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Compte bancaire au décès 2026 : blocage, compte joint, déblocage et frais

Le jour où un proche décède, une question très concrète tombe vite : que devient son compte en banque ? Peut-on encore y toucher pour payer les obsèques ? Et le compte joint que vous partagiez ? Entre le blocage du compte individuel, la continuité du compte joint, les frais bancaires que la loi vient d'encadrer et un piège fiscal méconnu, voici les règles claires. Le guide CGP Hagnéré Patrimoine : ce qui est bloqué, ce qui continue, comment débloquer, et les erreurs qui coûtent cher.

BloquéCompte individuel
ou / etJoint vs indivis
857 €Frais plafonnés en 2026
50 %Compte joint et fisc
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en transmission patrimoniale

Clément Chatelain accompagne familles, dirigeants et retraités sur la donation, la succession, le démembrement, les clauses bénéficiaires et la coordination avec les notaires et experts-comptables.

TransmissionSuccessionORIAS 23002291

À retenir en 30 secondes

  • Le compte individuel est bloqué dès que la banque connaît le décès ; le solde entre dans la succession.
  • Le compte joint « ou » continue au profit du survivant (sauf opposition d'un héritier) ; le compte indivis « et » est bloqué.
  • En 2026, les frais bancaires de succession sont plafonnés à 857 € (gratuité si actif < 5 965 € ou compte de mineur).

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les démarches dépendent de la situation de chaque succession et des conditions de chaque banque. Pour une succession importante ou conflictuelle, l'accompagnement d'un notaire et un bilan patrimonial sont recommandés.

Mis à jour le 1er juin 2026 — Références mobilisées

Guide rédigé selon le droit en vigueur au 1er juin 2026, intégrant la loi n° 2025-415 du 13 mai 2025 sur les frais bancaires de succession. Sources prioritaires : Légifrance, BOFiP-Impôts, service-public.fr, jurisprudence de la Cour de cassation.

  • CMF art. L. 312-1-4 (déblocage des frais funéraires + clôture sans notaire, plafond 5 965 € revalorisé chaque année) ; art. L. 312-1-4-1 (loi 2025-415, frais plafonnés 857 € et gratuité).
  • CGI art. 753 (présomption de propriété par parts égales des comptes joints) ; art. 796-0 bis (exonération du conjoint / partenaire de PACS) ; art. 779 (abattement 100 000 €).
  • Code civil : art. 1311 (solidarité active du compte joint), 815 (indivision), 2003 (caducité du mandat), 778 (recel successoral).
  • Jurisprudence : Cass. 1ré civ. 16 mars 2016 n° 15-14.055 ; 5 mars 2025 n° 23-10.360 ; Cass. com. 19 janvier 2010 n° 09-12.140 ; Cass. 1ré civ. 13 février 2013 n° 11-24.465.

1. Que devient le compte individuel au décès ? Le blocage immédiat

Dès que la banque est informée du décès — par un proche, le notaire ou les pompes funèbres, sur présentation de l'acte de décès — le compte individuel du défunt est bloqué. Plus aucun retrait, paiement par carte ou chèque n'est possible. Le solde est gelé et entrera dans l'actif successoral.

Qui doit prévenir la banque, et quand ? Le conjoint, un héritier ou le notaire, idéalement par lettre recommandée mentionnant le numéro de compte et accompagnée de l'acte de décès. Il n'existe pas de délai légal strict imposé aux proches : la banque bloque dès qu'elle a connaissance du décès. Le repère « sous 7 jours » parfois cité est une recommandation pratique (pour suspendre les prélèvements), pas une obligation.

Ce blocage n'est pas une punition : c'est la contrepartie du devoir de la banque de conserver l'actif jusqu'au règlement de la succession. Quelques opérations restent tolérées : les virements entrants (une pension, un remboursement) continuent d'alimenter le compte, et certains paiements engagés avant le décès peuvent être honorés dans la limite du solde.

Conséquence immédiate, et souvent mal connue : la procuration que le défunt avait donnée à un proche devient caduque le jour même (nous y revenons plus bas). On ne peut donc plus « dépanner » en utilisant sa carte.

Mais tous les comptes ne subissent pas le même sort. Et là, un seul mot fait toute la différence.

2. Compte joint « ou » vs compte indivis « et » : la lettre qui change tout

Une simple conjonction de coordination décide si vous pourrez payer vos courses le lendemain du décès. Tout dépend de l'intitulé du compte.

