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Assurance vie luxembourgeoise en Andorre : le guide fiscal 2026

L'Andorre attire de plus en plus de Français : à deux pas des Pyrénées, la Principauté offre un impôt sur le revenu plafonné à 10 %, aucun impôt sur la fortune et — surtout — aucun droit de succession ni de donation. Le terrain rêvé pour une assurance vie luxembourgeoise ? Presque. Grâce à sa neutralité, le contrat épouse cette fiscalité douce. Mais un piège demeure, et il est français : l'article 990 I ne s'efface pas simplement parce qu'on s'installe à Andorre-la-Vieille.

10 %l'IRPF andorran, au maximum
droit de succession ou de donation
2013la convention fiscale FR-Andorre
990 Ile piège français qui demeure
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise

Clément Chatelain accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.

Expert AVLCIFORIAS 23002291

Pour une assurance vie luxembourgeoise détenue par un résident andorran, c'est la fiscalité andorrane qui s'applique — pas la française. Et l'Andorre est une fiscalité douce : un impôt sur le revenu (IRPF) plafonné à 10 %, aucun impôt sur la fortune et aucun droit de succession ni de donation en ligne directe. Au cabinet Hagnéré Patrimoine, ce dossier revient de plus en plus souvent. Ce guide en donne le mode d'emploi — et son seul vrai point d'attention, qui reste français.

La Principauté n'est pas un « paradis fiscal » opaque : c'est un État coopératif qui échange ses informations avec la France. Je suis Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (CIF, ORIAS 23002291), et je vois souvent la même erreur : croire qu'en s'installant à Andorre, on efface tout lien avec le fisc français. Voici ce qui se passe vraiment pour une assurance vie luxembourgeoise quand on devient résident andorran.

La réponse en 40 secondes

Grâce à sa neutralité, le contrat luxembourgeois est « caméléon » : il prend la fiscalité de l'Andorre. Là-bas, retenez trois bonnes nouvelles. Un : l'IRPF est plafonné à 10 % (exonéré jusqu'à ~24 000 €), sans prélèvements sociaux. Deux : pas d'impôt sur la fortune. Trois : pas de droits de succession. Et un seul point de vigilance, français : faute de convention successorale, le 990 I reste dû si un bénéficiaire ou l'assuré garde un domicile fiscal français. L'Andorre n'efface pas le 990 I.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique et ne constitue ni un conseil personnalisé (art. L. 533-13 du Code monétaire et financier) ni un conseil fiscal. La fiscalité andorrane et ses conditions de résidence évoluent (réformes des seuils d'investissement, traitement des revenus du capital), et certaines interactions appellent une analyse au cas par cas. Pour votre situation, sollicitez un bilan et, en Andorre, un conseil local.

L'Andorre en 2026 : une fiscalité douce, mais pas un effaceur du 990 I

Lovée entre la France et l'Espagne, l'Andorre est devenue l'une des destinations d'expatriation préférées des entrepreneurs, créateurs de contenu et investisseurs français. La raison : une fiscalité simple et basse. Impôt sur le revenu plafonné à 10 %, TVA (l'IGI) à 4,5 %, pas d'impôt sur la fortune, pas de droits de succession. Pour qui détient une assurance vie, le décor est séduisant.

Mais l'Andorre n'est plus la place « secrète » qu'on imagine. Depuis 2018, elle échange automatiquement les informations financières avec la France (norme CRS). Et surtout, la basse fiscalité andorrane ne neutralise pas, à elle seule, les règles françaises de rattachement : tant qu'un lien fiscal avec la France subsiste — du côté de l'assuré ou d'un bénéficiaire —, le prélèvement de l'article 990 I du CGI sur le capital décès reste applicable. La vraie question n'est donc pas « l'Andorre est-elle douce ? » (elle l'est) mais « ai-je vraiment coupé les liens français ? ».

L'IRPF andorran : pourquoi 10 % maximum change la donne

L'impôt sur le revenu des personnes physiques andorran (l'IRPF) est l'un des plus bas d'Europe. Son barème est plafonné à 10 % : une tranche exonérée jusqu'à environ 24 000 € de revenus annuels, un taux de 5 % de 24 000 à 40 000 €, puis 10 % au-delà. Surtout, l'Andorre ne connaît pas les prélèvements sociaux de type CSG/CRDS (17,2 % en France).

