Structurez votre assurance-vie luxembourgeoise avec un expert
Triangle de sécurité, fonds dédiés, fiscalité internationale, architecture ouverte : nous vous aidons à choisir le bon cadre luxembourgeois selon votre patrimoine et votre mobilité.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.
Sommaire
- 1. Pourquoi loger des actions internationales dans une AVL ?
- 2. Fonds, ETF ou titres vifs : les trois portes d'entrée
- 3. FID ou FAS : où logent les actions internationales ?
- 4. L'architecture ouverte est-elle plus large qu'en France ?
- 5. Diversifier par zones : US, Europe, émergents, Asie
- 6. Fiscalité de l'enveloppe : les dividendes capitalisent
- 7. La retenue à la source étrangère, ce coût caché
- 8. Le risque de change : couvert ou non ?
- 9. Cas chiffré : Sofia, cheffe d'entreprise
- 10. Cas chiffré : Malik et Awa, expatriés à Dubaï
- 11. Les erreurs classiques à éviter
Publié le 1er juin 2026 · Rédigé par Quentin Hagnéré, CGP (ORIAS 23002291 — CIF, COA, COBSP) · Temps de lecture : 12 min
Oui, vous pouvez détenir des actions internationales en direct — tech américaine, luxe européen, croissance indienne, semi-conducteurs asiatiques — dans une assurance-vie luxembourgeoise, et laisser les dividendes se réinvestir sans impôt annuel. Là où un contrat français vous enferme dans un catalogue d'unités de compte, le Luxembourg ouvre le monde dès 250 000 € en titres vifs. C'est l'une des demandes qui reviennent le plus souvent quand un dirigeant vient nous voir après une cession.
La vraie différence tient en deux mots : architecture ouverte. Via un fonds interne dédié (FID) ou un fonds d'assurance spécialisé (FAS), vous pouvez détenir des ETF mondiaux, des fonds non référencés, mais aussi des titres vifs — des actions en direct. Le tout dans une enveloppe où, tant que vous ne retirez rien, les gains et les dividendes se réinvestissent sans impôt annuel (article 125-0 A du Code général des impôts). Découvrez notre guide dédié à l'architecture ouverte.
Ce guide vous explique concrètement comment investir en actions internationales via une AVL : les trois portes d'entrée (fonds, ETF, titres vifs), le choix entre FID et FAS, la diversification par zones géographiques, la fiscalité réelle de l'enveloppe, le piège de la retenue à la source étrangère et la question du risque de change. Deux cas chiffrés ferment la marche, sur des profils que tout oppose.
À retenir en 30 secondes
- Titres vifs autorisés : le contrat luxembourgeois permet de loger des actions en direct (US, Europe, émergents, Asie) dans un FID ou un FAS, pas seulement des fonds — impossible dans la plupart des contrats français.
- Fiscalité de l'enveloppe : les dividendes étrangers capitalisent sans imposition annuelle (CGI 125-0 A). Les prélèvements sociaux (17,2 % en 2026, LFSS 2026) ne s'appliquent qu'au dénouement.
- Deux points de vigilance : la retenue à la source étrangère sur les dividendes n'est pas récupérable dans l'enveloppe, et une action en devise étrangère ajoute un risque de change.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations sont à jour au 2 juillet 2026, mais la réglementation luxembourgeoise (Commissariat aux Assurances, Lettre Circulaire CAA 26/1) et la fiscalité française peuvent évoluer. Investir en actions comporte un risque de perte en capital et une volatilité supérieure à un fonds en euros. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour une analyse adaptée à votre situation, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.
1. Pourquoi loger des actions internationales dans une assurance-vie luxembourgeoise ?
Première question légitime : pourquoi passer par une enveloppe d'assurance-vie plutôt que d'acheter vos actions sur un simple compte-titres ? Trois raisons, et elles se renforcent l'une l'autre.
