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Prélèvement libératoire sur les intérêts 2026 : PFU 31,4 % ou option barème, comment choisir ?

Vous avez 50 000 € sur un livret bancaire et la banque vient de prélever 1 256 € d'impôts d'un coup. Erreur ou pas ? Tout dépend de votre TMI et de la case 2OP. Le guide Hagnéré Patrimoine sur le PFU intérêts 31,4 % LFSS 2026, l'option barème devenue révocable (LF 2026 art. 126), la dispense PFNL 12,8 % si RFR < 25 k€, et 3 cas chiffrés (Bernard TMI 11 %, Marc TMI 30 %, Karim expat Singapour).

31,4 %PFU intérêts 2026
RévocableOption 2OP
25/50 k€Dispense PFNL
0 à 75 %Non-résident
Hagnéré Patrimoine

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À retenir en 30 secondes

  • PFU intérêts 2026 = 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS depuis LFSS 2026 art. 12, hausse CSG 9,2 → 10,6 %). Régime par défaut pour tous les résidents fiscaux français.
  • Option barème (case 2OP) devient révocable à compter des revenus 2026 (LF 2026 art. 126). Vous pouvez cocher 2OP une année puis revenir au PFU l'année suivante.
  • Dispense PFNL 12,8 % si RFR N-2 < 25 000 € (célibataire) ou 50 000 € (couple), demande avant le 30 novembre N-1 (art. 242 quater CGI).
  • Non-résident : retenue à la source 0 % (Suisse, Lux, USA, RU, Allemagne, UAE) à 75 % (ETNC) selon convention fiscale (art. 125 A III).
  • 2 cas où le PFL résiduel existe encore : bons anonymes 75 %, non-résidents 12,8 % ou taux conventionnel (art. 125 A CGI).

Avertissement

Cet article publié par Hagnéré Patrimoine (SAS de conseil en gestion de patrimoine, ORIAS 23002291) a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations fournies sont à jour à la date de publication mais la législation et la doctrine peuvent évoluer. La fiscalité mentionnée dépend de votre situation individuelle. Pour une analyse adaptée à votre cas, nous vous recommandons de solliciter un bilan patrimonial personnalisé Hagnéré Patrimoine.

Mis à jour le 20 mai 2026 — Références légales mobilisées

Guide rédigé selon la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), et l'état de la doctrine BOFiP au 20 mai 2026.

  • Code général des impôts : art. 200 A (PFU + option barème), 125 A (PFL résiduels, non-résidents, ETNC), 117 quater (PFNL acompte), 242 quater (dispense RFR), 158 (RCM), 199 ter (crédit d'impôt), 119 bis + 187 (retenue à la source non-résidents — LF 2025 art. 96 retenue 12,8 % obligatoire depuis 01/01/2026), 124 (délimitation RCM privé vs BIC/BNC professionnel), 1417 (définition du RFR fondant les seuils 25 k€/50 k€).
  • Code de la sécurité sociale : L. 136-7 (CSG 10,6 % capital mobilier LFSS 2026), L. 136-8 IV rétabli (maintien 9,2 % sur foncier, AV, PV immo).
  • Doctrine BOFiP-Impôts : BOI-RPPM-RCM-20-15 (PFU sur RCM), BOI-RPPM-PVBMI-30-20 (option barème — ⚠️ MAJ 18/08/2025 qualifie encore l'option d'irrévocable alors que la LF 2026 art. 126 supprime ce terme), BOI-RPPM-RCM-30-10-20 (PFL résiduels), BOI-INT-CVB (conventions bilatérales).
  • Jurisprudence : CE 8e-3e ch. 5 avril 2024 n° 490411 (option barème irrévocable jusqu'en 2025) ; Cons. const. 2017-758 DC du 28/12/2017 (PFU 30 % conforme) ; Cons. const. 2025-899 DC du 30/12/2025 (validation LFSS 2026 hausse CSG) ; Cons. const. 2014-435 QPC du 5/12/2014 (sécurité juridique PFL) ; CJUE Sofina C-575/17 du 22/11/2018 (non-résidents libre circulation capitaux) ; CJUE De Ruyter C-623/13 du 26/02/2015 (socle CSG non-résidents UE/EEE/Suisse) ; CE France Citévision n° 434129 du 24/02/2021 (application art. 125 A III CGI sur intérêts versés à associés étrangers — arrêt pivot post-Sofina) ; CJUE Jahin C-45/17 du 18/01/2018 (frontière UE/pays tiers — CSG due pour expatriés Asie/US/UK post-Brexit).
  • Arrêté ETNC : arrêté du 15 avril 2026 (JORF 26/04/2026, JORFTEXT000053958847) — liste actualisée à 11 États (Vietnam ajouté, Fidji / Samoa / Trinité-et-Tobago retirés).
  • Lois structurantes : LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 art. 12 hausse CSG) ; LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 art. 126 option 2OP révocable) ; LF 2018 (loi n° 2017-1837 art. 28 création PFU 30 %) ; LF 2013 (loi n° 2012-1509 barénisation des intérêts).
  • Statistiques officielles : Banque de France T3 2025 (410,5 Md€ d'encours sur livrets bancaires fiscalisés ménages) ; Banque de France mars 2026 (taux livrets fiscalisés 0,74 % vs Livret A 1,50 %, CAT > 2 ans 2,67 % production nouvelle) ; ACPR 2025 (fonds euros 2,65 % net moyen) ; DGFiP revenus 2024 (41,5 M foyers, 19,6 M imposés, IR 92 Md€).

