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Process documentaire et légalListe limitative (décret 5 nov. 2015)Discrimination : la ligne rougeAnti-fraude · SVAIR · DossierFacileConforme CGP · CIF · COA · COBSP

Sélectionner un bon locataire en 2026 : la méthode, le dossier et les pièges juridiques

Choisir un bon locataire, ce n'est pas une intuition ni un « feeling » : c'est un process documentaire et légal. On ne sélectionne pas une personne, on évalue objectivement une capacité à payer, à partir d'une liste de pièces strictement limitée par décret et d'une grille de critères identique pour tous les candidats. Ce guide oppose en permanence les deux régimes de sanction que les bailleurs confondent : demander une pièce interdite relève d'une amende ADMINISTRATIVE du préfet (3 000 / 15 000 €) ; un refus discriminatoire relève d'un DÉLIT PÉNAL (3 ans / 45 000 €). La grille objective uniforme est à la fois votre outil anti-impayé et votre bouclier anti-discrimination. État du droit au 4 juin 2026.

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LISTE DES PIÈCES

Limitative (décret 5 nov. 2015)

PIÈCE INTERDITE

Amende préfet jusqu'à 3 000 / 15 000 €

DISCRIMINATION

Délit : 3 ans + 45 000 €

CRITÈRES PROHIBÉS

Plus de 25 (art. 225-1 C. pén.)

« 3X LE LOYER »

Pas une loi (éligibilité GLI)

NON-CUMUL

GLI OU garant (art. 22-1)

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

On imagine souvent que choisir un bon locataire, c'est une affaire de flair : jauger une poignée de main, un dossier « qui inspire confiance ». C'est exactement l'erreur de départ. Sélectionner un locataire en 2026, ce n'est pas évaluer une personne : c'est évaluer objectivement une capacité à payer, à partir d'une liste de pièces strictement limitée par décret et d'une grille de critères identique pour tous les candidats. Le « feeling » n'est pas seulement inefficace contre l'impayé : il vous expose à une faute juridique. Car deux régimes de sanction coexistent et que la plupart des bailleurs confondent : demander une pièce interdite relève d'une amende administrative du préfet ; un refus discriminatoire relève d'un délit pénal. Ce guide raisonne toujours du point de vue du bailleur qui veut un process clair, opposable et conforme.

Mis à jour le 4 juin 2026 par Quentin Hagnéré (fondateur ; cabinet CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291), cabinet Hagnéré Patrimoine — cadre juridique vérifié au droit en vigueur début 2026 (décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015, art. 22-1 et 22-2 de la loi du 6 juillet 1989, art. 225-1 et 225-2 du Code pénal, décisions du Défenseur des droits). Les seuils de solvabilité sont des repères de marché, jamais des obligations légales.

📋 L'essentiel en 30 secondes

  • La thèse : choisir un locataire est un process documentaire et légal, pas une intuition — on évalue une capacité à payer, pas une personne.
  • Pièces : liste limitative (décret du 5 novembre 2015), 4 catégories. Toute pièce hors liste est interdite : relevé de compte, carte Vitale, casier… → amende administrative du préfet (jusqu'à 3 000 / 15 000 €).
  • Discrimination : plus de 25 critères prohibés (art. 225-1 C. pén.). Un refus fondé sur un critère prohibé est un délit (3 ans / 45 000 €), même non intentionnel.
  • « 3x le loyer » n'est PAS une loi : c'est une condition d'éligibilité GLI. Licite si uniforme, jamais en couperet. Le reste à vivre est souvent plus pertinent.
  • Bouclier : une grille objective identique pour tous, tracée par écrit, et une seule sûreté (GLI OU garant, art. 22-1).

Avertissement — état du droit au 4 juin 2026

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé (art. L. 533-13 CMF). Hagnéré Patrimoine est un cabinet CIF · COA · COBSP (ORIAS 23002291). Les références juridiques (décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015, art. 22-1 et 22-2 de la loi du 6 juillet 1989, art. 225-1 et 225-2 du Code pénal) sont l'état du droit au 4 juin 2026, à confronter aux sources institutionnelles (Légifrance, Service-Public, Défenseur des droits). Les seuils de solvabilité (« 3x le loyer », taux d'effort) sont des repères de marché, jamais des obligations légales. Les missions et honoraires dépendent du contrat applicable. Toute hypothèse de rendement doit être recalculée sur le coût total et ne constitue pas une garantie.

§ 1LE PROCESS·3 MIN

Choisir un bon locataire en 2026 : un process documentaire, pas une intuition

Tout part d'une nuance qu'on néglige presque toujours. Sélectionner un locataire, ce n'est pas « sentir » si quelqu'un est sérieux : c'est vérifier, pièce par pièce, une capacité objective à payer. Et cette nuance n'est pas cosmétique : elle commande à la fois votre protection contre l'impayé et votre protection contre la faute juridique. Quand on raisonne « personne », on glisse vers des critères interdits — l'âge, l'origine, la situation de famille ; quand on raisonne « capacité à payer », on reste sur le seul terrain légitime. Deux lignes rouges structurent tout : les pièces qu'on a le droit d'exiger, et les critères qu'on n'a pas le droit d'opposer. Le reste — scoring de solvabilité, anti-fraude, choix d'une garantie — en découle. Un process rodé sert aussi un autre objectif : relouer vite après un départ pour ne pas laisser le bien vide, car chaque mois de vacance coûte 8,33 % du loyer annuel — voyez notre guide pour réduire la vacance locative en 2026, qui complète cette sélection en sécurisant le délai de relocation. Et si un impayé survient malgré une sélection rigoureuse, la réaction se cadre étape par étape : voyez notre guide de la procédure loyers impayés 2026.

