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Assurance vie luxembourgeoise en Suisse : le guide fiscal 2026

La Suisse attire de nombreux Français — qualité de vie, fiscalité du revenu attractive, absence de prélèvements sociaux. Mais sur l'assurance vie, le pays a une logique radicalement différente : hors de l'Union européenne, un contrat luxembourgeois n'y est en général pas reconnu comme une assurance vie, mais traité comme un placement financier. Le résultat est à double tranchant : les gains en capital des particuliers sont en principe exonérés, mais la valeur de rachat est taxée chaque année à l'impôt sur la fortune. Et depuis 2015, la convention successorale franco-suisse n'existe plus.

0 %les gains en capital des particuliers
fortunela valeur de rachat taxée chaque année
2015fin de la convention successorale FR-CH
hors EEEcontrat traité comme placement financier
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise

Clément Chatelain accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.

Expert AVLCIFORIAS 23002291

Pour une assurance vie luxembourgeoise détenue par un résident fiscal suisse, la logique n'est pas celle de la France. La Suisse étant hors de l'Union européenne, le contrat n'y est en général pas reconnu comme une assurance vie mais traité comme un placement financier : les gains en capital des particuliers sont en principe exonérés, mais la valeur de rachat entre chaque année dans l'impôt sur la fortune. Au cabinet Hagnéré Patrimoine, c'est un dossier que nous calibrons canton par canton. Ce guide en donne le mode d'emploi.

La Suisse a longtemps fasciné les épargnants français : pas de prélèvements sociaux de type CSG, une fiscalité du revenu souvent douce, une transmission en ligne directe fréquemment exonérée. Je suis Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (CIF, ORIAS 23002291), et je vois beaucoup de contrats mal qualifiés au moment de l'installation. Voici ce qui se passe vraiment pour une assurance vie luxembourgeoise quand on devient résident suisse.

La réponse en 40 secondes

Grâce à sa neutralité, le contrat luxembourgeois est « caméléon » : il prend la fiscalité de la Suisse. Retenez quatre choses. Un : hors EEE, le contrat est en général traité comme un placement financier, pas comme une assurance vie suisse. Deux : les gains en capital d'un particulier sont en principe exonérés. Trois : la valeur de rachat est taxée chaque année à l'impôt cantonal sur la fortune (et la part de rendement peut relever de l'impôt sur le revenu). Quatre : la convention successorale FR-CH a pris fin au 1ᵉʳ janvier 2015, ce qui fait revivre le 990 I et les droits français. Tout dépend du canton.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique et ne constitue ni un conseil personnalisé (art. L. 533-13 du Code monétaire et financier) ni un conseil fiscal. La fiscalité suisse de l'épargne est de compétence largement cantonale et la qualification d'un contrat luxembourgeois varie d'un canton à l'autre ; plusieurs points ci-dessous sont exposés au conditionnel et appellent une analyse au cas par cas. Pour votre situation, sollicitez un bilan et, en Suisse, un conseil fiscal local.

La Suisse en 2026 : une destination de prestige, mais une logique fiscale à part

La Suisse reste l'une des destinations phares des Français fortunés : stabilité, qualité de vie, absence de prélèvements sociaux de type CSG et, dans la plupart des cantons, une transmission en ligne directe très douce, voire exonérée. Beaucoup en déduisent que l'assurance vie y serait un terrain neutre. La réalité est plus subtile.

La Suisse a deux particularités qui changent tout. D'abord, elle n'impose pas, en principe, les plus-values mobilières privées des personnes physiques — un atout considérable. Ensuite, elle prélève un impôt annuel sur la fortune, de compétence cantonale, qui frappe la valeur du patrimoine chaque année. Pour un Français qui s'installe à Genève, à Lausanne ou à Zoug, la question n'est donc pas « est-ce exonéré ? » mais « comment ce contrat va-t-il être qualifié, et où l'impôt va-t-il frapper ? ». Et là, l'assurance vie luxembourgeoise conserve une carte maîtresse : sa portabilité.

