Gestion de patrimoine
pour expatriés français
au Maroc
Cabinet spécialisé dans la gestion de patrimoine d'expatrié français au Maroc. Nous commençons par la phrase que la quasi-totalité du corpus francophone n'écrit pas : l'abattement de 80 % sur les pensions étrangères n'existe pas. Il existe deux dispositifs distincts, à deux étages du calcul — un abattement d'assiette de 70 % puis 40 % avant le barème, sans condition, et une réduction d'impôt de 80 % après le barème, réservée aux sommes transférées. Les confondre produit un chiffrage faux dans les deux sens.

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 — Cabinet capitalistiquement indépendant, rémunération mixte (honoraires + rétrocessions) intégralement déclarée par écrit, accès institutionnel multi-juridiction.
Cette page présente la fiscalité française et les conventions fiscales applicables aux Français résidents du Maroc. Hagnéré Patrimoine n'a ni bureau ni agrément au Maroc et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit marocain : pour les questions de droit local (code général des impôts marocain, Instruction générale des opérations de change, code de la famille, droit foncier, droit des sociétés, droit du travail et sécurité sociale marocains), l'intervention d'un avocat, d'un notaire ou d'un expert-comptable établi au Maroc est requise. Nous accompagnons depuis la France et organisons cette mise en relation. Les conversions figurant sur cette page retiennent un cours de 1 EUR = 10,7447 MAD, publié par Bank Al-Maghrib au 7 août 2026 ; tout chiffrage en euros doit porter son cours et sa date. État du droit arrêté au 8 août 2026.
L'« abattement de 80 % » sur les pensions étrangères n'existe pas
C'est le chiffre que le corpus francophone cite le plus, et le plus mal. Le code général des impôts marocain distingue deux dispositifs, à deux étages différents du calcul, qui n'ont ni la même nature, ni la même assiette, ni la même condition. L'article 60-I est un abattement d'assiette, appliqué avant le barème, de 70 % sur la fraction du montant brut annuel qui ne dépasse pas 168 000 dirhams et de 40 % au-delà : il vise toutes les pensions et rentes viagères imposables et ne suppose aucun transfert. L'article 76 est une réduction du montant de l'impôt, appliquée après le barème, de 80 %, réservée aux pensions de retraite ou d'ayants cause de source étrangère, subordonnée au transfert des sommes à titre définitif en dirhams non convertibles, et limitée par un prorata à la seule fraction d'impôt correspondant aux sommes effectivement transférées.
Écrire « abattement de 80 % » cumule deux erreurs : le mauvais taux et le mauvais étage. Écrire « 80 % d'abattement sur la pension » en ajoute une troisième, puisque la réduction ne porte pas sur la pension mais sur l'impôt. Les conséquences se comptent dans les deux sens. Un lecteur qui applique un abattement de 80 % calcule une base de 20 % du brut, aboutit à environ 2 700 € d'impôt sur une pension de 40 000 € là où 919 € sont dus, et renonce parfois au projet pour cette raison. À l'inverse, un lecteur qui croit la condition de transfert attachée à l'ensemble de l'avantage refuse d'immobiliser sa pension et abandonne un abattement d'assiette qui, lui, ne dépend de rien.
Nous ne sommes pas les seuls à le dire : la direction générale des impôts marocaine nomme les deux dispositifs séparément, dans la même phrase de sa note circulaire n° 736 commentant la loi de finances 2025. Les pensions de retraite de source étrangère y « demeurent soumises à l'IR aux taux du barème progressif visé à l'article 73-I du CGI, après application de l'abattement forfaitaire prévu à l'article 60-I précité, avec possibilité de bénéficier de la réduction de 80% du montant de l'impôt dû au titre de ces pensions et correspondant aux sommes transférées à titre définitif en dirhams non convertibles, prévue à l'article 76 du CGI ». Deux textes, deux étages, une seule condition — et elle ne porte que sur le second.

Les 6 pièges qui coûtent cher aux expatriés français au Maroc
Un taux pris pour un autre, une condition attachée au mauvais texte, une citation coupée juste avant le mot qui la renverse : les dossiers marocains qui tournent mal partagent tous la même structure — une règle vraie, séparée de l'étage du calcul où elle joue. Le taux de 80 % existe. Il n'est simplement ni un abattement, ni inconditionnel, ni applicable à l'ensemble de la pension.
Lire « abattement de 80 % » et calculer sur 20 % du brut
C’est le chiffre que le corpus francophone cite le plus, et le plus mal. Il n’existe pas d’abattement de 80 % : il existe un abattement d’assiette de 70 % puis 40 %, à l’article 60-I, et une réduction du montant de l’impôt de 80 %, à l’article 76. Un lecteur qui applique un « abattement de 80 % » calcule une base de 20 % du brut, aboutit à environ 2 700 € d’impôt sur une pension de 40 000 € là où 919 € sont dus, et renonce parfois au projet pour cette raison. L’erreur est commise par des sources qui se présentent comme professionnelles, et la direction générale des impôts écrit exactement l’inverse dans sa note circulaire n° 736.
Croire qu’il faut transférer pour obtenir l’abattement
La condition de transfert « à titre définitif en dirhams non convertibles » ne porte que sur la réduction d’impôt de l’article 76. L’abattement d’assiette de l’article 60-I n’en supporte aucune : il s’applique à toutes les pensions imposables, transférées ou non, dépensées au Maroc ou laissées en euros. Des candidats au départ abandonnent le projet parce qu’ils refusent d’immobiliser leur pension, sans savoir que l’avantage principal du barème leur reste acquis quoi qu’ils décident. La réduction elle-même est fractionnable, ce que presque aucune source n’écrit.
Faire virer sa pension sur le compte en devises « pour rester libre »
Le conseil circule tel quel, et il sacrifie l’avantage central du dossier. L’article 76 réserve la réduction aux sommes transférées à titre définitif en dirhams non convertibles ; la direction générale des impôts précise que « les transferts effectués à un compte en dirhams convertibles n’ouvrent pas droit à l’atténuation ». Sur une pension de 40 000 €, l’écart entre transfert intégral et absence de transfert définitif est de 3 675 € par an. Ce qui ne compte pas, c’est le solde laissé sur un compte en devises ou en dirhams convertibles, non la localisation du compte payeur : quatre canaux ouvrent droit à la réduction, dont le retrait par carte de crédit étrangère.
Croire que « les retraites sont exonérées au Maroc depuis 2026 »
L’exonération de l’article 57-27° du code général des impôts marocain vise les pensions des régimes de retraite de base marocains énumérés à l’article 59-II-A, et depuis la loi de finances 2026 les pensions versées par la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite dans le cadre de contrats d’assurance retraite complémentaire de groupe. La liste de l’article 59-II-A est exclusivement marocaine, texte par texte. Une pension servie par la caisse nationale d’assurance vieillesse, par les régimes complémentaires ou par le service des retraites de l’État français n’entre dans aucune de ces catégories, et l’administration marocaine l’écrit noir sur blanc.
Acheter au Maroc sans documenter le financement de l’acquisition
C’est le point que le corpus francophone traite le moins, et il décide de la sortie. Le rapatriement du produit d’une revente dépend de la façon dont l’acquisition a été financée : l’article 173 de l’Instruction générale des opérations de change énumère sept modes ouvrant droit à la convertibilité. À défaut, le produit est mis à disposition en dirhams ordinaires. Reste alors l’article 174, qui autorise le règlement direct à l’étranger entre personnes de nationalité étrangère, l’acquéreur héritant du statut de non-convertibilité. Ce n’est pas une impasse, contrairement à ce qu’on lit : c’est une décote et un marché de revente plus étroit.
Provisionner une garantie d’exit tax parce que le Maroc est un État tiers
Le raisonnement mécanique « hors Union européenne, donc garantie exigée » ne tient pas ici. La convention du 29 mai 1970 comporte une clause d’échange de renseignements et une clause d’assistance au recouvrement, la ligne Maroc de l’annexe BOI-ANNX-000508 porte « Oui » dans les deux colonnes en matière d’impôt sur le revenu, et le Maroc figure à l’annexe BOI-ANNX-000445. Le sursis paraît de plein droit. Nous n’écrivons pas qu’il est acquis : l’article 29 comporte deux restrictions absentes de la directive 2010/24/UE, et la similarité de portée n’est pas établie. Sur 5 000 000 € de plus-values latentes, la garantie représenterait 640 000 € au taux de 12,8 %.
Vous possédez déjà un bien au Maroc ?
La première question que nous posons n'est pas « combien vaut-il ? » mais « comment l'acquisition a-t-elle été financée, avez-vous conservé les justificatifs, et votre bail a-t-il date certaine ? ». Ces trois réponses décident du rapatriement du prix, du transfert des loyers et de la décote que vous subirez à la revente.
Pour qui le Maroc fonctionne,
et pour qui il l'est moins qu'annoncé
Le Maroc traite très bien les pensions, et médiocrement les revenus d'activité. Ces deux faits, pris ensemble, dessinent une frontière nette : les articles 60-I et 76 ne visent que les pensions et rentes viagères, tandis que le barème de l'article 73-I atteint son taux marginal de 37 % dès 180 000 dirhams de revenu net imposable, soit 16 752 €. Ce n'est pas une nuance de degré, c'est un changement de nature — et le gain fiscal d'une pension est en outre proportionnel au taux marginal français que l'on quitte.
Cinq configurations, établies sur douze dossiers chiffrés
- Le retraité du privé dont la pension dépasse 24 000 €L’écart avec la France devient réel autour de 24 000 € de pension annuelle, avec 2 081 € par an ; sérieux à 40 000 €, avec 5 988 € ; massif à 90 000 €, avec 22 230 €. Le gain est proportionnel au taux marginal français que l’on quitte, ce qui explique pourquoi il est presque nul en bas de barème.
- Le retraité de la fonction publique, et c’est contre-intuitifL’article 18 bis, introduit par l’avenant du 18 août 1989, réserve à l’État payeur les rémunérations publiques « autres que les pensions ». L’incise renvoie les pensions à l’article 17, qui attribue l’imposition à l’État du domicile. Le Maroc impose donc seul, y compris les pensions publiques : c’est une particularité de cette convention par rapport au modèle OCDE, et elle joue en faveur du contribuable.
- Celui dont le sujet principal est la transmissionLe Maroc ne connaît pas de droits de succession : la transmission par décès n’entre pas dans le champ des droits d’enregistrement, qui vise les mutations entre vifs. Ce qui en tient lieu est un droit de 1 % sur l’inventaire après décès, assis sur l’actif brut à l’exclusion de l’habitation principale du défunt, et 1,50 % sur le partage entre cohéritiers. Sur ce terrain, la réponse marocaine est difficile à battre.
- Le binational franco-marocain qui rentre au paysC’est le profil le mieux servi par les deux droits. Sur 36 000 € de pension française, le gain ressort à 4 786 € par an, et la nationalité marocaine ouvre des voies que le droit des changes réserve, la loi 63-14 traitant du stock d’avoirs détenus à l’étranger par un binational qui rétablit sa résidence au Maroc.
- Le salarié à haut revenu d’une société éligible au statut Casablanca Finance CityLe taux libératoire de 20 % de l’article 73-II-F-9° est le seul avantage du statut qui reste franchement favorable : dix ans au maximum, rendu portable et fractionnable par la loi de finances 2026. Il n’est intéressant qu’au-delà d’environ 240 000 dirhams de salaire brut annuel, et il exclut les salariés des établissements de crédit et des entreprises d’assurances.
Cinq profils pour lesquels nous disons non
- Le retraité sous environ 2 000 € de pension mensuelleÀ 15 000 € de pension annuelle, le gain fiscal du départ est de 629 € et la couverture santé volontaire coûte 1 968 € par an dans la formule qui exclut les soins reçus en France. L’arbitrage est négatif de 1 339 € avant le premier billet d’avion. Nous l’écrivons parce que c’est vrai, et parce qu’on vous vendra l’inverse.
