Structurez votre assurance-vie luxembourgeoise avec un expert
Triangle de sécurité, fonds dédiés, fiscalité internationale, architecture ouverte : nous vous aidons à choisir le bon cadre luxembourgeois selon votre patrimoine et votre mobilité.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.
Sommaire
- 1. Pourquoi les États-Unis changent tout
- 2. Qui est « US person » et que change la citizenship-based taxation ?
- 3. §7702 : votre contrat est-il vraiment « life insurance » ?
- 4. PFIC et investor control : le piège des fonds (form 8621)
- 5. Excise tax 1 %, FATCA et FBAR : le coût et les déclarations
- 6. Que disent les conventions France-États-Unis ?
- 7. Succession : estate tax, convention de 1978 et 990 I
- 8. Que faire ? La méthode honnête
- FAQ — 8 questions essentielles
Pour un US person détenant une assurance vie luxembourgeoise, la réponse honnête est inconfortable : un contrat FID ou FAS classique n'est en général pas reconnu comme « life insurance »au sens du fisc américain (IRC §7702). Conséquences : l'inside buildup (les gains internes) devient imposable chaque année, les fonds sous-jacents deviennent des PFIC (formulaire 8621) et une excise tax de 1 % frappe les primes. Au cabinet Hagnéré Patrimoine, notre conseil sur ce dossier est simple : auditer avant de devenir résident fiscal américain.
Ce guide tranche avec les autres pages « pays » du cluster. Au Portugal, en Belgique ou ailleurs, la neutralité luxembourgeoisefait du contrat un caméléon élégant. Aux États-Unis, ce mécanisme se heurte à un droit fiscal interne d'une rare technicité. Je suis Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (CIF, ORIAS 23002291), et je préfère vous le dire clairement : pour un contribuable américain, l'AVL standard n'est pas un avantage, c'est un actif lourd à gérer — sauf à être structuré spécifiquement.
La réponse en 40 secondes
L'honnêteté prime sur la promotion. Pour un US person, retenez quatre choses. Un : un contrat lux classique ne passe en général pas le test §7702→ l'inside buildup est imposable annuellement. Deux : le pouvoir de gestion (FID/FAS, investor control) fait des fonds des PFIC imposés punitivement (form 8621). Trois : une excise tax de 1 %(§4371) frappe chaque prime. Quatre : tout est déclaré (FBAR, 8938) et les USA taxent le revenu mondial. La parade : auditer avant de devenir US person, et souvent racheter ou passer en US-compliant.
Avertissement
Les États-Unis : pourquoi ce pays change tout pour votre assurance vie
Partout ailleurs dans nos guides, le raisonnement est le même : grâce à sa neutralité fiscale, le contrat luxembourgeois épouse la fiscalité du pays de résidence sans rien y ajouter. Ce mécanisme, détaillé dans notre page sur la neutralité fiscale du Luxembourg, fonctionne admirablement… tant que le pays d'accueil reconnaît le contrat comme une assurance vie.
Les États-Unis ne le reconnaissent pas automatiquement. Le droit fiscal américain a sa propre définition de l'assurance vie (IRC §7702), ses propres règles sur les fonds étrangers(régime PFIC) et un système d'imposition fondé sur la citoyenneté, pas seulement sur la résidence. Un contrat parfaitement valable et fiscalement neutre en France ou en Belgique peut donc devenir, une fois son titulaire devenu US person, un objet fiscal hostile. C'est tout l'objet de cette page : dire ce qui se passe vraiment, sans enjoliver.
Qui est « US person » et que change la citizenship-based taxation ?
La notion de US person est large : elle vise les citoyens américains(y compris les binationaux et les « accidental Americans » nés aux États-Unis), les titulaires d'une green card et les personnes remplissant le substantial presence test(présence physique significative). Dès qu'on entre dans cette catégorie, on relève du fisc américain.
