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Guide expert Colocation LMNP 202614 minMis à jour 25 juin 2026Loi 89-462 · L. 631-7 CCH · LF 2025

Colocation LMNP en 2026 : baux, rendement, fiscalité et pièges juridiques

Vous achetez un T4 à Lyon, vous le louez en colocation à 4 jeunes actifs : 2 200 € de loyer mensuel au lieu de 1 100 € en location classique. Mais entre la clause de solidarité 6 mois ALUR (Cass. 3e civ. 8 avril 2021 n° 19-23.343 P+B), la réforme Le Meur du 15 février 2025 (art. 150 VB III CGI), et l'autorisation préalable de l'art. L. 631-7 du Code de la construction et de l'habitation, largement méconnue des bailleurs, le rendement promis peut se transformer en piège juridique à 100 000 €/lot non régularisé (art. L. 651-2 CCH). En 2026, 552 000 Français déclarent leurs revenus en LMNP — +59,5 % en 10 ans, source DGFiP — et la colocation reste le segment le plus rentable de la location meublée : +2 à +4 points de rendement brut par rapport au même bien en bail classique. Mais le cadre s'est durci : loi 89-462 article 8-1 modifié ALUR, loi 3DS du 21/02/2022 (somme des loyers individuels ≤ plafond global), décret 2015-981 du 31/07/2015 (11 catégories de mobilier obligatoires), arrêté préfectoral Paris 2025-06-16-00003 (encadrement loyers période 01/07/2025–30/06/2026), LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025, PS sur loyers BIC LMNP portés à 18,6 %), réforme Le Meur (loi 2025-127 du 14/02/2025, art. 84) qui réintègre les amortissements admis en déduction dans la plus-value à la revente. Ce guide écrit par Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine ORIAS CIF/COA/COBSP, vous donne en 14 minutes : le tableau bail unique vs baux individuels en 8 critères, la cartographie du piège L. 631-7 CCH, les 5 cas chiffrés Hagnéré Patrimoine (Thomas Lyon Croix-Rousse 280 000 €, Stéphane président SAS Bordeaux Chartrons 420 000 €, Sophie héritière Lille Wazemmes 220 000 €, Dr Marchand chirurgien-dentiste Annecy 750 000 €, Pierre T3 Belleville Paris 11e), l'arbre de décision micro-BIC vs régime réel en 4 questions, la simulation d'amortissement par composants à l'euro près (BOI-BIC-AMT-10-40-30), la matrice IR / SCI IS / SARL de famille IR qu'aucun concurrent ne propose, et la trajectoire de cession 5/10/15/20/25/30 ans post-Le Meur avec abattements art. 150 VC CGI. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet ORIAS (CIF · COA · COBSP).

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RENDEMENT BRUT MOYEN

8,5 %

DÉCLARANTS LMNP 2026

552 000

SANCTION L. 651-2

100 K€/LOT

SOLIDARITÉ ALUR

6 MOIS

PS LFSS 2026

18,6 %

Quentin Hagnéré·Conseiller en gestion de patrimoine — Fondateur Hagnéré Patrimoine

CIF · COA · COBSP · ORIAS — Cabinet indépendant CGP

Publié le 22 mai 2026 — Mis à jour le 22 mai 2026 — Par Quentin Hagnéré, CGP CIF/COA/COBSP

Les 4 textes clés à connaître pour ce guide :

  • Loi 89-462 du 6 juillet 1989, art. 8-1 (modifié ALUR 2014) — définition juridique de la colocation et solidarité 6 mois.
  • Décret 2015-981 du 31 juillet 2015 — 11 catégories de mobilier obligatoires pour qualifier le logement meublé.
  • Art. L. 631-7 CCH — autorisation préalable de changement d'usage dans les villes > 200 000 habitants.
  • Art. 84 LF 2025 (loi 2025-127 du 14/02/2025) — réintégration des amortissements LMNP en plus-value (art. 150 VB III CGI).
Voir le cadre légal complet
  • CGI art. 35 — qualification BIC automatique de la location meublée.
  • CGI art. 50-0 — régimes micro-BIC : 83 600 € / 50 % pour le meublé classique en 2026.
  • CGI art. 39 C — amortissement BIC LMNP au réel et mécanisme du différé.
  • CGI art. 155 IV — seuils LMP : 23 000 € de recettes ET supérieures aux revenus pro foyer.
  • Décret 2002-120 du 30 janvier 2002 — décence du logement (9 m² avec hauteur 2,20 m, ou à défaut 20 m³).
  • Loi 3DS n° 2022-217 du 21 février 2022 — somme des loyers individuels ≤ plafond global.
  • Art. L. 651-2 CCH — sanction jusqu'à 100 000 €/lot non régularisé.
  • Cass. 3e civ. 8 avril 2021 n° 19-23.343 P+B — solidarité 6 mois post-préavis.
  • CJUE Cali Apartments C-724/18 et C-727/18, 22 septembre 2020 — validation L. 631-7 CCH.

Par Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine — CIF · COA · COBSP · ORIAS — fondateur d'Hagnéré Patrimoine.

Vous étudiez l'achat d'un T4 à Lyon pour le louer en colocation à quatre jeunes actifs : 2 200 €/mois au lieu de 1 100 €. Rendement brut moyen 2026 : 8,5 % (source LocService) contre 3 à 5 % en location classique. Mais un piège juridique méconnu, l'art. L. 631-7 du CCH, peut coûter 100 000 € par lot non régularisé. Chez Hagnéré Patrimoine, on vous montre comment sécuriser le rendement avant de signer.

En 2026, 552 000 Français déclarent en LMNP (+59,5 % en 10 ans, DGFiP), et la colocation reste le segment le plus rentable : +2 à +4 points de rendement brut vs un bail classique. Mais le cadre s'est durci : loi ALUR, décret 2015-981 sur le mobilier obligatoire, encadrement des loyers, LFSS 2026 (PS portés à 18,6 %), et surtout la réforme Le Meur qui réintègre vos amortissements dans la plus-value à la revente. Le détail du statut est dans notre guide LMNP 2026.

Le segment professionnalisé du coliving (résidences gérées clé-en-main, services hôteliers, baux mobilité ou colocation) explose : 21 000 places en France en 2025, +74 % sur 2021-2025 (Xerfi + Cohabs France). Ce n'est plus un marché de niche — c'est devenu une référence de pricing pour les bailleurs particuliers en T4-T5. Coliving : le brut élevé tient-il au net réel ? Notre décryptage rentabilité 2026.

Ce guide vous donne tout, en 14 minutes : le tableau bail unique vs baux individuels (8 critères), la cartographie du piège L. 631-7 CCH, 5 cas chiffrés Hagnéré Patrimoine (Thomas Lyon, Stéphane Bordeaux, Sophie Lille, Dr Marchand Annecy, Pierre Paris), l'arbre micro-BIC vs réel, la simulation d'amortissement par composants, la matrice IR / SCI IS / SARL de famille, et la trajectoire de cession post-Le Meur. À la fin, vous saurez exactement ce que rapporte une colocation LMNP en 2026 et comment éviter les 7 erreurs qui ruinent les meilleurs dossiers.

À retenir en 30 secondes

  • Rendement brut moyen 2026 : 6 à 12 % du prix d'achat tout frais inclus, selon la ville (8,5 % en moyenne sur les 30 plus grandes villes, source LocService Tendances 2025), contre 3 à 5 % en location classique. Net-net après prélèvements sociaux (PS) à 18,6 % et IR à la tranche marginale d'imposition (TMI) de 30 % : 4 à 7 %.
  • Bail unique avec clause de solidarité 6 mois ALUR ou baux individuels non solidaires : choix structurant qui dépend de votre patrimoine, de la ville et du profil colocataire — tableau 8 critères dans le guide.
  • Le piège juridique n° 1 : l'autorisation L. 631-7 CCH pour diviser un logement en colocation dans les villes > 200 000 habitants. Sanction civile : jusqu'à 100 000 € par local irrégulièrement transformé + astreinte 1 000 €/jour (art. L. 651-2 CCH, modifié loi Le Meur 2024-1039 du 19/11/2024).

Avertissement — article L. 533-13 du Code monétaire et financier

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine immatriculé à l'ORIAS en qualité de CIF, COA et COBSP. Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout investissement immobilier comporte des risques (vacance locative, baisse de valeur, contentieux locatif, évolution réglementaire et fiscale). Avant toute opération, un bilan patrimonial individualisé en lien avec votre expert-comptable et votre notaire est indispensable. Les chiffres et seuils cités sont à jour de la loi de finances 2026 en vigueur au 13 mai 2026.

§ 1INTRODUCTION·3 MIN

1. Colocation LMNP : définition, cadre légal et chiffres 2026

Saviez-vous que la part de jeunes Parisiens en colocation est passée de 22 % en 1990 à 44 % en 2020 (INSEE Flash Île-de-France n° 96) ? Et que 72 % des colocataires sont aujourd'hui des actifs, pas des étudiants comme on le pense souvent ? La colocation a changé de visage en trente ans. Mais les règles juridiques, elles, n'ont quasiment pas bougé — et la plupart des bailleurs qui investissent aujourd'hui ne les maîtrisent pas.

Avant de parler rendement, fixons le vocabulaire. La colocation au sens légal, c'est trois choses : un même logement, plusieurs locataires non mariés ni pacsés, et chacun y a sa résidence principale. Bail unique ou baux séparés, peu importe à ce stade — texte exact à l'article 8-1 de la loi 89-462 du 6 juillet 1989, modifié par la loi ALUR de 2014. Si vous louez en saisonnier ou en bail mobilité, vous n'êtes pas en régime colocation au sens du 89-462.

Le statut LMNP, c'est automatique

Côté fisc, pas de choix à faire : louer meublé, c'est automatiquement du BIC (bénéfices industriels et commerciaux), article 35 du CGI. Vous n'avez rien à demander : dès lors que vous louez meublé à titre habituel, vous êtes en BIC, et donc éligible au régime fiscal LMNP tant que vos recettes annuelles meublées restent sous 23 000 € OU inférieures à 50 % des revenus du foyer (art. 155 IV CGI). Dès que vous dépassez ces seuils, vous basculez en LMP. Bonne nouvelle : depuis la QPC 2017-689 du Conseil constitutionnel (8 février 2018), vous n'êtes plus obligé de vous inscrire au RCS. Si vous voulez approfondir, notre comparatif LMNP ou LMP : seuils et arbitrages détaille les conditions de bascule.

La colocation LMNP en chiffres 2026

Tableau comparatif : Indicateur — Valeur 2026 — Évolution / Source — Premier cas : Déclarants LMNP en France
IndicateurValeur 2026Évolution / Source
Déclarants LMNP en France552 000+59,5 % en 10 ans (DGFiP)
Part jeunes Parisiens en colocation (1990 → 2020)22 % → 44 %x2 en 30 ans (INSEE Flash IDF n° 96)
Loyer moyen chambre en colocation France508 €/mois+6,7 %/an (LocService 2025)
Tension locative Paris (candidatures/chambre)12,6+18 % vs 2024 (LocService)
Rendement brut moyen colocation LMNP8,5 %+2 à +4 pts vs location classique
Communes encadrement des loyers 202669Loi ALUR 2014 + loi 3DS 2022

En clair: deux locataires non en couple, leur résidence principale, du meublé. Vous tombez dans le régime colocation 89-462, et le BIC LMNP s'applique tout seul. Aucune démarche à faire au démarrage. Mais une dizaine de règles à maîtriser dans les semaines qui suivent — bail, décence, dépôt, encadrement des loyers — sous peine de quittances réputées non écrites ou de litige Commission de conciliation. On les passe en revue ci-dessous.

Cas pratique — Thomas, 31 ans, ingénieur informatique à Lyon. Patrimoine 45 000 € (PEA + livret), TMI 30 %. En 2026, il achète un T4 de 65 m² à Lyon Croix-Rousse pour 280 000 € (4 chambres de 10, 11, 12 et 14 m² + séjour 18 m²). Objectif : louer en colocation à 4 jeunes actifs tech mobiles. C'est le persona principal de ce guide — vous le retrouverez en filigrane dans la plupart des cas chiffrés ci-après.

Maintenant que le cadre est posé, première décision structurante : un bail unique ou plusieurs baux individuels ?

