Structurez votre assurance-vie luxembourgeoise avec un expert
Triangle de sécurité, fonds dédiés, fiscalité internationale, architecture ouverte : nous vous aidons à choisir le bon cadre luxembourgeois selon votre patrimoine et votre mobilité.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.
Sommaire
- 1. PRIIPs, KID, DIC, DICI : le vocabulaire au clair
- 2. Le KID est-il obligatoire pour une AVL, et quand ?
- 3. Un contrat, plusieurs KID : la lecture en étages
- 4. Anatomie d'un KID : les rubriques normalisées
- 5. L'indicateur de risque SRI (1 à 7)
- 6. Les scénarios de performance : à lire sans se tromper
- 7. Les coûts et la réduction de rendement (RIY)
- 8. La période de détention recommandée
- 9. « Si l'assureur ne peut pas payer » : l'atout AVL
- 10. Comparer un FID et un FAS avec deux KID
- 11. Ce que le KID ne dit PAS
- FAQ — 9 questions fréquentes
Beaucoup de nos clients tapent « DICI assurance vie luxembourgeoise » dans leur moteur de recherche, par habitude. Or ce document, sous ce nom, n'existe plus. Le sigle DICI (Document d'Informations Clés pour l'Investisseur) était propre aux OPCVM ; il a été remplacé le 1ᵉʳ janvier 2023. Pour un produit d'assurance vie, le bon terme est le KID (Key Information Document), traduit en français par DIC (Document d'Informations Clés), imposé par le règlement PRIIPs — le Règlement (UE) n° 1286/2014, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2018.
Ce que le législateur européen a voulu tient en une phrase : mettre entre les mains de l'épargnant, avant qu'il signe, un document court, normalisé et comparabled'un produit à l'autre. Trois pages, toujours structurées de la même façon, où l'on lit le risque, les scénarios de performance, les coûts et la durée recommandée. Pour une assurance vie luxembourgeoise en unités de compte — un « IBIP » au sens du règlement — le KID est obligatoire, et il se lit à deux étages, particularité du multisupport lux que ce guide détaille. En cinq minutes de lecture attentive, ce document vous dit déjà si un support est trop risquépour vous (l'indicateur SRI), combien il vous coûtera vraiment chaque année (la réduction de rendement) et pour combien de temps il est conçu (la durée recommandée). Encore faut-il savoir où regarder.
Je suis Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine, CIF ORIAS 23002291, dirigeant du cabinet Hagnéré Patrimoine. Mon objectif ici n'est pas de vous vendre un produit, mais de vous apprendre à lire un KIDcomme le ferait votre conseiller : repérer le bon chiffre, éviter les pièges de lecture, et surtout comprendre ce que ce document ne dit pas.
À retenir en 30 secondes
- PRIIPs = Règlement (UE) n° 1286/2014. Le document précontractuel est le KID (en français DIC) — à ne pas confondre avec le DICI (OPCVM, disparu au 1ᵉʳ janvier 2023) ni avec l'IPID (assurance non-vie).
- Un KID tient en 3 pages et présente : l'indicateur SRI (1 à 7), 4 scénarios, les coûts (RIY), la période de détention recommandée.
- Sur une AVL : 1 KID pour le contrat + 1 KID/DIC par unité de compte (FID, FAS, FIC, titres vifs).
- Le KID informe sur le risque et les coûts, pas sur la fiscalité ni sur la sécurité (triangle, super-privilège) — ces sujets se lisent ailleurs.
Avertissement
PRIIPs, KID, DIC, DICI : le vocabulaire au clair
Quatre sigles reviennent sans arrêt, et on les mélange en permanence ; démêlons-les. Le règlement PRIIPs (Packaged Retail and Insurance-based Investment Products) — Règlement (UE) n° 1286/2014 du 26 novembre 2014, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2018 — impose un document unique pour tous les produits d'investissement « packagés » destinés au grand public. Ce document, c'est le KID, en français le DIC.
La confusion la plus fréquente porte sur le DICI. Ce dernier était le document propre aux OPCVM (fonds UCITS), encadré par le Règlement (UE) n° 583/2010. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, il a été remplacé par le DIC PRIIPspour les fonds distribués au grand public. Traduction : un contrat d'assurance vie n'a jamaiseu de « DICI PRIIPs ». C'est un abus de langage. Il faut parler de KID/DIC.
