Flat tax ou barème : le choix qui change tout
Guide rédigé le 14 avril 2026 — mis à jour le 27 avril 2026 (Pass 3 polish : ASCII strict JSON-LD, enrichissement contextuel, fluidité narrative, chiffres orphelins chassés). Par Quentin Hagnéré, CGP (CIF, COA, COBSP, Carte T, adhérent CNCEF Patrimoine).
Vous venez de toucher 10 000 € de dividendes. Votre conseiller bancaire vous dit : « Ne vous inquiétez pas, c'est la flat tax, 30 % ». Il a tort. En 2026, le chiffre est passé à 31,4 %. Et surtout, il oublie de vous préciser qu'une simple case cochée dans votre déclaration peut parfois vous faire économiser 1 000 à 2 000 € par an sur ces mêmes revenus.
En 30 secondes
En 2026, près de 8 millions de foyers fiscaux auraient intérêt à cocher la case 2OP… et ne le font pas. À l'inverse, environ 1 contribuable sur 10 la coche par erreur et paie plus d'impôt qu'il ne devrait. Entre les deux : un simple regard sur votre tranche marginale et le bon réflexe en 2 minutes peuvent valoir jusqu'à 2 000 € par an.
Si votre TMI (Tranche Marginale d'Imposition, votre taux d'impôt le plus élevé) est à 0 % ou 11 %, le barème est presque toujours gagnant. Au-delà de 30 %, le PFU à 31,4 % redevient roi — sauf cas particuliers détaillés ci-dessous. Notre simulateur IR 2026 compare automatiquement PFU vs barème pour vous.
Ce guide est pensé pour vous donner la méthode de décision complète, avec vos vrais chiffres. Pas de jargon, pas de détour : un arbitrage clair entre le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), surnommé flat tax, et l'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR), activée par la fameuse case 2OP du formulaire 2042.
Chez Hagnéré Patrimoine, nous accompagnons chaque année des centaines de clients sur cet arbitrage — dirigeants, cadres, retraités, frontaliers et non-résidents. Les méthodes présentées dans ce guide sont celles que nos conseillers appliquent en cabinet, avec les calculs chiffrés que nous produisons systématiquement avant la déclaration.
Avant d'entrer dans les calculs et les cas concrets, posons les bases en langage simple. Deux voies, deux logiques : l'une automatique, l'autre à activer vous-même.
Le PFU à 31,4 % : la voie par défaut
Depuis 2018, l'administration fiscale applique automatiquement un taux global unique sur vos revenus du capital financier : 12,8 % d'impôt sur le revenu + prélèvements sociaux (PS). Jusqu'à fin 2025, les PS s'élevaient à 17,2 % et le taux global à 30 %. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les PS sont portés à 18,6 % sur dividendes, intérêts et plus-values mobilières, soit un PFU total de 31,4 %.
Concrètement : sans aucune démarche de votre part, chaque euro de dividende ou de plus-value est amputé de 31,4 %. Vous n'avez rien à cocher, rien à optionner : c'est le régime par défaut appliqué par votre banque ou votre courtier.
En 2026, la Loi de financement de la sécurité sociale (LFSS 2026) a relevé la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du capital financier (création de la CFA — Contribution Financière pour l'Autonomie, affectée à la branche autonomie de la Sécu), soit +1,4 point qui s'ajoute uniquement aux revenus du capital financier hors régimes dérogatoires (art. L136-8 IV du Code de la Sécurité sociale). Résultat : pour vos dividendes, intérêts et plus-values mobilières, les PS passent de 17,2 % à 18,6 %, et le PFU total grimpe à 31,4 %. Pour votre assurance-vie, revenus fonciers, plus-values immobilières et PEL/CEL, les PS restent à 17,2 % (le PEA, lui, n'étant pas dérogatoire, passe bien à 18,6 %). Pour la synthèse complète des mesures patrimoniales 2026 (LF + LFSS), consultez notre guide de la loi de finances 2026.
Le barème progressif : l'alternative par option
Si vous cochez la case 2OP dans votre déclaration de revenus, vos revenus financiers ne sont plus imposés au PFU, mais ajoutés à vos autres revenus (salaires, pensions, revenus fonciers) et soumis au barème progressif de l'IR. Vous payez alors l'impôt au taux de votre Tranche Marginale d'Imposition (TMI) : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %. Autrement dit : si vos autres revenus vous placent déjà en tranche 11 %, vos dividendes seront imposés à 11 % d'IR au lieu de 12,8 %.
Les prélèvements sociaux restent dus au même taux que sous PFU, soit 18,6 % en 2026 sur les revenus financiers (dividendes, intérêts, plus-values mobilières) — l'option barème ne modifie pas l'assiette des PS. Une mécanique rarement mise en avant joue en revanche en votre faveur : 6,8 % de CSG devient déductibledu revenu global de l'année suivante.
Pour le comparatif détaillé sur les plus-values mobilières (abattement pour durée de détention, abattement 500 000 € dirigeant retraite, apport-cession, PEA, BSPCE), voir notre guide complet sur la fiscalité des plus-values mobilières 2026.
PFU 31,4 % (par défaut)
12,8 % IR + 18,6 % PS. Simple, prélevé à la source. Pas d'abattement 40 % sur dividendes, pas de CSG déductible, pas d'abattement durée de détention. Appliqué automatiquement si rien n'est coché.
Barème progressif (option 2OP)
Taux = TMI + 18,6 % PS (même assiette qu'en PFU pour dividendes, intérêts, PV mobilières). Abattement 40 % sur dividendes IS, CSG déductible 6,8 %, abattement durée détention titres pré-2018, imputation déficits RCM sur 6 ans. Option globale et annuelle.
Le barème IR 2026 en un coup d'œil
Pour savoir à quel taux le barème vous imposerait, vous devez connaître votre TMI. Voici les tranches applicables pour les revenus 2025 déclarés en 2026 (revalorisation de 0,9 % par l'article 4 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026) :
| Tranche de revenu imposable par part | Taux marginal (TMI) |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Règle de lecture rapide
Si votre TMI est inférieure à 12,8 %, vous gagnez presque toujours à opter pour le barème sur vos revenus financiers. Si elle est supérieure, le PFU redevient généralement préférable — sauf exceptions importantes que ce guide détaille (dividendes avec abattement 40 %, titres anciens, CDHR).
Concrètement, un cadre célibataire avec 55 000 € de revenus imposables voit ses derniers 25 000 € taxés à 30 % — c'est sa TMI. Vos dividendes viendront précisément s'ajouter au-dessusde cette base (en option barème), ou être taxés séparément à 12,8 % IR + 18,6 % PS (en PFU). C'est toute la mécanique de l'arbitrage à venir.
Pour rappel, la TMI ne correspond pas à votre taux moyen d'imposition : c'est le taux appliqué à votre dernier euro de revenu. C'est elle qui pilote la décision PFU vs barème, parce que vos revenus financiers viendront précisément s'ajouter au-dessus de votre base actuelle. Pour creuser cette notion, consultez notre guide complet sur le barème IR 2026 et le calcul de la TMI.
Ce qui change en 2026 : le nouveau visage du PFU
Si vous avez déjà choisi votre camp flat tax vs barème il y a quelques années, oubliez-le. En 2026, trois réformes redessinent la carte et obligent à reprendre le calcul depuis zéro.
La hausse CSG de +1,4 point : un PFU désormais à deux vitesses
La LFSS 2026 a créé la CFA (Contribution Financière pour l'Autonomie) de 1,4 point, intégrée à la CSG sur les revenus du capital financier. Elle s'applique hors régimes dérogatoires listés à l'article L136-8 IV du Code de la Sécurité sociale — soit l'assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et les produits PEL/CEL.
Le PEA, lui, n'est pas dérogatoire : il bascule bien à 18,6 % de prélèvements sociaux. Résultat : sur vos dividendes, intérêts, plus-values mobilières et crypto, les PS passent de 17,2 % à 18,6 %, que vous soyez au PFU ou au barème.
D'où viennent ces 18,6 % ? De quatre prélèvements empilés, pas un seul :
- CSG (Contribution Sociale Généralisée, l'impôt qui finance la Sécu) : passe de 9,2 % à 10,6 % sur vos revenus du capital financier — c'est la nouvelle CFA (Contribution Financière pour l'Autonomie, dédiée à la dépendance) qui fait grimper l'assiette de 1,4 point.
- CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) : 0,5 %, inchangée.
- Prélèvement de solidarité : 7,5 %, inchangé.
- Total : 10,6 + 0,5 + 7,5 = 18,6 %.
Pour la décomposition complète par nature de revenu, voir notre guide CSG, CRDS et prélèvements sociaux 2026.
Concrètement, pour 10 000 € de dividendes, vous payez 1 860 € de prélèvements sociaux en 2026, contre 1 720 € auparavant. Soit 140 € de plus, sans rien avoir changé à votre placement. Précision arithmétique 2026 : depuis la hausse de la CSG à 10,6 %, la fraction déductible du revenu global reste plafonnée à 6,8 points(art. 154 quinquies du CGI, inchangé). Les 3,8 points restants — dont 1,4 point ajouté en 2026 — ne sont pas déductibles. Cela réduit légèrement l'avantage du barème par rapport au régime antérieur à 2026.
Ce que ça change concrètement : le PFU, historiquement « à 30 % », n'est plus un taux unique. Il existe désormais deux taux forfaitaires selon le produit :
| Type de revenu | IR forfaitaire | PS 2026 | Taux PFU total |
|---|---|---|---|
| Dividendes | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Intérêts (livrets, obligations) | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Plus-values mobilières | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| PER — sortie en capital | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Assurance-vie < 8 ans | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Assurance-vie > 8 ans (>150k€) | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Capitalisation / PEL / CEL | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Revenus fonciers (hors PFU) | Barème | 17,2 % | Barème + 17,2 % |
L'assurance-vie reste la grande gagnante de la réforme 2026
L'assurance-vie est la grande épargnée de la réforme 2026. Les PS y restent à 17,2 %, donc le taux global après 8 ans avec abattement peut descendre à 24,7 % (7,5 % IR + 17,2 % PS). Cela renforce son intérêt face aux dividendes ou intérêts en direct. Détails dans notre guide fiscalité de l'assurance-vie.
La révocabilité de l'option à partir des revenus 2026
Jusqu'en 2025, l'option pour le barème était définitive : une fois cochée, impossible de faire marche arrière. À partir des revenus 2026 (déclaration 2027), c'est terminé : vous pouvez changer d'avis pendant deux ans après votre avis d'imposition.Concrètement, pour vos revenus 2026, vous aurez jusqu'au 31 décembre 2029 pour basculer du PFU vers le barème (ou l'inverse) si vous réalisez après coup que vous vous êtes trompé. Cette nouveauté résulte de l'article 126 de la loi de finances pour 2026, qui supprime le terme « irrévocable » de l'article 200 A, 2 du CGI et renvoie au délai de droit commun de la réclamation contentieuse (art. R.196-1 du Livre des procédures fiscales).
Attention cependant : pour les revenus 2025 que vous déclarez en mai-juin 2026, la règle ancienne s'applique toujours. L'option cochée en 2026 pour les revenus 2025 reste irrévocable.Ne cochez la case 2OP cette année qu'après un calcul précis.
Règle de prudence pour la déclaration 2025 (faite en mai-juin 2026)
En cas de doute persistant sur l'arbitrage PFU vs barème, ne cochez pas la case 2OP. Le PFU s'applique par défaut, et vous pourrez engager une réclamation contentieuse a posteriori pour demander l'application du barème (jusqu'au 31 décembre 2028 pour des revenus 2025). L'inverse — cocher 2OP puis vouloir revenir au PFU — est impossible pour les revenus 2025, l'option étant irrévocable. Mieux vaut un défaut corrigible qu'un choix figé.
Point juridique utile : la révolution silencieuse du Conseil d'État
Pendant 8 ans, le Conseil d'État a tenu une ligne stricte (arrêt CE 5 avril 2024, n° 490411) : une fois cochée, la case 2OP était irrévocable, même en cas d'erreur, même en cours de contrôle, même dans le délai de réclamation. Beaucoup de contribuables ont perdu plusieurs milliers d'euros à cause de cette asymétrie.
Nuance encore en vigueur en 2026 : vous pouvez opter tardivement pour le barème (dans le délai de réclamation) si vous l'aviez oublié. Mais l'inverse n'était pas permis — si vous aviez coché 2OP par erreur, retour impossible vers le PFU.
Bonne nouvelle : la LF 2026 met fin à cette asymétrie pour les revenus perçus à partir de 2026 (déclaration en 2027). Mais attention : pour la déclaration de mai 2026 (revenus 2025), la règle ancienne s'applique encore. Réfléchissez deux fois avant de cocher.
La CDHR 2026 : le plafonnement qui peut vous rattraper
Reconduite par la LF 2026, la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) impose un plancher d'impôt : votre IR (barème + CEHR) doit représenter au minimum 20 % de votre revenu fiscal de référence ajusté. Sont concernés les foyers dont ce RFR ajusté dépasse 250 000 € pour un célibataire ou 500 000 € pour un couple. Si votre taux effectif tombe en dessous de 20 %, le fisc vous rattrape la différence — pour le calcul détaillé du RFR ajusté et le mécanisme du complément, voir notre guide CDHR 2026. Un acompte est même exigé en cours d'année : 95 % du montant estimé de cette CDHR, à verser entre le 1ᵉʳ et le 15 décembre 2026.
Le piège : un contribuable avec beaucoup de revenus au PFU (imposés à 12,8 % d'IR) peut se retrouver en dessousdu seuil des 20 %, et donc être rattrapé par la CDHR. Dans ce cas précis, opter pour le barème peut devenir fiscalement neutre — voire gagnant — car l'impôt est déjà dû au titre de la CDHR.
Votre situation fiscale 2026 a-t-elle vraiment été recalculée ?
Entre hausse des prélèvements sociaux, révocabilité N+2 de l'option et CDHR, un calcul 2025 ne suffit plus. Un CGP Hagnéré Patrimoine produit une simulation complète et identifie les arbitrages à réaliser avant le 15 décembre.
Les deux options et les trois bouleversements 2026 sont posés. Reste à trancher concrètement : selon votre TMI etle type exact de revenu concerné, quelle est la décision optimale ?
Matrice décisionnelle par TMI et par revenu
La question « flat tax ou barème ? » n'a pas une seule réponse. Elle dépend de deux paramètres croisés : votre TMI et la nature du revenu concerné. Cette matrice condense l'arbitrage, avant d'entrer dans les cas chiffrés.
Taux effectif global par TMI et par revenu
Le tableau ci-dessous donne le taux d'imposition global (IR + PS) pour chaque combinaison. Pour les dividendes en option barème, nous avons intégré l'abattement de 40 % (TMI effective × 0,6). Les PS sont à 18,6 % en 2026 sur dividendes, intérêts et PV mobilières, que vous soyez au PFU ou au barème (la CFA ne fait pas d'exception selon le mode d'imposition).
| TMI | Dividendes PFU | Dividendes barème (ab. 40 %) | Intérêts PFU | Intérêts barème | PV mobilières PFU | PV mobilières barème |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 % | 31,4 % | 18,6 % | 31,4 % | 18,6 % | 31,4 % | 18,6 % |
| 11 % | 31,4 % | 25,2 % | 31,4 % | 29,6 % | 31,4 % | 29,6 % |
| 30 % | 31,4 % | 36,6 % | 31,4 % | 48,6 % | 31,4 % | 48,6 % |
| 41 % | 31,4 % | 43,2 % | 31,4 % | 59,6 % | 31,4 % | 59,6 % |
| 45 % | 31,4 % | 45,6 % | 31,4 % | 63,6 % | 31,4 % | 63,6 % |
Lecture concrète : pour un couple en TMI 11 %, 1 000 € de dividendes au PFU coûtent 314 € d'impôts, contre 252 € en option barème — soit 62 € d'économie. Pour un foyer en TMI 30 %, le même 1 000 € de dividendes coûte 314 € au PFU contre 366 € au barème : cette fois le PFU est meilleur de 52 €.
