Préparez votre transmission avec un expert succession
Donation, démembrement, testament, Dutreil, clause bénéficiaire et stratégie familiale : nous bâtissons une transmission cohérente avec vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en transmission patrimoniale
Quentin Hagnéré accompagne familles, dirigeants et retraités sur la donation, la succession, le démembrement, les clauses bénéficiaires et la coordination avec les notaires et experts-comptables.
Sommaire
- 1. Pourquoi 40 ans est l'âge stratégique
- 2. Le cadre juridique 2026 (CGI + Code civil)
- 3. Les 7 leviers prioritaires entre 35 et 50 ans
- 4. La matrice de décision par situation familiale
- 5. 5 cas pratiques chiffrés à l'euro près
- 6. Le démembrement précoce : NP à 30 % à 40 ans
- 7. L'assurance-vie : exploiter la fenêtre des 30 ans
- 8. La donation-partage : éviter 80 % des contentieux
- 9. Les 7 erreurs typiques du quarantenaire
- 10. Plan d'action en 6 mois
- 11. Aller plus loin : IFI × retraite × immobilier
- Sources et références
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les calculs présentés sont fondés sur le droit positif au 30 avril 2026 (CGI, Code civil, BOFiP, jurisprudence) et peuvent évoluer. La fiscalité successorale dépend de votre situation familiale, de votre régime matrimonial et de la valeur exacte des biens transmis. Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.
1. Pourquoi 40 ans est l'âge stratégique pour préparer sa succession
Mis à jour le 30 avril 2026 · Sources : INSEE Bilan démographique 2025, Légifrance (CGI art. 669, 777, 779, 784, 790 A bis, 990 I), BOFiP BOI-ENR-DMTG, Conseil supérieur du notariat, Cass. 2e civ. 19/12/2024 et Cass. 3e civ. 19/09/2024.
76 100 € de droits de succession évités par enfant.C'est ce qu'un couple de quarantenaires a économisé la semaine dernière, en signant une donation-partage en nue-propriété sur leur résidence secondaire de Saint-Malo. Lui 42 ans, elle 39, deux enfants, un patrimoine net de 1,4 M€, et cette question qui revient depuis trois dîners : « on est trop jeunes pour ça, non ? ». Bonne nouvelle : non. C'est même le moment idéal, et chez Hagnéré Patrimoine on déclenche systématiquement ce dossier dès 40 ans. Voilà pourquoi.
Vos parents vous diront « attends, t'as le temps ». Vos amis avocats vous diront « bouge maintenant, l'abattement de 100 k€ se reconstitue tous les 15 ans ». Les deux ont raison — selon votre situation familiale, votre patrimoine et l'âge de vos enfants. Ce calibrage, un CGP enregistré ORIAS CIF/COA/COBSP le fait avant la moindre signature chez le notaire. Et à 40 ans, le verdict tombe presque toujours du même côté.
90 % des articles « préparer sa succession » s'adressent aux 65-75 ans. Sauf que pour vous à 40 ans, ils arrivent quinze ans trop tard. L'INSEE est sans appel : seulement 8 % des donateurs ont moins de 60 ans, et 65 % ont passé les 70 ans (INSEE Focus n° 232). Le coût de cette inertie : deux cycles d'abattement de 100 000 € envolés. Un barème de démembrement qui passe à 60 % au lieu de 40 %. Et l'AV qui bascule hors du régime art. 990 I. Dans ce guide, on déroule les 7 leviers chiffrés — donation-partage, démembrement, AV, SCI, pacte Dutreil — qu'on utilise au cabinet sur les dossiers 35-50 ans. Avec les chiffres précis pour chacun.
À retenir en 30 secondes
Acronymes utilisés dans ce guide : RP (résidence principale), AV (assurance-vie), NP (nue-propriété), US (usufruit), VEFA(Vente en l'État Futur d'Achèvement, l'achat sur plan dans le neuf), CGP (Conseiller en Gestion de Patrimoine), P+B (publié au Bulletin officiel de la Cour de cassation).
- 3 cycles d'abattement 100 k€ à 40, 55, 70 ans (art. 784 CGI) = 600 k€/enfant pour un couple, 1,2 M€ pour 2 enfants.
- Barème démembrement art. 669 : NP 40 % à 41-50 ans, vs 60 % à 61-70 ans. 33 % de base taxable en moins.
- AV avant 70 ans : 152 500 €/bénéficiaire (art. 990 I) + 30 ans de capitalisation. Vs 30 500 € global après 70 ans (art. 757 B).
- Fenêtre LF 2025 art. 790 A bis : 300 k€/bénéficiaire exonérés jusqu'au 31/12/2026 pour RP neuve ou rénovation énergétique.
1.1 Le « x3 caché » du temps long : 3 cycles vs 1 cycle
Le rappel fiscal de 15 ans (art. 784 CGI) signifie qu'une donation est « oubliée fiscalement » 15 ans après l'acte. Vous récupérez alors un abattement plein de 100 000 € par parent et par enfant (art. 779 CGI). À 40 ans, un parent peut enclencher trois cycles : à 40 ans, à 55 ans, à 70 ans. À 65 ans, un seul cycle est possible avant 80 ans (l'âge limite des dispositifs comme le don 790 G).
| Âge de démarrage | Cycles 100 k€ utilisables | Par enfant (couple, 2 parents) | Pour 2 enfants |
|---|---|---|---|
| 40 ans | 3 cycles (40, 55, 70 ans) | 600 000 € | 1 200 000 € |
| 50 ans | 2 cycles (50, 65 ans) | 400 000 € | 800 000 € |
| 60 ans | 1 cycle (60 ans, puis 75 ans tardif) | 200 000 € | 400 000 € |
| 65 ans | 1 cycle (65 ans) | 200 000 € | 400 000 € |
| 70 ans | 1 cycle si dispositifs adaptés | 200 000 € | 400 000 € |
L'écart est massif : le couple qui démarre à 40 ans peut transmettre 3 fois plusque celui qui démarre à 65 ans, et le tout sans payer un euro de droits. Ajoutez le don familial 790 G (31 865 €/donateur tous les 15 ans si donateur < 80 ans), et l'écart grimpe à 1,4 M€ vs 460 k€ pour un couple à deux enfants.
1.2 Le barème de l'usufruit (art. 669 CGI) : 40 % moins cher à 40 ans
Quand vous donnez la nue-propriété d'un bien tout en gardant l'usufruit (jouissance et revenus), seule la nue-propriété est taxée. Le barème de l'art. 669 CGI fixe sa valeur en fonction de votre âge. Plus vous êtes jeune, plus la nue-propriété vaut peu fiscalement.
| Âge de l'usufruitier | Valeur usufruit | Valeur nue-propriété | Stratégie |
|---|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 90 % | 10 % | Très favorable |
| 21 à 30 ans | 80 % | 20 % | Très favorable |
| 31 à 40 ans | 70 % | 30 % | Favorable |
| 41 à 50 ans | 60 % | 40 % | Favorable (zone optimale) |
| 51 à 60 ans | 50 % | 50 % | Encore avantageux |
| 61 à 70 ans | 40 % | 60 % | Acceptable |
| 71 à 80 ans | 30 % | 70 % | Tardif |
| 81 à 90 ans | 20 % | 80 % | Coûteux fiscalement |
| 91 ans et plus | 10 % | 90 % | Pratiquement plein impôt |
Un cas chiffré : vous donnez la nue-propriété d'un bien de 250 000 € à 42 ans, la base taxable tombe à 100 000 € (250 000 × 40 %). Le même don à 65 ans ? Base 150 000 € (250 000 × 60 %). 50 % de fiscalité en plus, juste parce que vous avez attendu. Et l'usufruit s'éteint sans nouvelle taxation au décès du donateur (art. 1133 CGI), reconstituant la pleine propriété chez le nu-propriétaire en franchise.
1.3 Statistiques 2025-2026 qui justifient l'anticipation
Côté démographie, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Espérance de vie à la naissance en 2025 : 80,3 ans hommes / 85,9 ans femmes. Un cadre de 40 ans a en moyenne 40 à 46 ans devant lui — soit le potentiel de 2 à 3 cycles complets de 15 ans. Pourtant, l'enquête Histoire de Vie et Patrimoine montre que 65 % des donateurs sont à la retraiteet que seulement 8 % ont moins de 60 ans. Et selon les Notaires de France, moins de 15 % des Français ont rédigé un testament. Pour les familles recomposées et PACSées, c'est le trou noir qui fait dérailler les successions.
Le chiffre à mémoriser
9 000 milliards d'eurosvont changer de mains en France d'ici 2040 (Conseil supérieur du notariat, Congrès 2025). On l'appelle la « grande transmission » et c'est rare à ce point : avec les outils 2026 (790 A bis, donation-partage transgénérationnelle, démembrement précoce), vous transmettez à coût fiscal nul — à condition de bouger maintenant.
2. Le cadre juridique 2026 : ce que dit la loi (CGI + Code civil)
À 40 ans, on saute souvent cette étape — on regarde les outils (PER, AV, donation) avant le cadre. Erreur. Cinq textes pilotent toute la fiscalité de la transmission : le barème (art. 777 CGI), les abattements (art. 779), le rappel 15 ans (art. 784), la réserve héréditaire du Code civil, et la fenêtre temporaire 790 A bis créée fin 2025. Une fois ces cinq textes en tête, le reste devient mécanique.
