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Guide expert 202625 minMis à jour 7 mai 2026Art. 1845 C. civ. · 779 / 669 CGI

SCI Familiale 2026 : transmettre 800 000 € sans droits

La SCI familiale transforme un bien immobilier indivisible en parts sociales fractionnables, donnables progressivement avec abattement 100 000 € par parent par enfant tous les 15 ans (art. 779-I + 784 CGI). Cumulez démembrement (art. 669 CGI) et décote 10-30 % (illiquidité × minorité, multiplicatif) : un patrimoine de 800 000 € peut être transmis à 2 enfants sans aucun droit en 15 ans, contre ~100 000 € de droits au décès. Création complète, donation-partage conjonctive (art. 1076-1 C. civ.), gel des valeurs (art. 1078), 4 cas chiffrés, 11 pièges, anti-abus IFI (art. 973 IV CGI LF 2024) et quasi-usufruit (art. 774 bis CGI LF 2024). Jurisprudence 2024 : Cass. 02/10/2024 (donation-partage exclue du rapport) et Cass. 19/09/2024 (quasi-usufruit dividendes). 12 sections + glossaire.

BILAN SCI FAMILIALE

Calibrer votre SCI et votre calendrier de transmission

Avant la création des statuts ou la première donation de parts, un conseiller du cabinet cartographie patrimoine + famille, simule l'écart de droits sur 30 ans, valide la combinaison démembrement + décote + donation-partage conjonctive, anticipe les pièges (1857, 1857 bis, 774 bis, 973 IV) et coordonne avec votre notaire. Cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CIF · COA · COBSP).

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Statuts SCI cousus main
  • Démembrement + décote + 1078
  • Anticipation 774 bis et 973 IV
  • Coordination notaire + CGP

ABATT. PARENT-ENFANT

100 k€

RAPPEL FISCAL

15 ans

DÉCOTE PARTS

10-30 %

DÉMEMBREMENT

Art. 669

SECTIONS

12

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

§ 01COMPRENDRE·2 MIN

Comprendre en 2 minutes : la SCI familiale

Avant d'entrer dans le détail, voici la définition la plus simple possible : une SCI familiale est une société civile immobilière dont les associés appartiennent tous à la même famille (parents et enfants, parfois grands-parents). Elle détient un ou plusieurs biens immobiliers, et chaque associé possède une fraction du capital sous forme de parts sociales.

Sans SCI (détention directe)

Vous possédez l'immeuble en direct ou en indivision. À votre décès, les héritiers se retrouvent en indivision (un cauchemar à gérer). Pour transmettre de votre vivant, vous devez donner le bien entier (peu de souplesse) ou par fractions illisibles.

Avec SCI familiale

Le bien appartient à la SCI. Vous détenez des parts sociales, fractionnables et donc transmissibles par petites quantités. La gérance est centralisée chez une personne (le gérant). Pas d'indivision au décès. Donations progressives optimisées par l'abattement 100 000 € tous les 15 ans.

Concrètement : si vous voulez transmettre un appartement de 400 000 € à vos deux enfants, sans SCI vous devez donner le bien en indivision (compliqué à gérer) ou en attendre le décès (droits élevés). Avec une SCI, vous donnez par exemple chaque année 25 % des parts à chaque enfant, en démembrement, sur 10 à 15 ans. À l'arrivée : zéro droit de donation, gel des valeurs, et succession déjà réglée à 80 % avant votre décès.

§ 02POURQUOI·3 MIN

Pourquoi la SCI pour transmettre votre patrimoine

Cinq raisons justifient de choisir la SCI familiale. Aucune n'est marginale : ce sont les vraies raisons pour lesquelles je la recommande souvent aux dirigeants qui consultent Hagnéré Patrimoine avec un patrimoine immobilier supérieur à 500 000 €.

Atout 1 — Fractionner l'indivisible

Un appartement, c'est tout ou rien. Des parts sociales, ça se découpe. Vous pouvez donner 50 parts une année, 30 trois ans après, 20 cinq ans après. Chaque donation de petite quantité consomme une fraction de l'abattement disponible et permet d'étaler la transmission sur la durée.

Atout 2 — Démultiplier l'abattement renouvelable 15 ans

L'abattement de 100 000 € se renouvelle tous les 15 ans, par parent et par enfant. Concrètement, un couple avec deux enfants transmet 400 000 € sans droits tous les 15 ans — 800 000 € sur 30 ans. Impossible à faire avec un bien physique : on ne peut pas découper un appartement en tranches de 100 000 €. La SCI, si. Fondement : art. 779-I et 784 CGI (rappel fiscal).

Atout 3 — Décote sur la valeur des parts

Les parts SCI ne sont pas cotées et ne se vendent qu'avec difficulté (clause d'agrément, marché secondaire inexistant, position minoritaire). La jurisprudence (Cass. com.) admet de décoter leur valeur de 10 à 30 % par rapport à la valeur mathématique du sous-jacent immobilier. C'est autant de base taxable en moins.

Atout 4 — Éviter l'indivision successorale

Sans SCI, les héritiers reçoivent le bien en indivision et doivent décider à l'unanimité pour tout acte de disposition (vente, hypothèque, donation). C'est la meilleure manière de provoquer un conflit familial. Avec la SCI, les enfants reçoivent des parts sociales et la SCI continue avec un gérant unique (clause statutaire). La gestion ne s'arrête pas au décès. Héritiers déjà en indivision ? Consulter le guide dédié : Hériter d'un bien immobilier en indivision (gestion 2/3, partage amiable, rachat de soulte, apport en SCI).

Atout 5 — Pilotage centralisé via le gérant

Vous restez gérant à vie (clause statutaire) et vous gardez la main sur les décisions de gestion (location, travaux, arbitrages) même après avoir donné toutes vos parts en nue-propriété. Les enfants nu-propriétaires n'ont qu'un droit de regard, pas de décision opérationnelle.

Le combo gagnant Hagnéré Patrimoine : SCI + donation-partage + démembrement

Pour la majorité des familles patrimoine 500 k€ à 5 M€, la stratégie standard que je recommande chez Hagnéré Patrimoine est la suivante : création d'une SCI à l'IR (Impôt sur le Revenu, option transparente fiscalement) avec apport du ou des biens → donation-partage de parts de SCI démembrées avec usufruit conservé → renouvellement du démembrement tous les 15 ans jusqu'à transmission totale. Cette combinaison cumule les trois leviers (abattement, démembrement, gel des valeurs art. 1078 C. civ.) et a été validée par la Cour de cassation (Cass. 1re civ. 2 octobre 2024 n° 22-19.672) qui exclut les donations-partages du rapport successoral.

§ 03CRÉER·3 MIN

Créer une SCI familiale en 5 étapes

La création d'une SCI est plus simple qu'on ne le pense. Cinq étapes, environ 1 500 à 3 000 € TTC en frais (hors apport immobilier), et un délai de 2 à 4 semaines.

