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Assurance vie luxembourgeoise au Canada : le guide fiscal 2026

Le Canada attire de plus en plus de Français — Québec francophone, qualité de vie, marché du travail. Mais sur l'assurance vie luxembourgeoise, c'est l'une des destinations les plus piégeuses qui soient : contrairement à la France, le Canada ne reconnaît pas automatiquement le différé du contrat. Une police étrangère « classique » n'est presque jamais une exempt policy au sens canadien, et sa croissance interne peut alors être imposée chaque année par accroissement. L'avantage que vous connaissez peut tout simplement disparaître. Ce guide explique, honnêtement, ce qui se passe vraiment.

la croissance imposée chaque année
T1135déclaration des biens étrangers
Décèsdisposition réputée, pas d'estate tax
990 Ila France si lien français
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise

Clément Chatelain accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.

Expert AVLCIFORIAS 23002291

Pour une assurance vie luxembourgeoise détenue par un résident fiscal canadien, la mauvaise surprise vient d'un mécanisme propre au Canada : le différé fiscal du contrat n'est pas acquis. Un contrat luxembourgeois « classique », orienté investissement, n'est en général pas une « exempt policy » au sens canadien — sa croissance interne peut alors être imposée chaque année par accroissement, et non au rachat. Au cabinet Hagnéré Patrimoine, nous considérons le Canada comme l'une des destinations où l'AVL appelle le plus de prudence. Ce guide en donne le mode d'emploi honnête.

Le Canada impose le revenu mondial de ses résidents : c'est donc la fiscalité canadienne, fédérale et provinciale, qui s'applique à votre contrat. Je suis Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (cabinet CIF, ORIAS 23002291), et le cabinet voit trop de contrats partir au Canada sans audit préalable. Or ici, l'avantage habituel du Luxembourg — le différé — peut tout simplement ne pas exister. Voici ce qui se passe vraiment.

La réponse en 40 secondes

Grâce à sa neutralité, le contrat luxembourgeois est « caméléon » : il prend la fiscalité du Canada. Là-bas, retenez quatre choses. Un : une police étrangère n'est presque jamais exempte → sa croissance peut être imposée par accroissement chaque année (par. 12.2(1)). Deux : au-delà de 100 000 $ CA de coût, le formulaire T1135 est obligatoire. Trois : pas d'impôt successoral, mais une disposition réputée au décès. Quatre : la France peut conserver le 990 I si un lien fiscal français subsiste. Le réflexe : auditer le contrat avant de devenir résident canadien.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique et ne constitue ni un conseil personnalisé (art. L. 533-13 du Code monétaire et financier) ni un conseil fiscal. La fiscalité canadienne de l'assurance vie (test d'exonération, imposition par accroissement) est technique et appelle une analyse actuarielle au cas par cas, avec un conseil fiscal canadien (et québécois le cas échéant). Pour votre situation, sollicitez un bilan et un conseil local.

Le Canada en 2026 : la destination où l'assurance vie luxembourgeoise perd son réflexe habituel

Le Canada séduit : le Québec francophone, la qualité de vie, un marché du travail dynamique, une immigration organisée. Beaucoup de Français y voient une expatriation « douce ». Et sur bien des plans, elle l'est. Mais sur l'assurance vie luxembourgeoise, le Canada réserve un piège que peu de guides évoquent.

Partout ailleurs, l'AVL joue sa carte maîtresse : la capitalisation en différé, c'est-à-dire une croissance qui n'est imposée qu'au moment du rachat. Au Canada, ce réflexe se grippe. Le pays applique à ses résidents une imposition sur le revenu mondial, et surtout des règles spécifiques aux polices d'assurance vie qui, pour un contrat étranger orienté investissement, peuvent transformer le différé en imposition annuelle. Pour un Français qui s'installe à Montréal, Toronto ou Vancouver, la question n'est donc pas « comment optimiser le différé ? » mais d'abord « mon contrat conserve-t-il seulement son différé ? ». La réponse est, le plus souvent, négative — et c'est honnête de le dire avant le départ.