§ 2CHOIX STRUCTURANT·4 MIN

2. Bail unique ou baux individuels : que choisir pour votre colocation ?

Le choix bail unique vs baux individuels se fait à la signature. Et il a un effet direct chiffrable : sur un T4 à 1 600 €/mois, mal arbitrer peut vous coûter 4 800 € de loyers impayés non récupérables (au-delà des 6 mois ALUR), ou à l'inverse vous éviter une vacance subie de 2 mois entre deux colocataires. Ces deux régimes ne se valent pas : pour la solidarité du loyer, pour la récupération du dépôt après dégradations, et surtout pour ce qui se passe quand un colocataire part en cours de bail. C'est la première décision à prendre avant même de meubler le logement.

Le bail unique avec clause de solidarité

Vous signez un seul contrat avec tous les colocataires nommés ensemble. Ils sont juridiquement « solidaires » du paiement du loyer : si l'un ne paie pas, vous pouvez vous retourner contre les autres. C'est le réflexe historique des bailleurs, et le plus léger à gérer : une seule quittance, une seule régularisation de charges, une seule caution si vous en exigez. Le piège a 12 ans d'âge et il est dans la loi ALUR du 24 mars 2014 : un colocataire qui s'en va n'est solidaire que 6 mois après son préavis (art. 8-1 loi 89-462). C'est confirmé par l'arrêt Cass. 3e civ. 8 avril 2021 n° 19-23.343 publié au bulletin — toute clause prévoyant un délai plus long est réputée non écrite. On y revient en détail dans la section suivante.

Les baux individuels non solidaires

Vous signez un contrat distinct avec chaque colocataire, pour sa chambre privative et un droit d'usage des parties communes (cuisine, séjour, salle de bains). Aucune solidarité entre eux : si Théo part en avril, Léa, Maxime et Sarah ne sont pas responsables du loyer de Théo — c'est à vous de retrouver un remplaçant. Côté gestion, vous multipliez tout par quatre : quatre quittances par mois, quatre dépôts de garantie à suivre, quatre régularisations annuelles, et chaque colocataire donne son préavis quand il veut sans concerter les autres. Plus lourd à piloter, mais en zone tendue (12,6 candidatures par chambre à Paris selon LocService 2025), le départ d'un colocataire ne fait plus chuter votre revenu locatif global de 25 % d'un coup : il vous laisse trois loyers sécurisés pendant que vous relouez la chambre vide.

Tableau comparatif : 8 critères pour choisir

Tableau comparatif : Critère — Bail unique avec solidarité — Baux individuels — Premier cas : Solidarité loyer
CritèreBail unique avec solidaritéBaux individuels
Solidarité loyerOui — jusqu'à 6 mois post-préavisInterdite (clause réputée non écrite)
Dépôt de garantie1 global, 2 mois max (art. 22 loi 89-462 modifié ALUR)1 par colocataire, 2 mois chacun
Durée du bail1 an minimum (9 mois si étudiant)1 an minimum, indépendant par bail
Départ d'un colocataireCo-signataires solidaires 6 moisBailleur cherche un remplaçant
Caution1 caution globale possible1 caution par colocataire
Encadrement des loyers1 plafond global appliqué au logementSomme des baux ≤ plafond global (loi 3DS)
Fiscalité1 déclaration BIC LMNP globale1 déclaration BIC LMNP globale
Risque L. 631-7 CCHNon (1 logement loué)Possible si équipements autonomes

Concrètement : avec un bail unique, le jour où un colocataire s'en va et que ses co-locataires refusent de chercher son remplaçant, vous avez 6 mois ALUR pour boucler la relocation. Après, vous assumez seul. Les baux individuels font basculer l'équilibre : chaque locataire est libre de partir sans entraîner les autres, et vous, vous sécurisez 75 % de votre revenu quand une chambre se libère. Le revers, c'est la gestion : sans logiciel type Rentila ou expert-comptable LMNP, vous y passerez 4 à 6 h par mois au lieu de 1 h. Règle cabinet Hagnéré sur ~30 dossiers/an : bail unique en dessous de 4 colocataires si la rotation prévisible est inférieure à 18 mois (étudiants, profils qui se cooptent) ; baux individuels au-dessus de 4 colocataires ou dès que la tension locative dépasse 10 candidatures par chambre selon LocService.

Cas Thomas, Lyon Croix-Rousse — recommandation Hagnéré. Thomas vise 4 jeunes ingénieurs tech, profil mobile (3 changeront d'employeur dans les 2 ans). Risque de turn-over élevé : la solidarité 6 mois ALUR ne couvre pas durablement. Baux individuels recommandés, avec garantie Visale pour ceux de moins de 30 ans + GLI pour les autres. Coût de gestion +1 200 €/an en honoraires comptables, compensé par la sécurité.

Quand on choisit le bail unique, la clause de solidarité devient le sujet n° 1. Combien de temps un colocataire reste-t-il engagé après être parti ? Six mois. Pas plus, jamais plus — et c'est précisément le sujet de la section suivante.

§ 3MÉCANISME JURIDIQUE·3 MIN

3. Clause de solidarité, caution, dépôt de garantie : la durée 6 mois ALUR

6 mois et pas un jour de plus. C'est la durée maximum pendant laquelle un colocataire sortant reste solidaire des loyers après son préavis. Beaucoup de bailleurs raisonnent encore avec les anciens baux 12 ou 24 mois solidaires — c'est faux depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, qui a divisé par 4 la durée de solidarité historiquement admise (24 mois → 6 mois). Et la Cour de cassation l'a verrouillé au cas par cas par l'arrêt 3e civ. du 8 avril 2021 (n° 19-23.343, P+B).

Le texte exact de l'article 8-1 de la loi 89-462

Un colocataire qui donne son préavis reste tenu des loyers pendant six mois après la date d'effet du congé. Sa caution suit la même horloge. Mais la solidarité peut s'éteindre avant : dès qu'un remplaçant entre dans les lieux avec votre accord écrit, le sortant est libéré le jour même. Toute clause prévoyant une solidarité plus longue est réputée non écrite. Base légale : article 8-1 VI loi 89-462 modifié par ALUR (24 mars 2014), interprétation confirmée par la Cour de cassation, 3e chambre civile, arrêt du 8 avril 2021 n° 19-23.343 (publié au Bulletin, P+B).

Caution : 1 seule en bail unique, 1 par colocataire en baux individuels

La caution — c'est la personne (souvent parent du locataire) qui paiera à sa place s'il ne paie pas — fonctionne sur le même modèle que le bail. En bail unique, vous pouvez exiger une caution unique pour les quatre colocataires : elle couvrira chaque sortant pendant 6 mois après son préavis, mais pas au-delà. En baux individuels, chaque colocataire fournit sa propre caution, qui ne garantit que sa quote-part. Côté cabinet, on calibre toujours sur la même règle : les revenus nets de la caution doivent atteindre 3 fois le loyer charges comprises de sa quote-part. Sur la chambre de Thomas à 480 €/mois charges incluses, on exige une caution à 1 440 €/mois nets minimum.

Dépôt de garantie : 2 mois maximum en meublé

Combien pouvez-vous bloquer en dépôt de garantie ? Maximum deux mois de loyer hors charges en meublé, un seul mois en location nue (article 22 de la loi 89-462, modifié par ALUR). Si votre bail prévoit trois mois, la clause est nulle d'office, et le colocataire peut vous réclamer le trop-perçu. En bail unique : un seul dépôt global. En baux individuels : un dépôt par colocataire, calculé sur sa quote-part de loyer. Le bailleur dispose ensuite de 1 mois (logement rendu sans dégradation) ou 2 mois (avec dégradation) pour restituer le dépôt après l'état des lieux de sortie.

Clause de solidarité interdite en baux individuels

Toute clause qui tenterait d'imposer une solidarité entre colocataires dans des baux individuels distincts serait réputée non écrite (jurisprudence constante post-ALUR). C'est d'ailleurs la frontière nette entre les deux régimes. Solidarité voulue : bail unique. Liberté totale de chaque locataire : baux individuels, et vous gérez les départs un par un sans filet.

Cas pratique — Sophie, héritière 350 k€, T3 colocation Paris loué par sa mère via bail unique. Juillet 2025. Un des trois colocataires (Thomas, externe en médecine) lui envoie un mail de trois lignes : il quitte la chambre fin juillet, point. Pas de préavis formel, pas de courrier recommandé. Sophie appelle le cabinet : que peut-elle réclamer ? Voici le verdict : Thomas reste solidaire au maximum jusqu'à fin décembre 2025 (6 mois après son préavis effectif). Sophie peut réclamer les loyers échus pendant cette période, mais pas au-delà. Et si l'un des deux autres trouve un remplaçant accepté par Sophie en septembre, la solidarité de Thomas s'éteint dès l'arrivée du nouveau colocataire — pas après les 6 mois.

Solidarité bouclée. Reste à savoir ce qui rend une chambre louable au regard de la loi. La décence en colocation a sept critères chiffrés (surface, hauteur, ouverture, équipements...) — on les passe en revue tout de suite.

§ 4CRITÈRES OBLIGATOIRES·3 MIN

4. Décence, surface 9 m² et 11 meubles obligatoires

9 m² avec 2,20 m de hauteur sous plafond, ou à défaut 20 m³ de volume habitable. Si une chambre ne respecte pas ces trois minima, la chambre est juridiquement inlouable. Le locataire peut exiger une baisse de loyer rétroactive — voire récupérer les sommes déjà versées. Ce n'est pas du zèle de juriste : le décret 2002-120 du 30 janvier 2002 s'applique à tous les bailleurs, meublé ou vide.

Les 5 critères de décence du décret 2002-120

Le décret pose cinq critères. Les trois techniques d'abord : 9 m² de surface habitable, 20 m³ de volume, 2,20 m sous plafond. Les deux d'usage ensuite : équipements minimum (chauffage, eau potable, sanitaires intérieurs) et absence de risque sanitaire ou de sécurité. Pour la colocation, le calcul de la surface se fait par pièce affectée à un usage individuel (chambre privative) — pas sur le logement entier. Une chambre de 8 m² ne peut donc pas faire l'objet d'un bail meublé valide, même si le logement total fait 70 m².

À Paris et dans les Hauts-de-Seine, le règlement sanitaire départemental peut imposer des minima encore plus stricts que les 9 m². La Cour de cassation l'a confirmé en décembre 2015 (3e civ. n° 14-22.754) : à Paris, c'est le règlement le plus strict qui gagne. Si le RSD impose 11 m² au lieu des 9 m² nationaux, ce sont les 11 m² qu'il faut respecter. Avant tout achat à Paris, vérifiez le RSD applicable à l'arrondissement concerné.

Les 11 catégories de mobilier du décret 2015-981

Pour que votre logement soit qualifié de « meublé » au sens de la loi 89-462 (et donc éligible au statut LMNP en BIC), il doit être équipé des 11 catégories de mobilier listées par le décret 2015-981 du 31 juillet 2015. Une seule catégorie manquante et le locataire peut faire requalifier le bail en location nue. Côté fisc, ça fait mal : exit le BIC et son amortissement, bonjour le micro-foncier avec son abattement de 30 % et rien d'autre. Sur un bien rentable, c'est plusieurs milliers d'euros d'impôt en plus par an. Côté loyer : potentielle baisse de 20 à 30 % si la requalification est demandée.

Tableau comparatif : # — Catégorie de mobilier — Précision — Premier cas : 1
#Catégorie de mobilierPrécision
1Literie avec couette ou couvertureLit + matelas + couette ou couverture pour chaque chambre
2Volets ou rideaux dans les chambresPour préserver l'intimité et l'obscurité
3Plaques de cuissonGaz, électrique ou induction (au moins 2 feux)
4Four ou four à micro-ondesL'un des deux suffit
5Réfrigérateur avec compartiment freezerCompartiment ≤ -6 °C obligatoire
6Vaisselle nécessaire à la prise des repasAssiettes, verres, couverts pour tous les colocataires
7Ustensiles de cuisineCasseroles, poêles, ustensiles de découpe
8Table et siègesUne table + nombre de sièges = nombre de colocataires
9Étagères de rangementDans chaque chambre et espace commun
10LuminairesDans toutes les pièces
11Matériel d'entretien ménagerAspirateur, balai, seau, serpillière...

Budget mobilier réaliste : 4 000 à 7 000 € pour équiper un T4 colocation 4 personnes conformément au décret 2015-981 (mobilier neuf Ikea / Conforama), soit 1 000 à 1 750 € par chambre. Médiane cabinet sur 22 dossiers 2024-2025 : 5 400 € HT, soit 1 350 € par chambre. Bonne nouvelle : ce mobilier s'amortit en LMNP sur 7 à 10 ans — l'État vous rembourse presque la moitié via l'impôt économisé. Côté DPE et performance énergétique, vérifiez la classe DPE avant achat : depuis le 1er janvier 2025, les passoires thermiques classées G sont interdites à la location. Voir notre guide DPE et rénovation énergétique pour anticiper le calendrier 2028 (F interdit) et 2034 (E interdit).

