Aller au contenu principal
Aller au contenu principal
Guide expert dividendes 20261 hMis à jour 25 juin 20265 cas chiffrés

Fiscalité des dividendes 2026 : PFU 31,4 %, barème progressif et abattement 40 %

PFU 31,4 % par défaut (12,8 % IR + 18,6 % PS après hausse CSG LFSS 2026) ou option barème + abattement 40 % (art. 158-3 CGI) : sur 10 000 € de dividendes, l'écart atteint près de 700 € à TMI 11 % et 1 280 € pour un foyer non imposable. Ce guide décortique l'arbitrage PFU vs barème, l'acompte PFNL 12,8 %, le piège seuil 10 % TNS en SARL, le régime mère-fille à 1,25 % d'IS effectif, la CDHR 2026 (250/500 k€ RFR), la nouvelle retenue à la source non-résidents (12,8 % automatique depuis 01/01/2026), le démembrement, et les déclarations 2042 (cases 2DC, 2CK, 2BH, 2CA, 2OP révocable). 20 sections, 5 cas chiffrés, jurisprudence Cass. com. 27/05/2015 et CE 29/11/2024.

STRATÉGIE DIVIDENDES

Arbitrer PFU vs barème et activer le combo holding + mère-fille 1,25 %

PFU × 2OP × seuil 10 % × mère-fille × CDHR × non-résidents : un audit CGP en architecture ouverte chiffre votre stratégie dividendes et dimensionne la holding patrimoniale.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Combo holding + mère-fille
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Audit fiscal dividendes 360°
  • Plan d'action écrit

PFU 2026

31,4 %

ABATTEMENT BARÈME

40 %

MÈRE-FILLE IS

1,25 %

SEUIL CDHR

250 k€

PEA APRÈS 5 ANS

0 % IR

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

§ 1PIVOT·5 MIN

Dividendes 2026 : les 3 chiffres à retenir avant toute décision

L'essentiel en 60 secondes

  • Pour qui : dirigeants SAS/SASU, gérants SARL, actionnaires individuels percevant des dividendes en 2026.
  • Le choix central : PFU à 31,4 % (par défaut) ou option barème progressif avec abattement 40 % (pertinent si TMI ≤ 11 %, parfois 30 %).
  • Chiffres clés : 12,8 % IR + 18,6 % PS = 31,4 % au PFU. Abattement 40 % au barème. Seuil 10 % gérant majoritaire SARL avant cotisations TNS.
  • Risques à éviter : oublier l'option globale annuelle (révocable jusqu'à N+2), sous-capitaliser sa SARL, ignorer la hausse CSG 2026 (+1,4 pt).
  • Gain potentiel : 1 500 à 4 000 €/an pour 30 000 € de dividendes selon votre TMI et votre statut.
  • Temps de lecture : 1 h pour le guide complet, 5 min pour les 3 sections clés (1, 4, 9).

Vous venez d'encaisser 30 000 € de dividendes de votre SAS et votre avis d'impôt vous a fait grincer des dents ? Chez Hagnéré Patrimoine, nous voyons cette situation chaque semaine. La bonne nouvelle : trois chiffres suffisent pour comprendre où part votre argent en 2026, et surtout pour décider entre PFU à 31,4 % et option barème à 40 % d'abattement.

Les 3 repères fiscaux dividendes à retenir en 2026
ChiffreCe qu'il signifieBase légale
31,4 %Taux global du PFU sur les dividendes en 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS)Art. 200 A CGI + art. L. 136-8 CSS (LFSS 2026)
40 %Abattement si vous optez pour le barème progressifArt. 158, 3, 2° CGI
10 %Seuil gérant majoritaire SARL : au-delà, dividendes en cotisations TNSArt. L. 131-6 III CSS

Concrètement : 10 000 € de dividendes bruts sur un compte-titres en 2026, c'est 6 860 € dans votre poche après PFU. Au barème à TMI 11 % avec abattement 40 %, vous montez à environ 7 555 € (le détail du calcul figure en sections 4 et 5). Mais si vous êtes gérant majoritaire SARL avec un capital social trop faible, jusqu'à 40-45 % peuvent partir en cotisations TNS. Sur 30 000 € de dividendes, l'écart entre le bon et le mauvais arbitrage dépasse souvent 3 000 € par an.

La hausse CSG 2026 en un coup d'œil

La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026, art. 12) a relevé la CSG sur les revenus du patrimoine mobilier de 9,2 % à 10,6 %. Combinée à la CRDS (0,5 %) et au prélèvement de solidarité (7,5 %), cela porte les prélèvements sociaux à 18,6 % pour les dividendes et intérêts en compte-titres. Les revenus fonciers, l'assurance-vie et les plans d'épargne logement (PEL / CEL) ouverts avant 2018 restent à 17,2 %. Nous y revenons en section 14. Panorama complet dans notre guide CSG, CRDS et prélèvements sociaux 2026.

Ce guide est rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (Organisme pour le Registre des Intermédiaires en Assurance ; CIF conseiller en investissements financiers, COA courtier en assurance, COBSP courtier en opérations de banque et services de paiement), à jour au 21 avril 2026. Toutes les références aux articles du Code général des impôts (CGI), du Code de la sécurité sociale (CSS) et à la doctrine BOFiP ont été vérifiées.

Temps de lecture : 1 hDernière mise à jour : 25 juin 202620 sections · 15 FAQ · 13 200 mots12 jurisprudences · 9 BOFiP

Références légales mobilisées dans ce guide

  • Code général des impôts — art. 117 quater (PFNL 12,8 %), 119 bis 2 et 187 (retenue source non-résidents), 145 et 216 (régime mère-fille), 150-0 B ter (apport-cession), 150-0 D ter (abattement 500 000 € dirigeant retraite, prorogé 31/12/2031 par LF 2025 art. 70), 154 quinquies (CSG déductible 6,8 %), 158, 3, 2° (abattement 40 %), 200 A (PFU et option barème 2OP), 223 sexies (CEHR 3-4 %), 224 (CDHR 20 % plancher).
  • Code de la sécurité sociale — art. L. 131-6 III (seuil 10 % TNS SARL), L. 136-6 et L. 136-7 (CSG patrimoine et placement), L. 136-8 (taux CSG 10,6 % dividendes vs 9,2 % AV/foncier — LFSS 2026 art. 12), L. 244-3 (prescription URSSAF 3 ans), L. 380-2 (PUMa rentiers).
  • Livre des procédures fiscales — art. L. 64 (procédure d'abus de droit fiscal), L. 64 A (mini-abus de droit, motif principalement fiscal).
  • Code civil — art. 582 et 584 (fruits civils à l'usufruitier), 587 (quasi-usufruit, dette de restitution).
  • Lois récentes — Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026, art. 12 — hausse CSG patrimoine mobilier), Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026 — révocabilité 2OP, durcissement 150-0 B ter, prorogation CDHR), Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (LF 2025, art. 96 — RAS non-résidents 12,8 % systématique ; art. 70 — prorogation 150-0 D ter).
  • BOFiP — BOI-RPPM-RCM-10-10 (RCM, MAJ 12/02/2026), BOI-RPPM-RCM-20-10-30-10 (PFNL, MAJ 12/03/2026), BOI-RPPM-RCM-20-15 (PFU et révocabilité 2OP, MAJ 12/03/2026), BOI-RPPM-RCM-30-20-10 (non-résidents, MAJ 15/01/2026), BOI-RPPM-RCM-30-30-10-20 (retenue art. 119 bis 2), BOI-RES-RPPM-000203 du 24/07/2025 (rescrit dispense PFNL), BOI-IS-BASE-10-10-10-10 (mère-fille, MAJ 05/02/2026), BOI-IR-CHR (CDHR, MAJ 26/03/2026).
  • Jurisprudence — Cass. 2e civ. 21/03/2024 n° 22-11.587 (assiette TNS), Cass. com. 27/05/2015 n° 14-16.246 (démembrement dividendes), CE Section 18/05/2005 n° 267087 Sagal (distribution anticipée), CE 13/11/2019 n° 421407 Metro Holding, CE 27/01/2022 n° 434085 (substance économique), CE 31/05/2022 n° 442549 (réinvestissement 150-0 B ter), CE 29/11/2024 n° 469012 Hellier du Verneuil (mère-fille, conservation 2 ans et substance) et n° 487707 Carmignac (interposition de holdings luxembourgeoises), CA Aix 03/07/2025, CJUE C-575/17 Sofina, C-623/13 De Ruyter, C-45/17 Jahin, Cons. const. 2017-758 DC (PFU), 2025-874 DC et 2026-901 DC (CDHR), 2013-337 QPC.

Zones de doctrine non encore fixée au 21 avril 2026

Trois textes restent en cours de stabilisation au moment de cette publication, à surveiller :

  • BOFiP CSG 10,6 % patrimoine mobilier : aucun document de la série BOI-RPPM-PSOC n'est en vigueur dans la base officielle du BOFiP (vérifié le 03/10/2026). La pratique actuelle s'appuie sur le texte de la LFSS 2026 art. 12 directement.
  • 150-0 B ter durci (LF 2026) : les commentaires BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60 ne sont pas encore publiés et la liste précise des actifs financiers exclus du seuil 70 % de réinvestissement reste à préciser par décret (projet du 14/03/2026, non signé). Toute opération doit donc être sécurisée par un rescrit individuel.
  • Convention fiscale France-Suisse et RAS 12,8 % : pas de mise à jour BOFiP 2026. La circulaire d'application conjointe DGFiP / Administration fédérale des contributions (AFC) reste celle de 2024. Les frontaliers et expatriés suisses doivent demander un rescrit en cas de doute.
§ 2DÉFINITION·5 MIN

Qu'est-ce qu'un dividende et pourquoi la fiscalité a-t-elle changé en 2026 ?

Commençons par le commencement. Un dividende, c'est la part du bénéfice qu'une société décide de distribuer à ses actionnaires ou associés. Autrement dit : la société a gagné de l'argent, a payé son impôt sur les sociétés, et ce qui reste peut être réinvesti dans l'entreprise (mis en réserve) ou distribué aux détenteurs du capital. Les dividendes sont des revenus de capitaux mobiliers (RCM) au sens du Code général des impôts (doctrine BOFiP BOI-RPPM-RCM-10-10 — le BOFiP est le Bulletin officiel des finances publiques, recueil officiel de la doctrine administrative).

Trois grandes catégories de dividendes

Tableau comparatif : Origine — Exemple — Fiscalité 2026 — Premier cas : Société française IS
OrigineExempleFiscalité 2026
Société française ISDividendes TotalEnergies, LVMH, votre SASPFU 31,4 % ou barème + abattement 40 %
Société étrangère UE/EEE ISDividendes Allianz, Nestlé, ETF européenPFU 31,4 % ou barème + abattement 40 % (si conditions art. 119 ter)
Société étrangère hors UEDividendes Apple, Microsoft sur CTOPFU 31,4 % + crédit d'impôt étranger (convention)

Concrètement, un dividende versé par une société française à l'IS et un dividende versé par Nestlé à un actionnaire français sont imposés de la même façon pour le contribuable français. Seule la retenue à la source étrangère peut créer un écart, neutralisé par le crédit d'impôt conventionnel.

Pourquoi la fiscalité a changé en 2026 ?

Trois textes majeurs ont modifié le paysage fiscal des dividendes en 2026 :

  • LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12) : hausse CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du patrimoine mobilier. Cible les dividendes et intérêts hors enveloppes (AV, PEA, PEL / CEL exonérés).
  • LF 2025 (art. 96) puis LF 2026 : retenue à la source non-résidents — 12,8 % automatique sur les dividendes versés par toute société française à une personne physique non-résidente (art. 119 bis 2 CGI). Avant 2026, la retenue était directement réduite au taux conventionnel. Désormais, c'est 12,8 % automatique puis remboursement a posteriori. Commenté par BOI-RES-RPPM-000203 du 24/07/2025 et BOI-INT-DG-20-20-20-30 mis à jour le 16/03/2026.
  • LF 2026 : révocabilité de l'option 2OP — vous pouvez désormais revenir sur l'option barème jusqu'au 31 décembre N+2 suivant la mise en recouvrement, pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2026 (soit jusqu'au 31 décembre 2029 pour les dividendes 2026). C'est un vrai progrès pour sécuriser les choix fiscaux.

Ce qui n'a PAS changé en 2026

Le PFU IR reste à 12,8 % (art. 200 A, 1. B, 1° CGI). L'abattement de 40 % au barème reste inchangé (art. 158-3, 2° CGI). La CSG déductible reste à 6,8 % (art. 154 quinquies, II CGI). L'acompte PFNL reste à 12,8 % (art. 117 quater CGI). Les seuils de dispense restent à 50 000 / 75 000 €. C'est surtout la CSG et la mécanique non-résidents qui bougent.

§ 3PFU·5 MIN

PFU 31,4 % : comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique ?

Depuis 2018, le PFU — la fameuse « flat tax » — est le régime par défaut. Un seul taux, le même pour tout le monde, peu importe la somme distribuée. C'est la version simple de la fiscalité des dividendes.

