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PRIIPs et KID (DIC) : comment lire le document clé d'une assurance vie luxembourgeoise

Vous cherchez le « DICI » de votre assurance vie luxembourgeoise ? Ce document n'existe plus sous ce nom. Depuis 2018, le document précontractuel imposé par le règlement PRIIPs s'appelle le KID, ou DIC en français : trois pages normalisées qui résument, avant de signer, le risque, les scénarios de performance et les coûts de votre contrat. Ce guide vous apprend à le décoder rubrique par rubrique — l'indicateur SRI de 1 à 7, la réduction de rendement, la lecture « en étages » propre au Luxembourg — et à repérer ce que le KID ne dit pas.

1286/2014le règlement PRIIPs
1 à 7l'indicateur SRI
3 pagesformat maximum
1 + Nun KID par étage
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise

Clément Chatelain accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.

Expert AVLCIFORIAS 23002291

Beaucoup de nos clients tapent « DICI assurance vie luxembourgeoise » dans leur moteur de recherche, par habitude. Or ce document, sous ce nom, n'existe plus. Le sigle DICI (Document d'Informations Clés pour l'Investisseur) était propre aux OPCVM ; il a été remplacé le 1ᵉʳ janvier 2023. Pour un produit d'assurance vie, le bon terme est le KID (Key Information Document), traduit en français par DIC (Document d'Informations Clés), imposé par le règlement PRIIPs — le Règlement (UE) n° 1286/2014, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2018.

Ce que le législateur européen a voulu tient en une phrase : mettre entre les mains de l'épargnant, avant qu'il signe, un document court, normalisé et comparable d'un produit à l'autre. Trois pages, toujours structurées de la même façon, où l'on lit le risque, les scénarios de performance, les coûts et la durée recommandée. Pour une assurance vie luxembourgeoise en unités de compte — un « IBIP » au sens du règlement — le KID est obligatoire, et il se lit à deux étages, particularité du multisupport lux que ce guide détaille. En cinq minutes de lecture attentive, ce document vous dit déjà si un support est trop risqué pour vous (l'indicateur SRI), combien il vous coûtera vraiment chaque année (la réduction de rendement) et pour combien de temps il est conçu (la durée recommandée). Encore faut-il savoir où regarder.

Je suis Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (cabinet CIF, ORIAS 23002291). Mon objectif ici n'est pas de vous vendre un produit, mais de vous apprendre à lire un KID comme le ferait votre conseiller : repérer le bon chiffre, éviter les pièges de lecture, et surtout comprendre ce que ce document ne dit pas.

À retenir en 30 secondes

  • PRIIPs = Règlement (UE) n° 1286/2014. Le document précontractuel est le KID (en français DIC) — à ne pas confondre avec le DICI (OPCVM, disparu au 1ᵉʳ janvier 2023) ni avec l'IPID (assurance non-vie).
  • Un KID tient en 3 pages et présente : l'indicateur SRI (1 à 7), 4 scénarios, les coûts (RIY), la période de détention recommandée.
  • Sur une AVL : 1 KID pour le contrat + 1 KID/DIC par unité de compte (FID, FAS, FIC, titres vifs).
  • Le KID informe sur le risque et les coûts, pas sur la fiscalité ni sur la sécurité (triangle, super-privilège) — ces sujets se lisent ailleurs.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Une assurance vie investie en unités de compte comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité citée dépend de votre situation et peut évoluer (LF 2026, LFSS 2026). Pour une analyse adaptée, nous recommandons un bilan patrimonial au cabinet Hagnéré Patrimoine.

PRIIPs, KID, DIC, DICI : le vocabulaire au clair

Quatre sigles reviennent sans arrêt, et on les mélange en permanence ; démêlons-les. Le règlement PRIIPs (Packaged Retail and Insurance-based Investment Products) — Règlement (UE) n° 1286/2014 du 26 novembre 2014, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2018 — impose un document unique pour tous les produits d'investissement « packagés » destinés au grand public. Ce document, c'est le KID, en français le DIC.

