CEHR et CDHR 2026 : le guide complet des contributions sur les hauts revenus

Comprendre et piloter la CEHR (art. 223 sexies CGI, 3 % et 4 %) et la CDHR (art. 224 CGI, impôt plancher 20 %) en 2026 : seuils, calcul pas à pas, articulation, acompte décembre, lissage sur 2 ans et 10 stratégies d'optimisation concrètes — en un seul guide.

CEHR 3 % puis 4 %
CDHR plancher 20 %
Articulation CEHR / CDHR
10 stratégies d'optimisation

Mis à jour le 20 avril 2026.

En 2026, les hauts revenus supportent deux contributions cumulables : la CEHR (art. 223 sexies CGI, 3 % puis 4 %) au-delà de 250 000 € de RFR (ou 500 000 € en couple), et la CDHR (art. 224 CGI) qui garantit un taux effectif minimum de 20 %. Chez Hagnéré Patrimoine, nous accompagnons dirigeants cédants et cadres supérieurs pour articuler CEHR + CDHR et calibrer l'acompte de décembre 2026.

Vous avez reçu un bonus exceptionnel. Ou vous cédez votre entreprise après vingt ans d'efforts. Ou vous vous versez enfin les dividendes accumulés dans votre SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) depuis trois exercices. Et au moment de modéliser l'impôt sur le revenu (IR), le choc : pas un, mais deux étages supplémentaires viennent s'empiler sur votre IR classique. La CEHR, cette surtaxe que vous connaissez peut-être depuis 2012, et la CDHR, le petit nouveau de 2025 qui garantit à l'État un taux effectif de 20 % minimum. Les deux se combinent, l'une déduisant l'autre mais toutes deux pesant sur le même revenu. Ce guide décrypte point par point leurs seuils, leur calcul, leur articulation, l'acompte CDHR de décembre, et surtout les 10 stratégies que nous déployons chez Hagnéré Patrimoine pour nos clients dirigeants, cadres dirigeants et investisseurs patrimoniaux.

1. L'essentiel CEHR + CDHR 2026 en un coup d'œil

Avant d'entrer dans le détail, voici la photographie synthétique des deux contributions qui frappent les hauts revenus en 2026. Les deux mécanismes coexistent et se combinent mais répondent à des logiques radicalement différentes : la CEHR est une surtaxe additionnelle qui s'ajoute systématiquement à votre impôt dès le franchissement du seuil, tandis que la CDHR est un impôt plancher différentiel qui ne se déclenche que si votre taux effectif global reste sous 20 %.

Tableau comparatif CEHR et CDHR — dispositions 2026
CritèreCEHR (art. 223 sexies CGI)CDHR (art. 224 CGI)
Nature juridiqueSurtaxe additionnelle à l'IRImpôt plancher (différentiel)
Année de création2011 (LF 2012)2025 (LF 2025 art. 10)
Taux3 % puis 4 %Jusqu'à 20 % du RFR retraité
Seuil célibataire250 000 € de RFR classique250 000 € de RFR retraité
Seuil couple500 000 € de RFR classique500 000 € de RFR retraité
AssietteRFR classique (art. 1417-IV CGI)RFR retraité (ajusté CDHR)
Non-résidentsAssujettisExclus
Acompte décembreNonOui — 95 % entre 1er et 15 décembre
Durée d'applicationPermanente depuis 2012Tant que déficit public > 3 % PIB
CumulS'ajoute toujours à l'IRNe s'active que si taux effectif < 20 %

Concrètement, retenez cette image simple : la CEHR est une marche fixe que vous franchissez dès 250 000 € de RFR (ou 500 000 € en couple), qui s'ajoute automatiquement à votre impôt. La CDHR, elle, est un filet de sécurité qui ne se déclenche que si le total de vos impôts déjà payés reste en dessous de 20 % de vos revenus.

Chiffres-clés à retenir

  • Seuils identiques : 250 000 € / 500 000 € pour les deux contributions
  • CEHR : 3 % entre 250 k€ et 500 k€, 4 % au-delà (célibataire) — 3 % entre 500 k€ et 1 M€, 4 % au-delà (couple)
  • CDHR : taux plancher 20 %, acompte 95 % en décembre, sanction 20 % en cas de sous-estimation > 20 %
  • Environ 24 000 foyers fiscaux concernés par la CDHR
  • Pérennisation de fait tant que le déficit public français dépasse 3 % du produit intérieur brut (PIB)

Maintenant que vous avez la vision d'ensemble, nous allons dérouler chaque contribution en profondeur, en commençant par la CEHR — qui existe depuis plus de dix ans mais que beaucoup de contribuables confondent avec la CDHR.

2. Qu'est-ce que la CEHR et pourquoi existe-t-elle ?

La Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR) a été instaurée par l'article 2 de la loi n° 2011-1977 du 28 décembre 2011 de finances pour 2012, dans un contexte de crise de la dette souveraine et d'effort fiscal demandé aux hauts patrimoines. Codifiée à l'article 223 sexies du Code général des impôts, elle devait à l'origine être temporaire — le terme « exceptionnelle » figure d'ailleurs dans son intitulé officiel. Quinze ans plus tard, elle fait partie intégrante du paysage fiscal français.

Son principe est simple : prélever une surtaxe additionnelle à l'IR sur les foyers fiscaux dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse certains seuils. Contrairement à l'IR progressif classique (barème 0, 11, 30, 41 et 45 %), la CEHR repose sur deux taux seulement : 3 % et 4 %. Et contrairement à la CDHR, elle ne se soucie pas du taux effectif du contribuable : dès le franchissement du seuil, elle s'applique, même si vous payez déjà 45 % d'IR marginal (tranche marginale d'imposition, ou TMI).

Barème CEHR 2026 (art. 223 sexies CGI, seuils inchangés depuis 2011)
Tranche de RFRCélibataire, divorcé, veufCouple marié ou pacsé
Jusqu'à 250 000 €0 %0 %
250 001 € à 500 000 €3 %
500 001 € à 1 000 000 €4 %3 %
Au-delà de 1 000 000 €4 %4 %

Piège : les seuils CEHR ne sont pas indexés sur l'inflation

Contrairement au barème de l'IR qui est indexé chaque année sur l'inflation (art. 197 CGI), les seuils CEHR de 250 000 € et 500 000 € sont figés depuis 2011. Cela signifie que l'inflation cumulée sur 15 ans (plus de 25 %) fait mécaniquement entrer de nouveaux contribuables dans le champ de la CEHR chaque année. C'est ce que les fiscalistes appellent l'effet de glissement de tranches : sans aucune modification légale, la base taxable s'élargit année après année.

Concrètement, la CEHR est due dès le dépôt de votre déclaration annuelle d'IR (case 8TI calculée automatiquement par l'administration). Elle est payée en même temps que l'IR au mois de septembre, sans acompte préalable. Elle concerne aussi les non-résidents sur leurs revenus de source française — c'est une différence majeure avec la CDHR.

Validée à plusieurs reprises par le Conseil constitutionnel (CC) (décision n° 2011-644 DC du 28 décembre 2011 pour la loi de finances 2012 ayant créé le dispositif, puis n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012 qui a précisé la notion de plafond confiscatoire et censuré la contribution exceptionnelle additionnelle de 18 % fondée sur l'individu, et enfin n° 2014-435 QPC du 5 décembre 2014 qui a posé une réserve d'interprétation excluant de l'assiette les revenus 2011 ayant déjà fait l'objet d'un prélèvement forfaitaire libératoire), la CEHR est aujourd'hui un dispositif pérenne, techniquement rodé et juridiquement sécurisé.

3. Qu'est-ce que la CDHR créée par la LF 2025 ?

La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) est bien plus récente. Elle a été instituée par l'article 10 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (loi de finances pour 2025), dans un contexte radicalement différent : déficit public français à 5,4 % du PIB, pression de la Commission européenne pour une trajectoire de redressement, discours politique sur la « juste contribution » des plus aisés. Codifiée à l'article 224 du CGI, elle a été reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) tant que le déficit public dépasse 3 % du PIB.

Le principe est fondamentalement différent de celui de la CEHR. La CDHR ne cherche pas à prélever un pourcentage marginal sur la tranche haute : elle garantit un taux effectif d'imposition minimum de 20 %. Autrement dit, si votre IR + CEHR + part IR du prélèvement forfaitaire unique (PFU) représentent déjà 20 % ou plus de votre RFR retraité, vous ne payez pas de CDHR. Si votre taux effectif est inférieur à 20 %, vous payez la différence.

Pourquoi la CDHR a-t-elle été créée ?