PFU 2026 sur dividendes

PFU global = 12,8 % IR + 18,6 % PS = 31,4 %

Les 18,6 % de PS (prélèvements sociaux) se décomposent en : 10,6 % de CSG (contribution sociale généralisée, art. L. 136-8 CSS modifié par LFSS 2026) + 0,5 % de CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) + 7,5 % de prélèvement de solidarité (art. 235 ter CGI).

Concrètement, si votre société distribue 10 000 € de dividendes bruts, vous touchez sur votre compte 6 860 € nets (10 000 × 0,686). Le PFU est prélevé automatiquement à la source sous forme d'acompte — appelé PFNL pour « prélèvement forfaitaire non libératoire » — puis régularisé sur votre déclaration de revenus l'année suivante.

L'acompte PFNL : 12,8 % prélevé à la source

Lors du versement du dividende, la société verse à l'actionnaire le montant brut, puis la DGFiP (Direction générale des Finances publiques) prélève directement :

  • 12,8 % au titre de l'IR (prélèvement forfaitaire non libératoire, PFNL, art. 117 quater CGI) — c'est un acompte, imputable sur l'IR définitif de l'année ;
  • 18,6 % de prélèvements sociaux à la source depuis le 1er janvier 2026 (après la hausse de CSG votée en LFSS 2026) — cette fois libératoires, pas d'ajustement ultérieur.

L'acompte PFNL apparaît en case 2CK de votre déclaration 2042, déjà pré-rempli par l'administration. Il vient se déduire de l'IR final.

Que se passe-t-il si l'acompte est supérieur à l'impôt final ?

C'est fréquent chez les TMI 11 % ou les foyers non imposables : l'acompte PFNL de 12,8 % dépasse l'IR réellement dû. Dans ce cas, la DGFiP restitue automatiquement le trop-versé lors du calcul de l'impôt final (été N+1, avec l'avis d'imposition). Aucune démarche à faire : le solde est viré sur votre compte bancaire connu de l'administration. Le remboursement concerne uniquement la part IR ; les 18,6 % de prélèvements sociaux sont libératoires et ne sont jamais restitués, sauf cas d'option barème ouvrant la CSG déductible l'année suivante.

La dispense d'acompte : qui peut y prétendre ?

Si votre revenu fiscal de référence (RFR) de l'avant-dernière année (N-2) est inférieur à :

  • 50 000 € pour une personne seule ;
  • 75 000 € pour un couple (mariage / PACS).

Vous pouvez demander une dispense de PFNL avant le 30 novembre de l'année précédant le versement. Exemple : pour les dividendes 2026, la demande devait être faite avant le 30/11/2025, en regardant le RFR 2024. Cette démarche se fait directement auprès de votre établissement teneur de compte (courtier, banque).

Pour comprendre précisément la composition du RFR retenu pour ces seuils de dispense (ligne 25 de l'avis d'imposition, 10 réintégrations à connaître) et ses autres utilisations (CDHR, CEHR, CSG retraités, APL, bourses), consultez notre guide complet du Revenu Fiscal de Référence 2026.

Pourquoi demander la dispense ?

Si vous êtes non-imposable ou à TMI 0-11 %, l'acompte PFNL de 12,8 % représente un prélèvement de trésorerie excessif par rapport à votre impôt final. La dispense vous évite d'avancer cet argent à l'État pendant 18 mois. À 10 000 € de dividendes, c'est 1 280 € de trésorerie qui restent sur votre compte au lieu de partir au fisc.

PFU : les avantages et les limites

Avantages du PFU

Taux unique 31,4 % lisible, prélèvement automatique, aucune démarche supplémentaire. Idéal à TMI 30 %, 41 % ou 45 %. L'acompte PFNL régularise automatiquement le solde.

Limites du PFU

Pas d'abattement de 40 %. Pas de CSG déductible (6,8 %). Pénalise les TMI 0-11 %. Aucun arbitrage possible entre revenus : c'est tout ou rien, sauf à opter pour le barème (case 2OP).

§ 4BARÈME·5 MIN

Option barème progressif : quand est-elle vraiment rentable ?

L'option pour le barème progressif, c'est la case 2OP cochée sur votre déclaration. Elle remplace le PFU par l'impôt sur le revenu progressif (0 / 11 / 30 / 41 / 45 %), avec deux bonus significatifs : l'abattement de 40 % (art. 158-3, 2° CGI) et la CSG déductible de 6,8 % (art. 154 quinquies, II CGI).

Calcul au barème

Assiette imposable = Dividende brut × 60 % (après abattement 40 %)
IR au barème = Assiette imposable × TMI
PS = Dividende brut × 18,6 %
CSG déductible N+1 = Dividende brut × 6,8 %

La CSG déductible s'impute sur votre revenu global de l'année suivante (case 6DE), ce qui génère une seconde économie d'impôt.

Piège majeur : l'option 2OP inclut aussi vos intérêts

C'est l'erreur la plus coûteuse que nous voyons en cabinet. L'option barème (case 2OP) ne concerne pas que vos dividendes : elle bascule tous vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l'année au barème progressif. Or les intérêts (livrets fiscalisés, obligations, comptes à terme, coupons crowdlending) ne bénéficient d'aucun abattement 40 %. À TMI 30 %, vos intérêts passent de 12,8 % PFU à 30 % barème, coût supplémentaire 17,2 points. Le gain sur dividendes peut être intégralement effacé par la perte sur intérêts. Simulation obligatoire sur votre IFU complet — l'imprimé fiscal unique, ce document récapitulatif annuel transmis par votre banque ou votre courtier avant le 15 février — avant de cocher 2OP.

Concrètement, avec 10 000 € de dividendes bruts et une TMI 11 % : assiette 6 000 € × 11 % = 660 € d'IR. Ajoutez 1 860 € de PS. Au total, 2 520 € d'impôt, soit 25,2 % du brut contre 31,4 % au PFU. La CSG déductible (680 €) génère ensuite une économie d'impôt supplémentaire au barème : à TMI 11 %, environ 75 €. Coût effectif final : environ 24,4 %.

À partir de quelle TMI l'option barème devient-elle défavorable ?

La règle d'or : le barème bat le PFU jusqu'à TMI 11 % inclus. À TMI 30 %, le PFU redevient plus compétitif (détail mathématique en section 5). À TMI 41 % et 45 %, le PFU est nettement gagnant. Mais attention : l'option est globale pour tous vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l'année. Vous ne pouvez pas choisir le barème pour les dividendes et le PFU pour les plus-values.

La révocabilité N+2 : un filet de sécurité

Nouveauté LF 2026 : vous pouvez revenir sur votre option 2OP jusqu'au délai de réclamation de droit commun, soit le 31 décembre N+2 suivant la mise en recouvrement, pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2026. Pour les dividendes 2026 (mis en recouvrement été 2027), la révocation reste possible jusqu'au 31 décembre 2029. Déclaration rectificative via votre espace impots.gouv.fr. C'est une avancée importante : vous pouvez désormais tester le barème et revenir en arrière si le PFU s'avère meilleur après calcul réel.

Les pièges de l'option barème

Trois pièges à connaître avant de cocher 2OP :

  1. Interaction avec les plus-values mobilières : l'option barème s'applique AUSSI à vos plus-values de cession de valeurs mobilières. Or, les plus-values n'ont pas d'abattement 40 % (sauf cas titres acquis avant 2018 avec abattement pour durée de détention). Vous pouvez donc perdre fiscalement sur les plus-values tout en gagnant sur les dividendes. Pour un traitement détaillé, voir notre guide sur la fiscalité des plus-values mobilières 2026.
  2. Impact sur le RFR : le barème augmente votre revenu fiscal de référence, ce qui peut faire perdre des droits sociaux (bourses étudiantes, APL, dispense CSG retraite, etc.) ou déclencher la CDHR (voir section 11).
  3. Effet de ressaut sur la tranche supérieure : si vos dividendes vous font passer de la tranche 30 % à la tranche 41 %, l'option barème perd de son intérêt très vite.
  4. Effet sur les aides sociales via le RFR. L'option barème fait entrer 60 % du dividende brut dans votre revenu fiscal de référence. Or le RFR sert de base à de nombreuses aides (bourses CROUS, APL, prime d'activité, exonération taxe d'habitation résidence secondaire, dispense CSG retraités). Un gain d'IR de quelques centaines d'euros peut se traduire par la perte d'une bourse ou d'une aide. Toujours simuler sur impots.gouv.fr avec vos deux hypothèses et vérifier l'impact sur vos aides en cours avant de cocher 2OP.

Outil pratique : simulateur impôt revenu Hagnéré

Avant d'arbitrer PFU vs barème, calculez votre TMI 2026 et comparez les deux scénarios avec notre simulateur maison. Il intègre automatiquement l'abattement 40 %, la CSG déductible 6,8 %, les PS 18,6 % LFSS 2026 et l'effet ressaut sur le RFR.

→ Accéder au simulateur impôt sur le revenu 2026

Hagnéré Patrimoine

PFU ou barème — quelle option sécurise votre fiscalité dividendes ?

Un CGP Hagnéré Patrimoine simule les deux régimes sur votre situation complète (autres revenus, RFR, CEHR/CDHR) pour déterminer l'option optimale et anticiper la révocabilité N+2 de la LF 2026.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5COMPAR.·4 MIN

PFU vs barème : tableau décisionnel par TMI

Passons au concret. Voici, pour 10 000 € de dividendes bruts, le coût fiscal total (IR + PS, net de CSG déductible si barème) selon votre TMI en 2026. Chiffres calculés manuellement et vérifiés.

Coût fiscal total pour 10 000 € de dividendes bruts — 2026. PS 18,6 %, abattement 40 %, CSG déductible 6,8 % intégrée.
TMICoût PFU 31,4 %Coût barème + abattement 40 %Meilleure option
0 %3 140 € (1 280 IR + 1 860 PS)1 860 € (PS seuls si non-imposable)Barème (gain 1 280 €)
11 %3 140 €2 445 € environ (660 IR + 1 860 PS − 75 écon. CSG déd.)Barème (gain ~695 €)
30 %3 140 €3 456 € environ (1 800 IR + 1 860 PS − 204 écon. CSG déd.)PFU (gain ~316 €)
41 %3 140 €4 041 € environ (2 460 IR + 1 860 PS − 279 écon. CSG déd.)PFU (gain ~901 €)
45 %3 140 €4 254 € environ (2 700 IR + 1 860 PS − 306 écon. CSG déd.)PFU (gain ~1 114 €)

Concrètement, on voit clairement que le point d'inversion se situe entre TMI 11 % et TMI 30 %. Autour de TMI 11 %, le barème est nettement gagnant. Dès TMI 30 %, le PFU reprend l'avantage. À TMI 45 %, l'écart atteint 1 114 € par tranche de 10 000 € de dividendes, soit 11,1 % de coût supplémentaire à opter pour le barème sans réfléchir.

Effet de cumul avec le salaire et les autres revenus

Ce tableau raisonne « au marginal ». En pratique, l'option barème fait entrer vos dividendes dans la progressivité globale de l'impôt : vos dividendes peuvent pousser une partie de votre revenu dans une tranche supérieure. Il faut simuler la déclaration complète dans les deux hypothèses avant de trancher. Notre outil de simulation interne gère cela précisément.

Arbre de décision PFU vs barème — version express

Étape 1 : Votre TMI est-elle 0 % ou 11 % ? Si oui, cochez 2OP (barème), sauf si vos intérêts sont significatifs (vérifier l'effet global).

Étape 2 : Votre TMI est-elle 30 % ou plus ? Si oui, gardez le PFU (ne cochez PAS 2OP).

Étape 3 : Vérifiez l'impact du RFR sur vos aides (APL, bourses, prime d'activité) et sur la CDHR si RFR supérieur à 250 000 € / 500 000 €.

Étape 4 : Dans le doute, utilisez la révocabilité N+2 (LF 2026) pour ajuster ultérieurement.

Hagnéré Patrimoine

Votre fiscalité dividendes 2026 — simulation sur mesure

Un CGP Hagnéré Patrimoine calcule votre option optimale, intègre votre TMI réelle, l'ensemble de vos revenus, vérifie votre RFR et anticipe l'exposition CDHR avant l'échéance de décembre.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 6ABATT.·4 MIN

Abattement 40 % : quels dividendes sont vraiment éligibles ?

L'abattement de 40 % n'est pas automatique pour toutes les distributions. Il est réservé aux dividendes répondant à des conditions strictes, détaillées dans BOI-RPPM-RCM-20-10-30-10.

Conditions d'éligibilité (art. 158-3, 2° CGI)

Tableau comparatif : Condition — Détail — Premier cas : Nature de la distribution
ConditionDétail
Nature de la distributionDividende régulièrement décidé par l'assemblée générale ordinaire
Société distributriceSociété soumise à l'IS ou assimilée (française, UE/EEE ou convention)
Option fiscale du contribuableBarème progressif (case 2OP cochée) — PAS de 40 % au PFU
DéclarationCase 2DC (éligibles 40 %) vs 2CH (non éligibles)

Ce qui EST éligible au 40 %

  • Dividendes ordinaires d'une SA, SAS, SARL soumise à l'IS ;
  • Dividendes d'actions européennes cotées (ETF détenus en CTO au prorata) ;
  • Dividendes d'une société non-européenne soumise à un régime fiscal équivalent (crédit d'impôt conventionnel).