2.1 Abattements et barème successoral 2026 (art. 777 + 779 CGI)
Petit détail qui change tout : le barème de l'art. 777 CGI est gelé depuis la loi de finances 2011 — 15 ans sans revalorisation. Pendant ce temps, votre maison a doublé, votre PEA aussi. Résultat : la même tranche à 20 % qui couvrait 552 324 € en 2011 mord aujourd'hui sur un patrimoine deux fois plus gros à valeur réelle. La fiscalité successorale, c'est une augmentation silencieuse depuis 15 ans.
| Tranche taxable (par enfant) | Taux | Cumul droits |
|---|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % | 404 € |
| 8 072 à 12 109 € | 10 % | 808 € |
| 12 109 à 15 932 € | 15 % | 1 386 € |
| 15 932 à 552 324 € | 20 % | 108 665 € |
| 552 324 à 902 838 € | 30 % | 213 819 € |
| 902 838 à 1 805 677 € | 40 % | 574 954 € |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % | — |
| Bénéficiaire | Abattement 2026 | Article CGI | Cumulable avec |
|---|---|---|---|
| Enfant (par parent) | 100 000 € | 779 I | 790 G + 790 A bis |
| Petit-enfant (donation) | 31 865 € | 790 B | 790 G |
| Arrière-petit-enfant (donation) | 5 310 € | 790 B | 790 G |
| Personne handicapée (cumulable) | 159 325 € | 779 II | Tous abattements |
| Frère/sœur | 15 932 € | 779 IV | Aucun |
| Neveu/nièce | 7 967 € | 779 V | Aucun |
| Conjoint marié / partenaire PACS (succession) | Exonération totale | 796-0 bis | TEPA 2007 |
| Concubin / étranger civil | 1 594 € (défaut) | 788 IV | — |
2.2 Le rappel fiscal 15 ans (art. 784 CGI) : la mécanique exacte
Imaginez : vous donnez 80 000 € à votre fille à 42 ans. Cinq ans plus tard, vous voulez compléter avec 50 000 €. Sauf que l'administration « rappelle » votre première donation : il vous reste seulement 20 000 € d'abattement, donc 30 000 € passent au barème. C'est ça, le rappel 15 ans (art. 784 CGI). Tant que vous êtes dans la fenêtre, l'ardoise reste pleine. Mais 15 ans et 1 jour après votre première donation, le compteur repart à zéro : nouvel abattement de 100 000 €, tranches du barème 777 vierges. Le Conseil constitutionnel a validé ce mécanisme en 2016 (décision n° 2016-603 QPC) — chaque donation est un fait générateur distinct.
Du coup, voilà ce que ça donne en clair pour vous. Donation à 40 ans : 100 000 €. Vous attendez 15 ans et 1 jour, redonation à 55 ans : encore 100 000 € en franchise. Et si la santé suit, troisième tour à 70 ans. Bilan : 300 000 € transmis à chaque enfant, par parent, zéro droit. Un couple avec 2 enfants ? 1,2 M€ qui changent de mains sans toucher à la fiscalité. C'est tout l'intérêt de commencer tôt — chaque année qui passe sans donation, c'est un cycle qu'on rogne.
2.3 Réserve héréditaire et quotité disponible (art. 912-917 C. civ.)
En France, vous n'êtes pas libre de tout donner à qui vous voulez : vos enfants gardent une part minimale, la réserve héréditaire. Le reste — la quotité disponible — c'est ce dont vous pouvez vraiment disposer (un neveu, une association, un enfant favori). Si vous dépassez cette limite, par exemple en donnant trop à votre nouveau conjoint, vos enfants peuvent attaquer : ils déclenchent une action en réduction (art. 920-924 C. civ.) et récupèrent ce qui leur revient.
| Nombre d'enfants | Réserve héréditaire | Quotité disponible |
|---|---|---|
| 1 enfant | 1/2 | 1/2 |
| 2 enfants | 2/3 | 1/3 |
| 3 enfants ou plus | 3/4 | 1/4 |
| Aucun enfant + conjoint | 1/4 (conjoint) | 3/4 |
| Aucun enfant + sans conjoint | 0 | Totalité |
2.4 Loi de finances 2025 art. 71 : la fenêtre 790 A bis
Bonne nouvelle de fin 2025 : la loi de finances a ajouté une couche d'abattement, l'art. 790 A bis CGI. Concrètement, c'est 100 000 € de plus par donateur(jusqu'à 300 000 € reçus au total par bénéficiaire), qui se cumulent avec tout le reste. Mais il y a un mais — le législateur a verrouillé l'usage :
- Fenêtre temporelle : dons effectués entre le 16/02/2025 et le 31/12/2026 inclus.
- Affectation des fonds : dans les 6 mois, le donataire doit utiliser la somme pour acquérir une résidence principale neuve VEFA, ou financer des travaux de rénovation énergétique éligibles MaPrimeRénov'.
- Lien familial : donations en ligne directe (parents → enfants/petits-enfants) ou entre frères/sœurs en l'absence d'héritiers en ligne directe.
- Plafond : 100 000 €/donateur, 300 000 €/bénéficiaire au total (multi-donateurs).
Combinée à l'abattement classique de l'art. 779, la fenêtre fait sauter le compteur : un couple peut faire passer 400 000 € à un enfant sans un centime de droits (200 k€ art. 779 + 200 k€ art. 790 A bis), à condition que l'argent finance bien un logement neuf ou des travaux énergétiques. Si vous avez un enfant qui prépare l'achat d'une VEFA en 2026, c'est probablement la décision fiscale la plus rentable que vous prendrez cette année.
Action prioritaire avant le 31 décembre 2026
Fenêtre exceptionnelle créée par la LF 2025 (art. 71, art. 790 A bis CGI). Du 16 février 2025 au 31 décembre 2026, vous pouvez donner jusqu'à 100 000 €/donateur et 300 000 €/bénéficiaire max, en exonération totale de droits, à un enfant, petit-enfant ou neveu/nièce — cumulable avec l'abattement classique 100 000 €/parent/enfant (art. 779 CGI).
Cas concret quarantenaire — couple aidant un enfant en VEFA : 2 × 100 000 € (art. 779) + 2 × 100 000 € (art. 790 A bis) = 400 000 € transmis sans droits.
Conditions strictes : l'argent doit financer un logement neuf, une VEFA, ou des travaux MaPrimeRénov' dans la résidence principale du donataire. Les fonds doivent être employés dans les 6 mois, et le bien conservé 5 ans (en RP ou loué nu à un occupant qui en fait sa RP). Après le 31/12/2026, rideau : le PLF 2027 n'a pas prévu de prorogation à ce jour. Donc si la cible est une VEFA, c'est maintenant que ça se joue.
3. Les 7 leviers prioritaires à activer entre 35 et 50 ans
Cadre posé. Place à la boîte à outils. Les 7 leviers que je dégaine avec mes clients quarantenaires, classés par impact patrimonial réel. Règle de cabinet : un seul levier ne fait pas une stratégie. Sur 30 ans, on en empile 3 à 4. C'est l'effet cumul qui transforme 50 k€ d'économie en 350 k€.
3.1 Levier n° 1 — Donation-partage avec abattement 100 k€ (art. 1078 + 779)
Le plus rentable des 7, et de loin. Vous figez la valeur du bien au jour de l'acte (art. 1078 C. civ.). Concrètement : si vous donnez aujourd'hui un appartement 250 000 € qui en vaudra 450 000 € à votre décès, l'abattement aura été calculé sur 250 000 €. Sur 30 ans, ça fait 200 000 € de plus-value qui passent en franchise. Cumulé à l'abattement de 100 000 €/parent/enfant tous les 15 ans, vous transmettez jusqu'à 300 000 €/enfant en zéro droits sur 3 cycles.
3.2 Levier n° 2 — AV 990 I avant 70 ans : la fenêtre de 30 ans
Verser sur l'AV avant vos 70 ans, c'est ouvrir l'art. 990 I CGI : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 852 500 € et 31,25 % au-delà. La vraie pépite, c'est ailleurs. Chaque euro versé avant 70 ans capitalise pendant 30 ans avant de partir aux héritiers. Passé 70 ans, vous tombez sur l'art. 757 B : 30 500 € d'abattement global, à partager entre tous les bénéficiaires. La fenêtre se ferme vite.
3.3 Levier n° 3 — Don familial 790 G (31 865 €) cumulable
Le don familial Sarkozy (art. 790 G CGI) vient s'empiler par-dessus l'abattement classique : 31 865 € exonérés en plus, par donateur de moins de 80 ans, par enfant majeur, tous les 15 ans. Cumul intégral avec les 100 000 € de l'art. 779, pas de concurrence. Sur 30 ans, ça vous donne 95 595 € de plus par parent. Un couple avec un enfant : 191 190 € qui s'ajoutent à l'abattement principal. Cash, sans paperasse fiscale derrière.
3.4 Levier n° 4 — Combo 790 A bis × abattement 100 k€ × démembrement
Là, on rentre dans le calcul d'orfèvre. Jusqu'au 31/12/2026, vous pouvez empiler trois leviers sur une même opération. Le scénario : un couple, un enfant de 18 ans, vous lui donnez la NP d'un bien de 400 000 € plus 200 000 € en numéraire fléchés vers l'achat d'une résidence principale neuve en VEFA. On déroule. NP à 42 ans = 40 % du bien = 160 000 € de base taxable. Chaque parent absorbe 100 000 € via l'art. 779 : 200 000 € d'abattement, donc l'immobilier passe à 0 € de droits. Pour les 200 000 € de numéraire, l'art. 790 A bis ouvre 100 000 € d'abattement par parent : encore 0 € de droits. Bilan : 600 000 € transmis, 0 € de fiscalité. Mais cette fenêtre se ferme dans 7 mois.
