Sommaire
- 1. Qu'est-ce que l'indivision successorale ?
- 2. Combien de temps peut durer une indivision ?
- 3. Quels sont les droits concrets des indivisaires ?
- 4. Comment se prennent les décisions en indivision ?
- 5. Qui paie quoi en indivision ?
- 6. Indemnité d'occupation : combien, prescription ?
- 7. Impenses : conservation ou amélioration ?
- 8. Droit de préemption entre coindivisaires
- 9. Indivision en usufruit / nue-propriété
- 10. Convention d'indivision : organiser la paix
- 11. Mandat successoral et mandat posthume
- 12. Comptes entre indivisaires
- 13. Les 5 voies de sortie : comparatif
- 14. Le partage amiable : le chemin royal
- 15. Le rachat de soulte entre cohéritiers
- 16. La licitation amiable
- 17. La licitation judiciaire
- 18. L'attribution préférentielle
- 19. Procédure 2/3 (art. 815-5-1)
- 20. Céder sa quote-part à un tiers
- 21. Loi 2026-248 : ce qui change
- 22. Indivision en famille recomposée
- 23. Indivision internationale
- 24. Indivision avec mineurs / protégés
- 25. Double indivision communauté + succession
- 26. Droit de partage 2,5 % mode d'emploi
- 27. Plus-values et IFI en indivision
- 28. Revenus fonciers en indivision
- 29. SCI vs indivision : quand choisir ?
- 30. 15 erreurs fatales + checklist
Publié le 20 avril 2026 · Mis à jour le 20 avril 2026 · Par Quentin Hagnéré, CGP (CIF, COA, COBSP, CNCGP)

À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — Cabinet Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré accompagne les héritiers dans toutes les situations d'indivision successorale, du partage amiable à la procédure 2/3 en passant par la convention d'indivision et la SCI familiale. Il rédige personnellement les guides du cabinet à partir des dossiers réels suivis chaque année, avec la jurisprudence 2023-2026 et les textes à jour (articles 815 à 815-18 CC, loi 2026-248 du 7 avril 2026, LF 2026).
En bref — l'essentiel à retenir
- Durée moyenne : 3 à 5 ans en partage amiable, 4 à 7 ans en partage judiciaire (121e Congrès des Notaires 2025).
- Seuil 2/3 (art. 815-5-1 CC) MAINTENU par la loi 2026-248 du 7 avril 2026 — le Sénat a explicitement rejeté la majorité simple.
- Droit de partage successoral : 2,5 % de l'actif net partagé (art. 746 al. 2 CGI) — pas 1,1 % (réservé divorce et PACS).
- 5 voies de sortie chiffrées : partage amiable, rachat de soulte, licitation amiable, licitation judiciaire, cession à un tiers.
- Loi 2026-248 du 7 avril 2026 : nouveau curateur DNID (art. 815-5-2 CC) + procédure de partage réformée applicable début 2027.
- 12 cas nominatifs chiffrés dans ce guide, 15 arrêts Cass. 2023-2026 vérifiés.
Références légales mobilisées dans ce guide
Code civil : art. 815 (Légifrance) à 815-18 (régime de l'indivision), 815-2 (actes conservatoires), 815-3 (majorité 2/3), 815-5-1 (procédure vente 2/3, Légifrance), 815-5-2 (curateur DNID, nouveau — loi 2026-248), 815-9 (usage), 815-10 (fruits, prescription 5 ans), 815-13 (impenses, profit subsistant), 815-14 à 815-16 (préemption), 815-17 (créanciers), 815-18 (US/NP), 831 à 834 (attribution préférentielle), 832-4 (soulte 10 ans), 835 (partage amiable), 840 (partage judiciaire), 1873-1 à 1873-18 (convention d'indivision). CGI : 746 al. 2 (droit de partage 2,5 %, Légifrance), 750 II (licitation 2,5 %), 879 (CSI 0,10 %). Lois : 2006-728 du 23/06/2006, 2009-526 du 12/05/2009, 2026-248 du 07/04/2026 (JORF, Légifrance) (curateur DNID, procédure partage binôme). Règlement : UE 650/2012 (successions internationales).
Qu'est-ce que l'indivision successorale et comment naît-elle ?
L'indivision successorale est la situation juridique dans laquelle plusieurs héritiers détiennent ensemble les biens du défunt, dès le jour du décès, sans acte préalable. Elle dure jusqu'au partage (amiable ou judiciaire), parfois quelques mois, parfois plusieurs décennies. La loi du 7 avril 2026 (Morel-Turquois) a modernisé le régime sans abaisser le seuil des 2/3 de l'article 815-5-1. Voici tout ce qu'il faut savoir.
Vous venez d'hériter avec vos frères, sœurs, un conjoint survivant ou des cousins. Concrètement, vous détenez ensemble la maison de famille, les comptes, les titres — sans que chacun sache encore ce qu'il aura à la fin. Chez Hagnéré Patrimoine, nous accompagnons chaque année des dizaines de familles dans cette phase délicate qui peut durer de quelques mois à plusieurs décennies.
Article 815 du Code civil — fondement de l'indivision
« Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu'il n'y ait été sursis par jugement ou convention. »
Ce principe, posé dès 1804, est le pilier de tout le régime. Il signifie qu'un coindivisaire peut à tout moment demander le partage. Les exceptions sont strictement encadrées : sursis judiciaire (art. 820), convention (art. 1873-3) ou maintien forcé (art. 821).
Naissance automatique au décès : le mécanisme
L'indivision n'est pas un choix. Elle se forme automatiquement, sans acte, dès que deux héritiers au moins acceptent la succession. Quatre éléments définissent juridiquement cette situation.
- Pluralité de titulaires : au moins deux personnes appelées à la succession. Un héritier unique n'est jamais en indivision.
- Identité d'objet : les biens du défunt, actifs et passifs, forment une masse commune.
- Quote-part abstraite : chacun a un droit proportionnel (1/2, 1/3, 1/4) qui porte sur l'ensemble, pas sur un bien identifié.
- Absence de partage : tant que le partage n'a pas eu lieu, le bien reste indivis. Le partage est rétroactif au jour du décès (art. 883 CC).
Un phénomène massif souvent sous-estimé
Concrètement, l'indivision successorale est partout. En Corse, le rapport du Sénat n° 25-194 déposé en 2025 recense 303 369 parcelles bloquées en indivision ancienne, parfois sur plusieurs générations. En métropole, la Chambre des Notaires estime qu'environ 40 % des successions ouvertes chaque année aboutissent à une indivision durable d'au moins six mois. Les trois déclencheurs principaux sont l'absence de testament, la présence d'une résidence secondaire, et le désaccord entre frères et sœurs sur le sort du bien familial.
Attention : indivision n'est pas copropriété
Les deux régimes sont souvent confondus. La copropriété (loi du 10 juillet 1965) concerne un immeuble divisé en lots privatifs (appartements) avec parties communes. L'indivision concerne un ou plusieurs biens détenus en commun sans division matérielle. Une maison individuelle peut être en indivision. Un appartement peut être à la fois en copropriété (vis-à-vis des autres appartements de l'immeuble) et en indivision (entre cohéritiers du lot).
Cas pratique n° 1 — Sylvie, 52 ans, cadre santé à Toulouse
Sylvie : la maison familiale de 420 000 € entre 3 enfants
Situation. Sylvie, 52 ans, cadre dans la santé à Toulouse, perd sa mère Jeanine à l'âge de 81 ans. L'actif successoral est composé d'une maison familiale évaluée 420 000 €, d'un livret A de 22 000 € et de comptes courants à 8 000 €. Trois enfants héritent à parts égales : Sylvie, son frère Marc (49 ans, vit seul dans la maison depuis 7 ans pour « s'occuper de maman »), et leur sœur Florence (46 ans, installée à Nantes).
Ce qui se passe au jour du décès. L'indivision naît immédiatement. Chaque enfant détient une quote-part abstraite de 1/3 sur l'ensemble. Marc n'est pas « propriétaire de la maison » ; il est propriétaire indivis à hauteur de 1/3 de chacun des trois biens (maison, livret, comptes).
Les trois tensions immédiates. (1) Marc occupe la maison : une indemnité d'occupation est due depuis le décès (art. 815-9 al. 2). (2) Sylvie veut vendre : unanimité requise (art. 815-3). (3) Florence veut racheter les parts : rachat de soulte possible (art. 832-4, étalement 10 ans).
Recommandation Hagnéré. Formalisation immédiate par PV notaire. Choix à trois mois : partage amiable (droit de partage 2,5 %, soit 11 250 € sur 450 000 €) ou convention d'indivision 5 ans avec indemnité d'occupation mensualisée pour Marc (1 200 €/mois). La seconde option évite la vente précipitée et rémunère l'attente de Sylvie et Florence.
Ce premier cas illustre la règle d'or : l'indivision n'est pas un vide juridique, c'est un régime structuré par les articles 815 à 815-18 du Code civil. Chaque coindivisaire a des droits et des devoirs, et chaque action mal formalisée génère des créances, des prescriptions et des contentieux qui se chiffrent en dizaines de milliers d'euros.
Combien de temps peut durer une indivision ?
Aucune durée maximale légale n'est fixée par le Code civil. Certaines indivisions durent 20 ou 30 ans, voire traversent plusieurs générations — on parle alors d'indivisions successives. Mais la règle fondamentale reste l'article 815 : nul ne peut être contraint de rester dans l'indivision. Un coindivisaire peut donc toujours, à tout moment, provoquer le partage. Hagnéré Patrimoine observe dans ses dossiers une durée médiane de 18 mois entre le décès et le partage effectif.
Quatre durées à distinguer dans la pratique
| Voie de sortie | Durée médiane | Plage | Source |
|---|---|---|---|
| Partage amiable notarié | 4 à 6 mois | 2 à 12 mois | Statistiques notariat 2024 |
| Convention d'indivision (durée déterminée) | 5 ans renouvelables | 1 à 5 ans | Art. 1873-3 CC |
| Licitation judiciaire | 18 à 36 mois | 12 à 60 mois | Observation cabinet 2023-2025 |
| Procédure 2/3 art. 815-5-1 CC | 12 à 24 mois | 9 à 36 mois | TJ Paris / Lyon 2023-2025 |
| Indivision dormante non contestée | 10 à 30 ans | Illimitée | Rapport Sénat 25-194 (Corse) |
Concrètement. Si votre famille est soudée, vous actez rapidement le partage chez le notaire en 4 à 6 mois. Si un héritier refuse, vous basculez dans un contentieux de 18 à 36 mois : assignation en licitation, expertise immobilière, jugement de partage puis adjudication.
La convention d'indivision : 5 ans renouvelables (art. 1873-3 CC)
Lorsque les héritiers veulent organiser une paix durable sans vendre immédiatement, ils peuvent signer une convention d'indivision à durée déterminée. La durée maximale est de cinq ans, renouvelable expressément par tacite reconduction. Pendant cette période, les coindivisaires renoncent à demander le partage — sauf motif grave et justifié (art. 1873-3 al. 2). C'est l'outil roi pour attendre une meilleure conjoncture immobilière ou pour permettre à un héritier de financer un rachat.
Bonne pratique Hagnéré : trois scénarios types pour l'attente
- Attente conjoncturelle (marché à +15 % dans 3-5 ans) : convention 5 ans + clause d'indexation de la valeur à l'indice INSEE.
- Financement d'un rachat (un héritier constitue l'épargne nécessaire) : convention 3 ans + clause de préemption renforcée.
- Transmission de revenus locatifs (bien loué généreusement) : convention 5 ans + gérance déléguée à un coindivisaire rémunéré.
Les freins concrets à la sortie rapide
Pourquoi tant d'indivisions durent-elles plus longtemps que nécessaire ? Trois raisons dominent dans les dossiers que nous accompagnons. Un héritier attaché au bien refuse la vente par affect. Un héritier ne peut pas racheter la part des autres faute de capacité d'emprunt. Le désaccord porte sur la valeur vénale, l'un voulant le prix de l'agence, l'autre le prix immobilier.notaires.fr. À chacun de ces freins correspond une parade juridique : procédure 2/3, licitation, expertise judiciaire en valeur.
Combien de temps dure une indivision en pratique ? Chiffres observés
Durée moyenne observée. 3 à 5 ans en partage amiable, 4 à 7 ans en partage judiciaire — source 121e Congrès des Notaires 2025. Les dossiers très conflictuels (opposants multiples, expertises successives) peuvent dépasser 10 ans.
Proportion d'indivisions longues. Environ 30 % des successions restent en indivision plus de 5 ans en France (INSEE et Notaires de France, données 2023). Ce chiffre atteint 60 à 70 % en Corse et dans certains territoires d'outre-mer, où les indivisions dormantes multigénérationnelles sont la norme historique.
Efficacité de la médiation notariale. La médiation conduite par un notaire tiers débloque 55 à 65 % des dossiers en moins de 6 mois (Conseil Supérieur du Notariat, 2024). C'est la voie la plus rentable avant de basculer en contentieux : Hagnéré Patrimoine la recommande systématiquement avant toute assignation.
Quels sont les droits concrets des indivisaires ?
Le Code civil reconnaît à chaque coindivisaire — vous, en tant qu'héritier — une série de droits individuels et collectifs. Les articles 815-9 à 815-17 dessinent un équilibre entre l'usage privatif que vous pouvez exercer et la préservation de la masse commune. Cinq droits principaux vous concernent directement et doivent être maîtrisés.
1. Le droit d'user et de jouir du bien (art. 815-9 CC)
Chaque coindivisaire peut utiliser les biens indivis conformément à leur destination et dans le respect des droits des autres. Ce droit est cependant strictement encadré par l'article 815-9 alinéa 2 : celui qui use privativement (habite seul la maison, occupe seul un local) doit une indemnité d'occupation aux autres. Nous détaillons ce mécanisme en §6.
2. Le droit aux fruits et revenus (art. 815-10 CC)
Les fruits (loyers, dividendes, fermages) et les produits (récoltes, coupes de bois) accroissent à l'indivision. Chaque coindivisaire y a droit au prorata de sa quote-part. Attention : l'article 815-10 alinéa 3 impose une prescription quinquennale de 5 ans pour réclamer sa part. Passé ce délai, le coindivisaire qui a perçu seul les loyers peut les conserver.
Vocabulaire — les termes à comprendre
- Coindivisaire / indivisaire : chaque personne en indivision. Les deux termes sont synonymes.
- Quote-part : part abstraite (1/2, 1/3, 1/4) que chaque coindivisaire détient sur l'ensemble des biens.
- Fruits : revenus périodiques (loyers, dividendes, fermages) qui se renouvellent sans altérer la substance du bien.
- Masse indivise / masse successorale : ensemble des biens du défunt, actif diminué du passif, formant la matière à partager.
- Attestation immobilière : acte notarié qui constate la transmission des immeubles aux héritiers indivis — à ne pas confondre avec le partage.
3. Le droit à l'avance en capital (art. 815-11 al. 4 CC)
L'article 815-11 permet à un coindivisaire de demander au président du tribunal judiciaire une avance sur sa part, à prélever sur les fonds de l'indivision. Cette avance suppose une trésorerie disponible et un besoin justifié. Elle est rare mais utile quand un héritier est en difficulté financière immédiate.
4. Le droit à la gestion par un seul coindivisaire (art. 815-12 CC)
Si un coindivisaire gère seul les biens indivis au su des autres et sans opposition, il est réputé gérant. Il doit alors rendre compte annuellement et peut percevoir une rémunération. Ce gestionnaire de fait est protégé : ses actes engagent l'indivision dans la limite de ses pouvoirs d'administration courante.
5. Le droit de provoquer le partage à tout moment (art. 815 al. 1 CC)
C'est le droit cardinal. Sauf convention d'indivision en cours ou sursis judiciaire (art. 820), chaque coindivisaire peut à tout moment demander le partage amiable ou judiciaire. Ce droit est d'ordre public : aucune clause ne peut y déroger définitivement.
Droits individuels
Usage, jouissance, fruits, avance, provocation du partage. Exercés seul par chaque coindivisaire.
Droits collectifs
Vote aux 2/3, administration, disposition. Exercés à plusieurs selon la majorité requise.
Droits de sortie
Préemption entre coindivisaires, cession à un tiers, retrait via licitation. Prémunissent contre l'enfermement.
Comment se prennent les décisions en indivision ?
La gouvernance de votre indivision repose sur une pyramide à trois niveaux codifiée par les articles 815-2 à 815-3 du Code civil. Comprendre cette hiérarchie est essentiel : elle détermine qui décide de quoi, avec quelle majorité, et à quel moment. Une mauvaise qualification de l'acte (conservatoire versus administration versus disposition) peut entraîner la nullité de votre opération.
