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Guide expert hauts revenus 202640 minMis à jour 25 juin 20265 cas chiffrés

CEHR et CDHR 2026 : le guide complet des contributions sur les hauts revenus

Comprendre et piloter la CEHR (art. 223 sexies CGI, 3 % et 4 %) et la CDHR (art. 224 CGI, impôt plancher 20 %) en 2026 : seuils 250/500 k€ RFR, calcul pas à pas, articulation CEHR/CDHR, acompte 95 % entre le 1er et le 15 décembre, lissage 2 ans, et 10 stratégies d'optimisation concrètes (apport-cession 150-0 B ter, donation avant cession, PER, PEA, holding IS, fractionnement rachats AV, quotient art. 163-0 A, déficit foncier, expatriation, sortie LF 2026). 18 sections, 5 cas chiffrés, jurisprudence Cons. const. n° 2025-874 DC du 13/02/2025.

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CEHR PALIER 1

3 %

CEHR PALIER 2

4 %

CDHR PLANCHER

20 %

SEUIL CÉLIB.

250 k€

SEUIL COUPLE

500 k€

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§ 1PIVOT·5 MIN

L'essentiel CEHR + CDHR 2026 en un coup d'œil

Guide rédigé le 20 avril 2026 — mis à jour le 25 juin 2026. Par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (CIF, COA, COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Sources primaires : CGI art. 223 sexies, 224 ; LF 2025 art. 10 (loi 2025-127 du 14/02/2025) ; LF 2026 art. 2 (loi 2026-103 du 19/02/2026) ; Cons. const. 2025-874 DC et 2026-901 DC.

Avant d'entrer dans le détail, voici la photographie synthétique des deux contributions qui frappent les hauts revenus en 2026. Les deux mécanismes coexistent et se combinent mais répondent à des logiques radicalement différentes : la CEHR est une surtaxe additionnelle qui s'ajoute systématiquement à votre impôt dès le franchissement du seuil, tandis que la CDHR est un impôt plancher différentiel qui ne se déclenche que si votre taux effectif global reste sous 20 %.

Tableau comparatif CEHR et CDHR — dispositions 2026
CritèreCEHR (art. 223 sexies CGI)CDHR (art. 224 CGI)
Nature juridiqueSurtaxe additionnelle à l'IRImpôt plancher (différentiel)
Année de création2011 (LF 2012)2025 (LF 2025 art. 10)
Taux3 % puis 4 %Jusqu'à 20 % du RFR retraité
Seuil célibataire250 000 € de RFR classique250 000 € de RFR retraité
Seuil couple500 000 € de RFR classique500 000 € de RFR retraité
AssietteRFR classique (art. 1417-IV CGI)RFR retraité (ajusté CDHR)
Non-résidentsAssujettisExclus
Acompte décembreNonOui — 95 % entre 1er et 15 décembre
Durée d'applicationPermanente depuis 2012Tant que déficit du budget général > 3 % PIB
CumulS'ajoute toujours à l'IRNe s'active que si taux effectif < 20 %

Concrètement, retenez cette image simple : la CEHR est une marche fixe que vous franchissez dès 250 000 € de RFR (ou 500 000 € en couple), qui s'ajoute automatiquement à votre impôt. La CDHR, elle, est un filet de sécurité qui ne se déclenche que si le total de vos impôts déjà payés reste en dessous de 20 % de vos revenus.

Chiffres-clés à retenir

  • Seuils identiques : 250 000 € / 500 000 € pour les deux contributions
  • CEHR : 3 % entre 250 k€ et 500 k€, 4 % au-delà (célibataire) — 3 % entre 500 k€ et 1 M€, 4 % au-delà (couple)
  • CDHR : taux plancher 20 %, acompte 95 % en décembre, sanction 20 % en cas de sous-estimation > 20 %
  • Environ 24 000 foyers fiscaux concernés par la CDHR
  • Pérennisation de fait tant que le déficit du budget général de l'État dépasse 3 % du produit intérieur brut (PIB)

Maintenant que vous avez la vision d'ensemble, nous allons dérouler chaque contribution en profondeur, en commençant par la CEHR — qui existe depuis plus de dix ans mais que beaucoup de contribuables confondent avec la CDHR.

§ 2CEHR·5 MIN

Qu'est-ce que la CEHR et pourquoi existe-t-elle ?

La Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR) a été instaurée par l'article 2 de la loi n° 2011-1977 du 28 décembre 2011 de finances pour 2012, dans un contexte de crise de la dette souveraine et d'effort fiscal demandé aux hauts patrimoines. Codifiée à l'article 223 sexies du Code général des impôts, elle devait à l'origine être temporaire — le terme « exceptionnelle » figure d'ailleurs dans son intitulé officiel. Quinze ans plus tard, elle fait partie intégrante du paysage fiscal français.

Son principe est simple : prélever une surtaxe additionnelle à l'IR sur les foyers fiscaux dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse certains seuils. Contrairement à l'IR progressif classique (barème 0, 11, 30, 41 et 45 %), la CEHR repose sur deux taux seulement : 3 % et 4 %. Et contrairement à la CDHR, elle ne se soucie pas du taux effectif du contribuable : dès le franchissement du seuil, elle s'applique, même si vous payez déjà 45 % d'IR marginal (tranche marginale d'imposition, ou TMI).

Barème CEHR 2026 (art. 223 sexies CGI, seuils inchangés depuis 2011)
Tranche de RFRCélibataire, divorcé, veufCouple marié ou pacsé
Jusqu'à 250 000 €0 %0 %
250 001 € à 500 000 €3 %—
500 001 € à 1 000 000 €4 %3 %
Au-delà de 1 000 000 €4 %4 %

Piège : les seuils CEHR ne sont pas indexés sur l'inflation

Contrairement au barème de l'IR qui est indexé chaque année sur l'inflation (art. 197 CGI), les seuils CEHR de 250 000 € et 500 000 € sont figés depuis 2011. Cela signifie que l'inflation cumulée sur 15 ans (plus de 25 %) fait mécaniquement entrer de nouveaux contribuables dans le champ de la CEHR chaque année. C'est ce que les fiscalistes appellent l'effet de glissement de tranches : sans aucune modification légale, la base taxable s'élargit année après année.

Concrètement, la CEHR est due dès le dépôt de votre déclaration annuelle d'IR (case 8TI calculée automatiquement par l'administration). Elle est payée en même temps que l'IR au mois de septembre, sans acompte préalable. Elle concerne aussi les non-résidents sur leurs revenus de source française — c'est une différence majeure avec la CDHR.

Validée à plusieurs reprises par le Conseil constitutionnel (CC) (décision n° 2011-644 DC du 28 décembre 2011 pour la loi de finances 2012 ayant créé le dispositif, puis n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012 qui a précisé la notion de plafond confiscatoire et censuré la contribution exceptionnelle additionnelle de 18 % fondée sur l'individu, et enfin n° 2014-435 QPC du 5 décembre 2014 qui a posé une réserve d'interprétation excluant de l'assiette les revenus 2011 ayant déjà fait l'objet d'un prélèvement forfaitaire libératoire), la CEHR est aujourd'hui un dispositif pérenne, techniquement rodé et juridiquement sécurisé.

§ 3CDHR·5 MIN

Qu'est-ce que la CDHR créée par la LF 2025 ?

La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) est bien plus récente. Elle a été instituée par l'article 10 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (loi de finances pour 2025), dans un contexte radicalement différent : déficit public français à 5,4 % du PIB, pression de la Commission européenne pour une trajectoire de redressement, discours politique sur la « juste contribution » des plus aisés. Codifiée à l'article 224 du CGI, elle a été reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) tant que le déficit du budget général dépasse 3 % du PIB.

Le principe joue dans l'autre sens que celui de la CEHR. La CDHR ne cherche pas à prélever un pourcentage marginal sur la tranche haute : elle garantit un taux effectif d'imposition minimum de 20 %. Autrement dit, si votre IR + CEHR + part IR du prélèvement forfaitaire unique (PFU) représentent déjà 20 % ou plus de votre RFR retraité, vous ne payez pas de CDHR. Si votre taux effectif est inférieur à 20 %, vous payez la différence.

Pourquoi la CDHR a-t-elle été créée ?

Le constat politique : certains contribuables aux très hauts revenus paient un taux effectif d'IR inférieur à celui d'un cadre moyen. Pourquoi ? Parce que leurs revenus proviennent majoritairement de sources soumises au prélèvement forfaitaire unique (dividendes, plus-values mobilières) taxées au PFU à 31,4 % dont seulement 12,8 % d'IR. Un dirigeant de SASU qui se verse 1 M€ de dividendes paie 12,8 % d'IR, soit un taux effectif d'IR de 12,8 % — inférieur au taux moyen d'un salarié à 80 000 € (autour de 18 %). La CDHR vise à corriger cette « anomalie » en garantissant un taux plancher de 20 %.

Concrètement, la CDHR concerne environ 24 000 foyers fiscaux sur 38 millions de foyers déclarants — un impôt très ciblé. Elle n'a pas été censurée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025), qui a écarté les griefs sans examiner le dispositif au fond. Une particularité importante : les non-résidents fiscaux sont exclus (seuls les résidents au sens de l'article 4 B CGI sont concernés), contrairement à la CEHR.

Pour approfondir le mécanisme CDHR de A à Z, notre guide dédié CDHR 2026 détaille le calcul du RFR retraité, les 6 cas pratiques, les 8 stratégies d'optimisation spécifiques à la CDHR et les 10 erreurs à éviter avant le 15 décembre.

§ 4COMPAR.·4 MIN

CEHR ou CDHR : quelle différence ?

La confusion entre les deux contributions est extrêmement fréquente, y compris chez des professionnels. Les acronymes sont quasi identiques (CEHR / CDHR), les seuils aussi (250 k€ / 500 k€), et les deux visent les hauts revenus. Mais leur mécanique, leur assiette et leurs effets diffèrent radicalement. Voici la comparaison détaillée.

CEHR (art. 223 sexies CGI) — Surtaxe

Créée en 2012. Taxe additionnelle à taux fixe (3 % puis 4 %). S'applique toujours dès le franchissement du seuil, même si le taux effectif global est déjà élevé. Concerne les non-résidents. Pas d'acompte. Permanente.

CDHR (art. 224 CGI) — Plancher

Créée en 2025. Impôt différentiel qui garantit un taux effectif minimum de 20 %. Ne se déclenche que si le taux effectif reste sous 20 %. Exclut les non-résidents. Acompte 95 % en décembre. Temporaire tant que déficit > 3 % PIB.

Le point clé à comprendre : les deux contributions se cumulent sur un même foyer mais sans double emploi. La CEHR est toujours due dès le seuil franchi ; la CDHR est calculée après la CEHR et la déduit dans les « impôts déjà acquittés ». Un dirigeant de SASU à 1 M€ de dividendes paiera donc la CEHR 4 % sur la tranche > 500 k€ et la CDHR différentielle pour atteindre 20 % de taux effectif.