Dernier piège : l'IPID(ou DIP). Ce document normalisé, issu du Règlement d'exécution (UE) 2017/1469, est réservé à l'assurance non-vie (auto, habitation, santé). Il ne concerne pas une assurance vie luxembourgeoise, qui en unités de compte relève du régime IBIP(produit d'investissement fondé sur l'assurance, art. 4 du règlement PRIIPs) et donc du KID.
Le piège n° 1 : « DICI PRIIPs » n'existe pas
On entend souvent parler du « DICI PRIIPs » d'une assurance vie. C'est un contresens. Le DICI était le document des fonds OPCVM, disparu le 1ᵉʳ janvier 2023 ; un contrat d'assurance vie n'en a jamais eu. Le bon terme est KID (ou DIC en français). La règle mnémotechnique tient en cinq mots : DICI = fonds, KID/DIC = produit packagé(dont l'assurance vie).
| Document | Texte de base | À quoi il sert | Sur une AVL ? |
|---|---|---|---|
| KID / DIC | Règl. (UE) 1286/2014 (PRIIPs) | Doc précontractuel standardisé : risque + scénarios + coûts | OUI — 1 pour le contrat + 1 par UC |
| DICI (KIID) | Règl. UCITS (UE) 583/2010 | Doc propre aux OPCVM, remplacé par le DIC le 1/1/2023 | NON |
| IPID / DIP | Règl. d'exéc. (UE) 2017/1469 | Doc normalisé assurance non-vie | NON (réservé non-vie) |
| Info coûts ex-ante/ex-post | MiFID II 2014/65/UE + DDA 2016/97 | Info personnalisée sur les coûts réels | Oui, mais distincte du KID |
La dernière ligne mérite une précision : l'information détaillée sur les coûts réels que vous supporterez (ex-ante, avant souscription, puis ex-post, chaque année) ne figure pas dans le KID mais découle de MiFID II re-transposée aux IBIP. Nous la traitons dans notre guide MiFID II et assurance vie luxembourgeoise.
Le KID est-il obligatoire pour une AVL, et quand est-il remis ?
Oui, sans ambiguïté. Une assurance vie luxembourgeoise en unités de compte est un IBIP : sa valeur de rachat est exposée aux fluctuations des marchés (art. 4 du règlement). Elle entre donc dans le champ PRIIPs, et un KID doit exister. Mais qui l'écrit, et qui vous le met effectivement entre les mains ? Ce sont deux acteurs différents.
L'établissement et la publication du KID incombent à l'initiateur du PRIIP, c'est-à-dire la compagnie d'assurance luxembourgeoise (art. 5). Elle le publie sur son site avant toute commercialisation. La remise, elle, incombe à la personne qui conseille ou vend le produit — pour une AVL, le distributeur(courtier ou CGP) : il doit vous remettre le KID « en temps utile avant » tout engagement (art. 13), sur support papier, durable ou via un site internet (art. 14).
Ne confondez pas « qui remet » et « quoi lire »
L'obligation de remettre le KID et le devoir de conseilrelèvent de la directive sur la distribution d'assurances — sujet que nous traitons dans notre guide DDA et Luxembourg. Le présent article porte, lui, sur le contenu du KID : comment le lire. Le KID est un document précontractuel — il se lit avant de signer, pas après.
Un dernier réflexe : vérifiez la date de la version que vous recevez. Le KID est revu et, si nécessaire, mis à jour au moins tous les 12 mois(Règlement délégué (UE) 2017/653, art. 15 ; base de révision à l'art. 10 du règlement PRIIPs). Le moment exact où il vous est remis dans le parcours est décrit dans notre guide comment ouvrir une assurance vie luxembourgeoise.
Un contrat, plusieurs KID : la lecture en étages
C'est la particularité qui déroute le plus sur un contrat luxembourgeois. Une AVL multisupport est ce que le règlement appelle un produit proposant plusieurs options d'investissement (art. 6). Dans ce cas, l'initiateur ne peut pas tout condenser dans un seul document : il établit un KID « contrat » (l'enveloppe) qui renvoie à des documents d'information spécifiques par option.
