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Guide calcul rentabilitéBrut · net · net-net 2026Mise à jour 2026Cas chiffré fil rougeConforme CGP · CIF · COA · COBSP

Calcul de rentabilité locative : brut, net, net-net (et pourquoi le brut ment)

Vous avez deux annonces sous les yeux. Un T2 à Nantes affiché « 5,2 % de rendement », un T2 à Angers affiché « 7,8 % ». La logique voudrait que vous signiez pour Angers les yeux fermés. Sauf que ces deux chiffres ne veulent strictement rien dire — pas parce qu'ils sont faux, mais parce qu'ils ne mesurent pas ce qui vous intéresse vraiment : ce que le bien va laisser dans votre poche une fois les frais, les charges et l'impôt passés par là. Ici, on apprend la grammaire du rendement : les trois étages (brut, net de charges, net-net), comment chacun se calcule, et pourquoi seul le dernier décide — déroulés sur un seul et même bien, à l'euro près.

BILAN PATRIMONIAL

Recalculer chaque scénario sur le coût de revient total loyers, vacance, charges, fiscalité et financement

Un conseiller du cabinet recalcule avec vous chaque scénario sur le coût de revient total et selon votre fiscalité. Le cabinet conseille ; il ne vend, ne source ni ne rénove aucun bien. Aucun rendement, cash-flow, crédit ni résultat locatif n'est garanti.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Régime fiscal comparé selon votre TMI
  • Aucun rendement ni financement garanti
  • Cabinet CIF · COA · COBSP

Sur lettre de mission signée

  • Rentabilité testée sous plusieurs scénarios

DÉNOMINATEUR HONNÊTE

Coût de revient, pas le prix

LE T2 FIL ROUGE (COÛT DE REVIENT)

148 000 €

BRUT ANNONCE vs BRUT HONNÊTE

6,90 % → 5,59 %

NET DE CHARGES → NET-NET (NU)

3,76 % → 1,99 %

PRÉLÈVEMENTS SOCIAUX (NU / LMNP)

17,2 % / 18,6 %

RENDEMENT ET CONTRAT

À vérifier projet par projet

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

Réponse directe : le rendement d'un investissement locatif ne se calcule jamais sur le prix d'achat, mais sur le coût de revient total (prix + frais de notaire + travaux + meubles + sourcing). Il se lit sur trois étages : le brut (loyer ÷ coût de revient), le net de charges (on retire taxe foncière, copropriété, assurances, gestion, vacance), et le net-net (on retire l'impôt : barème de l'IR à votre TMI + prélèvements sociaux). Seul le net-net dit ce que le bien laisse vraiment dans votre poche — et il ne dit toujours pas s'il tient dans votre trésorerie : ça, c'est le cash-flow, une notion différente.

Mis à jour le 3 juin 2026 par Quentin Hagnéré (fondateur ; cabinet CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291), cabinet Hagnéré Patrimoine — chiffres et textes de loi vérifiés au cadre en vigueur début 2026.

📋 À retenir en 30 secondes (TL;DR)

  • Le rendement ne se calcule jamais sur le prix d'achat, mais sur le coût de revient total (prix + frais de notaire + travaux + meubles + sourcing). Le « brut sur le prix seul » est l'erreur qui gonfle tous les chiffres d'annonce.
  • Trois étages : brut (loyer ÷ coût de revient), net de charges (après TF, copro, assurances, gestion, vacance), net-net (après impôt : barème IR selon votre TMI + prélèvements sociaux).
  • Les loyers sont imposés au barème progressif de l'IR + PS, jamais au PFU de 31,4 % (réservé aux dividendes et intérêts). PS : 17,2 % en nu, 18,6 % en LMNP (LFSS 2026).
  • Le net-net départage deux biens identiques sur le papier : notre fil rouge passe de « 6,90 % » affiché à 5,59 % brut honnête, 3,76 % net de charges, puis 1,99 % en nu ou ≈ 3,7 % en LMNP.
  • Le rendement (%) ignore le crédit ; le cash-flow (€/mois) intègre la mensualité. Un bon net-net peut s'accompagner d'un cash-flow négatif — à vérifier après le rendement, jamais l'inverse.
  • Viser un net-net ≥ 4 % est plus pertinent qu'un « 8-10 % brut » marketing. Le 8 % brut est crédible uniquement calculé sur le coût de revient total.
  • Sourcer décoté, chiffrer sur le vrai coût de revient et caler le bon régime : ce sont les trois leviers d'un net-net solide ; toute hypothèse de rendement brut se recalcule sur le coût de revient total.