La confusion la plus fréquente porte sur le DICI. Ce dernier était le document propre aux OPCVM (fonds UCITS), encadré par le Règlement (UE) n° 583/2010. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, il a été remplacé par le DIC PRIIPs pour les fonds distribués au grand public. Traduction : un contrat d'assurance vie n'a jamais eu de « DICI PRIIPs ». C'est un abus de langage. Il faut parler de KID/DIC.

Dernier piège : l'IPID (ou DIP). Ce document normalisé, issu du Règlement d'exécution (UE) 2017/1469, est réservé à l'assurance non-vie (auto, habitation, santé). Il ne concerne pas une assurance vie luxembourgeoise, qui en unités de compte relève du régime IBIP (produit d'investissement fondé sur l'assurance, art. 4 du règlement PRIIPs) et donc du KID.

Le piège n° 1 : « DICI PRIIPs » n'existe pas

On entend souvent parler du « DICI PRIIPs » d'une assurance vie. C'est un contresens. Le DICI était le document des fonds OPCVM, disparu le 1ᵉʳ janvier 2023 ; un contrat d'assurance vie n'en a jamais eu. Le bon terme est KID (ou DIC en français). La règle mnémotechnique tient en cinq mots : DICI = fonds, KID/DIC = produit packagé (dont l'assurance vie).

Quatre documents à ne pas confondre
DocumentTexte de baseÀ quoi il sertSur une AVL ?
KID / DICRègl. (UE) 1286/2014 (PRIIPs)Doc précontractuel standardisé : risque + scénarios + coûtsOUI — 1 pour le contrat + 1 par UC
DICI (KIID)Règl. UCITS (UE) 583/2010Doc propre aux OPCVM, remplacé par le DIC le 1/1/2023NON
IPID / DIPRègl. d'exéc. (UE) 2017/1469Doc normalisé assurance non-vieNON (réservé non-vie)
Info coûts ex-ante/ex-postMiFID II 2014/65/UE + DDA 2016/97Info personnalisée sur les coûts réelsOui, mais distincte du KID

La dernière ligne mérite une précision : l'information détaillée sur les coûts réels que vous supporterez (ex-ante, avant souscription, puis ex-post, chaque année) ne figure pas dans le KID mais découle de MiFID II re-transposée aux IBIP. Nous la traitons dans notre guide MiFID II et assurance vie luxembourgeoise.

Le KID est-il obligatoire pour une AVL, et quand est-il remis ?

Oui, sans ambiguïté. Une assurance vie luxembourgeoise en unités de compte est un IBIP : sa valeur de rachat est exposée aux fluctuations des marchés (art. 4 du règlement). Elle entre donc dans le champ PRIIPs, et un KID doit exister. Mais qui l'écrit, et qui vous le met effectivement entre les mains ? Ce sont deux acteurs différents.

L'établissement et la publication du KID incombent à l'initiateur du PRIIP, c'est-à-dire la compagnie d'assurance luxembourgeoise (art. 5). Elle le publie sur son site avant toute commercialisation. La remise, elle, incombe à la personne qui conseille ou vend le produit — pour une AVL, le distributeur (courtier ou CGP) : il doit vous remettre le KID « en temps utile avant » tout engagement (art. 13), sur support papier, durable ou via un site internet (art. 14).

Ne confondez pas « qui remet » et « quoi lire »

L'obligation de remettre le KID et le devoir de conseil relèvent de la directive sur la distribution d'assurances — sujet que nous traitons dans notre guide DDA et Luxembourg. Le présent article porte, lui, sur le contenu du KID : comment le lire. Le KID est un document précontractuel — il se lit avant de signer, pas après.

Un dernier réflexe : vérifiez la date de la version que vous recevez. Le KID est revu et, si nécessaire, mis à jour au moins tous les 12 mois (Règlement délégué (UE) 2017/653, art. 15 ; base de révision à l'art. 10 du règlement PRIIPs). Le moment exact où il vous est remis dans le parcours est décrit dans notre guide comment ouvrir une assurance vie luxembourgeoise.