Tableau comparatif : Étape — Action — Coût indicatif 2026 — Délai — Premier cas : 1. Statuts
ÉtapeActionCoût indicatif 2026Délai
1. StatutsRédaction des statuts (mentions obligatoires + clauses stratégiques : agrément, gérance, majorités)0 € (modèle) à 2 000 € HT (notaire)1 semaine
2. Capital socialApport en numéraire (versement sur compte SCI) ou en nature (acte notarié pour immeuble)0 € minimum pour le capital. Apport pur et simple d'un immeuble à une SCI à l'IR : enregistré gratuitement (art. 810 I CGI), restent les émoluments du notaire et la contribution de sécurité immobilière. Apport à titre onéreux (la SCI reprend l'emprunt) : droits de mutation sur la fraction correspondanteQuelques jours
3. Annonce légalePublication obligatoire dans un journal d'annonces légales du départementEnviron 191 € HT1-3 jours
4. ImmatriculationDépôt du dossier sur le guichet unique de l'INPI (formalités.entreprises.gouv.fr)≈ 80 € TTC (66,88 € HT greffe + BODACC + INPI)1-2 semaines
5. Bénéficiaires effectifsDéclaration des bénéficiaires effectifs au RCS (formulaire DBE-S-1)Inclus dans l'immatriculationAvec étape 4

Concrètement, pour un couple qui crée sa SCI en 2026, comptez environ 2 500 € TTC tout compris et trois semaines de délai. Le seul vrai poste à ne pas sous-traiter à un modèle gratuit, ce sont les statuts : c'est là que se jouent les blocages futurs au décès ou en cas de mésentente. Les 800 à 2 000 € chez un notaire ou un avocat sont l'investissement le plus rentable de toute l'opération.

Les mentions obligatoires des statuts

Les statuts doivent obligatoirement mentionner : la dénomination sociale, l'objet social, le siège social, le montant du capital, les apports de chaque associé, la durée de la société (jusqu'à 99 ans, prorogeable) et les modalités de fonctionnement. C'est le socle minimum imposé par l'art. 1835 du Code civil.

Les clauses stratégiques à ne pas oublier

  • Clause d'agrément (art. 1861 C. civ.) : les nouveaux associés doivent être agréés par les associés existants (justifie la décote pour illiquidité).
  • Clause de préférence ou de rachat : en cas de cession, les autres associés ont un droit de priorité.
  • Désignation du gérant à vie (ou pour mandat long, par exemple 50 ans) : centralise la gestion et évite les blocages post-décès.
  • Majorités décisionnelles : éviter l'unanimité sur les décisions courantes (privilégier la majorité simple ou les 2/3) pour ne pas être bloqué par un héritier.
  • Continuation avec les héritiers (art. 1870 C. civ.) : préciser que la SCI continue avec les héritiers de l'associé décédé, ce qui évite la dissolution automatique.

Piège fréquent : les statuts trop génériques

Beaucoup de modèles gratuits en ligne reprennent les mentions obligatoires mais oublient les clauses stratégiques. Résultat : au décès d'un parent, un enfant peut bloquer toute décision parce que l'unanimité est requise. Investissez 800 à 2 000 € dans un notaire ou un avocat pour les statuts — sur une SCI qui restera active 30 à 50 ans, c'est mécaniquement l'euro le mieux placé du dossier.

Combien d'associés et quelle répartition ?

La SCI doit avoir au minimum 2 associés. Pour une SCI familiale de transmission, le schéma classique est : parents associés majoritaires (51 % à 99 % des parts) + enfants associés minoritaires (1 % à 49 %). On commence souvent à 99 % parents / 1 % enfants pour avoir une SCI déjà constituée avant les premières donations.

§ 04DONATION·3 MIN

Donation des parts et abattement 100 000 €

C'est le cœur de la mécanique. La donation de parts SCI suit exactement le même régime fiscal qu'une donation immobilière classique : un abattement selon le lien de parenté, un barème progressif par tranches, puis un rappel fiscal de 15 ans pour recommencer le cycle. Pour approfondir la mécanique, voir notre guide abattements donation 2026. Fondements : art. 777, 779 et 784 CGI.

Les abattements applicables (art. 779 et 790 CGI)

Tableau comparatif : Bénéficiaire — Abattement — Article CGI — Renouvelable — Premier cas : Enfant (ligne directe)
BénéficiaireAbattementArticle CGIRenouvelable
Enfant (ligne directe)100 000 €779-ITous les 15 ans
Petit-enfant31 865 €790 BTous les 15 ans
Don Sarkozy (sommes d'argent uniquement)31 865 €790 GTous les 15 ans (donateur < 80 ans)
Conjoint (donation)80 724 €790 ETous les 15 ans
Frère / sœur15 932 €779-IVTous les 15 ans
Neveu / nièce7 967 €779-VTous les 15 ans
Personne handicapée159 325 € (cumulable)779-IITous les 15 ans
Tiers / concubin1 594 €788-IVTous les 15 ans

Le formalisme obligatoire

La donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par un acte notarié (art. 931 C. civ.). Ce n'est pas un simple don manuel. Le notaire rédige l'acte, calcule les droits, déclare l'opération à l'administration fiscale et publie l'acte au Service de la publicité foncière si nécessaire (en cas de démembrement sur les parts d'une SCI détenant un immeuble).

Calcul des droits de donation : un exemple chiffré

Vous donnez 200 000 € de parts SCI à votre enfant (sans démembrement, donc en pleine propriété), première donation à ce bénéficiaire :

  • Valeur des parts données : 200 000 €
  • − Abattement art. 779-I CGI : 100 000 €
  • = Base taxable : 100 000 €
  • Application barème art. 777 CGI (ligne directe) :
  •   • 5 % jusqu'à 8 072 € → 403,60 €
  •   • 10 % de 8 072 à 12 109 € → 403,70 €
  •   • 15 % de 12 109 à 15 932 € → 573,45 €
  •   • 20 % de 15 932 à 100 000 € → 16 813,60 €
  • = Droits totaux : 18 194 €

Concrètement, pour 200 000 € transmis, vos enfants paient environ 18 194 € de droits, soit un taux effectif d'environ 9 %. Et si vous démembrez les parts (section suivante), ce chiffre tombe à zéro ou presque.

Hagnéré Patrimoine

Chiffrer l'économie de droits apportée par votre SCI familiale

Donation de parts avec ou sans démembrement, cycles de 15 ans, décote d'illiquidité : un CGP modélise ce que votre famille transmettrait dans chaque scénario.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 05DÉMEMBREMENT·3 MIN

Démembrement des parts (art. 669 CGI)

Le démembrement déforme l'assiette taxable de 40 à 60 % selon l'âge du donateur (barème art. 669 CGI) — c'est ce qui en fait le seul mécanisme qui peut neutraliser plusieurs centaines de milliers d'euros de droits sur une transmission familiale. Il consiste à séparer la pleine propriété en deux : la nue-propriété (NP, droit de disposer) et l'usufruit (US, droit d'utiliser et de percevoir les revenus).

Le mécanisme : donner la NP, conserver l'US

Vous donnez aux enfants la nue-propriété des parts SCI. Vous conservez l'usufruit votre vie durant, donc vous continuez à encaisser les loyers (via les distributions de la SCI) et à piloter la gérance. À votre décès, l'usufruit s'éteint et les enfants deviennent pleins propriétaires sans aucun droit supplémentaire (art. 1133 CGI : reconstitution gratuite).

