits.
Pour les mariages antérieurs au 29 janvier 2019 :
- Mariages avant 1er septembre 1992 : règles jurisprudentielles françaises (loi du premier domicile matrimonial, principe d'immutabilité tempéré).
- Mariages du 1er septembre 1992 au 28 janvier 2019 : Convention de La Haye du 14 mars 1978 (mutabilité automatique après 10 ans de résidence dans le même État ou changement de nationalité commune + résidence).
PACS en Suisse : reconnaissance limitée — privilégier le partenariat enregistré ou le mariage civil
La Suisse a sa propre forme d'union enregistrée (« partenariat enregistré » jusqu'au 30 juin 2022, désormais intégré dans le mariage civil ouvert à tous depuis le 1ᵉʳ juillet 2022 — modification CCS « Mariage pour tous »). Le PACS français n'a pas d'équivalent direct en droit suisse. Conséquences pour un PACSé français installé en Suisse : reconnaissance de la communauté de vie pour certains effets (résidence, fiscalité limitée), mais pas de dévolution successorale automatique côté suisse. Recommandation : mariage civil avec convention matrimoniale notariée (séparation de biens ou communauté universelle selon souhaits) + testament authentique français avec professio juris loi française + pacte successoral suisse (article 494 CCS) pour figer la dévolution patrimoniale.
Passons maintenant à cinq cas concrets, parce que les règles ne parlent vraiment qu'une fois appliquées à une situation de vie.
11. Cinq cas pratiques chiffrés HNW français en Suisse 2026
Cinq profils représentatifs des dossiers HNW français qui s'installent en Suisse en 2026 : retraités au forfait Vaud, cadre dirigeant tech Lausanne en régime ordinaire, frontalier Genève couple HNW, entrepreneur cession 20 M€ avec holding Zoug, et UHNW 80 M€ avec stratégie multi-juridictions. Tous les chiffres sont calculés au 28 avril 2026.
Cas 1 — Couple retraité 5 M€ patrimoine, forfait fiscal Pully (Vaud)
Couple 60-65 ans, anciens dirigeants français retirés. Patrimoine global 5 M€ (villa Pully CHF 2,5 M achat cash, AV luxembourgeoise 1,5 M€, comptes Pictet multi-devises 1 M€). Revenu mondial annuel ~CHF 200 000 (dividendes + intérêts portefeuille). Pas d'activité lucrative en Suisse — éligible au forfait fiscal vaudois.
| Étape calcul | Méthode | Montant |
|---|---|---|
| Détermination de la base imposable (LIFD art. 14) | MAX(7× valeur locative villa Pully ; minimum cantonal Vaud ; minimum fédéral) | Valeur locative villa Pully ~CHF 100 000 × 7 = CHF 700 000 (dépasse VD 415 k et IFD 429,1 k) |
| Base imposable retenue | Base la plus élevée | CHF 700 000 |
| IFD progressif (art. 36 LIFD, taux marginal 11,5 %) | Sur CHF 700 000 | ~CHF 80 000 |
| ICC Vaud + commune Pully (coefficient cantonal 154,5 % + communal 62 %) | Taux effectif ~31,4 % sur base 700 k | ~CHF 220 000 |
| Impôt fortune Vaud (assiette fortune fictive, taux progressif 0,4-0,8 %) | Patrimoine 5 M€ valorisé 80 % = 4 M ; ou assiette 20× base = 14 M (ramené à valeur réelle) | ~CHF 25 000 |
| CCM activé pour résidence conventionnelle (CE 25/06/2021 n° 442790) | Surcoût marginal sur 200 k de revenus mondiaux | +~CHF 30 000 |
| Cotisation AVS sans activité (assiette fortune × 20 + revenus rente × 20) | Plafond ~CHF 26 500/an atteint dès fortune > CHF 8,8 M | ~CHF 20 000 |
| LAMal couple (CHF 8 400 × 2) | Prime moyenne adulte CHF 393,30/mois 2026 | CHF 16 800 |
| TOTAL ANNUEL SUISSE | Forfait + fortune + AVS + LAMal | ~CHF 360 000-400 000 (≈ 380-420 k€) |
Comparaison France équivalente : PFU 30 % sur 200 k€ revenus financiers = 60 000 € ; IFI sur résidence secondaire France 1,5 M = 5 000 € ; IR retraite couple 100 k = 25 000 € ; PS 17,2 % = 34 400 €. Total France ~125 000 €. À patrimoine équivalent localisé en France, le forfait Vaud n'est PAS rentable fiscalement à 5 M€. Mais avantages structurels : 0 IFI sur immobilier suisse, 0 droit succession ligne directe (sauf Vaud > CHF 1 M depuis 2025 — voir art. 34 LMSD), stabilité juridique CH + diversification CHF, écosystème bancaire HNW (Pictet, Lombard Odier, Mirabaud, UBP, Edmond de Rothschild, BCV cantonale).
Verdict cas 1 : seuil de rentabilité réel du forfait Vaud = patrimoine > 8-10 M€ avec revenus mondiaux> 400 k€/an. Pour ce couple à 5 M€, le régime ordinaire cantonal aurait pu être plus efficient si l'âge le permettait. Le choix du forfait reste valable pour les avantages non fiscaux (succession ligne directe, stabilité, écosystème).
Cas 2 — Cadre dirigeant tech Lausanne, régime ordinaire (forfait exclu car activité Suisse)
45 ans, CEO startup tech française expatriée Lausanne. Permis B (puis C après 5 ans). Activité salariée Suisse → forfait exclu (art. 14 al. 1 LIFD : aucune activité lucrative en Suisse). Rémunération annuelle : salaire fixe CHF 350 000 + bonus CHF 200 000 + RSU vesting annuel CHF 500 000 = total CHF 1 050 000.
| Poste fiscal/social | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| IFD (art. 36 LIFD, taux marginal 11,5 %) | Sur CHF 1 050 000 (couple), taux effectif ~10,5 % | ~CHF 110 000 |
| ICC Vaud + Lausanne (cantonal 154,5 % + communal Lausanne 78,5 % = 233 %) | Taux effectif cumulé ~28 % | ~CHF 294 000 |
| AVS/AI/APG (5,3 % salarié) | Sur salaire 350 k | CHF 18 550 |
| AC chômage (1,1 % jusqu'à CHF 148 200) | Plafonné | CHF 1 630 |
| LPP cadre + surobligatoire (~12 % salaire coordonné) | Sur salaire CHF 350 k | ~CHF 65 000 |
| Pilier 3a 2026 (CHF 7 258 déductible IFD + ICC) | Optimisation fiscale | Économie ~CHF 2 500 |
| TOTAL CHARGES ANNUELLES | Impôts + cotisations sociales | ~CHF 485 000 |
| NET annuel après impôts et cotisations | 1 050 000 − 485 000 + 65 000 LPP capitalisée | ~CHF 565 000 |
Comparaison France équivalente : sur revenu 1 050 k€, IR au barème (45 % marginal + CEHR 4 %) ≈ 420 000 € ; CSG/CRDS 9,7 % = 102 000 € ; cotisations cadre françaises ≈ 220 000 €. Total France ~742 000 € de charges sociales et fiscales. Gain net Suisse vs France : ~CHF 257 000/an (~270 000 €). Avantages additionnels : LPP cadre capitalisée 1,5-2 M CHF en 15 ans (rachats déductibles intégralement IFD + ICC, plafond légal surobligatoire CHF 907 200) ; RSU taxés au vesting et non à la cession (avantage timing pour HNW) ; PV mobilières privées exonérées en Suisse (LIFD art. 16 al. 3) — vs PFU 30 % en France. Au retour France via régime impatrié 155 B (5 ans non-résident minimum) : exonération prime impatriation 30 % + 50 % revenus passifs étrangers pendant 8 ans.
Cas 3 — Frontaliers Genève couple HNW (lui banker UBP, elle médecin HUG)
Couple frontalier domicilié Annemasse (Haute-Savoie). Lui : Senior Banker UBP Genève, salaire CHF 250 000/an. Elle : médecin cadre HUG, salaire CHF 180 000/an. Permis G frontalier. Régime Genève distinct de l'accord 1983 (8 cantons CDI).
| Étape | Mécanisme | Montant |
|---|---|---|
| Imposition à la source Genève (LIS) | Barème C2 couple marié 2 revenus, lui ~24 % et elle ~21 % | Mari 60 000 + Femme 38 000 = CHF 98 000 |
| Régularisation France (article 25 conv. 1966) | Crédit d'impôt = impôt français correspondant — neutralisation au niveau IR | 0 € additionnel France |
| Avenant télétravail 27 juin 2023 (applicable 1/1/2026) | 40 % télétravail max sans perte régime fiscal | Conservation Genève si {'<'} 40 % |
| Compensation financière Genève → Ain/Haute-Savoie | 3,5 % de la masse salariale brute | ~CHF 372 M en 2024 (total reversé) |
| CSG/CRDS (post-De Ruyter CE 25/01/2017) | Exonération si affiliation LAMal CH (ALCP), mais ici frontaliers donc droit option CMU | Selon choix |
| Prélèvement de solidarité 7,5 % sur revenus capital français | Article 235 ter CGI | Variable |
| LPP cadre cumulée (~12 % de 250 k) | Sur 20 ans avec rendement 2 % | ~CHF 1,5-2 M cumulé |
| Bilan annuel net frontalier (après IS + cotisations) | 430 k brut − impôt source 98 k + LPP 30 k | ~EUR 330 000 net |
Comparaison « tout France » équivalent : sur revenus 430 k€ en France pure : IR ~180 k + PS 17,2 % = ~73 k = 253 k → net ~177 k€. Vs frontalier ~330 k€ net. Gain net frontalier ~150 000 €/an. À cela s'ajoutent : LPP cumulée 1,5-2 M CHF (sortie en capital possible avec PFL 7,5 % France via art. 163 bis II CGI), accès au pilier 3a CHF 7 258/an déductible IFD + ICC, possibilité de rachats LPP cadre déductibles intégralement. Sur 20 ans de carrière frontalière : ~3 M€ d'avantage cumulé par rapport à carrière équivalente en France.