- La famille avec enfants scolarisés dans le réseau françaisSur 55 000 € de pension et deux enfants de 12 et 15 ans, le gain fiscal ressort à 4 105 € contre 5 904 € de couverture santé : l’arbitrage est déjà négatif de 1 799 € avant la première facture d’école. Nous ne chiffrons pas la scolarité, faute de source que nous puissions vérifier, mais elle ne joue que dans un sens.
- L’indépendant ou le consultant à revenu moyenSur 60 000 € de bénéfice, l’impôt marocain ressort à 19 650 €, soit 32,7 %. Le barème atteint 37 % dès 16 752 € de revenu net imposable, et aucun dispositif d’allègement n’existe pour les revenus d’activité : les articles 60-I et 76 ne visent que les pensions et rentes viagères.
- Le résident de France qui achète un riad pour le louerLa convention du 29 mai 1970 ne vise pas les impositions sur la fortune : le bien entre dans l’assiette française pour sa valeur vénale, sans exonération, sans crédit d’impôt et sans taux effectif, et le Maroc ne prélevant pas d’impôt sur la fortune, il n’existe rien à imputer. Un couple à 1 150 000 € d’actifs taxables franchit le seuil avec un riad de 232 673 €.
- L’épargnant qui n’a pas fini de constituer son patrimoineL’article 1er de l’Instruction générale des opérations de change soumet à autorisation toute opération non expressément prévue, et la section consacrée aux investissements à l’étranger des personnes physiques est limitative. Verser depuis le Maroc sur une assurance-vie, un plan d’épargne en actions ou un compte-titres français n’y figure pas. Ce n’est pas une interdiction frontale : c’est une demande à formuler, dont l’issue n’est pas garantie.
Sur les douze dossiers chiffrés de notre guide, quatre se concluent par un refus, et ce ne sont pas seulement les plus modestes : l'un d'eux concerne un couple qui déclare déjà 1 150 000 € d'actifs immobiliers taxables. Un cinquième conclut « non, pas maintenant » sur une cession de cinq millions d'euros, ce qui est un verdict d'ordre des opérations et non de destination. Le chapitre du guide consacré aux douze dossiers donne le détail de chaque calcul, avec ses hypothèses et son cours de change.
Nos 8 expertises pour la gestion de patrimoine d'expatrié au Maroc
du chiffrage de la pension au retour en France
Une approche qui couvre tout le cycle : les trois étages de l'imposition de la pension, le curseur du prorata, le contrôle des changes qui décide de la faisabilité, le rapatriement d'un prix de revente, la résidence fiscale au regard de deux droits internes et d'une convention, l'année du départ et l'exit tax, le patrimoine conservé en France, les enveloppes françaises, la succession, la préparation du retour. Deux sujets méritent d'être lus en entier avant toute décision : la chaîne de calcul de la pension, étage par étage et ce que le contrôle des changes autorise et interdit.
La même pension de 40 000 €,
quatre positions du curseur
Pension brute annuelle de 40 000 €, convertie au cours de 1 EUR = 10,7447 MAD publié par Bank Al-Maghrib le 7 août 2026, soit 429 788 dirhams. Abattement de l'article 60-I : 70 % sur les 168 000 premiers dirhams et 40 % sur le surplus, soit 222 315 dirhams. Revenu net imposable : 207 473 dirhams. Impôt au barème de l'article 73-I : 49 365 dirhams. C'est ensuite que le curseur joue, et lui seul. L'abattement est acquis dans les quatre colonnes.
Le curseur vaut 3 675 € par an sur cette seule pension — c'est l'écart entre le transfert intégral et l'absence de transfert définitif. Il ne s'agit pas d'un choix binaire : le texte vise « la fraction de l'impôt correspondant aux sommes transférées », et la direction générale des impôts en donne la formule dans sa note circulaire n° 717, aux pages 434 et 435 — impôt dû, multiplié par le rapport des sommes transférées au montant brut de la pension, multiplié par 80 %. Le dénominateur est le brut, non le net imposable.
Deux remarques qui déplacent l'arbitrage. La première : le compte payeur n'est pas le critère. Quatre canaux ouvrent droit à la réduction — le virement direct au crédit d'un compte en dirhams non convertibles, le retrait définitif en dirhams non convertibles depuis un compte convertible, les mandats postaux expédiés en devises par la caisse de retraite et convertis par les services postaux marocains, et les retraits en dirhams ordinaires effectués au Maroc au moyen d'une carte de crédit étrangère. Un retraité sans aucun compte marocain n'est donc pas privé de la réduction. Ce qui ne compte pas, c'est le solde laissé sur un compte en devises ou en dirhams convertibles. La seconde : la contrepartie se chiffre. Tout ce qui est rendu définitif devient un avoir sans caractère transférable, et ne ressort qu'à hauteur de 50 000 dirhams par personne et par année entière de séjour continu.
Le plafond de 168 000 dirhams n’a pas bougé depuis 2015
L’abattement est à deux étages sur une même pension : 70 % sur la fraction du brut annuel qui ne dépasse pas 168 000 dirhams, 40 % au-delà. Publier l’un sans l’autre fausse tout chiffrage. Ce plafond représente environ 15 635 € de pension brute annuelle au cours du 7 août 2026, et il n’a pas été revalorisé depuis 2015 : l’inflation érode lentement la portée du taux de 70 %, et un retraité dont la pension progresse voit mécaniquement sa fraction à 40 % grossir.
Le barème marocain monte vite, et c’est ce qui piège les actifs
La tranche exonérée s’arrête à 40 000 dirhams et le taux marginal de 37 % s’applique au-delà de 180 000 dirhams de revenu net imposable, soit 16 752 €. Sur une pension, l’abattement de l’article 60-I compense largement cette progressivité ; sur un revenu d’activité, rien ne la compense. La loi de finances 2025 a ramené ce taux marginal de 38 % à 37 % et porté la tranche exonérée à 40 000 dirhams : la réforme aide, elle ne renverse pas la comparaison.
L’impôt marocain est individuel, et il faut le calculer tête par tête
Il ne connaît pas le foyer fiscal. Deux conjoints qui perçoivent chacun une pension déposent chacun sa déclaration, et additionner les deux dans une base unique surestime la charge : on perd un abattement de 70 % sur 168 000 dirhams et un passage complet dans les tranches basses. Sur 90 000 € de pensions cumulées, la différence entre les deux méthodes de calcul est loin d’être théorique. La déduction pour charges de famille est de 600 dirhams par personne, plafonnée à 3 600 dirhams depuis la loi de finances 2026.
Depuis le 1er janvier 2026, les pensions servies par les régimes de retraite de base marocainssont totalement exonérées d'impôt sur le revenu au Maroc, et la loi de finances 2026 y a ajouté les pensions versées par la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite dans le cadre de contrats d'assurance retraite complémentaire de groupe. La presse marocaine a titré sur « l'exonération des retraites », des sites d'expatriation l'ont repris tel quel, et un lecteur français en conclut naturellement que sa pension sera nette d'impôt. La liste de l'article 59-II-A à laquelle renvoie l'exonération est exclusivement marocaine, texte par texte : régime des pensions civiles, régime des pensions militaires, régime collectif d'allocation de retraite, régime de sécurité sociale, et régimes des organismes marocains de retraite. Une pension française n'entre dans aucune de ces catégories.
L'exclusion n'est pas un effet de bord de rédaction : elle est délibérée. Le code marocain vise expressément les régimes de retraite étrangers, mais à l'article 59-II-B, que l'article 57-27° ne reprend pas. Deux précisions jouent en revanche en votre faveur, et méritent d'être connues d'un couple mixte. Il n'y a pas d'effet de taux effectif : une pension marocaine exonérée n'est pas prise en compte dans la base imposable du contribuable disposant d'autres revenus, de sorte qu'elle ne pousse pas la pension française dans les tranches hautes du barème. Et la dispense de déclaration de l'article 86-7° est étroite : elle vise les contribuables disposant uniquement de pensions exonérées. Un retraité qui perçoit aussi une pension étrangère reste tenu de déclarer.
Hagnéré Patrimoine pour les Français à
Casablanca, Marrakech, Rabat, Tanger et Agadir
Le dossier ne change pas de nature d'une ville à l'autre — le code général des impôts marocain est national, et l'Instruction générale des opérations de change aussi. Ce qui change, c'est la question qui décide : le statut Casablanca Finance City à Casablanca, le curseur du prorata et le seuil d'impôt sur la fortune immobilière à Marrakech, la particularité conventionnelle des pensions publiques à Rabat, la profondeur du système de soins sur le littoral. Nous ne publions aucun prix au mètre carré : le référentiel des prix de la direction générale des impôts n'a pas été ouvert dans notre travail de sourçage, et aucune statistique publique de rendement locatif n'a été retrouvée.
Casablanca
Dirigeants et cadres, et un statut qui ne vaut plus ce qu’on en dit
La capitale économique concentre les dossiers de dirigeants de filiales, de cadres et de créateurs de sociétés de services, et c’est là que le statut Casablanca Finance City est le plus souvent invoqué. Il faut le dire sans détour : le taux de 20 % applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2026 est exactement le taux de droit commun de l’article 19-I-A. Une société sortie de sa période d’exonération et une société marocaine ordinaire supportent le même impôt sur les sociétés, et toute présentation qui annonce 8,75 %, 15 % ou 18,75 % pour un exercice 2026 décrit un droit abrogé. Ce qui subsiste, et qui reste réel : l’exonération quinquennale, l’exclusion du taux majoré de 35 % au-delà de 100 000 000 de dirhams de bénéfice net — environ 9,31 millions d’euros —, et surtout le taux libératoire de 20 % sur les salaires, pour dix ans au maximum, rendu portable et fractionnable par la loi de finances 2026. Cet avantage-là n’est favorable qu’au-delà d’environ 240 000 dirhams de salaire brut annuel, et il exclut les salariés des établissements de crédit et des entreprises d’assurances.
Marrakech
Retraités et riads : le curseur du prorata, et le seuil d’IFI
Deux dossiers dominent ici, et ils obéissent à des logiques opposées. Le retraité installé à l’année arbitre le curseur de l’article 76 : quelle fraction de sa pension il rend définitive, donc quelle fraction de l’impôt bénéficie de la réduction de 80 %, et quelle fraction de son épargne devient un avoir sans caractère transférable. Le résident de France qui achète un riad pour le louer fait, lui, une opération que nous déconseillons le plus souvent : la convention du 29 mai 1970 ne vise pas les impositions sur la fortune, le bien entre dans l’assiette française pour sa valeur vénale sans exonération ni crédit d’impôt, et le Maroc ne prélevant pas d’impôt sur la fortune, il n’existe aucun impôt marocain à imputer. Un couple qui déclarait 1 150 000 € d’actifs taxables passe à 1 382 673 € avec un riad de 232 673 € : le bien déclenche l’assujettissement. Nous ne publions aucun prix au mètre carré : le référentiel des prix de la direction générale des impôts n’a pas été ouvert dans notre travail de sourçage, et les valeurs de marché citées en ligne ne sont pas vérifiables.
Rabat
Fonction publique et binationaux : deux particularités favorables
Rabat concentre les dossiers de retraités de la fonction publique et de binationaux franco-marocains, et la convention leur réserve à chacun une surprise. Pour le premier : l’article 18 bis, introduit par l’avenant du 18 août 1989, réserve à l’État payeur les rémunérations publiques « autres que les pensions ». L’incise renvoie les pensions à l’article 17, qui attribue l’imposition à l’État du domicile, et la doctrine française ne distingue pas selon le caractère public ou privé. Le Maroc impose donc seul, ce qui est une particularité de cette convention par rapport au modèle OCDE et joue en faveur du contribuable — un retraité de l’hôpital, de l’enseignement ou de la fonction publique territoriale doit le faire confirmer par écrit avant toute autre analyse, parce que la plupart des conventions disent l’inverse. Pour le second : la nationalité marocaine ouvre des voies que le droit des changes réserve, et la loi 63-14 traite du stock d’avoirs détenus à l’étranger par un binational qui rentre au Maroc. Sur un dossier de 36 000 € de pension, le gain fiscal ressort à 4 786 € par an.
