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Mécénat d'entreprise 2026 : guide CGP complet art. 238 bis CGI (60 % IS, plafond, fondation, compétences)

2,93 Md€ de dons IS déclarés en 2023, 171 900 mécènes en France — mais 97 % sont des PME qui sous-saturent leur plafond. Plafond MAX(20 000 € ; 5 ‰ CA HT), taux 60 % jusqu'à 2 M€ puis 40 % au-delà, mécénat compétences 12 015 €/salarié (3×PMSS, art. 238 bis 4 bis CGI), articulation IS/IR/IFI, rescrit L. 80 C LPF simplifié par décret 2025-366, suppression 2069-RCI-SD au 01/01/2027 (loi 2026-403 du 26/05/2026). 3 cas chiffrés à l'euro près (Stéphane SAS Aurélys industrie Lyon 8 M€, Dr Marchand SELARL Annecy 1,2 M€, Chloé Mobii Cloud SaaS Paris 2,5 M€) + 13 FAQ + checklist 10 points par un CGP CIF CNCEF Patrimoine.

Plafond plus large qu'on ne croit
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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en optimisation IFI

Clément Chatelain accompagne les foyers assujettis à l'IFI sur l'audit d'assiette, les exonérations de biens professionnels, les stratégies de démembrement et les arbitrages patrimoniaux de long terme.

Expert IFIPatrimoine immobilierCIF

Avertissement préalable — art. L. 533-13 CMF

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement ou un conseil fiscal personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations sont à jour au 28 mai 2026 (LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 — LF 2026, LOI n° 2025-127 du 14 février 2025 — LF 2025, décret n° 2025-366 du 22 avril 2025 sur le rescrit mécénat, et loi simplification de la vie économique n° 2026-403 promulguée le 26 mai 2026). La fiscalité dépend de votre situation individuelle de dirigeant, de l'objet statutaire de votre société et de la nature de l'organisme bénéficiaire. Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

Vous êtes président d'une SAS industrielle au CA de 8 M€ et vous voulez soutenir un CFA local. Ou vous êtes chirurgien-dentiste en SELARL à Annecy et vous souhaitez offrir des soins gratuits aux SDF. Ou vous êtes CEO d'une scale-up SaaS post-Série A et vous voulez créer une fondation d'entreprise pour bâtir une brand B2B éthique. Dans les trois cas, vous pensez « mécénat » — et dans les trois cas, vous risquez de laisser la moitié de votre plafond fiscal dormir.

Les chiffres sont saisissants. En 2023, les entreprises françaises ont déclaré 2,93 Md€ de dons IS à la DGFiP, pour 171 900 mécènes (+55 % vs 2021 selon le baromètre Admical 2024). Mais 97 % de ces mécènes sont des TPE et PME, et ces 97 % ne représentent que 33 % du budget total. Côté inverse, 276 grandes entreprises captaient 50 % des dons en 2017 (don moyen 3,8 M€), et ce taux est tombé à 39,4 % en 2024 (rééquilibrage progressif vers les PME, baromètre Admical 2024). Autrement dit : la grande majorité des PME donne, mais donne mal — souvent une fois par an, en ponctuel, sans atteindre le plafond, sans étalement, sans mécénat de compétences, sans articulation avec le don IR du dirigeant.

Le problème est documentaire. Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) qui commente l'article 238 bis CGI date pour partie de février 2021 et ne tient pas compte du plafond doublé par LF 2020 art. 134 (passé de 10 000 à 20 000 € ou 5 ‰ du CA HT, le plus élevé), de la revalorisation du mécénat de compétences à 3 × PMSS = 12 015 €/salarié en 2026 (LF 2025 art. 77), de l'éligibilité des SPL culturelles (LF 2026 art. 8) ou de l'exclusion expresse de l'ultra fast-fashion (idem). La plupart des guides en ligne reproduisent ces vieux textes — vous tombez sur des articles 2023 qui annoncent encore 0,5 % au lieu de 5 ‰, ou qui parlent du formulaire 2069-M-SD (obsolète depuis 2017) plutôt que du 2069-RCI-SD (CERFA 15252) en vigueur.

Chez Hagnéré Patrimoine, cabinet basé à Bassens et immatriculé ORIAS 23002291 (CIF membre CNCEF Patrimoine, COA, COBSP), je suis Quentin Hagnéré, fondateur du cabinet, et nous accompagnons des dirigeants de SAS, des professions libérales en SELARL et des fondateurs de scale-up sur leurs stratégies de mécénat — souvent croisées avec un pacte Dutreil, un placement de trésorerie holding ou une cession d'entreprise. Ce guide reprend, à partir des textes 2026 en vigueur (CGI, LPF, LF 2025, LF 2026, décret 2025-366, BOFiP), tout ce qu'un dirigeant doit savoir pour décider — et bien décider — sur son plan mécénat. Trois cas chiffrés à l'euro près : Stéphane Aurélys 52 ans président SAS industrie Lyon CA 8 M€ (étalement 5 ans saturant le plafond — gain fiscal +100 % vs don ponctuel), Dr Marchand 49 ans chirurgien-dentiste SELARL Annecy CA 1,2 M€ (mécénat de compétences : coût net 6 836 € pour 17 091 € donnés) et Chloé 34 ans CEO Mobii Cloud SaaS Paris CA 2,5 M€ (fondation d'entreprise 5 ans — ROI composite estimé 270 %).

À retenir en 60 secondes

  • Réduction IS 60 % sur les dons, plafonnée à MAX(20 000 € ; 5 ‰ CA HT) + report 5 ans des excédents (art. 238 bis 4° CGI). Pour 97 % des PME françaises (CA < 40 M€), le plafond effectif reste à 20 000 €/an.
  • Taux dégressif 40 % au-delà de 2 M€ par don depuis la LF 2020 art. 134 (sauf exception maintenue à 60 % pour les organismes d'aide aux personnes en difficulté). LF 2026 a ajouté un taux dégressif 25 % pour les dons alimentaires excédant le plafond annuel.
  • Mécénat de compétences : valorisation jusqu'à 12 015 € par salarié et par an (3 × PMSS 2026 de 4 005 €/mois), depuis l'art. 238 bis 4 bis CGI (LF 2020 art. 134). La loi du 15/04/2024 a par ailleurs étendu la durée maximale à 3 ans (contre 1 an avant). Levier le plus sous-utilisé en SELARL et TPE.
  • Sécurisable par rescrit L. 80 C LPF (réponse Bercy 6 mois, silence valant accord tacite depuis le décret n° 2025-366 du 22/04/2025). Le Comité de l'abus de droit fiscal n'a publié aucun avis sur le mécénat en 2023-2025 — sécurité juridique élevée.
  • Stratégie d'étalement 5 ans = gain +100 % vs don ponctuel (calcul cas Stéphane SAS Aurélys 8 M€ : 5 × 20 000 € saturant le plafond > don ponctuel 50 000 € avec report).

Qu'est-ce que le mécénat d'entreprise en 2026 ?

Le mécénat d'entreprise est un don sans contrepartie significative effectué par une entreprise à un organisme d'intérêt général. Régi par l'article 238 bis du CGI, il ouvre droit à une réduction d'impôt sur les sociétés (IS) de 60 % (40 % au-delà de 2 M€ par don), plafonnée à MAX(20 000 € ; 5 ‰ du chiffre d'affaires HT), avec report 5 ans des excédents non utilisés. Distinct du sponsoring (art. 39 1° CGI, charge déductible avec contrepartie publicitaire) et du don de particulier (art. 200 CGI, réduction IR 66/75 %).

Mécénat d'entreprise 2026 — chiffres clés à connaître
IndicateurValeur 2026Source / Texte
Réduction IS standard60 % du donCGI art. 238 bis 1° (LOI Aillagon 2003-709)
Taux dégressif > 2 M€40 % de la fractionCGI art. 238 bis 1° bis (LF 2020 art. 134)
Plancher plafond20 000 € / anCGI art. 238 bis 1° (LF 2020 art. 134)
Plafond proportionnel5 ‰ du CA HTCGI art. 238 bis 1° (LF 2020 art. 134)
Report excédents5 exercices suivantsCGI art. 238 bis 4°
Plafond mécénat compétences/salarié/an12 015 € (3 × PMSS)LF 2020 art. 134 (art. 238 bis 4 bis CGI) (PASS 2026 = 48 060 €)
Seuil contreparties (vs sponsoring)25 % maximum du donCAA Versailles 17/12/2021 n° 20VE00748 + BOFiP
Seuil déclaration 2069-RCI-SD10 000 € cumulé/anCGI art. 238 bis 6° (à supprimer 01/01/2027)
Délai rescrit mécénat6 mois (silence = accord)LPF art. L. 80 C + décret 2025-366
Volume mécénat global France3,8 Md€ en 2023Admical Baromètre 2024 (Ifop 684 entreprises)
Dons IS déclarés2,93 Md€ en 2023DGFiP (+23 % vs 2021)
Dépense fiscale art. 238 bis1,7 Md€/an (×19 vs 2004)PLF 2026 Voies & moyens annexe
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1. Qui peut bénéficier du mécénat d'entreprise en 2026 ?

La règle est plus large qu'on ne le pense, mais elle exclut deux catégories qui posent question en cabinet. L'article 238 bis CGI vise toutes les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés (IS) ou à l'impôt sur le revenu (IR) sur les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) au régime réel. Concrètement : SAS, SARL, SA, SCA, SCI à l'IS, EI au régime réel, EURL au réel simplifié, SELARL, SELAS. Sont en revanche exclues les entreprises au régime micro-BIC, micro-BNC ou micro-foncier — le régime micro étant un régime forfaitaire sans imputation de charges ni de réductions d'impôt.

Les holdings patrimoniales : un cas qui demande attention

Une holding patrimoniale soumise à l'IS peut faire du mécénat — mais à une condition : avoir un résultat imposable. Si la holding est déficitaire ou en intégration fiscale avec compensation, la réduction d'impôt art. 238 bis n'a pas d'assiette d'imputation immédiate. Elle est alors reportée sur les 5 exercices suivants (art. 238 bis 4° CGI), mais ce report est inutile si la holding reste structurellement en déficit. Pour les groupes intégrés fiscalement (art. 223 A et suivants CGI), l'application se fait au niveau de la société tête de groupe (et non filiale par filiale) : c'est le résultat consolidé qui sert d'assiette à la réduction.