Le constat politique : certains contribuables aux très hauts revenus paient un taux effectif d'IR inférieur à celui d'un cadre moyen. Pourquoi ? Parce que leurs revenus proviennent majoritairement de sources soumises au prélèvement forfaitaire unique (dividendes, plus-values mobilières) taxées au PFU à 30 % dont seulement 12,8 % d'IR. Un dirigeant de SASU qui se verse 1 M€ de dividendes paie 12,8 % d'IR, soit un taux effectif d'IR de 12,8 % — inférieur au taux moyen d'un salarié à 80 000 € (autour de 18 %). La CDHR vise à corriger cette « anomalie » en garantissant un taux plancher de 20 %.

Concrètement, la CDHR concerne environ 24 000 foyers fiscaux sur 38 millions de foyers déclarants — un impôt très ciblé. Elle est validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025) sans réserve. Une particularité importante : les non-résidents fiscaux sont exclus (seuls les résidents au sens de l'article 4 B CGI sont concernés), contrairement à la CEHR.

Pour approfondir le mécanisme CDHR de A à Z, notre guide dédié CDHR 2026 détaille le calcul du RFR retraité, les 6 cas pratiques, les 8 stratégies d'optimisation spécifiques à la CDHR et les 10 erreurs à éviter avant le 15 décembre.

4. CEHR ou CDHR : quelle différence ?

La confusion entre les deux contributions est extrêmement fréquente, y compris chez des professionnels. Les acronymes sont quasi identiques (CEHR / CDHR), les seuils aussi (250 k€ / 500 k€), et les deux visent les hauts revenus. Mais leur mécanique, leur assiette et leurs effets diffèrent radicalement. Voici la comparaison détaillée.

CEHR (art. 223 sexies CGI) — Surtaxe

Créée en 2012. Taxe additionnelle à taux fixe (3 % puis 4 %). S'applique toujours dès le franchissement du seuil, même si le taux effectif global est déjà élevé. Concerne les non-résidents. Pas d'acompte. Permanente.

CDHR (art. 224 CGI) — Plancher

Créée en 2025. Impôt différentiel qui garantit un taux effectif minimum de 20 %. Ne se déclenche que si le taux effectif reste sous 20 %. Exclut les non-résidents. Acompte 95 % en décembre. Temporaire tant que déficit > 3 % PIB.

Le point clé à comprendre : les deux contributions se cumulent sur un même foyer mais sans double emploi. La CEHR est toujours due dès le seuil franchi ; la CDHR est calculée après la CEHR et la déduit dans les « impôts déjà acquittés ». Un dirigeant de SASU à 1 M€ de dividendes paiera donc la CEHR 4 % sur la tranche > 500 k€ et la CDHR différentielle pour atteindre 20 % de taux effectif.

Exemple simple d'articulation CEHR + CDHR

Célibataire, RFR 700 000 €, revenus exclusivement en dividendes PFU. Étape 1 : CEHR = 3 % × (500 000 − 250 000) + 4 % × (700 000 − 500 000) = 7 500 + 8 000 = 15 500 €. Étape 2 : impôts déjà acquittés = 12,8 % × 700 000 + 15 500 = 89 600 + 15 500 = 105 100 €. Étape 3 : impôt cible CDHR = 20 % × 700 000 = 140 000 €. Étape 4 : CDHR = 140 000 − 105 100 = 34 900 €. Total cumul CEHR + CDHR = 15 500 + 34 900 = 50 400 €, en plus des 89 600 € de PFU et des 130 200 € de prélèvements sociaux ou PS (18,6 %).

Concrètement, plus vos revenus proviennent du PFU (dividendes, plus-values mobilières, rachats d'assurance-vie ou AV postérieurs au 15 février), plus la CDHR pèsera dans le cumul. À l'inverse, un cadre supérieur au salaire pur (TMI 45 %) peut être soumis à la CEHR mais rarement à la CDHR, car son taux effectif d'IR dépasse naturellement 20 %.

5. Quels sont les seuils et taux applicables en 2026 ?

Les seuils et taux sont fixés par les articles 223 sexies (CEHR) et 224 (CDHR) du CGI. Attention : contrairement à une idée reçue, ces seuils ne sont pas indexés sur l'inflation. Ils sont identiques depuis 2011 pour la CEHR et depuis 2025 pour la CDHR, quel que soit le niveau de l'indice des prix à la consommation (IPC) ou du SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance).

Seuils et tranches CEHR / CDHR 2026 — célibataire, divorcé, veuf
ContributionAssietteSeuil d'entréeFin de la tranche 3 %Taux 4 %
CEHRRFR classique art. 1417-IV250 000 €500 000 €Au-delà de 500 000 €
CDHRRFR retraité art. 224250 000 €Plancher 20 % du RFR retraité
Seuils et tranches CEHR / CDHR 2026 — couple marié ou pacsé (imposition commune)
ContributionAssietteSeuil d'entréeFin de la tranche 3 %Taux 4 %
CEHRRFR classique art. 1417-IV500 000 €1 000 000 €Au-delà de 1 000 000 €
CDHRRFR retraité art. 224500 000 €Plancher 20 % du RFR retraité

Décote CDHR pour lisser l'effet de seuil

Pour éviter qu'un contribuable à 250 001 € paie brutalement la CDHR alors que celui à 249 999 € n'en paie pas, une décote linéaires'applique :

  • Célibataire : zone de lissage entre 250 000 € et 330 000 € (80 000 € de tunnel)
  • Couple : zone de lissage entre 500 000 € et 660 000 € (160 000 € de tunnel)

Formule : part de CDHR effectivement due = (RFR − seuil d'entrée) / zone de lissage. À 280 000 € pour un célibataire, la décote est à 37,5 % (30 000 / 80 000) : la CDHR théorique est réduite de 62,5 %.

Concrètement, un célibataire avec un RFR de 260 000 € paiera une CEHR de 3 % × 10 000 = 300 €, et une CDHR fortement lissée (coefficient 12,5 %). Un couple avec un RFR de 600 000 € paiera une CEHR de 3 % × 100 000 = 3 000 €, et une CDHR au coefficient 62,5 % (100 000 / 160 000). Au-delà de 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple), plus aucune décote : les contributions s'appliquent à taux plein.

Année du mariage / PACS : arbitrage imposition commune vs séparée (art. 6-4 CGI)

Levier très peu exploité mais décisif l'année de mariage ou de PACS. Depuis la loi de finances 2011 (art. 6-4 CGI), les couples qui se marient ou se pacsent sont imposés en commun par défaut sur l'année entière, mais peuvent opter pour une imposition séparée l'année du mariage/PACS (option irrévocable). L'arbitrage est crucial pour les couples hauts revenus :

  • Profils asymétriques (un conjoint à 400 k€, un à 80 k€) : imposition commune favorable (seuil couple 500 k€ évite la CDHR vs seuil célib 250 k€ qui la déclenche sur le premier).
  • Profils symétriques hauts (deux conjoints à 350 k€ chacun) : imposition séparée favorable (2 × seuil 250 k€ = 500 k€ mais avec abattements et décotes doublés, contre 1 × seuil 500 k€ en commun).
  • Cession d'entreprise sur biens propres : si la PV appartient à un seul conjoint (bien propre avant mariage sous séparation), l'imposition séparée peut isoler la CDHR sur un seul foyer, préservant le conjoint au revenu le plus modeste.

L'option doit être exercée dans la déclaration 2042 du printemps N+1. Modélisation obligatoire en amont : l'écart entre les deux options atteint couramment 15 000 à 40 000 € sur l'année du mariage/PACS pour les couples concernés par la CDHR.

6. Comment se calcule la CEHR pas à pas ?

Le calcul de la CEHR est beaucoup plus simple que celui de la CDHR. Il repose sur une formule à deux tranches appliquée directement au RFR classique, sans retraitement complexe. Voici la procédure.

Formule CEHR 2026 (art. 223 sexies CGI)

CÉLIBATAIRE, DIVORCÉ, VEUF
─────────────────────────
Si RFR ≤ 250 000 € :        CEHR = 0
Si 250 001 ≤ RFR ≤ 500 000 :
    CEHR = 3 % × (RFR − 250 000)
Si RFR > 500 000 :
    CEHR = 3 % × 250 000
         + 4 % × (RFR − 500 000)
    CEHR = 7 500 + 4 % × (RFR − 500 000)

COUPLE MARIÉ OU PACSÉ (imposition commune)
──────────────────────────────────────────
Si RFR ≤ 500 000 € :        CEHR = 0
Si 500 001 ≤ RFR ≤ 1 000 000 :
    CEHR = 3 % × (RFR − 500 000)
Si RFR > 1 000 000 :
    CEHR = 3 % × 500 000
         + 4 % × (RFR − 1 000 000)
    CEHR = 15 000 + 4 % × (RFR − 1 000 000)

Concrètement, déroulons trois exemples simples.
Cas 1 — Célibataire, RFR 300 000 € : CEHR = 3 % × (300 000 − 250 000) = 3 % × 50 000 = 1 500 €.
Cas 2 — Célibataire, RFR 800 000 € : CEHR = 7 500 + 4 % × (800 000 − 500 000) = 7 500 + 12 000 = 19 500 €.
Cas 3 — Couple, RFR 1 500 000 € : CEHR = 15 000 + 4 % × (1 500 000 − 1 000 000) = 15 000 + 20 000 = 35 000 €.