Un contrat, plusieurs KID : la lecture en étages

C'est la particularité qui déroute le plus sur un contrat luxembourgeois. Une AVL multisupport est ce que le règlement appelle un produit proposant plusieurs options d'investissement (art. 6). Dans ce cas, l'initiateur ne peut pas tout condenser dans un seul document : il établit un KID « contrat » (l'enveloppe) qui renvoie à des documents d'information spécifiques par option.

Sur votre contrat, ça se traduit donc par deux niveaux de lecture :

  • Étage 1 — le KID du contrat : il décrit l'enveloppe assurance, son fonctionnement, une hypothèse d'allocation « type » et les frais du contrat.
  • Étage 2 — un KID/DIC par unité de compte : chaque support que vous logez dans le contrat — un fonds, un FID, un FAS ou un FIC, des titres vifs — a son propre document, avec son propre SRI et ses propres coûts.

Toujours descendre à l'étage 2 avant d'arbitrer

Le SRI du contrat n'est pas le SRI de vos supports. Le KID contrat reflète une allocation théorique ; votre risque réel dépend des UC que vous choisissez. Un contrat affiché SRI 3 peut abriter des supports notés 6 ou 7. La règle : lire le KID de chaque support, pas seulement celui de l'enveloppe. Ces supports sont logés grâce à l' architecture ouverte du contrat luxembourgeois.

Anatomie d'un KID : les rubriques normalisées

Le contenu et la présentation du KID sont fixés par l'article 8 du règlement et précisés par des normes techniques : le Règlement délégué (UE) 2017/653, modifié par le Règlement délégué (UE) 2021/2268 (nouvelle méthodologie des scénarios et des coûts, applicable au 1ᵉʳ janvier 2023). Vous obtenez au final trois pages A4, pas une de plus, rédigées en clair et toujours dans le même ordre :

  1. « En quoi consiste ce produit ? » — nature (IBIP), objectifs, investisseur cible, durée.
  2. « Quels sont les risques et qu'est-ce que cela pourrait me rapporter ? » — indicateur SRI + scénarios.
  3. « Que se passe-t-il si l'initiateur n'est pas en mesure d'effectuer les versements ? » — défaut de l'assureur.
  4. « Que va me coûter cet investissement ? » — coûts au fil du temps (RIY) + composition des coûts.
  5. « Combien de temps dois-je le conserver, et puis-je retirer de l'argent ? » — période de détention recommandée.
  6. « Comment puis-je formuler une réclamation ? »
  7. « Autres informations pertinentes ».

Un produit jugé complexe peut en outre porter la mention : « vous êtes sur le point d'acheter un produit qui n'est pas simple et qui peut être difficile à comprendre ». Voici comment lire les cinq rubriques qui décident vraiment :

Les 5 rubriques utiles : ce que ça veut dire, ce qu'il faut vérifier, le piège
RubriqueCe que ça veut direCe qu'il faut vérifierLe piège
Indicateur SRINote de risque de 1 (faible) à 7 (élevé)Le SRI du contrat ET de chaque UC viséeLe SRI n'est ni une note de qualité ni un rendement
Scénarios de perf.4 simulations sur 10 000 €L'horizon utilisé (= période recommandée)Ce ne sont PAS des garanties
Coûts / RIYImpact annuel des frais sur le rendementLe RIY à horizon identique entre supportsLe RIY à 1 an est gonflé par les frais d'entrée
Durée recommandéeHorizon d'investissement conseilléLa cohérence avec votre projet≠ durée fiscale des 8 ans côté français
Défaut de l'assureurSort de l'épargne en cas de défaillancePrésence/absence d'un fonds de garantieL'atout luxembourgeois se lit ici (voir plus bas)

Pourquoi ce format standardisé change tout

Parce que ces rubriques sont identiques d'un assureur à l'autre, vous pouvez poser côte à côte le KID d'un contrat Wealins, OneLife ou AXA Wealth Europe et comparer ligne à ligne le SRI, le RIY et la durée recommandée. C'est tout l'intérêt du KID : un langage commun pour décider, là où chaque brochure commerciale a le sien. Pour choisir la compagnie elle-même, voyez notre guide quelle compagnie luxembourgeoise choisir.

