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OCDE, CRS, FATCA et assurance-vie luxembourgeoise : faut-il avoir peur ?

Beaucoup ouvrent une assurance-vie luxembourgeoise en imaginant un placement « discret ». Mauvaise nouvelle pour les mauvaises raisons, bonne nouvelle pour les bonnes : depuis le CRS (norme OCDE) et FATCA (accord USA), la confidentialité fiscale opaque n'existe plus. Votre contrat est transmis automatiquement au fisc — comme un contrat français. Ce guide explique ce qui est transmis, à qui, et quand, distingue le résident français de l'expatrié, et montre, à travers 5 cas chiffrés, pourquoi il n'y a rigoureusement rien à craindre quand tout est déclaré.

CRSTransparence, pas opacité
FATCALe volet américain
3916-bisVotre part du travail
0 peurSi tout est déclaré
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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale

Clément Chatelain accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.

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Publié le 1er juillet 2026 · Mis à jour le 1er juillet 2026 · Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (ORIAS 23002291 — CIF, COA, COBSP) · Temps de lecture : 11 min

« Est-ce que le fisc va le voir ? » C'est, de loin, la première question qu'on me pose chez Hagnéré Patrimoine sur l'assurance-vie luxembourgeoise. Souvent avec un mélange d'espoir et d'inquiétude, comme si le Luxembourg abritait encore un coffre-fort discret. Soyons clairs tout de suite : oui, le fisc le voit — automatiquement, chaque année, dès le premier euro. Et c'est une bonne nouvelle. Le seul vrai risque, ce n'est pas le contrat luxembourgeois : c'est de ne pas le déclarer (1 500 € d'amende par contrat et par an).

Le CRS (la norme OCDE d'échange automatique) et FATCA (l'accord avec les États-Unis) ont enterré l'opacité fiscale. Votre contrat luxembourgeois remonte au fisc de votre pays de résidence, exactement comme un contrat français. Plus rien à cacher, donc. Et surtout, plus rien à craindre quand tout est déclaré.

Je vous explique ici ce qui est transmis, à qui et quand. Puis la différence entre CRS et FATCA, ce que change (ou pas) le fait d'être expatrié. Et je déroule 5 cas chiffrés pour trancher une bonne fois cette question : faut-il avoir peur ? Non, si vous jouez le jeu de la transparence. C'est aussi simple que ça.

À retenir en 30 secondes

  • La confidentialité fiscale opaque n'existe plus : le CRS (norme OCDE, loi luxembourgeoise du 18 décembre 2015) transmet automatiquement votre contrat au fisc de votre pays de résidence.
  • CRS ≠ FATCA : le CRS vise les résidents fiscaux du monde entier ; FATCA vise les US persons (accord France-USA du 14 novembre 2013), avec déclaration à l'IRS.
  • Rien à craindre si tout est déclaré : l'échange par l'assureur ne vous dispense pas de déclarer le contrat (formulaire 3916-bis). Déclaré, un contrat luxembourgeois est un placement parfaitement légal.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les règles fiscales et déclaratives citées sont celles en vigueur à la date de mise à jour ; elles dépendent de votre situation personnelle et de votre résidence fiscale. Les exemples chiffrés sont des illustrations, pas des recommandations. Pour une analyse adaptée à votre situation, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

1. La vraie question : peur de quoi, au juste ?

Quand on me dit « j'ai peur du fisc avec le Luxembourg », je réponds toujours par une question : peur de quoi ? Car il faut distinguer deux craintes qui n'ont rien à voir.

La première, c'est la peur que le fisc « découvre » un contrat qu'on aurait voulu garder secret. Celle-là n'a plus lieu d'être. Le contrat est déclaré par vous et transmis par l'assureur : il n'y a rien à découvrir. La seconde crainte est plus légitime : celle d'une fiscalité punitive, d'un traitement défavorable. Là encore, vous pouvez respirer. Pour un résident français, un contrat luxembourgeois est fiscalement identique à un contrat français, grâce à la neutralité fiscale du Luxembourg.