Sur votre contrat, ça se traduit donc par deux niveaux de lecture :
- Étage 1 — le KID du contrat : il décrit l'enveloppe assurance, son fonctionnement, une hypothèse d'allocation « type » et les frais du contrat.
- Étage 2 — un KID/DIC par unité de compte : chaque support que vous logez dans le contrat — un fonds, un FID, un FAS ou un FIC, des titres vifs — a son propre document, avec son propre SRI et ses propres coûts.
Toujours descendre à l'étage 2 avant d'arbitrer
Le SRI du contrat n'est pas le SRI de vos supports. Le KID contrat reflète une allocation théorique ; votre risque réel dépend des UC que vouschoisissez. Un contrat affiché SRI 3 peut abriter des supports notés 6 ou 7. La règle : lire le KID de chaquesupport, pas seulement celui de l'enveloppe. Ces supports sont logés grâce à l' architecture ouverte du contrat luxembourgeois.
Anatomie d'un KID : les rubriques normalisées
Le contenu et la présentation du KID sont fixés par l'article 8 du règlement et précisés par des normes techniques : le Règlement délégué (UE) 2017/653, modifié par le Règlement délégué (UE) 2021/2268 (nouvelle méthodologie des scénarios et des coûts, applicable au 1ᵉʳ janvier 2023). Vous obtenez au final trois pages A4, pas une de plus, rédigées en clair et toujours dans le même ordre :
- « En quoi consiste ce produit ? » — nature (IBIP), objectifs, investisseur cible, durée.
- « Quels sont les risques et qu'est-ce que cela pourrait me rapporter ? » — indicateur SRI + scénarios.
- « Que se passe-t-il si l'initiateur n'est pas en mesure d'effectuer les versements ? » — défaut de l'assureur.
- « Que va me coûter cet investissement ? » — coûts au fil du temps (RIY) + composition des coûts.
- « Combien de temps dois-je le conserver, et puis-je retirer de l'argent ? » — période de détention recommandée.
- « Comment puis-je formuler une réclamation ? »
- « Autres informations pertinentes ».
Un produit jugé complexe peut en outre porter la mention : « vous êtes sur le point d'acheter un produit qui n'est pas simple et qui peut être difficile à comprendre ». Voici comment lire les cinq rubriques qui décident vraiment :
| Rubrique | Ce que ça veut dire | Ce qu'il faut vérifier | Le piège |
|---|---|---|---|
| Indicateur SRI | Note de risque de 1 (faible) à 7 (élevé) | Le SRI du contrat ET de chaque UC visée | Le SRI n'est ni une note de qualité ni un rendement |
| Scénarios de perf. | 4 simulations sur 10 000 € | L'horizon utilisé (= période recommandée) | Ce ne sont PAS des garanties |
| Coûts / RIY | Impact annuel des frais sur le rendement | Le RIY à horizon identique entre supports | Le RIY à 1 an est gonflé par les frais d'entrée |
| Durée recommandée | Horizon d'investissement conseillé | La cohérence avec votre projet | ≠ durée fiscale des 8 ans côté français |
| Défaut de l'assureur | Sort de l'épargne en cas de défaillance | Présence/absence d'un fonds de garantie | L'atout luxembourgeois se lit ici (voir plus bas) |
Pourquoi ce format standardisé change tout
Parce que ces rubriques sont identiques d'un assureur à l'autre, vous pouvez poser côte à côte le KID d'un contrat Wealins, OneLife ou AXA Wealth Europe et comparer ligne à ligne le SRI, le RIY et la durée recommandée. C'est tout l'intérêt du KID : un langage commun pour décider, là où chaque brochure commerciale a le sien. Pour choisir la compagnie elle-même, voyez notre guide quelle compagnie luxembourgeoise choisir.
L'indicateur de risque SRI (1 à 7)
Le SRI(Summary Risk Indicator, indicateur synthétique de risque) est probablement le chiffre le plus regardé du KID. C'est une note sur une échelle de 1 (le plus faible) à 7 (le plus élevé) qui combine deux dimensions : le risque de marché (mesuré par une approche de type Value-at-Risk, la volatilité potentielle) et le risque de créditde l'émetteur. Sa méthode figure au Règlement délégué (UE) 2017/653 (annexe II pour la méthodologie de calcul, annexe III pour sa présentation), modifié en 2021/2268.
