Préparez votre transmission avec un expert succession
Donation, démembrement, testament, Dutreil, clause bénéficiaire et stratégie familiale : nous bâtissons une transmission cohérente avec vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en transmission patrimoniale
Quentin Hagnéré accompagne familles, dirigeants et retraités sur la donation, la succession, le démembrement, les clauses bénéficiaires et la coordination avec les notaires et experts-comptables.
Sommaire
- 1. Qu'est-ce que la vente à terme ?
- 2. Vente à terme libre ou occupée
- 3. Vente à terme ou viager : le comparatif
- 4. Combien ça rapporte, combien ça coûte
- 5. La fiscalité de la vente à terme
- 6. Que se passe-t-il en cas de décès
- 7. Les garanties et les risques
- 8. Les 6 erreurs à éviter
- Conclusion : 3 choses à retenir
- FAQ — 10 questions fréquentes
Vous êtes propriétaire, à la retraite, et votre patrimoine est surtout constitué de votre logement. Vous aimeriez en tirer un revenu régulier sans pour autant le quitter, et transmettre quelque chose à vos enfants. Le viagervous a traversé l'esprit, mais l'idée de « parier sur votre espérance de vie » vous met mal à l'aise. Il existe une autre voie, plus simple et plus prévisible : la vente à terme.
Le principe est limpide. Vous vendez votre bien, mais au lieu d'être payé en une fois, vous l'êtes par mensualités, sur une durée fixée d'avance. Pas de rente à vie, pas de hasard : le montant total et la durée sont connus dès la signature. Et, cerise sur le gâteau, ces mensualités ne sont pas imposables. C'est un outil méconnu, souvent confondu avec le viager, alors qu'il en corrige le principal défaut.
Dans ce guide, je vous explique comment fonctionne la vente à terme, la différence concrète avec le viager, sa fiscalité, ce qui se passe en cas de décès du vendeur ou de l'acheteur, et deux cas chiffrés à l'euro près. Je suis Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine, CIF ORIAS 14004526, dirigeant du cabinet Hagnéré Patrimoine.
À retenir en 30 secondes
- La vente à terme est une vente classique payée en mensualités(les « termes ») sur une durée déterminée, avec parfois un acompte (le « bouquet »).
- Différence clé avec le viager : aucun aléa (pas de rente à vie), et les termes sont du capital non imposable(la rente d'un viager est imposable en partie).
- Sur la résidence principale, la plus-value est exonérée. Attention : si elle est due, elle se paie l'année de la vente, pas au fil des mensualités.
- Au décès du vendeur, les mensualités continuentet reviennent à ses héritiers. Au décès de l'acheteur, ses héritiers poursuivent le paiement.
Avertissement
Qu'est-ce que la vente à terme immobilière ?
Oublions tout de suite le jargon. La vente à terme est une vente immobilière comme une autre : dès la signature de l'acte chez le notaire, la propriété passe à l'acquéreur (articles 1582 et 1583 du Code civil). La seule particularité tient au paiement du prix : au lieu d'un règlement unique financé par un crédit, l'acheteur paie le vendeur directement, par mensualités, sur une durée fixée à l'avance (souvent 10 à 15 ans).
Le prix se décompose en général en deux parties : un bouquet, somme versée comptant le jour de la vente, puis les termes, ces mensualités étalées dans le temps, le plus souvent indexées sur un indice de l'INSEE pour suivre l'inflation. Le vendeur joue, en quelque sorte, le rôle de la banque : c'est lui qui finance l'échelonnement.
La grande force de ce montage, c'est l'absence d'aléa. Dans un viager, le prix total dépend de la durée de vie du vendeur, par définition inconnue. Ici, rien de tel : le montant et la durée sont gravés dans l'acte. Juridiquement, la vente à terme n'est donc pas un contrat aléatoire (au sens de l'article 1108 du Code civil), ce qui la met à l'abri de la nullité pour absence d'aléa qui peut frapper un viager mal ficelé.
Le vocabulaire en clair
- Bouquet : l'acompte versé comptant le jour de la signature (souvent 20 à 40 % du prix).
- Termes : les mensualités qui paient le reste du prix, sur une durée déterminée.
- Crédirentier : le vendeur, qui reçoit les paiements. Débirentier : l'acheteur, qui les verse.