Donc la seule chose qui doit vraiment vous inquiéter, ce n'est pas l'assurance-vie luxembourgeoise. C'est le fait de ne pas la déclarer. Tout se joue là : d'un côté un placement légal, de l'autre une situation à risque. Reste à comprendre d'où vient cette transparence.

2. Le CRS : la norme OCDE qui a tout changé

Le CRS (Common Reporting Standard, ou « norme commune de déclaration ») est la norme d'échange automatique d'informations développée par l'OCDE. Son principe : chaque institution financière identifie la résidence fiscale de ses clients et transmet leurs données à sa propre administration, qui les échange ensuite avec les administrations des pays partenaires.

En Europe, le CRS a été transposé par les directives DAC (la directive 2014/107/UE du 9 décembre 2014, dite « DAC2 »), applicable depuis le 1er janvier 2016, avec un premier échange en 2017. Au Luxembourg, la transposition s'est faite par la loi du 18 décembre 2015 relative à la norme commune de déclaration. Les contrats d'assurance-vie et de capitalisation y sont expressément des « comptes financiers » déclarables.

Traduction : un assureur luxembourgeois qui héberge le contrat d'un résident fiscal français a l'obligation de transmettre les données de ce contrat à l'administration luxembourgeoise, qui les fait remonter au fisc français. Le Luxembourg n'a pas subi cette règle, il l'applique pleinement. Résultat : plus de cent juridictions s'échangent aujourd'hui ces informations. Restait un cas à part, celui des États-Unis.

3. FATCA : le volet américain

Les États-Unis n'ont pas adopté le CRS : ils disposent de leur propre dispositif, FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act). Le principe est proche, mais la logique est bilatérale et centrée sur la nationalité fiscale américaine.

FATCA fonctionne par des accords intergouvernementaux (les « IGA »). La France a signé un accord de modèle 1 le 14 novembre 2013 (publié par le décret 2015-1 du 2 janvier 2015) ; le Luxembourg a conclu un accord équivalent en 2014. En vertu de ces accords, les assureurs identifient parmi leurs clients les « US persons » — citoyens américains, détenteurs de green card, résidents fiscaux des États-Unis — et déclarent leurs contrats à l'IRS, l'administration fiscale américaine.

Retenez la nuance : le CRS vise les résidents fiscaux du monde entier, FATCA cible le seul lien avec les États-Unis. Une même personne peut relever des deux. Prenez un Français qui vit à Paris mais détient une green card : il tombe à la fois dans le champ CRS (vers la France) et FATCA (vers l'IRS). Reste à voir ce que ces dispositifs transmettent, très précisément.

4. Ce qui est transmis, à qui, et quand

C'est le cœur du sujet, et souvent le plus fantasmé. Alors mettons tout à plat : les données qui circulent, et à quel moment.

L'échange automatique CRS appliqué à un contrat luxembourgeois (source : BOFiP BOI-INT-AEA-20-40)
QuestionRéponse concrète
Quoi (identité)Nom, adresse, date et lieu de naissance, résidence(s) fiscale(s), numéro d'identification fiscale (NIF)
Quoi (contrat)Solde ou valeur de rachat au 31/12, produits (intérêts, dividendes), produits de cession
Par quiL'assureur luxembourgeois → l'administration fiscale luxembourgeoise
À quiLe fisc de votre pays de résidence fiscale (la DGFiP pour un résident français)
QuandL'assureur déclare avant l'été ; l'échange entre administrations intervient vers septembre de l'année N+1

Un point mérite qu'on s'y arrête : le CRS transmet la valeur de votre contrat, pas un impôt. Le fisc reçoit votre valeur de rachat au 31 décembre, d'accord. Mais recevoir une valeur ne déclenche aucune taxation. En assurance-vie, l'impôt n'est dû qu'au moment d'un rachat, et seulement sur la part de gains. C'est toute la logique de la fiscalité de l'assurance-vie luxembourgeoise. La donnée circule ; l'impôt, lui, attend que vous retiriez.