Ce qui n'est PAS éligible

  • Distributions occultes ou irrégulières : dividendes non décidés en AG, avantages en nature requalifiés (art. 111 c CGI), rémunérations excessives du dirigeant requalifiées ;
  • Distributions des sociétés transparentes (SCI à l'IR, SCP) : les revenus sont directement attribués aux associés en BIC (bénéfices industriels et commerciaux), BNC (bénéfices non commerciaux) ou revenus fonciers selon l'activité ;
  • Acomptes sur dividendes non régularisés (avant approbation des comptes) ;
  • Distributions des ETNC (États et territoires non coopératifs) ;
  • Certains OPC (organismes de placement collectif : SICAV, FCP) non transparents.

Piège : les ETF américains sur CTO

Les ETF capitalisant domiciliés aux États-Unis (type VOO, SPY) distribuent parfois des dividendes classés non éligibles au 40 % lorsque leur structure juridique n'est pas une société de capitaux au sens fiscal français. Résultat : case 2CH, pas d'abattement, barème complet sur 100 %. Solution : privilégier les ETF UCITS européens — le label UCITS (Undertakings for Collective Investment in Transferable Securities) désigne les fonds conformes à la réglementation européenne, émis notamment par Amundi, iShares Core ou Xtrackers — pour bénéficier du 40 % si vous optez pour le barème. À vérifier dans le DIC (document d'informations clés) du fonds.

Concrètement, la case 2DC doit être scrupuleusement distinguée de la case 2CH sur votre déclaration. L'IFU fourni par votre banque ou votre courtier pré-qualifie les montants, mais une vérification est indispensable pour les portefeuilles internationaux.

§ 7TNS·5 MIN

Dirigeant TNS : le piège du seuil 10 % en SARL

Voici le piège le plus coûteux du guide. Chaque année, il fait perdre des milliers d'euros à des gérants majoritaires de SARL mal conseillés. Le mécanisme : vous êtes TNS (Travailleur Non Salarié) au sens de la Sécu, et depuis 2013, une partie de vos dividendes est traitée comme un revenu d'activité — donc soumise à cotisations sociales lourdes (40 à 45 %). Pas le PFU à 31,4 %. Quarante-cinq pour cent. Vous voyez l'écart. Pour le contexte rémunération globale, voir aussi notre guide de la rémunération du dirigeant SARL.

Seuil 10 % TNS (art. L. 131-6 III CSS)

Assiette du seuil = Capital social libéré
                  + Primes d'émission
                  + Solde moyen du compte courant d'associé (CCA)

Fraction en cotisations TNS = Dividende − (Assiette × 10 %)

La fraction au-delà du seuil 10 % est assujettie aux cotisations TNS (auprès de la SSI, Sécurité sociale des indépendants) à environ 40-45 % du net reversé. Seule la fraction en-dessous du seuil reste en fiscalité classique PFU / barème.

Appréciation du seuil : qui compte dans l'assiette ?

L'assiette du seuil 10 % cumule les apports du gérant majoritaire, de son conjoint (mariage, PACS) et de ses enfants mineurs non émancipés (art. L. 131-6 III CSS). Les parts détenues par le conjoint ou les enfants mineurs ne permettent pas d'échapper au seuil : elles y sont agrégées. À l'inverse, les apports d'un enfant majeur ou d'un tiers ne rentrent pas dans le calcul — ils restent en distribution classique PFU.

Le CCA moyen se calcule sur la moyenne annuelle des soldes (et pas sur le dernier solde au 31/12). Piège fréquent : retirer du CCA en fin d'année pour baisser l'assiette à la date d'AG ne fonctionne pas. L'URSSAF recalcule sur la moyenne.

Avances en compte courant : attention aux requalifications (art. 111 a CGI)

Les articles 109 à 112 du CGI encadrent les « revenus réputés distribués ». En particulier, l'article 111 a présume que toute avance, prêt ou acompte consenti à un associé par la société est une distribution occulte — sauf à prouver un remboursement effectif. Un compte courant d'associé débiteur non régularisé peut donc être requalifié par l'administration en dividende présumé, imposé au PFU 31,4 % + pénalités pour manquement délibéré (40 %). À sécuriser par une convention de prêt écrite, des intérêts au taux de l'article 39, 1, 3° CGI, et un échéancier de remboursement.

Concrètement, prenons un exemple. Karine est gérante majoritaire d'une SARL à Bordeaux. Capital social : 10 000 €. CCA créditeur moyen : 50 000 €. Primes d'émission : 0. Assiette : 60 000 €. Seuil 10 % : 6 000 €.

Si elle distribue 40 000 € de dividendes bruts :

  • 6 000 € (sous le seuil) : PFU 31,4 % = 1 884 € d'impôt ;
  • 34 000 € (au-delà) : cotisations TNS 40 % environ = 13 600 € de cotisations + IR au barème sur le net après cotisations.

L'économie fiscale d'un mauvais dimensionnement du capital peut atteindre 10 000 € par an. Nous voyons ce cas tous les mois en cabinet.

3 leviers pour neutraliser le seuil 10 %

1) Augmentation de capital : passer d'un capital de 10 000 € à 100 000 € (incorporation de réserves gratuite possible) fait monter le seuil 10 % à 10 000 €. Effet immédiat, mais réversibilité difficile.

2) Prime d'émission : plus souple qu'une augmentation de capital, elle entre dans l'assiette du seuil sans modifier le capital social statutaire.

3) Alimentation du CCA : chaque euro prêté à la société en compte courant d'associé augmente mécaniquement le seuil. Mais attention au caractère normal des mouvements (risque requalification).

La jurisprudence confirme la rigueur du dispositif

Cass. 2e civ., 21 mars 2024, n° 22-11.587 : la Cour de cassation rappelle que l'abattement de 40 % ne s'applique pas à l'assiette des cotisations TNS. Autrement dit, les cotisations se calculent sur le brut, même si fiscalement vous bénéficiez ensuite de l'abattement au barème. Il faut donc raisonner en coût global social + fiscal pour comparer correctement les scénarios.

Les gérants majoritaires oublient ce seuil et distribuent à l'aveugle en fin d'exercice. Le réveil arrive 6 à 18 mois plus tard, sous forme d'un courrier de la SSI (Sécurité sociale des indépendants) basé sur la DSI (déclaration sociale des indépendants) que votre comptable a déposée. À ce stade, c'est trop tard : la facture peut chiffrer en dizaines de milliers d'euros. La bonne nouvelle : ce piège disparaît si vous choisissez la bonne forme juridique. C'est le sujet de la section suivante.

§ 8STATUT·5 MIN

SAS/SASU vs SARL/EURL : quelle forme juridique pour optimiser ?

Le choix de la forme juridique conditionne tout votre équilibre rémunération-dividendes. Voyons ce que cela change concrètement.

Tableau comparatif : Critère — SAS / SASU — SARL gérance majoritaire / EURL — Premier cas : Statut du dirigeant
CritèreSAS / SASUSARL gérance majoritaire / EURL
Statut du dirigeantAssimilé salarié (régime général)TNS (SSI)
Cotisations sur salaire~ 75-80 % du net (lourd)~ 45 % du net (léger)
Dividendes cotisés TNSJamais (quelle que soit la fraction)Oui, au-delà du seuil 10 %
Droits chômage dirigeantOui si mandat distinct (contrat de travail)Non (TNS)
Validation trimestres retraiteSur salaire uniquement (dividendes = 0 trimestre)Sur salaire + fraction dividendes cotisés TNS
Flexibilité distributionTrès grande (pas de plafonnement)Contrainte par seuil 10 %

Le piège PUMa : président SASU sans salaire = cotisation maladie cachée

Vous dirigez une SASU et vous ne vous versez aucun salaire pour ne payer que le PFU 31,4 % sur vos dividendes ? Attention à la taxe PUMa (Protection universelle maladie, cotisation subsidiaire maladie, art. L. 380-2 CSS). Elle s'active quand vos revenus d'activité annuels sont inférieurs à 20 % du PASS — le plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 € en 2026, soit un seuil de 9 612 € — ET que vos revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values) dépassent 50 % du PASS (24 030 € en 2026).

Le taux est de 6,5 % sur la fraction de revenus du capital excédant 24 030 €, plafonné à 8 PASS d'assiette. Exemple : 150 000 € de dividendes, 0 € de salaire = PUMa de (150 000 − 24 030) × 6,5 % = 8 188 € — appelée par l'URSSAF en novembre N+1.

Parade simple : se verser un salaire d'au moins 9 612 € bruts (20 % PASS) dans l'année neutralise la PUMa. C'est souvent moins coûteux que la taxe elle-même.

Concrètement, la SASU reste la forme reine pour le dirigeant qui veut minimiser ses charges sociales et maximiser ses dividendes. Mais elle coûte cher en charges sur salaire : il faut calibrer précisément le mix rémunération / dividendes. La SARL, elle, permet des charges sociales plus légères sur salaire, mais impose un arbitrage fin sur le capital social pour éviter le piège du seuil 10 %.

Arbitrage salaire vs dividendes par statut : 3 cas chiffrés

SASU, TMI 41 %, rémunération nette cible 80 000 € : un mix optimal est souvent de l'ordre de 30 000 € de salaire (4 trimestres validés + plafond SS) + 50 000 € de dividendes. Ce mix neutralise les 80 % de charges sur la deuxième moitié et profite du PFU 31,4 % sur les dividendes.

SARL majoritaire, TMI 41 % : si capital insuffisant, il faut soit augmenter le capital, soit privilégier la rémunération pour limiter la fraction de dividendes au-delà du seuil 10 %. Chaque cas est spécifique.

Piège du rentier : la taxe PUMa (art. L. 380-2 CSS)

Un dirigeant qui se verse uniquement des dividendes (SASU sans salaire) peut être soumis à la taxe PUMa (Protection Universelle Maladie, art. L. 380-2 du Code de la sécurité sociale). La cotisation est due dès lors que :

  • les revenus d'activité professionnelle sont inférieurs à 20 % du PASS (soit 9 612 € en 2026, 20 % × 48 060 €),
  • ET les revenus du capital du foyer dépassent 50 % du PASS (soit 24 030 € en 2026).

Le taux est de 6,5 % sur la fraction des revenus du capital excédant 50 % du PASS, dans la limite de 8 PASS (384 480 € en 2026). Pour un président SASU qui ne se verse que des dividendes, la taxe peut atteindre 25 000 € par an. Parade : verser au moins 9 612 € de salaire annuel pour basculer hors du champ de la PUMa. Ce seuil correspond aussi au minimum pour valider 4 trimestres de retraite (600 × SMIC horaire ≈ 7 200 € en 2026) plus une marge de sécurité.

Hagnéré Patrimoine

SAS, SARL ou EURL — votre structure est-elle fiscalement optimale ?

Un CGP Hagnéré Patrimoine analyse votre forme sociale, votre capital, votre compte courant d'associé et votre mix rémunération/dividendes pour optimiser votre fiscalité globale de dirigeant.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 9MÈRE-FILLE·5 MIN

Régime mère-fille : comment une holding fait gagner 95 % d'impôt ?

Si vous distribuez des dividendes importants, c'est probablement le levier le plus puissant du guide. L'idée est simple : au lieu de prendre vos dividendes en direct (et de payer 31,4 % de PFU), vous les faites remonter dans une société holding qui les reçoit presque sans impôt — 1,25 % au lieu de 25 %. Le mécanisme s'appelle le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI). C'est l'écosystème central de la holding patrimoniale, à laquelle nous consacrons un guide dédié. On regarde comment.

Les 4 conditions du régime mère-fille

Conditions régime mère-fille — art. 145 CGI et BOI-IS-BASE-10-10-10-10
ConditionDétail
Forme juridique holdingSociété soumise à l'IS (SAS, SARL, SA holding passive admise)
Détention minimumAu moins 5 % du capital ET des droits de vote de la filiale
Durée de détentionEngagement de conserver les titres au moins 2 ans
Forme filialeSociété soumise à l'IS (française ou UE/EEE ou convention éligible)

SCI : à l'IS éligible, à l'IR inéligible

Piège fréquent : les SCI. Une SCI soumise à l'IS est une société de capitaux comme une SAS et peut être une filiale éligible au régime mère-fille si la holding détient au moins 5 % de son capital pendant 2 ans. À l'inverse, une SCI à l'IR est fiscalement transparente (art. 8 CGI) : elle ne distribue pas de dividendes au sens fiscal, les revenus fonciers remontent directement à l'associé au prorata de ses parts. Aucune application du régime mère-fille possible. La qualification fiscale de la SCI (IR par défaut, IS sur option) est donc structurante pour votre schéma holding.

Le mécanisme fiscal

Imposition effective d'un dividende mère-fille

Dividende exonéré à 95 % (art. 216 CGI)
QPFC imposable = 5 % du dividende (1 % en intégration fiscale)
IS sur la QPFC = QPFC × 25 %
IS effectif sur le dividende = 5 % × 25 % = 1,25 %

Soit 95 % d'IS en moins : 1,25 % au lieu de 25 %.

