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Assurance vie luxembourgeoise en Italie : le guide fiscal 2026

L'Italie séduit de plus en plus de Français — dolce vita, forfait néo-résidents, transmission douce. Sur l'assurance vie, le pays a un atout structurel rare : le gain n'est imposé qu'au rachat, à 26 %, sans imposition annuelle des plus-values latentes ni des arbitrages. Le capital décès échappe à l'impôt de succession et une convention de 1990 verrouille la transmission côté France. Mais l'IVAFE et le Quadro RW, eux, ne se négocient pas. Grâce à sa neutralité, le contrat luxembourgeois épouse cette fiscalité italienne.

26 %l'imposta sostitutiva au seul rachat
0,2 %/anIVAFE + Quadro RW
300 000 €le forfait néo-résidents 2026
1 000 000 €succession : capital décès exonéré
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise

Clément Chatelain accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.

Expert AVLCIFORIAS 23002291

Pour une assurance vie luxembourgeoise détenue par un résident italien, c'est la fiscalité italienne qui s'applique — pas la française. L'atout structurel : le gain (capital perçu moins primes) n'est taxé qu'au rachat, à l'imposta sostitutiva de 26 %, sans imposition annuelle des plus-values latentes et sans prélèvements sociaux. Au cabinet Hagnéré Patrimoine, c'est l'un des dossiers d'expatriation que nous traitons le plus souvent. Ce guide en donne le mode d'emploi complet.

L'Italie a su redevenir une terre d'accueil patrimoniale : forfait pour les nouveaux résidents, transmission douce, capital décès d'assurance vie exonéré de succession. Je suis Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (CIF, ORIAS 23002291), et je vois passer beaucoup de contrats mal calibrés au moment du départ. Voici ce qui se passe vraiment pour une assurance vie luxembourgeoise quand on devient résident italien — sans oublier les deux frictions annuelles que personne ne doit ignorer.

La réponse en 40 secondes

Grâce à sa neutralité, le contrat luxembourgeois est « caméléon » : il prend la fiscalité de l'Italie. Là-bas, retenez quatre choses. Un : le gain est taxé à l'imposta sostitutiva de 26 %, au seul rachat (différé total, 12,5 % pour la part titres d'État, pas de prélèvements sociaux). Deux : l'IVAFE (0,2 %/an) et le Quadro RW sont les deux frictions annuelles. Trois : le forfait néo-résidents (100/200/300 k€) exonère le gain de source étrangère. Quatre : en succession, le capital décès est exonéré et une convention de 1990 verrouille la transmission côté France.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique et ne constitue ni un conseil personnalisé (art. L. 533-13 du Code monétaire et financier) ni un conseil fiscal. La fiscalité italienne de l'épargne évolue (forfait néo-résidents, imposta di bollo, monitoraggio fiscale) et certaines interactions appellent une analyse au cas par cas. Pour votre situation, sollicitez un bilan et, en Italie, un conseil local (commercialista).

L'Italie en 2026 : une destination fiscalement douce, à condition de bien la lire

L'Italie est redevenue l'une des destinations préférées des Français fortunés, et ce n'est pas qu'une question d'art de vivre. Le pays a construit, depuis 2017, un véritable arsenal d'attractivité : forfait pour les nouveaux résidents, droits de succession parmi les plus bas d'Europe, et une fiscalité de l'assurance vie au mécanisme particulièrement favorable à la capitalisation.

Pour un Français qui s'installe à Milan, Rome ou dans les Pouilles, la question n'est pas « l' assurance vie est-elle exonérée ? » mais « comment loger mon épargne de la façon la plus efficace ? ». Et là, l'assurance vie luxembourgeoise a une carte maîtresse : sa portabilité. Le contrat suit son détenteur sans rien perdre de son antériorité et épouse la fiscalité italienne — une fiscalité qui, sur l'assurance vie, repose sur un principe simple et puissant : on ne paie qu'au moment où l'on retire.

Comment l'Italie impose-t-elle le rachat d'une assurance vie ?

