Structurez votre assurance-vie luxembourgeoise avec un expert
Triangle de sécurité, fonds dédiés, fiscalité internationale, architecture ouverte : nous vous aidons à choisir le bon cadre luxembourgeois selon votre patrimoine et votre mobilité.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.
Sommaire
- 1. Le Canada en 2026 : la destination où l'AVL perd son réflexe habituel
- 2. Exempt policy ou accroissement : le cœur du problème
- 3. Rachat, revenu mondial : pourquoi tout se passe au Canada
- 4. T1135 : déclarer son contrat au-delà de 100 000 $ CA
- 5. Que dit la convention France-Canada ?
- 6. Décès : disposition réputée au Canada, 990 I côté France
- 7. Et si vous rentrez en France ?
- 8. Pour qui l'AVL au Canada a-t-elle (encore) du sens ?
- FAQ — 8 questions essentielles
Pour une assurance vie luxembourgeoise détenue par un résident fiscal canadien, la mauvaise surprise vient d'un mécanisme propre au Canada : le différé fiscal du contrat n'est pas acquis. Un contrat luxembourgeois « classique », orienté investissement, n'est en général pas une « exempt policy » au sens canadien — sa croissance interne peut alors être imposée chaque année par accroissement, et non au rachat. Au cabinet Hagnéré Patrimoine, nous considérons le Canada comme l'une des destinations où l'AVL appelle le plus de prudence. Ce guide en donne le mode d'emploi honnête.
Le Canada impose le revenu mondialde ses résidents : c'est donc la fiscalité canadienne, fédérale et provinciale, qui s'applique à votre contrat. Je suis Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (CIF, ORIAS 23002291), et je vois trop de contrats partir au Canada sans audit préalable. Or ici, l'avantage habituel du Luxembourg — le différé — peut tout simplement ne pas exister. Voici ce qui se passe vraiment.
La réponse en 40 secondes
Grâce à sa neutralité, le contrat luxembourgeois est « caméléon » : il prend la fiscalité du Canada. Là-bas, retenez quatre choses. Un : une police étrangère n'est presque jamais exempte → sa croissance peut être imposée par accroissement chaque année (par. 12.2(1)). Deux : au-delà de 100 000 $ CA de coût, le formulaire T1135 est obligatoire. Trois : pas d'impôt successoral, mais une disposition réputéeau décès. Quatre : la France peut conserver le 990 Isi un lien fiscal français subsiste. Le réflexe : auditer le contrat avant de devenir résident canadien.
Avertissement
Le Canada en 2026 : la destination où l'assurance vie luxembourgeoise perd son réflexe habituel
Le Canada séduit : le Québec francophone, la qualité de vie, un marché du travail dynamique, une immigration organisée. Beaucoup de Français y voient une expatriation « douce ». Et sur bien des plans, elle l'est. Mais sur l'assurance vie luxembourgeoise, le Canada réserve un piège que peu de guides évoquent.
Partout ailleurs, l'AVL joue sa carte maîtresse : la capitalisation en différé, c'est-à-dire une croissance qui n'est imposée qu'au moment du rachat. Au Canada, ce réflexe se grippe. Le pays applique à ses résidents une imposition sur le revenu mondial, et surtout des règles spécifiques aux polices d'assurance vie qui, pour un contrat étranger orienté investissement, peuvent transformer le différé en imposition annuelle. Pour un Français qui s'installe à Montréal, Toronto ou Vancouver, la question n'est donc pas « comment optimiser le différé ? » mais d'abord « mon contrat conserve-t-il seulement son différé ? ». La réponse est, le plus souvent, négative — et c'est honnête de le dire avant le départ.
Exempt policy ou imposition par accroissement : le cœur du problème
En droit canadien, le sort fiscal d'un contrat d'assurance vie dépend d'un test : est-ce une « exempt policy »(police exonérée) ou non ? Une police exonérée — au sens de l'article 306 du Règlement de l'impôt sur le revenu — est une police conçue principalement pour financer un capital décès, et non pour servir de véhicule d'épargne ou d'investissement. Tant que la police reste exonérée, sa croissance interne n'est pas imposée d'année en année.