Le gain d'un rachat : Andorre vs France (ordre de grandeur)
RésidenceImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux
Andorre (IRPF)10 % au maximum0 %
France < 8 ans (PFU)12,8 %17,2 %
France > 8 ans7,5 % / 12,8 %17,2 %

Le bon réflexe : faire confirmer le traitement du rachat localement

L'IRPF andorran impose les revenus du capital et de l'épargne (intérêts, gains mobiliers) à un taux modéré, dans la limite des 10 %, et prévoit certains abattements (par exemple sur les premiers intérêts bancaires). Le traitement précis du gain d'un rachat d'assurance vie — assiette, éventuel abattement, qualification du revenu — doit toutefois être confirmé au cas par cas avec un conseil fiscal andorran avant tout retrait. Nous restons ici volontairement prudents : la fourchette « 0 à 10 % » est l'ordre de grandeur, pas une règle figée.

Devenir résident fiscal andorran : résidence active ou passive ?

La fiscalité douce ne s'applique qu'à un véritable résident fiscal andorran. Deux voies existent, et le choix dépend de votre projet.

Les deux statuts de résidence en Andorre
StatutPrésence minimaleConditions principales
Résidence active≥ 183 jours/anActivité professionnelle locale (emploi ou société andorrane), logement sur place, assurance santé, garantie auprès de l'AFA.
Résidence passive≥ 90 jours/anPas d'activité locale ; investissement en Andorre + dépôt auprès de l'AFA, logement et assurance santé. Les seuils d'investissement évoluent : à vérifier à l'instant T.

Le point décisif : rompre proprement la résidence fiscale française

Aucun avantage andorran ne joue si la France continue de vous considérer comme résident. Il faut rompre les critères de l'article 4 B du CGI : foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle, et centre des intérêts économiques. Un départ « de façade » (famille ou activité restées en France) expose à une requalification en résident français — et donc au retour de la fiscalité française sur le contrat. Le déménagement fiscal se prépare : c'est le socle de tout le reste.

Que dit la convention fiscale France-Andorre ?

Une convention fiscale France-Andorre a été signée le 2 avril 2013 et est entrée en vigueur le 1ᵉʳ juillet 2015 (loi n° 2015-279 du 13 mars 2015, décret n° 2015-878 du 17 juillet 2015). Elle porte sur les impôts sur le revenu et a pour objet d'éviter les doubles impositions et de prévenir l'évasion fiscale.

Pour votre contrat luxembourgeois, le point essentiel est le suivant : le rachat d'une AVL par un résident andorran est imposable à la résidence, donc en Andorre (le Luxembourg, neutre, ne prélève rien à la source). La convention n'intervient que si des revenus de source française subsistent (un bien locatif, des dividendes français…) — ce qui ne concerne pas le contrat lui-même. Important : cette convention ne couvre ni la fortune ni les successions. C'est précisément ce qui laisse subsister le 990 I côté transmission (voir plus bas). Le cadre international d'ensemble est détaillé dans notre guide de la fiscalité internationale de l'AVL.

Pourquoi garder l'assurance vie luxembourgeoise en Andorre ?

Parce qu'elle est portable. Grâce à sa neutralité fiscale, le contrat luxembourgeois n'ajoute aucune taxe luxembourgeoise et épouse directement la fiscalité de votre pays de résidence — ici, l'Andorre, et sa douceur. L'assureur luxembourgeois n'est pas collecteur d'un prélèvement français ; vous déclarez votre situation en Andorre. Le mécanisme de neutralité — pourquoi le contrat « n'ajoute rien » et se contente d'épouser le pays de résidence — est détaillé dans notre page sur la neutralité fiscale du Luxembourg.

Les atouts structurels qui survivent au déménagement

Au-delà de la fiscalité, le contrat luxembourgeois conserve ses atouts propres : le super-privilège (créance de 1ᵉʳ rang sur l'assureur), l'architecture ouverte (titres vifs, fonds non cotés, multidevises), et la possibilité de gérer via un FID (fonds interne dédié) plutôt qu'un FAS, pour préserver la nature assurantielle du contrat. Pour comprendre la différence entre ces modes de gestion, voyez notre page FID, FAS, FIC : quel mode de gestion choisir.

