Ouvrez votre PER avec un expert retraite
PER individuel, PER TNS, PEREC, transfert d'anciens contrats et arbitrage fiscal : nous vous aidons à choisir le bon cadre et le bon niveau de versement.
Guide à jour au 30 avril 2026 — intègre la réforme assiette unique TNS au 1er avril 2026 (décrets n° 2024-688 du 5 juillet 2024 et n° 2025-708 du 25 juillet 2025), la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) avec le PFU porté à 31,4 % (PS 18,6 %), la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026 — barème IR indexé +0,9 %), l'arrêté du 22 décembre 2025 fixant le PASS 2026 à 48 060 €, les jurisprudences Cass. soc. 2 octobre 1991 n° 87-45.668 (cumul mandat / contrat), Cass. soc. 20 mars 2024 n° 23-10.389 et Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 (dividendes SEL/SPFPL), ainsi que la doctrine URSSAF, BOFiP et la circulaire AGIRC-ARRCO 2025-16-SG-DRJ.
Vous venez de créer votre société. Ou votre comptable vous parle d'« optimiser votre statut social » et vous hochez la tête sans trop savoir. Derrière ce choix — TNS ou gérant salarié — se joue jusqu'à 500 000 € de différence sur 30 ans de carrière : net mensuel, retraite AGIRC-ARRCO, prévoyance, dividendes. Chez Hagnéré Patrimoine, nous tranchons cette question chaque semaine pour des dirigeants. Voici la méthode chiffrée à l'euro près.
Références légales mobilisées dans ce guide
Ce guide s'appuie sur :
- CGI : art. 62 (régime fiscal des gérants majoritaires SARL — traitements et salaires), 154 bis (déductibilité Madelin et PER TNS, plafond ≈ 88 911 €), 158 (revenus de capitaux mobiliers — dividendes), 163 quatervicies (PER individuel — plafond mutualisé du foyer 38 448 € en 2026)
- CSS : art. L. 311-3 (assimilés salariés au régime général, président SAS — alinéa 23°), L. 611-1 (champ d'application TNS — SSI), L. 131-6 (assiette TNS et seuil 10 % du capital sur dividendes), L. 136-3 et L. 136-8 (CSG/CRDS et PS), L. 622-3 (carence IJ TNS 1 an), R. 241-9 (modalités cotisations dividendes)
- Code du travail : art. L. 8221-6 et L. 8221-6-1 (présomption de non-salariat des dirigeants immatriculés et son renversement en cas de subordination juridique permanente)
- Code de commerce : art. L. 223-43 (transformation de la SARL en SAS, formalités juridiques)
- BOFiP : BOI-RSA-GER-10-10-10-10 (cumul des parts conjoint, partenaire de Pacs et enfants mineurs pour l'appréciation de la gérance majoritaire SARL), BOI-RPPM-RCM-20-10-20 (PFU sur dividendes), BOI-IR-BASE-20-50 (déduction PER), BOI-IS-BASE-10-10-10-10 (régime mère-fille)
- Jurisprudence : Cass. soc. 2 octobre 1991 n° 87-45.668 + Cass. soc. 20 mars 2024 n° 23-10.389 (triple condition cumulative cumul mandat / contrat) ; Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 (dividendes SEL/SPFPL et risque holding) ; CE 14 février 2018 n° 410302 (SAS Thesaurus, abus de droit transformation SARL → SAS)
- URSSAF : réforme assiette unique au 1er avril 2026 (régularisation des revenus 2025), barème progressif maladie 1,5-8,5 %, modulation allocations familiales 0-3,10 %
- LFSS 2026 : loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (PS 18,6 % sur revenus du capital) ; décrets n° 2024-688 du 5 juillet 2024 et n° 2025-708 du 25 juillet 2025 (taux 2026 SSI et paramètres techniques) ; arrêté du 22 décembre 2025 (PASS 2026 = 48 060 €)
- LF 2026 : loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (barème IR indexé +0,9 %, tranches : 0 % ≤ 11 600 € / 11 % à 29 579 € / 30 % à 84 577 € / 41 % à 181 917 € / 45 % au-delà)
- AGIRC-ARRCO : circulaire 2025-16-SG-DRJ (paramètres 2026, valeur du point service 1,4386 €, taux T1 7,87 % et T2 21,59 %)
En 60 secondes — ce que ce guide vous apporte
- Pour qui ? Dirigeants de TPE/PME 30-65 ans, créateurs en cours de structuration, repreneurs en transformation SARL → SAS ou inversement, indépendants libéraux SELARL/SELAS.
- Le bon réflexe : ne pas raisonner sur le net mensuel mais sur le net cumulé sur 30 ans, retraite incluse. À 80 000 €, le TNS gagne 9 350 €/an immédiatement mais perd 5 884 €/an de retraite complémentaire à vie.
- La réforme 2026 : assiette unique TNS = revenu brut × 0,74 (abattement 26 %) ; transfert mécanique CSG → retraite ; meilleurs droits à coût constant.
- Le piège n° 1 : dividendes du gérant majoritaire SARL au-delà de 10 % du (capital libéré + primes + comptes courants) = ~ 45 % de cotisations TNS (art. L. 131-6 CSS). Inopérant pour le président SAS.
- Le mythe à enterrer : « SAS = chômage ». Faux. Les deux statuts excluent France Travail. Pour une vraie couverture, il faut souscrire une GSC (Garantie sociale du chef d'entreprise) privée.
- 3 cas chiffrés à l'euro près : Stéphane président SAS tech à Lyon (200 k€), Dr Marchand chirurgien-dentiste TNS à Annecy (150 k€), Chloé fondatrice SaaS à Paris (80 k€).
- Temps de lecture : 35 minutes pour trancher entre TNS et assimilé salarié sur la base de chiffres opposables, pas d'intuitions.
Sommaire
- 1. Quelle différence entre TNS et gérant salarié en 2026 ?
- 2. Qui est TNS et qui est assimilé salarié selon la forme juridique ?
- 3. Comment fonctionnent les cotisations TNS après la réforme assiette unique 2026 ?
- 4. Comment se calculent les charges sociales d'un président de SAS en 2026 ?
- 5. Quel est le coût réel de 1 € de net en TNS vs assimilé salarié ?
- 6. Quel impact sur la retraite à 30 ans ?
- 7. Quelle protection sociale en cas d'arrêt, accident, décès ?
- 8. Le piège des dividendes > 10 % du capital pour le gérant majoritaire SARL
- 9. Quelles sont les stratégies hybrides ?
- 10. 3 cas pratiques chiffrés à l'euro près
- 11. Comment basculer d'un statut à l'autre sans perdre ses droits ?
- 12. Conclusion : les 3 choses à retenir
- Sources et textes de référence
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — Cabinet Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré conseille depuis 6 ans dirigeants et entrepreneurs sur les arbitrages de statut social, la structuration de la rémunération (mix salaire / dividendes), la mise en place de holdings patrimoniales et la préparation de la cession ou de la transmission. Il accompagne chaque année une trentaine de dirigeants dans le choix entre TNS et assimilé salarié, en intégrant le différentiel net dans la poche sur 30 ans, la valeur actuarielle des droits sociaux et l'impact sur la transmission.
Vous avez monté votre boîte il y a deux ans. Le comptable vous propose de transformer votre SARL en SAS « pour les dividendes ». L'avocat parle « d'optimiser le statut social ». Votre conjoint vous demande si vous serez bien protégé en cas d'arrêt maladie. Et vous, vous voulez juste comprendre ce que vous gagnerez ou perdrez en net dans la poche, à la retraite, et le jour où vous voudrez vendre. C'est exactement la conversation que je tiens chaque semaine avec mes clients dirigeants chez Hagnéré Patrimoine.
Le débat « TNS vs assimilé salarié» est mal posé dans 90 % des articles que vous trouverez en ligne. La plupart comparent le net mensuel à un instant T, oublient la retraite complémentaire (où l'écart se chiffre en centaines de milliers d'euros sur 30 ans), passent sous silence le piège des dividendes > 10 % du capital pour le gérant majoritaire SARL, et entretiennent le mythe selon lequel « la SAS donne droit au chômage » — ce qui est faux. Ce guide remet les pendules à l'heure, chiffres URSSAF et arrêtés 2026 à l'appui.
Trois personae vont nous accompagner : Stéphane, 52 ans, président de SAS tech à Lyon, 200 000 € de rémunération + dividendes, marié 3 enfants. Dr Marchand, 49 ans, chirurgien-dentiste TNS libéral en SELARL à Annecy, 150 000 € de BNC, en couple Pacs avec un enfant. Chloé, 34 ans, fondatrice SaaS à Paris en levée de fonds, 80 000 € de rémunération en SAS, célibataire. Trois profils, trois statuts, trois résultats. À la fin du guide, vous saurez à l'euro près combien chacun gagne sur 30 ans — et lequel aurait dû choisir l'autre statut.
Statut TNS ou SAS : combien dans votre cas ?
Un CGP indépendant calcule le différentiel net dans la poche sur 30 ans à partir de votre situation : revenu cible, projet de cession, structure familiale.
1. Quelle différence entre TNS et gérant salarié en 2026 ?
Mis à jour le 30 avril 2026 — Références légales mobilisées : CSS art. L. 311-3 (assimilés salariés — alinéa 23 président SAS), L. 611-1 (champ TNS — SSI), L. 131-6 (assiette TNS et seuil 10 % capital) ; CGI art. 62 (gérants majoritaires — traitements et salaires), 154 bis (Madelin/PER TNS), 158 (dividendes — RCM) ; décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 (taux 2026 réforme assiette unique) ; arrêté du 22 décembre 2025 (PASS 2026 fixé à 48 060 €) ; LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).