Attention à un changement que beaucoup ont raté : depuis 2023, le SRI a remplacé le SRRIdes anciens DICI. Le SRRI ne mesurait que la volatilité ; le SRI y ajoute le risque de crédit. En pratique, ça veut dire qu'un fonds hier noté « 3 » en SRRI peut aujourd'hui afficher « 4 » voire « 5 » en SRI — non parce que son risque a augmenté, mais parce que la méthode a changé.
Pour situer les choses, retenez ces repères de terrain : un fonds euros tourne autour de 1 à 2, un fonds diversifié équilibré autour de 3 à 4, un fonds actions autour de 5 à 6, et un support concentré ou non coté (private equity) peut atteindre 6 à 7.
Le SRI n'est pas une note de qualité
Deux fonds notés SRI 4 peuvent avoir des profils très différents : le SRI ne dit rien de la qualité de gestion, de la stratégie ni du rendement attendu. Il situe seulement le niveau de risque. Pour relier le SRI à votre tolérance au risque et à votre horizon, voyez notre guide profil de risque et assurance vie luxembourgeoise.
Les scénarios de performance : à lire sans se tromper
Depuis la révision des normes techniques (2021/2268), le KID présente quatre scénarios — tensions (stress), défavorable, intermédiaire (modéré) et favorable — dans un tableau bâti sur une base de 10 000 € investis. Pour chaque scénario, on lit la valeur projetée en euros et la performance annualisée, à l'horizon de la période de détention recommandée (et souvent à un horizon intermédiaire).
Comment se lit une valeur projetée
Valeur projetee = 10 000 EUR x (1 + performance annualisee du scenario) ^ (nombre d'annees)
- 10 000 EUR :montant d'investissement standardise du KID
- performance annualisee :taux propre a chaque scenario (tensions, defavorable, intermediaire, favorable)
- nombre d'annees :horizon retenu, generalement la periode de detention recommandee
Exemple : au scénario défavorable à −1 %/an sur 8 ans, 10 000 € projettent ≈ 9 230 € ; au scénario intermédiaire à +5 %/an, ≈ 14 775 €. Ce sont des projections méthodologiques, pas des garanties.
En rendez-vous, je commence toujours par le scénario défavorable, jamais par le favorable : savoir qu'un support pourrait ramener 10 000 € à ≈ 8 600 € au pire dit tout de suite si l'on tiendrait le choc, et aide à dimensionner un risque acceptable. Gardez aussi en tête que ces chiffres sont des projections issues d'une méthodologie réglementaire, calées sur des données historiques : ni prévisions, ni promesses. Le scénario de tensions, lui, illustre un choc de marché sévère.
Un scénario n'est ni une prévision ni une garantie
Presque tous mes clients lisent d'abord la colonne « favorable » et repartent avec le chiffre le plus flatteur en tête. C'est exactement le piège que la refonte de 2023 (Règlement délégué (UE) 2021/2268) a voulu corriger : les scénarios projettent le passé selon une formule réglementaire, ils ne prédisent rien, et les anciens étaient jugés trop optimistes. Lisez-les comme un ordre de grandeur du risque, jamais comme un rendement attendu.
Les coûts et la réduction de rendement (RIY)
La rubrique « Que va me coûter cet investissement ? » tient dans deux tableaux. Le premier, « Coûts au fil du temps »(toujours sur une hypothèse de 10 000 €, à trois horizons : 1 an, un horizon intermédiaire, et la durée recommandée), donne les coûts totaux en euros et surtout l'incidence des coûts en % par an. Le second, « Composition des coûts », détaille les coûts d'entrée et de sortie ponctuels, les coûts récurrents, les coûts de transaction et, le cas échéant, les commissions liées aux résultats.