La pyramide des 3 niveaux de décision
| Niveau | Majorité | Exemples typiques | Fondement |
|---|---|---|---|
| Actes conservatoires | Un seul coindivisaire seul | Réparation urgente (toiture, chaudière), paiement taxe foncière, assurance habitation, souscription d'une police dommages-ouvrage, actions en justice pour protéger le bien | Art. 815-2 CC |
| Actes d'administration | Majorité des 2/3 des droits indivis | Travaux d'entretien, choix d'un locataire, bail d'habitation (maximum 12 ans cumulés), mandat de vente non commerciale, désignation d'un gérant | Art. 815-3 al. 1 et 2 CC |
| Actes de disposition | Unanimité obligatoire | Vente immobilière, donation, hypothèque, apport en société, démembrement, conclusion d'un bail commercial, rural ou artisanal | Art. 815-3 al. 3 CC |
Concrètement. Si vous voulez refaire seul la toiture qui fuit, vous pouvez avancer les fonds et vous rembourser au partage (acte conservatoire, art. 815-2). Si vous voulez refaire la salle de bain pour valoriser le bien, vous devez obtenir l'accord des 2/3 des droits (acte d'administration, art. 815-3). Si vous voulez vendre la maison, vous devez obtenir l'unanimité (acte de disposition) — sauf procédure 2/3 de l'art. 815-5-1.
Comment calcule-t-on les 2/3 ?
La majorité s'apprécie en droits indivis, pas en nombre de personnes. Trois cohéritiers égalitaires détiennent 1/3 chacun. Deux d'entre eux (soit 2/3) peuvent imposer un bail d'habitation au troisième. En revanche, si l'un des trois détient 1/2 et les deux autres 1/4 chacun, les deux minoritaires ne représentent que 50 % et ne peuvent pas atteindre le seuil.
Attention : les baux commerciaux, ruraux et artisanaux sont exclus du 2/3
L'article 815-3 alinéa 3 exclut expressément du régime de la majorité des 2/3 la conclusion et le renouvellement des baux ruraux (loi de 1946), commerciaux (décret de 1953) et artisanaux. Pour ces baux, l'unanimité des coindivisaires reste exigée. La raison : ces baux confèrent au preneur un droit au renouvellement ou à une indemnité d'éviction qui engage le bien à long terme.
Jurisprudence. La Cass. 3e civ. 30/01/2019 n° 18-10.180 a confirmé que le bail conclu par un seul coindivisaire sans les autres est nul, la régularisation postérieure étant possible dans les conditions de l'art. 815-3.
Le formalisme du vote aux 2/3
Le coindivisaire (ou les coindivisaires) à l'initiative de la décision doit notifier par écrit, avec accusé de réception, son projet aux autres. Chaque destinataire dispose d'un délai raisonnable (en pratique 1 à 2 mois) pour s'exprimer. Passé ce délai sans réponse, le vote est réputé abstention. Si les 2/3 sont atteints, la décision s'impose à la minorité. Celle-ci peut cependant saisir le tribunal pour atteinte excessive à ses droits (art. 815-3 al. 2 in fine).
Qui paie quoi en indivision ? Charges, dettes, créanciers
La question des charges est l'une des plus fréquentes en consultation. Taxe foncière, assurance, charges de copropriété, crédit en cours, travaux, tout cela continue de courir après le décès. Le Code civil répartit ces obligations selon une logique simple : chaque coindivisaire supporte les charges au prorata de sa quote-part (art. 815-17 CC et jurisprudence constante).
Répartition des charges courantes au prorata
| Charge | Répartition | Recours au partage | Fondement |
|---|---|---|---|
| Taxe foncière | Au prorata de la quote-part | Oui, créance rapportable | BOI-IF-TFB-10-20-10 |
| Assurance habitation (PNO) | Au prorata | Oui | Art. 815-13 al. 1 CC |
| Charges de copropriété | Au prorata | Oui | Art. 815-13 al. 1 CC |
| Crédit immobilier en cours | Au prorata + solidarité vis-à-vis banque | Oui | Art. 870 CC + contrat prêt |
| Travaux conservation (réparations urgentes) | Au prorata | Oui — profit subsistant si plus-value | Art. 815-13 al. 1 CC |
| Travaux amélioration (rénovation, extension) | Au prorata si consentis, sinon indemnité | Oui — profit subsistant | Art. 815-13 CC |
| Frais notaire succession | Au prorata sur masse brute | Non, à la charge successorale | Art. 870 CC |
Concrètement. Sur une maison de 500 000 € héritée à parts égales entre 4 enfants, chacun supporte 25 % de la taxe foncière. Si un seul enfant règle la totalité, il devient créancier de l'indivision à hauteur de 75 %. Cette créance est rapportée au partage (art. 815-13 al. 1 CC).
Créanciers de l'indivision vs créanciers personnels d'un coindivisaire
L'article 815-17 du Code civil pose une distinction cardinale. Les créanciers de l'indivision (ceux qui sont devenus créanciers de la masse indivise : banque du crédit en cours, fisc pour la TF, entreprise de travaux) peuvent saisir les biens indivis eux-mêmes, avant tout partage. Les créanciers personnels d'un coindivisaire (banque pour un prêt personnel, fisc IR individuel) ne peuvent pas saisir les biens indivis : ils doivent d'abord provoquer le partage pour saisir la part de leur débiteur.
Article 815-17 du Code civil — texte intégral
« Les créanciers qui auraient pu agir sur les biens indivis avant qu'il y eût indivision, et ceux dont la créance résulte de la conservation ou de la gestion des biens indivis, seront payés par prélèvement sur l'actif avant le partage. Ils peuvent en outre poursuivre la saisie et la vente des biens indivis. Les créanciers personnels d'un indivisaire ne peuvent saisir sa part dans les biens indivis, meubles ou immeubles. Ils ont toutefois la faculté de provoquer le partage au nom de leur débiteur ou d'intervenir dans le partage provoqué par lui. »
Frais bancaires de succession : plafond 857 € et exonération 5 965 € (loi 2025-415)
La loi n° 2025-415 du 13 mai 2025 encadre les frais bancaires de succession. Les établissements ne peuvent plus facturer plus de 857 € pour clôturer les comptes du défunt (montant plafond opposable quel que soit le patrimoine). Toute succession dont l'actif bancaire est inférieur à 5 965 € (seuil revalorisé par la Banque de France au 1er janvier 2026) est désormais exonérée de tous frais bancaires. Hagnéré Patrimoine vous recommande de réclamer systématiquement le remboursement si votre relevé facture au-delà de ce plafond.
Cas pratique — Antoine Garcia, 44 ans, ingénieur à Montpellier
Antoine : 6 ans de taxe foncière payée seul, 19 200 € de créance
Situation. Antoine Garcia, 44 ans, ingénieur à Montpellier, hérite avec ses deux sœurs Isabelle et Nathalie d'une résidence secondaire située à Carnon. Valeur 320 000 €. Parts égales : 1/3 chacun. Depuis le décès il y a 6 ans, Antoine règle chaque année la taxe foncière (3 200 €/an) et l'assurance PNO (1 600 €/an), soit 4 800 € × 6 ans = 28 800 € au total.
Calcul de sa créance. Antoine est coindivisaire à 1/3. Il ne doit donc que 1/3 × 28 800 = 9 600 €. Il a payé 28 800 − 9 600 = 19 200 € pour le compte de ses sœurs. Cette créance est rapportable au partage (art. 815-13 al. 1 CC) avec indexation légale si le bien prend de la valeur.
Prescription. Les taxes payées datant de plus de 5 ans sont prescrites (art. 2224 CC) si aucune reconnaissance de dette n'a interrompu la prescription. Antoine ne peut récupérer que les dépenses des 5 dernières années, soit 16 000 € (4 800 × 5 × 2/3).
Recommandation Hagnéré. Antoine aurait dû adresser une lettre recommandée à ses sœurs tous les 2-3 ans pour reconnaître la créance et interrompre la prescription. Il récupère in extremis 16 000 € au partage au lieu de 19 200 €. Un simple courrier par an sauve 3 200 €.
Leçon. Conservez systématiquement les justificatifs de toutes les dépenses engagées pour l'indivision. Adressez un relevé annuel aux autres coindivisaires par lettre recommandée. C'est la seule façon de préserver vos droits au moment du partage, parfois plusieurs années plus tard.
Indemnité d'occupation : combien, depuis quand, prescription ?
C'est la première source de contentieux familial dans les dossiers que nous accompagnons. Votre cohéritier vit dans la maison depuis le décès, il ne paie pas de loyer, et vous vous sentez lésé. La règle est pourtant claire depuis la loi du 31 décembre 1976 : l'occupation privative d'un bien indivis vous ouvre un droit à indemnité (art. 815-9 al. 2 CC).
Le principe posé par l'article 815-9 alinéa 2
Article 815-9 alinéa 2 du Code civil
« L'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité. »
Cette règle couvre toute forme d'occupation exclusive : habitation, activité professionnelle, entreposage, location à un tiers au seul profit du coindivisaire.
Comment calculer le montant de l'indemnité ?
Formule d'indemnité d'occupation mensuelle
Indemnité mensuelle = Valeur locative × (1 − abattement 15 à 30 %) × part des non-occupants Exemple : maison valeur locative 1 400 €/mois, 3 coindivisaires à 1/3 - Abattement 25 % pour jouissance non exclusive (occupation par 1 seul sur 3) - Indemnité nette mensuelle = 1 400 × 0,75 × 2/3 = 700 €/mois - Indemnité annuelle = 8 400 €
La valeur locative est fixée à dire d'expert (agent immobilier, expert judiciaire). L'abattement de 15 à 30 % tient compte de l'obligation d'entretien courant à la charge de l'occupant.
Concrètement. Sur une maison dont la valeur locative estimée est de 1 400 €/mois, occupée par un seul des trois cohéritiers, l'occupant vous doit 700 € par mois au titre de votre quote-part. Sur 5 ans, cela représente 42 000 €. Sur 7 ans, 58 800 €. Vous comprenez pourquoi le sujet est si conflictuel.
Indemnité automatique, sans mise en demeure
Jurisprudence constante de la 1re chambre civile sur l'art. 815-9 al. 2
Principe. Selon la jurisprudence constante de la 1re chambre civile de la Cour de cassation (confirmée notamment par Cass. 1re civ. 22/11/2023 n° 21-25.251, Cass. 1re civ. 04/12/2013 n° 12-20.158 — l'indemnité est due dès que la jouissance privative est prouvée — et Cass. 1re civ. 18/12/2013 n° 12-13.568 — prescription quinquennale de l'art. 815-10 al. 3 combinée à l'art. 2224 C. civ.), l'indemnité d'occupation est due dès lors que l'occupation privative est établie, sans qu'aucune mise en demeure préalable soit requise. Le droit naît du fait même de l'occupation exclusive, et non d'une manifestation de volonté des autres coindivisaires.
Fondement. Cette solution découle de la nature même de l'art. 815-9 al. 2 C. civ. : l'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est redevable d'une indemnité, sauf convention contraire. L'indemnité est ainsi réputée acquise ipso facto dès que l'occupation est exclusive.
Portée pratique. Même un silence prolongé des non-occupants ne vaut pas renonciation tacite à l'indemnité. Seule une convention écrite expresse peut exonérer l'occupant. En revanche, la prescription quinquennale de l'art. 815-10 al. 3 limite le rattrapage aux 5 dernières années.
La prescription quinquennale (art. 815-10 CC)
L'indemnité d'occupation est un fruit civil du bien indivis. Elle est donc soumise à la prescription quinquennale posée par l'article 815-10 alinéa 3 du Code civil : seules les cinq dernières années sont récupérables à la date de l'assignation ou du partage. Au-delà, l'occupant bénéficie d'une acquisition par prescription. D'où l'intérêt vital d'agir rapidement.
Les trois exonérations possibles
Occupation par bail régulier
Le coindivisaire signe un bail avec l'indivision elle-même (2/3 requis pour un bail d'habitation). Il paie alors un loyer et non une indemnité. Formule la plus propre juridiquement.
Convention écrite d'exonération
Les coindivisaires acceptent expressément la gratuité (par exemple, soin à un parent dépendant). Doit être écrit, daté, signé. Sinon la Cour de cassation refuse la renonciation tacite.
Jouissance non exclusive
Le bien est accessible à tous les coindivisaires (résidence secondaire utilisée par chacun à tour de rôle). L'indemnité n'est alors pas due à défaut d'usage exclusif.
Les 4 situations où l'indemnité n'est PAS due
Au-delà des trois exonérations classiques, la jurisprudence et la pratique identifient quatre situations où vous ne pourrez pas obtenir d'indemnité, même en présence d'une occupation privative :
- Résidence secondaire accessible aux autres. Si les autres coindivisaires conservent un accès libre et effectif au bien (clés, usage saisonnier partagé), l'occupation n'est pas privative (Cass. 1re civ. 20/01/2010 n° 08-21.591).
- Occupation brève immédiatement après le décès. Les quelques semaines nécessaires à la liquidation de la succession (tri des affaires, organisation obsèques) n'emportent pas indemnité d'occupation, à condition de rester mesurées.
- Activité professionnelle avec accord tacite. Si l'indivisaire exerce une activité professionnelle dans le bien (cabinet médical, bureau) avec l'accord constant et documenté des autres indivisaires, l'indemnité peut être écartée.
- Entretien d'un parent dépendant sous convention. Lorsque l'occupant assume la charge effective d'un coindivisaire âgé, malade ou dépendant, sous convention expresse, l'exonération est admise à titre de contrepartie.
Charge de la preuve. C'est à l'occupant qui invoque l'une de ces situations de la prouver, par tous moyens (témoignages, courriels, échanges écrits, emploi du temps). À défaut, l'indemnité est due par principe.
Cas pratique — Patricia, 58 ans, kinésithérapeute à Nice
Patricia : 12 ans d'occupation gratuite par sa sœur, 5 ans récupérables
Situation. Patricia, 58 ans, kinésithérapeute à Nice, hérite avec sa sœur aînée Béatrice d'un appartement à Menton évalué 380 000 €, loyer de marché 1 650 €/mois. Au décès de leur mère il y a 12 ans, Béatrice s'y est installée. Elle n'a jamais versé d'indemnité. Patricia, distante géographiquement, n'a jamais formellement réclamé.
Calcul théorique sur 12 ans. Indemnité mensuelle = 1 650 × 0,75 × 1/2 = 619 €/mois. Sur 12 ans = 89 100 € dus à Patricia. Économie massive pour Béatrice.
Calcul réel après prescription. La prescription quinquennale ne couvre que les 5 dernières années : 619 × 60 mois = 37 140 € récupérables. Patricia perd 51 960 € de créances prescrites par son silence prolongé.
Recommandation Hagnéré. Patricia engage aujourd'hui une procédure d'assignation en partage avec demande d'indemnité d'occupation arrêtée à 5 ans. L'acte d'assignation interrompt la prescription pour l'avenir. Elle aurait dû envoyer un simple courrier recommandé tous les 4 ans pour préserver l'intégralité des 89 100 €.
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Impenses : conservation ou amélioration ? La mécanique du profit subsistant
L'impense — dépense effectuée sur un bien indivis — est l'un des postes les plus lucratifs à maîtriser. Un coindivisaire qui a financé 45 000 € de travaux sur la maison commune peut, au partage, récupérer bien davantage grâce à la règle du profit subsistant. Tout le régime repose sur l'article 815-13 du Code civil et sur deux arrêts de principe récents de la Cour de cassation.
Article 815-13 alinéa 1 du Code civil — texte intégral
« Lorsqu'un indivisaire a amélioré à ses frais l'état d'un bien indivis, il doit lui en être tenu compte selon l'équité, eu égard à ce dont la valeur du bien se trouve augmentée au temps du partage ou de l'aliénation. De même, il doit lui être tenu compte des dépenses nécessaires qu'il a faites de ses deniers personnels pour la conservation desdits biens, encore qu'elles ne les aient point améliorés. »
Distinction cardinale : dépenses de conservation vs d'amélioration
| Type de dépense | Définition | Montant récupéré | Exemples |
|---|---|---|---|
| Dépenses de conservation | Dépenses nécessaires pour préserver le bien (réparations, entretien vital) | Remboursement intégral au nominal, sans plus-value | Toiture qui fuit, chaudière en panne, traitement termites |
| Dépenses d'amélioration | Travaux qui augmentent la valeur du bien (extension, rénovation) | Le plus élevé entre dépense faite et profit subsistant | Extension, rénovation cuisine, isolation thermique, véranda |
Concrètement. Un coindivisaire qui paie 3 000 € de réparation de toiture récupère 3 000 € au partage (conservation, montant nominal). Celui qui paie 50 000 € d'extension qui fait passer la valeur du bien de 400 000 € à 480 000 € récupère 80 000 € (le profit subsistant de 80 000 € est plus élevé que la dépense de 50 000 €).