Avertissement (art. L. 533-13 CMF)

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les prix, frais, loyers et rendements cités — y compris le bien fil rouge — sont un exemple pédagogique et des ordres de grandeur indicatifs début 2026, à valider sur devis et sur votre marché local ; ils ne constituent aucune promesse de performance. Le rendement réel d'un bien dépend du prix payé, du marché, du financement et de votre fiscalité. Tout investissement immobilier comporte un risque de perte en capital. Avant tout achat, faites réaliser un bilan patrimonial par un professionnel.

§ 1LE COÛT DE REVIENT·3 MIN

Le rendement ne se calcule pas sur le prix, mais sur ce que le bien vous coûte vraiment

Quand une annonce affiche « 7,8 % de rendement », elle a divisé le loyer par le prix d'achat. C'est commode, c'est flatteur, et c'est faux. Parce qu'un bien ne vous coûte jamais son prix d'achat : il vous coûte son prix d'achat plus tout ce qu'il faut payer pour qu'il rapporte un loyer. C'est exactement le point de départ de Camille, ingénieure à Nantes, TMI 30 %, qui achète pour la première fois : elle hésite entre un T2 à Nantes annoncé « 5,2 % » et un T2 à Angers annoncé « 7,8 % », et elle se méfie — à raison — des chiffres des annonces.

Chez Hagnéré Patrimoine, on a une règle simple : on calcule le gain net, pas le gain marketing. Et le gain net commence par un dénominateur honnête.

Les 3 niveaux de rendement en une phrase chacun

  • Le rendement brut mesure ce que rapporte le bien avant toute déduction : loyer annuel rapporté à ce que le bien vous a coûté.
  • Le rendement net de charges retire ce que vous dépensez chaque année pour le détenir (taxe foncière, copropriété, assurances, gestion, vacance).
  • Le rendement net-net retire en plus l'impôt sur les loyers (barème de l'IR selon votre tranche + prélèvements sociaux). C'est le seul qui dit ce que le bien rapporte réellement.

Voyez ça comme descendre un escalier : à chaque marche, on enlève quelque chose — d'abord les frais de détention, puis l'impôt — et le chiffre rétrécit. Le brut, c'est la vitrine ; le net-net, c'est ce qui reste une fois rentré à la maison.

Coût de revient total : le seul dénominateur qui ne ment pas

Le coût de revient total — le mot peut faire technique, mais l'idée est limpide : c'est la somme de tout ce que vous sortez pour mettre le bien en location. Comme une voiture d'occasion : le prix affiché n'est jamais ce qu'elle vous coûte vraiment une fois la carte grise, la révision et les pneus passés. Concrètement : le prix net vendeur, les frais de notaire (environ 7,5 à 8 % dans l'ancien — détail dans notre guide frais de notaire 2026), les travaux de remise en état, les meubles (si vous louez meublé) et les frais de sourcing ou de chasse (si vous vous faites accompagner).

C'est ce total, et lui seul, qui doit aller au dénominateur de toutes vos formules. On détaille sa reconstitution poste par poste, et son lien avec la trésorerie, dans notre guide calculer le cash-flow d'un investissement locatif.

Pourquoi les annonces gonflent toujours le chiffre

L'annonce divise par le prix le plus bas possible (le prix d'achat seul) et le loyer le plus haut possible (souvent meublé, parfois optimiste). Résultat : un chiffre qui sert à vendre, pas à décider. Notre fil rouge va le montrer noir sur blanc — un bien annoncé « 6,90 % » qui n'est qu'à 5,59 % réel dès qu'on remet les frais où ils doivent être.

Concrètement : avant de comparer le 5,2 % de Nantes au 7,8 % d'Angers, Camille doit reconstituer le vrai coût de chacun. Sinon elle compare deux mirages. Voyons maintenant le premier étage, celui que tout le monde calcule — et que presque tout le monde calcule mal.