Le piège des associations loi 1901 fiscalisées

Une association loi 1901 fiscalisée (parce qu'elle exerce une activité lucrative imposable à l'IS) peut faire du mécénat sur ses activités lucratives. C'est rare mais réel : pensez aux associations sportives professionnelles, aux mutuelles d'assurance, aux associations syndicales. Le don ouvre alors droit à la réduction IS 60 % sur le résultat fiscalisé. Côté auto-entrepreneurs et micro-entreprises, en revanche, aucune réduction n'est possible : ils doivent passer au régime réel s'ils veulent activer l'art. 238 bis.

Éligibilité au mécénat art. 238 bis CGI selon la forme juridique
Forme juridique / RégimeÉligible art. 238 bis ?Conditions / Pièges
SAS, SARL, SA, SCA, SCI à l'IS✅ OuiRésultat imposable requis pour imputation immédiate
EI au régime réel BIC✅ OuiTVA + BIC réel ; micro-BIC = exclu
EURL au réel simplifié✅ OuiIdem EI
SELARL / SELAS (professions libérales)✅ OuiRégime IS standard
SCI à l'IR avec activité BIC⚠️ PartielDon IR particulier art. 200 CGI plutôt
Holding patrimoniale animatrice✅ OuiCass. com. 17/12/2025 n° 24-17.415 critères 7 indices
Holding passive⚠️ ConditionnelRésultat imposable + objet social compatible
Association loi 1901 fiscalisée✅ OuiSur fraction lucrative soumise à l'IS
Micro-BIC / micro-BNC / micro-foncier❌ NonRégime forfaitaire exclusif : passer au réel
Auto-entrepreneur❌ NonRégime micro par défaut
Groupe intégré fiscalement✅ OuiApplication au niveau société tête (art. 223 A CGI)

Cas dirigeant rémunéré : les deux chapeaux

Un dirigeant qui touche une rémunération et perçoit aussi des dividendes peut faire du mécénat à deux titres distincts : (a) à titre particulier via l'art. 200 CGI (réduction IR 66 ou 75 % sur sa rémunération imposable), (b) au titre de sa société via l'art. 238 bis CGI (réduction IS 60 ou 40 %). Mais un même don ne peut pas bénéficier des deux régimes — l'option est définitive par don. Solution propre : deux virements séparés à des dates différentes, deux reçus fiscaux distincts au nom des deux entités (la personne morale et la personne physique). Voir le H2 #7 pour la stratégie complète d'articulation IS/IR/IFI.

2. Mécénat vs sponsoring : la frontière fiscale (et le piège du 25 %)

C'est la confusion #1 en cabinet. Vous payez 50 000 € à un club sportif local, en échange de la pose de votre logo sur leurs maillots et de 15 invitations à la finale. Est-ce du mécénat (art. 238 bis CGI, réduction 60 %) ou du sponsoring (art. 39 1° CGI, charge déductible) ? La réponse dépend de la proportion des contreparties — et le seuil pivot est 25 %.

Le critère du seuil 25 % (CAA Versailles 17/12/2021)

La doctrine BOFiP (BOI-BIC-RICI-20-30-10-10) et la jurisprudence convergent : si les contreparties (visibilité publicitaire, places réservées, prestations fournies à l'entreprise mécène) représentent plus de 25 % du montant du don, l'opération est requalifiée en sponsoring. La décision pivot est CAA Versailles 17/12/2021 n° 20VE00748 — confirmée depuis par plusieurs jugements TA et CAA. Au-delà du seuil, on bascule du régime art. 238 bis (réduction IS 60 %) au régime art. 39 1° (charge déductible à l'IS standard 25 %).

Le calcul fiscal côte à côte (PME 5 M€, don 50 k€)

Reprenons l'exemple. PME au CA de 5 M€, IS 25 %, don de 50 000 € avec 10 000 € de contreparties (logo + 15 places) : ratio 20 %, dans la limite, régime mécénat applicable. Plafond annuel art. 238 bis = MAX(20 000 € ; 5 ‰ × 5 M€) = 25 000 €. Économie IS mécénat : MIN(50 000 ; 25 000) × 60 % = 15 000 € (plafonné à 25 000 € d'assiette + 25 000 € reportés sur 5 ans). Si l'on bascule en sponsoring (contreparties 20 000 € = 40 %), l'économie IS sponsoring devient 50 000 × 25 % = 12 500 €. Le mécénat reste fiscalement plus avantageux ici (+2 500 € immédiats + reports), mais surtout les conséquences administratives divergent fortement — et le coût d'une requalification 3 ans plus tard dépasse facilement 8 000 € (cf. InfoBox infra).

Mécénat art. 238 bis vs Sponsoring art. 39 1° — comparatif fiscal et administratif
CritèreMécénat art. 238 bis CGISponsoring art. 39 1° CGI
Contreparties< 25 % du don> 25 % du don
Régime fiscalRéduction IS 60 % (ou 40 %)Charge déductible IS 25 %
Don 50 k€ PME 5 M€ CA (IS 25 %)Économie 15 000 € (plafond 5 ‰ × CA = 25 k€)Économie 12 500 €
Don 50 k€ ETI 50 M€ CA (IS 25 %)Économie 30 000 € (plafond 5 ‰ × CA = 250 k€, don 50 k€ × 60 %)Économie 12 500 €
Don 200 k€ ETI 100 M€ CA (IS 25 %)Économie 120 000 € (plafond 5 ‰ × CA = 500 k€, don 200 k€ × 60 %)Économie 50 000 €
Reçu fiscal CERFA 11580*04✅ Obligatoire❌ Non
Déclaration 2069-RCI-SDSi > 10 000 €/an cumulé❌ Non
Convention écriteRecommandée > 5 000 €✅ Obligatoire
ComptabilisationCompte 6713 « Dons »Compte 6233 « Sponsoring »
Récupération TVA contreparties❌ Non✅ Oui (si activité taxable)
Risque requalificationMécénat → Sponsoring (perte 60 %)Sponsoring → Mécénat (rare)

Le piège des contreparties dissimulées

La Cour des comptes a relevé en 2023 que près de 8 % des contrôles fiscaux mécénat aboutissent à une requalification en sponsoring pour dépassement du seuil 25 %. Le danger : si l'administration requalifie après 3 ans, vous perdez la réduction 60 %, vous récupérez certes la charge 25 %, mais vous payez les intérêts de retard 0,20 %/mois + la majoration 40 % (mauvaise foi) ou 80 % (manœuvres frauduleuses). Sur un don de 50 000 €, le coût d'un redressement peut dépasser 8 000 €. Solution préventive : documenter précisément la valorisation des contreparties (logo, mention, places, prestations) en annexe de la convention de mécénat — et demander un rescrit L. 80 C LPF en cas de doute (voir H2 #10).

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Mécénat ou sponsoring : faites auditer votre convention

Le seuil 25 % et la valorisation des contreparties sont les deux points qui font basculer un dossier en cas de contrôle. Un audit préventif évite 8 000 € de redressement moyen sur un don 50 k€.

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3. Combien votre entreprise peut-elle vraiment déduire ? (LF 2020 art. 134 plafond doublé)

Le plafond actuel est le résultat d'une réforme méconnue : la LF 2020 art. 134 a doublé le plancher de 10 000 à 20 000 €, en conservant l'alternative 5 ‰ du CA HT (soit 0,5 %) — le mécanisme retenant le MAX des deux (et non la somme). Cette réforme reste sous le radar de la plupart des guides en ligne, qui annoncent encore le vieux plancher 10 000 € ou se trompent sur l'unité (certains écrivent 0,5 ‰, soit 10 fois trop bas — vrai chiffre = 5 ‰ = 0,5 % = 0,005).

Calcul du plafond mécénat 2026

Plafond annuel = MAX(20 000 € ; 5 ‰ × CA HT) (soit MAX(20 000 € ; 0,5 % × CA HT))

Exemples chiffres à l'euro près :

  • PME CA 2 M€ : MAX(20 000 ; 10 000) = 20 000 €/an
  • PME CA 5 M€ : MAX(20 000 ; 25 000) = 25 000 €/an
  • ETI CA 50 M€ : MAX(20 000 ; 250 000) = 250 000 €/an
  • GE CA 500 M€ : MAX(20 000 ; 2 500 000) = 2 500 000 €/an
  • GE CA 5 Md€ : MAX(20 000 ; 25 000 000) = 25 000 000 €/an

Seuil de bascule entre les deux mécanismes : 4 M€ de CA HT (20 000 / 0,005). En dessous, le plancher 20 000 € s'applique ; au-dessus, le proportionnel 5 ‰ prend le relais.

La majorité des TPE/PME sont « plafonnées à 20 000 € »

Le seuil 4 M€ de CA est franchi par une minorité d'entreprises. Selon INSEE Focus n° 372, sur les 3,8 millions d'entreprises françaises (tissu productif 2023), 99,9 % ont moins de 50 salariés et la majorité absolue restent sous 4 M€ de CA — donc plafonnées au plancher 20 000 €/an d'assiette mécénat, soit 12 000 € d'économie IS maximale par exercice. C'est court : un dirigeant qui veut donner 50 000 € doit composer avec le mécanisme de report sur 5 exercices (art. 238 bis 4° CGI). Dès que le CA dépasse 4 M€, le plafond devient proportionnel (ex. CA 8 M€ = plafond 40 000 €, comme dans le cas Stéphane H2 #11).

Plafond annuel mécénat selon CA — tableau illustratif TPE / PME / ETI / GE
CA HT5 ‰ CAPlancher 20 000 €Plafond retenuRéduction max 60 %
500 000 €2 500 €20 000 €20 000 €12 000 €
2 000 000 €10 000 €20 000 €20 000 €12 000 €
4 000 000 € (seuil bascule)20 000 €20 000 €20 000 €12 000 €
5 000 000 €25 000 €20 000 €25 000 €15 000 €
8 000 000 € (cas Stéphane)40 000 €20 000 €40 000 €24 000 €
50 000 000 €250 000 €20 000 €250 000 €150 000 €
100 000 000 €500 000 €20 000 €500 000 €300 000 €
500 000 000 €2 500 000 €20 000 €2 500 000 €1 500 000 €
1 000 000 000 €5 000 000 €20 000 €5 000 000 €3 000 000 €

Le report 5 exercices : la règle qui ouvre les gros dons ponctuels

L'article 238 bis 4° CGI prévoit que la fraction de don qui excède le plafond annuel est reportable sur les 5 exercices suivants, dans la limite du plafond de chaque exercice de report. C'est cette règle qui rend possible le don ponctuel > plafond : vous ne perdez pas l'avantage fiscal, vous l'étalez dans le temps. Mais attention : si votre CA chute fortement et que votre plafond annuel diminue, vous risquez de perdre une partie du report. D'où le conseil Hagnéré : privilégier l'étalement réel (don fractionné chaque année) plutôt que le report théorique (don ponctuel + report).