C'est le cœur du sujet. En Italie, le produit du rachat d'une assurance vie — c'est-à-dire le gain, soit le capital perçu diminué des primes versées — est soumis à l'imposta sostitutiva au taux de 26 %. Point décisif : cette imposition n'intervient qu'au rachat. Tant que vous ne retirez pas, aucun impôt ne frappe les plus-values latentes ni les arbitrages réalisés à l'intérieur du contrat.

Le différé total : l'argument structurel n°1

En Italie, un compte-titres est imposé au fil de l'eau : chaque arbitrage gagnant déclenche l'impôt. L'assurance vie, elle, offre un différé total : l'impôt n'est dû qu'au dénouement, sur le gain net constaté. Pendant toute la vie du contrat, le capital travaille brut, sans frottement fiscal annuel sur les plus-values. Sur quinze ou vingt ans, cet effet de capitalisation différée représente un avantage considérable — c'est la vraie raison d'être de l'enveloppe en Italie.
Fiscalité italienne du rachat d'une assurance vie (résident fiscal italien)
ÉlémentTraitementDétail
Gain (hors titres d'État)26 % au rachatImposta sostitutiva sur le gain (capital perçu − primes), exigible au seul rachat. Pas d'imposition annuelle des gains latents.
Part en titres d'État (white list)12,5 %Quote-part investie en titres d'État italiens ou de pays « white list », imposée au prorata à taux réduit.
Prélèvements sociaux0 %Pas d'équivalent des 17,2 % français : seule l'imposta sostitutiva s'applique.

Concrètement : sur un gain de 100 000 € intégralement issu d'actions et de fonds, l'impôt italien au rachat est de 26 000 €. En France, le même gain supporterait 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), soit 30 000 € — et davantage avant 8 ans sur certains contrats. L'Italie est plus douce, et surtout elle laisse le capital se capitaliser sans frottement annuel.

IVAFE et Quadro RW : les deux frictions annuelles à connaître

Le différé ne dispense pas de deux obligations annuelles, indépendantes du rachat. La première est une taxe, la seconde une déclaration — et l'une comme l'autre visent spécifiquement les avoirs détenus à l'étranger, donc votre contrat luxembourgeois.

L'IVAFE (Imposta sul Valore delle Attività Finanziarie all'Estero) est un impôt patrimonial de 0,2 %/an sur la valeur des actifs financiers détenus hors d'Italie. Une assurance vie étrangère, luxembourgeoise comprise, entre dans son assiette : elle est due chaque année sur la valeur du contrat au 31 décembre. Parallèlement, le contrat doit être déclaré au Quadro RW de la déclaration Redditi (le monitoraggio fiscale, code bien 8) — une obligation de suivi, distincte de l'imposition du rachat.

Point d'audit : IVAFE ou imposta di bollo selon le statut de la compagnie

Une subtilité à vérifier contrat par contrat. Selon le statut de la compagnie luxembourgeoise (régime de libre prestation de services, désignation ou non d'un représentant fiscal italien), ce n'est pas l'IVAFE qui s'applique, mais l'imposta di bollo (droit de timbre, également 0,2 % annuel depuis 2025, loi n° 207/2024), alors prélevée directement par l'intermédiaire. Le taux est le même, mais le redevable et les modalités déclaratives diffèrent. C'est un véritable point d'audit à clarifier avec l'assureur avant le transfert de résidence.

Ces frictions ne doivent pas être dramatisées : 0,2 %/an reste modeste au regard du différé total d'imposition sur les gains. Mais elles imposent une discipline déclarative : oublier le Quadro RW expose à des sanctions. Le mécanisme de neutralité — pourquoi le contrat « n'ajoute rien » et se contente d'épouser le pays de résidence — est détaillé dans notre page sur la neutralité fiscale du Luxembourg, et le cadre international d'ensemble dans notre guide de la fiscalité internationale de l'AVL.

