Contrat de capitalisation vs assurance-vie 2026 : les 6 différences qui changent la stratégie

Même fiscalité de rachat (art. 125-0 A CGI), mais 6 différences majeures déterminent votre choix : succession (rapportable vs hors succession), IFI, donation avec purge de plus-value, démembrement, détention par personne morale (SCI, holding), effet LF 2024 sur l'article 774 bis CGI. 5 cas pratiques chiffrés, arbre de décision, 20 FAQ.

Même fiscalité rachat
La différence clé
Atout contrat capi
SCI, holding, association

L'essentiel en 3 minutes

Le contrat de capitalisation et l'assurance-vie partagent la même fiscalité de rachat (art. 125-0 A CGI : abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans, PFU — Prélèvement Forfaitaire Unique — de 7,5 % ou 12,8 %). Mais 6 différences majeures les séparent : succession rapportable vs hors succession (art. 990 I CGI, abattement 152 500 €), IFI, donation avec purge de plus-value, démembrement, détention par personne morale, effet LF 2024 (art. 774 bis CGI). Chez Hagnéré Patrimoine, nous combinons systématiquement les deux enveloppes pour les patrimoines > 500 000 €.

Vous avez 68 ans. Vous venez de vendre votre entreprise pour 1,2 million d'euros net. Votre banquier vous parle d'assurance-vie, votre notaire évoque un contrat de capitalisation, votre expert-comptable suggère une holding patrimoniale. Trois conseils, trois enveloppes, et au milieu : vous, avec une question simple — qu'est-ce qui change vraiment entre un contrat de capitalisation et une assurance-vie ? Ce guide apporte la réponse, structurée en 14 sections, 5 cas pratiques chiffrés et 25 FAQ.

Ce que vous saurez après ce guide

  • Identifier en 30 secondes quelle enveloppe privilégier selon votre profil et votre objectif
  • Comprendre pourquoi le contrat capi devient stratégique après avoir saturé l'AV à 152 500 €
  • Maîtriser les 5 cas pratiques chiffrés : donation démembrée, SCI IS, holding, succession, purge plus-value
  • Éviter les 10 pièges classiques qui coûtent cher à la transmission
  • Savoir combiner AV + capi pour optimiser succession, IFI et donation
Hagnère Patrimoine

Choisir entre contrat capi et AV avec un expert

Nos CGP analysent votre situation familiale, fiscale et patrimoniale pour orienter votre choix entre contrat de capitalisation et assurance-vie selon vos objectifs (épargne, transmission, optimisation IFI, SCI patrimoniale).

GratuitSans engagementConseiller certifié

1. Qu'est-ce qu'un contrat de capitalisation exactement ?

Le contrat de capitalisation est un produit d'épargne long terme régi par le Code des assurances, proposé par les mêmes assureurs que l'assurance-vie (Generali, Spirica, Suravenir, Cardif, Predica). Il permet d'investir sur un fonds en euros et/ou des unités de compte (OPCVM, ETF, SCPI, OPCI, private equity) dans une enveloppe fiscalement identique à l'AV pour les rachats (art. 125-0 A CGI). Mais il repose sur un mécanisme juridique différent : il n'a pas de clause bénéficiaire, pas d'aléa viager, et il peut être souscrit par une personne morale (SCI à l'IS, holding, association).

La définition technique : pas d'aléa, pas de clause bénéficiaire

Techniquement, l'assurance-vie repose sur un aléa viager : le versement du capital au bénéficiaire est conditionné au décès du souscripteur. C'est ce qui justifie son régime civil dérogatoire (art. L.132-12 du Code des assurances : le capital échappe aux règles successorales). Le contrat de capitalisation, lui, ne comporte aucun aléa : c'est un simple contrat d'épargne. Conséquence directe : il ne sort pas de la succession, il ne désigne pas de bénéficiaire, il s'intègre au patrimoine comme n'importe quel actif financier. Ce qui semble un inconvénient en apparence devient un atout dans plusieurs stratégies — notamment la donation du vivant.

Origine historique : l'outil des CGP pour personnes morales

Le contrat de capitalisation existe depuis les années 1950. Historiquement, il a été conçu pour permettre aux personnes morales (associations, fondations, entreprises) de bénéficier d'un produit d'épargne comparable à l'AV sans l'aléa viager (qui ne peut pas exister pour une personne morale). Son usage s'est étendu aux particuliers dans les années 2000, notamment comme outil de transmission anticipée et d'optimisation IFI. Aujourd'hui, il est massivement utilisé par les CGP pour trois usages principaux : trésorerie de holding, donation démembrée aux enfants, complément d'AV après saturation des 152 500 € par bénéficiaire.

Les contrats capi disponibles sur le marché 2026

En 2026, la majorité des contrats AV phares ont leur équivalent capi : Linxea Spirit Capitalisation (Spirica), Linxea Avenir Capi (Suravenir), Lucya Cardif Capi (BNP Cardif), Nalo Capi, Placement-direct Vie Capi, ainsi que les contrats haut de gamme Generali (Himalia Capi), SwissLife (Liberté Capi). Pour les personnes morales, les contrats dédiés existent chez Predica (contrat capi personne morale), Suravenir Sérenité Capi Entreprise, Generali Multisupport Entreprise. Les frais et supports sont généralement comparables à la version AV, parfois légèrement plus élevés (frais de gestion UC +0,10 % à +0,20 %).

2. Tableau des 6 différences clés entre contrat capi et assurance-vie

Voici la synthèse qu'attendent tous nos clients en rendez-vous patrimonial. Gardez en tête que la fiscalité des rachats est identique — toutes les différences qui suivent concernent la transmission, la donation, la détention et certaines situations patrimoniales spécifiques.

Les 6 différences majeures entre contrat de capitalisation et assurance-vie (2026)
CritèreAssurance-vieContrat de capitalisation
Souscripteurs éligiblesPersonnes physiques uniquementPersonnes physiques ET morales (SCI IS, holding, association)
Clause bénéficiaireOui (pilier du régime 990 I)Aucune (pas d'aléa viager)
Succession civileHors succession (art. L.132-12 C. ass.)Rapportable à la succession (actif civil)
Succession fiscaleRégime dérogatoire 990 I / 757 B (152 500 € / 30 500 €)Barème DMTG — Droits de Mutation à Titre Gratuit — classique (100 000 € par enfant)
Donation du vivantImpossible (contrat attaché à la personne)Possible (purge de plus-value)
DémembrementUniquement via clause bénéficiaire démembréeDémembrement dès la souscription OU donation démembrée
IFIFraction UC immobilière + fonds euros (si conditions)Identique à l'AV
Antériorité au décèsNon transmise (dénouement AV)Conservée par les héritiers
Abattement 990 I (152 500 €)Oui (avant 70 ans)Non (jamais)
Abattement 757 B (30 500 €)Oui (primes après 70 ans)Non (jamais)
Fiscalité rachat (art. 125-0 A CGI)PFU 30 % / 7,5 % après 8 ans + abattementIdentique
Régime en société ISImpossibleTaxation forfaitaire annuelle (105 % TME — Taux Mensuel moyen des Emprunts d'État — × 70 %)

Concrètement : que retenir ?

