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FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé) : l'explication complète

Le FAS, c'est le support luxembourgeois où vous tenez le volant. Contrairement au FID, il n'y a pas de mandat de gestion discrétionnaire : c'est vous — éventuellement sur les recommandations de votre conseil — qui pilotez l'allocation. Ce guide monographique explique ce qu'est vraiment un fonds d'assurance spécialisé : sa gestion non déléguée, les actifs éligibles, les catégories de preneurs de la Lettre Circulaire CAA 26/1, cinq cas d'usage chiffrés, et une fiscalité qui reste celle de l'assurance-vie (17,2 % de prélèvements sociaux).

0 mandatGestion NON déléguée
N → D5 catégories CAA
65 %Le plafond non-coté
17,2 %Fiscalité assurance-vie
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise

Clément Chatelain accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.

Expert AVLCIFORIAS 23002291

Publié le 1er juillet 2026 · Mis à jour le 1er juillet 2026 · Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (ORIAS 23002291 — CIF, COA, COBSP) · Temps de lecture : 12 min

Un FAS (fonds d'assurance spécialisé) est un support d'assurance-vie luxembourgeoise à gestion non déléguée : aucun mandat discrétionnaire, c'est vous — ou votre conseil — qui tenez le volant. On vous a peut-être vendu ça comme « un FID en gestion libre ». Le raccourci rate l'essentiel. C'est l'un des supports qu'on cadre le plus au cabinet, et sa fiscalité reste celle de l'assurance-vie : 17,2 % de prélèvements sociaux.

La bascule est simple à énoncer, mais elle change tout : dans un FAS, aucun mandat de gestion discrétionnaire. Personne ne gère à votre place. Vous décidez, ou votre conseil vous recommande et vous validez. Ce guide traite le FAS seul, en profondeur, là où nos autres pages le comparent au FID et au FIC.

On va donc voir ce qu'est vraiment un fonds d'assurance spécialisé, où passe exactement la frontière avec le FID, ce que vous pouvez y loger selon votre catégorie de preneur (Lettre Circulaire CAA 26/1), et sa fiscalité — celle de l'assurance-vie, à 17,2 % de prélèvements sociaux. Cinq cas chiffrés pour illustrer.

À retenir en 30 secondes

  • Le FAS est un fonds interne à gestion NON déléguée : pas de mandat discrétionnaire, le preneur (ou son conseil) pilote lui-même. C'est la différence cardinale avec le FID.
  • Deux façons de piloter : la gestion libre (vous décidez seul, souvent en buy and hold) ou la gestion conseillée (recommandations validées par vous, puis transmises à l'assureur par votre courtier).
  • L'univers d'actifs dépend de votre catégorie CAA (N à D) : le non-coté n'est ouvert qu'en catégorie C ou D, plafonné à 65 % de l'encours. La fiscalité reste celle de l'assurance-vie.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le FAS ne comporte aucune garantie de rendement ni de capital : le risque de marché est porté par le souscripteur, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les cas chiffrés sont des illustrations, pas des recommandations. Pour une analyse adaptée à votre situation, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

1. Le FAS, c'est quoi exactement ?

Un fonds d'assurance spécialisé (FAS) est un fonds interne, propre à un seul contrat d'assurance-vie luxembourgeois, dont la particularité est que la gestion n'est pas déléguée à un gestionnaire financier. Le Commissariat aux Assurances (CAA) l'encadre par sa Lettre Circulaire 26/1, entrée en vigueur le 1er février 2026, qui a révisé l'ancienne LC 15/3.

Dans un FAS, c'est donc vous, le preneur, qui définissez l'allocation et choisissez les supports : titres vifs, OPCVM, ETF, produits structurés et, selon votre profil, des actifs non-cotés. Aucun tiers ne décide d'un investissement à votre place. La contrepartie, c'est que le FAS ne comporte aucune garantie de rendement ni de capital : le risque, vous le portez.

Le FAS s'adresse donc à un investisseur averti, ou bien accompagné d'un conseil. Vous voulez confier les clés à un professionnel qui gérera pour vous ? Ce n'est pas un FAS qu'il vous faut, c'est un FID. Et c'est justement cette frontière qu'il faut bien poser.