§ 2LE BRUT·4 MIN

La rentabilité BRUTE : la formule, et l'erreur du prix seul

Le brut est le chiffre d'entrée : rapide, utile pour trier une liste de biens. Mais ne lui faites pas confiance trop vite : la formule « officieuse » que vous lisez sur les annonces n'est pas la bonne.

La bonne formule du rendement brut

Rendement brut (la bonne formule)

Rendement brut (%) = (Loyer annuel ÷ Coût de revient total) × 100

Le numérateur, c'est le loyer hors charges sur douze mois. Le dénominateur, c'est le coût de revient total (prix + notaire + travaux + meubles + sourcing). Rien d'autre.

L'erreur classique : diviser par le prix d'achat seul

La formule fausse, mais répandue

Brut « annonce » (%) = (Loyer annuel ÷ Prix d'achat seul) × 100

C'est la formule des annonces : elle divise par le prix le plus bas possible, ce qui gonfle mécaniquement le rendement affiché.

Prenons le T2 d'Angers que regarde Camille — celui annoncé « 7,8 % ». C'est notre bien fil rouge : voyons ce que devient ce 7,8 % une fois le vrai coût de revient rétabli.

Le coût de revient total du bien fil rouge : 148 000 €, et non les 120 000 € du prix d'annonce. Loyer meublé : 690 €/mois, soit 8 280 €/an.
Poste du coût de revientMontant
Prix net vendeur120 000 €
Frais de notaire (7,5 %)9 000 €
Travaux de rafraîchissement12 000 €
Meubles4 000 €
Frais de sourcing3 000 €
Coût de revient total148 000 €
Le même bien, le même loyer : 1,3 point d'écart selon le dénominateur. Ce 1,3 point, c'est exactement ce que vous avez « oublié » de payer dans le chiffre de l'annonce.
MéthodeCalculRésultat
Brut « prix seul » (l'annonce)8 280 ÷ 120 0006,90 %
Brut honnête (coût de revient)8 280 ÷ 148 0005,59 %

L'écart de 1,3 point n'est pas une subtilité comptable : ce sont les 28 000 € de frais, travaux et meubles (148 000 − 120 000) évaporés d'un coup de division.

L'arnaque la plus courante n'en est pas une

Personne ne vous ment volontairement : la convention du marché consiste simplement à diviser par le prix. Mais si vous prenez ce chiffre pour argent comptant, vous surpayez sans le voir. Recalculez toujours le brut sur le coût de revient avant d'aller plus loin.

Le brut sert à trier, pas à décider

À titre indicatif (ordres de grandeur 2026, en brut sur coût de revient) : grandes villes 3-4 %, villes moyennes et bassins d'emploi 7-10 % sur petites surfaces meublées. Le brut vous dit dans quelle catégorie vous jouez : avant même de visiter, le ratio loyer/prix au m² sert de premier filtre géographique pour repérer les villes capables de viser 8 % brut et écarter les marchés trop chers. Il ne vous dit rien sur ce que vous gardez. Pour ça, il faut descendre d'un étage.

Concrètement : le brut honnête de notre T2 est de 5,59 %. C'est un bon chiffre de départ. On garde le bien dans la short-list, et on passe au net.

Hagnéré Patrimoine

Vous calculez sur le prix d'achat affiché ? Vous surpayez sans le voir.

Un conseiller du cabinet recalcule votre rentabilité sur le coût de revient total et selon votre fiscalité. Le cabinet conseille ; il ne vend ni ne fournit de bien. Toute hypothèse doit être recalculée et le capital reste exposé.

Calcul sur le coût de revient réelFiscalité selon votre TMICabinet CIF · COA · COBSP
§ 3LE NET·4 MIN

La rentabilité NETTE de charges : ce qu'on retire vraiment du loyer

Détenir un bien coûte de l'argent chaque année, même quand il est loué en continu. Le net de charges, c'est le brut auquel on a retiré ces frais récurrents — avant l'impôt.

