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Risque de change en assurance-vie luxembourgeoise : comprendre et couvrir

« Si je peux investir en dollars, je m'expose au risque de change, non ? » C'est l'une des objections les plus légitimes sur l'assurance-vie luxembourgeoise multidevise — et l'une des plus mal traitées. La vérité est nuancée : le contrat luxembourgeois ne crée pas de risque de change par magie ; ce risque n'apparaît que lorsqu'une unité de compte est libellée dans une devise différente de votre devise de référence. Ce guide distingue le risque subi du risque choisi, montre 5 cas chiffrés de l'effet d'une variation EUR/USD sur votre valeur de rachat, et déroule les techniques de couverture — sans minimiser ni dramatiser.

≠Référence vs UC
Deux natures de risque
±Symétrique
~0,3-1 %Le coût de couvrir
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise

Clément Chatelain accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.

Expert AVLCIFORIAS 23002291

Publié le 1er juillet 2026 · Mis à jour le 1er juillet 2026 · Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (ORIAS 23002291 — CIF, COA, COBSP) · Temps de lecture : 12 min

Presque tous mes rendez-vous chez Hagnéré Patrimoine passent par là : « Puisque le contrat luxembourgeois me laisse investir en dollars ou en francs suisses, je m'expose forcément au risque de change. » Ma réponse est franche. Non, pas par nature. L'enveloppe ne crée aucun risque toute seule. Il n'apparaît que si une unité de compte est libellée dans une devise différente de votre devise de référence — et encore, il reste symétrique, aussi souvent allié qu'adversaire. Bref, la question mérite mieux qu'un « ne vous inquiétez pas » commercial.

Disons-le simplement. L'assurance-vie luxembourgeoise ne fabrique aucun risque de change de son côté. Ce qu'elle fait, c'est vous ouvrir la porte à d'autres devises. Le risque, lui, arrive seulement quand une unité de compte est libellée dans une monnaie différente de votre devise de référence. Toute la question tient là : ce risque, vous le subissez sans le vouloir, ou vous le choisissez parce qu'il vous sert ?

Le guide vous apprend à séparer la devise de référence de celle des supports. Vous verrez ensuite 5 cas chiffrés de l'effet d'une variation EUR/USD sur votre valeur de rachat, puis les trois leviers concrets pour couvrir ce risque. Sans le minimiser, sans le dramatiser.

À retenir en 30 secondes

  • Le risque de change n'est pas « luxembourgeois » : il naît de l'écart entre votre devise de référence (celle du contrat) et la devise de chaque unité de compte. Un contrat lux en euros, investi en euros, n'a aucun risque de change.
  • Risque subi ≠ risque choisi : subir le change pour un rendement affiché en dollars est une erreur ; le choisir pour diversifier ou adosser un projet en devise étrangère est une stratégie.
  • Le change est symétrique et se couvre : il peut amputer comme amplifier un gain. Les parts « hedged » le neutralisent contre ~0,3 à 1 % par an, sans jamais garantir l'absence de risque.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les cas chiffrés sont des illustrations reposant sur des hypothèses de taux de change explicites : ils ne préjugent d'aucune évolution future des marchés. Toute unité de compte comporte un risque de perte en capital, auquel s'ajoute le risque de change lorsqu'elle est libellée en devise étrangère. Pour une analyse adaptée à votre situation, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

1. L'objection : la multidevise crée-t-elle un risque de change ?

Il y a un malentendu à lever tout de suite. Le mot « multidevise » inquiète parce qu'il donne l'impression qu'on ajoute un risque. Sauf que la multidevise reste une possibilité, jamais une obligation. Un contrat luxembourgeois peut très bien être détenu en euros, investi sur des supports en euros, et ne porter alors aucun risque de change — comme un bon contrat français.

Ce que le Luxembourg apporte, via son architecture ouverte, c'est la faculté d'aller chercher des supports libellés en dollars, en livres ou en francs suisses. C'est un élargissement de l'univers d'investissement, encadré par la Lettre Circulaire CAA 26/1 entrée en vigueur le 1er février 2026. Le risque de change est donc une conséquence d'un choix d'allocation, jamais une caractéristique imposée par l'enveloppe.