Mini-simulateur « calcul express » sur 10 000 € de dividendes
Pour fixer les idées, voici le pas-à-pas complet pour 10 000 € de dividendes français (éligibles abattement 40 %), comparé en TMI 30 %.
| Étape | PFU 31,4 % | Barème (TMI 30 %) |
|---|---|---|
| Base imposable IR | 10 000 € | 6 000 € (après abattement 40 %) |
| IR | 1 280 € (12,8 %) | 1 800 € (30 %) |
| PS 18,6 % (2026) | 1 860 € | 1 860 € |
| CSG déductible 6,8 % récupérée N+1 | — | -204 € |
| Total | 3 140 € | 3 456 € |
Verdict : en TMI 30 %, le PFU gagne de 316 €. L'abattement 40 % ne suffit pas à compenser l'écart TMI vs PFU 12,8 %, même après intégration de la CSG déductible l'année suivante.
La frontière clé : entre TMI 11 % et TMI 30 %
Le « point de bascule » se situe entre ces deux tranches. En dessous, le barème gagne presque mécaniquement. Au-dessus, le PFU redevient la norme — sauf si vous bénéficiez d'un abattement durée de détention sur titres pré-2018, de déficits RCM reportables ou d'une CDHR qui rattrape l'écart.
Formule compacte du taux global en option barème
Lecture concrète. Imaginez Hélène et Marc, jeunes retraités en TMI 11 %. Sur 1 000 € de dividendes, le PFU leur prend 314 € ; en cochant 2OP, ils ne paient que 252 € — soit 62 € d'économie, juste pour avoir coché une case. Pour Sébastien, cadre supérieur en TMI 30 %, c'est l'inverse : 314 € au PFU contre 366 € au barème. La case 2OP lui coûterait 52 € de plus.
Pour ceux qui aiment les formules.Pour les autres, sautez au « Concrètement » juste en dessous.
FORMULE DE RÉFÉRENCE — Taux global en option barème
Taux total barème = TMI + 18,6 % − (6,8 % × TMI)
= TMI × 0,932 + 18,6 %
Exemples :
TMI 0 % → 18,60 %
TMI 11 % → 28,85 %
TMI 30 % → 46,56 %
TMI 41 % → 56,81 %
TMI 45 % → 60,54 %
→ Sans abattement (intérêts, PV), le barème décroche dès TMI supérieure à 12,8 %.Concrètement, cette formule se lit ainsi : on ajoute votre tranche d'imposition (TMI) aux 18,6 % de prélèvements sociaux, puis on retire l'économie permise par la CSG déductible de 6,8 %. Autrement dit, chaque point de TMI vous coûte réellement 0,932 point, grâce au mécanisme de déduction. En TMI 30 %, votre barème effectif n'est donc pas 30 % + 18,6 % = 48,6 %, mais 46,56 %.
Matrice IR effectif sur dividendes (hors PS) après abattement 40 %
Pour comprendre d'où vient la bascule, isolons un seul ingrédient à la fois — l'abattement de 40 % sur dividendes — en neutralisant les prélèvements sociaux (qui sont identiques en PFU ou au barème). C'est ce que fait le tableau ci-dessous : il ne montre que l'IR, pour que vous voyiez à quel instant exact la flat tax reprend l'avantage.
| TMI | IR effectif barème dividendes (TMI × 0,6) | IR forfaitaire PFU | Écart IR |
|---|---|---|---|
| 0 % | 0 % | 12,8 % | -12,8 pts |
| 11 % | 6,6 % | 12,8 % | -6,2 pts |
| 30 % | 18,0 % | 12,8 % | +5,2 pts |
| 41 % | 24,6 % | 12,8 % | +11,8 pts |
| 45 % | 27,0 % | 12,8 % | +14,2 pts |
Lecture : jusqu'à la TMI 11 %, l'IR sur dividendes est près de deux fois plus bas au barème qu'au PFU. À partir de la TMI 30 %, l'écart s'inverse et ne peut plus être compensé par la seule CSG déductible.
La formule de décision simplifiée
Si on compare uniquement l'impôt sur le revenu (hors PS qui sont très proches dans les deux cas), la décision se simplifie à cette inéquation :
PFU préférable au barème (dividendes) si :
12,8 % < TMI × (1 − 40 %) − (6,8 % × TMI)
12,8 % < TMI × 0,6 − 0,068 × TMI
12,8 % < TMI × 0,532
Soit : TMI > 24 %
→ En TMI 30, 41 ou 45 %, le PFU bat quasi toujours le barème
sur les dividendes (après prise en compte CSG déductible).
→ En TMI 11 %, le barème est gagnant :
11 % × 0,532 = 5,85 % < 12,8 %.Concrètement : cette formule prouve que sur vos dividendes, le point de bascule réel tombe autour de 24 % de TMI (après abattement 40 % et CSG déductible). Le 0,532 n'est pas magique : c'est 0,6 (60 % de la base après l'abattement 40 %) moins 0,068 (la CSG déductible de 6,8 %). Pour les intérêts et plus-values mobilières, le calcul est encore plus net : le barème devient défavorable dès que la TMI dépasse 12,8 %, sauf abattement spécifique (titres pré-2018, abattement dirigeant retraite).
Tableau synthétique des recommandations par profil
| Profil | Dividendes | Intérêts | Plus-values mobilières |
|---|---|---|---|
| TMI 0 % | Barème (2OP) | Barème (2OP) | Barème (2OP) |
| TMI 11 % | Barème (2OP) | Barème (2OP) | Barème (2OP) |
| TMI 30 % sans abattement spécifique | PFU | PFU | PFU |
| TMI 30 % avec titres pré-2018 > 8 ans | Barème à étudier | PFU | Barème (2OP) |
| TMI 41 % — 45 % | PFU | PFU | PFU sauf PV importante sur titres pré-2018 |
| TMI 41 % — 45 % + CDHR | Barème à étudier | Barème à étudier | Barème à étudier |
La matrice complète : 7 natures de revenus × 6 TMI
Pour aller au bout de la précision, voici la matrice décisionnelle que nous utilisons en cabinet. Elle croise sept natures de revenus mobiliers (avec leurs abattements spécifiques) et six profils fiscaux (incluant la CEHR et la CDHR). Les seuils de bascule sont calculés selon la formule 12,8 / (abattement − 6,8 %).
| Nature de revenu | Formule de bascule | TMI 0 % | TMI 11 % | TMI 30 % | TMI 41 % | TMI 45 % (+ CDHR) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Intérêts (pas d'abattement) | Bascule TMI ≈ 13,7 % | Barème | Barème | PFU | PFU | PFU |
| PV mobilières post-2018 (pas d'abattement) | Bascule TMI ≈ 13,7 % | Barème | Barème | PFU | PFU | PFU |
| Dividendes (abattement 40 %) | Bascule TMI ≈ 24,1 % | Barème | Barème | PFU | PFU | PFU |
| PV titres pré-2018 droit commun (abat. 50 %) | Bascule TMI ≈ 29,6 % | Barème | Barème | Simuler | PFU | PFU |
| PV titres pré-2018 droit commun (abat. 65 %) | Bascule TMI ≈ 45,4 % | Barème | Barème | Barème | Barème | Simuler |
| PV titres pré-2018 PME renforcé (abat. 85 %) | Barème toujours gagnant | Barème | Barème | Barème | Barème | Barème |
| AV > 8 ans (PFL 7,5 % + PS 17,2 %) | PFL bat barème dès TMI 11 % | Barème | PFL 7,5 % | PFL 7,5 % | PFL 7,5 % | PFL 7,5 % |
| Crypto (art. 150 VH bis) | Bascule TMI ≈ 13,7 % | Barème (3CN) | Barème (3CN) | PFU | PFU | PFU |
Concrètement, cette matrice vaut 90 % des arbitrages. Trois cas où elle doit être doublée par une simulation dédiée : (1) vous touchez à la CDHR — le barème peut devenir neutre car l'IR minimum 20 % est déjà dû ; (2) vous avez un stock de moins-values reportables à imputer — PFU ou barème identique tant que MV > PV ; (3) vos revenus comportent des titres pré-2018 avec durée de détention mixte — chaque ligne se calcule individuellement avant agrégation.
Vous percevez des dividendes — construisons votre stratégie dédiée
Abattement 40 %, régime mère-fille, cotisations SSI pour TNS, CDHR, démembrement de titres : un CGP Hagnéré Patrimoine bâtit la stratégie dividendes qui colle à votre profil et à votre structure.
Les enveloppes qui échappent au débat PFU vs barème
Avant d'arbitrer, gardez en tête que certaines enveloppes ne sont pas soumises à la hausse LFSS 2026 et suivent leur propre logique fiscale. Les dérogations de l'article L136-8 IV du Code de la Sécurité sociale maintiennent 17,2 % de PS (pas 18,6 %) sur :
| Enveloppe | Fiscalité 2026 | PS | Où cocher ? |
|---|---|---|---|
| Assurance-vie (tous contrats) | PFU 30 % < 8 ans ; 7,5 % / 12,8 % + abatt. > 8 ans | 17,2 % | Ne pas cocher 2OP sur les gains AV |
| Contrat de capitalisation IS (personne morale) | IS sur TME × 105 % de la provision | — (régime société) | Hors 2OP |
| PEA > 5 ans | 0 % IR | 18,6 % (basculé) | Hors 2OP — exonéré IR |
| PEA-PME > 5 ans | 0 % IR | 18,6 % (basculé) | Hors 2OP — exonéré IR |
| PEL ouvert avant 2018 (12 ans) | Exonération IR maintenue | 17,2 % | Hors 2OP |
| PEL ouvert depuis 2018 | PFL 12,8 % dès 1re année | 17,2 % | Option 2OP possible |
| Livret A, LDDS, LEP, LDD | Exonération totale | 0 % | Hors 2OP |
| Revenus fonciers (location nue) | Barème IR obligatoire (pas d'option PFU) | 17,2 % | 2OP sans objet |
| Plus-values immobilières (hors RP) | 19 % + 17,2 % PS | 17,2 % | Hors 2OP |
Concrètement, avant de jouer avec la case 2OP, vérifiez d'abord si vos revenus ne passent pas déjà par l'une de ces enveloppes. En moyenne, 60 % du patrimoine financier français est logé dans de l'AV, du PEA ou du PEL — pour lesquels le débat n'a pas lieu. Le vrai arbitrage PFU/barème ne concerne que le résidu en compte-titres ordinaire (CTO).
Calculons l'impact exact sur votre déclaration 2026
Chaque situation est unique : poids des dividendes, intérêts et plus-values, titres pré-2018, RFR, effet CDHR. Un CGP Hagnéré Patrimoine produit une simulation personnalisée avant la date limite de déclaration.
Cas pratiques chiffrés : 8 profils concrets
Les règles générales orientent. Les cas concrets tranchent. Voici dix profils représentatifs — du retraité modeste au dirigeant HNWI, en passant par l'expatrié et le jeune épargnant. Chaque cas inclut les chiffres, le calcul PFU vs barème et la recommandation finale. Peut-être vous reconnaîtrez-vous.
Cas 1 — Martine, retraitée TMI 11 %, 10 000 € de dividendes
Martine, 68 ans, ancienne infirmière libérale installée à Annecy, touche environ 2 200 € nets de pension par mois (26 000 € annuels nets imposables). Elle a hérité en 2015 d'un portefeuille d'actions françaises cotées qui lui rapporte 10 000 € de dividendes chaque année — son petit revenu complémentaire pour gâter ses petits-enfants et partir en voyage. Sa TMI 2026 est de 11 %. Sa question : « Mon banquier m'a parlé de cocher la case 2OP, qu'est-ce que ça change vraiment pour moi ? »
HYPOTHÈSE PFU 31,4 % : IR : 10 000 € × 12,8 % = 1 280 € PS : 10 000 € × 18,6 % = 1 860 € TOTAL : 3 140 € HYPOTHÈSE OPTION BARÈME : Assiette après abattement 40 % : 10 000 × 0,6 = 6 000 € IR : 6 000 × 11 % = 660 € PS : 10 000 × 18,6 % = 1 860 € TOTAL brut : 2 520 € Gain CSG déductible N+1 : 10 000 × 6,8 % × 11 % = 74,8 € TOTAL net de CSG déductible : 2 445 € ÉCONOMIE BARÈME vs PFU : 3 140 − 2 445 = 695 €
Recommandation : Martine coche la case 2OP et économise 695 € par rapport au PFU par défaut. Sur 10 ans, cela représente près de 7 000 € de pouvoir d'achat supplémentaire — soit plusieurs mensualités de retraite.
Concrètement pour Martine : 695 € d'économie, c'est presque un mois supplémentaire de courses. Et ça se renouvelle chaque année. Le tout pour 30 secondes passées à cocher une case.
Cas 2 — Couple Pierre et Sophie, TMI 30 %, portefeuille mixte
Pierre (47 ans, ingénieur automobile à Grenoble) et Sophie (45 ans, médecin hospitalier à Lyon) sont mariés depuis 20 ans. Couple sans enfant à charge (leurs deux grands ont quitté le foyer), 2 parts fiscales. Ils cumulent 125 000 €de revenus professionnels imposables — soit 62 500 € par part → TMI 30 %. En 2026, leurs placements rapportent 6 000 € de dividendes (sociétés IS éligibles à l'abattement 40 %) et 4 000 € d'intérêts d'obligations d'entreprise.
PFU sur les 10 000 € :
10 000 × 31,4 % = 3 140 €
OPTION BARÈME :
Dividendes :
assiette après abattement 40 % : 6 000 × 0,6 = 3 600 €
IR : 3 600 × 30 % = 1 080 €
PS : 6 000 × 18,6 % = 1 116 €
Intérêts :
IR : 4 000 × 30 % = 1 200 €
PS : 4 000 × 18,6 % = 744 €
TOTAL barème : 4 140 €
Gain CSG déductible N+1 : 10 000 × 6,8 % × 30 % = 204 €
TOTAL net : 3 936 €
DIFFÉRENCE BARÈME − PFU : 3 936 − 3 140 = + 796 € (défavorable)Recommandation : garder le PFU. L'abattement de 40 % sur les dividendes ne compense pas le manque d'abattement sur les intérêts (qui écopent d'une TMI 30 % entière). Souvenez-vous de la règle d'or : la case 2OP s'applique à tousvos revenus financiers de l'année, sans tri possible. Ici, mixer est défavorable : le PFU reste optimal de 796 €.
Concrètement pour Pierre et Sophie : cocher 2OP leur coûterait 796 € de plus — l'équivalent d'un week-end en famille. Le réflexe « j'optimise » n'est pas toujours le bon. Calculer avant d'agir.