Cas 4 — Entrepreneur cession 20 M€ avant départ Suisse, holding Zoug IS 11,85 %
50 ans, fondateur SaaS française, vente 20 M€ (coût acquisition 2 M€ → plus-value latente brute 18 M€). Stratégie : structurer avant départ via apport-cession à holding française, exit tax avec sursis et garanties, holding Zoug pour pilotage liquidités post-installation.
| Phase | Mécanisme | Montant / impact |
|---|---|---|
| Pré-départ : apport-cession (art. 150-0 B ter CGI) | Apport titres SAS française à holding française IS — report d'imposition. LF 2026 : 70 % réinvestissement (vs 60 %), 3 ans (vs 2) | Report PV latente 18 M€ |
| Exit tax 167 bis CGI au moment du départ | PFU 12,8 % + prélèvements sociaux 17,2 % = 30 % cumulés sur PV latente titres holding française | 30 % × 18 M = 5,4 M€ d'impôt total mis en sursis |
| Sursis sur option avec garanties à hauteur de 12,8 % des PV latentes (taux PFU sans PS, art. 167 bis VII CGI) | Suisse hors UE/EEE : sursis non automatique en principe ; demande SIPNR formulaire 2074-ETD 90 jours avant. CJUE Picart C-355/16 (15 mars 2018) : a CONFORTÉ la validité du dispositif d'exit tax français pour les départs vers la Suisse. Garantie 12,8 % du PFU obligatoire en pratique. | Garanties bancaires/nantissement à hauteur de 12,8 % de la PV (taux PFU sans PS) — à négocier avec SIPNR |
| Délai de dégrèvement automatique (LF 2019) | Patrimoine net imposable > 2,57 M€ : 5 ans. Vigilance PLF 2026 amendement I-807 (rétablissement 15 ans, voté 1ʳᵉ lecture, compromis 8 ans en navette) | Dégrèvement total après 5 ans |
| Création holding Zoug Sàrl (capital CHF 100 000) | Substance économique requise : bureau, employé(s), gouvernance locale (art. L. 64 LPF abus de droit + clause anti-abus PPT (avenant 2014, MLI non listé)) | IS effectif Zoug ~11,85 % (cantonal + fédéral) |
| Distribution dividendes holding française → résident Suisse | Régime mère-fille convention 1966 art. 11 §2 a (avenant 1997) : 0 % RAS si participation ≥ 10 % détenue ≥ 1 an | 0 % RAS (vs 25 % sans CCM/CIF) |
| Impôt suisse sur dividendes reçus en fortune privée (art. 20 al. 1bis LIFD pour participation qualifiée ≥ 10 %) | Imposition partielle 60 % au fédéral (40 % d'abattement, art. 20 al. 1bis) ; cantons : Zoug ~50 %. Sur dividende 1 M CHF/an : assiette IFD 600 k | IFD + ICC Zoug ~22-23 % effectif sur 600 k ≈ CHF 130-145 k sur dividende 1 M (NB : art. 18b LIFD réservé à la fortune commerciale) |
| Comparaison maintien France (PFU 30 %) | Sur dividende 1 M : 30 % = 300 000 € | Gain Suisse vs France : ~155-170 k€/an sur dividende 1 M (sous réserve substance économique réelle de la holding zougoise) |
Effet de stockage : 19 M€ restants en holding Zoug taxés IS 11,85 % uniquement à la distribution → croissance composée nette d'impôt. Sur 10 ans à 5 % de rendement composé, capital final ~31 M€ (vs ~22 M€ si tout taxé annuellement à 30 %). Gain compositionnel ~9 M€ sur la durée. Risques : (i) substance économique insuffisante = redressement français (art. L. 64 LPF, pénalité 80 %) ; (ii) clause anti-abus PPT (avenant 2014, MLI non listé) introduit par avenant 2014 ; (iii) durcissement potentiel PLF 2027 du délai exit tax — vigilance.
Cas 5 — UHNW 80 M€, Pully + chalet Verbier (Lex Koller) + Cap d'Antibes
55 ans, ex-fondateur SaaS post-cession 80 M€, patrimoine total 90 M€ (80 M€ cash/portefeuille + 10 M€ immo France). Stratégie multi-juridictions : forfait fiscal Vaud résidence principale Pully + chalet Verbier (Lex Koller) + chalet Cap d'Antibes résidence secondaire France.
| Élément patrimonial | Localisation | Valeur | Fiscalité applicable |
|---|---|---|---|
| Villa Pully (résidence principale) | Vaud | CHF 6 M | Forfait Vaud + impôt cantonal fortune |
| Chalet Verbier (résidence secondaire) | Valais (sous Lex Koller — autorisation cantonale obligatoire si forfaitaire vaudois ≠ canton de résidence) | CHF 8 M | Impôt cantonal Valais sur fortune + Lex Weber Bagnes saturée (marché secondaire uniquement) |
| Portefeuille Pictet + Lombard Odier | Suisse multi-devises CHF/EUR/USD | CHF 60 M | PV mobilières privées exonérées (LIFD art. 16 al. 3) — taxation 0 % gestion privée |
| Chalet Cap d'Antibes (résidence secondaire France) | France (06) | EUR 10 M | IFI 1,5 % marginal sur valeur > 10 M = ~150 k€/an + taxes locales + THRS surtaxe résidence secondaire |
| Coût annuel poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Forfait Vaud négocié (UHNW patrimoine élevé exige base supérieure au minimum cantonal CHF 415 000) | Base imposable négociée avec ACI Vaud | CHF 1 000 000 |
| IFD + ICC Vaud + commune Pully (taux marginal 11,5 % IFD + cantonal+communal ~28 % effectif) | Sur base CHF 1 M | ~CHF 350-400 000 |
| Impôt fortune Vaud (assiette 30 M valorisée 80 % = 24 M) | Taux progressif 0,4-0,8 % | ~CHF 240 000 |
| AVS sans activité (plafond CHF 26 500/an atteint) | Forfaitaire HNW = personne sans activité | CHF 26 500 |
| LAMal couple | Prime moyenne 2026 | ~CHF 17 000 |
| Sous-total Suisse annuel | Forfait + fortune + AVS + LAMal | ~CHF 630-680 000 (≈ EUR 660-715 k) |
| IFI France sur Cap d'Antibes 10 M€ (marginal 1,5 %) | Article 964 CGI — non-résident sur immo France uniquement | ~EUR 150 000 |
| Taxes locales + THRS surtaxe Cap d'Antibes | Communes zone tendue | ~EUR 25 000 |
| Sous-total France annuel | IFI + taxes locales | ~EUR 175 000 |
| TOTAL MONDIAL CAS 5 | Suisse + France | ~EUR 835-890 000/an |
Comparaison maintien France pure : IR + PS sur revenus 80 M€ placés (3 % rdt = 2,4 M€) avec PFU 30 % = 720 000 €. IFI sur 90 M€ (marginal 1,5 %) = ~1 200 000 €. Total France ~1 920 000 €/an. Économie nette annuelle Suisse vs France : ~1,1 M€/an. Sur 20 ans : économie cumulée ~22 M€ (hors valorisation patrimoniale et avantages successoraux). Bénéfices structurels : PV mobilières privées exonérées (article 16 al. 3 LIFD), 0 IFI sur immo suisse, 0 droit succession ligne directe sauf Vaud > 1 M (LMSD art. 34 réforme 1/1/2025), accès aux meilleures banques privées mondiales (Pictet, Lombard Odier, J. Safra Sarasin, Edmond de Rothschild Family Office).
Synthèse comparative des 5 cas :
| Cas | Profil | Patrimoine | Coût Suisse | Coût France équivalent | Verdict |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Retraités forfait Pully | 5 M€ | ~380 k CHF | ~125 k€ | France moins cher mais avantages structurels Suisse (succession, devise, banques) |
| 2 | CEO tech Lausanne | 5 M+ | 485 k CHF charges | ~742 k€ | CH gagne ~270 k€/an + LPP capitalisée |
| 3 | Frontaliers Genève | 2 M | 200 k€ net charges | ~253 k€ | CH gagne ~150 k€/an + LPP cumulée |
| 4 | Entrepreneur Zoug | 20 M+ | ~150 k€/an dividende 1M | ~300 k€/an | CH gagne ~150 k€/an + effet composition |
| 5 | UHNW Pully + Verbier + Antibes | 90 M€ | ~835 k€ | ~1 920 k€ | CH gagne ~1,1 M€/an, sur 20 ans ~22 M€ |
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Ces cinq cas montrent une chose : la stratégie se prépare avec un calendrier (12-18 mois pré-départ pour les patrimoines complexes), pas avec une décision prise la veille du déménagement. La fenêtre de stabilité 2026 (forfait confirmé post-référendum 2014, Italie passée à 300 k€, UK FIG limité à 4 ans, Portugal NHR fermé) ne se reproduira probablement pas.
12. Suisse vs Italie 300 k€, UK FIG, Portugal IFICI, Grèce + Crypto Valley Zoug
Pour un Français HNW (1-20 M€) envisageant l'expatriation patrimoniale en 2026, la Suisse n'est pas la seule option. Cinq juridictions concurrentes méritent une analyse comparative rigoureuse selon votre profil. L'année 2026 marque un resserrement net des régimes HNW européens : l'Italie a relevé sa flat tax à 300 000 €/an au 1ᵉʳ janvier 2026, le Royaume-Uni a aboli le statut « non-domiciled » historique au profit d'un régime FIG limité à 4 ans, le Portugal a remplacé le NHR par un IFICI à éligibilité hautement restrictive, et Chypre a réduit la SDC sur dividendes de 17 % à 5 % à compter de 2026. Dans ce contexte, le forfait fiscal suisse demeure le régime de référence stable et viager.