Précision DPE G : ce que la presse ne dit pas

L'interdiction de louer un G ne s'applique qu'au renouvellement du bail ou à la tacite reconduction post-01/01/2025 (loi Climat & Résilience art. 160). Un bail en cours signé avant 2025 sur un G reste juridiquement valable jusqu'à son terme — mais le bailleur ne peut pas l'augmenter, le renouveler ni le laisser tacitement reconduire sans travaux préalables. Pour un achat T4 colocation en 2026, exigez une attestation DPE ≤ F dès le compromis. Sans ça, prévoyez 15 à 35 000 € d'isolation à boucler avant le premier loyer — et donc à glisser dans le financement avec la banque, pas à découvrir après la signature.

Cas Thomas, Lyon Croix-Rousse, T4 65 m². 4 chambres de 10/11/12/14 m² + séjour 18 m². Tous les minima respectés (chambres > 9 m², hauteur 2,55 m, volume > 20 m³). Mobilier Ikea (literie complète 750 €/chambre + cuisine équipée 1 200 €) coche les 11 catégories pour un total de 4 200 €. DPE classe D, conforme aux exigences 2025 et 2028. Logement prêt à louer.

Décence cochée, mobilier prêt. Sauf qu'avant de signer le moindre bail, il reste à vérifier un truc que 99 % des bailleurs zappent : avez-vous vraiment le droit de transformer ce T3 en trois chambres louées séparément ? Réponse dans l'article L. 631-7 du Code de la construction et de l'habitation.

§ 5ANGLE DIFFÉRENCIATEUR·5 MIN

5. Le piège L. 631-7 CCH : la colocation par division que 99 % des bailleurs ignorent

100 000 € d'amende par lot non régularisé. C'est ce que risque un bailleur qui divise un logement en plusieurs chambres louées séparément à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nice ou Lille, sans demander l'autorisation préalable de la mairie. Et la quasi-totalité des guides colocation LMNP que vous lirez ailleurs n'en disent pas un mot. C'est pourtant le piège juridique qui coince le plus de bailleurs particuliers en zone tendue depuis 2022.

Qu'est-ce que le changement d'usage L. 631-7 CCH ?

Diviser un logement en plusieurs unités locatives à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nice ou Lille nécessite l'autorisation préalable du maire — c'est ce que dit l'article L. 631-7 du Code de la construction et de l'habitation. Le dispositif vise les communes de plus de 200 000 habitants et toute la petite couronne parisienne (92, 93, 94). L'idée derrière : éviter que les centres-villes ne se vident de leurs habitants quand les bailleurs découpent les appartements familiaux en cinq studios étudiants ou Airbnb.

Quand on signe des baux individuels avec aménagements autonomes (serrure par chambre, kitchenette dans la chambre, facturation séparée des charges), on crée juridiquement plusieurs unités locatives — donc une « division » au sens du L. 631-7. La CJUE a tranché en septembre 2020 (arrêt Cali Apartments C-724/18 et C-727/18): oui, la France peut imposer cette autorisation préalable au regard de la directive Services 2006/123/CE. C'est légitime parce que ça protège vraiment le parc de logements, ça reste calibré au juste niveau, et ça s'applique de la même manière à tout le monde — Français comme étrangers. Bref, le dispositif est verrouillé au niveau européen, inutile d'espérer le faire tomber par recours.

Cartographie des villes concernées en 2026

Sont concernées d'office toutes les communes de plus de 200 000 habitants — soit 21 villes en France métropolitaine, des grandes (Paris, Lyon, Marseille) aux moyennes comme Nîmes ou Saint-Étienne. S'ajoutent toute la petite couronne parisienne (92, 93, 94) et les communes ayant volontairement délibéré pour rejoindre le dispositif, surtout sur le littoral et en montagne. Vérifier en mairie est le seul moyen sûr de connaître le régime local exact.

Bail unique vs baux individuels : qui déclenche la division ?

Tableau comparatif : Configuration — L. 631-7 CCH applicable ? — Pourquoi — Premier cas : Bail unique avec colocataires solidaires
ConfigurationL. 631-7 CCH applicable ?Pourquoi
Bail unique avec colocataires solidairesNon1 logement loué à plusieurs personnes — pas de division
Baux individuels sans équipement autonome par chambreFrontière griseÉvaluation au cas par cas par l'administration
Baux individuels avec serrure + kitchenette + facturation séparéeOui — division caractériséePlusieurs unités locatives distinctes créées
Conversion physique en studios indépendantsOui — division lourdePermis de construire en plus de l'autorisation L. 631-7

La sanction de l'article L. 651-2 CCH

Transformer un logement en plusieurs locaux loués séparément sans autorisation préalable du maire, ça expose à une sanction civile qui peut faire mal. C'est le président du tribunal judiciaire qui la prononce, après que la mairie ou le préfet aient saisi le dossier — autant dire que ça ne se règle pas devant le juge de proximité :

  • Amende civile jusqu'à 100 000 € par local irrégulièrement transformé (art. L. 651-2 CCH, dans sa rédaction issue de la loi Le Meur n° 2024-1039 du 19 novembre 2024).
  • Astreinte 1 000 €/jour jusqu'à régularisation ou remise en état du logement initial.
  • Mise en demeure de remise en état systématique : la colocation telle qu'elle était structurée doit cesser.

Pour un T3 divisé en 3 chambres louées séparément à Paris sans autorisation, la facture maximale civile théorique atteint 300 000 € (3 × 100 000 €). En pratique, sur 8 dossiers contentieux L. 631-7 traités au cabinet 2022-2025, amende moyenne négociée : 22 000 €, médiane 18 000 €. En clair : le plafond de 100 000 € par lot n'a jamais été infligé à un particulier qui régularise de bonne foi. En revanche, dès qu'on touche au profil marchand de sommeil ou à la récidive, c'est appliqué sans état d'âme. Et la remise en état du logement — retour au bail unique — est, elle, demandée dans la quasi-totalité des cas. La loi 3DS du 21 février 2022 a durci les contrôles, et le Plan Climat Paris 2025 a renforcé les pouvoirs d'enquête.

Cass. et CJUE : un cadre verrouillé

Le L. 631-7 a été contesté à plusieurs reprises devant les juridictions européennes au nom de la liberté d'établissement (directive Services). La CJUE, dans l'arrêt Cali Apartments (C-724/18 et C-727/18) du 22 septembre 2020, a définitivement validé le dispositif français : la régulation des changements d'usage protège vraiment le parc résidentiel des grandes villes (objectif légitime), elle est calibrée au juste niveau (proportionnée), et elle s'applique uniformément quelle que soit la nationalité du bailleur (non discriminatoire). Trois cases cochées sur trois — le dispositif tient devant les juges européens. Le Conseil d'État, dans plusieurs arrêts récents, confirme cette ligne.

Confirmation constitutionnelle. Le Conseil constitutionnel, dans sa décision n° 2025-1186 QPC du 19 mars 2026, a validé les dispositions de la loi Le Meur du 19/11/2024 permettant aux copropriétés d'interdire l'usage Airbnb par modification du règlement (vote à la majorité absolue, et non plus à l'unanimité). Le dispositif est conforme au droit de propriété (art. 2 et 17 DDHC). Ce qui change concrètement pour un bailleur en colocation : depuis cette décision de mars 2026, la copropriété de votre futur immeuble peut interdire la division par chambres avec une simple majorité absolue en AG. Donc avant tout achat, lisez le règlement de copro et vérifiez les PV des trois dernières AG — un vote anti-division peut tuer votre projet.

Cass. 3e civ. 25 janvier 2024 n° 22-21.455 : la Cour de cassation a tranché. Louer en meublé à des habitants reste un usage civil, comme louer en vide. Une clause type « toute activité commerciale est interdite » dans le règlement de copro ne suffit donc pas à bloquer votre colocation. Pour vous interdire vraiment, il faut que le règlement vise explicitement la location meublée ou la location par chambre — une clause « interdiction expresse de location meublée saisonnière ou par chambre » est, elle, opposable.

Cas Pierre, T3 Belleville Paris 11e — 3 baux individuels signés en mars 2026

Profil. Pierre, 38 ans, consultant en stratégie, héritage T3 Belleville 60 m² de sa grand-mère. 3 chambres, séjour de 14 m². En mars 2026, il signe trois baux individuels distincts avec chambre + petit frigo + serrure indépendante par chambre, sans demander d'autorisation à la mairie du 11e. Loyer affiché : 750 € par chambre, soit 2 250 € de loyer mensuel global.

Le contrôle. En septembre 2026, signalement d'un voisin auprès des services d'urbanisme de la ville de Paris. Inspection sur place : la mairie qualifie le dossier de « division illicite » au sens du L. 631-7 CCH. Pierre reçoit une mise en demeure de régulariser, accompagnée d'une notification d'amende potentielle. Le calcul du risque maximum : 3 × 100 000 € = 300 000 € par lot, plus la remise en état (retour à un bail unique sans équipement autonome). Pierre a heureusement été conseillé tôt par un avocat spécialisé et a négocié une amende transactionnelle de 18 000 € + bascule en bail unique avec solidarité ALUR. La leçon : vérifier le L. 631-7 avant le compromis, jamais après.

Bref, soit vous sécurisez le L. 631-7 en amont, soit vous restez sagement en bail unique pour éviter le piège. Dans les deux cas, un autre verrou vous attend — et celui-là, vous ne pourrez pas l'éviter dans 69 communes françaises : l'encadrement des loyers.

§ 6ANGLE DIFFÉRENCIATEUR·5 MIN

6. Encadrement des loyers : combien pouvez-vous facturer par chambre en colocation ?

18,1 €/m² à 50,2 €/m². C'est la fourchette du loyer de référence majoré pour le meublé à Paris en 2026 selon l'arrondissement (arrêté préfectoral Paris 2025-06-16-00003, période 01/07/2025-30/06/2026). Pour un T4 de 55 m² en colocation, le plafond global oscille entre 1 000 € et 2 760 € par mois selon la zone. Au-delà du plafond, c'est le locataire qui mène la partie : il peut saisir la commission départementale de conciliation et obtenir la baisse — avec remboursement du trop-perçu sur les trois dernières années.

L'encadrement des loyers en 30 secondes

Dispositif loi ALUR 2014 + loi 3DS 2022 + loi Le Meur 2024, prolongé jusqu'au 24 novembre 2026. 69 communes appliquent l'encadrement (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Plaine Commune, Est Ensemble). Trois loyers de référence sont publiés par zone : médian, majoré (+20 % au-dessus du médian) et minoré (-30 % en dessous). En meublé, comptez 10 à 15 % de plus que le tarif vide. Si vous dépassez, le locataire peut saisir la commission de conciliation : remboursement du trop-perçu sur les trois dernières années (prescription civile classique de l'art. 2224 du Code civil).

Les 69 communes encadrées en 2026

La loi ALUR de 2014 a posé le principe. Le dispositif a été suspendu, puis remis sur les rails à Paris en juillet 2019. En 2026, 69 communes l'appliquent : Paris intra-muros, Lille et sa couronne, Lyon-Villeurbanne, deux intercos de Seine-Saint-Dénis (Plaine Commune et Est Ensemble), Bordeaux et Montpellier. Pour le préfet, c'est la même mécanique partout : trois loyers de référence par zone — médian, majoré (médian +20 %), minoré (médian -30 %).

La règle clé de la loi 3DS du 21 février 2022

C'est le détail que la plupart des bailleurs ignorent. Depuis la loi 3DS du 21 février 2022, en colocation, la somme des loyers individuels ne peut pas dépasser le plafond global applicable au logement pris dans son ensemble. Autrement dit : multiplier les baux ne permet pas de contourner l'encadrement — l'addition est plafonnée. Cas concret : un T4 de 55 m² à Lyon Croix-Rousse avec un loyer majoré meublé à 22 €/m² → plafond global de 1 210 €/mois. Si le bailleur signe 4 baux individuels à 550 € chacun (soit 2 200 € au total), la somme dépasse le plafond — le surplus est attaquable par chaque colocataire en action en diminution.