3.5 Levier n° 5 — Donation avec réserve d'usufruit (barème 669)
Vous donnez la nue-propriété, vous gardez l'usufruit. Traduction concrète : vous continuez à habiter le bien ou à toucher les loyers, comme avant. À 42 ans, le barème 669 CGI fixe la NP à 40 % de la valeur (tranche 41-50 ans). Donc sur un bien de 500 000 €, vous ne donnez fiscalement que 200 000 €. Le jour où vous partez, l'usufruit s'éteint tout seul : vos enfants deviennent pleins propriétaires sans payer un euro de droits supplémentaires. Pour un quarantenaire avec un patrimoine immobilier, c'est le levier qui rapporte le plus, en moyenne 30 à 50 % d'économie de droits par bien.
3.6 Levier n° 6 — Clause bénéficiaire AV démembrée
L'idée : démembrer directement la clause bénéficiaire de votre AV. Le conjoint reçoit l'usufruit et consomme librement les capitaux pendant sa vie. Les enfants reçoivent la nue-propriété : ils ne touchent rien tout de suite, mais récupèrent les sommes en franchise au décès du conjoint survivant. Cumulé à l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire, vous protégez votre conjoint sans que les enfants paient deux fois : une fois aujourd'hui, une fois plus tard.
Attention :depuis l'art. 774 bis CGI (créé par la LF 2024 art. 26 — Loi 2023-1322), la dette de restitution issue d'un quasi-usufruit sur somme d'argent n'est plus déductiblede l'actif successoral. Une convention de quasi-usufruit notariée avec sûreté est désormais indispensable pour sécuriser la créance des nus-propriétaires.
3.7 Levier n° 7 — Donation au dernier vivant + testament authentique
Vous êtes marié ? La donation au dernier vivant (art. 1094-1 C. civ.) ouvre trois portes au conjoint survivant le jour venu. Soit il prend 1/4 en pleine propriété + 3/4 en usufruit, soit la totalité en usufruit, soit 1/4 en pleine propriété seulement. Il choisit au moment du décès, en fonction de sa situation. Couplée à un testament authentique notarié (compter 250 à 400 €), cette donation protège le conjoint sans toucher à la réserve héréditaire des enfants — y compris ceux d'un premier lit, sujet sensible que je vois passer toutes les semaines.
L'économie démembrement à 40 ans vs 65 ans (formule synthétique)
Économie démembrement = (valeur NP 65 ans − valeur NP 40 ans) × taux marginal CGI
Exemple : bien de 250 000 €. NP à 42 ans = 100 000 €. NP à 65 ans = 150 000 €. Différentiel : 50 000 €. Si tranche marginale 20 % (au-delà abattement 100 k€) : économie immédiate = 10 000 € par parent et par enfant. Sur un couple à 2 enfants : 40 000 € d'économie de droits simplement en démembrant 23 ans plus tôt.
| Levier | Capacité transmission exonérée | Conditions |
|---|---|---|
| 1. Donation-partage + 779 | 1,2 M€ (3 cycles × 100 k€ × 2 parents × 2 enfants) | Tous héritiers présomptifs allotis |
| 2. AV 990 I avant 70 ans | 610 000 € (4 bénéficiaires × 152 500 €) | Primes versées avant 70 ans |
| 3. Don 790 G | 382 380 € (3 cycles × 31 865 € × 2 parents × 2 enfants) | Donateur < 80 ans, donataire majeur |
| 4. 790 A bis (jusqu'au 31/12/2026) | 400 000 €/enfant (avec art. 779 cumulé) | RP neuve VEFA ou rénovation énergétique |
| 5. Démembrement 669 | Jusqu'à 50 % de la valeur taxable en moins | Donation NP avant 51 ans |
| 6. Clause AV démembrée | Variable (effet protection + transmission) | Convention quasi-usufruit notariée post-2023 |
| 7. Donation au dernier vivant | Variable (effet protection conjoint) | Acte notarié + cohérence testament |
4. La matrice de décision : quel outil selon votre situation
Tout dépend de votre cas de famille. Marié avec enfants communs, vous êtes sur l'autoroute ; en PACS sans testament, votre partenaire repart avec zéro ; en concubinage, c'est 60 % de droits dès le premier euro ; et en famille recomposée, on entre dans le casse-tête. La grille qui suit donne, par profil et par taille de patrimoine, les outils que je sortirais en rendez-vous.
4.1 Marié + enfants communs : la situation la plus simple
C'est le cas de figure le plus confortable. Le conjoint survivant ne paie aucun droit (art. 796-0 bis CGI), et chaque parent dispose de 100 000 € d'abattement par enfant, qui se reconstitue tous les 15 ans. Concrètement, à 40 ans, on combine trois leviers : une donation-partage portant sur la nue-propriété du logement secondaire ou du portefeuille titres, une assurance-vie avec clause démembrée (conjoint en usufruit, enfants en nue-propriété), et un dernier round de versements avant 70 ans pour profiter pleinement de l'abattement de 152 500 €.
4.2 PACS sans enfant : pourquoi le testament est obligatoire
Le piège du PACS, c'est qu'il exonère de droits de succession (art. 796-0 bis) mais n'ouvre aucun droit successoral légal. Traduction : sans testament, votre partenaire repart les mains vides. Le minimum syndical tient en deux actes. D'abord, un testament authentique chez le notaire (autour de 250 €) qui lègue la quotité disponible — soit la totalité du patrimoine en l'absence d'ascendants. Ensuite, une assurance-vie au profit du partenaire, qui ouvre 152 500 € d'exonération supplémentaires (art. 990 I). En cabinet, je vois passer trois ou quatre couples PACSés par an qui pensaient être protégés par défaut. Ils ne l'étaient pas.
4.3 Concubin + enfants : taxation 60 % et angles morts
Côté droits de succession, votre concubin est un étranger civil : 60 % de taxation sur tout ce qui transite vers lui, qu'il s'agisse d'une succession ou d'une donation, avec un abattement ridicule de 1 594 € (art. 788 IV). Sur 500 000 € transmis, il en touche moins de 200 000 €. Le premier réflexe à 40 ans, c'est donc de transformer le concubinage en PACS ; rien que ça fait disparaître la facture fiscale. Si pour une raison ou une autre c'est impossible, on charge l'assurance-vie à fond (les 152 500 € exonérés de l'art. 990 I deviennent vitaux), on adosse un testament, et on souscrit une assurance décès dédiée pour que le partenaire ait de quoi payer les droits sur l'immobilier sans avoir à le revendre.
4.4 Famille recomposée : protéger conjoint sans léser réserve enfants 1er lit
Là, on arbitre en permanence entre deux camps. Les enfants du premier lit gardent leur réserve héréditaire intacte (art. 913 C. civ.) ; impossible de les rogner pour avantager le conjoint actuel. La parade habituelle, c'est de cumuler trois outils : une donation au dernier vivant (le classique 1/4 en pleine propriété + 3/4 en usufruit, ou 100 % en usufruit selon le profil), un testament qui pose noir sur blanc l'arbitrage de la quotité disponible, et une assurance-vie avec une clause bénéficiaire travaillée pour mêler enfants des deux lits et conjoint. Le démembrement reste l'allié n°1 : il laisse le conjoint vivre dans le bien jusqu'à son décès, sans amputer ce qui revient un jour aux enfants biologiques.
| Situation | Patrimoine < 500 k€ | Patrimoine 500 k€ – 2 M€ | Patrimoine > 2 M€ |
|---|---|---|---|
| Marié + enfants communs | AV + abattement 779 | Donation-partage + AV démembrée + 790 A bis | Donation-partage + Dutreil + AV multi-bénéficiaires |
| PACS sans enfant | Testament + AV partenaire | Testament + AV partenaire + donation simple | Testament + AV multi + démembrement croisé |
| Concubin + enfants | Testament + AV + assurance décès | Transformer en PACS + AV démembrée | PACS + Dutreil + démembrement |
| Famille recomposée | Donation dernier vivant + testament | Donation dernier vivant + AV démembrée + testament | Démembrement enfants + AV multi + holding patrimoniale |
| Célibataire sans enfant | AV neveux/nièces | AV neveux/nièces + don 790 G | Donation transgénérationnelle + AV multi + Dutreil |
5. 5 cas pratiques chiffrés à l'euro près
5 situations qu'on voit défiler chaque mois en rendez-vous. Tous les chiffres sont calculés au 30 avril 2026, sur la base du droit en vigueur (CGI, Code civil, BOFiP, jurisprudence 2024-2026). Côté hypothèses : AV équilibrée 4 %/an net, ETF monde 7 % brut/an (avec PS 17,2 % en sortie), immobilier +2 %/an. Aucun chiffre romancé — vous pouvez les recalculer chez vous.
5.1 Cas 1 — Sophie, 38 ans, célibataire, héritière 320 k€
Sophie, 38 ans, ingénieure cadre, 65 k€/an, célibataire sans enfant. Elle a 320 k€ devant elle (RP 200 k€, AV 50 k€ qu'elle a ouverte à 25 ans — bonne pioche, on y reviendra, livret 70 k€ qui dort). Sa question quand elle est venue au cabinet : « si je meurs demain, comment je m'arrange pour que mon neveu de 12 ans et ma mère de 62 ans ne se fassent pas plumer ? ». Sophie n'a pas d'enfant, donc le tarif fiscal par défaut est brutal : 55 % entre tante et neveu, 45 % entre mère et fille au-delà de 100 k€.
