Faites le point sur votre patrimoine avec un CGP indépendant
Fiscalité, placements, immobilier, retraite et transmission : nous analysons votre situation et vous proposons une feuille de route patrimoniale claire, sans engagement.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine indépendant
Quentin Hagnéré accompagne les particuliers, familles et dirigeants sur la structuration globale du patrimoine : fiscalité, placements, immobilier, retraite et transmission.
Sommaire
- 1. Pourquoi LF 2027 va serrer la vis : contexte budgétaire
- 2. Risque #1 — Plafonnement du Pacte Dutreil 787 B
- 3. Risque #2 — Pérennisation et élargissement CDHR
- 4. Risque #3 — Alignement CSG (fin de l'asymétrie LFSS 2026)
- 5. Risque #4 — Extension IFI fortune improductive
- 6. Risque #5 — Durcissement supplémentaire 150-0 B ter
- 7. Risque #6 — Réforme PER successorale (990 I)
- 8. Risque #7 — Veille CEHR (spéculation faible)
- 9. Check-list « J-90 avant PLF 2027 » : 12 actions
- 10. FAQ — 12 questions
À retenir en 30 secondes
Anticiper la LF 2027 en mai 2026, c'est repérer les 7 risques fiscaux qui pèsent sur les patrimoines 1 à 10 M€ (plafonnement Pacte Dutreil, pérennisation CDHR, alignement CSG, extension IFI improductif, durcissement apport-cession, réforme PER successorale, veille CEHR), chiffrer le surcoût potentiel (100 k€ à 1,5 M€) et boucler 12 actions notariales et fiscales avant le 31 décembre 2026.
- PLF 2027 déposé sept. 2026, voté déc. 2026, applicable 1er janv. 2027. Fenêtre d'action : avant le 31/12/2026.
- 7 risques fiscaux quantifiés : plafonnement Pacte Dutreil (forte), pérennisation CDHR — Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (forte), alignement CSG — Contribution Sociale Généralisée (moyenne), extension IFI — Impôt sur la Fortune Immobilière à la fortune improductive (moyenne), durcissement apport-cession 150-0 B ter (moyenne), réforme PER — Plan d'Épargne Retraite successoral (faible-moyenne), abaissement CEHR — Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (faible).
- Surcoût potentiel patrimoines 1-10 M€ : 100 k€ à 1,5 M€ selon configurations.
- Check-list J-90 : 12 actions structurées par priorité dans le H2-9.
Avertissement
Cet article publié par Hagnéré Patrimoine (SAS de conseil en gestion de patrimoine, ORIAS) a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une recommandation d'achat d'un produit financier en particulier.
Particularité de cet article prospectif :
- Aucun PJL LF 2027 n'a été déposé à la date de publication (22/05/2026). Les 7 risques décrits reposent sur des signaux convergents (Cour des comptes, CPO, amendements parlementaires, projections macro) mais ne sont pas garantis.
- Le calendrier politique 2027 (élection présidentielle) peut accélérer certains durcissements ou en différer d'autres.
- Mises à jour prévues : septembre 2026 (dépôt PLF) puis décembre 2026 (après promulgation).
Les exemples chiffrés sont illustratifs et n'engagent pas Hagnéré Patrimoine sur un scénario fiscal futur. Pour une analyse adaptée à votre situation, nous vous recommandons un bilan patrimonial personnalisé.
Mis à jour le 22 mai 2026 par Quentin Hagnéré (CGP ORIAS, CIF CNCGP, COA, COBSP)
Guide rédigé selon les lois en vigueur au 22 mai 2026 et les signaux institutionnels disponibles pour la LF 2027.
- LF 2026 art. 2, 9, 11 (loi 2026-103 du 19/02/2026) — CDHR prorogée, PER 70 ans, apport-cession 150-0 B ter durci.
- LFSS 2026 art. 12 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) — CSG patrimoine 10,6 % avec asymétrie maintenue à 9,2 % sur AV/AVL/foncier nu/PV immo (art. L. 136-8 IV CSS).
- CGI : art. 787 B (Dutreil), 150-0 B ter (apport-cession), 150-0 D ter (abattement 500 k€), 223 sexies (CEHR), 224 (CDHR), 964/973/974/977/979 (IFI), 990 I / 757 B (PER succession).
- Cour des comptes Pacte Dutreil 18/11/2025 — dépense fiscale 5,5 Md€ vs 800 M€ budgétés (1 % des bénéficiaires captent 65 % de la dépense).
- Cons. const. 2025-874 DC du 13/02/2025 (CDHR LF 2025 non censurée — pas d'examen au fond, QPC future possible) et 2026-901 DC du 19/02/2026 (reconduction CDHR LF 2026 non examinée au fond).
- Sénat amendement I-381 du 28/11/2025 (réécriture IFI en « Contribution hauts patrimoines » avec seuil porté de 1,3 à 2,57 M€) et AN amendement I-3379 (déposé 22/10/2025, adopté 31/10/2025 — auteur Charles de Courson / Mattei groupe Les Démocrates + 35 cosignataires, « IFI improductif »).
- Sources statistiques : INSEE 78/2026 (déficit 2025 = 5,1 % PIB), INSEE Focus 371 (top 1 % = 3 020 900 €), DGFiP Stat n° 33 (IFI 193 600 foyers / 2,3 Md€), DGFiP Stat n° 41 (CEHR 2,0 Md€ / CDHR ~16 000 contribuables), ACPR n° 179 (AV 2 107 Md€), BdF projections décembre 2025, OFCE pbrief 154.
- Cass. com. 17/12/2025 n° 24-17.415 — Dutreil holding animatrice, SCI nue exclue de l'opérationnel (audit balance sheet prérequis).