Exemple simple d'articulation CEHR + CDHR

Célibataire, RFR 700 000 €, revenus exclusivement en dividendes PFU. Étape 1 : CEHR = 3 % × (500 000 − 250 000) + 4 % × (700 000 − 500 000) = 7 500 + 8 000 = 15 500 €. Étape 2 : impôts déjà acquittés = 12,8 % × 700 000 + 15 500 = 89 600 + 15 500 = 105 100 €. Étape 3 : impôt cible CDHR = 20 % × 700 000 = 140 000 €. Étape 4 : CDHR = 140 000 − 105 100 = 34 900 €. Total cumul CEHR + CDHR = 15 500 + 34 900 = 50 400 €, en plus des 89 600 € de PFU et des 130 200 € de prélèvements sociaux ou PS (18,6 %).

Concrètement, plus vos revenus proviennent du PFU (dividendes, plus-values mobilières, rachats d'assurance-vie ou AV postérieurs au 15 février), plus la CDHR pèsera dans le cumul. À l'inverse, un cadre supérieur au salaire pur (TMI 45 %) peut être soumis à la CEHR mais rarement à la CDHR, car son taux effectif d'IR dépasse naturellement 20 %.

§ 5SEUILS·5 MIN

Quels sont les seuils et taux applicables en 2026 ?

Les seuils et taux sont fixés par les articles 223 sexies (CEHR) et 224 (CDHR) du CGI. Attention : contrairement à une idée reçue, ces seuils ne sont pas indexés sur l'inflation. Ils sont identiques depuis 2011 pour la CEHR et depuis 2025 pour la CDHR, quel que soit le niveau de l'indice des prix à la consommation (IPC) ou du SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance).

Seuils et tranches CEHR / CDHR 2026 — célibataire, divorcé, veuf
ContributionAssietteSeuil d'entréeFin de la tranche 3 %Taux 4 %
CEHRRFR classique art. 1417-IV250 000 €500 000 €Au-delà de 500 000 €
CDHRRFR retraité art. 224250 000 €—Plancher 20 % du RFR retraité
Seuils et tranches CEHR / CDHR 2026 — couple marié ou pacsé (imposition commune)
ContributionAssietteSeuil d'entréeFin de la tranche 3 %Taux 4 %
CEHRRFR classique art. 1417-IV500 000 €1 000 000 €Au-delà de 1 000 000 €
CDHRRFR retraité art. 224500 000 €—Plancher 20 % du RFR retraité

Décote CDHR pour lisser l'effet de seuil

Pour éviter qu'un contribuable à 250 001 € paie brutalement la CDHR alors que celui à 249 999 € n'en paie pas, une décote linéaire s'applique :

  • Célibataire : zone de lissage entre 250 000 € et 330 000 € (80 000 € de tunnel)
  • Couple : zone de lissage entre 500 000 € et 660 000 € (160 000 € de tunnel)

Formule (art. 224, V CGI) : dans cette zone, le plancher de 20 % est limité à 82,5 % de la fraction du revenu de référence qui dépasse le seuil. À 280 000 € pour un célibataire, le plancher passe ainsi de 56 000 € (20 %) à 24 750 € (82,5 % × 30 000).

Concrètement, un célibataire avec un RFR de 260 000 € paiera une CEHR de 3 % × 10 000 = 300 €, et son plancher CDHR est ramené à 8 250 € (82,5 % × 10 000) : au barème, son impôt sur le revenu (environ 93 500 €) le dépasse largement, sa CDHR est nulle. Un couple avec un RFR de 600 000 € paiera une CEHR de 3 % × 100 000 = 3 000 €, et son plancher CDHR est ramené à 82 500 € (82,5 % × 100 000), là encore très en dessous de l'impôt d'un revenu imposé au barème (environ 223 000 €). Au-delà de 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple), plus aucune décote : le plancher de 20 % s'applique en entier.

Année du mariage / PACS : arbitrage imposition commune vs séparée (art. 6-4 CGI)

Levier que les couples actionnent rarement, alors qu'il peut faire basculer la facture CDHR de plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la seule année de mariage ou de PACS. Depuis la loi de finances 2011 (art. 6-4 CGI), les couples qui se marient ou se pacsent sont imposés en commun par défaut sur l'année entière, mais peuvent opter pour une imposition séparée l'année du mariage/PACS (option irrévocable). L'arbitrage pèse lourd pour les couples hauts revenus :

  • Profils asymétriques (un conjoint à 400 k€, un à 80 k€) : imposition commune favorable (seuil couple 500 k€ évite la CDHR vs seuil célib 250 k€ qui la déclenche sur le premier).
  • Profils symétriques hauts (deux conjoints à 350 k€ chacun) : imposition séparée favorable (2 × seuil 250 k€ = 500 k€ mais avec abattements et décotes doublés, contre 1 × seuil 500 k€ en commun).
  • Cession d'entreprise sur biens propres : si la PV appartient à un seul conjoint (bien propre avant mariage sous séparation), l'imposition séparée peut isoler la CDHR sur un seul foyer, préservant le conjoint au revenu le plus modeste.

L'option doit être exercée dans la déclaration 2042 du printemps N+1. Modélisation obligatoire en amont : l'écart entre les deux options atteint couramment 15 000 à 40 000 € sur l'année du mariage/PACS pour les couples concernés par la CDHR.

§ 6CALCUL CEHR·5 MIN

Comment se calcule la CEHR pas à pas ?

Le calcul de la CEHR est beaucoup plus simple que celui de la CDHR. Il repose sur une formule à deux tranches appliquée directement au RFR classique, sans retraitement complexe. Voici la procédure.

Formule CEHR 2026 (art. 223 sexies CGI)

CÉLIBATAIRE, DIVORCÉ, VEUF
─────────────────────────
Si RFR ≤ 250 000 € :        CEHR = 0
Si 250 001 ≤ RFR ≤ 500 000 :
    CEHR = 3 % × (RFR − 250 000)
Si RFR > 500 000 :
    CEHR = 3 % × 250 000
         + 4 % × (RFR − 500 000)
    CEHR = 7 500 + 4 % × (RFR − 500 000)

COUPLE MARIÉ OU PACSÉ (imposition commune)
──────────────────────────────────────────
Si RFR ≤ 500 000 € :        CEHR = 0
Si 500 001 ≤ RFR ≤ 1 000 000 :
    CEHR = 3 % × (RFR − 500 000)
Si RFR > 1 000 000 :
    CEHR = 3 % × 500 000
         + 4 % × (RFR − 1 000 000)
    CEHR = 15 000 + 4 % × (RFR − 1 000 000)

Concrètement, déroulons trois exemples simples.
Cas 1 — Célibataire, RFR 300 000 € : CEHR = 3 % × (300 000 − 250 000) = 3 % × 50 000 = 1 500 €.
Cas 2 — Célibataire, RFR 800 000 € : CEHR = 7 500 + 4 % × (800 000 − 500 000) = 7 500 + 12 000 = 19 500 €.
Cas 3 — Couple, RFR 1 500 000 € : CEHR = 15 000 + 4 % × (1 500 000 − 1 000 000) = 15 000 + 20 000 = 35 000 €.

Où retrouver votre CEHR sur l'avis d'imposition ?

La CEHR est calculée automatiquement par l'administration à partir de votre déclaration 2042. Elle figure sur votre avis d'imposition dans la rubrique « Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus », juste après l'IR net. Elle est payée en même temps que l'IR (prélèvement d'acompte mensuel intégré). Aucun acompte spécifique n'est requis, contrairement à la CDHR.

À noter : les revenus exceptionnels (cession d'entreprise, rachat AV important, IFC) peuvent bénéficier du système du quotient (art. 163-0 A CGI) qui atténue la progressivité de l'IR en divisant le revenu exceptionnel par un coefficient (4 par défaut) avant application du barème. Mais attention : le quotient s'applique à l'IR seul, pas directement à la CEHR (l'art. 223 sexies II exclut expressément l'application du quotient 163-0 A à l'assiette de la CEHR). Pour la CEHR, c'est le lissage spécifique de l'article 223 sexies II CGI sur 2 ans qui joue (voir section 9).

Quotient 163-0 A vs CDHR : divergence de traitement CEHR / CDHR

Subtilité peu documentée dans la doctrine : lorsque le quotient art. 163-0 A est appliqué sur un revenu exceptionnel, l'IR est calculé sur la fraction (revenu / 4) puis multiplié par 4. Pour la CEHR, la jurisprudence (Conseil d'État 3 octobre 2016 n° 389969) a tranché : le quotient n'est pas transposable à la CEHR, seul le lissage de l'article 223 sexies II s'applique. Pour la CDHR, le mécanisme du quart (art. 224 V) opère indépendamment du quotient : un revenu exceptionnel peut cumulativement bénéficier du quotient IR (étalement 4 ans) et du quart CDHR (assiette à 25 %). Combinaison rarement exploitée qui peut économiser 30 à 45 % sur un revenu ponctuel de type retraite chapeau, IFC dirigeant ou indemnité transactionnelle.

§ 7MÉCA CDHR·5 MIN

Comment fonctionne le mécanisme différentiel de la CDHR ?

Le mécanisme différentiel est la clé de compréhension de la CDHR. Contrairement à la CEHR qui est une surtaxe « mécanique » (pourcentage × base), la CDHR est un calcul de différence entre un impôt cible et des impôts déjà acquittés. Elle ne se déclenche pas systématiquement : elle complète ce qui manque pour atteindre le plancher de 20 %.

Formule CDHR 2026 (art. 224 CGI)

Étape 1 — Calculer le RFR retraité
────────────────────────────────────
RFR retraité
  = RFR classique (art. 1417-IV CGI)
  + plus-values mobilières avant abattement
    pour durée de détention
  + revenus exonérés réintégrés
  − abattement renforcé dirigeant 500 000 €
    (art. 150-0 D ter) — exception : retiré
  (revenus exceptionnels : retenus pour 1/4)

Étape 2 — Calculer l'impôt cible
─────────────────────────────────
Impôt cible = 20 % × RFR retraité

Étape 3 — Calculer les impôts déjà acquittés
─────────────────────────────────────────────
Acquittés
  = IR au barème
  + CEHR (art. 223 sexies)
  + Part IR du PFU (12,8 % seulement)
  + PFL AV post-15 février 2026
  + réductions réintégrées (dons à compter des revenus
    2026, mécénat, investissements jusqu'au 31/12/2025...)
  + 1 500 € par personne à charge
  + 12 500 € pour un couple

Étape 4 — Calculer la CDHR finale
──────────────────────────────────
CDHR = max(0 ; Impôt cible − Acquittés)

Si RFR retraité ≤ 330 000 € (seul) / 660 000 € (couple) :
Impôt cible limité à 82,5 % × (RFR retraité − seuil)

Concrètement, un célibataire avec un RFR retraité de 400 000 € et un IR + CEHR + part IR PFU de 60 000 € devra verser une CDHR de 20 % × 400 000 − 60 000 = 80 000 − 60 000 = 20 000 €. Son taux effectif global passera de 15 % (60 000 / 400 000) à 20 % (80 000 / 400 000) — c'est exactement l'objectif du plancher.

