Girardin industriel : quels projets sont éligibles et quels secteurs exclus en 2026 ?
Fiscalité
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Girardin industriel : quels projets sont éligibles et quels secteurs exclus en 2026 ?

Réduisez vos impôts avec le Girardin industriel en finançant des projets Outre-mer. Découvrez les investissements éligibles, les secteurs exclus du dispositif et nos conseils d’expert (Mise à jour 2026).

Synthèse de l'article

  • Objectif et principe : Le Girardin industriel permet à un contribuable français de financer du matériel productif neuf pour une entreprise ultramarine via une société de portage, en échange d’une réduction d’impôt « one-shot » l’année suivante, souvent supérieure à l’apport.

  • Exemple et engagement : L’investisseur obtient un gain fiscal (ex. 10 000 € investis pour ~11 200 € de réduction) mais doit conserver ses parts 5 ans ; le matériel est loué 5 ans à l’entreprise locale puis racheté pour un montant symbolique si les conditions sont respectées.

  • Durée et plafonds : Le dispositif est prolongé jusqu’au 31 décembre 2029 pour les investissements en DOM-COM et bénéficie d’un plafond majoré (18 000 € ou 15 % du revenu imposable si plus favorable), distinct du plafonnement général des niches fiscales.

  • Projets typiquement éligibles : Sont financés des investissements productifs neufs (machines industrielles, engins et véhicules professionnels, matériel agricole, bateaux de pêche/transport, équipements de production locale) ainsi que certains équipements de services admis (informatique, propreté, centres d’appel) et, sous conditions, des travaux de rénovation/réhabilitation hôtelière et touristique classée.

  • Conditions d’éligibilité clés : Le bien doit être neuf, immédiatement exploitable et amortissable (excluant notamment terrains et actifs non amortissables) et l’entreprise locataire doit exercer une activité agricole, industrielle, commerciale ou artisanale (BIC), avec des exclusions sectorielles à vérifier au cas par cas.

Comprendre le dispositif Girardin industriel

Le Girardin industriel est un mécanisme de défiscalisation visant à soutenir l’économie des territoires d’outre-mer (DOM-COM) tout en offrant aux investisseurs une réduction d’impôt conséquente. Institué par l’article 199 undecies B du Code général des impôts, ce dispositif permet à un particulier domicilié fiscalement en France de financer un projet professionnel ultramarin en échange d’une réduction d’impôt immédiate, généralement supérieure à son apport. En pratique, l’investisseur participe au financement de matériels productifs neufs (machines, véhicules, équipements divers) destinés à une entreprise locale éligible, via une société de portage. En contrepartie, l’année suivant son investissement, il obtient une réduction de son impôt sur le revenu, dite « one-shot », d’un montant souvent un peu supérieur à l’investissement net fourni.

Exemple concret : un contribuable investit 10 000 € en 2026 dans une société en Nom Collectif Girardin finançant l’achat d’un tractopelle neuf pour une entreprise de BTP en Martinique. Dès 2027, il pourra déduire environ 11 200 € de son impôt sur le revenu, soit un gain net d’environ 1 200 € par rapport à son apport initial (rendement fiscal de l’ordre de 12 %). En contrepartie, le matériel financé sera loué pendant 5 ans à l’entreprise ultramarine, qui le rachètera ensuite pour un montant symbolique. L’investisseur, lui, devra garder ses parts dans la société de portage pendant au moins 5 ans. Passé ce délai, l’opération est clôturée et l’avantage fiscal définitivement acquis, à condition que toutes les conditions soient respectées.

Bon à savoir : le Girardin industriel est un dispositif à horizon limité dans le temps. Initialement prévu jusqu’en 2017, il a été prorogé par étapes et est aujourd’hui prolongé jusqu’au 31 décembre 2029 pour les investissements réalisés dans les DOM-COM. Il bénéficie en outre d’un plafond fiscal spécifique : les réductions Girardin ne sont pas soumises au plafonnement général de 10 000 €, mais à un plafond majoré de 18 000 € (ou 15 % du revenu imposable, si plus favorable). Cela ouvre la possibilité de défiscaliser des montants importants au-delà du plafond classique des niches fiscales.