Les deux enveloppes offrent la même fiscalité de rachat. Elles divergent radicalement sur quatre points : (1) qui peut souscrire, (2) comment ça se transmet au décès, (3) si ça peut se donner du vivant, (4) comment ça se démembre. Pour 80 % des épargnants particuliers avec un patrimoine inférieur à 152 500 €, l'AV reste l'enveloppe optimale. Pour les 20 % restants — patrimoines élevés, stratégies de transmission anticipée, SCI patrimoniales, holdings — le contrat capi devient incontournable en complément de l'AV, pas à la place.

3. Succession : rapportable vs hors succession — la différence qui change tout

C'est la différence que 90 % de nos clients découvrent en rendez-vous. L'assurance-vie est hors succession civile — ce qui signifie que le capital versé au bénéficiaire échappe aux règles de la réserve héréditaire (art. L.132-12 du Code des assurances). Le contrat de capitalisation, lui, intègre la succession comme un actif financier ordinaire. Cette distinction a trois conséquences pratiques : le régime fiscal, les abattements disponibles, et l'antériorité fiscale conservée par les héritiers.

Assurance-vie : l'article 990 I et l'abattement 152 500 €

Pour les primes versées avant les 70 ans du souscripteur, l'article 990 I CGI prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (tous contrats AV du défunt confondus chez tous les assureurs). Au-delà de l'abattement : taxation à 20 % sur la fraction taxable jusqu'à 700 000 € par bénéficiaire (soit 852 500 € de capital brut perçu), puis 31,25 % au-delà. Les primes versées après 70 ans basculent sous l'article 757 B CGI : abattement global unique de 30 500 € tous bénéficiaires confondus, puis barème DMTG classique — mais seules les primes sont taxables, les gains générés après 70 ans restent totalement exonérés. C'est la force de l'AV : un régime fiscal dérogatoire spécifique qui peut faire économiser 40 % à 60 % de droits sur une transmission de plusieurs centaines de milliers d'euros.

Contrat capi : barème DMTG classique, pas d'abattement spécifique

Le contrat de capitalisation ne bénéficie ni de l'abattement 152 500 €, ni de l'abattement 30 500 €. Au décès du souscripteur, il intègre l'actif successoral à sa valeur de rachat et est taxé au barème DMTG classique : 100 000 € d'abattement par enfant (art. 779 I CGI), 31 865 € par petit-enfant (art. 790 B CGI), puis barème progressif de 5 % à 45 % selon la tranche. Pour un contrat capi de 500 000 € transmis à un enfant unique : 400 000 € taxables après abattement, soit environ 78 000 € de droits (taux effectif ~15,6 %). En AV avant 70 ans : 500 000 € bénéficiaient de l'abattement 152 500 €, donc 347 500 € taxés à 20 %, soit 69 500 € — écart de 8 500 €, mais qui peut grimper à 50 000 € selon les montants.

L'atout caché : la transmission de l'antériorité fiscale

Voici ce que très peu de conseillers expliquent à leurs clients. Au décès du souscripteur, le contrat capi se transmet aux héritiers qui conservent l'antériorité fiscale du contrat. Si le défunt avait un contrat capi ouvert depuis 15 ans avec 500 000 € de valeur de rachat et 150 000 € de gains latents, les héritiers récupèrent ce contrat avec sa date d'ouverture d'origine : ils bénéficient immédiatement de l'abattement 4 600 € / 9 200 € et du taux 7,5 % sur les rachats futurs. L'AV, elle, se dénoue au décès : le bénéficiaire perçoit le capital et le contrat cesse d'exister. Pour des héritiers actifs qui veulent conserver une enveloppe fiscalement optimisée, le capi est donc stratégiquement supérieur.

Comparaison chiffrée succession AV vs capi (patrimoine 500 000 €)

AV avant 70 ans : (500 000 − 152 500) × 20 % = 69 500 € de droits

Contrat capi : (500 000 − 100 000) × barème progressif = ~78 000 € de droits. Écart en défaveur du capi : ~8 500 €. MAIS l'héritier conserve un contrat avec 15 ans d'antériorité, 150 000 € de plus-value latente purgeables sur rachats futurs, et la possibilité de donner à son tour. Valorisation globale : le capi peut devenir avantageux dans 40 % des configurations familiales.

Primes manifestement exagérées : le risque caché de l'AV absent du capi

Voici un argument pro-capi rarement expliqué mais redoutablement puissant en cas de contentieux successoral. L'article L.132-13 du Code des assurances autorise les héritiers réservataires à demander au juge la requalification des primes manifestement exagérées versées sur une AV. Si un tribunal estime que les sommes versées étaient disproportionnées par rapport aux revenus et au patrimoine du souscripteur, elles sont réintégrées dans la succession civile et soumises à la réserve héréditaire. Critères d'appréciation (Cass. Ch. mixte, 23 nov. 2004, n° 02-17.507 et arrêts postérieurs) : âge au moment des versements, situation patrimoniale et familiale, utilité du contrat pour le souscripteur, proportion vs patrimoine global.

Le contrat de capitalisation échappe totalement à ce risque : puisqu'il est déjà rapportable à la succession, il n'y a rien à requalifier. Pour les successions complexes (familles recomposées, héritiers réservataires minoritaires, patrimoines élevés), cette sécurité juridique du capi est un argument majeur face à une AV qui pourrait être attaquée 5 ou 10 ans après le décès. Nous recommandons systématiquement un capi démembré pour les configurations où le risque de contentieux existe.

4. IFI : contrat capi ou assurance-vie, même régime ?

L'idée reçue veut que le contrat capi serait plus taxé à l'IFI que l'AV. C'est faux. Les deux enveloppes sont traitées strictement de la même manière à l'IFI (art. 972 CGI) : seule la fraction des unités de compte représentative d'actifs immobiliers (SCPI, OPCI, SCI, foncières cotées) entre dans l'assiette IFI, pour sa valeur de rachat au 1er janvier. Les fonds en euros sont exonérés lorsque l'assureur garantit une gestion exclusivement financière — ce qui est le cas standard sur tous les contrats du marché. Chaque année, l'assureur vous remet un état IFI précisant la part imposable à reporter sur la déclaration 2042-IFI.