Piège majeur : les prélèvements sociaux ne comptent pas

Dans le calcul des impôts déjà acquittés, seule la part IR compte. Sur un dividende soumis au PFU 31,4 % (= 12,8 % IR + 18,6 % PS, relevés de 17,2 % à 18,6 % en 2026 avec la contribution autonomie instaurée par la loi de financement de la sécurité sociale ou LFSS 2026 — détail dans notre guide CSG (contribution sociale généralisée), CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) et prélèvements sociaux 2026), seuls les 12,8 % d'IR sont retenus. Les 18,6 % de CSG, CRDS et prélèvement de solidarité ne font pas partie du calcul CDHR. C'est pour cette raison que les revenus au PFU déclenchent massivement la CDHR : leur taux IR de 12,8 % est très inférieur au plancher de 20 %.

Deux éléments essentiels à retenir sur le RFR retraité :
1) Les plus-values mobilières sont incluses avant abattement pour durée de détention (l'abattement renforcé de l'article 150-0 D ter n'est pas déduit dans le RFR retraité — différence clé avec le RFR classique).
2) Les revenus exceptionnels (cession, indemnité de fin de carrière ou IFC, rachat AV important) ne sont retenus que pour 25 % de leur montant — c'est le mécanisme du quart (art. 224 V CGI). Depuis la LF 2026, la CEHR et l'IR afférents à ces revenus sont aussi retenus pour 25 % symétriquement (clarification importante pour éviter le biais).

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 8ARTICUL.·4 MIN

Comment s'articulent CEHR et CDHR ?

C'est la question que posent presque tous les hauts revenus : les deux contributions se cumulent-elles vraiment ? Oui, mais avec un mécanisme d'articulation qui évite le double emploi. Voici comment les deux impôts coexistent dans votre avis d'imposition 2026.

Étape 1 : la CEHR se calcule en premier, sur la base du RFR classique. Elle est due dès le seuil franchi, quel que soit votre taux effectif global. Un cadre dirigeant avec 600 000 € de salaire et TMI 45 % paiera la CEHR de 7 500 € + 4 % × 100 000 = 11 500 € — même si son taux effectif d'IR est déjà de 35 %.

Étape 2 : la CDHR se calcule en second, en tenant compte de la CEHR dans les « impôts déjà acquittés ». La formule devient : CDHR = max(0 ; 20 % × RFR retraité − (IR barème + CEHR + part IR PFU + prélèvement forfaitaire libératoire ou PFL sur AV)). En intégrant la CEHR dans les impôts acquittés, l'administration évite que le contribuable soit taxé deux fois sur la même base.

Articulation CEHR + CDHR : exemples chiffrés 2026
ProfilRFRCEHRIR + part IR PFUCDHRTotal cumul
Cadre dirigeant célibataire 600 k€ salaire600 000 €11 500 €~200 000 €0 €11 500 €
Dirigeant SASU célibataire 600 k€ dividendes600 000 €11 500 €76 800 €31 700 €43 200 €
Cession 2 M€ avec abattement retraite1 500 000 €47 500 €192 000 €60 500 €108 000 €
Couple cadres 800 k€ salaires800 000 €9 000 €~290 000 €0 €9 000 €
Couple dividendes 900 k€900 000 €12 000 €115 200 €52 800 €64 800 €

Concrètement, la CEHR frappe systématiquement tout foyer dont le RFR dépasse 250 k€ (célibataire) ou 500 k€ (couple), quelle que soit la composition des revenus. La CDHR, elle, ne frappe que ceux dont les revenus sont principalement issus du PFU ou de dispositifs à taux réduit (AV de plus de 8 ans). Les cadres dirigeants au salaire pur sont épargnés par la CDHR mais paient la CEHR ; les dirigeants-actionnaires en SASU sont doublement frappés.

La CEHR réduit mécaniquement la CDHR

Point important souvent mal compris : plus vous payez de CEHR, moins vous payez de CDHR, toutes choses égales par ailleurs. Car la CEHR est déduite dans les impôts acquittés. À l'inverse, accélérer des revenus en année N+1 pour éviter la CEHR pourrait augmenter la CDHR si les impôts acquittés chutent en N+1. L'optimisation doit se faire en regardant les deux contributions ensemble, pas séparément.

§ 9LISSAGE·5 MIN

Le lissage CEHR sur 2 ans (art. 223 sexies II)

C'est le dispositif anti-effet de seuil prévu par le législateur pour éviter qu'un contribuable qui franchit ponctuellement les seuils CEHR (par exemple pour une cession d'entreprise, une prime exceptionnelle, ou un rachat AV important) soit brutalement taxé à 3 % ou 4 % sur la totalité de l'excédent. Attention : il s'agit d'un lissage sur 2 ans, pas 4 ans comme le quotient IR (art. 163-0 A CGI).

Lissage CEHR — art. 223 sexies II CGI

CONDITIONS CUMULATIVES (les 4 doivent être réunies)
─────────────────────────────────────────────────────
1) Contribuable assujetti à l'IR pendant les 2 années
   précédant l'année N
2) RFR de l'année N-1 ≤ seuil CEHR
   (250 000 € célib ou 500 000 € couple)
3) RFR de l'année N-2 ≤ seuil CEHR
4) RFR de l'année N ≥ 1,5 × moyenne (RFR N-1, N-2)

Si les 4 conditions sont remplies :

RFR de référence pour calcul CEHR
  = (RFR N-1 + RFR N-2 + RFR N) / 3
    (moyenne triennale)

La CEHR est calculée sur cette moyenne,
multipliée par 3 (reconstitution du montant
correspondant à l'année N).

Concrètement, imaginons Patrice, célibataire, cadre à 180 000 €/an qui cède son entreprise en 2026 et réalise une plus-value de 600 000 €. Son RFR 2026 grimpe à 780 000 €. Ses RFR 2024 et 2025 étaient respectivement de 180 000 € et 185 000 €.
Condition 1 : OK, il est imposé en 2024 et 2025.
Condition 2 : OK, RFR 2025 (185 000 €) < 250 000 €.
Condition 3 : OK, RFR 2024 (180 000 €) < 250 000 €.
Condition 4 : moyenne (180 000 + 185 000) / 2 = 182 500 €. 1,5 × 182 500 = 273 750 €. RFR 2026 (780 000 €) > 273 750 €. OK.

Sans lissage : CEHR = 7 500 + 4 % × 280 000 = 18 700 €.
Avec lissage : RFR de référence = (180 000 + 185 000 + 780 000) / 3 = 381 667 €. CEHR correspondante = 3 % × 131 667 = 3 950 €. Reconstitué sur l'année N = 3 950 × 3 = 11 850 €. Économie = 18 700 − 11 850 = 6 850 €.

Le lissage CEHR ne s'applique pas à la CDHR

Attention : le lissage de l'article 223 sexies II joue uniquement sur la CEHR. Pour la CDHR, il n'existe pas de lissage sur 2 ans équivalent, mais le mécanisme du quart pour les revenus exceptionnels (art. 224 V CGI) qui réduit le RFR retraité à 25 % du montant exceptionnel. Les deux mécanismes peuvent se cumuler si conditions remplies, mais ne visent pas les mêmes impôts.

§ 10ACOMPTE·4 MIN

L'acompte CDHR de décembre 2026 : modalités et sanctions

C'est l'une des particularités techniques de la CDHR qui cause le plus de confusion chez les contribuables : elle n'est pas seulement régularisée en septembre N+1 avec l'IR, mais requiert un acompte de 95 % entre le 1er et le 15 décembre 2026, directement via l'espace particulier impots.gouv.fr.

Acompte CDHR — modalités 2026

Période d'exigibilité : 1er au 15 décembre 2026
Canal : impots.gouv.fr > Paiements > Autres paiements
Formulaire Cerfa : AUCUN (estimation libre par le contribuable)

MONTANT DE L'ACOMPTE
────────────────────
Acompte = 95 % × CDHR estimée 2026

Régularisation : printemps 2027
  avec la déclaration 2042 (case 8YD / 8YE)

SANCTIONS EN CAS D'INSUFFISANCE
───────────────────────────────
Seuil de tolérance : acompte ≥ 80 % × 95 % × CDHR finale
                   = 76 % × CDHR finale

Si acompte < 76 % × CDHR finale :
  + Majoration 20 % sur l'insuffisance (art. 224 VI CGI)
  + Intérêts de retard 0,20 %/mois (art. 1727 CGI)
  + Éventuelle majoration manquement délibéré
    (40 % ou 80 %, art. 1729 CGI) si circonstances aggravantes

Concrètement, un dirigeant qui estime sa CDHR 2026 à 50 000 € devra verser un acompte de 47 500 € (95 % × 50 000) entre le 1er et le 15 décembre 2026. Si la CDHR finale s'avère être de 60 000 €, la tolérance est à 76 % × 60 000 = 45 600 €. L'acompte de 47 500 € est supérieur, donc pas de sanction. Le solde de 12 500 € sera régularisé au printemps 2027.

À l'inverse, un contribuable qui verse 30 000 € d'acompte alors que la CDHR finale est de 60 000 € se trouve sous le seuil de tolérance (30 000 < 45 600). Il sera soumis à la majoration de 20 % sur l'insuffisance (60 000 − 30 000) × 20 % = 6 000 €, plus les intérêts de retard de 0,20 % par mois (environ 9 mois jusqu'au printemps = 1,80 %).

Bonne pratique : surestimer légèrement l'acompte

En cas de doute sur l'estimation (revenu exceptionnel en fin d'année, cession en cours, rachat AV non encore réalisé), il vaut mieux surestimer légèrement l'acompte plutôt que le sous-estimer. L'excédent éventuel est restitué automatiquement lors de la déclaration 2042 du printemps 2027, sans frais. La DGFiP a d'ailleurs indiqué dans sa FAQ CDHR qu'elle ne sanctionnerait pas les contribuables de bonne foi en cas d'erreur non délibérée, mais mieux vaut être prudent.

La doctrine administrative officielle est publiée au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) depuis le 30 juin 2026 : BOI-IR-CDHR-10 (champ d'application, assiette et calcul), BOI-IR-CDHR-20 (traitement des revenus exceptionnels) et BOI-IR-CDHR-30 (obligations déclaratives, paiement, contrôle et sanctions). La FAQ CDHR d'impots.gouv.fr, qui précisait auparavant les modalités de l'acompte, reste une aide pratique.

Risque contentieux interprétatif : ce que la doctrine CDHR ne tranche pas

La CDHR est commentée au BOFiP depuis le 30 juin 2026 (BOI-IR-CDHR-10, -20 et -30). Ces commentaires s'ajoutent à la loi, aux travaux préparatoires (rapport Sénat n° 144 et Assemblée nationale ou AN n° 468) et à la décision du Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC. Ils ne règlent pas pour autant chaque situation particulière.