Le barème de l'art. 669 CGI

La valeur de la nue-propriété est calculée selon le barème fiscal légal, qui dépend de l'âge de l'usufruitier (le donateur) :

Tableau comparatif : Âge de l'usufruitier — Valeur de la NP — Valeur de l'US — Premier cas : Moins de 21 ans
Âge de l'usufruitierValeur de la NPValeur de l'US
Moins de 21 ans10 %90 %
21 à 30 ans20 %80 %
31 à 40 ans30 %70 %
41 à 50 ans40 %60 %
51 à 60 ans50 %50 %
61 à 70 ans60 %40 %
71 à 80 ans70 %30 %
81 à 90 ans80 %20 %
91 ans et plus90 %10 %

Concrètement, plus vous démembrez tôt, moins vos enfants paient de droits. À 55 ans, vous ne donnez fiscalement que la moitié de la valeur. À 70 ans, vous en donnez 60 % — les 70 % ne s'appliquent qu'à partir de 71 ans révolus. C'est pour cette raison que je recommande à mes clients chez Hagnéré Patrimoine de déclencher la première donation démembrée entre 55 et 65 ans, surtout pour un dirigeant en phase de monétisation ou un couple de cadres bien installés.

Exemple chiffré : donation NP de parts SCI à 62 ans

  • Valeur des parts en pleine propriété : 300 000 €
  • Âge donateur : 62 ans → NP = 60 % (art. 669 CGI)
  • Base taxable : 300 000 × 60 % = 180 000 €
  • − Abattement 779-I : 100 000 €
  • = Reste taxable : 80 000 €
  • Droits (barème 777 ligne directe) : ≈ 14 200 €
  • vs. donation pleine propriété même valeur : ≈ 38 200 € de droits
  • Économie immédiate : 24 000 €

Concrètement, en démembrant, vous divisez la base taxable par environ 1,67 (à 62 ans) tout en conservant les revenus locatifs et la gérance. À votre décès, les enfants récupèrent la pleine propriété sans payer un centime de droits supplémentaires (reconstitution gratuite, art. 1133 CGI). C'est la mécanique de transmission la plus efficace du droit français.

Quand démembrer : le bon moment

Plus vous démembrez tôt, plus la NP est faible (donc moins taxable). À 50 ans, vous donnez la NP avec une valeur de 40 % du bien. À 65 ans, c'est 60 %. À 75 ans, 70 %. La règle d'or chez Hagnéré Patrimoine : faire la première donation démembrée entre 55 et 65 ans pour obtenir un compromis optimal entre valeur de la NP, durée d'utilisation de l'usufruit et renouvellement de l'abattement (1 ou 2 fois sur la durée de vie restante).

§ 06DÉCOTE·3 MIN

Décote 10-30 % (illiquidité + minorité)

Sur la valeur des parts SCI elles-mêmes (avant même d'appliquer le barème 669 et l'abattement), il est possible d'appliquer une décote justifiée par la nature spécifique des parts.

Les deux décotes admises par la jurisprudence

  • Décote pour illiquidité (10-20 %) : les parts de SCI ne sont pas cotées sur un marché. Leur revente est difficile, encore plus si les statuts contiennent une clause d'agrément. Cette illiquidité justifie une décote par rapport à la valeur du sous-jacent immobilier.
  • Décote pour minorité (10-20 %) : un associé minoritaire ne peut pas décider seul. Sa position lui donne moins de pouvoir, donc moins de valeur que la simple quote-part mathématique du capital.

Le cumul est multiplicatif (pas additif)

Attention : ces décotes ne s'additionnent pas arithmétiquement, elles se cumulent de manière multiplicative. C'est un point souvent mal compris :

  • Décote illiquidité : 15 %
  • Décote minorité : 12 %
  • Décote totale = 1 − [(1 − 0,15) × (1 − 0,12)]
  • = 1 − (0,85 × 0,88)
  • = 1 − 0,748
  • = 25,2 % (et non 27 %)

Concrètement, additionner les décotes est une erreur classique qui gonfle artificiellement le chiffre affiché dans l'acte. 15 % + 12 % ne font pas 27 %, ils font 25 %. Sur 500 000 € de parts, c'est 9 000 € d'écart à la base taxable — et de l'ordre de 1 800 € de droits de plus en cas de rectification par le fisc. Le bon réflexe : calcul multiplicatif dans l'acte, justifié par un rapport d'évaluation chiffré.

Le plafond raisonnable : 30-35 %

L'administration fiscale et la Cour de cassation reconnaissent les décotes dans des limites raisonnables. Le plafond généralement accepté tourne autour de 30 à 35 % de décote totale. Au-delà, vous risquez un redressement et un refus de la décote en cas de contrôle. Ma position chez Hagnéré Patrimoine : rester dans la fourchette 20-30 %, toujours documentée par un rapport d'évaluation chiffré (expert-comptable, notaire ou expert immobilier).

Documenter pour sécuriser

La décote n'est valable que si elle est justifiée par écrit. La pratique recommandée : faire établir un rapport d'évaluation par un expert (expert-comptable, notaire, expert immobilier indépendant) qui détaille les critères retenus (caractéristiques de la SCI, clauses statutaires, position minoritaire, comparables de marché). Sans ce rapport, la décote sera difficilement défendable en cas de contrôle.

L'empilement des optimisations

Cumulez les trois leviers et vous obtenez des résultats spectaculaires :

  • Bien immobilier : 500 000 €
  • − Décote SCI 25 % : 500 000 × 0,75 = 375 000 €
  • − Démembrement 60 % NP (donateur 65 ans) : 375 000 × 60 % = 225 000 €
  • − Abattement 100 000 € (enfant) : 125 000 €
  • = Base taxable : 125 000 €
  • Droits ≈ 23 700 €
  • vs. transmission directe au décès du même bien : ≈ 78 200 € de droits
  • Économie : 54 500 € sur cette seule donation

Concrètement, l'empilement décote + démembrement + abattement transforme 500 000 € de valeur brute en 125 000 € de base taxable — soit 75 % de base fiscale effacée. Et ce n'est qu'une seule donation : en recommençant 15 ans plus tard (abattement renouvelé, usufruit pris en valeur), vous faites glisser un second million d'euros dans le même tunnel. C'est cette mécanique qui explique pourquoi la SCI reste, dans l'arsenal patrimonial, l'outil de transmission le plus puissant à partir de 500 k€ de patrimoine immobilier.

§ 07vs ALT.·2 MIN

SCI vs alternatives (SARL famille, indivision, démembrement direct)

La SCI familiale n'est pas la seule solution. Selon votre projet, la SARL de famille ou même l'indivision peuvent être plus adaptées. Tableau comparatif sur 8 critères.

Tableau comparatif : Critère — SCI familiale — SARL de famille — Indivision — Premier cas : Activité possible
CritèreSCI familialeSARL de familleIndivision
Activité possibleCivile uniquement (location nue)Civile + commerciale (LMNP/LMP, achat-revente)Toute activité possible mais lourde
Régime fiscal par défautIR (transparent)IS (option IR sans limite, art. 239 bis AA)IR (transparence)
Responsabilité associésIndéfinie, proportionnelle aux parts (art. 1857 C. civ.)Limitée aux apportsIndéfinie, à proportion des droits indivis (art. 815-17 C. civ.)
Transmission progressiveExcellente (parts fractionnables)Excellente (parts fractionnables)Mauvaise (impose la donation du bien entier)
Décote possible10-30 % (illiquidité + minorité)10-25 %Non
Démembrement partsOui (barème 669 CGI)Oui (barème 669 CGI)Possible mais sur le bien entier
Coût création1 500-3 000 €1 500-3 000 €0 € (de plein droit)
Gestion au décèsContinue avec gérant + héritiersContinue avec gérant + héritiersIndivision = blocage fréquent

Concrètement, le choix se fait en une seule question : quelle activité y aura-t-il dans vos murs ?