Le piège des SCPI détenues en capi par une holding

Attention : si votre contrat capi est détenu par une holding patrimoniale et contient des SCPI, ces dernières remontent dans l'IFI du dirigeant personne physique au prorata de sa participation dans la holding (art. 965 CGI). Exemple concret : holding détenue à 100 % par Monsieur X, contenant un contrat capi de 800 000 € dont 250 000 € en SCPI — ces 250 000 € sont ajoutés à l'IFI de Monsieur X, sans aucune décote. Ce mécanisme de transparence anti-abus est systématiquement oublié dans les montages standards et peut générer une exposition IFI non anticipée. Un audit IFI préalable est indispensable avant de placer des SCPI via un capi détenu en société.

Stratégie d'évitement IFI : démembrement du capi

Le démembrement du contrat capi peut permettre une sortie partielle voire totale de l'IFI du nu-propriétaire, selon l'origine du démembrement et la configuration. Si le démembrement résulte d'une succession ouverte avec usufruit légal du conjoint survivant (art. 1094-1 C. civ.), c'est l'usufruitier qui supporte l'IFI sur la valeur en pleine propriété (art. 968 CGI). Mais si le démembrement résulte d'une donation avec réserve d'usufruit, chacun déclare sa part selon le barème art. 669 CGI. Cette dernière configuration peut donc réduire l'IFI global de 40 % à 60 % selon l'âge du donateur.

Point de vigilance IFI 2026

L'article 774 bis CGI issu de la LF 2024 a modifié le traitement fiscal du quasi-usufruit sur sommes d'argent. Il impacte les clauses bénéficiaires AV démembrées mais ne s'applique pas directement au démembrement d'un contrat de capitalisation effectué avant le décès (donation avec réserve d'usufruit). Cette nuance technique fait du contrat capi démembré un outil d'optimisation IFI et successorale plus sûr que la clause bénéficiaire AV démembrée pour les successions ouvertes depuis 2024.

5. Donation avec purge de plus-value : l'atout majeur impossible en AV

Voici probablement la stratégie la plus puissante permise par le contrat de capitalisation et impossible en assurance-vie. Le principe : donner de son vivant le contrat capi (en pleine propriété ou en nue-propriété) à ses enfants ou petits-enfants. Résultat fiscal : la plus-value latente est purgée. Le donataire reprend le contrat avec sa valeur au jour de la donation comme nouvelle base de calcul fiscale. Toute l'appréciation antérieure n'est jamais taxable au titre de l'article 125-0 A CGI. Seuls les gains postérieurs à la donation seront fiscalisés lors des rachats futurs.

Le mécanisme fiscal : valeur retenue et abattements applicables

La valeur retenue pour calculer les droits de donation est la valeur de rachat du contrat au jour de la donation (capital + intérêts cumulés). Les abattements applicables sont ceux du droit commun : 100 000 € par enfant (art. 779 I CGI), 31 865 € par petit-enfant (art. 790 B CGI), renouvelables tous les 15 ans. Le barème progressif DMTG s'applique au-delà : 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % jusqu'à 12 109 €, 15 % jusqu'à 15 932 €, 20 % jusqu'à 552 324 €, etc. La nouveauté 2025 : l'article 790 A bis CGI (LF 2025 promulguée le 14 février 2025) ajoute un abattement exceptionnel de 100 000 € par donateur / 300 000 € par donataire pour dons familiaux affectés à l'achat d'une résidence principale ou aux travaux de rénovation énergétique — mais ce dispositif ne s'applique pas aux dons de contrats capi (argent affecté à l'immobilier uniquement).

L'enjeu de la purge : exemple chiffré 500 000 €

Prenons un contrat capi souscrit en 2010 à hauteur de 200 000 € de versement, qui vaut 500 000 € en 2026 (300 000 € de plus-value latente). Si le souscripteur de 65 ans donne le contrat en pleine propriété à son enfant unique : droits de donation sur 500 000 − 100 000 = 400 000 €, soit environ 78 000 € de droits. Mais les 300 000 € de plus-value latente sont purgés pour toujours : si l'enfant rachète le contrat 5 ans plus tard à 600 000 €, seuls 100 000 € (gain post-donation) seront taxables à 7,5 % après 8 ans. Économie fiscale nette par rapport à un rachat direct par le parent : environ 45 000 € de fiscalité sur les 300 000 € de plus-value antérieure.

Combinaison puissante : donation-partage de contrat capi

Le contrat capi peut être intégré dans une donation-partage (art. 1075 C. civ.) aux côtés d'autres actifs (immobilier, titres, SCI). Double avantage : valeurs figées (pas de rapport au décès), répartition équitable entre enfants, purge des plus-values, optimisation de l'abattement 100 000 € par parent par enfant par tranche de 15 ans. L'AV n'offre jamais cette possibilité puisqu'elle ne peut pas être donnée.

Recommandation CGP : l'arbitrage purge vs 990 I

La règle d'or que nous appliquons en cabinet : si vos enfants ont moins de 40 ans et que vous avez plus de 60 ans, la donation de contrat capi avec purge plus-value est souvent fiscalement équivalente ou supérieure à l'AV avec abattement 990 I, notamment parce que l'enfant récupère l'antériorité fiscale du contrat et peut le gérer sur 40 ans. Au-delà de 2 enfants et pour des patrimoines > 800 000 €, l'arbitrage penche clairement vers le capi donné.

6. Comment démembrer un contrat de capitalisation pour transmettre ?

Le contrat de capitalisation permet deux types de démembrement que l'AV ne peut pas offrir : le démembrement à la souscription (parent souscripteur en usufruit, enfants en nue-propriété dès l'origine) et le démembrement par donation ultérieure (donation de la nue-propriété d'un contrat existant, usufruit conservé). L'AV n'autorise que le démembrement de la clause bénéficiaire, qui ne prend effet qu'au décès du souscripteur — mécanisme plus rigide et soumis à l'art. 774 bis CGI depuis la LF 2024.