Le forfait des néo-résidents : 100 000, 200 000 ou 300 000 €

C'est le dispositif phare de l'attractivité italienne. Le régime des néo-résidents (néo residenti, article 24-bis du TUIR) permet d'opter pour une imposta sostitutiva forfaitaire qui exonère tous les revenus de source étrangère — donc, en particulier, le rachat d'une assurance vie luxembourgeoise. En contrepartie d'un forfait annuel fixe, vos revenus hors d'Italie échappent à l'impôt ordinaire.

Forfait des néo-résidents (art. 24-bis TUIR) selon la date de transfert
Date de transfert / acquisition de la résidenceForfait annuelPar membre de famille
Option exercée avant le 10/08/2024100 000 €+ 25 000 €
Résidence transférée après le 10/08/2024200 000 €+ 25 000 €
Résidence civile acquise à compter du 1/1/2026300 000 €+ 50 000 € (LF 2026)

Les conditions à ne pas manquer

Le forfait n'est ouvert qu'à ceux qui n'ont pas été résidents fiscaux italiens au moins 9 des 10 années précédentes (un retour d'expatriation ne disqualifie donc pas, sous réserve de l'ancienneté). Le régime dure 15 ans maximum. La majoration par membre de famille passe de 25 000 à 50 000 € avec la loi de finances 2026. Pour un patrimoine financier important, le forfait peut rendre l'imposition du rachat d'AVL nulle — c'est l'un des leviers les plus puissants d'Europe.

Un mot, enfin, sur un régime souvent confondu : le régime des impatriés (D.Lgs. 209/2023) est un abattement sur le revenu du travail des salariés et indépendants qui s'installent en Italie. Il ne concerne pas l'épargne ni le rachat d'assurance vie : pour un rentier ou un retraité, c'est le forfait néo-résidents (ou le droit commun) qui s'applique.

Que dit la convention fiscale France-Italie de 1989 ?

La convention fiscale France-Italie du 5 octobre 1989 (impôts sur le revenu et sur la fortune) organise le partage du droit d'imposer. Le produit du rachat d'une assurance vie n'y est pas visé spécifiquement : il relève des « autres revenus » de l'article 22, imposables exclusivement dans l'État de résidence du bénéficiaire — donc l'Italie.

Conséquence : pour un résident italien, le rachat n'est pas imposé en France, il l'est uniquement en Italie, à l'imposta sostitutiva de 26 % (ou exonéré sous le forfait néo-résidents). La France ne taxe pas le rachat d'un résident italien : il n'y a pas de double imposition sur le rachat. C'est exactement le principe de résidence qui gouverne la fiscalité du produit pour tout résident d'un État lié à la France par une convention de ce type.

Succession : capital décès exonéré et convention de 1990

C'est ici que l'Italie déploie son plus grand avantage. Côté italien, l'imposta sulle successioni e donazioni est l'une des plus douces d'Europe : en ligne directe (conjoint, enfants, ascendants), un abattement de 1 000 000 € par héritier, puis un taux de 4 % seulement ; 6 % entre frères et sœurs, 8 % pour les tiers.

Le capital décès d'une assurance vie est exonéré d'imposta di successione

Mieux encore : le capital décès versé par l'assureur est exonéré de l'impôt italien sur les successions. L'article 12 du d.lgs 346/1990 prévoit que les sommes dues par l'assureur ne forment pas l'actif successoral ; cette exonération a été confirmée par la Cour de cassation (arrêt 26606/2016). La seule nuance est civile et non fiscale : comme en France, seules les primes manifestement excessives — et non le capital — peuvent être réintégrées à la réserve des héritiers, le principe étant détaillé dans notre page sur la réserve héréditaire et l'assurance vie.

Côté France, le différenciateur majeur est l'existence d'une convention successorale franco-italienne du 20 décembre 1990 (successions et donations) — là où le Portugal, par exemple, n'en a pas. Le domicile du défunt, défini à l'article 4, est la clé : une assurance vie, qui s'analyse comme une créance, relève en principe de l'État du domicile du défunt. Pour un défunt domicilié en Italie, la convention écarte donc en principe le 990 I et le 757 B français.