Cette différence entre « transmettre une information » et « imposer », gardez-la en tête. Elle explique pourquoi tant de détenteurs pourtant en règle s'inquiètent pour rien. Et ce qui reste vraiment « confidentiel » dans tout ça ? Voyons-le maintenant.

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Votre situation est-elle parfaitement en règle vis-à-vis du fisc ?

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On mélange souvent deux choses qui n'ont rien à voir : la confidentialité fiscale (face à l'administration) et la confidentialité commerciale (face aux tiers). La première a disparu. La seconde reste bien vivante, et parfaitement légale.

L'assureur luxembourgeois est tenu à un secret professionnel strict (loi du 7 décembre 2015 sur le secteur des assurances). Mais ce secret est inopposable au fisc dans le cadre du CRS et de FATCA : l'administration fiscale n'est pas un « tiers ». Le secret protège vos données des banques, des démarcheurs ou d'un curieux — jamais du fisc.

La bonne façon de le dire à un proche

« Mon contrat luxembourgeois est confidentiel comme un contrat français : personne ne peut consulter mon épargne sans autorisation. Mais le fisc, lui, en connaît la valeur chaque année, exactement comme pour un contrat français. Je ne cache rien — je bénéficie simplement d'une meilleure protection juridique et d'un univers d'investissement plus large. »

Disons-le franchement : l'assurance-vie luxembourgeoise n'a jamais été un outil d'évasion. Ceux qui la vendaient comme ça vendaient un mensonge. C'est un outil de protection et de diversification, pas d'opacité. C'est d'ailleurs pourquoi parler de Luxembourg « paradis fiscal » n'a plus grand sens. Si le sujet du secret vous intéresse en détail, nous l'approfondissons dans notre guide sur la confidentialité d'une assurance-vie luxembourgeoise. Ce qui nous amène à une nuance clé : votre pays de résidence.

6. Résident français ou expatrié : l'échange suit la résidence

Peu de gens ont ce réflexe, et pourtant c'est décisif : le CRS ne suit ni votre nationalité, ni le lieu du contrat. Il suit votre résidence fiscale. C'est précisément ce qui rend le contrat luxembourgeois si adapté à une vie internationale.

Tant que vous êtes résident fiscal français, l'assureur luxembourgeois transmet vos données à la France. Le jour où vous vous installez au Portugal, en Belgique ou à Dubaï, il transmet vos données à ce nouveau pays de résidence — et c'est la fiscalité de ce pays qui s'applique à votre contrat. Le contrat, lui, ne bouge pas : il vous suit. C'est tout l'intérêt d'un contrat pensé pour les expatriés.

Un contrat luxembourgeois est « portable » : il traverse les frontières sans que vous ayez à le clôturer puis le rouvrir à chaque déménagement. Attention quand même. Cette portabilité ne vous soustrait jamais à la fiscalité de votre pays de résidence du moment. Le CRS veille au grain. Passons aux cas illustratifs, c'est plus parlant.

5 cas concrets : faut-il avoir peur ?

Rien ne dissipe mieux une peur que des chiffres. Cinq profils, du plus serein au plus délicat. Tous les montants sont illustratifs.

Cas 1 — Antoine, résident français, tout déclaré

Profil : Antoine, 58 ans, chef d'entreprise à Chambéry, détient un contrat luxembourgeois de 600 000 €, dont la valeur de rachat atteint 648 000 € au 31 décembre (48 000 € de gains latents). Il n'effectue aucun rachat cette année et coche son 3916-bis.

En septembre, le CRS transmet la valeur de 648 000 € au fisc français. Antoine ne rachète pas : son imposition est de 0 €. L'impôt n'est dû qu'au rachat, on l'a vu. Le fisc voit son contrat, Antoine l'a déclaré, tout concorde. Aucune raison d'avoir peur.

Cas 2 — Sabine, résidente française, rachat partiel

Profil : Sabine, 63 ans, retraitée à Aix-les-Bains, célibataire, effectue un rachat partiel de 40 000 € sur son contrat luxembourgeois de plus de 8 ans. La part de gains dans ce rachat est de 6 000 €.