Projets et investissements éligibles au Girardin industriel

Le Girardin industriel finance exclusivement des investissements productifs neufs réalisés et exploités dans les territoires d’outre-mer. Autrement dit, il s’agit de financer du matériel professionnel neuf, immédiatement opérationnel, pour des entreprises ultramarines. Les entreprises locataires de ces équipements doivent exercer une activité agricole, industrielle, commerciale ou artisanale au sens fiscal (bénéfices industriels et commerciaux). Cela inclut la grande majorité des secteurs productifs et des PME locales qui ont besoin d’équipements pour se développer.

Types de projets financés : on retrouve typiquement des investissements tels que :

  • Des machines industrielles et outils de production (par exemple, machines-outils dans une usine locale) ;

  • Des engins et véhicules professionnels : camions, utilitaires, engins de chantier pour le BTP, équipements agricoles (tracteurs, matériel d’irrigation…) ;

  • Des équipements pour les secteurs primaire et secondaire : matériel agricole pour des exploitations en Outre-mer, bateaux de pêche ou de transport maritime, équipements pour la production locale (agroalimentaire, artisanat, construction…) ;

  • Des matériels liés aux services éligibles : par exemple, équipements informatiques pour une société de services informatiques locale, matériel de nettoyage industriel pour une entreprise de propreté, centre d’appel (serveurs, installations télécom), etc. Ces activités de services spécifiques sont admises (voir plus bas la liste des exclusions) ;

  • Des travaux de rénovation hôtelière ou touristique : le dispositif couvre également, sous conditions, les dépenses de rénovation et réhabilitation d’hôtels, de résidences de tourisme ou de villages de vacances classés en Outre-mer, afin de moderniser l’offre touristique locale.

Pour qu’un investissement soit éligible, plusieurs critères doivent être respectés :

  • Le bien financé doit être neuf (jamais encore mis en service) et amortissable (ce qui exclut les terrains, fonds de commerce et autres actifs non amortissables). Une voiture d’occasion ou une machine d’occasion, par exemple, ne donnerait pas droit à l’avantage fiscal ;

  • L’investissement doit être effectivement exploité outre-mer pendant au moins 5 ans par une entreprise locale éligible. L’équipement est la propriété de la société de portage pendant la période de location, puis il est cédé à l’exploitant local. Si l’exploitation effective cesse avant 5 ans, la réduction d’impôt peut être remise en cause ;

  • L’investissement doit contribuer à une activité économique éligible : cela comprend les secteurs productifs classiques (industrie, artisanat, agriculture, pêche, BTP, transports…) ainsi que certaines activités de services précises. L’objectif du dispositif est de soutenir l’appareil productif ultramarin, donc tous les projets qui créent de la valeur ajoutée locale et de l’emploi dans ces secteurs prioritaires peuvent, en principe, être financés via Girardin.

Il convient de noter que certaines catégories particulières d’investissements ont été ajoutées ou modifiées par la loi ces dernières années. Par exemple, depuis 2023-2024, la loi autorise l’inclusion de certains véhicules de tourisme dans les investissements Girardin, mais uniquement s’ils sont strictement indispensables à des activités agricoles, aquacoles, minières ou sylvicoles, ou pour des activités de location de voitures ou de transport public de voyageurs (et sous condition de respecter des normes d’émissions de CO₂). De même, le financement d’équipements de production d’énergie renouvelable est en théorie possible dans le cadre du Girardin industriel. Cependant, un garde-fou a été instauré concernant le solaire : depuis la loi de finances 2011, les projets d’installations photovoltaïques dédiées à la production d’électricité pour revente sont exclus du dispositif standard (ils faisaient l’objet d’abus et bénéficiaient déjà d’autres aides). Seules demeurent éligibles, à titre dérogatoire, certaines installations solaires de grande taille dédiées à l’autoconsommation (par exemple, des panneaux photovoltaïques couvrant au moins 80 % des besoins d’une exploitation, avec un investissement supérieur à 250 000 €). En pratique, la plupart des montages Girardin évitent désormais le photovoltaïque pur, sauf cas très spécifiques, pour se concentrer sur d’autres matériels productifs.

Enfin, rappelons que le Girardin industriel ne doit pas être confondu avec le Girardin logement social, un dispositif distinct qui finance la construction de logements sociaux outre-mer. Le sujet qui nous occupe ici concerne les projets industriels et économiques : le logement social relève d’un autre cadre, avec ses propres règles d’éligibilité et de plafonds.