La capitalisation sans friction fiscale. Sur un compte-titres, chaque dividende encaissé est imposable l'année même, au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (voire 31,4 % en 2026 avec la CSG à 10,6 %). Dans une assurance-vie, non : tant que vous ne rachetez rien, les dividendes se réinvestissent en franchise d'impôt français. Sur vingt ou trente ans, les sommes que le fisc n'a pas ponctionnées restent investies et produisent à leur tour des gains. Au terme, l'écart de capital est loin d'être anecdotique.
L'architecture ouverte luxembourgeoise. Le contrat luxembourgeois donne accès à un univers bien plus large qu'un contrat français : titres vifs, fonds internationaux, ETF de toutes zones, et selon votre profil, du non-coté. Vous n'êtes pas prisonnier d'un catalogue maison.
| Critère | Compte-titres ordinaire | AVL (FID/FAS) |
|---|---|---|
| Dividendes annuels | Imposés chaque année | Capitalisent sans impôt annuel |
| Prélèvements sociaux | Chaque année sur les gains | Au dénouement, à 17,2 % |
| Titres vifs internationaux | Oui | Oui (via FID/FAS) |
| Retenue à la source étrangère | Crédit d'impôt possible (convention) | Non récupérable dans l'enveloppe |
| Transmission au décès | Droit commun des successions | Régime 990 I / 757 B, abattements dédiés |
| Protection juridique | Ségrégation courtier | Triangle de sécurité + super-privilège |
La transmission et la protection. Au décès, l'assurance-vie bénéficie d'un régime propre (abattement de 152 500 € par bénéficiaire au titre de l'article 990 I pour les primes versées avant 70 ans, abattement global de 30 500 € au titre du 757 B au-delà). Le contrat luxembourgeois y ajoute le triangle de sécurité et le super-privilège, uniques en Europe — deux atouts détaillés dans notre guide pilier sur l'assurance-vie luxembourgeoise. Voyons maintenant comment on y loge des actions, en pratique.
2. Fonds, ETF ou titres vifs : les trois portes d'entrée
Investir en actions internationales via une AVL, ce n'est pas tout ou rien. Vous disposez de trois façons de vous exposer, et la plupart des contrats les mélangent.
| Support | Diversification | Frais | Contrôle | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| ETF | Immédiate (indice mondial) | Très faibles | Faible (suit l'indice) | Socle de tout portefeuille |
| Fonds actifs | Large (portefeuille géré) | Plus élevés | Délégué au gérant | Thèmes et zones spécifiques |
| Titres vifs | À construire soi-même | Aucun frais de fonds | Total | Convictions, capital élevé |
Les ETF sont le socle idéal : un seul ETF « monde » vous expose à des centaines de sociétés de toutes les zones, à des frais minimes. C'est la brique de base d'une allocation diversifiée. Notre guide complet sur les ETF détaille leur fonctionnement.
Les fonds actifs apportent une gestion pilotée sur un thème ou une zone précise (small caps américaines, actions indiennes, secteur santé). Ils coûtent plus cher, mais permettent de déléguer une conviction à un gérant spécialisé.
Les titres vifs — les actions en direct — sont la vraie spécificité luxembourgeoise. Vous détenez, dans votre contrat, des lignes Apple, Microsoft, LVMH, Nestlé ou toute autre société cotée accessible. Contrôle total, aucun frais de fonds. En contrepartie, il faut du capital et un minimum d'expertise pour ne pas concentrer votre risque sur trois lignes. C'est cette porte que la France n'ouvre presque jamais. Encore faut-il savoir dans quel compartiment du contrat ces actions viennent se loger.
