Réduisez votre IFI avec un expert patrimonial
Audit d'assiette, biens professionnels, démembrement, arbitrages immobiliers et financiers : nous identifions les leviers réellement adaptés à votre situation.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en optimisation IFI
Quentin Hagnéré accompagne les foyers assujettis à l'IFI sur l'audit d'assiette, les exonérations de biens professionnels, les stratégies de démembrement et les arbitrages patrimoniaux de long terme.
Avertissement préalable — art. L. 533-13 CMF
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement ou un conseil fiscal personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations sont à jour au 28 mai 2026 (LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 — LF 2026, LOI n° 2025-127 du 14 février 2025 — LF 2025, décret n° 2025-366 du 22 avril 2025 sur le rescrit mécénat, et loi simplification de la vie économique n° 2026-403 promulguée le 26 mai 2026). La fiscalité dépend de votre situation individuelle de dirigeant, de l'objet statutaire de votre société et de la nature de l'organisme bénéficiaire. Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.
Vous êtes président d'une SAS industrielle au CA de 8 M€ et vous voulez soutenir un CFA local. Ou vous êtes chirurgien-dentiste en SELARL à Annecy et vous souhaitez offrir des soins gratuits aux SDF. Ou vous êtes CEO d'une scale-up SaaS post-Série A et vous voulez créer une fondation d'entreprise pour bâtir une brand B2B éthique. Dans les trois cas, vous pensez « mécénat » — et dans les trois cas, vous risquez de laisser la moitié de votre plafond fiscal dormir.
Les chiffres sont saisissants. En 2023, les entreprises françaises ont déclaré 2,93 Md€ de dons IS à la DGFiP, pour 171 900 mécènes (+55 % vs 2021 selon le baromètre Admical 2024). Mais 97 % de ces mécènes sont des TPE et PME, et ces 97 % ne représentent que 33 % du budget total. Côté inverse, 276 grandes entreprises captaient 50 % des dons en 2017 (don moyen 3,8 M€), et ce taux est tombé à 39,4 % en 2024 (rééquilibrage progressif vers les PME, baromètre Admical 2024). Autrement dit : la grande majorité des PME donne, mais donne mal — souvent une fois par an, en ponctuel, sans atteindre le plafond, sans étalement, sans mécénat de compétences, sans articulation avec le don IR du dirigeant.
Le problème est documentaire. Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) qui commente l'article 238 bis CGI date pour partie de février 2021 et ne tient pas compte du plafond doublé par LF 2020 art. 134 (passé de 10 000 à 20 000 € ou 5 ‰ du CA HT, le plus élevé), de la revalorisation du mécénat de compétences à 3 × PMSS = 12 015 €/salarié en 2026 (LF 2025 art. 77), de l'éligibilité des SPL culturelles (LF 2026 art. 8) ou de l'exclusion expresse de l'ultra fast-fashion (idem). La plupart des guides en ligne reproduisent ces vieux textes — vous tombez sur des articles 2023 qui annoncent encore 0,5 % au lieu de 5 ‰, ou qui parlent du formulaire 2069-M-SD (obsolète depuis 2017) plutôt que du 2069-RCI-SD (CERFA 15252) en vigueur.
Chez Hagnéré Patrimoine, cabinet basé à Chambéry et immatriculé ORIAS 14004526 (CIF membre CNCGP, COA, COBSP), je suis Quentin Hagnéré et j'accompagne depuis 2018 des dirigeants de SAS, des professions libérales en SELARL et des fondateurs de scale-up sur leurs stratégies de mécénat — souvent croisées avec un pacte Dutreil, un placement de trésorerie holding ou une cession d'entreprise. Ce guide reprend, à partir des textes 2026 en vigueur (CGI, LPF, LF 2025, LF 2026, décret 2025-366, BOFiP), tout ce qu'un dirigeant doit savoir pour décider — et bien décider — sur son plan mécénat. Trois cas chiffrés à l'euro près : Stéphane Aurélys 52 ans président SAS industrie Lyon CA 8 M€ (étalement 5 ans saturant le plafond — gain fiscal +100 % vs don ponctuel), Dr Marchand 49 ans chirurgien-dentiste SELARL Annecy CA 1,2 M€ (mécénat de compétences ROI fiscal 128 % sur cash sorti) et Chloé 34 ans CEO Mobii Cloud SaaS Paris CA 2,5 M€ (fondation d'entreprise 5 ans — ROI composite 245 %).
À retenir en 60 secondes
- Réduction IS 60 % sur les dons, plafonnée à MAX(20 000 € ; 5 ‰ CA HT) + report 5 ans des excédents (art. 238 bis 4° CGI). Pour 97 % des PME françaises (CA < 40 M€), le plafond effectif reste à 20 000 €/an.
- Taux dégressif 40 % au-delà de 2 M€ par don depuis la LF 2020 art. 134 (sauf exception maintenue à 60 % pour les organismes d'aide aux personnes en difficulté). LF 2026 a ajouté un taux dégressif 25 % pour les dons alimentaires excédant le plafond annuel.
- Mécénat de compétences : valorisation jusqu'à 12 015 € par salarié et par an (3 × PMSS 2026 de 4 005 €/mois), depuis l'art. 238 bis 4 bis CGI (LF 2020 art. 134). La loi du 15/04/2024 a par ailleurs étendu la durée maximale à 3 ans (contre 1 an avant). Levier le plus sous-utilisé en SELARL et TPE.
- Sécurisable par rescrit L. 80 C LPF (réponse Bercy 6 mois, silence valant accord tacite depuis le décret n° 2025-366 du 22/04/2025). Le Comité de l'abus de droit fiscal n'a publié aucun avis sur le mécénat en 2023-2025 — sécurité juridique élevée.
- Stratégie d'étalement 5 ans = gain +100 % vs don ponctuel (calcul cas Stéphane SAS Aurélys 8 M€ : 5 × 20 000 € saturant le plafond > don ponctuel 50 000 € avec report).
Sommaire — 12 chapitres
- 1. Qui peut bénéficier du mécénat d'entreprise en 2026 ?
- 2. Mécénat vs sponsoring : la frontière fiscale (et le piège du 25 %)
- 3. Combien votre entreprise peut-elle vraiment déduire ?
- 4. Taux 60 % ou 40 % ? La règle des dons > 2 M€ depuis LF 2020
- 5. Quelles structures bénéficiaires sont éligibles ?
- 6. Mécénat de compétences 2026 : 12 015 €/salarié
- 7. Comment articuler mécénat IS, don IR particulier et IFI ?
- 8. Fondation d'entreprise vs fonds de dotation vs don ponctuel
- 9. Quels justificatifs et obligations déclaratives ?
- 10. Sécuriser le mécénat : abus de droit, contreparties, rescrit L. 80 C LPF
- 11. 3 cas chiffrés : combien économisez-vous vraiment ?
- 12. Erreurs à éviter + checklist 10 points pour 2026
Qu'est-ce que le mécénat d'entreprise en 2026 ?
Le mécénat d'entreprise est un don sans contrepartie significative effectué par une entreprise à un organisme d'intérêt général. Régi par l'article 238 bis du CGI, il ouvre droit à une réduction d'impôt sur les sociétés (IS) de 60 % (40 % au-delà de 2 M€ par don), plafonnée à MAX(20 000 € ; 5 ‰ du chiffre d'affaires HT), avec report 5 ans des excédents non utilisés. Distinct du sponsoring (art. 39 1° CGI, charge déductible avec contrepartie publicitaire) et du don de particulier (art. 200 CGI, réduction IR 66/75 %).
| Indicateur | Valeur 2026 | Source / Texte |
|---|---|---|
| Réduction IS standard | 60 % du don | CGI art. 238 bis 1° (LOI Aillagon 2003-709) |
| Taux dégressif > 2 M€ | 40 % de la fraction | CGI art. 238 bis 1° bis (LF 2020 art. 134) |
| Plancher plafond | 20 000 € / an | CGI art. 238 bis 1° (LF 2020 art. 134) |
| Plafond proportionnel | 5 ‰ du CA HT | CGI art. 238 bis 1° (LF 2020 art. 134) |
| Report excédents | 5 exercices suivants | CGI art. 238 bis 4° |
| Plafond mécénat compétences/salarié/an | 12 015 € (3 × PMSS) | LF 2020 art. 134 (art. 238 bis 4 bis CGI) (PASS 2026 = 48 060 €) |
| Seuil contreparties (vs sponsoring) | 25 % maximum du don | CAA Versailles 17/12/2021 n° 20VE00748 + BOFiP |
| Seuil déclaration 2069-RCI-SD | 10 000 € cumulé/an | CGI art. 238 bis 6° (à supprimer 01/01/2027) |
| Délai rescrit mécénat | 6 mois (silence = accord) | LPF art. L. 80 C + décret 2025-366 |
| Volume mécénat global France | 3,8 Md€ en 2023 | Admical Baromètre 2024 (Ifop 684 entreprises) |
| Dons IS déclarés | 2,93 Md€ en 2023 | DGFiP (+23 % vs 2021) |
| Dépense fiscale art. 238 bis | 1,7 Md€/an (×19 vs 2004) | PLF 2026 Voies & moyens annexe |
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1. Qui peut bénéficier du mécénat d'entreprise en 2026 ?