Ce qu'on a fait. D'abord, ressortir les 70 k€ du livret pour les basculer dans l'AV existante — on récupère 30 ans de capacité art. 990 I devant nous, ce serait dommage de s'en priver. Ensuite, deux bénéficiaires sur l'AV (neveu 50 %, mère 50 %) : ça double l'abattement de 152 500 €. Puis testament authentique léguant la RP au neveu en nue-propriété, avec usufruit pour la mère — ça lui assure un toit jusqu'à son décès, et l'assiette taxable du neveu chute à 30 % de la valeur (art. 669 CGI, NP à 38 ans côté donateur).
| Élément | Status quo (sans action) | Stratégie optimisée |
|---|---|---|
| Capital AV à 68 ans | 162 000 € (50 k€ × 4 %/an × 30 ans) | 389 000 € (120 k€ × 4 %/an × 30 ans) |
| Droits AV — 1 bénéficiaire (mère) | ≈ 1 900 € (9 500 € au-delà abattement 152 500 € × 20 %) | — |
| Droits AV — 2 bénéficiaires (mère + neveu) | — | ≈ 16 800 € (84 k€ au-delà 305 k€ × 20 %) |
| Droits transmission RP 200 k€ au neveu (sans démembrement) | ≈ 105 600 € (192 k€ × 55 % entre tante et neveu) | — |
| Droits RP démembrée à 38 ans (NP 30 % = 60 k€) au neveu | — | ≈ 28 600 € (52 k€ au-delà abattement 7 967 € × 55 %) |
| Droits livret 70 k€ → mère (au-delà abattement déjà consommé) | ≈ 14 000 € (70 k€ × 20 %) | 0 € (basculé dans AV) |
| Coût acte notarial | 0 € (mais droits payés à succession) | ≈ 1 500 € (testament + acte démembrement) |
| Total droits succession | ≈ 121 500 € | ≈ 45 400 € |
| Économie nette de droits | — | + 76 100 € |
Bilan :76 100 € de droits qui ne partent pas au fisc, pour 1 500 € d'actes notariés. Sophie a payé sa stratégie 50 fois moins cher qu'elle ne lui rapporte — et elle a 30 ans devant elle pour la faire vivre.
5.2 Cas 2 — Marc & Sophie, 42 ans, mariés 2 enfants, patrimoine 850 k€
Cas 2, autre angle : on passe au couple marié avec enfants en bas âge — typiquement les clients qu'on voit débarquer entre 40 et 45 ans. Marc et Sophie, 42 ans tous les deux, cadres, communauté réduite aux acquêts, deux enfants (8 et 11 ans). 850 k€ de patrimoine total : RP 450 k€, un locatif 250 k€ acheté il y a 5 ans, AV 100 k€, et 50 k€ sur un compte-titres. Le levier qui change tout chez eux : le temps. À 42 ans, ils ont trois cycles de 15 ans devant eux avant 87 ans — autant en profiter.
L'angle qu'on a pris : faire travailler le temps pour eux. On sort la nue-propriété du locatif (250 k€) en donation-partage, à parts égales entre les deux enfants — l'art. 1078 fige la valeur du jour, le bien continue de s'apprécier hors fiscalité. On charge l'AV jusqu'à 200 k€ avant 70 ans (plafond art. 990 I optimal), avec 4 bénéficiaires désignés (les 2 enfants, plus une dispo testamentaire pour les futurs petits-enfants). Et on programme déjà le don 790 A bis de 100 k€ pour le projet RP étudiante des enfants vers 18-22 ans. Trois cycles d'abattement art. 779 prévus : 42 ans, 57 ans, 72 ans. C'est l'effet boule de neige sur 30 ans.
| Élément | Status quo (transmission au décès) | Stratégie optimisée |
|---|---|---|
| Locatif 250 k€ valeur en 2056 (+2 %/an × 30 ans) | ≈ 453 000 € | Figé à 250 k€ (donation-partage 1078) |
| Base taxable locatif transmission | 453 000 € | 100 000 € (NP 40 % × 250 k€ à 42 ans, art. 669) |
| Droits succession locatif (2 enfants) | ≈ 50 600 € (253 k€ au-delà abattement × 20 %) | 0 € (100 k€ répartis en 4 lots de 25 k€, sous abattement) |
| AV 200 k€ + capitalisation 30 ans à 4 % | ≈ 648 000 € (1 bénéficiaire conjoint) | Idem mais 4 bénéficiaires × 152 500 € = 610 000 € exonérés |
| Droits AV | ≈ 99 100 € (495,5 k€ au-delà × 20 %) | ≈ 7 600 € (38 000 € résiduel × 20 %) |
| Don 790 A bis 100 k€ pour RP étudiante | — | 0 € (cumul art. 779 + 790 A bis) |
| Total droits évités | — | ≈ 142 100 € |
Le compteur, sur 30 ans :142 100 € de droits qui ne partiront pas. Et ça, c'est sans compter la plus-value du locatif (environ 203 000 € entre la valeur actuelle et la valeur 2056) qui ne sera jamais réintégrée à la succession — l'art. 1078 fait son travail silencieusement. Pour 5 500 € de notaire, c'est probablement le meilleur rendement qu'ils feront jamais sur leur patrimoine.
5.3 Cas 3 — Léa & Tom, 36 ans, pacsés sans enfant, patrimoine 220 k€
Le cas qu'on voit le plus souvent — et celui qui termine le plus mal quand rien n'a été fait. Léa 36 ans architecte, Tom 38 ans développeur, PACSés depuis 2018, pas d'enfant. 220 k€ ensemble : RP en indivision 180 k€, AV au nom de Léa 25 k€, livret 15 k€. Ils sont venus au cabinet pour l'AV. Ils sont repartis avec un testament. La différence entre les deux, c'est l'écart entre « Tom hérite de tout » et « Tom n'hérite de rien ».
Ce que personne ne leur a expliqué quand ils ont pacsé : le PACS ne crée AUCUN droit successoral légal. Si Léa meurt demain dans un accident, sa part de la RP (90 k€) part chez ses parents et son frère, pas chez Tom. Tom se retrouve en indivision avec les parents de sa compagne décédée — situation invivable, sortie quasi-systématique par vente forcée. Le PACS exonère les droits si on hérite, mais il ne fait pas hériter. Nuance qui coûte cher.
Ce qu'on a mis en place en 2 heures de rendez-vous notaire. Deux testaments authentiques croisés : Léa lègue tout à Tom, Tom lègue tout à Léa. Pas d'enfants, donc pas de réserve héréditaire — la quotité disponible, c'est 100 % du patrimoine. Tom devient bénéficiaire de l'AV de Léa (et 152 500 € passent hors succession via l'art. 990 I). On ouvre une AV miroir pour Tom (équilibrage en cas de décès inversé). Note : 600 € pour les deux actes notariés.
| Élément | Sans testament (PACS seul) | Avec testament + AV |
|---|---|---|
| Patrimoine 2050 (RP + épargne, +2 % et 4 %/an) | ≈ 600 000 € | Idem |
| Part Léa transmise à Tom | 0 € (légal, hors testament) | Quotité disponible totale (pas d'ascendants) |
| Droits succession sur RP/épargne (Tom hérite) | — | 0 € (PACS exonéré art. 796-0 bis) |
| AV Léa 90 000 € à Tom (bénéficiaire) | Hors succession civile mais 60 % si concubin | 0 € (152 500 € abattement art. 990 I) |
| Total perçu Tom | Très partiel via AV uniquement | ≈ 600 000 € (totalité) |
| Coût acte notarial | 0 € | 600 € (2 testaments) |
| Économie nette | — | + 540 000 € (vs hériter zéro) |
Lecture brute :sans les deux testaments, Tom hérite de zéro et regarde la famille de Léa vendre la RP qu'ils ont achetée ensemble. Avec les deux testaments, il hérite de tout, sans payer un euro de droits (PACS, art. 796-0 bis). 600 € d'acte pour 540 000 € de différence. Honnêtement, on n'a jamais vu mieux — et pourtant 80 % des couples PACSés que je rencontre n'ont pas de testament.
5.4 Cas 4 — Karim, 44 ans, famille recomposée 2 enfants 1er lit + 1 du couple
Cas plus tendu : la famille recomposée. Karim, 44 ans, est venu un mardi après-midi avec une question simple — « comment je fais pour que ma femme actuelle ne se retrouve pas à la rue, sans déshériter mes enfants du premier mariage ? ». Karim a divorcé, s'est remarié avec Sarah (38 ans). Côté enfants : Yanis 14 ans et Inès 11 ans (1er mariage), Léo 3 ans (avec Sarah). Côté patrimoine : 425 k€ en propre (175 k€ de moitié RP commune, 200 k€ d'AV ouverte avant le remariage, 50 k€ de livret). Le couple total tourne à 600 k€.
Sauf que. Si Karim meurt demain, le code civil protège ses 3 enfants avant tout : ils gardent leur réserve héréditaire (3/4 du patrimoine quand il y a 3 enfants, art. 913). Sarah, sans donation au dernier vivant ni testament, hérite de 1/4 en pleine propriété par défaut (art. 757). Concrètement : elle récupère 106 k€ sur les 425 k€ de Karim. Pas de quoi racheter la part RP des enfants du premier lit, qui réclameront leur cash. La RP commune est vendue, Sarah déménage avec Léo (3 ans). Scénario qu'on voit malheureusement passer chaque trimestre.
