Aller au contenu principal
Aller au contenu principal

Convention fiscale France-Luxembourg et assurance vie : qu'est-ce qui change vraiment ?

Beaucoup imaginent qu'une convention fiscale bilatérale apporte un avantage caché à l'assurance vie luxembourgeoise. La réalité est plus sobre : la convention France-Luxembourg ne dit rien de spécifique sur l'assurance vie. Elle confirme simplement que la France impose ses résidents, sans double imposition — et sans cadeau. Avec un angle mort que peu de gens connaissent : il n'existe pas de convention successorale entre les deux pays.

2018la convention
résidencequi impose
0 avantageaucun cadeau fiscal
≠ successionle piège méconnu
Hagnéré Patrimoine

Structurez votre assurance-vie luxembourgeoise avec un expert

Triangle de sécurité, fonds dédiés, fiscalité internationale, architecture ouverte : nous vous aidons à choisir le bon cadre luxembourgeois selon votre patrimoine et votre mobilité.

Expert AVLArchitecture ouverteSans engagement
CC

Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise

Clément Chatelain accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.

Expert AVLCIFORIAS 23002291

« Il y a une convention fiscale entre la France et le Luxembourg, donc il doit bien y avoir un avantage » : c'est l'intuition que nous entendons souvent. Elle est fausse, ou plutôt à côté du sujet. Une convention fiscale ne distribue pas d'avantages : elle se contente de répartir le droit d'imposer entre deux pays, pour éviter qu'un même revenu soit taxé deux fois.

Au cabinet Hagnéré Patrimoine, nous remettons souvent les choses à plat sur ce point. Je suis Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (CIF, ORIAS 23002291), et je vous explique ce que la convention France-Luxembourg fait vraiment pour votre assurance vie — et ce qu'elle ne fait pas.

À retenir en 30 secondes

  • Aucune disposition spécifique à l'assurance vie dans la convention : ce sont les règles générales qui s'appliquent.
  • Le produit est imposé à la résidence (catégorie « autres revenus ») : la France pour un résident français.
  • Aucun avantage, aucune double imposition : la fiscalité est celle d'une AV française.
  • Pas de convention successorale France-Luxembourg : les droits de succession suivent le droit interne.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité internationale dépend de votre situation exacte (résidence, nationalité, conventions applicables). Pour un cas concret, sollicitez un bilan patrimonial.

La convention de 2018, en bref

La France et le Luxembourg sont liés par une convention fiscale signée le 20 mars 2018, ratifiée en 2019 et applicable depuis le 1er janvier 2020. Elle a remplacé l'ancienne convention de 1958 et porte sur les impôts sur le revenu et sur la fortune.

Son rôle est classique : déterminer, pour chaque catégorie de revenu, lequel des deux États a le droit d'imposer, et comment éliminer une éventuelle double imposition. Nulle part elle ne mentionne l'assurance vie : il faut donc raisonner par les règles générales.

Qui impose les revenus de votre assurance vie ?

Le produit d'un rachat n'est, au sens de la convention, ni un intérêt, ni un dividende. Il tombe donc dans la catégorie résiduelle des « autres revenus » (article 20 de la convention), qui obéit à une règle simple : imposition exclusive dans l'État de résidence du bénéficiaire.

Qui impose le produit de l'AV selon votre résidence ?
SituationÉtat qui imposeBase
Résident fiscal françaisLa FranceArt. 20 (autres revenus) + CGI 125-0 A
Résident d'un autre ÉtatSon État de résidenceSa propre convention avec le Luxembourg

Pour un résident français, la conclusion est nette : c'est la France qui impose le produit, selon sa fiscalité de droit commun (PFU ou barème, abattement après 8 ans). C'est exactement la neutralité fiscale du Luxembourg vue sous l'angle conventionnel.

Y a-t-il un risque de double imposition ?

En théorie, la convention prévoit un mécanisme d'élimination de la double imposition (un crédit d'impôt, à l'article 22). En pratique, ce mécanisme ne sert jamais pour l'assurance vie.

La raison : le Luxembourg n'impose pas les produits d'assurance vie d'un non-résident. Il n'y a donc rien à créditer : le revenu n'est imposé qu'une seule fois, en France. La double imposition que la convention est censée prévenir n'existe tout simplement pas ici.

Aucun avantage fiscal grâce à la convention

Non. La convention confirme l'imposition en France ; elle ne l'allège pas. La fiscalité d'une assurance vie luxembourgeoise est, pour un résident français, identique à celle d'une assurance vie française.

L'intérêt réel d'un contrat luxembourgeois est structurel (super-privilège, triangle de sécurité, architecture financière, portabilité à l'expatriation), pas conventionnel. Nous développons ce point dans notre guide de la fiscalité de l'assurance vie luxembourgeoise.