12.1. Suisse — Forfait fiscal cantonal (référence 2026)
- Cadre légal : LIFD article 14 (fédéral), LHID article 6 (cantonal). Régime créé en 1934 (Vaud), généralisé fédéral 1948. Confirmé par référendum populaire du 30 novembre 2014 (rejet de l'abolition à 59,2 %). Stabilité politique forte.
- Conditions cumulatives : étranger arrivant pour la première fois OU après 10 ans d'absence ; aucune activité lucrative en Suisse ; gestion patrimoine privé OK.
- Calcul 2026 : MAX(7× loyer/valeur locative ; 3× pension complète ; minimum fédéral CHF 435 000 (2026, indexé LIFD art. 14) ; minimum cantonal — Vaud 415 k, Valais 250 k, Tessin ~400 k, Genève 440 k).
- Charge fiscale effective : entre CHF 90 000 et 300 000/an selon canton et base.
- Durée : à vie tant que conditions remplies (vs 4-15 ans ailleurs).
- Avantages distinctifs : top 3 mondial banques privées (UBS, Pictet, Lombard Odier, Julius Baer, Mirabaud, UBP, Edmond de Rothschild), succession ligne directe 0-3 % cantonal (sauf Vaud > 1 M depuis 2025 et Genève forfaitaire art. 6A LDS).
12.2. Italie — Régime des Nouveaux Résidents (NRR) flat tax
- Cadre : Loi de finances italienne 2026 (L. 30 décembre 2025 n° 207). Article 24-bis du TUIR.
- Évolution flat tax :
- Avant 11 août 2024 : 100 000 €/an + 25 000 €/membre famille
- 11 août 2024 → 31 décembre 2025 : 200 000 €/an + 25 k€
- À compter du 1ᵉʳ janvier 2026 : 300 000 €/an + 50 000 €/membre famille
- Grandfathering : les bénéficiaires antérieurs conservent leur taux d'origine pour la durée résiduelle.
- Durée : 15 ans, non renouvelable.
- Conditions : ne pas avoir été résident fiscal italien pendant 9 des 10 années précédentes.
- Profil cible : HNW 50+ recherchant qualité de vie italienne, revenus mondiaux > 1 M€/an. En dessous, le seuil 300 k€ rend le régime moins attractif que la Suisse ou la Grèce.
12.3. Royaume-Uni — Régime FIG (Foreign Income and Gains)
- Réforme du 6 avril 2025 : abolition du régime « non-domiciled » historique (en place depuis 1799). Remplacement par le 4-year Foreign Income and Gains regime.
- Conditions : nouveaux résidents fiscaux UK ayant été non-résidents pendant au moins 10 années consécutives.
- Durée : 4 années fiscales seulement (vs viager non-dom). Au-delà : imposition mondiale au régime ordinaire — IR jusqu'à 45 % au-delà de £125 140.
- Réforme parallèle Inheritance Tax (IHT) : abandon du concept de domicile pour l'IHT. Nouveau test « long-term UK resident » : 10 années de résidence fiscale sur les 20 dernières → assujettissement IHT à 40 % sur patrimoine mondial au-delà de £325 000. « Tail » post-départ : 3 à 10 ans selon durée de résidence antérieure.
- Verdict HNW : régime de transition uniquement (4 ans). Inadapté à un projet patrimonial long terme. Pertinent pour cession, IPO, mandat de 3-4 ans à Londres.
12.4. Portugal — IFICI (NHR 2.0)
- Cadre : NHR fermé au 31 décembre 2024. Remplacement par l'Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação (IFICI) en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2025.
- Conditions restrictives :
- Devenir résident fiscal portugais après le 1ᵉʳ janvier 2024
- Ne pas avoir été résident fiscal portugais durant les 5 années précédentes
- N'avoir jamais bénéficié du NHR
- Diplôme niveau EQF 6 minimum (Licence + 3 ans expérience pertinente) ou EQF 8 (PhD/doctorat)
- Activité dans secteurs stratégiques : recherche scientifique, technologie, santé, énergie verte, innovation
- Avantages : flat tax 20 % sur revenus pro qualifiés portugais ; exonération des revenus passifs étrangers (dividendes, intérêts, plus-values, loyers) ; durée 10 ans.
- Exclusions critiques : retraités exclus, rentiers passifs exclus, dirigeants de holdings non-tech exclus. Le profil HNW français classique (cession, gestion patrimoine, retraite) n'est pas éligible.
12.5. Grèce — Régime forfaitaire investisseurs (article 5A ITC)
- Cadre : régime introduit en 2020 (article 5A du Code des impôts grec sur les revenus). Peu modifié.
- Conditions : non-résident fiscal grec pendant 7 des 8 dernières années. Investissement minimum 500 000 € en Grèce (immobilier, parts d'entreprises, obligations d'État, valeurs mobilières) à réaliser dans les 3 ans.
- Avantages : forfait 100 000 €/an sur revenus mondiaux étrangers. + 20 000 €/an par membre de famille. Durée 15 ans. Aucune obligation de déclarer les revenus étrangers.
- Verdict HNW : meilleur rapport coût/durée parmi les forfaits européens (100 k€ × 15 ans = 1,5 M€ vs Italie 4,5 M€). Limites : écosystème bancaire local moins sophistiqué, contrainte d'investissement local 500 k€.
12.6. Tableau comparatif synthétique HNW 2026
| Critère | Suisse forfait | Italie 300 k | UK FIG | Portugal IFICI | Grèce 5A |
|---|---|---|---|---|---|
| Coût annuel plancher | CHF 130-300 k | 300 k€ | 0 puis 45 % | 20 % flat pro | 100 k€ |
| Durée | À vie | 15 ans | 4 ans | 10 ans | 15 ans |
| Activité locale autorisée | NON | OUI | OUI | OUI (qualifiée) | OUI |
| Stabilité politique | Très haute | Bonne | Faible | Variable | Bonne |
| Patrimoine (IFI/wealth) | Cantonal | NON | NON | NON | NON |
| Succession ligne directe | 0-3 % cantonal | 4-8 % | 40 % IHT mondial | 0 % | 0-10 % |
| Banques privées | Top mondial | Bonnes | Top londoniennes | Limitées | Limitées |
| Communauté française | 210 k+ inscrits | Croissante | 250 k+ (en repli) | 80 k+ | 50 k+ |
| Coût total 15 ans (estim. plancher) | ~2,2-4,5 M€ | 4,5 M€ | n/a | Variable | 1,5 M€ + 500 k investis |
12.7. Cas pratique — HNW français 5 M€ patrimoine, 500 k€ revenu mondial
| Régime | Coût annuel estimé | Coût 15 ans | Verdict |
|---|---|---|---|
| Suisse Vaud (Pully) forfait | ≈ CHF 200 k (~210 k€) + ICC fortune | 3,2 M€ | Optimal long terme |
| Italie 300 k€ flat | 300 k€ | 4,5 M€ | Pertinent si Italie = projet de vie |
| UK FIG 4 ans | 0 € puis ≈ 200 k€/an | n/a | Transition uniquement |
| Portugal IFICI | Non éligible (profil rentier) | n/a | Exclu |
| Grèce 5A | 100 k€ + obligation 500 k investis | 1,5 M€ + immobilisation | Meilleur low-cost |
| Chypre non-dom | < 20 k€ effectif | < 300 k€ | Si tolérance réputationnelle |
12.8. Crypto Valley Zoug + CARF reporté à 2027
Initiée en 2013 autour de la Crypto Valley Association, la zone Zoug-Zurich-Liechtenstein concentre en 2026 environ 1 766 entreprises blockchain actives (CH + LI), dont 715 dans le seul canton de Zoug. L'écosystème a capté en 2025 47 % du capital-risque blockchain européen (USD 728 M). Sont implantés à Zoug ou Zurich : Ethereum Foundation, Cardano (IOG), Solana Foundation, Tezos Foundation, NEAR, Bitcoin Suisse AG, Sygnum Bank, AMINA Bank (ex-SEBA), Crypto Finance AG (Deutsche Börse Group). Le Steueramt zougois accepte depuis février 2021 le paiement de l'impôt cantonal en BTC et ETH via Bitcoin Suisse, avec un plafond initial de CHF 100 000 par contribuable, relevé à CHF 1,5 M depuis 2023.
| Aspect crypto pour résident Suisse | Règle | Référence |
|---|---|---|
| Plus-values mobilières privées (BTC, ETH, etc.) | EXONÉRÉES d'impôt fédéral et cantonal sur le revenu en gestion privée | Article 16 al. 3 LIFD |
| Impôt sur la fortune (cantonal) | Crypto-actifs intégrés à la fortune imposable au 31 décembre, valeur de marché AFC | Cantonal — Zoug ~0,15-0,30 %, Vaud 0,5-0,9 %, Genève 0,75-1 % |
| Mining | Revenu d'activité indépendante (cotisations sociales possibles) | AFC + circulaire 36 |
| Staking | Revenu mobilier au cours du jour de la réception | AFC |
| Airdrops | Revenu en nature au moment de la réception | AFC |
| Yield farming / liquidity mining | Revenu imposable | AFC |
| NFT | Selon nature : œuvre d'art collection privée = exonération PV ; NFT financiers = imposables | AFC |
| Safe harbour investisseur privé (Circulaire AFC n° 36) | 5 critères : détention ≥ 6 mois, volume < 5× portefeuille/an, PV < 50 % revenu net, pas de financement par dette, dérivés couverture uniquement | Circulaire AFC n° 36 du 27/07/2012 |
CARF (Crypto-Asset Reporting Framework OCDE) — mise à jour cruciale 2025/2026 : la Suisse a signé l'engagement multilatéral CARF le 26 novembre 2024. Report officiel : par décision du Conseil fédéral du 26 novembre 2025, les obligations CARF (due diligence ET reporting) ne s'appliqueront PAS en 2026. La Commission de l'économie et des redevances du Conseil national a confirmé le report. Premier échange international : 2027 (sur données collectées dès 2026 par les prestataires suisses), au lieu de 2026 initialement prévu pour l'échange. En miroir, DAC8 UE s'applique dans l'UE depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (transposition CARF UE) — un Français HNW à Zoug recevant des revenus depuis l'UE est déjà concerné côté UE. Le décalage CARF-CH/DAC8-UE crée une fenêtre tactique d'environ 12 mois — sans incitation à dissimulation : le risque de redressement reste maximal.
