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Allocation d'actifs en assurance-vie luxembourgeoise : 4 portefeuilles-types chiffrés

L'assurance-vie luxembourgeoise n'est pas une assurance-vie française avec un drapeau : c'est une enveloppe à architecture ouverte sur un univers mondial. Mais cette liberté a une règle du jeu — votre catégorie de souscripteur (N à D, Lettre Circulaire CAA 26/1 en vigueur le 1er février 2026). Ce guide explique comment votre catégorie débloque votre univers, dans quel compartiment loger quoi (fonds euros, FIC, FID, FAS), et déroule 4 portefeuilles-types chiffrés à l'euro près de 250 k€ à 3 M€ — private equity, multidevise, IFI et clean shares compris.

N → DLa catégorie décide
Portefeuilles chiffrés
~1 %Le gain clean shares
972 bisL'angle IFI oublié
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en gestion de fortune et stratégies family office

Clément Chatelain accompagne les familles fortunées, dirigeants et cédants sur l'allocation multi-actifs, les enveloppes premium, la structuration patrimoniale et la transmission de long terme.

Gestion de fortuneCIFORIAS 23002291

Publié le 1er juin 2026 · Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (ORIAS 23002291 — CIF, COA, COBSP) · Temps de lecture : 14 min

Vous avez 500 000 € — ou 3 millions — sur un contrat luxembourgeois, et une question vous taraude : comment les répartir ? Fonds euros, actions, private equity, immobilier… par où commencer, et dans quel ordre ? L'allocation d'actifs d'une assurance-vie luxembourgeoise obéit à une logique que presque aucun guide n'explique en clair.

Car l'assurance-vie luxembourgeoise n'est pas une assurance-vie française avec un drapeau. C'est une enveloppe à architecture ouverte qui donne accès à un univers quasi mondial — là où un contrat français se limite souvent à 600 unités de compte. Le marché ne s'y trompe pas : les clients français y ont versé 16,4 Md€ de primes en 2025, soit la moitié de la collecte internationale du Grand-Duché (ACA). Mais cette liberté a une règle du jeu : votre catégorie de souscripteur.

Dans ce guide, vous allez comprendre comment votre catégorie débloque votre univers, dans quel compartiment loger chaque actif (fonds euros, FIC, FID, FAS), et nous déroulerons 4 portefeuilles-types chiffrés à l'euro près, de 250 k€ à 3 M€ — sans oublier les deux leviers que tout le monde néglige : le private equity, le multidevise, l'IFI et les clean shares.

À retenir en 30 secondes

  • Votre catégorie de souscripteur (N à D, LC CAA 26/1) décide de votre univers : plus la fortune mobilière est élevée, plus l'accès au private equity, au non coté et au multidevise s'ouvre. Dès la catégorie C, la CAA lève ses limites de concentration.
  • L'allocation se construit par compartiment : fonds euros (sécurité), FIC (mutualisé), FID (gérant mandaté), FAS (vous pilotez chaque ligne).
  • Deux leviers oubliés : les clean shares (≈ 1 % de performance nette en plus par an, AMF) et l'IFI sur la poche immobilière (article 972 bis CGI).

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les portefeuilles-types présentés sont des illustrations pédagogiques, pas des recommandations : votre allocation dépend de votre situation, de vos objectifs et de votre tolérance au risque. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour une analyse adaptée, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

1. Pourquoi allouer une AVL n'a rien à voir avec une assurance-vie française

En France, vous choisissez parmi quelques centaines d'unités de compte référencées par votre assureur. Au Luxembourg, l'univers est d'une autre échelle : c'est ce qu'on appelle l'architecture ouverte. Cette différence n'est pas commerciale, elle est réglementaire — et elle change tout pour qui veut construire une allocation sur-mesure.