Le sort des comptes selon leur nature, au décès d'un titulaire
Type de compteAu décès
Compte individuelBloqué ; solde dans la succession
Compte joint (« M. ou Mme »)Continue pour le survivant, sauf opposition d'un héritier
Compte indivis (« M. et Mme »)Bloqué ; accord de tous les héritiers requis

Le compte joint (« M. ou Mme ») repose sur la solidarité active prévue par le Code civil (art. 1311) : chaque cotitulaire peut faire fonctionner seul le compte. Au décès de l'un, le compte n'est pas bloqué et devient le compte individuel du survivant. Un héritier du défunt peut toutefois en demander le blocage, par lettre recommandée, jusqu'au règlement de la succession.

Le compte indivis (« M. et Mme »), lui, exige la signature de tous : il est bloqué au décès et ne peut être mouvementé qu'avec l'accord conjoint des cotitulaires survivants et des héritiers.

Concrètement : au décès de Patrick, son épouse Sylvie continue d'utiliser leur compte joint pour la vie courante, sans interruption. Une bonne nouvelle… mais qui cache un piège fiscal que beaucoup découvrent trop tard.

3. La bombe fiscale du compte joint : l'article 753 CGI

« Le compte joint échappe à la succession. » C'est l'idée reçue la plus répandue — et la plus fausse. Civilement, le compte continue pour le survivant. Fiscalement, c'est une autre histoire.

L'article 753 du Code général des impôts pose une présomption : les sommes d'un compte joint sont réputées appartenir, par parts égales, à chacun des cotitulaires pour le calcul des droits de succession. Au décès, la moitié (pour deux cotitulaires) est donc réputée appartenir au défunt et entre dans sa succession. C'est une présomption simple : on peut prouver le contraire, par exemple que le compte était alimenté exclusivement par un seul cotitulaire. L'administration peut elle aussi renverser la présomption, mais à une condition étroite : démontrer que les sommes figurant sur le compte proviennent exclusivement de dépôts effectués par le défunt (Cass. com. 19 janvier 2010, n° 09-12.140, cassation au visa de l'art. 753 CGI).

Cas chiffré : le compte joint mère-fille de Jeanne

Jeanne, 86 ans, a un compte joint de 50 000 € avec sa fille Nadia, qui l'aide au quotidien ; le compte est alimenté par les seules pensions de Jeanne. Au décès de Jeanne (2 enfants, Nadia et Marc), le compte continue civilement pour Nadia. Mais fiscalement (art. 753), 25 000 € (la moitié) sont réputés appartenir à Jeanne et entrent dans sa succession, à partager entre Nadia ET Marc. Nadia n'hérite donc pas des 50 000 € : elle conserve sa moitié, et la moitié de Jeanne se partage. Sous l'abattement de 100 000 € par enfant (art. 779), il n'y a souvent aucun droit à payer — mais cette somme doit être déclarée et partagée.

Concrètement : ouvrir un compte joint avec un proche aidant ne « transfère » pas l'argent à ce proche. Au décès, la part du défunt revient à la succession. Avant de partager, il faut souvent régler une dépense urgente : les obsèques. La loi le permet.

4. Peut-on payer les obsèques avec le compte du défunt ?

Bonne nouvelle : même bloqué, le compte du défunt peut financer son enterrement. L'article L. 312-1-4 du Code monétaire et financier prévoit trois dérogations au blocage.

  • Les frais funéraires : la banque les règle sur présentation de la facture des pompes funèbres, dans la double limite du solde disponible et d'un plafond (5 965 € en 2026, revalorisé chaque année sur l'inflation). La personne qui a organisé les obsèques peut le demander, même si elle n'est pas héritière.
  • Les actes conservatoires : certaines dépenses urgentes de conservation du patrimoine.
  • La clôture du compte par un héritier sans notaire : possible si le total des avoirs du défunt dans l'établissement est inférieur au plafond, sur présentation d'une attestation signée de tous les héritiers (absence de testament, de contrat de mariage, de litige et de bien immobilier).

Concrètement : Nadia, seule héritière de sa tante dont le compte affiche 4 200 € et qui n'avait pas de bien immobilier, récupère les fonds sur simple attestation, sans frais ni acte de notoriété. Au-delà du plafond, ou s'il y a un bien immobilier, l'acte de notoriété notarié redevient nécessaire.

Combien la banque facture-t-elle pour tout cela ? Là encore, 2026 change la donne.

5. Combien coûtent les frais bancaires de succession en 2026 ?

Jusqu'en 2025, certaines banques facturaient le traitement d'une succession au prix fort — parfois plusieurs milliers d'euros sur un patrimoine conséquent, sans plafond. La loi n° 2025-415 du 13 mai 2025 (article L. 312-1-4-1 du Code monétaire et financier, en vigueur depuis le 13 novembre 2025) a sifflé la fin de la partie.