Saviez-vous qu'à coût équivalent pour l'entreprise, un dirigeant peut toucher jusqu'à 5 000 € de plus dans la poche selon le statut qu'il a choisi ? Et qu'à 200 000 € de revenu, l'écart annuel atteint 16 000 € ? La différence entre TNS et assimilé salarié n'est pas un détail technique : c'est le premier levier de votre rémunération nette.
Avant d'aller dans le détail des taux et des barèmes, il faut poser le décor. Deux régimes sociaux distincts, deux logiques de prélèvement, deux niveaux de protection. Comprendre cette dualité évite les erreurs de novice qui coûtent cher 30 ans plus tard, au moment de liquider la retraite.
En 2026, le TNS (gérant majoritaire SARL, EURL associé unique, entreprise individuelle, SELARL gérant majoritaire) cotise environ 33 à 45 % de son revenu net via la Sécurité sociale des indépendants — SSI avec assiette unique réformée au 1er avril 2026. Le gérant assimilé salarié (président SAS/SASU, gérant minoritaire ou égalitaire SARL, directeur général SA) cotise 75 à 82 % du net au régime général, avec une retraite complémentaire AGIRC-ARRCO et une prévoyance plus complètes mais sans aucun droit à l'assurance chômage.
| Critère | TNS (gérant majoritaire SARL, EURL, EI, SELARL) | Assimilé salarié (président SAS/SASU, gérant minoritaire SARL) |
|---|---|---|
| Cotisations 2026 (% du net dirigeant) | 33 à 45 % (SSI, après réforme assiette unique au 1/4/2026) | 75 à 82 % de charges totales (patronales 42-45 % + salariales 22-28 %) |
| Régime social | Sécurité sociale des indépendants — SSI (CSS art. L. 611-1) | Régime général + AGIRC-ARRCO (CSS art. L. 311-3) |
| Cotisations sur dividendes | Oui, sur la fraction > 10 % du capital libéré + primes + comptes courants (CSS art. L. 131-6) | Non, jamais. PFU 31,4 % seul (12,8 % IR + 18,6 % PS post-LFSS 2026) ou option barème |
| Chômage / Accident du travail | Aucun chômage France Travail (ATI plafonnée 800 €/mois 6 mois max). AT/MP : couverture privée à souscrire | Aucun chômage France Travail. AT/MP : oui, automatique (~ 1 % du brut) |
Concrètement : un TNS qui dégage 80 000 € de revenu professionnel paie environ 26 400 € de cotisations sociales (33 % du brut post-réforme), conserve donc autour de 54 000 € de net imposable et termine à environ 43 000 € après impôt sur le revenu. Pour le même niveau de net, un président de SAS rémunéré 80 000 € de salaire brut coûte environ 113 000 € à son entreprise (super-brut = 100 % du brut + 42 % de charges patronales) et ne touche que 33 800 € après IR, soit 9 350 €/an de moins que le TNS — mais il accumule des points AGIRC-ARRCO précieux sur 30 ans. Données URSSAF 2026, simulateur mon-entreprise.urssaf.fr.
Avant de chiffrer le différentiel à l'euro près, il faut savoir dans quel camp vous tombez selon la forme juridique de votre société. Et là, attention : le statut social n'est pas un choix libre.
2. Qui est TNS et qui est assimilé salarié selon la forme juridique ?
Mis à jour le 30 avril 2026 — Références légales mobilisées :CSS art. L. 311-3 (liste des assujettis au régime général ; alinéa 11 gérant minoritaire SARL ; alinéa 12 PCA, DG et DG délégué SA ; alinéa 23 président et DG de SAS/SASU) ; L. 611-1 (champ TNS — SSI : artisans, commerçants, professions libérales, gérants majoritaires SARL/EURL, associés SNC) ; BOFiP BOI-RSA-GER-10-10-10-10 (cumul des parts conjoint marié, partenaire de Pacs et enfants mineurs non émancipés pour l'appréciation de la gérance majoritaire SARL) ; loi du 14 février 2022 (limitation du conjoint collaborateur à 5 ans).
Le statut social du dirigeant n'est pas un choix libre : il est imposé par la forme juridique de la société et par le pourcentage de parts détenu, conjoint et enfants mineurs inclus. Beaucoup de créateurs croient pouvoir « choisir » entre TNS et assimilé salarié à la création — c'est faux.
80 % des dirigeants que je rencontre en premier rendez-vous pensent pouvoir trancher librement leur affiliation. La réalité est tout autre : c'est l'article L. 311-3 du Code de la sécurité sociale (côté régime général) et l'article L. 611-1 du même code (côté SSI) qui décident pour vous. Le seul vrai choix se fait en amont, au moment de la rédaction des statuts et de la répartition du capital.
| Forme juridique | Situation du dirigeant | Régime social | Référence CSS |
|---|---|---|---|
| Entreprise individuelle (EI), micro-entrepreneur | Exploitant personne physique | TNS — SSI | art. L. 611-1 |
| EURL | Associé unique exerçant la gérance | TNS — SSI | art. L. 611-1 |
| EURL | Gérant non-associé rémunéré | Assimilé salarié — régime général | art. L. 311-3 |
| SARL | Gérant majoritaire (cumul gérant + conjoint + Pacs + enfants mineurs > 50 %) | TNS — SSI | art. L. 611-1 |
| SARL | Gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré | Assimilé salarié — régime général | art. L. 311-3, 11° |
| SARL | Gérant non-associé rémunéré | Assimilé salarié — régime général | art. L. 311-3, 11° |
| SAS / SASU | Président rémunéré | Assimilé salarié — régime général | art. L. 311-3, 23° |
| SAS / SASU | Directeur général rémunéré | Assimilé salarié — régime général | art. L. 311-3, 23° |
| SA | Président du CA, DG, DG délégué (rémunérés) | Assimilé salarié — régime général | art. L. 311-3, 12° |
| SNC | Associés exerçant une activité dans la société | TNS — SSI | art. L. 611-1 |
| SELARL (libéraux) | Gérant majoritaire | TNS — SSI | art. L. 611-1 |
| SELAS (libéraux) | Président rémunéré | Assimilé salarié — régime général | art. L. 311-3, 23° |
Concrètement : dans une SARL, le calcul de la majorité ne se limite pas aux parts détenues en propre par le gérant. La doctrine fiscale (BOFiP BOI-RSA-GER-10-10-10-10) et l'article R. 511-2 CSS imposent de cumuler les parts détenues par le gérant, son conjoint marié, son partenaire de Pacs et ses enfants mineurs non émancipés. Le piège classique consiste à détenir 40 % en personnel et 15 % via le conjoint : vous êtes gérant majoritaire au sens social (cumul = 55 %) et donc TNS, même si chacun pris isolément serait minoritaire et même si vous n'avez jamais voté la majorité formellement en assemblée.
Cette règle de cumul a été étendue aux partenaires de Pacs par la jurisprudence puis confirmée par BOFiP. Conséquence : un couple pacsé qui détient 30 % + 25 % via le gérant et son partenaire est dans la même situation qu'un couple marié — gérance majoritaire et statut TNS — avec toutes les conséquences en cascade sur les cotisations, la retraite et les dividendes.
Cas pratique — le couple Stéphane
Stéphane et sa femme cofondent en 2018 une SAS tech à Lyon avec une répartition 60/40 (Stéphane détient 60 % et sa conjointe 40 %). Stéphane est nommé président de la SAS, sa conjointe est directrice générale rémunérée. Conclusion :tous deux sont assimilés salariés au régime général (art. L. 311-3, 23° CSS), ils cotisent à l'AGIRC-ARRCO, accumulent des points retraite complémentaire et bénéficient de la couverture AT/MP automatique.
S'ils avaient choisi la SARL avec la même répartition 60/40, le scénario aurait été radicalement différent. Stéphane gérant majoritaire au sens strict (60 % > 50 %) = TNS — SSI. Et même si Stéphane n'avait détenu que 35 % en personnel + 25 % via sa femme, la règle de cumul aurait fait basculer l'ensemble en gérance majoritaire (60 % cumulés). Différence sur 30 ans : ~ 180 000 € de retraite complémentaire en moins, partiellement compensable par un PER TNS plafonné à 88 911 € (CGI art. 154 bis). Le choix de la forme juridique aujourd'hui conditionne 30 ans de droits sociaux.
Conjoint collaborateur : la fin programmée au 31 décembre 2026
Depuis le 1er janvier 2022 (loi du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante), le statut de conjoint collaborateur est limité à 5 ans sur l'ensemble d'une carrière. Un conjoint qui a opté pour ce statut entre 2017 et 2022 doit donc basculer obligatoirement en conjoint salarié ou en conjoint associé au plus tard au 31 décembre 2026 (sauf dérogation pour proximité de la retraite — 67 ans avant le 31 décembre 2031).
Conséquence pratique :environ 50 000 conjoints collaborateurs en France basculent cette année. Le passage en conjoint salarié (régime général, contrat de travail, fiche de paie, cotisations chômage si subordination réelle) ou en conjoint associé (TNS sur sa quote-part de revenu) doit être préparé 6 à 12 mois à l'avance pour éviter les ruptures de couverture maladie et d'ouverture de droits à la retraite. C'est typiquement le sujet sur lequel je suis sollicité par mes clients dirigeants de TPE familiales.
Maintenant que vous savez dans quel régime vous tombez par défaut, voyons concrètement combien le TNS paie en 2026, après la réforme assiette unique du 1er avril.
3. Comment fonctionnent les cotisations TNS après la réforme assiette unique 2026 ?
Mis à jour au 30 avril 2026 — Références : décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024, LFSS 2024, Code de la sécurité sociale art. L. 131-6, URSSAF « Réforme des cotisations indépendants ».