Posons le fil rouge qui traversera tout le guide : un studio à 800 € charges comprises, deux candidats. Le dossier A : CDI, revenus 2 400 €, taux d'effort d'un tiers, reste à vivre confortable. Le dossier B : revenus 2 500 € dont une part d'allocations, un contrat moins « classique ». La tentation est d'écarter B sur la nature de ses ressources ou son type de contrat — et ce serait précisément une discrimination indirecte. On les départagera à la fin, mais légalement : uniquement sur la solvabilité objective et la cohérence documentaire, jamais sur l'âge, la situation de famille ou la nationalité.

Avant tout le reste, une mise en garde structurante : il existe deux régimes de sanction distincts que les bailleurs mélangent constamment. Demander une pièce interdite (un relevé de compte, par exemple) relève de l'amende administrative prononcée par le préfet. Opposer un refus discriminatoire relève du délit pénal jugé par un tribunal. Deux autorités, deux procédures, deux échelles de sanction. Le cadre 2026 repose sur la loi du 6 juillet 1989 (art. 22-2, 22-1 et art. 1er), le décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 (pris pour la loi ALUR du 24 mars 2014, modifié par le décret n° 2022-1014 du 19 juillet 2022 qui a ajouté DossierFacile) et les art. 225-1 et 225-2 du Code pénal.

Les deux régimes de sanction à ne jamais confondre

C'est la confusion la plus coûteuse, donc posons-la d'emblée. Demander une pièce interdite (relevé de compte, carte Vitale, casier judiciaire) = amende ADMINISTRATIVE prononcée par le préfet, jusqu'à 3 000 € (personne physique) ou 15 000 € (personne morale). Refuser un candidat sur un critère prohibé (origine, âge, situation de famille, précarité sociale…) = DÉLIT PÉNAL jugé par un tribunal, 3 ans de prison et 45 000 € d'amende. Deux autorités, deux procédures, deux logiques. Tout au long du guide, ce sont ces deux régimes que nous distinguons.

Cas pratique (fil rouge) : un studio, deux candidats

Un studio à 800 € charges comprises. Le dossier A : CDI, revenus 2 400 €, taux d'effort d'un tiers, reste à vivre confortable. Le dossier B : revenus 2 500 € dont une part d'allocations, un contrat moins « classique ». Les deux sont solvables. La tentation — écarter B parce que ses ressources « font moins solides » — est exactement le piège de la discrimination indirecte. On retiendra ce cas jusqu'à la dernière section, où on le tranchera légalement : sur le reste à vivre et la régularité des ressources, jamais sur la nature du contrat ou l'origine sociale des revenus.

§ 2PIÈCES·5 MIN

Quelles pièces avez-vous le droit d'exiger ? La liste est limitative

Première ligne rouge, donc : la liste des pièces. C'est le cœur documentaire de la sélection, et le premier endroit où l'on se met en faute sans le savoir. Le décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 fixe une liste LIMITATIVE en 4 catégories : identité (1 seule pièce avec photo en cours de validité : CNI, passeport, permis, titre de séjour), domicile (1 seule pièce : quittances de loyer, attestation d'hébergement, avis de taxe foncière…), activité professionnelle (contrat de travail, K/Kbis de moins de 3 mois, carte professionnelle, certificat d'immatriculation, carte d'étudiant…) et ressources (avis d'imposition, 3 derniers bulletins de salaire, justificatifs de prestations sociales ou de pensions, 2 derniers bilans au plus pour les non-salariés). Le mot décisif est limitatif : toute pièce non prévue par la liste est interdite, même si l'art. 22-2 ne la cite pas nommément.

Côté pièces interdites, l'art. 22-2 de la loi du 6 juillet 1989 dresse une longue énumération : photo d'identité (hors celle de la pièce d'identité), carte Vitale, relevé de compte ou attestation de bonne tenue de compte, attestation d'absence de crédit, autorisation de prélèvement, jugement de divorce (sauf le dispositif « Par ces motifs »), contrat de mariage, certificat de concubinage, chèque de réservation, dossier médical, extrait de casier judiciaire, information FICP, dépôt bloqué supérieur à 1 mois de loyer en principal, plus de 2 bilans. Attention aux pièges conditionnels : l'attestation du précédent bailleur et l'attestation employeur ne sont interdites que dans certains cas (lorsque d'autres justificatifs sont possibles, ou si le contrat et les bulletins sont déjà fournis) — à ne pas présenter comme interdites en toutes circonstances.

Sur la forme, deux ou trois réflexes suffisent : les copies sont admises, les documents doivent être en français et les montants en euros, les originaux présentables sur demande. Et le logement social (art. L. 441-1 CCH) reste, lui, hors champ de cette liste.

