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Rendement d'une assurance-vie luxembourgeoise : du chiffre affiché au rendement réel

« Jusqu'à 11 % par an » : l'argument de vente est partout, et c'est le plus mal expliqué. Le rendement d'une assurance-vie luxembourgeoise n'est pas une propriété du contrat — un FID ou un FAS n'offre aucune garantie (Lettre Circulaire CAA 26/1) : il dépend de votre allocation et de vos frais. Ce guide montre les vrais chiffres des fonds euros luxembourgeois par assureur, déroule la cascade honnête brut → net de frais → net d'inflation → net-net fiscal, et démonte le mythe des « 11 % ».

Garantie de rendement
−0,2 à −0,3Le malus fonds euros
brut → réelLa seule cascade qui compte
~1 %Le vrai levier : clean shares
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise

Clément Chatelain accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.

Expert AVLCIFORIAS 23002291

Publié le 1er juin 2026 · Mis à jour le 25 juin 2026 · Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (ORIAS 23002291 — CIF, COA, COBSP) · Temps de lecture : 14 min

Vous avez lu « jusqu'à 11 % par an » sur une assurance-vie luxembourgeoise, et vous vous demandez si c'est trop beau pour être vrai. Réponse courte : oui — mais la vraie histoire est plus intéressante. Le rendement d'une assurance-vie luxembourgeoise est l'argument de vente numéro un de cette enveloppe, et le plus mal expliqué de tout le marché.

Entre le chiffre affiché et ce que vous touchez réellement, il y a un gouffre — fait de frais, d'inflation, de fiscalité et de volatilité. Pourtant, les clients français y ont versé 16,4 Md€ de primes en 2025 (ACA) : autant comprendre ce qu'on achète vraiment.

Dans ce guide, vous allez comprendre d'où vient — et ne vient pas — le rendement d'une AVL, voir les vrais chiffres des fonds euros luxembourgeois par assureur, et faire la cascade honnête : du rendement brut au rendement net de frais, puis net d'inflation, puis net-net après impôt. Sans promesse, et sans le « 11 % » magique.

À retenir en 30 secondes

  • Le rendement n'est pas une propriété du contrat luxembourgeois : un FID ou un FAS n'offre aucune garantie (LC CAA 26/1). Le rendement vient de votre allocation et de vos frais.
  • Le fonds euros lux n'est pas magiquement plus rentable : réassuré en France, il rend souvent 0,2 à 0,3 point de moins. En 2025, les fonds euros lux observés vont de ~2,35 % à ~3,36 % selon l'assureur (France : 2,6 %).
  • Le seul rendement qui compte est net de frais ET net d'inflation. Méfiez-vous des « 11 % » : ils décrivent une allocation agressive et volatile, pas un contrat.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les rendements cités sont des chiffres observés ou historiques : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement comporte un risque de perte en capital (hors fonds euros). Les exemples sont des illustrations, pas des recommandations. Pour une analyse adaptée à votre situation, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

1. Le rendement d'une assurance-vie luxembourgeoise n'existe pas « en soi »

Première vérité qui dérange : il n'y a pas un rendement de l'assurance-vie luxembourgeoise. Poser la question « combien rapporte une AVL ? » revient à demander « combien roule une voiture ? » — ça dépend de qui conduit et de la route.

La raison est réglementaire. Les deux supports vedettes du contrat luxembourgeois, le FID (fonds interne dédié) et le FAS (fonds d'assurance spécialisé), sont définis par la Lettre Circulaire CAA 26/1 comme des fonds « ne comportant pas une garantie de rendement ». Le risque d'investissement est porté par vous, le souscripteur, pas par l'assureur. Le contrat est un contenant ; le rendement vient de ce que vous mettez dedans, moins les frais.

En clair, deux personnes détenant exactement le même contrat luxembourgeois, l'une investie à 80 % en fonds euros et l'autre à 90 % en actions, auront des rendements totalement différents — sans que le contrat n'y soit pour rien. C'est l'allocation, pas le drapeau, qui fait le rendement.