Côté français, l'article L. 131-1 du Code des assurances impose que les unités de compte offrent « une protection suffisante de l'épargne investie » et figurent sur une liste fermée. La loi Industrie Verte de 2023 a même introduit des quotas de non coté en gestion pilotée. Côté luxembourgeois, la Lettre Circulaire CAA 26/1 fixe un catalogue beaucoup plus large, dont les limites de concentration s'effacent à mesure que la fortune du souscripteur augmente.

Univers d'investissement : assurance-vie française vs luxembourgeoise
CritèreAV françaiseAV luxembourgeoise
Univers d'UCListe fermée (~600 UC)Quasi mondial (par code ISIN)
CadreListe R. 332-2 + quotasCatalogue CAA modulé par catégorie
Titres vifs / non cotéLimité (plafond 10 %)Large, déplafonné en cat. C/D
Clean sharesRaresNatives (parts institutionnelles sans rétrocession)
MultideviseMarginaleEUR, USD, CHF, GBP

En pratique, dans une AVL vous pouvez loger des titres vifs cotés ou non, des ETF en parts institutionnelles, des fonds de private equity, de la dette privée, des produits structurés sur-mesure, le tout en plusieurs devises — souvent par simple communication d'un code ISIN. Cette palette est la matière première de votre allocation.

Mais cette liberté n'est pas la même pour tous. Elle dépend d'une lettre : votre catégorie.

2. Votre catégorie de souscripteur (N à D) décide de votre univers

Avant de parler actions ou private equity, une question préalable : dans quelle catégorie êtes-vous ? C'est le filtre qui conditionne tout le reste. Et c'est ce que les concurrents oublient presque toujours de relier à l'allocation.

La Lettre Circulaire CAA 26/1, en vigueur depuis le 1er février 2026 (elle remplace la LC 15/3, que la plupart des guides citent encore), classe les preneurs en cinq catégories selon deux critères cumulatifs : une prime minimale et une fortune mobilière minimale déclarée.

Catégories de souscripteur et univers débloqué (Lettre Circulaire CAA 26/1, en vigueur le 1er février 2026)
CatégoriePrime min.Fortune mobilière min.Ce que ça débloque
N——Supports standards, pas de non coté
A125 000 €250 000 €Alternatifs avec limites
B250 000 €500 000 €Alternatifs et non coté (ratios)
C250 000 €1 250 000 €Fin des limites de concentration
D1 000 000 €2 500 000 €Univers ouvert, métaux précieux inclus

Concrètement, la fortune mobilière correspond à vos instruments financiers, vos dépôts bancaires et la valeur de vos contrats d'assurance-vie, diminués de vos dettes — mais elle exclut l'immobilier. Et attention : c'est la catégorie qui pilote l'univers d'actifs, pas le compartiment. Les « seuils FAS à 250 000 € » qu'on lit partout sont des tickets commerciaux d'assureurs, pas des seuils réglementaires.

Le piège n°1 : riche sur le papier, univers bridé

Prenons Alain, 62 ans, rentier, patrimoine de 4,5 M€… dont 3,8 M€ d'immobilier. Sa fortune mobilière ne s'élève qu'à 700 000 € : l'immobilier ne compte pas. Résultat : malgré 4,5 M€ au total, Alain relève de la catégorie B, pas de la catégorie D. Son univers d'allocation est plus bridé que ne le laisse croire sa richesse. Pour accéder à la catégorie D et à son univers ouvert, il devrait détenir davantage d'actifs financiers — ou réorganiser son patrimoine.

Une fois votre catégorie connue, reste à savoir dans quel tiroir ranger chaque actif.

3. FID, FAS, FIC, fonds euros : dans quel compartiment loger quoi ?

Un contrat luxembourgeois, ce sont plusieurs tiroirs combinables dans une même enveloppe. Le bon réflexe n'est pas de choisir l'un contre l'autre, mais de savoir qui décide dans chacun.