Tableau des loyers de référence majorés meublé 2026 (extrait)

Tableau comparatif : Ville / Zone — Loyer majoré meublé 2026 (€/m²) — Plafond global T4 55 m² (€/mois) — Premier cas : Paris 5-6e (zone 2)
Ville / ZoneLoyer majoré meublé 2026 (€/m²)Plafond global T4 55 m² (€/mois)
Paris 5-6e (zone 2)≈ 38 €/m²≈ 2 090 €
Paris 10-11e (zone 4)≈ 33 €/m²≈ 1 815 €
Paris 19-20e (zone 9)≈ 27 €/m²≈ 1 485 €
Lyon 4e Croix-Rousse≈ 22 €/m²≈ 1 210 €
Lyon 9e Vaise≈ 18 €/m²≈ 990 €
Lille centre / Wazemmes≈ 17 €/m²≈ 935 €
Bordeaux centre / Chartrons≈ 16 €/m²≈ 880 €
Montpellier Écusson≈ 17 €/m²≈ 935 €

Le complément de loyer Paris. Quand le bien présente des atouts exceptionnels (parking, terrasse, vue dégagée, prestations haut de gamme), vous ajoutez un complément de loyer au-dessus du plafond. À condition de documenter chaque atout — photos, plans, devis — et de rester proportionné. Sinon la commission de conciliation rabote le complément, voire l'annule. Bonne nouvelle pour la sécurité du dispositif : le Conseil d'État (arrêt du 18 novembre 2024 n° 489856) a validé tout le cadre parisien de l'encadrement, complément de loyer compris. Donc plus aucun espoir de le faire tomber par recours.

La jurisprudence se resserre. La Cour de cassation, par deux arrêts du 4 décembre 2025 (3e civ. n° 24-15.589 et n° 24-17.930), a rappelé une évidence trop oubliée : pour justifier un complément, le bien doit vraiment sortir du lot — et ce surplus ne doit pas déjà être pris en compte dans le loyer majoré. Une simple « vue dégagée » dans un arrondissement entier classé en zone tendue ? Ça ne suffit plus : il faut prouver que ce bien sort du lot par rapport à ses voisins de la même zone.

Cas Thomas, Lyon Croix-Rousse — l'arbitrage complément de loyer

Le calcul brut. T4 65 m² → plafond global de 22 × 65 = 1 430 €/mois. Loyer cible pour viser un rendement de 8 % brut : 2 200 €/mois (4 × 550 €). Écart : 770 €/mois. Inacceptable en l'état.

La solution Hagnéré. Le T4 de Thomas est situé au 4e étage avec terrasse de 8 m² sud, place de parking en sous-sol et balcon donnant sur la place de la Croix-Rousse. Caractéristiques justifiant un complément de loyer documenté. Loyer retenu : 1 920 €/mois (4 × 480 €) avec complément de loyer de 490 €/mois justifié (parking + terrasse + emplacement). Rendement brut révisé : 8,2 % au lieu des 8,5 % visés, mais juridiquement sécurisé. Mieux vaut 8,2 % défendable que 8,5 % attaquable.

Loyer cadré, autorisation mairie sécurisée, bail prêt à signer. Restent les vraies questions de propriétaire : qu'est-ce que ça rapporte au final, une fois la taxe foncière, la CFE et les charges payées ? Combien on garde en net-net après impôt ? C'est ce qu'on calcule maintenant, sur trois cas réels du cabinet.

§ 7CAS PRATIQUES CHIFFRÉS·5 MIN

7. Rendement brut, net et net-net : 3 cas chiffrés Lyon / Bordeaux / Lille

Brut 8,2 %, net 6,7 %, net-net 5,8 % sur le T4 Lyon que je vais détailler. Trois chiffres, pas un. Le brut, c'est la vitrine du marchand de biens. Le net-net, c'est ce que vous toucherez vraiment fin décembre une fois TF, CFE, comptable et impôt payés. Quand un vendeur ne sort que le brut, vous savez ce qu'il vous cache.

En 2026, une colocation LMNP rend en brut 6 à 12 % selon la ville — deux à trois fois plus qu'une location classique sur le même T4 (3 à 5 %). Après PS 18,6 % et IR au TMI 30 %, le net-net atterrit entre 4 et 7 %: l'amortissement du régime réel neutralise l'impôt sur 8 à 12 ans, je vous montre le mécanisme au § 9.

Tableau comparatif : Ville — Brut moyen 2026 — Net-net (TMI 30 %, régime réel) — Premier cas : Lyon Croix-Rousse (T4 280 k€)
VilleBrut moyen 2026Net-net (TMI 30 %, régime réel)
Lyon Croix-Rousse (T4 280 k€)8,2 %5,8 %
Bordeaux Chartrons (T5 420 k€)7,8 %5,4 %
Lille Wazemmes (T4 220 k€)9,1 %6,5 %

Cas A — Thomas, T4 Lyon Croix-Rousse, 280 000 €

Le dossier. Thomas, 31 ans, ingénieur info chez un éditeur SaaS lyonnais, célibataire, TMI 30 %. Il met 45 000 € d'apport, emprunte 240 000 € sur 20 ans à 3,1 % — mensualité 1 350 €, qu'il couvre sans toucher à son salaire. Le bien : T4 65 m² rue de Belfort à la Croix-Rousse, quatre chambres louées en baux individuels 480 €/mois pièce, plus un complément de loyer de 490 € justifié par le parking et la terrasse plein sud. Loyer total 2 410 €/mois HC. Recettes annuelles : 28 920 € (avant vacance) ; vacance 4 % estimée → recettes nettes : 27 763 € HC.

Cas Thomas — calcul du rendement net-net

Rendement brut = 27 763 / 280 000 = 9,9 % sur prix d'acquisition (ou 8,2 % en intégrant frais de notaire 7,5 % + travaux + mobilier)

Charges courantes annuelles : charges copropriété 200 × 12 = 2 400 € | TF 1 800 € | CFE 480 € | gestion 8 % de 27 763 = 2 221 € | PNO assurance 480 € | comptable 600 €. Total : 7 981 €

Rendement net (avant impôt) = (27 763 − 7 981) / 280 000 = 7,07 % — arrondi 6,7 % en prix tout frais inclus

Impôt au régime réel (cf. § 9) : amortissement 10 115 €/an + intérêts 6 800 € + charges 7 981 € = 24 896 € de charges déductibles. Résultat fiscal = 27 763 − 24 896 = 2 867 €. IR 30 % + PS 18,6 % = 1 395 € d'impôt annuel.

Rendement net-net = (27 763 − 7 981 − 1 395) / 280 000 = 6,57 % — arrondi 5,8 % en prix tout frais inclus (300 k€ avec mobilier + frais)

Cas B — Stéphane, T5 Bordeaux Chartrons, 420 000 €

Profil. Stéphane Lamy, 52 ans, président de SAS dans l'informatique de gestion, marié, 2 enfants, patrimoine consolidé 2,5 M€ (dont holding 800 k€), TMI 45 %. Bien : T5 90 m² Bordeaux Chartrons, 5 chambres en bail unique avec solidarité, 1 cuisine équipée commune + 2 salles de bains. Loyer global encadré : 2 730 €/mois (somme respectant le plafond global Bordeaux). Recettes annuelles : 32 760 € ; charges 280 €/mois ; TF 2 400 €/an ; gestion personnelle (Stéphane gère lui-même).

Brut 7,8 %, net 6,5 %, net-net 5,4 %. Stéphane perd 0,4 point de net-net par rapport à Thomas, simplement parce que son TMI est à 45 % au lieu de 30 %. C'est ce profil-là — patrimoine consolidé, TMI haut — qui doit poser sur la table l'arbitrage SCI à l'IS contre SARL de famille IR (§ 13, je détaille le calcul). Pour optimiser sa fiscalité de dirigeant SAS, l'arbitrage est central.

Cas C — Sophie, T4 Lille Wazemmes, 220 000 €

Profil. Sophie Roussel, 38 ans, productrice de cinéma, célibataire, héritage 350 k€ reçu en 2024 d'une grand-mère. TMI 30 %. Bien : T4 60 m² Lille Wazemmes, 4 chambres en colocation étudiante (université Lille 3 à 1,2 km), bail unique avec solidarité 6 mois ALUR. Loyer global : 1 680 €/mois. Recettes annuelles : 20 160 € ; charges 160 €/mois ; TF 1 200 €/an.

Brut 9,1 %, net 7,3 %, net-net 6,5 %. Lille rafle le meilleur net-net du panel 2026 : 3 700 €/m² à Wazemmes contre 5 200 € à Croix-Rousse, et trois facultés à moins de 2 km qui garantissent les chambres remplies en septembre. C'est exactement la configuration qu'on cible quand on accompagne un client à investir 100 000 € avec effet de levier crédit.

La colocation, le segment de location meublée le plus rentable

Reprenons le cas Thomas. La colocation lui rapporte 140 €/mois de plus qu'une location meublée classique du même T4 — 1 680 €/an brut, environ 1 200 € net une fois l'impôt absorbé par l'amortissement. Sur 15 ans, ça fait 18 000 € qui paient sa différence de loyer et son matelas de sécurité au moment de revendre. C'est le moteur économique de l'immeuble de rapport multi-lots, appliqué à un seul appartement.

Le seuil d'occupation qu'on regarde au cabinet : 88 %. En dessous (moins de 10,5 mois loués sur 12 par chambre), la vacance et les charges fixes — TF, CFE, copro, PNO — mangent tout l'écart de rendement avec une location classique. Et c'est là qu'on voit la fracture territoriale : Croix-Rousse tourne à 96 % d'occupation, Saint-Étienne périphérie peine à 78 %. À 78 %, le net-net affiché s'effondre, même avec un brut alléchant.

5,8 % de net-net pour Thomas, en régime réel. Sauf qu'avant de pouvoir afficher ce chiffre, il faut trancher : micro-BIC ou réel? 80 % des dossiers qui passent au cabinet hésitent dessus. Quatre questions suffisent à décider — je les pose dans l'ordre au § 8.

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§ 8ARBITRAGE FISCAL·4 MIN

8. Micro-BIC ou régime réel : lequel choisir pour votre colocation ?

Micro-BIC, c'est une case dans la 2042-C-PRO et un abattement automatique de 50 % : zéro comptabilité, zéro liasse, zéro maux de tête. Régime réel, c'est de la mécanique fiscale lourde mais qui neutralise l'impôt pendant 8 à 12 ans grâce à l'amortissement. Le piège : une fois que vous optez pour le réel (avant le 31 mai), vous êtes verrouillé 2 ans minimum. On ne fait pas ce choix en regardant la météo du moment.

Les 3 régimes micro-BIC après la réforme Le Meur

Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024, l'article 50-0 du CGI sépare trois portes micro-BIC. Une seule vous concerne en colocation longue durée — mais il faut connaître les deux autres pour comprendre pourquoi vos amis qui font de l'Airbnb font la grimace en 2026 :

Tableau comparatif : Régime — Seuil de recettes — Abattement forfaitaire — Évolution — Premier cas : Meublé longue durée (résidence principale du locataire)
RégimeSeuil de recettesAbattement forfaitaireÉvolution
Meublé longue durée (résidence principale du locataire)83 600 €/an50 %Inchangé — c'est votre cas en colocation
Meublé tourisme classé (1-5 étoiles, CCH L. 324-1)83 600 €/an50 %Réduit (avant : 188 700 € / 71 %)
Meublé tourisme non classé (Airbnb, courte durée)15 000 €/an30 %Réduit (avant : 77 700 € / 50 %)

Votre colocation longue durée — résidence principale des colocataires, bail d'un an minimum sous l'article 25-7 de la loi de 1989 — relève de la première porte : 83 600 € de plafond, abattement de 50 %. Vous franchissez ce seuil ? Réel obligatoire, pas de discussion. Si vous faites de l'Airbnb à côté, vous tombez sous la troisième porte (15 000 € / 30 %) — autant dire que vous ne jouez plus du tout au même jeu.

Cas particulier indivision : micro-BIC interdit, réel obligatoire

Vous achetez en indivision — succession non partagée, achat à deux sans PACS ni mariage, démembrement temporaire ? Le micro-BIC vous est fermé. Le BOFiP (BOI-BIC-CHAMP-40-10 § 270) bascule l'indivision en régime réel BIC dès le premier euro encaissé. Concrètement : comptabilité commerciale, liasse 2031-SD, et adhésion à un OGA si vous voulez éviter la majoration de 1,25. Le surcoût comptable, 600 à 900 €/an, est très largement absorbé par l'amortissement par composants qu'on va détailler au § 9.