Tanger, Agadir et Essaouira
Le littoral, et la question de santé qui se pose ville par ville
Tanger vit de son port et de ses zones d’activité, Agadir et Essaouira de leurs retraités et de leur climat. Sur ces trois villes, la question qui décide n’est presque jamais fiscale. Elle est sanitaire, et elle se pose au niveau de la ville, pas du pays : l’assurance maladie obligatoire marocaine rembourse sur un tarif national de référence et non sur la dépense réelle, de sorte que le reste à charge n’est pas le complément du taux affiché mais l’écart entre le prix payé dans le secteur privé urbain et un pourcentage appliqué à un tarif administré. Le ministère de la Santé ramène les paiements directs des ménages à 38 % de la dépense totale de santé, contre 45,6 % en 2018, quand l’Organisation mondiale de la santé recommande un plafond de 25 %. S’y ajoute la couverture volontaire, dont le coût est loin d’être marginal sur les petites pensions : quatre barèmes ont été publiés en quinze mois, et une formule qui exclut les soins reçus en France ne se compare pas à une formule qui les couvre.
Ce que nous publions en matière de marché tient en une ligne, et elle corrige une idée reçue : le recul de 40,2 % des transactions dont on a beaucoup parlé n'est pas un effondrement du marché, c'est un artefact du délai d'immatriculation, l'indice ne comptant que les ventes effectivement inscrites à la conservation foncière sur la période. Une variation d'un trimestre ne se lit pas comme une variation de prix, et nous n'en tirons aucun conseil.
Le prélèvement français et le régime marocain
les règles que nous appliquons
Nos arbitrages s'appuient sur la convention fiscale France-Maroc du 29 mai 1970 et son avenant du 18 août 1989, sur le code général des impôts marocain dans son édition 2026, sur les notes circulaires n° 717, n° 736 et n° 737 de la direction générale des impôts, sur l'Instruction générale des opérations de change 2026 et, côté français, sur le code général des impôts et le code de la sécurité sociale dans leurs rédactions en vigueur. Ce que la France continue de prélever malgré tout cela est développé dans notre chapitre sur le patrimoine resté en France.
Les postes qui survivent au départ
Trois faits distincts, à manier séparément: le Maroc est un État tiers, ni Union européenne ni Espace économique européen, ce qui ferme certains mécanismes rédigés en termes d'espace européen — le taux réduit de prélèvements sociaux, la dispense de représentant fiscal — mais n'emporte aucune conséquence automatique sur le sursis d'exit tax, qui dépend de clauses conventionnelles et non du statut ; la convention de 1970 couvre les impôts sur le revenu et, dans son chapitre II, les droits d'enregistrement et de timbre, mais le mot « fortune » n'apparaît nulle part dans ses vingt-cinq pages ; et il n'existe pas de convention successorale générale franco-marocaine, l'article 26 § 3 étant la seule stipulation en la matière.
Ce que le Maroc impose, et ce qu'il ne connaît pas
Une réserve de méthode que nous tenons: nous n'écrivons pas que le taux de 80 % n'a jamais changé. Nous écrivons qu'aucune modification n'est tracée par l'édition 2026 du code général des impôts marocain ni par les quatre lois de finances 2023 à 2026 lues au Bulletin officiel, et que les rédactions des éditions 2023 et 2026 sont identiques mot pour mot. L'inférence « pas de note de bas de page, donc pas de modification » n'est pas fiable, et nous en avons le contre-exemple : la note qui accompagne le taux marginal de 37 % renvoie à une loi de finances qui avait institué 38 %. L'histoire de l'abattement de l'article 60-I antérieure à 2020 reste à établir, et nous ne publions donc aucun tableau historique.
« Pour la détermination du revenu net imposable en matière de pensions et rentes viagères, il est appliqué sur le montant brut imposable desdites pensions et rentes […] un abattement forfaitaire de : 70 % sur le montant brut qui ne dépasse pas annuellement 168 000 dirhams ; 40 % pour le surplus. »
« Les contribuables ayant au Maroc leur domicile fiscal au sens de l'article 23 ci-dessus et titulaires de pensions de retraite ou d'ayants cause de source étrangère, bénéficient dans les conditions prévues à l'article 82-III ci-dessous, d'une réduction égale à 80 % du montant de l'impôt dû au titre de leur pension et correspondant aux sommes transférées à titre définitif en dirhams non convertibles. »
Articles 60-I et 76 du code général des impôts marocain, édition 2026— lus côte à côte, ces deux textes rendent impossible la formule « abattement de 80 % ». Le premier ne dit jamais 80 % ; le second ne dit jamais abattement, ne vise pas la pension mais l'impôt, et porte sa condition en toutes lettres. La direction générale des impôts emploie d'ailleurs le mot « atténuation » pour désigner la réduction de l'article 76 : si l'on cite ce passage, on conserve son mot, sans le remplacer par « abattement ».
Deuxième point, sur la condition elle-même. Le terme légal est « dirhams non convertibles », et non « non transférables » comme on le lit souvent. Le mot n'est pas indifférent : la convertibilité est un régime défini par l'Instruction générale des opérations de change, qui organise nommément des comptes en dirhams convertibles distincts des comptes en dirhams ordinaires. La contre-valeur doit être portée au crédit d'un compte ordinaire, et l'administration marocaine est explicite : « les transferts effectués à un compte en dirhams convertibles n'ouvrent pas droit à l'atténuation ». Le détail de cette articulation figure au chapitre du guide consacré aux pensions.
Le contrôle des changes décide de la faisabilité,
et il se traite avant la fiscalité
C'est le point le plus sous-estimé du dossier marocain, et c'est celui sur lequel les conséquences sont les plus irréversibles. L'Instruction générale des opérations de change, entrée en vigueur le 1er janvier 2026 dans son édition la plus récente, compte 256 articles en six chapitres. Son article 1erpose une règle de structure que presque personne n'écrit : toute opération non expressément prévue est soumise à autorisation de l'Office des changes. C'est une liste positive, et le silence n'y vaut pas liberté.
Le statut de résident ne se choisit pas, et il ne suit pas la convention
Pour une personne physique, l’Instruction définit le résident comme la « personne physique marocaine ou étrangère considérée comme résidente au sens de la législation fiscale en vigueur ». Le renvoi vise la loi marocaine, l’article 23 du code général des impôts marocain, et non l’article 2 de la convention franco-marocaine. On peut donc être résident de change au Maroc tout en restant domicilié en France au sens conventionnel, ou l’inverse : c’est ce décalage-là qu’il faut exposer, et non une prétendue divergence entre statut fiscal et statut de change, qui n’existe pas. Ce renvoi n’est pas une nouveauté de 2026 : il figure à l’identique dans les éditions 2022 et 2024.
Ce qui se perd le jour de l’installation, et ne se retrouve pas
Le compte convertible à terme, réservé aux non-résidents, est le véhicule qui permet de faire sortir le produit d’une cession en quatre tranches annuelles de 25 %. Le jour où l’on devient résident fiscal marocain, on bascule automatiquement dans la catégorie « résident » au regard des changes et on le perd. Ce n’est pas un choix, c’est un effet du déménagement, et il commande tout le régime de sortie d’un prix de revente. Ce qui ne se perd pas, en revanche : le droit d’ouvrir un compte en devises ou en dirhams convertibles, l’Instruction l’autorisant expressément au nom des personnes physiques étrangères résidentes ou non-résidentes. Le critère y est la nationalité, pas la résidence.
Le rapatriement d’un prix de revente dépend du financement de l’achat
Sept modes de financement ouvrent droit à la convertibilité, et tous ne sont pas des entrées de devises. À défaut, le produit de cession est mis à disposition en dirhams ordinaires. Le corpus francophone s’arrête là et écrit « impasse ». Il tronque le texte juste avant le mot qui le renverse : les paiements au titre des cessions d’investissements étrangers au Maroc peuvent être effectués directement à l’étranger lorsque la cession est faite par une personne de nationalité étrangère au profit d’une personne de nationalité étrangère ou d’un Marocain résidant à l’étranger, l’acquéreur héritant du statut de non-convertibilité. Facteur de décote et marché de revente plus étroit, non impasse.
La facilité de deux millions de dirhams ne sort pas un capital
Elle est ouverte aux personnes physiques étrangères résidentes détenant un investissement au Maroc depuis au moins dix ans et dépourvues des justificatifs de financement en devises, et on la présente couramment comme « la voie de sortie ». Le texte opérant est plus restrictif que le préambule de l’Instruction, qui est rédigé en style de communiqué : le montant à régler doit porter sur les revenus générés par cet investissement au titre du dernier exercice clos précédant l’année de transfert, déduction faite des impôts et taxes dus au Maroc, dans la limite de deux millions de dirhams par an. Elle ne couvre ni un prix de vente, ni un capital.
Transférer ses loyers : quatre pièces, et une échéance de fin avril
Le transfert des loyers est libre en montant et en durée, quel que soit le mode de financement. Mais le règlement bancaire est subordonné à la production de quatre pièces : le certificat de propriété ; un contrat de bail ayant date certaine — ce qui exclut le bail verbal et le bail sous seing privé non légalisé — couvrant la période et faisant ressortir le montant des loyers ; les justificatifs de financement en devises, ou à défaut la preuve d’une détention d’au moins dix ans ; et les justificatifs du paiement des impôts et taxes de l’année précédente, à remettre à la banque avant fin avril. Un bailleur qui ne déclare pas ses loyers au Maroc ne pourra pas les rapatrier.
La sortie définitive, et le décès : 50 000 dirhams par année de séjour
Ce qui a été transféré à titre définitif pour obtenir la réduction de l’article 76, et tout ce que ces sommes ont financé au Maroc, devient un avoir sans caractère transférable. Au départ définitif d’une personne de nationalité étrangère, comme au décès au profit d’ayants droit non-résidents de nationalité étrangère ne disposant pas de la nationalité marocaine, le transfert est plafonné à 50 000 dirhams maximum par année entière de séjour continu, soit environ 4 653 €. Un couple installé quinze ans ne fait ressortir à ce titre que 750 000 dirhams par personne. Le dossier exige quitus fiscal, attestation de changement de résidence et attestation de radiation consulaire.
Alimenter une assurance-vie, un plan d'épargne en actions ou un compte-titres français depuis le Maroc n'est prévu par aucune disposition de l'Instruction.
La section consacrée aux investissements à l'étranger des personnes physiques est limitative : elle ne connaît que la participation de salariés au capital de la société mère étrangère et les actions de garantie d'administrateurs. Combinée à l'article 1er, qui soumet à autorisation toute opération non expressément prévue, la conséquence est nette. Ce n'est pas une interdiction frontale : c'est une demande à formuler à l'Office des changes, dont l'issue n'est pas garantie et dont nous n'avons pas de pratique publiée. Un lecteur qui a bâti une stratégie de versements programmés doit régler ce point avantde partir, et c'est, pour un épargnant de moins de soixante-dix ans, le motif objectif le plus solide de préférer une destination de l'Union européenne.
Ce qui sort en revanche sans plafond de capital, et qu'il ne faut pas confondre avec ce qui précède : les flux de revenus — loyers, revenus du travail et pensions de retraite perçues au Maroc par une personne de nationalité étrangère. Le verrou porte sur les avoirs constitués, pas sur les revenus courants. Le chapitre du guide consacré aux transferts et aux devises reprend chaque canal, avec l'article et les pièces exigées.
Notre réseau d'experts
au Maroc
Un dossier marocain ne se traite pas depuis un seul bureau. Il mobilise cinq métiers distincts sur place, chacun sur un acte précis, et personne ne fait le travail d'un autre. Le point de départ est une limite que nous posons nous-mêmes : Hagnéré Patrimoine n'a ni bureau ni agrément au Maroc et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit marocain. Cette matière relève d'un professionnel agréé sur place, que le client mandate lui-même, et nous organisons cette mise en relation depuis la France. Chacun intervient sous sa propre lettre de mission ; le cabinet ne prescrit aucun intervenant et n'en tire aucune rémunération.