2. FAS ou FID : la différence tient en un mot, « mandat »

On les confond souvent, parce qu'ils partagent le même contenant luxembourgeois et le même univers d'actifs élargi. Pourtant, leur logique de gestion est à l'opposé. Une phrase suffit à trancher : le FID délègue, le FAS ne délègue pas.

FAS et FID : la frontière du mandat de gestion
CritèreFAS (fonds d'assurance spécialisé)FID (fonds interne dédié)
Qui décide de l'allocationLe preneur (ou son conseil)Un gestionnaire mandaté
Mandat de gestion discrétionnaireAucunOui, conclu avec un gérant
Frais de gestion sous mandatAbsents (pas de gérant)Présents (~0,5 à 1 %/an)
Profil viséAverti ou accompagnéDélègue à un professionnel
Modes possiblesGestion libre ou conseilléeGestion sous mandat
Responsabilité des arbitragesLe preneurLe gestionnaire (dans le mandat)

Le FAS supprime la couche de frais du mandat discrétionnaire. C'est un gain net, bien réel. En échange, la responsabilité des décisions repose sur vos épaules, ou sur celles de votre conseil. Ni mieux ni moins bien que le FID, donc : juste un autre choix de gouvernance. Piloter, ou déléguer ? On compare les trois véhicules en détail dans notre guide FID, FAS ou FIC.

Mais « piloter soi-même » recouvre en réalité deux pratiques bien distinctes.

3. Gestion libre ou gestion conseillée : deux façons de piloter

Dire que le FAS est « à gestion non déléguée » ne signifie pas que vous êtes seul face à l'écran. Il existe deux régimes, et tous deux respectent la règle du FAS : la décision finale vous revient.

Les deux régimes de pilotage d'un FAS

  • Gestion libre. Vous sélectionnez vous-même vos supports et passez vos arbitrages, souvent dans une logique buy and hold (on achète, on garde). Vous êtes autonome et responsable de bout en bout. C'est le régime des investisseurs expérimentés qui savent construire et tenir une allocation.
  • Gestion conseillée. Un conseiller vous adresse des recommandations que vous validez ; l'assureur les exécute ensuite sur votre instruction écrite, transmise par votre courtier. Vous gardez la main sur chaque décision, mais vous êtes épaulé. C'est le régime idéal quand on veut piloter sans être seul.

La nuance est juridique autant que pratique : dans les deux cas, aucun mandat discrétionnaire n'est signé. Voilà ce qui sépare la gestion conseillée d'un FAS de la gestion sous mandat d'un FID. Dans le premier cas, vous validez chaque ordre. Dans le second, le gérant agit sans même vous consulter. Notre guide gérer soi-même son contrat détaille le circuit d'un ordre en gestion libre.

Reste la question qui intéresse le plus les investisseurs : que peut-on réellement acheter dans un FAS ?

Hagnéré Patrimoine

Un FAS est-il adapté à votre profil, ou vaut-il mieux un FID ?

La détermination de votre catégorie de preneur CAA, le cadrage de votre univers d'actifs éligibles et le choix entre gestion libre, gestion conseillée et mandat se font dans le cadre d'une lettre de mission signée. Premier rendez-vous offert — 45 min : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

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4. Quels actifs peut-on loger dans un FAS ?

C'est là que le FAS prend tout son intérêt : un univers d'actifs très large, bien au-delà de ce qu'on trouve dans une assurance-vie française classique. Attention, cet univers n'est pas ouvert à tout le monde de la même façon. Il dépend de votre catégorie de preneur (on y vient à la section 5).

Les grandes familles d'actifs éligibles à un FAS (selon la catégorie de preneur)
Famille d'actifsExemplesAccès
Titres vifs cotésActions, obligations en directDès les catégories de base
Fonds cotésOPCVM, ETF, fonds monétairesDès les catégories de base
Produits structurésEMTN, autocallsSelon catégorie
Non-cotéPrivate equity, dette privée, club dealsCatégories C et D uniquement

Pour qu'un actif soit éligible, il faut réunir deux critères en même temps : le montant de prime investie sur le contrat et votre fortune mobilière déclarée. Plus ces deux montants montent, plus l'univers s'ouvre — jusqu'au non-coté et au private equity, réservés aux plus gros patrimoines. Même là, il y a une borne : la part de non-coté ne peut pas dépasser 65 % de l'encours du contrat.

Rien de tout ça n'est laissé à l'appréciation de chacun. La CAA a codifié ces critères en cinq catégories.