D'où viennent alors les chiffres mirobolants qu'on voit partout ?

2. Les 3 chiffres-pièges du rendement luxembourgeois

« Jusqu'à 11 % », « 4 à 9 % », « 5 % net » : trois accroches, trois pièges. Aucune ne vous dit ce que vous toucherez vraiment. Décodons-les une à une.

Les 3 chiffres-pièges à décoder

  • « Jusqu'à 11 % par an ». C'est la performance moyenne historique d'une allocation très agressive (souvent 60 % d'actions, du private equity, de la dette privée), pas le rendement d'un contrat. La période de référence est rarement précisée, et la volatilité — une baisse de 15 à 30 % une mauvaise année — n'est jamais affichée en face.
  • « 4 % à 9 % selon le profil ». Des fourchettes brutes, sans période ni frais déduits. Le « 9 % » d'un profil dynamique fond à mesure qu'on retranche frais, inflation et impôt.
  • « 5 % net sur le fonds euros ». Une offre commerciale promotionnelle, conditionnée (taux boosté la première année, part d'UC minimale exigée), non contractuelle et non garantie dans la durée.

Au fond, ces trois chiffres ne sont pas des mensonges, mais des arguments commerciaux présentés sous leur meilleur jour. Le rendement que vous percevrez se trouve plusieurs étapes plus loin. Commençons par la brique la plus rassurante — et la plus mal comprise : le fonds euros.

3. Le fonds euros luxembourgeois : moins rentable, et c'est normal

Contre-intuitif, mais essentiel : le fonds euros luxembourgeois rend souvent moins que son cousin français. Voici pourquoi, et les vrais chiffres 2024-2025.

Taux servis par les fonds euros luxembourgeois en 2024-2025 (chiffres observés via Finance Héros, mai 2026 ; non garantis)
Assureur20252024
Sogelife (avec bonus)3,36 %3,39 %
Cardif Lux Vie2,90 %3,10 %
La Mondiale Europartner2,85 %—
Swiss Life (LU)2,77 %3,20 %
Generali Luxembourg2,35 %2,45 %
France (moyenne)2,6 %2,6 %

En pratique, la plupart des fonds euros luxembourgeois sont réassurés auprès d'un assureur français : l'assureur lux adosse son fonds au fonds général d'une maison française. Le coût de cette réassurance ampute le rendement d'environ 0,2 à 0,3 point, et le fonds reste exposé à la loi Sapin 2 (pouvoir de blocage des rachats). Quelques contrats échappent à la règle : le fonds de Cardif Lux Vie, non réassuré en France, est hors champ Sapin 2.

Attention aussi à un chiffre qu'on brandit parfois : le « taux technique » de 1,75 % fixé par la CAA (Lettre Circulaire 24/14) n'est pas un rendement — c'est un plafond prudentiel de calcul des provisions. La leçon est simple : on n'ouvre pas un contrat luxembourgeois pour son fonds euros. Sa force est ailleurs, dans les unités de compte et l'architecture ouverte.

Le fonds euros n'est qu'une brique. Pour connaître votre vrai rendement, il faut faire une cascade.

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4. Le vrai rendement : la cascade brut → net de frais → net d'inflation

Le rendement brut est une promesse. Le rendement net d'inflation est une réalité. Entre les deux se joue votre pouvoir d'achat — et c'est cette cascade que personne ne déroule jusqu'au bout.

La cascade du rendement réel net

Rendement réel net = Rendement brut − Frais − Inflation
  • Rendement brut :performance pondérée de l'allocation, avant frais
  • Frais :gestion du contrat (~0,73 %) + frais des fonds (jusqu'à ~1,60 % en UC)
  • Inflation :0,9 % en moyenne 2025 (aléa à la hausse en 2026)

C'est le rendement réel net qui mesure votre gain de pouvoir d'achat, pas le brut affiché. La fiscalité de sortie viendra ensuite donner le rendement net-net (section 9).