  • Location nue (bail classique d'appartement ou de local professionnel) → SCI familiale à l'IR, c'est le standard.
  • Location meublée (LMNP, location saisonnière Airbnb, résidence services) → SARL de famille à l'IR obligatoire. Jamais de SCI — sinon bascule automatique à l'IS (art. 206-2 CGI), perte du régime des particuliers et transmission alourdie. Pour approfondir, voir notre guide LMNP ou LMP.
  • Indivision → à éviter sauf le temps de préparer la SCI. C'est la pire option pour la transmission et pour l'harmonie familiale (décisions à l'unanimité pour les actes de disposition). Pour comprendre les règles (droits des indivisaires, procédure 2/3, sortie amiable ou judiciaire), voir notre guide dédié à l'indivision successorale 2026.
§ 08CAS PRATIQUES·5 MIN

Quatre cas pratiques chiffrés

Quatre profils que je croise presque chaque mois chez Hagnéré Patrimoine. Prénoms et détails modifiés, logique identique. Tous les chiffres sont vérifiables.

Cas 1 — Couple marié, 2 enfants, locatif 500 000 €

Pierre, 58 ans, DRH à Annecy, et Catherine, 56 ans, professeure, possèdent un immeuble locatif en centre-ville acheté 200 000 € il y a 25 ans, qui en vaut aujourd'hui 500 000 €. Deux enfants : Léa (28 ans) qui termine sa médecine à Lyon, et Tom (25 ans) ingénieur à Grenoble. Depuis que Pierre a perdu son père l'an dernier, sur une succession douloureuse étalée sur trois mois, une obsession : que Léa et Tom n'aient jamais à subir la même chose.

Stratégie recommandée :

  1. Création d'une SCI familiale à l'IR avec apport de l'immeuble (coût ~3 000 € + frais d'apport).
  2. Donation-partage des parts en nue-propriété démembrée aux 2 enfants à parts égales. Pierre 58 ans → NP = 50 %, Catherine 56 ans → NP = 50 %.
  3. Application d'une décote de 20 % (illiquidité + minorité, cumul multiplicatif).
  • Valeur immeuble = valeur SCI : 500 000 €
  • − Décote 20 % : 400 000 €
  • − Démembrement NP 50 % (Pierre et Catherine tous deux dans la tranche 51-60 ans, art. 669 CGI) : 200 000 €
  • Pour 2 enfants : 100 000 € par enfant
  • Pour 2 parents : abattement 100 000 € chacun → 100 000 € d'abattement par enfant
  • = Base taxable par enfant : 0 €
  • Droits totaux : 0 €

Résultat : Pierre et Catherine transmettent un immeuble de 500 000 € sans payer un centime de droits, en conservant les loyers. À leur décès, Léa et Tom récupèrent la pleine propriété sans droits supplémentaires (art. 1133 CGI). Sans cette stratégie, si le même immeuble était transmis au décès des deux parents, chaque enfant recevrait 125 000 € de chaque parent, soit 25 000 € taxables après abattement : les droits s'élèveraient à environ 12 800 € au total — davantage, bien entendu, si les abattements ont déjà été consommés par le reste du patrimoine.

Cas 2 — Parent seul, 3 enfants, patrimoine 1 200 000 €

Hélène, 67 ans, ancienne pharmacienne à Chambéry, veuve depuis trois ans. Son mari Pierre est parti d'un cancer foudroyant sans qu'ils aient eu le temps d'anticiper : 87 000 € de droits payés en catastrophe. Patrimoine immobilier restant : RP (Résidence Principale) 500 000 € + résidence secondaire 400 000 € + appartement locatif 300 000 €. Trois enfants (Camille, Antoine, Léo, tous installés). Objectif : transmettre la résidence secondaire et le locatif (700 000 € ensemble) sans faire revivre à ses enfants ce qu'elle a vécu, tout en sécurisant sa RP qu'elle occupe toujours.

Stratégie recommandée :

  1. Création d'une SCI familiale à l'IR avec apport de la résidence secondaire et du locatif (700 000 €). Pas la RP (Résidence Principale) — sinon perte de l'exonération de plus-value à la revente et imposition IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) désavantageuse.
  2. Donation-partage des parts en NP démembrée aux 3 enfants à parts égales. Hélène 67 ans → NP = 60 %.
  3. Décote ≈ 25 % (illiquidité 15 % et minorité 12 %, cumul multiplicatif : 1 − 0,85 × 0,88 = 25,2 %).
  4. Première donation maintenant, deuxième dans 15 ans (à 82 ans).
  • Valeur SCI : 700 000 €
  • − Décote 25 % : 525 000 €
  • − Démembrement NP 60 % : 315 000 €
  • Pour 3 enfants : 105 000 € par enfant
  • − Abattement 100 000 € par enfant : 5 000 €
  • Droits par enfant : ≈ 250 € (5 000 × 5 %)
  • Droits totaux : ≈ 750 €

Résultat : Hélène transmet 700 000 € de patrimoine pour 750 € de droits. Si elle vit jusqu'à 85 ans, elle pourra refaire une seconde donation à 82 ans après renouvellement de l'abattement (transmission de la part usufruit progressivement, ou deuxième tranche si patrimoine grandit). Sans la SCI, si ces 700 000 € étaient transmis au décès aux trois enfants, chacun recevrait 233 333 € et acquitterait environ 24 900 € de droits, soit ≈ 74 600 € au total.

Cas 3 — Famille recomposée, 1 enfant de 1re union + 2 communs, patrimoine 1 M€

Marc, 60 ans, dirigeant d'une PME d'usinage dans la vallée de l'Arve, et Sophie, 58 ans, architecte d'intérieur, mariés en secondes noces depuis 12 ans. Julien (32 ans, fils de Marc d'une première union) a mis trois ans à accepter Sophie. Emma (10 ans) et Hugo (8 ans) sont nés depuis. Patrimoine commun : appartement locatif 600 000 € + résidence secondaire 400 000 € (ensemble 1 M€). L'enjeu que Marc nous expose en premier rendez-vous : le jour de son décès, Julien ne doit pas se sentir floué face à Emma et Hugo. C'est ce qui l'a décidé à appeler Hagnéré Patrimoine.