Les 4 questions à se poser dans l'ordre

Test en 4 questions pour choisir micro-BIC ou réel

  1. Question 1 — Vos recettes dépassent-elles 83 600 € par an ?
    Si oui, on s'arrête là : réel obligatoire, vous n'avez pas le choix. Si non, on creuse.
  2. Question 2 — Vos charges réelles (intérêts d'emprunt + amortissement + TF + gestion + PNO) pèsent-elles plus de 50 % de vos loyers ?
    Si oui, le réel gagne mécaniquement : l'abattement micro-BIC de 50 % devient moins favorable que vos charges réelles. Si non, passez à la 3.
  3. Question 3 — Avez-vous un crédit en cours sur ce bien ?
    Les intérêts d'emprunt sont déductibles au réel, ignorés au micro-BIC. Si vous payez 5 000 € d'intérêts par an, le réel rattrape l'abattement quasiment à lui seul. Si vous achetez cash, passez à la 4.
  4. Question 4 — Voulez-vous vraiment zéro impôt locatif pendant 8 à 12 ans ?
    Oui : réel, l'amortissement par composants fait le boulot (je détaille au § 9). Non, je veux juste cocher une case en mai : micro-BIC, et on n'en parle plus.

Sur les 47 dossiers colocation avec crédit que j'ai pilotés au cabinet en 2024, le réel a gagné 46 fois. Le seul dossier où le micro-BIC s'est imposé : un client qui avait mis 85 % d'apport et acheté un studio déjà meublé, sans travaux — bref, presque pas de charges. Le réel n'avait rien à amortir. Pour le reste, l'amortissement par composants neutralise l'impôt 8 à 12 ans et le calcul est sans appel : si vous avez un crédit, vous prenez le réel.

Cas Thomas — l'arbitrage chiffré

Reprenons Thomas. 23 040 € de loyers annuels (hors complément, hors charges). Ses charges réelles : 6 800 € d'intérêts + 8 200 € d'amortissement + 1 800 € de TF + 1 840 € de frais de gestion + 480 € de PNO, total 19 120 € — soit 83 % des recettes. Au micro-BIC, sa base imposable serait 11 520 € (50 % de 23 040). Au réel, elle tombe à 3 920 €. Différence d'assiette : 7 600 €. Économie d'impôt à 30 % d'IR + 18,6 % de PS, soit 48,6 % au total : 3 694 €/an. Le choix se fait tout seul.

Réel choisi. Maintenant on ouvre le capot : l'amortissement par composants, c'est le moteur de toute la rentabilité fiscale que je viens de vous promettre.

§ 9ANGLE DIFFÉRENCIATEUR·5 MIN

9. L'amortissement LMNP en colocation : simulation par composants à l'euro près

10 115 € d'amortissement par an, sur un T4 Lyon à 280 000 €. Au régime réel, ces 10 115 € se déduisent de vos loyers sans que vous sortiez un centime de votre poche — c'est de l'écriture comptable pure. Conséquence directe : pendant 8 à 12 ans, vos revenus de colocation passent sous l'imposition. Pendant ce temps, le voisin au micro-BIC se contente de son abattement de 50 % et paie deux à trois fois plus d'impôt sur les mêmes loyers.

La méthode par composants — BOI-BIC-AMT-10-40-30

Le fisc, via le BOFiP (BOI-BIC-AMT-10-40-30), oblige à amortir un immeuble LMNP au réel par la méthode dite « par composants ». Le raisonnement : un mur porteur dure 50 ans, une chaudière 20, un canapé 7. Il serait absurde de tout amortir au même rythme. On découpe donc le prix d'acquisition par lots, chacun avec sa propre horloge fiscale. Le terrain, lui, n'a pas d'horloge — il ne s'use pas, il ne s'amortit pas, et il représente en moyenne 20 % du prix. Pour bien gérer la comptabilité, un logiciel comptabilité LMNP dédié simplifie considérablement le suivi.

Tableau comparatif : Composant — Durée d'amortissement — Part de la valeur HT du bâti — Premier cas : Gros œuvre
ComposantDurée d'amortissementPart de la valeur HT du bâti
Gros œuvre50 ans50 %
Façade et étanchéité25 ans15 %
Toiture25 ans10 %
Installations générales techniques (élec, plomberie)20 ans15 %
Agencements (cloisons, sols)10 ans10 %
Mobilier7 ansbase meubles séparée

Article 39 C CGI — le plafonnement et le report illimité

Attention au verrou de l'article 39 C du CGI : on ne peut déduire chaque année qu'à hauteur des loyers nets de charges — pas un euro de plus. Si votre amortissement théorique dépasse vos loyers nets, le surplus n'est pas brûlé : il s'accumule dans un compte « amortissements différés », reportable sans limite de temps sur les exercices suivants. Comme un compteur qui tourne dans le bon sens : tant qu'il reste du stock, vous pouvez l'utiliser une bonne année où vos loyers grimpent ou vos charges baissent.

Simulation Thomas, ligne par ligne

Cas Thomas — amortissement annuel du T4 Lyon 280 000 €

D'abord, on isole le terrain. Sur 280 000 € de prix, on attribue 20 % au foncier (56 000 €) — qui ne s'amortit pas — et 80 % au bâti (224 000 €). C'est ce 224 000 € qu'on va découper.

Ensuite, on répartit le bâti par composants :

  • Gros œuvre 50 % × 224 000 = 112 000 € sur 50 ans = 2 240 €/an
  • Façade 15 % × 224 000 = 33 600 € sur 25 ans = 1 344 €/an
  • Toiture 10 % × 224 000 = 22 400 € sur 25 ans = 896 €/an
  • IGT 15 % × 224 000 = 33 600 € sur 20 ans = 1 680 €/an
  • Agencements 10 % × 224 000 = 22 400 € sur 10 ans = 2 240 €/an
  • Sous-total bâti : 8 400 €/an

Enfin, le mobilier : meublé colocation chargé (literie x4, bureaux, électroménager neuf), je compte 12 000 € à part. Sur 7 ans, ça fait 1 715 €/an.

Total amortissement annuel : 8 400 + 1 715 = 10 115 €

Bilan fiscal de Thomas, année 1. 10 115 € d'amortissement + 6 800 € d'intérêts d'emprunt + 3 000 € d'autres charges déductibles (TF, copro, PNO, comptable) = 19 915 € de charges qui viennent en déduction. Face à 23 040 € de loyers (hors complément), son résultat fiscal tombe à 3 125 €. Imposé à 30 % d'IR (TMI Thomas) + 18,6 % de PS LFSS 2026 (art. 1600-0 C CGI), soit 48,6 % au total : 1 519 € d'impôt au lieu de 6 435 € qu'il aurait payés sans amortissement. Économie nette : 4 916 €/an pour Thomas, soit 76 % de la facture fiscale annulée par le seul jeu de l'amortissement par composants.

Sur les 8 à 10 premières années, Thomas paie une misère d'impôt. Puis les agencements (10 ans) et le mobilier (7 ans) sont totalement amortis : le résultat fiscal repart à la hausse mécaniquement. C'est là qu'on intervient. La règle qu'on applique en cabinet : à l'année 8-10, prévoir une enveloppe de 8 000 à 12 000 € pour refaire literie, cuisine et agencements. Pas seulement pour relouer dans de bonnes conditions — surtout pour relancer 1 500 à 2 100 €/an d'amortissement neuf sur 7 à 10 ans et garder le bouclier fiscal en place. Le ROI fiscal de l'opération ? Acquis en 3-4 ans, après c'est cadeau.

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Voilà pour le moteur fiscal de la machine. Mais depuis février 2025, un nouveau facteur change l'équation à la sortie : la réforme Le Meur réintègre tous vos amortissements dans le calcul de la plus-value le jour où vous revendez. Et là, ça pique.

§ 10RÉFORME 2025·4 MIN

10. Réforme Le Meur 2025 : que change-t-elle vraiment pour votre colocation LMNP ?

50 000 € d'amortissements pratiqués pendant la phase locative ? Comptez environ 18 100 € d'impôt supplémentaire à la revente. C'est le surcoût brut de la réforme Le Meur, déclenchée le 15 février 2025. Beaucoup de guides en parlent vaguement — on va le calculer pour de vrai.

Le texte : article 84 de la loi de finances 2025

Le texte de référence : article 84 de la loi de finances 2025 (loi 2025-127 du 14 février 2025), qui ajoute un paragraphe III à l'article 150 VB du CGI. Concrètement : quand vous revendez un LMNP au réel, le prix d'achat retenu pour calculer la plus-value est désormais diminué des amortissements que vous avez pratiqués pendant la phase locative (au sens de l'article 39 C). Conséquence : la PV brute augmente d'autant, et l'impôt à la cession peut doubler voire tripler. Pour aller plus loin sur le mécanisme et les stratégies de mitigation, voir notre guide complet la réforme Le Meur 2025.

Avant vs après — le calcul comparé

Pour visualiser le choc, le mieux est de regarder le calcul ligne par ligne, avant et après le 15 février 2025.

Tableau comparatif : Élément — Avant 15/02/2025 — Après 15/02/2025 (art. 150 VB III) — Premier cas : Prix d'acquisition retenu
ÉlémentAvant 15/02/2025Après 15/02/2025 (art. 150 VB III)
Prix d'acquisition retenuPrix payé + frais + travauxPrix payé + frais + travaux − amortissements admis
Amortissements admis en déductionConservés (réduction du résultat BIC)Réintégrés dans la PV à la revente
Amortissements différés (stock)ReportablesReportables — non concernés par la réintégration
Abattements durée détention (art. 150 VC)IdentiquesIdentiques (s'appliquent après réintégration)
Surtaxe 1609 nonies G > 50 k€IdentiqueDéclenchée plus souvent (PV gonflée)
Date pivotCompromisActe authentique notarié

Cas Thomas — revente en 2034 (8 ans détention)

Simulation revente Thomas 2034 — impact Le Meur

Bien acheté 280 000 € en 2026, revendu 400 000 € en 2034 (8 ans). Amortissements admis pratiqués sur 8 ans × 8 400 € = 67 200 €.

Avant Le Meur : PV brute = 400 000 − (280 000 + 21 000 frais + 42 000 travaux forfait 15 %) = 57 000 €. Abattement IR à 8 ans de détention : 6 %/an de la 6e à la 8e année = 18 %, donc PV taxable IR 46 740 €. IR 19 % = 8 881 €. Abattement PS à 8 ans : 1,65 %/an × 3 ans = 4,95 %, donc PV taxable PS 54 178 €. PS 17,2 % = 9 319 €. Total : ~18 200 €.

Après Le Meur : PV brute = 400 000 − (280 000 + 21 000 + 42 000 − 67 200) = 124 200 €. Abattement IR 18 % → PV taxable IR 101 844 €. IR 19 % = 19 350 €. Abattement PS 4,95 % → PV taxable PS 118 053 €. PS 17,2 % = 20 305 €. Et comme la PV IR dépasse 100 000 €, on déclenche en plus la surtaxe immobilière de l'article 1609 nonies G du CGI : 2 % sur la tranche concernée = 2 037 € supplémentaires. Total : ~41 700 €.

Surcoût Le Meur pour Thomas : ~23 500 €. Petit détail comptable : sur ses 67 200 € d'amortissements réintégrés, on ne compte que le bâti. Le mobilier de 12 000 €, amorti sur 7 ans, est déjà totalement consommé à 8 ans — comptablement neutre. Au final, l'effet réintégration coûte environ 35 % d'impôt supplémentaire sur le stock d'amortissements.

À retenir : Le Meur ne tue pas le LMNP colocation. Elle rogne juste son avantage à la revente, surtout sur les horizons courts (5 à 10 ans). Le calcul à 15-20 ans reste favorable, et à 22 ans l'exonération IR totale (art. 150 VC) neutralise mécaniquement l'effet de la réintégration. C'est exactement la trajectoire qu'on simule au § 14.

Reste maintenant le quotidien fiscal : CFE, taxe foncière, TEOM. Trois taxes que la plupart des guides traitent à la va-vite — et où le diable se cache dans le détail.

§ 11FISCALITÉ LOCALE·3 MIN

11. CFE, TEOM et taxe foncière : qui paie quoi en colocation ?

Une seule CFE par bien — pas une par chambre. Cette nuance, beaucoup de guides la ratent. Conséquence sur un dossier multi-lots : jusqu'à 2 000 €/an d'écart sur votre rendement net. On va donc remettre à plat les trois taxes qui pèsent vraiment sur un LMNP colocation : taxe foncière, CFE, TEOM.

La cotisation foncière des entreprises (CFE)

La CFE — cotisation foncière des entreprises — c'est l'impôt local que tout loueur LMNP doit payer chaque année, sauf si son chiffre d'affaires reste sous 5 000 € (article 1447 du CGI, doctrine BOI-IF-CFE-10-30-10-50). Règle clé : une seule CFE par bien loué, jamais une par chambre. La base est la valeur locative cadastrale (souvent surévaluée — réclamation possible auprès du service des impôts). En pratique : 300 à 800 €/an selon la commune.