4.1 Cas Dr Marchand — 400 000 € en profil équilibré

Profil : le Dr Marchand, 49 ans, chirurgien-dentiste à Annecy, détient 400 000 € sur un contrat luxembourgeois en profil équilibré : 40 % de fonds euros (Sogelife, 3,36 % en 2025), 35 % d'actions monde en clean shares (~6,8 % en 2025) et 25 % d'obligations (~2,5 %).

La cascade du rendement appliquée au cas Dr Marchand (illustratif, sur la base 2025)
ÉtapeCalculRésultat
Rendement brut0,40 × 3,36 + 0,35 × 6,8 + 0,25 × 2,5~4,3 %
− Fraisgestion + fonds (clean shares), ~0,9 pt~3,4 % net
− Inflation 20250,9 %~2,5 % réel net

Concrètement, le chiffre qui compte vraiment pour le Dr Marchand n'est pas le « 4,3 % » brut, encore moins un « 11 % » affiché : c'est +2,5 % de rendement réel net. C'est honnête, c'est cohérent avec un profil équilibré, et c'est très loin des promesses. Ce calcul est une illustration sur une année ; votre rendement réel dépend de votre allocation et de la période.

Et selon votre profil de risque, à quoi pouvez-vous raisonnablement vous attendre ?

5. Rendement par profil : ce que vous pouvez raisonnablement espérer

Pas de promesse ici — des fourchettes honnêtes, frais déduits, avec la volatilité en face. Car un rendement espéré ne vaut rien sans le risque qu'il faut accepter pour l'obtenir.

Rendement net indicatif par profil (illustratif, hypothèses explicites, sans garantie)
ProfilRendement net de fraisNet d'inflationVolatilité / aléa
Prudent (80 % fonds €)~2 à 2,5 %~1 à 1,5 %Faible
Équilibré (40/40/20)~3 à 3,5 %~2 à 2,5 %Moyenne
Dynamique (actions + non coté)~5 à 6 % (long terme)variableForte (−15 à −30 % possible)

5.1 Cas Laura & Camille — quand le « 11 % » rencontre la réalité

Profil : Laura et Camille, 36 et 34 ans, pacsées à Lyon, ont placé 250 000 € en profil dynamique après avoir lu « jusqu'à 11 % » sur un comparateur. Leur portefeuille (actions monde, private equity, dette privée) a réellement progressé d'environ 6 % en 2025 — une année boursière modeste en euros. Mais en 2022, la même allocation aurait reculé de 15 %.

Concrètement, le « 11 % » qui les a fait rêver est un rendement brut, historique, cueilli sur les meilleures années d'un marché haussier. Sur le long terme, un profil dynamique peut raisonnablement espérer 5 à 6 % net — mais en acceptant des montagnes russes. Laura et Camille l'assument ; encore fallait-il qu'elles le sachent avant de signer. Leur situation peut différer de la vôtre.

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On calcule votre rendement net-net, sans promesse

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Au fond, ce rendement, le toucheriez-vous différemment avec une assurance-vie française ?

6. Lux vs France : à allocation identique, presque le même rendement

Voici la vérité que peu de vendeurs assument : à allocation et frais identiques, un contrat luxembourgeois et un contrat français produisent quasiment le même rendement. Le contrat ne crée pas de performance.

Pire, sur la brique fonds euros, le lux réassuré est légèrement en dessous (le malus de réassurance de 0,2 à 0,3 point vu en section 3). Alors, pourquoi choisir le Luxembourg ? Pas pour un rendement « luxembourgeois » magique, mais pour ce qui préserve le rendement : l'accès à un univers d'actifs bien plus large (architecture ouverte, non coté, multidevise) et à des frais réduits via les clean shares.

Autrement dit, on choisit le contrat luxembourgeois pour sa palette et sa structure — et accessoirement pour la sécurité du triangle et du super-privilège — pas pour battre le rendement d'un bon contrat français à allocation identique. C'est une nuance d'honnêteté que tout conseil sérieux devrait poser.