Où retrouver votre CEHR sur l'avis d'imposition ?

La CEHR est calculée automatiquement par l'administration à partir de votre déclaration 2042. Elle figure sur votre avis d'imposition dans la rubrique « Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus », juste après l'IR net. Elle est payée en même temps que l'IR (prélèvement d'acompte mensuel intégré). Aucun acompte spécifique n'est requis, contrairement à la CDHR.

À noter : les revenus exceptionnels (cession d'entreprise, rachat AV important, IFC) peuvent bénéficier du système du quotient (art. 163-0 A CGI) qui atténue la progressivité de l'IR en divisant le revenu exceptionnel par un coefficient (4 par défaut) avant application du barème. Mais attention : le quotient s'applique à l'IR seul, pas directement à la CEHR (l'art. 223 sexies II exclut expressément l'application du quotient 163-0 A à l'assiette de la CEHR). Pour la CEHR, c'est le lissage spécifique de l'article 223 sexies 1 bis CGI sur 2 ans qui joue (voir section 9).

Quotient 163-0 A vs CDHR : divergence de traitement CEHR / CDHR

Subtilité peu documentée dans la doctrine : lorsque le quotient art. 163-0 A est appliqué sur un revenu exceptionnel, l'IR est calculé sur la fraction (revenu / 4) puis multiplié par 4. Pour la CEHR, la jurisprudence (Conseil d'État 3 octobre 2016 n° 389969) a tranché : le quotient n'est pas transposable à la CEHR, seul le lissage de l'article 223 sexies 1 bis s'applique. Pour la CDHR, le mécanisme du quart (art. 224 V) opère indépendamment du quotient : un revenu exceptionnel peut cumulativement bénéficier du quotient IR (étalement 4 ans) et du quart CDHR (assiette à 25 %). Combinaison rarement exploitée qui peut économiser 30 à 45 % sur un revenu ponctuel de type retraite chapeau, IFC dirigeant ou indemnité transactionnelle.

7. Comment fonctionne le mécanisme différentiel de la CDHR ?

Le mécanisme différentiel est la clé de compréhension de la CDHR. Contrairement à la CEHR qui est une surtaxe « mécanique » (pourcentage × base), la CDHR est un calcul de différence entre un impôt cible et des impôts déjà acquittés. Elle ne se déclenche pas systématiquement : elle complète ce qui manque pour atteindre le plancher de 20 %.

Formule CDHR 2026 (art. 224 CGI)

Étape 1 — Calculer le RFR retraité
────────────────────────────────────
RFR retraité
  = RFR classique (art. 1417-IV CGI)
  + plus-values mobilières avant abattement
    pour durée de détention
  + revenus exonérés réintégrés
  − abattement renforcé dirigeant 500 000 €
    (art. 150-0 D ter) — exception : retiré
  (revenus exceptionnels : retenus pour 1/4)

Étape 2 — Calculer l'impôt cible
─────────────────────────────────
Impôt cible = 20 % × RFR retraité

Étape 3 — Calculer les impôts déjà acquittés
─────────────────────────────────────────────
Acquittés
  = IR au barème
  + CEHR (art. 223 sexies)
  + Part IR du PFU (12,8 % seulement)
  + PFL AV post-15 février 2026

Étape 4 — Calculer la CDHR finale
──────────────────────────────────
CDHR brute = max(0 ; Impôt cible − Acquittés)

Si RFR retraité dans la zone de lissage :
CDHR finale = CDHR brute × coefficient
coefficient = (RFR − seuil) / zone

Concrètement, un célibataire avec un RFR retraité de 400 000 € et un IR + CEHR + part IR PFU de 60 000 € devra verser une CDHR de 20 % × 400 000 − 60 000 = 80 000 − 60 000 = 20 000 €. Son taux effectif global passera de 15 % (60 000 / 400 000) à 20 % (80 000 / 400 000) — c'est exactement l'objectif du plancher.

Piège majeur : les prélèvements sociaux ne comptent pas

Dans le calcul des impôts déjà acquittés, seule la part IR compte. Sur un dividende soumis au PFU 30 % (= 12,8 % IR + 17,2 % PS, passés à 18,6 % en 2026 avec la contribution autonomie instaurée par la loi de financement de la sécurité sociale ou LFSS 2026 — détail dans notre guide CSG (contribution sociale généralisée), CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) et prélèvements sociaux 2026), seuls les 12,8 % d'IR sont retenus. Les 18,6 % de CSG, CRDS et prélèvement de solidarité ne font pas partie du calcul CDHR. C'est pour cette raison que les revenus au PFU déclenchent massivement la CDHR : leur taux IR de 12,8 % est très inférieur au plancher de 20 %.

Deux éléments essentiels à retenir sur le RFR retraité :
1) Les plus-values mobilières sont incluses avant abattement pour durée de détention (l'abattement renforcé de l'article 150-0 D ter n'est pas déduit dans le RFR retraité — différence clé avec le RFR classique).
2) Les revenus exceptionnels (cession, indemnité de fin de carrière ou IFC, rachat AV important) ne sont retenus que pour 25 % de leur montant — c'est le mécanisme du quart (art. 224 V CGI). Depuis la LF 2026, la CEHR et l'IR afférents à ces revenus sont aussi retenus pour 25 % symétriquement (clarification importante pour éviter le biais).

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8. Comment s'articulent CEHR et CDHR ?

C'est la question que tous nos clients hauts revenus posent : les deux contributions se cumulent-elles vraiment ? Oui, mais avec un mécanisme d'articulation qui évite le double emploi. Voici comment les deux impôts coexistent dans votre avis d'imposition 2026.

Étape 1 : la CEHR se calcule en premier, sur la base du RFR classique. Elle est due dès le seuil franchi, quel que soit votre taux effectif global. Un cadre dirigeant avec 600 000 € de salaire et TMI 45 % paiera la CEHR de 7 500 € + 4 % × 100 000 = 11 500 € — même si son taux effectif d'IR est déjà de 35 %.

Étape 2 : la CDHR se calcule en second, en tenant compte de la CEHR dans les « impôts déjà acquittés ». La formule devient : CDHR = max(0 ; 20 % × RFR retraité − (IR barème + CEHR + part IR PFU + prélèvement forfaitaire libératoire ou PFL sur AV)). En intégrant la CEHR dans les impôts acquittés, l'administration évite que le contribuable soit taxé deux fois sur la même base.

Articulation CEHR + CDHR : exemples chiffrés 2026
ProfilRFRCEHRIR + part IR PFUCDHRTotal cumul
Cadre dirigeant célibataire 600 k€ salaire600 000 €11 500 €~200 000 €0 €11 500 €
Dirigeant SASU célibataire 600 k€ dividendes600 000 €11 500 €76 800 €31 700 €43 200 €
Cession 2 M€ avec abattement retraite1 500 000 €47 500 €192 000 €60 500 €108 000 €
Couple cadres 800 k€ salaires800 000 €9 000 €~290 000 €0 €9 000 €
Couple dividendes 900 k€900 000 €12 000 €115 200 €52 800 €64 800 €

Concrètement, la CEHR frappe systématiquement tout foyer dont le RFR dépasse 250 k€ (célibataire) ou 500 k€ (couple), quelle que soit la composition des revenus. La CDHR, elle, ne frappe que ceux dont les revenus sont principalement issus du PFU ou de dispositifs à taux réduit (AV de plus de 8 ans). Les cadres dirigeants au salaire pur sont épargnés par la CDHR mais paient la CEHR ; les dirigeants-actionnaires en SASU sont doublement frappés.

La CEHR réduit mécaniquement la CDHR

Point important souvent mal compris : plus vous payez de CEHR, moins vous payez de CDHR, toutes choses égales par ailleurs. Car la CEHR est déduite dans les impôts acquittés. À l'inverse, accélérer des revenus en année N+1 pour éviter la CEHR pourrait augmenter la CDHR si les impôts acquittés chutent en N+1. L'optimisation doit se faire en regardant les deux contributions ensemble, pas séparément.