La règle est plus large qu'on ne le pense, mais elle exclut deux catégories qui posent question en cabinet. L'article 238 bis CGI vise toutes les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés (IS) ou à l'impôt sur le revenu (IR) sur les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) au régime réel. Concrètement : SAS, SARL, SA, SCA, SCI à l'IS, EI au régime réel, EURL au réel simplifié, SELARL, SELAS. Sont en revanche exclues les entreprises au régime micro-BIC, micro-BNC ou micro-foncier — le régime micro étant un régime forfaitaire sans imputation de charges ni de réductions d'impôt.
Les holdings patrimoniales : un cas qui demande attention
Une holding patrimoniale soumise à l'IS peut faire du mécénat — mais à une condition : avoir un résultat imposable. Si la holding est déficitaire ou en intégration fiscale avec compensation, la réduction d'impôt art. 238 bis n'a pas d'assiette d'imputation immédiate. Elle est alors reportée sur les 5 exercices suivants (art. 238 bis 4° CGI), mais ce report est inutile si la holding reste structurellement en déficit. Pour les groupes intégrés fiscalement (art. 223 A et suivants CGI), l'application se fait au niveau de la société tête de groupe (et non filiale par filiale) : c'est le résultat consolidé qui sert d'assiette à la réduction.
Le piège des associations loi 1901 fiscalisées
Une association loi 1901 fiscalisée (parce qu'elle exerce une activité lucrative imposable à l'IS) peut faire du mécénat sur ses activités lucratives. C'est rare mais réel : pensez aux associations sportives professionnelles, aux mutuelles d'assurance, aux associations syndicales. Le don ouvre alors droit à la réduction IS 60 % sur le résultat fiscalisé. Côté auto-entrepreneurs et micro-entreprises, en revanche, aucune réduction n'est possible : ils doivent passer au régime réel s'ils veulent activer l'art. 238 bis.
| Forme juridique / Régime | Éligible art. 238 bis ? | Conditions / Pièges |
|---|---|---|
| SAS, SARL, SA, SCA, SCI à l'IS | ✅ Oui | Résultat imposable requis pour imputation immédiate |
| EI au régime réel BIC | ✅ Oui | TVA + BIC réel ; micro-BIC = exclu |
| EURL au réel simplifié | ✅ Oui | Idem EI |
| SELARL / SELAS (professions libérales) | ✅ Oui | Régime IS standard |
| SCI à l'IR avec activité BIC | ⚠️ Partiel | Don IR particulier art. 200 CGI plutôt |
| Holding patrimoniale animatrice | ✅ Oui | Cass. com. 17/12/2025 n° 24-17.415 critères 7 indices |
| Holding passive | ⚠️ Conditionnel | Résultat imposable + objet social compatible |
| Association loi 1901 fiscalisée | ✅ Oui | Sur fraction lucrative soumise à l'IS |
| Micro-BIC / micro-BNC / micro-foncier | ❌ Non | Régime forfaitaire exclusif : passer au réel |
| Auto-entrepreneur | ❌ Non | Régime micro par défaut |
| Groupe intégré fiscalement | ✅ Oui | Application au niveau société tête (art. 223 A CGI) |
Cas dirigeant rémunéré : les deux chapeaux
Un dirigeant qui touche une rémunération et perçoit aussi des dividendes peut faire du mécénat à deux titres distincts : (a) à titre particulier via l'art. 200 CGI (réduction IR 66 ou 75 % sur sa rémunération imposable), (b) au titre de sa société via l'art. 238 bis CGI (réduction IS 60 ou 40 %). Mais un même don ne peut pas bénéficier des deux régimes — l'option est définitive par don. Solution propre : deux virements séparés à des dates différentes, deux reçus fiscaux distincts au nom des deux entités (la personne morale et la personne physique). Voir le H2 #7 pour la stratégie complète d'articulation IS/IR/IFI.
2. Mécénat vs sponsoring : la frontière fiscale (et le piège du 25 %)
C'est la confusion #1 en cabinet. Vous payez 50 000 € à un club sportif local, en échange de la pose de votre logo sur leurs maillots et de 15 invitations à la finale. Est-ce du mécénat (art. 238 bis CGI, réduction 60 %) ou du sponsoring (art. 39 1° CGI, charge déductible) ? La réponse dépend de la proportion des contreparties — et le seuil pivot est 25 %.
Le critère du seuil 25 % (CAA Versailles 17/12/2021)
La doctrine BOFiP (BOI-BIC-RICI-20-30-10-10) et la jurisprudence convergent : si les contreparties (visibilité publicitaire, places réservées, prestations fournies à l'entreprise mécène) représentent plus de 25 % du montant du don, l'opération est requalifiée en sponsoring. La décision pivot est CAA Versailles 17/12/2021 n° 20VE00748 — confirmée depuis par plusieurs jugements TA et CAA. Au-delà du seuil, on bascule du régime art. 238 bis (réduction IS 60 %) au régime art. 39 1° (charge déductible à l'IS standard 25 %).
Le calcul fiscal côte à côte (PME 5 M€, don 50 k€)
Reprenons l'exemple. PME au CA de 5 M€, IS 25 %, don de 50 000 € avec 10 000 € de contreparties (logo + 15 places) : ratio 20 %, dans la limite, régime mécénat applicable. Plafond annuel art. 238 bis = MAX(20 000 € ; 5 ‰ × 5 M€) = 25 000 €. Économie IS mécénat : MIN(50 000 ; 25 000) × 60 % = 15 000 € (plafonné à 25 000 € d'assiette + 25 000 € reportés sur 5 ans). Si l'on bascule en sponsoring (contreparties 20 000 € = 40 %), l'économie IS sponsoring devient 50 000 × 25 % = 12 500 €. Le mécénat reste fiscalement plus avantageux ici (+2 500 € immédiats + reports), mais surtout les conséquences administratives divergent fortement — et le coût d'une requalification 3 ans plus tard dépasse facilement 8 000 € (cf. InfoBox infra).
| Critère | Mécénat art. 238 bis CGI | Sponsoring art. 39 1° CGI |
|---|---|---|
| Contreparties | < 25 % du don | > 25 % du don |
| Régime fiscal | Réduction IS 60 % (ou 40 %) | Charge déductible IS 25 % |
| Don 50 k€ PME 5 M€ CA (IS 25 %) | Économie 15 000 € (plafond 5 ‰ × CA = 25 k€) | Économie 12 500 € |
| Don 50 k€ ETI 50 M€ CA (IS 25 %) | Économie 30 000 € (plafond 5 ‰ × CA = 250 k€, don 50 k€ × 60 %) | Économie 12 500 € |
| Don 200 k€ ETI 100 M€ CA (IS 25 %) | Économie 120 000 € (plafond 5 ‰ × CA = 500 k€, don 200 k€ × 60 %) | Économie 50 000 € |
| Reçu fiscal CERFA 11580*04 | ✅ Obligatoire | ❌ Non |
| Déclaration 2069-RCI-SD | Si > 10 000 €/an cumulé | ❌ Non |
| Convention écrite | Recommandée > 5 000 € | ✅ Obligatoire |
| Comptabilisation | Compte 6713 « Dons » | Compte 6233 « Sponsoring » |
| Récupération TVA contreparties | ❌ Non | ✅ Oui (si activité taxable) |
| Risque requalification | Mécénat → Sponsoring (perte 60 %) | Sponsoring → Mécénat (rare) |
Le piège des contreparties dissimulées
La Cour des comptes a relevé en 2023 que près de 8 % des contrôles fiscaux mécénat aboutissent à une requalification en sponsoring pour dépassement du seuil 25 %. Le danger : si l'administration requalifie après 3 ans, vous perdez la réduction 60 %, vous récupérez certes la charge 25 %, mais vous payez les intérêts de retard 0,20 %/mois + la majoration 40 % (mauvaise foi) ou 80 % (manoeuvres frauduleuses). Sur un don de 50 000 €, le coût d'un redressement peut dépasser 8 000 €. Solution préventive : documenter précisément la valorisation des contreparties (logo, mention, places, prestations) en annexe de la convention de mécénat — et demander un rescrit L. 80 C LPF en cas de doute (voir H2 #10).
Mécénat ou sponsoring : faites auditer votre convention
Le seuil 25 % et la valorisation des contreparties sont les deux points qui font basculer un dossier en cas de contrôle. Un audit préventif évite 8 000 € de redressement moyen sur un don 50 k€.
3. Combien votre entreprise peut-elle vraiment déduire ? (LF 2020 art. 134 plafond doublé)
Le plafond actuel est le résultat d'une réforme méconnue : la LF 2020 art. 134 a doublé le plancher de 10 000 à 20 000 €, en conservant l'alternative 5 ‰ du CA HT (soit 0,5 %) — le mécanisme retenant le MAX des deux (et non la somme). Cette réforme reste sous le radar de la plupart des guides en ligne, qui annoncent encore le vieux plancher 10 000 € ou se trompent sur l'unité (certains écrivent 0,5 ‰, soit 10 fois trop bas — vrai chiffre = 5 ‰ = 0,5 % = 0,005).