L'indicateur central s'appelle la réduction de rendement, ou RIY (Reduction in Yield) : il exprime de combien les frais amputent le rendement annualisé. C'est le bon outil pour comparer deux supports — à une condition : comparer au même horizon. Le RIY à 1 an est mécaniquement le plus élevé, car les frais d'entrée sont amortis sur une très courte durée.
Comparer deux RIY sans se faire piéger
Pour départager un FID à ≈ 1,6 %/an et un FAS à ≈ 2,2 %/an, ne comparez que le RIY à la durée recommandée— jamais celui à 1 an. Confronter deux RIY à des horizons différents n'a aucun sens : c'est l'erreur qui fait croire qu'un support « coûte plus cher » alors qu'on le regarde simplement sur une durée plus courte.
| Support (illustration) | SRI | RIY à 1 an | RIY à la durée recommandée |
|---|---|---|---|
| FID prudent | 3 | ≈ 3,1 %/an | ≈ 1,6 %/an |
| FAS dynamique | 5 | ≈ 3,8 %/an | ≈ 2,2 %/an |
Ces valeurs sont de simples illustrations pour montrer la logique : le RIY chute fortement entre 1 an et l'horizon recommandé. Pour les montants réels des fraisd'un contrat luxembourgeois (frais d'entrée, de gestion, de mandat, d'arbitrage), reportez-vous à notre guide dédié : les frais d'une assurance vie luxembourgeoise. Et pour l'information personnalisée sur les coûts (ex-ante/ex-post), distincte du RIY standardisé du KID, voyez notre guide MiFID II.
Faire décoder vos KID par un CGP
Nous lisons avec vous le KID de votre contrat et de chaque support : SRI, scénario défavorable, RIY à horizon identique. Bilan patrimonial offert, 30 minutes avec un conseiller.
La période de détention recommandée (RHP)
La rubrique « Combien de temps dois-je le conserver ? » indique la période de détention recommandée(RHP, Recommended Holding Period) : l'horizon pour lequel le produit est conçu. Elle précise aussi les conditions de sortieet l'impact d'un rachat anticipé (frais de sortie éventuels, et pour certains supports non cotés, une liquidité réduite).
Durée recommandée n'est pas durée fiscale
Ne confondez pas deux horizons : la période de détention recommandée du KID est un horizon produit (adéquation risque/temps). L'horizon fiscal français des 8 ans (après lequel le rachat bénéficie du taux de 7,5 %/12,8 % et de l'abattement annuel de 4 600 € / 9 200 €) est un tout autre sujet — et il ne figure pas dans le KID. La fiscalité se lit dans notre guide fiscalité de l'assurance vie luxembourgeoise.
« Si l'assureur ne peut pas payer » : là où se lit l'atout AVL
La rubrique 3 du KID — « Que se passe-t-il si l'initiateur n'est pas en mesure d'effectuer les versements ? » — décrit le risque de défaillance de l'assureuret l'existence (ou l'absence) d'un système de garantie. La plupart des épargnants tournent cette page sans la lire ; pourtant c'est précisément là que se joue une grande partie de la différence luxembourgeoise.
Au Luxembourg, la protection repose sur le triangle de sécurité— la compagnie d'assurance, une banque dépositaire qui cantonne les actifs sur des comptes ségrégués, et le Commissariat aux Assurances (CAA) qui supervise — auquel s'ajoute le super-privilège : l'article 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 (modifiée le 10 août 2018) fait du souscripteur et du bénéficiaire des créanciers de 1ᵉʳ rang, avec une protection illimitée en montant. À comparer au fonds de garantie français (FGAP), plafonné à 70 000 € par assuré et par compagnie.
Le vrai atout ne se lit pas (entièrement) dans le KID
Le KID standardise risque et coûts ; il mentionne l'absence d'un fonds de garantie de type FGAP, mais il ne détaille ni le triangle ni le super-privilège. La sécurité réelle d'une AVL se comprend dans le cadre luxembourgeois lui-même. Pour creuser, deux guides : le triangle de sécurité luxembourgeois et le super-privilège (art. 118).
Comparer un FID et un FAS avec deux KID
Un KID isolé informe ; deux KID posés l'un à côté de l'autrefont décider. Quand Claire hésite entre deux supports d'un même contrat, je passe cinq points en revue avec elle : (1) poser les deux KID en vis-à-vis ; (2) comparer le SRI ; (3) lire le scénario défavorable au même horizon ; (4) comparer le RIY à la durée recommandée (pas à 1 an) ; (5) vérifier la liquidité (le non coté impose une période plus longue).