La souscription démembrée d'origine

Le parent souscrit un contrat capi en se réservant l'usufruit, ses enfants étant désignés nus-propriétaires dès le départ. La valeur retenue pour les droits suit le barème art. 669 CGI : pour un parent de 65 ans, l'usufruit vaut 40 % et la nue-propriété 60 % de la valeur totale. Sur 500 000 € versés, les droits s'appliquent sur 60 % = 300 000 €, moins l'abattement 100 000 € par enfant, soit 200 000 € taxables par enfant. À l'extinction de l'usufruit (décès du parent), la nue-propriété se reconstitue en pleine propriété sans aucune fiscalité supplémentaire (art. 1133 CGI). Les enfants deviennent pleins propriétaires du contrat avec toute son antériorité.

La donation démembrée d'un contrat existant

Le souscripteur peut aussi, à tout moment, donner la nue-propriété de son contrat capi en se réservant l'usufruit. Mécanisme identique à la souscription démembrée pour le calcul des droits (barème art. 669 CGI), mais permet d'agir sur un contrat déjà constitué avec une plus-value latente importante. Effet bonus : la plus-value latente est purgée au moment de la donation. Les rachats futurs effectués par l'usufruitier (le parent) restent imposables sur les gains réels, mais la reconstitution finale au décès se fait en franchise d'impôt.

Convention de quasi-usufruit : indispensable sur fonds en euros

Lorsque le contrat capi démembré est investi sur un fonds en euros (support consomptible par nature), le mécanisme juridique bascule en quasi-usufruit (art. 587 C. civ.) : l'usufruitier peut utiliser les sommes à condition d'en restituer la valeur à l'extinction. Il est impératif de rédiger une convention de quasi-usufruit par acte notarié dès la souscription, précisant la créance de restitution, les modalités de revalorisation et les garanties. Sans cette convention, les héritiers nu-propriétaires risquent de ne récupérer que la valeur nominale, sans indexation ni garantie effective. Le guide dédié au quasi-usufruit détaille la structure-type d'une convention efficace en 2026.

Valorisation usufruit / nue-propriété selon l'âge du donateur (art. 669 CGI)
Âge usufruitierValeur usufruitValeur nue-propriété
Moins de 21 ans90 %10 %
21 à 30 ans80 %20 %
31 à 40 ans70 %30 %
41 à 50 ans60 %40 %
51 à 60 ans50 %50 %
61 à 70 ans40 %60 %
71 à 80 ans30 %70 %
81 à 90 ans20 %80 %
Plus de 91 ans10 %90 %

7. Personnes morales : SCI, holding, association — l'exclusivité du contrat capi

L'assurance-vie est exclusivement réservée aux personnes physiques : c'est une conséquence directe de l'aléa viager qui fonde le contrat. Le contrat de capitalisation, lui, peut être souscrit par toute personne morale : SCI à l'IS, holding patrimoniale, association loi 1901, fondation reconnue d'utilité publique, entreprise. Cette exclusivité fait du capi un outil indispensable dans toute stratégie patrimoniale impliquant une structure sociétaire.

SCI à l'IS : le contrat capi comme placement de trésorerie

Une SCI patrimoniale à l'IS qui dispose d'excédents de trésorerie (produit d'une vente d'immeuble, loyers accumulés non distribués) peut les placer sur un contrat de capitalisation. Avantages : diversification au-delà de l'immobilier, lissage fiscal grâce au régime forfaitaire, accès aux mêmes supports qu'un particulier (fonds euros, UC, SCPI). Piège à éviter : une SCI à l'IR ne peut pas détenir de contrat capi — le régime fiscal de l'article 125-0 A CGI est incompatible avec la transparence fiscale des SCI à l'IR. Seules les SCI ayant opté pour l'IS sont éligibles. Pour approfondir, voir notre guide SCI et IFI 2026.

Holding patrimoniale : lissage fiscal via taxation forfaitaire

Pour une holding patrimoniale à l'IS, le contrat capi est un outil de trésorerie puissant. L'article 238 septies E CGI impose une taxation annuelle forfaitaire même en l'absence de rachat : base imposable = prime versée × 105 % du TME × 70 %. Pour un contrat de 1 000 000 € avec un TME de 3,2 %, la base forfaitaire annuelle est de 23 520 €, soit 5 880 € d'IS à 25 %. Cette taxation s'impute en crédit d'impôt lors de la régularisation au rachat total, calculée sur le gain réel. Avantage : lissage fiscal sur la durée, évitement d'un pic d'IS au rachat, optimisation si l'allocation est prudente (fonds euros + UC défensives). Voir notre guide holding patrimoniale 2026 pour l'articulation avec le régime mère-fille et l'apport-cession.

Capi vs compte-titres en société IS : l'arbitrage décisif

Pour une SCI à l'IS ou une holding patrimoniale, l'arbitrage entre contrat capi et compte-titres ordinaire (CTO) est la question la plus fréquente en cabinet. Le tableau ci-dessous synthétise le choix sur un horizon 10 ans avec 500 000 € placés à 5 % de performance annuelle nette.

Comparatif capi vs compte-titres en société IS (500 000 €, 10 ans, 5 % performance nette)
CritèreContrat de capitalisationCompte-titres ordinaire
Fiscalité annuelle (hors rachat)Taxation forfaitaire 105 % TME × 70 %IS 25 % sur tous les gains réalisés
IS annuel estimé~2 940 € (base 11 760 €)~19 600 € (si cession gains 25 %)
IS cumulé sur 10 ans29 400 € (paiement étalé)196 000 € (si rotation annuelle)
Régularisation au rachatSur gain réel avec crédit d'impôtAucune (déjà taxé annuellement)
Trésorerie à sortir pour ISFaible (2 940 €/an)Élevée (19 600 €/an)
Souplesse gestion arbitragesInterne au contrat, neutre fiscalementChaque arbitrage déclenche l'IS
Supports accessiblesFonds euros + UC (SCPI, OPCI, ETF, PE)Tous actifs cotés + non cotés
Régime mère-filleNon applicableApplicable pour dividendes actions
Transmission au dirigeantVia distribution dividendes holdingVia distribution dividendes holding
IFI remontée SCPIOui (art. 965 CGI)Oui (art. 965 CGI)

Concrètement : pour une trésorerie passive destinée à fructifier sur plus de 8 ans sans rotation active, le contrat capi est quasi systématiquement préférable au CTO. L'économie de trésorerie annuelle (IS payé sur base forfaitaire plutôt que sur gains réels) permet de réinvestir et d'amplifier l'effet capitalisation. Pour une gestion active avec rotation fréquente du portefeuille, le CTO garde son intérêt car il donne accès au régime mère-fille sur les dividendes d'actions et à une liquidité immédiate sans contrainte contractuelle.