Stratégie recommandée :

  1. Création d'une SCI familiale à l'IR avec apport des deux biens (1 M€).
  2. Donation-partage CONJONCTIVE (art. 1076-1 C. civ.) : dans un seul acte, Marc et Sophie partagent les parts entre les 3 enfants. Attention à la subtilité fiscale : la donation-partage conjonctive permet d'inclure Julien dans l'acte (enfant d'un seul des époux, art. 1076-1), mais fiscalement, chaque parent est réputé donner à SES propres enfants. Sophie, qui n'est pas la mère de Julien, ne peut lui donner qu'en ligne étrangère (60 % après abattement de 1 594 €). Pour éviter cette taxation, on construit l'acte de façon à ce que Marc donne seul à Julien (sur ses parts propres ou sa moitié de communauté), et Sophie donne plus largement à Emma et Hugo pour rééquilibrer.
  3. Donation en nue-propriété démembrée. Marc et Sophie sont tous deux dans la tranche 51-60 ans → NP = 50 %.
  4. Décote ≈ 22 % (cumul multiplicatif illiquidité + minorité, justifiée par rapport d'évaluation).
  5. Répartition équitable : 1/3 par enfant des parts données, gel des valeurs au jour de l'acte (art. 1078 C. civ., sous condition que tous les héritiers réservataires aient reçu un lot et l'aient expressément accepté).
  • Valeur SCI : 1 000 000 €
  • − Décote 22 % : 780 000 €
  • − Démembrement NP 50 % : 390 000 €
  • 1/3 par enfant : 130 000 € par enfant (en NP)
  • − Abattements utilisés (selon filiation réelle, art. 779-I CGI) :
  •   • Julien (fils de Marc) : donation par Marc seul → abattement 100 000 € → reste 30 000 € taxables
  •   • Emma (enfant commun) : 2 × 100 000 € → 0 € taxable
  •   • Hugo (enfant commun) : 2 × 100 000 € → 0 € taxable
  • Droits Julien (barème progressif ligne directe 2026) : 8 072 × 5 % + 4 037 × 10 % + 3 823 × 15 % + 14 068 × 20 % ≈ 4 194 €
  • Droits totaux : ≈ 4 200 € (vs ≈ 34 600 € au plus si la moitié de Marc, soit 500 000 €, revenait à ses trois enfants à son décès, sans donation préalable)

Concrètement, 1 M€ transmis pour 4 200 € de droits, soit une économie de l'ordre de 30 400 € par rapport à la transmission de la seule moitié de Marc à son décès, sans préparation. Plus important encore : le jour du décès de Marc, Julien ne pourra pas reprocher à Emma et Hugo d'être favorisés — le partage est gravé dans l'acte au jour de la donation, avec le gel des valeurs (art. 1078 C. civ.). Marc et Sophie continuent d'encaisser les loyers locatifs grâce à leur usufruit, et la gérance reste pilotée par Marc.

Cas 4 — Grands-parents, saut de génération vers les petits-enfants, patrimoine 2 M€

François, 72 ans, ancien chef d'entreprise, et Marie-Claire, 70 ans, ont deux enfants déjà bien installés (dirigeants, 45 et 42 ans) et cinq petits-enfants majeurs. Patrimoine immobilier : deux immeubles locatifs (1,4 M€) + une résidence secondaire sur la Côte d'Azur (600 k€), soit 2 M€ au total. Ils viennent nous voir chez Hagnéré Patrimoine avec une idée claire : sauter une génération pour aider directement les petits-enfants (achat de RP, lancement pro) sans alourdir la succession de leurs enfants déjà patrimoniaux.

Stratégie recommandée :

  1. Création d'une SCI familiale à l'IR avec apport des deux immeubles locatifs (1,4 M€). La résidence secondaire reste hors SCI pour conserver sa souplesse d'usage personnel.
  2. Donation-partage transgénérationnelle (art. 1078-4 à 1078-10 C. civ.) avec accord explicite des deux enfants, qui renoncent partiellement à leur réserve au profit de leurs propres enfants (leurs descendants).
  3. Donation en nue-propriété démembrée. François, 72 ans → NP = 70 % ; Marie-Claire, 70 ans → NP = 60 %, car elle relève encore de la tranche « moins de 71 ans révolus » de l'art. 669 CGI. Soit 65 % en moyenne sur l'ensemble des parts données.
  4. Décote ≈ 20 % (minorité prédominante : 5 petits-enfants minoritaires chacun à 20 %).
  5. Abattement art. 790 B CGI : 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant, soit 63 730 € par petit-enfant. Le don familial de l'art. 790 G CGI ne s'y ajoute pas ici : il est réservé aux dons de sommes d'argent consentis en pleine propriété et ne peut pas s'imputer sur une donation de parts sociales.
  • Valeur SCI (immeubles locatifs) : 1 400 000 €
  • − Décote 20 % : 1 120 000 €
  • − Démembrement : NP 70 % sur la moitié de François (392 000 €) et NP 60 % sur la moitié de Marie-Claire (336 000 €), soit 728 000 €
  • Pour 5 petits-enfants : 145 600 € chacun
  • − Abattement art. 790 B CGI (31 865 € par grand-parent et par petit-enfant) : 31 865 × 2 = 63 730 € par petit-enfant
  • = Base taxable par petit-enfant : 81 870 €
  • Droits par petit-enfant (barème 777 ligne directe, liquidé donateur par donateur : 7 501 € côté François et 5 261 € côté Marie-Claire) : ≈ 12 800 €
  • Pour les 5 petits-enfants : ≈ 64 000 € au total
  • Droits totaux : ≈ 64 000 € (vs ≈ 340 000 € au décès via les 2 enfants puis 5 petits-enfants, soit deux passages successoraux)

Concrètement, 1,4 M€ transmis directement aux petits-enfants pour environ 64 000 € de droits, soit une économie de l'ordre de 275 000 € par rapport à un double passage successoral classique (grands-parents → enfants → petits-enfants). Bénéfice additionnel : les deux enfants n'ajoutent pas ce patrimoine à leur propre assiette IFI future. Les petits-enfants reçoivent un capital productif qui peut financer leur RP ou leur projet pro — exactement l'objectif de François et Marie-Claire. L'usufruit conservé par les grands-parents continue de leur verser les loyers jusqu'à leur décès, puis reconstitution gratuite au profit des petits-enfants (art. 1133 CGI).