9. Le lissage CEHR sur 2 ans : article 223 sexies 1 bis CGI

C'est le dispositif anti-effet de seuil prévu par le législateur pour éviter qu'un contribuable qui franchit ponctuellement les seuils CEHR (par exemple pour une cession d'entreprise, une prime exceptionnelle, ou un rachat AV important) soit brutalement taxé à 3 % ou 4 % sur la totalité de l'excédent. Attention : il s'agit d'un lissage sur 2 ans, pas 4 ans comme le quotient IR (art. 163-0 A CGI).

Lissage CEHR — art. 223 sexies 1 bis CGI

CONDITIONS CUMULATIVES (les 4 doivent être réunies)
─────────────────────────────────────────────────────
1) Contribuable assujetti à l'IR pendant les 2 années
   précédant l'année N
2) RFR de l'année N-1 ≤ seuil CEHR
   (250 000 € célib ou 500 000 € couple)
3) RFR de l'année N-2 ≤ seuil CEHR
4) RFR de l'année N ≥ 1,5 × moyenne (RFR N-1, N-2)

Si les 4 conditions sont remplies :

RFR de référence pour calcul CEHR
  = (RFR N-1 + RFR N-2 + RFR N) / 3
    (moyenne triennale)

La CEHR est calculée sur cette moyenne,
multipliée par 3 (reconstitution du montant
correspondant à l'année N).

Concrètement, imaginons Patrice, célibataire, cadre à 180 000 €/an qui cède son entreprise en 2026 et réalise une plus-value de 600 000 €. Son RFR 2026 grimpe à 780 000 €. Ses RFR 2024 et 2025 étaient respectivement de 180 000 € et 185 000 €.
Condition 1 : OK, il est imposé en 2024 et 2025.
Condition 2 : OK, RFR 2025 (185 000 €) < 250 000 €.
Condition 3 : OK, RFR 2024 (180 000 €) < 250 000 €.
Condition 4 : moyenne (180 000 + 185 000) / 2 = 182 500 €. 1,5 × 182 500 = 273 750 €. RFR 2026 (780 000 €) > 273 750 €. OK.

Sans lissage : CEHR = 7 500 + 4 % × 280 000 = 18 700 €.
Avec lissage : RFR de référence = (180 000 + 185 000 + 780 000) / 3 = 381 667 €. CEHR correspondante = 3 % × 131 667 = 3 950 €. Reconstitué sur l'année N = 3 950 × 3 = 11 850 €. Économie = 18 700 − 11 850 = 6 850 €.

Le lissage CEHR ne s'applique pas à la CDHR

Attention : le lissage de l'article 223 sexies 1 bis joue uniquement sur la CEHR. Pour la CDHR, il n'existe pas de lissage sur 2 ans équivalent, mais le mécanisme du quart pour les revenus exceptionnels (art. 224 V CGI) qui réduit le RFR retraité à 25 % du montant exceptionnel. Les deux mécanismes peuvent se cumuler si conditions remplies, mais ne visent pas les mêmes impôts.

10. L'acompte CDHR de décembre 2026 : modalités et sanctions

C'est l'une des particularités techniques de la CDHR qui cause le plus de confusion chez les contribuables : elle n'est pas seulement régularisée en septembre N+1 avec l'IR, mais requiert un acompte de 95 % entre le 1er et le 15 décembre 2026, directement via l'espace particulier impots.gouv.fr.

Acompte CDHR — modalités 2026

Période d'exigibilité : 1er au 15 décembre 2026
Canal : impots.gouv.fr > Paiements > Autres paiements
Formulaire Cerfa : AUCUN (estimation libre par le contribuable)

MONTANT DE L'ACOMPTE
────────────────────
Acompte = 95 % × CDHR estimée 2026

Régularisation : printemps 2027
  avec la déclaration 2042 (case 8YD / 8YE)

SANCTIONS EN CAS D'INSUFFISANCE
───────────────────────────────
Seuil de tolérance : acompte ≥ 80 % × 95 % × CDHR finale
                   = 76 % × CDHR finale

Si acompte < 76 % × CDHR finale :
  + Majoration 20 % sur l'insuffisance (art. 1729 CGI)
  + Intérêts de retard 0,20 %/mois (art. 1727 CGI)
  + Éventuelle majoration manquement délibéré
    (40 % ou 80 %) si circonstances aggravantes

Concrètement, un dirigeant qui estime sa CDHR 2026 à 50 000 € devra verser un acompte de 47 500 € (95 % × 50 000) entre le 1er et le 15 décembre 2026. Si la CDHR finale s'avère être de 60 000 €, la tolérance est à 76 % × 60 000 = 45 600 €. L'acompte de 47 500 € est supérieur, donc pas de sanction. Le solde de 12 500 € sera régularisé au printemps 2027.

À l'inverse, un contribuable qui verse 30 000 € d'acompte alors que la CDHR finale est de 60 000 € se trouve sous le seuil de tolérance (30 000 < 45 600). Il sera soumis à la majoration de 20 % sur l'insuffisance (60 000 − 30 000) × 20 % = 6 000 €, plus les intérêts de retard de 0,20 % par mois (environ 9 mois jusqu'au printemps = 1,80 %).

Bonne pratique : surestimer légèrement l'acompte

En cas de doute sur l'estimation (revenu exceptionnel en fin d'année, cession en cours, rachat AV non encore réalisé), il vaut mieux surestimer légèrement l'acompte plutôt que le sous-estimer. L'excédent éventuel est restitué automatiquement lors de la déclaration 2042 du printemps 2027, sans frais. La DGFiP a d'ailleurs indiqué dans sa FAQ CDHR qu'elle ne sanctionnerait pas les contribuables de bonne foi en cas d'erreur non délibérée, mais mieux vaut être prudent.

La doctrine administrative officielle (la seule à ce jour car la Direction générale des finances publiques, ou DGFiP, a annoncé qu'aucun Bulletin officiel des finances publiques, ou BOFiP, dédié à la CDHR ne sera publié) est consultable sur impots.gouv.fr dans la FAQ CDHR régulièrement mise à jour. Elle couvre les modalités de l'acompte, la qualification des revenus exceptionnels et les cas particuliers de non-résidents partiels.

Risque contentieux interprétatif : l'absence de BOFiP dédié CDHR

Sujet rarement soulevé par la concurrence, pourtant capital pour les praticiens : la DGFiP a explicitement renoncé à publier un BOFiP dédié à la CDHR (confirmé par la réponse ministérielle QE 11521 du 4 mars 2025). La seule doctrine opposable à l'administration est la FAQ CDHR publiée sur impots.gouv.fr, complétée par la loi, les travaux préparatoires (rapport Sénat n° 144 et Assemblée nationale ou AN n° 468) et la décision du Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC.

Conséquences pratiques :

  • Opposabilité art. L80 A du Livre des procédures fiscales (LPF) : la FAQ impots.gouv.fr constitue une prise de position formelle opposable à l'administration si le contribuable l'invoque expressément (Conseil d'État 8 mars 2013 n° 353782, transposable).
  • Rescrit préalable (art. L80 B LPF) : pour les opérations à fort enjeu (cession > 5 M€, apport-cession complexe, qualification revenu exceptionnel), solliciter un rescrit CDHR dans les 3 mois précédant l'opération sécurise juridiquement le traitement.
  • Risque de redressement : en l'absence de BOFiP, l'administration conserve une marge d'appréciation large. Les premiers contentieux CDHR (contrôles 2026 sur déclarations 2025) ne seront pas connus avant 2027-2028. Les cabinets qui anticipent mieux sont ceux qui documentent chaque choix (notes d'opération, justification quart exceptionnel, calcul RFR retraité) dès l'acompte de décembre.

11. Quels revenus entrent dans l'assiette CDHR retraitée ?

Le RFR retraité CDHR est une assiette spécifique, différente à la fois du revenu net imposable et du RFR classique utilisé pour la CEHR. Comprendre exactement quels revenus y entrent (et lesquels non) est crucial pour modéliser correctement la CDHR et identifier les stratégies d'optimisation.