Conséquences pratiques :

  • Garantie de l'art. L80 A du Livre des procédures fiscales (LPF) : le contribuable peut se prévaloir de l'interprétation publiée au BOFiP s'il l'a appliquée.
  • Rescrit préalable (art. L80 B LPF) : pour les opérations à fort enjeu (cession > 5 M€, apport-cession complexe, qualification revenu exceptionnel), solliciter un rescrit CDHR dans les 3 mois précédant l'opération sécurise juridiquement le traitement.
  • Risque de redressement : sur les points que la doctrine ne tranche pas, l'administration conserve une marge d'appréciation. Les premiers contentieux CDHR (contrôles 2026 sur déclarations 2025) ne seront pas connus avant 2027-2028. Les cabinets qui anticipent mieux sont ceux qui documentent chaque choix (notes d'opération, justification quart exceptionnel, calcul RFR retraité) dès l'acompte de décembre.

Que faire si la trésorerie manque pour payer l'acompte CDHR ?

Piège pratique rarement couvert par les concurrents : un dirigeant cédant 2 M€ en octobre 2026 peut se retrouver face à un acompte CDHR de 200 à 400 k€ exigible mi-décembre, alors que le produit de cession n'est pas encore intégralement disponible (earn-out, séquestre, crédit-vendeur). Deux voies pratiques existent pour gérer ces difficultés de trésorerie sans s'exposer aux majorations 20 %.

  • Paiement fractionné art. 1681 sexies CGI : sur demande écrite motivée au comptable public, l'impôt peut être acquitté par prélèvements mensuels entre janvier et décembre de l'année suivante. Conditions : contribuable de bonne foi, impôt supérieur à un seuil minimum, pas de défaut antérieur. La demande s'adresse au SIE des particuliers ou via l'espace particulier impots.gouv.fr, rubrique « Messagerie sécurisée ». Des intérêts au taux légal (0,99 % annuel en 2026) s'appliquent, très inférieurs à la majoration 20 %.
  • Demande de délai gracieux (art. L.247 LPF) : en cas de difficulté réelle, la Commission départementale des chefs de services financiers (CCSF) peut accorder un délai supplémentaire de 12 à 24 mois, parfois avec remise partielle des pénalités. Argumentaire à bâtir : difficultés de trésorerie documentées, perspective de retour à meilleure fortune.
  • Nantissement / cautionnement : pour les très hauts montants, l'administration peut exiger une garantie en contrepartie du paiement fractionné (nantissement d'un contrat d'assurance-vie, caution bancaire). Préparer le dossier avec son conseil : refus possible si garantie insuffisante.
  • Crédit Lombard assurance-vie luxembourgeoise : solution patrimoniale élégante pour financer l'acompte sans liquider ses placements. Ratio loan-to-value (LTV) de 50 à 70 % du contrat, taux Euribor + marge 1,5 à 3 %. Remboursement ultérieur avec le produit effectif de la cession.

Règle d'or : ne jamais laisser passer la date du 15 décembre sans avoir agi (paiement partiel, demande de délai, ou acompte approximatif quitte à régulariser au printemps). Le silence coûte 20 % + intérêts de retard.

§ 11ASSIETTE·5 MIN

Quels revenus entrent dans l'assiette CDHR retraitée ?

Le RFR retraité CDHR est une assiette spécifique, différente à la fois du revenu net imposable et du RFR classique utilisé pour la CEHR. Savoir exactement quels revenus y entrent (et lesquels n'y entrent pas) conditionne toute la modélisation CDHR — et donc l'identification des stratégies d'optimisation.

Composition du RFR retraité CDHR 2026 — que retenir, que déduire
RevenuInclus dans RFR retraité ?Commentaire
Salaires, traitements, pensionsOui, 100 %Après abattement 10 % mais avant déductions spéciales
Bénéfices BIC/BNC/BA (pro)Oui, 100 %Selon régime réel ou micro
Revenus fonciersOui, 100 %Après imputation déficits fonciers (art. 156)
Dividendes PFU 12,8 %Oui, 100 %Avant abattement 40 % (option barème)
Plus-values mobilièresOui, 100 %AVANT abattement durée détention (art. 150-0 D)
Plus-value cession dirigeant art. 150-0 D terInclus, mais abattement 500 k€ déduitTraitement favorable
Plus-values immobilièresOui, 100 %Après abattement durée détention (régime classique)
Rachats AV post-15 février (PFU ou TP)Oui, 100 %Seule la part IR compte dans acquittés
Rachats AV ANTE 15 février au PFLNon, exclusFenêtre d'optimisation
Retraits PEA > 5 ansNon, exclusSupport privilégié anti-CDHR
Revenus exonérés réintégrés (ex: BSPCE salaire)Oui, 100 %Réintégration obligatoire
Revenus exceptionnels (cession, IFC)25 % seulement (art. 224 V)Mécanisme du quart
Versements PER déduits du revenu global (art. 163 quatervicies)Réintégrés (ne réduisent pas le RFR, art. 1417, IV, 1°, a)Piège : le PER du salarié ou du dirigeant assimilé salarié ne baisse pas la CDHR
Versements PER / Madelin déduits du bénéfice (art. 154 bis)Réduisent le bénéfice, donc le RFRLe PER du travailleur non salarié baisse l'assiette CDHR
Déficits fonciers 10 700 €Réduit le RFRPartiellement efficace
Crédit d'impôt emploi à domicileNon réintégré : diminue l'impôt comparé au plancherRepris seulement si l'impôt passe sous le plancher de 20 %
Dons aux œuvres (réduction IR)Réintégrés dans l'impôt comparé (à compter des revenus 2026)Correction apportée par LF 2026

Les amortissements LMNP réintégrés depuis la LF 2025

Depuis la loi de finances 2025, les amortissements pratiqués en LMNP (location meublée non professionnelle) sont réintégrés dans le calcul de la plus-value immobilière pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025 (art. 150 VB CGI modifié). Conséquence : un loueur LMNP qui cède son bien après 20 ans d'exploitation voit son assiette de plus-value augmenter fortement (réintégration de tous les amortissements déduits annuellement). Cette plus-value majorée entre dans le RFR retraité CDHR et peut déclencher ou aggraver la contribution.

Concrètement, deux constats majeurs. D'abord, le PEA (plan d'épargne en actions) de plus de 5 ans est l'un des seuls supports totalement exclus du RFR retraité — c'est la raison pour laquelle nous recommandons systématiquement de privilégier le PEA pour les investissements en actions européennes chez les clients à haut revenu. Pour approfondir le traitement des plus-values mobilières et dividendes face à la CDHR, voir nos guides dédiés fiscalité des dividendes 2026 et plus-value mobilière 2026.

Ensuite, le mécanisme du quart pour revenus exceptionnels est de loin le levier qui pèse le plus pour une cession d'entreprise : sur une PV de 2 M€, seuls 500 k€ entrent dans le RFR retraité si la qualification d'exceptionnel est retenue. Mais attention : la qualification doit être documentée (non-récurrence, dépassement de la moyenne des 3 années précédentes) et peut être contestée par l'administration en cas de contrôle.

§ 12STRATÉGIES·12 MIN

Comment optimiser CEHR et CDHR en 2026 ? 10 stratégies

Voici les 10 stratégies concrètes que nous déployons chez Hagnéré Patrimoine pour nos clients hauts revenus. Elles sont classées par ordre de priorité et de pertinence selon le profil. Certaines sont techniques et exigent un accompagnement rigoureux (apport-cession, donation avant cession), d'autres sont simples à mettre en œuvre (fractionnement des rachats AV).

10 stratégies d'optimisation CEHR + CDHR 2026 classées par impact
#StratégieCibleImpact CEHRImpact CDHR
1Lissage CEHR art. 223 sexies II (2 ans)Revenu exceptionnel ponctuelFortNul
2Apport-cession art. 150-0 B terCession entrepriseFort (report)Fort (report)
3Donation avant cession aux enfantsCession entrepriseFort (purge PV)Fort (purge PV)
4Qualification revenu exceptionnel (1/4)Cession, IFC, rachat AV importantMoyenFort
5Fractionnement rachats AV multi-exercicesRetraités à fort patrimoine AVMoyenMoyen
6Rachat AV PFL avant 15 févrierRetraités, investisseurs AVNulFort (exclu)
7Investir en PEA au lieu de CTOInvestisseurs actionsNulFort (retraits exclus)
8Holding IS pour capitaliser dividendesDirigeants SASUFortFort
9Déficit foncier (art. 156)Investisseurs immobiliersMoyenFaible
10Expatriation fiscale (résidence étrangère)Dirigeants très gros patrimoinesFortTotal

Stratégie 1 — Lissage CEHR art. 223 sexies II (2 ans) : déjà détaillé en section 9. Essentiel pour les contribuables qui franchissent ponctuellement le seuil CEHR suite à une cession ou une prime exceptionnelle. Économie typique : 30 à 50 % de la CEHR théorique. Pour bien calculer votre tranche marginale et anticiper l'effet du lissage, utilisez notre guide TMI 2026 et le barème IR 2026.

Stratégie 2 — Apport-cession art. 150-0 B ter : apporter les titres d'une société opérationnelle à une holding soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) avant cession permet de mettre la plus-value en report d'imposition. La PV n'entre pas dans le RFR retraité CDHR de l'année, ni dans le RFR classique CEHR.

⚠️ LF 2026 — Apport-cession 150-0 B ter durci pour les cessions à partir du 21/02/2026

La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a profondément durci les conditions de remploi. Pour toute cession intervenant depuis le 21 février 2026 :

  • Quota de réinvestissement porté à 70 % du produit de cession (contre 60 % auparavant)
  • Délai de remploi allongé à 36 mois (contre 24 mois)
  • Durée minimale de conservation des actifs réinvestis uniformisée à 5 ans
  • Exclusion explicite des activités de marchand de biens, promoteur immobilier, syndic, agent immobilier. L'hôtellerie et l'activité touristique restent éligibles.
  • Pour les cessions réalisées avant le 21 février 2026, les anciennes règles (60 % / 24 mois) continuent de s'appliquer.

Cette réforme change la donne stratégique : un dirigeant qui prévoyait un remploi immobilier classique dans un marchand de biens doit désormais s'orienter vers du private equity, de l'hôtellerie, ou une nouvelle activité opérationnelle.

Voir notre guide holding patrimoniale et notre guide apport-cession 150-0 B ter pour le détail opérationnel des nouveaux paramètres LF 2026.

Stratégie 3 — Donation avant cession : donner une partie des titres aux enfants avant la cession purge la plus-value (nouveau prix d'acquisition = valeur de donation). Les enfants cèdent ensuite sans PV imposable, donc sans CEHR ni CDHR sur leur part. Abattements : 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans. Exemple : cession 5 M€ répartie 2,5 M€ en donation + 2,5 M€ résiduels — économie CEHR + CDHR estimée 400 à 500 k€.

Stratégie 4 — Qualification revenu exceptionnel : documenter rigoureusement le caractère non récurrent et exceptionnel (supérieur à la moyenne des 3 années précédentes) pour bénéficier du mécanisme du quart (art. 224 V CGI) qui réduit à 25 % la prise en compte dans le RFR retraité CDHR.