Avocats fiscalistes franco-marocains
Ce sont eux qui tranchent ce que nous ne trancherons pas, et la liste des questions ouvertes est nommée dans notre registre. La première porte sur l’ordre d’imputation entre la réduction de l’article 76, qui est catégorielle, et la déduction pour charges de famille de l’article 74, qui est globale : le dénominateur du prorata en dépend. La deuxième vise la « portée similaire » à la directive 2010/24/UE qu’exige le IV de l’article 167 bis du code français pour le sursis d’exit tax, l’article 29 de la convention comportant deux restrictions absentes de la directive. La troisième porte sur la qualification marocaine des arbitrages internes d’un plan d’épargne en actions, et la quatrième sur celle d’une sortie en capital d’un plan d’épargne retraite. La question leur parvient cadrée côté français, avec l’incidence chiffrée de chaque lecture et les pièces réunies. Sur les points les plus lourds, nous recommandons de solliciter une position écrite plutôt que de se contenter d’un avis oral.
Experts-comptables et conseils fiscaux marocains
Le conseil fiscal marocain porte la liquidation locale, et il porte surtout un calendrier que personne ne rappelle. La déclaration du revenu global emporte la pension et les loyers, et l’article 84 bis impose depuis le 1er janvier 2026 une déclaration annuelle spécifique des revenus et profits de capitaux mobiliers de source étrangère. Deux points d’attention qui coûtent cher lorsqu’ils sont manqués. Le premier : l’impôt marocain est individuel, deux conjoints déposent chacun leur déclaration, et les attestations de l’article 82-III se réunissent par conjoint. Le second : un bailleur qui loue à un particulier n’a pas de tiers payeur, donc pas d’option pour le taux libératoire de 20 %, et doit déclarer et payer spontanément — faute de quoi il se retrouvera à la banque dans l’impossibilité de transférer ses loyers, l’Instruction exigeant les justificatifs de paiement des impôts de l’année précédente avant fin avril.
Notaires, adoul et avocats agréés
Trois professions peuvent recevoir l’acte, et elles n’ont ni le même statut ni le même office. Le notaire exerce dans le cadre de la loi n° 32-09 relative à l’organisation de la profession. L’adoul est un officier public de droit musulman, régi par la loi n° 16-03, qui dresse des actes authentiques en arabe, traditionnellement à deux. L’avocat agréé près la Cour de cassation peut établir un acte à date certaine. Nous ne dirons pas ce que dit tout le corpus francophone, à savoir que l’acte adoulaire coûterait 1 % au lieu de 4 % : ce montage n’existe pas, le taux de 1 % frappant les actes d’adoul qui confirment des conventions passées sous une autre forme. Ce qui est objectivement établi tient à la langue et à la pratique : l’acte notarié peut être établi en version bilingue. Deux points se vérifient avant l’engagement : la rédaction en vigueur du texte sur la forme du compromis de vente, et le délai de trois mois pour requérir l’inscription foncière, assorti d’une pénalité.
Agents immobiliers et professionnels de la transaction
Leur valeur n’est pas de trouver un bien, c’est de dire ce qu’un bien vaut là où il est et ce que sa situation juridique autorise. Trois vérifications ne se délèguent pas au vendeur. Le titre d’abord : un bien immatriculé et un bien détenu par acte de possession dressé par des adoul n’offrent pas la même sécurité, et la conversion n’est ni automatique ni gratuite. La prénotation ensuite, qui protège l’acquéreur entre le compromis et l’inscription définitive, et dont l’abus est puni d’une amende d’au moins 10 % de la valeur de l’immeuble. Le profil de l’acquéreur futur enfin, parce qu’il décide de la sortie : si l’acquisition n’a pas été financée par un mode ouvrant droit à la convertibilité, la revente ne pourra se régler directement à l’étranger qu’au profit d’une personne de nationalité étrangère ou d’un Marocain résidant à l’étranger. Cela rétrécit le marché de revente, et cela se paie en prix.
Conseils en immigration et séjour
L’essentiel du parcours est administratif plutôt que juridique, et il s’enchaîne dans un ordre où chaque étape conditionne la suivante sans qu’aucune n’ait de délai garanti. Un point mérite d’être connu avant le départ et non après : le décret sur le séjour subordonne certaines situations à la justification d’une couverture santé, ce qui vise directement le lectorat retraité. La couverture elle-même n’est pas un détail budgétaire : quatre barèmes de la caisse volontaire ont été publiés en quinze mois, et une formule qui exclut les soins reçus en France ne se compare pas à une formule qui les couvre — 492 € par trimestre contre 867 € entre 65 et 69 ans. Enfin, la sortie se prépare aussi : le dossier de transfert des avoirs au départ définitif exige quitus fiscal, attestation de changement de résidence et attestation de radiation consulaire.
Hagnéré Patrimoine, depuis la France
Nous restons votre interlocuteur unique, et nous accompagnons depuis la France, en français. Nous posons la question dans les termes du droit français, relisons la réponse à cette aune et arbitrons quand deux avis se contredisent. Notre règle de cadrage tient en une ligne : sur un dossier marocain, l’erreur porte presque toujours sur l’étage du calcul où joue la règle, pas sur le chiffre lui-même. Un taux exact appliqué au mauvais étage est une faute de conseil, et « abattement de 80 % » en est l’exemple canonique. Nous appliquons trois règles de sourçage que nous vous invitons à exiger de tout conseil : citer le texte et non le préambule, parce que le préambule de l’Instruction générale des opérations de change est une liste de nouveautés rédigée en style de communiqué ; ne jamais présenter une note administrative comme une garantie ; et dater chaque conversion en euros de son cours et de sa source.
Tous les dossiers n'ont pas besoin des cinq.
Un retraité qui loue un an avant d'acheter n'a besoin ni d'un notaire ni d'un agent immobilier la première année, et mobiliser un réseau entier là où deux interlocuteurs suffisent est une dépense, pas une sécurité. En revanche, trois configurations appellent un professionnel établi sur place sans aucune discussion possible : une acquisition immobilière, une succession à préparer, et une cession de titres dans les dix-huit mois. Ce sont elles qui portent les points que nous refusons de trancher, comme l'établit le chapitre du guide consacré aux successions franco-marocaines.
L'angle Hagnéré sur une installation au Maroc
Notre conviction après avoir chiffré ces dossiers des deux côtés : le taux n'est pas le sujet. Ce qui décide, c'est l'étage du calcul où la règle joue, le régime de change, et la date. Trois piliers, dans cet ordre.
Le texte avant le slogan
Nous n’instruisons pas « l’avantage fiscal marocain », nous instruisons l’article 60-I, puis l’article 73-I, puis l’article 76, dans cet ordre et sans en fusionner deux. Le premier est un abattement d’assiette de 70 % puis 40 %, sans condition. Le deuxième est un barème dont le taux marginal de 37 % s’atteint dès 180 000 dirhams de revenu net imposable. Le troisième est une réduction du montant de l’impôt, conditionnée et proratisée. Sur une pension de 40 000 €, la chaîne complète donne 919 € et un taux effectif de 2,30 % ; la formule « abattement de 80 % » en fait calculer trois fois plus. Nous publions le cours de change retenu et sa date à chaque conversion, parce qu’un barème libellé en dirhams face à une pension en euros déplace le résultat de 7 % pour 7 % de variation.
Le change avant l’impôt
L’ordre est contre-intuitif et il est décisif, parce que les décisions de change sont les seules qui ne se rattrapent pas. Le compte convertible à terme se perd le jour où l’on devient résident fiscal marocain : ce n’est pas un choix, c’est un effet automatique. Le rapatriement du produit d’une revente dépend de la façon dont l’acquisition a été financée, et cette question se pose avant l’achat, pas à la revente. Ce qui est transféré à titre définitif pour obtenir la réduction devient un avoir sans caractère transférable, plafonné à 50 000 dirhams par personne et par année entière de séjour à la sortie. Nous chiffrons donc l’arbitrage dans les deux sens, avantage fiscal d’un côté, capital immobilisé de l’autre, avant de recommander une position du curseur.
Ce que nous ne trancherons pas, et à qui nous le confions
Notre socle documentaire a été soumis à deux passes de contre-vérification adversariale avant écriture, et il laisse des points ouverts que nous nommons plutôt que de les arbitrer : l’ordre d’imputation entre la réduction de l’article 76 et la déduction pour charges de famille, la « portée similaire » à la directive 2010/24/UE qui commande le sursis d’exit tax, la qualification marocaine des arbitrages internes d’un plan d’épargne en actions, celle d’une sortie en capital d’un plan d’épargne retraite, et la controverse française entre 17,2 % et 18,6 % de prélèvements sociaux. Nous exposons les lectures en présence avec leur incidence chiffrée, nous publions la position que nous retenons et sa date, puis nous confions le reste à des avocats et à des conseils fiscaux établis au Maroc.

Votre riad entre dans votre assiette française, sans aucune protection
La conversation se déroule toujours de la même façon. « J'achète à Marrakech, je suis encore résident de France pour six ou sept ans, et le Maroc n'a pas d'impôt sur la fortune : il n'y a rien à déclarer, si ? » Si. La doctrine française l'écrit sans détour : « La convention fiscale franco-marocaine du 29 mai 1970 ne vise pas les impositions sur la fortune. Par conséquent, les règles de droit interne concernant l'impôt sur la fortune immobilière s'appliquent sans restriction » . Le bien entre dans l'assiette pour sa valeur vénale, sans exonération, sans crédit d'impôt et sans taux effectif. Et comme le Maroc ne prélève pas d'impôt sur la fortune, il n'existe aucun impôt marocain à imputer. Le mot « fortune » n'apparaît nulle part dans les vingt-cinq pages du texte consolidé de la convention.
- Le seuil d’assujettissement est de 1 300 000 € de valeur nette taxable, et il se franchit avec le bien marocain, pas malgré lui : un couple qui déclarait 1 150 000 € passe à 1 382 673 € avec un riad de 232 673 €
- Le bien ne rend donc pas seulement sa propre valeur taxable, il déclenche l’assujettissement — et fait entrer dans l’assiette la totalité du patrimoine immobilier français jusque-là hors champ
- Le coût public d’acquisition d’un local construit est d’au moins 5,5 % du prix : 4 % de droits d’enregistrement, 1,5 % de droit ad valorem de conservation foncière, un droit fixe et des droits de timbre de 20 dirhams par feuille
- Il passe à 7,5 % si le droit d’enregistrement supplémentaire de 2 % sur les paiements non tracés s’applique, mesure entrée en vigueur le 1er juillet 2026 pour les prix supérieurs à 300 000 dirhams
- À la revente, le minimum d’imposition est de 3 % du prix de cession, dû même en l’absence de profit : 84 000 dirhams sur une cession à 2 800 000 dirhams, soit 7 818 €
- Les honoraires du notaire ne sont pas chiffrés sur cette page : le projet de décret fixant le barème a été adopté en conseil de gouvernement, mais aucun barème en vigueur n’a pu être établi. À faire préciser par écrit avant signature
Le rendement locatif affiché ne survit pas à l'examen sur ce profil, et il faut savoir pourquoi. Un propriétaire qui loue à un particulier n'a pas de tiers payeur, donc pas d'option pour le taux libératoire de 20 % : il relève du barème après abattement de 40 %, ce qui donne 14 720 dirhams d'impôt sur 180 000 dirhams de loyers, soit 8,18 % du brut. Une variante change tout, et c'est un argument de calendrier, pas de produit : acheter après être devenu résident fiscal marocain, et pour y vivre. Le bien sort alors de l'assiette française, qui ne frappe le résident du Maroc que sur ses actifs immobiliers situés en France, et la revente est exonérée de taxe sur les profits immobiliers après cinq ans d'occupation continue — cinq ans, non six —, sous réserve du minimum de 3 % sur la fraction du prix qui dépasse 4 000 000 de dirhams.
Une fois installé au Maroc, la France ne vous impose plus que sur vos actifs français
La symétrie est favorable, et elle est rarement écrite dans le bon sens. Le résident du Maroc n'est redevable de l'impôt français sur la fortune immobilière que sur ses actifs immobiliers situés en France, fraction immobilière française des parts de sociétés comprise. Un riad, une villa d'Essaouira, un terrain à Agadir sortent de l'assiette le jour où le domicile bascule. Le même actif, acheté deux ans plus tard et dans un autre statut, n'a pas le même coût : c'est la raison pour laquelle nous demandons systématiquement la date envisagée du transfert de domicile avant de commenter un projet d'acquisition.