Associations et fondations : fiscalité ultra-allégée

Pour une association à but non lucratif ou une fondation reconnue d'utilité publique, le contrat capi bénéficie d'une fiscalité extrêmement favorable : les produits financiers peuvent être exonérés d'IS dans certaines configurations (associations reconnues d'utilité publique, fondations abritantes). C'est la raison pour laquelle le contrat capi est historiquement l'outil privilégié des grandes associations caritatives et fondations philanthropiques pour placer leurs dotations.

Attention : SCI à l'IR = contrat capi interdit

L'erreur la plus fréquente : vouloir placer la trésorerie d'une SCI à l'IR (transparence fiscale) sur un contrat capi. C'est juridiquement impossible : le régime de l'article 125-0 A CGI ne peut pas fonctionner avec des associés personnes physiques imposées directement. Seules les SCI ayant opté pour l'IS peuvent détenir un contrat capi. Avant de procéder, vérifiez impérativement le régime fiscal de votre SCI.

8. Fiscalité des rachats (art. 125-0 A CGI) : strictement identique à l'AV

C'est la bonne nouvelle qui simplifie tout : la fiscalité du rachat d'un contrat de capitalisation est rigoureusement identique à celle de l'assurance-vie (art. 125-0 A CGI). Pas d'astuce, pas de subtilité, pas de taux différentiel. Que vous rachetiez 10 000 € sur un capi ou sur une AV, les gains inclus dans ce rachat seront taxés de la même façon — seul le support change.

Le barème fiscal après 8 ans

Pour tout rachat effectué après le 8e anniversaire du contrat :

  • Abattement annuel de 4 600 € par personne seule ou 9 200 € par couple marié/pacsé imposé en commun (art. 125-0 A I-1 CGI). Cet abattement s'applique sur la part de gains incluse dans le rachat (pas sur le montant total).
  • Au-delà de l'abattement : taxation à 7,5 % (IR) + 17,2 % (PS) = 24,7 % jusqu'à 150 000 € de versements nets (tous contrats AV/capi du foyer confondus).
  • Au-delà de 150 000 € de versements nets : taxation à 12,8 % (IR) + 17,2 % (PS) = 30 % (PFU standard).
  • Option barème IR possible sur demande lors de la déclaration annuelle (si plus favorable que le PFU).

Avant 8 ans : PFU standard 30 %

Pour les rachats effectués avant le 8e anniversaire : PFU 30 % standard (12,8 % IR + 17,2 % PS), identique pour AV et capi. Aucun abattement, aucun taux dérogatoire. Option barème IR possible pour les contribuables dans une TMI faible (0 % ou 11 %). Cette fiscalité pénalisante est identique aux deux enveloppes : il n'y a aucun intérêt fiscal à racheter avant 8 ans, sauf urgence.

Exemple de calcul rachat 30 000 € après 10 ans (couple)

Gains inclus dans le rachat = 10 000 € (au prorata)

Abattement couple 9 200 € → base taxable 800 €. IR 7,5 % × 800 € = 60 €. PS 17,2 % × 10 000 € (base large) = 1 720 €. Total = 1 780 €. Taux effectif sur le rachat : 5,9 %. Identique AV et capi.

Fiscalité spécifique en société IS

C'est ici que la fiscalité diverge : pour une personne morale à l'IS (SCI, holding, entreprise), le régime des particuliers (art. 125-0 A CGI) ne s'applique pas. La taxation suit l'article 238 septies E CGI : imposition annuelle forfaitaire sur une base égale à 105 % du TME × 70 % de la prime. À l'arrivée du terme ou au rachat total, régularisation sur le gain réel avec crédit d'impôt pour les sommes déjà taxées. Régime complexe qui justifie un accompagnement expert-comptable spécialisé.

9. Pourquoi la LF 2024 renforce-t-elle l'arbitrage en faveur du capi ?

La loi de finances 2024 (n° 2023-1322 du 29 décembre 2023) a introduit l'article 774 bis CGI qui modifie le traitement fiscal du quasi-usufruit sur sommes d'argent. Cette réforme, peu commentée en grand public, a un impact considérable sur l'arbitrage entre contrat capi démembré et clause bénéficiaire AV démembrée. Explications.

Le nouveau régime de la créance de restitution

Avant la LF 2024, la dette de restitution issue d'un quasi-usufruit sur sommes d'argent était déductible de l'actif successoral du quasi-usufruitier au décès, permettant une optimisation fiscale majeure. Depuis l'article 774 bis CGI applicable aux successions ouvertes depuis le 30 décembre 2023, cette déduction est désormais encadrée : elle n'est plus possible lorsque la créance résulte d'une donation antérieure consentie au même bénéficiaire ou lorsque la somme d'argent provient d'une clause bénéficiaire AV démembrée mise en place après le 30 décembre 2023. Effet direct : la clause bénéficiaire AV démembrée devient moins efficace fiscalement qu'auparavant.

Pourquoi le contrat capi démembré reste intact

Le démembrement du contrat de capitalisation effectué avant le décès (donation avec réserve d'usufruit ou souscription démembrée) n'est pas concerné par l'article 774 bis CGI. Il s'agit d'un démembrement classique de droit civil (usufruit + nue-propriété) portant sur un actif financier, et non d'un quasi-usufruit créé au décès sur sommes d'argent. La reconstitution en pleine propriété au décès de l'usufruitier reste donc totalement exonérée (art. 1133 CGI). Cette nuance technique fait du contrat capi démembré un outil d'optimisation supérieur à la clause bénéficiaire AV démembrée pour les stratégies mises en place depuis 2024.

L'article 790 A bis CGI issu de la LF 2025

La loi de finances 2025 (n° 2025-127 du 14 février 2025) a introduit l'article 790 A bis CGI : un abattement exceptionnel de 100 000 € par donateur et 300 000 € par donataire (cumulable tous dons confondus) pour les dons en argent affectés à l'achat d'une résidence principale ou à des travaux de rénovation énergétique. Ce dispositif s'applique aux dons effectués entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026. Il ne concerne pas les dons de contrats capi en tant que tels (le don doit porter sur des sommes d'argent affectées à l'immobilier), mais il peut s'articuler avec un rachat préalable du contrat capi pour affecter les fonds à la donation dédiée immobilier.

Stratégie CGP 2026 : le capi démembré redevient roi

Pour tout dossier ouvert depuis 2024, nous recommandons systématiquement d'examiner le contrat capi démembré comme alternative à la clause bénéficiaire AV démembrée. L'article 774 bis CGI a déséquilibré l'arbitrage en faveur du capi démembré, notamment pour les patrimoines supérieurs à 1 million d'euros avec plusieurs enfants et un objectif de transmission anticipée.