5. Les catégories de preneurs CAA : qui a droit à quoi ?

La Lettre Circulaire 26/1 (en vigueur depuis le 1er février 2026) range les preneurs en cinq catégories, de N à D, selon deux conditions qui vont de pair : le montant de prime investie et la fortune mobilière déclarée. C'est cette grille qui décide de votre accès aux classes d'actifs dans un FAS.

Catégories de preneurs CAA (Lettre Circulaire 26/1) — conditions cumulatives
CatégoriePrime investieFortune mobilièreUnivers d'actifs
N——Fonds internes collectifs, supports standards
A125 000 €250 000 €Univers élargi coté
B250 000 €500 000 €Univers coté large
C250 000 €1,25 M€Ouvre le non-coté (PE, dette privée)
D1 M€2,5 M€Toutes classes d'actifs

Retenez bien : les deux conditions doivent tomber ensemble. Verser 250 000 € ne vous fait pas basculer en catégorie C s'il vous manque les 1,25 M€ de fortune mobilière. C'est le piège que la plupart des épargnants ne voient pas venir. Le FAS, lui, n'a aucun seuil réglementaire — le point 7.4 de la circulaire l'admet « sans condition de prime ou de fortune », et les 125 000 € que l'on cite partout sont le plancher du fonds dédié, pas le sien. Ce qui subsiste est un ticket purement commercial, souvent de 250 000 à 500 000 € — on détaille ça dans notre guide ticket minimum d'un FAS.

Assez de théorie. Regardons ce que ça donne avec cinq personnes bien réelles.

6. Cinq cas d'usage concrets, chiffrés

Rien ne vaut un exemple concret. Cinq profils différents, chiffres à l'euro près. Ce sont des illustrations, pas des recommandations.

6.1 Cas Dr Étienne Vasseur — FAS en gestion libre, 600 000 €

Profil : le Dr Vasseur, 58 ans, radiologue à Bordeaux, investisseur aguerri, ouvre un FAS de 600 000 € en gestion libre (buy and hold) : 250 000 € en ETF actions monde, 200 000 € en obligations investment grade et 150 000 € en fonds euros.

Cas Dr Vasseur : rendement illustratif et frais évités (base 2025, sans garantie)
ÉtapeCalculRésultat
Rendement brut0,4167 × 6,8 + 0,3333 × 2,8 + 0,25 × 3,1~4,54 %
− Frais enveloppe (pas de mandat)0,70 à 1,01 pt selon l'assureur, hors frais propres des supports~3,53 à 3,84 % net
Frais de mandat évités vs FID~0,9 % × 600 000 €≈ 5 400 €/an

En pilotant lui-même, le Dr Vasseur met de côté environ 5 400 € par an de frais de mandat discrétionnaire qu'un FID lui aurait facturés. Capitalisés sur la durée, ça pèse. La contrepartie ? Il assume seul ses arbitrages. Ce calcul illustre une année ; le rendement réel dépend de l'allocation et de la période.

6.2 Cas Clara & Hugo Berthier — FAS en gestion conseillée, 350 000 €

Profil : Clara et Hugo, 44 et 46 ans, pacsés à Nantes, ouvrent un FAS de 350 000 € en gestion conseillée. Leur fortune mobilière est de 800 000 €.

Avec 350 000 € de prime et 800 000 € de fortune mobilière, Clara et Hugo relèvent de la catégorie B (250 000 € / 500 000 €). Ils ont accès à un large univers coté — ETF, fonds actifs en clean shares — mais pas au non-coté, qui commence à la catégorie C (250 000 € / 1,25 M€). Leur conseiller leur transmet des recommandations qu'ils valident, l'assureur exécutant par réception-transmission d'ordres. Ils pilotent, sans jamais être seuls.

6.3 Cas Sabine Delcourt — FAS après cession, 1 400 000 €

Profil : Sabine, 61 ans, dirigeante à Lille ayant cédé son entreprise, dispose d'une fortune mobilière de 3 200 000 € et place 1 400 000 € dans un FAS.

Avec 1,4 M€ de prime et 3,2 M€ de fortune mobilière, Sabine atteint la catégorie D (1 M€ / 2,5 M€). Toutes les classes d'actifs lui sont ouvertes, non-coté compris. Elle peut donc se bâtir une poche de private equity, dans la limite des 65 % de l'encours : au maximum 0,65 × 1 400 000 = 910 000 € en non-coté, le reste en actifs cotés et liquides. Doser cette poche, c'est déjà un vrai travail d'allocation d'actifs : on vise un rendement potentiel plus élevé, mais l'illiquidité, il faut l'assumer.