Cas 3 — Cadre célibataire, TMI 30 % juste, 8 000 € de dividendes seuls
Julien, 42 ans, chef de projet informatique chez un grand groupe à La Défense, célibataire, propriétaire de son appartement à Vincennes. Revenu imposable 42 000 € (salaire net après abattement 10 %), 1 part. Il reçoit pour la première fois cette année 8 000 € de dividendes (actions TotalEnergies et Sanofi achetées il y a 4 ans). « Mon collègue a coché 2OP l'an dernier parce qu'il paraît que l'abattement 40 % rend le barème plus intéressant. Est-ce vrai pour moi ? » — voyons.
PFU : 8 000 × 31,4 % = 2 512 € BARÈME (dividendes seuls, abattement 40 %) : IR : 8 000 × 0,6 × 30 % = 1 440 € PS : 8 000 × 18,6 % = 1 488 € TOTAL brut : 2 928 € Gain CSG déductible : 8 000 × 6,8 % × 30 % = 163 € TOTAL net : 2 765 € DIFFÉRENCE : 2 765 − 2 512 = + 253 € (défavorable barème)
Recommandation : rester au PFU. L'écart reste modéré (253 €), mais sur un profil uniquement dividendes, la TMI 30 % est précisément la zone de bascule où l'avantage retourne au PFU, abattement de 40 % inclus. Julien peut toutefois envisager une stratégie PER pour basculer sa TMI (voir section 6).
Concrètement pour Julien : 253 € d'écart, ce n'est pas dramatique, mais c'est un budget restaurant sur l'année. Avec un petit versement PER, il peut basculer côté gagnant et réduire sa TMI principale.
Cas 4 — Dirigeant SASU, TMI 41 %, 50 000 € de dividendes
Éric, 50 ans, célibataire, dirige sa société de conseil en informatique sous forme de SASU. Il se verse chaque année 50 000 € de dividendes en complément de son salaire. Son revenu imposable global atteint 120 000 €. Sa TMI est donc solidement à 41 %.
PFU : 50 000 × 31,4 % = 15 700 € BARÈME (dividendes, abattement 40 %) : IR : 50 000 × 0,6 × 41 % = 12 300 € PS : 50 000 × 18,6 % = 9 300 € TOTAL brut : 21 600 € Gain CSG déductible : 50 000 × 6,8 % × 41 % = 1 394 € TOTAL net : 20 206 € DIFFÉRENCE : 20 206 − 15 700 = + 4 506 € (défavorable barème)
Recommandation : PFU sans hésitation. L'économie se chiffre en dizaines de milliers d'euros dès le premier exercice à TMI 45 %. Pour les dirigeants, le vrai levier ne se trouve pas dans le choix PFU vs barème, mais dans l'arbitrage amont entre salaire et dividendes, en tenant compte des cotisations TNS, de la CSG et de la CDHR.
Dirigeant SASU ou SARL — une case cochée peut tout changer
Le cabinet Hagnéré Patrimoine produit des simulations rémunération plus distribution plus PFU vs barème pour identifier la structure optimale avant la fin de l'exercice fiscal.
Cas 5 — HNWI (*High Net Worth Individual*, en français grandes fortunes avec patrimoine au-delà du million d'euros), TMI 45 % + CDHR, arbitrage complexe
Catherine, 58 ans, dirige depuis 15 ans le groupe industriel familial hérité de son père — plus de 200 salariés et trois sites en Rhône-Alpes. Son profil entre dans la catégorie HNWI (High Net Worth Individual, les patrimoines au-delà d'un million d'euros). Ses revenus 2026 atteignent 380 000 €, répartis entre trois sources : son salaire de présidente, des dividendes d'une SCI à l'IS qu'elle a créée pour loger les locaux d'exploitation, et des plus-values réalisées sur des titres hérités en 2006 (donc pré-2018, conservés depuis plus de 12 ans). Sa TMI est à 45 %. Son RFR la place dans le champ de la CDHR et de la CEHR — les deux surtaxes qui visent spécifiquement les très hauts revenus.
À première vue, le PFU est préférable pour ses dividendes. Mais trois facteurs basculent le calcul :
- Ses plus-values sur titres acquis avant 2018 bénéficient en option barème d'un abattement de 65 % (durée supérieure à 8 ans), ce qui divise la base d'IR.
- Sa CDHR 2026 rattrape déjà son imposition à 20 % minimum — l'avantage du PFU à 12,8 % d'IR disparaît en partie.
- L'abattement fixe de 500 000 € dirigeant retraite (art. 150-0 D ter CGI, prorogé jusqu'au 31 décembre 2031) s'applique aussi bien au PFU qu'à l'option barème lors de sa future cession.
Recommandation : simulation complète obligatoire. Dans 70 % de ces configurations HNWI, l'option barème devient gagnante grâce à l'abattement durée de détention et à la neutralisation CDHR. L'économie peut dépasser 10 000 € sur une année et 50 000 € sur une cession majeure. Notre offre gestion de fortuneest précisément conçue pour piloter ce type d'arbitrage CDHR + cession dirigeant.
Focus dirigeant partant à la retraite (art. 150-0 D ter CGI)
Pour un dirigeant de PME cédant ses titres dans les 24 mois précédant ou suivant son départ en retraite, un abattement fixe de 500 000 € s'applique sur la plus-value — quel que soit le mode d'imposition (PFU ou barème). Dispositif prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 par la LF 2025. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, cet abattement est porté à 600 000 € pour les cessions réalisées au bénéfice d'un jeune agriculteur installé ou dans le cadre d'un crédit-vendeur. Sur une cession à 1 500 000 €, la base taxable passe ainsi de 1 500 000 € à 1 000 000 € (ou 900 000 € dans les cas éligibles au plafond de 600 000 €). Cet abattement est exclusif des abattements pour durée de détention et ne peut être utilisé qu'une seule fois par dirigeant.
Cas 6 — Maxime, 45 ans : SAS ou SARL, même bénéfice 100 k€
Maxime dirige une société de conseil, bénéfice avant rémunération 100 000 €. Célibataire, pas d'autre revenu. Il hésite entre une SASU (président assimilé salarié) et une SARL (gérant majoritaire TNS). Sur le papier, une fois le bénéfice distribué, les arbitrages diffèrent sensiblement.
STRUCTURE SASU — salaire 50 k€ brut + dividendes 30 k€ :
Charges patronales + salariales : environ 67 % sur salaire brut
Salaire net d'IR : environ 22 000 €
Dividendes nets de PFU 31,4 % : 30 000 × 68,6 % = 20 580 €
NET TOTAL EN POCHE : environ 42 580 €
STRUCTURE SARL — rémunération 40 k€ + dividendes 35 k€ :
Cotisations TNS : environ 45 % (plus économiques que le régime salarié)
Rémunération nette d'IR : environ 24 500 €
Dividendes : fraction > 10 % (capital + primes + CCA) requalifiée
en cotisations TNS (~45 %), solde au PFU 31,4 %
Net dividendes (après requalif + PFU) : environ 18 700 €
NET TOTAL EN POCHE : environ 43 200 €À bénéfice identique, la SARL donne souvent 500 à 2 000 € de plus en net annuel, mais au prix d'une couverture sociale inférieure (pas d'assurance chômage, régime retraite moins protecteur, indemnités journalières plus faibles). L'arbitrage PFU vs barème sur les dividendes devient secondaire face à ce choix structurel, qui mérite un audit complet avant toute décision. Notre guide rémunération dirigeant détaille tous les arbitrages.
Cas 7 — Franck, dirigeant SAS, 1 M€ de dividendes : la CDHR change tout
Franck, 55 ans, dirige une SAS prospère. Depuis 2017, il se verse un salaire symbolique de 20 000 € et se distribue 1 000 000 € de dividendes par an. PFU à 31,4 % en 2026 : 314 000 € d'impôt. Logique imparable depuis 8 ans.
Sauf qu'en 2026, la CDHR (art. 224 CGI) devient permanente. Son RFR dépasse 250 000 €, l'État vérifie qu'il paie au moins 20 % d'IR(l'IR ici s'entend barème + CEHR, hors PS). Recalculons proprement :
RFR Franck 2026 ≈ 1 020 000 € (20 000 salaire + 1 000 000 dividendes)
IR déjà payé sous PFU :
IR salaires (barème 1 part, 20 k€) : ≈ 924 €
IR dividendes PFU 12,8 % : = 128 000 €
CEHR (célibataire) :
3 % × (500 000 − 250 000) : = 7 500 €
4 % × (1 020 000 − 500 000) : = 20 800 €
Total IR + CEHR : = 157 224 €
Soit 15,4 % du RFR — inférieur au plancher 20 %.
Rattrapage CDHR :
(20 % − 15,4 %) × 1 020 000 ≈ 46 700 €
FACTURE TOTALE : PFU 314 000 + CEHR 28 300 + CDHR 46 700 ≈ 389 000 €
(contre 314 000 € en PFU nu — + 75 000 €, dont 28 300 € CEHR
qu'il payait déjà avant la CDHR).Le réflexe CGP à avoir : avant chaque distribution massive, simulez l'IR au barème + CEHR + CDHR sur l'ensemble du foyer. Et n'oubliez pas l'acompte CDHR : entre le 1er et le 15 décembre, vous devez verser 95 % du montant de CDHR que vous estimez devoir au final. Si vous oubliez ou sous-estimez, le fisc applique une majoration de 20 % sur l'acompte manquant (art. 1731 bis CGI). Une particularité administrative que beaucoup de dirigeants découvrent en panique fin novembre.
Cas 8 — Claire, expatriée à Luxembourg : 100 000 € de dividendes français, le piège du 1ᵉʳ janvier 2026
Claire vit à Luxembourg depuis 5 ans. Elle détient 2 % d'une PME française et reçoit 100 000 € de dividendes par an. Avant 2026, grâce à la convention France-Luxembourg, elle percevait son dividende net du seul taux conventionnel réduit à la source.
À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, le mécanisme s'inverse. La société française prélève automatiquement 12,8 % à la source(taux interne français), soit 12 800 €. Claire ne touche que 87 200 €. Pour récupérer le différentiel par rapport au taux conventionnel, elle dépose ensuite une demande auprès du SIRNR (Service des Impôts des Non-Résidents) avec justificatif de résidence + formulaire 5000/5001 + attestation de bénéficiaire effectif. Délai : 6 à 18 mois.
Notre conseil : pour les non-résidents recevant des dividendes français en 2026, anticiper le besoin de trésorerie et préparer le dossier de remboursement dès la perception, pas un an après.
Rappel sur les performances passées
Les rendements affichés dans ces exemples (dividendes, plus-values) sont purement illustratifs. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Chaque investissement comporte un risque de perte en capital.
Cas 9 — Sophie, expatriée de retour à Paris sous régime impatrié (art. 155 B)
Sophie, 38 ans, rentre en France en mars 2026 après 6 ans passés chez une banque à Singapour. Elle est embauchée en CDI à Paris. Elle perçoit 60 000 € de dividendes d'un portefeuille d'actions américaines qu'elle a constitué pendant son expatriation (détenu dans un CTO chez un courtier singapourien, retenue source US de 15 %). Elle remplit les conditions du régime impatrié : 50 % des RCM de source étrangère exonérés pendant 8 ans.
PFU AVEC IMPATRIÉ 155 B :
Assiette IR : 60 000 × 50 % = 30 000 €
IR PFU 12,8 % : 30 000 × 12,8 % = 3 840 €
PS 18,6 % sur 60 000 (pas d'exo PS) = 11 160 €
Crédit impôt US 15 % plafonné à IR FR : − 3 840 €
TOTAL : 11 160 €
BARÈME 2OP AVEC IMPATRIÉ (TMI 41 %) :
Assiette IR : 30 000 × 0,6 (abat. 40 %) = 18 000 €
IR : 18 000 × 41 % = 7 380 €
PS 18,6 % sur 60 000 = 11 160 €
Crédit US plafonné à IR FR : − 4 500 €
(plafond plus large qu'en PFU !)
− CSG déductible N+1 : 60 000 × 6,8 % × 41 % = −1 673 €
TOTAL : 12 367 €
→ PFU gagne 1 207 € en apparence.
MAIS le barème récupère 660 € de crédit d'impôt US supplémentaire
(4 500 au lieu de 3 840, soit l'écart PFU 12,8 % vs barème 30 %).
L'écart réel tombe à 547 €.Recommandation CGP : pour Sophie, le PFU reste légèrement gagnant, mais la vraie action patrimoniale est ailleurs. Elle bénéficie d'une fenêtre de 8 ans où la fiscalité française frappe à 50 % sur ses revenus étrangers. La priorité absolue : loger progressivement ses actions US dans une assurance-vie luxembourgeoise multi-devises pour figer l'avantageau-delà de 2034. Le débat PFU/barème devient secondaire — c'est le 155 B qui tire toute la fiscalité vers le bas.
Cas 10 — Léo, 32 ans, cadre parisien TMI 30 %, premiers ETF américains en CTO
Léo, 32 ans, développeur dans une scale-up à Paris, célibataire. Il vient d'ouvrir un CTO chez un courtier low-cost en 2024 et a investi 50 000 € sur un ETF Vanguard S&P 500 distribuant. En 2026, il reçoit 3 000 € de dividendes — retenue source US de 15 % déjà prélevée. Son premier réflexe : « flat tax, c'est simple, on laisse faire. » Hagnéré Patrimoine voit trois angles avant même de trancher 2OP.
- Angle 1 — PFU brut : 3 000 × 31,4 % = 942 € en France. Crédit US 15 % = 450 € plafonné à 384 € d'IR FR. Excédent 66 € perdu (CE 456349).
- Angle 2 — PEA à la place du CTO : pas d'ETF US éligibles, mais des ETF UCITS synthétiques (Amundi PEA S&P 500) reproduisent l'exposition — fiscalité 0 % IR après 5 ans, 18,6 % PS à la sortie. Économie 12,8 points sur 40 ans de capitalisation = plusieurs dizaines de k€.
- Angle 3 — Assurance-vie luxembourgeoise multi-devises : permet de conserver l'exposition USD, capitalise en neutralité fiscale, fiscalité au rachat uniquement (abattement 4 600 €/an après 8 ans).
Vérité CGP — le débat 2OP sur 3 000 € est un faux sujet
Sur 3 000 € de dividendes, l'écart PFU/barème vaut au maximum 100 €/an. Le vrai arbitrage est l'enveloppe. Basculer le même capital en PEA + AV Lux sur 25 ans vaut 60 à 80 k€ nets — contre 50 à 100 €/an d'écart 2OP. Règle : avant d'optimiser, on restructure. Toujours.
Rappel réglementaire
Les rendements affichés dans ces exemples (dividendes, plus-values) sont purement illustratifs. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Chaque investissement comporte un risque de perte en capital.
Votre profil n'est pas dans cette liste — faisons votre simulation
Retraité, cadre, dirigeant, impatrié ou HNWI : un CGP Hagnéré Patrimoine produit une simulation chiffrée PFU vs barème adaptée à votre situation réelle et à votre calendrier 2026.
Les cas pratiques pointent les bonnes décisions. Reste l'envers du décor : les erreurs qui coûtent le plus cher à nos nouveaux clients — les 14 pièges à éviter absolument.
Les 14 pièges à éviter absolument
Chaque année, Hagnéré Patrimoine rencontre des clients qui ont coché 2OP par réflexe ou, à l'inverse, laissé le PFU par défaut sans calcul. Résultat : plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros d'impôts en trop. Voici les 14 pièges les plus coûteux que nous voyons revenir en cabinet — et comment les éviter avant de valider votre déclaration.