1. Qu'est-ce que le « prélèvement libératoire » sur les intérêts ?

Vous avez 50 000 € sur un livret bancaire fiscalisé. La banque vient de vous prélever 1 256 € d'impôts d'un coup sur vos intérêts annuels. C'est le PFU à 31,4 %. Question légitime : pourquoi tout le monde l'appelle encore « prélèvement libératoire » alors qu'il porte un autre nom depuis 2018 ?

La confusion vient de l'histoire fiscale. Le « prélèvement libératoire » (PFL) a longtemps désigné le régime de l'art. 125 A CGI : une retenue à la source qui libérait totalement le contribuable de l'IR sur les intérêts. Depuis la loi de finances 2013 (loi n° 2012-1509), les intérêts versés à des résidents fiscaux français sont systématiquement intégrés au barème progressif puis, depuis la loi de finances 2018 (loi n° 2017-1837 art. 28), soumis par défaut au PFU à 30 % devenu 31,4 % en 2026 (art. 200 A CGI).

Le PFL au sens strict ne subsiste plus que dans deux cas résiduels que nous détaillerons en H2.7. Mais dans le langage courant — y compris dans les agences bancaires — l'expression « prélèvement libératoire » désigne encore souvent le PFU. C'est imprécis mais répandu.

Le vrai sujet en 2026, c'est de savoir si vous laissez votre banque appliquer le PFU 31,4 % par défaut, ou si vous optez pour le barème progressif via la case 2OP. La réponse dépend entièrement de votre tranche marginale d'imposition (TMI)— et désormais, vous pouvez changer d'avis chaque année grâce à la LF 2026 art. 126.

2. PFU 31,4 % en 2026 : qui paie quoi ?

Le PFU à 31,4 % se décompose en deux blocs : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Les prélèvements sociaux ont augmenté de 1,4 point au 1er janvier 2026 suite à la hausse de la CSG sur les revenus du capital (LFSS 2026 art. 12). Chez Hagnéré Patrimoine, nous voyons régulièrement des clients qui ignorent ce passage de 30 % à 31,4 % et déclarent encore selon l'ancien taux.

Réponse en 48 mots (featured snippet)

Depuis le 1er janvier 2026, les intérêts versés à un résident fiscal français sont soumis au PFU (prélèvement forfaitaire unique) à 31,4 % : 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG à 10,6 % depuis la LFSS 2026). L'option pour le barème progressif (case 2OP) reste possible et devient révocable à partir des revenus 2026.
Tableau 1 — Composition du PFU 31,4 % sur les intérêts en 2026
ComposanteTaux 2025Taux 2026Source
IR (prélèvement forfaitaire)12,8 %12,8 %art. 200 A CGI
CSG9,2 %10,6 %L. 136-7 CSS (LFSS 2026 art. 12)
CRDS0,5 %0,5 %L. 136-8 CSS
Prélèvement de solidarité7,5 %7,5 %art. 235 ter CGI
Total PS17,2 %18,6 %
TOTAL PFU30 %31,4 %

Concrètement, sur 1 000 € d'intérêts bruts versés en 2026 par votre banque, vous touchez 686 € net après PFU 31,4 %. Et la banque retient les 314 € d'impôt à la source (le PFNL pour la partie IR, les PS prélevés automatiquement).