6.4 Cas Marc & Line Aubert — transmission via un FAS après 70 ans

Profil : Marc et Line, 72 et 70 ans, retraités à Aix, versent 200 000 € sur un FAS pour organiser leur transmission. Le versement intervient après 70 ans.

Transmission après 70 ans : l'article 757 B

Assiette taxable = Primes versées après 70 ans − 30 500 € (abattement global)
  • Primes versées après 70 ans :200 000 €
  • Abattement global (tous bénéficiaires) :30 500 €
  • Produits (gains) :exonérés de droits de succession

Sur les primes versées après 70 ans, seul l'article 757 B s'applique : un abattement global de 30 500 € (et non par bénéficiaire), puis le barème des droits de succession selon le lien de parenté. Les gains, eux, échappent aux droits.

L'assiette taxable des primes ressort à 200 000 − 30 500 = 169 500 €, soumise ensuite au barème successoral selon le lien de parenté. Ici, le FAS n'est qu'un contenant : ce qui organise la transmission, c'est la fiscalité de l'assurance-vie. Avant 70 ans, on aurait basculé sur l'article 990 I et son abattement de 152 500 € par bénéficiaire.

6.5 Cas SAS Holding Rivière — le FAS en capitalisation, 800 000 €

Profil : la SAS Holding Rivière, personne morale, veut faire fructifier 800 000 € de trésorerie longue en pilotant elle-même son allocation.

Une société ne peut pas souscrire une assurance-vie : le contrat repose sur une tête assurée, forcément une personne physique. La bonne réponse, c'est le contrat de capitalisation luxembourgeois (art. 238 septies E du CGI), qui peut lui aussi loger un FAS. La holding pilote alors son allocation en gestion libre. À la sortie, les produits sont imposés à l'impôt sur les sociétés, sans prélèvements sociaux — ceux-ci ne visent que les personnes physiques. Sur 800 000 €, des frais d'enveloppe de l'ordre de 0,5 point tournent autour de 4 000 € par an. On détaille ce montage dans notre guide capitalisation luxembourgeoise.

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Quelle catégorie CAA, quel univers d'actifs pour votre FAS ?

Le calcul de votre catégorie de preneur, de la part de non-coté que vous pouvez loger, et la comparaison entre gestion libre, conseillée et mandat se font dans le cadre d'une lettre de mission signée. Premier rendez-vous offert — 45 min : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

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Ces cinq cas ont un point commun : la fiscalité. Elle mérite qu'on s'y arrête.

7. La fiscalité du FAS : celle de l'assurance-vie

Rassurez-vous, il n'existe pas de « fiscalité du FAS » à part. Un FAS logé dans un contrat d'assurance-vie suit exactement la fiscalité de l'assurance-vie française : c'est la neutralité fiscale du Luxembourg. Le drapeau sur le contrat ne change rien à votre impôt.

Tant que vous ne rachetez pas, le contrat capitalise sans aucun impôt. À la sortie, seuls les gains sont taxés : prélèvement forfaitaire unique de 7,5 % après huit ans (sous abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), sinon 12,8 %, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. L'assurance-vie conserve ce taux de 17,2 %, par exception à la hausse de la CSG de la LFSS 2026 (article L.136-8 IV du Code de la sécurité sociale).

Le FAS ne crée donc ni bonus ni pénalité fiscale face à une assurance-vie française. Sa vraie valeur est ailleurs : l'univers d'actifs, la gestion non déléguée, la sécurité luxembourgeoise. Côté transmission, il relève de l'article 990 I avant 70 ans (152 500 € par bénéficiaire) et de l'article 757 B après 70 ans (30 500 € global), comme au cas Aubert plus haut. Le détail figure dans notre guide fiscalité de l'assurance-vie luxembourgeoise.

8. Et pour une société ? Le FAS en capitalisation

Un rappel qui vaut son pesant d'or, parce qu'on le comprend souvent de travers : une personne morale ne peut pas souscrire une assurance-vie. Le contrat repose sur une tête assurée, qui est forcément une personne physique. Une société — holding patrimoniale, SAS, SCI à l'IS — n'a donc pas accès à un FAS en assurance-vie.