Or un contrat luxembourgeois orienté investissement(fonds dédié, architecture ouverte, forte poche financière) coche rarement ces critères. S'il n'est pas exonéré, le Canada applique une imposition par accroissement (accrual taxation) : en vertu du paragraphe 12.2(1) de la Loi de l'impôt sur le revenu, le titulaire doit inclure chaque année dans son revenu l'excédent du fonds accumulé de la police sur son coût de base rajusté. Autrement dit : la croissance est taxée au fil de l'eau, et non au rachat. Le différé disparaît.
| Situation du contrat | Imposition de la croissance | Conséquence |
|---|---|---|
| Exempt policy (rare pour un contrat investissement) | Aucune imposition annuelle | Le différé est préservé (statut à valider par analyse actuarielle, chaque année). |
| Police non exonérée (cas fréquent de l'AVL) | Accroissement annuel (par. 12.2(1)) | Le fonds accumulé au-delà du coût de base rajusté est imposé chaque année. Différé perdu. |
| Rachat / disposition | Gain intégré au revenu | Le gain réalisé est imposé comme revenu (pas de PFU ni de prélèvements sociaux de type CSG). |
L'avantage du différé n'est pas acquis : soyons honnêtes
Rachat et revenu mondial : pourquoi tout se passe au Canada
Le principe est simple : le Canada impose le revenu mondial de ses résidents. Dès lors que vous êtes résident fiscal canadien, le revenu de votre contrat luxembourgeois — qu'il s'agisse de l'accroissement annuel (si la police n'est pas exonérée) ou du gain réalisé au rachat — est imposable au Canada. Le Luxembourg, lui, reste neutre : il ne prélève aucun impôt à la source sur le produit du contrat.
Deux différences majeures avec la France méritent d'être soulignées. D'abord, pas de prélèvement forfaitaire unique ni de prélèvements sociaux : le Canada ne connaît pas la CSG/CRDS. Le revenu du contrat s'intègre au revenu imposable et suit le barème progressif, avec un impôt fédéral et un impôt provincialqui se cumulent (au Québec, l'impôt provincial est notablement élevé). Ensuite, la logique d'antérioritéchère à la fiscalité française (les 8 ans, l'abattement) n'a aucun équivalentau Canada : ce qui compte, c'est le traitement de la police au regard du test d'exonération, pas l'ancienneté du contrat.
Le mécanisme de neutralité — pourquoi le contrat « n'ajoute rien » et se contente d'épouser le pays de résidence — est détaillé dans notre page sur la neutralité fiscale du Luxembourg, et le cadre international d'ensemble dans notre guide de la fiscalité internationale de l'AVL.
T1135 : déclarer son contrat luxembourgeois au-delà de 100 000 $ CA
La transparence est totale. Un résident canadien qui détient des biens étrangers déterminés dont le coût total dépasse 100 000 $ CAà un moment quelconque de l'année doit produire le formulaire T1135 (Bilan de vérification du revenu étranger) avec sa déclaration de revenus. Deux points de vigilance : le seuil se mesure sur le coût (et non la valeur de marché), et il se déclenche dès qu'il est franchi à n'importe quel momentde l'année.
| Coût des biens étrangers déterminés | T1135 | Modalité |
|---|---|---|
| Inférieur à 100 000 $ CA | Pas de T1135 | Pas d'obligation de produire le formulaire (sous réserve d'autres obligations). |
| De 100 000 à 250 000 $ CA | T1135 simplifié | Méthode simplifiée : déclaration par catégories de biens. |
| 250 000 $ CA et plus | T1135 détaillé | Méthode détaillée, bien par bien. Pénalités importantes en cas de défaut. |
Au-delà de cette obligation propre au Canada, la valeur de votre contrat circule aussi via l'échange automatique de renseignements (norme commune de déclaration, Luxembourg vers le Canada). La confidentialité fiscale n'existe pas : votre contrat sera connu de l'Agence du revenu du Canada. Mieux vaut donc structurer le suivi du coût de baseet de la conversion en dollars canadiens dès l'arrivée, plutôt que de le reconstituer après coup.
Que dit la convention fiscale France-Canada ?
La convention applicable est celle du 2 mai 1975 (impôts sur le revenu et sur la fortune), modifiée à plusieurs reprises (avenants de 1987, 1995 et 2010). Pour votre contrat luxembourgeois, son rôle est limité : le rachat d'une AVL par un résident canadien est imposable à la résidence, donc au Canada(le Luxembourg étant neutre). La convention France-Canada n'intervient qu'en présence de revenus de source française résiduels (un bien locatif, des dividendes français…) — ce qui ne concerne pas le contrat lui-même.
Une spécificité canadienne mérite d'être connue : le Québec, État fédéré, lève son propre impôt sur le revenu. La France a conclu avec lui une entente fiscale du 1ᵉʳ septembre 1987 (seul accord fiscal conclu par la France avec un État fédéré), qui règle la double imposition côté provincial. Pour un résident québécois, c'est donc à la fois la convention fédérale de 1975 et cette entente provinciale qui forment le cadre. Nous l'abordons ici avec prudence : l'articulation précise relève d'un conseil fiscal canadien.