Et la spécificité américaine est radicale : les États-Unis pratiquent la citizenship-based taxation. Ils imposent le revenu mondial de leurs résidents et de leurs citoyens, même expatriés— le pays est l'un des très rares au monde dans ce cas. Un Américain installé à Paris reste tenu de déclarer ses revenus mondiaux à l'IRS, contrat luxembourgeois compris. Des mécanismes (crédit d'impôt étranger, foreign earned income exclusion) limitent la double imposition, mais ils ne suppriment pas l'obligation déclarativeni le traitement spécifique de l'assurance vie étrangère.
Article 7702 : votre contrat est-il vraiment « life insurance » aux yeux du fisc US ?
C'est le cœur du problème. Pour qu'une police bénéficie du différé fiscalaméricain (la non-imposition des gains tant qu'il n'y a pas de rachat), elle doit d'abord répondre à la définition de l'article 7702de l'Internal Revenue Code. Ce texte impose des tests actuariels précis : un cash value accumulation test ou un guideline premium testassorti d'un corridor minimal entre capital décès et valeur de rachat.
Or les contrats luxembourgeois ne sont pas conçuspour respecter ces ratios : ils privilégient la capitalisation et la souplesse d'allocation, pas la part de risque exigée par le droit américain. La doctrine spécialisée est claire : la plupart, voire l'immense majoritédes polices étrangères ne remplissent pas la définition de l'article 7702.
La conséquence : l'inside buildup devient imposable chaque année
PFIC et investor control : le piège des fonds sous-jacents (formulaire 8621)
Le deuxième étage du piège tient aux supports d'investissement. Le droit américain ajoute deux exigences : la diversificationdes actifs (IRC §817(h), avec des plafonds de concentration) et la doctrine de l'investor control. Cette dernière dispose qu'un souscripteur qui exerce un pouvoir de gestion trop important sur les actifs sous-jacents est réputé en être le véritable propriétaire— et non l'assureur.
Or c'est précisément la logique d'un FID(fonds interne dédié) et plus encore d'un FAS(fonds d'assurance spécialisé), dont le principe est de personnaliser finement la gestion. Pour comprendre ces structures, voyez notre page FID, FAS, FIC : quel mode de gestion choisir. Lorsque l'investor controlest caractérisé, l'administration regarde à travers le contrat : les fonds non américains logés dedans deviennent visibles, et ils sont en général des PFIC(Passive Foreign Investment Companies, IRC §1291 et suivants).
Pourquoi le régime PFIC est si punitif
Excise tax de 1 %, FATCA et FBAR : le coût d'entrée et les déclarations
Troisième couche : un coût d'entrée spécifique. L'article 4371 de l'Internal Revenue Code impose une excise tax fédérale de 1 % (1 cent par dollar de prime) sur les primes versées à un assureur étrangerpour une police couvrant la vie d'un citoyen ou résident des États-Unis. Elle se déclare via le formulaire 720. Là où un résident français ne connaît aucune taxe d'entrée, le US person paie donc 1 % sur chaque versement.
Quatrième couche : la transparence déclarative totale. Un contrat d'assurance vie étranger à valeur de rachatest un compte financier étranger : il doit figurer à la fois sur le FBAR(FinCEN Form 114, dès que le total des comptes étrangers dépasse 10 000 $ dans l'année) et sur le formulaire 8938 (FATCA, au-delà des seuils applicables). Le Luxembourg transmet par ailleurs les informations dans le cadre des accords FATCA. Aucune confidentialitén'est donc envisageable.
| Mécanisme US | Texte | Effet pour le US person |
|---|---|---|
| Définition de la « life insurance » | IRC §7702 | Pas de différé : inside buildup imposable chaque année |
| Diversification + investor control | IRC §817(h) | Le souscripteur peut être réputé propriétaire direct des actifs |
| Fonds étrangers sous-jacents | PFIC, IRC §1291 et s. | Imposition punitive + formulaire 8621 par fonds/an |
| Excise tax sur les primes | IRC §4371 | 1 % de chaque prime (formulaire 720) |
| Déclarations | FATCA (8938) + FBAR (FinCEN 114) | Déclaration annuelle de la valeur de rachat, pas de confidentialité |
Que disent les conventions fiscales France-États-Unis ?
La convention applicable en matière d'impôts sur le revenu et la fortune est celle du 31 août 1994, modifiée par les avenants du 8 décembre 2004 et du 13 janvier 2009. Son objet est d'éviter la double impositionentre les deux pays : elle répartit le droit d'imposer et organise des crédits d'impôt.