Désormais, les frais sont plafonnés à 1 % des soldes, avec un maximum de 857 € en 2026. Mieux : la succession est totalement gratuite dans trois cas — une succession simple réglée sur attestation des héritiers, un actif total inférieur à 5 965 €, ou le compte d'un mineur décédé (sans condition de montant).

Frais bancaires de succession : avant / après la loi 2025-415
SituationAvant (jusqu'à 11/2025)Depuis 2026
Petite succession (4 000 €)≈ 150 à 300 €0 € (gratuit)
Succession moyenne (80 000 €)≈ 700 à 900 €≈ 800 € (1 %, sous le plafond)
Grosse succession (300 000 €)3 000 à 4 500 €857 € (plafond)
Compte d'un mineur décédéFacturé0 € (gratuit)

Concrètement : sur une succession de 300 000 € d'avoirs, l'économie atteint plusieurs milliers d'euros par rapport aux pratiques antérieures. Pensez à vérifier la facture de la banque : le plafond est désormais opposable.

Reste un réflexe à surtout ne pas avoir, et qui peut coûter bien plus cher que des frais : continuer à se servir sur le compte.

6. Le piège des retraits après le décès : procuration caduque et recel

Retirer « pour les frais » avec la carte d'un parent juste après son décès : le geste paraît anodin, il peut vous coûter votre part d'héritage.

La procuration est caduque au jour du décès : le mandat finit par la mort du mandant (Code civil art. 2003). Tout retrait postérieur est irrégulier, même si l'auteur ignorait le décès. Et s'il est dissimulé aux autres héritiers, il bascule dans le recel successoral (art. 778) : l'héritier fautif est réputé acceptant pur et simple de la succession (il ne peut plus y renoncer) et il est privé de sa part sur les sommes recelées.

La jurisprudence est constante : des retraits substantiels effectués par procuration peu avant le décès et non déclarés ont été qualifiés de recel (Cass. 1re civ. 13 février 2013, n° 11-24.465). Sur un compte joint, les retraits du cotitulaire survivant qui excèdent ses besoins normaux peuvent être requalifiés en libéralités rapportables à la succession — c'est au cotitulaire de justifier l'emploi des fonds (Cass. 1re civ. 16 mars 2016, n° 15-14.055). L'action pour sanctionner un recel se prescrit par 5 ans à compter de la découverte des mouvements suspects (Cass. 1re civ. 5 mars 2025, n° 23-10.360).

Concrètement, le bon réflexe est simple : geler les opérations dès le décès et conserver un justificatif de chaque dépense. Un euro retiré sans l'accord des cohéritiers peut se retourner contre vous.

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Le compte courant n'est d'ailleurs que la partie émergée des avoirs à traiter.

7. PEA, assurance-vie, coffre, néobanques : que deviennent les autres avoirs ?

Au décès, ce ne sont pas seulement les comptes courants qu'il faut traiter, mais l'ensemble des avoirs. Et tous ne suivent pas la même règle.

  • PEA et compte-titres : bloqués et clôturés ; les titres basculent sur un compte-titres au nom des héritiers. Voir notre guide dédié : que devient le PEA au décès.
  • Assurance-vie : c'est l'exception qui surprend. Le capital est hors succession civile : il est versé directement aux bénéficiaires désignés, sans passer par le blocage bancaire ni le partage successoral.
  • Coffre-fort : bloqué dès le décès, il s'ouvre sous contrôle, en présence du notaire, avec un inventaire du contenu.
  • FICOBA : ce fichier permet au notaire et aux héritiers de retrouver tous les comptes du défunt — mais il indique leur existence, pas les soldes, et seulement pour les comptes ouverts en France.
  • Livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) : bloqués puis clôturés ; les intérêts continuent de courir au taux réglementaire jusqu'à la clôture, et le solde est versé aux héritiers.
  • Néobanques étrangères et comptes à l'étranger : un compte Revolut (Lituanie) ou N26 (Allemagne) n'apparaît pas dans FICOBA. Il risque d'être oublié, alors qu'il doit figurer dans la succession et faire l'objet d'une déclaration.
  • Comptes inactifs (loi Eckert) : si aucun ayant droit ne se manifeste, les avoirs sont transférés à la Caisse des dépôts 3 ans après le décès (au lieu de 10 ans pour un titulaire vivant), puis reviennent à l'État après 20 ans. On les retrouve via le service Ciclade.