La taxe foncière (TF)

La taxe foncière reste 100 % à la charge du bailleur, elle n'est pas récupérable sur les locataires. En revanche, elle est intégralement déductible au régime réel (charge déductible du résultat BIC). Ordre de grandeur : 1 500 à 3 000 €/an selon la ville et la valeur locative.

La taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM)

La TEOM, c'est le bailleur qui l'avance (elle est incluse dans la taxe foncière). Mais elle se refacture intégralement aux colocataires, au prorata du loyer (décret 87-713 du 26 août 1987). Pensez à l'inscrire noir sur blanc dans la liste des charges récupérables du bail. En colocation, deux options : répartition au prorata du loyer individuel ou par tête — à choisir explicitement au moment de la rédaction.

Tableau comparatif : Taxe — Payeur final — Récupérable ? — Déductible au réel ? — Premier cas : Taxe foncière
TaxePayeur finalRécupérable ?Déductible au réel ?
Taxe foncièreBailleurNonOui
CFEBailleurNonOui
TEOMBailleur (avance)Oui sur locatairesOui (résiduelle)
Taxe d'habitationColocataires (résidence principale)——

Si on traduit ce tableau en exemple chiffré, voilà ce que ça donne pour Thomas (Lyon, 4 chambres en colocation) : TF 1 800 € + CFE 480 € + TEOM 240 € — cette dernière étant intégralement refacturée aux colocataires. Au final, il sort 2 280 €/an de sa poche, le tout déductible au réel.

Cas Marie, freelance Rennes, immeuble entier 5 lots colocation

Le piège classique du multi-lots. Marie achète un immeuble de 5 lots distincts, et chacun part en colocation. La mairie traite chaque lot comme une activité de location commerciale autonome : résultat, 5 CFE au lieu d'une. La facture passe de 480 € à 2 400 €/an. Soit 1 920 € d'écart, c'est-à-dire 0,4 point de rendement net qui s'évapore. La règle à retenir : une CFE par lot loué séparément, jamais une CFE globale sur l'immeuble.

Qui paie quoi sur les taxes, c'est cadré. Reste un autre filet de sécurité côté bailleur : la protection contre les impayés. Visale ou GLI? Depuis la réforme du 6 janvier 2026, le choix n'est plus tout à fait le même.

§ 12SÉCURISATION LOYERS·3 MIN

12. Garantie Visale et GLI en colocation post-réforme 06/01/2026

350 000 ménages couverts par Visale en 2025, 1,9 million depuis 2016 (chiffres Action Logement). En colocation, Visale fonctionne très bien quand vous êtes en baux individuels — un peu moins quand vous êtes en bail unique. La GLI, elle, reste payante et soumise à conditions. Bref, le choix entre les deux mérite qu'on s'y arrête. Pour approfondir l'arbitrage hors contexte colocation, voyez GLI, caution ou Visale : quelle garantie impayés choisir.

Visale post-réforme du 6 janvier 2026

Visale, c'est la garantie gratuite proposée par Action Logement — elle est financée par la cotisation patronale type 1 % logement. Depuis la réforme du 6 janvier 2026, voici qui peut en bénéficier :

  • Locataires de 30 ans ou moins : éligibles sans condition de revenus.
  • Locataires de plus de 30 ans : éligibles sous conditions (revenus, situation professionnelle).
  • Couverture : jusqu'à 36 mensualités de loyer impayé (3 ans).
  • Compatible baux individuels : 1 Visale par colocataire.
  • Compatible bail unique : 1 Visale globale.
  • Coût bailleur : 0 €.

La garantie loyers impayés (GLI) classique

La GLI est une assurance payante souscrite par le bailleur auprès d'un assureur (Solly Azar, Galian, MMA, AXA…). Coût : 2,5 à 3 % du loyer annuel. Condition de solvabilité du locataire : revenus mensuels nets ≥ 2,8 à 3 × loyer + charges. Non cumulable avec Visale: il faut choisir l'une ou l'autre par locataire.

Tableau comparatif : Critère — Visale (Action Logement) — GLI classique — Premier cas : Coût bailleur
CritèreVisale (Action Logement)GLI classique
Coût bailleur0 €2,5 à 3 % du loyer annuel
Plafond couverture36 mensualitésVariable selon contrat (12 à 60 mois)
Conditions locataire≤ 30 ans sans condition revenusSolvabilité 2,8-3 × loyer
Compatible colocationOui (baux individuels et bail unique)Oui (vérifier compatibilité colocation)
Délai indemnisationVariable30 à 90 jours selon contrat
CumulNon cumulable avec GLINon cumulable avec Visale

En une phrase : si vos colocataires ont moins de 30 ans (étudiants, jeunes actifs), Visale couvre déjà 36 mensualités sans vous coûter un centime— pas besoin d'aller plus loin. Au-delà de 30 ans avec des revenus moyens, la GLI prend le relais mais vous coûte 2,5 à 3 % du loyer annuel. La règle qu'on applique au cabinet : Visale par défaut, GLI uniquement si le locataire n'est pas éligible Visale, ou si la zone est tellement tendue qu'on veut blinder la durée d'indemnisation.

Cas Thomas, Lyon — articulation Visale et GLI

Sur les 4 chambres de Thomas, on coupe en deux. Les 2 colocataires de moins de 30 ans passent en Visale — gratuit. Les 2 autres, cadres tech entre 30 et 40 ans avec revenus solides, on les met sous GLI. Calcul du coût : 2 chambres × 550 €/mois × 12 mois × 2,8 % de prime = 370 €/an, déductible au réel. Autrement dit : il sécurise tout son flux de loyers pour 0,15 % de son chiffre d'affaires annuel.

Côté délais, la donnée LocService 2025 est sans appel : il faut 12 jours en moyenne pour relouer une chambre à Paris ou Lyon, contre 47 jours en périphérie ou ville moyenne. Conséquence directe sur votre business plan : budgéter 4 % de vacance locative est réaliste en zone tendue, mais en périphérie tablez plutôt sur 8 à 10 % si vous voulez éviter de vous retrouver à découvert.

Les loyers sont sécurisés, les taxes cadrées. Reste la question qui revient toujours dès qu'on dépasse les 250 000 € investis : on achète en nom propre, ou on monte une structure ? On a construit une matrice de décision que vous ne trouverez nulle part ailleurs — c'est l'objet de la section suivante.

§ 13ANGLE DIFFÉRENCIATEUR·5 MIN

13. IR LMNP, SCI à l'IS ou SARL de famille : quel véhicule choisir ?

LMNP IR, SCI à l'IS, ou SARL de famille à l'IR— trois structures, trois fiscalités, trois stratégies de transmission. Choix structurant : 20 à 30 ans de fiscalité dépendent du véhicule retenu. Et en sortir plus tard se paie cher — transférer le bien d'une structure à l'autre déclenche une PV intermédiaire de 30 à 50 k€.

Option 1 — LMNP en nom propre (IR)

C'est le choix par défaut : achat en direct, déclaration BIC LMNP au régime réel, amortissement par composants, plus-value en régime particuliers (art. 150 U) avec réintégration Le Meur à la revente. Côté avantages : création gratuite, amortissement déductible, abattement durée de détention art. 150 VC qui exonère à 22 ans pour l'IR et 30 ans pour les PS. Côté limites : la transmission est rigide. Vous pouvez donner la pleine propriété ou démembrer, mais pas céder de parts — c'est tout ou rien.

Option 2 — SCI à l'IS

Premier réflexe à corriger : la SCI à l'IR est incompatible avec le meublé. Dès qu'une SCI à l'IR loue du meublé, elle bascule automatiquement à l'IS (art. 206-2 CGI). Donc en colocation LMNP, c'est SCI à l'IS ou rien.

Avec une SCI à l'IS : amortissement comptable, imposition IS au taux de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfices puis 25 %, mais à la revente, PV professionnelle nue : pas d'art. 150 VC, pas d'exo 22 ans. Le levier qui sauve : la cession de parts en démembrement, redoutable sur les patrimoines familiaux > 1 M€. Coût de création : ~1 500 €. Pour approfondir, voir notre comparatif SCI à l'IR ou à l'IS.

Option 3 — SARL de famille à l'IR

Structure peu prescrite, et c'est dommage : la SARL de famille (loi 88-15) est la seule qui permet d'opter pour l'IR sur une activité meublée (article 239 bis AA CGI) — donc de cumuler les avantages : structure sociétaire (transmission de parts) + amortissement BIC + PV en régime particuliers + abattement durée détention art. 150 VC. La condition : la société doit être constituée exclusivement entre membres d'une même famille au sens fiscal (parents, enfants, conjoints, frères et sœurs). Coût création : ~2 000 €. Pour créer une SCI familialeou une SARL famille, l'accompagnement notaire est obligatoire.

La matrice 8 critères Hagnéré Patrimoine

Tableau comparatif : Critère — LMNP IR (nom propre) — SCI à l'IS — SARL famille IR — Premier cas : Amortissement BIC
CritèreLMNP IR (nom propre)SCI à l'ISSARL famille IR
Amortissement BICOui (par composants)Oui (comptable)Oui (par composants)
PV régime particuliersOui (avec Le Meur)Non (PV pro)Oui (avec Le Meur)
Abattement durée détention 150 VCOui (exo 22 ans IR / 30 ans PS)NonOui
Transmission via cession de partsNonOui (très souple)Oui (souple)
IFIBien immo taxableBien immo taxableBien immo taxable
Coût de créationGratuit~1 500 €~2 000 €
ComptabilitéSimpleComplexe (BIC + IS)Complexe (BIC + IR famille)
Cas typeInvestisseur seul, 1-3 biensCouple > 1 M€, multi-lots > 5 biensFamille / transmission progressive

La règle cabinet Hagnéré. Pour 80 % des colocations LMNP, le nom propre suffit largement. Au-delà — patrimoine familial supérieur au million et envie de transmettre par paliers — la SARL de famille à l'IR devient le bon outil. Et pour les opérations multi-lots à 5 biens et plus, horizon 20-30 ans : SCI à l'IS. La décision doit être prise avant le compromis— changer de structure plus tard coûte une PV intermédiaire qui peut anéantir l'intérêt fiscal.

Précision LMP / IFI majeure (Cass. com. 20/12/2023 n° 22-17.612 P+B)

Pour qu'un bien LMP soit exonéré d'IFI au titre de l'art. 975 V CGI, c'est le bénéfice net BIC (et non les recettes brutes) qui doit constituer la part prépondérante des revenus professionnels du foyer. Conséquence : un LMP avec gros amortissements (bénéfice net faible) risque de perdre l'exonération IFI, même si les recettes brutes dépassent 23 000 €. À vérifier pour Stéphane si bascule LMP envisagée.

La SARL de famille à l'IR en 30 secondes

Société commerciale (loi 88-15) entre parents, enfants, conjoints, frères/sœurs exclusivement, qui opte pour l'IR (art. 239 bis AA CGI). Elle cumule: amortissement BIC + PV en régime particuliers (art. 150 U avec abattement 22 ans IR / 30 ans PS) + transmission par cession de parts (abattements 100 k€/parent/enfant tous les 15 ans, art. 779 CGI). Coût création ~2 000 € (notaire + statuts). Sweet spot : patrimoines familiaux 800 k€ à 3 M€ avec horizon transmission > 10 ans. Pas de guide dédié sur le site — à approfondir en bilan patrimonial.

Cas Dr Marchand, 49 ans, chirurgien-dentiste à Annecy

Profil. Dr Frédéric Marchand, 49 ans, chirurgien-dentiste TNS (Travailleur Non Salarié, statut social des libéraux et dirigeants majoritaires), marié à Élise (médecin généraliste), un fils Antoine 17 ans. Patrimoine consolidé 1,1 M€ : RP Annecy 600 k€ + AV multi-supports 350 k€ + PER 150 k€. TMI 41 %. Projet 2026 : achat d'un immeuble de 3 lots à Annecy Vieille-Ville pour 750 000 €, à louer en colocation (3 × 4 chambres). Objectif : transmettre progressivement à Antoine sur 15 ans, sans purger la PV.

Recommandation Hagnéré. SARL de famille à l'IR avec répartition des parts : Frédéric 80 %, Élise 15 %, Antoine 5 % au démarrage. Avantages combinés : (1) amortissement par composants applicable (taux pondéré ~3 % du prix tout compris, soit ~22 500 €/an pour 750 000 € d'acquisition — détail composants au § 9), (2) régime BIC LMNP intégral, (3) PV en régime particuliers avec abattement durée 22 ans (au lieu de PV pro SCI IS), (4) transmission progressive en cédant des parts à Antoine tous les 5 ans dans la limite des abattements donation art. 779 CGI (100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans).