Composition du RFR retraité CDHR 2026 — que retenir, que déduire
RevenuInclus dans RFR retraité ?Commentaire
Salaires, traitements, pensionsOui, 100 %Après abattement 10 % mais avant déductions spéciales
Bénéfices BIC/BNC/BA (pro)Oui, 100 %Selon régime réel ou micro
Revenus fonciersOui, 100 %Après imputation déficits fonciers (art. 156)
Dividendes PFU 12,8 %Oui, 100 %Avant abattement 40 % (option barème)
Plus-values mobilièresOui, 100 %AVANT abattement durée détention (art. 150-0 D)
Plus-value cession dirigeant art. 150-0 D terInclus, mais abattement 500 k€ déduitTraitement favorable
Plus-values immobilièresOui, 100 %Après abattement durée détention (régime classique)
Rachats AV post-15 février (PFU ou TP)Oui, 100 %Seule la part IR compte dans acquittés
Rachats AV ANTE 15 février au PFLNon, exclusFenêtre d'optimisation
Retraits PEA > 5 ansNon, exclusSupport privilégié anti-CDHR
Revenus exonérés réintégrés (ex: BSPCE salaire)Oui, 100 %Réintégration obligatoire
Revenus exceptionnels (cession, IFC)25 % seulement (art. 224 V)Mécanisme du quart
Versements PER déductiblesInclus (ne réduit pas le RFR retraité)Piège : le PER ne baisse pas la CDHR
Déficits fonciers 10 700 €Réduit le RFRPartiellement efficace
Crédit d'impôt emploi à domicileNe réduit pas acquittés dans CDHRNeutralisé dans calcul CDHR
Dons aux œuvres (réduction IR)Déductible dans acquittés (LF 2026)Correction apportée par LF 2026

Les amortissements LMNP réintégrés depuis la LF 2025

Depuis la loi de finances 2025, les amortissements pratiqués en LMNP (location meublée non professionnelle) sont réintégrés dans le calcul de la plus-value immobilière pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025 (art. 150 VB CGI modifié). Conséquence : un loueur LMNP qui cède son bien après 20 ans d'exploitation voit son assiette de plus-value augmenter fortement (réintégration de tous les amortissements déduits annuellement). Cette plus-value majorée entre dans le RFR retraité CDHR et peut déclencher ou aggraver la contribution.

Concrètement, deux constats majeurs. D'abord, le PEA (plan d'épargne en actions) de plus de 5 ans est l'un des seuls supports totalement exclus du RFR retraité — c'est la raison pour laquelle nous recommandons systématiquement de privilégier le PEA pour les investissements en actions européennes chez les clients à haut revenu. Pour approfondir le traitement des plus-values mobilières et dividendes face à la CDHR, voir nos guides dédiés fiscalité des dividendes 2026 et plus-value mobilière 2026.

Ensuite, le mécanisme du quart pour revenus exceptionnels est le levier le plus puissant pour les cessions d'entreprise. Sur une PV de 2 M€, seuls 500 k€ entrent dans le RFR retraité si la qualification d'exceptionnel est retenue. Mais attention : la qualification doit être documentée (non-récurrence, dépassement de la moyenne des 3 années précédentes) et peut être contestée par l'administration en cas de contrôle.

12. Comment optimiser CEHR et CDHR en 2026 ? 10 stratégies

Voici les 10 stratégies concrètes que nous déployons chez Hagnéré Patrimoine pour nos clients hauts revenus. Elles sont classées par ordre de priorité et de pertinence selon le profil. Certaines sont techniques et exigent un accompagnement rigoureux (apport-cession, donation avant cession), d'autres sont simples à mettre en œuvre (fractionnement des rachats AV).

10 stratégies d'optimisation CEHR + CDHR 2026 classées par impact
#StratégieCibleImpact CEHRImpact CDHR
1Lissage CEHR art. 223 sexies 1 bis (2 ans)Revenu exceptionnel ponctuelFortNul
2Apport-cession art. 150-0 B terCession entrepriseFort (report)Fort (report)
3Donation avant cession aux enfantsCession entrepriseFort (purge PV)Fort (purge PV)
4Qualification revenu exceptionnel (1/4)Cession, IFC, rachat AV importantMoyenFort
5Fractionnement rachats AV multi-exercicesRetraités à fort patrimoine AVMoyenMoyen
6Rachat AV PFL avant 15 févrierRetraités, investisseurs AVNulFort (exclu)
7Investir en PEA au lieu de CTOInvestisseurs actionsNulFort (retraits exclus)
8Holding IS pour capitaliser dividendesDirigeants SASUFortFort
9Déficit foncier (art. 156)Investisseurs immobiliersMoyenFaible
10Expatriation fiscale (résidence étrangère)Dirigeants très gros patrimoinesFortTotal

Stratégie 1 — Lissage CEHR art. 223 sexies 1 bis (2 ans) : déjà détaillé en section 9. Essentiel pour les contribuables qui franchissent ponctuellement le seuil CEHR suite à une cession ou une prime exceptionnelle. Économie typique : 30 à 50 % de la CEHR théorique. Pour bien calculer votre tranche marginale et anticiper l'effet du lissage, utilisez notre guide TMI 2026 et le barème IR 2026.

Stratégie 2 — Apport-cession art. 150-0 B ter : apporter les titres d'une société opérationnelle à une holding soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) avant cession permet de mettre la plus-value en report d'imposition. La PV n'entre pas dans le RFR retraité CDHR de l'année, ni dans le RFR classique CEHR. Condition : la holding doit réinvestir au moins 60 % du produit de cession dans une activité économique éligible dans les 2 ans (si cession dans les 3 ans). Voir notre guide holding patrimoniale et notre guide apport-cession 150-0 B ter pour le détail opérationnel.

Stratégie 3 — Donation avant cession : donner une partie des titres aux enfants avant la cession purge la plus-value (nouveau prix d'acquisition = valeur de donation). Les enfants cèdent ensuite sans PV imposable, donc sans CEHR ni CDHR sur leur part. Abattements : 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans. Exemple : cession 5 M€ répartie 2,5 M€ en donation + 2,5 M€ résiduels — économie CEHR + CDHR estimée 400 à 500 k€.

Stratégie 4 — Qualification revenu exceptionnel : documenter rigoureusement le caractère non récurrent et exceptionnel (supérieur à la moyenne des 3 années précédentes) pour bénéficier du mécanisme du quart (art. 224 V CGI) qui réduit à 25 % la prise en compte dans le RFR retraité CDHR.

Stratégie 5 — Fractionnement des rachats AV multi-exercices : plutôt qu'un rachat massif de 500 000 € qui déclenche CEHR et CDHR, fractionner en 5 rachats annuels de 100 000 € sur 5 ans. Permet de rester sous les seuils 250 k€ / 500 k€ selon la composition des autres revenus.

Stratégie 6 — Rachat AV au PFL avant le 15 février : les rachats d'assurance-vie effectués entre le 1er janvier et le 14 février et soumis au prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) sont exclus de l'assiette CDHR. Fenêtre d'optimisation réelle mais étroite pour les retraités qui rachètent tôt dans l'année.

Stratégie 7 — PEA plutôt que compte-titres ordinaire (CTO) : les retraits d'un PEA de plus de 5 ans sont totalement exclus de l'assiette du RFR retraité CDHR. Plafond 150 000 € pour le PEA classique + 225 000 € pour le PEA-PME. Pour un investisseur haut revenu, saturer ces enveloppes est prioritaire. À noter : le Plan d'Épargne Retraite (PER) reste utile sur l'IR classique mais a un impact limité sur la CDHR — voir notre guide complet du Plan d'Épargne Retraite.

Stratégie 8 — Holding IS pour capitaliser les dividendes : plutôt que distribuer massivement en tant que personne physique (PFU 30 % + CEHR + CDHR), conserver les bénéfices dans une holding IS permet de les investir (régime mère-fille taxé à 5 %, intégration fiscale). L'arbitrage entre salaire, dividendes et capitalisation dans la holding est détaillé dans notre guide rémunération du dirigeant.

Stratégie 9 — Déficit foncier : jusqu'à 10 700 € imputables sur le revenu global (art. 156-I-3 CGI), le reste reportable 10 ans sur revenus fonciers uniquement. Efficace sur la CEHR si elle permet de passer sous le seuil 250 k€ / 500 k€. Peu efficace directement sur la CDHR, car elle peut paradoxalement augmenter celle-ci (moins d'IR acquitté).

Stratégie 10 — Expatriation fiscale : la CDHR ne s'applique qu'aux résidents fiscaux français. Transférer son domicile en Suisse, au Portugal, aux Émirats ou en Espagne (régime Beckham) supprime la CDHR et la CEHR. Contraintes : résidence effective supérieure à 6 mois par an, exit tax de l'article 167 bis CGI, conventions fiscales limitant les effets, durée minimale recommandée 10 à 15 ans pour être économiquement rentable.

Notre recommandation Hagnéré Patrimoine

Pour 90 % de nos clients hauts revenus, la combinaison gagnante est la suivante : apport-cession 150-0 B ter + donation avant cession + qualification revenu exceptionnel + PEA saturé. Ces 4 leviers combinés permettent en général de réduire de 40 à 60 % le cumul CEHR + CDHR sur une cession d'entreprise de plusieurs millions d'euros. Le calibrage précis dépend de la configuration familiale (nombre d'enfants, situation matrimoniale), de l'horizon de cession et des projets post-cession (réinvestissement, retraite).