Cas — Claire, 52 ans, FID prudent vs FAS dynamique
Claire hésite entre un FID prudent et un FAS dynamiquedans son contrat luxembourgeois. Elle met les deux KID côte à côte, base 10 000 €, horizon 8 ans (la durée recommandée) :
| Critère lu dans le KID | FID prudent | FAS dynamique |
|---|---|---|
| Indicateur SRI | 3 | 5 |
| Scénario défavorable à 8 ans | ≈ 9 400 € | ≈ 8 600 € |
| Scénario intermédiaire à 8 ans | ≈ 12 700 € | ≈ 15 300 € |
| RIY à la durée recommandée | ≈ 1,6 %/an | ≈ 2,2 %/an |
| Liquidité | Bonne | Bonne (variable selon UC logées) |
Lecture :le FAS vise plus haut (scénario intermédiaire à ≈ 15 300 €) mais son SRI 5 et son RIY supérieur signalent plus de risque et de coûts ; le FID protège mieux le capital dans le scénario défavorable (≈ 9 400 € contre ≈ 8 600 €). Le KID ne dit pas lequel choisir : il donne les repères pour décider, avec son conseiller, en fonction de son horizon et de sa tolérance au risque. Le FAS et le FIC ont chacun leurs règles de gestion et leur propre KID.
Ce que le KID ne dit PAS
Reste le point qui surprend le plus mes clients : ce que le KID ne vous dira jamais, et que beaucoup découvrent trop tard. Le KID standardise risque, scénarios, coûts et durée. Il ne couvre pasplusieurs sujets décisifs, qui se lisent ailleurs :
- La fiscalité.Ni le régime des rachats (PFU 30 % avant 8 ans ; 7,5 %/12,8 % + 17,2 % de prélèvements sociaux après 8 ans), ni la transmission : art. 990 I (152 500 € par bénéficiaire pour les primes avant 70 ans, puis 20 % puis 31,25 %) et art. 757 B (abattement global 30 500 € pour les primes après 70 ans, seules les primes taxées). Pour un résident français, l'AVL suit exactement la même fiscalité qu'une assurance vie française — la neutralité fiscale luxembourgeoise est un point rassurant, pas un avantage de barème.
- La sécurité juridique. Triangle de sécurité et super-privilège (art. 118) sont hors KID.
- Les obligations déclaratives. Le contrat étranger doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916 / 3916 bis, et le CRS transmet automatiquement l'information au fisc français : aucun anonymat.
- Le devoir de conseil et l'adéquation. Ils relèvent de la DDA et de MiFID II, distincts du KID.
- La liste des pièces de souscription. Elle est détaillée dans notre guide documents de souscription d'une AVL.
KID = risque + coûts, rien de plus
Ne confondez jamais le KID (document produit : risque et coûts) avec le reste — fiscalité, sécurité, déclaratif, conseil. Le KID est une brique de votre décision, pas la décision. Pour relier toutes ces briques, notre guide complet de l'assurance vie luxembourgeoise sert de fil conducteur.
Cas — Sophie, 68 ans, croit que « tout est dans le KID »
Sophie pense que le KID lui dira combien ses enfants paieront à son décès et si son capital est protégé. Ce n'est pas le cas : le KID ne parle ni de fiscalité (ce sont les articles 990 I et 757 B), ni de super-privilège (art. 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015), ni de l'obligation 3916. Elle complète donc sa lecture du KID par les guides fiscalité, sécurité et déclaratif. Le KID reste un document produit— un socle utile, mais qui ne couvre que la moitié de la décision : le risque et les coûts, pas la fiscalité ni la sécurité.
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Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Hagnéré Patrimoine — ORIAS 23002291 (CIF membre CNCEF Patrimoine, COA, COBSP) — 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry · contact@hagnere-patrimoine.fr · +33 3 74 47 20 18. Une assurance vie en unités de compte comporte un risque de perte en capital.
Un doute sur un KID avant de signer ?
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