Le travail qu'on a mené avec Karim tient en trois actes notariés signés le même mois. Une donation au dernier vivant (art. 1094-1 C. civ.) en option 100 % usufruit, qui garantit à Sarah l'usage de tout le patrimoine de son mari à son décès. Un testament authentique qui lui lègue en plus la quotité disponible (1/4 en pleine propriété) — ce qui sécurise la RP commune contre la vente forcée par les enfants du premier lit. Et une refonte de la clause bénéficiaire de l'AV de 200 k€ en démembrée (Sarah usufruitière, les 3 enfants nus-propriétaires à parts égales), qui transmet une fois aujourd'hui et une seconde fois au décès de Sarah, sans nouveaux droits.
| Élément | Status quo (devolution legale) | Stratégie optimisée |
|---|---|---|
| Part Sarah sur succession Karim | 1/4 PP par défaut | 1/4 PP + 3/4 US (donation dernier vivant) |
| Risque sur la RP commune (Sarah) | Vente forcée si désaccord enfants 1er lit | Sarah conserve RP via usufruit |
| AV 200 k€ : transmission | 200 k€ ÷ 3 enfants = 66 666 € chacun, abattement 152 500 € OK | Idem + Sarah a usage durant sa vie (clause démembrée) |
| Droits succession sur AV | 0 € (sous abattement art. 990 I) | 0 € |
| Droits sur RP part Karim 175 k€ | ≈ 15 000 € si succession 3 enfants (réserve 3/4) | 0 € si Sarah hérite (PP + US) |
| Conflits familiaux probables | Élevés (vente forcée, indivision) | Faibles (testament + DV cadrent) |
| Économie nette + sécurité | — | + 95 000 € + protection RP de Sarah |
Au compteur :95 000 € de droits qui restent dans la famille, et — peut-être plus important — Sarah qui dort dans son lit le mardi après l'enterrement. 1 200 € d'actes pour ça. La paix familiale, elle, n'a pas de prix sur la note du notaire.
5.5 Cas 5 — Alexandre, 40 ans, concubin avec fille 12 ans
Le concubinage cumule tout : aucun cadre civil, aucun cadre fiscal. Alexandre, 40 ans, kiné libéral. Camille, 35 ans. Lola, leur fille, 12 ans. Ils vivent ensemble depuis 14 ans, ont acheté la maison ensemble — sauf que la RP est uniquement au nom d'Alexandre (acquise avant la rencontre), et qu'ils n'ont jamais signé le moindre PACS. Côté patrimoine : 380 k€ pour Alexandre (cabinet pro 100 k€, RP 180 k€, AV 80 k€, livret 20 k€). Camille n'a presque rien à elle. Et c'est là que le code civil devient impitoyable.
Côté droit civil, Camille est légalement une étrangère pour Alexandre. Pas une métaphore : un terme technique (« tiers » au sens fiscal, taxation 60 % au-delà de 1 594 € d'abattement). Si Alexandre meurt demain, Camille n'hérite de rien (le concubinage simple n'ouvre aucun droit). Lola, leur fille, hérite de tout — y compris la maison où elles ont toujours vécu toutes les deux. Camille se retrouve en indivision avec sa propre fille mineure. Vous voyez le casse-tête.
On a fait simple — et radical. Étape 1 : direction la mairie, signature du PACS (formalité gratuite, 30 minutes au tribunal d'instance). Effet immédiat : Camille passe d'« étrangère fiscale » à « partenaire exonérée » pour la succession (art. 796-0 bis). Étape 2 : testament authentique léguant la quotité disponible (la moitié, puisqu'il y a un enfant) à Camille — Lola garde sa réserve. Étape 3 : on bascule l'AV de 80 k€ en clause démembrée (Camille usufruitière, Lola nue-propriétaire) — économie au premier décès, et au deuxième décès aussi grâce à l'extinction d'usufruit non taxable.
| Élément | Status quo (concubinage simple) | Stratégie optimisée (PACS + testament + AV) |
|---|---|---|
| Patrimoine 2051 RP capitalisée +2 %/an (180 k€ → 295 k€) | Idem dans les deux cas | Idem |
| AV 80 k€ → 213 k€ (capitalisation 4 %/an × 25 ans), bénéficiaire Camille | ≈ 12 100 € (213 - 152,5 abattement art. 990 I × 20 %) | Idem si Camille bénéficiaire — mais clause démembrée évite la 2e taxation au décès Camille |
| RP 295 k€ : testament 1/2 quotité disponible à Camille (147 500 €) | ≈ 88 500 € (60 % entre concubins) | 0 € (PACS exonéré succession art. 796-0 bis) |
| RP 1/2 réserve héréditaire (147 500 €) à Lola | ≈ 9 500 € (47 500 € au-delà abattement 100 k€ × 20 %) | Idem |
| Cabinet pro 100 k€ → Lola | 0 € (entièrement sous abattement 100 k€) | Idem |
| Économie 2e taxation grâce au démembrement clause AV | — | ≈ 40 000 € (capital évité succession Camille → Lola) |
| Coût des actes (PACS gratuit, testament 250 €) | 0 € | ≈ 250 € |
| Total droits évités | — | ≈ 128 500 € (88 500 + 40 000) |
Bilan d'Alexandre :128 500 € de droits évités, pour 250 € de testament et un détour à la mairie un samedi matin. Si vous vivez en concubinage à 40 ans avec un enfant et un patrimoine non négligeable, prenez deux heures cette semaine pour signer un PACS — c'est probablement la meilleure décision financière de votre vie, et on ne le dit pas assez.
Méthode pour calculer votre économie sur 30 ans
Économie totale = (Σ abattements 779 cumulés × n cycles) + (gain démembrement 669) + (capital AV abattu × 152 500 €) + (combo 790 A bis si éligible)
Où n = nombre de cycles de 15 ans utilisables avant 80 ans. À 40 ans : n = 3. À 65 ans : n = 1. Le multiplicateur du temps long fait basculer l'équation de centaines de milliers d'euros.
Vous reconnaissez votre situation dans l'un de ces cas ?
Chaque profil patrimoine × situation familiale × âge appelle une stratégie sur mesure. Notre cabinet réalise un bilan patrimonial offert pour identifier vos leviers prioritaires.
6. Le démembrement précoce : à 40 ans, NP à 30 %, soit 33 % de base taxable en moins
Démembrer un bien, c'est le couper en deux. D'un côté l'usufruit (US) — vous gardez l'usage et les loyers. De l'autre la nue-propriété (NP) — vos enfants ont le titre de propriété, mais pas la jouissance. À votre décès, l'usufruit s'éteint sans aucun droit à payer (art. 1133 CGI), et vos enfants reconstituent la pleine propriété, gratuitement. Côté donation, seule la NP est taxée — c'est tout l'intérêt.
6.1 Mécanique art. 669 CGI à 41-50 ans (NP 40 %)
Le barème de l'article 669 CGI fonctionne par tranches d'âge de l'usufruitier — donc de vous, le donateur. À 41-50 ans, la NP pèse 40 % de la valeur. Concrètement : sur un bien à 500 000 €, vos enfants reçoivent une assiette taxable de 200 000 €, pas 500 000 €. Attendez 51-60 ans, ça passe à 50 % (250 000 € taxables) ; à 61-70 ans, 60 % (300 000 €) ; à 71-80 ans, 70 % (350 000 €). Chaque décennie qui passe vous coûte 50 000 € d'assiette en plus. C'est le seul levier fiscal qui se dégrade mécaniquement avec le temps.
6.2 Cas immobilier locatif vs résidence principale
Sur la RP, méfiance. Vous gardez bien l'usufruit, donc le toit jusqu'à la fin de vos jours, mais le jour où vous voulez vendre pour entrer en EHPAD ou financer une rechute, il faut l'accord de vos enfants nu-propriétaires. Conflit familial garanti dans une fratrie de 3. Sur un locatif, c'est l'inverse : vous encaissez les loyers (parfois 4-5 % brut), vos enfants attendent dans l'ombre, et au décès ils récupèrent un bien à 500 000 € en ayant payé l'impôt sur 200 000 €. Règle pratique à 40 ans : démembrez le locatif, laissez la RP tranquille.
6.3 SCI familiale démembrée et arrêt Cass. 3e civ. 19/09/2024
La SCI familiale démembrée, c'est ce que font 80 % des CGP sur les patrimoines immobiliers de plus de 800 000 €. Le montage : vous donnez la NP des parts à vos enfants, vous gardez l'usufruit et la gérance. Tant que la SCI tourne, tout va bien. Au décès, l'usufruit s'éteint, vos enfants récupèrent les parts en pleine propriété, zéro droit. Sauf qu'en septembre 2024, la Cour de cassation a posé un piège (arrêt 22-18.687, publié au Bulletin — donc opposable). Le jour où vous vendez les immeubles de la SCI, le prix de vente bascule en quasi-usufruit dans votre patrimoine personnel : vous récupérez le cash, vos enfants n'ont plus qu'une créance future sur vous. Et depuis l'art. 774 bis CGI (LF 2024), cette créance n'est plus déductible de votre succession. Traduction : ils paieront une seconde fois sur la même somme.
Jurisprudence à connaître — Cass. 3e civ. 19/09/2024 n° 22-18.687 et 22-18.733 (P+B)
En cas de cession totale des immeubles d'une SCI démembrée : les dividendes (issus du prix de vente) reviennent au nu-propriétaire ; l'usufruitier exerce un quasi-usufruit (art. 587 C. civ.) et doit restituer la valeur au décès. Couplé à l'art. 774 bis CGI (Loi 2023-1322), la dette de restitution sur somme d'argent n'est plus déductible de l'actif successoral. Convention notariée avec sûreté impérative.
6.4 Quasi-usufruit et art. 774 bis CGI : les pièges post-29/12/2023
Le quasi-usufruit, c'est l'usufruit sur du cash. Vous avez le droit de le dépenser, à charge pour vous de le rendre — au sens comptable — à votre décès (art. 587 C. civ.). Pendant 20 ans, ce mécanisme a été l'autoroute de la transmission : vous donniez la NP de 200 000 € à vos enfants, vous gardiez l'usufruit, vous viviez sur la somme, et à votre décès la dette de restitution effaçait l'assiette successorale. Net pour vos enfants : 0 € de droits. Le 29 décembre 2023, la LF 2024 a fermé la porte (art. 774 bis CGI, BOFiP du 26/09/2024 — réf. 14296-PGP). Désormais, sur les sommes d'argent issues d'une donation, la dette n'est plus déductible. Reprenons les 200 000 € : vos enfants paient les droits sur la NP au moment de la donation, puis ils les repaient une seconde fois sur la même somme à votre décès. Coût supplémentaire : ~30 000 € sur l'opération.