Une scène de rendez-vous qui revient : un bailleur me montre, fier de sa rigueur, le relevé de compte qu'il « exige toujours » pour « vérifier qu'il n'y a pas de découvert ». Il ne savait pas qu'une seule demande de cette pièce l'exposait à 3 000 € d'amende du préfet — le prix de sa « rigueur ». Car cette pièce est interdite. La rigueur, ici, ne consiste pas à demander plus de pièces : elle consiste à demander exactement celles que la loi autorise, et à les lire bien.

Liste LIMITATIVE du décret du 5 novembre 2015 : 4 catégories autorisées et exemples de pièces interdites (art. 22-2). Toute pièce hors liste est interdite, même non citée nommément. État du droit 2026.
Catégorie autoriséeCe que vous pouvez exigerExemples de pièces INTERDITES (art. 22-2)
Identité1 seule pièce avec photo en cours de validité (CNI, passeport, permis, titre de séjour)Photo d'identité hors pièce d'identité, carte Vitale
Domicile1 seule pièce (quittances, attestation d'hébergement, avis taxe foncière, titre de propriété)Certificat de concubinage, contrat de mariage
Activité professionnelleContrat de travail, K/Kbis de moins de 3 mois, carte pro, certificat d'immatriculation, carte d'étudiantExtrait de casier judiciaire, dossier médical
RessourcesAvis d'imposition, 3 bulletins de salaire, prestations/pensions, 2 bilans au plusRelevé de compte, attestation d'absence de crédit, autorisation de prélèvement, info FICP, plus de 2 bilans

⚠️ Pièce interdite = amende ADMINISTRATIVE du préfet (pas une sanction pénale)

Exiger une pièce interdite (relevé de compte, carte Vitale, casier…) expose à une amende administrative prononcée par le préfet — et non à une sanction pénale. Son montant maximal est de 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale (agence, SCI, société de gestion). Elle est proportionnée à la gravité des faits, précédée d'une procédure contradictoire (vous pouvez présenter vos observations) et ne peut être prononcée plus d'un an après la constatation des faits (art. 22-2 de la loi du 6 juillet 1989). C'est un régime totalement distinct de la discrimination, qui relève, elle, du pénal.

Pièges conditionnels : attestation employeur et précédent bailleur

Deux pièces ne sont interdites que sous conditions, et beaucoup de bailleurs les croient toujours autorisées (ou toujours interdites). L'attestation de l'employeur est interdite si le contrat de travail et les bulletins de salaire sont déjà fournis (elle devient alors redondante). L'attestation du précédent bailleur est interdite si d'autres justificatifs de domicile sont possibles. Autrement dit : ne les réclamez pas « en plus » d'un dossier déjà complet. Le réflexe sûr : s'en tenir aux pièces des 4 catégories et ne pas empiler des justificatifs redondants pour « se rassurer ».

§ 3DISCRIMINATION·6 MIN

Discrimination : la frontière à ne jamais franchir

C'est la section la plus sensible du guide, et la plus mal comprise. La frontière est pourtant nette : évaluer une capacité objective à payer est parfaitement légitime ; écarter un candidat sur une caractéristique personnelle sans lien objectif avec sa capacité à payer est un délit. La loi (art. 225-1 et 225-2 du Code pénal, complétés par l'art. 1er de la loi du 6 juillet 1989) prohibe plus de 25 critères — on ne fige pas le chiffre exact, c'est la formule retenue par le Défenseur des droits. Parmi les principaux : l'origine, le sexe, la situation de famille, la grossesse, l'apparence physique, la vulnérabilité économique ou précarité sociale, le patronyme, le lieu de résidence, l'état de santé, le handicap, l'âge, les mœurs, l'orientation sexuelle, les opinions, l'activité syndicale, l'ethnie ou la religion.

L'acte interdit (art. 225-2 1°) est de refuser la fourniture d'un bien ou d'un service — le logement en est un — ou de la subordonner à une condition fondée sur un critère prohibé. Et la loi de 1989 sanctionne même la discrimination non intentionnelle : il n'est pas nécessaire d'avoir « voulu » discriminer. Les sanctions sont lourdes : 3 ans de prison et 45 000 € d'amende, portées à 5 ans et 75 000 € si le lieu est ouvert au public ; une personne morale (agence, SCI) encourt une amende pénale pouvant aller jusqu'à 225 000 € (art. 131-38 C. pén.), et le professionnel risque l'incapacité d'exercer (loi Hoguet).

Point décisif, et c'est lui qui change tout : la charge de la preuve est aménagée. Le candidat présente des faits laissant présumer la discrimination ; c'est ensuite au bailleur de prouver que sa décision repose sur des critères objectifs. Autrement dit, le doute joue contre vous. Le Défenseur des droits peut être saisi, et le testing est un mode de preuve reconnu.

Le piège le plus fréquent n'est pas la discrimination directe (rare et grossière), mais la discrimination indirecte : un critère « apparemment neutre » qui désavantage des personnes protégées. Quelques exemples tirés des décisions du Défenseur des droits : écarter systématiquement les dossiers dont les ressources proviennent d'allocations (Déc. DDD 2017-056), exiger un garant français ou résidant en France (discrimination par association), réserver le logement aux « moins de 30 ans » (Déc. 2024-159), refuser de « louer aux familles » (Déc. 2017-259). Ces pratiques de marché sont illégales, même quand elles se croient prudentes. La frontière est toujours la même : un critère n'est licite que s'il a un lien objectif avec la capacité à payer et qu'il est appliqué uniformément à tous.