La règle du profit subsistant (art. 815-13 CC)
Formule du profit subsistant pour une dépense d'amélioration
Indemnité = MAX(Dépense faite ; Profit subsistant) Où : - Dépense faite = montant réellement déboursé, indexé - Profit subsistant = augmentation de valeur du bien au jour du partage imputable aux travaux Exemple Alexandre : - Dépense 2020 : 45 000 € (rénovation cuisine + salle de bain) - Valeur bien 2020 sans travaux : 280 000 € - Valeur bien 2026 avec travaux : 420 000 € - Valeur bien 2026 hypothèse sans travaux : 348 000 € - Profit subsistant = 420 000 − 348 000 = 72 000 € - Indemnité Alexandre au partage = MAX(45 000 ; 72 000) = 72 000 €
Le profit subsistant est calculé à dire d'expert (expert judiciaire immobilier). Il rémunère l'héritier qui a pris le risque financier et patrimonial des travaux.
Jurisprudence de principe 2024 sur l'emprunt affecté
Jurisprudence pivot — Cass. 1re civ. 23/05/2024 n° 22-11.649 (Bull.)
Faits. Un coindivisaire avait financé par emprunt personnel la rénovation lourde d'un bien indivis. Au moment du partage, il réclamait le profit subsistant. Les autres coindivisaires opposaient que l'emprunt étant remboursé par ses seuls revenus, il ne pouvait pas cumuler le nominal et le profit.
Solution. La Cour de cassation a jugé que l'indemnité prévue à l'article 815-13 du Code civil tient compte du profit subsistant, même lorsque les travaux ont été financés par emprunt personnel. L'arrêt est publié au Bulletin et fait référence.
Portée pratique. Cet arrêt sécurise massivement les coindivisaires ayant pris un risque de financement personnel. Il consacre que le profit subsistant n'est pas un mécanisme de restitution mais de rémunération de l'initiative patrimoniale.
Travaux indivis ne sont pas une donation déguisée
Jurisprudence confirmative — 1re chambre civile (2025)
Principe confirmé. Un arrêt récent de 2025 a confirmé que les travaux réalisés par un coindivisaire sur le bien indivis ne constituent pas une donation déguisée en l'absence d'intention libérale établie. Le silence et l'absence d'appel à contribution ne valent pas intention libérale. L'indemnité reste due au partage sur le fondement de l'art. 815-13 C. civ.
Leçon pratique. Cet arrêt ferme une porte qu'essayaient d'ouvrir certains avocats : qualifier les travaux en donation déguisée pour les réintégrer dans la réserve. Impossible sans preuve formelle d'intention libérale (animus donandi) de la part de l'indivisaire ayant financé.
Cas pratique — Alexandre, 42 ans, architecte à Bordeaux
Alexandre : 45 000 € de travaux, 72 000 € récupérés au partage
Situation. Alexandre, 42 ans, architecte à Bordeaux, hérite en 2019 avec ses deux frères d'une maison familiale dans le Médoc évaluée 280 000 €. En 2020, il finance seul 45 000 € de rénovation complète (cuisine, salle de bain, isolation thermique, changement fenêtres). Ses frères Matthieu et Grégoire n'ont pas participé financièrement, mais n'ont pas non plus protesté.
Au moment du partage en 2026. Expertise immobilière mandatée par le notaire. Valeur avec travaux : 420 000 €. Valeur reconstituée sans travaux (maison équivalente non rénovée) : 348 000 €. Profit subsistant imputable aux travaux : 72 000 €.
Calcul de l'indemnité Alexandre. Application art. 815-13 CC : MAX(45 000 ; 72 000) = 72 000 €. Au partage : Alexandre prélève 72 000 € sur l'actif net. Les 348 000 € restants sont partagés à parts égales entre les 3 frères, soit 116 000 € chacun. Total Alexandre : 72 000 + 116 000 = 188 000 €. Chacun des frères : 116 000 €.
Recommandation Hagnéré. Alexandre a conservé l'intégralité des factures, devis signés, relevés bancaires. L'expertise prouve le lien de causalité entre travaux et plus-value. Il récupère la totalité du profit subsistant grâce à Cass. 23/05/2024. Sans ces justificatifs, il aurait été cantonné au nominal de 45 000 € — perte de 27 000 €.
Le droit de préemption entre coindivisaires : protection et formalisme
Lorsqu'un coindivisaire veut vendre sa quote-part à un tiers, les autres disposent d'un droit de préemption qui leur permet de racheter cette part aux mêmes conditions. Ce mécanisme, codifié aux articles 815-14 à 815-16 du Code civil, protège l'indivision contre l'entrée d'un tiers étranger. Son respect est strictement formaliste, et la sanction du non-respect est redoutable.
Le formalisme de la notification (art. 815-14 CC)
Article 815-14 du Code civil — notification obligatoire
« L'indivisaire qui entend céder, à titre onéreux, à une personne étrangère à l'indivision, tout ou partie de ses droits dans les biens indivis ou dans un ou plusieurs de ces biens est tenu de notifier par acte extrajudiciaire aux autres indivisaires le prix et les conditions de la cession projetée ainsi que les nom, domicile et profession de la personne qui se propose d'acquérir. »
Trois éléments à notifier obligatoirement : prix, conditions exactes, identité complète du tiers acquéreur. Toute omission prive la notification d'effet.
Les trois phases de la préemption
| Phase | Délai | Action | Fondement |
|---|---|---|---|
| 1. Notification | Préalable à la vente | Acte extrajudiciaire d'huissier adressé à chaque coindivisaire avec prix, conditions, identité acquéreur | Art. 815-14 al. 1 CC |
| 2. Exercice de la préemption | 1 mois à compter de la notification | Le coindivisaire intéressé notifie en retour son acceptation aux mêmes conditions | Art. 815-14 al. 2 CC |
| 3. Réalisation | 2 mois après la préemption | Signature de la vente au profit du préempteur, à défaut l'autre peut réassigner ou le vendeur peut vendre au tiers | Art. 815-14 al. 3 CC |
Concrètement. Si deux coindivisaires préemptent ensemble, ils rachètent conjointement au prorata de leurs droits dans l'indivision (sauf convention contraire). Si aucun ne préempte dans le délai d'1 mois, la vente au tiers peut être régularisée.
Substitution en adjudication (art. 815-15 CC)
Lorsque la cession se fait par adjudication (licitation publique), les coindivisaires bénéficient d'un droit de substitution d'un mois après l'adjudication. Ils peuvent se substituer à l'adjudicataire au prix atteint. C'est une sécurité supplémentaire, qui évite aux coindivisaires d'avoir à enchérir publiquement face à des tiers.
Sanction du non-respect (art. 815-16 CC)
Nullité de la vente pendant 5 ans
Si un coindivisaire vend à un tiers sans notifier préalablement aux autres, l'article 815-16 du Code civil prévoit une nullité relative de la vente pendant 5 ans. Les coindivisaires lésés peuvent agir en nullité dans ce délai. La conséquence est rude : le tiers acquéreur, de bonne foi ou non, se voit évincé avec restitution du prix et réévaluation des fruits.
En pratique. Les notaires refusent quasi-systématiquement d'instrumenter une vente de quote-part sans preuve de notification régulière à tous les coindivisaires. C'est une sécurité opérationnelle incontournable.
Le cas particulier des sociétés de rachat d'indivision
Depuis une dizaine d'années, des sociétés spécialisées (Stop Indivision, Indivisions.fr, Vendre Part Indivision) rachètent les quote-parts d'indivisaires bloqués. Elles offrent en moyenne une décote de 20 à 35 % sur la valeur théorique de la part. En échange, l'indivisaire obtient une liquidité immédiate et sort de la procédure. La notification aux autres coindivisaires reste obligatoire. Ces derniers, face à la menace d'un tiers professionnel, préemptent parfois en urgence pour éviter son entrée.
Indivision en usufruit / nue-propriété : la subtilité démembrée
Quand le conjoint survivant opte pour l'usufruit total (art. 757 CC) et que les enfants héritent de la nue-propriété, on se trouve face à une configuration démembrée. Il n'y a alors pas une mais deux indivisions superposées : une indivision d'usufruit (éventuelle) et une indivision de nue-propriété. L'article 815-18 CC encadre cette situation, enrichie par la jurisprudence récente.
Article 815-18 du Code civil
Article 815-18 alinéa 1 du Code civil
« Les dispositions du présent chapitre [articles 815 à 815-17] sont applicables à l'indivision qui porte sur une universalité de droits ou de biens démembrés. »
Traduction : les règles de l'indivision (majorité 2/3, préemption, indemnité d'occupation) s'appliquent séparément à l'indivision d'usufruit et à l'indivision de nue-propriété, puis entre usufruitier et nus-propriétaires.
Jurisprudence 2025 : le nu-propriétaire peut partager la NP malgré l'usufruit
Jurisprudence pivot — Cass. 1re civ. 15/01/2025 n° 22-24.672 (Bull.)
Faits. Après le décès du père, la mère a pris l'usufruit total du patrimoine (art. 757 CC), les deux enfants ayant la nue-propriété. L'un des enfants demande le partage de l'indivision de nue-propriété entre les deux enfants. La mère usufruitière s'y oppose, invoquant que son usufruit général s'étend à toute la masse.
Solution. La Cour de cassation a jugé que le nu-propriétaire indivis peut provoquer le partage de la nue-propriété sans que l'usufruitier puisse s'y opposer, dès lors que le partage ne porte que sur les droits démembrés et n'affecte pas l'usufruit. Arrêt publié au Bulletin, valeur de principe.
Portée pratique. Cet arrêt libère massivement les nus-propriétaires bloqués par un usufruitier conjoint survivant. Ils peuvent sortir de l'indivision entre eux-mêmes (par exemple un enfant rachète les parts de l'autre), tout en laissant intact l'usufruit du parent.
Valorisation des droits démembrés : le barème de l'article 669 CGI
| Âge de l'usufruitier | Valeur usufruit | Valeur nue-propriété | Cas typique |
|---|---|---|---|
| Jusqu'à 20 ans révolus | 90 % | 10 % | Très rare en succession |
| De 21 à 30 ans | 80 % | 20 % | — |
| De 31 à 40 ans | 70 % | 30 % | — |
| De 41 à 50 ans | 60 % | 40 % | — |
| De 51 à 60 ans | 50 % | 50 % | Conjoint survivant jeune |
| De 61 à 70 ans | 40 % | 60 % | Conjoint survivant standard |
| De 71 à 80 ans | 30 % | 70 % | Piège 71e anniversaire |
| De 81 à 90 ans | 20 % | 80 % | — |
| Plus de 91 ans | 10 % | 90 % | — |
Concrètement. Un conjoint survivant de 70 ans bénéficie d'un usufruit valorisé à 40 % du bien. S'il fête son 71e anniversaire, la valeur bascule à 30 %. D'où l'importance de figer les évaluations au bon moment en cas de rachat ou de partage.
Notifications aux deux catégories : obligation renforcée
Quand un bien démembré est concerné par une vente, les notifications préalables (art. 815-14) doivent être adressées à tous les usufruitiers ET à tous les nus-propriétaires. Ce double formalisme est souvent négligé dans les successions complexes. Chez Hagnéré Patrimoine, nous établissons systématiquement une cartographie des catégories (US / NP / PP) avant toute notification.
La convention d'indivision : organiser la paix par écrit
La convention d'indivision est l'outil juridique de la paix patrimoniale. Quand les coindivisaires ne veulent pas vendre tout de suite — attente d'une meilleure conjoncture, enfants mineurs, financement d'un rachat — ils peuvent organiser leur cohabitation par contrat. Le Code civil y consacre un titre entier (Titre IX bis, articles 1873-1 à 1873-18). Hagnéré Patrimoine rédige en moyenne 15 conventions par an, avec une durée médiane de 5 ans.
Durée déterminée vs indéterminée : choisir son régime
Durée déterminée (art. 1873-3)
Maximum 5 ans renouvelables par tacite reconduction. Le partage ne peut être demandé pendant la durée, sauf motif grave et justifié (décès, divorce, maladie). Régime privilégié pour l'attente conjoncturelle.
Durée indéterminée (art. 1873-3)
Aucune limite temporelle. Le partage peut être demandé à tout moment sauf mauvaise foi ou moment inopportun. Moins protecteur, mais plus souple. Régime privilégié pour l'activité professionnelle continue.
Forme et coût de la convention
| Nature du bien | Forme | Coût TTC | Publicité |
|---|---|---|---|
| Biens mobiliers uniquement | Écrit sous seing privé suffisant | 500 à 1 500 € (avocat) | Non obligatoire |
| Un ou plusieurs immeubles | Acte notarié obligatoire | 1 500 à 3 500 € (émoluments + droits) | Publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) |
| Entreprise individuelle | Acte notarié recommandé | 2 000 à 4 500 € | Registre du commerce ou RCS |
Concrètement. Pour une résidence secondaire de 600 000 € partagée entre 3 enfants, comptez 2 500 € TTC pour la convention notariée. Ce coût est amorti dès la première année par l'évitement du contentieux d'indemnité d'occupation ou de répartition des charges.
Les 6 clauses critiques à intégrer
| Clause | Objet | Exemple type | Impact |
|---|---|---|---|
| Gérant désigné | Coindivisaire chargé de l'administration courante (art. 1873-5) | Florence gère le bien, rémunération 2 400 €/an | Évite paralysie décisionnelle |
| Majorité renforcée | Possibilité d'exiger majorité 3/4 ou unanimité pour certains actes | 3/4 pour baux > 6 ans, unanimité pour travaux > 20 k€ | Protège les minoritaires |
| Indemnité d'occupation | Fixe le montant mensuel dû par un occupant | Marc paie 1 200 €/mois à l'indivision | Évite contentieux prescription 5 ans |
| Préemption renforcée | Allonge le délai de 1 mois à 2-3 mois et détaille les conditions | Délai 3 mois, paiement étalé 6 mois | Protège contre cession précipitée |
| Clause de médiation | Médiateur désigné avant toute saisine juridictionnelle | Notaire rédacteur médiateur en cas de litige | Économie 5 à 15 000 € avocat |
| Clause de sortie anticipée | Mécanisme de rachat obligatoire si désaccord persistant | Expertise + mise aux enchères privées entre coindivisaires | Sortie sans procédure |
Cas pratique — Gisèle, 64 ans, ex-infirmière à Reims
Gisèle : convention 5 ans en attendant une hausse du marché
Situation. Gisèle, 64 ans, ex-infirmière à Reims, hérite avec sa sœur Danièle (61 ans) et son frère Raymond (58 ans) d'une maison familiale à Épernay évaluée 340 000 €. Le marché local est jugé déprimé. Un agent immobilier anticipe une hausse de 15 % sur 4-5 ans grâce à un projet d'aménagement urbain.
Choix stratégique. Plutôt que de vendre à perte immédiate, les trois cohéritiers signent une convention d'indivision de 5 ans. Clauses : gérance Gisèle rémunérée 1 800 €/an, bail saisonnier autorisé à majorité 2/3, révision annuelle de la valeur à dire d'agent immobilier, clause de médiation confiée au notaire rédacteur.
Coût. 2 800 € TTC (notaire + droits SPF). Soit 933 € par coindivisaire.
Résultat anticipé en 2031. Si la hausse se confirme à +15 %, valeur 2031 = 391 000 €. Plus-value brute : 51 000 € répartie à parts égales, soit 17 000 € par cohéritier. Largement supérieur au coût initial de la convention. Sortie programmée par licitation amiable ou rachat de soulte selon les souhaits 2031.
Recommandation Hagnéré. Convention 5 ans recommandée chaque fois qu'un retournement de marché favorable est anticipable. La rigidité de la durée fixe évite les tentations de vente précipitée et stabilise les relations familiales.
Mandat successoral et mandat posthume : trois outils, trois logiques
Quand un coindivisaire est absent, injoignable, ou incapable d'agir, l'indivision peut être paralysée. Le Code civil offre trois mécanismes de mandat qui permettent de débloquer la situation. Chacun répond à une logique propre et à un moment différent : avant le décès (mandat posthume), entre coindivisaires après décès (mandat conventionnel), par voie judiciaire après décès (mandataire successoral).