Leviers ponctuels anti-CDHR pour année exceptionnelle : Girardin, GFF, Monuments Historiques

Peu de concurrents traitent ce sujet pourtant stratégique pour les contribuables confrontés à une année atypique (cession, IFC, gros bonus). Trois dispositifs permettent de générer une réduction d'impôt ponctuelle qui augmente mécaniquement les impôts acquittés dans le calcul CDHR, donc réduit la contribution finale :

  • Girardin industriel (art. 199 undecies B) : réduction d'IR de 110 à 120 % du montant investi, ponctuelle l'année de souscription, plafond des niches fiscales 18 000 €. Très utile si la réduction augmente suffisamment l'IR acquitté pour écraser la CDHR.
  • GFF (groupement foncier forestier), GFV (groupement foncier viticole), GFI (groupement foncier d'investissement) (art. 199 decies H) : 18 % de réduction d'IR sur parts forestières, plafond 50 000 € pour un célibataire, 100 000 € pour un couple. Impact cumulable avec le plafond des niches de 10 000 €, car le GFF bénéficie du plafond dérogatoire de 18 000 €.
  • Monuments Historiques (art. 156 bis) : imputation illimitée des déficits fonciers sur le revenu global si le monument historique (MH) est classé. Réduit le RFR lui-même (donc l'assiette CEHR et CDHR) et pas seulement l'IR. Levier le plus puissant, mais contraintes patrimoniales fortes.

Attention : la CDHR étant un mécanisme différentiel, l'effet de ces dispositifs est asymétrique selon le profil. Pour un contribuable au taux effectif déjà supérieur à 20 %, la réduction d'IR économise 100 % de son montant. Pour un contribuable redevable de la CDHR (taux effectif inférieur à 20 %), chaque euro d'IR économisé est partiellement repris par la CDHR. Le gain net réel est à modéliser avant souscription — sinon la niche n'économise qu'une fraction du gain facial.

Hagnère Patrimoine

Modélisation CEHR + CDHR personnalisée

Nos conseillers modélisent votre cumul CEHR + CDHR 2026 et testent les 10 stratégies sur votre situation réelle. Acompte décembre, cession, lissage : tout est quantifié en chiffres concrets avant décision.

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13. CEHR et CDHR en cas de cession d'entreprise

La cession d'entreprise est le cas de figure le plus sensible et le plus fréquent chez nos clients. Les montants en jeu atteignent rapidement plusieurs millions d'euros, déclenchant automatiquement les deux contributions. Mais plusieurs mécanismes favorables existent, encore faut-il les mobiliser correctement.

Étape 1 — L'abattement dirigeant art. 150-0 D ter. Pour un dirigeant qui part à la retraite dans les 2 ans de la cession et qui a détenu ses titres depuis plus de 5 ans, un abattement fixe de 500 000 € s'applique sur la plus-value. Cet abattement est déduit du RFR retraité CDHR (traitement favorable). Attention : il n'est pas cumulable avec les abattements pour durée de détention.

Étape 2 — Qualification revenu exceptionnel. Si la cession constitue un revenu non récurrent et supérieur à la moyenne des 3 années précédentes, le mécanisme du quart s'applique : 25 % seulement de la PV imposable entre dans le RFR retraité CDHR. Jurisprudence applicable : Conseil d'État 4 décembre 2013 n° 348136 sur la définition du caractère non renouvelable.

Étape 3 — Apport-cession art. 150-0 B ter. Pour des cessions supérieures à 1 M€, l'apport préalable à une holding IS est quasi systématique. L'arrêt du Conseil d'État 21 octobre 2020 n° 437598 a précisé l'articulation entre l'abattement 150-0 D ter et la CEHR. La plus-value d'apport est en report, sortie du RFR de l'année.

Exemple cession 2 M€ avec abattement retraite et quart exceptionnel

Données : dirigeant célibataire 58 ans, cession SAS 2 M€
          Prix d'acquisition : 50 k€ (titres acquis 15 ans plus tôt)
          PV brute = 2 000 000 − 50 000 = 1 950 000 €

          SANS OPTIMISATION (classique)
          ─────────────────────────────
          PV imposable = 1 950 000 − 500 000 (abattement retraite)
                       = 1 450 000 €
          RFR retraité = 1 450 000 € (100 % retenu)
          PFU 12,8 % = 185 600 €
          CEHR célib RFR 1 450 k€ :
            = 7 500 + 4 % × 950 000 = 7 500 + 38 000 = 45 500 €
          Impôts acquittés = 185 600 + 45 500 = 231 100 €
          Impôt cible = 20 % × 1 450 000 = 290 000 €
          CDHR = 290 000 − 231 100 = 58 900 €

          Total coût IR : 185 600 + 45 500 + 58 900 = 290 000 €
          Plus PS 18,6 % sur PV : 362 700 €
          TOTAL CESSION : 652 700 €

          AVEC QUART EXCEPTIONNEL (qualification OK)
          ───────────────────────────────────────────
          PV imposable (PFU) : reste 1 450 000 € (IR et PS inchangés)
          RFR retraité CDHR = 25 % × 1 450 000 = 362 500 €
          Impôts acquittés pour CDHR :
            = 25 % × (185 600 + 45 500) = 57 775 €
          Impôt cible = 20 % × 362 500 = 72 500 €
          CDHR = 72 500 − 57 775 = 14 725 €

          Total coût IR : 185 600 + 45 500 + 14 725 = 245 825 €
          Plus PS 18,6 % : 362 700 €
          TOTAL CESSION : 608 525 €
          ÉCONOMIE CDHR = 58 900 − 14 725 = 44 175 €

Concrètement, cet exemple montre qu'une même cession de 2 M€ coûte 44 175 € de moins lorsque le dirigeant documente rigoureusement le caractère exceptionnel de la plus-value. C'est l'équivalent d'une petite voiture neuve économisée, simplement grâce à une note explicative et à une comparaison avec les revenus des 3 années précédentes. L'investissement intellectuel en vaut la peine.

Jurisprudence applicable à la cession, à l'abattement dirigeant et au quotient

  • CE, 8e-3e ch., 21 octobre 2020, n° 437598 — les fonctions de directeur général d'une SAS ouvrent droit au régime de faveur de l'art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe 500 k€), critère étendu à toutes les sociétés par actions.
  • CE, 3e-8e SSR, 4 décembre 2013, n° 348136 — caractère exceptionnel et non renouvelable d'un revenu apprécié in concreto au regard des trois années précédentes (quotient art. 163-0 A CGI, raisonnement transposable au mécanisme du quart de l'art. 224 V CGI applicable à la CDHR).
  • Cons. const., 5 décembre 2014, n° 2014-435 QPC — réserve d'interprétation excluant de l'assiette CEHR les revenus 2011 ayant déjà supporté un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL).
  • CE, Sect., 18 mai 2005, n° 267087, Min. c/ Sté Sagal — la fiscalité ne sanctionne le choix de la voie la moins imposée que lorsqu'il existe un montage dépourvu de substance économique (limite de l'abus de droit fiscal, art. L. 64 LPF).

14. Non-résidents, impatriés art. 155 B et retour en France

Le traitement des non-résidents et des impatriés est un point particulièrement technique et divergent entre les deux contributions. Il mérite une clarification précise, surtout à l'heure où de nombreux dirigeants envisagent l'expatriation ou le retour en France après une période à l'étranger.

Traitement non-résidents et impatriés — CEHR vs CDHR 2026
SituationCEHRCDHR
Résident fiscal français (art. 4 B CGI)AssujettiAssujetti
Non-résident avec revenus de source françaiseAssujetti sur revenus françaisExclu totalement
Impatrié art. 155 B (exonération partielle)Assujetti sur partie taxableAssujetti sur partie taxable
Retour en France en cours d'annéeAssujetti prorata temporisAssujetti prorata temporis
Frontalier franco-suisse travail CHAssujetti si résident FRAssujetti si résident FR
Expatriation avec exit tax art. 167 bisApplique à la date du transfertApplique à la date du transfert

Piège : retour en France et revenu exceptionnel étranger

Cas courant : un dirigeant expatrié 5 ans à Dubaï revient en France le 1er juillet 2026. Il cède en septembre 2026 des titres étrangers pour 1,5 M€. Comme il est résident fiscal français au moment de la cession, la CEHR et la CDHR s'appliquent sur la plus-value — y compris si les titres ont été acquis à l'étranger. Solution : céder avant le retour, ou passer par une holding luxembourgeoise avec convention fiscale adéquate, ou structurer via un apport-cession français précédant la cession. Attention également à l'exit tax française sur les titres acquis pendant la période de résidence française antérieure.

Pour les impatriés bénéficiant du régime de l'article 155 B CGI (exonération jusqu'à 30 % ou 50 % du salaire pendant 8 ans), attention : la partie taxable du salaire est intégrée au RFR classique et au RFR retraité CDHR. Si le salaire global dépasse 250 k€ (célibataire) ou 500 k€ (couple), même avec l'exonération de l'article 155 B, la CEHR s'applique. La CDHR dépendra du taux effectif global.