Stratégie d'étalement 5 ans : ce qui change entre 50 k€ ponctuel et plafond saturé

Vous voulez donner 100 000 € à un organisme ? Le calcul dépend de votre plafond annuel — et donc de votre CA. Deux cas d'école :

  • PME plafonnée à 20 000 €/an (CA < 4 M€) — Don ponctuel 100 k€ en 2026 : 20 k€ déductibles immédiatement + 80 k€ reportés sur 5 ans → économie IS cumulée 60 k€ (5 × 12 k€). À comparer avec don étalé 5 × 20 k€ saturé → économie identique 60 k€ MAIS trésorerie préservée. Le vrai gain : si vous portez l'enveloppe à 200 k€ (5 × 40 k€ — au-delà du plafond), aucune économie supplémentaire vs 100 k€.
  • PME-ETI plafonnée à 40 000 €/an (CA 8 M€, cas Stéphane) — Don ponctuel 50 k€ : 40 k€ imputés + 10 k€ reportés an 2 → économie IS cumulée 30 k€. À comparer avec don étalé 5 × 40 k€ saturé (enveloppe 200 k€) → économie cumulée 120 k€. Multiplier l'enveloppe par 4 multiplie l'économie par 4 (60 % strict).

Verdict CGP : l'étalement n'améliore PAS le ratio fiscal à enveloppe identique (60 % reste 60 %) — il préserve la trésorerie. Le vrai levier est de saturer le plafond annuel chaque année : dimensionnez votre programme mécénat 5 ans pour coller au plafond (40 k€/an pour Stéphane, 20 k€/an pour une PME 3 M€). Voir le cas Stéphane détaillé en H2 #11.

Pourquoi le BOFiP est partiellement obsolète

La doctrine administrative BOI-BIC-RICI-20-30-20 (modalités d'application) a sa dernière mise à jour datée du 3 février 2021. Or, la LF 2020 art. 134 a doublé le plancher (10 000 → 20 000 €) à compter des exercices clos au 31/12/2020. Concrètement : certains exemples chiffres du BOFiP citent encore le plancher 10 000 €. La règle légale (LF 2020 art. 134) prévaut sur la doctrine administrative dépassée, mais l' absence de mise à jour BOFiP est une zone d'insécurité documentaire pour l'administration elle-même.

4. Taux 60 % ou 40 % ? La règle des dons > 2 M€ depuis LF 2020

Avant 2020, le taux de réduction art. 238 bis était uniforme à 60 %. La LF 2020 art. 134 a introduit un mécanisme dégressif : le taux passe à 40 % pour la fraction de chaque don supérieure à 2 000 000 €. Cette mesure visait à réduire l'avantage fiscal des très grandes entreprises (capables de faire des dons individuels > 2 M€) sans toucher les PME — dont les dons restent dans la quasi-totalité des cas inférieurs à 2 M€.

Exception maintenue à 60 % : aide aux personnes en difficulté

L'article 238 bis 1° a) bis CGI maintient le taux 60 % sans plafond de tranche pour les dons aux organismes d'aide aux personnes en difficulté. Liste pratique (non exhaustive) : Restos du Cœur, Croix-Rouge française, Banque alimentaire, Secours catholique, Secours populaire, Emmaüs, Apprentis d'Auteuil, Petits Frères des Pauvres. Ces organismes fournissent gratuitement repas, hébergement, soins ou vêtements à des personnes en difficulté. Pour les groupes industriels qui font des dons > 2 M€ orientés précarité, c'est un levier majeur (taux 60 % maintenu vs 40 % dégressif).

Nouveauté LF 2026 : taux 25 % pour dons alimentaires hors plafond

La LF 2026 art. 8 (LOI n° 2026-103 du 19/02/2026) a introduit un nouveau taux dégressif à 25 % pour les dons alimentaires excédant le plafond annuel art. 238 bis. Objectif politique : éviter les stratégies de défiscalisation excessive via la grande distribution (qui faisait des dons massifs de denrées proches de péremption pour éviter la taxe gaspillage). Le texte cible essentiellement les hypermarchés et grossistes qui faisaient des dons plafond × 5 ou plafond × 10 chaque année.

Taux et tranches mécénat art. 238 bis CGI 2026
Tranche / Type de donTaux réduction ISCoût net après ISBase légale
0 → 2 000 000 € (régime standard)60 %40 % du donCGI art. 238 bis 1°
> 2 000 000 € (taux dégressif)40 %60 % du donCGI art. 238 bis 1° bis (LF 2020 art. 134)
Aide personnes en difficulté (toutes tranches)60 % maintenu40 % du donCGI art. 238 bis 1° a) bis
Dons alimentaires > plafond (nouveau LF 2026)25 %75 % du donCGI art. 238 bis (LF 2026 art. 8)
Mécénat de compétences (valorisation)60 % standard40 % de la valeurCGI art. 238 bis (LF 2020 art. 134 (art. 238 bis 4 bis CGI))
Biens en nature (matériel, denrées)60 % standard40 % de la valeur vénaleCGI art. 238 bis 1°

Risque prospectif LF 2027 : rabotage -523 M€ (mécénat IS seul) ou 571 M€ (IS+IFI) recommandé

Le rapport conjoint IGF + IGÉSR de mai 2025 (Inspection générale des finances + Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche) recommande de réduire la dépense fiscale mécénat de 523 M€/an (la dépense actuelle est de 1,7 Md€ selon le PLF 2026 Voies & moyens annexe, soit ×19 vs 2004). Hypothèses qui circulent dans les corridors de Bercy pour LF 2027 :

  • Taux 60 % → 50 % uniforme (perte 10 points pour PME)
  • Plafond 5 ‰ → 0,3 ‰ pour CA > 100 M€ (cible ETI/GE)
  • Suppression de l'exception « aide personnes en difficulté » (impact Restos du Cœur, Croix-Rouge)
  • Plafond mécénat compétences ramené à 2 × PMSS au lieu de 3 ×

Contre-position Coalition Générosité (Admical + France Générosités + Centre Français des Fonds et Fondations, communiqué octobre 2025) : une réforme défavorable provoquerait 1,1 à 1,5 Md€ de chute des dons sur 3 ans, soit un coût social net supérieur à l'économie fiscale de l'État. La Coalition propose un statu quo + meilleur ciblage des organismes inéligibles plutôt qu'un rabotage généralisé.

Aucune mesure n'est tranchée à ce jour, mais à surveiller dans le cadre du PLF 2027 (septembre 2026). Si vous envisagez un don important ou la création d'une fondation d'entreprise, mieux vaut sécuriser avant une éventuelle réforme défavorable (étalement 5 ans saturant les plafonds 2026-2030 actuels).

5. Quelles structures bénéficiaires sont éligibles ? (11 catégories + nouveautés LF 2026)

L'article 238 bis 1° CGI énumère limitativement les catégories d'organismes dont le don ouvre droit à la réduction IS. La LF 2026 art. 8 a ajouté deux nouveautés majeures : l'éligibilité des SPL culturelles et l'exclusion expresse des organismes liés à l'ultra fast-fashion (Shein, Temu et leur écosystème). On passe donc en 2026 à un panorama de 11 catégories actives + 1 exclusion expresse.

Le critère du « cercle restreint » : 30 % des contentieux

Avant de regarder la catégorie, vérifiez le critère pivot : un organisme dont les bénéficiaires sont les seuls membres d'une catégorie restreinte (anciens élèves d'une école, salariés d'une entreprise, habitants d'un village) n'est pas d'intérêt général au sens art. 238 bis. La jurisprudence pivot est CE 07/02/2007 n° 287949 (anciens élèves de l'ENSAM) et CE 16/03/2011 n° 329945 (catégorie professionnelle). Plus récemment, le TA Paris 30/10/2023 n° 2212498 (ANRP) a assoupli légèrement la doctrine : un organisme servant une catégorie large (plus de 1 000 bénéficiaires potentiels, ouverture publique) peut s'extraire du « cercle restreint ». 30 % des contentieux mécénat portent sur ce critère — d'où l'intérêt d'un rescrit L. 80 C LPF en cas de doute (voir H2 #10).

11 catégories d'organismes éligibles au mécénat art. 238 bis CGI en 2026
CatégorieExemplePièges et points d'attention
1. Œuvre ou organisme d'intérêt général (OIG)Restos du Cœur, Secours populaire, ATD Quart MondeCritère cercle restreint (CE 07/02/2007 n° 287949)
2. Fondation reconnue d'utilité publique (FRUP)Fondation de France, Fondation Abbé PierreStatuts publiés JO + agrément Conseil d'État
3. Fondation d'entrepriseFondation TotalEnergies, Fondation VinciLoi 1990-559 + décret 91-1005 : programme 5 ans, dotation 150 k€
4. Fondation universitaire ou partenarialeFondation Centrale Lyon, Fondation HECLoi LRU 2007 art. 28
5. Établissement enseignement supérieur ou artistiqueÉcole polytechnique, ENS, Beaux-ArtsPublic OU privé d'intérêt général reconnu
6. Organisme agréé financement PMETrès rare — agrément Bercy obligatoireProcédure d'agrément spécifique
7. Spectacle vivant (théâtre, lyrique, musique)Théâtre du Châtelet, Comédie-FrançaiseActivité principale (pas accessoire)
8. Sauvegarde du patrimoineFondation du PatrimoineLoi 96-590 du 02/07/1996
9. Sauvegarde biodiversité et espèces menacéesLPO, WWF France, ASPASActivité principale environnementale
10. SPL culturelles (NOUVEAU LF 2026)SPL Théâtre municipal, SPL musée régionalLOI n° 2026-103 art. 8 — vérifier agrément
11. EXCLUSION expresse ultra fast-fashion (LF 2026)Organismes liés à Shein, TemuLOI n° 2026-103 art. 8 — risque requalification rétroactive

Le critère « cercle restreint » : 30 % des contentieux mécénat

30 % des contentieux mécénat portent sur le critère du cercle restreint. Un organisme dont les bénéficiaires sont une catégorie étroite (anciens élèves d'une école, salariés d'une entreprise, habitants d'un village) n'est pas d'intérêt général selon CE 07/02/2007 n° 287949 (ENSAM) et CE 16/03/2011 n° 329945. Le donateur entreprise perd alors la réduction 60 %, récupère les rappels d'IS, + intérêts de retard 0,20 %/mois + majoration 40 %.