Ce que la convention NE fait PAS
Pour replacer cette page dans le cadre d'ensemble (résidence, conventions, mécanique de la neutralité), voyez notre guide de la fiscalité internationale de l'AVL et notre guide assurance vie luxembourgeoise et expatriés.
Succession : estate tax, convention de 1978 et piège du 990 I
Côté transmission, deux fiscalités se superposent. Aux États-Unis, l'estate tax fédéral peut atteindre 40 %. L'exemption est très élevée pour les US persons (plusieurs millions de dollars), mais elle tombe à environ 60 000 $ pour un non-résident non-citoyen, et seulement sur les biens situés aux États-Unis(US situs : immobilier américain, actions de sociétés américaines…). Un contrat luxembourgeois n'est en principe pas un bien US situs, mais l'articulation doit être vérifiée selon la composition des supports.
Il existe par ailleurs une convention France-États-Unis sur les successions et donations du 24 novembre 1978, modifiée par avenant du 8 décembre 2004(en vigueur depuis le 21 décembre 2006). Elle répartit le droit d'imposer selon le domicile et la nationalitédu défunt et prévoit des mécanismes d'élimination de la double imposition successorale.
Le piège côté français : le 990 I ne disparaît pas
Alors, que faire ? La méthode honnête
Notre position est conservatrice et assumée : pour un US person, l'assurance vie luxembourgeoise classique n'a, en général, pas d'intérêt. La bonne démarche n'est pas de souscrire ou de conserver à l'aveugle, mais de décider en amont, selon votre profil :
| Situation | Réflexe recommandé |
|---|---|
| Français détenant une AVL, qui s'apprête à devenir US person | Auditer, puis souvent racheter AVANT le départ (résident français) |
| Français déjà installé aux USA avec une AVL | Faire un audit 7702/PFIC en urgence ; chiffrer la charge 8621 et l'inside buildup |
| Américain résidant en France | Éviter l'AVL standard ; n'envisager qu'un contrat US-compliant structuré en amont |
| Besoin réel d'une enveloppe assurantielle aux USA | Recourir à un PPLI spécifiquement conçu pour respecter le §7702 et le §817(h) |
Le message central : auditer avant de devenir US person. Un rachat décidé en tant que résident fiscal français, avant le départ, évite d'entrer dans le régime PFIC et l'imposition annuelle de l'inside buildup. À l'inverse, devenir US person avecun contrat lux standard dans son patrimoine, c'est hériter d'un actif lourd, coûteux à déclarer et fiscalement défavorable. Il existe bien des contrats spécifiquement US-compliant, mais ils doivent être structurés en amontpar des spécialistes franco-américains : ce n'est pas un contrat lux ordinaire que l'on « adapte » après coup.
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Audit 7702 et PFIC, arbitrage rachat ou contrat US-compliant, succession France/USA et article 990 I : nous coordonnons votre dossier avec des conseils franco-américains, avant que vous ne deveniez US person. Bilan offert en 30 minutes.
Mentions légales et conformité
Hagnéré Patrimoine — Société par actions simplifiée, siège social à Chambéry (73000), immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP) et Courtier en Assurance (COA).
Informations à jour au 5 juin 2026 (IRC §7702 « life insurance » ; §817(h) et doctrine investor control ; régime PFIC §1291 et s. et formulaire 8621 ; excise tax §4371 et formulaire 720 ; FATCA formulaire 8938 et FBAR FinCEN 114 ; convention France-États-Unis sur le revenu du 31/08/1994 modifiée les 08/12/2004 et 13/01/2009 ; convention successorale du 24/11/1978 modifiée le 08/12/2004 ; CGI art. 990 I, 757 B, 4 B). Le droit fiscal américain est complexe et évolutif ; ces informations ne se substituent pas à un conseil franco-américain (CPA, attorney) et à un notaire. Dernière mise à jour : 5 juin 2026.
Tout placement comporte un risque, y compris de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces informations ne se substituent pas à un conseil personnalisé.