Revenus de source étrangère : le piège des crédits d'impôt dans les acquittés CDHR

Angle rarement traité : un résident fiscal français percevant des dividendes ou intérêts de source étrangère (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne) supporte une retenue à la source de 15 % à 30 % selon convention. La convention fiscale ouvre droit à un crédit d'impôt imputable sur l'IR français. Question critique : ce crédit d'impôt entre-t-il dans les « impôts déjà acquittés » du calcul CDHR ?

Réponse DGFiP (FAQ CDHR 2026) : seul l'IR français effectivement supporté est retenu, après imputation du crédit d'impôt conventionnel. Autrement dit, un dividende américain de 200 k€ qui subit 15 % de retenue à la source (30 k€) mais ne supporte que 12,8 % d'IR français net (après crédit) fait baisser les impôts acquittés de 30 k€ sans compensation dans le calcul CDHR. Effet pervers : la CDHR augmente mécaniquement pour les hauts revenus internationaux. Solution : privilégier les enveloppes PEA (exclues du RFR retraité) ou structurer via holding IS bénéficiant du régime mère-fille (exonération 95 %) qui échappe au calcul CDHR au niveau personne physique.

15. La pérennisation CDHR par la LF 2026

À l'origine, la CDHR devait être une mesure exceptionnelle limitée à l'exercice fiscal 2025. Le discours politique de février 2025 insistait sur le caractère temporaire du dispositif, lié au contexte budgétaire tendu et à l'effort collectif demandé. Un an plus tard, la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026) a prolongé la CDHR selon une formule inédite : tant que le déficit public français dépasse 3 % du PIB.

Cette clause de pérennisation conditionnelle est juridiquement originale. Elle évite de voter chaque année la prorogation (pratique courante pour les dispositifs exceptionnels), tout en préservant l'affichage d'une mesure « temporaire ». En réalité, au vu des prévisions macroéconomiques :

Trajectoire déficit public français — scénarios INSEE / Cour des comptes 2026
AnnéeScénario bas (favorable)Scénario centralScénario haut (défavorable)
20264,2 %4,5 %4,8 %
20273,6 %4,1 %4,6 %
20283,0 %3,6 %4,3 %
20292,6 %3,2 %4,0 %
20302,2 %2,9 %3,7 %

Concrètement, même dans le scénario favorable, la France ne repassera pas sous la barre des 3 % de déficit avant 2028 ou 2029. Et dans le scénario central, ce seuil n'est franchi qu'autour de 2030. Traduit en langage patrimonial : vous devez bâtir votre stratégie CEHR et CDHR sur un horizon de 4 à 5 ans minimum. Parier sur une disparition rapide de la CDHR serait financièrement imprudent.

CDHR : pérennisation de fait jusqu'en 2029 au moins

Dans tous les scénarios hors scénario favorable, le déficit public français reste supérieur à 3 % jusqu'en 2029, voire au-delà de 2030. Il faut donc considérer la CDHR comme permanente pour les 4 à 5 années à venir et l'intégrer systématiquement dans toute stratégie patrimoniale des hauts revenus. Les décisions de cession, de distribution ou de rachat doivent être modélisées avec la CDHR active.

Juridiquement, la CDHR a été validée par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025, qui a écarté les griefs d'inconstitutionnalité dirigés contre l'article 10 de la LF 2025 (rupture d'égalité devant les charges publiques, caractère confiscatoire, atteinte à la progressivité de l'impôt). La décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026 a ensuite validé la LF 2026, dont la pérennisation conditionnelle de la CDHR : aucune disposition relative à la CDHR n'a été censurée à cette occasion. Aucune QPC n'a pour l'instant été remontée au Conseil sur le dispositif. Pour une vision complète des mesures patrimoniales adoptées, voir notre décryptage complet de la loi de finances 2026.

Hagnère Patrimoine

Stratégie anti-CDHR sur 3 ans

La pérennisation de la CDHR impose une planification pluriannuelle. Nos conseillers construisent pour vous une trajectoire 3 ans de distribution, cession, rachats AV et versements PER, en anticipant chaque acompte de décembre.

Planification 3 ansTrajectoire CEHR + CDHRAcompte décembre

16. 5 cas pratiques chiffrés

Ces cinq histoires réelles (anonymisées) illustrent concrètement comment la CEHR et la CDHR se combinent selon la situation patrimoniale. Les chiffres sont simplifiés pour la lisibilité mais cohérents avec les calculs officiels.

Cas 1 — Marc, 58 ans, dirigeant SAS Paris, cession 2 M€

Marc dirige depuis 18 ans une SAS (société par actions simplifiée) tech parisienne. En 2026, il cède l'intégralité de ses titres pour 2 000 000 € (prix d'acquisition 50 000 €). Il a 58 ans, ne part pas à la retraite immédiatement (donc pas d'abattement art. 150-0 D ter), et n'a pas anticipé de donation aux enfants. Sa PV imposable est de 1 950 000 €.

Calcul : PFU 30 % sur 1 950 000 € = 12,8 % d'IR (249 600 €) + 17,2 % de PS (335 400 €) + 1,4 % de contribution autonomie ou CFA (27 300 €, LFSS 2026), soit 362 700 € de PS au total. CEHR célibataire RFR 1 950 000 € : 7 500 + 4 % × (1 950 000 − 500 000) = 7 500 + 58 000 = 65 500 €. Impôts acquittés CDHR = 249 600 + 65 500 = 315 100 €. Impôt cible = 20 % × 1 950 000 = 390 000 €. CDHR = 390 000 − 315 100 = 74 900 €. Total coût cession : 249 600 + 65 500 + 74 900 + 362 700 ≈ 752 700 € (≈ 38,6 %).

Stratégie ratée : Marc n'a pas fait d'apport-cession préalable ni de donation. En structurant via holding IS 6 mois avant la cession, il aurait pu mettre la PV en report et ne rien payer l'année de la cession. La CDHR aurait été évitée (≈ 74 900 € d'économie). Enseignement : anticiper de 12 à 18 mois avant la cession est critique.

Cas 2 — Sophie, 48 ans, cadre dirigeante Lyon, salaire 200 k€ + bonus 500 k€

Sophie est directrice financière d'un groupe industriel lyonnais. En 2026, elle perçoit un salaire brut de 200 000 € et un bonus exceptionnel de 500 000 €. Son RFR s'établit à 700 000 €. Elle est célibataire, sans enfant.

Calcul : IR au barème TMI 45 % ≈ 260 000 € (taux effectif 37 %). CEHR = 7 500 + 4 % × 200 000 = 15 500 €. Taux effectif global = (260 000 + 15 500) / 700 000 = 39,4 %. Bien au-dessus de 20 %, donc pas de CDHR. CEHR totale : 15 500 €.

Stratégie Sophie : elle maximise son PER (plafond maximum salarié 37 680 € pour les versements 2026, soit 10 % × 8 × plafond annuel de la sécurité sociale ou PASS 2025 de 47 100 €) = économie IR à 45 % ≈ 16 956 €. Elle demande l'intéressement différé bloqué 5 ans (exonéré d'IR mais soumis aux PS). Elle prépare un lissage CEHR si le bonus 2027 retombe à 100 000 €. La CDHR ne la concerne pas : son profil salaire pur est hors cible CDHR.

Cas 3 — Nathalie et Philippe, 52 ans, médecins libéraux Bordeaux, RFR 600 k€

Nathalie (chirurgien-dentiste) et Philippe (cardiologue) exercent en libéral à Bordeaux. Leur RFR foyer 2026 est de 600 000 € (300 000 € chacun en BNC, bénéfices non commerciaux). Deux enfants majeurs rattachés fiscalement. Imposition commune.

Calcul : IR au barème TMI 45 % ≈ 220 000 € (taux effectif 36,7 %). CEHR couple = 3 % × (600 000 − 500 000) = 3 000 €. Taux effectif global = (220 000 + 3 000) / 600 000 = 37,2 %. Largement au-dessus de 20 %, donc pas de CDHR. Total CEHR : 3 000 €.

Vigilance : en 2027, Nathalie vend son cabinet dentaire 400 000 € (IFC, indemnités de fin de carrière, + clientèle). Le RFR 2027 grimpera à 1 000 000 €. La CEHR passera à 15 000 € + 4 % × 0 = 15 000 € (seuil 4 % à 1 M€ pour un couple). La CDHR restera à 0, car le taux effectif sera préservé. Le lissage CEHR art. 223 sexies 1 bis sera déclenché pour l'année 2027 (économie estimée 8 000 €).