Exception : pourquoi 18,6 % de PS et pas 17,2 % ?

La LFSS 2026 art. 12 a porté la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du capital mobilier (intérêts, plus-values mobilières). Mais l'article L. 136-8 IV CSS rétabli maintient la CSG à 9,2 % par exception pour le foncier, les plus-values immobilières, l'assurance-vie, le CEL pré-2018, le PEL exonéré et le PEP — ces produits restent donc à 17,2 % de PS (le PEA n'y figure pas : 18,6 % sur les gains acquis depuis 2026). Cette double régime fait que sur les intérêts c'est 18,6 % et sur l'AV ou les loyers c'est 17,2 %. Pour comprendre le mécanisme global, voir notre guide CSG, CRDS et prélèvements sociaux en 2026.

3. Faut-il cocher l'option 2OP pour le barème progressif en 2026 ?

Vous pouvez refuser le PFU et opter pour le barème progressif. C'est ce qu'on appelle « cocher 2OP ». L'option se fait en avril, lors de la déclaration de revenus, et elle est globale : elle s'applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers de l'année (intérêts, dividendes, plus-values mobilières, hors AV/PEA/PEL qui ont des régimes dédiés).

L'option est de plus en plus utilisée : selon les statistiques DGFiP, 2,5 millions de foyers fiscaux ont coché 2OP en 2024 (revenus 2023), contre 881 000 seulement en 2019 — une hausse de +183 % en 5 ans. Et pourtant, la DGFiP estime que 8,1 millions de foyers supplémentaires pourraient gagner en moyenne 50 €/an en cochant l'option. Un manque à gagner de 400 millions d'euros par an pour les contribuables français.

Nouveauté LF 2026 art. 126 : l'option 2OP devient désormais révocable d'une année sur l'autre à compter des revenus 2026. Avant, l'option était considérée comme irrévocable par l'administration et par la jurisprudence (arrêt Conseil d'État 8e-3e ch. 5 avril 2024, n° 490411) : une fois cochée 2OP, elle s'imposait l'année suivante sauf décision contraire explicite. Désormais, vous pouvez tester l'option en 2026, revenir au PFU en 2027, et la reprendre en 2028 selon votre situation.

⚠️ Décalage entre la loi et la doctrine BOFiP

Au 20 mai 2026, la doctrine BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-30-20 (dernière mise à jour 18/08/2025) qualifie encore l'option 2OP d'irrévocable. Cette mention sera corrigée dès la prochaine actualité BOFiP — probablement avant la déclaration 2027 (revenus 2026). Le texte légal LF 2026 art. 126 prévaut en cas de divergence : l'option est bien révocable depuis le 1er janvier 2026.

Pourquoi cette nouveauté est-elle importante ? Parce qu'elle permet enfin de piloter sa fiscalité année par année. Si vous prenez votre retraite et basculez en TMI 11 % à partir de 2027, vous pourrez cocher 2OP pour 2027, profiter de l'économie, et revenir au PFU en 2028 si votre situation change.

⚠️ Piège 2OP global : attention si vous avez des dividendes éligibles à l'abattement 40 %

L'option 2OP est globale : elle s'applique à TOUS vos RCM (intérêts, dividendes, plus-values mobilières). Si vous avez des dividendes éligibles à l'abattement 40 % (art. 158-3-2° CGI), cocher 2OP fait perdre cet abattement. Concrètement : la bascule devient défavorable dès que vos intérêts représentent plus de 60 % du mix RCM avec dividendes éligibles. À simuler globalement avant de cocher.

Nouveauté DGFiP 2026 : case 2OP pré-cochée par défaut

Depuis la déclaration 2026 (revenus 2025), la DGFiP pré-coche automatiquement la case 2OP pour les contribuables dont elle estime qu'ils gagneront avec l'option (généralement TMI 0 ou 11 %). Attention : cette estimation se base sur l'année N-1. Si vos plus-values mobilières explosent en N (cession de titres avec PV), vous pouvez avoir intérêt à décocher manuellement et revenir au PFU. Vérifiez toujours votre déclaration pré-remplie.

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4. À partir de quel TMI le barème devient-il plus avantageux que le PFU ?

La règle est simple — et chez Hagnéré Patrimoine, nous l'appliquons systématiquement en première lecture de dossier. Le PFU à 31,4 % se décompose en 12,8 % d'IR et 18,6 % de PS. Si votre tranche marginale d'imposition (TMI) est inférieure à 12,8 %, le barème gagne. Au-delà, le PFU est presque toujours optimal.