1. Pourquoi LF 2027 va serrer la vis : contexte budgétaire et calendrier politique
Pour comprendre ce qui se prépare pour la loi de finances 2027, il faut regarder trois choses : le déficit public, la dette, et le calendrier politique. Les trois pointent dans la même direction — un tour de vis fiscal qui touchera prioritairement la fiscalité du patrimoine.
Le déficit public français 2025 ressort à 5,1 % du PIB (152,5 milliards d'euros), selon les Informations Rapides INSEE n° 78/2026 du 27 mars 2026. La cible Bercy pour 2026 est de 5,0 % (révisée à la hausse depuis 4,7 % avant l'activation de l'article 49.3). La trajectoire de retour sous les 3 % de Maastricht, transmise à la Commission européenne dans le programme de stabilité d'avril 2026, n'est pas attendue avant 2029.
| Indicateur | 2024 | 2025 | 2026 (cible) | 2027 (proj. BdF) | 2029 (cible UE) |
|---|---|---|---|---|---|
| Déficit public (% PIB) | 5,8 % | 5,1 % | 5,0 % | 4,4 % | < 3 % |
| Déficit public (Md€) | 169,6 | 152,5 | ~155 | ~140 | < 90 |
| Dette publique (% PIB) | 113,0 % | 115,6 % | ~117 % | ~117 % | < 115 % |
| Prélèvements obligatoires (% PIB) | 43,6 % | 43,6 % | ~44 % | ~44 % | Soutenable |
| Effort budgétaire annuel (pt PIB) | — | ~0,9 | ~1,1 | ~1,3 | ~1,0 |
Sources : INSEE 78/2026 du 27/03/2026, Cour des comptes février 2026, Banque de France projections décembre 2025, programme de stabilité Bercy avril 2026, OFCE Policy Brief 154.
En clair, la France doit générer environ 40 milliards d'euros d'effort budgétaire en 2027 — soit 1,2 point de PIB — pour rester sur la trajectoire négociée avec Bruxelles. Cet effort ne peut pas être absorbé uniquement par la réduction de la dépense publique, déjà sous pression depuis 2024. La hausse de la TVA ou de l'impôt sur le revenu reste politiquement intouchable à la veille de la présidentielle 2027. La cible naturelle est donc la fiscalité du patrimoine : niches concentrées sur les hauts patrimoines, contributions exceptionnelles, durcissement des dispositifs de transmission.
La pression fiscale travail française atteint déjà 47,2 % du salaire brut moyen (OCDE Taxing Wages 2025, 3e position OCDE). Les prélèvements obligatoires totaux représentent 43,6 % du PIB (Revenue Statistics OCDE 2025, 1er rang OCDE). Ces deux indicateurs ferment les portes des hausses sur le travail et orientent mécaniquement vers le patrimoine. Le précédent récent : le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) de la Cour des comptes a publié le 1er décembre 2025 un rapport thématique sur la fiscalité du patrimoine pointant la concentration des avantages fiscaux sur les 1 % les plus fortunés.
Le calendrier précis du PLF 2027
Le projet de loi de finances 2027 sera déposé par le gouvernement au plus tard le premier mardi d'octobre 2026 (article 39 alinéa 3 de la Constitution), donc le mardi 6 octobre 2026. Les débats parlementaires se tiendront en première lecture à l'Assemblée Nationale entre mi-octobre et fin novembre 2026, puis au Sénat en décembre. Promulgation entre le 28 et le 31 décembre 2026. Application aux revenus 2027 perçus à partir du 1er janvier 2027 — sauf article spécifique avec date d'effet différente (rappel : LF 2026 art. 11 sur l'apport-cession appliqué à compter du 21 février 2026, lendemain de la promulgation).
La fenêtre d'anticipation est donc les six derniers mois de 2026 — de juin à décembre — pour boucler les actes notariés, signer les engagements collectifs Dutreil, sécuriser les calendriers de cession et arbitrer les enveloppes financières. Reste à passer en revue les 7 risques que nous identifions, dans l'ordre de probabilité décroissante.
2. Risque #1 — Plafonnement du Pacte Dutreil 787 B (probabilité forte)
Le risque le plus documenté, le plus chiffré et le plus politiquement mûr. Le Pacte Dutreil 787 B — exonération de 75 % des droits de mutation à titre gratuit sur la transmission d'une entreprise familiale — coûte beaucoup plus cher au budget qu'estimé, et la Cour des comptes a publié un rapport explosif le 18 novembre 2025.
Ce qu'a montré la Cour des comptes le 18/11/2025
| Indicateur | Estimation budgétaire | Réalité 2024 | Écart |
|---|---|---|---|
| Coût fiscal annuel | 800 M€ (PLF 2025) | 5,5 Md€ | × 6,9 |
| Bénéficiaires concernés | ~6 000 / an | ~7 200 | +20 % |
| Part captée par le top 1 % bénéficiaires | — | 65 % | Concentration extrême |
| Gain moyen par transmission top 1 % | — | ~30 M€ | Concentration patrimoine |
| Coût rapporté aux recettes DMTG totales (21,2 Md€) | — | 26 % | Niche de 1er rang |
Source : Cour des comptes, Rapport public thématique « Le Pacte Dutreil » du 18 novembre 2025 (PDF accessible sur ccomptes.fr).
Le chiffre clé qui change tout : 5,5 milliards d'euros de dépense fiscale en 2024 (Cour des comptes 18/11/2025) contre 800 millions budgétés en PLF 2025 — soit 6,9 fois plus que prévu. L'écart de 4,7 Md€ représente près de 12 % de l'effort budgétaire 2027 estimé (~40 Md€). Surtout, le gain moyen de 30 M€ par transmission concerne les 1 % des bénéficiaires les plus exposés (environ 72 dossiers/an sur 7 200 transmissions Dutreil annuelles, soit 65 % de la dépense captée — ≈ 3,6 Md€ sur 5,5 Md€). C'est cette concentration extrême qui rend la réforme politiquement défendable même en année électorale.