Fiscalité du rachat de Sabine (contrat > 8 ans, célibataire, illustratif)
ÉtapeCalculRésultat
Part de gains rachetée—6 000 €
Abattement annuel (célibataire)− 4 600 €base imposable IR : 1 400 €
Prélèvement forfaitaire 7,5 %1 400 × 7,5 %105 €
Prélèvements sociaux 17,2 %6 000 × 17,2 %1 032 €
Total dû105 + 1 0321 137 €

Le produit de rachat transmis par le CRS colle exactement à ce que Sabine déclare. Cohérence parfaite, aucun redressement possible. Elle paie l'impôt normal d'un rachat après 8 ans — ni plus, ni moins qu'en France. La transparence joue en sa faveur.

Cas 3 — Karim, résident français, qui n'a PAS déclaré

Profil : Karim, 45 ans, détient depuis 3 ans un contrat luxembourgeois de 300 000 € qu'il a « oublié » de porter sur son 3916-bis, pensant qu'il passerait inaperçu.

Sauf que le fisc reçoit chaque année la valeur du contrat via le CRS. L'omission est détectée automatiquement. Karim s'expose à une amende de 1 500 € par an et par contrat, soit 4 500 € sur 3 ans, plus une majoration de 40 % des droits éludés sur les éventuels gains rachetés. Le problème, ce n'est pas le contrat luxembourgeois — parfaitement légal. C'est le silence. Voilà la seule « peur » vraiment justifiée : celle de ne pas déclarer.

Cas 4 — Elena, expatriée à Lisbonne

Profil : Elena, 41 ans, a quitté Lyon pour Lisbonne et est devenue résidente fiscale portugaise. Elle conserve son contrat luxembourgeois souscrit du temps où elle vivait en France.

Désormais, l'assureur luxembourgeois transmet les données d'Elena au fisc portugais, plus à la France : l'échange suit la résidence fiscale. C'est donc la fiscalité portugaise qui s'applique à son contrat. Elle n'a rien eu à clôturer, le contrat l'a suivie. La portabilité en action — mais toujours sous l'œil du fisc du pays de résidence.

Cas 5 — Robert, US person

Profil : Robert, 52 ans, franco-américain résidant à Annecy, détenteur d'une green card. Il envisage un contrat luxembourgeois.

Robert relève à la fois du CRS (résidence française → DGFiP) et de FATCA (statut US → IRS). L'assureur qui l'accepterait déclarerait son contrat à l'IRS, et Robert garderait ses obligations américaines (FBAR, formulaire 8938). Le hic : beaucoup d'assureurs luxembourgeois refusent les US persons. Nous détaillons ce cas dans notre guide assurance-vie luxembourgeoise et US persons. Ici, la peur n'est pas le fisc, mais la complexité : une analyse dédiée est indispensable avant de souscrire.

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Résident, expatrié ou US person : on sécurise votre cas

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7. Votre part du travail : le formulaire 3916-bis

Un malentendu revient sans cesse : « puisque le fisc reçoit tout par le CRS, je n'ai rien à déclarer ». C'est faux. C'est même le piège dans lequel est tombé Karim. Le CRS pèse sur l'assureur ; la déclaration du contrat pèse sur vous. Deux obligations distinctes, qui ne se remplacent pas.

Vos deux obligations distinctes

Obligation de l'assureur (CRS) + Votre obligation (3916-bis) = Situation en règle
  • CRS (assureur) :transmission automatique de la valeur du contrat au fisc
  • 3916-bis (vous) :déclaration du contrat chaque année avec votre déclaration de revenus (CGI art. 1649 AA)
  • Sanction si oubli :1 500 € par contrat et par an (jusqu'à 80 % de majoration sur droits éludés)

Déclarer votre contrat luxembourgeois n'est pas une formalité redondante : c'est votre protection. Un contrat déclaré et cohérent avec les données CRS ne présente aucun risque de redressement.