3. FID ou FAS : où logent les actions internationales ?
Les titres vifs et les ETF ne se logent pas n'importe où. Ils prennent place dans un fonds interne dédié (FID) ou un fonds d'assurance spécialisé (FAS), deux compartiments propres au Luxembourg. Et ce choix conditionne toute votre gestion : qui décide, à partir de quel montant, avec quelle liberté.
| Critère | FID | FAS |
|---|---|---|
| Gestion | Déléguée à un gestionnaire mandaté | Pilotée par vous (ou via conseil) |
| Titres vifs | Oui | Oui |
| ETF et fonds | Oui | Oui |
| Ticket indicatif | ~ 250 000 à 500 000 € | Variable selon l'assureur |
| Décision d'investissement | Le gérant, selon un mandat | Le souscripteur / son conseil |
Le FID confie la gestion de votre poche actions à un gestionnaire professionnel, dans le cadre d'un mandat que vous définissez (par exemple : actions internationales, profil dynamique, référence MSCI World). C'est la solution pour qui veut déléguer, tout en accédant aux titres vifs.
Le FAS, lui, est le compartiment le plus flexible du contrat luxembourgeois : vous y pilotez vous-même l'allocation, ou avec l'aide d'un conseil, sur un univers très large. Pour départager les deux — et comprendre le FIC, plus mutualisé —, consultez notre comparatif FID, FAS ou FIC. Autre possibilité : le contrat luxembourgeois autorise l'apport de titres en nature, pour transférer un portefeuille que vous détenez déjà. Reste une question : cet univers d'investissement est-il aussi large qu'on le dit ? On l'a beaucoup survendu, et depuis 2026 les règles ont bougé.
4. L'architecture ouverte est-elle vraiment plus large qu'en France ?
C'est l'argument phare du Luxembourg, et il tient la route. Depuis 2026, un paramètre s'y ajoute : votre catégorie de preneur, qui délimite ce à quoi vous avez droit.
La Lettre Circulaire CAA 26/1, publiée le 28 janvier 2026 et en vigueur depuis le 1er février 2026, a remplacé l'ancienne LC 15/3. Elle classe les souscripteurs en cinq catégories (N, A, B, C, D), selon la prime versée et la fortune mobilière déclarée. Plus votre catégorie est élevée, plus l'univers investissable s'élargit. Pour des actions internationales cotées — la matière de ce guide —, l'accès est large dès les premières catégories ; les restrictions les plus fortes concernent surtout le non-coté.
Ce que change la LC CAA 26/1 pour vos actions internationales
- Actions cotées, ETF et fonds : accessibles largement, y compris en titres vifs, dans un FID ou un FAS.
- Catégories de preneur : N, A, B, C, D selon la prime et la fortune mobilière — elles conditionnent surtout l'accès au non-coté et aux actifs complexes.
- Plafond du non-coté : la part d'actifs non cotés est plafonnée à 65 % de la valeur de rachat du contrat (LC CAA 26/1), et réservée aux catégories les plus hautes (C et D) — un plafond haut, sans effet sur une poche d'actions cotées classique, qui reste elle sans limite.
En clair : pour un portefeuille d'actions mondiales cotées, l'architecture ouverte luxembourgeoise reste, et de loin, la plus généreuse du marché. Un contrat français vous cantonne aux unités de compte de son catalogue ; le Luxembourg vous laisse acheter en direct la société que vous visez. Vient alors la vraie question d'un investisseur : comment répartir ce portefeuille entre les grandes zones du globe.
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5. Diversifier par zones : États-Unis, Europe, émergents, Asie
Investir « en actions internationales », c'est d'abord répartir le risque entre plusieurs économies. Miser 100 % sur une seule zone, aussi brillante soit-elle aujourd'hui, c'est faire un pari sur son avenir. La diversification géographique reste le premier garde-fou.
| Zone | Profil | Point d'attention |
|---|---|---|
| États-Unis | Poids lourd mondial, tech et croissance | Risque de change EUR/USD, concentration tech |
| Europe | Luxe, industrie, santé, dividendes | Croissance plus lente, fragmentation |
| Marchés émergents | Inde, Brésil, Amérique latine | Volatilité et risque de change marqués |
| Asie développée | Japon, Corée, Taïwan, semi-conducteurs | Cyclicité, dépendance à l'export |
Concrètement, une allocation équilibrée combine souvent un socle large sur les pays développés (États-Unis et Europe en tête), complété d'une poche mesurée sur les marchés émergents et l'Asie, plus volatils mais porteurs de croissance. À la répartition par zones s'ajoute une répartition par secteurs : technologie, santé, énergie, consommation. C'est tout l'objet d'une allocation d'actifs construite avec méthode. Les actions se marient d'ailleurs bien avec une poche obligataire pour amortir la volatilité. Reste que, peu importe la zone, le même levier fiscal joue pour vous : l'enveloppe.