12.9. Banques privées crypto-friendly suisses 2026
| Établissement | Localisation | Agrément | AuM crypto / cible |
|---|---|---|---|
| AMINA Bank (ex-SEBA) | Zoug | FINMA banking 2019 | ~CHF 3,5 Md AuM ; HNW & institutionnels |
| Sygnum Bank | Zurich | FINMA banking 2019 | ~CHF 4,5 Md AuM ; institutionnels & HNW |
| Bitcoin Suisse AG | Zoug | FINMA AOS / non-bank | Vault custody, OTC, staking |
| Crypto Finance AG | Zurich | FINMA / Deutsche Börse | Brokerage institutionnel |
| Vontobel | Zurich | Banque universelle | ETP/AMC crypto, custody trad |
| Pictet | Genève | Banque privée | Fonds digital assets, custody indirecte |
| UBS | Zurich | Banque universelle | Actively Managed Certificates BTC/ETH |
Exit tax 167 bis CGI et crypto — zone clarifiée : le Conseil d'État (CE 26 avril 2018 n° 417809) a qualifié les cryptomonnaies de biens meubles incorporels — elles ne sont PAS des « droits sociaux, valeurs, titres ou droits » au sens strict de l'article 167 bis CGI. Conséquence : les crypto-actifs détenus en direct (wallets self-custody ou comptes plateforme) sont HORS CHAMP de l'exit tax au départ de France. Inversement : crypto logées dans une société holding IS française → les titres de la holding entrent pleinement dans le champ de l'exit tax (seuils 800 k€ ou 50 % participation).
12.10. Choix stratégique 2026 — recommandations Hagnéré Patrimoine
- Profil « patrimoine établi, recherche pérennité » (5-20 M€) : Suisse forfait fiscal dans canton attractif (Valais, Tessin, Schwyz pour budget < 200 k€/ an ; Vaud/Genève pour profil > 10 M€). Combiner avec montage patrimonial : trust family suisse, holding LU/CH, AV luxembourgeoise.
- Profil « 60+, projet vie méditerranéenne, revenus 1-3 M€ » : Italie NRR 300 k€ si attachement culturel Italie. Grèce 5A si priorité au coût (1/3 du coût italien) avec investissement Athènes/Cyclades 500 k€.
- Profil « transition professionnelle 3-4 ans » : UK FIG pertinent pour cession, IPO, mandat exécutif court — sortie obligatoire avant le seuil des 10 ans (assujettissement IHT mondial).
- Profil « tech/recherche/innovation < 50 ans » : Portugal IFICI seul régime à 0 % effectif sur passifs étrangers + 20 % sur revenus pro portugais — mais exigence stricte de qualification.
- Profil « HNW crypto > 500 k€ » : expatriation suisse — canton de Zoug en priorité — reste en 2026 la juridiction européenne la plus efficiente : exonération des plus-values en gestion privée, fortune marginale, écosystème bancaire régulé (AMINA, Sygnum, Bitcoin Suisse Vault).
- Stratégie combinatoire : Suisse 5-10 ans puis retour France via régime impatrié 155 B 8 ans. Cette séquence est l'arbitrage le plus performant sur 15-20 ans pour un HNW français cherchant à concilier optimisation et retour France.
Une fois le choix de juridiction clarifié, reste à exécuter : c'est l'objet de la checklist installation Suisse en section 13.
13. Checklist installation Suisse : avant et après le départ
Une expatriation patrimoniale Suisse réussie se prépare 12 à 18 mois avant le transfert effectif pour les patrimoines complexes (cession d'entreprise, cessation d'activité, exit tax 167 bis, négociation forfait fiscal cantonal). Voici la checklist Hagnéré Patrimoine actualisée pour 2026.
13.1. T-12 mois — Audit résidence fiscale + exit tax + canton cible
- Audit de résidence fiscale conventionnelle : vérifier les critères article 4 §2 conv. 1966 (foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité). Documenter le déménagement réel (logement principal, scolarisation enfants, comptes bancaires, gestion d'affaires).
- Audit exit tax 167 bis CGI : vérifier les conditions cumulatives (résident France 6 des 10 dernières années + détention > 800 k€ de titres OU ≥ 50 % d'une société). Calcul des plus-values latentes au jour du départ. Suisse hors UE/EEE → sursis sur option avec garanties à hauteur de 12,8 % des PV latentes (PFU sans PS depuis 2019).
- Choix du canton cible et de la commune : Vaud (Pully, Lutry, Saint-Sulpice) pour proximité Léman et écosystème CGP/avocats fiscalistes ; Valais (Verbier, Crans-Montana, Sion) pour minimum cantonal le plus bas (CHF 250 k) ; Tessin (Lugano, Locarno, Ascona) pour alternative italianophone post-flat tax italienne ; Genève (Cologny) pour proximité France immédiate (mais restrictif — minimum CHF 440 k et art. 6A LDS pour succession). Communes Steueroase HNW patrimoine élevé : Zoug (Baar, Walchwil, Zug-ville), Schwyz (Wollerau, Freienbach, Pfäffikon SZ), Nidwald (Hergiswil).
- Pré-négociation du forfait avec l'ACI cantonale : contact informel auprès de l'Administration cantonale des impôts (ACI Vaud, AFC Genève, Steueramt Zurich, SCC Valais). Préparer un dossier patrimonial estimatif (revenus mondiaux, train de vie, fortune mobilière + immobilière). Identifier les attentes de base imposable du canton.
- Choix de l'avocat fiscaliste cantonal : Lenz & Staehelin, Schellenberg Wittmer, Oberson Abels, Bär & Karrer, CMS von Erlach Partners, Walder Wyss, Kellerhals Carrard. Mandater 12 mois avant pour piloter ruling forfait + Calcul de Contrôle Modifié (CCM) + coordination avec avocat fiscaliste France.
- Souscription AV luxembourgeoise pré-départ : 250 000 € minimum (idéal 500 k€-1 M€). Compagnies acceptant résidents Suisse : Lombard International / Utmost (référence HNW/UHNW), Cardif Lux Vie via bureau de Genève (Pack Suisse), Bâloise Vie Luxembourg (cas par cas, durci post-fusion Helvetia 5 décembre 2025), Swiss Life Luxembourg Premium 2026. Multi-devises CHF + EUR + USD. Catégorie B/C/D LC CAA 26/1 selon patrimoine.
13.2. T-6 mois — Choix permis + immobilier + succession
- Demande de permis B auprès de l'Office cantonal de la population (OCPM Genève, SPOP Vaud, Migrationsamt Zurich). Pour rentier au forfait : permis B rentier sans activité (article 24 Annexe I ALCP) — moyens financiers suffisants + assurance-maladie complète + engagement de non-activité. Délai 2-4 mois selon canton. Coût ~CHF 100-200.
- Audit Lex Koller (LFAIE) pour acquisition immobilière. Permis B/C UE/AELE : achat libre dans canton de domicile pour résidence principale (article 5 LFAIE). Résidence secondaire en station alpine (Verbier, Crans-Montana, Zermatt, Gstaad, St-Moritz) : autorisation cantonale obligatoire. Surface utile principale max 200 m² nets, terrain max 1 000 m². Délai 3-6 mois (Grisons : 5-6 mois, le plus long). 331 communes saturées Lex Weber au 1ᵉʳ janvier 2026.
- Testament authentique français avec professio juris loi française (article 22 RUE 650/2012) — devant notaire français. Préserve la réserve héréditaire française (1/2 si 1 enfant, 2/3 si 2, 3/4 si 3+) plus protectrice que la réserve suisse réformée 2023 (1/2). Désigner un exécuteur testamentaire bilingue.
- Stratégie 750 ter 3° CGI : vérifier la fenêtre — aucun héritier ne doit être résident France ≥ 6 ans dans les 10 ans précédant le décès anticipé pour neutraliser le piège (sinon, succession mondiale du défunt taxable en France au titre de la part recueillie par cet héritier).
- Vente résidence principale française : exonération totale si cession dans l'année du départ (article 150 U-II-1° CGI) ; sinon exonération non-résident plafonnée 150 000 € art. 150 U-II-2° CGI sous conditions. Bon timing : vendre avant ou pendant le départ effectif.
- Donations anticipées aux enfants pré-départ (et avant qu'ils résident France 6+ ans si retour à venir) : abattement 100 000 € par enfant tous les 15 ans (article 779 CGI), purge progressive des grosses positions.
13.3. T-3 mois — Banques, assureurs, formulaires SIPNR
- Prévenir banques françaises du changement d'adresse fiscale : PEA (vérifier conservation autorisée — Suisse non ETNC), CTO, AV française, banque privée. Demander confirmation écrite des opérations restant possibles (certaines banques bloquent arbitrages, versements ou ferment carrément les comptes : Bourse Direct, Boursorama).
