Vous faites votre Aliyah ? Voici ce qu'il faut comprendre avant de partir
Publié le 28 avril 2026 — mis à jour pour la doctrine fiscale France-Israël applicable en 2026.
Vous préparez votre Aliyah à Tel Aviv, Jérusalem, Netanya ou Raanana, en famille ou en solo. Votre patrimoine français vous suit de loin : assurance-vie, PEA, SCPI, locatif, parfois des titres de société ou des stock-options. Faut-il tout solder avant le départ ? Non.
Israël n'est ni Dubaï ni la Suisse. Le statut Oleh Hadash offre 10 ans d'exonération sur les revenus de source étrangère — c'est une fenêtre fiscale rare. Mais l'écosystème est exigeant. Un Français qui débarque sans avoir préparé son dossier continue de payer ses prélèvements sociaux sur ses loyers, découvre une exit tax sans sursis automatique, et passe à côté du wrapper luxembourgeois qui aurait dû être l'outil pivot.
La bonne question n'est donc pas « faut-il tout vendre ? », mais : quel pays a le droit d'imposer quoi, à quel moment, et avec quelles preuves ?
Hagnéré Patrimoine cartographie qui taxe quoi entre la France et Israël, active les bons leviers (Oleh Hadash 10 ans, AV luxembourgeoise souscrite avant le départ, purge programmée au 9e anniversaire) et sécurise votre transmission via professio juris loi française — détaillé en section 9.
Le guide commence par la résidence fiscale et la convention 1995, puis traite le statut Oleh Hadash et la nouvelle obligation déclarative 2026. Vient ensuite le sort réel de votre patrimoine français — loyers, dividendes, plus-values — et le rôle du Luxembourg. On termine par l'immobilier Tel Aviv (Mas Rechisha, Mas Shevach), la succession sans droits israéliens, l'exit tax et la feuille de route 12 mois.
À retenir en 60 secondes
Premier point de bascule : la résidence fiscale. Côté Israël, c'est la section 1 de l'ITO 5721-1961 (test des 183 jours + critère du Merkaz HaChaïm). Côté France, l'article 4 B du CGI, réécrit par la LF 2025 (art. 73) qui légalise la primauté conventionnelle. En cas de double résidence, l'article 4 de la convention 1995 départage en cascade. Le Tofes 1348 de la Reshut HaMisim reste la pièce maîtresse à produire après 12 mois.
- Statut Oleh Hadash. Exonération 10 ans sur tous les revenus et plus-values de source étrangère (sections 14, 14A, 97(b3) ITO). Variantes Toshav Hozer Vatik (10 ans hors Israël = mêmes droits) et Toshav Hozer simple (5-10 ans hors = régime allégé).
- Réforme 1er janvier 2026 + Bonus Aliyah. L'exonération 10 ans est maintenue, mais les Olim arrivant à partir de 2026 doivent désormais déclarer annuellement leurs revenus et actifs étrangers (sections 134B et 135(b) ITO abrogées). En contrepartie, fenêtre exceptionnelle pour les arrivants 2026 : 0 % d'IR sur les revenus de source israélienne 2026-2027 (plafonds dégressifs jusqu'en 2030).
- Patrimoine français.Loyers, plus-values immobilières, SCPI françaises et IFI peuvent rester taxables en France (art. 6 conv. 1995 + art. 244 bis A CGI). Représentant fiscal accrédité obligatoire pour cession immo > 150 000 € (Israël hors UE/EEE).
- L'AV luxembourgeoise multi-devises (EUR/USD), souscrite avant le départ, devient l'outil pivot. Pendant les 10 ans Oleh, ses gains internes restent exonérés en Israël. L'arbitrage clé : programmer un rachat total au 9e anniversaire d'Aliyah pour purger les plus-values à 0 %, puis re-verser immédiatement (reset pour échapper au régime 25 % post-10 ans, section 125B ITO).
- Immobilier Tel Aviv. Mas Rechisha gelé 2025-2027. Olé Hadash : barème allégé (0 % jusqu'à 1,98 M ILS, 0,5 % puis 8 %). Investisseur non-résident : 8 % flat dès le premier shekel. Mas Shevach (PV) : 25 %, exonération RP sous conditions. Mashkanta plafonné LTV : Olé 75 %, Toshav 70 %, Tushav Hutz 50 %.
- Succession et sécurité sociale. 0 % de droits en Israël depuis 1981, mais l'article 750 ter CGI maintient l'imposition française dans 3 cas (défunt résident France, bien français, héritier résident France 6+ ans sur 10). D'où la nécessité d'un testament authentique français avec professio juris loi française (art. 22 RUE 650/2012), doublé d'un testament israélien miroir. Côté Bituach Leumi : 12 % sur la tranche haute, 1 an d'exemption initiale, convention de sécurité sociale du 17 décembre 1965 pour la retraite.
- Départ — exit tax 167 bis CGI. Sursis NON automatique (Israël hors UE/EEE) : demande expresse 90 jours avant + garanties bancaires à 30 % des plus-values latentes. À l'inverse, la section 100A ITO (deemed sale au départ d'Israël) prévoit un différement de paiement sans intérêts jusqu'à la cession effective. À cadrer 12 mois avant.
L'angle Hagnéré Patrimoine sur le dossier Israël
Sur les dossiers Aliyah HNW que nous accompagnons depuis Tel Aviv, Jérusalem, Netanya, Raanana ou Caesarea — cadres tech rejoignant Silicon Wadi, dirigeants cédant pré-Aliyah, family offices —, le socle revient toujours au même point. Un cœur de portefeuille luxembourgeois multi-devises EUR/USD, souscrit avant le départ pour cumuler deux régimes : l'antériorité fiscale française (PFL 7,5 % au-delà de 8 ans, utile en cas de retour) et l'exonération 10 ans Oleh sur les gains internes pendant la résidence israélienne. Le super-privilège luxembourgeois illimité (articles 118-119 de la loi du 7 décembre 2015) reste un avantage structurel par rapport au FGAP français plafonné à 70 000 €.
Vient ensuite la transmission, qui se verrouille par un double dispositif : testament authentique français avec professio juris loi française (article 22 RUE 650/2012), doublé d'un testament israélien miroir devant notaire local (article 22 Hok HaYerusha). C'est ce qui évite à la fois la dévolution par défaut sans réserve héréditaire côté Israël, et l'imposition française résiduelle au titre de l'article 750 ter CGI. Pour optimiser, on privilégie l'AV luxembourgeoise avec bénéficiaires non-résidents de France depuis 6 ans sur 10 (exonération totale article 990 I CGI).
Enfin, la fenêtre Aliyah 2026 est exceptionnelle. Le bonus exonération 2 ans sur revenus de source israélienne (loi de finances 2025) est exclusivement réservé aux Olim arrivant en 2026. Pour un consultant indépendant, un dirigeant ou un cadre tech, c'est la fenêtre la plus avantageuse depuis l'instauration du statut Oleh — à condition d'avoir préparé son dossier 12 mois avant le départ.
Avertissement — portée juridique de ce guide
Cet article a une visée informative et pédagogique uniquement. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation fiscale, juridique ou notariale au sens des professions réglementées. Hagnéré Patrimoine est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 en qualité de CIF (Conseiller en Investissements Financiers — adhérent CNCEF Patrimoine), COA (Courtier en assurance) et COBSP (Courtier en opérations de banque et services de paiement).
Les règles fiscales France-Israël dépendent de votre résidence effective, de la nature de vos revenus, de votre statut au regard de la Loi du retour 5710-1950, de votre nationalité (notamment binational US — FATCA modèle 1 IGA 2014) et de votre situation familiale. Les exemples chiffrés sont indicatifs à la date de mise à jour, calculés sur la base des taux et seuils en vigueur, et ne constituent ni une promesse de résultat ni une garantie de traitement fiscal individuel — la fiscalité dépend des faits propres à chaque dossier.
Pour une stratégie adaptée, faites valider votre dossier par un conseil professionnel réglementé : avocat fiscaliste France + CPA israélien (ro'eh hechbon) ou avocat fiscaliste israélien, et pour les questions successorales, notaire français coordonné avec un avocat israélien spécialisé en droit successoral. Les choix d'investissement comportent un risque de perte en capital ; les performances passées et hypothétiques ne préjugent pas des performances futures.
Références légales mobilisées dans ce guide
Ce guide s'appuie sur la convention fiscale France-Israël du 31 juillet 1995 (loi d'autorisation n° 96-503 du 11 juin 1996, décret de publication n° 96-814 du 11 septembre 1996, entrée en vigueur 18 juillet 1996, BOFiP BOI-INT-CVB-ISR), le Code général des impôts français édition 2026 (notamment articles 4 B, 167 bis, 244 bis A, 750 ter, 779, 784 A, 787 B, 792-0 bis, 793-2-2°, 796-0 bis, 976, 990 I, 757 B, 155 B), l'Income Tax Ordinance [New Version] 5721-1961 (sections 1, 14, 14A, 97, 100A, 125B, 134B, 135), le Hok HaYerusha 5725-1965 (loi de succession israélienne, articles 10-23 et 155), l'abrogation de l'Estate Tax Law 5709-1949 (1er avril 1981), le règlement européen 650/2012 sur les successions internationales, le Trust Law 5739-1979 (Hok HaNeemanut), la Lettre Circulaire CAA 26/1 du Commissariat aux Assurances Luxembourg (en vigueur 1er février 2026), la convention France-Israël de sécurité sociale du 17 décembre 1965 (CLEISS), la Loi du retour 5710-1950 (Hok HaShvut) et son amendement 4A de 1970. Les articles précis sont cités au fur et à mesure dans le corps du guide.

À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — CIF, COA, COBSP, Carte T
Fondateur de Hagnéré Patrimoine, Quentin accompagne des cadres tech rejoignant Silicon Wadi, dirigeants cédant pré-Aliyah et family offices à Tel Aviv, Jérusalem, Netanya, Raanana et Caesarea sur les sujets de résidence fiscale conventionnelle (article 4 conv. 1995), statut Oleh Hadash 10 ans (sections 14, 14A ITO 5721-1961), réforme déclarative 1er janvier 2026, AV luxembourgeoise multi-devises, succession France-Israël (Hok HaYerusha 5725-1965, 0 % droits Israël depuis 1981), exit tax 167 bis CGI + section 100A ITO, et retour en France via régime impatrié 155 B.
Une fois ce cadre posé, le point de départ reste toujours le même : déterminer si vous êtes résident fiscal français, résident fiscal israélien, ou les deux à la fois selon les droits internes — avant que la convention 1995 ne tranche en cascade.
1. Êtes-vous vraiment résident fiscal en Israël ?
Tout le reste en découle. Une Teoudat Zehout obtenue à Ben Gourion ne suffit pas. Un appartement loué à Florentin ou Ramat Aviv ne prouve rien tout seul. Un certificat Olé délivré le jour de l'Aliyah ne convertit pas instantanément la France en pays tiers : la grille conventionnelle France-Israël s'appuie sur un faisceau d'indices.
Côté France, la règle est sèche : un seul indicateur suffit pour vous garder résident fiscal. Votre foyer est en France, ou votre activité principale, ou vos revenus principaux (article 4 B du Code général des impôts). Le quatrième cas — agents de l'État détachés — ne concerne presque personne. Depuis la LF 2025 article 73, la primauté du droit conventionnel est désormais inscrite dans la loi : un résident d'Israël au sens de la convention 1995 n'est plus domicilié fiscalement en France pour les impôts couverts.
Côté Israël, le test de résidence est codifié à la section 1 de l'Income Tax Ordinance [New Version] 5721-1961. Le critère central est le Merkaz HaChaïm — le « centre de la vie » — apprécié selon un faisceau d'indices : famille, logement permanent, activité économique habituelle, intérêts économiques et sociaux, organisations communautaires (synagogue, écoles juives). Cette appréciation qualitative est complétée par deux présomptions quantitatives réfragables :
- présomption de résidence si le contribuable a séjourné plus de 183 jours en Israël sur l'année fiscale (du 1er janvier au 31 décembre) ; OU
- présomption si le contribuable a séjourné plus de 30 jours sur l'année fiscale et plus de 425 jours cumulés sur les 3 dernières années (l'année courante et les 2 années précédentes).
| Question | Indice France | Indice Israël | Preuve à conserver |
|---|---|---|---|
| Où vit votre famille ? | Conjoint et enfants restés en France | Foyer réel à Tel Aviv, Jérusalem, Netanya, Raanana ou Caesarea (école AEFE Lycée français de Tel Aviv ou école israélienne, conjoint sur place) | Contrat de bail israélien (Sechirout), facture arnona (taxe locale), attestation Misrad HaKlita, attestation école |
| Où travaillez-vous ? | Direction ou activité principale en France | Contrat de travail israélien, lance-pierre Hevra Pratiit (société privée israélienne), inscription Tik Hava (numéro fiscal d'employeur) | Tlush mashkoret (fiche de paie), Bituach Leumi monthly statement, certificat Misrad HaTaasiya pour patenté |
| Où sont vos revenus ? | Majorité des revenus ou actifs productifs en France | Salaire israélien, dividendes Hevra Pratiit, revenus locatifs israéliens, royalties locales | Relevés Bank Hapoalim / Leumi / Discount, déclaration ITA Tofes 1301 (annuelle), 856 (employeur) |
| Combien de temps sur place ? | Séjour principal en France | Présence > 183 jours/an OU > 30 jours/an + > 425 jours cumulés sur 3 ans | Passeport (timbres Ben Gourion entrée/sortie), Teoudat Zehout, factures locales mensuelles |
| Tofes 1348 (Tax Residency Certificate) | Sans objet | Délivré par l'Israel Tax Authority (Reshut HaMisim) après en général 12 mois de résidence effective | Demande via portail ITA + dossier complet (passeport, Teoudat Olé/Zehout, bail, arnona, relevés bancaires, scolarité enfants, billets d'avion) |
| Statut Olé Hadash actif | Sans objet | Certificat Olé Hadash + Teoudat Zehout délivrés à Ben Gourion par Misrad HaKlita | Téoudat Olé conservée à vie ; preuve initiale de l'Aliyah officielle |
Prenons deux profils opposés. Un dirigeant qui garde sa famille à Lyon, son holding française et ses revenus principaux en France, mais passe quatre mois par an à Tel Aviv pour développer une startup, ne devient pas automatiquement résident israélien.
À l'inverse, un cadre tech recruté localement à Tel Aviv (Wix, Monday.com, Mobileye, Check Point), qui y vit avec sa famille, scolarise ses enfants au Lycée français de Tel Aviv ou en école israélienne, dispose de son Teoudat Zehout, et n'a plus que des loyers français, a un dossier solide — surtout s'il détient un Tofes 1348 délivré par la Reshut HaMisim après 12 mois.
Article 4 de la convention France-Israël 1995 : la grille de tie-breaker
Lorsque les deux États considèrent qu'une même personne est résidente fiscale, l'article 4 § 2 de la convention 1995 départage en cascade hiérarchisée :
- foyer d'habitation permanent dans l'un des deux États ;
- en cas de double foyer : centre des intérêts vitaux (liens personnels et économiques les plus étroits) ;
- à défaut : séjour habituel ;
- à défaut : nationalité ;
- enfin : procédure amiable entre la DGFiP française et la Reshut HaMisim israélienne (article 26 de la convention).
Pour une famille HNW en cours d'Aliyah, le critère 1 (foyer permanent) ou 2 (centre des intérêts vitaux) tranche presque toujours. La simple acquisition d'un appartement à Tel Aviv ne suffit pas si le foyer reste partagé avec la France : céder l'immeuble français de fonction, scolariser tous les enfants en Israël, transférer les comptes bancaires opérationnels et faire évoluer le portefeuille (cession des actifs économiques actifs en France) sont les leviers réels de bascule.
Jurisprudence : le centre économique se prouve, il ne se décrète pas
Le Conseil d'État rappelle qu'un retraité vivant à l'étranger peut garder son centre d'intérêts économiques en France si ses revenus viennent exclusivement de France (CE 17 juin 2015, n° 371412). À l'inverse, la seule détention d'actifs français ne suffit pas : il faut comparer les revenus et les actifs productifs dans chaque pays (CE 7 octobre 2020, n° 426124). Plus spécifiquement pour Israël, la jurisprudence du Conseil d'État (notamment CE 27 juillet 2012, n° 337656 et CE 9 novembre 2015, n° 370054) a confirmé que la convention 1995 prime sur le droit interne et qu'un résident israélien au sens conventionnel est exonéré en France des impôts couverts. Le seuil des 183 jours n'est jamais une preuve unique : il faut documenter le faisceau.
Réforme 1er janvier 2026 : ce qui change pour les Olim arrivant à partir de cette date
L'amendement à l'Income Tax Ordinance publié le 2 avril 2024 (loi n° 5784-2024 modifiant l'ITO), applicable aux personnes devenant résidents fiscaux israéliens à compter du 1er janvier 2026, modifie en profondeur le régime déclaratif des Olim Hadashim :
- l'exonération fiscale 10 ans sur les revenus de source étrangère est maintenue (sections 14, 14A, 97(b3) ITO) ;
- l'exonération de déclaration disparaît : les sections 134B et 135(b) ITO sont abrogées ;
- obligation de déclarer annuellement revenus et actifs étrangers (comptes, titres, trusts, immobilier hors Israël) à l'ITA, même s'ils restent exonérés d'impôt ;
- transparence CRS renforcée : l'ITA disposera désormais d'une cartographie complète du patrimoine étranger des Olim ;
- Grandfathering : les Olim ayant acquis la résidence fiscale israélienne avant le 1er janvier 2026 conservent l'ancien régime (exonération de reporting incluse) pour la durée résiduelle de leur fenêtre 10 ans.
Conséquence praticienne : pour les Olim arrivant à partir de 2026, la stratégie patrimoniale doit intégrer un inventaire patrimonial structuré dès le jour de l'Aliyah, et un suivi annuel des revenus passifs étrangers (dividendes, intérêts, plus-values, locatifs) — la déclaration ne génère pas d'impôt mais l'absence de déclaration expose à des pénalités.
Reste à comprendre comment la convention 1995 répartit ensuite les droits d'imposer entre Paris et Jérusalem, article par article.
2. Comment la convention France-Israël 1995 évite-t-elle la double imposition ?
La convention fiscale France-Israël du 31 juillet 1995 (loi d'autorisation n° 96-503 du 11 juin 1996, décret de publication n° 96-814 du 11 septembre 1996, entrée en vigueur le 18 juillet 1996, application effective au 1er janvier 1997) est le texte central. Elle a remplacé l'ancienne convention de 1965 et le BOFiP BOI-INT-CVB-ISR en commente l'application pratique. Aucun avenant substantiel n'a modifié la convention 1995 depuis sa signature. Les éventuels effets MLI (instrument multilatéral OCDE BEPS) restent limités, Israël et la France ayant tous deux ratifié le MLI mais avec des réserves notables qui n'altèrent pas les articles centraux.
| Revenu ou actif | Règle pratique | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Loyers d'un bien français (résident IL) | Imposables dans l'État de situation (France) — article 6 | Déclaration française non-résident (taux mini 20 % / 30 %) ; côté Israël, exonération 10 ans Olé Hadash sur revenus locatifs étrangers |
| Salaires exercés en Israël | Imposables en Israël (article 15) — barème IR 10-50 % + Mas Yesef 3 % au-delà 721 560 ILS | Bonus 2026-2027 : 0 % IR sur revenus ACTIFS israéliens (revenus passifs EXCLUS) jusqu'à 1 M ILS/an pour Olim/Toshavim Hozrim Vatikim arrivant entre 5 nov 2025 et 31 déc 2026 |
| Pension privée française (CARSAT, AGIRC-ARRCO, Madelin, PER en rente) | Imposable exclusivement dans l'État de résidence (Israël) — article 18 | Sous Olé Hadash 10 ans : exonération totale en Israël (revenu de source étrangère). Suspension CSG/CRDS art. L. 136-1 CSS |
| Pension publique française (fonctionnaire, militaire) | Imposable dans l'État payeur (France) — article 19, sauf si bénéficiaire ressortissant exclusif d'Israël (cas rare) | Décision lourde de renoncer à la nationalité française pour basculer la pension en Israël : rarement opportune |
| Dividendes français | RAS plafonnée selon participation : 5 % régime mère-fille (≥ 10 % capital), 10 % bénéfices à taux réduit Israël, 15 % cas général — article 10 | Sous Olé Hadash 10 ans : exonération totale en Israël ; au-delà : crédit d'impôt sur RAS française |
| Intérêts français (obligations, livrets) | RAS plafonnée à 10 % (5 % pour intérêts liés à vente à crédit ou prêt bancaire) — article 11 | Sous Olé Hadash 10 ans : exonération totale en Israël ; livret A et obligations d'État françaises souvent exonérés |
| Redevances (brevets, marques, savoir-faire, logiciels) | RAS plafonnée à 10 % — article 12 | Œuvres littéraires/artistiques exonérées dans certains cas |
| Plus-value immobilière française | Droit d'imposer attribué à la France (article 244 bis A CGI) — article 13 | Représentant fiscal accrédité obligatoire si > 150 k€ et < 30 ans détention. PFU 19 % + PS 17,2 % |
| Plus-value mobilière sur titres de participation substantielle (≥ 25 % famille / ≥ 10 % autres) d'une société française | France conserve son droit d'imposer (limité à 18 %) — article 13 | Croisement avec exit tax 167 bis CGI : sursis non automatique pour départ vers Israël (hors UE/EEE) → garanties 30 % |
| Autres plus-values mobilières (PEA, CTO) | Imposables uniquement dans l'État de résidence (Israël) — article 13 | Sous Olé Hadash 10 ans : exonération totale en Israël ; au-delà 10 ans : 25 % standard / 30 % substantial shareholder |
| Fortune immobilière française (IFI résident Israël) | Imposition par l'État de situation (France) — article 23 (avenant 1993, fortune) | Israël n'a pas d'équivalent IFI / wealth tax. Aucun chapitre successoral dans la convention : DMTG régis par art. 750 ter CGI |
Formulaire 5000 + Tofes 1348 : la combinaison qui évite le mauvais taux
Pour les revenus mobiliers français, le formulaire 5000-SD atteste votre résidence fiscale israélienne. Son annexe 5001 vise les dividendes, 5002 les intérêts, 5003 les redevances. Mais l'administration française demande aussi le Tofes 1348 (Tax Residency Certificate délivré par la Reshut HaMisim). Sans ces deux pièces, votre banque française applique automatiquement la retenue à la source de droit interne — 12,8 % pour personnes physiques (article 119 bis 2° du CGI) sur dividendes, alors que la convention 1995 limite à 5 % (régime mère-fille), 10 % (bénéfices à taux réduit Israël) ou 15 % (cas général). Vous pourrez ensuite demander le remboursement du différentiel auprès du Service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR), mais c'est long et pas toujours obtenu — d'où l'intérêt de produire les justificatifs en amont auprès de l'établissement payeur. Le crédit d'impôt forfaitaire sur dividendes israéliens, qui existait dans la convention de 1965, a cessé de s'appliquer le 18 juillet 2003.
2.1. Article 22 et 23 : élimination de la double imposition par crédit d'impôt
À la différence de certaines conventions plus récentes qui prévoient une imposition exclusive dans l'État de résidence pour les dividendes, la convention France-Israël 1995 retient un partage avec retenue à la source plafonnée et utilise la méthode du crédit d'impôt pour éliminer la double imposition (article 22 côté France, article 23 côté Israël) :
- Côté France : la taxe payée en Israël est imputée sur la taxe française correspondante, dans la limite de l'impôt français qui aurait été dû sur le même revenu.
- Côté Israël : crédit d'impôt classique pour la taxe française, sous réserve du régime Olé Hadash qui exonère les revenus de source française pendant 10 ans (sections 14, 14A, 97(b3) ITO 5721-1961).
2.2. CRS Israël-France : transparence totale depuis 2019
Israël a signé l'accord multilatéral OCDE en 2014 et a démarré l'échange automatique d'informations CRS en 2018 (premier reporting effectif vers la France en 2019 sur les données 2017+). Les banques israéliennes (Bank Hapoalim, Bank Leumi, Discount, Mizrahi-Tefahot, FIBI) identifient et reportent annuellement à la Reshut HaMisim les comptes des non-résidents fiscaux, qui sont retransmis à la DGFiP française. Conséquence : tout résident fiscal français détenant un compte israélien doit s'attendre à la connaissance automatique de Bercy. Inversement, un Olé Hadash conservant un compte français doit notifier la banque française du changement d'adresse fiscale et s'attendre à un reporting CRS vers la Reshut HaMisim. FATCA : Israël a signé un IGA Modèle 1A le 30 juin 2014 (transposé par la Knesset le 12 juillet 2016) — les Olim binationaux franco-américains doivent gérer la conformité IRS (FBAR, formulaire 8938) y compris pour leurs comptes israéliens.
2.3. MLI BEPS et clause anti-abus PPT
Israël a signé l'instrument multilatéral OCDE (MLI BEPS) le 7 juin 2017 et déposé l'instrument auprès de l'OCDE en septembre 2018. La convention France-Israël 1995 est désormais couverte par le standard minimum du Principal Purpose Test (PPT) de l'article 7 du MLI : l'administration française peut refuser le bénéfice de la convention en cas de montage à finalité principalement fiscale. En pratique, cela cible les structures dépourvues de substance économique (sociétés boîtes aux lettres, holdings sans activité réelle). Pour un Olé Hadash exerçant une activité réelle en Israël (consultant indépendant, dirigeant Hevra Pratiit, salarié Wix / Check Point / Mobileye), le PPT n'est pas un obstacle.