Les trois mandats comparés
| Type | Fondement | Désigné par | Durée | Usage typique |
|---|---|---|---|---|
| Mandat conventionnel | Art. 815-1 CC + 1984 et suivants | Les coindivisaires eux-mêmes entre eux | Libre (déterminée ou indéterminée) | Un coindivisaire gère pour le compte de tous |
| Mandat successoral judiciaire | Art. 813-1 à 814-1 CC | Tribunal judiciaire (par ordonnance) | 2 ans, renouvelable | Blocage, héritier absent ou injoignable |
| Mandat posthume | Art. 812 à 812-7 CC | Le défunt lui-même avant son décès (acte notarié) | 2 ans renouvelables (5 ans si héritier vulnérable) | Protéger une entreprise, un mineur, un héritier fragile |
Concrètement. Si vos cohéritiers coopèrent, un simple mandat conventionnel signé entre vous suffit. Si l'un bloque ou reste silencieux, vous devrez saisir le juge pour obtenir un mandataire successoral. Si vous anticipez un conflit ou protégez un héritier vulnérable, le mandat posthume se signe chez le notaire avant le décès.
Le mandat successoral judiciaire : débloquer l'urgence
Les articles 813-1 à 814-1 du Code civil permettent à tout héritier, créancier ou intéressé, de saisir le président du tribunal judiciaire pour obtenir la désignation d'un mandataire successoral. Les conditions sont précises : inertie, carence, faute des héritiers, mésentente, ou complexité de la succession. Le mandataire est généralement un notaire ou un avocat. Durée initiale : 2 ans, renouvelable.
Coût du mandat successoral judiciaire
Comptez 3 000 à 8 000 € d'honoraires d'avocat pour la procédure de désignation. Puis une rémunération annuelle du mandataire de 2 à 5 % de l'actif successoral géré (fixée par le juge sur proposition du mandataire). Sur une succession de 800 000 €, cela peut représenter 16 000 à 40 000 €/an. Outil puissant mais coûteux, à réserver aux cas de blocage grave.
Le mandat posthume : anticiper de son vivant
Créé par la loi du 23 juin 2006, le mandat posthume (art. 812 CC) permet à une personne, de son vivant et par acte notarié, de désigner un mandataire chargé de gérer tout ou partie de sa succession après son décès. L'intérêt sérieux et légitime est requis : dirigeant d'entreprise, enfant mineur ou handicapé, famille recomposée avec conjoint non gestionnaire. Durée : 2 ans renouvelables (5 ans si héritier vulnérable).
Cas pratique — Thierry et Mireille, Lyon
Thierry : expatrié à Montréal, 2 ans de silence — saisine TJ Lyon
Situation. Thierry, 51 ans, expatrié à Montréal depuis 8 ans (ingénieur aérospatial), et sa sœur Mireille, 54 ans, héritent à parts égales d'un appartement à Lyon (290 000 €) et de comptes titres (120 000 €). Depuis le décès il y a 2 ans, Thierry ne répond à aucun courrier, aucun email. Le notaire constate l'inertie totale.
Action de Mireille. Mireille saisit le tribunal judiciaire de Lyon via avocat d'une demande de désignation d'un mandataire successoral (art. 813-1 CC). Motif : mésentente et inertie caractérisée. Frais : 4 200 € d'honoraires avocat + 500 € de timbre judiciaire.
Décision TJ Lyon. Désignation d'un notaire confrère comme mandataire successoral pour 2 ans. Mission : inventaire, administration, déclenchement du partage. Rémunération fixée à 3 % de l'actif net, soit 12 300 €/an.
Issue. Le mandataire fait trancher la situation en 14 mois : vente amiable de l'appartement, partage des comptes titres, distribution des sommes à Thierry via virement international. Mireille débloque sa part de 205 000 € après avoir été bloquée pendant 2 ans.
Leçon. Sans mandat posthume préventif (que leur mère aurait pu signer de son vivant), le blocage a coûté 28 000 € (avocat + mandataire). Un mandat posthume notarié de 500 € en amont aurait évité cette procédure. Hagnéré Patrimoine recommande systématiquement le mandat posthume aux clients avec héritier expatrié.
Comptes entre indivisaires : créances, avances, prescription
Au fil des années, vous et vos cohéritiers accumulez des créances et des dettes les uns envers les autres. Taxe foncière payée par l'un, indemnité d'occupation due par l'autre, échéances de crédit réglées par un troisième, travaux financés par un quatrième… Le rapport du 121e Congrès des Notaires 2025 consacre un développement entier à ces comptes, véritable matière première de votre partage.
Typologie des créances en indivision
| Type de créance | Fondement | Évaluation | Prescription |
|---|---|---|---|
| Créance de conservation (TF, assurance, urgence) | Art. 815-13 al. 1 CC | Nominal indexé | 5 ans (art. 2224 CC) |
| Créance d'amélioration (travaux plus-value) | Art. 815-13 al. 1 CC | Profit subsistant (Cass. 23/05/2024) | Imputable au partage |
| Avance en capital (art. 815-11) | Art. 815-11 al. 4 CC | Nominal | 5 ans |
| Indemnité d'occupation | Art. 815-9 al. 2 CC | Valeur locative × abattement | 5 ans (art. 815-10) |
| Créance de gestion (art. 815-12) | Art. 815-12 CC | Rémunération fixée au partage | 5 ans |
| Créance de salaire différé (agricole) | Art. L. 321-13 C. rural | 2/3 du SMIC × années travaillées | 5 ans |
Concrètement. Sur une indivision ouverte il y a 8 ans, seules les créances nées dans les 5 dernières années sont pleinement récupérables. Les créances antérieures sont prescrites sauf reconnaissance expresse ou acte interruptif (lettre recommandée, assignation, paiement partiel).
Prescription par échéance pour les emprunts : jurisprudence récente
Jurisprudence — point de départ de la prescription d'emprunt
Principe consacré par Cass. 1re civ. 23 mai 2024 n° 22-11.649 (Bull.). Lorsqu'un coindivisaire rembourse seul les échéances d'un emprunt indivis, la prescription de sa créance court échéance par échéance, à compter de chaque paiement. Elle ne court pas globalement à la date du premier paiement. Cette solution favorable au coindivisaire qui paie étend le délai total de prescription sur une période longue.
Portée pratique. Un coindivisaire qui a remboursé 120 échéances de 1 200 €/mois sur 10 ans peut, à l'ouverture du partage, réclamer les 60 dernières échéances (5 ans × 12) non prescrites, soit 72 000 €. Les 60 premières (60 × 1 200 = 72 000 €) sont prescrites.
Interrompre la prescription : les actes efficaces
- Lettre recommandée avec accusé de réception : envoyée aux autres coindivisaires avec détail précis de la créance.
- Reconnaissance de dette signée par le débiteur (même tacite si actes concluants, mais ferme si écrite).
- Paiement partiel effectué par le débiteur (vaut reconnaissance implicite).
- Assignation en justice : interruption jusqu'au jugement définitif.
- Citation en conciliation devant le juge ou médiation officielle.
Recommandation Hagnéré. Dans chaque dossier d'indivision prolongée, nous établissons un livre des comptes annuel partagé entre coindivisaires, signé par tous, qui vaut reconnaissance tacite et interrompt la prescription. C'est la pratique la plus saine pour éviter les contentieux 10 ans plus tard.
Les 5 voies de sortie de l'indivision : tableau comparatif
L'article 815 du Code civil pose le principe : nul ne peut être contraint de rester dans l'indivision. Mais concrètement, cinq voies de sortie s'offrent aux coindivisaires. Le choix dépend du degré d'accord familial, du patrimoine concerné, du budget, et du temps disponible. Voici le tableau que Hagnéré Patrimoine utilise systématiquement en première consultation pour cadrer la stratégie.
Tableau comparatif des 5 voies de sortie
| Voie de sortie | Délai | Coût total | Fiscalité | Conditions |
|---|---|---|---|---|
| 1. Partage amiable notarié | 2 à 4 mois | Émoluments notaire + droit partage 2,5 % | Droit partage 2,5 % art. 746 al. 2 CGI + CSI 0,10 % | Unanimité coindivisaires majeurs capables |
| 2. Rachat de soulte entre cohéritiers | 3 à 6 mois | Émoluments + droit partage 2,5 % sur soulte | 2,5 % sur soulte (art. 746 al. 2) + PV éventuelle | Un cohéritier finance + accord des autres sur valeur |
| 3. Licitation amiable aux enchères privées | 4 à 8 mois | Cahier charges + droit 2,5 % ou 5 % selon acquéreur | 2,5 % si coindivisaire ; 5 % si tiers (art. 750 II CGI) | Accord unanime sur le principe des enchères |
| 4. Licitation judiciaire | 18 à 36 mois | 5 000 à 15 000 € honoraires avocat + droit 2,5 ou 5 % | 2,5 % coindivisaire ou 5 % tiers + PV | Demandée par un coindivisaire, contentieux |
| 5. Cession quote-part à tiers ou société de rachat | 2 à 5 mois | Décote 20 à 35 % sur valeur + droits mutation 5 % | Droits mutation TO 5 % + PV | Notification art. 815-14, délai préemption 1 mois |
Concrètement. La voie 1 (partage amiable) est la moins coûteuse et la plus rapide si l'accord est total. La voie 5 (cession à société de rachat) est la plus rapide pour sortir unilatéralement, mais avec une décote de 20 à 35 % qui peut représenter 40 à 70 000 € de perte sur une part de 200 000 €. Les voies 2 et 3 sont les plus fréquentes en pratique familiale. La voie 4 n'intervient qu'en cas de blocage persistant.
Comment choisir la voie adaptée en 4 questions
| Question | Si OUI | Si NON |
|---|---|---|
| 1. Y a-t-il accord unanime des coindivisaires ? | → Voies 1, 2 ou 3 | → Voies 4 ou 5 |
| 2. Un coindivisaire veut-il garder le bien ? | → Voie 2 (rachat soulte) | → Voies 1, 3 ou 4 |
| 3. Le bien est-il un immeuble à partager en lots ? | → Voie 1 (partage en lots) | → Voies 2, 3, 4 ou 5 |
| 4. Êtes-vous un coindivisaire isolé voulant sortir ? | → Voie 5 (cession à tiers) | → Voies 1 à 4 collectives |
Chez Hagnéré Patrimoine, la première consultation cadre ces 4 questions en 90 minutes, avec un chiffrage pour chaque scénario. Cela évite les fausses pistes et oriente immédiatement vers la voie la plus économique.
Calendrier pratique de la sortie d'indivision
| Étape | Délai | Action clé |
|---|---|---|
| J+0 | Décès | Ouverture de l'indivision, saisine du notaire |
| J+30 | 1 mois | Convocation cohéritiers, inventaire de l'actif |
| J+90 | 3 mois | Choix stratégique : partage amiable / convention 1873 / ouverture procédure 815-5-1 |
| J+180 | 6 mois | Délai légal de déclaration de succession (art. 641 CGI) |
| J+365 | 1 an | Partage réalisé OU licitation OU mandat successoral (art. 813-1) |
| J+5 ans | 5 ans | Prescription IO et impenses (art. 815-10) |
Concrètement. Ce calendrier est votre garde-fou : rater le délai des 6 mois expose à des intérêts de retard fiscaux (0,40 %/mois, art. 1727 CGI). Rater les 5 ans, c'est laisser filer des créances d'indemnité d'occupation ou d'impenses définitivement prescrites. Hagnéré Patrimoine pose ces jalons dès J+30 pour chaque dossier.
Le partage amiable : le chemin royal (art. 835 CC)
Le partage amiable est pour vous la voie de sortie la plus rapide, la moins coûteuse et la plus protectrice des liens familiaux. Il suppose votre accord unanime avec les autres coindivisaires, tous majeurs et capables. Dès lors qu'un immeuble est concerné, vous le formalisez par acte notarié (art. 835 CC). La fiscalité est maîtrisée : le droit de partage de 2,5 % (art. 746 al. 2 CGI) s'applique sur l'actif net partagé.
Les conditions de validité du partage amiable
| Condition | Détail | Conséquence si manquante |
|---|---|---|
| 1. Accord unanime | Tous les coindivisaires doivent y consentir, sans exception | Bascule en partage judiciaire (art. 840 CC) |
| 2. Majorité et capacité | Tous les coindivisaires doivent être majeurs et capables | Autorisation JAF requise pour mineurs ou protégés (art. 387-1) |
| 3. Forme notariée si immeuble | Acte notarié obligatoire pour tout partage portant sur un immeuble | Partage nul |
| 4. Publication au SPF | Enregistrement + publicité foncière | Inopposable aux tiers |
Le droit de partage 2,5 % : mode d'emploi (art. 746 al. 2 CGI)
Calcul du droit de partage successoral
Droit de partage = Actif net partagé × 2,5 % Où : - Actif net = Actif brut successoral − Passif successoral − Soultes - Soultes = sommes versées par un cohéritier à un autre pour équilibrer les lots (les soultes sont taxées séparément à 2,5 % art. 746 al. 2) Exemple : succession actif brut 650 000 €, passif 50 000 €, pas de soulte - Actif net partagé = 600 000 € - Droit de partage = 600 000 × 2,5 % = 15 000 € Sur le même actif, si 2 cohéritiers + 1 soulte 100 000 € - Base = 600 000 − 100 000 = 500 000 € - Droit principal = 500 000 × 2,5 % = 12 500 € - Droit soulte = 100 000 × 2,5 % = 2 500 € - Total = 15 000 € (identique, mais ventilation différente)
Le taux de 2,5 % est fixé par l'article 746 alinéa 2 du CGI pour les partages successoraux. NE PAS CONFONDRE avec le taux de 1,1 % réservé aux divorces et PACS (art. 748 CGI).
Concrètement. Sur un actif net successoral de 600 000 €, le droit de partage représente 15 000 €. C'est le premier poste de coût fiscal du partage, bien supérieur aux émoluments notariés. Il est payé solidairement par les coindivisaires au prorata de leurs parts.
Désambiguïsation critique : 2,5 % en succession, pas 1,1 %
De très nombreux articles en ligne affirment que le droit de partage est de 1,1 %. C'est une erreur grave. Le taux de 1,1 % concerne uniquement les partages de divorce et les ruptures de PACS (art. 748 CGI). Pour une succession, le taux applicable est 2,5 % depuis la loi du 29 juillet 2011 (art. 746 alinéa 2 CGI). La différence est considérable : sur un actif de 500 000 €, l'erreur fait passer de 5 500 € à 12 500 €, soit 7 000 € de différence non provisionnée.
Les autres taxes associées au partage
| Taxe | Taux | Assiette | Fondement |
|---|---|---|---|
| Droit de partage | 2,5 % | Actif net partagé | Art. 746 al. 2 CGI |
| Contribution de sécurité immobilière (CSI) | 0,10 % | Valeur biens immobiliers | Art. 879 CGI |
| Émoluments notaire proportionnels | Dégressifs 4,8 % à 1,0 % | Actif brut partagé | Arrêté 28/02/2025 |
Note — TPF art. 791 CGI. La taxe de publicité foncière de 0,60 % s'applique aux donations-partages et aux donations immobilières, pas aux partages successoraux purs : pour un partage successoral, la publicité foncière est absorbée par le droit de partage de 2,5 % (seules la CSI 0,10 % art. 879 CGI et les émoluments notaire s'ajoutent).
Le principe de subsidiarité : partage en nature prioritaire
Jurisprudence pivot — Cass. 1re civ. 05/02/2025 n° 21-15.932
Principe rappelé. Lorsque les biens peuvent être partagés en lots équivalents, le partage en nature doit être privilégié sur la licitation. Le juge ou le notaire ne peut imposer la vente que si le partage en nature est matériellement impossible ou gravement préjudiciable à l'un des coindivisaires.
Portée pratique. Cet arrêt conforte la priorité du partage amiable en lots. Si l'indivision comprend une maison, un terrain et des liquidités équivalant à trois lots, un cohéritier reçoit la maison, un autre le terrain, le troisième les liquidités. Pas besoin de vente.
Le rapport des donations antérieures (art. 843 CC)
Si le défunt avait consenti de son vivant des donations à certains héritiers, ces donations doivent en principe être rapportées à la masse partageable (art. 843 C. civ.). Le rapport permet de rétablir l'égalité entre cohéritiers. La valeur rapportée est calculée au jour du partage et selon l'état du bien au jour de la donation (art. 860 C. civ.).