Stratégie 5 — Fractionnement des rachats AV multi-exercices : plutôt qu'un rachat massif de 500 000 € qui déclenche CEHR et CDHR, fractionner en 5 rachats annuels de 100 000 € sur 5 ans. Permet de rester sous les seuils 250 k€ / 500 k€ selon la composition des autres revenus.

Stratégie 6 — Rachat AV au PFL avant le 15 février : les rachats d'assurance-vie effectués entre le 1er janvier et le 14 février et soumis au prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) sont exclus de l'assiette CDHR. Fenêtre d'optimisation réelle mais étroite pour les retraités qui rachètent tôt dans l'année.

Stratégie 7 — PEA plutôt que compte-titres ordinaire (CTO) : les retraits d'un PEA de plus de 5 ans sont totalement exclus de l'assiette du RFR retraité CDHR. Plafond 150 000 € pour le PEA classique + 225 000 € pour le PEA-PME. Pour un investisseur haut revenu, saturer ces enveloppes est prioritaire. À noter : le Plan d'Épargne Retraite (PER) déduit du revenu global (art. 163 quatervicies) reste utile sur l'IR mais, réintégré dans le RFR (art. 1417, IV, 1°, a CGI), il ne baisse pas l'assiette de la CDHR ; seul le versement d'un indépendant déduit de son bénéfice (art. 154 bis) la réduit — voir notre guide complet du Plan d'Épargne Retraite.

Stratégie 8 — Holding IS pour capitaliser les dividendes : plutôt que distribuer massivement en tant que personne physique (PFU 31,4 % + CEHR + CDHR), conserver les bénéfices dans une holding IS permet de les investir (régime mère-fille taxé à 5 %, intégration fiscale). L'arbitrage entre salaire, dividendes et capitalisation dans la holding est détaillé dans notre guide rémunération du dirigeant.

Stratégie 9 — Déficit foncier : jusqu'à 10 700 € imputables sur le revenu global (art. 156-I-3 CGI), le reste reportable 10 ans sur revenus fonciers uniquement. Efficace sur la CEHR si elle permet de passer sous le seuil 250 k€ / 500 k€. Peu efficace directement sur la CDHR, car elle peut paradoxalement augmenter celle-ci (moins d'IR acquitté).

Stratégie 10 — Expatriation fiscale : la CDHR ne s'applique qu'aux résidents fiscaux français. Transférer son domicile en Suisse, au Portugal, aux Émirats ou en Espagne (régime Beckham) supprime la CDHR et la CEHR. Contraintes : résidence effective supérieure à 6 mois par an, exit tax de l'article 167 bis CGI, conventions fiscales limitant les effets, durée minimale recommandée 10 à 15 ans pour être économiquement rentable.

Notre recommandation Hagnéré Patrimoine

Pour un dirigeant à hauts revenus qui prépare une cession, la combinaison la plus souvent pertinente est la suivante : apport-cession 150-0 B ter + donation avant cession + qualification revenu exceptionnel + PEA saturé. Ces 4 leviers combinés peuvent réduire nettement le cumul CEHR + CDHR sur une cession d'entreprise de plusieurs millions d'euros ; le gain se chiffre au cas par cas. Le calibrage précis dépend de la configuration familiale (nombre d'enfants, situation matrimoniale), de l'horizon de cession et des projets post-cession (réinvestissement, retraite).

Leviers ponctuels pour année exceptionnelle : Girardin, GFF, Monuments Historiques

Trois dispositifs reviennent souvent pour les contribuables confrontés à une année atypique (cession, IFC, gros bonus). Une précision d'abord : une réduction d'impôt ne fait jamais remonter l'impôt acquitté, elle le fait baisser. Face à la CDHR, tout dépend de son traitement : réintégrée (traitée comme de l'impôt payé), elle est conservée en totalité sans changer la CDHR ; non réintégrée, elle est reprise pour la part qui fait passer l'impôt sous le plancher de 20 % :

  • Girardin industriel (art. 199 undecies B) : réduction d'IR de l'ordre de 110 à 135 % de l'apport selon l'opération et la date de souscription (non garanti ; l'apport n'est pas récupéré), ponctuelle l'année de souscription, plafond majoré des niches fiscales de 18 000 €. Réintégré dans l'impôt comparé au plancher pour les investissements réalisés jusqu'au 31 décembre 2025 ; souscrit à compter de 2026 via un montage loué avec rétrocession (dix derniers alinéas du I de l'article 199 undecies B), il ne l'est plus, et la CDHR reprend la part de la réduction qui fait passer l'impôt sous 20 % du revenu de référence. Utile seulement si votre impôt, réduction déduite, reste au-dessus de ce plancher.
  • GFF (groupement foncier forestier), GFV (groupement foncier viticole), GFI (groupement foncier d'investissement) (art. 199 decies H) : 18 % de réduction d'IR sur parts forestières, plafond 50 000 € pour un célibataire, 100 000 € pour un couple. Impact cumulable avec le plafond des niches de 10 000 €, car le GFF bénéficie du plafond dérogatoire de 18 000 €.
  • Monuments Historiques (art. 156 bis) : imputation illimitée des déficits fonciers sur le revenu global si le monument historique (MH) est classé. Réduit le RFR lui-même (donc l'assiette CEHR et CDHR) et pas seulement l'IR. Levier au rendement fiscal maximal, mais contraintes patrimoniales fortes.

Attention : la CDHR étant un mécanisme différentiel, l'effet de ces dispositifs est asymétrique selon le profil. Pour un contribuable au taux effectif déjà supérieur à 20 %, la réduction d'IR économise 100 % de son montant. Pour un contribuable redevable de la CDHR (taux effectif inférieur à 20 %), chaque euro d'IR économisé par une réduction non réintégrée est repris par la CDHR. Le gain net réel est à modéliser avant souscription — sinon la niche n'économise qu'une fraction du gain facial.

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 13CESSION·6 MIN

CEHR et CDHR en cas de cession d'entreprise

La cession d'entreprise est le cas de figure le plus sensible et l'un des plus fréquents. Les montants en jeu atteignent rapidement plusieurs millions d'euros, déclenchant automatiquement les deux contributions. Mais plusieurs mécanismes favorables existent, encore faut-il les mobiliser correctement.

Étape 1 — L'abattement dirigeant art. 150-0 D ter. Pour un dirigeant qui part à la retraite dans les 2 ans de la cession et qui a détenu ses titres depuis plus de 5 ans, un abattement fixe de 500 000 € s'applique sur la plus-value. Cet abattement est déduit du RFR retraité CDHR (traitement favorable). Attention : il n'est pas cumulable avec les abattements pour durée de détention.

Étape 2 — Qualification revenu exceptionnel. Si la cession constitue un revenu non récurrent et supérieur à la moyenne des 3 années précédentes, le mécanisme du quart s'applique : 25 % seulement de la PV imposable entre dans le RFR retraité CDHR. Jurisprudence applicable : Conseil d'État 4 décembre 2013 n° 348136 sur la définition du caractère non renouvelable.

Étape 3 — Apport-cession art. 150-0 B ter. Pour des cessions supérieures à 1 M€, l'apport préalable à une holding IS est quasi systématique. L'arrêt du Conseil d'État 21 octobre 2020 n° 437598 a précisé l'articulation entre l'abattement 150-0 D ter et la CEHR. La plus-value d'apport est en report, sortie du RFR de l'année.

Exemple cession 2 M€ avec abattement retraite et quart exceptionnel

Données : dirigeant célibataire 58 ans, cession SAS 2 M€
          Prix d'acquisition : 50 k€ (titres acquis 15 ans plus tôt)
          PV brute = 2 000 000 − 50 000 = 1 950 000 €

          SANS OPTIMISATION (classique)
          ─────────────────────────────
          PV imposable = 1 950 000 − 500 000 (abattement retraite)
                       = 1 450 000 €
          RFR retraité = 1 450 000 € (100 % retenu)
          PFU 12,8 % = 185 600 €
          CEHR célib RFR 1 450 k€ :
            = 7 500 + 4 % × 950 000 = 7 500 + 38 000 = 45 500 €
          Impôts acquittés = 185 600 + 45 500 = 231 100 €
          Impôt cible = 20 % × 1 450 000 = 290 000 €
          CDHR = 290 000 − 231 100 = 58 900 €

          Total coût IR : 185 600 + 45 500 + 58 900 = 290 000 €
          Plus PS 18,6 % sur PV : 362 700 €
          TOTAL CESSION : 652 700 €

          AVEC QUART EXCEPTIONNEL (qualification OK)
          ───────────────────────────────────────────
          PV imposable (PFU) : reste 1 450 000 € (IR et PS inchangés)
          RFR retraité CDHR = 25 % × 1 450 000 = 362 500 €
          Impôts acquittés pour CDHR :
            = 25 % × (185 600 + 45 500) = 57 775 €
          Impôt cible = 20 % × 362 500 = 72 500 €
          CDHR = 72 500 − 57 775 = 14 725 €

          Total coût IR : 185 600 + 45 500 + 14 725 = 245 825 €
          Plus PS 18,6 % : 362 700 €
          TOTAL CESSION : 608 525 €
          ÉCONOMIE CDHR = 58 900 − 14 725 = 44 175 €

Concrètement, cet exemple montre qu'une même cession de 2 M€ coûte 44 175 € de moins lorsque le dirigeant documente rigoureusement le caractère exceptionnel de la plus-value. C'est l'équivalent d'une petite voiture neuve économisée, simplement grâce à une note explicative et à une comparaison avec les revenus des 3 années précédentes. L'investissement intellectuel en vaut la peine.

Jurisprudence applicable à la cession, à l'abattement dirigeant et au quotient

  • CE, 8e-3e ch., 21 octobre 2020, n° 437598 — les fonctions de directeur général d'une SAS ouvrent droit au régime de faveur de l'art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe 500 k€), critère étendu à toutes les sociétés par actions.
  • CE, 3e-8e SSR, 4 décembre 2013, n° 348136 — caractère exceptionnel et non renouvelable d'un revenu apprécié in concreto au regard des trois années précédentes (quotient art. 163-0 A CGI, raisonnement transposable au mécanisme du quart de l'art. 224 V CGI applicable à la CDHR).
  • Cons. const., 5 décembre 2014, n° 2014-435 QPC — réserve d'interprétation excluant de l'assiette CEHR les revenus 2011 ayant déjà supporté un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL).
  • CE, Sect., 18 mai 2005, n° 267087, Min. c/ Sté Sagal — la fiscalité ne sanctionne le choix de la voie la moins imposée que lorsqu'il existe un montage dépourvu de substance économique (limite de l'abus de droit fiscal, art. L. 64 LPF).
§ 14EXPAT·5 MIN

Non-résidents, impatriés art. 155 B et retour en France

Le traitement des non-résidents et des impatriés est un point particulièrement technique et divergent entre les deux contributions. Il mérite une clarification précise, surtout à l'heure où de nombreux dirigeants envisagent l'expatriation ou le retour en France après une période à l'étranger.