Les postes à déduire du loyer annuel

Les postes habituels, sur notre bien fil rouge (au passage : PNO = assurance propriétaire non occupant ; GLI = garantie loyers impayés) :

Les charges récurrentes annuelles du bien fil rouge : 2 712 €. Ce sont les frais que vous payez chaque année pour détenir le bien, avant même l'impôt.
PosteMontant annuel
Taxe foncière850 €
Charges de copropriété non récupérables480 €
Assurance PNO (propriétaire non occupant)140 €
Assurance loyers impayés (GLI)290 €
Frais de gestion (6,5 % TTC des loyers)538 €
Provision vacance + entretien (5 % des loyers)414 €
Total charges2 712 €

Rendement net de charges

Net de charges (%) = ((Loyer annuel − Charges) ÷ Coût de revient) × 100
= ((8 280 − 2 712) ÷ 148 000) × 100
= (5 568 ÷ 148 000) × 100 = 3,76 %

On passe de 5,59 % brut à 3,76 % net de charges. Le loyer « disponible » avant impôt n'est plus 8 280 € mais 5 568 €.

Charges récupérables vs non récupérables : qui paie quoi

Petite clarification de vocabulaire. Certaines charges sont récupérables : vous les avancez mais vous les refacturez au locataire (ascenseur, eau, entretien des parties communes…). D'autres sont non récupérables : elles restent à votre charge de bailleur. La liste de ce qui est récupérable est limitative et fixée par le décret n° 87-713 — vous ne pouvez pas refacturer ce qui n'y figure pas.

À votre charge définitive, sans appel possible : la taxe foncière (hors part TEOM récupérable), l'assurance PNO, les honoraires de syndic, et la part de gros entretien. Ce sont elles qui pèsent sur votre net.

La règle des 70-75 % : utile pour estimer, pas pour décider

Règle de pouce : le net représente en général 70 à 75 % du brut. Sur notre bien, le net ne pèse que 67 % du brut (3,76 / 5,59) — un peu en dessous, parce que la taxe foncière et la GLI sont relativement lourdes ici. C'est exactement pour ça que cette règle des 70-75 % sert à dégrossir une annonce le soir sur son canapé, pas à signer un compromis. En vrai, sur le terrain, une taxe foncière qui dérape ou une copro lourde peut vous faire passer sous les 60 %. Recalculez poste par poste avant de signer.

Concrètement : notre T2 tient encore la route à 3,76 % net de charges. Mais Camille n'a toujours pas la réponse à sa vraie question : combien lui reste-t-il après impôt ? C'est l'étage que presque personne ne calcule.

§ 4LE NET-NET·6 MIN

La rentabilité NET-NET (après impôt) : l'étage décisif que presque personne ne calcule

C'est l'étage qui décide. C'est aussi celui qu'aucun comparateur en ligne ne calcule pour vous — et pour cause : il dépend de VOUS, de votre tranche, de votre régime. Deux biens affichés « net 3,76 % » peuvent finir à des kilomètres l'un de l'autre une fois l'impôt passé.

Les loyers passent au barème (TMI) + PS, pas au PFU

Première chose à graver : les loyers ne sont jamais imposés au PFU de 31,4 %. Le PFU (prélèvement forfaitaire unique) est réservé aux revenus de capitaux mobiliers — dividendes, intérêts, plus-values mobilières. Vos loyers, eux, s'ajoutent à vos autres revenus et sont imposés au barème progressif de l'impôt sur le revenu, à votre tranche marginale (la TMI, c'est le taux qui frappe votre dernier euro de revenu : 0, 11, 30, 41 ou 45 % — Camille est dans la tranche à 30 %), plus les prélèvements sociaux.

Et attention à un piège qui surprend tout le monde : les prélèvements sociaux (17,2 % en nu) ne frappent pas que la part soumise à l'IR — ils s'appliquent sur la totalité du revenu foncier net, ici les 5 568 €. C'est une double couche : le barème de l'IR à votre TMI d'un côté, les 17,2 % de PS de l'autre, calculés sur la même base.

Location nue : micro-foncier 30 % ou réel, PS 17,2 %

En location nue (vide), deux régimes :

  • Micro-foncier : abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers, accessible tant que vos revenus fonciers bruts ne dépassent pas 15 000 €/an. Simple, mais l'abattement est faible.
  • Réel : vous déduisez vos charges réelles et, le cas échéant, créez un déficit foncier (imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/an) — c'est-à-dire que l'excédent de charges et de travaux vient en déduction de vos autres revenus, et fait donc baisser votre impôt global, pas seulement celui des loyers.

Dans les deux cas, prélèvements sociaux à 17,2 % sur le revenu foncier net.