Jurisprudence récente 2025 — 3 nouveaux pièges à connaître :

  • CAA Paris 7e ch. 25/09/2025 n° 23PA05262 Asso. Caisse de solidarité — l'activité prédominante effective doit être contrôlée (déclarations statutaires ne suffisent pas)
  • CAA Paris 2e ch. 04/06/2025 n° 24PA00841 Asso. Alerte Planète — une association qui consacre plus de 70 % de ses ressources à du financement de tiers (redistribution) est qualifiée de « redistributrice » et non éligible art. 238 bis (ni art. 200 CGI)
  • TA Lyon 10/06/2025 n° 2307876 — une organisation de tombola sans projet propre (simple collecte sans activité directe d'intérêt général) n'est pas éligible

Solution : (1) vérifier les statuts + comptes annuels de l'organisme (objet, bénéficiaires, ratio activité directe / redistribution), (2) demander un rescrit L. 80 C LPF si doute (procédure simplifiée par décret 2025-366 du 22/04/2025, voir H2 #10), (3) en cas d'OIG nouvellement créée ou de structure inhabituelle, attendre la publication des premiers comptes annuels avant tout don important.

CJUE Persche : les dons transfrontaliers UE éligibles

Depuis l'arrêt CJUE Persche C-318/07 du 27/01/2009 (ECLI:EU:C:2009:33, Grande Chambre — fondé sur l'art. 56 CE devenu art. 63 TFUE après le traité de Lisbonne du 1er décembre 2009), une entreprise française peut faire un don mécénat à un organisme d'un autre État membre de l'UE — et bénéficier de la réduction art. 238 bis CGI — à condition que cet organisme remplisse les critères français d'intérêt général. La preuve incombe à l'entreprise mécène (statuts traduits, comptes annuels, attestation d'intérêt général émise par l'État membre). En pratique : peu d'entreprises l'exploitent, mais c'est un levier pertinent pour les groupes multinationaux ou les ETI européanisées.

6. Mécénat de compétences 2026 : 12 015 € par salarié (art. 238 bis 4 bis CGI + loi 15/04/2024)

Le mécénat de compétences est le levier le plus sous-utilisé en France en 2026. Selon le baromètre Admical 2024, 16 % des entreprises mécènes y recourent — un chiffre stable, mais 39 % des entreprises qui l'utilisent accordent désormais plus de 6 jours/an (+35 points vs 2021). Explosion qualitative donc : ce qui était un geste symbolique devient une stratégie RSE structurée. Et la fiscalité a son propre plafond : l'art. 238 bis 4 bis CGI (introduit par la LF 2020 art. 134) plafonne la valorisation à 3 × le plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS) par salarié et par an, soit 12 015 € en 2026 (PMSS 2026 = 4 005 € arrêté du 22/12/2025).

Définition fiscale : mise à disposition gratuite de salarié

Le mécénat de compétences consiste à mettre gratuitement un salarié de l'entreprise à la disposition d'une association éligible (catégories art. 238 bis 1° CGI vues au H2 #5). Le salarié reste rémunéré par l'entreprise mécène pendant la mission, qui peut durer quelques heures à plusieurs années. La loi du 15/04/2024 a étendu la durée maximale du mécénat de compétences à 3 ans (contre 1 an avant), facilitant les missions longues d'intérêt général — typiquement des cadres en fin de carrière mis à disposition d'une fondation.

Valorisation fiscale du mécénat de compétences 2026

Valorisation/salarié/an = MIN(
  (rémunération brute annuelle + charges sociales) × jours mis à disposition / jours ouvrés annuels (220) ;
  3 × PMSS = 3 × 4 005 = 12 015 € en 2026 (plafond annuel par salarié)
)

Réduction IS = Valorisation × 60 % (sous plafond global art. 238 bis = MAX(20 000 € ; 5 ‰ CA HT))

Déclaration 2069-RCI-SD obligatoire dès 10 000 € de mécénat cumulé/an (financier + compétences + biens en nature).

Mécénat de compétences 2026 : 5 profils chiffres à l'euro près (plafond annuel 12 015 €/salarié)
Profil salariéRém. brute + charges/anJours mis dispo/anValorisation brutePlafond 12 015 €Réduction IS 60 %
Salarié SMIC28 000 €10 jours1 273 €1 273 € (sous plafond)764 €
Cadre 60 k€ brut84 000 € (×1,4 charges)20 jours7 636 €7 636 € (sous plafond)4 582 €
Dirigeant 120 k€ brut168 000 €15 jours11 455 €11 455 € (sous plafond)6 873 €
Cadre supérieur 250 k€ brut350 000 €10 jours15 909 €12 015 € (plafonné)7 209 €
Top management 600 k€ brut840 000 €5 jours19 091 €12 015 € (plafonné)7 209 €

Le plafond 12 015 €/salarié est strict — peu de profils dépassent

La règle « 3 × PMSS » fixée par l'art. 238 bis 4 bis CGI plafonne la valorisation déductible à 12 015 € par salarié et par an (PMSS 2026 = 4 005 €). En pratique, dès qu'un cadre dont la rémunération brute + charges dépasse ~265 000 €/an consacre plus de 10 jours/an à du mécénat de compétences, le plafond se déclenche et la fraction supérieure est perdue fiscalement. Pour valoriser au mieux le levier, il faut soit : (a) répartir la mission sur plusieurs salariés (chacun bénéficiant de son propre plafond 12 015 €), (b) limiter les jours par salarié quand la rémunération est élevée. Ce plafond annuel par salarié reste soumis au plafond global art. 238 bis (20 000 € ou 5 ‰ CA HT) côté entreprise.

Cas Dr Marchand SELARL Annecy : 60 % du coût couvert par la réduction d'IS

Dr Marchand, chirurgien-dentiste 49 ans en SELARL à Annecy (CA 1,2 M€, IS 25 %), donne 8 000 € en numéraire à l'association « Sourires Annecy » (soins dentaires gratuits aux SDF) et accorde 20 demi-journées de soins gratuits par an (= 10 jours ouvrés). Valorisation des compétences : (rémunération annuelle 150 000 € + charges 50 000 €) ÷ 220 jours × 10 jours = 9 091 €. Plafond 3 × PMSS 2026 = 12 015 € (très loin). Plafond global art. 238 bis SELARL = MAX(20 000 ; 5 ‰ × 1,2 M€) = 20 000 €/an (cumul don financier + compétences sous le plafond). Réduction IS totale = (8 000 + 9 091) × 60 % = 10 255 €. Cash décaissé = 8 000 € seulement, mais les 20 demi-journées ont un coût réel : elles sont rémunérées par la SELARL sans être facturées. Coût total = 17 091 € ; coût net après réduction = 17 091 − 10 255 = 6 836 €. Rapporter la réduction au seul cash décaissé (128 %) serait trompeur. Voir cas complet H2 #11.

La déclaration 2069-RCI-SD : ce qui change vraiment

Depuis la LF 2020 art. 134 (art. 238 bis 4 bis CGI), toute entreprise qui dépasse 10 000 € de mécénat cumulé (financier + compétences + biens en nature) doit déposer la déclaration 2069-RCI-SD (CERFA 15252) au plus tard à la même date que sa déclaration de résultat (4 mois 15 jours après la clôture pour exercice 31/12). Sanction défaut : 1 500 € par déclaration manquante (CGI art. 1729 B). Bonne nouvelle : la loi simplification de la vie économique n° 2026-403 du 26/05/2026 prévoit la suppression de cette déclaration au 01/01/2027 (intégration directe au bilan via 5° bis nouveau art. L. 232-1 C. com.). À la date du 28/05/2026, cette loi n'est pas encore promulguée — la déclaration reste donc obligatoire pour l'exercice 2026.

Hagnéré Patrimoine

Évaluer votre stratégie mécénat de compétences

Le mécénat de compétences passe sous les radars de la plupart des SELARL et TPE — alors que la réduction de 60 % s'applique aussi aux journées données. Abordez votre plan compétences 2026 lors d'un bilan patrimonial offert : valorisation, plafond 12 015 €/salarié, articulation avec le don financier.

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7. Comment articuler mécénat IS, don IR particulier et IFI ?

C'est un angle peu traité dans les guides généralistes — pourtant fondamental pour tout dirigeant rémunéré soumis à l'IFI. Il faut articuler trois régimes distincts : mécénat IS art. 238 bis (société), don IR art. 200 (particulier) et don IFI art. 978 (particulier IFI redevable). La règle d'or est simple : un même don ne peut jamais cumuler 2 régimes, mais un même donateur (la personne physique + la personne morale qu'elle dirige) peut combiner les 3 régimes sur des dons distincts.

Les 3 régimes en un tableau

Mécénat IS art. 238 bis vs Don IR art. 200 vs Don IFI art. 978 — comparatif 2026
RégimeBénéficiaireRéductionPlafondArticulation cumul
Mécénat IS art. 238 bis CGISociété (SAS, SARL, SELARL, etc.)60 % (40 % > 2 M€)MAX(20 000 € ; 5 ‰ CA HT)Pas de cumul avec art. 200 sur même don
Don IR art. 200 CGI standardParticulier (IRPP)66 %20 % du revenu imposable + report 5 ansPas de cumul avec art. 238 bis sur même don
Don IR art. 200 « Coluche » (aide pers. difficulté)Particulier75 %1 000 €/an puis 66 % au-delà (LF 2026 plafond porté à 2 000 €)Cumul avec autres dons IR plafonné
Don IFI art. 978 CGI (FRUP uniquement)Particulier IFI redevable75 %50 000 €/anPas de cumul avec art. 200 sur même don

Cas Stéphane : société + dirigeant rémunéré, deux flux séparés

Stéphane Aurélys est président de la SAS Aurélys Industrie à Lyon (CA 8 M€). Il se rémunère 180 000 € brut (TMI 41 %) et perçoit 100 000 € de dividendes annuels via sa holding Aurélys Participations. Son patrimoine total est de 1,8 M€ (sous le seuil IFI 1,3 M€ — il n'est pas redevable). Stratégie mécénat :

  • Société SAS Aurélys fait un don de 20 000 € à une fondation d'entreprise dédiée « Aurélys pour l'industrie 4.0 » → réduction IS 60 % = 12 000 € d'économie IS.
  • Stéphane à titre personnel fait un don de 5 000 € à Restos du Cœur sur sa rémunération de président → réduction IR 75 % (plafond LF 2026 = 2 000 € à 75 % + 66 % au-delà) = 1 500 + 1 980 = 3 480 € d'économie IR.
  • Total économie d'impôt cumulée Stéphane : 15 480 € pour 25 000 € de dons (= 62 % d'efficacité fiscale globale).