Tableau 2 — Point de bascule PFU vs option barème selon votre TMI (intérêts 2026)
TMIImposition PFUImposition barèmeGagnantÉconomie barème pour 1 000 € d'intérêts
0 % (non imposable)31,4 %18,6 % (PS seuls)BARÈME+128 €
11 %31,4 %29,6 % (11 % + 18,6 %)BARÈME+18 €
30 %31,4 %48,6 % (30 % + 18,6 %)PFU−172 €
41 %31,4 %59,6 % (41 % + 18,6 %)PFU−282 €
45 %31,4 %63,6 % (45 % + 18,6 %)PFU−322 €

Concrètement, si vous êtes en TMI 0 % (revenu fiscal de référence très faible, retraités modestes), vous gagnez 128 € pour chaque tranche de 1 000 € d'intérêts en cochant 2OP. À TMI 11 %, le gain est plus modeste (18 €/1 000 € d'intérêts) mais récurrent. À TMI 30 % et plus, ne touchez pas au PFU. Pour situer votre TMI, voir le barème IR 2026 indexé.

Cas pratique 1 — Bernard et Claudine, retraités à Aix-en-Provence

Profil : 68 et 65 ans, retraités cadres. Revenus mensuels nets 4 800 € (pensions). TMI 11 %. RFR 2024 : 38 000 €. Patrimoine financier de 200 000 € réparti entre 100 000 € sur livret bancaire fiscalisé (taux 0,74 % en mars 2026) et 100 000 € sur CAT 3 ans (taux 2,67 % production nouvelle).

Intérêts annuels bruts : 740 € (livret) + 2 670 € (CAT) = 3 410 €.

Option A — PFU 31,4 % : IR 12,8 % × 3 410 = 437 € + PS 18,6 % × 3 410 = 634 €. Total impôt 1 071 € (31,4 %).

Option B — Barème TMI 11 % + PS : IR 11 % × 3 410 = 375 € + PS 18,6 % × 3 410 = 634 €. Total impôt 1 009 € (29,6 %).

Économie option barème pour Bernard et Claudine : 62 €/an, soit 620 € sur 10 ans. Modeste mais récurrent. La nouveauté LF 2026 leur permet désormais de tester l'option pour 2026 et de revenir au PFU si leur situation change.

5. Le PFNL 12,8 % et la dispense (RFR N-2 sous 25 000 € ou 50 000 €)

Quand votre banque vous verse des intérêts, elle prélève à la source un acompte d'IR de 12,8 % (le PFNL — prélèvement forfaitaire non libératoire, art. 117 quater CGI). Cet acompte sera imputé sur l'IR final l'année suivante. Si vous êtes en TMI 0 ou 11 %, vous récupérez le trop-perçu en septembre N+1. Notre cabinet Hagnéré Patrimoine constate que la dispense PFNL est demandée par moins de la moitié des contribuables éligibles.

Vous pouvez toutefois demander une dispense de ce PFNL si votre revenu fiscal de référence (RFR)de l'année N-2 est inférieur à un seuil (art. 242 quater CGI) :

  • Célibataire : RFR N-2 < 25 000 € → dispense possible
  • Couple soumis à imposition commune : RFR N-2 < 50 000 € → dispense possible

La demande doit être envoyée à votre banque avant le 30 novembre N-1. C'est une simple lettre ou un formulaire en ligne dans votre espace client. La dispense évite la trésorerie temporairement immobilisée (l'acompte prélevé puis remboursé 6-9 mois plus tard).

Procédure de demande de dispense PFNL en 5 étapes

  1. Vérifier votre RFR N-2 sur votre avis d'imposition (revenus 2024 pour dispense 2026)
  2. Récupérer le formulaire en ligne de votre banque (espace client → documents fiscaux → demande dispense PFNL)
  3. Renseigner nom, prénom, RFR N-2 exact, engagement sur l'honneur, signature
  4. Envoyer la demande avant le 30 novembre N-1 (recommandé conseillé)
  5. Au 1er janvier N, votre banque ne prélève plus le PFNL 12,8 % (mais les PS 18,6 % restent prélevés à la source)

6. Comment récupérer le crédit d'impôt 12,8 % en cas d'option barème

Si vous n'avez pas demandé la dispense (ou si vous n'êtes pas éligible) et que vous avez subi le PFNL 12,8 % toute l'année, vous pouvez toujours opter pour le barème progressif en avril. Dans ce cas, le PFNL prélevé devient un crédit d'impôt imputable sur votre IR (art. 199 ter CGI).