3 leviers de durcissement attendus en LF 2027
Les recommandations de la Cour des comptes pointent trois directions précises. (1) Exclusion explicite des biens non opérationnels intra-holding — trésorerie manifestement excédentaire, immobilier patrimonial, placements financiers long terme sans projet économique. La LF 2026 art. 11 a déjà introduit cette exclusion pour l'apport-cession ; il serait cohérent de l'étendre à Dutreil. (2) Exclusion des opérations de family buy-out (OBO) — quand le dirigeant cédant rachète sa propre entreprise via une holding familiale avec endettement, le bénéfice fiscal est jugé excessif. (3) Plafonnement absolu — un plafond à 10 M€ ou 20 M€ d'assiette taxable exonérée, par donateur ou par bénéficiaire, casserait l'effet concentration sur le top 1 %.
Cas pratique 1 — Vincent, 58 ans, dirigeant SARL industrielle 5 M€
Vincent et son épouse Hélène dirigent ensemble une SARL de mécanique de précision valorisée 5 M€ à dire d'expert (45 salariés, sous-traitant aéronautique). Ils préparent la transmission à leurs deux enfants Camille et Hugo (4 liens parent-enfant : 2 parents × 2 enfants). Scénario A — transmission complète bouclée en novembre 2026, sous régime Dutreil actuel : donation conjointe en pleine propriété, exonération 75 % art. 787 B, abattement art. 779 I = 100 k€ par lien × 4 = 400 k€, barème art. 777 ligne directe sur le reste. Calcul Node.js validé par méthode des 4 liens : 5 M€ × 25 % taxable = 1,25 M€, répartis par 4 liens = 312 500 € par lien, − 100 k€ abattement = 212 500 € taxable par lien, barème ligne directe ≈ 40 700 € par lien × 4 = ~163 k€ DMTG totaux.
Scénario B — transmission post-LF 2027 avec exclusion explicite de 1 M€ d'actifs non opérationnels intra-SARL (immobilier patrimonial, trésorerie excédentaire) : assiette Dutreil = 4 M€ × 25 % + 1 M€ taxés régime normal = 2 M€ globaux ; répartis par 4 liens = 500 000 € par lien, − 100 k€ abattement = 400 000 € taxable, barème ligne directe ≈ 78 200 € par lien × 4 = ~313 k€ DMTG totaux. Surcoût LF 2027 ≈ 150 k€ pour la même transmission simplement déplacée d'un an. Avec un plafonnement Dutreil plus dur (5 M€/donateur) ou exclusion plus large (2 M€), le surcoût peut atteindre 400 k€ à 800 k€.
Votre situation peut différer
Composition exacte du bilan (immobilier, trésorerie, placements), structure juridique (SARL/SAS/holding interposée), nombre d'héritiers, âge du donateur, donation déjà consommée sur 15 ans peuvent modifier le calcul. Un audit composition d'actif pré-Dutreil est désormais un prérequis, surtout depuis Cass. com. 17/12/2025 n° 24-17.415 (SCI nue exclue de l'opérationnel pour qualification animatrice).
Vous préparez une transmission Dutreil avant le 31 décembre 2026 ?
Un dossier Dutreil + démembrement + réduction 50 % se prépare 12 à 24 mois à l'avance. Boucler avant LF 2027 = sécuriser le régime actuel et éviter le surcoût plafonnement. Hagnéré Patrimoine accompagne une trentaine de transmissions Dutreil par an.
3. Risque #2 — Pérennisation et élargissement de la CDHR (probabilité forte)
Si le risque Dutreil pèse sur la transmission, le risque CDHR pèse sur vos revenus annuels. Deux dimensions complémentaires de la pression fiscale 2027. La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR), créée par la LF 2025 et codifiée à l'article 224 du CGI, impose un plancher de 20 % d'impôt sur le revenu effectif aux foyers dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). La LF 2026 art. 2 l'a prorogée jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB.
Ce n'est plus une contribution « exceptionnelle » au sens strict — c'est une mesure structurelle qui durera tant que la trajectoire budgétaire ne s'améliore pas. Et les projections macro ne laissent pas d'ambiguïté.
| Année | Déficit projeté (% PIB) | CDHR active ? | Risque évolution |
|---|---|---|---|
| 2025 | 5,1 % (réel INSEE) | Oui (LF 2025) | — |
| 2026 | 5,0 % (cible Bercy) | Oui (prorogation LF 2026 art. 2) | — |
| 2027 | 4,4 % (proj. BdF déc. 2025) | Oui (par mécanisme art. 224) | Élargissement assiette ou abaissement plancher |
| 2028 | 3,9 % (proj. OFCE) | Oui (toujours > 3 %) | Pérennisation administrative |
| 2029 | < 3 % (cible UE) | Possible extinction théorique | Conversion en mesure permanente probable |
Sources : INSEE 78/2026, projections Banque de France décembre 2025, OFCE Policy Brief 154, programme de stabilité avril 2026.
En pratique, la CDHR sera active sur les revenus 2026, 2027, 2028, 2029 au minimum. Sa conversion en mesure permanente est probable à l'horizon LF 2029 (déficit revenu sous 3 %) — comme l'a été l'ancienne contribution exceptionnelle des hauts revenus (CEHR) créée temporaire en 2011 puis pérennisée.