Cas Julien & Anne : couple IFI redevable, le levier 75 %

Julien et Anne sont cadres dirigeants à Paris, patrimoine net commun 1,5 M€ (résidence principale 700 k€ après abattement 30 %, investissement locatif 500 k€, AV 200 k€, PEA 100 k€). Ils sont redevables IFI sur l'assiette immobilière taxable ≈ 850 k€, soit IFI dû ≈ 1 875 €/an. Stratégie 2026 : ils donnent 10 000 € à une FRUP (Fondation de France, programme « Vivre ensemble »). Réduction IFI 75 % (art. 978 CGI) = 7 500 €. Comparaison avec réduction IR 66 % = 6 600 €. Choisir l'IFI fait gagner 900 € sur le même don. Limite : l'IFI dû n'est que de 1 875 € → la réduction IFI 7 500 € « plafonne » à 1 875 € utilisable (le solde n'est pas reportable contrairement à l'IR). Solution Hagnéré : dimensionner le don à 1 875 € / 0,75 = 2 500 € pour neutraliser exactement l'IFI dû — et faire les 7 500 € restants en don IR (réduction 66 % = 4 950 €).

Le piège du double bénéfice (interdit)

Un dirigeant qui croit pouvoir cumuler art. 238 bis (via sa société) + art. 200 (à titre personnel) sur le même don s'expose à un redressement : c'est interdit. Solution propre : la société donne X € sous art. 238 bis ET le dirigeant donne Y € distinct sous art. 200 (ou art. 978 si IFI). Les deux flux doivent être comptablement et physiquement séparés :

  • 2 virements distincts (compte société + compte personnel du dirigeant)
  • 2 reçus fiscaux CERFA distincts, libellés au nom des 2 entités
  • 2 conventions de mécénat distinctes si don > 5 000 €
  • 2 lignes comptables distinctes (compte 6713 société, déclaration 2042 RICI dirigeant)

8. Fondation d'entreprise vs fonds de dotation vs don ponctuel : 7 critères de choix

Quand un dirigeant décide de structurer durablement son mécénat, trois véhicules s'offrent à lui : le don ponctuel (le plus simple), la fondation d'entreprise (loi 1990-559 + décret 91-1005) et le fonds de dotation (loi LME 2008 art. 140). Le choix dépend de 7 critères : coût de création, dotation initiale, durée d'engagement, gouvernance, autorisation administrative, communication brand et facilité de sortie. Et l'explosion récente du fonds de dotation (+12 % vs 2022, 7 392 créés par des entreprises fin 2024 selon EY-CFF) raconte l'histoire : pour 95 % des PME, le fonds de dotation est devenu la meilleure structure.

Don ponctuel vs Fondation d'entreprise vs Fonds de dotation — 7 critères
CritèreDon ponctuelFondation d'entrepriseFonds de dotation
Coût création0 €30 000 € (statuts + immat. + JO)5 000 - 10 000 €
Dotation initiale0 €150 000 € min (loi 90-559)15 000 € min (LME 2008 art. 140)
ProgrammeLibre, unique5 ans min, plan d'action écritLibre
GouvernanceAucuneConseil d'administration (fondateurs + qualifiés)Plus souple (CA + comité consultatif)
AutorisationAucunePréfet du département + publication JODéclaration en préfecture (24 h)
Régime mécénatReçu fiscalReçu fiscal + agrément automatiqueReçu fiscal + agrément automatique
Communication brandLimitéeForte (nom de la fondation = nom de l'entreprise)Moyenne
Sortie / clôtureN/ADifficile (maintenir 5 ans + clôture par CA)Facile (clôture libre)
Temps de mise en placeJour J6-12 mois1-2 mois
Cas pratique du guideDr Marchand (don 8 k€)Chloé (programme « Numérique inclusif » 200 k€ / 5 ans)Stéphane (« Fonds Aurélys industrie » 50 k€ dotation)

La fondation d'entreprise : 524 actives en France fin 2024

La fondation d'entreprise est encadrée par la loi n° 90-559 du 04/07/1990 art. 19 + décret n° 91-1005 du 30/09/1991. Elle impose une dotation initiale minimum de 150 000 € (ou un programme d'action pluriannuel équivalent sur 5 ans), une gouvernance par conseil d'administration (majorité de fondateurs + membres qualifiés extérieurs), une autorisation préfectorale + publication au JO. C'est lourd mais ça permet un branding fort (le nom de la fondation reprend généralement le nom de l'entreprise — Fondation TotalEnergies, Fondation Vinci, Fondation L'Oréal, etc.). Selon le panorama EY-CFF 2024, on compte environ 524 fondations d'entreprise actives en France fin 2024 — concentrées sur les grandes entreprises et ETI.

Le fonds de dotation : l'explosion silencieuse depuis 2008

Le fonds de dotation a été créé par la loi LME du 04/08/2008 art. 140 comme une alternative plus souple à la fondation d'entreprise. Dotation minimum réduite à 15 000 €, aucune autorisation préfectorale (simple déclaration en préfecture, agrément 24 heures), gouvernance souple, durée libre, clôture facile. Résultat : l'explosion. Selon EY-CFF 2024, 7 392 fonds de dotation ont été créés par des entreprises fin 2024 (+12 % vs 2022) — soit 14× plus que de fondations d'entreprise. Pour une PME ou une scale-up qui veut structurer son mécénat sans s'enliser dans la bureaucratie, c'est la meilleure structure.

Cas Chloé : fondation d'entreprise scale-up SaaS — ROI composite estimé 249 %

Chloé Lambert, CEO de Mobii Cloud (SaaS B2B Paris, CA 2,5 M€ post-Série A de 5 M€), crée la fondation d'entreprise « Mobii pour le numérique inclusif » avec un engagement de 200 k€ sur 5 ans (40 k€/an). Coût total Mobii : 200 k€ engagement + 30 k€ frais création/gestion = 230 k€. Économie IS cumulée 5 ans (avec étalement saturé à 20 k€/an + report) = 72 k€. Effort net = 158 k€.

Bénéfices indirects estimés (benchmark Sequoia/Tikehau SaaS B2B 2024-2025) : ARR boost +5 à 8 % via brand éthique (sur ARR 5 M€ projeté 2028 = +250-400 k€/an) ; recrutement Gen Z +22 % attractivité Polytechnique/Centrale (économie chasseur de têtes ~50 k€/recrue × 3 recrues = 150 k€) ; accès cluster Paris&Co + Numa networking VC/clients ~100 k€ Y+2.

Verdict CGP : ROI financier pur (économie IS uniquement) = 72/230 = 31 %. ROI composite (avec bénéfices indirects estimés) = (72 + 250 + 150 + 100) / 230 = 249 %. Pertinent SI CA croissance projetée > 5 M€ horizon 3 ans, sinon ratio cash/économie défavorable. Voir cas complet H2 #11.

Hagnéré Patrimoine

Fondation d'entreprise ou fonds de dotation : quel véhicule pour 2026 ?

Bilan stratégique 360° (calcul ROI fiscal, juridique, brand, RSE) pour choisir entre fondation d'entreprise, fonds de dotation ou don ponctuel selon votre profil (PME, ETI, scale-up).

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9. Quels justificatifs et obligations déclaratives ? (Cerfa 2069-RCI-SD + suppression au 01/01/2027)

Quatre documents structurent la conformité d'un don mécénat : le reçu fiscal CERFA 11580*04 (obligatoire), la convention de mécénat (recommandée > 5 000 €), la déclaration 2069-RCI-SD (CERFA 15252) (obligatoire dès 10 000 €/an cumulé) et le rescrit L. 80 C LPF (optionnel mais fortement recommandé au-delà de 50 000 €). Tous doivent être conservés 6 ans (art. L. 102 B LPF, délai de reprise). Et grande nouveauté : la déclaration 2069-RCI-SD devrait disparaître au 01/01/2027 via la loi simplification de la vie économique.

Le reçu fiscal CERFA 11580*04 : la pièce maîtresse

Émis par l'organisme bénéficiaire (et non par l'entreprise mécène), le reçu fiscal mentionne : le nom et l'adresse de l'entreprise donatrice, son SIREN, le montant et la date du don, la nature (numéraire, biens en nature, mécénat de compétences avec valorisation), et la référence au régime art. 238 bis CGI. C'est ce document qui ouvre la réduction d'impôt. Sa délivrance « à tort » par un organisme non éligible expose ledit organisme à l'amende art. 1740 A CGI (avec réserve QPC 2018-739 sur la condition de délivrance « sciemment » irrégulière). Pour l'entreprise mécène, c'est la base de la défense en cas de contrôle.

La convention de mécénat : recommandée dès 5 000 €

La convention écrite n'est pas obligatoire légalement (à la différence du sponsoring où elle l'est), mais elle est fortement recommandée dès 5 000 € de don. Elle formalise : l'objet du don, les engagements de l'organisme bénéficiaire (notamment le contrôle des contreparties < 25 %), la valorisation précise des biens en nature et compétences, les modalités de communication (logo, mention, etc.) et la durée. En cas de contrôle fiscal, la convention est la pièce maîtresse de défense — sans elle, l'administration peut requalifier facilement en sponsoring.

Checklist documentaire mécénat 2026 — conservation 6 ans (LPF art. L. 102 B)
DocumentObligatoire ?ÉmetteurConservation
Reçu fiscal CERFA 11580*04✅ OUIOrganisme bénéficiaire6 ans (LPF art. L. 102 B)
Convention de mécénat⚠️ Recommandée > 5 000 €Entreprise + organisme6 ans
Déclaration 2069-RCI-SD (CERFA 15252)✅ OUI si don cumulé > 10 000 €/anEntreprise (avec déclaration résultat)6 ans
Justificatif valorisation compétences⚠️ OUI si compétences > 1 000 €Entreprise (fiche RH + facturation interne)6 ans
Rescrit L. 80 C LPF⚠️ Optionnel (recommandé > 50 000 €)Bercy (réponse 6 mois)Indéfini
Document de gestion fondation✅ Si fondation d'entrepriseConseil d'administration10 ans
Statuts à jour de l'organisme⚠️ Pièce de preuve à conserverOrganisme bénéficiaire6 ans
Comptes annuels N-1 et N-2 organisme⚠️ Pièce de preuve à conserverOrganisme bénéficiaire6 ans

La déclaration 2069-RCI-SD : ce qui change vraiment

Depuis la LF 2020 art. 134 (art. 238 bis 4 bis CGI), toute entreprise dépassant 10 000 € de mécénat cumulé (financier + compétences + biens en nature) sur un exercice doit déposer la déclaration 2069-RCI-SD (CERFA 15252) au plus tard à la date de sa déclaration de résultat (4 mois 15 jours après la clôture pour exercice 31/12). Sanction défaut : 1 500 € par déclaration manquante (CGI art. 1729 B). En cas de récidive, l'amende peut être portée à 5 % du montant des dons non déclarés — rare en pratique.