Question Sénat 2025 sur l'avenir de la convention France-Israël
La question Sénat n° 04404 du 27 mars 2025 (publiée au JO Sénat) interroge le Gouvernement sur l'opportunité de renégocier la convention France-Israël 1995, notamment en matière successorale (absence de chapitre successoral dans la convention) et de clause anti-abus renforcée. La réponse ministérielle, encore non publiée, sera déterminante pour les Olim arrivant après 2026 : renégociation, nouvel avenant ou statu quo. À surveiller.
Une fois le partage France-Israël compris, on peut décider quoi faire des actifs restés en France après l'Aliyah.
3. Que devient votre patrimoine resté en France ?
Beaucoup d’expatriés veulent trancher vite : « je garde » ou « je vends ». En pratique, la bonne réponse dépend de la fiscalité, du financement, de la liquidité, de votre horizon de retour et de vos héritiers.
| Actif français | À conserver si… | À revoir si… | Guide interne |
|---|---|---|---|
| Résidence locative française | Rendement net correct, crédit français bon marché, utilité au retour, IFI < 1,3 M€ | Patrimoine immo France > 1,3 M€ (IFI), travaux lourds, rendement après PS 17,2 % faible | Fiscalité non-résidents |
| SCPI françaises | Diversification immobilière, horizon long, revenu régulier | Frottement fiscal taux minimum 20/30 % + PS 17,2 %, mieux : SCPI européennes | SCPI non-résidents |
| Assurance-vie française | Antériorité fiscale > 8 ans (PFL 7,5 % au-delà, dans la limite 150 k€ primes), bénéficiaires français, retour probable | Supports limités, assureur hostile aux résidents israéliens, multi-devises USD/ILS rarement disponibles | Assurance-vie |
| PEA | Ouvert avant départ, > 5 ans, actions européennes (Israël non ETNC, conservation autorisée par impots.gouv) | Banque française bloque les opérations résident hors UE, retour improbable. Sous Olé Hadash : PV exonérées 10 ans en Israël | PEA vs CTO |
| Compte-titres ordinaire (CTO) | Souplesse, multi-devises, ETF mondiaux disponibles | Banque française hostile au résident Israël, frais de change EUR/USD/ILS lourds | PEA vs CTO |
| Titres de société française | Pas de cession proche, gouvernance claire, dividendes raisonnables (RAS conventionnelle 5/10/15 %) | Cession proche → exit tax (seuil 800 k€ ou 50 %), garanties 30 % obligatoires (Israël hors UE/EEE) — anticiper 12 mois | Exit tax 2026 |
| PER | Versements antérieurs déductibles conservés, retraite française à venir, retour via régime impatrié 155 B | Versements automatiques à arrêter (plus de revenu imposable France après bascule en résidence Israël), sortie capital piège | Régime impatrié 155 B |
Vendre un appartement français avant de partir peut simplifier l'IFI, mais vous priver d'un actif utile si vous rentrez en France dans 5 à 8 ans. À l'inverse, garder une SCPI française lourdement taxée alors que vous cherchez de la mobilité patrimoniale n'a pas toujours de sens : notre guide SCPI et non-résidents détaille ce point actif par actif. Pour les SCPI, le bon réflexe résident Israël est souvent de basculer vers des SCPI européennes (immeubles hors France) qui sortent de l'assiette fiscale française.
Exit tax France 167 bis CGI ↔ Section 100A ITO Israël : la double mécanique
Côté France (article 167 bis CGI) : l'exit tax s'applique aux contribuables résidents fiscaux français au moins 6 des 10 années précédant le départ et détenant plus de 800 000 € de titres ou au moins 50 % des droits d'une société. Israël n'étant ni UE ni EEE, le sursis n'est pas automatique : demande expresse au SIPNR (Service des Impôts des Particuliers Non Résidents, DRESG) au plus tard 90 jours avant le transfert, formulaire 2074-ETD, et constitution de garanties bancaires ou nantissement à hauteur de 30 % (PFU 12,8 % + PS 17,2 %) du montant des plus-values latentes. Dégrèvement après 2 ans pour titres > 2,57 M€, 5 ans en deçà — la PLF 2026 menace d'allonger ces durées (à surveiller).
Côté Israël (section 100A ITO 5721-1961) : lorsqu'un résident fiscal israélien cesse de l'être (cas typique : Olé qui repart vers la France ou un pays tiers), ses actifs sont réputés cédés la veille du changement (deemed sale) à leur valeur de marché. La section 100A(b) ouvre une option de différement de paiement jusqu'à la cession effective, sans intérêts ni pénalités — c'est l'option par défaut pour clientèle HNW. Risque pour un cas de retour France après Aliyah : double exit tax sur les mêmes plus-values latentes (section 100A à la sortie d'Israël + reprise de l'imposition française au retour). Coordination indispensable via crédit d'impôt et procédure amiable (article 26 conv. 1995).
Avant l'Aliyah, faites auditer vos actifs français
Résidence fiscale conventionnelle (article 4 conv. 1995 + Tofes 1348), exit tax + sursis avec garanties 30 %, immobilier français + représentant fiscal art. 244 bis A, AV luxembourgeoise pré-Aliyah, succession France-Israël (Hok HaYerusha + professio juris) : Hagnéré Patrimoine vous aide à prioriser les décisions 12 mois avant le transfert effectif.
Les placements financiers méritent une analyse séparée, parce qu’ils sont souvent les plus simples à adapter sans tout casser.
4. Quels placements conserver, fermer ou transférer pré-Aliyah ?
Deux réflexes opposés guettent l'Olé Hadash français. Le premier : conserver tous ses produits français par habitude, sans exploiter la fenêtre 10 ans Olé Hadash sur revenus étrangers. Le second : tout solder pour « repartir propre », et perdre du même coup l'antériorité fiscale française PFL 7,5 % au-delà de 8 ans (dans la limite de 150 k€ de primes par assuré tous contrats confondus, art. 125-0 A I 2 CGI). Les deux pistes peuvent coûter cher.
Le bon arbitrage articule trois données : l'antériorité fiscale française, l'horizon de retour éventuel via régime impatrié 155 B, et le besoin de diversification devises (EUR + USD + ILS multi-comptes).
| Enveloppe | Décision sous Olé Hadash 10 ans | Pourquoi | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| PEA | Conserver s'il existe et a > 5 ans | Israël n'est pas ETNC (impots.gouv) → conservation autorisée. Sous Olé Hadash : plus-values réalisées exonérées 10 ans en Israël (revenus de source étrangère, sections 14, 14A, 97(b3) ITO 5721-1961) | Ouverture impossible si déjà non-résident. Banque française peut bloquer arbitrages ou versements (vérifier par écrit avant départ). Plafond PEA 150 k€ |
| Compte-titres ordinaire (CTO) | Conserver pour ETF mondiaux + diversifier devises EUR/USD | Sous Olé Hadash : PV de cessions exonérées 10 ans en Israël. Côté France pour non-résident : RAS dividendes 12,8 % (sauf 5/10/15 % conv. 1995 art. 10 sur production 5000-SD + Tofes 1348) | Banque française peut fermer le compte (Bourse Direct, Boursorama refusent souvent les non-résidents UE/EEE). Solutions alternatives : Saxo, Interactive Brokers, banque privée Pictet / Lombard Odier |
| Assurance-vie française (avant 70 ans) | Conserver pour antériorité 8 ans + transmission 990 I — éventuellement compléter par AV LUX | Antériorité française PFL 7,5 % au-delà 8 ans (dans la limite 150 k€ primes art. 125-0 A I 2 CGI), utile en cas de retour France. Au décès art. 990 I : exonération si défunt Olé + bénéficiaire non-résident France 6/10 ans | Certains assureurs refusent les nouveaux versements de résidents Israël (vérifier au cas par cas). Antériorité conservée si pas de rachat total |
| AV LUXEMBOURGEOISE multi-devises (souscrite AVANT Aliyah) | OUI — outil pivot. Souscrire dès 250 k€ de capital financier mobile | Triangle de sécurité, super-privilège illimité (articles 118 et 119 de la loi LU du 7 décembre 2015 (modifiée par loi du 10 août 2018), complétés par les articles 253-1 à 253-5 (individualisation du super-privilège par contrat)), multi-devises EUR/USD/GBP, neutralité fiscale + Olé Hadash 10 ans = 0 % taxation interne. Stratégie purge au 9e anniversaire (voir 5.4) | ILS quasiment indisponible chez les assureurs LUX. Souscription pré-Aliyah obligatoire pour figer l'antériorité française PFL 7,5 %. Lombard / Cardif Pack Israël / Bâloise = 3 acteurs ouverts |
| Contrat de capitalisation luxembourgeois (PM) | Étudier si holding française à l'IS, Soparfi LUX ou Hevra Pratiit israélienne | Détention par personne morale, démembrement intégral, transmission anticipée par donation des parts (article 238 septies E CGI pour holding FR à l'IS, ~3 % d'assiette par an taxée à l'IS) | Substance économique requise. Risque requalification siège effectif IS français si direction depuis Tel Aviv. Réservé patrimoines > 2 M€ |
| PER (Plan Épargne Retraite) | Conserver mais arrêter les versements automatiques après Aliyah | Versements antérieurs déductibles conservés. Outil retour France via régime impatrié 155 B (sortie en rente ou capital fractionné selon profil) | Déduction inutile pour résident Israël (plus de revenu imposable France à effacer). Sortie capital piège : taxation à 30 % PFU + barème selon volet |
| RSU / Stock-options (Google, Wix, Check Point, Mobileye) | Liquider en résidence Israël avec Tofes 1348 quand possible | Sous Olé Hadash : exonération 10 ans en Israël (revenus de source étrangère US si RSU pré-Aliyah). Côté France : RAS sur quote-part exercée pendant période FR (BOI-RSA-ES-20-10-20) | Articulation triangle FR-IL-US complexe (FATCA + traités). Fractionner les exercices selon timing Aliyah pour optimiser. Conseil fiscal franco-américain (avocat dual-qualified) recommandé |
| BSPCE (bons de souscription pré-cession) | Liquider après Aliyah si possible (taux 12,8 % France pour quote-part) | Sous Olé Hadash : exonération de la plus-value en Israël (revenus de source étrangère). Côté France : 12,8 % PFU OU 30 % selon date d'attribution et durée d'activité | Vérifier conditions article 163 bis G CGI. Anticiper exit tax 167 bis si valeur > 800 k€ |
| Crypto-actifs (BTC, ETH, ETF crypto) | Liquider en résidence Israël (CARF 2027 + 3916-bis France si encore résident FR) | Sous Olé Hadash : PV crypto exonérées 10 ans en Israël (revenus de source étrangère). Israël taxation crypto post-Olé : 25 % standard / 30 % substantial holder | CARF (Crypto-Asset Reporting Framework OCDE) effectif 2027 sur données 2026 (voir section 12.3). Israël adhérent. Déclaration 3916-bis France si résident France au 1er janvier |
| Plan d'épargne entreprise (PEE) / PERCO | Liquider avant départ ou conserver bloqué jusqu'à conditions de sortie | Côté France : exonération si déblocage anticipé pour expatriation (cas 5° L. 3332-25 C. trav.). Côté Israël : exonération 10 ans Olé sur PV étrangères | Vérifier conditions cas 5° avec gestionnaire. Délai 6 mois après expatriation |
4.1. Stratégie purge AV française avant Aliyah
Pour les contrats AV français anciens (> 8 ans, primes majoritairement pré-2017) avec plus-values latentes importantes, la stratégie consiste à programmer un rachat partiel substantiel pendant la fenêtre Olé Hadash 10 ans. Mécanisme :
- Côté France : PFL 7,5 % au-delà de 8 ans (primes pré-27/9/2017) ou PFL 7,5 % jusqu'à 150 k€ de primes puis 12,8 % au-delà (primes post-27/9/2017). Pas d'abattement 4 600 € / 9 200 € pour non-résident (doctrine majoritaire).
- Pas de prélèvements sociaux 17,2 % car résident Israël (hors UE/EEE) au sens conventionnel (impots.gouv : exonération PS pour non-résidents sur revenus de capitaux mobiliers).
- Côté Israël sous Olé Hadash : 0 % sur les gains rachetés (revenus de source étrangère, exonération 10 ans).
- Total imposition effective : ~7,5 % sur la part de gains rachetée (vs 24,7 % en résident France après PS).
Pour aller plus loin, comparez aussi notre guide PEA vs compte-titres.
Pourquoi souscrire l'AV luxembourgeoise AVANT l'Aliyah
Dès 250 000 € de capital financier mobile, l'assurance-vie luxembourgeoise s'impose comme l'outil n° 1 d'un Olé Hadash français. Particularité critique : la souscription doit intervenir AVANT le transfert de résidence fiscale en Israël pour figer l'antériorité française (PFL 7,5 % au-delà de 8 ans, utile en cas de retour). Côté Israël, le contrat applique la fiscalité du pays de résidence — neutralité fiscale = 0 % en Israël pendant la fenêtre Olé Hadash 10 ans. Trois assureurs sont ouverts Israël : Lombard / Utmost (marché historique), Cardif Lux Vie « Pack Israël » Liberty 2 Invest (pack dédié), Bâloise Vie Luxembourg (cas par cas). Ticket d'entrée 250 k€. Détails complets en section 5.
Binational US / Green Card faisant Aliyah ? FATCA + ITO + CGI = triangle complexe
Très fréquent en Israël (cadres tech ex-FAANG, founders SaaS, family offices). Le triangle FATCA US + Income Tax Ordinance Israël + CGI France impose une conformité multi-juridictions complexe : (i) seuls Vitis Life et Bâloise acceptent les US Persons en AV luxembourgeoise (coût annuel plusieurs milliers d'euros pour conformité PFIC), (ii) les autres assureurs (Lombard / Utmost, Cardif, Sogelife, La Mondiale) refusent, (iii) reporting IRS (FBAR, formulaire 8938) y compris pour comptes israéliens, (iv) Israeli IGA Modèle 1A signé 30 juin 2014 — banques israéliennes déclarent à l'IRS via Reshut HaMisim. Si vous êtes US Person, valider avant tout déplacement de résidence fiscale avec un avocat dual-qualified FR-US-IL.
Les placements financiers sont mobiles. La section suivante ouvre le dossier luxembourgeois en détail. L'immobilier israélien (Mas Rechisha, Mashkanta) et la fiscalité israélienne (statut Olé, barème IR) viendront ensuite.
5. Assurance-vie et capitalisation luxembourgeoises : le hub d'un patrimoine franco-israélien
Pour un Olé Hadash français, le Luxembourg combine neutralité fiscale, super-privilège illimité, multi-devises EUR/USD/GBP/CHF et architecture ouverte dans des contrats portables, qui survivent à la mobilité internationale sans rupture d'antériorité fiscale française. Et sous statut Olé Hadash, les plus-values internes du contrat luxembourgeois sont exonérées en Israël pendant 10 ans (revenus de source étrangère, sections 14, 14A, 97(b3) ITO 5721-1961). Au-delà des 10 ans, taxation 25 % (section 125B ITO).
En pratique, l'assurance-vie luxembourgeoise et le contrat de capitalisation luxembourgeois jouent deux rôles complémentaires : le premier sert à transmettre (article 990 I CGI au décès), le second à structurer et démembrer (notamment via une holding française à l'IS, une Soparfi luxembourgeoise ou une Hevra Pratiit israélienne sous réserves KYC). Tous deux peuvent loger trois familles de supports : les briques classiques (fonds indiciels ETF, OPCVM institutionnels), les fonds sur mesure réservés aux gros tickets (FID, FAS, FIC — détail infra), et les actifs alternatifs (private equity, immobilier non coté, hedge funds, dette privée).
5.1. Les quatre garanties différenciantes du contrat luxembourgeois
| Garantie | Mécanisme | Avantage pour un résident Israël |
|---|---|---|
| Triangle de sécurité | Convention tripartite assureur / banque dépositaire agréée / Commissariat aux Assurances (CAA), articles 39 et suivants loi LU 7 décembre 2015 | Vos actifs sont juridiquement ségrégués, hors bilan de l'assureur, sous contrôle prudentiel public CAA — précieux pour un Olé qui n'a plus le filet du FGAP français ni de mécanisme équivalent en Israël |
| Super-privilège illimité | Vous êtes créancier de premier rang absolu sur les actifs représentatifs des provisions techniques, sans plafond (articles 118 et 119 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 sur le secteur des assurances (modifiée par la loi du 10 août 2018 — IDD), complétés par les articles 253-1 à 253-5 qui individualisent le super-privilège au niveau de chaque contrat (réforme post-Excell Life) abrogeant et remplaçant la loi modifiée du 6 décembre 1991) | À comparer au FGAP français qui plafonne à 70 000 € par assuré et par compagnie (article R. 423-7 Code des assurances, sur le fondement des articles L. 423-1 et L. 423-2). Au Luxembourg : sans plafond. En Israël : aucun mécanisme de garantie équivalent |
| Neutralité fiscale (« contrat caméléon ») | Le Luxembourg n'impose ni les rachats, ni les plus-values, ni le décès — c'est la fiscalité du pays de résidence qui s'applique | Pour un Olé Hadash : 0 % en Israël pendant 10 ans sur les gains internes (revenus de source étrangère). Au-delà : 25 % section 125B ITO. Au retour en France : antériorité française préservée (PFL 7,5 % au-delà de 8 ans, dans la limite de 150 k€ de primes art. 125-0 A I 2 CGI) |
| Architecture ouverte multi-devises | EUR, USD, GBP, CHF disponibles selon assureur ; FID, FAS, FIC, gestion conseillée ou libre | Pour un Olé vivant en Israël : libellage EUR (cohérent avec patrimoine européen) ou USD (cohérent avec marchés mondiaux et US Persons binationaux). ILS quasiment indisponible chez les assureurs LUX (manque de capacité custody chez les dépositaires EEE pour le shekel). Diversification naturelle vs risque de change shekel |
Cas concret. Un cadre tech français qui fait Aliyah à Tel Aviv (Wix, Check Point, Mobileye, Monday.com…) et place 600 000 € sur une assurance-vie luxembourgeoise garde un cadre juridique européen, libelle son contrat en EUR ou USD (les dépenses israéliennes seront couvertes par son salaire local en ILS), peut allouer 70 % actions monde / 20 % obligations IG / 10 % private equity, et accède aux parts dites « institutionnelles » des fonds indiciels (réservées aux gros tickets), dont les frais de gestion annuels (TER) sont inférieurs de 0,15 à 0,30 point en valeur absolue à ceux des parts grand public — soit jusqu'à 50 % de coût annuel en moins sur un ETF actions monde. Pendant les 10 ans Olé, les plus-values internes sont exonérées en Israël. À un éventuel retour en France, l'antériorité fiscale française du contrat reste préservée depuis sa date d'ouverture.
Stratégie clé : le rachat de purge au 9e anniversaire d'Aliyah
Pendant les 10 ans Olé Hadash, les plus-values internes du contrat LU sont exonérées en Israël. Au-delà, le régime devient celui des gains financiers étrangers : taxation à 25 % (article 125B ITO) au moment de chaque rachat. Pour optimiser, la pratique HNW consiste à programmer un rachat total juste avant le 9e anniversaire d'Aliyah — purge totale des plus-values latentes à 0 % — puis re-versement immédiat sur un nouveau contrat (ou le même) qui repart avec une base remontée à zéro. Au-delà de l'année 10, seules les nouvelles plus-values sont taxables, l'historique étant déjà purgé. Cette stratégie peut représenter plusieurs centaines de milliers d'euros d'économie sur un patrimoine 1-5 M€.
5.2. FAS, FID, FIC : choisir le bon mode de gestion
Les sigles changent vite quand on entre dans l’univers luxembourgeois. Voici la lecture utile, sans jargon :
| Mode | Définition | Pour qui | Supports accessibles |
|---|---|---|---|
| FID (Fonds Interne Dédié) | Portefeuille personnalisé géré par un gestionnaire agréé CAA selon mandat | Patrimoine financier important, gestion déléguée à une banque privée ou société de gestion | Univers très large selon catégorie d’investisseur (A à D) |
| FAS (Fonds d’Assurance Spécialisé) | Compartiment dédié, gestion libre par le souscripteur ou le courtier | Souscripteurs catégories C ou D souhaitant garder la main | Titres vifs, ETF, structurés, fonds, selon catégorie |
| FIC (Fonds Interne Collectif) | Fonds collectif mutualisé entre plusieurs souscripteurs | Investisseurs voulant un coût mutualisé, peu de personnalisation | OPCVM, ETF, parts institutionnelles |
| Gestion conseillée / libre standard | Allocation libre sur l’univers d’unités de compte de l’assureur | Tickets plus petits, profil N à B | OPCVM, ETF, fonds en euros (selon contrat) |
Catégories d’investisseur CAA : la grille à connaître
Le Commissariat aux Assurances classe chaque souscripteur dans une catégorie selon le ticket investi et le patrimoine financier net. Cette catégorie conditionne l’univers d’investissement accessible (notamment private equity, hedge funds, immobilier non coté).
Lecture des catégories : les deux conditions (montant investi ET fortune mobilière nette) sont cumulatives. La fortune mobilière nette exclut l’immobilier et la résidence principale (Circulaire CAA 15/3). En cas de souscription par couple, les seuils s’apprécient par souscripteur, pas par foyer. Plus vous investissez, plus l’univers s’ouvre :
- Catégorie N (en dessous de 125 000 € investis) : fonds standards UCITS uniquement.
- Catégorie A (≥ 125 000 € investis et 250 000 € de fortune mobilière nette) : ouverture progressive aux OPC élargis.
- Catégorie B (≥ 250 000 € investis et 500 000 € de fortune mobilière nette) : OPCVM, ETF, structurés simples.
- Catégorie C — palier déterminant (≥ 250 000 € investis et 1 250 000 € de fortune mobilière nette) : c’est là que vous accédez au private equity, à l’immobilier non coté et aux structurés sur mesure.
- Catégorie D (≥ 1 000 000 € investis et 2 500 000 € de fortune mobilière nette) : univers complet, hedge funds, titres vifs internationaux sans restriction.
Cas du dirigeant détenant l’essentiel de son patrimoine en titres opérationnels non cessibles à court terme : ces titres sont exclus de la fortune mobilière nette au sens CAA, ce qui peut faire tomber le souscripteur en catégorie A ou B malgré un patrimoine global important. L’accès aux catégories C/D se prépare alors au moment de la cession via le contrat de capitalisation détenu par la holding (voir section 5.4 et le cas n° 5 « Vincent »).
5.3. Assureurs luxembourgeois acceptant les Olim : Lombard, Cardif Pack Israël, Bâloise
Israël est un marché sélectif mais ouvert au Grand-Duché, sous réserve de la validation cas par cas par le service compliance de chaque assureur (LCB-FT, KYC renforcé, justificatif d'origine des fonds, statut Olé Hadash documenté). Voici la cartographie réelle 2026 :
| Assureur LU | Acceptation Israël | Particularités |
|---|---|---|
| Lombard International (groupe Utmost) | OUI — marché historique | Israël fait partie des 25+ pays cibles du contrat Liberté Lux. Ticket 250 000 €. Équipe wealth structuring habituée aux problématiques section 14 ITO et US Persons binationaux. Couverture la plus large du marché. |
| Cardif Lux Vie (groupe BNP Paribas) | OUI — Pack Israël historique | Cardif Lux Vie diffuse depuis plusieurs années un Pack Israël dédié pour le contrat Liberty 2 Invest. Israël fait partie des 17 juridictions cibles. Souscriptions individuelles et personnes morales. |
| Bâloise Vie Luxembourg (post-fusion Helvetia décembre 2025) | OUI cas par cas | Pas de pack pré-formaté Israël mais acceptation possible après validation compliance, en particulier sur le contrat Profolio. Vigilance sur les FAS depuis la nouvelle direction Helvetia. |
| OneLife / Wealins (APICIL / Foyer) | OUI cas par cas | Wealins ouvre EEE + cas par cas international ; OneLife dispose d'un agrément géographique large (Asie, Amérique latine, Europe) : Israël étudié au dossier. |
| Sogelife (Société Générale) | NON par défaut | Sogelife n'opère historiquement qu'en LPS sur France, Italie, Luxembourg, Monaco, Espagne, Suisse, Belgique, UK et République Tchèque. Israël hors scope sauf accord exceptionnel. |
| La Mondiale Europartner (AG2R) | NON | Limitée aux résidents UE (France, Belgique, Italie, Espagne, Portugal, UK, Luxembourg). Pas de souscription Israël via Life Mobility Evolution. |
| Vitis Life (Monceau) | NON par défaut | Distribution principale France/Belgique/Italie. Vitis est la référence pour les US Persons résidant en France (FATCA-compliant) mais ne traite pas le marché Israël en routine. |
5.4. Fiscalité de l'AV luxembourgeoise pour un Olé Hadash : exonération 10 ans
Sur un patrimoine HNW, c'est l'articulation à trois côtés qui change la donne. Le Luxembourg est neutre fiscalement (le contrat-caméléon applique la fiscalité du pays de résidence). La France ne taxe pas les rachats d'un contrat luxembourgeois souscrit par un non-résident, le contrat n'étant pas français. Et sous statut Olé Hadash, Israël exonère totalement les revenus et plus-values de source étrangère pendant 10 ans (sections 14, 14A, 97(b3) ITO 5721-1961). Au bout du compte : un rachat d'AV luxembourgeoise réalisé pendant les 10 ans Olé n'est taxé nulle part — ni au Luxembourg, ni en France, ni en Israël. Aucune juridiction n'a la main.
Au-delà des 10 ans Olé, on retombe dans le régime normal israélien. Les gains du contrat LU deviennent imposables au taux de 25 % (régime des gains financiers étrangers, article 125B ITO) au moment du rachat. Pas de wrapper exemption israélien : l'enveloppe LU est neutre fiscalement, c'est la fiscalité locale qui prend la main au dénouement. D'où l'arbitrage classique en clientèle HNW : programmer les rachats massifs avant le 10e anniversaire d'Aliyah (purge des plus-values en franchise totale), et ne garder que des rachats de complément post-10 ans.