Cas 4 — Ahmed, 45 ans, frontalier retour France 07/2025, salaire 400 k€ (6 mois FR)

Ahmed a travaillé 7 ans en Suisse comme opérateur de marché. En juillet 2025, il rentre en France et reprend un poste à Paris à 800 000 € annuels. Pour la période de résidence française juillet-décembre 2025, son RFR prorata est de 400 000 €. Il est célibataire.

Calcul 2025 : RFR 400 000 € > 250 000 €. CEHR = 3 % × 150 000 = 4 500 €. IR au barème sur 6 mois ≈ 140 000 € (TMI 45 %). Taux effectif = (140 000 + 4 500) / 400 000 =36,1 %. Pas de CDHR. Mais en septembre 2026, Ahmed vend des titres étrangers pour 1 M€ (PV 700 k€) alors qu'il est à nouveau résident français : la CEHR ET la CDHR s'appliquent sur la PV.

Piège évité : si Ahmed avait cédé ses titres étrangers avant le 1er juillet 2025(encore résident suisse), aucune fiscalité française ne se serait appliquée. Leçon : toujours structurer les cessions avant le retour en France, ou via un apport à une holding luxembourgeoise au moment où l'on est encore non-résident.

Cas 5 — Patricia, 68 ans, retraitée Toulouse, pension 80 k€ + rachat AV 300 k€

Patricia, veuve de 68 ans, perçoit une pension annuelle de 80 000 € et réalise en novembre 2026 un rachat total de son assurance-vie ouverte en 2003 (contrat de plus de 8 ans) : 300 000 € de gains pour financer l'achat d'une résidence secondaire.

Calcul : RFR = 80 000 + 300 000 = 380 000 €. CEHR célibataire = 3 % × (380 000 − 250 000) = 3 900 €. IR sur pension TMI 30 % ≈ 20 000 €. Rachat AV de plus de 8 ans au taux réduit 7,5 % après abattement 4 600 € = (300 000 − 4 600) × 7,5 % = 22 155 €. Impôts acquittés CDHR = 20 000 + 22 155 + 3 900 =46 055 €. Impôt cible = 20 % × 380 000 = 76 000 €.
CDHR = 76 000 − 46 055 =29 945 €. Surcoût significatif lié au taux réduit AV de 7,5 %.

Stratégie Hagnéré Patrimoine : 1) fractionner le rachat sur 3 ans (100 k€ par an) — le RFR reste sous 250 k€ chaque année, zéro CEHR et zéro CDHR, économie totale d'environ 33 800 €. 2) Ou déclencher le lissage CEHR art. 223 sexies 1 bis si les RFR N-1 et N-2 sont inférieurs à 250 k€ et le RFR 2026 supérieur à 1,5 × la moyenne : CEHR recalculée sur base moyenne triennale. 3) Ou recourir à des avances sur contrat AV (non imposables) pour financer l'achat sans déclencher le fait générateur fiscal.

Leçon transversale des 5 cas

L'anticipation est tout. Dans chaque cas, une structuration 6 à 18 mois avant l'événement (cession, bonus, rachat AV massif) permettait d'économiser de 30 000 € à plus de 100 000 €. À l'inverse, les contribuables qui découvrent la CDHR au moment de leur déclaration de mai N+1 ne peuvent plus rien corriger. Notre cabinet recommande une revue patrimoniale systématique au dernier trimestre de chaque année pour nos clients dont le RFR approche 200 k€ (célibataire) ou 400 k€ (couple) — zone de vigilance.

17. Références légales, sources et auteur

Ce guide s'appuie exclusivement sur des sources légales officielles et des décisions jurisprudentielles vérifiables. Voici le récapitulatif des références mobilisées.

Références légales mobilisées dans ce guide
SourceObjetRéf.
Code général des impôtsCEHRArt. 223 sexies
Code général des impôtsLissage CEHR 2 ansArt. 223 sexies 1 bis
Code général des impôtsCDHRArt. 224
Code général des impôtsBarème IR 2026Art. 197
Code général des impôtsPFUArt. 200 A
Code général des impôtsApport-cessionArt. 150-0 B ter
Code général des impôtsAbattement dirigeantArt. 150-0 D ter
Code général des impôtsRFR classiqueArt. 1417-IV
Code général des impôtsQuotient revenu exceptionnelArt. 163-0 A
Code général des impôtsDéficits fonciersArt. 156-I-3
Code général des impôtsDomicile fiscalArt. 4 B
Code général des impôtsImpatriésArt. 155 B
Code général des impôtsExit taxArt. 167 bis
Code général des impôtsIntérêts de retardArt. 1727
Code général des impôtsMajoration manquementArt. 1729
LPFAbus de droitArt. L64
Lois de finances et jurisprudence applicables
TexteContenu
Loi n° 2011-1977 du 28 décembre 2011 (LF 2012), art. 2Création CEHR
Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (LF 2025), art. 10Création CDHR
Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026)Pérennisation CDHR tant que déficit > 3 % PIB
Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026)PS à 18,6 % sur mobiliers (+1,4 point autonomie)
Cons. const. n° 2011-644 DC du 28/12/2011Décision sur la LF 2012 ayant créé la CEHR (art. 2)
Cons. const. n° 2012-662 DC du 29/12/2012Plafond confiscatoire ; censure de la contribution additionnelle 18 % (rupture égalité foyer/individu)
Cons. const. n° 2014-435 QPC du 05/12/2014Réserve d'interprétation : exclusion de l'assiette CEHR des revenus 2011 ayant subi un PFL
Cons. const. n° 2025-874 DC du 13/02/2025Validation de l'art. 10 LF 2025 instaurant la CDHR
Cons. const. n° 2026-901 DC du 19/02/2026Validation LF 2026 (pérennisation CDHR tant que déficit > 3 % PIB)
CE, 8e-3e ch., 21/10/2020, n° 437598Fonctions de DG de SAS éligibles à l'abattement dirigeant art. 150-0 D ter
CE, 3e-8e SSR, 04/12/2013, n° 348136Application du quotient art. 163-0 A — caractère non renouvelable apprécié in concreto
CE, Sect., 18/05/2005, n° 267087, Min. c/ Sté SagalAbus de droit : substance économique exigée pour les montages de holding
Doctrine administrative et sources officielles
SourceContenu
BOI-IR-CHRCEHR exhaustive, BOFiP
BOI-IR-LIQ-20-10Détermination impôt brut
ACTU-2026-00022Indexation barème IR 2025 LF 2026 art. 4
impots.gouv.fr/cdhr-faqSeule doctrine CDHR (pas de BOFiP dédié)
Brochure Pratique IR 2026Guide déclaratif DGFiP
QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré accompagne depuis 2017 dirigeants, cédants d'entreprise, cadres supérieurs à bonus importants et familles à forts revenus sur leurs arbitrages CEHR et CDHR. Expert de l'articulation combinée des deux contributions instaurées respectivement en 2012 et 2025, il modélise systématiquement pour chaque client l'équilibre CEHR + CDHR + PFU + PS pour identifier les 10 leviers d'optimisation adaptés à la situation : lissage CEHR 2 ans, apport-cession 150-0 B ter, donation avant cession, quart exceptionnel, fractionnement des rachats AV. Il pilote l'acompte CDHR de décembre chez ses clients hauts revenus et les accompagne dans les scenarii de retour en France ou d'expatriation post-cession. Le cabinet Hagnéré Patrimoine est enregistré ORIAS, membre de la CNCGP, et tient son contenu pédagogique à jour à chaque loi de finances.

CIF — Conseil en Investissements FinanciersCOA — Courtier en AssuranceCOBSP — Courtier en Opérations de BanqueMembre CNCGPEnregistré ORIAS

À propos de ce guide

Ce guide a été rédigé le 20 avril 2026 par l'équipe Hagnéré Patrimoine. Il intègre les dispositions en vigueur au jour de sa publication : loi de finances pour 2026 (LOI n° 2026-103 du 19 février 2026), loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (création CDHR), article 223 sexies CGI (CEHR) et article 224 CGI (CDHR). Les informations fournies ont une valeur strictement informative et pédagogique : elles ne constituent en aucun cas un conseil fiscal, patrimonial ou juridique personnalisé. Toute décision engageante (acompte CDHR, stratégie de lissage, donation avant cession, holding IS) doit impérativement faire l'objet d'un bilan personnalisé avec un professionnel habilité (CGP, avocat fiscaliste ou expert-comptable). Les seuils RFR 2026 sont publiés chaque année par la loi de finances ; consultez toujours le barème officiel sur impots.gouv.fr avant toute décision. Hagnéré Patrimoine décline toute responsabilité en cas d'utilisation des informations de ce guide sans accompagnement professionnel.

Questions frequentes

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