Conserver le contrat luxembourgeois existant est presque toujours préférable à en ouvrir un produit local : il garde son antériorité, ne déclenche aucune exit tax et se pilote indifféremment depuis la France ou l'Andorre. La portabilité fait tout le travail.

Succession : zéro impôt andorran, mais le piège du 990 I

C'est le cœur du dossier. L'Andorre n'a aucun droit de succession ni de donation, notamment en ligne directe. Pour un capital décès transmis à un bénéficiaire résident andorran, sans aucun lien français, la transmission est, en principe, non taxée localement. C'est un atout majeur de la Principauté.

Le faux ami : l'absence de taxe andorrane ne neutralise pas le 990 I

Beaucoup en concluent, à tort, que l'AVL échappe totalement à la France. C'est inexact. Contrairement à la Belgique (convention successorale de 1959), il n'existe pas de convention successorale France-Andorre. Or le prélèvement de l'article 990 I du CGI est une taxe « sui generis » qui s'applique selon ses propres critères : dès lors qu'un bénéficiaire a son domicile fiscal en France au jour du décès (et l'a eu au moins 6 des 10 années précédentes), ou que l'assuré a son domicile fiscal en France au moment du décès (art. 4 B du CGI), le 990 I est dû — abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. L'Andorre, faute de convention, n'efface pas ce prélèvement. Voir notre page sur l'article 990 I.

La vraie parade n'est donc pas « l'Andorre n'a pas de droits de succession », mais d'expatrier durablement la chaîne assuré → bénéficiaires : quand ni l'assuré ni les bénéficiaires n'ont plus de rattachement fiscal français suffisant (famille installée en Andorre depuis plus de 6 ans), le 990 I devient sans objet, et la transmission relève alors du seul régime andorran — c'est-à-dire, en principe, d'aucun impôt successoral. Le régime de l'article 757 B (primes versées après 70 ans), droit de succession de droit commun, suit la même logique de rattachement à défaut de convention : il appelle lui aussi une analyse au cas par cas.

Et si vous rentrez en France ?

La portabilité joue dans les deux sens. Si vous redevenez résident fiscal français, le contrat luxembourgeois reprend simplement la fiscalité française : prélèvement forfaitaire unique, abattement de 4 600 / 9 200 € et taux réduit de 7,5 % après 8 ans, prélèvements sociaux de 17,2 % (article 125-0 A du CGI). Vous devrez alors déclarer le contrat étranger via le formulaire 3916-bis. Le contrat n'est ni clôturé ni pénalisé par le retour.

L'assurance vie est en outre hors du champ de l'exit tax (article 167 bis du CGI), dans un sens comme dans l'autre. Les modalités du départ et du retour, pays par pays, sont détaillées dans notre guide assurance vie luxembourgeoise et expatriés.

Pour qui l'assurance vie luxembourgeoise en Andorre a-t-elle du sens ?

Pour celles et ceux dont le projet andorran s'inscrit dans la durée et qui veulent un véhicule souple, portable et fiscalement maîtrisé :

L'AVL en Andorre : pour qui ?
ProfilIntérêt de l'AVL en Andorre
Entrepreneur / créateur installé durablementIRPF max 10 %, pas de PS : le gain du contrat est très peu taxé localement
Famille à patrimoine internationalMultidevises, architecture ouverte, un seul contrat qui suit la résidence
Transmission en ligne directeAucun droit de succession andorran — sous réserve d'avoir coupé le lien 990 I
Va-et-vient France / AndorreLe contrat épouse chaque résidence, sans exit tax ni clôture

Le bon réflexe n'est pas de croire que l'installation à Andorre règle tout, mais de structurer en amont : soigner la rupture de résidence française (l'article 4 B), faire confirmer le traitement andorran du rachat, conserver le contrat luxembourgeois portable, et anticiper la succession (le lien français du 990 I). C'est exactement le travail que nous menons au cabinet.

Hagnéré Patrimoine

Préparer votre installation en Andorre

Rupture de résidence française, traitement du rachat en IRPF andorran, conservation du contrat luxembourgeois, succession France/Andorre et 990 I : nous structurons votre assurance vie luxembourgeoise au bon moment. Ce travail se fait dans le cadre d'une lettre de mission signée. Premier rendez-vous offert — 45 min : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Mentions légales et conformité

Hagnéré Patrimoine — Société par actions simplifiée, siège social à Bassens (73000), immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP) et Courtier en Assurance (COA).