Hagnéré Patrimoine

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§ 09PIÈGES·4 MIN

Onze pièges à éviter

  1. La fictivité de la SCI (contrôles en hausse). Pas de comptabilité, pas d'assemblée générale, loyers encaissés sur un compte personnel : l'administration fiscale peut requalifier la SCI en société fictive (art. L. 64 LPF) et appliquer la procédure d'abus de droit. Les cabinets de notariat rapportent une hausse sensible des contrôles depuis 2023, avec des redressements moyens à six chiffres (droits de mutation recalculés sur les biens sous-jacents + intérêts + majorations 40 à 80 %). Checklist minimale de vie sociale : compte bancaire dédié, PV (procès-verbal) d'AG (Assemblée Générale) annuelle dans les 6 mois de clôture, déclaration 2072 déposée chaque année (même sans loyer), CCA (Compte Courant d'Associé) du gérant jamais débiteur durablement, loyers facturés et encaissés directement par la SCI.
  2. La responsabilité illimitée mal anticipée. L'art. 1857 C. civ. engage le patrimoine personnel des associés, proportionnellement à leurs parts. Cas concret vu chez Hagnéré Patrimoine : un immeuble locatif en SCI endommage une voiture stationnée (chute de corniche). Assurance multirisques mal souscrite, 180 000 € à la charge des 3 associés. Un des enfants, étudiant, n'a pas les fonds : la responsabilité de l'art. 1857 n'étant pas solidaire, les créanciers ne peuvent pas réclamer aux parents la part de dette qui pèse sur lui — ils doivent la poursuivre contre lui seul, sur son propre patrimoine et ses revenus à venir. Règles d'or : 1) Assurance PNO (Propriétaire Non Occupant) correctement dimensionnée, 2) Pas d'emprunt disproportionné (LTV < 70 %), 3) Pour les gros financements, négociez une clause de limitation des recours à la SCI contre une garantie hypothécaire.
  3. Des statuts mal rédigés. Modèle gratuit générique = blocages au décès. Investissez 800-2 000 € dans un notaire ou avocat pour les clauses stratégiques (agrément, gérance, majorités, continuation héritiers).
  4. Penser que le Pacte Dutreil s'applique. Erreur fréquente : le Dutreil (art. 787 B CGI) exclut les sociétés à activité civile patrimoniale, donc la SCI familiale d'immobilier locatif. Vous ne bénéficiez pas de l'abattement de 75 %. Pour le Dutreil, il faut une activité opérationnelle (commerciale, industrielle, artisanale, agricole, libérale). Coût d'opportunité pour un patrimoine d'exploitation de 2 M€ : plusieurs centaines de milliers d'euros de droits en plus par rapport à un Dutreil bien monté. Si vous détenez à la fois des biens locatifs ET une société opérationnelle, séparez-les : SCI d'un côté, holding Dutreil de l'autre. Voir notre guide Pacte Dutreil 2026.
  5. Le quasi-usufruit non documenté. Si la SCI distribue des dividendes pris sur les réserves à l'usufruitier, la créance de restitution due à votre décès est désormais non déductible du passif successoral (art. 774 bis CGI, LF 2024). Sur le mécanisme civil du quasi-usufruit portant sur les sommes distribuées par une SCI démembrée, voir Cass. 3e civ. 19 sept. 2024 n° 22-18.687, qui n'est pas une décision fiscale. Conséquence : vos nus-propriétaires paient des droits sur une somme qui aurait dû leur revenir. Parade : évitez les distributions sur réserves, conservez les loyers de l'année uniquement, documentez par convention de quasi-usufruit notariée. Voir notre guide quasi-usufruit 2026.
  6. La donation déguisée. Vendre un bien à la SCI à un prix inférieur à la valeur de marché, ou faire un prêt jamais remboursé, ou encaisser le loyer sur un compte perso : l'administration peut requalifier en donation et taxer rétroactivement. Coût constaté en redressement : droits de mutation (20 % en ligne directe) + intérêts de retard au taux de 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an (art. 1727 CGI) + majoration de 40 à 80 % selon le manquement. Sur un bien « bradé » de 300 000 €, la note monte vite à 90 000 à 120 000 €. Règle : tout doit être documenté à la valeur de marché par un rapport d'évaluation (notaire ou expert immobilier), y compris entre membres de la famille.
  7. L'IFI mal calculé depuis la LF 2024. Les dettes de la SCI qui ne sont pas liées aux biens taxables à l'IFI ne sont plus déductibles (art. 973 IV CGI, nouveau). Recalculez votre IFI avec la nouvelle règle et consultez notre guide dédié SCI et IFI 2026.
  8. Faire de la location meublée en SCI à l'IR. Dès que les recettes tirées du meublé dépassent 10 % des recettes totales hors taxes de la société — seuil de tolérance admis par la doctrine administrative —, l'activité devient commerciale et la SCI est soumise de plein droit à l'IS (art. 206-2 CGI), sans retour possible à l'IR tant que cette activité perdure. Conséquences : perte du régime des plus-values des particuliers (exonération à 22/30 ans supprimée), double imposition à la distribution, valorisation sans déduction de l'IS latent à la transmission. Sur un patrimoine amorti de 500 k€, le surcoût peut atteindre 80 000 à 150 000 € à la revente ou à la transmission. Solution : pour le LMNP ou le LMP, créez une SARL de famille avec option à l'IR (art. 239 bis AA CGI).
  9. Le Compte Courant d'Associé (CCA) non remboursé au décès. Les parents financent l'acquisition via la SCI en inscrivant leur apport en CCA plutôt qu'en capital. Au décès, si ce CCA n'est pas réclamé ou si les héritiers bénéficient d'une remise de dette tacite, le fisc peut requalifier en donation déguisée taxable aux droits de mutation (jusqu'à 60 % en ligne collatérale). Bonne pratique : reconnaissance de dette datée avec intérêts, PV d'AG annuel actant le solde du CCA, inscription au passif successoral au décès.
  10. Loger la résidence principale dans une SCI avec démembrement. Une SCI à l'IR qui loge la résidence principale des associés conserve l'exonération de plus-value lors de la revente (art. 150 U II-1° CGI), mais uniquement pour la fraction correspondant aux associés qui y résident effectivement. Si vous avez donné la nue-propriété des parts à vos enfants, la fraction correspondant à leur nue-propriété peut perdre le bénéfice de l'exonération. En SCI à l'IS, l'exonération RP est intégralement perdue et la revente déclenche une plus-value professionnelle (IS + flat tax sur dividende de liquidation). Règle pratique : ne logez la RP en SCI que si vous êtes prêt à assumer ce coût à la revente.
  11. Croire que l'impôt latent est déductible à la transmission en SCI à l'IS. La valorisation des parts de SCI à l'IS à la transmission se fait à leur valeur vénale réelle (art. 758 CGI). L'administration fiscale refuse de déduire l'IS latent attaché aux plus-values immobilières internes, même quand l'immeuble est amorti à 80 %. Exemple chiffré : immeuble acheté 500 000 € il y a 20 ans, amorti à 300 000 €, valeur de marché actuelle 900 000 €. La PV latente est de 700 000 €, l'IS latent d'environ 175 000 €. Mais à la transmission, vous ne pouvez PAS le déduire. Les héritiers sont donc taxés sur 900 000 € alors que la « vraie » valeur nette après IS serait de 725 000 €. Surcoût : jusqu'à 60 000 € de droits en plus. C'est l'une des raisons pour lesquelles la SCI à l'IR reste le standard pour la transmission patrimoniale chez Hagnéré Patrimoine.
§ 10PV PARTS·3 MIN

Fiscalité de la plus-value sur cession de parts

La SCI à l'IR est par défaut transparente fiscalement : chaque associé déclare sa quote-part de revenus fonciers (case 4BA ou 4BB de la déclaration 2042). Pas d'imposition au niveau de la SCI, mais imposition chez chaque associé selon son TMI (taux marginal d'imposition).

Plus-value en cas de cession de parts SCI

Si vous vendez vos parts SCI (à un tiers ou à un autre associé), vous êtes soumis au régime des plus-values immobilières des particuliers (art. 150 U CGI) :

Tableau comparatif : Élément — Taux — Détail — Premier cas : Impôt sur le revenu (IR)
ÉlémentTauxDétail
Impôt sur le revenu (IR)19 %Sur la plus-value
Prélèvements sociaux (PS)17,2 %Sur la plus-value
Total36,2 %Avant abattements pour durée
Abattement IR pour durée6 % par an au-delà de 5 ansExonération totale à 22 ans
Abattement PS pour durée1,65 % par an au-delà de 5 ansExonération totale à 30 ans
Surtaxe sur PV > 50 000 €2 % à 6 %À partir de 50 001 € de PV nette ; le taux de 6 % s'applique au-delà de 260 000 €

Concrètement : si vous achetez ou apportez un bien dans une SCI puis vendez vos parts 22 ans plus tard, vous êtes exonéré d'IR (mais pas encore de PS, qui demandent 30 ans). Attention : la durée de détention se compte à partir de l'acquisition des PARTS (et donc, si vous apportez un bien que vous déteniez depuis 30 ans, la durée recommence à zéro le jour de l'apport — c'est un piège connu).