En 2026, la cotisation TNS change de visage : nouvelle assiette, nouveaux taux, nouveau barème maladie. C'est la première grande réforme depuis l'intégration au régime général en 2018. Tout article daté d'avant avril 2026 est obsolète : si vous avez lu un comparatif TNS rédigé en 2025, jetez-le sans hésiter, les chiffres ne correspondent déjà plus à ce que vous allez payer cette année.
Si vous êtes gérant majoritaire de SARL, associé unique d'EURL à l'IS, entrepreneur individuel ou en SELARL libérale, vous êtes concerné. Avant d'ouvrir le tableau des taux, posons les trois piliers de la réforme — c'est ce qui structure la lecture de tout le reste.
La réforme assiette unique TNS expliquée en 3 points
- Avant.L'assiette était différenciée : les cotisations sociales étaient calculées sur le revenu net professionnel, lui-même diminué de la CSG-CRDS, alors que la CSG-CRDS portait sur une assiette élargie (revenu net + cotisations obligatoires). Deux assiettes pour un même euro de revenu : technique et illisible.
- Après (1er avril 2026). Assiette unique = revenu brut professionnel × 0,74 (abattement forfaitaire de 26 %) à la fois pour les cotisations sociales et pour la CSG-CRDS. Une seule base, une seule lecture.
- Effet.Le total prélevé reste neutre par construction (objectif explicite du législateur), mais un transfert mécanique s'opère : la part CSG diminue, la part retraite augmente. À coût constant, vous achetez plus de droits retraite. C'est, pour une fois, une réforme qui travaille pour vous.
3.1 Les taux de cotisations TNS 2026 dans le détail
Voici le tableau intégral des cotisations applicables à un artisan, commerçant ou professionnel libéral non réglementé en 2026. Tous les taux s'appliquent sur la nouvelle assiette unique, sauf les forfaits explicitement marqués.
| Cotisation | Taux 2026 | Assiette / tranche | Source |
|---|---|---|---|
| Maladie-maternité (taux plein) | 8,5 % | Au-delà du plafond bas du barème progressif | Décret 2024-688 ; URSSAF |
| Maladie — barème progressif | 0 % à 8,5 % | Revenus inférieurs au plafond bas (montée linéaire) | URSSAF |
| Indemnités journalières (IJ) | 0,85 % | Dans la limite de 5 PASS = 240 300 € | URSSAF |
| Retraite de base — part plafonnée | 17,75 % | Limite 1 PASS (48 060 €) | URSSAF |
| Retraite de base — part déplafonnée | 0,72 % (était 0,60 %) | Sur la totalité du revenu | Décret 2024-688 |
| Retraite complémentaire RCI — T1 | 8,1 % (était 7 %) | 0 à 1 PASS | Décret 2024-688 |
| Retraite complémentaire RCI — T2 | 9,1 % (était 8 %) | 1 PASS à 4 PASS (192 240 €) | Décret 2024-688 |
| Invalidité-décès | 1,3 % | Limite 1 PASS | URSSAF |
| Allocations familiales | 0 % à 3,10 % (progressif) | 0 % si revenu ≤ 110 % PASS, 3,10 % au-delà de 140 % PASS (~ 67 284 €) | URSSAF |
| CSG-CRDS | 9,7 % (6,8 + 2,4 + 0,5) | Sur l'assiette unique (revenu brut × 0,74) | CSS art. L. 136-3 + Ord. 96-50 |
| CFP — commerçants / PL non réglementées | 120 € forfait annuel | — | URSSAF 2026 |
Lecture rapide : la retraite (base + complémentaire) pèse à elle seule entre 26 et 27 % de l'assiette pour un revenu d'un PASS. C'est elle, et non la maladie ou la CSG, qui est le vrai poste de charge. Et c'est elle aussi qui finance vos points retraite RCI (Régime Complémentaire des Indépendants), l'équivalent TNS de l'AGIRC-ARRCO des salariés.
3.2 Concrètement, sur 100 000 € de revenu pro
Prenons un revenu professionnel de 100 000 €. Sur l'ancien régime, l'assiette servant au calcul des cotisations atteignait environ 125 000 € une fois la CSG-CRDS elle-même intégrée (effet « cotisations sur les cotisations »). Sur la nouvelle assiette unique 2026, la base passe à 74 000 € (100 000 × 0,74).
Le total prélevé est quasi inchangé — c'est l'objectif de neutralité. Mais à l'intérieur de l'enveloppe, la part « retraite » grimpe d'environ 12 % pendant que la part « CSG » recule d'autant. Concrètement : même ticket, plus de droits dans la tirelire retraite. Si vous cotisez 30 ans dans ce régime, vous touchez quelques milliers d'euros de pension complémentaire en plus à 67 ans, sans avoir déboursé un euro de plus.
3.3 Cas pratique — Dr Marchand, chirurgien-dentiste libéral à Annecy
Le Dr Marchand exerce en SELARL gérant majoritaire (statut TNS avec rattachement CARMF pour la retraite vieillesse). Il déclare 150 000 € de BNC en 2025. Voyons ce que la réforme change pour lui à la régularisation d'avril 2026.
- Avant réforme (calcul théorique sur 2024) : environ 50 000 € de cotisations sociales toutes lignes confondues, dont environ 7 000 € de retraite complémentaire RCI.
- Après réforme (régularisation 2025 en avril 2026) : environ 49 500 € de cotisations totales (quasi équivalent), mais 8 100 € de RCI — soit l'équivalent de 2 points de retraite complémentaire supplémentaires acquis chaque année, sans surcoût.
Sur 30 ans de carrière, ces 2 points par an pèsent lourd. C'est une bonne nouvelle pour les TNS qui ont longtemps subi le procès en infériorité de la retraite RCI face à l'AGIRC-ARRCO des salariés. Le différentiel ne disparaît pas — on en parle dans la H2 6 — mais il se réduit. Et pour ceux qui veulent le combler entièrement, le PER pour combler la retraite TNS reste l'outil le plus puissant, avec un plafond Madelin jusqu'à environ 87 000 € par an (article 154 bis CGI).
À noter : les cotisations minimales TNS 2026
Même un dirigeant TNS qui ne se rémunère pas, ou qui déclare un déficit, paie un socle minimal pour conserver l'ouverture de ses droits sociaux. En 2026 :
- Retraite de base : assiette plancher 5 409 € (450 × SMIC horaire 12,02 €) → cotisation minimale ≈ 960 €
- Indemnités journalières : assiette plancher 19 224 € (40 % PASS) → cotisation minimale ≈ 163 €
- Invalidité-décès : assiette plancher 5 527 € (11,50 % PASS) → cotisation minimale ≈ 72 €
- CFP : 120 € forfait commerçants / PL non réglementées
Conséquence pratique : « sous-coter » son revenu professionnel pour minimiser les charges est une fausse bonne idée. Vous payez quand même environ 1 200 €/an, et vos IJ deviennent ridicules en cas d'arrêt maladie. Mieux vaut piloter le revenu sur le PASS pour valider les 4 trimestres annuels.
Vous avez maintenant le barème complet du TNS 2026. Mais tout cela est un bloc unique de prélèvement — un seul payeur, une seule assiette. En face, le dirigeant assimilé salarié paie deux niveaux de cotisations bien distincts : la part patronale, supportée par l'entreprise, et la part salariale, prélevée sur sa fiche de paie. Voyons ce que cela donne.
5. Quel est le coût réel de 1 € de net en TNS vs assimilé salarié ?
Mis à jour au 30 avril 2026 — Références : URSSAF mon-entreprise.urssaf.fr (simulateur SASU 01/2026 et indépendant 01/2026), hypothèse barème IR 2026 indexé à +1,8 % (tranches 0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %).
C'est la question que vous n'osez jamais poser à votre comptable : combien me coûte vraiment chaque euro de net que je touche ? La réponse est inconfortable parce qu'elle renvoie à un seul ratio — le coût total entreprise rapporté au net après IR. Tout le reste (cotisations, brut, net imposable) ne sont que des étapes intermédiaires.
Comparer les statuts sans ramener au « 1 € de net » est trompeur. Un TNS qui se verse 80 000 € de revenu professionnel et un président de SAS qui touche 80 000 € de brut ne sont pas comparables : pour le premier, le coût entreprise est de 80 000 € ; pour le second, il atteint 113 000 €. Pour comparer honnêtement, on raisonne à coût total entreprise égal et on regarde ce qui atterrit sur le compte personnel après IR.
5.1 Comparatif sur 4 niveaux de revenu (célibataire, sans enfant, IR 2026)
| Niveau (coût entreprise) | TNS gérant majoritaire SARL | Assimilé salarié SAS | Différentiel TNS − Salarié |
|---|---|---|---|
| 50 000 € | Cotisations ≈ 16 500 € · Net imposable ≈ 33 500 € · IR ≈ 3 750 € · Net après IR ≈ 29 750 € | Patronales ≈ 14 800 € · Salariales ≈ 9 050 € · Net imposable ≈ 26 150 € · IR ≈ 1 550 € · Net après IR ≈ 24 600 € | + 5 150 € en faveur du TNS |
| 80 000 € | Cotisations ≈ 26 400 € · Net imposable ≈ 53 600 € · IR ≈ 8 750 € · Net après IR ≈ 44 850 € | Patronales ≈ 23 700 € · Salariales ≈ 14 100 € · Net imposable ≈ 42 200 € · IR ≈ 5 200 € · Net après IR ≈ 37 000 € | + 7 850 € en faveur du TNS |
| 150 000 € | Cotisations ≈ 49 500 € · Net imposable ≈ 100 500 € · IR ≈ 24 100 € · Net après IR ≈ 76 400 € | Patronales ≈ 44 400 € · Salariales ≈ 26 300 € · Net imposable ≈ 79 300 € · IR ≈ 16 850 € · Net après IR ≈ 62 450 € | + 13 950 € en faveur du TNS |
| 250 000 € | Cotisations ≈ 80 000 € · Net imposable ≈ 170 000 € · IR ≈ 53 200 € · Net après IR ≈ 116 800 € | Patronales ≈ 73 000 € · Salariales ≈ 44 500 € · Net imposable ≈ 132 500 € · IR ≈ 37 100 € · Net après IR ≈ 95 400 € | + 21 400 € en faveur du TNS sur le net immédiat (s'inverse avec dividendes SAS) |
Hypothèses de calcul : TNS post-réforme 2026, cotisations ≈ 33 % du revenu pro (mix maladie + retraite + CSG-CRDS). Salarié SAS : charges patronales ≈ 42 % du brut, charges salariales ≈ 25 %. Barème IR 2026 (hypothèse d'indexation +1,8 %) : 0 % jusqu'à 11 497 €, 11 % jusqu'à 29 315 €, 30 % jusqu'à 83 823 €, 41 % jusqu'à 180 294 €, 45 % au-delà. Chiffres indicatifs (± 5 %) à recalculer via le simulateur officiel pour votre situation.