2 leviers de durcissement attendus en LF 2027
(1) Élargissement de l'assiette — intégration des revenus actuellement exclus du calcul du taux effectif (prélèvement forfaitaire libératoire sur livrets bloqués, certains régimes optionnels). Effet : faire entrer plus de foyers dans le filet. (2) Abaissement du plancher de 20 % vers 15 % ou 18 % — effet plus large mécaniquement sur les contribuables au PFU 12,8 % dominant qui se retrouveraient pris dans la grille même avec une fiscalité IR modérée. Environ 16 000 contribuables CDHR en 2025 selon DGFiP Stat n° 41 ; un abaissement plancher pourrait doubler cette population.
Cas pratique 2 — Marc, 45 ans, DAF rémunéré 800 k€ RFR célibataire
Marc est associé majoritaire d'une holding patrimoniale qui détient des participations cotées et non cotées. Rémunération brute 150 k€ + intérêts obligataires 30 k€ + dividendes 620 k€ (remontés via régime mère-fille puis distribués au PFU) = RFR 800 k€ célibataire. Profil typique d'un dirigeant rentier dont les revenus dominants sont des dividendes au PFU (pas du salaire barémisé). Sous le régime CDHR LF 2026 actuel : plancher 20 % d'IR effectif × 800 k€ = 160 k€ minimum dû. Avec 78 % des revenus en PFU 12,8 % et 22 % barémisés, son IR effectif réel se situe autour de 14-15 %. CDHR estimée ~40 à 48 k€/an. Scénario A — pérennisation simple : 48 k€ × 3 ans (2026-2028) = 144 k€ cumulés. Scénario B — abaissement plancher à 18 % : dû ~32 k€/an. Scénario C — élargissement assiette intégrant le PFU pleinement : dû ~60 k€/an, +12 k€/an supplémentaires. Attention : la composition exacte des revenus (poids salaire vs PFU) conditionne fortement l'application de la CDHR — un Marc à 80 % de revenus salariaux barémisés a un IR effectif supérieur à 20 % et ne déclencherait pas la CDHR.
Action préventive Marc : étaler ses rachats AV et ses distributions de dividendes sur plusieurs années fiscales pour ne pas concentrer le RFR, utiliser le quotient art. 163-0 A pour les revenus exceptionnels, arbitrer une partie de l'épargne vers PER déductible (diminution du RFR via la déduction du versement). Économie sur 4 ans : ~30 à 60 k€ selon optimisation.
Votre situation peut différer
Le calcul CDHR dépend du taux moyen d'IR effectif (variable selon composition revenus barémisés vs PFU), de la situation familiale (parts du quotient familial), et des revenus exceptionnels mobilisables pour le lissage. Un bilan patrimonial Hagnéré chiffre votre exposition CDHR sur 2026-2029.
4. Risque #3 — Alignement CSG : fin de l'asymétrie LFSS 2026 (probabilité moyenne)
La LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) a relevé la CSG patrimoine de 9,2 % à 10,6 % — donc les prélèvements sociaux globaux de 17,2 % à 18,6 %. Mais pour l'assurance-vie française, l'assurance-vie luxembourgeoise (AVL), les PEL/CEL/PEP, les revenus fonciers nus et les plus-values immobilières, l'article L. 136-8 IV du Code de la sécurité sociale maintient la CSG à 9,2 % — donc PS globaux maintenus à 17,2 %.
Cette asymétrie de 1,4 point favorise très clairement les enveloppes AV/AVL/foncier nu/PV immo au détriment des CTO, LMNP réel, dividendes, crypto, PER en sortie capital. Elle pénalise les épargnants modestes (livret A non concerné mais épargne moyenne CTO/LMNP touchée) et avantage les patrimoines structurés sur AV/AVL.
| Enveloppe | Taux PS 2026 | Risque LF 2027 |
|---|---|---|
| Assurance-vie française (rachat) | 17,2 % | Alignement à 18,6 % envisageable (lobby puissant) |
| AVL Luxembourg (rachat) | 17,2 % | Alignement probable LF 2027 ou LF 2028 |
| PEA après 5 ans | 17,2 % | Risque modéré (politique épargne grand public) |
| Plus-values immobilières | 17,2 % | Risque fort (rendement élevé, équité travail/capital) |
| Revenus fonciers nus | 17,2 % | Risque modéré (lobby foncier) |
| CTO dividendes & plus-values | 18,6 % | Stable |
| LMNP régime réel BIC | 18,6 % | Stable |
| Crypto-actifs (plus-values) | 18,6 % | Stable |
| PER — sortie en capital sur les gains | 18,6 % | Stable |
L'OFCE estime le rendement budgétaire d'un alignement total à environ 700 millions d'euros par an — montant non négligeable pour un effort 2027 de 40 Md€, mais relativement modeste face au gain budgétaire du plafonnement Dutreil (4,7 Md€). Le lobby AV/immo est puissant à Bercy ; un alignement total semble plus probable en LF 2028 (post-présidentielle) qu'en LF 2027. Mais un alignement partiel (par exemple plus-values immobilières alignées à 18,6 %, AV maintenue à 17,2 %) est plausible dès LF 2027.
Cas pratique 3 — Pauline, 62 ans, rentière 2 M€
Pauline est rentière. Patrimoine financier 2 M€ alloué 60 % AV/foncier nu (1,2 M€) + 40 % CTO/PER/LMNP (800 k€). Rendement net moyen 4 %/an. Sous régime actuel : gain asymétrie CSG brut = 1,2 M€ × 4 % × 1,4 pt = 672 €/an, mais net effectif ~350 à 500 €/an après prise en compte des abattements AV après 8 ans (4 600 €/an exonérés célibataire art. 125-0 A) et de la composition réelle du rendement (capitalisation différée AVL vs distribution AV France). Scénario A — alignement total LF 2027 (peu probable) : perte ~400 €/an = -4 000 € sur 10 ans (et non 6 700 €). Scénario B — alignement partiel LF 2027 (PV immo seulement) : Pauline a 300 k€ d'immobilier locatif latent + 50 k€ PV depuis 20 ans ; si vente en 2027 avec PS alignés 18,6 % vs 17,2 % = surcoût 700 € sur la PV. Scénario C — alignement progressif LF 2028 : perte cumulée 4 ans (2027-2030) = ~1 600 € puis ~400 €/an.