Mais il existe un vrai levier de rendement net, propre au Luxembourg : les frais des supports.

7. Les clean shares : le seul vrai levier de rendement net

À allocation identique, gagner environ 1 % de plus par an sans prendre davantage de risque : c'est possible, et c'est le seul gain de rendement réellement attribuable à l'enveloppe luxembourgeoise.

Un même fonds existe souvent en plusieurs classes de parts : la part retail, dont les frais intègrent une rétrocession reversée au distributeur, et la part clean share, sans rétrocession. Le Luxembourg interdit les rétrocessions, ce qui donne accès nativement aux clean shares. L'économie de frais, de l'ordre de 0,5 à 1 point par an, améliore directement le rendement net.

L'effet clean shares, capitalisé (illustratif)

Gain ≈ écart de frais (~1 % par an) × poche concernée, capitalisé sur la durée
  • Poche actions :ex. 150 000 €
  • Gain annuel ~1 % :≈ 1 500 € la première année, qui se capitalise

Sur 150 000 € d'actions, environ 1 % par an d'économie de frais représente près de 1 500 € la première année. Capitalisé sur 15 ans, l'écart cumulé se chiffre en dizaines de milliers d'euros — à niveau de risque inchangé.

C'est, de loin, le levier de rendement le plus mécanique qui soit : pas de pari de marché, juste des frais en moins. Nous le détaillons dans notre guide sur les frais d'une assurance-vie luxembourgeoise.

Restent les classes d'actifs vedettes du rendement — et leurs pièges.

8. Private equity, SCPI : les rendements élevés et leurs pièges

10,7 % par an pour le private equity, 4,9 % pour les SCPI : séduisant. Mais dans les deux cas, le chiffre affiché cache l'essentiel.

Le private equity a affiché un TRI net de 10,7 % par an sur 10 ans à fin 2025 (France Invest). Mais cette performance s'accompagne d'une illiquidité de 7 à 10 ans et d'une très forte dispersion entre les fonds, dont certains font nettement moins bien que la moyenne, voire perdent de l'argent. C'est un rendement potentiel, ni garanti ni liquide.

Les SCPI, elles, ont distribué 4,91 % en moyenne en 2025 (ASPIM). Mais ce « taux de distribution » n'est pas la performance réelle : en intégrant la baisse des prix de part, la performance globale 2025 tombe à +1,46 %, avec de fortes disparités (de +15 % à −41 % selon les SCPI).

Concrètement, ces rendements existent, mais ils se paient en illiquidité et en volatilité que les accroches passent sous silence. Les intégrer à une allocation a du sens ; les prendre pour des rendements sûrs serait une erreur.

Une dernière étape sépare le rendement net du rendement que vous gardez vraiment : l'impôt.

9. Le rendement net-net : après fiscalité

Tant que vous ne rachetez pas, votre contrat capitalise sans impôt sur le revenu (et, sur les unités de compte, sans prélèvements sociaux annuels). Mais le jour où vous retirez, l'État prend sa part — et c'est ce qui donne le rendement net-net, le dernier étage de la cascade.

Pour un résident fiscal français, la fiscalité d'un contrat luxembourgeois est identique à celle d'un contrat français (neutralité fiscale du Luxembourg). À la sortie, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique — 7,5 % après huit ans sous abattement, sinon 12,8 % — plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Bonne nouvelle : l'assurance-vie reste à 17,2 %, par exception à la hausse de la CSG de la LFSS 2026.

Concrètement, le rendement réel net de 2,5 % du Dr Marchand (section 4) ne subit l'impôt qu'au moment d'un rachat, et seulement sur la part de gains. La capitalisation sans friction fiscale est l'un des intérêts majeurs de l'enveloppe — à condition de ne pas confondre « pas encore taxé » et « jamais taxé ».

Vous avez tous les éléments. Voici la méthode pour comparer un rendement honnêtement.