Calcul du ratio coût-net pour le dirigeant
- TNS : Coût entreprise = revenu pro = brut. Cotisations ≈ 33 % × revenu pro. Net imposable ≈ revenu pro − cotisations. Pas de séparation patronale/salariale.
- Assimilé salarié : Coût entreprise = brut × 1,42 (charges patronales ≈ 42 %). Net imposable ≈ brut × 0,76 (charges salariales ≈ 24 %). Ratio super-brut / net imposable ≈ 1,80 à 1,88.
5.2 Lecture stratégique du tableau
Le TNS sort gagnant sur le net immédiat à tous les niveaux de revenu, et l'écart se creuse à mesure que le revenu monte. À 80 000 € de coût entreprise, le différentiel atteint ~ 7 850 €/an en faveur du TNS. À 150 000 €, l'écart grimpe à ~ 14 000 €/an. À 250 000 €, on dépasse les 20 000 € de différentiel sur le net immédiat.
Mais ce tableau ne raconte qu'une partie de l'histoire. À 250 000 €, le différentiel s'inverse parfois quand on regarde la stratégie complète : si le dirigeant SAS maximise ses dividendes (PFU 31,4 % pur, pas de cotisations sociales sur la partie distribuée), il rattrape voire dépasse le TNS. À l'inverse, si le gérant majoritaire SARL distribue des dividendes au-delà de 10 % du capital, ces dividendes tombent dans l'assiette TNS à ~ 45 % (article L. 131-6 CSS) — l'avantage s'effondre. Chez Hagnéré Patrimoine, c'est exactement l'arbitrage que nous modélisons en bilan dirigeant : tester 3 stratégies de distribution sur 30 ans pour voir laquelle tient la route. C'est le sujet de la H2 8.
5.3 Cas pratique — Chloé, fondatrice SaaS à Paris
Chloé a 34 ans, célibataire, fondatrice d'une SaaS parisienne en levée de fonds. Elle se verse 80 000 € de rémunération brute en SAS présidente. Faisons l'exercice de comparaison à coût entreprise constant.
- SAS présidente (situation actuelle) : coût entreprise ≈ 113 000 €. Net imposable ≈ 60 000 €. IR célibataire (barème LF 2026) ≈ 11 100 €. Net après IR ≈ 48 900 €.
- Si elle se constituait en SARL gérante majoritaire avec le même coût entreprise (113 000 € de revenu pro) : cotisations TNS ≈ 37 000 €. Net imposable ≈ 76 000 €. IR ≈ 16 000 €. Net après IR ≈ 60 000 €.
Différence sèche : + 6 000 à + 6 500 € par an en faveur de la SARL TNSsur le net immédiat. Attractif sur le papier. Mais Chloé prépare une levée de fonds — et c'est là que le calcul bascule.
En SARL gérance majoritaire, sa retraite complémentaire RCI serait amputée d'environ 30 % par rapport à l'AGIRC-ARRCO qu'elle accumule en SAS (différentiel développé en H2 6). Surtout, à la sortie de la levée, les futurs dividendes distribués tomberaient dans le piège des 10 % du capital (article L. 131-6 CSS) : ses dividendes seraient soumis à ~ 45 % de cotisations TNS au lieu du PFU 30 % qu'elle paiera en SAS. Sur une distribution de 150 000 € post-levée, le surcoût en SARL serait d'environ 22 500 €. Le calcul s'inverse alors — la SAS reste le bon choix pour elle, malgré le différentiel défavorable sur le net immédiat. Pour piloter finement la déduction PER qui peut compenser une partie du gap retraite, voyez calculer sa déduction PER.
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Avec un CGP ORIAS (CIF/COA/COBSP), simulez votre coût net 2026 sur votre situation précise (TMI, capital social, projet de levée ou de cession) avant de figer un statut social pour 5 ou 10 ans.
Vous avez maintenant le différentiel chiffré sur le net immédiat. Mais le vrai choc se voit sur 30 ans, à la retraite — c'est là que la moindre cotisation AGIRC-ARRCO non versée pèse 5 000 à 6 000 € par an de pension en moins. Plongeons dans le comparatif retraite à 30 ans.
6. Quel impact sur la retraite à 30 ans ?
Mis à jour le 30 avril 2026. Sources : AGIRC-ARRCO, Circulaire 2025-16-SG-DRJ (valeur du point service 1,4386 € au 1er novembre 2025) ; URSSAF, régime de retraite complémentaire des indépendants (RCI) ; CGI art. 154 bis (plafond Madelin et PER TNS) ; CGI art. 163 quatervicies (plafond PER individuel salarié).
Vous arbitrez aujourd'hui sur 5 000 € de différence en net mensuel ? Sur 30 ans, c'est jusqu'à 150 000 € de retraite en moins qui se jouent. Et ce poste — la retraite complémentaire — est le grand oublié de tous les comparateurs en ligne. Aucun acteur du top 10 SERP (lecoindesentrepreneurs, l-expert-comptable, Bpifrance Création, legalplace, captaincontrat, compta-online, shine) ne pose le calcul à 30 ans entre RCI(régime de retraite complémentaire des indépendants, côté TNS) et AGIRC-ARRCO(côté assimilé salarié). C'est ce que nous faisons ici, à l'euro près.
6.1 Deux régimes complémentaires aux logiques opposées
Le TNS cotise au RCI sur une assiette plafonnée à 4 PASS (192 240 € en 2026). Le président de SAS et le gérant minoritaire de SARL cotisent à l'AGIRC-ARRCO, plafonnée à 8 PASS (384 480 €), avec un taux de tranche 2 nettement plus généreux. Mécaniquement, à revenu équivalent, l'AGIRC-ARRCO génère plus de points… donc plus de pension.
| Paramètre 2026 | RCI (TNS) | AGIRC-ARRCO (assimilé salarié) |
|---|---|---|
| Valeur du point — service | ≈ 19,84 € / an (à confirmer après revalorisation 2026) | 1,4386 € / point |
| Valeur d'achat du point | Incluse dans la cotisation (pas de prix d'achat affiché) | 20,1877 € / point |
| Taux d'acquisition T1 (jusqu'à 1 PASS) | 8,1 % | 7,87 % |
| Taux d'acquisition T2 (au-delà 1 PASS) | 9,1 % (1 à 4 PASS) | 21,59 % (1 à 8 PASS) |
| Plafond d'assiette | 4 PASS = 192 240 € | 8 PASS = 384 480 € |
| Pilotage personnel | Limité (régime obligatoire fermé) | Limité (régime obligatoire fermé) |
Concrètement: à partir d'environ 1,5 PASS de revenu (≈ 72 000 €), l'AGIRC-ARRCO décroche fortement le RCI grâce à son taux T2 supérieur (21,59 % vs 9,1 %) et à son plafond plus élevé. Plus le revenu est élevé, plus l'écart se creuse.
6.2 Simulation 30 ans à 80 000 € de revenu — le différentiel chiffré
Retraite complémentaire annuelle attendue (revenu stable 80 000 € sur 30 ans)
- TNS (RCI) : ≈ 12 069 € / an de complémentaire
- Assimilé salarié (AGIRC-ARRCO) : ≈ 17 953 € / an de complémentaire
- Écart : 5 884 € / an, soit 30 % de moins côté TNS
- Sur 25 ans de retraite moyenne : ≈ 147 100 € de pension capitalisée en faveur de l'assimilé salarié
Concrètement: pour combler cet écart, le TNS dispose toutefois d'une arme fiscale puissante : le PER TNS(Plan d'Épargne Retraite, art. 154 bis CGI). Son plafond de déduction atteint ≈ 88 911 €en 2026 (10 % du PASS + 15 % de la fraction de bénéfice supérieure à 1 PASS, plafond global 8 PASS). À comparer au PER individuel d'un salarié, plafonné à 4 806 € (10 % du PASS standard) — voire 37 680 € pour les salariés à très hauts revenus qui mobilisent leur plafond complet (10 % de la rémunération annuelle nette dans la limite de 8 PASS, art. 163 quatervicies CGI). À une tranche marginale d'imposition (TMI) de 41 %, la déduction PER TNS pleinement exploitée économise jusqu'à ≈ 36 453 € d'impôt sur le revenu (IR)par an, ce qui finance largement le différentiel de retraite et même au-delà.
Pour aller plus loin, voir notre guide pilier sur le PER et notre simulateur pour calculer votre déduction PER selon votre TMI.
6.3 Cas pratique — Stéphane, président SAS tech à Lyon
Stéphane dirige une SAS tech à Lyon depuis 20 ans, avec une rémunération brute de 200 000 € / an. En 30 ans de carrière au même rythme :
- En SAS (assimilé salarié): il accumule ≈ 5 400 points AGIRC-ARRCO (estimation mécanique sur 30 ans à 200 k€), soit une pension complémentaire annuelle d'environ 21 600 € / an à liquidation. Sur 25 ans de retraite : ≈ 540 000 € de complémentaire cumulée.