Action préventive Pauline : maximiser l'exposition aux enveloppes maintenues à 17,2 % tant que possible (arbitrage CTO vers AV multisupport), documenter les PV immo latentes pour vente prioritaire en 2026 si alignement programmé, déclencher les rachats AV partiels exonérés avant un éventuel durcissement. Économie cumulée sur 10 ans : ~5 000 à 8 000 € pour cette taille de patrimoine.
Votre situation peut différer
L'impact de l'asymétrie CSG dépend du mix d'enveloppes, du rendement moyen pondéré, et du calendrier de réalisation des plus-values. Le risque LF 2027 est partiel ; le risque LF 2028 est plus consolidé. Voir aussi notre snapshot AVL 2026 pour la sécurisation de l'asymétrie via AVL catégorie B-C.
5. Risque #4 — Extension IFI à la fortune improductive (probabilité moyenne)
L'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) ne porte aujourd'hui que sur le patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 M€. Deux amendements parlementaires de l'automne 2025 ont tenté d'élargir cette assiette à la « fortune improductive » — crypto, or, art, voitures de collection, fonds de placement non investis productivement.
| Amendement | Date | Auteur(s) | Périmètre | Sort |
|---|---|---|---|---|
| AN I-3379 (« IFI improductif ») | Déposé 22/10/2025, adopté 31/10/2025 | Mattei + 35 cosignataires (Les Démocrates) | Crypto, or, art, voitures collection | Voté AN, abandonné via 49.3 |
| Sénat I-381 (« Contribution hauts patrimoines ») | 28/11/2025 | Commission des finances Sénat | Réécriture IFI : seuil porté de 1,3 M€ à 2,57 M€ | Écarté en navette |
Sources : senat.fr amdt I-381, assemblee-nationale.fr amdt I-3379.
Les deux amendements ont été écartés de la version finale LF 2026 — mais leur existence et leur convergence (deux chambres, deux familles politiques différentes) constituent un signal politique fort. Le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) du 1er décembre 2025 a renforcé cette piste en pointant la concentration patrimoniale française : top 10 % détient 48 % du patrimoine (INSEE Focus 371 du 9/12/2025), top 1 % à partir de 3 020 900 €.
La présidentielle 2027 peut freiner — taxer les actifs improductifs des cadres supérieurs est politiquement clivant — mais le PLF 2027 est voté en octobre-décembre 2026, AVANT le démarrage officiel de la campagne présidentielle (janvier 2027). La fenêtre d'adoption existe. Point de cohérence juridique : aucune QPC pendante au 22 mai 2026 sur l'extension IFI à la fortune improductive, donc pas de signal jurisprudentiel récent à intégrer dans l'arbitrage.
Cas pratique 4 — Antoine, 50 ans, fondateur SaaS, 6 M€ dont 1,5 M€ improductif
Antoine a cédé sa SaaS B2B fin 2024 pour 4,5 M€. Profil de fondateur tech à profil « collectionneur passionné » assumé. Patrimoine actuel : résidence principale 1,2 M€ (valeur retenue 70 % après abattement de 30 % art. 973 II CGI = 840 k€) + immobilier locatif 800 k€ + AV multisupport 2 M€ + crypto 600 k€ + or physique 250 k€ + art et voitures de collection 650 k€ = 6,1 M€. IFI actuel sur immobilier seul : assiette 840 + 800 = 1,64 M€, IFI annuel ≈ 4 880 € (calcul exact par tranches art. 977 CGI, Node.js validé).
Scénario A — extension IFI à la fortune improductive LF 2027 via barème IFI standard : nouvelle assiette = immobilier 1,64 M€ + crypto 600 k€ + or 250 k€ + art/voitures 650 k€ = 3,14 M€. IFI annuel ≈ 17 090 € (barème art. 977 tranches), soit +12 210 €/an. Cumul 10 ans ≈ 122 000 €. Scénario B — taxe spécifique improductif au taux 1 % : 1,5 M€ × 1 % = 15 000 €/an supplémentaires (en complément des 4 880 € IFI immobilier maintenu). Scénario C — taux 1,5 % : 22 500 €/an supplémentaires, cumul 10 ans ≈ 225 000 €.
Action préventive Antoine : (1) cartographier exhaustivement ses actifs improductifs (déclaration ISF/IFI 2025 à jour, valorisations à dire d'expert pour art et voitures), (2) sécuriser les exonérations biens professionnels (art. 975 CGI — les titres de sa SAS de gestion ne doivent pas être requalifiés en biens improductifs), (3) arbitrer une partie crypto/or vers assurance-vie luxembourgeoise multisupport (exonéré IFI) ou GFF (exonéré 75 % IFI art. 976 CGI).
Votre situation peut différer
L'extension IFI n'est pas garantie en LF 2027 (présidentielle 2027). Mais l'effort préventif est faible (cartographie + arbitrage) pour un risque moyen. À 3 M€+ de patrimoine total, l'exercice est rentable.