Au décès, c'est plus subtil. La taxation française de l'assurance-vie n'est pas un vrai droit de succession : c'est une taxe à part, créée spécifiquement pour ces contrats (articles 990 I et 757 B du CGI), et les conventions fiscales internationales ne la neutralisent pas. La convention France-Israël 1995 ne couvre d'ailleurs pas les successions. Selon le BOFiP BOI-TCAS-AUT-60, l'article 990 I s'applique dans deux cas :
- le souscripteur a son domicile fiscal en France au jour du décès, ou
- le bénéficiaire a son domicile fiscal en France au jour du décès et l'a eu pendant au moins 6 années sur les 10 précédentes.
| Configuration au décès | Israël (depuis abrogation Estate Tax 1981) | France (990 I CGI) |
|---|---|---|
| Défunt Olé + bénéficiaires résidents France 6/10 ans | 0 % | Abattement 152 500 € / bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 k€ part nette taxable, 31,25 % au-delà |
| Défunt Olé + bénéficiaires résidents Israël (autres Olim) | 0 % | 0 % France (bénéficiaires hors France) |
| Défunt Olé + bénéficiaires résidents pays tiers (UK, US, Suisse…) | 0 % | 0 % France si bénéficiaires hors France 6/10 ans ET assuré non-résident France |
Pour les primes versées après 70 ans, l'article 757 B CGI ne s'applique pas si le souscripteur est non-résident fiscal France au moment du versement (BOFiP RFPI-MUTA). L'AV LU permet donc de continuer à alimenter le contrat sans risque de requalification successorale, contrairement à une AV française.
CRS actif depuis 2018-2019 : l'AV luxembourgeoise n'est pas un outil d'opacité
Le Luxembourg et Israël participent à l'échange automatique d'informations financières (CRS) — Israël depuis 2018, premier échange France-Israël en 2019 sur les données 2017+. Israël n'a jamais figuré sur la grey list FATF (à la différence des EAU sortis en février 2024). L'assurance-vie luxembourgeoise n'a aucune dimension d'évasion ou de discrétion : c'est un outil de protection, de portabilité et d'optimisation, pas un compte caché. À utiliser comme argument de transparence dans le pitch (les assureurs LUX valident plus facilement les dossiers Israël « source of funds » documentée — typiquement Olé Hadash post-cession d'entreprise française avec dossier exit tax + sursis 167 bis en règle).
Binational franco-américain ou Green Card en Israël : FATCA filtre les options
Profil très fréquent en Israël (cadres tech ex-FAANG, founders SaaS, family offices). Le Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA) américain impose un reporting annuel sur les comptes et contrats d'assurance étrangers détenus par les US Persons (citoyens US, Green Card holders, résidents fiscaux US). Seuls deux assureurs luxembourgeois acceptent les US Persons : Vitis Life et Bâloise, avec un coût administratif annuel de plusieurs milliers d'euros pour la conformité PFIC (Passive Foreign Investment Company). Les autres (Lombard / Utmost, Cardif Lux Vie, Sogelife, La Mondiale Europartner) refusent généralement. Validation US Person obligatoire avant toute proposition.
5.4. Le contrat de capitalisation luxembourgeois : l’outil oublié
Le contrat de capitalisation luxembourgeois est cousin de l'assurance-vie, mais avec trois différences déterminantes pour un patrimoine franco-israélien :
| Caractéristique | Assurance-vie luxembourgeoise | Capitalisation luxembourgeoise |
|---|---|---|
| Décès du souscripteur | Capital versé hors succession aux bénéficiaires (990 I / 757 B selon résidence) | Contrat conservé dans la succession civile, antériorité fiscale conservée |
| Donation du vivant | Possible mais clause bénéficiaire à revoir | Donation possible avec transfert d'antériorité fiscale (outil de transmission anticipée) |
| Démembrement | Clause bénéficiaire démembrée possible | Démembrement intégral du contrat possible dès la souscription |
| Souscription par personne morale | Non | Oui : holding française à l'IS, Soparfi luxembourgeoise, ou société israélienne (Hevra Pratiit) ou holding française à l'IS |
| Plafond private equity / actifs non cotés | Selon catégorie d'investisseur CAA (LC 26/1, en vigueur 1er février 2026) : N retail = restreint, A 50 %, B 70 %, C 90 %, D jusqu'à 100 % | Idem (mêmes catégories N→D), mais une personne morale qualifiante atteint plus facilement les seuils C/D — la fortune mobilière de la PM s'agrège à l'enveloppe (palier déterminant 250 k€ investis + 1,25 M€ patrimoine mobilier net) |
| Imposition annuelle si la holding française à l'IS détient le contrat | Sans objet quand la souscription est faite en personne physique | Imposition forfaitaire annuelle calculée sur 105 % du Taux Moyen des Emprunts d'État (TME, ≈ 3,2 % début 2026), appliqué à la valeur de souscription du contrat — soit environ 3 % par an d'assiette taxée à l'IS (article 238 septies E CGI) |
| Imposition annuelle si la société israélienne (Hevra Pratiit) détient le contrat | Sans objet (souscription PP) | Sous statut Olé Hadash 10 ans : exonération en Israël sur les revenus du contrat (revenus de source étrangère). Au-delà : intégration aux résultats imposables Hevra Pratiit (IS israélien standard 23 % en 2026) |
Cas typique pour un Olé en cession d'entreprise. Imaginons un dirigeant franco-israélien qui vient de céder sa société française et qui veut piloter ses liquidités depuis Tel Aviv. Trois options structurelles :
- Souscription en personne physique (PP) : la plus simple et la plus fiscalement efficiente sous statut Olé Hadash 10 ans. Les gains internes du contrat sont exonérés en Israël (revenus de source étrangère, sections 14, 14A ITO). Permet le démembrement de la clause bénéficiaire et conserve l'antériorité française 8 ans en cas de retour. Taux standard recommandé pour 90 % des dossiers HNW Olim.
- Holding française à l'IS qui détient le contrat de capi LUX : simple à monter mais risque MAJEUR de requalification si la holding est gérée depuis Tel Aviv (la France peut considérer le siège de direction effective comme français et soumettre à IS français + ESFP du dirigeant). À éviter sauf substance réelle conservée en France.
- Hevra Pratiit israélienne qui détient le contrat de capi LUX : techniquement souscriptible chez Lombard ou Cardif Lux Vie en mode capitalisation, sous réserve KYC personne morale renforcé. Intérêt limité car la plupart des assureurs LUX privilégient les holdings UE pour éviter la complexité réglementaire CRS/AEOI Israël-LU. La pratique constatée est de loger les actifs financiers de la Hevra Pratiit dans une AV LU souscrite par la personne physique (gérant Olé) plutôt que par la société.
Trois bénéfices à la clé : un accès au private equity (jusqu'à 100 % en catégorie D CAA, LC 26/1), une transmission anticipée par démembrement vers les enfants restés en France (avec conservation de l'antériorité fiscale du contrat à chaque mutation), et une coordination naturelle avec une planification successorale via testament authentique français + professio juris loi française (voir section 10).
5.5. Crédit Lombard adossé : la liquidité sans rachat
Quand le contrat luxembourgeois est constitué, il devient une collatéralité utile. Les banques privées luxembourgeoises et françaises proposent des crédits dits Lombard garantis par les actifs du contrat (nantissement). Le taux suit le taux de référence interbancaire à 3 mois (Euribor, ≈ 3 % en avril 2026) + une marge bancaire annuelle nominale de 0,80 % à 1,50 %, soit un coût all-in autour de 4 à 4,5 % par an (hors frais d’engagement de 0,25 à 0,50 %). La quotité empruntable (loan-to-value, ratio entre le prêt et la valeur des actifs nantis) varie selon le risque des sous-jacents : 90-100 %sur fonds en euros, 70-90 % sur obligations notées investment grade, 50-70 % sur actions et ETF diversifiés, 30-50 % sur SCPI et parts non cotées.
Pour un Olé Hadash qui veut financer un projet immobilier en Israël (achat appartement Florentin, villa Caesarea, premier achat avec barème Mas Rechisha allégé Olé) ou une opportunité d'investissement sans rapatrier le capital ni générer de fiscalité de rachat, le crédit Lombard est l'outil de référence. À Tel Aviv, on bénéficie de la présence des grandes banques privées étrangères en bureau de représentation (sources : Bank of Israel, Representative Offices of Foreign Banks in Israel) : Pictet (Pictet WM Israel Ltd licenciée 2012, Rothschild Blvd), Lombard Odier (Rothschild Blvd), UBS, Julius Baer, BNP Paribas Wealth Management (Berkowitz Street), Edmond de Rothschild Israel Group (présence historique majeure depuis 1953, fusionnée en 2012 avec le groupe global), J. Safra Sarasin. Les banques suisses opèrent en cross-border depuis Genève / Zurich, le bureau israélien servant de point de contact relationnel — l'ouverture de compte se fait dans la juridiction d'origine, soumise à la due diligence renforcée FATCA/CRS. Banques privées israéliennes locales : Hapoalim Private Banking, Leumi Private Banking, Israel Discount Bank, FIBI Wealth, IBI (Israel Brokerage & Investments), Excellence (Phoenix), Psagot, Meitav. Ticket d'entrée souvent à partir de 1 M€ (idéalement 2-5 M€). Devises de prêt typiques : USD ou EUR. Taux indicatifs 2026 : SOFR Term 3M + 90 à 180 bp en USD, €STR + 100 à 180 bp en EUR. Le revers : il faut accepter une volatilité de sous-jacents et un appel de marge éventuel.
5.6. Comment choisir l'assureur et le courtier pour un Olé Hadash
Tous les assureurs luxembourgeois n'acceptent pas les résidents israéliens. La pratique du marché en 2026 : voir le tableau détaillé en 5.3 supra. À retenir : Lombard / Utmost (marché historique, 25+ pays cibles dont Israël), Cardif Lux Vie « Pack Israël » dédié pour Liberty 2 Invest, et Bâloise Vie Luxembourg (cas par cas, durci depuis fusion Helvetia décembre 2025) sont les trois acteurs ouverts en routine. Sogelife, La Mondiale Europartner, Vitis Life ne traitent pas Israël par défaut. Chaque dossier passe par une legal opinion et une étude individuelle. Une acceptation écrite préalable est indispensable avant tout transfert de résidence.
Particularité Israël : le Tofes 1348 (Tax Residency Certificate délivré par la Reshut HaMisim après en général 12 mois de résidence) est devenu la pièce maîtresse du dossier de souscription pour les assureurs LUX. Israël n'a jamais figuré sur la grey list FATF (à la différence des EAU), ce qui simplifie les KYC — mais le source of funds reste scruté rigoureusement (justification pré-Aliyah ou cession d'entreprise pré-Aliyah).
FAS et FID : les deux modes accessibles depuis Tel Aviv
Bonne nouvelle pour les Olim Hadashim : les deux architectures principales — FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé, gestion libre) et FID (Fonds Interne Dédié, gestion déléguée à un mandataire agréé) — restent accessibles chez les assureurs partenaires acceptant la zone Israël, sous réserve d'éligibilité à la catégorie d'investisseur CAA correspondante (généralement C ou D pour le FAS) et de l'acceptation du dossier par l'assureur. Vous n'êtes pas limité à un mode unique : le choix entre piloter vous-même (FAS) ou déléguer à une banque privée luxembourgeoise / suisse (FID) reste un vrai arbitrage, et les deux contrats peuvent même cohabiter sur des poches distinctes du patrimoine. Pour un Olé Hadash en cession d'entreprise, le FAS catégorie C/D est la voie classique (accès club deals immobilier, private equity, dette privée, structurés sur mesure).
Côté courtage, deux critères structurent le coût total d’un contrat luxembourgeois bien construit :
| Brique de frais | Niveau habituel marché | Notre approche Hagnéré Patrimoine |
|---|---|---|
| Frais de courtier | Variable selon les courtiers, souvent 0,80 % à 1,20 % par an du capital sous gestion | 0,40 % fixe par an de l’encours, taux unique appliqué à tous nos clients quel que soit le montant — pas de palier dégressif opaque |
| Frais assureur | 0,30 à 0,90 %/an, dégressifs | 0,23 % à 0,75 %/an selon assureur partenaire |
| Frais banque dépositaire | 0,06 % à 0,20 %/an | Identique : 0,06 % standard |
| TER fonds (parts institutionnelles) | 0,10 à 0,80 % | Sélection ETF + parts I dès que possible |
| Crédit Lombard | Euribor 3M + 1,00 à 2,00 % | Euribor 3M + 0,80 % à 1,50 % via banques partenaires |
Ouvrir une AV ou capi luxembourgeoise pré-Aliyah ou en Olé Hadash
Hagnéré Patrimoine sélectionne les assureurs ouverts Israël (Lombard / Utmost, Cardif Lux Vie « Pack Israël », Bâloise Vie Luxembourg), pilote la legal opinion, intègre votre Tofes 1348 ITA, libelle le contrat en EUR ou USD selon profil patrimonial, et facture une rémunération fixe de 0,40 % par an sans rétrocession cachée. Pour binational US Person : routage vers Vitis Life (référence historique US persons LUX) ou Bâloise.
Pour aller plus loin sur le sujet, lisez nos guides dédiés à l’assurance-vie luxembourgeoise, à sa fiscalité et à son rôle dans la transmission. Notre page produit assurance-vie luxembourgeoise détaille les contrats et frais que nous proposons.
Une fois le cadre luxembourgeois posé, on bascule sur la fiscalité israélienne locale : statut Olé Hadash 10 ans, barème IR 10-50 %, Bituach Leumi, section 100A ITO. C'est le terrain le moins lisible pour un lecteur francophone, et c'est là que les arbitrages se jouent.
6. La fiscalité israélienne 2026 : Olé Hadash 10 ans, barème IR, plus-values, Bituach Leumi
À la différence des Émirats arabes unis ou de Monaco, Israël n'est pas un « paradis fiscal » au sens classique : c'est un État avec une fiscalité progressive forte (IR jusqu'à 50 %, plus-values 25-30 %, cotisations sociales obligatoires Bituach Leumi). Ce qui rend Israël attractive pour un Français HNW, c'est le statut Olé Hadash — une exonération fiscale de 10 ans sur les revenus de source étrangère, qui transforme la donne pour les patrimoines détenus en France ou ailleurs hors d'Israël. Cette section décortique les règles 2026 que doit connaître tout Olé Hadash français.
6.1. Statut Olé Hadash : exonération 10 ans sur revenus et plus-values étrangers
Le statut Olé Hadash (« nouvel immigrant ») est conféré automatiquement à toute personne ayant fait son Aliyah officielle en Israël via la Loi du retour (Hok HaShvut, 1950). Il ouvre une exonération fiscale de 10 ans sur l'ensemble des revenus et plus-values de source étrangère, codifiée dans l'Income Tax Ordinance [New Version] 5721-1961 (sections 14, 14A, 97(b3), 134B, 135). Périmètre exonéré :
- Dividendes étrangers (sociétés françaises, européennes, américaines)
- Intérêts étrangers (obligations, livrets, comptes à terme hors Israël)
- Plus-values mobilières étrangères (actions, OPC, ETF, parts de société)
- Revenus locatifs étrangers (loyers de biens immobiliers situés hors Israël)
- Pensions privées étrangères (CARSAT, AGIRC-ARRCO, retraite Madelin, PER en rente)
- Royalties (droits d'auteur, brevets, marques de source étrangère)
- Plus-values sur titres acquis avant l'Aliyah (exonération totale si cession dans les 10 ans, mécanisme d'allocation linéaire au-delà)
En revanche, les revenus de source israélienne restent imposables au régime général : salaire en Israël (Wix, Check Point, Mobileye, scale-up Silicon Wadi…), loyer d'un appartement à Tel Aviv, dividende d'une Hevra Pratiit (société privée israélienne), plus-value sur immobilier israélien.
6.2. Réforme 1er janvier 2026 : déclaration obligatoire des actifs étrangers
Amendement du 2 avril 2024 — applicable aux Olim arrivant à compter du 1er janvier 2026
La loi n° 5784-2024 du 2 avril 2024 modifiant l'Income Tax Ordinance constitue la réforme la plus importante du régime Olé Hadash depuis sa codification en 2008. Elle s'applique aux personnes devenant résidents fiscaux israéliens à compter du 1er janvier 2026 :
- l'exonération fiscale 10 ans sur les revenus et plus-values de source étrangère est maintenue intégralement (sections 14, 14A, 97(b3) inchangées) ;
- mais l'exonération de déclaration disparaît : les sections 134B et 135(b) sont abrogées ;
- les Olim concernés doivent désormais déclarer annuellement à la Reshut HaMisim tous leurs revenus étrangers (même exonérés) et tous leurs actifs étrangers (comptes bancaires, titres, contrats AV luxembourgeoise, immobilier hors Israël, trusts, parts de société française) ;
- transparence CRS renforcée : l'ITA disposera désormais d'une cartographie patrimoniale complète de chaque Olé.
Grandfathering important : les Olim ayant acquis la résidence fiscale israélienne avant le 1er janvier 2026 conservent l'ancien régime (exonération de reporting incluse) pour la durée résiduelle de leur fenêtre 10 ans. Conséquence : il y a une fenêtre 2025 intéressante pour ceux qui souhaitent éviter le reporting, mais cette fenêtre se ferme au 31 décembre 2025.
6.3. Bonus Aliyah 2026 — loi de finances 2025 : 0 % d'IR sur revenus israéliens
Pour soutenir l'Aliyah dans le contexte post-7 octobre 2023 (hausse de +45 % des demandes d'Aliyah depuis la France entre 2024 et 2025), la loi de finances israélienne 2025 a introduit un bonus exceptionnel pour les Olim et Toshavim Hozrim Vatikim arrivant en 2026 uniquement :
| Année fiscale | Taux d'IR sur revenus de source israélienne | Plafond annuel |
|---|---|---|
| 2026 | 0 % | 600 000 ILS (au prorata des mois de résidence) |
| 2027 | 0 % | 1 000 000 ILS (~280 000 €) |
| 2028 | 0 % | 1 000 000 ILS (~280 000 €) |
| 2029 | 0 % | 350 000 ILS |
| 2030 | 0 % | 150 000 ILS |
| 2031+ | Barème normal 10-50 % | Sans objet |
Cumulé avec l'exonération 10 ans Olé Hadash sur revenus étrangers, ce bonus crée une fenêtre fiscale exceptionnelle pour 2026 : un consultant indépendant, un dirigeant ou un cadre tech peut potentiellement avoir 0 % d'IR sur la quasi-totalité de ses revenus mondiaux pendant les 2 premières années post-Aliyah. Au-delà, la dégressivité ramène progressivement vers le régime normal en 2031.
6.4. Toshav Hozer Vatik : le statut méconnu pour les Israéliens de retour
Le Toshav Hozer Vatik (« résident de retour de longue date ») est un Israélien qui revient en Israël après au moins 10 ans consécutifs hors d'Israël (sans dépasser 90 jours/an de présence en Israël pendant cette période). Il bénéficie des mêmes droits que l'Olé Hadash : exonération 10 ans sur revenus et plus-values de source étrangère.
À distinguer du Toshav Hozer simple (« résident de retour basique ») qui a vécu 5 à 10 ans hors Israël et bénéficie d'un régime allégé : 5 ans d'exonération sur revenus passifs uniquement (dividendes, intérêts, locatifs étrangers), 10 ans sur plus-values étrangères. Pas d'exonération sur les salaires étrangers ou activités professionnelles.
Année d'acclimatation (Shnat Histaglut) : tout nouvel Olé ou Toshav Hozer peut demander, dans les 90 jours suivant son arrivée, à ne pas être considéré comme résident fiscal israélien pendant 1 an, sans perdre le bénéfice de la période 10 ans qui démarre ensuite. Utile pour ceux qui hésitent encore ou qui veulent finaliser des opérations en France avant la bascule fiscale.
6.5. Barème de l'impôt sur le revenu 2026 (gel des tranches 2025-2027)
| Tranche annuelle (ILS) | Tranche annuelle (≈ €) | Taux marginal |
|---|---|---|
| 0 – 84 120 | 0 – 23 600 € | 10 % |
| 84 121 – 120 720 | 23 600 – 33 800 € | 14 % |
| 120 721 – 193 800 | 33 800 – 54 300 € | 20 % |
| 193 801 – 269 280 | 54 300 – 75 400 € | 31 % |
| 269 281 – 560 280 | 75 400 – 156 900 € | 35 % |
| 560 281 – 721 560 | 156 900 – 202 000 € | 47 % |
| > 721 560 | > 202 000 € | 50 % (47 % + 3 % surtaxe Mas Yesef) |
La Mas Yesef est une surtaxe de 3 % qui s'applique sur l'ensemble des revenus dépassant 721 560 ILS annuels (toutes sources confondues, salaires + revenus passifs). Elle se cumule avec le taux marginal 47 % pour atteindre 50 % marginal effectif. Mais attention : pour un Olé Hadash dans sa fenêtre 10 ans, les revenus de source étrangère sont totalement exonérés, donc la Mas Yesef ne s'applique que sur les revenus israéliens.
6.6. Plus-values mobilières et dividendes en Israël (post-10 ans)
| Nature du revenu | Taux Israël | Articulation Olé Hadash |
|---|---|---|
| Plus-values mobilières (action, OPC, ETF) — actionnaire < 10 % | 25 % | Exonéré 10 ans Olé sur titres étrangers ; au-delà : 25 % sur portion israélienne et étrangère |
| Plus-values mobilières — substantial shareholder ≥ 10 % | 30 % | Idem (exo 10 ans Olé sur titres étrangers) |
| Dividendes — actionnaire < 10 % | 25 % | Exonéré 10 ans Olé sur dividendes étrangers |
| Dividendes — actionnaire ≥ 10 % | 30 % | Idem |
| Intérêts non indexés (ILS ou devises) | 15 % | Exonéré 10 ans Olé sur intérêts étrangers |
| Intérêts indexés (linkage CPI) | 25 % | Idem |
| Surtaxe Mas Yesef (revenus annuels > 721 560 ILS) | + 3 % | S'applique aux revenus israéliens uniquement (étrangers exonérés) |
6.7. Patrimoine et succession en Israël
- Pas d'IFI / wealth tax en Israël (jamais introduit, contrairement à la France).
- Pas de droits de succession ni de donation en Israël depuis l'abrogation de l'Estate Tax Law 5709-1949 le 1er avril 1981. Aucun droit de mutation à titre gratuit ne s'applique aux transferts entre personnes physiques.
- Avantage majeur HNW : la transmission patrimoniale est potentiellement exonérée (sous réserve de l'application de l'article 750 ter CGI côté France pour les biens situés en France ou les héritiers résidents France 6+ ans — voir section 10).
6.8. Bituach Leumi et Mas Briut : la sécurité sociale obligatoire
Le Bituach Leumi (National Insurance Institute, équivalent israélien de la Sécurité sociale) et le Mas Briut (cotisation maladie) sont obligatoires pour tous les résidents fiscaux israéliens, y compris les Olim Hadashim. Les Olim bénéficient d'1 an d'exemption initiale de cotisations Bituach Leumi après l'Aliyah (au-delà du Sal Klita), puis basculent sur le régime normal.
| Tranche mensuelle (ILS) | Bituach Leumi | Mas Briut | Total combiné |
|---|---|---|---|
| 0 – 7 522 ILS | 0,4 % | 3,1 % | 3,5 % |
| 7 522 – 49 030 ILS | 7 % | 5 % | 12 % |
| > 49 030 ILS | 0 % (plafond) | 0 % (plafond) | 0 % (plafond) |
Convention France-Israël de sécurité sociale du 17 décembre 1965 (CLEISS) : permet la coordination des droits à retraite (totalisation des trimestres FR + IL) et le détachement temporaire (formulaire SE-353-01 pour 24 mois renouvelables). Importante pour un cadre détaché par employeur français vers Israël ou inversement.
Alternative pour Olim retraités français : affiliation à la Caisse des Français de l'Étranger (CFE) qui maintient la couverture maladie française (et permet la PUMa au retour). À combiner avec une assurance privée internationale (April Mondassur, AXA Global Healthcare, Allianz Care, Cigna Global) pour la couverture médicale en Israël (les hôpitaux israéliens facturent en ILS, le système Kupat Holim — caisses santé Klalit, Maccabi, Meuhedet, Leumit — est l'équivalent de l'Assurance Maladie française).
6.9. Section 100A ITO : exit tax israélienne (départ d'Israël)
Lorsqu'un résident fiscal israélien cesse de l'être (cas d'un Olé qui retourne en France ou s'installe ailleurs), la section 100A de l'Income Tax Ordinance 5721-1961 prévoit un mécanisme de deemed sale : ses actifs sont réputés cédés la veille du changement de résidence, à leur valeur de marché.
Calcul : la plus-value taxable israélienne = plus-value réelle au moment de la réalisation effective × (durée de détention en tant que résident israélien / durée de détention totale). Méthode dite linear allocation entre période israélienne et période non-israélienne.
Section 100A(b) — Option de différement de paiement : le contribuable peut différer le paiement jusqu'à la cession effective, sans intérêts ni pénalités — l'ITA conserve son droit d'imposition au prorata temporis. C'est l'option par défaut pour clientèle HNW car elle évite tout effet de cash-out à la sortie d'Israël.
Coordination France 167 bis CGI ↔ Israël 100A ITO : risque de double exit tax
Pour un Français qui aurait fait Aliyah, est devenu résident israélien (Olé Hadash), puis quitte Israël ultérieurement vers un pays tiers ou retourne en France : risque de double exit tax sur les mêmes plus-values latentes — France art. 167 bis CGI au moment de l'Aliyah + Israël section 100A ITO au moment de la sortie. La convention 1995 ne traite pas explicitement ce cas. La coordination doit se faire via crédit d'impôt et procédure amiable (article 26 conv. 1995). Anticiper avec le conseil fiscal franco-israélien au moins 12-24 mois avant le second mouvement.