- Droit d'usage et d'habitation (DUH) : le droit, pour le vendeur d'une vente occupée, de continuer à vivre dans le logement.
Première question à trancher avant tout : le vendeur reste-t-il dans les lieux, ou libère-t-il le bien ? C'est toute la différence entre vente occupée et vente libre.
Vente à terme libre ou occupée ?
La réponse change le prix, et donc tout le calcul. Deux formules coexistent, selon que le vendeur quitte ou non son logement.
Dans la vente à terme libre, l'acquéreur récupère la jouissance du bien immédiatement. Il peut l'habiter ou le louer dès la signature. Logiquement, le prix est calculé sur la valeur libre, c'est-à-dire la pleine valeur de marché.
Dans la vente à terme occupée, le vendeur conserve un droit d'usage et d'habitation et continue de vivre chez lui (articles 625 à 636 du Code civil). En contrepartie, le prix est décoté : l'acheteur accepte de payer moins cher puisqu'il ne profitera du bien que plus tard. C'est la formule la plus fréquente pour un vendeur âgé qui souhaite rester chez lui tout en monétisant son patrimoine.
Comment se calcule la décote d'une vente occupée ?
Maintenant que les deux formules sont posées, attaquons la question qui revient systématiquement en rendez-vous : faut-il préférer une vente à terme ou un viager ?
Vente à terme ou viager : le comparatif
En bref :la vente à terme verse des mensualités d'un montant et d'une durée fixés d'avance, sans aléa et non imposables. Le viager verse une rente à vie, imposable en partie, dont le coût dépend de la longévité du vendeur. À son décès, la rente d'un viager s'éteint ; les termes d'une vente à terme, eux, reviennent aux héritiers.
C'est la comparaison que presque aucun guide ne pose noir sur blanc. Mettons les deux côte à côte.
| Critère | Vente à terme | Viager |
|---|---|---|
| Contrepartie | Bouquet + termes sur durée fixe | Bouquet + rente à vie |
| Aléa | Aucun (durée bornée) | Oui (décès du vendeur) |
| Coût total pour l'acheteur | Connu d'avance | Inconnu (dépend de la longévité) |
| Fiscalité des versements (vendeur) | Non imposables (capital) | Rente imposable en partie |
| Au décès du vendeur | Les termes restants vont aux héritiers | La rente s'éteint |
| Au décès de l'acheteur | Les héritiers poursuivent le paiement | Les héritiers poursuivent la rente |
Concrètement, la vente à terme est souvent préférée quand le vendeur veut transmettre (les mensualités survivent à son décès) et quand il refuse le pari de la longévité. Le viager garde un intérêt pour celui qui veut sécuriser un revenu à vie, quitte à ce que l'opération soit, fiscalement, moins favorable. Le bon choix dépend de votre objectif : revenu garanti à vie, ou transmission et prévisibilité.
Pour qui la vente à terme est-elle adaptée ?
- Vendeur senior propriétairequi veut un revenu net d'impôt sans quitter son logement et transmettre à ses enfants : la vente à terme occupée est souvent idéale.
- Acquéreur(souvent plus jeune) qui veut se constituer un patrimoine sans crédit bancaire, à un coût étalé : intéressant s'il accepte de patienter et souscrit une assurance décès.
- À évitersi le vendeur a besoin d'un revenu garanti à vie (le viager est alors plus adapté) ou si l'acheteur a besoin du bien immédiatement (une vente classique s'impose).
Vente à terme ou viager : lequel pour votre situation ?
Le bon montage dépend de votre âge, de votre objectif (revenu ou transmission) et de votre fiscalité. Nous chiffrons les deux options sur votre bien, à l'euro près. Bilan patrimonial offert, 30 minutes.
Combien ça rapporte, combien ça coûte ?
Rien ne vaut un cas concret. Prenons une vendeuse, puis regardons l'opération du côté de l'acquéreur.
Comment calcule-t-on le montant des termes ?