Leviers défensifs avancés : sale leaseback et fiducie-sûreté
Deux outils défensifs sortent du radar des concurrents mais structurent la défense IFI N°1 des family offices. Sale leaseback patrimonial : vente d'un immeuble locatif à un investisseur (souvent SCPI ou foncière) avec maintien de l'usage via bail commercial long ou usufruit conservé. L'immeuble sort du bilan IFI du cédant (transfert de propriété), le produit de cession peut être réorienté vers des enveloppes exonérées IFI (AV, AVL, GFF art. 976 CGI, biens pros art. 975). Adapté aux patrimoines avec immobilier locatif lourd au-delà de 1,5 M€ et trésorerie disponible pour réallocation. Fiducie-sûreté (art. 2011-2030 du Code civil) : transfert temporaire de la propriété d'actifs à un fiduciaire (cabinet d'avocats ou banque) à titre de garantie — l'actif transféré n'entre pas dans l'assiette IFI du constituant (la fiducie a une personnalité juridique distincte). Outil sophistiqué, encadré par le Code monétaire et financier, qui nécessite l'accompagnement d'un avocat fiscaliste et d'un fiduciaire agréé.
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6. Risque #5 — Durcissement supplémentaire de l'apport-cession 150-0 B ter (probabilité moyenne)
La LF 2026 art. 11 (loi 2026-103 du 19/02/2026) a déjà significativement durci l'apport-cession 150-0 B ter pour les opérations à compter du 21 février 2026 : remploi obligatoire 60 → 70 %, délai 24 → 36 mois, engagement 12 → 60 mois, exclusion explicite de l'immobilier patrimonial. Le BOFiP (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20 figée au 18/08/2025) n'a pas encore intégré la LF 2026 — signal soit de stabilité, soit d'un futur durcissement préparé.
Le risque LF 2027 est moins certain que pour Dutreil ou CDHR car un durcissement vient juste d'être appliqué. Mais la pression budgétaire 2027 peut pousser à un second tour de vis ciblé sur les opérations à fort enjeu fiscal (cessions au-delà de 3 M€).
| Condition | Avant 21/02/2026 | LF 2026 (depuis 21/02/2026) | Risque LF 2027 |
|---|---|---|---|
| Quote-part réinvestissement | 60 % | 70 % | 75-80 % |
| Délai de réinvestissement | 24 mois | 36 mois | 48 mois |
| Engagement minimum | 12 mois | 60 mois | 84 mois |
| Actifs éligibles immobilier patrimonial | Possible | Exclu | Exclu (acquis) |
| Plafond opération | Pas de plafond | Pas de plafond | Plafond > 10 M€ envisageable |
Cas pratique 5 — Chloé, 38 ans, fondatrice scale-up, cession 4 M€ en signing
Chloé a fondé une scale-up FinTech B2B. Signing prévu en décembre 2026 sur 4 M€ (sa quote-part). Prix de revient initial 200 k€ → plus-value de cession 3,8 M€. TMI 45 % + CEHR. Scénario A — opération bouclée 31/12/2026 sous régime LF 2026 : apport-cession 70 % à une holding patrimoniale (2,8 M€ apportés, PV de 2,66 M€ en report) + cession directe 30 % (1,2 M€, PV 1,14 M€) imposée PFU 31,4 % = ~358 k€ IR-PS + CEHR additionnel. Holding doit réinvestir 1,96 M€ (70 % de 2,8 M€) dans 36 mois.
Scénario B — signing reporté à février 2027 sous régime LF 2027 (hypothèse durcissement 75 %) : apport-cession 75 %, remploi 2,1 M€ (75 % de 2,8 M€), engagement 84 mois. Différentiel marge stratégique = 140 k€ d'actifs supplémentaires immobilisés en réinvestissement + 24 mois d'engagement supplémentaires. Pas de surcoût fiscal direct, mais perte significative de flexibilité financière.
Action préventive Chloé : verrouiller le calendrier de signing avant le 31 décembre 2026, sécuriser le pipeline de réinvestissement éligible (FCPR, FPCI, PME opérationnelles), documenter rigoureusement la nature économique des cibles de réinvestissement (CE 16/02/2024 n° 472835 sur le contrôle préalable de la cible).
Votre situation peut différer
Le timing post-LF 2027 dépend fortement de la nature de la cession (acquéreur stratégique vs build-up vs IPO), de la sensibilité du closing, et du calendrier des due diligence. Une cession en cours de négociation devrait toujours faire l'objet d'un audit fiscal Hagnéré dans les 12 mois précédant le signing.
7. Risque #6 — Réforme PER successorale (990 I, 757 B) — probabilité faible à moyenne
Si l'apport-cession touche les dirigeants en cession, le PER touche les rentiers en transmission. Même angle d'attaque budgétaire (Cour des comptes), même calendrier 2026-2028, mais conséquences patrimoniales différentes. La LF 2026 art. 9 a déjà supprimé la déductibilité des versements PER après 70 ans (à compter du 1er janvier 2026) — première étape d'une revue annoncée par Bercy de la fiscalité du PER à la transmission. Le rapport Cour des comptes du 7 novembre 2024 sur la dépense fiscale du PER pointait l'avantage successoral comme potentiellement excessif.
Le risque LF 2027 (ou plus probablement LF 2028) : suppression ou plafonnement de l'abattement 152 500 € de l'article 990 I du CGI pour les PER (le PER étant assimilé à de l'assurance-vie au décès du titulaire avant 70 ans). Alignement avec le régime de succession ordinaire art. 777 = perte massive d'avantage pour la transmission de capitaux PER.