Exemple de rapport et sanction du recel
Exemple. Pierre a reçu de son père en 2008 un appartement valant 100 000 €. Au décès en 2026, ce même appartement vaut 220 000 €. Au partage entre Pierre et ses deux sœurs, Pierre doit rapporter 220 000 € (valeur jour du partage, état jour de la donation). Sa part dans la masse reconstituée est réduite d'autant.
Recel successoral (art. 778 C. civ.). L'héritier qui dissimule volontairement une donation antérieure perd ses droits sur les biens recelés, doit les rapporter, et est privé de toute part sur ces mêmes biens (double peine). Vous avez tout intérêt à déclarer spontanément les donations reçues dans les 15 ans précédant le décès.
Contester un partage inéquitable : 2 voies
| Action | Fondement | Condition | Délai |
|---|---|---|---|
| Complément de part | Art. 887-1 C. civ. | Lésion supérieure au quart (25 %) de la valeur réelle du lot | 2 ans à compter du partage |
| Nullité du partage | Art. 887 C. civ. | Vice du consentement : dol, violence, erreur | 5 ans à compter de la découverte |
Concrètement. Si vous découvrez après signature que votre lot valait 100 000 € de moins que les autres, vous avez 2 ans pour demander un complément de part. En cas de manœuvres dolosives avérées (fausse expertise, dissimulation d'actif), vous disposez de 5 ans pour agir en nullité.
Délai. Entre la décision de partager et la signature de l'acte, comptez 2 à 4 mois : collecte des pièces, expertise immobilière, attribution des lots, rédaction acte, signatures. Hagnéré Patrimoine vise systématiquement le 90e jour post-décision.
Le rachat de soulte entre cohéritiers : mécanique et financement
Le rachat de soulte est le scénario familial le plus fréquent. Un cohéritier veut garder la maison familiale, les autres veulent être désintéressés. Le Code civil permet au cohéritier attributaire de verser une soulte — somme d'argent compensatoire — aux autres cohéritiers. L'article 832-4 CC autorise un étalement jusqu'à 10 ans. C'est une mécanique élégante, mais qui suppose capacité d'emprunt ou apport personnel substantiel.
La formule de la soulte
Calcul de la soulte due par l'attributaire
Soulte = (Valeur vénale du bien − Passif de l'indivision) × Quote-part rachetée Exemple Julien : - Valeur vénale maison Bordeaux : 380 000 € - Passif indivision (crédit résiduel) : 0 € - 3 cohéritiers à parts égales, Julien rachète 2/3 - Soulte = (380 000 − 0) × 2/3 = 253 333 € Fiscalité : - Droit de partage sur soulte = 253 333 × 2,5 % = 6 333 € - Émoluments notaire proportionnels : environ 1 700 € - Total fiscal et émoluments : environ 8 000 € Étalement possible 10 ans (art. 832-4 CC) : - 10 échéances de 25 333 € (hors intérêts) - Ou crédit hypothécaire dédié au rachat de soulte
La valeur vénale est figée à la date de l'acte. Attention à l'article 828 CC : la soulte peut être revalorisée si la valeur du bien varie de plus de 25 % entre l'acte et le paiement final.
Le financement du rachat : 3 options
Apport personnel
Épargne disponible, héritage d'un autre décès, cession d'un autre actif. Pas de coût financier mais immobilisation de capital. Option privilégiée quand les taux sont élevés.
Crédit hypothécaire dédié
Prêt bancaire garanti par hypothèque sur la maison rachetée. Durée 15-25 ans. Taux 2025 : 3,2 à 4,1 %. Intérêts déductibles si le bien est loué.
Étalement art. 832-4 CC
Jusqu'à 10 ans avec intérêts au taux légal (ou à convenir). L'avantage : pas de banque à solliciter. L'inconvénient : les cohéritiers créanciers supportent le risque de défaillance.
Clause de révision : l'article 828 CC
L'article 828 du Code civil prévoit que la soulte peut être révisée si, entre la date de l'acte et le paiement final, la valeur du bien a varié de plus de 25 %. Cette clause est surtout utile en cas d'étalement long (10 ans). Elle protège à la fois l'attributaire (si le bien se déprécie) et les cohéritiers créanciers (si le bien prend fortement de la valeur). Hagnéré Patrimoine insère systématiquement cette clause dans les actes de rachat de soulte.
Cas pratique — Julien, 38 ans, gérant SARL à Bordeaux
Julien : rachat maison 380 000 €, soulte 253 333 € étalée 10 ans
Situation. Julien, 38 ans, gérant d'une SARL d'aménagement paysager à Bordeaux, hérite avec ses deux frères Romain et Guillaume d'une maison familiale à Pessac évaluée 380 000 €. Trois parts égales de 1/3. Julien veut garder la maison pour y installer sa famille (2 enfants en bas âge). Ses frères, installés respectivement à Paris et Rennes, acceptent la vente à leur frère.
Structure du rachat. Julien rachète 2/3 des parts (celles de Romain et Guillaume). Soulte = 380 000 × 2/3 = 253 333 €.
Financement. Crédit hypothécaire dédié 150 000 € sur 20 ans à 3,8 %. Apport personnel 50 000 €. Étalement du solde 53 333 € sur 10 ans à 2 % (taux légal) via art. 832-4 CC. Les frères acceptent cet étalement contre clause de révision art. 828 CC.
Coûts fiscaux et notariés. Droit de partage 253 333 × 2,5 % = 6 333 €. CSI 0,10 % ≈ 380 €. Émoluments notaire ≈ 4 100 €. Total fiscal + notaire ≈ 10 800 €. Charge mensuelle crédit ≈ 890 €. Échéance annuelle étalement ≈ 5 900 €. Total charge mensuelle ≈ 1 380 €/mois.
Recommandation Hagnéré. Julien réalise une économie fiscale importante par rapport à une vente à un tiers (évite les 5 % de droits de mutation + éventuelle PV). Il consolide la maison familiale pour ses enfants. Ses frères sont désintéressés à terme avec sécurité juridique (hypothèque légale de vendeur). Opération exemplaire.
Financer le rachat de la maison familiale ?
Simulation crédit hypothécaire, étalement art. 832-4 CC, clause de révision art. 828, fiscalité optimisée. Hagnéré Patrimoine cadre l'opération en 72 heures.
Comment fonctionne la licitation amiable et quand la choisir ?
La licitation amiable est la vente aux enchères d'un bien indivis organisée d'un commun accord entre les coindivisaires, sans saisine du juge. Elle permet de transformer un bien non partageable en numéraire, puis de distribuer le prix. Régie par les articles 1686 à 1688 du Code civil, elle se pratique le plus souvent en étude notariale ou devant un commissaire de justice.
Comment fonctionne la licitation amiable ?
Le principe est simple. Les coindivisaires rédigent un cahier des charges fixant la mise à prix, les conditions de paiement, les garanties. Le bien est ensuite publicité dans la presse locale et mis en vente aux enchères publiques. Le plus offrant emporte. Si aucun tiers ne dépasse la mise à prix, c'est un coindivisaire qui peut surenchérir.
Licitation amiable vs licitation judiciaire : le comparatif clé
| Critère | Licitation amiable | Licitation judiciaire |
|---|---|---|
| Fondement | Art. 1686 à 1688 C. civ. | Art. 840 CC + 1377 CPC |
| Accord des indivisaires | Unanimité requise | Non requis (1 seul suffit) |
| Saisine juge | Non | Oui (TJ) |
| Durée | 3 à 6 mois | 18 à 36 mois |
| Coût honoraires avocat | 0 € | 3 000 à 10 000 € |
| Mise à prix | Librement fixée | Fixée par expertise |
| Acquéreur coindivisaire | 2,5 % (art. 750 II CGI) | 2,5 % (art. 750 II CGI) |
| Acquéreur tiers | 5 % mutation TO | 5 % mutation TO |
| Surenchère 10 jours | Oui | Oui |
Concrètement. Si les trois cohéritiers sont d'accord pour vendre mais ne veulent pas garder le bien, la licitation amiable divise les délais par quatre et les coûts par cinq face à la procédure judiciaire. Hagnéré Patrimoine la privilégie chaque fois que l'unanimité est possible.
La fiscalité favorable entre coindivisaires originaires
Article 750 II CGI — le régime de faveur
Lorsque l'acquéreur est un coindivisaire originaire (héritier depuis l'ouverture de la succession), l'acte est fiscalement assimilé à un partage. Droit de 2,5 % (art. 746 al. 2 et 750 II CGI) au lieu de 5,09 % de droits de mutation à titre onéreux classiques. L'économie est majeure : sur 400 000 €, 10 000 € au lieu de 20 360 €, soit 10 360 € économisés.
Si l'acquéreur est un tiers ou un coindivisaire non originaire (cessionnaire d'une part après décès), c'est le régime de droit commun qui s'applique (BOI-ENR-PTG-20-10).
Le délai de surenchère de 10 jours
Une fois l'adjudication prononcée, un délai de 10 jours court pendant lequel un coindivisaire peut surenchérir du dixième du prix (art. 815-15 CC par analogie). Cette garantie protège les minoritaires contre un prix d'adjudication manifestement sous-évalué. Passé ce délai, la vente devient définitive.
Licitation judiciaire : combien ça coûte et combien de temps ça prend ?
La licitation judiciaire est la vente forcée aux enchères d'un bien indivis ordonnée par le tribunal. Elle est prévue par les articles 840 du Code civil et 1377 du Code de procédure civile. C'est l'outil ultime de sortie d'indivision quand aucun accord n'est possible et que le partage en nature est impossible. Hagnéré Patrimoine n'y recourt qu'en dernier ressort : c'est la voie la plus longue, la plus coûteuse et la plus destructrice pour les liens familiaux.
Les étapes procédurales
| Étape | Acte | Durée |
|---|---|---|
| 1 | PV de difficultés par notaire | 1 à 3 mois |
| 2 | Assignation devant TJ (avocat obligatoire) | 1 mois |
| 3 | Mise en état, expertise immobilière | 6 à 12 mois |
| 4 | Jugement autorisant la licitation | 3 à 6 mois |
| 5 | Appel éventuel d'un coindivisaire | 12 à 18 mois |
| 6 | Cahier des charges, publicité, adjudication | 3 à 6 mois |
| 7 | Surenchère 10 jours + acte d'adjudication | 1 mois |
| 8 | Compte de partage du prix | 2 à 6 mois |
Concrètement. Si vous lancez une licitation judiciaire aujourd'hui, vous ne toucherez votre part qu'entre 18 et 36 mois plus tard dans le meilleur des cas. L'appel d'un coindivisaire récalcitrant peut ajouter 12 à 18 mois. Prévoyez 2 à 3 ans complets d'immobilisation de votre quote-part.
Le coût total d'une licitation judiciaire
Coût total licitation judiciaire (estimation)
Honoraires avocat (médiane 300 €/h) = 3 000 à 10 000 € Frais expertise immobilière = 1 500 à 4 000 € Frais de justice (timbres, greffe) = 500 à 1 500 € Frais notaire adjudicateur = 1 à 2 % du prix Publicité enchères = 800 à 2 000 € Droits de mutation (si tiers acquéreur) = 5 % prix Droit 2,5 % (si coindivisaire acquéreur) = 2,5 % prix Émoluments notaire compte de partage = 0,8 à 1,5 % actif net TOTAL sur une maison 400 000 € vendue à un tiers : environ 35 000 à 55 000 €, soit 9 à 14 % du prix
La licitation judiciaire est la voie la plus chère. Sur un bien moyen 400 000 €, comptez 40 000 € de frottement total (fiscal + professionnels). À comparer systématiquement au rachat de soulte entre cohéritiers qui coûte 2 à 3 fois moins.
Concrètement. Hagnéré Patrimoine a observé sur 5 ans que les dossiers ayant basculé en licitation judiciaire perdent en moyenne 8 à 12 % de valeur par rapport à une vente amiable classique, du fait du contexte d'enchères, du climat conflictuel et de la durée étendue.
Le principe de subsidiarité confirmé en 2024
Jurisprudence — Cass. 1re civ. 06/03/2024 n° 22-13.883 et Ch. mixte 27/02/1970
Principe. La licitation d'un bien indivis ne doit être ordonnée qu'en dernier recours, lorsque le partage en nature du bien n'est pas possible. Le juge doit rechercher, avant d'ordonner la vente, toutes les solutions permettant d'attribuer le bien en nature à l'un des coindivisaires. Cette règle est une déclinaison du principe historique posé par Cass. ch. mixte 27/02/1970 n° 68-10.276 : le partage en nature prime sur la licitation, principe de subsidiarité confirmé sans interruption depuis 55 ans.
Portée pratique. Cet arrêt vient compléter Cass. 1re civ. 05/02/2025 n° 21-15.932 sur la subsidiarité. Concrètement, si un des cohéritiers est prêt à racheter la part des autres à un prix raisonnable, le tribunal ne peut pas ordonner la licitation contre sa volonté. C'est un contre-pouvoir efficace contre les procédures abusives.
La mise à prix : enjeu stratégique majeur
La mise à prix est fixée par le juge sur rapport d'expertise. Elle est généralement inférieure de 15 à 30 % à la valeur vénale libre de marché. Cette sous-évaluation initiale est la raison principale pour laquelle les licitations judiciaires génèrent une perte de valeur. Hagnéré Patrimoine recommande aux coindivisaires défendeurs de mandater leur propre expert pour contester le rapport judiciaire.
Qui bénéficie de l'attribution préférentielle en priorité ?
L'attribution préférentielle est le droit pour un coindivisaire de se voir attribuer en priorité un bien particulier du lot successoral, à charge de verser une soulte aux autres. Prévue par les articles 831 à 834 du Code civil, elle est l'un des mécanismes les plus puissants pour éviter la dispersion de biens familiaux stratégiques (logement du couple, exploitation agricole, entreprise).
Les trois régimes d'attribution préférentielle
| Régime | Article | Biens concernés | Caractère |
|---|---|---|---|
| De droit — conjoint survivant | 831-3 CC | Logement principal + mobilier | Droit absolu si résidence effective |
| De droit — exploitation agricole | 832 CC | Exploitation sous seuil | Droit absolu si exploitant |
| Facultative | 831 et 831-2 CC | Entreprise, locaux pro, logement secondaire | Laissée à l'appréciation du juge |
Le conjoint survivant : priorité absolue sur le logement
L'article 831-3 CC offre au conjoint survivant une attribution préférentielle de droit sur le logement qui lui servait de résidence principale au jour du décès, ainsi que le mobilier qui le garnit. Cette protection s'étend au partenaire de PACS lorsqu'il est héritier par testament (art. 515-6 CC). Elle ne nécessite aucune justification particulière : il suffit de démontrer l'habitation effective et continue. Pour le panorama complet des droits du conjoint survivant (option 1/4 PP vs 100 % US, DDV, droit viager au logement, QDSE), voir notre guide dédié à la succession du conjoint survivant 2026.
Concrètement. Le conjoint doit verser une soulte aux enfants du premier lit correspondant à la valeur des parts non siennes. Il bénéficie de l'étalement jusqu'à 10 ans (art. 832-4 CC). Hagnéré Patrimoine cadre systématiquement cette opération dans les successions avec famille recomposée.
Deux arrêts clés de 2025 qui redessinent le régime
Cass. 1re civ. 30/04/2025 n° 24-15.624 — NP ≠ PP
Principe. Le nu-propriétaire d'un bien indivis ne peut obtenir l'attribution préférentielle en pleine propriété : il ne peut l'obtenir qu'en nue-propriété. Le démembrement doit être préservé.
Portée pratique. Cet arrêt est essentiel en famille recomposée. Il empêche un enfant nu-propriétaire d'évincer le conjoint survivant usufruitier via une attribution préférentielle. L'attribution lui donne la NP, pas la PP. Il devra attendre l'extinction de l'usufruit pour récupérer la pleine propriété.
1re chambre civile 2025 — Attribution préférentielle familiale
Principe. L'attribution préférentielle facultative (art. 831 CC) peut être accordée même en dehors d'une exploitation professionnelle, dès lors que l'indivision présente un caractère familial et que le bien a une valeur sentimentale et d'usage pour un coindivisaire.
Portée pratique. Cette lecture élargit l'attribution préférentielle à la maison de famille sans activité professionnelle. Le juge peut accorder la préférence à l'héritier qui prouve un usage régulier du bien (entretien, occupation saisonnière, travaux), même face à un héritier majoritaire en parts. Votre dossier doit réunir factures, témoignages, photos et calendriers d'occupation pour convaincre.