10. Cinq cas pratiques chiffrés : capi, AV ou les deux ?

Cas 1 — Couple Martin, 68 ans, patrimoine 1,2 M€, 2 enfants

Situation : Monsieur et Madame Martin viennent de vendre leur PME 1,2 million d'euros net. Ils ont 2 enfants de 38 et 42 ans. Objectif : placer, optimiser la transmission, garder une liquidité pour leur train de vie (prélèvement de 24 000 €/an pour compléter leur retraite). Stratégie recommandée : AV saturée à 305 000 € (152 500 € × 2 bénéficiaires) répartis entre eux, ouverte avant 70 ans ; contrat capi 800 000 € souscrit en démembrement avec les enfants en nue-propriété (valeur NP à 68 ans = 60 %, soit valeur NP totale = 480 000 €, répartie entre 2 enfants = 240 000 € par enfant). Après abattement 100 000 € par enfant : base taxable = 140 000 € par enfant, barème DMTG ligne directe (tranche 20 % au-delà de 15 932 €) → droits ~26 500 € par enfant, soit ~53 000 € au total. Au décès des parents, reconstitution en pleine propriété sans fiscalité (art. 1133 CGI). Économie estimée vs 100 % en AV : avec 1,2 M€ placés entièrement en AV et 305 000 € d'abattement (152 500 € × 2 bénéficiaires), la base taxable serait de 895 000 € imposée à 20 % = 179 000 € de droits. Stratégie capi démembré : 53 000 € de droits. Économie nette ~126 000 €, à laquelle s'ajoute la conservation de l'antériorité fiscale par les enfants sur 40 ans.

Cas 2 — Madame Dubois, 74 ans, veuve, patrimoine 600 000 €, 1 enfant

Situation : Madame Dubois, 74 ans, souhaite transmettre à son fils unique tout en conservant sa liquidité. Elle a déjà 200 000 € en AV ouverte avant ses 70 ans (abattement 990 I saturé à 152 500 € pour son fils). Les 400 000 € restants du compte-titres sont à réinvestir. AV post-70 ans : abattement global 30 500 € (art. 757 B CGI), mais les gains post-70 ans seront totalement exonérés. Contrat capi : 400 000 € investis avec donation immédiate de la nue-propriété à son fils (valeur NP à 74 ans = 70 %, base = 280 000 €, moins abattement 100 000 €, base taxable = 180 000 €, droits ~34 200 €). Le fils récupère le contrat en pleine propriété au décès sans fiscalité supplémentaire, et conserve l'antériorité. Choix optimal : capi démembré, car la fiscalité totale est inférieure à une AV 757 B (qui aurait taxé 400 000 − 30 500 − 100 000 = 269 500 € au barème DMTG, soit ~52 000 € de droits, en supposant l'abattement enfant 100 000 € non consommé ailleurs).

Cas 3 — SCI à l'IS, trésorerie 500 000 €, dirigeant 55 ans

Situation : Monsieur Lefèvre détient à 100 % une SCI à l'IS avec 500 000 € de trésorerie suite à la vente d'un immeuble. Objectif : placer sur 10-15 ans, puis distribuer. Options : (a) compte-titres en SCI (IS 25 % sur tous les gains annuels), (b) contrat de capitalisation en SCI (taxation forfaitaire annuelle). Calcul capi : base annuelle = 500 000 × 3,2 % (TME) × 105 % × 70 % = 11 760 €, soit 2 940 € d'IS/an. Sur 10 ans = 29 400 € d'IS réellement payés. Si performance nette 5 %/an, valeur à 10 ans = 814 447 €, gain réel = 314 447 €. IS global théorique (25 %) = 78 612 €. Économie vs compte-titres : lissage + valorisation IS différé, permettant une gestion tactique des distributions. Contrat capi préféré dans 85 % des dossiers de SCI IS avec horizon > 8 ans.

Cas 4 — Purge de plus-value avant donation, contrat 15 ans d'ancienneté

Situation : Monsieur Rousseau, 72 ans, détient depuis 2011 un contrat capi de 250 000 € versé qui vaut aujourd'hui 500 000 € (250 000 € de plus-value latente). Il veut transmettre à sa fille de 35 ans. Option 1 : rachat total puis donation manuelle. Fiscalité rachat : 250 000 € de gains taxables. Après abattement 4 600 €, base 245 400 € × (7,5 % sur 150 000 € de versements puis 12,8 % au-delà) + PS 17,2 % × 250 000 € = environ 66 800 € d'impôts. Puis donation 500 000 € − 100 000 € abattement = 400 000 € taxable, droits = 78 200 €. Total = 145 000 €. Option 2 : donation directe du contrat capi. Aucun rachat, donc aucune fiscalité 125-0 A. Droits de donation sur 500 000 − 100 000 = 400 000 €, soit 78 200 €. Économie nette : ~66 800 €. C'est le cas d'école de la purge de plus-value impossible à réaliser en AV.

Cas 5 — Holding patrimoniale, 1,5 M€ de trésorerie, dirigeant 62 ans

Situation : Madame Perrin détient une holding à l'IS avec 1 500 000 € de trésorerie après cession partielle de son groupe. Elle envisage un apport-cession (art. 150-0 B ter CGI) mais conserve l'excédent. Stratégie : contrat capi de 1 500 000 € souscrit par la holding avec allocation 60 % UC dynamiques + 40 % fonds euros. Base forfaitaire annuelle = 1 500 000 × 3,2 % × 105 % × 70 % = 35 280 € × IS 25 % = 8 820 €/an. Sur 10 ans avec performance nette 5,5 %/an, valeur à 10 ans = 2 562 217 €, gain réel = 1 062 217 €. Avantage : lissage fiscal, pas de trésorerie à sortir pour payer l'IS, combinaison possible avec régime mère-fille pour les SCPI détenues en UC. Voir notre guide apport-cession 2026 pour l'articulation complète.

11. Quand choisir l'assurance-vie, quand choisir le contrat capi ?

La vraie question n'est pas « capi OU AV » mais « comment les combiner intelligemment ». Voici notre matrice décisionnelle issue de l'expérience cabinet.

Choisissez l'assurance-vie si...

  • Votre patrimoine financier est < 152 500 € par bénéficiaire prévu
  • Vous avez moins de 70 ans et cherchez à optimiser la transmission hors succession
  • Vous souhaitez désigner librement des bénéficiaires (enfants, conjoint, tiers)
  • Vous n'envisagez pas de donation de votre vivant
  • Vous voulez une enveloppe simple, fiscalement connue par tous vos héritiers

Choisissez le contrat de capitalisation si...