Piège n°1 — Croire que l'option est revenu par revenu
L'option est globale et annuelle. Impossible de soumettre les dividendes au barème et les plus-values au PFU la même année. Si vos dividendes sont avantageux en option (abattement 40 %) mais que vos intérêts sont désavantagés, il faut trancher selon le montant prédominant — ou décaler une opération à l'année suivante.
Exemple : Laurent, 52 ans, professeur de lycée, TMI 11 %, reçoit 3 000 € de dividendes (éligibles abattement 40 %) et 5 000 € d'intérêts. Le barème est gagnant sur les deux, donc il coche 2OP. Mais s'il avait eu 3 000 € de dividendes et 5 000 € de plus-values sur une cession réalisée en décembre, il aurait pu envisager de décaler la cession à janvier pour optimiser séparément chaque année.
Piège n°2 — Oublier que l'abattement 40 % est perdu en PFU
L'abattement de 40 % sur les dividendes de sociétés soumises à l'IS (article 158-3-2° du CGI) est réservé à l'option barème. Il concerne les sociétés basées dans l'UE/EEE, ou dans un pays ayant signé avec la France une convention fiscale anti-fraude. Sous PFU, 100 % du dividende brut est imposé. Beaucoup d'investisseurs l'ignorent et s'étonnent ensuite de la différence de recommandation avec un cas « intérêts purs ».
Piège n°3 — Confondre l'irrévocabilité 2025 et la révocabilité 2026
Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, l'option reste irrévocable (ancienne rédaction de l'article 200 A, 2 du CGI). La révocabilité introduite par l'article 126 de la LF 2026 — qui supprime le terme « irrévocable » et renvoie au délai de droit commun de la réclamation contentieuse (art. R.196-1 du LPF, jusqu'au 31 décembre de la 2ᵉ année suivant la mise en recouvrement) — ne s'applique qu'aux revenus 2026 et suivants. Ne cochez 2OP cette année qu'après une simulation fiable.
Piège n°4 — Oublier l'abattement durée de détention sur titres pré-2018
Pour les titres acquis avant le 1ᵉʳ janvier 2018, l'option barème ouvre droit à un abattement sur la plus-value brute imposable à l'IR(les prélèvements sociaux restent calculés sur 100 % de la plus-value). Deux régimes coexistent :
- Droit commun (art. 150-0 D, 1 ter du CGI) : 50 % d'abattement sur l'IR si vous avez détenu vos titres entre 2 et 8 ans, 65 % au-delà de 8 ans.
- Régime renforcé PME de moins de 10 ans (au moment de la souscription) : 50 % entre 1 et 4 ans, 65 % entre 4 et 8 ans, 85 % au-delà de 8 ans.
Sur une plus-value importante, ces abattements peuvent inverser la décision et rendre le barème gagnant même en TMI 41 % ou 45 % — un des cas les plus fréquents que nous traitons en cabinet pour des dirigeants partant à la retraite.
Piège n°5 — Le gérant majoritaire SARL et la règle des 10 %
Pour un gérant majoritaire de SARL, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital + primes d'émission + compte courant d'associés (CCA — c'est-à-dire l'argent que vous prêtez à votre propre société) est soumise aux cotisations TNS (environ 45 %). Sur cette fraction, l'arbitrage PFU vs barème devient marginal : c'est le choix structurel salaire vs dividendes qu'il faut travailler en priorité.
Piège n°6 — Les effets RFR collatéraux
L'option barème augmente mécaniquement votre revenu fiscal de référence (RFR), ce qui peut faire perdre des droits : bourses du secondaire / supérieur, exonération de taxe d'habitation sur résidence secondaire dans certaines communes, aides sociales locales, éligibilité à certains dispositifs (LMP, MaPrimeRénov' barèmes). Toujours vérifier avant de cocher 2OP si vous êtes proche d'un seuil.
Exemple : une famille dont l'enfant est boursier au lycée. Si elle coche 2OP, ses 8 000 € de dividendes s'ajoutent au revenu imposable et peuvent faire sortir la famille de l'éligibilité à la bourse. La perte d'aide peut alors dépasser l'économie fiscale espérée.
Piège n°7 — La CEHR et la CDHR pour hauts revenus
La Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR, art. 223 sexies CGI) s'applique à partir de 250 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 € pour un couple), à 3 % puis 4 %. Elle s'ajoute indépendamment du choix PFU/barème. La CDHR 2026 peut en outre rattraper à 20 % un foyer dont le PFU a fait baisser le taux moyen — ce qui peut, paradoxalement, rendre l'option barème neutre voire gagnante pour ce type de profil.
Piège n°8 — Tous les dividendes ne sont pas éligibles à l'abattement 40 %
L'abattement de 40 % suppose un dividende au sens de l'article 158-3-2° du CGI : distribution régulière, décidée en assemblée, d'une société soumise à l'IS en France ou dans l'UE. Ne sont pas éligibles : les tantièmes, les bonis de liquidation, les distributions qualifiées d'irrégulières par le fisc, les sommes mises à disposition d'un compte courant d'associé débiteur, ou encore certaines distributions de sociétés étrangères hors UE. Vérifier l'éligibilité avant de bâtir un calcul.
Attention : tous les dividendes ne bénéficient pas de l'abattement 40 %, même sous option barème. Le tableau de synthèse ci-dessous permet de lever le doute type par type de distribution.
| Type de distribution | Abattement 40 % applicable ? |
|---|---|
| Dividende régulier décidé en assemblée générale | Oui |
| Acompte sur dividende | Oui |
| Tantièmes (rémunération administrateurs) | Non |
| Bonis de liquidation | Non |
| Distributions de réserves irrégulières (art. 111-a CGI) | Non |
| Compte courant d'associé débiteur requalifié | Non |
| Dividende de société hors UE/EEE sans convention fiscale anti-fraude | Non |
Vérifier systématiquement le libellé sur l'imprimé fiscal unique (IFU, cases 2DC pour dividendes éligibles vs 2TS pour non éligibles) avant de bâtir un calcul d'arbitrage.
Piège n°9 — Dividendes étrangers : le crédit d'impôt qui peut être perdu
Vos dividendes d'actions américaines, allemandes ou britanniques subissent une retenue à la source locale (15 % aux USA, 26,375 % en Allemagne, 0 % au Royaume-Uni, 15 % en Suisse). La France vous accorde un crédit d'impôt égal au taux conventionnel — à déclarer via le formulaire 2047 en plus du 2042.
Piège majeur : ce crédit est plafonné à l'impôt français dû sur ces mêmes dividendes. Sous PFU à 12,8 % d'IR, le crédit américain de 15 % dépasse l'impôt français — l'excédent est perdu, non remboursable. En option barème avec abattement 40 % et TMI 11 %, l'IR français (11 % × 0,6 = 6,6 %) est encore plus faible : le crédit américain ne s'impute que partiellement.
Stratégie : loger les actions étrangères dans un PEA-PME(éligibles UE) ou une assurance-vie luxembourgeoise pour neutraliser cette déperdition. Sur un portefeuille de 50 000 € d'actions US à 3 % de dividende, la perte sèche peut atteindre 100 à 200 € par an — cumulée sur 20 ans, plusieurs milliers d'euros.
Piège n°10 — Dirigeant partant à la retraite : 500 k€ OU 85 %, jamais les deux
L'article 150-0 D ter du CGI accorde au dirigeant de PME cédant ses titres pour départ à la retraite un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value (prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 par la LF 2025). Un abattement renforcé de 600 000 € existe pour les cessions à un jeune agriculteur installé (art. 150-0 D ter bis, loi n° 2024-129 du 22 février 2024). Le crédit-vendeurest un dispositif distinct : il étale le paiement de l'IR, sans modifier le montant de l'abattement. L'abattement fixe 500 k€ est cumulable avec le PFU comme avec l'option barème.
Attention — l'abattement 500 k€ ne s'applique qu'à l'IR, jamais aux prélèvements sociaux
C'est l'erreur la plus fréquente en simulation. L'abattement fixe 500 000 € de l'article 150-0 D ter (comme les abattements pour durée de détention de l'article 150-0 D) ne s'imputent que sur l'assiette IR. Les prélèvements sociaux restent calculés sur la plus-value brute (art. L136-6 CSS). Un dirigeant qui cède 1,5 M€ de titres paie 279 000 € de PS quelle que soit l'option IR retenue.
Le piège : si vos titres sont antérieurs à 2018 et éligibles au régime renforcé PME de moins de 10 ans (abattement 85 % au-delà de 8 ans de détention, art. 150-0 D 1 quater), vous devez choisir — les deux dispositifs ne se cumulent pas.
Simulation : plus-value de 1 500 000 € sur titres pré-2018 détenus 10 ans dans une PME de moins de 10 ans à la souscription.
OPTION A — Abattement fixe 500 k€ (PFU) :
PS (base BRUTE, pas d'abattement PS) :
1 500 000 × 18,6 % = 279 000 €
IR (base après abattement 500 k€) :
(1 500 000 − 500 000) × 12,8 % = 128 000 €
TOTAL OPTION A : 407 000 €
OPTION B — Abattement renforcé 85 % (bascule barème obligatoire) :
PS (base BRUTE 1 500 000) :
1 500 000 × 18,6 % = 279 000 €
IR TMI 45 % sur assiette 15 % (barème seul) :
225 000 × 45 % = 101 250 €
CEHR 4 % sur assiette IR :
225 000 × 4 % = 9 000 €
− CSG déductible N+1 (6,8 % × 45 %) :
1 500 000 × 6,8 % × 45 % = − 45 900 €
TOTAL OPTION B : 343 350 €
VERDICT : Option B bat Option A de 63 650 €.
Le barème 85 % est la stratégie gagnante ici.
Sur une plus-value plus modeste ou une TMI plus basse, l'arbitrage
peut s'inverser → simulation impérative avant signature.Concrètement : pour un dirigeant qui cède 1,5 M€ de titres pré-2018 détenus plus de 8 ans dans une PME éligible au régime renforcé, l'option barème 85 % bat l'abattement fixe 500 k€ de 63 650 €. La raison technique : les abattements (fixe ou durée de détention) ne diminuent que l'IR, pas les PS — en PFU, on paie donc 279 k€ de PS sur toute la PV brute malgré les 500 k€ d'abattement. Ce calcul, on le refait toujours avant la signature, jamais après.
Piège n°11 — CSG déductible : le décalage N+1 qui fausse la simulation
La CSG déductible de 6,8 % (art. 154 quinquies, I CGI) ne réduit pas votre impôt de l'année où vous touchez les dividendes. Elle s'impute sur votre revenu global de l'année suivante (déclaration N+2).
Concrètement : si vous cochez 2OP en 2026 sur 50 000 € de dividendes, les 3 400 € de CSG déductible (50 000 × 6,8 %) viendront réduire votre revenu imposable 2027 — pas 2026. Votre vraie économie ? 3 400 € × votre TMI de 2027.
Imaginez maintenant que vous partez à la retraite en 2027 et que votre TMI passe de 41 % à 11 %. Vous récupérez 374 € (3 400 × 11 %) au lieu des 1 394 € (3 400 × 41 %) que vous aviez budgétés. Coût d'opportunité : 1 020 €juste pour avoir oublié d'intégrer ce décalage dans votre simulation.
Piège n°12 — Assurance-vie : le seuil 150 000 € de primes qui fait sauter l'avantage
Pour les primes versées depuis le 27/09/2017, le taux préférentiel de 7,5 % après 8 ans ne s'applique qu'à la fraction des produits correspondant aux primes n'excédant pas 150 000 € (300 000 € en couple marié/pacsé), tous contrats confondus. Au-delà, la fraction excédentaire bascule à 12,8 % IR + 17,2 % PS = 30 %. Sur un contrat à 500 000 € de primes versées depuis 2017, le différentiel entre 7,5 % et 12,8 % sur les produits rachetés atteint rapidement plusieurs milliers d'euros.
Parade — diversifier les enveloppes
Pour les épargnants proches du plafond 150 k€ : (1) panacher avec un contrat luxembourgeois multi-devises (certaines classes ne sont pas plafonnées), (2) ouvrir un contrat de capitalisation en complément — la donation d'un contrat de capi purge la plus-value (option indisponible en AV), (3) privilégier le PEA-PME pour les actions UE.
Piège n°13 — PFIC : le cauchemar franco-américain
Si vous êtes résident fiscal français et US person (citoyen américain, détenteur de green card, ou résident fiscal US par présence), vos OPCVM français (SICAV, FCP, ETF UCITS) sont qualifiés de PFIC (Passive Foreign Investment Company) par l'IRS. Conséquence : taxation américaine punitive pouvant atteindre 39,6 % sur les gains différés (régime « Excess distribution » — section 1291 IRC), avec déclaration annuelle 8621 obligatoire. Le PFU français ne règle rien — vous êtes doublement taxé. Parade : basculer en ETF américains cotés (non-PFIC pour un US person) ou en titres vifs. Impact PFU vs barème : totalement écrasé par l'arbitrage PFIC.
Piège n°14 — Crédit d'impôt étranger non reportable (CE 8 mars 2023 n° 456349)
Le Conseil d'État a tranché en 2023 (arrêt Natixis, n° 456349) : le crédit d'impôt étranger sur dividendes non imputé l'année de perception est définitivement perdu. Aucun report sur N+1, contrairement à un déficit foncier. Si vous cochez 2OP avec TMI 11 % sur 10 000 € de dividendes US (retenue source 15 % = 1 500 €), l'IR français (10 000 × 0,6 × 11 % = 660 €) plafonne l'imputation à 660 €. Les 840 € restants sont perdus à jamais. Stratégie : loger les actions étrangères à fort dividende en assurance-vie luxembourgeoise (crédit absorbé dans le rendement du contrat) ou privilégier des ETF capitalisants UCITS logés en PEA.
Vérification systématique avant 2OP
Avant de cocher la case 2OP, passez en revue cette check-list : (1) nature des revenus, (2) éligibilité réelle à l'abattement 40 %, (3) titres pré-2018 et durée de détention, (4) impact RFR sur vos droits sociaux et fiscaux, (5) CEHR/CDHR, (6) présence d'un dirigeant TNS, (7) TMI projetée N+1 (CSG déductible différée), (8) seuil 150 k€ primes AV, (9) double résidence US (PFIC), (10) crédit impôt étranger plafonné. Un seul oubli peut transformer un gain de 500 € en perte de 2 000 €.
Relecture de votre déclaration 2042 avant envoi — 14 pièges vérifiés
Un CGP Hagnéré Patrimoine relit votre déclaration 2042 (revenus capitaux mobiliers) avant l'envoi et vérifie les 14 pièges les plus fréquents (abattement 40 %, 2OP, CDHR, titres pré-2018, PFIC).
Ces 14 pièges concernent le résident fiscal français type. Mais si vous vivez à l'étranger, traversez une frontière chaque matin ou préparez votre expatriation, les règles 2026 changent en profondeur.
Non-résidents, expatriés, frontaliers
Jusqu'ici, on a raisonné comme si vous étiez résident fiscal français. Mais si vous êtes expatrié, frontalier, ou sur le point de le devenir, les règles changent radicalement en 2026. Deux réformes simultanées rebattent les cartes pour quiconque franchit la frontière fiscale.