Traitement non-résidents et impatriés — CEHR vs CDHR 2026
SituationCEHRCDHR
Résident fiscal français (art. 4 B CGI)AssujettiAssujetti
Non-résident avec revenus de source françaiseAssujetti sur revenus françaisExclu totalement
Impatrié art. 155 B (exonération partielle)Assujetti sur partie taxableAssujetti sur partie taxable
Retour en France en cours d'annéeAssujetti prorata temporisAssujetti prorata temporis
Frontalier franco-suisse travail CHAssujetti si résident FRAssujetti si résident FR
Expatriation avec exit tax art. 167 bisApplique à la date du transfertApplique à la date du transfert

Piège : retour en France et revenu exceptionnel étranger

Cas courant : un dirigeant expatrié 5 ans à Dubaï revient en France le 1er juillet 2026. Il cède en septembre 2026 des titres étrangers pour 1,5 M€. Comme il est résident fiscal français au moment de la cession, la CEHR et la CDHR s'appliquent sur la plus-value — y compris si les titres ont été acquis à l'étranger. Solution : céder avant le retour, ou passer par une holding luxembourgeoise avec convention fiscale adéquate, ou structurer via un apport-cession français précédant la cession. Attention également à l'exit tax française sur les titres acquis pendant la période de résidence française antérieure.

Pour les impatriés bénéficiant du régime de l'article 155 B CGI (exonération jusqu'à 30 % ou 50 % du salaire pendant 8 ans), attention : la partie taxable du salaire est intégrée au RFR classique et au RFR retraité CDHR. Si le salaire global dépasse 250 k€ (célibataire) ou 500 k€ (couple), même avec l'exonération de l'article 155 B, la CEHR s'applique. La CDHR dépendra du taux effectif global.

Revenus de source étrangère : les crédits d'impôt dans les acquittés CDHR

Angle rarement traité : un résident fiscal français percevant des dividendes ou intérêts de source étrangère (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne) supporte une retenue à la source de 15 % à 30 % selon convention. La convention fiscale ouvre droit à un crédit d'impôt imputable sur l'IR français. Question critique : ce crédit d'impôt entre-t-il dans les « impôts déjà acquittés » du calcul CDHR ?

Réponse du texte (article 224, IV, A, 2° du CGI) : l'impôt comparé au plancher est majoré de l'avantage procuré « par les crédits d'impôt prévus par les conventions fiscales internationales, dans la limite de l'impôt dû ». Autrement dit, le crédit d'impôt conventionnel imputé sur un dividende américain est traité comme de l'impôt payé dans le calcul CDHR : il ne fait pas, à lui seul, augmenter la contribution. Ce qui peut la déclencher, c'est le faible taux d'imposition de ces revenus (12,8 % d'IR au prélèvement forfaitaire) face à un plancher de 20 %.

§ 15PÉRENN.·4 MIN

La prorogation CDHR par la LF 2026

À l'origine, la CDHR devait être une mesure exceptionnelle limitée à l'exercice fiscal 2025. Le discours politique de février 2025 insistait sur le caractère temporaire du dispositif, lié au contexte budgétaire tendu et à l'effort collectif demandé. Un an plus tard, la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026) a prolongé la CDHR selon une formule inédite : tant que la loi d'approbation des comptes constate un déficit du budget général supérieur ou égal à 3 % du PIB.

Cette clause de prorogation conditionnelle est juridiquement originale. Elle évite de voter chaque année la prorogation (pratique courante pour les dispositifs exceptionnels), tout en préservant l'affichage d'une mesure « temporaire ». En réalité, au vu des prévisions macroéconomiques :

Trajectoire déficit public français — scénarios INSEE / Cour des comptes 2026
AnnéeScénario bas (favorable)Scénario centralScénario haut (défavorable)
20264,2 %4,5 %4,8 %
20273,6 %4,1 %4,6 %
20283,0 %3,6 %4,3 %
20292,6 %3,2 %4,0 %
20302,2 %2,9 %3,7 %

Ces trajectoires portent sur le déficit public (toutes administrations) ; la clause de sortie de la CDHR vise le déficit du budget général de l'État, une mesure distincte : elles ne donnent qu'un ordre d'idée. Concrètement, même dans le scénario favorable, la France ne repassera pas sous la barre des 3 % de déficit avant 2028 ou 2029. Et dans le scénario central, ce seuil n'est franchi qu'autour de 2030. Traduit en langage patrimonial : vous devez bâtir votre stratégie CEHR et CDHR sur un horizon de 4 à 5 ans minimum. Parier sur une disparition rapide de la CDHR serait financièrement imprudent.

CDHR : à intégrer au moins jusqu'en 2029

Dans tous les scénarios hors scénario favorable, le déficit public français reste supérieur à 3 % jusqu'en 2029, voire au-delà de 2030. Mieux vaut donc raisonner comme si la CDHR restait due pendant les 4 à 5 années à venir et l'intégrer systématiquement dans toute stratégie patrimoniale des hauts revenus. Les décisions de cession, de distribution ou de rachat doivent être modélisées avec la CDHR active.

Juridiquement, la CDHR n'a pas été censurée par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025, qui a écarté les griefs d'inconstitutionnalité dirigés contre l'article 10 de la LF 2025 (rupture d'égalité devant les charges publiques, caractère confiscatoire, atteinte à la progressivité de l'impôt). La décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026 a ensuite jugé conforme la LF 2026, dont la prorogation conditionnelle de la CDHR : aucune disposition relative à la CDHR n'a été censurée à cette occasion. Aucune QPC n'a pour l'instant été remontée au Conseil sur le dispositif. Pour une vision complète des mesures patrimoniales adoptées, voir notre décryptage complet de la loi de finances 2026.

Méthode documentée

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§ 15 bisPIÈGES·8 MIN

5 pièges techniques + grille 3 paliers RFR

Au-delà des stratégies classiques déjà vues, la mécanique CEHR/CDHR recèle plusieurs pièges techniques rarement identifiés, même par les professionnels. Hagnéré Patrimoine les rencontre régulièrement en cabinet avec des conséquences chiffrées lourdes.

Piège 1 — Le « quart CEHR » des revenus exceptionnels LF 2026

L'article 224 V CGI retient les revenus exceptionnels pour seulement 25 % dans le RFR retraité CDHR. Ce qui est moins connu : depuis la LF 2026, la CEHR rattachée à ces mêmes revenus exceptionnels n'est imputée dans les « impôts déjà acquittés » qu'à hauteur de 25 % également, en miroir. Conséquence : sur une plus-value de cession de 2 M€, la CEHR « imputable » chute de ~80 k€ (4 % × 2 M€) à seulement 20 k€. Mécaniquement, l'impôt minimum de 20 % est atteint plus vite, la CDHR augmente de 60 à 80 k€ par rapport au régime 2025. Parade : étaler cession et dividendes sur N et N+1, simuler avant signing, privilégier l'apport-cession pour différer.

Piège 2 — PEA de plus de 5 ans pour un retraité : zéro IR mais RFR dopé

Les plus-values de clôture PEA après 5 ans sont exonérées d'IR (0 €) mais supportent 18,6 % de PS. Or, ces plus-values entrent dans le RFR retraité CDHR. Elles gonflent le dénominateur sans nourrir le numérateur (IR + CEHR payés) → le taux effectif tombe sous 20 %. Un retraité clôturant un PEA à 600 k€ de plus-values peut déclencher 15 à 20 k€ de CDHR alors qu'il ne paie 0 € d'IR. Parade : fractionner les retraits sur plusieurs exercices, privilégier la sortie en rente viagère (exclue du RFR retraité sous conditions), ou gérer le timing pour rester sous 250 k€ de RFR.

Piège 3 — Impatrié art. 155 B : la prime exonérée revient par la fenêtre

Le régime impatrié (art. 155 B CGI) exonère d'IR la prime d'impatriation (réelle ou forfait 30 %) et une fraction des revenus d'activité à l'étranger. Mais ces montants exonérés sont réintégrés dans le RFR retraité CDHR. Un cadre dirigeant impatrié à 900 k€ brut dont 30 % exonérés (270 k€) voit ces 270 k€ rebasculer dans l'assiette CDHR, avec un coût non anticipé de 25 à 40 k€. Parade : négocier l'inclusion de la CDHR dans le tax equalization du contrat, ou privilégier les profils restant sous 250 k€ de RFR retraité.

Piège 4 — Expatriation en cours d'année : seuils non proratisés

L'article 224 V CGI assujettit un partant à la CDHR sur les revenus perçus jusqu'à la date de départ, auxquels s'ajoutent les revenus acquis non disponibles et les BIC depuis le dernier exercice taxé. Mais les seuils 250 k€ / 500 k€ restent annuels entiers, non proratisés. Un dirigeant qui franchit 700 k€ de RFR en janvier avant de partir déclenche la CDHR pleine, alors que sur l'année complète il aurait lissé sous le seuil. Parade : organiser le départ effectif au 1er janvier (pas en cours d'année), déclencher les revenus après établissement de la résidence étrangère au sens conventionnel.

Piège 5 — Donation avant cession : délai minimum et réappropriation

Le Comité de l'abus de droit fiscal, dans son avis n° 2024-10 (séance du 14 novembre 2024), a requalifié une donation démembrée suivie le lendemain d'un rachat de titres par la société et d'un crédit immédiat sur le compte du donateur via quasi-usufruit signé rétroactivement. Résultat : donation fictive, plus-value de 926 097 € réintégrée, pénalité 80 % (art. L64 LPF). Le Conseil d'État (CE 30/12/2011 Motte n° 330940) exige un délai suffisant et une absence de concertation préalable. Parade : acte authentique notarié, donation antérieure à tout mandat de vente, quasi-usufruit avec créance de restitution chiffrée et garantie, délai supérieur à 3 mois entre donation et cession.

Nouveaux éléments à intégrer dans votre simulation CDHR

  • CE 05/02/2025 n° 476399 : le Conseil d'État a rappelé que la rétroactivité d'un durcissement fiscal se heurte au principe de confiance légitime. Garde-fou utile face à un futur durcissement CDHR.
  • Avis CADF n° 2024-10 du 14/11/2024 : donation fictive requalifiée, pénalité 80 %. Formalisation rigoureuse du quasi-usufruit obligatoire.
  • Pacte Dutreil LF 2026 : exclusions biens non affectés (yachts, chevaux, bijoux, œuvres d'art, résidences, vins/alcools), délai conservation art. 787 C porté de 4 à 6 ans. Trésorerie et actifs numériques restent éligibles.
  • Taxe Zucman rejetée : l'Assemblée nationale a rejeté le 31/10/2025 la contribution sur les patrimoines supérieurs à 100 M€. Elle ne figure pas dans la LF 2026 définitive.

Grille comparative à 3 paliers de RFR (célibataire, dividendes pur PFU)

Pour ancrer la mécanique, voici le détail chiffré de ce que paie un célibataire dont les revenus proviennent exclusivement de dividendes PFU, selon trois niveaux de RFR courants en pratique.