Hors EEE : pourquoi votre contrat luxembourgeois est traité comme un placement financier

C'est le point de départ de toute l'analyse, et celui que la plupart des guides passent sous silence. La Suisse n'est pas membre de l'Espace économique européen. Il n'existe donc pas de libre prestation de services en assurance vie entre la Suisse et l'Union européenne : un assureur luxembourgeois ne distribue pas son contrat en Suisse comme il le ferait en France ou en Belgique.

La conséquence pour le résident suisse : son contrat luxembourgeois n'est en général pas reconnu comme une assurance vie suisse. L'administration tend à l'analyser comme un placement financier. Une assurance à prime unique susceptible de rachat — le cas typique du contrat luxembourgeois patrimonial — peut même faire l'objet d'une qualification spécifique selon le canton. Tout cela reste à formuler au conditionnel : la frontière dépend du canton de résidence et de la nature exacte du contrat.

Première règle : faire qualifier le contrat avant de conclure

Parce qu'un contrat luxembourgeois n'épouse pas automatiquement le régime des assurances suisses de prévoyance (les piliers 3a/3b ont leur propre fiscalité), il est indispensable de faire qualifier le contrat par un conseil fiscal du canton de résidence avant de conclure ou de transférer. Selon que l'administration y voit une assurance susceptible de rachat ou un pur placement, le traitement du rendement et de la fortune peut différer. Ne raisonnez jamais « comme en France ».

À noter : tous les assureurs luxembourgeois n'acceptent pas un souscripteur résident suisse, et certains réservent l'accès aux personnes soumises à l'imposition d'après la dépense (le forfait fiscal). La portabilité du contrat, elle, joue : un contrat souscrit en France peut en principe suivre l'assuré en Suisse — mais son traitement local doit être validé en amont, de même que le coût d'entrée détaillé dans notre chapitre sur le droit de timbre suisse de 2,5 % sur les primes. Sur les conditions d'accès à l'imposition d'après la dépense elle-même, voir notre chapitre sur le forfait fiscal suisse.

Gains en capital, rendement, impôt sur la fortune : où frappe vraiment l'impôt ?

Le traitement suisse repose sur une distinction-clé : le gain en capital (exonéré pour un particulier) face au rendement (potentiellement imposable). À cela s'ajoute l' impôt annuel sur la fortune. Voici la cartographie, à lire au conditionnel car elle varie selon le canton et la qualification.

Fiscalité suisse d'un contrat luxembourgeois (résident suisse, sous réserve du canton)
ÉlémentTraitement de principe en SuisseDétail
Plus-value en capital (personne physique)0 % (exonérée)Les gains en capital de la fortune privée sont en principe exonérés d'impôt en Suisse. C'est l'avantage majeur.
Part de rendement / produitImpôt sur le revenu (possible)Sur un contrat susceptible de rachat, la part de rendement peut être imposée à l'impôt fédéral et cantonal sur le revenu. Dépend de la qualification.
Valeur de rachatImpôt sur la fortune (annuel)Intégrée chaque année à l'assiette de l'impôt cantonal sur la fortune. Taux variables selon canton et commune.
Prélèvements sociaux0 (pas de CSG)La Suisse ne connaît pas de prélèvements sociaux de type CSG/CRDS sur les revenus du capital.
Impôt anticipé suisse (35 %)En principe non applicableLe Verrechnungssteuer de 35 % ne s'applique en principe pas à des prestations de source luxembourgeoise (avantage de trésorerie).

L'impôt anticipé continue en revanche de frapper les revenus de source suisse détenus en direct, et sa récupération obéit à une procédure propre : voir notre chapitre sur l'impôt anticipé de 35 % et sa récupération.

Le vrai arbitrage : capital exonéré contre rendement et fortune taxés

On résume parfois la Suisse à « pas d'impôt sur les plus-values ». C'est vrai pour le gain en capital d'un particulier, et c'est un atout réel. Mais deux contreparties existent. D'une part, la part de rendement d'un contrat rachetable peut relever de l'impôt sur le revenu. D'autre part — et c'est la grande différence avec la France — la valeur de rachat est taxée chaque année au titre de l'impôt sur la fortune, et non au seul moment du rachat. Le vrai sujet n'est donc pas « est-ce exonéré ? » mais « dans quel canton, avec quelle qualification ? ».