Suppression du formulaire 2069-RCI-SD au 01/01/2027 (loi simplification)

La loi simplification de la vie économique n° 2026-403 du 26/05/2026 (promulguée) prévoit la suppression du § 6 de l'article 238 bis CGI au 01/01/2027. La déclaration 2069-RCI-SD disparaîtra au profit d'une intégration directe au bilan via le 5° bis nouveau de l'art. L. 232-1 du Code de commerce (information annexée au compte de résultat avec mention des dons mécénat). À la date du 28/05/2026, cette loi n'est pas encore promulguée — la déclaration 2069-RCI-SD reste donc obligatoire pour l'exercice 2026. À surveiller pour les exercices ouverts à compter du 01/01/2027.

Note nomenclature : le formulaire historique 2069-M-SD est obsolète depuis 2017. Il a été remplacé par le 2069-RCI-SD (CERFA 15252) qui couvre l'ensemble des crédits et réductions d'impôts d'une entreprise (mécénat, CIR, CICE résiduel, etc.). Plusieurs guides en ligne citent encore l'ancien intitulé — c'est une erreur à éviter.

10. Sécuriser le mécénat : abus de droit, contreparties, rescrit L. 80 C LPF

Le mécénat est l'une des niches fiscales les plus sûres en 2026 — à condition d'être bien documenté. Quatre risques structurent les rares contentieux : (1) requalification en sponsoring (contreparties > 25 %, déjà traité H2 #2), (2) organisme non éligible (cercle restreint ou exclusion LF 2026, traité H2 #5), (3) abus de droit fiscal L. 64 LPF (rare), (4) mini-abus de droit L. 64 A LPF (motif principalement fiscal, loi 2018-1317). Et un cinquième risque, beaucoup moins traité, mais que nous voyons remonter au cabinet : l'abus de biens sociaux (Cass. crim.) si les dons mécénat sont jugés disproportionnés au regard de l'intérêt social — la doctrine Delsol parle d'un seuil indicatif de 25 % du bénéfice net à ne pas dépasser sans justification stratégique.

Le rescrit fiscal L. 80 C LPF : la sécurité absolue

Le rescrit fiscal mécénat est codifié à l'article L. 80 C du LPF — et non à L. 80 B 6° comme on le lit souvent à tort dans la doctrine secondaire. C'est une procédure par laquelle l'entreprise interroge Bercy sur l'éligibilité d'un organisme avant de faire le don. Depuis le décret n° 2025-366 du 22/04/2025, la procédure est simplifiée : forme libre (modèle Cerfa optionnel), envoi par lettre recommandée à la Direction des affaires juridiques (bureau JF-2C) de la DGFiP. Délai de réponse Bercy : 6 mois, le silence valant accord tacite. Une fois le rescrit obtenu, l'administration est liée tant que la situation factuelle ne change pas — c'est la sécurité juridique absolue pour le donateur.

Modèle de demande de rescrit L. 80 C LPF — copier-collable (template Hagnéré)

À : Direction des affaires juridiques (DAJ) - Bureau JF-2C
Direction générale des Finances publiques
139 rue de Bercy
75572 Paris cedex 12

Objet : Demande de rescrit fiscal — art. L. 80 C LPF
Mécénat — Éligibilité de l'organisme [Nom + n° RNA + statuts joints]
Réf. décret n° 2025-366 du 22/04/2025 (procédure simplifiée)

Madame, Monsieur,

Conformément à l'article L. 80 C du Livre des procédures fiscales et au
décret n° 2025-366 du 22 avril 2025, j'ai l'honneur de vous demander de
bien vouloir vous prononcer sur l'éligibilité au régime du mécénat
(art. 238 bis CGI) de l'organisme suivant :

- Dénomination : [Nom complet]
- Forme juridique : [Association loi 1901 / Fondation / Fonds de dotation]
- Date de création : [JJ/MM/AAAA]
- N° RNA / SIREN : [NNNNNNNNN]
- Objet statutaire : [Reproduire l'article 2 des statuts]
- Bénéficiaires : [Préciser le caractère « public » et non « cercle restreint »]
- Budget annuel : [X €] dont [Y %] consacrés à l'objet principal

Pièces jointes :
- Statuts à jour (PDF)
- Comptes annuels N-1 + N-2 (PDF)
- Rapport d'activité dernier exercice (PDF)
- Liste des membres du conseil d'administration / bureau (PDF)
- Convention de mécénat envisagée avec [Nom de l'entreprise] (PDF)

Je vous serais reconnaissant(e) de bien vouloir confirmer que les
versements de mon entreprise [Raison sociale + SIREN] à cet organisme
ouvriront droit à la réduction d'impôt prévue à l'article 238 bis CGI
au taux de 60 %.

Conformément à l'article L. 80 C LPF et au décret 2025-366, votre
silence pendant 6 mois à compter de la réception de la présente vaut
accord tacite.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes
salutations distinguées.

[Signature dirigeant]
[Nom complet]
[Qualité]
[Date]

Pourquoi le mécénat est une niche fiscale SÛRE en 2026

Le Comité de l'abus de droit fiscal (CADF) n'a publié aucun avis sur le mécénat d'entreprise dans ses rapports 2023, 2024 et 2025. Comparé à d'autres niches fiscales (apport-cession, démembrement croisé, holding patrimoniale) où le CADF rend 30 à 50 avis par an, le mécénat est une niche rarement contestée par l'administration.

Pourquoi ? Les contrôles portent en amont (vérification de l'organisme éligible, des contreparties < 25 %, du seuil cercle restreint) plutôt qu'en aval (requalification). Conséquence pratique : un dossier bien préparé (rescrit + reçus + convention + comptes) est quasi-intouchable. C'est ce qui rend le mécénat plus sûr qu'une stratégie d'apport-cession ou de holding patrimoniale, et c'est un argument décisif pour le dirigeant qui hésite entre véhicules d'optimisation.

Le critère « 25 % du bénéfice net » : doctrine Delsol sur l'abus de biens sociaux

Au-delà du droit fiscal, un risque pénal subsiste : l'abus de biens sociaux (art. L. 241-3 4° et L. 242-6 3° du Code de commerce). Si le dirigeant utilise les fonds de la société pour financer des actions de mécénat disproportionnées au regard de l'intérêt social (notamment si elles servent des intérêts personnels du dirigeant — pas du tout d'intérêt général), il s'expose à des poursuites pénales. La doctrine Delsol (cabinet d'avocats Delsol Avocats) retient un seuil indicatif : les dons mécénat ne devraient pas dépasser 25 % du bénéfice net sans justification stratégique (politique RSE écrite, plan pluriannuel approuvé par le CA, valorisation brand documentée). Au-delà, le risque pénal augmente — même si la jurisprudence reste rare et clémente envers les dirigeants de bonne foi.

11. 3 cas chiffrés : combien économisez-vous vraiment ?

La théorie ne suffit pas. Trois cas d'école — un dirigeant industriel, une profession libérale et une fondatrice de scale-up — pour mesurer le vrai gain fiscal et la rentabilité réelle d'une stratégie mécénat 2026. Chaque calcul est fait à l'euro près, avec les paramètres légaux en vigueur au 28/05/2026.

Cas 1 — Stéphane Aurélys, président SAS industrie Lyon (CA 8 M€)

Profil : Stéphane, 52 ans, président de la SAS Aurélys Industrie à Lyon (mécanique de précision, 45 salariés, CA 8 M€). Rémunération 180 k€ brut (TMI 41 %), dividendes 100 k€ via la holding Aurélys Participations qui détient 70 % du capital. Veut soutenir le CFA local de mécanique (apprentissage industriel) par un programme mécénat structuré sur 5 ans.

Calcul du plafond mécénat SAS Aurélys : MAX(20 000 € ; 5 ‰ × 8 M€) = MAX(20 000 ; 40 000) = 40 000 €/an. Avec un CA > 4 M€, c'est le proportionnel 5 ‰ qui prend le relais sur le plancher 20 000 € — un point que la majorité des dirigeants de PME industrielles ne calculent jamais correctement.

Cas Stéphane SAS Aurélys CA 8 M€ — Scénarios A/B/C/D comparés sur 5 ans (plafond 40 000 €/an)
ScénarioDon/anPlafond utiliséÉconomie IS/anCumul don 5 ansCumul économie IS 5 ans
A — Don ponctuel 50 000 € en 202650 000 € (1×)40 000 € (+10 k€ reportés an 2)24 000 € (an 1) + 6 000 € (an 2)50 000 €30 000 € (sous-saturé)
B — Don étalé 5 × 10 000 € sur 2026-203010 000 €10 000 € (sous plafond 40 k€)6 000 €50 000 €30 000 € (identique A mais trésorerie préservée)
C — Don ponctuel 100 000 € en 2026100 000 € (1×)40 000 € + report 60 k€ (utilisé an 2-3)24 000 € + 24 000 € + 12 000 €100 000 €60 000 €
D — Don étalé 5 × 40 000 € saturant le plafond chaque année40 000 €40 000 € (saturé)24 000 €200 000 €120 000 € (×4 vs A à enveloppe ×4)

Recommandation Hagnéré Patrimoine : la « bonne » lecture n'est pas A vs B (qui ne change rien fiscalement à enveloppe identique 50 k€) mais A vs D : saturer le plafond annuel 40 000 € chaque année sur 5 ans permet de donner 200 000 € et de récupérer 120 000 € d'économie IS (60 %), au lieu de 30 000 € pour un don ponctuel 50 000 €. Multiplier l'enveloppe par 4 multiplie l'économie par 4 (≈ ×4 strictement). Le scénario A (don ponctuel sans étalement et sous-saturé) est fiscalement le plus pauvre pour Stéphane — qui pourrait porter son budget mécénat industriel à 200 k€ sur 5 ans sans surcoût fiscal (le don de 200 k€ coûte effectivement 80 k€ net après réduction).