La réserve de prudence : le 990 I, taxe sui generis, et l'audit nominatif

Une nuance essentielle. Le prélèvement de l'article 990 I du CGI est une taxe « sui generis », et non un droit de succession classique. Son inclusion dans le champ de la convention de 1990 n'est pas tranchée frontalement par les textes. Par prudence, nous raisonnons au conditionnel : la convention écarte en principe le 990 I, mais le risque résiduel impose un audit nominatif de la clause bénéficiaire. Rappel de la règle propre au 990 I : il reste dû dès lors qu'un bénéficiaire a son domicile fiscal en France au jour du décès (et l'a eu au moins 6 des 10 années précédentes), ou que l'assuré ait son domicile fiscal en France au moment du décès (art. 4 B du CGI). La règle des 6 ans sur 10 ne vise que le bénéficiaire. Le régime de l'article 757 B (primes versées après 70 ans), droit de succession de droit commun, relève lui clairement de la convention de 1990.

Et si vous rentrez en France ?

La portabilité joue dans les deux sens. Si vous redevenez résident fiscal français, le contrat luxembourgeois reprend simplement la fiscalité française : prélèvement forfaitaire unique, abattement de 4 600 / 9 200 € et taux réduit de 7,5 % après 8 ans, prélèvements sociaux de 17,2 % (article 125-0 A du CGI). Le contrat n'est ni clôturé ni pénalisé par le retour.

L'assurance vie est en outre hors du champ de l'exit tax, dans un sens comme dans l'autre. Les modalités du départ et du retour, pays par pays, sont détaillées dans notre guide assurance vie luxembourgeoise et expatriés.

Pour qui l'assurance vie luxembourgeoise en Italie a-t-elle du sens ?

Pour celles et ceux dont le projet italien s'inscrit dans la durée et qui veulent un véhicule souple, portable et fiscalement maîtrisé :

L'AVL en Italie : pour qui ?
ProfilIntérêt de l'AVL en Italie
Expatrié de long terme (capital ≥ 250 000 €)Différé total (26 % au seul rachat), capital décès exonéré de succession
Néo-résident au forfait (art. 24-bis)Rachat exonéré sous le forfait ; un seul contrat qui suit
Famille à patrimoine internationalMultidevises, architecture ouverte, transmission encadrée (convention 1990)
Va-et-vient France / ItalieLe contrat épouse chaque résidence, sans exit tax ni clôture

Le bon réflexe n'est pas de souscrire dans l'urgence du déménagement, mais de structurer en amont : vérifier l'éligibilité au forfait néo-résidents, auditer l'assujettissement IVAFE ou bollo selon le statut de la compagnie, organiser la déclaration au Quadro RW, et anticiper la succession (le lien français du 990 I). C'est exactement le travail que nous menons au cabinet.

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Mentions légales et conformité

Hagnéré Patrimoine — Société par actions simplifiée, siège social à Bassens (73000), immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP) et Courtier en Assurance (COA).

Informations à jour au 25 juin 2026 (imposta sostitutiva 26 % ; titres d'État 12,5 % ; IVAFE 0,2 % et imposta di bollo, loi n° 207/2024 ; Quadro RW ; régime néo-résidents art. 24-bis TUIR ; convention France-Italie du 05/10/1989, art. 22 ; convention successorale franco-italienne du 20/12/1990, art. 4 ; imposta di successione, art. 12 du d.lgs 346/1990 ; CGI art. 990 I, 757 B, 125-0 A). La fiscalité italienne de l'épargne évolue ; certaines interactions (IVAFE vs bollo, articulation 990 I / convention de 1990) appellent une analyse au cas par cas, avec un conseil local. Article publié le 5 juin 2026. Dernière mise à jour : 25 juin 2026.

Tout placement comporte un risque, y compris de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces informations ne se substituent pas à un conseil personnalisé.

Questions fréquentes

Questions fréquentes : AVL en Italie

C'est la fiscalité italienne qui s'applique (le Luxembourg étant neutre). Le gain (capital perçu moins primes versées) est soumis à l'imposta sostitutiva de 26 %, exigible au rachat uniquement. C'est un différé total : les gains latents et les arbitrages internes ne sont pas imposés annuellement, seul le rachat déclenche l'impôt. Il n'y a pas de prélèvements sociaux. La quote-part investie en titres d'État italiens ou de pays « white list » est imposée au taux réduit de 12,5 %.