Remplir le 3916-bis vous prend quelques minutes, une fois par an. C'est le prix de la tranquillité : cette case cochée, votre contrat luxembourgeois devient un placement aussi paisible qu'un contrat français. La marche à suivre, nous la détaillons dans notre guide sur le formulaire 3916-bis.

8. Les idées fausses à écarter

Checklist Hagnéré — 6 idées fausses sur le CRS et FATCA

  • « Le Luxembourg protège du fisc. » Faux : le CRS et FATCA rendent le contrat totalement transparent vis-à-vis de l'administration fiscale.
  • « Le fisc reçoit tout, donc je n'ai rien à déclarer. » Faux : le 3916-bis reste obligatoire, sous peine de 1 500 € par contrat et par an.
  • « Transmission = imposition. » Faux : le CRS transmet une valeur ; l'impôt n'est dû qu'au rachat, sur les gains.
  • « Le CRS dépend de ma nationalité. » Faux : il suit votre résidence fiscale, pas votre passeport.
  • « Une US person peut souscrire comme tout le monde. » Faux : FATCA impose des règles spécifiques et beaucoup d'assureurs refusent les US persons.
  • « La transparence fragilise la sécurité du contrat. » Faux : le triangle de sécurité (loi du 7 décembre 2015) est indépendant des règles fiscales.

Écartez ces six idées fausses, et la peur laisse place au calme. La transparence n'a rien d'une menace : c'est le cadre normal d'un placement légal, bien tenu.

Les 3 choses à retenir

  • La confidentialité fiscale opaque n'existe plus : CRS et FATCA transmettent automatiquement votre contrat au fisc de votre pays de résidence.
  • Rien à craindre si tout est déclaré : la seule vraie faute est l'omission du 3916-bis, détectée automatiquement et sanctionnée.
  • L'échange suit votre résidence fiscale : un contrat luxembourgeois est portable et adapté à la mobilité internationale (voir notre guide sur la fiscalité internationale de l'AVL), sans jamais vous soustraire au fisc.
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Mentions légales — Hagnéré Patrimoine

Hagnéré Patrimoine — SAS immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Siège social : 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens.

Article rédigé selon la législation en vigueur au 1er juillet 2026. Publié le 1er juillet 2026. Dernière mise à jour : 1er juillet 2026. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les règles fiscales et déclaratives citées dépendent de votre situation personnelle et de votre résidence fiscale ; elles sont susceptibles d'évolution.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le CRS, FATCA et l'assurance vie luxembourgeoise

Oui, automatiquement. Au titre de la norme commune de déclaration de l'OCDE (CRS), transposée par la loi luxembourgeoise du 18 décembre 2015, l'assureur luxembourgeois identifie votre résidence fiscale et transmet chaque année votre contrat à l'administration luxembourgeoise, qui le communique au fisc français. Le solde ou la valeur de rachat, les produits et les produits de cession sont échangés. Il n'y a donc aucune opacité fiscale : si votre contrat est déclaré, cet échange ne change rien pour vous.

Le CRS (Common Reporting Standard, ou norme commune de déclaration) est la norme OCDE d'échange automatique d'informations sur les comptes financiers, transposée en Europe par les directives DAC (directive 2014/107/UE du 9 décembre 2014, dite DAC2) et au Luxembourg par la loi du 18 décembre 2015. Les contrats d'assurance-vie et de capitalisation sont des comptes financiers déclarables : leur valeur de rachat et leurs produits sont transmis chaque année à l'administration fiscale du pays de résidence du souscripteur.

Le CRS est la norme OCDE multilatérale : plus de cent juridictions échangent entre elles les données de leurs résidents fiscaux respectifs. FATCA est un dispositif américain bilatéral : par un accord intergouvernemental de modèle 1 (accord France-USA du 14 novembre 2013, accord Luxembourg-USA de 2014), les institutions financières identifient les contribuables américains (US persons) et déclarent leurs contrats à l'IRS. En clair, le CRS vise les résidents fiscaux du monde entier, FATCA vise spécifiquement les personnes américaines.