Sur le terrain, le refus discriminatoire ne ressemble d'ailleurs jamais à un refus : il se déguise en « dossier moins solide ». J'ai vu un bailleur écarter une infirmière en CDD à 2 300 € — reste à vivre confortable — au profit d'un commercial en CDI à 2 100 €, « parce que le CDI rassure ». Sur le papier, l'argument paraît prudent. Mais préférer mécaniquement le CDI à revenus moindres, c'est opposer un critère de précarité déguisé sans lien objectif avec la capacité à payer : exactement le terrain où la charge de la preuve se retourne contre le bailleur.

⚠️ Discrimination = délit pénal, charge de la preuve sur le bailleur

Refuser un candidat sur un critère prohibé est un délit, même non intentionnel : 3 ans de prison et 45 000 € d'amende, portés à 5 ans et 75 000 € si le lieu est ouvert au public ; une personne morale encourt jusqu'à 225 000 € et le professionnel l'incapacité d'exercer. Surtout, la charge de la preuve est aménagée : dès que le candidat présente des faits laissant présumer une discrimination, c'est à vous, bailleur, de prouver l'objectivité de votre décision. Sans grille écrite et uniforme, cette preuve est presque impossible à rapporter. Le Défenseur des droits peut être saisi, et le testing est admis.

Discrimination indirecte et par association : les refus qu'on croit prudents

Au-delà du refus direct, certaines pratiques de marché apparemment neutres sont illégales car elles désavantagent des personnes protégées (loi 2008-496, décisions du Défenseur des droits). Quelques exemples : écarter les dossiers d'allocataires (Déc. DDD 2017-056), exiger un garant français ou résidant en France (discrimination par association), réserver le logement aux « moins de 30 ans » (âge, Déc. 2024-159), refuser de « louer aux familles » (Déc. 2017-259). Un critère apparemment neutre n'est licite que s'il poursuit un but légitime par des moyens nécessaires et appropriés : l'exigence disproportionnée tombe sous le coup de la discrimination indirecte.

Le bouclier : la même grille objective pour tous les candidats

La meilleure protection du bailleur contre l'accusation de discrimination est aussi son meilleur outil anti-impayé : appliquer à tous les candidats la même grille de critères objectifs, et la tracer par écrit. Capacité à payer, reste à vivre, régularité et stabilité des ressources vérifiées via les pièces autorisées : tant que vous évaluez la même chose, de la même manière, pour tout le monde, vous restez sur le terrain légitime de la solvabilité. Cette uniformité est une preuve d'objectivité opposable : face à la charge de la preuve aménagée, c'est elle qui démontre que votre choix n'était pas discriminatoire.

§ 5ANTI-FRAUDE·4 MIN

Vérifier l'authenticité du dossier sans franchir la ligne rouge

Une fois la solvabilité évaluée sur les bonnes pièces, encore faut-il qu'elles soient authentiques. Or la fraude documentaire est en hausse en 2026 : faux bulletins, faux avis d'imposition, dossiers « maquillés ». La bonne nouvelle : vous disposez d'outils 100 % légaux et publics pour vérifier, sans jamais demander une pièce interdite. Le premier est le service SVAIR « Vérifier un avis » sur impôts.gouv.fr : avec le numéro fiscal et la référence de l'avis, vous confirmez gratuitement l'existence et le contenu d'un avis d'imposition. Mais sa limite doit être connue : SVAIR n'est pas infaillible. Avec un numéro fiscal usurpé et une ré-édition propre, le service valide un faux sans broncher. Un seul indice ne suffit jamais.

Là où SVAIR confirme l'existence de l'avis, le code 2D-Doc (signature électronique de l'ANTS), présent sur les avis d'imposition depuis avril 2022, en garantit l'intégrité : toute retouche du document invalide la signature, et une application gratuite de lecture vous le dit en quelques secondes. Et DossierFacile, le service PUBLIC gratuit de l'État (dossierfacile.logement.gouv.fr), fait les deux d'un coup : les pièces y sont contrôlées, filigranées, l'avis d'imposition authentifié via l'API de la DGFiP, et l'hébergement est en France (SecNumCloud). Parce que c'est un service public, on peut le recommander sans réserve. La méthode fiable n'est jamais un outil unique mais un croisement : SVAIR + lecture du 2D-Doc + cohérence interne des pièces + DossierFacile.

Un cas qui m'a marqué : un avis affichant 41 000 € de revenus, parfaitement validé par SVAIR. C'est la lecture du 2D-Doc qui a craqué — la signature ne tombait pas juste. Le vrai revenu était de 19 000 €. Un seul outil ne suffit jamais : c'est la convergence qui protège.