LMNP : micro-BIC 50 % ou réel (amortissement), PS 18,6 %

En meublé (LMNP), les loyers sont des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) :

  • Micro-BIC : abattement de 50 % en location de longue durée.
  • Réel : vous amortissez le bien et le mobilier. L'amortissement — étalement comptable de la valeur du bien sur sa durée d'usage — vient en déduction du résultat et neutralise souvent l'impôt sur le revenu pendant plusieurs années.

Prélèvements sociaux à 18,6 % depuis la LFSS 2026 (le LMNP est traité comme un revenu d'activité non salariée) — voir l'impact réel de la hausse des PS à 18,6 % sur le rendement LMNP. Tout le détail dans notre guide LMNP 2026.

Le net-net départage deux biens au même net de charges

Reprenons notre bien à 5 568 € de net de charges, et déroulons les deux régimes pour Camille (TMI 30 %).

Note : notre fil rouge est meublé (loyer 690 €), mais pour comparer les deux régimes à armes égales, on raisonne ici sur une projection « si ce bien était loué vide », au même loyer indicatif ; en pratique, un bien nu se loue souvent un peu moins cher.

Rendement net-net

Net-net (%) = ((Loyer net de charges − Impôt) ÷ Coût de revient) × 100

On part du net de charges (5 568 €), on retire l'impôt (IR à la TMI + PS) selon le régime, et on rapporte au coût de revient total (148 000 €).

Scénario A — Location nue au réel. Sur les ~5 568 € imposables :

  • IR à 30 % : ≈ 1 670 €
  • PS à 17,2 % : ≈ 958 €
  • Impôt total : 2 628 €
  • Loyer après impôt : 5 568 − 2 628 = 2 940 €
  • Net-net : 2 940 ÷ 148 000 = 1,99 %

Scénario B — LMNP au réel. Ici, on amortit. Le bâti d'abord : environ 80 % du coût de revient hors terrain, soit à peu près 118 400 €, étalés sur une trentaine d'années — comptez autour de 3 950 €/an. Le mobilier ensuite : 4 000 € sur sept ans, soit 570 €/an. Ajoutez-y les travaux et les frais. Ces amortissements, cumulés aux charges, couvrent largement le résultat : l'IR tombe à 0 € pendant plusieurs années, et les PS à 18,6 % ne frappent qu'un résultat fiscal proche de zéro.

  • Loyer après impôt : ≈ 5 500 €
  • Net-net : ≈ 3,7 %
Le bien fil rouge déroulé sur les quatre niveaux : « 6,90 % » sur l'annonce, 5,59 % brut honnête, 3,76 % net de charges, puis 1,99 % en nu réel ou ≈ 3,7 % en LMNP réel. Le seul choix du régime fait quasiment doubler le net-net.
ÉtageBrutNet de chargesNet-net (nu réel)Net-net (LMNP réel)
Taux5,59 %3,76 %1,99 %≈ 3,7 %

Le même bien, le même loyer : « 6,90 % » sur l'annonce, 5,59 % brut honnête, 3,76 % net de charges, puis 1,99 % en nu ou ≈ 3,7 % en LMNP. Le brut marketing (6,90 %) vaut près de 3,5 fois le net-net réel en nu (1,99 %). Et le seul choix du régime fiscal fait quasiment doubler le net-net.

Concrètement : récapitulons pour Camille. Du 6,90 % d'annonce, il ne reste que 1,99 % net-net en nu, ou ≈ 3,7 % en LMNP réel — et c'est ce dernier chiffre, lui seul, qui décide. Du coup, sa question de départ « 5,2 % ou 7,8 % ? » était mal posée. La bonne, c'est : « quel net-net, et sous quel régime ? » Reste un angle mort que ni le brut, ni le net, ni même le net-net ne couvrent : ce bon rendement tient-il vraiment dans sa trésorerie chaque mois ?

Le régime fiscal n'est pas un détail de fin de parcours, c'est un levier de rendement

Sur ce bien, passer de la location nue au LMNP réel fait gagner ~1,7 point de net-net — l'équivalent d'avoir acheté beaucoup moins cher. C'est pour ça qu'on choisit le régime avant de signer, pas après. À garder en tête côté LMNP : depuis la loi 2025-127, les amortissements pratiqués sont réintégrés dans la plus-value à la revente (l'avantage est différé, pas effacé).