Cas pratique — Martine, 71 ans, veuve, vend en restant chez elle
Martine, 71 ans, veuve, vit à Tours dans une maison estimée 300 000 €, sa résidence principale. Sa pension est de 1 705 € par mois : confortable pour vivre, juste pour profiter. Elle veut un complément de revenu sans déménager, et transmettre à ses deux enfants. Elle opte pour une vente à terme occupée.
| Élément | Montant |
|---|---|
| Valeur libre du bien | 300 000 € |
| Valeur occupée (après décote d'occupation) | ≈ 230 000 € |
| Bouquet (20 %) | 46 000 € |
| Termes : 184 000 € sur 15 ans (180 mois) | ≈ 1 022 €/mois |
| Imposition des termes | 0 € (capital) |
| Plus-value (résidence principale) | Exonérée (art. 150 U II 1°) |
Concrètement, Martine encaisse 46 000 € tout de suite, puis environ 1 022 € par mois pendant 15 ans, le tout sans aucun impôt : la plus-value est exonérée (c'est sa résidence principale) et les termes sont du capital. Son revenu mensuel passe ainsi de 1 705 € à près de 2 727 €, sans quitter sa maison. Et si elle décède avant 15 ans, les mensualités restantes reviennent à ses enfants : le bien se transforme en capital transmis.
Du côté de l'acquéreur, l'opération est tout aussi intéressante. Il achète un bien de 230 000 € sans crédit bancaire : c'est Martine qui finance l'étalement, à un coût souvent inférieur à un prêt immobilier (autour de 3,4 % en 2026). Il paie des droits de mutation d'environ 14 536 €(6,32 % sur la valeur occupée), devient propriétaire dès la signature, et récupérera la pleine jouissance du bien au départ de Martine. Seule précaution, essentielle : souscrire une assurance décès pour garantir le solde à ses propres héritiers.
Le réflexe à ne pas oublier (vendeur)
La fiscalité de la vente à terme
C'est là que la vente à terme révèle son meilleur atout. Distinguons le vendeur et l'acheteur.
Pour le vendeur, le point décisif tient en une phrase : les termes sont du capital, pas un revenu. Le BOFiP est explicite : « le prix de cession est égal au montant cumulé des versements afférents aux diverses échéances » (BOI-RFPI-PVI-20-10-10). Les mensualités ne sont donc pas imposables. C'est l'écart majeur avec le viager, dont la rente est imposable selon l'âge du crédirentier (par exemple 40 % entre 60 et 69 ans, en application de l'article 158, 6 du Code général des impôts, qui ne vise que les rentes viagères).
Reste la plus-value immobilière. Elle suit le régime classique : exonérée pour la résidence principale(article 150 U II 1°), sinon taxée à 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec des abattements pour durée de détention (exonération d'impôt à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans). Le piège, déjà signalé : elle est due l'année de la cession, même si le prix s'encaisse sur quinze ans (BOI-RFPI-PVI-30-10).
Pour l'acheteur, le coût fiscal d'entrée, ce sont les droits de mutation à titre onéreux(les « frais de notaire »), calculés sur la valeur du bien (la valeur occupée en cas de vente occupée). En 2026, le taux courant atteint environ 6,32 %après la faculté donnée aux départements de relever les droits de 0,5 point (loi de finances 2025). Si l'acte prévoit des intérêts sur les termes, ces intérêts sont de leur côté imposables pour le vendeur comme des revenus de capitaux mobiliers.
| Vendeur | Acheteur | |
|---|---|---|
| Mensualités (termes) | Non imposables (capital) | — |
| Plus-value | Due l'année de cession (exo si RP) | — |
| Droits de mutation | — | ≈ 6,32 % de la valeur |
| IFI | Créance de termes hors IFI (art. 965) | Déclare le bien ; en occupée, répartition art. 669 sauf vente à un proche (art. 751) |
Concrètement, pour un vendeur qui cède sa résidence principale, la vente à terme est quasiment neutre fiscalement : ni impôt sur les mensualités, ni plus-value. Difficile de faire mieux pour transformer des murs en revenu. Reste la grande question que tout le monde se pose : que devient le contrat si l'une des deux parties décède ?
Que se passe-t-il en cas de décès ?
C'est le sujet que les plaquettes commerciales survolent, et c'est pourtant le plus important. La réponse n'est pas la même selon qui disparaît.
Si le vendeur décèdeavant la fin du paiement, le contrat ne s'arrête pas. Les termes restant dus deviennent une créance dans sa succession : ce sont ses héritiers qui continuent de les percevoir, jusqu'au terme prévu. C'est ce qui fait de la vente à terme un outil de transmission : le bien s'est transformé en un flux de capital qui passe aux enfants. Là où, dans un viager, le décès du vendeur éteint la rente et profite à l'acheteur, la vente à terme protège la famille.