Trois outils publics et gratuits pour vérifier l'authenticité du dossier. La méthode fiable est de les croiser, jamais d'en utiliser un seul. État du droit 2026.
OutilCe qu'il vérifieGratuitéLimite à connaître
SVAIR « Vérifier un avis »Existence et contenu d'un avis d'imposition (n° fiscal + référence)Gratuit (impôts.gouv.fr)Non infaillible (usurpation, ré-édition)
Code 2D-Doc (ANTS)Intégrité de l'avis : toute retouche invalide la signatureLecture par appli gratuiteSuppose un avis muni du 2D-Doc (depuis avril 2022)
DossierFacile (service public)Pièces contrôlées, filigranées, avis authentifié via API DGFiPGratuit (État, France SecNumCloud)Dépend du dépôt par le candidat

DossierFacile : le service public à recommander

DossierFacile (dossierfacile.logement.gouv.fr) est un service public gratuit de l'État, ce qui permet de le recommander sans aucun biais commercial. Le candidat y dépose ses pièces ; elles sont contrôlées et filigranées, l'avis d'imposition est authentifié via l'API de la DGFiP, et l'ensemble est hébergé en France (label SecNumCloud). Pour vous, bailleur, c'est un dossier déjà sécurisé qui réduit fortement le risque de faux — et qui ne contient que des pièces conformes à la liste limitative. Le recommander à vos candidats est le réflexe anti-fraude le plus simple, et il vous évite aussi de réclamer par erreur une pièce interdite.

La limite de SVAIR : ne jamais s'appuyer sur un seul indice

SVAIR confirme, mais ne garantit pas. En cas d'usurpation d'identité ou de ré-édition d'un avis avec des identifiants réels, le service peut valider un document dont le contenu a été falsifié. C'est pourquoi un avis « vérifié » via SVAIR ne dispense jamais de croiser les indices : lecture du code 2D-Doc (toute retouche invalide la signature), cohérence interne entre l'avis, les bulletins et le contrat, et passage par DossierFacile quand c'est possible. La fraude documentaire de 2026 est sophistiquée : la parade n'est pas un outil miracle, c'est une convergence de vérifications.

§ 6GARANTIES·4 MIN

Une fois le locataire choisi : une seule sûreté (GLI ou garant)

Notez bien l'ordre des choses : la garantie intervient APRÈS la sélection, pas pendant. On ne choisit pas un locataire « parce qu'il a un garant » : on sélectionne d'abord un dossier solvable et conforme, puis on choisit la sûreté qui sécurise les loyers. Et là, une règle d'ordre public tranche net : l'art. 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 interdit le cumul. Un bailleur qui a souscrit une GLI (garantie loyers impayés) — ou toute garantie couvrant les obligations locatives — ne peut PAS exiger en plus un cautionnement, à peine de NULLITÉ du cautionnement. Le choix est binaire : GLI OU garant. La seule exception au non-cumul concerne l'étudiant ou l'apprenti.

Le réflexe « ceinture et bretelles » se retourne d'ailleurs contre le bailleur. Un client avait pris une GLI et la caution des parents ; au premier impayé, il a voulu actionner la caution — nulle de plein droit. Il a dû attendre l'assureur. Doubler la garantie l'avait, en réalité, affaibli au lieu de le protéger.

Deux pièges restent, même quand on a compris le non-cumul. D'abord, le garant se vérifie sur la même liste limitative que le candidat (décret 2015-1437, annexe II) : vous ne pouvez pas exiger de lui des pièces que vous ne pourriez pas exiger du locataire. Ensuite, Visale (Action Logement) est un dispositif public de cautionnement gratuit, citable sans réserve, qui peut remplacer un garant personne physique. Pour comparer en détail la GLI, la caution solidaire et Visale, ainsi que les conditions d'éligibilité du locataire, appuyez-vous sur notre guide GLI, caution ou Visale. Et si vous louez à plusieurs locataires, la question du garant et de la solidarité se pose différemment : voyez le guide colocation en LMNP.

⚠️ Non-cumul GLI + garant : le cautionnement est nul de plein droit

C'est l'erreur de « ceinture et bretelles » la plus répandue. Si vous avez souscrit une GLI (ou toute garantie couvrant les obligations locatives), exiger en plus un garant rend ce cautionnement NUL de plein droit (art. 22-1, ordre public) : en cas d'impayé, vous ne pourriez tout simplement pas vous retourner contre la caution. Il faut choisir : GLI OU garant. La seule exception est le cas de l'étudiant ou de l'apprenti, pour qui le cumul reste autorisé. Le garant, quand vous en demandez un, se vérifie sur la même liste limitative que le locataire (annexe II du décret 2015-1437) : pas de pièce interdite pour lui non plus.

§ 7MÉTHODE·5 MIN

La méthode pas-à-pas pour sélectionner en limitant les risques

Le process tient en six étapes, et c'est exactement celui que j'applique avant de signer un bail. Tout commence par une annonce non discriminante — aucun critère personnel dans le texte, ni âge, ni situation de famille, ni nationalité, ni origine des revenus. On laisse ensuite DossierFacile filtrer la réception, en ne réclamant que les pièces des 4 catégories de la liste limitative, puis on authentifie en croisant SVAIR, lecture du code 2D-Doc et cohérence interne. Vient la solvabilité : taux d'effort indicatif et reste à vivre, sur les seules ressources autorisées, jamais un critère prohibé déguisé. On applique alors à chacun la même grille tracée par écrit — votre preuve anti-discrimination — avant de retenir une seule sûreté : GLI OU garant solvable, cumul interdit hors étudiant ou apprenti. Le détail, étape par étape, est repris dans le tableau ci-dessous.