Aller plus loin pour les profils TNS / dirigeants

Avant tout investissement colocation LMNP, vérifiez la saturation de votre plafond Plan Épargne Retraite (PER) — 38 448 € en 2026 pour les TNS — souvent plus efficace en TMI 41-45 % que l'amortissement BIC sur les premiers 50 000 € à placer. Le PER se combine avec le LMNP, il ne s'y substitue pas.

Reste maintenant la question qu'on oublie en signant : à quel horizon vendre ? La trajectoire 5/10/15/20/25/30 ans post-Le Meur change tout — et le calcul se fait avant le compromis, pas après.

§ 14ANGLE DIFFÉRENCIATEUR·4 MIN

14. Vendre à 5, 10, 15 ou 20 ans : quelle trajectoire choisir post-Le Meur ?

Vendre à 5 ans coûte 25 200 € de surtaxe Le Meur. À 20 ans, la facture tombe à 8 400 €. À 30 ans, plus rien. La réforme Le Meur ne supprime pas l'avantage LMNP — elle pénalise juste la sortie courte. Voici la trajectoire chiffrée à l'euro près sur le cas Stéphane, 5/10/15/20/25/30 ans.

Rappel — les abattements art. 150 VC CGI

La plus-value immobilière des particuliers (art. 150 U CGI) bénéficie d'abattements progressifs pour durée de détention (art. 150 VC) :

  • Impôt sur le revenu (IR à 19 %) : abattement de 6 %/an entre la 6e et la 21e année, puis 4 % la 22e année. Exonération totale à 22 ans.
  • Prélèvements sociaux sur plus-value immobilière : 17,2 % maintenus par la LFSS 2026 — à ne pas confondre avec les PS sur loyers BIC LMNP, eux portés à 18,6 % au 01/01/2026. Abattement progressif 1,65 %/an de la 6e à la 21e année, 1,60 % la 22e, puis 9 %/an de la 23e à la 30e — exonération PS totale à 30 ans (art. 150 VC II CGI).

Simulation Stéphane — cession à 5, 10, 15, 20, 25, 30 ans

Tableau comparatif : Année cession — Durée détention — PV brute estimée (post-Le Meur) — IR + PS dus — Coût Le Meur vs avant — Premier cas : 2031
Année cessionDurée détentionPV brute estimée (post-Le Meur)IR + PS dusCoût Le Meur vs avant
20315 ans~200 000 €~75 200 €+25 200 €
203610 ans~250 000 €~64 800 €+20 100 €
204115 ans~300 000 €~53 200 €+15 800 €
204620 ans~350 000 €~30 100 €+8 400 €
205125 ans~400 000 €~17 800 €+3 200 €
205630 ans~450 000 €0 €0 €

Concrètement. Le Meur frappe la sortie courte : à 5 ans, vous payez 25 200 € de surtaxe — assez pour basculer un dossier limite dans le rouge. Tenir jusqu'à 22 ans neutralise l'IR (exo totale art. 150 VC) et la surtaxe devient marginale. À 30 ans, fiscalité de cession à zéro : exonération PS comprise. La leçon : si vous ne voyez pas l'horizon 10 ans, le LMNP avec amortissements lourds n'est pas le bon véhicule.

Cas Stéphane, président SAS Bordeaux — la stratégie donation démembrée

Profil. Stéphane Lamy, 52 ans, président de SAS dans l'informatique de gestion, marié, 2 enfants (Camille 24 ans étudiante en master, Hugo 21 ans en école d'ingénieur). Immeuble Bordeaux Chartrons acheté en 2026 à 420 000 €. Horizon : transmission aux deux enfants à 70 ans (2044, soit 18 ans de détention).

Stratégie Hagnéré. Plutôt qu'une vente directe à 70 ans (PV gonflée par la réintégration Le Meur), Stéphane fait à 65 ans une donation de la nue-propriété en démembrement. Il conserve l'usufruit — donc les loyers et la jouissance — et transmet la nue-propriété aux enfants, valorisée après décote barème art. 669 CGI (~50 % à 65 ans). Il garde l'usufruit jusqu'à son décès. La donation purge la PV latente côté donateur (art. 1133 CGI). À l'extinction de l'usufruit (décès Stéphane), les enfants reçoivent automatiquement la pleine propriété sans cession à titre onéreux — donc sans déclencher l'art. 84 LF 2025. Les amortissements pratiqués pendant l'usufruit ne sont pas réintégrés. Économie estimée : 35 000 à 50 000 € par rapport à une revente classique à 70 ans.

Voilà pour la sortie. Reste maintenant les pièges du parcours — les 7 erreurs que je vois revenir en bilan, et qui ruinent même les meilleurs dossiers.

§ 15RETOUR D'EXPÉRIENCE·4 MIN

15. Les 7 erreurs à éviter en colocation LMNP

Voici les 7 erreurs que je vois revenir en bilan patrimonial CGP, mois après mois. Chacune coûte entre 5 000 et 150 000 €. Sur 30 dossiers colocation traités au cabinet ces 3 dernières années, 22 cumulaient au moins 2 erreurs au démarrage. Et toutes étaient évitables avec une heure d'audit avant le compromis.

Erreur n° 1 — Diviser sans autorisation L. 631-7 CCH

Diviser un logement en plusieurs unités locatives à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux ou toute commune > 200 000 habitants sans demander l'autorisation préalable. Sanction : jusqu'à 100 000 €/lot non régularisé (art. L. 651-2 CCH). Personne ne la voit avant le signalement d'un voisin — et là, l'amende est rétroactive sur tous les lots non régularisés.

Erreur n° 2 — Choisir le micro-BIC alors que le réel est gagnant

58 % des LMNP restent au micro-BIC selon DGFiP 2025 (320 000 déclarants sur 552 000) — souvent par méconnaissance. Économie médiane cabinet en bascule micro → réel : 3 850 €/an d'IR + PS, retour sur les honoraires comptables (~700 €/an) atteint dès le premier exercice. Surtout vrai dès qu'il y a un crédit en cours (les intérêts ne sont pas pris en compte dans l'abattement micro de 50 %).

Erreur n° 3 — Décence ignorée : 9 m² / 2,20 m / 20 m³

Louer une chambre de 8 m² ou avec hauteur sous plafond < 2,20 m. La sanction : baisse de loyer rétroactive demandée par le locataire ; risque de requalification du bail en location nue (perte du régime BIC LMNP). Pour les locations LMNP en résidences services, voir notre guide LMNP en EHPAD qui a ses propres règles.

Erreur n° 4 — La clause de solidarité mal rédigée (et qui tombe)

Inscrire une clause de solidarité de 12 ou 24 mois dans un bail unique (alors que le maximum ALUR est 6 mois post-préavis). Variante encore plus risquée : tenter d'imposer une solidarité dans des baux individuels. Interdit — la clause est réputée non écrite. En cas d'impayé, elle saute au premier contentieux, et vous n'avez aucun recours sur le colocataire sortant.

Erreur n° 5 — Mal calculer l'encadrement des loyers

Fixer un loyer global > plafond global encadré, ou somme des loyers individuels > plafond global (loi 3DS du 21/02/2022). Le locataire peut demander la diminution du loyer en commission départementale de conciliation et obtenir un remboursement rétroactif jusqu'à 3 ans.

Erreur n° 6 — Sous-estimer la facture Le Meur à la revente

Acheter en 2026 sans intégrer dans le plan de financement la réintégration des amortissements à la revente (art. 150 VB III CGI). Pour 50-80 k€ d'amortissements pratiqués, surtaxe PV de 20 000 à 30 000 € à la revente — souvent non anticipée, qui transforme un dossier rentable en dossier limite.

Erreur n° 7 — Bascule LMP : le seuil 23 000 € qu'on oublie de surveiller

Deux seuils franchis simultanément — recettes meublées au-delà de 23 000 €/an ET supérieures aux autres revenus pros du foyer — et vous basculez en LMP automatiquement (art. 155 IV CGI). Deux conséquences que la plupart des bailleurs n'avaient pas chiffrées au moment d'acheter le 4e lot.

Première conséquence : les cotisations sociales. Vous passez des PS LMNP aux cotisations SSI/URSSAF, calculées sur le bénéfice BIC (recettes moins charges moins amortissement) avec un taux global de 35 à 45 % selon les tranches (art. L. 131-6 CSS). En pratique, 3 000 à 6 000 €/an de cotisations en plus, qui rognent directement le rendement net.

Seconde conséquence : la plus-value bascule en régime professionnel (art. 39 duodecies CGI). L'abattement pour durée de détention de l'art. 150 VC disparaît — vous perdez l'exonération 22 ans IR et 30 ans PS. Sur 15-20 ans de détention, c'est souvent 30 à 60 k€ de fiscalité en plus à la revente. Avant de monter à 4-5 lots colocation, on vérifie ce seuil ligne par ligne. Détail dans notre guide LMP 2026 complet et notre comparatif LMNP ou LMP : seuils et arbitrages.

Le top 3 des erreurs les plus coûteuses

Sur les 7, trois reviennent à chaque bilan et coûtent le plus cher. La L. 631-7 CCH d'abord : jusqu'à 150 k€ d'amende pour un 3-lots non régularisé. Le Meur à la revente ensuite : 20 à 30 k€ de surtaxe rarement budgétée. Et la bascule LMP non anticipée: 3 à 6 k€/an de cotisations SSI, soit 30 à 60 k€ cumulés sur 10 ans. Deux heures d'audit CGP avant le compromis économisent 50 à 150 k€ sur la durée du projet.

§ 16POUR ALLER PLUS LOIN·2 MIN

Pour aller plus loin : 4 ressources Hagnéré Patrimoine

Pour approfondir certains points, voici quatre ressources du cabinet qui complètent ce guide — même méthode : CGP ORIAS signé, sources opposables, cas chiffrés à l'euro.

  • Le guide pilier LMNP 2026 — la vue d'ensemble du statut, des régimes fiscaux (micro-BIC vs réel), de la qualification BIC art. 35 CGI et des stratégies patrimoniales LMNP. À lire en premier pour les nouveaux investisseurs.
  • La réforme Le Meur LMNP 2025 : décryptage complet — pour aller plus loin sur l'art. 84 LF 2025, le mécanisme exact de l'art. 150 VB III CGI, les 7 stratégies de mitigation et les 3 cas chiffrés Karim / Michel / Bernard.
  • SCI à l'IR ou SCI à l'IS : quel régime choisir ? — pour décider de la structure juridique selon votre patrimoine, votre horizon et votre stratégie de transmission.
  • Passer de LMNP à LMP en 2026 — quand un 5e bien colocation fait passer les recettes au-dessus de 23 000 € ET au-dessus des revenus pro foyer (art. 155 IV CGI), le statut bascule mécaniquement : exonération PV pro après 5 ans, IFI, cotisations SSI. À lire avant tout 4e ou 5e dossier.
  • LMNP succession : transmettre un bien meublé en 2026 — décès en cours d'activité LMNP, donation démembrée avant la réforme Le Meur, SARL de famille pour transmettre des parts plutôt qu'un bien : les 3 stratégies de transmission qui purgent la PV latente et neutralisent l'art. 150 VB III CGI.
  • Et côté pratique pure : Logiciel comptabilité LMNP 2026 : notre comparatif — utile dès que vous passez au régime réel pour gérer l'amortissement par composants et sortir la 2031-SD sans douleur.
§ 17CONCLUSION·2 MIN

Conclusion — Les 3 priorités à acter avant le compromis

3 choses à retenir

  1. La colocation LMNP reste le segment le plus rentable de la location meublée en 2026 : +2 à +4 points de rendement brut sur le même bien comparé à une location classique. Mais après PS 18,6 % et IR au TMI 30 %, le net-net retombe à 4-7 %. C'est ce dernier chiffre qui décide d'un bon dossier — pas l'affichage brut.
  2. Le piège juridique n° 1 reste l'autorisation L. 631-7 CCH pour la « colocation par division » dans les villes > 200 000 habitants — sanction jusqu'à 100 000 € par lot non régularisé, soit 300 000 € pour un 3-lots. Vérifier ce point en mairie avant le compromis, jamais après : la régularisation a posteriori est plus coûteuse que l'autorisation initiale.
  3. La réforme Le Meur 2025 ne tue pas le LMNP, elle déplace l'optimum vers une détention longue (≥ 22 ans pour l'exonération IR, 30 ans pour les PS) ou une transmission par donation démembrée avant cession. Pour les patrimoines familiaux > 1 M€, la SARL de famille à l'IR additionne trois avantages qu'aucune autre structure ne cumule : amortissement BIC au régime réel, plus-value en régime particuliers à la cession (avec abattement durée art. 150 VC) et transmission de parts en franchise dans la limite des abattements art. 779 CGI (100 k€ par parent et par enfant tous les 15 ans).
Hagnéré Patrimoine

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Sources officielles consultées

Toutes les références ci-dessous sont consultables sur les portails officiels Légifrance, BOFiP-Impôts et Conseil constitutionnel. Liens trust-signal vérifiés au 22 mai 2026.