Secteurs d’activité exclus du Girardin industriel

Si de nombreux secteurs sont ouverts au Girardin industriel, la loi a prévu une liste précise de secteurs d’activité qui sont exclus du bénéfice de l’aide fiscale. L’objectif est de concentrer l’avantage sur les activités jugées prioritaires pour le développement économique, et de ne pas subventionner via Girardin des domaines considérés comme non essentiels ou déjà suffisamment pourvus en aides. Ainsi, n’ouvrent pas droit à la réduction d’impôt Girardin les investissements effectués dans les secteurs suivants :

  • Le commerce : toutes les activités d’achat-revente de biens sans transformation (commerce de gros, de détail, y compris vente en ligne ou sur marchés). En clair, financer l’ouverture d’une boutique, d’un supermarché ou d’un magasin franchisé ne peut pas bénéficier du Girardin industriel, car le secteur du commerce est explicitement exclu par la loi.

  • La restauration, cafés, bars et débits de boissons : l’ensemble du secteur de la restauration traditionnelle ou rapide est exclu, sauf exceptions très encadrées. Sont admis uniquement certains restaurants à caractère touristique : en pratique, les restaurants ayant obtenu le titre de Maître-Restaurateur (gage de qualité artisanale) ou les restaurants classés « tourisme » au 24 juillet 2009 peuvent être éligibles, de même que les restaurants intégrés dans un hôtel classé (même sans classement propre). En dehors de ces cas spécifiques, un projet de brasserie, de bar ou de restauration classique est exclu du Girardin. Par exemple, l’achat de matériel pour équiper un nouveau bar en Guadeloupe ne donnera pas droit à l’avantage fiscal.

  • Les activités de conseil ou d’expertise : toutes les prestations intellectuelles (conseil aux entreprises, consulting, expertise comptable, conseil en gestion, en ingénierie, audit, etc.) sont exclues. Ces activités, même si exercées en société, relèvent normalement des bénéfices non commerciaux et sont expressément écartées du champ du Girardin industriel. Même le conseil en informatique ou les services d’ingénierie sont exclus en tant que tels (ils entrent par ailleurs dans les services aux entreprises, voir plus loin).

  • L’éducation, la santé et l’action sociale : ce large secteur englobant l’enseignement (écoles, formation, éducation), les activités médicales et paramédicales (hôpitaux, cliniques, cabinets de santé), ainsi que le social (crèches, aide à domicile, établissements pour personnes âgées, etc.) est exclu du dispositif. Ainsi, on ne peut pas utiliser le Girardin pour financer par exemple l’équipement d’une école privée, l’ouverture d’un laboratoire d’analyses médicales ou d’une maison de retraite.

  • La banque, la finance et les assurances : toutes les activités bancaires, financières, de crédit, de gestion de portefeuille, d’assurance ou d’intermédiation financière sont exclues. Ce sont des secteurs réglementés et non productifs au sens industriel du terme, donc hors champ Girardin.

  • Les activités immobilières : la promotion immobilière, l’achat-revente de biens immobiliers, la gestion immobilière et la location immobilière sont exclus. Cela inclut la location de logements (nus ou meublés) et de locaux commerciaux, y compris via des sociétés civiles immobilières. Exceptions : seules sont tolérées les activités de location meublée touristique de courte durée, lorsqu’elles s’apparentent à de l’hébergement touristique (par exemple, la location de gîtes ruraux, de chambres d’hôtes ou de meublés de tourisme classés, loués à la semaine). Ces dernières sont présumées ne pas relever du secteur immobilier stricto sensu mais de la para-hôtellerie, et peuvent donc être éligibles si elles répondent aux critères du tourisme.

  • La navigation de croisière : l’exploitation de bateaux de croisière ou d’activités touristiques de croisière est exclue. (À distinguer du transport maritime de fret ou de passagers local, qui lui peut être éligible, ou de la pêche maritime également éligible.)

  • La réparation automobile : les garages et activités de mécanique auto/moto sont exclus du champ d’application.

  • Les activités de location sans opérateur : cela vise la location de matériel sans prestation annexe, par exemple la location pure d’engins ou de véhicules sans fourniture de conducteur ou de service associé. Ce secteur est exclu, à l’exception de deux cas précis autorisés par la loi : la location directe de véhicules de tourisme à des particuliers pour une durée limitée (≤ 2 mois), autrement dit les agences de location de voitures peuvent être éligibles ; et la location de navires de plaisance (bateaux de loisir). Ces deux activités de location ont été réintroduites comme éligibles car considérées liées au tourisme ou à des besoins locaux, mais toutes les autres locations sans opérateur restent exclues.