L'indicateur de risque SRI (1 à 7)

Le SRI (Summary Risk Indicator, indicateur synthétique de risque) est probablement le chiffre le plus regardé du KID. C'est une note sur une échelle de 1 (le plus faible) à 7 (le plus élevé) qui combine deux dimensions : le risque de marché (mesuré par une approche de type Value-at-Risk, la volatilité potentielle) et le risque de crédit de l'émetteur. Sa méthode figure au Règlement délégué (UE) 2017/653 (annexe II pour la méthodologie de calcul, annexe III pour sa présentation), modifié en 2021/2268.

Attention à un changement que beaucoup ont raté : depuis 2023, le SRI a remplacé le SRRI des anciens DICI. Le SRRI ne mesurait que la volatilité ; le SRI y ajoute le risque de crédit. En pratique, ça veut dire qu'un fonds hier noté « 3 » en SRRI peut aujourd'hui afficher « 4 » voire « 5 » en SRI — non parce que son risque a augmenté, mais parce que la méthode a changé.

Pour situer les choses, retenez ces repères de terrain : un fonds euros tourne autour de 1 à 2, un fonds diversifié équilibré autour de 3 à 4, un fonds actions autour de 5 à 6, et un support concentré ou non coté (private equity) peut atteindre 6 à 7.

Le SRI n'est pas une note de qualité

Deux fonds notés SRI 4 peuvent avoir des profils très différents : le SRI ne dit rien de la qualité de gestion, de la stratégie ni du rendement attendu. Il situe seulement le niveau de risque. Pour relier le SRI à votre tolérance au risque et à votre horizon, voyez notre guide profil de risque et assurance vie luxembourgeoise.

Les scénarios de performance : à lire sans se tromper

Depuis la révision des normes techniques (2021/2268), le KID présente quatre scénarios — tensions (stress), défavorable, intermédiaire (modéré) et favorable — dans un tableau bâti sur une base de 10 000 € investis. Pour chaque scénario, on lit la valeur projetée en euros et la performance annualisée, à l'horizon de la période de détention recommandée (et souvent à un horizon intermédiaire).

Comment se lit une valeur projetée

Valeur projetée = 10 000 EUR x (1 + performance annualisee du scénario) ^ (nombre d'années)
  • 10 000 EUR :montant d'investissement standardise du KID
  • performance annualisee :taux propre a chaque scénario (tensions, défavorable, intermédiaire, favorable)
  • nombre d'années :horizon retenu, généralement la période de détention recommandée

Exemple : au scénario défavorable à −1 %/an sur 8 ans, 10 000 € projettent ≈ 9 230 € ; au scénario intermédiaire à +5 %/an, ≈ 14 775 €. Ce sont des projections méthodologiques, pas des garanties.

En rendez-vous, nous commençons toujours par le scénario défavorable, jamais par le favorable : savoir qu'un support pourrait ramener 10 000 € à ≈ 8 600 € au pire dit tout de suite si l'on tiendrait le choc, et aide à dimensionner un risque acceptable. Gardez aussi en tête que ces chiffres sont des projections issues d'une méthodologie réglementaire, calées sur des données historiques : ni prévisions, ni promesses. Le scénario de tensions, lui, illustre un choc de marché sévère.

Un scénario n'est ni une prévision ni une garantie

Presque tous nos clients lisent d'abord la colonne « favorable » et repartent avec le chiffre le plus flatteur en tête. C'est exactement le piège que la refonte de 2023 (Règlement délégué (UE) 2021/2268) a voulu corriger : les scénarios projettent le passé selon une formule réglementaire, ils ne prédisent rien, et les anciens étaient jugés trop optimistes. Lisez-les comme un ordre de grandeur du risque, jamais comme un rendement attendu.

Les coûts et la réduction de rendement (RIY)

La rubrique « Que va me coûter cet investissement ? » tient dans deux tableaux. Le premier, « Coûts au fil du temps » (toujours sur une hypothèse de 10 000 €, à trois horizons : 1 an, un horizon intermédiaire, et la durée recommandée), donne les coûts totaux en euros et surtout l'incidence des coûts en % par an. Le second, « Composition des coûts », détaille les coûts d'entrée et de sortie ponctuels, les coûts récurrents, les coûts de transaction et, le cas échéant, les commissions liées aux résultats.