Du coup, la vraie question n'est pas « le contrat luxembourgeois expose-t-il au change ? » — non, pas plus qu'un autre. Elle est : « quelles devises ai-je dans mes unités de compte, et pourquoi ? ». Pour y répondre, deux notions qu'on confond presque toujours méritent d'être posées.

2. Devise de référence contre devise des unités de compte

Tout part de là. L'essentiel de la confusion sur le risque de change vient de cette distinction mal comprise. Un contrat luxembourgeois possède une devise de référence. Et chaque support qu'il contient a sa propre devise.

Deux notions à ne jamais confondre
NotionCe que c'estImpact sur le change
Devise de référenceLa monnaie du contrat : valeur totale, versements, rachats, capital transmis. Fixée à la souscription, non modifiable ensuiteC'est votre étalon de mesure
Devise de l'unité de compteLa monnaie propre à chaque support investi (fonds actions US en USD, etc.)Source du risque si ≠ référence

Prenons un exemple. Votre devise de référence est l'euro, et vous détenez un fonds actions américaines libellé en dollars. La valeur de ce fonds devra être reconvertie en euros chaque fois que vous mesurez votre épargne ou que vous rachetez une partie du contrat. C'est à ce moment-là, et à ce moment-là seulement, que le change entre en jeu. D'où l'importance du choix de la devise de référence : elle doit coller à la monnaie dans laquelle vous vivrez et dépenserez sur le long terme.

Cette grille en tête, une seconde distinction, plus stratégique celle-là, sépare le bon risque du mauvais.

3. Risque subi ou risque choisi : la vraie ligne de partage

Deux investisseurs peuvent détenir la même unité de compte en dollars et vivre l'inverse l'un de l'autre. Ce n'est pas le support qui fait la différence. C'est l'intention derrière.

Subi vs choisi : la même volatilité, deux logiques

  • Risque subi. Vous achetez un fonds en dollars uniquement pour sa performance affichée, sans avoir de besoin en dollars. Le change devient un aléa parasite, qui peut effacer la performance que vous étiez venu chercher. C'est le risque à éviter.
  • Risque choisi. Vous vous exposez à une devise pour une raison : diversifier hors de la zone euro, ou adosser une poche à une dépense future dans cette devise (une retraite en Suisse, un bien à l'étranger). Le change devient alors une couverture naturelle de votre passif futur, pas un pari.

Un risque de change adossé à un besoin futur dans la même devise n'en est presque plus un. Si le franc suisse monte, votre poche en francs monte avec lui, et elle financera d'autant mieux votre projet suisse. Subir le dollar sans raison, c'est l'inverse : vous empilez deux paris (le fonds et la devise) là où vous n'en vouliez qu'un. Regardons ce que ça donne, à l'euro près.

4. Un aléa symétrique : 5 cas chiffrés sur l'EUR/USD

Rien ne remplace des chiffres. Voilà cinq situations, toutes illustratives, qui montrent comment une même variation de change peut aider ou pénaliser selon le contexte. Une convention d'abord : « EUR/USD » = nombre de dollars pour 1 euro. Quand l'EUR/USD monte, l'euro se renforce et le dollar faiblit.

La conversion, dans les deux sens

USD détenus = EUR investis × EUR/USD  →  EUR récupérés = USD détenus ÷ EUR/USD (au rachat)
  • EUR investis :montant placé, dans votre devise de référence
  • EUR/USD à l'entrée :taux au moment du versement
  • EUR/USD au rachat :taux au moment du retrait — c'est lui qui fait le gain ou la perte de change

La performance du fonds joue en dollars ; le change, lui, joue sur la reconversion. Les deux effets se cumulent dans votre valeur de rachat en euros.

4.1 Cas M. Ravel — quand le change mange +8 % de performance

Profil : M. Ravel, 52 ans, cadre dirigeant à Bordeaux, place 100 000 € (contrat en euros) sur un fonds actions américaines libellé en dollars, alors que l'EUR/USD est à 1,10. Il obtient 110 000 $. Sur un an, le fonds gagne +8 % (118 800 $), mais l'euro s'apprécie et l'EUR/USD passe à 1,20.