Concrètement : avant de clore une succession, interrogez FICOBA et recensez les comptes en ligne, y compris étrangers. Un oubli peut se payer cher des années plus tard.

8. La checklist des démarches, dans l'ordre

Pour ne rien oublier dans les semaines qui suivent le décès, voici l'enchaînement à suivre.

Étape par étape

  • Jour du décès : prévenir la banque (acte de décès) — le compte individuel est bloqué, la procuration cesse.
  • Premiers jours : demander le règlement des obsèques sur facture, et le déblocage des dépenses urgentes.
  • Recenser les avoirs : interroger FICOBA (notaire ou héritiers), lister comptes, PEA, assurance-vie, coffre et comptes en ligne étrangers.
  • Réunir les justificatifs : attestation signée des héritiers (si actif < 5 965 € et sans immobilier) ou acte de notoriété notarié.
  • Clôturer et partager : en tenant compte de la présomption de l'art. 753 sur le compte joint (50 % au défunt).

9. Les erreurs classiques à éviter

  • Croire que le compte joint échappe à la succession. La présomption de l'art. 753 CGI y réintègre la moitié.
  • Continuer à utiliser la procuration après le décès. Elle est caduque (art. 2003) : les retraits sont à restituer.
  • Vider le compte joint avant l'inventaire. Les retraits excédant les besoins sont rapportables, et la dissimulation est un recel.
  • Confondre les seuils. En 2026, le seuil de déblocage sans notaire et le seuil de gratuité des frais coïncident à 5 965 € ; le plafond des frais bancaires, lui, est de 857 €.
  • Oublier les néobanques étrangères. Elles échappent à FICOBA mais entrent dans la succession.
  • Confondre « ou » (continue) et « et » (bloqué). L'intitulé du compte change tout.

10. FAQ — 12 questions qui reviennent en cabinet

Les 12 questions les plus posées à un CGP sur le compte bancaire au décès en 2026 sont rassemblées en bas de page (blocage, compte joint, retrait sur le compte du défunt, obsèques, frais bancaires, procuration, fiscalité du compte joint, FICOBA, coffre-fort, néobanques). Si la vôtre n'y figure pas, un bilan patrimonial de 45 minutes est offert pour y répondre directement.

Les 3 choses à retenir

  1. Individuel bloqué, joint « ou » continue, indivis « et » bloqué. Le compte individuel est gelé ; le compte joint reste utilisable par le survivant, sauf opposition d'un héritier.
  2. Le compte joint n'échappe pas au fisc. L'article 753 CGI en réintègre la moitié dans la succession ; et tout retrait abusif peut être qualifié de libéralité ou de recel.
  3. 2026 protège les héritiers. Frais bancaires plafonnés à 857 €, gratuité pour les petites successions et les comptes de mineurs, déblocage des obsèques sur facture. Vérifiez la facture de la banque.

Régler les comptes d'un proche est une épreuve administrative autant qu'humaine. Entre le blocage, la fiscalité du compte joint, l'assurance-vie, le PEA et les droits de succession, un bilan patrimonial Hagnéré Patrimoine de 45 minutes vous aide à sécuriser chaque étape — et, en amont, à organiser votre patrimoine pour épargner ces difficultés à vos proches.

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Mentions légales et conformité

Hagnéré Patrimoine — SAS, siège social Bassens (73000), immatriculée au registre ORIAS sous le n° 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP) et courtier d'assurance (COA). Article rédigé selon le droit en vigueur au 1er juin 2026, intégrant la loi n° 2025-415 du 13 mai 2025. Sources prioritaires : Légifrance (CMF art. L. 312-1-4 et L. 312-1-4-1 ; CGI art. 753, 796-0 bis, 779 ; Code civil art. 1311, 815, 2003, 778), arrêté du 3 décembre 2024 (plafond de déblocage), BOFiP-Impôts (BOI-ENR-DMTG-10-10-40-30), service-public.fr (F1451, F2233), jurisprudence de la Cour de cassation (1ré civ. 16 mars 2016 n° 15-14.055 ; 5 mars 2025 n° 23-10.360 ; com. 19 janvier 2010 n° 09-12.140 ; 1ré civ. 13 février 2013 n° 11-24.465). Dernière mise à jour : 1er juin 2026. Cet article a une visée informative et pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le compte bancaire au décès en 2026

Le compte individuel est bloqué dès que la banque a connaissance du décès : plus aucun retrait ni paiement n'est possible, et le solde entre dans l'actif successoral. Restent tolérés les virements entrants (comme une pension) et certains paiements autorisés avant le décès. Le compte joint, lui, n'est pas bloqué : il continue de fonctionner au profit du cotitulaire survivant, sauf opposition d'un héritier.