6. Fiscalité de l'enveloppe : pourquoi les dividendes capitalisent sans impôt
On touche ici au vrai avantage. Sur un compte-titres, un dividende de 5 000 € encaissé cette année est imposable cette année. Dans une assurance-vie, ce même dividende se réinvestit sans que vous ayez la moindre ligne à déclarer. Ce n'est pas une question d'opinion, mais de fait générateur.
L'article 125-0 A du Code général des impôts fixe le fait générateur de l'impôt sur l'assurance-vie : c'est le rachat ou le dénouement. Tant qu'aucune somme ne sort du contrat, aucun produit n'est imposé — ni les dividendes, ni les plus-values réalisées lors des arbitrages internes. La doctrine administrative confirme ce régime d'imposition au seul dénouement (BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, mis à jour le 30 juin 2022).
Le mécanisme fiscal, étape par étape
- Pendant la vie du contrat : dividendes et plus-values se réinvestissent, zéro impôt sur le revenu, zéro prélèvement social au fil de l'eau.
- Au rachat après 8 ans : abattement annuel sur les gains rachetés de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple), puis 12,8 % d'impôt sur le revenu (7,5 % en deçà de 150 000 € de primes) sur la seule part de gains restante.
- Prélèvements sociaux : 17,2 % prélevés sur la fraction de gains rachetée, au dénouement seulement — l'assurance-vie conserve ce taux favorable en 2026 par exception à la hausse de la CSG (LFSS 2026), quand d'autres produits passent à 18,6 %.
Attention à une confusion fréquente : les 17,2 % sont bien le taux des prélèvements sociaux applicable à l'assurance-vie, y compris luxembourgeoise. Le taux de 18,6 % que vous croisez ailleurs vise d'autres produits détenus en direct (dividendes, plus-values mobilières, PEA ou PER en sortie). Vos actions internationales logées dans l'enveloppe restent au régime social le plus doux. L'enveloppe a tout de même un angle mort sur les dividendes, et autant le regarder en face.
7. La retenue à la source étrangère : le coût caché à ne pas ignorer
L'enveloppe est excellente pour l'impôt français. Mais elle a une faiblesse que peu de conseillers expliquent honnêtement : la retenue à la source étrangère sur les dividendes.
Quand une société étrangère verse un dividende, son pays d'origine prélève généralement une retenue à la source. Les conventions fiscales bilatérales, inspirées du modèle OCDE (article 10), plafonnent ce taux — souvent à 15 % pour les dividendes, comme dans la convention France–États-Unis. Sur un compte-titres, cette retenue ouvre parfois droit à un crédit d'impôt qui l'efface partiellement. Dans une enveloppe d'assurance-vie, ce n'est pas le cas : la retenue est en principe définitivement perdue, faute de mécanisme d'imputation dans le contrat.
Impact d'une retenue à la source non récupérée
Dividende net réinvesti = Dividende brut × (1 − Taux de retenue à la source)
- Dividende brut :montant versé par la société étrangère (ex. 10 000 $)
- Taux de retenue à la source :prélèvement du pays d'origine, plafonné par la convention (ex. 15 %)
Exemple : sur 10 000 $ de dividendes américains, une retenue de 15 % laisse 8 500 $ réinvestis dans l'enveloppe. Ces 1 500 $ ne sont pas récupérables dans le contrat, alors qu'un compte-titres pourrait parfois les compenser par un crédit d'impôt. Pour des actions à fort dividende, ce coût pèse ; pour des ETF capitalisants à faible rendement en dividendes, il reste marginal.