§ 5RENDEMENT VS CASH-FLOW·4 MIN

Rendement vs cash-flow : le % dit si le bien est bon, l'euro dit s'il tient dans votre trésorerie

C'est la confusion qui coûte le plus cher. Un bien peut afficher un net-net superbe et vous saigner chaque mois. Les deux à la fois. Ça surprend toujours, en rendez-vous. Les deux notions ne mesurent simplement pas la même chose.

Le rendement ignore le crédit, le cash-flow l'intègre

Le rendement (en %) mesure la performance de l'actif lui-même. Il se calcule comme si vous aviez payé comptant : il ignore totalement le financement. Le cash-flow (en €/mois), lui, intègre la mensualité de crédit. C'est le solde réel sur votre compte à la fin du mois.

Cash-flow mensuel

Cash-flow mensuel = Loyer − Mensualité de crédit − Charges mensualisées − Impôt mensualisé

Là où le rendement raisonne « comme si vous aviez payé comptant », le cash-flow descend au solde réel sur votre compte chaque mois, financement compris.

Bon rendement + cash-flow négatif : c'est possible

Imaginons que Camille finance notre T2 (148 000 €) sur une durée courte ou avec un apport faible : la mensualité peut atteindre ~750 €/mois. Avec un loyer de 690 €, des charges de ~226 €/mois (les 2 712 € annuels ÷ 12) et un peu d'impôt, le bien « saigne » chaque mois — il lui coûte de l'argent — alors même que son net-net est correct.

Ce n'est pas une anomalie. C'est fréquent, et ce n'est pas forcément grave (vous vous constituez un patrimoine pendant que le locataire rembourse). Mais il faut le savoir avant, pas le découvrir sur le relevé bancaire.

Le modèle de cash-flow mensuel détaillé

Ici, on synthétise : cash-flow = loyer − mensualité − charges − impôt. Pour le modèle mensuel détaillé, mois par mois, avec la mécanique de la mensualité, le calcul de l'effort d'épargne et les leviers pour basculer en positif, on a fait un guide entier dédié : calculer le cash-flow d'un investissement locatif 2026.

Concrètement : la règle d'ordre est simple. On calcule d'abord le rendement net-net (le bien est-il bon ?), puis on vérifie le cash-flow (tient-il dans ma trésorerie ?). Jamais l'inverse. Reste à savoir où placer la barre : quel rendement viser, et sur quel étage, pour qu'un bon dossier en soit vraiment un en 2026.

Rendement et cash-flow répondent à deux questions différentes

« Est-ce un bon actif ? » → rendement net-net. « Est-ce que je peux le porter chaque mois ? » → cash-flow. Un bon investissement coche les deux cases.

§ 6QUEL RENDEMENT VISER·3 MIN

Quel rendement viser en 2026 selon le marché

La grammaire est posée. Reste à savoir où mettre la barre. Et là, un piège : « viser haut », ça ne veut rien dire tant qu'on n'a pas dit haut sur quel étage. Le brut ? Le net-net ? Ce ne sont pas les mêmes chiffres, ni les mêmes ambitions.

Grandes villes 3-4 % vs villes moyennes 7-10 %

À titre indicatif, en brut sur coût de revient en 2026 :

Ordres de grandeur indicatifs 2026, en brut sur coût de revient, estimés sur petites surfaces à partir de comparables de prix (base DVF) et de loyers de marché, à valider sur votre marché local. Les grandes métropoles sécurisent ; les villes moyennes paient en rendement.
ZoneBrut indicatif
Paris~3,9 %
Lyon~3,8 %
Bordeaux~4,0 %
Villes moyennes / bassins d'emploi (petites surfaces meublées)7-10 %

Les grandes métropoles offrent de la sécurité locative et une plus-value potentielle, mais un brut faible. Les villes moyennes offrent du rendement, à condition de bien choisir l'emplacement. On a cartographié ville par ville dans notre guide les villes les plus rentables pour investir en 2026.

Viser un net-net ≥ 4 %, pas un brut marketing

Le vrai repère n'est pas le brut affiché, c'est le net-net visé. Un net-net ≥ 4 % est un objectif exigeant mais atteignable — et bien plus pertinent qu'un « 8-10 % brut » qui fond une fois les frais et l'impôt déduits. Notre bien fil rouge en LMNP réel (~3,7 % net-net) en est tout proche ; avec un sourcing un peu plus décoté ou des travaux mieux maîtrisés, il franchirait la barre.