Pourquoi Hagnéré Patrimoine privilégie l'IR pour la transmission familiale

Chez Hagnéré Patrimoine, je recommande presque toujours la SCI à l'IR pour la transmission familiale long terme, pour trois raisons :

  • Exonération PV à terme (22/30 ans) : la SCI IS, elle, taxe la plus-value au taux de l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà) sans abattement durée. Sortie beaucoup plus coûteuse.
  • Pas de double imposition à la distribution : en IR, pas de dividende. En IS, dividende imposé au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique, la « flat tax » à 31,4 %) ou option barème à chaque distribution.
  • Démembrement plus simple : régime fiscal des particuliers homogène entre détention directe et SCI IR.

Pour approfondir, consultez notre guide SCI à l'IR vs SCI à l'IS.

LFSS 2026 : les prélèvements sociaux de la SCI à l'IR restent à 17,2 %

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a porté la CSG de 9,2 à 10,6 % pour certains revenus du capital, faisant passer les prélèvements sociaux de 17,2 à 18,6 %. Bonne nouvelle : les revenus fonciers et les plus-values immobilières en sont explicitement exclus (art. L. 136-8 IV CSS). Une SCI à l'IR conserve donc 17,2 % de PS sur les revenus fonciers et les plus-values de cession de parts. En revanche, les dividendes d'une SCI à l'IS relèvent des revenus mobiliers et passent bien à 18,6 %.

LF 2025 art. 71 : abattement temporaire 100 000 € pour don familial (art. 790 A bis CGI)

La loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 71) a réactivé l'abattement temporaire de 100 000 € par donateur et par donataire (plafond cumulé 300 000 € par donataire) pour les dons familiaux de sommes d'argent effectués du 15 février 2025 au 31 décembre 2026, affectés à l'acquisition ou la construction d'une résidence principale neuve / VEFA (Vente en l'État Futur d'Achèvement), ou à des travaux de rénovation énergétique (art. 790 A bis CGI).

Ce dispositif s'ajoute aux abattements classiques (100 000 € par parent / par enfant tous les 15 ans, art. 779-I CGI). Il peut financer un apport utilisé ensuite pour libérer le capital d'une SCI familiale neuve ou acquérir un bien qui sera ultérieurement apporté. Délai serré : à activer avant le 31 décembre 2026.

§ 11CONCLUSION·2 MIN

Conclusion : checklist et 3 actions à 30 jours

La SCI familiale, bien montée et bien gérée, peut diviser par 3 à 5 la facture successorale sur un patrimoine immobilier à 1 M€ — à condition d'être articulée avec les autres outils : testament ou donation, AV (assurance-vie), démembrement direct. Le réflexe à avoir : penser SCI + démembrement + donation-partage, pas l'un sans les autres. C'est ce type de stratégie intégrée que nous construisons chez Hagnéré Patrimoine pour les familles que nous accompagnons.

Les 3 actions à engager dans les 30 jours

  1. Faites l'inventaire de vos biens immobiliers (valeur, dette, situation locative) et de votre situation familiale (conjoint, enfants, petits-enfants, famille recomposée).
  2. Consultez un CGP et un notaire pour déterminer si la SCI est adaptée à votre situation et construire la stratégie de transmission (statuts, démembrement, donation-partage, calendrier sur 15-30 ans). Le bilan est gratuit.
  3. Si vous avez déjà une SCI, faites vérifier vos statuts (clauses stratégiques absentes ?), votre comptabilité (à jour ?), vos AG (PV bien tenus ?). Une SCI fictive non corrigée se paie cher au contrôle.

Rappel fiscal : les abattements se renouvellent tous les 15 ans. Plus vous démembrez tôt, plus la NP est faible (donc moins taxable). Le temps est le meilleur allié de la stratégie SCI familiale — et le pire ennemi de ceux qui attendent.

Méthode documentée

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§ 12GLOSSAIRE·2 MIN

Glossaire — 14 notions clés SCI familiale

Tous les sigles et notions techniques mentionnés dans ce guide, en clair. À garder sous la main avant un rendez-vous notaire ou un bilan patrimonial.

Tableau comparatif : Notion — Définition synthétique — Premier cas : SCI
NotionDéfinition synthétique
SCISociété Civile Immobilière, régie par les art. 1845 à 1870 C. civ. + dispositions spéciales 1832 et suivants. Objet civil (gestion patrimoniale immobilière), à l'IR par défaut, ouverte aux personnes physiques et morales.
Art. 1857 C. civ.Responsabilité indéfinie proportionnelle (NON solidaire) des associés. Si la SCI ne peut payer, les créanciers peuvent saisir le patrimoine personnel des associés à hauteur de leurs parts. Subsidiaire (épuisement préalable des recours contre la SCI).
Art. 779-I CGIAbattement de 100 000 € par parent et par enfant en ligne directe, applicable aux donations comme aux successions. Renouvelable tous les 15 ans (art. 784 CGI rappel fiscal).
Art. 669 CGIBarème de démembrement par tranches d'âge de l'usufruitier. NP = 10 % avant 21 ans, 20 % à 21-30 ans, 30 % à 31-40 ans, 40 % à 41-50 ans, 50 % à 51-60 ans, 60 % à 61-70 ans, 70 % à 71-80 ans, 80 % à 81-90 ans, 90 % au-delà.
Décote illiquiditéRéduction de valorisation pour difficulté de cession des parts (clause d'agrément, marché secondaire inexistant). Typiquement 10 à 20 %. Doit être justifiée par un rapport d'évaluation.
Décote minoritéRéduction de valorisation pour absence de pouvoir décisionnel d'un associé minoritaire. Typiquement 10 à 20 %. Cumul MULTIPLICATIF avec la décote illiquidité (et non additif).
Donation-partageActe notarié qui répartit définitivement les biens entre héritiers réservataires. Particularité majeure : gel des valeurs au jour de l'acte (art. 1078 C. civ.) — exclu du rapport successoral (Cass. 02/10/2024 n° 22-19.672).
Donation-partage conjonctiveDonation-partage faite ensemble par les deux conjoints (art. 1076-1 C. civ.) qui allotissent enfants communs ET enfants d'une première union dans un seul acte. Outil clé pour les familles recomposées.
Donation-partage transgénérationnelleDonation-partage qui saute une génération (art. 1078-4 à 1078-10 C. civ.) en donnant directement aux petits-enfants avec accord du parent intermédiaire.
Quasi-usufruitUsufruit portant sur des biens consomptibles (typiquement des sommes d'argent, dividendes prélevés sur réserves). L'usufruitier devient propriétaire et doit restituer une valeur équivalente. Art. 587 C. civ.
Art. 774 bis CGIDisposition LF 2024 (en vigueur depuis le 31/12/2023) : les créances de restitution de quasi-usufruit sur sommes d'argent ne sont plus déductibles de l'actif successoral, sauf prix de vente d'un bien ou usufruit du conjoint art. 757/1094-1 C. civ.
Art. 973 IV CGIDisposition LF 2024 : anti-abus IFI sur les dettes contractées par une SCI qui ne sont pas liées aux biens taxables à l'IFI (ex : emprunt pour distribution de dividendes ou acquisition d'actions). Ces dettes ne sont plus déductibles de la valeur des parts.
Art. 1133 CGIReconstitution gratuite de la pleine propriété au décès de l'usufruitier : le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans aucun droit supplémentaire. Pilier de la stratégie de démembrement.
SARL de familleAlternative à la SCI pour la location meublée : option à l'IR illimitée dans le temps (art. 239 bis AA CGI), responsabilité limitée aux apports, transmission par parts. À privilégier dès lors que la location est meublée (LMNP, saisonnière, services).