Cas Ravel — change défavorable (illustratif, hypothèses explicites)
ÉtapeCalculRésultat
Conversion à l'entrée100 000 € × 1,10110 000 $
Fonds +8 %110 000 × 1,08118 800 $
Reconversion au rachat (1,20)118 800 ÷ 1,2099 000 €
Résultat net en euros99 000 − 100 000−1 000 € (−1 %)

Regardez le paradoxe. M. Ravel a eu raison sur le fonds (+8 %) et perd quand même de l'argent (−1 %). La hausse de l'euro a plus qu'effacé la performance. C'est l'archétype du risque subi : il ne cherchait pas des dollars, il cherchait des actions US. Illustration sur une année ; l'évolution réelle du change est imprévisible.

4.2 Cas Ravel bis — le même fonds, mais le change devient un allié

Profil : mêmes 100 000 €, même fonds (+8 %, soit 118 800 $), mais cette fois l'EUR/USD baisse de 1,10 à 1,00 (le dollar se renforce).

Cas Ravel bis — change favorable (illustratif)
ÉtapeCalculRésultat
Fonds +8 % en USD110 000 × 1,08118 800 $
Reconversion au rachat (1,00)118 800 ÷ 1,00118 800 €
Résultat net en euros118 800 − 100 000+18 800 € (+18,8 %)

Même fonds, même performance de +8 %, et pourtant +18,8 % ici au lieu de −1 %. Voilà pourquoi je parle d'aléa symétrique. Le change n'est pas un « danger » à sens unique. C'est un facteur à double tranchant, et personne ne sait le prédire. C'est justement parce qu'on ne le prédit pas qu'on cherche parfois à le neutraliser.

4.3 Cas Mme Nourredine — la part « hedged » qui neutralise le change

Profil : Mme Nourredine, 44 ans, chef d'entreprise à Lille, place 100 000 € sur un fonds actions monde, mais choisit la part couverte en euros (« EUR hedged »). Le fonds gagne +8 % en devise locale ; la couverture coûte ~0,6 % sur l'année.

Cas Nourredine — part hedged (illustratif)
ÉtapeCalculRésultat
Performance du fonds+8 % en devise localecapturée par la part hedged
− Coût de couverture≈ −0,6 point≈ +7,4 % net
Valeur en euros100 000 × 1,074≈ 107 400 €

Ici, Mme Nourredine capte la performance du fonds quasi indépendamment du change, pour environ 0,6 point de couverture. Elle ne touche ni le +18,8 % du cas favorable, ni le −1 % du cas défavorable. Elle a choisi la prévisibilité. Un bémol tout de même : une part hedged réduit fortement le change, elle ne le supprime pas parfaitement.

4.4 Cas M. & Mme Sabatier — le risque choisi, adossé à un projet suisse

Profil : les Sabatier, 58 et 56 ans, envisagent une retraite partielle en Suisse. Sur 200 000 €, ils allouent 25 % (50 000 €) en unités de compte libellées en francs suisses, pour préparer des dépenses futures en CHF. L'EUR/CHF passe de 0,95 à 0,92 (le franc se renforce).

Cas Sabatier — risque choisi adossé à un passif en CHF (illustratif)
ÉtapeCalculRésultat
Conversion à l'entrée50 000 € × 0,9547 500 CHF
Reconversion (0,92)47 500 ÷ 0,92≈ 51 630 €
Gain de change sur la poche51 630 − 50 000+1 630 €

La poche en francs a gagné ~1 630 € grâce au change. Mais l'essentiel est ailleurs : même si le franc avait baissé, la logique tiendrait, car leur épargne en CHF financera des dépenses en CHF. Le risque devient une couverture naturelle de leur projet, pas un pari. Voilà le risque choisi dans toute sa cohérence.

4.5 Cas M. Vittori — la perte de change à la conversion en devise de référence

Profil : M. Vittori, 61 ans, détient dans un contrat en euros une poche de 80 000 € investie sur un fonds en dollars. Le fonds reste stable, mais entre le versement (EUR/USD 1,08) et un rachat programmé (EUR/USD 1,15), l'euro s'est apprécié.