Les compartiments d'un contrat luxembourgeois : qui décide de l'allocation ?
CompartimentQui décide ?Pour quoi
Fonds eurosL'assureur (capital garanti)Coussin de sécurité, liquidité
FIC (fonds interne collectif)L'assureur, mutualiséGestion standardisée, mutualisée
FID (fonds interne dédié)Un gérant mandatéDéléguer une poche à un professionnel
FAS (fonds d'assurance spécialisé)Vous, le preneurPiloter vos lignes directes, vos choix

Dans les faits, on combine : un peu de fonds euros pour le coussin, un FID pour confier la poche actions internationale à un gérant, un FAS pour loger les lignes que vous choisissez vous-même (titres vifs, fonds de private equity sélectionnés). Le FAS est accessible sans seuil réglementaire, mais ce que vous pouvez y loger reste filtré par votre catégorie — un souscripteur de catégorie N en FAS reste bloqué sur le non coté.

Quels actifs, alors, peut-on vraiment loger — et à partir de quelle catégorie ?

4. Les classes d'actifs accessibles (et à quelle catégorie)

Actions, dette privée, private equity, métaux précieux… tout n'est pas ouvert à tout le monde. La règle, fixée par l'Annexe 1 de la Lettre Circulaire CAA 26/1, est simple à retenir : les limites de concentration se desserrent à mesure qu'on monte en catégorie, puis disparaissent.

Classes d'actifs et accessibilité selon la catégorie de souscripteur
Classe d'actifsAccessibilitéPoint de vigilance
Actions, obligations, ETFToutes catégoriesPrivilégier les parts clean shares
Fonds euros luxembourgeoisToutes catégoriesRend ~0,2-0,3 pt de moins qu'en France
SCPI / immobilier (UC)Selon assureurSouvent refusées (liquidité) + IFI
Fonds alternatifs / hedgeInterdits en N, ratios A/BLibres en C et D
Private equity / non cotéVia fonds dès A/BDéplafonné dès la cat. C
Produits structurésToutes (cadre 26/1)Lire la garantie de capital
Métaux précieuxCatégorie DComptes de métaux (note 8)

Un point mérite d'être clarifié ici, car la majorité des pages l'entretiennent dans le flou : un FAS ne peut pas détenir en direct les titres non cotés d'une société opérationnelle. L'accès au private equity passe donc par des fonds (FPCI, fonds de PE) ou par un FID — pas par une ligne en direct logée dans le FAS.

Assez de théorie. Voici à quoi ressemblent quatre portefeuilles réels, à l'euro près.

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5. 4 portefeuilles-types chiffrés à l'euro près

Un même contrat, quatre situations, quatre allocations. Les répartitions ci-dessous sont des illustrations pédagogiques, calibrées sur des hypothèses de rendement explicites — pas des recommandations. Elles montrent comment la catégorie et le profil de risque se traduisent en euros.

4 portefeuilles-types d'allocation AVL selon le montant et la catégorie (illustratif, en % de l'encours)
Classe d'actifs250 k€ — A — Prudent500 k€ — B — Équilibré1 M€ — C — Dynamique3 M€ — D — Offensif
Fonds euros40 %15 %10 %5 %
Obligations / dette IG25 %25 %——
Dette privée——20 %15 %
Actions monde (clean shares)20 %35 %35 %30 %
SCPI / immobilier—10 %—10 %
Private equity / club deals—5 %15 %20 %
Fonds alternatifs / hedge——10 %10 %
Produits structurés / métaux10 %10 %10 %10 %
Monétaire5 %———
Rendement illustratif brut*~3,8 %~5,2 %~6,7 %~7,4 %

* Rendement brut illustratif sur hypothèses : fonds euros 2,6 %, obligations 3 %, dette privée 6-7 %, actions 7,5 %, SCPI 4,9 %, private equity 10-11 %, structurés 5 %. Performances passées non garanties, risque de perte en capital.