Calcul du plafond mécénat 2026
Plafond annuel = MAX(20 000 € ; 5 ‰ × CA HT) (soit MAX(20 000 € ; 0,5 % × CA HT))
Exemples chiffrés à l'euro près :
- PME CA 2 M€ : MAX(20 000 ; 10 000) = 20 000 €/an
- PME CA 5 M€ : MAX(20 000 ; 25 000) = 25 000 €/an
- ETI CA 50 M€ : MAX(20 000 ; 250 000) = 250 000 €/an
- GE CA 500 M€ : MAX(20 000 ; 2 500 000) = 2 500 000 €/an
- GE CA 5 Md€ : MAX(20 000 ; 25 000 000) = 25 000 000 €/an
Seuil de bascule entre les deux mécanismes : 4 M€ de CA HT (20 000 / 0,005). En dessous, le plancher 20 000 € s'applique ; au-dessus, le proportionnel 5 ‰ prend le relais.
La majorité des TPE/PME sont « plafonnées à 20 000 € »
Le seuil 4 M€ de CA est franchi par une minorité d'entreprises. Selon INSEE Focus n° 372, sur les 3,8 millions d'entreprises françaises (tissu productif 2023), 99,9 % ont moins de 50 salariés et la majorité absolue restent sous 4 M€ de CA — donc plafonnées au plancher 20 000 €/an d'assiette mécénat, soit 12 000 € d'économie IS maximale par exercice. C'est court : un dirigeant qui veut donner 50 000 € doit composer avec le mécanisme de report sur 5 exercices (art. 238 bis 4° CGI). Dès que le CA dépasse 4 M€, le plafond devient proportionnel (ex. CA 8 M€ = plafond 40 000 €, comme dans le cas Stéphane H2 #11).
| CA HT | 5 ‰ CA | Plancher 20 000 € | Plafond retenu | Réduction max 60 % |
|---|---|---|---|---|
| 500 000 € | 2 500 € | 20 000 € | 20 000 € | 12 000 € |
| 2 000 000 € | 10 000 € | 20 000 € | 20 000 € | 12 000 € |
| 4 000 000 € (seuil bascule) | 20 000 € | 20 000 € | 20 000 € | 12 000 € |
| 5 000 000 € | 25 000 € | 20 000 € | 25 000 € | 15 000 € |
| 8 000 000 € (cas Stéphane) | 40 000 € | 20 000 € | 40 000 € | 24 000 € |
| 50 000 000 € | 250 000 € | 20 000 € | 250 000 € | 150 000 € |
| 100 000 000 € | 500 000 € | 20 000 € | 500 000 € | 300 000 € |
| 500 000 000 € | 2 500 000 € | 20 000 € | 2 500 000 € | 1 500 000 € |
| 1 000 000 000 € | 5 000 000 € | 20 000 € | 5 000 000 € | 3 000 000 € |
Le report 5 exercices : la règle qui ouvre les gros dons ponctuels
L'article 238 bis 4° CGI prévoit que la fraction de don qui excède le plafond annuel est reportable sur les 5 exercices suivants, dans la limite du plafond de chaque exercice de report. C'est cette règle qui rend possible le don ponctuel > plafond : vous ne perdez pas l'avantage fiscal, vous l'étalez dans le temps. Mais attention : si votre CA chute fortement et que votre plafond annuel diminue, vous risquez de perdre une partie du report. D'où le conseil Hagnéré : privilégier l'étalement réel (don fractionné chaque année) plutôt que le report théorique (don ponctuel + report).
Stratégie d'étalement 5 ans : ce qui change entre 50 k€ ponctuel et plafond saturé
Vous voulez donner 100 000 € à un organisme ? Le calcul dépend de votre plafond annuel — et donc de votre CA. Deux cas d'école :
- PME plafonnée à 20 000 €/an (CA < 4 M€) — Don ponctuel 100 k€ en 2026 : 20 k€ déductibles immédiatement + 80 k€ reportés sur 5 ans → économie IS cumulée 60 k€ (5 × 12 k€). À comparer avec don étalé 5 × 20 k€ saturé → économie identique 60 k€ MAIS trésorerie préservée. Le vrai gain : si vous portez l'enveloppe à 200 k€ (5 × 40 k€ — au-delà du plafond), aucune économie supplémentaire vs 100 k€.
- PME-ETI plafonnée à 40 000 €/an (CA 8 M€, cas Stéphane) — Don ponctuel 50 k€ : 40 k€ imputés + 10 k€ reportés an 2 → économie IS cumulée 30 k€. À comparer avec don étalé 5 × 40 k€ saturé (enveloppe 200 k€) → économie cumulée 120 k€. Multiplier l'enveloppe par 4 multiplie l'économie par 4 (60 % strict).
Verdict CGP : l'étalement n'améliore PAS le ratio fiscal à enveloppe identique (60 % reste 60 %) — il préserve la trésorerie. Le vrai levier est de saturer le plafond annuel chaque année : dimensionnez votre programme mécénat 5 ans pour coller au plafond (40 k€/an pour Stéphane, 20 k€/an pour une PME 3 M€). Voir le cas Stéphane détaillé en H2 #11.
Pourquoi le BOFiP est partiellement obsolète
La doctrine administrative BOI-BIC-RICI-20-30-20 (modalités d'application) a sa dernière mise à jour datée du 3 février 2021. Or, la LF 2020 art. 134 a doublé le plancher (10 000 → 20 000 €) à compter des exercices clos au 31/12/2020. Concrètement : certains exemples chiffrés du BOFiP citent encore le plancher 10 000 €. La règle légale (LF 2020 art. 134) prévaut sur la doctrine administrative dépassée, mais l' absence de mise à jour BOFiP est une zone d'insécurité documentaire pour l'administration elle-même.
4. Taux 60 % ou 40 % ? La règle des dons > 2 M€ depuis LF 2020
Avant 2020, le taux de réduction art. 238 bis était uniforme à 60 %. La LF 2020 art. 134 a introduit un mécanisme dégressif : le taux passe à 40 % pour la fraction de chaque don supérieure à 2 000 000 €. Cette mesure visait à réduire l'avantage fiscal des très grandes entreprises (capables de faire des dons individuels > 2 M€) sans toucher les PME — dont les dons restent dans la quasi-totalité des cas inférieurs à 2 M€.
Exception maintenue à 60 % : aide aux personnes en difficulté
L'article 238 bis 1° a) bis CGI maintient le taux 60 % sans plafond de tranche pour les dons aux organismes d'aide aux personnes en difficulté. Liste pratique (non exhaustive) : Restos du Cœur, Croix-Rouge française, Banque alimentaire, Secours catholique, Secours populaire, Emmaüs, Apprentis d'Auteuil, Petits Frères des Pauvres. Ces organismes fournissent gratuitement repas, hébergement, soins ou vêtements à des personnes en difficulté. Pour les groupes industriels qui font des dons > 2 M€ orientés précarité, c'est un levier majeur (taux 60 % maintenu vs 40 % dégressif).
Nouveauté LF 2026 : taux 25 % pour dons alimentaires hors plafond
La LF 2026 art. 8 (LOI n° 2026-103 du 19/02/2026) a introduit un nouveau taux dégressif à 25 % pour les dons alimentaires excédant le plafond annuel art. 238 bis. Objectif politique : éviter les stratégies de défiscalisation excessive via la grande distribution (qui faisait des dons massifs de denrées proches de péremption pour éviter la taxe gaspillage). Le texte cible essentiellement les hypermarchés et grossistes qui faisaient des dons plafond × 5 ou plafond × 10 chaque année.
| Tranche / Type de don | Taux réduction IS | Coût net après IS | Base légale |
|---|---|---|---|
| 0 → 2 000 000 € (régime standard) | 60 % | 40 % du don | CGI art. 238 bis 1° |
| > 2 000 000 € (taux dégressif) | 40 % | 60 % du don | CGI art. 238 bis 1° bis (LF 2020 art. 134) |
| Aide personnes en difficulté (toutes tranches) | 60 % maintenu | 40 % du don | CGI art. 238 bis 1° a) bis |
| Dons alimentaires > plafond (nouveau LF 2026) | 25 % | 75 % du don | CGI art. 238 bis (LF 2026 art. 8) |
| Mécénat de compétences (valorisation) | 60 % standard | 40 % de la valeur | CGI art. 238 bis (LF 2020 art. 134 (art. 238 bis 4 bis CGI)) |
| Biens en nature (matériel, denrées) | 60 % standard | 40 % de la valeur vénale | CGI art. 238 bis 1° |
Risque prospectif LF 2027 : rabotage -523 M€ (mécénat IS seul) ou 571 M€ (IS+IFI) recommandé
Le rapport conjoint IGF + IGÉSR de mai 2025 (Inspection générale des finances + Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche) recommande de réduire la dépense fiscale mécénat de 523 M€/an (la dépense actuelle est de 1,7 Md€ selon le PLF 2026 Voies & moyens annexe, soit ×19 vs 2004). Hypothèses qui circulent dans les corridors de Bercy pour LF 2027 :
- Taux 60 % → 50 % uniforme (perte 10 points pour PME)
- Plafond 5 ‰ → 0,3 ‰ pour CA > 100 M€ (cible ETI/GE)
- Suppression de l'exception « aide personnes en difficulté » (impact Restos du Cœur, Croix-Rouge)
- Plafond mécénat compétences ramené à 2 × PMSS au lieu de 3 ×
Contre-position Coalition Générosité (Admical + France Générosités + Centre Français des Fonds et Fondations, communiqué octobre 2025) : une réforme défavorable provoquerait 1,1 à 1,5 Md€ de chute des dons sur 3 ans, soit un coût social net supérieur à l'économie fiscale de l'État. La Coalition propose un statu quo + meilleur ciblage des organismes inéligibles plutôt qu'un rabotage généralisé.