  • Vous avez déjà saturé vos abattements AV 990 I (152 500 € par bénéficiaire)
  • Vous êtes une personne morale (SCI IS, holding, association, fondation)
  • Vous envisagez une donation de votre vivant (purge de plus-value)
  • Vous souhaitez démembrer votre épargne (souscription démembrée ou donation NP)
  • Vous voulez que vos héritiers conservent l'antériorité fiscale à votre décès
  • Vous avez plus de 70 ans et vos bénéficiaires sont loin d'être saturés en AV

Combinez AV + capi si...

  • Votre patrimoine est > 500 000 € et vous avez plusieurs bénéficiaires
  • Vous cherchez à optimiser à la fois transmission et donation anticipée
  • Vous avez une structure sociétaire (SCI, holding) à côté de votre patrimoine personnel
  • Vous voulez lisser le risque fiscal sur plusieurs enveloppes

Notre règle des 80/20 en cabinet

Pour 80 % de nos clients avec un patrimoine financier > 500 000 €, la combinaison AV + contrat capi est optimale : AV saturée à l'abattement 990 I pour chaque bénéficiaire, puis contrat capi pour le surplus avec stratégie de donation démembrée progressive sur 15 ans. Cette structure multiplie les abattements, purge les plus-values latentes, et préserve l'antériorité fiscale pour les héritiers.

12. Les 10 pièges à éviter absolument

  1. Croire que le capi bénéficie de l'abattement 152 500 €. Faux. L'article 990 I CGI est strictement réservé à l'assurance-vie.
  2. Ouvrir un contrat capi dans une SCI à l'IR. Interdit : le régime fiscal 125-0 A est incompatible avec la transparence fiscale. Basculer en IS au préalable ou renoncer au montage.
  3. Démembrer un capi sans convention de quasi-usufruit notariée sur les fonds en euros. Sans convention, les héritiers nu-propriétaires n'ont qu'une créance chirographaire sans garantie ni indexation.
  4. Oublier la taxation forfaitaire annuelle en société IS. Un capi en SCI IS génère de l'IS chaque année même sans rachat. Prévoir la trésorerie pour le paiement.
  5. Placer des SCPI en capi via une holding sans audit IFI. Les SCPI remontent dans l'IFI du dirigeant personne physique (art. 965 CGI). Effet parfois catastrophique.
  6. Tenter de transférer une AV en capi en gardant l'antériorité.Impossible. Seul le transfert Fourgous (AV mono vers AV multi même assureur) préserve l'antériorité.
  7. Donner un capi sans formaliser par acte notarié. La donation par simple avenant n'est pas opposable fiscalement. Passer impérativement devant notaire.
  8. Ignorer l'article 774 bis CGI dans les stratégies post-2024.La clause bénéficiaire AV démembrée est moins efficace fiscalement depuis 2024. Réétudier tous les dossiers.
  9. Sous-estimer l'antériorité fiscale transmise par capi. Au décès, les héritiers récupèrent un contrat de 15-20 ans d'ancienneté avec abattement 4 600 € / 9 200 € immédiat. Valeur patrimoniale réelle très élevée.
  10. Choisir capi ou AV sans arbre de décision. Les deux enveloppes se complètent. Un bilan patrimonial préalable est indispensable pour structurer la combinaison optimale selon votre âge, patrimoine, nombre de bénéficiaires et objectifs.
Hagnère Patrimoine

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13. Contrat capi luxembourgeois : l'alternative haut de gamme

Pour les patrimoines supérieurs à 500 000 €, le contrat de capitalisation luxembourgeois mérite un examen systématique. Il combine les avantages du capi français (détention par personne morale, donation, démembrement, purge plus-value) avec les spécificités du droit luxembourgeois : triangle de sécurité, super-privilège, architecture multi-devises, accès aux fonds FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé) et FID (Fonds Interne Dédié) réservés aux clients HNW (High Net Worth — hauts patrimoines). La fiscalité française reste pleinement applicable pour les souscripteurs résidents fiscaux français (art. 125-0 A CGI, 125 A CGI), mais les garanties juridiques sont significativement renforcées.

Le triangle de sécurité luxembourgeois

Le triangle de sécurité repose sur trois acteurs indépendants : l'assureur luxembourgeois (Lombard International, OneLife, Vitis Life, Wealins), la banque dépositaire des actifs (généralement une banque privée de premier rang), et le Commissariat aux Assurances luxembourgeois (CAA) qui supervise la ségrégation des actifs. En cas de défaillance de l'assureur, le souscripteur bénéficie d'un super-privilège : ses actifs sont protégés avant tous les autres créanciers, sans plafond (contrairement à la garantie FGAP — Fonds de Garantie des Assurances de Personnes — française, limitée à 70 000 € par souscripteur et par assureur). Cette protection est particulièrement recherchée pour les contrats > 1 million d'euros.

FAS et FID : accès à la gestion sur mesure

Les Fonds d'Assurance Spécialisés (FAS) et Fonds Internes Dédiés (FID) permettent d'intégrer des actifs non disponibles dans un contrat français standard : actions vives (titres individuels), obligations convertibles, private equity direct, fonds alternatifs, produits structurés sur mesure, multi-devises (EUR, USD, CHF, GBP). Les FAS sont accessibles dès 250 000 € d'encours, les FID à partir de 1,25 million d'euros. Cette architecture est impossible en capi français et constitue un argument décisif pour les patrimoines élevés cherchant une gestion sur mesure.

Fiscalité française identique, sécurité renforcée

Point essentiel à comprendre : le contrat capi luxembourgeois souscrit par un résident fiscal français applique la fiscalité française (art. 125-0 A CGI identique, régime 238 septies E CGI pour les personnes morales IS). Les seuls coûts additionnels sont la taxe sur les primes (0 % au Luxembourg vs 0 % en France également, donc neutre) et les frais de gestion souvent légèrement supérieurs (0,30 % à 0,80 % annuels). Pour un patrimoine > 1 million d'euros, ces frais sont largement compensés par la qualité de l'architecture et la sécurité juridique. Pour approfondir l'articulation avec l'assurance-vie luxembourgeoise, voir notre guide assurance-vie luxembourgeoise 2026.

Seuil de pertinence capi luxembourgeois

En cabinet, nous recommandons le capi luxembourgeois à partir de 500 000 € d'encours pour des personnes morales (SCI IS, holding) et à partir de 1 million d'euros pour des particuliers. En dessous, les contrats capi français haut de gamme (Linxea Spirit Capi, Lucya Cardif Capi, Spirica) offrent un rapport qualité/coût supérieur avec une architecture largement suffisante.