C'est aussi à cette étape que se joue le mini-cas impératif de notre fil rouge. On départage A et B UNIQUEMENT sur le reste à vivre et la stabilité ou régularité des ressources vérifiées (via l'avis d'imposition et le 2D-Doc), jamais sur l'âge, la situation de famille, la nationalité ou un type de contrat assimilé à la précarité. Si A et B sont aussi solides l'un que l'autre, on tranche sur la régularité documentée des revenus — pas sur une impression. Ce process n'est pas un luxe administratif : c'est ce qui pilote concrètement la sélection, qu'on la gère soi-même ou qu'on la délègue, comme le détaille notre guide gestion locative déléguée ou autogestion.

La méthode de sélection en 6 étapes : process documentaire opposable, à appliquer identiquement à tous les candidats. La grille tracée par écrit est la preuve anti-discrimination. État du droit 2026.
ÉtapeAction concrètePiège à éviterPreuve à conserver
1. AnnonceDécrire le logement, jamais un profil de candidatMentionner un critère personnelTexte de l'annonce publiée
2. DossierDossierFacile + pièces des 4 catégoriesRéclamer une pièce interditeListe des pièces demandées
3. AuthentificationSVAIR + 2D-Doc + cohérence interneSe fier à un seul indiceCaptures des vérifications
4. SolvabilitéTaux d'effort + reste à vivre (pièces autorisées)Reconstituer l'endettement (relevés interdits)Calcul daté du taux d'effort
5. Grille identiqueMêmes critères objectifs pour tous, tracésCritère variable selon le candidatGrille écrite appliquée à chacun
6. Une seule sûretéGLI OU garant (cumul interdit)Exiger garant + GLI hors étudiantContrat de la garantie retenue

Mini-cas : comment départager A et B légalement

Retour au fil rouge. Dossier A : 2 400 €, taux d'effort 33 %, reste à vivre 1 600 €. Dossier B : 2 500 € dont une part d'allocations, taux d'effort 32 %, reste à vivre 1 700 €. La seule manière légale de trancher : comparer le reste à vivre et la régularité ou stabilité des ressources documentées via les pièces autorisées. Sur ces critères, B est au moins aussi solide qu'A. Écarter B parce qu'une part de ses revenus vient d'allocations, ou parce que son contrat « fait moins sérieux », serait une discrimination indirecte. On ne juge ni l'origine des revenus, ni le type de contrat, ni l'âge, ni la situation de famille : uniquement la capacité objective à payer, à grille égale.

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Grille objective vérifiéeConformité pièces et discriminationCabinet CIF · COA · COBSP
§ 8PIÈGES·4 MIN

Les 8 pièges qui transforment une sélection en faute

Voici les 8 erreurs qui font basculer une sélection légitime dans la faute : je les vois revenir en rendez-vous, presque dans cet ordre. La plus banale, demander une pièce interdite (relevé de compte, carte Vitale, casier) → amende administrative du préfet (3 000 / 15 000 €). La plus grave, un refus discriminatoire, même non intentionnel ou déguisé en « solvabilité » → délit pénal (3 ans / 45 000 €), charge de la preuve sur le bailleur. La plus coûteuse par négligence, exiger garant + GLI → cautionnement nul de plein droit (hors étudiant ou apprenti). Et la plus répandue par méconnaissance, présenter le « 3x le loyer » comme une loi et l'appliquer en couperet automatique → faux, et risque de discrimination indirecte.

Les quatre suivantes se regroupent par famille. Côté pièces interdites, reconstituer l'endettement via un relevé de compte ou une attestation d'absence de crédit. Côté discrimination, rédiger une annonce discriminante (un critère personnel dans le texte) ou refuser un candidat sur les allocations, un CDD ou l'âge (discrimination indirecte). Et côté fraude subie, ne pas détecter un faux document faute d'avoir croisé SVAIR + 2D-Doc + DossierFacile. En filigrane, l'erreur transversale : confondre les deux régimes de sanction — la pièce interdite relève de l'administratif (préfet), la discrimination du pénal (tribunal). Une fois ces pièges déjoués, structurez votre stratégie de bailleur autour du bon cadre fiscal — voyez le guide LMNP 2026 — et, si vous gérez à distance, le guide investir en locatif à distance.

Les 8 pièges qui transforment une sélection en faute, et leur parade. La pièce interdite relève de l'administratif (préfet), la discrimination du pénal (tribunal). État du droit 2026.
PiègeSanction / régimeLa parade
Demander une pièce interditeAmende ADMINISTRATIVE préfet (3 000 / 15 000 €)S'en tenir aux 4 catégories de la liste limitative
Refus discriminatoire (même déguisé)DÉLIT pénal (3 ans / 45 000 €), preuve sur le bailleurGrille objective uniforme, tracée par écrit
Exiger garant + GLICautionnement NUL de plein droit (art. 22-1)Choisir GLI OU garant (sauf étudiant/apprenti)
« 3x le loyer » en couperetFaux + risque de discrimination indirecteRepère uniforme, jamais automatique ; reste à vivre
Reconstituer l'endettementPièce interdite → amende administrativeÉvaluer via les seules pièces de ressources autorisées
Annonce discriminanteDélit pénal (critère personnel)Décrire le logement, jamais un profil de candidat
Faux documents non détectésImpayé / fraude subieCroiser SVAIR + 2D-Doc + DossierFacile
Refuser allocations / CDD / âgeDiscrimination indirecte (décisions DDD)Juger la capacité objective à payer, pas l'origine

Rappel final : administratif (pièce interdite) vs pénal (discrimination)

Retenez la cartographie des juridictions, c'est elle qui vous évitera l'erreur d'aiguillage : demander une pièce interdite = amende ADMINISTRATIVE du préfet (3 000 / 15 000 €, prescription 1 an) ; refuser un candidat sur un critère prohibé = DÉLIT PÉNAL jugé par un tribunal (3 ans / 45 000 €, charge de la preuve sur le bailleur). Deux autorités, deux procédures, deux échelles. Et un seul bouclier commun : la grille objective, uniforme et tracée par écrit, qui est à la fois votre outil anti-impayé et votre preuve anti-discrimination. Sélectionner un bon locataire, c'est exécuter un process — pas faire confiance à son intuition.