Non, en principe. Le compte joint (« M. ou Mme ») continue de fonctionner au profit du cotitulaire survivant grâce à la solidarité active, et devient son compte individuel. Un héritier du défunt peut toutefois demander son blocage jusqu'au règlement de la succession. À l'inverse, le compte indivis (« M. et Mme ») est bloqué au décès et nécessite l'accord de tous les cotitulaires et héritiers.

Non, sauf cas prévus par la loi. Sur un compte individuel bloqué, seuls les frais funéraires (sur facture) et certains actes conservatoires peuvent être réglés, dans la limite d'un plafond (5 965 €, revalorisé chaque année). Toute autre opération est irrégulière. Utiliser la carte ou la procuration du défunt après le décès expose à devoir restituer les sommes aux cohéritiers.

Oui. La banque doit régler les frais d'obsèques par prélèvement sur le compte du défunt, sur présentation de la facture des pompes funèbres, dans la double limite du solde disponible et du plafond légal (5 965 € en 2026, revalorisé chaque année, CMF art. L. 312-1-4). La personne qui a organisé les obsèques, même si elle n'est pas héritière, peut en faire la demande.

Depuis la loi du 13 mai 2025, ils sont plafonnés à 1 % des soldes, avec un maximum de 857 € en 2026. La succession est même gratuite dans trois cas : succession simple réglée sur attestation des héritiers, actif total inférieur à 5 965 €, ou compte d'un mineur décédé (sans condition de montant). Avant cette loi, certaines banques facturaient plusieurs milliers d'euros sur les grosses successions.

Un crédit immobilier ou à la consommation couvert par une assurance emprunteur décès est soldé par l'assureur à hauteur de la quotité assurée. Sur un prêt à deux emprunteurs assurés chacun à 100 %, le capital restant dû est entièrement pris en charge ; à 50 % chacun, le co-emprunteur survivant continue de rembourser la moitié restante. Le décès doit être déclaré à l'assureur dans les délais du contrat. Un crédit non assuré devient une dette de la succession.

Oui. L'article L. 131-36 du Code monétaire et financier prévoit que ni le décès ni l'incapacité du tireur survenant après l'émission ne touchent aux effets du chèque : il est honoré si la provision existait, malgré le blocage du compte. Les héritiers y restent tenus au titre du rapport cambiaire. C'est l'exception notable au blocage du compte individuel.

La procuration prend fin immédiatement au décès du titulaire du compte (le mandat finit par la mort du mandant, Code civil art. 2003). Le mandataire ne peut plus opérer, même s'il ignore le décès. Les retraits effectués après le décès sont irréguliers et doivent être restitués ; s'ils sont dissimulés aux cohéritiers, ils constituent un recel successoral, sanctionné par la privation de la part sur les sommes concernées.

Non, c'est une erreur fréquente. Civilement, le compte joint continue pour le survivant. Mais fiscalement, l'article 753 du CGI présume que les sommes appartiennent par parts égales aux cotitulaires : la moitié (pour deux cotitulaires) est réputée appartenir au défunt et entre dans sa succession, soumise aux droits selon le lien de parenté. C'est une présomption simple : on peut prouver que les fonds venaient d'un seul cotitulaire.

Via le fichier FICOBA, géré par l'administration fiscale. Le notaire chargé de la succession, comme les héritiers justifiant de leur qualité (acte de notoriété), peuvent l'interroger pour obtenir la liste des établissements où le défunt détenait des comptes. Attention : FICOBA indique l'existence des comptes, pas les soldes, et ne recense que les comptes ouverts en France (les néobanques étrangères y échappent).

Non librement : le coffre-fort loué par le défunt est bloqué dès la connaissance du décès. Son ouverture se fait sous contrôle, généralement en présence du notaire et avec un inventaire du contenu, afin d'intégrer les biens à l'actif successoral. Les héritiers ne peuvent pas y accéder seuls avant cette étape.

Un compte ouvert dans une néobanque étrangère (par exemple en Lituanie ou en Allemagne) suit le droit de l'établissement, avec un service dédié au décès à contacter. Point de vigilance majeur : ces comptes n'apparaissent pas dans FICOBA, qui ne recense que les comptes français. Ils risquent donc d'être oubliés de la succession, alors qu'ils doivent y figurer et faire l'objet d'une déclaration.