Deux corrections empêchent de surcorriger. La première: sortir de l'assiette française ne fait entrer dans aucune assiette marocaine, puisque le Maroc ne prélève pas d'impôt sur la fortune — mais cela ne dispense pas des impôts locaux, dont le traitement des non-résidents au regard de l'abattement de la loi sur la fiscalité des collectivités locales n'est pas établi par nos sources et que nous ne chiffrons donc pas. La seconde: le basculement de domicile a un prix que le calendrier ne montre pas. Le jour où l'on devient résident fiscal marocain, on bascule automatiquement dans la catégorie « résident » au regard des changes et l'on perd l'accès au compte convertible à terme, qui est la voie de sortie en quatre tranches annuelles de 25 % du produit d'une cession. Acheter en tant que non-résident et revendre en tant que résident, c'est changer de régime de sortie en cours de détention.
Le plan d'épargne en actions survit au départ, et perd sa raison d'être
C'est le paradoxe le plus utile à comprendre avant de partir. Le plan ne se clôture pas du fait du transfert de domicile, et ses gains sortent du champ de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux français. C'est précisément ce qui lui retire son intérêt : l'avantage du plan est une exonération française, et un non-résident n'a plus rien à exonérer côté français. Reste le traitement marocain, et il n'est pas tranché : la qualification des arbitrages internes au plan — ventes de titres à l'intérieur de l'enveloppe, sans retrait ni encaissement — n'a pas de réponse publiée que nous ayons pu établir. Nous provisionnons l'hypothèse défavorable, celle d'une imposition événement par événement, et nous portons la question à un conseil fiscal établi au Maroc avant tout ordre.
Le point le plus coûteux ne tient toutefois ni au plan ni à l'assurance-vie : il tient au fait de ne plus pouvoir alimenter quoi que ce soit. L'article 1erde l'Instruction générale des opérations de change soumet à autorisation toute opération qui n'y est pas expressément prévue, et la section consacrée aux investissements à l'étranger des personnes physiques est limitative : elle ne connaît que la participation de salariés au capital de la société mère étrangère et les actions de garantie d'administrateurs. Verser depuis le Maroc sur une assurance-vie, un plan d'épargne en actions ou un compte-titres français n'y figure pas. Ce n'est pas une interdiction frontale, c'est une demande à formuler dont l'issue n'est pas garantie — et un épargnant qui a bâti une stratégie de versements programmés doit régler ce point avant de partir, jamais après.
- Un plan d’épargne retraite ne se déduit pas de son nom : la qualification marocaine d’une sortie en capital n’est pas tranchée par nos sources, et la forme rente ou capital doit être arbitrée avant le transfert de domicile, pas après
- L’article 84 bis du code général des impôts marocain impose depuis le 1er janvier 2026 une déclaration annuelle spécifique des revenus et profits de capitaux mobiliers de source étrangère
- Les dividendes de source française sont exemptés de retenue en France sur imprimé n° 5000-SD visé par l’administration marocaine, puis taxés au Maroc au taux libératoire de 15 % sur le brut
- Les profits de cession de valeurs mobilières étrangères relèvent au Maroc de 20 % sur le profit brut : c’est l’assiette brute qu’il faut retenir, pas le net après frais
- L’obligation déclarative française des comptes et contrats détenus à l’étranger, formulaire 3916, ne s’éteint pas avec la résidence marocaine : elle se traite avant le retour, pas après
- Comme tout support en unités de compte, une enveloppe d’assurance comporte un risque de perte en capital, supporté par le souscripteur
- Nous ne nommons aucun établissement financier : le choix des supports relève d’une recommandation écrite, remise après étude et non avant
5 profils, 5 stratégies
Veuve à 1 250 € par mois pour qui l'arbitrage est négatif avant le premier billet d'avion, couple à 90 000 € de pensions dont le bon montage n'est ni tout convertir ni rien convertir, couple mixte exposé au domicile scindé, consultant indépendant que le barème marocain rattrape, dirigeant qui veut partir avant de céder : les mêmes textes produisent des résultats opposés selon la nature du revenu et la date. Ces cas illustrent, à but pédagogique, les dossiers que nous traitons.
Cas pédagogiques.Les prénoms, montants et stratégies présentés ci-dessous sont des illustrations pédagogiques inspirées des situations que nous accompagnons. Aucun client réel n'y est identifiable. Les chiffres varient selon la situation, le cours de change retenu, l'évolution législative et fiscale des deux États, et ne constituent pas un conseil personnalisé.
Michèle, 68 ans
Veuve à Agadir, 1 250 € par mois — départ déconseillé
15 000 € de pension brute, une assurance-vie de 40 000 €, rien d’autre
- ·Pension de réversion et retraite personnelle cumulées
- ·Locataire, aucun bien immobilier
- ·Une amie sur place lui a dit que « les retraités ne paient presque pas d’impôt »
Nous lui disons que la phrase est vraie et qu’elle est sans conséquence pour elle. Son impôt marocain ressortirait à 16 € par an, contre 645 € de prélèvements sociaux français : 629 € de gain. La couverture santé volontaire que son départ rend obligatoire coûte 1 968 € par an dans la formule qui exclut les soins reçus en France. L’arbitrage est négatif de 1 339 € avant le premier billet d’avion.
Bertrand et Hélène, 66 et 64 ans
Retraités du privé à Essaouira — départ recommandé, avec le curseur aux deux tiers
90 000 € de pensions cumulées, 620 000 € d’épargne, 30 000 € épargnés chaque année
- ·Un appartement nantais conservé et loué 11 000 € par an
- ·Environ 60 000 € de dépenses annuelles
- ·Personne ne leur avait demandé combien ils épargnaient
Nous leur disons oui, et nous leur disons que le montage évident est le mauvais. Tout convertir maximise l’avantage fiscal à 14 982 € par an, et immobilise 310 395 € au terme de quinze ans. Ne rien convertir préserve la liquidité et fait tomber l’écart à 5 855 €. Convertir les deux tiers qu’ils dépensent coûte 3 043 € de plus par an et conserve la libre disposition de 450 000 €.
Pierre et Naïma, 67 et 63 ans
Couple mixte à Rabat — oui, sous réserve du domicile scindé
54 000 € de pension française pour lui, une pension marocaine de 84 000 dirhams pour elle
- ·Lui de nationalité française, elle de nationalité marocaine
- ·Elle passe une partie de l’année auprès de ses enfants en France
- ·Ils croient que le domicile fiscal se règle au niveau du couple
Nous leur disons oui pour 7 418 € de gain annuel, et nous leur disons que le risque est ailleurs. Le domicile conventionnel s’apprécie personne par personne, et un conjoint qui séjourne en France plus de six mois par an sans y exercer d’activité peut y demeurer domicilié. Le conjoint resté domicilié en France perd la réduction de l’article 76 sur sa propre pension, l’article 76 exigeant un domicile fiscal au Maroc au sens de l’article 23.
Thomas, 38 ans
Consultant indépendant à Casablanca — départ déconseillé
60 000 € de bénéfice, clients français, un appartement parisien conservé
- ·Il pensait que le Maroc était moins-disant sur les revenus d’activité
- ·Il a raisonné sur l’avantage réservé aux pensions
- ·Aucun revenu de pension, donc ni article 60-I ni article 76
Nous lui disons non, et le barème marocain suffit à le démontrer. Sur 60 000 € de bénéfice, l’impôt marocain ressort à 19 650 €, soit 32,7 %. Le barème de l’article 73-I atteint son taux marginal de 37 % dès 180 000 dirhams de revenu net imposable, c’est-à-dire 16 752 € : un indépendant à revenu moyen y est au taux le plus élevé du barème, sans aucun dispositif d’allègement, puisque les articles 60-I et 76 ne visent que les pensions.
Jean-Marc, 59 ans
Cession de 5 000 000 € dans dix-huit mois — non, pas maintenant
5 000 000 € de plus-value latente, installation envisagée à Marrakech avant la signature
- ·Domicilié en France depuis plus de six des dix dernières années
- ·Participation dont la valeur excède très largement 800 000 €
- ·Il croit que le départ efface l’impôt français sur la cession
Nous lui disons non dans cet ordre, et oui dans l’autre. L’exit tax est due et devient définitive s’il cède pendant le délai de suivi : 1 500 000 € au taux de 30 %. Le Maroc ajoute sa propre imposition, de l’ordre de 1 000 000 €. Vendre avant de partir, ou tenir le délai de dégrèvement : deux ans, porté à cinq lorsque la valeur globale excède 2,57 millions d’euros à la date du transfert.
Combien gagne — ou perd —
un expatrié français au Maroc ?
Quatre configurations, chiffrées poste par poste des deux côtés. Deux se terminent par un conseil de rester, et nous les publions parce qu'elles décrivent une proportion réelle de ce que nous voyons : sur les douze dossiers chiffrés de notre guide, quatre concluent que le Maroc est une mauvaise réponse. L'idée qu'on « paie presque rien au Maroc » est vraie pour certains profils et fausse pour d'autres — et ce n'est pas le montant du patrimoine qui décide, c'est la nature du revenu et le taux marginal français que l'on quitte.
Avertissement.Les chiffres présentés ci-dessous sont des estimations Hagnéré Patrimoine établies à partir d'hypothèses fiscales explicites, à but pédagogique. Ils varient selon votre situation personnelle, le cours de change retenu, l'évolution de la législation française et marocaine, et ne constituent pas un conseil personnalisé en investissement, en fiscalité ni en droit. Une étude écrite et chiffrée vous sera remise lors du bilan patrimonial, sur la base de vos pièces justificatives.
Couple de retraités du privé, 90 000 € de pensions, Essaouira
Hypothèse : 66 et 64 ans, pensions cumulées de 90 000 € brut, un appartement nantais loué 11 000 € par an, 620 000 € d’épargne financière. Ils dépensent environ 60 000 € par an et épargnent le solde. C’est ce dernier chiffre qui décide de tout, et personne ne le leur avait demandé.
L’impôt marocain se calcule tête par tête : l’impôt sur le revenu marocain est individuel, il ne connaît pas le foyer fiscal, et additionner deux pensions dans une base unique surestime la charge en perdant un abattement de 70 % sur 168 000 dirhams. À 45 000 € chacun, l’impôt ressort à 12 258 dirhams par conjoint, soit 24 516 dirhams pour le couple, ou 2 282 € — 2,54 % du brut cumulé. En France, le même couple à deux parts supporte 9 074 € d’impôt sur le revenu et 8 190 € de prélèvements sociaux au taux de 9,1 %, soit 17 264 €. L’écart de 14 982 € est réel, et le corpus s’arrête là. Ce qu’il ne dit jamais, c’est le prix : sur quinze ans, l’avantage cumulé atteint 224 730 €, l’épargne constituée en dirhams non convertibles 450 000 €, et le rapatriement au départ est plafonné à 1 500 000 dirhams pour le couple, soit 139 605 €. Trois cent dix mille euros resteraient immobilisés. Le bon montage n’est ni tout convertir ni rien convertir : convertir les deux tiers qu’ils dépensent, porter l’impôt marocain à 5 325 €, et conserver la libre disposition de 450 000 € pour 3 043 € par an.
Retraité seul, 40 000 € de pension, curseur du prorata à trancher
Hypothèse : 70 ans, 40 000 € de pension brute annuelle, veut conserver la moitié de son revenu disponible en euros pour ses petits-enfants restés en France et pour ses retours. Il a lu partout qu’il devait « choisir entre l’avantage fiscal et la liquidité ».