QPFC = Quote-Part pour Frais et Charges. Le dividende reçu par la holding n'est imposé qu'à 1,25 % effectif au lieu de 25 % (taux IS normal).

Concrètement, prenons un exemple frappant. Une filiale opérationnelle distribue 200 000 € à sa holding mère-fille. Sans régime mère-fille, la holding paierait 25 % d'IS sur 200 000 € = 50 000 €. Avec le régime mère-fille, la holding paie seulement 2 500 € (200 000 × 1,25 %). Économie immédiate : 47 500 €, disponibles pour réinvestissement dans la holding.

Intégration fiscale : QPFC ramenée à 1 %

Si la holding détient au moins 95 % de sa fille et qu'un régime d'intégration fiscale est en place — c'est-à-dire que le groupe consolide ses résultats pour ne payer qu'un seul IS sur l'ensemble (art. 223 A CGI) —, la QPFC tombe à 1 % (au lieu de 5 %), soit un IS effectif de 0,25 %. Sur 200 000 € de dividende remonté, l'impôt chute à 500 €. Le levier d'économie devient quasi parfait.

Attention à l'abus de droit (substance réelle)

CE, 29 novembre 2024, n° 469012 : le Conseil d'État rappelle que le régime mère-fille suppose que la holding ait une substance réelle. Une holding pur véhicule passif, sans équipe ni gouvernance, uniquement créée pour faire remonter des dividendes en quasi-exonération, peut être requalifiée au titre de l'abus de droit fiscal — la procédure par laquelle l'administration démonte un montage artificiel (art. L. 64 LPF, Livre des procédures fiscales). Il faut donc documenter l'activité de la holding : gouvernance, gestion de participations, politique d'investissement, procès-verbaux de conseil, etc.

§ 10HOLDING·5 MIN

Holding patrimoniale : la stratégie « capitaliser sans imposer »

Le régime mère-fille, c'est la pièce maîtresse. Mais pour en exploiter tout le potentiel, il faut l'inscrire dans une stratégie globale de holding patrimoniale. Voyons comment.

Principe : dissocier gestion et consommation

Un dirigeant qui distribue 200 000 € de dividendes directement à lui-même paie 62 800 € de PFU (31,4 %). Il lui reste 137 200 € nets. Le même dirigeant, en remontant 200 000 € à sa holding mère-fille, ne paie que 2 500 € d'IS. La holding conserve 197 500 €, soit 60 300 € de plus à réinvestir (ou à capitaliser).

Les 4 briques d'une holding patrimoniale bien construite

  1. La forme : SAS ou SARL à l'IS, selon préférence. SAS si vous voulez une gouvernance souple et des statuts sur mesure.
  2. L'activité : holding pure (détention de participations) ou holding animatrice (qui apporte des services stratégiques à ses filiales : direction, gestion, conseil). L'animatrice ouvre des régimes plus favorables — pacte Dutreil pour la transmission familiale (abattement 75 % sur les droits), apport-cession 150-0 B ter pour reporter l'imposition de la plus-value lors d'une cession.
  3. La politique de capitalisation : investissement dans des SCPI, contrats de capitalisation IS, immobilier locatif, portefeuille d'actions. Une holding patrimoniale peut être un véhicule d'épargne puissant.
  4. La stratégie de sortie : pacte Dutreil pour transmission familiale, donation-partage démembrée, rachat de parts. À structurer au moment du montage.

Apport-cession 150-0 B ter — les 4 chiffres clés en 30 secondes

Si vous cédez votre société opérationnelle, l'apport préalable de vos titres à une holding IS permet un report d'imposition sur la plus-value (art. 150-0 B ter CGI). Les 4 chiffres à retenir : 70 % du prix de cession (pas de la plus-value, ni du capital de la holding) à réinvestir. 36 mois pour le faire à compter de la cession des titres par la holding. 5 ans de conservation des actifs réinvestis à compter de leur acquisition. 21 février 2026 : date d'entrée en vigueur du nouveau taux 70 % (60 % auparavant). Activités éligibles : opérationnelles, FCPR, FCPI, FPCI (fonds professionnels de capital-investissement). Détails et cas chiffrés dans notre guide apport-cession 150-0 B ter.

Concrètement, l'apport-cession est la passerelle qui permet à un dirigeant de conserver 100 % du produit de cession dans sa holding et de le réinvestir sans subir les 31,4 % de PFU applicables depuis 2026. Plusieurs de nos clients ont construit des holdings post-cession de 2 à 15 M€ avec ce dispositif.

Hagnéré Patrimoine

Structurer votre holding patrimoniale — mère-fille et apport-cession

Création, apport-cession, régime mère-fille, intégration fiscale : un CGP Hagnéré Patrimoine structure votre holding en coordination avec votre avocat fiscaliste et votre expert-comptable.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Nouveau 2026 : la taxe sur les biens somptuaires des holdings patrimoniales

La loi de finances pour 2026 (article 7) a instauré une nouvelle taxe annuelle de 20 % de la valeur vénale des biens somptuaires détenus par certaines holdings patrimoniales. Trois conditions cumulatives doivent être réunies à la clôture de l'exercice : la valeur vénale totale des actifs de la société atteint 5 millions d'euros, une personne physique (groupe familial agrégé) détient au moins 50 % des droits de vote ou des droits financiers, et les revenus passifs représentent plus de 50 % du total des produits d'exploitation et financiers. Après l'amendement Juvin adopté le 31 octobre 2025, l'assiette a été recentrée sur sept catégories de biens somptuaires limitativement énumérées : véhicules de tourisme non affectés à une activité professionnelle, yachts et bateaux de plaisance, aéronefs privés, bijoux et métaux précieux, chevaux de course et de concours, vins et alcools, logements à jouissance privée. La trésorerie, les placements financiers, les titres de participation et — point décisif pour les collectionneurs — les œuvres d'art, les objets de collection et les antiquités sont expressément exclus du champ. La mesure s'applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026.

Conséquence concrète pour les dirigeants détenant des biens somptuaires en holding

Si votre holding patrimoniale loge des biens somptuaires personnels (logement à jouissance privée, yacht, aéronef, véhicule de tourisme, cave, chevaux, bijoux et métaux précieux — les œuvres d'art et objets de collection, eux, restent hors assiette) et que vous franchissez le seuil des 5 M€ d'actifs, la taxe de 20 % peut modifier l'arbitrage entre détention à titre personnel et détention via holding. Un audit de la composition d'actifs est indispensable avant toute décision majeure en 2026-2027. Nos équipes chez Hagnéré Patrimoine analysent votre cas à la lumière de cette nouveauté.

§ 11CDHR·4 MIN

CDHR 2026 : la contribution qui vise les dirigeants à gros dividendes

Nouveauté majeure depuis la loi de finances 2025, prorogée par la loi de finances 2026 : la CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, art. 224 CGI). Elle complète la CEHR (Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus, art. 223 sexies CGI) qui existe depuis 2011.

Qui est concerné ?

Tableau comparatif : Situation familiale — Seuil RFR déclencheur CDHR 2026 — Premier cas : Célibataire, divorcé, veuf
Situation familialeSeuil RFR déclencheur CDHR 2026
Célibataire, divorcé, veuf250 000 €
Couple marié ou pacsé500 000 €

Concrètement, sous ces seuils de RFR, la CDHR ne vous concerne pas. Au-dessus, elle peut se déclencher même si une partie importante de vos revenus passe par le PFU à 12,8 %. C'est surtout un sujet pour les dirigeants qui se versent de gros dividendes et pour les foyers avec plusieurs sources de revenus du capital.

Principe de la CDHR

La CDHR garantit une imposition globale minimum de 20 % du RFR pour les foyers dépassant les seuils. Autrement dit, si vous cumulez PFU (12,8 %) et barème sur vos autres revenus, et que votre impôt total est inférieur à 20 % du RFR, une contribution différentielle vient combler l'écart. Elle vise en premier lieu les dirigeants qui se versent de gros dividendes et bénéficient du PFU à 12,8 % d'IR (hors PS) — c'est l'écart entre ce 12,8 % et le plancher 20 % qui crée la facture.

Calcul simplifié de la CDHR

Impôt global théorique = 20 % × RFR
Impôt global effectif = IR au barème + PFU IR + CEHR
CDHR = Max(0 ; Impôt théorique − Impôt effectif)

La CDHR ne s'applique que si votre imposition effective est inférieure à 20 % du RFR. Un mécanisme de lissage évite les effets de seuil sur les contribuables juste au-dessus.

Concrètement, un dirigeant célibataire avec 400 000 € de RFR (dont 300 000 € de dividendes au PFU) paie 38 400 € de PFU IR (12,8 % × 300 000) + 20 000 € d'IR au barème sur salaire + 4 500 € de CEHR (3 % de la fraction au-delà de 250 000 €), soit 62 900 € au total, ou 15,7 % du RFR. La CDHR vient combler : 20 % × 400 000 − 62 900 = 17 100 € de CDHR supplémentaire.

Le quart exceptionnel : protéger les revenus ponctuels

La CDHR prévoit une soupape importante : les revenus qualifiés d'« exceptionnels » (dividende de liquidation, boni partiel, distribution massive de réserves) ne sont retenus qu'à hauteur du quart de leur montant dans le calcul de la contribution. Corrélativement, l'IR correspondant est lui aussi retenu au quart. Cette mécanique évite qu'un franchissement ponctuel du seuil de 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple) ne déclenche une CDHR punitive sur un flux non récurrent. À utiliser avec prudence : la qualification « exceptionnelle » est contrôlée et seule une distribution manifestement non réitérable entre dans le champ.

Stratégie de lissage intertemporel CDHR (2026-2027)

Au-delà du quart exceptionnel, la CDHR ouvre une seconde marge de manœuvre : le lissage intertemporel. L'idée consiste à répartir une distribution importante sur deux années civiles plutôt qu'en un seul exercice, afin de ne franchir le seuil de 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple) qu'une seule fois — voire pas du tout.

Concrètement, pour un dirigeant ayant accumulé 800 000 € de réserves distribuables et prévoyant 250 000 € d'autres revenus, l'arbitrage peut être : distribuer 350 000 € en décembre 2026 (RFR ~ 600 000 €) + 450 000 € en janvier 2027 (RFR limité selon projection). Le calcul comparatif peut économiser plusieurs dizaines de milliers d'euros de contribution. À modéliser impérativement avec un CGP ou un expert-comptable avant la clôture 2026.

Pattern 'salaire au PASS + dividendes pour le reste'

Pour un dirigeant en SASU, le pattern le plus robuste consiste à se verser un salaire brut au niveau du PASS 2026 (48 060 €) — ce qui garantit 4 trimestres de retraite validés, évite la taxe PUMa, et ouvre un plafond PER déductible. Le solde du résultat est ensuite distribué en dividendes au PFU 31,4 %. Sur un résultat cible de 150 000 €, ce pattern optimise le rapport net en poche / protection sociale / retraite — et simplifie l'arbitrage CDHR.

Sanction 20 % et validation constitutionnelle

Attention au calibrage de l'acompte. Si vous versez moins de 95 % de la CDHR réellement due, ou si vous sous-estimez votre RFR de plus de 20 %, une majoration de 20 % s'applique sur l'insuffisance (art. 1729 CGI). Mieux vaut surestimer raisonnablement : l'administration rembourse automatiquement au printemps N+1 si l'acompte dépasse la contribution finale.

La CDHR n'a pas été censurée par la décision Cons. const. n° 2025-874 DC du 13 février 2025, qui ne l'a pas examinée (§ 119 : aucune question soulevée d'office). Elle est reconduite par la loi de finances 2026 jusqu'au retour du déficit du budget général sous 3 % du PIB.

Acompte CDHR : 95 % à verser en décembre 2026

La CDHR 2026 fait l'objet d'un acompte de 95 % à verser entre le 1er et le 15 décembre 2026, sur la base d'une estimation de votre RFR 2026. Le solde (ou le remboursement) est régularisé à la déclaration printemps 2027. Attention à ne pas sous-estimer votre base : des pénalités s'appliquent en cas d'acompte manifestement sous-évalué.

CEHR + CDHR : le cumul

La CEHR (art. 223 sexies CGI) continue de s'appliquer au-delà de 250 000 € (seul) / 500 000 € (couple) au taux de 3 %, puis 4 % au-delà de 500 000 € / 1 M€. La CDHR se cumule avec la CEHR pour garantir le plancher 20 %.

Hagnéré Patrimoine

Votre RFR frôle les 250 000 € — anticipons la CDHR

Un CGP Hagnéré Patrimoine intègre PFU, barème, CEHR et CDHR dans une simulation unifiée pour anticiper l'impact fiscal global de vos distributions et calibrer l'acompte de décembre.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Aller plus loin sur la CDHR et la CEHR

La CDHR est un mécanisme dense (acompte 95 % en décembre, lissage intertemporel, quart exceptionnel, articulation avec la CEHR). Pour la mécanique complète, les calculs de seuils et les stratégies d'évitement légales :

Checklist dirigeant : 8 actions à vérifier avant le 15 décembre 2026

La fin d'année concentre les décisions fiscales les plus structurantes pour un dirigeant distribuant des dividendes. Voici la check-list opérationnelle que nous transmettons à nos clients chaque automne. Chaque point coché = plusieurs milliers d'euros potentiellement économisés.