| Cas | Régime actuel | Scénario alignement art. 990 I | Scénario alignement art. 777 |
|---|---|---|---|
| Décès avant 70 ans, capital PER 500 k€/bénéficiaire | Abattement 152 500 € + 20 %/31,25 % au-delà | Plafonnement abattement à 50 000 € ? | Barème ligne directe selon art. 777 |
| Décès après 70 ans, capital PER 500 k€/bénéficiaire | Abattement global 30 500 € (art. 757 B) + barème | Stable | Stable |
| Calcul exemple 500 k€ enfant unique | IR à 152 500 € = 0, sur 347,5 k€ × 20 % = 69 500 € | Si plafond 50 k€ : sur 450 k€ × 20 % = 90 000 € | Sur 400 k€ × 20 % = 80 000 € (après abat. 100 k€ art. 779) |
Cas pratique 6 — Bernard, 64 ans, PER 800 k€ transmission
Bernard a 64 ans, retraité depuis 2 ans, ancien dirigeant. Son PER vaut 800 k€ (versements déductibles cumulés). Marié à Sylvie (62 ans), 2 enfants Antoine et Sophie. Stratégie de transmission post-décès avant 70 ans sous régime actuel : capital PER 800 k€ + AV France 600 k€ + autres actifs. Pour les 800 k€ PER, art. 990 I : 2 bénéficiaires × 152 500 € abattement = 305 000 € exonérés ; reste 495 000 € taxés au taux 20 % jusqu'à 700 k€ et 31,25 % au-delà = ~99 000 € de droits.
Scénario A — suppression abattement 152 500 € sur PER en LF 2027 (alignement art. 777) : 800 k€ taxés au régime succession ordinaire, abattement art. 779 I = 100 k€/enfant × 2 = 200 k€ (Bernard est seul donateur du PER), assiette taxable 600 k€ /2 = 300 k€ par enfant, barème ligne directe ≈ 58 k€/enfant × 2 = ~116 000 € de droits (Node.js validé). Scénario B — plafonnement abattement à 50 000 €/bénéficiaire : assiette taxable 800 − 100 = 700 k€ ; droits 20 % = 140 000 €. Surcoût scénario B ≈ 41 000 € vs régime actuel ; surcoût scénario A ≈ 17 000 €.
Action préventive Bernard : (1) liquider partiellement le PER en capital pendant la retraite (étalement IR sur 65-70 ans pour éviter une concentration ; chaque tranche libère du capital désormais exposé à la succession ordinaire mais sans risque art. 990 I) ; (2) arbitrer une partie vers l'assurance-vie avant 70 ans (art. 990 I sécurisé encore avec abattement 152 500 €/bénéficiaire) ; (3) donations anticipées aux enfants et petits-enfants (abattements art. 779 I, 790 G, 790 B mobilisables tous les 15 ans). Économie cumulée potentielle : 30 à 50 k€ sur 10 ans.
Point de vigilance — Risque relatif
Le risque PER 990 I est moins certain que Dutreil ou CDHR. Aucun PJL n'a été déposé, Bercy n'a fait qu'annoncer une revue sans calendrier précis. Le scénario LF 2028 est plus probable que LF 2027. Mais la liquidation partielle du PER pendant la retraite (action 1) a un intérêt même hors risque LF — étalement de l'IR sur plusieurs années fiscales.
8. Risque #7 — Abaissement du seuil CEHR (probabilité faible / spéculation)
La Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR, art. 223 sexies CGI) impose 3 % puis 4 % sur la fraction du revenu fiscal de référence dépassant 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Recettes ~2,0 milliards € en 2024 (+40,1 % vs 2023, DGFiP Stat n° 41).
Le risque d'abaissement du seuil CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus) (par exemple 200 k€ célibataire / 400 k€ couple) est spéculation faible : aucune proposition parlementaire 2025-2026 n'a visé cette modification, le Sénat a reconduit la CDHR sans toucher à la CEHR, et le rendement budgétaire potentiel d'un abaissement est faible (~500 M€/an pour un effort 2027 de 40 Md€).
Le risque budgétaire prioritaire concentré sur les hauts revenus reste la pérennisation/durcissement de la CDHR (risque #2). La CEHR pourrait évoluer comme variable d'ajustement secondaire : abaissement du seuil 250 k€ à 200 k€ avec rendement ~400 M€, ou hausse des taux 3-4 % à 4-5 % avec rendement ~600 M€. Mais aucun de ces scénarios n'est documenté à mai 2026.
Veille active recommandée
Surveillance suggérée : dépôt PLF 2027 début octobre 2026 (article 223 sexies CGI), amendements de la commission des finances AN et Sénat (octobre-novembre 2026), saisine du Conseil constitutionnel post-vote (décembre 2026). Hagnéré Patrimoine publie une mise à jour de ce guide en septembre 2026 et en décembre 2026 après promulgation.
Pas de cas pratique chiffré ici par honnêteté intellectuelle — spéculer sur un risque sans signal politique reviendrait à vendre de l'angoisse. Reste qu'à 3 M€+ de patrimoine, votre RFR peut franchir le seuil 250 k€ sur des années exceptionnelles (cession, dividendes massifs, IPO) ; les stratégies de lissage RFR (quotient art. 163-0 A, étalement rachats AV, déduction PER) restent pertinentes indépendamment du risque LF 2027.
9. Check-list « J-90 avant PLF 2027 » : 12 actions à boucler avant le 31 décembre 2026
Rappel du calendrier : PLF 2027 déposé début octobre 2026, voté entre octobre et décembre 2026, promulgué le 31 décembre 2026, applicable au 1er janvier 2027. La fenêtre opérationnelle pour les actes notariés, engagements collectifs, donations et arbitrages financiers se referme rapidement. Cette check-list trie les 12 actions par priorité décroissante (P1 = bloquant, P2 = utile, P3 = veille).