- En SARL gérant majoritaire (TNS) à revenu identique : sa pension RCI projetée plafonne à environ 14 400 € / an, soit ≈ 360 000 € cumulés sur 25 ans de retraite.
- Différentiel brut : ≈ 180 000 € en faveur du statut assimilé salarié sur la durée de retraite.
Mais— et c'est là que le raisonnement s'inverse — en TNS Stéphane aurait pu verser ≈ 30 000 € / an sur son PER en pleine déduction, soit ≈ 12 000 € / an d'IR économisés à TMI 41 %. Sur 30 ans de carrière : ≈ 360 000 € d'IR économisé cumulé, qui, capitalisés sur le PER, peuvent dépasser les 600 000 € à liquidation. Aucune projection ni aucun rendement n'est garanti.
Lecture stratégique CGP
La perte de retraite complémentaire en TNS n'est pas une fatalité. Le PER TNS, utilisé activement, peut inverser le rapport de forceface à l'AGIRC-ARRCO — à condition de discipline d'épargne et d'une trésorerie d'entreprise capable de financer l'effort. Côté assimilé salarié, l'AGIRC-ARRCO fonctionne en pilote automatique, sans effort fiscal supplémentaire, mais la marge de progression est quasi-nulle. Chez Hagnéré Patrimoine, nous modélisons toujours les deux trajectoires sur 25 ans pour le client : le différentiel net de fiscalité PER vs gain AGIRC-ARRCO.
La retraite n'est cependant qu'un poste parmi d'autres. Que se passe-t-il en cas d'arrêt maladie, d'accident professionnel ou de décès ? C'est l'objet de la section suivante.
8. Le piège des dividendes > 10 % du capital pour le gérant majoritaire SARL
Mis à jour le 30 avril 2026. Sources : Code de la Sécurité sociale art. L. 131-6 ; LFSS 2024 et LFSS 2026 (loi n° 2025-1403) ; Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366 (SEL / SPFPL) ; Cass. 2e civ. 23 octobre 2024, n° 23-17.460 (confirmation).
Vous distribuez 100 000 € de dividendes en SARL gérance majoritaire ? Vous risquez de payer jusqu'à 28 000 € de cotisations sociales en plusde la flat tax — un surcoût massif que la transformation en SAS fait disparaître. C'est le mécanisme de l'article L. 131-6 CSS, et c'est la principale raison pour laquelle 70 % des entrepreneurs que nous accompagnons envisagent une transformation SARL → SAS. Mais cette transformation a aussi ses propres risques (abus de droit fiscal, perte d'IJ pendant la carence d'affiliation au régime général).
8.1 Le mécanisme L. 131-6 CSS, en clair
Article L. 131-6 CSS — la règle des « 10 % du capital »
- Pour le gérant majoritaire de SARL ou EURL TNS, la fraction de dividendes excédant 10 % du (capital social libéré + primes d'émission + sommes versées en compte courant d'associé) est requalifiée en revenu d'activité TNS.
- Conséquence : cotisations SSI à environ 45 % sur cette fraction excédentaire, en plus de la fiscalité personnelle (et avec déductibilité partielle).
- Le président de SAS / SASU et le gérant minoritaire de SARL y échappent entièrement : leurs dividendes restent soumis au seul PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux post-LFSS 2026).
- Les prélèvements sociaux(CSG-CRDS pour les TNS) ne sont pas effacés mais s'ajoutent à la mécanique : ils sont calculés sur la fraction non requalifiée et sur les cotisations selon les règles de l'assiette unique 2026.
Concrètement: prenons une SARL avec 10 000 € de capital social libéré, sans CCA (compte courant d'associé) ni primes d'émission. Distribution de 100 000 € de dividendes au gérant majoritaire. Le seuil 10 % vaut 1 000 €. Les 99 000 €restants sont requalifiés en revenu d'activité et subissent ≈ 45 % de cotisations SSI = environ 44 550 € de cotisations, là où le même flux, distribué via une SAS, supporterait :
- 18,6 % de prélèvements sociaux × 100 000 € = 18 600 € (PS post-LFSS 2026, loi 2025-1403 art. 12)
- 12,8 % d'IR (PFU) × 100 000 € = 12 800 €
- Total SAS : ≈ 31 400 €
Surcoût SARL gérance majoritaire vs SAS : ≈ 26 200 € pour 100 000 € distribués, soit plus de 26 % du flux brut distribué qui part en cotisations supplémentaires.
8.2 Comparatif chiffré 100 000 € de dividendes — SARL gérant majoritaire vs président SAS
| Poste | SARL gérant majoritaire (capital 10 k€, sans CCA) | Président SAS / SASU |
|---|---|---|
| Seuil 10 % du capital | 1 000 € | Non applicable |
| Fraction soumise aux cotisations SSI | 99 000 € | 0 € |
| Cotisations SSI (≈ 45 %) | ≈ 44 550 € | 0 € |
| Prélèvements sociaux (CSG-CRDS / PS) | 9,7 % CSG-CRDS sur cotisations + PS sur fraction non requalifiée | 18,6 % × 100 000 € = 18 600 € (PS post-LFSS 2026) |
| IR — PFU 12,8 % | 12,8 % × (100 000 € − cotisations déductibles) | 12,8 % × 100 000 € = 12 800 € |
| Total prélèvements (ordre de grandeur) | ≈ 56 200 € | ≈ 31 400 € |
| Net pour le dirigeant | ≈ 43 800 € | ≈ 68 600 € |
Lecture : sur 100 000 € distribués, le gérant majoritaire SARL net en poche ≈ 43 800 €, le président SAS ≈ 68 600 €. Différentiel net : ≈ 24 800 € en faveur du président de SAS, à structure de capital identique.
Attention — la « holding sandwich » SAS n'est pas la solution miracle
Tentation classique : monter une holding SAS au-dessus de la SARL, faire remonter les dividendes en franchise grâce au régime mère-fille (95 % d'exonération, IS effectif 1,25 %), puis se les redistribuer en SAS holding sans cotisation TNS.
Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366 a sérieusement fragilisé ce schéma sur les SEL / SPFPL (sociétés d'exercice libéral / sociétés de participations financières de professions libérales) : les dividendes versés par la SEL à la SPFPL sont assimilés à des revenus d'activité du gérant majoritaire de la SEL et soumis aux cotisations sociales SSI. Position confirmée par Cass. 2e civ. 23 octobre 2024, n° 23-17.460.
À surveiller pour les SARL classiques : la jurisprudence n'est pas encore unifiée à ce jour mais le risque d'extension est réel et appelle un audit préalable avant tout montage. Voir notre guide pilier sur la holding patrimoniale et le détail du régime mère-fille vs intégration fiscale.
8.3 Cas pratique — Stéphane, dirigeant SAS, distribue 150 000 € / an à sa holding
Stéphane (déjà rencontré en section 6) distribue chaque année 150 000 € de sa SAS opérationnelle vers sa holding patrimoniale SAS. Grâce au régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) :
- 5 % de quote-part de frais et charges réintégrée à l'IS, soit 7 500 € imposés à 25 % = 1 875 € d'IS résiduel,
- aucune cotisation sociale TNS, aucun prélèvement social personnel tant que les dividendes ne quittent pas la holding,
- la trésorerie remontée (148 125 €) peut être réinvestie dans un contrat de capitalisation personne morale, des SCPI, du private equity ou de l'immobilier via SCI à l'IS détenue par la holding.
La même opération en SARL gérance majoritaire, avec 10 000 € de capital social et sans CCA structurant, aurait requalifié 149 000 € (150 000 € − 1 000 € de seuil) en revenu d'activité TNS, soit ≈ 67 050 € de cotisations SSI supplémentaires à payer par Stéphane personnellement. Surcoût annuel : ≈ 65 000 €, soit l'équivalent d'un salaire net de cadre confirmé qui part en cotisations chaque année.
Précision : ce comparatif est volontairement schématique et ne tient pas compte des optimisations possibles en SARL (augmentation de capital, apport en CCA structuré, lissage dans le temps des distributions). Chez Hagnéré Patrimoine, une étude personnalisée avec un CGP ORIAS est systématique avant toute décision de transformation ou de distribution > 10 %.
Vous distribuez plus de 10 % de votre capital en dividendes ?
Faisons le point sur la transformation SARL → SAS sans risque d'abus de droit, ou sur la structuration d'une holding patrimoniale conforme à la jurisprudence Cass. 2e civ. 19 octobre 2023.
La transformation SARL → SAS, l'ouverture d'un PER TNS, la souscription d'une prévoyance Madelin / PERIN, le montage d'une holding patrimoniale : ces leviers ne s'opposent pas, ils se combinent. Voyons maintenant comment construire une stratégie hybride cohérente sur 10 ans.
9. Quelles sont les stratégies hybrides ?
Mis à jour le 30 avril 2026 — Références mobilisées : Cass. soc. 2 oct. 1991, n° 87-45.668 (cumul mandat + contrat, triple condition cumulative) ; Cass. soc. 20 mars 2024, n° 23-10.389 (confirmation 2024) ; CSS art. L. 311-3 11° (gérant minoritaire SARL assimilé salarié) ; CGI art. 145, 216 (régime mère-fille) ; CGI art. 150-0 B ter (apport-cession, report d'imposition) ; LPF art. L. 64 (abus de droit fiscal classique) et L. 64 A (mini-abus de droit) ; CE 14 février 2018, n° 410302, SAS Thesaurus (transformation SARL → SAS purement fiscale, abus de droit confirmé).
Et si on vous disait que vous pouvez cumuler les avantages des deux statuts ? Voici trois stratégies que nous mettons en place chez Hagnéré Patrimoine pour nos clients dirigeants quand le choix binaire ne suffit pas.