Sont transmis votre identité, votre adresse, votre date et lieu de naissance, vos résidences fiscales, votre numéro d'identification fiscale, ainsi que le solde ou la valeur de rachat du contrat au 31 décembre, les produits et les produits de cession (BOFiP BOI-INT-AEA-20-40). L'assureur transmet ces données à son administration fiscale, qui les communique à celle du pays étranger. En pratique, l'échange entre administrations intervient autour du mois de septembre de l'année suivant l'année de référence.

Non. Depuis la généralisation du CRS et de FATCA, la confidentialité fiscale opaque n'existe plus : le contrat luxembourgeois est aussi transparent vis-à-vis du fisc qu'un contrat français. Ce qui subsiste est une confidentialité commerciale légale, c'est-à-dire le secret professionnel de l'assureur vis-à-vis des tiers (banques, démarcheurs, curieux), mais jamais vis-à-vis de l'administration fiscale. L'assurance vie luxembourgeoise est un placement parfaitement légal, à condition d'être déclarée.

Oui, ce sont deux obligations distinctes. Le CRS pèse sur l'assureur ; la déclaration du contrat pèse sur vous. En tant que résident fiscal français, vous devez déclarer chaque année votre contrat luxembourgeois sur le formulaire 3916-bis, joint à votre déclaration de revenus (CGI art. 1649 AA). Le défaut de déclaration expose à une amende de 1 500 € par contrat et par année, même si le fisc dispose déjà de l'information par le CRS. Déclarer est donc à la fois obligatoire et protecteur.

Le risque est double. D'abord une amende forfaitaire de 1 500 € par contrat non déclaré et par année (portée à 10 000 € pour un État ou territoire non coopératif, ce que le Luxembourg n'est pas). Ensuite une majoration de 40 % des droits éludés sur les gains, portée à 80 % en cas de manœuvres. Comme le fisc reçoit déjà la valeur du contrat via le CRS, l'omission est détectée automatiquement : ne pas déclarer un contrat luxembourgeois n'a plus aucun sens.

L'échange suit votre résidence fiscale, pas votre nationalité. Si vous devenez résident fiscal d'un autre pays (Portugal, Belgique, etc.), l'assureur luxembourgeois transmettra vos données à l'administration de ce pays et non plus à la France, et c'est la fiscalité de votre pays de résidence qui s'appliquera. Un contrat luxembourgeois est donc particulièrement adapté à la mobilité internationale, mais il ne vous soustrait jamais à la fiscalité de votre pays de résidence du moment.

Si vous êtes une personne américaine (citoyen, détenteur de green card ou résident fiscal des États-Unis), l'assureur luxembourgeois identifie votre statut et déclare votre contrat à l'IRS au titre de FATCA. Vous conservez par ailleurs vos obligations déclaratives américaines (FBAR, formulaire 8938). Un contrat luxembourgeois n'efface pas ces obligations et certains contrats acceptent difficilement les US persons : une analyse dédiée est indispensable avant toute souscription.

Non, ce sont deux sujets distincts. Le CRS et FATCA concernent la transparence fiscale de vos données ; ils n'ont aucun effet sur la protection de votre épargne, qui repose sur le triangle de sécurité luxembourgeois (cantonnement des actifs, super-privilège du preneur au titre de la loi du 7 décembre 2015, contrôle du Commissariat aux Assurances). La transparence fiscale et la sécurité juridique sont deux atouts qui coexistent, sans se contredire.

Non. Pour un résident fiscal français, la fiscalité d'un contrat luxembourgeois est identique à celle d'un contrat français (neutralité fiscale du Luxembourg). Au rachat, les gains supportent le prélèvement forfaitaire (7,5 % après huit ans sous abattement, sinon 12,8 %) et 17,2 % de prélèvements sociaux. L'assurance-vie reste à 17,2 % par exception à la hausse de la CSG de la LFSS 2026, là où le taux de droit commun passe à 18,6 %.