Cas Vittori — effet de la devise de référence au rachat (illustratif)
ÉtapeCalculRésultat
Conversion à l'entrée (1,08)80 000 € × 1,0886 400 $
Fonds stable86 400 $86 400 $
Reconversion au rachat (1,15)86 400 ÷ 1,15≈ 75 130 €
Perte de change75 130 − 80 000≈ −4 870 €

Fonds à plat, et pourtant M. Vittori perd ~4 870 € du seul fait du change. Sa devise de référence est l'euro, le rachat s'y reconvertit, point. On voit ici pourquoi la devise de référence n'est pas un détail administratif : c'est l'étalon dans lequel se fige tout gain ou perte de change. Reste à savoir comment tenir cet aléa.

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Quelle exposition au change dort dans votre contrat, sans que vous le sachiez ?

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5. Les 3 leviers pour couvrir le risque de change

Un risque identifié n'est plus un risque subi : il se pilote. Trois leviers, du plus simple au plus technique, vous permettent de le tenir à l'intérieur du contrat luxembourgeois.

Trois leviers de couverture du risque de change
LevierPrincipePour qui
Allocation en devise de référencePrivilégier des UC libellées dans la devise du contrat (le plus souvent l'euro)Le réflexe de base : supprimer le risque subi
Parts « hedged »Choisir la classe de parts couverte du fonds : le gérant neutralise le change via des instruments à termeGarder l'exposition à un actif étranger sans son change
Arbitrage / pilotageAjuster la part de devises étrangères dans le temps selon l'objectif et le marchéProfils accompagnés, gestion sous mandat ou conseillée

En pratique, les deux premiers leviers suffisent à régler la plupart des cas. On nettoie le risque subi en revenant à des supports en euros — c'est toute la logique d'une allocation d'actifs réfléchie. Et on garde l'exposition aux marchés étrangers avec des parts hedged quand on veut l'actif sans la devise. Le troisième levier, lui, suppose un accompagnement dans la durée. Quant au deuxième, son coût est souvent mal compris : autant le préciser.

6. Les parts « hedged » : ce qu'elles coûtent vraiment

« Hedged » n'a rien de magique, et surtout ce n'est pas gratuit. Comprendre d'où sort le coût vous épargne deux erreurs : croire qu'une part couverte est sans risque, et sous-estimer ce qu'elle vous prélève chaque année.

Une part hedged, c'est une classe de parts d'un même fonds où le gérant vend à terme la devise étrangère contre votre devise cible (souvent l'euro). Vous captez alors la performance de l'actif sans l'effet du change. Le coût de l'opération n'est pas fixe pour autant. Il reflète le différentiel de taux d'intérêt à court terme entre les deux zones monétaires — c'est la logique de la parité des taux d'intérêt.

Quand les taux américains dépassent nettement ceux de la zone euro, couvrir le dollar coûte cher — souvent vers le haut de la fourchette de ~0,3 à 1 % par an. Quand les taux se rapprochent, le coût redescend. Et attention, point à ne pas rater : une part hedged réduit fortement le change, elle ne le supprime jamais tout à fait. La couverture est recalibrée par à-coups et laisse un écart de suivi. Comme toute unité de compte, elle garde un risque de perte en capital sur l'actif sous-jacent. Enfin, ce coût de couverture vient s'ajouter aux frais du contrat. Nous détaillons tout le paysage des devises et des frais dans notre guide AVL multidevises.

7. Fiscalité : comment le change se traduit à l'impôt

Sur ce point, le fisc français vous simplifie la vie : il ne tient pas de comptabilité à part pour le change. Ce qui compte, c'est le gain global de votre contrat, exprimé dans sa devise de référence.

Pour un résident fiscal français, un rachat n'est imposé que sur la part de gains, sans distinguer ce qui vient de la performance des actifs de ce qui vient du change. Ce gain supporte le prélèvement forfaitaire — 7,5 % après huit ans (sous abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), sinon 12,8 % — auquel s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. L'assurance-vie reste à 17,2 %, par exception à la hausse de la CSG portée par la LFSS 2026. Nous déroulons le sujet dans notre guide dédié à la fiscalité de l'assurance-vie luxembourgeoise.