La conséquence pratique : l'assurance-vie luxembourgeoise brille sur les stratégies de croissance (valeurs et ETF capitalisants, faibles dividendes), où la retenue à la source pèse peu. Si votre stratégie vise de gros rendements en dividendes, mettez ce paramètre dans la balance avant de trancher entre enveloppe et détention directe. Notre guide de fiscalité internationale de l'AVL creuse ces cas. Après ce coût venu de l'étranger, un second paramètre entre en jeu : la devise dans laquelle cotent vos actions.
8. Le risque de change : couvert ou non couvert ?
Acheter une action américaine, c'est acheter du dollar. Même si votre contrat est libellé en euros, la valeur de vos titres dépend du cours de la devise. C'est le risque de change, souvent sous-estimé.
Vous avez deux options. La couverture (ou hedging) neutralise l'effet devise : votre performance reflète alors la seule action, pas les soubresauts du change — mais la couverture a un coût qui grignote le rendement. Sans couverture, le change fait son travail : gain si le dollar s'apprécie face à l'euro, perte s'il baisse. Le contrat luxembourgeois multidevise va plus loin : il permet de libeller une poche directement en dollar, franc suisse ou livre sterling.
Couvrir ou non le risque de change : comment trancher ?
Il n'y a pas de réponse unique. Sur un horizon long, les études montrent que l'effet devise tend à se lisser, et beaucoup d'investisseurs actions ne couvrent pas, acceptant la volatilité de change comme partie du risque actions. Sur un horizon court ou pour un besoin de capital daté, la couverture protège d'un mauvais timing de change. La règle d'or : la multidevise est un outil d'alignement (faire correspondre vos actifs à vos revenus ou dépenses futures), pas de spéculation. Approfondissez avec notre guide risque de change sur un contrat luxembourgeois.
Tout cela devient plus parlant sur des cas réels. Prenons deux profils que tout oppose, qui logent des actions internationales dans un contrat luxembourgeois, chiffres à l'appui.
9. Cas chiffré : Sofia, cheffe d'entreprise, un FID titres vifs monde
Profil : Sofia, 51 ans, cheffe d'une PME industrielle, célibataire, résidente fiscale française. Après la cession partielle de son entreprise, elle place 600 000 € dans un contrat luxembourgeois, sur un FID en gestion déléguée, mandat « actions internationales de conviction » — un portefeuille de titres vifs mondiaux (US, Europe, quelques valeurs asiatiques). Son portefeuille sert environ 2 % de dividendes, soit près de 12 000 € par an.
L'effet capitalisation, chiffré sur une année
- Dividendes bruts annuels : environ 12 000 € (2 % de 600 000 €).
- Sur un compte-titres : ces 12 000 € seraient imposables dès cette année (PFU de 31,4 % en direct en 2026 — 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux —, hors retenue étrangère) — soit de l'ordre de 3 768 € d'impôt et prélèvements à sortir immédiatement.
- Dans son FID luxembourgeois : 0 € d'impôt cette année. Les 12 000 € (nets de la seule retenue à la source étrangère) se réinvestissent et continuent de capitaliser.
Concrètement, Sofia garde chaque année une trésorerie fiscale qui reste investie et fait des petits. Étalé sur quinze ans, ce report d'impôt — et la capitalisation des sommes non prélevées — finit par peser lourd dans le capital final. Elle ne paiera l'impôt que le jour d'un rachat, sur la seule part de gains, après l'abattement de 4 600 € au-delà de huit ans. Sa situation peut différer de la vôtre : un bilan personnalisé s'impose avant toute décision.Changeons complètement de décor : ni titres vifs, ni gestion déléguée, mais des ETF pilotés depuis l'étranger.