Où trouver du 8 % brut crédible

Le 8 % brut existe, et il est crédible — à condition d'être calculé sur le coût de revient total, pas sur le prix seul. C'est le seuil qui rend l'objectif vérifiable. Pour les leviers concrets, voyez nos guides atteindre 8 % de rendement brut en 2026, acheter un bien à rénover : décote et marge travaux et les travaux qui rapportent en location.

Concrètement : si une annonce affiche 8 % et que ce 8 % s'effondre dès qu'on remet les frais de notaire et les travaux au dénominateur, ce n'était pas du 8 %. Si le 8 % tient sur le coût de revient total, c'est un vrai bon dossier. Vous savez quoi viser. Manque la dernière pièce : l'ordre dans lequel on enchaîne les calculs, bien par bien, avant de signer.

§ 7LA MÉTHODE·3 MIN

La méthode pour calculer la rentabilité AVANT d'acheter

Récapitulons en une méthode que vous pouvez dérouler sur chaque bien avant de signer quoi que ce soit.

La checklist de calcul en 5 étapes avant de signer

  1. Reconstituer le coût de revient total : prix net vendeur + frais de notaire (~7,5-8 % ancien) + travaux + meubles + sourcing. C'est votre dénominateur unique.
  2. Calculer le brut honnête : loyer annuel ÷ coût de revient total. Pour trier, pas pour décider.
  3. Déduire les charges réelles pour le net : TF, copro non récupérable, PNO, GLI, gestion, vacance.
  4. Appliquer le régime fiscal le plus pertinent pour le net-net : nu (micro-foncier ou réel, PS 17,2 %) ou LMNP (micro-BIC ou réel avec amortissement, PS 18,6 %), selon votre TMI.
  5. Vérifier le cash-flow avec le financement réel : loyer − mensualité − charges − impôt.

Cinq cases cochées, et vous décidez sur des chiffres que vous avez vérifiés vous-même. Une seule qui manque, et vous achetez sur la foi d'un chiffre d'annonce — autant jouer à pile ou face.

Pourquoi le net-net solide se construit (sourcing, travaux, fiscalité)

Vous l'avez vu sur le fil rouge : un net-net solide ne tombe pas du ciel. Il se construit à trois endroits, et les trois comptent. D'abord le sourcing : acheter décoté, pas au prix du marché. Ensuite les travaux, ceux qui créent de la valeur sans faire exploser le coût de revient (voyez acheter un bien à rénover : décote et marge travaux). Et le régime fiscal, calé dès le départ — pas régularisé après coup. Maîtriser les trois en même temps, sur un premier achat, demande du temps et du métier.

Déléguer certaines missions : exiger un périmètre écrit

Si vous confiez le sourcing, le chiffrage ou les travaux à des professionnels (agent immobilier, maître d'œuvre, artisans), faites préciser par écrit les missions, les livrables et les honoraires. Toute hypothèse de rendement doit être recalculée sur le coût de revient total. Aucun rendement, cash-flow, crédit ni résultat de mise en location n'est garanti.

Méthode documentée

Faites vérifier votre calcul avant de signer

Un conseiller du cabinet reprend avec vous les cinq étapes sur votre bien, votre financement et votre TMI. Le cabinet conseille ; il ne vend ni ne fournit de bien. Toute hypothèse de rendement doit être recalculée sur le coût total et ne constitue pas une garantie.

Coût de revient totalRégime fiscal comparéRisque de perte en capital

Information réglementaire (art. L. 533-13 du Code monétaire et financier)

Tout investissement immobilier comporte un risque de perte en capital et un risque d'illiquidité ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CIF · COA · COBSP) : il conseille et ne vend ni ne fournit de bien. Les hypothèses de rendement doivent être recalculées sur le coût de revient total et ne garantissent ni rendement, ni cash-flow, ni crédit, ni résultat locatif. Les chiffres du bien fil rouge sont un exemple pédagogique, à valider sur votre situation.