La synthèse : un process conforme, pas un feeling

Tout ce guide tient en une idée : on ne sélectionne pas une personne, on évalue objectivement une capacité à payer, à partir d'une liste de pièces limitative et d'une grille identique pour tous. Les pièces hors liste sont interdites (amende du préfet) ; les critères personnels sont prohibés (délit pénal) ; « 3x le loyer » n'est pas une loi ; la fraude se déjoue en croisant SVAIR, 2D-Doc et DossierFacile ; et une seule sûreté est admise (GLI OU garant). Si vous préférez ne pas porter seul cette charge juridique, un gestionnaire locatif professionnel peut intégrer la sélection du locataire à son mandat de gestion, dans les règles. Dans tous les cas, faites valider votre process avant de signer un bail : c'est là que se joue la différence entre un bon choix et une faute coûteuse.

L'analyse patrimoniale (fiscalité, stratégie, rentabilité nette) relève du cabinet Hagnéré Patrimoine (CIF · COA · COBSP). Pour comparer les cadres et structurer un patrimoine locatif plus large, voyez aussi le guide de calcul de rentabilité avant achat et le guide immeuble de rapport 2026.

AVANT DE CHOISIR VOTRE LOCATAIRE

Sécuriser ma sélection de locataire

Avant de trancher entre deux dossiers, le cabinet (CIF · COA · COBSP) vous aide à bâtir une grille de critères objectifs uniforme, à distinguer solvabilité légitime et discrimination, et à choisir la bonne sûreté (GLI ou garant, sans cumul interdit).

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur
  • Grille objective et sûreté sécurisées
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Sélectionner un locataire avec un CGP non détenu par une banque ni par un assureur, qui sécurise la conformité, pas qui devine au feeling

Pas de produit-maison, pas de biais. On bâtit ensemble une grille objective uniforme : pièces autorisées, scoring de solvabilité légal, frontière de la discrimination, anti-fraude et choix d'une seule sûreté — pour sélectionner un bon locataire sans transformer votre choix en faute.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

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Sources et références légales

  • Pièces autorisées — liste limitative (décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015)

    Le décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 (JO du 7 novembre 2015), pris pour la loi ALUR du 24 mars 2014 et modifié par le décret n° 2022-1014 du 19 juillet 2022 (en vigueur au 1er janvier 2023, ajout de DossierFacile), fixe une liste LIMITATIVE en 4 catégories : identité (1 pièce avec photo en cours de validité), domicile (1 pièce), activité professionnelle (1 ou plusieurs), ressources (avis d'imposition, bulletins de salaire, prestations sociales, 2 bilans au plus pour les non-salariés). Caractère limitatif : toute pièce non prévue est interdite, même si l'art. 22-2 ne la cite pas nommément. Ne s'applique pas au logement social (art. L. 441-1 CCH). État du droit au 4 juin 2026.

  • Pièces interdites et sanction administrative — art. 22-2 loi n° 89-462 du 6 juillet 1989

    Sont notamment interdites : photo d'identité (hors celle de la pièce d'identité), carte Vitale, copie de relevé de compte ou attestation de bonne tenue de compte, attestation d'absence de crédit, autorisation de prélèvement, jugement de divorce (sauf le dispositif « Par ces motifs »), contrat de mariage, certificat de concubinage, chèque de réservation, dossier médical, extrait de casier judiciaire, information FICP, dépôt bloqué supérieur à 1 mois de loyer en principal, plus de 2 bilans. La demande d'une pièce interdite est punie d'une amende ADMINISTRATIVE prononcée par le préfet, d'un montant maximal de 3 000 € (personne physique) et 15 000 € (personne morale), proportionnée, précédée d'une procédure contradictoire et ne pouvant être prononcée plus d'un an après la constatation des faits. Régime distinct de la sanction pénale de discrimination. Verbatim de l'alinéa à recopier sur Légifrance avant citation littérale.

  • Discrimination — art. 225-1 et 225-2 C. pén. et art. 1er loi n° 89-462

    Refuser la fourniture d'un bien ou d'un service (le logement) ou la subordonner à une condition fondée sur un critère prohibé est un délit (art. 225-2 1° C. pén.), même non intentionnel (loi 89-462). Plus de 25 critères sont prohibés (art. 225-1 C. pén. ; formule du Défenseur des droits 2025) : origine, sexe, situation de famille, grossesse, apparence physique, vulnérabilité économique ou précarité sociale, patronyme, lieu de résidence, état de santé, perte d'autonomie, handicap, âge, mœurs, orientation sexuelle, opinions, activités syndicales, ethnie ou religion. Sanctions : 3 ans et 45 000 €, aggravées à 5 ans et 75 000 € si le lieu est ouvert au public ; personne morale jusqu'à 225 000 € (art. 131-38 C. pén., formulation prudente). Charge de la preuve aménagée. Recours : Défenseur des droits, testing.