Décès : disposition réputée au Canada, piège du 990 I côté France
Côté canadien, la bonne nouvelle d'abord : le Canada n'a ni impôt sur les successions, ni droits de successionau niveau fédéral. Les héritiers ne sont pas taxés sur le capital reçu. Mais attention au mécanisme de remplacement : au décès, l'Agence du revenu du Canada applique une disposition réputée — le défunt est réputé avoir vendu ses biens à leur juste valeur marchande juste avant son décès. Les gains en capital latents sont alors réputés réalisés et imposés sur sa dernière déclaration. Le Québec ajoute des règles civiles distinctes (régime du Code civil québécois) à intégrer dans toute planification.
Le faux ami : pas d'estate tax canadien ne veut pas dire pas d'impôt français
La vraie paraden'est donc pas « le Canada efface la France », mais d'expatrier durablement la chaîne assuré → bénéficiaires : quand ni l'assuré ni les bénéficiaires n'ont plus de rattachement fiscal français suffisant (famille installée au Canada depuis plus de 6 ans), le 990 I devient sans objet. Reste alors le seul cadre canadien : pas de droits de succession, mais la disposition réputée et ses gains en capital réputés réalisés.
Et si vous rentrez en France ?
La portabilité joue dans les deux sens. Si vous redevenez résident fiscal français, le contrat luxembourgeois reprend simplement la fiscalité française : prélèvement forfaitaire unique, abattement de 4 600 / 9 200 € et taux réduit de 7,5 % après 8 ans, prélèvements sociaux de 17,2 % (article 125-0 A du CGI). Le contrat n'est ni clôturé ni pénalisé par le retour, et il retrouve le différé qu'il avait perdu au Canada.
L'assurance vie est en outre hors du champ de l'exit taxfrançaise, dans un sens comme dans l'autre. Attention toutefois : la sortie du Canada a sa propre logique (une disposition réputée de départpeut frapper certains biens), à examiner avec un conseil canadien. Les modalités de l'expatriation pays par pays sont détaillées dans notre guide assurance vie luxembourgeoise et expatriés.
Pour qui l'assurance vie luxembourgeoise au Canada a-t-elle (encore) du sens ?
Soyons clairs : le Canada est l'une des destinations où l'AVL perd une partie de son intérêt. Elle peut toutefois rester pertinente dans des cas précis :
| Profil | Intérêt — et réserve majeure |
|---|---|
| Expatriation temporaire (retour France prévu) | Le contrat suit et retrouve le différé au retour — mais l'accroissement peut s'appliquer pendant le séjour canadien |
| Famille à patrimoine international | Multidevises, architecture ouverte, un seul contrat — sous réserve du test d'exonération et du suivi T1135 |
| Assuré ou bénéficiaires gardant un lien France | La logique successorale française (990 I) reste pilotable — mais c'est un sujet France, pas Canada |
| Contrat à dominante capital décès | Plus de chances de viser le statut de police exonérée — à valider impérativement par analyse actuarielle |
Le bon réflexe n'est pas de partir en supposant que le contrat « fonctionnera comme avant », mais d'auditer en amont : faire analyser le statut de la police (exonérée ou non), anticiper l'obligation T1135, intégrer la disposition réputée au décès et vérifier le lien français du 990 I. Au Canada, l'avantage habituel de l'AVL n'est pas garanti— et c'est précisément pourquoi l'audit préalable, avant de devenir résident, est décisif.
Préparer votre installation au Canada
Audit du statut de la police (exempt policy ou accroissement), obligation T1135, disposition réputée au décès, lien France du 990 I : nous cadrons votre assurance vie luxembourgeoise avant le départ, avec votre conseil fiscal canadien. Bilan offert en 30 minutes.
Mentions légales et conformité
Hagnéré Patrimoine — Société par actions simplifiée, siège social à Chambéry (73000), immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP) et Courtier en Assurance (COA).
Informations à jour au 5 juin 2026 (Loi de l'impôt sur le revenu du Canada, par. 12.2(1) — imposition par accroissement ; Règlement de l'impôt sur le revenu, art. 306 — test d'exonération des polices ; formulaire T1135, seuil 100 000 $ CA ; disposition réputée au décès ; convention France-Canada du 2 mai 1975 — application aux droits de mutation à titre gratuit limitée aux art. 4, 23, 25 et 26 ; entente fiscale France-Québec du 1ᵉʳ septembre 1987 ; CGI art. 990 I, 757 B, 4 B, 125-0 A). La fiscalité canadienne de l'assurance vie est technique et appelle une analyse actuarielle au cas par cas, avec un conseil fiscal canadien (et québécois le cas échéant). Dernière mise à jour : 5 juin 2026.
Tout placement comporte un risque, y compris de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces informations ne se substituent pas à un conseil personnalisé.