Check-list opérationnelle fin 2026

  1. Acompte CDHR 2026 à verser entre le 1er et le 15 décembre 2026 (cases 8KD et 8KE sur 2042-C). Calculer 95 % de la CDHR estimée sur RFR 2026 projeté. Surestimer raisonnablement pour éviter la majoration 20 % (art. 1729 CGI) — le trop-versé est remboursé au printemps 2027.
  2. Dispense PFNL 2027 à demander avant le 30 novembre 2026 si le RFR N-2 (revenus 2025) est inférieur à 50 000 € (célibataire) ou 75 000 € (couple). Permet d'éviter la retenue 12,8 % à la source sur les dividendes 2027 (art. 117 quater II CGI). Demande à formuler auprès de la société distributrice.
  3. Évaluer l'option 2OP pour la déclaration 2026 (printemps 2027) : simuler PFU 31,4 % vs barème + abattement 40 % + CSG déductible 6,8 %. Attention : l'option 2OP est globale — elle bascule aussi les intérêts, les PV mobilières et les gains sur stock-options/AGA au barème. Depuis la LF 2026, elle est désormais révocable jusqu'au 31 décembre 2029 pour les dividendes 2026 (délai de réclamation de droit commun art. R*196-1 LPF).
  4. Décider les dividendes à distribuer avant le 31 décembre 2026 : tout dividende mis en paiement en 2026 est déjà soumis aux PS 18,6 % (LFSS 2026 art. 12). Seul un lissage sur 2026-2027 permet d'étaler le RFR pour contenir la CDHR si vous approchez les 250 000 € / 500 000 €.
  5. Vérifier le seuil 10 % TNS si gérant majoritaire SARL : faire établir par l'expert-comptable le calcul exact « capital libéré + primes + CCA moyen mensuel 2026 » pour déterminer la fraction du dividende qui bascule en cotisations SSI (~40-45 %). Option : apporter du cash en CCA avant le 31/12 pour relever l'assiette du seuil.
  6. Activer le régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) ou l'intégration fiscale si vous détenez une holding : QPFC ramenée de 5 % à 1 % en intégration fiscale (art. 223 B CGI), soit un IS effectif de 0,25 % sur le dividende remonté au lieu de 1,25 %. L'option intégration se formule avant la clôture de l'exercice et s'applique pour 5 ans.
  7. Vérifier la substance de votre holding avant toute distribution massive : local, pacte d'associés, réunions, services facturés aux filiales, trésorerie dédiée. Jurisprudence CE 27/01/2022 n° 434085 : une holding sans substance est requalifiable en abus de droit (art. L. 64 LPF, majoration 80 %).
  8. Non-résident : si vous êtes parti à l'étranger en 2026, vérifier que la société française a bien appliqué la retenue 12,8 % auto (art. 119 bis 2 CGI modifié par LF 2025 art. 96). Si votre convention fiscale prévoit un taux inférieur (Qatar 0 %, Liban 0 %, EAU 0 %, UK 15 %, USA 15 %, CH 15 %), déposer le formulaire 5000-SD et 5001-SD auprès de la DGFiP pour remboursement du différentiel. Délai pratique 6 à 18 mois.
§ 12NON-RÉS.·4 MIN

Non-résidents 2026 : la retenue à la source devient automatique

Grande réforme 2026 : la mécanique de la retenue à la source pour les dividendes versés par des sociétés françaises à des non-résidents change profondément. Depuis le 1er janvier 2026 (loi de finances 2025 n° 2025-127, art. 96, applicable aux revenus distribués à compter de cette date, commenté par BOI-RES-RPPM-000203 du 24/07/2025 et BOI-INT-DG-20-20-20-30 mis à jour le 16/03/2026), la société distributrice applique automatiquement 12,8 % de retenue, sans consultation préalable de la convention fiscale bilatérale. La réforme a également introduit la notion de bénéficiaire effectif : l'administration peut désormais écarter l'application d'un taux conventionnel réduit si le destinataire du flux n'en est qu'un intermédiaire et si le véritable bénéficiaire réside dans un État non couvert par une convention ou dans un ETNC.

Les taux de retenue 2026

Retenue à la source dividendes 2026 — BOI-RPPM-RCM-30-30-10-20
BénéficiaireTaux retenue source 2026Base légale
Personne physique non-résidente (automatique)12,8 %Art. 119 bis 2 CGI + LF 2025 art. 96
Personne morale non-résidente (sociétés)25 %Art. 187 CGI (taux IS)
OSBL UE/EEE (organismes sans but lucratif)15 %Art. 187, 1 CGI
ETNC (États et territoires non coopératifs)75 %Art. 187, 2 CGI
Mère-fille UE (conditions art. 119 ter)0 %Art. 119 ter CGI

Mécanique du remboursement a posteriori

Si la convention fiscale entre la France et le pays de résidence du bénéficiaire prévoit un taux réduit (typiquement 10 % ou 15 %), le non-résident doit demander le remboursement du trop-versé à l'administration fiscale française après la retenue, via les formulaires 5000 et 5001 (non-résidents personnes physiques) ou 5002 (dividendes). Délai de traitement moyen : 6 à 18 mois.

Le kit des formulaires à connaître

Les formulaires clés pour dividendes transfrontaliers 2026
FormulaireUsageQui remplit ?
5000 (attestation de résidence)Justifier sa résidence fiscale hors de FranceLe non-résident, visé par son administration fiscale locale
5001 (dividendes)Demander la réduction ou le remboursement de la retenue sur dividendesLe non-résident, remis à l'établissement payeur ou à la DGFiP
5002 / 5003Même logique pour intérêts obligataires et redevancesLe non-résident
W-8BEN (IRS américain)Bénéficier du taux conventionnel 15 % sur dividendes US au lieu de 30 %Le résident français, à fournir à son courtier (renouvelé tous les 3 ans)
2047 (France) + report 2042Déclarer ses dividendes étrangers et calculer le crédit d'impôt conventionnelTout résident fiscal français percevant des dividendes étrangers

Concrètement, un résident français qui détient des actions Apple sur son CTO doit avoir remis un W-8BEN à son courtier : sans lui, 30 % de retenue US (irrécupérable au-delà du taux conventionnel 15 %). Avec W-8BEN en vigueur, 15 % de retenue US récupérable en France via le crédit d'impôt conventionnel déclaré en case 2047 (reporté en case 2AB de la 2042). C'est un réflexe trop souvent oublié.

ETF UCITS irlandais : le piège américain neutralisé

Les ETF domiciliés aux États-Unis (VOO, SPY) subissent une retenue US de 30 % sur leurs dividendes internes avant distribution à l'investisseur final. Les ETF UCITS domiciliés en Irlande (CSPX, VUSA, SP5) bénéficient d'un traité fiscal US-Irlande à 15 %, soit 15 points de moins que leurs homologues américains sur chaque dividende reçu de Wall Street. Pour un portefeuille actions US, préférer un UCITS irlandais fait gagner environ 0,2 à 0,3 % par an sur la performance nette, soit plusieurs milliers d'euros sur 20 ans.

Taux conventionnels par pays (dividendes de source française)

Taux conventionnels principaux — vérifier convention par convention
Pays de résidenceTaux conventionRetenue effective 2026Remboursement ?
États-Unis15 %12,8 % prélevés, régularisation via crédit d'impôt localOui si sur-retenue
Royaume-Uni15 %12,8 %Non
Suisse15 %12,8 %Non
Belgique15 %12,8 %Non
Luxembourg15 %12,8 %Non
Allemagne15 %12,8 %Non
Portugal15 %12,8 %Non
Émirats arabes unis0 %12,8 % prélevés, à récupérer intégralementOui via 5001
Canada15 %12,8 %Non
Maroc15 %12,8 %Non

Concrètement, depuis 2026, tous les non-résidents subissent d'abord 12,8 % puis réclament a posteriori si leur convention prévoit moins. Les résidents des Émirats (convention à 0 %) sont les plus concernés : ils récupèrent l'intégralité via le formulaire 5001 transmis à la DGFiP.

Art. 119 bis A CGI : le dispositif anti-CumCum renforcé

Depuis le 1er janvier 2026, l'article 119 bis A du CGI (issu de la loi de finances 2025 n° 2025-127 du 14 février 2025) vise à neutraliser les opérations dites « CumCum externes » — ces montages dans lesquels un non-résident transfère temporairement ses titres à une contrepartie résidente pour échapper à la retenue à la source française sur dividendes, puis récupère les titres après la distribution. Lorsqu'un tel schéma est détecté, l'administration peut requalifier l'opération et appliquer rétroactivement la retenue qui aurait été due. Le dispositif vise en priorité les transferts impliquant des juridictions où l'écart de retenue est important (notamment EAU, Qatar, Bahreïn, Arabie saoudite, Oman, Koweït, Liban, Égypte, Finlande — liste évolutive).

Les montages qui déclenchent l'art. 119 bis A CGI

Tout transfert temporaire de titres autour d'une date de distribution, sans justification économique autre que fiscale, peut tomber sous l'article 119 bis A CGI. Les cabinets structureurs de produits dividende et les gros investisseurs non-résidents doivent documenter la substance économique de chaque opération de prêt-emprunt de titres ou de pension livrée.

La philosophie de la réforme tient en une phrase : la France prélève d'abord, vérifie ensuite. Avant 2026, l'administration faisait confiance aux établissements payeurs pour appliquer directement le taux conventionnel. Depuis 2026, elle sécurise la recette en prélevant 12,8 % dans tous les cas et renvoie vers le bénéficiaire la charge de prouver son droit au taux réduit. Changement de paradigme majeur.

Pourquoi cette réforme ?

L'administration a constaté de nombreuses fraudes (type CumEx / CumCum) où des montages artificiels permettaient de bénéficier de taux conventionnels sans remplir les conditions de substance. En passant à un taux automatique de 12,8 % (+ PS si concerné) et en transférant la charge de la preuve au bénéficiaire via la demande de remboursement, l'État sécurise ses recettes et décourage les schémas abusifs. Revers : impact de trésorerie pour les non-résidents réellement éligibles au taux conventionnel.

Concrètement, un actionnaire américain d'une société française bénéficie normalement d'un taux conventionnel de 15 % (ou 5 % si détention substantielle). En 2026, il subit d'abord 12,8 % de retenue, puis demande son remboursement s'il y a droit. Pour les conventions prévoyant un taux inférieur à 12,8 %, il y a bien un trop-perçu à récupérer. C'est un point de vigilance important pour les expatriés et investisseurs étrangers qui détiennent des titres français.

§ 13PEA·4 MIN

PEA : l'enveloppe qui supprime l'impôt après 5 ans

Parlons maintenant du levier le plus simple et le plus puissant pour un épargnant particulier : le PEA (Plan d'Épargne en Actions). Il permet de loger des actions européennes et d'y percevoir dividendes et plus-values exonérés d'IR après 5 ans à compter du premier versement (le compteur démarre à la date du tout premier versement, pas à la date d'ouverture comptable). Seuls les prélèvements sociaux 18,6 % restent dus au dénouement. Mécanique complète, plafonds et arbitrages dans notre guide PEA.

PEA classique vs PEA-PME : les plafonds

Plafonds PEA 2026 — art. 163 quinquies D CGI et art. L. 221-30 CoMoFi
EnveloppePlafond versementsTitres éligibles
PEA classique150 000 €Actions UE/EEE, ETF éligibles
PEA-PME225 000 €PME et ETI européennes, certaines obligations convertibles
Cumul PEA + PEA-PME225 000 € total (si co-détention)—
PEA Jeune (18-25 ans rattachés)20 000 €Mêmes que PEA

Mécanique fiscale du PEA

Tableau comparatif : Durée PEA — Dividendes / plus-values — Prélèvements sociaux — Premier cas : Avant 5 ans (retrait)
Durée PEADividendes / plus-valuesPrélèvements sociaux
Avant 5 ans (retrait)IR 12,8 % + PS 18,6 % = 31,4 %Oui (18,6 %)
Après 5 ans (retrait)Exonération IR totalePS 18,6 % uniquement (art. 157 5° bis CGI)
Pendant la vie du PEA (pas de retrait)Exonération totale IRPas de PS tant qu'il n'y a pas de retrait

Concrètement, si vous percevez 10 000 € de dividendes par an dans votre PEA après 5 ans de détention, vous ne payez aucun IR. Seuls 1 860 € de prélèvements sociaux seront dus lors du retrait. Sur une durée longue (20-30 ans), le gain est considérable : sur un CTO, les mêmes 10 000 € subiraient 3 140 € de prélèvements chaque année, soit plus de 25 000 € de frottement fiscal supplémentaire en vingt ans par rapport au PEA.

Stratégie PEA + CTO : complémentaires

Le PEA est plafonné et limité aux actions UE/EEE. Pour aller au-delà (actions US, obligations, ETF monde, matières premières), il faut un compte-titres ordinaire (CTO). Stratégie optimale : remplir le PEA pour les actions européennes, compléter le CTO pour la diversification internationale. Les performances passées ne garantissent pas l'avenir, mais le levier fiscal du PEA est mathématiquement certain.