5.1 Cas Julien & Anne — 500 000 €, catégorie B, profil équilibré

Profil : Julien et Anne, 47 et 44 ans, cadres supérieurs à Paris, deux enfants. Ils placent 500 000 € sur un contrat luxembourgeois, profil équilibré, et sont redevables de l'IFI (résidence principale + une poche immobilière). Leur portefeuille équilibré : 75 000 € de fonds euros, 125 000 € d'obligations, 175 000 € d'actions monde en clean shares, 50 000 € de SCPI, 50 000 € de structurés, 25 000 € de private equity.

Concrètement, leur poche de 50 000 € de SCPI mérite une vigilance : elle entre dans leur assiette IFI (nous y revenons en section 8). Selon leur objectif, ils peuvent la conserver pour le rendement, ou la remplacer par une UC respectant les conditions de l'article 972 bis pour neutraliser le coût IFI. Cette répartition est une illustration : leur allocation réelle dépend d'un bilan personnalisé.

5.2 Cas Stéphane — 3 000 000 €, catégorie D, profil offensif

Profil : Stéphane, 52 ans, président d'une SAS qu'il vient de céder, marié, trois enfants. Avec 3 M€ à placer et une fortune mobilière supérieure à 2,5 M€, il relève de la catégorie D : l'univers est ouvert. Son allocation offensive mobilise pleinement l'architecture luxembourgeoise — 900 000 € d'actions et thématiques, 600 000 € de private equity et club deals, 450 000 € de dette privée, 300 000 € de fonds alternatifs, 300 000 € d'immobilier non coté, 300 000 € de structurés et métaux en multidevise, 150 000 € de fonds euros.

Concrètement, Stéphane n'est pertinent en catégorie D que parce que sa fortune mobilière dépasse réellement 2,5 M€. Sa poche de private equity (20 %) reste dans la fourchette raisonnable de 5 à 20 % pour un profil offensif averti, à condition d'accepter l'illiquidité sur 7 à 10 ans.

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La ligne qui change tout dans les profils dynamiques et offensifs, c'est le private equity. Encore faut-il le calibrer.

6. Le private equity dans votre allocation : calibrage et appels de capitaux

10,7 % de rendement net annualisé sur dix ans : c'est la performance du capital-investissement français à fin 2025 (France Invest). De quoi faire rêver — mais à deux conditions que le chiffre seul ne dit pas.

Première condition : la dispersion. Ces 10,7 % sont une moyenne sur dix ans ; la dispersion entre fonds est forte, et un fonds peut faire nettement moins bien que cette moyenne, voire perdre de l'argent. La sélection des fonds est donc déterminante. Seconde condition : l'illiquidité. Le private equity exige un horizon de 7 à 10 ans, et le consensus des praticiens limite la poche à 5 à 10 % du patrimoine global.

En pratique, le private equity fonctionne par appels de capitaux : vous vous engagez sur un montant, mais il est appelé par tranches sur plusieurs années (la fameuse « courbe en J »). Il faut donc conserver une poche de liquidité — monétaire ou obligataire — pour honorer ces appels. Atout propre à l'assurance-vie luxembourgeoise : c'est l'assureur qui gère automatiquement les appels de fonds, ce qui évite tout oubli et la pénalité associée.

Autre levier propre au Luxembourg, souvent cité mais rarement illustré : la devise.

7. L'allocation multidevise : aligner l'épargne sur votre vie

Votre contrat peut vivre en euros, en dollars ou en francs suisses. C'est l'un des atouts les moins exploités du cadre luxembourgeois, et il a sa place dans une réflexion d'allocation.

Le contrat possède une devise de référence — fixée à la souscription et généralement non modifiable — qui sert à la valorisation, aux rachats et au capital décès. Mais vous pouvez loger des actifs dans d'autres devises (EUR, USD, CHF, GBP). Précisons-le, car les pages commerciales l'oublient : cette souplesse est une liberté contractuelle propre au Luxembourg, pas une règle imposée par le régulateur.