Si l'IR dû à la quote-part des intérêts au barème TMI est inférieur au PFNL prélevé, le surplus vous est restitué en septembre N+1 lors de l'avis d'imposition. Exemple : 200 € de PFNL prélevés sur 1 562 € d'intérêts, IR dû au barème TMI 11 % = 172 € → restitution de 28 €.

7. Le PFL existe-t-il encore en 2026 ? Les 2 cas résiduels (art. 125 A CGI)

Le PFL au sens strict (art. 125 A CGI) ne subsiste que dans deux hypothèses en 2026. Toutes très limitées en volume, mais à connaître pour ne pas se tromper de régime fiscal.

Cas 1 — Bons anonymes (art. 125 A III bis). Interdits depuis 1998, encours quasi-nul. Retenue 75 % (taux sanction). Si vous découvrez un bon anonyme dans un coffre familial, consultez immédiatement votre notaire et votre CGP pour étudier la régularisation.

Cas 2 — Non-résidents fiscaux français (art. 125 A III). C'est le cas résiduel le plus fréquent. Retenue à la source en France de 12,8 % par défaut, réduite à 0-15 % selon la convention fiscale bilatérale, ou portée à 75 % si État non coopératif (ETNC). Pour une vue d'ensemble, lire notre guide fiscalité des non-résidents. Détail dans le H2 suivant.

8. Non-résident : retenue à la source 12,8 % ou taux conventionnel ?

Si vous êtes résident fiscal hors de France et que vous percevez des intérêts d'une banque française (livret, CAT, obligations), la France applique une retenue à la source de 12,8 % au titre de l'art. 125 A III CGI. C'est typiquement le dossier où Hagnéré Patrimoine accompagne ses clients expatriés (Suisse, Belgique, Luxembourg, USA, UAE) pour activer les conventions fiscales. Mais ce taux est réduit — souvent à 0 % — par la convention fiscale bilatérale entre la France et votre pays de résidence.

Tableau 3 — Taux conventionnels des retenues sur intérêts versés par la France à un non-résident (2026)
Pays de résidenceTaux conventionnelArticle convention
Suisse0 %Convention 1966 art. 13
Allemagne0 %Convention 1959 modifiée art. 10
Royaume-Uni0 %Convention 2008 art. 11
USA0 %Convention 1994 art. 11
Luxembourg0 %Convention 2018 art. 11
Émirats arabes unis0 %Convention 1989 art. 11
Italie10 %Convention 1989 art. 11
Espagne10 %Convention 1995 art. 11
Singapour10 %Convention 2015 art. 11
Belgique15 %Convention 1964 art. 16 (la convention 2021 n’est pas encore en vigueur au 20/05/2026)
ETNC (liste annuelle)75 %art. 125 A III CGI

Pour activer le taux conventionnel, le non-résident doit fournir à la banque française un certificat de résidence fiscale du pays de résidence (formulaire 5000-FR ou équivalent). Sans ce certificat, la banque applique le taux par défaut de 12,8 %, et il appartient au non-résident de demander la restitution du surplus à la DGFiP — démarche longue et fastidieuse.

Cas pratique 3 — Karim, 42 ans, expatrié à Singapour

Profil : 42 ans, cadre finance Singapour, marié à française, 2 enfants. Détient en France un portefeuille obligataire de 80 000 € versant 2 800 € d'intérêts/an.

Sans convention activée (formulaire 5000 non transmis à la banque française) : retenue 12,8 % France = 358 €.

Avec convention France-Singapour activée (taux 10 %) : 280 € de retenue France. Karim déclare ensuite ces intérêts à Singapour où il bénéficie d'un crédit d'impôt pour la retenue française. Pas de PS en France (libre circulation des capitaux UE/EEE/Suisse — CJUE Sofina C-575/17 du 22 novembre 2018).

Si Karim avait été à Dubaï (UAE, taux conventionnel 0 %) : zéro retenue source France, imposition uniquement aux Émirats (qui n'imposent pas les intérêts). Économie : 358 €/an.

9. ETNC : la sanction 75 % (Panama, Vanuatu, Trinité-et-Tobago…)

Si vous êtes résident d'un État ou territoire non coopératif (ETNC), la retenue à la source sur les intérêts versés par la France passe à 75 % (art. 125 A III CGI). 75 %, c'est dissuasif par construction : la France assume vouloir tarir les flux vers les juridictions opaques.