6.10. Bank of Israel : libre convertibilité du shekel depuis 2003
Israël a aboli son contrôle des changes le 1er janvier 2003 avec la dernière levée de plafonds sur les investissements étrangers des institutionnels (20 % des actifs). Le shekel (ILS) est pleinement convertible CLS Bank depuis le 26 mai 2008. Pas de plafond réglementaire de transfert ILS ↔ EUR/USD pour les particuliers ou entreprises. La Bank of Israel intervient uniquement de façon discrétionnaire sur le marché FX pour lisser la volatilité.
Les obligations sont AML/CFT classiques (Loi anti-blanchiment israélienne 5760-2000) : les banques israéliennes (Hapoalim, Leumi, Discount, Mizrahi-Tefahot, FIBI) identifient le bénéficiaire effectif et déclarent toute opération suspecte au FIU israélien (Israeli Money Laundering and Terror Financing Prohibition Authority — IMPA). Le CRS est actif depuis 2018 (premier échange France-Israël 2019) : les comptes bancaires israéliens détenus par des résidents fiscaux français sont automatiquement déclarés à la DGFiP, et inversement.
Risque géopolitique post-7 octobre 2023 : depuis l'attaque du 7 octobre 2023, le shekel a connu une volatilité accrue (creux à 4,08 ILS/USD en octobre 2023, retour vers 3,55-3,75 en 2025-2026). La BoI a vendu 30 Mds USD de réserves en octobre 2023 pour défendre la monnaie, démontrant la profondeur de ses réserves (~210 Mds USD début 2026). Continuité opérationnelle bancaire intacte (cyber-résilience saluée par S&P). Quelques banques européennes correspondantes ont durci la due diligence sur les transferts entrants depuis Israël (allongement délais 24-72 h), mais aucun blocage systémique. Notation souveraine Moody's : abaissement à Baa1 en septembre 2024 puis A2 début 2026.
Structurer son patrimoine pré-Aliyah depuis la France
Audit Olé Hadash 10 ans + bonus 2026, choix du timing d'Aliyah (avant/après 1er janvier 2026 selon réforme déclarative), souscription AV luxembourgeoise pré-Aliyah pour figer l'antériorité française, intégration Lombard / Cardif Pack Israël, convention Bituach Leumi 1965 : Hagnéré Patrimoine pilote l'ensemble avec ses correspondants locaux Tel Aviv (Dray & Dray, Natco Consulting) et Luxembourg.
Une fois la fiscalité israélienne maîtrisée, l'immobilier d'Israël mérite son propre chapitre : Mas Rechisha, Mas Shevach, Mashkanta pour Olé, marché Tel Aviv 2026 et représentant fiscal pour vos biens français.
7. Immobilier France-Israël : Mas Rechisha, Mas Shevach, Mashkanta Olé Hadash
L'immobilier est souvent le cœur du patrimoine franco-israélien : appartement conservé à Paris ou Lyon, achat post-Aliyah à Tel Aviv (Florentin, Rothschild, Neve Tzedek), Jérusalem (German Colony, Rehavia, Talbieh), Netanya (Sironit), Herzliya Pituach, Caesarea ou Raanana. Le côté israélien combine deux taxes spécifiques (Mas Rechisha à l'acquisition, Mas Shevach sur la plus-value de revente) et un régime de crédit hypothécaire (Mashkanta) avec plafonds LTV différenciés selon votre statut. Le côté français reste piégeux pour qui possède encore des biens en France (représentant fiscal art. 244 bis A, IFI résiduel).
| Situation | France | Israël | Action prioritaire |
|---|---|---|---|
| Bien locatif en France (résident IL) | Revenus fonciers imposables en France (taux minimum 20/30 %, PS 17,2 %) | Sous Olé Hadash 10 ans : exonération en Israël (revenus immobiliers de source étrangère). Au-delà : à intégrer aux revenus mondiaux | Calculer taux minimum vs taux moyen, anticiper réintégration post-10 ans Olé |
| Bien immobilier en Israël (Tel Aviv, Jérusalem, Netanya) | Hors IFI français (non-résident, IFI sur immo France uniquement) | Mas Rechisha allégé pour Olé sur 1ère acquisition (fenêtre 1 an avant à 7 ans après Aliyah). Loyers : 3 régimes (Patour Mela exo, Maslul 10 % flat, Maslul Régulier) | Vérifier éligibilité Mas Rechisha allégé Olé, choisir le régime locatif optimal |
| IFI | Biens français taxables si net > 1,3 M€ | Pas d'IFI ni wealth tax en Israël (jamais introduit) | Évaluer SCI, SCPI et dettes déductibles côté français |
| Revente d'un bien français | Plus-value 19 % + PS 17,2 %, représentant fiscal accrédité obligatoire > 150 k€ par cédant (art. 244 bis A CGI) | Sous Olé Hadash 10 ans : exonération de la PV en Israël (PV immobilière de source étrangère) | Désigner représentant fiscal en amont, simuler avant mandat |
| Achat en Israël (Olé) | Pas de fiscalité française à l'achat si non-résident, à intégrer à l'IFI seulement si retour | Mas Rechisha barème Olé : 0 % jusqu'à 1 978 745 ILS, 0,5 % jusqu'à 6 055 070 ILS, 8 % au-delà — fenêtre 1 an avant à 7 ans après Aliyah, plafond 20 183 565 ILS | Bénéficier du barème Olé une seule fois, idéalement sur résidence principale unique |
| Achat en Israël (investisseur non-résident) | Pas de fiscalité française à l'achat | Mas Rechisha barème non-résident : 8 % flat dès le premier shekel jusqu'à 6 055 070 ILS, puis 10 % | Anticiper le coût d'acquisition élevé (+ 1 % avocat + ~2 % agent + 0,5 % notaire) |
| Location courte durée (Tzimmer, Airbnb) | Sans objet si résident Israël | Régime Maslul Régulier (taux marginal IR 10-50 %) ; pas de licence touristique fédérale, mais permis municipal selon ville (Tel Aviv applique restrictions short-term rentals depuis 2024) | Vérifier la réglementation municipale + déclaration ITA Tofes 1301 annuelle |
7.1. Mas Rechisha (taxe d'acquisition) : barèmes 2026 gelés
Le Mas Rechisha est la taxe d'acquisition immobilière prélevée par l'Israel Tax Authority au nom de l'Israel Land Authority (Rashut Mekarkei Israel). Le gouvernement Netanyahu a gelé les barèmes sur 2025-2027 pour soutenir les recettes de guerre (source Semerenko Group, 2026). Trois régimes coexistent :
| Tranche (ILS) | Résident IL — résidence unique | Investisseur ou non-résident | Olé Hadash (1 fois) |
|---|---|---|---|
| 0 – 1 978 745 | 0 % | 8 % | 0 % |
| 1 978 745 – 2 347 040 | 3,5 % | 8 % | 0,5 % |
| 2 347 040 – 6 055 070 | 5 % | 8 % | 0,5 % |
| 6 055 070 – 20 183 565 | 8 % | 10 % | 8 % |
| > 20 183 565 | 10 % | 10 % | 10 % |
7.2. Mas Shevach (impôt sur plus-value immobilière)
Le Mas Shevach (Land Appreciation Tax) frappe la plus-value immobilière à 25 % sur la PV réelle (après inflation et frais déductibles : avocat, agent, travaux, intérêts d'emprunt liés). Méthode linéaire pour les biens acquis avant 2014, méthode d'allocation mixte au-delà.
- Exonération RP unique (Mas Shevach Patur Dira Yechida) : pleine exonération si le bien est l'unique résidence du vendeur en Israël, détenu ≥ 18 mois (achats 1/6/2021–31/5/2025) et cédé sous 5 008 000 ILS ; exonération non utilisée dans les 18 mois précédents ; vendeur résident fiscal israélien au moment de la cession. Au-delà du plafond, exonération proratisée.
- Pas d'exonération pour les non-résidents fiscaux israéliens.
- Sous Olé Hadash 10 ans : la PV sur immobilier israélien n'est PAS exonérée (c'est un revenu de source israélienne), mais bénéficie de l'exonération RP unique sous conditions identiques aux résidents.
7.3. Loyers résidentiels : 3 régimes au choix annuel
| Régime | Conditions | Imposition | Cas d'usage typique |
|---|---|---|---|
| Patour Mela (exonération totale) | Loyer mensuel total < 5 654 ILS/mois (plafond 2026, indexé). Au-delà : abattement linéaire dégressif puis barème normal sur excédent | 0 % | Petit bailleur familial avec un seul appartement loué nu |
| Maslul 10 % (forfait) | 10 % flat sur loyer brut, sans déduction de charges ni amortissement. Réservé à la location résidentielle particulier-particulier | 10 % | Largement choisi par les bailleurs Olim — simplicité maximale |
| Maslul Régulier (barème normal) | Barème progressif IR jusqu'à 47 % (+ Mas Yesef 3 % au-delà 721 560 ILS = 50 %), avec déduction amortissement (2 % linéaire), intérêts, charges, travaux d'entretien | 10 à 50 % | Biens fortement endettés, locations meublées professionnelles, marchand de biens |
7.4. Mashkanta (crédit hypothécaire) 2026 : LTV selon statut
La Bank of Israel impose des plafonds de loan-to-value(LTV) différenciés selon le statut résidentiel :
| Statut | LTV maximum | Banque émettrice | Particularités |
|---|---|---|---|
| Olé Hadash (résidence principale en Israël) | 75 % | Mizrahi-Tefahot (leader hypothécaire), Bank Leumi, Bank Hapoalim, Discount, FIBI, Mercantile, Bank of Jerusalem | Téoudat Zakaut (certificat d'éligibilité Olé) émise par les banques pour optimisation. Mashkanta Zakaut : prêt subventionné Ministère du Logement jusqu'à ~200 000 ILS taux plafonné ~3 %, à activer sous 15 ans depuis statut Olé |
| Tushav Israélien (résidence supplémentaire) | 50 % | Idem | Pas de subvention |
| Tushav Hutz (non-résident fiscal) | 50 % maximum | Idem | Conditions strictes, dossier KYC + justification revenus France/étranger |
7.5. Marché immobilier Tel Aviv et Israël 2025-2026
Après dix ans de quasi-doublement des prix (Times of Israel), le marché israélien se stabilise en 2026 sous l'effet de la guerre, des taux directeurs élevés (Bank of Israel ~4,5 %) et du gel fiscal. Prix au m² des zones HNW :
| Zone | Prix au m² (ILS, 2026) | Prix au m² (≈ €) | Profil typique |
|---|---|---|---|
| Tel Aviv axe Rothschild / Neve Tzedek / front de mer | 80 000 – 145 000 (jusqu'à 200 000+ pour penthouses W Residences, Meier on Rothschild) | 22 000 – 41 000 €/m² | Standing premium, cadres tech, family offices |
| Tel Aviv Florentin | 45 000 – 60 000 (+11 %/an sur 3 ans) | 12 600 – 16 800 €/m² | Quartier branché, jeunes Olim cadres tech |
| Herzliya Pituach (villa) | Tickets villa 8-25 M ILS, exceptions > 150 000 ILS/m² | 2,2 – 7 M€ | Family office, dirigeants cession |
| Jérusalem German Colony / Rehavia / Talbieh | 55 000 – 95 000 | 15 400 – 26 600 €/m² | Familles religieuses, communauté française traditionnelle |
| Netanya Sironit / Galei Yam | 40 000 – 65 000 | 11 200 – 18 200 €/m² | Retraités français (forte communauté francophone) |
| Raanana | 35 000 – 50 000 | 9 800 – 14 000 €/m² | Cadres tech, familles avec enfants (lycée français) |
| Caesarea (villa) | Segment villa 6-20 M ILS | 1,7 – 5,6 M€ | Family office, retraite haut de gamme |
Rendements locatifs 2025-2026 (Global Property Guide, Sands of Wealth) : Tel Aviv 2,6-3,1 % brut, Jérusalem 3,1-4,2 %, Netanya/Haïfa 4-5 %, périphérie (Beer Sheva, Ashdod) jusqu'à 6 %. Net après Mas Hachnasa (régime Maslul 10 %), copropriété (Va'ad Bayit), arnona (impôt local) et vacance : Tel Aviv ~1,9 %, moyenne Israël ~2,0 %. Le marché israélien valorise l'appréciation capitalistique(>5 %/an historique sur Tel Aviv) plutôt que le cash-flow.
TAMA 38 et Pinui Binui : programmes de renouvellement urbain
TAMA 38/1 (renforcement parasismique) et TAMA 38/2 / Pinui Binui (démolition-reconstruction) : programmes urbains avec exonération Mas Shevach et Mas Rechisha sur la valeur ajoutée par le promoteur. Les propriétaires reçoivent un appartement neuf agrandi sans débourser. Rendement structurel pour HNW achetant des immeubles éligibles dans les zones recyclées (Bavli, Ramat Gan, Ramat Aviv, Givatayim). À évaluer au cas par cas avec architecte + avocat immobilier israélien.
Risque géopolitique post-7 octobre 2023
Le marché Tel Aviv n'a pas connu de chute généralisée des prix depuis octobre 2023 (résilience surprenante avec hausses modérées 2024 et 2025), mais : (i) prime d'assurance habitation en hausse (+30-50 % sur certains contrats), (ii) volatilité du shekel (creux à 4,08 ILS/USD en octobre 2023, retour vers 3,55-3,75 en 2025-2026), (iii) tensions régionales persistantes (Iran, Hezbollah). Pour un investisseur français HNW, recommandation : (a) éviter les zones frontalières nord (Galilée), (b) privilégier Tel Aviv, Jérusalem (zones non frontalières), Caesarea, Herzliya, (c) documenter une assurance habitation premium incluant les risques de guerre (Property Tax Compensation Fund israélien couvre les dégâts directs de guerre), (d) diversifier devises (EUR + USD + ILS via AV LU multi-devises).
7.2. Vendre un bien français depuis Tel Aviv : représentant fiscal et fiscalité
Représentant fiscal accrédité obligatoire pour cession > 150 k€
Pour une cession immobilière française par un résident d'un État tiers à l'EEE — et les Israël en font partie — la désignation d'un représentant fiscal accrédité est obligatoire dès que le prix de cession dépasse 150 000 € apprécié sur la quote-part de chaque cédant (et non sur le prix global) et que la durée de détention depuis l'acquisition est inférieure à 30 ans (article 244 bis A CGI). Le notaire ne pourra signer l'acte sans cette désignation. Coût habituel : 0,4 % à 1 % du prix de vente. Sur la plus-value elle-même, l'administration prélève 19 % d'impôt sur le revenu (taux non-résident standard), avec les mêmes abattements pour durée de détention que les résidents : exonération totale au bout de 22 ans côté impôt, et 30 ans côté prélèvements sociaux.
Prélèvements sociaux : 7,5 % UE/EEE/Suisse, 17,2 % par défaut pour les Israël
Sur vos loyers et plus-values d'un bien français, deux taux de prélèvements sociaux coexistent : 7,5 % pour les expatriés affiliés à la sécurité sociale d'un pays UE, EEE ou Suisse, et 17,2 % pour tous les autres. Les Israël ne font partie d'aucune de ces zones : l'administration applique donc 17,2 % par défaut sur vos revenus immobiliers et plus-values françaises. Une réclamation contentieuse sur le fondement de la convention France-Israël 1995 + CE 20 mars 2023 n° 452718 est plus solide qu'avec la plupart des autres conventions hors UE/EEE, mais l'issue n'est jamais garantie. Position prudente : provisionner 17,2 % et engager la réclamation après coup si l'économie en vaut la peine.
Vendre sa résidence principale française après le départ : exonération 150 000 €
Vous vendez votre ancien logement français après le départ pour Tel Aviv ? Vous pouvez bénéficier d'une exonération de plus-value plafonnée à 150 000 € par cédant. Trois conditions cumulatives : avoir été résident fiscal français en continu pendant au moins 2 ans à un moment de votre vie avant le départ, vendre au plus tard le 31 décembre de la 10ᵉ année qui suit le transfert de votre domicile (ou sans délai si le bien est resté à libre disposition depuis le 1ᵉʳ janvier de l'année précédant la cession), et résider dans un pays lié à la France par une convention d'assistance administrative — c'est le cas des Israël grâce à l'article 22 de la convention 1995. Fondement : article 150 U-II-2° du CGI.
IFI : Tel Aviv ne fait pas disparaître l’immobilier français
Si vos biens immobiliers situés en France valent 1 450 000 € net au 1er janvier, l’IFI français reste un sujet, même si vous vivez à Tel Aviv toute l’année. Les biens immobiliers israéliens (Tel Aviv Rothschild, Florentin, Downtown, Caesarea) sortent en principe de l’assiette IFI française du non-résident, mais les SCI, SCPI européennes et contrats à composante immobilière française doivent être analysés ligne par ligne. Aucune convention spécifique IFIn’existe avec les Israël : c’est la règle franco-française qui pilote.
| Fraction de patrimoine net taxable | Taux IFI 2026 | Lecture pratique |
|---|---|---|
| Jusqu’à 800 000 € | 0 % | Le seuil d’entrée reste 1,3 M€, mais le barème démarre à 800 000 € |
| 800 000 € à 1,3 M€ | 0,5 % | Première tranche taxable si le patrimoine dépasse 1,3 M€ |
| 1,3 M€ à 2,57 M€ | 0,7 % | Tranche fréquente pour expatrié gardant bien parisien + SCPI |
| 2,57 M€ à 5 M€ | 1 % | À modéliser avec dettes, SCI et démembrements |
| Au-delà de 5 M€ | 1,25 % puis 1,5 % | Audit annuel indispensable |
L'IFI ne touche pas votre villa de Tel Aviv Rothschild dès lors que vous êtes non-résident fiscal français. Il vise les biens et droits immobiliers français : appartement parisien, SCI, SCPI françaises et fraction immobilière française de certains contrats.
Pour les patrimoines immobiliers français significatifs (> 1,3 M€ d'actif net taxable), deux briques d'optimisation sont mal connues mais redoutablement efficaces : les SCPI européennes et les parts de groupements forestiers. C'est l'objet de la prochaine section.
8. SCPI européennes et parts de forêt : deux outils sous-utilisés par les Olim
Deux briques patrimoniales sont systématiquement oubliées dans les dossiers d'Aliyah, alors qu'elles règlent deux problèmes distincts : la SCPI européenne (immeubles situés en Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne, Portugal, Irlande) pour neutraliser les frottements fiscaux français sur les revenus immobiliers, et la part de groupement forestier français (GFF / GFI) pour alléger l'IFI et préparer la transmission avec un abattement Monichon de 75 %.
8.1. SCPI françaises vs SCPI européennes pour un Olé Hadash
| Critère | SCPI françaises | SCPI européennes (immeubles hors France) |
|---|---|---|
| Source du revenu | France (immeubles France) | Pays de l'immeuble (Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne, Portugal, Irlande) |
| Imposition France (résident IL) | Revenus fonciers de source française imposés en France au barème + taux minimum 20 % jusqu'à 29 315 €, 30 % au-delà (sauf option taux moyen plus favorable) | Hors champ français pour le non-résident (revenus de source étrangère, conv. correspondante immeuble-Israël) |
| Imposition Israël (sous Olé Hadash 10 ans) | Exonération 10 ans (revenus locatifs étrangers, sections 14, 14A ITO 5721-1961) | Exonération 10 ans (idem revenus locatifs étrangers) |
| Imposition Israël (post-10 ans Olé) | Barème IR israélien 10-50 % + Mas Yesef 3 % (avec crédit d'impôt 22-23 conv. 1995 pour l'IR français déjà payé) | Régime locatif israélien sur revenu mondial : 3 régimes au choix (Patour Mela, Maslul 10 %, Maslul Régulier) |
| Prélèvements sociaux France | 17,2 % intégralement dus (Israël hors UE/EEE) — CJUE Jahin C-45/17 ferme toute voie de réclamation | Pas de PS français (revenu de source étrangère pour un non-résident) |
| IFI France | Parts incluses dans l'assiette IFI à hauteur de la fraction immobilière française | Hors IFI pour un non-résident (immobilier hors France) |
| Convention pays-source | Convention France-Israël 1995 applicable | Convention pays-source ↔ Israël (Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne, etc.) à vérifier au cas par cas |
Prenons un Olé Hadash qui détient 150 000 € de SCPI françaises. Il est imposé en France selon la règle des non-résidents : taux minimum 20 % jusqu'à 29 315 €, 30 % au-delà, + 17,2 % de PS (récupérables après réclamation contentieuse). Côté Israël : sous statut Olé, les loyers français sont exonérés 10 ans (revenus locatifs étrangers). La même somme placée en SCPI européennes diversifiées (par exemple Eurion, Iroko Zen, Remake Live, Iroko Patrimoine, Corum XL — investissant Allemagne / Pays-Bas / Italie / Espagne / Irlande) sort de l'assiette française et bénéficie également de l'exonération 10 ans Olé en Israël (revenus locatifs étrangers). Sur un patrimoine SCPI de 150 k€ à 4,5 % de rendement, on parle de 6 750 € de revenus annuels qui échappent à la fiscalité française : la respiration tourne autour de 2 500 à 3 500 €/an d'impôt évité, et le dossier se simplifie côté déclaratif (pas de représentant fiscal à désigner pour les SCPI européennes).
Pour approfondir, voyez notre guide SCPI et non-résidents.
Pour approfondir, voyez notre guide SCPI et non-résidents.
8.2. Parts de groupement forestier : exonération IFI 75 % et abattement Monichon 75 %
Les groupements forestiers d'investissement (GFI) et groupements fonciers forestiers (GFF) cumulent deux avantages très puissants pour un Olé Hadash français qui conserve un patrimoine immobilier français significatif et veut préparer la transmission à des héritiers français (potentiellement résidents France 6+ ans, donc soumis à l'article 750 ter 3° CGI) :
| Avantage | Mécanisme | Référence légale | Condition |
|---|---|---|---|
| Exonération IFI 75 % | Les parts de GFI / GFF ne sont retenues qu'à 25 % de leur valeur dans l'assiette IFI (plafond 101 897 € en 2026, puis 50 % au-delà) | Article 976 II CGI | Engagement de gestion durable (PSG agréé CRPF) de 30 ans + certificat DDT, détention 2 ans si acquisition à titre onéreux |
| Abattement Monichon 75 % | 75 % de la valeur des parts est exonérée de droits de mutation à titre gratuit (succession ou donation) — non plafonné en euros | Article 793-2-2° CGI | Engagement de gestion durable 30 ans par les bénéficiaires, certificat DDT, non cumulable Pacte Dutreil 787 B |
| Performance forestière | Indice IEIF-ASFFOR : ~5,3 % TRI annualisé sur 10 ans, net des frais de gestion du groupement et brut de fiscalité personnelle. Combinaison rendement bois + valorisation foncière forestière | Données 2025, à confirmer chaque année | Horizon 15-20 ans, liquidité limitée (carnet d'ordres interne SGP, fenêtres de rachat trimestrielles ou semestrielles) |
Mise en chiffres pour un Olé. Un Olé qui possède un appartement parisien valorisé 1,8 M€ et 200 000 € de SCPI françaises franchit le seuil IFI (1,3 M€) — il est toujours imposable IFI car non-résident sur biens français. En allouant 250 000 € à des parts de GFF chez France Valley Patrimoine ELTIF 2.0 (notre partenaire principal sur ce segment), la valeur retenue à l'IFI sur ces parts ne sera que de 62 500 € (25 % jusqu'au plafond 101 897 €, puis 50 % au-delà) — économie IFI annuelle ~1 200 €. Au moment de la transmission aux 2 enfants français (résidents France 6+ ans → 750 ter 3° s'applique), l'abattement Monichon réduit de 75 % la valeur transmise sous engagement de gestion durable. Économie DMTG sur 250 000 € à 45 % marginal : ~84 000 €. Voir notre guide réduction IFI non-résident.
Sous Olé Hadash 10 ans : les revenus locatifs forestiers (coupes de bois) sont des revenus de source française → imposition France (au barème IR pour personne physique, exonération à 75 % de l'assiette ou 100 % pendant durée d'engagement) + 17,2 % PS par défaut. Côté Israël : exonération 10 ans (revenus de source étrangère). Au-delà des 10 ans : barème IR israélien.
Trois pièges fréquents sur les GFF côté Olé Hadash
- Groupement étranger inéligible : seuls les groupements forestiers de droit français et les bois et forêts situés en France ouvrent droit aux avantages fiscaux français (BOFiP BOI-IR-RICI-60, BOI-PAT-IFI-30-20). Ne pas confondre avec les fonds forestiers internationaux.
- Crédit d'impôt DEFI Forêt 25 % : il rembourse 25 % du montant investi dans des parts forestières (plafonné à 6 250 € de réduction par an pour un célibataire, 12 500 € pour un couple). Inutile pour un Olé Hadash qui n'a plus de revenus français imposables (sauf loyers résiduels). Alternative : la souscription d'un GFI agréé « Forêts XXI » (France Valley) ouvre droit à une réduction IR-PME de 18 % du versement (plafond 50 000 € / célibataire), à utiliser uniquement si vous conservez des revenus français substantiels.
- Engagement 30 ans : à respecter scrupuleusement (PSG agréé CRPF, certificat DDT renouvelé annuellement). Une cession ou un transfert non autorisé fait perdre l'avantage fiscal rétroactivement et déclenche un rappel de droits par l'administration française.
Pour les détails opérationnels, lisez notre guide GFI / GFF 2026 ou la fiche de notre partenaire France Valley.