- Constituer les garanties exit tax : nantissement de titres ou caution bancaire à hauteur de 12,8 % des PV latentes auprès du SIPNR (Service des Impôts des Particuliers Non Résidents, DRESG). Formulaire 2074-ETD au plus tard 90 jours avant le transfert.
- Finaliser la legal opinion de l'assureur luxembourgeois pour AV LUX. Acceptation écrite préalable obligatoire avant tout transfert de résidence.
- Ouvrir un compte bancaire suisse : au choix banque privée (Pictet, Lombard Odier, Mirabaud, UBP, Edmond de Rothschild, Julius Baer — tickets 1-5 M CHF) ou banque cantonale avec garantie publique (BCV Vaud, BCGE Genève, ZKB Zurich AAA, BCVs Valais — accessible à partir de CHF 250-500 k) ou universelle (UBS, Raiffeisen). Multi- devises CHF + EUR + USD.
- Annonce de départ en France : mise à jour adresse sur impots.gouv.fr, formulaire 2042 + 2042-NR pour année de transition, déclaration d'année blanche pour revenus exceptionnels selon timing.
13.4. Départ — Annonce d'arrivée + LAMal + AVS
- Annonce d'arrivée à l'Office cantonal de la population dans les 14 jours suivant l'installation effective. Documents : passeport, contrat de bail / acte de propriété, attestation moyens financiers, assurance-maladie, photo, formulaire cantonal.
- Réception du permis B sous 2-4 mois. Permis C automatique après 5 ans pour Français (accord franco-suisse d'établissement du 23 février 1882).
- Affiliation LAMal obligatoire dans les 3 mois : choix d'une caisse maladie (Helsana, CSS, Sanitas, Mutuel, Swica, Concordia, Visana, Sympany, Assura). Prime mensuelle moyenne adulte CHF 393,30 (2026, +4,4 %). Couverture complémentaire LCA recommandée pour accès cliniques privées (chambre individuelle, choix médecin).
- Affiliation AVS obligatoire dès résidence (article 1a LAVS). Pour forfaitaire HNW sans activité : cotisation calculée sur fortune × 20 + revenus rente × 20, plafond CHF 26 500/an dès fortune ~CHF 8,8 M.
- Inscription au consulat de France (consulat général Genève, Berne, Zurich) pour registre des Français de l'étranger.
13.5. T+3 à 12 mois — Ruling forfait + attestation cantonale + déclaration cantonale
- Finalisation du ruling forfait fiscal cantonal (validité typique 5 ans, décision écrite signée ACI Vaud, AFC Genève, Steueramt Zurich). Inclure le Calcul de Contrôle Modifié (CCM) pour préserver l'accès aux taux conventionnels réduits sur les retenues à la source étrangères (CE 25 juin 2021 n° 442790).
- Première déclaration cantonale d'impôt à déposer (généralement avant le 31 mars pour l'année précédente, prolongation possible).
- Demande de l'attestation cantonale de résidence fiscale (formulaire 5000-FR signé par l'ACI). Pièce maîtresse côté DGFiP française pour activer la convention 1966.
- Coordination avec banque française pour réduction préventive des RAS françaises (formulaire 5000-SD + annexe 5001 dividendes / 5002 intérêts / 5003 redevances). Sans CCM dans le ruling, RAS française appliquée à 25 % au lieu de 15 % conventionnel.
13.6. Année 1 — Double déclaration + optimisation pilier 3a
- Déclaration française de l'année de transition : formulaire 2042 + 2042-NR pour revenus de source française perçus jusqu'au départ + 3916 / 3916-bis pour les comptes suisses si encore résident France au 1ᵉʳ janvier de l'année du départ.
- Déclaration cantonale suisse : revenu mondial pour CCM, ou base forfaitaire selon ruling. Plus- values mobilières privées exonérées (article 16 al. 3 LIFD) — avantage structurel majeur vs France.
- Vérification exonération CSG/CRDS post-De Ruyter (CE 25/01/2017 n° 397881) : justificatif AVS au SIPNR / DINR pour case 8SH/8SI sur déclaration 2042. Économie 9,7 points sur revenus locatifs et plus-values immobilières françaises (prélèvement de solidarité 7,5 % seulement).
- Versement pilier 3a 2026 — CHF 7 258 (salarié AVS affilié à LPP) ou CHF 36 288 max (indépendant sans LPP). Intégralement déductible IFD + ICC. Possibilité de rachat rétroactif sur 10 ans pour lacune 2025 — première fenêtre 2026.
- Souscription pilier 3b libre (sans plafond, sans déduction, mais exonération possible à 60 ans+ si conditions circulaire AFC n° 24 — souscription avant 66 ans, durée 5 ans, identité preneur-assuré).
13.7. Suivi annuel récurrent
- Déclarations France et Suisse chaque année. Revue allocation AV LUX (catégorie C ou D LC CAA 26/1, FAS/ FID multi-devises, accès private equity/dette privée si> 250 k€ + 1,25 M€ patrimoine).
- Optimisation pilier 3a : versement annuel CHF 7 258, rachats rétroactifs sur 10 ans glissants pour combler les lacunes (depuis 2025).
- Rachats LPP cadre déductibles intégralement IFD + ICC (plafond annuel théorique 10 % du salaire assuré). Vigilance : tout retrait en capital dans les 3 ans suivant un rachat entraîne reprise fiscale (art. 79b al. 3 LPP).
- Surveillance réformes 2026-2029 : réforme valeur locative votée 28 sept 2025 (entrée en vigueur 1ᵉʳ janvier 2029, abolition VL + suppression déduction intérêts hypothécaires), CARF crypto reporté à 2027, FATCA Modèle 2 jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2028. Vigilance droits succession cantonaux (Vaud LMSD art. 34 réforme 1/1/2025, Genève art. 6A LDS).
- Vigilance PLF 2026/2027 : amendement I-807 rétablissement délai exit tax 15 ans voté 1ʳᵉ lecture 3 novembre 2025, compromis 8 ans envisagé en navette. À finaliser avant promulgation.
- Renouvellement permis B tous les 5 ans (ou demande permis C automatique pour Français après 5 ans de résidence continue). Renouvellement ruling forfait tous les 5 ans (révisable si changement substantiel : mariage, héritage, vente d'entreprise).
Cette feuille de route en 7 phases couvre la majorité des cas. Pour un dossier UHNW > 20 M€ avec cession d'entreprise en cours, structure holding Zoug, immobilier Lex Koller en station alpine et succession multi-juridictions, comptez 18-24 mois de préparation et un binôme avocat fiscaliste France + Suisse impératif.
14. Retour en France après la Suisse : régime impatrié 155 B + sortie LPP
Le retour en France après une période de résidence suisse (5+ ans typiquement) ouvre l'accès à un régime fiscal très favorable : le régime impatrié article 155 B CGI (loi de modernisation de l'économie n° 2008-776 du 4 août 2008, durée portée de 5 à 8 ans par la loi de finances rectificative pour 2016 n° 2016-1918 du 29 décembre 2016 — article 71, applicable aux prises de fonctions à compter du 6 juillet 2016 ; extension du forfait 30 % aux mobilités intra-groupe par la LF 2019 n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, article 6, applicable aux prises de fonctions à compter du 16 novembre 2018). Cumulé avec la sortie optimisée de la LPP suisse, c'est un séquençage patrimonial qui peut générer plusieurs centaines de milliers d'euros d'économie d'impôt sur 8 ans.
14.1. Article 155 B CGI — conditions cumulatives
- Salariés et dirigeants assimilés visés à l'article 80 ter CGI (présidents et DG de SA, gérants minoritaires de SARL, présidents et dirigeants de SAS), appelés de l'étranger à occuper un emploi dans une entreprise établie en France.
- Recrutement par voie de mutation intra-groupe OU recrutement direct par l'entreprise française (LF 2019 — auparavant réservé aux mutations intra-groupe).
- Non-résidence fiscale française pendant les 5 années civiles précédant la prise de fonctions en France (article 155 B, I-1 CGI).
- Transfert effectif du domicile fiscal en France à compter de la prise de fonctions (article 4 B CGI : foyer ou lieu de séjour principal en France, activité professionnelle principale exercée en France).
- Activité salariée ou mandat social rémunéré relevant de l'article 80 ter CGI.
14.2. Avantages fiscaux 2026 du régime impatrié
| Avantage | Mécanisme | Plafond / option |
|---|---|---|
| Prime d'impatriation (art. 155 B I-1 al. 1) | Exonération du supplément de rémunération directement lié à l'exercice de l'activité en France | Au choix : montant réel (si identifiable au contrat) OU forfait 30 % de la rémunération nette totale |
| Forfait 30 % | Prime réputée égale à 30 % de la rémunération nette de cotisations sociales et fraction déductible CSG, avant abattement 10 % | Ouvert aux salariés directement recrutés à l'étranger depuis le 16 novembre 2018 (LF 2019) |
| Plancher de rémunération de référence | Rémunération imposable après exonération doit rester ≥ celle versée pour fonctions analogues dans la même entreprise ou entreprises similaires en France | À défaut, différence réintégrée |
| Rémunération d'activité exercée à l'étranger (art. 155 B I-1 al. 2) | Exonération de la fraction de rémunération correspondant aux missions effectuées à l'étranger dans l'intérêt direct et exclusif de l'employeur | Sous condition de déplacement effectif hors de France |
| Plafonnement global (art. 155 B I-2) | Plafond global : prime d'impatriation + rémunération activité étrangère ≤ 50 % de la rémunération totale | OU plafond fraction étrangère : ≤ 20 % de la rémunération imposable (choix annuel) |
| Revenus passifs étrangers (art. 155 B II) | Exonération à hauteur de 50 % des revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts) versés par un débiteur établi hors de France, plus-values de cession de valeurs mobilières et droits sociaux dont le dépositaire ou l'émetteur est établi hors de France, produits de propriété intellectuelle (redevances, brevets) | Pour pays ayant convention France avec clause d'assistance administrative — la Suisse remplit cette condition (avenant 2009) |
| IFI nouveaux résidents — biens étrangers exonérés (art. 964 2° CGI) | Tout contribuable transférant son domicile en France après 5 années consécutives hors France bénéficie d'une imposition IFI limitée aux biens immobiliers situés en France | Jusqu'au 31 décembre de la 5ᵉ année suivant le transfert. Au-delà, IFI redevient mondial |
| Durée totale | Bénéfice jusqu'au 31 décembre de la 8ᵉ année civile suivant la prise de fonctions | Pour prises de fonctions à compter du 6 juillet 2016 (LF 2017) |
14.3. Cas pratique — Ex-CEO tech rentrant de Lausanne
F., 47 ans, parti à Lausanne en 2020, salaire CHF 1 M (≈ 1 050 k€). Rentre en France 1ᵉʳ septembre 2026 comme DG d'une scale-up parisienne. Salaire France : 600 000 € brut, dont prime d'impatriation forfait 30 %.