Calcul CEHR + CDHR — célibataire, dividendes pur PFU 31,4 %
RFRCEHRIR PFU 12,8 %Impôts acquittésImpôt cible 20 %CDHRTotal CEHR+CDHR
400 000 €4 500 € (3 % × 150 k€)51 200 €55 700 €80 000 €24 300 €28 800 €
700 000 €15 500 € (3 % × 250 + 4 % × 200)89 600 €105 100 €140 000 €34 900 €50 400 €
1 000 000 €27 500 € (3 % × 250 + 4 % × 500)128 000 €155 500 €200 000 €44 500 €72 000 €

Concrètement, plus le RFR monte, plus la CDHR domine le cumul. À 400 k€, la CEHR pèse 16 % du total CEHR+CDHR ; à 1 M€, seulement 38 %. La CDHR est donc le levier numérique à surveiller en priorité pour tout dirigeant de SASU en régime dividendes pur. Les prélèvements sociaux de 18,6 % viennent s'ajouter à ce calcul (74 400 € pour 400 k€, 130 200 € pour 700 k€, 186 000 € pour 1 M€), portant la pression fiscale globale au-delà de 38 % effectifs.

Comparatif 3 profils à RFR identique 700 000 €

L'enseignement le plus frappant tient non pas au niveau de RFR, mais à la composition des revenus. Voici trois profils distincts à RFR strictement identique (700 000 € célibataire), montrant des charges fiscales radicalement différentes selon la nature des revenus.

3 profils au même RFR 700 k€ — la CDHR frappe les dividendes, pas les salaires
ProfilComposition revenusIR barème / PFUCEHRCDHRTotal CEHR+CDHR
Profil A — Salarié pur700 k€ salaire brut imposé au barème TMI 45 %~236 k€ IR barème15 500 € (3 % × 250 + 4 % × 200)0 € (taux effectif ~36 %, supérieur à 20 %)15 500 €
Profil B — Dirigeant SASU dividendes 100 %700 k€ dividendes PFU 31,4 %89 600 € (part IR 12,8 %)15 500 €34 900 € (comble jusqu'à 140 k€ = 20 % × 700 k€)50 400 €
Profil C — Mixte 50/50350 k€ salaire + 350 k€ dividendes~62 k€ IR barème + 44,8 k€ IR PFU = 106,8 k€15 500 €17 700 € (comble jusqu'à 140 k€)33 200 €

Concrètement, au même RFR de 700 k€ : le salarié pur paie 15 500 € de CEHR (et 0 de CDHR), le dirigeant SASU en dividendes purs paie 50 400 € (CEHR + CDHR), le profil mixte paie 33 200 €. L'écart entre profil A et profil B atteint 34 900 € pour un revenu identique — c'est la traduction numérique de l'impôt plancher 20 % qui pénalise les sources PFU. Pour tout dirigeant approchant 250 k€ de dividendes, la question rémunération salaire vs dividendes doit être reposée chaque année.

Les 8 retraitements qui différencient le RFR classique (CEHR) du RFR retraité (CDHR)

La nuance est rarement déroulée en détail dans la littérature grand public : la CEHR utilise le RFR classique défini à l'article 1417-IV CGI, tandis que la CDHR repose sur un RFR retraité spécifique qui diffère sur huit postes précis. Maîtriser ces retraitements permet d'anticiper précisément qui bascule ou non sous les seuils.

Les 8 retraitements du RFR retraité CDHR vs RFR classique CEHR
PosteRFR classique (CEHR)RFR retraité (CDHR)
Plus-values mobilièresInclus après abattements durée détentionInclus avant tout abattement durée détention
Abattement dirigeant retraite (art. 150-0 D ter, 500 k€)Déduit (minore RFR)Déduit également
Abattement renforcé PME < 10 ansDéduitNON déduit (réintégré)
Revenus exceptionnels (non récurrents, > moyenne 3 ans)Inclus à 100 %Inclus à 25 % seulement (quart)
PEA > 5 ans (retraits exonérés IR)Non inclus (exonéré d'IR, PS 18,6 % dus)Non inclus (l'assiette CDHR part du RFR, art. 224, II)
Rachats AV > 8 ans au PFL avant 15/02InclusEXCLUS (fenêtre d'optimisation)
Prime d'impatriation art. 155 B (exonérée IR)Non inclusRéintégré (piège dirigeants expatriés)
Plus-value en report art. 150-0 B ter (apport-cession)Non inclus (report)Non inclus tant que report actif

Lecture pratique du tableau

À retenir : un retraité qui clôture un PEA à 600 k€ de plus-values déclenche la CDHR (RFR retraité dopé) alors qu'il reste sous le seuil CEHR (RFR classique). Un impatrié à 900 k€ dont 270 k€ exonérés voit ses 270 k€ réintégrés côté CDHR mais pas côté CEHR. Un dirigeant en cession 2 M€ déclare 1,5 M€ après abattement 500 k€, mais si la cession est qualifiée d'exceptionnelle, elle ne pèse que 375 k€ dans le RFR retraité (25 %) — d'où l'importance de documenter rigoureusement le caractère non récurrent.

Abus de droit : distinguer L.64 LPF et L.64 A LPF post-2020

Depuis le 1er janvier 2020, deux régimes d'abus de droit coexistent, avec des pénalités et des critères différents. Toute stratégie anti-CDHR (donation avant cession, apport-cession, changement de régime matrimonial, transfert de trésorerie) doit être qualifiée par rapport aux deux textes — sous peine de majoration surprise.

Abus de droit : L.64 LPF vs L.64 A LPF
CritèreL.64 LPF (classique)L.64 A LPF (mini abus)
Année de créationDepuis 1941, refonte 2008Loi de finances 2019, applicable depuis le 1er janvier 2020
But de l'acte contestéExclusivement fiscalPrincipalement fiscal (critère assoupli)
Majoration80 % (art. 1729 b CGI)40 % (art. 1729 a CGI si mauvaise foi)
Contrôle du Comité CADFObligatoire avant notificationFacultatif (l'administration peut saisir)
Exemples CDHRDonation fictive avec réappropriation immédiate (CADF 2024-10)Apport-cession sans vraie activité économique, donation différée
ContentieuxAbondant, jurisprudence stabiliséeEncore en construction, doctrine évolutive

Concrètement, depuis 2020, une donation avant cession avec délai court (entre 15 jours et 3 mois) qui échappait autrefois au L.64 LPF (but pas exclusivement fiscal, intention libérale défendable) peut désormais tomber sous le L.64 A LPF (but principalement fiscal) — avec 40 % de majoration. Pour sécuriser, allonger le délai à 6 mois minimum, ajouter une intention libérale documentée (projets personnels du donataire, évolution familiale) et formaliser un pacte adjoint notarié.

§ 16CAS·10 MIN

5 cas pratiques chiffrés

Ces cinq cas illustratifs (prénoms et situations fictifs) montrent concrètement comment la CEHR et la CDHR se combinent selon la situation patrimoniale. Les chiffres sont simplifiés pour la lisibilité mais cohérents avec les calculs officiels.

Cas 1 — Marc, 58 ans, dirigeant SAS Paris, cession 2 M€

Marc dirige depuis 18 ans une SAS (société par actions simplifiée) tech parisienne. En 2026, il cède l'intégralité de ses titres pour 2 000 000 € (prix d'acquisition 50 000 €). Il a 58 ans, ne part pas à la retraite immédiatement (donc pas d'abattement art. 150-0 D ter), et n'a pas anticipé de donation aux enfants. Sa PV imposable est de 1 950 000 €.

Calcul : PFU 31,4 % sur 1 950 000 € = 12,8 % d'IR (249 600 €) + 17,2 % de PS (335 400 €) + 1,4 % de contribution autonomie ou CFA (27 300 €, LFSS 2026), soit 362 700 € de PS au total. CEHR célibataire RFR 1 950 000 € : 7 500 + 4 % × (1 950 000 − 500 000) = 7 500 + 58 000 = 65 500 €. Impôts acquittés CDHR = 249 600 + 65 500 = 315 100 €. Impôt cible = 20 % × 1 950 000 = 390 000 €. CDHR = 390 000 − 315 100 = 74 900 €. Total coût cession : 249 600 + 65 500 + 74 900 + 362 700 ≈ 752 700 € (≈ 38,6 %).

Stratégie ratée : Marc n'a pas fait d'apport-cession préalable ni de donation. En structurant via holding IS 6 mois avant la cession, il aurait pu mettre la PV en report et ne rien payer l'année de la cession. La CDHR aurait été évitée (≈ 74 900 € d'économie). Enseignement : anticiper de 12 à 18 mois avant la cession est critique.

Cas 2 — Sophie, 48 ans, cadre dirigeante Lyon, salaire 200 k€ + bonus 500 k€

Sophie est directrice financière d'un groupe industriel lyonnais. En 2026, elle perçoit un salaire brut de 200 000 € et un bonus exceptionnel de 500 000 €. Son RFR s'établit à 700 000 €. Elle est célibataire, sans enfant.

Calcul : IR au barème 2026 (TMI 45 %) sur 700 000 € ≈ 291 500 € (taux effectif 41,6 %). CEHR = 7 500 + 4 % × 200 000 = 15 500 €. Taux effectif global = (291 500 + 15 500) / 700 000 = 43,9 %. Bien au-dessus de 20 %, donc pas de CDHR. CEHR totale : 15 500 €.

Stratégie Sophie : elle maximise son PER (plafond maximum salarié 37 680 € pour les versements 2026, soit 10 % × 8 × plafond annuel de la sécurité sociale ou PASS 2025 de 47 100 €) = économie IR à 45 % ≈ 16 956 €. Elle demande l'intéressement différé bloqué 5 ans (exonéré d'IR mais soumis aux PS). Elle prépare un lissage CEHR si le bonus 2027 retombe à 100 000 €. La CDHR ne la concerne pas : son profil salaire pur est hors cible CDHR.

Cas 3 — Nathalie et Philippe, 52 ans, médecins libéraux Bordeaux, RFR 600 k€

Nathalie (chirurgien-dentiste) et Philippe (cardiologue) exercent en libéral à Bordeaux. Leur RFR foyer 2026 est de 600 000 € (300 000 € chacun en BNC, bénéfices non commerciaux). Deux enfants majeurs rattachés fiscalement. Imposition commune.

Calcul : IR au barème TMI 45 % ≈ 220 000 € (taux effectif 36,7 %). CEHR couple = 3 % × (600 000 − 500 000) = 3 000 €. Taux effectif global = (220 000 + 3 000) / 600 000 = 37,2 %. Largement au-dessus de 20 %, donc pas de CDHR. Total CEHR : 3 000 €.

Vigilance : en 2027, Nathalie vend son cabinet dentaire 400 000 € (IFC, indemnités de fin de carrière, + clientèle). Le RFR 2027 grimpera à 1 000 000 €. La CEHR passera à 15 000 € + 4 % × 0 = 15 000 € (seuil 4 % à 1 M€ pour un couple). La CDHR restera à 0, car le taux effectif sera préservé. Le lissage CEHR art. 223 sexies 1 bis sera déclenché pour l'année 2027 (économie estimée 8 000 €).