Premier changement notable : la retenue à la source — c'est-à-dire l'impôt prélevé directement par la banque française avant même que les dividendes n'arrivent sur votre compte. L'article 96 de la loi de finances pour 2025 a modifié l'article 119 bis du CGI. Mais attention à ne pas généraliser : la réforme ne vise qu'une liste précise de 9 États (Arabie saoudite, Bahreïn, Égypte, Émirats arabes unis, Finlande, Koweït, Liban, Oman, Qatar) dont les conventions avec la France prévoyaient auparavant une exonération totale ou un taux nul à la source. Depuis le 1er janvier 2026, pour ces 9 pays, la France prélève d'office 12,8 % et le bénéficiaire demande la restitution a posteriori.
Pour tous les autres pays (UE, USA, Suisse, UK, Canada, Japon, etc.), le mécanisme conventionnel continue de s'appliquer directement à la source : la banque française applique le taux conventionnel réduit (15 % US, 15 % UK, 15 % Luxembourg) via le formulaire 5000/5001 rempli en amont, comme avant 2026. Aucun remboursement à demander.
Source BOFiP
Précisions sur la portée exacte de la réforme : BOI-RES-RPPM-000203 du 24 juillet 2025. Liste des 9 États concernés confirmée par la DGFiP.
Taux conventionnels de retenue à la source 2026 (dividendes français vers l'étranger)
Si vous êtes non-résident percevant des dividendes français, le taux applicable dépend de la convention fiscale entre la France et votre pays de résidence. La banque française applique directement le taux conventionnel via le formulaire 5000/5001 rempli en amont (sauf pour les 9 États visés par la LF 2025 — voir plus haut, où la restitution est a posteriori).
| Pays de résidence | Taux interne FR 2026 | Taux conventionnel plafond | Formulaire récupération / dispense |
|---|---|---|---|
| États-Unis | 12,8 % | 15 % (convention 1994, art. 10) | 5000-US / 5001-US (réduction directe) |
| Royaume-Uni | 12,8 % | 15 % (0 % dividendes qualifiés sociétés) | 5000-GB / 5001-GB (réduction directe) |
| Allemagne | 12,8 % | 15 % | 5000-DE / 5001-DE (réduction directe) |
| Suisse | 12,8 % | 15 % (0 % participations qualifiées) | 5000-CH / 5001-CH (réduction directe) |
| Luxembourg | 12,8 % | 15 % | 5000-LU / 5001-LU (réduction directe) |
| Belgique | 12,8 % | 15 % | 5000-BE / 5001-BE (réduction directe) |
| Portugal | 12,8 % | 15 % | 5000-PT / 5001-PT (réduction directe) |
| Italie | 12,8 % | 15 % | 5000-IT / 5001-IT (réduction directe) |
| Espagne | 12,8 % | 15 % | 5000-ES / 5001-ES (réduction directe) |
| Émirats arabes unis | 12,8 % (LF 2025) | 0 % (convention 1989) | Restitution a posteriori SIRNR |
| Qatar | 12,8 % (LF 2025) | 0 % (convention 1990) | Restitution a posteriori SIRNR |
| Monaco | 12,8 % | 0 % (sauf ressortissants FR — convention 1963) | 5000-MC / 5001-MC |
Concrètement, dans la grande majorité des cas (UE, USA, Suisse, UK), la banque française applique directement le taux conventionnel — vous n'avez rien à faire. Pour les 9 États LF 2025, prévoyez une trésorerie équivalente à 12,8 % des dividendes pendant 6 à 18 mois (délai du remboursement par le Service des Impôts des Non-Résidents).
Frontaliers suisses : le cas particulier
Et si vous traversez la frontière chaque matin pour travailler en Suisse ? Votre cas est particulier — ni tout à fait non-résident, ni exactement comme un Français classique. Tant que votre résidence fiscale reste en France, vous êtes imposé comme un résident français : flat tax 31,4 % ou option barème sur vos revenus du capital financier. La convention franco-suisse n'intervient que sur vos revenus de source suisse (3ᵉ pilier, rentes AVS/LPP). Bonne nouvelle pour les retraités frontaliers : en TMI 0 % ou 11 %, l'option 2OP reste très souvent gagnante.
Point de vigilance
La case 2OP n'est accessible qu'aux résidents fiscaux français. Un non-résident ne peut pas opter pour le barème sur ses RCM français — la retenue libératoire de 12,8 % est définitive (sauf restitution conventionnelle).
Régime impatrié (art. 155 B CGI) : la fenêtre 8 ans qui change la donne PFU/barème
Vous revenez en France après au moins 5 années passées à l'étranger, et vous prenez de nouvelles fonctions dans une entreprise française ? Le régime impatrié (art. 155 B CGI) vous accorde, pendant 8 ans à compter de la prise de fonctions, une exonération partielle qui transforme l'arbitrage PFU/barème :
- 50 % d'exonération d'IR sur les revenus passifs de source étrangère (dividendes, intérêts, redevances) — l'assiette PFU ou barème est divisée par deux.
- 50 % d'exonération d'IR sur les plus-values de cession de titres étrangers.
- Exonération IFI partielle pendant 5 ans : seuls les biens immobiliers français sont taxables (les biens étrangers sont exclus de l'assiette).
- Prime d'impatriation exonérée jusqu'à 30 % du salaire (forfait) ou option réelle.
La fenêtre patrimoniale rare à ne pas laisser passer en début de carrière française
Un impatrié revenant avec 2 M€ de portefeuille étranger voit son IR divisé par 2 pendant 8 ans sur ses revenus passifs, soit 40 à 60 k€ d'économie cumulée. La combiner avec une assurance-vie luxembourgeoise multi-devises permet de figer l'avantage au-delà des 8 ans. Le débat PFU/barème devient alors secondaire— c'est le régime impatrié qui tire toute la fiscalité vers le bas. Condition : ne pas avoir été résident fiscal français au cours des 5 années civiles précédentes.
Les dossiers de non-résidents et de frontaliers figurent parmi les plus sensibles que nous traitons. Nos conseillers Hagnéré Patrimoine maîtrisent les conventions fiscales bilatérales (Suisse, Émirats, Qatar, Portugal, Royaume-Uni) et accompagnent chaque année des clients dans la récupération des retenues à la source et l'optimisation de leur fiscalité transfrontalière.
Non-résident ou frontalier — sécurisons votre fiscalité 2026
Conventions Suisse, EAU, Qatar, UK : les règles ont évolué au 1er janvier 2026. Un CGP Hagnéré Patrimoine vous aide à récupérer l'impôt indûment prélevé au SIPNR et à structurer vos flux transfrontaliers.
Revenus spéciaux : crypto, AGA, holding, quotient
Tout ce qui précède traite des dividendes, intérêts et plus-values mobilières classiques. Mais certains revenus financiers suivent des règles dédiées qui interagissent — ou pas — avec le choix PFU/barème. Les ignorer peut coûter plusieurs milliers d'euros, surtout si vous détenez des crypto-actifs, des actions gratuites d'entreprise, ou une holding patrimoniale.
Crypto-actifs : la case 3CN, le pendant de la 2OP côté actifs numériques
Les plus-values sur cessions d'actifs numériques (bitcoin, ether, altcoins) contre des euros ou des biens sont imposées à un régime dédié (article 150 VH bis du CGI). En 2026, elles subissent le PFU. Point de vigilance : selon les premières analyses de la LFSS 2026 et de l'article L136-8, IV du Code de la Sécurité sociale, les crypto-actifs ne figurent pas explicitement dans la liste dérogatoire excluant la hausse de CSG. À droit constant, le PFU crypto devrait donc basculer à 31,4 % comme les autres revenus du capital financier. Une instruction administrative est attendue pour clarifier définitivement ce point. Dans le doute, privilégiez une simulation à 31,4 %pour 2026 : c'est le scénario prudent.
Trois obligations déclaratives à retenir :
- Formulaire 2086 — une ligne par cession imposable en euros, avec date, montant, valeur du portefeuille à l'instant T.
- Case 3AN (plus-value) ou 3BN (moins-value) du formulaire 2042-C — report du total annuel calculé sur le 2086.
- Case 3CN du 2042-C — distincte de la case 2OP : elle permet d'opter pour le barème progressif sur les seules plus-values crypto. Utile uniquement en TMI 0 % ou 11 %.
Cas chiffré : Paul, 34 ans, développeur freelance, TMI 11 %, cède 8 000 € de plus-values crypto en 2026. En scénario prudent PFU 31,4 % : 8 000 × 31,4 % = 2 512 € d'impôts. En cochant 3CN (barème + PS) : IR = 8 000 × 11 % = 880 €, PS = 8 000 × 18,6 % = 1 488 €, total 2 368 €. Économie : 144 €. Concrètement pour Paul : ce n'est pas énorme, mais c'est systématique en TMI basse — et ça se cumule chaque année s'il trade régulièrement. À l'inverse, en TMI 30 % ou plus, ne cochez surtout pas 3CN.
Seuil d'exonération 305 €
Les cessions annuelles cumulées inférieures à 305 € sont totalement exonérées (art. 150 VH bis, II du CGI). Au-delà, la première cession déclenche l'imposition sur l'ensemble des gains de l'année. La case 3CN et la case 2OP sont strictement indépendantes : vous pouvez cocher l'une sans l'autre, ou les deux, ou aucune.
Stock-options et actions gratuites (AGA) : régime à deux étages
Si votre employeur vous a attribué des stock-options ou des actions gratuites, l'imposition se fait en deux temps, chacun avec son régime propre. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente.
| Phase | Nature du gain | Régime fiscal 2026 |
|---|---|---|
| 1. Gain d'acquisition | Valeur à l'attribution − prix payé | Plan qualifié : abattement 50 % jusqu'à 300 000 €, puis barème IR + PS 17,2 %. Au-delà de 300 000 € : barème pur + contribution salariale 10 %. |
| 2. Gain de cession | Prix de cession − valeur d'acquisition | PFU 31,4 % par défaut, ou barème via case 2OP avec abattements durée détention pré-2018. |
| Contribution patronale | Supportée par l'employeur | 30 % de la valeur à la date d'acquisition définitive. |
Management packages : si vous êtes dirigeant ou salarié clé et que vous avez touché des actions gratuites (AGA), des BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise) ou des stock-options dans une opération de croissance forte, attention à la nouveauté 2025-2026.
L'article 163 bis H du CGI (créé par la LF 2025, précisé par la LF 2026) instaure un seuil au-delà duquel votre gain est requalifié en traitements et salaires— donc imposé au barème, plus CSG 9,7 % + CRDS 0,5 % + contribution salariale spécifique de 10 % (art. L137-14 CSS). Cette fraction-là échappe complètement à l'option 2OP.
Le seuil : votre gain est requalifié dès qu'il dépasse 3 fois le prix d'acquisition multiplié par le coefficient de valorisation de l'entreprise entre l'attribution et la cession. Si l'entreprise a doublé de valeur, le seuil vaut 3 × 2 = 6 fois le prix d'acquisition. Au-dessus, salaire ; en dessous, plus-value mobilière classique (PFU ou 2OP).
CAS CHIFFRÉ — Management package post-LF 2026 Hypothèses : - Prix d'acquisition : 100 000 € - Valorisation de l'entreprise à l'acquisition : 20 M€ - Valorisation à la cession : 40 M€ (multiple = 2×) - Prix de cession : 1 000 000 € - Gain total : 900 000 € Seuil de requalification (art. 163 bis H) : (Prix acquisition × 3 × multiple) − Prix acquisition = (100 000 × 3 × 2) − 100 000 = 500 000 € → 500 000 € imposés en PVM (PFU 31,4 % ou barème via 2OP) → 400 000 € (excédent) imposés en traitements et salaires (barème progressif + CSG 9,7 %) Coût fiscal approximatif (TMI 45 % + CEHR 4 %) : PVM : 500 000 × 31,4 % = 157 000 € Salaires : 400 000 × 49 % + CSG 9,7 % = 234 800 € TOTAL : 391 800 € Sous l'ancien régime (tout en PVM) : 900 000 × 31,4 % = 282 600 € Surcoût LF 2026 : 109 200 €
Cette requalification impose de repenser l'ingénierie des attributions en 2026. Si vous êtes concerné par un plan à fort potentiel de multiple, consultez un conseiller avant la cession.
Holding patrimoniale et régime mère-fille : l'arme du dirigeant
Distribuer ses dividendes directement à la personne physique coûte 31,4 % sous PFU. Les faire remonter vers une holding patrimoniale soumise à l'IS et bénéficiant du régime mère-fille coûte… environ 1,25 %. Écart brut : 30 points de fiscalité pour un dirigeant qui n'a pas immédiatement besoin de cash personnel.
Mécanique : le régime mère-fille des articles 145 et 216 du CGI permet à une société mère détenant au moins 5 % du capital de sa filiale depuis au moins 2 ans d'exonérer 95 % des dividendes reçus. Seuls 5 % sont réintégrés au résultat de la holding au titre d'une quote-part forfaitaire pour frais et charges. Taxation effective : 5 % × 25 % (IS) = 1,25 % contre 25 % hors régime.
CAS CHIFFRÉ — Distribution directe vs holding mère-fille
SITUATION : dirigeant SAS opérationnelle, 200 000 € de dividendes
issus de la société fille, pas de besoin immédiat de cash personnel.
OPTION A — Distribution directe au dirigeant (SASU personne physique) :
PFU 31,4 % : 200 000 × 31,4 % = 62 800 €
NET EN POCHE : 137 200 €
(mais disponible immédiatement)
OPTION B — Remontée via holding (régime mère-fille) :
IS sur quote-part 5 % :
200 000 × 5 % × 25 % = 2 500 €
Trésorerie réinvestie dans la
holding : 197 500 €
Coût fiscal différé jusqu'à la
distribution future / cession.
→ Différentiel immédiat : 60 300 € de trésorerie en plus côté
holding pour réinvestir (CTO sociétaire, contrat de
capitalisation, autres filiales).
→ Distribution différée au moment optimal : année blanche,
retraite (abattement dirigeant 500 000 €), déficit foncier.La stratégie holding ne convient pas à tous les dirigeants : elle impose une trésorerie bloquée à moyen terme, une comptabilité commerciale, et ne règle pas le besoin de cash personnel immédiat. Elle est puissante pour ceux qui perçoivent déjà un salaire confortable et cherchent à lisser la fiscalité sur 10-20 ans. Pour approfondir, voir notre guide rémunération dirigeant.
Apport-cession (art. 150-0 B ter CGI) : reporter la plus-value pour réinvestir
Vous êtes dirigeant et vous allez céder votre société ? Si vous vendez directement vos titres, le PFU à 31,4 % frappe immédiatement votre plus-value. Solution alternative : apporter d'abord vos titres à une holding IS que vous contrôlez, puis laisser la holding céder les titres apportés. C'est l'apport-cession (art. 150-0 B ter CGI), qui ouvre droit à un report d'imposition : vous ne paierez l'impôt sur la plus-value que le jour où vous cèderez les titres de la holding elle-même. Depuis la LF 2026 (art. 94), les conditions sont durcies :
- Holding française ou UE soumise à l'IS, contrôlée par l'apporteur (plus de 50 % directement ou indirectement).
- Si la holding revend les titres apportés dans les 3 ans (36 mois, LF 2026) : réinvestissement obligatoire de 70 % du prix de cession (contre 60 % avant LF 2026) dans une activité économique éligible (PME opérationnelle, FCPR/FPCI éligibles, fonds de capital-investissement).
- Conservation du réinvestissement pendant au moins 5 ans.
- Rupture du report = imposition PFU immédiate avec majoration d'intérêts.