§ 14AV·4 MIN

Assurance-vie et AVL : pourquoi elles échappent à la hausse CSG 2026 ?

Point souvent mal compris : la hausse CSG LFSS 2026 (+1,4 point, PS portés de 17,2 % à 18,6 %) ne vise que les dividendes et intérêts des comptes-titres et assimilés. Les enveloppes assurance-vie (AV), assurance-vie luxembourgeoise (AVL), plans d'épargne logement (PEL, CEL) ouverts avant 2018 et les revenus fonciers restent à 17,2 % de prélèvements sociaux.

La différence technique (art. L. 136-8 CSS modifié)

L'article 12 de la LFSS 2026 a modifié l'article L. 136-8 du Code de la Sécurité sociale en ciblant spécifiquement certaines catégories de revenus du patrimoine mobilier. Les revenus issus de contrats d'assurance-vie, PEL, CEL ouverts avant 2018 et les revenus fonciers demeurent à l'ancien taux CSG de 9,2 %.

Tableau comparatif : Type de revenu / produit — CSG 2026 — PS total 2026 — Premier cas : Dividendes CTO, intérêts obligataires
Type de revenu / produitCSG 2026PS total 2026
Dividendes CTO, intérêts obligataires10,6 %18,6 %
Assurance-vie (fonds €, UC)9,2 %17,2 %
PEL / CEL ouverts avant 20189,2 %17,2 %
Revenus fonciers9,2 %17,2 %
PEA (dividendes capitalisés)10,6 %18,6 % au dénouement

Concrètement, un investisseur qui déplace 100 000 € de dividendes annuels d'un CTO vers une assurance-vie économise 1 400 € de PS par an (différence entre 18,6 % et 17,2 %) — auxquels s'ajoute l'abattement de 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple) par an après 8 ans sur les rachats. L'arbitrage CTO → AV devient d'autant plus attractif en 2026.

L'assurance-vie luxembourgeoise (AVL) pour les gros patrimoines

L'AVL est une assurance-vie de droit luxembourgeois, offrant le même cadre fiscal qu'une AV française (abattement 8 ans, PFL 7,5 %), mais avec une sécurité supérieure (triangle de sécurité, super-privilège du souscripteur), une gamme d'actifs éligibles plus large (private equity, dette privée) et un accès à un crédit lombard compétitif. Elle prend tout son sens à partir de 500 000 € de patrimoine financier — en dessous, les frais du contrat luxembourgeois ne sont pas compensés.

Arbitrage CTO → AV : timing optimal

Plus vous ouvrez tôt votre contrat d'assurance-vie, plus vite les 8 ans d'ancienneté sont acquis. C'est l'horloge qui compte. Même avec un versement initial minimal (quelques milliers d'euros), démarrer le compteur est essentiel. Ensuite, les arbitrages en gestion libre ou pilotée permettent de loger vos actifs producteurs de dividendes dans un environnement fiscal optimal.

§ 15DÉMEMB.·4 MIN

Dividendes et démembrement : qui paie l'impôt ?

Le démembrement, c'est l'outil préféré des familles pour optimiser transmission et fiscalité. Mais sur les dividendes, la question « qui paie l'impôt — usufruitier ou nu-propriétaire ? » peut faire basculer une opération de 30 % à 0 % de prélèvement.

Principe de base (art. 8 CGI)

Rappel : dans un démembrement, la propriété d'un bien est scindée entre l'usufruitier (qui touche les revenus et utilise le bien) et le nu-propriétaire (qui en détient la nue-propriété et récupérera la pleine propriété à l'extinction de l'usufruit, souvent au décès de l'usufruitier). L'usufruitier perçoit les fruits. Les dividendes sont des fruits civils. Donc, par principe, c'est l'usufruitier qui encaisse le dividende et paie l'impôt correspondant (PFU 31,4 % ou barème).

Tableau comparatif : Situation — Qui encaisse ? — Qui paie l'impôt ? — Premier cas : Démembrement légal simple (décès conjoint)
SituationQui encaisse ?Qui paie l'impôt ?
Démembrement légal simple (décès conjoint)UsufruitierUsufruitier (PFU ou barème)
Démembrement conventionnel (donation)Usufruitier (sauf clause contraire)Usufruitier (ou conformément aux statuts)
Démembrement avec quasi-usufruit sur dividendesUsufruitier (mais dette de restitution au nu-propriétaire)Usufruitier
Distribution imputée sur réserves (statuts sur mesure)Nu-propriétaire (si statuts le prévoient)Nu-propriétaire

Affecter les dividendes différemment : possible, mais encadré

En démembrement conventionnel de parts sociales, les statuts peuvent prévoir que les dividendes ordinaires reviennent à l'usufruitier mais que les distributions exceptionnelles prélevées sur les réserves antérieures au démembrement reviennent au nu-propriétaire. Ce montage est courant en transmission de holding familiale.

Attention aux requalifications (Cass. com. 27/05/2015 n° 14-16.246)

Cass. com. 27 mai 2015, n° 14-16.246 a clarifié la distinction : les dividendes courants (fruits civils) reviennent à l'usufruitier (art. 582 et 584 C. civ.). En revanche, les distributions prélevées sur les réserves antérieures au démembrement sont assimilées à du capital et soumises au quasi-usufruit — mécanisme par lequel l'usufruitier consomme la somme mais doit en restituer la valeur équivalente au nu-propriétaire en fin d'usufruit (art. 587 C. civ.). Cela génère une dette de restitution au nu-propriétaire. Si l'affectation statutaire paraît artificielle ou incohérente avec la substance des flux, le juge peut requalifier la répartition, avec un risque d'abus de droit (art. L. 64 LPF). Recommandation : rédiger l'acte notarié de démembrement avec précision, documenter les décisions de distribution, et prévoir une politique de distribution cohérente dans le temps.

Quasi-usufruit sur dividendes : la dette de restitution

Le quasi-usufruit (art. 587 CC) transforme l'usufruitier en débiteur d'une créance de restitution envers le nu-propriétaire. L'usufruitier peut consommer les dividendes reçus, mais doit restituer l'équivalent à la fin de l'usufruit. Cette dette, correctement formalisée, diminue l'actif successoral de l'usufruitier au décès : levier puissant de transmission. À structurer avec un notaire.

Hagnéré Patrimoine

Démembrement de titres — transmission et quasi-usufruit

Transmission, donation-partage avec réserve d'usufruit, pacte Dutreil, clause de quasi-usufruit : un CGP Hagnéré Patrimoine structure votre stratégie en coordination avec votre notaire.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 16CAS·10 MIN

5 cas pratiques chiffrés selon votre profil

Voici 5 histoires de clients-types que nous croisons chaque mois au cabinet. Profils, montants, arbitrages : tout est chiffré précisément pour vous aider à vous projeter.

Cas 1 — Léa, 34 ans, cadre marketing à Lyon, TMI 30 %

Léa est célibataire, salaire net 58 000 € par an. Elle a reçu 5 000 € de dividendes en 2026 sur son CTO (ETF actions européennes). Son IFU les classe en case 2DC (éligibles 40 %). PFU ou option barème ?

Tableau comparatif : Régime — IR sur 5 000 € — PS — Total — Premier cas : PFU 31,4 %
RégimeIR sur 5 000 €PSTotal
PFU 31,4 %640 € (12,8 %)930 € (18,6 %)1 570 €
Barème 30 % + abattement 40 % + CSG déd.900 € (3 000 × 30 %)930 €1 728 € (−102 € CSG déd. N+1)

Décision : PFU. Concrètement, Léa garde 3 430 € nets au PFU contre 3 272 € au barème. Le PFU lui fait économiser 158 € et simplifie sa déclaration. À TMI 30 %, c'est presque toujours la bonne option pour des dividendes de CTO, quand il n'y a pas d'autres arbitrages à faire.

Cas 2 — Antoine, 47 ans, président SASU à Nantes, TMI 41 %

Antoine dirige sa SASU de conseil. Rémunération brute 75 000 € (net ~50 000 € après charges). Il envisage 50 000 € de dividendes fin 2026. Comparatif salaire additionnel vs dividendes.

Tableau comparatif : Scénario — Coût pour la société — Net en poche — Premier cas : Salaire additionnel 50 000 € brut
ScénarioCoût pour la sociétéNet en poche
Salaire additionnel 50 000 € brut~90 000 € (charges 80 %)~27 000 € net après IR 41 %
Dividende 50 000 € (après IS)50 000 € (déjà post-IS)34 300 € net (PFU 31,4 %)

Concrètement, le dividende génère 7 300 € nets de plus pour 40 000 € de charge société en moins. La SASU permet l'optimisation sans seuil TNS.

Attention CDHR : si Antoine franchit 250 000 € de RFR (dividendes + salaire + autres revenus), la CDHR peut réduire l'avantage de 15 000 à 20 000 € selon le RFR. Nous recommandons d'étaler les distributions sur 2 années fiscales.

Cas 3 — Karine, 56 ans, gérante majoritaire SARL à Bordeaux

Karine dirige une SARL d'ingénierie. Capital social 10 000 €, CCA créditeur moyen 50 000 €, primes d'émission 0. Assiette seuil 10 % : 60 000 €, seuil 10 % : 6 000 €. Elle envisage 40 000 € de dividendes.

Tableau comparatif : Fraction dividende — Montant — Taxation — Premier cas : Sous seuil 10 %
Fraction dividendeMontantTaxation
Sous seuil 10 %6 000 €PFU 31,4 % = 1 884 €
Au-delà du seuil34 000 €Cotisations TNS ~40 % (13 600 €) + IR barème sur net
Total prélèvements—~21 000 € (PFU + TNS + IR résiduel)

Concrètement, Karine garde environ 19 000 € nets sur 40 000 €. Si elle augmentait son capital à 100 000 € (incorporation réserves), le seuil passerait à 10 000 € et une plus grosse fraction serait au PFU. Mieux encore : basculer en SASU post-transformation, zéro seuil TNS sur dividendes.

Décision retenue : incorporation de réserves pour passer le capital à 150 000 € + maintien de la SARL pour conserver les droits SSI + limiter les distributions à la fraction sous seuil pendant 2 ans pour constituer de la trésorerie en réserve.

Cas 4 — Thomas, 68 ans, retraité à Annecy, TMI 11 %

Thomas est retraité, revenu net imposable 32 000 € (pensions). TMI 11 %. Portefeuille CTO 180 000 €, dividendes annuels 6 500 €. PEA ouvert en 2017 avec 60 000 € dessus. Stratégie ?

Tableau comparatif : Scénario CTO — IR + PS 2026 — Premier cas : PFU 31,4 % (par défaut)
Scénario CTOIR + PS 2026
PFU 31,4 % (par défaut)2 041 € (1 209 PS + 832 IR)
Barème 11 % + abattement 40 % + CSG déd.~1 589 € (PS 1 209 + IR 429 − écon. CSG N+1 49)

Concrètement, à TMI 11 %, l'option barème économise 452 € sur 6 500 € de dividendes. Sur 20 ans, c'est près de 9 000 € d'économie. La bonne décision pour Thomas : cocher la case 2OP.

Stratégie long terme : arbitrer progressivement le CTO vers le PEA (remplir les 150 000 € de plafond, soit 90 000 € restants à verser). Le PEA est déjà en phase 5 ans+, donc exonéré d'IR. Versements sur 5 ans à 18 000 € / an pour lisser l'impact plus-values de cession CTO. À 75 ans, tout le portefeuille serait en enveloppe fiscalement optimale.

Cas 5 — Valérie, 52 ans, dirigeante post-apport-cession à Chambéry

Valérie a cédé sa société en 2024 via apport-cession 150-0 B ter. Plus-value en report : 3 M€. Sa holding patrimoniale (SAS IS) détient 100 % d'une nouvelle société opérationnelle (réinvestissement 70 %). En 2026, la fille distribue 200 000 € à la holding.

Tableau comparatif : Flux — Mécanique fiscale — Montant — Premier cas : Dividende filiale → holding
FluxMécanique fiscaleMontant
Dividende filiale → holdingRégime mère-fille (art. 145-216 CGI)200 000 €
QPFC imposable (5 %)5 % × 200 000 = 10 000 €10 000 €
IS 25 % sur QPFC10 000 × 25 %2 500 €
IS effectif sur dividende1,25 % de 200 000 €2 500 €
Trésorerie nette capitalisée dans holding—197 500 €

Concrètement, sans le régime mère-fille, la remontée aurait coûté 50 000 € d'IS. Avec le régime mère-fille, 2 500 €. Économie : 47 500 €. Ces 197 500 € sont réinvestis dans la holding (SCPI, obligations, private equity via FPCI — fonds professionnels de capital-investissement) et capitalisent tranquillement.

Stratégie future : si Valérie veut se distribuer personnellement, elle paie PFU 31,4 % (soit 62 800 € sur 200 000 €). Mais elle préférera faire fructifier 10-15 ans dans la holding et préparer une transmission via pacte Dutreil aux enfants (abattement 75 % sur les droits de mutation). L'horizon fiscal est tout sauf figé.