L'indicateur central s'appelle la réduction de rendement, ou RIY (Reduction in Yield) : il exprime de combien les frais amputent le rendement annualisé. C'est le bon outil pour comparer deux supports — à une condition : comparer au même horizon. Le RIY à 1 an est mécaniquement le plus élevé, car les frais d'entrée sont amortis sur une très courte durée.

Comparer deux RIY sans se faire piéger

Pour départager un FID à ≈ 1,6 %/an et un FAS à ≈ 2,2 %/an, ne comparez que le RIY à la durée recommandée — jamais celui à 1 an. Confronter deux RIY à des horizons différents n'a aucun sens : c'est l'erreur qui fait croire qu'un support « coûte plus cher » alors qu'on le regarde simplement sur une durée plus courte.

Lire les coûts de deux KID de support (valeurs d'illustration, pas un barème)
Support (illustration)SRIRIY à 1 anRIY à la durée recommandée
FID prudent3≈ 3,1 %/an≈ 1,6 %/an
FAS dynamique5≈ 3,8 %/an≈ 2,2 %/an

Ces valeurs sont de simples illustrations pour montrer la logique : le RIY chute fortement entre 1 an et l'horizon recommandé. Pour les montants réels des frais d'un contrat luxembourgeois (frais d'entrée, de gestion, de mandat, d'arbitrage), reportez-vous à notre guide dédié : les frais d'une assurance vie luxembourgeoise. Et pour l'information personnalisée sur les coûts (ex-ante/ex-post), distincte du RIY standardisé du KID, voyez notre guide MiFID II.

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Faire décoder vos KID par un CGP

L'analyse du KID de votre contrat et de chaque support — SRI, scénario défavorable, RIY à horizon identique — se fait dans le cadre d'une lettre de mission signée. Premier rendez-vous offert — 45 min avec un conseiller : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

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La période de détention recommandée (RHP)

La rubrique « Combien de temps dois-je le conserver ? » indique la période de détention recommandée (RHP, Recommended Holding Period) : l'horizon pour lequel le produit est conçu. Elle précise aussi les conditions de sortie et l'impact d'un rachat anticipé (frais de sortie éventuels, et pour certains supports non cotés, une liquidité réduite).

Durée recommandée n'est pas durée fiscale

Ne confondez pas deux horizons : la période de détention recommandée du KID est un horizon produit (adéquation risque/temps). L'horizon fiscal français des 8 ans (après lequel le rachat bénéficie du taux de 7,5 %/12,8 % et de l'abattement annuel de 4 600 € / 9 200 €) est un tout autre sujet — et il ne figure pas dans le KID. La fiscalité se lit dans notre guide fiscalité de l'assurance vie luxembourgeoise.

« Si l'assureur ne peut pas payer » : là où se lit l'atout AVL

La rubrique 3 du KID — « Que se passe-t-il si l'initiateur n'est pas en mesure d'effectuer les versements ? » — décrit le risque de défaillance de l'assureur et l'existence (ou l'absence) d'un système de garantie. La plupart des épargnants tournent cette page sans la lire ; pourtant c'est précisément là que se joue une grande partie de la différence luxembourgeoise.

Au Luxembourg, la protection repose sur le triangle de sécurité — la compagnie d'assurance, une banque dépositaire qui cantonne les actifs sur des comptes ségrégués, et le Commissariat aux Assurances (CAA) qui supervise — auquel s'ajoute le super-privilège : l'article 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 (modifiée le 10 août 2018) fait du souscripteur et du bénéficiaire des créanciers de 1ᵉʳ rang, avec une protection illimitée en montant. À comparer au fonds de garantie français (FGAP), plafonné à 70 000 € par assuré et par compagnie.

Le vrai atout ne se lit pas (entièrement) dans le KID

Le KID standardise risque et coûts ; il mentionne l'absence d'un fonds de garantie de type FGAP, mais il ne détaille ni le triangle ni le super-privilège. La sécurité réelle d'une AVL se comprend dans le cadre luxembourgeois lui-même. Pour creuser, deux guides : le triangle de sécurité luxembourgeois et le super-privilège (art. 118).