Côté usage, la multidevise sert à aligner votre épargne sur vos projets : un futur résident suisse peut construire une poche en francs, un expatrié percevant des revenus en dollars peut détenir une poche en dollars. La contrepartie est le risque de change : la valeur en euros d'une poche en devise fluctue. C'est un outil d'alignement, pas un pari spéculatif.

Et pour un résident français, une ligne du portefeuille mérite une attention particulière : l'immobilier, à cause de l'IFI.

8. Allouer en tenant compte de l'IFI

Mettre des SCPI dans son contrat luxembourgeois peut réveiller l'IFI. Aucun concurrent ne vous le dit — c'est pourtant l'un des arbitrages les plus concrets de l'allocation pour un patrimoine élevé.

La règle est fixée par l'article 972 bis du Code général des impôts et la doctrine BOFiP (BOI-PAT-IFI-20-20-30-30). Les unités de compte représentatives d'immobilier logées dans le contrat entrent dans l'assiette IFI du souscripteur résident français, au prorata de leur fraction immobilière — sauf si l'unité de compte respecte trois conditions cumulatives : être un organisme listé, avoir une fraction immobilière taxable inférieure à 20 %, et que le foyer détienne moins de 10 % des droits.

Concrètement, pour un redevable IFI comme Julien et Anne, la poche SCPI alourdit l'assiette imposable. L'arbitrage est clair : soit on conserve la poche immobilière pour son rendement (4,91 % de distribution moyenne en 2025), soit on privilégie des supports diversifiés respectant les conditions du 972 bis. Bonne nouvelle pratique : l'assureur fournit chaque année une valeur IFI à reporter dans la déclaration, ce qui simplifie le suivi.

Dernier levier, invisible mais décisif sur la performance : les frais des supports.

9. Clean shares : l'arme secrète de la performance nette

À allocation identique, deux contrats peuvent diverger de 1 % par an. La différence ne tient pas aux marchés, mais aux parts que vous détenez.

Un même fonds existe souvent en plusieurs classes de parts : la part retail (dont les frais intègrent une rétrocession reversée au distributeur) et la part clean share (sans rétrocession). L'assurance-vie luxembourgeoise donne accès nativement aux clean shares, car les rétrocessions y sont interdites. L'AMF a documenté l'ampleur de ces écarts de frais entre classes de parts ; sur le terrain, la différence entre une part retail chargée et une clean share atteint souvent un point, et le gain de performance estimé par les praticiens approche 1 % par an.

L'effet clean shares sur une poche actions (illustratif)

Gain ≈ 1 % par an × encours de la poche, capitalisé sur la durée
  • Encours poche actions :ex. 175 000 € (cas Julien & Anne)
  • Gain annuel ~1 % :≈ 1 750 € la première année, qui se capitalise

Sur 175 000 € d'actions, environ 1 % par an d'économie de frais représente près de 1 750 € la première année. Capitalisé sur 15 ans, l'écart cumulé se chiffre en dizaines de milliers d'euros. C'est l'un des rares leviers d'allocation à effet quasi mécanique.

Que ce levier soit réel, l'AMF l'a rappelé avec force : en septembre 2025, elle a sanctionné une société de gestion à hauteur de 1,3 million d'euros (décision SAN-2025-09), notamment pour des rétrocessions qu'elle ne pouvait justifier par une valeur ajoutée démontrable. Privilégier les clean shares n'est pas un détail : c'est une décision d'allocation à part entière.

Vous avez les briques. Voici comment les assembler, étape par étape.