Exempt policy ou imposition par accroissement : le cœur du problème

En droit canadien, le sort fiscal d'un contrat d'assurance vie dépend d'un test : est-ce une « exempt policy » (police exonérée) ou non ? Une police exonérée — au sens de l'article 306 du Règlement de l'impôt sur le revenu — est une police conçue principalement pour financer un capital décès, et non pour servir de véhicule d'épargne ou d'investissement. Tant que la police reste exonérée, sa croissance interne n'est pas imposée d'année en année.

Or un contrat luxembourgeois orienté investissement (fonds dédié, architecture ouverte, forte poche financière) coche rarement ces critères. S'il n'est pas exonéré, le Canada applique une imposition par accroissement (accrual taxation) : en vertu du paragraphe 12.2(1) de la Loi de l'impôt sur le revenu, le titulaire doit inclure chaque année dans son revenu l'excédent du fonds accumulé de la police sur son coût de base rajusté. Autrement dit : la croissance est taxée au fil de l'eau, et non au rachat. Le différé disparaît.

Police exonérée ou non : deux régimes opposés au Canada (résident canadien)
Situation du contratImposition de la croissanceConséquence
Exempt policy (rare pour un contrat investissement)Aucune imposition annuelleLe différé est préservé (statut à valider par analyse actuarielle, chaque année).
Police non exonérée (cas fréquent de l'AVL)Accroissement annuel (par. 12.2(1))Le fonds accumulé au-delà du coût de base rajusté est imposé chaque année. Différé perdu.
Rachat / dispositionGain intégré au revenuLe gain réalisé est imposé comme revenu (pas de PFU ni de prélèvements sociaux de type CSG).

L'avantage du différé n'est pas acquis : soyons honnêtes

C'est le message central de cette page. Ailleurs, l'AVL capitalise sans frottement jusqu'au rachat. Au Canada, si la police n'est pas exonérée — ce qui est le cas le plus fréquent pour un contrat d'investissement —, sa croissance peut être imposée chaque année. Vérifier le statut de la police exige une analyse actuarielle spécialisée, à refaire à chaque anniversaire du contrat et en dollars canadiens (conversion de change). C'est coûteux, technique, et cela change radicalement l'intérêt du véhicule. Ne partez pas au Canada en supposant que le différé suivra.

Rachat et revenu mondial : pourquoi tout se passe au Canada

Le principe est simple : le Canada impose le revenu mondial de ses résidents. Dès lors que vous êtes résident fiscal canadien, le revenu de votre contrat luxembourgeois — qu'il s'agisse de l'accroissement annuel (si la police n'est pas exonérée) ou du gain réalisé au rachat — est imposable au Canada. Le Luxembourg, lui, reste neutre : il ne prélève aucun impôt à la source sur le produit du contrat.

Deux différences majeures avec la France méritent d'être soulignées. D'abord, pas de prélèvement forfaitaire unique ni de prélèvements sociaux : le Canada ne connaît pas la CSG/CRDS. Le revenu du contrat s'intègre au revenu imposable et suit le barème progressif, avec un impôt fédéral et un impôt provincial qui se cumulent (au Québec, l'impôt provincial est notablement élevé). Ensuite, la logique d'antériorité chère à la fiscalité française (les 8 ans, l'abattement) n'a aucun équivalent au Canada : ce qui compte, c'est le traitement de la police au regard du test d'exonération, pas l'ancienneté du contrat.

Le mécanisme de neutralité — pourquoi le contrat « n'ajoute rien » et se contente d'épouser le pays de résidence — est détaillé dans notre page sur la neutralité fiscale du Luxembourg, et le cadre international d'ensemble dans notre guide de la fiscalité internationale de l'AVL.