Le débat TNS vs assimilé salarié est trop souvent posé en termes binaires. Dans la réalité, l'optimisation fine se joue sur l'architecture juridique: interposition d'une holding patrimoniale, cumul mandat + contrat de travail, répartition des fonctions au sein du couple dirigeant. Trois leviers que nous mobilisons chez Hagnéré Patrimoinedès qu'un client atteint 100 000 € de revenu pro et 1 M€ de patrimoine.
9.1 Cumul mandat social + contrat de travail
Première stratégie : cumuler dans la même société un mandat social (président SAS, gérant minoritaire SARL) et un contrat de travail distinct. L'objectif : ouvrir des droits ARE (allocation de retour à l'emploi) auprès de France Travail (ex-Pôle emploi) et bénéficier du droit du travail (heures supplémentaires, RTT, congés payés, ancienneté).
La chambre sociale de la Cour de cassation pose depuis 1991 trois conditions strictement cumulatives (Cass. soc. 2 oct. 1991, n° 87-45.668, confirmé par Cass. soc. 20 mars 2024, n° 23-10.389) :
- Fonctions techniques distinctes du mandat: le contrat de travail doit correspondre à un emploi effectif parfaitement détachable des fonctions de direction (ex. : ingénieur R&D, directeur commercial, expert technique).
- Lien de subordination réel et identifiable: le dirigeant-salarié doit être placé sous l'autorité effective d'un organe (CA, conseil de surveillance, président). La subordination ne se présume pas, elle se démontre par des éléments concrets (instructions écrites, entretiens annuels, sanctions disciplinaires possibles).
- Rémunération distincte et identifiée : la rémunération du contrat de travail doit être séparée comptablement de celle du mandat social (deux bulletins ou deux lignes claires).
| Forme sociale | Cumul possible ? | Difficulté pratique |
|---|---|---|
| Gérant minoritaire SARL | Oui | Faible — jurisprudence favorable |
| Gérant égalitaire SARL (50 %) | Théoriquement oui | Élevée — pas de présomption de subordination |
| Président SAS | Oui | Élevée — démonstration exigeante de subordination à un organe tiers |
| DG / DG délégué SA | Oui | Moyenne — subordination au CA caractérisable |
| Gérant majoritaire SARL | Non | Impossible — pas de subordination concevable |
| Associé unique EURL / SASU | Non | Impossible — pas d'autorité tierce |
Avantage concret du cumul réussi: à 80 000 € de revenu, le dirigeant ouvre des droits ARE pour la fraction « contrat de travail » (sous réserve d'une perte involontaire d'emploi), bénéficie du droit du travail et cotise pour des points AGIRC-ARRCO sur la totalité de l'assiette. Risque : en cas de requalification URSSAF du contrat en mandat fictif, redressement de cotisations sur 3 ans (5 ans en cas de travail dissimulé, art. L. 244-3 CSS) avec majoration de 5 % et intérêts à 0,2 % par mois (art. R. 243-18 CSS).
9.2 Couple dirigeant : la répartition fiscale gagnante
Deuxième stratégie : exploiter la complémentarité des deux régimes au sein du couple. L'un est président de SAS(assimilé salarié, retraite AGIRC-ARRCO généreuse, dividendes hors cotisations sociales) ; l'autre est gérant(e) minoritaire SARL avec contrat de travail (ouverture de droits ARE possibles si subordination caractérisée, IJ régime général, AT/MP automatique).
Concrètement: un couple où le mari préside une SAS opérationnelle et l'épouse cogère une SARL patrimoniale (gestion locative, holding immobilière) en tant que minoritaire avec contrat de travail technique cumule deux avantages :
- Côté SAS : retraite AGIRC-ARRCO sur T1 et T2, dividendes sortis hors cotisations (PFU 31,4 % seul), prévoyance régime général.
- Côté SARL minoritaire avec contrat : droits au chômage France Travail (ex-Pôle emploi) potentiels en cas de licenciement effectif sur le poste salarié, points AGIRC-ARRCO complémentaires, IJ maladie au plein du régime général.
Cette répartition n'est pertinente que si chaque société dispose d'une activité économique réelle. Une SARL créée le mois précédent uniquement pour ouvrir des droits ARE au conjoint relèverait directement de l'abus de droit (L. 64 A LPF).
9.3 Holding patrimoniale + filiale opérationnelle
Troisième stratégie, la plus puissante chez nos clients à fort revenu : interposer une holding SAS patrimoniale au-dessus de la filiale opérationnelle. Le dirigeant exerce son mandat de président SAS au niveau de la holding (assimilé salarié, AGIRC-ARRCO, dividendes hors cotisations) ; la filiale opérationnelle peut être SAS ou SARL selon la stratégie d'activité.
Cette architecture débloque quatre leviers que le dirigeant en nom propre ne peut pas activer :
- Régime mère-fille (CGI art. 145 et 216): les dividendes remontés de la filiale à la holding sont exonérés à 95 % d'IS, soit un IS effectif d'environ 1,25 % au niveau de la holding. La trésorerie est ainsi concentrée dans une enveloppe à très faible frottement.
- Apport-cession (CGI art. 150-0 B ter): avant cession de la filiale, le dirigeant apporte ses titres à la holding et bénéficie d'un apport-cession et report d'imposition de la plus-value (70 % réinvestis dans les 36 mois pour les cessions intervenues à compter de la LF 2026).
- OBO (Owner Buy-Out): la holding peut racheter à crédit les titres détenus en propre par le dirigeant, lui permettant d'extraire 50 à 70 % de la valorisation en cash sans céder à un tiers — voir notre guide OBO Owner Buy-Out.
- Dividendes de la holding hors cotisations TNS: en SAS, aucune fraction des dividendes versés au président n'entre dans l'assiette des cotisations, contrairement au gérant majoritaire SARL (article L. 131-6 CSS, cf. section 8).
Concrètement, pour Chloé(fondatrice SaaS à Paris en levée de fonds, 80 k€ de rémunération + dividendes futurs), la stratégie idéale combine plusieurs briques. Elle opte pour une SAS opérationnelle dont elle est présidente avec une rémunération mesurée (cotisation AGIRC-ARRCO sur T1 + T2 + dividendes futurs en franchise via mère-fille remontés à une holding personnelle). La holding détiendra les titres après l'apport, ce qui ouvre la porte à l'apport-cession 150-0 B ter en cas de sortie de fonds. À 5-7 ans, en cas de cession de la filiale, le report d'imposition couvre 70 % de la PV réinvestie ; les 30 % restants sont taxés au PFU 31,4 %.
ATTENTION — abus de droit fiscal (L. 64 et L. 64 A LPF)
Ces montages doivent répondre à un objectif économique réel, pas à un objectif exclusivement fiscal. La transformation SARL → SAS purement motivée par l'évitement des cotisations TNS sur dividendes est régulièrement sanctionnée par le Comité de l'Abus de Droit Fiscal (CADF) et a été confirmée par le Conseil d'État dans l'arrêt CE 14 février 2018, n° 410302, SAS Thesaurus.
Sanction: redressement intégral de l'impôt éludé + intérêts de retard 0,20 %/mois + majoration 80 %en cas d'abus de droit caractérisé (L. 64 LPF) ou 40 % en cas de mini-abus de droit (L. 64 A LPF, dispositif élargi par la loi de finances 2019). Pour sécuriser : conserver une activité économique réelle, documenter les motifs autres que fiscaux (gouvernance, levée de fonds, embauche, préparation à la transmission), et espacer les opérations dans le temps.
Toutes ces stratégies réclament un cadrage personnalisé. L'étape suivante est de se confronter à des chiffres réels : voici trois cas pratiques de dirigeants, calculés à l'euro près sur 30 ans.
10. 3 cas pratiques chiffrés à l'euro près
Mis à jour le 30 avril 2026 — Références mobilisées : simulateur URSSAF mon-entreprise.urssaf.fr (cotisations TNS assiette unique 2026 et cotisations patronales/salariales régime général) ; barème IR 2026 (hypothèse d'indexation +1,8 % vs 2025, à confirmer LF 2026 définitive) ; CGI art. 154 bis (plafond Madelin/PER TNS) ; AGIRC-ARRCO valeur de point 2026 (1,4386 €, circulaire 2025-16-SG-DRJ).
Trois dirigeants, trois choix de statut social, trois résultats chiffrés sur 30 ans.
Aucun des concurrents du top 10 Google ne fait l'exercice du chiffrage à 30 ans pour 3 personae distincts. C'est précisément le différenciateur de ce guide : ramener chaque arbitrage à un cas concret, avec des hypothèses claires, et mesurer l'impact instantané et capitalisé. Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur typiques que nous validons en bilan personnalisé ; ils ne se substituent pas à un calcul individuel.
10.1 Cas 1 — Stéphane, président SAS tech à Lyon, 200 k€
Profil : Stéphane, 52 ans, marié sous le régime de la communauté, 3 enfants (parts fiscales 4), patrimoine net 2,5 M€ dont 1,2 M€ logés dans une holding SAS personnelle. Il préside une SAS éditrice de logiciels industriels à Lyon. Rémunération de mandataire social : 200 000 € brut/an. Pas de contrat de travail cumulé.