10. Comment construire votre allocation en 5 étapes

Construire l'allocation de son assurance-vie luxembourgeoise : la méthode en 5 étapes
ÉtapeActionPoint clé
1Définir profil de risque et horizonC'est le couple risque/horizon qui guide tout
2Déterminer votre catégorie CAAPrime + fortune mobilière (hors immobilier)
3Choisir les compartimentsFonds euros / FIC / FID / FAS selon délégation
4Calibrer la poche illiquidePE 5-10 %, garder du liquide pour les appels
5Arbitrer IFI, multidevise, clean sharesLes 3 leviers que l'on oublie

Concrètement, l'ordre compte : on part toujours du profil de risque et de l'horizon, jamais des produits. La catégorie CAA fixe ensuite le terrain de jeu, les compartiments organisent la délégation, et les trois derniers leviers (illiquidité, IFI, frais) font la différence entre une bonne et une excellente allocation.

11. Les erreurs d'allocation classiques

Checklist Hagnéré — 7 erreurs d'allocation à éviter

  • Sur-pondérer le fonds euros. Utiliser une enveloppe sur-mesure comme un livret : l'erreur la plus fréquente.
  • Sous-utiliser l'architecture ouverte. Rester sur une liste fermée d'UC sans exploiter titres vifs, clean shares et non coté.
  • Ignorer les clean shares et laisser filer ~1 % de performance par an.
  • Confondre seuil de prime et seuil de fortune : les deux critères sont cumulatifs.
  • Mettre trop d'illiquide et oublier de garder une poche pour les appels de capitaux.
  • Négliger l'IFI sur la poche immobilière (article 972 bis).
  • Loger des SCPI sans vérifier que l'assureur luxembourgeois les accepte (souvent refusées).

Ces sept réflexes transforment une allocation correcte en allocation maîtrisée — et c'est souvent là que se joue, sur 15 ans, l'essentiel de la performance.

Les 3 choses à retenir

  • Votre catégorie CAA débloque votre univers. Connaissez-la (prime + fortune mobilière hors immobilier) avant d'allouer.
  • Allouez par compartiment (fonds euros / FIC / FID / FAS) et calibrez la poche illiquide avec discipline.
  • Deux gisements oubliés : les clean shares (≈ +1 %/an) et l'arbitrage IFI sur la poche immobilière.
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Mentions légales — Hagnéré Patrimoine

Hagnéré Patrimoine — SAS immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Siège social : 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens.

Article rédigé selon la législation en vigueur au 25 juin 2026 (loi de finances 2026, Lettre Circulaire CAA 26/1). Dernière mise à jour : 25 juin 2026. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur l'allocation d'une assurance vie luxembourgeoise

L'allocation se construit en répartissant l'épargne entre compartiments (fonds euros, FIC, FID, FAS) selon votre profil de risque et votre catégorie de souscripteur (N à D, lettre circulaire CAA 26/1 en vigueur le 1er février 2026). Plus la catégorie est élevée, plus l'univers s'élargit : actions et obligations mondiales, ETF, private equity, dette privée, fonds alternatifs, produits structurés, multidevise. Un profil prudent privilégie le fonds euros et les obligations, un profil offensif intègre une poche de non coté.

Ce sont trois compartiments qui se distinguent par qui décide de l'allocation. Le FIC (fonds interne collectif) est mutualisé entre plusieurs preneurs et géré par l'assureur. Le FID (fonds interne dédié) est créé pour un seul contrat et confié à un gérant mandaté qui pilote de façon discrétionnaire. Le FAS (fonds d'assurance spécialisé) est aussi propre à un contrat, mais chaque actif y est directement choisi par le preneur. On les combine dans un même contrat selon le degré de délégation souhaité.

L'accès dépend de votre catégorie de souscripteur, pas seulement du montant investi. Le non coté est interdit en catégorie N, accessible avec des limites de concentration en A et B, puis déployable sans plafond à partir de la catégorie C (fortune mobilière ≥ 1 250 000 €) et pleinement en D. En pratique, c'est même l'un des atouts de l'enveloppe : souscrit en direct, un FPCI exige souvent un ticket d'au moins 100 000 €, alors que logé dans une assurance vie luxembourgeoise le même fonds devient accessible dès quelques milliers d'euros. La poche recommandée reste de 5 à 10 % du patrimoine, sur un horizon de 7 à 10 ans.