Optimiser l'IFI résiduel et préparer la transmission post-Aliyah
SCPI européennes pour neutraliser le frottement fiscal français sur revenus locatifs, parts de forêt France Valley pour alléger l'IFI sur biens français et organiser la transmission avec abattement Monichon 75 % : Hagnéré Patrimoine calibre l'allocation et la structure d'encadrement avec votre notaire et votre double testament FR + IL miroir.
Reste à régler la dimension la plus humaine du dossier : votre protection sociale Bituach Leumi et votre retraite quand vous vivez entre la France et Israël (convention sécurité sociale 17 décembre 1965).
10. Succession France-Israël : Hok HaYerusha 5725-1965, 0 % droits Israël depuis 1981, professio juris RUE 650/2012
Le sujet est mal traité en français pour la destination Israël, et c'est dommage : le cadre successoral israélien fait partie des plus favorables au monde pour un HNW. Aucun droit de succession ni de donation depuis l'abrogation de l'Estate Tax Law 5709-1949 le 1er avril 1981. Sans planification, pourtant, la succession d'un Français décédé en Israël peut basculer sous la loi par défaut Hok HaYerusha 5725-1965 (50 % conjoint + 50 % enfants à parts égales sans distinction garçon/fille, sans réserve héréditaire) — pas toujours aligné avec les volontés d'une famille française. Côté France, l'article 750 ter CGI maintient l'imposition française dans trois cas qu'il faut anticiper. L'outil pivot, en pratique, reste la professio juris loi française dans un testament authentique français (article 22 RUE 650/2012), couplée à un testament israélien miroir devant notaire local (article 22 Hok HaYerusha).
10.1. Cadre conventionnel : aucune convention bilatérale successorale France-Israël
Il n'existe aucune convention bilatérale spécifique en matière de droits de mutation à titre gratuit entre la France et Israël. La convention fiscale du 31 juillet 1995 couvre uniquement les impôts sur le revenu et sur la fortune (article 2). Son article 24 n'aborde que les donations entre vifs au profit d'établissements culturels ou charitables (clause héritée des accords de 1963 qu'elle remplace).
Trois corps de règles s'articulent donc :
- le droit interne français — article 750 ter CGI (territorialité des DMTG) + article 784 A CGI (crédit d'impôt étranger plafonné, mais inopérant en pratique car Israël = 0 %) ;
- le droit interne israélien — Hok HaYerusha 5725-1965 (loi de succession israélienne, codifiée par la Knesset) qui régit la succession ab intestat et la forme des testaments, complétée par l'abrogation de l'Estate Tax Law 5709-1949 le 1er avril 1981 (aucun droit de succession depuis cette date) ;
- le règlement européen (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012 (côté français), applicable depuis le 17 août 2015, qui désigne la loi successorale applicable et permet la professio juris.
Pas de droits de succession ni de donation en Israël depuis 1981
L'Estate Tax Law 5709-1949 (Hok Mas Izavon) qui imposait les successions à des taux compris entre 40 % et 70 % a été abrogée le 1er avril 1981. Depuis cette date :
- aucun droit de succession sur la transmission mortis causa en Israël ;
- aucun droit de donation sur les transferts entre vifs entre personnes physiques résidentes israéliennes (ITO art. 97(a)(5)), sous réserve que le donataire soit résident fiscal israélien et que la donation soit de bonne foi ;
- exception immobilière : le don d'un bien immobilier israélien à un membre de la famille proche bénéficie d'une exonération de betterment tax (Real Estate Taxation Law 5723-1963, section 62) mais reste soumis à un purchase tax réduit (1/3 du tarif normal) pour le donataire.
Conséquence patrimoniale : côté Israël, le coût fiscal de transmission est de 0 %. L'article 784 A CGI n'a donc aucun effet utile (rien à imputer côté français). Le risque fiscal est entièrement français — d'où l'importance d'optimiser la résidence des héritiers et la localisation des biens.
10.2. Hok HaYerusha 5725-1965 : la loi de succession israélienne
La loi de succession israélienne (Succession Law 5725-1965) régit la succession ab intestat et la forme des testaments. Pour un Français résident en Israël qui n'aurait pas activé la professio juris loi française, c'est elle qui s'appliquerait par défaut. Elle est applicable indépendamment de la religion ou nationalité du défunt dès lors que la juridiction israélienne est saisie.
Succession ab intestat (sans testament) — articles 10 et suivants Hok HaYerusha
Lorsque le défunt laisse conjoint + descendants :
- Conjoint survivant : 100 % du mobilier de ménage et de la voiture familiale (article 11(a)(1) Hok HaYerusha) + 50 % du surplus de l'actif successoral.
- Enfants : 50 % du surplus, par souches, à parts égales (sans distinction garçon/fille, contrairement à la charia ou à certains droits religieux).
À défaut d'enfants, le conjoint reçoit une fraction supérieure (jusqu'à la totalité dans certains cas), avec dévolution résiduelle aux ascendants et collatéraux selon les articles 12-17 Hok HaYerusha.
Différence majeure avec le droit français : pas de réserve héréditaire à proprement parler ; la liberté testamentaire est large mais tempérée par le droit du conjoint au logement (article 115 Hok HaYerusha) et par les obligations alimentaires post-mortem du conjoint, des enfants mineurs et des parents nécessiteux pesant sur la masse successorale (articles 56-69 Hok HaYerusha — mezonot min ha'izavon).
Forme du testament — articles 18 à 23 Hok HaYerusha
| Type de testament | Article | Conditions | Tarif typique 2026 |
|---|---|---|---|
| Testament olographe (Tzava'a be'ktav yad) | Article 19 Hok HaYerusha | Entièrement manuscrit, daté et signé du testateur. Aucun témoin requis. Le plus simple et le moins coûteux. | Gratuit (sauf conseil avocat) |
| Testament devant deux témoins (Tzava'a be'edim) | Article 20 | Écrit, daté, signé devant deux témoins simultanément présents (témoins majeurs et non bénéficiaires) | 1 500 – 3 000 ILS (≈ 400-800 €) honoraires avocat |
| Testament authentique devant autorité (Tzava'a bifnei rashut) | Article 22 | Devant un juge, un greffier, un membre d'un Beit Din rabbinique ou un notaire israélien. Forme la plus sécurisée. | 3 000 – 6 000 ILS (≈ 800-1 600 €) selon notaire |
| Testament oral (Tzava'a be'al peh) | Article 23 | Seulement in extremis (péril imminent), devant deux témoins. Valeur perdue 30 jours après cessation du péril. | Gratuit |
| Testament français authentique avec apostille | Reconnaissance via Convention de La Haye 1961 + Foreign Judgments Enforcement Law 5718-1958 | Apostille du Bureau des légalisations + traduction certifiée en hébreu obligatoires | 300-800 € (apostille + traduction) |
Compétence juridictionnelle : Inheritance Registrar, Family Court, Beit Din rabbinique
- Inheritance Registrar (Rasham le'inyenei yerusha): compétence administrative pour les successions non contestées, délivre le Tzav Yerusha (ordre de succession ab intestat) et le Tzav Kiyum Tzava'a (ordre d'homologation de testament). Procédure rapide pour les dossiers simples.
- Family Court (Beit HaMishpat Le'inyenei Mishpaha): successions contestées, dévolutions complexes, présence d'éléments d'extranéité (héritiers à l'étranger, biens internationaux). C'est la juridiction prépondérante pour les fortunes patrimoniales internationales.
- Beit Din rabbinique : compétence successorale uniquement sur consentement écrit de toutes les parties (Hok HaYerusha article 155). En pratique, pour les fortunes patrimoniales internationales, le Family Court reste la juridiction prépondérante car le Beit Din applique la halakha (qui exclut notamment les filles des successions immobilières de'oraita) — sources de risques contentieux majeurs.
Délai moyen pour un Tzav Yerusha impliquant des héritiers étrangers : 4 à 9 mois en non-contentieux, jusqu'à 18 mois si contestation ou actes étrangers à traduire/apostiller.
10.3. Règlement UE 650/2012 et professio juris : le levier n° 1
Le règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012, applicable en France depuis le 17 août 2015, a une portée universelle (article 20) : sa loi désignée s'applique en France même si elle est celle d'un État tiers (Israël n'est pas membre de l'UE).
| Critère | Règle par défaut | Outil pour Français résident Israël |
|---|---|---|
| Loi successorale par défaut (article 21 RUE 650/2012) | Loi de la dernière résidence habituelle du défunt | Pour un Français résident en Israël → Hok HaYerusha 5725-1965 s'imposerait par défaut (50 % conjoint + 50 % enfants à parts égales, sans réserve héréditaire) |
| Professio juris (article 22 RUE 650/2012) | Choix exprès de la loi nationale par testament — peut viser la loi de la nationalité au moment du choix OU au moment du décès | Recommandation quasi systématique : opter pour la loi française pour conserver la réserve héréditaire (1/2 si 1 enfant, 2/3 si 2 enfants, 3/4 si 3+) et la quotité disponible spéciale entre époux (art. 1094-1 C. civ.) |
| Compétence juridictionnelle (articles 4-5 RUE 650/2012) | Juridictions de la résidence habituelle (Israël) en principe — mais Israël n'étant pas État membre, ce sont les règles internes israéliennes qui s'appliquent là-bas (Family Court ou Inheritance Registrar) | Compétence subsidiaire des juridictions françaises (article 10 RUE 650/2012) pour les biens situés en France lorsque le défunt résidait dans un État tiers |
| Certificat successoral européen (CSE) | Émis par notaire français (articles 62-73 RUE 650/2012), opposable dans toute l'UE | Non reconnu en Israël — il faudra solliciter un Tzav Yerusha local pour appréhender les actifs israéliens |
| Article 913 al. 3 C. civ. (LF 2021-1109 du 24 août 2021) | Droit de prélèvement compensatoire au profit des enfants résidents UE ou ressortissants d'un État membre lorsque la loi étrangère applicable ne connaît pas la réserve héréditaire | Constitutionnalité partiellement validée (Cons. const. 2021-963 QPC). Rend la professio juris encore plus pertinente pour clarifier la dévolution |
Notre recommandation : tout Français HNW qui fait Aliyah rédige avant le départ un testament authentique français comportant une professio juris en faveur de la loi française (article 22 RUE 650/2012). Trois intérêts y convergent. D'abord, la réserve héréditaire française reste préservée pour les descendants (1/2 si 1 enfant, 2/3 si 2 enfants, 3/4 au-delà). Ensuite, la quotité disponible spéciale entre époux (article 1094-1 C. civ.) est sécurisée — le conjoint peut notamment prendre 100 % en usufruit + 1/4 en pleine propriété. Enfin, la boîte à outils française reste utilisable : donation entre époux, donation-partage, démembrement de propriété, libéralités graduelles et résiduelles, mandat à effet posthume.
Recommandation pratique : double dispositif testament FR + testament IL miroir
Pour un Olé Hadash français HNW, la pratique notariale recommande un double dispositif coordonné, non contradictoire : (1) un testament authentique français avec professio juris loi française (article 22 RUE 650/2012) rédigé devant notaire français pour les biens situés en France et la coordination internationale, désignant un exécuteur testamentaire bilingue ; (2) un testament israélien miroir devant notaire israélien (article 22 Hok HaYerusha) pour faciliter l'appréhension des actifs israéliens (immobilier Tel Aviv, comptes bancaires Hapoalim/Leumi, parts de Hevra Pratiit). Cette double rédaction évite les contestations devant le Family Court israélien et accélère le règlement à 3-6 mois au lieu de 12-18 mois.
10.4. Trust israélien (Hok HaNeemanut 5739-1979) et risque qualification 792-0 bis CGI
Le droit israélien reconnaît le trust et distingue notamment le hekdesh (trust dédié par acte authentique devant notaire israélien). Le Trust Law 5739-1979 (Hok HaNeemanut) définit quatre catégories fiscales (ITO articles 75C-75T) :
- Trust de résident israélien (Israeli Residents' Trust) ;
- Trust de bénéficiaires israéliens (Israeli Beneficiaries' Trust) ;
- Trust de relatifs étrangers (nehe'manut yetziva shel kerovim) — régime fiscal favorable ;
- Trust de testateur (nehe'manut le'fi tzava'a) — testamentary trust.
Article 792-0 bis CGI : risque MAJEUR de qualification trust pour un Français HNW
Le BOFiP (BOI-DJC-TRUST-20220330) reprend la définition large de l'article 792-0 bis CGI : « l'ensemble des relations juridiques créées dans le droit d'un État autre que la France, par une personne qui a la qualité de constituant, par acte entre vifs ou à cause de mort, en vue d'y placer des biens ou droits, sous le contrôle d'un administrateur, dans l'intérêt d'un ou plusieurs bénéficiaires ou pour la réalisation d'un objectif déterminé ». Le texte précise expressément que la qualification s'applique « quels que soient le nom et les caractéristiques » de la structure — y compris dotée de la personnalité juridique.
Conclusion unanime de la doctrine (CMS, Bredin Prat, Gide, Withers, STEP France) : tout trust israélien (hekdesh ou non) est qualifié de trust au sens fiscal français dès lors qu'un constituant ou un bénéficiaire est résident France, ou qu'un actif placé dans le trust est situé en France.
Obligations déclaratives : formulaire 2181-TRUST 1 (événementielle, dans le mois suivant constitution / modification / extinction) — identité du constituant, des bénéficiaires, des actifs, des termes du trust ; formulaire 2181-TRUST 2 (annuelle, valeur vénale au 1er janvier, à déposer au 15 juin). Sanction : amende fixe 20 000 € par défaut de déclaration (l'ancienne sanction proportionnelle de 12,5 % a été censurée par le Conseil constitutionnel — décision QPC n° 2016-618 du 16 mars 2017). Constituant et bénéficiaires « réputés constituants » sont solidaires de l'amende avec l'administrateur.
Régime fiscal au décès du constituant : dépend de l'identification des bénéficiaires :
- Part déterminée par bénéficiaire identifié : tarifs DMTG selon le lien de parenté ;
- Part globale partagée entre descendants : tarif en ligne directe ;
- Bénéficiaires non identifiables / trust discrétionnaire : taxation au taux marginal de 60 % sur la totalité des actifs, sans abattement (article 792-0 bis II 1° b et c CGI).
Recommandation Hagnéré pour clientèle 1-20 M€ : un trust israélien constitué par un Français pour bénéficiaires français présente un risque fiscal disproportionné. Privilégier des structures alternatives :
- Assurance-vie luxembourgeoise avec clause bénéficiaire optimisée (voir section 5) — outil n° 1 pour la transmission ;
- Holding patrimoniale française à l'IS avec démembrement progressif des parts vers les enfants (donations tous les 15 ans avec abattement 100 000 € par enfant) ;
- SCI familiale française pour l'immobilier locatif français ;
- Pacte Dutreil (article 787 B CGI) applicable même si défunt résident Israël (engagement collectif 2 ans + individuel 4 ans) ;
- Démembrement de propriété avec attention à la réforme du quasi-usufruit successoral 2024 (article 774 bis CGI).
10.5. Article 750 ter CGI : la territorialité française des DMTG
Trois critères alternatifs déclenchent l'imposition française des droits de mutation à titre gratuit :
| Cas | Critère | Patrimoine taxable en France | Référence |
|---|---|---|---|
| 750 ter 1° | Défunt (donateur) résident fiscal France | Patrimoine MONDIAL | Article 750 ter 1° CGI |
| 750 ter 2° | Bien situé en France (immeubles, titres de sociétés à prépondérance immobilière française, comptes bancaires français, créances sur résidents français…) | Le seul bien français | Article 750 ter 2° CGI |
| 750 ter 3° | Héritier/donataire résident fiscal France au jour du décès ET au moins 6 années sur les 10 précédentes | Part reçue par cet héritier (mondial) | Article 750 ter 3° CGI |
Application au Français résident Israël :
- la résidence fiscale Israël purge le 1° (sous réserve que la résidence israélienne soit non contestable — caveat : la Reshut HaMisim peut requalifier un dual resident selon le tie-breaker de l'article 4 de la convention 1995) ;
- tout bien situé en France reste taxable au titre du 2° (immeuble parisien, parts de SCI française, compte-titres logé chez un dépositaire français, etc.) ;
- tout héritier vivant en France depuis 6+ ans déclenche le 3° sur sa part — y compris des biens israéliens (appartement à Tel Aviv, compte chez Bank Hapoalim, parts d'une Hevra Pratiit, etc.).
Pour éviter la double taxation, la France permet d'imputer sur ses propres droits de succession les droits déjà payés à l'étranger sur les biens situés hors de France (article 784 A CGI, plafonné à hauteur de l'impôt français qui aurait porté sur ces mêmes biens). Côté Israël, il n'existe aucun droit de succession depuis 1981 : pas de risque de double imposition stricto sensu, pas de crédit d'impôt à activer. Le 784 A est donc inopérant pour les biens israéliens — la pression fiscale française est nette.
Configuration optimale : Olé + héritiers Olim = 0 % France + 0 % Israël
La configuration cible se construit en trois temps. Le défunt est résident fiscal Israël (Olé Hadash ou Toshav Hozer Vatik), confirmé par Tofes 1348 — le 750 ter 1° est neutralisé. Les biens transmis sont situés hors France (immobilier israélien, AV luxembourgeoise multi-devises, comptes israéliens) — le 750 ter 2° tombe aussi. Et les héritiers résident en Israël (autres Olim de la famille) ou dans un pays tiers depuis 6 ans et plus — le 750 ter 3° s'éteint sur leur part. Résultat : 0 % France + 0 % Israël, soit une transmission patrimoniale quasi-unique au monde pour une clientèle française HNW. C'est exactement la configuration que choisissent les dynasties familiales installées à Netanya, Caesarea ou Herzliya Pituach depuis 30 ans et plus.
10.6. Abattements et taux français applicables aux héritiers
| Lien de parenté | Abattement (article 779 CGI) | Taux d’imposition (barème 2026) |
|---|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire PACS | Exonération totale (article 796-0 bis CGI) | 0 % |
| Enfant | 100 000 € (renouvelable tous les 15 ans) | 5 % à 45 % selon tranches |
| Petit-enfant | 1 594 € | 5 % à 45 % |
| Frère ou sœur | 15 932 € (sous conditions) | 35 % puis 45 % |
| Neveu, nièce | 7 967 € | 55 % |
| Tiers (concubin, cousin) | 1 594 € | 60 % |
10.7. Outils d'optimisation pour un Français résident Israël
| Outil | Effet | Quand l'activer |
|---|---|---|
| Testament authentique français avec professio juris loi française (article 22 RUE 650/2012) | Neutralise la dévolution par défaut Hok HaYerusha (50/50 sans réserve héréditaire) pour la succession civile (côté français) | Avant le départ ou dès l'installation en Israël |
| Testament israélien miroir devant notaire local (article 22 Hok HaYerusha) | Sécurise les biens situés en Israël (immobilier, comptes, parts Hevra Pratiit) et facilite l'obtention du Tzav Yerusha post-décès (4-9 mois vs 12-18) | Au moment de l'acquisition d'un bien israélien ou d'un changement familial. 3 000-6 000 ILS chez notaire israélien |
| Apostille + traduction certifiée hébreu du testament français | Reconnaissance en Israël via Convention de La Haye 1961 + Foreign Judgments Enforcement Law 5718-1958 | Avant ou après l'Aliyah, ~300-800 € par jeu de documents |
| Donation aux enfants avant Aliyah (et avant qu'ils résident France 6+ ans) | Abattement 100 000 € par enfant tous les 15 ans (article 779 CGI), transfert anticipé | 12 mois avant l'Aliyah si possible (purge progressive des grosses positions) |
| Démembrement de propriété | Réduit la valeur taxable à la nue-propriété, conservation usufruit | Attention à la réforme du quasi-usufruit 2024 (article 774 bis CGI) qui restreint la déduction de la dette de restitution |
| SCI familiale française | Évite l'indivision, facilite la transmission progressive de parts | Sur immobilier français locatif, en présence de plusieurs héritiers |
| Pacte Dutreil (article 787 B CGI) | Abattement 75 % sur transmission de titres de société opérationnelle | Applicable même si défunt résident Israël (BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10) ; engagement collectif 2 ans + individuel 4 ans + fonction de direction 3 ans à compter de la transmission |
| Assurance-vie luxembourgeoise multi-devises (Lombard / Cardif Pack Israël / Bâloise) | Hors succession civile, abattement 152 500 € par bénéficiaire (avant 70 ans, art. 990 I CGI), neutralité fiscale Israël (exonérée 10 ans Olé) | Construire avant 70 ans (article 990 I) ET avant l'Aliyah (figer l'antériorité française), multiplier les bénéficiaires, démembrer la clause |
| Contrat de capitalisation luxembourgeois démembré | Antériorité fiscale conservée à la donation, transmission anticipée optimisée | Patrimoines significatifs, détention en personne physique sous Olé Hadash ou via holding française à l'IS |
| Parts de GFF / GFI français (France Valley) | Exonération IFI 75 % sur la valeur des parts (article 976 II CGI, plafond 101 897 € puis 50 % au-delà) + abattement Monichon 75 % à la transmission (article 793-2-2° CGI) | Sous engagement de gestion durable 30 ans, partenariat France Valley |
| Régime matrimonial — déclaration de loi applicable | Article 22 règlement UE 2016/1103 : permet de maintenir la loi française pour le régime matrimonial après installation en Israël | À envisager pour les couples français installés depuis < 10 ans en Israël |
Délais de paiement des droits : différé et fractionnement réservés aux entreprises
Le différé sur 5 ans suivi d'un fractionnement sur 10 ans est réservé à la transmission d'entreprises (article 397 A annexe III CGI). En droit commun, le fractionnement est de 1 an, jusqu'à 3 ans pour la transmission de biens immobiliers. Taux d'intérêt de base 2026 : 2 %, taux réduit 0,6 % pour les transmissions d'entreprises éligibles. Ne promettez pas un fractionnement 10 ans à un héritier si la transmission ne porte pas sur une activité.
10.8. Régime matrimonial Français-Israël (RUE 2016/1103)
Pour les mariages célébrés à compter du 29 janvier 2019, le règlement (UE) 2016/1103 sur les régimes matrimoniaux s'applique :
- Article 22 (choix de loi) : possibilité de désigner la loi nationale d'un époux ou la loi de la résidence habituelle, dans une convention matrimoniale notariée. Le choix peut intervenir à tout moment et la loi désignée peut être celle d'un État tiers (Israël).
- Article 26 (loi par défaut) : à défaut de choix, loi de la première résidence habituelle commune après le mariage ; à défaut, loi de la nationalité commune ; à défaut, loi des liens les plus étroits.
Pour les mariages antérieurs au 29 janvier 2019 :
- Mariages avant 1er septembre 1992 : règles jurisprudentielles françaises (loi du premier domicile matrimonial, principe d'immutabilité tempéré).
- Mariages du 1er septembre 1992 au 28 janvier 2019 : Convention de La Haye du 14 mars 1978 (mutabilité automatique après 10 ans de résidence dans le même État ou changement de nationalité commune + résidence).
PACS et Israël : non reconnu — privilégier le mariage civil
Israël ne reconnaît pas le PACS français comme régime patrimonial. Conséquences pour un PACSé français installé en Israël : pas d'effets patrimoniaux opposables en droit israélien ; risque de qualification en yedu'im batzibur (concubinage notoire) avec effets limités (logement, alimentaire) mais pas de dévolution successorale automatique ; non-reconnaissance des avantages fiscaux entre partenaires. Recommandation : mariage civil (souvent célébré à l'étranger — Chypre — puis transcrit) + testament croisé avec professio juris loi française.
Passons maintenant à cinq cas concrets, parce que les règles ne parlent vraiment qu'une fois appliquées à une situation de vie.
11. Cinq cas pratiques d'Olim Hadashim français en Israël
Cas 1 — Sarah, 35 ans, cadre tech ex-Google Paris, Aliyah à Florentin Tel Aviv
Sarah est ex-Product Manager Google Paris. Recrutée par Wix Tel Aviv (scale-up Silicon Wadi) en 2025, elle fait son Aliyah avec son conjoint (freelance dev) et s'installe à Florentin. Salaire annuel 540 000 ILS (~150 000 €) + RSU. Patrimoine pré-Aliyah : 600 000 € sur AV française souscrite il y a 9 ans, 180 000 € sur PEA Bourse Direct, 220 000 € de cash sur livret + CTO, et 120 000 € de stock-options Google non encore liquidées.
| Point audité | Constat | Décision |
|---|---|---|
| Résidence fiscale | Aliyah officielle 2025 + Teoudat Olé + Teoudat Zehout + bail Florentin + Tik Hava (numéro fiscal Reshut HaMisim) + Tofes 1348 obtenu après 12 mois | Dossier de résidence israélienne solide, professio juris loi française activée par testament authentique français + testament IL miroir |
| Statut Olé Hadash | Exonération 10 ans sur revenus et plus-values de source étrangère (sections 14, 14A, 97(b3) ITO) — Aliyah pré-1er janvier 2026, donc grandfathering : pas d'obligation de déclaration des actifs étrangers | Tirer parti de la fenêtre 10 ans pour purger les plus-values mobilières françaises (PEA, CTO) avant le 9e anniversaire d'Aliyah |
| AV française 9 ans | Antériorité > 8 ans, PFL 7,5 % au-delà (dans la limite 150 k€ primes art. 125-0 A I 2 CGI). Sous Olé Hadash : exonération 10 ans en Israël (revenus de source étrangère) | Rachat partiel 200 k€ post-Aliyah pendant la fenêtre 10 ans = 0 % Israël + 0 % PS France pour résident IL au sens conventionnel. Réinvestir en AV LUX |
| PEA Bourse Direct | Ouvert depuis 7 ans, Israël non ETNC, conservation autorisée par impots.gouv. Plus-values exonérées 10 ans Olé en Israël | Conservation, prévenir Bourse Direct du changement d'adresse fiscale, demander confirmation écrite des opérations restant possibles |
| Stock-options Google | 120 k€ liquidables. Si exercés en résidence Israël Olé : exonération en Israël (revenus de source étrangère US). En France : reste de la RAS sur quote-part exercée pendant la résidence FR (BOFiP RSA-ES) | Liquider en résidence Israël avec Tofes 1348 + 5000-SD pour neutraliser la RAS française. Articulation conv. 1995 + IRS 8233 si options US |
| AV luxembourgeoise pré-Aliyah | Profil cible Cardif Lux Vie « Pack Israël » Liberty 2 Invest ou Lombard Liberté Lux. Multi-devises EUR + USD | Souscription 600 k€ avant Aliyah (catégorie B CAA, UCITS + ETF), frais courtier Hagnéré 0,40 % fixe. Antériorité française figée pour retour éventuel |
| Bituach Leumi + Mas Briut | 1 an d'exemption initiale post-Aliyah, puis 12 % combinés sur tranche 7 522 - 49 030 ILS/mois | Choisir Kupat Holim Klalit ou Maccabi (les 2 plus établies pour francophones) + souscription complémentaire Maccabi Magen Zahav (~250 ILS/mois) |
Reprenons en chiffres. Sarah rachète partiellement son AV française pendant la fenêtre Olé : exonération totale en Israël (revenu de source étrangère) et exonération des prélèvements sociaux 17,2 % côté France (résidente hors UE/EEE au sens conventionnel). Sur 50 k€ de plus-value au-delà de 8 ans, gain net ~12 350 €, à comparer aux 24,7 % qu'aurait coûté la même opération en résidente France après abattement 4 600 € / 9 200 €. La nouvelle AV LUX 600 k€ génère, à 3,5-4 % de TRI net sur dix ans, entre 250 et 320 k€ de plus-value — exonérée en Israël tout au long de la fenêtre. Le réflexe à inscrire dans son agenda : au neuvième anniversaire d'Aliyah, rachat de purge total puis re-versement immédiat (reset à zéro) pour éviter le régime 25 % section 125B ITO qui s'enclenche après les dix ans. Le delta cumulé avec un scénario « restée à Paris » tourne autour de 150 à 200 k€.