Informations à jour au 25 juin 2026 (IRPF andorran plafonné à 10 % ; absence d'impôt sur la fortune et de droits de succession en Andorre ; convention fiscale France-Andorre du 02/04/2013, en vigueur le 01/07/2015 ; CGI art. 990 I, 757 B, 125-0 A, 167 bis et 4 B). La fiscalité andorrane et les conditions de résidence évoluent (seuils d'investissement, traitement des revenus du capital) ; certaines interactions appellent une analyse au cas par cas, avec un conseil local. Dernière mise à jour : 25 juin 2026.

Tout placement comporte un risque, y compris de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces informations ne se substituent pas à un conseil personnalisé.

Questions fréquentes

Questions fréquentes : AVL en Andorre

Très faiblement. Grâce à la neutralité luxembourgeoise, c'est la fiscalité andorrane qui s'applique. L'Andorre est une fiscalité douce : son impôt sur le revenu (IRPF) est plafonné à 10 %, avec une tranche exonérée jusqu'à environ 24 000 €, 5 % ensuite, puis 10 % au-delà de 40 000 €. Il n'existe pas de prélèvement social de type CSG, ni d'impôt sur la fortune. Le traitement précis du gain d'un rachat doit être confirmé avec un conseil andorran.

L'IRPF andorran est plafonné à 10 % : c'est le taux maximum applicable aux revenus élevés, y compris en principe au gain d'un rachat. À titre de comparaison, un résident français subit jusqu'à 30 % (prélèvement forfaitaire unique) sur un contrat de moins de 8 ans. L'Andorre ne connaît pas non plus de prélèvements sociaux de 17,2 %. Le traitement exact des revenus du capital relève d'une analyse locale.

Non. L'Andorre n'applique aucun impôt sur la fortune et aucun droit de succession ou de donation, notamment en ligne directe. La transmission du capital d'une assurance vie à un résident andorran y est donc, en principe, non taxée. C'est l'un des principaux attraits de la Principauté. Attention toutefois : cette absence de taxe andorrane n'efface pas le prélèvement français de l'article 990 I si un lien avec la France subsiste.

La convention fiscale France-Andorre du 2 avril 2013, en vigueur depuis le 1er juillet 2015, vise les impôts sur le revenu. Elle attribue l'imposition du rachat d'une assurance vie à l'État de résidence du bénéficiaire, soit l'Andorre pour un résident andorran. Le Luxembourg étant neutre, il ne prélève rien à la source. La convention ne couvre toutefois ni la fortune ni les successions.

Cela dépend du lien avec la France. L'Andorre n'a pas de droits de succession, mais il n'existe pas non plus de convention successorale France-Andorre. Le prélèvement de l'article 990 I du CGI, taxe sui generis, reste donc dû en France si un bénéficiaire a son domicile fiscal en France (au moins 6 des 10 dernières années) ou si vous-même, l'assuré, avez votre domicile fiscal en France au moment du décès. Sans aucun rattachement français, le 990 I devient sans objet.

Par la résidence active (activité professionnelle locale et présence d'au moins 183 jours par an) ou par la résidence passive (investissement en Andorre et présence d'au moins 90 jours par an, sans activité locale). Dans les deux cas, il faut disposer d'un logement sur place et d'une assurance santé. Le passage doit être réel : il faut soigner la rupture de la résidence fiscale française au sens de l'article 4 B du CGI, faute de quoi la France pourrait continuer à vous imposer.

Oui. L'Andorre échange automatiquement les informations financières avec la France selon la norme CRS depuis 2018 : la valeur de rachat du contrat luxembourgeois est transmise. Aucune confidentialité fiscale n'est possible. Si vous redevenez résident français, vous devrez déclarer le contrat étranger via le formulaire 3916-bis et reprendre la fiscalité de l'article 125-0 A du CGI.

Non. L'assurance vie, y compris luxembourgeoise, est hors du champ de l'exit tax (article 167 bis du CGI), qui vise les plus-values latentes sur titres et droits sociaux. Le contrat vous suit en Andorre sans déclenchement de cette taxe, dans un sens comme dans l'autre. La portabilité du contrat luxembourgeois joue donc pleinement lors de l'installation comme d'un éventuel retour en France.