Piège 2024-2026 : la dette de restitution du quasi-usufruit
Cas type :vous donnez 200 000 € en NP à votre enfant, vous gardez l'usufruit sur la somme. Au moment de la donation, l'enfant paie les droits sur la NP — disons 0 € après abattement de 100 000 €. Puis vous décédez 15 ans plus tard. Avant 2024, la dette de restitution effaçait les 200 000 € de l'actif successoral. Après 2024, elle ne les efface plus : votre enfant repaie sur ces mêmes 200 000 €, soit environ 28 000 € de droits supplémentaires.
3 solutions opérationnelles :
- Convention notariée de quasi-usufruit avec sûreté réelle (gage espèces, hypothèque, caution bancaire) — la dette redevient opposable et déductible.
- Réinvestissement immédiat des fonds en actif non consomptible (immobilier, titres) → bascule vers un usufruit classique (art. 578 C. civ.) hors champ de l'art. 774 bis.
- Pour la clause bénéficiaire AV démembrée, vérifier la rédaction notariée (acte authentique recommandé).
Cas typique quarantenaire : donation au conjoint en US + enfants en NP du produit d'une cession professionnelle → acter la convention sous 6 mois ou requalifier en démembrement immobilier.
7. L'assurance-vie : exploiter la fenêtre des 30 ans
À 40 ans, l'assurance-vie vous offre 30 ans de versements avant le couperet des 70 ans. C'est ça, la fenêtre. Tout ce que vous logez en AV (assurance-vie) avant ce cap échappe à la succession civile (art. L. 132-12 C. assur.) et bénéficie de 152 500 € d'abattement par bénéficiaire désigné (art. 990 I CGI). Trente ans pour empiler, un seul cap à ne pas rater.
7.1 Avant 70 ans (art. 990 I) : 152 500 € × bénéficiaire
Concrètement : tout euro versé avant votre 70eanniversaire ouvre 152 500 € d'abattement par bénéficiaire désigné, puis taxation forfaitaire 20 % jusqu'à 700 000 € (au-delà de l'abattement), 31,25 % ensuite. Point clé que beaucoup ratent : le compteur tourne par bénéficiaire, pas par contrat. Vous êtes 2 parents, 2 enfants, 4 petits-enfants ? Vous désignez les 6 — soit 6 × 152 500 € = 915 000 € d'abattement par parent, donc 1,83 M€ à 2. Hors succession, sans droits.
7.2 Après 70 ans (art. 757 B) : 30 500 € global
Après 70 ans, le décor change brutalement : l'abattement tombe à 30 500 € global, tous bénéficiaires confondus, et le surplus rentre au barème successoral classique (jusqu'à 45 % en ligne directe). Petit lot de consolation : les plus-values générées par les versements post-70 ans restent exonérées d'impôt. L'écart parle de lui-même : pour 2 enfants, vous passez de 305 000 € d'abattement avant 70 ans à 30 500 € après — soit 10 fois moins. D'où la règle simple à 40 ans : on charge à fond avant le cap, on garde l'après-70 pour des appoints.
| Critère | Art. 990 I (avant 70 ans) | Art. 757 B (après 70 ans) |
|---|---|---|
| Abattement | 152 500 €/bénéficiaire | 30 500 € global |
| Taxation jusqu'à 700 k€ après abattement | 20 % | Barème ligne directe (5-45 %) |
| Au-delà de 700 k€ après abattement | 31,25 % | Idem barème |
| Plus-values | Incluses dans la base | Exonérées |
| Multiplication par bénéficiaire | Oui | Non (plafond global) |
| Stratégie 40 ans | Charger massivement | Compléments uniquement |
7.3 Clause bénéficiaire démembrée : conjoint US / enfants NP
L'idée du démembrement de clause bénéficiaire : vous séparez l'usufruit (le conjoint touche le capital, en vit) de la nue-propriété (les enfants récupèrent in fine). Au décès du conjoint survivant, les enfants reconstituent la pleine propriété sans payer un euro de droits supplémentaires. Reprenons Julien et Anne, 2 enfants : sur un contrat de 600 000 €, clause classique = 152 500 € × 2 = 305 000 € d'abattement. Clause démembrée (Anne usufruitière, enfants nus-propriétaires) = 152 500 € attribués au couple usufruit/NP par enfant, soit le même abattement, mais avec une seconde transmission gratuite à la mort d'Anne. Vous transmettez deux fois en n'ayant fiscalisé qu'une seule.
Attention quand même :depuis l'art. 774 bis CGI (loi de finances 2024), la convention de quasi-usufruit doit passer chez le notaire et s'accompagner d'une sûreté réelle (hypothèque, nantissement) pour que la créance de restitution des enfants reste déductible de la succession. Sans ce formalisme, l'administration peut réintégrer le capital — et tout le bénéfice du démembrement saute. Comptez 800 à 1 500 € de frais notaire pour sécuriser le montage.
7.4 Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 : critères primes exagérées
La jurisprudence majeure 2024-2026. La Cour de cassation a précisé que pour qualifier des primes de manifestement exagérées (ce qui les ferait basculer dans la succession civile et donc dans le calcul de la réserve héréditaire), 4 critères cumulatifs s'appliquent :
- L'âge du souscripteur au moment du versement
- Sa situation patrimoniale (proportion des primes/patrimoine total)
- Sa situation familiale (composition, charges, autres héritiers)
- L'utilité du contrat (capacité d'épargne, projet de transmission)
Le point qui change tout :le seul fait de léser la réserve des héritiers ne suffit plus à requalifier. Autrement dit, à 40 ans, salarié ou indépendant avec capacité d'épargne réelle, vous pouvez verser 30 à 40 % de votre patrimoine en AV sans craindre la requalification — tant que les 4 critères tiennent. Le verrou psychologique sur les « gros » versements jeune saute.
Jurisprudence à connaître — Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 (P+B)
Critères primes manifestement exagérées AV : cumulatifs et exhaustifs (âge, situation patrimoniale et familiale, utilité du contrat). L'atteinte à la réserve héréditaire ne constitue pas en soi un critère. Décision majeure sécurisant les transmissions par AV pour les souscripteurs actifs ayant une capacité d'épargne réelle.
8. La donation-partage : pourquoi elle évite 80 % des contentieux entre frères et sœurs
Concrètement, la donation-partage règle un problème que la donation simple ne sait pas régler : la guerre des évaluations au décès. Imaginez : vous donnez 200 000 € à votre fils en 2026 ; à votre décès en 2046, l'appartement vaut 500 000 €. En donation simple, on rapporte 500 000 € à la succession (art. 922 C. civ.) ; en donation-partage, on reste sur 200 000 € (art. 1078 C. civ.). Voilà la première raison pour laquelle votre notaire la conseillera. La seconde : pas de rapport civilà la succession, donc pas de procès entre frères et sœurs sur « qui a reçu plus que l'autre ». Et il existe une variante méconnue, la transgénérationnelle, qui permet d'inclure directement vos petits-enfants.
8.1 Différence donation simple vs donation-partage : impact sur 30 ans
Peu de Français le savent, et même peu de notaires l'expliquent clairement à leurs clients. La donation simple rapporte le bien à la succession selon sa valeur au jour du décès (art. 922 C. civ.) — vous avez beau avoir donné un appart à 200 000 € il y a 35 ans, s'il en vaut 500 000 € le jour où vous partez, on retient 500 000 €. La donation-partage casse ce mécanisme : la valeur reste figée au jour de l'acte, à condition que tous les héritiers présomptifs aient été allotis. Sur l'exemple : 300 000 € de plus-value qui n'entrent jamais dans le calcul des droits.
| Critère | Donation simple | Donation-partage (art. 1078) |
|---|---|---|
| Valeur retenue au décès | Valeur au jour du décès (réintégration plus-value) | Valeur figée au jour de l'acte |
| Risque de conflit cohéritiers | Élevé (rapport, action en réduction) | Faible (lots figés et acceptés) |
| Possibilité d'inclure petits-enfants | Limitée | Oui (transgénérationnelle) |
| Exemple appartement 200 k€ donné à 40 ans, valeur 500 k€ à 75 ans | Réintégré pour 500 k€ | Reste à 200 k€ |
| Économie potentielle de droits (taxe 20 %) | — | + 60 000 € |
| Coût notarial | Frais réduits | Frais 1,2 - 2 % de la valeur |
8.2 Donation-partage transgénérationnelle (impliquer petits-enfants)
C'est l'angle que les CGP oublient et qui change pourtant tout pour un quarantenaire : faire donner directement vos parents à vos enfants, en sautant votre propre génération. La loi l'autorise (art. 1078-4 C. civ.), à condition que vous donniez votre accord en tant que parent intermédiaire. L'intérêt fiscal est colossal. Premier effet : un seul cycle de droits de mutation au lieu de deux (vos parents → vous → vos enfants). Second effet : l'abattement grand-parent → petit-enfant de 31 865 € (art. 790 B CGI) qui se cumule avec celui que vous-même utiliserez plus tard. Pour vos parents (couple) avec 4 petits-enfants, ça donne 254 920 € transmis sans droits, sur lesquels vous économisez de fait une succession entière.