Une précision importante : la prévoyance suisse (1ᵉʳ pilier AVS, 2ᵉ pilier LPP, 3ᵉ pilier 3a) obéit à des règles fiscales propres et ne doit pas être confondue avec une assurance vie luxembourgeoise patrimoniale, qui relève, elle, de la prévoyance libre (3b) ou du placement. Pour les frontaliers — qui résident en France tout en travaillant en Suisse — la logique est encore différente : nous les renvoyons à notre guide assurance vie luxembourgeoise et expatriés, et au chapitre sur l'imposition à la source et le statut de quasi-résident pour la mécanique frontalière elle-même.

Que dit la convention fiscale France-Suisse sur le revenu ?

En matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune, la convention applicable est celle du 9 septembre 1966, modifiée à plusieurs reprises (notamment par un avenant signé en 2014). Elle organise la répartition de l'imposition entre la France et la Suisse et l'élimination des doubles impositions.

Pour votre contrat luxembourgeois, le point essentiel est que le produit d'un rachat par un résident suisse relève en principe de l'imposition à la résidence, donc en Suisse (le Luxembourg étant neutre, il ne prélève rien). La convention France-Suisse n'intervient que si des revenus de source française subsistent (un bien locatif, des dividendes français…), ce qui ne concerne pas le contrat lui-même. Par prudence, nous ne citons pas ici de numéro d'article : la qualification précise du produit d'un rachat de contrat étranger doit être vérifiée au texte de la convention et avec un conseil, contrat en main.

Succession : la fin de la convention en 2015 et le retour du 990 I

C'est ici que la Suisse se distingue nettement de la Belgique ou de l'Espagne. Il n'existe plus de convention successorale entre la France et la Suisse : la convention de 1953 a été dénoncée par la France et ne produit plus d'effet pour les successions ouvertes à compter du 1ᵉʳ janvier 2015 (décret n° 2014-1270 du 30 octobre 2014). En matière de succession, c'est donc de nouveau le droit interne français qui s'applique dans les relations avec la Suisse.

Le piège : sans convention, le 990 I et les DMTG français reviennent

Concrètement, deux régimes français peuvent frapper la transmission. Pour l'assurance vie, le prélèvement de l'article 990 I du CGI s'applique selon ses propres critères : dès lors qu'un bénéficiaire a son domicile fiscal en France au jour du décès (et l'a eu au moins 6 des 10 années précédentes), ou que l'assuré ait son domicile fiscal en France au moment du décès (art. 4 B du CGI), le 990 I est dû — abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % et 31,25 %. La règle des 6 ans sur 10 ne vise que le bénéficiaire. Pour le reste du patrimoine, ce sont les droits de mutation à titre gratuit de droit commun (jusqu'à 45 % en ligne directe) qui peuvent s'appliquer. Le tout sans convention pour éliminer la double imposition avec l'impôt cantonal suisse. Voir notre page sur l'article 990 I.

Côté suisse, les droits de succession sont de compétence cantonale. La bonne nouvelle : en ligne directe (descendants, conjoint), la plupart des cantons exonèrent ou taxent très faiblement. Genève exonère le conjoint et les parents en ligne directe ; Vaud exonère désormais chaque enfant jusqu'à 1 million de francs par part depuis 2025. À l'inverse, les transmissions entre personnes non parentes sont lourdement taxées. Ces règles varient fortement d'un canton à l'autre et doivent être vérifiées précisément.

Le risque concret : la double imposition

Le vrai danger n'est pas l'un ou l'autre régime, mais leur cumul. Sans convention, une transmission peut être frappée à la fois par les droits français (990 I et/ou DMTG, si un rattachement français subsiste) et par l'impôt successoral du canton suisse. La parade n'est pas d'ignorer la France, mais d'expatrier durablement la chaîne assuré → bénéficiaires et de calibrer la clause bénéficiaire : quand ni l'assuré ni les bénéficiaires n'ont plus de rattachement fiscal français suffisant, le 990 I devient sans objet et la transmission relève du seul régime cantonal.