T1135 : déclarer son contrat luxembourgeois au-delà de 100 000 $ CA

La transparence est totale. Un résident canadien qui détient des biens étrangers déterminés dont le coût total dépasse 100 000 $ CA à un moment quelconque de l'année doit produire le formulaire T1135 (Bilan de vérification du revenu étranger) avec sa déclaration de revenus. Deux points de vigilance : le seuil se mesure sur le coût (et non la valeur de marché), et il se déclenche dès qu'il est franchi à n'importe quel moment de l'année.

Obligation déclarative T1135 selon le coût des biens étrangers
Coût des biens étrangers déterminésT1135Modalité
Inférieur à 100 000 $ CAPas de T1135Pas d'obligation de produire le formulaire (sous réserve d'autres obligations).
De 100 000 à 250 000 $ CAT1135 simplifiéMéthode simplifiée : déclaration par catégories de biens.
250 000 $ CA et plusT1135 détailléMéthode détaillée, bien par bien. Pénalités importantes en cas de défaut.

Au-delà de cette obligation propre au Canada, la valeur de votre contrat circule aussi via l'échange automatique de renseignements (norme commune de déclaration, Luxembourg vers le Canada). La confidentialité fiscale n'existe pas : votre contrat sera connu de l'Agence du revenu du Canada. Mieux vaut donc structurer le suivi du coût de base et de la conversion en dollars canadiens dès l'arrivée, plutôt que de le reconstituer après coup.

Que dit la convention fiscale France-Canada ?

La convention applicable est celle du 2 mai 1975 (impôts sur le revenu et sur la fortune), modifiée à plusieurs reprises (avenants de 1987, 1995 et 2010). Pour votre contrat luxembourgeois, son rôle est limité : le rachat d'une AVL par un résident canadien est imposable à la résidence, donc au Canada (le Luxembourg étant neutre). La convention France-Canada n'intervient qu'en présence de revenus de source française résiduels (un bien locatif, des dividendes français…) — ce qui ne concerne pas le contrat lui-même.

Une spécificité canadienne mérite d'être connue : le Québec, État fédéré, lève son propre impôt sur le revenu. La France a conclu avec lui une entente fiscale du 1ᵉʳ septembre 1987 (seul accord fiscal conclu par la France avec un État fédéré), qui règle la double imposition côté provincial. Pour un résident québécois, c'est donc à la fois la convention fédérale de 1975 et cette entente provinciale qui forment le cadre. Nous l'abordons ici avec prudence : l'articulation précise relève d'un conseil fiscal canadien.

Décès : disposition réputée au Canada, piège du 990 I côté France

Côté canadien, la bonne nouvelle d'abord : le Canada n'a ni impôt sur les successions, ni droits de succession au niveau fédéral. Les héritiers ne sont pas taxés sur le capital reçu. Mais attention au mécanisme de remplacement : au décès, l'Agence du revenu du Canada applique une disposition réputée — le défunt est réputé avoir vendu ses biens à leur juste valeur marchande juste avant son décès. Les gains en capital latents sont alors réputés réalisés et imposés sur sa dernière déclaration. Le Québec ajoute des règles civiles distinctes (régime du Code civil québécois) à intégrer dans toute planification.

Le faux ami : pas d'estate tax canadien ne veut pas dire pas d'impôt français

On entend souvent qu'« au Canada, il n'y a pas de droits de succession ». C'est exact côté canadien — mais cela ne neutralise pas la France. Le prélèvement de l'article 990 I du CGI s'applique selon ses propres critères : dès lors qu'un bénéficiaire a son domicile fiscal en France au jour du décès (et l'a eu au moins 6 des 10 années précédentes), ou que l'assuré ait son domicile fiscal en France au moment du décès (art. 4 B du CGI), le 990 I est dû — abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Surtout, la convention France-Canada de 1975 ne neutralise pas ce risque : elle ne s'applique aux droits de mutation à titre gratuit que pour ses articles 4, 23, 25 et 26 (résidence, élimination de la double imposition, non-discrimination, procédure amiable) et ne répartit pas le droit d'imposer les successions. La France conserve donc son droit interne. Voir notre page sur l'article 990 I.