8.3 Pacte Dutreil pour dirigeants — réforme LF 2026
La loi de finances 2026, promulguée le 19/02/2026, a sérieusement durci le régime. La nouveauté la plus pénalisante d'abord : l'engagement individuel de conservation passe de 4 à 6 ans. Combiné aux 2 ans d'engagement collectif minimum, vous voilà engagé sur 8 ans après la transmission, là où c'était 6 avant. Deuxième durcissement, plus politique : tous les actifs dits « somptuaires » (yachts, jets, œuvres d'art non affectées à l'exploitation, immobilier de jouissance) sortent de la base éligible à l'abattement 75 % — fini d'optimiser via la holding qui détient le bateau du dirigeant. Bonne nouvelle quand même : le bonus de 50 % de réduction de droits pour donation en pleine propriété avant 70 ans(art. 790 CGI) est conservé. Pour un dirigeant de 42 ans, c'est l'élément qui rend le dispositif décisif.
Cas concret — dirigeant 42 ans transmettant une société 500 k€ à 2 enfants :
- Base après abattement Dutreil 75 % : 500 000 × 25 % = 125 000 € ;
- Répartie entre 2 parents × 2 enfants = 4 lignes de 31 250 €, absorbées par l'abattement art. 779 (100 000 €/parent/enfant) ;
- Droits dus = 0 €, à comparer aux ≈ 78 200 € dus sans Pacte Dutreil (barème art. 777 sur 250 000 € par enfant après abattement 100 k€).
Bonus 70 ans : si la donation Dutreil porte sur une société valorisée 1,5 M€ avec un dirigeant donateur de 42 ans, la réduction de 50 %s'applique sur les droits résiduels — gain typique de 20 000 à 60 000 € selon configuration familiale.
Le vrai gain n'apparaît qu'en combinant les deux dispositifs. Si vous transmettez vos titres en Dutreil seul, leur valeur sera réévaluée au jour de votre décès — et votre entreprise, partie de 500 000 € à 42 ans, peut très bien valoir 2 M€ à 75 ans (multiple constaté sur la médiane des PME françaises ayant survécu 30 ans). Vous re-tomberiez alors sur des droits sur la plus-value des 1,5 M€ supplémentaires. La donation-partage couplée au Dutreil fige la valeur à 500 000 € définitivement(art. 1078 C. civ.) : pas de réévaluation au décès, pas de rapport à la succession. Pour le dirigeant qui croit en sa boîte, c'est la différence entre 0 € et 350 000 € de droits payés par ses enfants.
Vigilance LF 2026 — clause de grand-père
Petit point de vigilance qui peut tout changer si vous êtes dirigeant et que la transmission est dans le viseur 2026-2027. La règle des 6 ans ne s'applique qu'aux pactes signés à partir du 01/01/2026. Tout pacte en cours au 31/12/2025 reste sous l'ancien régime des 4 ans (la clause de grand-père sera officialisée par BOFiP au T2 2026). Conséquence pratique : si votre projet de transmission est à 12 mois ou moins, signer le pacte collectif avant le 31/12/2025 vous fait gagner 2 ans d'engagement. Sur une boîte qui peut être cédée ou liquidée pour aléas familial, ces 2 ans sont rarement anodins.
9. 7 erreurs typiques du quarantenaire qui veut anticiper
Sept plantages. Je les vois revenir tous les mois en RDV depuis 18 mois. Fourchette de gâchis : 10 000 € à 200 000 € de droits évitables par erreur. À 40 ans, on a encore le temps de tous les éviter — à 60 ans, c'est une autre histoire.
9.1 Erreur 1 — Oublier le rappel fiscal 15 ans (art. 784 CGI)
Cas vécu : Marc, 40 ans, donne 100 000 € à sa fille pour son apport immobilier. Douze ans plus tard, à 52 ans, il rebelote 100 000 € pour son second enfant. Sauf que le rappel fiscal des 15 ans (art. 784 CGI) reset à zéro le compteur d'abattement seulement à 55 ans + 1 jour. La deuxième donation s'empile sur la première : 100 000 € taxés à 20 % = 20 000 € de droits qui partent à Bercy. Trois années d'attente lui auraient économisé exactement ça. Le réflexe : poser le calendrier maintenant — 15 ans + 1 mois de marge, jamais 14 ans 11 mois.
9.2 Erreur 2 — Clause bénéficiaire AV non actualisée post-divorce
L'histoire que je raconte à chaque RDV. Patrick divorce en 2018, refait sa vie en 2020 avec Sophie, décède en 2023. Capital AV : 380 000 €. Bénéficiaire désigné en 2009 : « mon épouse Catherine ». Personne n'a touché à la clause depuis. Catherine, l'ex, encaisse les 380 000 €. Sophie, la compagne de 3 ans qui partageait sa vie, touche zéro. Pas de recours, clause valide. Le truc qu'on oublie tous : une clause bénéficiaire, c'est un document vivant. Mariage, naissance, divorce, recomposition — on rouvre le contrat. Ça prend dix minutes, ça ne coûte rien, et ça évite d'offrir 380 000 € à la mauvaise personne.
9.3 Erreur 3 — Donation excédant la quotité disponible (action en réduction)
Combien pouvez-vous donner à votre fille préférée sans que les deux autres puissent attaquer au décès ? La plupart des gens répondent « ce que je veux, c'est mon argent ». Faux. Le code civil (art. 920-924) impose une réserve héréditaire intouchable : avec 3 enfants, vous ne disposez librement que d'1/4 de votre patrimoine — la quotité disponible. Tout ce qui dépasse, les héritiers lésés peuvent le récupérer au décès via une action en réduction. La fille préférée devra restituer en nature, ou indemniser en cash. Le seul outil propre : la donation-partage, qui fige les lots du vivant et verrouille les contestations.
9.4 Erreur 4 — Quasi-usufruit somme d'argent non documenté (art. 774 bis)
Le piège qui s'est durci fin 2023. Vous donnez la nue-propriété d'un compte de 300 000 € à vos deux enfants, vous gardez l'usufruit (vous pouvez dépenser l'argent, vous le devez à vos enfants au décès). Avant le 29 décembre 2023 : au décès, cette dette de 300 000 € se déduisait de la succession — donc abattement préservé. Depuis : si pas de convention notariée signée et pas de sûreté réelle (gage, hypothèque, réinvestissement en actif identifiable), la dette n'est plus déductible. Vos enfants paient des droits sur 300 000 € qu'ils auraient dû récupérer. À 20 % de taux marginal, c'est 60 000 € de double taxation par enfant. Le geste : convention notariée systématique, et préférer le réinvestissement en actif non consomptible (immobilier, titres) plutôt que laisser l'argent dormir.
9.5 Erreur 5 — Donation simple au lieu de partage (réintégration plus-value)
Économiser 1 000 € de notaire pour en perdre 60 000 vingt-cinq ans plus tard. Le calcul fait mal et pourtant je le vois passer chaque mois. Donation simple d'un appartement à 200 000 € pour votre fils à 40 ans. Au décès, le bien vaut 500 000 €. Avec une donation simple, le rapport civil se fait sur la valeur au décès (500 k€) : 300 000 € de plus-value réintégrée dans la masse partageable. Avec une donation-partage, la valeur reste figée à 200 000 € — la plus-value reste pour le donataire. Différentiel pour vos autres héritiers : ~60 000 € de droits évitables. Coût d'acte de la donation-partage : 1,5-2 % au lieu de 1 %, soit 1 000 à 2 000 € de plus aujourd'hui. Petit calcul du rendement de cet euro investi : x30 sur trente ans.
9.6 Erreur 6 — PACS sans testament authentique
Voilà le malentendu qui détruit le plus de couples non mariés en France. Le PACS exonère totalement des droits de succession (art. 796-0 bis CGI) — ça, tout le monde le sait. Ce que personne ne réalise : être pacsé n'ouvre strictement aucun droit successoral légal. Si votre partenaire décède sans testament, vous héritez de zéro. La maison achetée ensemble ? Aux enfants ou aux parents du défunt. Le compte joint ? Bloqué pour la moitié. Vous, vous êtes étranger à la succession. Le testament authentique notarié règle l'affaire pour 250 € : il lègue la quotité disponible (entre 1/4 et la totalité selon la présence d'enfants) au partenaire pacsé, qui la reçoit sans aucun droit à payer. Les couples mariés y pensent rarement aussi, c'est pour ça que je commence chaque RDV de couple non marié par cette question : qui hérite si demain l'un de vous deux ne rentre pas du travail ?
9.7 Erreur 7 — Oubli du mandat de protection future
Le sujet dont personne ne veut parler à 40 ans, et c'est précisément pour ça qu'il faut le régler maintenant. AVC à 47 ans, accident de moto à 52 ans, début d'Alzheimer précoce à 58 ans — j'ai vu les trois en cabinet ces cinq dernières années. Sans mandat de protection future signé du vivant (art. 477 C. civ.), le tribunal ouvre une tutelle judiciaire : 6 à 12 mois de procédure, comptes bloqués, c'est le juge qui désigne le tuteur (parfois un mandataire externe que vous n'auriez jamais choisi), et il faut son accord pour chaque vente, chaque arbitrage, chaque virement supérieur à un seuil. Le mandat coûte 150 à 300 € chez le notaire, il dort dans le dossier toute votre vie tant que vous êtes capable, et il s'active automatiquement le jour où ça dérape. Cinq cents euros pour acheter la sérénité de votre famille en cas de pépin : signez.