Cas 4 — Ahmed, 45 ans, frontalier retour France 07/2025, salaire 400 k€ (6 mois FR)

Ahmed a travaillé 7 ans en Suisse comme opérateur de marché. En juillet 2025, il rentre en France et reprend un poste à Paris à 800 000 € annuels. Pour la période de résidence française juillet-décembre 2025, son RFR prorata est de 400 000 €. Il est célibataire.

Calcul 2025 : RFR 400 000 € > 250 000 €. CEHR = 3 % × 150 000 = 4 500 €. IR au barème 2026 sur les 400 000 € des 6 mois ≈ 156 500 € (TMI 45 %). Taux effectif = (156 500 + 4 500) / 400 000 =40,3 %. Pas de CDHR. Mais en septembre 2026, Ahmed vend des titres étrangers pour 1 M€ (PV 700 k€) alors qu'il est à nouveau résident français : la CEHR ET la CDHR s'appliquent sur la PV.

Piège évité : si Ahmed avait cédé ses titres étrangers avant le 1er juillet 2025 (encore résident suisse), aucune fiscalité française ne se serait appliquée. Leçon : toujours structurer les cessions avant le retour en France, ou via un apport à une holding luxembourgeoise au moment où l'on est encore non-résident.

Cas 5 — Patricia, 68 ans, retraitée Toulouse, pension 80 k€ + rachat AV 300 k€

Patricia, veuve de 68 ans, perçoit une pension annuelle de 80 000 € et réalise en novembre 2026 un rachat total de son assurance-vie ouverte en 2003 (contrat de plus de 8 ans) : 300 000 € de gains pour financer l'achat d'une résidence secondaire.

Calcul : RFR = 80 000 + 300 000 = 380 000 €. CEHR célibataire = 3 % × (380 000 − 250 000) = 3 900 €. IR sur pension (après abattement de 10 % plafonné, TMI 30 %) ≈ 15 800 €. Rachat AV de plus de 8 ans au taux réduit 7,5 % après abattement 4 600 € = (300 000 − 4 600) × 7,5 % = 22 155 €. Impôts acquittés CDHR = 15 800 + 22 155 + 3 900 =41 855 €. Impôt cible = 20 % × 380 000 = 76 000 €.
CDHR = 76 000 − 41 855 =34 145 €. Surcoût significatif lié au taux réduit AV de 7,5 %.

Stratégie Hagnéré Patrimoine : 1) fractionner le rachat sur 3 ans (100 k€ par an) — le RFR reste sous 250 k€ chaque année, zéro CEHR et zéro CDHR, économie totale d'environ 38 000 € (3 900 de CEHR + 34 145 de CDHR évités). 2) Ou déclencher le lissage CEHR art. 223 sexies II si les RFR N-1 et N-2 sont inférieurs à 250 k€ et le RFR 2026 supérieur à 1,5 × la moyenne : CEHR recalculée sur base moyenne triennale. 3) Ou recourir à des avances sur contrat AV (non imposables) pour financer l'achat sans déclencher le fait générateur fiscal.

Leçon transversale des 5 cas

L'anticipation est tout. Dans chaque cas, une structuration 6 à 18 mois avant l'événement (cession, bonus, rachat AV massif) permettait d'économiser de 30 000 € à plus de 100 000 €. À l'inverse, les contribuables qui découvrent la CDHR au moment de leur déclaration de mai N+1 ne peuvent plus rien corriger. Notre cabinet recommande une revue patrimoniale systématique au dernier trimestre de chaque année pour nos clients dont le RFR approche 200 k€ (célibataire) ou 400 k€ (couple) — zone de vigilance.

§ 17SOURCES·4 MIN

Références légales, sources et auteur

Ce guide s'appuie exclusivement sur des sources légales officielles et des décisions jurisprudentielles vérifiables. Voici le récapitulatif des références mobilisées.

Références légales mobilisées dans ce guide
SourceObjetRéf.
Code général des impôtsCEHRArt. 223 sexies
Code général des impôtsLissage CEHR 2 ansArt. 223 sexies II
Code général des impôtsCDHRArt. 224
Code général des impôtsBarème IR 2026Art. 197
Code général des impôtsPFUArt. 200 A
Code général des impôtsApport-cessionArt. 150-0 B ter
Code général des impôtsAbattement dirigeantArt. 150-0 D ter
Code général des impôtsRFR classiqueArt. 1417-IV
Code général des impôtsQuotient revenu exceptionnelArt. 163-0 A
Code général des impôtsDéficits fonciersArt. 156-I-3
Code général des impôtsDomicile fiscalArt. 4 B
Code général des impôtsImpatriésArt. 155 B
Code général des impôtsExit taxArt. 167 bis
Code général des impôtsIntérêts de retardArt. 1727
Code général des impôtsMajoration manquementArt. 1729
LPFAbus de droitArt. L64
Lois de finances et jurisprudence applicables
TexteContenu
Loi n° 2011-1977 du 28 décembre 2011 (LF 2012), art. 2Création CEHR
Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (LF 2025), art. 10Création CDHR
Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026)Prorogation CDHR tant que déficit > 3 % PIB
Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026)PS à 18,6 % sur mobiliers (+1,4 point autonomie)
Cons. const. n° 2011-644 DC du 28/12/2011Décision sur la LF 2012 ayant créé la CEHR (art. 2)
Cons. const. n° 2012-662 DC du 29/12/2012Plafond confiscatoire ; censure de la contribution additionnelle 18 % (rupture égalité foyer/individu)
Cons. const. n° 2014-435 QPC du 05/12/2014Réserve d'interprétation : exclusion de l'assiette CEHR des revenus 2011 ayant subi un PFL
Cons. const. n° 2025-874 DC du 13/02/2025Art. 10 LF 2025 (CDHR) non censuré — contrôle procédural, sans examen au fond
Cons. const. n° 2026-901 DC du 19/02/2026LF 2026 non censurée (prorogation CDHR tant que déficit > 3 % PIB) — contrôle procédural
CE, 8e-3e ch., 21/10/2020, n° 437598Fonctions de DG de SAS éligibles à l'abattement dirigeant art. 150-0 D ter
CE, 3e-8e SSR, 04/12/2013, n° 348136Application du quotient art. 163-0 A — caractère non renouvelable apprécié in concreto
CE, Sect., 18/05/2005, n° 267087, Min. c/ Sté SagalAbus de droit : substance économique exigée pour les montages de holding
Doctrine administrative et sources officielles
SourceContenu
BOI-IR-CHRCEHR exhaustive, BOFiP
BOI-IR-LIQ-20-10Détermination impôt brut
ACTU-2026-00022Indexation barème IR 2025 LF 2026 art. 4
BOI-IR-CDHR-10, -20 et -30Doctrine CDHR, BOFiP du 30/06/2026
impots.gouv.fr/cdhr-faqFAQ pratique CDHR (acompte, déclaration)
Brochure Pratique IR 2026Guide déclaratif DGFiP

À propos de ce guide

Ce guide a été rédigé le 20 avril 2026 par l'équipe Hagnéré Patrimoine. Il intègre les dispositions en vigueur au jour de sa publication : loi de finances pour 2026 (LOI n° 2026-103 du 19 février 2026), loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (création CDHR), article 223 sexies CGI (CEHR) et article 224 CGI (CDHR). Les informations fournies ont une valeur strictement informative et pédagogique : elles ne constituent en aucun cas un conseil fiscal, patrimonial ou juridique personnalisé. Toute décision engageante (acompte CDHR, stratégie de lissage, donation avant cession, holding IS) doit impérativement faire l'objet d'un bilan personnalisé avec un professionnel habilité (CGP, avocat fiscaliste ou expert-comptable). Les seuils RFR 2026 sont publiés chaque année par la loi de finances ; consultez toujours le barème officiel sur impots.gouv.fr avant toute décision. Hagnéré Patrimoine décline toute responsabilité en cas d'utilisation des informations de ce guide sans accompagnement professionnel.

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Sources et références légales

  • Code général des impôts — IR & contributions

    Art. 223 sexies CGI (CEHR : surtaxe additionnelle 3 % et 4 %, lissage II sur 2 ans). Art. 224 CGI (CDHR : impôt différentiel plancher 20 %). Art. 200 A CGI (PFU 12,8 % IR + PS). Art. 4 B CGI (résidence fiscale). Art. 62 CGI (rémunération des dirigeants).

  • Code général des impôts — cession & report

    Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession holding, durci LF 2026 : 70 % / 36 mois / 5 ans uniformément, exclusion marchand de biens / promoteur / syndic / agent immobilier, hôtellerie maintenue). Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe 500 000 € départ retraite, prorogé jusqu'au 31/12/2031). Art. 156-I-3 CGI (déficit foncier 10 700 €/an global). Art. 167 bis CGI (exit tax, seuils 800 000 € / 50 %). Art. 163-0 A CGI (système du quotient).

  • Code de la sécurité sociale & LFSS 2026

    Art. L. 136-8 CSS (CSG sur les revenus du patrimoine). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026 art. 12) : majoration CSG-Autonomie 1,4 point sur RCM/PV mobilières/PEA/PER (PFU 30 % → 31,4 %). AV/capi et PEL ouverts avant 2018 exclus.

  • Lois de finances 2025-2026 & sanctions

    Loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025 art. 10) : création de la CDHR (art. 224 CGI). Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026) : prorogation CDHR tant que le déficit du budget général > 3 % PIB, durcissement 150-0 B ter. Art. 1729 CGI (majoration 20 % insuffisance acompte CDHR). Art. 1727 CGI (intérêts de retard 0,20 %/mois). Art. L64 LPF (abus de droit fiscal).

  • Doctrine, Conseil constitutionnel & jurisprudence

    Cons. const. n° 2025-874 DC du 13/02/2025 (CDHR LF 2025 non censurée — contrôle procédural, sans examen au fond ; imposition plancher jugée non contraire à la Constitution). BOFiP BOI-IR-CHR (CEHR). BOFiP BOI-IR-CDHR (commentaires CDHR). CE 22/09/2017 n° 412408 (sursis 150-0 B sans substance). CE 12/02/2020 n° 421444 (abus de droit apport-cession). CE 19/06/2024 (donation avant cession sans clause de réservation).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute stratégie fiscale concernant la CEHR et la CDHR doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer.

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  • La CEHR (art. 223 sexies CGI, créée en 2012) est une surtaxe additionnelle de 3 % puis 4 % sur le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). La CDHR (art. 224 CGI, créée par la loi de finances 2025) est un impôt plancher qui garantit un taux effectif d'imposition d'au moins 20 %. Les deux contributions se cumulent sur un même foyer, mais la CEHR est toujours due dès le franchissement du seuil, alors que la CDHR n'est déclenchée que si le taux effectif (IR + CEHR + part IR du PFU) reste sous 20 %.