La liste des ETNC est publiée annuellement par arrêté ministériel. Le dernier en date — arrêté du 15 avril 2026 — inclut 11 États dont Panama, Vanuatu, Anguilla, les Îles Vierges britanniques, les Bahamas, les Seychelles et le Vietnam (nouvel entrant 2026). La liste bouge tous les ans. Avant de virer un euro vers Panama ou les Seychelles, ouvrez impots.gouv.fr et lisez l'arrêté en vigueur — pas la liste de l'an dernier.

10. Livrets fiscalisés, Livret A ou fonds euros : lequel gagne en net en 2026 ?

Avant de remplir un livret bancaire fiscalisé, vérifiez toujours que vous avez saturé les enveloppes exonérées. La différence de rendement net est massive.

Tableau 4 — Rendement net après PFU 31,4 % de 1 000 € placés en 2026
PlacementTaux brutFiscalitéRendement netSource
Livret A (plafond 22 950 €)1,70 %Exonéré IR et PS1,70 %Arrêté du 28/07/2026 (depuis le 01/08/2026)
LDDS (plafond 12 000 €)1,70 %Exonéré IR et PS1,70 %Arrêté du 28/07/2026 (depuis le 01/08/2026)
LEP (sous condition de ressources)2,50 %Exonéré IR et PS2,50 %Arrêté du 29/07/2026 (maintenu au 01/08/2026)
Livret bancaire fiscalisé0,74 %PFU 31,4 %0,51 %Banque de France mars 2026
CAT 1 an1,82 %PFU 31,4 %1,25 %BdF mars 2026
CAT 2-3 ans2,67 %PFU 31,4 %1,83 %BdF production nouvelle
CAT 4-5 ans3,10 %PFU 31,4 %2,13 %BdF production
Fonds euros AV (PS 17,2 %)2,65 %AV >8 ans 24,7 %1,98 %ACPR 2025

Concrètement, le Livret A bat largement le livret bancaire fiscalisé (1,70 % net depuis le 1er août 2026 vs 0,51 % net) — soit 1,19 point de rendement supplémentaire pour la même liquidité. Le CAT longue durée reste compétitif après PFU, mais avec blocage des fonds. Le fonds euros en AV de plus de 8 ans tire son épingle du jeu pour les contrats matures grâce à la fiscalité de l'AV (abattement annuel 4 600 € / 9 200 € + PS 17,2 % au lieu de 18,6 %). Voir aussi nos guides dédiés Livret A 2026 et Compte à terme 2026.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

11. Calendrier opérationnel : dispense, IFU, déclaration, régularisation

Pour profiter pleinement de votre arbitrage PFU vs barème, suivez ce calendrier en 4 étapes.

  • 30 novembre N-1 : demande de dispense PFNL si votre RFR N-2 est sous les seuils (25 000 € célibataire / 50 000 € couple). Lettre à votre banque, espace client en ligne ou courrier recommandé.
  • 15 février N → 31 décembre N : prélèvement à la source de l'acompte PFNL 12,8 % par la banque sur chaque versement d'intérêts (sauf dispense) + PS 18,6 % systématiquement.
  • Février N+1 : réception de l'IFU (Imprimé Fiscal Unique) qui récapitule tous vos intérêts perçus en N et les PFNL prélevés.
  • Avril/mai N+1 : déclaration de revenus (formulaire 2042). Cases 2TR (intérêts hors PEL/CEL), 2BH (intérêts PEL/CEL), 2CG (CSG non déductible), 2CK (PFNL acquitté à imputer), 2OP si vous optez pour le barème progressif.
  • Septembre N+1 : avis d'imposition + régularisation. Si vous avez opté pour le barème et que le PFNL prélevé est supérieur à l'IR au barème, restitution du surplus par l'administration.

12. Cas pratique 2 — Marc et Anne, cadres TMI 30 %, zone d'arbitrage limite

Profil : Marc 47 ans et Anne 44 ans, cadres dans la pharma à Paris. Revenus mensuels nets 9 500 €. TMI 30 %. RFR 2024 : 142 000 €. Patrimoine financier : 150 000 € sur CAT 2 ans à 2,67 %.

Intérêts annuels bruts : 150 000 × 2,67 % = 4 005 €.