La solution existe quand même : le contrat de capitalisation luxembourgeois (article 238 septies E du CGI), qui peut lui aussi accueillir un FAS. La société pilote alors son allocation en gestion libre ou conseillée, exactement comme un particulier le ferait dans son FAS d'assurance-vie. Le FAS étant admis sans condition de prime ni de fortune, la vraie question devient celle de la responsabilité du dirigeant qui pilote : nous la traitons dans notre guide le FAS d'un capi luxembourgeois détenu par une société.

Ce qui change vraiment, c'est la fiscalité : les produits d'un contrat de capitalisation détenu par une société relèvent de l'impôt sur les sociétés, sans prélèvements sociaux (ces derniers ne visent que les personnes physiques). C'est exactement le montage de la SAS Holding Rivière, vue au cas 6.5. Ne dites donc jamais qu'une société « souscrit une assurance-vie » : elle souscrit un contrat de capitalisation.

9. Les erreurs classiques à éviter

Checklist Hagnéré — 6 erreurs fréquentes sur le FAS

  • Croire que le FAS est un FID en gestion libre. Le FAS n'a pas de mandat discrétionnaire du tout : personne ne gère à votre place, même partiellement.
  • Confondre gestion conseillée et gestion sous mandat. En conseillée, vous validez chaque arbitrage ; sous mandat, le gérant agit sans vous consulter.
  • Oublier la double condition CAA. Prime et fortune mobilière doivent être réunies : verser 250 000 € ne suffit pas à ouvrir le non-coté.
  • Vouloir 100 % de non-coté. La part de private equity est plafonnée à 65 % de l'encours, même en catégorie D.
  • Attendre une garantie du FAS. Le FAS ne garantit ni rendement ni capital : le risque de marché est à vous.
  • Faire souscrire une « assurance-vie » à une société. Impossible : pour une personne morale, c'est un contrat de capitalisation (238 septies E).

Gardez ces six réflexes en tête et vous aborderez un FAS sans faux pas — de quoi décider, en connaissance de cause, si le pilotage vous va ou si un mandat serait plus confortable. Un dernier point qui rassure : quelle que soit votre allocation, vos actifs restent protégés par le triangle de sécurité et le super-privilège luxembourgeois.

Les 3 choses à retenir

  • Le FAS est un fonds interne à gestion non déléguée : pas de mandat, le preneur (ou son conseil) pilote — c'est LA différence avec le FID.
  • Votre catégorie de preneur CAA (N à D) commande l'univers d'actifs : le non-coté n'est ouvert qu'en C ou D, plafonné à 65 % de l'encours.
  • La fiscalité reste celle de l'assurance-vie (PFU + 17,2 % de PS) ; pour une société, le FAS passe par un contrat de capitalisation.
Hagnéré Patrimoine

Construire votre FAS avec le bon mode de gestion et la bonne allocation

La détermination de votre catégorie de preneur, le cadrage de vos actifs éligibles et le choix entre gestion libre, conseillée et mandat se font dans le cadre d'une lettre de mission signée. Premier rendez-vous offert — 45 min : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée (cabinet noté 4,6/5 sur Trustpilot, 33 avis au 30/09/2026).

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Mentions légales — Hagnéré Patrimoine

Hagnéré Patrimoine — SAS immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Siège social : 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens.

Article rédigé selon la législation en vigueur au 1er juillet 2026. Publié le 1er juillet 2026. Dernière mise à jour : 1er juillet 2026. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le fonds d'assurance spécialisé ne comporte aucune garantie de rendement ni de capital : les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement comporte un risque de perte en capital.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le fonds d'assurance spécialisé (FAS)

Le FAS est un fonds interne d'un contrat luxembourgeois dont la gestion n'est PAS déléguée à un gestionnaire discrétionnaire. C'est vous, le preneur, éventuellement sur les recommandations de votre conseil, qui pilotez l'allocation. Le FAS donne accès à un univers large (titres vifs, OPCVM, ETF, produits structurés et, selon votre catégorie, du non-coté), mais aucun mandat de gestion n'est confié à un tiers. Le FAS ne comporte aucune garantie de rendement ni de capital : le risque est porté par vous (Lettre Circulaire CAA 26/1).