10. Comparer un rendement honnêtement : la méthode en 5 étapes

Du rendement affiché au rendement réel : la méthode en 5 étapes
ÉtapeCe qu'on faitPourquoi
1Partir du rendement brutComparer la même allocation, la même période
2Déduire les frais (DIC / RIY)Le brut n'existe pas pour l'épargnant
3Déduire l'inflationSeul le réel mesure le pouvoir d'achat
4Déduire la fiscalité de sortieLe net-net est le vrai chiffre conservé
5Juger sur 5-10 ans, pas une annéeUne année ne dit rien d'un placement

Concrètement, cette discipline en cinq étapes vous immunise contre toutes les accroches du marché. Un rendement qu'on ne peut pas décomposer ainsi est un rendement qu'on ne peut pas comparer — donc un argument, pas une information.

11. Les erreurs classiques

Checklist Hagnéré — 7 erreurs sur le rendement à éviter

  • Confondre brut et net. Le rendement affiché est presque toujours brut ; le vôtre est net de frais, d'inflation et d'impôt.
  • Croire le fonds euros lux plus rentable. Réassuré, il rend plutôt 0,2 à 0,3 point de moins qu'en France.
  • Prendre « 11 % » pour un rendement de contrat. C'est une allocation agressive et volatile, pas une enveloppe.
  • Ignorer l'inflation. Un rendement net de 3 % avec 2 % d'inflation, c'est +1 % réel.
  • Juger sur une seule année. +28 % en 2024, +6,8 % en 2025 : la moyenne longue compte, pas le millésime.
  • Oublier la volatilité du dynamique. Un rendement espéré élevé suppose d'encaisser des baisses sévères.
  • Confondre taux de distribution SCPI et performance globale. 4,91 % distribué, mais +1,46 % réel en 2025.

Ces sept réflexes suffisent à distinguer un rendement réel d'un argument de vente — et c'est, en matière de placement, une compétence qui rapporte.

Les 3 choses à retenir

  • Le rendement vient de votre allocation et de vos frais, pas du « drapeau » luxembourgeois. Un FID ou un FAS n'offre aucune garantie.
  • Le seul rendement qui compte est net de frais ET net d'inflation (et net-net après impôt). Méfiez-vous des chiffres affichés sans période ni frais.
  • Le vrai gain de rendement de l'AVL, ce sont les clean shares (~1 %/an), pas un fonds euros miracle.
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Connaître le vrai rendement de votre contrat luxembourgeois

La décomposition de votre rendement net-net, sa comparaison avec une allocation optimisée et l'identification des frais à récupérer se font dans le cadre d'une lettre de mission signée. Premier rendez-vous offert — 45 min : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Sans engagement (cabinet noté 4,6/5 sur Trustpilot, 33 avis au 30/09/2026).

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Mentions légales — Hagnéré Patrimoine

Hagnéré Patrimoine — SAS immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Siège social : 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens.

Article rédigé selon la législation en vigueur au 25 juin 2026. Publié le 1er juin 2026. Dernière mise à jour : 25 juin 2026. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les rendements mentionnés sont des chiffres observés ou historiques : les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement comporte un risque de perte en capital.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le rendement d'une assurance vie luxembourgeoise

Il n'existe pas de rendement unique : il dépend entièrement de votre allocation, car un FID ou un FAS ne comporte aucune garantie de rendement (lettre circulaire CAA 26/1). En 2025, les fonds euros luxembourgeois ont servi de l'ordre de 2,3 à 3,4 % selon l'assureur, et un profil équilibré ressort autour de 3 à 3,5 % net de frais, soit environ 2 à 2,5 % une fois l'inflation déduite. Les chiffres affichés de 11 % décrivent une allocation agressive et volatile, pas un rendement de contrat.

Non, généralement le contraire. Beaucoup de fonds euros luxembourgeois sont réassurés auprès d'un assureur français, et le coût de cette réassurance ampute le rendement d'environ 0,2 à 0,3 point ; ils restent par ailleurs exposés à la loi Sapin 2. En 2025, les fonds euros lux observés vont d'environ 2,35 % (Generali Lux) à 3,36 % (Sogelife avec bonus), face à une moyenne française de 2,6 %. Certains fonds non réassurés (Cardif Lux Vie) échappent à Sapin 2. La force du contrat luxembourgeois n'est pas son fonds euros.