10. Cas chiffré : Malik et Awa, expatriés à Dubaï, un FAS ETF monde
Profil : Malik et Awa, 38 et 40 ans, couple d'expatriés à Dubaï, revenus perçus en dollars, objectif de long terme. Ils souscrivent un contrat luxembourgeois et placent 250 000 € dans un FAS qu'ils pilotent avec leur conseil : un socle d'ETF actions monde (70 %) complété d'une poche marchés émergents et Asie (30 %). Une partie est libellée en dollars, pour aligner l'épargne sur leurs revenus.
Leur logique : capter la croissance mondiale via des ETF capitalisants à faibles dividendes — donc peu sensibles à la retenue à la source étrangère — tout en profitant de l'enveloppe pour ne rien fiscaliser tant qu'ils n'effectuent aucun rachat.
Ce que leur apporte l'enveloppe luxembourgeoise
- Capitalisation : aucun impôt annuel sur les gains des ETF tant qu'ils ne rachètent pas (CGI 125-0 A).
- Multidevise : une poche en dollars adossée à leurs revenus en USD, réduisant les conversions permanentes.
- Portabilité : le contrat luxembourgeois les suit s'ils changent de pays de résidence, avec application de la fiscalité locale.
- Au dénouement (éventuel retour en France) : prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains, et non 18,6 %.
Concrètement, ce couple active trois atouts du Luxembourg d'un coup : l'architecture ouverte (ETF monde et émergents dans un FAS piloté), la neutralité fiscale de l'enveloppe, et le multidevise taillé pour leur expatriation. Le risque actions et le risque de change restent là, assumés sur un horizon long. Leur cas illustre une logique ; il ne vaut pas conseil personnalisé. Ces deux histoires reposent sur quelques réflexes simples. Voyons ce qui arrive quand on les oublie.
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11. Les erreurs classiques à éviter
Checklist Hagnéré — 7 erreurs à éviter
- Confondre sécurité de l'enveloppe et absence de risque. Le triangle de sécurité protège contre la faillite de l'assureur, pas contre la baisse des marchés actions.
- Oublier la retenue à la source étrangère. Non récupérable dans l'enveloppe : elle pèse sur les stratégies à gros dividendes.
- Négliger le risque de change. Une action en dollars expose au cours EUR/USD, même dans un contrat en euros.
- Se concentrer sur une seule zone. 100 % États-Unis ou 100 % émergents, c'est parier, pas diversifier.
- Choisir des titres vifs sans capital suffisant. Sans un portefeuille assez large, on concentre le risque au lieu de le répartir.
- Croire les prélèvements sociaux à 18,6 %. Pour l'assurance-vie, ils restent à 17,2 % en 2026 (LFSS 2026).
- Sous-dimensionner l'horizon. Les actions internationales exigent un horizon long pour absorber la volatilité et le change.
Gardez ces sept points en tête et votre exposition aux actions mondiales cesse d'être un coup de dés pour devenir une vraie stratégie.
Les 3 choses à retenir
- Le Luxembourg ouvre le monde : titres vifs, ETF et fonds internationaux dans un FID ou un FAS, sur une architecture ouverte bien plus large qu'un contrat français.
- L'enveloppe capitalise sans impôt annuel : dividendes et plus-values se réinvestissent en franchise (CGI 125-0 A), prélèvements sociaux de 17,2 % au dénouement seulement.
- Deux points de vigilance : la retenue à la source étrangère n'est pas récupérable dans l'enveloppe, et le change ajoute un risque — à intégrer dès la construction du portefeuille.
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Mentions légales — Hagnéré Patrimoine
Hagnéré Patrimoine — SAS immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Siège social : 7 rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry.
Article rédigé selon la législation en vigueur au 2 juillet 2026 (loi de finances 2026, LFSS 2026, Lettre Circulaire CAA 26/1). Article publié le 1er juin 2026. Dernière mise à jour : 2 juillet 2026. Investir en actions comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier.