Conditions d'occupation cumulatives — Cass. 1re civ. 17/01/2018 n° 16-26.295. Pour l'attribution préférentielle de la résidence principale au conjoint survivant (art. 831-2 CC), la Cour de cassation exige des conditions cumulatives : une occupation effective (pas un simple pied-à-terre), une occupation continue au jour du décès et une occupation à titre de résidence principale. Un simple hébergement saisonnier ne suffit pas. Hagnéré Patrimoine conseille systématiquement d'étayer ces trois conditions par une preuve documentaire (facture EDF, avis d'imposition, attestation de voisinage).
L'attribution judiciaire forcée (art. 824 C. civ.)
Troisième voie souvent oubliée, l'attribution judiciaire forcée permet au juge du partage, sur demande d'un héritier, d'attribuer autoritairement un bien déterminé à un coindivisaire, à charge de soulte (art. 824 C. civ.). Elle intervient dans le cadre d'un partage judiciaire et constitue un contre-pouvoir utile face à une licitation subie.
Concrètement. Si vos cohéritiers demandent la vente aux enchères d'un bien que vous tenez à conserver, vous pouvez solliciter du juge son attribution forcée en votre faveur. Le juge apprécie votre capacité à payer la soulte et l'équilibre du partage. Vous bénéficiez de l'étalement jusqu'à 10 ans (art. 832-4) et évitez la décote de licitation.
Cas pratique — Martine, 63 ans, professeur retraitée à Marseille
Martine : attribution préférentielle logement 550 000 € face à 3 beaux-enfants
Situation. Martine, 63 ans, professeur de lettres retraitée, vit à Marseille dans la maison conjugale (550 000 €) acquise avec son défunt mari Jean-Pierre (décédé 2026) sous régime de séparation de biens. Jean-Pierre avait trois enfants d'un premier mariage : Thomas (architecte 42 ans Aix), Émilie (médecin 38 ans Paris), Baptiste (ingénieur 35 ans Lyon).
Structure patrimoniale. Jean-Pierre était propriétaire de la moitié de la maison (275 000 €). Martine possède l'autre moitié en propre. Au décès, les 275 000 € de Jean-Pierre reviennent à ses 3 enfants (1/3 chacun, soit 91 666 € par enfant) via l'usufruit légal du conjoint (1/4 PP OU 100 % US).
Conflit. Thomas veut vendre pour récupérer sa part en cash. Martine veut rester dans la maison familiale où elle vit depuis 38 ans. Émilie et Baptiste n'ont pas d'avis tranché.
Solution Hagnéré Patrimoine. Martine opte pour l'attribution préférentielle de droit art. 831-3 CC sur le logement. Elle verse une soulte de 275 000 € aux 3 beaux-enfants (91 666 € chacun), financée par : apport personnel 125 000 €, crédit hypothécaire 150 000 € sur 15 ans à 3,9 %. Étalement 10 ans possible art. 832-4 pour la part résiduelle des 2 plus conciliants.
Résultat. Martine conserve sa maison. Les beaux-enfants sont désintéressés. Droit de partage 2,5 % sur 275 000 € = 6 875 €. Économie vs licitation judiciaire estimée 48 000 € (mise à prix sous-évaluée + honoraires avocat + délais). Opération bouclée en 4 mois.
La procédure des 2/3 de l'article 815-5-1 : décryptage complet
Introduite par la loi n° 2009-526 du 12 mai 2009, la procédure des 2/3 permet aux coindivisaires réunissant au moins deux tiers des droits indivis d'obtenir du tribunal judiciaire l'autorisation de vendre un bien indivis, même contre la volonté du ou des coindivisaires minoritaires. C'est un outil puissant mais très encadré. Et contrairement à ce qu'on a pu lire sur certains blogs, le seuil 2/3 a été MAINTENU par la loi du 7 avril 2026 : le Sénat a explicitement rejeté la proposition de l'abaisser à la majorité simple.
Les 5 étapes de la procédure
| Étape | Acte | Délai | Articles |
|---|---|---|---|
| 1 | Demande aux minoritaires par les 2/3 | Libre | 815-5-1 al. 1 CC |
| 2 | PV difficultés du notaire | 1 à 2 mois | 815-5-1 al. 2 |
| 3 | Notification notariale aux minoritaires | 3 mois pour répondre ou s'opposer | 815-5-1 al. 2 |
| 4 | Requête TJ par les 2/3 | Après les 3 mois | 815-5-1 al. 4 |
| 5 | Jugement autorisant la licitation | 12 à 24 mois | 815-5-1 al. 5 |
Concrètement. Si 2 frères sur 3 veulent vendre la maison parentale et que le troisième bloque, ils passent devant notaire qui signifie l'intention aux minoritaires, laissent 3 mois de réflexion, puis saisissent le TJ. Le juge autorise la vente sauf atteinte excessive aux droits du minoritaire. Vous devez compter un délai total observé de 18 à 30 mois.
Les motifs de refus par le tribunal
Le TJ peut refuser d'autoriser la vente s'il estime qu'elle porte atteinte excessive aux droits du coindivisaire minoritaire (art. 815-5-1 al. 5 CC). Les motifs de refus les plus fréquents observés sont l'occupation effective par le minoritaire comme résidence principale, la sous-évaluation manifeste du prix, l'absence de tentative de partage en nature, l'existence d'une alternative de rachat par le minoritaire.
Les trois exclusions absolues de la procédure 2/3
Article 836 CC — les trois exclusions
La procédure 2/3 est impossible dans trois situations verrouillées par l'article 836 CC :
- Démembrement US/NP : si l'indivision mixte usufruit et nue-propriété, la procédure est bloquée (sauf accord de l'usufruitier).
- Présence d'un mineur : un enfant héritier de moins de 18 ans bloque la procédure jusqu'à sa majorité.
- Présence d'un majeur protégé : tutelle ou curatelle renforcée exclut la procédure.
Ces exclusions protègent les personnes vulnérables. Elles sont maintenues par la loi 2026-248 du 7 avril 2026.
Sortie d'indivision bloquée ?
Procédure 2/3, licitation judiciaire, rachat de soulte : Hagnéré Patrimoine cadre la stratégie la plus rapide et la moins coûteuse pour votre situation.
Peut-on céder sa quote-part à un tiers ou à une société de rachat ?
Chaque coindivisaire dispose du droit de céder librement sa quote-part. C'est la voie de sortie individuelle, utile quand le coindivisaire veut absolument liquider sa position sans attendre le partage collectif. L'article 815-14 du Code civil encadre strictement cette cession : elle est soumise au droit de préemption des autres coindivisaires.
Les 4 étapes de la cession à un tiers
| Étape | Obligation | Sanction du défaut |
|---|---|---|
| 1 | Trouver un acquéreur tiers et négocier prix | Aucune |
| 2 | Notifier par huissier aux coindivisaires (prix, conditions, identité) | Nullité 5 ans (art. 815-16) |
| 3 | Attendre 1 mois de délai de préemption | Nullité si vente anticipée |
| 4 | Si pas de préemption, signer la vente | - |
Concrètement. Vous pouvez vendre votre quote-part à un tiers sans demander l'autorisation des autres, mais vous devez leur notifier le prix et le nom de l'acquéreur. Vos cohéritiers disposent alors d'un mois pour se substituer à l'acquéreur au même prix. Si vous oubliez cette notification, la vente est annulable pendant 5 ans.
Les sociétés spécialisées dans le rachat d'indivision
Plusieurs sociétés se sont spécialisées dans le rachat de quote-parts indivises : Stop Indivision, Indivisions.fr, Vendre Part Indivision. Leur modèle économique repose sur l'achat de parts bloquées avec une décote de 20 à 35 % par rapport à la valeur théorique. Elles prennent en charge ensuite la sortie juridique (négociation avec les autres coindivisaires, procédure 2/3, licitation).
Attention : une décote de 20-35 % n'est pas neutre
Sur une quote-part théorique de 150 000 €, une décote de 30 % signifie céder à 105 000 €, soit 45 000 € perdus. Cette solution ne se justifie que si l'attente d'une sortie classique est financièrement insoutenable. Hagnéré Patrimoine calcule systématiquement le ratio temps/argent avant de recommander ce choix.
Le calcul du ratio temps/argent
Décote société rachat vs attente sortie classique
Hypothèse : quote-part théorique 150 000 € Sortie classique (partage amiable) : 150 000 € dans 3 ans Cession société rachat : 105 000 € aujourd'hui (décote 30 %) Actualisation à taux 3,5 % (placement sûr) : 150 000 / (1,035)^3 = 135 300 € Différence actualisée : 135 300 − 105 000 = 30 300 € Conclusion : céder aujourd'hui coûte 30 300 € de différence réelle. Acceptable uniquement si blocage certain sur plus de 6 ans.
Plus l'horizon de blocage est lointain, plus la décote 20-35 % devient acceptable. Hagnéré Patrimoine teste 3 scénarios (3, 6, 10 ans) avant chaque recommandation.
La loi 2026-248 du 7 avril 2026 : ce qui change vraiment
La loi n° 2026-248 du 7 avril 2026, dite loi Morel-Turquois, publiée au JORF n° 0083 du 8 avril 2026 (JORFTEXT000053773159), réforme le régime de l'indivision pour lutter contre les indivisions gelées et vacantes, notamment en Corse et Outre-mer. Adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 26 mars 2026, elle apporte 4 modifications concrètes mais n'abaisse PAS le seuil de l'article 815-5-1. Hagnéré Patrimoine synthétise ici ce que change cette loi et ce qu'elle ne change pas.
Les 4 apports réels de la loi
Les 4 changements introduits par la loi 2026-248
- Art. 815-5-2 CC NOUVEAU — curateur DNID. Pour les indivisions de plus de 10 ans avec dernier indivisaire décédé depuis plus de 2 ans et succession vacante, la Direction Nationale d'Interventions Domaniales (DNID) peut être désignée curatrice. Elle organise la vente et consigne le prix à la Caisse des Dépôts pendant 30 ans. Objectif : débloquer les 303 369 parcelles recensées en Corse.
- Art. 815-6 modifié. Codification de l'autorisation de vente seule par un indivisaire en cas de péril imminent du bien. Le texte précise désormais les conditions.
- Art. 815-7-1 étendu. Les actes d'administration lourds (gros travaux, assurance) sur biens vacants depuis 2 ans peuvent être pris par un seul indivisaire avec autorisation du juge.
- Procédure de partage réformée. Binôme juge-notaire renforcé, avocat obligatoire en première instance partage judiciaire, rationalisation des délais. Applicable début 2027 sur décret du Conseil d'État.
Ce que la loi ne change PAS
Le seuil 2/3 est MAINTENU — attention aux fausses infos
Malgré ce qu'on peut lire sur certains blogs, le seuil de 2/3 de l'article 815-5-1 CC n'a PAS été abaissé à la majorité simple. Le Sénat a explicitement rejeté cette proposition lors de la navette parlementaire. Le régime de la vente forcée reste donc inchangé : deux tiers des droits indivis minimum pour saisir le TJ.
Les exclusions de l'article 836 (démembrement, mineurs, majeurs protégés) sont également maintenues.
Vigilance. Cette désinformation circule notamment sur des blogs grand public non mis à jour depuis mars 2026, qui reprennent l'exposé des motifs du PPL initial sans vérifier le texte adopté. Vérifiez toujours la source contre le JORF (JORFTEXT000053773159) et, en cas de doute, appuyez-vous sur l'article 815-5-1 du Code civil dans sa rédaction issue de la loi 2026-248 (Légifrance ou Hagnéré Patrimoine).
Les articles modifiés : tableau de synthèse
| Article | Avant | Après | Entrée en vigueur |
|---|---|---|---|
| 815-5-1 | Seuil 2/3 | Seuil 2/3 MAINTENU | Inchangé |
| 815-5-2 (nouveau) | Néant | Curateur DNID 10 ans | 08/04/2026 |
| 815-6 | Texte ancien | Autorisation vente codifiée | 08/04/2026 |
| 815-7-1 | Texte étroit | Actes admin lourds étendus | 08/04/2026 |
| 836 | 3 exclusions | 3 exclusions (inchangé) | Inchangé |
| Procédure partage | Texte 2008 | Binôme + avocat obligatoire | Début 2027 (décret) |
Concrètement. Pour votre indivision ouverte en 2026, seuls les trois premiers changements (curateur DNID, vente codifiée, actes admin lourds) sont immédiatement applicables. La réforme procédurale avec binôme juge-notaire et avocat obligatoire ne s'appliquera qu'aux partages judiciaires introduits à partir de 2027, après publication du décret d'application.
Les dispositions spécifiques Corse et Outre-mer
La loi 2026-248 confirme le régime dérogatoire corse : possibilité de vendre à la majorité des 2/3 sans saisine du juge (régime codifié depuis 2013 et reconduit). Pour l'Outre-mer, la loi Letchimy du 27 décembre 2018, prolongée par la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024, maintient l'exonération du droit de partage de 2,5 % jusqu'au 31 décembre 2038 pour les partages successoraux de biens immobiliers situés en Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte. Cet angle est souvent oublié par les praticiens métropolitains.
Indivision successorale en famille recomposée : quels pièges éviter ?
La famille recomposée est le terrain le plus explosif de l'indivision successorale. Dès lors qu'il existe au moins un enfant non commun au couple, les règles de dévolution imposent une indivision entre le conjoint survivant et tous les enfants, avec souvent un blocage durable. Hagnéré Patrimoine rencontre ces situations chaque mois et a systématisé 5 parades patrimoniales. Pour le régime complet (1/4 PP obligatoire, action en retranchement, adoption simple, DP conjonctive, LF 2026), voir notre guide dédié à la succession en famille recomposée 2026.
Le mécanisme de l'article 757 CC en famille recomposée
En présence d'au moins un enfant non commun, le conjoint survivant ne peut plus choisir entre 1/4 PP et 100 % US : il est cantonné à 1/4 en pleine propriété (art. 757 al. 2 CC). Les 3/4 restants vont en indivision aux enfants du défunt (tous lits confondus). Le conjoint survivant est donc minoritaire dans l'indivision, exposé au risque de vente forcée par les enfants du premier lit.
Un arrêt majeur de 2025
Cass. 1re civ. 05/03/2025 n° 23-11.430 — 1/4 PP obligatoire si 1 seul enfant non commun
Principe. La règle du 1/4 PP imposée par l'art. 757 al. 2 CC s'applique dès lors qu'il existe un seul enfant non commun, y compris si le couple a par ailleurs plusieurs enfants communs. L'option pour l'usufruit universel est définitivement fermée.
Portée pratique. Cet arrêt ferme la porte aux tentatives de contournement. Dans une famille avec 2 enfants communs et 1 enfant du premier lit, le conjoint survivant reste cantonné au 1/4 PP. Seule parade : la donation au dernier vivant avant décès (art. 1094-1 CC) ou la donation-partage transgénérationnelle.
Piège typique — le conjoint survivant usufruitier minoritaire
Dans beaucoup de successions, le conjoint survivant a opté pour l'usufruit universel avant 2007 ou via donation au dernier vivant. Les enfants non communs deviennent alors nus-propriétaires indivis. Cette situation est un piège durable : les enfants non communs peuvent demander le partage de la NP sans attendre l'extinction de l'usufruit (Cass. 1re civ. 15/01/2025 n° 22-24.672), provoquant une sortie forcée compliquée.
Cas pratique — Christine, 58 ans, infirmière libérale à Nantes
Christine : veuve, 2 enfants premier lit + 1 enfant commun, résidence secondaire Noirmoutier
Situation. Christine, 58 ans, infirmière libérale à Nantes, épouse en secondes noces Jean-François (décédé 2026), père de deux enfants d'un premier mariage : Lucie (avocate 34 ans Angers) et Paul (commercial 31 ans Lyon). Christine et Jean-François ont eu un enfant commun, Emma (18 ans, étudiante).
Patrimoine Jean-François. Résidence principale Nantes 480 000 € (commune) + résidence secondaire Noirmoutier 320 000 € (propre de Jean-François) + 150 000 € assurance-vie (bénéficiaire Christine).
Dévolution. En présence de 2 enfants non communs (Lucie, Paul), Christine est cantonnée au 1/4 PP. Les 3/4 restants vont indivis aux 3 enfants (Lucie, Paul, Emma). Sur la résidence secondaire Noirmoutier 320 000 € (propre) : Christine détient 1/4 en pleine propriété (80 000 €) hors indivision, et les 3 enfants se partagent les 3/4 restants (240 000 €) en indivision par tiers chacun (80 000 € chacun).