Cas 2 — Dr Marchand, chirurgien-dentiste SELARL Annecy (CA 1,2 M€)

Profil : Dr Marchand, 49 ans, chirurgien-dentiste en SELARL à Annecy (CA 1,2 M€, 2 collaborateurs + 1 assistante). Rémunération 150 k€ brut (TMI 45 %) + dividendes 80 k€. SELARL Marchand Dentaire à l'IS 25 %. Veut combiner don financier à une association locale + mécénat de compétences (soins gratuits SDF).

Engagement :

  • Don financier 8 000 € à l'association « Sourires Annecy » (loi 1901 fiscalisée, OIG agréée)
  • Mécénat de compétences : 20 demi-journées de soins gratuits aux SDF (= 10 jours ouvrés)
Cas Dr Marchand SELARL Annecy CA 1,2 M€ — Don financier + mécénat compétences
ComposanteMontantCalculÉconomie IS 60 %
Don financier numéraire8 000 €8 000 € (sous plafond 20 k€)4 800 €
Mécénat compétences (20 demi-journées)9 091 €(150 k€ + 50 k€ charges) ÷ 220 j × 10 j5 455 €
Cumul mécénat (sous plafond global 20 k€)17 091 €Compétences plafond 12 015 € loin10 255 €
Coût total pour la SELARL17 091 €8 000 € de don + 9 091 € de rémunération versée sur des journées non facturées—
Coût net après réduction6 836 €17 091 − 10 255—

Recommandation Hagnéré Patrimoine : le mécénat de compétences est souvent ignoré des SELARL alors que la valorisation est immédiate. Sur ce cas illustratif, la réduction d'impôt (10 255 €) couvre 60 % du coût total de 17 091 €, soit un coût net de 6 836 € : les journées données ne sont pas facturées, elles ont donc un coût réel même si aucun cash supplémentaire ne sort. Conditions : salarié volontaire (ici lui-même), accord encadré (lettre de mise à disposition à l'association), valorisation extra-comptable (fiche RH + facturation interne 800 €/demi-journée). Et déclaration 2069-RCI-SD obligatoire dès 10 000 €/an cumulé (Dr Marchand est à 17 091 € → déclaration obligatoire).

Cas 3 — Chloé Lambert, CEO Mobii Cloud SaaS Paris (CA 2,5 M€)

Profil : Chloé, 34 ans, CEO et fondatrice de Mobii Cloud (SaaS B2B Paris, 18 salariés, CA 2,5 M€ post-Série A de 5 M€). Croissance projetée +40 %/an, CA 8 M€ en 2030. IS 25 % (PME), résultat opérationnel 600 k€ 2026. Veut créer une fondation d'entreprise « Mobii pour le numérique inclusif » avec engagement 200 k€ sur 5 ans. Objectifs : brand B2B éthique + recrutement Gen Z + accès écosystème Paris&Co.

Calcul plafond mécénat Mobii Cloud 2026 : MAX(20 000 € ; 5 ‰ × 2,5 M€) = MAX(20 000 ; 1 250) = 20 000 €/an. Engagement 5 ans = 200 k€ / 5 = 40 k€/an. Don plafonné 2026 : 20 k€ déductibles + 20 k€ reportables.

Cas Chloé Mobii Cloud — Projection fondation d'entreprise 5 ans (plafond progressif post-bascule 4 M€)
AnnéeCA projetéPlafond annuelDon annuelStock à imputerIS imputé (60 %)
20262,5 M€20 000 € (plancher)40 000 €40 000 € → impute 20k + report 20k12 000 €
20273,5 M€20 000 € (plancher)40 000 €60 000 € → impute 20k + report 40k12 000 €
20285,0 M€25 000 € (5 ‰ × CA)40 000 €80 000 € → impute 25k + report 55k15 000 €
20296,5 M€32 500 € (5 ‰ × CA)40 000 €95 000 € → impute 32,5k + report 62,5k19 500 €
20308,0 M€40 000 € (5 ‰ × CA)40 000 €102 500 € → impute 40k + report 62,5k24 000 €
TOTAL 5 ans (2026-2030)——200 000 €Reste 62 500 € reportables82 500 €
+ Reports 2031-2032 (épuisement)~10-12 M€~50-60 k€0 €62 500 € à imputer (limite 5 ans art. 238 bis 4°)37 500 €
CUMUL FINAL 7 exercices——200 000 €0 €120 000 € économie IS totale

Effort net Mobii Cloud : 200 k€ engagement + 30 k€ frais création/gestion fondation = 230 k€ sur 5 ans. Économie IS cumulée sur 7 exercices (2026-2032 avec épuisement des reports avant péremption art. 238 bis 4°) : 120 k€. Reste à charge effective = 110 k€. ROI financier pur = 52 % (et non plus 31 % comme dans une projection statique à plafond figé — l'effet « plafond progressif » est central pour les scale-up en hypercroissance).

Bénéfices indirects estimés (benchmark Sequoia/Tikehau SaaS B2B 2024-2025) :

  • ARR boost +5 à 8 % via brand éthique → sur ARR 5 M€ projeté 2028 = +250 à 400 k€/an
  • Recrutement Gen Z +22 % attractivité ingénieurs Polytechnique/Centrale → économie chasseur de têtes ~50 k€/recrue × 3 recrues = 150 k€
  • Accès cluster Paris&Co + Numa networking VC + clients corporate ≈ 100 k€ Y+2

Verdict CGP cas Chloé Mobii Cloud : ROI composite ~270 %

  • ROI financier pur (économie IS uniquement, plafond progressif) : 120 / 230 = 52 %
  • ROI composite (avec bénéfices indirects estimés) : (120 + 250 + 150 + 100) / 230 = 270 %
  • Recommandation : pertinent SI CA croissance projetée > 5 M€ horizon 3 ans (le plafond proportionnel 5 ‰ prend alors le relais sur le plancher 20 000 € et débloque l'imputation des reports). Pour une PME stable sous 4 M€, ROI financier limité à ~30 % (mais brand RSE et recrutement Gen Z restent décisifs pour une scale-up SaaS B2B).
  • Note pratique du cabinet : « Le profil scale-up SaaS B2B est celui où le ratio cash sorti / valeur perçue (brand + recrutement + impact) est le plus favorable — bien plus qu'une PME industrielle stable où le don ponctuel à étalement reste l'optimum. »
Hagnéré Patrimoine

Faites chiffrer votre stratégie mécénat sur 3 scénarios

Bilan patrimonial dirigeant 360° — calcul plafond, étalement 5 ans, mécénat compétences, articulation IR/IS/IFI, conséquences patrimoniales du choix véhicule (don ponctuel / fondation / fonds de dotation), modélisation ROI fiscal + indirect. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

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12. Erreurs à éviter + checklist 10 points pour 2026

Avant la checklist, voici les 7 erreurs qui reviennent le plus souvent en cabinet — et une checklist Hagnéré 10 points actionnable que vous pouvez appliquer dès aujourd'hui pour structurer votre stratégie mécénat 2026.

Les 7 erreurs les plus fréquentes en cabinet

  1. Don ponctuel > 20 000 € sans étalement — perte de 50 % de la rentabilité fiscale potentielle (cf. cas Stéphane H2 #11).
  2. Confondre 2069-M-SD (obsolète depuis 2017) et 2069-RCI-SD (CERFA 15252 en vigueur) — erreur fréquente dans la doctrine secondaire et les modèles téléchargés.
  3. Cumuler art. 238 bis + art. 200 sur le même don — interdiction expresse, redressement à la clé en cas de contrôle (cf. H2 #7).
  4. Oublier le mécénat de compétences alors que la rémunération salariale est élevée (cas SELARL, ingénierie, conseil) — la réduction de 60 % s'applique aussi aux journées données (cf. cas Dr Marchand H2 #11).
  5. Pas de rescrit L. 80 C LPF sur dons > 50 000 € — sécurité juridique manquée, risque de requalification a posteriori.
  6. Contreparties > 25 % du don — requalification en sponsoring, perte de la réduction 60 % + intérêts + majoration (cf. H2 #2).
  7. Ne pas surveiller le risque LF 2027 — rapport IGF + IGÉSR mai 2025 recommande -523 M€ de dépense fiscale dons (cf. H2 #4). Si vous envisagez un programme pluriannuel important, sécuriser avant la réforme éventuelle.

Checklist Hagnéré — 10 points pour mécénat 2026

Checklist actionnable — mécénat d'entreprise 2026

  1. Vérifier le régime fiscal de l'entreprise : IS ou IR/BIC réel (micro-BIC = exclus)
  2. Calculer le plafond mécénat annuel : MAX(20 000 € ; 5 ‰ CA HT) — pour 97 % des PME = 20 000 €/an
  3. Identifier l'organisme bénéficiaire éligible : 11 catégories art. 238 bis 1° CGI (vérifier statuts + comptes annuels + critère cercle non restreint)
  4. Demander un rescrit L. 80 C LPF si don > 50 000 € ou organisme atypique (template fourni en H2 #10, réponse Bercy 6 mois, silence = accord tacite)
  5. Élaborer une stratégie d'étalement 5 ans saturant le plafond annuel (gain fiscal +100 % vs don ponctuel sous-saturé)
  6. Évaluer le mécénat de compétences (plafond 12 015 €/salarié en 2026, soit 3 × PMSS — LF 2020 art. 134 (art. 238 bis 4 bis CGI)). Levier le plus sous-utilisé en SELARL et TPE
  7. Vérifier les contreparties < 25 % du don (frontière avec sponsoring, CAA Versailles 17/12/2021)
  8. Articuler les 3 régimes IS/IR/IFI sur dons distincts (jamais cumul sur même don) — cas dirigeant rémunéré soumis à IFI peut combiner les 3
  9. Conserver reçus + convention + 2069-RCI-SD pendant 6 ans (art. L. 102 B LPF, délai de reprise admin)
  10. Surveiller LF 2027 — risque rabotage 523 M€ recommandé par IGF/IGÉSR mai 2025. Sécuriser un éventuel programme pluriannuel avant septembre 2026 (dépôt PLF 2027)
Hagnéré Patrimoine

Activez votre stratégie mécénat 2026 avec un CGP CIF/COA/COBSP

Dans le cadre d'une lettre de mission : audit fiscal mécénat (IS + IR + IFI), conséquences patrimoniales du choix véhicule (don ponctuel, fondation, fonds de dotation), modélisation 5 ans, rescrit L. 80 C LPF, articulation cluster G (BSPCE, AGA, stock-options, holding patrimoniale). Premier rendez-vous offert (45 min), sans recommandation personnalisée. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

L'auteur — Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune à 360° basé à Bassens (Auvergne-Rhône-Alpes). Le cabinet est Conseiller en Investissements Financiers (CIF membre CNCEF Patrimoine), Courtier en Assurance (COA) et Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP), immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291.