Il n’a pas à choisir, et c’est le point que la note circulaire n° 717 tranche depuis avril 2011. La réduction de l’article 76 porte sur la fraction de l’impôt correspondant aux sommes effectivement transférées, calculée au prorata du montant brut de la pension. Quatre positions du curseur, sur le même dossier : transfert intégral, 9 873 dirhams, soit 919 € et 2,30 % du brut ; sept dixièmes transférés, 21 721 dirhams, soit 2 022 € ; la moitié, 29 619 dirhams, soit 2 757 € ; rien de transféré à titre définitif, 49 365 dirhams, soit 4 594 €. L’abattement de l’article 60-I reste acquis dans les quatre cas, puisqu’il ne dépend d’aucun transfert. La question à lui poser n’est donc pas de savoir s’il veut l’avantage, mais quelle fraction de sa pension il dépense au Maroc — et la réponse se documente pièce par pièce au titre de l’article 82-III, chaque année.
Résidente de France, riad de rapport à Marrakech — départ déconseillé
Hypothèse : 58 ans, encore en activité pour six ou sept ans, mariée sous le régime de la communauté. Le couple déclare 1 150 000 € d’actifs immobiliers taxables, juste sous le seuil. Elle veut acheter un riad 2 500 000 dirhams, soit 232 673 €, le louer 15 000 dirhams par mois et l’occuper trois semaines l’hiver. Elle demande le rendement.
Le rendement brut est de 7,2 %, et ce chiffre ne veut rien dire dans sa situation. Elle n’a pas accès au taux libératoire de 20 % sur ses loyers : l’option est réservée aux contribuables dont les revenus fonciers sont soumis à la retenue de l’article 160 bis, opérée par les seules personnes morales et personnes physiques au résultat net réel ou simplifié. Elle relève donc du barème après abattement de 40 %, soit 14 720 dirhams d’impôt sur 180 000 dirhams de loyers, 8,18 % du brut, et le rendement net tombe à 6,61 %. Le coût public d’acquisition d’un local construit est d’au moins 5,5 % du prix, porté à 7,5 % si le droit supplémentaire de 2 % sur les paiements non tracés s’applique, soit 12 806 € ou 17 460 €. À la revente, l’article 144-II-1° impose un minimum de 3 % du prix de cession même en l’absence de profit : 84 000 dirhams sur une cession à 2 800 000 dirhams, soit 7 818 €, exigibles même à perte. Et le point qui décide : la convention du 29 mai 1970 ne vise pas les impositions sur la fortune. Le riad entre dans son assiette pour sa valeur vénale, sans exonération, sans crédit d’impôt et sans taux effectif ; le couple passe de 1 150 000 € à 1 382 673 € et franchit le seuil. Le bien ne rend pas seulement sa propre valeur taxable, il déclenche l’assujettissement.
Veuve, 1 250 € de pension par mois — départ déconseillé
Hypothèse : 68 ans, locataire, 15 000 € de pension brute annuelle entre réversion et retraite personnelle, une assurance-vie de 40 000 € ouverte en 2009, rien d’autre. Une amie installée à Agadir lui a dit qu’au Maroc « les retraités ne paient presque pas d’impôt ». C’est vrai, et c’est sans conséquence pour elle.
Sa pension convertie donne 161 170 dirhams, entièrement sous le plafond de 168 000 dirhams : l’abattement joue à 70 % sur la totalité, soit 112 819 dirhams, et le revenu net imposable ressort à 48 351 dirhams. Le barème donne 835 dirhams, la réduction de l’article 76 en retire 668, il reste 167 dirhams, soit 16 € — un taux effectif de 0,10 %. En France, elle ne paie déjà pas d’impôt sur le revenu : la décote annule les 153 € du barème. Ce qu’elle paie, ce sont 645 € de prélèvements sociaux au taux réduit. Le gain brut du départ est donc de 629 € par an, et il est intégralement consommé par le seul poste que son départ rend obligatoire : la couverture santé volontaire, 1 968 € par an dans la formule retraité seul qui exclut expressément les soins reçus en France, 3 468 € dans la formule couvrant la France, 912 € au tarif de la catégorie aidée qui se demande au consulat et n’est pas de droit. Notre position, et nous l’assumons : en dessous d’environ 2 000 € de pension mensuelle, ne partez pas pour des raisons fiscales. Partez pour le climat, la famille ou le désir, qui sont d’excellentes raisons.
Chiffrages indicatifs établis au 8 août 2026 sur le droit alors en vigueur — code général des impôts et code de la sécurité sociale français, convention franco-marocaine du 29 mai 1970 et son avenant du 18 août 1989, code général des impôts marocain dans son édition 2026, notes circulaires n° 717, n° 736 et n° 737 de la direction générale des impôts, Instruction générale des opérations de change 2026, barème de la caisse volontaire d'avril 2026. Conversions au cours de 1 EUR = 10,7447 MAD publié par Bank Al-Maghrib le 7 août 2026 : une variation de change de 7 % déplace l'impôt marocain de 919 € à 855 € sur une pension de 40 000 €, et déplace le pouvoir d'achat local d'autant. Les résultats réels dépendent de votre situation, de la composition de vos revenus et des textes applicables au jour de l'opération. Une simulation personnalisée est établie lors du bilan patrimonial, pièces justificatives à l'appui. Le détail de ces calculs figure dans notre guide expatrié Maroc, chapitre des douze dossiers chiffrés.
Pour qui le Maroc est
le mauvais choix
Cette page vend un accompagnement, et il serait plus rentable de ne pas écrire cette section. Nous l'écrivons parce que quatre situations conduisent à une réponse négative, qu'elles ne sont pas marginales, et qu'un lecteur qui reconnaît la sienne ici a économisé, en cinq minutes, une décision irréversible construite sur un chiffre qui n'a jamais été le bon.
Votre pension est inférieure à environ 2 000 € par mois
Le gain fiscal marocain sur une pension est proportionnel au taux marginal français que l’on quitte. Sous 20 000 € de pension annuelle, un célibataire français est déjà proche de l’impôt zéro grâce à la décote : il n’y a pratiquement rien à économiser, et il ne reste que des prélèvements sociaux au taux réduit. Sur 15 000 € de pension, l’écart avec le Maroc ressort à 629 € par an — 645 € payés en France contre 16 € au Maroc — quand la couverture santé volontaire que le départ rend obligatoire coûte 1 968 € par an dans la formule qui exclut expressément les soins reçus en France, et 3 468 € dans celle qui les couvre entre 65 et 69 ans. Le tarif de la catégorie aidée, 912 € par an sous 24 030 € de ressources, se demande au consulat de rattachement et n’est pas de droit. L’arbitrage devient réel autour de 24 000 € de pension, sérieux à 40 000 €, massif à 90 000 €. En dessous, partez pour le climat, la famille ou le coût de la vie, qui sont d’excellentes raisons — mais pas pour un avantage fiscal qui n’existe pas à votre niveau de revenu.
Vous avez des enfants scolarisés dans le réseau français
Le calcul se referme avant même d’aborder la scolarité. Sur un couple de 62 et 54 ans disposant de 55 000 € de pension et de deux enfants de 12 et 15 ans, le gain fiscal ressort à 4 105 € par an, et la couverture santé de la famille à 5 904 € : l’arbitrage est déjà négatif de 1 799 € avant la première facture d’école. Nous ne chiffrons pas la scolarité internationale, faute de source que nous ayons pu vérifier, et nous préférons le dire plutôt que de publier un ordre de grandeur inventé — mais ce poste ne joue que dans un sens. S’y ajoute une ligne que l’on découvre après le déménagement : deux allers-retours annuels pour une famille de quatre personnes sont souvent du même ordre de grandeur que le gain fiscal d’une pension moyenne. Sur ce profil, la décision se prend sur le projet de vie, pas sur la fiscalité, et il faut cesser de faire semblant du contraire.
Vous êtes indépendant, consultant ou entrepreneur à revenu moyen
Les deux dispositifs qui font la réputation fiscale du Maroc — l’abattement de l’article 60-I et la réduction de l’article 76 — ne visent que les pensions et rentes viagères. Un revenu d’activité n’y a aucun accès, et il tombe dans un barème dont la tranche exonérée s’arrête à 40 000 dirhams et dont le taux marginal de 37 % s’applique dès 180 000 dirhams de revenu net imposable, soit 16 752 €. Sur 60 000 € de bénéfice, l’impôt marocain ressort à 19 650 €, soit 32,7 % — pour un indépendant qui aurait espéré une fiscalité de faveur. La loi de finances 2025 a porté la tranche exonérée à 40 000 dirhams et ramené le taux marginal de 38 % à 37 % : la réforme aide, elle ne renverse pas la comparaison. Ajoutez, si des clients restent français, les revenus de source française soumis au taux minimum de 20 % jusqu’à 29 579 €, et l’impossibilité d’alimenter une enveloppe d’épargne française depuis le Maroc.
Vous êtes résident de France et vous achetez un riad pour le louer
Un rendement brut de 7,2 % qui tombe à 6,61 % après impôt marocain, avant 5,5 à 7,5 % de frais d’entrée non amortis, avant un plancher de 3 % du prix de cession à la sortie dû même à perte, avant un impôt sur la fortune immobilière que rien ne neutralise et avant le risque de change sur un revenu en dirhams face à des charges en euros, ne rémunère pas le risque et la complexité. Le point qui décide est le dernier : la convention du 29 mai 1970 ne vise pas les impositions sur la fortune, le bien entre dans l’assiette pour sa valeur vénale sans exonération ni crédit d’impôt, et le Maroc ne prélevant pas d’impôt sur la fortune, il n’existe rien à imputer. Un couple qui déclarait 1 150 000 € d’actifs taxables passe à 1 382 673 € avec un riad de 232 673 € : le bien déclenche l’assujettissement. La variante qui change tout est un argument de calendrier, pas de produit — acheter après être devenu résident fiscal marocain, et pour y vivre.
Et ce qui reste vrai, qu'il ne faut pas surcorriger.
Sur une pension élevée, l'écart est massif et il ne disparaît pas : sur 90 000 € de pensions cumulées, un couple supporte 17 264 € en France et 2 282 € au Maroc en transfert intégral, soit 14 982 € par an, et 224 730 € sur quinze ans. Cela représente l'équivalent d'un patrimoine immobilier, et aucune considération de confort ne pèse contre ce chiffre — il faut simplement le mettre en regard des 310 395 € qui resteraient immobilisés si tout était converti, et positionner le curseur en conséquence. Le Maroc n'est pas une mauvaise idée : c'est une idée dont le rendement dépend du montant. Deux autres avantages tiennent sans réserve, et ils sont structurels plutôt que dérogatoires. La convention réserve au seul Maroc l'imposition des pensions, y compris les pensions publiques, ce qui est une particularité par rapport au modèle OCDE et qui ne dépend d'aucun régime susceptible de fermer. Et le Maroc ne connaît ni impôt sur la fortune ni droits de succession : sur ces deux questions, la réponse marocaine est difficile à battre, y compris face aux destinations européennes. Les destinations vers lesquelles se tournent ceux à qui nous disons non sont examinées dans notre chapitre de comparaison avec les autres destinations.
Avec ou sans Hagnéré Patrimoine ?
Sept points de bascule sur un départ vers le Maroc. Même patrimoine, même projet, même famille : seule la préparation change. Cinq de ces sept lignes se décident avant le transfert de domicile et ne se rattrapent plus après.
Ce que la colonne de droite change: un texte cité à son étage de calcul, une condition rattachée au bon dispositif, un régime de change instruit avant l'achat, et une décision prise sur un chiffre, pas sur une brochure — y compris quand ce chiffre dit de rester.

Bilan patrimonial expatriation Maroc
Bilan patrimonial d'1 h offert : situation, chiffrage des trois étages, position du curseur, urgences et professionnels nécessaires. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale ni une recommandation personnalisée.
Notre méthode
T-12 mois avant départ · T+24 mois avant retour
Une installation marocaine ne se prépare pas la veille du déménagement, et elle a cette particularité : les décisions les plus irréversibles ne sont pas fiscales, elles relèvent du contrôle des changes, et elles se prennent avant l'arrivée. Chiffrage des trois étages, régime de change, résidence fiscale et exit tax, pilotage annuel, sortie : voici les 5 jalons que nous activons avec vous.