  • Les services fournis aux entreprises (B2B) : ce vaste secteur est exclu dans son ensemble, sauf pour certaines activités bien précises. Par services aux entreprises, on entend notamment les activités juridiques, comptables, conseil en gestion, architecture, ingénierie, publicité, recrutement/intérim, sécurité, nettoyage industriel, etc. La loi exclut ce secteur à l’exception des activités suivantes, qui sont explicitement autorisées en Girardin : la maintenance industrielle (entretien/réparation d’équipements de production), les activités de nettoyage (propreté, hygiène), le conditionnement à façon (embouteillage, emballage pour le compte de tiers) et les centres d’appels. De plus, les services informatiques (gestion et maintenance informatique, développement logiciel, hébergement internet, etc.) ont été considérés comme n’étant pas des “services aux entreprises” exclus : ils sont donc éligibles également. En résumé, la plupart des services B2B classiques sont exclus, hormis ces métiers techniques ou de support indispensables à l’économie locale.

  • Les loisirs, sports et culture : ce secteur est exclu, sauf exceptions liées au tourisme et à l’audiovisuel. Concrètement, sont exclus les projets ayant une finalité principalement récréative, sportive ou culturelle (par exemple, création d’un parc de loisirs, d’une salle de spectacle, organisation d’événements sportifs, ouverture d’un musée privé…). Exceptions : peuvent bénéficier du Girardin les activités de loisirs intégrées dans un projet touristique global (et destinées à une clientèle touristique). Par exemple, investir dans du matériel pour un centre de plongée ou une base nautique incluse dans un complexe hôtelier peut être éligible, de même que des équipements pour valoriser un site touristique naturel ou historique. De plus, la production et la diffusion audiovisuelles et cinématographiques sont explicitement autorisées : soutenir un studio de cinéma local ou une production audiovisuelle outre-mer peut donc entrer dans le cadre Girardin.

  • Les activités associatives : les investissements portés par des associations (loi 1901) ou dans un but non lucratif sont exclus. Le Girardin vise des entreprises à but lucratif, il n’est pas destiné à financer les associations, même d’utilité locale.

  • Les activités postales : ce secteur, qui couvre La Poste et assimilés, est exclu du dispositif.

Cette liste d’exclusions, bien qu’assez longue, permet d’orienter l’épargne vers les secteurs jugés prioritaires pour le développement économique ultramarin (production, transformation, services indispensables) en évitant de subventionner des secteurs considérés comme matures ou moins stratégiques. En résumé, les projets éligibles se situent principalement dans l’économie productive (agriculture, industrie, artisanat, BTP, transport, pêche, services informatiques ou industriels…) et dans certaines activités touristiques, tandis que les domaines du commerce, des services généraux, de l’immobilier, de la finance ou de la consommation courante sont écartés.

S’il peut sembler ardu pour un investisseur de retenir tous ces secteurs exclus, rassurez-vous : en pratique, vous n’aurez pas à faire ce tri vous-même. Les opérateurs spécialisés qui montent les dossiers Girardin (sociétés de portage, cabinets en défiscalisation Outre-mer) connaissent parfaitement ces restrictions légales. Ils sélectionnent en amont des projets conformes aux critères, avec l’agrément fiscal si nécessaire, de sorte que l’investissement proposé aux particuliers respecte le cadre réglementaire. Il est toutefois important de comprendre ces exclusions pour bien saisir la logique du dispositif : votre argent doit servir des projets utiles outre-mer, pas financer n’importe quelle activité.

Hagnéré Patrimoine et le Girardin industriel

En tant que cabinet conseil en gestion de patrimoine, Hagnéré Patrimoine propose un accompagnement expert et global sur des dispositifs comme le Girardin industriel. À travers un bilan patrimonial gratuit et personnalisé, nos conseillers analysent votre situation financière dans sa globalité et identifient les stratégies adaptées à vos objectifs. Cette approche à 360° permet d’envisager le Girardin industriel comme l’une des solutions fiscales possibles, aux côtés d’autres leviers pertinents, et non comme un produit isolé. Plus de 1 000 clients nous ont déjà fait confiance, appréciant nos frais maîtrisés, notre forte expertise technique et fiscale et notre vision indépendante du patrimoine. Avec Hagnéré Patrimoine, vous bénéficiez d’un regard professionnel et pédagogique pour intégrer le Girardin industriel dans une stratégie patrimoniale optimisée et sécurisée.