Aucune mesure n'est tranchée à ce jour, mais à surveiller dans le cadre du PLF 2027 (septembre 2026). Si vous envisagez un don important ou la création d'une fondation d'entreprise, mieux vaut sécuriser avant une éventuelle réforme défavorable (étalement 5 ans saturant les plafonds 2026-2030 actuels).
5. Quelles structures bénéficiaires sont éligibles ? (11 catégories + nouveautés LF 2026)
L'article 238 bis 1° CGI énumère limitativement les catégories d'organismes dont le don ouvre droit à la réduction IS. La LF 2026 art. 8 a ajouté deux nouveautés majeures : l'éligibilité des SPL culturelles et l'exclusion expresse des organismes liés à l'ultra fast-fashion (Shein, Temu et leur écosystème). On passe donc en 2026 à un panorama de 11 catégories actives + 1 exclusion expresse.
Le critère du « cercle restreint » : 30 % des contentieux
Avant de regarder la catégorie, vérifiez le critère pivot : un organisme dont les bénéficiaires sont les seuls membres d'une catégorie restreinte (anciens élèves d'une école, salariés d'une entreprise, habitants d'un village) n'est pas d'intérêt général au sens art. 238 bis. La jurisprudence pivot est CE 07/02/2007 n° 287949 (anciens élèves de l'ENSAM) et CE 16/03/2011 n° 329945 (catégorie professionnelle). Plus récemment, le TA Paris 30/10/2023 n° 2212498 (ANRP) a assoupli légèrement la doctrine : un organisme servant une catégorie large (plus de 1 000 bénéficiaires potentiels, ouverture publique) peut s'extraire du « cercle restreint ». 30 % des contentieux mécénat portent sur ce critère — d'où l'intérêt d'un rescrit L. 80 C LPF en cas de doute (voir H2 #10).
| Catégorie | Exemple | Pièges et points d'attention |
|---|---|---|
| 1. Œuvre ou organisme d'intérêt général (OIG) | Restos du Cœur, Secours populaire, ATD Quart Monde | Critère cercle restreint (CE 07/02/2007 n° 287949) |
| 2. Fondation reconnue d'utilité publique (FRUP) | Fondation de France, Fondation Abbé Pierre | Statuts publiés JO + agrément Conseil d'État |
| 3. Fondation d'entreprise | Fondation TotalEnergies, Fondation Vinci | Loi 1990-559 + décret 91-1005 : programme 5 ans, dotation 150 k€ |
| 4. Fondation universitaire ou partenariale | Fondation Centrale Lyon, Fondation HEC | Loi LRU 2007 art. 28 |
| 5. Établissement enseignement supérieur ou artistique | École polytechnique, ENS, Beaux-Arts | Public OU privé d'intérêt général reconnu |
| 6. Organisme agréé financement PME | Très rare — agrément Bercy obligatoire | Procédure d'agrément spécifique |
| 7. Spectacle vivant (théâtre, lyrique, musique) | Théâtre du Châtelet, Comédie-Française | Activité principale (pas accessoire) |
| 8. Sauvegarde du patrimoine | Fondation du Patrimoine | Loi 96-590 du 02/07/1996 |
| 9. Sauvegarde biodiversité et espèces menacées | LPO, WWF France, ASPAS | Activité principale environnementale |
| 10. SPL culturelles (NOUVEAU LF 2026) | SPL Théâtre municipal, SPL musée régional | LOI n° 2026-103 art. 8 — vérifier agrément |
| 11. EXCLUSION expresse ultra fast-fashion (LF 2026) | Organismes liés à Shein, Temu | LOI n° 2026-103 art. 8 — risque requalification rétroactive |
Le critère « cercle restreint » : 30 % des contentieux mécénat
30 % des contentieux mécénat portent sur le critère du cercle restreint. Un organisme dont les bénéficiaires sont une catégorie étroite (anciens élèves d'une école, salariés d'une entreprise, habitants d'un village) n'est pas d'intérêt général selon CE 07/02/2007 n° 287949 (ENSAM) et CE 16/03/2011 n° 329945. Le donateur entreprise perd alors la réduction 60 %, récupère les rappels d'IS, + intérêts de retard 0,20 %/mois + majoration 40 %.
Jurisprudence récente 2025 — 3 nouveaux pièges à connaître :
- CAA Paris 7e ch. 25/09/2025 n° 23PA05262 Asso. Caisse de solidarité — l'activité prédominante effective doit être contrôlée (déclarations statutaires ne suffisent pas)
- CAA Paris 2e ch. 04/06/2025 n° 24PA00841 Asso. Alerte Planète — une association qui consacre plus de 70 % de ses ressources à du financement de tiers (redistribution) est qualifiée de « redistributrice » et non éligible art. 238 bis (ni art. 200 CGI)
- TA Lyon 10/06/2025 n° 2307876 — une organisation de tombola sans projet propre (simple collecte sans activité directe d'intérêt général) n'est pas éligible
Solution : (1) vérifier les statuts + comptes annuels de l'organisme (objet, bénéficiaires, ratio activité directe / redistribution), (2) demander un rescrit L. 80 C LPF si doute (procédure simplifiée par décret 2025-366 du 22/04/2025, voir H2 #10), (3) en cas d'OIG nouvellement créée ou de structure inhabituelle, attendre la publication des premiers comptes annuels avant tout don important.
CJUE Persche : les dons transfrontaliers UE éligibles
Depuis l'arrêt CJUE Persche C-318/07 du 27/01/2009 (ECLI:EU:C:2009:33, Grande Chambre — fondé sur l'art. 56 CE devenu art. 63 TFUE après le traité de Lisbonne du 1er décembre 2009), une entreprise française peut faire un don mécénat à un organisme d'un autre État membre de l'UE — et bénéficier de la réduction art. 238 bis CGI — à condition que cet organisme remplisse les critères français d'intérêt général. La preuve incombe à l'entreprise mécène (statuts traduits, comptes annuels, attestation d'intérêt général émise par l'État membre). En pratique : peu d'entreprises l'exploitent, mais c'est un levier pertinent pour les groupes multinationaux ou les ETI européanisées.
6. Mécénat de compétences 2026 : 12 015 € par salarié (art. 238 bis 4 bis CGI + loi 15/04/2024)
Le mécénat de compétences est le levier le plus sous-utilisé en France en 2026. Selon le baromètre Admical 2024, 16 % des entreprises mécènes y recourent — un chiffre stable, mais 39 % des entreprises qui l'utilisent accordent désormais plus de 6 jours/an (+35 points vs 2021). Explosion qualitative donc : ce qui était un geste symbolique devient une stratégie RSE structurée. Et la fiscalité a son propre plafond : l'art. 238 bis 4 bis CGI (introduit par la LF 2020 art. 134) plafonne la valorisation à 3 × le plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS) par salarié et par an, soit 12 015 € en 2026 (PMSS 2026 = 4 005 € arrêté du 22/12/2025).
Définition fiscale : mise à disposition gratuite de salarié
Le mécénat de compétences consiste à mettre gratuitement un salarié de l'entreprise à la disposition d'une association éligible (catégories art. 238 bis 1° CGI vues au H2 #5). Le salarié reste rémunéré par l'entreprise mécène pendant la mission, qui peut durer quelques heures à plusieurs années. La loi du 15/04/2024 a étendu la durée maximale du mécénat de compétences à 3 ans (contre 1 an avant), facilitant les missions longues d'intérêt général — typiquement des cadres en fin de carrière mis à disposition d'une fondation.
Valorisation fiscale du mécénat de compétences 2026
Valorisation/salarié/an = MIN(
(rémunération brute annuelle + charges sociales) × jours mis à disposition / jours ouvrés annuels (220) ;
3 × PMSS = 3 × 4 005 = 12 015 € en 2026 (plafond annuel par salarié)
)Réduction IS = Valorisation × 60 % (sous plafond global art. 238 bis = MAX(20 000 € ; 5 ‰ CA HT))
Déclaration 2069-RCI-SD obligatoire dès 10 000 € de mécénat cumulé/an (financier + compétences + biens en nature).
| Profil salarié | Rém. brute + charges/an | Jours mis dispo/an | Valorisation brute | Plafond 12 015 € | Réduction IS 60 % |
|---|---|---|---|---|---|
| Salarié SMIC | 28 000 € | 10 jours | 1 273 € | 1 273 € (sous plafond) | 764 € |
| Cadre 60 k€ brut | 84 000 € (×1,4 charges) | 20 jours | 7 636 € | 7 636 € (sous plafond) | 4 582 € |
| Dirigeant 120 k€ brut | 168 000 € | 15 jours | 11 455 € | 11 455 € (sous plafond) | 6 873 € |
| Cadre supérieur 250 k€ brut | 350 000 € | 10 jours | 15 909 € | 12 015 € (plafonné) | 7 209 € |
| Top management 600 k€ brut | 840 000 € | 5 jours | 19 091 € | 12 015 € (plafonné) | 7 209 € |
Le plafond 12 015 €/salarié est strict — peu de profils dépassent
La règle « 3 × PMSS » fixée par l'art. 238 bis 4 bis CGI plafonne la valorisation déductible à 12 015 € par salarié et par an (PMSS 2026 = 4 005 €). En pratique, dès qu'un cadre dont la rémunération brute + charges dépasse ~265 000 €/an consacre plus de 10 jours/an à du mécénat de compétences, le plafond se déclenche et la fraction supérieure est perdue fiscalement. Pour valoriser au mieux le levier, il faut soit : (a) répartir la mission sur plusieurs salariés (chacun bénéficiant de son propre plafond 12 015 €), (b) limiter les jours par salarié quand la rémunération est élevée. Ce plafond annuel par salarié reste soumis au plafond global art. 238 bis (20 000 € ou 5 ‰ CA HT) côté entreprise.