Attention CDHR : si Valérie distribue personnellement 200 000 €, son RFR dépasse 250 000 €, ce qui active CEHR (3 %) puis CDHR potentielle. À anticiper avec étalement sur 2 années fiscales ou consommation progressive via holding.

Hagnéré Patrimoine

Votre profil ressemble à l'un de ces cas ? Construisons votre stratégie

Chaque situation est unique. Un CGP Hagnéré Patrimoine construit une stratégie fiscale sur mesure adaptée à votre TMI, à votre statut (SAS, SARL, holding) et à votre horizon de distribution.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 17DÉCLAR.·5 MIN

Déclaration 2026 : cases 2DC, 2CK, 2BH, 2CA, 2OP — mode d'emploi

C'est l'étape qui fâche : la déclaration. Voici précisément les cases à remplir sur votre 2042 au printemps 2027 pour les dividendes perçus en 2026. L'administration pré-remplit une grande partie via l'IFU transmis par votre établissement, mais une vérification manuelle est essentielle.

Cases dividendes 2042 — imprimé 2026 (revenus 2025 déclarés printemps 2026). Pour les revenus 2026, mêmes cases sur l'imprimé 2027.
CaseIntituléQuand l'utiliser
2DCDividendes bruts éligibles à l'abattement 40 %Dividendes sociétés IS UE/EEE/convention (après sélection option barème case 2OP)
2CHAutres revenus distribués (non éligibles 40 %)ETNC, distributions occultes, jetons de présence
2BHCSG déductible 6,8 %Si vous optez pour le barème (imputable N+1, reporté en case 6DE l'année suivante)
2CAFrais et charges déductibles au barèmeFrais de garde titres, droits de garde, conseil financier
2CKAcompte PFNL 12,8 % déjà prélevéSystématiquement pré-rempli (imputable sur IR)
2CGCSG non déductible déjà acquittéeFraction des PS hors CSG déductible (normalement pré-rempli)
2OPCase à cocher : option barème globaleÀ ne cocher qu'après simulation — option globale et annuelle sur RCM + PV

Concrètement, le workflow classique est :

  1. Récupérer l'IFU transmis par votre courtier, banque ou société (obligatoire avant le 15 février N+1). Côté établissement payeur, il est issu du formulaire 2561 déposé chaque année auprès de la DGFiP au plus tard le 16 février N+1.
  2. Vérifier les montants pré-remplis sur votre déclaration en ligne (cases 2DC, 2CH, 2CK, 2CG).
  3. Simuler les deux options : PFU et barème (case 2OP), en utilisant le simulateur impots.gouv.fr ou notre outil Hagnéré Patrimoine.
  4. Cocher 2OP si barème gagnant, après avoir vérifié l'impact global (plus-values, RFR, CDHR).
  5. Reporter la CSG déductible N+1 en case 6DE l'année suivante si vous avez opté pour le barème.

Révocabilité : vous avez jusqu'au 31 décembre N+2 pour changer d'avis

Depuis la loi de finances 2026, pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2026, l'option 2OP peut être révoquée ou modifiée via une déclaration rectificative jusqu'au délai de réclamation de droit commun, soit le 31 décembre N+2 suivant la mise en recouvrement. Pour les dividendes 2026 (mis en recouvrement été 2027), la révocation reste possible jusqu'au 31 décembre 2029. C'est un filet de sécurité considérable.

§ 18ERREURS·4 MIN

Les 7 erreurs qui coûtent cher aux dirigeants et actionnaires

Chaque année, nous voyons passer les mêmes erreurs. Voici les 7 plus fréquentes, et comment les éviter.

  1. 1. Cocher 2OP par réflexe sans simulation préalable. Au-dessus de TMI 30 %, le barème pénalise. L'option est globale (RCM + plus-values) et peut coûter plus cher sur les plus-values que ce qu'elle rapporte sur les dividendes. Toujours simuler les deux options.
  2. 2. Oublier la CSG déductible 6,8 % (case 6DE N+1). Si vous avez opté pour le barème en 2026, vous devez reporter la CSG déductible en case 6DE en 2027. Oubli = économie d'impôt perdue.
  3. 3. Gérant majoritaire SARL sous-capitalisé. Capital 10 000 € + CCA faible = seuil 10 % ridicule = cotisations TNS 40 % sur la quasi-totalité des dividendes. Dimensionner son capital AVANT les distributions importantes.
  4. 4. Ne pas demander la dispense de PFNL. Si votre RFR N-2 est sous les seuils (50 000 / 75 000 €), vous pouvez éviter l'acompte 12,8 %. Gain de trésorerie immédiat. Demande avant le 30 novembre N-1.
  5. 5. Holding pure sans substance = abus de droit. Le régime mère-fille suppose une vraie activité de gestion. Documenter gouvernance, PV, politique d'investissement. Sans substance, risque de requalification (CE 29/11/2024).
  6. 6. Sous-estimer l'acompte CDHR 2026. Si votre RFR dépasse 250 000 € / 500 000 €, 95 % de la contribution est due en décembre 2026. Sous-estimer expose à des pénalités.
  7. 7. Cumuler salaire excessif et dividendes importants sans arbitrage. Les 80 % de charges sociales sur salaire SASU peuvent détruire le gain fiscal dividendes. Un bon mix salaire / dividendes, calibré à votre TMI, fait facilement 15 à 20 000 € d'économie par an.
Méthode documentée

Évitons ensemble les 7 erreurs les plus coûteuses sur vos dividendes

Un CGP Hagnéré Patrimoine détecte les erreurs coûteuses de votre situation actuelle (option PFU/barème, mix salaire/dividendes, CCA, CEHR, CDHR) et construit une stratégie optimisée sur votre profil.

Bilan gratuitCGP immatriculé à l’ORIASSans engagement

Alerte cabinet : les 5 pièges invisibles que nous voyons revenir

En audit patrimonial, ces cinq situations reviennent systématiquement :

  1. Compte courant d'associé débiteur non formalisé — l'administration requalifie les avances en distribution présumée (art. 111 a CGI) avec pénalités jusqu'à 40 % pour manquement délibéré. Toujours adosser une convention écrite, des intérêts au taux fiscalement admis, et un échéancier de remboursement.
  2. Distribution en période de difficulté de la société — même formellement régulière, elle peut être requalifiée en faute de gestion et engager la responsabilité personnelle du dirigeant (action en comblement de passif).
  3. Crédit d'impôt étranger non récupéré — faute de formulaire 2047 bien rempli (case 8VL/8TK), vous laissez plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros de crédit d'impôt au fisc américain / britannique / suisse. Réflexe : W-8BEN signé pour les titres US, formulaire 2047 + 2042 reporté chaque année.
  4. Oubli de la case 2CK (acompte PFNL) — le prélèvement de 12,8 % est alors compté deux fois : une fois à la source, une fois à l'IR final. Résultat : sur-imposition évitable par simple vérification de l'IFU reçu en février.
  5. Holding requalifiée en passive — perte rétroactive des régimes de faveur (150-0 B ter, Dutreil, exonération IFI biens professionnels). Documenter activement la substance économique : PV de conseil d'administration, conventions de prestations facturées, décisions stratégiques actées.

Chacune de ces situations entraîne un redressement moyen supérieur à 10 000 € lorsqu'elle est relevée en contrôle fiscal ou URSSAF.

§ 19JURIS.·4 MIN

Que dit la jurisprudence récente sur les dividendes ?

La fiscalité des dividendes est un terrain jurisprudentiel dense. Voici les 4 décisions récentes qui sécurisent (ou menacent) vos stratégies.

1. Cass. 2e civ., 21 mars 2024, n° 22-11.587 — l'abattement 40 % ne neutralise pas les cotisations TNS

La Cour de cassation confirme que l'abattement de 40 % s'applique uniquement à l'assiette fiscale (IR au barème), jamais à l'assiette sociale (cotisations TNS). Pour les gérants majoritaires, le calcul de la fraction au-delà du seuil 10 % se fait sur le dividende brut. Décision qui alourdit mécaniquement la comparaison sociale / fiscale.

2. CE, 27 janvier 2022, n° 434085 — holding animatrice et substance économique

Le Conseil d'État rappelle qu'une holding patrimoniale ou animatrice doit justifier d'une substance économique réelle au-delà de la simple détention de participations. À défaut, l'administration peut requalifier le schéma en abus de droit fiscal (art. L. 64 LPF) : imposition des dividendes comme s'ils étaient directement perçus par le dirigeant + majoration pouvant atteindre 80 %. Décision qui impose de documenter rigoureusement la substance (locaux, pacte, dirigeants effectifs, services rendus aux filiales) et d'éviter les holdings purement passives créées juste avant une distribution massive.

3. CE, 29 novembre 2024, n° 487707 (affaire Carmignac) — requalification dividendes en salaires

Dans cette affaire médiatisée, le Conseil d'État a sanctionné l'interposition de holdings luxembourgeoises destinée à transformer ce qui aurait dû être une rémunération de dirigeant en dividendes admis au régime mère-fille. Le critère-clé : le relais étranger était dépourvu de substance économique et ne servait que de conduit. Le montage a été qualifié d'abus de droit (art. L. 64 LPF), avec la majoration de 80 % prévue à l'article 1729 b du CGI.

4. CA Aix-en-Provence, 3 juillet 2025 — autonomie de requalification URSSAF

Cette décision confirme l'autonomie de requalification de l'URSSAF : dès lors que des dividendes ont été requalifiés en salaires, les cotisations sociales sont dues sur l'ensemble, indépendamment de la procédure d'abus de droit fiscal. Double peine à l'horizon : cotisations régime général ou TNS sur tout + majorations. Décision qui renforce la prudence dans les schémas dividendes atypiques.

Ligne directrice : substance, cohérence, documentation

Trois mots-clés ressortent de cette jurisprudence. La substance : une holding doit avoir une vraie activité, pas seulement un compte bancaire. La cohérence : un dividende doit correspondre à une logique de distribution de bénéfice, pas à un substitut de salaire disproportionné. La documentation : PV d'assemblée, statuts, procès-verbaux de conseil, pactes d'actionnaires — tout doit être écrit et daté.

CADF 2024-2025 — trois signaux sur les schémas dividendes à risque

Le Comité de l'abus de droit fiscal a rendu trois avis récents qui éclairent la politique de contrôle de l'administration sur les distributions de dividendes. (1) Holding interposée sans substance économique : une holding luxembourgeoise ou chypriote sans personnel ni locaux propres, créée juste avant une remontée massive de dividendes, est requalifiée en abus de droit (art. L. 64 LPF, majoration 40 à 80 %). (2) Compte courant d'associé remboursé puis reconstitué : la séquence « remboursement CCA + dividende de même montant peu après » peut être requalifiée en dividende déguisé, le remboursement étant privé d'effet fiscal. (3) Cession à soi-même suivie d'une distribution : un dirigeant qui cède ses titres à sa propre holding puis fait remonter le prix sous forme de dividendes tombe sous le mini-abus de droit (art. L. 64 A LPF, motif principalement fiscal). Les trois situations imposent de documenter rigoureusement la logique économique (substance, délai suffisant, justification du montage).

Jurisprudence complémentaire 2005-2024

  • CE, Section, 18 mai 2005, n° 267087, Sagal — Arrêt fondateur : une distribution de dividendes anticipée avant la cession d'une entreprise n'est pas, en elle-même, constitutive d'un abus de droit. Le contribuable est libre d'optimiser le moment des distributions tant qu'une logique économique réelle est présente. C'est la base de toutes les stratégies dividende avant cession (OBO, apport-cession, dividende exceptionnel pré-cession).
  • CJUE, 5e chambre, 22 novembre 2018, Sofina SA e.a., C-575/17 — La retenue à la source française prévue à l'article 119 bis 2 du CGI sur dividendes versés à une société non-résidente en situation déficitaire a été jugée contraire à la liberté de circulation des capitaux (art. 63 et 65 TFUE). Cet arrêt fondateur a conduit le législateur à créer l'article 235 quater du CGI, qui ouvre aux sociétés non-résidentes déficitaires un mécanisme combiné de restitution et de report.
  • CE, 13 novembre 2019, n° 421407, Sté Metro Holding France — Le Conseil d'État censure l'exclusion (à l'époque) des titres sans droit de vote du régime mère-fille (art. 145 CGI), jugée incompatible avec la directive mère-fille 90/435/CEE. Arrêt qui fonde la rédaction actuelle de l'article 145 et sécurise les structurations holdings à plusieurs catégories de titres.
  • CE, 31 mai 2022, n° 442549 — Apport-cession 150-0 B ter : le Conseil d'État précise les conditions du réinvestissement économique effectif des produits de cession par la holding. Le simple portage d'actifs sans activité opérationnelle n'est pas qualifiable de réinvestissement économique au sens de l'article 150-0 B ter du CGI : le contribuable perd alors le bénéfice du report de plus-value.
  • Art. L. 131-6 III CSS — seuil 10 % TNS en SARL (aucune décision de la Cour de cassation ne tranche ce point à ce jour) — Si l'assiette (capital + primes + CCA moyen) est négative ou nulle, l'intégralité du dividende perçu par le gérant majoritaire est soumise à cotisations TNS. Pas de plancher : un capital social très faible ou un CCA structurellement débiteur expose à 100 % de cotisations sur le dividende.
  • Cons. const., 28 décembre 2017, n° 2017-758 DC — Validation du PFU (flat tax 30 % à l'origine, 31,4 % en 2026) et de l'option globale pour le barème (case 2OP). Décision-socle qui confirme la constitutionnalité du régime actuel des dividendes.
  • Cons. const., 13 février 2025, n° 2025-874 DC ; Cons. const., 19 février 2026, n° 2026-901 DC — Validation initiale puis prorogation par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026, art. 2) de la CDHR (art. 224 CGI). Le Conseil constitutionnel encadre la grille (non confiscatoire) mais valide le principe d'une imposition plancher des hauts revenus tant que le déficit du budget général dépasse 3 % du PIB.
§ 20SYNTHÈSE·3 MIN

Ce qu'il faut retenir + glossaire express

Arrivé à ce stade, vous avez tous les outils pour décider. Voici le résumé opérationnel et le glossaire des acronymes, à garder sous la main.