Conclusion

Le Girardin industriel se présente comme une opportunité puissante de réduction d’impôt pour les contribuables fortement imposés, tout en dirigeant des financements privés vers les entreprises d’outre-mer qui en ont besoin. Pour en profiter pleinement, il est essentiel de cibler des projets éligibles – investissements productifs neufs dans des secteurs autorisés – et d’éviter les nombreux domaines exclus par la loi. Bien utilisé, ce dispositif permet de conjuguer optimisation fiscale et impact économique positif outre-mer. Comme toujours en matière de défiscalisation, une approche prudente et accompagnée est recommandée, afin de sécuriser votre avantage et de respecter toutes les conditions. (Mise à jour 2026)

es secteurs et matériels présentés comme éligibles ou exclus reposent sur des interprétations courantes de la doctrine fiscale et les pratiques des opérateurs : l’administration fiscale apprécie au cas par cas l’éligibilité d’un projet Girardin industriel, et il est recommandé de consulter un spécialiste ou de vérifier auprès de l’administration avant d’investir.

Questions fréquentes

1

Qu’est-ce que le Girardin industriel ?

Le Girardin industriel est un dispositif fiscal français (loi de programme outre-mer) permettant à un particulier de réduire son impôt en finançant des investissements professionnels neufs dans les DOM-COM. En pratique, l’investisseur apporte des fonds via une société de portage qui achète un matériel neuf (machine, véhicule, etc.) pour une entreprise ultramarine. En contrepartie, il bénéficie d’une réduction d’impôt dite « one-shot », généralement l’année suivant l’investissement, d’un montant supérieur ou égal à sa mise. C’est un mécanisme de défiscalisation ultra-marine visant à soutenir l’économie locale tout en procurant un gain fiscal à l’investisseur.

2

Qui peut bénéficier du Girardin industriel ?

Tout contribuable français imposé peut en théorie bénéficier du Girardin industriel, à condition d’avoir une capacité d’investissement et d’imposition suffisante. Le dispositif s’adresse surtout aux particuliers fortement imposés, car la réduction obtenue s’impute sur l’impôt sur le revenu. Il faut disposer d’un impôt assez élevé pour absorber la réduction offerte (sinon une partie serait perdue). Par ailleurs, l’investisseur doit être domicilié fiscalement en France. Il n’est pas nécessaire d’être un professionnel de l’outre-mer : des cabinets spécialisés se chargent du montage. En résumé, si vous payez plusieurs milliers (voire dizaines de milliers) d’euros d’impôt et que vous souhaitez réduire cette charge, vous pouvez être éligible en investissant via un Girardin industriel.

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Quel avantage fiscal offre le Girardin industriel ?

Le principal avantage est une réduction d’impôt sur le revenu très importante, obtenue en une seule fois. Souvent, la réduction d’impôt est supérieure au montant que vous avez investi, ce qui signifie un rendement fiscal net positif. Par exemple, pour ~10 000 € investis, on peut obtenir ~11 000 € de réduction d’impôt (les taux précis varient selon le type de projet et le territoire, en général ~44 % de l’investissement financé). Ce mécanisme permet donc de générer un gain (réduction d’impôt moins apport) tout en finançant un projet utile. De plus, le Girardin bénéficie d’un plafond de niche fiscale majoré (18 000 € au lieu de 10 000 €), ce qui augmente l’avantage utilisable pour les hauts revenus.

4

Le Girardin industriel est-il soumis au plafonnement des niches fiscales ?

Oui, mais il bénéficie d’un plafonnement spécifique plus élevé que la normale. Les réductions d’impôt obtenues via le Girardin industriel entrent dans le plafonnement global des niches fiscales fixé à 10 000 € par an + une majoration possible de 8 000 € pour les investissements outre-mer. En clair, le plafond annuel passe à 18 000 € (ou 15 % du revenu imposable si ce montant est supérieur) pour les avantages liés aux investissements en outre-mer, dont fait partie le Girardin. Cela permet aux contribuables d’utiliser pleinement de grosses réductions Girardin sans être bloqués par le seuil standard de 10 000 €. Par exemple, un foyer fiscal pourrait cumuler 17 000 € de réduction Girardin sur une année sans dépasser le plafond (qui serait alors 18 000 €). Au-delà, l’excédent serait perdu.

5

Quelle est la durée d’engagement du Girardin industriel ?