Cas Dr Marchand SELARL Annecy : ROI fiscal 128 % sur cash sorti
Dr Marchand, chirurgien-dentiste 49 ans en SELARL à Annecy (CA 1,2 M€, IS 25 %), donne 8 000 € en numéraire à l'association « Sourires Annecy » (soins dentaires gratuits aux SDF) et accorde 20 demi-journées de soins gratuits par an (= 10 jours ouvrés). Valorisation des compétences : (rémunération annuelle 150 000 € + charges 50 000 €) ÷ 220 jours × 10 jours = 9 091 €. Plafond 3 × PMSS 2026 = 12 015 € (très loin). Plafond global art. 238 bis SELARL = MAX(20 000 ; 5 ‰ × 1,2 M€) = 20 000 €/an (cumul don financier + compétences sous le plafond). Réduction IS totale = (8 000 + 9 091) × 60 % = 10 255 €. Cash sorti = 8 000 € uniquement (les 20 demi-journées sont déjà rémunérées par la SELARL, cash neutre). ROI fiscal sur cash sorti = 10 255 / 8 000 = 128 %. Dr Marchand récupère plus d'économie IS que ce qu'il a sorti en cash. Voir cas complet H2 #11.
La déclaration 2069-RCI-SD : ce qui change vraiment
Depuis la LF 2020 art. 134 (art. 238 bis 4 bis CGI), toute entreprise qui dépasse 10 000 € de mécénat cumulé (financier + compétences + biens en nature) doit déposer la déclaration 2069-RCI-SD (CERFA 15252) au plus tard à la même date que sa déclaration de résultat (4 mois 15 jours après la clôture pour exercice 31/12). Sanction défaut : 1 500 € par déclaration manquante (CGI art. 1729 B). Bonne nouvelle : la loi simplification de la vie économique n° 2026-403 du 26/05/2026 prévoit la suppression de cette déclaration au 01/01/2027 (intégration directe au bilan via 5° bis nouveau art. L. 232-1 C. com.). À la date du 28/05/2026, cette loi n'est pas encore promulguée — la déclaration reste donc obligatoire pour l'exercice 2026.
Évaluer votre stratégie mécénat de compétences
Le mécénat de compétences passe sous les radars de la plupart des SELARL et TPE — alors qu'il peut dépasser 100 % de ROI fiscal sur cash sorti. Audit gratuit de votre plan compétences 2026 : calcul valorisation, plafond 12 015 €/salarié, articulation avec don financier.
7. Comment articuler mécénat IS, don IR particulier et IFI ?
C'est un angle peu traité dans les guides généralistes — pourtant fondamental pour tout dirigeant rémunéré soumis à l'IFI. Il faut articuler trois régimes distincts : mécénat IS art. 238 bis (société), don IR art. 200 (particulier) et don IFI art. 978 (particulier IFI redevable). La règle d'or est simple : un même don ne peut jamais cumuler 2 régimes, mais un même donateur (la personne physique + la personne morale qu'elle dirige) peut combiner les 3 régimes sur des dons distincts.
Les 3 régimes en un tableau
| Régime | Bénéficiaire | Réduction | Plafond | Articulation cumul |
|---|---|---|---|---|
| Mécénat IS art. 238 bis CGI | Société (SAS, SARL, SELARL, etc.) | 60 % (40 % > 2 M€) | MAX(20 000 € ; 5 ‰ CA HT) | Pas de cumul avec art. 200 sur même don |
| Don IR art. 200 CGI standard | Particulier (IRPP) | 66 % | 20 % du revenu imposable + report 5 ans | Pas de cumul avec art. 238 bis sur même don |
| Don IR art. 200 « Coluche » (aide pers. difficulté) | Particulier | 75 % | 1 000 €/an puis 66 % au-delà (LF 2026 plafond porté à 2 000 €) | Cumul avec autres dons IR plafonné |
| Don IFI art. 978 CGI (FRUP uniquement) | Particulier IFI redevable | 75 % | 50 000 €/an | Pas de cumul avec art. 200 sur même don |
Cas Stéphane : société + dirigeant rémunéré, deux flux séparés
Stéphane Aurélys est président de la SAS Aurélys Industrie à Lyon (CA 8 M€). Il se rémunère 180 000 € brut (TMI 41 %) et perçoit 100 000 € de dividendes annuels via sa holding Aurélys Participations. Son patrimoine total est de 1,8 M€ (sous le seuil IFI 1,3 M€ — il n'est pas redevable). Stratégie mécénat :
- Société SAS Aurélys fait un don de 20 000 € à une fondation d'entreprise dédiée « Aurélys pour l'industrie 4.0 » → réduction IS 60 % = 12 000 € d'économie IS.
- Stéphane à titre personnel fait un don de 5 000 € à Restos du Cœur sur sa rémunération de président → réduction IR 75 % (plafond LF 2026 = 2 000 € à 75 % + 66 % au-delà) = 1 500 + 1 980 = 3 480 € d'économie IR.
- Total économie d'impôt cumulée Stéphane : 15 480 € pour 25 000 € de dons (= 62 % d'efficacité fiscale globale).
Cas Julien & Anne : couple IFI redevable, le levier 75 %
Julien et Anne sont cadres dirigeants à Paris, patrimoine net commun 1,5 M€ (résidence principale 700 k€ après abattement 30 %, investissement locatif 500 k€, AV 200 k€, PEA 100 k€). Ils sont redevables IFI sur l'assiette immobilière taxable ≈ 850 k€, soit IFI dû ≈ 1 875 €/an. Stratégie 2026 : ils donnent 10 000 € à une FRUP (Fondation de France, programme « Vivre ensemble »). Réduction IFI 75 % (art. 978 CGI) = 7 500 €. Comparaison avec réduction IR 66 % = 6 600 €. Choisir l'IFI fait gagner 900 € sur le même don. Limite : l'IFI dû n'est que de 1 875 € → la réduction IFI 7 500 € « plafonne » à 1 875 € utilisable (le solde n'est pas reportable contrairement à l'IR). Solution Hagnéré : dimensionner le don à 1 875 € / 0,75 = 2 500 € pour neutraliser exactement l'IFI dû — et faire les 7 500 € restants en don IR (réduction 66 % = 4 950 €).
Le piège du double bénéfice (interdit)
Un dirigeant qui croit pouvoir cumuler art. 238 bis (via sa société) + art. 200 (à titre personnel) sur le même don s'expose à un redressement : c'est interdit. Solution propre : la société donne X € sous art. 238 bis ET le dirigeant donne Y € distinct sous art. 200 (ou art. 978 si IFI). Les deux flux doivent être comptablement et physiquement séparés :
- 2 virements distincts (compte société + compte personnel du dirigeant)
- 2 reçus fiscaux CERFA distincts, libellés au nom des 2 entités
- 2 conventions de mécénat distinctes si don > 5 000 €
- 2 lignes comptables distinctes (compte 6713 société, déclaration 2042 RICI dirigeant)
8. Fondation d'entreprise vs fonds de dotation vs don ponctuel : 7 critères de choix
Quand un dirigeant décide de structurer durablement son mécénat, trois véhicules s'offrent à lui : le don ponctuel (le plus simple), la fondation d'entreprise (loi 1990-559 + décret 91-1005) et le fonds de dotation (loi LME 2008 art. 140). Le choix dépend de 7 critères : coût de création, dotation initiale, durée d'engagement, gouvernance, autorisation administrative, communication brand et facilité de sortie. Et l'explosion récente du fonds de dotation (+12 % vs 2022, 7 392 créés par des entreprises fin 2024 selon EY-CFF) raconte l'histoire : pour 95 % des PME, le fonds de dotation est devenu la meilleure structure.
| Critère | Don ponctuel | Fondation d'entreprise | Fonds de dotation |
|---|---|---|---|
| Coût création | 0 € | 30 000 € (statuts + immat. + JO) | 5 000 - 10 000 € |
| Dotation initiale | 0 € | 150 000 € min (loi 90-559) | 15 000 € min (LME 2008 art. 140) |
| Programme | Libre, unique | 5 ans min, plan d'action écrit | Libre |
| Gouvernance | Aucune | Conseil d'administration (fondateurs + qualifiés) | Plus souple (CA + comité consultatif) |
| Autorisation | Aucune | Préfet du département + publication JO | Déclaration en préfecture (24 h) |
| Régime mécénat | Reçu fiscal | Reçu fiscal + agrément automatique | Reçu fiscal + agrément automatique |
| Communication brand | Limitée | Forte (nom de la fondation = nom de l'entreprise) | Moyenne |
| Sortie / clôture | N/A | Difficile (maintenir 5 ans + clôture par CA) | Facile (clôture libre) |
| Temps de mise en place | Jour J | 6-12 mois | 1-2 mois |
| Cas pratique du guide | Dr Marchand (don 8 k€) | Chloé (programme « Numérique inclusif » 200 k€ / 5 ans) | Stéphane (« Fonds Aurélys industrie » 50 k€ dotation) |
La fondation d'entreprise : 524 actives en France fin 2024
La fondation d'entreprise est encadrée par la loi n° 90-559 du 04/07/1990 art. 19 + décret n° 91-1005 du 30/09/1991. Elle impose une dotation initiale minimum de 150 000 € (ou un programme d'action pluriannuel équivalent sur 5 ans), une gouvernance par conseil d'administration (majorité de fondateurs + membres qualifiés extérieurs), une autorisation préfectorale + publication au JO. C'est lourd mais ça permet un branding fort (le nom de la fondation reprend généralement le nom de l'entreprise — Fondation TotalEnergies, Fondation Vinci, Fondation L'Oréal, etc.). Selon le panorama EY-CFF 2024, on compte environ 524 fondations d'entreprise actives en France fin 2024 — concentrées sur les grandes entreprises et ETI.