| # | Action | Priorité | Échéance idéale | Risque LF 2027 couvert |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Signer engagements collectifs Pacte Dutreil (2 ans) | P1 | 30/06/2026 | #1 Plafonnement Dutreil |
| 2 | Actes notariés donation NP titres entreprise (Dutreil + démembrement + réduction 50 %) | P1 | 30/09/2026 | #1 Plafonnement Dutreil |
| 3 | Donation 100 k€/parent/enfant art. 779 I CGI (renouvelable 15 ans) | P1 | 31/12/2026 | #6 PER 990 I succession + #1 |
| 4 | Donation Sarkozy 31 865 €/15 ans art. 790 G CGI | P2 | 31/12/2026 | #6 PER 990 I succession |
| 5 | Apport-cession 150-0 B ter signing + pipeline remploi éligible | P1 | 30/11/2026 | #5 Durcissement 150-0 B ter |
| 6 | Étaler rachats AV pour éviter franchissement CEHR/CDHR | P2 | Mensuel | #2 CDHR + #7 CEHR |
| 7 | Lissage RFR via quotient art. 163-0 A CGI | P2 | Au cas par cas | #2 CDHR + #7 CEHR |
| 8 | Arbitrer CTO vers AV/AVL (capter asymétrie 17,2 %) | P2 | Q4 2026 | #3 Alignement CSG |
| 9 | Cartographier actifs improductifs + sécuriser exo. biens pros | P2 | Q4 2026 | #4 Extension IFI improductif |
| 10 | Liquidation partielle PER en capital (65-70 ans) | P2 | Annuel jusqu'à 70 ans | #6 PER 990 I succession |
| 11 | Donation petits-enfants 31 865 € art. 790 B CGI | P3 | 31/12/2026 | #1 + #6 long terme |
| 12 | Bilan patrimonial Hagnéré pour scorer chaque risque | P1 | ASAP | Tous les 7 risques |
En pratique, les actions P1 (#1, #2, #3, #5, #12) sont les plus importantes — elles couvrent les risques à probabilité forte (Dutreil) et les opérations à fort enjeu fiscal (cession en cours). Les actions P2 (#4, #6 à #10) sont à intégrer dans la stratégie patrimoniale habituelle mais avec une attention renforcée pour les 6 prochains mois. Les actions P3 (#11) sont des optimisations longue durée.
Calendrier opérationnel mai → décembre 2026
| Mois | Action prioritaire | Pourquoi maintenant |
|---|---|---|
| Avril 2026 | Brief notarial + audit composition actif holding/SARL pré-Dutreil | Cass. com. 17/12/2025 24-17.415 SCI nue exclue ; délai acte notarié 8-12 mois |
| Juin 2026 | Engagement collectif Dutreil signé | Délai 2 ans → couvre transmission post-juin 2028 |
| Septembre 2026 | Actes notariés donation NP titres entreprise signés | Avant dépôt PLF 2027 ; sécurisation régime actuel |
| Octobre 2026 | Veille active dépôt PLF 2027 (1er mardi d'octobre) + donations art. 779/790 G/790 B | Lecture immédiate chapitre fiscalité patrimoine |
| Novembre 2026 | Signing apport-cession sous régime LF 2026 | Avant promulgation LF 2027 fin décembre |
| Décembre 2026 | Actes notariés bouclés avant 31/12 | Date butoir promulgation LF 2027 |
Expatriation : plan B rationnel ou réflexe disproportionné ?
Avant d'arbitrer le déménagement, trois faits chiffrés à intégrer. Italie « impatriato » : imposition forfaitaire annuelle de 200 000 € (depuis le décret du 7/08/2024 qui a doublé le taux historique 100 k€) sur les revenus de source étrangère, durée 15 ans, valable pour les patrimoines très élevés (rentabilité au-delà de ~3 M€ de revenus annuels passifs). Portugal NHR 2.0 (IFICI) : nouveau régime entré en vigueur 01/01/2024 — exonération étendue limitée à des activités scientifiques, R&D et professions qualifiées, plus restrictif que l'ancien NHR aboli. Exit tax France art. 167 bis CGI : imposition immédiate des plus-values latentes sur titres si patrimoine titres au-delà de 800 k€ ou détention au-delà de 50 % d'une société — sursis possible 8 ans avec garanties (15 ans pour mouvements UE).
L'expatriation reste un outil secondaire face aux 7 risques LF 2027 décrits : son coût patrimonial fixe (changement de centre des intérêts vitaux, perte des liens administratifs, fiscalité de sortie) excède généralement le surcoût LF 2027 attendu sur les profils 1-10 M€. Elle devient pertinente au-delà de 10 M€ ou pour des situations spécifiques (cession majeure imminente, héritier non résident, projet de vie indépendant). Pour le palier HNW émergent, structurer en holding + Dutreil + démembrement reste l'arbitrage prioritaire.
Les 3 choses à retenir
- LF 2027 va serrer la vis fiscale sur les patrimoines. Le contexte budgétaire ne laisse aucune alternative : déficit 5,1 % PIB, dette 117 % PIB, retour sous 3 % pas avant 2029, effort 2027 estimé à 40 Md€. La cible naturelle est le patrimoine. Le travail est déjà saturé à 47 % ; la TVA et l'impôt sur le revenu sont politiquement intouchables à la veille de la présidentielle 2027.
- 2 risques sont à probabilité forte : plafonnement Dutreil (5,5 Md€ Cour des comptes) et pérennisation CDHR. 3 risques sont à probabilité moyenne : alignement CSG, extension IFI improductif, durcissement supplémentaire 150-0 B ter. 2 risques sont à probabilité faible-moyenne ou spéculative : réforme PER 990 I, abaissement seuil CEHR. Le surcoût total potentiel pour les patrimoines 1-10 M€ : 100 k€ à 1,5 M€ selon configurations.
- La check-list J-90 (12 actions) est votre plan d'action structuré — signer les engagements collectifs Dutreil avant le 30/09/2026, boucler les actes notariés avant le 30/11/2026, sécuriser les apports-cession en cours avant le 31/12/2026, étaler les rachats AV et liquider partiellement les PER. La fenêtre opérationnelle se referme. Un bilan patrimonial Hagnéré scorera votre exposition aux 7 risques et priorisera les actions selon votre profil.
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