Cas 2 — Michel et Anne, 66 et 63 ans, retraités, Aliyah à Netanya
72 000 €/an de pensions privées françaises (CARSAT + AGIRC-ARRCO + complémentaire Madelin), 820 000 € d'assurance-vie française à 12 ans, 300 000 € de liquidités, et l'idée fixe de finir leurs jours dans une ville où ils ne seront pas seuls. Michel et Anne ont vendu leur résidence principale à Grenoble pour 1,2 M€ et acheté un appartement à Netanya Sironit à 4,5 M ILS (≈ 1,1 M€). Le choix de Netanya n'est pas anodin : ~30 000 résidents francophones, lycée français Marc Chagall accessible, synagogues, médecins et avocats francophones — un Aliyah qui ne coupe pas les liens.
| Sujet | Règle | Conséquence pour Michel et Anne |
|---|---|---|
| Pensions privées françaises | Imposition exclusive État de résidence (article 18 conv. 1995) | 0 % d'IR français + sous Olé Hadash 10 ans : 0 % d'IR israélien (revenu de source étrangère). Économie ~12 350 €/an d'IR (5 800 €) + CSG 9,1 % (6 552 €) vs France |
| CSG / CRDS / CASA | Exonération pour retraités domiciliés fiscalement hors France (articles L. 136-1 et L. 136-6 CSS, art. 13 LFSS 2019 pour PASRAU) | Plus de 10 % de prélèvements en moins sur la pension brute |
| Bituach Leumi | Cotisations Bituach Leumi + Mas Briut obligatoires après 1 an d'exemption Olé. Sur revenus locatifs israéliens si applicable, taux progressifs | Pas de cotisation sur pensions étrangères (revenus de source étrangère exonérés Olé). Affiliation Kupat Holim Maccabi avec complémentaire Magen Zahav |
| AV française à 12 ans | Antériorité élevée, PFL 7,5 % sur primes pré-2017 ≤ 150 k€. Sous Olé Hadash : exonération 10 ans côté Israël | Rachat progressif lissé pour optimiser cash flow + purge totale au 9e anniversaire d'Aliyah pour reset des plus-values latentes |
| Vente RP Grenoble | Exonération RP totale si cession dans l'année du départ ; sinon exonération non-résident plafonnée 150 000 € art. 150 U-II-2° CGI sous conditions | Bon timing : vendre avant ou pendant le départ effectif. Faisabilité : cession 1,2 M€ → exonération totale puisque RP au moment de la vente |
| Achat Netanya Sironit 4,5 M ILS | Mas Rechisha barème Olé Hadash (1ère acquisition dans fenêtre 7 ans post-Aliyah, plafond 20,18 M ILS) : 0 % jusqu'à 1 978 745 ILS, 0,5 % de 1 978 745 à 6 055 070 ILS, 8 % au-delà. Coût : ~10 600 ILS au lieu de ~360 000 ILS au barème non-résident ! | Économie Olé sur Mas Rechisha : ~349 400 ILS (~98 000 €) — équivalent de 4-5 ans de pension. Mashkanta Olé LTV 75 % possible chez Mizrahi-Tefahot ou Bank Leumi |
| Bonus Aliyah 2026 (loi de finances 2025) | 0 % IR sur revenus ACTIFS israéliens (revenus passifs EXCLUS) avec plafonds dégressifs : 600 k ILS en 2026 (prorata), 1 M en 2027-2028, 350 k en 2029, 150 k en 2030. Loi d'efficacité économique 2026 (promulguée 31/03/2026, rétroactif 1/1/2026). Présence ≥ 75 j/an en 2028-2029 obligatoire | Si Aliyah finalisée en 2026, bonus applicable. Pour pure pension étrangère (cas Michel/Anne), bonus moins critique car déjà exonérés Olé Hadash |
Sur vingt ans de retraite en Israël — dix ans Olé Hadash plus dix ans en régime normal — l'économie d'IR + CSG française cumulée atteint 230 à 250 000 € (12 350 € × 20). Ajoutez l'économie Mas Rechisha Olé (~98 000 €) et la valorisation de l'appartement (rendement net locatif ~2,5 % en occupation résidentielle alternée avec saisonnier, soit 5-8 % brut moins Mas Hachnasa Maslul 10 %, arnona, Va'ad Bayit et vacance), et l'avantage Aliyah cumulé sur 20 ans frôle 350-400 k€. Pour des retraités, Netanya offre un meilleur compromis qualité/prix que Tel Aviv, avec ce que la communauté francophone apporte au quotidien (Marc Chagall pour les petits-enfants en visite, cabinets médicaux francophones, synagogues) et un climat méditerranéen sain.
Cas 3 — David Cohen, 42 ans, founder SaaS B2B, Aliyah à Tel Aviv (Silicon Wadi)
Quand David Cohen nous appelle, sa cybersécurité B2B vient d'être à moitié rachetée — 40 % cédés à un fonds américain pour 5,6 M€, les 60 % restants conservés comme participation dans une SAS française toujours valorisée 8,4 M€. À 42 ans, il ne s'arrête pas là : direction le Silicon Wadi (Tel Aviv-Yafo, plus de 9 000 startups) pour bâtir une nouvelle scale-up IA. Patrimoine résiduel à côté des titres SAS : 350 000 € de cash et une AV française de 280 000 €. Son épouse et ses deux enfants le suivent à Ramat Aviv, à portée de l'école française Marc Chagall.
| Risque / Sujet | Chiffre clé | Décision |
|---|---|---|
| Exit tax France (article 167 bis CGI) | 60 % d'une SAS française valorisée 8,4 M€ → titres ~5 M€, PV latente brute ~5 M€ (prix de revient quasi nul) | Audit 167 bis 12 mois AVANT départ — sursis NON automatique pour Israël (hors UE/EEE), demande expresse au SIPNR au plus tard 90 jours avant |
| Garanties exit tax | 30 % × 5 M€ = 1,5 M€ de garanties bancaires ou nantissement (PFU 12,8 % + PS 17,2 %) | Constituer la garantie via banque privée Lombard Odier ou Pictet (rep office Tel Aviv) ou banque française. Dégrèvement après 5 ans (titres < 2,57 M€) ou 2 ans (> 2,57 M€) |
| Centre économique français | SAS française valorisée 8,4 M€ avec activité opérationnelle et salariés en France | Mettre en place un management français avec mandat clair, documenter la délégation pour éviter la requalification de siège de direction effective en Israël (risque IS français + CT israélien sur même résultat) |
| Nouvelle scale-up IA en Israël | Hevra Pratiit israélienne (équivalent SARL) avec siège Tel Aviv. Substance économique : bureau, salariés, dépenses opérationnelles | Hevra Pratiit IS israélien standard 23 % en 2026. Pas de Free Zone Person au sens EAU — Israël n'a pas de zones franches fiscales pour les sociétés tech (le statut prend la forme du Encouragement of Capital Investments Law avec taux réduits) |
| Statut Olé Hadash 10 ans | Exonération sur revenus et plus-values de source étrangère (dividendes SAS française, RSU US, cessions futures de titres étrangers) | Réforme 1er janvier 2026 si Aliyah après cette date : déclaration annuelle obligatoire des actifs étrangers (sections 134B/135 ITO abrogées). Si Aliyah avant 31/12/2025 : grandfathering = pas d'obligation déclarative |
| Bonus Aliyah 2026 | Loi de finances 2025 : 0 % IR sur revenus israéliens 2026-2027 jusqu'à 1 M ILS/an si Aliyah en 2026 | Pour la nouvelle scale-up : bonus applicable sur salaire de dirigeant + dividendes Hevra Pratiit pendant 2 ans, puis dégressif. Économie potentielle ~280 000 €/an × 2 = 560 000 € |
| AV française | 280 000 €, antériorité 6 ans | Conservation et compléter via AV LUX 1 M€ pré-Aliyah (Cardif Lux Vie Pack Israël ou Lombard Liberté Lux). Sous Olé Hadash : exonération 10 ans sur les gains internes |
| Retour possible France via 155 B | Horizon 5 à 8 ans (cession totale SAS + nouvelle scale-up puis retour France) | Régime impatrié 155 B éligible si 5 ans hors France minimum + recrutement par entité française. Exonération 50 % sur 8 ans des revenus impatriés et plus-values étrangères |
Le dossier de David n'est pas un dossier « expatriation » ordinaire. C'est un dossier dirigeant : exit tax avec garanties, structuration de la nouvelle activité israélienne, et preuve de centre économique français pour la SAS qu'il garde. Faisons les comptes. La participation résiduelle de 60 % sur une SAS valorisée 8,4 M€ représente environ 5 M€ de titres (60 % × 8,4 M€ = 5,04 M€). Prix de revient quasi nul (création ex nihilo), donc plus-value latente brute proche de 5 M€ — sans abattement, l'article 167 bis CGI ne prévoyant pas d'abattement pour durée de détention sur l'assiette exit tax. Les garanties à constituer atteignent 1,5 M€ (30 % × 5 M€, PFU 12,8 % + PS 17,2 %), sous forme de garantie bancaire ou nantissement de titres, à déposer au SIPNR au plus tard 90 jours avant le transfert. Sans audit en amont, le départ est ingérable. Avec un timing Aliyah 2026 et 10 ans Olé Hadash, l'économie fiscale projetée sur 8 ans tourne autour de 1,5 à 2 M€ (bonus 2026-2027 + exonération revenus étrangers + structuration Hevra Pratiit + AV LUX). Sur les seuils 800 000 € et 50 %, voir notre guide exit tax 2026.
Cas 4 — Yossi et Rachel, couple religieux orthodoxe, Aliyah à Jérusalem (German Colony)
Yossi est avocat fiscaliste indépendant ex-Paris (Cabinet Bichara & Co), Rachel pharmacienne hospitalière. Couple religieux orthodoxe (juifs pratiquants), ils font leur Aliyah avec leurs trois enfants mineurs et s'installent à Jérusalem German Colony (quartier francophone et religieux moderne). Patrimoine pré-Aliyah : appartement parisien hérité (700 000 €), AV française (380 000 €), villa familiale acquise pré-Aliyah à German Colony (4,5 M ILS ≈ 1,1 M€, financement Mashkanta Olé Hadash 75 % LTV), comptes bancaires Bank Hapoalim (250 000 €).
| Sujet | Risque | Stratégie Hagnéré |
|---|---|---|
| Loi successorale civile (côté Israël) | Hok HaYerusha 5725-1965 : par défaut 50 % conjoint + 50 % enfants à parts égales sans distinction garçon/fille (compatible avec convictions familiales). Mais Family Court compétent par défaut | Testament authentique français + testament israélien miroir devant notaire local (article 22 Hok HaYerusha) pour structuration claire et accélération du Tzav Yerusha (4-9 mois vs 12-18) |
| Compétence Beit Din rabbinique vs Family Court | Le Beit Din rabbinique applique la halakha qui exclut les filles des successions immobilières (de'oraita) — risque pour les 2 filles Cohen si Beit Din saisi par accord des parties | Compétence Beit Din rabbinique uniquement sur consentement écrit de TOUTES les parties (Hok HaYerusha art. 155). Privilégier Family Court par défaut + clause testament excluant Beit Din |
| Loi successorale civile (côté français) | Article 21 RUE 650/2012 : par défaut loi israélienne (Hok HaYerusha) — sans réserve héréditaire. Risque pour les enfants si dispositions testamentaires inégales | Professio juris loi française dans testament authentique français (article 22 RUE 650/2012) pour conserver la réserve héréditaire française (3/4 si 3 enfants) |
| Appartement parisien hérité (700 k€) | Article 750 ter 2° CGI → France impose la valeur transmise (immeuble situé en France) | SCI familiale française avec démembrement des parts en faveur des enfants à 18 ans (donation 100 000 € par enfant tous les 15 ans, abattement art. 779 CGI) |
| AV française (380 k€) | Bénéficiaires enfants binationaux, condition 6/10 ans pour 990 I CGI à anticiper. Si enfants restent en Israël > 6 ans : exonération totale 990 I | Clause bénéficiaire démembrée (usufruit conjoint + nue-propriété enfants), multiplication des bénéficiaires (152 500 € abattement chacun avant 70 ans). Si tous bénéficiaires Israël 6/10 ans = 0 % France |
| Villa Jérusalem German Colony (4,5 M ILS) | Sous Hok HaYerusha : 50 % conjoint + 50 % enfants à parts égales (3 enfants → 16,67 % chacun) | Testament israélien miroir devant notaire local (article 22 Hok HaYerusha) pour précisions sur usufruit conjoint, attribution préférentielle, clause de tontine si pertinent |
| Régime matrimonial | RUE 2016/1103 : à défaut de choix, loi de la première résidence habituelle commune après mariage (France si mariés en France) — mais risque de bascule loi israélienne après 10 ans en Israël si choix non confirmé | Déclaration de loi applicable art. 22 RUE 2016/1103 dans les 10 ans pour maintenir loi française. Convention de mariage notariée recommandée (séparation de biens ou communauté universelle selon souhaits) |
Sur le plan successoral, Yossi et Rachel bénéficient d'un cadre israélien plutôt favorable : Hok HaYerusha 5725-1965 traite garçons et filles à égalité (50/50 conjoint + enfants à parts égales), ce qui évite les conflits halakhiques traditionnels qui excluent les filles. Le risque est ailleurs : (i) côté français, le 750 ter 2° impose l'appartement parisien (700 k€) et le 750 ter 3° s'appliquerait pour les enfants qui partiraient étudier en France post-Aliyah, (ii) la structure compétence Family Court vs Beit Din rabbinique doit être verrouillée par testament pour éviter qu'un héritier saisisse le Beit Din qui appliquerait la halakha. La parade : double dispositif testament authentique français avec professio juris loi française + testament israélien miroir devant notaire local (~3 000-6 000 ILS chez un notaire francophone à Jérusalem comme Cabinet Touitou ou Cabinet Bensaid). Coordination notaire français + notaire/avocat israélien francophone indispensable.
Cas 5 — Vincent, dirigeant cession 4,2 M€ pré-Aliyah, Aliyah à Herzliya Pituach
4,2 M€ nets après impôts sur le compte, deux enfants étudiants restés en France, et l'envie de poser les valises à Herzliya Pituach sans renoncer au marché français. C'est la situation de Vincent au moment où il nous consulte : sa PME tech B2B vient d'être cédée (sursis exit tax avec garantie constituée auprès du SIPNR), une résidence secondaire à Bordeaux est conservée (650 000 €), et il cherche à piloter ses liquidités via une structure cohérente France-Israël tout en préparant la transmission. Le plan d'allocation que nous retenons : 2,5 M€ en AV luxembourgeoise détenue en personne physique, 700 k€ de cash diversifié multi-devises, 600 k€ injectés dans une Hevra Pratiit israélienne (nouvelle activité conseil) et 400 k€ en GFF.
| Brique patrimoniale | Allocation | Logique |
|---|---|---|
| AV luxembourgeoise multi-devises EUR + USD (souscription en personne physique pré-Aliyah) | 2,5 M€ chez Lombard Liberté Lux ou Cardif Lux Vie « Pack Israël » Liberty 2 Invest. FAS catégorie C ou D selon profil. Allocation : 50 % actions monde, 25 % obligations IG, 15 % private equity (club deals), 10 % cash USD | Souscription AVANT Aliyah pour figer l'antériorité française (PFL 7,5 % au-delà 8 ans dans la limite 150 k€ primes). Sous Olé Hadash 10 ans : 0 % Israël sur les gains internes (revenus de source étrangère). Au 9e anniversaire Aliyah : rachat de purge total puis re-versement immédiat (reset PV à zéro pour éviter régime 25 % section 125B ITO post-10 ans). Démembrement clause bénéficiaire (usufruit conjoint + nue-propriété 2 enfants) |
| Hevra Pratiit israélienne (nouvelle activité conseil) | Capital social 600 k€, activité de conseil aux scale-ups Silicon Wadi (clients israéliens et internationaux) | IS israélien standard 23 % en 2026 sur bénéfice. Sous bonus Aliyah 2026 (loi de finances 2025) : 0 % IR Vincent personne physique sur dividendes Hevra Pratiit jusqu'à 1 M ILS/an en 2026-2027, puis dégressif. Encouragement of Capital Investments Law applicable si la Hevra Pratiit qualifie pour technologie |
| Parts de GFF / GFI français | 400 000 € chez France Valley Patrimoine (ELTIF 2.0) | Exonération IFI 75 % sur la valeur des parts (art. 976 II CGI, plafond 101 897 € puis 50 % au-delà). Abattement Monichon 75 % à la transmission (art. 793-2-2° CGI) sous engagement de gestion durable 30 ans. Sous Olé Hadash : exonération en Israël des revenus locatifs forestiers (revenus de source étrangère) |
| Cash multi-devises (EUR + USD + ILS) | 700 000 € : 300 k€ EUR en compte BNP Paribas WM (Tel Aviv rep office), 250 k€ USD en compte Bank Hapoalim, 150 k€ ILS en compte Mizrahi-Tefahot pour dépenses courantes | Diversification monétaire face au risque shekel (creux à 4,08 ILS/USD en oct 2023). Liquidité d'opportunité immobilier israélien si achat ultérieur |
| Crédit Lombard (banque privée Tel Aviv) | Ligne 1 M€ adossée à l'AV LUX en PP (LTV ~40 %), via Pictet, Lombard Odier ou Edmond de Rothschild Israel Group (présence historique 1953) | Liquidité en cas d'opportunité (achat villa Caesarea, investissement scale-up Silicon Wadi via Vincent en business angel) sans rachat fiscalement coûteux. Taux SOFR Term 3M + 90-180 bp en USD ou €STR + 100-180 bp en EUR |
| Testament authentique français avec professio juris loi française + testament israélien miroir | Devant notaire français pré-Aliyah + notaire israélien francophone post-Aliyah (Cabinet Bensaid Tel Aviv, ~5 000 ILS) | Conservation réserve héréditaire française pour les 2 enfants. Couverture biens situés en France (résidence Bordeaux) + biens israéliens (compte Hevra Pratiit, futur immobilier Herzliya). Coordination via exécuteur testamentaire bilingue (notaire ou avocat franco-israélien) |
| Stratégie 750 ter 3° pour transmission optimale | 2 enfants étudiants en France, à anticiper. Si retour France post-études et installation 6+ ans : 750 ter 3° s'applique sur leur part | Privilégier donations 100 000 € par enfant tous les 15 ans pré-Aliyah (purge progressive). Une fois Vincent Olé Hadash + 2 enfants potentiellement Olim après leurs études : config optimale 0 % France + 0 % Israël = transmission idéale (voir 10.5) |
Au final, Vincent obtient une structure portable entre la France et Israël, conforme à la convention 1995 et au cadre Olé Hadash. La fiscalité française résiduelle reste maigre : IFI à zéro sur Bordeaux (650 k€ < 1,3 M€, parts immobilières des contrats incluses). La transmission est anticipée par démembrement de la clause bénéficiaire AV LUX vers les deux enfants français (152 500 € d'abattement chacun avant 70 ans, art. 990 I CGI). Et la liquidité d'opportunité passe par le crédit Lombard, sans rachat fiscalement coûteux. Sur dix ans Olé Hadash, l'économie fiscale projetée tourne autour de 600 à 800 k€ (purge AV LUX + bonus Aliyah 2026 sur dividendes Hevra Pratiit + exonération des revenus étrangers + optimisation Mas Rechisha si achat immobilier Herzliya). Les schémas dirigeant post-cession et la mécanique de l'apport-cession 150-0 B ter sont détaillés dans nos guides holding patrimoniale et apport-cession 150-0 B ter.
Vous préparez votre Aliyah avec un patrimoine 1-20 M€ ?
Hagnéré Patrimoine cartographie votre patrimoine, les pays taxeurs, les formulaires et les décisions à prendre 12-18 mois avant l'Aliyah, pendant les 10 ans Olé Hadash, et avant retour France via régime impatrié 155 B. Audit statut Olé Hadash + bonus Aliyah 2026, AV LUX multi-devises Lombard / Cardif Pack Israël, double testament FR + IL, exit tax 167 bis + section 100A ITO : pilotage par Hagnéré Patrimoine avec correspondants locaux Tel Aviv (Dray & Dray, Natco Consulting, Cabinet Bensaid).
Sarah, Michel et Anne, David, Yossi et Rachel, Vincent. Cinq profils, une seule constante : la stratégie se prépare avec un calendrier de 12 à 18 mois pré-Aliyah pour les patrimoines complexes, pas avec une décision prise la veille du déménagement. Et la fenêtre bonus 2026 (loi de finances 2025) a peu de chances de se reproduire à l'identique.
12. Israël vs alternatives : Toshav Hozer Vatik, comparatifs internationaux et CARF crypto
Pour un Français HNW (1-20 M€) envisageant l'expatriation patrimoniale en 2026, Israël n'est pas la seule option. Cinq juridictions concurrentes méritent une analyse comparative rigoureuse selon votre profil : Émirats arabes unis (0 % IR + Golden Visa), Portugal IFICI (régime NHR 2.0), Italie flat tax 200 k€ (régime « nouveau résident »), Suisse forfait fiscal cantonal et Royaume-Uni régime FIG (Foreign Income & Gains, depuis 6 avril 2025). Cette section pose le verdict comparatif, détaille le choix de statut au sein d'Israël (Olé Hadash vs Toshav Hozer Vatik vs Toshav Hozer simple vs résidence sans Aliyah), explique l'équivalent israélien du Joint Tenancy (Tabu + Mirror Wills) et présente le CARF crypto applicable 2026-2028.