T-12 mois — Chiffrer les trois étages, et cesser de raisonner en abattement de 80 %
La première décision se prend sur un calcul, pas sur un slogan. Trois étages, deux textes, une condition. L’abattement d’assiette de l’article 60-I : 70 % sur la fraction du montant brut annuel qui ne dépasse pas 168 000 dirhams — environ 15 635 € au cours du 7 août 2026 — et 40 % au-delà ; il vise toutes les pensions imposables et n’exige aucun transfert. Le barème de l’article 73-I, dont la tranche exonérée est de 40 000 dirhams et le taux marginal de 37 % au-delà de 180 000 dirhams de revenu net imposable. La réduction de l’article 76 : 80 % du montant de l’impôt dû au titre de la pension et correspondant aux sommes transférées à titre définitif en dirhams non convertibles. Sur 40 000 € de pension brute intégralement transférée, la chaîne donne 222 315 dirhams d’abattement, 49 365 dirhams d’impôt au barème, 39 492 dirhams de réduction et 9 873 dirhams dus, soit environ 919 € et 2,30 % du brut. À moitié transférée, 2 757 €. Sans transfert définitif, 4 594 €. Une seconde erreur circule depuis 2025 et se corrige au même moment : l’exonération de l’article 57-27° ne vise que les régimes de retraite de base marocains et, depuis la loi de finances 2026, certaines pensions complémentaires de groupe. La liste à laquelle elle renvoie est exclusivement marocaine, texte par texte, et l’administration marocaine l’écrit expressément.
T-9 mois — Le contrôle des changes décide de la faisabilité, avant la fiscalité
C’est le point que le corpus francophone ignore, et il commande le reste. Pour une personne physique, le statut de résident au sens de l’Office des changes est défini par renvoi exprès à la loi fiscale marocaine — l’article 23 du code marocain, non l’article 2 de la convention —, et ce renvoi figure à l’identique dans les éditions 2022, 2024 et 2026 de l’Instruction. On peut donc être résident de change au Maroc tout en restant domicilié en France au sens conventionnel. Trois conséquences se traitent avant l’installation, parce qu’elles ne se rattrapent pas après. Le compte convertible à terme est réservé aux non-résidents : il se perd le jour où l’on devient résident fiscal marocain. Les comptes en devises et en dirhams convertibles restent ouverts aux personnes physiques étrangères, résidentes comme non-résidentes, le critère étant la nationalité — mais les sommes qui y demeurent n’ouvrent pas droit à la réduction de l’article 76. Le rapatriement du produit d’une revente dépend enfin du mode de financement de l’acquisition : sept modes ouvrent droit à la convertibilité, et à défaut il reste le règlement direct à l’étranger entre personnes de nationalité étrangère, facteur de décote et non impasse. Deux idées reçues tombent ici : la facilité de deux millions de dirhams par an ne couvre pas un prix de cession, elle porte sur les revenus du dernier exercice clos nets des impôts marocains ; et alimenter depuis le Maroc une enveloppe d’épargne française relève de l’autorisation préalable, l’Instruction fonctionnant comme une liste positive.
T-6 mois — Résidence fiscale, année du départ et exit tax
L’article 23-II du code marocain pose trois critères alternatifs : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts économiques, ou séjours dépassant 183 jours pour toute période de 365 jours — période glissante, non année civile, de sorte qu’un séjour à cheval sur deux années peut suffire. L’article 4 B du code français retient les siens, et les deux qualifications peuvent coexister. Le conflit se tranche par l’article 2 de la convention, dont la cascade ne comporte que trois échelons : foyer permanent d’habitation, centre des activités professionnelles, puis État où la personne séjourne le plus longtemps. Pour un couple de retraités, le deuxième échelon est structurellement inopérant, et le domicile s’apprécie personne par personne : un conjoint peut rester résident de France et perdre de ce fait la réduction marocaine sur sa propre pension, l’article 76 exigeant un domicile fiscal au Maroc. L’année du départ est scindée, revenus mondiaux jusqu’à la date du transfert puis revenus de source française. L’exit tax suppose six des dix années de domiciliation en France et, alternativement, 50 % des bénéfices sociaux d’une société ou 800 000 € de titres ; le taux à retenir est de 30 %. Le sursis paraît de plein droit sur le fondement des deux annexes administratives, sans que la similarité de portée exigée par le texte ait été tranchée : la position se fait confirmer par écrit avant le dépôt. Le délai de dégrèvement est de deux ans, porté à cinq au-delà de 2,57 millions d’euros de valeur globale ; le délai de quinze ans continue de régir les transferts antérieurs au 1er janvier 2019.
Pendant la résidence au Maroc — Pilotage annuel des deux côtés
Déclarations dans les deux États, et vérification produit par produit plutôt que taux global. Côté marocain, la déclaration du revenu global porte la pension et les loyers, elle est individuelle et se dépose par conjoint, et l’article 84 bis impose depuis le 1er janvier 2026 une déclaration annuelle spécifique des revenus et profits de capitaux mobiliers de source étrangère. Les dividendes de source française sont exemptés de retenue en France sur imprimé visé par l’administration marocaine, puis taxés au Maroc au taux libératoire de 15 % sur le brut ; les profits de cession de valeurs mobilières étrangères relèvent de 20 % sur le profit brut. Côté français, l’impôt sur la fortune immobilière continue de porter sur les seuls actifs immobiliers situés en France, tandis qu’un immeuble marocain entre sans restriction dans l’assiette d’un résident de France. Les prélèvements sociaux restent dus au taux plein de 17,2 % sur les revenus fonciers et les plus-values immobilières de source française. Sur la pension, la France cesse de prélever contribution sociale généralisée, contribution au remboursement de la dette sociale et contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie, mais la cotisation d’assurance maladie du non-résident subsiste, 3,2 % sur les pensions de base et 4,2 % sur les complémentaires. Deux échéances marocaines s’inscrivent au calendrier : les attestations de l’article 82-III, à réunir chaque année et par conjoint, et les justificatifs de paiement des impôts de l’année précédente, à remettre à la banque avant fin avril pour pouvoir transférer les loyers.
T+24 mois avant retour ou décès — Sortie du Maroc et régimes français à examiner
Ce qui a été transféré à titre définitif pour obtenir la réduction, et tout ce que ces sommes ont financé au Maroc, est devenu un avoir sans caractère transférable. Au départ définitif comme au décès au profit d’ayants droit non-résidents de nationalité étrangère, le transfert est plafonné à 50 000 dirhams maximum par année entière de séjour continu, soit environ 4 653 € par année de présence : un couple installé quinze ans ne fait ressortir à ce titre que 750 000 dirhams par personne, quel qu’ait été le montant accumulé. Le dossier exige quitus fiscal, attestation de changement de résidence et attestation de radiation consulaire. Trois éléments atténuent ce verrou et se traitent en amont : la réduction est fractionnable, quatre canaux y ouvrent droit dont le retrait par carte étrangère, et les flux de revenus sortent sans plafond de capital. Côté français, le régime des impatriés suppose une prise de fonctions dans une entreprise établie en France après cinq années civiles de non-résidence : un retraité qui rentre du Maroc n’y a pas accès. Si une exit tax est en suivi, le retour du domicile en France replace le contribuable, pour les titres encore détenus, dans la situation d’un contribuable qui n’aurait jamais quitté le territoire. La transmission se prépare séparément : le Maroc ne connaît pas de droits de succession, de sorte que l’article 784 A du code français n’a rien à imputer et que l’article 750 ter s’applique en plein, sous la seule réserve de l’article 26 § 3 de la convention.
Pour approfondir
Pourquoi nous faire confiance pour votre patrimoine entre la France et le Maroc ?
Notre engagement : nommer le texte et son étage de calcul, dater chaque conversion de son cours, et vous dire quand la réponse est non — avec une méthode écrite, une coordination métier par métier des professionnels habilités sur place et une transparence totale sur les frais.
Portugal, Espagne, Grèce, Tunisie, Île Maurice
et l'option qu'on n'instruit jamais : rester
Une précaution avant tout comparatif, et elle nous coûte quelque chose. Nous n'avons instruit ni le droit portugais, ni le droit espagnol, ni le droit grec, ni le droit tunisien, ni le droit mauricien dans le périmètre de ce dossier, et nous ne publions donc aucune donnée chiffrée les concernant. Ce que nous pouvons faire, et qui vaut mieux qu'un tableau inventé : donner les huit questions qui départagent réellement deux destinations, y répondre pour le Maroc avec les textes, et vous indiquer ce qu'il faut exiger par écrit d'un conseil établi dans le pays visé.
Rester en France
Elle mérite d’être traitée en premier, parce qu’elle est la seule dont aucun intermédiaire ne tire un dossier. Elle achète trois choses concrètes. Aucune exit tax : le transfert du domicile hors de France déclenche l’imposition des plus-values latentes au-delà des seuils de détention, et sur 5 000 000 € de plus-values latentes cela représente 1 500 000 € au taux de 30 %. Une incertitude en moins sur le sursis, dont nous écrivons qu’il paraît de plein droit sans écrire qu’il est acquis. Et surtout la liberté d’alimenter son épargne : verser depuis le Maroc sur une assurance-vie, un plan d’épargne en actions ou un compte-titres français n’est prévu par aucune disposition de l’Instruction générale des opérations de change, dont l’article 1er soumet à autorisation toute opération non expressément prévue. Ce que rester n’achète pas, et qu’il faut dire pour équilibrer : sur 90 000 € de pensions cumulées, un couple supporte 17 264 € de prélèvements en France contre 2 282 € au Maroc en transfert intégral, soit 14 982 € par an et 224 730 € sur quinze ans. Aucune considération de confort ne pèse contre ce chiffre.
Le Portugal
Le régime qui a porté l’essentiel des départs français de retraités des années 2010 n’est plus ouvert aux nouveaux arrivants dans les termes qui ont fait sa réputation. Cette information est acquise dans la pratique professionnelle depuis 2024, et nous ne l’avons pas recontrôlée sur le journal officiel portugais dans le périmètre de ce dossier : nous ne publierons donc ni le régime qui lui a succédé, ni ses conditions, ni ses dates d’effet, ni le sort des situations en cours. Si votre projet repose là-dessus, faites établir par un avocat portugais, par écrit et texte à l’appui, le régime auquel vous seriez éligible, sa durée, ce qui se passe au terme, et le sort réservé aux personnes déjà admises sous l’ancien dispositif. La leçon générale vaut aussi contre le Maroc : une destination choisie pour un régime dérogatoire est une destination choisie pour quelque chose qui peut fermer. L’avantage marocain, lui, repose sur deux articles de droit commun.
L’Espagne et la Grèce
Nous n’avons rien vérifié sur ces deux droits et nous n’écrirons rien de chiffré. Une remarque de structure, cependant, qui indique où chercher. Trois avantages de l’Union ne dépendent d’aucun régime dérogatoire : la monnaie, puisque pension et barème sont libellés dans la même unité et que l’exposition de change disparaît — au Maroc, une variation de 7 % déplace l’impôt de 919 € à 855 € sur une pension de 40 000 € ; la libre circulation des capitaux, liberté du traité, qui rend sans objet la difficulté marocaine sur l’alimentation d’une enveloppe d’épargne française ; et la coordination européenne de sécurité sociale, à laquelle renvoie la première condition du taux réduit de prélèvements sociaux français. Attention toutefois : remplir cette première condition ne suffit pas, la seconde exigeant de ne pas être à la charge d’un régime obligatoire français, ce qui n’est pas le cas d’un pensionné dont les soins restent financés par la France. Ce point se tranche destination par destination.
La Tunisie et l’Île Maurice
Ces deux destinations reviennent régulièrement en concurrence du Maroc, pour la proximité et la langue d’une part, le climat et l’image patrimoniale de l’autre. Nous n’avons vérifié ni le droit fiscal tunisien, ni le droit fiscal mauricien, ni les conventions correspondantes. Un seul élément établi figure dans notre dossier, et il porte sur la couverture santé : le bulletin d’adhésion à l’offre santé réservée aux retraités, dans sa version du 8 janvier 2026, subordonne l’adhésion à l’une de trois conditions alternatives, dont celle de résider dans un pays lié à la France par une convention prévoyant la prise en charge des soins, liste où figurent nommément le Maroc et la Tunisie. Les trois conditions étant alternatives, ce point n’apporte rien à un retraité qui a quinze ans de cotisations au régime de base français — c’est-à-dire à la très grande majorité des lecteurs. Il ne devient décisif que pour les carrières courtes, mixtes ou majoritairement étrangères.