La différence est le mode de gestion. Dans un FID (fonds interne dédié), vous confiez un mandat de gestion discrétionnaire à un gestionnaire qui prend les décisions à votre place selon un profil convenu. Dans un FAS, il n'y a pas de mandat : vous décidez vous-même des supports (gestion libre) ou votre conseiller vous transmet des recommandations que vous validez (gestion conseillée, sur votre instruction écrite transmise par votre courtier). Le FAS supprime donc les frais de mandat, mais vous rend responsable des arbitrages.

Selon votre catégorie de preneur, un FAS peut accueillir des titres vifs (actions, obligations), des OPCVM et ETF, des fonds monétaires, des produits structurés et des actifs non-cotés comme le private equity ou la dette privée. L'éligibilité dépend de deux critères cumulatifs : le montant de prime investie et votre fortune mobilière déclarée. Le non-coté n'est ouvert qu'à partir de la catégorie C et reste plafonné à 65 % de l'encours du contrat.

Oui, dans l'esprit. Comme la gestion n'est pas déléguée, le FAS s'adresse à un preneur qui possède une bonne connaissance des marchés, ou qui est accompagné par un conseil en gestion de patrimoine. La Lettre Circulaire 26/1 classe les preneurs en cinq catégories (N, A, B, C, D) selon le montant investi et la fortune mobilière : plus la catégorie est élevée, plus l'univers d'actifs s'ouvre. Sans expertise ni conseil, un FID sous mandat est souvent plus adapté.

Le fonds d'assurance spécialisé n'a aucun seuil réglementaire : le point 7.4 de la lettre circulaire 26/1 l'admet pour tous les contrats concernés « sans condition de prime ou de fortune ». Les 125 000 € que l'on cite souvent sont le plancher du fonds dédié (point 7.3.1), pas du FAS. Ce qui subsiste pour le FAS est un ticket purement commercial, propre à chaque assureur et établi sur devis, souvent de 250 000 à 500 000 €. Votre catégorie de preneur, elle, dépend de la prime versée et de votre fortune mobilière, et commande l'univers d'actifs accessible.

La fiscalité d'un FAS est celle de l'assurance-vie : identique à un contrat français (neutralité fiscale du Luxembourg). Tant que vous ne rachetez pas, le contrat capitalise sans impôt. À la sortie, les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique (7,5 % après huit ans sous abattement de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple, sinon 12,8 %) plus 17,2 % de prélèvements sociaux. L'assurance-vie reste à 17,2 % par exception à la hausse de la CSG de la LFSS 2026.

Oui, mais sous conditions. Le non-coté (private equity, dette privée, club deals immobiliers) n'est ouvert qu'aux catégories de preneurs C (250 000 € de prime et 1,25 million d'euros de fortune mobilière) et D (1 million et 2,5 millions). Même dans ces catégories, la part de non-coté est plafonnée à 65 % de l'encours du contrat. Le private equity est illiquide (7 à 10 ans) et ne comporte aucune garantie : il rehausse le rendement potentiel, sans le garantir.

En gestion libre, vous sélectionnez vous-même vos supports et passez vos arbitrages, souvent dans une logique buy and hold. En gestion conseillée, un conseiller vous adresse des recommandations que vous validez, l'assureur exécutant ensuite vos instructions écrites, transmises par votre courtier. Dans les deux cas, aucun mandat discrétionnaire n'est confié : la décision finale reste la vôtre. C'est ce qui distingue le FAS du FID.

Une personne morale ne peut pas souscrire une assurance-vie, car le contrat repose sur une tête assurée qui est une personne physique. La solution pour une société est le contrat de capitalisation luxembourgeois (art. 238 septies E du CGI), qui peut lui aussi loger un FAS. La société pilote alors son allocation en gestion libre ou conseillée, et les produits sont imposés à l'impôt sur les sociétés, sans prélèvements sociaux.

Les actifs d'un FAS bénéficient du triangle de sécurité luxembourgeois : ils sont cantonnés chez une banque dépositaire agréée par le Commissariat aux Assurances, séparés du bilan de l'assureur ; le preneur dispose d'un super-privilège (loi du 7 décembre 2015, art. 118) qui le place en créancier de premier rang ; et le Commissariat aux Assurances contrôle le dispositif. Cette sécurité porte sur la détention des actifs, pas sur leur performance, qui reste soumise au risque de marché.