Comparer un FID et un FAS avec deux KID

Un KID isolé informe ; deux KID posés l'un à côté de l'autre font décider. Quand Claire hésite entre deux supports d'un même contrat, nous passons cinq points en revue avec elle : (1) poser les deux KID en vis-à-vis ; (2) comparer le SRI ; (3) lire le scénario défavorable au même horizon ; (4) comparer le RIY à la durée recommandée (pas à 1 an) ; (5) vérifier la liquidité (le non coté impose une période plus longue).

Cas — Claire, 52 ans, FID prudent vs FAS dynamique

Claire hésite entre un FID prudent et un FAS dynamique dans son contrat luxembourgeois. Elle met les deux KID côte à côte, base 10 000 €, horizon 8 ans (la durée recommandée) :

Cas Claire : comparer deux KID de support (chiffres d'illustration, pas une performance promise)
Critère lu dans le KIDFID prudentFAS dynamique
Indicateur SRI35
Scénario défavorable à 8 ans≈ 9 400 €≈ 8 600 €
Scénario intermédiaire à 8 ans≈ 12 700 €≈ 15 300 €
RIY à la durée recommandée≈ 1,6 %/an≈ 2,2 %/an
LiquiditéBonneBonne (variable selon UC logées)

Lecture : le FAS vise plus haut (scénario intermédiaire à ≈ 15 300 €) mais son SRI 5 et son RIY supérieur signalent plus de risque et de coûts ; le FID protège mieux le capital dans le scénario défavorable (≈ 9 400 € contre ≈ 8 600 €). Le KID ne dit pas lequel choisir : il donne les repères pour décider, avec son conseiller, en fonction de son horizon et de sa tolérance au risque. Le FAS et le FIC ont chacun leurs règles de gestion et leur propre KID.

Ce que le KID ne dit PAS

Reste le point qui surprend le plus nos clients : ce que le KID ne vous dira jamais, et que beaucoup découvrent trop tard. Le KID standardise risque, scénarios, coûts et durée. Il ne couvre pas plusieurs sujets décisifs, qui se lisent ailleurs :

  • La fiscalité. Ni le régime des rachats (PFU 30 % avant 8 ans ; 7,5 %/12,8 % + 17,2 % de prélèvements sociaux après 8 ans), ni la transmission : art. 990 I (152 500 € par bénéficiaire pour les primes avant 70 ans, puis 20 % puis 31,25 %) et art. 757 B (abattement global 30 500 € pour les primes après 70 ans, seules les primes taxées). Pour un résident français, l'AVL suit exactement la même fiscalité qu'une assurance vie française — la neutralité fiscale luxembourgeoise est un point rassurant, pas un avantage de barème.
  • La sécurité juridique. Triangle de sécurité et super-privilège (art. 118) sont hors KID.
  • Les obligations déclaratives. Le contrat étranger doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916 / 3916 bis, et le CRS transmet automatiquement l'information au fisc français : aucun anonymat.
  • Le devoir de conseil et l'adéquation. Ils relèvent de la DDA et de MiFID II, distincts du KID.
  • La liste des pièces de souscription. Elle est détaillée dans notre guide documents de souscription d'une AVL.

KID = risque + coûts, rien de plus

Ne confondez jamais le KID (document produit : risque et coûts) avec le reste — fiscalité, sécurité, déclaratif, conseil. Le KID est une brique de votre décision, pas la décision. Pour relier toutes ces briques, notre guide complet de l'assurance vie luxembourgeoise sert de fil conducteur.

Cas — Sophie, 68 ans, croit que « tout est dans le KID »

Sophie pense que le KID lui dira combien ses enfants paieront à son décès et si son capital est protégé. Ce n'est pas le cas : le KID ne parle ni de fiscalité (ce sont les articles 990 I et 757 B), ni de super-privilège (art. 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015), ni de l'obligation 3916. Elle complète donc sa lecture du KID par les guides fiscalité, sécurité et déclaratif. Le KID reste un document produit — un socle utile, mais qui ne couvre que la moitié de la décision : le risque et les coûts, pas la fiscalité ni la sécurité.