Question patrimoniale: Stéphane se demande s'il a fait le bon choix en restant en SAS plutôt qu'en SARL. Son expert-comptable lui répète depuis 5 ans qu'en SARL gérant majoritaire, il économiserait 6 000 € de net par an.
| Poste | Montant 2026 (assimilé salarié SAS) |
|---|---|
| Coût total entreprise (super-brut) | ≈ 280 000 € |
| Cotisations patronales | ≈ 80 000 € |
| Brut mandataire social | 200 000 € |
| Cotisations salariales (vieillesse, CSG, AGIRC-ARRCO) | ≈ 58 000 € |
| Net imposable | ≈ 142 000 € |
| IR estimé (couple, 3 enfants, 4 parts) | ≈ 24 000 € |
| Net après IR | ≈ 118 000 € |
| Retraite AGIRC-ARRCO acquise par an (T1 + T2, après 30 ans) | ≈ 60 000 € |
| Retraite cumulée sur 25 ans de versement | ≈ 1 500 000 € |
Verdict pour Stéphane: le statut SAS président est validé pour son profil. La perte d'environ 6 000 €/an de net immédiat (vs SARL gérance majoritaire) est largement compensée par trois bénéfices structurels :
- + ≈ 500 000 € de retraite cumulée AGIRC-ARRCO sur 25 ans de versement, par rapport à un parcours équivalent en RCI (différentiel annuel ≈ 21 000 €/an).
- Distribution de dividendes à sa holding sans cotisations sociales : 150 000 € de dividendes/an versés à la holding personnelle, IS effectif 1,25 % via mère-fille — soit 41 600 € de cotisations SSI évitées par an comparé à un schéma SARL gérance majoritaire.
- Couverture AT/MP automatique: déplacements clients, missions à l'étranger, accidents au bureau — régime général, prise en charge à 100 %.
10.2 Cas 2 — Dr Marchand, chirurgien-dentiste TNS libéral à Annecy, 150 k€ BNC
Profil : Dr Marchand, 49 ans, PACS, 1 enfant (parts fiscales 2,5), patrimoine net 1,1 M€. Chirurgien-dentiste libéral en cabinet de groupe, exerce sous SELARL gérant majoritaire. BNC moyen sur 3 derniers exercices : 150 000 €.
Question patrimoniale : Dr Marchand veut savoir si transformer sa SELARL en SELAS lui ferait gagner 30 % de net.
| Poste | Montant 2026 (TNS post-réforme assiette unique) |
|---|---|
| BNC (revenu professionnel) | 150 000 € |
| Cotisations SSI (≈ 33 % du brut post-réforme) | ≈ 49 500 € |
| Net imposable | ≈ 100 500 € |
| IR estimé (couple PACS, 1 enfant, 2,5 parts, plafonnement QF) | ≈ 14 500 € |
| Net après IR | ≈ 86 000 € |
| Retraite RCI acquise par an | ≈ 12 100 € |
| Retraite cumulée sur 25 ans de versement | ≈ 302 500 € |
Levier décisif — le PER TNS: Dr Marchand peut verser jusqu'à 88 911 €/an sur son PER TNS (plafond CGI art. 154 bis : 10 % du PASS 2026 + 15 % du bénéfice supérieur au PASS, dans la limite de 8 PASS). Un versement réaliste sur sa trésorerie professionnelle se situe autour de 28 000 €/an. À TMI marginale 41 %, l'économie d'IR atteint environ 11 500 €/an.
Sur 25 ans de carrière restante: 287 500 € d'économies fiscales cumulées qui s'ajoutent mécaniquement à son capital retraite, lequel sera ensuite converti en rente ou en capital après 62 ans (sortie en capital fractionné, fiscalité d'indemnité PFU 31,4 % sur la part PV + barème sur la part versements). Au final, en utilisant pleinement le levier PER, Dr Marchand peut surpasser un président de SELAS équivalenten cumul (retraite RCI + capital PER + économies d'IR réinvesties).
Verdict pour Dr Marchand : garder le statut TNS et activer le levier PER. Faire le calcul complet avec un CGP avant toute décision de transformation SELAS, qui présente par ailleurs un risque d'abus de droit (cf. section 11) et un coût social patronal majeur.
10.3 Cas 3 — Chloé, fondatrice SaaS à Paris, 80 k€ + dividendes futurs
Profil : Chloé, 34 ans, célibataire, sans enfant, levée de fonds Series A en cours (3 M€ envisagés sur valorisation 12 M€ post-money). Rémunération de mandataire social envisagée : 80 000 € brut/an.
Question patrimoniale : Chloé hésite entre SAS président et SARL gérante majoritaire avant la levée. Son réflexe initial : optimiser le net immédiat pour traverser la phase pré-levée.
| Poste | SAS président | SARL gérant majoritaire |
|---|---|---|
| Coût entreprise total | ≈ 113 000 € | ≈ 113 000 € |
| Net imposable | ≈ 60 000 € | ≈ 75 000 € |
| IR estimé (célibataire, 1 part, barème LF 2026) | ≈ 11 100 € | ≈ 16 000 € |
| Net après IR | ≈ 48 900 € | ≈ 60 000 € (+ 11 100 €/an) |
| Retraite acquise par an | ≈ 7 200 € (AGIRC-ARRCO) | ≈ 4 800 € (RCI) |
Décision recommandée : SAS président, malgré le différentiel net immédiat de 11 000 €/an. Trois raisons :
- Préparer la sortie levée + dividendes hors cotisations: à la cession de tout ou partie des titres dans 5-7 ans, les éventuels dividendes extraordinaires distribués au président de SAS échappent aux cotisations SSI (économie potentielle de plusieurs dizaines de milliers d'euros).
- Retraite AGIRC-ARRCO sur 30 ans: différentiel de 2 400 €/an de droits acquis, soit ×6 le différentiel à l'horizon retraite (∼ 60 000 € capitalisés sur 25 ans).
- Compatibilité avec les fonds: les VC imposent quasi-systématiquement la forme SAS pour la flexibilité statutaire (actions de préférence, BSPCE, ratchet). La SARL serait à transformer immédiatement après la levée — d'où un risque d'abus de droit (cf. section 11).
Compensations à activer: PER individuel jusqu'à 4 806 € de plafond standard (10 % PASS) ou jusqu'à 37 680 € si elle utilise le plafond mutualisé du foyer + reports des 3 dernières années + complémentaire santé et prévoyance d'entreprise pour combler la différence d'IJ et de capital décès.
Verdict pour Chloé : SAS, malgré le différentiel net immédiat de 11 k€/an. Le projet de cession dans 5-7 ans rend ce choix structurant.
Synthèse des 3 cas
Il n'y a pas de « meilleur statut » dans l'absolu, il y a un statut adapté à votre profil : âge, projet (cession, levée, transmission), composition familiale, niveau de patrimoine. Stéphane (SAS), Dr Marchand (TNS + PER) et Chloé (SAS) prennent trois décisions différentes pour la même question — et toutes les trois sont rationnelles compte tenu de leur trajectoire. Chez Hagnéré Patrimoine, nous accompagnons chaque année une trentaine de dirigeants sur ce type d'arbitrage : le bon statut, c'est celui qui tient la route à 5, 15 et 30 ans, pas celui qui maximise le net du mois.
Votre situation correspond à l'un de ces trois profils ?
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Vous avez identifié votre profil ? Reste une question pratique que beaucoup de dirigeants se posent en cours de carrière : que se passe-t-il quand on veut basculer d'un statut à l'autre ?
11. Comment basculer d'un statut à l'autre sans perdre ses droits ?
Mis à jour le 30 avril 2026 — Références mobilisées : Code de commerce art. L. 223-43 (transformation SARL en autre forme) ; CSS art. L. 622-3 (carence IJ TNS, 1 an d'affiliation minimum) ; CSS art. L. 311-3 (rattachement assimilé salarié) ; CSS art. L. 611-1 (rattachement TNS) ; LPF art. L. 64 A (mini-abus de droit, sanction 40 %) ; CE 14 février 2018, n° 410302, SAS Thesaurus.
Bonne nouvelle : changer de statut est possible. Mauvaise nouvelle : sans préparation, vous perdez 18 mois d'IJ et 2 trimestres de retraite.
Beaucoup de dirigeants veulent passer de TNS à SAS pour les dividendes hors cotisations. Beaucoup d'autres, à l'inverse, veulent passer de SAS à SARL pour réduire leurs cotisations patronales. Dans les deux cas, la transformation juridique est simple sur le papier (AG extraordinaire, statuts modifiés, dépôt au greffe). Mais l'impact transitoire sur les droits sociaux est systématiquement sous-estimé.
11.1 De TNS à assimilé salarié
Cas typique : transformation d'une SARL gérée majoritairement en SAS (le gérant devient président SAS) ou d'une SELARL en SELAS. Les formalités juridiques sont une AG extraordinaire avec rapport du commissaire à la transformation (lorsque requis), modification statutaire, dépôt au greffe, et publication au BODACC.
Conséquence sociale : changement de régime au 1er jour du mois suivant la transformation. Les droits TNS acquis (trimestres de retraite base + points RCI) sont gelés à la date de transformation (pas de perte sèche, ils sont conservés et liquidés selon les règles RCI au moment du départ en retraite). À compter de l'affiliation au régime général, le dirigeant cumule de nouveaux droits — mais c'est une nouvelle carrière à constituer côté AGIRC-ARRCO, sans report des points RCI.
11.2 D'assimilé salarié à TNS
Cas inverse : passage d'une SAS à une SARL gérée majoritairement, ou bascule en entreprise individuelle. Mêmes conséquences inversées : les points AGIRC-ARRCO sont gelés (liquidation à la retraite avec valeur de point au moment de la liquidation), et le dirigeant repart à zéro côté RCI.
Attention particulière après 60 ans : le calcul de la pension de base (régime général comme SSI) se fait sur les 25 meilleures années de carrière (article L. 351-1 CSS). Une transformation tardive qui compresse 1 ou 2 années de revenu sur le nouveau régime peut écarter ces années du calcul si elles sont peu cotisées — avec un impact direct sur la pension.
11.3 Le piège du délai de carence IJ TNS
Toute personne nouvellement affiliée au régime des indépendants doit attendre 1 an d'affiliation TNS minimumavant l'ouverture des droits aux indemnités journalières maladie (article L. 622-3 CSS). C'est une carence pure, sans aucune IJ versée pendant les 12 premiers mois en cas d'arrêt maladie ou d'hospitalisation.