Le piège : il n'existe pas de convention successorale

C'est l'angle mort que peu de gens connaissent. La convention de 2018 ne couvre que le revenu et la fortune. Il n'existe aucune convention entre la France et le Luxembourg en matière de successions et de donations.

Conséquence : au décès, les droits de mutation à titre gratuit relèvent entièrement du droit interne français : l'article 990 I pour les capitaux issus de primes versées avant 70 ans, l'article 757 B après. Si une situation comporte une véritable extranéité (héritier ou bien à l'étranger), un impôt étranger éventuellement dû peut être imputé via l'article 784 A du CGI — mais il n'y a, là encore, aucun régime de faveur conventionnel. La transmission d'un contrat luxembourgeois obéit donc aux mêmes règles qu'un contrat français.

Et si vous êtes non-résident ?

Si vous ne résidez pas en France, ce n'est plus la convention France-Luxembourg qui compte, mais celle de votre État de résidence. Côté français, le produit d'un rachat perçu par un non-résident peut être soumis à un prélèvement de 12,8 % (art. 125-0 A II bis), dans la limite du plafond fixé par la convention de votre pays.

L'imposition définitive dépend alors de cette convention et de votre situation. C'est tout l'objet de notre guide de l'AVL pour expatriés et non-résidents, qui passe en revue plusieurs pays.

Hagnéré Patrimoine

Une situation internationale à clarifier ?

Résidence, conventions applicables, articulation revenu / succession, expatriation : l'analyse de votre fiscalité internationale d'assurance vie luxembourgeoise se fait dans le cadre d'une lettre de mission signée. Premier rendez-vous offert — 45 min : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Mentions légales et conformité

Hagnéré Patrimoine — Société par actions simplifiée, siège social à Bassens (73000), immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP) et Courtier en Assurance (COA).

Article rédigé selon le droit en vigueur au 25 juin 2026 (convention France-Luxembourg du 20/03/2018 ; CGI art. 125-0 A, 990 I, 757 B, 784 A). Publié le 4 juin 2026. Dernière mise à jour : 25 juin 2026.

Tout placement financier comporte un risque, y compris de perte en capital. Les informations fiscales sont données à titre général et ne se substituent pas à un conseil personnalisé.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la convention France-Luxembourg

Non. La convention ne comporte aucune disposition spécifique à l'assurance vie. Elle se borne à répartir le droit d'imposer entre les deux États : pour un résident français, c'est la France qui impose le produit d'un rachat, selon ses règles internes. Il n'y a donc aucun avantage fiscal lié à la convention — la fiscalité d'une assurance vie luxembourgeoise est identique à celle d'une assurance vie française.

L'État de résidence du bénéficiaire. Le produit d'un rachat n'étant ni un intérêt ni un dividende au sens de la convention, il relève de la catégorie des « autres revenus » (article 20), imposables exclusivement dans l'État de résidence. Pour un résident fiscal français, c'est donc la France qui impose, selon l'article 125-0 A du Code général des impôts.

Non. La convention prévoit un mécanisme d'élimination de la double imposition (crédit d'impôt, article 22). Mais comme le Luxembourg n'impose pas les produits d'assurance vie d'un non-résident, il n'y a en pratique rien à créditer : le revenu n'est imposé qu'une seule fois, en France. Le mécanisme conventionnel reste donc théorique pour l'assurance vie.

Non, et c'est un point souvent ignoré. La convention de 2018 ne porte que sur les impôts sur le revenu et sur la fortune, pas sur les successions. Les droits de mutation à titre gratuit relèvent donc du droit interne français : article 990 I pour les capitaux issus de primes versées avant 70 ans, article 757 B après. Un éventuel impôt étranger peut être imputé via l'article 784 A en cas d'extranéité réelle.

La convention a été signée le 20 mars 2018, ratifiée par la loi du 25 février 2019 et publiée fin 2019 ; elle s'applique aux revenus à compter du 1er janvier 2020. Elle a remplacé la précédente convention, qui datait de 1958. Pour l'assurance vie, ce changement n'a rien modifié : le produit reste imposé dans l'État de résidence.

Oui, mais selon la convention de SON État de résidence, pas la convention France-Luxembourg. Côté français, le produit d'un rachat perçu par un non-résident est soumis à un prélèvement de 12,8 % (art. 125-0 A II bis), dans la limite du plafond éventuellement fixé par la convention de son pays. L'imposition définitive dépend de cette convention et de sa situation : nous le détaillons dans notre guide de l'assurance vie luxembourgeoise pour expatriés.