Conflit. Lucie et Paul veulent vendre Noirmoutier pour récupérer 160 000 €. Christine et Emma veulent conserver le bien (souvenirs de famille, location saisonnière). Dans l'indivision des 3/4 restants (Lucie, Paul, Emma à 1/3 chacun), Lucie + Paul représentent 2/3 des droits indivis : ils peuvent déclencher la procédure 815-5-1 sur leur seule quote-part indivise. Christine, titulaire de son 1/4 PP, reste étrangère à cette indivision mais ne peut pas empêcher la licitation si elle est autorisée.
Solution Hagnéré Patrimoine. Convention d'indivision 5 ans (art. 1873-3) avec clause de rachat progressif par Christine et Emma. Location saisonnière gérée par un gérant nommé (Christine) avec reversement des loyers 1/3 à chacun. À l'issue des 5 ans, Christine rachète la part de Lucie et Paul (160 000 € via crédit hypothécaire + vente d'un autre actif). Opération bouclée sans conflit judiciaire.
Les 5 parades patrimoniales anti-blocage
- Donation au dernier vivant (art. 1094-1 CC) : étend les droits du conjoint au 1/4 PP + 3/4 US, ou 100 % US, ou quotité disponible ordinaire.
- Convention d'indivision (art. 1873-1 à 1873-18 CC) : organisation 5 ans renouvelables.
- SCI familiale : transformation des biens en parts sociales avec statuts sur-mesure (droit de vote, agrément).
- Adoption simple des enfants du premier lit par le conjoint survivant (art. 786 CGI) : régime fiscal parent-enfant (abattement 100 000 €) si l'adopté est mineur pendant au moins 5 ans OU majeur ayant reçu des secours et soins ininterrompus pendant au moins 10 ans.
- Assurance-vie hors succession (art. L132-12 C. assurances) : transmettre en dehors de l'indivision.
Conflit successoral en famille recomposée ?
Hagnéré Patrimoine désamorce les blocages d'indivision en famille recomposée : convention, SCI, donation au dernier vivant, rachat progressif.
Indivision internationale et héritiers non-résidents : les règles UE 650/2012
Quand un coindivisaire réside à l'étranger ou que des biens sont situés hors de France, l'indivision devient internationale. Trois règlements européens s'appliquent. Le règlement UE 650/2012 (successions) fixe la loi applicable. Le règlement UE 2020/1784 (notifications) organise la signification des actes judiciaires. Le règlement UE 2016/1103 (régimes matrimoniaux) gouverne les rapports conjoint survivant. Hagnéré Patrimoine accompagne chaque année plusieurs successions transfrontalières.
Le règlement UE 650/2012 : loi applicable à la succession
Depuis le 17 août 2015, la loi applicable à la succession est celle de la dernière résidence habituelle du défunt, sauf choix contraire (professio juris) exprimé par testament (art. 22 du règlement). Exemple : un Français résidant fiscalement au Portugal depuis 5 ans verra sa succession régie par la loi portugaise — sauf s'il a opté pour la loi française dans son testament.
Les outils pratiques pour un héritier à l'étranger
| Outil | Usage | Base légale |
|---|---|---|
| Procuration apostillée | Héritier joint mais non mobile | Convention La Haye 05/10/1961 |
| Sommation d'opter | Héritier silencieux 4 mois minimum | Art. 772 CC |
| Mandat successoral judiciaire | Héritier introuvable | Art. 813-1 CC |
| Notification transfrontalière | Acte d'huissier vers l'étranger | Règl. UE 2020/1784 |
| Certificat successoral européen | Preuve qualité héritier UE | Art. 62 Règl. UE 650/2012 |
| Vacance succession | Aucun héritier localisable | Art. 809 CC + DNID |
Concrètement. Si l'un de vos cohéritiers vit à l'étranger, commencez par la procuration apostillée s'il coopère. S'il se tait, la sommation d'opter de 4 mois le met sous pression. S'il reste introuvable, le mandataire successoral judiciaire prend le relais. Pour l'ultime blocage, le certificat successoral européen (CSE) sécurise votre qualité d'héritier dans toute l'UE.
Cas pratique — Samuel, franco-suisse de Genève
Samuel : indivision Lyon avec 3 frères, expatrié Genève depuis 12 ans
Situation. Samuel, 45 ans, trader franco-suisse installé à Genève, hérite avec ses 3 frères d'un appartement à Lyon (510 000 €) de leurs parents décédés 2026. Samuel refuse de répondre aux courriers du notaire français pendant 8 mois. Ses 3 frères veulent vendre.
Stratégie. Le notaire lyonnais adresse une sommation d'opter par huissier via le règlement UE 2020/1784 à l'adresse genevoise. Délai : 4 mois (art. 772 CC). À l'expiration sans réponse, Samuel est réputé acceptant à concurrence de l'actif net.
Issue. Samuel, sous la pression du délai qui court, signe une procuration apostillée (convention de La Haye 1961) confiant à ses 3 frères le pouvoir de vendre. Vente amiable en 4 mois supplémentaires. Prix 510 000 €, soulte Samuel 127 500 €. Hagnéré Patrimoine a cadré la stratégie en 3 semaines.
La fiscalité des héritiers non-résidents
Les héritiers non-résidents sont soumis aux mêmes droits de succession français sur les biens situés en France (art. 750 ter CGI). Les conventions fiscales bilatérales règlent les doubles impositions. Attention : la plus-value immobilière réalisée par un non-résident lors du partage est taxée à 19 % + 17,2 % PS = 36,2 % (art. 244 bis A CGI), pour un non-résident UE/EEE. Le taux atteint 75 % pour un résident d'ETNC (État non coopératif, liste actualisée de la DGFiP). Les conventions fiscales bilatérales peuvent réduire ou écarter l'imposition. Pour vous, cohéritier résidant à l'étranger, cette friction est souvent plus lourde qu'un résident bénéficiant d'abattements durée de détention.
Comment gérer une indivision avec un mineur ou un majeur protégé ?
La présence d'un enfant mineur ou d'un majeur protégé (tutelle, curatelle renforcée) transforme radicalement le régime de l'indivision. Plusieurs verrouillages protègent les personnes vulnérables : exclusion de la procédure 2/3 (art. 836 CC), autorisation préalable du juge pour les actes de disposition (art. 387-1 CC), administrateur ad hoc en cas d'opposition d'intérêts. Hagnéré Patrimoine signale systématiquement au JAF l'existence de tout héritier mineur dès l'ouverture de la succession.
Les 3 verrouillages légaux
| Verrouillage | Article | Effet |
|---|---|---|
| Autorisation JAF actes disposition | Art. 387-1 CC | Vente immobilière, partage, donation |
| Exclusion procédure 2/3 | Art. 836 CC | Vente forcée impossible |
| Administrateur ad hoc | Art. 383 CC | Si opposition intérêts parent/enfant |
| Maintien indivision majorité | Art. 821 CC | Jusqu'aux 18 ans du plus jeune |
Concrètement. Si l'un des héritiers est mineur ou protégé, oubliez la procédure 2/3 et anticipez 3 à 6 mois d'instruction au JAF pour chaque acte de vente ou partage. Mandatez en amont un expert immobilier indépendant : c'est la meilleure garantie contre un refus du juge sur sous-évaluation.
Le rôle du JAF : contrôle renforcé
Le juge aux affaires familiales intervient pour autoriser tout acte de disposition concernant un mineur : vente immobilière, partage successoral, donation. Le JAF vérifie que l'opération est conforme à l'intérêt du mineur. Il peut refuser une vente au motif d'une sous-évaluation, exiger un nouvel expert, ou imposer un placement des fonds sur un compte bloqué jusqu'à la majorité. Délai d'autorisation : 3 à 6 mois en pratique.
Cas pratique — Caroline, 14 ans, collégienne à Lille
Caroline : succession bloquée 3 ans par refus du JAF sur sous-évaluation
Situation. Caroline, 14 ans, héritière avec sa mère et son oncle d'une maison familiale à Lille (valeur 340 000 €) suite au décès de son père en 2023. La mère veut vendre, l'oncle aussi. Tout le monde est d'accord.
Blocage. Le JAF est saisi en 2023 pour autoriser la vente. L'expert judiciaire évalue le bien à 295 000 €, bien en-dessous de la valeur marché. Le JAF refuse deux fois la vente, exigeant une revalorisation.
Impact. 3 ans de procédure, 18 000 € de frais (avocat + expertises), stagnation du bien. La mère finit par mandater un second expert privé (8 500 € de rapport) qui confirme 340 000 €. Le JAF autorise en 2026 la vente avec placement des fonds de Caroline (85 000 €) sur compte bloqué Caisse des Dépôts jusqu'à ses 18 ans.
Leçon. Avec un mineur, la procédure 2/3 est impossible (art. 836 CC). Le JAF contrôle étroitement la vente (art. 387-1 CC). Hagnéré Patrimoine anticipe ces délais en mandatant dès l'ouverture de succession un expert immobilier indépendant pour éviter les allers-retours judiciaires.
L'administrateur ad hoc en cas d'opposition d'intérêts
Quand le parent représentant légal est lui-même héritier, il existe une opposition d'intérêts structurelle : il défend à la fois sa quote-part et celle du mineur. Dans ce cas, le JAF nomme un administrateur ad hoc indépendant (art. 383 CC), souvent un avocat ou notaire, qui représente exclusivement le mineur. Coût : 1 500 à 4 000 € à charge de la succession.
Double indivision : post-communauté + post-succession
Au décès d'un époux marié sous régime de communauté, deux indivisions naissent simultanément. La première est l'indivision post-communauté entre le conjoint survivant et les héritiers du défunt, sur la masse commune. La seconde est l'indivision post-successorale entre les héritiers uniquement, sur la part du défunt dans la masse commune et sur ses biens propres. Cette double indivision complexifie la liquidation et génère deux droits de partage successifs.
Le mécanisme en deux temps
Liquidation séquentielle — communauté puis succession
Étape 1 — Liquidation communauté : Masse commune = Actifs communs − Dettes communes Part conjoint survivant = 50 % (art. 1441 CC) Part défunt = 50 % (entre dans la succession) Étape 2 — Liquidation succession : Actif successoral = Part défunt communauté + Biens propres défunt Part conjoint survivant (selon option) = 1/4 PP ou 100 % US Part enfants (dévolution) = solde Fiscalité : 2 droits de partage 2,5 % sauf partage unique global (art. 746 al. 2 CGI, BOI-ENR-PTG-10-10)
En pratique, le notaire peut traiter les deux liquidations dans un acte unique pour n'appliquer qu'un seul droit de partage, à condition que la masse globale soit partagée en une fois.
Concrètement. Hagnéré Patrimoine négocie systématiquement avec le notaire un acte unique de liquidation-partage pour économiser le second droit de 2,5 %. Sur une communauté de 600 000 €, l'économie atteint 15 000 €.
Concubinage et PACS avant 2006 : la présomption d'indivision
Cass. 1re civ. 13/02/2019 n° 18-13.762 — présomption d'indivision PACS pré-2007
Principe. Les biens acquis pendant un PACS conclu avant le 1er janvier 2007 sont présumés indivis par moitié, sauf clause contraire dans la convention (régime ancien de l'article 515-5 du Code civil avant la loi 2006-728). La jurisprudence a confirmé à plusieurs reprises cette présomption pour les PACS enregistrés avant la réforme. Pour les concubins sans PACS, la présomption d'indivision n'existe pas — il faut démontrer le financement commun ou invoquer la société créée de fait.
Portée pratique. Au décès d'un pacsé pré-2007, le survivant peut revendiquer 50 % indivis sur les biens acquis ensemble. Les héritiers du défunt reçoivent les 50 % restants en indivision successorale. Les PACS conclus à partir du 1er janvier 2007 sont soumis au régime légal de la séparation des biens (art. 515-5 C. civ. post-loi 2006-728), sauf option expresse pour l'indivision dans la convention.
La créance de salaire différé en milieu agricole
Dans les successions agricoles, l'article L321-13 du Code rural accorde une créance de salaire différé aux descendants ayant travaillé gratuitement sur l'exploitation familiale pendant au moins 10 ans. Cette créance s'impute avant partage et réduit la masse indivise. Elle peut atteindre 2/3 du SMIC × nombre d'années × 3 (plafond). Souvent oubliée, elle change radicalement les équilibres en indivision rurale.
Droit de partage 2,5 % : mode d'emploi complet
Le droit de partage est votre taxe de sortie de l'indivision. Il est fixé par l'article 746 alinéa 2 du Code général des impôts à 2,5 % de l'actif net partagé. Ce taux, confirmé par la loi du 29 juillet 2011 (loi de finances rectificative), s'applique à tous les partages successoraux, qu'ils soient notariés ou non, dès lors qu'ils portent sur un actif au moins partiellement immobilier. Hagnéré Patrimoine voit trop souvent des clients arriver avec des simulations à 1,1 % — c'est une erreur qui coûte cher : vérifiez toujours votre taux avant signature.
L'assiette du droit de partage
Calcul de l'assiette du droit de partage
Actif net partagé = Actif brut (valeur vénale biens partagés)
− Passif de l'indivision (dettes, crédits)
− Soultes (traitées séparément en mutation TO)
Exemple partage succession 3 enfants :
Actif brut : maison 420 000 € + compte bancaire 30 000 € = 450 000 €
Passif : crédit résiduel 50 000 €
Soultes entre cohéritiers : 0 €
Actif net partagé = 450 000 − 50 000 = 400 000 €
Droit de partage = 400 000 × 2,5 % = 10 000 €
À ajouter : CSI 0,10 % art. 879 CGI
+ émoluments notaire dégressifs 1 à 3 %Les soultes (paiements compensatoires entre cohéritiers) sont exclues de l'assiette du droit de partage mais soumises au droit de mutation 2,5 % entre coindivisaires originaires (art. 750 II CGI).
Désambiguïsation critique : 2,5 % vs 1,1 % vs 5 %
Les 3 taux à ne jamais confondre
Cette désambiguïsation est essentielle. De très nombreux articles en ligne confondent les taux, entraînant des erreurs de simulation graves pour les familles. Voici la règle claire :
- 2,5 % — Droit de partage successoral (art. 746 al. 2 CGI). S'applique à TOUS les partages successoraux. C'est le taux correct.
- 1,1 % — Droit de partage divorce / rupture PACS uniquement (art. 748 CGI). NE S'APPLIQUE PAS en succession.
- 5 % — Droits de mutation à titre onéreux (licitation au profit d'un tiers non coindivisaire originaire). Régime de droit commun cession immobilière.
Impact financier de l'erreur. Sur 500 000 € partagés, 1,1 % = 5 500 € vs 2,5 % = 12 500 €, soit 7 000 € de différence non provisionnée. Hagnéré Patrimoine rencontre ce piège tous les mois. Pour le panorama complet des frais de succession (notaire, fiscaux, cachés, paiement fractionné), voir notre guide dédié aux frais de succession 2026.
Les 4 conditions d'application du droit de partage
Selon le BOFiP BOI-ENR-PTG-10-10, l'exigibilité du droit de partage 2,5 % suppose quatre conditions cumulatives : un acte écrit (partage verbal exonéré), une indivision authentique (pas de simulation), des preuves du caractère partageable (inventaire, comptes), et un véritable partage (pas un simple acte déclaratif).
Concrètement. Les partages verbaux (répartition du mobilier entre héritiers sans acte) restent exonérés. L'acte de notoriété (simple constat de qualité d'héritier) n'est pas un partage. La distinction est fondamentale pour la fiscalité.
Les taxes associées au partage
| Taxe | Taux | Base | Article |
|---|---|---|---|
| Droit de partage | 2,5 % | Actif net partagé | 746 al. 2 CGI |
| Contribution sécurité immobilière | 0,10 % | Valeur biens immobiliers | 879 CGI |
| Émoluments notaire proportionnels | 4,8 % à 1,0 % | Actif brut partagé | Arrêté 28/02/2025 |
| Débours et formalités | Forfait 800 à 1 500 € | - | - |
Taux de partage confirmé par la réponse ministérielle Malhuret QE n° 04979 Sénat (maintien du 2,5 % successoral même après la refonte du droit de partage en divorce à 1,1 %).
Paiement fractionné ou différé des droits : taux 2026
Si votre indivision ne vous permet pas de dégager la trésorerie pour régler le droit de partage et les droits de succession à 6 mois, l'administration admet deux modalités. Le paiement fractionné (sur 1 à 3 ans) et le paiement différé Dutreil (5 ans de différé + 10 ans de fractionnement, réservé aux entreprises sous pacte). Les taux applicables aux demandes formées en 2026 ont été abaissés par avis ECOT2536351V (JORF du 24 décembre 2025) : le taux fractionné passe à 2,0 % (contre 2,3 % en 2025) et le taux différé Dutreil à 0,6 % (contre 0,7 %). Cette baisse représente 300 à 1 000 € d'économie sur une succession moyenne.