Option A — PFU 31,4 % : IR 12,8 % × 4 005 = 513 € + PS 18,6 % × 4 005 = 745 €. Total impôt 1 258 €.

Option B — Barème TMI 30 % + PS : IR 30 % × 4 005 = 1 202 € + PS 18,6 % × 4 005 = 745 €. Total impôt 1 947 €.

Le PFU gagne de 689 €/an sur ce cas. Pour Marc et Anne, ne pas cocher 2OP est le bon choix. À noter : si leurs autres revenus mobiliers (dividendes éventuels) étaient massifs et concentrés dans les bons titres avec abattement 40 %, l'arbitrage global pourrait basculer — d'où l'importance de regarder l'option dans sa globalité, pas seulement sur les intérêts.

13. Les 5 erreurs classiques à éviter

Les mêmes erreurs reviennent souvent. Voici les cinq plus coûteuses sur l'arbitrage PFU vs barème.

  • Erreur 1 — Choisir le PFU sans vérifier son TMI. Si vous êtes en TMI 0 % ou 11 %, vous perdez 20 à 128 € par tranche de 1 000 € d'intérêts. Sur 10 ans avec 50 k€ de livrets, c'est 200 à 1 200 € de manque à gagner.
  • Erreur 2 — Oublier la dispense PFNL si éligible. RFR < 25 000 € ou 50 000 € : la dispense évite la trésorerie temporairement immobilisée. Demande avant le 30 novembre N-1.
  • Erreur 3 — Comparer livret fiscalisé vs Livret A sans calcul net. Un livret fiscalisé à 0,74 % brut rapporte 0,51 % net, soit 1,19 point de moins que le Livret A à 1,70 % exo (depuis le 1er août 2026). Saturer les enveloppes exonérées avant tout.
  • Erreur 4 — Ignorer les conventions fiscales en non-résident. Sans certificat de résidence fiscale transmis à la banque française, la retenue 12,8 % est appliquée par défaut au lieu de 0 % conventionnel (Suisse, USA, UK, Luxembourg, UAE).
  • Erreur 5 — Ne pas demander la régularisation crédit d'impôt 12,8 %. Si vous avez subi le PFNL puis opté pour le barème, le surplus PFNL vs IR au barème vous est restitué en septembre N+1 — à condition d'avoir bien rempli la case 2CG du formulaire 2042.

Les 3 choses à retenir

  • PFU intérêts 2026 = 31,4 %, et non plus 30 % comme avant la LFSS 2026. La différence vient de la hausse CSG sur capital mobilier (+1,4 point). Beaucoup de sites concurrents affichent encore 30 % — vérifiez la fraîcheur des sources.
  • L'option 2OP devient révocable à compter des revenus 2026 (LF 2026 art. 126). C'est la grande nouveauté qui change la donne : vous pouvez désormais tester l'option puis revenir au PFU l'année suivante. Pour TMI 0 % et 11 %, cochez 2OP. Pour TMI 30 % et plus, restez au PFU.
  • Le calendrier compte autant que l'arbitrage. Demande de dispense PFNL avant le 30 novembre N-1, déclaration cases 2TR/2BH/2CG/2OP en avril N+1, régularisation septembre N+1. Sur 10 ans, une bonne discipline calendaire peut représenter 500 à 2 500 € de différence pour un patrimoine financier moyen.
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Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le prélèvement libératoire sur les intérêts en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, les intérêts versés à un résident fiscal français sont soumis au PFU (prélèvement forfaitaire unique) à 31,4 % : 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG à 10,6 % depuis la LFSS 2026 art. 12, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %). L'option pour le barème progressif (case 2OP) reste possible et devient révocable à partir des revenus 2026 grâce à la LF 2026 art. 126.

Le PFL (prélèvement libératoire) est un régime historique de l'art. 125 A CGI qui ne subsiste plus que dans 2 cas résiduels : bons anonymes à 75 %, non-résidents à 12,8 % ou taux conventionnel. Le PFU (prélèvement forfaitaire unique, art. 200 A CGI) est le régime de droit commun depuis 2018 pour les résidents français : 30 % avant 2026, 31,4 % depuis LFSS 2026. Confusion fréquente.

Il suffit de cocher la case 2OP sur votre déclaration de revenus en avril. L'option est globale : elle s'applique à TOUS vos RCM (intérêts, dividendes, plus-values mobilières) de l'année. Nouveauté LF 2026 art. 126 : l'option est désormais révocable d'une année à l'autre à compter des revenus 2026 (avant elle était irrévocable selon l'arrêt CE 5 avril 2024 n° 490411). Vous pouvez donc tester l'option puis revenir au PFU l'année suivante.