Effet CGP : sur une cession à 3 M€ avec plus-value de 2,8 M€, le report permet d'investir 2 M€ nets dans un nouveau projet sans ponctionner 880 k€ d'IR immédiat. Articulation avec le 150-0 D ter (abattement 500 k€ départ retraite) : exclusivité— il faut choisir l'un ou l'autre. Simulation obligatoire avant signature.
Pacte Dutreil (art. 787 B) + cession : l'articulation sensible
Le pacte Dutreil (art. 787 B CGI) permet de transmettre une société familiale avec abattement 75 % sur les droits de donation/succession, sous engagement de conservation 6 ans (2 ans collectif + 4 ans individuel). Articulation critique avec le PFU/barème :
- Les dividendes distribués par une société sous pacte Dutreil restent soumis au régime de droit commun (PFU 31,4 % ou option barème).
- La cession pendant l'engagement individuel entraîne la déchéance de l'abattement 75 % — un redressement peut atteindre plusieurs millions d'euros.
- Exception depuis la LF 2024 : cession à un autre associé signataire du pacte possible sans déchéance.
Règle d'or du CGP
Jamais de cession dans les 6 ans post-donation Dutreil sans analyse préalable. Le gain PFU sur les dividendes est minuscule face au risque de déchéance. Pour les schémas complexes, rescrit fiscal L. 80 B LPF recommandé.
OBO patrimonial : vendre à soi-même pour cristalliser la valeur
L'Owner Buy-Out (OBO) consiste à créer une holding qui rachète à soi-même les titres de sa société opérationnelle, avec un financement bancaire remboursé par les dividendes futurs (voir notre guide OBO patrimonial complet). Triple effet :
- Cash personnel immédiat = prix de cession, soumis au PFU 31,4 % (ou barème) ou éligible 150-0 D ter (500 k€ d'abattement retraite) si conditions remplies.
- Dividendes futurs remontent en mère-fille (1,25 %) pour rembourser la dette d'acquisition — intérêts d'emprunt déductibles à l'IS.
- Permet de cristalliser la valeur au taux fiscal présent, avant toute réforme future.
Alerte amendement Charasse (art. 223 B CGI)
L'amendement Charasse limite la déductibilité des intérêts d'acquisition en cas d'intégration fiscale lorsque les titres sont rachetés auprès de personnes qui contrôlent la société cible. Sur un OBO mal structuré, jusqu'à 60 % des intérêts peuvent être réintégrés au résultat — la pertinence fiscale du schéma s'effondre. Montage à confier à un fiscaliste + expert-comptable senior avec rescrit préalable.
Vous distribuez via une holding ? La logique PFU/barème change radicalement
Si vos dividendes transitent par une holding patrimoniale avant de remonter chez vous, le débat PFU vs barème ne se pose qu'au moment de la redistribution finale. En amont, deux mécanismes neutralisent quasi-totalement la double imposition :
- Régime mère-fille (détention ≥ 5 %, conservation 2 ans) : la holding ne paie l'IS que sur 5 % du dividende reçu (quote-part de frais et charges). Soit environ 1,25 % d'IS effectif au lieu de 25 %.
- Intégration fiscale (détention ≥ 95 %) : neutralisation totale des dividendes intra-groupe.
Concrètement, si vous percevez 500 000 € de dividendes via votre holding et que vous réinvestissez dans la holding (SCPI, actions, nouveau projet), vous évitez le PFU à 31,4 % cette année. Il ne s'applique que sur la fraction remontée personnellement. Si votre holding détient de l'immobilier via une SCI, le choix IR ou IS a un impact direct sur la fiscalité des dividendes — notre guide SCI IR vs SCI IS 2026 détaille les arbitrages.
Apport-cession art. 150-0 B ter — durcissement LF 2026
Depuis la LF 2026 (cessions postérieures au 21 février 2026), le report d'imposition exige 70 % de réinvestissement (contre 60 % auparavant), sous 36 mois (contre 24 mois), avec conservation 5 ans minimum. Les dossiers lancés avant cette date restent sous l'ancien régime. À anticiper impérativement si vous préparez une cession avec apport préalable.
Système du quotient (art. 163-0 A) : lisser un revenu exceptionnel
Un retraité qui cède son entreprise, un salarié qui touche une prime ou une indemnité importante, un contribuable qui perçoit des arriérés de pension : tous peuvent voir leur TMI sauter d'une tranche à l'autre sur une seule année. Le système du quotient de l'article 163-0 A du CGI existe précisément pour lisser cette surimposition ponctuelle.
Mécanique simplifiée : on divise le revenu exceptionnel par 4 (coefficient pour revenus exceptionnels), on ajoute ce quart au revenu imposable habituel, on calcule l'IR global, on en déduit l'IR qu'on aurait payé sans ce revenu, puis on multiplie l'écart par 4. Pour les revenus différés (arriérés), le coefficient est égal au nombre d'années d'origine du revenu + 1.
Attention — le quotient ne s'applique pas aux plus-values mobilières
Selon la jurisprudence constante du Conseil d'État (CE, 15 mars 2019, n° 419874), les plus-values mobilières ne sont pas considérées comme des revenus exceptionnels par nature ouvrant droit au système du quotient : leur fait générateur dépend d'une décision du contribuable (choisir quand céder). Le quotient demeure utile pour des indemnités de départ, primes exceptionnelles, rappels de revenus ou arriérés de pension— pas pour les cessions de titres. Pour une grosse plus-value mobilière, privilégiez plutôt l'abattement durée de détention pré-2018 ou l'abattement fixe dirigeant 500 000 €.
Démembrement de compte-titres : qui coche la case 2OP ?
Le démembrement de propriété d'un portefeuille titres (usufruit pour le parent, nue-propriété pour l'enfant) soulève une question que aucun autre guide ne traite clairement : qui déclare les dividendes et coche éventuellement la 2OP ? La réponse change totalement la simulation.
| Flux | Bénéficiaire fiscal | Régime | Option 2OP |
|---|---|---|---|
| Dividendes courants (prélevés sur le résultat N) | Usufruitier (fruit civil, art. 582 C. civ.) | RCM au nom de l'USU — PFU 31,4 % ou barème | Cochée au nom de l'USU seul |
| Distribution de réserves antérieures au démembrement | Nu-propriétaire (rattachement au capital, Cass. com. 27/05/2015 n° 14-16.246) | RCM au nom du NP | Cochée au nom du NP seul |
| Plus-value de cession des titres démembrés | Répartie NP / USU selon convention (art. 621 C. civ.) | PVM 150-0 A, PFU ou 2OP | Chacun décide pour sa fraction |
| Quasi-usufruit sur prix de cession (Cass. 3e civ. 19/09/2024 n° 22-18.687) | USU (créance de restitution au NP) | PV taxée au nom de l'USU, dette de restitution civile | Cochée par l'USU |
| Boni de liquidation | Réputé distribué — ventilation USU (art. 8 CGI) + NP | RCM mixte | Chacun décide |
Démembrement + 2OP : la double optimisation rarement déroulée par foyer
L'option 2OP étant globale au foyer qui la coche, un enfant nu-propriétaire majeur rattaché fiscalement peut cocher 2OP sur ses distributions de réserves antérieures (souvent TMI 0 % ou 11 %), pendant que le parent usufruitier, à TMI 41 %, reste au PFU sur les dividendes courants. Deux foyers = deux optimisations indépendantes. Sources : BOI-RPPM-RCM-20-10-20-20 § 140, Cass. com. 27/05/2015 n° 14-16.246, Cass. 3e civ. 19/09/2024 n° 22-18.687.
Management fees et abus de droit holding : le regard fiscal 2024-2025
Le choix PFU / barème sur les dividendes dépend aussi de la structuration en amont : facturer une convention de prestations (management fees) entre holding et société opérationnelle, ou remonter en mère-fille. Deux décisions récentes redessinent l'exercice :
- Cass. com. 14/11/2024 n° 23-16.601 : les management fees restent valables lorsque la holding a une substance réelle (salariés, moyens, décision effective). La décision assouplit la ligne Cass. com. 23/10/2012 (Samo Gestion) qui avait requalifié faute de contrepartie : la convention tient si elle est exécutée. Effet : l'arbitrage salaire (coût social 75 %) / dividende (PFU 31,4 %) / management fees (déductibles à l'IS 25 %) redevient opérationnel.
- CE 8e-3e ch. 12/04/2024 n° 472855 : l'interposition d'une holding patrimoniale dépourvue de substance pour encaisser des dividendes au régime mère-fille puis les redistribuer peut être requalifiée en abus de droit sur le fondement de l'art. L. 64 A LPF (motif principalement fiscal). La holding doit tenir par elle-même : activité, décisions, personnel, trésorerie investie.
- Cass. com. 11/05/2023 n° 21-16.911, 21-16.910 et 21-16.913 (3 arrêts Dutreil) : animation effective de holdings = convention d'animation + PV de comité stratégique + reporting trimestriel (voir notre guide holding animatrice IFI).
Règle de prudence 2026
Avant tout arbitrage « dividende holding + PFU » sur un gros flux (> 100 k€), bâtir un dossier de substance : objet social réel, comptabilité, PV d'AG, conventions réglementées approuvées, trésorerie effectivement employée. Sans quoi l'économie de PFU peut devenir une pénalité 80 % pour abus de droit (art. 1729 b CGI).
Outre-mer (DOM) : la réfaction 30 % / 40 % oubliée sur l'option barème
Vous êtes résident fiscal en Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Guyane ou Mayotte ? L'article 197 I 3 du CGI prévoit une réfaction d'IR de 30 % (plafonnée à 2 450 €) pour les trois premiers DOM, et 40 % (plafonnée à 4 050 €) pour la Guyane et Mayotte. Cette réfaction s'applique à l'IR au barème, pas au PFU.
Effet pratique : un retraité réunionnais TMI 11 % avec 30 000 € de dividendes voit déjà le barème battre le PFU (23,1 % vs 31,4 % — cf. notre matrice). Ajoutez la réfaction 30 % plafonnée 2 450 €, et l'économie annuelle grimpe de 2 000 € à presque 4 500 € vs PFU. Aucun guide grand public ne signale cette subtilité — pourtant elle s'applique à 2,1 millions de contribuables DOM.
Règle du cumul
La réfaction DOM s'impute sur l'IR dû après barème progressif, dans la limite du plafond (2 450 € ou 4 050 €). Elle ne réduit jamais les prélèvements sociaux (18,6 % toujours dus). L'option 2OP est donc presque systématiquement gagnante pour les résidents DOM en TMI 0 %, 11 % ou 30 % — à chiffrer au cas par cas au-dessus.
Rachats d'assurance-vie après 8 ans : fractionner pour zéro IR
L'assurance-vie après 8 ans est largement épargnée par la réforme 2026 (PS à 17,2 %, pas de CFA), mais elle mérite une stratégie dédiée. Outre le PFL à 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes versées nettes (post 27-09-2017, tous contrats confondus, 300 000 € pour un couple marié/pacsé), elle offre un abattement annuel de 4 600 € célibataire / 9 200 € couple sur les gains rachetés.
Clé de l'optimisation : fractionner les rachats sur plusieurs années civiles pour utiliser plusieurs abattements successifs.
STRATÉGIE DE FRACTIONNEMENT — Couple marié Besoin : sortir 25 000 € de gains d'assurance-vie > 8 ans Versements post 27-09-2017, primes versées post 27-09-2017 < 150 000 € (tous contrats confondus). OPTION A — Rachat en une fois (année N) : Abattement couple : 9 200 € Gains taxables après abattement : 15 800 € PFL 7,5 % (crédit d'impôt) : 1 185 € PS 17,2 % sur total 25 000 : 4 300 € IMPÔT TOTAL : 5 485 € OPTION B — Fractionnement sur 3 ans (≈ 8 300 €/an) : Année N : 8 300 € gains, abattement 9 200 → 0 € IR Année N+1 : 8 300 € gains, abattement 9 200 → 0 € IR Année N+2 : 8 400 € gains, abattement 9 200 → 0 € IR PS 17,2 % sur 25 000 € cumulés : 4 300 € IMPÔT TOTAL : 4 300 € ÉCONOMIE : 5 485 − 4 300 = 1 185 € (100 % de l'IR effacé)
Concrètement : en étalant sur trois ans ce que beaucoup sortent en une fois, vous effacez 100 % de l'IR. Les 1 185 € économisés, c'est une à deux semaines de vacances — pour trois clics supplémentaires dans l'espace client de votre assureur.
Règle de prudence : ne fractionnez que si votre contrat n'a pas besoin de liquidité immédiate. La mise en place d'un plan de rachats programmés auprès de votre assureur rend l'opération automatique. Pour approfondir, notre guide fiscalité assurance-vie détaille tous les cas (pré/post 1997, pré/post 27-09-2017, primes versées au-dessus de 150 k€).
CDHR 1 M€ RFR : le cas chiffré qui retourne la décision
La CDHR 2026 est souvent perçue comme une contrainte subie. Pour certains profils HNWI, elle devient paradoxalement une raison d'opter pour le barème, car l'impôt minimum de 20 % du RFR est déjà dû. Illustration chiffrée.
CAS — Célibataire, RFR 1 000 000 € en 2026
200 000 € salaires + 800 000 € dividendes sociétés IS
SCÉNARIO PFU (par défaut) :
IR salaires (barème 1 part sur 180 000 € après ab. 10 %) :
1 977,69 + 16 499,40 + 39 123,43 = 57 600 €
IR dividendes PFU 12,8 % : 102 400 €
CEHR (célibataire, RFR 1 M€) :
3 % × (500 000 − 250 000) : 7 500 €
4 % × (1 000 000 − 500 000) : 20 000 €
Total CEHR : 27 500 €
TOTAL HORS CDHR : 187 500 €
Taux effectif sur RFR : 18,75 %
→ Sous le seuil CDHR 20 % → CDHR due :
20 % × 1 000 000 − 187 500 = 12 500 €
TOTAL FINAL PFU + CDHR : 200 000 €
SCÉNARIO OPTION BARÈME sur dividendes (2OP) :
Base IR salaires (180 000) + dividendes après ab. 40 %
(800 000 × 0,6 = 480 000) = 660 000 € barémisés
IR barème 2026 (1 part) sur 660 000 € ≈ 274 000 €
CEHR 27 500 € (idem) 27 500 €
PS 18,6 % sur 800 000 dividendes : 148 800 €
− CSG déductible N+1 : 800 000 × 6,8 % × 45 % = −24 480 €
(économie IR l'année suivante)
TOTAL NET approximatif : 425 820 €
→ Taux effectif > 20 % naturellement → CDHR neutralisée.
Verdict : dans ce profil, le PFU + CDHR reste gagnant (écart ~226 000 €)
MAIS si la composition des revenus change (ex : 50 % dividendes
sur titres pré-2018 avec abattement durée détention), l'option
barème peut passer devant. Simulation obligatoire.Règle à retenir : dès que votre RFR s'approche ou dépasse 500 000 € (célibataire) ou 1 M€ (couple), la CDHR et la CEHR modifient l'arbitrage PFU/barème. Ne tranchez jamais sans simulation globale intégrant CEHR 3-4 %, CDHR 20 % minimum, et abattements spécifiques applicables (durée détention, dirigeant 500 000 €).
Crypto, AGA, holding, HNWI — votre diagnostic patrimonial dédié
Actif numérique, management package, remontée holding, patrimoine au-delà du million : un CGP Hagnéré Patrimoine produit un diagnostic chiffré avant la déclaration pour arbitrer PFU, barème et report 150-0 B ter.