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Pas de produit-maison. On déroule ensemble le rendement de votre bien : coût de revient total, brut honnête, net de charges, net-net selon votre TMI et le régime fiscal, puis cash-flow.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

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Sources et références légales

  • Cadre — conseil en investissement (CMF)

    Art. L. 533-13 du Code monétaire et financier. Ce guide est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les prix, frais, loyers, taux et rendements cités (y compris le bien fil rouge) sont des ordres de grandeur indicatifs et un exemple pédagogique chiffré début 2026, à valider sur devis, sur votre marché local et avec votre conseiller ; ils ne constituent aucune promesse de performance.

  • Coût de revient et imposition des loyers

    Le rendement se calcule sur le coût de revient total (prix net vendeur, frais de notaire d'environ 7,5 à 8 % dans l'ancien, travaux, meubles, frais de sourcing), pas sur le prix d'achat seul. Les loyers ne sont jamais imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU 31,4 %), réservé aux revenus de capitaux mobiliers : ils sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, à votre tranche marginale (TMI), plus les prélèvements sociaux.

  • Location nue — micro-foncier, réel et déficit foncier (CGI)

    En location nue, deux régimes : le micro-foncier (abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers, accessible tant que les revenus fonciers bruts ne dépassent pas 15 000 €/an, art. 32 du CGI) ou le régime réel, qui permet de déduire les charges et travaux réels et, le cas échéant, de créer un déficit foncier imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/an (art. 31, I-1° du CGI). Prélèvements sociaux : 17,2 % sur les revenus fonciers, matrice LFSS 2026.

  • LMNP — micro-BIC, amortissement et reprise en plus-value

    En location meublée (LMNP), les loyers sont des bénéfices industriels et commerciaux : micro-BIC (abattement de 50 % en longue durée, art. 50-0 du CGI) ou régime réel, où le bien et le mobilier s'amortissent par composant (art. 39 C du CGI), ce qui neutralise souvent l'impôt sur le revenu pendant plusieurs années sans créer de déficit imputable sur le revenu global. Depuis la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (art. 150 VB III du CGI), les amortissements pratiqués sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente (hors certaines résidences services). Prélèvements sociaux : 18,6 % sur les BIC, matrice LFSS 2026.

  • Charges récupérables et valeur sur DVF

    La liste des charges récupérables sur le locataire est limitative et fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987 : la taxe foncière (hors part TEOM récupérable), l'assurance PNO et les honoraires de syndic restent à la charge du bailleur. Pour estimer la valeur réelle d'un bien et la comparer aux annonces, appuyez-vous sur la base DVF (data.gouv.fr), qui recense les transactions réellement enregistrées, plutôt que sur une estimation d'agent.

  • Rendement, honoraires et contrat

    Aucun investissement immobilier ne garantit un rendement et ce guide ne promet rien. Les missions et honoraires dépendent du contrat applicable. Toute hypothèse de rendement doit être recalculée sur le coût total et ne constitue pas une garantie. L'analyse patrimoniale relève du cabinet Hagnéré Patrimoine, qui conseille et ne vend ni ne fournit de bien. Tout investissement immobilier comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les prix, frais, loyers et rendements cités (notamment le bien fil rouge à 148 000 € de coût de revient) sont un exemple pédagogique et des ordres de grandeur indicatifs début 2026, à valider sur devis et sur votre marché local ; ils ne constituent aucune promesse de performance. Le rendement réel d'un bien dépend du prix payé, du marché, du financement et de votre fiscalité. Tout investissement immobilier comporte un risque de perte en capital. Avant tout achat, faites réaliser un bilan patrimonial par un professionnel.

Foire aux questions

Tout sur le calcul de la rentabilité locative brut, net, net-net, frais de notaire, fiscalité et cash-flow.

Comment calculer la rentabilité brute, quelle différence entre brut, net et net-net, faut-il inclure les frais de notaire, comment calculer le net-net après impôt, quel taux viser en 2026, rendement ou cash-flow : les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • Formule : loyer annuel divise par le cout de revient total, multiplie par 100. Le cout de revient total = prix net vendeur + frais de notaire (environ 7,5 a 8 % dans l'ancien) + travaux + meubles + frais de sourcing. Ne divisez jamais par le prix d'achat seul : c'est l'erreur qui gonfle le chiffre des annonces. Exemple de ce guide : 8 280 EUR de loyer sur 148 000 EUR de cout de revient = 5,59 %, contre 6,90 % sur le prix seul.