À allocation et frais identiques, non : le rendement est quasiment le même, car le contrat est un contenant, pas un moteur de performance. Le Luxembourg n'apporte pas un rendement supérieur en soi, mais l'accès à un univers d'actifs plus large (architecture ouverte, non coté, multidevise) et à des parts sans rétrocession (clean shares) qui préservent le rendement net. Sur le fonds euros, le lux réassuré est même légèrement en dessous de la France.

C'est un chiffre à manier avec prudence. Il correspond à la performance moyenne historique d'une allocation très agressive (souvent 60 % d'actions, du private equity et de la dette privée), pas au rendement d'un contrat. Cette allocation peut effectivement viser 8 à 11 % sur le très long terme, mais au prix d'une forte volatilité : une baisse de 15 à 30 % une mauvaise année est possible. Le chiffre est généralement présenté brut, sans période précise ni frais déduits.

À titre purement indicatif et sans aucune garantie : un profil prudent (majoritairement fonds euros) vise de l'ordre de 2 à 2,5 % net de frais, soit environ 1 à 1,5 % net d'inflation ; un profil équilibré, environ 3 à 3,5 % net, soit 2 à 2,5 % réel ; un profil dynamique peut espérer 5 à 6 % net sur le long terme, mais avec une forte volatilité annuelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et le capital n'est pas garanti hors fonds euros.

Oui, et c'est le seul gain de rendement réellement attribuable à l'enveloppe luxembourgeoise. Les clean shares sont des parts de fonds sans rétrocession au distributeur, accessibles nativement au Luxembourg car les rétrocessions y sont interdites. L'économie de frais, de l'ordre de 0,5 à 1 point par an, améliore directement le rendement net à allocation identique. Capitalisée sur 15 ans, elle représente des dizaines de milliers d'euros sur une poche actions importante.

Le fonds euros offre une garantie en capital de la part de l'assureur, mais il n'a pas de cadre de cantonnement identique à la France. Quand il est réassuré auprès d'un assureur français, il est exposé au pouvoir de blocage des rachats de la loi Sapin 2 ; quand il ne l'est pas (Cardif Lux Vie), il y échappe. En dehors du fonds euros, les unités de compte, FID et FAS ne comportent aucune garantie de rendement ni de capital : le risque est porté par le souscripteur.

Partez du rendement brut de votre allocation, déduisez les frais (gestion du contrat plus frais des fonds, lisibles dans le Document d'Informations Clés), puis déduisez l'inflation. Exemple : un rendement brut de 4,3 %, moins environ 0,9 point de frais, donne 3,4 % net ; moins une inflation de 0,9 % (moyenne 2025), il reste +2,5 % de rendement réel net. C'est ce dernier chiffre, et non le brut affiché, qui mesure le gain de pouvoir d'achat. La fiscalité de sortie viendra ensuite réduire le rendement net-net.

Le crédit lombard est un effet de levier : on emprunte en nantissant le contrat pour investir davantage, sans désinvestir. Si le rendement des actifs dépasse le coût du crédit, le rendement des fonds propres augmente ; mais le levier amplifie aussi les pertes et expose à un appel de marge en cas de baisse des marchés. Ce n'est donc pas un rendement gratuit : c'est une prise de risque supplémentaire, à réserver à des profils avertis.

Le capital-investissement français a affiché un TRI net de 10,7 % par an sur 10 ans à fin 2025 (France Invest), un niveau élevé mais à relativiser : la performance s'accompagne d'une illiquidité de 7 à 10 ans et d'une très forte dispersion entre les fonds, les meilleurs dépassant 23 % quand les moins bons tombent sous 4,2 %. Le private equity peut donc rehausser le rendement d'une allocation, mais ce n'est ni garanti ni liquide.