La vraie parade n'est donc pas « le Canada efface la France », mais d'expatrier durablement la chaîne assuré → bénéficiaires : quand ni l'assuré ni les bénéficiaires n'ont plus de rattachement fiscal français suffisant (famille installée au Canada depuis plus de 6 ans), le 990 I devient sans objet. Reste alors le seul cadre canadien : pas de droits de succession, mais la disposition réputée et ses gains en capital réputés réalisés.

Et si vous rentrez en France ?

La portabilité joue dans les deux sens. Si vous redevenez résident fiscal français, le contrat luxembourgeois reprend simplement la fiscalité française : prélèvement forfaitaire unique, abattement de 4 600 / 9 200 € et taux réduit de 7,5 % après 8 ans, prélèvements sociaux de 17,2 % (article 125-0 A du CGI). Le contrat n'est ni clôturé ni pénalisé par le retour, et il retrouve le différé qu'il avait perdu au Canada.

L'assurance vie est en outre hors du champ de l'exit tax française, dans un sens comme dans l'autre. Attention toutefois : la sortie du Canada a sa propre logique (une disposition réputée de départ peut frapper certains biens), à examiner avec un conseil canadien. Les modalités de l'expatriation pays par pays sont détaillées dans notre guide assurance vie luxembourgeoise et expatriés.

Pour qui l'assurance vie luxembourgeoise au Canada a-t-elle (encore) du sens ?

Soyons clairs : le Canada est l'une des destinations où l'AVL perd une partie de son intérêt. Elle peut toutefois rester pertinente dans des cas précis :

L'AVL au Canada : pour qui, avec quelles réserves ?
ProfilIntérêt — et réserve majeure
Expatriation temporaire (retour France prévu)Le contrat suit et retrouve le différé au retour — mais l'accroissement peut s'appliquer pendant le séjour canadien
Famille à patrimoine internationalMultidevises, architecture ouverte, un seul contrat — sous réserve du test d'exonération et du suivi T1135
Assuré ou bénéficiaires gardant un lien FranceLa logique successorale française (990 I) reste pilotable — mais c'est un sujet France, pas Canada
Contrat à dominante capital décèsPlus de chances de viser le statut de police exonérée — à valider impérativement par analyse actuarielle

Le bon réflexe n'est pas de partir en supposant que le contrat « fonctionnera comme avant », mais d'auditer en amont : faire analyser le statut de la police (exonérée ou non), anticiper l'obligation T1135, intégrer la disposition réputée au décès et vérifier le lien français du 990 I. Au Canada, l'avantage habituel de l'AVL n'est pas garanti — et c'est précisément pourquoi l'audit préalable, avant de devenir résident, est décisif.

Hagnéré Patrimoine

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Premier échangeSans engagementCadre documenté

Mentions légales et conformité

Hagnéré Patrimoine — Société par actions simplifiée, siège social à Bassens (73000), immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP) et Courtier en Assurance (COA).

Informations à jour au 25 juin 2026 (Loi de l'impôt sur le revenu du Canada, par. 12.2(1) — imposition par accroissement ; Règlement de l'impôt sur le revenu, art. 306 — test d'exonération des polices ; formulaire T1135, seuil 100 000 $ CA ; disposition réputée au décès ; convention France-Canada du 2 mai 1975 — application aux droits de mutation à titre gratuit limitée aux art. 4, 23, 25 et 26 ; entente fiscale France-Québec du 1ᵉʳ septembre 1987 ; CGI art. 990 I, 757 B, 4 B, 125-0 A). La fiscalité canadienne de l'assurance vie est technique et appelle une analyse actuarielle au cas par cas, avec un conseil fiscal canadien (et québécois le cas échéant). Dernière mise à jour : 25 juin 2026.

Tout placement comporte un risque, y compris de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces informations ne se substituent pas à un conseil personnalisé.