| Étape calcul | Base | Montant |
|---|---|---|
| Rémunération nette imposable de référence | Salaire annuel France | 600 000 € |
| Prime d'impatriation forfaitaire 30 % | 30 % × 600 000 € | 180 000 € exonérés |
| Salaire net imposable après abattement | 600 000 − 180 000 | 420 000 € |
| Économie IR à TMI 45 % + CEHR 4 % | 180 000 € × 49 % | ~88 200 €/an |
| Économie cumulée sur 8 ans (durée régime) | 88 200 × 8 | ~705 600 € |
| + Activité étrangère (40 jours/an chez clients EU/US, ~80 k€) | Plafond global 50 % respecté car 180 + 80 = 260 < 300 (50 % de 600) | + ~39 200 €/an |
| Économie sur 8 ans avec activité étrangère documentée | (88 200 + 39 200) × 8 | ~1 019 200 € |
| Revenus passifs étrangers (dividendes US 200 k€/an) | Exonération 50 % de 200 k = 100 k exonérés × 12,8 % PFU | ~12 800 €/an = ~102 400 € sur 8 ans |
| TOTAL ESTIMATIF GAIN RÉGIME IMPATRIÉ SUR 8 ANS | Cumul prime + activité étranger + revenus passifs | ~1 100 000-1 200 000 € |
14.4. Sortie LPP au retour France — option PFL 7,5 %
Le retrait du capital du 2ᵉ pilier suisse au moment du retour en France est imposable en France si F. y est résident lors du versement (convention 1966 article 20 — pensions privées imposées dans l'État de résidence).
- Option PFL 7,5 % (article 163 bis II CGI) : applicable si versement en capital en une seule fois, capital constitué par cotisations déductibles → après abattement 10 %, taux effectif 6,75 %.
- Prélèvements sociaux 9,1 % (CSG/CRDS/Casa au titre des pensions) sauf affiliation maintenue à un régime étranger sur attestation S1 — non applicable en pratique au retour France.
- Impôt à la source suisse prélevé au moment du retrait : récupérable auprès de l'administration cantonale (formulaire de remboursement) une fois la résidence fiscale française démontrée (article 11 §4 avenant 2009 conv. 1966).
- Stratégie d'optimisation : transfert préalable du capital LPP vers une fondation de libre passage domiciliée à Schwyz, Zoug ou Obwald AVANT retrait — économie typique CHF 5 000-15 000 sur capitaux importants (LPP cadre 1,5-2 M CHF).
- Programmation du retrait : en année N+1 du retour (résidence FR confirmée) plutôt qu'avant le départ de Suisse — taux suisse souvent plus favorable mais perte du PFL. Arbitrage à modéliser au cas par cas.
14.5. Articulation avec autres dispositifs
- PER (Plan Épargne Retraite) : plafond 10 % PASS reste applicable. Versement déductible de la base imposable, donc s'applique sur la rémunération APRÈS exonération impatriée. Levier pertinent pour lisser les 200-400 k€ imposables résiduels.
- PEA : ouverture immédiate possible à l'arrivée en France. Si PEA ancien conservé pendant la résidence Suisse : antériorité préservée, prise de date.
- AV luxembourgeoise : antériorité fiscale française recommence à courir dès le transfert de résidence FR (importance d'avoir conservé le contrat). PFL 7,5 % au- delà de 8 ans (limite 150 k€ primes art. 125-0 A I 2 CGI).
- Avenant télétravail 27 juin 2023 (applicable 1ᵉʳ janvier 2026) : règle 40 % télétravail max vers la France pour un employeur suisse sans création d'établissement stable. Pertinent pour les retours progressifs (semi-frontalier).
- CEHR (article 223 sexies CGI) : 3 % au- delà de 250 k€ / 4 % au-delà de 500 k€ (célibataire). S'applique sur le revenu fiscal de référence APRÈS exonération impatriée → effet d'optimisation indirect important.
14.6. Stratégie HNW — 6 piliers du retour Suisse → France
- Préparation (J-24 à J-12) : audit résidence fiscale CH, sécurisation 5 ans non-FR, documentation exhaustive (déclarations cantonales, attestations).
- Négociation contrat France : prime d'impatriation chiffrée OU formulation déclenchant le forfait 30 %, mention explicite dans contrat ou avenant signé AVANT prise de fonctions, clause de mobilité internationale (missions étrangères pour activer l'exonération 50 % activité étrangère).
- Patrimoine financier : avant retour, isoler les avoirs étrangers (banque CH/LUX) ; conserver les revenus passifs étrangers pour bénéficier de l'exonération 50 % II.
- Immobilier : profiter de la fenêtre IFI 5 ans (biens étrangers exonérés — art. 964 2° CGI) pour conserver/restructurer le patrimoine immobilier hors France (Suisse, US, UK).
- 2ᵉ pilier LPP : modéliser scénario retrait Suisse pré-départ (impôt cantonal CH) vs retrait France post-arrivée (PFL 6,75 %) ; généralement le PFL est plus favorable pour les capitaux > 1 M CHF.
- Reporting : déclaration formulaire 2042 + 2042 C (case 1AF/1BF pour exonération impatriée), rescrit fiscal recommandé en cas de structure complexe (mutation intra-groupe + holding).
Pour aller plus loin, lisez notre guide régime impatrié 155 B. Au-delà du retour en France, les dernières erreurs classiques à éviter sont synthétisées dans la section 15.
15. Erreurs classiques à éviter (CCM, exit tax, Lex Koller, succession)
Synthèse des erreurs les plus fréquentes observées sur les dossiers d'expatriation patrimoniale Suisse, classées par ordre de coût potentiel. Toutes ces erreurs sont documentées : elles ont entraîné des redressements, contentieux ou pertes patrimoniales chez des Français HNW dans les 5 dernières années.
Erreur n° 1 — Forfait fiscal sans Calcul de Contrôle Modifié (CCM)
L'erreur la plus coûteuse pour HNW avec dividendes/intérêts étrangers significatifs. L'article 4 §6 b de la convention France-Suisse 1966 exclut explicitement les forfaitaires de la qualité de résident conventionnel (sauf CCM). Sans CCM dans le ruling cantonal :
- RAS française dividendes 25 % au lieu de 15 % conventionnel (article 119 bis 2° CGI) — sur dividendes 200 k€/an = 50 k€ perdus chaque année.
- Pas d'imputation crédit d'impôt côté Suisse (article 25 conv. 1966) sur RAS française résiduelle.
- RAS étrangères (US, UK, Allemagne, Italie) non récupérables aux taux conventionnels suisses (15 % via convention CH-US, 15 % CH-DE, etc.).
- Risque de requalification par l'administration française (BOFIP ACTU-2012-00064 du 12 septembre 2012 — retrait de la tolérance administrative).
Solution : négocier systématiquement le CCM dans le ruling cantonal (CE 25 juin 2021 n° 442790 — forfait vaudois CCM = résident conventionnel). Pour HNW avec dividendes/intérêts > 50 k€/an, le CCM est systématiquement gagnant : surcoût marginal ICC ~30 k€ compensé par récupération RAS étrangères ~50-80 k€/ an.
Erreur n° 2 — Exit tax 167 bis CGI improvisée à la dernière minute
Article 167 bis CGI : la Suisse étant hors UE/EEE, le sursis n'est PAS automatique. La demande au SIPNR doit être faite au plus tard 90 jours avant le transfert via formulaire 2074-ETD, avec constitution de garanties à hauteur de 12,8 % des plus-values latentes (PFU sans PS depuis 2019).
- Erreur typique : demande du sursis< 90 jours avant départ → exit tax exigible immédiatement à 12,8 % (sur PV latente 5 M€ = 640 k€ à payer en cash).
- Pénalité 80 % en cas de défaut de déclaration d'exit tax (article 1729 CGI, abus de droit) + intérêts de retard.
- Vigilance PLF 2026 : amendement n° I-807 rétablissant un délai de 15 ans (vs 5 ans actuel) voté en 1ʳᵉ lecture le 3 novembre 2025. Compromis 8 ans envisagé en navette (proposition Mattei). À finaliser avant promulgation — la fenêtre actuelle peut se refermer rapidement.
Solution : audit exit tax 12-18 mois avant départ. Constitution des garanties (nantissement de titres, caution bancaire) en amont. Suivi du dégrèvement automatique après 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) ou 5 ans (au-delà — LF 2019).
Erreur n° 3 — Acquisition immobilière en station Lex Koller mal anticipée
Pour un Français non-résident UE/AELE ou un forfaitaire vaudois achetant un chalet à Verbier, Crans-Montana, Zermatt ou Gstaad, l'autorisation Lex Koller (LFAIE) est obligatoire (article 9 LFAIE).