Une assurance vie luxembourgeoise plutôt qu'un mandat de banque privée suisse ?

C'est la vraie question pour un résident suisse : faut-il loger son capital dans l' enveloppe assurantielle luxembourgeoise ou dans un mandat de gestion en banque privée suisse (un compte-titres nu) ? Les deux logiques diffèrent radicalement : un compte-titres voit ses revenus imposés au fil de l'eau, tandis que l'enveloppe d'assurance peut capitaliser et offre une mécanique de transmission propre. Nous avons consacré un comparatif complet à ce duel — y compris l'effet de la fin de la convention successorale FR-CH sur chaque solution — dans notre page assurance vie luxembourgeoise ou banque privée suisse.

Le mécanisme de neutralité luxembourgeoise — pourquoi le contrat « n'ajoute rien » et se contente d'épouser le pays de résidence — est détaillé dans notre page sur la neutralité fiscale du Luxembourg, et le cadre international d'ensemble dans notre guide de la fiscalité internationale de l'AVL.

Et si vous rentrez en France ?

La portabilité joue dans les deux sens. Si vous redevenez résident fiscal français, le contrat luxembourgeois reprend simplement la fiscalité française : prélèvement forfaitaire unique, abattement de 4 600 / 9 200 € et taux réduit de 7,5 % après 8 ans, prélèvements sociaux de 17,2 % (article 125-0 A du CGI). Le contrat n'est ni clôturé ni pénalisé par le retour, et conserve son antériorité.

L'assurance vie est en outre hors du champ de l'exit tax, dans un sens comme dans l'autre. Au retour, vous déclarez le contrat étranger via le formulaire 3916-bis. Les modalités du départ et du retour, pays par pays, sont détaillées dans notre guide assurance vie luxembourgeoise et expatriés.

Pour qui l'assurance vie luxembourgeoise en Suisse a-t-elle du sens ?

Pour celles et ceux dont le projet suisse s'inscrit dans la durée et qui veulent un véhicule souple, portable et correctement qualifié en amont :

L'AVL en Suisse : pour qui ?
ProfilIntérêt de l'AVL en Suisse
Expatrié de long terme (capital ≥ 250 000 €)Gain en capital exonéré + portabilité + un seul contrat qui suit la résidence
Personne au forfait fiscalAccès possible auprès de certains assureurs luxembourgeois, enveloppe patrimoniale unique
Famille à patrimoine internationalMultidevises, architecture ouverte, calibrage de la clause bénéficiaire
Va-et-vient France / SuisseLe contrat épouse chaque résidence, sans exit tax ni clôture

Le bon réflexe n'est pas de souscrire dans l'urgence du déménagement, mais de structurer en amont : faire qualifier le contrat dans le canton de résidence, cartographier revenu, capital et fortune, anticiper la succession sans convention (le 990 I, les DMTG, le barème cantonal) et sécuriser la déclaration. C'est exactement le travail que nous menons au cabinet, en coordination avec un conseil local suisse.

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Mentions légales et conformité

Hagnéré Patrimoine — Société par actions simplifiée, siège social à Bassens (73000), immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP) et Courtier en Assurance (COA).

Informations à jour au 25 juin 2026 (statut hors EEE du contrat luxembourgeois pour un résident suisse ; exonération de principe des gains en capital des personnes physiques ; valeur de rachat à l'impôt cantonal sur la fortune ; convention France-Suisse sur le revenu du 9 septembre 1966 modifiée ; dénonciation de la convention successorale franco-suisse, sans effet depuis le 1ᵉʳ janvier 2015, décret n° 2014-1270 ; CGI art. 990 I, 757 B, 125-0 A, 4 B). La fiscalité suisse de l'épargne est de compétence largement cantonale et plusieurs points sont exposés au conditionnel ; ils appellent une analyse au cas par cas, avec un conseil fiscal local. Article publié le 5 juin 2026. Dernière mise à jour : 25 juin 2026.