Concrètement: si Dr Marchand transforme demain sa SELARL en SELAS (passage TNS → assimilé salarié), la situation est inversée — il doit attendre environ 6 mois d'affiliation au régime général (cotisations sur au moins 1 015 SMIC horaires sur les 6 derniers mois) pour ouvrir des droits aux IJ régime général. Solution chez Hagnéré Patrimoine : souscrire une prévoyance individuelle de transition avantla transformation, avec une garantie d'IJ couvrant la période de carence (3 à 12 mois selon le sens de la bascule).
Avertissement abus de droit fiscal — L. 64 A LPF (mini-abus de droit)
Une transformation SARL → SAS uniquement motivée par l'échappement aux cotisations TNS sur dividendes peut être requalifiée par l'administration fiscale. C'est la position constante du Comité de l'Abus de Droit Fiscal (CADF), confirmée par l'arrêt CE 14 février 2018, n° 410302, SAS Thesaurus.
Sécurisation: maintenir une activité économique réelle, présenter des motifs autres que purement fiscaux (préparation d'une levée de fonds, embauche d'un dirigeant tiers, gouvernance familiale, transmission, simplification statutaire). Documenter ces motifs par écrit (PV d'AG, business plan, lettre de mission CGP/avocat). Chez Hagnéré Patrimoine, nous établissons systématiquement une note de transformation motivée pour sécuriser le dossier en cas de contrôle. Sanction en cas de requalification : redressement intégral + intérêts de retard 0,20 %/mois + majoration 40 % (L. 64 A LPF) ou 80 % (L. 64 LPF).
La bascule de statut intervient souvent dans le cadre plus large d'une cession ou d'une réorganisation patrimoniale. Pour aller plus loin, consultez notre guide céder son entreprise et optimiser la fiscalité.
Avant la conclusion, voici les 10 questions que les dirigeants nous posent le plus souvent en bilan stratégique sur le choix TNS vs assimilé salarié.
12. Conclusion : les 3 choses à retenir
1. Le statut n'est pas un choix libre, c'est une conséquence juridique.L'article L. 311-3 du Code de la sécurité sociale impose le régime social en fonction de la forme juridique etdu pourcentage de parts détenu — étant entendu que le calcul de la majorité en SARL inclut conjoint marié, partenaire de PACS et enfants mineurs non émancipés. Avant de comparer les statuts, vérifiez dans quel régime votre forme juridique vous place. 80 % des dirigeants pensent qu'ils choisissent. Faux : c'est la loi qui décide.
2. Le différentiel se joue sur 30 ans, pas sur le mois courant.À 80 000 € de revenu, l'écart instantané est de ~ 5 000 € par an en faveur du TNS sur le net immédiat. Mais sur 30 ans de carrière, le manque-à-gagner sur la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO vs RCI atteint ~ 150 000 € capitalisés sur 25 ans de retraite moyenne. Le PER TNS (plafond 88 911 €/an, art. 154 bis CGI) et la prévoyance Madelin permettent de compenser à condition de les utiliser activement. Sans versement régulier, l'écart reste défavorable au TNS sur le long terme.
3. Le piège des dividendes > 10 % du capital décide souvent du choix. Si vous comptez vous distribuer des dividendes au-delà du seuil L. 131-6 CSS (10 % du capital libéré + primes + comptes courants), le statut SAS président est mécaniquement plus avantageux : aucune cotisation SSI sur les dividendes, juste le PFU 31,4 %. Si vous restez sur de la rémunération pure et que vous valorisez la simplicité, le TNS reste compétitif — surtout après la réforme assiette unique 2026 qui reconstitue de la retraite à coût constant. Chez Hagnéré Patrimoine, nous tranchons cet arbitrage avec une règle simple : si la stratégie patrimoniale repose sur une distribution de dividendes > 30 % du résultat net distribuable, le statut SAS s'impose presque toujours, à condition de cadrer la transformation pour éviter l'abus de droit.
Votre situation mérite un calcul personnalisé
Un bilan stratégique de 45 minutes suffit pour valider le bon statut compte tenu de votre âge, votre projet de cession ou de levée, votre composition familiale et votre patrimoine. CGP ORIAS, certifié CIF, COA, COBSP.
Sources et textes de référence
Code de la sécurité sociale
- CSS art. L. 311-3 — Liste des personnes affiliées au régime général en qualité d'assimilées salariées (gérants minoritaires SARL, présidents et dirigeants SAS/SELAS, PCA, DG et DG délégués SA, etc.)
- CSS art. L. 611-1 — Champ d'application matériel du régime des travailleurs indépendants (SSI)
- CSS art. L. 131-6 — Assiette des cotisations sociales TNS et seuil 10 % sur dividendes du gérant majoritaire SARL
- CSS art. L. 622-3 — Délai d'affiliation minimum (1 an) pour ouverture des droits IJ TNS
- CSS art. L. 136-3 — Assiette CSG sur revenus d'activité TNS (assiette unique post-réforme avril 2026)
- CSS art. L. 136-8 — Taux CSG/CRDS / PS sur revenus du capital (18,6 % post-LFSS 2026 hors exceptions historiques)
- CSS art. R. 241-9 — Modalités de calcul et de versement des cotisations sur dividendes des gérants majoritaires SARL/EURL
Code du travail
- C. trav. art. L. 8221-6 — Présomption légale de non-salariat des dirigeants et indépendants immatriculés au RCS / Répertoire des métiers
- C. trav. art. L. 8221-6-1 — Renversement de la présomption en cas de subordination juridique permanente avec un donneur d'ordre unique
Code de commerce
- C. com. art. L. 223-43 — Transformation de la SARL en SAS, SA ou autre forme : conditions juridiques, AG extraordinaire et formalités au greffe
Code général des impôts
- CGI art. 62 — Régime fiscal des rémunérations des gérants majoritaires SARL, EURL à l'IS, SCA et SNC
- CGI art. 154 bis — Plafond Madelin / PER TNS (10 % PASS + 15 % bénéfice supérieur au PASS, dans la limite de 8 PASS)
- CGI art. 158 — Modalités d'imposition à l'IR des revenus de capitaux mobiliers et option barème
- CGI art. 163 quatervicies — Plafond PER individuel salarié et plafond mutualisé du foyer
Lois de finances et décrets
- Décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 — Réforme de l'assiette unique des cotisations TNS (application au 1er avril 2026 sur revenus 2025)
- Arrêté du 22 décembre 2025 — PASS 2026 — Fixation du plafond annuel de la sécurité sociale 2026 à 48 060 €
- Loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 (LFSS 2024) — bascule progressive vers l'assiette unique TNS
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) — Taux PS porté à 18,6 % (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + PS 7,5 %) sur les revenus du capital ; ajustements du régime des indépendants
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026) — Barème IR 2026 indexé +0,9 %, tranches : 0 % ≤ 11 600 € / 11 % à 29 579 € / 30 % à 84 577 € / 41 % à 181 917 € / 45 % au-delà
- Décret n° 2025-708 du 25 juillet 2025 — Second décret d'application de la réforme assiette unique TNS (paramètres techniques et calendrier d'application avril 2026)
Doctrine administrative
- URSSAF — Réforme des cotisations indépendants 2026 — Mise en application opérationnelle de l'assiette unique
- BOSS — PASS 2026 — Doctrine opposable sur le plafond de la sécurité sociale
- Ameli — Indemnités journalières — Plafonds IJ régime général et TNS
- BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20 — Régime du PFU 31,4 % sur les dividendes (12,8 % IR + 18,6 % PS post-LFSS 2026)
- BOFiP BOI-IR-BASE-20-50 — Déduction des versements PER au titre de l'épargne retraite (art. 163 quatervicies CGI)
- BOFiP BOI-IS-BASE-10-10-10-10 — Régime mère-fille : exonération à 95 % des dividendes intra-groupe (art. 145 et 216 CGI), pertinent pour la stratégie holding patrimoniale
- AGIRC-ARRCO — Circulaire n° 2025-16-SG-DRJ — Paramètres et taux d'appel 2026 : valeur du point service 1,4386 €, valeur d'achat 20,1877 €, taux T1 7,87 % et T2 21,59 %
Jurisprudence mobilisée
- Cass. soc. 2 oct. 1991, n° 87-45.668 — Triple condition cumulative pour le cumul mandat social + contrat de travail (fonctions techniques distinctes, subordination réelle, rémunération identifiée)
- Cass. soc. 20 mars 2024, n° 23-10.389 — Confirmation 2024 : la simple insertion d'une clause de subordination formelle ne suffit pas si le mandataire conserve dans les faits le contrôle plénier de ses fonctions
- Cass. 2e civ. 19 oct. 2023, n° 21-20.366 — Schéma SEL/SPFPL : assujettissement aux cotisations SSI de la fraction de dividendes versés à l'associé professionnel via une SPFPL au-delà du seuil de 10 % (analogie avec L. 131-6 CSS)
- CE 14 février 2018, n° 410302, SAS Thesaurus — Transformation SARL → SAS purement motivée par l'évitement des cotisations TNS sur dividendes : abus de droit confirmé (L. 64 LPF)
Livre des procédures fiscales
- LPF art. L. 64 — Abus de droit fiscal classique (sanction 80 %)
- LPF art. L. 64 A — Mini-abus de droit (motif principalement fiscal, sanction 40 % ou 80 %)
Ce guide est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Le choix du statut social du dirigeant dépend de paramètres individuels (âge, projet de cession ou de levée, composition familiale, patrimoine, prévoyance existante) qu'un bilan stratégique avec un CGP ORIAS permet de modéliser à l'euro près sur 30 ans.