Résultat : une perte de change rabote mécaniquement le gain imposable (comme chez M. Vittori, section 4.5), et un gain de change gonfle l'assiette. Aucun traitement fiscal « punitif » du change là-dedans : il se fond dans le résultat du contrat. Et tant que vous ne rachetez pas, rien de tout cela n'est imposé. Reste à traduire tout ça en décision.

8. La méthode : décider de son exposition en 4 questions

Décider de son exposition au change en 4 questions
QuestionSi ouiSi non
Ai-je un besoin futur dans cette devise ?Risque choisi : couverture naturelle, on gardePasser à la question suivante
Est-ce que je veux l'actif ou la devise ?L'actif seul → part « hedged »La devise aussi → exposition assumée
Quelle proportion du contrat ?Dimensionner : une poche, pas tout le contratRéduire l'exposition
Ai-je bien pris le rendement en euros ?OK, comparaison honnêteRecalculer net du change avant de juger

Ces quatre questions suffisent à séparer la vraie stratégie du simple pari de devise déguisé. Un bon conseil ne vous dira jamais « évitez le change » ni « profitez du change ». Il commencera par vous demander pourquoi vous y êtes exposé.

9. Les erreurs classiques sur le risque de change

Checklist Hagnéré — 6 erreurs sur le change à éviter

  • Confondre devise de référence et devise des UC. La première est votre étalon ; la seconde crée le risque quand elle diffère.
  • Prendre un rendement en devise étrangère pour un rendement en euros. Un +8 % en dollars n'est pas un +8 % en euros une fois reconverti.
  • Croire le change unilatéralement dangereux. Il est symétrique : il peut amplifier un gain autant que l'amputer.
  • Penser qu'une part « hedged » est sans risque. Elle réduit le change contre un coût, mais garde un risque de perte en capital.
  • Subir le change au lieu de le choisir. S'exposer sans besoin dans la devise, c'est superposer deux paris.
  • Mal choisir sa devise de référence. Fixée à vie ou presque, elle doit être celle où vous vivrez et dépenserez.

Gardez ces six réflexes et une objection floue — « et le risque de change ? » — devient une décision que vous maîtrisez. Le change n'est pas l'ennemi de votre contrat, pas son ami non plus. C'est un paramètre, et un paramètre, ça se pilote. Pour prendre du recul sur l'ensemble des risques, lisez aussi peut-on perdre de l'argent en assurance-vie luxembourgeoise ?

Les 3 choses à retenir

  • Le risque de change vient de l'écart entre votre devise de référence et la devise de vos UC, pas de l'enveloppe luxembourgeoise elle-même.
  • Distinguez toujours risque subi et risque choisi : le second, adossé à un besoin futur, est une couverture naturelle, pas un pari.
  • Le change est symétrique et se couvre (allocation en devise de référence, parts « hedged » à ~0,3 à 1 % par an), sans jamais être « garanti ».
Hagnéré Patrimoine

Auditer et couvrir le risque de change de votre contrat luxembourgeois

La cartographie de vos devises, la séparation du risque subi et du risque choisi et le chiffrage d'une couverture se font dans le cadre d'une lettre de mission signée. Premier rendez-vous offert — 45 min : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Sans engagement (cabinet noté 4,6/5 sur Trustpilot, 33 avis au 30/09/2026).

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Mentions légales — Hagnéré Patrimoine

Hagnéré Patrimoine — SAS immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Siège social : 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens.

Article rédigé selon la législation en vigueur au 1er juillet 2026. Publié le 1er juillet 2026. Dernière mise à jour : 1er juillet 2026. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les cas chiffrés sont des illustrations reposant sur des hypothèses de change explicites : ils ne préjugent pas des évolutions futures. Toute unité de compte comporte un risque de perte en capital, majoré du risque de change lorsqu'elle est libellée en devise étrangère.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le risque de change en assurance vie luxembourgeoise

Pas par nature. Un contrat luxembourgeois peut être libellé en euros comme n'importe quel contrat français. Le risque de change n'apparaît que si vous investissez sur une unité de compte libellée dans une devise différente de votre devise de référence, par exemple un fonds actions américaines en dollars alors que votre contrat est en euros. Tant que l'unité de compte est dans votre devise de référence, il n'y a pas de risque de change ajouté par le Luxembourg.