- Délai procédure : 3-6 mois (Grisons : 5-6 mois, le plus long). Mandater un avocat suisse 6 mois avant la signature d'acte authentique.
- Surface utile principale max 200 m² nets habitables (article 10 OAIE), terrain max 1 000 m² (variable cantons, jusqu'à 1 500 m² Valais).
- 331 communes saturées Lex Weber au 1ᵉʳ janvier 2026 → achat possible uniquement sur marché secondaire (revente d'un bien existant déjà autorisé).
- Pratique cantonale Valais 26 janvier 2026 : notaires interdits d'instrumenter pour étranger sans permis B (sauf résidence principale).
- Interdiction de revente avant 5 ans (sauf force majeure : décès, divorce, mutation professionnelle).
- Investissement locatif INTERDIT pour Français sans permis C (5 ans de résidence continue).
Solution : valider Lex Koller AVANT signature de promesse de vente. Vérifier le contingent cantonal résiduel au 1ᵉʳ trimestre (Valais ~330 unités/an, Vaud ~120, Tessin ~100, Grisons ~150). Pour acquisition résidence principale dans canton de domicile (permis B/C) : pas de Lex Koller — achat libre.
Erreur n° 4 — Genève forfait + héritage descendants (article 6A LDS)
Piège majeur HNW genevois souvent ignoré : à Genève, l'exonération du conjoint et des descendants en ligne directe (généralement 0 % dans la majorité des cantons) NE S'APPLIQUE PAS si le défunt était au bénéfice de l'imposition d'après la dépense (forfait fiscal) au cours d'une de ses 3 dernières taxations (LDS article 6A).
- Conséquence : descendants taxés au barème ligne directe (jusqu'à ~6 % en réalité après abattement, mais à vérifier avec les BCDS — Barèmes des Communes pour les Droits de Succession). Sur succession 5 M€ avec 2 enfants : ~300 k€ de droits qui auraient été évités si régime ordinaire à Genève ou si forfait dans canton sans art. 6A.
- Vaud — réforme 1ᵉʳ janvier 2025 (LMSD article 34 modifié) : descendants taxés au-delà de CHF 1 M par souche héréditaire. Pour HNW vaudois patrimoine 5+ M€ avec 2 enfants : franchise totale CHF 2 M, taxation progressive sur le reste.
Solution : si forfait Genève envisagé + souci de transmission ligne directe → transférer la résidence principale dans un canton sans art. 6A (Vaud — sous réserve de la franchise CHF 1 M depuis 2025, Tessin, Schwyz, Berne) au moins 4 taxations avant le décès anticipé. Cantons sans droit de succession ligne directe : Tessin, Berne, Valais, Bâle-Ville, Lucerne, Schwyz, Obwald (0 % pour TOUS héritiers).
Erreur n° 5 — Piège article 750 ter 3° CGI (héritier France 6+ ans)
L'article 750 ter 3° CGI maintient l'imposition française des DMTG sur le patrimoine MONDIAL du défunt non-résident France si l'héritier est résident France 6+ ans dans les 10 années précédant la transmission.
- Cas typique du piège : Français installé de longue date en Suisse, dont 1 enfant est revenu s'installer en France (carrière à Paris depuis 7 ans). Au décès du défunt : succession mondiale taxable en France au titre de la part recueillie par cet enfant — y compris immobilier suisse, comptes bancaires suisses, AV luxembourgeoise.
- Coût : sur quote-part 5 M€ avec abattement 100 k€/enfant (art. 779 CGI), barème ligne directe atteint ~993 k€ de droits par enfant. Soit ~1 M€ qui aurait pu être évité si l'enfant était resté hors France.
- Pas de crédit d'impôt mobilisable depuis abrogation convention 1953 le 1ᵉʳ janvier 2015 — la France taxe la totalité, l'article 784 A CGI étant inopérant si la Suisse n'impose pas (la majorité des cantons exonèrent ligne directe, sauf Vaud > 1 M depuis 2025 et Genève forfaitaire art. 6A LDS).
Solution : maintenir tous les héritiers hors de France pendant la fenêtre des 10 ans (au minimum, qu'aucun n'atteigne le seuil de 6 ans de résidence française). Pour les enfants étudiants en France post-études : anticiper le départ ou structurer via AV LUX bénéficiaires non-résidents France 6/10 ans (article 990 I CGI inapplicable).
Erreur n° 6 — AV luxembourgeoise souscrite après le départ
Erreur classique : reporter la souscription de l'AV luxembourgeoise au moment de l'installation en Suisse ou après. Conséquences :
- Antériorité française non figée : perte du PFL 7,5 % au-delà de 8 ans dans la limite 150 k€ primes (article 125-0 A I 2 CGI), utile en cas de retour France via régime impatrié 155 B.
- Compagnies plus restrictives sur les dossiers de résidents suisses déjà installés (compliance renforcée, justification source of funds plus complexe sans historique français).
- Perte de la fenêtre conventionnelle : souscription en résident français = bénéfice immédiat régime mère-fille convention 1966.
Solution : souscription AVANT le départ effectif via un courtier expert HNW (Hagnéré Patrimoine route systématiquement vers Lombard International / Utmost, Cardif Lux Vie via bureau de Genève, Bâloise Vie Luxembourg ou Swiss Life Luxembourg). Ticket 250 k€ minimum, idéal 500 k€-1 M€. Multi-devises CHF + EUR + USD. Catégorie C ou D LC CAA 26/1 selon patrimoine.
Erreur n° 7 — Holding suisse sans substance économique
Constituer une holding Zoug ou Schwyz pour bénéficier d'un IS effectif faible (Zoug ~11,85 %) sans substance économique réelle expose à un redressement majeur :
- Article L. 64 LPF (abus de droit) : pénalité 80 % + intérêts de retard sur la totalité de l'impôt éludé.
- Article 209 B CGI : sociétés étrangères contrôlées soumises à régime fiscal privilégié (clause de sauvegarde si activité industrielle/commerciale effective).
- MLI BEPS — clause PPT (Principal Purpose Test, article 7 du MLI signé par France et Suisse 7 juin 2017) : refus du bénéfice de la convention en cas de montage à finalité principalement fiscale.
- Exigence FINMA / Steueramt : direction effective en Suisse, bureaux physiques loués, salariés effectifs (a minima 1 dirigeant opérationnel ETP), conseils d'administration tenus physiquement en Suisse, comptabilité tenue localement.
Solution : substance économique réelle documentée. Mémorandum de motivation économique (et non purement fiscale). Dirigeants résidents suisses. Procès- verbaux de conseils d'administration probants. Décisions stratégiques prises et documentées en Suisse. Coût d'une substance correcte : CHF 50-150 k/an minimum (loyer bureau, salarié, comptabilité, gouvernance).
Erreur n° 8 — Naturalisation suisse sans anticipation perte du forfait
Le forfait fiscal suisse est réservé aux étrangers (article 14 al. 1 LIFD). L'acquisition de la nationalité suisse par naturalisation (ordinaire 10 ans, facilitée 5 ans via mariage) fait perdre le forfait de plein droit pour la totalité de la période fiscale au cours de laquelle la nationalité est acquise.
- Décision stratégique majeure à arbitrer à 8-10 ans d'horizon entre sécurité juridique long terme (passeport suisse, accès UE post-Brexit pour la mobilité familiale) et optimisation fiscale (forfait conservé).
- Cas typique d'erreur : naturalisation enclenchée sans modélisation de l'impact fiscal du passage en régime ordinaire — bascule de CHF 130-180 k/an forfait Vaud à CHF 400-500 k/an régime ordinaire selon patrimoine et revenus.
Solution : modéliser l'écart forfait / régime ordinaire AVANT d'enclencher la procédure de naturalisation. Si écart trop important : préférer la conservation du permis C (renouvellement quinquennal) qui offre déjà la plupart des droits civiques (vote communal selon canton) et l'accès durable à la Suisse. Cumul double nationalité FR-CH autorisé depuis 1ᵉʳ janvier 1992 si naturalisation finalement choisie.
Erreur n° 9 — Oubli de l'attestation cantonale de résidence fiscale
Pour bénéficier des taux conventionnels réduits sur les retenues à la source (RAS) françaises (15 % dividendes au lieu de 25 %), la production de l'attestation cantonale de résidence fiscale (formulaire 5000-FR signé par l'ACI Vaud, AFC Genève, Steueramt Zurich) est indispensable. Sans cette pièce, votre banque française applique automatiquement la RAS de droit interne 25 % (article 119 bis 2° CGI).
- Délai d'obtention : 12 mois minimum après installation effective + dépôt de la 1ʳᵉ déclaration cantonale validée.
- Procédure de remboursement auprès de la DINR (Direction des Impôts des Non Résidents — ex-SIPNR) : longue et pas toujours obtenue en pratique. Délai de réclamation 2 ans (article R*196-1 LPF).
Solution : produire les justificatifs en amont auprès de l'établissement payeur français (formulaire 5000-SD pour réduction préventive RAS + annexe 5001 dividendes / 5002 intérêts / 5003 redevances). Renouveler l'attestation chaque année.
Erreur n° 10 — Mauvaise gestion réforme valeur locative (effet attendu 2028)
La réforme suisse de l'imposition de la valeur locative, votée le 28 septembre 2025 (oui à 57,7 %), entre en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2029 : abolition de la valeur locative + suppression de la déductibilité des intérêts hypothécaires sur résidence principale et secondaire.
- Propriétaire avec hypothèque importante (LTV >60 %) = PERDANT (perte de la déduction qui dépassait la VL).
- Propriétaire achat cash sans dette = GAGNANT (perte du revenu fictif imposable sans contrepartie négative).
- Régime transitoire primo-accédants : déduction plafonnée 10 000 CHF (couple) ou 5 000 CHF (célibataire) la première année fiscale suivant l'achat, dégressive sur 10 ans jusqu'à extinction.