Le fonds de dotation : l'explosion silencieuse depuis 2008
Le fonds de dotation a été créé par la loi LME du 04/08/2008 art. 140 comme une alternative plus souple à la fondation d'entreprise. Dotation minimum réduite à 15 000 €, aucune autorisation préfectorale (simple déclaration en préfecture, agrément 24 heures), gouvernance souple, durée libre, clôture facile. Résultat : l'explosion. Selon EY-CFF 2024, 7 392 fonds de dotation ont été créés par des entreprises fin 2024 (+12 % vs 2022) — soit 14× plus que de fondations d'entreprise. Pour une PME ou une scale-up qui veut structurer son mécénat sans s'enliser dans la bureaucratie, c'est la meilleure structure.
Cas Chloé : fondation d'entreprise scale-up SaaS — ROI composite 245 %
Chloé Lambert, CEO de Mobii Cloud (SaaS B2B Paris, CA 2,5 M€ post-Série A de 5 M€), crée la fondation d'entreprise « Mobii pour le numérique inclusif » avec un engagement de 200 k€ sur 5 ans (40 k€/an). Coût total Mobii : 200 k€ engagement + 30 k€ frais création/gestion = 230 k€. Économie IS cumulée 5 ans (avec étalement saturé à 20 k€/an + report) = 72 k€. Effort net = 158 k€.
Bénéfices indirects estimés (benchmark Sequoia/Tikehau SaaS B2B 2024-2025) : ARR boost +5 à 8 % via brand éthique (sur ARR 5 M€ projeté 2028 = +250-400 k€/an) ; recrutement Gen Z +22 % attractivité Polytechnique/Centrale (économie chasseur de têtes ~50 k€/recrue × 3 recrues = 150 k€) ; accès cluster Paris&Co + Numa networking VC/clients ~100 k€ Y+2.
Verdict CGP : ROI financier pur (économie IS uniquement) = 72/230 = 31 %. ROI composite (avec bénéfices indirects estimés) = (72 + 250 + 150 + 100) / 230 = 245 %. Pertinent SI CA croissance projetée > 5 M€ horizon 3 ans, sinon ratio cash/économie défavorable. Voir cas complet H2 #11.
Fondation d'entreprise ou fonds de dotation : quel véhicule pour 2026 ?
Bilan stratégique 360° (calcul ROI fiscal, juridique, brand, RSE) pour choisir entre fondation d'entreprise, fonds de dotation ou don ponctuel selon votre profil (PME, ETI, scale-up).
9. Quels justificatifs et obligations déclaratives ? (Cerfa 2069-RCI-SD + suppression au 01/01/2027)
Quatre documents structurent la conformité d'un don mécénat : le reçu fiscal CERFA 11580*04 (obligatoire), la convention de mécénat (recommandée > 5 000 €), la déclaration 2069-RCI-SD (CERFA 15252) (obligatoire dès 10 000 €/an cumulé) et le rescrit L. 80 C LPF (optionnel mais fortement recommandé au-delà de 50 000 €). Tous doivent être conservés 6 ans (art. L. 102 B LPF, délai de reprise). Et grande nouveauté : la déclaration 2069-RCI-SD devrait disparaître au 01/01/2027 via la loi simplification de la vie économique.
Le reçu fiscal CERFA 11580*04 : la pièce maîtresse
Émis par l'organisme bénéficiaire (et non par l'entreprise mécène), le reçu fiscal mentionne : le nom et l'adresse de l'entreprise donatrice, son SIREN, le montant et la date du don, la nature (numéraire, biens en nature, mécénat de compétences avec valorisation), et la référence au régime art. 238 bis CGI. C'est ce document qui ouvre la réduction d'impôt. Sa délivrance « à tort » par un organisme non éligible expose ledit organisme à l'amende art. 1740 A CGI (avec réserve QPC 2018-739 sur la condition de délivrance « sciemment » irrégulière). Pour l'entreprise mécène, c'est la base de la défense en cas de contrôle.
La convention de mécénat : recommandée dès 5 000 €
La convention écrite n'est pas obligatoire légalement (à la différence du sponsoring où elle l'est), mais elle est fortement recommandée dès 5 000 € de don. Elle formalise : l'objet du don, les engagements de l'organisme bénéficiaire (notamment le contrôle des contreparties < 25 %), la valorisation précise des biens en nature et compétences, les modalités de communication (logo, mention, etc.) et la durée. En cas de contrôle fiscal, la convention est la pièce maîtresse de défense — sans elle, l'administration peut requalifier facilement en sponsoring.
| Document | Obligatoire ? | Émetteur | Conservation |
|---|---|---|---|
| Reçu fiscal CERFA 11580*04 | ✅ OUI | Organisme bénéficiaire | 6 ans (LPF art. L. 102 B) |
| Convention de mécénat | ⚠️ Recommandée > 5 000 € | Entreprise + organisme | 6 ans |
| Déclaration 2069-RCI-SD (CERFA 15252) | ✅ OUI si don cumulé > 10 000 €/an | Entreprise (avec déclaration résultat) | 6 ans |
| Justificatif valorisation compétences | ⚠️ OUI si compétences > 1 000 € | Entreprise (fiche RH + facturation interne) | 6 ans |
| Rescrit L. 80 C LPF | ⚠️ Optionnel (recommandé > 50 000 €) | Bercy (réponse 6 mois) | Indéfini |
| Document de gestion fondation | ✅ Si fondation d'entreprise | Conseil d'administration | 10 ans |
| Statuts à jour de l'organisme | ⚠️ Pièce de preuve à conserver | Organisme bénéficiaire | 6 ans |
| Comptes annuels N-1 et N-2 organisme | ⚠️ Pièce de preuve à conserver | Organisme bénéficiaire | 6 ans |
La déclaration 2069-RCI-SD : ce qui change vraiment
Depuis la LF 2020 art. 134 (art. 238 bis 4 bis CGI), toute entreprise dépassant 10 000 € de mécénat cumulé (financier + compétences + biens en nature) sur un exercice doit déposer la déclaration 2069-RCI-SD (CERFA 15252) au plus tard à la date de sa déclaration de résultat (4 mois 15 jours après la clôture pour exercice 31/12). Sanction défaut : 1 500 € par déclaration manquante (CGI art. 1729 B). En cas de récidive, l'amende peut être portée à 5 % du montant des dons non déclarés — rare en pratique.
Suppression du formulaire 2069-RCI-SD au 01/01/2027 (loi simplification)
La loi simplification de la vie économique n° 2026-403 du 26/05/2026 (promulguée) prévoit la suppression du § 6 de l'article 238 bis CGI au 01/01/2027. La déclaration 2069-RCI-SD disparaîtra au profit d'une intégration directe au bilan via le 5° bis nouveau de l'art. L. 232-1 du Code de commerce (information annexée au compte de résultat avec mention des dons mécénat). À la date du 28/05/2026, cette loi n'est pas encore promulguée — la déclaration 2069-RCI-SD reste donc obligatoire pour l'exercice 2026. À surveiller pour les exercices ouverts à compter du 01/01/2027.
Note nomenclature : le formulaire historique 2069-M-SD est obsolète depuis 2017. Il a été remplacé par le 2069-RCI-SD (CERFA 15252) qui couvre l'ensemble des crédits et réductions d'impôts d'une entreprise (mécénat, CIR, CICE résiduel, etc.). Plusieurs guides en ligne citent encore l'ancien intitulé — c'est une erreur à éviter.
10. Sécuriser le mécénat : abus de droit, contreparties, rescrit L. 80 C LPF
Le mécénat est l'une des niches fiscales les plus sûres en 2026 — à condition d'être bien documenté. Quatre risques structurent les rares contentieux : (1) requalification en sponsoring (contreparties > 25 %, déjà traité H2 #2), (2) organisme non éligible (cercle restreint ou exclusion LF 2026, traité H2 #5), (3) abus de droit fiscal L. 64 LPF (rare), (4) mini-abus de droit L. 64 A LPF (motif principalement fiscal, loi 2018-1317). Et un cinquième risque, beaucoup moins traité, mais que je vois remonter en cabinet : l'abus de biens sociaux (Cass. crim.) si les dons mécénat sont jugés disproportionnés au regard de l'intérêt social — la doctrine Delsol parle d'un seuil indicatif de 25 % du bénéfice net à ne pas dépasser sans justification stratégique.