La devise de référence est la monnaie dans laquelle votre contrat est libellé : elle sert à exprimer la valeur totale, les versements, les rachats et le capital transmis. Elle est fixée à la souscription et n'est en général plus modifiable ensuite. La devise des unités de compte est la monnaie propre à chaque support investi. Le risque de change naît de l'écart entre les deux : une unité de compte en dollars dans un contrat en euros devra être reconvertie en euros au moment où vous mesurez ou retirez votre épargne.

Le risque est subi lorsque vous vous exposez à une devise sans l'avoir voulu, par exemple en achetant un fonds en dollars uniquement pour sa performance, sans avoir de besoin en dollars. Il est choisi lorsque l'exposition est un objectif : diversifier hors de la zone euro, ou adosser une poche à une dépense future dans cette devise, comme une retraite en Suisse financée en francs suisses. Le change reste un aléa dans les deux cas, mais un risque choisi et adossé à un passif est une couverture naturelle, pas un pari.

Non, il est symétrique. Une variation de change peut amputer un gain comme elle peut l'amplifier. Un fonds en dollars qui progresse de 8 % peut ressortir en perte après reconversion si l'euro s'est apprécié, et au contraire afficher un gain bien supérieur si le dollar s'est renforcé. C'est pour cela qu'il faut parler d'aléa de change plutôt que de danger : ce n'est ni garanti dans un sens, ni un piège dans l'autre.

Trois leviers principaux. D'abord privilégier des unités de compte libellées dans votre devise de référence. Ensuite utiliser des parts couvertes, dites « hedged », où le gérant neutralise le change au moyen d'instruments à terme, moyennant un coût de l'ordre de 0,3 à 1 % par an. Enfin ajuster l'exposition par arbitrage au fil du temps. Aucune de ces techniques ne supprime totalement le risque, mais elles permettent de le maîtriser selon votre objectif.

Une part « hedged » est une classe de parts d'un même fonds où le gérant couvre le risque de change vers une devise cible, souvent l'euro, à l'aide de contrats à terme. Vous capturez alors la performance du fonds sans l'effet du change. Le coût n'est pas fixe : il reflète le différentiel de taux d'intérêt à court terme entre les deux zones, de l'ordre de 0,3 à 1 % par an. Quand les taux américains sont bien supérieurs aux taux européens, couvrir le dollar coûte plus cher.

En règle générale non. La devise de référence est fixée à la souscription et la plupart des contrats ne permettent pas de la modifier ensuite. C'est pourquoi ce choix est structurant : il doit correspondre à la devise dans laquelle vous vivrez et dépenserez à long terme. Vous pouvez en revanche diversifier librement les devises des unités de compte à l'intérieur du contrat, tant que le contrat le permet.

Pour un résident fiscal français, l'imposition d'un rachat porte sur le gain global du contrat exprimé dans sa devise de référence, sans distinguer la part de performance venant du change de celle venant des actifs. Le gain est soumis au prélèvement forfaitaire (7,5 ou 12,8 % selon l'ancienneté) plus 17,2 % de prélèvements sociaux, l'assurance-vie restant à 17,2 % par exception à la hausse de la CSG. Une perte de change réduit donc mécaniquement le gain imposable.

Non, il faut les utiliser à bon escient. S'exposer à d'autres devises peut avoir du sens pour diversifier ou pour adosser une poche à un projet libellé dans cette devise. Ce qu'il faut éviter, c'est de subir le change sans le savoir, en prenant un rendement affiché en devise étrangère pour un rendement en euros. La bonne question n'est pas d'en avoir ou non, mais de savoir pourquoi vous en avez et dans quelle proportion.

Non, elle le réduit fortement sans le supprimer parfaitement. La couverture est recalibrée périodiquement et laisse subsister un écart de suivi, et elle a un coût qui pèse sur la performance. Une part « hedged » neutralise l'essentiel de l'effet du change, mais il ne faut pas la présenter comme une garantie. Comme toute unité de compte, elle comporte un risque de perte en capital lié aux actifs sous-jacents.