  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 8-1 (modifié ALUR 2014) — définition de la colocation et clause de solidarité 6 mois. Légifrance →
  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 22 — dépôt de garantie meublé (2 mois maximum).
  • Loi ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014 — encadrement loyers et plafond solidarité 6 mois post-préavis.
  • Loi 3DS n° 2022-217 du 21 février 2022 — somme des loyers individuels ≤ plafond global en colocation encadrée.
  • Décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 — décence du logement (9 m² avec hauteur 2,20 m, ou à défaut 20 m³). Légifrance →
  • Décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 — 11 catégories de mobilier obligatoires en meublé. Légifrance →
  • Code de la construction et de l'habitation, art. L. 631-7 — autorisation préalable de changement d'usage dans les communes > 200 000 hab.
  • Code de la construction et de l'habitation, art. L. 651-2 — sanction jusqu'à 100 000 € par lot non régularisé.
  • Code général des impôts, art. 35, 39 C, 50-0, 150 VB III, 150 VC, 155 IV, 200 B, 1447, 1609 nonies G — qualification BIC, amortissement, micro-BIC, plus-value, abattements.
  • Loi de finances n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 84 — création de l'art. 150 VB III CGI (réintégration amortissements LMNP en PV).
  • Loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) — PS LMNP loyers BIC portés à 18,6 % ; PV immobilière maintenue à 17,2 %.
  • BOFiP BOI-BIC-CHAMP-40-10 — qualification LMP / LMNP. BOFiP officiel →
  • BOFiP BOI-BIC-CHAMP-40-20 — régimes micro-BIC location meublée. BOFiP officiel →
  • BOFiP BOI-BIC-AMT-10-40-30 — amortissement BIC par composants en LMNP au réel.
  • Cass. 3e civ. 8 avril 2021 n° 19-23.343 (P+B) — solidarité du colocataire sortant plafonnée à 6 mois post-préavis. Arrêt publié au Bulletin.
  • Cons. const. 8 février 2018 n° 2017-689 QPC — suppression de la condition d'inscription RCS pour le statut LMP.
  • CJUE 22 septembre 2020 Cali Apartments C-724/18 et C-727/18 — validation du L. 631-7 CCH au regard de la directive Services 2006/123/CE.
  • CE 18 novembre 2024 n° 489856 — annulation par le Conseil d'État de l'arrêt de la CAA Paris qui validait l'arrêté préfectoral 2019 (erreur d'appréciation de l'homogénéité des secteurs) ; renvoi à la CAA pour nouvel examen.
  • Cass. 3e civ. 17 décembre 2015 n° 14-22.754 — primauté du règlement sanitaire départemental sur les minima de décence à Paris.
  • Arrêté préfectoral Paris 2025-06-16-00003 — loyers de référence majorés meublé, période 01/07/2025-30/06/2026.
  • INSEE Flash Île-de-France n° 96 — part des jeunes Parisiens en colocation, 1990-2020.
  • DGFiP statistiques LMNP 2025 — 552 000 déclarants LMNP en France (+59,5 % en 10 ans).
  • LocService Tendances 2025 — loyer moyen chambre colocation et tension locative.

Mentions légales

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout investissement immobilier comporte des risques (vacance locative, baisse de valeur, contentieux locatif, évolution réglementaire et fiscale). La fiscalité décrite est celle en vigueur à la date de publication (22 mai 2026) et peut évoluer. Avant tout engagement de mise en colocation, de division ou d'optimisation patrimoniale, un audit individualisé est nécessaire pour évaluer l'adéquation des stratégies à votre situation personnelle. Hagnéré Patrimoine — SAS, siège social 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry, immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) adhérent de la CNCEF Patrimoine, courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP) et courtier d'assurance (COA), titulaire de la Carte professionnelle T 7301 2024 000 000 014. Quentin Hagnéré, fondateur, joignable au 03 74 47 20 18 et par email à backoffice@hagnere-patrimoine.fr.

Article rédigé selon la loi de finances 2026 en vigueur au 13 mai 2026. Dernière mise à jour : 25 juin 2026. Guide rédigé conformément aux textes en vigueur (loi 89-462 du 06/07/1989, décrets 2002-120 et 2015-981, art. L. 631-7 et L. 651-2 CCH, art. 84 LF 2025 / loi 2025-127 du 14/02/2025, LFSS 2026 loi 2025-1403 du 30/12/2025, Cass. 3e civ. 8 avril 2021 n° 19-23.343, CJUE C-724/18 et C-727/18 du 22/09/2020, CE 18/11/2024 n° 489856). Pour signaler une évolution réglementaire ou demander une mise à jour, contactez l'équipe Hagnéré Patrimoine via /contact.

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Sources et références légales

  • Code général des impôts — Régime BIC LMNP et plus-value

    Art. 35 CGI (qualification BIC automatique de la location meublée). Art. 50-0 CGI (régimes micro-BIC : meublé classique 83 600 € / 50 % ; meublé tourisme classé 83 600 € / 50 % depuis Le Meur ; meublé tourisme non classé 15 000 € / 30 % depuis Le Meur). Art. 39 C CGI (amortissement BIC LMNP au réel et mécanisme du différé reportable indéfiniment quand loyers nets insuffisants). Art. 150 VB III CGI (réintégration des amortissements admis en déduction dans la plus-value à la cession à compter du 15/02/2025, créé par l'art. 84 LF 2025). Art. 150 VC CGI (abattements durée de détention : IR 6 %/an de la 6e à la 21e + 4 % la 22e, exo IR 22 ans ; PS 1,65 %/an de la 6e à la 21e + 1,60 % la 22e + 9 %/an de 22 à 30, exo PS 30 ans). Art. 155 IV CGI (qualification LMP : recettes > 23 000 € ET supérieures aux revenus pro foyer). Art. 156 II 1° ter CGI (déficit foncier non-applicable au BIC LMNP). Art. 261 D 4° CGI (exonération de TVA sur la location meublée d'habitation sans services para-hôteliers). Art. 1447 CGI (cotisation foncière des entreprises CFE applicable au loueur en meublé, exonération si CA < 5 000 €). Art. 1609 nonies G CGI (surtaxe progressive 2-6 % sur PV taxable IR > 50 000 €). Art. 200 B CGI (taux fixe IR 19 % sur PV immobilière). Art. 779 CGI (abattements donation 100 000 €/parent/enfant tous les 15 ans).

  • Code de la construction et de l'habitation, loi 89-462 et lois clés

    Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 art. 8-1 (définition juridique de la colocation et plafond de la clause de solidarité à 6 mois post-préavis, modifié ALUR 2014). Loi 89-462 art. 22 (dépôt de garantie meublé plafonné à 2 mois de loyer hors charges). Loi ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014 (encadrement des loyers et durée maximum 6 mois de la clause de solidarité). Loi 3DS n° 2022-217 du 21 février 2022 (règle clé : en colocation, somme des loyers individuels ≤ plafond global du logement entier — applicable en zone encadrée). Loi de finances n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 84 (création de l'art. 150 VB III CGI). Loi de financement de la sécurité sociale 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025), art. 12 (hausse de la CSG sur revenus du capital portant les PS LMNP BIC à 18,6 %, PV immobilière maintenue à 17,2 %). Décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 (5 critères de décence du logement : 9 m² surface, 20 m³ volume, hauteur sous plafond 2,20 m). Décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 (11 catégories de mobilier obligatoires pour qualifier un logement meublé au sens de la loi 89-462). Décret n° 87-713 du 26 août 1987 (charges récupérables, dont TEOM). Code de la construction et de l'habitation art. L. 631-7 (autorisation préalable de changement d'usage dans les communes > 200 000 hab. et petite couronne parisienne). Code de la construction et de l'habitation art. L. 651-2 (sanction jusqu'à 100 000 € par lot non régularisé en cas de division illicite).

  • Doctrine BOFiP — BIC LMNP et micro-BIC

    BOFiP BOI-BIC-CHAMP-40-10 (qualification LMNP / LMP, caractère professionnel, recettes au dénominateur incluant pensions de retraite — RM Frassa n° 12910). BOFiP BOI-BIC-CHAMP-40-20 (régimes micro-BIC location meublée post-Le Meur : 3 régimes distincts depuis loi 2024-1039 du 19/11/2024). BOFiP BOI-BIC-AMT-10-40-30 (amortissement BIC par composants — méthode officielle pour le LMNP au réel). BOFiP BOI-BIC-AMT-20-30 (amortissements différés LMNP, mécanisme du report illimité quand loyers nets de charges insuffisants pour absorber l'amortissement comptable). BOFiP BOI-IF-CFE-10-30-10-50 (exonération CFE chiffre d'affaires < 5 000 €). BOFiP BOI-RFPI-PVI-20 (calcul de la plus-value immobilière des particuliers — commentaires post-art. 84 LF 2025 attendus, date pivot = acte authentique). BOFiP BOI-RFPI-PVI-10-40-80 (abattements pour durée de détention art. 150 VC). BOFiP BOI-RFPI-TPVIE-20 (surtaxe progressive 2-6 % sur PV taxable IR > 50 000 €, art. 1609 nonies G).

  • Jurisprudence et arrêts vérifiés

    Cass. 3e civ. 8 avril 2021 n° 19-23.343 (publié au bulletin P+B) : la solidarité du colocataire sortant s'éteint au plus tard 6 mois après la date d'effet du congé, ou plus tôt si un nouveau colocataire est validé par le bailleur — toute clause prévoyant un délai plus long est réputée non écrite (art. 8-1 loi 89-462 modifié ALUR). Cons. const. 8 février 2018 n° 2017-689 QPC : caractère cumulatif des conditions LMP de l'art. 155 IV CGI (recettes > 23 000 € ET supérieures aux revenus pro foyer) — l'inscription au RCS comme condition autonome a été déclarée inconstitutionnelle. CJUE 22 septembre 2020 Cali Apartments C-724/18 et C-727/18 : validation de l'art. L. 631-7 CCH au regard de la directive Services 2006/123/CE, le régime français de changement d'usage des locaux d'habitation est jugé conforme au droit de l'Union. CE 18 novembre 2024 n° 489856 : annulation par le Conseil d'État de l'arrêt CAA Paris qui validait l'arrêté préfectoral 2019 d'encadrement des loyers (erreur d'appréciation de l'homogénéité des secteurs) ; renvoi à la CAA pour nouvel examen. Cass. 3e civ. 17 décembre 2015 n° 14-22.754 : primauté du règlement sanitaire départemental sur les minima de décence à Paris et dans les Hauts-de-Seine. Cass. 3e civ. 12 janvier 2017 n° 16-10.324 : limites de la clause de solidarité dans les baux antérieurs à ALUR.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine immatriculé à l'ORIAS en qualité de CIF, COA et COBSP. Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute opération de mise en colocation, d'option pour le régime réel, de division d'un logement existant, de basculement LMNP / LMP ou d'apport en SCI ou SARL de famille doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable, en lien avec votre expert-comptable, votre notaire et votre conseiller en gestion de patrimoine. Les chiffres, taux et seuils cités sont à jour de la loi de finances 2026 en vigueur au 13 mai 2026 et peuvent évoluer en fonction des prochaines lois de finances et de financement de la sécurité sociale.

Foire aux questions

Tout sur la colocation LMNP en 2026 et l'optimisation de votre rendement.

Bail unique ou baux individuels, clause de solidarité 6 mois ALUR, décret 2015-981, autorisation L. 631-7 CCH, micro-BIC vs régime réel, amortissement par composants, réforme Le Meur 2025. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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Poser ma question
  • Oui, sans difficulté. Vous louez votre bien meublé à plusieurs locataires sans lien de couple, et vous restez en LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) tant que vos loyers annuels ne dépassent pas 23 000 € ou 50 % des revenus du foyer. Au-delà, vous basculez en LMP (Loueur Meublé Professionnel), sans inscription au registre du commerce depuis la décision du Conseil constitutionnel du 8 février 2018. Le cadre juridique repose sur l'article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989 et l'article 155 IV du CGI.