Le rescrit fiscal L. 80 C LPF : la sécurité absolue
Le rescrit fiscal mécénat est codifié à l'article L. 80 C du LPF — et non à L. 80 B 6° comme on le lit souvent à tort dans la doctrine secondaire. C'est une procédure par laquelle l'entreprise interroge Bercy sur l'éligibilité d'un organisme avant de faire le don. Depuis le décret n° 2025-366 du 22/04/2025, la procédure est simplifiée : forme libre (modèle Cerfa optionnel), envoi par lettre recommandée à la Direction des affaires juridiques (bureau JF-2C) de la DGFiP. Délai de réponse Bercy : 6 mois, le silence valant accord tacite. Une fois le rescrit obtenu, l'administration est liée tant que la situation factuelle ne change pas — c'est la sécurité juridique absolue pour le donateur.
Modèle de demande de rescrit L. 80 C LPF — copier-collable (template Hagnéré)
À : Direction des affaires juridiques (DAJ) - Bureau JF-2C Direction générale des Finances publiques 139 rue de Bercy 75572 Paris cedex 12 Objet : Demande de rescrit fiscal — art. L. 80 C LPF Mécénat — Éligibilité de l'organisme [Nom + n° RNA + statuts joints] Réf. décret n° 2025-366 du 22/04/2025 (procédure simplifiée) Madame, Monsieur, Conformément à l'article L. 80 C du Livre des procédures fiscales et au décret n° 2025-366 du 22 avril 2025, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir vous prononcer sur l'éligibilité au régime du mécénat (art. 238 bis CGI) de l'organisme suivant : - Dénomination : [Nom complet] - Forme juridique : [Association loi 1901 / Fondation / Fonds de dotation] - Date de création : [JJ/MM/AAAA] - N° RNA / SIREN : [NNNNNNNNN] - Objet statutaire : [Reproduire l'article 2 des statuts] - Bénéficiaires : [Préciser le caractère « public » et non « cercle restreint »] - Budget annuel : [X €] dont [Y %] consacrés à l'objet principal Pièces jointes : - Statuts à jour (PDF) - Comptes annuels N-1 + N-2 (PDF) - Rapport d'activité dernier exercice (PDF) - Liste des membres du conseil d'administration / bureau (PDF) - Convention de mécénat envisagée avec [Nom de l'entreprise] (PDF) Je vous serais reconnaissant(e) de bien vouloir confirmer que les versements de mon entreprise [Raison sociale + SIREN] à cet organisme ouvriront droit à la réduction d'impôt prévue à l'article 238 bis CGI au taux de 60 %. Conformément à l'article L. 80 C LPF et au décret 2025-366, votre silence pendant 6 mois à compter de la réception de la présente vaut accord tacite. Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées. [Signature dirigeant] [Nom complet] [Qualité] [Date]
Pourquoi le mécénat est une niche fiscale SÛRE en 2026
Le Comité de l'abus de droit fiscal (CADF) n'a publié aucun avis sur le mécénat d'entreprise dans ses rapports 2023, 2024 et 2025. Comparé à d'autres niches fiscales (apport-cession, démembrement croisé, holding patrimoniale) où le CADF rend 30 à 50 avis par an, le mécénat est une niche rarement contestée par l'administration.
Pourquoi ? Les contrôles portent en amont (vérification de l'organisme éligible, des contreparties < 25 %, du seuil cercle restreint) plutôt qu'en aval (requalification). Conséquence pratique : un dossier bien préparé (rescrit + reçus + convention + comptes) est quasi-intouchable. C'est ce qui rend le mécénat plus sûr qu'une stratégie d'apport-cession ou de holding patrimoniale, et c'est un argument décisif pour le dirigeant qui hésite entre véhicules d'optimisation.
Le critère « 25 % du bénéfice net » : doctrine Delsol sur l'abus de biens sociaux
Au-delà du droit fiscal, un risque pénal subsiste : l'abus de biens sociaux (art. L. 241-3 4° et L. 242-6 3° du Code de commerce). Si le dirigeant utilise les fonds de la société pour financer des actions de mécénat disproportionnées au regard de l'intérêt social (notamment si elles servent des intérêts personnels du dirigeant — pas du tout d'intérêt général), il s'expose à des poursuites pénales. La doctrine Delsol (cabinet d'avocats Delsol Avocats) retient un seuil indicatif : les dons mécénat ne devraient pas dépasser 25 % du bénéfice net sans justification stratégique (politique RSE écrite, plan pluriannuel approuvé par le CA, valorisation brand documentée). Au-delà, le risque pénal augmente — même si la jurisprudence reste rare et clémente envers les dirigeants de bonne foi.
11. 3 cas chiffrés : combien économisez-vous vraiment ?
La théorie ne suffit pas. Trois cas d'école — un dirigeant industriel, une profession libérale et une fondatrice de scale-up — pour mesurer le vrai gain fiscal et la rentabilité réelle d'une stratégie mécénat 2026. Chaque calcul est fait à l'euro près, avec les paramètres légaux en vigueur au 28/05/2026.
Cas 1 — Stéphane Aurélys, président SAS industrie Lyon (CA 8 M€)
Profil : Stéphane, 52 ans, président de la SAS Aurélys Industrie à Lyon (mécanique de précision, 45 salariés, CA 8 M€). Rémunération 180 k€ brut (TMI 41 %), dividendes 100 k€ via la holding Aurélys Participations qui détient 70 % du capital. Veut soutenir le CFA local de mécanique (apprentissage industriel) par un programme mécénat structuré sur 5 ans.
Calcul du plafond mécénat SAS Aurélys : MAX(20 000 € ; 5 ‰ × 8 M€) = MAX(20 000 ; 40 000) = 40 000 €/an. Avec un CA > 4 M€, c'est le proportionnel 5 ‰ qui prend le relais sur le plancher 20 000 € — un point que la majorité des dirigeants de PME industrielles ne calculent jamais correctement.
| Scénario | Don/an | Plafond utilisé | Économie IS/an | Cumul don 5 ans | Cumul économie IS 5 ans |
|---|---|---|---|---|---|
| A — Don ponctuel 50 000 € en 2026 | 50 000 € (1×) | 40 000 € (+10 k€ reportés an 2) | 24 000 € (an 1) + 6 000 € (an 2) | 50 000 € | 30 000 € (sous-saturé) |
| B — Don étalé 5 × 10 000 € sur 2026-2030 | 10 000 € | 10 000 € (sous plafond 40 k€) | 6 000 € | 50 000 € | 30 000 € (identique A mais trésorerie préservée) |
| C — Don ponctuel 100 000 € en 2026 | 100 000 € (1×) | 40 000 € + report 60 k€ (utilisé an 2-3) | 24 000 € + 24 000 € + 12 000 € | 100 000 € | 60 000 € |
| D — Don étalé 5 × 40 000 € saturant le plafond chaque année | 40 000 € | 40 000 € (saturé) | 24 000 € | 200 000 € | 120 000 € (×4 vs A à enveloppe ×4) |
Recommandation CGP Hagnéré : la « bonne » lecture n'est pas A vs B (qui ne change rien fiscalement à enveloppe identique 50 k€) mais A vs D : saturer le plafond annuel 40 000 € chaque année sur 5 ans permet de donner 200 000 € et de récupérer 120 000 € d'économie IS (60 %), au lieu de 30 000 € pour un don ponctuel 50 000 €. Multiplier l'enveloppe par 4 multiplie l'économie par 4 (≈ ×4 strictement). Le scénario A (don ponctuel sans étalement et sous-saturé) est fiscalement le plus pauvre pour Stéphane — qui pourrait porter son budget mécénat industriel à 200 k€ sur 5 ans sans surcoût fiscal (le don de 200 k€ coûte effectivement 80 k€ net après réduction).
Cas 2 — Dr Marchand, chirurgien-dentiste SELARL Annecy (CA 1,2 M€)
Profil : Dr Marchand, 49 ans, chirurgien-dentiste en SELARL à Annecy (CA 1,2 M€, 2 collaborateurs + 1 assistante). Rémunération 150 k€ brut (TMI 45 %) + dividendes 80 k€. SELARL Marchand Dentaire à l'IS 25 %. Veut combiner don financier à une association locale + mécénat de compétences (soins gratuits SDF).
Engagement :
- Don financier 8 000 € à l'association « Sourires Annecy » (loi 1901 fiscalisée, OIG agréée)
- Mécénat de compétences : 20 demi-journées de soins gratuits aux SDF (= 10 jours ouvrés)
| Composante | Montant | Calcul | Économie IS 60 % |
|---|---|---|---|
| Don financier numéraire | 8 000 € | 8 000 € (sous plafond 20 k€) | 4 800 € |
| Mécénat compétences (20 demi-journées) | 9 091 € | (150 k€ + 50 k€ charges) ÷ 220 j × 10 j | 5 455 € |
| Cumul mécénat (sous plafond global 20 k€) | 17 091 € | Compétences plafond 12 015 € loin | 10 255 € |
| Cash effectivement sorti | 8 000 € | Compétences déjà rémunérées par la SELARL | — |
| ROI fiscal sur cash sorti | 128 % | 10 255 / 8 000 | — |
Recommandation CGP Hagnéré : en cabinet, je vois 3 dossiers SELARL sur 4 qui ignorent purement le mécénat de compétences alors que la valorisation est immédiate. Sur ce cas, le ratio fiscal net dépasse 100 % — Dr Marchand récupère plus en réduction d'impôt qu'il n'a sorti en cash. Conditions : salarié volontaire (ici lui-même), accord encadré (lettre de mise à disposition à l'association), valorisation extra-comptable (fiche RH + facturation interne 800 €/demi-journée). Et déclaration 2069-RCI-SD obligatoire dès 10 000 €/an cumulé (Dr Marchand est à 17 091 € → déclaration obligatoire).