Les 7 erreurs en un coup d'œil
- Rappel 15 ans oublié : jusqu'à 20 000 €/cycle perdu
- Clause AV obsolète post-divorce : totalité du capital AV
- Donation hors quotité : action en réduction au décès
- Quasi-usufruit non documenté : double taxation
- Donation simple vs partage : réintégration plus-value 30 ans
- PACS sans testament : 0 € au partenaire
- Pas de mandat protection future : tutelle judiciaire
10. Comment construire votre plan d'action en 6 mois
Une succession qui se prépare bien, ça se déroule sur 6 mois — pas en un seul RDV. Voilà comment on procède au cabinet, étape par étape, avec les coûts et les livrables à chaque palier.
10.1 Mois 1-2 — On cartographie ce que vous avez, et qui hérite quoi
Sur ces 8 semaines, on liste tout ce que vous possédez : résidence principale (RP), biens locatifs, contrats d'assurance-vie (AV), livrets, parts de société, œuvres d'art s'il y en a. En parallèle, on dessine l'arbre familial — conjoint, enfants du premier lit, du second, partenaire PACSé, concubin éventuel. On vérifie votre régime matrimonial (un couple sur trois en RDV ignore le sien exact) et les clauses bénéficiaires de vos AV. À la sortie : un tableau patrimonial chiffré et une projection à 30 ans. Compter 2 à 3 RDV (visio ou présentiel), pas plus.
10.2 Mois 3-4 — On choisit la stratégie, le notaire entre en scène
Sur la base du tableau du mois 1, on retient 3 à 4 leviers — pas plus, sinon ça devient ingérable. Donation-partage ? Démembrement ? Refonte des clauses bénéficiaires AV ? Testament ? Selon votre cas, parfois les quatre. Le notaire entre en scène : compter 1 500 à 4 000 € d'honoraires selon la complexité (à intégrer dans votre budget transmission). Et si l'un de vos enfants prépare un achat immo, on regarde la fenêtre du 790 A bis — un don de 100 000 € exonéré, mais sous conditions strictes.
10.3 Mois 5-6 — Signatures, et on programme la suite
Au mois 5, vous signez chez le notaire : donation-partage, testament authentique, donation au dernier vivant selon ce qui a été retenu. Dans la foulée, on rédige les nouvelles clauses bénéficiaires démembrées de vos AV (un courrier recommandé à chaque assureur, gratuit, mais essentiel — un client sur deux a une clause obsolète qui pointe vers un ex-conjoint ou un parent décédé). Le notaire enregistre votre testament au fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) : 26 € seulement, mais c'est ce qui garantit que le document sera retrouvé le jour J. Le mois 6, on cale déjà le rendez-vous de revoyure dans 15 ans (vos 55 ans), puis le suivant à 70 ans — parce qu'une stratégie de transmission, on la rejoue tous les 15 ans pour réutiliser les abattements.
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11. Aller plus loin : intégration succession × IFI × retraite × immobilier
Une décision de transmission ne vit jamais en silo : elle déclenche des effets en chaîne sur trois autres chantiers que vous menez parfois sans le voir. Exemple concret. Vous démembrez votre bien locatif pour transmettre la nue-propriété à vos enfants : bonne nouvelle côté droits de succession (assiette divisée par trois), mais effet immédiat sur l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière, dû dès 1,3 M€ de patrimoine immobilier net). Et l'addition continue côté retraite(votre PER, Plan d'Épargne Retraite) et investissement immobilier (LMNP, SCPI, résidence principale). On déroule.
11.1 Lien avec l'IFI (art. 965 CGI) : démembrement et anti-IFI
Concrètement : sur un bien que vous donnez en démembrement à vos enfants à 40 ans, vous transférez la nue-propriété (NP) hors de votre patrimoine, et seul l'usufruit reste imposable à l'IFI dans votre assiette — au prorata de sa valeur fiscale (art. 968 bis CGI, depuis la LF 2024 sur les usufruits issus de donation). Sur un bien à 600 000 € donné à 50 ans, votre usufruit pèse environ 50 % en valeur fiscale : vous sortez donc 300 000 € de votre assiette IFI. À côté, votre résidence principale bénéficie d'un abattement IFI de 30 % automatique (art. 973 CGI) — un avantage à ne pas oublier dans le calcul d'assiette globale, mais qui se cumule mal avec un démembrement de la RP elle-même (perte de l'abattement). À 8 000 € de patrimoine net taxable au-dessus de 1,3 M€, ce démembrement vous économise environ 600 €/an d'IFI, en plus des droits de donation optimisés (abattement 100 000 €/parent/enfant tous les 15 ans). Si vous voulez creuser le levier IFI seul, le guide Réduire son IFI 2026 détaille les 9 leviers complémentaires.
11.2 Lien avec retraite (PER : sortie en rente vs capital)
Le PER (Plan d'Épargne Retraite), lui, joue un double rôle qu'on traite rarement ensemble : en phase d'épargne, il vous rend une déduction IR (jusqu'à 10 % de vos revenus pros, plafonné). En phase de décès, il bascule sous le régime de l'article 990 I CGI si vous décédez avant 70 ans : 152 500 € transmis hors droits par bénéficiaire. Mais attention au piège — et c'est typiquement là que les décisions retraite et transmission se télescopent : si vous choisissez la sortie en rente viagère, le capital s'éteint à votre décès. Plus de transmission. À 40 ans, vous avez 25 ans pour décider, mais l'arbitrage capital vs rente doit se prendre en cohérence avec votre stratégie successorale, pas en silo dans le bureau de votre conseiller retraite. Verser sur votre PER à 40 ans, c'est faire travailler deux leviers d'un coup : la déduction IR cette année (un versement de 10 000 € en TMI 41 % vous rend 4 100 €), et un capital protégé pour vos bénéficiaires dans 30 ou 40 ans, sous régime 990 I si le décès survient avant vos 70 ans.
11.3 Lien avec investissement immobilier (LMNP, SCPI, RP)
L'immobilier, enfin, c'est l'angle où les arbitrages de transmission se paient cash, dans les deux sens. La résidence principale d'abord : exonération totale de plus-value à la revente (art. 150 U II 1° CGI) et abattement IFI de 30 % sur sa valeur (art. 973 CGI) — c'est le seul actif qui cumule trois avantages fiscaux. Le LMNP ensuite : vous l'avez peut-être choisi pour amortir et neutraliser l'IR sur les loyers, sauf que cet amortissement non-déduit fiscalement se réintègre à la base imposable de l'héritier au moment de la cession après transmission. Concrètement : vous transmettez un bien LMNP de 250 000 € avec 80 000 € d'amortissement passé, votre enfant qui le revend deux ans plus tard récupère ce passif fiscal latent. Solutions : SCI à l'IS (qui purge l'amortissement à chaque mutation) ou anticipation par donation en démembrement avant accumulation excessive. Les SCPI européennes, enfin, ajoutent un avantage propre : leurs revenus subissent l'impôt à la source dans le pays d'origine (Allemagne, Pays-Bas), ce qui sort la base de votre IR français et limite l'effet de seuil au moment de la transmission. Pour creuser ces arbitrages, le guide Acheter ou louer en 2026 cadre l'arbitrage RP, et SCI familiale et transmission détaille la mécanique SCI à l'IS.
Aller plus loin sur la transmission
- Donner 100 000 € à ses enfants — la mécanique exacte de l'abattement art. 779
- Réduire les droits de succession — 12 leviers actionnables
- Testament : guide complet — types, formalités, coûts
- Succession en famille recomposée — équilibrage enfants 1er lit/2e lit
Sources et références
Textes légaux et réglementaires
- Art. 669 CGI — Barème usufruit/nue-propriété
- Art. 777 CGI — Barème successoral ligne directe
- Art. 779 CGI — Abattements personnels
- Art. 784 CGI — Rappel fiscal 15 ans
- Art. 790 G CGI — Don familial 31 865 €
- Art. 790 A bis CGI — Exonération temporaire LF 2025
- Art. 990 I CGI — AV abattement 152 500 € avant 70 ans
- Art. 757 B CGI — AV abattement 30 500 € après 70 ans
- Art. 774 bis CGI — Quasi-usufruit non déductible (LF 2024)
- Art. 796-0 bis CGI — Exonération conjoint/PACS (TEPA 2007)
- Art. 1078 C. civ. — Donation-partage
- Art. 912-917 C. civ. — Réserve héréditaire et quotité disponible
- Loi n° 2025-127 du 14/02/2025 — LF 2025 (790 A bis)
- Loi n° 2023-1322 du 29/12/2023 — LF 2024 (art. 774 bis)
Doctrine BOFiP
- BOI-ENR-DMTG-10-50-80 — Abattements DMTG
- BOI-ENR-DMTG-20-30-20-20 — Donations-partages
- BOFiP 14296-PGP — Quasi-usufruit art. 774 bis
- BOI-ENR-DMTG-20-20-10 — Don familial 790 G
Jurisprudence
- Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 (P+B) — Critères primes AV exagérées
- Cass. 3e civ. 19/09/2024 n° 22-18.687 (P+B) — SCI démembrée + cession
- Cass. 1re civ. 12/07/2023 n° 21-20.361 et 21-23.425 — Donation-partage actes séparés
- Cons. const. 09/12/2016 n° 2016-603 QPC — Constitutionnalité rappel 15 ans
Statistiques et rapports
- INSEE — Bilan démographique 2025
- INSEE Focus n° 232 — Âge des donateurs
- INSEE — Transmissions intergénérationnelles 2024
- Conseil supérieur du notariat — Congrès 2025
- Notaires de France / MoneyVox — Testaments en France
Article rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur du cabinet Hagnéré Patrimoine (ORIAS 17008341 — CIF, COA, COBSP), 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry. Mise à jour 30 avril 2026. Pour toute question, sollicitez un bilan patrimonial offert.