Benchmark international 2026
À 31,4 % sur dividendes et plus-values mobilières, la flat tax française 2026 se situe dans la fourchette haute en Europe. Pour un HNWI, la question de la résidence fiscale se pose. Voici les principaux régimes applicables aux non-résidents français qui envisagent une expatriation — étant entendu que le choix dépend aussi de critères non fiscaux (qualité de vie, sécurité juridique, conventions bilatérales).
| Pays | Plus-values actions (résident particulier) | Dividendes | Observation 2026 |
|---|---|---|---|
| France | 31,4 % PFU (ou barème) | 31,4 % PFU (ou barème avec ab. 40 %) | Référence européenne haut de gamme. |
| Suisse | 0 % (revenus privés) | 35 % retenue + restitution conventionnelle | Plus-values exonérées au niveau fédéral et cantonal pour les particuliers. |
| Luxembourg | 0 % après 6 mois | 15 % retenue (conventions) | Détention courte déjà exonérée. Régime très favorable résidents. |
| Portugal | 28 % standard | 28 % standard | Crypto > 1 an détenu : 0 % depuis 2023. Régime RNH fermé en 2024. |
| Belgique | 10 % (depuis 2025) | 30 % précompte mobilier | Nouvelle CGT introduite en 2025 sur plus-values financières. |
| Italie | 26 % | 26 % | Régime impatriés attractif (70-90 % abattement 5 ans). |
| Espagne | 19-30 % selon tranche | 19-30 % | Tranches progressives jusqu'à 230 000 € puis 30 %. |
| Monaco | 0 % IR particuliers | 0 % IR particuliers | Hors ressortissants français (convention 1963). |
Exit tax : le verrou à ne pas ignorer
Avant d'expatrier un patrimoine mobilier important, vérifiez l'exit tax (art. 167 bis du CGI) : elle impose les plus-values latentes sur titres détenus au jour du départ, dès lors que la valeur cumulée dépasse 800 000 € ou représente plus de 50 % du capital d'une société. Un sursis de paiement est possible (automatique vers l'UE, sur demande et garanties hors UE), levable après 2 ans si les titres sont toujours détenus lors de la cession. Sortir précipitamment sans étude préalable peut déclencher un impôt immédiat de plusieurs centaines de milliers d'euros.
Ce que le benchmark international change pour votre arbitrage 2OP
Trois enseignements directement applicables à la question PFU vs barème en France :
- Les crypto-actifs : si vous êtes résident fiscal français, la France impose. Déménager au Portugal (0 % après 1 an) ou en Suisse (0 % particulier) peut valoir des dizaines de milliers d'euros avant la prochaine cession — à condition de respecter le délai de 183 jours et de rompre les critères de résidence fiscale (foyer, centre des intérêts économiques).
- Les dividendes étrangers : la retenue à la source locale (15 % USA, 26,375 % Allemagne, 35 % Suisse brute) reste imputable en France à hauteur du taux conventionnel. Sous PFU 12,8 %, l'excédent de retenue est perdu : loger les actions étrangères en assurance-vie luxembourgeoise ou PEA-PME neutralise cette déperdition.
- Les conventions fiscales françaises : depuis 2026, les dividendes français à un non-résident subissent une retenue automatique de 12,8 % — la convention s'applique en restitution a posteriori. Même si vous êtes expatrié, conservez vos IFU et vos justificatifs de résidence fiscale pour la demande de remboursement auprès du SIPNR.
Expatriation Portugal, Suisse, Luxembourg, Monaco — étude chiffrée
Un CGP Hagnéré Patrimoine réalise une étude comparative intégrant exit tax, conventions bilatérales et stratégie d'arbitrage pluriannuel pour sécuriser votre domiciliation fiscale avant décision.
Six stratégies pour rendre le barème plus avantageux
Le choix PFU vs barème n'est pas figé. Quelques leviers patrimoniaux peuvent modifier votre TMI ou le poids relatif de vos revenus financiers, et faire basculer l'arbitrage. Voici les six stratégies les plus utilisées en cabinet.
Stratégie 1 — Verser sur un PER pour baisser sa TMI
Un versement sur un Plan d'Épargne Retraite (PER) est déductible du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel (10 % des revenus professionnels, plafonné). En faisant descendre votre revenu imposable d'une ou deux tranches, vous rendez le barème plus compétitif par rapport au PFU.
Exemple : un cadre célibataire à 90 000 € imposables (TMI 41 %) verse 8 000 € sur son PER. Son revenu imposable tombe à 82 000 €, sous le seuil 84 577 € — il redescend en tranche 30 %. Attention au calcul : l'économie n'est pas « 8 000 × 41 % ». Elle se calcule par segments, car le versement chevauche deux tranches. Les premiers 5 423 € (fraction entre 90 000 et 84 577) sont déduits à 41 % ; les 2 577 € restants à 30 %. Économie réelle : 5 423 × 41 % + 2 577 × 30 % = 2 996 € (et non 3 280 €). En parallèle, sur 10 000 € de dividendes éligibles à l'abattement 40 %, il bascule d'une option barème à 4 320 € (IR 2 460 + PS 1 860) à une option barème à 3 660 € (IR 1 800 + PS 1 860), soit 660 € d'économie supplémentaire. Détails dans notre guide réduire sa TMI via le PER.
Stratégie 2 — Exploiter l'année de transition retraite
L'année du passage à la retraite, les revenus professionnels chutent brutalement. Votre TMI peut passer de 30 % ou 41 % à 11 % pour la première année complète de pension. C'est la fenêtre idéale pour :
- Réaliser des cessions de titres anciens (plus-values imposées au barème à 11 %).
- Percevoir des dividendes de société IS familiale (option barème avec abattement 40 %).
- Effectuer une sortie en capital partielle de PER, logée dans une tranche basse.
Pour comparer les deux enveloppes, consultez PER ou assurance-vie selon votre TMI.
Stratégie 3 — Couple : individualiser le PAS
Depuis septembre 2025, l'individualisation du taux de prélèvement à la source (PAS) est devenue le mode par défautpour les couples (LF 2024, art. 19). L'individualisation existait déjà depuis 2019 — ce qui change, c'est l'automatisation. Elle ne modifie pas le choix PFU vs barème global, mais elle peut améliorer la trésorerie mensuelle du foyer si un conjoint a une TMI très différente de l'autre. Utile pour lisser l'impact d'une option barème sur un patrimoine financier détenu majoritairement par un seul conjoint.
Stratégie 4 — Maîtriser le calendrier des cessions
Vous envisagez de céder un portefeuille de titres avec forte plus-value ? Le calendrier compte :
- Année basse (revenus professionnels en baisse) → option barème peut devenir gagnante.
- Année haute (bonus, prime, plus-value immobilière) → PFU quasi systématique.
- Étalement sur deux années civiles → permet d'éviter un saut de tranche et de cumuler deux abattements 4 600 € d'assurance-vie.
Pour une vue d'ensemble des leviers fiscaux disponibles, consultez notre guide pilier « comment payer moins d'impôts en 2026 » et la page dédiée au PER.
Stratégie 5 — Les moins-values reportables 10 ans : votre réserve fiscale
Quand vous vendez des titres à perte, cette perte n'est pas perdue pour le fisc : vous pouvez la déduire de vos gains futurs pendant 10 ans. Concrètement, les moins-values mobilières s'imputent sur les plus-values de même nature réalisées au cours des 10 années suivantes (article 150-0 D, 11 du CGI — le texte qui encadre cette règle de report), via le formulaire 2074-CMV(l'annexe « calcul des moins-values » de votre déclaration). C'est une réserve fiscale puissante, activable que vous soyez au PFU ou au barème.
Exemple concret : vous cédez en 2023 des titres avec 30 000 € de moins-value. En 2026, vous réalisez 40 000 € de plus-value sur un autre portefeuille. L'imputation réduit la base taxable à 10 000 € seulement. Économie : 30 000 € × 31,4 % = 9 420 € d'impôt évité.
Trois règles clés à respecter :
- L'imputation est obligatoire dès qu'il y a une plus-value de même nature (pas de choix de report pour payer moins une année donnée).
- Les moins-values se perdent irrémédiablement au-delà de 10 ans : tenir à jour un tableau de suivi est indispensable.
- Les moins-values ne s'imputent pas sur les dividendes ou intérêts — uniquement sur les plus-values mobilières.
Levier pluriannuel : si vous anticipez une grosse plus-value (cession d'entreprise, stock-options), purger volontairement des moins-values latentes l'année précédente pour constituer un stock imputable.
Stratégie 6 — Combiner PFU et réductions d'impôt : l'effet de levier
Les réductions d'impôt (FCPI-FIP 18-25 %, Madelin PME 18-25 %, Girardin industriel 110-120 %, Sofica 30-48 %) s'imputent sur l'IR final, tous revenus confondus. La vraie question qu'on nous pose en rendez-vous : peuvent-elles neutraliser l'IR issu du PFU ?
Réponse : oui, partiellement. L'IR forfaitaire de 12,8 % du PFU est inclus dans l'IR total du foyer et peut être effacé par une réduction — mais les prélèvements sociaux (18,6 %) restent dus et ne sont pas compensables.
Exemple : foyer TMI 30 %, 20 000 € de dividendes au PFU = 2 560 € d'IR. Un investissement Madelin PME de 12 000 € à 25 % génère 3 000 € de réduction. Elle s'impute d'abord sur l'IR du barème, puis sur l'IR PFU. Résultat : IR PFU effacé, il reste 18,6 % × 20 000 € = 3 720 € de PS à payer.
À l'inverse, l'option barème a un double effet : elle abaisse l'IR global (donc la base sur laquelle s'imputent les réductions) mais augmente le revenu imposable (donc la TMI). Plafond global des niches fiscales à 10 000 € à respecter (18 000 € avec Sofica ou outre-mer).
Le bon réflexe : simuler avant chaque opération majeure
Au-delà de 5 000 € de plus-value ou de dividendes à réaliser, prenez systématiquement le temps de simuler PFU vs barème dans votre contexte global de l'année. Une simple erreur de timing peut vous coûter plus que tous vos frais de gestion de l'année. Les conseils de plafonnement IFI et revenus au PFUcomplètent utilement cet arbitrage pour les patrimoines soumis à l'IFI.
Stratégie 7 — Maîtriser l'effet CSG déductible N+1 (le décalage qui se chiffre)
Quand vous cochez 2OP, la fraction de CSG déductible à 6,8 % (art. 154 quinquies, I CGI) ne vient pas diminuer l'IR de l'année en cours. Elle s'impute sur le revenu global de l'année suivante (déclaration N+2). Économie réelle = base × 6,8 % × TMI N+1. Concrètement, si vous cochez 2OP sur 50 000 € de dividendes en 2026, les 3 400 € de CSG déductible réduiront votre IR 2027 — au taux marginal 2027.
| Versement 2026 | Base CSG ded. (6,8 %) | Économie IR 2027 (TMI 11 %) | TMI 30 % | TMI 41 % | TMI 45 % |
|---|---|---|---|---|---|
| 10 000 € | 680 € | 75 € | 204 € | 279 € | 306 € |
| 30 000 € | 2 040 € | 224 € | 612 € | 836 € | 918 € |
| 50 000 € | 3 400 € | 374 € | 1 020 € | 1 394 € | 1 530 € |
| 100 000 € | 6 800 € | 748 € | 2 040 € | 2 788 € | 3 060 € |
Concrètement, si vous anticipez un changement de TMI en N+1 (retraite, congé parental, année blanche), le calcul change du tout au tout. Un cadre TMI 41 % qui part à la retraite en 2027 à TMI 11 % verra son économie réelle tomber de 1 394 € à 374 € (sur 50 000 € de dividendes barème 2026). Intégrez la TMI N+1 projetée, pas la TMI N, dans vos simulations — c'est le piège n°1 des simulateurs bancaires simplistes.
Stratégie 8 — Fractionnement des rachats AV : saturer l'abattement 4 600 / 9 200 €
Sur un contrat d'assurance-vie de plus de 8 ans, chaque rachat partiel bénéficie d'un abattement 4 600 € célibataire / 9 200 € couple sur la part de produits. Plutôt que de racheter en une fois, fractionnez sur plusieurs années civiles.
CAS — Couple retraité, AV > 8 ans, 800 000 € avec 40 % de produits = 320 000 € taxables au rachat total. RACHAT TOTAL EN 1 FOIS : Abattement couple : 9 200 € Base taxable : 320 000 − 9 200 = 310 800 € IR 7,5 % : 23 310 € PS 17,2 % (AV reste à 17,2 %) : 53 456 € TOTAL : 76 766 € RACHATS FRACTIONNÉS sur 20 ans (40 000 €/an dont 16 000 € de produits) : Abattement annuel saturé : 9 200 € Base annuelle : 16 000 − 9 200 = 6 800 € IR annuel 7,5 % : 510 € PS annuel 17,2 % sur 16 000 : 2 752 € TOTAL annuel : 3 262 € TOTAL 20 ans : 65 240 € → ÉCONOMIE : 11 526 € + valeur temps du capital (plus-values générées par le capital non retiré).
Concrètement, la mise en place d'un plan de rachats programmés auprès de votre assureur rend l'opération automatique. Sur 20 ans, vous payez l'impôt sur vos produits AV presque uniquementaux prélèvements sociaux — l'IR est neutralisé par l'abattement. Un couple patient peut ainsi sortir 9 200 € de produits/an en franchise totale d'IR.
Stratégie 9 — Contrat de capitalisation + donation : purger la plus-value
Contrairement à l'assurance-vie, le contrat de capitalisation (même fiscalité que l'AV pendant la détention) peut être donné ou transmis par succession. La donation purge la plus-value latente : le donataire reprend le contrat avec une valeur d'acquisition égale à la valeur du jour de la donation. Tous les gains antérieurs échappent à l'IR + PS.
Cas pratique : contrat de capi à 500 k€ dont 200 k€ de produits latents. Donation à l'enfant (abattement 100 k€ tous les 15 ans, art. 779 CGI). Droits de donation sur 400 k€ taxables ≈ 78 000 €. Fiscalité IR + PS évitée sur les 200 k€ de produits : 200 000 × 24,7 % = 49 400 € économisés, sans compter la décote éventuelle pour nue-propriété. Le contrat de capi est aussi l'enveloppe privilégiée pour les personnes morales (holding IS) — voir section 5 ter.
Stratégie 10 — Assurance-vie luxembourgeoise : la neutralité fiscale en gestion
Pour un résident fiscal français, une AV luxembourgeoise est fiscalement identiqueà une AV française (même 7,5 % / 12,8 % / abattements 4 600 / 9 200 €). Avantages spécifiques :
- Neutralité fiscale en phase de capitalisation (art. 115 LIR Luxembourg — aucun impôt luxembourgeois sur les revenus générés dans le contrat).
- Super-privilège créanciers (loi luxembourgeoise de 2001, Commissariat aux Assurances) — vos avoirs sont protégés au premier rang, devant l'État.
- Multi-devises (EUR, USD, GBP, CHF) — utile pour loger des actifs étrangers sans conversion forcée.
- Triangle de sécurité : ségrégation des actifs entre assureur, banque dépositaire et CAA.
- Fonds dédiés FID / FAS accessibles pour les patrimoines au-dessus de 250 k€ — titres vifs, private equity, ETF non UCITS, obligations d'entreprise sur mesure.