Si l'acheteur décède, la dette ne disparaît pas davantage. Ses héritiers doivent poursuivre le paiementdes termes (ou revendre le bien pour solder le prix). C'est un risque réel pour la famille de l'acquéreur, et c'est pourquoi la souscription d'une assurance décèscouvrant le capital restant dû est vivement conseillée : elle solde l'opération sans peser sur les héritiers.
Le point que personne ne traite
Les garanties et les risques
Le principal risque, pour le vendeur, c'est l'impayé : que se passe-t-il si l'acheteur cesse de verser les termes ? L'acte notarié prévoit deux protections solides.
D'abord, l'hypothèque légale spéciale du vendeur(article 2402 du Code civil), qui a remplacé l'ancien « privilège du vendeur » depuis le 1er janvier 2022. Elle garantit le paiement du prix sur le bien lui-même. Ensuite, la clause résolutoire(articles 1654 et 1224 et suivants) : en cas de défaut, le vendeur peut faire annuler la vente et récupérer son bien.
Une précision capitale sur cette résolution : par principe, le vendeur qui reprend son bien doit restituer les sommes déjà reçues(bouquet et termes), sauf si l'acte les a expressément qualifiées d'indemnité. La Cour de cassation l'a rappelé en 2023 (Cass. 3e civ. 14 septembre 2023). D'où l'importance d'une clause bien rédigée, prévoyant une indemnité conservée par le vendeur en cas de défaillance.
Côté acheteur, le risque est l'inverse : s'il revend le bien, il reste tenu du paiement, et une clause d'interdiction d'aliéner ou de déchéance du terme est souvent prévue. Pour les deux parties, enfin, la clause d'indexationdes termes mérite attention : elle protège le vendeur de l'inflation, mais alourdit la charge de l'acheteur dans le temps.
Les 6 erreurs à éviter
- Confondre vente à terme et viager.Le viager, c'est une rente à vie avec aléa ; la vente à terme, des mensualités sur une durée fixe, sans aléa. Tout en découle.
- Oublier le piège de trésorerie de la plus-value.Si elle est due, elle se paie l'année de la vente, pas au rythme des mensualités. À anticiper quand le bien n'est pas la résidence principale.
- Croire que les mensualités sont une rente imposable.Ce sont du capital : elles ne sont pas imposables. Seuls les intérêts éventuellement stipulés le sont.
- Négliger l'assurance décès de l'acheteur.Sans elle, ses héritiers héritent d'une dette. C'est la protection la plus souvent oubliée.
- Bâcler la clause résolutoire.Sans qualification expresse, le vendeur doit restituer les sommes perçues en cas d'annulation. Faites prévoir une indemnité.
- Mésévaluer la décote d'occupation.Elle se négocie sur une base économique, pas sur le seul barème fiscal de l'usufruit. C'est le cœur de l'équilibre de l'opération.
Conclusion : les 3 choses à retenir
- La vente à terme corrige le défaut du viager : pas d'aléa, un prix et une durée connus d'avance, et des mensualités non imposables.
- C'est un outil de transmission : au décès du vendeur, les mensualités restantes reviennent à ses héritiers, là où une rente viagère se serait éteinte.
- Tout se joue dans l'acte : décote d'occupation, clause résolutoire, assurance décès de l'acheteur, anticipation de la plus-value. Un montage bien rédigé est un montage serein.
La vente à terme est un bel outil pour un propriétaire qui veut du revenu et de la transmission sans parier sur sa longévité. Encore faut-il la comparer à vos autres options (viager, donation, simple vente) au regard de votre situation complète.
Et si la vente à terme était la bonne solution pour vous ?
Vendeur ou acquéreur, nous chiffrons votre projet de vente à terme, le comparons au viager et à une donation, et sécurisons l'acte avec notre notaire partenaire. Bilan patrimonial et immobilier offert, 30 minutes avec un CGP.
Hagnéré Patrimoine, SAS immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 14004526, en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCGP, courtier en assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Article rédigé selon la législation en vigueur au 2 juin 2026 (lois de finances 2025 et 2026). Dernière mise à jour : 2 juin 2026.