La durée minimale d’engagement est de 5 ans. Cela correspond à l’obligation de louer le matériel financé à l’entreprise ultramarine pendant au moins cinq années, et de conserver les parts de la société de portage pendant cette période. L’investisseur n’a pas le droit de revendre sa participation ni de récupérer le matériel avant la fin des 5 ans, sous peine de remise en cause de l’avantage fiscal. En pratique, la plupart des montages prévoient une dissolution de la société de portage après 5 ans révolus et un transfert de propriété du bien à l’exploitant local. Il arrive que certains projets imposent une durée un peu plus longue (par exemple 6 ou 7 ans) en cas de risques particuliers, mais c’est rare. À retenir : comptez un blocage de 5 ans, passé ce délai votre engagement prend fin.

6

Quelle différence entre le Girardin industriel et le Girardin logement social ?

Le Girardin industriel et le Girardin logement social sont deux volets distincts de la loi Girardin. Le Girardin industriel (article 199 undecies B du CGI) concerne les investissements productifs en milieu entrepreneurial (achat de matériels pour des entreprises outre-mer). En revanche, le Girardin logement social (article 199 undecies C du CGI) vise à financer la construction ou la rénovation de logements sociaux outre-mer, via des investissements réalisés par des sociétés immobilières sociales (SIMAR, Sociaux HLM locales…). Le principe de réduction d’impôt est similaire (défiscalisation en échange de l’investissement), mais les mécanismes diffèrent : le Girardin logement social s’adresse souvent à des montants plus élevés, avec un agrément fiscal quasi systématique, et sert à construire des logements sociaux loués à des ménages modestes pendant 5 ou 10 ans. Pour un investisseur particulier, le Girardin social peut offrir un rendement fiscal intéressant également, mais il est moins courant et présente des risques et modalités spécifiques. En résumé, industriel = financement d’entreprises (matériel professionnel), logement social = financement de logements sociaux, le tout sous le chapeau de la loi Girardin.

7

Quels sont les risques du Girardin industriel ?

Le Girardin industriel offre un avantage fiscal attractif, mais comporte des risques qu’il ne faut pas négliger. Le principal risque est la remise en cause fiscale : si le projet outre-mer ne va pas au bout des 5 ans (par exemple, si l’entreprise exploitante fait faillite avant la fin ou n’utilise pas effectivement le matériel), l’administration fiscale peut reprendre la réduction d’impôt accordée, ce qui obligerait l’investisseur à rembourser l’avantage avec des intérêts de retard. Il y a également un risque économique : l’investissement est « à fonds perdus », vous n’attendez pas de récupération de capital, donc le seul gain est la réduction d’impôt. Si pour une raison quelconque la réduction d’impôt ne se matérialise pas (ou est moindre), vous avez engagé des fonds sans retour. Enfin, des risques de montage non conforme ou de fraude existent si le dossier est mal structuré. Pour limiter ces risques, il est crucial de passer par des opérateurs fiables, qui offrent souvent une assurance de bonne fin (garantie contractuelle couvrant le risque de requalification fiscale du projet). En somme, le Girardin n’est pas un placement de tout repos : il faut s’assurer du sérieux du montage et accepter une certaine incertitude pendant 5 ans.

8

Jusqu’à quelle date le dispositif Girardin industriel est-il en vigueur ?

Le dispositif a été prolongé récemment. Prévu initialement jusqu’en 2025, il a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2029 par la loi de finances. Cela signifie que les investissements Girardin industriel pourront être réalisés au moins jusqu’à la fin 2029 tout en ouvrant droit à la réduction d’impôt. Chaque année, les lois de finances peuvent ajuster ce terme ou les conditions, mais à ce jour la perspective est une disponibilité du Girardin industriel pour les prochaines années, afin de continuer à soutenir l’économie ultramarine. Concrètement, un investissement effectué en 2026, 2027, 2028 ou 2029 pourra bénéficier du régime (et la réduction correspondante s’appliquera respectivement en 2027, 2028, 2029 ou 2030). Au-delà de 2029, sauf nouvelle prolongation, le mécanisme prendrait fin pour les nouvelles souscriptions.

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Sources et références

Quentin Hagnéré

Quentin Hagnéré

Expert

Fondateur de Hagnéré Investissement

Spécialiste de la gestion de patrimoine et de fortune à 360°, j'accompagne des milliers de clients dans la construction de stratégies performantes et innovantes pour atteindre leurs objectifs financiers avec une vision à 360° propulsée par notre galaxie de services.

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