12.1. Tableau comparatif sur 13 critères décisifs : Israël vs 5 alternatives
| Critère | Israël (Olé Hadash) | EAU (Golden Visa) | Portugal (IFICI) | Italie (flat tax 200 k€) | Suisse (forfait) | RU (FIG 2025) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| IR sur revenus étrangers | 0 % pendant 10 ans (sections 14, 14A ITO) | 0 % (pas d'IR personnel) | 0 % pendant 10 ans (régime IFICI 2024 sur revenus passifs étrangers) | Flat tax 200 k€/an forfaitaire (15 ans max), couvre tous revenus étrangers | Forfait sur dépense (min. fédéral 429 100 CHF), couvre revenus mondiaux | Régime FIG 4 ans pour nouveaux résidents : 0 % sur foreign income et gains (depuis 6/4/2025) |
| IR sur revenus locaux | Barème progressif 10-50 % + Mas Yesef 3 % (au-delà 721 560 ILS) | 0 % | Salaires : 20 % flat (régime IFICI haute valeur ajoutée). Autres : barème progressif | Barème progressif 23-43 % | Forfait + impôts cantonaux selon canton | Barème progressif 20-45 % + NIC |
| Bonus exceptionnel 2026 | Loi de finances 2025 : 0 % IR israélien 2026-2027 jusqu'à 1 M ILS/an pour Olim arrivant en 2026, puis dégressif jusqu'à 2030 | Aucun | IFICI 2024 (remplace NHR) : 20 % flat sur salaires haute valeur ajoutée + 0 % revenus passifs étrangers | Aucun | Aucun | Régime FIG 4 ans + transition non-dom 2025 |
| Wealth tax / IFI équivalent | Aucun (jamais introduit en Israël) | Aucun | AIMI (impôt patrimoine immobilier portugais > 600 k€) : 0,4-1 % | IVAFE 0,2 %/an sur actifs financiers étrangers | Impôt cantonal fortune 0,1-1 % selon canton (Genève ~1 %) | Aucun (UK n'a pas wealth tax) |
| Succession / donation locale | 0 % depuis 1981 (Estate Tax Law abrogée) | 0 % (charia par défaut, contournable par DIFC Will) | 0 % succession en ligne directe ; 10 % autres | 0 % succession ligne directe + abattement 1 M€/héritier ; 4-8 % au-delà | Variable cantonale (Vaud, GE, Zoug 0 % ligne directe) | 40 % succession au-delà 325 k£ (avec relief résidence principale) |
| Plus-values mobilières (post-régime spécial) | 25 % standard / 30 % substantial shareholder | 0 % | 28 % résident standard ; 0 % sous IFICI sur PV étrangères 10 ans | 26 % standard hors flat tax | Exonération si gestion patrimoine privé (jurisprudence TF) | 10-24 % CGT post-FIG ; 0 % FIG 4 ans |
| Convention fiscale France | 31 juillet 1995 (BOI-INT-CVB-ISR), revenus + fortune | 19 juillet 1989 (clause anti-abus art. 19 § 2 unique) | 14 janvier 1971 (modifiée par Avenant 25 août 2016) | 5 octobre 1989 | 9 septembre 1966 — forfait « modifié » nécessaire pour bénéfice conventionnel | 19 juin 2008 (révisée) |
| Visa / résidence pour Français | Aliyah immédiate via Loi du retour 1950 (citoyenneté + Teoudat Zehout dès Ben Gourion). Visa A-1 alternative pour test 1-3 ans | Golden Visa 10 ans : 2 M AED immobilier ou 2 M AED dépôt | D7 Visa (rentier, depuis 50 k€/an) ; D2 (entrepreneur) ; permis IFICI haute valeur ajoutée | Permis de séjour élective + flat tax (transfert résidence) | Forfait fiscal cantonal : convention écrite admin + dépense min 429 100 CHF | BRP visa résident UK + 4 ans FIG, citoyenneté après 5-6 ans |
| Citoyenneté pour Français | Loi du retour 1950 : citoyenneté israélienne immédiate (binationalité acceptée FR + IL) | Pas d'option naturalisation pratique | Naturalisation après 5 ans de résidence | Naturalisation après 10 ans (4 ans pour ressortissants UE après 2018) | Naturalisation après 10-12 ans | Naturalisation après 5 ans + ILR 1 an |
| CRS actif avec France | Oui depuis 2018 (1er échange 2019) | Oui depuis 2018 | Oui depuis 2017 | Oui depuis 2017 | Oui depuis 2018 | Oui depuis 2017 |
| FATCA (US Persons) | IGA Modèle 1A signé 30 juin 2014 | IGA Modèle 1 | IGA Modèle 1 | IGA Modèle 2 | IGA Modèle 2 | IGA Modèle 1 |
| Coût de la vie (Mercer 2025) | Tel Aviv ~7-10e mondial (cher), Netanya/Jérusalem plus modérés | Dubaï ~15e mondial | Lisbonne ~hors top 50 (modéré) | Milan ~15-20e | Genève 7e, Zurich 8e | Londres 5-7e (cher) |
| Lycée français AEFE | Lycée français de Tel Aviv (Marc Chagall), Lycée français de Jérusalem (Carpentras), Lycée Marc Chagall Netanya | Lycée français Jean Mermoz (Dubaï), LFI AFLEC, LFI Théodore Monod (Abu Dhabi) | Lycée français Charles Lepierre (Lisbonne), Lycée français de Porto | Lycée français Stendhal (Milan), Lycée français Chateaubriand (Rome) | Lycée français de Genève, Lycée français de Zurich | Lycée français Charles de Gaulle (Londres), 5 antennes |
12.2. Verdict par juridiction pour un Français HNW 2026
🇮🇱 Israël (Olé Hadash 10 ans + bonus 2026) — choix de référence pour Français juif HNW
À recommander pour le Français juif (au sens Loi du retour 1950) qui veut bénéficier de la combinaison unique au monde : Aliyah immédiate avec citoyenneté israélienne (binationalité acceptée), exonération 10 ans Olé Hadash sur revenus et plus-values étrangers, 0 % succession depuis 1981, bonus 2026 exceptionnel (loi de finances 2025) sur revenus israéliens. Convient particulièrement aux : (i) cadres tech rejoignant Silicon Wadi (Wix, Check Point, Mobileye, Monday.com), (ii) retraités HNW Aliyah Netanya / Tel Aviv / Jérusalem, (iii) dirigeants pré-cession 5-20 M€. Limites : barème IR israélien post-Olé 10-50 % + Mas Yesef ; risque géopolitique post-7 octobre 2023 ; conscription Tsahal pour enfants 18-26 ans ; réforme 1er janvier 2026 (déclaration annuelle revenus étrangers obligatoire pour Olim arrivant à partir de cette date — fenêtre 2025 grandfathering).
🇦🇪 EAU (Dubaï / Abu Dhabi) — alternative pour non-juifs HNW recherchant 0 % IR pérenne
À recommander pour le Français entrepreneur, trader ou investisseur HNW non éligible Loi du retour qui veut zéro IR personnel pérenne (vs 10 ans en Israël), zéro succession (DIFC Will pour non-musulmans), Free Zone Person QFZP pour structurer une activité internationale. Golden Visa 10 ans à 2 M AED (immobilier ou dépôt). Limites: convention France-EAU 1989 avec clause anti-abus art. 19 § 2 unique, exit tax française sans sursis automatique (garanties 30 % obligatoires), AV LUX souscrite en USD (peg AED-USD 3,6725), Corporate Tax 9 % introduit en 2023, DMTT 15 % depuis 2025 pour groupes > 750 M€. Voir notre guide expatriation EAU.
🇵🇹 Portugal IFICI 2024 (régime NHR 2.0) — alternative européenne pour profils tech / sciences
Le régime NHR a été abrogé fin 2023 et remplacé par le IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação) en 2024. Cible ciblée : chercheurs, professions hautement qualifiées en recherche, développement technologique, start-ups certifiées. Avantages: 20 % flat sur salaires de source portugaise + 0 % sur revenus passifs étrangers (dividendes, intérêts, locatifs étrangers, PV) pendant 10 ans. AIMI 0,4-1 % sur immobilier > 600 k€. Convention France-Portugal modifiée par avenant 2016 assure la coordination. À recommander pour profils scientifiques HNW français qui peuvent justifier d'activité éligible IFICI. Lisbonne et Cascais sont les zones cibles.
🇮🇹 Italie (flat tax 200 k€/an) — choix forfait européen pour patrimoines > 5 M€
Régime « nouveau résident » italien (article 24-bis TUIR, depuis 2017) : flat tax forfaitaire de 200 000 €/an (passée de 100 k€ à 200 k€ par décret-loi 113/2024 pour les nouveaux résidents) qui couvre tous les revenus de source étrangère pendant 15 ans maximum. Conditions : ne pas avoir été résident fiscal italien pendant 9 des 10 dernières années + transfert effectif de résidence en Italie. Avantageux dès > 5 M€ de revenus mondiaux annuels. Convention France-Italie 1989 + IVAFE 0,2 % actifs étrangers + Imposta sulle successioni 4-8 % avec abattements substantiels (1 M€/héritier ligne directe). Milan, Rome, Florence, Côte amalfitaine, Lac de Côme.
🇨🇭 Suisse (forfait fiscal cantonal) — choix élégant pour retraités HNW > 5 M€
À recommander aux Français retraités ou rentiers (le forfait interdit l'activité professionnelle en Suisse) cherchant qualité de vie européenne, proximité géographique et système fiscal négocié. Vaud (Lausanne, Montreux), Valais (Verbier, Crans-Montana, Sion) et Genèverestent les cantons phares. Le forfait minimum fédéral (429 100 CHF de dépense imposable) génère 100 à 200 k€ d'impôts annuels — avantageux dès lors qu'on génère > 500 k€ de revenus mondiaux. Inconvénients: impôt cantonal sur la fortune subsiste (Genève ~1 %), forfait « modifié » exigé pour bénéficier de la conv. France 1966, exigences de substance (résidence effective > 183 jours), Zoug et plusieurs cantons germanophones (Zurich, Bâles, Schaffhouse) ne proposent plus le forfait.
🇬🇧 Royaume-Uni (régime FIG depuis 6 avril 2025) — fenêtre courte 4 ans
Suite à l'abolition du régime non-dom par le Finance Act 2025 (Labour Government), le UK a introduit le régime FIG (Foreign Income & Gains) applicable depuis le 6 avril 2025 : exonération 100 % sur tous les revenus et plus-values étrangers pendant les 4 premières années de résidence UK (sous condition de ne pas avoir été résident UK 10 ans avant). Au-delà : régime UK standard (CGT 10-24 %, IT 20-45 %). Régime court (4 ans vs 10 ans Olé Hadash) mais ouvre l'accès à Londres / écosystème City + lycée français Charles de Gaulle. À privilégier pour profils opportunistes 4-5 ans (M&A, hedge fund managers).
⚠️ Monaco — trappe à éviter pour un Français de naissance
L'article 7-1 de la convention France-Monaco du 18 mai 1963 maintient les Français résidents à Monaco imposables en France à l'IR comme s'ils y résidaient (sauf installation avant 13/10/1957). Monaco est donc inutile pour échapper à l'IR français. Pertinent uniquement pour : (1) double-nationaux non français de naissance, (2) optimisation IFI (Monaco ne taxe pas la fortune et la France ne taxe que les biens situés en France), (3) lifestyle ultra-premium proche France. Coût d'entrée immobilier prohibitif (~50 000 €/m²) + dépôt bancaire 500 k€.
12.3. Quel statut résidentiel choisir au sein d'Israël en 2026 ?
Israël n'a pas de Free Zones fiscales pour les sociétés (à la différence des EAU). Le choix structurant pour un Français s'opère sur le statut résidentiel personnel et sur la structuration sociétaire (Hevra Pratiit pour activité opérationnelle locale vs Encouragement of Capital Investments Law pour technologie). Quatre statuts résidentiels coexistent :
| Statut résidentiel | Conditions | Avantages fiscaux | Profil idéal |
|---|---|---|---|
| Olé Hadash (nouvel immigrant) | Aliyah officielle via Loi du retour 1950 + certificat Olé délivré à Ben Gourion. Citoyenneté israélienne immédiate (binationalité acceptée) | Exonération 10 ans sur revenus et plus-values de source étrangère (sections 14, 14A, 97(b3) ITO). Sal Klita ~21 194 ILS adulte. Mas Rechisha allégé sur 1ère acquisition immobilière (fenêtre 7 ans). Bonus 2026 : 0 % IR israélien 2026-2027 sur revenus locaux jusqu'à 1 M ILS/an | Français juif HNW envisageant Aliyah pérenne. Cadres tech, dirigeants pré-cession, retraités |
| Toshav Hozer Vatik (résident de retour vatik / longue date) | Israélien revenant en Israël après ≥ 10 ans consécutifs hors Israël (sans dépasser 90 j/an de présence) | Mêmes droits que Olé Hadash : exonération 10 ans sur revenus et PV étrangères + Mas Rechisha allégé. Shnat Histaglut (année d'acclimatation) optionnelle 1 an | Israélien expatrié HNW (souvent ex-FAANG en US/Asie) qui revient au pays après carrière internationale |
| Toshav Hozer simple (résident de retour basique) | Israélien revenant après 5-10 ans hors Israël | Régime allégé : 5 ans d'exonération sur revenus passifs étrangers (dividendes, intérêts, locatifs étrangers) + 10 ans sur plus-values étrangères. Pas d'exonération sur salaires étrangers | Israélien-français qui rentre après expatriation moyenne durée |
| Visa A-1 (résident temporaire) sans Aliyah | Pour personnes éligibles à la Loi du retour mais souhaitant tester avant naturalisation. Validité 1 à 3 ans renouvelable (max 5 ans) | Permet de vivre, travailler en Israël ; donne droit à Teoudat Zehut MAIS pas à la citoyenneté ni passeport israélien. Pas d'accès aux bénéfices Olé Hadash (exonération fiscale 10 ans non applicable) | Test pré-Aliyah (souvent 1-2 ans) pour confirmer le projet familial avant bascule définitive |
Règle pragmatique : pour un Français HNW éligible Loi du retour, l'Aliyah complète Olé Hadash en 2026 est l'option fiscalement et patrimonialement optimale (cumul exonération 10 ans étrangers + bonus 2026 revenus locaux + Mas Rechisha allégé). Le visa A-1 est une bonne étape de test sur 12-18 mois pour les profils hésitants (familles avec enfants ado, dirigeants en cours de cession), mais il fait perdre la fenêtre 2026 si la bascule Olé est retardée à 2027+.
12.4. Tabu et Mirror Wills : la transmission immobilière directe au survivant en Israël
Avertissement préalable : pas de joint tenancy automatique en Israël
Contrairement aux pays de common law (UK, US, Canada, Australie) où la joint tenancy with right of survivorship existe de plein droit, le droit israélien (héritier du droit ottoman puis British Mandate puis droit civil moderne) traite par défaut toute co-propriété immobilière comme une tenancy in common (Sharitut Ragila au Tabu). Chaque quote-part est dévolue aux héritiers du défunt selon le Hok HaYerusha 5725-1965 (50 % conjoint + 50 % enfants à parts égales), et non automatiquement au conjoint survivant. Pour obtenir un effet de transmission directe similaire au joint tenancy, il faut combiner enregistrement Tabu + Mirror Wills devant notaire israélien.
Pour un couple HNW Olé Hadash propriétaire d'un appartement Tel Aviv ou Jérusalem (ou villa Caesarea / Herzliya Pituach), la pratique notariale combine trois briques juridiques :
- Enregistrement du bien au Tabu en co-propriété 50/50 entre conjoints (registre foncier israélien géré par l'Israel Land Authority — Rashut Mekarkei Israel). Frais Tabu : ~0,5 % du prix + Mas Rechisha selon barème (voir section 7). Le Nesach Tabu (extrait Tabu) mentionne les deux noms et leurs quotes-parts.
- Mirror Wills devant notaire israélien (article 22 Hok HaYerusha) pour les deux conjoints, désignant explicitement le survivant comme héritier de la quote-part du défunt sur ce bien spécifique. Coût : 3 000- 6 000 ILS par testament chez un notaire israélien francophone (Cabinet Bensaid Tel Aviv, Cabinet Touitou Jérusalem). Le notaire enregistre le testament au Registre des testaments (Rasham le'inyenei Yerusha) pour opposabilité.
- Testament authentique français miroir avec professio juris loi française (article 22 RUE 650/2012) chez notaire français pour la coordination internationale et la conservation de la réserve héréditaire française pour les enfants français résidant France.
Avantages majeurs vs testament unique français : obtention rapide du Tzav Kiyum Tzava'a (ordre d'homologation de testament) auprès de l'Inheritance Registrar israélien (4-9 mois en non-contentieux vs 12-18 mois si conflit ou actes étrangers à apostiller), opposabilité directe au Tabu et aux banques israéliennes (Hapoalim, Leumi, Discount, Mizrahi-Tefahot), absence de contestation halakhique par un héritier qui saisirait le Beit Din rabbinique, coût total ~10 000-15 000 ILS contre 5-10 % de la succession en probate contesté.
Limites : inopérant en cas de décès simultané des deux conjoints sans testament désignant les enfants ; risque de contestation par les enfants d'une première union non explicitement nommés (notamment si héritiers réservataires français résidant en France 6+ ans → 750 ter 3° CGI s'applique sur leur part) ; ne couvre pas les actifs financiers (comptes bancaires israéliens, parts de Hevra Pratiit, AV LUX, cryptos) qui exigent une rédaction testamentaire séparée (Tzav Yerusha au cas par cas).
Articulation banques israéliennes : Beneficiary Designation possible
Pour les comptes bancaires israéliens (Bank Hapoalim, Leumi, Discount, Mizrahi-Tefahot, FIBI), la plupart des banques israéliennes acceptent une Beneficiary Designation form permettant le déblocage automatique au décès au profit du bénéficiaire désigné, sans probate (Tofes Mutavim BeMikre Petira). Cela complète utilement le Mirror Wills Tabu pour l'immobilier. À demander systématiquement à l'ouverture du compte ou par avenant. Pour les contrats d'assurance-vie luxembourgeoise, la clause bénéficiaire désignée chez l'assureur LUX (Lombard, Cardif, Bâloise) joue le même rôle (article 990 I CGI côté France si bénéficiaire résident France 6/10 ans).
12.5. CARF (Crypto-Asset Reporting Framework) : ce qui change en 2026-2028
Le Crypto-Asset Reporting Framework, publié par l'OCDE en 2022 et amendé en 2023, est l'extension du Common Reporting Standard (CRS) au monde des crypto-actifs. Israël a rejoint le CARF en signant le CARF Multilateral Competent Authority Agreement (MCAA) en septembre 2025. Premier échange automatique Israël → 67+ juridictions partenaires (dont la France) : 2028, sur données 2027 (UE → UE via DAC8 dès septembre 2027 sur données 2026).
| Sujet | Règle CARF | Conséquence pour Français résident Israël |
|---|---|---|
| Actifs concernés | BTC, ETH, stablecoins (USDT, USDC, DAI), NFT à fonction paiement/investissement, tokens DeFi (LP, governance, staking derivatives), CBDC, e-money | Self-custody (Ledger, Trezor, MetaMask sans intermédiaire) hors scope ; NFT artistiques uniques sans fonction d'investissement hors scope |
| Intermédiaires déclarants en Israël | Tous les exchanges et custodians régulés en Israël par l'Israeli Securities Authority (ISA) ou la Bank of Israel : Bits of Gold, eToro Israel, Coinmama, custodians institutionnels Hex Trust IL, Fireblocks (siège Tel Aviv, leader mondial custody) | Identifient résidence fiscale, NIF, montants agrégés, transferts entrants/sortants |
| Imposition crypto en Israël (post-Olé Hadash) | Plus-values crypto considérées comme PV mobilières : 25 % standard / 30 % substantial holder (sections 89-101 ITO 5721-1961). Sous Olé Hadash 10 ans : exonération sur PV crypto étrangères (revenus de source étrangère) | Stratégie Olé : programmer cessions crypto pendant la fenêtre 10 ans pour exonération. Au-delà : 25 % en Israël |
| Données transmises à la DGFiP (à partir de 2028) | Identité, NIF français, solde annuel agrégé par crypto, volume transactions, transferts vers wallets externes, paiements > 50 000 USD/an | Sera croisé avec votre déclaration 2086 (PV crypto) et 3916-bis (comptes crypto étrangers) si encore résident France au 1er janvier |
| Obligations françaises déjà en vigueur | Formulaire 3916-BIS (comptes crypto étrangers) : sanction 750 €/compte non déclaré, portée à 1 500 € si valeur > 50 k€. Formulaire 2086 (plus-values, PFU 30 % ou option barème depuis 2023). 3916-TER pour staking contractuel. | Indépendantes du statut résidentiel — concernent tout résident fiscal France au 1er janvier de l'année |
| Exit tax crypto au moment de l'Aliyah | Article 167 bis CGI : crypto-actifs intégrés dans le plafond 800 k€ titres + participation > 50 % société | Anticiper avec valorisation au jour J du transfert de résidence. Garanties 30 % à constituer 90 jours avant si déclenchement (Israël hors UE/EEE) |
Pour un Français résident Israël avec position crypto significative, le minimum vital tient en cinq réflexes. Le statut de résidence fiscale doit être verrouillé (Tofes 1348 et déclaration 2042 de l'année de départ : indispensables). Le tax residency self-certification doit être mis à jour auprès de chaque exchange (Binance, OKX, Coinbase, eToro, Bits of Gold) avec Teoudat Zehout et Tik Hava (numéro fiscal Reshut HaMisim), dès 2026. Conservez une preuve de résidence Israël robuste — contrat de bail, factures arnona, relevés bancaires israéliens, Tofes 1348 — en cas de contestation DGFiP après le reporting CARF de 2028. Pour les positions BTC/ETH HODL, le self-custody (cold wallet Ledger ou Trezor) reste hors scope CARF. Et documentez la valorisation au jour de l'Aliyah pour anticiper l'exit tax crypto (article 167 bis CGI) si patrimoine crypto > 800 000 € ou participation > 50 % d'une société : le CARF rendra rétroactivement traçables les positions oubliées.
Purge crypto pré- et post-Aliyah : pour un cadre tech ou un founder avec 1 à 10 M€ de PV crypto latentes, la fenêtre Olé Hadash autorise une purge fiscalement neutre en Israël (les PV crypto sont qualifiées étrangères si l'exchange et le wallet sont géographiquement hors Israël). Le réflexe pratique : liquider les positions anciennes post-Aliyah (à 0 % en Israël sous Olé), re-acquérir immédiatement pour reset la base d'imposition israélienne, puis remettre une couche de purge au neuvième anniversaire, avant la bascule au régime 25 % section 89-101 ITO qui s'enclenche après les dix ans.
13. Checklist Aliyah patrimoniale : 12 mois pré-Aliyah → 9e anniversaire
La plupart des problèmes viennent d'un détail oublié : un formulaire 5000 non visé, une banque française non prévenue, une garantie exit tax non constituée 90 jours avant, un testament français sans professio juris loi française, un Tofes 1348 non demandé après 12 mois. La checklist suivante évite ces coûts invisibles et structure votre Aliyah patrimoniale sur les 12 mois pré-Aliyah + les 10 ans Olé Hadash + le retour éventuel en France.
| Moment | Action prioritaire | Pourquoi |
|---|---|---|
| T-12 mois (audit pré-Aliyah) | Auditer la résidence fiscale conventionnelle (article 4 conv. 1995), la situation exit tax 167 bis CGI si > 800 000 € titres ou > 50 % société, et souscrire AV luxembourgeoise multi-devises EUR/USD pendant que vous êtes encore résident fiscal français (Lombard / Cardif Pack Israël / Bâloise) | Souscrire l'AV LUX pré-Aliyah fige l'antériorité française PFL 7,5 % au-delà de 8 ans (utile en cas de retour). Sous Olé Hadash : exonération 10 ans des gains internes (revenus de source étrangère) |
| T-9 à 12 mois (préparation Aliyah) | Ouvrir le dossier Aliyah auprès de la Sokhnout (Jewish Agency for Israel) à Paris ou Nefesh B'Nefesh. Constituer le dossier de judaïsme (lettre rabbin consistorial, acte mariage religieux, généalogie). Délai validation 6-12 mois | Loi du retour 1950 + amendement 4A 1970 (extension conjoint et enfants/petits-enfants). Pour Aliyah 2026, viser dépôt dossier au T-9 mois maximum |
| T-9 à 12 mois (exit tax) | Constituer les garanties bancaires ou nantissement à 30 % des plus-values latentes pour le sursis exit tax (sursis NON automatique pour Israël hors UE/EEE), formulaire 2074-ETD au SIPNR (Service des Impôts des Particuliers Non Résidents, DRESG) | Sans garantie constituée 90 jours avant départ, l'exit tax est exigible immédiatement. Dégrèvement après 5 ans (titres < 2,57 M€) ou 2 ans (> 2,57 M€) |
| T-6 mois (audit immobilier + succession) | Auditer patrimoine immobilier français (représentant fiscal art. 244 bis A obligatoire pour cession > 150 k€), rédiger testament authentique français avec professio juris loi française (article 22 RUE 650/2012), prévoir testament israélien miroir devant notaire local post-Aliyah | Conserver la réserve héréditaire française pour les enfants. Anticiper le 750 ter 3° CGI si héritiers résidant France 6+ ans |
| T-3 mois (banques + visa) | Prévenir banques françaises (PEA, CTO, AV), assureurs et courtiers. Demander legal opinion finale de l'assureur luxembourgeois (Lombard, Cardif Lux Vie, Bâloise). Finaliser visa Aliyah au Consulat d'Israël à Paris. Préparer ouverture compte bancaire local (Bank Hapoalim, Leumi, Discount, Mizrahi-Tefahot, FIBI) | Pour bonus Aliyah 2026 (loi de finances 2025 : 0 % IR israélien 2026-2027 jusqu'à 1 M ILS/an), viser arrivée AVANT 31 décembre 2026 |
| Aliyah (jour J) | Atterrissage à Ben Gourion : remise immédiate du certificat Olé + Teoudat Zehout (carte d'identité israélienne) par les services Misrad HaKlita. Mettre à jour adresse impots.gouv.fr (formulaire 2042 + 2042-NR pour année de transition). Notification au SIPNR. Réception du Sal Klita (~21 194 ILS adulte célibataire) | Fixe officiellement la date de transfert de résidence fiscale FR → IL. Citoyenneté israélienne immédiate (binationalité acceptée FR + IL) |
| T+1 à 3 mois post-Aliyah | Inscription au Tik Hava (numéro fiscal Reshut HaMisim), ouverture compte bancaire israélien opérationnel, contrat de bail (Sechirout) ou Mashkanta Olé Hadash 75 % LTV. Inscription Bituach Leumi (1 an d'exemption initiale). Choix Kupat Holim (Klalit / Maccabi / Meuhedet / Leumit) | Documenter la résidence effective israélienne pour activer la convention 1995 et obtenir le Tofes 1348 ultérieurement |
| T+12 mois post-Aliyah | Demander le Tofes 1348 (Tax Residency Certificate) à la Reshut HaMisim avec dossier complet (passeport, Teoudat Olé/Zehout, contrat de bail, factures arnona, relevés bancaires israéliens, justificatifs scolarité enfants, billets d'avion) | Le Tofes 1348 est la pièce maîtresse pour activer la convention France-Israël 1995 côté France et neutraliser toute requalification de résidence par la DGFiP |
| Année 1 (déclarations) | Déclaration française des revenus de la période française (formulaire 2042 + 2042-NR + 3916-bis pour comptes israéliens si encore résident France au 1er janvier). Côté Israël, sous Olé Hadash : exonération 10 ans des revenus étrangers (mais déclaration annuelle obligatoire pour Olim arrivés à partir du 1er janvier 2026, sections 134B/135 ITO abrogées) | Année charnière, vérifications croisées DGFiP / Reshut HaMisim via CRS actif depuis 2019 |
| Chaque année (Olé Hadash 10 ans) | Déclaration France (revenus de source française : loyers, PV immo, certains dividendes art. 19 conv. 1995). Déclaration Israël (revenus israéliens au barème IR 10-50 % + Mas Yesef ; revenus étrangers exonérés mais déclarés post-réforme 2026). Revue allocation AV LUX. IFI mondial réactivé dès immo français > 1,3 M€ | Maintenir le Tofes 1348 valide. Anticiper la stratégie purge AV LUX au 9e anniversaire d'Aliyah |
| Au 9e anniversaire d'Aliyah | Programmer rachat total de purge AV LUX (gains exonérés Israël sous Olé Hadash) + re-versement immédiat (reset des plus-values latentes à zéro) pour éviter le régime 25 % section 125B ITO post-10 ans | Le rendez-vous fiscal le plus rentable de toute la fenêtre Olé Hadash. Économie potentielle 100-500 k€ selon volume |
| Avant retour France (T-12 à 24 mois retour) | Simuler régime impatrié 155 B (5 ans hors France minimum + recrutement entité française : exonération 50 % sur 8 ans des revenus impatriés, dividendes étrangers et plus-values sur titres étrangers). Anticiper section 100A ITO israélienne (deemed sale au départ d'Israël, option différement de paiement sans intérêts ni pénalités) | Rentrer proprement sans perdre les avantages possibles (antériorité 8 ans AV LUX préservée). Coordonner avec article 26 conv. 1995 procédure amiable pour éviter double exit tax |
Pour une Aliyah à l'été 2026 — donc bonus 2026 sur les revenus israéliens 2026-2027 — le vrai travail a démarré courant 2025. L'analyse exit tax précède tout (constitution des garanties si Israël reste hors UE/EEE), puis viennent les arbitrages PEA et AV française et la souscription d'une AV LUX. En parallèle se traitent le dossier Sokhnout, le testament FR à professio juris, et le choix de la zone d'installation (Tel Aviv, Jérusalem, Netanya, Caesarea ou Herzliya, selon le profil familial).