Oui. En tant que résident fiscal italien, vous devez déclarer chaque année votre assurance vie luxembourgeoise au Quadro RW (monitoraggio fiscale, code bien 8) de la déclaration Redditi. Cette obligation est indépendante de l'imposition du rachat : elle vise le suivi des avoirs détenus à l'étranger. Le contrat est par ailleurs soumis à l'échange automatique d'informations (CRS) entre le Luxembourg et l'Italie : aucune confidentialité fiscale n'est possible.

Oui. L'assurance vie luxembourgeoise entre dans l'assiette de l'IVAFE (Imposta sul Valore delle Attività Finanziarie all'Estero), au taux de 0,2 % par an sur la valeur du contrat au 31 décembre. Nuance importante : selon le statut de la compagnie (libre prestation de services, désignation ou non d'un représentant fiscal italien), c'est l'imposta di bollo (droit de timbre, 0,2 % annuel depuis 2025, loi 207/2024) qui peut s'appliquer à la place, prélevée directement par l'intermédiaire. C'est un point à vérifier contrat par contrat.

Oui. Le régime des néo-résidents (art. 24-bis TUIR) permet d'opter pour une imposta sostitutiva forfaitaire qui exonère tous les revenus de source étrangère, dont le rachat d'une assurance vie luxembourgeoise. Le forfait est de 100 000 € par an (option avant le 10 août 2024), 200 000 € par an (transfert après cette date) et 300 000 € par an (résidence acquise à compter du 1ᵉʳ janvier 2026), majoré de 25 000 € par membre de famille (porté à 50 000 € par la loi de finances 2026). Conditions : ne pas avoir été résident italien au moins 9 des 10 années précédentes ; durée maximale de 15 ans.

Non. Le capital décès versé par l'assureur est exonéré d'imposta di successione (art. 12 du d.lgs 346/1990 : les sommes dues par l'assureur ne forment pas l'actif successoral ; position confirmée par la Cour de cassation, arrêt 26606/2016). Pour le reste de la succession en ligne directe, l'Italie applique un abattement de 1 000 000 € par héritier, puis un taux de 4 % ; 6 % pour les frères et sœurs, 8 % pour les tiers. Nuance civile : seules les primes excessives, et non le capital, peuvent être réintégrées à la réserve.

Il existe une convention successorale franco-italienne du 20 décembre 1990 : une assurance vie (créance) relève en principe de l'État du domicile du défunt (art. 4), donc de l'Italie si le défunt y est domicilié, ce qui écarte en principe le 990 I et le 757 B français. Mais le 990 I est une taxe sui generis dont l'inclusion dans le champ conventionnel n'est pas tranchée frontalement : un audit nominatif est recommandé. Le 990 I reste dû si un bénéficiaire est résident fiscal français (au moins 6 des 10 dernières années) ou si l'assuré a son domicile fiscal en France au moment du décès ; la règle 6/10 ne vise que le bénéficiaire.

Non. La convention fiscale France-Italie du 5 octobre 1989 range le produit du rachat d'une assurance vie, non visé spécifiquement, dans les « autres revenus » de l'article 22 : il n'est imposable que dans l'État de résidence du bénéficiaire, soit l'Italie. La France ne taxe pas le rachat d'un résident italien. Il n'y a donc pas de double imposition sur le rachat.

Globalement oui, surtout en transmission. Côté rachat, l'Italie applique 26 % au seul rachat, sans prélèvements sociaux, contre 30 % en France (12,8 + 17,2 de prélèvements sociaux). Côté succession, le capital décès de l'assurance vie est exonéré d'imposta di successione en Italie, là où la France applique le 990 I (abattement de 152 500 €) et le 757 B. La contrepartie italienne est l'IVAFE de 0,2 %/an et la déclaration annuelle au Quadro RW. En cas de retour, le contrat reprend le régime français (125-0 A) et reste hors exit tax.