Spécialisé dans l'optimisation fiscale du dirigeant SAS (rémunération, dividendes, holding patrimoniale, mécénat, AGA, BSPCE, stock-options), de la structuration patrimoniale haute valeur (Pacte Dutreil 2026, apport-cession, démembrement, family office) et de la fiscalité internationale (impatriés, expatriés, conventions bilatérales), le cabinet, créé en 2020, accompagne des dirigeants, professions libérales et fondateurs de scale-up sur l'ensemble du territoire français.

Pour un bilan patrimonial dirigeant 360°, ou un audit ciblé de votre stratégie mécénat 2026 (calcul plafond, étalement 5 ans, mécénat compétences, choix véhicule, rescrit L. 80 C LPF), prenez rendez-vous via notre page de réservation ou contactez le cabinet au +33 3 74 47 20 18 / contact@hagnere-patrimoine.fr.

Mentions légales obligatoires : Hagnéré Patrimoine — Cabinet de conseil en gestion de patrimoine — Adresse : 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens — Téléphone : +33 3 74 47 20 18 — Email : contact@hagnere-patrimoine.fr — N° ORIAS 23002291 (vérifiable sur orias.fr) — Statuts CIF (membre CNCEF Patrimoine), COA et COBSP — Activité régulée par l'AMF et l'ACPR.

Questions fréquentes

Mécénat d'entreprise 2026 — questions fréquentes

Sont éligibles toutes les entreprises soumises à l'IS (SAS, SARL, SA, SCA, etc.) ou à l'IR sur les BIC au régime réel (EI, EURL au réel simplifié, SCI à l'IR commercialisant en BIC). Les micro-BIC et micro-BNC sont exclus. Les holdings patrimoniales sont éligibles si elles ont un résultat imposable (sinon le report 5 ans reste inutilisable). Les associations loi 1901 fiscalisées sont éligibles à hauteur de leurs activités lucratives soumises à l'IS. Pour les groupes intégrés fiscalement, l'application se fait au niveau de la société tête (art. 223 A et suivants CGI).

Oui, à condition d'être un « organisme d'intérêt général » au sens de l'art. 238 bis 1° a) CGI : gestion désintéressée, activité non lucrative, ne pas servir un cercle restreint, et exercer une activité philanthropique, éducative, scientifique, sociale, humanitaire, sportive, familiale ou culturelle. La reconnaissance d'utilité publique (FRUP) n'est pas obligatoire mais elle facilite la preuve. En cas de doute, demander un rescrit fiscal L. 80 C LPF (réponse Bercy dans les 6 mois, silence valant accord tacite depuis le décret n° 2025-366 du 22/04/2025).

Oui, depuis la LF 2026 art. 8 (LOI n° 2026-103 du 19/02/2026), les sociétés publiques locales (SPL) à objet culturel sont expressément éligibles au régime art. 238 bis CGI. À l'inverse, les organismes liés à l'ultra fast-fashion (Shein, Temu et leur écosystème) sont expressément exclus par la même loi. Pour les SPL non culturelles (transport, eau, environnement), aucune éligibilité automatique : à vérifier au cas par cas, en demandant un rescrit L. 80 C LPF en cas de doute.

Le plafond est le MAX entre 20 000 € et 5 ‰ (=0,5 %) du CA HT. Pour une PME 5 M€ : MAX(20 000 ; 25 000) = 25 000 €/an. Pour une TPE 2 M€ : MAX(20 000 ; 10 000) = 20 000 €/an (plancher). Pour une ETI 50 M€ : MAX(20 000 ; 250 000) = 250 000 €/an. C'est le plafond de DONS (assiette) qui ouvre droit à la réduction IS 60 %, soit une économie IS maximale = plafond × 60 %. Les dons au-delà sont reportables sur les 5 exercices suivants (art. 238 bis 4° CGI). Seuil de bascule entre plancher 20 000 € et proportionnel 5 ‰ : CA HT = 4 M€ (20 000 / 0,005).

Depuis la LF 2020 art. 134, le taux de réduction passe de 60 % à 40 % pour la fraction de chaque don supérieure à 2 millions d'euros. Exception maintenue à 60 % : dons aux organismes d'aide aux personnes en difficulté (Restos du Cœur, Croix-Rouge, Banque alimentaire, Secours catholique, etc., liste à l'art. 238 bis 1° a) bis CGI). Cette mesure a réduit l'avantage fiscal des grandes entreprises sans toucher les PME (dont les dons restent presque toujours sous le seuil 2 M€). LF 2026 art. 8 a ajouté un taux dégressif de 25 % pour les dons alimentaires excédant le plafond annuel.

Le plafond du mécénat de compétences est précisé par l'art. 238 bis 4 bis CGI : valorisation limitée à 3 × le plafond MENSUEL de la sécurité sociale (PMSS) par salarié et par an, soit 12 015 € en 2026 (PMSS 2026 = 4 005 €). Au-delà, la valorisation n'est plus éligible à la réduction art. 238 bis. Ce plafond annuel par salarié reste soumis au plafond global art. 238 bis (20 000 € ou 5 ‰ CA HT) côté entreprise. La loi du 15/04/2024 a par ailleurs étendu la durée maximale du mécénat de compétences à 3 ans (contre 1 an avant), facilitant les missions longues d'intérêt général.

Étaler. Sur un don de 100 000 € en une fois (PME plafond 20 000 €) : 20 000 € déduits immédiatement + 80 000 € reportables sur 5 ans. Si le plafond reste stable, vous utiliserez 20 000 €/an pour épuiser le report = économie IS cumulée 60 000 € sur 5 ans. À l'inverse, étaler 5 × 20 000 € = 100 000 € à l'euro près avec 100 % de plafond utilisé chaque année = économie IS cumulée également 60 000 €, mais avec préservation de la trésorerie année 1. Si vous voulez maximiser le ratio fiscal, l'étalement saturant le plafond chaque année surperforme un don ponctuel sous-saturé (100 k€ étalé sur 5 ans = 60 000 € d'économie IS, soit +100 % vs un don 50 k€ ponctuel qui n'aurait économisé que 30 000 €). Le vrai gain de l'étalement vient de la saturation du plafond chaque année, pas de l'étalement en lui-même (cas Stéphane SAS Aurélys détaillé dans le guide).

Oui, c'est le levier le plus sous-utilisé. Cas Dr Marchand chirurgien-dentiste SELARL Annecy CA 1,2 M€ : don financier 8 000 € + 20 demi-journées de soins gratuits SDF valorisées 9 091 € (rémunération brute + charges, prorata). Réduction IS totale = 10 255 € (60 % de 17 091 €). Le cash sorti se limite à 8 000 €, mais les heures données ont aussi un coût : coût net pour la société 6 836 € (17 091 € − 10 255 €). La marque locale gagne en visibilité. Conditions : salarié volontaire, accord encadré (modèle Hagnéré disponible), valorisation extra-comptable et déclaration 2069-RCI-SD dès 10 000 €/an cumulé.

Oui mais sur des DONS DISTINCTS. Un dirigeant SAS rémunéré soumis à l'IFI peut combiner les 3 régimes : (a) sa SAS fait un don de 20 000 € → réduction IS 60 % = 12 000 €, (b) lui-même fait un don de 5 000 € à Restos du Cœur → réduction IR 75 % = 3 750 €, (c) lui-même fait un don de 10 000 € à une FRUP → réduction IFI 75 % = 7 500 €. Total économie d'impôt cumulée = 23 250 € pour 35 000 € de dons (= 66 % d'efficacité fiscale globale). Règle d'or : 1 don = 1 régime, jamais cumul sur même flux (interdiction expresse, redressement à la clé en cas de contrôle).

La déclaration 2069-RCI-SD (CERFA 15252) est obligatoire dès 10 000 € de mécénat cumulé/an (financier + compétences + biens en nature). Dépôt avec la déclaration de résultat (4 mois 15 jours après la clôture). Sanction défaut : 1 500 € (art. 1729 B CGI). La loi n° 2026-403 du 26/05/2026 simplification de la vie économique a été promulguée et prévoit la suppression de cette déclaration au 01/01/2027 (intégration directe au bilan via 5° bis nouveau art. L. 232-1 C. com.). Pour les exercices ouverts en 2026, la déclaration reste obligatoire.

Oui. La loi n° 2026-403 du 26/05/2026 supprime uniquement l'obligation déclarative (formulaire 2069-RCI-SD), pas le régime de réduction d'IS de l'art. 238 bis CGI lui-même. Les taux 60 %/40 %, le plafond 20 000 € ou 5 ‰ CA HT, le report 5 ans et l'éligibilité des organismes restent strictement identiques. La traçabilité du don sera désormais assurée par une mention dédiée en annexe du bilan (5° bis nouveau art. L. 232-1 C. com.). Conservation des reçus fiscaux et conventions toujours obligatoire 6 ans (LPF art. L. 102 B).

Oui — c'est l'une des niches fiscales les plus sûres en 2026. Le Comité de l'abus de droit fiscal (CADF) n'a publié AUCUN avis sur le mécénat d'entreprise dans ses rapports 2023, 2024 et 2025. Comparé à d'autres niches (apport-cession, démembrement croisé, holding patrimoniale) où le CADF rend 30-50 avis/an, le mécénat est rarement contesté. Conséquence : un dossier bien préparé (rescrit L. 80 C LPF + reçus + convention + comptes annuels de l'organisme) est quasi-intouchable. Seul vrai risque : le rabotage budgétaire (rapport IGF/IGÉSR mai 2025 recommande -523 M€ sur le mécénat IS dans le cadre du PLF 2027).

Le rescrit fiscal mécénat (art. L. 80 C LPF, simplifié par décret n° 2025-366 du 22/04/2025) permet à l'entreprise d'interroger Bercy sur l'éligibilité d'un organisme avant de faire le don. Procédure : envoi par lettre recommandée à la Direction des affaires juridiques de la DGFiP (bureau JF-2C) avec statuts à jour, comptes annuels N-1 et N-2, rapport d'activité, liste du conseil d'administration, et convention de mécénat envisagée. Délai de réponse Bercy : 6 mois, silence = accord tacite (réforme 2025). Une fois le rescrit obtenu, l'admin est liée tant que la situation factuelle ne change pas. Recommandé pour tout don > 50 000 €, organisme atypique, ou montage avec contreparties proches du seuil 25 %.