Convention France-Israël de sécurité sociale du 17 décembre 1965 : ne pas l'oublier
Là où les EAU n'ont aucune convention bilatérale de sécurité sociale avec la France, Israël et la France sont liés par la convention de sécurité sociale du 17 décembre 1965 (CLEISS), entrée en vigueur le 1er novembre 1966. Trois usages concrets : détachement temporaire (formulaire SE-353-01 pour 24 mois renouvelables), totalisation des périodes pour la retraite (CARSAT + Bituach Leumi), et coordination AT/MP. À combiner avec l'affiliation Bituach Leumi obligatoire post-Olé (1 an d'exemption initiale) et, le cas échéant, une couverture CFE doublée d'un Bituach Briut Privé (Klalit Mushlam ou Maccabi Magen Zahav).
Retour en France : préparez-le 12 à 24 mois avant
Un retour se prépare douze à vingt-quatre mois avant la date prévue : régime impatrié 155 B, section 100A ITO israélienne (deemed sale + option différement), clôture ou maintien des comptes israéliens et de la Hevra Pratiit (si activité locale), nouvelle résidence fiscale FR, réactivation IFI mondial, rachats d'AV LUX (antériorité française préservée), contrats de travail. Notre guide sur le régime impatrié de l'article 155 B détaille les réflexes à anticiper.
Reste un chapitre souvent négligé : le retour. Et la double exit tax — 167 bis CGI français ↔ 100A ITO israélien — n'est pas neutre.
14. Retour France après Aliyah : régime impatrié 155 B + section 100A ITO + double exit tax
On parle beaucoup du départ, peu du retour. Pourtant une part significative des Olim Hadashim français finissent par rentrer en France — pour la retraite, un poste en France, des raisons familiales (parents âgés, enfants étudiants), ou la sortie de la fenêtre 10 ans Olé Hadash. Et c'est là que les dossiers mal préparés perdent l'essentiel des leviers cumulés pendant l'Aliyah : antériorité luxembourgeoise cassée, régime impatrié 155 B manqué, IFI mal recalibré, double exit tax (167 bis CGI + section 100A ITO) non coordonnée, comptes israéliens oubliés, Hevra Pratiit non liquidée proprement.
14.1. Le régime impatrié 155 B CGI : 8 ans d'avantage fiscal au retour
L'article 155 B du CGI offre, sous conditions, jusqu'à 8 ans d'exonérations fiscales pour les personnes qui reviennent en France après une période d'expatriation. Conditions clés :
- Ne pas avoir été résident fiscal français pendant les 5 années précédant le retour (un Olé qui rentre après 6+ ans en Israël est éligible) ;
- Être recruté par une entreprise française (recrutement direct depuis l'étranger) ou venir d'un détachement intra-groupe (transfert au sein d'un groupe international vers une filiale française) ;
- Prendre ses fonctions en France de manière effective et formellement attestée par un contrat de travail français.
Avantages cumulables sur 8 ans : (i) exonération de la prime d'impatriation jusqu'à 30 % du salaire net (option calcul forfaitaire ou réel), (ii) exonération de 50 % des revenus passifs étrangers (dividendes, intérêts, plus-values mobilières sur titres étrangers, royalties) — sous réserve que l'État payeur ait conclu avec la France une convention contenant une clause d'assistance administrative. Israël remplit cette condition via la convention 1995 (article 26 procédure amiable + clause d'assistance).
Pour le détail des seuils, options de calcul et démarches, lisez notre guide régime impatrié 155 B.
14.2. Section 100A ITO : exit tax israélienne au départ d'Israël
Lorsqu'un résident fiscal israélien (Olé ou Toshav Hozer Vatik) cesse de l'être, la section 100A de l'Income Tax Ordinance 5721-1961 prévoit un mécanisme de deemed sale : ses actifs sont réputés cédés la veille du changement de résidence à leur valeur de marché.
- Calcul : plus-value taxable israélienne = plus-value réelle au moment de la réalisation effective × (durée de détention en tant que résident israélien / durée de détention totale). Méthode linear allocation entre période israélienne et période non-israélienne.
- Section 100A(b) — Option de différement de paiement: le contribuable peut différer le paiement jusqu'à la cession effective des actifs, sans intérêts ni pénalités — l'ITA conserve son droit d'imposition au prorata temporis. C'est l'option par défaut pour clientèle HNW car elle évite tout effet de cash-out à la sortie d'Israël.
- Application aux Olim Hadashim qui rentrent en France : la section 100A s'applique à leurs actifs mondiaux, mais le calcul prorata temporis limite l'impôt à la quote-part attribuable à la période Israël. Pour un Olé rentrant après 6 ans avec PV crypto réalisée 10 ans après retour France : 100A taxe ~38 % de la PV totale (6/16e).
Coordination France 167 bis CGI ↔ Israël 100A ITO : éviter la double exit tax
Pour un Français qui aurait fait Aliyah, est devenu résident israélien, puis quitte Israël ultérieurement (vers la France ou un pays tiers) : risque de double exit tax sur les mêmes plus-values latentes — France art. 167 bis CGI au moment de l'Aliyah + Israël section 100A ITO au moment de la sortie. La convention 1995 ne traite pas explicitement ce cas. La coordination doit se faire via : (i) crédit d'impôt français pour l'impôt israélien payé (article 22 conv. 1995), (ii) procédure amiable entre la DGFiP et la Reshut HaMisim (article 26 conv. 1995). Anticiper avec votre conseil fiscal franco-israélien (avocat fiscaliste FR + CPA israélien ro'eh hechbon) au moins 12-24 mois avant le second mouvement pour structurer la chronologie et documenter le proratisation.
14.3. Ce qu'il faut décider 24 mois avant le retour
| Sujet | Décision à prendre | Timing | Action concrète |
|---|---|---|---|
| Contrat AV luxembourgeois multi-devises | Conserver (antériorité française reprend dès la date d'ouverture) ou rachat de purge final ? | T-12 mois | Simuler la fiscalité du rachat côté Israël (0 % sous Olé Hadash dans la fenêtre 10 ans, 25 % section 125B post-10 ans) vs côté France au retour (PFU 30 % avant 8 ans, 24,7 % PFL 7,5 % + PS 17,2 % au-delà de 8 ans, dans la limite 150 k€ primes art. 125-0 A I 2 CGI) |
| Régime impatrié 155 B CGI | Vérifier éligibilité (5 ans hors France minimum) et structurer contrat de travail | T-12 mois | Étudier statut « salarié recruté » vs « détaché intra-groupe » avec employeur français. Documenter prime d'impatriation 30 % |
| Section 100A ITO (exit tax Israël) | Option différement de paiement jusqu'à cession effective (section 100A(b)) | T-12 mois | Demande formelle à la Reshut HaMisim + déclaration des actifs concernés. Conserver les actifs après retour France pour bénéficier du proratisation linéaire |
| Hevra Pratiit israélienne | Liquidation propre ou maintien (avec risque siège effectif IS français) | T-9 mois | Procédure de dé-immatriculation Israel Tax Authority + dépôt Tofes 1301 final + paiement Bituach Leumi finalisation |
| Comptes bancaires israéliens (Hapoalim, Leumi, Discount, Mizrahi-Tefahot, FIBI) | Bascule statut résident → non-résident côté Israël | T-3 mois | Conversion vers comptes non-résident, transfert des soldes vers comptes français, fermeture compte Hevra Pratiit si liquidée. Déclarer 3916 et 3916-bis France à partir du retour |
| Teoudat Zehout / passeport israélien | Conservation citoyenneté israélienne (binationalité acceptée FR + IL) | T-1 mois | Pas d'annulation citoyenneté israélienne — conservez votre passeport israélien, c'est un atout (visa free vers 160+ pays). Statut résident fiscal devient non-résident Israël uniquement |
| Sécurité sociale française (PUMa) | Réaffiliation Sécurité sociale française | T+1 mois | Demande dans les 3 mois suivant le retour, justificatifs Bituach Leumi + Mas Briut Israël. Convention France-Israël 1965 (CLEISS) facilite la totalisation |
| IFI France | Recalibrer l'assiette : immobilier israélien réintégré dans l'assiette mondiale post-retour | T+1 mois | Première déclaration 2042-IFI mondial dès l'année du retour. Si patrimoine immobilier global > 1,3 M€ : IFI dû |
| Testament FR + Testament IL | Mettre à jour le testament français (la professio juris loi française devient inutile une fois résident France) + révoquer ou conserver le testament israélien selon biens conservés | T-3 mois | Voir notaire français + notaire israélien francophone (Cabinet Bensaid Tel Aviv ou Cabinet Touitou Jérusalem) pour coordination |
| Sursis exit tax 167 bis (constitué pré-Aliyah) | Si exit tax avec sursis sur garanties → demande de dégrèvement après 2 ans (titres > 2,57 M€) ou 5 ans (en deçà). PLF 2026 menace d'allonger ces durées | T+24 mois ou T+60 mois | Lever les garanties bancaires, déclaration au SIPNR, formulaire 2074-ETD final |
14.4. Cas concret — Daniel, 47 ans, cadre dirigeant rentrant à Paris après 6 ans en Israël
Daniel a fait Aliyah il y a 6 ans (statut Olé Hadash, vit à Tel Aviv Florentin avec sa famille). Recruté par un groupe français CAC 40, il rentre à Paris pour prendre la direction d'une filiale. Patrimoine au moment du retour : 600 000 € en AV luxembourgeoise multi-devises EUR/USD (FID Lombard Liberté Lux), 200 000 € en contrat de capitalisation luxembourgeois logé via Hevra Pratiit israélienne (activité conseil locale), 400 000 € d'immobilier locatif conservé en France, 100 000 € sur une AV française d'antériorité (ouverte avant l'Aliyah), 200 000 € de cash entre comptes USD, EUR et ILS.
| Levier activé | Action menée 12 mois avant retour | Effet mesurable |
|---|---|---|
| Régime impatrié 155 B CGI | Validation prime d'impatriation 30 % avec employeur français + structuration contrat de travail | Économie d'impôt estimée 25-40 k€/an pendant 8 ans (200-320 k€ cumulés) |
| AV luxembourgeoise multi-devises | Contrat conservé. Antériorité française reprend dès la date d'ouverture initiale (10+ ans à ce stade) | Après le retour, rachats à 24,7 % (PFL 7,5 % + PS 17,2 %, dans la limite 150 k€ primes art. 125-0 A I 2 CGI) — vs 30 % avant 8 ans |
| Capi LUX via Hevra Pratiit | Bascule détention vers une holding française IS (Soparfi de transit) OU dissolution propre Hevra Pratiit avec rapatriement contrat capi en personne physique | Antériorité conservée + démembrement parts envisageable vers les enfants |
| AV française d'antériorité | Réactivation, abattements 4 600 € / 9 200 € réintégrés au statut résident | Aucun rachat fiscalement coûteux, antériorité préservée |
| IFI France post-retour | Patrimoine immobilier France 400 k€ < 1,3 M€ | Aucune assiette IFI à craindre au retour |
| Comptes israéliens (Hapoalim, Leumi) | Bascule en comptes non-résident 3 mois avant le retour. Conserver Teoudat Zehout pour ré-utilisation future | Simplification déclarative 3916-bis post-retour. CRS continue à fonctionner Israël → France |
| Section 100A ITO Israël | Option différement de paiement (section 100A(b)) sur AV LUX et titres détenus, sans intérêts ni pénalités | Pas de cash-out à la sortie. Coordination via art. 22 conv. 1995 + procédure amiable art. 26 |
| Sursis exit tax 167 bis (si applicable) | Demande de dégrèvement après 2 ans (titres > 2,57 M€) ou 5 ans (en deçà), levée garanties bancaires | Récupération des garanties constituées à 30 % des PV latentes au départ pré-Aliyah |
Erreurs fréquentes au retour en France après Aliyah
- Racheter l'AV LUX juste avant le retour pour « rapatrier le cash » : perte de l'antériorité française qui allait justement reprendre sa course dès le retour. La fiscalité au rachat post-retour reste avantageuse au-delà de 8 ans (24,7 % PFL + PS).
- Demander le 155 B sans contrat de travail français signé : refus systématique, le régime exige une prise de fonctions en France formellement attestée et un recrutement par une entité française (ou détachement intra-groupe).
- Oublier de fermer ou de basculer les comptes israéliens : ils restent visibles à l'échange automatique d'informations (CRS actif Israël-France depuis 2019) et alourdissent la déclaration française pendant des années via 3916-bis.
- Maintenir la Hevra Pratiit israélienne sans activité réelle après retour : risque de requalification en société française par siège de direction effective + ESFP + redressement IS israélien et IS France.
- Lever les garanties exit tax 167 bis sans demande formelle de dégrèvement : les garanties ne se lèvent pas automatiquement, il faut une démarche au SIPNR avec preuve de conservation des titres.
- Oublier la section 100A ITO côté Israël : sans option différement formellement notifiée à la Reshut HaMisim, l'exit tax israélienne devient exigible immédiatement au moment du départ d'Israël. Coordination avec article 22 conv. 1995 indispensable.
Le retour bien préparé est ce qui distingue un dossier réussi d'un dossier qui s'effiloche. Mais avant le retour, et même pendant l'Aliyah, certaines erreurs reviennent dossier après dossier — c'est l'objet de la dernière section.
15. 16 erreurs spécifiques à éviter quand on fait Aliyah en Israël
Les erreurs patrimoniales ne viennent pas d'un manque d'intelligence. Elles viennent d'un raisonnement trop français appliqué à une situation devenue internationale, d'un timing d'Aliyah mal calibré (rater la fenêtre 2026), ou d'une confusion entre statut Olé Hadash et statut résident standard. Voici les 16 pièges les plus fréquents que nous voyons en cabinet :
| Erreur | Ce que ça coûte | Bon réflexe |
|---|---|---|
| Appliquer l'article 4 B CGI au lieu de l'article 4 de la convention France-Israël 1995 | Résidence fiscale contestée par la DGFiP française, double imposition possible, redressement | Toujours raisonner conventionnel : foyer permanent → centre des intérêts vitaux → séjour habituel → nationalité (article 4 conv. 1995). Obtenir le Tofes 1348 (Tax Residency Certificate Reshut HaMisim) après 12 mois |
| Croire que la Teoudat Zehout + un bail israélien = résidence fiscale Israël | Dossier rejeté en cas de contrôle DGFiP, surtout si la famille est restée en France ou si activité économique conservée en France | Faisceau d'indices Merkaz HaChaïm : famille, activité, > 183 jours OU 30 jours + 425 jours sur 3 ans, Tofes 1348, contrat de bail, factures arnona, scolarisation enfants |
| Reporter l'Aliyah à 2027 et rater la fenêtre 2026 | Perte du bonus Aliyah 2026 (loi de finances 2025 : 0 % IR israélien sur revenus locaux 2026-2027 jusqu'à 1 M ILS/an, dégressif jusqu'à 2030). Économie potentielle 100-280 k€/an non capturée | Si éligible Loi du retour, viser Aliyah AVANT le 31 décembre 2026 pour cumuler exonération 10 ans Olé Hadash + bonus 2026-2027 |
| Ne pas anticiper la réforme déclarative 1er janvier 2026 (sections 134B/135 ITO abrogées) | Pour Olim arrivant à partir du 1er janvier 2026 : obligation de déclaration annuelle des revenus et actifs étrangers, même exonérés. Sanctions en cas de non-déclaration | Soit Aliyah avant 31 décembre 2025 (grandfathering ancien régime, pas d'obligation déclarative), soit organiser un inventaire patrimonial annuel structuré dès J1 post-Aliyah |
| Oublier l'exit tax 167 bis CGI au moment de l'Aliyah | Sursis NON automatique pour Israël (hors UE/EEE) : 30 % de garanties bancaires/nantissement à constituer (PFU 12,8 % + PS 17,2 %) | Audit 167 bis 12 mois avant l'Aliyah, demande expresse au SIPNR au plus tard 90 jours avant le transfert (formulaire 2074-ETD) |
| Oublier la section 100A ITO israélienne au moment du retour France | Double exit tax France 167 bis + Israël 100A sur les mêmes plus-values latentes. L'absence d'option différement de paiement section 100A(b) rend l'exit tax israélienne immédiatement exigible | Anticiper 12-24 mois avant retour : option différement formellement notifiée à la Reshut HaMisim + coordination via art. 22 + 26 conv. 1995 (procédure amiable) |
| Fermer le PEA trop vite avant l'Aliyah | Perte d'une enveloppe impossible à rouvrir comme non-résident. Plus-values exonérées 10 ans Olé Hadash perdues | Israël non ETNC, conservation autorisée par impots.gouv. Prévenir la banque pour conserver les arbitrages, ne pas clôturer pour optimiser la fenêtre Olé |
| Vendre un bien français > 150 k€ sans représentant fiscal accrédité | Blocage chez le notaire, vente impossible (Israël est État tiers à l'EEE) | Désigner le représentant fiscal accrédité en amont (article 244 bis A CGI). Coût 0,4-1 % du prix de vente |
| Souscrire une AV luxembourgeoise APRÈS l'Aliyah | Perte de l'antériorité fiscale française PFL 7,5 % (utile en cas de retour). Refus fréquent des assureurs LUX en in-bound, tickets majorés | Souscrire AVANT l'Aliyah via Lombard / Utmost, Cardif Lux Vie « Pack Israël » Liberty 2 Invest, ou Bâloise Vie Luxembourg (3 acteurs ouverts Israël) |
| Manquer la stratégie purge AV LUX au 9e anniversaire d'Aliyah | Bascule au régime 25 % section 125B ITO post-10 ans sans purge préalable. Sur 1 M€ de PV latente : ~250 k€ de fiscalité israélienne au lieu de 0 % | Programmer rachat total au 9e anniversaire (gains exonérés sous Olé Hadash) + re-versement immédiat (reset PV à zéro). Économie potentielle 100-500 k€ |
| Constituer un trust israélien (Hekdesh Trust Law 5739-1979) avec bénéficiaires français résidents France | Qualification trust 792-0 bis CGI côté France + déclaration 2181-TRUST 1 + 2181-TRUST 2 + sanction 20 000 € fixe (QPC 2016-618). Risque de taxation marginale 60 % au décès si trust discrétionnaire | Pour clientèle 1-20 M€ : éviter les trusts israéliens. Privilégier AV LUX + holding française IS + SCI familiale + Pacte Dutreil 787 B |
| Binational US Person ou Green Card : ignorer FATCA + IGA Modèle 1A Israël | Refus de la plupart des assureurs LUX. Reporting IRS triple (FBAR, formulaire 8938, PFIC). Risque conformité multi-juridictions | Routage vers Vitis Life ou Bâloise (deux seuls assureurs FATCA-compliant). Avocat dual-qualified FR-US-IL pour structuration |
| Oublier la professio juris loi française dans le testament FR + testament IL miroir | Hok HaYerusha 5725-1965 appliqué par défaut côté Israël (50/50 conjoint/enfants à parts égales sans réserve héréditaire). Risque pour la réserve héréditaire française des enfants | Testament authentique français avec article 22 RUE 650/2012 (professio juris loi française) + testament israélien miroir devant notaire local (3 000-6 000 ILS) |
| Acheter immobilier en Israël comme non-résident sans bénéficier du barème Mas Rechisha allégé Olé | Mas Rechisha non-résident : 8 % flat dès 1er ILS jusqu'à 6,055 M ILS, 10 % au-delà. Barème Olé : 0 % jusqu'à 1,978 M ILS puis 0,5 %. Perte ~98 000 € sur achat 4,5 M ILS | Acheter dans la fenêtre 1 an avant à 7 ans après Aliyah, sur résidence unique en Israël, plafond 20,18 M ILS, pour bénéficier du barème Olé une seule fois |
| Saisir le Beit Din rabbinique pour une succession en Israël (couple religieux orthodoxe) | Le Beit Din applique la halakha qui exclut les filles des successions immobilières (de'oraita). Risque pour les filles de la fratrie | Compétence Beit Din uniquement sur consentement écrit de TOUTES les parties (Hok HaYerusha art. 155). Privilégier Family Court par défaut + clause testament excluant Beit Din |
| Retour en France sans activation du régime impatrié 155 B | Économie d'impôt 200-320 k€ manquée sur 8 ans pour un cadre dirigeant. Prime d'impatriation 30 % + exonération 50 % revenus passifs étrangers non utilisée | Vérifier éligibilité 12 mois avant retour (5 ans hors France minimum + recrutement par entité française). Structurer le contrat de travail avec mention prime d'impatriation |
Les dossiers Aliyah qui réussissent ont rarement quoi que ce soit de spectaculaire. Pour un Olé Hadash français, tout commence douze mois avant le départ : audit exit tax sérieux, souscription d'une AV luxembourgeoise pendant qu'on est encore résident France, arbitrages PEA. Une fois sur place, le travail devient surtout documentaire — faisceau d'indices Merkaz HaChaïm, Tofes 1348 récupéré au bout de douze mois.
Pendant les dix ans Olé, l'enjeu se déplace : maintenir vivantes les enveloppes françaises utiles (PEA, AV avec antériorité, parts de GFF), tenir la succession à jour avec le double dispositif testament FR à professio juris + testament IL miroir, et programmer la purge AV LUX au neuvième anniversaire — c'est sur ce rendez-vous précis qu'un dossier comme celui de Vincent (cf. §11) a évité environ 350 k€ de fiscalité section 125B post-10 ans. Un éventuel retour France s'organise lui aussi douze à vingt-quatre mois avant, avec activation du régime impatrié 155 B et option de différement section 100A ITO.
Le coût d'une erreur, en chiffres réels
Quelques ordres de grandeur observés en cabinet, parce que la dimension financière de ces erreurs reste souvent sous-estimée :
- Exit tax 167 bis non anticipée sur 1 M€ de titres de société : ~300 000 € de fiscalité latente (PFU 30 % + CEHR éventuelle), avec sursis NON automatique pour Israël + 30 % de garanties bancaires à constituer (300 k€ supplémentaires immobilisés).
- Aliyah reportée à 2027 → fenêtre bonus 2026 manquée : pour un consultant 280 k€/an de revenus israéliens, ~280 k€ × 0,35 IR = ~98 k€/an d'IR israélien sur 2 ans = ~200 k€ d'économie manquée.
- Représentant fiscal oublié sur cession immobilière > 150 k€ : blocage notarié, vente reportée de plusieurs mois, perte de l'opportunité acheteur.
- AV luxembourgeoise tentée APRÈS l'Aliyah : perte antériorité française + refus assureur fréquent. Frais all-in souvent 50 % plus élevés en in-bound.
- Section 100A ITO non anticipée au retour France : sur 5 M€ de PV latente Israël, ~25 % = 1,25 M€ d'exit tax israélienne immédiatement exigible (au lieu de différement gratuit).
- Purge AV LUX au 9e anniversaire manquée : sur 1 M€ de PV interne accumulée, taxation 25 % section 125B post-10 ans = 250 k€ au lieu de 0 % sous Olé Hadash.
- Trust hekdesh israélien avec bénéficiaires résidents France : 792-0 bis CGI s'applique. Si trust discrétionnaire au décès du constituant : taxation marginale 60 % sur la totalité des actifs.
- Succession sans double dispositif testament FR + IL: Hok HaYerusha appliqué par défaut, perte réserve héréditaire française, blocage Tzav Yerusha 12-18 mois au lieu de 4-9 mois, frais avocat israélien et français cumulés ~30-50 k€.
- Retour France sans activation régime impatrié 155 B : jusqu'à 200-320 k€ d'économie d'impôt manquée sur 8 ans pour un cadre dirigeant.
Ces erreurs ne se voient qu'une fois faites. Un audit Aliyah patrimoniale en amont (Hagnéré Patrimoine + correspondants locaux Tel Aviv) coûte une fraction de ce que coûtera une mauvaise décision irréversible.
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