Les 10 règles d'or de la fiscalité dividendes 2026

  1. PFU 31,4 % = 12,8 % IR + 18,6 % PS (hausse CSG LFSS 2026, art. 12).
  2. Barème + abattement 40 % généralement gagnant jusqu'à TMI 11 % ; PFU gagnant dès TMI 30 %.
  3. Option 2OP globale (RCM + PV) et désormais révocable jusqu'au 31 décembre N+2 suivant la mise en recouvrement pour les revenus 2026 et suivants (LF 2026). Pour les dividendes 2026, révocation possible jusqu'au 31 décembre 2029.
  4. Acompte PFNL 12,8 % prélevé à la source ; dispense si RFR N-2 sous 50 000 € (seul) / 75 000 € (couple).
  5. Seuil 10 % TNS SARL : dimensionner capital + CCA AVANT distribution.
  6. Régime mère-fille : IS effectif 1,25 % (0,25 % en intégration) sur le dividende remonté à la holding.
  7. PEA : exonération IR totale après 5 ans, PS 18,6 % dus au dénouement.
  8. Assurance-vie : PS maintenus à 17,2 %, vs 18,6 % CTO — arbitrage intéressant en 2026.
  9. CDHR 2026 : RFR supérieur à 250 000 € (seul) / 500 000 € (couple) = plancher d'imposition 20 %.
  10. Non-résident 2026 : retenue automatique 12,8 %, puis remboursement a posteriori si convention plus favorable.

Matrice de décision dividendes 2026 — profil par profil

Si vous ne devez retenir qu'un seul tableau, c'est celui-ci. Pour chaque profil type, la stratégie optimale en 2026, avec le levier prioritaire à activer.

Matrice complète dividendes 2026 — à croiser avec votre RFR et votre structure
ProfilTMIRégime fiscal optimalLevier prioritaire
Salarié-actionnaire particulier (ETF, CTO)0 - 11 %Barème + abattement 40 % (case 2OP)PEA avant CTO, option 2OP révocable
Salarié-actionnaire particulier (ETF, CTO)30 %PFU 31,4 % par défaut, 2OP uniquement si dividendes pursAssurance-vie (PS 17,2 %) ; PEA (PS 18,6 % depuis LFSS 2026, exonération IR après 5 ans)
Salarié-actionnaire particulier (ETF, CTO)41 - 45 %PFU 31,4 % toujours gagnantPEA plein, AV UC actions, arbitrage nue-propriété
Dirigeant SASU (président assimilé salarié)30 - 45 %Mix salaire 1 PASS (48 060 €) + dividendes PFUValider 4 trimestres retraite + éviter PUMa
Gérant majoritaire SARL (TNS)30 - 45 %Dividendes ≤ 10 % (capital + primes + CCA moyen) au PFUCapitaliser CCA / augmenter capital avant distribution
Dirigeant avec dividendes > 250 000 € / 500 000 €41 - 45 %PFU + CDHR 20 % plancher (art. 224 CGI)Acompte CDHR 95 % au 15/12 + lissage intertemporel
Dirigeant préparant une cession d'entreprise45 %Apport-cession 150-0 B ter (report PV + dividendes holding)Réinvestissement 70 % sur 36 mois, conservation 5 ans
Retraité-actionnaire11 - 30 %Barème + abattement 40 % (2OP) + AV anciennetéRachats AV avec abattement 4 600 / 9 200 € (8 ans)
Non-résident fiscal (expatrié UE, CH, UK)n/aRetenue auto 12,8 % + demande 5000/5001 si conventionConvention fiscale du pays de résidence
Non-résident fiscal (EAU, Qatar, Liban)n/aRetenue auto 12,8 % puis remboursement intégralFormulaire 5000-SD dès réception IFU
Holding patrimoniale IS (mère-fille)IS 25 %Mère-fille QPFC 5 % (IS effectif 1,25 %)Intégration fiscale = QPFC 1 % (0,25 % IS)
Actionnaire avec démembrement (usufruit)selon TMIUsufruitier imposé sur dividendes courantsQuasi-usufruit art. 587 C. civ. (dette de restitution)

Comment lire cette matrice

Cette matrice est un point de départ, pas une solution universelle. Trois facteurs peuvent déplacer l'arbitrage optimal : vos autres revenus de l'année (salaire, loyers, PV mobilières), votre RFR par rapport aux seuils CDHR (250 000 € / 500 000 €), votre statut matrimonial (quotient familial, souscripteur AV). Avant toute décision structurante (création de holding, changement de forme sociale, distribution massive), un audit personnalisé s'impose : nous chiffrons les scénarios pour vous.

Glossaire express des acronymes

Tableau comparatif : Acronyme — Signification — Premier cas : PFU
AcronymeSignification
PFUPrélèvement Forfaitaire Unique (flat tax 31,4 %)
PFNLPrélèvement Forfaitaire Non Libératoire (acompte 12,8 %)
TMITranche Marginale d'Imposition (0, 11, 30, 41, 45 %)
PSPrélèvements Sociaux (18,6 % RCM / 17,2 % AV + foncier)
CSGContribution Sociale Généralisée (10,6 % en 2026 sur RCM)
CRDSContribution au Remboursement de la Dette Sociale (0,5 %)
RFRRevenu Fiscal de Référence
CDHRContribution Différentielle sur les Hauts Revenus (art. 224 CGI)
CEHRContribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (art. 223 sexies)
TNSTravailleur Non Salarié (gérant majoritaire, libéral)
SSISécurité Sociale des Indépendants (ex-RSI)
ISImpôt sur les Sociétés
CCACompte Courant d'Associé
QPFCQuote-Part pour Frais et Charges (5 % mère-fille, 1 % en intégration)
IFUImprimé Fiscal Unique (transmis par l'établissement avant 15 février)
AV / AVLAssurance-Vie française / Luxembourgeoise
PEAPlan d'Épargne en Actions (150 000 € plafond)
ETNCÉtat ou Territoire Non Coopératif (retenue 75 %)
BOFiPBulletin Officiel des Finances Publiques (doctrine)
PASSPlafond Annuel de la Sécurité Sociale (48 060 € en 2026)

Dernier mot : une fiscalité qui récompense ceux qui anticipent

La fiscalité des dividendes 2026 n'est pas punitive : elle récompense ceux qui structurent leur patrimoine avec anticipation. PEA rempli tôt, assurance-vie ouverte, holding patrimoniale construite avec substance, arbitrage salaire / dividendes calibré : ces leviers, combinés, permettent d'optimiser durablement vos revenus d'actionnaire ou de dirigeant. Les performances passées ne garantissent pas l'avenir, mais les mécaniques fiscales, elles, sont mathématiques.

Chez Hagnéré Patrimoine, nous accompagnons dirigeants et particuliers sur ces arbitrages avec les frais parmi les plus compétitifs du marché, un bilan patrimonial gratuit et une approche globale (fiscale, juridique, successorale, financière).

Pour aller plus loin, consultez nos guides complémentaires : Flat tax ou barème 2026, Holding patrimoniale et Rémunération du dirigeant. Chaque sujet est traité en profondeur, avec les mêmes standards de rigueur juridique et de vulgarisation.

Mise à jour : 20 avril 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI art. 6, 8, 117 quater, 119 bis, 119 ter, 145, 150-0 B ter, 154 quinquies, 157, 158-3, 200 A, 216, 223 sexies, 224), Code de la Sécurité sociale (art. L. 131-6, L. 136-8), Livre des procédures fiscales (art. L. 64), Code civil (art. 587), loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026, art. 12), lois de finances 2025 et 2026, BOFiP (BOI-RPPM-RCM-10-10, BOI-RPPM-RCM-20-10-30-10, BOI-RPPM-RCM-20-15, BOI-RPPM-RCM-30-20-10, BOI-RPPM-RCM-30-30-10-20, BOI-RES-RPPM-000203 du 24/07/2025, BOI-INT-DG-20-20-20-30 MAJ 16/03/2026, BOI-IS-BASE-10-10-10-10, BOI-IR-CHR MAJ 26/03/2026), jurisprudence (Cass. 2e civ. 21/03/2024 n° 22-11.587 ; CE 27/01/2022 n° 434085 ; CE 29/11/2024 n° 487707 Carmignac ; CA Aix 03/07/2025 ; Cass. com. 27/05/2015 n° 14-16.246 ; Cons. const. 2025-874 DC et 2026-901 DC ; Cons. const. 2017-758 DC), Légifrance. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 1er janvier 2026, sous réserve des actualisations BOFiP et des décrets d'application en cours de publication. Les performances passées ne garantissent pas l'avenir.

Cette publication a vocation informative ; elle ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation.

ACCOMPAGNEMENT

Optimiser vos dividendes avec un CGP en architecture ouverte

Cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CIF · COA · COBSP) : audit dividendes, dimensionnement seuil 10 %, incidence patrimoniale de la structuration holding, déclaration 2OP, anticipation CDHR, revue annuelle. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan dividendes offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Plan d'action écrit
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Préparer votre stratégie dividendes avec un CGP multi-partenaires, non détenu par une banque ni par un assureur

Pas de produit-maison. Audit dividendes, incidence patrimoniale de la structuration holding, calibrage 2OP, plan d'action écrit, revue annuelle. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • Code général des impôts — IR & RCM

    Art. 200 A CGI (PFU flat tax 12,8 % IR). Art. 158-3 CGI (abattement 40 % dividendes option barème). Art. 117 quater CGI (prélèvement PFNL 12,8 % à la source). Art. 242 quater CGI (dispense PFNL RFR 50 000 / 75 000 €). Art. 119 bis 2 CGI (retenue à la source dividendes non-résidents, LF 2025 art. 96).

  • Code général des impôts — holding & contribution

    Art. 145 CGI (régime mère-fille, détention 5 % pendant 2 ans). Art. 216 CGI (QPFC 5 % régime mère-fille). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession holding, durci LF 2026 : 70 % / 36 mois / 5 ans). Art. 223 sexies CGI (CEHR). Art. 224 CGI (CDHR prorogée par la LF 2026).

  • Code de la sécurité sociale & LFSS 2026

    Art. L. 131-6 III CSS (seuil 10 % TNS sur dividendes en SARL gérance majoritaire). Art. L. 136-8 CSS (CSG sur les revenus du patrimoine). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026 art. 12) : majoration CSG-Autonomie 1,4 point sur RCM/PV mobilières/PEA/PER (PFU 30 % → 31,4 %). AV et PEL ouverts avant 2018 EXCLUS (restent à 17,2 %).

  • Lois de finances 2025-2026

    Loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025 art. 10) : création de la CDHR (planche 20 % d'IR effectif). LF 2025 art. 96 : retenue à la source non-résidents généralisée à 12,8 %. Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026) : prorogation CDHR, durcissement art. 150-0 B ter (apport-cession), révocabilité option 2OP jusqu'au 31/12 N+2.

  • BOFiP, jurisprudence & DC

    BOI-RPPM-RCM-20-15 (Dividendes et revenus distribués, PFNL). BOI-RES-RPPM-000203 (commentaires retenue à la source LF 2025 art. 96). Cons. const. n° 2025-874 DC du 13/02/2025 (CDHR, LF 2025 : non censurée, non examinée). Cass. com. 27/05/2015 n° 14-16.246 (dividendes démembrés et quasi-usufruit sur réserves). CE 29/11/2024 n° 469012 Société Hellier du Verneuil (régime mère-fille : la conservation formelle des titres pendant 2 ans ne suffit pas sans substance économique).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute stratégie de distribution de dividendes doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer.

Foire aux questions

Tout sur la fiscalité des dividendes en 2026 et l'arbitrage PFU vs barème.

Bases & arbitrage PFU, dirigeants TNS & SAS, non-résidents & CDHR, enveloppes & optimisation. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

Catégories

Pas trouvé votre réponse ?

Un CGP vous rappelle sous 48 h ouvrées.

Prendre rendez-vous
  • 31,4 %. C'est le nouveau taux de la flat tax (PFU) en 2026, contre 30 % auparavant. Il se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux. La hausse de 1,4 point vient de la LFSS 2026 qui a relevé la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du patrimoine. Concrètement, sur 10 000 € de dividendes versés, vous touchez 6 860 € net.