La dispense de PFNL (prélèvement forfaitaire non libératoire, art. 117 quater CGI) est possible si votre RFR N-2 est inférieur à 25 000 € (célibataire) ou 50 000 € (couple), conformément à l'art. 242 quater CGI. Vous devez en faire la demande auprès de votre établissement financier avant le 30 novembre de l'année N-1. Sans dispense, l'acompte 12,8 % est prélevé à la source mais reste imputable sur votre IR avec éventuelle restitution si vous êtes en TMI 0 %.

Le barème progressif gagne face au PFU 31,4 % quand votre TMI est inférieur à 12,8 % IR. Concrètement : TMI 0 % et TMI 11 % gagnent toujours avec l'option barème (économie 2 à 5 % sur les intérêts soit 20 à 100 € par tranche de 1 000 € d'intérêts). À TMI 30 % et plus, le PFU 31,4 % est presque toujours optimal. Point de bascule : 12,8 % IR (taux du PFU) + PS 18,6 % = 31,4 % égale TMI 30 % + PS 18,6 % = 48,6 %.

Le PFL au sens strict (art. 125 A CGI) ne subsiste que dans 2 hypothèses très limitées en 2026. (1) Art. 125 A III bis : bons anonymes (interdits depuis 1998, encours quasi-nul). Retenue 75 %. (2) Art. 125 A III : non-résidents fiscaux français sur intérêts de source française. Retenue 12,8 % (défaut) ou taux conventionnel (0 à 15 % selon pays) ou 75 % si État non coopératif (ETNC).

Les intérêts de source française versés à un non-résident sont soumis à la retenue à la source de l'art. 125 A III CGI au taux de 12,8 % (régime par défaut), réduit selon les conventions fiscales bilatérales : 0 % pour les résidents de Suisse, Allemagne, Royaume-Uni, USA, Luxembourg, Émirats arabes unis (imposition exclusive à la résidence) ; 10 % pour Italie, Espagne, Singapour ; 15 % pour la Belgique. La retenue passe à 75 % en cas de versement vers un État ou territoire non coopératif (ETNC). Pas de PS pour les non-résidents UE/EEE/Suisse (arrêt CJUE De Ruyter), mais prélèvement de solidarité 7,5 % peut s'appliquer pour autres résidences.

Si vous avez subi le PFNL 12,8 % au cours de l'année et que vous optez pour le barème progressif (case 2OP) au moment de la déclaration en avril, le PFNL prélevé devient un crédit d'impôt intégralement imputable sur votre IR (art. 199 ter CGI). Si l'IR dû à la quote-part des intérêts dans votre barème TMI est inférieur au PFNL prélevé, le surplus vous est restitué par l'administration en septembre lors de l'avis d'imposition. Exemple : 200 € de PFNL prélevés, IR dû au barème TMI 11 % = 110 €, restitution 90 €.

Quasi-jamais en 2026. Le taux moyen des livrets bancaires fiscalisés est de 0,74 % brut en mars 2026 (Banque de France), soit 0,51 % net après PFU 31,4 %. Le Livret A est à 1,70 % net depuis le 1er août 2026 (exonération totale d'impôt et de PS jusqu'au plafond 22 950 € par personne). Différence : 1,19 point de rendement net en faveur du Livret A. La saturation familiale du Livret A et du LDDS doit donc être prioritaire avant d'alimenter un livret fiscalisé. Le CAT plus de 2 ans (production nouvelle 2,67 %) reste compétitif après PFU (1,83 % net) mais avec blocage des fonds.

Oui. Avant la LF 2026, l'option globale pour le barème progressif était irrévocable (arrêt CE 5 avril 2024 n° 490411) : une fois cochée la case 2OP, vous ne pouviez plus revenir au PFU avant de l'avoir maintenue. La LF 2026 art. 126 a supprimé ce caractère irrévocable à compter des revenus 2026. Vous pouvez donc cocher 2OP en avril 2027 (revenus 2026) puis revenir au PFU en avril 2028 (revenus 2027) selon votre situation. Attention : la doctrine BOFiP (BOI-RPPM-PVBMI-30-20 MAJ 18/08/2025) qualifie encore l'option d'irrévocable et n'intègre pas encore cette nouveauté LF 2026.