  • Discrimination indirecte — loi n° 2008-496 et décisions du Défenseur des droits

    Un critère apparemment neutre qui désavantage des personnes protégées est interdit sauf but légitime et moyens nécessaires et appropriés (loi 2008-496). Exemples du Défenseur des droits : écarter les dossiers dont les ressources proviennent d'allocations (Déc. DDD 2017-056, 2015-179, 2014-178), exiger un garant français ou résidant en France (discrimination par association), réserver le logement aux « moins de 30 ans » (Déc. 2024-159), refuser les familles (Déc. 2017-259). Frontière : évaluer la capacité objective à payer est légitime ; écarter sur une caractéristique personnelle sans lien objectif avec la capacité à payer est un délit. Protection du bailleur : appliquer à tous la même grille de critères objectifs.

  • Scoring et solvabilité — « 3x le loyer » n'est pas une loi

    Aucun texte (Code civil, loi ALUR, loi 89-462) n'impose un revenu minimum. Le revenu de 3 fois le loyer est une condition d'éligibilité d'assurance loyers impayés (GLI), licite seulement si appliquée uniformément et jamais en couperet automatique (sinon discrimination indirecte). Le taux d'effort (loyer charges comprises / revenus nets, repère de marché d'environ 33-35 %, non légal) doit être complété par le reste à vivre (revenus nets moins charges fixes), plus pertinent sur les bas revenus. La solvabilité s'évalue uniquement via les pièces de ressources autorisées ; le relevé de compte et l'attestation d'absence de crédit étant interdits, on ne reconstitue jamais l'endettement.

  • Vérification anti-fraude — SVAIR, code 2D-Doc, DossierFacile

    SVAIR « Vérifier un avis » sur impôts.gouv.fr (numéro fiscal et référence d'avis) est gratuit mais non infaillible en cas d'usurpation d'identité ou de ré-édition avec identifiants exacts. Le code 2D-Doc (ANTS), présent sur les avis depuis avril 2022, invalide sa signature à la moindre retouche. DossierFacile est un service PUBLIC gratuit de l'État (dossierfacile.logement.gouv.fr) : pièces contrôlées, filigranées, avis authentifié via API DGFiP, hébergement France SecNumCloud. Méthode fiable : croiser SVAIR, lecture 2D-Doc, cohérence interne et DossierFacile. Aucun service privé de scoring ou de dossier n'est recommandé ici.

  • Non-cumul des sûretés — art. 22-1 loi n° 89-462 du 6 juillet 1989

    Règle d'ordre public : un bailleur ayant souscrit une garantie loyers impayés (GLI) ou toute garantie couvrant les obligations locatives ne peut pas exiger en plus un cautionnement, à peine de nullité du cautionnement. Il faut choisir : GLI OU garant. Exception : le cumul est autorisé pour l'étudiant ou l'apprenti. Le dispositif Visale (Action Logement) est public. Le garant se vérifie sur la même liste limitative (décret 2015-1437, annexe II). La garantie intervient APRÈS la sélection, pas pendant.

  • Rendement, honoraires et contrat

    Aucun investissement immobilier ne garantit un rendement et ce guide ne promet rien. Les missions et honoraires dépendent du contrat applicable. Toute hypothèse de rendement doit être recalculée sur le coût total et ne constitue pas une garantie. L'analyse patrimoniale relève du cabinet Hagnéré Patrimoine (CIF · COA · COBSP), qui ne vend aucun bien et n'assure aucune gestion locative. Les rendements bruts sont des fourchettes de marché indicatives, jamais des promesses ; brut n'est jamais net. Tout investissement immobilier comporte un risque de perte en capital.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les références juridiques citées (décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015, art. 22-1 et 22-2 de la loi du 6 juillet 1989, art. 225-1 et 225-2 du Code pénal, décisions du Défenseur des droits) sont l'état du droit au 4 juin 2026, à confronter aux sources institutionnelles (Légifrance, Service-Public, Défenseur des droits) et au texte consolidé avant toute décision. Les seuils de solvabilité (taux d'effort, « 3x le loyer ») sont des repères de marché, jamais des obligations légales. Avant tout engagement, faites valider votre process de sélection par un professionnel.

Foire aux questions

Tout sur la sélection d'un bon locataire pièces, discrimination, solvabilité et garanties.

Quelles pièces avez-vous le droit de demander, peut-on exiger « 3 fois le loyer », peut-on refuser un allocataire ou un CDD, quelle sanction pour une pièce interdite, quelle différence avec une discrimination, comment détecter un faux avis d'imposition, peut-on cumuler garant et GLI, comment départager deux bons dossiers : les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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Prendre rendez-vous
  • Uniquement celles de la liste limitative du decret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015, en 4 categories : une piece d'identite avec photo, un justificatif de domicile, des justificatifs d'activite professionnelle et des justificatifs de ressources (avis d'imposition, bulletins de salaire, etc.). Toute piece hors de cette liste est interdite, meme si l'article 22-2 ne la cite pas nommement. Le caractere limitatif est la regle a retenir.