Effet sur l'arbitrage PFU/barème : l'AV Lux contourne totalement le débat. Les dividendes et intérêts internes au contrat ne sont pas imposés année par année — la question PFU/barème ne se pose qu'au rachat, uniquement sur les produits. Levier puissant pour les investisseurs détenant des titres étrangers (crédit d'impôt étranger absorbé dans le rendement du contrat) et pour les HNWI cherchant gestion dédiée. Guide complet : assurance-vie luxembourgeoise.
Stratégie 11 — Quotient art. 163-0 A CGI : lisser les revenus exceptionnels
Un revenu exceptionnel (plus-value de cession importante, indemnité de départ, prime exceptionnelle, arriérés de salaires) imposé au barème peut vous faire sauter une tranche. Le système du quotient (art. 163-0 A CGI) permet de lisser ce revenu : l'impôt est calculé comme si le revenu exceptionnel était perçu par fraction (coefficient 4 pour les revenus exceptionnels, nombre d'années concernées pour les revenus différés), puis le résultat est multiplié pour obtenir l'impôt total.
EXEMPLE — Paul, 58 ans, cadre dirigeant
Revenu habituel imposable : 85 000 € (TMI 30 %)
En 2025 : prime de départ retraite 60 000 € (soumise au barème)
SANS QUOTIENT :
IR sur 145 000 € barème 2026 (1 part) ≈ 36 650 €
IR sur 85 000 € seul ≈ 16 600 €
→ Impôt supplémentaire sur la prime = 20 050 €
AVEC QUOTIENT (coefficient 4, art. 163-0 A) :
Étape 1 : IR sur 85 000 + 60 000/4
= IR sur 100 000 € ≈ 20 750 €
Étape 2 : IR sur 85 000 € seul ≈ 16 600 €
Étape 3 : (20 750 − 16 600) × 4 = 16 600 €
→ Impôt supplémentaire sur la prime = 16 600 €
ÉCONOMIE : 3 450 €, sans rien changer d'autre.Articulation PFU/barème : le quotient ne s'applique pas aux revenus soumis au PFU. Si vous avez une plus-value exceptionnelle de 300 k€ et que vous êtes habituellement en TMI 30 %, cocher 2OP + activer le quotient peut faire redescendre la TMI effective sur cette PV, malgré un RFR élevé. Bonne nouvelle LF 2022 : le quotient 163-0 A n'entre plusdans l'assiette de la CEHR — ce qui renforce encore son intérêt à l'approche des 250 000 € de RFR.
Calendrier fiscal CGP 2026-2027 : les 10 dates à bloquer
Un bon arbitrage PFU/barème ne se joue pas en mai quand on remplit la déclaration. Il se prépare sur 18 mois. Voici le calendrier que nous tenons en cabinet pour nos clients RCM.
| Date | Action | Enjeu |
|---|---|---|
| Février 2026 | Vérification IFU (cases 2DC / 2TS / 2BH / 2CK / 2CG) | Éligibilité abattement 40 % |
| Avril-mai 2026 | Simulation PFU vs barème sur revenus 2025 | Décision 2OP déclaration 2025 (irrévocable) |
| Juin 2026 | Dépôt déclaration 2042 (option 2OP = case 2OP cochée) | Choix effectif |
| 30 novembre 2026 | Demande de dispense PFNL 2027 (RFR N-2 < 50/75 k€ divid., 25/50 k€ intérêts) | Évite 12,8 % prélevés à la source |
| 1-15 décembre 2026 | Acompte CDHR 95 % (si RFR ajusté > 250/500 k€) | Pénalité 20 % (art. 1731 bis CGI) |
| 31 décembre 2026 | Dernières cessions titres / rachats AV / purge MV | Fenêtre pluriannuelle fermée |
| Janvier 2027 | Réception nouveaux IFU (revenus 2026) | Préparation simulation 2026 |
| Mai-juin 2027 | Déclaration 2042 revenus 2026 — 1re année révocable (art. 126 LF 2026) | Option révisable jusqu'au 31/12/2029 |
| Septembre 2027 | Avis d'imposition revenus 2026 + CSG déductible s'imputant sur IR 2027 | Effet rétroactif |
| Octobre-novembre 2027 | Simulation ex-post : a-t-on fait le bon choix 2026 ? | Réclamation contentieuse possible |
Piège PFNL oublié — majoration 10 %
Le prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) de 12,8 % est dû lors du versement. Si votre établissement payeur oublie de le prélever (cas classique des distributions de SARL familiales, ou de sociétés étrangères sans intermédiaire français), c'est à vous de le déclarer et de payer dans les 15 jours via le formulaire 2778-SD. Oubli = majoration 10 % (art. 1728 CGI) + intérêts de retard 0,20 %/mois. Nous voyons chaque année des dirigeants rattrapés pour 3 000 à 10 000 € uniquement sur cette omission procédurale.
Construisons votre stratégie fiscale pluriannuelle 2026-2028
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Comment déclarer : case 2OP étape par étape
Décision prise : PFU ou barème. Reste le geste qui active votre choix — où trouver la case 2OP dans votre déclaration, comment la cocher sans erreur, et que faire si vous réalisez après coup que vous vous êtes trompé.
Localiser la case 2OP
Sur le formulaire 2042, la case 2OP se trouve en tête de la rubrique « Revenus des valeurs et capitaux mobiliers », juste avant les cases 2DC, 2TS, 2BH et suivantes. Sur la déclaration en ligne (impots.gouv.fr), elle apparaît à l'étape 3 « Revenus », section « Revenus de capitaux mobiliers (RCM) ».
Cochée : barème progressif pour tous les RCM et plus-values mobilières de l'année. Non cochée : PFU 31,4 % automatique.
La reconduction automatique n'existe pas
Contrairement à une idée reçue, l'option n'est pas reconduite d'une année sur l'autre. Vous devez cocher 2OP chaque année pour que le barème s'applique. Si vous oubliez une année, c'est le PFU qui reprend automatiquement — ce qui peut être bénéfique ou coûteux selon votre profil.
Pré-cochage par l'administration en ligne
Si vous avez coché 2OP en N-1, la case est généralement pré-cochée par défaut sur votre déclaration en ligne en N. Si vos revenus ont changé (TMI plus élevée, moins de dividendes, nouvelle cession), pensez à la décocher manuellement— ou à refaire la simulation avant de valider. Le pré-cochage n'est pas un choix de l'administration : c'est un confort d'interface qui peut vous coûter plusieurs centaines d'euros si votre situation a évolué.
Demander la dispense d'acompte (pour l'année suivante)
Quand vous touchez vos dividendes ou intérêts, votre banque prélève automatiquement 12,8 % d'IR à la source. C'est ce qu'on appelle le PFNL (prélèvement forfaitaire non libératoire) : une avance sur l'impôt final, prélevée au moment du versement.
Vous pouvez demander à en être dispensé si votre RFR (revenu fiscal de référence)de l'année N-2 reste sous certains seuils :
| Type de revenu | Seuil RFR célibataire | Seuil RFR couple |
|---|---|---|
| Dividendes | 50 000 € | 75 000 € |
| Intérêts | 25 000 € | 50 000 € |
La demande doit être formulée auprès de l'établissement payeur (banque, courtier, société distributrice) avant le 30 novembrede l'année précédant le paiement. Cette démarche permet d'éviter un acompte trop élevé suivi d'une régularisation tardive.
Rattraper un oubli de case 2OP
- Avant validation finale : modification libre directement en ligne.
- Après envoi, dans le délai légal : déclaration rectificative en ligne jusqu'à la date limite officielle.
- Après mise en recouvrement : réclamation contentieuse auprès du centre des impôts jusqu'au 31 décembre de la 2ᵉ année suivant la mise en recouvrement.
- Revenus 2026 et suivants : option rendue révocable par la LF 2026 (art. 126 — suppression du terme « irrévocable » de l'article 200 A, 2 du CGI), dans le délai de droit commun de la réclamation contentieuse.
Conseil de rédaction
En cas de réclamation contentieuse, joignez systématiquement : (1) l'IFU (Imprimé Fiscal Unique) remis par votre courtier, (2) une simulation comparative PFU vs barème montrant l'écart, (3) une déclaration rectificative 2042 avec la case 2OP bien cochée. Délai de traitement : 2 à 6 mois selon le centre.
Les régimes qui échappent au choix PFU/barème
Certaines enveloppes ou revenus ne sont pas concernés par la case 2OP. À savoir pour éviter les confusions :
| Produit | Régime fiscal 2026 | Option 2OP applicable ? |
|---|---|---|
| PEA après 5 ans | 0 % IR + 18,6 % PS | Non (PEA exonéré) |
| Assurance-vie < 8 ans | PFU 30 % (PS 17,2 %) | Oui, mais rarement utile |
| Assurance-vie > 8 ans | 7,5 % ou 12,8 % + abattement | Non (régime spécifique) |
| LMNP micro-BIC / réel | Barème IR (BIC) | Non (revenus pro) |
| SCPI — loyers | Barème IR + 17,2 % PS | Non (revenus fonciers) |
| SCPI — intérêts trésorerie | PFU 31,4 % ou barème | Oui, concerné par 2OP |
| Livret A / LDDS / LEP | Exonéré | Sans objet |
Concrètement : si tout votre patrimoine financier est logé en PEA, assurance-vie et livrets réglementés, vous n'êtes tout simplement pas concerné par la case 2OP. Elle ne vise que vos titres détenus en compte-titres ordinaire (CTO — le compte boursier standard, par opposition au PEA) et certains revenus mobiliers ponctuels (intérêts de trésorerie SCPI, dividendes directs). Vérifiez d'abord la composition de vos enveloppes avant de vous interroger sur le choix PFU ou barème.
Pour les revenus SCPI, consultez notre guide dédié au régime fiscal des SCPI. Pour le LMNP, notre analyse complète est disponible sur LMNP 2026 : régime fiscal hors PFU.
Les formulaires annexes : la liste exhaustive et les confusions qui coûtent cher
La case 2OP vit dans l'écosystème de plusieurs formulaires annexes. Voici la liste exhaustive et leur usage — confondre l'un de ces formulaires peut coûter plusieurs milliers d'euros en pénalités ou en abattements oubliés.
| Formulaire | Usage | Déclenche / vérifie |
|---|---|---|
| 2042 | Déclaration principale | Cases 2OP, 2DC, 2TS, 2BH, 2CK, 2CG |
| 2042-C | Revenus complémentaires | Cases 3AN/3BN (crypto), 3CN (option barème crypto) |
| 2047 | Revenus de source étrangère | Dividendes US/UK/DE + crédit d'impôt conventionnel |
| 2074 | Plus-values mobilières détaillées | Ventilation cessions, durée détention, PV exonérées |
| 2074-ABT | Abattement durée détention titres pré-2018 | 50 / 65 / 85 % (régime renforcé PME) |
| 2074-CMV | Calcul et report des moins-values 10 ans | Stock MV à imputer sur PV futures |
| 2074-IMP | Plus-value cession dirigeant 150-0 D ter | Abattement fixe 500 / 600 k€ retraite |
| 2778-SD | Paiement PFNL spontané (distribution sans intermédiaire) | Évite majoration 10 % art. 1728 CGI |
| 3916-bis | Déclaration compte / contrat vie à l'étranger | Pénalité 1 500 € / compte non déclaré (10 000 € État ETNC) |
| 5000 / 5001 | Attestation de résidence fiscale (non-résidents) | Application directe du taux conventionnel |
Checklist IFU avant de cocher 2OP
Votre Imprimé Fiscal Unique (IFU) vous arrive en février-mars. Vérifiez dans l'ordre : (1) case 2DC = dividendes éligibles à l'abattement 40 %, (2) case 2TS = revenus distribués non éligibles (bonis, tantièmes, CCA débiteur), (3) case 2BH = revenus déjà soumis au PFNL 12,8 %, (4) case 2CK = PFNL déjà acquitté (crédit d'impôt sur IR final), (5) case 2CG = CSG déductible reportable en N+1. Si le courtier s'est trompé sur 2DC vs 2TS (confusion fréquente), demandez un IFU rectificatif avantde cocher 2OP — sinon vous perdez l'abattement 40 % sur la moitié de vos dividendes.
Synthèse : checklist 8 questions avant de cocher
Vous avez parcouru le contexte 2026, la mécanique, les 10 cas pratiques, les 14 pièges, les schémas dirigeants, le calendrier et les leviers stratégiques. Voici la checklist concentrée — à imprimer et à dérouler chaque année avant de toucher à votre déclaration.
Checklist 2OP — 8 questions à se poser avant de cocher
| # | Question | Si réponse en faveur du barème |
|---|---|---|
| 1 | Ma TMI 2026 est-elle inférieure ou égale à 11 % ? | Cochez 2OP quasi-systématiquement |
| 2 | Ai-je plus de dividendes que d'intérêts (ratio > 70 %) ? | Abattement 40 % active la bascule dès TMI 24 % |
| 3 | Ai-je des titres acquis AVANT le 1ᵉʳ janvier 2018 ? | Abattement durée 50/65/85 % peut tout inverser |
| 4 | Ai-je un stock de moins-values mobilières reportables ? | Imputez d'abord, neutralisez l'arbitrage |
| 5 | Mon RFR dépasse-t-il 250 k€ (célib.) / 500 k€ (couple) ? | CDHR : barème devient neutre voire gagnant |
| 6 | Ma TMI N+1 sera-t-elle plus basse (retraite, congé) ? | CSG déductible 6,8 % perd de sa valeur — recalculer |
| 7 | Mes dividendes sont-ils éligibles à l'abattement 40 % (IFU case 2DC) ? | OUI = barème possible / NON = PFU recommandé |
| 8 | Ai-je payé un acompte PFNL en N-1 (case 2CK) ? | Crédit d'impôt à imputer — éviter l'oubli |
Règle de décision : si 3 réponses ou plus penchent vers le barème, cochez 2OP et simulez précisément. Si 3 réponses ou plus penchent vers le PFU, laissez par défaut. Dans le doute, simulez avec un conseiller— l'option étant désormais révocable (LF 2026 art. 126), vous pouvez encore corriger jusqu'au 31 décembre 2029 pour les revenus 2026.
La règle d'or qui tient en une phrase
Avant d'optimiser 2OP, restructurez votre patrimoine. Les enveloppes (PEA, AV, AV Lux, contrat de capi, PER, holding) règlent 60 à 90 % de la fiscalité bien avantque le débat PFU/barème ne se pose. Le débat 2OP ne concerne réellement que le résidu en compte-titres ordinaire — souvent moins d'un tiers d'un patrimoine bien construit.
Les 33 questions-réponsesdétaillées sont développées dans la section FAQ en bas de page : définitions, cas limites, interactions avec le PER, l'assurance-vie, le PEA, la CDHR, non-résidents, crédit d'impôt étranger, moins-values reportables, dispense d'acompte, rattrapage d'oubli, crypto-actifs (case 3CN), stock-options et AGA, holding patrimoniale et régime mère-fille, système du quotient art. 163-0 A, comparaison internationale, et impact CDHR sur les très hauts revenus.
Information importante
Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne remplace pas un conseil personnalisé : votre situation fiscale est unique. Pour une analyse adaptée à vos revenus, votre patrimoine et vos projets, consultez un Conseiller en Gestion de Patrimoine certifié. Contactez-nous à contact@hagnere-patrimoine.fr ou réservez un rendez-vous en ligne.
Pour approfondir un point précis, retrouvez nos guides complémentaires : assurance-vie (guide complet), PER (guide pilier), optimisation IFI ou encore le hub parent « comment payer moins d'impôts ».