- Cantons touristiques (VS, GR, BE, TI, VD) peuvent introduire un impôt cantonal optionnel sur les résidences secondaires (taux probable 0,3-0,8 % de la valeur fiscale annuellement).
Solution : pour HNW disposant de liquidités importantes — privilégier achat cash résidence principale Suisse pour bénéficier de l'abolition VL dès 2029. Si recours à l'hypothèque : LTV minimal (50 % maximum), durée courte (5-7 ans), amortissement accéléré avant 2029. Renégocier le ruling forfait fiscal en 2027 (la VL servait de base de calcul 7× — sa disparition modifie l'assiette).
Ces 10 erreurs sont les plus fréquentes — pas exhaustives. Pour un dossier HNW, l'audit Hagnéré Patrimoine couvre 50+ points de vigilance. La règle d'or : anticiper 12-18 mois avant le départ, mandater un binôme avocat fiscaliste France + Suisse, et documenter la motivation économique au-delà de l'optimisation fiscale.
Sécuriser votre installation Suisse en évitant les 10 erreurs classiques
Hagnéré Patrimoine conduit l'audit complet (CCM, exit tax 12,8 %, Lex Koller, succession Vaud 2025/Genève art. 6A LDS, AV LUX pré-départ, holding Zoug substance, naturalisation, attestation cantonale, réforme VL 2029) avec ses correspondants locaux Lausanne, Genève, Zurich, Zoug. Binôme avocat fiscaliste France + Suisse impératif (Lenz {`&`} Staehelin, Schellenberg Wittmer, Oberson Abels, Bär {`&`} Karrer, CMS von Erlach Partners, Walder Wyss, Kellerhals Carrard).
Pour les questions les plus fréquentes des Français HNW envisageant la Suisse, consultez la FAQ ci-dessous.
FAQ — Gestion de patrimoine expatrié français en Suisse
Les questions ci-dessous reprennent les blocages les plus fréquents : résidence fiscale conventionnelle, forfait fiscal cantonal (LIFD art. 14, CCM CE 25 juin 2021 n° 442790), AV luxembourgeoise multi-devises CHF/EUR/USD, testament authentique français + pacte successoral suisse art. 512 CCS, IFI, exit tax, permis B / autorisation cantonale d'établissement et accompagnement.
Sources officielles utilisées pour ce guide
Article rédigé selon la loi de finances 2026, la convention France-Suisse du 9 septembre 1966 modifiée par l'avenant télétravail du 27 juin 2023 (décret 2025-838 du 21 août 2025, applicable au 1ᵉʳ janvier 2026), la jurisprudence Conseil d'État 25 juin 2021 n° 442790 (CCM forfaitaire) et les sources disponibles au 28 avril 2026. Les textes français et suisses peuvent évoluer : vérifiez chaque point sensible avant une décision engageante.
- Impots.gouv - Convention fiscale France-Suisse du 9 septembre 1966 (texte consolidé)
- BOFiP BOI-INT-CVB-CHE - Convention fiscale France-Suisse
- Légifrance - Décret n° 67-879 du 13 septembre 1967 (publication convention 1966)
- Légifrance - Décret n° 2010-1532 du 10 décembre 2010 (avenant 27 août 2009)
- Légifrance - Décret n° 2016-534 du 29 avril 2016 (avenant 25 juin 2014)
- Légifrance - Décret n° 2025-838 du 21 août 2025 (avenant télétravail 27 juin 2023, applicable 1er janvier 2026)
- Fedlex - Convention RS 0.672.934.91 (côté suisse)
- Impots.gouv - Accord du 11 avril 1983 frontaliers (8 cantons : BE SO BS BL VD VS NE JU)
- Confédération suisse - LIFD article 14 imposition d'après la dépense (RS 642.11)
- Confédération suisse - LHID article 6 imposition d'après la dépense (RS 642.14)
- AFC - Circulaire n° 44 du 24 juillet 2018 imposition d'après la dépense IFD
- Conseil fédéral / Chancellerie - Votation populaire 30 novembre 2014 (rejet abolition forfait à 59,2 %)
- DFF - Imposition d'après la dépense (présentation officielle)
- Fedlex - LFAIE Lex Koller (RS 211.412.41) du 16 décembre 1983
- Office fédéral de la justice - Acquisition d'immeubles par personnes à l'étranger
- ARE - Lex Weber résidences secondaires (LRS, art. 75b Cst.)
- DFF - Réforme imposition propriété logement (votation 28 septembre 2025, abolition valeur locative)
- ESTV - Dossier droits de mutation cantonaux
- Légifrance - CGI article 4 B (résidence fiscale, LF 2025)
- Légifrance - CGI article 164 B (revenus de source française)
- Impots.gouv - Non-résidents : revenus imposables en France
- Impots.gouv - Non-résident de France
- Impots.gouv - Taux moyen et taux minimum des non-résidents
- Impots.gouv - Exit tax
- Légifrance - CGI article 167 bis (exit tax)
- Impots.gouv - IFI des non-résidents
- Impots.gouv - Calcul de l'IFI
- Impots.gouv - Prélèvements sociaux des non-résidents
- Impots.gouv - PEA et départ hors de France
- Impots.gouv - Assurance-vie : bénéficiaire et fiscalité décès
- Impots.gouv - Formulaire 3916 / 3916-bis
- BOFiP BOI-TCAS-AUT-60 - Article 990 I et résidence
- BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-10-30 - Article 750 ter CGI
- BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-50-60 - Article 784 A CGI (crédit d'impôt étranger)
- BOFiP - Pacte Dutreil article 787 B CGI
- BOFiP - Représentant fiscal accrédité 244 bis A
- BOFiP - Conjoint survivant article 796-0 bis CGI
- Notaires.fr - Règlement européen 650/2012 successions internationales
- EUR-Lex - Règlement (UE) n° 650/2012 sur les successions
- EUR-Lex - Règlement (UE) 2016/1103 sur les régimes matrimoniaux
- Commissariat aux Assurances Luxembourg - Circulaire 15/3 (FID, FAS, FIC)
- Légifrance - Article 976 CGI exonération IFI bois et forêts
- Légifrance - Article 793 CGI abattement Monichon 75%
- CFE - Caisse des Français à l'Étranger
- BOFIP BOI-INT-CVB-CHE-20 - Convention France-Suisse successions abrogée 1er janvier 2015
- BOFIP ACTU-2014-00284 - Dénonciation française du 17 juin 2014 (convention successions 1953)
- admin.ch - Réforme fiscalité successorale 14 juin 2015 (rejet 71,0 %)
- Office fédéral de la justice - Droit successoral suisse réforme 1er janvier 2023
- État de Vaud - LMSD article 34 (réforme droits succession descendants 1er janvier 2025, franchise CHF 1 M/souche)
- Genève - Loi sur les droits de succession (LDS) D 3 25 (article 6A : exclusion forfait fiscal)
- AVS / OFAS - AVS suisse (1er pilier obligatoire)
- Bureau fédéral de la sécurité sociale - LPP 2e pilier (loi sur la prévoyance professionnelle)
- AFC - Échange automatique de renseignements CRS Suisse (premier échange 2018 sur données 2017)
- SIF - Accord FATCA Suisse-USA Modèle 2 du 13 février 2013
- Conseil d'État - 25 juin 2021, n° 442790 (forfait fiscal vaudois CCM = résident conventionnel)
- Conseil d'État - 9 novembre 2015, n° 370054 (Landesärztekammer Hessen, doctrine assujettissement effectif)
- Cour de Justice UE - 26 février 2015, C-623/13 De Ruyter (CSG/CRDS résidents UE/EEE)
- Conseil d'État - 25 janvier 2017, n° 397881 (extension De Ruyter à Suisse)
- OCDE - Convention multilatérale BEPS / MLI (signée par Suisse 7 juin 2017, ratifiée 29 août 2019)
- Conférence Suisse des Impôts (CSI) - Comparaisons cantonales fiscalité
- Office fédéral de la statistique - Frontaliers Suisse
- FINMA - Autorité de surveillance des marchés financiers suisses
- BOFiP - BOI-DJC-TRUST-20220330 (régime juridique des trusts)
- Légifrance - Article 792-0 bis CGI (trusts)
- Conseil constitutionnel - Décision QPC 2016-618 du 16 mars 2017 (sanction trusts)
- Administration fédérale des contributions (AFC) - attestation de résidence fiscale
- Conférence Suisse des Impôts (CSI) - Comparaisons cantonales
- OCDE - FAQs Crypto-Asset Reporting Framework (CARF)
- Suisse - Report CARF à 2027 (décision Conseil fédéral 26 novembre 2025)
- FINMA Guidance 01/2026 du 12 janvier 2026 - Custody of Crypto-Based Assets
- AFC - Cryptomonnaies et fiscalité Suisse (Circulaire 36)
- PwC Worldwide Tax Summaries - Suisse (2026)
- BOFiP - BOI-INT-CVB-MCO (convention France-Monaco 1963)
- IRAS Singapore - Individual Income Tax Rates 2026
- Hong Kong Immigration - New Capital Investment Entrant Scheme (CIES)
- Commissariat aux Assurances LU - Lettre Circulaire 26/1 (en vigueur 1er février 2026)
- Légifrance - Article R. 423-7 Code des assurances (FGAP plafond 70 000 €)
Mention conformité
Hagnéré Patrimoine — SAS, cabinet de conseil patrimonial, immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de CIF, COA, COBSP et Carte T. Les placements financiers présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation personnelle et des conventions applicables.
Article rédigé par Quentin Hagnéré. Dernière mise à jour : 27 avril 2026. Guide enfant du silo fiscalité non-résidents. CTA principal : RDV stratégie non-résident.