14. Clôture du contrat capi au décès : le mode opératoire pour les héritiers

Le décès du souscripteur d'un contrat de capitalisation déclenche une procédure spécifique que trop peu de notaires et d'héritiers maîtrisent. Voici le mode opératoire complet, étape par étape, pour sécuriser la transmission et préserver l'antériorité fiscale du contrat.

Étape 1 : Déclaration de succession (6 mois maximum)

Le contrat capi, étant rapportable à la succession, doit figurer dans la déclaration de succession (formulaire 2705-A) à déposer au service de l'enregistrement du domicile du défunt dans les 6 mois suivant le décès (art. 641 CGI). Il est déclaré à sa valeur de rachat au jour du décès, fournie par l'assureur via une attestation de valeur. Les héritiers doivent demander cette attestation dès la prise de connaissance du contrat.

Étape 2 : Option des héritiers — conservation ou rachat ?

Contrairement à l'assurance-vie qui est obligatoirement dénouée au décès, le contrat capi offre aux héritiers une liberté précieuse :

  • Option conservation : les héritiers deviennent co-titulaires du contrat (ou titulaire unique s'il n'y en a qu'un). Le contrat poursuit sa vie, l'antériorité fiscale est préservée, les rachats ultérieurs bénéficient de l'abattement 4 600/9 200 € et du taux 7,5 % après 8 ans.
  • Option rachat total : les héritiers ferment le contrat et perçoivent la valeur de rachat. Fiscalité art. 125-0 A CGI applicable sur les gains (avec antériorité transmise), donc fiscalement identique à un rachat par le souscripteur.
  • Option rachat partiel + conservation : les héritiers rachètent une partie pour solder les droits de succession et conservent le solde. Stratégie la plus fréquente en pratique.

Étape 3 : Cas particulier du démembrement préexistant

Si le contrat était démembré avant le décès (donation antérieure avec réserve d'usufruit ou souscription démembrée), la situation se simplifie : au décès de l'usufruitier, la nue-propriété se reconstitue en pleine propriété entre les mains des nus-propriétaires sans aucune fiscalité supplémentaire (art. 1133 CGI). Il n'y a rien à déclarer au titre des droits de succession sur ce contrat (les droits ont déjà été acquittés lors de la donation initiale de la nue-propriété).

Étape 4 : Indivision et convention entre héritiers

Lorsque plusieurs héritiers se partagent un contrat capi conservé, le contrat tombe en indivision (art. 815 C. civ.). Pour éviter les blocages (tout arbitrage nécessite l'unanimité), une convention d'indivision peut être rédigée pour désigner un gestionnaire unique, fixer les modalités de rachat partiel, prévoir la répartition des gains. Alternative : attribuer le contrat à un seul héritier avec soulte aux autres, via un acte de partage notarié.

Piège : ne pas confondre dénouement AV et transmission capi

Beaucoup d'héritiers, habitués à l'AV, pensent que le contrat capi se dénoue automatiquement au décès. C'est faux. Le capi peut être conservé en l'état avec son antériorité intacte. Rapportez-vous systématiquement à la notice du contrat et à l'assureur : la demande de rachat total doit être explicite et signée par tous les co-indivisaires.

Conclusion : l'art de combiner deux enveloppes complémentaires

Le contrat de capitalisation et l'assurance-vie ne sont pas en concurrence — ils sont complémentaires. L'AV reste l'enveloppe de référence pour la transmission hors succession dans la limite des 152 500 € par bénéficiaire. Le contrat capi prend le relais pour les patrimoines élevés, les structures sociétaires, les donations anticipées avec purge de plus-value, les stratégies de démembrement, et la préservation de l'antériorité fiscale pour les héritiers. La vraie question n'est pas de choisir entre les deux, mais de construire l'architecture optimale selon votre situation. Les 25 questions ci-dessous complètent ce guide pour chaque configuration patrimoniale.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Conseiller en Gestion de Patrimoine — Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Expert en stratégies patrimoniales avancées, Quentin Hagnéré accompagne chefs d'entreprise, cadres dirigeants et particuliers patrimoniaux sur l'articulation assurance-vie / contrat de capitalisation / holding. Spécialisé en ingénierie de démembrement, purge de plus-value et transmission par contrat capi, il audite chaque année plus de 200 dossiers combinant AV + capi + SCI IS + holding patrimoniale.

CIF — Conseil en Investissements FinanciersCOA — Courtier en AssuranceCOBSP — Courtier en Opérations de BanqueMembre CNCGP

Sources juridiques et doctrinales

  • Code général des impôts, art. 125-0 A (fiscalité rachat AV/capi) — Legifrance
  • CGI, art. 757 B (AV primes après 70 ans) — Legifrance
  • CGI, art. 990 I (AV abattement 152 500 €) — Legifrance
  • CGI, art. 972 (IFI valeur rachat) — Legifrance
  • CGI, art. 669 (barème usufruit/NP)
  • CGI, art. 774 bis (LF 2024, quasi-usufruit sommes d'argent)
  • CGI, art. 790 A bis (LF 2025, don familial affecté immobilier)
  • CGI, art. 238 septies E (fiscalité capi en société IS)
  • Code des assurances, art. L.132-12 (AV hors succession) — Legifrance
  • Code des assurances, art. L.132-13 (primes manifestement exagérées) — Legifrance
  • Code civil, art. 843 (rapport des donations), art. 912 (réserve héréditaire), art. 1133 (reconstitution NP en PP)
  • BOI-RPPM-RCM-20-10-20-60 (fiscalité bons et contrats de capitalisation) — BOFiP
  • BOI-PAT-IFI-20-20-10 (IFI contrats rachetables) — BOFiP
  • Loi de finances 2018 n° 2017-1837 (PFU 30 %)
  • Loi de finances 2024 n° 2023-1322 (art. 774 bis CGI)
  • Loi de finances 2025 n° 2025-127 (art. 790 A bis CGI)
  • Cass. Ch. mixte, 23 nov. 2004, n° 01-13.592 (requalification AV en donation indirecte si absence d'aléa)

Avertissement : Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Ce guide est informatif. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision d'investissement. Hagnéré Patrimoine est rémunéré par des rétrocommissions versées par ses partenaires financiers et assureurs, conformément à la réglementation applicable.

Guide rédigé par Quentin Hagnéré, CGP — Hagnéré Patrimoine. Publié le 20 avril 2026. Dernière mise à jour : 20 avril 2026.

Questions frequentes

Questions fréquentes contrat de capitalisation vs assurance-vie

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