Plus-values et IFI en indivision : les règles 2026
Lorsqu'un bien indivis est vendu pendant ou après le partage, chaque coindivisaire calcule sa plus-value proportionnelle à sa quote-part. Le régime est régi par BOI-RFPI-PVI-20-10. Pour l'IFI, chaque coindivisaire déclare la valeur vénale de sa quote-part, en pouvant appliquer une décote jurisprudentielle lorsqu'il existe un désaccord avéré ou un blocage documenté entre coindivisaires.
Le calcul de la plus-value en indivision
Lors de la vente d'un bien indivis, chaque coindivisaire calcule sa plus-value individuelle. Prix de vente × quote-part − prix d'acquisition proportionnel (valeur succession) − frais et travaux. Le point de départ de la durée de détention est la date du décès du défunt, pas celle du partage ultérieur (art. 150 VB-II-3 CGI) : autrement dit, le partage amiable ou judiciaire ne purge ni ne remet à zéro la plus-value latente accumulée depuis le décès. Pour le panorama complet des arbitrages vendre / garder / louer et de la fiscalité PV post-partage, voir notre guide dédié à l'héritage immobilier 2026.
Les abattements durée de détention
| Durée depuis décès | Abattement IR (19 %) | Abattement PS (17,2 %) | PV totale (résidu) |
|---|---|---|---|
| Moins de 5 ans | 0 % | 0 % | 36,2 % |
| 6 à 21 ans | 6 % par an | 1,65 % par an | Décroissant |
| 22e année | 100 % (exo IR) | 1,60 % | PS seuls restants |
| 23 à 29 ans | Exo IR | 9 % par an | Décroissant |
| 30 ans et plus | Exo IR totale | Exo PS totale | 0 % |
Concrètement. Exonération totale d'impôt sur le revenu à partir de 22 ans de détention et exonération totale de prélèvements sociaux à partir de 30 ans. Rester en indivision longue peut donc être fiscalement avantageux, à condition de supporter les charges.
L'exonération résidence principale du coindivisaire occupant (art. 150 U II-1° CGI)
Si vous occupez le bien comme résidence principale, votre quote-part est exonérée
Principe clé souvent ignoré. Si un cohéritier occupe effectivement le bien indivis comme sa résidence principale au jour de la vente, sa propre quote-part de plus-value est totalement exonérée d'IR et de PS (art. 150 U II-1° CGI, BOI-RFPI-PVI-10-40-10). L'exonération est personnelle et ne profite qu'au(x) coindivisaire(s) occupant(s), pas aux autres.
Exemple chiffré. Maison de famille vendue 600 000 €, plus-value totale 180 000 € (soit 60 000 € par tiers pour 3 frères). Olivier, 48 ans, occupe la maison depuis 4 ans comme RP. Sa quote-part 60 000 € est exonérée : il économise 21 720 € (60 000 × 36,2 %). Les 2 autres frères, non occupants, paient chacun 21 720 €.
Condition essentielle. L'occupation doit être effective, habituelle, au jour de la vente. Une simple domiciliation administrative ne suffit pas : factures, consommations EDF/eau, assurance habitation et déclarations fiscales à l'adresse sont indispensables pour sécuriser l'exonération en cas de contrôle.
L'IFI en indivision : la décote jurisprudentielle
Article 968 CGI + jurisprudence admettant une décote d'indivision
Principe. Chaque coindivisaire doit déclarer à l'IFI la valeur vénale de sa quote-part indivise (art. 968 CGI). La valeur d'une part indivise étant inférieure à une part divise (difficulté de revente, liquidité dégradée, blocage possible), la jurisprudence admet une décote de valeur dont l'ampleur est appréciée au cas par cas — de quelques pourcents lorsque les coindivisaires sont proches et coopératifs, jusqu'à environ 30 % lorsqu'il existe un blocage avéré et un conflit patent.
Portée pratique. Sur un immeuble indivis 1 200 000 € avec 3 coindivisaires en désaccord modéré, une décote raisonnable de 15 à 20 % est fréquemment admise après négociation avec le service vérificateur, à condition de produire un argumentaire documenté (nombre d'indivisaires, durée, blocage décisionnel, difficultés de vente établies). Hagnéré Patrimoine rédige systématiquement cet argumentaire justificatif écrit pour sécuriser la décote, sans jamais l'afficher comme un droit acquis.
Comment déclarer les revenus fonciers d'un bien indivis loué ?
Lorsqu'un bien indivis est loué, chaque coindivisaire déclare sa quote-part de revenus fonciers dans sa propre déclaration d'impôt (BOI-RFPI-CHAMP-30-30). Même logique pour les charges déductibles (taxe foncière, intérêts d'emprunt, travaux) : répartition au prorata des quote-parts. En location meublée (LMNP), même principe en BIC. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent pleinement applicables en 2026 sur les revenus fonciers (loi LFSS 2026 n° 2025-1403 du 30/12/2025).
Le calcul du prélèvement CSG/CRDS
Prélèvements sociaux 2026 sur revenus fonciers indivis
Prélèvements sociaux = 17,2 % (CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + prélèvement solidarité 7,5 %) Exemple maison indivise louée 1 800 €/mois, 3 cohéritiers : Revenus annuels bruts : 21 600 € Charges déductibles (TF, assurance, travaux) : 3 200 € Revenu foncier net : 18 400 € Quote-part par cohéritier : 6 133 € IR selon TMI cohéritier : - TMI 0 % : 0 € - TMI 11 % : 675 € - TMI 30 % : 1 840 € - TMI 41 % : 2 515 € Prélèvements sociaux : 6 133 × 17,2 % = 1 055 € Total imposition (TMI 30 %) : 1 840 + 1 055 = 2 895 € Revenu net après impôts : 3 238 € par cohéritier
Les PS de 17,2 % sont maintenus en 2026 par la LFSS 2026. Les revenus fonciers sont exclus de la hausse à 18,6 % appliquée aux seuls dividendes et plus-values mobilières.
Le régime micro-foncier en indivision
Le régime micro-foncier (abattement forfaitaire 30 %, seuil 15 000 € bruts annuels) s'apprécie par cohéritier, sur sa quote-part. Si 3 cohéritiers louent une indivision 1 800 €/mois (21 600 € annuels bruts), chacun déclare 7 200 € de quote-part et relève du micro-foncier individuellement. Économie possible vs régime réel si peu de charges.
Le cas particulier du LMNP en indivision
En location meublée, chaque coindivisaire est considéré comme un loueur en meublé non professionnel (LMNP) sur sa quote-part. Il peut opter individuellement pour le régime réel BIC avec amortissement du bien (hors terrain) et déduction des charges. Le seuil micro-BIC de 77 700 € de recettes s'apprécie par cohéritier.
SCI familiale ou indivision : quand choisir quoi ?
La SCI familiale est l'anti-indivision par excellence. Elle transforme un bien indivisible en parts sociales cessibles, transmissibles et gérables selon des statuts sur-mesure. Mais créer une SCI coûte 2 000 à 4 000 € et complexifie la fiscalité. Hagnéré Patrimoine a établi une grille de décision rigoureuse à 10 critères pour trancher. Pour approfondir la SCI familiale de transmission (statuts, démembrement, cession parts, fiscalité IR vs IS), voir notre guide dédié à la SCI familiale de transmission.
Comparatif SCI vs indivision : 10 critères
| Critère | Indivision | SCI familiale |
|---|---|---|
| Durée | Précaire (toujours sortie possible) | 99 ans max (art. 1838 C. civ.) |
| Transmissibilité | Par décès uniquement | Cession parts libre ou agréée |
| Gestion | Unanimité ou 2/3 | Gérant statutaire (libre) |
| Fiscalité partage | Droit 2,5 % | Cession parts 5 % enregistrement |
| Démembrement | Complexe | Facile (parts démembrées) |
| Sortie individuelle | Préemption 1 mois ou procédure | Agrément statutaire |
| Coût de création | 0 € (naît automatiquement) | 2 000 à 4 000 € |
| Responsabilité dettes | Prorata (art. 815-17) | Indéfinie proportionnelle |
| Comptabilité | Aucune | Annuelle obligatoire |
| Abattement donation parts | N/A | 100 000 €/enfant/15 ans |
Quand créer une SCI plutôt que rester en indivision ?
Rester en indivision
Succession récente, transmission prévue dans moins de 5 ans, actifs peu nombreux, unanimité des coindivisaires. La simplicité prime.
Créer une SCI
Transmission anticipée sur 10-20 ans avec abattements 100 000 €, couple non marié, démembrement croisé, immeubles locatifs multiples. La flexibilité prime.
Phase transitoire
Rester en indivision 2-3 ans puis apporter à SCI : autorise un arbitrage sur la valeur au marché avant cristallisation des parts. Hagnéré Patrimoine cadre cette transition.
Jurisprudence — Cass. 1re civ. 02/10/2024 n° 22-19.672 : fictivité de la SCI familiale post-succession
Principe. La SCI familiale constituée pour sortir d'une indivision successorale peut être requalifiée de fictive par l'administration fiscale ou les cohéritiers évincés, avec effet rétroactif, en cas de sous-évaluation manifeste des biens apportés, d'apport fictif (biens n'appartenant pas en totalité à l'apporteur) ou d'absence de vie sociale réelle (pas d'AG, pas de comptabilité, pas de compte bancaire dédié).
Portée pratique. Si vous basculez votre indivision vers une SCI pour fuir les règles de majorité ou pour contourner un cohéritier récalcitrant, la SCI peut être déclarée inopposable — et l'indivision rétablie, avec les frais doublés. Hagnéré Patrimoine sécurise systématiquement l'apport en nature par expertise contradictoire, PV d'AG semestriels, compte bancaire dédié et comptabilité annuelle certifiée.
Cas pratique — Jérôme et Karine, couple non marié à Lille
Jérôme et Karine : apport indivision 1,4 M€ à SCI familiale
Situation. Jérôme, 44 ans, directeur financier, et Karine, 41 ans, kinésithérapeute, vivent en concubinage depuis 18 ans à Lille. 2 enfants (Lucas 12 ans, Emma 9 ans). Ils possèdent en indivision par moitié : résidence principale Lille 680 000 €, résidence secondaire Le Touquet 420 000 €, appartement locatif Lille 300 000 €. Total indivision 1,4 M€.
Problème identifié. En l'absence de mariage ou PACS avec testament, au décès de l'un, l'autre n'hérite PAS. Les enfants récupèrent tout en indivision avec le survivant concubin. Conflit familial quasi-certain.
Solution Hagnéré Patrimoine. Création d'une SCI familiale à l'IR avec 1 000 parts. Apport des 3 biens en indivision contre 1 000 parts (500 Jérôme, 500 Karine). Démembrement croisé : chacun donne la nue-propriété de ses 500 parts à l'autre avec réserve d'usufruit (art. 578 CC).
Fiscalité. Apport des biens à SCI : neutre si apport pur et simple (art. 809 CGI). Donation NP avec barème art. 669 CGI (Jérôme 44 ans, tranche 41-50 ans révolus = 60 % US, donc NP 40 %) : valeur NP à taxer 500 × 40 % = 200 parts équivalentes. Base donation 500 × 2 800 €/part × 40 % = 560 000 €. Abattement 100 000 €/enfant (100 000 × 2 = 200 000 €) + réduction conjoint concubin 0 €. Donation parts aux enfants en plus.
Résultat. Au décès du premier, le survivant récupère automatiquement la pleine propriété des 500 parts démembrées (extinction US art. 1133 CGI hors succession). Les enfants héritent des 500 autres parts. Pas d'indivision. Coût création SCI 3 800 €. Économie projetée succession 180 000 €.
Concrètement. Pour un couple non marié avec patrimoine significatif, la SCI avec démembrement croisé est l'alternative la plus puissante à l'indivision successorale. Hagnéré Patrimoine cadre cette opération en 6 à 12 semaines.
Les 15 erreurs fatales en indivision successorale et la checklist actionnable
Après 10 ans de pratique, Hagnéré Patrimoine a identifié les 15 erreurs les plus coûteuses commises par les héritiers en indivision. Elles génèrent en moyenne 40 000 à 150 000 € de perte par dossier (fiscalité supplémentaire, frais judiciaires, décote de cession, blocage prolongé). Voici la liste complète, avec sanctions chiffrées et actions correctives.
Les 15 erreurs documentées avec sanctions
| Erreur | Sanction chiffrée | Correctif |
|---|---|---|
| Confondre 1,1 % et 2,5 % | 7 000 € sur 500 000 € partagés | Art. 746 al. 2 CGI |
| Occuper gratuitement sans convention | Créance 15 à 40 k€/an perdue | Indemnité mensualisée écrite |
| Oublier prescription 5 ans | Créance indemnité étêtée | Action avant 5 ans |
| Partager verbalement le mobilier puis écrit | Droit 2,5 % sur mobilier | Partage verbal ou global |
| Ne pas notifier cession tiers art. 815-14 | Nullité 5 ans | Huissier systématique |
| Financer travaux sans 815-13 | Perte profit subsistant | Factures + acte |
| Signer licitation judiciaire tête baissée | 10-15 % de perte valeur | Négocier mise à prix |
| Oublier procuration héritier étranger | Blocage 6 mois à 3 ans | Apostille + sommation 772 |
| Ignorer art. 836 avec mineur | Procédure 2/3 nulle | Voie amiable seule |
| Rater délai préemption 1 mois | Substitution coindivisaire | Calendrier strict |
| Omettre décote IFI 5-30 % | IFI surtaxé 800 à 8 000 €/an | Argumentaire écrit |
| Rester plus de 10 ans sans convention | Risque DNID art. 815-5-2 | Convention art. 1873-3 |
| CCA du défunt compensé avec dette personnelle d'un héritier | Redressement + rappel impôts + pénalités | Cass. com. 10/03/2015 n° 13-15.867 |
| PACS sans testament — partenaire ne reçoit rien | 0 € pour le partenaire survivant (art. 515-6 CC) | Testament ou changement régime obligatoire |
| Renonciation 'sèche' en oubliant les frais funéraires | Héritier renonçant (descendant/ascendant) reste tenu à proportion de ses moyens (art. 806 C. civ.) ; plafond déductible 1 500 € (art. 775 CGI) | Lettre recommandée au notaire |
La checklist actionnable Hagnéré Patrimoine
Les 10 actions à mener dans les 6 mois du décès
- J+0 à J+30. Acceptation ou renonciation à la succession (art. 768 CC). Inventaire notarié sous 3 mois (protection recel art. 778).
- J+30. Identifier le régime matrimonial du défunt et cartographier la double indivision (communauté + succession).
- J+60. Faire évaluer tous les biens par expert immobilier indépendant (300 à 800 € par bien). Photos et vidéos horodatées.
- J+90. Signer une convention d'indivision notariée (art. 1873-1 CC) si l'indivision doit durer plus de 6 mois.
- J+120. Formaliser par écrit toute indemnité d'occupation (éviter la perte 5 ans prescription).
- J+150. Documenter les impenses engagées (factures, devis, profit subsistant art. 815-13).
- J+180. Ouvrir un compte bancaire indivis pour les flux locatifs et les charges (traçabilité).
- J+180. Déclarer la succession au fisc (formulaire 2705 + 2706) et payer les droits.
- J+180 à J+365. Arbitrer entre partage amiable, rachat de soulte, SCI familiale selon la stratégie Hagnéré Patrimoine.
- Continuer. Point annuel avec un CGP pour contrôler valeur IFI, PV latente, opportunités de donation en démembrement.
Les 5 règles d'or à retenir
- Règle 1. Le droit de partage successoral est de 2,5 % (art. 746 al. 2 CGI), jamais 1,1 %.
- Règle 2. Nul ne peut être contraint de rester dans l'indivision (art. 815 CC) — il existe toujours une voie de sortie.
- Règle 3. Le seuil 2/3 de l'art. 815-5-1 est MAINTENU par la loi 2026-248 du 7 avril 2026.
- Règle 4. Tout acte d'occupation, travaux, bail doit être écrit pour éviter les pertes de prescription (5 ans).
- Règle 5. La SCI familiale avec démembrement croisé est l'arme anti-indivision la plus puissante pour un couple non marié.
Faire un point complet sur votre situation d'indivision ?
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