Il n'existe pas d'impôt marocain sur la fortune, et il n'existe pas de droits de succession marocains.
Ce qui en tient lieu est un droit d'enregistrement de 1 % sur l'inventaire après décès, assis sur l'actif brut « à l'exclusion de l'habitation principale du de cujus, du linge, des vêtements et des meubles de l'habitation », et un droit de 1,50 % sur le partage entre cohéritiers. Les donations en ligne directe, entre époux et entre frères et sœurs supportent également 1,50 %. Un lecteur dont le sujet principal est la transmission, et non le revenu courant, doit poser ces deux questions à chaque destination européenne envisagée : la réponse y est souvent moins favorable, et elle varie parfois d'une région à l'autre à l'intérieur d'un même État.
Un correctif s'impose néanmoins, sous peine de survendre cet avantage. L'absence d'impôt marocain ne signifie pas absence d'impôt : elle signifie que l'article 750 ter du code général des impôts français s'applique sans contrepoids, et que l'article 784 A, qui permet d'imputer l'impôt acquitté hors de France, n'a rien à imputer. Il n'existe entre la France et le Maroc ni convention successorale générale, ni article « fortune ». Une seule stipulation joue en sens inverse, l'article 26 § 3, et ses trois conditions cumulatives — des valeurs mobilières marocaines, un défunt de nationalité française, domicilié au Maroc — excluent les immeubles. Le chapitre de comparaison du guide détaille les huit questions et les réserves de source de chacune.
Le retour d'expatriationn'ouvre pas droit au régime des impatriés
C'est la phrase fausse la plus répandue sur le retour, et elle coûte cher parce qu'on la découvre après avoir signé un contrat de travail. L'article 155 B du code général des impôts ne récompense pas le fait d'avoir vécu à l'étranger : il vise les personnes appelées ou recrutées de l'étranger pour occuper un emploi dans une entreprise établie en France, après cinq années civiles de non-résidence. Un retraité qui rentre du Maroc n'y a pas accès, faute de prise de fonctions ; l'entrepreneur qui rentre pour créer sa société non plus. Et le décompte se fait en années civiles, non en années glissantes : c'est le point qui fait échouer la majorité des dossiers de retour anticipé.
- La prime d’impatriation s’exonère pour son montant réel ou, sur option, forfaitairement à hauteur de 30 % de la rémunération : sur 180 000 €, cela représente 54 000 € de prime réputée
- L’exonération de 50 % de certains revenus passifs de source étrangère est accessoire au régime, non autonome : sans prise de fonctions éligible, il n’y a ni prime d’impatriation, ni rémunération à exonérer
- Si une exit tax est en suivi, le retour du domicile fiscal en France replace le contribuable, pour l’impôt afférent aux titres encore détenus, dans la situation d’un contribuable qui n’aurait jamais quitté le territoire
- Le dégrèvement efface l’impôt de départ, il n’efface pas la matière imposable : le prix de revient historique subsiste et se reconstitue avant la première cession
- Le dossier de transfert des avoirs sans caractère transférable se monte avant le départ du Maroc : quitus fiscal, attestation de changement de résidence et attestation de radiation consulaire, dans la limite de 50 000 dirhams par année entière de séjour continu
- La déclaration française n° 3916 des comptes et contrats détenus à l’étranger ne s’éteint pas avec la résidence marocaine : elle se traite avant le retour, pas après

Votre référent expatriation
Clément Chatelain
Directeur Groupe Hagnéré Patrimoine
"Sur un dossier marocain, la première question n'est pas le montant de votre pension : c'est quelle fraction vous comptez dépenser sur place. Presque tout le monde nous arrive avec un chiffre faux, l'abattement de 80 %, et repart avec deux textes distincts et un curseur à positionner. Quand nous reprenons le calcul en partant de là, la conclusion change souvent — et dans une part réelle des dossiers, elle devient un conseil de rester. Nous le disons avant la signature, pas après."
Ce que nos clients disent
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Pédagogie · 21 termesGlossaire des termes utilisés sur cette page
Glossaire des termes utilisés sur cette page
Questions fréquentes — expatrié au Maroc.
Les questions que nous entendons le plus souvent, avec des réponses qui n'évitent ni les mauvaises nouvelles ni les points que le droit marocain ne tranche pas. Pour aller plus loin, notre guide expatrié Maroc traite le sujet en 34 chapitres.
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- L’article 23-II du code général des impôts marocain pose trois critères alternatifs, dans une rédaction que les lois de finances 2023 à 2026 n’ont pas modifiée : « Au sens du présent code, une personne physique a son domicile fiscal au Maroc lorsqu’elle a au Maroc son foyer d’habitation permanent, le centre de ses intérêts économiques ou lorsque la durée continue ou discontinue de ses séjours au Maroc dépasse 183 jours pour toute période de 365 jours. » Un seul critère suffit. Le décompte des 183 jours s’apprécie sur toute période de 365 jours, et non sur l’année civile : un séjour à cheval sur deux années peut donc suffire (note circulaire DGI n° 717, tome 1, p. 234). Côté français, l’article 4 B du CGI retient ses propres critères, et les deux qualifications peuvent coexister. Le conflit ne se tranche alors ni par l’un ni par l’autre, mais par l’article 2 de la convention franco-marocaine du 29 mai 1970. Point contre-intuitif à connaître : cette convention « définit le domicile fiscal en fonction des seuls critères conventionnels sans se référer à la législation interne des États contractants » (BOI-INT-CVB-MAR-20190724, § 20). Vous pouvez rester domicilié en France au sens de l’article 4 B et être domicilié au Maroc au sens de la convention ; c’est le critère conventionnel qui l’emporte. Deux conséquences pratiques. La qualification marocaine de l’article 23 commande aussi votre statut au regard du contrôle des changes, l’Instruction générale des opérations de change définissant le résident personne physique par renvoi exprès à la loi fiscale marocaine. Et le domicile conventionnel s’apprécie personne par personne : un couple peut se retrouver à domicile scindé, un conjoint restant résident de France, ce qui fait perdre à celui-ci la réduction d’impôt marocaine sur sa propre pension.
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Hagnéré Patrimoine est votre cabinet pour la gestion de patrimoine d'expatrié au Maroc : nous partons du fait qui commande tout le dossier — l'abattement de 80 % sur les pensions étrangères n'existe pas, il existe un abattement d'assiette de 70 % puis 40 % à l'article 60-I, sans condition, et une réduction du montant de l'impôt de 80 % à l'article 76, conditionnée au transfert définitif en dirhams non convertibles et calculée au prorata —, puis nous instruisons le sujet que le corpus francophone ignore : le contrôle des changes, qui décide de la faisabilité avant la fiscalité, et dont les décisions sont les seules qui ne se rattrapent pas. Le cabinet n'a ni bureau ni agrément au Maroc et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit marocain : nous accompagnons depuis la France, en français, et coordonnons avocats fiscalistes franco-marocains, experts-comptables, notaires, agents immobiliers et conseils en séjour, que vous mandatez vous-même. Un bilan patrimonial d'1 h est offert, sans engagement. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale ni une recommandation personnalisée.
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Revue éditoriale et patrimoniale par Quentin Hagnéré.
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Hagnéré Patrimoine est cabinet de conseil en gestion de patrimoine immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 pour les statuts CIF, COA et COBSP. Sa carte professionnelle de transaction immobilière, dite Carte T n° CPI 7301 2024 000 000 014, est délivrée par la CCI de Chambéry. Conformément à nos statuts, nous n'exerçons pas la profession d'avocat au sens de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971.
Certaines prestations citées sur cette page comportent une dimension juridique ou fiscale spécialisée — audit de résidence fiscale conventionnelle, opinion sur l'application de la convention France-Maroc 1970, rédaction d'une professio juris testamentaire (art. 22 RUE 650/2012), structuration successorale internationale, legal opinion d'assureur luxembourgeois (loi LU du 7 décembre 2015 art. 118-119), représentation fiscale article 244 bis A CGI (régime durci par décret du 8 juin 2025), tax ruling DGI marocaine, audit exit tax art. 167 bis CGI. Lorsqu’elles sont nécessaires, ces prestations doivent être confiées à des professionnels externes effectivement habilités, notamment avocats fiscalistes français, notaires internationaux et adouls marocains. Selon le dossier et avec l’accord du client, Hagnéré Patrimoine peut aider à les identifier et à coordonner les échanges ; chaque professionnel intervient sous sa propre responsabilité et sa propre lettre de mission. Le cabinet reste dans les limites territoriales et matérielles de ses statuts et habilitations.
Le contenu de la présente page a une visée informative et pédagogique et ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation juridique au sens de l'article 54 de la loi du 31 décembre 1971. Les règles fiscales relatives à la convention fiscale France-Maroc du 29 mai 1970 (avenant 18 août 1989), CGI marocain (art. 23, 60, 76 — Loi de Finances 2026), Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC) 2026 et règlement (UE) 650/2012 dépendent de votre résidence effective, de la nature de vos revenus, de votre nationalité et de votre situation familiale. Pour une stratégie adaptée à votre situation personnelle, faites valider votre dossier par les professionnels habilités compétents.
Veille réglementaire — Assurance-vie luxembourgeoise (LC CAA 26/1 et 26/2) : le Commissariat aux Assurances du Luxembourg a publié, le 1er février 2026, la Lettre Circulaire 26/1 relative aux règles d’investissement des produits d’assurance-vie liés à des fonds d’investissement. La classification N/A/B/C/D concerne les preneurs et conditionne l’accès à certaines architectures ; elle ne constitue pas une liste de cinq véhicules. La Lettre Circulaire 26/2, publiée le même jour, modifie séparément les règles de dépôt des actifs représentatifs. Pour un contrat existant, un nouveau versement, un avenant ou un dépositaire hors EEE, l’assureur et les professionnels habilités doivent confirmer le cadre applicable, l’éligibilité des supports, les risques, les frais et les règles de commercialisation transfrontalière.
Points de vigilance spécifiques Maroc : (i) les plus-values immobilières françaises restent imposables en France au titre de l'art. 244 bis A CGI (19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux + surtaxe au-delà de 50 k€), même pour un résident marocain ; (ii) les prélèvements sociaux 17,2 % sur revenus fonciers français restent dus pour les résidents de pays tiers à l'UE/EEE/Suisse depuis l'arrêt CJUE Jahin du 18 janvier 2018 (C-45/17) — la jurisprudence De Ruyter ne s'applique pas au Maroc ; (iii) le sursis de paiement de l'exit tax (art. 167 bis CGI) ne doit pas être présumé refusé du seul fait que le Maroc est hors UE/EEE : la dernière notice DGFiP 2074-ETD actuellement publiée, relative aux transferts intervenus en 2025, inclut le Maroc dans la liste du sursis automatique. La notice applicable, le champ des titres concernés, la déclaration et le suivi annuel doivent être revérifiés à la date effective du transfert ; à défaut de sursis de plein droit, le sursis sur option suppose une demande préalable et des garanties calculées sur 12,8 % du montant brut des plus-values (V de l'art. 167 bis CGI) ; (iv) la réduction 80 % sur pensions étrangères (art. 76 CGI MA) suppose un transfert effectif et définitif en dirhams non convertibles, justificatifs bancaires obligatoires avant le 1er mars ; (v) le régime matrimonial marocain par défaut est la séparation de biens (art. 49 du Code de la famille marocain), non la communauté ; (vi) toute structuration via Soparfi luxembourgeoise suppose une substance économique réelle au Luxembourg (locaux, gouvernance, dirigeants effectifs) sous peine de requalification (clauses anti-abus ATAD/PPT et art. L. 64 LPF côté France) ; le DMTT 15 % (Pillar 2 OCDE — loi luxembourgeoise du 22 décembre 2023) s'applique aux groupes consolidés ≥ 750 M€ de chiffre d'affaires depuis les exercices ouverts à compter du 31 décembre 2023.