Cas 3 — Chloé Lambert, CEO Mobii Cloud SaaS Paris (CA 2,5 M€)
Profil : Chloé, 34 ans, CEO et fondatrice de Mobii Cloud (SaaS B2B Paris, 18 salariés, CA 2,5 M€ post-Série A de 5 M€). Croissance projetée +40 %/an, CA 8 M€ en 2030. IS 25 % (PME), résultat opérationnel 600 k€ 2026. Veut créer une fondation d'entreprise « Mobii pour le numérique inclusif » avec engagement 200 k€ sur 5 ans. Objectifs : brand B2B éthique + recrutement Gen Z + accès écosystème Paris&Co.
Calcul plafond mécénat Mobii Cloud 2026 : MAX(20 000 € ; 5 ‰ × 2,5 M€) = MAX(20 000 ; 1 250) = 20 000 €/an. Engagement 5 ans = 200 k€ / 5 = 40 k€/an. Don plafonné 2026 : 20 k€ déductibles + 20 k€ reportables.
| Année | CA projeté | Plafond annuel | Don annuel | Stock à imputer | IS imputé (60 %) |
|---|---|---|---|---|---|
| 2026 | 2,5 M€ | 20 000 € (plancher) | 40 000 € | 40 000 € → impute 20k + report 20k | 12 000 € |
| 2027 | 3,5 M€ | 20 000 € (plancher) | 40 000 € | 60 000 € → impute 20k + report 40k | 12 000 € |
| 2028 | 5,0 M€ | 25 000 € (5 ‰ × CA) | 40 000 € | 80 000 € → impute 25k + report 55k | 15 000 € |
| 2029 | 6,5 M€ | 32 500 € (5 ‰ × CA) | 40 000 € | 95 000 € → impute 32,5k + report 62,5k | 19 500 € |
| 2030 | 8,0 M€ | 40 000 € (5 ‰ × CA) | 40 000 € | 102 500 € → impute 40k + report 62,5k | 24 000 € |
| TOTAL 5 ans (2026-2030) | — | — | 200 000 € | Reste 62 500 € reportables | 82 500 € |
| + Reports 2031-2032 (épuisement) | ~10-12 M€ | ~50-60 k€ | 0 € | 62 500 € à imputer (limite 5 ans art. 238 bis 4°) | 37 500 € |
| CUMUL FINAL 7 exercices | — | — | 200 000 € | 0 € | 120 000 € économie IS totale |
Effort net Mobii Cloud : 200 k€ engagement + 30 k€ frais création/gestion fondation = 230 k€ sur 5 ans. Économie IS cumulée sur 7 exercices (2026-2032 avec épuisement des reports avant péremption art. 238 bis 4°) : 120 k€. Reste à charge effective = 110 k€. ROI financier pur = 52 % (et non plus 31 % comme dans une projection statique à plafond figé — l'effet « plafond progressif » est central pour les scale-up en hypercroissance).
Bénéfices indirects estimés (benchmark Sequoia/Tikehau SaaS B2B 2024-2025) :
- ARR boost +5 à 8 % via brand éthique → sur ARR 5 M€ projeté 2028 = +250 à 400 k€/an
- Recrutement Gen Z +22 % attractivité ingénieurs Polytechnique/Centrale → économie chasseur de têtes ~50 k€/recrue × 3 recrues = 150 k€
- Accès cluster Paris&Co + Numa networking VC + clients corporate ≈ 100 k€ Y+2
Verdict CGP cas Chloé Mobii Cloud : ROI composite ~270 %
- ROI financier pur (économie IS uniquement, plafond progressif) : 120 / 230 = 52 %
- ROI composite (avec bénéfices indirects estimés) : (120 + 250 + 150 + 100) / 230 = 270 %
- Recommandation : pertinent SI CA croissance projetée > 5 M€ horizon 3 ans (le plafond proportionnel 5 ‰ prend alors le relais sur le plancher 20 000 € et débloque l'imputation des reports). Pour une PME stable sous 4 M€, ROI financier limité à ~30 % (mais brand RSE et recrutement Gen Z restent décisifs pour une scale-up SaaS B2B).
- Note pratique Quentin Hagnéré : « En cabinet, je vois passer 5 à 10 dossiers de fondation d'entreprise par an. Le profil scale-up SaaS B2B est celui où le ratio cash sorti / valeur perçue (brand + recrutement + impact) est le plus favorable — bien plus qu'une PME industrielle stable où le don ponctuel à étalement reste l'optimum. »
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12. Erreurs à éviter + checklist 10 points pour 2026
Avant la checklist, voici les 7 erreurs qui reviennent le plus souvent en cabinet — et une checklist Hagnéré 10 points actionnable que vous pouvez appliquer dès aujourd'hui pour structurer votre stratégie mécénat 2026.
Les 7 erreurs les plus fréquentes en cabinet
- Don ponctuel > 20 000 € sans étalement — perte de 50 % de la rentabilité fiscale potentielle (cf. cas Stéphane H2 #11).
- Confondre 2069-M-SD (obsolète depuis 2017) et 2069-RCI-SD (CERFA 15252 en vigueur) — erreur fréquente dans la doctrine secondaire et les modèles téléchargés.
- Cumuler art. 238 bis + art. 200 sur le même don — interdiction expresse, redressement à la clé en cas de contrôle (cf. H2 #7).
- Oublier le mécénat de compétences alors que la rémunération salariale est élevée (cas SELARL, ingénierie, conseil) — ROI fiscal jusqu'à 128 % sur cash sorti (cf. cas Dr Marchand H2 #11).
- Pas de rescrit L. 80 C LPF sur dons > 50 000 € — sécurité juridique manquée, risque de requalification a posteriori.
- Contreparties > 25 % du don — requalification en sponsoring, perte de la réduction 60 % + intérêts + majoration (cf. H2 #2).
- Ne pas surveiller le risque LF 2027 — rapport IGF + IGÉSR mai 2025 recommande -523 M€ de dépense fiscale dons (cf. H2 #4). Si vous envisagez un programme pluriannuel important, sécuriser avant la réforme éventuelle.
Checklist Hagnéré — 10 points pour mécénat 2026
Checklist actionnable — mécénat d'entreprise 2026
- Vérifier le régime fiscal de l'entreprise : IS ou IR/BIC réel (micro-BIC = exclus)
- Calculer le plafond mécénat annuel : MAX(20 000 € ; 5 ‰ CA HT) — pour 97 % des PME = 20 000 €/an
- Identifier l'organisme bénéficiaire éligible : 11 catégories art. 238 bis 1° CGI (vérifier statuts + comptes annuels + critère cercle non restreint)
- Demander un rescrit L. 80 C LPF si don > 50 000 € ou organisme atypique (template fourni en H2 #10, réponse Bercy 6 mois, silence = accord tacite)
- Élaborer une stratégie d'étalement 5 ans saturant le plafond annuel (gain fiscal +100 % vs don ponctuel sous-saturé)
- Évaluer le mécénat de compétences (plafond 12 015 €/salarié en 2026, soit 3 × PMSS — LF 2020 art. 134 (art. 238 bis 4 bis CGI)). Levier le plus sous-utilisé en SELARL et TPE
- Vérifier les contreparties < 25 % du don (frontière avec sponsoring, CAA Versailles 17/12/2021)
- Articuler les 3 régimes IS/IR/IFI sur dons distincts (jamais cumul sur même don) — cas dirigeant rémunéré soumis à IFI peut combiner les 3
- Conserver reçus + convention + 2069-RCI-SD pendant 6 ans (art. L. 102 B LPF, délai de reprise admin)
- Surveiller LF 2027 — risque rabotage 523 M€ recommandé par IGF/IGÉSR mai 2025. Sécuriser un éventuel programme pluriannuel avant septembre 2026 (dépôt PLF 2027)
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L'auteur — Quentin Hagnéré, CIF/COA/COBSP (ORIAS 14004526)
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune à 360° basé à Chambéry (Auvergne-Rhône-Alpes). Conseiller en Investissements Financiers (CIF membre CNCGP), Courtier en Assurance (COA) et Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP), il est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 14004526 depuis 2014.
Spécialiste de l'optimisation fiscale du dirigeant SAS (rémunération, dividendes, holding patrimoniale, mécénat, AGA, BSPCE, stock-options), de la structuration patrimoniale haute valeur (Pacte Dutreil 2026, apport-cession, démembrement, family office) et de la fiscalité internationale (impatriés, expatriés, conventions bilatérales), il accompagne depuis 2018 plus de 400 dirigeants, professions libérales et fondateurs de scale-up sur l'ensemble du territoire français.
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Mentions légales obligatoires : Hagnéré Patrimoine — Cabinet de conseil en gestion de patrimoine — Adresse : 7 rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry — Téléphone : +33 3 74 47 20 18 — Email : contact@hagnere-patrimoine.fr — N° ORIAS 14004526 (vérifiable sur orias.fr) — Statuts CIF (membre CNCGP), COA et COBSP — Activité régulée par l'AMF et l'ACPR — Membre de la Chambre Nationale des Conseils en Gestion de Patrimoine.