Questions fréquentes

Questions fréquentes : AVL au Canada

En général non, et c'est le point le plus important. Un contrat luxembourgeois orienté investissement respecte rarement le test d'exonération des polices (exempt policy) du droit canadien. À défaut, la croissance interne du contrat est imposée chaque année par accroissement (accrual taxation, par. 12.2(1) de la Loi de l'impôt sur le revenu), sur l'excédent du fonds accumulé sur le coût de base rajusté, et non au seul rachat. L'avantage du différé que l'on connaît en France n'est donc pas acquis au Canada. Un audit actuariel du contrat est nécessaire avant de devenir résident canadien.

Une exempt policy est une police d'assurance vie qui satisfait au test d'exonération prévu par l'article 306 du Règlement de l'impôt sur le revenu : elle doit être conçue principalement pour financer un capital décès, et non pour servir de véhicule d'épargne ou d'investissement. Un contrat luxembourgeois à forte composante financière coche rarement ces critères. Vérifier son statut exige une analyse actuarielle, souvent coûteuse, à refaire à chaque anniversaire du contrat et en dollars canadiens.

Oui. Un résident canadien qui détient des biens étrangers déterminés dont le coût total dépasse 100 000 $ CA à un moment de l'année doit produire le formulaire T1135 (Bilan de vérification du revenu étranger) avec sa déclaration de revenus. Le seuil porte sur le coût, pas sur la valeur de marché. Les pénalités pour défaut de production sont importantes. Aucune confidentialité fiscale n'est possible : l'information circule aussi via l'échange automatique de renseignements.

Non, le Canada n'a ni impôt sur les successions ni droits de succession au niveau fédéral. Mais au décès, l'Agence du revenu du Canada applique une disposition réputée : le défunt est réputé avoir vendu ses biens à leur juste valeur marchande juste avant son décès, ce qui peut déclencher des gains en capital imposables sur sa dernière déclaration. Il n'y a donc pas de taxe sur le capital reçu par les héritiers, mais l'impôt peut frapper la plus-value latente. Le Québec applique en outre des règles civiles distinctes.

Cela dépend des liens conservés avec la France. Le prélèvement de l'article 990 I du CGI peut rester dû en France si un bénéficiaire a son domicile fiscal en France au jour du décès (et l'a eu au moins 6 des 10 dernières années) ou si vous-même, l'assuré, avez votre domicile fiscal en France au moment du décès. La convention France-Canada du 2 mai 1975 ne s'applique aux droits de mutation à titre gratuit que pour ses articles 4, 23, 25 et 26 et ne répartit pas le droit d'imposer les successions : la France conserve donc son droit interne. Abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà.

Non. Le Canada ne connaît pas de prélèvements sociaux de type CSG/CRDS sur les revenus du capital comme en France. Le revenu imposé (gain au rachat, ou accroissement annuel si la police n'est pas exempte) est intégré au revenu et soumis à l'impôt fédéral et provincial selon le barème progressif. Au Québec, l'impôt provincial se cumule à l'impôt fédéral. La logique est différente de la fiscalité française : pas de prélèvement forfaitaire, pas de 17,2 % de prélèvements sociaux.

À la résidence, donc au Canada, le Luxembourg étant neutre. Pour un résident fiscal canadien, le revenu du contrat est imposable au Canada (revenu mondial). La convention France-Canada du 2 mai 1975 ne sert qu'en présence de revenus de source française résiduels ; elle ne fait pas du rachat un revenu de source française. Le Québec applique son propre impôt, l'entente fiscale France-Québec du 1er septembre 1987 réglant la double imposition côté provincial.

Oui, impérativement, et avant de devenir résident canadien. Contrairement à la plupart des destinations, le Canada ne reconnaît pas automatiquement le différé fiscal du contrat luxembourgeois : la croissance peut être imposée par accroissement chaque année si la police n'est pas exempte. Il faut donc faire analyser le statut de la police (test d'exonération), anticiper l'obligation T1135 et coordonner avec la disposition réputée au décès et le lien français du 990 I. C'est un dossier où l'avantage habituel de l'AVL n'est pas garanti : l'audit préalable est décisif.