La lettre circulaire CAA 26/1 classe les preneurs en cinq catégories selon deux critères cumulatifs : une prime minimale et une fortune mobilière minimale. A : 125 000 € de prime et 250 000 € de fortune ; B : 250 000 et 500 000 ; C : 250 000 et 1 250 000 ; D : 1 000 000 et 2 500 000. La fortune mobilière comprend les instruments financiers, les dépôts et la valeur des contrats d'assurance vie, diminués des dettes, mais exclut l'immobilier. Plus la catégorie est élevée, plus les limites de concentration de la CAA s'effacent.

Oui. Le contrat peut être libellé dans une devise de référence (euro, dollar, franc suisse, livre sterling, parfois yen) fixée à la souscription et généralement non modifiable ensuite. Vous pouvez aussi loger des actifs dans une autre devise que la devise de référence. C'est utile pour aligner votre épargne sur des revenus ou des dépenses en devise, mais cela ajoute un risque de change. La multidevise est une liberté contractuelle propre au cadre luxembourgeois, pas une règle imposée par le régulateur.

Deux réserves. D'abord, beaucoup d'assureurs luxembourgeois acceptent mal les SCPI pour des raisons de liquidité : l'offre est plus restreinte qu'en France. Ensuite, pour un résident fiscal français, la poche immobilière (SCPI, OPCI, SCI) reste imposable à l'IFI sur sa fraction immobilière, sauf si l'unité de compte respecte les trois conditions de l'article 972 bis du CGI : organisme listé, fraction immobilière inférieure à 20 % et détention inférieure à 10 % des droits. L'allocation d'un redevable IFI doit donc arbitrer entre rendement immobilier et coût IFI.

Une part clean share est une part de fonds sans rétrocession au distributeur, par opposition à une part retail dont les frais intègrent cette rétrocession. L'assurance vie luxembourgeoise donne accès nativement aux clean shares car les rétrocessions y sont interdites. L'AMF a documenté l'ampleur des écarts de frais entre classes de parts d'un même fonds ; sur le terrain, la différence entre une part retail chargée et une clean share atteint souvent un point, et le gain de performance estimé par les praticiens approche 1 % par an. Sur une poche actions de plusieurs centaines de milliers d'euros, l'économie composée se chiffre en dizaines de milliers d'euros sur 15 ans.

Le consensus des praticiens situe la poche de non coté entre 5 et 10 % du patrimoine global, avec un horizon minimal de 7 à 10 ans, et une règle simple : ne jamais y placer des sommes dont on pourrait avoir besoin avant cette échéance. Le capital-investissement français a affiché un TRI net de 10,7 % par an sur 10 ans à fin 2025 (France Invest et EY), mais avec une forte dispersion entre les fonds, dont certains font nettement moins bien, voire perdent de l'argent. La sélection des fonds est donc déterminante.

Le fonds euros est moins central au Luxembourg qu'en France et sert souvent un rendement légèrement inférieur (de l'ordre de 0,2 à 0,3 point de moins), car il est généralement réassuré auprès d'un assureur français. La force du contrat luxembourgeois n'est pas son fonds euros mais son architecture ouverte sur les unités de compte. Sur-pondérer le fonds euros dans une AVL revient à utiliser une enveloppe sur-mesure comme un livret : c'est l'erreur d'allocation la plus fréquente.

Seule la fraction immobilière de l'allocation l'est. Les unités de compte représentatives d'immobilier (SCPI, OPCI, SCI, certains club deals) entrent dans l'assiette IFI du souscripteur résident français, au prorata de leur fraction immobilière, sauf si elles respectent les trois conditions de l'article 972 bis du CGI. Les actions, obligations, fonds diversifiés et fonds euros n'entrent pas dans l'IFI. L'assureur fournit chaque année une valeur IFI à reporter dans la déclaration.