Sources & références : C. civ. art. 1845-1870 (régime SCI), 1857 (responsabilité), 1844-7 (dissolution), 1870 (continuation héritiers), 1076-1 (donation-partage conjonctive), 1078 (gel des valeurs), 1078-4 à 1078-10 (transgénérationnelle), 931 (forme authentique), 587 (quasi-usufruit). CGI art. 669 / 779-I / 784 / 790 / 790 B / 790 G / 790 A bis / 150 U / 206-2 / 239 bis AA / 774 bis / 973 IV / 1133. BOFiP BOI-ENR-DMTG-20, BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 (26/09/2024 — quasi-usufruit), BOI-PAT-IFI-20-20-30 et 20-30-30, BOI-RFPI-PVI-20-20. Jurisprudence : Cass. 1re civ. 02/10/2024 n° 22-19.672 ; Cass. 3e civ. 19/09/2024 n° 22-18.687 ; CE 08/02/2019 ; Cons. const. QPC 2019-820 du 17/01/2020. Lois : LF 2024 (loi 2023-1322 du 29/12/2023, créations art. 774 bis et 973 IV) ; LF 2025 (790 A bis) ; LF 2026 (Dutreil 2+6=8 ans) ; LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025, PS 17,2 % maintenu sur revenus fonciers et plus-values immobilières des SCI à l'IR).

Hagnéré Patrimoine — Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Article rédigé selon la loi de finances 2026 et la jurisprudence 2024-2025 en vigueur au 7 mai 2026. Ce guide est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour votre situation, consultez un CGP et un notaire.

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Sources et références légales

  • Code civil

    Art. 1845 à 1870 (régime général SCI). Art. 1857 (responsabilité indéfinie proportionnelle des associés, NON solidaire). Art. 1844-7 (causes de dissolution). Art. 1870 (continuation avec les héritiers). Art. 1076-1 (donation-partage conjonctive). Art. 1078 (gel des valeurs en donation-partage). La reconstitution gratuite de la pleine propriété au décès de l'usufruitier relève, elle, de l'art. 1133 du CGI, et non du Code civil.

  • Code général des impôts

    Art. 779-I (abattement 100 000 € ligne directe). Art. 784 (rappel fiscal 15 ans). Art. 669 (barème démembrement par tranches d'âge). Art. 790 (réduction 50 % donation PP avant 70 ans). Art. 790 B (petits-enfants 31 865 €). Art. 790 G (don Sarkozy). Art. 790 A bis (LF 2025, 100 000 € jusqu'au 31/12/2026). Art. 150 U (PV immobilière, abattements 22/30 ans). Art. 206-2 (passage automatique à l'IS si activité commerciale). Art. 239 bis AA (option IR SARL de famille). Art. 973 IV (anti-abus IFI dettes SCI, LF 2024). Art. 774 bis (LF 2024, créances de quasi-usufruit non déductibles).

  • BOFiP & doctrine

    BOI-ENR-DMTG-20-20-20 (donations, abattements et taux). BOI-PAT-IFI-20-30-30 (décotes IFI sur parts SCI : illiquidité + minorité, cumul multiplicatif, plafond 30-35 %). BOI-RFPI-PVI (plus-values immobilières). Conseil d'État 08/02/2019 (validation SCI + démembrement avec intérêt patrimonial réel). Conseil constitutionnel QPC 2019-820 du 17/01/2020 (exclusion abattement RP IFI pour SCI).

  • Jurisprudence 2024-2025

    Cass. 1re civ. 02/10/2024 n° 22-19.672 (biens donnés par donation-partage exclus du rapport successoral). Cass. 3e civ. 19/09/2024 n° 22-18.687 (quasi-usufruit sur les sommes distribuées par une SCI démembrée). Cass. 1re civ. 06/03/2013 n° 11-21.892, publié au Bulletin (il n'y a de donation-partage que si l'ascendant procède à une répartition matérielle de ses biens : l'acte qui n'attribue que des droits indivis dégénère en donation ordinaire). Cass. 1re civ. 10/12/2025 n° 23-19.975 (indignité successorale et DDV).

  • Code de la sécurité sociale

    Art. L. 136-7 et L. 136-8 (PS sur revenus du capital). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) : PS 17,2 % maintenu sur les revenus fonciers (loyers SCI à l'IR à prépondérance immobilière) et plus-values immobilières privées (cession parts SCI à l'IR) ; hausse à 18,6 % sur les revenus mobiliers (dividendes SCI à l'IS, plus-values mobilières cession parts SCI à l'IS). PFU dividendes SCI à l'IS = 31,4 % en 2026.

  • Lois 2024-2026

    LF 2024 (loi 2023-1322 du 29/12/2023) : création de l'art. 774 bis CGI (créances de restitution sur quasi-usufruit non déductibles) et de l'art. 973 IV CGI (anti-abus IFI dettes SCI). LF 2025 (loi 2025-127 du 14/02/2025) : art. 71 — abattement temporaire 100 000 € (790 A bis) jusqu'au 31/12/2026. LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026) : engagement individuel Dutreil porté de 4 à 6 ans (transmissions à compter du 21/02/2026). Arrêté du 25/02/2026 ECOC2604872A : barème émoluments notaires.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé ni un acte de conseil juridique. La création d'une SCI familiale et la transmission de ses parts dépendent de votre régime matrimonial, votre patrimoine, votre situation familiale (mariage, PACS, enfants, beaux-enfants) et votre fiscalité. La SCI engage la responsabilité indéfinie proportionnelle des associés (art. 1857 C. civ.). Les 4 cas pratiques chiffrés sont des personas entièrement fictifs et toute ressemblance avec des personnes réelles serait fortuite. Pour votre situation, consultez un conseiller en gestion de patrimoine (CIF inscrit à l'ORIAS) et un notaire avant la création des statuts ou toute donation. Hagnéré Patrimoine — Conseil en Gestion de Patrimoine immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine).

Foire aux questions

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Principe et création, transmission et abattements, fiscalité, pièges et cas particuliers, stratégies par configuration familiale. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • La SCI familiale transforme un bien immobilier indivisible en parts sociales fractionnables, que vous donnez ensuite progressivement à vos enfants en utilisant l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (art. 779-I et 784 CGI). À cela s'ajoutent une décote possible de 10 à 30 % (illiquidité et minorité, cumul multiplicatif) et un démembrement qui réduit l'assiette taxable selon le barème de l'art. 669 CGI. Résultat : un patrimoine de 800 000 € peut être transmis sans aucun droit à 2 enfants en 15 ans, alors qu'au décès les mêmes biens auraient généré environ 100 000 € de droits.