Tout placement comporte un risque, y compris de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces informations ne se substituent pas à un conseil personnalisé.

Questions fréquentes

Questions fréquentes : AVL en Suisse

Pas nécessairement. La Suisse n'est pas membre de l'Espace économique européen et il n'existe pas de libre prestation de services en assurance vie entre la Suisse et l'Union européenne. Un contrat luxembourgeois souscrit par un résident suisse n'est en général pas reconnu comme une assurance vie suisse : il tend à être traité comme un placement financier. Une assurance à prime unique susceptible de rachat peut même faire l'objet d'une qualification spécifique. Le traitement dépend du canton et appelle une analyse locale.

Cela dépend. En règle générale, les gains en capital réalisés par une personne physique sur sa fortune privée sont exonérés d'impôt en Suisse, ce qui est un avantage important. Mais la part de rendement d'un contrat susceptible de rachat peut être imposée à l'impôt sur le revenu, fédéral et cantonal. Il n'existe pas de prélèvements sociaux suisses de type CSG. La frontière entre gain en capital exonéré et rendement imposable dépend du canton et de la nature du contrat : une analyse avec un conseil local est indispensable.

Oui en principe. La valeur de rachat d'un contrat d'assurance vie susceptible de rachat est intégrée chaque année à l'assiette de l'impôt cantonal sur la fortune, comme le reste du patrimoine mobilier. Les taux varient selon le canton et la commune. C'est une différence majeure avec la France : la valeur du contrat est taxée chaque année au titre de la fortune, et non au seul moment du rachat.

Non. La convention France-Suisse en matière de successions a été dénoncée par la France et ne produit plus d'effet pour les successions ouvertes à compter du 1er janvier 2015 (décret n° 2014-1270 du 30 octobre 2014). En matière de succession, c'est de nouveau le droit interne français qui s'applique dans les relations avec la Suisse, avec un risque de double imposition entre la France et l'impôt successoral cantonal suisse.

Il peut s'appliquer. Depuis la fin de la convention successorale en 2015, le prélèvement de l'article 990 I du CGI s'applique selon ses propres critères : il est dû en France si un bénéficiaire a son domicile fiscal en France au jour du décès et l'a eu au moins 6 des 10 années précédentes, ou si l'assuré a son domicile fiscal en France au moment du décès (art. 4 B du CGI). La règle des 6 ans sur 10 ne vise que le bénéficiaire. L'abattement est de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % et 31,25 %.

Les droits de succession suisses sont de compétence cantonale. En ligne directe, les descendants et le conjoint sont souvent exonérés ou faiblement taxés dans la plupart des cantons : Genève exonère le conjoint et les parents en ligne directe, et Vaud exonère chaque enfant jusqu'à 1 million de francs depuis 2025. Les transmissions entre personnes non parentes sont en revanche lourdement taxées. Les règles varient fortement d'un canton à l'autre et doivent être vérifiées au cas par cas.

Le contrat luxembourgeois reprend simplement la fiscalité française (article 125-0 A du CGI) : prélèvement forfaitaire unique, abattement de 4 600 ou 9 200 € et taux réduit de 7,5 % après 8 ans, prélèvements sociaux de 17,2 %. Le contrat n'est ni clôturé ni pénalisé par le retour, et l'assurance vie est hors du champ de l'exit tax. Au retour, vous déclarez le contrat étranger via le formulaire 3916-bis.

Oui. La Suisse pratique l'échange automatique d'informations (norme CRS) avec la France depuis le premier échange en 2018 : la valeur de rachat des contrats susceptibles de rachat est transmise. Comme résident suisse, vous déclarez le contrat et sa valeur de rachat dans votre déclaration fiscale cantonale. Si vous redevenez résident français, vous le déclarez en France via le formulaire 3916-bis. Aucune confidentialité fiscale n'est possible.