Mentions légales — Hagnéré Patrimoine

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Hagnéré Patrimoine — ORIAS 23002291 (CIF membre CNCEF Patrimoine, COA, COBSP) — 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens · contact@hagnere-patrimoine.fr · +33 3 74 47 20 18. Une assurance vie en unités de compte comporte un risque de perte en capital.

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Un doute sur un KID avant de signer ?

Envoyez-nous le document : nous vérifions le SRI, les scénarios, le RIY et la durée recommandée, et nous les replaçons dans votre projet global (fiscalité, sécurité, transmission).

Lecture de KIDRéponse sous 48 hCGP ORIAS
Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le KID (DIC) PRIIPs d'une assurance vie luxembourgeoise

Le KID (DIC) est le document précontractuel imposé par le règlement PRIIPs (UE) n° 1286/2014 pour les produits d'investissement de détail, dont l'assurance vie luxembourgeoise en unités de compte. Le DICI était propre aux OPCVM (UCITS) ; il a été remplacé par le DIC le 1er janvier 2023. Un contrat luxembourgeois n'a donc pas de « DICI » : il a un KID/DIC pour le contrat, et un KID/DIC par unité de compte.

Oui. Une AVL en unités de compte est un IBIP au sens du règlement PRIIPs : la compagnie luxembourgeoise (l'initiateur) établit le KID, et le distributeur (courtier ou CGP) doit le remettre « en temps utile avant » tout engagement — donc avant la signature. C'est un document précontractuel, à lire avant de souscrire.

Les deux. Il existe un KID PRIIPs pour le contrat (l'enveloppe assurance) et un KID/DIC par unité de compte sous-jacente (fonds, FID, FAS, FIC, titres vifs). Le SRI du contrat ne reflète qu'une allocation « type » : le risque réel dépend des supports choisis, dont il faut lire chaque KID.

Le SRI (indicateur synthétique de risque) note le risque de 1 (le plus faible) à 7 (le plus élevé). Il combine le risque de marché (volatilité) et le risque de crédit de l'émetteur, et a remplacé l'ancien SRRI depuis 2023. Repères : fonds euros ≈ 1-2, diversifié ≈ 3-4, actions ≈ 5-6. Ce n'est pas une note de qualité ni une promesse de rendement.

Le KID présente quatre scénarios (tensions, défavorable, intermédiaire, favorable) sur une base de 10 000 € investis, aux horizons indiqués. Le scénario défavorable est le plus utile pour mesurer un risque acceptable. Attention : ce sont des projections méthodologiques, pas des garanties ni des prévisions.

La réduction de rendement (Réduction in Yield) mesure de combien l'ensemble des frais ampute le rendement annualisé. C'est l'indicateur clé pour comparer deux supports, à condition de comparer au même horizon (le RIY à 1 an est mécaniquement plus élevé à cause des frais d'entrée). Pour les montants réels des frais d'un contrat luxembourgeois, voir notre guide dédié aux frais.

Non. Le KID est un document produit (risque, scénarios, coûts, durée) ; il ne traite ni la fiscalité des rachats, ni la transmission (art. 990 I avant 70 ans, 757 B après 70 ans), ni les prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour un résident fiscal français, l'AVL suit exactement la même fiscalité qu'une assurance vie française.

Non. Le KID informe sur le produit ; le devoir de conseil et le test d'adéquation (questionnaire de connaissances, objectifs, situation) relèvent de la DDA et de MiFID II. Ce sont des étapes distinctes et complémentaires : lire le KID ne dispense pas du conseil, et inversement.

Non. Le KID standardise l'information sur le risque et les coûts, sans garantie. La sécurité d'une AVL vient d'ailleurs : le triangle de sécurité (compagnie / banque dépositaire cantonnée / CAA) et le super-privilège (art. 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015), qui fait du souscripteur un créancier de 1er rang avec une protection illimitée — des éléments que le KID ne détaille pas.